Argus, 1 janvier 1982, Novembre - Décembre
[" Volume 11, numéro 6/novembre-décembre 19S2/ISSN 0315-9930 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec ARGUS Comité de rédaction Editorial committee Louise Pelletier présidente Suzanne Ledoux Claudine Lussier Marlene O Hare Giguère Maryse Pierrard-Bimek Correcteur Corrector Maryse Pierrard-Bmiek Impression Printing Ateliers des Sourds Montréal ( 1978) inc Traductrice Translator Marlène O Hare Giguère Publicité Advertising Agence Marsy 440 ouest.Boulevard Dorchester Suite 1101 Montréal Que H2Z 1V7 (514) 871-1757 Dépôt légal Legal deposit Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Argus est une revue bimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Quebec Elle vise à I information et a l education de la profession La redaction laisse aux auteurs l entiere responsabilité de leurs textes L'abonnement annuel est de 18S (4$ le numéro) au Québec.20$ (4.50$ le numéro) au Canada et 20$ U S (4.50$ U S le numéro) pour l'extérieur du Canada Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l\u2019adresse suivante Argus Secretariat de la CBPQ 360 rue Le Moyne Montréal.Quebec H2Y 1Y3 Les articles de la revue sont indexés dans le Bulletin signalétique section 101 : Sciences de hnformation - documentation.Information Science Abstracts.Library Information Science Abstracts (LISA).Library Literature et dans RADAR, repertoire analytique d articles de revues du Québec Argus is a bimonthly journal sponsored by the Corporation of Professional Librarians of Quebec Its aim is to publish original papers for the information and education of the profession.Articles are the entire responsibility of the authors The yearly subscription is 18$ (4$ an issue) in Quebec 20$ (4 50$ an issue) in Canada and 20$ U S (4 50$ U S an issue) outside Canada Any request concerning missing issues should be sent no later than a month after date of publication, to the following address Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montréal.Québec H2Y 1Y3 Articles are indexed in Bulletin Signatetique.section 101; Sciences de hnformation - documentation.Information Science Abstracts Library Information Science Abstracts (LISA).Library Literature and in RADAR répertoire analytique d articles de revues du Québec ARGUS NOVEMBRE-DECEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 121 Ecrits sur l'avenir Littérature québécoise contemporain* L Aatnch Coopen, A fcosowe Petiot#* MoriHIe Doucher la collection Bibliothèmes bibliothemes üne collection qui répertorie des ouvrages généraux, des monographies, des documents audiovisuels et des articles de périodiques sur un thème donné.La Centrale des bibliothèques bibliothemes ISBN 2 920321 00 5.6.95 S l\u2019exemplaire 99 pages S\u2019adresser à: SERA 3579, rue de Bullion Montréal H2X 3A1 bibliothemes ISBN 2 89123 084 1 ^\t5,00 * l'exemplaire (6,00 $ par la poste) 77 pages S\u2019adresser à: SOCIÉTÉ DU STAGE EM BIBLIOTHÉCONOMIE 100, avenue Painchaud La Pocatière G0R 1Z0 Tél.: (418) 856*3038 ISBN 2 89123 085 X 5.00 \u2022 l'exemplaire (6,00 $ par la poste) 70 pages S\u2019adresser à: SOCIÉTÉ DU STAGE EN BIBLIOTHÉCONOMIE 100, avenue Painchaud La Pocatière G OR 1Z0 Tél.: (418) 856 3038LX\\> 122 ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMÉRO 6 Moyens de repérage de l\u2019information sur la condition juvénile Par Janina-Klara Szpakowska, Louis-Luc Lecompte et Yvette Henry-Rousseau* Dans ce premier d'une série de trois articles, les auteurs passent en rente les traits caractéristiques de la documentation en science de l'adolescence (hibilogie).Les deux niveaux de l'information (primaire et secondaire) sont brièvement analysés.Les résultats du sondage, effectué par l'équipe en octobre 1982, permettent de dégager quelques hypothèses de travail et de conclure à l'inadéquation du système d'analyse et de repérage de l\u2019information dans ce secteur In this first of three papers, the authors examine the characteristics of the documentation in adolescence science.The two levels of information (primary and secondary ) are briefly analysed.The results of the survey made by the authors m October 1982 allowed the team to establish certain working hypothesis and to conclude on the inadequacy of the systems of analysis and retrieval of information in that field.Par un curieux concours de circonstances, la jeunesse et son mal de vivre s'installent à la une des journaux.La crise économique y prête sa toile de fond, d'où se détachent les statistiques sur le chômage, la délinquance, l'isolement social, la drogue, la violence et surtout la Grande Déprime1 de la Tableau 1 jeunesse québécoise.H*s nouvelles et les projets se succèdent et se bousculent sans qu'on comprenne le véritable enjeu des décisions à venir.Le Projet national volontaire, les rumeurs publiques entourant la nomination prochaine d'un Ministre délégué à la jeunesse-1.la réforme de la loi ( no 24, 1979 ) sur ia protection des moins de 18 ans, les nouveaux modèles d'intervention en milieu jeunesse1, autant de signes d'intérêts inhabituel pour la cause* des «jeunes marginaux»1.Pendant que- Tl At AJ 8 A prépare à coups de publications et de colloques.la célébration de l'Armée internationale de la jeunesse, l N KS( \u2019( ) 198 j ), le écrits sur «la génération silencieusement lucide»*\u2019 et sur le sous-prolétariat juvénile7 fusent de partout ( )n reste perplexe devant cette masse documentaire apparemment abondante.mais dont le taux d'accroissement (volume) dépend des conjonctures socio-politiques plutôt que de la recherche ou de la réflexion suivie.Publiés tantôt par les organismes gouvernementaux ou parapublics, tantôt par les groupements privés ou la presse quotidienne, ces témoignages d'une valeur sociale indéniable seront-ils demain disponibles dans les bibliothèques publiques?scolaires?de collège?dans les centres d'information spécialisés?Accessibles en mode dialogué, peut-être?(Voir tableau I\\ * J k S/pakowska est professeur abrégé à l'École de bibliothéconomie de I I mversité de Montréal; L -L.Lecompte est bibliothécaire en chef au C.I.S.E de 1 Hôpital Ste-Justine Y Henri-Rousseau est professeur adjoint à l'École de bibliothéconomie de l'Université de Montréal ÎKOIS NIVKAl \\ IVIN FORMATION groupe d'âge: 12-18 -21 COM RIBl I K >\\ ( )RI(iIN M.I.Bibliographie Bases de Répertoire Ivtiquc tu les i I hésaurus Bibliographie de bibliographies \\ edettes-ma- \\rtn I INK >RM MK >\\ PRIM MRI i< >nnée INK )RM \\ I ION sF< :< )N1 ) \\ 1RI III INFORM MK)N I FR I I MRI \\N \\LYSK DF FA IX H :i MFN 1 MK )N PRIM MRF RÉ AFIN VI K >N DF IX X I MFN I S A PAR I IR I)FS NIVEAUX I et II ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLÛME 11 NUMERO 6 123 Mais encore faut-il que la mise en disponibilité électronique des écrits sur l'adolescence soit précédée par l'analyse rigoureuse du contenu; et que les mots-clés dont s'inspire l'indexeur puissent rendre justice à la réalité troublante des jeunes.Comme le fait remarquer M A Ledoux.«l'informatique demeure un outil, elle ne supplée que partiellement à une indexation délie ientc».* Le présent texte n'est que le premier volet d une série de trois articles visant à cerner la VRAIE nature de la littérature sur la condition juvénile.Mais c'est aussi, avouons-le, un moyen de défoulement d'un groupe d'utilisa-teurs-cherc heurs dont le travail quotidien est par trop souvent compromis par des failles dans la structure documentaire de ce secteur Structure documentaire de la condition juvénile Comment cerner la nature et l\u2019état de la documentation au service de l'adolescence?A la recherche d\u2019une méthode dévaluation appropriée, nous avons retenu une grille de classement qui regroupe les documents selon leur contenu et leur degré d\u2019«originalité».I^i structure hiérarchique qui s\u2019en détache s'appuie sur les trois niveaux d'information ', soit l\u2019information primaire.l'information secondaire et l'information tertiaire.sans qu\u2019on insiste sur le niveau quaternaire peu applicable dans le contexte observé.Comme L.G.Denis le souligne, «ces trois niveaux différents et subordonnés d'information forment une sorte d'hiérarchie descendante».10 Autant dire que toute structure documentaire repose sur la pointe d\u2019une pyramide renversée: LA PENSÉE ORIGINALE C\u2019est, en effet, l'information dite primaire \u2014 article, revue, bulletin, rapport de recherche, rapport de congrès, communication savante, thèse et mémoire, livre, etc.qui alimente et les index analytiques et les bases de données et fait courir les bibliographes et les chercheurs.Cependant, le développement spectaculaire de l'information et des technologies documentaires des années 1980.met en relief le caractère INTERACTIF de ces trois sources.Tant il est vrai que le dictionnaire encyclopédique Adolescence (Denoël 1970) ou tel et tel thésaurus (Délinquance juvénile.Enfante inadaptée) peuvent avoir un impact déterminant sur la systématisation de la pensé*e créatrice (tableau 1 } D\u2019ailleurs, si l'on se fie aux prévisions de F AN Lancaster.prophète de la «Paperless Society», «the future lies in an integration of primary and secondary services».11 \\vec, à l\u2019horizon, la disparition inéluctable des périodiques tant primaires que secondaires sous leur forme actuelle.c\u2019est-à-dire sur papier.Il ne resterait alors que l'écran Propre, propre, propre./ones grises de l'hébélogie1 La dynamique du développement des connaissances spécifiques à la classe d\u2019âge 12-18 ans continue à subir les contrecoups des traditions tant disciplinaires que socio-historiques, parti- culièrement contraignantes, et dont nous présentons ici les trois volets.Le caractère interdisciplinaire de l\u2019hébé-logie détermine, à lui seul, l'infrastructure documentaire de ce secteur.L interdisciplinarité engendre à la fois l\u2019éparpillement de la littérature périodique et la sectorisation de la recherche, dont le sort se joue immanquablement au sein de diverses disciplines telles la sociologie, la psychologie, la médecine, la philosophie.La question surgit, comment accède-t-on alors aux résultats des travaux de recherche et de réflexion ainsi dispersés?La réponse se laisse attendre.Pourtant, les faits sont là pour étayer une hypothèse de I éditions hurtubise hmh Itée COLLECTIONS DE L\u2019AMITIÉ De vrais romans pour tous les enfants qui commencent a lire.Des textes clairs, gais, pleins d'humour qui feront découvrir le plaisir de la lecture.I n format pratique, des caractères très lisibles.Des histoires composées de courtes sequences qui forment neanmoins chacune un tout.Des livres abondamment illustres.collection MA PREMIÈRE AMITIÉ AGE: 7-9 ANS 36 TITRES P \\ Kl S 6,10 S CH ACT N collection BIBLIOTHEQUE DE I/AMITIE ÂGE: 8-10 ANS\tÂGE: 10-13 ANS 25 TITRES PARIS\t44 TITRES PARUS 6,95 % CHACUN POUR PLUS DE DÉTAILS DEMANDEZ NOTRE BROCHl RE! DISPOS/B LE AUSSI ES LIBRAIRIE 7360 boul.Newman.Lasalle, Qc H8N 1X2 \u2022 Tel.: 364-0323 124 ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 travail qui se résume comme suit: la dillusion de la PENSÉE ( )KIGIXALE dans ce champ de connaissances est inadéquate, sinon inexistante.Souvent emmurée dans un circuit fermé de spécialistes, la recherche sur l\u2019adolescence risque de perdre son utilité sociale, sa force d'actualisation des idées et de rayonnement.On n'insistera jamais trop sur le rôle décisif que pourront jouer, sur ce plan, les instruments de repérage, d\u2019analyse, d'indexation et de diffusion de l'information tels les index analytiques de périodiques {Périodex), les bases de données bibliographiques FRANCIS, EDUQj ainsi que les banques de données factuelles.Il est fort probable que c\u2019est au niveau des sources d'information secondaires que se déc idera, d\u2019ici dix ans, le sort de Fhébélogie contemporaine Ce n'est, toutefois, qu'une autre de nos hypothèses de travail.En deuxième lieu, ce sont les reliquats philosophiques du 19*\u2018 siècle qui nuisent à l'affranchissement définitif du concept d'adolescence du joug légal et médico-social.En effet, les traditions et l'esprit du passé se perpétuent, de nos jours, à travers la législation civile (Québec, France.) qui attribue le statut de l'enfant à «toute personne âgée de moins de 18 ans».Arrivé à Fâge de 18 ans, l\u2019ENFAN I accède à la majorité civile, pénale et électorale et sans transition apparente - devient ADULTE Et ADOLESCENT, vous connaissez?Philippe* Ariès n'en est pas sûr.La société d'antan (17-18-19* siècles;, dit-il, «n\u2019avait pas l'idée de ce que nous appelons adolescence et cette idée sera longue à se former».11 Malgré ces servitudes du passe', on assiste depuis vingt ans à l'éclatement du concept monolithique de l\u2019«ENFANCE» et - parallèlement à l'avènement des disciplines vouées à l'étude, à la défense, ou au service des 12-18 ans dont l\u2019importance - à la fois numérique (I960- ), culturelle ( 19M>- ), sociale (1970- ) et politique ne cesse de grandir 11 faut lire, à ce propos, un texte remarquable de Jean W ilkins pour comprendre «le cheminement du médecin pédiatre vers la médecine de l'adolescence».14 On notera, du même souffle, que (\u2019American Society for Adolescent Psychiatry regroupe (1981) quelque 1700 spécialistes en «early», \u2022 middle* ou encore «late adolescence»1'*; qu'il s'est créé, en 1973 au Québec même (Université de Montréal, Criminologie), un «Groupe de recherche sur l\u2019inadaptation juvénile».Autant de preuves de la vitalité et de l\u2019envergure du mouvement.Il n\u2019en reste pas moins que l'inventaire exhaustif des centres ou groupés de recherche sur l'adolescent e s'impose de toute urgence.Les imprécisions terminologiques et le flottement sémantique1*\u2019 constituent le troisième, mais non pas le moindre, des obstacles sur la voie de l'organisation rationnelle de l'information sur l'adolescent e lés interrogatoires serrés que nous avons fait subir à quelques bases de données révèlent que les technologies modernes véhiculent parfois des concepts surannés et des préjugés que la société semble avoir déjà rejetés.Voici, en guise d'exemple, deux échelles de classement des groupés d'âges illustrant le décalage qui existe entre dune part.les langages FR ANCIS et PSYC:H()L( KilCAL ABSTRACT et d'autre part, l'état des connaissances contemporaines en matière de développé ment humain.Tandis que FRANC IIS ne concède aux adolescents français que trois années de transition ( 16\t19 ans).PsycINFO double la durée de cette période (13 à 19 ans).Tableaux II et III Mais on est surtout frappé par le peu d'intérêt que les deux systèmes témoignent envers le processus de dé-veloppément et de mutation à l'étapé de l\u2019adolescence.Alors que l\u2019échelle de classement, au niveau de l\u2019enfance, est soigneusement subdivisée, l'adolescence, quant à elle, ne garde qu\u2019un seul visage.Est-ce celui du teenager, grand mangeur de chips* Celui du rocker?'Tableau III Ou peut-être, celui d'une cégépienne.sa< en bandoulière?\u201cFor some absorbed in work with this age group, given the rapid rate of changed trom 12 through 20.the term adolescent\" is just too broad, too global, too overint lusive \"ir Alors que Peter Bloss divise l'adolescence en quatre phases, la majorité des spécialistes nord-américains s'en tiennent aux trois périodes de maturation adolescente (early, middle, late).Certains n\u2019y voient que deux étapés: la première et la deuxième adolescence.Mais la tendance est là, pour rester.On s'achemine vers une diversification des modes d'approche du phénomène adolescent.Il faut en tenir compte.Ce manque de générosité sur le plan du classement est suivi d\u2019une autre incongruité.Les bases de données seraient-elles sexistes?antiféministes?machistes?Tableau II FRANCIS/index alphabétique permuté Adolescents de\t16 à\t \t\t enfant de\t0 à\t4 ans enfant de\t\t10 ans enfant de\t4 à\t7 ans enfant de\t4 à\t8 ans enfant de\t\tans enfant de\tb à\t12 ans enfant de\t6 à\t8 ans entant de\t6\tans enfant de\t7 à\t12 ans enfant de\t\tans enfant de\t8 à\t12 ans enfant de\t8 à\t16 ans enfant de\t\tans enfants de\tt]\tans Informatech France-Québec , 1979 PSYCHOLOGICAL ABSTRACTS INFORMATION SER\\ ICES For PsycINFO indexing purposes, age groups are defined as follows Non-School Setting Subjec t Terms\tSchool Setting Subject Terms)\tAge Spans Neonates\t\tbirth-1 mo Infants Children Prest hool Age Children\tNurscrv School Students Kindergarten Students\t2 mo-24 mo 2 yrs-5 yrs School Age Children\tElementary School Students\t6 vrs-12 vrs Adolescents Adolescents\tJunior High School Students High School Students\tI f \\rs-19 vrs Young Adults Adults Adults Middle Aged Aged\tCollege Students Graduate Students Postgraduate Students\t20 yrs-29 vrs 40 yrs- 49 yrs 40 yrs-59 vrs 60 yrs and over ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMÉRO 6 125 labltau II DIM KIIU l!()N 1 >1 s l>| S( RIPTI l Ks M I < >\\ II sKXI \\|H )| I S( | \\ | (S| I n DIA.VT(S) \\IM)I.FS< IM I lN) Ih riptt-urs ( N 2221) I I I DI \\M I (S) Base de données\tM\tF adolescent** s\tN! étudiant) s\t1 étudiantri s t Choix\t\tt\t\trésultat Radar\t\t47\tol)2\t Fr ami S\t\t! 13\tNON interrogé\tNC )\\ interrogé Bihtiocom\trésultat\t\t\trésultat t 1 t waho\t\u2014 sans résultat\t\u2014 sam résultat\t\trésultat L™\tM\t1181\tF « 164 -\tM - 802\t1\t72 ^J lVs« rip D* tableau I\\ révèle un déséquilibre certain dans la distribution des 2221 descripteurs observés.En effet.89'î d\u2019entre eux sont du sexe masculin (adolescent-s.étudiant-s) et seulement 10.6'/ du sexe féminin (étudiante-s.adolescente-s).D'où vient cet écart?Ma ny of the terms used in subject analysis\" .\u201creflected judgment that were (are) subjective\" pensent à ce propos deux spécialistes en analyse* documentaire.lH Cependant, après que Pierre Men-dousse ait publié L 'Ame de l'adolescente 1928).ouvrage précédé par VAme de l'adolescent 1908 .tout semble avoir été dit sur la réalité distincte d\u2019un gardon et d\u2019une tille.1\" La pensée originale On dénombre relativement peu de revues scientifiques vouées exclusivement à l\u2019étude du fait adolescent D\u2019origine avant tout anglo-saxonne, de création récente (1966-), ces publications de pointe couvrent, selon nos estimations, non moins de la moitié de la recherche, réalisée ou en cours en Amérique du Nord, partiellement au Canada et en Angleterre Voici quelques-uns de ces prestigieux périodiques: Adolescence (Etats-l nis) Adolescent Psychiatry (États-Unis) Journal of A dolescence ( A n g leterre ) Journal of Adolescent Health Care (États-Unis) Journal of )outh and Adolescent (États-Unis) Youth and Society (États-Unis) LES LIVRES DISPONIBLES EN MICROFICHES Une recherche bibliographique encore plus performante.En vous abonnant aux microfiches \u2022\tVous bénéficierez de 3 mises à jours annuelles (avril-septembre-décembre) \u2022\tVous gagnerez du temps et de la place (lecture rapide sur écran, 102 microfiches au lieu de 5.600 pages et 3 volumes) \u2022\tVous disposerez d\u2019une documentation bibliographique en tous points identique à celle des livres disponibles imprimés.FICHES TECHNIQUES \u2022\tFormat 105x148 mm \u2022 Taux de réduction 48 x international \u2022 63 fiches Auteurs/Titres \u2022\t32 fiches Sujets \u2022 2 fiches Editeurs \u2022 2 fiches Collections \u2022 3 fiches Matières et Mots clés.ÉDITÉ PAR LE\tABONNEMENT AU CANADA PAR CERCLE DE LA LIBRAIRIE PERIODICA PARIS\t¦ ® - C.P.220, Ville Mont-Royal, P.Q.H3P 3C4 1 126 ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMÉRO 6 Accessibles au monde entier grâce aux lions offices des bases de données ERIC.PsycINFO, Medline > et des index analytiques, ces revues font Injure de proue.Et les chercheurs québécois?Parmi les média d'information qui véhiculent les résultats des recherches en hébélogie, on trouve la presse périodique hautement spécialisée ou de vulgarisation scientifique; les revues vouées à l'étude de l'enfance dans l'acception classique du mot (0-18 ans), dont les \u2022 Cahiers pédopsychiatriques» sont fort représentatifs et.en dernier recours, les magazines culturels et les grands quotidiens.Nous ne faisons ici que mentionner quelques canaux parallèles de communication scientifique, qu'on regroupe* généralement sous le vocable de documentation souterraine, dite marginale ou éphémère et qui n'en constitue pas moins un moyen important d'actualisation des connaissances (bulletins.feuillets et brochures à distribution restreinte, rapports annuels, tirés à part, polycopies de cours ou de conférences, etc.).Hélas, aucun des grands services d'analyse documentaire québécois n\u2019v prête attention.Devant la structure incertaine de diffusion et de repérage de l'information en hébélogie, les chercheurs Tableau I québécois ont souvent recours aux «spet ial issues» très en vogue auprès des spécialistes, des praticiens et des bibliothécaires concernés.I^i question est de savoir si les décideurs en matière d'information tels les producteurs des fichiers, les in-dexeurs.les bibliothécaires et aussi les utilisateurs apprécient les numéros thématiques à leur juste valeur.C'est à leur intention que nous présentons, en annexe, un court relevé de ces numéros récents publiés entièrement pour les équipes de chercheurs québécois.(voir annexe) Ne serait-il pas souhaitable que le monde de la documentation puisse publier, à son tour, un cahier spécial sur l'adolescence vue AL I R EM EN 1 ?La jeunesse En mode dialogue' Selon les estimations de Cuandra ( 1982 ).il existerait dans le monde 1113 bases de données-0.C'est au tour du Québec de relever le défi informatique en se dotant d'une structure d'analyse et de repérage de l'information.-1 Ix* serveur québécois, INEC )RN1A IEC H.est là pour veiller au grain Alors que cinq bases de données opèrent actuellement au Québec, la Centrale des bibliothèques disposera bientê)t, à elle seule, d'une flotte de treize fichiers automatisés iPERIODEX.~> fichiers CHOIX.EDI Q Avec EDI Q on voit le projet de création d'une banque de données en éducation au Québec prendre forme.Un des premiers buts de ce projet est de répondre aux besoins des chercheurs et des décideurs québécois en éducation.Ix* gouvernement de l'( )ntario a déjà mis sur pied le système ONTERIS dans ce domaine.Ea question est de savoir quel sera l'impact direct de ce virage technologique sur les modes d'accès à l\u2019information traitant de l'adolescence contemporaine.Jusqu'où ira la couverture du fait juvénile?Ix* socio-développement de l'information éducationnelle ne se fera-t-il pas aux dépens de la jeunesse en difficulté sociale?Celle-ci échappe déjà au système scolaire en place.Ix* doute subsiste: alors que les grands fichiers ne tiennent pas compte de la DOCUMENTATION MARGINALE, les jeunes, quant à eux, s'abreuvent quotidiennement à cette source.Tel est le cas de la revue Corner g ence'2i Vous connaissez?Ce périodique n'est indexé ni dans PERIODEX.ni dans RADAR Pour mieux comprendre les enjeux des transformations en cours, nous avons entrepris une série d'interrogations exploratoires.Les bases bi- REPÉRAGE I)E I/INFORMATION M R L\u2019ADOLESCENCE À TRAVERS QUELQUES BANQUES BIBLIOGRAPHIQUES AMÉRICAINES* nom de* la banque e*t domaine* couvert nombre* total de* notiies pour l'année 1080 nombre et pourcentage de notices portant sur l'adolescence liste des desc ripteurs utilisés avec leur catégorie d'âge MEDLINE\tJM 020\t2d à 14 n.oo\tadolescente ilià 18 ans (sciences de la santé) PSYCINFO ( psychologie adolescents ilià ll* ans* junior high school students high school students young adults (20 à 29 ans college students graduate students postgraduate students ERIC\ti2 t>80\t1 89'» (0.00\tadolescence M i à 17 ansi (éducation)\tsecondary school students junior high school students high school students college students two vear college students graduate students undergraduate stude nts SOCIOLOGICAL \\BS I RAC I S\t1071 i sex iologie i 278 (0.07 f\tadolescence -nt.-nts juvenile -s teenager -s south -s.-ful \u2022 Ces recherches automatisées ont été faites sur 1)1 \\L(Hi en novembre 1982 ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 127 lab le au 11 NOMBRI DI IKK l MI NTS l>es différences viennent des tvpes d\u2019indexation rencontrés: indexation en vocabulaire contrôlé (descripteurs et vedettes matière) et indexation en vocabulaire libre.quantité de descripteurs utilisés varie fortement d\u2019un fichier à l\u2019autre.Ces descripteurs sont issus, pour chaque banque de données, de leur thésaurus respectif.U*s deux fichiers amé- RENAUD BRAY La librairie d\u2019avant-garde Service aux collectivités: \u2022\tdes envois d\u2019office aux bibliothèques; \u2022\tdes listes de nouveautés répertoriées par auteurs, par titres ou par sujets; \u2022\tune comptabilité établie par ordinateur; \u2022\tun inventaire permanent informatisé; \u2022\tplus de 3.0000 titres à notre catalogue.\u201e Librairie Renaud-Bray (1981) Inc.\u2014 Librairie générale et universitaire 5219, chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal H3T 1Y1 \u2014 Tél.: (514) 342\u2018-l 515 ^\t9\tf \u2018__________________________________________________ 128 ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMÉRO 6 lab U au I'll l'ABLEAI COMPARATIF 1)1 L\u2019lNDEXATION Dl MI MI ARTICLE DI PÉRIODIQUE PAR TROIS ORGANISMES DIFFÉRENTS < >rganismes/fichiers\tDescripteur*\tVedettes malic re\tIndexation libre ERIC\tAttitudes Cheating High s< hcx>l students Opi nions Sex differenc es\t\t PSYCHOLCXÜCAL\tHuman sex differences\tClassrcxjm dynamics & student\tSex differences.Attitudes toward, ABSTRACTS\tStudent attitudes Expec tat ions High school students Cheating\tadjustment & attitudes\texpectations about, cheating in schcx>l.high school students.1969 vs 1979 EXCERPTA\tMoral\tPsychiatry adolescence Deve-\tHigh school adolescent MEDICA\tCheating\tlopment Medical psychology Public health Social hygiene School hygiene Child hygiene and welfare General aspects Mental hygiene forensic sciences l,aw Penal lass, civil law.legislation Psychiatry Pediatrics Puberty and adolescence Adolescence\tUSA ricains (ERICl et PSVCHC)L(KiK 1AL ABSTRACTS) offrent une indexation par descripteur suffisante pour repérer le document; par contre, les descripteurs d\u2019EXCERPTA MEDICA sont insuffisants la notion d'adolescents à l\u2019école est ignorée par exemple.D'un point de vue pratique, on peut dire que le dernier fichier est plus difficile à interroger que les autres, car il demande l'utilisation simultanée du thésaurus rt de la liste des vedettes matière ou du vocabulaire libre pour un repérage efficace.En conclusion, on pourrait dire qu'un seul et unique vocabulaire dynamique24 contrôlé (par fichier bibliographique) est indispensable, à condition toutefois de comporter les notions de base.Que conclure?Selon le mot juste de J.-L.Rioux, «l\u2019information secondaire semble nous préoccuper davantage comme spéc ialistes de l\u2019information documentaire parce que c'est nous qui la créons».2\"* Encore faut-il que l'industrie des produits documentaires, les agences de distribution et la profession elle-même voient à une plus juste distribution des biens de consommation culturelle, et que l'on prête autant d'attention à la clientèle marginale d'un million et demi de jeunes citoyens2 * qu\u2019à celle de quelques fonctionnaires d'Etat, industriels, ou grands comptables.FIN DE LA PREMIERE PARUE sortis 1\tNicole Beauchamp.«Le suicide chez les jeunes \u2022.La Presse, ( 1A Met 15 mars 1982).«Des 1000 suit ides enregistrés au Québet.près de 400 sont fait d adolesc ents et de jeunes adultes de 1*) à 40 ans» < 1 4 mars 1982.p \\ 9i 2\t«l ne voix au cabinet*».Continuum < 25 octobre 19821.p \\ 4 Consulter à ce propos la revue Convergence Huile tin de liaison des intervenants- Jeunesse.ACSSQ, Montréal, 4.4.5, Ste-Catherine ouest l H Roberge *l^*s jeunes marginaux*.La Presse (14.14 et 15 avril 1982) IM AJ 85 Initiative d'un Mouvement d Animation Jeunesse, pour l'Année Internationale de la Jeunesse, en 1985.1415, rue Jarrv est.474-4700.p 475.t> MEQ Direction de la recherche 1982 78 p I-e titre est suivi d'un sous-titre «Vers un profil socio-culturel des jeunes de 15 à 20 ans».P Vincent.«Un Québécois sur deux condamné au c hômage, La Presse, 14.1 5 et 1b novembre 1982).8\tM A D'doux, I.a ( réatiori de bases de-données bibliographiques».Argus, vol 11.n 5 ( septembre-octobre 1982 i.p 10b.9\tII s'agit, en fait, du schème de classement très en vogue chez les praticiens, les spécialistes et les enseignants de la chose documentaire pour ne citer que J Chaumier, (i Van Sfvpe, C Guinchat.M Menou LC» Denis, VN Van der Brugen.J -L Rioux 10.I.(» Denis, «Réflexion d\u2019un bibliothécaire sur sa profession».Notes de cours.Montréal, École de bibliothéconomie, 1969-1970.11\tF VN Lanc aster and J Neway, «The Future of Indexing and Abstracting Services».Journal of American Society for Information Science, Mas 1982).p 184 12\tJ K Szpakowska, «I,a science de l\u2019information face à la condition juvénile».Documenta-tion et bibliothèques (juillet-septembre 1982 ! p 121 «A l'instar d'autres disciplines fondées sur les transformations biologiques de l'homme, relie la pédiatrie ou la gérontologie, l'hébélogie étudie les mutations adolescentes sous tous ses aspects.» 1 4 Philippe Ariès./ 'enfant et la ne familiale sous l'Ancien Regime Paris.Seuil.197 4).p 18 14 Jean Wilkins.« D* c heminement personnel du médecin pédiatre vers la médecine des adolescents».m Cahiers de bioéthique, no 4, (1980), p 147 15.Bertram Shaft.«History of Adolescent Psvchiatrv », m Adolescent Psychiatry.(Chicago.University of Chicago Press, 1981 i.p 14 lt> J K Szpakowska.p 119 17\tF Dulitt.«Three Stages of Xdolescence», m Short Courses :n Adolescent Psychiatry.New York.Bruner.1978) p 17 18\tJ L Milstead Harris and I) H Clark.«Treatment of People and Peoples in Subject Analysis».Library Resouries & Technical Services.July 1979,.p 475 Un texte d\u2019une actualité troublante.19\tPour une discussion plus nourrie, consulter On Llqual Terms .4 Thesaurus for Xonsexist Indexing and Cataloging.i New York.Nral-Shuman.1977 ).152 p 20.R N.Cuaudra.Directory of Online Databases.4.Spring 1982), p 5.21 II semble que l'information spécialisée de source québécoise soit particulièrement absente dans les grands fichiers de documentation locale.On citera, à titre d'exemple, la botanique et ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 129 IVnvironnrmcnt rt.bien entendu.la science dr L adolescence 22 Information ('H.no 16, août 1982, p 11 2 4 Voir notr V 24 Vocabulaire dynamique vocabulaire qui doit tenir compte de l'évolution terminologique et scientifique de la discipline 2'» J-L Rioux.« Banque s d'information, banques de données, bases de données un essai de clarification des termes».Documentation et bibliothèques \u2022 juin 1981 .p 4») 2b Voir note 12.p 719 WM M UES NUMEROS SPECIAUX SI R I.Al K > LESCENCE \u2022 Complexités de l'adolescence».Cahiers pédops\\-(hiutnques.no 13 printemps 1981 ).pp 1-1 Oô Publié par le CIS h .Hé>pital Ste-Juttine -1.a délinquance».Apprentissage et sotiahsation.no 2 ! 1981 .pp 66-128 Publié sous la direction de Mare I^blane Université de Montréal, criminologie.Iy*s jeunes rt le travail», Critère, no 2** printemps 1980 .180 p Médec ine de l'adolescence M/de, me et f/içu ne Journal suisse d'informations médicales.no 1401 mars 1982 .pp 843-936 Publié sous la direction de J Wilkins.Ibipital Ste-Justine Médec ine et adolesc ence- .Cahier, de hioétique.no 4 .1980 .pp 1-40' Publié par les Presses de I l niversité I-aval.à (Québec w r r \u2018y™**' 1983\t1983 1983 J*4 ii'n# Sujels Titres 4ute*r\\ .*** NO 4^ Commandez des aujourd'hui: .LES LIVRES DISPONIBLES IVH3 Le seul [Hinonmw exhaustif de l'édition cy langue Française un outil hihho^atphupammhspensuhle^ 247.016 titres \u2022 11.396 collections \u2022 7.171 éditeurs recensés dans 56 pays \u2022\t1854403 modifications de notice depuis la précédente édition \u2022\t242259 nouveautés parues entre Juillet 1981 et Juin 1982 \u2022 Prix publie de tous les ouvrages et aussi: 2.710 Rubriques - 14.000 mots clés dans le volume Sujets - 54456 pages - 3 volumes: Auteurs - Titres - Sujets EDITE PAR LE DISTRIBUE AU CANADA PAR CERCLE DE LA LIBRAIRIE- BIBUOR4MK PARIS C.P.220, Ville Mont-Royal, P.Q.H3P 3C4 130 ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMÉRO 6 Les bandes enfants préfèrent L article décrit brièvement les étapes.Us résultats et Us limites de l'enquête menée en mars 198! dans Us bibliothèques pour enfants du grand Montréal.Il analyse ensuite Us bandes dessinées Us plus lues par Us enfants de six à douce ans en Us comparant à celles qui U sont moins.This article briefly describes the steps, the results and the limits of a study made in March 1981 in children's libraries of Greater Montreal.Then it analyses and compares the comics most widely read by children betw een six and tw elve years old with those which are less popular.Quels sont les cinquante livres les plus lus par les enfants de six à douze ans?«Ce sont cinquante bandes dessinées» nous répondent unanimement les bibliothécaires interrogées lors de notre enquête.Cette réponse nous convainc donc de commencer notre étude par l'analyse des bandes dessinées1.Pour cela, nous décrirons d'abord brièvement les étapes, les résultats et les limites de l'enquête que nous avons menée dans le grand Montréal.Nous analyserons ensuite les bandes dessinées les plus lues par les enfants de six à douze ans en les comparant avec celles qui le sont moins.1.L\u2019enquête Pour découvrir les goûts et les intérêts de l'enfant lace à la bande dessinée, nous nous sommes appuyées sur l'expérience des bibliothécaires, suivant ainsi l'exemple de Marielle Durand-.Notre enquête comprend les étapes suivantes: \u2022\tl'élaboration d un questionnaire: Pré-expérimentation, expérimentation et contrôle des variables, \u2022\tle dépouillement des données, \u2022\tles résultats.1.1.Le cadre géographique Nous avons interrogé les dix-huit bibliothécaires 1 en charge des bibliothè- ques pour enfants de la ville de Montréal.Afin d\u2019élargir notre champ d'étude et de rendre plus crédibles nos résultats, nous avons aussi consulté cinq bibliothécaires de la banlieue, celles qui sont en charge des bibliothèques municipales de St-Léonard, Pointe-Claire.St-Laurent.Mont-Royal et Longueuil Nous pensons que l'enfant qui se déplace de lui-même, volontairement, pour aller à la bibliothèque municipale est plus susceptible de choisir et de lire effectivement ce qu'il a choisi que* ne l'est l'enfant qui est obligé d'aller à la bibliothèque scolaire avec sa classe*.\\ oilà pourquoi nous avons choisi d'interroger plutôt des bibliothécaires de bibliothèques municipales que celles des bibliothèques scolaires 1.2.I 'élaboration d'un questionnaire 1.2.1.Pré-expérimentation et expérimentation L ne première expérimentation de* notre questionnaire dont la question essentielle était la suivante: «Pouvez-vous nous indiquer les cinquante* titres de livres les plus demandés par les enfants de six à douze ans pendant l\u2019année 1980?», nous a rélévé que les i inquantt* livres les plus lus seraient cinquante bandes dessinées.Comme nous voulions aussi dans cette même enquête recueillir des informations sur quatre autres genres, tel l'album, le roman, le livre de* transition et le documentaire*.nous avons dû établir une nouvelle répartition de nos cinquante titres et par conséquent demander aux bibliothécaires de* nous fournir non pas cinquante mais dix titres de* bandes dessinées.A la lecture de*s résultats, ce nombre* s'est avéré d\u2019ailleurs amplement suffisant.1.2.2.Contrôle des variables I^a fourchette d'âge envisagée est très large*: elle va de six à douze ans: Nous avons voulu y inclure tous les enfants d'âge scolaire du cours primaire*.Nous verrons plus loin comment ce critère soulève d'intéressantes hypothèses de recherche.Nous avons cru bon aussi de différencier les sexes.1.3.Dépouillement des données Après avoir soumis le questionnaire à vingt-trois bibliothécaires et avoir recueilli les réponses, nous avons tout simplement additionné le nombre de fois qu'apparaissait chaque titre mentionné dans chacune des listes fournies par les bibliothécaires.* Flore Grrvais est professeur en Sciences de réducation à I L niversité de Montréal, ses collaboratrices sont assistantes de recherche.ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 131 1.4.Les résultats Nous avons donc, en dépouillant les données, obtenu le matériel que nous cherchions c'est-à-dire: trente-huit titres ou séries (voir tableau à la fin) dont les dix premiers se répartissent comme suit cinq bandes dessinées choisies très souvent par les hiles et les garçons: \tG\tF Boute et Bill Roba\t14\t17 Tintin Ffergé\t17\t13 Les Schtroumpfs\t\t ( Peyo )\t15\t15 Astérix (Goscinnv et\t16\t10 Uderzo )\t\t Lucky Luke Morris\t19\t5 et Goscinnv T il 30 50 2( ¦ 24 cinq bandes dessinées beaucoup moins choisies: Spirou (Franquin, Greg) Achille Talon (Grec) Gaston Lagaffe ( Franquin ) Goldorak (TOEI animation ) Petzi ( Hansen | G\tF\tT b\t6\t12 6\t5\t11 6\t4\t10 9\t1\t10 5\t5\t10 Il faut remarquer qu\u2019il n'y a pas.pour les bandes dessinées les plus choisies, de différence très importante entre les choix des garçons et des filles si ce n'est pour Lucky Luke, le seul héros, parmi ceux des cinq premières séries, qui cumule ces deux caractéristiques: humain et adulte.Il serait intéressant dans une recherche ultérieure d'analyser les facteurs qui jouent dans l'identification de l'enfant au héros du livre et de voir si le garçon s'identifie plus volontiers à un héros «humain-adulte» que la fille Il faut remarquer aussi, que tous les titres cités ne sont.pas des titres mais des séries.Il semble très important pour les enfants de retrouver leurs héros, leurs personnages de livre en livre, mais on peut se demander aussi si c'est un «choix» qu'on leur impose justement par l'avalanche de titres d'une sérieV A part le problème de la publicité que nous aborderons plus loin, les limites inhérentes à une étude qui porte sur les intérêts des enfants en lecture ne semblent pas avoir joué outre mesure dans cette recherche, qu'il s'agisse des choix des livres*\u2019 ou des dispositifs expérimentaux\", de l'âge des sujets* ou de leurs réactions diver- sifiées par rapport à l'intérêt qu'ils portent aux livres*, à leur contenu ou à leur style1\" La simplicité de notre démarche méthodologique, ainsi que la popularité reconnue de la bande dessinée, en sont probablement les causes.Nous estimons donc que cette enquête a produit des renseignements valides Nous analyserons maintenant plus en détails les informations fournies par l'enquête.2.\\nalyse des banques dessinées les plus lues et comparaison avec celles qui le sont moins.Après un bref coup d'œil sur l'évolution du récit en image, nous analvse-rons, dans ce chapitre, les cinq bandes dessinées les plus lues et les comparerons avec celles qui le sont moins.Enfin, nous terminerons cette étude en posant le problème de la publicité.Avant d'aller plus loin, on peut se demander: Pourquoi ne fonder l'ana-Ivse que sur cinq bandes dessinées?C'est que les résultats furent particulièrement conc luants: Ix*s cinq bandes dessinées les plus lues ont été nommées entre 24 et 31 fois, alors que les cinq suivantes ne l'ont été qu'entre 10 et 12 fois.Ainsi.Boule et Bill, l\u2019intin.Les Schtroumpfs, Astérix et Lucky Luke viennent largement en tête du deuxième peloton qui inc lut: Spirou.Achille Talon.Gaston Laçaffe, Goldorak et Petzi Nous avons donc pensé que certaines constantes étaient à l'origine des choix aussi clairs et qu'une comparaison avec des bandes dessinées moins lues11, du moins par des enfants de c et âge-là1-\u2019, nous aiderait à les faire apparaître Nous avons dégagé quatre critères qui nous semblaient les plus importants: Deux concernant la forme à savoir les deux véhicules essentiels: Ix* texte et l'image; deux concernent le contenu.Ix* héros et le comique; ces derniers critères nous paraissaient se dégager d'eux-mêmes et être les pivots, les rouages moteurs de la bande dessinée.Nous commencerons par ceux-ci et nous nous demanderons ensuite si le texte et l'image les servent bien.2.1.\tQuelques généralités sur la bande de s sine e 2.1.1.\tDu cinéma à la bande dessinée Sans faire un historique de la bande dessinée11, petit-enfant du siècle, on peut noter l'évolution entre les premières bandes dessinées ( I opffer.Christophe.) et les dernières parues.Ix* déve- loppement de l'art de l'ellipse nous permet de rapproc her cette évolution de ce qui s'est passé au cinéma entre les premiers films muets, où tout est montré et expliqué, et le cinéma actuel, devant lequel le spectateur a appris à deviner, à décoder Il v a eu, dans la bande dessinée comme au cinéma, rupture de la continuité logique et rationnelle au profit de séquences discontinues qui offrent cependant un tout auquel plusieurs portes donnent accès.La transition entre les images se faisait, à la fin du siècle dernier, à l'aide du récit et d'éléments syntaxiques de juxtaposition, de coordination et de subordination.Maintenant ce sont de rares diégéti-ques, ces petits cadres situés à l'intérieur de la vignette qui expliquent le temps qui s'écoule entre deux images.Ix*s autres relations de cause, de coordination etc.sont d'ordinaire exprimées directement par les personnages.Ix* dialogue remplace le récit.La dynamique change.La bande dessinée, en ce sens, deviendrait de plus en plus un spectacle plutôt qu'un récit.I~t continuité logique exigée par l'esprit fait place à la dynamique de la vie.de l'action, du rêve», dit Simone Lamblin11.Il ne s'agit plus de lire, mais de voir et d'entendre.Voir: La bande dessinée serait en ce sens un art visuel ayant beaucoup emprunté au langage cinématographique: Gadrages, plans, déplacements brusques de l'observateur.Entendre: Le texte de la bande dessinée serait la bande-son du cinéma, avec ses dialogues, scs bruitages, ses onomatopées, ses commentaires.Mais au cinéma, c'est l\u2019image qui impose le rythme I-a bande dessinée a ceci de commun avec le livre* que le lec teur peut ralentir ou accélérer la projection intérieure, s'arrêter longuement sur une séquence, en goûtant chaque élément, passer plus rapidement sur une autre.De ce point de* vue, on peut dire* que la bande dessinée est une aubaine pour ce qu'il est convenu d'appeler «le* mauvais lecteur» qui n'a pas encore appris à sélectionner, à sauter Elle* offre tout, tout de suite, sans obliger à passer par des labyrinthes compliqués.Qu'on pense à la lourdeur de* certaines descriptions qui n'arrivent pas souvent à provoquer l'effet attendu, à savoir la visualisation, mais qui bie*n souvent lassent ou découragent celui qui croit encore chaque mot indispensable à la compréhension d'un 132 ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 texte.D* texte de la bande dessinée se limite à l'essentiel.Chaque mot compte, a une fonction d\u2019efficacité, plus que de littérature.C'est un support, un outil, pas une fin en soi.Dans les autres types de livre, la page se défend: Il faut la prendre d'un bout à l'autre, pas à pas, pour qu elle devienne «parole».«le livre, que le lecteur entraîné aborde comme un domaine promis, un voyage à loisir, un trésor vivant de questions et de réponses.est perçu par le mal-lisant comme un mur sans porte ou un désert sans piste*.1 \u2019 Il ne faudrait pas, cependant, conclure trop hâtivement que l'attirance des enfants pour les bandes dessinées provient essentiellement d'une tendance à la facilité.Car le langage de la bande dessinée est complexe, c'est un code qui nécessite une initiation qui peut dérouter et décourager bien des adultes.Complexité propre à la bande dessinée, en une double lecture de l'image et du texte, sans qu'on sache très bien laquelle précède l'autre.Mais ce langage codé est accessible tant au mauvais lecteur qu'au bon.parce qu'il tait appel à des capacités moins spécialisées.plus vastes et différentes: Témoin cet enfant de maternelle qui.ne sachant pas lire, comprend que telle bulle*, écrite* en rose* ( Obélix et Compagnie.pp.27-28), indique* la douceur de la voix tandis que telle autre, écrite en \\e*rt.indique la colère, et ce, avant même que l'adulte ne lui lise le contenu de* la bulle: Il s'agit, chez l'enfant, d'une lecture plus globale, saisissant simultanément tous les indices du message.Car.comme le dit si bien Simone Lamblin1*\u2019, «la bande dessinée propose* plusieurs ( hemins, qu'on peut prendre, laisser ou retrouver plus tard».C'e*st sans doute* cette pluralité de* niveaux de lec turc qui vaut à la bande dessinée ce* large éventail de public qu'on lui connaît, depuis l'enfant de quatre ou cinq ans jusqu'à l'adulte.Il e*st très révélateur de lire une* bande dessinée avec un enfant (sans intention à proprement parler pédagogique, mais pour le plaisir): L'expérience nous montre que* devant la même page, et même s il y a interprétation commune du se*ns général de l\u2019histoire, ce ne sont pas les mêmes choses qui frappent l'enfant et l'adulte, certains éléments visuels se*ront immédiatement interprétés par l'enfant alors que l'adulte devra les analyser davantage.Il v a là des comportements de lecture différents.Reconnaître la richesse d'un œil nouveau, produit du siècle de l'image, c'est se donner les moyens de rejoindre 1 enfant par les voies nouvelles encore à explorer.I^*s enfants d'aujourd'hui semblent bien différents de ceux d'hier.Ils le sont effectivement, mais en même temps ils sont aussi profondément semblables: Différents parce que grandissant dans un monde en pleine évolution technique: Télévision, audio-visuel, bientôt informatique, tous langages qui développent d'autres comportements, d autres habiletés.Semblables dans la mesure où les contes de Grimm sont toujours d'actualité, où, à un niveau plus profond, celui de l'inconscient, le phénomène d'identification à ce que 1 enfant voit ou lit, probablement source première de l'intérêt de l'enfant, joue toujours aussi fort17.L'enfant qui lit adhère sans réserve à ce qu'il lit tout en sachant bien qu'il s\u2019évade dans l'imaginaire, dans un monde irréel dont il accepte d'emblée les conventions.On peut penser que c'est d'autant plus vrai que l'enfant, n'étant pas encore pleinement maître du code écrit, trouve intérêt dans les représentations concrètes que lui offrent les images de la bande dessinée.2.2.Le contenu 2.2.1.Le héros Si on examine les héros de nos cinq bandes dessinées, il est clair qu'ils apparaissent comme des personnages de légende: Que Ton pense à Lucky Luke le justicier du Far West, à Astérix 1 intrépide Gaulois, à I intin le reporter courageux.Les deux autres, les Schtroumpfs et Houle (de Houle et Hill i.sont plutôt des héros-enfants: Pas forcément forts, mais.malins! et surtout.tellement vivants! Car la popularité des héros, après nous être demandé si elle n'était pas tout simplement.un produit de la publicité, nous a paru reposer sur la vérité psychologique, la richesse et la cohérence des personnages, que nous n'avons pas retrouvées dans d'autres bandes dessinées moins lues.Par exemple Yoko Tsuno, bonne représentante de cette dernière catégorie, réussit toujours tout; sauf dans cette scène, plus folklorique que nécessaire au récit, où l\u2019héroïne s'arrête devant une immense statue de Bouddha pour lui demander son aide.Yoko Tsuno est présentée sans faiblesse humaine, sans vulnérabilité; elle réussit par exemple, à échapper à ses ravisseurs en sautant dans un bateau qui fonce à toute allure sur un quai.(cf.La fille au vent p.19).Intrépide, sans potion magique.Yoko Tsuno réussit les plus incroyables tours de forces.Par ailleurs, nous remarquons que se substitue au caractère schématique de Yoko Tsuno, une complexité dans les rapports entre, par exemple, Astérix et Obélix.complexité que nous retrouvons dans toutes les bandes dessinées les plus lues.Certains des héros des bandes dessinées les plus lues peuvent ne pas connaître la peur, réussir des exploits incroyables, être même, à l'occasion, invulnérables mais ils demeurent très «humains» Yoko Tsuno.par contre, ne connaît ni la peur, ni l'erreur, ni la faiblesse, ni l'humour (même noir), ni l'amitié.Elle n'a aucune faiblesse humaine, elle est désincarnée.M ême si on n'est pas un «fanatique» de bande dessinée, on apprend à «reconnaître».et donc, à aimer.Lucky Luke, le justicier flegmatique, le solitaire cowboy dont le seul objet d'affection est son cheval Jolly-Jumper ou bien, les inséparables ( )bé 1 ix et Astérix, c hacun aimant en l\u2019autre son complément.le petit et le gros, le malin et le bêta.Mais est-ce que cette bêtise est réelle?Ou n'est-ce pas l'«innocence» du petit enfant, qui sent et dit aussi des vérités profondes?O* couple Astérix-Obélix ne symbolise-t-il pas le processus de croissance de l'enfant, lequel n'est pas si simple qu'il y paraît?Les identifications sont multiples: À Astérix quand 1 enfant se voit «petit, d'accord, mais malin quand même»; à Obélix quand il sc* trouve «bête».Au niveau phvsi-que, les identifications sont inversées.Comme le dit Freud, cité dans Le pouvoir de lire.par Marie Duloum et Chantal Lauque1\", «L'identification pe ut avoir lieu chaque fois qu'une personne se découvre un trait qui lui est commun avec une autre personne.Plus les traits communs sont nombreux et plus l'identification sera complète».Dans le cas des «héros-enfants», ou apparentés par leur taille, comme les Schtroumpfs par rapport à Gargamel (et pour les enfants, les adultes sont des géants), l'identification est encore plus facile.Le héros-type a d'autres caractéristiques: Il est sans famille et solitaire s'il est un jeune adulte ( T intin.Lucky Luke) et l'identification se fait sous la forme du «quand je serai grand.» Astérix, adulte mais miniature, participe* à une vie communautaire chaleureuse.Les Schtroumpfs ne sauraient se* concevoir qu'en groupe*.Houle vit avec ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 133 ses parents et son chien L\u2019efficacité thérapeutique de [\u2019identification est claire Je suis encore petit et fai besoin des adultes, mais attendez un peu que je grandisse! Et puis même petit, je peux être le plus malin la* héros-type n'est pas défini par une profession: Lucky Luke et Iintin défendent les bonnes causes et l\u2019ordre sot ial.mais ne sont membres d'aucune corporation, n ont pas d'heures de bureau, ne réclament pas d honoraires.Les St htroumpfs se distinguent par leur caractère, pas par leur métier: Ce serait peut-être réducteur et les entants embrassent sans doute le monde dans une totalité qui dépasse le «qu'est-ce que je ferai plus tard».Surtout, le héros-tvpe est vivant: il peut avoir d'humaines faiblesses Découragement, chicane, colère.cl.Astérix en Corse, p.10.âième vignette, La grande traversét, p.7, dernière vignette.D*s Schtroumpfs sont un concentré de tous les défauts et de toutes les qualités de la terre: Sens des responsabilités (Apprenti Schtroumpf.p JH.1ère vignette) gourmandise i Histoire de Schtroumpfs.p.J7, 4ième vignette) etc.Boule et Bill représentent parfois la naïveté ou la soumission à l'autorité mais aussi la ruse Nous vovons par exemple dans Tu te rappelles Hill, Uième vignette, le policier qui allait sernoncer Boule pour ne pas avoir tenu son chien en laisse, trébucher et s'écraser au sol, et Boule de lui dire «Vous pourriez tout de même faire attention vous avez failli casser ma laisse en til nylon super-fin transparent-incassable!!» Est pris qui croyait pre ndre.Et Iintin peut même, à l'occasion, ne pas échapper aux bandits (cf.On a marché sur la lune p.49, les J dernières vignettes).Lucky Luke serait le plus monolithique dans sa grande réserve et le calme dont il ne se départit jamais.( )n peut d'ailleurs constater que c'est l'élu des garçons, pas des filles (voir tableau.Annexe 1 i c\u2019est le seul cas où la différence soit considérable.Lucky Luke est le héros mâle type, le porteur de valeurs considérées viriles, dénué de toute émotivité 2.2.2.Le comique Après la projection dans un héros, la deuxième fonction essentielle de la bande dessinée que notre recherche nous a permis de dégager est celle de faire rire La bande dessinée est essentiellement distrayante1^.I ne bande dessinée réussie est une bande dessinée qui fait rire son lecteur Elle* le fait rire non seulement occasionnellement mais à tous les détours lx*s bandes dessinées les plus lues s'opposent ainsi aux Goldo-rak, Bernard Brime, Yoko Tsuno et à d'autres bandes dessinées moins lues qui ne présentent que des personnages sérieux, concentrant tous leurs efforts sur la réalisation d une mission dangereuse*.tout au long de laquelle aucune place n'est réservée au rire ou à la détente humoristique.D\u2019un point de vue strictement forme*! nous pouvons dire que les auteurs de la bande dessinée utilisent trois types de procédés pour faire rire 11 y a: 1 ) le comique que nous livre l'image seule: 2) celui qui naît de la rencontre ou de l'opposition de l'image et du texte; J ) celui que nous livre le texte* qui joue sur les mots.Iz*s différents niveaux d humour particulièrement marque's dans Asté- tpi T .-rum A y v i ; ¦ Of AGC -A Z nous comblons tous vous besoins d'abonnements CANEBSCO SUBSCRIPTION SERVICES, LTD.Su Thornclift* Part Drive Toronto Centd» M4H 1M3 (416) 421 9000 Taie» 0*23767 (\u2022SCO «tOttinti 134 ARGUS NOVEMBRE-DÉCtMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 rix.avec les références constantes à l'histoire gallo-romaine> expliquent en grande partie la pluralité des niveaux de* leu turc comprends ce que pourras: Mais si c e rtains entants peuvent s'v retrouver, c\u2019est que chaque jeu de mots, si hermétique soit-il, est préparé par une série d'actions qui.elles, n échappent pas à la compréhension du jeune lecteur Au service de cet humour, dont les diverses formes sont présentes dans toutes les bandes dessinées les plus lues, les dessinateurs mettent un talent incontestable.(Cependant, comme nous l'avons vu.les héros des bandes dessinées moins lues ou bien n'ont pas d'humour ou bien ont un humour qui ne joue que sur les mots: si l\u2019auteur s'y essaie malgré tout, ses tentatives restent généralement lourdes, alambiquées ou maladroites.Les héros adultes douent savoir rire.Les bandes dessinées les plus lues montrent que si l'entant est indéniablement atti-ré par le héros-enfant ou lutin, il peut l'être aussi par le héros adulte (Luckv Luke) ou jeune adulte (Tintin)20; mais cela, à une condition: Qu'il sac-he rire*! Nous serions tentées de dire aussi «qu\u2019il fasse rire».Cependant, comme nous n'avons aucun instrument de mesure de ce qui pe ut faire rire un enfant, nous nous contentons de souligner que dans les bandes dessinées les plus lues les héros rient plus souvent que dans les bandes dessinées les moins lues.Par exemple* Marc Dai ier ne* se meut que* sérieusement dans un contexte d'hommes d'affaires toujours sérieux De* la même* favori dans Yoko Tsuno.l'enfant ne* peut s'identifier ni à l'enfant (sauf par quelques trop rare*s flash-bac k sur l'enfance de* l'héroïne ) ni à l\u2019adulte qui rit car Yoko Tsuno interagit constamment de* tayon sé-rie*use* avec de*s hommes eux aussi sérieux 2.4.La forme 2.4.1./.image Ixs contours sont toujours clairement dessinés, les personnages se* détachent bien.11 n'y a pas de confusion possible dans l'interprétation de* l'image.Le*s couleurs sont souvent vives, tranchées.e*t en harmonie les une*s avec les autres.L'image e*st iraisemhlahle plu tôt que-réaliste*: (Chaque détail est efficace* et participe à la transmission du message alors que* dans certaines bandes dessinées moins lue*s, celle* de Bernard Brime par exemple, la surabondance des détails, si elle est ru he à un niveau visuel.rend la compréhension plus difficile pour un enfant.Dans les bandes dessinées les plus lues, les variétés d\u2019expressions et de techniques indiquant le* mouvement font vivre* les personnages devant nous I/*s trouvailles sernt innombrables pour donner au lecteur l\u2019impression «d\u2019être au cinéma», d'être* le spec tateur attentif d\u2019un monde en mouvement.ce qui est indispensable au phénomène de projec tion (on ne s'identifie pas plus à des statue*s qu'à des personnages qui sonnent irrémédiablement faux.).Ainsi l'enfant-lec teur osc ille-t-il entre la position de spe c tateur et celle d'acteur.(Ce sont, bien entendu, les images appréhendées dans leur séquence plutôt que prises isolément qui vont permettre aux plus jeunes, à un premier niveau, d'interpréter l'histoire.En effet, le gros plan qui fixe un état psychologique de découragement ou de surprise sera d'autant mieux compris qu'il a été amené par une suite d'actions dont le sens est facilement décodable.Notre analyse* nous porte à croire que plus U* montage de la séquence d'images se fait comme si la caméra glissait d'un personnage à l'autre ou d'un lieu à l'autre sans soubresauts, en laissant voir à chaque vignette quelque chose du décor de la vignette précédente, plus l'enfant est susceptible de comprendre l'image en soi et dans sa séq uence.( Ce comme si n'exclut pas la possibilité de changement de décor, car il peut arriver que 1 image situe l'ac tion dans un autre endroit mais justement à cause de cette similitude de décor ou de point de vue*, la variable est alors si évidente que la signification saute aux veux du jeune lecteur.Nous pouvons dire que* cette impression de glissement continu d'un endroit à l'autre constitue un des fils conducteurs dont l'enfant a besoin pour comprendre, s'approprier, et enfin aimer ces bandes dessinées.2.4.2.I.e texte De même que l'image, qui liv re le plus possible en év itant cependant le superflu encombrant, le texte est d'abord efficace.Ne serait-ce qu'au niveau de l'espace, il se doit d'être économe II faut donc dire l'indispensable en comptant ses mots, et en les choisissant pour l'impact qu'ils auront tant au niveau du scénario qu'à celui du comique.Pas de délayage, les états d'âme donneront lieu à des mimiques expressives à elles seules plutê)t qu'à des discours.Le texte sert, soit à la compréhension, soit, très souvent et parfois en même temps, à faire rire: En contredisant l'image, en accentuant les comiques de situation, en jouant sur les mots.Cependant, au niveau du texte tout n'est pas aussi simple! Tintin.par exemple, présente parfois des v ignettes dont les trois quarts sont réservés au texte Peut-on encore parler d'efficacité ou d'économie?Peut-être mais dans un sens qui demande une analyse plus approfondie.En effet, ffergé, pour éviter la trop grande dispersion que pourrait provoquer l\u2019histoire dans l'histoire préfère résumer à l'intérieur d une seule bulle la vie d'un héros dont la venue est occasionnelle mais importante au récit; nous pouvons reproc her alors au texte d'être bav ard, non économe, mais nous devons reconnaître son efficacité, c.f.On a marché sur la lune.p.45.1 le-12e vignette.Cette technique de digression qu'utilise Hergé permet de laisser secondaire le personnage qui joue un rôle v raiment secondaire dans le récit Nous ne pouvons en dire autant de l'auteur de Chick Bill qui.par exemple, en n'utilisant pas cette* technique mais celle de l'histoire dans l'histoire, fait perdre toute consistance à son héros.En effet, il noie son héros principal à travers des séries de péripéties, dans lesquelles d'autres personnages jouent des rôles qu'on ne peut dire* ni secondaires.parce qu'ils prennent de temps en temps la vedette, ni principaux, à ht fois parce qu'il sont trop nombreux et parce que l'ombre de Chick Bill plane malgré tout sur eux.Enfin, il s'avère que cette technique utilisée avec prudence permet de mieux camper les personnages dans leur importance relative par rapport au récit et, par conséquent, loin de faire perdre l'intérêt des enfants, le conserve, l'entretient.IL Et la publicité.Sans préjuger de toutes les causes de* la popularité de ces bandes dessinées nous devons reconnaître qu'il v a sûrement un phénomène de publicité car la recherc he nous a permis d'identifier d'autres bandes dessinées peu lues et qui semblent aussi intéressantes du point de vue de notre analvse.11 s'agit de )akan, Betzi et l.e Scrameustache.Serait-ce tout bonnement que ces bandes dessinées sont récentes et que ARGUS NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1982 VOLUME 11 NUMERO 6 135 parents et enseignants ne les ont pas connues plus jeunes?C'est une hypothèse à conserver car il semble, d'après la recherche de Pierrette-France Maillard, sur l'attitude des enfants devant les livres.citée par J H assent order et G.I^efort-1 que «toute lecture conseillée par des adultes ou suscitée par leurs activités est acceptée ou appréciée, (enfin, que leur pouvoir est énorme» De plus.PI Maillard-\u2019-\u2019 nous dit elle même que «les interviews sur magnétophone permettent d affirmer que le choix des lecteurs fut motive presque toujours par des facteurs affectifs : l'influence de la famille essentiellement.mais aussi d'autres éléments éducateurs tels que l'école, les mass média».Puis, elle ajoute que.dans le choix des livres fait pat les enfants, il v a une dépendance économique importante «ainsi que le manque d'information des adultes acheteurs de livres pour enfants dont l'attention est sollicitée par les titres classiques, les collections de prix modique et de grande diffusion».Ix*s bibliothécaires que nous avons consultées ont répondu en se fiant uniquement à leurs impressions.N auraient-elles pas pu.pour la bande dessinée, céder à la sollicitation des titres qui faisaient appel à leur mémoire d'enfants ou à leurs goûts d'adultes?-\u20191 Nous croyons que non.du moins, pas au point de fausser sensiblement les résultats dans le cas des bandes dessinées les plus lues: L'écart est tel.entre les cinq déclarées des plus populaires et toutes les autres, qu'il correspond certainement à une réalité.Ix*s constantes qui se dégagent par ailleurs de notre analyse nous amènent à penser que les bandes dessinées les plus lues ont des particularités significatives à travers lesquelles il semble pertinent de chercher, comme nous l'avons fait, des indices des goûts des enfants.Une recherche menée auprès des enfants permettrait, pensons-nous, de confirmer cette hypothèse.Conclusion Cette recherche nous a donc fourni dans un premier temps, la confirmation de ce que nous pensions déjà: L'intérêt des enfants pour la bande dessinée en priorité sur les autres catégories de livre: elle nous a révélé aussi que ce n'était pas toutes les bandes dessinées sans distinction qui intéressaient les enfants, mais qu'ils sélectionnaient parmi celles-là, certains types.Ainsi, de leurs choix aussi clairs, il nous a été possible de dégager certaines constantes qu'une comparaison avec des bandes dessinées moins lues a pu mettre en relief.Parmi ces facteurs qui unissent entre elles les bandes dessinées les plus lues il \\ a tout d'abord la vérité psychologique du héros que le recours au magi- Annexe I TABLEAU Résultats de l'enquête sur les bandes dessinées les plus lues Bandes dessinées\t\\uleurs\tEditeurs\t( » arsons\tFilles\t1 otal Houle .4T\t55 9T\t61,JT\t «Analvse coûts-bénéfices»\t4.8T\t47.8';\t\u2022\t47.J' \u2022 Animation des bibliothèques »\t8.1 T\t4 4.9;\t51, IT\t48.9 « I arification des services dot umen- t ai res»\t> ~irL\t45.2T\t47.9';\t4 > \u2022 I>es statistiques »\tLT\t44 r;\t47.v:\t52,7' «Conservation du patrimoine dtx »\t4,jt\t423';\t4*>,8';\t\u2022> 4.2' Planification nationale*\t\\y',\tt ;\t4 lot\t57.\u2022 Besoins d»*< ties handicapés»\tl.H'r\t I mphe PI II ix B I.' Made personnel responsable des bibliothèques d'éioles fran ophones.primants et se< ondatres au (.hiébet formation et perfomumet Montréal.CBPQ, avril 1981 ).8i p + annexe \u2022 d'une reiheuhe réalisée dans un ensemble de collèges du tjuéb/i au printemps 1U7H (Québec.MEQ, SOME.1980).version intégrale en 2 tomes de plus de 700 p et version abrégée en 80 p Ateliers des Sourds Montreal (1978) inc.85, rue de Castelnau ouest Montreal, QC H2R 2W3 Lithographie Photocomposition Reliure
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