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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-11-22, Collections de BAnQ.

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Washington, Londres et Ottawa sanctionnent de nouveau l’Iran Page B 1 Les indignés montréaiais font passer Toccupation au second plan Page A 7 ?www.ledevoir.com-*- LE DEVOIR Vol.CII N°266 ?LE MARDI 22 NOVEMBRE 2011 1,09$ + taxes = 1,24$ Sondage Léger Marketing-Le Devoir Le fossé se creuse entre le Québec et Harper GUILLAUME B O U RG AU LT-C OTE Les élections du 2 mai avaient déjà révélé un fossé entre le Québec et les conservateurs de Stephen Harper.Ce n’était qu’un début.Car les décisions de M.Harper n’ont fait qu’accentuer ce désaccord dans les dernières semaines.Une majorité écrasante de Québécois rejettent ainsi les initiatives conserva- trices en matière de justice et de bilinguisme, révèle un sondage Léger Marketing-Le Devoir.Le constat est limpide: entre les Québécois et le gouvernement Harper, il y a un schisme.Il se mesurait il y a un mois dans un précédent sondage soulignant la complète indifférence des Québécois aux initiatives patriotiques des conservateurs — signes d’appui à la monarchie et projet de loi pour «interdire d’interdire» l’af- fichage du drapeau canadien.On le mesure cette fois dans les dossiers du registre des armes à feu, du projet de loi C-10 et du bilinguisme.Le coup de sonde révèle par exemple que 65 % des répondants — dont 57 % des électeurs conservateurs — estiment que le gouvernement fédéral devrait dédommager les provinces pour les coûts supplémentaires qu’engendrera l’application du projet de loi omnibus sur la justice.A peine une personne sur dix appuie la position des conservateurs, qui ont repoussé du revers de la main les demandes de Québec et d’une majorité de provinces.Celles-ci exigent un coup de main VOIR PAGE A 10: EOSSE ¦ Au Québec, le NPD perd du terrain, page A 3 règles Déontologie Courchesne désire des pour les firmes de génie-conseil KATHLEEN LÉVESQUE La présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, se montre favorable à ce que les firmes de génie-conseil soient soumises aux mêmes règles de déontologie que les ingénieurs, ce qui pourrait entrainer une révision de la responsabilité professionnelle des SNC-Lavalin, BPR, Cima-L et autres Dessau.«Il faut qu’il y ait adhésion des firmes aux règles de déontologie.Ça ne doit pas relever seulement des individus.Ça va de soi.[.] Et il faut qu’il y ait une réflexion là-dessus», a déclaré hier au Devoir la ministre Courchesne.Précisant que le gouvernement n’a pas, pour l’instant, fait l’analyse d’éventuelles modifications à apporter à la Loi sur les ingénieurs, la présidente du Conseil du trésor souligne néanmoins qu’il s’agit d’une «bonne idée».Dans le contexte de la tourmente qui ébranle l’industrie de la construction depuis près de trois ans et qui pointe notamment vers les firmes de génie-conseil, un tel changement pourrait être «une piste de réflexion» notamment pour la commission Charbonneau qui se met en place, croit-elle.VOIR PAGE A 10: GÉNIE-CONSEIL Michelle Courchesne Jean Dion C’est du sport ! Du renouveau au Devoir'.Jean Dion signera dorénavant quatre fois par semaine sa célèbre chronique sportive, qu’il a remaniée et rebaptisée.On ne saurait mieux dire: «C’est du sport!», et ce le sera dorénavant les mardis, mercredis, jeudis et samedis.Aujourd’hui, c’est d’un retour fort attendu qu’il parle en page B 8.INDEX Annonces.B 7 Avis publics.B 4 Culture.B 10 Décès.B 7 Économie.B 1 Éditorial.A 8 Idées .A 9 Météo.B 8 Monde .B 6 Mots croisés.B 5 Sudoku.B 4 Télévision.B 9 Le gouvernement égyptien démissionne sous la pression de la rue a .-tÉ GORAN TOMASEVIC REUTERS Un policier anti-émeute pointe son arme vers des manifestants dans une rue donnant sur la place Tahrir, au Caire.D’importantes manifestations qui ont fait plusieurs morts se sont poursuivies hier pour exiger que les militaires abandonnent le pouvoir.Le bras de fer avec l’armée s’intensifie Pour une troisième journée consécutive, les manifestants réclamant le départ du chef de l’armée, Mohamed Hussein Tantaoui, qu’ils accusent de vouloir s’incruster au pouvoir et de perpétuer l’ancien régime, ont affronté hier les policiers place Tahrir, au Caire, sur fond de crise politique aggravée par la démission du gouvernement.La foule de protestataires, qui comptait plus de 10 000 personnes à la tombée de la nuit, a éclaté de joie à l’annonce de la démission du gouvernement, scandant: «Dieu est grand!» Rien ne laissait toutefois croire que le départ du cabi- net, dont les pouvoirs réels sont quasi inexistants, satisferait les Egyptiens.Les manifestants exigent que les militaires du Conseil suprême des forces armées (CSFA) renoncent à leurs pouvoirs, en plus de l’instauration d’un gouvernement civil.Tambours battants, les protestataires ont rapidement repris leurs appels à la démission du chef du CSFA, le maréchal Hussein Tantaoui, qui dirige le pays depuis la chute d’Hosni Moubarak le 11 février.On ignore encore si le CSFA acceptera la dé- mission du gouvernement, qui était dirigé par le premier ministre, Essam Sharaf.Plusieurs Egyptiens considéraient que le gouvernement Sharaf n’était qu’une façade pour l’armée et le critiquaient pour son incapacité ou sa résistance à mettre en place des réformes démocratiques ou à adopter des mesures apaisant les tensions et la VOIR PAGE A 10: ÉGYPTE ¦ L’éditorial de Serge Truffaut, page A 8 : De l’avidité Plan Nord : rien ne va plus avec les Innus de Pessamit ROBERT DUTRISAC Québec — Les Innus de Pessamit, qui viennent de rompre leurs négociations avec Québec, entreprendront une tournée internationale pour dénoncer le Plan Nord et menacent de bloquer la route 138, comme ils l’ont fait en juin dernier.Au cours d’une conférence de presse, le chef du Conseil des Innus de Pessamit, Raphaël Picard, a qualifié de «ridicules» les dernières offres du gouvernement du Québec aux 4000 Innus de la réserve située près de Baie-Comeau.A l’issue de négociations amorcées cet été à la suite du barrage de la route 138 par les Emus, le gouvernement Québec offrait à la communauté de Pessamit une somme de 350 millions répartie sur 50 ans, dont 113 millions pour les inconvénients subis dans le passé en raison du développement hydroélectrique et PAGE PAGE A 10: INNUS S ¦ 1,7 million en publicité pour le Plan Nord, page A 4 ¦ Hamad et Charest répliquent à Parizeau, page A 4 ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 8 : Soyons plus exigeants ! MATHIEU BELANGER REUTERS Jean Charest lors de la présentation du Plan Nord, en mai dernier.Le chef innu Raphaël Picard a traité hier le premier ministre de «menteur».Le 2 décembre, à 15 h 45, commencera la 70^ année de l’ère atomique.Savez-vous que la centrale nucléaire de Gentilly est située près d’une faille géologique?Qu’Ottawa a vendu en juin l’Énergie Atomique du Canada à une filiale de la firme qui n’a pas réglé le toit du stade olympique?Ottawa doit comprendre que notre sécurité exige pius de sécurité nuciéaire, et non pius de prisons.La Ligue des Femmes du Québec www.lfqc.org 77831302830048 Lapointe & Champagne vous accueillent de 9 h 30 à 17 h 00 Holiday Inn Pointe-Claire Hôtel Universel Manoir Rouville-Campbell Hôtel Sofitel Château Vaudreuil Hôtel Sheraton Laval Château Royal Hôtel Le Relais Saint-Denis Jeudi 24 novembre Vendredi 25 novembre Samedi 26 novembre Dimanche 27 novembre Lundi 28 novembre Mardi 29 novembre Mercredi 30 novembre Jeudi décembre 6700, Route Transcanadienne, Pointe-Claire 5000, Rue Sherbrooke Est, Montréal 125, Chemin des Patriotes Sud, Mont-Saint-Hilaire 1155, Sherbrooke Ouest, (Coin Stanley) Montréal 21700, Route Transcanadienne, Vaudreuil-Dorion 2440, Aut.Des Laurentides, Laval 3500, Boul.Du Souvenir, Laval 61, Rue Saint-Denis, Saint-Sauveur L'honorable Jean Lapointe o.c.o.Q.D.h.c Expert en tableaux et timbres YY Bénéficiez de son expertise et de sa présence Ij ^ lors des rencontres que nous vous proposons.OBJETS DE VALEUR OU DE COLLECTION TABLEAUX Nous achetons les tableaux anciens, artistes canadiens ou étrangers, tels que : M JEAN-PAUL LEMIEUX Claude Tousignant Fernand Toupin LX Pour un toi tableau ^ t Fernand Leduc LUeGervak -s, ?JEAN-PAUL LEMIEUX Pour un tel tableau % nous payons A 30 000$ et plus TIMBRES mi OBJETS MILITAIRES ¦ Claude Tousignant Fernand Toupin Fernand Leduc Lise Gervais Alfred Pelland Rita Letendre Jean-PhilippeDallaire MiyukiTanobe Jean-Paul Lemieux LéoAyotte Pierre Gauvreau Normand Hudon ^i.^ Clarence Gagnon TexLecor r* Marc-Aurèle Fortin Albert Rousseau Claude Le Sauteur Bruno Côté Cornelius Krieghoff Stanley Cosgrove Groupe des Sept A.Y.Jackson James E.H.Mc Donald Et tous les autres peintres reconnus 12 PENCE CANADIEN Pour ce timbre nous payons 30 000$ Collection avancée seulement.CROIXDEViaORIA Pour cette médaille canadienne nous payons 100000$ Médailles, badges, uniformes et tout autre objet militaire.OBJETS DE COLLECTION Argenterie • Bandes dessinées Bronzes * Cartes postaies avant 1930 Crayons, piumes fontaine Jouets anciens Objets d'art décoratif Vases 'Vinsanciens Affiches de cinéma Tout autre objet de coiiection MONNAIE ET PAPIER MONNAIE Nous achetons toutes pièces de monnaie dont : BIJOUX OR • ARGENT • PLATINE MONNAIE DU CANADA 5C 1858 *15,00$ et plus 5C 1921 *4000,00$ et plus 25$ 1935 en papier *900,00$ et plus 100$ 1935 en papier *350,00$ et plus 1000$ 1935-37 en papier *1 500,00$ et plus Ensembls 1967 *735,00$ Arec pièce 20$ en or M0NNAiE0LYMPiQUE(1976) 5$ -10$ Payons 3 fois la valeur nominale MONNAIE ÉTRANGÈRE Meilleur prix pour tous billets et monnaies du monde.500$ DOLLARS CANADIEN Pour ce billet de banque nous payons 40000$ MONNAIE EN Ofi Ml CANADA 1976à 1986(22K) MONNAIE EN OR DES ÉTATS-UNIS 1$ et 2 1/2$ 3$ 5$, 10$, 20$ *700,00$ et plus *100,00$ et plus *900,00$ et plus *175,00$ à 1 200,00$ et plus 50 CENTS CANADIEN 1921 Pour cette pièce de monnaie nous payons 25 000$ 5 CENTS CANADIEN 1921 Pour cette pièce de monnaie nous payons et plus ' Prix variant selon la condition des pièces et le prix du marché QUOTIDIEN.4000$ et plus Nous sommes acheteurs de toutes pièces de monnaie canadienne de 10C/25C/50C et de 1$ avant 1968 au prix du marché du jour.CARTES SPORTIVES * Football, hockey, baseball ou tout autre objet sportif - avant 1980- r; (Bobby Orr recrue, nous payons de 200$à 1200$) HONUS WAGNER PITTSBURG Pour cette carte de baseball nous payons 250 000$ * Nous achetons également les cartes non-sportives.Nous achetons tous types de bijoux avec ou sans diamants Bracelets, breloques, bagues,alliances, bracelets tennis, boucles d'oreilles, bijoux anciens,colliers, chaînes, broches, épingles,étuis à cigarettes, dents en or, chaînes de montre de poche et tous genres de résidus d'or.Notez : Nous achetons également les bijoux brisés.Profitez de la montée du prix de Tor! Nous payons plus que nos compétiteurs! Pièce d'or pure « Maple Leaf ou once d'or » payons 95 % de la valeur du marché du jour.* Prix variant selon le prix du marché.Nous achetons des diamants de 50 points et plus.Nous payons le meilleur prix sur le marché.MONTRES \-nSBUR6 Pour cette PATEK PHILIPPE nous payons Nous achetons toutes montres de qualité.Rolex Longines Breitling Omega Vacheron Constantin 150000$ * Prix établit en fonction de la condition de la montre.NOUS ESTIMONS GRATUITEMENT SUR PLACE ET PAYONS COMPTANT SUR-LE-CHAMP! 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l’image du jeune et brillant économiste ne s’efface rapidement pour laisser apparaître celle du technocrate sans éclat, pour ne pas dire ennuyeux.«Jean Charest pourrait profiter du fait qu’on n’est pas totalement prêts pour lancer une campagne [au printemps]», a déclaré François Le-gault en fin de semaine dernière.En réalité, comme les libéraux de 1970, il souhaite probablement que le premier ministre précipite les choses.M.Legault n’est pas beaucoup plus coloré que le Bourassa première manière, et il n’y a pas, dans le plan d’action qu’il a rendu public la semaine dernière, l’équivalent des 100 000 emplois qui avaient frappé les imaginations il y a quarante ans.Le sondage de Léger Marketing, dont Le Devoir publie aujourd’hui le deuxième volet, montre que l’ambiguïté des idées de la Coalition avenir Québec (CAQ) est le point faible du nouveau parti, même s’il domine dans les intentions de vote.Après trois mandats, M.Charest ne manque pas de culot pour se présenter lui-même comme l’incarnation du «bon changement», mais il serait sans doute bien aise de laisser à la population le temps de découvrir tous les problèmes que posent les solutions de M.Legault, si seulement les perspectives inquiétantes de l’économie mondiale lui en laissaient le loisir.Il n’y a pas à se surprendre que la CAQ soit jugée moins convaincante dans la défense des intérêts du Québec et de la langue française, puisque ce sont les deux dossiers les plus étroitement liés à la question nationale, que M.Legault prétend mettre en veilleuse.Non seulement il n’entend pas rouvrir le dossier constitutionnel avant dix ans, mais il prétend même être en mesure d’établir de meilleures relations avec Stephen Harper que le premier ministre Charest et, bien entendu, que Pauline Marois.Se présenter comme l’ami du premier ministre canadien n’est peut-être pas la meilleure carte de visite par les temps qui courent.Qu’il s’agisse du registre des armes à feu, du projet de loi C-10 ou encore de la nomination d’unilingues anglophones à la Cour suprême et au poste de Vérificateur général, le sondage Léger Marketing-Lg Devoir indique que le gouvernement Harper est aux antipodes de l’opinion publique québécoise.Soucieux de ne pas indisposer son homologue canadien avant que le dossier de l’harmonisation de la TPS et de la TVQ soit réglé, M.Charest s’était bien gardé de l’indisposer au cours de la dernière campagne fédérale.Cela risque cependant de changer d’ici le printemps prochain.M.Charest ne se fait sûrement aucune illusion sur le résultat des visites répétées que ses ministres ont effectuées à Ottawa au cours des derniers jours, mais une défense énergique des intérêts du Québec devient une figure imposée à l’approche d’élections générales, même si tout le monde sait que M.Charest ne dépassera jamais le stade des aboiements.M.Harper ne doit pas s’inquiéter davantage de l’élection d’un gouvernement Legault.Une coalition de fédéralistes et de souverainistes serait condamnée elle aussi aux protestations de pure forme, sous peine d’éclater.Un précédent sondage de Léger Marketing indiquait que le quart (24 %) des électeurs non francophones s’apprêtaient à voter pour la CAQ.Ce chiffre étonnant,résultait peut-être de la faiblesse de l’échantillon.À moins que M.Charest n’ait réussi à les convaincre que M.Legault demeure un dangereux séparatiste, même s’il promet un moratoire de dix ans sur la question constitutionnelle.Quoi qu’il en soit, le dernier sondage ne crédite plus la CAQ que de 12 % des intentions de vote des non-francophones, qui préfèrent d’emblée voir M.Charest (34 %) à la tête du gouvernement plutôt que M.Legault (10 %).Cela signifie que la CAQ devra compter essentiellement sur le vote francophone.A 40 %, elle devance largement le PQ (24 %) à ce chapitre, mais les Québécois font nettement plus confiance au parti de Pauline Marois (39 %) qu’à la CAQ (14 %) pour assurer la vitalité du français.À l’époque où il était au PQ, M.Legault faisait partie des «impatients» qui plaidaient en faveur de la tenue d’un référendum sur la souveraineté le plus rapidement possible.En revanche, sur la question linguistique, il n’a jamais fait partie des faucons qui voulaient renforcer la Charte de la langue française.L’inquiétude grandissante pour l’avenir du français, conjuguée avec l’indifférence du gouvernement Harper pour les «valeurs» québécoises, risque toutefois de faire percevoir la modération de M.Legault comme de la tiédeur.Son talon d’Achille demeure la question identitaire, qui refuse obstinément d’être subordonnée aux «vrais problèmes».mdavid@ledevoir.corn SONDAGE Le NPD perd des plumes au Québec GUILLAUME B OURGAULT-C ÔTÉ La lune de miel des Québécois avec le NPD serait-elle sur la voie de sortie?Pour la première fois depuis les élections, le Nouveau Parti démocratique essuie un recul dans les intentions de vote au Québec — six points en un mois.Il demeure toutefois bien en avance, selon un coup de sonde Léger Marketing.Le NPD aurait reçu 37 % des votes si un scrutin avait eu lieu la semaine dernière.Les deux derniers sondages de Léger, en septembre et octobre, situaient les appuis du NPD au même niveau qu’au moment des élections, à 43 %.Cette baisse profite en bonne partie au Bloc québécois, qui passe de 21 % des intentions de vote en octobre à 27 % aujourd’hui, d’après le sondage préparé pour Le Devoir.C’est une première hausse pour le parti qui tient ce soir le troisième et dernier débat de sa course au leadership.Aux élections, le Bloc avait récolté 23,4 % des voix.lx)in derrière, les conservateurs et les libéraux pointent à 13 % chacun.Par rapport au dernier sondage, il s’agit d’une baisse de cinq points pour les conservateurs et d’une hausse de deux points des libéraux.Insatisfaction envers Harper Le taux d’insatisfaction des Québécois par rapport au gouvernement Harper fait pour sa part un bond de sept points, pour s’établir à 70 % (dont une majorité de répondants «pas du tout La baisse du NPD profite en bonne partie au Bloc québécois satisfaits»), «L’intensité de l’insatisfaction augmente», remarque Sébastien Dallaire, directeur de recherche en affaires publiques chez Léger.C’est là chose normale pour un gouvernement qui accumule les gestes controversés au Québec, ajoute-t-il en faisant référence au dossier de la justice, aux nominations d’unilingues anglophones à des postes importants, à l’attachement des conservateurs à la monarchie.Concernant le NPD, M.Dallaire pense que «la course au leadership est un facteur» dans la chute des appuis.«Un parti en course subit voit souvent sa cote affectée, dit-il.Les interventions sont moins cohérentes, on se retrouve avec plusieurs personnes qui parlent au lieu d’avoir un chef qui défend les dossiers au jour le jour.» Mais ce n’est pas le seul facteur, ajou-te-t-il.«Le manque de réaction initiale du NPD à la nomination d’un juge unilingue et du vérificateur général n’a pas dû aider.Le NPD est allé chercher en mai beaucoup de soutien chez les nationalistes québécois, qui ont été choqués par ces nominations.» Dans le cas de Michael Moldaver, le NPD a participé au comité qui a unanimement recommandé le nom du juriste, avant de dénoncer le choix final du gouvernement.Pour le vérificateur général, le NPD et les libéraux ont reçu en avance le curriculum vitæ de Michael Ferguson, mais ils n’ont pas vérifié s’il était bilingue avant d’accorder leur appui tacite à sa nomination (les deux présumaient que c’était le cas, puisque le poste requérait la maîtrise des deux langues officielles).Quoi qu’il en soit, Sébastien Dallaire estime que ce sont ces erreurs du NPD et des autres partis qui expliquent la hausse des appuis du Bloc québécois.«E faut faire attention de voir ça comme une remontée, dit-il.C’est une première bonne nouvelle pour ce parti depuis longtemps, mais il faut la prendre avec un grain de sel.E n’y a pas eu de gestes concrets qui expliqueraient cette hausse.» Le sondage a été réalisé entre le 14 et le 17 novembre auprès de 1002 répondants.Un échantillon probabiliste de cette ampleur aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.Le Devoir ¦ Les résultats complets du sondage peuvent être consultés sur le site ledevoir.com L’étoile du NPD pâlit Si des élections fédérales avaient lieu aujourd’hui, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter?Octobre 2011 Novembre 2011 NPD 43% 37% Bloc québécois 21% 27% A Parti conservateur 18% 15% Parti libéral 11% 15% A Parti vert 6% 3% Étude Léger Marketing réalisée du 14 au 17 novembre 2011 par Internet auprès de 1002 personnes de plus de 18 ans, réparties dans toutes les régions du Québec.L’étude complète est disponible sur ledevoir.com ACTIONS AOTT-UBERALES 0 Â.JACQUES NADEAU LE DEVOIR PLUSIEURS MINISTRES libéraux ont été la cible hier matin d’«actions dérangeantes» de la part de membres du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).Dégroupé, qui a notamment occupé des bureaux de circonscription, souhaitait attirer l’attention des élus sur la pénurie de logements sociaux au Québec.Alors que le FRAPRU réclame 50 000 nouvelles unités sur cinq ans, le dernier budget Bachand en prévoyait 2000pour l’année en cours.Demande d’exemption à la loi 101 Demi-victoire pour les Morales MARCO BELAIR-CIRINO ANTOINE ROBITAILLE Emiliano, le fils aîné de la famille Morales-Espinosa, pourra terminer ses études secondaires à l’Académie Royal West, a tranché le cornité d’examen du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).Invoquant des motifs «humanitaires», Ernesto Morales et Paulette Éspinosa — des Mexicains installés depuis plus de 10 ans au Québec — contestaient la décision du MELS d’astreindre leurs deux filles (10 et 12 ans) et leur fils (16 ans) à étudier en français à la suite du dépôt de leurs demandes de résidence permanente.Dans une décision rendue la semaine dernière, le comité d’examen du MELS a permis à Emiliano de déroger à la Charte de la langue française.L’élève de Ve secondaire a ainsi repris hier le chemin de l’Académie Royal West.«On est contents que le garçon soit capable de terminer ses études secondaires dans l’environnement qu’il lui plaît pour être admis dans le cégep de son choix par la suite», a déclaré l’avocat de la famille, Julius Grey.«L’acceptation dans les cégeps dépend des notes.», a-t-il ajouté En revanche, le comité d’examen n’a pas permis à Emma-nuella (10 ans) de suivre sa dernière année d’études primaires à l’école anglaise Royal Vale, même si ses parents avaient assuré qu’elle ferait le saut dans un établissement francophone dès l’année prochaine, «ùrsque nous avons reçu la nouvelle, jeudi passé, elle était déchirée.Elle avait l’espoir de pouvoir convaincre le ministère.C’est malheureux», a affirmé son père, Ernesto Morales.M.Morales écarte pour l’instant la possibilité de s’adresser aux tribunaux pour faire casser la décision du comité d’examen du MELS, évoquant un «climat politique [qui] n’est pas nécessairement le plus favorable [pour] continuer».«C’est le conseil qu’on a reçu», a-t-i] précisé.M® Grey a insisté sur le caractère «d’urgence» du retour d’Emiüa-no Morales à l’Académie Royal West.Pour leur part, «les filles ont le temps d’apprendre le français pour bien terminer leurs études».«C’était la seule question.J’ai toujours maintenu qu’il n’y a pas d’avantages particuliers à une éducation en français, ou en anglais», a rappelé l’avocat.Ministre chargée de l’Application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre a refusé de commenter ce cas, hier.«C'est vraiment [la ministre de UÉ-ducation.Line] Beauchamp qui pourra vous répondre sur le cas Les parents invoquaient des motifs humanitaires pour justifer leur démarche Morales comme c'est son minière qui a rendu la décision et qui gère la grille d'évaluation», a répondu par courriel son attachée de presse, Valérie Rodrigue.Au bureau de Mme Beau-champ, l’attaché de presse Dave Leclerc a toutefois expliqué que le Comité qui avait tranché dans le cas Moraiès était totalement «indépendant du ministère».Il s’agit du Comité d’examen constitué en vertu de l’article 85.1 de la Charte et qui est composé de trois personnes: Yvon Caty, Éva Bontemps et Ca-therine-Ruth Solomon-Scherzer.«Il faudrait voir sur quoi ils se sont basés», a répondu M.Leclerc en ajoutant que ce genre de dossier «ne monte pas» au bureau de la ministre.Vérifications faites auprès des relations de presse du ministère, le Comité d’examen
de

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