Argus, 1 janvier 1985, Septembre
[" Volume 14.numéro 3 septembre 1985 / ISSN 0315-9930 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec ARGUS Comité de redaction/Éditorial Committee Paulette Bernhard répondante Louise Carpentier Monique Desrochers Diane Mittermeyer Sylvie Pamchaud Colette Rivet Christiane Talbot Correc teurs/Correc tors Michel Thériault Impression/Printmg Aie er des Sourds Mc ¦ ,reai ' 978 me Traducteurs/Translators Jerry Bull Sylvie Mo san Publicité/Advertising Agence Marsy 440.boulevard Dorchester ouest Suite 1101 Montrea Que H2Z 1V7 (514) 871-1757 Dépôt legal/Legal deposit Bibliothèque nationale du Quebec Bibliothèque nationale du Canada Argus est une revue trimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Quebec Elle vise à ( information et a i education de la profession La redaction laisse aux auteurs I entière responsabilité de leurs textes L abonnement annuel est de 25S (6 50$ le numéro) au Quebec 30$ (7.50$ 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Quebec 30S (7.50$ an issue) in Canada and 30S U S (7 50$ U S an issue) outside Canada Students special rate is 15$ for the yearly subscription Any request concerning missing issues should be sent no later than a month after date of publication to the following address Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montreal Quebec H2Y 1Y3 Articles may be reproduced in whole or m part with proper credit to their source Articles are indexed in Bulletin Signaietique section 101 Sciences de I information - documentation Information Science Abstracts Library Information Sconce Abstracts (LISAi Library Literature and in Points de reperes ARGUS/SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 61 MANDARIN I 0 lymj*m» intègre de fatttoa > dpcirrwn*» (CA.VOUSdroK* rteerv* HAMYAN i98fi - UTXHIOR CGNnQTJRATI ON 1.In*.JAUon Z Chou ât '.ju**** 3 Chou dee paronttrse 4 Définition 0 tort* Qurua opur-n ?-, ;\u2022 >._\u2022 ¦ iïlELCHIOR L_EI SYSTEME INTEGRE DE GESTION DE DOCOMENTS POUR LE MICRO-ORD I NATEUR I DM LL EX LES CÜMPAT I DI_ES- < MS \u2014 DOS, LL \u2014 DOS > GESTION AUTOMATISE DU PRET - FICHIER EN DIRECT DE:\tBIBLIOFICHES 1557 BEGIN MONTREAL QUEBEC HR4 1W9 (514)336-4340 ARGUS'SEPTEMBRE 1985 * VOLUME 14 NUMERO 3 par Pâquerette Béland* La communication non-verbale La communication non-verbale, ainsi que ses supports et/ou éléments, sont d abord définis, puis appliqués à l \u2019entrevue de référence et aux conditions de sa réussite Sont ensuite présentées et commentées différentes recherches sur la communication non-verbale en entrevue de référence, axées sur le corps, les artefacts et l \u2019espace Son-verbal communication and its means and/or elements are first of all defined, and then applied to the reference intenieu and to the conditions for its success.Various research results on non-verbal communication in the reference interview, centred on the body, artifacts and space, are then presented and commented upon Celui qui a des veux pour soir et des oreilles pour entendre constate que les mortels ne peuvent cacher aucun secret Celui dont les lèvres se taisent bavarde avec le bout de ses doigts, il se trahit par tous les pores (Freud)1 Cette citation de Freud contient en substance la première proposition de Watzlawick, dans le cadre d\u2019une axiomatique de la communication : on ne peut pas ne pas communiquer.* Comme toutes les relations humaines peuvent être comprises selon cet axiome, toute personne oeuvrant dans le domaine des communications doit pouvoir détecter et interpréter tous les messages transmis, volontairement ou non, en comprendre le pourquoi afin d'améliorer, en terme de qualité, son rendement au travail et ses relations interpersonnelles Kn bibliothéconomie, c\u2019est le secteur de la référence qui est particulièrement touché par ce sujet, et plus spécifiquement, celui de l\u2019entrevue de référence.Nous verrons, en faisant une revue de littérature sur ce sujet, comment différents chercheurs ont tenté le lien entre la communication non-verbale et le travail du bibliothécaire de référence.Mais il importe tout d\u2019abord de préciser les termes eux-mêmes : la communication non verbale et l\u2019entrevue de référence * Pâquerette Briand est spétialiste en moyens et techniques d\u2019enseignement au Cégep de Jonquière LA COMMUNICATION NON-VERBALE La communication non-verbale remonte au début de l\u2019organisation sociale.Elle s\u2019est développée à l\u2019intérieur de chaque société comme un code secret compris par tous ses membres.Corraze \\a définit comme «l'ensemble des moyens de communication existant entre des individus vivants n'usant pas du langage humain ou de ses dériv és non-sonores (écrits, langage des sourds-muets, çtc.).»* Cette définition s'applique à tout ce qui est physique, aux gestes, aux postures, aux orientations du corps; elle peut aussi s\u2019appliquer à des organisations d\u2019objets ou à des rapports de distance entre les indiv idus.Cependant, pour qu'il y ait communication, il faut qu'un émetteur envoie un message à un récepteur qui le décode et qui envoie, à son tour, un message.Les signes utilisés alors peuvent s\u2019identifier à différents types d\u2019informations sur l'état affectif, l'identité ou le milieu de l\u2019émetteur Ils peuvent aussi illustrer le langage, approuv er ou désapprouver un discours.Ce sont des acquisitions culturelles qui nécessitent la présence d\u2019un récepteur pour être comprises.Mais elles ne peuvent se réaliser qu'à partir de certains supports et/ou éléments.Supports et éléments Pour Corraze, les supports de la communication non-verbale sont de trois (3) types.D'abord, il y a le corps avec toutes ses qualités physiques ou physiologiques et ses mouv ements.Ensuite, il y a tous les artefacts, c\u2019est-à-dire tout ce qui est extérieur à l'être et qui permet de communiquer, (ex.: les vêtements, le parfum, le tatouage, des mutilations, etc.).Puis s\u2019ajoute la notion d\u2019espace : dispersion d\u2019individus dans un espace fixe, ou territoire, et espace entourant le corps et lié à lui.Hall, dans La dimension cachée4 reprend cette notion d'espace dans un vocabulaire différent et plus élaboré.Il parle de proxémie, amène les distinctions entre distance intime, personnelle, sociale et publique, et établit des comparaisons entre les conceptions de la distance dans différentes cultures.Corraze référé également à des éléments représentatifs comme le visage, la posture, le canal chimique et le canal cutané.Précisions les éléments prépondérants : Le visage Le visage est le siège de l\u2019expression des émotions mais c\u2019est aussi «le meilleur menteur non-verbal».5 Un même stimulus n\u2019implique pas nécessairement la même réaction chez tous les individus; l\u2019expression faciale peut varier aussi selon le contexte.Ainsi, certains auteurs vont l'étudier d'après ses constituantes (front, sourcils, paupières, nez, yeux, bouche), d'autres par les émotions transmises (joie, surprise, peur, colère, tristesse, mépris, intérêt).Cependant, ARGUS'SEPTEMBRE 1985/VOLUME 14 NUMERO 3 63 deux sous-éléments retiennent l\u2019attention : le sourire et le regard, l\u2019un ayant une \\ aleur de rapprochement spatial et l'autre, d'attention.La posture La posture peut être le signal des attitudes affectives fondamentales.On en distingue deux (2) types l'orientation d'un élément du corps par rapport à un autre élément du corps et l'orientation du corps ou de ses parties par rapport à d'autres corps.La posture nous communique les intentions de rapprochement, d'accueil ou au contraire, de rejet, de menace.Les modifications dans la posture sont comme des signaux qui délimitent les étapes de la communication.L'ENTREVUE DE RÉFÉRENCE Pour que la communication se fasse bien, il faut d\u2019abord que l\u2019entretien sur lequel elle se base soit solide, complet et sans ambiguité.«Le «bon entretien** a pour objectif la compréhension exacte de ce qui se passe pour l'autre, la découverte de la manière dont il éprouve la situation, la clarification positive de son vécu**.6 En bibliothéconomie, cet entretien, c\u2019est l'entrevue de référence Nous allons tenter de la définir, après avoir vu ce qu elle n\u2019est pas.D'abord, l\u2019entrevue de référence n\u2019est pas une conversation banale, même si parfois, la première phase de la rencontre peut être de ce type afin d'assurer la confiance.Ce n\u2019est pas une discussion passionnée; personne ne domine.Ensuite, elle ne doit pas être considérée comme une «interview*» au sens journalistique du terme.Elle demande un effort de compréhension de la part du bibliothécaire, mais ce n'est pas dans le but de servir un public; les objectifs ne sont pas les mêmes.Et c\u2019est encore moins un interrogatoire où le client sentirait la pression et prendrait une attitude défensive.Ensuite, l'entrevue n\u2019est pas non plus un discours du bibliothécaire dans le but de faire admettre quelque chose ou de faire changer une opinion, l'usager ne le consulte pas pour cela II ne consulte pas non plus dans le but de se confesser.Ainsi l\u2019entrevue de référence apparaît-elle comme une relation professionnelle dans laquelle une personne (l'usager) doit être aidée ou assistée pour obtenir une réponse à sa question.Cela suppose que l\u2019aidant (le bibliothécaire) est capable de deux at -lions spécifiques : comprendre le problème dans les termes où il est posé, aider le client (l\u2019usager) à obtenir sa réponse, soit en lui indiquant comment et où trouver, soit en la cherchant lui-même et en la lui donnant ensuite Toutefois, pour qu\u2019une entrevue de référence puisse réussir, le bibliothécaire doit respecter quatre conditions : 1.\têtre non-directif et centré sur le client Le bibliothécaire doit montrer de l'intérêt à son client; il doit être disponible, non seulement en apparence mais intérieurement II a la ferme intention de comprendre son client, celui-ci le ressent et prend donc l'initiative complète de la présentation de son problème; le bibliothécaire ne dirige pas et essaie de rester objectif.2.\tsavoir écouter Le risque majeur est de mal interpréter et comprendre le client.On peut l\u2019éviter en utilisant la technique de la reformulation : On appelle «reformulation» une micncntion de l'interviewer qui consiste à redire en d\u2019autres termes et d\u2019une manière plus con-use ou plus explicite ce que le client vient d\u2019exprimer et cela de telle sorte que l'interviewer obtienne l\u2019accord du sujet H On peut reformuler en utilisant des expressions comme «vous voulez dire que.»», «en d\u2019autres termes, .**, ou en présentant un résumé de ce qui a été dit 3.\tsavoir observer Toutes les attitudes ont un sens direct, expressif.Elles se traduisent au-delà des mots par des mimiques et des postures observables.Il convient non seulement d\u2019observer le client, mais encore de s\u2019observer soi-même, parce que le client observe lui aussi.Notons que différentes v ariables influencent l\u2019observation et la communication non-verbale :\t(1) celles d\u2019espace-temps et de cadre social : moment choisi pour l\u2019entretien et temps à y consacrer; les conditions spatiales, le local, la position des deux interlocuteurs (bureau, fauteuil,.); le cadre-décor de l\u2019entretien, l'environnement, le cadre institutionnel, etc; (2) celles d'appartenance aux groupes respectifs : statuts et rôles sociaux, stéréotypes, âge, sexe,.; (3) les variables circonstancielles : les attentes de l\u2019usager face à l\u2019entrevue, les réactions affectives immédiates (sympathie \u2014 antipathie, etc.).| 4.éviter l\u2019ambiguité de la contradiction des messages verbaux et non-verbaux Cette condition contient les autres et les chapeaute L\u2019unité doit être obtenue par l\u2019addition de l\u2019effort d'empathie à celui d\u2019authenticité Le respect des conditions qui précèdent ne représente cependant pas une garantie complète de réussite de l\u2019entrevue 11 reste encore au moins trois types de barrières9 à franchir : 1.\tbarrières d'ordre physique et intellectuel L'usager peut manquer de connaissances, soit sur la profondeur et la qualité de la collection, soit sur les outils de référence disponibles, soit sur le vocabulaire à utiliser pour consulter ces outils.2.\tbarrières d\u2019ordre psychologique.Il peut arriver que l'usager ne puisse révéler spontanément ou volontairement la raison de son besoin d'information ou qu\u2019il ne se sente pas à l\u2019aise pour poser sa question.Il peut arriver aussi qu'il ne sache pas clairement ce qu'il recherche.3.\tbarrières d\u2019ordre affectif et émotionnel C'est le cas quand l'usager n\u2019a pas de sympathie pour le personnel de la référence (ou vice versa) et conséquemment, il évite de donner la vraie image de son besoin; ou quand l\u2019usager ne fait pas confiance en la capacité du personnel de répondre à sa demande.L\u2019entrevue de référence fait ainsi intervenir de nombreux aspects non-verbaux et a donné lieu à des recherches spécifiques sur cette question.LES RECHERCHES SUR I \\ ( OMMI NK \\ I ION NON VERBALE EN ENTREVUE DE RÉFÉRENCE Nous avons identifié six auteurs qui s\u2019intéressent à la communication non-verbale en entrevue de référence.Leurs recherches traitent principalement de trois supports : le corps, les artefacts et l\u2019espace (tableau 1).Le corps Lopez-Munoz10 accorde beaucoup d\u2019importance à l'APPARENCE PHYSIQUE en général L\u2019usager se fera une opinion à partir de sa première impression.L\u2019attirance joue 64 ARGUS SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 un rôle sur la crédibilité du bibliothécaire Cet auteur nous dit également que Wiseman et Baker sont aussi d\u2019avis que l'apparence physique joue un rôle important dans la communication non-verbale et dans la transmission de messages D\u2019après Crum11, tout ce qui se dégage tie la personne physique, sa personnalité, son empathie.sa sensibilité sera senti par l\u2019usager et est susceptible de constituer une barrière La POSTURE est un élément important; elle est l 'expression extérieure de la disponibilitité Boucher1- et Lemaire1 1 s'accordent sur le fait que le bibliothécaire assis derrière son bureau, enseveli sous un amoncellement de documents, les épaules en avant, ne peut que freiner la communication Lopez-Munoz ajoute que, étant donné le caractère moins volontaire de la posture, celle-ci peut révéler tout ce que le visage ne veut pas révéler que ce soit l\u2019amitié, la supériorité, l\u2019hostilité ou simplement des conflits intérieurs.Les GESTES sont aussi très révélateurs, car ils sont coordonnés au discours, l'accompagnent ou l\u2019illustrent Gothberg14, Lopez-Munoz et Boucher soulignent leur importance.Un geste de la main peut aussi bien calmer que provoquer la tension (agitation avec un crayon).Un autre élément important dans la communication non-verbale est la TETE.On étudie d'abord ses mouvements et inclinaisons puis l\u2019expression faciale.Lopez-Munoz affirme que, dans les entretiens face-à-face et dans les relations interpersonnelles, les signes de la tête jouent un mie primoridial II s\u2019accorde avec Boucher pour reconnaître que les mouv ements de la tête sont une excellente manière de ponctuer et de renforcer le discours ; un signe de tête de A renforce la fréquence du comportement de B Boucher ajoute que l\u2019EXPRES-SION FACIALE est importance pour l\u2019approche et le progrès de l\u2019entrev ue.Lopez-Munoz soutient que les gens accordent plus d\u2019importance au visage, car c\u2019est la partie la plus expressive du corps; on peut y déceler des expressions micromomentanées de sentiments cachés Même si Gothberg souligne l\u2019importance du contact du REGARD, c\u2019est surtout Boucher et Lopez-Munoz qui expliquent son rôle.Le contact des yeux signale le commencement de la communication non-verbale Durant l'entretien, chacun regarde l\u2019autre durant des périodes de 1 à 10 secondes, soit entre 25% et 75% du temps Les veux communiquent le désir de laire ou d\u2019éviter, ils peuv ent indiquer qu un point de la discussion a été compris d\u2019où leur lien avec la communication verbale.Le regard joue un rôle dans la communication des attitudes interpersonnelles, dans l\u2019établissement des relations et sert d\u2019indice de l\u2019intérêt de l\u2019autre.C\u2019est un signal de la volonté de parler ou d\u2019écouter.Le SOURIRE a aussi une importance spéciale.Il peut aider à établir une relation de confiance.Selon Boucher, il peut également être identifié, dans toutes les cultures, à l\u2019une des six (6) émotions humaines : joie ou bonheur, surprise, peur, colère, tristesse.dégoût ou incertitude.Les artefacts Le rôle joué par le corps est nécessaire, mais il ne saurait être complet sans la présence d\u2019artefacts qui s\u2019ajoutent à l\u2019apparence physique.Lopez-Munoz nous rappelle que les recherches montrent l\u2019importance des VÊTEMENTS.Leur rôle est important parce que c\u2019est un aspect volontaire et contrôlable de la communication.Les vêtements peuvent être porteurs de messages : indiquer le statut social, l\u2019occupation, apporter de l\u2019information sur la personnalité, le goût, les tendances, etc.Mentionnons un dernier élément, lié à la communication verbale, et que plusieurs auteurs hésitent à ce titre à insérer dans le non-verbal : c\u2019est ce qui a trait au PARALINGUISTIQUE et/ou au ton de la voix.Lopez-Munoz parle du volume de la voix, de la qualité, de l\u2019accent, de l\u2019inflexion comme étant des éléments non-verbaux.Crum parle de paralin-guistique, mais plutôt en termes de jargon professionnel ou de vocabulaire techniquue, ce qui n\u2019entre plus dans la communication non-verbale.L\u2019espace Le dernier support de la communication non-verbale concerne l\u2019espace et les notions de distance physique, d\u2019orientation des personnes et de territoire.Même si Gothberg parle de proximité physique et si Taylor référé à la relation entre l\u2019usager et l\u2019organisation physique, ce sont surtout Boucher et Lopez-Munoz qui étudient ces variables.Boucher nous dit que des changements trop rapides dans l\u2019espace peuvent causer une tension chez l\u2019usager.Il considère le bureau comme une barrière physique et conseille de se déplacer derrière le bureau et de s\u2019approcher de l\u2019autre de quelques pieds dans le but de créer un peu plus d\u2019intimité et d\u2019améliorer la situation, cela dans le cas où «l\u2019usager a la même culture**16.Lopez-Munoz suit le même ordre d\u2019idée.Selon lui, le changement dans la proximité physique communique souvent le désir d\u2019initier ou de terminer la rencontre.Si le bibliothécaire envahit la limite entre l\u2019espace privé et l\u2019espace intime, l\u2019usager se sent menacé.S\u2019il est trop distant, l\u2019usager va penser qu\u2019on ne lui manifeste pas d\u2019intérêt.Ainsi, la proximité physique peut-elle marquer une attitude positive envers la personne avec qui on parle.Elle peut être complétée par l\u2019orientation du torse dans l\u2019espace (orientation vers l\u2019autre, inclinaison vers l\u2019avant, dans le siège, etc.) Mais la première question qui se pose est celle de savoir où doit avoir lieu l\u2019entrevue.Doit-elle se passer sur le territoire du bibliothécaire, dans son bureau?ou sur le territoire de l\u2019usager, dans une zone de lecture?Crum est le seul à souligner ce concept de territorialité.Il faut que la bibliothécaire soit apte à détecter le bon endroit, selon la personne, et au bon moment.Si l\u2019usger se sent gêné, intimidé, ce sera peut-être mieux dans son territoire; par contre, s\u2019il a besoin d\u2019intimité et que son besoin requiert des secrets professionnels, un bureau ou un endroit écarté sera plus indiqué.Ainsi le corps, les artefacts et l\u2019espace nous servent-ils, autant que les mots, à exprimer notre pensée, comme le résume Payatos : Most of the semantic content of face-to-face interaction is conveyed by the human body through its various channels, the rest being just complementary information or intentional communication, facilitated apart from the extensions of our organism, by the physical env ironment in a sensory way and by the cultural context.1' D\u2019autres études dépassent les manifestations extérieures observées (les supports) et explorent des notions plus abstraites.Ainsi, Smith et Fitt18 proposent-ils de lier LÉCOUTE ACTIVE à l'entrevue de référence Bien que proche de la reformulation, l\u2019écoute active suppose, en outre, que le bibliothécaire essaie de ARGUS/SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 65 déterminer ce qu est vraiment la question par l'observation de l\u2019usager et par la capacité de sentir ce qu'il ressent Par exemple, s'il v a de la frustration dans sa voix quand il dit avoir de la difficulté avec le fichier, le bibliothécaire doit s'efforcer de ne pas augmenter cette frustration et.si possible, la faire diminuer.Mais cette capacité de «sentir» l'autre demande un entraînement spé< ial le SI NSI 1 IVY I RAININi ¦ dont l'application à la bibliothéconomie a été étudié par Tibbetts1' Il s'agit ici d une méthode qui rend la personne consciente de la façon dont elle entre en relation Le bibliothécaire répond à une personne entière; en plus d'agir au niveau du contenu, il agit au niveau du «feeling».Malgré toutes les barrières, il importe qu\u2019il détecte chez l'usager l\u2019effet de ses actions.La formation doit être prise en groupe Le participant apprend à connaître son propre comportement et ses valeurs, il voit leur impact sur les autres et reçoit leur feedback.Ces expériences lui permettent d'abaisser ses mécanismes de défense et de devenir conscient de tout ce qui peut, chez les autres, communiquer quelque chose.Le bibliothécaire sort ainsi du territoire de la référence et s'ouvre, non seulement à ses clients, mais encore à ses collègues et aux autres personnes avec lesquelles il entre en interaction.Pour leur part.Lopez-Munoz et Rubacher ont étudié les RELA- riONS INTI RPE RS< INNE LLES du bibliothécaire et ont dégagé des dimensions psychologiques qui contribuent à l'efficacité de tes relations, à savoir essentiellement : la sincérité, l'empathie et le respect des droits de TABLEAU 1 l\u2019autre La communication doit s\u2019établir de façon à ce que l'usager perçoiv e ces dimensions et communique ses réactions en retour Selon ces auteurs, l\u2019atmosphère qui en résulte jx ut faire plus pour une bibliothèque que toutes les augmentations de budget ou que les installations d\u2019ordinateurs COMMENTAIRES ET CONCLUSION Notre exploration des recherches en communication non-verbale nous a d\u2019abord amenée à la constation que ces dernières sont très influencées par la psychologie et surtout par le behaviorisme.Les auteurs les plus souvent cités sont Birdwistell, Scheflen, Mehrabian.Ekman et Freisan.Boucher s\u2019inspire, par exemple, de Birdwistell21 pour qui le mouvement \\\tsupports et \\\téléments auteurs\t\\\tCORPS\t\t\t\t\t\t\t\tARTE- FACTS\t\tESPACE\t\t \tappa- rence\t\t\ttète\t\t\tgestes\t\tappa- rence nhvs\t\t\t\t \t»\tZ Jm 7 U2 I* 7 / S £\tMOUVEMENTS\te X 'ili Z 'Uà\txpressi faciale X < X\ton X X 5\tX 'U.Z 'Uà Z \u2022a*\t!/5 Z < Z\tmi X _ - / 'Oi Ui U Z -a.>\t¦Am mm y \\r.Z ! Software tor Microcomputer-Based In-House Databases- Information Technology and Libraries, vol.3, no 4 (March 1984), pp 21-34.Lawrence A.Woods, Nolan F Pope, The Librarian > Guide to Microcomputer Technology and Applications (American Society for Information Science, 1983) p 209 ANNEXE ; SOURCES D INFORMATION SLR LES LOGICIELS 1 Repertoires imprimés Ching-chih Chen, MicroUse Directory Software i MicroLse Information, 1984) p 439 Pamela Cibarrelli, Carol Tenopir, Ed Ka/lauskas.Directory of Information Management Sift ware For Libraries Information Centers, Record (.enters (Cibarrelli and Asscxiates, 1980) p 133 Helen A Gordon.Online Micro-Software Guide and Directory ]983-1984 (Online, Inc 1984) Carl Keren, Irina Sered.International Inventory of Software Packages in the Information Field (UNESCO.1983) p 605 Jeanne M Nolan.Micro Software Report Library Edition \u2014 Volume 111 1984 1965 (Meckler Publishing.1985) p 245 2\tBases de données Business Software Database ( Data Courier), interrogeable par DIALOG (File 256) DISC, produite et interrogeable par BRS Menu \u2014 The International Software Database (The International Software Database Corporation), interrogeable par DIALOG (File 232) Microcomputer Index ( Microcomputer Information Services), interrogeable par DIALOG (File 233) Online Microcomputer Software Guide and Directory (Online Inc.), interrogeable par BRS (File SOFT ) 3\tPériodiques ACCESS Microcomputers in Libraries P O Box 7b4.Oakridge, Oregon, 97463 (revue trimestrielle) Database Online Inc.The Electronic Library learned Information Inc.(revue trimestrielle) Electronic Publishing Review (The International Journal for the Transfer of Published Information \\ia Videotex and Online Media) Learned Information Inc.(revue trimestrielle) Information Processing and Management (Libraries and Information Retrieval \u2014 Systems and Communication Networks) Pergamon Press (revue bimestrielle) Information Technology and Libraries Librarv and Information Technology Association (ALA) (revue trimestrielle) Library Hi-Tech Pierian Press (revue trimestrielle) Library Softuare Renew Meckler Publishing (revue bimestrielle) Microcomputers for Information Management (An International Journal for Librarv and Information Services) Ablex Publishing Corporation Monitor Learned Information Inc Online Online, Inc, Online Renew (The International Journal of Online Information Systems) Learned Information Inc Program (Automated Library and Information Systems ) Aslib (revue trimestrielle) Small Computers in Libraries Graduate Library School, College of Education, Univ ersity of Arizona (revue mensuelle) 4\tMonographies Lawrence A Woods, Nolan F.Pope.The Librarian s Guide to Microcomputer Technology and Applications (AS1S.Knowledge Industrv Publications.1983) Microcomputers for Libraries (JERA James E Rush Associates.1984) ARGUS'SEPTEMBRE 1985/VOLUME 14 NUMERO 3 73 OrW: >\u2022* è'% f M qsr?&S3ft Vive La Difference! 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The planning, implementation and moving of a journal collection in a hospital library bv Ada M.Ducas* Thu paper is a cast study of the reorganization and move of the journal collection at the Royal Victoria Hospital in Montreal during October 1981 Three facets of the move are discussed weeding of the collection, estimation of space and the physical move Etude d\u2019un cas de reorganisation d 'une collection de périodiques entreprise à l'Hôpital Royal Victoria de Montréal en octobre 1981 Trou aspects de cette réorganisation sont discutés, soit l élagage, l Valuation de l\u2019espace disponible et le déménagement de la collection de périodiques Moving a library collection or supervising a stack shift is an experience that most librarians an* faced with sometime during their careers.Having gone through both of these experiences with success in the past five years, I will now describe the method used at the Royal Victoria Hospital (henceforth R\\ H).The RVH library is a medium-sized library of a teaching hospital at McGill University in Montreal.This paper w ill deal w ith the journal collection only.Other helpful advice will also be discussed so that the reader will gain a better understanding of what moving a medium-sized collection entails.The three facets of the move (natnely weeding the collection, space estimation and the physical move) will be discussed in detail.These three facets are all part and parcel of a successful move, since moving or shifting a collection can be cost-effective only if a review and evaluation of the collection is done simultaneous * Ada M IXi< as in a Reference Librarian at the Elizabeth Dafoe Library of the University of Manitoba in Winnipeg She formerly v*as .Assist ant Librarian at the Medical Library of the Roval Victoria Hospital in Montréal With both moves the key to success was found to be planning (1).Tentative plans were made early to allow sufficient time to accommodate the different phases of the move (figure 1).This approach is also advocated by Kurth and Grim who stated that \u201cit will be necessary to set down, even in very provisional form, a tentative plan covering the various elements\u201d.(2) The RVH planning process began approximately one year prior to the physical move.The Chief Librarian had overall supervision and direction of the move, and she was responsible for the journal use study which would serv e as the basis for weeding the journal collection.She delegated the space projections and the planning process to the Assistant Librarian Weeding The first task undertaken was to determine exactly what materials would be retained in the RVH library\u2019 collection at the time of the actual move What had to be known was which journals were being used and which journals could be considered for withdrawal or cancellation from the collection.To find the answer, a brief journal use study was conducted.The results provided data which were used to justify our recommendations and decisions in the plan we presented to the Library\u2019 Committee of the RVH hospital.There are a number of studies that deal with collection development which were consulted before starting the journal use study (3).The criteria needed to make such decisions follow.The data were broken down into two components: relevancy and usage.The questions posed to compile the relevancy data were: 1.\tHow relevant is the journal to the medical staff in your institution?2.\tIs the journal on a core list like Brandon (4), Abridged Index Medicus (5) or Moll (6)?3.\tDoes the journal support research being done in your institution?4.\tIs the journal av ailable locally and is the location close enough for fast Interlibrary Loans turnaround?(Eg.the McGill Medical and Hospital Libraries Association group of libraries are linked by a courier service which visits each institution at least once a day.This ensures prompt turnaround of journals.) ARGUS SEPTEMBRE 1985'VOLUME 14 NUMERO 3 75 At the RVH.it was found that the only way to achieve this was to measure each title individually.This opinion is shared by Roberts who stated that \u201ccomprehensive measuring involves but little more work and results in far greater accuracy than any of the sampling techniques\u201d.(8) In order to estimate for expansion, the following measurements were required: a)\ttotal number of linear inches available in the stacks presently b)\tnumber of linear inches that would be* added to the collection The usage component consisted of circulation/shelving figures which would answer the following questions: 1.\tHow often does the journal circulate?2.\tHow often is the journal consulted?(E g.ajournai such as the Medical Letter on Drugs and Therapeutics might be a low circulator because it is used as a reference source in the library.) The weighting of the relevance questions will change from institution to institution.The usage questions, however, are valid in all institutions.Both Bastille and Bourne (3) have written papers discussing their own methods of evaluating journal collections.These methods are complicated and require access to computer terminals.At the RVH.the library used the following simple low-cost method which worked very well.To determine how often a journal circulated, the shelver manually counted the number of times each journal volume was signed out in the past five years.To count the number of times a journal was consulted but not signed out, patrons were asked not to reshelve journals.The shelver was asked to keep a tally of how many times ajournai title was used.Each title that was used less than ten times was put under rev iew and on the list of potential retirements.This part of the study was done over a period of five months.When all the data were collected, a list of possible discards was made and sent to members of the Library Committee, Heads of Departments and other individuals who would be directly affected.Included with the list was (a) a cov ering letter explaining the findings and (b) a request to evaluate each title in terms of usefulness.The library wanted to involve representatives of the user population because we were interested in their ev aluations, especially for journal titles that we considered borderline (E.g.Biochimica Biophysica Acta).Also, we knew that if they took part in the decision-making process, the potential for disagreement, which would have existed had our decisions been based solely on the data gathered, would be reduced.The journal list contained the following data : 1.\tjournal title and holdings 2.\tcurrent price of the journal 3.\tresults of the library \u201cuse\u201d study 4.\tthe reason the library felt the title should be cancelled withdrawn They were asked to evaluate the journals the following way 1.\ttitle outside my field 2.\tjournal is tixj important to lx* discontinued 3.\tdiscontinue if there is no other choice 4.\tdiscontinue title A deadline was given for the responses to be returned The answers were tallied and a list of possible discards was drawn up based on these data The Chief Librarian, in cooperation with the Library Committee, made the final decisions for cancellation/withdrawal.By involving hospital staff in the decision-making process, new channels of communication were opened up This heightened general interest in the library.Bess and Love also had a similar experience and reported that \u201cfaculty participation in the ev aluation generated a great deal of interest not only in the rev iew project but in library matters generally\u201d.(7) Next, the library approached I3epartment Heads who wanted part of their departmental collections merged with the main library.The librarians examined the titles they wanted transferee! to the library and determined which items could be accommodated in the library stacks.Because stack space was limited, only the current plus five retrospective years of each title were accepted.The journal measurements were taken for the current plus five retrospective years and projected for five years of expansion.The journals were not moved into the library immediately.Titles and measurements were integrated into the library's master journal list.When the move was being planned, space was left for the departmental titles in the library-stacks in anticipation of moving the physical volumes into the collection after the completion of the move.Space Calculation Taking linear stack measurements and plotting the move on paper was initiated about three months before the physical move.Since space was at a premium, the most accurate measurements possible were taken.Because the length of the shelves ranges from 28\" to 36\" .the stacks had to be measured individually.The measurements were taken meticulously because what looked like a small discrepancy from one stack to the next (1\") totaled up to a tew years worth ot expansion for some journal titles This figure was used again when we mapped the journals onto a grid (see figure 2).The total of figures A and B, as listed below, supplied a figure which represented the number of linear inches av ailable for the current journal holdings plus expansion (C).We were then ready to plan the move of the journal collection on paper The first step was to make an alphabetical listing of the journal holdings, since the journals were shelved alphabetically.For libraries that shelve their journals by classification number, a list according to the classification number should be made.Before measuring, the journals were categorized as follows: 1 Regular Runs: journal currently-received whose holdings would remain as is.2.Closed Runs: journals that ceased publication or that were cancelled but would be kept in the library .Measurements for these titles would not change.3 Limited Runs: journals whose retention policy was current plus fifteen retrospective years Measurements for these titles would not change.Keeping the above characteristics in mind, the following measurements were taken (see listing below ): the current number of linear inches a periodi-- Ce syntagme pourra générer une série de phrases de tvpe Procédés de filature de la laine par voie pneumatique avec turbine Amélioration de la teinture du nylon par traitements avec solvants Amélioration,\t* teinture/ * nylon,\ttraitement ?,\tsolvant ?GSA\tGSB\tGSC\tGSD avec: 5.2 Problématique syntaxique Si nous avons signalé d 'abord certaines difficultés de nature sémantique, c\u2019est parce que, chronologiquement, ces problèmes étaient les premiers à être pris en charge par les langages documentaires Mais il ne faut pas se leurrer, car la syntaxe joue un rôle de première importance dans la production du sens En effet, l'absence de syntaxe dans les systèmes documentaires est génératrice de bruit.Dans le langage postcoordonné.par exemple, la combinaison de quatre descripteurs retenus lors du processus d'indexation et reliés implicitement par le ET, peut correspondre à 24 sujets différents.37 C\u2019est pour cela que l'adoption d'une procédure syntaxique plus complexe s'est avérée nécessaire.La caractéristique fondamentale de la relation svntagmatique est le fait qu'elle établit un lien entre deux concepts, dans le but de créer un syntagme.Le seul trait commun entre : agent de.instrument de, qualité de.est la particule «de»* qui symbolise la liaison.On utilise les liens pour éliminer les fausses connexions entre les concepts.Parmi les systèmes dont la description syntaxique est élaborée, on peut citer : Syntol, Satin, Vercingétorix, PRECIS.TITUS, etc Prenons à titre d'exemple les deux derniers systèmes TITUS est un système automatique multilingue très complexe.Le contenu des documents y est décrit non seulement à l\u2019aide des unités lexicales contenues dans un thésaurus quadrilingue, mais aussi par les relations syntaxiques unissant ces concepts.De plus, ces relations font partie d'un langage appelé langage documentaire canonique (L.D.C.), indispensable pour assurer une bonne traduction automatique des résumés analytiques écrits dans ce métalangage.Ce langage s'apparente aux langages naturels mais il est formalisé.Chaque phrase canonique ou standard peut se composer de 4 groupes syntagmatiques (GS) suivants : GSA (sujet), GSB (complément de nom du groupe précédent), GSC (complément d'objet), GSD (complément circonstanciel).Ces groupes s\u2019articulent autour d'une flexion dite «actant fixe** (par, pour, est, sont, n\u2019est pas.), ou «actant variable»* (dans, avec, entre, à base de.).Ainsi, le syntagme standard par.avec flexion, est présenté à l'aide du graphe suivant f38 Les signes typographiques codés indiquent la structure des unités lexicales (* article défini.complément de nom, + \u201c?pluriel, etc.) Le système PRECIS39, quant à lui, possède, en plus d'un thésaurus et d'un réseau sémantique qui s'élabore au gré des besoins terminologiques du corpus, toute une grammaire basée sur 26 opérateurs de rôles tels que : lieu, objet, action effet, agent d'une action transitive, point de vue, partie/propriété, etc.Ces opérateurs indiquent le rôle logico-sémantique des concepts les uns par rapport aux autres.L'indexation prend forme d'un chaînage de termes, précédés chacun d 'un code numérique ou alphabétique qui correspond à un opérateur de rôle.Le contenu d'un document sur la sélection du personnel enseignant à l'Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information à l\u2019Université de Montréal, sera présenté à l'aide de la chaîne suivante : 0\tUniversité de Montréal (lieu) 1\tEcole de bibliothéconomie., (objet d\u2019une action transitive) p personnel enseignant (partie du concept précédent) 2\tsélection (action) Par contre les phrases : 1)\tle chien poursuit l\u2019enfant 2)\tl\u2019enfant est poursuiv i par le chien PRÉDICAT\tAGENT donner\tJacques ont le sens identique bien que les mots y jouent des rôles différents.«Chien** est soit le sujet du v erbe ( 1 ) soit le complément d\u2019objet indirect (2) alors que «enfant» est le complément d\u2019objet direct (1 ) ou le sujet de la phrase (2).Le fait que PRECIS encode ces deux phrases à l'aide de la même chaîne : ( 1) enfant (2)\tpoursuiv re / V par les / \\V des (3)\tchien témoigne de sa capacité de formaliser certaines structures langagières.En effet, la grammaire générative trans-formationnelle de Chomsky postulait depuis longtemps, que le sens de la phrase réside dans sa structure profonde ou phrase-noyau opposées à sa ou ses structures superficielles (nous y reviendrons).On peut également mettre en relation la grammaire des deux systèmes évoqués ci-dessus, et les «cas profonds** de C.Fillmore.443 Ce dernier part du principe qu'il existe des relations de base qui peuvent se réaliser différemment, c'est-à-dire qu'une même notion peut s\u2019exprimer par divers cas.La grammaire des cas suppose que la structure sémantique de la phrase est constituée d'un prédicat lié à un ou plusieurs cas : OBJET\tBÉNÉFICIAIRE pommes\tMarie 86 ARGUS/SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 Le cas est une relation sous-jacente syntaxico-sémantique traduite en surface par des formes casuelles, l\u2019emploi de prépositions et/ou post-positions, ou encore l\u2019ordre des éléments la* cas n\u2019est pas à confondre avec la déclinaison (la possession s\u2019exprime tantôt par le génitif, tantôt par le datif etc ).La grammaire des cas serait applicable à toutes les langues.Elle peut rendre compte de l\u2019existence des «universaux du langage»*41 propres à tous les sujets parlants.Même si, dans le cas de PRECIS, le rapprochement entre la linguistique et le fondement du système n\u2019a été fait qu après la conception de ce dernier (ce qui prouve à quel point il est difficile de décloisonner les disciplines), les théories linguistiques modernes influencent bien sûr le développement des systèmes documentaires : pensons aux aspects multi et translinguistiques de PRECIS et au TITUS IV qu\u2019on pourrait utiliser dans tous les domaines des sciences humaines.Elles font parfois naître des espoirs qui, sans être faux, prennent du temps à se réaliser.Nous allons, dans les paragraphes qui suivent, expliciter davantage leurs performances et leurs faiblesses.6.Traitement automatique des langues L'indexation automatique s'inscrit, avec les statistiques linguistiques et la traduction automatique, dans le vaste champ de recherches qui portent sur le traitement automatique des langues.42 Il peut s\u2019agir des langages documentaires, des langues naturelles, des éléments linguistiques choisis, d\u2019une partie du texte ou encore du texte intégral.Le traitement automatique des langues relève des mathématiques, de l\u2019informatique et de la linguistique.Son but en documentation est de permettre l'analyse automatique des documents.C'est bien l\u2019avènement des ordinateurs qui a rendu nécessaires la rencontre et la collaboration entre les linguistes et les spéc ialistes des sciences de l\u2019information.La linguistique, science avant tout théorique, se voit transformer en linguistique appliquée.Apparaît également le concept de la linguistique mathématique ou computationnelle dont se sert l\u2019informatique.Une difficulté de taille, non résolue jusqu\u2019ici surgit : pour automatiser les processus d'analyse et de synthèse des langues il faut comprendre, dans les moindres détails, comment l\u2019être humain reçoit et transmet l\u2019information, c'est-à-dire cerner sa faculté même de penser, connaître le fonctionnement de son cerveau.Ce problème, dans toute sa complexité, est actuellement pris en charge par les recherches en intelligente artificielle.6.1 Statistique linguistique La statistique est une discipline qui s\u2019occupe de la cueillette des données quantitatives et de leur analyse pour en tirer des conclusions.On y exploite les possibilités les plus immédiates de l'ordinateur, c\u2019est-à-dire sa grande capacité de calcul.Sont quantifiables en linguistique les éléments du texte écrit, tels que les mots, leur structure et leur environnement.On dira que le mot constitue r«individu» statistique, et que la statistique étudie les propriétés numériques des «individus**.Le texte soumis au calcul statistique doit subir certaines transformations.En effet, le mot défini comme une chaîne de caractères séparés par des blancs, pose certains problèmes de calcul dans les cas de l'apostrophe («aujourd'hui** comptant pour un mot, contre deux mots pour «l'eau** ou «t\u2019en»*), des traits d'union («brise-glace** : un mot; «est-elle** : deux mots) ou encore des mots composés sans trait d\u2019union («pomme de terre** ; un mot; «avoir froid*» : deux mots).On privilégie également le masculin au détriment du féminin, le singulier au détriment du pluriel et on ramène les differents temps et formes des verbes à l'infinitif.On obtient alors une phrase lemmatisée (le joyeux dame être attrayant).Il faut aussi résoudre le problème des homographes.Par exemple le mot «ferme** peut donner lieu à trois concepts différents (nom.verbe, adjectif) et être la cause de 20% d\u2019erreurs en traduction automatique.Les études sur le caractère statistique du vocabulaire ont permis d'identifier des traits communs qu'on retrouve dans toutes les langues ; 1.\tun très petit nombre de mots constitue la majeure partie d\u2019un texte donné; 2.\tun très petit nombre de mots, convenablement choisis, couvre la plus grande partie de n\u2019importe quel texte.C\u2019est ainsi que les 1 000 premiers mots couv rent 85% de n\u2019importe quel texte.Ces constatations ont amené des chercheurs à formuler des lois statistiques dont la plus connue est celle de Zipl Si l\u2019on classe les différents mots du texte par rang (r) de fréquence (f) décroissante le produit du rang par la fréquence est.en principe, constant (c), c'est-à-dire que la fréquence d\u2019un mot est inversement proportionnelle à son rang (fr * C).En documentation, la statistique linguistique sert à extraire les mots significatifs du texte ou d'un corpus de textes, dans le but d\u2019analyser son contenu.de l'indexer ou d'établir éventuellement un v ocabulaire spéc ialisé.4* Ces recherches s'inscrivent dans le champ de la classification automatique qui cherche à savoir comment se struc ture l'information écrite, quelle est sa thématique, et quelles sont les incidences de cette structuration sur la recherche de l'information.On s\u2019appuie alors sur deux propriétés statistiques des mots : leur fréquence et leur cooccurrence ou proximité.Compte tenu de la relation entre la fréquence et la signification, on a observ é que les mots les plus employés sont des mots sémantiquement vides, mots-outils ou mots grammaticaux.Ils sont une centaire et constituent la moitié du discours.Viennent ensuite des verbes auxiliaires et des mots dont la signification est très large (homme, femme, petit, grand), suiv is de mots de signification ou mots-forts.Enfin, les hapax n'apparaissent qu'une seule fois dans un corpus étudié.Pour extraire les mots représentatifs ou les phrases qui les contiennent, il faut entrer le texte intégral dans la mémoire d'ordinateur, calculer les fréquences de mots, et éliminer, à l'aide d\u2019un anti-dictionnaire, les mots non significatifs.L\u2019efficacité de cette méthode augmente si on tient compte des synonymes, des polysémies et des relations de voisinage.La statistique linguistique a été également utilisée dans le cadre des recherches stylistiques pour cerner le vocabulaire d'une époque ou d\u2019un auteur (études synchroniques) ou son changement au cours de diverses époques ou périodes de la vie d'un auteur (études diachroniques).Elle a servi à identifier les auteurs des textes anonymes ou encore à interpréter en termes socio-historiques les «écarts** entre le vocabulaire d'un auteur et un ensemble de mots propres à l'époque donnée.D\u2019autres disciplines, telles que la psychologie, la sociologie, la neurolo- ARGUS/SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 87 gie ou la pédagogie des langues étrangères.ont aussi profité de l'étude des caractéristiques statistiques du vocabulaire.6.2 Analyse de contenu exemple de l indexation automatique Rappelons que l'indexation est l'attribution aux divers éléments des traits distinctifs qui les décrivent et les définissent, en vue de leur classification ultérieure Si l\u2019indexation automatique a, comme nous l\u2019avons déjà signalé, retenu la première l\u2019attention des spécialistes en sciences de l\u2019information, c'était à cause des défauts liés à l\u2019analyse humaine \u2014 dont la subjectivité, l'irrégularité et le manque de cohérence.Elle exploite, d\u2019autre part, les possibilités que les théories linguistiques successives ouvrent dev ant elle.Il est d\u2019ailleurs légitime de constater que la problématique de l\u2019indexation automatique est essentiellement une problématique linguistique et que les résultats obtenus dépendent de l\u2019efficacité des modèles linguistiques, ainsi que de l'apport de la statistique linguistique.6.2.1\tModèles syntaxiques Les modèles syntaxiques constituent historiquement la première approche linguistique utilisée dans le cadre de l\u2019indexation automatique.Ils sont contemporains des méthodes statistiques.Leur promoteur, Luhn.prépare en 1958 les premiers résumés automatiques qui marquent le commencement d\u2019un travail sérieux sur l\u2019indexation automatique.Les modèles syntaxiques procèdent par analyse grammaticale de chaque phrase du texte, afin d\u2019identifier les unités lexicales qui serviraient à l'indexation.Plusieurs types d\u2019analyse grammaticale ont été expérimentés.Ainsi l'analyse distributionnelle qui consiste en l\u2019examen des distributions des unités linguistiques constituant un corpus, s'appuyait sur le distributiona-lisme de Bloomfield, théorie linguistique structurale d\u2019orientation behavioriste, qui a dominé la linguistique américaine jusqu\u2019à 1950.6.2.2\tA nalyse par chaînes L'analyse par chaînes basée sur les théories de X Harris permet d\u2019identifier le syntagme central de la phrase et les adjonctions à ce centre.On y retrouve la distinction entre l\u2019énoncé minimum et son expansion Après l\u2019élimination de toutes les expansions, c\u2019est-à-dire de tout terme ou groupe de termes qu\u2019on peut extraire sans que l \u2019énoncé cesse d\u2019être un énoncé, ce qui reste est justement le centre d\u2019un énoncé ou le noyau qui serait éventuellement retenu pour indexer un document.6.2.3 A nalyse par constituants 6.2.4 Grammaire generative tran [format tonnelle On appelle grammaire générâtive une grammaire qui génère, au moyen de règles de réécriture en nombre restreint, un ensemble infini des phrases grammaticales en donnant une description de leur structure (voir le point 2).Pour résoudre le problème des am- immédiats L\u2019analyse en constituants immédiats attribue à la phrase une construction hiérarchique.Loin d\u2019être une simple combinaison linéaire d\u2019éléments, la phrase est composée des couches des constituants immédiats Chacun de ces constituants peut se décomposer en constituants plus petits et ainsi de suite.Pour représenter graphiquement ce processus, on peut se servir du système de parenthèses (parenthétisa-tion), des boîtes de Hockett, ou encore d\u2019un arbre utilisé largement par Chomsky et qui.dans la grammaire générative.porte le nom d\u2019indicateur syntagmatique.La phrase (P) est constituée du svn-tagme nominal (SN) et du syntagme verbal (SV).Le SN se compose d\u2019un ensemble de mots rattachés à un nom (le déterminant : le.l\u2019adjectif petit, et le nom : garçon).Le SV contient les mots reliés à un verbe (V : regarder).Pour le verbe ou indique sa racine (RV) et le temps (T).mguites g ai acnete la maison a ma mère).Chomskv ajoute aux règles de réécriture, les règles transformation-nelles et introduit le concept des structures profondes et superficielles qu\u2019on retrouv e dans toute phrase réalisée La structure de surface est l\u2019organisation syntaxique de la phrase telle qu elle se présente, tandis que la structure profonde est l\u2019organisation de cette phrase à un niveau plus abstrait, générée par les seules règles de base (composante catégorielle et lexique).Les règles de transformation transforment des indicateurs syn-tagrnatiques (marqueurs) en d\u2019autres arborescences, par déplacement ou permutation, substitution et addition.Les transformations convertissent les structures profondes de base en structures de surface soumises à la composante phonologique et phonétique.Ainsi naît la grammaire générative transformationnelle.Notons qu\u2019une grammaire générative n\u2019est pas nécessairement transformationnelle Elle explique les processus par lesquels une garçon regard- chat Cette arborescence se décrit à l aide des règles suivantes (où la flèche est un symbole de réécriture) : P \t\t\t?SN SV SN \t\t \tf Dét Ad} N ( SV \t\t\t?V SN V \t\t\t?R (V) T 88 ARGUS'SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 A PHRANK N< >MIN \\I ARIICI.F NOM COPULE ADJECTIF s N \\ I AG MF NOM IN AI VERBF SYNTAGME N( )MINA1 N< )M NOM U* fait que quelqu'un critique Chomsky est injustifié PHRASE VERBE PR EDIT AI ARTICEF NOM COPULE ADJECTIF VERBE SYNTAGME NOMINAL N< )M NOM quelqu un critique Figure 5.L'exemple des structures profondes de la phrase : «La critique de Chomsky est injustifiée » même «phrase-noyau» peut se formuler de multiples façons.Klle permet l\u2019inverse : ramener des formulations diverses à une même «phrase-noyau».L'exemple largement cité que nous reproduisons ici, montre de quelle façon la phrase ambiguë «La critique de Chomsky est injustifiée» se traduit en deux structures profondes, qui renvoient chacune à une signification différente.Même si nous traitons du modèle chomskien à propos de l\u2019indexation automatique, il va sans dire que les principes de sa tentative visant à construire une théorie générale formalisée de la structure linguistique, donnent lieu à un traitement automatique au sens large du terme.Les résultats obtenus, suite à l\u2019application des méthodes purement syntaxiques en indexation automatique, ont été peu satisfaisants : l\u2019ordinateur fournissait plusieurs analyses de phrases et il était incapable d\u2019en identifier la bonne Pour améliorer ses performances, on essaie d'introduire des données sémantiques ou encore de recourir à un mélange de plusieurs méthodes : syntaxique, sémantique et statistique.6.2.5 Modèles mixtes Le modèle sémantique n'implique pas de traitement syntaxique de la phrase.Pour identifier les mots significatifs d\u2019un texte, l\u2019ordinateur extrait les «mots-vides» par filtrage, au moyen de la liste préétablie appelée «anti-dictionnaire».Il élimine également les synonymes et les polysémies en se servant d\u2019un dictionnaire de synonymes construit manuellement et qui ressemble, dans certains de ses aspects, au thésaurus.Ensuite, aux mots qui restent après l\u2019opération de normalisation, on attribue un poids qui précise leur importance dans le texte.La syntaxe in- ternent parfois à la fin de ce processus.Il s'agit de trouver les relations entre les concepts ainsi repérés Les tentatives plus récentes portent sur l\u2019indexation automatique du texte intégral.Tel est le cas de Piafdoc (Programmes interactifs d'analyse du français) qui repose sur un analyseur morphologique.Ce dernier s'appuie sur le fonctionnement simultané d'un dictionnaire et d\u2019une grammaire.On voit que le recours à la sémantique est ici assez embryonnaire, ce qui rend urgent et essentiel le développement des recherches dans ce domaine.6.3 Grammaire sémantique Rappelons que Chomsky n'a jamais abandonné le postulat du caractère central de la syntaxe.Voulant intégrer dans la grammaire générative les unités lexicales.Katz et Fodor formalisent le processus svntaxico-sémantique en insistant sur la notion du dictionnaire.Le dictionnaire, dans leur théorie, a une double fonction.Il attribue à chaque unité lexicale une définition, et détermine les possibilités d\u2019insertion des unités lexicales dans une structure syntaxique donnée.En effet, les restrictions sélectives (oiseau-animé-rnatériel) précisent les conditions nécessaires d\u2019une combinaison sémantique acceptable entre unités lexicales.On est alors en présence de la grammaire sémantique ou de la sémantique interprétative, qui s'inscrit directement dans le cadre du modèle génératif transformationnel.6.4 Sémantique generative ou logique naturelle Il faut attendre les trav aux de Lakoff44 et de McCawley pour déconstruire l'édifice de la grammaire de Chomsky.La sémantique générative, appelée aussi la syntaxe sémantique, la grammaire naturelle ou la logique naturelle, relie la forme grammaticale et la forme logique des phrases.Elle s'occupe du rapport qui unit la logique à la signification.La logique naturelle sur laquelle s\u2019appuie la sémantique générative tend à expliquer sans ambiguïté tous les concepts exprimables dans le langage naturel.Dans ce sens, son but se confond intimement avec les objectifs de l'analyse automatique du discours.Cependant, la sémantique reste un des domaines les plus ambigus et les plus difficiles de la linguistique.ARGUSSEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 89 7.Traduction automatique ou traduction assistée par ordinateur Dans U* monde d'aujourd\u2019hui, qui est celui de l\u2019explosion vertigineuse de l\u2019iniormation et du développement de la coopération internationale, la traduction automatique est devenue une nécessité.Le Canada, à cause du bilinguisme, le Japon pour des raisons économiques, l\u2019Union soviétique et les Etats-Unis, entre autres, s'intéressent à la traduction automatique, et le fonctionnement des Communautés européennes serait compromis sans elle 4 On comprendra facilement, dans ce contexte, l\u2019importance de la traduction automatique en documentation.D'une part, la diffusion massive et de plus en plus accessible des bases de données, permet d\u2019éviter et la duplication des fichiers et celle de l'analyse.D\u2019autre part, la traduction automatique, même imparfaite, ne serait-ce que des mots-clés ou des résumés analytiques seuls, constitue pour les chercheurs un moyen rapide de choisir les textes essentiels pour leurs investigations.7 1 Bref historique L\u2019idée d'utiliser la machine à des fins de traduction naît en 1933 avec les travaux du russe Trojanski.L\u2019avènement des premiers ordinateurs, et plus tard le lancement du Spoutnik font de la traduction automatique le thème central de recherche surtout aux Etats-Unis où environ 20 millions de dollars y sont investis.Mais vu la faiblesse des théories du langage et la méconnaissance des capacités des ordinateurs à cette époque, les résultats de ces recherches sont décevants et la publication, en 1964, du rapport du comité américain chargé de se prononcer sur la validité de la traduction automatique (Automatic Language Processing Advisory Committee) porte gravement atteinte à l'essor de cette dernière.Dès lors, les recherches se dirigent vers la linguistique appliquée et l'intelligence artificielle.Le formalisme de Chomsky, la grammaire de cas de C.Fillmore, l'expérimentation par T Winograd d'un système de compréhension du langage qui tient compte du monde extra-linguistique, apportent une contribution considérable aux investigations dans ce domaine.A Grenoble, le groupe d'études pour la traduction automatique met au point le système ARIANE 78 En 1976, SYSTRAN, l'un des premiers svstèmes américains est introduit au Luxembourg où le projet EUROTRA a été lam é depuis trois ans Son objet -tif est d'aboutir à l\u2019élaboration d'un système de traduction automatique en sept langues utilisées par les pays membres de la Communauté européenne Ci race aux efforts du groupe de recherches en traduction automatique de F Université de Montréal, le Canada s'est doté de TAL M METEO4* qui.depuis 1977.assure la traduction des bulletins météorologiques de l'anglais vers le français Ce système est rentable, opérationnel et performant.Il est le seul à fonctionner vingt-quatre heures par jour.Il traduit 8 millions de mots par an, ce qui constitue une première mondiale Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'un système à vocabulaire très restreint (environ 1 500 mots dont 700 noms géographiques), possédant une syntaxe extrêmement comprimée du stvle télégraphique et un univers sémantique très simple 7 2 Principales approches de la traduction automatique Deux approches sont pratiquées à l'heure actuelle La première approche.qui pourrait être appelée syntaxique.privilégie le modèle à trois niv eaux.Le texte en langue source est soumis à l'analyse syntaxique qui produit des structures des phrases en arborescence.Il s'agit d'une représentation formelle du texte dont le but est de découv rir les relations entre les mots et de les expliciter.L'identification des groupes sujet, verbe, complément, etc.permet de lever les ambiguïtés lexicales et structurales.Le mot anglais «flight»* par exemple, peut être un verbe, un nom ou un adjectif.La phrase «time flies like an arrow- pourrait être traduite littéralement par un non-sens du type «minuter les mouches comme une flèche».La composante d\u2019analyse se subdivise en quatre sous-phases : le prétraitement, l'analyse morphologique, la consultation du dictionnaire d'ana-Ivse unilingue et l'analyse svntaxico-sémantique.La structure syntaxico-sémantique de la phrase ainsi obtenue est ensuite manipulée par une grammaire de transfert composée du dictionnaire bilingue ou dictionnaire de transfert et du transfert lexico-structural proprement dit.A cette étape, la représentation formelle du texte en langue source est modifiée de façon à la rendre compatible avec les exigences de la langue cible.On choisit les équivalents pour les mots et on règle les contrastes dans l\u2019emploi de certaines constructions (temps grammaticaux, accords, etc.) Vient ensuite la composante de synthèse, qui produit un texte lisible en langue de sortie.Elle consiste en une génération syntaxique et morphologique du texte, à laquelle s'ajoute l\u2019étape de post-traitement 4 La deuxième approche basée sur la sémantique s'intéresse beaucoup moins à la problématique syntaxique des phrases Elle explore l'univers conceptuel du texte et opère surtout dans le cadre des trav aux sur la compréhension du langage en intelligence artificielle menés par R Schank et Y YVilks Les phrases de la langue source sont d\u2019abord présentées sous forme de schémas de dépendance conceptuelle.On exploite également l\u2019utilisation de scripts.En deuxième lieu, on génère le texte dans la langue de sortie en se servant des réseaux de discrimination chaque fois qu'un choix entre plusieurs TRANSFERT représentation formelle L.C.représentation formelle L.S.texte en langue source texte en langue cible Figure 6 Modèle de la traduction automatique à trois étapes 90 ARGUS SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 sens du mot s'impose Expliquons, pour plus de clarté, la signification des notions telles que la dépendance conceptuelle et le script L'essentiel de la théorie de la dépendance conceptuelle développée par R Schank4H se résume en trois points : a)\tdeux phrases dont la signification est équivalente devraient, en dépit des différences structurales ou des langues employées, avoir la même représentation interne; b)\tles informations implicites véhiculées par les phrases peuvent faire partie de la signification de la phrase Ainsi «Jean a accepté de partir»», laisse entrendre que quelqu\u2019un lui a demandé de s\u2019en aller, ou «Pierre a cessé de fumer»* présuppose que Pierre a fumé Ici l\u2019accent est mis sur le contexte dans lequel on communique et on exploite les notions élaborées par la logique naturelle; c)\tl\u2019existence d\u2019une quinzaine de primitives qui constituent une sorte de moule de sens fondamental où viennent se couler toutes les actions possibles INGERER sera une primitive de «boire»*, «avaler»*, «manger**, «bouffer**, etc «Imaginer**, «déduire**, «décider»*, «conclure** appartiennent à une primitive qui indique une construction mentale de nouvelles informations à partir d\u2019anciennes.Cette théorie a pour but de montrer les relations sémantiques entre les différents concepts qui interviennent.Elle devient plus complète si on y ajoute la notion de script49 c\u2019est-à-dire d'une suite normalisée d\u2019événements propres à certaines situations telles que jouer au tennis, aller au cinéma, etc.Les sujets décrivent l\u2019univers conceptuel souvent sous-jacent et extralinguistique d\u2019une situation donnée qu\u2019il faut connaître, pour pouvoir comprendre l\u2019enchaînement des différents épisodes d'une histoire.Ainsi le script «aller au restaurant** fournit les renseignements concernant les accessoires (tables, menu, plats.) les rôles (client, serveur), les conditions d\u2019entrée (client a faim), et le résultat (client a moins d'argent mais il n\u2019a plus faim).Dans la même ligne de recherche, on peut mentionner le système de traduction automatique de l\u2019anglais au français élaboré par YVilks50 et basé sur la sémantique préférentielle.Cette dernière postule qu\u2019un mot attire d\u2019autres mots, qui peuvent lui être adjoints.Le verbe «boire**, par exemple, «préfère** avoir un sujet animé et un objet liquide Cette préférence, loin d'être obligatoire.oriente l\u2019analyseur dans sa reconnaissance de la fonction exacte des mots d\u2019une phrase.Ce système donne de bons résultats à conditions d\u2019être appliqué à de petits paragraphes ne dépassant pas 600 sens de mots élémentaires.7.3 Vers la troisième génération des systèmes de traduction automatique Les systèmes élaborés avant 1970 appartiennent à la 1*\" génération.Ils ne possèdent pas de modèle linguistique clairement établi, emploient souvent l\u2019approche mot-à-mot, et n\u2019existent que pour une paire de langues données.Ce sont les systèmes dits directs, car la traduction s\u2019effectue directement de la langue source à la langue cible, sans passer par aucun intermédiaire.Ces systèmes ignorent l\u2019analyse sémantique et l\u2019analyse syntaxique qu\u2019ils appliquent est inadéquate.Il est difficile d\u2019en améliorer la qualité de traduction.Dans les systèmes de la 2cmr génération, c'est-à-dire dans la majorité des systèmes actuels, les logiciels et les données linguistiques sont nettement séparés.Cela permet de modifier, s\u2019il y a lieu, la partie linguistique du système.L\u2019existence d\u2019un palier intermédiaire entre la langue initiale et la langue finale est propre à ces systèmes.Il peut prendre la forme d\u2019un transfert ou d\u2019un langage artificiel appelé langage pivot.Ce dernier, libre des contraintes morphologiques et syntaxiques des langues naturelles, comprendrait la somme de toutes les caractéristiques de nature linguistique qui peuvent être incompatibles d\u2019une langue à l\u2019autre.Des résultats pratiques satisfaisants dans le domaine du langage pivot restent encore à obtenir.Finalement, les systèmes de la 3*mr génération doivent lancer un défi aux éléments sémantiques du contexte, qui constituent la pierre d\u2019achoppement des systèmes actuels Ils doivent également s\u2019attaquer aux problèmes mis à jour par la linguistique comparative.Comment, par exemple, traduire du japonais au français si celui-là ne connaît pas d'articles et ne distingue pas le pluriel du singulier?Il est d\u2019ailleurs nécessaire que les difficultés de ce type soient d\u2019abord expliquées par les théories du langage, ce qui n\u2019est pas encore le cas, pour être ensuite comprises et traitées par les machines.Cependant les Japonais préparent actuellement un système dit «guidé par le lexique»» qui s\u2019insère dans le projet d\u2019ordinateurs de la 5i\u2018mr génération.Il sera, croit-on, le premier des systèmes de traduction automatique, appartenant à la 3èmurnai >t Librarian ship vol 4.no 4 (July 1972).pp 157-187 18\tMaurice Coyaud.N Slot-Detau ville./.analyse automatique des documents (La Have.M ou ton, 1967 ) et Linguistique et documentation Les annulations logiques du discours (Paris, I.arousse.1972).17 4 p 19\tR ( Cros, J ( f jardin, R Lév \\ Auto matisation des recherches documentaires l n modèle general le Syntoi.(Paris.1*468) 20\tN Bék et al Procedures d analyse sémantique appliquées a la documentation scientifique (Paris.Dauthier Yillars.1970) 21\tCh M »ntgomerv.Linguistic and Infor mation science», journal of the American Society for Information Science vol 22, no 2\t( 1972), pp 195-219 22\tH Borko, Automated language processing \\rvs Yc»rk.1*467 i 23\tCi Salton.Automatic information organization and retneiai (New Yur la fondation d une bibliothe que publique Les responsables de cette bibliothèque.destinée à l\u2019usage de la population majoritairement < anadienne-française et catholique.exprima«ent l'intention d'exclure du bureau de censure toute présence cléricale En somme la question de la censure était à l\u2019origine du conflit Voir à ce sujet l\u2019excellente étude de Marcel L-ajrunesse, Les Sulpuim et la i te c ulturelle a Montreal au XIXe siecle (Montréal.Fides.1982), 280 p (En particulier les pages 200 à 203) 13\tLettre encyclique Pax Domtnui Gregis in Actes de S S Pie X, tome 3.(Paris.Maison de la bonne presse [s d ].pp 85-177 14\tActa et décréta Concütt plenant Quebec en sis primi {Quebec i.L'Action sociale limitée, 1912), pp 291-297 15\t«Les lectures».La Semaine religieuse de Quebec [Désc >rmais, cet ouvrage sera cité par cet acronyme SRQ vol XXX n 12, 22 novembre 1917, p 189 16\tBenoît XV.Motu propno bonum sane 25 juillet 1920.cité par Mgr L -A Paquet.-Allocution de Mgr L -A Paquet».SRQ, vol XXXIV.n\" 10.3 novembre 1921.p 158 1 7 Constitutions synodales du diocese de Montreal publiées et promulguées par Mgr Georges Gauthier, (Montréal.Archevêché de Montréal, 1938), articles 335, 337 18\tDiscipline dune aine publier par l autorité de S Em le cardinal Villeneuve, o m i , 3e éd refondue selon le code de droit canonique.(Québec .L Action Catholique.1937), 67b p 19\tOutre le roman de J -C Harvey, les demi civilises, et l.Ordre, le cardinal Villeneuve interdit le fascicule mensuel Vie et liberté SRQ.vol XLVII, i»° 11.\t15 novembre 1934 II défend également le Picture Xeus.publication jugée scandaleuse l e vol XLVII, n° 42.20\tjuin 1935, p 659 Et il émet deux communications -Contre le sensationnalisme», l.c .vol XLIX.n' 49, 4 août 1937.pp 770-771.«Revues et magazines indécents» l.c.n°5l, 19\taoût 1937, pp 802-803 20\tMgr Villeneuve au clergé de son diocèse.31 décembre 1940.MEQ, vol XVI, p 227 21\tGérard Lemieux, -Pour une lutte plus effi- cace contre la littérature obscène \u2022 SRQ, vol LXVIII.n\" 22,\t26 janvier 1956 pp 345-347 22\tMgr Léger au clergé de son diocèse 13 octobre 1951, MEM, vol XXII, p 626 23\t\u2022Instruments communuatwnis sociaLs (Inter Minfua)»\tmoyens de communication sociale- dans Concile œcuménique Vatican II constitutions decrets declarations (Paris, Editions du Centurion.1967).pp 651-668 Voir en particulier p 657 n° 7, p 658 n\" 9.p 662 n° 14 24\tPour une discussion détaillée des événements entourant le phénomène de la censure, voir notre mémoire de maîtrise en bibliothéconomie.Le monde de l imprime et t Eglise au Quebec.Montréal, Université de Montréal, 1983) 138 p 100 ARGUS-SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 XIVe congrès annuel de l\u2019Association des archivistes du Québec Compte rendu par Carol Couture* L\u2019Association des archivistes du Québec, qui regroupe plus de 5(H) membres oeuvrant dans le domaine de larchivistique au Québec et ailleurs, a tenu son XIVe Congrès annuel les 14.15, 16 et 17 mai 1985, à Montréal, à 1*Hôtel Régence Hyatt.Le thème du Congrès La gestion des archives au coeur des nécessites administratives, technologiques et culturelles reflète clairement la volonté qu'a l'Association de voir s\u2019intégrer l archivistique à notre société contemporaine.Tel que l'a déclaré la présidente de l'Association, madame Ginette Noël, « après de nombreuses années de recherche et de réflexion, l'archiviste québécois a trouvé son identité propre et n'en est pas peu fier.»».11 faut noter que la mise en place de la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels et de la Loi sur les archives sont pour beaucoup dans l\u2019émergence d'une archivis-tique propre au milieu administratif québécois et que ces éléments tissent lentement mais sûrement une toile de fond en ce domaine.Naturellement, les activités que 1'Assoc iation organise tout au long de l\u2019année et, tout particulièrement, son congrès annuel sont des occasions rêv ées pour les spécialistes de * C arol Couture est directeur des Archives de ri niversité de Montréal et est professeur aiçrt'é a I Ft oie de bibliothéconomie et des s* lemes de rinlormafion de la même institution.l\u2019archiv istique de jeter sur ce canev as les bases d\u2019une discipline qu ils sont à établir.Au programme de ce Congrès qui, pour la première fois, occupait trois journées complètes, des activités professionnelles portant sur des thèmes purement arc hiv astiques, des activités d\u2019intérêt plus général, des événements spéc iaux tel que remise de prix et des visites de kiosques à c aractère commercial, le tout assaisonné de périodes contrées à l\u2019administration de l \u2019Association Il importe aussi d\u2019insister sur la présence de plusieurs intervenants de marque représentant divers pays soit l\u2019Allemagne, les Ftats-L nis, la France, les Pays-Bas et le Sénégal.Les ateliers touchant plus spécifiquement larchivistique ont porté sur des sujets tels que les services éducatifs et d\u2019animation d\u2019archives au Québec et en France; les archives et l\u2019administration; les calendriers de conservation; les nouvelles technologies; les archives de la raciio de langue française au Canada; les normes de description en archiv istique; urgence-archiv es (plan de traitement et politique de conservation); le droit à la v ie priv ée et le droit du public à l\u2019information; le traitement et l\u2019exploitation des archives photographiques aux Archives nationales du Québec; l\u2019utilisation des archives dans les causes de béatification et de canonisation et le traitement du fonds d archives de 1 Association générale des étudiants de F Univ ersité de Montréal (A.G.K l .M.).Le Congrès fut marqué aussi par des conférences particulièrement intéressantes portant sur la science et la technologie au Québec (Maurice L\u2019Abbé, Président du Conseil de la sc ience et de la technologie.Gouv ernement ciu Québec ) et sur le «Management Information : and Interdisciplinary Approach» (William Benedon.CRM).Il faut noter aussi la description des plus prenantes que Son Excellence l\u2019Honorable Maurice Sauvé fit de l\u2019acquisition et de la restauration de sa propriété de Saint-Charles-sur-le-Ric helieu ainsi que la présentation que fit monsieur Jean-Pierre W allot, archiviste fédéral, sur les objectifs qu \u2019il s\u2019est fixés au début de son mandat.Il y eut enfin remise d une bourse d\u2019études (1 000 S) par l\u2019A.A.Q.pour la réalisation d\u2019une recherche en archivist ique.La bourse fut attribuée à une étudiante de l\u2019Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal.Mlle Chantal Filion, qui prépare un mémoire de maîtrise portant sur le traitement qui est réservé aux archives dans le milieu professionnel de la région de Montréal.ARGUS'SEPTEMBRE 1985*VOLUME 14 NUMERO3 101 En commençant par soi-même par Roger I).Landry* La politique de gestion des ressources humaines à La Presse vise à mettre à projit le talent de tous les membres et à susciter leur fierté envers l entreprise Le respect des collaborateurs, une bonne circulation de l'information et l exemple des dirigeants représentent les principes qui favorisent la négociation dans l \u2019harmonie, plutôt que l affrontement.Human resources management at La Presse takes account of every employee s skills and aims at bringing out everyone's pride in his fob Consideration for fellou -workers and efficient communications, with the managers setting the example, are propitious to smooth collective bargaining Introduction Je suis heureux de me retrouver parmi des gens qui, comme vous, ont la fierté de leur profession et le démontrent clairement en se réunissant chaque année pour discuter ensemble des moyens d\u2019améliorer leurs services à la communauté.Vous avez d'ailleurs raison d\u2019être fiers de ce que vous êtes et de ce que vous laites.C\u2019est grâce à vous que les chercheurs, les historiens, les intellectuels et les étudiants ont accès à des richesses documentaires qui, autrement, auraient de grandes chances de s'entasser dans des sous-sols ou sur des tablettes que la poussière aurait vite fait de recouvrir.Vous êtes, pour des milliers des vôtres, des guides non seulement précieux mais, dans bien des cas.indispensables.Je suis heureux aussi de me trouver parmi vous, parce que le thème que vous avez choisi pour votre congrès : «NOS RESSOURCES HUMAINES, LA CLÉ D\u2019UN BON SERVICE» traduit une philosophie qui m'est chère depuis longtemps.J ai appris par l\u2019expérience, en effet, que.dans quelque entreprise que ce soit, le facteur humain est celui qui compte le plus quand il s'agit de réussite A fortiori cela vaut-il quand l'entreprise dont il s'agit est une entreprise de service.Un personnel démoralisé, un * Roger I) Landry est président et éditeur de La Presse personnel qui a l'impression d\u2019être mal apprécié, d\u2019être étranger dans su propre maison, ne fournira jamais qu'un rendement médiocre, quelle que soit, par ailleurs, sa compétence professionnelle.Il importe donc, au plus haut point, de se doter face au personnel de règles de conduite qui soient intégrées à une politique globale de gestion et qui visent, avant tout, à tirer profit au maximum des talents de tous les membres de l\u2019équipe.Et je propose dès le départ qu'une telle politique comporte au moins les trois points suivants 1 le respect des collaborateurs, 2.une bonne circulation de l'information, et 3.l\u2019exemple qui doit venir d en-haut.C\u2019est ce dernier point, vous vous en doutez bien qui m'a inspiré pour le titre de mon exposé, dont l'ensemble, de toute façon, reflète particulièrement mon expérience à LA PRESSE.et qui s\u2019adresse d\u2019abord à ceux qui sont en position d\u2019autorité.Le respect des collaborateurs Tout d\u2019abord, il faut se dire qu\u2019un directeur n'a pas à être bête ou dénué de tout sens humain.Son succès ne se mesurera jamais au nombre d\u2019existences qu\u2019il aura détruites, ni au nombre d\u2019ulcères qu'il aura provoqués.Il se mesurera essentiellement à la discipline qu'il se sera imposée, à l\u2019épanouissement que pourront atteindre ses collaborateurs et à l\u2019harmonie que son sens de la justice et de l'équité aura fait régner de haut en bas de l\u2019entre- prise.Ce qu\u2019il doit comprendre, c\u2019est que la responsabilité de l'administrateur d\u2019aujourd\u2019hui est à la fois personnelle et globale, individuelle et collective.Le direc teur doit être avant tout un animateur, une personne capable d'amener les autres à se dépasser, voire de se préparer d\u2019éventuels successeurs.Une première façon de respecter ses subalternes c'est de s'intéresser à ce qu ils font, tant au sein de l\u2019entreprise qu'à l\u2019extérieur, et de maintenir des contacts personnels avec chacun d eux dans toute la mesure du possible.Ces employés ne sont pas de simples pions sur un échiquier, mais des collaborateurs Chacun aspire normalement à être apprécié selon son mérite, à être critiqué, évidemment, s\u2019il commet des impairs, mais aussi à être louangé.s'il réalise une performance au-dessus de l\u2019ordinaire Une poignée de main, une parole, un moment d\u2019écoute de la part du grand patron ou des cadres supérieurs personnaliseront, par exemple, des rapports qui ne peuvent qu\u2019en bénéficier.Personnellement, je me suis toujours fait un devoir de ne pas lésiner sur les heures consacrées aux contacts avec les employés des différents services.Je n\u2019ai pas peur de serrer des mains et je m\u2019efforce d\u2019être le moins lointain possible.Mais je reviens à l'appréciation du travail des employés.Je m'inspirerai ici d\u2019une étude de 1\u2018Americ an Press Institute qui, assez récemment, énonçait 102 ARGUS'SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO 3 une série de suggestions sur la façon de remonter le moral d \u2019une salle de rédai * tion Certaines de ces suggestions sont sûrement valables dans n importe quel milieu.Far exemple, l 'étude recommandait de formuler les critiques en privé et de ne pas trop souligner les petites erreurs.C'est évidemment à retenir, à moins que la conv ention collective ne prévoie qu\u2019une copie doit être remise au syndicat Par contre, on retiendra sûrement sans réserve la suggestion voulant que les félicitations, lorsqu\u2019il y a lieu, soient, elles, publiques.Et quand y a-t-il lieu de féliciter, selon l\u2019étude de l\u2019American Press Institute?Pas trop fréquemment, mais chaque fois qu\u2019un employé ou un groupe d\u2019employés vont au-delà de ce qu\u2019on est en droit de s\u2019attendre d\u2019eux.Cela peut se faire, par exemple, à l\u2019aide de notes d\u2019appréciation épinglées au babillard.Dans ce même contexte, on se fera aussi un devoir de transmettre aux intéressés des félicitations reçues de clients qui prennent la peine de téléphoner ou d'écrire pour dire combien ils ont apprécié les services reçus.Une autre façon de montrer son estime pour ses collaborateurs est, notamment, de trouver le moyen de s'associer aux moments particulièrement heureux ou malheureux de leur existence; c\u2019est aussi d\u2019avoir un bon mot pour les réussites personnelles de ceux-ci en dehors du trav ail (élection à la présidence d'un organisme de charité, scores exceptionnels au golf, abandon de la cigarette, actes d\u2019héroïsme, etc.).Tout cela, pour cimenter des liens, faire comprendre à tous qu\u2019ils sont importants, qu\u2019ils sont au coeur de l\u2019entreprise, que dis-je, qu\u2019ils sont l\u2019entreprise.Fit l\u2019étude de P American Press Institute ajoute, avec beaucoup d\u2019à-propos : «Arrêtez-vous parfois au bureau d\u2019un ou l\u2019autre de vos subalternes.Ne les forcez pas toujours à se déplacer pour venir au vôtre.Enfin, souriez plus souvent que vous ne le laites présentement.» Dans le même ordre d\u2019idées, le respect de ses collaborateurs implique encore le souci qu\u2019on doit avoir pour leur bien-être physique ou moral.Comment un tel souci peut-il se traduire dans le concret?Quelques suggestions : pensons à la propreté des lieux de travail, par exemple, à leur éclairage, à leur aération.Pensons aussi à des lieux mieux divisés, selon des aires qui permettent une certaine intimité, à des lieux bien décorés, à des oasis de repos si possible, etc La liste pourrait s\u2019allonger II suffit de laire appel à son imagination et de se demander de quelles attentions on aimerait être l\u2019objet si.au lieu d\u2019être patron, on était simple employé.Comme je l\u2019ai laissé entendre plus haut, j\u2019ai essayé de m\u2019inspirer de cette philosophie à LA PRESSE.Nous avons, par exemple, notre bulletin interne qui paraît périodiquement et dans lequel nous soulignons aussi bien les nouvelles politiques du journal, que les mutations, les promotions, les mises à la retraite de nos employés, ainsi que les prix ou trophées que leur travail a pu leur mériter.Nous avons aussi comme politique d\u2019organiser de petites fêtes pour souligner les réussites particulières, de doubler le montant des prix que nos employés remportent, cJ\u2019encadrer leurs portraits et de les placer en des endroits bien en v ue de la maison.Au plan du bien-être physique et moral de nos employés, nous avons inv esti des sommes considérables pour améliorer l\u2019aération, la climatisation, l\u2019éclairage et l\u2019aménagement des lieux.Nous avons, notamment, fait un large usage de plantes comme ornements ou décorations.Il y a deux ans, nous avons même procédé au ravalement de notre ancien édifice de la rue Saint-Jacques.Fit, l\u2019an passé, nous avons inauguré une terrasse de 1200 pieds carrés sur le toit de notre édifice, terrasse où les employés peuvent, en été, bénéficier des rayons du soleil tout en y prenant leur lunch comme s\u2019ils étaient en pique-nique.Enfin, encore l\u2019an passé, nous avons transformé un étage complet d\u2019un édifice adjacent qui nous appartient, rue Saint-Antoine, en centre de conditionnement physique, avec douches et piste de jogging.Une bonne circulation d\u2019information J\u2019en arrive à mon deuxième point : l\u2019importance d\u2019une bonne circulation de l\u2019information à l\u2019intérieur de l\u2019entreprise si l\u2019on veut que tout le monde se sente motivé à donner son plein rendement Il y a quelques années, un slogan publicitaire souvent entendu à la télévision disait : ON EST SIX MILLIONS FAUT SE PARLER Ce slogan devrait toujours trouver son application dans l\u2019entreprise.Bien des malaises, susceptibles de dégénérer en de rudes affrontements, pourraient être évités si l\u2019on se parlait, si l\u2019on n\u2019attendait pas pour le faire que les esprits se soient échauffés au point de ne plus pouvoir entendre raison.La mauvaise humeur, la morosité des employés peut avoir évidemment diverses causes.Mais Lune des principales causes, sinon la principale, réside souvent dans l\u2019ignorance des objectifs ou des politiques de l\u2019entreprise.Cette ignorance permet l\u2019éclosion des rumeurs parfois les plus fantaisistes et, surtout, constitue un terrain de prédilection pour des agitateurs en puissance.L\u2019entreprise a donc toujours intérêt à donner l\u2019heure juste à ceux qui sont à son serv ice Par heure juste, j\u2019entends l\u2019information la plus complète possible sur ses disponibilités financières, sur ses perspectives d\u2019avenir, sur ses projets à l\u2019étude, etc.Il est assez facile de comprendre qu\u2019un employé n\u2019appréciera guère apprendre de l \u2019extérieur ce qui se passe ou se trame chez lui.Il aura alors l\u2019impression de ne pas faire partie vraiment de l\u2019entreprise.Et comment pourrait-on lui reprocher cette impression?Quand je parle d\u2019information, je n\u2019entends pas, toutefois, uniquement celle qui va de la haute direction à la base.J\u2019entends aussi celle que la base aimerait bien faire parvenir à la direction.Une entreprise à l\u2019écoute de son personnel peut év iter bien des erreurs qui choquent inutilement ceux qui en sont les victimes.En réalité, comme vous le voyez, il s\u2019agit, en somme, d\u2019un dialogue qui est parole et écoute, échange de vues et consultation.La haute direction n\u2019a pas le monopole des idées ou des solutions.Celle-ci peut être agréablement surprise, à l\u2019occasion, de se faire offrir des suggestions qui lui permettent d\u2019améliorer les projets qu elle avait en tête, ou de minimiser les mauvais effets de décisions qui s'imposent.Ce dialogue doit être constant, et dénué autant que possible de formalisme ou légalisme.Bien sûr, on ne peut éviter, dans la négociation ou la discussion de certains griefs, de faire appel à des spécialistes du droit du travail.Mais il faut év iter à tout prix que ceux-ci prennent trop de place.Devant des choses dites simplement, dans le langage de tous les jours, les employés en concluront naturellement qu'on ne cherche pas à user de ruse, à leur passer un sapin.Tout ce qui peut apparaître comme marque de méfiance n\u2019a pas sa place quand on traite avec des collaborateurs.J\u2019ai institué à LA PRESSE, sur une base hebdomadaire, des réunions des cadres supérieurs.La direction peut ARGUS SEPTEMBRE 1985/VOLUME 14 NUMERO 3 103 ainsi avoir, en tout temps, le pouls de l 'entreprise Les direc teurs des serv ices peuvent ainsi nous transmettre les doléances de leurs subalternes et, d'autre part, répondre aux questions de ces derniers qui veulent savoir ce qui se passe ou se discute au sommet.Dans le même ordre d'idées, j'ai organisé des rencontres avec les employés de l'entreprise, par petits groupes d'une vingtaine à la fois.On pouvait me poser toutes les questions qu'on voulait et me faire part aussi, évidemment, de toutes sortes de suggestions.Ces échanges, ces consultations dans les deux sens nous ont été précieux.notamment, en 1982, alors que la situation financière nous a obligés à faire des mises à pied.Grâce aux suggestions des employés, nous avons pu en réduire sensiblement le nombre.La consultation a grandement facilité aussi, Lan dernier, la conclusion rapide d une entente quant à la publication de notre édition du dimanche.Et je crois également que c\u2019est en donnant l'heure juste à nos employés que nous avons pu, en 1981, éviter une grève qui aurait pu être désastreuse autant pour les employés que pour la direction.Donc, je le répète, il importe d'assurer la communication dans les deux sens, d'institutionnaliser le dialogue, de maintenir une v éritable politique de transparence.L'exemple doit venir d'en haut Mais il y a plus, et j\u2019en arrive à mon troisième point : l'exemple doit venir d'en haut.Ceux qui dirigent ne peuvent s'attendre à ce que les employés manifestent plus de zèle qu'eux au service de l'entreprise.On dit, avec raison, que l\u2019exemple entraîne.Le contraire est aussi vrai.Si la tête n\u2019est pas motivée, comment veut-on que le corps le soit.Le dynamisme ne peut être suscité que par le haut.Un bon directeur, un bon cadre supérieur sera donc celui qui manifestera un grand respect de là ponctualité et de l\u2019assiduité au travail.Un bon directeur, un bon cadre supérieur sera donc aussi celui qui reprend chaque jour le boulot avec enthousiasme, et dont la porte est toujours ouverte à ses collaborateurs.S'il n\u2019aime pas son métier, comment peut-il espérer maintenir le feu sacré chez les autres?Il y a des gens qui semblent croire, à mesure qu\u2019ils montent dans l\u2019entre- prise.qu\u2019ils peuvent prendre les choses plus aisément et se permettre des fantaisies qu'ils ne toléreraient pas chez leurs subalternes Ils se disent qu\u2019ils n'ont pas de comptes à rendre à ces derniers.C\u2019est une sérieuse erreur, c \u2019est oublier que les subalternes ont des veux pour voir et qu'ils pourraient bien, à l'occasion, invoquer ces mauvais exemples pour se disculper Je pense ici.en particulier, à ces dirigeants qui éternisent la période du lunch, rev iennent au bureau tard dans l'après-midi, et dans un état plutôt léthargique causé par le bon vin dont ils ont longuement arrosé leur copieux repas.Outre le mauvais exemple que cela comporte, il faut bien comprendre que.pendant leur absence, certaines décisions qui auraient dû être prises ont pu ne pas l'être, et que des travaux ont dû.conséquemment, être retardés et effectués év entuellement par la suite en temps supplémentaire.A LA PRESSE, la politique à ce sujet est claire.Les cadres ne doivent pas étirer les heures de lunch.Ils doivent revenir en état de reprendre l\u2019exercice de leurs responsabilités Fit la règle s'applique au président lui-même A ce propos, on m\u2019a raconté le cas d'un président d'entreprise dont les employés, à la blague, mais sans tellement d'exagération, disaient qu'il prenait trois semaines de v acances à toutes les deux semaines Ce n\u2019est pas mon cas et ce ne doit être le cas de quelque cadre supérieur que ce soit.Je pourrais continuer dans cette veine, mais je m'arrête, parce que j'ai déjà été trop long et que je crois en avoir assez dit pour vous conv aincre de l'extrême importance d'une saine gestion des ressources humaines, d'un?gestion qui suppose, notamment, le respect des collaborateurs, une bonne circulation de l'information, et des dirigeants qui donnent l\u2019exemple à leurs subalternes.J'ai dit et répété que mes propos s\u2019inspiraient tout particulièrement de mon expérience à LA PRESSEE Je ne voudrais pas.toutefois, que vous en tiriez la conclusion que ma recette est infaillible et qu'il n\u2019y aurait pas de nombreuses nuances à y apporter.Mais les résultats n\u2019ont pas été vilains, même s'il faut encore toucher du bois.Quand je suis arriv é à LA PRESSE, à la fin de 1980, le climat était pourri.La méfianc e s'était installée dans les rapports de la direction avec ses employés.L'affrontement, plutôt que la concertation, semblait être la règle.Or.nous avons pu négocier dans l'harmonie le renouvellement de toutes les conventions collectives en 1981.nous avons pu prendre également sans heurt les décisions difficiles que commandait la crise économique de 1982 et, il n\u2019y a pas si lontemps, nous avons été en mesure, toujours sans soubresauts, de conclure les arrangements que nécessitait la publication d'une édition dominicale de notre journal.Même des gens de l\u2019extérieur nous disent avoir perçu ces changements d'attitude chez notre personnel.La participation enthousiaste de celui-ci à nos fêtes du centenaire en a été d'ailleurs une illustration convaincante.On est redevenu fier de travailler à LA PRESSE Encore une fois, je touche du bois Nous sommes présentement engagés dans de difficiles négociations pour le renouvellement de toutes nos conventions collectives Mais, quels que soient les accidents de parcours toujours susceptibles de se produire, je crois que la formule que j\u2019ai voulu mettre en pratique et que je viens de vous proposer, garde tous ses mérites.Je la soumets, en tout cas, humblement à votre considération OUVRAGES REÇUS Bibliothèque nationale du Canada Les contrats de reseaux de bibliothèques et d'information télématiques Principes directeurs et définitions proposés 1985.4x uments sur les réseaux canadiens no 8) Technologie du vidéodisque et de la bibliothèque Ottawa, 1985\t35p (Documents sur les réseaux canadiens no 9) Répertoire îles préfixes ISBN de* éditeurs canadiens 5e éd Ottawa.1985 210p I hèses canadiennes (Microfiche).Ottawa.1985- Larnv Rousseau, Françoise Classification des images, materiels et données -Classification of Imat>e> Materials and Data 2e éd refondue et augm Dingueuil M f Rousseau (485 rue Brais.J4H 1T7), 1984 420p 104 ARGUS/SEPTEMBRE 1985/VOLUME 14 NUMERO 3 Au-d\telà des ressources humaines.par Marcel Pépin*\t La crise économique a ravivé l intérêt pour les ressources humaines Mau l implantation des nouvelles technologies et le retour au libéralisme économique menacent le respect dû au travailleur Devant des mutations, l\u2019opposition se tait, les intellectuels et les média demeurent silencieux, les syndicats perdent leur pouvoir II faut changer cette problématique et privilégier l\u2019être humain, qui est bien plus qu une ressource à mettre a profit As a consequence of the economic crisis human resources have benefited from an upsurge of attention But, changing technologies, added to the recurrent economic liberalism, still threaten work conditions Opposition leaders as well as members of the intellectual and information elites remain silent Unions are losing their power.Our new outlook should move toward human values, not profit.D\u2019après son programme, le congrès que vous venez de suivre vous a permis de réfléchir sur l\u2019importance du rôle de bibliothécaire.Vous avez discuté de l'importance de votre fonction, de votre rémunération, d'une certaine discrimination qui s\u2019exerce contre votre profession et de beaucoup d'autres aspects encore.Tout a été centré sur les ressources humaines.Cela peut surprendre, mais les ressources humaines sont maintenant devenues importantes.On n'en finit plus de tenir des colloques, d'organiser des sessions d\u2019études et des cours spéciaux sur les ressources humaines.On peut se demander si c\u2019est la crise économique qui a ouvert cette voie.Si tel est le cas, il faut craindre que, une fois la crise passée, on ne revienne à nos vieilles habitudes et que la technique et les ressources matérielles soient de nouveau privilégiées.Les personnes seront à la merci de la machine, du robot, de l'ordinateur, et leur comportement sera perçu comme ayant peu d\u2019influence sur le produit.Il se peut que cet effort mis sur les ressources humaines parte d\u2019une autre problématique.Il y a des jobs qui sont «plattes», monotones, ennuyeuses et il y en aura de plus en plus.Comment arriver à motiver le personnel qui, * Marcel Prpin rst professeur au Département des relations industrielles de l\u2019Université de Montréal durant six ou sept heures par jour, doit se contenter de presser sur des boutons?Comment susciter l\u2019intérêt de celui ou de celle qui ne fait que des gestes répétitifs, sans aucun contrôle sur son activité?Comment faire pour que les employés à l'oeuvre sur une chaîne de montage soient un peu stimulés?Il faut trouver d\u2019autres stimulations.Parfois, dans certaines usines, on invitera des artistes à égayer les murs en y dessinant des tableaux (qui, cependant, ne doivent pas porter les employés à trop rêver) ou on fera jouer de la musique.Ce sont là des méthodes simples, qui donnent des résultats limités.On sent cependant la nécessité d\u2019aller plus en profondeur, d'atteindre l'être humain dans ses cordes les plus sensibles pour l\u2019amener au dépassement.C\u2019est une entreprise plus difficile et c\u2019est pour cela que le problème de la gestion des ressources humaines fera l\u2019objet d\u2019une recherche continue.Dans ce que je peux connaître des effets des nouvelles technologies sur les individus, un certain nombre d\u2019emplois seront occupés par des personnes qu\u2019il sera beaucoup plus facile de motiver.C\u2019est le cas, par exemple, des programmeurs, des concepteurs, et de certaines catégories de secrétaires.Des emplois pénibles disparaîtront.Ainsi tout n\u2019est-t-il pas noir dans la perspective de demain.Je crois, cependant, que ces emplois, motivants en eux- mêmes, n\u2019occuperont pas la majorité des personnes, majorité qui sera plutôt reléguée à des emplois moins attrayants et moins motivants.Après avoir passé autant d'années dans l\u2019action syndicale et dans l'action politique et enseignant maintenant en relations industrielles, il n'est probablement pas utile que je précise toute la considération que j\u2019ai toujours eue pour l\u2019être humain, pour la personne.Dans le syndicalisme, combien d\u2019efforts ont été faits, et combien le sont encore, pour le respect de la dignité du travailleur et de la travailleuse.Rechercher un salaire décent, c\u2019est vouloir respecter le salarié.Rechercher une sécurité d'emploi, c\u2019est éviter que la personne ne soit constamment stressée à la pensée de perdre son emploi.Combattre l\u2019arbitraire patronal, c\u2019est essayer de placer les salariés à peu près sur un pied d\u2019égalité avec l\u2019employeur.Et, surtout, c\u2019est en arriver à ce que l\u2019employé ne soit pas un numéro dans l\u2019entreprise, une espèce de machine à profit, mais un être humain complet qui commande le respect.Essayer de combattre les inégalités fait aussi partie du respect dû aux personnes.Même s\u2019il reste encore beaucoup à faire, on a réussi, avec beaucoup d\u2019efforts, à gagner des points.La crise actuelle a cependant provoqué des ARGUS/SEPTEMBRE 1985 VOLUME 14 NUMERO3 105 reculs, et certains acquis ont été jktcIus ou sont en péril En ce qui me concerne, la principale motivation de toute ma vie (et je sais que je ne suis pas le seul) a été orientée vers un meilleur respect de fa dignité des personnes et, surtout, vers la protection des moins bien nantis de la société Vous pouvez peut-être mieux comprendre les efforts consacrés au relèvement du salaire minimum, afin d\u2019arriver à un salaire à peu près décent Maintenant, nous vivons une mutation profonde de société.A ma connaissance, nous sommes dans une vague de conservatisme comme on n'en a pas connu depuis longtemps.Je me souviens du Québec de l'époque duplessiste, qui était conservateur, soumis à un pouvoir arbitraire et qui avait des libertés réduites.Mais, me semble-t-il, il n'y avait pas que le seul discours tenu par Duplessis et par ses thuriféraires : d'autres intervenants parlaient encore dans la société; des syndicats agissaient; quelques journaux contestaient, comme Le Devoir et le journal Irai: certains intellectuels prenaient position et s'opposaient au régime.Et ce sont ces autres discours qui ont permis le passage à la Révolution tranquille.Mais, aujourd'hui, on peut dire qu'il n'existe plus d\u2019opposition crédible, ou que cette opposition ne réussit pas à percer dans les média, fit on retrouve un seul discours, à savoir le retour au plus pur libéralisme économique.Les lois du marché doivent prévaloir.Les forts auront encore plus le pouvoir d\u2019écraser les faibles Par voie de conséquence, les inégalités sociales se creuseront davantage.On remet en cause, d'une manière larvée, l'universalité des programmes sociaux et bientôt on introduira des tickets modérateurs.Pendant ce temps, que fait-on du million et quelques centaines de milliers de chômeurs au Canada, des quelques 700 000 personnes au Québec vivant de l\u2019aide sociale ou de l'assurance-chômage?Comment les traite-t-on?Quel espoir leur donne-t-on?Quelles propositions fait-on pour débloquer l\u2019avenir des jeunes?La réponse, pour nos gouvernants, ressemble à un coup de billard ; [jour toucher à la boule noire, on frappe* d\u2019abord la boule blanche Pour diminuer le chômage, pour atteindre les pauvres, il faut commencer par enrichir les riches, en leur donnant de nouveaux abris fiscaux (ex.: le 500 000 $ en gains de capital non taxable de M Wilson) et en emmitoufflant les PM E dans des ouates puis, quand lev riches seront plus riches, ils décideront de créer des emplois pour les chômeurs Jamais ils ne penseront à expatrier leurs capitaux, jamais ils ne pe nseront à leurs intérêts d\u2019abord mais, croit-on, ils suiv ront la voie de leur responsabilité sociale.Je regrette, mais je suis en désaccord profond avec une telle stratégie.que je trouve cynique et inhumai neiges bons joueurs de billard réussissent leurs coups MM Wilson et Duhaime ne me semblent pas dans cette catégorie.Il m'apparaît qu\u2019il n\u2019y a pas un seul journal au Québec.ni même peut-être au Canada, qui présente une opposition de fond à ce discours et aux actions qui s'ensuivent Est-ce que l'on pourrait y voir un des effets de la concentration de la presse dans les mains de quelques-uns.?Toutes les pages éditoriales se ressemblent, les caricaturistes aussi, même le journal Le Devoir ne remplit plus son rôle de chien de garde, comme il le faisait jadis Tout au plus sera-t-il critique sur le comportement erratique d'un certain premier ministre.On dirait aussi que les intellectuels sont rentrés dans le rang Les univ ersitaires sont devenus silencieux et.quelques exceptions près, ceux qui parlent sont dans le même train que les autres.Le Québec ne possède plus, comme jadis, un ICAP (Institut canadien des affaires publiques) pour critiquer à fond le régime, et non pas uniquement quelques-unes de ses erreurs ou fautes.C'est comme si, au soir du 20 mai 1980, le résultat du référendum av ait engourdi tout le monde.Les syndicats, de leur côté, sont plus div isés que jamais (en dépit des appa-cences de la coalition intersyndicale) et ils sont affaiblis.Us représentent beaucoup moins, aujourd'hui, ce contre-pouvoir dont on a tant besoin dans une société qui se veut démocratique.Les syndicats ont dû encaisser des coups durs; ils ont de la peine à s'en relever.Le pouvoir politique a eu beaucoup de succès en opposant les employés du public à ceux du privé, les c hômeurs à ceux qui détiennent un emploi, les femmes aux hommes.La perte de puissance des syndicats a un effet sur toute la société, car ils constituent le principal contre-pouvoir dans une société libre.Malheureusement, cette constatation n'est pas limitée au Québec elle s'étend à beaucoup d\u2019autres pays Un autre groupe de notre société est particilièrement amorphe et inorga- nisé Je veux parler des étudiants Ils ne font plus de vagues, ils sont tranquilles J'en sais quelque chose, en tant que professeur Mais, enfin, me direz-vous, qu'est-ce qu\u2019il faut faire?Comment doit-on agir?Rie n n'est facile, mais je peux au moins dire qu \u2019il faut av ancer une autre vision de la société.Tout doit tourner autour de la personne humaine et non pas des capitaux et des profits.Ainsi, on ne doit pas laisser dans les mains d une poignée de personnes (industriels.financiers, hommes d\u2019affaires, multinationales) le soin de décider de l\u2019avenir de notre collectivité II n'est pas néc essaire d'envisager une série de nationalisation d'usines, d'entreprises, de compagnies; il en faudra, mais d\u2019autres moyens peuvent également être pris, pour que la société reprenne la maîtrise de son destin.On peut agir par invitation ou par voie réglementaire.L\u2019emploi est notre problème no 1 Comment peut-on accepter, si cela est vrai, une réduction du personnel dans les serv ices publics?Les nouvelles technologies sont susceptibles cie faire chuter le nombre d'emplois pourquoi ne pas maîtriser l\u2019introduction de ces nouvelles technologies ?Pourquoi ne pas en profiter pour améliorer les services, comme cela pourrait se faire dans votre domaine?On a besoin d 'argent pour dév elopper la société, pour réduire le chômage Or, les épargnes collectives disponibles sont, malheureusement, gérées par quelques financ iers habiles (pour la plupart), qui n\u2019ont pas le mandat de protéger la société, mais celui de faire progresser leurs institutions.Tout n'est pas dit, et ce n\u2019était pas mon intention de tout dire Mais ce qui importe est une question d\u2019orientation.d'une autre vision de la société.Cette vision de la société, je le répète, concerne la personne Je ne vois pas uniquement l\u2019être humain comme une ressource.Il est bien plus.Ainsi, je conçois que v ous puissiez consacrer un congrès au problème de la qualité des ressources humaines, à condition de ne pas perdre de v ue que l\u2019être humain n\u2019est pas qu\u2019une ressource.mais qu\u2019il est bien plus.106 ARGUS'SEPTEMBRE 1985/VOLUME 14 NUMERO 3 - W y* \u2022 V b \u2022'V X=«r- V-v * V: Quét**» 'C'Êùl'C Sltl/Slk'Clc/LL ü-rj-Cï pji i fum En 1977, la Bibliothèque nationale du Québec acquérait le fonds Claude-Henri Grignon.Romancier, pamphlétaire et auteur de textes radiophoniques et de télévision.cet écrivain de renom mérite, à juste titre, une place privilégiée dans nos lettres Son oeuvre, qui s\u2019étend sur près de soixante années (1912-1970) témoigne d\u2019un attachement profond au patrimoine québécois.Elle apporte un précieux éclairage sur notre vie littéraire et politique contemporaine.Distribution gratuite aux dépôts d\u2019archives, bibliothèques et chercheurs intéressés Disponible en s'adressant au Service de l\u2019édition Biblioihèque nationale du Québec 1700, rue Samt-Dems MONTREAL (Québec) H2X 3K6 ?Le fonds Claude-Henri (irignon.qui représente 58 mètre de documents, comprend la bibliothèque de l\u2019auteur (livres, journaux et revues) d\u2019une part et ses papiers d\u2019autre part Seuls ses papiers font l\u2019objet du présent répertoire.Celui-ci contient une introduction, des notes biographiques, une description des séries et enfin, un index onomastique et un index des titres Le fonds se divise en dix séries: 1 Ecrits de Claude-Henri Grignon 2.Ecrits concernant Claude-Henri Grignon 3 Ecrits d\u2019autres personnes 4 Correspondance 5 Dossiers sujets 6 Papiers personnels 7.Imprimés 8.Documents audiovisuels et iconographiques 9 Objets 10.Divers.Bibliothèque nationale du Quebec P \u2022 U \u2022 B \u2022 L '/\u2022 C \u2022 A \u2022 T O \u2022 N Paul Aubin et Louis-Marie Côté BIBLIOGRAPHIE DE L'HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA BIBLIOGRAPHY OF THE HISTORY OF QUEBEC AND CANADA 1976-1980 Ce recueil bibliographique constitue un outil de premier plan pour l\u2019enseignement et la recherche en histoire du Québec et du Canada Plus de 20 000 titres ont été répertoriés couvrant la période de 1976 à 1980 Un classement systématique par périodes par régions et par thèmes un classement analytique à l'aide de mots-clés et un classement des auteurs par ordre alphabétique permettent à rusager de s\u2019y retrouver rapidement Le présent ouvrage fait suite à la Bibliographie de / histoire du Québec et du Canada 1966-1975 dont il adopte le plan Ce premier ouvrage a fait l\u2019objet de nombreux comptes rendus dans les revues hlKlMdtUTQE I* IBMlUiff ,'M iJTBJt ET IH iAVUM spécialisées, parmi plusieurs, nous retenons les commentaires suivants «La publication de cette bibliographie sera certainement marquante au tableau des instruments de recherche en histoire nationale.» Gaétan Drolet/Gil-les Gallichan.Document et bibliothèque.juillet-septembre 1982 «Cette bibliographie (.) me paraît être, à maints égards, la plus importante jamais publiée au Canada français.» André Vachon.de la société Royale du Canada Revue dhistoire de l\u2019Amérique française hiver 1985 \u2022\t1 316 pages/2 volumes \u2022\tIndex en français et en anglais \u2022\tGuide d utilisation \u2022\tListe des périodiques dépouillés ISBN 2-89224-055-7 60,00 S Ces ouvrages sont disponibles dans toutes les librairies ou a £ 1 a & recV tare X 1 / 7979 Institut québécois de recherche sur la culture 93.rue Saint-Pierre Quebec (Quebec) G1K 4A3 tel.: (418) 643-4695 ARGUS/SEPTEMBRE 1985'VOLUME 14 NUMERO 3 107 NOUVELLE PARUTION DE LA «CBPQ» 3-26 MA11985 **Y,*\"» DELAC O RPOR*T D E SB I BL / O T H E C A I P E S PROFESSIONNEL S DUQUE B EC MONT - HOll ANO-QUE P f C ACTES du XVI Congrès Publication bilingue 169 pages Prix : 20,00 $ À PARAÎTRE le 15 octobre 1985 «RÉPERTOIRE DES BIBLIOTHÉCAIRES-CONSEILS DU QUÉBEC» Sous la direction de Si/vie Delorme et en collaboration avec Claudette Montagne et Marie-Louise Simon Prix : 3,00 $ 108\tARGUS/SEPTEMBRE 1985/VOLUME 14/NUMER0 3 PROTOCOLE DE RÉDACTION Argus vise à assurer l information et le développement professionnel des membres de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Les articles publiés traitent de la formation du rôle et du statut du bibliothécaire dans la société du professionnalisme des nouvelles orientations et de la recherche en bibliothéconomie et en science de l'information, de rapport des autres disciplines Le comité de rédaction accepte des articles originaux soit en français soit en anglais À l'occasion il publie des textes de conférences prononcées dans le cadre des activités de la Corporation Les publications peuvent prendre plusieurs formes \u2014\tarticles de fond (de 15 à 25 pages dactylographiées) \u2014\ttextes plus courts rendant compte d'un événement recent \u2014\tentrevues \u2014\tchroniques sur ( audiovisuel, les revues professionnelles la recherche (de 3 à 6 pages dactylographiées) \u2014\tlettres a i éditeur paraissant sous le titre Argus commentaires et commentant une question d actualité ou un article récemment paru dans la revue \u2014\tcomptes rendus d ouvrages sur le professionnalisme ou la recherche Les articles doivent être soumis en quatre exemplaires dactylographiés a interligne double sur papier 21 x 28cm et accompagnés d\u2019un resume informatif Sur la première page doivent figurer le nom.le titre academique le statut professionnel et le lieu de travail de l'auteur ainsi que le titre et le résume du texte Les notes mfrapaginales doivent être numérotées et tapées sur une feuille à part II appartient aux auteurs de fournir les références bibliographiques complètes et presentees de la façon suivante Monographie Herbert Goldhor Introduction to Scientific Research in Llbrarlanship (Urbana HI University of Illinois 1972).p 198 Chapitre d un livre William M Potter \"History, the Behavioral Studies and the Science of Man in Mary Lee Bundy and Paul Wasserman Reader In Research Methods for Llbrarlanship (Washington Microcard Editions 1970).p 36 Article de périodique Yves Courrier Analyse et langage documentaires Documentaliste.vol 13, no 5-6 (septembre-décembre 1976), pp 178-189 Les correcteurs se reservent le droit de renvoyer aux auteurs les textes dont les references ne correspondent pas à ces exigences Ils peuvent effectuer des corrections mineures des textes sans en avertir les auteurs Les auteurs sont priés de conserver un double de leur article Aucun manuscrit ne leur sera remis Chaque auteur recevra trois exemplaires du numéro auquel il aura contribue EDITORIAL STATEMENT Argua aims to inform members of the Corporation of Professional Librarians of Québec and further their profession al development Articles cover the training of librarians and their role and status in society, professionalism, new directions and research in library and information science, and contributions from other fields The Editorial Board accepts original articles written in French or in English Papers delivered at Corporation related functions are published from time to time Published items may take several forms \u2014\tin-depth articles (15 to 25 typed pages) \u2014\tshorter articles covering a recent event \u2014\tinterviews \u2014\tcolumns on audio-visual material, professional journals research (3 to 6 typed pages) \u2014\tletters to the Editor, under the heading Argus commentaires which discuss a topical issue or an article recently published in the journal \u2014\treviews of works about the profession or research Articles should be submitted in quadruplicate and be typed (double-spaced) on sheets 21 by 28 cm An informative resume should be provided The author s name his her professional states and place of work as well as the title and résume of the article, should appear on the first page Foot-notes should be numbered and typed on a separate sheet The author must provide complete bibliographic references in accordance with the following examples Monograph Herbert Goldhor, Introduction to Scientific Research in Librarianship (Urbana !!!., University of Illinois.1972).p 198 Chapter of a book William M Potter History, the Behavioral Studies and the Science of Man\" In Mary Lee Bundy and Paul Wasserman.Reader in Research Methods for Librarianship (Washington Microcard Editions, 1970).p 34 Article m a oeriodical Yves Courrier, Analyse et langage documentaires Documentaliste.vol 13.no5-6 (septembre-décembre 1976), pp 178-189 Editors reserve the right to return articles if references do not conform to these standards Minor corrections may be made to an article without the author's prior knowledge We request that the author keeps a copy of his/her article Manuscripts will not be returned Authors receive 3 copies of each issue in which their article appears Revue trimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec "]
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