L'ingénieur, 1 mars 1959, Printemps
'«•çM» é ' .*k#f > experts en transports Même si cela semble incroyable, nous n’avons fait jusqu’ici que nos premièrs pas, quelques pas trébuchants, dans le domaine des transports modernes.Ces “ingénieurs de demain” contribueront plus tard à créer des moyens de communication et de distribution ultra-rapides, auprès desquels nos méthodes actuelles sembleront très lentes.Mais la tâche des générations qui poussent sera facilitée par les recherches continues poursuivies dans le domaine des fils conducteurs.De fait, Canada Wire se prépare déjà afin d’être prêt à faire sa part dans les grandes améliorations prévues dans le domaine des transports.Canada Wire and Cable Company Limited Manufactures : TORONTO • MONTRÉAL • SIMCOE • FORT GARRY • VANCOUVER Une maison canadienne, possédant des manufactures et des bureaux de vente d'un océan à l'autre marque déposée 57 92 F Des hommes qui font du service une science Les ingénieurs de Canada Wire voyagent des milliers de milles chaque année, dans les airs et sur terre, afin de se rendre sur les lieux lorsque surgissent des problèmes dans le domaine de l'électricité.C'est ce qu'ils entendent par "service".P.M.Morency Ingénieur Région de l’est Montréal, Que. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE SCIENCES ARTS ECONOMIE CULTURE PRINTEMPS 1959 VOLUME 45 - No 177 CONSEIL DE L'ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE Officiers : MM.Léo Roy, Ing.P., président Georges Demers, Ing.P., 1er v ce»Dre dent Charles R.Laberge, Ing.P , 2eme vice-president Jacques Laurence M.Sc., Ing.P., secrétaire«tréscr « Directeurs : MM André Aird, Roger Bernier, Guy Cyr, J.R Desmarais, Jean Guay Bernard Lavigueur, Guy Monty, Marcel Papineau, Paul-Emile Piché, Edouard Prévost, Lucien Rolland.Geo.-E.de Varennes.Directeurs ex-officio : MM.Philippe-A.Dupuis, J.G.Chênevert, Henri Gaude-froy.Représentants : MM Philippe-A.Dupuis et Georges Demers, section de Québec Walter J.Manning, sect:on Ottawa-Hu Jacques Limoges lu Nord de Que: Ontario Henri Gaudefroy, Corporation de Ecole Polytechnique Claude Racine, A Polytechniaue RECHERCHES A CHALK RIVER par David A.Ke)\ 9 SPECIFICATIONS ET CONTRÔLE DES MATÉRIAUX ASPHALTIQUES par Ecimour Charnel et /.H ode Keyser .13 L'ATOME À GENÈVE par Paul-El.Gagnon .22 COMITÉ D'ADMINISTRATION DE L'INGÉNIEUR MM Henri Gaudefroy, D.Sc., Ing.P., directeur de i'Ecole Polytechnique et président Ernest Lavigne, D.Sc., Ing.P., ecrétaire-admimstrat I Léo Gareau, Ing.P., trésorier Ignace Brouillet, D.Sc.A., Ing.P., président de la Corporation de :'Ecole Pol technique Léo Roy, Ing.P., président i< A • COMITÉ SCIENTIFIQUE DE L'INGÉNIEUR MM.Jean C Bernier, M.Sc.Ing.P., directeur du Centre de recherches a Polytechnique — président Roger-P.Langlois, M.Sc., Ing.P., professeur agrégé a Polytechnique — secrétaire Roger Brais, PhD., Ing.P., professeui Polytechniaue Georges Weiter, D.Sc., professeur tdula re à Polytechnique • ADMINISTRATION E.Lavigne, Ing.P.secrétaire RÉDACTION Louis Trudel, Ing.P.rédacteur en chef PUBLICITÉ Représentants Les Éditions Commerciales Inc.3587, ave Papineau, Montréal 24 Tél.: LA.5-1665 ÉCLAIRAGE DES RUES par /.-Al.Rousseau .23 UN PALAIS GEANT SUSPENDU SUR TROIS POINTS 30 COUP D’OEIL SUR L INDUSTRIE ET SUR LA TECHNOLOGIE 33 VIE DE L ASSOCIATION 36 NOUVELLES DES DIPLOMES 44 REVUE DES LIVRES 30 INDEX DES ANNONCEURS S6 PHOTO DE COUVERTURE Vue du réacteur NRX de 40,000 kilowatts au Centre nucléaire de l’Atomic Energy ot Canada Limited à Chalk River, Ont.EDITEURS: L’Association des Diplômés de Polytechnique.C.P.501, Snowdon Montréal 29, Canada, Te.: RE.9 2451.— Parution: mars, ii/n, septembre et Imprimeurs : Pierre Dr Mara Abonnements : nada et Etats-Unis seconde cia " Droits d’auteurs: Les au*- ?héories ou des opinions émises par eux.— La reproduction des gravures et du texte des articles parus dans L INGENIEUR est perm se à a condition d’en indiquer la source et de faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication les reproduisent.Tirage certifie : CCAB VIVONS MIEUX ?- avec * f CI fl\^' Le peuple canadien, plus que tout autre, bénéficie de l’énergie électrique.L’abondance d’énergie électrique à bon marché est l’une des raisons importantes qui justifient l’activité d’un si grand nombre d’industries .la production toujours croissante de marchandises .une meilleure rémunération de notre travail.Dans les bureaux et les foyers, sur les fermes, l’électricité contribue à l’amélioration de nos conditions de vie.Que signifie pour vous VMAE?VMAE veut dire “Vivons mieux avec l'électricité” et ce slogan nous révèle tout un monde de vérité.Par exemple, l’éclairage parfaitement conçu confère plus de charme et de gaiete à chaque pièce de la maison.Dans la cuisine et la buanderie, les appareils ménagers modernes épargnent temps et travail.D'autres appareil contribuent à nos loisirs et à nos plaisirs.Le chauffage automatique et la climatisation ajoutent à notre confort.De fait il est fort probable qu'il n’y a pas un seul endroit dans votre foyer qui ne puisse être électrifié afin de vous donner plus de commodité, plus de confort, plus de service.Dans les bureaux, les foyers, les usines, le facteur essentiel est un système de filerie adéquat qui permet d’obtenir le maximum d’efficacité des dispositifs électriques en usage aujourd’hui et qui procurera l’énergie nécessaire à ceux que vous projetez d’ajouter plus tard.Votre compagnie d’électricité locale, votre ligue électrique provinciale se feront un plaisir de vous conseiller et de vous aider à “mieux vivre avec l’électricité”.CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED fabricant d’outillages qui génèrent, transmettent et distribuent l’électricité .ainsi qu’une grande variété de produits qui la met à l’oeuvre dans les foyers et les industries.2— PRINTEMPS 1959 L * I N G É N I EU R COMPANY! MUMd " CANADIAN *011(11 ^ ^ SOCIITY 3 *>**,*n*j iü-crai».* * f f /* * ««Ht» » ft « l« Vue «!«* I'inHliillation illii»trant le» unité» au travail.Not»** la simplicité «les lif'iK-s «le erg unit*'s compactes, sauvant «le l'espac**.IIMPS0K’’S i-'-â Him-U y by y uy.t ¦&mlË **r ^ In gén ien rs-con sei I : James P.Keith & .!«««»« iu »«*.«, Montréal.Al SOMMET .voilà la tendance que prend aujourd'hui l'installation ties chaudières.Ainsi l'outillage du service n'encombrera pas le sous-sol et il en découle un surplus tl espace* louable.Il s'agit ici d'une des premières installations du genre.Elle consiste en deux chaudières Dominion Bridge haute pression de 250 h.p., complètes avec brûleurs, le tout étant monte sur le dernier étage tie l’édifice Peel Centre, a Montreal.Ces unités servent au chauffage et à la climatisation; elles sont installées sur tics tampons-amortisseurs tie vibration et munies tie souffleurs à suie “Air-Puff”.Un panneau central, comportant tous les instruments, est fiche au mur pour faciliter 1 operation.Les réservoirs et les pompes à l'huile sont situes au sous-sol.L'unité à et r«- lii»»«V en |M>»ition au douïirmr étage.l'our le» installation» «le ce «enre.le *>rûl«‘iir.!«•» in»lruments.«*t«*.»«»nt assemblé» sur l«*» lieux.DOMINION BRIDGE COMPANY LIMITED.(laines: MONTREAL • OTTAW \ • TORONTO • SAI LT-STE-MARIE • WINNIPEG .CALGARY • EDMONTON • VANCOUVER.l!»in«» «le» Compagnie» alliluVg: AMIIERSI, N.-E.: Robb Engineering Wk».Ltd.Ql'ÉllEC: Eastern tlanada St«*cl K Iron Wks.Ltd.WINNIPEG: Manit«*l»a Bridge & Eng.Wk».Ltd.Départements: Chaudronnerie • Mé«’ani«ju«’ • Strm’turc • Entrepot En raison de la nature tie cette installation, les brûleurs (incluant moteurs et éventail tie tirage forcé) montés sur des boîtt*s à vent ont été assemblés en chantier.Pour des renseignements complets, écrivez afin de recevoir notre catalogue BYY-120.Nous offrons aussi les chaudières aquatubes complètes.Demandez le catalogue BYY-121.CHAUDIÈRES COMPLÈTES par DOMINION BRIDGE Aujourd'hui, cette précieuse auxiliaire qu’est l’électricité, en plus d’éclairer nos maisons, cuit et refroidit nos aliments .facilite les travaux domestiques et agricoles, fait marcher nos usines, nous apporte nouvelles et divertissements, protège notre santé, contribue enfin de mille et une façons à notre bien-être, à notre confort et à notre prospérité.Depuis plus d’un demi-siècle la Shaw inigan tient un rôle de premier plan dans le développement de l’industrie électrique canadienne.Depuis la mise en service de sa première centrale de 7,300 kw en 1903, la compagnie n’a cessé de réaliser de solides progrès.File possède aujourd’hui sur le Saint-Maurice sept usines hydrauliques d’une puissance totale de 1,310,600 kilowatts.Hier encore un compte d électricité n était qu une facture d éclairage Il y a 80 ans seulement, Thomas Edison inventait la première-ampoule électrique pratique.Cette innovation allait donner naissance à l'une des industries les plus importantes qui soient.4 __ PRINTEMPS I9b9 L'INGENIEUR • m, ¦ ¦ ¦5385 Surface Du Sol Humus Argile dure tachetée, couleur gris-brun contenant un peu de sable b\ Argile grise molle silteuse Silt gris argileux Argile silteuse avec cailloux FAITS DIVERS FR AN Kl CLIENT : Canadian Steel Wheel Limited LOCATION : Montréal INGÉNIEURS-CONSULTANTS : Canadian Steel Wheel Limited ENTREPRENEURS-GÉNÉRAUX : Angus Robertson Ltd.NOMBRE DE CAISSONS : 458 Caisson Franki courts CHARGES PORTANTES 85 à 125 tonnes LONGUEURS DES CAISSONS : Longueur moyenne foncée -190 Longueur moyenne bétonnée -120 Caisson Franki court offre solution au problème de tassement différentiel SONDAGE TYPE Description Du Sol Profondeur Problème Une étude avait indiqué un sol susceptible de produire des tassements différentiels importants dus à une capacité portante variable (de faible à moyenne) sur toute l'étendue du terrain.De plus, la nappe aquifère fluctuait de 2' à 13' sous la surface du sol et posait de nombreux problèmes techniques.Solution Les "empattements" Franki (caissons courts de 22" de diamètre) avec leur base, élargie de béton furent choisis par le client à cause du maximum de sécurité qu’ils offraient, sous des charges de service variûn-î de 85 à 125 tonnes.En employant ce procédé de fondations, tous les problèmes de tassement différentiel et d'exécution sous la nappe aquifère furent éliminés.Grâce à un personnel compétent et un matériel de tout premier ordre, cet important travail de fondation fut terminé en 33 jours de travail effectif, ce qui a permis au client de réaliser une économie substantielle.PRANK OF CANADA LIMITED Siège Social: 187 BOULEVARD GRAHAM, MONTRÉAL 16, P.Q.QUÉBEC • OTTAWA • TORONTO • EDMONTON • VANCOUVER Do la litérature sur les différents systèmes de fondation Franki et les publications périodiques "FRANKI FACTS" vous seront envoyées sur demande.Ecrivez à Franki of Canada Limited, 187, Boulevard Graham, Montréal 16, P.Q. -sap ^r.Combinaison Imbattable.ALLIAGES ÉLECTRIQUES NORANDA et SERVICE TECHNIQUE NORANDA Il y a toute une nuance à établir entre une piètre utilisation de certains produits et les résultats fort satisfaisants qu’on peut en obtenir.Le concours du service Technique de Noranda à la mise en oeuvre de ces alliages de pièces électriques en est une partie tout aussi intégrante que leur qualité de fabrication.Le Service Technique de Noranda est intrinsèquement le produit d’une expérience acquise tant au laboratoire qu’en fait de pratique.C’est donc un produit qui ne vous coûte pas un seul sou et peut vous être éminement profitable.Les alliages Noranda pour utilisations et produits électriques LE CUIVRE TELLURIUM : Pour toutes pièces électriques.Son haut degré de conductivité, s’ajoutant à ses excellentes facultés de malléabilité, fait de cet alliage un produit qui s’adapte à merveille à tous genres de pièces.Il se forge à chaud dans des conditions remarquables.BARRE OMNIBUS ET CONDUIT OMNIBUS : Pour tous genres d’utilisations d’importance dans l’industrie ou en matière de distribution de l’énergie électrique, les barres omnibus et conduits omnibus, classés en grandeurs régulières, satisfont à toutes exigences individuelles.BRONZE PHOSPHOREUX : Voici un alliage trempé à super-tension qui convient particulièrement aux interrupteurs à ressort, bagues collectrices de courant, contacts à ressorts, de même qu’à des pièces radiophoniques et électroniques.MAILLECHORT : Métal doué d’une résistance électrique exceptionnelle.Excellentes facultés de souplesse.Pour contact, interrupteurs et dispositifs identiques.Communiquez avec votre bureau de ventes Noranda le plus proche.Pour votre commodité, demandez notre aide technique.Noranda Copper and Brass Limited N^p,d" Bureaux de ventes : Montréal, Toronto, London, Edmonton, Vancouver 6 — PRINTEMPS 1959 L’INGÉNIEUR V* U économique AMITE offre de nombreux avantages Explosifs Tous explosifs et auxiliaires de sautage Partout au Canada PRINTEMPS 1959 — 7 Le chargement avec AMITE est rapide, facile et commode : les contenants sont prêts à être employés et il n’y a aucun préparatif à faire sur le chantier.AMITE résiste à l’infiltration de l’eau pendant au moins 16 heures après le chargement.Sa haute densité le rend plus efficace.Les contenants d’AMITE (24" de longueur, en diamètres de 4" à 6V->") sont remplis à une densité prédéterminée, ce qui permet d’obtenir le chargement adéquat avec un minimum de main-d’oeuvre et de surveillance.Manutention facile et entreposage sûr.Les robustes contenants, à paroi enroulée en spirale, avec extrémités et joints métalliques, préviennent le gaspillage et les pertes.Avec AMITE, le chargement est facile, même dans des trous horizontaux.I)u choix de l'agent de sautage approprié dépend le succès de vos opérations de dynamitage.La C-I-L fournit les produits de sautage les plus divers et le meilleur des services techniques.Pour le choix du matériel de sautage répondant le mieux à vos besoins, vous pouvez vous fier entièrement aux conseils que vous donneront les conseillers techniques et les représentants de vente de la C-I-L.Canadian Industries Limited, Division des Explosifs, C.P.10, Montréal.?pour le sautage en surface Lorsqu'il vous faut un agent de sautage économique et prêt à empbtyer .dans les carrières, les exploitations minières à ciel ouvert, les travaux de construction, etc.pensez à AMITE.Cet agent de sautage, récemment mis au point, a déjà fait en service réel la preuve de ses remarquables qualités: ? UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ÉCOLE POLYTECHNIQUE ÉCOLE D'INGÉNIEURS — FONDÉE EN 1873 Le programme d'études prévoit une formation générale dans les sciences fondamentales et appliquées suivie de la spécialisation dans les branches suivantes du génie : GÉNIE CIVIL et GÉNIE ÉLECTRIQUE GÉNIE MÉTALLURGIQUE GÉNIE MÉCANIQUE GÉNIE CHIMIQUE et GÉNIE MINIER GÉNIE GÉOLOGIQUE et GÉNIE PHYSIQUE Les élèves reçoivent à la fin du cours les diplômes d'ingénieur et de Bachelier ès Sciences Appliquées avec mention de la spécialité choisie.Des études post-universitaires peuvent être entreprises à la fin du cours régulier et conduire aux grades universitaires de Maître et de Docteur ès Sciences Appliquées.Des cours de perfectionnement et d'avancement sont donnés le soir durant l'année académique.Ils s'adressent aux personnes qui ont, à des degrés divers, des fonctions dans la vie technique et industrielle de la province.CENTRE DE RECHERCHES ET LABORATOIRES D'ANALYSES Prospectus et renseignements sur demande 2500, avenue Guyard, Montréal 26 - Tél.: RE.9-2451 Veuillez adresser toute correspondance à C.P.5011 Snowdon, Montréal 29 PRINTEMPS 1959 L’INGÉNIEUR Recherches à Chalk River sur l'énergie atomique par David A.Keys, Ph.D., D.Sc., F.R.S.C.Scientific Adviser to the President Atomic Energy of Canada Limited Le Centre nucléaire de Chalk River, qui relève de la Société Atomic Energy of Canada Limited, effectue des recherches sur la structure des noyaux atomiques, sur les propriétés des divers isotopes des éléments connus ou récemment créés et sur l'utilisation, à des fins pacifiques, de la fission nucléaire et des produits de nos réacteurs.Des recherches fondamentales se poursuivent dans toutes les disciplines de la science nucléaire et on s'occupe plus particulièrement à l'heure actuelle de la production éventuelle d'énergie électrique bon marché qui serait tirée de la fission nucléaire de l'uranium.Quatre réacteurs sont actuellement en service à Chalk River.Le ZEEP et le PTR sont deux réacteurs de faible puissance qui permettent de faire des essais avec différents types de barres d'assemblage du combustible, d'étudier le problème de la transmission calorifique, de calculer le taux de combustion des matières fissiles et de faire d'autres expériences pour lesquelles un flux de 100 watts est suffisant.Par ailleurs le NRX dont le rendement est de 40 millions de watts et le NRU dont le rendement est de 200 millions de watts sont deux réacteurs de grande puissance.Ils ont été conçus tous les deux à des fins expérimentales et ils sont munis de dispositifs de recherches qui n'ont pas leur pareil dans les autres réacteurs.Equipement Les laboratoires de recherches de Chalk River sont équipés d'instruments spéciaux très modernes, ce qui facilite les travaux des hommes de science et des ingénieurs et ce qui permet d'accroître nos connaissances dans tous les domaines liés d'une façon ou d'une autre à la science nucléaire, qu'il s'agisse de physique, de chimie, de métallurgie, de biologie ou de certains aspects de la médecine et de l'hygiène.A côté des laboratoires destinés aux études fondamentales se trouvent des laboratoires consacrés aux problèmes technologiques, un service de constructions électroniques et un service spécial où des mathématiciens hautement qualifiés procèdent à des calculs théoriques en se servant de machines à calculer, soit mécaniques, soit électroni- ques.Les physiciens disposent de trois accélérateurs à haute tension comprenant un appareil Van der Graaff de trois millions et demi de volts.Ces accélérateurs permettent de bombarder les noyaux au moyen de particules d'hydrogène, de deutérium ou d'hélium et ainsi de mieux connaître les caractéristiques de ces noyaux.On installera sous peu à Chalk River un nouvel accélérateur Van der Graaff jumelé, le premier du genre, qui pourra atteindre dix millions de volts et fournira des renseignements précieux.On a établi d'autres dispositifs spéciaux qui facilitent l'emploi des faisceaux neutroni-ques en provenance des grands réacteurs pour étudier la structure nucléaire, les processus de la fission et d'autres phénomènes de base.De leur côté les chimistes ont des appareillages spéciaux leur permettant de manipuler les isotopes radioactifs de forte énergie ou de courte durée.Ils ne manquent pas non plus de spec-trographes de masse ni de micro-calorimètres très sensibles.L'INGÉNIEUR PRINTEMPS 1959 — 9 - EACI OC REFROIDISSEMENT OCSCENO DANS OCS TUBES O AluMiNiUM OU1 RENFERMENT OES BARRES D'URANiUM — on place la matière a IRRADIER DANS UNE BOULE DAluminium ou‘on fait entrer ici UN MECANISME AUTOMATIQUE place la boule plus ou MOINS LOIN OE LA CUVE wORSOUE L IRRADIATION EST TERMINÉE LA BOULE SORT ICI ET TOMBE DANS UN CONTAINER BLINDÉ RESERVOIR D'EAU ^OuROE BARRE JE -SÉO^lTÉ QUATRE ÉCRANS PROTECTEURS EN BÉ TON PESANT 17 À 19 TONNES CHACUN — OC BÉTON OEUF ECRANS 0 ACIER REFROIDIS PAR L'EAU ET ¦ 5 TONNES ECRAN O aluminium ECRAN OE FONTE BARRE D'URANIUM RÉFLECTEUR OE neutrons en graphite ECRAN DE FONTE ECRANS D'ACiER REFROIDIS PAR L'EAU EAU ChAuOE REFROlDiSSEUR EAU LOURDE POMPE POUR L EAU -OUROE BARRE OE THORIUM REFROIDIE PAR l AIR 1 ~ CUVE O'ALUMINIUM CONtENANT OE L'EAU LOURDE »OMPE POUR LEAU LOURDE ENTREE OE L'EAU DE REFROlO'SSEMENT SORTIE OE L EAU DE REFRQi DISSE MEN” plutonium à partir de l'uramum-238.Ce plutonium, qui est un nouveau combustible nucléaire, est actuellement expédié aux Etats-Unis.Etude de centrales d'énergie En dehors de la recherche, nous nous intéressons beaucoup à l'emploi de la chaleur en provenance des fissions nucléaires pour produire de la vapeur qui remplacera le charbon dans les centrales électriques.Une livre d'uranium fissile fournit autant de chaleur que 2,700,000 livres de charbon ou 360,0C0 gallons d'huile.Du fait que nos deux grands réacteurs possèdent des installations d'essai hors pair, des experts britanniques et américains participent à nos Schéma du réacteur NRX.Des faisceaux de neutrons sont envoyés dans les installations expérimentales qui entourent la base du réacteur.Production d'isotopes Le NRX et le NRU produisent divers types d'isotopes qui sont fournis à l'industrie, à l'agriculture, aux hôpitaux et aux centres de recherches.Le cobalt-60 est peut-être le plus connu de ces isotopes : Chalk River a été le premier établissement à le produire en haute activité spécifique.Il remplace le radium et les rayons X qu'on utilise dans la radiomé-tallographie, pour le traitement de certaines maladies comme le cancer et pour la recherche sur les effets des radiations dans les polymérisations chimiques et dans la stérilisation des aliments.Une centaine d'appareils thérapeutiques destinés à traiter le cancer au moyen du cobalt-60 ont été livrés dans plus de vingt pays différents par la Division des Produits commerciaux de l'A.E.C.L.Des spécialistes de Chalk River étudient l'emploi de ces isotopes de concert avec des experts industriels, agricoles, forestiers et universitaires.L'A.E.C.L.a fourni des commandes individuelles de cobalt dont les radiations équivalaient à celles de 40 livres de radium.On a récemment expédié au Brésil une quantité de cobalt valant $14,000.Une quantité équivalente de radium aurait coûté $90,000.Les réacteurs de Chalk River produisent également du travaux, ce qui a permis à leurs pays d'obtenir des renseignements utiles au sujet de la production de l'énergie nucléo-élec-trique.Par suite des recherches effectuées dans ce domaine à Chalk River sous l'éminente direction du Dr W.B.Lewis et de M.JL.Gray, un nouveau projet de réacteur pour la production d'é- Maquette du réacteur NRU.On illustre le réacteur au moyen de la maquette parce qu'il est impossible d'obtenir une bonne photographie d'ensemble du réacteur lui-même./kssii'l’ 10—PRINTEMPS 1959 L'INGÉNIEUR «ottc txf lygTOTt» POUW enlever les barres d'ukanium on sr sert D'UNE hotte encore plus grande couvercle DACIE» CASE RATE OC BÉTON BLOCS PROTECTEURS OC B#TON (AMOVIBLES» ’ COlOHME th£RMiQ>.‘ Dt: GRAPMtTE PASSAGE CO TAlSCEAU WuTRONlOUf NNtA, UAv.,t- REMP D£ BÉTON ET PESANT AOUCl.1ER ¦'HEPWiCUE EN acier rempli Cf au ÉCRAN THERMIQUE ACER WA SON HARlOT servant ENTRETIEN OU B CE POMPE POUR moteur oe pompe, COURANT ALTERNAT!* moteur oc hé serve .courant car«u ECRANS THERMIQUES REMPLIS D'EAU CT PESANT K 40 À 81 tonnes Chacun CrAMBRFS O'iONS cuve D'aluminium EAU LOURDE CHAUDE EAU UHJRDE REFROIDIE ECHANGEUR DE CmALEi PESANT *T TONNES eau oe rivière réchauffée eau FROtOE OC Rivière porte DE S TONNES Schéma perspectif en coupe du réacteur NRU montrant l'emplacement de deux échangeurs de chaleur (il y en a huit en tout) et autres détails.nergie a été mis au point.Au lieu de recourir au graphite comme ra-lentisseur et à de grandes cuves sous pression comme c'est le cas à Calder Hall en Angleterre et à Shippingport aux Etats-Unis, ce nouveau type de centrale lera appel à de l'oxyde d'uranium comme combustible, à l'eau lourde comme ralentisseur et comme réfrigérant et il n'aura que des tubes sous pression.Une centrale d'essai va être construite le long de la rivière Outaouais à 14 milles au nord du centre nucléaire de Chalk River Cette centrale d'un rendement de 20,-000 kilowatts d'électricité est ur.projet commun de l'A.E.C.L., de l'Hydro-electric Power Commission de l'Ontario et de la Canadian General Electric Company Grâce à cette centrale on pourra se faire une idée du fonctionnement de ce nouveau genre de génératrice et les enseignements obtenus permettront de mieux mettre au point la grande centrale de 200,000 kilowatts actuellement à l'étude.Il y a tout lieu de croire qu'une fois remboursés les frais d'études et de mise au point de la grande centrale nu-cléo-électrique, ce type de centrale pourra produire de l'élec- tricité à un coût semblable à celui d'une centrale alimentée au charbon comme la centrale Richard L.Hearn à Toronto.Les besoins en électricité de la plupart des pays occidentaux doublent tous les 8 à 12 ans et les approvisionnements en charbon sont insuffisants dans la plupart de ces pays pour répondre aux besoins.Les Anglais, par exemple, sont obligés d'importer du combustible; aussi n'est-il pas étonnant qu'ils aient été les premiers à construire de grandes centrales nucléo-électriques.Dans l'Ontario toutes les ressources hydrauliques rentales, y compris celles des aménagements du St-Laurent, seront exploitées en 1962.On a déjà mis en service dans cette province des centrales thermiques alimentées au charbon et il est question d'en construire CAPSULE DE C0-6O ENCEINTE PROTECTRICE EN TUNGSTÈNE ÿT" OBTURATEUR LES RAYONS GAMMA FRAPPENT LA TUMEUR CONTREPOIDS ET ÉCRAN DE PROTECTION POUR LE PERSONNEL MÉDICAL Schéma du "Therafron".Cet appareil de huit tonnes fait partie de la série des appareils thérapeutiques que la Division des Produits commerciaux de l’A.E.C.L.fabrique à Ottawa.Ces appareils envoient aux malades des rayons gamma qui proviennent du Cobalt-60 que l’on tire du réacteur NRX.L'A.E.C.L a déjà vendu 110 appareils de ce genre dans vingt pays différents.L'INGÉNIEUR PRINTEMPS 1959—11 \ H 4 Vue du réacteur N RU prise du rez-de-chaussée.Ce réacteur de 200,000 kilowatts a commencé de fonctionner le 3 novembre 1957.Il a coûté $57,000,000.Le bâtiment qui l'abrite mesure 145 pieds de haut, ce qui correspond à un bâtiment de 12 étages.d'autres.Cependant c'est dans l'Ontario que se trouve l'un des plus grands gisements de minerai d'uranium du monde; c'est pourquoi il est naturel que l'on cherche à utiliser ce potentiel énergétique plutôt que d'avoir à importer du charbon.Cette raison suffit pour justifier tout l'intérêt que nous portons à l'implantation de centrales nucléo-électriques au Canada.Propulsion nucléaire Avant longtemps l'énergie nucléaire propulsera nos navires, l'uranium devenant un combustible producteur de vapeur.Il y a cinquante ans les navires n'étaient propulsés qu'au charbon.Aujourd'hui ils fonctionnent au mazout.Les ressources minérales ne sont cependant pas inépuisables et certains pays n'en ont pas du tout.Le succès des sous-marins atomiques de la Marine américaine a incité les ingénieurs et les hommes de science à étudier de près la question de la propulsion atomique des navires.Les améliorations technologiques qui découleront des recherches actuelles permettront de réduire les frais d'exploitation de ce nouveau type de navire au point qu'il pourra faire concurrence aux navires de type conventionnel.Chalk River joue un grand rôle dans ce domaine.Rayonnement mondial Par suite de la réputation qu'ont les hommes de science du Centre nucléaire de Chalk River de promouvoir les bienfaits de l'énergie atomique, les visiteurs de marque ne cessent d'affluer de tous les pays du monde libre.Par ailleurs, Chalk River ouvre ses portes à des groupes de professeurs et d'étudiants, il offre d'ailleurs des postes d'été à certains d'entre eux afin qu'ils se familiarisent avec quelques aspects de l'énergie nucléaire.La réputation mondiale du centre nucléaire canadien est bien méritée quand on songe que c'est à l'université McGill qu'ont été faites les recherches fondamentales qui ont donné les moyens ultimes pour produire de l'énergie atomique.Lord Rutherford était alors professeur de physique à la Chaire Macdonald de cette Université et il était l'âme d'un groupe ardent de chercheurs.Les chercheurs de la présente génération ont repris le flambeau et ils poursuivent à Chalk River un travail de géant destiné au bienfait de l'humanité tout entière.12 —PRINTEMPS 1959 L'INGÉNIEUR f >' ' 1 Edmour Chauret, Ing.P.Ingénieur-en-chef SPÉCIFICATIONS ET CONTRÔLE DES MATÉRIAUX ASPHALTIQUES par Edmour Chauret, In g.P.et J.Hode Keyser, Inq.P.J.Hode Keyser, Ing.P.Ingénieur des matériaux des Laboratoires d'Essais des Matériaux, Cité de Montréal Introduction La connaissance des mélanges asphaltiques a suivi dans l'esprit des hommes la même évolution que celle de tous les matériaux.Née d'un empirisme adapté aux besoins et souvent entachée de préjugés de chantier, elle a pris peu à peu un caractère scientifique.La nature nous avait prouvé que le bitume constituait un excellent liant des particules d'agrégat.Dès que l'homme commença à tirer profit de ces phénomènes vieux comme la Bible et qu'il substitua l'asphaltage à l'empierrement et au gravelage des routes, il ne tarda pas à observer que certaines proportions d'agrégats et de bitume constituaient des surfaces de roulement possédant une plus grande stabilité et une meilleure résistance aux intempéries.Donc, avec raison, mais sans en bien définir les facteurs essentiels, les experts attribuèrent cette stabilité à un dosage des matériaux bien éprouvé par la pratique.Le fruit de leurs expériences se traduisit par des spécifications, qui inspirèrent et inspirent encore les rédacteurs de cahiers des charges.Ces spécifications ont pour caractéristiques essentielles d'établir pour les agrégats des échelles de granulométrie et pour le bitume, des teneurs minimum et maximum compatibles avec cette granulométrie spécifiée.Cependant, en dépit de l'acceptation générale de ce mode de spécifications, des hommes de laboratoire s'employaient depuis de nombreuses années à déceler les causes véritables de la bonne stabilité et à établir des essais de laboratoire, qui représenteraient la réalité, car, selon l'axiome de Rielhé, "un essai vaut l'opinion de mille experts''.Mentionnons les recherches de Hubbard et Field, déjà assez anciennes, celles de Hveem et celles plus récentes de Norman McLeod, qui démontrèrent la valeur de l'essai dit "triaxial'' et qui surtout popularisèrent la méthode de stabilité, dite Marshall.Enfin nous commencions à comprendre le mécanisme de la stabilité basé sur les relations volumétriques qui existent entre les constituants d'un mélange et nous possédions des normes de stabilité et de déformation exprimant en chiffres les propriétés d'un mélange asphaltique, comme la résistance à la compression spécifie bien la classe d'un béton.Il ne faut pas oublier que la science du béton a suivi les mêmes avatars que celle des mélanges asphaltiques.Il n'y a pas tellement longtemps, les cahiers des charges parlaient encore de béton 1-2-4 ou 1-3-6.Ce ne fut qu'après que les travaux d'Abrams eurent solidement établi l'importance du rapport eau-ciment, que se généralisa le mode de spécifier le béton en se basant sur la résistance à la compression et sur l'affaissement.Les normes de stabilité constituent donc pour les mélanges asphaltiques ce que furent pour le béton les normes de résistance à L'INGÉNIEUR PRINTEMPS 1959 - 13 too , • O s O eo •Z - 70 c - Lso c O E .50 Ê TJ 5.10- m • ! .3° o Q • 20 • TJ ' t 0 FIGURE 1 o Comparaison o»s granulomatria* d» no» ancianna» «pacificolit l'ansambia d»» gronulométri#» d»s 48 «lot» omaricain» Numaro du lamii Coucha liauta - onçitno»» » p» c I f i c o t i o n» Envaloppa gronuiomatrlqua da l'antambia das «pacification» omaricalna» pour la» mâlongas da typa coucha Ilau»a, diomàtra nominal da» porticulat l" la compression, adoptées il y a déjà plusieurs années.Nous sommes persuadés qu'elles contribueront aussi à parfaire la qualité des mélanges asphaltiques, comme la possibilité de prévoir les résistances à la compression du béton par l'emploi du rapport eau-ciment a contribué à établir une technique du béton.En mai 1957, 1'Asphalt Institute, qui possède une grande autorité en matières de spécifications de mélanges asphaltiques, publia une brochure intitulée : "Specifications and Construction Methods for hot-mix asphalt pavings".Cette publication réalisa une espèce de révolution au sein de cet institut, qui pour la première fois se départissait de son conservatisme et acceptait décidément d'inspirer ses spécifications des recherches sur la stabilité des mélanges asphaltiques, faites par les ingénieurs militaires américains et de nombreux ingénieurs de 1' "Asphalt Paving Technologists" et du "Highway Research Board".Les ingénieurs des Travaux publics et de la Voie publique de la Ville de Montréal s'intéressaient depuis longtemps à ces problèmes.Le personnel du Laboratoire d'essais, qui possède une vaste documentation sur la question des mélanges asphaltiques, se préparait par l'étude et l'achat d'appareils, à emboîter le pas.Quand le Laboratoire eut complété son appareillage, et fut devenu, de l'avis d'experts, l'un des mieux outillés et organisés du Canada au point de vue contrôle des mélanges asphaltiques, de nouvelles spécifications furent préparées grâce à la collaboration de tous les services intéressés.Les changements de spécifications furent publiés en avril 1958.Raisons des changements de spécifications 11 faut ici donner les raisons qui ont milité en faveur de changement de spécifications.En somme ce sont celles qui depuis 15 ans ont provoqué les recherches sur les propriétés des mélanges.En résumé, un mélange asphaltique doit avoir les propriétés essentielles suivantes : 1 — Stabilité, i.e.résistance au dé- placement; 2 — Durabilité, i.e., résistance à la circulation et aux intempéries; 3 — Résistance à la fissuration, i.e., résistance aux efforts causés par le retrait; 4 — Flexibilité, ou capacité d'un mé- lange d'épouser les déformations du pavage sans ce fissurer; 5 — Résistance au dérapage; 6 — Facilité d'épandage et de den- sification.Beaucoup de mélanges conformes aux anciennes spécifications basées sur la granulométrie et la teneur en asphalte possédaient empiriquement les qualités que nous venons d'énumérer.Beaucoup aussi de mélanges conformes ne possédaient pas ces qualités.Une expertise, faite à Montréal sur 51,000 verges carrées de pavages, en fournit la preuve.Ces pavages sont conformes aux anciennes spécifications de la ville de Montréal.Le bulletin 160 de "Highway Research Board, Bituminous Paving Mixtures", paru en 1957 donne un résumé des granulométries spécifiées par 48 états américains, c'est-à-dire des granulométries usuelles.Or la Fig.1 permet de constater que les gra- 14—PRINTEMPS 1959 L’INGÉNIEUR nulométries de ces pavages se classent comparativement dans une bonne moyenne.Cependant 14 des 17 pavages, qui furent l'objet de notre expertise, ne sont pas conformes à nos nouvelles spécifications, comme l'indique le Tableau I.Voilà donc une preuve évidente qu'en spécifiant seulement des limites granulométriques sans autres essais, tels que stabilité, vides et densité, les qualités du pavage sont théoriquement imprévisibles.C'est pourquoi en avril 1958, la Ville de Montréal adopta de nouvelles spécifications basées sur l'essai de stabilité Marshall.La documentation technique * ous offre un choix d'essais de stabilité, qui possèdent chacun des avantages et des désavantages.Les plus connus sont l'essai Hubbard-Field, l'essai au stabilo-mètre Hveem, l'essai dit triaxial et l'essai Marshall.L'essai Hubbard-Field, dont le Laboratoire de la Ville possède l'appareil, est un essai rapide fait avec un appareil un peu encombrant et qui donne de bons résultats, surtout avec des mélanges à grains fins.Il ne tient pas compte cependant du phénomène de déformation, i.e., le "flow-index" de l'appareil Marshall.FIGURE 1 b Comparaison dot granulomo'friot do not oncionnot tpt'cif icationt avoc 1 tnttmblt dot granuiomotriot dot 48 étatt a mon coin t TQ Numiro du tanut TZZà Btton bitumintui oncionnot spt cif icationt Envoloppo granulome tri quo do l'ontombl# dot t pecif Ica ti ont lot molangot do turfaco ( diamotra nominal ^ ") amôricainot pour E=3 Surfa co d'uturo avoc piorro ancionnot spo'cificotiont TABLEAU I Propriétés de mélanges asphaltiques conformes aux anciennes spécifications mais étudiées selon la méthode Marshall CONTRAT QUALITÉ DU MÉLANGE DEGRÉ DE COMPACTION % DE VIDES ESSAIS MARSHALL Pavage Marshall Pavage Briquettes Carottes Stabilité Déformation maximum maximum Marshall Marshall du pavage A pauvre 88.2 94.6 93.3 5.4 11.8 2158- 1646 16-15 B moyenne 91.5 97.5 93.8 2.5 8.5 1728- 1768 21-21.5 C mauvaise 88.4 92.4 95.6 7.6 11.6 1430- 1535 15-16 D moyenne 88.1 94.8 92.9 5.2 11.9 1380- 1490 15-16 E mauvaise 85.9 91.9 93.5 8.1 14.1 740- 750 14-16 F très mauvaise 82.1 88.9 92.3 11.1 17.9 770- 990 16-17 G pauvre 91.5 94.6 96.7 5.4 8.5 1245- 1650 13-17 H pauvre 85.6 94.9 90.3 5.1 14.4 1325- 1410 15-16 I moyenne 89.4 95.2 93.9 4.8 10.5 1070- 1335 13-15 J pauvre 91.2 95.1 95.9 4.9 8.8 1160- 1250 17-21 K excellente 93.8 96.7 97.0 3.3 ' 6.2 1920-2620 14-15 L mauvaise 86.6 92.3 93.9 7.8 13.4 1150- 1320 12-14 M bonne 91.5 98.2 93.0 1.8 8.5 2180-2290 15-18 N excellente 94.0 96.3 97.6 3.7 6.0 1560- 1855 14-16 O excellente 94.0 97.6 96.3 2.4 6.0 2125-2510 13-15 P pauvre 92.3 98.7 93.8 1.3 7.7 1580- 1880 12-14 Q pauvre 91.5 88.7 93.0 1.3 8.5 2020-2100 18-19 L'INGÉNIEUR PRINTEMPS 1959— 15 FIGURE 2 o Limitât gronulomstnquss des nouvelles et anciennes specifications Couche heuse l^" l" 4 8 16 28 48 100 200 Numéro du tamis x anciennes spécifications o nouvelles spécifications 100 90 80 70 60 50 40 30 20 L'essai au stabilomèlre Hveem fournit des résultats très représentatifs, mais il est d'exécution un peu trop lente pour être un essai de routine.L'essai "triaxial'' est un essai de compression avec contrainte latérale.Il permet de prévoir la pression intergranulaire et la cohésion.C'est un excellent instrument de recherche, qui peut servir à interpréter les données d'autres essais de routine, tel que l'essai Marshall.L'essai Marshall est une méthode rapide et pratique, qui indique la résistance à la déformation.Ses données sont des valeurs relatives et empiriques, qui sont fonctions de la friction inter-granulaire, de la viscosité du bitume, et de la cohésion en général.L'interprétation de l'essai Marshall exige une grande expérience des mélanges asphaltiques.Les facteurs influençant la stabilité Marshall ne peuvent être analysés en détail qu'à l'aide d'un appareil plus scientifique, tel que le triaxial.D'après le Bulletin 160 du "Highway Research Board", 43 états sur 48 font des essais de stabilité, dont 20 se servant du Marshall, 13 du Hveem et 12 du Hub-' bard-Field.TABLEAU II Emploi et usage des quatre méthodes de stabilité MÉTHODE D'ESSAI POPULARITÉ UTILITÉ SPÉCIFIQUE Marshall 20 états sur 43 Design et contrôle Hveem 13 états sur 43 Design et contrôle | original Hubbard Field modifié 12 états sur 43 Design et contrôle Triaxial recherches i GROSSEUR NOMINALE W 1" %" X X X X X 16—PRINTEMPS 1959 L’INGÉNIEUR » Le Tableau II explique l'emploi et les usages des quatre méthodes de stabilité.Pour les raisons plus haut mentionnées, nous adoptâmes donc la méthode Marshall et basâmes nos spécifications sur ses données.Dans un avenir très rapproché, nous aurons à notre disposition, un appareil triaxial, avec lequel nous pourrons faire des recherches et des mises-au-point plus élaborées.Nouvelles spécifications Nos nouvelles spécifications publiées en mai 1958, contiennent les exigences suivantes : Stabilité Marshall lbs.minimum 1500 Beaucoup de cahiers des charges contiennent des exigences différentes selon l'usage auquel est destiné le pavage, i.e., pavages pour circulations moyennes et lourdes, pour stationnements, arrêts d'autobus, intersections.Les minima exigés vont de 500 lbs à 2000 lbs.Nous avons cru devoir adopter le minimum unique de 1500 lbs afin de pouvoir répondre à tous nos besoins, tout en conservant une stabilité satisfaisante.90 FIGURE 2 b Limit*» gronulometrique» d»» nouvelle» »t ancienne» spécification» Surface d'usure avec pierre K ancienne» «peciflcation» o nouvelle» spécification» Déformation totale (flow-index) : 8 à 16 centièmes de pouce.La valeur de la déformation est un indice de la plasticité du mélange.Cet indice est fonction de la rugosité des particules et de leur forme, de la teneur en bitume et de l'épaisseur de la couche d'enrobage.Vide entre les agrégats mum 15%.mim- L'expression couramment employée est le VMA, qui indique le pourcentage de vide existant entre les agrégats après que l'échantillon a été moulé selon la Préparation du mélange pour l'extraction.A remarquer 9 coupes et 2 centrifuges.L’INGÉNIEUR PRINTEMPS 1959 — 17 TABLEAU III Compositions des mélanges Type de mélange A Binder B Béton Bitum.C Stone Filled D Sheet grosseur nominale POURCENTAGE EN POIDS PASSANT LE TAMIS (TYLER MESH) Tamis 1" 3/4” w */.” No 4 No 8 No 14 No 28 No 48 No 100 No 200 de bitume 80 60 48 35 19 13 7 0 40 1" 100 à — à à à — à à à à à 100 80 65 50 30 23 15 8 70 80 55 35 18 13 8 4 40 Vi — — 100 à à à — à à à à à 100 75 50 29 23 16 10 70 100 85 65 50 35 25 15 6 4.0 w — — à à à à à à à à 100 80 70 60 48 30 12 8.5 100 95 85 70 40 20 8 7 5 No 4 — — — — à à à à à à à 100 98 95 75 40 16 120 Les pourcentages indiqués pour chaque tamis ne se rapportent qu'aux agrégats Le pourcentage de bitume est donné par rapport au mélange total Il faut tenir compte de l'absorption du bitume par les agrégats méthode Marshall.En somme, c'est le volume total de l'échantillon moulé, moins le volume des agrégats.Vide dans le mélange 3 à 5%.C'est le volume d'air dans l'échantillon moulé Composition des mélanges Nos nouvelles spécifications comportent un tableau de la composition des mélanges (voir Tableau III).Ce tableau contient les limites granulométriques et les pourcentages de bitume de quatre types de mélange utilisés à la construction et à la réfection des pavages de la Ville de Montréal.Le choix des limites granulométriques de chaque mélange apparaissant au tableau a été établi en vue d'obtenir des mélanges possédant la texture désirée et les propriétés de stabilité plus haut mentionnées.La Fig.2 comporte des graphiques de nos anciennes et nouvelles granulométries.Dans ces dernières, les limites sont élargies, afin d'avoir une plus grande liberté de composer plusieurs mélanges pouvant posséder les qualités spécifiées.FIGURE 2 c Limites granulometnquee des nouvelles et anciennes specifications Surface d'usure sans pierre 100 60 4 0 Numéro du tamis x anciennes specifications o nouvelles spécifications 18 — PRINTEMPS 1959 L'INGÉNIEUR Mise en force des spécifications Les ingénieurs municipaux et les entrepreneurs ne tardèrent pas à se rendre compte que la mise en force de ces spécifications comportait de nombreux et nouveaux problèmes L'entrepreneur ne pouvait plus se contenter seulement d'établir une simple courbe gra-nulométrique du mélange, sans autres essais quantitatifs et qualitatifs Il doit maintenant faire étudier chaque formule par un ingénieur spécialisé et la soumettre à notre approbation.La formule acceptée, l'entrepreneur doit en cours de production en respecter la composition dans les limites de variation indiquées à un tableau apporaissant dans nos spécifications.Durant l'été, notre travail d'acceptation de formules et de contrôle a surtout porté sur le VMA, c'est-à-dire le vide entre les agrégats et sur le Vb, c'est-à-dire le volume occupé par le bitume dans l'échantillon moulé.L'expérience nous a prouvé qu'étant donné la nature des agrégats qu'on rencontre dans la région de Montréal, nous obtenons souvent des VMA ou des pourcentages de vides entre les agrégats inférieurs au minimum permis de 15%.Ce fait nous a incité, après beaucoup d'études et d'essais, à interpréter d'une façon différente, la valeur relative du VMA et à tolérer parfois que le minimum de vides entre les agrégats soit légèrement inférieur à 15% dans certains cas Le Département des Transports d'Ottawa et la Ville de Montréal ont adopté un VMA minimum de 15% et un vide total maximum de 5%.D'autre part 1'"Asphalt Institute" ne spécifie pas un minimum de VMA, mais exige que 65 à 85%) du VMA soit rempli pai du bitume.Il exige aussi que le vide total soit entre 3 et 5 %.Ce sont deux modes d'interpréter l'influence du VMA en fonction de la flexibilité, la durabilité et la stabilité du pavage.Toutefois, selon FIGURE 2 d Liait** fronuiom«tria»«t do* nouvdlldt •» oncfcfMio* «pacification* Béton b / tum meux 100 200 too 4 8 10 28 Numéro du tomi* x one itnmi «pacification* O nouvo I «pacification* mi " : ET** WM Essai Marshall — De g à d.: le foulon mécanique, les 2 moules, l'appareil de stabilité et le bain.L"l NGÉN I EU R PRINTEMPS 1959—19 notre avis la spécification de 1' Asphalt Institute" comporte des inconvénients, lorsque les caractéristiques du mélange atteignent les limites extrêmes suggérées.Le tableau suivant illustre bien ce danger, que naturellement une bonne expérience des mélanges asphaltiques nous aide à prévenir.Pourcentages de vide remplis par le bitume 65% 75% 85% VMA calculés % de vide dans le mélange 2 5.72% 8.0% 13.3% 3 8.85% 12.0% 20.0% 5 14.28% 20.0% 33.4% Les VMA entre 5.72 et 12% donneraient des pavages non adaptés à notre climat.Un VMA supérieur à 20% exigerait un contrôle serré de la déformation (flow-index).C'est pourquoi ces observations et notre expérience nous ont incité à adopter un moyen terme.Nous acceptons un mélange qui a un VMA légèrement inférieur à 15%, pourvu que le volume de bitume dans l'échantillon moulé soit supérieur à 10% et que la déformation (flow-index) soit aussi supérieure à 10.FIGURE 3 Comparaison au point d« » ua vid» dons I# povoga.do môloogos foits salon las nouvelle* at oncionnas opacifications ?- Briquât tas Marsholl Stab 1800 % Spscif i cat ions h b -Briqutttas MorshoM * Stab 1200 Vv 4 9 < c - Bnqusttas MorshalI Stab 750 -V» 8.1 d.- Bnqusttas Stab.1300- V* 7.8 89 83 Est — CbainoQS Ouast Comparaison entre deux mélanges du type ’Béton bitumineux".La figure de gauche est un mélange conforme aux anciennes spécifications.On remarque sa mauvaise granulométrie et l’excès d’agrégats fins.Les propriétés de ce mélange sont: stabilité Marshall 1,100 Ibs, déformation 0.17 po., volume des vides 5.6°o et vides entre les agrégats 18.5°o.La figure de droite est un mélange conforme aux nouvelles spécifications.On remarque sa bonne granulométrie et l’enchevêtrement des particules.Les propriétés de ce mélange sont : stabilité Marshall, 2300 Ibs, déformation 0.12 po., volume des vides dans le mélange 3.0°o et le volume des vides entre les agrégats 16.0°/o.Fait à noter : le mélange de droite tout en étant de qualité supérieure a un coût de production de 10 à 15% moins élevé que le mélange de gauche.5# 1 mm MMSk iM&ej 20—PRINTEMPS 1959 L'INGÉNIEUR FIGURE 4 Ei«mpl« d'unlformit» d'un w»•!•!>
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