L'ingénieur, 1 septembre 1962, Automne
&mm* m 4m** OCT - 51302 71 AUTOMNE 1062 48IÈME ANNEE REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE NUMERO CONSACRE À L’ÉPURATION DES EAUX JOHNS MANVTL1E irai WT GM SERVICE DES MARQUES D’APPROBATION POUR LES CHAUDIÈRES VOLCANO Les fabricants de produits de haute qualité exigent de leur matériel automatique de chauffage un rendement conforme aux normes rigoureuses qu'ils s’imposent eux-mêmes.C’est pourquoi de nombreuses entreprises et institutions canadiennes font installer des chaudières Volcano.Nos méthodes techniques perfectionnées, plus d'un siècle d’expérience dans ce domaine spécialisé ainsi qu’un service de conseils techniques prompt et personnel, fourni à votre bureau ou sur les lieux mêmes, constituent d'autres raisons pour lesquelles vous devriez spécifier Volcano.Si vous agrandissez ou modernisez vos installations, vous auriez 1/01 P A jjfl tout avantage à prévoir l’emploi de chaudières Volcano.VÜLUrtliU VOLCANO LIMITÉE • LES CHAUDIÈRES AUTOMATIQUES UTILISÉES PARTOUT AU CANADA Chaudières automatiques “Starfire" de 5 HP à 500 HP.Chaudières “Duofin” aquatubulaires, capacités allant jusqu’à 2,000 HP ou 66,000 Ib.de vapeur à l'heure.Siège social: 8635, Boul.St-Laurent, Montréal, P.O.DU 1-6281.Usine: St-Hyacinthe, P.Q.Succursales: Toronto • Québec.Représentants dans les villes principales. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE jJ AUTOMNE 1962 VOLUME 48 — No 191 ADMINISTRATION ET ABONNEMENTS Ernest Lavigne .secrétaire B.P.501, Snowdon, Montréal 29, Canada Tel.: RE.9-2451 RÉDACTION Louis Trudel .rédacteur en chef PUBLICITÉ Représentants : LES ÉDITIONS COMMERCIALES INC.4621, rue de Salaberry, Montréal 9 Tél.: FEdéral 4-3450 PHOTO DE COUVERTURE Cette scène bucolique, où l'on croit voir des pêcheurs en train de taquiner la truite, est en fait nauséabonde.C'est un des nombreux cours d'eau de la province, où l'on a déchargé des eaux usées.Et les personnages qu'on voit sur le pont sont des techniciens qui font des prélèvements en vue de l'analyse de l'eau.A cause de l'importance du problème, L'INGENIEUR a consacré ce numéro à l'épuration des eaux usées.SOMMAIRE MESSAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉGIE D ÉPURATION DES EAUX 21 L’AUTO-ÉPURATION DES COURS D’EAU par Roger Labonté .23 POLLUTION INDUSTRIELLE DES COURS D’EAU par Jean-Paul Gourdeau .28 APPLICATIONS ET LIMITES DES POSTES D’OXYDATION TOTALE par Gabriel Meunier .35 LE PROCÉDÉ D’AÉRATION * INKA” par Guy Boucher .40 USINES D ÉPURATION DANS LA PROVINCE 44 COUP D’OEIL .46 NOUVELLES DES INGÉNIEURS .50 REVUE DES LIVRES .58 INDEX DES ANNONCEURS 64 ÉDITEURS : L'Association des Diplômés de Polytechnique, C.P.501, Snowdon, Montréal 29, Canada.Tel.: RE.9-2451.— Parution : mars, juin, septembre et décembre.— Imprimeurs : Pierre Des Marais.— Abonnements : Canada et États-Unis $5 par année, autres pays $6.— Autorisée comme envoi postal de la seconde classe, Ministère des Postes, Ottawa.— Droits d'auteurs : les auteurs des articles publiés dans L'INGÉNIEUR conservent l'entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.Reproduction permise, avec mention de source; on voudra bien cependant faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication dans laquelle paraîtront ces articles.— L'Engineering Index et Chemical Abstracts signalent les articles publiés dans L'INGÉNIEUR.TIRAGE CERTIFIÉ : MEMBRE DE LA CANADIAN CIRCULATION AUDIT BOARD a*#*#»: •gËë&.m«P .T^m «;^Sg jSïïïSfc 3^: Un exemple des excellents résultats obtenus avec la technique de découpage préalable, dans les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de l’Hydro-Québec à Manicouagan-Outardes, dans le nord du Québec.LE DÉCOUPAGE PREALABLE. I gfeàHBK k‘ %> & W*®ÊL>^ y**i - K i \ «*.Cette technique de sautage introduite par les Explosifs C-I-L, réduit au strict minimum le bris hors profil et limite les vibrations.Depuis son introduction par les Explosifs C-I-L en 1959, la technique de sautage par découpage préalable a été utilisée avec un succès remarquable dans les travaux où il était nécessaire de limiter le bris hors profil et d'obtenir une surface de roc ferme et nette.La transmission des ondes de choc aux constructions voisines est également réduite par cette technique.Pour utiliser la technique au premier stade d'un travail de terrassement, on fore des trous en ligne à intervalles rapprochés, aux limites de l'espace à excaver, pour les faire ensuite sauter à l’explosif.L’alignement rigoureux et serré des trous de jnine, ainsi que l’utilisation contrôlée d’explosifs et d’accessoires de sautage, constitue la base de la technique de découpage préalable laquelle offre ces avantages reconnus: RÉDUCTION DU BRIS HORS PROFIT.: On obtient une surface taillée de façon uniforme, facteur essentiel quand il faut faire du bétonnage.DIMINUTION DES CHUTES DE PIERRES: L’obtention de murs rocheux sans aspérités et sans fissures diminue le danger de chutes de pierres; il faut moins d’heures de travail pour abattre et déblayer.RÉDUCTION DES VIBRATIONS: Grâce au découpage préalable, la fracture créée entre le roc à excaver et les bâtiments avoisinants, réduit l’intensité de propagation des ondes de choc causées par les sautages ultérieurs.De ce fait, il est permis d’utiliser des charges plus fortes pour l’excavation, sans dépasser les limites des poids de charge admissibles.Le découpage préalable est un nouvel exemple du rôle éminent de la C-I-L dans la mise au point de nouveaux produits et techniques de sautage plus économiques et plus efficaces.Pour tous renseignements supplémentaires, adressez-vous au représentant des ventes ou au représentant du service technique des Explosifs C-I-L.Canadian Industries Limited, B.P.10, Montréal (P.Q.).Explosifs “Explosifs à toutes fins .partout au Canada” Le découpage préalable a permis d’obtenir des murs de fondation et des gradins rocheux bien lisses, destinés à recevoir du matériel lourd de laminoir.Ces travaux de terrassement ont précédé la construction d’un nouveau laminoir de l’Aluminum Company of Canada Limited, à Kingston (Ontario).La proximité d’autres immeubles obligeait à réduire les vibrations au cours du creusement des tranchées de fondation de l’immeuble de 42 étages de la Place Ville-Marie, à Montréal.Le découpage préalable a limité efficacement ces vibrations. VOS OUVRAGES EN BOIS DURERONT-ILS LONGTEMPS?"Prolongez leur durée de 3 à 5 fois" Si le bois que vous utilisez dons vos travaux est exposé à l’humidité, il peut s’altérer et pourrir.La peinture seule ne peut le protéger efficacement.Prolongez sa durée avec les préservatifs OSMOSE ou PENTOX.Conservez ce guide pratique pour vous y des dormants avec Traitant Préservatif 5 Pénétrant pores pour Traita», *, chassis ov.c CSA No 0132, • les partout de construction 30,s oe • jous pression es De nombreux ont en construction rnensions bols traite \,xvOSMOSt apte ° ' I ''es, '’9'cSA I normes CbA., traites rndiqué.marchands itock du bois de i *ra,’e d Te ordinaires.sous pression a est propre et • neinture; ssrtS— ÎS ouvrages ssgr exigez \©s ^ traités à L’OSWOSt Osmose sous pression référer au besoin: Pour traiter LE BOIS VERT AU CHANTIER exigez OSMOSE Pour traiter LE BOIS SEC AU CHANTIER OU À L'USINE exigez PENTOX 25 ANS D’EXPÉRIENCE DANS LA PRÉSERVATION DU BOIS WOOD PRESERVING COMPANY OF CANADA LTD.1080 AVENUE PRATT, MONTRÉAL, PO rmuma .lOIONTO .WINNIPEG .EDMONTON .VANCOUVER 4 —AUTOMNE 1962 L'INGÉNIEUR Anaconda ¦'?s*uo»*'0 produit l’assortiment le plus complet de cuivre et d’alliages de cuivre au Canada, sous forme de feuilles, bandes, tubes, barres, fils spéciaux et profilés extrudés.¦ Pour de plus amples renseignements, écrivez à: Anaconda American Brass Limited, New Toronto, Ontario.Bureaux de ventes: Québec, Montréal, Calgary et Vancouver.AnacondA C-6204-F AUTOMNE 1962 — 5 : 1 I 4.» > I K cmpajnin irncm Et filuta 10 — AUTOMNE 1962 L'INGÉNIEUR LE NOUVEAU GENERATEUR MARATHON DISPONIBLE: de 15 à 150 HP.UNITÉ COMPACTE POUR CHAUFFER: au gaz, à l’huile légère No.2 à l'huile No.4, ou à une combinaison de ces combustibles 1.Construction éprouvée à deux passes ayant un minimum de 5 pi.ca.(ASME) de surface de chauffe par H.P.2.Facile d’accès: muni de couvercles :\ gonds permettant une inspection facile de l’intérieur.3.Rendement thermique élevé: en excès de 80%.A-.Complètement automatique: idéal dans les chaufferies ne requérant pas de surveillance.FABRICATION DE: 15 à 150 livres au po.ca.vapeur 30-60-100 livres au po.ca.eau chaude 5.Combustion à deux allures.L’allumage se fait toujours sans secousse à petite flamme pour moduler subséquemment du débit minimum au plein rendement.6.Sélection de combustibles: Sur les unités combinées seulement, cette fonction se complète par le toucher d’un simple commutateur.7.Épreuves.L’allumage, la combustion et le rendement thermique de chaque générateur sont vérifiés avant l’expédition.Des représentants sont à votre disposition dans la plupart des grandes villes.Pour de plus amples informations veuillez demander le Bulletin No.B-132.135F DOMINION BRIDGE Division des Chaudières DOMINION BRIDGE COMPANY, LIMITED — SEIZE USINES D’UN OCÉAN A L’AUTRE.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962— 11 &**»**& Choisissez le réservoir surélevé RDM en acier qui répond à vos besoins Nous avons une gamme complète de modèles standard—de 25,000 à 3,000,000 de gallons—pouvant répondre aux besoins d’un village comme à ceux d’une grande ville.Conçus par la compagnie Pittsburg-Des Moines, ces réservoirs sont fabriqués et érigés au Canada par Dominion Bridge*.*A Winnipeg, />ar Manitoba Bridge and Engineering Works Réservoirs surélevés et cheminées d’équilibre de _______ 133 DOMINION BRIDGE DOMINION BRIDGE COMPANY LIMITED SEIZE USINES D’UN OCÉAN À L’AUTRE Réservoir bi-ellipsoïdal de 50,000 gallons à Maple, Ontario.Il y a, dans tout le pays, d'autres réservoirs surélevés “RDM" installés récemment par Dominion Bridge et Manitoba Bridge. : nuyH ¦¦ Cffi Œ 1.Compresseurs 2.Pompes 3.Appareils de manoeuvre électrique ALLIS-CHALMERS 4.Fours rotatifs 5.Tamis vibrateurs 6.Groupes électrogènes Conception et réalisation supérieures grâce à un équipement homogène fabriqué par une seule maison Canadian Allis-Chalmers est la maison qui offre le choix le plus complet d’équipement électrique, d’équipement de transport d’énergie et d’équipement de transformation au Canada.Si vous désirez moderniser vos installations ou en monter de nouvelles, vous bénéficierez de nombreux avantages et vous réaliserez des économies appréciables en assurant à votre propre équipe de spécialistes le concours de celle d’Allis-Chalmers pour l’organisation de la production.Pour obtenir de plus amples renseignements, adressez-vous au bureau de vente Allis-Chalmers le plus proche ou écrivez à Canadian Allis-Chalmers, C.P.37, Montréal (P.Q.) 60-C-2-F L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 13 Dominion Engineering a en main ce qui! faut .«N /' (P Si /" ffey lX, >.* %| «if* >* DES DEVIS POSITIFS ET CERTAINS Le tuyau No-Co-Rode, recommandé partout au Canada, assure la certitude des devis lorsqu’il est spécifié dans la rédaction des devis.Le tuyau de fibre bituminée NO-CO-RODE jouit d’une très grande renommée et son emploi est très répandu par tout le pays.Il est léger et facile à poser.Les bouts à angle réduit de 2° s’accouplent facilement à l’aide d’un marteau et d’un bloc de bois pour former un joint étanche et à l’épreuve des racines.Aucun ciment, plomb ou mastic et pas de joint rapporté.Assortiment complet de raccords et manchons pour tout genre de raccordements et connexions.Le NO-CO-RODE est à l’épreuve des racines et de la corrosion; il ne se fissure pas, même lors des glissements du terrain.Spécifiez le tuyau NO-CO-RODE à l’épreuve des racines pour les égouts.Nous offrons également les tuyaux perforés pour fins de drainage.Le tuyau NO-CO RODE est un produit entièrement canadien, fabriqué à Cornwall, selon la norme d’égout C.G.S.B-56-GP-1 et la norme de drainage C.G.S.B-56-GP-10.Pour plus de détails, écrivez à DOMTAR Construction Materials Ltd., 1, Place Ville-Marie, Montréal 2 (P.Q.) Construction Materials Ltd.SAINT JOHN.N B • MONTRÉAL • TORONTO • WINNIPEG • SASKATOON • EDMONTON • CALGARY • VANCOUVER Une tâche intéressante et rémunératrice, en plus d’un plan de pension généreux, attendent l’ingénieur diplômé et spécialisé en travaux publics et bâtiments, en mécanique, en électricité, en chimie-métallurgie, ou autres sujets, dans l’Armée canadienne.L’Armée marche de pair avec les inventions modernes et se prépare pour l’avenir .La défense du Canada exige un système complexe de radar, des projectiles téléguidés, des hélicoptères et des cargos aériens.Les essais, l’entretien et le fonctionnement de ce nouveau matériel exigent toutes les ressources de l’ingénieur moderne.0E3Q UNE CARRIÈRE DANS LE GÉNIE avec l’Armée canadienne “Ti-i ' '^Ê a Pour de plus amples renseignements, écrivez sans tarder afin d’obtenir la plaquette Les carrières que l’Armée offre aux ingénieurs” E 60-22F au: QUARTIER GÉNÉRAL DE LA RÉGION MILITAIRE DU QUÉBEC 3530, avenue Atwater, Montréal (Québec) 18 —AUTOMNE 1962 L’INGENIEUR Sécurité.l’avantage du système Recordak dans le dessin industriel! 'X ') Sans aucun doute, vous avez souvent entendu parler des avantages que représente le montage des dessins industriels microfilmés sur cartes à fenêtres—la rapidité avec laquelle les recherches sont effectuées .l'épargne d'un temps précieux dans les services techniques .l’élimination des frais d'impression.L ue autre question à considérer, surtout de nos jours, est le surcroît de sécurité que ces duplicatas procurent.En conservant un double de ces cartes hors de l'immeuble, on élimine tout danger de perte irréparable des dessins originaux ou des microfilms en cas d'incendie, d'inondation ou de désastre national.\e perdez pas de temps à organiser votre système.Votre personnel peut apprendre sans difficulté à se servir des appareils Recordak calculés spé-'cialcment pour reproduire impeccablement tous vos of Canada, Limited Moncton • Québec • Montréal • Ottawa Toronto • Hamilton • London • Winnipeg Regina • Calgary • Vancouver dessins sur microfilms Recordak de 35 mm.Ces "devis en miniature” Recordak reproduisent fidèlement les originaux, jusqu'au moindre détail .supérieurs même aux normes les plus exigeantes.Renseignez-vous.Postez ce coupon pour recevoir le dépliant gratuit qui vous fournira tous détails sur le procédé de microfilmage de haute précision offert par Recordak.ENVOYEZ CE COUPON AUJOURD’HUI MÊME .• RECORDAK of Canada, Limited L-3-62 ! 911), rue Saint-Alexandre, Montréal 1, P.Q.• à Toronto: 105 Carlton Street • Veuillez m’envoyer la brochure décrivant le système Recordak • pour dessin industriel et le nom du dépositaire Recordak le • plus proche.• * Nom __________________________________________________ ! Firme______ __ l Position .____________ • Adresse__________________ .Ville___________________ Zone Province ________ Pour les centres de vente et de service, consulter les PAGES JAUNES de l’annuaire du téléphone, sous le titre "MICROFILMS" afin d’obtenir l’adresse et le numéro de téléphone.L’INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 19 une autre municipalité installe à son tour DES VANNES D’ARRÊT de nmm — C?îrcn ¦ Y- v.;.V -f ' Êmmmwmmm NOUVELLE USINE DE FILTRATION DE TROIS-RIVIERES —L’administration municipale de Trois-Rivières donne un magnifique exemple de développement rationnel propre à répondre aux besoins immédiats et futurs.Pour le projet de Trois-Rivières un total de 20 vannes d’arrêt était requis.Les spécifications de la commande comprenaient: 1 vanne d’arrêt de 54" x 54" (modèle spécial destiné à résister à une pression de 100 pi.) avec un poste de commande électrique et une bague d’ancrage d’ouverture circulaire pour raccord au tuyau de l’aqueduc.4 vannes d’arrêt de 48" x 48" avec un poste de commande manuel à engrenages et une bague d’ancrage à ouverture circulaire pour raccord au tuyau de l’aqueduc.7 vannes d’arrêt de 36" x 36" avec un poste de commande manuel à engrenages et une bague d’ancrage d’ouverture carrée.8 vannes d’arrêt de 30" x 30" avec un poste de commande manuel avec volant à main et une bague d’ancrage d’ouverture carrée.Toutes les vannes sont en fonte avec montage bronze, fournies complètes avec tous les accessoires requis.Canada Iron fabrique une gamme complète de vannes d’arrêt en se conformant aux spécifications A.W.W.A.les plus récentes, de 12" x 12" à 96" x 96" avec postes de commande manuels, électriques ou hydrauliques pour satisfaire aux exigences du marché canadien en plein essor.Ces vannes d’arrêt sont entièrement conçues et fabriquées au Canada par Canada Iron.Achetez Canadien—Choisissez Canada Iron .tuyaux et raccords en fonte et tuyaux en béton armé, prises d’eau, vannes d’arrêt.Pour de plus amples informations et littérature, veuillez contacter: DIVISION DES PRODUITS MUNICIPAUX BUREAUX DE VENTES: LACHINE TORONTO 160 boul.St-Joseph 169 Eastern Ave.QUÉBEC 100 Édifice d’Youville VANCOUVER 145 West First Ave.Ad.No.CIF (4039) 62 ® Préparée par Ronalds- Reynolds & Company, Montreal Office AUX INGÉNIEURS DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Un message du président de la Régie de l'Épuration des Eaux, le Dr Gustave Prévost Au nom de la Régie d'épuration des eaux, je tiens à féliciter la direction de la revue l'Ingénieur de consacrer ce numéro à l'étude de la pollution des eaux, et aussi à remercier son rédacteur de m'avoir invité à transmettre ce message aux lecteurs.Est-il besoin de rappeler que la Régie d'épuration des eaux, créée le 1er juillet 1961, par le gouvernement de la province de Québec, a la responsabilité de maintenir les eaux naturelles dans le plus grand état de pureté possible.La Régie a donc droit de regard sur toute opération qui pourrait être de nature à polluer les eaux et elle doit voir à ce que les eaux résiduaires d'origine domestique ou industrielle subissent généralement un traitement adéquat, avant d'être évacuées dans nos lacs, nos rivières, voire même à la mer.Les méthodes de traitement peuvent être multiples et, de ce fait, nécessiter, pour trouver une solution convenable, une collaboration étroite entre l'ingénieur, le biologiste, le bactériologiste, le chimiste, le physicien et les autres techniciens.L'ingénieur a cependant un rôle primordial à jouer, puisque la loi de l'Hygiène publique de Québec, chapitre 183, article 57, stipule que : "Aucune municipalité ne peut procéder ou Pt Ai laisser procéder, et aucune corporation, société ou personne ne peut procéder à l'exécution de travaux de drainage public ou privé, ou à l'installation de dispositifs pour le traitement des eaux des égouts, avant d'en avoir soumis à la Régie d'épuration des eaux les plans et devis préparés par un ingénieur professionnel".De là, il est facile de comprendre le rôle important que l'ingénieur joue auprès des municipalités lorsqu'il s'agit de soumettre un plan à l'approbation de la Régie.Dans le but de voir ces plans acceptés par la Régie, l'ingénieur pourra en général s'ins- pirer des publications énumérées à la fin de cet article.(*) L'ingénieur est aussi le plus en mesure de démontrer que le coût d'une usine d'épuration est généralement très minime si on le compare au coût d'entretien et de construction des trottoirs, rues, système d'aqueduc et d'égouts, etc., etc., puisque la dépense capitale est inférieure à un cent par jour par personne, soit environ douze dollars ($12.00) par famille, par année.Il est à propos de souligner que les octrois combinés (33 V3 % ) des gouvernements fédéral et provincial sont très appréciables, surtout quand on sait que le traitement des eaux résiduaires est avant tout un problème d'ordre municipal tout comme l'enlèvement des ordures ménagères.Les municipalités le comprennent de plus en plus puisqu'environ soixante projets d'usines d'épuration ont été soumis depuis un an à la Régie d'épuration des eaux.Il reste cependant un travail considérable à accomplir pour enrayer cette plaie des temps modernes que constitue la pollution des eaux.La concentration urbaine et industrielle crée des problèmes que nous ne saurions négliger.Nos cours d'eau reçoivent chaque jour des quantités L’INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 21 de plus en plus considérables de déchets de toute nature.Le seul remède à cette déplorable situation est une prise de conscience, avec les causes néfastes de la pollution et les avantages inestimables de l'eau pure et saine sur la condition sociale, la santé physique, morale et économique de notre province et, en dernier ressort, de chaque individu.Nul doute qu'avec la collaboration intelligente et sincère des ingénieurs de notre province, la Régie d'épuration des eaux réussira à mater le fléau de la pollution.*1.Sewage Treatment Plant Design, 33 West 39th, St., New York, N.Y.2.Cités et Villes (mai 62) - 1242, rue Peel, Montréal 2, Qué.3.Ten States Standards, W.P.C.F., Washington, D.C.4.Journal de la Régie d'épuration des eaux no.1.360 rue McGill, Mont- réal 1, Qué.DOCUMENTATION TRAITANT DE L'ÉPURATION DES EAUX USÉES À LA BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE Ouvrages L'ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUTS EN BASSIN DE STABILISATION, Association Française pour l'étude des eaux.Paris, 1960, 8 pages.SEWERAGE AND SEWAGE TREATMENT, Babbitt, H.E.and Baumann, E.R.N.Y.John Wiley, 1958, 8ième Édition, 790 pages.THE CHEMISTRY OF WATER AND SEWAGE TREATMENT, Buswell, A M.N.Y.Chemical Catalog, 1928, 362 pages.SEWAGE SLUDGE, Eisner, A.and Spill-ner, Fr.N.Y., McGraw-Hill, 1912, 272 pages.SEWERAGE AND SEWAGE DISPOSAL, Escritt, L.B.London, Contractors Record Limited, 1946, 412 pages.ELEMENTS OF WATER SUPPLY AND WASTE-WATER DISPOSAL, Fair, G.M.and Geyer, J.C.N.Y., John Wiley, 1958, 615 pages.WATER SUPPLY AND WASTE WATER DISPOSAL, Fair, G.M.and Geyer, J.C.N.Y., John Wiley, 1954.973 pages.CHLORINATION OF SEWAGE AND INDUSTRIAL WASTES, Federation of Sewage and Industrial Wastes Association.Champaign, Illinois, 1951, 84 pages.UNITS OF EXPRESSION FOR WASTES AND WASTE TREATMENT, F.S.I.W 1958, 6 pages.UTILIZATION OF SEWAGE SLUDGE AS FERTILIZER, F.S.I.W.1946, 120 pages.MODERN SEWAGE DISPOSAL, Federation of Sewage Works Association.Langdon Press Editor, 1938, 371 pages.MODERN SEWAGE TREATMENT, Francis, T.P.London, Contractors' Record Limited, 1931, 322 pages.SOLVING SEWAGE PROBLEMS, Fuller, G.W.and McClintock, J.R.N.Y., McGraw-Hill, 1926, 548 pages.PRATIQUE DE L'ASSAINISSEMENT DES AGGLOMÉRATIONS, Guerrée, H.Paris, Eyrolles, 1961, 219 pages.SEWERAGE AND SEWAGE TREATMENT, Hardenbergh, W.A.Scranton, International Textbook, 1952, 3rd Edition, 467 pages.THE BIOLOGY OF POLLUTED WATERS, Hynes, H.B.N.Liverpool University Press, 1960, 202 pages.DISPOSAL OF SEWAGE AND OTHER WATER-BORNE WASTES, Imhoff, K„ Müller, W.J.and Thistlethwayte, D.K.B.London, Butterworths, 1956, 347 pages.SEWAGE TREATMENT, Imhoff, K.and Fair, G.M.N.Y., John Wiley, 1956, 2nd Edition, 338 pages.WASTE TREATMENT, Isaac Peter, C.G.N.Y., Pergamon Press, 1960, 477 pages.SEWAGE-TREATMENT WORKS, Keefer, C.E.N.Y., McGraw-Hill, 1940, 673 pages.THE ACTIVATED SLUDGE PROCESS, Martin, A.J.London, Macdonald and Evans, 1927, 415 pages.SEWERAGE AND SEWAGE DISPOSAL (Textbook), Metcalf, L.and Eddy, H.P.N.Y., McGraw-Hill, 1930, 781 pages.THE PURIFICATION AND DISPOSAL OF SEWAGE, Nurse, C.J.London, The Technical Press, 1931, 122 pages.L'ASSAINISSEMENT : ÉGOUTS ET STATIONS D'ÉPURATION, Renaud, A.Paris, Eyrolles, 1953, 239 pages.TREATMENT AND DISPOSAL OF INDUSTRIAL WASTE WATERS, South-gate, B.A.London, His Majesty's Stationery Office, 1948, 327 pages.DISPOSAL OF SEWAGE, Veal, T.H.P.London, Chapman-Hall, 1956, 208 pages.Périodiques CANADIAN MUNICIPAL UTILITIES, Toronto.JOURNAL OF THE AMERICAN WATER WORKS ASSOCIATION, New York.JOURNAL OF THE INSTITUTION OF WATER ENGINEERS, London.JOURNAL OF THE WATER POLLUTION CONTROL FEDERATION, Washington.TECHNIQUES ET SCIENCES MUNICIPALES, Paris.TRIBUNE DU CEBEDEAU (Organe mensuel du Centre Belge d'Étude et de Documentation des eaux), Flémall-Grande, Belgique.WASTES ENGINEERING, New York.WATER & SEWAGE WORKS, Chicago.22 —AUTOMNE 1962 L’INGÉNIEUR L'AUTO-ÉPURATION DES COURS D'EAU: SA SIGNIFICATION ET SES LIMITES Les cours d'eau possèdent la faculté de réagir à une altération de leurs qualités naturelles.Le pouvoir autoépurateur est défini par la capacité d'un cours d'eau de stabiliser les matières biologiquement oxydables, tout en conservant un minimum d'oxygène dissous compatible avec ses usages.Ainsi la pollution se manifeste surtout par une utilisation des ressources en oxygène de l'eau.Ce mécanisme délicat de récupération mobilise la flore et la faune aquatiques comme agents épurateurs.Par l'avènement de produits exotiques réfractaires à l'oxydation biochimique, notre âge de technologie est en voie de créer de nouveaux problèmes de pollution qui ne peuvent être résolus de façon traditionnelle.Nos cours d'eau servent deux usages essentiels mais pourtant contradictoires; utilisés surtout comme source d'approvisionnement en eau potable, ils véhiculent aussi les déchets résultant de l'activité humaine.Les problèmes de salubrité créés par l'urbanisation et l'industrialisation résultent de la tendance naturelle qu'ont les humains de se réunir en sociétés : c'est la rançon de la civilisation.À partir du milieu du XIXe siècle, l'évacuation hydraulique (water-carriage system) des déchets humains a réglé le problème immédiat de la salubrité des villes et mis fin aux grandes épidémies qu'a connues le Moyen-Âge.D'autre part, le transport des eaux usées au moyen de canalisations souterraines aboutissant le plus souvent au cours d'eau le plus rapproché a déplacé le vieux problème sans le résoudre, mais en par Roger Labonté, D.I.C., San.E., Ing.P.Assistant-professeur de Génie Sanitaire École Polytechnique de Montréal le situant dans un autre cadre.Au lieu du problème de la salubrité des villes, nous faisons face aujourd'hui à celui de la pollution des cours d'eau.Si les cours d'eau ne pouvaient s'affranchir eux-mêmes des matières polluantes qui y sont déversées par les agents naturels, les municipalités et les industries, des eaux polluées demeureraient éternellement polluées et notre planète deviendrait vite inhabitable.Heureusement, il existe un mécanisme épurateur appelé auto-épuration par lequel un cours d'eau possède la faculté de se guérir lui-même des blessures infligées, un peu de la même façon dont le corps humain peut résister à des infections plus ou moins bénignes.Cette puissance curative de la nature appelée par les Anciens "Vis medica-trix naturae" est aujourd'hui envisagée de deux façons lorsqu'elle est appliquée aux cours d'eau.La première tendance est de la négliger et de n'imposer au cours d'eau aucune charge organique; c'est la solution idéale mais peu réaliste des adeptes de la conservation des eaux à leur état "d'innocence primitive".Cette attitude oblige à des traitements trop onéreux qui ont pour conséquence de décourager l'industrie et de surcharger de taxes les contribuables d'une municipalité ou d'un bassin de drainage.A l'autre extrémité se situe la tendance la plus commune; on s'autorise du pouvoir auto-épurateur pour se dispenser d'une épuration adéquate.La capacité auto-épuratrice du cours d'eau est souvent excédée de sorte que le cours d'eau ne peut plus servir dans son cours aval les usages auxquels on le destine ; approvisionnement en eau, bain, récréation et vie aquatique.Types de pollution Encore aujourd'hui, alors que la gamme étendue des déchets industriels est en voie de faire exploser les méthodes traditionnelles d'évaluation de la pollution, les techniques utilisant l'oxygène dissous comme un critère d'appréciation continuent à être largement employées; elles sont à la base de la détermination du pouvoir auto-épurateur.La mesure du niveau d'oxygène et de son taux d'utilisation permet de caractériser le type de pollution considéré le plus important jusqu'à date : les polluants non conservateurs.Les eaux usées municipales et plusieurs classes d'eaux résiduaires industrielles, telles que celles provenant des laiteries, conserveries, tanneries et abattoirs appartiennent à cette catégorie.La différence entre une pollution conservatrice et une pollution non conservatrice n'existe pas exactement dans la structure chimique des substrats car les deux types peuvent être organiques ou inorganiques.Fair explique ( 1 ) que les polluants conservateurs L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 23 ne sont pas métabolisés dans un environnement aquatique normal alors que les polluants non conservateurs sont stabilisés.Par exemple, les chlorures (inorganiques) et la plupart des alcools tertiaires (organiques) sont des polluants conservateurs; d'autre part, les phosphates et les sulfates (inorganiques) et les sucres simples (organiques) sont des polluants non conservateurs.Il ne peut donc pas s'agir d'auto-épu-ration dans le cas de substances biologiquement stables.La demande biochimique en oxygène (B.O.D.) L'appréciation de la pollution causée par des matières organiques assimilables en solution aqueuse consiste à mesurer deux choses : la quantité de matière disponible comme nourriture pour les microorganismes et la quantité d'oxygène utilisée dans le processus de sa stabilisation.Ces paramètres de pollution sont fournis par le test de B.O.D.(Biochemical Oxygen Demand).Bref, ce test consiste à incuber pendant cinq jours à la température de 20°C, un échantillon d'eau en bouteille close; la quantité d'oxygène présent est mesurée avant et après l'incubation.La différence entre ces valeurs représente le B.O.D.: c'est l'oxygène utilisé en 5 jours par les microorganismes responsables de l'oxydation de la matière organique disponible.Ce concept de B.O.D.a été rationalisé pour s'ajuster à une réaction de premier ordre (équation monomoléculaire) pouvant être caractérisée par une constante dépendant de la température et par une valeur ultime de saturation, appelée demande ultime d'oxygène.La Fig.1 montre comment, pour une même demande ultime d'oxygène, des valeurs différentes de B.O.D., telles que mesurées à cinq 040 ® 20- TEMPS t (jour») Fig.1 — Les constantes de désoxygénation, Ki, mesurent la disponibilité de la matière organique à l'égard de l'oxydation biochimique.Le terme de la réaction est indiqué par la demande ultime d'oxygène.jours, peuvent être obtenues.La constante de désoxygénation indique la disponibilité de la matière organique alors que la demande ultime détermine le terme de la réaction.Les tests de B.O.D.ont été instaurés en Angleterre au début du siècle comme une mesure du potentiel de pollution d'un effluent; cinq jours fut choisi pour le test comme étant la période moyenne de séjour des eaux de ruissellement avant leur déversement à la mer.Durant cette période, cinq jours, environ 68% de la demande ultime d'oxygène est utilisée s'il s'agit d'eaux usées domestiques.Une complication surgit dans l'application pratique des valeurs de B.O.D.à la prédiction des effets d'un effluent sur la balance d'oxygène d'un cours d'eau.Si la durée de séjour des eaux polluées est connue — ce qui peut être déterminé facilement sur une rivière par des mesures hydrométriques, mais plus difficilement sur un estuaire ou un lac — la demande d'oxygène établie à cinq jours peut être ajustée pour la période actuelle de résidence des eaux.Southgate et Gameson (2) rapportent que, dans une étude de l'estuaire de la Tamise, des effluents y séjournent pendant des périodes de l'ordre d'un mois de sorte que la demande ultime en oxygène est satisfaite.Ré-oxygénation À mesure que l'oxygène d'un cours est utilisé par suite de la stabilisation des substances assimilables, la ré-oxygénation ou aération permet de remplacer l'oxygène accaparé.L'oxygène atmosphérique se dissout dans l'eau à une vitesse qui dépend du déficit d'oxygène.Ainsi, plus l'écart entre le niveau de saturation et le niveau actuel est grand, plus le processus d'aération est rapide.Cependant pour un déficit fixe d'oxygène, le taux de solution dépend de plusieurs variables, dont le régime du cours d'eau, l'agitation de la surface et la profondeur locale.Puisque tout oxygène qui entre dans l'eau en provenance de l'atmosphère doit forcément passer à travers la surface, il est évident que pour un taux fixe d'entrée (une masse d'oxygène par unité de surface par unité de temps), la quantité d'oxygène fournie en terme de concentration dans l'eau varie inversement avec la profondeur.La Fig.2a montre l'effet de la profondeur sur la teneur en oxygène comme une fonction du temps; les autres facteurs sont considérés fixes : charge de B.O.D., température et coefficient d'échange.Un cours d'eau peu profond est susceptible d'être plus turbulent qu'un autre plus profond (2); en ce cas; le taux de l'oxygène serait plus rapide pour le cours d'eau turbulent accentuant ainsi l'effet de la profondeur sur les concentrations finales d'oxygène.Puisque, à même débit et même largeur, une rivière profonde coule plus lentement qu'un cours d'eau peu profond, l'effet de profondeur apparait encore plus prononcé quand le profil de l'oxygène dissous est tracé, comme à la Fig.2b, en fonction du temps.La conjugaison de deux phénomènes, la désoxygénation qui s'exerce à un taux de plus en plus lent et la ré-oxygénation qui 24 —AUTOMNE 1962 L’INGÉNIEUR s'accélère â mesure que le niveau d'oxygène s'affaise, cause un profil typique d'oxygène dissous ayant la forme d'une cuillère (3).Dans la première section de la courbe, les Figs 2a et 2b laissent voir que les ressources en oxygène dissous du cours d'eau s'épuisent plus rapidement d'abord qu'elles ne sont remplacées; après le déficit maximum, la ré-aération assume le contrôle et le cours d'eau récupère.Les conditions critiques de pollution se produisent surtout durant les périodes de faible débit, de pollution plus concentrée et de températures plus élevées alors que la limite de saturation en oxygène est diminuée et que la vitesse de désoxygénation est accrue.En certains cas, si la pollution est assez intense, l'oxygène peut devenir complètement absent pour une certaine distance; des conditions anaérobies sont incompatibles avec le maintien de la vie aquatique et de conditions esthétiques.Nouvelles sources de pollution Les années '50 ont été témoins d'une deuxième révolution industrielle.Si la première révolution industrielle du XIXe siècle avait provoqué sous une poussée urbanisante la décision fatidique de canaliser vers les cours d'eau les eaux usées de ces villes nouvelles, la pollution demeurait essentiellement un problème de pollution non conservatrice.Ce qui est caractéristique de cette présente révolution, c'est le grand nombre de nouveaux produits apparus sur le marché, détergents, insecticides, fertilisants et toutes sortes de produits chimiques de synthèse qui, par voie des réseaux d'égout ou du drainage naturel de surface, se retrouvent finalement dans les cours d'eau.Relativement peu de ces produits complexes ont été caractérisés et leur apport dans le bilan de la feuille de balance n'a pas H 40 30 o 100 ° 70 20 23 30 35 40 45 50 0ISTANCE EN AVAL OU déversement (MILLES) Fig.2 — Effet de la profondeur sur le niveau d'oxygène dissous d'une rivière polluée.B.O.D.ultime au point de déversement, 10 mg./l.Coefficient d'échange, 4 cm./hre.Température, 20°C.(a) Oxygène dissous versus temps après le déversement d'une charge de pollution.(b) Oxygène dissous versus distance du déversement.On suppose que le débit et la largeur du cours d'eau demeurent constants; une vitesse d'écoulement de 6 pi./sec.est utilisée là où la profondeur est 1 pied.encore été estimé.Ce que la plupart de ces substances ont en commun, c'est leur comportement bien différent à l'égard du traitement de celui accoutumé avec les déchets organiques biologiquement assimilables.On les a qualifiées avec raison comme "biologiquement dures" à dégrader (biologically hard).Un nouveau facteur de pollution, pour ne citer que celui-là à titre d'exemple, est apparu il y a une décade avec la mise sur le marché des détergents synthétiques.Ces produits organiques complexes, dont les concentrations ne cessent d'augmenter dans les eaux, causent de l'écume aux usines d'épuration utilisant les boues activées et sur les rivières au régime rapide, ralentissent le processus de ré-aération rendant ainsi plus laborieuse la récupéra- tion d'un cours d'eau, résistent aux agents biologiques à l'épuration et à l'auto-épuration se retrouvant ainsi dans les eaux potables.Avec la réutilisation des eaux, la concentration de substances “biologiquement dures" s'accroît à chaque cycle d'utilisation.Toxicité Les techniques classiques appliquées à l'épuration des eaux usées sont calquées sur la nature en ce sens qu'elles utilisent, tout comme le font les cours d'eau, l'activité biologique pour stabiliser la matière organique.Des susbtrats complexes peuvent ainsi être métabolisés et transformés en des sous-produits plus simples dont le bioxide de carbone comme stage final d'oxydation.Tout va fort bien quand les substances sont de nature à servir de nourriture aux microorganismes.Cependant une grande variété de produits chimiques se refusent à maintenir toute forme de vie.Quelques substances telles que les cyanures, le mercure, le zinc sont mortelles pour la plupart des espèces vivantes (4) à des concentrations inférieures à une partie par million.D'autres, telles que l'ammoniaque, les phénols de même que quelques détergents synthétiques sont toxiques à des concentrations plutôt faibles, allant de 10 à 30 p.p.m.Certaines substances exhibent une toxicité variable qui dépend d'autres facteurs tels que le pH„ la température, le niveau d'oxygène dissous et le degré antérieur d'acclimatation des microorganismes.L'appréciation de la toxicité peut en certains cas se prêter à une procédure analytique assez simple, comme pour les métaux lourds; en d'autres cas, cette mesure peut devenir un processus long et hautement spécialisé.Enfin, lorsqu'il s'agit de mélanges de substances organiques complexes où des effets combinés peuvent se conjuguer, on préfère L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 25 plutôt, à des déterminations spécifiques, une estimation globale de toxicité.Un test appelé ‘'dosage biologique" (bioassay) est employé pour mesurer directement la réaction moyenne d'un groupe de poissons exposés à des concentrations connues des substances à l'essai (5).De l'avis de Fair, (1), les dosages biologiques et les tests de B.O.D.sont les deux seuls essais "dynamiques" à la disposition de l'ingénieur sanitaire puisqu'ils lui permettent non seulement d'établir mais de prédire, l'un, la puissance destructrice d'un effluent, l'autre, sa charge de pollution.Nos connaissances actuelles des effets cumulatifs de substances présentes en des concentrations infimes dans nos cours d'eau et, éventuellement dans nos eaux de consommation, sont encore bien fragmentaires.Le traitement des eaux potables a été conçu à un autre âge pour la destruction des pathogènes et l'enlèvement des solides en suspension; leur efficacité d'enlèvement de certaines substances en solution peut être bien faible comme c'est le cas pour les détergents synthétiques.Il n'est pas impossible que certaines de ces substances n'exercent à la longue des effets sous-cliniques passés inaperçus jusqu'à présent.Ces substances — dont certaines ont été prouvées cancérigènes chez des cobayes — peuvent être concentrées dans des filtres de charbon activé et extraites dans un solvant; un concentré sirupeux ou gommeux est ainsi obtenu dont les propriétés sont loin d'être encore connues des toxicologues.Méthodes d'évaluation de la pollution La méthode classique de Phelps (3), telle qu'exposée précédemment, a été rationalisée pour s'ajuster à des concepts physiques précis.Toutefois son application demeure d'un emploi difficile, à cause de la difficulté d'apprécier les nombreux facteurs qui entrent en ligne de compte : disponiblité de la matière organique, température* turbulence, profondeur, décomposition ben-thique, vitesse d'écoulement.La méthode de Phelps considère l'oxygène dissous comme le plus important critère de pollution.Si, par le passé, — la majorité des polluants étant des polluants non conservateurs, — ce critère s'est avéré le plus important, aujourd'hui de nouveaux critères s'imposent pour mesurer de nouveaux effets.Phelps idéalise le comportement d'un cours d'eau; de fait, aucun cours d'eau ne se comporte de façon identique à un autre.La méthode de Phelps demeure un concept : c'est sa force en même temps que sa faiblesse.Un humoriste du métier disait un jour que la principale difficulté de cette méthode, c'est que "les microorganismes n'en ont jamais entendu parler." Peut-on s'attendre que les microorganismes se comportent de la même façon dans une bouteille de B.O.D.que dans un cours d'eau où s'exercent des effets additionnels tels que photosynthèse, antagonisme, synergie.Pourtant, c'est ce qui est fait implicitement (1), quand des valeurs de B.O.D.sont utilisées pour déduire des coefficients de réaération qui vont forcer les valeurs observées d'oxygène dissous dans un profil théorique d'oxygène dissous.Une autre méthode, celle de Churchill (6), utilise des calculatrices électroniques pour établir l'équation du déficit maximum d'oxygène dissous satisfaisant le mieux les données expérimentales d'oxygène dissous, de B.O.D., de température et de débit.L'équation ainsi établie ne s'applique que pour la section du cours d'eau étudié; elle détermine le niveau minimum d'oxygène dissous mais sans le situer à l'égard des sources de pollution.Cette méthode est plus particulière que celle de Phelps mais elle présente toutefois l'avantage appréciable de libérer de la difficulté de déterminer le temps d'écoulement entre des stations successives d'échantillonnage.Il n'en demeure pas moins que ces méthodes, utilisées avec discernement, peuvent servir de guide au jugement de l'ingénieur.Elles s'avèrent un outil précieux dans l'instauration d'un programme de prévention de la pollution ou de revalorisation d'un cours d'eau pollué.Vers une revalorisation Quelle que soit la méthode utilisée, une connaissance du pouvoir auto-épurateur s'affirme d'une grande importance dans la détermination de la charge organique maximum qu'un cours d'eau peut assumer en relation avec ses usages éventuels.Cette charge permise peut dès lors être équitablement répartie entre les usagers, tenant compte, s'il y a lieu, des priorités ou des droits acquis.Une autorité, forcément à caractère gouvernemental, se charge ordinairement d'établir des normes relatives au contrôle de la pollution.Pour être méthodique, toute action dans ce domaine particulier doit d'abord commencer par des relevés intensifs ayant pour but de localiser la pollution, de la caractériser, de la mesurer et d'établir le comportement du cours d'eau à l'égard des conditions imposées.Par suite, l'autorité entreprendra une classification réaliste des cours d'eau qui tienne compte du pouvoir auto-épurateur, des usages actuels et éventuels et de l'étendue des correctifs à apporter.La dernière étape consiste dans la mise en vigueur du programme; ceci présuppose une autorité ayant des pouvoirs coercifs.Cette phase comprend une attribution équitable des charges maxima permises à chaque usager, la mise à exécution des ouvrages permettant de réduire la pollution 26 —AUTOMNE 1962 L'INGÉNIEUR au niveau imposé ainsi qu'un contrôle vigilant visant à faire respecter les normes établies.Un cours d'eau n'a pas besoin d'une classification uniforme dans tout son parcours.Une classification souple doit tenir compte des situations mais toutefois sans trop de sympathie.Il est dommage que certaines sections doivent parfois être sacrifiées comme le prix de la civilisation à cause de leur plus grande valeur économique comme égout industriel, Une fois le cours d'eau restoré grâce à son pouvoir auto-épurateur, une classification plus sévère peut être appliquée.Dans des cas exceptionnels seulement, la vie des poissons doit être sacrifiée; il ne faut pas laisser des eaux résiduaires transformer une rivière en un déchet aquatique.Cet abus des forces de la nature se traduit toujours par des nuisances et une dévaluation des propriétés riveraines.Un public exigeant requiert de plus en plus que des eaux résiduaires soient rendues inoffensives autant que possible surtout lorsqu'elles sont réutilisées plusieurs fois (7).C'est une pensée horrifiante pour le profane de songer qu'il consomme des eaux ayant véhiculé les déchets des populations établies en amont; s'il essaie de se rasséréner en songeant au sort non moins enviable des populations en aval, il devrait plutôt être rassuré à la pensée de l'équilibre que la na- ture a prévu pour stabiliser les immondices grace aux microorganismes.Les faits prouvent une fois de plus que "l'on a souvent besoin d'un plus petit que soi".Pourtant, ce qui préoccupe le plus l'homme de science, c'est que les rouages complexes de ce mécanisme de la nature soient parfois rompus par la présence indue de produits exotiques qui exercent des effets toxiques ou qui passent inaltérés à travers la barrière des traitements conventionnels.Une phase nouvelle de la lutte contre la pollution est à peine engagée; l'issue en est encore bien incertaine.Faudra-t-il regretté d'avoir endossé la décision fatidique du siècle dernier de l'évacuation hydraulique des déchets municipaux et industriels vers les cours d'eau ?Même s'il a été longtemps admis que l'usage des cours d'eau pour la disposition ultime d'eaux résiduaires est à la fois raisonnable et nécessaire, nous faudra-t-il admettre un jour que cette pratique conduit à un cul-de-sac ?.Un besoin urgent se fait sentir pour la recherche.C'est la philosophie entière de la salubrité urbaine qui doit être soumise à un "doute méthodique", à une analyse avec des idées neuves.La plupart des recherches d'aujourd'hui se continuent selon des lignes traditionnelles; elles s'emploient surtout à des raffinements de procédés connus et existants.À peine 10% de la recherche actuelle dans ce domaine explore des sentiers non battus (8).Nos cours d'eau ont certes une capacité surprenante de réagir à une altération de leurs qualités naturelles.Il est donc souhaitable que leur pouvoir auto-épurateur soit déterminé afin de l'utiliser sans toutefois l'excéder; il faut aussi que cette capacité ne soit pas rendue inopérante à cause de la présence de substances inhibitrices ou toxiques à l'égard des agents épurateurs.Bibliographie 1.Fair, G.M., "Knowledge of Waste-water and Pollution Today'', Journal Water Pollution Control Federation, 34, No.1, 1-6 (Janvier 1962) 2 Southgate, B.A., et Gameson, A.L.H., "Recent Developments in the Control of Stream Pollution", The Surveyor, 115 (26 Mai 1956) 3.Phelps, E.B., Stream Sanitation, John Wiley and Sons, Inc.New York (1953) 4.Beak, T.W., "The Measurement of Industrial Water Pollution”.The Engineering Journal, 96-100, (Juin 1960) 5.Henderson, C., et Tarzwell, C.M., "Bioassays for Control of Industrial Effluents”, Sewage and Industrial Wastes, 29, 1002 (1957) 6.Churchill, M.A., "Analysis of a Stream's Capacity for Assimilating Pollution", Sewage and Industrial Wastes, 26, 887-905, (Juillet 1954) 7.Fish, H., "Some Aspects of Public Health Engineering in relation to River Management,” The Institution of Public Health Engineers, LXI, Part 2, 65-74, (Avril 1962) 8.Hollis, M.D., et McCallum, G.E., "The Pollution "Balance Sheet” — Where do we stand?”, Wastes Engineering, 579-582 (Octobre 1960) 35ième CONGRÈS de la FÉDÉRATION POUR LE CONTRÔLE DE LA POLLUTION DES EAUX sous les auspices de CANADIAN INSTITUTE ON POLLUTION CONTROL Hôtel Royal York, Toronto du 7 au 11 octobre 1962 Pour renseignements, s’adresser à Water Pollution Control Federation 4435 Wisconsin Ave., Washington 16, D.C., U.S.A.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 27 Historique Dans les deux dernières années, on a fait une grande publicité à la pollution des cours d'eau de la province de Québec.D'après certains articles de journaux, on pourrait croire que tous les cours d'eau de la province sont extrêmement pollués et que les lacs sont convertis en véritables fosses septiques alors que, d'après d'autres articles, ces mêmes cours d'eau sont très propres, et qu'il est inconcevable d'aménager des usines d'épuration d'eaux usées.Que la pollution existe dans certains cours d'eau est un fait accompli, mais on ne peut généraliser.Le fait que la pollution de nos cours d'eau existe fut reconnu en décembre 1955, alors qu'à la suite d'une campagne publique soutenue, le Lieutenant-Gouverneur en Conseil fut autorisé à former un comité composé de cinq personnes, dans le but d'étudier le problème de la pollution des cours d'eau de la province.Ce comité devait s'enquérir de l'étendue, de la nature et des causes de la pollution dans ces cours d'eau, essayer de trouver les moyens d'y remédier ainsi que les mesures à prendre pour prévenir une pollution plus in- POLLUTION INDUSTRIELLE DES COURS D EAU DU QUÉBEC par JEAN-PAUL GOURDEAU.Ing.P.M.Sc.Ingénieur en chef — Génie municipal, Surveyer, Nenniger & Chênevert, Ingénieurs-Conseils, Montréal, P.Ç.tense, et de formuler ses conclusions et recommandations au Lieutenant-Gouverneur en Conseil.Les merxbres de ce comité furent nommés en août 1956.A la suite d'une demande faite par ce comité au Ministre de la Santé, pour obtenir les données nécessaires sur la qualité des eaux de nos cours d'eau, la Division du Génie Sanitaire du Ministère de la Santé entreprit une étude de certains cours d'eau présentant des problèmes difficiles et complexes pour l'exercice d'un contrôle efficace de la pollution causée par des déversements d'eaux usées domestiques et d'eaux résiduaires industrielles.Malheureusement, le président de ce comité sur le contrôle de la pollution des eaux mourait quelque six mois après sa nomination et ne fut remplacé qu'en avril 1960.Il en résulte donc, qu'officiellement, ce comité a accompli très peu, mais officieusement, la Division du Génie Sanitaire, sous la direction du Dr Théo.-J.Lafrenière, ingénieur en chef, et de M.Léopold Fontaine, ingénieur en chef adjoint, a exécuté des relevés sanitaires complets, dans le but d'obtenir des données sur la qualité des eaux de certaines de nos rivières susceptibles d'être polluées.On a choisi huit rivières et, pour chacune, on a fait un relevé sanitaire complet du bassin de drainage de façon à déterminer les sources existantes et possibles de pollution.Il a fallu apporter une attention toute particulière à l'emplacement des usines d'épuration, des plages, des émissaires pluviaux et d'eaux usées, des déversements d'eaux résiduaires industrielles et des prises d'eau.Pour recueillir ces renseignements, des ingénieurs sanitaires rencontrèrent les secrétaires-trésoriers des municipalités localisées dans le bassin de drainage de la rivière concernée.On a également fait des visites aux établissements industriels afin de déterminer leur contribution à la pollution des eaux de ces rivières.Pour compléter cette étude, un personnel compétent, équipé d'un laboratoire mobile, a fait des examens bactériologiques, chimiques et physiques de l'eau des rivières étudiées.Cet article présente les résultats obtenus sur deux rivières qui étaient tout particulièrement polluées au moment de ces études.28 —AUTOMNE 1962 L'INGÉNIEUR BASSIN DE DRAINAGE DE LA RIVIÈRE ST FRANÇOIS RIVIÈRE YAMASKA RIVIÈRE CONNECTICUT SUPERFICIES DU BASSIN DE DRAINAGE Echelle en milles A L'EMBOUCHURE FIG I Rivière St-François Le bassin de drainage de la rivière St-François est de 3,948 milles carrés et est situé dans les comtés de Mégantic, Compton, Frontenac, Wolfe, Stanstead, Sherbrooke, Brome, Richmond, Shefford, Drummond et Yamaska.De plus, une partie de ce bassin de drainage est aussi situé aux Etats-Unis, dans l'État du Vermont.La population totale résidant dans ce bassin de drainage est d'environ 250,000 personnes, et 65% de cette population est desservie au moyen de réseaux d'égout dont les émissaires se déversent dans la rivière St-François ou dans un cours d'eau qui lui est tributaire.En examinant la carte de cette région (Fig.1), nous constatons que la rivière St-François prend sa source dans le lac St-François, situé à l'intérieur de la région des Cantons de l'Est, pour se déverser dans le lac St-Pierre, après avoir parcouru une distance d'environ 135 milles.Elle sillonne une région agricole, industrielle, riche et prospère, recevant de nombreux affluents, dont le plus important est la rivière Magog qui la rejoint à Sherbrooke.En grande partie, c'est une rivière étroite et peu profonde dont le débit varie de 550 p.c.s.à 80,000 p.c.s.et d'un débit moyen de 6,800 p.c.s.à son embouchure.Les villes les plus importantes situées le long de son parcours comprennent East Angus, Sherbrooke, Bromptonville, Windsor Mills, Richmond et Drummond-ville.Etude du contrôle de la pollution Les études sur le contrôle de la pollution ont démontré que les sources de pollution, le long de cette rivière, sont abondantes, in- cluant les eaux usées domestiques et les eaux résiduaires industrielles.Cette rivière est en fait un égout collecteur desservant les municipalités et les industries localisées le long de son parcours et de ses affluents.Dans cette région, l'industrie est très active et consiste principalement dans la fabrication de la pâte de papier, du papier et des textiles.Ces industries sont généralement parmi les plus grands consommateurs d'eau mais elles contribuent aussi considérablement à la pollution des eaux.L'industrie du papier produit de très grandes quantités d'eaux résiduaires industrielles.Les eaux provenant des papeteries contiennent principalement de la cellulose et de l'écorce.Les eaux provenant des usines où l'on fabrique la pâte de papier ont une teneur élevée en matières organiques, puisqu'elles contiennent de la lignine, des carbohydrates et L’INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 29 VARIATION DU B 00» DANS LA RIVIÈRE ST- FRANÇOIS La Fig.3 montre les variations de la teneur en oxygène dissous dans la rivière St-François.On constate qu'aux endroits où le B.O.D.augmente, la teneur en oxygène dissous diminue, et que ces variations furent observées aux mêmes points que la variation du B.O.D.La Fig.4 montre la variation de la teneur en bactéries conformes le long du parcours de la rivière St-François.On constate de nouveau que la teneur en conformes augmente rapidement en aval d'East Angus, Sherbrooke, Windsor, Richmond et Drum-mondville.des résines.De plus elles contiennent certaines substances toxiques telles que les sulfites et quelques produits chimiques utilisés lors de la cuisson.Les résidus dans les eaux-vannes de l'industrie du textile sont de caractère toxique et organique.Le lessivage de la laine, le brûlage du coton et le nettoyage de la soie enlèvent les saletés, les graisses, les cires et autres substances des fibres.Ces eaux résiduaires sont les principales causes de pollution puisqu'elles contiennent de grandes quantités de matières organiques extrêmement putrescibles.Les eaux résiduaires du blanchissage, de la teinture et de la finition des tissus peuvent contenir des matières organiques provenant de ces opérations, ainsi que certaines substances toxiques provenant de quelques produits chimiques et teintures utilisés lors du procédé.Résultats obtenus Un relevé sanitaire complet fut fait en 1957 dans le but de déterminer le degré de pollution des eaux de la rivière St-François.Des essais sur le B.O.D., sur l'oxygène dissous et sur la teneur en bactéries coliformes furent faits et les résultats obtenus compilés.La Fig.2 montre les variations du B.O.D.le long de la rivière St-François.On constate que le B.O.D.est égal ou inférieur à 1 ppm jusqu'à East Angus.Immédiatement en aval d'East Angus, le B.O.D.augmente rapidement à 3.4 ppm, pour diminuer jusqu'à ce que l'on atteigne Sherbrooke où il augmente rapidement de nouveau à 3.9 ppm.Le même phénomène se reproduit à Windsor, à Richmond et à Drummond-ville, où cependant à cet endroit, cet accroissement est faible.En étudiant attentivement ces graphiques, on constate que le B.O.D.augmente rapidement, tout particulièrement en aval d'East Angus, Sherbrooke et Windsor et que ces augmentations sont aussi ou même plus prononcées en aval d'East Angus et Windsor, bien que la population totale de Sherbrooke soit d'environ 60,000 personnes comparativement à 4,500 personnes pour East Angus et 6,000 personnes pour Windsor.La contribution de l'industrie à la pollution des eaux de cette rivière est causée en grande par- TENEUR EN OXYGÈNE DISSOUS DANS LA RIVIÈRE ST-FRANÇOIS DtSTANÇES ÇN Miyjü 30 — AUTOMNE 1962 L'INGÉNIEUR tie par quatre usines de papier qui produisent environ 1,000 tonnes de papier par jour, et par sept grandes usines de textiles.Les gaz qui se dégagent de la décomposition des matières organiques déposées sur le lit de cette rivière, ainsi que les débris qui flottent sur la surface et sur les rives, nous portent à croire que les eaux résiduaires industrielles sont en grande partie cause de ces valeurs élevées du B.O.D.Observations générales On considère généralement qu'une rivière est propre lorsque son B.O.D.est inférieur à 2 ppm et qu'elle peut être une cause de nuisance lorsque son B.O.D.est supérieur à 4 ppm.En utilisant ces critères, nous considérons que cette étude a démontré que la rivière St-François est polluée.Depuis 1957, une industrie a déboursé plus de $400,000.dans le but de récupérer l'écorce et la brûler plutôt que de la déverser dans la rivière.Une seconde industrie fait des études suivies, afin de récupérer le plus grand nombre possible de produits chimiques, susceptibles de polluer les eaux de la rivière.Mais, même si quelques industries responsables tentent sincèrement de réduire leur contribution à la pollution des eaux de la rivière St-François, il est important de comprendre que ce contrôle n'aura qu'un effet limité sur le résultat final désiré, à moins qu'une action concertée soit prise par les municipalités et les industries.Les efforts de quelques-uns seulement seront insuffisants pour rendre cette rivière salubre à nouveau.Il faudra nécessairement la coopération, l'assistance et la bonne volonté de tous ceux qui sont concernés.Rivière St-Charles Une seconde rivière qui a été étudiée est la rivière St-Charles.Cette rivière prend sa source à environ 25 milles au nord-ouest de la ville de Québec.Son bassin de drainage est de 222 milles carrés.En temps sec, toute l'eau de cette rivière à Château-d'Eau est utilisée par la ville de Québec pour alimenter ses habitants en eau potable.Il s'ensuit qu'un bassin de drainage de seulement 80 milles carrés est disponible pour fournir l'eau nécessaire à la dilution des eaux usées déversées dans cette rivières en aval de la prise d'eau de la cité de Québec.En amont de la prise d'eau de la Cité de Québec La population totale qui habite le bassin de drainage en amont de la prise d'eau de la cité de Québec est d'environ 15,000 personnes, y compris les estivants.Il n'existe pas de réseau d'égouts, et ces résidants disposent VARIATION DES BACTÉRIES COLIFORMES PAR 100 cc DANS LA RIVIÈRE ST FRANÇOIS 24 000 2 2 000.20 OOO.18 OOO.16 OOO 14 OOO.12 OOO.10 000 8 OOO- 6 000_ 4 000 2 000- DISTANC ES EN MILLES FIG.4 L'INGÉNIEUR AUTOMNE I962 — 31 BASSIN DE CHAINAGE DE LA RIVIERE ST-CHARLES CHARlESBOURgC ÇMAPLESDOVW WEST QUEBEC SUPERFICIES du BASSIN de drainage SUPERFICIES OU BASSIN OE DRAINAGE LOCALISE.EN AVAL DE LA PRISE O'EAU OE LA CITE DE QUÉBEC Echelle en milles de leurs eaux usées au moyen de fosses septiques individuelles.De plus, les inspecteurs sanitaires à l'emploi de la cité surveillent constamment ce bassin de drainage pour s'assurer qu'aucun émissaire d'eaux usées n'est déversé directement dans la rivière St-Charles ou dans l'un de ses affluents.Pendant les mois d'été, les eaux de la rivière Nelson et de la rivière Jaune sont quelquefois désinfectés à l'embouchure de ces rivières afin de maintenir une assez bonne qualité d'eau dans cette partie de la rivière St-Charles.Une analyse typique de cette rivière, à l'endroit de la prise d'eau de la cité de Québec, donne les résultats suivants : Couleur .55 ppm Turbidité .2 Alcalinité .*.12 Dureté .20 Oxygène dissous .9 B.O.D.1 " La teneur en bactéries coliformes varie toutefois de 500 à 16,000 par 100 c.c.De ces résultats, il ressort qu'en amont de la prise d'eau de la cité de Québec, l'eau est claire et relativement exempte de pollution.En aval de la prise d'eau de la Cité de Québec Malheureusement, les conditions ne sont pas les mêmes en aval de la prise d'eau de la cité de Québec.La superficie totale de cette partie du bassin de drainage est de 80 milles carrés, habitée par une population totale d'environ 300,000 personnes, dont 42% déversent leurs eaux usées dans la rivière St-Charles, 42% dans le fleuve St-Laurent au moyen d'un grand collecteur avec déversoirs d'orage tributaires de la rivière St-Charles, et 16% déversent leurs eaux usées directement dans le fleuve St-Laurent.(Fig.5) Le débit en temps sec de cette rivière, dans les limites de la ville de Québec, est négligeable et il est absolument nécessaire de prévoir un traitement complet des eaux usées qui y sont déversées.Des études de débit qui ont été faites durant ce relevé montrent que, pendant l'été 1960, on a enregistré un débit minimum de 7.5 p.c.s.Relevé sanitaire En 1960, un relevé sanitaire complet fut fait par la division du Génie Sanitaire du Ministère de la Santé dans le but de déterminer le degré de pollution des eaux de la rivière St-Charles.Les Figs 6 et 7 montrent que le B.O.D.est égal ou inférieur à 1 ppm en amont de la prise d'eau de la cité de Québec; qu'il aug- 32 — AUTOMNE 1962 L’INGÉNIEUR VARIATION DU BOD, PANS LA RIVIERE ST-CHARLEI vées de B.O.D.furent observées dans l'embouchure de la rivière St-Charles, où l'on dispose d'un très grand débit d'une eau relativement libre de pollution du fleuve St-Laurent.De cette étude et des observations visuelles des différentes causes de pollution dans ce territoire, nous sommes d'avis que ces valeurs élevées de B.O.D.sont causées par des eaux résiduaires industrielles déversées par une grande usine de papier, localisée sur la rive de l'embouchure de cette rivière.mente rapidement à 4 ppm en aval de Loretteville, et qu'il demeure relativement stable jusqu'à ce que nous atteignions les limites de la cité de Québec.A marée baissante, le B.O.D.augmente très rapidement à 12 ppm.Cette valeur élevée a été observée dans l'embouchure de la rivière St-Charles, où nous disposons pourtant d'un débit très considérable du fleuve St-Laurent.A marée montante, le B.O.D.a augmenté très rapidement à 16 ppm à l'intérieur des limites de la cité de Québec.La valeur du B.O.D.observée dans l'embouchure de la rivière était alors de 6 ppm.Ces résultats furent confirmés quand d'autres essais furent faits à mi-marée montante et à mi-marée baissante.La Fig.8 montre la variation de la teneur en oxygène dissous.On constate qu'en amont de Les Saules, cette teneur est sursaturée à 125%.Cette quantité élevée d'oxygène dissous est causée partiellement par l'écoulement rapide du cours d'eau mais principalement par un développement intense d'algues, observé en cet endroit.A l'intérieur des limites de la cité de Québec, la teneur en oxygène dissous diminue rapidement à 20% de la saturation, à marée baissante.La Fig.8 montre seulement des valeurs moyennes, car dans quelques-unes des observations faites, la teneur en oxygène dissous était inférieure à 0%.Il en résulte donc que des conditions septiques prévalaient, dans la rivière St-Charles, durant une partie de cette étude.Observations générales Une étude de ces graphiques montre que des valeurs très éle- II n'y a pas de doute qu'une certaine partie des résidus du procédé au sulfite est récupérée, et que cette compagnie a investi en recherches, des sommes d'argent considérables, afin d'utiliser les sous-produits récupérés de ces résidus.Mais un certain pourcentage de ces résidus est encore déversé directement dans l'embouchure de la rivière St-Charles.lusqu a présent, c'était l'opinion unanime que, la rivière St-Charles étant sous l'influence des marées, une eau relativement claire du fleuve St-Laurent fournissait une dilution périodique pour nettoyer cette section de la rivière.VARIATION DU B.O.D.» DANS LA RIVIÈRE ST CHARL.ES L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 33 ENEUR EN OXYGÈNE DISSOUS DANS LA RIVIÈRE ST CHARLES De plus, on croyait que si toutes les municipalités qui déversent présentement leurs eaux usées étaient pourvues d'usines d'épuration, cette rivière redeviendrait salubre et libre de pollution.Nous croyons que cette étude a démontré qu'il ne sera pas suffisant, pour les municipalités concernées, de prévoir la construction d'usines d'épuration.A marée montante, l'eau polluée par les résidus industriels est refoulée vers l'intérieur des limites de la cité de Québec, laissant des dépôts de matières organiques, polluant ainsi davantage cette section de la rivière sous l'influence des marées.La preuve que le lit de la rivière en cet endroit est recouvert de matières organiques fut confirmée par une effervescence très active à marée basse.Il est vraiment douloureux que cette rivière, plutôt que de devenir un actif pour la cité de Québec, soit devenu un égout à ciel ouvert et une menace au bien-être des personnes qui résident à proximité.On fait présentement beaucoup de publicité concernant le nettoyage de cette rivière.Ce n'est pas la première fois que ceci se produit.En 1911, en a dépensé environ $2,000,000 pour entreprendre la construction d'un barrage afin de maintenir les eaux à un niveau constant, et pour étudier la possibilité de nettoyer cette rivière.En 1937, un comité fut formé pour déterminer les ouvrages nécessaires afin de prévenir le déversement des eaux usées dans la rivière St-Charles, et à les canaliser vers le fleuve St-Laurent dans des conditions acceptables aux autorités du Service Provincial d'Hygiène.Il fut recommandé qu'un réseau de collecteurs avec déversoirs d'orage seulement, dans la rivière St-Charles, soit construit, et qu'une station de pompage refoulât ces eaux usées directement dans le fleuve St-Laurent.Il fut aussi recommandé de prévoir l'espace nécessaire pour l'érection éventuelle de réservoirs pour le traitement au chlore, des eaux usées avant leur déversement dans le fleuve.Notre bureau d'ingénieurs-conseils fut retenu pour la préparation des plans et devis de ce réseau de collecteurs et de la station de pompage nécessaires.Des études complètes sur la direction des courants furent faites, à cette époque, afin de situer l'émissaire en un point tel que la rivière St-Charles ne soit pas polluée par ce déversement.Cependant, une partie seulement des travaux recommandés fut réalisée II est à souhaiter qu'une action positive soit prise éventuellement pour corriger la situation actuelle d'une façon définitive, et ce, non seulement par les municipalités concernées, mais aussi par les industries.Conclusion Que la pollution dans certains cours d'eau de la province de Québec existe a été prouvé par les études exécutées par la division du Génie Sanitaire du Ministère de la Santé durant les années 1957 à 1961.De réels progrès furent faits sous la législation précédente.Des usines d'épuration furent construites mais des pouvoirs plus étendus étaient nécessaires pour la planification d'un programme dont le résultat produirait des cours d'eau de nouveau salubres et relativement libres de pollution.Pour ce faire, la Régie d'Épura-tion des Eaux a été créée en juin 1961.Bien que les membres de cette Régie aient fait tout ce qu'ils pouvaient, on ne leur a pas donné le personnel technique nécessaire pour les assister dans la réalisation du programme qu'ils avaient établi.Nos dirigeants politiques doivent comprendre que le contrôle de la pollution des eaux ne sera pas résolu du jour au lendemain.Pour le succès d'une saine planification, il est essentiel que la Régie soit assisté d'un personnel technique hautement qualifié et en nombre suffisant, sans quoi, on constatera une rétrogression plutôt qu'une amélioration dans le contrôle de la pollution des eaux de nos rivières, durant les prochaines années.34 —AUTOMNE 1962 L’INGÉNIEUR A cause d'abus, d'un peu de négligence et surtout à cause des développements rapides, la nature qui jusqu'ici corrigeait les torts causés par l'homme, ne suffit plus à la tâche et il faut suppléer à l'autoépuration soit en imposant des restrictions, soit en construisant des systèmes d'épuration.Il existe des procédés de traitement que l'on peut appeler classiques et qui s'appliquent parfaitement pour des débits relativement grands mais qui se justifient difficilement lorsqu'il s'agit de traiter des influents plus faibles provenant de petits développements domiciliaires, écoles, centre d'achat, motels, etc.On a donc été amené à chercher une solution qui, tout en garantissant des résultats plus que satisfaisants tant au point de vue de réduction de B O D que de matière en suspension, puisse offrir les avantages d'un coût d'achat faible et d'un coût d'entretien pratiquement nul.Aération prolongée L'aération prolongée ou encore comme on l'appelle communément "l'oxydation totale" semble offrir la solution idéale et répondre aux exigences des petits postes de traitement.Le principe "oxydation totale" exige une aération intensive et prolongée sans prédécantation, avec digestion naturelle des APPLICATIONS ET LIMITES DES POSTES D'OXYDATION TOTALE par GABRIEL MEUNIER.Ing.P.Degrémont Canada Limitée, Montréal boues sans aucun risque de dégagement de mauvaises odeurs.Ce procédé de traitement dérive du traitement par boues activées et fut appliqué, semble-t-il, pour la première fois il y a une douzaine d'années à East Palestine dans l'Etat de l'Ohio.En effet, l'opérateur de cette usine de boues activées a transformé quelque peu son usine et a démontré qu'à l'aide d'un débit d'air accru et d'un constant retour des boues du décanteur secondaire à la zone d'aération, le problème des boues était pratiquement éliminé.Ce traitement par boues activées, transformé en poste d'oxydation totale, exige donc un bassin d'aération beaucoup plus volumineux et un bassin de décantation d'où l'on peut recirculer en tête du bassin d'aération à des taux variant de 1:1 à 1:3 du débit moyen, les boues qui s'y sont déposées.On évite ainsi toute possibilité de digestion anaérobique.Nous examinerons chaque stade de traitement illustré au schéma (Fig.1), tout en tenant compte qu'il s'agit d'un traitement d'eau résiduaire domestique seulement et que tout apport de déchets industriels nécessite une étude particulière.Entre autres, les eaux chargées même très faiblement de soude, utilisée très souvent pour le lavage de bouteilles dans certaines industries, sont néfastes et peuvent anéantir très rapidement tout le processus de traitement en cours.A) Dilacération Bien que quelquefois on remplace le dilacérateur par une simple grille fixe à nettoyage manuel, il semble essentiel d'ins- ÜËCANTATIQN IPPtVU POU* CLPTtNS CPS PARTICULIERS) v FIC.I -XH(MA 0 ÉCOULEMENT PANS UN POSTE D'OXYDATION TOTALE.RECIRCULATION DES BOUES IS MINUTES û£ PCTCNTIOM BASSIN DE CONTACT /MEC HYPOCHLORITE Fig.1 — Schéma d’ccoulemeni dans un poste d'oxydation totale.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 35 DECANTATION SECONDAIRE BASSIN//D'AERAT!0N Fig.2 — Poste avec bassin de béton et abri 1 ) Temps de rétention taller en tête de ces postes un broyeur qui, en déchiquetant les matières plus grosses de l'influent, multiplie les surfaces de contact entre ces matières et l'oxygène soufflé et permet ainsi une efficacité plus grande.Dans le choix de ce dilacéra-teur, il faut tenir compte des débits maximaux instantanés que ce dernier devra laisser passer.Il existe, pour les petits débits, un dilacérateur qui s'adapte directement à la conduite d'arrivée d'eau brute et qui est pourvu d'un trop plein qui déborde en cas de bouchage.Dans les plus grandes installations, il faut prévoir deux canaux construits en parallèle dont l'un reçoit le dilacérateur et dont l'autre est monté d'une grille fixe qui peut servir en "by pass" permettant toute réparation éventuelle sur le déchiqueteur.B) Bassin d'aération Il faut considérer trois éléments essentiels dans la détermination du dimensionnement et des accessoires mécaniques utilisés dans ce bassin : • le temps de rétention, • le taux d'aération, • la forme particulière du bassin.Un temps d'aération prolongée de l'ordre de 24 heures semble être le minimum exigé partout aux Etats-Unis, quoique certains Etats exigent même 30 heures.Il faut cependant que la charge maximale du bassin d'aération ne dépasse pas 15 lb/BOD/l,OOOpi3.Il faut nécessairement satisfaire à la condition qui exige le volume le plus grand.Aux conditions normales, un volume de l'ordre de 16 pi3/pers.permet un débit journalier de l'ordre de 100 gals/pers.et assure le temps de rétention de 24 h.2) Taux d'aération Un taux d'aération de l'ordre de 2,200 pi3 d'air/lb de BOD de l'influent semble être normalisé.A ce débit il ne faut toutefois pas oublier d'ajouter le débit d'air supplémentaire nécessaire pour le fonctionnement de l'éjecteur qui assure la recirculation des boues.Cet apport d'air peut être fait mécaniquement par turbines ou balai tournant ou encore par sur-presseur poussant l'air au fond des bassins.Il est entendu qu'une aération en profondeur augmente les chances de contact, oxygène et milieu liquide, et assure ainsi une meilleure efficacité.La dimension des bulles d'air est un autre point délicat qui influence grandement l'efficacité du traitement.Il va de soi que pour un même débit d'air, de fines bulles exposent une beaucoup plus grande surface d'échange, oxygène-milieu filtrant, d'où un bien meilleur rendement.F«9-3 — Poste d'oxydation totale à proximité de la maison de retraite des Soeurs de Sainte-Croix, à Pierrefonds.»> v*.' « mi *, * 36 —AUTOMNE 1962 L'INGÉNIEUR Toutefois, comme ces postes travaillent à des taux de rendement très bas, ce critère devient moins important et les manufacturiers travaillent plutôt à offrir des diffuseurs d'air qui ne peuvent s'entartrer lors d'un arrêt du système.Si nous considérons le débit d'air suggéré, soit 2,200 pi* * 3/lfc>/ BOD, nous pouvons relever une efficacité de 2.7%.En effet, pour une température moyenne, à la pression atmosphérique, on peut compter approximativement 60 pi3 d'air par livre d'oxygène.Comme, bien entendu, chaque livre de BOD exige 1 livre d'oxygène et que l'on suggère un soufflage d'air de l'ordre de 2,200 pi3/lb de BOD on obtient : 60 pi3 d'air/lb.d'oxygène x 100% 2,200 pi3 d'air/lb.BOD = 2.7% Cette suroxygénation permet de pousser le traitement des boues à un stade d'oxydation complète; le volume de boue ne s'accroît pas ou tout au moins la quantité de matière organique reste constante puisque celle-ci est entièrement utilisée à la nutrition des organismes bactériens existants.La solution "surpresseur d'air'' pour insuffler l'air dans la masse liquide a un avantage qui n'est pas à dédaigner.En effet, le fait de compresser l'air le réchauffe d'au moins 10° F et, surtout pour notre climat rigoureux, cet apport de chaleur est loin d'être négligeable.3) Forme particulière du bassin En plus du volume de rétention ainsi que du taux d'aération il faut prévoir les formes du bassin de façon à assurer une bonne turbulence et empêcher tout dépôt dans cette zone d'aération.Des déflecteurs doivent donc couper les angles et diriger en quelque sorte l'écoulement interne.On peut alors constater en surface des vitesses de déplacement linéaire de plus de 60 pieds à la minute.C) Bassin de décantation Le bassin de décantation doit être prévu pour un temps de rétention de 4 heures, au débit moyen journalier.Ce bassin doit être d'une forme telle que les matières solides ont tendance à s'accumuler dans un concentrateur, d'où un éjecteur d'air, alimenté par le surpresseur, reporte en tête du bassin d'aération les boues accumulées.La zone de décantation offre une surface d'eau tranquille et l'expérience a montré que, pour des postes de traitement montés à ciel ouvert, une couche de glace plus ou moins épaisse se formait sur cette zone de traitement.Cette glace ne semble toutefois pas entraver la marche du poste de traitement et un trop plein d'eau décantée s'écoule toujours au-dessus du déversoir de collecte.Il est toutefois recommandable de couvrir cette zone de décantation de façon à éviter toute formation de glace en période de grand froid.Cette couverture peut en même temps servir de plancher pour le montage des équipements mécaniques et électriques.Ces équipements sont, soit recouverts d'un capot individuel, soit abrités dans une chambre d'opération permettant un accès beaucoup plus facile surtout durant les intempéries.(Fig.2).D) Emmagasinage des boues Il est entendu que les matières minérales demeurent intactes et augmentent dans les bassins d'aération et de décantation.Cependant le surplus saute le déversoir et part avec l'effluent.Cet effluent peut donc être plus ou moins chargé en matières inertes mais les risques de mauvaises odeurs sont totalement évités.Il est très difficile d'établir des normes tant au point de vue d'obligation d'érection de ces réservoirs qu'au point de vue de leur dimensionnement.En effet, même aux Etats-Unis où l'on compte maintenant plus de 1,500 de ces postes, les opinions diffèrent grandement.L'État du Kentucky exige ces réservoirs pour des débits à traiter plus grands que 25,000 gals/jr alors que l'état de l'Indiana les exige pour des débits plus grands que 100 000 gals/jr.L'État de l'Ohio, copié par sept autres États, recommande ces réservoirs lorsque l'aération se fait en profondeur par surpresseurs d'air et il les exige lorsque l'aération se fait par équipement mécanique.Le volume à prévoir pour ces réservoirs varie grandement soit de 1 à 4 pi3/pers.Une autre méthode pour disposer de ces boues en excès consiste à utiliser des camions citernes qui viennent les puiser à intervalles déterminés.En règle générale, on admettra qu'il n'est pas nécessaire de prévoir des bassins d'emmagasinage des boues vu que les matières qui partent avec l'effluent sont inertes et ne causent aucune odeur.Cependant, quelquefois des exigences locales sévères pour des cas particuliers peuvent imposer la construction de ces bassins.E) Élimination des écumes Pour des effluents provenant d'écoles avec pensionnats, des maisons de retraite où l'on effectue hebdomadairement des lavages importants ou tout autre influent pouvant contenir passablement de détergent, il faut prévoir des gicleurs pulvérisant de l'eau sous pression pour briser toute mousse formée.Cette vaporisation d'eau est manuelle et n'est mise en action L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 37 NE L U E NT goulottt d'tau decanta* BA l N OE DECANTATION BASSIN syphoid « Tableau electnque ba c_de_ à Motion Hypo chior mate ur diftu seur DC.2 Fig.4— Poste préfabriqué pour faible débit.qu'aux périodes nécessaires.Il est recommandable, pour éviter tout bouchage, d'alimenter ces diffuseurs avec de l'eau sous pression provenant de l'aqueduc.Un diffuseur requiert environ 1.3 gal./min.sous une pression de 25 lb/po.2 et peut couvrir une largeur de bassin d'environ 8 pieds.F) Stérilisation Dans les cas où le récepteur de l'effluent du poste de traitement n'a pas un débit suffisant pour assurer une dilution adéquate, il faut prévoir une stérili- sation à l'hypochlorite de soude, dans un réservoir d'un volume tel qu'il assure un contact d'au moins 15 minutes entre le produit stérilisant et l'effluent.G) Localisation Comme le procédé par oxygénation poussé offre un traitement sans dégagement d'odeur, ces postes de traitement peuvent donc être érigés jusqu'à 50 pieds de tout habitat sans causer aucun ennui.La Fig.3 montre un poste de traitement par oxydation totale où le bassin d'aération est gardé à ciel ouvert.Ce poste est érigé sur la terrasse faisant face à la maison de retraite des Soeurs de Sainte-Croix à Pierrefonds.Résultats Comme au Canada on ne compte pas un grand nombre de réalisations dans ce domaine, nous reprendrons ici les résultats d'une enquête menée aux Etats-Unis sur une soixantaine de ces postes d'oxydation totale.Le rapport montre une réduction moyenne de BOD 5 jours de l'ordre de 86.5%.L'écart entre le maximum et le minimum est assez important puisque en un endroit on rapporte une réduction du BOD 5 jours de 99.3% alors qu'on voit un minimum de 33.3% sur un autre poste.La rétention moyenne des solides en suspension est de l'ordre de 62% pour atteindre dans certains endroits 96.5% alors qu'en d'autres endroits il semble que l'effluent de l'usine en sorte plus sale que l'influent.Coût d'achat et d'exploitation Il faut d'abord distinguer deux modes de fabrication.En effet, plusieurs manufacturiers offrent des appareils préfabriqués en tôle d'acier et protégés contre la corrosion par peinture à base de résine époxy.Il ne reste alors qu'à préparer l'excavation et à couler au fond une dalle de béton pour assurer l'ancrage des bassins vides.Cette dalle est élevée car on ne sait jamais le moment où il faudra vider les bassins qui flotteraient alors comme des bateaux.L'autre solution consiste à couler ces bassins en béton se servant de la dalle de fond comme plancher.Les murs de béton peuvent de plus servir de fondation à tout abri que l'on voudrait construire sur les bassins.La construction, murs de béton, permet aussi un agencement plus 38—AUTOMNE 1962 L’INGÉNIEUR * ¦ Ê* Fig.5—Bassin d'acier préfabriqué en montage à l'usine.facile entre la station de pompage, obligatoire dans la plupart des cas, et les bassins de traitement.Un autre avantage marqué de ces bassins de béton réside dans le fait qu'ils ne nécessitent aucun traitement spécial devant les protéger contre la corrosion, éliminant ainsi la nécessité de les vider pour inspection et réparation.La solution "cuve de béton" offre de sérieux avantages tout en demeurant plus économique à l'achat et assurément plus économique d'entretien.Le coût d'achat de ces postes d'oxydation totale pour des débits allant jusqu'à 40,000 gals/jr se situe entre $1.00 et $2.75 par gallon du débit prévu.Pour des débits plus grands, on estime généralement le coût d'achat à environ $1.00 par gallon.Le coût moyen d'exploitation relevé sur 14 postes de traitement d'aération prolongée en incluant toutefois les stations de pompage pour rehaussement des égouts, s'élève à environ $1,500.par année.Le coût de l'énergie par unité de volume traité indique un montant moyen de $108.par million de gallons d'eaux-vannes traitée.Des observations faites sur 52 postes en marche montrent qu'il faut apporter une moyenne d'attention de 12.7 heures-travail par semaine.Les heures-travail exigées par les différents postes s'établissant entre 1 et 47 heures par semaine.Le rapport conclut toutefois qu'un minimum d'une à deux heures d'attention journalière est requis pour obtenir un bon fonctionnement de ces postes de traitement.Il n'est pas obligatoire que l'opérateur en charge de ces usines ait une connaissance approfondie du traitement des eaux-vannes mais seulement quelques notions de mécanique pour assurer le fonctionnement simplifié des équipements.Conclusions Le seul reproche que l'on puisse faire à ces postes d'oxydation totale est la grande consommation d'énergie due au très faible rendement du procédé.Toutefois le champ des améliorations reste grand ouvert et nous relatons ici une étude comparative entre deux modes de traitement, boues activées et oxydation totale, pour un projet devant traiter 750,000 gallons d'eaux-vannes par jour : boues oxydation activées totale Coût d'achat $420,000.$329.000.Coût annuel de l'emprunt .$ 28,324.$ 22,187.Coût annuel de l'énergie $ 5,400.$ 11,000.$ 33,724.$ 33,187.C'est donc dire que pour une période de 25 ans on réaliserait une économie en choisissant le procédé des boues activées.Tout dernièrement nous avons pu examiner des cahiers de charge qui demandaient en première étape d'un poste de traitement par boues activées de 12 MGf, un traitement par oxydation totale d'un débit de 3 MGJ.Comme jusqu'à maintenant on appliquait ce mode de traitement pour des débits allant jusqu'à un maximum de 150,000 gals/jr., il semble que le champ veuille s'élargir dans des proportions surprenantes tout en offrant encore des solutions logiques et même économiques.L'INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 39 LE PROCÉDÉ D AÉRATION "INKA" par GUY BOUCHER.Ing.P.Dorr-Oliver-Long, Montréal Préambule Le procédé de traitement par les boues activées a très bien été expliqué par Buswell qui montre comme suit le mécanisme du procédé."Les flocons de boues activées sont formés d'une matière de base gélatineuse dans laquelle vivent des bactéries et des protozoaires.L'épuration des eaux usées se fait de la manière suivante : les matières organiques qu'elles contiennent sont absorbées par les microorganismes et transformées par eux pour donner la masse floculeuse.Par ce phénomène les matières organiques de l'eau usée passent de la forme dissoute ou colloïdale à la forme solide qui permet de les extraire des eaux usées par décantation".Les bactéries qui produisent rapidement la flocculation au sein d'un bassin d'aération proviennent généralement du canal intestinal humain et sont aussi présents dans le sol.L'objectif principal de l'aération des boues activées est d'alimenter en oxygène les colonies bactériennes qui conduisent le cycle d'épuration, d'oxydation et de nitrification.Le deuxième rôle important de l'aération est de produire au sein du bassin d'aération une circulation suffisante pour empêcher la sédimentation des solides en suspension.Diffuseurs classiques Les procédés de diffusion actuels exigent que les diffuseurs soient placés au fond du bassin d'aération.Le critère de base important de ces procédés réside dans le temps de contact des bulles d'air avec le liquide ambiant, la superficie totale de contact des bulles d'air, la finesse de ces bulles (pour une superficie totale optimum) et une circulation lente pour un temps de contact maximum.Procédé "INKA" à submergence réduite Le procédé Inka à submergence réduite repose sur des critères complètement différents.En effet, dans un procédé d'aération sans perte de charge, à une dépense d'énergie constante, la quantité d'air appliquée variera d'une façon inversement proportionnelle à la profondeur de submergence.En effet, si l'on se réfère à la loi de base de compression adiabatique : HP* = (0.225) V, / P2 \ .286 VP \) - 1 dans laquelle HP» = dépense en cheval-vapeur P2 = pression absolue à la sortie du compresseur P, = pression absolue à l'entrée du compresseur.V, = volume d'air à l'entrée du compresseur.• E C0NDE8 *!•.î 40 —AUTOMNE 1962 L'INGÉNIEUR Fig.2 Assumons que 1000 pieds cubes d'air doivent compressés à 6.5 lbs/po.2 (21.2 lbs/po2 absolue) soit une pression correspondante à une hauteur statique de 15 pi.d'eau; on voit par la formule ci-haut qu'il faut dépenser 24.75 HP.À une dépense constante d'énergie, 24.75 HP, il est donc possible de compresser 4400 pieds cubes d'air, à une pression de 1.3 lbs/po.2 (16.0 lbs po.2 absolue), cette pression correspondant à une submergence d'environ 3'-0'\ Ceci nous conduit à une seconde considération; dans un procédé d'absorption gcæ-liquide, le taux de transfert est extrêmement rapide à l'instant même de la formation des bulles et diminue très rapidement par la suite (fig.1).Le procédé Inka a été conçu de façon à reproduire des bulles sur une grande échelle, de façon à utiliser ce principe au maximum (fig.2).Submergence optimum Tel qu'illustré à la fig.2, l'air est admis dans la zone supérieure "A" du bassin au travers d'une série de tubes perforés et également espacés.Le bassin d'aération est divisé en deux sections qui communiquent, l'une et l'au- IUBMIMENCE * OTE TAUX D'AERATION RELATIF PI • .B tre, au-dessus et au-dessous d'une chicane centrale.L'introduction de grandes quantités d'air dans les grilles provoque un effet de pompage par entraînement, résultant en un mouvement ascendant de la masse liquide sous la grille et descendant de l'autre côté de la chicane.Ayant établi les rapports volu-mes-submergence à puissance constante, la fig.3 indique le point d'efficacité maximum de la circulation liquide autour de la chicane centrale par rapport au volume d'air pompé lorsque la submergence demeure constante.Des deux relations précédentes de base, une troisième courbe (fig.4) illustre la submergence optimum pour une circulation maximum.Les relations précédentes sont des moyennes de plusieurs essais conduits dans des conditions différentes de puissance, de forme de bassin, de genre de grilles.Taux de circulation des boues Dans tout procédé d'aération des boues activées, le taux de cir- culation des boues doit être suffisamment élevé pour empêcher la formation des dépôts de boues au fond du bassin, et ainsi leur détérioration, par manque d'oxygène.Avec le procédé Inka, l'action de pompage et de circulation des grilles parallèles et également espacées dans le bassin est considérable.La mesure des vitesses périphériques près du fond et des murs dans la section ascendante a montré des vitesses variant de 3 à 4 pi.par seconde et plus, alors qu'on assume qu'une vitesse de circulation d'environ 1.2 pi.par seconde près du fond est suffisante pour prévenir la décantation du floc.Coefficient d'absorption d'oxygène Comme mentionné précédemment, les procédés classiques utilisant les diffuseurs dénotent l'importance de la finesse des bulles d'air ainsi que le temps de contact de la bulle.(Le temps de contact résultant directement des vitesses de circulation à partir du fond du bassin).L’INGÉNIEUR AUTOMNE 1962 — 41 I 2 » « 5 C CIRCULATION RELATIVE Pit .4 Pour les procédés à diffusion, il semble donc qu'un taux d'injection d'air accéléré, tout en augmentant la vitesse de circulation, agit appréciablement sur le coefficient d'absorption d'oxygène et semble limiter ces procédés à des critères qui relient directement le taux d'absorption d'oxygène en fonction du temps de rétention des bulles.Dans le procédé d'aération à submergence réduite, le taux de transfert d'oxygène, quand les bulles se forment et quand elles quittent la surface, prévaut sur le taux d'absorption d'oxygène résultant de l'ascension des bulles au sein de la masse liquide.L'expérience montre aussi que l'aération à grosses bulles est plus efficace à des taux rapides d'aération, comparé à l'aération par bulles fines des systèmes classiques.Résultats d'essais Un essai de surcharge a été expérimenté sur l'usine suédoise de Vàxjo en passant le débit total sur une seulement des deux rampes d'aération.Les essais ont été faits sur une période s'étendant d'août 1954 au printemps de 1956; les résultats suivants furent ob- tenus : Population équivalente 38,000 Débit moyen en MGJ .1.92 DBO moyen de l'affluent décanté mg/1 .186 DBO moyen de l'affluent final mg/1 18 Réduction de la DBO dans le procédé d'aération; décantation finale 90% Chargement volumétrique de la DBO 87 lbs/ 1000 pi.eu.Consommation d'énergie par livre de DBO enlevée 0.17 kwhr/lb Oxygène résiduel le jour .2-5 ppm la nuit .5-9 ppm Il est à noter que les conditions climatiques de la Suède sont sensiblement similaires aux température rencontrées dans la province de Québec.Le procédé Inka est particulièrement adapté aux régions froides et ne nécessite aucune précaution particulière contre les dommages de la gelée.Considérations techniques Comme la pression d'air est peu élevée (1.25 lbs/po.2), des souf- fleuses ordinaires sont employées, éliminant ainsi les désavantages inhérents aux compresseurs à déplacement positif, filtre, condenseurs, etc.Les conduits d'air sont faits de tôle d'acier mince.On jauge les débits d'air au moyen d'un simple tube de Pitot.Les grilles d'aération sont faites d'acier inoxydable 304 et la chicane centrale est de fibre de verre corrugé.Les bassins peuvent avoir de ÎO'-O" à 15'-0'' de profondeur avec des largeurs allant jusqu'à 30'-0" pour chaque bassin.Le procédé d'aération à submergence réduite constitue la première approche réellement différente au problème de l'aération dans les procédés de boues activées et représente par sa simplicité d'opération et de construction une innovation qui fera sans doute époque dans le domaine de l'épuration des eaux-vannes.RÉFÉRENCES The D-O Inka Aeration System, par George F.Lambeth, Dorr-Oliver-Long Manuel de l'Assainissement Urbain, par Karl Imhoff Low Pressure Aeration of Water and Sewage, par N.Claes H.Fischers-trom, F.A.S.C.E.Air Diffusion in Sewage Works, Federation of Sewage and Industrial Waste Associations Sewage Treatment Plant Design, WPCF Manual of Practice No.8 ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES crffiliêe à ï Université de Montreal TROIS ANNÉES D'ÉTUDES OUVERTURE DES COURS DEUX ANNÉES DE FORMATION ÉCONOMIQUE le deuxième mardi de septembre ET COMMERCIALE GÉNÉRALE UNE ANNÉE DE SPÉCIALISATION Section générale des affaires — Section d'économie appliquée Section contrôle — Section de mathématiques appliquées Section finance — Demandez notre prospectus 535 ave Viger, Montréal 42 —AUTOMNE 1962 L’INGÉNIEUR Sodlalk Wmftid * >* ¦ ü H ¦Hi IK«k: shed coumoi Plus sensible.Maintenant.le Film Kodagraph Autopositif à Base Es tar est 3 fois plus sensible qu auparavant Ce film pour reproduction à Base ESTAR, nouveau et amélioré, réduit la durée d’exposition dans les tireuses de diazos et de bleus, ainsi que dans les autres tireuses de reproduction.vous permet de réaliser des duplicata-originaux sur film en un temps record! 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Chicoutimi St-David-de-Falardeau Chicoutimi Beaconsfield Jacques-Cartier St-Adolphe-de-Howard (R.C.A.F.) Argenteuil Beauharnois (Chromium Smelting) Beauharnois Ste-Dorothée Laval Bourlamaque Abitibi St-François (une partie de la Ville) Laval Esterel .Terrebonne St-Gabriel-de-Brandon Berthier Fabreville Laval St-Gabriel-de-Brandon (Tannerie Bergeron)Berthier Fort Coulonges Pontiac St-Hubert (R.C.A.F.) Chambly Gagnonville Saguenay St-Jean-de-Matha Joliette Henryville Iberville St-Placide Deux-Montagnes L'Annonciation (hôpital) Labelle Ste-Rose-Est (Auteuil) Laval Lorraine Terrebonne St-Sylvestre (R.C.A.F.) Lotbinière Mont Apica (R.C.A.F.) .Chicoutimi Ste-Thérèse (Bouchard) Terrebonne Mont St-Hilaire (Motel) Rouville Ste-Thérèse, Paroisse (Bell Home) Terrebonne Notre-Dame-de-Lorette Québec Ste-Thérèse-de-Blainville Terrebonne Parent (R.C.A.F.) Champlain St-Thomas-de-Joliette Joliette Plessisville Mégantic Shefferville Saguenay Pointe-Bleue (Ecole Résidentielle) Lac St-Jean Valcartier Portneuf POPULATION APPROXIMATIVE DESSERVIE 75,000 Certaines de ces usines ne suffisent pas aux besoins actuels.Il faudra ou les agrandir ou améliorer leur fonctionnement.Usine en Construction Municipalité Comté St-Pascal de Kamouraska .Kamouraska Desservira une population approximative de : 2,100 Municipalités qui projettent d'aménager des postes d'épuration (autres que fosses Imhoff, fosses septiques ou puisards) et pour lesquels des plans ont été soumis à la Régie.Municipalité Comté Annaville .Nicolet Bois des Filions .Terrebonne Canton Doncaster .Terrebonne Chambly .Chambly Chibougamau .Abitibi Chicoutimi (canton) .Chicoutimi Compton .Sherbrooke Delson (plus Ste-Catherine, St-Constant) .Laprairie Deschesne .Gatineau Douville .St-Hyacinthe Drummondville (Motel Albatros) .Drummondville Frontenac .Frontenac Hauterive (Ferme Trudel) .Saguenay Hauterive (une partie de la ville) .Saguenay Hull-Est .Gatineau Huntingville (Maison Val Marguerite) .Sherbrooke Ile Perrot.Vaudreuil Kirkland .Jacques-Cartier Lachenaie (Ecole) .L'Assomption Laval-Ouest .Laval Lavaltrie .Berthier Lévis .Lévis Manicouagan .Saguenay Masson .Papineau Matagami .Abitibi-Est Montmagny (Beurrerie) .Montmagny Mont Sutton (Motel) .Brome New Richmond.Bonaventure Nouvelle .Bonaventure Omerville .Stanstead Paspébiac .Matapédia Piedmont (Plus St-Sauveur, Paroisse et Village) .Terrebonne Pincourt .Vaudreuil Port Cartier (Dominique River Trailer Park)Saguenay Prévost (plus Shawbridge) .Terrebonne St-Alphonse-de-Caplan .Bonaventure St-Anicet .Huntingdon Prévues pour desservir une population approximative de : N.B.— Cette liste provient de la Régie d'épuration Municipalité Ste-Anne-de-Bellevue .St-Augustin Village .St-Benoît-du-Lac .Ste-Catherine (plus Delson, St-Constant) St-Coeur-de-Marie (Syndicat Coop.Agri.) St-Constant (plus Ste-Catherine, Delson) St-Casimir (Ecole) .St-Etienne-des-Grès .St-Eustache .St-Eustache-sur-le-Lac .St-Fabien .St-François .St-François-de-Sales Ste-Geneviève de Pierrefonds (Srs Ste- Croix) .Ste-Germaine .St-Guy-de-Rimouski .St-Jacques (Ecole St-Louis-de-France) .St-Léon-de-Labrecque .Ste-Madeleine .Ste-Marie-de-Beauce .Ste-Marthe-sur-le-Lac .St-Pamphile .Ste-Rosalie Ste-Rose-de-Poularies St-Sauveur, Paroisse et Village (plus Piedmont) St-Télesphore .St-Victor .Senneville (Dominion Tar
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