Argus, 1 janvier 1977, Mars - Avril
[" CN ISSN 0315-9930 Vol.6, no 2 ARGUS Comité de rédaction/Editorial Committee: Réjean Savard, président Gilles Caron Lise Langlais Alain Perrier France Richer Diane Rochon-Deschênes Correcteurs/Correctors: Philippe Houyoux Émile Lalonde Argus est une revue bimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Elle vise à l'information et à l\u2019éducation de la profession.La rédaction laisse aux auteurs l\u2019entière responsabilité de leurs textes.L\u2019abonnement annuel est de $12.00 ($3.00 le numéro) et de $15.00 ($3.50 le numéro) pour l\u2019extérieur du Québec.Il est gratuit pour tous les membres de la Corporation.Toutes demandes concernant les numéros manquants doivent être envoyées, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l\u2019adresse suivante: Argus Secrétariat de la CBPQ 360, rue Le Moyne Montréal, Québec Les articles de la revue sont recensés dans Library Literature.Graphiste/Graphist: Jean-Marc Lachaîne Dépôt légal/Copyright: Bibliothèque Nationale du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Argus is a bimonthly journal sponsored by the Corporation of Professional Librarians of Québec.Its aim is to publish original papers for the information and education of the profession.Articles are the entire responsibility of the authors.The yearly subscription is $12.00 ($3.00 an issue) and $15.00 ($3.50 an issue) outside Québec.Subscription for members is included in their fees to the Corporation.Requests concerning missing issues should be sent, no later than a month after date of publication, to the following address Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montreal, Québec Articles are indexed in Library Literature. Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec Vol.6, no 2 mars/avril 1977 March/April 1977 SOMMAIRE CONTENTS 22\tEDITORIAL ARGUS-COMMENTAIRES 23\tUNE CORPORATION-POURQUOI?Louise Lefebvre 26 DU DESIR A LA REALITE: REFLEXIONS SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE A LA CBPQ Onil Dupuis 30\tETRE OU NE PAS ETRE MEMBRE ASSOCIE.Judith Dansereau-Auger 31\tL'EVOLUTION DU PROFESSIONNALISME AU QUEBEC ET LA SITUATION DES BIBLIOTHECAIRES Gilles Caron 34 LE PROFESSIONNALISME A L'ECOLE ELEMENTAIRE Marie-Bénédicte Tranchant-Hervé 36 LE CODE DE DEONTOLOGIE ET LE COMITE DE DISCIPLINE Jean Bouthillette 38 \"QUEM SEQUUNTUR COMMODA, SEQUUNTUR ET INCOMMODA\": L'ETRE ET L'AGIR CHEZ LES BIBLIOTHECAIRES DES UNIVERSITES Michel Thériault Chers collègues, A une période où la Corporation semble reprendre du poil de la bête, et tout juste avant notre Congrès de 1977, il nous a semblé bon d'amener dans ce numéro d'Argus, une discussion sur le rôle de la CBPQ, sur ses principales activités et fonctions, de façon à faire le point après huit années d'existence.Comme disait Lessing \"Il n'y a pas de grandeur où il n'y a pas de vérité\", et nous croyons qu\"'éclairer nos lanternes\" est le meilleur moyen de faire progresser notre profession et la Corporation.Nous espérons que les idées émises dans les articles qui suivent sauront susciter chez vous un intérêt nouveau pour la CBPQ, et qu'ils serviront ainsi à améliorer les services qu'elle rend en vous invitant à participer davantage.N'hésitez pas 3 nous faire part de vos commentaires! Le Comité 22 Suite 3 une revision du mandat des comités de rédaction d1ARGUS, d'ARGUS JOURNAL et des publications, une redéfinition de la chronique-^COMMENTAIRES\" s'imposait.En effet, il existe dorénavant une section \"OPINION LIBRE\" dans ARGUS JOURNAL, section qui permet aux membres d'exprimer leur opinion sur tout sujet d'ordre professionnel ou relevant des activités de la corporation.Aussi, à compter de la présente livraison d'ARGUS, la chronique \"COMMENTAIRES\" se limitera à la publication de textes commentant, critiquant ou connotant des articles déjà parus dans ARGUS.Nous publierons aussi des commentaires sur l'orientation, la présentation ou tout autre sujet traitant d'ARGUS en général ou d'une livraison parti culière.En terminant, nous encourageons les membres à nous faire parvenir ce genre de commentaires par écrit.Beaucoup nous communiquent leurs impressions verbalement, et nous les en remercions.Mais les commentaires écrits nous permettraient de faire partager différents points de vue avec le plus grand nombre, tout en apportant une plus grande vitalité à cette publication qui est l'affaire de tous.Alors, un petit effort et.prenez la plume! Alain PERRIER UNE CORPORATION POURQUOI Louise LEFEBVRE Bibliothécaire professionnelle \".dis-moi qui tu veux que je sois?Car enfin faut-il bien que je sois quelque chose.\" Molière, \"Amphytrion\", acte 1er, sc.2.Pour comprendre pourquoi il nous faut une Corporation professionnelle, il est utile de passer en revue rapide l'évolution du titre et de la fonction de bibliothécaire, tels qu'ils furent dans le passé.La profession de bibliothécaire a été connue et exercée plusieurs siècles avant T ère chrétienne.Le titre de \"bibli-othecarius\" existait à l'époque classique latine, avec celui de \"medicus\" et celui d'\"advocatus\".La première grande bibliothèque célèbre est celle d'Alexandrie, fondée vers l'an 250 avant l'ère chrétienne.Callimaque et Era-tosthène, bibliothécaires de cette institution fameuse, représentaient la somme des connaissances de leur temps et sont les fondateurs des traditions de la bibliothéconomie dont ils découvrirent et appliquèrent les principes toujours valables.A cette époque, les livres étaient rares et chers.La bibliothèque était un lieu privilégié où se retrouvaient savants et lettrés.Le plus souvent, le bibliothécaire était lui-même un humaniste capable d'interpréter, de comparer, de juger de la valeur d'un manuscrit précieux.On croyait aussi, et la tradition devait s'en conserver pendant des siècles, que ceux qui écrivaient les livres avaient qualité pour les conserver.Les choses allèrent ainsi, avec des hauts et des bas, jusqu'à l'invention de l'imprimerie (vers 1440) et jusqu'à la diffusion de l'instruction publique en Occident, au XIXe siècle.On vit alors se lever une nouvelle catégorie de lecteurs, se multiplier livres et revues et se créer un \"corpus\" de doctrine bibliothéconomique.Le milieu par excellence de toute cette fermentation était l'institution typiquement américaine qu'est la bibliothèque publique gratuite.La bibliothèque publique n'évinçait pas pour autant les autres catégories de bibliothèques.Toutes avaient besoin d'un personnel spécialisé et à compétence variée.Cette compétence s'acquérait dans des écoles de bibliothéconomie, au niveau universitaire.L'évolution vers un personnel 23 spécialement formé pour la gestion des bibliothèques allait aussi prendre du temps.Le bibliothécaire (ou conservateur, selon la terminologie européenne) retenait un prestige justifié dans bien des cas.Dans ce contexte d'évolution amorçée mais non complétée, que devenaient ceux qui s'étaient donné la peine d'acquérir les grades spécifiques de la bibliothéconomie?Les représentants des employeurs éventuels, soit l'Etat, les universités, les municipalités, héritiers des notions courantes à leur époque, n'étaient-ils pas disposés à penser que \"n'importe qui peut être bibliothécaire\"?A Québec, en 1966, au moment oü les bibliothécaires présentaient leur demande au Comité des Bills privés, un des grands commis de l'Etat s'écria à haute et intelligible voix: \"Vous ne me ferez jamais accroire que ces gens-là sont des professionnels.\" \"Ces gens-là\", c'était nous, messieurs-dames, sans nulle vanité! Dans l'exposé qui va suivre, les mots \"profession\", \"professionnel\", sont entendus au sens que leur donnent notre loi constitutive (Lois du Québec, 1969, ch.105), les lois du Québec et le \"Code des professions\".Pour ajouter à nos tourments, il se trouve que le dictionnaire Robert, nos législateurs et nos mandarins ne sont pas d'accord sur la terminologie à employer.En attendant l'heureux jour où ces autorités donneront le même sens aux mêmes termes, il nous faut parler pour être compris.Nous employons donc le mot \"profession\" au sens de \"profession libérale\".La bibliothéconomie est-elle une profession libérale et remplit-elle les conditions pour l'être?Les bibliothécaires sont-ils à la recherche de leur identité dans un monde complexe oû chacun est bien défini et situé?Sont-ils à la recherche d'un statut qui leur conférera honneurs et profits, les uns étant difficilement séparables des autres?Qu'est-ce qu'une profession libérale?C'est une \"profession de caractère intellectuel que l'on exerce librement ou sous le contrôle d'une organisation professionnelle\".(Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue fran- çaise, (1966), s.v.\"Libéral.\") Je ne crois pas que l'on conteste le caractère intellectuel de la profession de bibliothécaire.Ce caractère, en tous cas, n'a pas été contesté dans le passé.Pour le 24 présent, les dix-sept ou dix-huit années de scolarité requises pour la maîtrise en bibliothéconomie et la nature des fonctions exercées par les titulaires de ce grade ne relèguent certainement pas la bibliothéconomie au niveau des \"oeuvres serviles\".Alors, s'agit-il d'une question d'identité?Oui, sinon aux yeux des bibliothécaires qualifiés eux-mêmes, du moins pour éclairer la lanterne des \"autres\" qui ont à traiter avec eux.L'avènement du bibliothécaire, nanti des grades universitaires qui font de lui un bibliothécaire professionnel, est de date relativement récente.Aussi, le bibliothécaire doit-il prendre l'initiative de s'identifier, de se définir et de se situer par rapport aux autres professions et par rapport à ceux qui relèvent de disciplines connexes moins exigeantes sur le plan académique.Ce ne sont pas \"les autres\" qui feront ce travail pour nous.Au contraire.Leur action tendra à uniformiser, à égaliser (par le bas, de préférence).Donc, pour assurer 1'intégrité de leur profession, les bibliothécaires doivent avoir, en plus de leur formation u-niversitaire, la reconnaissance officielle de l'Etat, par une loi constitutive qui leur confère un statut juridique parti culier.Ce statut juridique est assuré par le moyen d'une Corporation professionnelle qui exerce sur ses membres des fonctions de surveillance touchant la compétence (comité d'admission, d'inspection professionnelle et de formation professionnelle) et l'exercice même de la profession (tableau, comité de discipline et syndic).Le mot Corporation dans le sens d'Ordre ou d'Association professionnelle est devenu archaïque.Tel quel, cependant, il exprime bien ce que notre loi constitutive veut dire et rien n'empêche de revivifier ce vieux mot si expressif.La décision en ce domaine appartient au gouvernement du Québec.Si un jour, on nous désigne sous le nom d'Ordre avec tout ce que ce vocable comporte, je n'y verrai pas d'inconvénient pour ma part.En obtenant un statut juridique pour leur profession, les bibliothécaires du Québec ont posé un geste de portée internationale, car ils sont les premiers à jouir d'une reconnaissance aussi complète de la part de l'Etat.En ce domaine ils sont suivis de près par la France (catégorie \"A\")\t(31 décembre 1969 - décret no 69-1265), l'Allemagne fédérale de l'Ouest, la Fonction publique fédérale des U.S.A., la Fonction publique fédérale du Canada, l'Angleterre (Library Association). Aux Etats-Unis., où la controverse se poursuit sur la notion de \"profession\", on note des progrès réels dans la reconnaissance du statut de bibliothécaire.Le jour où nos collègues américains jouiront d'un statut analogue au nôtre (ou amélioré), un pas immense aura été franchi.(2) L'évolution rapide de notre société, du droit du travail, du syndicalisme, la socialisation accélérée, font que tous et chacun éprouvent le besoin de se définir et de se situer.La reconnaissance de l'Etat est indispensable pour constituer une profession dite reconnue (ou libérale).Cette reconnaissance, nous l'avons, pas aussi complète que nous la voudrions cependant.Le \"titre réservé\" n'est pas suffisant.Il nous faut \"l'exercice exclusif\".Le fait que la plupart des membres de notre Corporation n'exercent pas indépendamment, mais sont des fonctionnaires ou employés, ne saurait être retenu comme une objection valable.Lorsque les journaux nous parlent de \"salariat\" et de \"convention collective\" pour les médecins (cf.Le Devoir (11 décembre 1976)), lorsque nous savons fort bien que nombre d'avocats, d'ingénieurs, d'architectes, sont à l'emploi de l'Etat et n'en conservent pas moins leurs titres à demeurer membres de leurs ordres ou corporations professionnelles respectives, on serait heureux de mettre de côté, une fois pour toutes, cette notion \"d'exercice indépendant\".D'ailleurs, cet \"exercice indépendant\" (consulting work) est possible et existe déjà.Donc, il s'agit d'une distinction byzantine, irréelle, dépassée, que l'Office des professions doit abandonner dans notre cas, comme il le fait déjà pour d'autres, par la force même des choses, (médecins conventionnés, avocats de l'assistance judiciaire et autres) Cet exercice exclusif, nous ne l'aurons pas de sitôt disent les pessimistes.Ce n'est pas une raison pour lâcher.D'autres - avec des titres moins solides que les nôtres â la reconnaissance officielle - ont attendu longtemps et ont réussi, (v.g.chiropracticiens, denturologistes) Il suffit de mesurer le chemin parcouru depuis 1965 pour se rendre compte que dix ans dans la vie d'une société c'est très peu.Si nous obtenons peu de succès spectaculaires, il faut persévérer quand même en ayant confiance dans la valeur de la profession que nous avons choisie.Il se peut aussi que le \"titre réservé\" dont nous ressentons surtout les inconvénients à l'heure actuelle, nous assure dans l'avenir les avantages que nous recherchons.L'Office des professions lui-même \"prévoit que,.dans la mesure où une Corporation professionnelle saura faire la preuve qu'elle regroupe les personnes les plus susceptibles d'offrir des services de qualité, le titre réservé qu'elle confère à ses membres aura une valeur reconnue-sur le marché.\" (3) Puisse l'Office des professions être bon prophète! Seule, l'évolution sociale nous permettra d'en juger.En attendant, l'appartenance à la Corporation est une garantie de compétence et de conscience professionnelle à laquelle les employeurs (le public) ne peuvent rester indifférents.Un des bienfaits de la Corporation aura été de susciter chez ses membres un grand esprit de solidarité, d'entraide et d'estime confraternelle.Ce n'est pas un mince avantage dans un milieu où par tradition, formation et disposition, les gens ont de fortes tendances à l'individualisme.L'heure est à la solidarité pour l'intégration plus réaliste dans notre société actuelle d'une profession ancienne mais toujours renouvelée par l'évolution et l'enrichissement du savoir.NOTES Un résumé de l'histoire de la Corporation a paru sous la signature de Louise Lefebvre dans Mélanges offerts 3 M.Edmond Desrochers, s.j.(Montréal, ASTED, 1977), 2\tvols.Aussi on trouvera quelques détails dans ARGUS 4 (janvier-février 1975): 24-27.Il serait bon de relire les articles très pertinents de Bernard Vinet et du père Edmond Desrochers dans Comité pour la formation de la Corporation, Bulletin spécial 1 (1966).2 Harold Lancour, \"The Librarian's Search for Status,\" in Seven Questions about the Profession of Librarianship, ed.by Philip H.Ennis and Howard W.Winger (Chicago, The University of Chicago Press, 1962), pp.71-81.3 Office des professions du Québec.L'évolution du professionnalisme au Québec.Québec: Office des professions du Québec, 1976.25 DESIR REALITE Onil DUPUIS Chargé de recherche Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec Introduction Les corporations professionnelles assument un rôle de premier plan dans la formation et le perfectionnement de leurs membres.Si, tel que l'indique le Code des professions, la principale raison d'être d'une corporation est la protection du public, une solide formation professionnelle est 1 a pi us sûre garantie de cette protection.Cette préoccupation se retrouve d'ailleurs à l'origine même de la création de la Corporation.(1) Les quelques réflexions qui vont suivre proposent une récapitulation sommaire des activités de la Corporation en matière de formation et de perfectionnement afin de les mieux situer dans leur contexte et les articuler les unes par rapport aux autres.1.La formation Jusqu'à récemment, la législation professionnelle du Québec donnait aux corporations professionnelles le pouvoir d'agréer les maisons d'enseignement aux fins de l'admission à l'exercice des professions.Le Code des professions donne maintenant ce pouvoir au Gouvernement, qui l'exerce après consultation des quatre parties en cause: la Corporation professionnelle, la maison d'enseignement impliquée, le,Conseil des universités et l'Office des professions.26 Il appartient à la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec d'exercer auprès des Ecoles de formation un rôle actif au niveau de la préparation des futurs professionnels puisqu'elle ne fait pas encore partie du Code des professions.Depuis 1976, les deux écoles de bibliothéconomie du Québec ont formellement reconnu cette responsabilité à la Corporation et invité un délégué de la Corporation à siéger, avec droit de vote, au Comité des programmes.(2) Il ne s'agit pas là de la première initiative de collaboration entre les Ecoles de bibliothéconomie et la Corporation.Loin de là.Depuis sa création, en 1969, la collaboration des Ecoles lui était acquise et le dialogue permanent.Le temps que se précise le champ d'action de la Corporation dans ce domaine, de même que le temps de modifier certaines structures universitaires facilitant une participation officielle de la Corporation, ont permis, en 1975 seulement, l'établissement d'un lien formel, première étape d'une systématisation des relations Corporation/Ecoles, comprises dans la perspective d'une plus grande intégration des Ecoles à la profession ainsi qu'à la société en général.Bien sûr, les objectifs de la formation universitaire diffèrent sensiblement des objectifs de la préparation directe à l'exercice d'une profession; mais ils ne peuvent en faire abstraction et il importe qu'ils tiennent compte de la réalité professionnelle.C'est là le rôle de la Corporation. Pour atteindre ce but, la Corporation se pourvoit actuellement d'outils appropriés et met en place des mécanismes réguliers d'échange et de collaboration aussi bien avec les Ecoles elles-mêmes, qu'avec les professeurs et les étudiants.Parallèlement, il est nécessaire que la Corporation définisse clairement ses positions en matière de formation professionnelle.C'est ainsi que le Bureau, lors de sa réunion du 13 décembre 1976, adoptait une résolution confiant au Comité de formation professionnelle le mandat de préparer et soumettre un premier document de travail en vue de l'élaboration de sa politique en matière de formation professionnelle.Les implications de l'adoption d'une telle politique formelle sont considérables.Qu'il suffise de mentionner la définition des critères d'admission, des normes de compétence et, partant, d'inspection professionnelle.Après son adoption par le Bureau et son approbation par l'Assemblée générale, ce document servira à orienter, à guider et à normaliser les interventions de la Corporation â ce sujet.Entre temps, puisque déjà ses délégués siègent au Comité des programmes de chaque école, des mécanismes ont été prévus afin d\u2019assurer une représentation cohérente et un apport positif.De plus, les Ecoles elles-mêmes ont clairement indiqué leur ouverture au dialogue et offert leur coopération dans ce sens.Ainsi, lors de la prochaine assemblée générale annuelle, elles participeront à un atelier portant sur les besoins du milieu en rapport avec la formation qu'elles dispensent, aussi bien la formation initiale que la formation continue.Beaucoup plus que par le passé, en effet, les corporations professionnelles doivent maintenant mettre l'accent sur la formation continue ou le perfectionnement de leurs membres.D'ailleurs, le Code des professions leur en fait une obligation formelle.Il est évident que celles-ci ne peuvent s'acquitter de cette responsabilité sans le concours des écoles professionnelles.Un véritable programme intégré de formation et de perfectionnement ne peut être réalisé sans cette collaboration et cette participation active.Il est évident, aussi, qu'il sera beaucoup plus facile d'en arriver à des échanges profitables à l'étape de la formation continue si déjà une collaboration avec le milieu professionnel a été établie au moment de la formation initiale.2.Le perfectionnement Depuis quelques années, la question du perfectionnement professionnel a fait l'objet de très nombreuses publications et communications.Il dépasse notre propos et notre compétence d'en reprendre ici une étude académique puisque nous voulons limiter le cadre de notre réflexion à situer dans leur contexte les activités de la Corporation en matière de formation et de perfectionnement.Cependant, il nous semble important d'apporter ici une rapide distinction terminologique entre éducation permanente, formation continue et perfectionnement; termes souvent utilisés l'un pour l'autre, alors qu'à notre avis, ils désignent des réalités différentes.L'éducation permanente est: \"La somme de tous Les efforts et de toutes Les activities assumés par un individu dans Le but de surélevér ses connaissances, ses capacités, sa compréhension relativement au champ de ses activités et de sa spécialisation afin de devenir un professionnel plus efficace[3) Elle diffère de la formation continue qui suppose une intervention externe formelle, en cela qu'elle inclut des activités non structurées telles la lecture de revues professionnelles et des rencontres ou discussions professionnelles.Le perfectionnement professionnel est le processus continu et intégré par lequel un professionnel acquiert les connaissances et développe les habilités requises pour exercer efficacement ses fonctions dans un poste actuel ou éventuel.Ainsi défini, un programme de perfectionnement vise quatre objectifs principaux: \"- permettre aux professionnels de compléter, mettre d jour et adapter Leurs connaissances; -\télever Le niveau de Leurs qualifications dans des méthodes et techniques en constante évolution; -\tLeur permettre une adaptation plus fact- 27 le aux changements; et en^ln, les alden à Implante* do» techniques plus efficaces da.ru» leu* milieu de Viavall.\" [4] La poursuite de tels objectifs suppose l'utilisation de formules très variées de même que l'intervention d'agents extérieurs et la collaboration de l'employeur.A ce niveau, la Corporation exerce un double rôle.Un rôle actif, d'abord: l'élaboration d'un programme d'activités de perfectionnement; et un rôle de coordination, ou si l'on préfère, d'information, en ce qui concerne les différentes activités offertes par d'autres organismes.L'évolution des activités de perfectionnement de la Corporation ne peut être dissociée du contexte général dans lequel elle s'imbrique: une jeune corporation naissante, qui doit identifier ses besoins, leur trouver des éléments de solution, mettre ceux-ci en application et ce, au milieu de l'incohérence naturelle de tout ce qui est neuf et voit le jour en même temps que toutes les autres activités ou préoccupations d'un nouvel organisme.Une rapide récapitulation de ses activités au cours des six premières années de son existence, nous permet de distinguer trois phases: a)\tphase préliminaire: 1969-1970 -période de réflexion -tenue d'ateliers et de panels sur la formation et le perfectionnement -publication d'articles b)\tphase pré-opérationnelle: 1971-1973 -création d'un comité d'éducation permanente (1971) -délimitation de son mandat (1973-1974) -publication d'une liste d'activités de perfectionnement s'adressant aux biblio-thécaires -enquête sur les besoins et les attentes des membres dans ce domaine c)\tphase opérationnelle: 1974-organisation d'un stage en informatique documentaire (octobre 1974) -création du Comité de formation profes- 28 sionnelle (1975) -publication du compte-rendu du stage (1975) -élaboration et adoption d'une politique de formation -organisation d'un stage sur la gestion par objectifs appliquée aux bibliothèques (1976) Au cours de 1977, plusieurs activités, empruntant des formules variées selon leur sujet, sont prévues.Ainsi en mars 1977, aura lieu une journée de mise à jour sur les outils normatifs en bibliothéconomie.Une conférence sur l\u2019automatisation a déjà eu lieu en novembre 1976 et un déjeûner-causerie sur la politique de la lecture se tiendra en avril 1977.L'automne 1977 verra se concrétiser une plus grande intégration de ce programme de perfectionnement.Qu'il suffise de mentionner, notamment, un deuxième stage sur la gestion par objectifs, complémentaire au premier, un colloque sur la gestion du personnel et un séminaire sur les réseaux.Nous avons mentionné, plus haut, l'importance du rôle des Ecoles de bitrMothéconomie au niveau de la formation continue et du perfectionnement des professionnels en exercice.Il ne nous appartient pas de passer en revue l'éventail de leurs activités dans ce domaine.Nous tenons, par contre, à souligner leur esprit de collaboration avec la profession pour en faciliter l'accès aux professionnels.C'est dans ce but, par exemple, que plusieurs .1973, ch.6) sans tdnlr compte des traditions états -antennes [code of Ethics) et ontariennes (IPLÛ) dans ce domaine.Cette option est lourde de conséquences.Résultats?La protection du public et du client l'emporte sur toute preoccupation d'ordre syndical et patronal.La sécurité d'emploi perd son panache d\u2019une valeur absolue au profit de l'Indépendance professionnelle, de la probité Intellectuelle, du nouveau humanisme.JH- Rédiger un code EXTENSIBLE, grand ouvert au changement qui s'opère d la iols: -\tau niveau des sciences de l'Information documentaire; -\tau niveau de la formation professionnelle; -\tau niveau de la pratique professionnelle.La nature de l'acte professionnel ne se transforme-t-elle pas sous nos yeux? I\\J- Sien Alluex leA régie* déontologique* dan* le contexte profe*Alonnel au Quebec, leux conférant un caractère d'Identité unique à notxe pxôJëÂÏZôn.Nou* avon* voulu, avant tout, faire en Aorte que tout ApéclallAte de la bibliothéconomie, de la documentation et dea AdenceA de l'Information pulAAe Ae reconnaître dana lea énoncéa du Code, en faire Aon At/Atème de référencea philoAopklqueA D'autres membres du sous-comité de rédaction du Code de déontologie ou du comité de discipline lui-même, présenteront, espérons-nous, divers points particuliers du code de déontologie.Nous désirions seulement vous rappeler que vous avez désormais entre les mains un code de déontologie devant servir de guide à votre comité de discipline, que vous vous devez de prendre connaissance de ce code de déontologie et que vous devriez proposer au Bureau tout changement permettant de mieux exprimer les valeurs de la profession.NOTES (1)\tCorporation des bibliothécaires professionnels du Québec, Règlement concernant le code de déontologie (Montréal, avril 1976).(2)\tOffice des professions du Québec, Décisions disciplinaires concernant les corporations professionnel- le 1- (décembre 1974).(3)\tCorporation des bibliothécaires professionnels du Québec, Rapports annuels 1975; procès verbal de la 6ième Assemblée générale annuelle (Montréal, 1975), p.C-7-C-8.37 \u201cQuern seqnantur commoda, seqnnntar et incommoda\u201d L'ETRE ET L'AGIR CHEZ LES BIBLIOTHECAIRES UNIVERSITAIRES Michel THERIAULT Chef de la Division de la bibliographie nationale rétrospective Bibliothèque nationale du Canada Introduction Tous les groupements d'êtres humains voués à une certaine action, socio-politique ou non, doivent à un moment donné choisir leur mode d'être ainsi que leur mode d'agir.Ce choix découle bien sûr d'une prise de position philosophique ou idéologique débouchant sur des prises de position de nature politique.Cependant, les circonstances très concrètes dans lesquelles vit le groupe en question ainsi que le hasard et le quotidien sont pour beaucoup dans l'évolution de n'importe quel groupe, et leur importance ne doit pas être sous-estimée.Quoi qu'il en soit, pour toute décision il existe du pour et du contre.La meilleure décision au sujet du présent et de l'avenir d'un groupe n'est jamais parfaite, mais les membres doivent apprendre à vivre avec elle: si le groupe décide d'opter pour telle ou telle forme d'être et d'agir, il doit aussi en accepter les inconvénients.C'est ce que veut dire la règle de droit romain formant le titre du présent article.(1) Bref, le 15 décembre 1976, j'ai eu l'occasion de prononcer une conférence devant les membres de l'Association of McGill University Librarians (AMUL).J'ai revu les notes utilisées lors de cette conférence (je parle en public à l'aide d'un plan et de notes, mais non d'un texte complet), j'ai enlevé les points ayant trait à la situation locale de McGill, et la présente ponte en est le résultat.Le développement du syndicalisme chez les bibliothécaires des universités québécoises, comme celui des différentes formes de regroupement (sauf les associations purement sociales et de loisirs) montrent que certaines étapes ont été franchies au plan de la vie socio-politique des professionnels en cause: d'une attitude complètement individualiste, les bibliothécaires sont devenus membres ou conscients de la présence de groupements locaux, puis de groupements plus étendus (v.g.CBPQ, CLA, ALA).Tout ce processus s'accomplit par étapes.Historiquement, la syndicalisation des bibliothécaires 38 ^>4 américains a débuté à la New York Public Library, en 1917.Au Canada, les bibliothécaires de la Bibliothèque de la Ville de Montréal se syndicalisèrent en 1921, à l'intérieur du Syndicat des fonctionnaires municipaux.Les bibliothécaires des universités canadiennes commencèrent lentement à se syndicaliser, la plupart dans les années 60.Tous se souviennent de 1965: les bibliothécaires de l'Université de Montréal furent de braves précurseurs au Québec.Les types de syndicats (avec les autres employés de la bibliothèque ou seuls, avec les autres employés de l\u2019institution ou non, etc.) sont la plupart du temps une conséquence de la situation particulière de chaque institution, mais aussi, des courants philosophiques et stratégiques du monde syndical au moment de la formation dudit syndicat.Il ne faut jamais oublier ce fait quand on juge d'une réalité syndicale et le contexte historique de la formation du groupe doit être présent à la mémoire de l'étudiant ou du chercheur.(2) Des formes présentes actuellement ne se créent plus aujourd'hui parce que les courants d'idées sont différents et chez les employeurs et chez les syndiqués, v.g.le fait qu'à la bibliothèque de l'Université de Montréal les bibliothécaires soient dans la même unité de négociation que les autres employés de la bibliothèque peut sembler étrange maintenant, mais correspond à la façon de faire d'il y a dix ans.SYNDICATS: CE QUI EST LEGALEMENT POSSIBLE Pour la formation de syndicats, c'est le Code du travail qui fournit l'armature juridique nécessaire.Le Code forme le ch.141 des Statuts refondus du Québec 1964 avec les différents amendements y apportés postérieurement.La plus récente codification administrative du Code date d'avril 1976.Quelles sont les formes possibles que peuvent prendre les associations syndicales dans lesquelles peuvent se trouver des bibliothécaires?Syndicat formé de bibliothécaires dans une institution En soi, c'est la forme idéale à cause de la communauté très intime d'intérêt unissant les membres.De plus, les membres peuvent formuler les demandes qui leur semblent appropriées et peut-être réussir S se faire comprendre de la partie patronale.Par contre, les désavantages me semblent plutôt importants: -\tle nombre de bibliothécaires exclus de l'unité parce qu'ils occupent des postes administratifs a tendance à augmenter, ce qui enlève au groupe un certain nombre de personnes valables; -\tde toute façon, la petitesse du groupe le rend faible.Ces deux facteurs enlèvent généralement au syndicat la capacité d'exercer des pressions qui valent la peine, d'autant plus que, pour toutes sortes de raisons, l'appui non seulement moral mais aussi effectif des autres syndicats de l'institution ne leur est pas nécessairement assuré, quoi qu'on puisse dire ou penser sur la très fameuse \"solidarité syndicale\" qui n'est formée souvent que de diarrhée verbale et de gargarismes superficiels cachant des rivalités déplorables et des petits jeux politiques qui ne sont à l'honneur de personne.C'est donc une forme que je ne recommande pas.Syndicat formé de tous les employés d'une bibliothèque Le meilleur exemple que je connaisse de cette forme de regroupement est celui de l'Université de Montréal, vu que j'ai consacré à cette institution près de 9J ans de ma vie, à divers titres: étudiant, libraire, bibliothécaire.Il existe une certaine communauté d'intérêt du fait que les employés travaillent ensemble, mais elle n'existe vraiment qu'à court terme, dans les débuts de la vie du groupe.Au fond, les employés de soutien ont plus en commun avec les employés de soutien du reste de l'institution qu'avec les bibliothécaires.Beauct , de préoccupations professionnelles fort réelles ont de la misère à s'exprimer: développement des connaissances professionnelles, liberté intellectuelle (i.e.exigences administratives et idéologiques de l'institution vis-à-vis de la conscience et de l'aspect déontologique du travail demandé), etc.Cette union du personnel de soutien et technique avec les bibliothécaires a décidément l\u2019air superficielle, d'autant plus qu'un nombre croissant de bibliothécaires se trouve exclu de l'unité et que les autres sont en minorité au sein du syndicat.Mon attitude négative devant ce type de syndicat vient, en dernière analyse, du fait que le Code du travail, comme à peu près tous les Codes semblables en Amérique du Nord, est structuré en fonction des relations de type industriel avec des travailleurs manuels et de bureau.Par conséquent, l'usager du Code sent dans le Code et les conventions collectives les préoccupations de temps et de production, ce qui s'accorde mal avec le travail professionnel qui, lui, ne se découpe pas toujours ou souvent en unités mesurables.Syndicat formé de tous les employés d'une institution Cette forme de regroupement est excellente si les relations avec l'employeur sont plutôt au niveau du combat.En effet, les syndiqués forment ainsi un groupe de pression qui ne peut qu'être efficace, si la solidarité joue son rôle.Par contre, les bibliothécaires sont encore plus perdus (de 60 à 80 sur 3000?) à l'intérieur d'un ensemble si grand.Il faut bien se demander ce qu'ils ont à gagner qui puisse leur être spécifique.Syndicat des professeurs Je n'ai pas l'intention d'en dire long sur cette question qui pourrait, à elle seule, être l'objet d'un article.La syndicalisation des professeurs est un phénomène relativement nouveau.C'est aussi lié au fameux \"statut académique\", ou à un statut parallèle et apparenté, des bibliothécaires.Il faut se rendre compte qu'aux Etats-Unis, cette évolution est en régression: certains bibliothécaires se sont montrés incapables de remplir leurs obligations pédagogiques autres que la référence et les cours d'initiation; d'autre part, les institutions se sont montrées souvent trop rigides et continuaient de traiter les bibliothécaires comme des employés de bureau, avec les mêmes exigences au plan de l'horaire et de la production.C'est donc une impasse, actuellement.Au Canada, l'Association canadienne des professeurs d'université a décidé tout récemment d'accepter les bibliothécaires comme membres à part entière.Il reste aux syndicats locaux de professeurs qui ne l'ont pas déjà fait à mettre ce principe en pratique dans leur propre syndicat.Je suis persuadé cependant que, pour le moment, ce mariage servirait à donner du prestige aux bibliothécaires en mal de statut.Je ne suis pas opposé à l'alliance professeur-bibliothécaire, mais je crois que les bases doivent en être autres qu'émotionnelles: les bibliothécaires doivent prendre leur rôle pédagogique au sérieux et les institutions doivent leur permettre de le remplir.ASSOCIATIONS: CE QUI EST LEGALEMENT POSSIBLE Pour les associations autres que les syndicats, le cadre juridique se trouve dans la 3è partie de la Loi des compagnies et dans le Code civil.La différence fondamentale entre syndicat et association ne se situe pas au niveau de la formation ni du statut juridique du groupement; elle vient de l'une des composantes du statut juridique du syndicat: l'employeur est obligé de négocier avec le syndicat après l'obtention par celui-ci de l'accréditation, alors qu'il ne l'est jamais avec une simple association.Par contre, dès le moment de la signature d'un contrat avec une association, celui-ci est tout aussi valide qu'une convention collective et oblige autant l'employeur.D'autre part, ce contrat ne bénéficie pas de la protection du Code du travail: les dispositions relatives à l'extension de la validité du contrat après expiration pour éviter le \"vide juridique\" et à l'obligation faite à l'employeur de négocier un nouveau contrat après l'expiration du premier ne s'appliquent pas.Associations d'employés Qu'elles soient formées de bibliothécaires seuls ou.avec d'autres importe peu pour les besoins de la présente discussion.L'association regroupant les bibliothécaires du réseau de 39 McGill University et comportant près de 90 membres (personne n'est exclus, évidemment, puisque ce n'est pas un syndicat), est la seule que je connaisse qui ait, en tant que groupe, obtenu de l'employeur de très bommes conditions de travail sans une confrontation de type syndical.Les raisons de ce succès sont multiples et complexes et ne se retrouvent pas dans les autres institutions.Leur succès, incomplet bien sOr (\"Roma non fu fatta in un giorno\"), est exceptionnel.Ce genre de groupe est habituellement impuissant vis-à-vis de l'employeur; le groupe dont je viens de parler est une exception, tout en étant assez habile au plan des activités sociales.Associations regroupant les cadres et les professionnels Cette nouvelle formule a été essayée, avec succès, à Laval (APAPUL: Association du personnel administratif et professionnel de l'Université Laval) et à Sherbrooke (APAPUS: Association du personnel administratif et professionnel de l'Université de Sherbrooke).A l'Université de Montréal (ACPUM ou Association des cadres et professionnels de l'Université de Montréal, fondée en 1974), il est probable qu'un protocole sera signé durant les premiers mois de 1977.L'ACPUM, pour illustrer cet exposé par un groupe que je connais pour en avoir fait partie, est composée du personnel cadre de l'Université, i.e.le personnel administratif exclu des différentes unités de négociations: chefs de secrétariat, chefs de service, adjoints administratifs, contremaîtres, etc.et du personnel professionnel non syndiqué: chercheurs, experts-conseils, etc.Evidemment, je sépare les catégories \"cadres\" et \"professionnels\" pour les besoins du présent article, mais tous sont membres à part entière et beaucoup sont des deux S la fois, v.g.les chefs de service à la bibliothèque sont cadres et professionnels.Seuls sont exclus quelques dirigeants supérieurs de l'Université: les vice-recteurs, le registraire, le secrétaire général, etc.La conséquence pratique et immédiate est de séparer les employés de l'université en deux groupes: les syndiqués et les cadres intermédiaires.Cette formule a l'avantage de rassembler les demandes des professionnels en un tout assez bien articulé, dont une partie est assez semblable à ce que Ton retrouve dans une conventions collective, tandis que l'autre est plus spécifique à ce que le monde des professionnels attend dans son mi lieu de travai1.Trois obstacles cependant.Il est long et difficile de rassembler cadres et professionnels dans un seul groupe.Ils travaillent de façon relativement isolée et assez différente les uns des autres.Ensuite, le deuxième obstacle est d'obtenir de l'institution la reconnaissance officielle comme seul représentant de ce groupe d'employés.Le troisième est de négocier une entente.Pour moi, c'est la forme d'organisation la plus appropriée pour les bibliothécaires des universités.Ceux qui sont déjà syndiqués pourraient d'ailleurs se désaffilier de leur syndicat (v.le Code du travail à ce sujet) et devenir membre de ce type d'association.Un facteur à considérer: les cadres et professionnels re- 40 présentent quelques centaines de personnes, mais situées stratégiquement et donc ayant une influence proportionnel-lement plus grande que leur nombre.CE QUI EST LEGALEMENT IMPOSSIBLE Syndicat provincial de bibliothécaires Pour le moment, cette forme de regroupement n'est pas possible, parce que chaque syndicat doit être local.(En soi, une féfédation provinciale de syndicats locaux formés de seuls bibliothécaires serait possible, mais ne pourrait effectivement ni efficacement voir le jour.) En effet, les négociations sectorielles ne sont prévues par la loi que pour la fonction publique, l'enseignement, les hôpitaux et la construction.COURANTS Je vois deux courants se dessiner: -\tles associations de cadres et de professionnels, vu la prise de conscience de plus en plus développée des cadres comme étant assis entre deux chaises: entre l'Etat-employeur et les syndicats; -\tles négociations sectorielles, vu la prise de position du nouveau ministre du Travail, le père Jacques Couture, s.j., sur la syndicalisation des travailleurs isolés ou dans de petites entreprises, ce qui amènera nécessairement la formation de groupes autres que locaux pour beaucoup d'activités.Les deux vont probablement gagner et ne s'excluent pas bien sûr.Mot de la fin A part toutes les questions de nature politique ou stratégique, et celles qui relèvent du hasard et des circonstances, les questions que doivent se poser les bibliothécaires des universités sont simples: -\tComment définissent-ils leur qualité de professionnel?-\tComment voient-ils leur rôle pédagogique dans l'institution?De la réponse à ces questions dépendra leur décision quant à la forme de regroupement qu'ils préféreront.NOTES ^Tout ça pour dire que le monde est petit, que l'histoire se répète et que le droit romain n'est pas qu'une marotte de bibliothécaire se complaisant dans Tarchéologis-me.Non, cette discipline nous donne encore aujourd'hui des leçons de philosophie et de sens commun fort valables.2 D'ailleurs en histoire, les faits d'une époque passée doivent être jugés en tenant compte des moeurs du temps et non selon le sens des valeurs de l'historien actuel.Au plan juridique, une des règles donnée par le droit romain pour T interprétation des textes obscurs dit plus ou moins la même chose: \"Contemporanea expositio est optima et fortissima in lege\" (v.un texte des Institutes sur les testaments des soldats mettant en application cette règle: Inst., II, 11). Note aux auteurs: Le comité de rédaction invite les membres à soumettre des articles.tant en anglais qu en français.Tous les articles seront publiés dans la langue d'origine.La rédaction accepte les articles tant informatifs qu'éducatifs portant sur l'aspect professionnel de la bibliothéconomie.À l\u2019occasion, on publie des articles de collaborateurs étrangers et des traductions d'articles d'importance dans le domaine de la bibliothéconomie.Chaque auteur recevra 3 exemplaires du numéro auquel il aura contribué Protocole de rédaction: 1.\tLes textes doivent être soumis sous forme définitive.2.\tLes mémoires peuvent être rédigés en français ou en anglais.Ils doivent être soumis dactylographiés à interligne double sur papier 8!4 x 11 pouces.3.\tLes auteurs sont priés de conserver un double de leur article.Aucun manuscrit ne sera retourné à son auteur.4.\tL'auteur indiquera son nom, titre académique et/ou son statut professionnel et son lieu de travail.5.\tNotes infrapaginales: les notes doivent être dactylographiées à interligne double, à la fin du texte.La numérotation en sera continue.ex.1 Roger Fourny, Manuel de reliure (Paris, Librairie Polytechnique Béranger, 1965), p.8.6.\tBibliographie: les références ou notices bibliographiques doivent être présentées par ordre alphabétique dans une liste continue et distincte.ex.Fourny, Roger.Manuel de reliure.Paris, Librarie Polytechnique Béranger, 1965.Pour les notes infrapaginales et la bibliographie se baser sur Turabian, Kate L.A Manual for Writers of Terms Papers, Theses, and Dissertations.Chicago, University of Chicago Press, 1969.Note to Contributors: The Editorial Committee invites members to submit articles in English or in French.Articles will be published in the language in which they are submitted.The editorial staff welcomes articles of informative and professional interest as well as articles from foreign contributors and articles in translation which are of interest and not readily accessible.The authors will be sent 3 copies of the issue in which their article has appeared.Style Guidelines: 1.\tTexts must be submitted in their final form.2.\tManuscripts may be written in English or French.Doublespaced typewritten copies must be submitted on paper 8V2 x 11 inches.3.\tThe author should always retain a second copy for himself.The editorial staff does not undertake to return any manuscript.4 The author should indicate his full name, his academic and/or professional status and his place of employment.5.\tNotes and footnotes (as well as the bibliography) should be typed, double-spaced, at the end of the text.They should also be numbered and listed in the order in which they are cited.ex.1Guy R.Lyle, The Administration of the College Library (New York, Wilson, 1974), p.59 6.\tBibliography: References to other works should also be incorporated in a separate list of references in alphabetical order by author\u2019s surname.ex.Lyle, Guy R.The Administration of the College Library.New York, Wilson, 1974.The copy editing reference book for both footnotes and bibliography is Turabian, Kate L.A Manual for Writers of Terms Papers, Theses, and Dissertations.Chicago, University of Chicago Press, 1969. IIAiiO NUMÉRIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec EJ ES ES ES "]
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