Argus, 1 janvier 1979, Septembre - Octobre
[" ISSN 0315-9930 Corporation des bibliothécaires professionnels du québec Vol.8, no 5 Septembre-octobre 1979 VoJ.8, no.5 September-October 1979 Corporation of Professional Librarians of Québec ARGUS Comité de rédaction/Editorial Committee: Suzanne Gastaldy.prés.Serge Coulombe Claude Langlois Denyse Léger Philippe Lelièvre Jean Lemaire Catherine Passerieux Diane Rochon Réjean Savard Correcteurs/Correctors: Jean-Pierre Côté Catherine Passerieux Graphisme et impression/Graphism and Printing: Les Presses Solidaires inc Traductrice/Translator: Barbara Pilek Publicité/Advertising: Jean Lemaire 9155, St-Hubert Montréal 389-5921 (poste 246) Dépôt légal/Legal deposit Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Argus est une revue bimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Quebec Elle vise à l\u2019information et à l education de la profession.La rédaction laisse aux auteurs l entière responsabilité de leurs textes.L abonnement annuel est de $15.00 ($4 00 le numéro) et de $18 00 ($4 50 le numéro) pour I extérieur du Québec Il est gratuit pour tous les membres de la Corporation Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l'adresse suivante Argus Secrétariat de la CBPQ 360, rue Le Moyne Montréal.Québec H2Y 1Y3 Les articles de ia revue sont recensés dans Library Literature et dans Library Information Science Abstract (LISA).Argus is a bimonthly journal sponsored by the Corporation of Professionnal Librarians of Quebec.Its aim is to publish original papers for the information and education of the profession.Articles are the entire responsibility of the authors The yearly subscription is $15.00 ($4 00 an issue) and $18.00 ($4.50 an issue) outside Quebec Subscription for members is included in their fees to the Corporation Any request concerning missing issues should be sent, no later than a month after date of publication, to the following address: Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montréal.Québec H2Y 1Y3 Articles are indexed in Library Literature and in Library Information Science Abstract (LISA) Æ\tI |^\\ Corporation des bibliothécaires Æ\\\t_____I 1^^ professionnels du Québec Corporation of Professional *\t®\t^\tLibrarians of Québec Vol.8, no 5 septembre-octobre 1979 September-October SOMMAIRE CONTENTS Editorial 3 La communication entre l'homme et l\u2019ordinateur Madeleine Balcer\t4 Interdisciplinary and Information Needs; Towards the Concept of an Academie Library Information Centre Gale Moore\t8 La société de l'information et notre avenir collectif Louis Brunei\t13 Les travaux du CERBIQ Laval Dubreuil 18 L\u2019animation culturelle du centre documentaire de l'école: véritable projet éducatif Paul-Yvon Vertefeuille\t21 Profil du bibliothécaire en milieu scolaire Georgette La pointe et Rosaire Pelletier\t27 Support Services for School Libraries in England Jean Brown\t32 A propos de recherche Ré jean Savard\t35 Ouvrages reçus\t31 CBPQ/CPLQ 360 Le Moyne Montréal.Québec.H2Y 1Y3 ISSN 0315-9930 r bibliofiches 4545 Boul.Laurier, St-Hubert, P.Q.J3Y3X3 Tél: 676-7961* APPUIS-LIVRES LES PLUS ROBUSTES LES MIEUX USINÉS LES PLUS BEAUX FINIS CES APPUIS-LIVRES EN ACIER DURERONT TOUTE LA VIE NO\tHAUTEUR\tLARGEUR 611\t51/4\u201d\t4 3/4\u201d 612\t10\u201d\t5\u201d 613\tCoussin en liège auto-adhésif pour no 611\t 614\tCoussin en liège auto-adhésif pour no 612\t 116 - OCTOBRE 1979 r Éditorial ¦\\ A peine sorti de la léthargie dans laquelle lavaient enveloppé la chaleur et le soleil de rété, le Comité vous offre un numéro aussi varié qu'un paysage d\u2019automne; ce n\u2019est toutefois que \u201cpour satisfaire votre curiosité, qui recherche la diversité!\u201d (Pascal).La Corporation s\u2019est confié la mission, lors du dernier congrès, d\u2019étudier le cas des bibliothèques scolaires au Québec, cas dont il était grand temps qu\u2019elle se préoccupe.Le premier pas concret dans cette direction est de sensibiliser l'ensemble de la profession en publiant quelques articles faisant état des conditions difficiles dans lesquelles oeuvrent les bibliothèques scolaires au Québec; on pourra y puiser quelques éléments de réflexion et même comparer avec la situation telle qu'elle se vit en Angleterre.Ce numéro vous propose également une série d'articles sur l'ordinateur, les communications, l\u2019information, qu\u2019on ne pourra bientôt plus dissocier.En effet l\u2019intégration de la technologie des ordinateurs et des télécommunications est de plus en plus évidente.Cette innovation technologique, de même que son évolution rapide, entraîne l\u2019utilisation accrue des banques de données sur ordinateur et, par conséquent, une mobilité de l'information qu\u2019il est de plus en plus difficile de contrôler.L\u2019information contenue dans les banques de données dépasse maintenant les frontières et le développement de la téléinformatique aura certainement des retombées sur le plan social, particuliérement en ce qui concerne la protection des libertés individuelles.Comment notamment pourrons-nous concilier la libre circulation de l'information et la protection des données de caractère personnel?Comment pourrons-nous nous assurer que le transfert de l\u2019information sans frontières n\u2019interviendra pas dans la vie privée?Mais au moment où l\u2019on parle le plus de coopération internationale, de transfert de technologie, peut-on penser imposer des limites et des contraintes à la transmission des données à l\u2019échelle internationale?Plusieurs organismes internationaux s\u2019intéressent à la question et tous sont d'avis qu\u2019il faut plus qu\u2019élaborer des recommandations sur le bon usage de l\u2019information et que les législations ou politiques nationales ne pourront offrir de solutions complètes.Il faudra des accords internationaux, un code de déontologie international ou même un organisme chargé de rédiger les régies du jeu.Le Comité de rédaction V J ARGUS.Vol 8 no 5 (September-October 1979) 3 Madeleine Balcer, Responsable de la normalisation BADADUQ, Université du Québec à Trois-Rivières La communication entre l\u2019homme et l\u2019ordinateur La communication entre l\u2019homme et l'ordinateur dans un système de repérage en mode dialogué est à un point tournant de son évolution.Elle va devoir se développer en fonction d'une meilleure compréhension de la dynamique du langage et, plus fondamentalement, de la pensée humaine.Communication between man and the computer in the \u201con-line\u201d method of locating information has reached a turning point in its evolution.At this point, it must develop in terms of better understanding the dynamics of the the language and more importantly, the dynamics of human thought.La recherche documentaire en mode dialogué est une activité relativement récente.Les premiers programmes d\u2019un fichier bibliographique ordinolingue en différé devinrent opérationnels il y a bientôt vingt ans.tandis que ceux disponibles en mode dialogué se sont davantage développés vers les années 70.Actuellement, nous vivons une phase expansionniste: le nombre de points d\u2019accès et d\u2019utilisateurs des banques de données en mode dialogué s\u2019accroît de façon phénoménale.Par contre, au niveau de la communication entre l\u2019homme et l\u2019ordinateur, nous en sommes encore aux premiers balbutiements.L\u2019homme en tant qu\u2019utilisateur ultime vient tout juste de faire son apparition.Lorsqu\u2019on examine la littérature traitant du développement des systèmes d\u2019information, on constate qu\u2019à l\u2019instar de nombreux domaines où l\u2019informatique a fait son apparition, les recherches ont porté en premier lieu sur l\u2019élément Machine de l\u2019interface Homme-Machine, ce qui est fort compréhensible.On ne peut pas dire qu\u2019on ne se préoccupe pas de l\u2019utilisateur.Bien au contraire, il occupe une place de choix au centre des discussions.De plus en plus d\u2019études font état de cet utilisateur ultime, de ses besoins, de ses réactions, de son degré de satisfaction, voire de son seuil de tolérance.C\u2019est à croire qu\u2019on veut dresser un tableau de l\u2019indice de pollution documentaire! Indice qu\u2019on se doit de maintenir bas pour éviter toute atteinte grave à l\u2019équilibre psychique de l\u2019usager.Toute cette recherche sur le comportement de l\u2019usager effectuée a posteriori et par acquis de conscience prouve, somme toute, que l\u2019homme est un animal qui s\u2019adapte fort bien aux changements (ou contraintes) technologiques.A mon avis, nous perdons un temps précieux à analyser les réactions des usagers face à des systèmes dont les opérations se font en mode dialogué.Toute réaction implique d\u2019abord une action.Si nous voulons améliorer le tandem utilisateur-ordinateur, nous devons concentrer nos efforts sur la compréhension des mécanismes psychiques et mentaux qui régissent cette action.A partir de ce moment seulement, nous pourrons concevoir un système opérant en mode dialogué au service de l\u2019homme moyen, de l\u2019utilisateur.On nous prédit, pour la décennie 80, l\u2019ordinateur à notre portée, chez nous, confortablement installés dans notre fauteuil.Les concepteurs de systèmes vont devoir changer radicalement leur philosophie et orienter leurs réflexions vers l\u2019usager.Présentement, dans le domaine du repérage en mode dialogué, les distributeurs commerciaux développent des interfaces de plus en plus sophistiqués et complexes nécessitant le recours à un spécialiste en sciences de la documentation comme interprète entre l\u2019usager et l\u2019ordinateur.Software designers have been justly criticized for providing tools that force users to behave in non-productive modes.While designers have been correct in foreseeing new modes, either they did not anticipate new use patterns accuretely (poor design) or they did not effectively transfer to the user\u2019s mind the conceptual framework that guided the design (poor training).In any event, the impact on system performance of the user's concept of the tool is too important to be left to chance.1 1.J.L.Bennett, \u201cThe U»er Interface In Interactive Systems\" Annual Review of Information Science and Technology, 7 (1972), pp.159-196.4 ARGUS.Vol.8 no 5 (septembre-octobre 1979) Les langages Les hommes ont d\u2019abord communiqué entre eux au moyen de symboles graphiques et de gestes avant de pouvoir utiliser, de façon plus abstraite, un langage articulé.Il est intéressant d\u2019observer que la communication entre l\u2019homme et l\u2019ordinateur suit la même évolution.Si l\u2019on se réfère à la figure 1, on constate clairement l\u2019asymétrie entre les deux courants d\u2019échange d\u2019information.De l\u2019homme à l\u2019ordinateur, les transferts d\u2019information sont faibles, lents, imprécis et artificiels.De l\u2019ordinateur à l\u2019homme, la communication est rapide, précise et conforme aux données d\u2019entrée.L\u2019ordinateur peut répondre au moyen de caractères imprimés, d\u2019images très précises et même de sons articulés et de phrases intelligibles.L\u2019inverse n\u2019est pas vrai; l\u2019homme est incapable de communiquer avec l\u2019ordinateur en langage naturel parlé.Il doit structurer sa pensée selon un schéma rigoureux imposé par un programme d\u2019interface de plus en plus perfectionné et complexe.Ce langage intermédiaire est transmis à l\u2019ordinateur sous forme de caractères alphanumériques et de symboles graphiques.La figure 2 permet de mieux saisir la disparité du dialogue entre l\u2019homme et l\u2019ordinateur.Plus le langage utilisé par l'usager se rapproche de son langage naturel parlé, plus il devient difficile et jusqu\u2019à ce jour impossible, de programmer un ordinateur pour traduire ce langage en commandes Homme textes Ordinateur très haute qualité dynamique et en couleurs synthétisée à partir de règles précises ?caractères, non des concepts images parole^ dactylographier dessiner parler ?points, non des images ?sons, non des phrases Figure 1: Etat actuel de la communication entre l\u2019homme et l\u2019ordinateur.ordinolingues pures.Le langage utilisé en repérage documentaire automatisé est du type \u201clangage artificiel écrit en fonction de l\u2019usager\u201d c\u2019est-à-dire qu\u2019il comprend des commandes, des clés d'accès, des mots intelligibles par l\u2019usager.Pourquoi l\u2019homme et l\u2019ordinateur ne peuvent-ils communiquer en langage naturel parlé, sinon écrit?Pourquoi une telle divergence?La réponse est fort simple: on ne peut Difficile pour l\u2019utilisateur langage artificiel écrit en fonction de l\u2019ordinateur langage artificiel écrit en fonction de l\u2019usager langage naturel écrit Difficile pour l\u2019ordinateur J langage naturel parlé programmer ce qu\u2019on ne comprend pas.L\u2019évolution du monde des ordinateurs repose sur une meilleure connaissance de nous-mêmes.Cette recherche relève d\u2019une grande part du domaine de la psychologie puisque la composante essentielle demeure le mécanisme interne de la pensée humaine: Until I know what it is for you to understand me, how can I hope to program a machine to do likewise.As in all dialectical questions the resolution is a synthesis \u2014 a combination of philosophical, psychological and linguistic scholarship with electronic and computational technologies.under the pressure of commercial requirements for improved man-computer communication.2 Figure 2: Langages interactifs 2.B.R.Gaines, \u201cMan-Computer Communication \u2014 What next?\u201d International Journal of Man-Machine Studies, 10 (1978), pp.225-232.ARGUS.Vol 8.no 5 (September-October 1979) 5 L\u2019usager Encodeur- Représentation mentale Langage naturel -?Décodeur Code En dynamique du langage, le récepteur (décodeur) joue un rôle tout aussi important que l\u2019émetteur (encodeur).Il peut interrompre et réorienter la discussion.Le dialogue entre homme et ordinateur, que les américains qualifient à juste titre d\u2019interactif, est un bel exemple de cette dynamique du langage.L\u2019usager est tour à tour encodeur et décodeur; l\u2019ordinateur également.La communication entre deux individus se fait par l\u2019encodage de la représentation mentale d\u2019une chose en langage naturel et par le décodage du langage naturel en représentation mentale.Donc l\u2019échange passe par deux codes.Dans le système homme-ordinateur, la communication passe par une série de codes différents (voir figure 3).1er code: Comme dans tout dialogue, il y a d\u2019abord en- codage de la pensée humaine en langage naturel.2e code: Traduction du langage naturel en langage docu-mentaire selon des règles propres à chaque système.3e code: Connexion avec l\u2019ordinateur 4e code: Transcription du langage documentaire en langage de commandes.5e code: Traduction du langage de commandes en langage ordinolingue pur 6e code: Equation du langage ordinolingue et du contenu de la banque de données.7e code: Traduction du contenu de la banque de données en messages de fonctionnement 8e code.Traduction des messages de fonctionnement en langage naturel 9e code: Décodage du langage naturel en représentation mentale COMMANDES Langage documentaire thésaurus, dictionnaires Manuels d utilisation Aide-mémoire Questions Sorties éditées Imprimante rapide.SIGNALISATION \u2022 \u2022 \u2022 HOMME MACHINE Réferences Utilisateur Téléphoné Clavier Langage de commande Langage d indexation Imprimante lente (option) clavier Ecran Reseau télé-informatique Banque de données Matériel- ordinateur Messages de fonctionnement (dialogue, erreurs) références Figure 3: Le système homme-ordinateur 6 ARGUS.Vol 8, no 5 (septembre-octobre 1979) r Usager-^ Ordinateur ^Représentation mentale de l'indexeur Langage naturel écrit Langage documentaire Langage naturel Pensée de Langage naturel écrit lauteur Langage documentaire Banque de données Messages de fonctionnement Langage naturel Representation mentale de I indexeur Langage naturel Langage naturel Pensée humaine Connexion avt: l'ordinateur Message de fonctionnement Banque de données Langage documentaire Langage naturel Langage documentaire Langage de commandes Banque de données Langage ordinohngue Langage de commandes L Indexeur J Auteur Figure 4: Réseau de communication entre l\u2019usager et son auteur.La figure 4 reproduit schématiquement les niveaux de communication qui séparent, dans un système de repérage automatisé le lecteur de son auteur.Il est intéressant ou plutôt tragique de constater que c\u2019est à l\u2019usager qu\u2019incombe la plus lourde tâche d\u2019encodage-décodage.L\u2019ordinateur avec sa grande capacité de mémoire est sous-utilisé.L\u2019amélioration des systèmes de repérage en mode dialogué doit porter sur le transfert des tâches de l\u2019usager à l\u2019ordinateur.Le programme d\u2019interface usager-ordinateur devrait inclure: la traduction du langage naturel en langage documentaire, la connexion avec l\u2019ordinateur et la traduction du langage documentaire en langage de commandes.L\u2019état actuel de nos connaissances nous permet de réaliser facilement les deux derniers paliers de communication.Par contre la recherche sur le langage naturel est peu avancée et tous nos efforts devraient s\u2019orienter vers cet aspect fondamental de la communication homme-ordinateur.Conclusion The implementation of complex computer systems in which more subtle and heavily loaded communication between people and machines is required has extended the scope of human factors engineering beyond the purely physical, beyond the psychology of sensorimotor performance, and into the deeper areas of interactive dialog.This is no longer a passive interchange of information involving optimized control-display relationships and population stereotypes, with the bulk of information processing allocated to the human.It involves active co-operation between people and machines at an intellectual level requiring the automation of those intellectual activities for which a machine may be suited: the best division of labour between human and machine components: and rather powerful channels of communication between the two in sensory modalities most appropriate to the nature of the interaction.In the ultimate analysis.the extent to which the machine may carry its share of the work will depend on the excellence of this communication, and the degree to which the machine is able to \"understand \u201d.The task and the task objectives, and therefore safely take over some of the real intellectual load.3 Seulement dans ces conditions optimales de dialogue pourrons-nous étudier avec profit les réactions des usagers.3.O.R.Hill, \u201cMan-computer Communications Conference\", International Journal of Man-Machine Studies, 10 (1978), pp.221-223.Bibliographie Balcer, M.\u201cSystème homme-machine en repérage documentaire, étude sur BADADUQ\u201d, Immédia, 5 (1979), pp.10-14.Harris, L.R.\u201cUser oriented Data Base Query with the ROBOT Natural Language Query System\", International Journal of Man-Machine Studies, (1977), pp.697-713.Treu, S.\u201cInteractive Command Language Design Based on Required Mental Word,\" international Journal of Man, Machine Studies, 7 (1975), pp.135-149.ARGUS, Vol 8.no 5 (Septemoer-October 1979) 7 Gale Moore, Associated Instructor, Faculty of Library Science, & Health Sciences Librarian and Book Selector, University of Toronto Library Interdisciplinarity and Information Needs; Towards the Concept of an Academic Library Information Centre Interdisciplinary research In the university and the lack of literature dealing with its information needs and problems is reviewed.An understanding of the communication patterns of interdisciplinary researchers is essential in designing services to meet their information requirements.A service based on the information centre concept is proposed for academic libraries.L'auteur étudie la recherche interdisciplinaire dans les universités et constate un manque de documentation sur les besoins et sur les problèmes qu'elle rencontre.Une meilleure compréhension des modes de communication des chercheurs doit précéder toute conception de service visant à satisfaire ces besoins.L'auteur propose une approche basée sur le concept de centre d'information aans les bibliothèques universitaires.The complexity of modem society necessitates an interdisciplinary approach to the acquisition of knowledge and to problem solving in areas of social concern.Today\u2019s university, however, is discipline-oriented and highly specialized.This has not always been the case.In the past when the communities of scholars were small and interests overlapped there was interchange and communication.As time passed research interests narrowed and the overview was lost.It was in this climate that the concept of a discipline emerged.For purposes of this paper a discipline will be considered as \"a specific body of teachable knowledge with its own background of education, training, procedures, methods and content areas.\u201d1 As the disciplines developed they strengthened, expanded and divided into ever smaller units of specialization.As F.Tannenbaum describes: The university as it is now organized can no longer bring the many specialists together around the same table: it is committed to the discipline, the disciplines are organized as departments, and the departments proceed to fraction the discipline still further.No one needs concern himself with the whole.But the culture that man has accumulated, the institutions that contain and order the individual and the group, are not to be understood by multiplying the specialities, no matter how useful each seems to be for its own purposes.Any step, however, to soften the divisive effet of specialization would have to be indirectly accomplished.The university is an ancient establishment with its own rules and traditions and is not really reformable.\u201d2 Tannenbaum\u2019s efforts were directed to the establishment of the University Seminars at Columbia which began in the mid-1940\u2019s, yet the sentiment is as valid today as it was then.Certain academics who share these views now seek to add a further dimension to the university and are directing their attention to interdisciplinary studies which OECD/CERI defines as the interaction among two or more different disciplines.This interaction may range from simple communication of ideas to the mutual integration of organising concepts, methodology, procedures, epistemology, terminology, date, and organisation of research and education in a fairly large field.An interdisciplinary group 1.\tCentre tor Educational Research and Innovation, Interdisciplinarity; Problems of Teaching and Research in Universities (Paris, OECD/CERI, 1972), p.25.2.\tF.Tannenbaum, ed.A Community of Scholars, the University Seminars at Columbia (New York, Praeger, 1965), pp.4-5.8 ARGUS.Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) consists of persons trained in different fields of knowledge (disciplines) with different concepts, methods, data and terms organised into a common effort on a common problem with continuous intercommunication among the participants from the different disciplines.3 The interdisciplinary movement is still young and although growing steadily, the number of supporters is still relatively small.This is reflected in the small body of published literature on interdisciplinarity.A survey of the statements by government officials and academics regarding interdisciplinarity research in Canada led G.W.Leckie to the conclusion that \u201cthe rhetoric about interdisciplinary research has greatly exceeded the reality.\u201d4 Contemporary social need for problem solving is acute and yet most segments within the universities have not accepted this challenge.5 It is important to examine some of the reasons why this is the case.First, the administrative and political problems encountered in establishing a course, programme or research institute which brings together academics from different departments (disciplines) for varying periods of time can readily be appreciated.In addition, as Luszki6 elaborates, each individual in an interdisciplinary programme comes with a different set of expectations, different ways in which they conceptualize and formulate problems and differing methodologies and means of analysis.In this divergence, however, lies strength and the opportunity for growth; assuming the willingness to cooperate on the part of each member of the team.A second and more subtle point is that the univer-sity has traditionally been dedicated to increasing the store of pure knowledge, and those departments concerned with application of knowledge,(i.e.mission-oriented, such as engineering and the other professional faculties) have always been viewed with some suspicion.While not all interdisciplinary research is mission-oriented or applied, there is this aspect to most of the problems ARGUS.Vol 8.no 5 (September-October 1979) which concern contemporary society.Third, as demonstrated in a recent study by Leckie 7 the participation in an interdisciplinary program is perceived by some to entail a loss of academic status within their own discipline, and fourth there is the additional fear that mission-oriented research may infringe on academic freedom.Despite these difficulties interdisciplinary research directly addresses issues of public concern.This is important for as A.Weinberg warms there is the need to recognize that universities, many of them publicly financed, cannot become too remote from society if they expect public support.8 A striking observation in reviewing the literature of interdisciplinarity is the virtual absence of any concern for the special information needs and problems of academics, or other researchers, working with the literature of more than one discipline.As the disciplines developed so did their literatures.Each discipline in presenting their views and findings developed a style and a language unique to themselves.This specialization widened the separation between the disciplines and made access to an unfamiliar literature difficult.As literature con-tinued to expand secondary sources, such as abstracts and indexes appeared to organize and make information more accessible.However, these also served to reinforce the separation of specialities by organising the access to information along disciplinary lines.The result is that not only the university, but also the literature is discipline-oriented.Interdisciplinary research, however, is involved in creating links that have not previously existed, and while it is unrealistic to expect to find information categorized by these new concerns, the disciplinary differences in terminology have made it difficult to search the various disciplinary bibliographic services that are necessary for creating a synthesis.Gardner and Goodyear9 in an analysis .of the coverage of Index Medicus; International Nursing Index, Psychological Abstracts and Sociological Abstracts on the topics of abortion and death and dying found that none of these commercial indexes provided adequate interdisciplinary access to the literature.On line searching of the databases of the major services such as Psychological Abstracts, Medline etc.has increased flexibility.However, searching seriatim has also proved disappointing because of discontinuities in system capabilities and non-standardized terminologies.Roysdon and Mistichelli 10 found that manually prepared SDI services in interdisciplinary subject areas were not only superior to the mechanically produced products, but also resulted in the librarian s entry into the \u2018invisible college\u2019 information network.This pattern may not change readily.The merging of databases is technically feasible, but as most of the services are commercially based the motivation for cooperation may be lacking.This problem is not only technological however.Variations in the points-of-view and perspectives of the information seekers must be accomodated.Multiple access points may ease this problem.3.\tCentre for Educational Research and Innovation, pp.25-26 4.\tG.W.Leckie, Interdisciplinary Research in the University Setting (Winnipeg, University of Manitoba, Centre for Settlement Studies.1975), p.9.5.\tThis does not mean there has been no attempts.Exemples at Univ.of Toronto alone Include the Institute for Environmental Studies, the Programme in Gerontology and the Centre for Culture and Technology among others.6.\tM.B.Luszki, Interdisciplinary Team Research: Methods and Problems.(New York, National Training Laboratories, 1958), 355p.(Research Training Series, 3) 7.\tG.W.Leckie Interdisciplinary Research in the University Setting.(Winnipeg, University of Manitoba, Centre for Settlement Studies, 1975), 156p.and appendices.(Its Occasional Paper, 9) 8.\tA.Weinberg.Reflections on Big Science (Cambridge, Mass., M.l.T.Press, 1967), p.125.9.\tT.Gardner, and M.L.Goodyear.*The Inadequacy of Interdisciplinary Subject Retrieval.\u201d, Special Libraries, 68 (1977), pp.193-197.10.C.Roysdon.and J.Mistichelli, \u201cManual SDI: Information Services for Interdisciplinary, Problem-Oriented Research Groups\", Special Libraries.67, (1976), pp.358-366.9 / but the practicality of handling large quantities of data and the cost of storage will limit the number of terms or strings that are likely to be assigned.How then can the information needs of researchers and academics working in an interdisciplinary field be met?First, the communication patterns and current information gathering habits of interdisciplinary researchers must be studied.How communication is achieved within various professional groups has been examined in considerable detail.Voigt 11 in his classic study noted the different approaches to information taken by chemists, biological scientists, physicists and electrical engineers.The study requested by the Director of the National Institutes of Health 12 on communication problems in biomedical research also stressed the uniqueness of each professional group in their approach to information.This authorhypothesizesontheba-sis of some preliminary research13 that the communication patterns and information gathering behaviour of interdisciplinary researchers differ from those of their disciplinary colleagues (or indeed their disciplinary selves).That is not to say that all interdisciplinary researchers will have the same patterns but that some general characteristics should emerge for this category of researcher.The literature of information needs, user studies, use studies and utilization studies is vast.The best series of reviews on these topics appeared regularly in the Annual Review of Information Science and Technology until 1974.These reviews cover the recent literature, describing various empirical studies which had been undertaken to obtain information useful to planning information services.W.Kunz in the concluding paragraph of his recent Methods of analysis and evaluation of information needs warns: user and use research have almost exclusively been con- cerned with existing information facilities and prevailing information habits.Their usefulness as guides for changing existing information facilities, the design of new ones, and the development of novel techniques and principles is naturally very limited: observing manifest behavior does not tell much about the response to yet non-existent services and systems, and expressed needs and desires are frequently not realistic because the respondents have no idea how future possibilities and changes might feel\u2019.This leads to the conclusion that in future projects, kinds of user research should be developed which involve the user in the design of systems as closely and as thoroughly as possible.14 However, as Kunz himself points out the methodology for participatory user research is not available.On the other hand, studies which fail to recognize existing communication patterns may find that \u2018useful new services' fail because they are not incorporated and internalized by the users for whom they were designed.The better the existing network is understood the greater the opportunity to provide service that will support, enhance and ideally improve the flow of information.A review of the library literature shows, with few exceptions, that librarians themselves have not been writing about the problem of satisfying interdisciplinary information needs.A study by Dougherty and Blom-quist15 does touch on the fact that traditional decentralized library collections do not offer researchers easy accessibility to potentially relevant information, but it is particularly surprising to note that a book entitled Academic libraries by the year 2000 16 never mentions interdisciplinarity and its effect on the library.While by and large traditional academic libraries have not responded to interdisciplinary information needs, these needs have been served by special libraries and information centres.The information centre has been in ex- istence in the United States since the nineteenth century.Interest grew in the 1940\u2019s, but it was in 1963 in the now classic Weinberg report that the call for \u201cmore and better specialized information centres\u201d gave impetus to further development.In the mid-1960s development of such centres began in the United Kingdom.These centres have been called by various names: technical information centres, specialized information centres, academic information centres, information analysis centres and simply information centres.The preferred term in the U S.appears to be information analysis centre as this focusses on a major activity.The Committee on Scientific and Technical Information (COSATI), defined information analysis centres as follows: a formally structured organisational unit specifically (but not necessarily exclusively) established for the purpose of acquiring, selecting, storing, retrieving, evaluating, analysing and synthesizing a body of infor- 11.\tM.J.Voigt Scientists' Approaches to Information.(Chicago, American Library Association, 1961), 81p.(ACRL monograph, no.24).12.\t\u201cCommunication Problems In Biomedical Research: Report of a Study.\u2019\u2019 Federation Proceedings.23 (1964), pp.1119-1176, et 1297-1331.13.\tUnder the auspices of IFIAS; International Federation of Institutes for Advanced Study, the author is involved in a project on the communication patterns and information needs of scientists and social scientists working in the field of self-reliant development.14.\tW.Kunz, H.W.J.Rittei and W.Schwuchow, Methods of Analysis and Evaluation of Information Needs; a critical Review (München, Verlag Dokumentatlon, 1977), p.68.15.\tR.M.Dougherty and L.L.Blomquist, Improving Access to Library Resources: the Influence of Organization of Library Collections, and of User Attitudes toward Innovative Services.(Metuchen.N.J., Scarecrow Press, Inc., 1974), 180p.16.\tAcademic Libraries by the Year 2000; Essays Honoring Jerrold Orne Edited by Herbert Poole, (New York, Bowker, 1977), 205p.17.\tScience.Government, and Information, Report of the President's Science Advisory Committee (Washington, D.C., Superintendent of Documents, 1963), p.32.10 ARGUS.Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) mation in a clearly defined specialized field or pertaining to a specified mission with the intent of compiling, digesting, repackaging, or otherwise organizing and presenting pertinent information in a form most authoritative, timely, and useful to a society of peers and management.18 Simpson and Flanagan describe them more briefly as: government, association, or privately supported organizations, usually mission-oriented, accomplishing in-depth acquisition, storage, retrieval, and analysis of significant information or data pertinent to the mission.19 And Harvey summarizes as follows A specialised information centre serves the needs of the people working within a special subject field, usually a narrow fieid and often one where disciplines cross, providing a comprehensive information service to those who require such information, regardless of their location.20 The information centre requires the back-up of an extensive library collection or collections and the relationship between the two is ideally symbiotic and complementary.The concept of the information centre is not incompatible with the concept of the library.The service offered by the information centre is, in many ways, an extended reference service.The difference is one of degree.Interdisciplinary researchers are acutely aware of the inadequacy of the traditional library approach.They recognize that although the academic library has most of the material that they require this material is not accessible without specialized guides, bibliographic and/or human.Information centres have been established in many locations: in industry, government, research institutes etc.Some, more appropriately called information services, operate without a single physical location.The university is a logical place for the establishment of an information centre or service as it has both the library facilities and the human resources to support it.As Lunin points out in a university that has no research institute in a particular area and where the research activity exists as many separate islands of investigation, the information centre having the subject as part of its scope can stimulate discussion and bring together information and scientists to help them deal with problems as a whole rather than as unrelated parts of the whole.21 Extending the ideas of Lunin one step further, a logical place for such a centre is the academic library itself.Such centres, staffed by de-institutionalized librarians, free to carry out their role in an interactive rather than passive and reactive mode would add a new dimension to library service.Interdisciplinary research is here and growing steadily.The challenge it presents to academic libraries is real.Will we respond to the challenge, or once again, like the proverbial ostrich, stick our heads in the sand and hope it goes away.If we choose the latter the challenge will go away and other institutions and services will fill the gap.Academic libraries will have missed an opportunity to become part of a dynamic process and will be left instead minding the warehouse.18.\tJ.M.Harvey, Specialised Information Centres (London, Clive Bingley, 1976), p.14.19.\tG.S.Simpson and C.Flanagan, \u2018Information Centers and Services, Annual Review of Information Science and Technology.1 (1966), p.321.20.\tHarvey, p.11.21.\tL.L.Lunin, \"Academic Information Centers\", American Documentation.20 (1969), pp.39-49.Bibliography Academic Libraries by the Year 2000; Essays Honoring Jerrold Orne Edited by Herbert Poole.New York, Bowker, 1977.205p.Centre for Educational Research and Innovation.Interdisciplinarity; Problems of Teaching and Research in Universities Paris, OECD/CERI, 1972.321 p.\u201cCommunication Problems in Biomedical Research: Report of a Study.\" Federation Proceedings, 23 (1964), pp.1119-1176, 1297-1331.Drake, M.\u2018The Librarian\u2019s Role In Interdisciplinary Studies.\u201d Special Libraries, 66 (1975), pp.116-120.Dougherty, R.M.and Blomqulst, L.L.Improving Access to Library Resources, the Influence of Organization of Library Collections, and of User Attitudes toward Innovative Services.Metuchen, N.J., Scarecrow Press, Inc., 1974.180p.Douville, J.A.\u201cTechnical Information Centers: Specialized Services to Science and Technology.An Overview.\u201c- Journal of the American Society for Information Science, 23 (1972), pp.176-184.Gardner, T.and Goodyear, M.L.\u201cThe Inadequacy of Interdisciplinary Subject Retrieval.\u201d Special Libraries, 68 (1977), pp.193-197.Hall, J.\u201cInformation Services in University Libraries.\u201d Aslib Proceedings, 24 (1972), pp.293-302.Harvey, J.M.Specialised Information Centres London, Clive Bingley, 1976.112p.International Association of Technological University Libraries.University 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Librairie Renaud-Bray, 5219, Côte-des-Neiges (près Reine Marie), Montréal H3T 1Y1 Tél: 342 1515 12 ARGUS.Vol 8.no 5 (soptembre-octobre 1979) Louis Brunei, Vice-Président aux Communications, Université du Québec, (collaboration spéciale) La société de l\u2019information et notre avenir collectif L\u2019auteur tente de nous présenter succinctement révolution récente de la technologie des communications dans le cadre d\u2019une approche globale en vue d\u2019en analyser les conséquences économiques et l\u2019Impact sur notre culture.Il aborde ainsi le phénomène de l\u2019intellectualisation du travail qui caractérise la société de l\u2019information et la civilisation de l\u2019Intelligence.The author uses a global approach to succinctly present to us the recent evolution of the technology of communication and to analyze Its economic consequences as well as its impact on our culture.Thus, he broaches the subject of the Intellectuallzation of work which characterizes the \u201csociety of information\u2019\u2019 and the \u201ccivilization of the intellect\u201d.Nécessité d\u2019une approche globale C\u2019est Marshall McLuhan qui affirmait qu\u2019\u201caucun médium n\u2019a d\u2019existence ni de signification seul, mais seulement en interaction constante avec les autres médias\u2019\u2019.1 En effet, les développements et les tendances de chacun des secteurs de la technologie des communications convergent.C\u2019est pourquoi ils ne sauraient être analysés isolément, car si les phénomènes isolés peuvent être intéressants à observer, il est essentiel d\u2019entreprendre l\u2019étude du mouvement des grands ensembles susceptibles de modeler la société dans laquelle nous évoluerons demain.Le seul vrai moyen de comprendre pleinement les potentialités qu\u2019offre la combinaison des ordinateurs avec les communications modernes, et de juger le rôle que joueront ces ordinateurs dans la vie quotidienne et dans le travail de la communauté, est d\u2019imaginer un système qui incluerait les services d\u2019ordinateurs, d\u2019édition, de journaux, de radio, de bibliothèques, de téléphone et les services postaux du pays, combinés avec de larges secteurs de l\u2019enseignement, de l\u2019administration gouvernementale, des opérations industrielles et commerciales, et des nombreuses activités professionnelles.Tous ces services, chacun se développant de son côté, et intégrés dans un seul système (ou dans un petit nombre de systèmes alternatifs) pourront dépasser en dimension et en importance n\u2019importe quelle industrie ou activité collective que les hommes aient jamais pratiquées dans le passé\u201d.2 On ne peut donc considérer le devenir de la documentation indépendamment de l\u2019avenir des satellites, celui des réseaux terrestres de communication et du développement de l\u2019audio, du vidéo et des ordinateurs.Ces différentes réalités forment un tout.Cette approche globale, dont la nécessité a été mise en évidence fort à propos par Joël de Rosnay dans son Macroscope 3, est une condition essentielle à une bonne perception de notre environnement et à une juste vision sur l\u2019avenir de notre société.En effet, le profil de la société à venir se transforme profondément par l\u2019association de l\u2019informatique, de la télévision et des réseaux de communication.C'est ainsi que l\u2019intégration de l\u2019ordinateur, du vidéo et des télécommunications, les trois géants de l\u2019industrie des communications, constituera en quelque sorte la pierre philosophale de la société de l\u2019information.Le véritable élément intégrateur de ces trois technologies étant l\u2019électron qui, moins d\u2019un siècle après sa découverte, est devenu la base de notre système de communication.Il profile à distance des visages, transmet des textes et des graphiques, il reconstitue les intonations de la voix humaine, il amuse les uns, en renseigne d\u2019autres, il relie les villes et les campagnes, regroupe les pays industrialisés et les pays sous-développés au sein du 1.\tMarshall McLuhan, Pour comprendre les médias (Montréal, Hurtubise HMH, 1972), p.43.2.\tNlgel Calder.Technopolis.le contrôlé social des utilisations de la science, traduit par R.Bridai, (Paris, Flammarion, 1971), p.232 3.\tJoél De Rosnay.Le macroscope (Paris.Seuil.1975), 295 p.ARGUS, Vol.8, no 5 (September-October 1979) 13 nouveau \u201cvillage global\u201d électronique.Particule d\u2019une étonnante mobilité, l\u2019électron s\u2019avère un facteur de mutation en profondeur de l\u2019organisation de la vie humaine.L\u2019importance des réseaux de télécommunication n\u2019est plus à démontrer.Leur valeur stratégique vient du fait qu\u2019ils permettent la distribution de l\u2019information et son accès à domicile.C\u2019est cette capacité de servir de routes électroniques entre domiciles qui force en quelque sorte les autres technologies à leur être compatibles ou à être condamnées à l\u2019extinction.Notre environnement nous a jusqu\u2019ici habitués au téléphone, ainsi qu\u2019à la télévision et à la radio de masse.Nous avons eu tendance à les considérer comme totalement indépendants, l\u2019un pour échanger, les autres pour recevoir de l\u2019information.Cependant, on peut déjà envisager que de nouveaux services personnalisés se grefferont à ces deux terminaux.Les systèmes de presse électronique constituent des expériences intéressantes en ce sens.Le système de journal électronique canadien Télidon nous permet de constater que nous ne sommes qu\u2019au début d\u2019un nouveau concept de communication qui permettra une foule de services d\u2019informations personnalisés à la maison.L\u2019évolution technologique La technologie des communications ouvre les horizons, abolit les distances, rend les regroupements physiques moins nécessaires.Elle sera caractérisée par la télévision \"à la carte\u201d où chacun préparera sa propre programmation; par le télétravail où chacun aura accès chez soi ou au bureau à des banques de données, à différents spécialistes, à des collaborateurs; par le téléenseignement où chaque étudiant pourra, à partir de son domicile, dialoguer avec ses processeurs ou ses collègues, et avoir accès à des émissions éducatives, des cours sur ordinateur, des livres et revues de différentes bibliothèques; par le télémagasinage qui évitera de se déplacer, par le courrier électronique qui utilisera notre téléviseur comme casier postal.Tout ceci dans une société sans argent comptant.L\u2019utilisation de la technologie des communications est évolutive et nous pouvons facilement déceler certaines tendances du développement technologique.Alors que la télévision de masse n\u2019a pas encore fini de nous étonner, la câblodistribution se développe à vive allure et nous offre déjà, ici même au Québec, des systèmes à trente-cinq chaînes de télévision en couleurs dont certains sont bidirectionnels et ceci à peine vingt-cinq ans après les débuts de la transmission des premières images vacillantes d\u2019une télévision noir et blanc.La téléinformatique, pour sa part, a déjà bouleversé en profondeur notre vie économique en l\u2019espace de deux décennies.Que l\u2019on pense aux systèmes de repérage d\u2019information, à l\u2019enseignement assisté par ordinateur, aux opérations boursières ou bancaires, à la gestion des organisations, au transport aérien.On entrevoit également une révolution aussi spectaculaire du travail de bureau qui s\u2019amorce par révolution des systèmes de courrier électronique, d\u2019édition de textes et de conférence par ordinateur.Pour cerner l\u2019ampleur du phénomène, il suffit de savoir que les spécialistes prévoient que d\u2019ici vingt ans seulement, 70% de l\u2019ensemble de la correspondance échangée en Amérique du Nord le sera par voies électroniques.La miniaturisation, l\u2019accroissement des performances et la diminution des coûts sont les caractéristiques les plus connues du progrès technologique.L\u2019histoire récente des calculateurs de poche rend bien compte de ce phénomène: le premier calculateur électronique, mis au point en 1946, l\u2019ENIAC, qui offrait la même puissance, possédait 18,000 tubes à vide, consommait 175 kilowatts d\u2019électricité par heure et occupait une surface de 200 mètres carrés! La comparaison de l\u2019évolution des coûts de nos appareils téléphoniques ou de nos récepteurs de radio et de télévision avec l\u2019évolution ders services qu\u2019ils nous offrent depuis dix ans conduit aux mêmes résultats.Pour illustrer cette évolution rapide, notons que depuis l\u2019apparition du transistor en 1953, on a connu les circuits imprimés, les circuits intégrés et, enfin, les circuits intégrés à grande échelle qui peuvent équivaloir à 12,000 transistors.Avec le résultat qu\u2019au-jourd\u2019hui, on peut mettre sur une plaquette de la taille d\u2019un dollar en argent un circuit intégré qui remplace une armoire de 1,80 m par 3,30 m.Ce sont ces circuits qui ont permis la commercialisation des calculateurs de poche et des micro-ordinateurs individuels pour un prix de l\u2019ordre de $500.Pour illustrer l\u2019évolution de la technologie des communications, on affirme que \u201csi l\u2019industrie de l\u2019automobile avait progressé de façon aussi rapide, les voitures rouleraient à 160,000 kilomètres à l\u2019heure, parcourraient 360,000 kilomètres au litre, et une Rolls-Royce coûterait $5.\u201d 4 Les files d\u2019attente que l\u2019on connaît actuellement aux stations-services américaines seraient sûrement moins longues.De plus, l\u2019étonnante évolution de la technologie des communications a toujours été accompagnée d\u2019une augmentation constante et sifnifi-cative de son accessibilité.La prolifération des moyens à notre disposition va également de pair avec un accroissement de leur \u201ctransparence\u201d, c\u2019est-à-dire que leur accessibilité nécessite de moins en moins la présence de spécialistes intermédiaires.Même l\u2019informatique, avec l\u2019avènement du dialogué, a commencé à livrer ses secrets au non-initié.On n\u2019en est pas encore à la simplicité du téléphone, mais cela ne saurait tarder.Comme on peut le constater, révolution technologique peut, sous plusieurs aspects, sembler 4.Pierre Pourchelle, \u201cEt si le Québec, grand utilisateur, devenait aussi producteur\" Antennes, no 7, (3e trimestre 1977), p.30.14 ARGUS, Vol.8.no 5 (septembre-octobre 1979) tenir du merveilleux.Cependant, il n'est pas toujours assuré que nous sachions en tirer avantage de façon aussi spectaculaire.On peut aisément franchir la distance Paris-New-York en 2h57 avec le Concorde, mais mettre un temps équivalent ou même supérieur à traverser Paris et New-York compte tenu des problèmes de congestion urbaine et de notre modèle de gestion des aérogares.Le gain technologique \u201caérien\u201d est alors compensé par la perte \u201cterrestre \u201d.Ainsi en est-il dans la gestion des organisations où l\u2019amélioration du processus de décision n\u2019évolue pas toujours en parallèle avec l\u2019accroissement des capacités de l\u2019ordinateur de fonctionner en temps réel.Il ne faut pas croire d\u2019ailleurs qu\u2019il s\u2019agisse là du seul paradoxe de l\u2019évolution technologique.L'industrie de l'informatique La courte histoire de l\u2019industrie de l\u2019informatique fait ressortir un autre paradoxe aussi frappant.En effet, l\u2019informatique, technologie par excellence de la précision et de la logique, s\u2019est développée sous le signe de l\u2019imprévision et du manque de perception.L\u2019histoire de cette industrie commence avec le Marc 1 en 1944 et l\u2019ENIAC en 1946 que l\u2019on peut considérer comme les grands-pères des calculateurs de poche.Vers la fin des années 40, UNIVAC, seule firme à s\u2019intéresser aux ordinateurs, n\u2019y voyait aucun avenir commercial.IBM, le champion de la mécanographie à l\u2019époque, ne portait guère d\u2019intérêt à cette nouvelle réalité.Jusqu\u2019en 1955, UNIVAC contrôle ce marché mais produit encore à l\u2019unité.A ce moment-là, IBM lance son modèle \u201c650\u201d qui connaît un éclatant succès, déclasse UNIVAC et attache désormais son nom à l\u2019informatique.A cette époque, on commence à percevoir les perspectives de développement de l\u2019industrie informatique.On s\u2019aperçoit alors que l\u2019informatique consiste plus à fournir une capacité de traitement de l\u2019information qu\u2019une simple extension du maté- riel de bureau et des calculatrices ou machines comptables.C\u2019est ce passage de la notion de calculatrice à celle de machine à \"traiter\u201d l\u2019information qui a donné naissance à la révolution informationnelle que nous connaissons.L\u2019importance de l\u2019ordinateur avait échappé à ses inventeurs car elle avait été uniquement évaluée en fonction de sa capacité à assister les travaux scientifiques et militaires.Son utilisation pour la gestion des affaires n\u2019avait pas été envisagée à l\u2019origine et remonte seulement au début des années 60.L\u2019évaluation de son impact s\u2019en est d\u2019autant ressentie.Ainsi, en 1963, \"Computer Automation\u201d prévoyait que le taux maximal du marché des ordinateurs avait été atteint pendant la période de 1959-1961 et qu\u2019il connaîtrait dorénavant une diminution!.Et pourtant, en 1979, chaque mois, 15000 américains achètent leur ordinateur individuel.De la société Industrielle à la société de l'Information Télédocumentation, téléinformatique, journal électronique, satellite, câble, ordinateur, fibre optique, tous ces systèmes de communication constituent un ensemble de plus en plus vaste dont la réalité économique conduit directement à la révolution de l\u2019information.La civilisation industrielle est supplantée graduellement.Les conséquences d\u2019une telle mutation se doivent d\u2019être évaluées, car comme l\u2019écrit François de Closets \u201creste à organiser la société de l\u2019informatique après avoir lancé l\u2019industrie de l\u2019ordinateur\u201d.5 Les systèmes de communication modernes permettent et accélèrent l\u2019avènement d\u2019une société à très haute productivité caractérisée par une plus grande efficacité et par des emplois très différents de ceux imposés par la vie industrielle.Cette mutation entraîne une forte diminution de la main-d\u2019oeuvre dans les secteurs primaires et secondaires, une montée des services, et surtout une multiplication des activités où l\u2019information est la matière première.On constate actuellement que la moitié de la population active des Etats-Unis travaille au service de l\u2019information (45% en France) et que 46% du produit national brut américain provient de la production, du traitement et de la distribution des biens et service* d\u2019information.6 Si l\u2019occupation la plus courante au sein d\u2019une population constitue une caractéristique significative d\u2019une société et si les principales activités économiques qui contribuent à son produit national brut sont susceptibles de bien refléter la nature d\u2019une économie nationale, la société nord-américaine n\u2019est assurément plus une société industrielle, mais une société de l\u2019information: les idées y circulent autant que les biens de consommation.Le Canada n\u2019échappe pas à cette réalité.L\u2019ensemble du marché canadien des secteurs des télécommunications, de l\u2019informatique, de la radio-télévision, de la câblodistribution et du cinéma se chiffre actuellement entre huit et neuf milliards de dollars et il atteindra vingt-cinq à trente milliards de dollars à la fin des années 80.L\u2019informatique et les télécommunications détiendraient alors chacun un marché voisinant les dix milliards de dollars (soit près de la moitié de l'industrie des transports commerciaux).En postulant que le Québec maintienne, par rapport à l\u2019ensemble du Canada, la place qu\u2019il occupait il y a quelques trois ans, le marché québécois du secteur des communications pourrait atteindre alors cinq à sept milliards de dollars.Dans le secteur de la télévision, les revenus des câblodistributeurs dépasseront très prochainement ceux des radiodiffuseurs.La position de chacun de ces deux groupes sera donc bientôt in- 5.François De Closets, En danger de progrès (Paris, DeNoél/Gonthler, 1978), p.213.6.Marc Url Porat, The Information Economy: Definition and Measurement (Washington D.C., U.S.Government Printing Office, July 1977), 9 vol.ARGUS.Vol.8.no 5 (September-October 1979) 15 versée.Leurs revenus, à l\u2019échelle du Canada, seront pour chacun, à brève échéance, de quelque $300 millions de dollars.On peut estimer qu'au seul chapitre des investissements, les entreprises québécoises de câblodistribution débourseront quelque 150 millions de dollars au cours des cinq prochaines années.Dans dix ans, au Québec seulement, 100 000 à 500 000 terminaux de communication ou dispositifs autonomes de traitement des images, des sons, ou des symboles alphanumériques viendront chaque année s\u2019ajouter au stock en usage ou le remplacer en partie, soit un marché annuel de 100 millions à un milliard de dollars selon que le prix unitaire variera entre 1 000 et 2 000 dollars.D\u2019autre part, l\u2019industrie des loisirs à domicile est en progression.De nouveaux services s\u2019ajoutent de plus en plus à notre téléviseur.On estime que ces nouveaux services doubleront le chiffre des ventes de téléviseurs d\u2019ici trois à cinq ans au Canada pour le porter à un milliard de dollars.Il est donc évident que de marginale qu\u2019elle pouvait être il y a vingt-cinq ans dans notre économie nord-américaine, l\u2019industrie manufacturière reliée aux télécommunications, au traitement informatique et à la télévision est en train de s\u2019intégrer de plain-pied à notre économie nationale au point d\u2019en devenir un des leviers de commande les plus importants.Rien d\u2019étonnant à ce qu\u2019on considère alors au Québec que \u201cl\u2019information a vraiment statut de ressource économique\u201d7, qui plus est, cette ressource est identifiée comme la première tendance lourde du futur prévisible du système technologique québécois.L\u2019énergie passe en second! L'économie en marche L\u2019apparition de cette société de l\u2019information, avec le développement de ses réseaux internationaux de communication, pose des problèmes économiques importants.Lorsqu\u2019on constate la présence prédominante des Etats-Unis sur le marché mondial en termes d\u2019équipement et lorsqu\u2019on se rend compte que la société américaine est au stade de la société de l\u2019information alors que certaines autres sociétés sont encore des sociétés industrielles et que d\u2019autres ne sont encore qu\u2019au stade des sociétés rurales, il y a lieu de s\u2019inquiéter des inégalités économiques que risque de présenter la civilisation électronique.Ainsi, \u201cla circulation des matières premières, des produits, des capitaux est réglementée: pas celle de l\u2019information.Pourtant on peut \u201cimporter\u201d une entreprise en quelques minutes rien qu\u2019en transmettant des données\u201d.8 En fait, l\u2019instauration d\u2019un nouvel ordre mondial de l\u2019information est essen-tiellement tributaire de la possession et de la maîtrise des moyens techniques et technologiques qui permettent une communication plus rapide et plus large entre les régions du monde.Le risque est réel pour nous.Lors d\u2019un colloque tenu à Montréal en septembre dernier, les experts faisaient état du fait que le pouvoir informatique détenu au Canada par l\u2019étranger est tel qu\u2019en 1985, les choses continuant ainsi, le Canada aura vu l\u2019érosion de sa souveraineté technologique dans ce domaine et qu\u2019il aura perdu en outre près de 25 000 emplois et enregistré un déficit d\u2019un milliard et demi de dollars dans sa balance des paiements.Ces mêmes experts ont d\u2019ailleurs reconnu le fait que le contrôle des Américains sur l\u2019informatique internationale constitue en soi l\u2019une des formes les plus importantes d\u2019impérialisme économique, culturel et même politique et militaire.Pour illustrer l\u2019importance de ces réalités, notons que, pendant la période de 1970 à 1975, le nombre d\u2019utilisateurs canadiens d\u2019ordinateurs situés aux Etats-Unis a triplé pendant que quintuplait le nombre des entreprises canadiennes qui n\u2019utilisent que des ordinateurs et des banques de données situées aux Etats-Unis.L\u2019affirmation des experts réunis à Montréal suivait d\u2019à peine quel- ques jours un avertissement lancé par un groupe d\u2019hommes d\u2019affaires et de chefs de file de milieux académiques et gouvernementaux qui affirmaient que le Canada est menacé de perdre l\u2019avance qu\u2019il détient dans certaines industries clés de haute technologie.Ce groupe pensait notamment à l\u2019industrie des fibres optiques et au système de journal électronique canadien Télidon.On aurait tort de ne pas être très attentifs à de tels avertissements, car il devient de plus en plus évident que la société de l\u2019information, basée sur les réseaux de communication intensifie la concurrence internationale.Chaque pays devra définir clairement ses champs de compétence à l\u2019intérieur du \u201cvillage global\u201d international plutôt que de vouloir orienter sa production dans tous les azimuts, car un pays comme le nôtre ne saurait se montrer compétitif dans tous les secteurs.Il faudra en privilégier certains et dans chacun déterminer quels produits fabriquer.Il faudra bien sûr tenir compte dans nos orientations des ressources disponibles et des compétences déjà existantes.Faire ces choix de façon judicieuse représente un défi de taille face au géant américain mais ils constituent les éléments essentiels d\u2019une prise en charge de notre avenir collectif.On ne saurait se contenter d\u2019être des téléspectateurs de la mise en place de notre propre société de l\u2019information.Notre économie, notre culture, notre langue, notre identité exigent au contraire que nous devenions les artisans de notre propre mutation.L'Impact culturel Si notre développement économique n\u2019est plus indépendant de la 7.\tOffice de planification et de développement du Québec, Prospective socioéconomique du Québec.1ère étape, sous-système technologique (5.1), Rapport-synthèse (Québec, Editeur officiel du Québec, novembre 1977), p.113 8.\tDe Closets, p.215.16 ARGUS, Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) technologie des communications, celle-ci exerce une influence fondamentale sur le milieu culturel dans lequel nous évoluons.Notre culture, comprise au sens d\u2019un ensemble de façons de parler, de penser, de vivre et, en corollaire, des langages, des croyances et des institutions, va se transformer de plus en plus rapidement sous l\u2019effet d\u2019ouverture et d\u2019exposition à une gamme plus vaste de façons de parler, de penser et de vivre à travers le monde.Cette ouverture sur le monde accélère évidemment la \u201ccompénétration\u201d culturelle et la mutation des sociétés.L\u2019homme contemporain évoluant à l\u2019intérieur du \u201cvillage global\u201d planétaire ne peut plus réagir et évoluer comme ses ancêtres du moyen-age.En effet, comme l\u2019écrit Michel Poniatowski: Désormais, une part sans cesse croissante des problèmes essentiels qui conditionnent notre existence, ne trouve plus sa solution dans le cadre de l\u2019Etat-nation.Le mondialisme n\u2019est pas un vain mot.Les hommes se déplacent de plus en plus d\u2019un point à l\u2019autre sur la planète; ils s\u2019approvisionnent sans craindre les distances; ils communiquent sans difficulté d\u2019un pôle à l\u2019autre; ils regardent les mêmes images animées; ils consomment les mêmes produits; enfin, ils s\u2019habillent de façon semblable.9 Ce nouvel environnement social n\u2019est cependant pas sans risque.Lorsque l\u2019on constate que le premier résultat concret de l\u2019arrivée de la câblodistribution au Québec est la mise en place dans des régions exclusivement francophones de trois ou quatre chaînes de télévision américaine, il y a là matière à réflexion.Quel impact aura le croisement des ordinateurs et des satellites de communication, ceux-ci rendant le coût de communication indépendant de la distance?Les banques d\u2019information dans ce contexte?N\u2019est-il pas déjà trop souvent plus facile à un chercheur québécois d'avoir accès aux données américaines qu\u2019à celles de ses collègues québécois?Le rapport Nora-Minc soulève, avec à propos, ce problème crucial de dépendance culturelle: La mise sur ordinateur suppose un effort d\u2019organisation fondé à la fois sur des contraintes techniques et des impératifs financiers.La constitution de banques de données va être à l\u2019origine d\u2019une restructuration rapide des connaissances suivant des contours aujourd\u2019hui difficiles à définir.Cette mutation se fera à l\u2019initiative des promoteurs de ces banques et selon toute possibilité aux Etats-Unis.Prévaudront de ce fait des critères sécrétés par le modèle culturel américain.10 Cette prédominance américaine est inquiétante pour les cultures nationales.En effet, s\u2019il est vrai que nous devons nous ouvrir à d\u2019autres cultures, il faut tenter de chercher, comme je t\u2019expliquais dans Des Machines et des Hommes 11 à atteindre l\u2019équilibre des partenaires des réseaux de communication pour éviter la destruction progressive des différentes cultures nationales au profit de la culture dominante car \u201csi l\u2019histoire de l\u2019espèce se ramassait un jour en une seule culture, en une seule civilisation, alors nous serions menacés de disparaître.\u201d12.La civilisation en mutation Ce rapide survol des tendances de révolution technologique et des principales caractéristiques de la société de l\u2019information naissante révèle qu\u2019au-delà des phénomènes isolés, il existe une lame de fond qui est en train de nous porter vers une civilisation renouvelée.Une civilisation de l\u2019intelligence est en train d\u2019apparaître reléguant au second plan la civilisation industrielle.Une étude fort intéressante à ce sujet constate que \u201cle nombre des travailleurs intellectuels commence nettement à prévaloir sur celui des travailleurs manuels\u201d13 et que \"l\u2019expansion du principe automatique commence à abolir systématiquement les tâches de la main-d\u2019oeuvre non qualifiée en repoussant l\u2019homme au-delà des limites de la production directe, vers des fonctions complexes, telles que l\u2019application de la science et le développement de la culture\u201d.14 Certains parlent du passage d\u2019une société de \u201cmain-d\u2019oeuvre\u201d à une société de \u201ctête-d\u2019oeuvre\u201d si \u201cl\u2019Information devenant le nouvel étalon-or, le cerveau devient la source de la valeur économique, le capital des temps modernes\u201d.15 \u201cThe medium is the message\u201d disait McLuhan.Cette expression prend tout son sens aujourd\u2019hui.Derrière les \u201cmachines à communiquer\u201d se développent la société de l\u2019information et la civilisation de l\u2019intelligence.Comment sommes-nous préparés à faire face à ces nouvelles possibilités qui se présentent à nous?9.Michel Poniatowski, L avenir n est écrit nulle part, (Paris.Albin Michel, 1978), p.399.10.\tSimon Nora et Alain Mine, L'informatisation de la société (Paris, La Documentation Française, 1978), pp.117-118.11.\tLouis Brunei, Des Machines et des Hommes (Québec.Québec Science, 1978), pp.121-131.12.\tPoniatowski, p.345 13.\t14.Radovan Rltchta, La civilisation au carrefour (Paris, Seuil, 1974), p.143.15.De Closets, p.136.ARGUS.Vol 8 no.5 (September-October 1979) 17 Laval Dubreuil, Responsable de l\u2019ingénierie des systèmes de documentation Université du Québec.(Collaboration spéciale) Les travaux du CERBIQ Cet article résume d'abord le rapport du Comité d'étude d'un réseau des bibliothèques québécoises pour le traitement en coopération de leur documentation (CERBIQ) dont l'auteur faisait partie.Après avoir défini les critères d'évaluation d'un système pouvant supporter un réseau québécois de télédocumentation, le comité recommande la formation dans les plus brefs délais d'une équipe à temps plein pour en réaliser la conception administrative; il recommande également que cette équipe analyse en priorité la possibilité d'adaptation des systèmes BADADUQ/TACO, DOBIS/CAN et CATTS/UTLAS.L'auteur de l'article fait ensuite quelques propositions concernant un modèle de réseau mieux adapté selon lui aux besoins des bibliothèques québécoises.In this article, the author summarizes the report made by \u201cle Comité d'étude d'un réseau des bibliothèques québécoises pour le traitement en coopération de leur documentation\" (CERBIQ), a research committee of which he was a member, studying the possibility of a network of Québec libraries for the processing of their documents.After defining the criteria for evaluating a system capable of supporting a Québec network of \u201cteledocumentation\", the committee recommends that a working party be formed without delay in order to put into effect the administrative concepts of the system and more importantly, to analyze the possibility of adapting such systems as BADADUQ/TACO, DOBIS/CAN and CATTS/UTLAS.The author concludes with his own suggestions for models of networks which, according to him, are more appropriate for the needs of Québec libraries.Historique et but de l\u2019étude En janvier 1978, le ministère des Communications du Québec décidait de se joindre au réseau de télécatalogage partagé TELE-CAT/UNICAT pour une période de trois ans.Il demandait par ailleurs à ses officiers de mener une étude sur l\u2019opportunité d\u2019un réseau québécois dans ce domaine de façon à répondre aux besoins nationaux et à favoriser l\u2019expertise québécoise Afin d\u2019obtenir une meilleure consultation du milieu, le ministère créait en février 1978 le Comité d\u2019étude d\u2019un réseau des bibliothèques québécoises pour le traitement en coopération de leur documentation (CERBIQ), sous la présidence de M.Roland Hurtu-bise, professeur à l\u2019Ecole Nationale d\u2019Administration Publique (ENAP).Ce comité, formé de représentants des divers types de bibliothèques, a remis son rapport en novembre 1978.Le CERBIQ reçut le mandat \u201cd\u2019analyser l\u2019opportunité d\u2019établir un réseau de traitement en coopération de la documentation dans les bibliothèques du Québec, afin d\u2019éviter la duplication du travail, de constituer un catalogue collectif des bibliothèques québécoises et de favoriser ainsi l\u2019accessibilité aux ressources documentaires impliquées\u2019\u2019 1.Le comité comprit que son mandat était non pas de concevoir le système, mais d\u2019en établir l\u2019intérêt et d\u2019en évaluer les coûts de conception administrative, de réalisation technique et d\u2019exploitation.Il a placé sur un même pied les deux objectifs du système, soit le u \" :,es otheques 1.Québec (Province), Comité d'étude d'un réseau des bibliothèques québécoises pour le traitement en coopération de leur documentation, Rapport du Comité, Vers un réseau québécois des bibliothèques, Québec, Editeur officiel, 1979), p.6.18 ARGUS.Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) traitement partagé de la documentation et la mise sur pied d\u2019un catalogue collectif informatisé.Méthodologie utilisée pour l\u2019étude Afin de se dégager le plus possible de l\u2019intérêt immédiat de ses membres et des contraintes des systèmes actuels, le CERBIQ a utilisé l\u2019approche systémique et diverses autres méthodes (\u201cbrainstorming\u201d, Delphi, etc.) facilitant l\u2019échange d\u2019idées en fonction d\u2019objectifs à atteindre.Les membres ont d\u2019abord établi une liste des critères devant servir à l\u2019évaluation du système qui supporterait le réseau québécois et ils ont donné une pondération à ces critères.Cette grille a ensuite été utilisée pour évaluer l\u2019intérêt de neuf systèmes susceptibles de servir de base au réseau québécois, en partant du postulat qu\u2019il ne serait pas rentable de développer un système entièrement nouveau.Quant aux études de coûts et aux considérations organisationnelles, elles ont été confiées à des sous-comités qui ont basé leurs évaluations sur les systèmes similaires actuellement en opération et sur les données recueillies dans les bibliothèques du Québec.Les points d\u2019intérét du rapport Parmi les critères retenus par le comité pour évaluer les options de systèmes, on note le support du format MARC canadien, le Mini-MARC étant la norme minimale.Cette double option reflète la demande de la Bibliothèque nationale du Québec et d\u2019autres bibliothèques qui désirent un format complet de même que celle des autres participants qui utilisent une description plus simple.On remarque également la possibilité d\u2019indexation par vedettes-matière et par descripteurs.Le système retenu devra permettre la création de catalogues collectifs accessibles aux bibliothèques et à leurs usagers en mode dialogué et favoriser leur utilisation à peu de frais par les petites bibliothèques.Enfin, il devra être supporté et géré au Québec.Il faudra au préalable fa- voriser le concepteur qui pourra fournir rapidement la documentation et les ressources humaines nécessaires à une implantation rapide.Tel que mentionné plus haut, le CERBIQ croit qu\u2019il serait trop onéreux de développer un système québécois à partir de zéro et recommande plutôt d\u2019adapter un système existant.Parmi les neuf systèmes considérés, les critères d\u2019évaluation amènent le comité à en privilégier trois: DOBIS/CAN de la Bibliothèque nationale du Canada, CATSS/UTLAS de l\u2019Université de Toronto et BADADUQ/TACO de l\u2019Université du Québec 2.Le comité démontre que le manque d\u2019information n'a pas influencé de façon significative le choix des options et qu\u2019il est logique de retenir les sytémes les plus près de nous s\u2019ils répondent aux critères énoncés.Tout en recommandant de baser le développement du réseau québécois sur l\u2019une des trois options retenues, le comité croit que seule une étude détaillée, faisant partie de l\u2019étape suivante, permettra de connaftre la meilleure option et de déterminer ses modalités d'adaptation pour répondre aux besoins.De plus, le comité note qu\u2019on peut atteindre les objectifs fixés par différents modèles (réseau centralisé, bases de données réparties, etc.) et n\u2019anticipe pas sur les résultats de cette prochaine étude.Le CERBIQ ne tente pas dans son rapport de démontrer, par une analyse détaillée des coûts, la rentabilité d'un réseau automatisé de bibliothèques au Québec; cette évaluation doit être réalisée lors de la conception administrative.Il présume l\u2019opportunité d\u2019un tel réseau en se basant sur la croissance des budgets affectés aux opérations de traitement de la documentation.Le comité croit que l\u2019automatisation et le partage du travail peut stabiliser ces coûts et en même temps augmenter sensiblement les services aux usagers.De plus, un tel réseau permettrait d\u2019amorcer la rationalisation des ressources documentaires, tout en favorisant l\u2019expertise québécoise.Du point de vue de l\u2019organisation du réseau, le CERBIQ croit que la prochaine étape doit consister en une conception administrative réalisée par une équipe multidisciplinaire sous la responsabilité du gouvernement, à laquelle on adjoindrait un comité d\u2019usagers éventuels.Dans l\u2019hypothèse d\u2019une conclusion positive, un organisme autonome représentant les membres participants serait créé pour réaliser le système et le gérer.La participation à ce réseau devrait être volontaire et le gouvernement devrait consentir l\u2019effort financier nécessaire au démarrage du système.Commentaires sur le rapport Le rapport du CERBIQ constitue une pièce de plus à ce dossier de l\u2019automatisation des bibliothèques; les tentatives antérieures de création d\u2019un réseau québécois n\u2019avaient pas donné de réalisations concrètes.Le CERBIQ a donc permis aux intéressé de s\u2019asseoir une fois de plus à la même table mais avec un esprit différent, puisque plusieurs bibliothèques impliquées font déjà partie de réseaux plus ou moins automatisés.De plus, la méthodologie utilisée et la qualité du travail du président ont permis au comité de travailler au niveau des idées et de se dégager en partie des intérêts et des préjugés individuels.Le rapport laisse cependant sur leur appétit ceux qui espéraient y trouver une véritable étude sur l\u2019opportunité d\u2019un réseau québécois de bibliothèques.Le comité s\u2019est vite rendu compte qu\u2019il ne pouvait réaliser, dans un délai aussi court et avec le peu de ressources dont il disposait, une véritable étude de coûts basée sur une analyse détaillée des besoins des bibliothèques.Tout au plus pouvait-il dégager les bénéfices escomptés d\u2019un tel réseau et indi- 2.OCLC: Ohio College Library Center.BALLOTS: Bibliographic Automation of Large Library Operations Using a Timesharing system.UTLAS: University of Toronto Library Automation system.WLN: Washington Library Network.ARGUS.Vol 8.no 5 (September-October 1979) 19 quer la voie à suivre pour poursuivre les travaux, soit la création d\u2019une équipe chargée de réaliser à temps plein une conception administrative.Le CERBIQ a donc servi à relancer le débat et il a joué un rôle de déblayage nécessaire à des travaux plus en profondeur.Le réseau québécois de télédocumentation Les critères d évaluation et les options de systèmes considérés nous portent à croire que le CERBIQ a éprouvé des difficultés à se dégager du modèle des grands réseaux de catalogage centralisés.De plus, le système proposé devrait répondre à la fois aux opérations de traitement et au support des catalogues collectifs de tous les types de bibliothèques.Tout en souscrivant à l\u2019idée de la mise sur pied d\u2019un véritable réseau québécois de télédocumentation, on peut s\u2019interroger sur le modèle à développer.On devrait cesser de croire que le Québec accuse un retard important parce qu\u2019il ne possède pas un réseau de catalogage centralisé pour l\u2019ensemble de ses bibliothèques; cette situation nous permet plutôt de tirer profit des erreurs des autres et nous laisse les mains libres pour développer un système basé sur nos besoins actuels.La plupart des grandes bibliothèques nord-américaines ont négligé de réévaluer les besoins de leurs usagers dans leurs projets d\u2019automatisation et elles ont voulu maintenir leurs services traditionnels malgré la diminution des ressources en regroupant dans des réseaux centralisés leurs opérations de traitement (OCLC, BALLOTS, UTLAS, WLN2).Selon Salton, ces grands réseaux créent plus de problèmes qu\u2019ils n\u2019en résolvent, tant du point de vue du financement que de l\u2019administration et du partage des responsabilités.De plus, ils exigent de leurs membres un haut niveau de normalisation et un contiôle strict des données; ceci annule l\u2019économie réalisée par le partage des ressources et diminue la flexibilité nécessaire pour satisfaire les besoins des usagers locaux 3.Il faut remettre en cause le postulat du CERBIQ selon lequel le réseau québécois doit nécessairement se faire à partir d\u2019un système existant et inventer un modèle à la mesure de nos véritables besoins et de nos ressources.On doit d\u2019abord établir clairement la nature des catalogues collectifs nécessaires et déterminer les éléments d\u2019information en fonction des besoins des usagers; le format Mini-MARC constitue un effort en ce sens et une étude de l\u2019Université du Québec4 démontre que les éléments requis correspondent aux demandes des usagers.Il faut ensuite choisir le modèle le plus rentable pour gérer ces divers catalogues collectifs et les rendre accessibles aux usagers (centralisation de ces banques de données sur un ou quelques ordinateurs, centralisation des index seulement, bases de données réparties).En ce qui concerne la préparation des données, on devrait favoriser le contrôle local et le versement des seuls éléments nécessaires dans les inventaires collectifs.Dans un tel type de réseau, les règles locales peuvent être flexibles et adaptées aux besoins particuliers.Il faut cesser de croire que la normalisation poussée de données bibliographiques est un bien en soi ou un mal nécessaire; il ne faut normaliser que l\u2019information nécessaire aux catalogues collectifs.De plus, nos bibliothèques n\u2019ont jamais reçu la mission (elles en auront de moins en moins les moyens) de se substituer aux bibliothèques nationales.On pourrait imaginer un réseau où la préparation des données ca-talographiques, les acquisitions et le prêt seraient assurés par des équipements locaux.Certaines bibliothèques ayant des objectifs communs pourraient se regrouper pour des raisons d\u2019économie.Ces bibliothèques tireraient profit des bandes MARC mises à leur disposition par un organisme central.Le catalogue original se ferait selon les besoins locaux et serait complété par les bibliothèques nationales concernées.Certaines bibliothèques auraient avantage à partager leur catalogue.L\u2019organisme central aurait également comme mission de maintenir les catalo- gues collectifs et de les rendre accessibles aux bibliothèques.Ce modèle serait sans doute plus économique et il permettrait la flexibilité nécessaire à un tel réseau.Conclusion Il est temps que les bibliothèques tirent vraiment profit des possibilités des ordinateurs, non seulement pour elles, mais surtout pour leurs usagers.Permettez-moi de citer Kilgour de l\u2019OCLC: Sometimes I wonder just how much computerization is being done to benefit libraries rather than users.Computerization can certainly bring back to libraries those people for whom the cost of library has become too great.There will be new users when remote catalog access becomes available, including some who won\u2019t need to go to the library because they will have access through television connexion5.Nous sommes à l\u2019aube de la société électronique de l\u2019information; après les sources secondaires, ce sont les sources primaires qui cesseront graduellement d\u2019être produites sous forme d\u2019imprimés (une première revue électronique a été lancée il y a quelques mois).Les bibliothèques perdront de l\u2019importance quant au traitement et à la conservation de l\u2019information, mais elles pourront mieux se consacrer à leur véritable rôle, celui d\u2019interface entre les usagers et la connaissance.Les bibliothèques doivent prévoir dès maintenant cette mutation du monde de l\u2019édition dans leurs modèles de développement et devenir très sensibles à l\u2019innovation si elles veulent demeurer un comptoir privilégié d\u2019accès à l\u2019information.3.\tGerard Salton, Prospect for a Dynamic Library.Sixteenth Annual Clinic on Library Applications of Data Processing, (University of Illinois, April 1979).4.\tMadeleine Balcer, Sondage d'opinion sur l\u2019importance des éléments bibliographiques, (Sainte-Foy, Université du Québec, Vice-présidence aux communications, 1978), 22p.5.\tFrederick G.Kilgour, Economies of Library Computerization.Fourteenth Annual Clinic on Library Applications of Data Processing, (University of Illinois, April 1977), p.8.20 ARGUS.Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) Paul-Yvon Vertefeuille Commission des écoles catholiques de Montréal.(Collaboration spéciale) L\u2019animation culturelle du centre documentaire de l\u2019école: véritable projet éducatif * * Négligées par le livre vert sur l\u2019éducation, les bibliothèques scolaires du Québec devront cependant penser à s\u2019insérer dans l\u2019élaboration des projets éducatifs propres à chaque école afin de devenir des lieux privilégiés d'apprentissage, un complément nécessaire à l\u2019enseignement et aussi des carrefours de loisirs et d\u2019animation culturelle, alors qu\u2019actuelle-ment elles sont encore sous-utilisées, marginales et peu adaptées aux besoins.Le personnel, en plus d\u2019avoir les compétences nécessaires en bibliothéconomie, devra jouer le rôle de conseiller pédagogique et d\u2019animateur culturel.As the green paper on education Ignores them, Quebec's school libraries will have to think about involving themselves in the various schools\u2019 educational projects thus becoming learning centers and a necessary adjunct to the teaching process.They should also become important places for cultural and leisure activities, whereas now they are under-used, considered as non-essential and poorly adapted to the users\u2019 needs.The staff should not only have competency in library science but should be able to act as an advisor In educational matters and a promotor of cultural activities.Depuis une quinzaine d\u2019années, les Québécois ont entrepris d\u2019améliorer leurs écoles.Ils leur ont consenti un effort financier considérable pour les rendre accessibles au plus grand nombre, notamment au niveau secondaire.Ils ont voulu moderniser les programmes et les méthodes en vue d\u2019une meilleure préparation des jeunes à la vie d\u2019aujourd\u2019hui.D\u2019où vient cependant que tant d\u2019efforts ne semblent pas avoir porté les fruits qu\u2019on en attendait?.Beaucoup de parents et d\u2019éducateurs estiment que nos \u201cécoles n\u2019ont pas de projet pédagogique cohérent et que la formation des enfants s\u2019en va à vau-l\u2019eau\u201d.1 Ainsi s\u2019exprime Jacques-Yvan Morin, ministre de l\u2019Education dans les tous premiers mots de sa présentation du livre vert sur l\u2019enseignement primaire et secon- daire au Québec.C\u2019est pourquoi, poursuit le ministre, si la réforme s\u2019est attaquée avant tout aux problèmes matériels et techniques, les aspects pédagogiques doivent aujourd\u2019hui retenir pleinement notre attention.C\u2019est à cet effort de réflexion collective qu\u2019il faut nous livrer.Cependant lorsque j\u2019ai abordé le thème de la communication que je voulais donner ce matin, force m\u2019a été de constater que le livre vert s\u2019est attaqué à bien d\u2019autres problèmes mais qu\u2019il a oublié une partie essentielle de la vie même d\u2019une école: sa bibliothèque.Si les écoles doivent être des \u201cmaisons du savoir\u201d, si les écoles doivent retrouver la rigueur intellectuelle, le sens de la discipline et de l\u2019esprit de travail, tout effort pour préciser le rôle et la place de la bibliothèque dans une école, \"maison du savoir\u201d, peut offrir des éléments fort valables pour un sérieux redressement.J\u2019ai retrouvé là une conviction profonde: les écoles ne sont pas des centres inanimés, elles ont une âme, il est concevable d\u2019y insuffler un esprit nouveau, de procéder à l\u2019élaboration collective d\u2019un véritable \"projet\".Telle est l\u2019invitation que je viens vous faire ce matin en vous livrant ce message ayant pour titre: \u201cl\u2019animation du centre documen- 1.Québec (Province).Ministère de l'Education, L\u2019enseignement primaire et secondaire au Québec Livre vert.(Québec.Service général des communications du ministre de l'Education, 1977).* Texte de la conférence prononcée lors de la journée de perfectionnement sur l'animation culturelle, organisée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, le 24 novembre 1978.ARGUS Vol.8.no 5 (September-October 1979) 21 taire de l\u2019école: véritable projet éducatif\u201d.Permettez-moi cependant d\u2019aborder ce thème dans le contexte même du livre vert, en y incluant d\u2019une part la dynamique interne de ce que je conçois comme très valable: le projet éducatif; d\u2019autre part en vous invitant à y retrouver ce supplément d\u2019âme qui manque à l\u2019école d\u2019aujourd\u2019hui: son centre multimédia.Pourquoi s'engager dans un projet éducatif?Hier l\u2019école, confrontée aux problèmes d\u2019accessibilité à tous, pouvait refléter un modèle pédagogique ou une conception de formation relativement homogènes d\u2019une région à une autre et d\u2019une école à une autre.Aujourd\u2019hui, la situation a changé, l\u2019enseignement s\u2019est généralisé au niveau du secondaire grâce au réseau des polyvalentes.Ainsi le modèle pédagogique, la conception de la formation, adaptés à telle région, à telle école ne le sont plus nécessairement ailleurs.Les méthodes pédagogiques sont plus variés, les maîtres jouissent d\u2019une grande liberté.Il faut que chaque école, élémentaire ou secondaire, réfléchisse aux besoins qui lui sont propres.Le milieu scolaire auquel elle s\u2019adresse, le personnel qui travaille en son sein sont autant de composantes qui vont la rendre originale par rapport à l\u2019école voisine.L\u2019école aujourd\u2019hui doit donc, avant toute autre chose, apporter une réponse aux problèmes qui se posent à elle.Pour cela, il lui faut élaborer ce que le livre vert appelle son propre projet.En quoi consiste ce projet?Denis Massé, vice-doyen de la faculté des Sciences de l\u2019éducation à l\u2019Université de Sherbrooke définissait le projet éducatif comme suit: Un projet éducatif, c\u2019est l\u2019expression par une organisation donnée, d\u2019un programme d\u2019action évolutif visant à satisfaire dans la mesure de ses moyens et de ses contraintes, certains besoins éducatifs de sa clientèle jugés prioritaires par les différentes composantes internes et externes.2 Ce projet devra afficher au grand jour ses objectifs, ses priorités, son calendrier d\u2019activités, les personnes responsables, les moyens et les ressources nécessaires à sa réalisation en même temps que les critères permettant, à chaque étape, d\u2019évaluer chaque activité.Il se situe au niveau de toute l\u2019école qui affirme à travers lui son autonomie et une véritable prise en charge par elle-même de sa pédagogie.L\u2019école devient ainsi plus rigoureuse, plus près de son milieu.Ce projet répond aux besoins de l\u2019école dans la mesure où, après avoir déterminé les besoins éducatifs de la clientèle de l\u2019école, il permet, traduisant ses besoins en orientations et en objectifs prioritaires, de mettre en mouvement les forces capables de les satisfaire.Qu\u2019en est-il du besoin de lire?Dans son récent livre blanc sur la culture au Québec, 3 le ministre des Affaires culturelles relève que la place faite à la lecture y est des plus inquiétantes.Comparativement à d\u2019autres provinces, il fait ressortir qu\u2019en 1970, le nombre de prêts délivrés par les bibliothèques publiques s\u2019élevait en moyenne à 2,30 livres au Québec, à 8,24 en Colombie Britannique, à 6,01 en Saskatchewan, à 6,60 en Ontario, à 6,65 au Nouveau-Brunswick.Le pourcentage d\u2019utilisation des bibliothèques publiques par rapport à la population desservie était de 19% au Québec, de 34% en Ontario et de 27,5% en Saskatchewan.Plus récemment, une enquête de Statistique Canada de 1975 révéiait que c\u2019est au Québec que se trouve la plus basse proportion de lecteurs de livres âgés de 14 ans.Pourtant on assiste chaque jour davantage à un élargissement du savoir humain; tel fait, tel mécanisme, telle explication que l\u2019on tenait hier pour vrai, ne l\u2019est plus aujourd\u2019hui; éclairées par la lumière nouvelle de quelques dé- 2.\tDenis Massé, Le projet éducatif dans une perspective systémique.Conférence prononcée dans le cadre d une session organisée par CDEC pour les cadres et les directeurs d'écoles de la Régionale du Saguenay.3.\tQuébec (Province).Comité ministériel permanent du développement culturel, La politique québécoise du développement culturel (Québec.Editeur officiel, 1978), t.2.pp.391-393.22 ARGUS.Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) couvertes scientifiques ou progrès technologiques nos connaissances sont perpétuellement remises en cause.Pour être capable de répondre aux exigences de cette société, l\u2019homme doit se spécialiser toujours plus.Aujourd\u2019hui, pour suivre le mouvement vertigineux des sciences et des techniques, il faut pouvoir se documenter et être capable de réapprendre.Ceci suppose que l\u2019homme trouve à sa disposition la documentation dont il a besoin et surtout qu\u2019il soit capable de s\u2019en servir efficacement; son éducation et en particulier l\u2019école doivent le préparer à ces nouvelles exigences.Le milieu scolaire est appelé à jouer un rôle déterminant; il ne suffit plus qu\u2019il façonne l\u2019ouvrier, l\u2019employé de bureau, le technicien dont l\u2019entreprise aura besoin mais qu\u2019il leur apprenne à apprendre.Le travail individualisé dans la vie scolaire est un des moments importants de cette préparation, les enseignants dans leur ensemble n\u2019en ont peut-être pas encore saisi toute la portée et celui-ci reste encore souvent au niveau des circulaires administratives.La documentation dont l\u2019homme aura besoin revêt, elle aussi, des aspects bien nouveaux.Les média deviennent de plus en plus nombreux et complexes sans toutefois, comme quelques-uns s\u2019étaient prématurément plu à le prédire, reléguer le document imprimé au banc des antiquités.Celui-ci reste et garde dans la masse de nos sources d\u2019information une place majeure.La lecture dont l'école est le lieu d\u2019apprentissage, est davantage que par le passé une nécessité.Malheureusement il semble, exception faite de quelques milieux, qu'elle diminue au fur et à mesure que l\u2019âge augmente.Développer davantage le goût et l\u2019habitude de la lecture, c\u2019est une nouvelle responsabilité du maître.La bibliothèque scolaire devrait être le lieu privilégié de cet apprentissage ainsi que l\u2019endroit où on prépare le futur citoyen à la vie moderne \u2014 le laboratoire général de tout l\u2019enseignement.Si l\u2019on en croit une enquête réa\u2019isés en 1969-70 4 auprès des jeunes Montréalais, c\u2019est loin d\u2019être le cas: la bibliothèque scolaire est boudée, les jeunes recourent à leur propre circuit (achats, échanges, prêts, .) et pourtant les livres sont chers.Huit élèves sur dix expriment le désir de lire davantage, ils invoquent principalement le manque de temps (62%), le manque d\u2019encouragement (19%) ou le manque d\u2019argent (10%).Une enquête menée par la Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec (F.C.S.C.Q.) à travers la province en 1967-1969 fait ressortir qu\u2019à tous les niveaux d\u2019enseignement, les enfants ne lisent pas suffisamment.Le bureau des Conseillers en gestion pour la direction générale des arts et de la culture du gouvernement du Canada tient à signaler dans un rapport de cette année que Si des efforts spéciaux ont amélioré les bibliothèques des niveaux secondaire et postsecondaire, les écoles primaires demeurent grandement dépourvues, seulement 300 des 3600 écoles de la province disposant d\u2019une bibliothèque convenable.5 Le peu de réaction manifesté au niveau primaire face aux efforts du ministère a été attribué en grande partie à la pénurie de techniciens en bibliothéconomie à ce niveau.6 7 Une première question vient à l\u2019esprit.L\u2019école, la bibliothèque, envisagées globalement (locaux, personnel) sont-elles adaptées à nos besoins?Une bibliothèque élémentaire avec ses 4000 ouvrages, celle d\u2019une polyvalente avec ses 30,000 volumes paraissent sous-utilisées quant à l\u2019investissement (locaux, budget, personnel) qu\u2019elles représentent.Mme Janina-Klara Szpakowska faisait part de son impression de marginalité de la bibliothèque scolaire, de son faux modernisme, de la sous-utilisation de ses ressources.Comment y faire venir davantage les étudiants?Comment les familiariser avec ce lieu de documentation destiné à leur donner la formation permanente?Comment l'école peut-elle répondre à ce besoin?En se dotant d'un véritable projet éducatif?Quelles pourraient être les grandes lignes du cheminement d\u2019un tel projet éducatif?Quelles seraient les différentes étapes pouvant mener à l\u2019élaboration d\u2019un projet éducatif visant à satisfaire le besoin de lire et de se documenter davantage dans chaque école?Un premier principe doit être énoncé: chaque école et elle seule parce qu\u2019elle connaît son milieu, ses individus, ses motivations, son passé et son présent, peut et doit élaborer son propre projet.La première étape consisterait dans la recherche des besoins de l\u2019école dans le domaine de la lecture, besoins liés aux attentes de la société et des parents ainsi qu\u2019aux exigences de dévelopement de l\u2019enfant; elle doit aussi déboucher sur les besoins d\u2019organisation et les mécanismes de participation dans la menée du projet éducatif.Cette première étape présuppose l\u2019association de 4.\tJanina-Klara Szpakowska, Profils culturels des jeunes Montréalais: enquête sociologique auprès des filles et garçons de quinze, seize et dix-sept ans de la région de Montréal (1969-1970).Réalisée par J.K.Szpakowska en collaboration avec Marc Laplante.(Montréal, Université de Montréal, 1970).5.\tCe chiffre a été obtenu du ministère de l'Education du Québec.6.\tCanada.Ministère des Approvisionnements et Services du Canada.Secrétariat d'état du gouvernement du Canada, Rapport préparé par le Bureau des Conseillers en gestion pour la direction générale des arts et de ta culture (1978).7.\tProfil d'un centre documentaire multimédia: bilan d'une enquête réalisée en 1974 dans 279 écoles secondaires au Québec Sous la direction de J.K.Szpakowska avec une équipe d'étudiants en bibliothéconomie.(Montréal.Université de Montréal, Ecole de Bibliothéconomie, Faculté des études supérieures, 1975).ARGUS.Vol 8, no 5 (September-October 1979) 23 toutes les composantes de l\u2019école, parents, enseignants, administration, le responsable de la bibliothèque et bien sûr le directeur de l\u2019école.Deuxième étape: le choix des priorités, détermination des besoins les plus urgents, qui varieront d\u2019une école à une autre selon sa finalité et le particularisme de son milieu.Troisième étape: le choix des moyens, question essentielle, qui doit tenir compte des contraintes et des ressources disponibles.Quatrième étape: déterminer les ressources nécessaires en fonction des moyens et affecter chacune d\u2019elles aux activités prévues: par exemple, le réaménagement des ressources disponibles au sein de l\u2019école, le nouvel examen de la place faite à la bibliothèque dans le budget de l\u2019école.Cinquième étape: exécution: c'est la mise en pratique du plan, aspect capital du projet éducatif car il s\u2019agit de passer à l\u2019action.Sixième et ultime étape: l\u2019évaluation: elle est nécessaire pour deux raisons: premièrement parce qu\u2019il convient de s\u2019assurer que les résultats sont bien conformes aux objectifs déterminés préalablement; deuxièmement, parce que l\u2019évaluation peut entraîner une modification ou une refonte de la planification.Le concret venant ainsi enrichir la théorie et pouvant faire apparaître de nouveaux besoins appelant eux-mêmes de nouveaux objectifs, de nouveaux moyens, de nouvelles ressources.Ce cheminement peut sembler quelque peu rigide mais il faut le considérer comme une dynamique et comme quelque chose de vivant adaptable aux situations variées de nos écoles.L'école est-elle la seule structure concernée par ce projet éducatif?Bien sûr que non! Les structures régionales, centrales, et nationales y sont tout aussi engagées; tout d\u2019abord parce qu\u2019il s\u2019agit de satisfaire à l\u2019éducation et à la formation des élèves vis-à-vis des- quels chacune de ces structures se sent responsable, mais aussi parce qu\u2019il y a une nécessaire interférence entre elles et les écoles.Cependant, la perspective de l\u2019élaboration d\u2019un projet éducatif par une école devrait modifier le champ d\u2019intervention des structures situées en amont.Plus de libertés, plus d\u2019initiatives, plus de souplesse et moins de méfiance devront être observées vis-à-vis de l\u2019école en projet éducatif.Les structures supérieures devront par contre se manifester davantage comme une aide, un véritable support au service du projet dans lequel l\u2019école vient de s'engager Quelles sont dans cet esprit les réflexions que les Services éducatifs des commissions scolaires peuvent formuler présentement à l\u2019égard du fonctionnement des centres documentaires dans les écoles primaires et secondaires qui relèvent de leur compétence?Quelles suggestions, quels éléments de solutions peuvent-ils apporter pour promouvoir nos bibliothèques afin que celles-ci, si elles en ressentent la nécessité, puissent participer au projet éducatif?La situation observée: D\u2019un point de vue général tout d\u2019abord, on doit relever: -\tl\u2019existence de problèmes budgétaires liés essentiellement à la diminution des populations scolaires; -\tle sous-encadrement relatif des bibliothèques; -\tun fonctionnement un peu empirique des bibliothèques scolaires.(le service est loin d'être optimum surtout si l\u2019on considère le bon équipement matériel dont disposent nombre de bibliothèques) -\tde très grandes différences entre les types de personnel oeuvrant au secondaire; -\tdifférenciation au niveau de l\u2019action elle-même entre le primaire et le secondaire; -\tla rareté pour ne pas dire la quasi inexistence de la médiatisation de la bibliothèque.Pour ce qui est du primaire, la bibliothèque n\u2019existe pas toujours, son implantation résulte souvent d\u2019une action conjuguée entre la direction de l\u2019école et l\u2019organisme central.L\u2019encadrement est assuré (quand il l\u2019est!) le plus souvent par des bénévoles: les comités de parents.Si leur bonne volonté,leur serviabilité et leur participation active à une des structures de l\u2019école sont de précieux atouts, le grand problème demeure cependant celui de la compétence.Les maîtres semblent peu sensibilisés à l\u2019intérêt de la bibliothèque et l\u2019animation dépend d\u2019une direction qui doit consacrer son temps à planifier, organiser et faire réaliser tout ce qui est nécessaire à la bonne marche de l\u2019école: animation pédagogique et culturelle.Au secondaire, la bibliothèque est une réalité plus vivante.Mais sa place au coeur de la communauté scolaire dépend beaucoup de la personnalité et de l\u2019assistance dont bénéficie son responsable.Les relations entre les bibliothécaires et l\u2019équipe enseignante jouent un rôle majeur dans l\u2019animation de la bibliothèque.Les problèmes du personnel (qualification, nombre d'employés) sont très importants et le personnel en place y est très sensible.Les tâches de rangement, secrétariat, classification, prêts, etc.sont assurées par un personnel dont la formation le destine à un autre rôle.La bibliothèque est souvent perçue comme un monde un peu clos, marginal qui se contente d\u2019assurer un service de prêt et de documentation lorsque les élèves, sur les conseils de leurs professeurs, s\u2019y présentent.Ce qui fait le plus souvent défaut à nos bibliothèques du secondaire c\u2019est l\u2019absence d\u2019animation culturelle, car là où celle-ci existe, les statistiques de fréquentation et d\u2019utilisation s\u2019en font généreusement l\u2019écho.Après avoir essayé de dresser un tableau qui apparaîtra peut-être à certains bien critique en regard de ce qu\u2019ils vivent dans leur établissement, il reste quand même qu\u2019il appartient au personnel de nos bibliothèques et de nos écoles de se prendre en charge.24 ARGUS.Vol.8, no 5 (septembre-octobre 1979) Eléments de solution: Si l\u2019imprimé demeure la principale source de notre documentation, bien d\u2019autres moyens viennent aujourd\u2019hui le compléter et ils sont tout aussi nécessaires à l\u2019amélioration de l\u2019enseignement, facilitant l\u2019auto-instruction et la formation permanente.Il est indispensable qu\u2019ils trouvent leur place à côté du document imprimé, ce qui suppose la transformation des bibliothèques classiques en centres documentaires multimédia associant le Centre de documentation sur l\u2019information scolaire et professionnelle.D\u2019autre part, il ne faut pas que le centre de documentation aussi moderne soit-il se contente d\u2019attendre le lecteur, il faut qu\u2019il l\u2019attire, qu\u2019il aille le chercher.Comment y faire davantage venir les étudiants?Comment les familiariser avec ce lieu de documentation destiné à leur donner la formation leur permettant de satisfaire demain les besoins de la formation permanente?Ne faut-il pas regarder la bibliothèque scolaire aussi comme un lieu de loisir?Y-a-t-il incompatibilité entre le livre scolaire et le livre loisir?L\u2019enquête sur le profil culturel des jeunes Montréalais nous révèle qu\u2019ils ne sont pas fermés, loin de là, à la lecture mais qu\u2019ils sont attirés aussi par la musique, la télévision, les discussions entre amis.Ils disent lire en grand nombre par désir d\u2019évasion, d\u2019information.Il faut repenser la bibliothèque scolaire en en faisant un lieu davantage ouvert sur la vie, un lieu où pourraient y être satisfaits tout à la fois l\u2019étude, le travail individualisé et aussi certains aspects des loisirs.Les romans policiers, les livres humoristiques, la science-fiction, les documentaires, les revues, les journaux qui semblent avoir leur faveur sont-ils suffisamment présents dans nos bibliothèques scolaires?La présence d\u2019une salle de réunion où pourraient être organisés des échanges (discussions, conférences, etc.), d\u2019un club de lecture.d\u2019un coin de musique, d\u2019une télévision, d\u2019un ciné-club, d\u2019une coopérative où les étudiants échangeraient leurs livres ne les fixeraient-ils pas autour de la bibliothèque contribuant ainsi à la désacraliser et à rendre plus familier un lieu où dans l\u2019ensemble ils ne s\u2019aventurent guère que contraints par des travaux qui leur sont imposés?La bibliothèque ne saurait avoir comme ambition l\u2019allongement indéfini de la journée scolaire, mais des permanences devraient y être tenues durant les temps libres (midi, après les cours); les règlements seraient à modifier à cet effet.Une ou deux activités culturelles dans la semaine y attireraient probablement du monde.Parents, amis seraient associés à quelques manifestations exceptionnelles (spectacles, débats, conférences).Ceci n\u2019est pas sans poser de nouveaux problèmes (locaux, emploi du temps, matériel, personnel).Les problèmes qui sont au coeur du fonctionnement du centre documentaire scolaire sont donc nombreux et variés, cependant, reprenant une citation du ministre Camille Laurin dans son livre blanc sur la culture du Québec, nous avons voulu essayer de réfléchir à ce qui touche au personnel d\u2019encadrement, peut-être parce que c\u2019est aussi la question qui préoccupe le plus ceux qui ont la lourde responsabilité d\u2019assurer le fonctionnement de nos bibliothèques scolaires.Dès qu\u2019il s'agit de quelque forme que ce soit d\u2019expression culturelle, toute politique et toute action de développement reposent essentiellement sur les personnes.Certes, les équipements comptent: des équipements vétustes et insuffisants ne peuvent que gêner l\u2019action jusqu'à la rendre inefficace.Mais rien de valable ne s\u2019accomplira sans des personnes pourvues de la formation nécessaire et en nombre suffisant.8 Comme on a pu le voir précédemment, ce dont il s\u2019agit c\u2019est de réussir à animer les centres documentaires de nos établissements scolaires et cela ne peut être conduit à bonne fin que par le personnel même des écoles.Parmi les éléments qui pourraient contribuer à cette réorganisation, il faudrait: -\tau niveau d\u2019une école: 1.\tFavoriser parmi les choix des politiques d'utilisation du personnel de l\u2019école, l\u2019émergence d\u2019un nouveau type d\u2019aide, offrir à la bibliothèque et à l\u2019audiovisuel, par exemple, l\u2019utilisation de temps de secrétariat, l\u2019utilisation d\u2019un commis pouvant accomplir les principales tâches strictement cléricales permettant ainsi un meilleur service à la clientèle.2.\tFavoriser chez le personnel enseignant la libération de professeurs-ressources en moyens et techniques d\u2019enseignement et leur assurer un perfectionnement adéquat.3.\tFavoriser la coopération des parents et des élèves au niveau des centres documentaires.-\tau niveau des commissions scolaires: 1.\tIntensifier toute forme de perfectionnement à l\u2019intention du personnel technique des bibliothèques leur permettant de se recycler et d\u2019obtenir un diplôme en bibliothéconomie, facilitant ainsi leur intégration dans les associations professionnelles.2.\tCoordonner le développement des bibliothèques scolaires.3.\tCentraliser sous la direction d\u2019un personnel compétent et expérimenté les services que les administrations doivent fournir aux écoles (achats, préparation des collections, catalogage, reliure.), améliorant de cette façon la valeur des services dont chaque école participante pourra bénéficier.Ainsi l\u2019existence de services centraux favorisant la direction, la coordination, le contrôle ainsi que la planification de ces programmes d\u2019activités d\u2019un véritable service des moyens et techniques d'enseignement, favorisera la promotion, la diffusion, l\u2019utilisation et l'accessibilité des moyens 8.Québec (Province).Comité ministériel permanent du développement culturel, La politique québécoise du développement culturel (Québec.Editeur officiel, 1978), t.2, p.394.ARGUS.Vol 8, no 5 (September-October 1979) 25 d\u2019enseignement à toute catégorie d\u2019élèves.Quant au personnel spécialisé des écoles, il devrait exercer auprès des collègues le rôle d\u2019animateur culturel et de véritable conseiller pédagogique.Ce personnel travaillerait en collaboration avec les animateurs ou autres con-seillers pédagogiques de l\u2019organisme, dans tout projet éducatif touchant une école, une région ou un projet global de la Commission.Ces derniers présidant alors au choix des moyens utilisés réussiraient mieux à satisfaire les besoins réels sentis par les écoles.- au niveau de la formation du personnel des bibliothèques: L\u2019an dernier, la Corporation tenait une journée d\u2019étude sur ranimation pédagogique; cette année cette dernière porte sur ranimation culturelle; force nous est de constater que celle-ci apparaît comme un besoin croissant de nos centres documentaires.Au-delà des questions de réorganisation des tâches dans le contexte actuel, il est donc nécessaire que la formation universitaire des futurs professionnels comme celle donnée dans les C.E.G.E.P.aux bibliotechniciens, fasse une véritable place à l\u2019animation culturelle.Des stages pratiques d\u2019étudiants dans les bibliothèques scolaires les plus dynamiques, devenues ainsi des sortes de \"bibliothèques d\u2019ap- plication\u201d, donneraient aux futurs personnels de nos bibliothèques une formation plus concrète en même temps qu\u2019ils permettraient par l\u2019arrivée de personnes supplémentaires, de renforcer l\u2019équipe animatrice du centre documentaire, lui fournissant ainsi l\u2019occasion de promouvoir une véritable animation culturelle à l\u2019école.Ces quelques réflexions et suggestions n\u2019ont aucunement un caractère limitatif.Bien au contraire,la contribution et la collaboration de tous: bibliothécaires, bibliotechniciens, administrateurs, enseignants, parents, élèves à travers le projet éducatif au plan local et la contribution des structures régionales, centrales et nationales sont la condition de la réussite d\u2019une politique nouvelle du livre et du document.Politique novatrice qui permettra de préparer pleinement les étudiants aux exigences de la vie active de demain, tout en faisant des hommes capables d\u2019être les artisans de leur propre réussite.Autres ouvrages consultés Groupe français d\u2019éducation nouvelle, Paris.Le pouvoir de lire.Sous la direction de Josette Jo-libert te Robert Gloton.Tournai, Paris, Casterman, 1975.Mailhot, Raymond, Ebauche de descriptions d\u2019emplois dans les moyens d\u2019enseignement des commissions scolaires.Montreal, Service général des moyens d\u2019enseignement, Développement de la technologie éducative, Section études et prospective, 1978.Québec (province).Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement.Rapport de la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement dans la Province de Québec.Québec, 1963-1966.t.3, Les bibliothèques.Rapport de recherche sur les bibliothèques scolaires et l\u2019enseignement élémentaire dans la région de l'Estrie.Une équipe de la Faculté des Sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Sherbrooke.Sirkis, Rubin.L\u2019utilisation du livre et de la bibliothèque à l\u2019école élémentaire: réflexions et observations.Rédigé avec la collaboration de Marthe Gaudette.Montréla, ministère de l\u2019Education, Service général des moyens d\u2019enseignement, Services de la recherche, 1976.Unesco.Guide pour la transformation de bibliothèques scolaires en encres multimédia.Paris, Unesco, 1976.Unesco.La bibliothèque d\u2019école primaire et ses différentes fonctions, par Mary Peacock.Paris, Unesco, 1970.revue critère REVUE QUEBECOISE interdisciplinaire thématique accessible fondée par des professeurs du collège Ahuntsic de Montréal THEMES: ta lecture, l'école, ta croissance, l'enracinement, la santé, la ville, le 3e âge, le pouvoir local, la dépro-Jessionnalisation, etc.________ REVUE CRITERE V155, rue Saint-Hubert Montréal, Québec H2M I VS Tél.: 389-9068 389-5921 poste 348 A BON N E M EN T S: 14 num éros ) individuel\t20,(X) S institutionnel\t30,00$ étudiant\t15,00$ (photocopie\tde ta carte d'étudiant) 26 ARGUS.Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) Georgette Lapointe Polyvalente Lucien-Pagé, C.E.C.M.(Commission des écoles catholiques de Montréal) Profil du bibliothécaire en milieu scolaire Rosaire Pelletier, Centrale des bibliothèques, Ministère de l\u2019Education Le bibliothécaire scolaire québécois doit être un spécialiste de l\u2019Information documentaire dont le rôle spécifique l\u2019oriente plus particuliérement vers la référence et l\u2019animation documentaire.L'Insuffisance de personnel, le manque de formation d\u2019une partie du personnel technique, la dévalorisation du statut de bibliothécaire et les problèmes de gestion du personnel sont autant d\u2019obstacles qui entravent le bon fonctionnement des bibliothèques scolaires.Les auteurs qui ont eux-mêmes enseigné apportent dans la dernière partie de leur article des éléments de solution.The Quebec school librarian should be an information specialist whose specific role centers on reference work and documentary animation.The shortage of personnel, the lack of formation of certain members of the technical staff, the lowering In status of the librarian and personnel management problems all create obstacles Impeding the smooth functioning of school libraries.The authors, who themselves have taught, offer in the conclusion of the article a few suggestions for solutions.A une époque où la décentralisation, les contraintes budgétaires et les coupures de postes qui en découlent sont devenues monnaie courante dans le milieu scolaire québécois, les bibliothécaires sont malheureusement une cible trop facile.Serons-nous condamnés à disparaître pour laisser la place à d\u2019autres ou devrons-nous affirmer vigoureusement notre identité propre et nous empresser de faire connaître notre rôle irremplaçable?Il est de plus en plus urgent de changer l\u2019image déformée et sclérosée que beaucoup de gens responsables dans le secteur de l\u2019éducation véhiculent toujours sur notre rôle.Pourquoi persiste-t-on si souvent à croire que n\u2019importe qui peut nous remplacer sans préparation adéquate?C\u2019est pour cette raison que nous définirons le rôle particulier du professionnel de la documentation en milieu scolaire.Puis nous analyserons les embûches qui l\u2019empêchent d\u2019exercer adéquatement ses fonctions.Enfin, nous tenterons d énoncer des élé- ments de solution aux problèmes rencontrés.Rôle du bibliothécaire Le bibliothécaire est avant tout un spécialiste de l\u2019information documentaire.Nul ne reçoit actuellement une meilleure formation \u2014 même si elle s\u2019avère parfois incomplète \u2014 pour assurer l\u2019implantation de centres documentaires.C\u2019est lui qui doit maîtriser toutes les étapes de la chaîne documentaire: acquisition, traitement, repérage et diffusion.Le processus d\u2019acquisition implique d\u2019abord un choix judicieux et équilibré qui tienne compte des besoins d\u2019information et de culture des usagers, ce qui suppose une connaissance suffisante de la collection.La façon la plus courante d\u2019acquérir la documentation se fait par l\u2019achat en librairie et, parfois, chez l\u2019éditeur.Point n\u2019est besoin de dire que la connaissance du monde de l\u2019édition et du marché du livre est nécessaire pour mener habilement cette opération et dépenser rationnellement les sommes allouées.Si des documents sont offerts à la bibliothèque par des usagers ou par des organismes, c\u2019est le spécialiste de l\u2019information documentaire qui est le plus apte à juger de leur pertinence, pour les conserver ou les acheminer ailleurs.Une autre opération, se rattachant aux acquisitions, celle du contrôle de la collection par l\u2019inventaire, permet de connaître les documents à remplacer, lorsque détériorés ou disparus, ou à éliminer, parce que devenus inutiles.Cet élagage s\u2019inscrit dans une politique rationnelle d\u2019équilibre des collections.La deuxième étape de la chaîne documentaire est celle du traitement, c\u2019est-à-dire la description du document et son analyse documentaire par un personnel spécia-lisé suivant des normes standardisées.Si le personnel technique assume une partie de ces opérations, le bibliothécaire ARGUS.Vol 8.no 5 (September-October 1979) 27 doit cependant superviser le travail et parfois l\u2019exécuter quand il s\u2019agit de cas difficiles.Le traitement permet d\u2019emmagasiner l\u2019information sur un support réduit, facilement accessible en vue d\u2019un repérage rapide et efficace.Le repérage de l\u2019information documentaire s'effectue grâce aux connaissances qui en ont permis le traitement.Les gens non initiés aux sciences et aux techniques documentaires n\u2019auront donc pas l\u2019habileté requise pour dépister les voies d\u2019accès à la documentation condensée à l\u2019aide des systèmes classificatoires, des répertoires de vedettes-matière et des thésaurus.Le meilleur intermédiaire entre la documentation et l\u2019usager n\u2019est nul autre que le bibliothécaire et la diffusion de l\u2019information devient un aspect essentiel de son travail.La diffusion se fait de diverses manières.Elle va de l\u2019information rapide et exacte à une question précise, à la constitution d\u2019un dossier plus élaboré sur un sujet.Le bibliothécaire conduit généralement l\u2019usager au document, ce qui suppose une connaissance du contenu du document et du besoin de l\u2019usager.Ici encore le bibliothécaire est le meilleur médiateur, parce qu\u2019il a reçu une formation à cet effet.Il aide l\u2019usager à préciser la formulation de sa question et lui permet l\u2019accès à des aspects de l\u2019information qu\u2019il n\u2019avait peut-être pas soupçonnés.Les réponses aux besoins des usagers peuvent prendre aussi la forme de bibliographies signalé-tiques ou analytiques, exhaustives ou sélectives, rétrospectives ou courantes.L\u2019habileté à la référence est souvent fonction de la connaissance de l\u2019analyse documentaire.Pour assurer une plus grande diffusion de l\u2019information, le bibliothécaire pratique l\u2019animation documentaire.Celle-ci est un prolongement essentiel de la référence; on peut affirmer qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019animation documentaire de qualité sans la connaissance approfondie de l\u2019analyse documentaire.En quoi consiste donc ce rôle d\u2019animation documentaire des bibliothécaires, qu\u2019ils soient étiquetés spécialistes en moyens et techniques d\u2019enseignement (SMTE), documentalistes ou simplement bibliothécaires?Toute relation documentaire en milieu scolaire est une relation entre l\u2019éduquant et l\u2019éduqué, ou mieux avec le \u201cs\u2019éduquant\u201d.Le bibliothécaire doit adopter les objectifs et orientations de l\u2019école pour assurer l\u2019insertion harmonieuse de son service.Il répond à des finalités de formation, d\u2019apprentissage et de culture qui déterminent le genre d\u2019animation qu\u2019il doit organiser et diriger pour aboutir à des rendements de qualité.Toute fonction d\u2019animation nécessite un animateur, en l\u2019occurence le bibliothécaire.Que ce rôle lui soit reconnu ou non dans les descriptions des tâches d\u2019une catégorie d\u2019emploi d\u2019un plan de classification, la réalité ne peut être éclipsée.Pour rendre la bibliothèque vraiment vivante dans le milieu scolaire, le bibliothécaire-animateur doit rejoindre non seulement l\u2019élève, mais aussi les enseignants et les cellules fonctionnelles de l\u2019école: comité pédagogique, conseil d\u2019école, comités créés pour la réalisation de projets éducatifs.Son action doit aussi atteindre tout le personnel professionnel et administratif de l\u2019école, sans négliger le personnel de soutien.Son rôle d\u2019animateur exige des qualités de relationniste en ce sens qu\u2019il doit entrer en contact avec toutes les catégories de personnel dans l\u2019école, faire la publicité de son service et le marketing de son produit: l\u2019information documentaire.Aussi se fait-il souvent conseiller en lecture, promoteur de la culture, bibliothérapeute, sans oublier les divers aspects administratifs de ses tâches sur lesquels nous ne nous attarderons pas.Ce rôle polyvalent ne fait-il pas du bibliothécaire, souvent méconnu, un pilier de la polyvalence?Les obstacles La fonction d\u2019animation documentaire présente des éléments bien attrayants mais les écueils particuliers qu\u2019on y rencontre rendent parfois difficile le travail à exécuter.D\u2019abord il y a le personnel en nombre insuffisant ou mal réparti.Dans bien des cas, le professionnel responsable du centre documentaire ne peut même pas quitter le lieu physique de la bibliothèque sans porter atteinte au fonctionnement minimal du service.Des études devraient être faites pour établir des normes déterminant le nombre de personnes requises pour assurer un service de qualité par rapport au genre de service qu\u2019on attend de la biblio- 28 ARGUS.Vol.8 no 5 (septembre-octobre 1979) thèque.Quand des classes entières viennent occuper une période de cours au centre documentaire, le bibliothécaire devrait pouvoir avoir la collaboration du responsable de chaque groupe, au moins pour le respect de l\u2019ordre; le bibliothécaire n\u2019est pas un suppléant ni un surveillant de discipline.Si on veut lui confier la responsabilité de groupes nombreux, qu\u2019on lui fournisse le personnel suffisant.Voici ce que nous entendons par une répartition inadéquate du personnel: l\u2019absence quasi généralisée de personnel clérical (secrétaires, commis) oblige le personnel de soutien technique ou le professionnel à accomplir des tâches qui ne sont pas de son ressort.C\u2019est un mauvais emploi du personnel que d\u2019obliger les techniciens en documentation à exécuter du travail de commis (replacer les livres sur les rayons) ou de secrétaire (dactylographier les textes), ou d\u2019obliger le professionnel à exécuter les tâches que le technicien ne peut accomplir parce qu\u2019il est occupé à des tâches relevant d'autres catégories d'employés.A cette insuffisance s\u2019ajoute l\u2019isolement dans lequel le bibliothécaire doit évoluer sur le plan professionnel, au niveau de chaque école.Cet isolement est plus intensément ressenti lorsque, dans la commission scolaire, il n\u2019y a pas de coordonnateur dynamique pour appuyer les initiatives du bibliothécaire dans son école et favoriser une certaine communication entre les bibliothécaires des différentes écoles.La situation est encore pire lorsque le coordonnateur au niveau de la commission scolaire n\u2019est pas toujours convaincu qu\u2019il faille confier la responsabilité des centres documentaires à des bibliothécaires.Quant au personnel technique en place, il existe de nombreux cas où les techniciens ont obtenu leur statut sans avoir la formation et la qualification appropriées.N\u2019étant pas aptes a exécuter toutes les tâches techniques pour lesquelles ils ont pourtant été engagés, ou bien ils se confinent à des tâches de commis, ou bien ils tentent de s\u2019approprier des tâches plus inté- ressantes dévolues aux professionnels: référence, conseil en lecture, relations avec les professeurs.On assiste alors à un renversement des rôles: le professionnel exécute des tâches techniques et les techniciens s\u2019essaient à du travail de professionnel.Parfois l\u2019administration de l\u2019école semble encourager une telle situation, sans en mesurer les conséquences.En rapport avec ces questions de statut, il faut évoquer quelques conséquences du plan provincial de classification mis de l\u2019avant lors des négociations des conventions collectives des commissions scolaires (et des cégeps) pour la période 1975-79.On a dévalorisé le rôle du bibliothécaire en attribuant une bonne partie des tâches techniques au corps d\u2019emploi appelé \u201c-bibliothécaire\u201d et des tâches d\u2019animation et de référence au corps d\u2019emploi SMTE.Faut-il voir en cela un entêtement à refuser de rehausser le bibliothécaire au même statut professionnel que les autres professionnels non enseignants travaillant en milieu d\u2019éducation?Qu\u2019on exige du bibliothécaire, s\u2019il y a lieu, une formation pertinente pour remplir dignement sa tâche, mais qu\u2019on ne réduise pas ses activités au seul plan technique, car alors il n\u2019a plus sa raison d\u2019être: les bibliotechniciens et les techniciens en documentation sont spécifiquement formés pour accomplir les tâches techniques et seconder l\u2019action du professionnel.Ce n'est pas en ouvrant la porte à n'importe quel professionnel non formé en documentation que l\u2019on pourra faire donner son plein rendement à un centre documentaire.Par exemple, il est absolument anormal de confier à un non-bibliothécaire, fût-il un enseignant mis en disponibilité à cause du surplus de personnel, une des tâches majeures du bibliothécaire: référence et animation documentaire.Le plus odieux de cet imbroglio, c\u2019est que les professionnels exerçant la même activité documentaire en milieu scolaire sont rémunérés selon des échelles de salaire différentes: une échelle défavorable pour les professionnels intégrés au corps d\u2019emploi \"biblio- thécaire\u201d, une échelle du niveau de celle des autres professionnels pour les SMTE.L\u2019intégration à ces corps d\u2019emploi varie d\u2019ailleurs d\u2019une commission scolaire à l\u2019autre ou à l\u2019intérieur d\u2019une même commission scolaire.A ces questions de statut s\u2019ajoutent les problèmes relatifs à la gestion de personnel.Il n\u2019est pas toujours facile de faire accomplir par chacun les tâches pour lesquelles il a été engagé.Certains travaux sont monotones.Il est parfois tentant de jouer un autre rôle que le sien parce que plus valorisant.Il peut être attirant de s\u2019adonner à la lecture pour donner l\u2019impression d\u2019être occupé.Le responsable du centre documentaire doit user de beaucoup de diplomatie non seulement pour éviter les empiètements mais aussi quelquefois pour faire exécuter le travail pour lequel l\u2019employé est rémunéré.Certains ne peuvent fonctionner normalement s\u2019ils n\u2019ont pas une liste quotidienne détaillée des tâches à accomplir.Les rappels sont parfois nécessaires.Toutefois nous sommes conscients que ce genre de problème n\u2019est pas spécifique au bibliothécaire.A l\u2019aspect ingrat de la gestion du personnel s\u2019ajoute souvent le manque de reconnaissance, de la part du milieu scolaire, du rôle d\u2019animateur en documentation du bibliothécaire.Trop souvent on oublie de l\u2019intégrer aux diverses équipes de l\u2019école: vie étudiante, comité pédagogique, conseil d\u2019école, etc.Le bibliothécaire est responsable d\u2019un service important dans la vie pédagogique de l\u2019école.Il serait normal qu\u2019il soit présent au niveau de l\u2019information, de la consultation et de la décision partout où la vie pédagogique et parascolaire est impliquée.Il est tout à fait anormal que le responsable des ressources documentaires soit encore \"l\u2019étranger\u201d à qui on fait une grande faveur en l\u2019invitant une fois par année, peut-être simplement pour se donner bonne conscience.Cette non-intégration du bibliothécaire dans la pédagogie, on la retrouve à bien des échelons de la structure scolaire québécoise, de ARGUS.Vol 8.no.5 (September-October 1979) 29 '-¦Il* »»tt« l\u2019école au ministère de l\u2019Education.Les responsables de l\u2019organisation des bibliothèques scolaires du ministère de l\u2019Education, semblent eux-mêmes favoriser cette exclusion du bibliothécaire scolaire de la tâche essentielle d'animation documentaire et de référence.Pour s\u2019en convaincre, il suffit de lire l\u2019étude de monsieur Raymond Malhot: Ebauche de descriptions d\u2019emplois dans les moyens d\u2019enseignement des commissions scolaires.1 A la page 71 de ce document, on signale, entre autres choses, parmi les tâches à délaisser graduellement par le bibliothécaire, celle de la référence.Or c\u2019est là une de ses tâches essentielles.Eléments de solutions aux problèmes rencontrés Les obstacles analysés pourraient donner une sombre impression de la tâche d\u2019animateur en documentation.Ne soyons pas trop pessimistes.Des remèdes peuvent être apportés pour corriger ou du moins améliorer considérablement la situation du bibliothécaire en milieu scolaire québécois.La première marque de respect à l\u2019égard des centres documen- taires serait d\u2019y employer uniquement du personnel formé spécifiquement pour les tâches documentaires: des bibliothécaires avec une formation universitaire en science de la documentation et des techniciens avec une formation de niveau collégial.En aucun cas la bibliothèque ne devrait servir d\u2019exutoire à des enseignants mis en disponibilité ou fatigués de l\u2019enseignement sans qu\u2019ils reçoivent une formation vraiment adéquate pour devenir des professionnels de la documentation.A ce propos, rappelons que la formation actuelle prévue pour le bibliothécaire conduit à une maîtrise obtenue après deux ans d\u2019études universitaires; ces études de maîtrise sont entreprises après un diplôme de premier cycle universitaire dans une discipline au choix du candidat.Une simple initiation donnée en techniques documentaires ne saurait constituer une formation suffisante pour un professionnel de la documentation.Quant au personnel qui a un statut de technicien obtenu après quelques années d'expérience ou autrement, il y aurait lieu de le recycler, du moins dans les secteurs où son expérience ne lui a pas apporté une compétence suffisante.Ce recyclage est urgent afin que ces \u201cpseudo-techniciens\u201d puissent accomplir toutes les tâches pour lesqueiies ils sont payés.Pour garantir la présence d\u2019un personnel compétent en documentation, le bibliothécaire doit travailler sans cesse à sensibiliser les administrateurs de son école au rôle vraiment professionnel de sa tâche comme spécialiste de l\u2019information documentaire, rôle aussi important que celui des autres professionnels qui collaborent à l\u2019action éducative de l'école.Pour défendre son statut professionnel, le bibliothécaire pourrait aussi se servir de l'organisation syndicale en place.Pour que cet appui syndical soit plus efficace, il y aurait lieu que certains bibliothécaires s\u2019impliquent dans l\u2019organisation syndicale, afin de mieux défendre les intérêts de leur profession.Au niveau de la commission scolaire, il revient au coordonnateur d\u2019animer les activités des bibliothécaires dans leur milieu respectif.Il doit jouer le rôle de catalyseur pour susciter des initiatives et pour entretenir le dynamisme des bibliothécaires isolés.Le coordonnateur est aussi le canal privilégié pour faire connaître aux administrateurs de l\u2019ensemble de la commission scolaire le rôle spécifique du bibliothécaire.Il doit aussi se faire le défenseur du rôle d\u2019animation documentaire qui appartient spécifiquement au bibliothécaire.On verrait mal que le coordonnateur-bibliothécaire ait tellement peu de confiance en sa profession qu\u2019il suggère de confier l\u2019animation documentaire à d\u2019autres qu\u2019à des bibliothécaires.Des employés compétents, c\u2019est très bien; mais il en faut en nombre suffisant.Il est urgent de déterminer des normes vitales au bon fonctionnement du centre documentaire en tenant compte des objectifs de la bibliothèque et des 1.Raymond Malhot, Ebauche de descriptions d\u2019emplois dans les moyens d'enseignement des commissions scolaires (Montréal, ministère de l\u2019Education, Service général des moyens d\u2019enseignement, Développement de la technologie éducative, Section études et prospective, 1978), 187 p.30 ARGUS.Vol.8.no 5 (septembre-octobre 1979) besoins réels du milieu: un professionnel secondé par du personnel de soutien: techniciens en documentation, commis, secrétaires.Un technicien en audiovisuel y a aussi sa place, là où le prêt des appareils audiovisuels est intégré à la bibliothèque.C\u2019est un adjoint précieux quand il s\u2019agit de réaliser des documents audiovisuels et pour l\u2019entretien et le prêt des appareils.Il servira aussi de personne-ressource pour expliquer le fonctionnement et l\u2019utilisation des appareils.Enfin le zèle individuel du bibliothécaire doit être soutenu.Le spécialiste de la documentation doit avoir assez de confiance en son rôle d\u2019animateur documentaire pour qu\u2019il daigne accomplir totalement sa tâche même dans le cas où il est intégré au corps d\u2019emploi \u201cbibliothécaire\u201d, car s\u2019il se confine strictement à la tâche décrite, il délaissera les fonctions de référence et d\u2019animation qui sont décrites expressément dans le corps d'emploi SMTE.Ainsi il accomplit une tâche pour laquelle il n'est pas suffisamment rémunéré, mais au moins il remplit le rôle pour lequel il a été formé.Les administrateurs scolaires investissent là où ils le jugent important.Dans certaines commissions scolaires, ils ont compris l\u2019importance du centre documentaire dans la vie pédagogique et ils y ont investi équipement et personnel compétent.Mais il ne faut pas s\u2019attendre à ce que toute initiative vienne d\u2019en haut.Les bibliothécaires de la base ont un rôle de sensibilisation à exercer dans leur milieu, auprès des enseignants, des professionnels et de la direction de leur école, et auprès des autorités régionales (commissions scolaires).Dans cette action, ils peuvent être aidés par les associations regroupant les spécialistes de la documentation.Ainsi la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, qui regroupe près de mille membres, peut servir d\u2019intermédiaire car une des préoccupations essentielles de cet organisme est de faire reconnaître le statut de ses membres en tant que professionnels de la documentation.Conclusion Le bibliothécaire est prêt à remplir pleinement son rôle d\u2019organisateur et de diffuseur de la documentation.En milieu scolaire, il est prêt à collaborer avec les autres équipes de professionnels de l\u2019école, à la condition évidemment que les autres professionnels, enseignants et non-enseignants, aient assez d\u2019ouverture pour ac-copter sa collaboration.Pour lui, le document audiovisuel fait partie intégrante du centre documentaire, que l\u2019on appelle parfois d\u2019ailleurs \u201c-centre des média\u201d.Mais il n\u2019a pas la prétention d\u2019être un spécialiste de la production ni de l\u2019utilisation du document audiovisuel.Il y a place pour ces deux spécialistes en milieu scolaire, mais il est clair que chacun possède une formation spécifique.Il serait donc illusoire de prétendre que le même professionnel puisse être compétent dans les deux secteurs, à moins d\u2019acquérir une formation complémentaire.A ce propos, nous pensons que le bibliothécaire aurait un chemin plus court à parcourir pour devenir diffuseur-animateur du document audiovisuel (pas producteur) que le spécialiste de l'audiovisuel pour devenir professionnel de la documentation dans son ensemble.Quant au débat qui persiste depuis des années, à savoir s\u2019il vaut mieux placer un \"pédagogue\u201d plutôt qu\u2019un \u201cbibliothécaire\u201d à la tête des centres de documentation scolaire, il semble que les éléments développés dans le présent article sont suffisamment explicites en faveur du bibliothécaire.Ce qui n\u2019empêche pas les pédagogues d\u2019acquérir une formation professionnelle en bibliothéconomie, comme l\u2019ont fait quelques enseignants devenus professionnels de la bibliothéconomie.2 II semble même tout à fait souhaitable que les bibliothécaires en milieu scolaire ajoutent à leur formation spécifique des éléments de pédagogie.Ce qui est souhaitable n'est pas toujours facilement réalisable.Nous pensons avoir suffisamment démontré que, étant donné la nature de la transmission de l\u2019information documentaire, la formation en bibliothéconomie doit l\u2019emporter, car il est tout à fait normal d\u2019uti-liser les services des professionnels dans leur champ de compétence.2.Les auteurs de ce texte ont enseigné respectivement 17 et 12 ans avant d'acquérir une formation professionnelle en bibliothéconomie.Ouvrages reçus Canadian Association for Information Science/Association canadienne des sciences de l\u2019information.Membership Directo-ry/Annualre des membres.1978-1979.27p.Introduction à la huitième édition de Library of Congress Subject Headings Québec, Bibliothèque de l\u2019Université Laval; Montréal, Ministère des Affaires Culturelles, Bibliothèque nationale du Québec, 1979.208 p.Les Presses de l\u2019Université de Montréal.Nouveautés.Montréal, 1979, 31p.Répertoire des associations de bibliothèque au Canada 5e éd Ottawa, Bibliothèque nationale du Canada, 1979.50,50p.ARGUS, Vol 8.no 5 (September-October 1979) 31 Jean Brown, Volunteer-library administration developing small rural libraries Support services for school libraries in England In England there are services to school libraries, students and teachers which do not exist In this country.Through the school central resource centre there is access to far more material than Is available in schools in Canada.This Is the result of an Interwomen relationship between the school and the public library and of the fact that It is mandatory, by law, for each local authority to provide library service in the area.En Angleterre, les bibliothèques scolaires sont dotées d\u2019un service qui n\u2019existe pas au Canada, les \u201cSchool Library Resource Centres\u201d.Par le fait même, les écoles ont accès à un plus grand nombre de ressources documentaires.Deux facteurs particuliers ont permis la création de ces centres: d\u2019une part, la collaboration de l'école et de la bibliothèque publique; d'autre part, les autorités locales sont légalement obligées d'offrir le service de bibliothèque.There have been school libraries in England since the year 1600.Until 1902, it was the independent schools which had libraries.In 1902 the Education Act created grammar schools which provided libraries of reference books for pupil use.Since that date there have been several Education Acts, each of which has altered and improved education while allowing for the improvement of school libraries.During the period 1950-1970, most secondary schools developed a library collection and many of the larger schools had a full-time librarian.The period beginning 1970 has seen the development of the school library resource centre containing multi-media materials.The first Public Libraries Act of 1850 preceded the first Elementary Education Act of 1870.Therefore, the earliest school libraries often consisted, in the main, of books borrowed from the local public library.Since that time there has always been a close relationship between the school and the public library.The Library Association Proposals for the post-war reorganization of the library service.suggested that the provision of libraries in schools .should be closely related to the public library service.The Proposals also emphasized the benefits which could be gained from centralizing within each local authority the procedures for the selection, purchase, cataloguing and maintenance of books in schools.1 The regulations of the Department of Education and Science (DES) control the floor area of the school allocated to the library and the staff quotas.However, it is the local Education Authority which decides everything else about the school library so there are wide variations in school library provision.In 1970, the Library Association published School Library Resource Centres: Recommended Standards for Policy and Provision.These standards assumed the existence of a public library based school library service as a basic essential, but the help which can be given by such a service is not everywhere appreciated.In the most recent standards for school library resource centres it is stated that The highest standards are more easily attainable in areas where there is close cooperation between the local education authority and the library authority.In these areas there is usually a school library service department, financed from education funds and organized by the public library.Such a department is considered essential to the general development of school libraries.2 It is believed in England that it is impossible for one library to be able to provide all the material and services that its users will need.1.\tSheila G.Rey, Library Service to Schools.2nd ed.No.32 Library Association Pamphlet; A Youth Libraries Group Monograph.(London, The Library Association, 1972) pp.11-12.2.\tIbid., p.13.32 ARGUS.Vol.8.no 5 (septembre-octobre 1979) Therefore \u201cCo-operation between the public library and school libraries is .considered to be essential if the library is to play an effective part in the life of the school.\u201d3 4 I have been told, on good authority, that the best relationships for the benefit of school and teacher exist in the south and southwest of England.Northern England still tends to have teacher librarians who look after the library in addition to their teaching loads.But, even there, there is back-up service, for example, Yorkshire, a large County, has four large libraries serving different areas, which will loan material to the schools in their areas.However, in some instances, that is, the larger urban communities of England, the support services are provided by the local education authority.London, with its Inner London Education Authority (ILEA) is a good example of this system.Library support systems provided to schools under the Inner London Education authority The ILEA provides a support library containing 280,000 volumes and 125 periodicals.The books and back numbers of the periodicals can be borrowed by the schools.Items may be reserved and books not in stock will be purchased if so recommended by a school library and if they cannot be borrowed elsewhere.Membership in this library is open to all ILEA lecturers and teachers and to student teachers in ILEA colleges.An order book service is available to primary schools and to secondary schools where there is no professional librarian.Books needed by students can be borrowed for them by lecturers and teachers.To supplement the collection of the school library, general collections may be borrowed for periods ranging up to one year.There is a library van which usually goes to every school and college once a week.In this support library there is a display collection of children\u2019s books for the use of teachers.The library publishes the ILEA library bulletin \u2014 which is a list of recent additions.There is a good reference collection in this library and enquiries may be made by telephone or mail.On the staff of this library are three librarians who are responsible for helping schools on questions to do with the school library.There is also a Media Resources Centre which produces bibliographies of materials which are available on subjects covered in the curriculum.They have a list of publishers and distributors of learning materials.The ILEA learning Materials Centre (also called the Media Resources Centre) has its publishing centre and its television centre.A publication of theirs is the Catalogue of Learning Materials for London Schools.It is organized by subject and curriculum areas.Related ILEA television programmes are included under the subject listings.All this is a far cry from what is provided to schools in the large Canadian city of Montreal.The local authority support programme for school libraries It is recommended in the 1973 standards for School Library Resource Centres that A further supporting service should be provided by the local education authority to extend the range of the provision of materials, information and production that are needed.Further services should include the local authority school library service and other collections of material maintained independently.The activities of these services will probably incorporate: borrowing facilities for teachers and pupils; the mounting of exhibitions; the provision of information; the production of resources.A central classification, cataloguing and indexing service would ensure continuity and uniformity of practice within the institutions of the local education authority, resulting in economy of administration.5 6 Used in this way, local authority school library service means a department of the local public library.Regional supportive systems for school libraries and teachers It is recommended in the most recent standards for School Library Resource Centres that as a further development, a regional resource centre may be envisaged which offers such advisory, research and production facilities which would be more economically provided to a group of local education authorities.a The County resource system County library systems in England and Wales provide services to schools and teachers, but there is no national pattern for the school library services, which vary from country to country.I wrote to six country libraries to find out about their services and received interesting answers from five of these six.Also I visited the Wiltshire Country Library and its branch in Salisbury.Altogether the information I received was fascinating.We, in the schools here in Canada could give much better service to teachers and children if we had such services to back us up.The cost of the services provided is paid for by the Education Authority.The varieties of services provided, though in practice they differ from country to country, are as follows: Loan Services A loan collection is usually available from the country library to the school library.Usually it is ex- 3.\tThe Library Association, School Library Resource Centres; Recommended Standards for Policy and Provision; incorporating a Supplement on Non-Book Materials.(London, the Library Association, 1973) p.6, paragraph 11.4.\tIbid., p.6, paragraph 12.5.\tIbid., p.23.paragraph 45.6.\tIbid., p.23, paragraph 46.ARGUS.Vol 8 no 5 (September-October 1979) 33 changed each term or annually for a new collection.This is done to supplement the school\u2019s collection.In some cases the book mobile comes regularly to each school, and, from its contents, books can be chosen for use in that school for that term.The country library, in many cases, provides project loans.Often there is a group of 50-100 items (multi-media) which can be provided to the school library or the individual teacher in the school for use as back-up material when a special subject is being studied in the classroom.The teacher concerned should aid in the selection of these groups of materials.Central Purchase Service Often the country library has an exhibition library, the purpose of which is to allow the teacher, the teacher librarian or the librarian to examine materials as an aid to selection of materials for school libraries.The country library sometimes produces booklists and other bibliographical aids.Some country libraries publish regularly reviews of new material.Often there are centralized facilities for book ordering and processing provided to the schools by the country library.Books are either partly or fully processed before delivery \u2014 this eliminates the need for the librarian or teacher librarian to do a considerable amount of routine work.They then have more time for productive work.Sometimes this ordering and processing service may be handled by the book-buying department of the public library; sometimes it is handled by a central book ordering and processing department connected with the central exhibition collection.Sometimes there is an integration of boodstocks.School libraries can exchange books that are not being read for other books in other school libraries or in the country library.Advisory Functions In most country library systems school and public library services are integrated as far as possible, usually under the direction of a person with a title such as \u201cLibrary Adviser Country Librarian \u2014 Youth\u201d.She or he is expected to work closely with the Director of Education and with subject and phase advisers in the Education Service.Advice is thus available from the country library on such matters as remodelling, planning, equipping, organization and use of school libraries resource centres.Also aid is given in the selection of all types of resource materials.There must be liaison with teachers\u2019 centres and specialists on education, educational psychology, health education, social welfare, etc.Professional advice is available for courses, parents\u2019 meetings, interdisciplinary work parties, etc.Courses are available to librarians, teachers and clerical staff working in school libraries.Usually the county library provides a leaflet to the schools which details all the services which it provides.Other sources of support for the school library resource centre Well-stocked bookshops are not always available.In such areas the local education authority should provide exhibitions of materials suitable for its schools.The teachers who can reach London are well served.The National Book League maintains a Reference Collection of Children\u2019s Books.There is a children\u2019s Book Show organized every November by the Children\u2019s Book Group of the Publishers Association and the National Book League.Specialist teachers\u2019 organizations produce useful lists of materials.The School Library Association produces subject lists of books.They also publish the periodical The School Librarian four times per year.This contains reviews of books and articles on library and literary matters.There are forty-five local branches of this Association which hold meetings.The Educational Foundation for Visual Aids produces, distributes and catalogues films, filmstrips and slides.This Association together with the National Committee for Audio-Visual Aids in Education provide VENISS (the Visual Education National Information Service for Schools) which supplies a permanent display of equipment and materials and organized courses on their use at the National Audio-Visual Aids Centre.Also they provide the National Audio-Visual Aids Library where materials may be bought or, in the case of films, borrowed.The more highly developed the local public library service to schools, the less the school librarian may need to rely on wider national resources, but there will always be some functions which nationally organized bodies or commercial firms can do more effectively than the local authority.7 It is very obvious to me, from what I have seen and what I have read, that the public library service in England is far superior to anything we have in Canada; that the schools in England must certainly provide better library service to teachers and to pupils based on these back-up services; and that the whole philosophy of education is very different.This marvellous inter-woven relationship between the school and the public library cannot help but produce better results than does our separate and different policy here.The fact that it is mandatory, by law, for each local authority to provide library service in its area is also part of this story.7.S.Ray, Library Service to Schools p.31.34 ARGUS.Vol 8.no 5 (septembre-octobre 1979) Réiean Savard, Bibliothèque nationale du Québec A propos de recherche Il y a déjà quelque temps paraissait chez Scarecrow un ouvrage démontrant l\u2019importance de la recherche pour les bibliothécaires.Il s'agit de The Search for a Scientific Profession: Library Science Education In the U.S.and Canada par Alvin Schrader et Lloyd Houser.L\u2019approche des deux auteurs est simple: ils utilisent comme cadre théorique trois modèles de croissance scientifique observés dans différentes disciplines: celui de Thomas Kuhn (1970), celui de Ronald Havelock (1969), et enfin le modèle de la professionnalisation basé sur les théories de Vollmer et Mills (1966), Schein (1972), Anderson (1974), en particulier.Le cadre théorique défini, ils examinent ensuite la discipline à partir de ce qui fut enseigné dans les écoles de bibliothéconomie et ils affirment que la formation constitue la base d\u2019une profession.Cet examen des programmes des écoles et des idéologies professées s\u2019effectue selon les différentes phases de développement de la bibliothéconomie.Les auteurs définissent quatre périodes: \u2014\tcelle de 1887 à 1928, marquée par le travail de Dewey et l\u2019influence de la Carnegie Corporation.\u2014\tcelle de 1928 à 1932, où George Works et Douglas Waples mènent les destinées de la Graduate Library School of the University of Chicago.\u2014\tcelle de 1932 à 19^2, pendant laquelle c\u2019est Louis Round Wilson qui exercera son influence \"pratico-pratique\u201d dans la même institution.\u2014\tcelle de 1942 à nos jours, caractérisée par la multiplication des écoles de bibliothéconomie et l\u2019émergence d\u2019une confusion totale en ce qui concerne les objectifs propres de cette discipline.Grâce à la littérature professionnelle publiée à travers ces différentes époques, les auteurs en viennent à saisir T'esprit derrière la lettre\u201d, les idéologies professionnelles transmises par les professeurs et l\u2019influence de ceux-ci sur tous les bibliothécaires.Leurs conclusions sont plutôt décevantes: le développement de la profession ne s\u2019est jamais vraiment réalisé car les bibliothécaires ont rejeté le modèle scientifique de développement qui leur était proposé dès 1928.C\u2019est avec la période 1932-42 que s\u2019est effectué ce rejet, alors que les bibliothécaires ont cherché leur raison d\u2019être dans des domaines d\u2019études connexes à leur propre discipline alors en pleine adolescence, altérant ainsi son évolution normale.C\u2019est pourquoi, encore aujourd\u2019hui, la bibliothéconomie se cherche: sa nature, ses buts, ses objectifs gisent dans la plus grande confusion.Donc, toujours selon les deux auteurs, cet abandon du principe scientifique et du véritable esprit de recherche est responsable de cet état de confusion chez les bibliothécaires qui empêche leur développement professionnel.Les auteurs en rejettent entièrement le blâme sur les professeurs de bibliothéconomie: This confusion is centered in and is the responsabiüty of the library science educators.They prefer personal experience to any other qualifications for teaching.They lack any pretense of scientific leadership.1 Les deux auteurs réclament donc un changement immédiat d\u2019attitude, si l\u2019on veut que subsiste la profession.Houser et Schrader, quoique quelque peu radicaux dans leurs affirmations, n\u2019ont certainement pas complètement tort.Le développement d\u2019une véritable profession scientifique est peut-être la seule solution au marasme bureaucratique dans lequel se trouvent plusieurs des bibliothèques modernes.Comme le faisaient remarquer Mary Lee Bundy et Paul Wasserman il y a déjà quelque temps, bureaucratie et véritable professionnalisme sont tout à fait opposés: la hiérarchie traditionnelle des institutions bureaucratiques sert mal l\u2019autonomie du professionnel et nuit au service qu\u2019il doit offrir à l\u2019usager: As long as professionalism remains so weak and so il-lunderstood, libraries will remain unable to solve not only their immediate and pressing problems, but they will be unprepared and so unable to make the radical adaptations necessary to meet the rapidly shifting and growing requirements put upon them2.Alors que certains considèrent la recherche en bibliothéconomie comme du travail dans l\u2019abstrait, au contraire celle-ci cherche à répondre, indirectement parfois, à des problèmes bien concrets dont la pratique quotidienne ne viendra jamais à bout.Un livre à lire si vous désirez en savoir plus long.1.\tL.Houser et A.Schrader, The Search For a Scientific Profession: Library Science Education in the U S.and Canada.(Metuchen, N.J., Scarecrow Press.1978), p.146.2.\tP.Wasserman et M.L.Bundy, \u201cProfessionalism Reconsidered\", College and Research Libraries, vol.29, no.1, (January.1968).p.18-19.ARGUS.Vol 8, no.5 (September-October 1979) 35 SYSTÈME ANTIVOL MARK II Une étude comparative des systèmes antivols, faite récemment par l'American Library Association et publiée en novembre 1976'.démontre que le système Mark il est le plus efficace En somme le rapport indique que Mark II présente moins de problèmes techniques, ne peut en dommager aucun article de bibliothèque, y compns les bandes magnétiques et est le plus économique des dispositifs de sécunté pour bibliothèques Aucune fausse alerte à craindre (fait confirmé par 14 bibliothécaires \u2018 ) L efficacité du système est à 80%.soit la meilleure dans le domaine 41 Equipement Biblio Québec Inc est le seul distributeur autonsé.au Québec, des produits de la com- pagnie Checkpoint Systems Inc .depuis le 4 janvier 1977 A ce titre \u2022\til est en mesure de donner toutes les informations pertinentes se rapportant au fameux système Checkpoint Mark II; (feuillet publicitaire disponible sur demande) \u2022\til tient en inventaire, ici au Québec, toutes les fournitures et les pièces requises pour son utilisation; \u2022\til vous offre un service d experts pour toute planifi cation en vue de l\u2019installation et de la mise en opération d'un nouvel appareil Mark II\u201d installés au Québec Cégep de Saint-Jérôme.Université Laval.Université de Sherbrooke.Cégep de Matane.Cégep de Valleyfield (1) Library Technology Reports American Library Association November 1976 volume 12 number 6 (2l Ibidem pp 599 616 (3) Ibider.pp 597 615 661 680 Equipement Qiblio Québec |nc.1635, rue Bégin, Saint-Laurent (Québec) H4R 1W9 Tél.: (514) 336-4340 332-4169 Note aux auteurs: Le comité de rédaction invite ses membres à soumettre des articles, soit en anglais soit en français.Tous les articles seront publiés dans la langue d\u2019origine.La rédaction accepte les articles tant informatifs qu\u2019éducatifs portant sur l\u2019aspect professionnel de la bibliothéconomie.A l'occasion, elle publie des articles de collaborateurs étrangers et des traductions d'articles d'importance dans le domaine de la bibliothéconomie.Chaque auteur recevra 3 exemplaires du numéro auquel il aura contribué.Protocole de rédaction: 1\tLes textes doivent être soumis sous forme définitive.2\tLes mémoires peuvent être rédigés en français ou en anglais.Ils doivent être dactylographiés à interligne double sur papier 8V2XH pouces et accompagnés d'un résumé de 6 à 8 lignes.3.\tLes auteurs sont priés de conserver un double de leur article Aucun manuscrit ne leur sera retourne.4\tL auteur indiquera son nom.son titre académique, son statut professionnel et son lieu de travail.5\tNotes infrapagmales: les notes doivent être dactylographiées à interligne double, à la fin du texte.La numérotation en sera continue.ex.1.Roger Fourny.Manuel de reliure (Paris.Librairie Polytechnique Béranger.1965).p.8 6.Bibliographie: les références ou notices bibliographiques doivent être présentées par ordre alphabétique dans une liste continue et distincte, ex.Fourny.Roger Manuel de reliure Paris.Librairie Polytechnique Béranger.1965.Pour les notes infrapagmales et la bibliographie se baser sur Turabian.Kate L A Manual for Writers ot Terms Papers, Theses, and Dissertations Chicago.University of Chicago Press.1969 Note to Contributors: The Editorial Committee invites members to submit articles in English or in French.Articles will be published in the language in which they are submitted The editorial staff welcomes articles of informative and professional interest as well as articles from foreign contributors and articles in translation which are of interest and not readily accessible The authors will be sent 3 copies of the issue in which their article has appeared Style Guidelines: 1.\tTexts must be submitted in their final form.2.\tManuscripts may be written in English or French Double-spaced typewritten copies must be submitted on paper 812x11 inches with an author analysis of 6 to 8 lines.3.\tThe author should always retain a second copy for himself.The editorial staff does not undertake to return any manuscript 4.\tThe author should indicate his full name, his academic and/or professional status and his place of employment.5.\tNotes and footnotes (as well as the bibliography) should be typed, double-spaced, at the end of text They should also be numbered and listed in the order in which they are cited ex.1 Guy R Lyle.The Administration of the College Library (New York.Wilson.1974).p 59 6.\tBibliography: references to other works should also be incorporated in a separate list of references in alphabetical order by author s surname ex.Lyle, Guy R The Administration of the College Library.New York.Wilson.1974 .The copy editing reference book for both footnotes and bibliography is Turabian.Kate L A Manual for Writers of Terms Papers.Theses, and Dissertations Chicago.University of Chicago Press.1969 i mmm p$&5r* wV4v- ISSN 0315-9930 hp';-\u2018 "]
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