L'ingénieur, 1 mars 1985, Mars - Avril
N° 366 71* année Wars — Avril 1985 W*J mesures par satellites 5Ü£I mm ».nq**ni«nir mars avril 198b L'ingénierie du savoir Bernard Moulin, mg Lingénierie du savoir est une discipline de « haute technologie » née au cours des années 1970 comme une branche de l'intelligence artificielle Elle voit son champ d'activité s 'accroître très rapidement dans toutes les disciplines où le savoir, la connaissance et l'expertise occupent une place importante Nous présentons dans cet article les principales applications de l'ingénierie du savoir ; nous proposons quelques réflexions relatives au savoir et à la connaissance ; nous exposons les principales caractéristiques des systèmes experts, logiciels spécialisés dans la manipulation du savoir Introduction « L'ingénierie du savoir »!!.L'association de ces deux mots peut sembler bien insolite pour celui ou celle qui connaît les domaines traditionnels dans lesquels intervient l'ingénieur Pourtant l'étrangeté apparente de ce titre se fond dans le courant quotidien des innovations technologiques qui caractérise notre époque Par un réflexe de défense naturel, le lecteur assailli par la publicité agressive des médias pourrait être tenté de tourner la page, en négligeant de lire un article au titre ronflant, dont le contenu insolite lui ferait perdre de précieuses minutes Pourtant l'ingénierie du savoir est une discipline de « haute technologie» qui est née au cours des années 1970 Elle a été engendrée par l'intelligence artificielle, et elle voit son champ d'ac- M Bernard Moulin est professeur adjoint au département d'informatique de l'Uni-versité Laval depuis 1981.Il est ingénieur de l'École Centrale de Lyon (France), docteur-ingénieur ès mathématiques appli quées (Informatique, Lyon) et maître ès sciences économiques (Lyon) Il est chercheur subventionné par le Conseil de Recherche en Sciences Naturelles et en Génie depuis 1982 Ses domaines d'expertise et de recherche sont la modélisation des données, la conception de bases de données, le développement de projet, l'analyse des systèmes d'informations, la gestion de projet, l'ingé merie de l'intormation, la représentation du savoir, l'ingénierie du savoir tivité s'accroître rapidement dans toutes les disciplines où le savoir, la connaissance ou l'expertise occupent une place importante Dans une première partie nous montrerons comment l'ingénierie du savoir est apparue comme une branche prolifique et prometteuse de l'intelligence artificielle, et nous situerons les principales applications de cette discipline.Dans une seconde partie nous livreronsquelques réflexions au sujet du savoir et de la connaissance Dans la dernière partie nous présenterons les principales caractéristiques des systèmes experts, logiciels spécialisés dans la manipulation du savoir L'ingénirie du savoir L'intelligence artificielle (IA.) a reçu différentes définitions qui en reflètent les multiples facettes.Nous en citerons ici quelques unes.(L'Atelier sur l'Intelligence Artificielle, publication du Conseil des Sciences du Canada 1983) «L'intelligence artificielle porte sur l'appréhension des principes de l'intelligence et la construction de modèles de travail basés sur le comportement humain.» « L'intelligence artificielle est cette partie de l'informatique qui consiste à concevoir des dispositifs informatiques intelligents, c'est-à-dire des systèmes qui présentent des caractéristiques que nous associons à l'intelligence humaine: compréhension du langage, apprentissage, raisonnement résolution de problèmes.» On peut encore définir l'I.A comme« un langage technique permettant de discipliner l'imagination».Ces diverses définitions montrent l'I.A tente de relever un défi millénaireen essayant de comprendre, d'utiliser et de prolonger les capacités intellectuelles de l'être humain dites « intelligentes ».Cet axe de recherche est très large et constitue un point de convergence pour de nombreuses disciplines: informatique, mathématiques, linguistique, ingénierie, logique, psychologie, médecine, sciences sociales.Historique de l'intelligence artificielle Le concept de la «machine animée» est fort ancien.Pensons aux efforts des alchimistes de l’Antiquité et du Moyen Âge, aux automates du XVIIlième siècle.Vers 1940 on estime pour la première fois qu'il est possible de construire une machine imitant les fonctions du cerveau humain, que l'on compare alors à un « central téléphonique complexe ».Vers 1980 on compare le cerveau à un ordinateur capable de stocker et traiter de l'information, comparaison qui semble bien simpliste pour les spécialistes du système nerveux des années 1980 En 1956 la conférence de Darmouth marque la naissance de l'intelligence artificielle, reconnue comme une discipline à part entière.Cette conférence rassemblait des chercheurs éminents tels que C.Shannon, M Minsky, J.McCarthy, A Newell, H.Simon et correspondait à l'aboutissement de divers travaux théoriques sur le cerveau et l'intelligence (N.Wiener, A Turing, W.R.Ashby .).Cette conférence fixait dans l'enthousiasme général des projets ambitieux, tels que la réalisation d'un réseau complexe de neurones artificielles qui accomplirait certaines fonc-tionsd'un cerveau artificiel, la réalisation d'un robot qui pourrait élaborer une image interne de son environnement, un programme informatique permettant de déduire des théorèmes des Principia Mathematica .Ces projets ambitieux et ces grands espoirs ont été tempérés dès le début des années 60 en raison de la difficulté des problèmes à résoudre, et de la disproportion des moyens disponibles par rapport à l'énormité des tâches à accomplir.Cette déception temporaire a entraîné une perte de popularité de l'I.A.vers la fin des années 60.Vers l'Ingénierie du savoir Les années 70 ont marqué un tournant important dans l'évolution de l'intelligence artificielle, avec l'abandon des efforts pour construire « une intelligence électronique universelle» ou pour résoudre des problèmes trop généraux.La réorientation des recher hes s'est faite vers la résolution de probèmes aux limites bien définies, dans des domaines d'application bien identifiés.Les chercheurs se sont alors tournés vers la réalisation de sys- 19 I ingénieur mars avril 1985 décision action décision action Connaissance conception Figure 2 Approches systèmes d'information • EXPERTS- ORGANISATION INTERVENANTS ORGANISATION FAITS STRUCTURE DE LA B D SAVOIR CONCEVOIR LA STRUCTURE DE LA B D DE FAITS CAPTURER L INFORMATION SUR LES ÉVÉNEMENTS GÉNÉRATION OE NOUVEAUX ÉVÉNEMENTS BASE OE DONNÉES DE • FAITS- Figure 1 Information et connaissance Élaborer atemporel CONNAISSANCE INFORMATION temporel Manipuler tèmes experts, logiciels spécialisés permettant de résoudre des problèmes spécifiques dans des domaines de savoir choisis tels que: le diagnostic (médical ou autre), la preuve de problèmes mathématiques, la reconnaissance des formes, la compréhension de la langue naturelle, les logicielsde jeux d'échecs.Cette évolution de la recherche en I.A.a conduit rapidement à des résultats concrets qui ont permis de raviver l'enthousiasme des années 50 et de justifier les investissements coûteux que nécessite ce champ de recherche et de développement.Ce nouvel essor de l'I.A.se traduit au cours des années 80 par le lancement de programmes nationaux et internationaux, visant à réaliser des «ordinateurs intelligents» avant la fin du vingtième siècle (les ordinateurs dits de «cinquième gérération »).En 1977, E Feigenbaum introduit les termes d'ingénierie du Savoir («Knowledge Engineering ») : « L'ingénieur du savoir pratique l'art d'utiliser des outils et les principes de l'I.A pour résoudre des problèmes d'application difficiles dont la solution nécessite le savoir d'un expert.L'acquisition, la représentation et l'utilisation appropriée du savoir pour bâtir et expliquer des lignes de raisonnement sont d'importants problèmes traités par les systèmes basés sur le savoir.L'art de construire des agents intelligents est à la fois une partie et une extension de l'art de la programmation, l'art de bâtir des programmes d'ordinateur complexes qui représentent et manipulent une connaissance du monde » .Les lignes directrices de l'ingénierie du savoir étaient fixées et plusieurs laboratoires dans le monde entier se sont attachés à développer des logiciels experts dans de nombreux domaines d'application tel que la médecine, la prospection, l'enseignement, la recherche en mathématiques, l'ingénierie, la robotique .L'ingénierie du savoir regroupe les activités de conception de systèmes experts dans des domaines d'application précis (médecine, géologie, conception assistée par ordinateur, systèmes tuteurs intelligents, etc.) en mettant en œuvre des outils et des techniques développés par les spécialistes de l'Intelligence Artificielle Savoir et connaissance Avant de présenter en détail dans la partie 4 ce qu'est un système expert, nous livrerons au lecteur quelques éléments de réflexion concernant les notions de « savoir » et de « connaissance » En particulier nous essayerons de situer ces notions par rapport au concept«d'information »; nousdis-tinguerons les systèmes d'information et les systèmes experts; nous développerons quelques idées relatives à la représentation et à la manipulation du savoir.Information et connaissance Si l'on consulte le «Petit Robert », le savoir est défini comme «un ensemble de connaissances plus ou moins systématisées, ac- quises par une activité mentale suivie» et la connaissance définie comme «le fait ou la manière de connaître».Il est intéressant de situer l'une par rapport à l'autre les notions de connaissance et d'information.La figure 1 tente de situer intuitivement les notions d'information et de connaissance, l'une par rapport à l'autre Dans notre esprit connaissance et information sont intimement liées, puisqu’une nouvelle information alimente la connaissance, et la connaissance sert souvent de source d'information pour la résolution d'un problème donné Vues de l'extérieur ces deux notions peuvent être distinguées du fait que l'information est relative à des faits qui se produisent dans «le monde réel» et qui sont caractérisés par une 20 (ingénieur mars avril 1985 dimension temporelle, alorsque la connaissance est élaborée à partir du savoir atemporel qui correspond à la somme des connaissances accumulées par l'humanité.Les règles de l'arithmétique correspondent à du savoir alors que la date des prochaines élections constituent une information.Le cerveau humain a la capacité d'enregistrer des informations et des connaissances et de manipuler pour élaborer de nouvelles connaissances.Les systèmes informatiques traditionnels permettent d'enregistrer, de manipuler et de restituer des données de l'information, alors que les experts humains enregistrent, manipulent et créent des connaissances.Les systèmes experts sont conçus afin de remplir certaines tâches réservées jusqu'alors aux experts humains.« Approches-systèmes d'information » et « approches-systèmes experts « L 'approche-systèmes d'information » est celle qui a permis de développer la plupart des systèmes informatisés que l'on trouve dans les entreprises.Ces systèmes sont constitués d'un ensemble de programme qui enregistrent, manipulent et restituent des données qui sont mémorisées généralement dans des bases de données ou dans des fichiers magnétiques.«L'approchesystèmes d'information» s'intéresse à la mémorisation de l'information et aux moyens de la retrouver.Les données mémorisées représentent des faits, images d'événements pertinents pour l'organisation (exemples: la liste des produits en stock, la liste des clients.).Les données sont organisées dans «la base de faits» de façon à faciliter la mémorisation et la recherche de l'information en fonction des outils disponibles (en général des systèmes de gestion de bases de données).Les programmes qui utilisent ces bases de données correspondent à des outils de capture et de génération d'événements spécifiques à l'organisation (exemples: enregistrement d'une commande, génération d'une facture ).En général, les systèmes d'information permettent de mémoriser et de manipuler de forts volumes de données La structure des bases de données est en général peu complexe et peu évolutive par rapport aux structures mises en jeu par des processus cognitifs.La figure 2 présente sous forme de diagramme EPAS (voir MOU82) une vue globale des principaux éléments d'une «approche système d'information».Les PROCESSUS représentent les fonctions du système lié à l'ENVIRONNEMENT qui fixe les limites du système.L'information est accumulée dans le système sous forme d'ACCUMU-LATIONS qui communiquent avec les processus par l'intermédiaire de canaux qui véhiculent l'information On remarquera que le processus «concevoir la structure de la base de données de faits» est le seul qui fasse appel à la connaissance de l'organisation et à l'expertise des spécialistes en modélisation des données.Ce processus n'est pas automatique et correspond aux phases de développement de systèmes informatiques.Dans ce type d'approche la connaissance est enregistrée et manipulée par les divers intervenants qui œuvrent dans l'organisation.«L'approche-système experts», est une caractéristique de l'ingénierie du savoir Elle consiste à distinguer la base de faits et la base de savoir, qui comporte à la fois une représentation des structures de la base de faits, les règles de manipulation de ces structures et des structures propres au système.Dans une «approche-systèmes experts» l'emphase est mise sur la compréhension de comportements (ou de raisonnements) associée à une base de connaissances (structure conceptuelle), et sur l'interprétation de faits en fonction de cette connaissance.La figure 3 présente les principales caractéristiques d'une «approche-systèmes experts», qui pour un objet de la réalité (exemple: «ausculter un malade») permet de comprendre des comportements («prendre la tension», «prendre la température».); comprendre des connaissances (si le malade a une forte fièvre, lui administrer un produit pour la faire diminuer»); interpréter des faits («la température de Monsieur Tremblay est de 42°C le 6 juin à 15 heures»); utiliser les connaissances pour agir sur la réalité («administrer 3 comprimés d'aspirine à Monsieur Tremblay»); enrichir les connaissances par l'expérience («Les symptômes X, Y et Z sont caractéristiques de la maladie Z»).Dans un système expert la base de savoir (comportement et connaissances) et la base de faits sont représentés sous une forme qui est manipulable par une partie du système qui est souvent appelée «moteur d'inférence».On remarquera que dans une «approche-systèmes experts» la proportion INTERPRETER DES FAITS COMPRENDRE LES COMPORTEMENTS ENRICHIR LES CONNAISSANCES PAR EXPERIENCE COMPRENDRE DES CONNAISSANCES UTILISER LES CONNAISSANCES POUR AGIR SUR la réalité OBJET DÉ LA REALITE Figure 3 Approches systèmes experts ingénieur mars avril 1985 connaissances/intormations est inversée par rapport à celle des «approches-systèmes d'information».Représentation de la connaissance Qu'est-ce que la connaissance?Nous allons citer ici quelques expressions usuelles relatives à la connaissance, qui permettront de souligner la complexité de ce concept.«Connaître un langage» signifie que l'on sait manipuler un ensemble donné de symboles en fonction de règles de construction précises.«( Reconnaître un objet» signifie que l'on est capable d'identifier des caractéristiques de forme, de fonction, de couleur, de position etc., et de les comparer à un référentiel connu.«Connaître uné théorie ou des idées» signifie que l'on a compris le sens d'un ou de plusieurs concepts en les ayant rattachés à un ensemble de concepts déjà connus «Faire connaissance», «acquérir des connaissances», «partager des connaissances», «développer des connaissance» sont toutes des expressions qui permettent de cerner certaines facettes du concept «connaissances».La connaissance touche «le monde des idées et de la réflexion»; elle est conceptuelle, abstraite, sémantique; elle permet de s'abstraire du monde réel pour manipuler des modèles représentant la réalité; elle est le rapport de la créativité, de l'imagination Comment représente-t-on la connaissance?La connaissance est essentiellement de nature abstraite, pourtant une grande partie de sa valeur est liée à la possibilité de communiquer, d'acquérir d'échanger des connaissances, ce qui nécessite de la représenter concrètement afficher, représenter des concepts et des idées, tel est l'enjeu paradoxal! Nous utilisons couramment diverses représentations de la connaissance, par l'intermédiaire du langage parlé, écrit, par des symboles, des signes, par des représentations spécialisées telles que les mathématiques, par des dessins, des diagrammes.Tout mode d'expression constitue un support pour la communication de la connaissance «Le problème de la représentation du savoir Le savoir sous sa forme traditionnelle est réparti à travers les individus du groupe, diffusé par l'éducation et amélioré par l’activité intellectuelle de chaque individu.Le savoir est culturel, il est traditionnellement perpétué de génération en génération sous une forme partielle dans I esprit de chaque individu et enregistré sous forme de réalisations (objets, écrits.) Le but de l'ingénierie du savoir est de mémoriser, manipuler et générer des connaissances en dehors de l'esprit humain, tout en développant des moyens de communiquer cette connaissance aux humains Le support matériel de cette nouvelle forme de connaissances est constitué par l'ordinateur associé à des mécanismes spécialisés appelés systèmes experts.Bien entendu la représentation interne de ce savoir a la forme de bits au niveau le plus élémentaire, mais les langages spécialisés de I I A qui permettent de manipuler, mémoriser et générer des connaissances sont basés sur des principes qui mettent en oeuvre des représentations proches de celles que l'on utilise naturellement dans nos activités intellectuelles.Les spécialistes parlent de programmation logique, de réseaux sémantiques, de structures conceptuelles L'enjeu est de représenter sous une forme manipulable par ordinateur, les règles de comportement, les représentations des structures conceptuelles et les informations factuelles qui leur sont associées Systèmes experts Introduction : «Le pouvoir d'un système expert dérive du savoir qu'il possède et non du formalisme particulier ou des mécanismes d'inférence qu'il met en œuvre».(Feigenbaum 77) Pendant plusieurs années, les chercheurs en Intelligence Artificielle ont travaillé principalement sur les mécanismes internes de logiciels intelligents, en négligeant quelque peu leur utilisation pratique Dès le milieu des années 70 plusieurs systèmes experts ont commencé à apparaître dans des domaines d'application bien définis: diagnostic médi- cal, spectrographie, prospection minière, mathématiques, configuration d'ordinateurs Plusieurs chercheurs ont tenté alors de concevoir des théories de la représentation du savoir et de développer des systèmes généralisés, mais n'ont pas réussi à concrétiser toutes leurs attentes pour les mêmes raisons qui ont conduit aux déceptions de la période enthousiaste des années 1950-60 en intelligence artificielle Citons encore Feigenbaum: «Le savoir de l'expert est la clé d'une activité à un niveau d'expertise, tandis que la représentation du savoir et les mécanismes d'in-férence fournissent les moyens d'utiliser ce savoir La recherche de représentations du savoir générales et puissantes est apparemment et intuitivement désirable, pourtant elle n'a aucune justification empirique».La recherche et le développement en ingénierie du savoir se sont développés suivant divers axes qui ont conduit à une évolution à partir des langages de programmation symbolique, vers les systèmes experts spécialisés et les langages de représentation du savoir .des langages de programmation spécialisés, tels que LISP, INTER-LISP, SAIL, PLANNER, KRL, PROLOG.la conception de systèmes experts spécialisés dans un domaine d'application particulier, tels que MYCIN, DENDRAL, R1 la conception de systèmes experts indépendants du domaine du savoir, tels que EMYCIN, META-DENDRAL des langages de représentation du savoir généralisés, tels que ROSIE, OPS5, RLL, HEARSAY III Cette évolution de l'ingénierie du savoir a permis de mettre à la disposition des concepteurs des outils permettant d'implanter des structures de savoir de plus en plus abstraites et complexes Nous présenterons ici quelques uns des principaux projets qui ont conduit à des -systèmes experts opérationnels The DENDRAL Project, (Buchanan 1969 à 1978) permet de déduire les structures moléculaires de corps à partir de mesures spectro-graphiques CASNET(Weiss, Kulikowski, Safir 1977-1978)correspond à un essai de développement d'un cadre général pour bâtir des systèmes ex- 22 ingénieur mars avril 1985 UTILISATEUR REGLES PLANS SOLUTIONS MESSAGES PLANIFICATEUR INTERPRETEUR JUSTIFICATEUR PROCESSEUR LANGAGE perts, appliqué à l'endocrinologie et la rhumatologie MACSYMA (Martin, Fateman 1971 ) était appliqué au calcul symbolique et à l'analyse mathématique (intégration symbolique) MYCIN (Shortliffe 1976) est un système expert de diagnostic appliqué aux maladies infectieuses; TE/RES/AS (Davis 1977) complète MYCIN en permettant l'acquisition, la correction et l'utilisation du savoir; EMYCIN (Van Melle 1979) est la version de MYCIN indépendante du domaine de savoir HEARSA///(Herman 1980)est un système expert comprenant le discours en langue naturelle CADUCEUS (Pople 1977) est un système de consultation médicale PSG-OPS-R1 (Newell, McDermott 1976 à 1980) est une lignée de systèmes experts qui ont conduit à développer R1, qui permet de configurer les ordinateurs VAX de la compagnie DEC.SOPHIE (Brown — Burton 1975) est un instructeur pour les laboratoires d'électronique.PROSPECTOR (Duda — Gasching — Hart 1979) est un système expert aidant à la prospection minière, qui a notamment permis de découvrir certains gisements de molybdène Tous ces projets ont ouvert la voie de l'ingénierie du savoir et font déjà partie de son histoire.Depuis, de nombreux systèmes experts ont été développés dans des domaines d'application très variés et peuvent être classés en diverses catégories (on pourra consulter le no 97 du Bulletin de liai son de la recherche en informatique, revue de l'INRIA-France, novembre 1984, pour une liste assez complète de systèmes experts existants.Catégories d'applications en ingénierie du savoir On peut distinguer diverses catégories de systèmes experts: Les systèmes d'interprétation déduisent la description d'objets ou de situations à partir d'observations, ils sont appliqués à la surveillance, la compréhension du discours, l'analyse d'images, l'interprétation de signaux Les sytèmes de prédiction déduisent des conséquences à partir de situations données, ils sont appliqués à la prévision météorologique, aux prédictions démogra- Figure 4 Système expert idéal phiques, aux prévisions du trafic sur les réseaux, à l'estimation du rendement des cultures, aux prévisions militaires Les systèmes de diagnostic déduisent les disfonctions d'un système à partir d'observations, ils sont appliqués aux diagnostics médical, électronique, mécanique, logiciel Les systèmes de conception développent des configurations d'objets qui satisfont à des contraintes de conception, ils sont appliqués à la conception de circuits imprimés, à la conception de bâtiments, à l'élaboration de budgets.Les systèmes de planification conçoivent des plans d'action; ils sont très utilisés notamment en programmation automatique, ils sont appliqués aux problèmes de planification associés aux robots, aux projets, à l'acheminement de ressources, aux communications, au «génie militaire».Les systèmes de surveillance comparent les observations du comportement d'un système avec des caractéristiques cruciales pour la réussite du plan (dérèglements potentiels); ils sont utilisés pour les systèmes de surveillance des centrales nucléaires, du traffic aérien, pour le suivi des maladies, pour la gestion financière.Les systèmes de dépannage fournissent des solutions aux disfonctions d'un système Ils utilisent des capacités de planification, de conception, de prévision.Les systèmes de réparation développent et exécutent un plan pour appliquer une solution pour un problème qui a été diagnostiqué.Ils utilisent des capacités de planification, de dépannage et d'exécution.Ils sont appliqués dans les domaines de l'automobile, l'aviation, lesréseauxdecommunication, la maintenance d'ordinateurs.Les systèmes d'instruction diagnostiquent et dépannent le comportement d'étudiants.Ces nombreuses catégories montrent l'étendue des domaines d'application qui requièrent une expertise spécifique pour résoudre des problèmes complexes, où un système expert peut apporter une aide complémentaire à celle des experts humains.Anatomie d'un système expert La figure 4 présente une vue globale des principales composantes que l'on peut retrouver dans un système expert quelque peu idéalisé.Il est composé de divers processus: le processeur de langage, le justificateur, l'interpréteur, le planificateur, le garant de consistance.La base de savoir est constituée par les faits et les règles connus par le système expert, tandis que le tableau de bord contient les informations et les règles utilisées au cours du processus de résolution.L'utilisateur représente ici l'interlocuteur humain.Souvent on distingue l'expert humain qui 23 ingénieur mars avril 1985 permet l'accumulation des règles dans la base de savoir, et l'usager du système expert qui utilise les capacités de raisonnement du système, appliquées à des faits qu'il lui fournit Dans un système expert évolué il n'existe pas de frontière vraiment marquée entre les tâches de l'usager et de l'expert humain, qui tous deux permettent au système d'acquérir une connaissance de la réalité étudiée «Le processeur de langage» est l'intermédiaire entre l'usager et le système expert, avec lequel il peut communiquer dans des langages spécialisés et/ou naturels Le processeur de langage interprète les questions, les commandes, il formule les réponses, les explications, les justifications Il est synchronisé par le tableau de bord et utilise abondamment la base de savoir.«Le tableau de bord» contient les informations relatives aux hypothèses intermédiaires, aux décisions du système expert, à l'état du problème.Il est utilisé par l'ensemble des processus du système et il est composé de plans, d'agendas, de solutions Les plans décrivent la stratégie et le plan général d'attaque du problème, et mettent en relation des plans intermédiaires, des buts à atteindre, les contraintes associées à ces buts.L'agenda contient les actions possibles attendant d'être générées (généralement sous la forme de règles de la base de savoir).Les solutions contiennent les hypo thèses concurrentes et les décisions que le système a généré, ainsi que les dépendances existant entre ces décisions.«Le planificateur» contrôle l'agenda et décide quelle action doit être exécutée, il utilise des règles de la base de savoir relatives à la tâche de planification «L'interpréteur» exécute l'action qui a été choisie dans l’agenda II effectue les validations des conditions d'application de cette action, établit les liaisons entre les éléments de la base de savoir et la solution, fait la mise à jour du tableau de bord prescrite par la règle appliquée.«Le garant de consistance» maintient une représentation consistante de la solution en cours d'élaboration, en maintenant en particulier un contrôle de vraisemblance, en effectuant la révision des «coefficiants de vérité».«Le justificateur» expli- que les actions du système à l'usager par l'intermédiaire du processeur de langage Le justificateur établit les plans de réponses à partir du tableau de bord et de la base de savoir.Il répond aux questions pourquoi, comment, pourquoi pas.La base de savoir contient l'ensemble des règles et des faits connus par le système expert.Cela correspond aussi bien aux règles liées au domaine d'application, que les règles spécifiques, utilisées par le processeur de langage dans son interaction avec l'usager, ainsi que les règles spécifiques utilisées par le justificateur, par le planificateur, par l'interpréteur et par le garant de consistance, au cours de leurs diverses interventions Les principales composantes d'un système expert fonctionnent d'une façon autonome, synchronisée par l'intermédiaire du tableau de bord, chacune se spécialisant dans l'exécution de tâches bien identifiées Conclusion L'ingénierie du savoir est appelée à prendre une place de plus en plus importante au cours de la fin du vingtième siècle Son objectif est de développer des systèmes «dits intelligents»capablesde réaliser des tâches de plus en plus complexes dans un monde en constant développement Ces systèmes seront utilisés dans le monde des affaires, en ingénierie, dans les procédés de fabrication, en agriculture, en prospection minière, dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les foyers.Ces systèmes devraient permettre une utilisation plus sage des ressources alimentaires, énergétiques et humaines Cette évolution ne doit pas être interprétée comme une déshumanisation du monde, car les ordinateurs ne remplaceront pas les hommes, mais ils supporteront leurs activités, ils amplifieront leurs capacités intellectuelles Au-delà de cette évolution technologique c'est finalement l'évolution des hommes dans des sphères d'activité inimaginables à l'heure actuelle, tout comme nos ancêtres du XIXe siècle ne pouvaient pas imaginer l'évolution de notre monde informatisé.Les principales nations industrialisées ont compris le formida- ble enjeu économique, social et politique lié au développement d'ordinateurs intelligents Les japonais, les premiers ont lancé en 1980 un projet national devant permettre de livrer sur le marché des ordinateurs «dits de cinquième génération» au cours des années 1990 Ce projet national associe le gouvernement, les industries et les universités japonaises dans une entreprise commune de haute technologie dont le budget se chiffre en millions de dollars et dont la planification à long terme donne la mesure de ce défi technologique Un tel projet devra sa réussite à de nombreux progrès qui devront être réalisésdansdiversdomaines, notamment dans les technologies de très haute intégration des circuits électroniques, dans les langages, dans les configurations multiprocesseurs.L'Europe a répondu diversement par quelques projets nationaux et surtout en 1984 par un projet de formation de programmes de recherche communau-taires(projet ESPRIT) L'Amérique du Nord n'a pas lancé de programme national, par contre diverses entreprises multinationales ont associé leur efforts de recherche et de développement par la formation de consortiums Cet effort de recherche et de développement est unique dans l'histoire de l'humanité; le défi relevé implique une collaboration des diverses composantes de la société, industries, état, universités, cette collaboration dépassant largement les limites nationales Une nouvelle grande aventure planétaire a été lancée Bibliographie 1 MOULIN.Bernard.Thinking and the Design Process, rapport de recherche DIUL RR 8414.Université Laval (30 pages), mai 1984.présente à la «Conference on Thinking* Cambridge.Massachusetts.August 1984 2 MOULIN B .EPAS/IPSO une méthodologie de conception intégrée, in proceedings of the 1983 National Conference of the Canadian Information Processing Society.Ottawa.Canada.May 1983 3 MOULIN.B , Systems Modelling and the Prm ciple of Autonomy, in proceedings of the fourth IASTED international symposium.• Modelling and Simulation 83».Lugano.Switzerland.June 1983 4 FEIGENBAUM, E A .et all The Hand Book of Artificial Intelligence vol 1.2, 3, William Kaufmann pub 1982 5 WINSTON, P H , Artificial Intelligence (Second Edition) Addison Wesley 1984 6 LENAT D R .HAYES ROTH F .WATERMAN D A .Building Expert Systems.Addison Wes ley 1983 7 FEIGENBAUM E A .McCORDUCK.P The Fifth Generation, Addison Wesley publ.1983 24 Les possibilités de réutilisation commerciale des pneumatiques usagés mgemeuf mars avril 1985 Pauline Rivard, ing Avila Vendette, ing Christian Roy, L'accumulation des pneumatiques usagés est devenue un problème critique pour l'environnement.De nombreux chercheurs et industriels se sont penchés au cours des dernières années sur ce problème L’article a pour but d'étudier les diverses possibilités de récupération et de recyclage industriel de ce rebut Introduction La province de Québec mettrait au rebut entre 4 et 5 millions de vieux pneumatiques annuellement*.Pour l'ensemble du Canada, les rejets annuels se chiffre-raientà21 millionsd'umtéset aux États-Unis à 240 millions ( 1,2).À cause de leur résistance à la biodégradation, ces rebuts constituent un milieu propice pour la vermine, les rongeurs et le feu Que faire de ces vieux pneus?Les règlements sanitaires restreignent M Avila Vendette est agent de dévelop pement industriel au Service de la chimie organique au Ministère de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme, Gouvernement du Québec Licencié des Sciences Chimi ques à l'Université de Montréal, M Vendette a fait des études en technologie, en statistiques et en administration, à McGill, Concordia, HEC, M I T et Polytechnique II possède également une expérience de 25 années dans le domaine privé chez Monsanto Canada Limitée, dont 17 ans comme chimiste en chef M.Christian Roy est professeur adjoint et chercheur-boursier universitaire du CRSNG au Département de génie chimique à la Faculté des sciences appliquées de l'Université de Sherbrooke Diplômé de l'Université de Sherbrooke (Ph D 1981, B Sc A 1974) et de l'Université McGill (M Eng 1976), le Dr Roy poursuit des recherches dans le domaine de la thermoconversion des combustibles Celui-ci compte plus d'une cinquantaine de publications dans sa spécialité Mme Pauline Rivard diplômée en génie civil de l'Université de Sherbrooke ( 1979), est associée professionnelle dans l'équipe de recherche du Dr Roy Une des fonctions de Mme Rivard est d’assurer la vulgarisation et la diffusion scientifique des travaux de recherche de l'équipe leur enfouissement et on ne peut les brûler à ciel ouvert sans risque pour l'environnement.Actuellement au Québec, à peine un million de pneus usés sont recyclés chaque année Afin d'éviter la multiplication des dépôts sauvages, les gouvernements ont organisé depuis quelques années des sites d'entreposage des pneus usés Au Québec, les principaux sites réglementés d'entreposage des vieux pneumatiques sont localisés près des villes de Montréal et de Québec.La figure 1 illustre la répartition régionale des pneus rejetés ainsi que les quantités accumulés dans les dépôts réglementés.Les données de cet histogramme ont été tirées d'une étude récente effectuée par la firme SNC, Inc.,pour le compte du Ministère de l'Energie et des Ressources et le Ministère de l'Environnement du Québec.On notera que les quantités de pneus accumulés dans les dépôts réglementés neconstituentqu'une faible portion des pneus rejetés au cours des dernières années En fait, la totalité des pneus recensés dans ces dépôts atteint actuellement moins que l'ensemble des pneus non réutilisés au cours d'une seule année! Les données tirées du rapport SNC excluent les vieux pneumatiques recyclés par rechapage ou sous d'autres formes.D'après cette étude, au Québec 20% des pneus usés seraient recyclés.On notera dans la figure 1 que la région de Montréal détient 85% des stocks de vieux pneumatiques et génère environ 45% des vieux pneumatiques non recyclés.Récupérations directes des pneus Plusieursfaçonsde réutiliser les pneus sans apporter de modification importante à leur structure ont été imaginées ou mises en application.Le mode de récupération le plus répandu est sansdoute le rechapage Au Québec, on compte jusqu'à 1 1 % des pneus traités par les rechapeurs.Ce procédé est surtout utilisé pour les pneus de camions ou d'autobus, voire jusqu'à 50% de la totalité des pneus rejetés par année dans cette dernière catégorie(3).En fait, pratiquement tous les pneus d'autobus et de camions rechapables sont réutilisés.La technique du rechapage consiste à enlever la semelle d'origine, c'est-à-dire la surface ayant un contact avec le sol, pour en fixer une nouvelle.Cette méthode contribue à la conservation du caoutchouc et des fibres par la réutilisation des carcasses Quoique avantageuse sur le plan environnement, cette pratique ne peut s'appliquer sur tous les pneus.En effet, seules les carcasses de pneus en bon état et de dimension standard peuvent être rechapés économiquement.Lesquébécois semblent toutefois manifester une certaine crainte face à l'achat de pneus d'automobiles rechapés.Cette réticence n'a pas sa raison d'être car un pneu rechapé est de qualité égale sinon supérieure à celle d'un pneu neuf.Les pneus usés peuvent être utilisés à d'autres fins que le rou-lementtelqu'indiquéautableau 1.Plusieurs solutions mettent à profit les propriétés physiques des pneus.La structure du pneu permet l'utilisation de celui-ci pour des murs de soutènement, des récifs artificiels ou encore des unités pour terrain de jeu.Le caoutchouc est un très bon matériau pour absorber les chocs.On l'emploie pour la fabrication de tapis de dynamitage, d'amortisseurs sur les autoroutes et les voies navigables ou encore comme pare-lames.A l'exception de la création des récifs artificiels, les modes de récupération directe ne peuvent être envisagés que comme une solution partielle au problème d'amoncellement des pneumatiques usagés, le nombre d'unités impliquées par ces diverses utilisations étant relativement faible.Utilisations des pneus déchiquetés Le déchiquetage des pneus augmente de beaucoup les possibilités de recyclage, soit de façon physique ou chimique.Il existe plusieur façons de réduire la taille des pneus usés.La plus courante consiste en un découpage mécanique.Le poinçonnement direct des flancs ou de la semelle est un autre procédé mécanique, utilisé à des fins spécifiques.La cryogénie, c'est-à-dire l'utilisation de températures inférieures à -150°C à l'aide de l'azote liquide, rend les pneus très fragiles, si bien que le 25 I tngemeur mars avril 198b moindre choc les fragmente Cette méthode est très efficace mais coûteuse Elle ne peut actuellement se justifier sur une grande échelle.Les propriétés élastiques des caoutchoucs déchiquetés intéressent plusieurs industriels.Effectivement on retrouve des morceaux de pneus dans la fabrication de tapis de toutes sortes, on en utilise aussi pour l'obtention de caoutchouc régénéré et de membranes de toitures, et même pour la fabrication de sandales Mais l'utilisation des vieux caoutchoucs la plus prometteuse demeure sans doute celle d'additif à l'asphalte pour la construction de routes Le tableau 2 résume les principales méthodes de récupération des pneus déchiquetés mettant à profit leurs propriétés physiques.Utilisation comme combustible » Plusieurs voient en l'amoncellement des pneumatiques usagés une source d'énergie attrayante En effet, l'énergie massique d'un pneu usé est d'environ 35 MJ kg 1 La vulcanisation du caoutchouc nécessite l'introduction de soufre, mais ce constituant ne représente que 1 à 1,2% du poids du pneu(10).On peut donc considérer que les pneumatiques usagés forment en principe un combustible solide égal sinon supérieur aux houilles utilisées en combustion.La fumée noire et nauséabonde libérée lorsqu'un pneu brûle dans un milieu ouvert provient d'une combustion incomplète.Certains incinérateurs peuvent brûler une faible quantité de pneus mélangés avec d'autres déchets à traiter.Des fours à combustion, et en particulier les systèmes fonctionnant avec une postcombustion, permettent une utilisation limitée depneus.Certaines cimenteries au Japon, en Allemagne et en Belgique mélangent des pneus entiers ou déchiquetés au combustible conventionnel.Chez nous, des essais effectués à St-Constant chez Ciment Canada Lafarge Ltée auraient démontré qu'il est possible d'ajouter 10 à 20% par poids de pneus déchiquetés au combustible conventionnel sans affecter l'opération industrielle de la cimenterie! 1 ).Certains types de RÉGIONS DANS US Df KITS 84.7% NORD OUf ST Ouf BCCOIS K) 800 1000 1200 UNITÉSOE PNEUS (*n 1400 Figure 1 Répartition régionale des vieux pneumatiques au Québec en 1980 ( 1 ).Vue partielle du dépôt de pneus de St-Amable.Québec (gracieuseté de SNC Inc.) % '-S fours, comme ceux conçus par Goodyear et Watt Tyres and Rubber Co , permettent aussi le traitement des pneus entiers comme combustible principal (4, 5).Ces unités sont toutefois plus coû- teuses et moins efficaces que celles opérant avec des combustibles conventionnels.Le tableau 3 dresse une liste d’utilisateurs de vieux pneumatiques sous forme de combustibles 26 Produits finis Exemple d'industrie ou d'utilisateur Références Récifs artificiels BUREAU OF SPORT FISHERIES AND WILDLIFE, Côte-Est des États-Unis 4 Quais flottants QUAIS FLOTTANTS QUÉBEC LTÉE, St-Antome de Tilly, Québec 1 Tapis de dynamitage CAOUTCHOUC QUÉBEC INC , Québec, Québec 1 Amortisseurs sur autoroutes ou voies navigables Plusieurs autoroutes aux États-Unis (National Cooperative Highway Research Program) Plusieurs marinas 5 Pare-lames Côte Est américaine et région des Grands Lacs 6 Unités pour terrain de jeu TIRE PLAYGROUND INC , South Orange, New Jersey 6 Murs de soutènement CALIFORNIA'S DEPARTMENT OF TRANSPORTATION, Californie 7 Tableau 1 Utilisations directes des pneus usés.Produits finis Exemple d'industrie ou d'utilisateur Références Additif à l'asphalte SAHUARO PETROLEUM AND ASPHALT COMPANY, États-Unis 2 Caoutchouc régénéré LA COMPAGNIE DE CAOUTCHOUC SERVAAS INC.Ville d'Anjou, Québec 1 Tapis pour étables ANI MAT Sherbrooke, Québec Tapis pour activités sportives AVON.Angleterre 8 Sous-tapis LES SOUS TAPIS DURA LTÉE, Montréal, Québec 1 Matériaux de construction toit, isolation, béton Fabricants de membranes de toitures au Canada et aux États-Unis 6 Paillis, additifs pour compostage CAMDEN CITY SEWAGE SLUDGE COMPOSTING FACILITY, New Jersey, États-Unis 9 Tableau 2 Utilisations de pneus déchiquetés Transformation des pneus usés en combustibles plus nobles: Il est possible, comme nous venons de le voir, d'utiliser directement les pneus comme combustible On peut envisager également de transformer les polymères constituant les vieux caoutchoucs en d'autres formes de combustibles plus nobles.Gazéification La gazéification consiste en une réaction d'oxydation partielle d'un combustible Peu de gazogènes ont été spécifiquement conçus ou adaptés aux pneus jusqu'à aujourd'hui Alternative Energy Company et Rockwell International aux États-Unis ainsi que Pétro-Sun International de Lon-gueuil, Québec, ont mis sur pied des unités de gazéification à l'échelle semi-industrielle ou pilote, mais peu de résultats ont été rendus publics jusqu'à présent (2, 12, 1 3).L'Institut de Recherche d'Hydro - Québec a effectué une étude à l'échelle du laboratoire visant la production de gaz à partir de vieux caoutchoucs mis en pou-dre(14).Hydrogénation Lors de la fabrication du caoutchouc synthétique, une partie de l'hydrogène contenu dans les produits pétroliers utilisés à été retirée L'hydrogénation poursuit le but inverse Elle permet de récupérer des produits chimiques et énergétiques à partir des vieux caoutchoucs Le procédé développé par Hydrocarbon Research Inc visait un tel objectif( 15).L'approche consistait à mélanger les pneus déchiquetés à de l'huile en présence d'hydrogène et de catalyseurs Près de 60% d'huiles et 37% de carbone étaient ainsi obtenus.Ce projet a été abandonné en 1977 avant d'atteindre le stade de développement commer-cial( 16) Pyrolyse La pyrolyse consiste en une décomposition thermique de la matière Cette catégorie de réactions thermochimiques occupe une place importante dans les recherches sur le traitement des pneus usés.On compte en effet plus d'une quarantaine de procédés de pyrolyse décrits dans la littérature visant le traitement des pneus usés.Le tableau 4 de l'article fait état des projets actuellement existants À peu près autant ont par ailleurs été abandonnés.Sous l'effet de la chaleur, on peut décomposer les pneus en carbone, en huiles pyrolytiques et en gaz.Les proportions des produits obtenus varient, selon les procédés, entre 1 6 et 50% (par poids) pour le carbone, 22 et 65% pour les huiles et entre 2 et 51 % pour les gaz.Une augmentation de la température de décomposition thermique du procédé s'accompagne en général d'un accroissement de la proportion des gaz et d'une diminution des rendements en huiles.Dans la majorité des cas, l'acier et les fibres sont présents dans les morceaux de pneus.On compte parmi les produits entre 4 et 16% d'acier et de fibres de verre à la fin des réactions.27 I mgenteur mars avril 1985 Les produits de la pyrolyse des vieux caoutchoucs offrent un intérêt certain sur le plan de leur utilisation en tant que combustibles Le carbone, dont l'énergie massique se situe dans la gamme de 26 à 32 MJ Kg-1, est considéré comme un combustible valable malgré la présence accrue de soufre (1.8 à 3.5%).Le carbone offre également un débouché commercial potentiel pour l'industrie chimique puisqu'on peut le substituer au noir de carbone pour l’industrie du caoutchouc, l’utiliser comme pigments pour l'imprimerie ou encore comme matière première pour la préparation du carbone activé.Les huiles pyrolytiques représentent un combustible de qualité variable, équivalentes selon les indications fournies aux huiles de chauffage # 2, 4 ou 6 Ces mêmes huiles revêtent aussi un intérêt particulier sur le plan pétrochimique puisque plusieurs composants chimiques, dont le BTX(Benzène, Toluène, Xylène) ainsi que le naphte, y sont représentés en proportions parfois significatives.Les gaz possèdent une énergie massique élevée et sont les plus souvent utilisés comme source de chaleur d'appoint pour les réacteurs Enfin, l'acier résiduaire issu des réactions de pyrolyse peut être récupéré en vue de sa réutilisation Concusion Plusieurs modes de recyclage des pneumatiques usagés sont techniquement faisables.Le rechapage est présentement le moyen le plus répandu, au Québec et ailleurs en Amérique du Nord, pour recycler les pneus usés Cette solution est toutefois limitée par la faible demande des consommateurs pour les pneus rechapés d'automobiles Les autres possibilités de recyclage des pneus, déchiquetés ou non, sont soit marginales sur le plan du volume traité ou soit peu attrayantes pour l'instant sur le plan économique.La combustion est une façon reconnue d'éliminer les pneus usés; cette technique exige toutefois des appareillages coûteux pour le con trôle de la qualité des émissions.Certainsfours utilisant des combustibles conventionnels s'accommodent d'une alimen- Mode d'utilisation (année d'opération) Exemple d'industrie ou d'utilisateur Références Pneus entiers REDMAN.HEENAN et FROUDE (Watts Tyres 4.5 comme corn- and Rubber Co ) bustible princi- Gloucestershire, Angleterre pal (1965) Unités similaires en Allemagne, au Japon et aux États-Unis Pneus entiers GOODYEAR, Wolverhampton, Angleterre 4.5 comme combustible principal (1970) (unité à Jackson est fermée et Jackson, Michigan Pneus déchiquetés comme combustible principal ( 1981 ) Four PYRALOX Pneus Laurent.France Incinération THE CONTINENTAL TIRE FACTORY Hannover, 4 avec d'autres déchets tels des papiers, des huiles et des graisses (depuis 1964) Allemagne Incinération parmi les dé chets municipaux (1983) (étape expérimentale) Incinérateur municipal, Akron, Ohio 11 Supplément au La station de recherche «Eau Claire» d UNIROYAL, 5 bois (1977) Michigan Supplément aux GEORGIA-PACIFIC, Toledo, Orégon et Ft Bragg, 2 déchets de moulin (1979) Californie Supplément au charbon (1979) (projet abandonné) GENERAL MOTORS 2 Supplément au ELECTRO METALLURGIE SKW LTEE.1 charbon (1982) (essais non concluants) Bécancour, Québec Supplément au CIMENT CANADA LAFARGE LTÉE.1 gaz naturel (1982) (étape expérimentale) St-Constant, Québec Combustible GENSTAR RUBBER en coopération avec une 6 auxiliaire (1981 ] (étape expérimentale) cimenterie, Arizona Combustible NIHON CEMENT CO LTD & BRIDGSTONE TIRE auxiliaire (année ?) CO LTD, Japon Pneus entiers Cimenterie DIKERHOFF, Wiesbaden, Allemagne comme combus tible auxiliaire (1983) Tableau 3 Utilisations des pneus usés comme combustible.Sauf indication contraire, les pneus sont utilisés sous forme déchiquetée 28 ( ingénieur mars avril 1985 Tableau 4 Procédés de pyrolyse des pneus usés.1 Opération supposée 24 heures par jour, 300 jours/année 2 Unité prévue dans le futur 3 Unité fermée récemment à la suite d'un feu Procédés Localisation Capacité en tonnes de pneus par jour Références Carbon Oïl & Gaz Struthers, Ohio 54 16, 17 Onahama Japon 271 16 Kobe Steel Ako, Japon 24 16, 18, 19, 20, 21 Qumlynn (Rotter Process) Madisonville, Kentucky et Portland, Oregon 22\ 10912 16, 22 Intenco Houston, Texas 453, 902 16, 18.19, 23 Kima Genève, Suisse 171 24 Garb-Oil Salt Lake City, UTAH; (Cleveland, Ohio)2 14, 1022 16, 25 The Institue of Chemical Coal Processing Zabrze, Pologne 12 26 Kutrieb Chetek, Wisconsin et Perkasie, Pensylvania (5,4 à 11)1; 1112 16, 27 Hi-Platic Japon (1 à 1.8)1 28 Tyrolysis Hartlepool, Angleterre et Four Ashes, Angleterre 5,4, 10912 16, 29, 30 DRP/Umversité de Hambourg Ebenhausen, Allemagne 2,4, 242 16, 19.31 MVU Frankfurt, Allemagne (2,4 à 4,8)1; (33 à 50)2 16, 19.32 Herbold Karlsruhe.Allemagne 2,4 à 14 29, 33 ERRG Portland, Oregon et Osaka, Japon 2,7; (22 à 45)2 2, 16, 18.19, 34 Institut français de pétrole France 0,9 16, 35 Université de Sherbrooke, Pétro Sun Inc Sherbrooke, Québec; (Longueuil, Québec)2 laboratoire; 242 13 Mill Energy/Hydrofuels Inc.Lawrenceburg, Tennessee laboratoire (1984) 36 University of Tennessee Knoxville, Tennessee laboratoire (1978) 29, 37 Université de Ber- lin/lnstitute for Technical Pollution Control Berlin, Allemagne laboratoire (1979) 38 29 I mg«nieur mars avril 198b tation partielle en pneus entiers ou déchiquetés Cependant la combustion des pneumatiques, déchiquetés ou entiers, dans des fours spécialement conçus pour ceux-ci est généralement considérée comme peu économique dans l'état actuel de la technologie.D'intenses recherches effectuées à différents niveaux visent la transformation des vieux caoutchoucs en combustibles et en produits chimiques.Danscette catégorie les procédés de pyrolyse, dont I objectif est de produire du carbone et des huiles, sont le plus souvent représentés.Quelques unités de pyrolyse opèrent déjà à l'échelle industrielle aux États-Unis et au Japon Quelle que soit la méthode de valorisation considérée, l'approvisionnement en pneus comme matière première du procédé devra être assuré.La consignation des pneus, sur le modèle des bouteilles en verre de boisson gazeuse ou, prochainement, des canettes en aluminium, pourrait être une solution permettant un meilleur contrôle des stocks de pneus usés.Cette approche inciterait également le consommateur au recyclage des vieux pneus avec pour conséquence une réduction des dépôts sauvages.* L'étude de SNC Inc .a établi à 5 millions le nombre de pneus usés rejetés pour l'année 1980(1 ) Une évaluation récente du MICT a toutefois estimé à 4 millions d'unités le nombre de pneus rejetés en 1982 Cette baisse serait attribuable à des déplacements en automobiles moins fréquents causés par la dépression économique et les coûts plus élevés de l'essence, ainsi que la meilleure qualité des pneus REMERCIEMENTS Cette étude a été rendue possible grâce à l'appui financier du Ministère de la Science et de la Technologie, Gouvernement du Québec, qui a octroyé une subvention de «soutien à des activités de diffusion de la culture scientifique et technologique par des organismes à but lucratif», dont a bénéficié Madame Pauline Rivard.Références 1 ANONYME Etude sur l'utilisation des pneu manques usagés comme source d'énergie Rapport final préparé par SNC Inc pour le Ministère de lÉnergie et des Ressources et le Ministère de lEnvironnement, Gouver nement du Québec Montréal, Québec, 31 mars 1983 2 DEESE, P L , HUDSON.J F INNES R C and FUNKHOUSER.D Options for resource reco very and disposal of scrap tires N TIS 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Institute Research Labaratones Science Information Services Department Rockville.Maryland Contract No DAA3 75C 0031 1975 16 DODDS.J .DOMENICO W F .EVANS.D R , FISH.L W .LASSAHN.P L and TOTH.W J Scrap tires A resource and technology eva luation of tire pyrolysis and other selected alternate technologies N T I S Report No EGG-2241 Prepared by EG & G Idaho Inc Idaho Falls.Idaho.November 1983 17 ANONYME Tire recycling venture opens Ohio pyrolysis plant Rubber & Plastics News March 14.1983.p 57 18 BERRY.R L Tire pyrolysis rolls on despite economic doubts Chemical Engineering 86.(28).pp 30 32 (1979) 19 CYPRES.R etBETTENS, B Traitementpyro lytique des déchets de caoutchouc Annales des Mmes de Belgique (10).pp 873 980 (1981 ).20 KAWAKAMI, S .INOUE.K .TANAKA.H and SAKAI.T Pyrolysis process for scrap tires ACS Symposium Senes 130 pp 557 572 (1980) 21 MURAT.M .Valorisation des déchets et des sous produits industriels Masson.Paris 1981.pp 121 124 22 DAVID.P and CUNNINGHAM.P E Rotter pilot gasification plant process evaluation Prepared by Applied Progressive Technology Madisonville, Kentucky Report No 1131-000 October 11.1981 23 ANONYME The Intenco Pyroblack Process Feuillet publicitaire imprimé pour Intenco Inc Houston.Texas 24 ANONYME Installation de pyrolyse de pneus usés Rapport préparé par Kima Genève.Suisse 25 FERGUSON.G Process can convert tires into oil.charcoal Deseret News November 19 20.1980.p 8G 26 ZIELINSKI.H , ZBRANIBORSKI, 0 and KACZMARZYK, G Pyrolysis of worn auto mobile tires Pol Tech Rev (12), pp 15-17 (1979) 27 ANONYME Oil & gaz from old tires, an exci ting opportunity for profit Feuillet publia taire imprimé pour Kutrieb Corporation Che tek.Wisconsin 28 ANONYME -Hiplatic waste recycling plant» Toyo North America Corp Rapport disponible chez Macpartex Inc Pierrefonds.Québec 29 JONES.J L .PHILLIPS R C .TAKAOKA.S and LEWIS.F M Pyrolysis, thermalgasifica tion and liquefaction of solid wastes and residues Proc of Natl Waste Process Conf.8th Energy Conserv 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FRASER, K .Mill Energy, Lawrenceburg, Tennessee Communication privée Novem bre 1983 37 ANONYME Scrap tires pyrolysed in molten salts Chemical and Engineering News May.pp 26 28 (1976) 38 MÛNNIG.A Results of the pyrolysis of diffe rent waste products in an continuously ope rated horizontal laboratory reactor Un chapi tre dans le libre Recycling Berlin 79 Volume 1 Edited by Karl J Thomé-Kozmiensky E Freitag Verlag fur Umwelltechnik.Berlin 1979 30 abstract# New Technologies and future society by Roger A Blais 3 The new technologies offer enormous possibilities because of their cascading effects on numerous industrial sectors They open new horizons, particularly in the information and communications fields Their rapid mutation gives rise to spectacular increases in performance, both in manufacturing processes and products However, they are also cause for grave concern, especially with regard to reduction in jobs Lack of adaptation to and mismanagement of the new technologies may lead to severe unemployment The mam problem nowadays is that the rate of social innovation is grossly inadequate compared to the rate of technological innovation New mechanisms and new forms of social organization are needed to better balance the supply and demand in new technologies and support the social changes that must accompany technological and economic change The Global Positionning System (G.P.S.) by Richard Moreau 9 The Global Positionning System (GPS) is a spatial navigation system which uses the new NAVSTAR satellites GPS will be complete about 1987/88, its present status being experimental with only a fraction of its future potentiel This paper describes an experiment and some analyses conducted in order to demonstrate the geodetic and other possibilities of GPS under conditions prevalent in Quebec.It is in fact concluded that the observation of GPS signals by means of the MACROMETER instrument is a serious competitor, accuracy-wise, to most traditional methods for determining distances, orientations and height differences Also, examples of cost-effective applications are suggested for the immediate and for the future in the area of engineering and geodynamics.Engineering projects: impact on the agricultural environment by Denis Ferland 1 2 This article describes the role of the agricultural engineer in the protection of the environment in engineering works such as highways, railways and transmission lines.He has to be involved at the design, drawing preparation and construction stages and proposes adequate alternatives if the environment is perturbated Knowledge Engineering by Bernard Moulin 1 9 Knowledge is a "high-tech” discipline, which appeared during the seventies in the field of Artici-cial Intelligence It deals with the applications of artificial intelligence techniques for the development of "intelligent programs" called expert systems.These systems manipulate information (facts) as well as knowledge (rules), thanks to symbolic processing capabilities.We present here some reflections about the notion of knowledge, the principal characteristics of expert systems and typical applications of knowledge engineering.Various possibilities of recovering and recycling used tires by Pauline Rivard, Christian Roy, and Avila Vendette 25 The disposal of used tires is a major environmental concern Both researchers and industrialists have tackled this problem over the last years.Several solutions are now technically possible.The objective of this paper is to study the various possibilities of recovering and recycling this solid waste.Air Canada C2 Atlas Turner C4 Yvon Dagenais & Associes C3 Digital Equipment 16 17 Dufresne, Farley & Assoc C3 J A Faguy & Fils Ltee 6 Jenkins Canada Inc 13 Lalonde, Girouard, Letendre 7 La Rapière 7 Lavalm me 15 Les Lab Industriels et Comm 7 Lupien, Rosenberg Journeaux C3 Marlin Detroit Diesel 8 Mon ter val inc 7 Quéformat Ltée 15 Radio Shack 18 St Amour et assoc 8 SIAL C3 Texel inc 2 Hydro C3 31 I mgenieur mars avnM 98b IVe Conférence canadienne Multidisciplinaire sur la sécurité routière La IVe Conférence Canadienne Multidisciplinaire sur la Sécurité Routière se tiendra à Montréal, Qué , du 26 au 28 mai 1985, à l'Hôtel Régence Hyatt.Cette conférence scientifique annuelle traitera des sujets suivants: - véhicules - environnement - humain, incluant l'alcool et les drogues - reconstruction de collisions - génération des blessures - analyse des blessures Pour inscription ou renseignements, s'adresser à : Équipe de Sécurité Routière, École Polytechnique de Montréal.Département de Génie Mécanique C P 6079 — Succursale A, Montréal Québec — Canada, H3C 3A7 (514)340-4669, (514)340-4769 Entente de collaboration Une entente-cadre de collaboration est intervenue entre le Centre d'études sur le bâtiment (CEB)de l'Université Concordia, et la direction Innovation et le Transfert Technologique de Gaz Métropolitain Inc.Cette entente est de l'ordre de 550,000 $ —échelonnés sur cinq ans — pour la réalisation de divers projets conjoints Selon l'entente, le CEB s'engage à obtenir des gouvernements des subventions équivalentes aux fonds accordés par Gaz Métropolitain, totalisant une enveloppe globale de plus d'un million de dollars Le CEB et Gaz Métropolitain s'entendent à mettre leurs efforts, leur expertise ainsi que certaines installations d'essais et de recherche en commun afin de contribuer à l'avancement des techniques et technologies gazières d'avant-garde reliées à l'industrie du bâtiment de nature résidentielle et commerciale Les deux partis ont convenu de mettre sur pied, en collaboration, un laboratoire d'essais pour fins de démonstration et de développement d'équipement relié à I utilisation du gaz naturel dans les bâtiments, d'offrir des bourses de maîtrise (subventionnées par Gaz Métropolitain) afin de favoriser la réalisation de projets de recherche orientés vers le développement de technologies gazières appliquées au bâtiment; d'utiliser, lorsque cela est possible et souhaitable, l'expertise et les laboratoires du CEB dans le but d'entreprendre des projets innovateurs et d'accorder au CEB des subventions pour la réalisation de projets spécifiques de recherche.Le premier projet conjoint sera une étude comparée des différents systèmes de chauffage sur le confort des usagers.Par la suite, les deux partis se pencheront sur d'autres projets telsque l’analyse comparée de la performance des équipements et des systèmes au gaz vs les équipements et systèmes électriques, lechauffage intermittent; ainsi que le développement de logiciels d'économie d'énergie pour les bâtiments existants ( Pour de plus amples renseignements, appeler M R Guité, au (514) 879-8571) Colloque '85 AQQ/ASQC Cette année, le 1 2e colloque annuel de l'AQQ/ASQC section du Québec, aura lieu le 4 juin prochain au Régence Hyatt à Montréal La structure de la journée a été révisée et lecomité d'organisation est à finaliser le programme de la journée qui promet d'être très intéressant Le tout se déroulera sous la bannière « Rentabilité par la qualité ».Plusieurs personnalités bien connues sont attendues, entre autres, M Raymond Royer, Vice-Président chez Bombardier, lancera les débats de la journée ce qui ne manquera pas d'intéresser les auditeurs Tous ceux qui ont à cœur la promotion et le développement des principes de la gestion de la qualité chez les manufacturiers québécois ne manqueront certainement pas d'assister à cette importante rencontre Les coûts pour participer à la journée complète sont encore cette année, minimes Ils sont de 80$ pour les membres et de 110$ pour les non-membres(incluant la carte de membre ’85-'86 si désirée).Le comité d'organisation invite donc tous les membres à profiter pleinement de cette activité plusque spéciale, età assurer leur participation en communiquant dès maintenant avec le secrétariat permanent de l'Association Québécoise de la qualité Le Président du colloque '85 André Blain 32 dufresne farley et associés ingénieurs-conseils Chauffage — Plomberie — Climatisation Réfrigération — Electricité — Expertises — Etudes énergétiques 200 ouest, rue Sauve Montreal.H3L 1Y9 Tel 384-0440 ® (514)683-4215 Etudes Geophysiques Hydrogeologie Vibration & Seismisite 2225 Chemin Saint-François.Dorval Quebec.Canada H9P 1K3 Compagnie Internationale de Géophysique Inc.• Télex GTS HTD MTL • 05-821643 Géologie & Géochimie Exploration Minière Environnement • Investigations sur le terrain sondages et essais • Mécanique des sols et des roches pieux caissons radiers semelles parois mouiees tunnels • Design d ouvrages en terre digues barrages remblais • Photogeologie recherche de matériaux d emprunt etudes de traces choix de sites d amenagement • Investigations de déficiences • Instrumentation • Environnement physique etudes d impact • Contrôle des matériaux et procedures de construction • Essais en laboratoire 960.24e Avenue, La ch.ne, Québec.HSS 3*7 Tél.: (514) 637-3746 lj| YVON DAGENAIS & ASSOCIÉS INC ¦B ÉVALUATEURS CONSEILS ÉVALUATION FONCIÈRE EXPROPRIATION ASSURANCES FINANCEMENT FISCALITÉ EXPERTISE IMMOBILIÈRE 1400 ouest, rue Sauvé, suite 216 Montréal.Québec H4N 1C5 332-4161 Institut de Recherche d’Hydro-Québec Bureau d'emploi Case postale 1000 Varennes, Québec J0L-2P0 CHEF DE LABORATOIRE LABORATOIRE DE TECHNOLOGIES ÉLEC-TROCHIMIQUES (LTE) DE L’INSTITUT DE RECHERCHE D’HYDRO-QUÉBEC (IREQ) SHAWINIGAN, QUÉBEC Concours: IR-85 001 Le laboratoire Dans le but de favoriser les applications industrielles et commerciales de l'électricité dans l'industrie chimique.Hydro-Québec a décidé de créer à Shawinigan.en Mauricie.un laboratoire de technologies électrochimiques (LTE).Le laboratoire aura pour mission la démonstration et la mise au point, à l’échelle industrielle, de technologies électrochimiques développées par son Service de recherche de l'IREQ à Varennes.De plus, il sera ouvert aux entreprises et aux organismes pour vérifier des concepts ou des procédés industriels nouveaux mis au point dans leurs laboratoires.Le LTE servira à réaliser des travaux dans les domaines de la production et de l’utilisation de l'hydrogène, dans le développement d'accumulateurs ainsi que dans la mise au point de procédés d'électrométallurgie et d'électrosynthèse.Le personnel comptera 50 personnes dont 30 ingénieurs et techniciens.Sa construction débutera à l'été de 1985 et il ouvrira ses portes en septembre 1986.Domaine d'activités — Électrochimie appliquée — Génie électrochimique et électrométallurgique.Le poste Le chef de laboratoire sera le responsable IREQ durant la construction du LTE et verra à établir la planification, l'organisation et la mise en oeuvre de la programmation technique du LTE.Il verra à établir et maintenir des liens avec les milieux industriels, universitaires et institutionnels de recherche et de développement.Qualifications Posséder une formation en électrochimie appliquée avec, de préférence, un Ph D.et/ou une expérience équivalente et être membre de l'OIQ ou de l'OCQ.De plus, le candidat devra avoir à son crédit une expertise éprouvée dans le domaine de l'électrochimie industrielle.Il devra posséder une connaissance du milieu industriel nord-américain dans le domaine de l'électrochimie, ainsi qu'une connaissance du français et de l'anglais.Il devra aussi avoir démontré ses capacités en gestion de ressources humaines.matérielles et financières.Lieu de travail IREQ à Varennes en 1985-86 et à Shawinigan par la suite.N.B.: Les candidats intéressés sont priés de nous faire parvenir le plus tôt possible un curriculum vitae en prenant soin d'y inscrire leur numéro d’assurance sociale et le numéro du concours.Yvon Da gêna is B A , B Sc A ING .E A / Plus solide, plus durable, résistant à la corrosion Nouvelle technique de fabrication Le nouveau Coriace d’Atlas n’est fabriqué qu'avec de la fibre d’amiante chrysotile.scellée dans un mélange de ciment Portland et de silice.Ce mélange unique est spécialement moulé, séché, mûri, passé à l’autoclave, puis usiné à des dimensions très précises II en résulte un tuyau plus solide, plus durable, utilisé pour égouts, applications résidentielles, commerciales ou industrielles, et aqueducs.Plus de 30 000 km en utilisation Le tuyau Coriace d’Atlas résiste à la rouille, à la corrosion, à la pression, aux flexions, aux températures basses et élevées C est pourquoi.30 000 km de tuyaux Atlas sont actuellement utilisés d’un océan à l’autre et.dans bien des cas, depuis plus de 40 ans.Satisfait à toutes les normes Le tuyau Atlas est vendu partout dans le monde II satisfait à toutes les normes exigées, y compris celles de l’AWWA, de l’ACNOR.de l'ASTM.de l’ULC, et se conforme aux spécifications des gouvernements du Québec et du Canada II est possible de le couper, de le fileter ou de l’usiner sur place, peu importe le temps qu’il fait On peut se le procurer rapidement partout au Canada et en Nouvellè- Angleterre Téléphonez ou écrivez-nous pour tout autre renseignement technique Tuyau Atlas 5600 HOCHELAGA MONTRÉAL.QUÉBEC H1N1W1 (514)259-2531 TÉLEX: 05-828769 Une Division de ATLAS TURNER INC -
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