Argus, 1 janvier 1974, Novembre - Décembre
[" A3GU) COR P O R A T IO N DES BIBLIOTHECAIRES PROFESSIONNELS DU QUEBEC COR PORATION OF PROFESSIONAL LIBRARIANS OF QUEBEC V ol.3, no 6 novembre/décembre If'74 COMITE DU BULLETIN: Onil Dupuis Michelle Bachand-Dourte Florian Dubois Françoise .lobin-Brûlé GRAPHISTE: .lean-Marc Lachafne DEPOT LEGAL: Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du C anada Abonnements: $6.00 ($ 1.50/numéro) 360, rue Le Moyne Montréal H2Y 1Y3 Tél.: (514) 845-3327 70 L'Ste des tâches professlonnelIes du bibl lothéca i r« 74 l n projet d\u2019échanges problématique 77 Une mission en France portant sur l'informatique documenta i re 80 Le perfectionnement professionnel commentaires sur une première expérience, motifs, objectifs et responsabi 11té partagée 82 Des bibliothécaires québécois face à l'animation dans les bibliothèques de France 85\tNouvelles admissions 86\tIndex La direction laisse aux auteurs l\u2019entière responsabilité de leurs textes Liste des tâches professionnelles du bibliothécaire Présentation Cette liste de tâches a pour but d\u2019aider employeurs et employés à identifier le travail typiquement professionnel du bibliothécaire oeuvrant dans les bibliothèques, centres de documentation, audiovidéothèques, cinémathèques et services apparentés.Nous avons, pour fins de commodité et sans vouloir imposer une expression particulière, utilisé \"Centre de ressources documentaires\" lors de l'énumération des tâches.Le regroupement a été effectué selon quatre fonctions principales ou zones théoriques de travail.La liste n\u2019est modelée sur aucun organigramme et ne fait référence à aucun genre de bibliothèque, petite ou grande.Son plan demeure donc en principe arbitraire et général.Précisons qu'il s'agit de tâches normalement confiées à des bibliothécaires professionnels et non de toutes les tâches que tout bibliothécaire professionnel doit ou peut accomplir.Le mandat du comité se limitait à une identification de ces tâches.Dans leur formulation, nous avons du donc nous en tenir à des expressions assez génériques sans préciser le \"comment\" (e.g.dans la section IV, nous aurions pu expliciter le numéro 1 en mentionnant entre autres les cours d\u2019initiation).Si la Corporation le juge à propos, elle pourra dans une é-tape ultérieure établir une liste qui ira dans les détails.Il n\u2019est pas question ici du bibliothécaire-consultant car ce dernier peut exercer sa fonction dans 70 l'un ou l'autre des quatre secteurs.Par ailleurs, nous n'ignorons pas que des situations particulières peuvent donner lieu à des exceptions en raison des aptitudes spéciales de certaines personnes ou le plus souvent, à cause de la dimension réduite du personnel.Cependant, l'exception confirme la règle.Bien que cette liste soit officiellement acceptée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, elle n'en est pas pour autant définitive.Elle est sujette à révision, la profession évoluant comme toutes les autres au sein d'une société elle-même en muta- tl0n\u2018\t26 octobre 1974 A list of professional tasks is being translated into En-[ glish and will appear in a later edition of Argus.TACHES DU BIBLIOTHECAIRE PROFESSIONNEL I - ADMINISTRATION Planification 1.\tFormuler les buts et les objectifs du Centre de ressources documentaires.2.\tInventorier et analyser les besoins du milieu.3.\tElaborer le programme du Centre et de chacun de ses services.4.\tPromouvoir le programme auprès des autorités.Fonctionnement 5.\tDéterminer les moyens nécessaires pour la mise en application de ces programmes 6.\tDéterminer les procédures à suivre dans chacun des services et tenir à jour le manuel des tâches. 7.\tImplanter et appliquer des méthodes d\u2019évaluation du ('entre de ressources documentaires.8.\tDéterminer les statistiques à recueillir dans les différents services du Centre de ressources documentaires.9.\tEtudier et superviser l'implantation de services décentralisés.Budget 10.\tPréparer et justifier le budget.11.\tAutoriser les dépenses.Personnel 12.\tInterpréter et appliquer les politiques de gestion du personnel en usage au sein de l\u2019organisme.13.\tEtablir les descriptions de fonctions.14.\tParticiper au recrutement et à l\u2019entraînement du personnel.15.\tSuperviser le travail.16.\tParticiper à l'évaluation, à l'orientation et au perfectionnement du personnel.17.\tParticiper aux activités qui ont pour but le développement de la profession.Aménagement 18.\tPlanifier le développement, l\u2019aménagement et l\u2019utilisation des locaux du Centre de ressources documentaires.19.\tDéterminer les besoins en équipement et en matériel.20.\tEtablir les conditions et les modalités de conservation des ressources documentaires.Relations extérieures 21.\tEntretenir des liens étroits avec d'autres Centres de ressources documentaires.22.\tRédiger le rapport annuel.23.\tElaborer et appliquer un programme de relations publiques et de publicité.II - DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES 1)0(1-M ENTA IR ES A) Choix des ressources documentaires 1.\tFormuler les politiques de choix.2.\tRépartir le budget d'achat selon les départements, les sujets et les catégories de documents.3.\tEffectuer le choix des ressources documentaires en collaboration avec les personnes concernées.4.\tEtablir les politiques d'élagage et de microreproduction.B) Acquisition des ressources documentaires 1.\tEtablir les procédures d'acquisition et en superviser l'application.2.\tIdentifier les sources d'approvisionnement.3.\tNégocier avec les éditeurs, libraires et fournisseurs.4.\tApprouver les commandes et contrôler l'état des dépenses de chaque secteur du budget 71 Ill - CATALOGAGE ET CLASSIFICATION 1.\tEtablir les politiques et procédures de catalogage, de classification et d'indexation.2.\tDévelopper et contrôler un plan de classification, un répertoire de vedettes-matières ou de descripteurs.3.\tOrganiser et superviser le catalogage*.4.\tRésoudre les problèmes de description bibliographique (vedettes principales, livres anciens, publications gouvernementales, etc.).5.\tClassifier et indexer par sujets les ressources documentaires.6.\tEditer des catalogues, bibliographies, etc.7.\tEtablir ou adapter les règles de classement de fiches.IV - SERVICES PUBLICS 1.\tFaire connaître aux utilisateurs la variété des ressources et des services mis à leur disposition.2.\tRédiger des recensions ou résumés de documents.* Le catalogage consiste \"à décrire les livres ou autres documents d'une bibliothèque, à consigner ces données sur un support et à les intégrer dans un catalogue\".(1) (1) Vocabulaire technique de la bibliothéconomie et de la bibliographie, p.53.72 * 3.\tFournir des renseignements en réponse aux demandes des utilisateurs.4.\tDresser des bibliographies et tenir à jour\t* des dossiers bibliographiques.5.\tTransmettre régulièrement à certains utilisateurs les références ou documents pertinents à leurs études.6.\tAssister des individus ou des groupes dans leurs recherches documentaires.7.\tAider les lecteurs à identifier leurs besoins.8.\tOrganiser et superviser la circulation des ressources documentaires.MEMBRES DU COMITE Robert Cardinal, prés.Gilles Chaput Florian Dubois Denys Munger Jean-Luc Roy Centrale des Bibliothèques Université du Québec (Québec) Collège de Maisonneuve Ministère des Richesses naturelles C.A.D.R.E.LISTE DES CONSULTANTS Allard, Gabriel Auger, Maurice Bonin, Claudette M.Collège de Maisonneuve Université du Québec (Trois-Rivières) Commission des écoles catholiques de Verdun Boucher, Camille Cartier, Georges Chalifoux, J can-Pierre Chénier, André Côté, Claire Courrier, Yves Deschènes, Hughette Desroches, Jean-Guy Forget, Louis J.S.Gagné, Guy Huvelin, France L.Laurendeau, Gisèle Lavergne, Rodolphe Commission scolaire régionale Louis-Fréchette Ecole de Bibliothéconomie de l\u2019Université de Montréal Ecole de Bibliothéconomie de l'Université de Montréal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque publique de Pointe-Claire Ecole de Bibliothéconomie de l'Université de Montréal Bibliothèque publique de Saint- Léonard Ministère des Affaires culturelles Bibliothèque nationale du Canada Collège régional Bourg-chemin Bibliothèque publique de Saint-Léonard Bibliothèque publique de Saint-Léonard Graduate School of Library Science, Me Gill University Lavoie, Monique Lépine, Pierre Léveillé, Iean-Bernard Lévesque, Lucien Michaud, Trefflé Papillon, Yvon Paradis, André Pintal, Angèle Reicher, Daniel Riendeau, Claude Robert, Michel Rolland-Thomas, Paule Scantland, Jean-Marie Szpakowska, Janina-Klara Tees, Miriam H.Collège Dawson Bibliothèque nationale du Québec Ministère de l\u2019Education CEGEP de Rimouski Université de Sherbrooke Polyvalente du Cap, Trois-Rivières Bibliothèque municipale de Québec Bibliothèque publique de Ville de Laval Ecole de Bibliothéconomie de l'Université de Montréal C EG EP de Saint-Jérome Collège Saint-1 ean-sur-Richelieu Ecole de Bibliothéconomie de l'Université de Montréal Université Laval Ecole de Bibliothéconomie de l\u2019Université de Montréal Banque Royale du Canada 73 Un projet d\u2019échanges problématique Jacques PANNETON Conservateur Bibliothèque de la Ville de Montréal En septembre dernier, j'ai eu le plaisir d\u2019effectuer en compagnie du directeur des bibliothèques publiques du Québec, monsieur Gérard Martin, une mission explorative pour le compte de la Commission permanente de la Coopération franco-québécoise.Il s\u2019agissait de l\u2019une des deux missions québécoises retenues dans te domaine des bibliothèques publiques.le crois intéressant de livrer ces quelques réflexions qui illustreront les difficultés de maintenir un contact mutuellement favorable, en principe, aux bibliothèques publiques françaises et québécoises, la moindre de ces 74 difficultés n\u2019étant pas la qualité extrêmement variable des éléments constituant le réseau français: la Direction des bibliothèques et de la lecture publique manque de souplesse et l\u2019on acquiert la conviction, en discutant avec les bibliothécaires français, qu\u2019elle porte un éteignoir de forte taille.OBJECTIF ET INTERET DE LA MISSION C\u2019était un objectif intéressant que de susciter et planifier sur un programme de trois ans des échanges de bibliothécaires stagiaires dans les bibliothèques publiques, les moyens utilisés variant depuis les questionnaires-sondages envoyés à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, à l\u2019Ecole Nationale supérieure des Bibliothèques et à quelque soixante-quinze bibliothèques françaises et québécoises jusqu'aux rencontres avec les correspondants qui ont marqué de l'intérêt pour ces échanges ou ces stages.Si l\u2019on excepte les bibliothèques centrales de prêt qui assument dans les deux pays une vocation évidente, et celle-là seule, de lecture publique, il est vrai que l\u2019histoire a placé les bibliothèques publiques françaises dans une situation très différente des nôtres.La vocation de conservation des bibliothèques municipales classées est inscrite dans les faits et inaliénable.Elle est source d\u2019immobilisme dans la mesure où la modestie relative des argents disponibles force chacune d\u2019elle à sacrifier la lecture publique à l\u2019inévitable conservation.Et malgré les protestations d'honnêteté intellectuelle, je crois que la double responsabilité de conservateur de la Bibliothèque Nationale et de directeur des bibliothèques et de la lecture publique est contradictoire.L\u2019on sait bien d\u2019autre part que les bibliothèques publiques du Québec ont peu d\u2019histoire et que la vocation de conservation leur est peu de choses.Les points de contact, au niveau des institutions, sont donc assez lâches, si l\u2019on excepte quelques remarquables exemples de marginalité française.Il en va tout autrement au niveau des bibliothécaires.Les québécois vivent l\u2019expérience extra-ordinaire pour des français de penser et parler français en Amérique, de participer à des problèmes français de diffusion de la documentation, dans un environnement de gestion et de technique nord-américain, et qu\u2019ils nous envient.Les français quant à eux, du moins plusieurs d'entre eux, ont vécu un certain nombre d'expériences.développé un certain nombre de techniques d'animation originales.Ils ont également cultivé cette vertu de faire le plus avec le moins, lorsqu'ils ont choisi de \"faire\", qui devrait nous valoir parfois une bonne dose d'humilité.Notre richesse de moyens, relativement à la France, et notre goût pour la bonne technique nous ont peut-être détourné du même effort.De bibliothèque à bibliothécaire et de bibliothécaire à bibliothécaire, les motifs d\u2019échanges sont donc nombreux et variés, même si les institutions ont le plus souvent peu à s'offrir.LES REACTIONS FRANÇAISES Selon que l'on soit à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, à l\u2019Ecole Nationale supérieure des Bibliothèques ou sur le champs de manoeuvre, les réactions vont de la prudence étouffée à l'enthousiasme sceptique, en passant par une expectative prudente.Les bibliothécaires qui nous ont fourni les vues les plus intéressantes sur ce projet d'échanges sont ceux de la \"quotidienneté\".Je précise à l'instant que nous avons rencontré des bibliothécaires attachés aux institutions suivantes, dans l\u2019ordre chronologique: La Joie par les livres (Clamart), La Bibliothèque Braille (Paris), la bibliothèque municipale de Chalons-sur-Marne, la Bibliothèque Centrale de Prêt du Bas-Rhin (Strasbourg), la bibliothèque municipale de Strasbourg, la bibliothèque municipale de Colmar, la Bibliothèque Centrale de Prêt de Doubs (Besançon), la bibliothèque municipale de Besançon, la bibliothèque municipale de Lyon-La Part Dieu, la Bibliothèque Centrale de Prêt de Buy-de-Dôme (Clermont-Ferrand), la Bibliothèque Centrale de Prêt de la Corrèze (Tulle), la bibliothèque municipale de Bordeaux, la bibliothèque municipale de Montpellier, la Bibliothèque Centrale de Prêt de L'Hérault (Montpellier) et la Bibliothèque Centrale de Prêt des Alpes Maritimes (Nice).L'intérêt à recevoir des stagiaires québécois est évident, mais les motivations les divisent en deux groupes, sensiblement égaux.Le premier est formé de ceux qui savent pertinemment, en proportion directe de leur ouverture sur l\u2019actualité bibliothéconomique, qu'ils ont peu à offrir mais qui accueilleraient avec empressement une expertise nord-américaine appliquée à leurs problèmes.C'est là un défi intéressant pour les éventuels \"messies\", car la bibliothèque municipale de Colmar pour une, que l\u2019on peut classer dans ce groupe, reçoit régulièrement des bibliothécaires allemands et suédois.Le second est formé de ceux qui savent tout aussi pertinemment qu\u2019ils ont à faire partager des expériences enrichissantes aux stagiaires.Je signalerai, de ce groupe, la B.C.P.de L\u2019Hérault, qui réalise pour les adultes des séances animées de lecture, et la Joie par les livres.Dans ce dernier cas, l'intérêt est tel qu'il a été considéré de faire bénéficier un de nos bibliothécaires d\u2019expérience, pour une période de six (6) mois, d'une bourse de la Fondation Echanges et Bibliothèques, peu importe de ce qui arriverait du programme dont notre mission explorait le futur.La situation est moins aisée lorsqu\u2019il s\u2019agit de venir au Québec; non nas que l'intérêt disparaisse, mais plutôt que l'on fasse écho (à son corps défendant) à la pénurie de mains d'oeuvre, motif qu'aura soulevé la Direction des bibliothèques et la lecture publique.Pour la moitié de ces bibliothèques, le désir est suffisamment aiguisé pour que l'on envisage une moyenne de deux mois de séjour dans une bibliothèque.Pour l\u2019autre demie, la soif est tempérée par les contraintes (Tantale se résigne) et un programme de visites de deux ou trois semaines, du genre organisé par l'Office Franco-québécois pour la jeunesse, semble mieux convenir.Nous avons trouvé l\u2019Ecole Nationale Supérieure des Bibliothèques assise entre deux chaises.Au sens propre, elle déménageait de Paris à Lvon: nous avons donc 75 commencé l\u2019entrevue à Paris le 9 septembre pour la terminer à Lyon le 19 suivant.Au sens figuré, elle en profite pour s\u2019examiner et tenter de se redéfinir.Sur cette question qu\u2019il me suffise de vous renvoyer à Argus, vol.3 no 5.* Le principe de tels échanges et leur intérêt semblent les avoir accrochés au point où l\u2019on peut espérer que l\u2019E.N.S.B.cherchera à influer sur l\u2019attitude de la Direction des bibliothèques et de la lecture publique.Elle envisage en tout cas pour elle-même la possibilité d\u2019expédier au Québec chaque année un ou deux étudiants pour qu'ils y effectuent dans l'une de nos bibliothèques le stage réglementaire de perfectionnement et de spécialisation de septembre et octobre.C\u2019est bien à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique que le bât blesse.Nous avons d\u2019ailleurs constaté un mécontentement très évident de la part de tous les bibliothécaires rencontrés qui se sentent plus ou moins paralysés et tout-à-fait isolés.On récriminé bien un peu contre la lourdeur de l\u2019appareil, mais ça c\u2019est la tradition et l\u2019on s'y fait.On est surtout frustré par sa surdité apparente à l'égard des doléances de la profession.Contrairement aux réactions individuelles, celles de la Direction ne nous ont pas paru indiquer une conviction bien solide de l\u2019utilité d\u2019échanger des professionnels avec l'extérieur.Au nom d\u2019une faiblesse évidente d\u2019effectifs (mais lorsqu\u2019on croit à certaines idées tout est relatif par rapport à elles) elle a ramené à priori les possibilités de libération de bibliothécaires aux fins du programme à un maximum de cinq (5) par an, préférablement trois (3), dont un ou deux étudiants de l'E.N.S.B., et pour quelques semaines le plus souvent.Si l'on extrapole pour l'ensemble des bibliothèques françaises consultées les réactions de celles qui ont été visitées, cela répondra dans le meilleur cas au tiers des demandes et dans le pire au septième.On ne soulève d\u2019autre part aucune difficulté contre le séjour de bibliothécaires québécois dans leurs bibliothèques.Devant cette attitude, nous devrions peut-être reviser nos préjugés et nous demander si la France n\u2019a pas le meilleur réseau de bibliothèques publiques qui soit.76 UN CHAMPS DE COOPERATION FRANCO-QUEBECOISE EN QUESTION Il me semble subsister une ambiguïté fondamentale dans les rapports de coopération France-Québec: la parenté culturelle entretient des illusions de communications.Si la France navigue en pointe dans plusieurs domaines, elle possède également des faiblesses sérieuses (notamment dans celui des bibliothèques publiques).Or elle se départit difficilement de ses grands airs de mère-patrie quel que soit le lieu d'échange.Quant à lui, le Québec se veut tellement bien identifié à l\u2019égard d\u2019Ottawa qu\u2019il quête peut-être au-delà de la décence, à certains moments.Cette complicité d\u2019intérêt est parfois très agréable, d\u2019autant plus qu\u2019il est plus confortable et facile d\u2019envoyer \u2019 massivement\" des bibliothécaires québécois en France qu\u2019au Danemark ou en Suède.Les stages de l'Office Franco-québécois pour la .Jeunesse se déroulent donc très bien, mais ils se terminent sur un seuil impossible à franchir, dans les bibliothèques publiques en tout cas.Cette mission m'a convaincu, et pourtant j'y avais cru un instant, de la vanité d'efforts plus avancés dans ce domaine.Oserais-je suggérer au gouvernement québécois de se doter de politiques de coopération qui s'articulent avec des besoins identifiés et non pas d'une politique de coopération qui s'oriente vers des interlo-cuteurs-que-l'on-verra-bien-ensuite-de-quoi on- peut-parler-avec.Non, car je crains que ma pensée ne dépasse mes propos.En tout cas, ce problème dépasse mon propos.1.Françoise .Tobin-Brûlé, La Formation profession-nelle en France, C .B .P.Q., (septembre-octobre 1974), p.62. Une mission en France por tant sur l\u2019informatique documentaire Jean-M.Bernard LEVEILLE Responsable des bibliothèques de l'enseignement collégial Ministère de l'Education Deux bibliothécaires du Québec, MM.C.Gabriel Allard, Directeur de la bibliothèque du Collège de Maisonneuve, et Jean-M.Bernard Léveillé, alors Coordonnateur du projet CIDBEQ, ont participé à une mission en France du 17 au 28 juin 1974.Une telle mission ne figurait pas au programme pour l\u2019année 1973-1974, mais suite à une demande de la France, le Service de coopération avec l\u2019extérieur au ministère de l'Education a entrepris les démarches qui ont abouti à la concrétisation du projet.Les missions s\u2019échelonnent habituellement sur une période de trois semaines et trois personnes y participent.Dans notre cas, la mission a duré deux semaines et seulement deux personnes ont été désignées pour en faire partie.L\u2019ordre de mission en date du 13 juin 1974 précisait no- tamment que les délégués rencontreraient des équipes de recherche en automatisation avec lesquelles ils mettraient en commun une information pertinente devant permettre d'évaluer les possibilités d\u2019une coopération franco-québécoise dans ce domaine.La demande d'une mission du Québec en France a suivi de peu le stage au Québec d'un groupe de documentalistes français.Ces stagiaires étaient accompagnés de quelques fonctionnaires dont Madame Treffel, Responsable du personnel des bibliothèques et des centres de documentation au Ministère de l\u2019Education nationale.Madame Treffel a joué un rôle prépondérant dans l'élaboration et la réalisation de notre programme.Elle nous a accompagnés dans nos déplacements durant la première semaine de la mission, et elle a participé à plusieurs réunions durant la deuxième semaine.Par ailleurs, Monsieur Treffel, Inspecteur général et Conseiller auprès du Ministre de l'Education nationale, nous a accompagnés à Grenoble.Nous leur sommes reconnaissants de l'intérêt qu'ils ont manifesté pour cette mission.Leur contribution nous a permis de réaliser en un temps relativement court un programme fort chargé qui nous a permis non seulement d'aborder les questions d'informatique documentaire, mais aussi de prendre connaissance de quelques expériences pédagogiques et sociologiques.A Paris et dans la région parisienne, nous avons visité les endroits suivants: Ministère des Affaires étrangères, Ministère de l'Education nationale, Institut national de recherche et de documentation pédagogiques, Collège Romain-Rolland à Montrouge, Collège Guillau-me-Budé à Yerres, Bibliothèque de Massy, Bibliothèque d'Anthony, Bibliothèque publique d'information du Plateau Beaubourg, Bureau d'automatisation des bibliothèques, Maison des Sciences de l'Homme, Centre Franco-québécois de développement pédagogique, Délégation générale du Québec.Notre programme comprenait en outre des rencontres à Grenoble, à Toulouse, à Castres et à Bordeaux.Au retour, nous avons rédigé un rapport de trente-cinq 77 pages que nous avons remis au Directeur du Service de la coopération avec l'extérieur.I n tel rapport contient un compte rendu aussi détaillé que possible des observations qui ont pu être retenues.Les participants à une mission ont aussi le privilège d\u2019inclure dans leur rapport les recommandations qu\u2019ils jugent opportun de formuler, mais dont la mise en application ne relève plus d\u2019eux.L\u2019espace réservé au présent texte est limité.Dans ce cadre, il faut donc s\u2019en tenir à une description sommaire de la situation de l\u2019informatique documentaire en France.L\u2019informatique documentaire Les organismes ou les institutions qui travaillent au plan de l\u2019informatique ont dans certains cas une nette préoccupation pour la gestion des services (prêt, catalogage, etc ), tandis que, dans les autres cas, on s\u2019attache à pousser très loin l\u2019analyse documentaire.a) La gestion des services A la bibliothèque de Massy, le système de prêt est automatisé.Le Bulletin des bibliothèques de France, septembre 1974, doit contenir un texte décrivant ce système de façon élaborée.La bibliothèque publique de la Ville d\u2019Anthony a automatisé le prêt et le catalogage.Le traitement des données est assuré par la municipalité d\u2019Anthony qui possède un ordinateur à disques.Des catalogues imprimés sont continuellement mis à jour.La bibliothèque possède en outre un catalogue topographique.Le système mis en place à Anthonv est très simple et il nous a semblé efficace.A la bibliothèque scientifique de l'Université de Grenoble, on a commencé dès 1968-1969 la mise au point du projet MONOCLE.Le Conservateur de cette bibliothèque, Monsieur Marc Chauveinc, avait fourni beaucoup d\u2019information sur le projet MONOCLE à l\u2019oc- 78 casion de sa conférence au congrès de la FIAI! en 1973.Avec un personnel relativement peu nombreux, on est parvenu à traiter au-delà de lf),000 documents.La bibliothèque publique d\u2019information , lu Plateau Beaubourg à Paris s'est donné des objectifs très importants.Il s'agit d\u2019un projet dont l'origine remonte à 1963.En 1967, le Ministère de l'Education nationale décidait d\u2019y donner suite.En 1969, ie Président de la République proposa d'élargir le projet pour en faire un immense centre culturel destiné au grand public.A-près deux ans d\u2019études et de recherches à travers le monde, il fut décidé de retenir comme modèle la bibliothèque Queensboro de New York et de plafonner la collection à 3,000,000 de volumes.Le fonds actuel comprend 300,000 volumes qu\u2019on a commencé à mettre en mémoire au moyen de l\u2019informatique.Pour le système de gestion, on a choisi le modèle de l'American Institute of Physics.On prévoit que cette bibliothèque disposera de 1,300 places et qu\u2019elle sera en pleine exploitation entre 1980 et 1982.A ce moment-là, les chercheurs et les documentalistes pourront u-tiliser 60 écrans pour l'interrogation du catalogue.Le Bureau d'automatisation des bibliothèques a été créé par la Direction des bibliothèques et de la lecture publique.La première démarche consista à préparer un Avant-projet de schéma directeur pour l\u2019automatisation des bibliothèques , conformément à la mission que le B.A.B.avait reçue du Directeur des bibliothèques et de la lecture publique en juin 1971.Le Directeur du B.A.B., Monsieur Michel Boisset, nous a informés que son équipe (sept bibliothécaires et plus de vingt-cinq informaticiens) travaille présentement à l\u2019automatisation de la Bibliographie de la France.Le traitement des données est confié au Centre de calcul de l'Université de Grenoble.Monsieur Boisset prévoit qu'à partir de janvier 1975, la Bibliographie de la France sera complètement automatisée et on espère pouvoir traiter les ouvrages dans les quinze jours qui suivront l'arrivée au dépêt légal.Le B.A.B.est en train de mettre en place un organisme de distribution de fiches à l'intention des bibliothèques, On a voulu établir en premier lieu un réseau de catalogage; par la suite, on s\u2019attaquera à l'établissement d'un réseau de gestion pour coordonner la gestion des bibliothèques; enfin, on mettra en marche un réseau de documentation qui permettra l'accès au catalogue en conversationnel.Pour l'instant, on constitue le Catalogue national centralisé (CANAC).Un autre organisme, appelé C'A PAR (Catalogue partagé), sera chargé de faire le catalogage original pour la France dans le cas des ouvrages étrangers, et il pourra fournir les fiches aux bibliothèques qui en feront la demande.b) Analyse de la documentation L'Institut national de recherche et de documentation pédagogique (I.N.R.D.P.) fait des expériences en informatique documentaire depuis 1969.Un de ses objectifs consiste à traiter la documentation sur l'enseignement et pour l\u2019enseignement ainsi qu'une documentation élémentaire d'information à l\u2019intention des élèves.Un thésaurus est en voie d'élaboration.L\u2019I.N.R.L).P.prévoit pouvoir desservir 6,000 centres de documentation d'ici les quatre prochaines années.Au centre de recherche et de documentation pédagogiques (C.R.D.P.) de Toulouse, on traite la documentation encyclopédique pour l'enseignement.Un thésaurus adapté au système d'éducation et cohérent avec les programmes est en voie de préparation.Le C.R.D.P.de Bordeaux a amorcé pour sa part un travail en vue d'établir un thésaurus pour l'analyse de l'image.La Maison des Sciences Jr l'Homme et le Thésaurus FU DIS KD Kn 1973, Monsieur Jean Viet, Directeur du Service d\u2019échange d\u2019informations scientifiques à la Maison des Sciences de l'Homme, publiait l'édition française du Thésaurus multilingue pour le traitement de l'information en éducation.Il s'agit d\u2019un ouvrage d'au-delà de 400 pages publié chez Mouton.Ce thésaurus a aus- si été publié en anglais et en allemand.Une édition espagnole était en préparation au moment de notre passage à Paris.Il faut signaler l\u2019importance de cet ouvrage au niveau de l'informatique documentaire dans le domaine bien spécifique de l\u2019éducation puisqu'il est le fruit d'une concertation impliquant plusieurs pays européens.C'est d'ailleurs au nom du Conseil de l'Europe que le Thésaurus a été publié, de même que Standard, Format, Character Representation, ouvrage paru aussi en 1973.Il semble évident que le Bureau d\u2019automatisation des bibliothèques aura une action importante à jouer dans l\u2019organisation des bibliothèques de France.Par ailleurs, on semble souhaiter, ce qui est très heureux, une collaboration entre les différents organismes qui se penchent présentement sur l\u2019informatique documentaire, tant au niveau de l\u2019analyse que de la gestion.Fn très bref, il conviendrait de souligner en terminant que nous avons eu l\u2019opportunité de visiter Villeneuve?qui représente une expérience urbaine et communautaire exceptionnelle.Parmi les services en place, il y a des garderies, des maternelles, des classes à aires ouvertes, une des rares bibliothèques élémentaires en France, un réseau de télévision communautaire et de nombreuses activités culturelles.Au cours de notre mission, nous avons vérifié la situation des bibliothèques et des centres de documentation dans des collèges secondaires et dans des lvcées.Nous avons senti le désir du Ministère de l\u2019Education nationale d\u2019améliorer les services documentaires dans ces institutions.Des gestes concrets ont été posés tout récemment en vue d\u2019améliorer les locaux.On espère aussi pouvoir utiliser l'informatique documentaire pour la gestion des bibliothèques et pour la diffusion de l'information, voilà pourquoi on s'intéresse de près à l'évolution de tous les projets en cours dans ce domaine.79 Le perfectionnement professionnel: commentaires sur une première expérience, motifs, objectifs et responsabilité partagée Anastas sia KHOURI-ST-PIERRE Bibliothécaire-analyste Bibliothèque nationale du Québec La Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec est de nlus en plus consciente de ses responsabilités au niveau du perfectionnement professionnel de ses membres.Pour y faire face, elle a donc constitué un comité d\u2019éducation permanente.Les premières initiatives de ce comité ont été, d'une part, la publication d'une liste de renseignements susceptible d'aider les bibliothécaires désireux de se perfectionner sur une base individuelle * et, d\u2019autre part, la publication des résultats d'un sondage, réalisé auprès des membres, définissant leurs besoins et leurs attentes dans le domaine du perfectionnement professionnel.2 Ces premières initiatives ont amené les bibliothécaires à identifier leurs besoins individuels et à reconnaître la nécessité de participer à des stages offerts par la corporation.En collaboration avec les écoles de bibliothéconomie de l'Université de Montréal et de l\u2019Université Mc Gill, le comité d\u2019éducation permanente de la corporation a organisé un premier stage de perfectionnement, les 23, 24, et 25 octobre 1974.Ce premier stage de perfectionnement a eu lieu à Montréal et avait pour thème\"Le télécatalogage en coopération et la diffusion sélective de l'information\".Durant tout le stage, les participants étaient divisés en deux groupes, de 23 participants chacun, dans le but de favoriser la communication.Les présentations théoriques étaient suivies de démonstrations pratiques.Les présentations théoriques étaient surtout descriptives et illustraient bien les avantages de chaque système.Le 80 niveau de difficulté des présentations était varié, mais demeurait, malgré tout, accessible à la majorité des participants.Les objectifs spécifiques de ce stage étaient de: -\t\"familiariser le bibliothécaire avec le traite- ment catalographique par l'étude du système conjoint de télécatalogage en coopération des universités du Québec et de l'Ontario; l\u2019initier à l'exploitation sélective des banques de données en différé ou en direct; -\tlui permettre ensuite d'introduire dans sa propre bibliothèque les services de l'informatique documentaire dont il aura découvert qu'il ne peut plus se passer\".^ Le stage a-t-il atteint ses objectifs?Sans hésitation, nous répondons par l'affirmative.Mais est-ce qu'il a répondu pleinement aux attentes et aux besoins des 46 participants ?L'organisation et la participation à de tels programmes de formation continue sont devenues une responsabilité partagée entre l'employeur, le professionnel et la corporation.Une part de la responsabilité du perfectionnement incombe donc à l'employeur qui sera le premier à en profiter.Celui-ci doit motiver son personnel et lui fournir les occasions et les moyens susceptibles de lui faciliter la participation à un programme de perfectionnement.Cette responsabilité incombe aussi au professionnel lui-même qui doit reconnaître ses limites, définir ses besoins et prendre les moyens nécessaires pour éviter d\u2019être dépassé par l'évolution des connaissances.Enfin les corporations doivent structurer, organiser et offrir des programmes de perfectionnement répondant aux besoins spécifiques de leurs membres et à ceux des employeurs.La France constitue un exemple de cette prise de conscience d'une responsabilité partagée en matière de formation continue.L'état français tient, jusqu'à un cer- tain point, l'employeur responsable de la formation continue et du perfectionnement de son personnel.4 L'Association française des documentalistes et bibliothécaires spécialisés offre un large éventail de cours, stages, etc.pour accommoder et répondre aux besoins les plus diversifiés.Il suffit de consulter rapidement leur programme de formation permanente 1975 pour en constater l'ampleur.5 Qu'en est-il de la prise de conscience, au Québec, d'une responsabilité partagée en cette matière?Elle n'est pas totalement inexistante, mais elle est loin d'être satisfaisante.Ces participants étaient des bibliothécaires très motivés, curieux intellectuellement et reconnaissant le besoin de se familiariser avec un domaine qui les affecte de plus en plus.Pour plusieurs, c'était leur premier plongeon au niveau de l'informatique.Heureusement, il n'y a pas eu de noyade! ! ! Pour eux, le stage a démystifié l'INFORMATIQUE, a diminué leur appréhension vis-à-vis de ce monstre méconnu et les a motivés à compléter ce premier embryon de connaissance.Pour d'autres, l'expérience fut plus facile et leur a permis d'augmenter leur bagage de connaissances, de se renseigner sur les derniers développements dans le domaine et de considérer diverses applications possibles dans leur milieu de travail.Même si l'évaluation et la critique de ce premier stage sont positives, y-a-t-il place pour de l'amélioration?Les commentaires des participants constituent autant d'indices de réponse à cette question.Tous les participants ont été unanimes pour demander, d\u2019une part, des stages de plus en plus spécialisés, faisant suite à cette première expérience, et pour réclamer, d'autre part, des stages couvrant d'autres domaines.On a également souhaité que les groupes de participants soient composés de façon plus homogène, quant au degré de connaissance de chacun, de sorte à favoriser la communication entre les participants et les conférenciers.La formule des présentations théo- riques complétées par des démonstrations pratiques a été fort appréciée.Mais les participants ont souhaité que les présentations théoriques soient plus critiques, décrivant aussi bien les désavantages des systèmes présentés, que leurs avantages.Il serait également souhaitable de permettre aux participants de mieux se préparer au stage en leur envoyant au moins un mois à l'avance, une bibliographie annotée.Celle-ci devrait être plus exhaustive que celle reçue pour ce premier stage.Il est enfin impérieux de maintenir l'aspect rationnel et pragmatique des présentations et discussions.Pour une fois le péché mignon des bibliothécaires n'a pas pris le dessus: on ne s'est pas perdu en d'interminables cogitations philosophiques! ! ! Cette première expérience s'avère significative tant pour le professionnel, que pour l\u2019employeur et la corporation.La nécessité de tels stages de perfectionnement et la motivation d'y participer, de plus en plus manifestée par les professionnels, s'expliquent par l'évolution de plus en plus rapide des connaissances qui ne peut manquer de dépasser le professionnel qui néglige de profiter de tels stages, par la reconnaissance de nouveaux besoins et par les exigences des employeurs.Un programme de perfectionnement professionnel doit donc: -\tpermettre aux professionnels de compléter, mettre à jour et adapter leurs connaissances; -\télever le niveau de leurs qualifications dans des méthodes et techniques en constante évolution; -\tleur permettre une adaptation plus facile aux changements; -\tet, enfin, les aider à implanter des techniques plus efficaces dans leur milieu de travail.Les besoins sont là; il y a beaucoup d'attentes et de motivation de la part des bibliothécaires.Mais il faudrait amener les employeurs québécois à prendre cons- 81 cience de leurs responsabilités et les inciter à offrir les moyens nécessaires au perfectionnement du personnel de cadre des bibliothèques aussi bien que des bibliothécaires en général.Quant à la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, elle ne peut plus reculer.Cette première expérience doit la stimuler à travailler sans relâche pour offrir un programme de formation répondant de plus en plus aux besoins et exigences de notre milieu.L'exécution de cette tâche doit se faire en collaboration avec les écoles de bibliothéconomie et les autres associations intéressées.Toute compétition en ce domaine ne saurait être que dommageable pour les professionnels, dans l'état actuel des choses.La corporation ne doit pas laisser passer l\u2019occasion.Elle doit s\u2019attaquer à la tâche dès maintenant; demain il sera peut-être trop tard! ! ! 1.\tLépine, Pierre.Comment se perfectionner et où s'adresser.Argus, v.3, no 2, 1974, pp.26-27.2.\tLépine, Pierre.Education permanente: résultats du sondage.Argus, v.3, no 2, 1974, pp.28-29.3.\tCorporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Stage pratique en informatique documentaire 23-24-25 octobre 1974.Dépliant.4.\tLoi du 16 juillet 1971 sur la formation professionnelle continue, article 10.Association française des documentalistes et bibliothécaires spé-çialisés.Documentation et information.Formation permanente programme 1975.Brochure.5.\tAssociation française des documentalistes et bibliothécaires spécialisés.Documentation et information.Formation pernamente permanente 1975.Brochure, programme 82 Des bibliothécaires québécois face à l\u2019animation dans les bibliothèques de France Yvon André LACROIX Bibliothécaire Radio-Québec En février 1974, l'Office franco-québécois pour la jeunesse (O.F.Q.J.) convoque les vingt-deux bibliothécaires québécois dont les candidatures ont été retenues en vue d'un stage d\u2019\"animation dans les bibliothèques françaises\" (1).Les uns plus enthousiastes que les autres, mais tous très fortement motivés, nous fixons les objectifs de ce stage.Qu'est-ce donc que l'animation?Que désirons-nous faire?Voir?Qui voulons-nous rencontrer?Autant de questions, autant de réponses! Chacun des participants a ses intérêts, ses préoccupations, ses conceptions, son \"back ground\".Comment alors arriver à concilier les besoins particuliers des individus et les besoins généraux du groupe?Comment arriver à fonctionner en groupe pendant trois semaines pour approcher, cerner et dégager une notion palpable de \"l'animation dans les bibliothèques\" tout en respectant également les obligations matérielles de l'O.F.Q.J.?L\u2019hypothèse de départ du groupe constitué était évidemment qu\u2019il se faisait ou non quelque chose de différent en France par rapport au Québec.Nous supposions que la différence des institutions politiques, économiques, sociales, de même que la différence de l'évolution historique et mentale avait certainement un effet.Mais lequel?Nous voulions donc communiquer, échanger, dialoguer avec nos collègues français, les observer dans des situations d'action qui nous permettraient de nous rendre compte de la pertinence et de la qualité de l'animation chez eux.Nous désirions également participer à des situations, jouer un rôle actif.En un mot, ne pas uniquement recevoir' Par ricochet, nous supposions enfin que nous toucherions à tous les autres aspects sous-jacents à l'animation, à savoir les mécanismes de fonctionnement d'une bibliothèque française, les structures administratives, le budget, le personnel, les méthodes de travail., espérant ainsi avoir une bonne vue générale des bibliothèques et de la profession de bibliothécaires en France.Nos souhaits ont été réalisés dans une très large proportion et à notre très grande satisfaction puisque le programme définitif qui nous a été soumis par l\u2019O.F.Q.T.répondait globalement à nos demandes.Le groupe a retenu une formule qui favorise une démarche et un engagement plus personnel.Nous avions un nombre limité de visites en groupe dans sept bibliothèques et un choix à faire en fonction de nos affinités parmi les onze autres bibliothèques.De ces dix-huit bibliothèques, il y en a dix de lecture publique, cinq d'enseignement et trois spécialisées.En dix jours, chacun a donc pu voir une douzaine de bibliothèques.Sur le papier, cela semble peu.Dans les faits, cela représente un horaire très chargé, surtout à Paris.Dans le tableau ci-joint, vous avez la liste, par genres, des bibliothèques visitées en groupe (gr.) et en sous-groupes (s-gr.).Partis de Montréal le 28 mai 1H74, ce voyage devait (1)\tLe signataire de cet article est alors élu responsable du groupe et du stage.Le jour du départ, nous nous retrouvons seulement dix-huit bibliothécaires, les quatre autres ne pouvant plus venir pour des raisons personnelles.(2)\tTous ces rapports ont été colligés pour former un seul rapport collectif de plus de soixante pages.Nous espérons qu'il soit publié sous peu.nous conduire à Paris
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.