Argus, 1 janvier 1977, Janvier - Février
[" CN ISSN 0315-9930 Vol.6, no1 COLLABORATEURS: LIBRAIRIE GARNEAU, 47 rue Buade, Québec MONTEL INC., 225 4e avenue, Montmagny ARGUS Comité de rédaction/Editorial Committee: Réjean Savard, président Gilles Caron Lise Langlais Alain Perrier France Richer Diane Rochon-Deschênes Correcteurs/Correctors : Philippe Houyoux Émile Lalonde Graphiste/Graphist: Jean-Marc Lachaîne Dépôt légal/Copyright: Bibliothèque Nationale du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Argus est une revue bimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Elle vise à l\u2019information et à l\u2019éducation de la profession.La rédaction laisse aux auteurs l\u2019entière responsabilité de leurs textes.L'abonnement annuel est de $12.00 ($3.00 le numéro) et de $15.00 ($3.50 le numéro) pour l\u2019extérieur du Québec.Il est gratuit pour tous les membres de la Corporation.Toutes demandes concernant les numéros manquants doivent être envoyées, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l\u2019adresse suivante: Argus Secrétariat de la CBPQ 360, rue Le Moyne Montréal, Québec Les articles de la revue sont recensés dans Library Literature.Argus is a bimonthly journal sponsored by the Corporation of Professional Librarians of Québec.Its aim is to publish original papers for the information and education of the profession.Articles are the entire responsibility of the authors.The yearly subscription is $12.00 ($3.00 an issue) and $15.00 ($3.50 an issue) outside Québec.Subscription for members is included in their fees to the Corporation.Requests concerning missing issues should be sent, no later than a month after date of publication, to the following address Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montreal, Québec Articles are indexed in Library Literature. Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec ATC1D Vol.6, no 1 jar.v./fév.1977 Jan./Feb.SOMMAIRE CONTENTS 2 EDITORIAL 3 LE DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE ET LE PERSONNEL DES BIBLIOTHEQUES André Hogue 6 LES SYSTEMES MULTI-MEDIA DANS L\u2019ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE Michel Jacob 9 LES MICROMEDIA : UNE SOLUTION TROMPEUSE?Réjean Savard 12 QUELQUES ASPECTS DE LA LOI CANADIENNE SUR LE DROIT D\u2019AUTEUR - 2e PARTIE Claudio Antonelli EDITORIAL Il en est parmi nous que le changement inquiète.D'autres aspirent continuellement à de nouvelles orientations.Enfin, il semble que la majorité reste dans l'expectative, attend pour se faire une opinion que les événements aient buriné leur vie.Un fait demeure: tout évolue, et la façon de réagir face aux situations nouvelles indique le niveau de santé d'un organisme qui sait s\u2019adapter.La bibliothéconomie évolue elle aussi.Jusqu'où ira le progrès?Quelles attitudes devrons-nous adopter pour assurer le succès de certains concepts?Quelles répercussions les nouvelles orientations auront-elles sur les employés des bibliothèques?Quelles responsabilités nouvelles aurons-nous à assumer?La liste des questions de ce type pourrait s'allonger sur plusieurs pages.En tant que professionnels, il nous arrive de nous interroger, de chercher des réponses qui, bien souvent, loin de nous rassurer, nous plongent plus avant dans l'inconnu.La présente livraison d'ARGUS a été bâtie autour de cette idée.On y trouve des articles traitant de responsabilité (droit d'auteur), d'attitude devant un médium plus tout à fait inconnu (micromedia), d'un concept d'organisation systématique de la documentation (systèmes multimedia), et des répercussions du changement sur le personnel des bibliothèques.Evidemment, les sujets exposés ne représentent qu'un fragment de toute l\u2019évolution de notre profession.Toutefois, il est permis de croire que ces réflexions sur des sujets particuliers peuvent s'avérer riches d'enseignements pour d'autres situations affectées par le changement.Un examen de conscience professionnelle s'impose â chacun de nous.Si l'on est incapable d'admettre et d'assimiler les micromedia actuellement, serons-nous capables de comprendre et de nous adapter aux techniques du vingt et unième siècle?Et si un trop grand nombre d'entre nous en est incapable, cela signifie que la profession de bibliothécaire est vouée â la disparition par manque d'adaptation.Nous, du comité de rédaction, croyons que l'optimisme est de mise, et que notre potentiel génétique professionnel est encore intact.LE COMITE 2 LE DEUEL0PPEI11EI1T TECHnOLOGIQUE ET IE PERSOnilEL DES BIBLIOTHEQUES André HOGUE Psychologue industriel Collaboration spéciale Le développement technologique s\u2019avère un phénomène universel rendu nécessaire â cause de la demande grandissante et de la concurrence sans cesse croissante.Ce phénomène du développement technologique devient par conséquent un moyen de survie pour toute organisation et ne doit en aucun cas être considéré différemment.Cependant, les problèmes surviennent lorsqu'il s'agit de procéder aux applications pratiques des derniers développements de la technologie.Nous sommes alors aux prises avec les problèmes soulevés par 1'automation.En réalité, seuls les problèmes relevant de la technologie proprement dite ont fait l'objet d'études plus ou moins attentives.Les problèmes humains, pour leur part, n'ont guère été considérés conv me tels étant donné la difficulté de cerner l'impact véritable chez le travailleur de l'automation de certaines de ses fonctions.Même si les réactions psychologiques soulevées par l'automation n'ont guère été étudiées, il faut voir qu'elles sont à la source de nombreuses difficultés d'implantation des derniers développements de la technologie, ou de l'ensemble des oppositions systématiques manifestées â l'endroit de l'automation.Dans cet article, nous étudierons donc les principaux problèmes psychologiques causés par l'automation et nous tenterons, par la suite, de présenter les principes de base de la réorganisation des tâches touchées par l'automation.L'INSECURITE PSYCHOLOGIQUE Les employés de quelqu'organisation qje ce soit ont souvent tendance à croire que l'automation réduit le nombre total de postes â remplir.Il se développe par conséquent chez ces travailleurs une insécurité psychologique parfois incontrôlable, quoique légitime dans certains cas, qui donne naissance â plusieurs mouvements d'opposition et d'obstruction systématiques.Même si l'automation contribue â donner naissance â plusieurs fonctions plus ou moins spéciali- sées dans le domaine de la fabrication, de l'opération et de l'entretien, il faut noter que la légitimité de l'insécurité psychologique provient du fait que plusieurs tâches non spécialisées peuvent facilement disparaître.En effet, ce type de tâches non spécialisées est directement en proie à l'automation et leur nombre diminue progressivement.Nul ne peut douter que dans quelques années la plupart des postes non spécialisés actuellement disponibles dans.1'ensemble des organisations disparaîtront au profit de nombreux emplois encore inconnus.iLes entreprises, devant cet état de fait, doivent procéder immédiatement â des réajustements de leurs systèmes de sélection, de promotion et de formation des employés afin de s'assurer un encadrement qui puisse s\u2019ajuster au développe- ¦ment technologique.LA RESISTANCE AU CHANGEMENT De façon générale, l'employé manifeste de forte réticence à voir sa tâche modifiée de quelque façon que ce soit.L'automation doit donc faire face au phénomène de la résistance au changement.Cette résistance au changement n'est pas, comme plusieurs seraient portés â le croire, une insouciance des employés face â la productivité nécessaire.Il s'agit lâ d'un phénomène ressenti par tout être humain devant la modification, même éventuelle, de ses habitudes de vie.Comme l'être humain n'est pas différent du simple fait qu'il se retrouve en situation de travail, il résistera, sans aucun doute, à une modification de ses habitudes de travail que lui impose inévitablement l'automation d'une partie de ses fonctions.3 La résistance au changement peut, à l'occasion, s'avérer beaucoup plus manifeste et négative face à l'automation.Il faut noter que cette résistance peut être soit le fruit d'une peur de l'inconnu, soit l'occasion de manifester son hostilité envers l'autorité.En effet, la peur de l'inconnu peut se traduire par des comportements plus ou moins contrdés aboutissant à des conséquences parfois fâcheuses.De plus, comme dans la plupart des organisations, l'employé peut difficilement manifester son désaccord avec les méthodes de gestion utilisées par ses supérieurs, il convertira son hostilité refoulée en obstructions systématiques face â l'implantation de technologies nouvelles.Cette dernière forme de résistance au changement fait son apparition surtout dans les organisations de type autocratique.Tant et aussi longtemps que l'on aura pas distingué entre l'hostilité envers l\u2019autorité et la résistance face au changement technologique, il deviendra presque impossible d'automatiser certaines fonctions.De plus, les effets de l'automation seront parfois désastreux, se traduisant par un sabotage systématique ou, au contraire du but poursuivi par l'automation, par une baisse significative de 1'efficacité organisationnelle.LA FATIGUE PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE L'introduction de technologies nouvelles ne donne pas toujours les résultats escomptés.On a négligé longtemps le problème de la fatigue physique causée par l'automation.En effet, l'automation a pour effet d'augmenter, de façon significative, le degré de concentration rendue nécessaire par l'utilisation de l'appareillage technique et augmente, par conséquent, la fatigue physique que peut ressentir l'utilisateur.Toutefois, ce problème peut être contourné facilement grâce â une simple rotation de tâche.En effet, cette rotation a pour effet de répartir dans le temps les périodes de concentration et les périodes de récupération.Par contre, il existe un problème plus sérieux provoqué par l'automation.Il s'agit de la fatigue psychologique.Cette fatigue est le produit de sentiments d'impuissance devant une tâche qui se voit amputée par 1'automation de certaines de ses composantes, ou de manque de signification de la tâche ainsi amputée.Le travailleur éprouve un manque de contrôle sur sa tâche, une certaine incapa- 4 cité à développer sa tâche, une baisse de signification et d'importance de son travail et avouera, sans peine, que sa fonction est devenue ennuyante ou du moins peu \"motivationnelle\".Il en conclura qu'il ne peut plus utiliser pleinement ses aptitudes au travail, source de réduction du rendement général, et cause directe de l'augmentation du taux d'accidents, du taux d'absentéisme, etc.A plus long terme, la fatigue psychologique, issue de la monotonie du travail et de l'ennui qui en découle, peut entraîner chez le travailleur des troubles psychologiques et physiologiques sérieux d'origine nerveuse.L'AUTOMATION ET LES TACHES DE NATURE TECHNIQUE OU PROFES- SIONNELLE Le travail de nature technique ou professionnelle, dans la mesure où il est considéré comme tel, ne se prête guère à l'automation.Les derniers développements techniques ne seront tout au plus que de simples moyens, â la disposition des techniciens et des professionnels, leur permettant d'exécuter leur travail avec plus de rapidité et de précision.L'ordinateur ne prendra jamais de décision et n'apportera jamais de solution nouvelle.L'automation toutefois modifiera la nature des relations interpersonnel les entre techniciens, entre professionnels ou entre techniciens et professionnels.L'effet premier de l'automation se situe donc au niveau du climat organisationnel et même s'11 s'avère, par le fait même, beaucoup moins tangible, il n'en est pas pour autant moins évident.L'AUTOMATION ET LA SATISFACTION AU TRAVAIL Les quelques recherches portant sur l'effet de l'automation montrent de façon unanime que la fragmentation des tâches provoque une baisse de la satisfaction au travail et par conséquent une réduction du rendement, une hausse du gaspillage, de l'absentéisme, etc.Par conséquent, devant les effets de l'automation, il devient nécessaire de re- créer pour le travailleur concerné, des tâches signifiantes qui intègrent des éléments de planification, d'organisation et de contrôle.La tâche en soi, et les responsabilités qui en découlent, constituent les principaux facteurs de motivation et de satisfaction au travail.En d'autres termes, la satisfaction au travail sera réduite si l'on considère les instruments de travail, produit de l'automation, corrme une fin en soi.Inversement, la satisfaction au travail ne sera sauvegardée que si l'on conserve aux instruments de travail leur simple instrumental ité au profit d'une tâche rendue captivante par ses possibilités de planification, d'organisation et de contrôle et ses responsabilités accrues.De plus, il s'avère absolument nécessaire de concentrer l'évaluation du rendement d'un employé touché par l'automation sur les résultats concrets de son travail, et non sur l'utilisation de l'instrumentation.L'instrumentation ne doit jamais être considérée autrement que comme un moyen.Il existe, bien sûr, d'autres facteurs de motivation et de satisfaction au travail.Toutefois, il serait faux de croire que l\u2019on peut combattre les effets négatifs de l'automation par une simple revision des conditions de travail, des échelles de salaire ou des horaires de travail.Une distinction fondamentale s'impose ici.Les conditions de travail, les stratégies administratives de l'entreprise, le salaire, le type de supervision ou le ¦ taux d'encadrement ne peuvent être considérés comme des facteurs de motivation ou de satisfaction au travail.Ce ne sont que des conditions minimales â remplir afin de permettre â l'employé de réorienter son attention vers les véritables facteurs de motivation qui sont: la tâche elle-même, les responsabilités, les possibilités d'accomplissement de soi, la reconnaissance du travail accompli et les promotions.Il s'avère donc essentiel que l'automation ne contrecarre d'aucune façon la mise en oeuvre de ces derniers facteurs de motivation et de satisfaction.Les meilleures conditions de travail, un salaire supérieur, un taux d'encadrement amplement suffisant, etc, n'auront pour effet que de rendre l'employé tout au plus non insatisfait de sa situation de travail ou des effets indésirables de l'automation.Par contre, une tâche intéressante, des responsabilités accrues, de grandes possibilités d'accomplissement de soi, etc, rendront l'employé motivé et satisfait.Ces derniers percevront alors l'automation comme un apport des plus récents développements techniques vers l'atteinte d'un niveau supérieur de qualité et de précision au niveau du travail accompli.L'AUTOMATION ET LE PERSONNEL DES BIBLIOTHEQUES L'automation grandissante des services relevant de la bibliothéconomie ou de la bibliotechnique repose donc la nécessité, comme nous l'avons mentionné, de réévaluer les rôles respectifs des bibliothécaires et des bibliotechni-ciens ou bibliotechniciennes.Si ces fonctions sont vraiment considérées comme étant de nature professionnelle ou technique, l'automation ne devrait d'aucune façon avoir un effet de fragmentation.Si ces fonctions sont vraiment considérées comme parties intégrantes du fonctionnement des bibliothèques, l'automation devrait inciter â la refonte de groupes de travail formés de membres des deux disciplines.Si ces fonctions sont vraiment considérées comme interdépendantes, l'automation devrait favoriser leur complémentarité.La motivation et la satisfaction au travail des employés de bibliothèques dépendront de la réorganisation des fonctions qu'impose l'apparition de nouveaux appareils techniques permettant d'offrir un meilleur service â l'usager.C'est précisément le service à l'usager qui doit présider â la réorganisation des fonctions même au détriment de la distinction, parfois arbitraire, qui existe entre bibliothécaire et b\u2019bliotechnicien.Les membres de ces deux groupes doivent être perçus comme étant des employés de formation différente appelés â offrir le même service.En d'autres termes, il faudrait éviter de concevoir le bibliothécaire comme le seul spécialiste de la bibliothéconomie et le bibliotechnicien comme un.simple opérateur ou un simple exécutant d'activités plus techniques.L'automation permet de dégager et le bibliothécaire et le bibliotechnicien de certaines activités répétitives au profit de la planification et de l'innovation au niveau de la raison d'être des bibliothèques, soit le service au lecteur.L'insécurité psychologique, la résistance au changement et la fatigue psychologique ne seront combattues que par une revision en profondeur des fonctions et des responsabilités de chacun afin de leur procurer le plus de possibilités d'accomplissement de soi et de reconnaissance du travail accompli.5 LE* *V*lEIï1E* mULÏrlïlEDiA DAn* L'En*EiGnElî1EnE UffiVETOÏARE Michel JACOB Université du Québec à Trois-Rivières INTRODUCTION Pour au moins deux décennies encore, notre société de l'imprimé devra utiliser massivement des instruments collectifs de communication regroupés dans des lieux physiques normalisés.Des prévisions comme l'accès à domicile de l'ensemble du savoir humain, la notion de ville câblée ou de système régional d'information accessible à chaque individu par terminal portatif personnel, nous promettent une société sans papier pour la fin des années 1990, seulement.D'ici là, il nous faudra utiliser des équipements plus ou moins centralisés selon les ressources et les besoins de chaque région.Que seront ces lieux privilégiés: environnement global ou agglomération de systèmes parallèles sans véritables liens?Quelle sera l'attitude des utilisateurs face à ces installations intégrant plusieurs technologies de pointe?Sera-t-il plus facile pour eux d'utiliser l'information ou de s'en passer?D'ailleurs, avant toute chose, qui seront ces utilisateurs et quelles techniques pédagogiques les spécialistes des sciences de l'information devront-ils supporter?PHASES DE DEVELOPPEMENT Toutes les bibliothèques universitaires québécoises devraient, normalement, connaître sensiblement les mêmes phases de développement.La première phase, à peu près terminée, a consisté à accumuler systématiquement les principaux ouvrages de base dans les disciplines enseignées à l'université et à créer des outils documentaires permettant l'utilisation de ces collections.La deuxième phase, en voie de réalisation, consiste à planifier un partage des ressources de plus en plus significatif pour déboucher sur un véritable travail en réseau, sur la création d'outils documentaires collectifs et sur l'utilisation des techniques de pointe au niveau du contrôle 6 bibliographique (exploitation des banques de données bibliographiques) .La troisième phase, à réaliser, devrait nous permettre de prendre véritablement contact avec nos usagers.Il devient de plus en plus évident que nous avons négligé la formation des utilisateurs.Pour être conscient de notre retard dans ce domaine, il suffit de prendre connaissance des expériences en cours en Europe, notamment en Angleterre, en France èt en République Fédérale d'Allemagne (1).I1 s'agit de se diriger résolument vers un rôle d'animation pédagogique car très bientôt la pédagogie universitaire s'orientera vers l'utilisation massive des media technologiques .La quatrième phase, peut-être la dernière que notre génération vivra, sera probablement consacrée à bâtir des services spéciaux taillés sur mesure pour des besoins très particuliers de recherche et d'études avancées.Il nous faudra alors fournir des informations pré-traitées, des données brutes extirpées de la masse des informations, ce qui signifie: contrôle bibliographique sévère, analyse documentaire, rédaction de résumés, compilation de données, mise en forme de rapports.Cette quatrième phase devra ê-tre orientée vers la diversification de nos clientèles et les services à la collectivité.Ces services seront gratuits ou monnayés selon la volonté des gouvernements, mais le principe de l'accès à l'information pour tous prendra sûrement une valeur tout à fait nouvelle et beaucoup plus importante, en particulier Dour les petites et moyennes entreprises qui n'ont pas les moyens de se payer leurs propres systèmes d'information.Il est difficile d'extrapoler davantage et de concevoir une cinquième phase.Le rôle des universités et la pédagogie universitaire auront singulièrement changé dans vingt ou trente ans.Les moyens de communication de masse (l'école parallèle) seront des concurrents de chaque instant; chaque individu pourra avoir accès à un certain nombre d'informations de base à partir de centres régionaux d'information.Il devra, certes, exister une bonne concertation entre les différents moyens de diffusion.Le canal de communication entre la production et la consommation d'information sera probablement réduit, simplifié pour augmenter la vitesse de transfert.Cependant, il faudra toujours maintenir des services de sélection et de mise en forme des données d'une part, et d'autre part, des services de création de supports et des services de diffusion. Le traitement étant assuré par ordinateur, le rôle d'interface entre le système et l'usager sera réduit, car les outils informatiques seront simplifiés, vulgarisés et les usagers familiarisés avec ces techniques depuis leur entrée à l'école, ou même avant.PHILOSOPHIE DE SERVICE L'usager doit être placé au centre des préoccupations des planificateurs, car la mise en place de structures unifiées rendant facile l'accès des services, est de première importance.Il s'agit d'inciter les usagers à venir se placer dans le circuit de l'information et de démocratiser l'utilisation: a)\tde l'informatique (logiciel et matériel); b)\tdes circuits complexes de transfert de l'information (contrôle bibliographique); c)\tdes techniques de présentation et de matérialisation des modèles abstraits (audio-visuel).Le regroupement de ces fonctions devrait pouvoir permettre d'offrir toute une gamme étendue de services, notamment: -\taccès aux banques de données bibliographiques et aux banques de données brutes; -\texoertise et support pour l'enseignement assisté par or-dinateur; -\tutilisation de programmes d'ordinateur ou \"packages\" en mode conversationnel; -\tpilotage nar ordinateur d'expériences en laboratoires; -\tutilisation de techniques automatisées pour l'évaluation et la gestion de l'enseignement, en particulier pour les corrections, l'évaluation des résultats et les taux de progression des étudiants; -\tateliers pour la création de documents audio-visuels ou de supports multimedia; -\tdiffusion de masse par régie centrale (câblage des salles d'enseignement); -\tdiffusion individuelle sur \"carrels équipés\" ou sur terminal d'ordinateur; -\taccès aux ressources documentaires locales ou extérieures (travail en réseau); -\treprographie et diffusion des documents en imprimé ou en microformat ; -\tdissémination de l'information bibliographique courante sur profils individuels ou par recherche rétrospective; -\tateliers de formation sur l'utilisation des media et des supports technologiques de l'information: séminaires, stages pratiques, travaux de groupe.FORMATION/INFORMATION En éducation, les besoins tendent à doubler tous les dix ans, de même que le volume des informations disponibles, en particulier dans le domaine scientifique.De plus, les facteurs suivants s'ajoutent à cette problématique: -\tcomplexité croissante et de façon accélérée des techniques de communication et de traitement des données et des messages; -\tdemande de services de plus en plus sophistiqués et individualisés; -\tcroissance budgétaire à peu près nulle; -\trenouvellement, chaque année, de la population étudiante dans une proportion d'environ 30%.Dans cette optique, il devient urgent de se préoccuper tout autant de former l'utilisateur que de lui fournir les bonnes informations et des outils de qualité pour y accéder.Toute notion de libre service doit s'appuyer sur des techniques de formation agréables, non formelles, à petite dose, car règle générale, nos usagers potentiels n'ont pas le réflexe de s'informer et sont souvent rebutés par la complexité et la lenteur de nos systèmes.Les clefs d'accès doivent être faciles à utiliser, vulgarisées et conçues dans l'optique d'un usager ignorant tout des techniques du traitement électronique des données, de la communication audiovisuelle ou des sciences de l'information.Quelle que soit la formule utilisée: séminaires, cours optionnels, ateliers dirigés, tutorat ou colloques, les buts visés sont les mêmes.Il s'agit: -\td'enseigner des méthodologies permettant d'avoir accès facilement aux différents systèmes disponibles localement ou à 1'extérieur; -\tde contrôler un vocabulaire technique permettant de formuler des besoins ou de développer des stratégies de recherche cohérentes et compréhensibles par les spécialistes assumant l'interface entre l'usager et le système; -\tde favoriser une utilisation intégrée des supports multiformes de l'information, des logiciels de base et de tous les outils de transfert ou de communication média-tisée; -\td'animer, de rapprocher les utilisateurs en tant que groupes homogènes, afin de mieux saisir les besoins de masse et d'assurer un effet de rétroaction permanent facilitant l'adéquation des besoins et services; 7 - de promouvoir l'auto-motivation à l'étude, à l'autonomie, aux démarches personnelles et à l'acquisition de stratégies cognitives plutôt que des connaissances isolées, fragmentées (apprendre I apprendre).Ces techniques et méthodes de travail sont utiles non seulement à l'école, mais aussi durant toute la vie professionnelle.PHILOSOPHIE D'ACTION ET FINALITE L'évolution des clientèles et de la pédagogie universitaire ne permet pas de s'engager à fond dans la voie de solutions définitives.Les services de communication des temps modernes doivent chercher leur originalité dans des solutions pour le temps présent et par la mise en place progressive de mécanismes qui assurent la rétroaction et l'engagement réel des utilisateurs.Cette idéologie peut se traduire concrètement de la façon suivante: -\tcoordination et concertation au niveau de l'expertise propre à chaque secteur: académique et communication; -\ttravail en réseau; gestion par projet, en équipe pluridisciplinaire; multiplication des modes d'expression.Favoriser la polyvalence, la complémentarité, l'interac-ti on; -\tlogique et cohérence dans les moyens de collecter, organiser, diffuser et utiliser l'information; -\texpérimentation sur l'utilisation de nouveaux supports des messages.Exploration de nouvelles techniques de diffusion; -\tcréation de lieux de travail privilégiés, informels, favorisant les échanges humains et les nouvelles techniques d'apprentissage.L'action concertée des animateurs pédagogiques, des professeurs et des étudiants dans de tels lieux de travail, tant au niveau de la préparation des cours qu'au niveau de la préparation des outils (contenants et contenus), permet non seulement une analyse prévisionnelle des besoins, mais aussi la collecte, le partage d'expériences pédagogiques et offre un choix de démarches d'apprentissage qui incitent à l'innovation et à la créativité.En effet, ces activités de groupe permettent le tutorat, le téléenseignement, l'enseignement assisté par ordinateur ou toute autre formule d'enseignement démocratisée favorisant le décloisonnement et le libre accès à une éducation vraiment permanente.8 CONCLUSION ET PROSPECTIVE L'organisation de la fonction communication, particulière à l'Université du Québec, permettra à l'Université du Québec à Trois-Rivières d'implanter, dès maintenant, l'utilisation des media technologiques de pointe dans l'enseignement.Un processus général de planification amorcé deouis plusieurs mois prévoit plus spécifiquement: -\tdes expériences de transmission de documents à distance par le satellite STT (Télédocumentation); -\tla décentralisation de l'accès aux services par: a)\tla diffusion de produits documentaires imprimés (système TAC0: Traitement des Acquisitions et du Catalogage par Ordinateur); b)\tl'interrogation en accès direct par terminal (système BADADUQ: Banque de Données à Accès Direct de l'Univer-sité du Québec); c)\tl'utilisation massive du téléphone pour réservation et localisation -\tla diffusion de programmes audiovisuels à partir d'une régie centrale (campus câblé); -\tl'intensification du travail en réseau, par: a)\tl'utilisation massive du réseau de voix et de données de l'Université du Québec et du parc d'appareils du Centre Commun Informatique; b)\tl'implantation du système PLATON (PLATO) d'enseignement assisté par ordinateur; c)\tla participation active à des projets conjoints de té-léenseignement.Nos préoccupations s'élargissent, s'orientent de plus en plus vers les besoins de toute la collectivité.Nous croyons que cette gigantesque mémoire collective multiforme et en temps réel, nous permettra de nous former une conscience globale alimentée par des contacts humains quotidiens et aussi par des contacts intellectuels à l'échelle du monde.Le secteur des communications sera probablement un des éléments catalyseurs qui amènera la réalisation d'une véritable communauté éducative oü la vie et l'école ne font qu'un.L'homme d'aujourd'hui a déoassé le stade des besoins matériels, le centre des media n'est pas un lieu physique, c'est un concept.Notes (1) Voir articles parus dans Documentaiiste vol.13, no 1, Janvier-Février 1976, pages 13 â 19. Las nhrcuadis UNE SOLUTION TROMPEUSE ?Réjean SAVARD Bibliothèque Nationale du Québec Le microdocument n'a pas connu ces dernières années la popularité à laquelle on aurait été en droit de s'attendre.Les bibliothèques n'ont pas encore connu ce que Rolland Stevens appelait en 1971, \"The Microform Revolution\" (1).Pourtant, au début du siècle, on entrevoyait un avenir brillant pour la microphotographie.Aujourd'hui, les développements technologiques contemporains n'ont pas encore réussi à recueillir la faveur des usagers de nos bibliothèques.Le bibliothécaire, dirait-on, n'a pas encore appris à \"penser micromédia\", se contentant de \"garnir\" ses collections de quelques microfilms et de quelques microfiches, qu'il n'utilise vraiment que lorsqu'il y est obligé.Le résultat en est que l'usager non plus, n'est pas intéressé â consulter les microfilms.La littérature professionnelle américaine comporte des comptes-rendus de plusieurs recherches et \"mini-recherches\" qui confirment ce diagnostic peu reluisant (2).Pourtant, les bibliothèques sont toujours à la recherche de plus d'espace.La bibliothèque de l'Université de Yale en l'an 2040, possédera environ 200 millions de volumes, de quoi occuper plus de six mille milles de rayonnage (3).Le problème est le même pour plusieurs de nos bibliothèques québécoises.Ainsi la Bibliothèque Nationale du Québec prévoit qu'en 1995 elle devra pouvoir disposer de 89,000 pieds carrés, seulement pour ses collections (4)! Il y a aussi toute la question de la disponibilité des documents: chacun sait qu'il est plus facile d'égarer un document parmi un million d'autres, que lorsqup notre collection ne s'élève qu'à quelques milliers de volumes.Daniel Gore compare les grandës bibliothèques modernes à la tour de Babel et ajoute: \"Depressed scholars tell puzzled admi- .nistrators that the Harvard Library of today, with its nine million volumes, is less adequate to its users now than a century ago, when it was a tiny fraction of that size\" (5).Les périodiques et les journaux sont particulièrement sujets au vol et à la mutilation.Or, on ne vole pas un microfilm tout comme on ne peut perdre un numéro d'une revue microfilmée.Il est bien sûr que la microphotographie ne peut résoudre à elle seule les problèmes du manque d'espace et de disponibilité des documents, mais je reste convaincu que l'on doit être à son égard, plus optimiste que le sont plusieurs d'entre nous.Le microdocument doit être plus qu'un \"palliatif acceptable pour une documentation indispensable mais utilisée moins fréquemment\" (6).LES FACTEURS DE SOUS-DEVELOPPEMENT DES MICROMEDIA 1.La mauvaise qualité des appareils.Comme aux Etats-Unis, un des facteurs qui a freiné énormément les progrès des micromedia au Québec est le man- que de raffinement des lecteurs et des lecteurs-reproducteurs offerts ces dernières années par les fabricants \"What was considered was how much money the vendor could make, and how much money the user could save.This is not the way to build a future\", dit lui-même un représentant de la compagnie 3M (7).Il est certain qu'il y a quinze ans, au moment où auraient dû prendre de l'ampleur les micromédia, le fait que des appareils de plus ou moins bonne qualité aient alors été mis sur le marché n'a pas aidé la cause du microdocument.Les bibliothèques ont acheté ces appareils qu'elles croyaient pouvoir révolutionner le monde de la documentation.Elles se sont vite rendu compte des inconvénients inhérents à cette génération de lecteurs; la plupart du temps, il fallait s'arracher les yeux pour consulter le microfilm, et la mise en place de la bobine n'était pas toujours aussi simple qu'elle aurait dû l'être.Cette première expérience de diffusion des systèmes de micromédia ne fut pas un succès.Malgré tout, des progrès importants ont été faits du côté technique et bientôt nous ne pourrons plus invoquer la mauvaise qualité des appareils.Ainsi, le marché s'est développé et le nombre des modèles disponibles a été multiplié par dix.Cependant les usagers et les bibliothécaires ont toujours en mémoire l'image des anciens appareils, et une aversion naturelle pour les microtextes s'est installée parmi ceux-ci au cours des années.La mauvaise qualité des documents.Pour réaliser un microfilm ou une microfiche de qualité, plusieurs étapes sont nécessaires, afin de s'assurer de l'intégrité de la reproduction, de la lisibilité et de la facilité de conservation du microdocument.Il faut d'abord identifier l'ouvrage à microfilmer, puis en faire l'inventaire page par page.Si le document est incomplet, ou encore si l'on prévoit qu'une partie de celui-ci ne donnera pas de bons résultats à la reproduction parce qu'en plus ou moins bon état, il faudra se procurer un deuxième exemplaire.L'opération de microfilmage doit aussi être effectuée avec soin, de façon à ce que le cliché couvre bien chaque page.Après le développement, une première vérification image par image est nécessaire et s'il manque quoique ce soit, il faut faire des reprises.La qualité photographique doit aussi y être.Chaque copie qui est produite doit également être vérifiée quant à sa lisibilité.Enfin, le microfilm, comme la microfiche, doit pouvoir répondre aux normes internationales.Il est vrai que ces règles de base n'ont pas toujours été suivies, particulièrement dans les débuts de la microédition.Un usager, qui se heurte à un microfilm où il manque des pages, ou encore dont les images sont il-lisioles, est tout de suite indisposé.9 3.\tLes réticences psychologiques de l'usager et du bilio- thécaire.Les usagers qui fréquentent depuis déjà quelque temps les bibliothèques ont du mal à accepter les micromédia.Nous avons vu qu'il y a des raisons purement techniques à ce rejet.Cependant, il se peut également que le lecteur à microfilm fasse fuir les usagers éventuels du simple fait qu'il s'agit d'une machine.un peu étrange, ordinairement bruyante,et que son maniement requiert un minimum d'entraînement (beaucoup plus simple qu'on se l'imagine).Tout comme l'ordinateur, un mythe se serait créé autour du lecteur à microfilm! Tout cela n'est qu'hypothèse évidemment, puisqu'au-cune recherche sérieuse n'a encore été faite sur le sujet.Mais une telle hypothèse n'est pas dénuée de fondements.Richard Whalen, représentant de Xerox University Microfilms, un microéditeur bien connu, affirme qu'on a en général beaucoup plus de facilités à faire accepter le microfilm aux jeunes écoliers, et que ceux-ci y trouvent même un intérêt spécial (8).Plusieurs éducateurs associent cet attrait pour le microfilm chez les enfants à une relation inconsciente avec l'écran de télévision.Il ajoute \"This surely mitigates the accusation that microform is a mechanical monster.Since it is adults who level accusation, perhaps the point is that you can't teach an old dog new tricks\" (9).De plus, les usagers de bibliothèques, et les bibliothécaires surtout, aiment les livres \"pour Ips livrps\" comme le faisait si bien remarquer à des spécialistes de la microphotographie M.Ian Montagnes de la maison University of Toronto Press: \"We like the smell of books, and the feel of them, and we take off the dust jackets and caress the cloth bindings.\" (10).II faut admettre, le livre en tant qu'objet a une valeur sentimentale pour bien des gens, tandis que le microfilm est un médium \"froid\", il n'a pas d'apparence, il n'a pas de personnalité, etc.Que faut-il faire dans un cas semblable: laisser de côté notre sentimentalité et récupérer de l'espace (il coûte si cher de nos jours! ou encore conserver tel quel tout ce que les hommes publient pour pouvoir un jour les palper de nos doigts?4.\tLe manque de répertoires adéquats.Il n'existe pas de répertoire adéquat fournissant la liste de tous les laurentiana qui ont été microfilmés, soit au Québec, soit à l'étranger.Un tel instrument de travail est primordial, si on veut un jour que les micromédia se développent chez nous.Les bibliothécaires ne savent pas vraiment ce qui est microédité.Dans un numéro précédent d*ARGUS (II), mademoiselle Mireille Dubois avait d'ailleurs déjà soulevé cette question: \"il s'agit avant tout d'établir un contrôle bibliographique complet de tous les types de laurentiana 10 déjà microcopiés dans le monde et au Québec, et d'en publier un guide bibliographique afin d'aider les bibliothécaires dans le développement de leurs collections de microdocuments\".5.\tLe manque d'intérêt du bibliothécaire professionnel.Travaillant moi-même dans le domaine de la microédition depuis déjà quelque temps, j'ai constaté fréquemment l'attitude réfractaire de plusieurs bibliothécaires envers les micromédia.Il n'est pas surprenant, dans ces circonstances, qu'il n'y ait pas encore de répertoire des laurentiana sur microfilms, puisque c'est à eux que revient la tâche de créer un tel instrument.Si les bibliothécaires se soucient peu de ce type de documentation, le médium en question sera sous-exploité dans nos bibliothèques, et c'est le cas présentement.Par contre le microfilm connaît actuellement une vogue particulière dans les milieux d'affaires, où les administrateurs ne connaissent pas cet attachement sentimental au livre en tant qu'objet.Il est à prévoir que les systèmes micromédia continueront à se développer, et sans les bibliothécaires professionnels.Cela n'est certes pas à souhaiter.Il faut que les microéditeurs et les fabricants tiennent compte des besoins des bibliothécaires professionnels, mais il faut aussi, pour cela, que ceux-ci s'y intéressent.LE MARKETING DES MICROMEDIA Il nous appartient, bibliothécaires professionnels, de faire le marketing des micromédia pour les bibliothèques et centres de documentation.Ainsi, pour favoriser l'épanouissement des micromédia, les politiques suivantes pourraient être envisagées.De façon à coordonner la diffusion des micromédia laurentiana, un comité devrait être formé au sein d'une des associations de documentation au Québec, par exemple au sein de l'ASTED.Cette structure permettrait d'établir des politiques claires pour la microédition au Québec, en déterminant les priorités, en facilitant les contacts entre les différents microéditeurs et en élaborant des moyens concrets pour favoriser l'usage des micromédia.Ce comité pourrait également entreprendre des études sur des sujets d'actualité, tels le dépôt légal des micromédia et les micromédia face au droit d'auteur.Aussi, une campagne d'information pourrait être faite, particulièrement du côté des bibliothèques scolaires, de façon à développer l'usage des micromédia.De même, il faudra insister auprès des microéditeurs pour qu'ils entreprennent l'édition sous forme de microfiches et de microfilms en cassette, micromédia qui sont plus facilement acceptés que le microfilm traditionnel. Comme il était dit précédemment, un répertoire des lauren-tiana microédités devra être publié.Evidemment, les écoles de bibliothéconomie et les départements de bibliotechnique devront s'engager davantage qu'ils ne le font présentement, face aux micromédia.De plus, les centres de production des micromédia devront se développer davantage: il est bien entendu qu'il n'appartient pas â chaque bibliothèque de se doter d'un équipement pour effectuer elle-même le microfilmage des documents qui l'intéressent.Seules les grandes bibliothèques peuvent se le permettre, et elles doivent être soumises à un contrôle normatif sévère, de façon à pouvoir offrir leurs productions aux autres bibliothèques.C'est pourquoi un mécanisme de contrôle est nécessaire.La microédition au Québec n'a rien â perdre: elle a tout à gagner.Mais les bibliothécaires comprendront-ils, un jour, que l'explosion documentaire du vingtième siècle ne permettra plus désormais l'exploitation de collections â cent pour cent dans leur format original?Photographie: Jacques King, B.N.Q.Stevens, Rolland E.\"The Microform Revolution\" in Library Trends, 19,3 (January 1971) pp.379-395.Voir à ce sujet: (a) Lewis, Ralph W.\"User's Reaction to Microfiche A Preliminary Study\" in College and Research Libraries 31 (July 1970) pp.260-268;\t(b) Rock- lin, Philip.\"Micromedia in the Library: A Once Over lightly\" in Journal of Micrographics.6,3 (January/February 1973) pp.99-104;\t(c) Salmon, Stephen R.\"User Resistance to Microforms in the Research Library\" in Microform Review,3,3 (July 1974) pp.194-199;\t(d) Starker, Lee N.'VJser Experiences with Primary Journals on 16mm Microfilm\" in Journal of Chemical Documentation, 10,1 (February 1970) pp.5-6.Stevens, ibid, p.381 GNQ Rapport du comité de construction, Montréal 1976.Circulation restreinte.Gore, Daniel.\"The View from the Tower of Babel\" in Library Journal (September 15, 1975) pp.1599-1604.Tremblay, Clément.\"L'étalage: une fonction de la bibliothèque encore â inventer\" in Documentation et Bi-Bliothèques ,22,1 (Mars 1976) p.13.Basset, Earl P.\"The Future of Micrographies\" in Journal of Micrographics ,9,6 (July/August 1976) p.280.Whalen, Richard.\"Microfilm in the Secondary School?Definitely!\" in The Journal of Microqraphics.8,4 (March/ April 1975) pp.153-156.Ibid, p.154 \"Westward '75 Microform Explorations.Micropublishing Today\" in Micro-Notes (Canadian Micrographie Society), 3,4 (1975) p.4.Dubois, Mireille.\"La microédition au Québec\" in ARGUS, 5,2 (Mars/Avril 1976) p.30.11 Quelques aspects de la loi canadienne sur le droit d\u2019auteur 2 partie 12 Claudio ANTONELLI, LL.L., LL.M, M.Bibl.Bibliothèque du module des sciences juridiques Université du Québec à Montréal * L'ORDINATEUR ET LE DROIT D'AUTEUR Ce ne sont pas les programmes d'ordinateur qui nous intéressent ici, mais bien le stockage et la reproduction de l'information à l'aide de 1'ordinateur.Les implications que ce moyen de traitement de l'information peut avoir sur les droits d'auteur sont, en effet, très importantes.Le calculateur permet de stocker dans sa mémoire, sous forme de langage documentaire, une quantité impressionnante de matériel protégé, qui est reproduite ensuite dans un langage naturel, selon les besoins de l'usager.Les applications de l'ordinateur au domaine de la documentation sont susceptibles même, selon certains, de révolutionner complètement le monde du livre.Pour le moment, nous devons faire face seulement à des systèmes de repérage qui permettent aux usagers l'accès direct â une banque de données.Parfois le document est enregistré dans le système documentaire sous sa forme primaire.L'entière Encyclopaedia Britannica pourrait, par exemple, être convertie dans un langage documentaire et stockée dans la mémoire d'un ordinateur (22).Plus souvent on stocke dans * L'article ci-après est la suite de celui paru dans la dernière livraison d'ARGUS.La question du droit d'auteur intervient quotidiennement dans l'exercice de notre profession.Nous tenons â remercier Monsieur Antonelli pour sa collaboration spéciale. l'ordinateur une représentation condensée de T information, c'est-â-dire un résumé.Parfois encore on dégage les concepts d'un document à l'aide de mots clefs ou descripteurs qu'on enregistre dans l'ordinateur.C'est le cas de BADA-DUQ (Banque de données à accès direct de l'Université du Québec).Il ne fait pas de doute que l'utilisation de l'ordinateur peut entraîner la violation des droits de l'auteur du texte traité.Cela devient encore plus évident si on considère les effets que le traitement par ordinateur peut avoir sur le marché de l'oeuvre: \"The appropriation of the textual content of a book for computer use may drastically shrink that market\".(23) La violation du droit d'auteur, toutefois, se vérifie seulement quand le texte de l'oeuvre est stocké intégralement ou sous forme de résumé dans l'ordinateur.Les systèmes, par contre, cornne BADADUQ, qui se limitent à reproduire les concepts essentiels du document ainsi que sa description bibliographique, ne peuvent pas entraîner une violation du droit d'auteur.Ces systèmes, en effet, ne reproduisent pas l'oeuvre entière ou une partie importante de celle-ci.Ils se limitent â identifier et â localiser l'oeuvre sans prétendre à la remplacer et donc à lui faire une concurrence illicite.Cela dit, il faut souligner que la plupart des auteurs sont de l'avis que la violation du droit d'auteur est commise au moment même oû l'on effectue le stockage de l'information sous forme de langage documentaire (input), avant même que l'information soit reproduite sous forme de langage naturel (output).(24) LES SERVICES AUDIO-VISUELS ET LE DROIT D'AUTEUR On peut affirmer avec certitude que les services audiovisuels de nos institutions d'enseignement se rendent responsables quotidiennement d'un bon nombre de violations du droit d'auteur.Cela se produit aussi parce que la partie de la loi qui se réfère au matériel audio-visuel est des plus confuse alors que les spécialistes en audio-visuel ne sont pas nécessairement des experts en droit d'auteur.Les spécialistes en audio-visuel aimeraient par exemple savoir si l'enregistrement d'émissions télévisées ou radiodiffusées, ainsi que l'enregistrement fait à partir d'un disque ou d'un ruban magnétique, constituent des actes permis par la loi.La réponse n'est pas simple, â cause justement de la complexité de la loi et du fait que la juris- prudence n'est pas très abondante.La prudence est donc 3 reconrnander plus que jamais.Une fois que l'oeuvre littéraire, dramatique, ou musicale a été fixée par le fabricant avec l'autorisation de l'auteur, le législateur reconnaît un droit d'auteur spécifique sur le support matériel (disque, ruban magnétique, film, etc.) 3 l'aide duquel les sons peuvent être reproduits mécaniquement.Le fabricant de l'enregistrement jouit ainsi, sur sa fabrication, d'un droit distinct de celui que l'auteur a sur l'oeuvre enregistrée.Cela veut dire que même lorsque l'oeuvre est tombée dans le domaine public, par expiration de la période de protection, une reproduction de celle-ci peut constituer un acte de contrefaçon 3 cause de ce droit spécial du fabricant sur le support matériel.Ce droit dure 50 ans 3 compter de la confection du disque, du ruban magnétique, ou de tout autre organe.\"A work that Is -in the.public domain may become the subject oh this special copyright.And In like manned, the copyright conferred by s.4(3) may subsist to* many years abler the copyright oh the owner oh the original work came to an end by reason oh the tfact that the mechanical contrivance may be made at almost the expiration oh the original term oh copyright or even subsequent thereto*'.(25) Quand une institution d'enseignement procède 3 l'enregistrement d'oeuvres littéraires, dramatiques ou musicales, il y a donc, très souvent, une double violation: violation des droits de l'auteur sur son oeuvre et violation du droit du fabricant sur le support matériel.Lorsque l'institution d'enseignement effectue 1'enregistrement d'une émission radiophonique ou télévisée, le problème se fait plus complexe.Il faut d'abord faire la distinction habituelle entre l'oeuvre, qui constitue le contenu de l'émission, et l'émission elle-même.Le matériel de l'émission pourra être ou ne pas être protégé.Il y a en effet des émissions qui ne sont pas protégées comme oeuvres littéraires, dramatiques ou musicales.Nous avons déjà vu que la loi requiert que l'oeuvre soit fixée.Il s'ensuit que les services audio-visuels pourront enregistrer une émission de radio ou de télévision endirect (c'est-à-dire qui ne soit pas pré-enregistrée) et qui véhicule du matériel non protégé.13 \"Ce.pznda.nt, depuis VaüaÀJiz Admiral ( 1954) le* stations émettrlces ont a-dopté la politique d\u2019enreglsVter sur bande leurs émis4loni simultanément â leur déroulement (.) Dès lors se pose la question de savoir si, en reproduisant sur bande vidéo, une mémission \"live \" simultanément enregistrée par le producteur, l'on enfreint les droits de ce dernier.\" (26) Il ressort de ce qui précède qu'il est très difficile de pouvoir décider quand on peut effectuer un enregistrement sans avoir â craindre la sanction de la loi.Il va de soi que les institutions d'enseignement peuvent toujours invoquer l'exception de l'utilisation équitable (fair dealing) dans un but d'étude privée ou de recherche, si les circonstances le permettent.LE DROIT DE REPRESENTATION PUBLIQUE Le droit d'exécuter ou de représenter en public l'oeuvre est réservé par la loi au titulaire du droit d'auteur.L'article 3, paragraphe I édicte que: \"pour les film de la présente loi le droit d'auteur désigne le droit exclu -sl6 de produire.une oeuvre, d\u2019exécuter ou de représenter ou, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une con6érence, de débiter, en public.La loi nous explique aussi ce qu'il faut entendre par représentation ou par exécution d'une oeuvre: \"toute reproduction sonore d'une oeuvre ou toute représentation visuelle de l'action dramatique qui est tracée dans une oeuvre, y compris la représentation à l'aide de quelque instrument ou par transmission radiophonique\", (art.2).La notion d'exécution ou de représentation \"en public\" est essentielle pour déterminer ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, par la loi sur le droit d'auteur.Par exemple, est-ce que la représentation d'une oeuvre dramatique, l'exécution d'une oeuvre musicale ou le débit d'une oeuvre orale, effectués S l'intérieur d'une institution d'enseignement (dans la plupart des cas une salle de cours), seront considérés comme ayant un caractère public, et seront donc permis seulement si le titulaire du droit d'auteur donne son autorisation?Tout dépend du caractère, public ou privé, qu'on attribue 5 l'auditoire dans une école.Si on considère qu'une classe d'élèves constitue un cercle domestique, 14 la représentation faite en classé sera considérée de nature privée.Si, par contre, on considère que le milieu scolaire constitue un lieu public, il faudra obtenir une autorisation avant de pouvoir procéder à l'exécution ou S la représentation de l'oeuvre.La jurisprudence a élaboré un certain nombre de critères relativement â ces deux notions.\"Relevant 6&ctors that will determine whether a per6ormance Is or Is not In public are whether the per6ormance was ior pro6lt; whether the public iwls 6reelij admitted; the kind 06 place In which the per6ormance occured; the number 06 persons present, and whether the per6ormance was llkelij to Injure the owner 06 the copyright\".(27) Toutefois, la jurisprudence ne s'est jamais prononcée sur la question de savoir si un auditoire composé d'élèves présente un caractère \"public\" ou \"privé\".Les auteurs pour leur part sont partagés sur cette question.Vincke exprime l'opinion que les représentations faites dans un milieu scolaire constituent des représentations \"publiques\".\"If est donc Inexact d\u2019a66l*ner que les représentations en milieu scolaire ou pour des 6
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