Argus, 1 janvier 1984, Juin
[" Volume 13, numéro 2 / juin 1984 / ISSN 0315-9930 /4RGUS Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec ARGUS Comité de rédaction Editorial Committee Claudine Lussier présidente Diane Baiiiargeon Paulette Bernhard Louise Carpentier Denise Diamond Suzanne Ledoux Sylvie Painchaud Maryse Pierrard Suzanne Robitaille Correcteurs Correctors Maryse Pierrard Michel Thénauit Impression Printing Atelier des Sourds Montrea1 (1978* me Traductrice Translator Marlene O Hare-Giguere Publicité Advertising Agence Marsy 440 boulevard Dorchester ouest Suite 1101 Montréal Que H2Z 1V7 (514) 871-1757 Dépôt légal Legal deposit Bibliothèque nationale du Quebec Bibliothèque nationale du Canada Argus est une revue trimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Quebec Elle vise à l information et a l education de la profession La redaction laisse aux auteurs l entiere responsabilité de leurs textes L abonnement annuel est de 25$ (6 50$ le numéro) au Quebec 30$ (7.50$ le numéro) au Canada et 30$ U S (7 50$ U S le numéro) pour l exterieur du Canada Les etudiants bénéficient d un prix spécial de 15$ pour (abonnement annuel Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois suivant la date de parution a l'adresse suivante Argus Secretariat de la CBPQ 360 rue Le Moyne Montreal Quebec H2Y 1Y3 Toute reproduction des articles en totalité ou en partie doit être faite avec la mention de la source Les articles de la revue sont indexés dans le Bulletin signalétique section 101 Sciences de I information - documentation.Information Science Abstracts.Library Information Science Abstracts (LISA).Library Literature et dans Points de reperes Argus ia a quarterly magazine sponsored by the Corporation of Professional Librarians of Quebec Its aim is to publish original papers for the information and education of the profession Articles are the entire responsibility of the authors The yearly subscription is 25$ (6.50$ an issue) in Quebec 30$ (7 50$ an issue) in Canada and 30$ U S (7.50$ U S an issue) outside Canada Students special rate is 15$ for the yearly subscription Any request concerning missing issues should be sent no later than a month after date of publication, to the following address Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montreal Quebec H2Y 1Y3 Articles may be reproduced in whole or in part with proper credit to their source Articles are indexed in Bulletin Signaletique section 101.Sciences de / information - documentation Information Science Abstracts Library Information Science Abstracts (LISA) Library Literature and in Points de reperes VOLUME 13, NUMÉRO 2 JUIN 1984 ISSN 0315-9930 >4RGUS Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec L\u2019évolution du milieu documentaire et Le virage technologique Par Michel Gélinas et Jean-Marc Alain page 39 FORMAT: un système national d\u2019information automatisé pour les produits audiovisuels canadiens Par Donald Bidd.Louise de Chevigny et Alargo Letourneau page 45 Les thesaurus de recherche: des outils pour l\u2019interrogation en vocabulaire libre Par Suzanne Bertrand-Grastaldy page 51 Le rôle de l\u2019analyse de citations dans l\u2019histoire des sciences Par Sylvie Lord page 59 Sixième congrès de l'Association internationale de recherche en literature d\u2019enfance et de jeunesse (IRSCL) Compte rendu par Jacques La Mothe p'>n*> 67 l n certificat en archivistique à l\u2019École de bibliothéconomie de l\u2019Université de Montréal Par Jean-Yves Rousseau page 69 ARG s N \u2019984 « ji ;ME 1 : NUMERO .37 * * -, » 'k> »,\tw'm 2 HIH ; V , : ' - * » , HHÜ LE CHOIX DE PLUS DE 60 BIBLIOTHÉCAIRES POUR AUTOMATISER LEURS CENTRES DE DOCUMENTATION' «Simplicité facilité, rapidité précision fiabilité et clarté du logiciel voilà autant de réalités qui caractérisent ce système » Robert Bleau Responsable Centre de Documentation Polyvalente Ozias-Leduc Mont-St-Hilaire Quebec 1)\tSystème de prêt en direct \u2014\tcapacité 65 000 titres 11 400 abonnés utilisent un crayon lecteur et des codes zébrés \u2014\tstatistiques inventaires et plus 2)\tSystème pour acquisitions 3)\tSystème pour les jeux de fiches et les étiquettes 4)\tSystème de catalogage 5)\tSystème de contrôle des publications en série Bibliofiches (514) 336-4340 Tous les clients des régions (418) (819) et (613) peuvent nous rejoindre directement sans frais en composant 1-800-361-9211 38 ARGUS - , N 1984 ;Ol ;ME 13 NUMERO . L\u2019évolution du milieu documentaire et le virage technologique* Par Michel Gélinas et Jean-Marc Alain** 4 l'aube du présent virage technologique, les auteurs dégagent les votes de l'avenir que déjà des éditeurs, des bibliothécaires et des technologues ont pressenties pour les bibliothèques et les bibliothécaires d'ici l'an 2000.Ils font le relevé des nouvelles technologies déjà introduites dans le milieu documentaire et dégagent les tendances actuelles qui y sont véhiculées.Enfin, les incidences majeures de l'intrusion des nouvelles technologies y sont discutées.With the dawn of this current technological revolution, the authors identify future avenues for libraries and librarians up to the year 2000.These avenues have already been discussed by other librarians, publishers and technologists.The authors lift the new technologies already introduced into the library eru ironrnent as welt as current trends.Finally, the major events related to the introduction of new technologies are discussed.I.La problématique actuelle Si l\u2019on en croit les prévisions et les hypothèses formulées par plusieurs auteurs, nous vivrons, au cours des deux prochaines décennies, au sein d\u2019une économie de l\u2019information qui occupera plus de 3 travailleurs sur 4, tant au Québec qu\u2019aux États-Unis.L\u2019informatique et la téléinformatique seront la réalité de demain.Cette nouvelle technologie entraînera de nombreux bouleversements qui auront des répercussions tant sur les individus que sur les organisations.1 Les perspectives de cette révolution technologique s\u2019entrevoient également dans le domaine des sciences docu men ta ires.Ainsi, les bibliothèques et les centres de documentation universitaires, déjà affectés par l'informatisation d'un certain nombre de leurs activités, s'inter- * Les idées émises dans cet artu le ont servi à la rédac tion de « Perspectives d'aiemr des ^ritrts de dotumenlalion dans le contexte de révolution technoplat\t.\tEN A P décembre 1983 *\u2022 I.es auteurs sont respective ment bibliothécaire de référence et directeur des Centres de documentation à l'Etole nationale d\u2019administration publique EN \\P .Université du Qu< bec rogent sur leurs implications dans le présent développement technologique.Plusieurs questions leur sont posées: le livre apparaîtra-t-il toujours sous la forme imprimée?, les bases de données remplaceront-elles les rayons de bibliothèque?.la participation à des réseaux documentaires, l\u2019interconnexion à des systèmes documentaires, l'interrogation des bases de données accessibles par ces réseaux et systèmes faciliteront-ils le repérage bibliographique et le partage des ressources documentaires?.comment évoluera le rôle du spécialiste de l\u2019information documentaire?.quel pourrait être alors l'impact des changements technologiques sur la répartition des budgets des universités?.Les bibliothèques et les centres de documentation sont donc eux aussi confrontés à la problématique du «virage technologique».Un nouveau bond technologique est prédit comme étant à nos portes.Ln réalité, certains moyens dont les unités documentaires disposent, appartiennent déjà à l'innovation technologique récente tandis que ceux dont ils disposeront bientôt sont encore l'apanage de créateurs potentiels.C est dire que ce nouveau défi peut être relevé à partir des présents acquis, mais doit aussi être la résultante des orientations que l'on voudra bien se donner à plus ou moins court terme.Les perspectives d'avenir dans le milieu documentaire laissent entrevoir déjà des changements lourds de conséquences.II.La prospective de Lan 2000 Certaines lignes de changement sont d'ores et déjà évidentes tandis que d'autres appartiennent à un futur plus lointain, que l'on reconnaît souvent comme appartenant à la prospective.L'image qui se dessine ac tuellement est celle d'une «société sans papier» à l'approche de l'an 2000.De nombreux effets de cette grande mutation sont déjà perçus sur les bibliothèques et les bibliothécaires.Actuellement, nous vivrions une période de transition durant laquelle l'imprimé subsiste encore parallèlement à l'existence des produits de l'informatique.La recherche de Lanc aster- (1980) confirme la mutation importante de l'édition sur papier à l'édition électronique, particulièrement dans le cas des résumés et index bibliographiques, des périodiques spécialisés.des volumes de référence, des brevets, des rapports techniques, des normes et spécifications, et des thèses.L'an 1985 serait le début de cette période qui verra le remplacement de cette société de papier par la société ARGUS j J N 1984 , 01 .ME 13 NUMERO 2 39 électronique.Le mouvement important est par contre prévu vers Tan 2000.Le scénario anticipé propose le déclin de la bibliothèque de recherche au proht du professionnel de l'information qui verra son rôle amplifié.Cette profession évoluera même davantage vers la pratique privée.L\u2019industrie de l'édition électronique percera définitivement; à la fin de 1995, l'accès électronique aura remplacé l'imprimé pour toutes les publications secondaires et pour beaucoup de littérature primaire en sciences, en sciences sociales et pour quelques tvpes d\u2019ouvrages de référence.L\u2019accessibilité aux terminaux sera grandement élargie: ce qui permettra aux usagers d\u2019utiliser eux-mêmes l'accès par terminal aux bases et banques de données.Ce scénario envisagé pour les deux prochaines décennies ne relève donc pas de la fiction; au contraire, déjà les années 1970 présageaient cette mutation importante.111.L'ère des technologies nouvelles Depuis plusieurs années déjà, la technologie a pénétré le marché des bibliothèques et des centres de documentation.L\u2019apport de Y informatique est déjà fort remarquable: la rationalisation du traitement des documents est facilitée par l\u2019automatisation complète ou partielle des services d\u2019acquisition, de catalogage et de ceux destinés aux lecteurs qui obtiennent des informations plus complètes et d\u2019une manière plus rapide grâce à l'accès automatisé des différents types de données.Cet apport informatique est fort appréciable également au niveau de la gestion, de la constitution de réseaux documentaires coopératifs, de l'échange d'informations par courrier électronique, et bientôt.de l\u2019édition électronique d'œuvres originales.Les télécommunications sont aussi omniprésentes en permettant quotidiennement des communications téléphoniques.télégraphiques et bélino-graphiques.Far contre, la télécopie n'a pas connu encore le développement souhaité.L'audio-visuel contribue également depuis quelques décennies à la production et au transfert de l'information.Parmi l\u2019éventail des nouveaux outils de diffusion que nous offre l\u2019audio-visuel, il en est un.le vidéo, qui connaît actuellement un développement spectaculaire.Malgré la progression très rapide des ventes de magnétoscopes auprès du grand public au Québec, le vidéo ne se fraie que très lentement un chemin dans les bibliothèques.Un nouveau venu s\u2019ajoutera même à la gamme des moyens micro-informatiques.le vidéodisque, dont on vient de découvrir qu'il peut servir de mémoire permanente à très haute densité.Dans ce rôle, il constitue un médium d'impression et de diffusion de banques d'information, d\u2019accès facile, peu coûteux, et peu fragile.Il peut contenir une quantité gigantesque d'informations.La photocopie de documents en totalité ou partiellement est largement répandue dans les bibliothèques et centres de documentation.Des appareils de reproduction de meilleure qualité permettent de reproduire des copies quasi conformes à l\u2019original.Cela a pour effet de démocratiser davantage l'accès à la lecture et l\u2019obtention des connaissances.La micrographie des documents a mené aussi à une plus grande pluralité des supports de l\u2019information.Il est dorénavant possible de trouver en bibliothèque des thèses, des mémoires, des rapports, des livres et des périodiques sous la forme de microfiches ou de microfilms.Même les catalogues des grandes bibliothèques universitaires québécoises sont maintenant disponibles sous l\u2019une ou l'autre forme et ainsi rendus plus accessibles.Récemment.Yéditwn électronique de textes scientifiques a fait son apparition aux États-Unis.Les lecteurs de certaines revues peuvent actuellement lire sur leur écran de terminal le texte qu'ils désirent.Toutefois, le périodique sera parfois encore disponible sur papier.Le Harvard Business Review est le dernier exemple de cette forme d'édition à l'aide de l'ordinateur II est fort possible que ce nouveau support de l'information prenne une place de plus en plus importante au cours des prochaines années.Car.l'enregistrement de l'information sous forme digitalisée permet, pour la première fois dans l'histoire, de produire des copies utilisables par la quasi-totalité des médias.Présentement, le courrier électronique, qui permet le transfert de messages entre différents équipements informatiques au Canada, s\u2019implante progressivement dans le réseau des bibliothèques et centres de documentation.Le système Biblio-poste de l\u2019Université du Québec en est un exemple.Far ailleurs, la micro-informatique devient de plus en plus abordable aux petites et moyennes unités documen- taires Kn effet, les coûts et les potentialités des équipements permettent de songer à une utilisation progressive dans certaines fonctions comme le relevé de statistiques, les acquisitions, le prêt entre bibliothèques.Aussi, plusieurs applications nouvelles apparaissent possibles dans le secteur documentaire.La bureautique documentaire représente également un apport important si nous songeons à sa grande efficacité comme, par exemple, la meilleure qualité des travaux produits à l'aide du traitement de textes.De fait, les travaux de compilation et de listage ne sauraient qu'être simplifiés, les mises à jour d'index et de listes diverses y gagneraient beaucoup à passer par semblable traitement.D'autre part, la percée impressionnante de la bureautique s\u2019étend également au secteur de l'édition.Une approche intégrée peut conduire éventuellement du traitement de texte à la photocomposition par ordinateur.Depuis 1977.la maison LOGIDEC de Montréal exploite un système exclusif de photocomposition par ordinateur.L'information lui parvient déjà enregistrée sur ruban magnétique ou disquette.LOGIDEC crée des programmes pour transformer les fie hiers d\u2019un client, et en produire une sortie typographique.11 est donc possible de produire des applications aussi variées que complexes telles que listes de prix, catalogues, bottins téléphoniques, annuaires de cours, publications légales, de même qu'une grande variété de publications commerciales.Une semblable approche intégrée peut conduire également à arrimer des appareils de traitement de textes à un gros ordinateur qui peut faire des traitements massifs de données et aussi à un équipement de photocopie Offset.Cette innovation permettrait de développer son propre processus de photocomposition assistée par l'ordinateur.Depuis une quinzaine d'années, les développements de l'électronique dans la direction des télécommunications permettent de véhiculer l'information emmagasinée dans les mémoires des ordinateurs.Issue donc de l'informatique et des télécommunications, la télématique permet à chacun d\u2019entrevoir un accès à l'énorme quantité d'informations contenues dans les banques de données et de disposer de possibilités considérables de traitement et de communication.Le système FL.\\TON en usage à l\u2019Université du Québec en est un bel exemple où plus aucune con- 40 ARGUS J .N 1984 VOL .ME 13 NUMÉRO 2 tramie* «matérielle** ne* vient lirnite*r la création, la circulation et la présentation de* l'information.la* vidéotex, la télécopie et la téléréservation des documents apparaissent comme une* nouvelle* gamme de produits et se rvices finalement.nous pouvons même rêver à un réseau mondial de transfert de l'information audio-s< ripto-visuelle ordinolingue au moyen de*s satellites de communication.Nous pourrons alors nous «prévaloir de*s possibilités im-pressionnantes de la téléconférence, de* la télébureautique avec terminaux oraux et écrans de* visualisation en couleurs, et de toutes les autres innovations en gestation.».Kn fait, le monde de la doc umentation ne doit toujours pas se fermer aux nouvelles technologies, sinon il sera doublé par d\u2019autres intervenants plus soucieux de* s'v adapter.Il faut continuer de reconnaître les nouvelles technologies de l\u2019information et leur accorder toute l'importance qu'elles méritent même si leurs effets ne sont pas toujours immédiatement bénéfiques.I\\ .Les tendances actuelles en milieu documentaire Beaucoup cie bibliothèques et de centres de documentation sont déjà acquis aux technologies nouvelles.Celles-ci ont évidemment contribué et contribuent encore largement à façonner des tendances, c'est-à-dire à changer les orientations précédemment prises, en faveur d\u2019effets nouvellement créés ou encore soupçonnés.Le milieu documentaire actuel véhicule de ces tendances suffisamment fortes pour être bien identifiables.Un survol des préoccupations en ce domaine, de même qu\u2019une bonne connaissance de la littérature récente, nous révèle que différentes tendances logeant à pareille enseigne sont actuellement présentes en ce milieu documentaire: \u2022\tles documents imprimés sont complétés présentement par beaucoup d\u2019autres types de supports de l\u2019information, tels que les documents audio-visuels sur support vidéo ou documents électro-magnétiques sur ciisquettes, cassettes, disques ou rubans: \u2022\tl'implantation de l\u2019informatique s'insère de plus en plus dans toutes les fonctions vitales des bibliothèques, tels que le traitement des documents, les acquisitions, le prêt, le prêt entre bibliothèque et la recherche documentaire: c'est ainsi l'auto- matisation de toute la chaîne doc umentaire; ( Californie.( )tta\\va.de banques et de bases de données documentaires internationales, nationales et d institutions.est de plus en plus répandue* dans les services documentaires: \u2022\tle innées de ic umen-taires même sans un équivalent imprimé sont créées comme accès original à l'information doc umentaire; \u2022\tises et des banques de données démoc ratise* l'accès aux différentes sources de l\u2019information en offrant ainsi un grand nombre de références bibliographiques, mais entraîne souve nt un certain désarroi chez les utilisateurs et oblige à une plus grande sélectivité de leur part, dans la réponse à leurs besoins do-c umentaires \u2022 \u2022\tles servie es publics des bibliothèques supplantent les services techniques comme priorité de développement et d opérâtionalisation; \u2022\tl'introduction des nouvelles technologies fac ilite les services aux clientèles.les élargit et les personnalise dans le sens de la fourniture d'une information sélective à chaque client selon ses intérêts manifestés; \u2022\tl\u2019utilisation des nouvelles technologies augmente le coût de certains services rendus comme l\u2019interrogation des bases et banques de données: se pose ainsi le problème de la gratuité des services; \u2022\tde plus en plus l'usager doit s'impliquer dans le processus de la quête de l'information au niveau de la formulation de la stratégie de la recherche documentaire, du choix du vocabulaire.: ce qui permet d\u2019augmenter l\u2019efficacité des résultats; \u2022\tla par tic ipation des utilisateurs au service qu\u2019ils reçoivent nécessite aussi une formation documentaire adéquate; \u2022\tles réseaux bibliographiques sont de plus en plus décentralisés et ouverts; c'est dire que des systèmes informatiques se développent isolément ou en petits réseaux, mais deviennent accessibles par la suite, grâce à l\u2019interconnexion des systèmes, en autant que les bénéfices soient appréciables en coûts, en accès à l'information et en échange d\u2019informations et d'expertises; \u2022\tla rationalisation du développement et de l'exploitation des ressources documentaires est l'objet d'une planification de plus en plus concertée ou d\u2019une coopération formelle, dans le sens d'un plus grand partage* des ressources; ainsi, le réseau des bibliothèques et des centres de documentation de l\u2019Université du (Québec s'oriente vers la spécialisation des collections, de même que le sous-comité des bibliothèques de la UREPUQ prépare des propositions concrètes au ministère de l'Éducation du Québec visant à promouvoir davantage cette coopération, et poursuit toujours son action déjà entreprise de coordonner les politiques de* développement des collections.le prêt entre bibliothèques et l'accessibilité générale aux diverses collections universitaires; \u2022\tles développements technologiques modifient petit à petit l'allocation des ressources financières et ils nécessiteront bientôt une toute nouvelle planification budgétaire, de natu-re à mieux favoriser le développement de la bibliothèque en tant que partie vitale de l'université; \u2022\t1rs nouvelles technologies facilitent également une plus large coopération internationale dans le domaine des bibliothèques en favorisant davantage l\u2019échange des données, le partage des ressources et l\u2019accès à l\u2019information; \u2022\tle bib 1 i(>thé< aire, en tant que spé< ia-liste de l'information documentaire, recherche une plus grande spécialisation.dév eloppant alors son rôle de conseiller en documentation auprès d'équipes de chercheurs et de professeurs ou de courtier en documentation, œuvrant même dans la pratique privée: il tend à obtenir une double formation, soit en sciences de l\u2019information et dans une autre discipline; \u2022\tle bibliothécaire ressent aussi déjà le besoin de devenir un bon gestionnaire afin de rendre encore plus efficace et efficient le service qu'il dirige ou dans lequel il participe activement à la gestion de l'information documentaire; \u2022\tles bibliothèques et les centres de documentation sont appelés à jouer de nouveaux rôles tels que la production d'outils documentaires ou de périodiques, les services d'information sur l\u2019institution, la gestion des documents et la protection du droit d\u2019auteur: \u2022\tl\u2019a< < essibilité des do< uments des organismes publics est de plus en plus légiférée par les gouvernements: ainsi, au Québec, la «Loi 65 sur ARGUS jü'N 1984 VOLUME 1 * NUMÉRO .41 l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels» entre en vigueur de façon progressive au cours des trois prochaines années ( 1984-85-86); \u2022\tle plus en plus d'institutic>ns seignement universitaire adoptent au Québec une attitude prudente dans l'usage, fait par leur personnel grâce aux moyens des technologies nouvelles, des textes protégés par la loi sur le droit d'auteur, énoncent des politiques locales et mettent en opération toute une procédure pour l'utilisation d'œuvres protégées, la cession de droit, et l'inscription au régime d enregistrement volontaire attestant que telle ou telle œuvre est protégée; \u2022\tle rôle «1rs bibliothèques en tant que service de support académique est reconnu davantage comme devant fournir aussi tous les moyens appropriés à l'enseignement et la recherche.v compris une collection de base et des services informatiques appropriés.En faisant ainsi l'analyse de notre milieu documentaire actuel, se remarque l\u2019émergence d'un nouvel environ- I nement technique qui marque déjà j I profondément les organisations et le* j ! individus.Déjà, les technologies nou j velles influencent fortement notre mi- ' lieu environnant, remettant exemplairement en cause le statu quo.Des tendances vives surgissent des multiples changements qu elles entraînent et influencent différemment le développement des institutions auxquelles | elles sont greffées.\\ .Les incidences majeures des nouvelles technologies L utilisation des nouvelles technologies ! entraînera toutefois des incidences majeures: a ) sur les fonctions des unîtes documentaires : \u2022 n cumentaires vitales dites traditionnelles»; mentaire; mentaire; b)\tsur les services dispensés \u2022 multiple ité d< tion rendues accessibles par l'utilisa- * tion des banques et bases de données; cessibles les documents primaires; quête d'in formation; personnalisé; c)\tsur les ressources documentaires \u2022\tune plus grande sp< collections; \u2022\t.lement des < « >lle< tions selon des axes de développement pertinents à leurs champs de spécialisation; \u2022\tun plus grand partage des documentaires; \u2022 \u2022\tmon mterinstitutKinnel-le plus soutenue; \u2022\tajout \u2022!' nu\\eaux supprts de l'information; d)\tsur les ressources humaines \u2022\tisformation des conditions de travail, des tâches, des horaires, des habitudes de fonctionnement et de milieu de travail; m I V.i m GRAND fi DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE LAROUSSE % LE GRAND DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE LAROUSSE, voilà l\u2019ouvrage de référence essentiel pour tous ceux qui cherchent des points de repère capables de répondre aux curiosités de plus en plus vastes que suscitent les contradictions du monde contemporain.15 volumes (19 * 28 cm) environ 12000 pages 180000 articles 12000 dessins et schémas 11000 photographies 1 300 cartes 60 tryptiques avec la collaboration d\u2019environ 1 000 spécialistes PROFITEZ DE NOS PRIX AVANTAGEUX DE SOUSCRIPTION LE VOLUME 6 VIENT DE PARAITRE les éditions françaises DISTRIBUTEURS EXCLUSIFS POUR LE CANADA 1411, rue Ampere Bou< herville.QC H® bC S Tel.: (514) b41-0SI4 42 ARGUS N 1984 /Ol .ME 13 NUMÉRC \u2022\tle rôle >iu bibliothécaire év vers une plus grande spécialisation dans k* champ documentaire de la discipline; une plus grande participation à la formation de base des étudiants ei une plus grande utilisation des svstèmes documentaires informatisés; \u2022\t< ertaines tâ< hes des te< hnk iens nés en documentation vont se systématiser tandis que d'autres vont évo- | luer: ce qui leur permettra d\u2019accéder à certaines opérations, de se dégager ou d\u2019accroître certaines tâches répétitives et d\u2019accorder plus de place à de nouvelles occupations; \u2022\tnnel de se< rétariat atteindra une plus grande efficacité dans l\u2019exécution des travaux; \u2022\tpolitique de fr matin du personnel doit viser à permettre une formation plus spécifique à la discipline pertinente, à la gestion et à la maîtrise des systèmes d\u2019information.aux technologies nouvelles et au traitement de textes; \u2022 constituer un obstacle majeur à l\u2019intrusion des technologies nouvelles: il convient de tenir compte des attitudes.des sentiments et des attentes du personnel en vue de modifier leurs attitudes en conséquence; \u2022\tla mutation technologique se place dans le contexte parfois contradictoire de l\u2019amélioration de la productivité et de l\u2019amélioration des conditions de travail, mais l\u2019enjeu se situe davantage dans l'amélioration du service à la clientèle; e} sur les ressources matérielles \u2022\tchangements dans l\u2019environnement de travail des gens: nouveaux équi- pements.bureaux et installations; \u2022 plus propice au travail de groupe, à la discussion et à la consultation; \u2022\tpan de l\u2019accès à l'information; g) sur les fonctions de l'institution \u2022\tl\u2019ensemble des fonctions sera marqué par l'implantation des technologies nouvelles; \u2022\trépercussion des technologies nouvelles sur la connaissance et le savoir tant au niveau de l'acquisition que de la transmission; \u2022\tprogrammes nouveaux en micro-informatique; \u2022\t1rs nouvelles technologies serviront comme instrument de gestion pédagogique, moyen d'enseignement, soutien à l'enseignement et outil d\u2019apprentissage.C'est dire combien est et sera important l'impact des technologies nouvelles sur le milieu organisationnel et les j individus.Les perspectives d\u2019avenir laissent déjà entrevoir de multiples changements au cours des prochaines années.Mais, à plus long terme, les retombées de cette période de transition.que nous traversons et pendant laquelle les systèmes en exploitation seront de plus en plus raffinés et deviendront financièrement plus accessibles, seront, à notre avis, d une portée beaucoup plus large.Conclusion Plusieurs bibliothèques et centres de documentation ont déjà relevé, au Québec, depuis une décennie, le défi technologique.Un nouveau défi leur est lancé: soit celui d'entreprendre plus à fond cette intégration de la technologie au milieu documentaire, car cette innovation technologique transcende des capacités nouvelles encore insoupçonnées.Il leur sera alors possible de remplir de mieux en mieux leurs fonctions traditionnelles de support et d'agent d'enseignement et de recherche, et de jouer davantage leur rôle de leader dans la société québécoise de demain.«Toutes les fleurs de l'avenir sont dans les semences d'aujourdhui».Proverbe chinois 1.\tMarcel Côté.La gestion des ressources humaines Montréal, HEC ), n© St Lau'ert.(Mortrêa Québec h4P v^vQ Téi (5i4j 336 4340 44 ARGUS J .N *984 JOi .ME *3 NUMERO . FORMAT: Un système national d\u2019information automatisé pour les produits audiovisuels canadiens par Donald Bidd, Louise de Chevigny et Margo Letourneau* Cet article décrit un système national automatisé d'information pour les documents audiovisuels connu sous le nom de FORMA T.L'objectif de FORMAT, développé et géré par TOJjice national du film du Canada depuis le milieu des années 70, est de promouvoir Tutilisation des produits audiov isuels canadiens en fournissant aux bibliothèques et médiathèques l'information bibliographique la plus complète possible pour ce type de produit.Un réseau d'agences des secteurs privé et public alimentent la banque de données dont les documents sont catalogués, encodés et indexés selon des normes reconnues.L'accès à la banque de données est disponible sous forme de catalogues et de microfiches de même que par le biais du système de repérage en direct.L'histoire de FORMA T a été décrite dans un numéro précédent ocabulary.Hal ing identified the causes of this change, the author examines the characteristics and content of these new search aids and compares them with the elaboration, format and updating of the traditional indexing thesauri.Mention is made of problems raised by the new thesauri concerning linguistics and evaluation.Two research projects undertaken at the School of Library Science of the Université de Montréal are presented.Introduction Avec la disponibilité de plus en plus grande de textes en mémoire d'ordinateur, on assiste à une défection à l'égard du vocabulaire contrôlé en faveur du vocabulaire libre.Se pose alors le problème de l'appariement entre les mots des documents et ceux des questions posées par les utilisateurs.Un des moyens d'augmenter les performances du repérage pourrait consister dans le développement de thésaurus d'interrogation.développement qui fait actuellement l'objet de deux recherches à l'Ecole de Bibliothéconomie de l'Uni-versité de Montréal.Avant de montrer en quoi ces thésaurus consistent, comment ils sont construit et évalués, nous nous pencherons sur les raisons du succès du vocabulaire libre.Les raisons du succès du vocabulaire libre 1.L'utilisation de l'ordinateur se généralise pour la création des bases de données, éliminant une partie des * Profil\tgé, L oie de bibliothét nM- mir.Université de Montréal contraintes imposées par le support papier.La réduction de l'ampleur du vocabulaire devient moins impérative grâce à la facilité et à la rapidité de la recherche automatisée.2.Les coûts de stockage diminuent, ce qui incite les producteurs de bases de données à fournir des formes moins condensées du contenu des documents.Désormais ils donnent couramment accès en ligne aux résumés, rédigés en général par les auteurs et revus éventuellement par les éditeurs de revues ou les services d'analyse.L'ajout de mots-clés contrôlés apparaît alors moins nécessaire.Parallèlement l'indexation humaine perd progressivement de son importance à cause de la hausse continuelle des coûts d'une main d'œuvre très qualifiée, des délais de signalement de plus en plus intolérables au fur et à mesure que le savoir s'accélère, et des problèmes bien connus de cohérence, d'exactitude et d'objectivité de l'analyse effectuée par un intermédiaire.4.Ijv vocabulaire libre présente plusieurs avantages par rapport au vocabulaire contrôlé: sa plus grande spécificité est nécessaire pour rendre toute la finesse de certains concepts.\u2014 son étendue quasi illimitée permet à la fois d'accueillir tous les néologis-! mes et tous les concepts nouveaux.une meilleure exhaustivité est as-I surée par le résumé d'auteur ou le texte intégral.La redondance du langage naturel est, en effet, plus grande que celle des mots-clés contrôlés assignés et augmente les chances de l'utilisateur de trouver une des formulations exprimant le concept cherché.en même temps, une plus grande exactitude et une meilleure objectivité sont garanties par la présence des mots mêmes de l'auteur.les risques d'incohérence dans l'emploi des termes sont minimes, surtout dans le cas des disciplines dures où les concepts sont bien fixés.5.En outre, selon les adeptes du vocabulaire libre, celui-ci correspond davantage aux habitudes et préférences des utilisateurs.A une époque où les bases de données spécialisées se multiplient et où leur accessibilité par le grand public devient une priorité, on ne peut être indifférent à ces quelques arguments: ARGUS JUIN 1984 VOLUME 13 NUMERO 2 51 les experts tiennent à interroger eux-mêmes les bases de données, mais trouvent rébarbatifs les vocabulaires contrôlés avec lesquels ils consentent d'autant moins volontiers à se familiariser qu'ils interrogent rarement chacune des bases de données ou qu'ils doivent passer fréquemment d'une base à l'autre, et donc reformuler entièrement leur stratégie de recherche.d'après certaines expériences, les utilisateurs finaux maîtrisent très rapidement la recherche sur texte intégral et deviennent vite performants.quant aux grand public, il se satisfait généralement d'un rappel peu élevé.6.\tLes expériences de repérage en vocabulaire libre ont révélé des performances égales et parfois supérieures à celles du vocabulaire contrôlé, surtout dans les disciplines scientifiques et techniques.7.\tLes vocabulaires contrôlés coûtent cher.Pour ne parler que de ceux qui sont le plus fréquemment utilisés dans les bases de données bibliographiques spécialisées, on sait que l'élaboration d'un thésaurus moyen d'environ 2 500 termes dure de six mois à trois ans.iSOERGELi.Même les logiciels de gestion de thésaurus ne réduisent pas suffisamment les coûts, car ils suppriment le travail clérical, non le travail intellectuel du choix des termes et de leurs relations.On comprend que.dans les domaines nouveaux, très pointus, on hésite à se lancer dans pareille aventure et que.dans les bases de données multidisciplinaires, on recule devant l'ampleur de la tâche.8.\tEnfin on constate que certains langages documentaires contrôlés sont de piètre qualité.Leurs lacunes sont amplement dénoncées dans la littérature ( A U G U S T O N.C R A W FORD, FIELD [ 6 j, FA R R ADA NE.FUGMANN.entre autres i.On reproche à la collecte des termes d'être peu fiable si elle repose sur une évaluation subjective des termes à retenir et non sur des méthodes automatiques et statistiques.Les relations sémantiques suscitent.elles aussi, plusieurs inquiétudes: \u2022\tles relations préférentielles dépendent du degré de finesse désiré et posent le problème controversé de la synonymie; \u2022\tpour les relat l'accord n'est pas unanime < WILLETTS i, en particulier à propos des relations tout-partie.De toute façon, elles varient selon la structure du thésaurus (thématique ou à facettes); \u2022 les relatic>ns ass< x iatives sont les plus floues et les normes sont peu explicites à leur sujet En principe, le nombre de relations associant un terme à d'autres est très grand, selon le point de vue adopté.( )r ce point de vue n'est jamais consigné dans le thésaurus et, pour éviter d'alourdir indûment ce dernier, il se peut qu'on effectue un choix arbitraire, ce qui conduit à des listes de termes reliés très disparates sous un même descripteur FUGMANN).Plusieurs études (NEELAMEGHAN et RAM-CHANDRA, RAJAN.WILLETTS en particulier) ont tenté de dresser une typologie des relations associatives telles qu'elles sont utilisées dans plusieurs thésaurus ou recommandées dans les normes et les manuels.Ces recherches révèlent une absence de cohérence et de rationalité.En somme, beaucoup d'efforts, de temps et d'argent sont investis dans la construction de thésaurus conventionnels: alors que les relations ne répondent pas toujours aux besoins des utilisateurs.On a découvert, par exemple, que l'utilisateur du Thésaurus El RA TOM se trouvait presque dans le contexte du vocabulaire libre où il devait imaginer tous les descripteurs susceptibles d'avoir été assignés par l'indexeur à cause du nombre insuffisant de relations (OLI\\ F.et al.); alors que les relations ne correspondent pas forcément aux relations existant réellement dans les textes, les résumés ou leur indexation; alors que les relations réelles évoluent en même temps que les préoccupations du domaine (CFIAS I INE I et ROBREDO l'ont montré à propos du Thésaurus Verrier); alors que le vocabulaire lui-même se modifie avec le temps (glissements de sens plus ou moins importants selon la «dureté» du domaine, néologismes, etc.); alors qu'un même thésaurus convient plus ou moins à des collections documentaires d'envergure et de couverture différentes, en constante évolution.et à des usagers aux besoins fort diversifiés.Le besoin d'un contrôle a posteriori du vocabulaire libre L'interrogation en vocabulaire libre n'est cependant pas dénuée de problèmes.tant s'en faut L\u2019usager, libéré des contraintes et des faiblesses du vocabulaire contrôlé, se voit asservi aux problèmes terminologiques.morphologiques, sémantiques et stylistiques imposés par la diversité du langage naturel.On exige de lui qu'il sac he d'avance ce que contiennent les documents (SPROWL.pp 175.179).Les stratégies de recherche deviennent alors longues et coûteuses (TRUBKIN).Le taux de rappel est inférieur à celui qu'on obtient avec le vocabulaire contrôlé (66% contre 94rf, d'après HERSEY et al., par exemple) Le silence augmente à cause: \u2022\tde la non-exhaustivité des stratégies cie recherche (dans l'expérience menée sur la base EARS (LANCASTER et al., 1972) par des chercheurs manquant d'expérience et ne disposant pas de beaucoup d'instruments d'aide à la recherche, sur 580 échecs, on en a relevé 261 qui étaient dûs à cette non-exhaustivité), \u2022\tde l\u2019absent e de pssibilité de recherches génériques, \u2022\tde la trop grande spécificité des termes en vocabulaire libre (PELLETIER), \u2022\tdu problème des concepts implicites.Le taux de précision peut être inférieur à celui qu'on obtient en vocabulaire contrôlé, contrairement à ce qu'on affirme souvent.Dans le cas où le vocabulaire libre n'est pas assigné par un indexeur.mais extrait des titres, des résumés ou des textes intégraux, le bruit est provoqué par: \u2022\ts liaisons inc orrec tes ou fa relations des Unitermes, plus nombreuses que pour une indexation en vocabulaire contrôlé, même très exhaustive HERSEY et al ; TRUBKIN), où les descripteurs sont souvent des expressions composées.\u2022\tles glissements de sens, \u2022\tl'homographie, \u2022\tla polysémie sémantique et syntaxique Le bruit étant plus grand, l'impression et le tri des documents pertinents sont plus longs, donc plus chers (BARKER et al.).Deux solutions sont alors proposées: 1.la combinaison du vocabulaire libre et d'un langage documentaire contrôlé (généralement restreint).Plu-sieurs études par exemple HERSE5 et al., BYRNE, HENZLER, SPR( )WLi concluent à la nécessité de cette double approche pour atteindre 52 ARGUS JUIN 1984 VOLUME 13-NUMERO 2 à la fois précision et rappel et combiner les avantages des deux tout en éliminant leurs inconvénients.2.l'élimination complète du contrôle au moment de l'indexation, avec fourniture à l'usager d'outils d'aide à la recherche qui peuvent, entre autres, consister en thésaurus de recherche.Le thésaurus de recherche qui contrôle a posteriori et partiellement le vocabulaire libre est un complément indispensable pour la seconde solution et fort utile pour la première.En effet, conçu pour aider l'usager à préciser et à étendre sa question, il fournit suggestions.rappels, indications, notamment sur l'existence de telle ou telle expression et sur sa fréquence d'emploi (SPROWL, p >15; WISHINSKY.p.18; SWANSON, pp.1101-1102; LANCASTER et al., 1972, p 2440).Il contient en outre une certaine forme de structuration du vocabulaire, préférable, semble-t-il, à un étalage infiniment Hexible et désorganisé de mots.Doyle fut le premier à introduire l'idée d'une «word association map» dérivée d'une analyse statistique des textes contenus dans une base, pour assister l'usager (WHITEHALL.1974.p.141).Ainsi se trouve réintroduite, sous une forme différente de celle que fournit un thésaurus traditionnel d'indexation, un certain contrôle du vocabulaire réclamé par les usagers (SCHWARTZ et NOREAULT, p 294), parfois avec beaucoup d'insistance ( TRUBKIN).Les thésaurus de recherche 1 \u2014 Caractère flou du concept Instrument très souple par définition, il ne fait pas l'objet de norme ni de manuel, contrairement au thésaurus traditionnel d'indexation.C'est tout juste si l'on peut en trouver une définition.11 n'existe pas un seul type de thésaurus de recherche, mais plusieurs listes ou logiciels destinés à assister l'usager au moment du repérage de l'information.C'est pourquoi on parle de «search guide», de «on-line search guide», de «retrieval aid», de «some kind of thesaurus», de «natural language thesaurus», de «post-controlled vocabulary», de «post-controlled thesaurus», de «searching thesaurus», de «thésaurus d'interrogation».C'est plutôt un ensemble de suggestions, d'exemples et d'expériences plus ou moins partielles qui nous aide à cerner le concept et à dresser une tentative de typologie, en fonction des objectifs de son utilisation, objectifs qui influent eux-mêmes sur les méthodes présidant à son élaboration.En gros, on peut distinguer: les thésaurus pour la recherche en langage naturel sur les titres, les résumés ou les textes intégraux, sans indexation humaine (c'est surtout de ceux-ci que nous parlerons dans la suite de l'exposé >; les thésaurus pour la recherche sur les mots-clés libres assignés (FIELD.RICHER les thésaurus pour la recherche dans une ou plusieurs bases de données indexées avec des langages différents (contrôlés ou libres) dans un même domaine.Par exemple, le CNEXO (Centre National pour l'Exploitation des Océans) a conçu un thésaurus en ligne constitué des mots-clés géographiques sur la France et les côtes françaises pour l'interrogation d'une base de données provenant de la fusion de quatre fichiers possédant quatre méthodes d'indexation différentes MARCHALOT).Pour une base de données qui emploie à la fois le vocabulaire libre et le vocabulaire contrôlé, on peut envisager «de constituer des liaisons automatiques entre le système de vedettes-matière contrôlé et les termes d'indexage en langage libre de manière à ce qu'un thésaurus autoadaptable puisse autant que possible se constituer automatiquement» (BARLOW, p.39).2 ~ Les caractéristiques d'un thésaurus de recherche Un thésaurus de recherche est spécifique à une collection de documents.puisque le vocabulaire et les associations entre les mots sont dérivés de ces documents (SCHWARTZ et N< )REAULT, p 291; WHI 1 EH \\LL, p.142) et expriment les similarités ou les contiguïtés d'idées qui y sont présentes (WHITEHALL, p.139).Il fournit donc à l'utilisation une combinaison productive de termes de recherche et par là contribue à diminuer l'effort à fournir, le temps de connexion, donc améliore l'efficience de la recherche (LANCASTER et al.1972, p.243).Un thésaurus de recherche évolue en même temps que le contenu de la base.Il ne fige pas les mots et leurs relations dans un cadre rigide et arbitraire.Les regroupements qu'il met en valeur sont assez larges, moins contraignants que ceux d'un thésaurus traditionnel, suggestifs sans plus: l'utilisa- ! teur les choisit s'il le veut D*s relations ne sont pas invariantes, elles peuvent même être inexactes, d'un point de vue strictement scientifique.Il n'y a pas de descripteurs et de termes rejetés: le thésaurus indique quels termes peuvent être utilisés dans la stratégie de recherche.et non pas quels termes doivent être utilisés (LEGGATE et al., p.9).\u2014 De par sa souplesse et son rôle purement suggestif, il n'empêche pas l'usager de passer d'une base à une autre et ne l'oblige pas à un apprentissage long et rigoureux des conventions propres à chacune.i - Le contenu d'un thésaurus de recherche Les logiciels actuels d'interrogation offrent déjà des formes élémentaires d'aide à la recherche en langage naturel sur le plan morphologique, syntaxique et sémantique: troncature, affichage alphabétique de termes adjacents, recherche de chaînes de caractères, opérateurs de proximité (DOSZKOCKS, 1979 (a)) Un thésaurus de recherche pourrait comprendre: les mots réellement contenus dans la base accompagnés de leur fréquence (LEGGATE et al., p.10).les regroupements des variantes morphologiques (masculin, féminin; singulier, pluriel; formes verbales) sous un même vocable \u2014 ou forme dictionnaire \u2014 (LEGGATE et al., p.10).les regroupements des variantes allotaxiques, c'est-à-dire les différentes catégories de mots dérivés d'un même radical (LEGGATE et al., pp.22, 32).Les index K.LIC ( Key-Letter-in-Con-text) permettent d'identifier tous les mots (ou les mots les plus fréquents) qui contiennent une chaîne de caractères, ce qui offre le double avantage de suggérer des termes pour l'expansion d'un profil et de signaler les troncatures dangereuses (LEGGATE et al., pp.10, 12).- les co-occurrences, avec leur fréquence.des mots en doublets ou en triplets (LEGGATE et al., p.22) donnant la possibilité de détecter les svn-tagmes nominaux ou de construire de grandes classes de termes, selon la distance prise en compte entre les mots qui apparaissent souvent liés.Certains systèmes affichent les concordances.Dans l'exemple suivant tiré de LEXIS, on voit comment un tel affichage peut aider à formuler des stratégies de recherche (SPROWL, p 216): res ipsa loquitur i 127 documents) burden (35 documents) of persuation ( 1 document ARGUS JUIN 1984 VOLUME \u20183 NUMERO 2 53 of proof I.\u2019 documents) common carrier 4 documents contract 19 documents res judicata 14rf, Xovember /1-17, 1978.W hite Plains.N Y .Knowledge Industrc Publications.1979 .pp 105-109.[c] FARRADANE.Jason Relational indexing Part 1 * Journal of Information S, lence, vol.1.no.5 ( Januarv 1980».pp 267-276.1 I ELD.B.J Semi-automatic development of thesaurus using free language vocabulary 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questions.Un domaine d\u2019application de l'analyse de citations est davantage étudié, soit celui de Uhistoire des sciences.Des méthodologies s y rapportant y sont présentées.What do citations reveal?Why do we analyse them?What methodological problems are encountered by those who use them?This article attempts to answer these questions by examining one particular area, the history of science.Various methodologies are presented.Introduction « Sous ne citons jamais pour autrui que des points de départ» Simone de Beauvoir Nul ne peut ignorer la croissance gigantesque de la masse documentaire depuis le début du siècle et ce, dans tous les domaines de la connaissance.«Les grandes bibliothèques du monde abritent des millions de volumes en mots, l'équivalent de 1014 bits d'information; en illustration, peut-être 101 \u2019 bits»1 Comment réussir à nous v retrouver et à identifier l'information qui nous convient?C'est que l'information évolue constamment, selon les événements.et s'adapte au monde.Cette évolution se manifeste bien sûr par le contenu du message, mais également par la forme qu'il prend Prenons le cas de la documentation scientifique: il fut un temps où elle ne se retrouvait que sous forme de monographies et Newton-, qui tenta de publier des articles » dans les Philosophical Transactions de la Royal Society, rencontra tant de résistance à cette pratique nouvelle qu'il l'abandonna L'article scientifique tel que nous la connais- * svlvie Lord a terminé sa maîtrise à l'Ecole de bibliothéconomie de l\u2019Université de Montréal en avril 1(*84 sions apparut vraiment il v a un peu plus d'un siècle.» l'examen d'une série assez longue de n'importe lequel périodique scientifique révèle que le schéma moderne, devenu familier.de la référence explicite aux travaux antérieurs sur lesquels repose l'addition distincte, bien structurée, qui est dans l\u2019idéal la substance de chaque article, apparaît vers 1850»-.C'est donc par le biais de la référence, que les contributions et les emprunts faits à la science peuvent être évalués.Les bibliographies d'articles scientifiques deviennent dès lors autant d'outils de recherche apportant un éclairage nouveau sur la petite histoire des sciences.Les références contenues dans un article ainsi que les citations dont il fait l'objet dans d'autres publications établissent des liens entre ces écrits.L'analyse de citations étudie ces liens.La référence est donc la reconnaissance qu'un document accorde à un autre document alors que la citation est la reconnaissance qu'un document reçoit d'un autre document4.Plusieurs études ont été publiées portant sur cette branche de la bi-bliométrie et plusieurs vues d'ensemble des publications dans le domaine ont déjà été produites (entre autres, par Gupta.Smith.Martyn.Miller et Truesdell.Hjerppe)\u2019\u2019 L\u2019analyse de citations comme méthode de recherche ainsi que les raisons de l'expansion de cette méthode et les outils de travail qu elle s'est donnée nous intéressent plus particulièrement.Il nous semble approprié de mentionner également les principales critiques qui lui sont adressées, ainsi que les problèmes rencontrés lors de son utilisation pour différentes tins et plus particulièrement en histoire des sciences.I \u2014 L\u2019analyse de citations: un outil de recherche à la mode La pratique de la citation est devenue presque une seconde nature pour qui rédige des articles scientifiques.Ht bien qu'il nous reste beaucoup à apprendre sur les normes et la nature des citations, ainsi que sur les habitudes de citations des auteurs, elles demeurent un sujet de recherche intéressant en raison de leur accessibilité et de leur «utilisation discrète».Ln effet, leur utilisation ne nécessite ni interview, ni questionnaire et se passe de la coopération de personnes-ressources; de plus, elles sont «non-reactive » c'est-à-dire qu'elles ne contaminent pas les résultats.De plus, l'utilisation de l'ordinateur a permis d'élargir le champ de recherche en fournissant des outils et des méthodes de travail qui font gagner un temps précieux.Des outils tels que Science Citation Index ( 1961 ), Social Science Citation Index ( 1966 ), .-1 rts et Humanities ARGUS JUIN 1984 VOLUME 13 NuMERO2 59 Figure 1 Les c hiffres représentent les références citées et les lettres, les documents-sources A + B ont des références 'immunes à des documents antérieurs A-B \u2022 1.\\-B - t etc A et B ont donc des liens de couplage bibliographique, contrairement .1 A et ( I) autre part, les références 1-t sont citées par A.ces deux références sont liées par co-citation Les références sont co-citées au moins une fois V B et C figure 2 A et ( pourraient développer des liens de co-citation, s\u2019ils étaient cités par un ou plusieurs articles Citation Index 197b ainsi que Journal Citation Reports < 197 f .fournissent des données d'analyse de citations par milliers.Une bonne partie du processus d'analvse est désormais assuré par l'ordinateur et évite ainsi des compilations ennuyeuses où des erreurs peuvent toujours se glisser.Alors que les premières études de citations portaient sur de petits échantillonnages d'articles scientifiques, les recherches actuelles cherchent à donner une vue d'ensemble d'une discipline sur des périodes de plus en plus longues.Parmi les différentes techniques employées pour l'analvse de citations on retrouve le «citation count» que nous traduirons par le comptage des citations, le «bibliographie coupling» ou couplage bibliographique et la «cocitation analvsis» ou analyse de co-citations.Le comptage de citations consiste à déterminer le nombre de citations reçues par un document X ou un groupe de documents pour une certaine période de temps, en provenance d'un groupe donné de documents-sources (citing documents).Cette technique est utilisée comme moyen dévaluer l'effet, l'importance ou la valeur d'un article scientifique.Appliquée à un périodique en particulier, elle peut donner une idée de l'importance des articles publiés et du prestige dont vient à jouir la revue scientifique en question.Le couplage bibliographique et l'analvse de co-citations sont les techniques utilisées pour identifier des documents dont les contenus sont apparentés d'une façon ou d'une autre.Le couplage bibliographique lie les documents-sources; «when two papers cite one or more references in common, thev are bibliographicallv coupled \\ L\u2019analyse de co-citations établit une relation entre les documents cités; «.when two papers are cited together by a later paper, they are linked bv co-citation»9 (voir aussi les figures 1 et 2).Le couplage bibliographique est perçu comme une méthode statique qui ne peut refléter la constante évolution de la recherche: «.two source items either are or are not bibliographicallv coupled for all time»10, tandis que l'analvse de co-citations permet de suivre l'évolution, le déclin ou encore l'émergence de nouveaux champs de recherche.«Co-citation identifies relationships between papers which are regarded as important bv authors in the specialty, but which are not identified by such techniques as bibliographic coupling»11.Cette dernière technique peut tout de même, selon Weinberg1-, servir à étudier la vie de la documentation dans une discipline scientifique mais non son développement.Un autre auteur.F Narin1 .a tenté de classer les différentes techniques d'étude de l'avancement des sciences selon des critères de pertinence et d'objectivité.Far pertinence, il entend la capacité véritable de la technique à mesurer les progrès de la science L'auteur fait référence au principe de l'incertitude d'Heisenberg (principe de phvsiqun qui veut que la technique jugée la plus objective soit également la mesure la moins pertinente de l'avancement des sciences f figure f i1 *.Comme l'indique la figure L une entrevue non-structurée avec un éminent chercheur nous donnera probablement un jugement fort pertinent de l'évolution de la discipline qui peut être, par contre, hautement subjectif et difficile à comparer avec l'évaluation d'un autre expert dans un autre domaine.I) autre part.le comptage des publications.considéré comme une méthode des plus objectives, puisqu'elle peut s'appliquer également à toute discipline bien définie, figure au bas de l'échelle du point de vue de la pertinence Ln effet, certains peuvent soutenir assez fermement que la quantité de publication dans une discipline F NAFtIN OBJECTIVITY VERSUS RELEVANCE Unstructured ¦ ntervtews Surveys structured interviews Tracing of \u2022 *ev e.~- \u2019s Predecessor successor studies Key word and \u2022 Clusters or higny cited papers Citation counts Weighted publication counts Publication counts figure ' Objectives vs relevantr Vore obiective 60 ARG .G \u2019984 V .ME * \u2022 NUMÉRO . scientifique ne correspond pas nécessairement à l'état de son avancement.Mais entre tes deux extrêmes se trouvent des techniques jugées capables de produire des analvses à la fois pertinentes et assez objectives.L'analyse de co-citations et le couplage bibliographique obtiennent donc une bonne cote (elles sont insérées dans la catégorie «Clusters of highlv cited papers» ).2 \u2014 Critique de l'analyse de citations: le pour et le contre De nombreuses critiques ont été adressées aux utilisateurs de ces méthodes d analvse de citations: les interprétations faites à partir des données recueillies par ces méthodes sont plus particulièrement sujettes à controver-.e.Nous devons préciser que plusieurs hercheurs ont été négligents dans analyse de leurs résultats de recherche et que la qualité des interprétations n'a pas toujours correspondu aux normes scientifiques.Avant d'utiliser une citation comme instrument de mesure, les normes et les pratiques de la citation doivent d'abord être connues.Sinon, comme le suggère Kaplan1 .les interprétations risquent d'être erronées; à la limite, nous pourrions même constater qu'il n'y a pas lieu d'utiliser les citations pour les buts qu elles servent présentement parce qu elles ne seraient fondamentalement pas employées au départ pour servir ces buts, «.little is known about the norms and behavior surrounding citation practices in science»16: nous devons donc compter sur l'intégrité des auteurs et ensuite nous méfier des autres problèmes méthodologiques qui risquent de survenir dans ce genre d'études.\u2022 Pourquoi cite?Les citations sont utilisées dans plusieurs buts.Garfield a dressé une liste de quinze raisons différentes qui poussent un auteur à en citer un autre: «1 Paying homage to pioneers 1 (ming credit for related word homage to peers) b Identifying methodology, equipment.etc.4 Providing background reading \"» Correcting one\u2019s own work ?> Correcting the work of others 7\tCriticizing previous work 8\tSubstantiating claims 9\tAlerting to forthcoming work 10.Providing leads to poorlv disseminated, poorly indexed, or uncited work 11\tAuthenticating data and classes of fact-phvsical constant etc 12\tIdentifying original publication in which an idea or concept was discussed 11 Identifying original publications or other work describing an eponymic concept or term 14 Disclaiming work or ideas of others negative claims 15.Disputing priority claims or others negative homage)»1* D'autres facteurs déterminent le choix du document à citer, soit son âge, sa disponibilité, sa langue et sa forme bibliographique.Far exemple, un article récent publié dans une revue bien connue de langue anglaise risque d'être préféré à une monographie russe portant sur le même sujet.\u2022 / Indépendamment des raisons qui amènent un auteur à citer un ou plusieurs de ses collègues, la référence à un ouvrage semble supposer que cet ouvrage a été consulté.La liste des sources consultées devrait donc contenir la liste complète des documents utilisés véritablement.Il arrive souvent aussi que la citation ne corresponde qu'à une petite partie d'un article ou d'une monographie dont la lecture n'a pas été intégrale.D'autre part, les cas de plagiat existent.\u2022 Someone else referred to them and we added them to our list because thev looked nice This illustrates a fundamental law of reference giving it is quite unnecessary to have read or even seen the references vourself before quoting it»,l\\ Broadus1!,a tenté de vérifier, à partir d'un article très cité où s'était glissée une erreur dans une description bibliographique.dans quelle mesure cette erreur se répéterait dans les bibliographies des auteurs citant ce premier article.La même erreur a pu être observée dans 2397 des cas.L'auteur conclut ne pouvoir affirmer avec certitude qu'il v a eu plagiat dans tous les cas; mais même en admettant que 59?seulement des auteurs aient procédé de la sorte, des biais considérables en résultent dans les résultats d'analvse de citations, du moins en ce qui concerne l'histoire des sciences.L'omission de certaines sources peut dépendre du phénomène d'oblitération.lequel se produit quand un document devient tellement connu et tellement intégré dans la documentation dans une discipline, qu'il paraît superflu de le citer.\u2022 La qualité d'un document est-elle proportionnelle à la quantité de citations qu'il reçoit?Certains auteurs prétendent que le comptage de citations est un instrument de mesure valable, alors que d'autres en contestent la validité j en raison des nombreux motifs, autres que le mérite d'un document, qui poussent un auteur à citer.Toutefois, cette hypothèse a trouvé quelques appuis dans des études où des mesures bibliométriques basées sur le comptage de citations ont été comparées à d'autres mesures de qualité.Mais la notion de qualité reste toujours difficile à évaluer.De plus, il serait hasardeux de prétendre que des documents peu ou pas cités sont sans mérite, l'absence ou le peu de fréquence des citations pouvant dépendre du type de document, du périodique dans lequel l'article est publié (est-ce un périodique célèbre ou non?), et de l'accessibilité du document.Soper s'est intéressée au problème de l'accès au document et à son influence sur la fréquence de citation.«She found that the largest proportion of documents cited in author\u2019s recent papers was located in personnal collections, a smaller proportion was located in libraries in departments and institutions to which respondents belonged, and the smallest proportion was located in libraries in other cities and countries»-\".La proximité du document influence le choix qui en est fait, même si le document n'est pas des plus pertinents.Dans le cas d'articles de périodiques, la qualité de l'indexation et la fréquence de parution constituent des facteurs déterminant de sélection.De plus, des documents peuvent être plus visibles à cause de la publicité dont s'entourent leurs auteurs.Certains noms reviennent constamment dans la documentation scientifique non seulement à cause de leurs articles, mais en fonction de leur prestige et de leur leadership au sein de la communauté scientifique D'autre part, des auteurs fréquemment cités peuvent l'être à cause du nombre de publications à leur actif.Toutefois, compte tenu de l'obligation de produire des articles que doivent remplir nombre de chercheurs américains (le fameux «publish ou perish»), nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces articles offrent de la nouveauté et de la qualité.Cette production devient un moyen pour les auteurs de se faire connaître, parfois par le biais de refaçons.Nous avons pu nous-même constater dans différents écrits de Garfield21 la répétition de certaines idées qui n'apportait rien de nouveau.Il serait intéressant de vérifier jusqu'à quel point cette redondance existe dans la documentation scientifique.ARGUS J j'N *984 VOL .ME 1 3 NUMERO 2 61 \u2022 Quelle est le degré de relation existant entre le contenu de l'article qui cite et le contenu du texte dans lequel est prélevée la citation?Certains ont tenté de le mesurer en demandant à des auteurs très cités d évaluer la relation existant entre les citations faites à leurs travaux et le contenu de ces travaux Dans 72e\u201d des cas.les sujets étaient reliés, et seulement 5ri ne l'étaient d'aucune façon.Nous pouvons observer que sans analvse de contenu, nous ne pouvons présumer des relations existant entre deux documents, qu'ils aient des liens de couplage bibliographique ou de co-citation Nous ne pouvons affirmer que l'existence d'une probabilité de relation de contenu.Une autre question à nous poser concerne la façon de juger une citation.N avant pas toujours la même forme, peut-on la juger selon des critères fixes?En effet, selon quelle soit présente dans un titre, une introduction, dans une présentation de résultats ou dans une conclusion, la citation correspondra à des mots seulement ou à des portions d'articles.Une relation existerait donc entre la partie de l'article où se trouve la citation et le type de citation employée-.D'autre part, le fait qu'un ouvrage soit cité plus d'une fois dans un article donné indiquerait des liens de contenu plus forts entre ces deux documents.Pour revenir à l'analvse de contenu, mentionnons les essais de classification de citations.Linda Smith-: nous indique celle de Lipetz qui donne une série d'indicateurs sur l'article qui cite et sur les relations entre le citant et le cité.D'autres catégories ont été établies, distinguant les citations selon qu'elles apparaissent positives ou négatives, nécessaires ou accessoires.Nloravcsik-\u20191 parle également de références conceptuelles par rapport à des références opérationnelles ( la référence est liée à un concept énoncé dans le document cité ou encore à une technique), et parle aussi de références en concaténation par rapport à celles en juxtaposition (l'article est basé sur le document cité ou bien il présente une théorie différente).Dans une analvse de trente articles public's dans Physical Review sur un sujet précis, les références ont été étudiées dans le contexte de l'article les citant.Les résultats d'analyse montrent une large proportion de citations accessoires ( « perfunctorv » ) ainsi qu'un nombre assez important de références faites à des documents très discutés «negational references» L auteur est d'avis que ce* tvpe de citations, qui ne peut être décelé simplement par le comptage de citations, donne de fausses indications sur l'avancement de la science et que dans un souci d\u2019objectivité.il devrait être éliminé Mais pour ce faire, l'analyse de contenu devient obligatoire.Garfield ne partage pas l'opinion de Nloravcsik sur l'élimination des citations négatives.Tout d'abord il précise que cette pratique n'est pas très fréquente parce qu'il est plus économique.en temps et en énergie, de passer outre à un ouvrage douteux que de l'attaquer, sauf si cet ouvrage peut vraiment nuire au développement d'une théorie.D'autre part, il nous fait remarquer que: «Criticism, as well as communication, is one of the fundamental functions of the prixt^s of scientific publication.It citation statistics were purported to be a precise measure of the number of times an individual was right, negative citations certainly would be an unaiceptable aberration\u2022- Mais l'analvse de citations ne sert pas ce but et tente plutôt de mesurer le niveau de la contribution d'un individu à la science.Small-\u201d croit en l'analyse de contenu comme moyen d'accéder à des connaissances spécialisées sans l aide d experts des domaines concernés.Le spécialiste en information documentaire serait alors en mesure d'offrir des services d'analyse de la documentation plus complets et satisfaisants pour l'usager: « .it would be possible to treat the literature of a subject as more than a black box» about whuh onlv rudimentarv statistical facts can be ascertained Bibiiometrics could trulv become a branch of epistcmologv»-\u2019 Garfield-' est toutefois en désaccord avec Small au sujet de l'évaluation de la citation sans l'aide d'un expert.Selon lui la consultation de spécialistes est le seul moyen de vérifier si l'auteur a omis de citer certains travaux («phenomenon of obliteration ).1 outefois considérant que ce phénomène d'oblitération ne doit pas être omniprésent.le point de vue de Small nous semble sensé et réalisable.\u2014 Les problèmes de c ueillette de données Plusieurs des problèmes de cueillette de données dépendent des index où sont répertoriées les citations.Par exemple, comment retrouver toutes les publications d'un auteur en utilisant un index de citations qui n'inclut que le premier nom d'auteur?Dans ces < as d'auteurs multiples, devons-nous compter les citations de la même façon que pour un auteur unique?Pouvons-nous considérer que la contribution de chaque auteur est égale et leur ac corder le même crédit?N les références faites par un auteur à ses propres travaux antérieurs * «self-citation > doivent être éliminées, cette opération est plus facile à taire* pour un auteur que pour plusieurs co-auteurs.Garfield considère que ce type de citations ne devrait pas être exclu: «Since scientists tend to build on their own work, and the work of collaborators a high self-citation count, more often than not.indu ates nothing more ominous than a narrow spec ialtv»-M* Les noms d'auteurs peuvent causer des problèmes de repérage.Certains chercheurs dans le même domaine portent le même nom et les mêmes initiales de prénom.Pour éviter les conf usions, l\u2019analyste doit alors vérifier les titres des périodiques chins lequel le travail est cité et celui dans lequel il est publié, qui demande plus de temps, mais accroît la précision de la donnée.Les titres de périodiques créent aussi des problèmes, soit à cause* des variations de leur nom abrégé, d'un changement de nom ou de l'apparition de nouveaux périodiques dont les titres ressemblent à d'autres existant déjà.Les citations recueillies doivent porter sur une période de temps assez longue afin de faire état des v ariations existant dans l'usage de certains documents.Le nombre de citations par publication varie grandement d'une discipline à une autre et pose des difficultés de comparaison inter-disciplinaire.De plus, le nombre de citations accordées à un article pourrait dépendre en partie du bassin de chercheurs de la discipline concernée, opinion que ne partage pas Garfield.Il considère que l'étude des variations du taux de citations selon les disciplines peut être faite à partir de variables plus appropriées, telles: « the ratio of publishing authors to total research population, the distribution of published papers oser the population, and the distribution of references over the existing literature» \" Enfin les erreurs de transcription des références sont fréquentes et peuvent st* trouver autant dans les index de citations que dans les bibliographies d'articles.Deux études citées par Linda Smith 1 ont décelé des pourcentages d'erreurs de ce type pour différents périodiques) cie l'ordre de 10,7 à >0'.62 ARGUS J N 1984 ,'OL jME 13 NUMERO 2 L enumeration de toutes ces limites s dans l'utilisation de l'anaivse de cita* I tions peut porter préjudice à sa valeur comme méthode de recherche.Utilisée avec soin, elle peut toutefois servir à de nombreuses applications et ses résultats peuvent alors être considérés satisfaisants 4 \u2014 Applications Des études de besoins des usagers peuvent être réalisées à partir de l'anaivse de citations, fin étudiant les bibliographies de travaux d'étudiants et de chercheurs, nous pouvons vérifier l'utilisation de la documentation se trouvant à la bibliothèque.«La pratique de l'anaivse de citations autour de laquelle s\u2019est déjà constituée un réseau très compact de chercheurs semble offrir des avantages considérables par rapport aux enquêtes menées auprès des usagers Car l'utilisation ou la consommation réelle d\u2019un document scientifique s\u2019exprime d'une fa
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