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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-12-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II DECEMBRE 2011 ENTREVUE Rolf Puis tire sa révérence Page F 2 LITTÉRATURE Vie, œuvres et âneries de Boris Vian Page F 4 SOCIOLOGIE Dire et faire l’amour au fil du temps Page F 7 GÉOGRAPHIE Les cartes de l’utopie Page F10 SCULPTURE La passion de Sylvia Daoust Page F11 ESSAIS Toutes sortes de glorieux Page F11 CADEAUX i SOURCE EDITIONS YB rl SOURCE TASCHEN Rêves et papier glacé Papier glacé sur lequel glissent les doigts et le regard, rêves reliés in-quarto, larges images couleur, grands formats, phrases à déguster: les beaux livres demeurent, en cette période des Fêtes, un cadeau à la fois sensible et passe-partout.On a beau se moquer du côté laqué, parfois ostentatoire, de ces livres de table à café qu’on expose parfois plus qu’on ne les lit, le beau livre n’a pas encore, dans ce tournant entamé vers le livre numérique, d’équivalent électronique.Dernier bastion des amants des bouquins de papier?La tendance semble déjà claire aux Etats-Unis.En cette saison où les liseuses électroniques se détaillent là-bas pour aussi peu que 79 $, alors qu’ici les moins chères tournent encore autour de 100 $, plusieurs éditeurs se réintéressent à la beauté et à la sensualité de l’objet-livre, dans l’espoir de ralentir la migration vers la littérature virtuelle.Depuis quelques semaines, les livres de poche aux Etats-Unis se voient rehaussés de jaquettes transparentes, d’embossage et d’encre dorée.L’auteur Julian Barnes, il y a quelques semaines, exhortait le marché du livre à porter une attention plus particulière à l’esthétique de ses produits.«Pour que le livre physique, comme nous en sommes venus à l’appeler, puisse résister à l’arrivée du livre électronique, son look doit valoir la peine qu’on l’achète et qu’on le garde», a déclaré l’écrivain britannique, alors qu’il recevait le prix Man Booker Prize.Le beau livre, ce dérivé du livre d’art et de l’édition artisanale, a beau la plupart du temps être désormais imprimé en Asie — eh oui, même les éditeurs d’ici, moindres coûts obligent, ont désormais recours aux imprimeries d’outre-mer —, la fascination des lecteurs demeure.Dans ce deuxième cahier consacré aux beaux livres.Le Devoir vous propose la sélection de sa rédaction.APRES STRAND Bertrand Carrière SOURCE MUSEE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUEBEC SOURCE MUSEE REGIONAL DE RIMOUSKI RICARDO NOEL CHEZ RICARDO TOUTE L’EQUIPE REUNIE POUR UNE GRANDE TABI ' recevoir avec des dessert^~^ BUFFET DE TARTES^ MOT DE MARIE FRANCE BAZ NOSBOUCHÉESAP FACILE ASSEMBLEZ ET SERV^I^ GU DE CADEAUX QQ IDÉES POUR LES lllliiiJiii EN PANNE D^DEE CADEAU?OFFRE SPÉCIALE DABONNEMENT UNE IDEE GENIALE POUR LE PROF, BELLE-MAMAN, OU LES ÉCHANGES DE CADEAUX ! L Rendez-vov^àHcardo(Mi^me.com/ahonnement NOËL code de la promotion : 10201 8011» 5 MAGAZINES pour 85$ F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II DECEMBRE 2011 LIVRES CADEAUX Entrevue avec Rolf Puis Passion et vice chez Gallimard Après quarante ans à la direction des services de Gallimard en Amérique, Rolf Puis se prépare à quitter son bureau.Il a annoncé qu’il prenait sa retraite à la fin de l’année, alors que la maison parisienne célèbre son centenaire par une exposition qui se transporte cette semaine à Montréal.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Sur les rebords des fenêtres de son bureau, quelques objets indiens et des peluches fixent une étagère remplie de volumes de la Pléiade.Par terre, appuyée contre un mur blanc, ime affiche de Réjean Ducharme.Ici et là, quelques livres posés au hasard: Balzac, Biaise Cendrars, Jonathan Coe.Devant lui, sur une grande table noire, un téléphone portable et une plaquette signée Mario Vargas Llosa «Si c’était seulement pour la partie qui consiste à lire et découvrir de nouveaux auteurs, je pourrais passer ma vie à faire ce travail! Je me souviens lorsque La vie devant soi est sorti.Je l’avais apporté un vendredi soir chez moi.En rentrant au bureau le lundi, j’ai dit que c’était formidable, qu’il fallait s’occuper de ce livre au plus vite.Puis, le livre a reçu le prix Concourt et il n’avait plus besoin de nous, évidemment Mais ce n’est pas toujours aussi simple, f aimais m’enthousiasmer pour des premiers romans: j’avais par temple fait venir Sylvie Germain pour Le livre des nuits, au temps où la radio et la télévision accordaient du temps à des écrivains qui n’étaient pas encore connus.J’adorais ça.Mais dans une entreprise, il faut hélas s’occuper aussi des rapports, de la gestion générale, de l’administration.C’est surtout ça que je quitte après quarante ans.» Le téléphone sonne à quelques reprises, mais Rolf Puis n’y prête pas attention, pas plus qu’à ce chien qui jappe sans arrêt dans la rue depuis de longues minutes.En 1968, le jeune Rolf Puis est stagiaire chez Hachette à Paris.«Je venais de la sociologie, des sciences humaines.J’ai vécu l’écrasement de mai 1968 comme une grande déception.Je voulais partir, tout quitter.J’ai donc envoyé une note de service en trois exemplaires faisant connaître ma décision.On m’a répondu qu’on cherchait justement quelqu’un au Canada! J’étais prêt à partir immédiatement, mais il m’a fallu attendre quinze jours parce que je n’apais pas de passeport.» A Montréal, il s’efforce de relancer les activités de Hachette, puis s’emploie à développer de nouveaux marchés du côté de Toronto.C’est là qu’il apprend que Gallimard cherche à mieux s’établir au Québec.«Il y avait jusque-là une sorte de comptoir Gallimard à Québec, tenu par des Français de passage, mais rien à Montréal.Les libraires, à l’époque, pouvaient commander directement leurs livres à Paris.Des grossistes faisaient de même.C’était l’époque des grandes enseignes autonomes: Leméac, Dussault, Granger, Fi-des.Et l’époque aussi où Gallimard avait décidé de rompre son contrat de distribution avec Hachette.» En 1971, c’est à Rolf Puis que revient la tâche de lancer une représentation canadienne pour Gallimard et ses maisons satellites, aujourd’hui PO.L., Mercure de Prance, Hoëbeke, Le promeneur, Quai voltaire, La table ronde, Verticales, Joëlle Losfeld, etc.En somme, toute une concentration d’éditeurs.«Mais tout de même, précise Rolf Puis, Gallimard fonctionne encore comme une famille et cela se sent».De nouvelles librairies Au début des années 1970, on voyait se développer des librairies.Les nouveaux libraires avaient beaucoup à faire et étaient moins à même de jouer en plus le rôle d’importateur.«Abrs, le dépôt que nous avions lancé a pris de l’importance parce que cette nou- Rolf Puis dans son bureau de la librairie Gallimard velle génération de libraires préférait de loin acheter chez nous plutôt que de s’embrouiller dans des factures pour l’importation.Les grossistes ont commencé à péricliter.Nous facturions tout de même encore en francs!» Installé dans l’arrondissement de Saint-Laurent, pratiquement seul au début Rolf Puis commence par faire venir des livres, des tonnes de livres à la couverture ivoire frappée du logo rouge de la NRE «Dans les premiers temps, j’ai entendu un gars de l’entrepôt qui déménageait tous ces bouquins en répétant: “Crisse, il en a donc écrit des livres, ce Gallimard-là!”» «Après avoir rompu avec Hachette, Gallimard republiait dans sa propre collection de poche: Folio.Il fallait en placer beaucoup d’exemplaires en librairie et en même temps ne pas déplaire aux grossistes qui faisaient eux aussi de l’importation directe.C’était très délicat» «Un jour, je suis allé rencontrer Henri Tranquille.Sa librairie était une véritable institution à Montréal.Il nous devait néanmoins plusieurs factures, malgré les rappels que nous lui adressions depuis Pa- ris.On m’avait prévenu que le monsieur était irascible, difficile et qu’il nous devait pas mal d’argent.On me recommandait en somme d’être sur mes gardes.Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un homme qui connaissait bien les livres de Gallimard et qui était tout à fait heureux de discuter avec moi! A la fin de notre entretien, j’ose tout de même lui rappeler très délicatement qu’il devait de l’argent depuis fort longtemps.‘Vous faites bien de me le rappeler”, me dit-il.“Je vais vous faire un chèque tout de suite.” Le chèque en poche, je rentre à mon bureau heureux, pour y découvrir qu’il l’avait postdaté d’une année!» Piratage Peu d’auteurs québécois seront publiés chez Gallimard au fil des ans.«La maison n’a jamais voulu manoeuvrer pour occuper le marché québécois en publiant des livres qui trouveraient preneur surtout ici.» Le premier livre de Réjean Ducharme était sorti chez Gallimard en 1967.«Il y avait eu tout de suite des éditions pirates au Québec! On vendait peu de livres 1 niFk.'i PEDRO RUIZ LE DEVOIR de la véritable édition.C’était la version piratée qui circulait.A mon avis, cette situation ne pouvait être possible sans la complicité de quelques grossistes.Je soupçonnais alors Presse sélect d’être mêlé à ça, mais je ne pouvais pas le prouver.Qu’est-ce que je pouvais faire?D’autres livres circulaient aussi en éditions pirates.C’était une autre époque.» Même en s’occupant de près des intérêts de Ducharme depuis des années, Rolf Puis affirme n’avoir jamais eu accès directement à lui.«Mais il m’est arrivé d’écrire du Ducharme! Lors de la remise du prix Athanase-David, il n’avait envoyé qu’une ligne en guise de remerciement Je trouvais ça un peu odieux pour un prix aussi important, alors j’ai ajouté plusieurs lignes au texte.» Qn l’oublie, mais avant Ducharme avaient déjà paru chez Gallimard certains livres de Léo-Paul Desrosiers, qui avait été journaliste au Devoir avant de publier Les engagés du grand portage à Paris en 1938.«Dans une lettre que nous présentons dans l’exposition présentée à la Grande Bilbliothèque à compter de cette semaine, l’éditeur de Gallimard Jean Paulhan dit de Desrosiers qu’il a beaucoup de “péchés” et de “confessionnaux” dans ses romans, mais qu’il conviendrait tout de même d’espérer de cet auteur un livre publiable.» Dernier auteur québécois en date à être publié chez Gallimard, la jeune Perrine Leblanc, dont L’Homme blanc a été repris en Prance sous le titre de Kolia.«Je ne sais même pas qui a accepté ce manuscrit chez Gallimard», précise Rolf Puis pour bien faire valoir l’indépendance éditoriale de la maison.Après quarante années passées à la barre de Gallimard au Canada, à l’heure où la maison célèbre son centenaire, c’est l’éditrice Plorence Noyer qui remplacera Rolf Puis à compter de 2012.«Cela fait déjà quelques années que nous travaillons ensemble.J’aurais été un con de ne pas l’engager.Elle a une énorme capacité de travail et elle est exceptionnellement intelligente, sans être ennuyante.» Juste avant que je ne prenne congé, Rolf Puis ouvre le livre de Mario Vargas Llosa posé devant lui.«C’est peut-être un passage de ce livre qui résume le mieux mon sentiment à l’égard de ce que j’ai vécu au milieu des livres durant ces quatre décennies: grâce à des gens qui m’ont encouragé, “et sans doute, aussi, à mon obstination et un peu de chance, j’ai pu consacrer une bonne part de mon temps à cette passion, ce vice et cette merveille: écrire, créer une vie parallèle où nous réfugier contre l’adversité, et qui rend naturel l’extraordinaire, extraordinaire le naturel, dissipe le chaos, embellit la laideur, éternise l’instant et faire de la mort un spectacle passage/’».Le Devoir 1911-2011: GALLIMARD - UN SIÈCLE D’ÉDITION Hall de la Grande Bibliothèque 475, boulevard de Maisonneuve Est Montréal Du 8 décembre 2011 au 19 février 2012 E N BREF Sur la route Le terme «road movie» apparaît au début des années 70, mais le genre remonte à bien longtemps auparavant aux westerns de John Ford, à North by Northwest de Hitchcock, et même au Magicien d’Oz, dont les deux auteurs de cette étude font une sorte d’étalon de mesure d’un certain cinéma américain.Le road movie, c’est la confrontation avec l’immensité d’un continent «lieu de tous les fantasmes, de toutes les démesures, de tous les paradoxes», écrivent ces deux spécialistes et historiens français du cinéma.Beaucoup de photos, mais surtout un texte très dense qui tente de trouver les liens entre Easy Rider, Thelma et Louise, la série télévisée Route 66,2001: Odyssée de l’espace.et les dessins animés Road Runnef.- Le Devoir ROAD MOVIE, USA Bernard Benoliel et Jean-Baptiste Thoret Editions Hoëbeke Paris, 2011,240 pages Histoire de pêche La spécialiste de linguistique Henriette Walker et le fana des sciences naturelles Pierre Ave-nas poursuivent leur œuvre d’étjunologie de la faune.Après Détonnante histoire des noms des mammifères et La mystérieuse histoire du nom des oiseaux, arrive sur les tablettes, on le devine, La fabuleuse histoire du nom des poissons.Les quelque 200 entrées sont vivifiées de naïfs dessins (colin «en colère» se mordant la queue), d’apartés lou- Gallimard tc^U.rOMAS rRANS ERÔMER Halciqiies Œuvres complètes 1954-2004 PRIX NOBEL 2011 L'AllT IRANÇAIS l)i; IA OLLRRi; PRIX CONCOURT 2011 Emmanuel darrèiv Limonov PRIX RENAUDOT 2011 Ce qu’aimer veut dire PRIX MEDICIS 2011 Tomas Alexis Transtrômer Jenni Emmanuel Mathieu Carrère Lindon 'M.WIN ll-.SSON DA\S LES IORÊT5 l)i: HIRÉRIi: PRIX MEDICIS ESSAI 2011 I.HOMMF QUI SF PRFNAIT POUR NAPOLKQX PRIX FEMINA ESSAI 2011 CVHOI 1-.UVHIIM /.Dll DOMAIMi DES MERMLIRES PRIX CONCOURT DES LYCEENS 2011 Olivier Frébourg Gaston et Gustave PRIX DÉCEMBRE 2011 Sylvain Tesson Laure Murat Carole Olivier Martinez Frébourg foques (le Marsupilami serait le seul prédateur du piranha), et de questions comme à la petite école.Si le nom de chaque poisson est donné aussi en italien, en espagnol, en anglais et en allemand, la nomenclature québécoise est absente.Pas de suceur cuivré, de poulamon ou de oua-naniche, donc.Une part belle est faite à la gastronomie et aux anecdotes de bonne chère aquatique.Ainsi, le gravlax, où lax est en suédois le saumon etgrav la tombe, était «historiquement enterré, au fond de trous creusés dans le sol à l’extérieur de la maison, où on le laissait mariner, au frais, un certain temps».Un dé- tour est fait par les poissons les plus pêchés et ceux qui sont le plus servis au restaurant Qn s’amuse aussi dans le chapifre des poissons excentriques, ou l’hippocampe, à côté du roi des harengs, du quafre-yeux et de la rascasse volante, fait hgure ordinaire.Bref, un amusant répertoire de savoir et d’histoires de pêche.- Le Devoir LA EABULEUSE HISTOIRE DU NOM DES POISSONS Henriette Walker et Pierre Avenas Robert Laffont Paris, 2011,500 pages.Henriette Walter Pierre Avenas La fabuleuse histoire du nom des poissons Du tout petit poisson-clown au très grand reguin blanc Robert Laffont Au beau milieu la fin « Au beau milieu, la fin est un livre sur la vieillesse comme on l’a rarement lue, écrit par une dame qui n’aura jamais ia langue dans sa poche et dont la capacité d’indignation est restée intacte.[.] Denise Boucher a probablement écrit un des livres les plus justes sur la vieillesse et ses maux.» - Josée Lapointe, La Presse « Peu importe l'arthrite, peu importe la pauvreté, peu importent toutes les douleurs de coeur et de corps du monde entier, personne ne fera taire la grande insoumise de la littérature québécoise.» - Dominic Tardif, Voir (514)524-5558 I0meac@lerreac.conn Québec HH LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II DECEMBRE 2011 F 3 LIVRES CADEAUX Andrée Ferretti, le roman d’une vie Une vision du monde rendue à travers un personnage de fiction qui lutte contre toute forme de domination Danielle Laurin un côté, la militante, indépendantiste de la première heure et féministe convaincue.De l’autre, l’écrivaine, qui publie à 76 ans son quatrième roman.Mais dans le cas d’Andrée Ferretti, peut-on vraiment séparer les deux?Pas de rupture entre la femme de conviction qu’elle a toujours été et l’auteure de fiction qu’elle est devenue au milieu des années 1980.Pas plus qu’avec l’essajds-te qui a cosi-gné avec Gaston Miron une anthologie des Grands textes indépendantistes en 1992.C’est ce qu’Andrée Ferretti elle-même soutenait à la parution de son roman précédent, il y a quelques années.Elle arguait que, chez elle, «l’œuvre n’existe qu’enracinée au cœur d’une lutte contre toute forme de domination».Pas étonnant de tomber sur cqci dans son nouveau roman: «A l’instar de tout artiste, je désire créer un œuvre pour défendre une vision du monde.» C’est bien d’une vision du monde, d’abord et avant tout, qu’il est question dans cette oeuvre de fiction.Une vision du monde rendue à travers un personnage de fiction qui lutte contre toute forme de domination.Elle s’appelle Fleur Després, elle est née «le jour de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale».Elle a milité toute sa vie pour l’indépendance du Québec et s’avère une féministe convaincue.La dame s’est rendue célèbre surtout par ses photos.Des photos de reporter, prises sur le vif, lors de conflits internationaux et d’événements importants au Québec.Mais aussi des photos d’artiste.Et puis, sa vie amoureuse mouvementée n’est pas passée inaperçue, elle a nourri les médias un temps, les journaux à potins en particulier.Enfin, autre sujet de curiosité: la mort suspecte de son mari.Fascinée par le personnage, une jeune romancière mandatée par un éditeur qui connaît bien Fleur Després se propose d’écrire sa biographie.Elle se présente chez elle.Et se fait rabrouer.Pas question de collaborer.Peu importe, la jeune romancière ne se laisse pas décourager.Elle entame ses recherches, rencontre des témoins, fouille les archives.Et bouche les trous avec son imagination.Bref, quand l’information manque, elle invente, va jusqu’à se mettre dans la peau de Fleur Després, racontant au «je» sa vie comme un roman.Non autorisé Car c’est bien d’un roman JACQUES GRENIER LE DEVOIR Roman non autorisé d’Andrée Ferretti prend parfois des aiiures de roman à ciés.qu’il s’agit finalement, d’un «roman non autorisé», comme l’indique le titre de l’ouvrage d’Andrée Ferretti.Tout est là pour nous le rappeler.La mise à distance opère constamment.Habile procédé: les tâtonnements, les questionnements de la jeune romancière sur sa propre démarche parsèment le récit.Ainsi: «Désormais, je me sens autorisée à recréer la vie de Fleur Després, sans constamment me soucier de la plate réalité, en m’inspirant toutefois des péripéties connues de sa vie publique et privée.» Elle ajoute: «Il n’y a pas de genre littéraire qui ne soit la fausseté même, nous le savons, comme nous savons que seule la littérature pénètre le réel.» Seule la littérature pénètre le réel?Vraiment?Ce qui est sûr, c’est que le personnage qui s’incarne sous nos yeux, cette Fleur Després que l’on sait pourtant appartenir à la fiction, semble bel et bien pé-néfrer le réel.A travers elle, à travers son histoire, c’est l’histoire politique du Québec des 50 dernières années que l’on revit.C’est la mort de Duplessis, l’arrivée au pouvoir de l’équipe du tonnerre, le réveil de la nation.Puis, la Crise d’octobre, la Loi des mesures de guerre, les arrestations.Le PQ de Ti-Poil, les deux référendums.Parallèlement, c’est aussi les grands conflits internationaux de la deuxième moitié du XX® sièçle qui se rappellent à nous.A commencer par la guerre d’Algérie, qui occupe une grande place dans le récit.Les rapprochements entre la situation là-bas et l’indépendance du Québec comme projet sont d’ailleurs nombreux.Politique Très politique, ce Roman non autorisé.Très engagé.Parfois plus près de l’essai politique que du roman, d’ailleurs.C’est bien la vision du monde de l’auteure — fût-elle cachée derrière la jeune romancière, elle-même cachée derrière Rose Després dont elle affirme que la vision du monde lui va «comme un gant» — qui transparaît.Peut-être trop, de façon trop appuyée.Le jupon dépasse, comme on dit.Qn n’est pas loin de l’écriture au serviçe d’une cause, par moments.A travers les mille et une péripéties de la vie de l’héroïne, le discours — fût-il situé dans un contexte de fiction — prend souvent le pas sur l’action.Ce que l’on peut déplorer.Mais ce parti pris de l’auteure n’entache pas la force, la densité de son propos.Paradoxalement, c’est là que se situe en grande partie l’originalité de ce Roman non autorisé.Nous sommes loin, très loin de la production romanesque de l’ère du vide, de l’écriture du genre télé-réali-té, du nombrilisme.Ce qui distingue aussi le livre d’André Ferretti, c’est le style.Un style plutôt classique.Qui tient ses promesses la plupart du temps.Malgré quelques circonvolutions, quelques formules ampoulées.Ce qui par-dessus tout fait de ce roman, qui prend parfois des allures de roman à clés, une oeuvre exceptionnelle, c’est l’amalgame qu’on y trouve entre le politique et l’intime.C’est la sexualité sans tabou qui le traverse.C’est le lien entre le corps et la pensée qu’on y trouve.C’est la quête de liberté qui le porte, finalement.Un roman à son image: c’est ce que nous offre Andrée Ferretti.Qui pourrait le lui reprocher?danlaurin@b2b2.ca ROMAN NON AUTORISÉ Andrée Ferretti L’Hexagone, coll.«Fictions» Montrai, 2011,160 pages F) ?l^Gaspard-LE DEVOIR ALMARÈS Dn 28 novembre an 4 décembre 2011 Generation pendue « Il y a des moments très torts dans Generation pendue [.] Et autant le livre est dur, autant il est porté par une écriture vivante et vibrante.[.U]n roman dérangeant, et une belle déclaration d’amour à la Côte-Nord, au fleuve, à l’air salin.et à la vie.» Josee Lapointe, La Presse (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com Romans québécois 1 Mémoires d'un quartier • Tome 10 ÉvangÉline, la suite Lotise Tremblav-D'Essiambte/Guv Saint-Jean 1/3 2 La serveuse du Cale Chenier Yves Beauchemin/Michel Brûlé 2/5 3 lUIalDhas • Tome 1 Le cas des casiers carnassiers Patrick Senécal/Alire 3/5 4 Bonheur, es-tu Ë?Francine Ruel/Ubre Expression 4/6 5 Félicité • Tome 1 Le pasteur et la brebis Jean-Pierre Chariand/Hurtubise 5/4 6 Au bord de la rivière • Tome 2 Camille Michel David/Hurtubise 6/7 7 La grande mêlée Michel Tremblav/Leméac 8/2 8 Les héritiers d'Enkidiev • Tome 4 Le sanctuaire Anne Robillard/Wellan 7/10 9 Mémoires d'un quartier • Tome 9 Antoine, la suite Louise Tremblav-D'Essiambre/Guv Saint-Jean 10/15 10 Au bord de la riviéie • Tome 1 Baptiste Michel David/Hurtubise -n Romans étrangers 1 Toyer Gardner McKay/Cherche Midi 1/2 2 Le Chinois Henning Mankell/Seuil 3/5 3 Aleph Paulo Coelho/Flammarion 4/5 4 La poursuite dans la peau.Obiectif Bourne Eric van Lustbader/Grasset 7/2 5 Limonov Emmanuel Canère/PDL 2/3 6 Un havre de paix Nicholas Sparks/Michel Laibn 5/7 7 Mort ou vif • Tome 1 Torn Clancv/Albin Michel 6/4 8 Mort ou vif ¦ Tome 2 Torn Clancy/Albin Michel 0/4 9 Theodore Boone.L'enlèvement John Grisham/DH ! éditions 9/4 10 La trace de l'araignée Kathy Reichs/Robert Laffont -n "?Essais québécois 1 Mafia inc.Grandeur et misère du clan sicilien au Québec André Cédilot 1 André Noél/Homme 6/5B 2 Be colère et d'espoir Françoise David/Écosociété V6 3 Pour en finir avec le gouvememaman Joanne Marcotte/Francine Breton 4/2 4 De quoi le Québec a-t-il besoin?J.Barbe I M.-F.Bazzo IV.Marissal/Leméac 2/7 5 Le camp des justes Gil Courtemanche/Boréal 3/3 6 Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident DJemila Benhabib/VLB 5/12 7 On veut votre bien et on faura.Comment l'insidieuse.Jacques Nantel 1 Ariane Krol/Tmnsconûnental 7/7 8 Faire l'économie de la haine Alain Deneault/Écosociété -n 9 Tirlin et le Québec.Hergé au ccerr de la Révolution tranquile Tristan Demers/Hurtubise -n 10 Ces impossibles Français Louis-Bernard Robilaille/Galllmard -n "?^Essais étrangers 1 Petit cours cfautodéiense en économiaUabc du capitalisme Jim Stanford/Lux V4 2 Destruction massive.Géopolitique de la faim Jean Ziegler/Seuil 3/3 3 lirtiin au pays des philosophes Collectif/Philosophie Magazine 4/7 4 Indigneavous ! Stéphane Hessel/Indigène 5/45 5 Brève histoire du progrès Ronald Wright/BIbliothéque québécoise 2/4 6 L'art d'ignorer les pauvres John Kenneth Galbraith/les Liens qui libèrent 9/2 7 Quand un enlant se donne la mort Attachement et sociélés Boris Cvrulnik/Odile Jacob -n 8 Demain, qui gouvernera le monde ?Jacques Attali/Fayard -n 9 Les mots de ma vie Bernard Pivol/Albin Michel -n 10 Pour sauver la planète, sortez du capitalisme Hervé Kempf/Points -n ta BIIF (SociëË de gesticn de la Banque de titres de langue fiangaise) est gnipridtaire du sj^me d'Infamaticn et d'analyse fispnd sir les ventes de livres ftançals au Canada.Ce palmatès est exilait de Sapai et est constitué des relevés de caisse de 175 points de venta La BILF reçoit un soutien financier de Patrimohe canadien pour le projet Ssspstt.© Blir, toute reproduction totale ou partielle est Inlerdita Distiller la fiction CATHERINE LALONDE Un beau bvre?Trichons.Car Wigrum, premier roman du réalisateur, essayiste, auteur et traducteur Daniel Canty, se présente sous une facture éditoriale si soignée et exhale un tel amour de l’objet li-vre — au détriment même de la cohérence de la grille graphique habituelle de la maison d’édition — qu’on lui creuse ime petite place ici.«Les contes ont beau changer de visage, ils continuent de raconter la même histoire.» Ce roman inclassable est à la fois une collection de récits et le récit d’ime collection.Canty déterre le personnage de Sébastian Wigrum, auteur du livre disparu On the Souvenir as Art Object, collectionneur de l’ordinaire, d’objets — allumettes brûlées, feuille d’arbre tombée, boulon rouillé, biscuit portant l’empreinte du dentier du père Noël, mèche de cheveux — qu’il voit comme les «saints patrons d’un monde sans Dieu».Autant d’artefacts qu’il ramène, par ses imaginatifs cartels, au rang d’extraordinaires.Le plaisir du roman, dont le prétexte est de répertorier l’inventaire de l’improbable legs de Wigrum, est de distiller la fiction, les faits réels, mais si absurdes qu’on ne peut y croire, et les références artistiques.Parmi ces objets impossibles, on reconnaît ici le canard automate de Jacques de Vaucanson, qui ornait la une de notre cahier Livres la semaine dernière: jouet créé en 1744 qui imitait la mastication, la digestion et l’évacuaûon du grain.Là, une référence juste, une anecdote vraie font de Wigrum un conte muséographique à dormir debout, un dictionnaire mutant issu du détournement de vaines ûou-vailles Web et de l’Encyclopoedia Britannica.Exemple?Ce «Fil rouge, 1959», de la «collection de Prague», qui aurait été attaché y SOURCE NATIONAL GEOGRAPHIC/ PHOTOLIBRARY Publiée en 1562 par Diego Gutiérrez, cette carte du Nouveau Monde illustrée de monstres, de cannibales et de géants fait apparaître des îles réelles, dont les îles Vierges, et des îles imaginaires, comme l’île de Brasile.Les cartes de l’utopie MICHEL BELAIR Depuis que le monde est monde, l’homme a tenté de se le représenter en le dessinant sur des cartes.Pour mieux le délimiter et le circonscrire.Pour dompter ses peurs aussi.Et autant pour qu’on puisse s’y reconnaître et commercer avec des pays situés au bout du monde que pour représenter les créatures peuplant les terres imaginaires présentes dans toutes les légendes depuis les origines, licornes, dragons et autres animaux fantastiques.Mais on ne trouvera pas que des monstres repoussants ici, puisque les hommes de toutes les époques ont aussi su s’inventer des paradis terrestres perdus sur des îles de rêve oû coulent le laît et le mîel.on trouvera plusieurs représentations de ces lieux mythiques, royaumes fabuleux et autres continents perdus.Ce sont toutefois les cartes représentant le monde, depuis l’Antiquité grecque en passant par les Romains et les Arabes et jusqu’aux grandes découvertes, qui attirent le plus l’attention par leur relative précision, puisqu’elles ont été tracées avec des Instruments primitifs à partir des observations des voyageurs.UÉglise Ces observations, souvent étonnantes de justesse, montrent aussi du, doigt le voile épais que l’Eglise fait peser sur le monde à partir du Moyen-Age.Ce n’est en effet que lorsque le dogme catholique a placé Jérusalem au centre de la Terre et la Terre au centre du monde que tous les cartographes se sont mis à soumettre leur représentation de l’univers à la lecture de la Bible, sous peine d’ex-communlcatlon.et que les dérives les plus bêtes sont devenues monnaie courante.Dans ce grand livre farci de cartes fabuleuses, on retrouvera tout ce matériau considérable, présenté en six grands chapitres qui sont autant de variations sur l’utopie, paradis terrestres, continents engloutis, îles fantômes, royaumes légendaires.Nouveau Monde et autres Eldorado sont décrits dans un texte clair et sans prétention.Une belle surprise tout au long.Le Devoir LE GRAND LIVRE DES TERRES LÉGENDAIRES JudythA McLeod National Geographic Paris, 2011,320 pages 2 LXJ ^ >- 2 LU lUq-i -'h-' _i ^ < D CC Q X ÜJ Edmund Alleyn ou le détachement « [.C]ette rencontre posthume entre l’auteure et l’artiste donne lieu à un très beau texte sur le temps qui passe, qui met en scène tous les âges de la vie d'un homme.» - Josée Lapointe, La Presse « [.U]n ouvrage très épuré, sur lequel souffle un vent de poésie.» MONTREAL YIDDISH: Chantal Rînguet À LA DÉCOUVERTE DU MONTRÉAL YIDDISH Préface de Sherry Smon iPT] î O q ï !n B (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec I 304 pages •39,95$ F I D E S groupefides.com m SOURCE NATIONAL GEOGRAPHIC/PICTURE DESK/ART ARCHIVE Cette miniature réalisée par Christoforo de Prédis pour l’édition de 1472 du codex intitulé «De Sphaera» évoque la fontaine de Jouvence de la mythologie biblique. LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II DECEMBRE 2011 F 11 LIVRES CADEAUX ESSAIS Toutes sortes de glorieux Les sports d’endurance ont quelque chose d’épique.Entre le départ et l’arrivée d’une étape montagneuse du Tour de France ou d’une course de 50 km en ski de fond, une histoire se déroule.Guy Lafleur et Bruny Surin ont réalisé des exploits éclatants.__________ La carrière du cycliste et fondeur Pierre Harvey, moins tapageuse, impressionne autrement.Dans la durée, à chaque ^•^uis course, l’ath- CoRNELLiER offrait le beau spectacle presque troublant de la ténacité vécue dans la solitude.Le marathon, par la pureté du geste qui le définit et la démesure de l’effort qu’il requiert incarne la quintessence de cette noblesse sportive.Dans Marathon (s), un ouvrage de luxe richement illustré, l’écrivain français Bernard Chambaz, qui a beaucoup écrit sur le cyclisme en s’inspirant de sa propre pratique de ce sport, rend hommage à la plus prestigieuse des compétitions sportives en racontant son histoire et en portraiturant ses héros.Contrairement au ski de bosses, à la planche à neige ou à la nage synchronisée, le marathon a une histoire.Des céramiques grecques qui datent d’avant Jésus-Christ montrent des hommes nus en plein élan athlétique.La la-meuse bataille de Marathon, qui oppose les Grecs aux Perses, a lieu en -490.Philippidès, souvent considéré comme le premier marathonien de l’histoire, a bel et bien couru une très longue distance à cette occasion, mais c’est plutôt un dénommé Euclès qui aurait parcouru les 42 kilomètres séparant Marathon d’Athènes pour annoncer la victoire avant de mourir.Chambaz, qui s’amuse aussi à commenter la foulée des dieux grecs eux-mêmes, raconte ces faits d’armes et de pieds dans un style poétique évocateur et parfois déconcertant.11 est vrai que suivre des dieux qui courent n’est pas un art facile.L’ère ofeunpique Quittant l’Antiquité pour l’ère olympique, l’écrivain nous offre ensuite les plus b,elles pages de son hommage.A Athènes, en 1896, le berger grec Spiridon Louys entre dans la légende en remportant le premier marathon olympique de l’ère moderne en moins de trois heures.Parmi ses successeurs, on compte nombre de hgures originales et attachantes.En 1904, à St Louis, un certain Lorz, présumé vainqueur, est dépouillé du titre quand on découvre qu’il a fait une douzaine de kilomètres en voiture, «tout en en- I courageant par la vitre les coureurs».En 1908, à Londres, Do-rando Pietri entre dans le stade en tête de la course, mais titubant.Conan Doyle lui-même le soutiendra jusqu’au hl d’arrivée.Le coureur sera disquajihé, mais il deviendra un héros.A Amsterdam, en 1928, Abdel El-Ouah, un ouvrier de chez Renault, fume une cigarette après sa victoire.Accusé de «professionnalisme», il sera lui aussi disqualihé.On imagine qu’il en a alors grillé au moins une autre.Certains champions surprennent par leurs méthodes d’entraînement.L’Argentin Cabrera, qui gagne à Londres en 1948, «se contentait de trois fois vingt kilomètres par semaine».Le Français Alain Mimoun, médaillé d’or de Melbourne en 1956, n’avait jamais couru plus de vingt kilomètres en une seule course avant de prendre ce départ «Monsieur Mimoun, nous avons un point en commun.nous durons», lui dit alors Charles de Gaulle.L’Américain Salazar, pour s’accoutumer au climat de Los Angeles avant les Jeux de 1984, «se prépare sur un tapis roulant, dans son garage, le moteur de sa voiture en marche».Les deux plus grandes figures de toute cette histoire restent le Tchécoslovaque Emil Zatopek, déjà chanté par Jean Echeno,z dans Courir (Minuit, 2008), et l’É-thiopien Abebe BiHla.En 1952, à Helsinki, le premier, avec ses grimaces et son «allure contorsionnée», remporte le 5000 m, le 10 000 m et le marathon.Son style laborieux est souvent l’objet de moqueriea «Quand le style comptera en course à pied, comme en patinage artistique, je m’appliquerai», réplique-t-il.A Rome, en 1960, BiHla gagne le marathon olympique, diffusé pour la première fois à la télé, en bouclant le parcours en 2 h 15 min 16 s.11 court pieds nus.Chaussé, il remet ça à Tokyo, en 1964, en 2 h 12 min 11 s.Un accident de voiture le clouera à un lauteuil roulant en 1969.Où sont les femmes?, demanderont peut-être les esprits progressistes.Le marathon olympique ne les accueille qu’à partir de 1984.L’Américaine Joan Be-noiL surnommée «Marathon woman», gagne alors l’épreuve, en courant plus vite que Zatopek à l’époque.Dès 1966, cependant, des audacieuses s’étaient infd-trées dans le peloton du marathon de Boston.Une photo de ce livre montre d’ailleurs un organisateur pourchassant une concurrente pour l’expulser de la course en 1967.En 1972, la compétition s’ouvrira officiellement aux femmes.On entend parfois dire que les intellectuels méprisent le sport, qu’ils l’assimilent à une activité bassement populaire.La vérité est toute autre.11 y a, en effet, bien plus d’intellectuels qui aiment le sport que de sportifs qui aiment la culture.Bernard Chambaz, avec ce beau livre, en fournit une preuve supplémentaire, tout en rappelant que le style, en course comme dans la vie, importe plus que le chronomètre.Une sociologie du CH Le Canadien de Montréal.Une légende repensée n’est pas vraiment un «beau livre», même s’il est plutôt joli avec sa couverture qui reproduit un grafhti, inspiré par le masque de Dryden, du peintre Serge Lemoyne.Dirigé par les sociologues Nicolas Moreau et Audrey Laurin-Lamothe, ce collectif propose, en sept contributions, «un regard critique et réflexif sur le Canadien».Suzanne Laberge y revient sur l’affaire Richard-Campbell de 1955 pour montrer que l’efficacité du sport «dans la mobilisation des collectivités et dans le passage à l’action est parfois supérieure à [celle de] bien des discours idéologiques».Le théologien Olivier Bauer y poursuit, pour sa part, son exploration de la «religion» du Canadien.Dans la contribution la plus originale de ce collectif, Nicolas Moreau et Chloé Nahas montrent que les qualités qu’on attribue aux joueurs du Canadien constituent les nouvelles normes sociales.Ainsi, il faudrait, aujourd’hui, être performant, unique et capable de
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