L'ingénieur, 1 juin 1968, Juin
L'INGENIEUR REVUE PROFESSIONNELLE D’INFORMATION '"S -, \.'V> : % vXN'W \ v*> s\\\ Au-dessus de tous pour l’économie d’installation, aussi! Chaque appareil KeepRite monté sur toiture est livré avec des poutres en I autoportantes, et n’exige que 4 colonnes en saillie comme appui.On peut ainsi prévoir l’installation au moment de la mise en place de la charpente en acier.Le câblage, ainsi que le montage des tuyaux et la mise en charge en usine réduisent encore davantage les frais d’installation.La chambre de répartition d’air com- plète et les contre-solins télescopiques font partie intégrante de chaque appareil.Les panneaux amovibles et le couvercle de compartiment du compresseur monté sur charnières facilitent l’inspection et l’entretien de tous les organes des appareils de chauffage et de climatisation KeepRite pour toiture.Pour obtenir des renseignements "i UNE TECHNIQUE SKST/AfATIQUE AU SERVICE DE LA RÉFRIGÉRATION.DE LA CLIMATISATION ET DU CHAUFFAGE complets sur les avantages éco-nomiquesdesappareils KeepRite, appelez le représentant KeepRite.Pourquoi pas aujourd’hui même?KeepRite Products Limited Brantford (Ontario) Bureaux de vente Halifax, Montréal, Ottawa, Toronto, Hamilton, London, Calgary et Vancouver.Division Unifin— London (Ontario). ADMINISTRATION ET RÉDACTION: 2SU0, avenue Marie-Guyard, Montréal 26, Tél.739-2451.L’INGENIEUR ERNEST LAVIGNE, ing.secrétaire délégué REVUE PROFESSIONNELLE D’INFORMATION RENÉ SOULARD sommaire r;:r;;:3: administrateur NAPOLÉON LETOURNEAU, ing.rédacteur en chef ARTICLES LA CONVENTION COLLECTIVE: INSTRUMENT INDISPENSABLE AUX PROFESSIONS MODERNES LOUIS TRUDEL, ing.rédacteur-conseil par Y van Brunet, ing 12 Les exigences de la profession d'une part, et celles de l'entreprise d'autre part, sont des sources de conflit majeurs entre le groupe de professionnels et la direction d'une compagnie.La division du travail au sein du groupe professionnel le chevauchement des discipline** et PUBLICITÉ A TORONTO la forte hiérarchisation des fonctions sont autant de facteurs qui M.Lloyd Sawyer, International Media Services, 160 Eglinton Ave.East, Toronto 12, Tel.: 485-6743 contrarient 1 idéal d autonomie des cadres.L auteur est d avis que seules des structures syndicales appropriées permettront aux ingénieurs de faire entendre leur voix à tous les niveaux de la société technologique.COMITÉ CONSULTATIF DE RÉDACTION LE CONTRÔLE DE L'ENVIRONNEMENT DES CENTRALES NUCLÉAIRES par D.A.Martinoli, ing 16 RAYMOND BARETTE, ing.G.RÉAL BOUCHER, ing.DONALD J.BRYANT, ing.JEAN L.CORNEILLE, ing.RAYMOND CREVIER, ing.ROGER LABONTÉ, ing.PIERRE LAROCHELLE, ing.MICHEL RIGAUD, ing.L'utilisation de centrales nucléaires comme producteurs d’électricité offre à l'ingénieur un nouveau défi : celui de prévoir et de contrôler les risques d'irradiation possible.Jusqu'à ce jour, les centrales nucléaires ont été conçues et construites en plusieurs bâtiments, ce qui simplifiait grandement le contrôle de l'environnement.Tel n'est pas le cas aujourd'hui alors qu'on tend à grouper sous un même toit toutes les composantes d'une centrale nucléaire.ÉDITEURS: L’Association des Diplômés de Polytechnique, en collaboration avec l’École Polytechnique de Montréal, la Faculté des Sciences de l’Université Laval et la Faculté des Sciences de l’Université de Sherbrooke.Publication mensuelle.— Imprimeur : Pierre Des Marais Inc — Abonnements : Canada et Etats-Unis $5 par année, autres pays $6.— Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.VERS LES MOTEURS D'AUTOMOBILES QUI NE POLLUERONT PLUS L’ATMOSPHÈRE par Fernand Delcourt 22 On se préoccupe de plus en plus à travers le monde du problème de la pollution atmosphérique.Il n’est pas que les cheminées d'usines à incriminer ici.Il y a aussi les tuyaux d'échappement des millions de voitures en circulation dans les villes et sur les routes.Plusieurs solutions sont proposées.L’auteur dégage les points saillants des diverses études et moyens tentés jusqu'à ce jour.LE PONT A HAUBANS DE LA RIVIÈRE-DES-PRAIRIES par Jean-Guy Deniers, ing.et Paul Marquis, ing 24 Après une étude approfondie de la circulation entre Montréal et Laval, le Ministère de la Voirie de la province de Québec a conclu à la nécessité d'un nouveau pont réunissant les agglomérations les plus DROITS D’AUTEURS : les auteurs des articles publiés dans L’INGÉNIEUR conservent l’entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.Reproduction permise, avec mention de source; on voudra bien cependant faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication dans laquelle paraîtront ces articles.— L’Engineering Index et Chemical Abstracts signalent les articles publiés dans L’INGÉNIEUR.populeuses du Québec.Ce nouveau pont représente une innovation en Amérique puisqu'il est à haubans.RUBRIQUES ÉDITORIAL L’achat de Dosco — une priorité A TOUR D'HORIZON 4 CARNET DES INGÉNIEURS 10 DOCUMENTATION INDUSTRIELLE ET AGENDA 14 Tirage certifié : membre de la Canadian Circulation Audit Bureau PHOTO DE COUVERTURE osa Le nouveau pont à haubans qui enjambera la rivière des Prairies entre Montréal et Laval représente une innovation en Amérique.Il fait le sujet d'un article de la présente livraison.L’INGÉNIEUR JUIN 1968 — I lût 3E JP JR k ?L * 5g s§i§5*s§3siS*ï^ 1?Sg fen ?t USD 5S sa a 'j'jj ’ sr *w ffi* % mèm “LA SENTINELLE SILENCIEUSE" UPES ELECTROGENES DE Reg'd.tr *rYv "ïr, * S®* ' ir Wm HSj m Le nouveau “Holiday Inn” comprenant 500 chambres, situé dans le quartier des affaires, a sélectionné un groupe électrogène Caterpillar Modèle D-343 à cause de sa fiabilité, de son démarrage facile, de sa marche silencieuse, de son entretien simplifié, ainsi que du système de carburant économique.Le moteur Caterpillar Modèle D-343 fournit la puissance d’urgence assurant ainsi sécurité et sûreté; lorsqu’il entre en fonction, il peut amener tous les élévateurs au plancher principal et en maintenir un en marche, opérer les pompes à eau, les systèmes pour le feu et l’éclairage pour tout service vital.Il est eh d’autres mots la sentinelle silencieuse du “Holiday Inn”.Pour informations sur la gamme complète des groupes électrogènes d’urgence Caterpillar, veuillez communiquer avec Hewitt aujourd’hui même.Cat, Caterpillar et Towmotor sont des marques déposées.CATERPILLAR Regd.ffewitt ui/imejit uifiemeKt ûimited Himitee TOWMOTOR Reg'd.MONTREAL 697-6911 QUEBEC 529-1381 SEPT-I LES 962-3848 VAL-D’OR 824-2783 2 —JUIN 1968 L'INGÉNIEUR EDITORIAL L achat de Dosco -une priorité L'INGÉNIEUR Il y a quelque temps nos grands quotidiens annonçaient la fermeture des usines de la Dosco en Nouvelle-Écosse.Il n'en fallait pas plus pour remettre en question le complexe sidérurgique québécois.Le fait que Dosco ait été forcé de fermer ses portes signifiait pour certaines gens, entre autres choses, qu'il serait très facile de tout acheter la boutique pour une bouchée de pain.Nous aurions eu enfin notre complexe sidérurgique bien à nous et, par surcroît, à bon marché.Pendant que les instigateurs de ce projet lançaient déjà les hauts cris nationalistes et pressaient nos gouvernants d'agir avant qu'il ne fût trop tard — car cette société changerait peut-être d'idée sachant que le Québec est acheteur — les administrateurs de Sidbec modérait l'ardeur de cet élan en posant le problème de rentabilité.On n'achète pas l'acier au compteur comme on achète l’électricité.Si Dosco ferme éventuellement ses portes, il y a lieu de croire que ses administrateurs ont jugé que, dans le système capitaliste nord-américain, dans lequel nous du Québec avons à vivre et à survivre, le point de vue profit l’emportait haut-la-main sur le point de vue sentiment de quelque nature qu'il fût.Si le premier vient à faire défaut, il n'y a qu'à fermer les livres et chercher ailleurs.Cela ressemble grossièrement, en quelque sorte, à ce qui arrive lorsqu'une vieille voiture vous cause des ennuis et que vous la refilez à un autre moins fortuné que vous, afin de vous en acheter une neuve.Demain, celui qui vous a tiré d’embarras vous croisera sur la route et il vous enviera.Dans la conjoncture économique actuelle, il est permis en effet de se demander froidement et objectivement si nous n'achetons pas purement et simplement les ennuis d'un autre, et si nous n'avons pas des priorités plus pressantes au Québec.Et l'une de ces priorités pourrait être précisément l'une des causes qui a amené cet échec de la Dosco : l'absence quasi totale de recherche, par exemple.Il est reconnu aujourd'hui que la recherche constitue un élément de base précieux face à la concurrence des marchés nationaux et internationaux, qu'elle constitue également un élément de base nécessaire à toute indépendance économique et qu’elle marque l'état de développement et de civilisation d'une nation ou d’un pays.Qu'il suffise de rappeler ici la décision combien judicieuse des administrateurs de l'Hydro-Québec de créer un centre de recherches de $28 millions, à Boucherville.Ce n'était certes pas pour donner simplement du travail à nos scientifiques québécois.C'était parce qu'il fallait être à la fine pointe de l'évolution technologique actuelle tout en respectant les exigences de l'économie qui, en termes de comptable, veulent dire bon placement, rentabilité et profit.L’unanimité sur l'urgence de la création d'un organisme québécois de recherches n’est plus à faire.Il reste à savoir si les contribuables du Québec tireront plus d’avantages de l'achat de Dosco que de la création d'un tel organisme.Les évènements prochains nous apporteront la réponse.L.Nap.Létourneau, ing.rédacteur en chef JUIN 1968 WÊÊÊÊÊÊtÊM ¦¦¦¦ Le Dr.Partenscky mérite la Médaille de Bronze pour la Recherche et l’Invention Le Dr.-Ing.Dr.phys.Hans-Werner Partenscky, professeur titulaire à l'Ecole Polytechnique au Département de Génie Civil, vient d'obtenir la “Médaille de Bronze pour la Recherche et l'Invention” le 10 mars dernier à Paris.Il a obtenu cette distinction avec les mentions suivantes : "Ingénieur et Professeur éminent, auteur de nombreuses études théoriques et appliquées dans les domaines de l'hydraulique et de /’hydrodynamique" La cérémonie solennelle de la remise des diplômes et médailles a été présidée par le Président de l'Académie des Sciences à Paris, le professeur Couder.Le professeur Hans-W.Partenscky est ingénieur diplômé de l’Université Tech- Le professeur L'Escande, à gauche, membre de l'Institut de l'Académie des Sciences de Paris, remettant au Dr.H.W.Partenscky la médaille de Bronze pour la Recherche et l'Invention.Le nouveau groupe CERT (Civil Engineering by Remote Terminal) est le premier du genre au Canada et probablement au monde.Cette photo montre M.G.Brace, à gauche, représentant de la compagnie IBM, et dans l’ordre habituel, les membres du premier Exécutif, MM.C.Moulson, du bureau d'études C.C.Parker, à Hamilton; E.Deskin, ingénieur-conseil, à Montréal; et M.M.Bacquie, de la compagnie M.M.Dillon, Limited, à Toronto.nique de Karlsruhe, Allemagne de l'Ouest, où il a obtenu en 1957 un doctorat d'ingénieur.Au Canada depuis 1961, il a été successivement professeur à l'Université Laval et depuis 1966 professeur titulaire au Département de Génie Civil à l'Ecole Polytechnique de Montréal.Une première mondiale : un seul ordinateur pour plusieurs études de génie-conseil Des ingénieurs canadiens vont maintenant se partager les programmes d'un ordinateur et leurs idées aussi bien que son temps d’utilisation.Un nouveau groupe appelé CERT (Civil Engineering by Remote Terminal) a tenu sa première assemblée au siège social de la compagnie IBM, à Toronto, afin d'élire un comité exécutif provisoire et adopter des règlements administratifs.Le groupe est unique au Canada et probablement au monde.Quelque trente usagers du système Quiktran de Montréal, Toronto, Ottawa, Hamilton et Chalk River, ont assisté à cette première réunion.Tous possèdent une imprimante de sortie Quiktran, située à leur bureau d'études, qui les relie à l'ordinateur 7044, à Toronto.Selon un membre de l'Exécutif nouvellement élu, Eric Deskin, ingénieur-conseil, à Montréal, ‘‘l'un des aspects prometteurs de cette réunion fut la présence des représentants des compagnies d'acier et de béton.Un travail est déjà en cours afin de permettre aux membres du CERT, grâce à leur imprimante de sortie Quiktran, d'utiliser les programmes mis au point par ces compagnies à l'aide de leur propre ordinateur”.CERT compte présentement vingt-cinq membres.Quiconque utilise une imprimante de sortie connectée à un système IBM et fait du génie civil peut devenir membre.La médaille Gzowski à trois ingénieurs québécois On annonçait le 30 mai dernier à Halifax que trois ingénieurs du Québec avaient remporté la médaille Gzowski, très convoitée, de l'Institut Canadien des Ingénieurs, pour une étude bilingue sur les ponts à dalles biaises pour routes.La médaille pour le meilleur exposé sur un sujet de génie civil en 1967 est décernée au Dr Théodore Barutciski de Montréal et à MM.L.P.A.Robichaud et Jean Bédard de Québec.Diplômé de l'Université de Belgrade et de l'Université de Paris, le Dr Barutciski a eu la responsabilité d'importants projets de génie civil à Montréal, Val d’Or, Trois-Rivières, Noranda et dans divers grands centres européens.11 est ingénieur sénior chez Acres Quebec Limited.Louis P.A.Robichaud a étudié à l'Université St-François-Xavier du Michigan.Depuis 1953 il dirige le centre des ordinateurs de l'Université Laval.Son épouse est la première femme diplômée en génie de Columbia.Jean Bédard est diplômé de l’Université Laval.Il est ingénieur au Ministère de la Voirie de la province de Québec.4 —JUIN 1968 L’INGÉNIEUR Le monde brûlant et glacial de Fiberglas et les isolants modernes pour tuyaux,canalisations et appareils FIBERGLAS CANADA -LTEE ’855 52 EME AVENUE LACHINE QUEBEC On trouve des agents d’isolation Fiberglas, rigides ou flexibles, pourà peu près toutes les fins.Les propriétés de Fiberglas en font un produit pratique et économique.A l’épreuve de l’humidité, Fiberglas n’attaque pas le métal ; inorganique, il n’entre pas en combustion.Fiberglas ne connaît ni la contraction ni la dilatation.Il est doté d’une grande stabilité dimensionnelle, se manipule et se pose facilement.*Marque déposée Languette adhesive L’exclusive coquille Fiberglas est livrée avec languette adhesive pour le raccordement continu et positif des joints longitudinaux et transversaux.1 6807 Af Bnfl\ TSï4£ [Miüt't iÜ® 5?TF* M» •JH Hi, - iffifehdb-.-»-.Épargnez 20% du temps nécessaire au câblage, en employant le système de relais de commande CA2A La conception du CA2A est celle d’un SYSTÈME DE RELAIS INTÉGRAL, qui comprend, en plus des relais de base, les dispositifs de réglage, les relais de verrouillage et les pôles de commutation de l’alimentation.L’emploi des sept éléments fondamentaux du système permet de monter plus de 10Ü COMBINAISONS DE RELAIS.Toutes les bornes sont sur le MÊME PLAN, une économie de temps, due à une plus grande facilité de câblage et de montage des panneaux de commande.Tous les CONTACTS auxiliaires SONT VISIBLES, et peuvent être facilement CHANGÉS de N/0 à N/F ou vice versa.La durée de vie mécanique de relais est 40 MILLIONS DE FONCTIONNEMENTS.MONTRÉAL : 633 AV.ORLY, DORVAL, QUE.TÉL.: (5141-631-8594 SUCCURSALES : QUEBEC: 460 RUE GODIN, VILLE VANIER TEL: (4181-683-1721 TORONTO : 50 BLVD.GALAXY, REXDALE TÉL.: (4161-677-6841 6 —JUIN 1968 L’INGÉNIEUR ü» sa La machine à papier Verti-Forma E m i \ Verti-Forma, une machine à papier qui fonctionne à la verticale L’espoir que caresse l’industrie des pâtes et papiers depuis nombre d’années, d'apporter des améliorations radicales au concept des machines à papier, est devenu réalité industrielle le 21 mai dernier avec la mise en marche d’un mécanisme Verti-Forma, de la Black Clawson Company.Ce mécanisme, avec ses deux toiles métalliques identiques disposées verticalement, et larges de 170 pouces, a été mis à l'épreuve avec succès par les ingénieurs et les papetiers de l’usine de papier journal de la Compagnie Internationale de Papier du Canada, à Trois-Rivières.Les dirigeants de la CIP du Canada ont expliqué que cette section nouvelle de machine à papier fabrique une feuille à deux surfaces identiques et uniformes.C’est là un résultat qu’il avait été impossible d’atteindre jusqu’à maintenant.M.Carl C.Landegger, président de la Black Clawson Company, a fait observer que “cette nouvelle machine est le fruit de 11 années de recherche et d’expérimentation par les laboratoires de la Black Clawson afin de mettre au point un mécanisme radicalement nouveau appelé à remplacer le concept conventionnel de fabrication à l’horizontale.” Le Verti-Forma, qui pourrait s’appliquer à la fabrication d'une grande variété de papiers, fonctionne à la verticale, assurant ainsi une répartition bilatérale de la force de gravité sur les fibres du papier.Au moment de la formation du papier, les fibres sont alors réparties d’une façon telle qu’il est possible d’obtenir une feuille à deux surfaces identiques.En raison de sa forme verticale, la nouvelle machine à papier est sensiblement simplifiée, ses dimensions sont passablement réduites au regard de celles des machines conventionnelles et elle peut fonctionner à grandes vitesses.Le nouveau mécanisme vertical, qui occupe un peu plus d’espace que le cuvier d’alimentation de l’ancienne table fourdrinier, s’abouche aux premières presses de la machine à papier journal conventionnelle.Il s’agit d’un dispositif équipé de deux toiles métalliques, disposées verticalement, surmonté d’un cuvier d’alimentation à pression d’ail constante duquel la pâte s’échappe vers le bas pour s’engager entre les deux toiles verticales.Ce cuvier dispose d’un orifice d’admission s’amincissant, alimenté par plusieurs tuyaux.La feuille de papier s'engage dans la section des presses après avoir été soumise à la succion des rouleaux de la toile descendante, ainsi appelé parce quelle entraîne les fibres vers la zone finale de fabrication.Des chicanes sont disposées à l’arrière des deux toiles de façon à intensifier l’évacuation de l’eau.Centre de Mise en marché et de calcul sur ordinateurs Grâce à une nouvelle méthode de planification de la construction, le nouveau Centre de mise en marché et de calcul sur ordinateurs de la National Cash Register Company of Canada Ltd.sera complété en un temps record de dix-huit semaines, alors que normalement un édifice de ce genre demande vingt-six semaines avant d’être achevé.Le Centre, évalué à $1,200,000, comprendra quelque $2,000,000 d’équipement électronique de programmation.Cet équipement sera installé un peu plus tard cette année et sera mis au service des firmes commerciales et financières de l’est du Canada.Il sera situé dans le Western Industrial Park, à Dorval, près de l’Aéroport International de Montréal.Conception de l’architecte David Reich, le Centre occupera 68,000 pieds carrés de plancher; la section de mise en marché occupant trois étages et le centre de calcul deux.Le complexe entier occupera 180,000 pieds carrés avec possibilité de stationnement pour 200 autos.L’engineering et la gérance de la construction relèveront de la firme Surveyer, Nenniger & Chênevert Inc.de Montréal pour le compte de la Western Industrial Park Inc.Le complexe de Dorval sera le premier de ce genre à être entrepris par une firme canadienne selon les méthodes de “Gérance de la Construction” ou de "Responsabilité entière du projet”.Cette méthode, originaire des Etats-Unis, n'a jamais été mise en application par aucune firme canadienne de consultants.L’application des méthodes de Gérance de la Construction demande que la conception des plans et devis et l’organisation de la construction soit placées sous la même autorité.Ce procédé inclus la conception, la planification des estimés, le contrôle des coûts et le paiement.Entre autres nouveautés, le Centre sera muni d’un système de climatisation spécialement conçu pour conserver à l’intérieur des températures idéales, alors qu’à l’extérieur le facteur de refroidissement peut aller jusqu’à 60° sous zéro.Le système actuel de formation des ingénieurs est un échec Si nous voulons que nos futurs ingénieurs puissent répondre aux exigences de l’avenir, nous devons modifier le système d'éducation actuel.C’est l’avis qu’ont exprimé deux professeurs de l’Université de Waterloo à l’Institut Canadien des Ingénieurs le 31 mai dernier.L'INGÉNIEUR JUIN 1968 — 7 M.V.K.Manda, professeur adjoint de dessin et de génie civil et M.P.H.O’N Roe, professeur adjoint en dessin et génie électrique, ont prédit qu’en l'an 2000, la société subira des changements incroyables grâce aux progrès de la technique, comme le contrôle régional de la température, l’interaction directe entre le cerveau et l'ordinateur, l’élevage d’animaux intelligents pour le travail manuel facile et la prolongation de la vie humaine de 50 ans par l’immunisation contre les maladies et l'implantation d'organes synthétiques.A ce moment, le monde comptera 25 millions d'ingénieurs et de savants à l’oeuvre.Les professeurs de Waterloo craignent que les systèmes d’éducation actuels ne suffisent pas à préparer ces hommes aux tâches qui les attendent dans ce monde nouveau.La principale cause d’échec du système actuel, selon les professeurs Handa et Roe, est le fait que les universités canadiennes ne sont pas prêtes à accepter les innovations et les inventions et qu’elles n'encouragent pas la mise au point de nouvelles idées.L’industrie fait des investissements considérables dans la recherche technologique, sociale et économique, mais ce genre d’activités n’est “pas respectable” dans les universités.Pour répondre aux exigences accrues dans l’éducation des ingénieurs, les orateurs ont proposé la création de petits collèges ou d'unités d'enseignement au sein des universités actuelles, en plus des facultés de génie.Ces collèges pourraient limiter le nombre des étudiants à 275 en première an- née, répartis dans tout au plus huit secteurs d'étude.On devrait résister à toute pression en vue d’élargir ces limites et former plutôt de nouveaux collèges.Les collèges de ce genre pourraient encourager les- talents et l'esprit créateur de chaque individu, maintenir un lien intellectuel entre l'élève et le professeur et insister sur l’aspect humain du génie en ajoutant les sciences sociales et humaines au programme d’études.Vente des Arsenaux Canadiens Limitée L’honorable C.M.Drury, ministre de l'Industrie, a annoncé le 6 mai la vente de l’usine des Arsenaux Canadiens Limitée, située au Bassin Louise, Québec, à la Valcartier Industries Inc., Courcelette (Qué.), au montant de $450,000.L’usine du Bassin Louise était exploitée en tant que division des Arsenaux Canadiens Limitée et produisait des douilles de cartouches de gros calibre pour le compte des Forces canadiennes, de 1951 au 1er décembre 1966.Puis, la Valcartier Industries en a assuré l’exploitation, en vertu d’un contrat passé avec le ministère de la Production de défense.Coopération Franco-canadicnne dans la construction La société Immo-Foncia va participer à la construction au Canada d’une petite ville qui portera le nom d’Eden Parc Ile, CHARPENTES D’ACIER FABRICATION & MONTAGE AUSSI # POUTRELLES LORCO # PANNES DE COFFRAGE V"RlB # SERVICE DE LOCATION DE GRUES MOBILES PANNES D'ACIER V/2 • GALVANISEES • Acier ASTM A446, A • Normes CSSBI LORD & Cie.Limitée 4700 rue d 'I bervi I le, Montréal 34,Tel.527-3111 sur l’Ile Locas dans la circonscription administrative de Laval.Le programme qui prévoit la construction de 3 tours de 19 étages comprenant 150 logements chacune et d’une centaine de pavillons particuliers de luxe, comporte encore d’importantes installations sportives (piscines, terrains de tennis.port de plaisance).Son financement représente environ 12 millions de dollars.L’apport français à cette opération, c’est essentiellement le concours d’architectes, d’ingénieurs, de décorateurs et de paysagistes qui coopèrent avec des architectes canadiens dans la conception et l’exécution du projet.Canada Iron devient Canron Limitée Le président de Canada Iron Foundries, Limited, M.H.J.Lang, a annoncé le 15 avril 1968 que la compagnie sera connue, dorénavant, sous le nom de Canron Limitée.Cette société dont le siège social est situé à Montréal, est une des plus importantes entreprises industrielles canadiennes à capitaux canadiens.Grâce à son expansion et à ses acquisitions, la compagnie produit des tuyaux en béton, des moteurs et génératrices électriques, de la machinerie et de l’outillage industriels, de l’acier de charpente, du matériel d’entretien des voies ferrées, des soupapes, des tuyaux en plastique, etc.Aujourd'hui, seulement 6 de ses 24 usines fabriquent des produits en fonte, ce qui représente environ 15 p.100 des ventes de la compagnie qui se sont élevées l’an dernier à $142,000,000.Le changement de nom ne modifie aucunement les structures de la compagnie.Canron compte, en ce moment, 8 divisions et 9 filiales.Chacune assume la mise au point, la vente et la distribution de ses propres produits et constitue par elle-même une entreprise importante.Relevé sur l'alimentation artificielle des eaux souterraines L’Association Internationale d’Hydro-logie Scientifique commandite un relevé sur les activités de l’alimentation artificielle des eaux souterraines à travers le monde.Tout comme le Comité National des E.U.de l’AIHS, la Section d'Hydro-logie de l’Union Américaine de Géophysique est chargé de recueillir des renseignements des organismes de ressources en eau en Amérique du Nord et du Sud.8 —JUIN 1968 L'INGÉNIEUR Eodlaik r,?* 3g> ¦:»• *% Af* - Ss2b ’ .4 tâ Vous exigez une qualité photographique exceptionnelle?Venez chez Kodak.Une foule de caractéristiques font de la nouvelle machine Micro-File Recordak, modèle MRG-1, le meilleur microfilmeur de haute précision.Commandes automatisées groupées dans un tableau pratique à portée de la main .mise au point automatique .commande automatique (ou manuelle) de l’éclairage .signaux avertisseurs de correction .qualités optiques insurpassables.Autant de caractéristiques garantissant à l’utilisateur les meilleurs résultats possibles.Rapidement.Aisément.En réduisant au minimum les possibilités d’erreur.La MRG-1 est essentiellement adaptable, autorisant le choix par bouton-poussoir de six rapports de réduction courants: de 12 à 1, à 36 à 1.Objectif grand angle ramenant des croquis de 45" x 63" au format 35 mm.Cartouches de film interchangeables, à chargement rapide, permettant à chaque service de conserver sa propre cartouche pour une plus grande souplesse d’emploi.Si vous exigez les meilleurs microfilms, la méthode la plus simple, le plus haut rendement, consultez: Recordak of Canada Limited, 4988 Place de la Savanne, Montréal, P.Q.L'INGÉNIEUR Systèmes —f(ECDPDHK> à microfilms par Kodak JUIN 1968 — 9 Toute compagnie qui assure un service comme le nôtre.ira loin Vancouver, Amérique du Sud, Antilles.Rien n’arrête Volcano, s’il s’agit d’assurer le fonctionnement parfait de votre chaudière.Pas même des milliers de milles.Si nos techniciens ou ceux de nos distributeurs doivent aller dans le Grand Nord ou même à l’étranger pour la faire marcher, ils s'y rendront.À vrai dire, il est bien rare que nos techniciens soient appelés à faire ces longs voyages.À part l’entretien courant, les chaudières de nos clients fonctionnent le plus souvent pendant des années sans voir un technicien.D'ailleurs, c’est pour cette raison que nous vendons des chaudières Volcano à des clients d'Afrique du Sud, d’Amérique du Sud et des Antilles.C'est parce qu'ils ne veulent pas avoir d’ennuis.(^VOLCANO Membre du groupe d’entreprises Marine Industrie Limitée Montréal, Toronto, Québec, Saint-Hyacinthe.Représentants dans les villes les plus importantes, • • Les renseignements que recherche le questionnaire touchent les nappes aquifères, les mécanismes d’alimentation, l’outillage utilisé, les problèmes rencontrés, les résultats obtenus et la bibliographie de revues qui traitent de recherche et de travaux pratiques sur l’alimentation artificielle.Les organismes québécois de ressources en eau, qui n’auraient pas reçu de questionnaire, sont priés d’écrire à : A.I.Johnson, Chairman, Ground Water Committee, Section of Hydrology AGU, U.S.Geological Survey, Water Resources Division, Federal Center, Denver, Colorado 80225 USA.Programmation instantanée des machines-outils en mesures anglaises et métriques Le premier organe de commande au monde pouvant programmer à la fois les mesures anglaises et métriques dans la fabrication des machines-outils, est actuellement mis au point dans les ateliers de la Sperry Gyroscope, Division de Sperry Rand Canada Limited à Montréal.Cette conversion programmée des mesures a marqué le franchissement d’une étape importante dans les procédés d’automation de machines-outils.Nombreux sont en effet les producteurs qui utilisent des machines-outils pour fabriquer de l’outillage de haute précision destiné au marché local ou à l’exportation nécessitant, de ce fait, une unité de mesure soit anglaise ou métrique.Le calculateur de conversion incorporé dans l’organe de commande numérique de Sperry Canada va transformer les procédés complexes et coûteux utilisés actuellement pour la conversion des unités de mesure.Sans qu’aucun changement ne soit apporté à l’équipement mécanique de base, il élimine en outre, pour le fabricant, l’emploi des tables de conversion, source de nombreuses erreurs de calcul et de transcription.¦ Tournoi de golf de PADP Date : 9 août 1968 Endroit : Lachute Frais d’inscription : $7.00 Frais de buffet : $8.00 Info: Mlle Yolande Gingras Secrétariat de l’ADP Tél.: 739-2451 poste 274 M.René Laberge, ing.Président du Tournoi Tél.: 744-2866 Date limite d’inscription: 2 août 1968.10 —JUIN 1968 L’INGÉNIEUR V .LA TÔLE D’ACIER PREND LE LARGE AU CANADA Les tôles en acier laminé les plus larges jamais offertes au Canada sont désormais mises à votre disposition par les aciéries Algoma, en largeurs allant jusqu’à 96" pour les tôles laminées à chaud et jusqu'à 74" pour celles laminées à froid.Les aciers de haute qualité, laminés par Algoma, répondent maintenant à la plupart de vos exigences.Ne commandez pas votre acier sans avoir consulté Algoma dont les ingénieurs sauront apporter la solution la mieux adaptée à vos besoins.N'oubliez pas que, si la fabrication de vos produits dépend des tôles de grandes largeurs, votre problème est résolu par Algoma qui produit les tôles d’acier laminé à chaud ou à froid les plus larges au Canada.r THE ALGOMA CORPORATION, LIMITED SAU LT STf MARIE ONTARIO • BUREAUX DE VENTE REGIONAUX SAINT JOHN MONTREAL TORONTO HAMILTON WINDSOR WINNIPEG VANCOUVER vs-ss La convention collective: instrument indispensable aux professions modernes par Y VAX BRUNET, ing.En guise d'entrée en matière, laissez-moi vous citer une petite histoire racontée par le multimillionnaire américain, John Paul GETTY, qui illustre bien le dilemme des hommes de profession engagés dans le monde de l'industrie et des affaires.Dans un article traitant de la négociation collective et des relations de travail en général.Monsieur GETTY décrit l'attitude typique des diplômés universitaires à la recherche d'un emploi dans les grandes entreprises.Au cours de l'entrevue avec le représentant de la compagnie le diplômé critique habituellement les syndicats afin de se montrer solidaire de la direction et procède dans la discussion de ses conditions de travail en abordant les sujets qui l'intéressent : la nature et la sécurité d'emploi.les chances d'avancement, le salaire de base et les possibilités d'augmentation, les bénéfices marginaux etc.Or.tous ces points sont aussi soulevés par les travailleurs dans leur convention collective.L'attitude du nouveau diplômé illustre bien la situation ambiguë dans laquelle se trouvent les professionnels salariés.La montée des ingénieurs et cadres Aux États-Unis, durant la dernière décennie, le groupe des professionnels et des techniciens salariés est venu grossir de façon spectaculaire les effectifs des collets blancs.Entre 1952 et 1959, le nombre des professionnels salariés a augmenté de 60% alors que celui des ouvriers semi-qualifiés dans l'industrie manufacturière a décliné de 5% et que celui des non-qualifiés a décrû d'environ 12%.Ces tendances se sont maintenues, et en 1963, le American Bureau of Labor Statistics prévoyait que l'emploi des cadres professionnels et techniques grandirait au moins deux fois plus vite que celui de la main-d'oeuvre totale au cours de la prochaine décennie.Au Canada, la proportion des cadres techniques, Monsieur Vi an Brune t a obtenu son diplôme d’ingénieur civil de l’Ecole Polytechnique de Montréal en 1951.Il est au service de la Ville de Montréal comme Ingénieur chef de groupe au département des Travaux Publics.Monsieur Brunet fut président-fondateur de la Fédération des Ingénieurs de la Ville de Montréal.en 196J, président-fondateur de la Fédération des Ingénieurs du Québec, en 1964, et président-fondateur de ht Fédération des Ingénieurs et Cadres du Québec, en 1966.scientifiques et administratifs de l'industrie manufacturière s'est accrue de 6.2% à 12% de la main-d'oeuvre totale de ce secteur entre les années 1951 et 1965.Le Canada est également un réservoir d'ingénieurs et de scientistes pour nos puissants voisins du Sud.qui, par exemple, sont venus chercher entre 1962 et 1964, 3.460 professionnels de formation scientifique.Au cours de la dernière décennie, le nombre des collets blancs au Canada s'est accru à un point tel qu'il dépasse aujourd'hui le nombre des collets bleus.Aux États-Unis, ce point a été atteint durant les années 1950.Ce phénomène est causé par l'évolution technologique, la croissance rapide du secteur des services, et l'augmentation très forte, à l'intérieur du secteur industriel, des fonctions de cadres en comparaison des fonctions de production proprement dites.De plus, à l'intérieur du groupe des collets blancs, l'augmentation des fonctions de cadres est également prépondérante.Cette tendance est accentuée, non seulement par les progrès très marqués dans le domaine technique, mais aussi par l'application des méthodes de gestion modernes, telles la cybernétique, traitement électronique des données, et automation.À mesure que la technologie, sous toutes ses formes prend de l'importance, tant dans l'administration que dans l'industrie, le besoin d'ingénieurs et cadres se fait sentir et leurs effectifs prend de plus en plus d'importance.Le dilemme des professionnels dans l'entreprise Les exigences de la profession d'une part, et celles de l'entreprise d'autre part, sont des sources de conflit majeur entre le groupe des professionnels et la direction.L'entrée et le travail dans la grande entreprise ne se font pas, pour le jeune professionnel, sans difficultés particulières : individualiste par formation, il se trouve d'un coup, plongé dans le collectivisme de la grande entreprise anonyme et impersonnelle.De la formation reçue à l'université, il a souvent fort peu appris sur la réalité du salariat, des relations humaines, des relations de pouvoir entre les individus et les groupes et enfin de l'action collective.Habitué à la discussion libre et d'ordre scientifique, le jeune professionnel s'insère difficilement dans la structure autoritaire, souvent conformiste et presque toujours alié- 12 —JUIN 1968 L'INGENIEUR nante de la grande entreprise, guidée dans son action quotidienne par des impératifs d'une rentabilité à court terme.La division du travail au sein du groupe professionnel, le chevauchement des disciplines et la forte hiérarchisation des fonctions dans l’entreprise (de grandes entreprises privées possèdent jusqu’à neuf paliers d'autorité), hérité du vieux concept de la ligne d’autorité dans l'organisation de la production industrielle, sont autant de facteurs qui contrarient l'idéal d’autonomie professionnelle des cadres.À la Fédération des ingénieurs et cadres du Québec, nous croyons que les objectifs primordiaux qui animent d’une part les professionnels et d’autre part la direction des entreprises, ne peuvent se réaliser dans une perspective réaliste, sans la négociation entre les deux parties.Dans ce but, nous avons inscrit dans nos clauses professionnelles, des articles qui respectent l’autonomie des décisions qui relèvent de l'exercice de la profession, réalisant ainsi un meilleur partage des responsabilités entre les exigences de la technologie et celles de l’administration.Les professionnels, au service du gouvernement provincial, ont obtenu un système d’avancement parallèle, qui permet à celui qui détient une fonction de spécialiste d’atteindre le niveau de rémunération et le statut qu’obtient son confrère placé dans les cadres administratifs.Ce système de classification, qui s’intégre dans un plan de carrière négocié, permet une meilleure utilisation du personnel.Sans la pression ou le contre-poids d’une convention collective, le personnel travaille, dans le climat de paternalisme, d’arbitraire et de favoritisme qui caractérise les administrations bureaucratiques : chaque chef de bureau ou de section cherche à augmenter ses effectifs afin de construire son propre petit royaume.C’est le triomphe de la bureaucratie, selon le modèle classique défini par C.Northcote Parkinson dans ses célèbres Parkinson’s Laws.Les professionnels doivent-ils s’engager dans la négociation collective ?Sur cette question, il me paraît indispensable de citer les vues du professeur A.W.R.Carrothers, doyen de la Faculté de Droit, Université de Western Ontario, données à la conférence sur “Collective bargaining and the professional employee”, à l’Université de Toronto, en décembre 1965.Le professeur Carrothers disait : “First, is collective bargaining, or should it be regarded as being, unethical from a professional point of view ?My brief answer to this question is no.There is precedent within the learned professions for collective action to protect the incomes of members in their capacity of self-employed persons.Any scale or tariff of fees agreed to by a professional group does just that.It is unrealistic to ask a professionally trained person to forego the reasonable assurance of a standard of living commensurate with his education, ability and service to society merely because he is serving society.If you want professional service you must pay for it; and if you will not pay for it you will not get it.In short, a professional boycott operates against persons who wants professional service at cut-rates.The notion of service to society clearly is not regarded by the professions as being incompatible with collective action, albeit diffuse in its application.And if members of a profession can act in concert to protect their income as self-employed persons, why should they not act through the medium of collective bargaining to protect their income and other terms of employement as employees ?In my opinion, there is no inconsistency from an ethical point of view between the status of professional and the determination by collective action of the terms under which a professional employee works.” (Fin de la citation).Parmi les ingénieurs américains et canadiens, la notion du “professionalism” (action professionnelle) est devenue une mystique qui est développée et propagée par des organisations telles que la National Society of Professional Engineers et les corporations professionnelles.Les éléments et les principes de cette mythologie, hérités des professions libérales du siècle dernier, sont complètement dépassés par les réalités économiques de la société industrielle moderne.Selon la doctrine “professionaliste”, un professionnel doit croire, qu'il est automatiquement supérieur à ses compagnons de travail qui ne sont pas professionnels, en L'INGÉNIEUR JUIN 1968—13 dépit du fait que son employeur lui consent un salaire et des conditions de travail basés en grande partie sur les contrats collectifs des employés syndiqués.Le statut professionnel serait incompatible avec l’action collective.Et pourtant, plusieurs professions, y ont recours.Le corps médical américain, par exemple, est un “lobby” extrêmement puissant.Le patronat et les financiers constituent également des groupes de pression à l'intérieur d'associations telles que les Chambres de commerce, par exemple, ou encore la Canadian Manufacturers Association.Mais où sont les ingénieurs et les cadres scientifiques ?Leur organisation et leurs associations professionnelles se distinguent par leur absence totale de la vie publique.Pourtant, ces cadres sont absolument essentiels à la croissance et au fonctionnement d'une économie moderne et ils sont certainement un des groupes les plus importants de la société nord-américaine : les États-Unis comptent environ 1 million d'ingénieurs ! Leur apathie et leur inefficacité, en tant que groupe social, se sont manifestées de façon particulièrement grave au cours de la campagne de sécurité des véhicules-moteurs.Cette campagne n’a pas été amorcée, comme elle aurait dû l’être, par les ingénieurs et cadres de l'industrie automobile, ni par leurs organisations professionnelles, mais par un courageux avocat, soucieux du bien public.Ralph NADER.Ils ont même été absents de l'enquête.Un autre exemple nous vient à l’esprit, celui des pilotes de ligne : l'International Federation of Airline Pilots Associations, une organisation syndicale, envoie des délégués permanents à la I.C.A.O.et à toutes les importantes assises sur la sécurité aérienne.Us sont plus fortement représentés que les ingénieurs et cadres qui, de fait, conçoivent toute la technologie aéronautique ! L’évolution de la convention collective chez les cadres professionnels Cette évolution a été intimement liée à la lutte qu’ont livrée les cadres professionnels pour obtenir leur droit d'association.D'une façon générale, nous pouvons dire que les professionnels qui désirent négocier collectivement peuvent utiliser les lois et les institutions existantes dans leur pays et lorsque celles-ci sont inefficaces, ils doivent en créer d’autres.Ce fut le cas au Québec.La loi utilisée fut celle des syndicats Professionnels de 1924, amendée en 1964(1).Cette loi permet aux membres d'une profession de s’associer dans la poursuite d'intérêts communs; sociaux et économiques.Un syndicat professionnel peut négocier et signer une convention collective avec un employeur et ce contrat liera ( 1 ) Les premiers professionnels qui utilisèrent cette loi “ouvrière” furent des médecins non-salariés; l’Association professionnelle des Médecins, radiologistes du Québec, Incorporée dès 1948.les deux parties.Cependant, l’employeur n’est pas obligé de négocier.Les syndicats professionnels peuvent se regrouper pour former une fédération.En 1964, des revisions de la législation du travail du Québec permirent aux membres des corporations professionnelles de former des unités de négociation séparées.Auparavant, la législation québécoise avait suivi fidèlement le modèle de l'Ontario, dont la législation ne permettait pas et ne permet pas encore l’accréditation d'unités de professionnels, mais la pression de la montée des syndicats d'ingénieurs en 1963 et 1964, appuyés par le mouvement syndical et d’autres syndicats de professionnels, comme les omnipraticiens, obligèrent le législateur à libéraliser la loi.La loi de la fonction publique (Bill 55) de 1965 va plus loin que le code du travail, puisqu'il permet à des groupes multiprofessionnels de négocier ensemble.C’est ce qui s'est produit dans la fonction publique en 1966, alors que le gouvernement du Québec, a négocié avec le Conseil syndical des six syndicats qui regroupent 29 professions.Le seul autre précédent historique important au Canada, dans le monde professionnel, fut le décret du cabinet fédéral (C.P.1003) mis en application durant la 2e guerre mondiale.Pour les besoins de la négociation collective, le mot “salarié” était défini par une liste d’exclusions qui comprenait des employés exerçant des fonctions de nature confidentielle et les cadres qui avaient le pouvoir d'embaucher ou de congédier d’autres employés.Un problème majeur : l’unité de négociation Qui sont les patrons des cadres ?Face à ce problème, nous nous butons encore au mythe du “professionalisme”, car au Canada et aux États-Unis, les professionnels sont considérés comme faisant partie automatiquement de la direction, dès qu'ils participent de près ou de loin, au processus de la gestion des entreprises.Ce concept, en les empêchant de prendre conscience de leur existence en tant que groupe distinct, a cherché à les assimiler à l’élite administrative et financière qui seule détient le pouvoir réel de gestion économique.En fait, toute cette attitude, n'a servi qu’à les priver du droit d’association et d'organisation qu'une législation du travail moderne pourrait leur fournir.Les syndicats de cadres du Québec et les lois qu’ils utilisent ont établi un nouveau type d’unité de négociation et de nouveaux critères dans la détermination de cette unité.Prenons l’exemple des ingénieurs : le seul critère d’exclusion qu'ils ont cherché à développer et à négocier avec leurs employeurs consiste à exclure les ingénieurs qui, selon les fonctions qu’ils détiennent, ont le pouvoir de congédier, d’embaucher 14 —JUIN 1968 L’INGÉNIEUR ou effectivement de nommer à des postes supérieurs, d'autres ingénieurs; c’est-à-dire ceux qui représentent réellement la direction dans ses relations avec ses ingénieurs employés.Même un ingénieur qui est responsable d'un personnel non-professionnel, comme par exemple sur un chantier de construction, a le droit d'appartenir à son syndicat professionnel aussi longtemps qu’il ne détient pas cette même autorité vis-à-vis d'autres ingénieurs.De cette façon, il ne peut exister de conflit d’intérêts à l'intérieur du syndicat de cadres.Les conventions collectives qui ont été signées, à ce jour, par les syndicats de cadres québécois reconnaissent ce genre d’unités de négociation et de plus stipulent que les termes du contrat s'appliquent à tous les employés ainsi définis, établissant clairement la juridiction des syndicats concernés.Affiliation à la Confédération des syndicats nationaux Après la faillite lamentable de plusieurs groupes de professionnels, ingénieurs et autres, organisations para-syndicales, les syndicats de cadres professionnels du Québec décidèrent de former une Fédération affiliée à la Confédération des syndicats nationaux.Cette centrale regroupe des syndicats membres composés d’environ 200,000 travailleurs.Sa principale fonction consiste à fournir à ses corps affiliés des services de toutes sortes (juridiques, financiers, publicitaires, services d’imprimerie, de secrétariat etc.) et à défendre les intérêts des salariés auprès des pouvoirs publics, pour contrebalancer la voix puissante du patronat et de ses organisations.Du point de vue pratique, cette affiliation a été très valable pour les syndicats de cadres, mais elle a aussi apporté des avantages moins tangibles.Elle a tendance à mettre fin au long isolement des cadres professionnels; à les rapprocher des grands courants de la vie publique, et d’élargir d'une façon générale le champ de leurs préoccupations sociales.Selon la constitution de chaque syndicat, l’assemblée générale détient le pouvoir souverain.Aucune décision importante ne peut être prise par l’exécutif du syndicat ou par la C.S.N.; les deux existent pour mettre en vigueur la volonté des membres.Nous avons réalisé, dans la pratique, que l’autonomie de chaque syndicat était inviolable.Les faiblesses de la loi actuelle Puisque dans la loi actuelle, aucune disposition n’oblige l’employeur à reconnaître un syndicat de cadres et à négocier avec lui, ses droits ont dû être reconnus par la pression de la menace de grève ou par la grève.C’est ce qui s’est produit à l’Hydro-Québec en 1965 alors que les ingénieurs ont dû faire une grève de 5 semaines : c’est à la suite de cette grève que l’em- ployeur a reconnu le syndicat et a établi avec lui des critères pour déterminer l'unité de négociation, critères que nous avons expliqués auparavant dans cet exposé.Les autres syndicats de cadres professionnels ont expérimenté des difficultés de cette sorte afin de faire reconnaître leur droit à la convention collective.Nous croyons qu’il est temps, et nous avons fait des pressions dans ce sens auprès des autorités provinciales, que la législation du travail soit en accord avec les principes de l'article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui stipule “que chaque personne a le droit de former des syndicats avec d’autres; et les syndicats ont le droit de s’affilier entre eux pour la défense de leurs intérêts”.Nous croyons que tous les cadres professionnels et autres employés devraient pouvoir se prévaloir du droit à la liberté d’association dans les unités qui répondent le mieux à leurs besoins.Kn guise de conclusion Les ingénieurs et les scientistes sont largement responsables de la technologie moderne et du haut standard de vie qu’elle nous apporte.Ils sont également responsables de la productivité accrue de l’industrie qui est la base économique sur laquelle l’on s’appuie pour réclamer une meilleure répartition des revenus nationaux.Malheureusement, nos cadres scientifiques et techniques, qui contribuent tant à cette hausse de productivité sont les derniers à en profiter.Je citerai, comme exemple, un rapport remis par Birze and Associates of Montreal à la Corporation des ingénieurs du Québec qui a établi : “It was found that during the period 1958 to 1966, the average engineer obtained approximately 40% less salary increase (in terms of real disposable income) than the increase in the average real disposable income for the population of Canada.” Par contre, le premier contrat collectif de travail signé par le Syndicat des ingénieurs de la Ville de Montréal et l’administration municipale en mai 1965, a relevé le salaire médian des ingénieurs de $8,100.par année à $11,000.par année sur une période de deux ans.C’est là une augmentation de 30%.(Ce premier contrat, a d'ailleurs servi à la négociation individuelle et collective de plusieurs professionnels à travers tout le pays).Dans notre économie de marché, les ingénieurs et les scientistes au service des entreprises ne pourront être respectés et convenablement rémunérés, qu’en utilisant la négociation collective comme instrument de leur promotion sociale.De plus, nous croyons que seules des structures syndicales appropriées, leur permettront de faire entendre leur voix à tous les niveaux de la société technologique.¦ L'INGÉNIEUR JUIN 1968—15 Le contrôle de 1 environnement des centrales nucléaires par DONAT A.MARTINOLl ing.L’utilisation de centrales nucléaires comme producteurs d'électricité offre à l'ingénieur un nouveau défi : celui de prévoir et de contrôler les risques d'irradiation possible.Dans toutes les centrales nucléaires, on utilise des matériaux radioactifs et le risque, quoique minime, existe que son personnel soit exposé aux radiations ionisantes, dans certaines conditions.Tout matériau radioactif émet des radiations ionisantes qu'on peut définir comme un rayonnement capable de produire des ions en passant à travers certaines matières.Cette radiation ionisante peut donc s’introduire dans le corps humain, soit en pénétrant par la peau ou soit par inhalation ou ingestion de particules radioactives.Une fois cette radiation présente dans le corps humain, elle peut endommager et même détruire des molécules indispensables au bon fonctionnement de la cellule vivante.C’est ici que se situe l’importance du rôle de l’ingénieur responsable du contrôle de l'environ dans les centrales nucléaires.Il doit donc être conscient des dangers possibles et contrôler les risques d’irradiation.Avant d’étudier les méthodes de contrôle, il est nécessaire d'avoir une vue d'ensemble d'une centrale nucléaire.Monsieur Donat A.Martinoli a obtenu son diplôme d'ingénieur en mécanique de l’Ecole Polytechnique de Montréal en 7967.L’Illinois Institute of Technology, à Chicago, lui a décerné, en 1963, une maîtrise en “environmental control’’.Monsieur Martinoli est présentement au service du bureau d’études Surveyer, Nen-niger A Chênevert, ingénieurs-conseils à Montréal, où il est responsable des systèmes de chauffage, de ventilation et d’air conditionné pour la centrale nucléaire de Gentilly.Depuis 7965, monsieur Martinoli est chargé de cours à l’Ecole Polytechnique de Montréal pour les spécialités de plomberie, chauffage, ventilation et air conditionné.Agencement d'une centrale Les centrales nucléaires se composent généralement de cinq (5) régions principales (Figure 1).Elles sont : les régions du réacteur, de la turbine, des services, des pompes et de l'administration.Dans la région du réacteur, la pile atomique et son outillage transforment l'énergie nucléaire en énergie thermique.Celle-ci est ensuite transformée en énergie électrique par le groupe turbo-alternateur qui forme la région de la turbine, y compris son outillage sauf pour le poste de pompage, qui se situe près de la prise d’eau.La région des services abrite principalement les services nucléaires qui se composent comme suit : (Figure 2).— du traitement des déchets solides, liquides et gazeux afin d’éliminer et/ou contenir la radioactivité si présente; — de l’entreposage du combustible épuisé; — du centre de décontamination.REACTEUR POMPES SERVICES TURBINE FIGURE 1 Plan d’ensemble 16 —JUIN 1968 L'INGÉNIEUR O CHEMINEE FIGURE 2 Services nucléaires CENTRE DECHETS DECHETS DE LIQUIDES GAZEUX DECONTAMINATION DECHETS SOLIDES COMBUSTIBLE EPUISE REACTEUR AIRE UTILE TURBINE On trouve les services mécaniques nécessaires au fonctionnement des centrales dans la région de la turbine (Figure 3).Ils comprennent : — Téquipement nécessaire au traitement de Peau brute par la chloration pour obtenir Peau de procédé, puis par filtration pour Peau domestique et par déminéralisation pour Peau utilisée dans le cycle de la turbine; — l'équipement électrique, tel que les accumulateurs, le groupe convertisseur, la galerie des câbles et des disjoncteurs et le centre de commande des moteurs; — les compresseurs qui alimentent les réseaux d'air comprimé et les boucles de commande; — la chaudière de relève, les échangeurs et l’outillage requis pour le chauffage de la centrale; — les groupes électrogènes de secours.A cela il faut ajouter les services auxiliaires (Figure 4).Ces services groupent les ateliers d'entretien, les entrepôts, les laboratoires, les vestiaires et les services administratifs tel que bureaux, cafétérias, salles de conférence et autres.REACTEUR ELECTRIQUES CHAUFFERIE die'sel TURBINE COMMANDE FIGURE 3 Services mécaniques REACTEUR TURBINE SERVICES LABO VESTIAIRE *-ENTREPOTS FIGURE 4 Services auxiliaires Méthodes de contrôle I.Zones d'occupation Dans une centrale nucléaire, il y a des zones d occupation appelées “zones de contamination radioactive".Ces zones sont classées suivant le degré d'irradiation et les risques qui peuvent être encourus dans ces sections.Les “Zones 1” comprennent toutes les sections libres d'équipement radioactif et de contamination radioactive en tout temps.Dans les “Zones 2" sont groupées toutes les sections qui ne contiennent pas d'équipement radioactif et où il ne devrait pas y avoir de contamination radioactive.Cependant le personnel, par ses allées et venues entre les zones 3 et 2, peut à certains mo- PROTEGER LE PERSONNEL PAR 1 ZONES D'OCCUPATION 2 BOUCLIERS DE BETON 3 ACCÈS CONTRÔLÉS ^ 4 CONTRÔLE DE L'ENVIRONNEMENT CONTRE r RADIATION ï CONTAMINATION FIGURE 5 Fonction sécuritaire L'INGÉNIEUR JUIN 1968— 17 ments devenir le véhicule de contaminatin vers les zones 2.Si tel est le cas, il est obligatoire de nettoyer dans les plus brefs délais cette contamination afin d’éliminer ses effets.Les “Zones 3” sont celles des sections qui peuvent contenir de l’équipement ou des matériaux qui sont des sources possibles de radioactivité.Il est accepté de prime abord que leur manutention comporte un risque de contamination, laquelle doit être immédiatement localisée, nettoyée et/ou contenue si elle se produit.Toutes les sections qui contiennent des sources de contamination radioactive possible sont groupées dans les “Zones 4”.Dans une centrale nucléaire, les zones d’occupation peuvent se diviser tel qu’illustré à la Figure 6.Les “Zones 4” groupent la région du réacteur et le centre de décontamination.Les “Zones 3” comprennent les services nucléaires et le cycle thermique du SERVICES TURBINE FIGURE 6 Zones d’occupation ZONE 2 ZONE 3 [ ZONE 4 I"1™™» É groupe turbo-alternateur.Les “Zones 2” couvrent les services auxiliaires et le secteur de l’alternateur.Les “Zones 1” s’étendent à tous les services mécaniques ainsi que les services administratifs et le poste de pompage.II.Boucliers en béton Les boucliers sont utilisés afin de diminuer l’intensité des radiations.Sachant que l’efficacité des boucliers est directement proportionnelle à la densité du matériau employé, le choix du béton se justifie à cause de sa grande densité et de son coût relativement économique.Des boucliers sont utilisés afin d’isoler la région du réacteur et principalement la pile atomique (Figure 7).Dans le cas de centrales nucléaires utilisant dans le groupe turbo-alternateur de la vapeur directement produite par le réacteur, on doit isoler le cycle thermique de ce groupe avec des boucliers.III.A ccès contrôlés Afin de minimiser les risques d’irradiation, il est nécessaire de normaliser les parcours et de contrôler les allées et venues du personnel qui doit les utiliser Le contrôle des voies d’accès est schématiquement illustré à la Figure 8.L’entrée dans la région du réacteur est contrôlée par deux sas, soit celui de l’équipement ou celui du personnel qui sont les seuls accès.L'accès à la région de la turbine se contrôle à partir de la région des services.L’accès à la région des services et à celle de l’administration est contrôlée par une seule entrée pour ces deux régions.Ceci permet de limiter au personnel autorisé l’accès des différentes régions de la centrale.IV.Contrôle de l'environnement Le contrôle de l’environnement tel qu’on le comprend habituellement est par ordre d’importance, le contrôle de la température, la qualité et l’écoulement REACTEUR CHAMBRE DE CONTROLE TURBINE FIGURE 7 Boucliers en béton de l’air dans une enceinte donnée.Lorsqu’appliqué à une centrale thermique, c’est la température et la vitesse d'écoulement qui sont importantes.Par contre, dans une centrale nucléaire, c’est la direction de l’écoulement et la qualité qui prédominent.Dans une centrale thermique, la conception de la ventilation est faite pour l’ensemble de la centrale parce qu'il n’y a aucune nécessité de traiter un secteur en particulier.Tel n’est pas le cas dans les centrales nucléaires car elles sont divisées en régions et secteurs qui requièrent différents écoulements et qualités d’air.Dans les centrales nucléaires, le contrôle de l’environnement par la ventilation a pour objectifs : — l'élimination des particules radioactives suspendues dans l’air; — le refroidissement par l'air de l'équipement et de l’outillage; 18 —JUIN 1968 L’INGÉNIEUR — le confort du personnel qui exploite la centrale.À cause des zones de contamination, la direction de l'écoulement nécessite l'irréversibilité de la ventilation.En tout temps, l'écoulement doit se faire d’une zone de bas niveau à une zone de plus haut niveau de contamination (Figure 9).L’irréversibilité doit être maintenue même en cas d’accident.A.La région du réacteur L’enceinte de retenue du réacteur est ordinaire ment de forme cylindrique; c’est un grand réservoir à basse pression servant à contenir tous les gaz radioactifs en cas d’accident.L’air de ventilation est alimenté en quantité et en qualité tel que requis dans les secteurs à circulation contrôlée situés à droite du bouclier (Figure 10).Ceci nous permet d’avoir un système de grosseur économique et pratique.Tel ne serait pas le cas si la quantité d'air avait été calculée pour toute l’enceinte du réacteur; il y aurait alors une CAMIONS RÉACTEUR POMPES SERVICES TURBINE FIGURE 8 Contrôle des voies d'accès très grande quantité d'air qui produirait un écoulement beaucoup trop rapide dans le secteur à circulation contrôlée.Pour le système de ventilation, on n’utilise que de l'air frais préchauffé, filtré et humidifié en hiver, et filtré et refroidi en été (Figure 12).Contrairement aux pratiques générales, l'air est traité à l’extérieur de l’enceinte du réacteur; le système est alors accessible durant l’exploitation de la centrale et devient plus économique.L’air est d’abord dirigé vers les secteurs à circulation contrôlée pour ensuite passer aux sections non-accessibles.De là il est envoyé au traitement de l'air évacué.Durant l’exploitation de la centrale, le personnel n’est pas admis dans l’enceinte du réacteur.La température dans la région du réacteur peut donc être maintenue au degré idéal pour le bon fonctionnement de l'équipement.Cette température est maintenue par des générateurs d'air froid qui fonctionnent avec l’eau de procédé ou de l'eau refroidie mécaniquement.L'air frais et l'air évacué étant traités à l’extérieur de l'enceinte de retenue, les pénétrations de l’alimentation et du retour doivent pouvoir être scellées instantanément en cas d'accident.Ceci se fait à l'aide de deux vannes papillons en série pour chaque pénétration.Ces vannes sont du type à basse pression et parfaitement étanches.Elles sont actionnées par des pistons d’air comprimé et possèdent un dispositif de verrouillage avec les ventilateurs.ALIMENTATION ZONES 1 ZONES 4 ZONES 2 ZONES 3 EVACUATION FIGURE 9 Irréversibilité de la ventilation FIGURE 10 Ventilation de la région réacteur B.La région de la turbine Dans les centrales nucléaires où le groupe turboalternateur emploie de la vapeur directement produite par le réacteur, la ventilation de la région de la turbine se divise en deux secteurs : — le premier secteur comprend toutes les sections accessibles; ici la ventilation se fait à l’aide de L'INGÉNIEUR JUIN 1968— 19 AIR D'EVACUATION r?> VERS L'EVACUATION CENTRALE % / \ » et.\ DEGAZEUR L » \ t \ $
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