Argus, 1 janvier 1987, Décembre
[" Contraste insuffisant * a®** Volume 16, numéro 4/décembre 1987/ISSN 0313-9940 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec \t \t \t 1\tHH -JContraste insuffisant ARGUS Comité de rédaction/Editorial Committee Paulette Bernhard, présidente Denis Boisvert Louise Carpentier Monique Desrochers John Leide Sylvie Painchaud France Parenteau, secrétaire Collaboratrice/Collaborator Diane Mittermeyer Correcteurs/Correctors Harvey Blackman Brigitte Butticaz Danielle Fleury Traducteurs/Translators Jerry Bull France Parenteau Argus est une revue trimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Elle vise à l\u2019information et à l\u2019éducation de la profession La rédaction laisse aux auteurs l\u2019entière responsabilité de leurs textes L'abonnement annuel est de 25$ (6,50$ le numéro) au Québec, 30$ (7,50$ le numéro) au Canada et 30$ U S (7,50$ U S le numéro) pour l exténeur du Canada Les étudiants bénéficient d'un prix spécial de 15$ pour l'abonnement annuel Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l\u2019adresse suivante: Argus Secrétariat de la CBPQ 307, rue Ste-Catherine Ouest, Suite 320 Montréal (Québec) H2X 2A3 Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être faite avec la mention de la source Les articles de la revue sont indexés dans Pascal Thema, T205; Sciences de l\u2019information-documentation.Information Science Abstracts.Library and Information Science Abstracts (USA), Library Literature et dans Point de repère Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Canada et à la Bibliothèque nationale du Québec Argus is a quarterly journal published by the Corporation of Professional Librarians of Quebec It aims to publish original papers to inform and educate the profession.Articles are the entire responsibility of the authors The yearly subscription is 25$ (6.50$ an issue) in Québec 30$ (7.50$ an issue) in Canada and 30$ U S.(7.50$ U S.an issue) outside Canada A special student rate is 15$ for the yearly subscription.Any request concerning missing issues should be sent, no later than a month after the date of publication, to the following address Argus Secretariat of the CPLQ 307 Ste-Catherine Street West, Suite 320 Montréal, Québec, H2X 2A3 Articles may be reproduced, in whole or in part with proper credit to their source Articles are indexed in Pascal Thema, part 205 Sciences de l'information-documentation.Information Science Abstracts.Library and Information Science Abstracts (LISA), Library Literature and in Point de repere Legally deposited as required with the National Library of Canada and the Bibliothèque nationale du Quebec ARGUS'DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 105 1 La technologie de réseau évoluée de Tandem Computers permet à Utlas d'offrir aux biblbthèques le système interrelié de leurs rêves.Le 77Série 100 apporte une nouvelle dimension aux systèmes de bibliothèque locaux.L'établissement de réseaux est considéré depuis longtemps comme le moyen le plus sur d'accroître l'efficacité et le rendement des bibliothèques.Le T/Série 100 permet de relier un système intégré local à la base de données bibliographiques d'Utlas.Accès rapide à une base de données renfermant plus de 30 millions de notices MARC.La fonction EXPAND™ de Tandem Computers qui assure le transfert systématique et efficace des données favorise le partage des ressources.L'architecture de réseau se conforme aux protocoles de télécommunication internationaux.Un tarif mensuel uniforme de maintenance facilite le contrôle budgétaire et permet l'utilisation \\ e de CATSS par l'intermédiaire du T/Séné 100.Téléphone: 1 - (416)- 923-0890 Utias 03 L LETTRE O\u2019ÂtRQU Vous trouverez, dans ce numéro, des réflexions et informations nous provenant de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, ainsi que la suite de notre chronique consacrée à la recherche.Les réflexions émanent de la réalité française et rejoignent les préoccupations internationales de la formation des professionnels de l\u2019information et de la constitution du champ disciplinaire.Ainsi Jacques Kériguy et Hubert Fondin esquissent-ils, chacun à sa manière, un avenir commun possible pour deux mondes professionnels généralement séparés en France, à savoir celui des bibliothécaires et celui des documentalistes.Le premier auteur se demande dans quelle(s) voie(s) doit s\u2019engager une formation dépassant l\u2019acquisition obligée de compétences technologiques et intégrant une vision interdisciplinaire, laquelle mènerait idéalement des sciences à LA science de l\u2019information.Le second auteur étudie l\u2019émergence, l\u2019évolution et la situation actuelle de ces deux groupes professionnels qui devraient, selon lui, se rejoindre pour «réfléchir ensemble» à leur rôle et à leurs fonctions.Louise Carpentier nous introduit ensuite à «l\u2019espace européen de l\u2019information», thème du foisonnant congrès IDT (Information, documentation, transfert des connaissances), qui s\u2019est tenu cette année à Strasbourg.Enfin, notre chronique de la recherche continue la présentation des recherches académiques menées par les professionnels de l\u2019information œuvrant au Québec.En espérant répondre à vos interrogations et alimenter vos réflexions (voire vous inciter à nous les soumettre par écrit), nous vous souhaitons également une excellente nouvelle année 1988.Le comité de rédaction ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 107 La solution du meilleur effort: \u2022\tSystème automatisé de bibliothèques véritablement intégré, développé par l\u2019Université du Quebec à Montréal \u2022\tInteraction avec l\u2019usager, unique en son genre \u2022\tSix fichiers d\u2019autorités en accès direct \u2022\tCatalogage en format régulier ou en format MARC intégral \u2022\tAcquisitions, prêt, recherche (booléenne, troncature) \u2022\tProduction de rapports et statistiques \u2022\tMultilingue \u2022\tFonctionnalité «réseau» \u2022\tPour petites ou grandes bibliothèques, spécialisées, publiques eu académiques \u2022\tmultiLIS opère sur toute une gamme d\u2019ordinateurs: \u2022 les ordinateurs VAX de Digital \u2022 les TOWER 32 de NCR \u2022 et plusieurs autres équipements qui utilisent le système d'exploitation UNIX system V multil /K~ Un service de Sobeco Pour de plus amples renseignements, écrivez-nous: multiLIS Groupe Sobeco 505, boul.Dorchester ouest Montréal (Québec) H2Z 1Y7 ou appelez-nous à frais virés au (514) 878-9090 j 108 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 ste insuffisant Des centurions et des mercenaires: réflexions sur le bon usage de l\u2019interdisciplinarité dans la théorie et la pratique des sciences de l\u2019information Conférence d\u2019ouverture, 18e congrès de la CBPQ par Jacques Kériguy* L 'évolution de la profession exige plus que le recours à des sciences et à des technologies nouvelles.L'interdisciplinarité qui la caractérise doit, au delà de la convivialité, converger vers une science de l'information.La formation, mobile dans l'espace, étalée dans le temps, est le creuset de l'interdisciplinarité.La vocation pédagogique de la profession peut s'affirmer envers les utilisateurs et les collègues.Elle est nécessaire à la modernisation des établissements.L'accès à l'information scientifique et technique, comme aux produits culturels destinés aux citoyens, représente plus qu 'un défi technologique.L'enjeu est social, culturel, politique.Bibliothécaires et documentalistes doivent modifier leur profession.The evolution of the library profession requires more than just having recourse to new sciences and technologies.It must go beyond merely borrowing elements from other disciplines.The interdisciplinarity which characterizes it must converge on one information science.Professional education which is multifaceted, becomes the source of interdisciplinarity.The pedagogical vocation of the profession can assert itself towards users and colleagues, and is necessary to modernize institutions.Access to scientific and technological information, and to cultural products intended for the public, represents more than a technological challenge.The stakes are social, cultural and political.Librarians and other information specialists must change their profession.f ; S\u2019il fallait caractériser d un mot l\u2019œuvre ou, plus exactement, l\u2019état d'esprit de notre génération de bibliothécaires, je dirais qu'elle a su et ce n\u2019est pas un mince mérite s\u2019engager dans cette vaste entreprise d'internationalisation de la culture qui se développe à l'instar de celle, beaucoup plus ancienne, il est vrai, de la science.Certes, le mouvement n\u2019est pas aussi rapide que beaucoup le souhaiteraient; des paliers thématiques ou géo- * Jacques Kériguy est directeur de l'École nationale supérieure de bibliothécaires.Villeurbanne, France.graphiques sont nécessaires, l'Amérique peut-être pour vous, l\u2019Europe à coup sûr pour nous, l\u2019espace francophone pour vous et nous; il n'empêche: le mouvement est engagé de façon inéluctable et c'est bien ainsi.Les bibliothèques s'ouvrent.Elles s\u2019ouvrent aux pratiques étrangères; elles s\u2019ouvrent vers les professions voisines et complémentaires.Or, faisant cela, elles ne peuvent éviter de se remettre en cause, de s\u2019interroger sur leur identité, sur leur personnalité, pour aujourd'hui et pour demain.Car, qui veut participer au concert national et internatio- nal, qui veut adhérer à un réseau, doit être reconnu comme un partenaire, donc faire profiter les interlocuteurs d'un apport propre.Précisément, la comparaison internationale prouve que les problèmes majeurs de notre profession sont les mêmes.Uniformisation, sans doute, mais inévitable, devant la confrontation avec des technologies en constant renouvellement qui attisent la convoitise des professionnels de l\u2019information, à quelque pays qu\u2019ils appartiennent; uniformisation salutaire car elle est source de diversité dans l'éclairage donné à ces problèmes.ARGUS DÉCEMBRE 1987 VOLUME 16 NUMÉRO 4 109 Vous m'avez offert l'opportunité de participer à cet échange d'idées et d'apporter ma modeste contribution à un édifice très vaste.Je tiens à vous en remercier.Que de reproches nous sont adressés, à nous bibliothécaires et documentalistes, réunis en une même réprobation! L'avez-vous remarqué?Les réquisitoires sont de plus en plus nombreux et de plus en plus impitoyables.Qu'on en juge: aveuglement (ou inconscience), dont les conséquences sont multiples: blocage psychologique, refus du changement, attachement à des outils périmés, inadaptés, tels les catalogues, désir de se prolonger artificiellement en veillant à ce que les formateurs transmettent fidèlement aux étudiants les principes traditionnels, bien sûr usés jusqu'à la corde; praticiens et non pas scientifiques, ces enseignants refusent de nourrir leur enseignement aux sources de la recherche.J'extrais ces arguments d'une communication présentée à la journée «Documentation, nouvelles technologies, nouvelles perspectives, nouveaux métiers?» organisée le 17 mars 198b par la Commission des Métiers et qualifications de l'ADBS par H.Fondin1.Alors quel avenir?Aucun à l'évidence, sinon la disparition progressive mais inéluctable, au cas où les professionnels de l'information persisteraient dans leur erreur, ou, et c'est l'hypothèse la plus favorable, la certitude de perdre leur âme et d\u2019exercer un métier fort différent de celui qui est le leur aujourd\u2019hui.L'argumentation est solide, la logique implacable.Ce serait inconscience d'ignorer ces conclusions auxquelles conduisent des réflexions lucidement menées.Je ne reprendrai pas une analyse désormais familière: les coupables, ce sont les technologies nouvelles qui, depuis une dizaine d'années, constituent l\u2019épine dorsale autour de laquelle se bâtit notre avenir.Elles imposent le recours à des sciences et à des techniques extérieures à celles qui étaient cultivées dans les bibliothèques, elles demandent la participation de personnes provenant d'horizons variés, informaticiens, statisticiens, spécialistes de toutes les disciplines scientifiques, qui, durant leur passage dans le monde documentaire, dépossèdent d'une partie de leur bien les bibliothécaires et les documentalistes et introduisent le doute dans leur esprit.C'est à cette intrusion que fait allusion le titre un peu provocateur et très belliqueux de la présente communica- tion.Interdisciplinarité des hommes, interdisciplinarité des idées, des méthodes et des réflexions, est-ce l'annonce d'un éclatement de notre profession et, au bout du compte, de sa mort prochaine?Ix* problème est grave et dépasse les convulsions de l'individu blessé par une évidence qu'il ne soupçonnait pas en choisissant, à l'aube de sa carrière, son activité professionnelle.Au-delà de l'anecdote, ce n'est rien de moins que la place de nos pays respectifs dans une lutte sans merci, mais aussi leur rôle dans la coopération internationale dont je vantais les mérites qui sont en cause.Qu'on ne s'y trompe pas: l'enjeu n\u2019est pas technologique; il est scientifique, culturel et social, car il s'agit bien de permettre à l'ensemble des citoyens, pour l'ensemble de leurs activités, l\u2019accès à l'information, c\u2019est-à-dire au savoir.Les études de prospective fleurissent actuellement.Elles ont, pour commencer, cet effet salutaire de libérer l\u2019imagination.Mais la prospective a su mettre au point des méthodes d'une rigueur parfaite.En particulier, elle ne s'accomplit que dans l'interdisciplinarité et met en présence les chercheurs qui travaillent sur des thèmes qui seront productifs dans dix ou vingt ans, les techniciens, les industriels qui développeront les produits leur succédant, les sociologues, les économistes, les philosophes, qui étudieront, chacun dans sa spécialité, les conséquences de leur introduction.Le spécialiste de l'information ne peut ignorer la prospective; elle l\u2019aidera utilement à prendre les décisions nécessaires au moment où il le faut parmi les virtualités multiples qu'autorisera la technologie en perpétuelle évolution.Le présent exposé empruntera certains éléments à la prospective.Il se propose de livrer quelques réflexions sur les problèmes liés à l\u2019introduction de l\u2019interdisciplinarité dans les bibliothèques et dans les organismes documentaires.En particulier, il s'interrogera sur l\u2019existence, la nature et la densité de la science de l\u2019information, indispensable aux bibliothèques et organismes documentaires, auxquels elle conférera légitimité et noblesse, tout autant que lui sont indispensables ces derniers, qui constituent de nécessaires laboratoires d\u2019expérimentation.Il s\u2019interrogera aussi sur le devenir du spécialiste de l\u2019information et, bien entendu, sur la formation qu'il doit recevoir pour mener à bien les tâches qui lui sont confiées.Thèse 1.Il n\u2019existe pas une, mais des sciences de l\u2019information Voici l'image que donnaient en 1972, les sciences de l'information.L'extrait qui va suivre provient de l\u2019«Encyclopédie internationale des sciences et des techniques», article «Information scientifique et technique»-.«L'organisation de PIST reste, il faut le dire, fort empirique: ce n'est guère plus qu'un ensemble de recettes tirées de la pratique.Cependant, une tendance se précise, depuis très peu d'années, pour envisager ces problèmes dans un esprit scientifique et les soumettre à l'épreuve des méthodes expérimentales, en faisant appel au concours de plusieurs disciplines: psychologie et sociologie, pour l'étude des conditions de transmission de l\u2019information, des besoins et des habitudes des chercheurs en matière d'information, logique, linguistique et sémantique pour approfondir la théorie des langages documentaires; recherche opérationnelle et analyse des systèmes pour optimiser l\u2019organisation des services de documentation, etc.Ces études, pour le moment, sont interdisciplinaires: elles ne sont pas encore reliées par une théorie unifiée, des hypothèses explicatives globales.» Ainsi écrivait-on il y a quinze ans.Depuis, les articles se sont multipliés, qui consacrent la naissance d'une science de l'information.Son objet est la communication de l'information.À ce titre, elle étudie «les processus sociaux qui permettent la distribution de l\u2019information» écrite et orale et prend en compte l'information scientifique et technique, les qualificatifs étant entendus au sens le plus large, ainsi que l'information culturelle *.Le philosophe, pour conférer à cette discipline nouvelle le statut de science, désirera constater qu'elle réunit un ensemble «de connaissances et de recherches ayant un degré suffisant d'unité, de généralité et susceptibles d\u2019amener les hommes qui s\u2019y consacrent à des conclusions concordantes qui .résultent .des relations objectives qu\u2019on découvre graduellement, et que l\u2019on confirme par des méthodes de vérifications définies.»4.Les conditions sont-elles aujourd\u2019hui remplies et peut-on parler d'une science de l'information?En fait, la question n\u2019est pas gratuite.C\u2019est la première façon de poser le problème essentiel de l\u2019identité de notre profession et de créer autour d'une pédagogie structurée, d'une re- 110 ARGUS DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 cherche cohérente, une communauté de spécialistes de l'information.L'interdisciplinarité, a-t-on dit, est inhérente à la science de l'information, si science de l'information il y a, bien sûr.Mais, à y regarder de près, on constate une nécessaire gradation dans l'indépendance, dont la description permettra de baliser le terrain sur lequel nous nous mouvons et de situer notre position actuelle.La première étape consiste à puiser largement dans des monodisciplines cloisonnées, protégées par leur code, leur langage, lovées dans leurs remparts institutionnels et administratifs.La deuxième étape est marquée par la volonté de reconstituer les fragments épars, saisis ici ou là parce qu\u2019ils sont utiles au développement d\u2019une pratique bibliothéconomique ou documentaire.Le progrès, par rapport au stade précédent, est l\u2019introduction, au sein d'une discipline donnée, de concepts, de méthodologies propres à une ou plusieurs autres disciplines.On assiste, en d'autres termes, à la création d'un espace où se rencontrent, mais en se juxtaposant et non en se coordonnant, des personnes, des discours, des idées, des objectifs et des méthodes.C\u2019est si l'on peut dire, le premier degré de l'interdisciplinarité, qu\u2019il convient de dépasser pour rendre cohérents des concepts hétérogènes.Nous en arrivons ainsi à la troisième étape: comment relier véritablement entre elles les sciences qui, secondairement, portent sur l'information, et permettre l\u2019avènement d'une science à part entière?En d\u2019autres termes, comment introduire une rigueur dans le raisonnement qui compense l\u2019éloignement parfois très grand des domaines, par exemple les sciences de gestion et la linguistique, ou la sociologie et l'informatique, et comment développer une réflexion sur les articulations entre les disciplines en présence?Sommes-nous parvenus à cette troisième étape?Les discours proposés par un spécialiste, à quelque discipline qu\u2019il appartienne, les travaux qu\u2019il développe, sont-ils accessibles à l\u2019ensemble de la communauté réunie autour des sciences de l'information, ou, voit-on se développer une mosaïque de débats que rien ne fait converger* Dans la communication introductive aux journées d\u2019étude sur les formations à l\u2019information scientifique et technique qui se sont tenues à l\u2019École nationale supérieure de bibliothécaires les 9 et 10 décembre 198(3, Francis Jacques insiste sur cette nécessité d\u2019imposer une con- vergence épistémologique aux acteurs qui seule permettra d'éviter l'interdisciplinarité «de simple convivialité» \\ Une condition préalable doit être obtenue: il faut «à un certain niveau de ces disciplines (partager) un certain type de représentations intermédiaires».F.Jacques cite l\u2019exemple de l'informatique linguistique qui pèse sur la linguistique informatisée pour accomplir les travaux sur la traduction automatique.Une science pure et une technologie se fixent un objectif commun et développent des recherches sur un même thème, avec des méthodes compatibles et complémentaires.En bref, il s'agit, pour les spécialistes de chaque discipline, non pas de renier ou d\u2019oublier le champ structuré qu'ils ont élu et pour lequel ils ont reçu une formation, mais bien de ressentir l\u2019appartenance à une communauté et, selon l\u2019expression de F.Jacques, «à une communicabilité des significations qui reconstitue quelque chose comme une réalité humaine».Force est de constater que cette troisième étape, en France du moins, n\u2019a pas été franchie.Et pourtant, il est essentiel qu\u2019elle le soit dans les plus brefs délais.Je prendrai un exemple, lié au thème général du congrès.Par sa nature, notre profession subit très fortement l\u2019attraction des nouvelles technologies.Elle accorde une grande attention aux travaux qui portent sur le traitement, le stockage et la diffusion du signal, d\u2019autant qu\u2019à l\u2019ère de l'électron va succéder celle de l\u2019optique.La première a étendu les possibilités de traitement et de diffusion de l\u2019information: radio, télévision, informatique.Elle a en conséquence, bouleversé les ressources offertes pour traiter et diffuser l'information.Nous entrons dans l'ère de l\u2019optique, ou de l'optonique, sans que soit épuisée l\u2019ère de l\u2019électron.Le rythme des mutations s\u2019accélère, s\u2019emballe.Que ne nous promet-on pour les vingt prochaines années?Je cite, en vrac: - Le mariage entre l\u2019ULSI (Ultra large scale integration) et l\u2019intelligence artificielle.D\u2019où un accroissement du rapport intégration/coût des circuits électroniques de l\u2019ordre de 10.000 et la généralisation des produits de l\u2019intelligence artificielle.D\u2019où les vastes programmes lancés aux États-Unis, au Japon (ordinateurs de la 5ème génération) et en Europe (Eurêka).\u2014 L'amélioration de la vitesse de transmission et d'accès à l'information seulement limitée par celle de la lu- mière (300.000 km / seconde) à l\u2019intérieur et à l'extérieur des systèmes et l'application des recherches aux disques optiques numériques et aux fibres optiques.Le développement méthodique du Réseau national à intégration de services (RNIS) qui, en l'an 2000, devrait offrir aux français le moyen de recevoir toutes sortes de signaux visuels, graphiques et sonores.Les progrès qui seront accomplis pour améliorer la communication entre l'homme et la machine: traitement de la parole, des images, des formes.\u2014 L'extension des possibilités de stockage sur des mémoires optiques, qui répond à un besoin culturel jusqu'à ce jour mal satisfait et donnera à tous ceux qui souhaitent alimenter leur réflexion, l\u2019occasion d\u2019être confrontés avec un patrimoine ancien ou moderne, source de création artistique, de recueillement studieux ou de commentaire savant.La mémoire optique a donné naissance à plusieurs outils: disque optique numérique, CD-ROM, vidéodisque, chacun ayant une application désormais bien connue.Des virtualités, des probabilités vertigineuses, on le voit.Mais qui a cherché à mettre en relation ces prospectives avec les habitudes intellectuelles, avec les pratiques culturelles du public que nous cherchons à servir?Quel psychologue s\u2019est employé, en liaison avec l'information ou l'ingénieur des télécommunications, à inclure la dimension humaine et à nous dire à quel rythme nous pouvons, nous bibliothécaires, introduire dans nos établissements, les facteurs de progrès, sans désemparer nos lecteurs, sans compromettre l'intérêt que certains trouvent le plaisir que d'autres éprouvent à fréquenter nos bibliothèques, tant il est vrai qu'introduire des technologies n'est pas, ou n\u2019est pas forcément, accroître le bien-être des hommes?Quel sociologue étudiera la relation fonctionnelle qui subsiste entre l\u2019édition traditionnelle, production d'un document, figé sur son support de papier ou de cire, et les mémoires optiques seulement lisibles (ROM), à l'instar du livre ou du disque?Tous deux favorisent la diffusion humaniste, ou démocratique, du savoir scientifique et culturel.Tous deux peuvent revendiquer le mérite d\u2019asseoir, en divulgant ses résultats, la science, l\u2019art, la littérature, bref, les manifestations les plus intimes d'une civilisation?Quel chercheur mettra en ARGUS DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 111 évidence les conditions grâce auxquelles le public acceptera les nouvelles technologies et nous dira enfin s'il existe un ordre logique et naturel des faits de la technique qui rend inéluctable à terme la diffusion et l'acceptation des produits nouveaux?Nous nous gorgeons à satiété d\u2019informatique; nous contribuons à gorger notre public dans les champs d'action qui sont les nôtres.Savons-nous si ce régime va générer des modes de pensée, de raisonnement, de travail ou de loisir différents de ceux que nous connaissons aujourd\u2019hui?Quel économiste nous apprendra que notre hâte à nous équiper ou, à l'inverse, notre retard, entraînera des conséquences en chaîne, et compromettre l'essor et, partant, la compétitivité des industries de fabrication des produits culturels, dans un pays, la France, déjà distancé par ses concurrents?Cette première série de réflexions s'achèvera par un appel vibrant en faveur de l'interdisciplinarité, de la convergence des recherches, afin que l'épanouissement des technologies dites nouvelles contribue à l'épanouissement des pratiques scientifiques et culturelles que nous avons vocation à satisfaire.Avouons-le: nous aspirons à une science de l\u2019information forte et monolithique; nous n'avons cultivé que des sciences de l'information, et ne pouvons prétendre nous trouver aujourd'hui que dans le vestibule de cette discipline que nous appelons de nos vœux.Thèse n° 2.La formation doit être le creuset de l\u2019interdisciplinarité Peut-on imaginer une formation sinon idéale, du moins satisfaisante pour le spécialiste de l\u2019information?Il le faudrait, et d\u2019urgence, car la réforme de la formation aux carrières des bibliothèques et organismes documentaires est un volet obligatoire de celle, plus vaste, de l'ensemble du système éducatif, au moins en France.Il le faudrait d'urgence, pour tenter de remédier à la pesanteur sociologique qui annihile bien des efforts.Chaque structure d\u2019enseignement profite de son inertie naturelle, accrue par l\u2019immobilisme ou la paresse administrative, pour tenter de se prolonger.De plus, les enseignants, choisis par la profession, ou avec sa complicité, sont à ce point enfermés dans leur champ théorique qu'ils ont pour souci d'en assurer la pérennité.Comment briser cette rigidité déplorable?11 faudrait d'urgence concevoir cette formation, pour adapter une profession à son environnement, pour, dès à présent, former des formateurs, et cela prendra quelque temps.Il le faudrait, de façon urgente car, nous l'avons vu, le rythme des mutations s'accélère.Notre profession se cabre parfois devant la nécessité où elle se trouve d'assurer son présent.Qu'en sera-t-il de la préparation de son avenir?Il le faudrait de façon urgente, mais non hâtive, car surgissent des obstacles culturels, qu'il faudra prendre le temps, et la peine, de surmonter.Il ne sera pas facile de susciter une ouverture d'esprit vers des domaines restés segmentés, de casser le protectionnisme des corps de métiers appelés à converger, à instaurer l'ère de la mobilité intellectuelle.Des études devront être menées sur l\u2019impact social des outils technologiques et sur les modalités des formations destinées à permettre aux adultes d'acquérir les connaissances nécessaires à leur bonne utilisation.Prenons garde, également, au fait que chaque investissement intellectuel ou industriel engage l'avenir.Une ou plusieurs générations d'étudiants devra supporter les choix pertinents ou mauvais que nous aurons faits.Enfin, ménageons les institutions, leur solidité, leur rigidité, les rend si vulnérables.Il ne servirait à rien de les casser.Outre une hâte relative, il faut de l'imagination, de l'audace et de l'attention.Méfions-nous des impressions lénifiantes: la diffusion à grande échelle des outils nouveaux, comme en France, le minitel, distribué à 3 millions d\u2019exemplaires, détermine une certaine banalisation de l'appareil entré dans la vie quotidienne, une érosion de la curiosité, de l\u2019envie de pénétrer plus avant dans la connaissance L'informatique pour tous a entraîné un nivellement vers le bas sécurisant et apathique contre lequel il faudra réagir.Peut-on représenter les lignes directrices d\u2019une formation adaptée à nos besoins?Probablement, mais avec prudence, et à la condition de s'appuyer sur une connaissance réelle du métier de bibliothécaire.On a trop négligé les études sociologiques et techniques sur la profession pour en maîtriser l\u2019évolution.Sur ce sujet, toute prospective présente des dangers.Selon le mot de Simon Nora, la prospective «consiste en fait à prendre une meilleure conscience du présent, à essayer de mesurer ce que ce présent comporte de pondéreux, de susceptible de condi- tionner l'avenir.Autrement dit, la prospective, à mes yeux, aujourd'hui, ne peut plus être qu\u2019une discipline pour réorganiser notre vision du présent.A partir de là, l'important est de dégager un accord, non pas sur un avenir, mais sur un horizon, c'est-à-dire sur la capacité de la société à se fabriquer un destin qui lie la communauté d'individus qui la composent»*\u2019.Quel horizon pour nous?Chaque proposition, on le constatera, sera une variation sur le thème majeur de l'interdisciplinarité.Proposition n° I.Assimiler le procès technique, pour mieux Putiliser.Ce dernier représente une réalité qu'une formation ne peut plus ignorer si elle a pour ambition de préparer des professionnels compétitifs.La césure, traditionnelle en France, entre la technologie, passablement dévaluée, et les disciplines scientifiques doit s'estomper durant le temps de la formation professionnelle.Cela signifie que le bibliothécaire entretiendra avec les marques de ce progrès des relations objectives qui, le moment venu, le conduiront à les introduire dans l'organisme ou le service qui lui est confié, à convaincre le personnel placé sous ses ordres tout autant que les utilisateurs du bien-fondé de cette démarche et à lui inculquer la préoccupation de veiller à ce que chacun sache en tirer le meilleur profit.Proposition n° 2.S'adapter au changement.Deux types d\u2019action le permettront- \u2014 Apporter aux étudiants la connaissance dont ils ont besoin, c\u2019est la mission habituelle et souvent unique des établissements d'enseignement.\u2014 Préparer les mentalités à la mobilité et au changement du contexte technique, culturel et social.Il s\u2019agit de donner un état d\u2019esprit qui incitera chaque étudiant à surmonter les mutations de tous ordres qui l\u2019atteindront, à lui faire admettre que, sa vie durant, il devra apprendre encore et toujours, remettre en question les connaissances qu'il a acquises et que l\u2019on sait périssables.Comment parvenir à ce dernier objectif?Puisque les certitudes d\u2019aujourd\u2019hui seront demain remises en cause, il est important d\u2019insister sur la valeur de l'autodidaxie et de maintenir en éveil la curiosité personnelle.Cette formation, volontariste et individuelle, ne pourra être menée avec bonheur 112 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16'NUMERO 4 que si elle repose sur une culture générale et technologique réelle, réservée actuellement à une minorité de spécialistes.Une telle culture devra dépasser largement les connaissances techniques, et permettre à chaque individu de relier entre eux les problèmes sociaux, économiques et culturels liés à l\u2019avènement et à la diffusion de procédés nouveaux.Interdisciplinarité, encore.Cette démarche impose à l'évidence un effort personnel qui s'accomplira sur le lieu de travail, bien entendu, mais aussi chez soi, si l'on en juge par l'essor que les prochaines années semblent réserver aux méthodes d'enseignement télématiques et assistées par ordinateur.La mobilité se vit dans l'espace et dans le temps.Dans l\u2019espace: un établissement voué à la formation aux sciences de l'information doit se tenir à proximité de lieux où s'exerce la profession et entretenir avec ces lieux des relations constantes.Plus largement, sans doute, il doit rester à l\u2019écoute des entreprises publiques et privées, qui, sans forcément la produire ou la traiter, consomment de l'information scientifique et culturelle, et leur demander de compléter son action pédagogique.L'École nationale des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) qui succédera à l\u2019ENSB a prévu d'organiser à l'intention de ses étudiants un stage de sept mois dans un organisme de ce genre.Le Japon, dit-on, songe à déplacer certaines formations de l'université, qui les abrite aujourd'hui, vers les entreprises.Dans le temps: de même qu elle éclate dans l'espace, la formation éclate dans le temps.Les trois étapes qui marquaient la carrière de tout individu, à savoir formation, puis exercice de la profession et, pour terminer, retraite, vont laisser la place à une alternance constante entre les actions de formation et le travail dans l'organisme employeur.Une des conditions du succès de cette innovation réside dans l'attribution de diplômes reconnus et habilités par les autorités universitaires.On l\u2019a vu, le changement est source de conflit, avec les décideurs et les autorités de tutelle dont dépend la bibliothèque, avec le personnel, avec les usagers.Il devient indispensable d\u2019apprendre à gérer, pour les maîtriser, ces conflits et les étudiants doivent apprendre à affronter ces situations.Je ne prétends pas être exhaustif .J\u2019ai esquissé à gros traits la formation qui me paraît correspondre aux nécessités du moment.Il faudrait de pareille façon insister sur le recrutement des étudiants et doter les écoles de moyens de sélection qui leur permettent d'introduire des compétences variées au sein de la profession.Un rapport fort complet sur la profession de bibliothécaire en France7 vient de nous apprendre que les établissements français accueillaient 3% seulement de cadres ayant reçu une formation scientifique ou technique et 4% de juristes.Les autres sont littéraires et ont mené des études de lettres classiques (10%), de lettres modernes (21%), d'histoire (23%) ou de langues (17%).On mesure les inconvénients de cette homogénéité intellectuelle du corps des bibliothécaires.Interdisciplinarité toujours: des idées exposées par Francis Jacques, et rapportées dans la présente communication, il résulte que toute formation aux sciences de l'information ne peut se dispenser de proposer un enseignement sur la production de l'information.Celui qui a pour mission de traiter, de mettre en forme, de stocker et de diffuser l'information ne doit-il pas remonter dans la chaîne et s\u2019intéresser à l'étude de sa production?Car si, secondairement, c\u2019est-à-dire au moment où elle est diffusée, l'information prend la forme d'une marchandise, soumise aux lois commerciales de l'offre et de la demande, si elle peut effectivement être utilisée brute, sans référence aucune aux circonstances de sa production ou à la personne qui l'a créée, son contenu, en revanche, est singulièrement enrichi par l'examen de ce contexte.Faut-il aller plus loin et demander à chaque étudiant engagé dans une formation aux sciences de l'information de mener des recherches dans une science fondamentale et, ainsi, mettre en place les conditions requises par la nature interdisciplinaire des sciences de l'information.Faut-il attendre des professionnels engagés dans leur métier qu\u2019ils agissent de même?Quoiqu'il en soit, nous nous accorderons, je pense, sur l'insuffisance qu\u2019il y aurait pour nos écoles, à juxtaposer des séries de cours très techniques et affirmerons qu'une étude complète et cohérente de l\u2019information appelle l'interdisciplinarité.Proposition n° 3.Internationaliser la formation.C'est une des vertus des nouvelles techniques de favoriser le transport des gens et des choses, des idées et des informations.Citons pêle-mêle: l'extension de la télématique, les réseaux de télévisions, la suppression progressive des protections douanières et les prémices de la mondialisation de l'économie liées à l'internationalisation des modes de vie.Une coopération internationale s'organise, de plus en plus active, pour mener des actions de recherche fondamentale et appliquée.Ainsi voit-on les universités, les grandes écoles, les laboratoires multiplier les accords avec des partenaires choisis en fonction d'affinités géographiques, linguistiques ou scientifiques.L'exemple vient du secteur industriel qui a su provoquer le succès des entreprises multinationales.L'information ignore les frontières.La science qui lui est consacrée s'abrite frileusement dans le cadre étroit de quelques laboratoires.Le temps n\u2019est-il pas venu de rechercher des domaines de coopération et d'encourager l'émergence de quelques pôles d'excellence?Thèse n° 3.L\u2019information est aussi un moyen d\u2019actualiser les connaissances et d\u2019adapter à des tâches nouvelles Dans le paragraphe précédent, l'extension du substantif formation, souvent employé, n'a jamais été précisé par les qualificatifs permanente ou initiale.En effet, la frontière entre ces deux types de formation s\u2019estompe progressivement, au point que, d'ici peu, il deviendra difficile et sans doute illusoire de les dissocier.La formation j'entends la formation professionnelle devrait représenter tout au long de la carrière 10% du temps de travail.On remarquera que ce niveau est déjà atteint et parfois dépassé dans les entreprises de technologies avancées.Dix pour cent du temps de travail représentent cinq semaines chaque année.La formule est simple dans ses manifestations et son contenu comme dans ses objectifs.Essayons toutefois d'imaginer les principes directeurs de ces actions.Dans les bibliothèques françaises, la formation dite continue demeure bien souvent un leurre, un moyen pour l\u2019employeur de garder une bonne conscience.Pourquoi?Les raisons que l'expérience a permis de mettre en évidence sont les suivantes: les stages de formation sont toujours suivis par les mêmes agents intéressés sans doute et mobiles sûrement, qui cherchent à mettre à jour leurs connaissances ou à en acquérir de nouvelles.Ce fait, pour louable qu'il soit, ne sert guère ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16 NUMERO 4 113 rétablissement qui les emploie: ce dernier ne peut, faute de moyens, définir une politique cohérente de formation et se contente d'agir au coup par coup.Et puis le savoir se conserve jalousement: rares sont les stagiaires qui ont le souci de faire partager à leurs collègues les connaissances acquises.Aussi voit-on se creuser davantage le clivage entre les propriétaires d'un savoir tout neuf et les autres agents.Ces pratiques contribuent à détériorer les relations au lieu de les améliorer, et, finalement, vont à l'encontre de l'objectif poursuivi.Que faire?Plusieurs mesures peuvent être proposées: -\tAffirmer la vocation pédagogique des bibliothécaires et documentalistes.Cette vocation devrait s\u2019exercer en direction des utilisateurs et des collègues.\u2014 Faire admettre l\u2019idée que la formation continue est un élément nécessaire à la modernisation des établissements.-\tSouhaiter que la tutelle de la bibliothèque ou de l'organisme documentaire impose à l'occasion de chaque promotion un ou plusieurs stages et consacre une somme raisonnable, voisine de 3% de la masse salariale, aux actions de formation.Revenons un instant à l\u2019interdisciplinarité.Combien il paraît souhaitable que se développe un espace commun aux organismes producteurs d\u2019informations, laboratoires de recherche publics et privés, universités, entreprises et industries pour l\u2019information scientifique et technique, éditeurs, ateliers de création, pour l\u2019information culturelle, aux diffuseurs, libraires, serveurs, et aux écoles de sciences de l'information.L\u2019avantage de cette solution serait d'intégrer, véritablement, tous les maillons de la chaîne pédagogique: formation initiale dispensant l'apprentissage des disciplines fondamentales et techniques générales et leur utilisation effectuée par les établissements qui créent, traitent ou consomment des données informatives.Thèse n° 4.L\u2019enjeu n\u2019est pas technologique; il est social, culturel et probablement politique Quelle définition donner du spécialiste de l'information, qu\u2019il s\u2019intitule bibliothécaire, médiathécaire, documentaliste, ou se pare d'un titre à la conno-tation plus moderniste, tel qu'infomédiateur, informatiste ou autre, sinon qu\u2019il est, dans le sens le plus large du substantif et de l'adjectif, un médiateur culturel.Son champ d'action est vaste; il couvre une partie de la production des biens culturels, qui incluent l\u2019information scientifique et technique, une marchandise conçue par des spécialistes pour des spécialistes autour des systèmes nationaux d\u2019enseignement et de recherche, ainsi que des produits de consommation courante, journaux, périodiques, livres, médias sonores et audio-visuels, destinés aux citoyens.Autrement dit, sa fonction est de favoriser l\u2019accès au patrimoine culturel ancien et moderne, qu\u2019il est chargé de constituer, de préserver et de communiquer.Sans rechercher particulièrement l\u2019emphase ou la grandiloquence, comment ne pas admettre qu'il est un auxiliaire, parmi beaucoup d'autres, sans doute, de la démocratie et que, plus encore, il est le garant d\u2019une éthique sociale qui s\u2019est imposée dans de nombreux pays?J\u2019ai longuement insisté sur le rôle des nouvelles technologies et leurs conséquences pour la profession.Il le fallait, en raison du thème général choisi par le congrès à l\u2019intérieur duquel s\u2019insère cette communication.Il le fallait, surtout, car la complexité de ces nouveaux outils entraîne une légitime appréhension chez beaucoup d'entre nous.Mais cela paraîtrait dérisoire et mesquin si, grâce aux sciences de l'information, et au simple bon sens, n\u2019était dépassé durant quelques instants ce cadre.La culture, c'est le patrimoine qui rassemble les valeurs et les savoirs amassés jusqu'à ce jour et laissés à la disposition de tous.Or notre rencontre avec les nouvelles technologies va déterminer une tourmente à laquelle nous devons nous préparer et réunir les conditions d'un éclatement de la culture.Le premier sujet d\u2019interrogation a trait à l\u2019accroissement des connaissances et à l\u2019extension sans limite prévisible des mémoires qui serviront à stocker les signes, les images, les sons qui constituent le patrimoine scientifique et culturel.On peut en concevoir plusieurs inquiétudes.Le savoir sera progressivement mis à la portée de tous, en tous lieux, à tous moments.La seule condition pour accéder aux gisements disponibles sera d'avoir reçu l'initiation nécessaire et acquis les techniques d\u2019interrogation permettant l\u2019extraction des données à partir de ces mémoires.C\u2019est une question de volonté, de capacité individuelle et de coût.Mais comment éviter que des groupes, plus favorisés, ne s'approprient le savoir et que ne s'instaure un clivage par rapport à d\u2019autres groupes, plus défavorisés, qui se trouvent dans l'impossibilité de s\u2019en saisir.Voici un domaine où devra intervenir le bibliothécaire, qui disposera de la possibilité de réduire cette inégalité sociale devant l'information.Certes, l'exemple de l\u2019école, institution devant laquelle tous les enfants sont théoriquement égaux, devrait réfréner notre ardeur et nos prétentions.Malgré tous les efTorts déployés en sa faveur, malgré les vagues déferlantes de bons sentiments, de bonne volonté et de compétences, elle n'a pu mener à bien ses objectifs.J'ai trop plaidé en faveur d'un bibliothécaire technicien pour introduire l'idée d\u2019un bibliothécaire missionnaire saisi par un prosélytisme encombrant.Mais il m'a paru utile de situer notre action dans un mouvement, de l\u2019inscrire dans une dynamique, même si nous connaissons nos limites.Pour le reste, chacun d\u2019entre nous déterminera ses idéaux et tentera de les poursuivre.De l'adresse et de la persévérance, il en faudra pour acquérir les compétences utiles à ces recherches.Il appartient à chacun de mesurer l\u2019intérêt qu'il porte à ces pratiques pour subir l\u2019initiation avant quelles n\u2019entrent dans le bagage culturel des prochaines générations.De toute façon, l'information sera là, immense et fluide.Se présente un autre risque, celui de la surinformation qui a les mêmes effets que la désinformation.L'initiation à la nouvelle dialectique donnera la clé de l\u2019information, mais dans la solitude du dialogue avec la machine.Le deuxième sujet d'interrogation est angoissant: que deviendra la vie sociale dans cette conjoncture?Des réseaux sont sur le point de se créer, qui feront éclater l'unité de la culture.Ce mouvement est condamné à s\u2019accroître et à s'accélérer.Des lambeaux culturels, des moignons de sciences, conçus chacun suivant des critères différents, vont être proposés aux utilisateurs, mal imbriqués les uns dans les autres, regorgeant de doublons, parsemés de lacunes, mal coordonnés, fragiles et périssables.Quelles relations naîtront autour de ces réseaux, quels groupes se constitueront, quelles nouvelles formes de sociabilité se feront jour dans la mouvance de ces nouveaux appareils culturels?Autre élément de déstabilisation: l\u2019écrit perd sa primauté séculaire.Il déterminait une perception indivi- 114 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16 NUMÉRO 4 duelle du monde.L'image, à l'inverse, a trouvé avec les mémoires optiques un instrument de stockage remarquable.Yra-t-elle désormais supplanter l\u2019écrit et déterminer, pour les générations qui suivent, une nouvelle interprétation du monde?Peut-on envisager une alliance spontanée entre ces deux véhicules culturels qui rassemblerait les morceaux d'une culture éclatée?Pour sa part, le bibliothécaire aura tout loisir de se consacrer à sa mission pédagogique et de se préparer au travail qui l'attend.L\u2019information devient un enjeu planétaire; des investissements importants sont consacrés à l\u2019équipement, des marchés s'ouvrent dans le domaine de l'audio-visuel; il est essentiel que des professionnels compétents assurent une surveillance des flux pour assurer la transparence de l'industrie naissante.Médiateur il est déjà; médiateur il demeurera et, par la connaissance qu'il possédera des producteurs, des distributeurs, il sera capable de proposer des stratégies de recherche, même s\u2019il apparaît que l'utilisateur final est appelé à s'approprier les techniques de la recherche.Il sera en cela aidé par la simplification des logiciels et les progrès de l'intelligence artificielle.Mais s\u2019il est facile d'obtenir l\u2019information, sélectionner, dans ce fatras, l'information pertinente sera sans doute moins aisé et réclamera des connaissances que peu d'utilisateurs possèdent.C\u2019est là une voie qui s\u2019ouvre à notre profession et que nous sommes bien placés pour suivre Au sein d'une société vouée à l\u2019information, des intercesseurs nombreux trouveront leur place.Nous pouvons légitimement espérer être parmi eux.Je m\u2019aperçois que je n\u2019ai pas une seule fois prononcé le mot interdisciplinarité tout au long de ce paragraphe.On a deviné qu'il affleurait dans chaque phrase, puisque nous avons virevolté entre le fait social, les contingences économiques et la maîtrise de la technologie.Notre présent, notre avenir reposent sur l\u2019interdisciplinarité.* * * Conclusion Centurions parmi les mercenaires, Charles de Gaulle écrivait que «l'avenir dure longtemps».C\u2019est, en effet, sa qualité première.Mais le présent, qui sert à préparer l\u2019avenir se consume instantanément.Ne tardons pas à en- trer dans notre avenir, sans quoi il risque de nous échapper.L\u2019exposé qui précède avait pour ambition de montrer que le progrès technologique, pour essentiel qu'il soit au devenir de notre profession, ne résoudra pas tous les problèmes.Au contraire, il en posera si des progrès semblables ne sont pas accomplis en même temps dans des domaines apparemment fort éloignés.La mutation doit se faire sans heurts.Le bibliothécaire appartient à un ordre de production et de consommation des biens, il organise des services qui subissent de plein fouet l\u2019irruption de techniques nouvelles.Aussi est-il contraint de se demander, comme vous le faites aujourd'hui, quelle place doit occuper la technologie dans l'exercice de son métier, et, par conséquent, dans la formation qu'il organise.Nous en sommes arrivés à l'étape ultime de mon exposé, la conclusion.Aussi voudrai-je, après avoir exprimé tant de considérations générales, revenir à des idées simples, dépouillées de tout appareil rhétorique, qui traduisent mes convictions essentielles.Le bibliothécaire a reçu une image de marque dont il demeure prisonnier, celle d\u2019un homme de culture.Quelles connaissances cherche-t-on à repérer chez les candidats aux examens et concours que nous leur demandons de passer, sinon les traces d'un humanisme séculaire?On ne peut qu'approuver.Malheureusement, cette image, largement répandue, éloigne de nos bibliothèques et de nos organismes documentaires les étudiants scientifiques et techniciens, non parce qu'ils refusent notre profession, mais parce que cette dernière, du moins le croient-ils, les refuse.Et l'on sait que les études humanistes n'acceptent que difficilement la fréquentation de la science.On connaît le résultat de ces héritages socioculturels.Étant considéré comme un homme de culture, le bibliothécaire s'est présenté comme tel, s'est cru tel et a accrédité l'idée qu'il était homme de culture, qu'il n\u2019était que cela.Cela était légitime.Cela est toujours légitime, mais insuffisant.Homme de culture, le bibliothécaire l'est, assurément; il le demeurera, il faut qu'il le demeure, mais est-ce à ce point insupportable de lui demander de se soumettre à ce principe que j'ai cherché à défendre tout au long de mon discours, celui de l'interdiscipli- narité, et d\u2019ajouter à ses précieuses compétences, des compétences technologiques?Si j\u2019en juge par l'exemple français, la cause est loin d'être gagnée.Mais nous n'avons pas le choix et devons modifier, en même temps que notre recrutement et notre formation, non pas en la desséchant, comme on l'a dit trop souvent, mais bien au contraire, en l'enrichissant, nous devons modifier notre profession ainsi que son image de marque.Voilà une application des recherches sur le marketing appliqué aux bibliothèques qui se développent dans nos écoles et spécialement à Montréal, si j'en crois le programme du congrès.À cette condition, il nous est possible, je pense, d'envisager l\u2019avenir avec une relative sérénité.L\u2019action régulière des centurions, capables de rallier à leurs objectifs des mercenaires, recrutés pour leur compétence impétueuse favorise l'évolution.Celle des mercenaires laissés à eux mêmes est source de révolution.Or, dans le domaine qui est nôtre, il n'existe pas de rupture fondamentale entre le passé dont nous sommes les gardiens, le présent que nous vivons et l'avenir tel qu'on peut l'imaginer.Tout juste la mémoire s'est-elle industrialisée.Interdisciplinarité, telle est, je crois, la clé qui ouvre le coffre où nous rangeons notre patrimoine, qui met en marche l'ordinateur, qui libère l'information destinée à enrichir l\u2019économie, la science, la culture et, finalement, le bien-être de nos pays.Références 1.\tFondin, Hubert, «L'évolution des systèmes et des métiers du traitement de l\u2019information» Documentaliste, vol.24, n\u2019 1, janv.-février 1987, p.3.2.\tEncyclopédie internationale des sciences et techniques, art.Information scientifique et technique Paris: Presses de la Cité.1969-1973.vol# 7.1972, p.41-46.3.\tLe Coadic, Yves.«La science de l'information: aspects culturels et institutionnels d une nouvelle discipline» Bulletin des bibliothèques de France, t.29, n° 2, 1984, p.168.4.\tLalande, André, Vocabulaire technique et critique de la philosophie.Paris, PUF.1962, article science.5.\tJacques, Francis, Interdisciplinarité et information scientifique et technique: Conférence d'introduction aux /ournées d'étude «formation à l'ISl », Villeurbanne, ENSB, déc.1986.8.Prospectives 2005: explorations de l'avenir Paris: Ëconomica, 1987.7.Seibel, Bernadette, Au nom du livre: analyse sociale d'une profession, les bibliothécaires, 1987 (dactylographié).ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 115 iNET/Envoy 100: PECADO Téléphone: (514) 628-3568 (418) 647-1087 Une entreprise québécoise qui répond enfin à vos attentes: Être servi à proximité, directement, par une agence de périodiques conçue pour répondre aux besoins des bibliothèques et gérée par des spécialistes en documentation.\u2022\tSERVICE PERSONNALISÉ ET LOCAL \u2022\tACCÈS AUX PÉRIODIQUES EUROPÉENS \u2022\tRÉCLAMATIONS ÉLECTRONIQUES \u2022 PROFESSIONNELS DE LA DOCUMENTATION INC.3011 Dagenais, Fabreville, Laval, (QC.) H7P 1T4 Ateliers des Sourds Montreal (1978) inc.85, rue de Castelnau ouest Montreal, QC H2R 2W3 (514) 279 4571 Membre du groupe Litho Acme Lithographie Photocomposition Reliure 116 ARGUS DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 Contraste insuffisant Du traitement du document au traitement de l\u2019information Evolution du rôle et des fonctions de bibliothécaire et de documentaliste à travers la réalité française par Hubert Fondin* Les professionnels du traitement et du transfert de l'information et des documents (bibliothécaires et documentalistes) s'interrogent partout aujourd'hui sur leur avenir.Pour aider cette réflexion, il a paru intéressant de regarder l'évolution de leur fonction et de leur rôle et d'analyser la situation présente faite tout à la fois de synergie et d'opposition entre ces deux mondes.Tout ou presque plaide aujourd'hui pour un regroupement de ces professionnels, en France tout spécialement.All the people involved in the processing and dissemination of information and documents, either librarians or information scientists, are today debating on their future.As a contribution to the discussion, we propose to study the evolution of their roles and analyse the various points on which these two groups converge or diverge.It seems more and more evident that, in France particularly, all these professionals should have the same training and job opportunities.Les professionnels du traitement et du transfert de l\u2019information et des documents, qu'ils soient bibliothécaires ou documentalistes, s\u2019interrogent partout dans le monde aujourd'hui.L\u2019introduction de nouvelles techniques, l\u2019évolution des besoins des utilisateurs, la multiplicité et la diversité des sources d'information les obligent en effet à reconsidérer leur savoir-faire, leurs connaissances, leurs pratiques.Ceci ne se fait pas sans déchirements, sans difficultés.Mais ces interrogations sont signes d\u2019espoir car au-delà des inquiétudes légitimes sur l'avenir, elles manifestent la volonté de trouver une réponse adéquate au besoin en formation de tous ces spécialistes en information documentaire.Les professionnels français, bibliothécaires, d'une part, et documentalistes, de * Hubert Fondin est enseignant-chercheur à riUT-B de PUniversité de Bordeaux 3, 33405 faïence Cédex, France.l\u2019autre, ont, quant à eux, une double raison de s\u2019interroger.Ils doivent réfléchir non seulement sur leur devenir mais aussi sur leur division actuelle.Il paraît donc intéressant d'étudier l'émergence de ces deux mondes professionnels, d'analyser les raisons de leur antagonisme, de réfléchir sur les caractéristiques de leurs évolutions, spécialement après 1960 et enfin de dresser un tableau de la situation actuelle pour essayer d\u2019en tirer quelques conclusions quant à la réalité de ces deux mondes en 1985.Le bibliothécaire des origines à 1850, ou l\u2019amateurisme éclairé.De l'Antiquité jusqu'en 18(H) On ne sait rien, ou presque, de l'organisation des bibliothèques et de leur personnel pendant l\u2019Antiquité.Tout laisse supposer que chaque bibliothèque était sous la responsabilité d'un lettré \u2014 à l\u2019image du poète grec Calli- maque, bibliothécaire à Alexandrie -chargé de classer et de retrouver à la demande les documents déposés.Sous la Rome impériale, les documents parvenus jusqu'à nous nous apprennent que les bibliothèques étaient considérées comme un service public et gérées par un personnel d'Ëtat, avec à leur tête, au moins depuis le Ile siècle de notre ère, le «procurateur des bibliothèques», sorte de directeur général.Quelques 8 ou 10 siècles plus tard, dans les monastères occidentaux, la fonction de bibliothécaire est tenue par un membre du clergé régulier.Celui-ci a essentiellement comme rôle de dresser l'inventaire de la petite collection de «livres» (les «codex») et d'enregistrer les prêts.Avec le temps, les collections des bibliothèques deviennent de plus en plus importantes en taille et diversifiées quant à leur contenu.Le rôle du bibliothécaire évolue en conséquence.ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 117 On exige souvent de lui un savoir encyclopédique pour retrouver les documents utiles et surtout conseiller les lectures.Il doit donc mettre en ordre toutes les connaissances et, à partir de cette construction, classer les livres.Certes, il peut avoir recours à sa mémoire \u2014 et, au XY\u2019IIIe siècle, le bibliothécaire de Corne III, grand duc de Florence, est devenu célèbre pour cela mais, dès le XVIle siècle, beaucoup utilisent des catalogues établis selon un ordre systématique.On retiendra dans ce travail la place éminente du Français Gabriel Naudé et de l'Allemand Leibniz.Ce dernier institua en outre une politique systématique et régulière d\u2019acquisition afin de maintenir l\u2019actualité et donc l\u2019intérêt des collections de la bibliothèque dont il était responsable.À travers ces exemples, et d'autres, on constate que les fonctions de bibliothécaire étaient, aux XVIIe et XVIIIe siècles, confiées le plus souvent à des érudits, ecclésiastiques ou hommes de lettres.«Bibliothécaire, celui qui est préposé à la garde, au soin, au bon ordre, à l'accroissement des livres d\u2019une bibliothèque.Il y a peu de fonctions littéraires qui demandent autant de talents.Celle de bibliothécaire d\u2019une grande bibliothèque, telle, par exemple, que celle du roi, suppose la connaissance des langues anciennes et modernes, celles des livres, des éditions et de tout ce qui a rapport à l'histoire des lettres, au commerce de la librairie et à l\u2019art typographique.» Article de l'Encyclopédie Diderot-d'Alembert, 1751 La première moitié du XIXe siècle Au début du XIXe siècle la situation ne change pas.Certes, en France, à la suite de la confiscation de très nombreux fonds de la Noblesse et de l'Église durant la période révolutionnaire, on a eu besoin de personnel pour trier tous les livres.Mais la qualité essentielle requise pour être bibliothécaire est toujours celle d\u2019homme de lettres car le rôle qui lui est dévolu reste bien davantage celui d\u2019un conseiller, d\u2019un aide que celui d\u2019un spécialiste de la gestion d\u2019une collection de livres.On notera d\u2019ailleurs que le travail bibliographique est effectué par des bibliographes dont la renommée est beaucoup moins grande.Se distingueront ainsi en France, dans la première moitié de ce siècle, des figures comme Charles Nodier, Sainte-Beuve ou Leconte de Lisle.Le métier de bibliothécaire pouvait tout aussi bien être le point de départ d'une grande carrière littéraire que son aboutissement.1850-1900: le début du professionnalisme C'est durant la seconde partie du XIXe siècle que l'on va faire appel à des spécialistes pour diriger les bibliothèques.En France, ceux-ci se recruteront parmi les chartistes dont un des plus célèbres est L.Dclisle, nommé administrateur de la Bibliothèque nationale à la fin du siècle.Celui-ci fut le premier Français à insister sur le caractère proprement technique de la formation de bibliothécaire, et à écrire que «Un apprentissage est aussi indispensable pour administrer une bibliothèque que pour conduire un bateau, pour construire un édifice» et encore que «La bibliographie, la bibliothéconomie sont devenues des sciences ou des arts dont la complication augmente d\u2019année en année»1.Durant cette période, enfin, on assiste à deux événements notables qui, pour ne toucher alors que les pays anglo-saxons, n\u2019en sont pas moins significatifs.Ce sont, d\u2019une part, les premières tentatives de regroupement et d'organisation des bibliothécaires.Celles-ci aboutissent à la constitution des premières associations professionnelles dont une des fonctions est d\u2019assurer la formation professionnelle de leurs membres.C\u2019est d'abord l\u2019Ameri-can Library Association, fondée aux États-Unis en 1876-, et ensuite la Li brary Association U.K., fondée un an plus tard en Angleterre.C\u2019est, d'autre part, la création de la première école professionnelle de bibliothécaires par Melvil Dewey en 1887 à Columbia (États-Unis)3.19(H)-1945: La bataille des anciens et des modernes Les auteurs des décrets révolutionnaires avaient exprimé une conception généreuse du rôle des bibliothèques.Ils désiraient les ouvrir largement afin que tous puissent accéder aux connaissances par la lecture.Le XIXe siècle a malheureusement oublié en grande partie ces idées, et à la fin du siècle, les bibliothèques du type traditionnel \u2014 qu\u2019elles soient nationales, municipales ou universitaires \u2014 se sont sclérosées dans la conservation de leurs fonds anciens.Le public est toujours aussi restreint et typé, la bibliothèque aussi lointaine et fermée, le personnel aussi mal formé.Cette situation est ironiquement décrite par Lord Rayleigh, en ces termes, en 1884: Dans les disciplines scientifiques, par une aberration remarquable, on s\u2019imagine que ce qui a été publié est connu.Mais on oublie que la recherche en bibliothè- que est parfois un processus plus compliqué et plus incertain que la première découverte en laboratoire.Au début du XXe siècle, certains vont opposer au culte de la «conservation» des fonds déposés en bibliothèque, la notion de «service public» avec ses corollaires d «exploitation» et de «communication» des ressources amassées, pour l'éducation, la culture ou la science.Ils ne désespéraient pas de voir ainsi triompher cette autre conception de la bibliothèque qui se dessinait alors petit à petit outreatlantique: Il fut un temps où la bibliothèque ressemblait fort à un musée, où le bibliothécaire était un rat de bibliothèque où les visiteurs contemplaient avec curiosité des livres anciens et des manuscrits.Le temps est venu où la bibliothèque est une école et le bibliothécaire un éducateur au sens le plus élevé du terme (Melvil Dewey)1.Le défi des non-professionnels En 1895, deux avocats belges, Paul Otlet et Henri Lafontaine, créent l\u2019Institut international de bibliographie de Bruxelles.Surtout, ils proposent d\u2019établir une Bibliographie Universelle de tout ce qui existe partout dans le monde, d\u2019élaborer un «vaste répertoire embrassant l\u2019ensemble de la production scientifique, littéraire et artistique de tous les temps et de tous les pays, comprenant l\u2019inventaire des articles contenus dans les revues et dans les publications des sociétés savantes aussi bien que celui des livres, brochures et manuscrits»5.Comme en outre ils désirent non seulement conserver les documents répertoriés, mais aussi les faire connaître et les mettre à la disposition de tous les utilisateurs \u2014 ce qui jusqu'alors n'était pas la préoccupation première des bibliothécaires \u2014 ils décident d\u2019appeler «documentation» cette nouvelle activité.Celle-ci, qui engloberait la bibliographie, serait la «science» qui permettrait de fournir tous les documents, même les plus récents, sur un sujet donné.Ils y ajoutent aussi l\u2019étude de la création, de la fabrication, de la distribution et de la reproduction du livre.Ce projet se distingue nettement de la «bibliothéconomie», discipline dans laquelle ils ne se reconnaissaient pas du tout.En fait ce ne sont pas les techniques bibliothéconomiques qui sont en cause, puisqu\u2019il leur fallait bien disposer d'un ensemble de techniques leur permettant une bonne gestion de l'acquisition, de la description et de la conservation des documents qu'ils recensaient pour réaliser cette 118 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 gigantesque œuvre.Mais bien davantage un certain état d'esprit des bibliothécaires, une certaine conception du rôle des bibliothèques*'.La définition donnée par P.Otlet et H.Lafontaine en 1908 est très large.C'est cependant une conception plus étroite qui s'imposera: «se documenter, c\u2019est réunir, classer et distribuer des données de tout genre dans tous les domaines de l'activité humaine».Le mot «documentation» est utilisé pour la première fois, de façon officielle, en 1920 dans le libellé d'une association néerlandaise créée la même année: Nederlands Instituut voor Do-kumentatie en Registratuur.En 1931, l'Institut international de bibliographie de Bruxelles change de nom.Il devient l'Institut international de documentation (I.I.D.) lequel prendra un peu plus tard, en 1938, le nom de Fédération internationale de la documentation (F.I.D.).En 1932, c\u2019est la création en France de l'Union française des organismes de documentation (UFOD).C\u2019est surtout la tenue du 1er congrès mondial de la documentation, à Paris, en 1937.Néanmoins des nuances existent.Pour les Américains, le mot «documentation» est d'abord étroitement associé aux techniques de microfilmage \u2014 procédé utilisé dès 1912 pour le stockage sous un format réduit des documents \u2014 dont l'American Documentation Institute, fondé en 1937, a fait une de ses activités principales.Puis à toutes les techniques de création, collecte et diffusion de tous les documents à l'exception des documents im-primés.En Europe, le mot «documentation» a une acception entièrement différente qui se reflète dans les missions successives de l\u2019I.I.D., puis de la F.I.D.Ces organismes ne s\u2019intéressent pas ou peu à la technique de microfilmage, mais axent leur activité sur l\u2019organisation de l\u2019information, plus spécialement sur le développement et la diffusion de la pratique et de l\u2019utilisation de la Classification Décimale Universelle (CDU) créée par Otlet et La Fontaine dont ils maintiennent l\u2019héritage.En France, par contre, l'idée de documentation semble plutôt associée à «dépouillement analyse \u2014 actualité \u2014 dossier \u2014 diffusion sélective \u2014 spécialisation».Quoiqu\u2019il en soit, les documentalistes \u2014 l\u2019appellation aurait été utilisée pour la première fois en 1932 et adoptée lors du congrès tenu à Paris en 1937 \u2014 deviennent ceux qui veulent ouvrir davantage la bibliothèque vers le pu- blic et ses besoins (éducation \u2014 connaissance \u2014 évasion)7.Le monde bibliothécaire français Avec quelques temps de retard sur les pays anglo-saxons, les bibliothécaires français s\u2019organisent eux aussi et créent l'Association des bibliothécaires français (A.B.F.), en 1906 exactement.A l'instar de ses consœurs anglo-saxonnes, une de ses premières préoccupations sera de réfléchir sur la formation et de proposer la rédaction d'un manuel professionnel.En effet, si l'on en juge par les propos tenus alors par l'inspecteur général Schmidt, la nécessité était grande: «une récente tournée d'inspection m\u2019a démontré une fois de plus la nécessité de ce catéchisme du bibliothécaire.Il faut que nous songions sans tarder à ces bibliothécaires des petites villes, secrétaires de mairie, anciens professeurs de collège, anciens instituteurs, qui ne savent comment mettre de l\u2019ordre dans les quelques milliers de volumes dont ils ont la garde, ne savent ce qu'il est indispensable d\u2019acheter, s'attardent aux vieilles méthodes de rangement méthodique, ignorent l'usage des fiches ou, s\u2019ils le connaissent, s\u2019imaginent qu'une seule fiche suffit pour cataloguer une collection de 200 ouvrages.L\u2019Association des bibliothécaires français peut, sans crainte de déchoir, sauver bien des bibliothèques qui s\u2019en vont en poussière; elle le peu en donnant à ceux qui ont la charge de ces bibliothèques les directives qui leur manquent»8.Il est vrai que cette période est pour les bibliothèques françaises une période d\u2019austérité, voire de misère.L\u2019ABF ne faillira pas à sa tâche et fera paraître dès 1912, puis en 1929 et en 1932, différents recueil, code et manuel de formation, manifestant de façon nette une évolution dans les mentalités, tout au moins dans celles de certains de ses membres: «Bibliothécaire, un beau métier qu'on n\u2019apprend plus, disait-on hier encore.Demain cette phrase, n'aura plus de sens» (préface du premier manuel de l'ABF rédigé en 1932).Malgré ces efforts, les bibliothécaires paraissent ceux qui restent traditionnellement attachés à une conception «bibliothèque \u2014 musée du livre conservation - érudition», et malheureusement le sort que leur réservent les autorités publiques ou privées, ne leur permet pas d\u2019envisager une rapide évolution.Le schisme interne Avec le début de ce siècle, et le phénomène s\u2019est encore accéléré après le premier conflit mondial, on assiste au développement d'une recherche scientifique de plus en plus organisée et à l'apparition de besoins d'information plus nombreux et plus précis chez les chercheurs.Four répondre à cette demande nouvelle, émanant généralement de petites communautés particulières, sont apparues, à côté des bibliothèques traditionnelles aux collections encyclopédiques, des structures plus spécialisées quant à leurs fonds parce que plus proche des préoccupations de leurs utilisateurs.Dans ce cas, si la constitution et la conservation d'un fonds de documents sont toujours considérées comme des fonctions importantes, l'accent cependant est davantage mis sur le trritement de ces documents et sur la diffusion de l'information.L'efficacité, la rapidité, l'actualité deviennent des caractéristiques fondamentales et obligent souvent à ne pas suivre aveuglément les règles un peu rigides de la bibliothéconomie traditionnelle.Ce mouvement a amplifié le développement de «bibliothèques spécialisées» amorcé au XIXe siècle, et donné naissance aux services de référence et aux centres de documentation dans des secteurs comme l'administration, l'économie ou la recherche.Certains bibliothécaires se sont sentis plus directement concernés par cette évolution.Cela a abouti, à l\u2019intérieur même du monde des bibliothécaires, à un autre schisme lequel paraît spécifique aux pays anglo-saxons.Ainsi, en l'année 1909, 26 bibliothécaires américains créent la Special Libraries Association pour manifester le caractère particulier de l'information pour le commerce et l\u2019industrie.Un peu plus tard, en 1924, en Grande-Bretagne, d'autres créeront l\u2019Association of Special Libraries and Information Bureaux (Aslib).Tous déclarent appartenir à une profession dont le but est de sélectionner, évaluer, organiser et diffuser l'information existant dans certains secteurs d'activité ou de recherche, et dont la caractéristique est de savoir intégrer et adapter cette information aux besoins et demandes d'un public spécifique.Ces préoccupations paraissent très proches de celles des documentalistes à l'européenne.La documentation qui a été lancée et soutenue par des personnes souvent totalement étrangères au monde des bibliothèques, apparaît plutôt comme une conséquence de la situation faite alors aux bibliographes auxquels le XIXe siècle manifesta une relative dé- ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 119 considération.Ceux-ci, ou leurs émules, ont voulu réagir et, comme souvent dans ce cas, ont commencé par vouloir changer leur image sociale, donc leur appellation.Ainsi, la documentation s'esi constituée face, si ce n\u2019est en opposition, à la bibliothéconomie tout au moins sur le plan professionnel.Cependant face aux bibliothécaires qui constituent déjà un monde bien organisé, les premiers «documentalistes» apparaissent bien fragiles; d'autant que, sous une même appellation, ils font des choses totalement differentes selon le pays considéré.Néanmoins avec le temps ils ont réussi à imposer le mot «documentation».Dès lors, comme le dit J.H.Shera, c\u2019est le début d'un schisme dans le monde de la gestion des documents, et ce schisme dure toujours**.Pour les bibliothécaires, sûrs de leurs pratiques et de leurs techniques, la documentation est une «bibliothéconomie pratiquée par des amateurs!»10.Les documentalistes, sûrs de représenter le progrès, ne manquent pas quant à eux d'ironiser sur l'image surannée de la bibliothèque et de son personnel.Ils se posent en novateurs, en chantres d'une nouvelle conception, plus attrayante sur le plan intellectuel et plus moderne sur le plan technique.Cette situation apparaît à bien des égards d'autant plus absurde que bibliothécaires et documentalistes auraient dû parfaitement se retrouver dans les cinq lois de la bibliothéconomie énumérées en 1931 par Ranganathan: «les livres sont faits pour être lus; à chaque lecteur son livre; à chaque livre son lecteur; économiser le temps du lecteur et du personnel; la bibliothèque est un organisme en pleine expansion»11.1943-80: l\u2019incompréhension entre ces deux mondes Le bourgeonnement documentaire des années quarantey cinquante et soixante.Jusqu'alors pratiquement inconnu du monde anglophone, le mot «documentation» \u2014 que beaucoup considéraient encore comme un synonyme de «bibliographie systématique» \u2014 commence à s'imposer après la fin de la seconde guerre mondiale.C'est que l\u2019idée de documentation, telle que l'avaient émise en leur temps P.Otlet et H.Lafontaine et telle que l\u2019ont perpétuée les initiateurs de la F.I.D., continue de faire son chemin1-.Ainsi, en 1945, et à la suite de H.G.Wells (World Brain), Yannevar Bush reprend, dans un article de la revue Atlantic Monthly, l'idée d'une mémoire documentaire universelle, d'une «global database».Celle-ci sera popularisée en particulier par les Anglais S.C.Bradford et T.Besterman, puis autour des années cinquante par les Américains J.H.Shera et M.Taube1 Et, progressivement, le sens de «documentation» se précise, dans une perspective d'ailleurs plutôt étroite, même si le flou antérieur et les divergences nationales sur le rôle, la place et la fonction du documentaliste demeurent.Concrètement, cependant, il est encore bien difficile de discerner si les documentalistes se considèrent comme des protagonistes parmi d'autres avec les auteurs, éditeurs, bibliothécaires, responsables de musées, archivistes d'un projet documentaire global ou si, plus noblement, ils se donnent des responsabilités plus larges que les autres.Malgré cela, et dans l'élan suscité par des besoins en information de plus en plus nombreux dans cette période d'immédiat après-guerre, on semble s'orienter dans tous les pays occidentaux vers la reconnaissance d'un véritable métier de documentaliste, avec ses groupements professionnels nationaux et internationaux, ses rencontres, ses écoles et ses revues.Ainsi ces professionnels, jusqu'ici souvent isolés, cherchent à s'organiser, à créer des structures lors de rencontres nationales et surtout internationales, lesquelles attirent un nombre de plus en plus important de spécialistes.Aux Etats-Unis, on assiste à la renaissance de l'American Documentation Institute.Celui-ci élargit ses centres d'intérêt et publie, à partir de 1950, la revue American Documentation; en 1949, la Special Libraries Association se dote d'un comité de la documentation, lequel se transformera en 1956 en division.En Grande-Bretagne, l'Aslib fait paraître son Journal of Documentation en 1945 et Ashh Proceedings en 1949.En Allemagne fédérale, est créée, en 1948, la Deutsche Gesellschaft für Doku-mentation (D.G.D.) qui publiera en 1950 la revu e .Vachrichten fur Dokumenta-tion.En France, l\u2019UFOD organise en 1945 le premier enseignement de la documentation, et le premier institut d'enseignement de la documentation, l'Institut National des Techniques Documentaires (I.N.T.D.) est créé en 1950.Ces spécialistes cherchent également à communiquer entre eux, ce qui se traduit par une augmentation du nombre d'articles publiés dans les revues de documentation.On passe de quelques articles sur le sujet en 1940, à quelques 3 ou 4 dizaines en 1950, et à un peu plus de la centaine en 1958.Ils manifestent ainsi leur sentiment d'appartenir à une même communauté d'intérêt.L'irruption de l'ordinateur comme outil de travail dans la décennie soixante va encore accentuer les différences.De nombreux travaux, regroupant des chercheurs et des spécialistes de toutes les disciplines (sauf pratiquement les bibliothécaires) ont permis de mieux connaître les possibilités et les limites d'utilisation de la machine pour automatiser les fonctions documentaires11.Naturellement on a commencé par l'analyse du contenu.Mais rapidement on s'est intéressé à la recherche et à la diffusion de l'information, pour finir par la gestion des collections, la gestion des périodiques et la gestion des prêts.Ce bouillonnement de travaux et d'expériences a creusé le fossé entre ces deux mondes, documentaliste et bibliothécaire, et ceci pour quatre raisons: 1.A de rares exceptions, rencontrées essentiellement dans les pays anglo-saxons et Scandinaves, l\u2019automatisation s\u2019est faite hors des bibliothèques.Les expériences, les recherches, ont été menées dans les centres de documentation des organismes ou associations scientifiques (Chimie, Physique, Aéronautique, Energie Nucléaire, Biologie, etc.) car on y rencontrait les conditions indispensables qui, à l'époque, justifiaient l\u2019emploi de l'ordinateur: population assez bien définie et homogène, recherche d'exhaustivité, besoin d'information évident.On retrouvera, quelques vingt ans plus tard, les mêmes arguments pour expliquer le choix de la Bibliothèque universitaire de Paris-Sud à Orsay comme première bibliothèque «laboratoire» en France.Celle-ci est en effet «considérée comme l'établissement le plus apte à réussir l'opération du fait de son implantation dans un milieu scientifique très dense et de son personnel hautement qualifié» ir\\ 2.L'analyse: les recherches ont d'abord porté sur l'opération d'analyse automatique, car celle-ci était devenue la grande préoccupation de l\u2019époque.Le contexte était en effet favorable.Beaucoup de spécialistes avaient pris conscience du volume croissant de la masse documentaire.Dès lors ils cherchaient un remède pour garantir un 120 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 accès à l'information contenue dans chaque document alors même que l'analyse manuelle se révélait à la fois lente et aléatoire.Leur idée était que la machine devrait le faire plus vite donc sur des volumes plus importants \u2014 et plus «sûrement» que l'homme.C\u2019est la fonction proprement documentaire qui a ainsi été privilégiée, même si les résultats ont été loin d'être à la hauteur des espoirs mis alors dans ces travaux1*\u2019.3.\tLe thésaurus: l\u2019emploi de l'ordinateur a entraîné un changement dans les outils et les produits de l'analyse, car la machine n\u2019était capable que de retrouver des chaînes de caractères, des mots isolés.Le glissement s\u2019est naturellement fait des mots-clés vers les listes de mots-clés, pour aboutir au thésaurus.Le monde professionnel documentaire a ainsi participé au développement des langages à structure combinatoire (le thésaurus) au détriment des langages à structure hiérarchique (la classification) ou des listes de vedettes-matières qui avaient jusqu'alors la faveur exclusive des bibliothécaires.Le changement est d'autant plus notable que la CDU, avant d\u2019être le produit symbole des bibliothécaires, en particulier français, a été celui de la Fédération internationale de documentation17.4.\tLa mémoire documentaire de ces organismes ressemblait de moins en moins au fichier des bibliothèques.D'une part, le livre mais aussi et surtout l\u2019article, puis rapidement tous les types de documents aussi bien graphiques, que visuels, que sonores, en devenaient les éléments de base.D\u2019autre part, alors que jusque-là on avait préservé la nature physique des documents lors du traitement, on s'attachait désormais davantage à travailler sur des entités conceptuelles, distinctes du document-support, celles qui seront identifiées, conservées dans la mémoire et retrouvées lors de la recherche.Ainsi l'«unité de traitement documentaire» ou plus simplement l'«unité documentaire» lH n\u2019est plus seulement le document mais toute entité qui fait l'objet d\u2019un traitement spécifique: l'article d'une revue ou le chapitre \u2014 voire une carte de géographie \u2014 d'un livre, par exemple.La permanence de la pensée bibliothécaire Alors que le monde documentaire s'agite, les bibliothécaires restent parfaitement calmes.Le rôle de la bibliothèque, en particulier publique, continue d'être celui d'un organisme détenant des documents essentiellement des livres \u2014, ouvert à tous, couvrant tous les domaines du savoir, et d'usage gratuit.Puisqu\u2019il ne peut être question de remettre en cause ce rôle - et en fait il ne l\u2019est pas -, l'immense majorité d'entre eux continue de penser que pour accomplir leur tâche, les techniques bibliothéconomiques traditionnelles conviennent parfaitement.Ainsi les bibliothécaires ont été souvent les principaux obstacles à l'introduction de nouvelles techniques dans leur métier.C'est qu'inévitablement, beaucoup n'ont pas su expliquer précisément ce qu'ils faisaient.Beaucoup n'ont pas su exprimer clairement leurs besoins aux informaticiens.Ainsi, à cause de leurs pratiques traditionnelles, d'un conservatisme psychologique et d'un immobilisme professionnel dûs autant à leur formation qu'à leur conception ou leurs habitudes, beaucoup n'étaient pas préparés à cette remise en cause de leur place et de leur fonction19.L'étude du contenu des principales revues professionnelles durant cette période est très révélatrice à cet égard.Les revues de bibliothéconomie abordent des sujets très classiques \u2014 description des bibliothèques et de leurs techniques, histoire des organismes et des hommes, \u2014 ce qui contraste fortement avec celles de documentation qui abordent essentiellement le rôle, l'importance et le traitement de l'information.La cassure est à ce point forte que, en mal de définition très précise mais pour rester fidèle à l'état d\u2019esprit des fondateurs de l'Institute of Information Scientists en 1958, P.H.Vickers écrit: «An information scientist was essentially what they [the founder members] were.The expression is almost meaningless \u2014 except perhaps by exclusion: an information scientist is not a librarian»20.Cependant certains responsables de bibliothèques, ceux de la Bibliothèque du Congrès à Washington, ceux de l'Ohio College Library Center (OCLC) de l\u2019Université de Columbus, ou ceux des bibliothèques nationales européennes \u2014 les premières réflexions sur l'automatisation de l'Inventaire permanent des périodiques étrangers en cours (IPPEC)en France datent de 1967 par exemple \u2014, sentent bien que les progrès réalisés concernent tout le monde, documentalistes et bibliothécaires: techniques de gestion d\u2019un fonds documentaire (prêt et circulation des documents); procédures d\u2019échange (bandes bibliographiques MARC); techniques de diffusion (fiches de catalogue).La réconciliation a été symboliquement scellée lorsque l'on a pu utiliser les classifications sur l'ordinateur à la fin des années soixante21.Les bases d'un futur rapprochement existent donc entre ces deux mondes.A cette phase d'épanouissement de la documentation (1945-1970) et d'effacement de la bibliothéconomie (par contraste!) va succéder une deuxième phase ( 1970-1980/85), celle de la crise d'identité.Celle-ci va frapper ces deux mondes de façon égale.En effet si toute cette activité documentaire est la manifestation d'une évidente vitalité, la réalité professionnelle n'en a pas pour autant été réellement modifiée.Il y a toujours une très grande similitude entre les organismes (bibliothèque / centre de documentation), les techniques (bibliothéconomie / documentation) et les professionnels (documentaliste / bibliothécaire) le plus souvent issus des mêmes écoles.Cette quasi-ressemblance explique la difficulté de nombreux documentalistes et/ou bibliothécaires américains à choisir entre les groupements professionnels chargés de les représenter: American Library Association, Special Library Association ou American Documentation Institute.Car les seuls critères distinctifs paraissent être la nature de l'information traitée (spécialisée ou non) et le type de publics à servir (nombre et besoin).Mais nullement les techniques.Les crises d'identité des années soixante-dix La crise d'identité du monde documentaire Le monde de la documentation est en quelque sorte victime de son dynamisme.L\u2019automatisation n'a réellement concerné qu'un nombre relativement réduit de centres documentaires mais ce sont souvent les plus grands, ceux qui sont rattachés aux grands organismes de recherche publics ou privés, et dont les responsables ont représenté un peu partout la profession ce qui a accentué le contraste avec le monde des bibliothèques qui ne bouge pas ou peu alors qu'il possède aussi beaucoup de structures importantes.Ces centres commencent à concevoir et à développer des bases de données bibliographiques indépendamment des documents physiques, des objets matériels22.Les recherches21, les pratiques, les outils24, les perspectives qu'ils montrent alors.ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 121 ajoutent à la documentation une va-leur que la plupart des documentalistes ne retrouvent pas dans la réalité quotidienne car ils continuent à gérer leur service de façon traditionnelle2'*.Aussi, l'image que le public leur renvoie est-elle celle d'un monde suranné, fait de fiches en papier et de piles de papier stockées-6.Elle ressemble à s\u2019y méprendre à l'image traditionnelle du bibliothécaire.Finalement ce sont les mots mêmes de «Documentation» et de «Documentaliste» \u2014 dont l'usage s\u2019éteignait lentement, en particulier aux États-Unis \u2014 qui avec toute leur charge mentale deviennent inadéquats, paraissent insuffisamment explicites ou sont récusés car, après des fortunes diverses, ils sont devenus aussi désuets que ceux qu'ils voulaient remplacer.Cette récusation est d'autant plus forte qu'en outre ces mots ne traduisent plus la réalité du métier.Ainsi ils font davantage penser au «document» alors que les praticiens voudraient mettre l'accent sur l'information contenue dans les documents, ceux-ci n'étant que des supports et pouvant d'ailleurs, avec l'utilisation de plus en plus répandue de l'informatique et des télécommunications, ne pas exister formellement.C'est bien l'information, le plus souvent il est vrai contenue dans des documents, qui importe.C'est le traitement et le transfert de cette information qui caractérisent désormais cette activité-7.Dès lors beaucoup voudraient s\u2019appeler autrement alors que les bibliothécaires semblent avoir beaucoup moins d\u2019états d'âme Mais par quoi remplacer ces termes puisque leur récusation ne pouvait être complète que si on leur trouvait des substituts?Dès la deuxième moitié de la décennie soixante, les Anglo-Saxons, les Américains en particulier, adoptent l\u2019expression «Information science» et l\u2019utilisent de plus en plus fréquemment pour remplacer le terme «documentation».Et un peu partout, les «spécialistes de la facilitation d\u2019accès au savoir enregistré» (les documentalistes) trouvent cette expression tout à fait adéquate puisqu\u2019elle permet à la fois de donner un caractère scientifique à cette discipline, et d\u2019afficher clairement son réel objet d\u2019étude, l\u2019information.Cette tendance posa d'ailleurs chez certains praticiens des problèmes d'identité.Beaucoup d'entre eux ne se reconnaissent pas dans l'expression «information scientist», et semblent lui préférer «information technologist», ou «-spe- cialist, -facilitator, -officer, -worker».Les Britanniques ont même un moment pensé utiliser le terme «Informatics» à l'instar des Soviétiques qui l'avaient créé en 1966-*.Dès lors, le nom des associations et celui des revues qu'elles soutiennent, suivent naturellement le même mouvement.Ainsi dès 1968, l\u2019American Documentation Institute change de nom et devient F American Society for Information Science.Cette modification entraîne deux ans plus tard une évolution parallèle du nom de sa revue.En France, et dans les pays francophones en général, sauf semble-t-il au Québec, la situation est beaucoup plus compliquée et le problème n'a pas pu être résolu de la même façon.L'idée d\u2019utiliser «science de l'information» pour remplacer «documentation» et «spécialiste de l'information» pour remplacer «documentaliste» semblait, pour les professionnels concernés, judicieuse, logique et valorisante puisque ces expressions apparaissaient comme un décalque des expressions anglo-saxonnes.Ainsi la revue française Documentaliste prend, en janvier 1976, le nom de Documentaliste-Sciences de 1'Information suivant en cela, avec un petit décalage dans le temps, l\u2019exemple du Bulletin signalétique 101 du CNRS qui s\u2019est appelé «sciences de l\u2019information -documentation», après une courte hésitation sur «science» ou «sciences».Mais la documentation et ses praticiens se sont très justement vu reprocher une prétention un peu «impérialiste» à être les seuls spécialistes de l\u2019information car la signification que l'on attribue généralement à «science de l'information» est plus large que celle des Anglo-Saxons, puisqu'elle englobe en particulier les journalistes.On a alors proposé l\u2019expression de «spécialiste du traitement de l'information», mais elle est un peu longue, et en outre elle est revendiquée par les professionnels de l'informatique, les informaticiens.Parallèlement, des professionnels de l'Université Laval à Québec ont forgé le néologisme de «informatiste» au début des années 1970, lequel a été repris un peu plus tard par J.Mey-riat29.Mais aucune de ces propositions ne s\u2019est, pour l'instant, imposée à tous.Aussi, tout en regrettant que le terme «informaticien» ait été consacré à un autre usage, les «documentalistes» français, voire francophones, continueront-ils sans doute encore longtemps à s\u2019appeler ainsi.En réalité, toutes les propositions qui ont été faites sont le reflet d'une certaine confusion.Pour certains, elles ont été considérées comme la traduction de l'évolution de la pratique documentaire.Et pour d'autres comme la reconnaissance de l'émergence d'une science nouvelle, celle de l'information, malgré toute l'ambiguïté sémantique que contient ce mot.Cette crise d'identité apparaît d'autant plus grande qu'elle se double d'une frustration sociale.Le métier existe.La fonction est par contre peu ou pas reconnue professionnellement, surtout dans les pays de l'Europe latine (France, Italie ou Espagne)30.La crise d'identité du monde des bibliothécaires Elle est tout aussi vive même si elle s\u2019explique différemment.\u2014 L 'automatisation des bibliothèques.Les bibliothécaires ne peuvent plus raisonnablement refuser les nouvelles techniques de traitement.La gestion automatisée des périodiques, celle des prêts, le catalogage en ligne, l\u2019édition de fiches ou de catalogues sont des opérations qui s\u2019intégrent aujourd'hui parfaitement dans le travail bibliothécaire.Or l'introduction de l'informatique dans les bibliothèques a été longue et difficile.Si l'on prend le cas de la France, dès 1967 certains responsables ont pris conscience de ce problème: projet de l'IPPEC ou projet AGAPE à la Bibliothèque universitaire (B.U.) de Nice par exemple31.Quelques années plus tard, en 1971, une structure spécialisée, le Bureau pour l\u2019automatisation des bibliothèques (B.A.B.) est créée dans le cadre de la B.N.de Paris, pour réfléchir sur l'automatisation des bibliothèques.Le Bureau évoluera, au fil des restructurations internes et des changements d\u2019objectifs des responsables, en Division de la coopération et de l'automatisation (D.I.C.A.), puis en Agence universitaire de la documentation et de l'information scientifique et technique (A.U.D.I.S.T.), puis en Direction des bibliothèques, des musées et de l\u2019information scientifique et technique \u2014 Factuelle D.B.M.I.S.T., laquelle relève désormais du ministère de l\u2019Éducation nationale \u2014, alors que la B.N.de Paris possède son propre groupe de réflexion.Mais le bilan de cette période est en fait assez mince, surtout si on le compare aux besoins des organismes, à ce qui se faisait à la même époque dans les bibliothèques anglo-saxonnes et dans les centres documentaires français de taille comparable32.Si l\u2019on se réfère au document 122 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 L'Automatisation des Bibliothèques Publiques public en juillet 1982 par la Direction du livre et de la lecture du ministère de la Culture, entre 1970 et 1980 19 de ces établissements seulement \u2014 parmi lesquels il faut citer Massy et Anthony \u2014 sur plus de 800 avaient automatisé une ou plusieurs de leurs fonctions (acquisition, catalogage, prêt).L'auteur du rapport reconnaît la modestie de ce nombre et conclut à cette date (1982): «Il semble donc qu'une ère d'expérimentation et de tâtonnements s'achève, qui a permis de préciser les besoins et de faire apparaître quels sont, à l'heure actuelle, les systèmes et équipements les plus satisfaisants»Ailleurs, si l'on excepte les expériences d'automatisation de la B.N.de Paris, celles des B.U.de Nice et de Grenoble14, et l\u2019installation progressive et bienvenue de terminaux d'interrogation dans toutes les B.U., «il s\u2019agit davantage d'ébauches, d'esquisses, que de réalisations, car rien n'est aujourd\u2019hui [en 1979] véritablement opérationnel» ;15.C\u2019est surtout un changement de mentalités pendant ces 10 années qu'il a fallu opérer.En effet les bibliothécaires français ont longtemps rejeté l'ordinateur sous prétexte, entre autres, que, en édition, la zone «Auteur» et la zone «Titre» étaient imprimées avec les mêmes caractères «bâton» contrairement à la règle définie dans la norme de catalogage \u2014 d\u2019où l\u2019échec d'un projet comme GIBUS en 1971-72 -ou que les règles définies par le format américain d\u2019échange bibliographique MARC ne respectaient pas les particularités françaises10 \u2014 d'où les projets INTERMARC, puis UNIMARC et surtout un retard considérable sur des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, ou l\u2019Allemagne fédérale.Leur attitude de refus a été dommageable car l'introduction de la machine dans les organismes documentaires et les bibliothèques a beaucoup pâti de l\u2019absence de cette population dans les réflexions, les confrontations, les soutiens et les élans.\u2014 Les bases professionnelles.La bibliothéconomie s\u2019est progressivement établie sur trois piliers: le catalogage, la bibliographie et la classification.Or ces trois piliers tremblent sur leurs bases car leur utilité n'apparaît plus comme évidente.Le catalogage se justifie toujours mais pourquoi répéter cette opération dans toutes les bibliothèques, et donc en faire un élément aussi fondamental de la formation du personnel (si l'on en juge par le contenu des programmes de formation français au Certificat d'aptitude aux fonctions de bibliothécaire (C.A.F.B.) et au Diplôme supérieur de bibliothécaire (D.S.B.) et par la nature des épreuves pour l'obtention de ces diplômes) alors que désormais les diverses formes de catalogage (national; collectif; en réseau; partagé et assisté) et les réalisations auxquelles elles donnent lieu (Catalogue Collectif National des Périodiques (C.C.N.), Catalogue Collectif des Ouvrages (C.C.O.) par exemple en France) rendent cette activité beaucoup moins essentielle dans la profession.M.Bois-set, alors responsable du B.A.B., indiquait d\u2019ailleurs dès 1975 comme une des missions de cet organisme de «réaliser un réseau de catalogage national permettant à toute bibliothèque de bénéficier du catalogage fait une seule fois et non pas autant de fois qu\u2019il existe de bibliothèques recevant des livres»17.La bibliographie et tous les ouvrages qu\u2019elle a suscités, sont fortement concurrencés par la Recherche documentaire informatisée ou Téléréférence, beaucoup plus rapide, exhaustive et accessible.Ce constat exige une réflexion sur le rôle et la nature de la bibliographie dans ce nouveau contexte, comme le propose J.L.Taflarelli18.La classification \u2014 avec les rêves universitaires et systématiques d'organisation des connaissances et d\u2019accès aux documents qu\u2019elle a engendrés \u2014 est mise en cause19.Elle est souvent remplacée par des outils, comme le thésaurus, plus adaptés à l\u2019évolution des connaissances, plus souples à établir et à maintenir, et mieux adaptés au fonctionnement de la machine et aux besoins des utilisateurs.\u2014 Le livre et le document Le livre qui était autrefois l\u2019unique préoccupation des bibliothécaires conserve des avantages, indéniables et en particulier celui de «rester encore l\u2019appareil le moins cher, le plus rapide, et le plus facile à manier, l'instrument suffisamment souple pour être encore la meilleure machine à enseigner, toujours disponible, d'une utilisation simple qui ne dépend d\u2019aucune source d\u2019énergie et qui ne tombe jamais en panne»40.Cet intérêt est certes toujours reconnu par les utilisateurs.Mais ceux-ci demandent de plus en plus d'autres types de documents, périodiques, rapports, cartes, diapositives.Ce constat est celui des directeurs des B.U.françaises puisque dans leur rapport d'activité 1974-1977 on peut lire: «Le trop petit nombre de périodiques fait que la documentation paraît ne pas être adaptée à la recherche et aux chercheurs»4 *.Le livre est aujourd'hui devenu un document parmi d'autres ou presque, d'autant qu'il est souvent dépassé comme véhicule de l'information scientifique et technique4-\u2019.Dès lors, les bibliothèques (Biblion = livre) se transforment en médiathèques41.Néanmoins elles ne conservent et ne permettent de retrouver que les documents pour lesquels l'entité information et l'entité physique se recouvrent exactement: livre, disque, vidéogramme, rapport d\u2019activité.Tous les documents au contenu hétérogène (périodique, mélanges, rapport de congrès.) sont ignorés ou mal traités quant à ce contenu.Ainsi les bibliothécaires s\u2019interrogent: leur rôle et leur fonction sociale sont de plus en plus discutés44, leurs spécificités professionnelles vacillent sous les coups du progrès technique, leur appellation (biblio .)est devenue, elle aussi, inadaptée.Le malaise est manifeste.Ainsi, par manque d\u2019étudiants et d'enseignants, les écoles de bibliothéconomie américaines traversent actuellement une véritable crise et disparaissent en grand nombre4 \u2019.Ainsi, le nom des organismes de formation, en particulier aux États-Unis et en Grande-Bretagne, change.Les «school-» ou «department of librari-anship» ou les «library school» deviennent des «library and information science school».C'est aussi le cas de l'École de bibliothéconomie de l\u2019Université de Montréal qui a pris, récemment, le nom d\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (E.B.S.I.).C\u2019est celui de l\u2019École nationale supérieure de bibliothécaires de Lyon (France) qui vit sans doute ses derniers moments sous sa forme actuelle avant de devenir École nationale supérieure des sciences de l\u2019information et des bibliothèques (ENSSIB).1980-1985: vers la réconciliation?La situation présente, celle des années 1980-1985 (l\u2019évolution n\u2019est pas parfaitement concomitante partout), apparaît extrêmement contradictoire, car si les oppositions, les distances entre ces deux mondes n'ont pas encore disparu, des synergies, des rapprochements apparaissent de plus en plus fortement.ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 123 La synergie des métiers Documentalistes et bibliothécaires utilisent aujourd'hui les mêmes techniques, les mêmes outils et les mêmes produits.L'automatisation d'un centre de documentation ou d'une bibliothèque s'envisage selon les mêmes principes techniques.L\u2019établissement d'un cahier des charges et/ou la décision d'automatiser ne dépendent pas de la nature de l\u2019organisme mais des opérations à effectuer.Il importe davantage de réfléchir sur les services que le spécialiste de l'information veut rendre, sur le nombre de documents qu'il doit traiter, sur le(s) public(s) qu'il doit desservir.En outre les bibliothèques, comme les centres de documentation, travaillent de plus en plus en réseaux, qu'ils soient de dimension nationale \u2014 comme O.C.L.C.aux États-Unis, U.T.L.A.S.au Canada, les centres d'acquisition et de diffusion de l'information scientifique et technique (C.A.D.l.S.T.)en France ,ou d\u2019intérêt spécifique comme B.A.D.A.D.U.Q.-S.l.G.I.R.D.au Canada.Ce regroupement des forces par le partage des tâches permet d'éliminer les opérations répétitives (comme le catalogage) et d'accélérer l'accès à l'information ou aux documents.Le travail de documentaliste et celui de bibliothécaire garde encore certaines spécificités.Celui-ci utilise plutôt la classification ou la liste de mots-matières pour établir ses fichiers0\u2019, alors que celui-là préfère le thésaurus pour choisir ses mots-clés17, et suit plus ou moins bien des recommandations pour la rédaction de ses résumés.Néanmoins, avec le temps, leurs outils deviennent de plus en plus semblables, ou tout au moins les frontières tombent.En outre les normes sont aujourd'hui admises et utilisées par tous (identification bibliographique, établissement d'un thésaurus, fabrication des microformes.) car plus ces spécialistes participent à un système d\u2019échange, ou plus ils veulent automatiser, plus ils ont besoin de s\u2019entendre sur des règles communes de sélection et de présentation.Cette tendance peut paraître dangereuse sur un plan philosophique mais est absolument inévitable sur le plan technique18.Les logiciels de traitement, même si leurs noms sont encore trompeurs (Logiciel de gestion de bibliothèque par exemple), sont utilisés indifféremment dans un lieu ou dans un autre.Tout dépend et dépend uniquement de ce que l'on veut faire: soit créer et exploiter une base de données bibliographiques; soit créer, exploiter cette base et en plus gérer une collection de documents primaires.gérer en réseau une base de données sur les périodiques disponibles dans une zone géographique définie relève du premier cas.Or cela est fait en France par un réseau de bibliothèques.\u2014 créer une base d'articles dans un domaine quelconque et fournir les documents primaires en prêt aux utilisateurs relève du second cas et représente l'activité normale d'un organisme documentaire.Dès lors, la distinction traditionnelle entre la bibliothèque qui conserve le livre et le centre de documentation qui acquiert des périodiques (pour en exploiter les articles) est devenue totalement désuète.Partout aujourd\u2019hui, on traite, on conserve, on analyse et on diffuse tous les types de documents quels que soient leurs supports, leurs modes d'enregistrement ou d'utilisation.Il y a des documents, il y a l'information qu\u2019ils contiennent.Dans tous les cas, et dans tous les lieux ou presque, celle-ci a pris le dessus sur ceux-là.Ces deux mondes se retrouvent encore devant les produits utilisés.Les uns comme les autres interrogent les banques de données.Cette situation est naturelle pour les documentalistes qui ont en ce domaine une longue expérience4^.Elle le devient pour les bibliothécaires puisque, en France, les B.U.jouent le rôle d'intermédiaire, de courtier, entre les mémoires documentaires et le public d\u2019étudiants, d\u2019enseignants ou de chercheurs\u20190.Les bibliothécaires se spécialisent et, comme il y a quelques années les documentalistes, recherchent et proposent désormais des références à des documents qui ne sont pas nécessairement conservés sur place.C\u2019est, fondamentalement, une nouvelle façon de travailler, et celle-ci rapproche ces deux mondes.Les uns et les autres ne limitent plus leurs services à ce qu\u2019ils ont en réserve chez eux, mais donnent accès, théoriquement, à tout ce qui existe où que cela soit.Il leur faut maintenant être reliés à des réseaux de téléinformatique par où transiteront les données et les documents.L'aboutissement logique d'une telle organisation pourra être la suppression du document en tant qu\u2019objet physique et son remplacement par un objet virtuel né du développement d\u2019une édition entièrement électronique, de la création à la diflu-sion.Les perspectives sont ainsi devenues semblables pour les documentalistes et les bibliothécaires, qu'ils soient plus ou moins spécialisés\u2019*1.Contrairement au documentaliste et de par son attachement au livre, le bibliothécaire a été longtemps à cheval sur un système primaire de production et de diffusion de documents (le circuit du livre) et sur un système secondaire de production et de diffusion de l'information (la bibliothèque)*2.En forçant un peu le trait, le bibliothécaire était d'abord un amoureux du livre, puis un spécialiste désireux de partager ce penchant avec les autres.Aujourd'hui, il semble que cette caractéristique soit nettement en train de changer.Le bibliothécaire \u2014 et c\u2019est particulièrement vrai pour le bibliothécaire spécialisé \u2014 s'intéresse de plus en plus au système secondaire dont il est responsable, et devient tout aussi légitimement que le documentaliste \u2014 un spécialiste à part entière du traitement et du transfert de l\u2019information *;{.Longtemps, les praticiens, bibliothécaires d'une part et documentalistes d'autre part, ont défini leur rôle et leur spécificité à partir des techniques et objets qu'ils utilisaient ou proposaient.Le documentaliste était celui qui appliquait toutes les techniques propres à chaque opération (les techniques documentaires) et ceci quel que soit le document.A contrario, le bibliothécaire utilisait certaines techniques (celles de la bibliothéconomie) pour traiter le livre essentiellement.Aujourd'hui cette distinction fondée sur des objets (documents), sur des techniques (nombre et spécificité) est tombée.Les objets et les techniques sont bien les mêmes.Les types d'activité n'impliquent, de leur côté, plus de différence de nature mais seulement de degré.Dès lors coexistent un monde des chercheurs qui réfléchissent sur une science, celle de l'information documentaire, et un monde de praticiens qui cherchent à rendre accessible le document, et/ou l'information qu'il contient, à tout groupe scientifique, culturel ou social.La diversité des structures Les organismes de collecte et de traitement des documents sont nombreux et divers.On peut ainsi dénombrer les centres d'archives (collecte et conservation de documents primaires bruts), les bibliothèques (collecte et conservation des documents primaires élaborés), les musées (collecte et con- 124 ARGUS DÉCEMBRE 1987 VOLUME 16/NUMER0 4 se rv at ion des objets dart ) et les centres de documentation (collecte des documents primaires et traitement de leur contenu).Chacun lutte encore pour sauvegarder son caractère spécifique.On peut néanmoins se demander si les structures ne sont pas en train de changer et si cette évolution ne va pas entraîner quelques reclassements.En France, toutes les bibliothèques dépendaient, il y a un peu plus de 10 ans, d'un seul organisme de tutelle, la Direction des bibliothèques de France.En 1973, les structures professionnelles ont brutalement éclaté.Les bibliothèques relèvent désormais de deux directions distinctes: \u2014 Les bibliothèques universitaires dépendent de la Direction des bibliothèques, musées et de l'information scientifique et technique du ministère de l'Éducation nationale.\u2014 Les bibliothèques municipales et les bibliothèques centrales de prêt relèvent de la Direction du livre et de la lecture du ministère de la Culture.La Bibliothèque nationale dépend aussi, depuis juin 1981, de la Direction du livre et de la lecture du ministère de la Culture mais a un statut particulier qui lui confère une quasi-autono-mie de gestion.On observe ainsi un éclatement du cadre institutionnel qui permet de mieux tenir compte de «l'évolution et même de la mutation des différents types de bibliothèque» ,4, avec pour corollaire un éclatement des fonctions, donc des rôles, dans le corps des bibliothécaires\u201d.En fait, on peut considérer, à moins qu elles n'aient fait qu'en prendre acte, que ces décisions ont abouti à la création de trois structures spécifiques, sinon indépendantes: un lieu de conservation; un lieu de recherche; un lieu de consultation.A celles-ci, il faut ajouter une quatrième: un lieu de création de produits documentaires.Un lieu de conservation des documents primaires: c'est le rôle dévolu à la Bibliothèque nationale et aux centres d'archives dans tous les pays \u2019\u2018L Ces deux structures perpétuent la tradition du XIXe siècle qui voyait en elles des «dépôts» de documents, des gardiens de la culture, des «mémoires» de l'homme.Elles se doivent de veiller à: - la récupération des documents par l'application du Dépôt légal l'identification des collections ou des fonds (catalogage pôur l'établissement de la Bibliographie Nationale; inventaire des fonds) la conservation du patrimoine culturel afin de le mettre à la disposition de la nation l'échange avec ies autres bibliothèques nationales afin d'accroître les collections.A cette conception centripète d'acquisition et de conservation documentaire, qui implique une démarche de l'utilisateur vers le document, s'oppose la conception centrifuge de diffusion des connaissances, qui demande aux professionnels d'aller aux devants des utilisateurs pour leur proposer leurs services.Celle-ci est illustrée actuellement par deux types d'organismes: 1.\tLe lieu de recherche de l\u2019information: ce type de centre doit être capable de répondre aux besoins des utilisateurs ou de les orienter vers d'autres sources, personnes, organismes plus aptes à le faire.Il doit également aider l'utilisateur en téléréférence car la recherche d'information ne peut encore se faire sans passer par les services et savoir-faire d'un intermédiaire, documentaliste ou bibliothécaire spécialisé.Pour ce type d'organisme, la constitution d'un fonds documentaire propre n'est pas prioritaire.A la limite, on peut très bien imaginer ce type de structure sans aucun document physique.Par contre la détection des sources et la connaissance des circuits d'accès aux documents primaires sont essentielles.2.\tLe lieu de consultation des documents: l'organisme doit mettre à la disposition des utilisateurs des documents primaires.C'est le rôle que l'on attribue à la «médiathèque» et au centre de documentation.Les fonctions normales sont celles de sélection, d'acquisition, d'identification et de diffusiomprêt des documents.Le professionnel est ici autant un technicien du traitement des documents qu'un animateur.Un lieu de création de produits documentaires: la quatrième structure est sans doute moins une réponse à un besoin des utilisateurs qu'une organisation spécifique née d'une analyse fonctionnelle et économique d'un marché nouveau, celui de l'information.Le développement récent et rapide de ce marché a engendré des produits \u2014 bulletin signalétique, banque de données - dont l'élaboration nécessite une organisation quasi-industrielle et un personnel nombreux.La taille d'organismes comme Biosis, Institute for Scientific Information (IBI) ou Chemical Abstracts Service aux États-Unis, comme le Centre de documenta- tion sciences humaines (CDSH) ou le Centre de documentation sciences et techniques (CDS F) du Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.) en France, montrent à la fois l'importance de ce type de structure et sa fragilité dans un environnement encore incertain sur le plan de sa rentabilité économique.Certains organismes peuvent regrouper les deux structures de recherche de l'information et de consultation des documents primaires: les bibliothèques municipales et universitaires, et de très nombreux centres de documentation, en France par exemple.Mais une tendance à la distinction apparaît de plus en plus nettement.Trois éléments au moins l'expliquent: le développement de la recherche documentaire informatisée dans les banques de données extérieures; l'augmentation des coûts d'acquisition des documents primaires; l'extension des réseaux de téléinformatique avec la fourniture de services comme la télécopie et l\u2019édition électronique.Ainsi, et toujours en France, les B.U.deviennent de plus en plus des lieux de recherche de l'information dans les banques de données.Les documents primaires qu'elles signalent désormais aux utilisateurs, elles ne les possèdent plus systématiquement.Elles doivent les obtenir soit par le réseau français des C.A.D.I.S.T., soit par un réseau électronique d'éditeurs professionnels (Projet ADONIS en Grande-Bretagne)'7.On aboutit ainsi pour l'utilisateur à une nette amélioration du service en terme de rapidité et d'exhaustivité de la recherche, et de raccourcissement du délai d'obtention des documents.Pour les organismes, cette répartition des fonctions, et donc cette spécialisation, apparaît comme une des solutions possibles pour pallier les difficultés de budget.Enfin, pour le public, les bibliothécaires ont l'occasion de présenter une image totalement nouvelle.L'opposition des bibliothécaires et documentalistes en France Bibliothécaires et documentalistes devraient réfléchir ensemble aux mutations des techniques et à l'évolution de leurs fonctions.C'est le cas, ou presque, dans les pays anglo-saxons où on ne connaît que des catégories de bibliothécaires plus ou moins spécialisés.C'est moins le cas en Allemagne fédérale.C'est encore moirs le cas dans les pays latins où ce travail se fait jalousement et frileusement chacun de son ARGUS DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 125 côté:,H.Les uns voudraient les avantages des autres sans perdre ceux qu'ils possèdent déjà, et réciproquement.C'est que, en France tout au moins, par leur statut, par leur diplôme, bibliothécaires et documentalistes évoluent dans deux mondes professionnels distincts.Les bibliothécaires ont, en France, un statut relevant de la fonction publique.Ce sont des fonctionnaires.Ils forment un corps particulier avec sa propre échelle salariale.Pour ce faire, ils doivent d'abord passer un concours de recrutement et obtenir un diplôme officiel de bibliothécaire (CAFB ou DSB).Ce sont des professionnels.Les documentalistes travaillent autant dans le secteur privé que dans le secteur public.Comme ils y sont relativement peu nombreux et très dispersés, ils n\u2019ont toujours pas de statut professionnel global.Cette situation explique qu\u2019ils sont souvent recrutés grâce à leur diplôme technologique mais généralement rémunérés selon leur diplôme d\u2019enseignement général (Bac + 2 = DEUG; Bac + 4 = Maîtrise; Bac + 5 = D.E.S.S.).Ainsi, en France, on trouve une très grande disparité de positions et salaires parmi ce personnel de «spécialistes» \u20199.Les bibliothécaires ont leur école ou leurs centres de formation propres, animés et contrôlés par les professionnels de la bibliothèque: l\u2019École nationale supérieure des bibliothèques (E.N.S.B.) créée en 1963 et les centres de préparation au C.A.F.B.Dans un cas comme dans l'autre, l\u2019enseignement est beaucoup plus pratique que théorique, et paraît à bien des égards inadapté aux nouvelles conditions d\u2019exercice aussi bien sur le plan technique qu'économique et que social.Ainsi ces organismes ne font malheureusement trop souvent que reproduire l'image qu\u2019a d\u2019elle-même la profession.Certes cette situation évolue rapidement, et pour l\u2019E.N.S.B.qui devrait bientôt être réformée profondément, et pour le C.A.F.B.qui pourrait être préparé conjointement avec l\u2019Université*\u20190.Mais cette évolution, qui se fait le plus souvent contre le gré de beaucoup de bibliothécaires, est lente.Les documentalistes sont formés dans des écoles ou instituts qui relèvent de l\u2019Université pour ce qui est du contrôle de la formation, de l\u2019animation de l'enseignement et de la délivrance des diplômes, même si les professionnels sont partout associés à cette formation.Ce type de structure universitaire paraît souvent plus à même de connaître, voire de devancer, la nécessaire évolution des métiers01.Deux structures de formation (l'une professionnelle, l'autre technologique) délivrent des diplômes aux possibilités totalement opposées (D.S.B.et C.\tA.F.B.d'une part, DUT.et D.\tE.S.S.d'autre part), perpétuant ainsi des cassures entre professionnels et spécialistes alors qu'elles préparent à un métier exigeant les mêmes connaissances ou presque.L'héritage du passé est lourd! D'autant plus lourd que les convergences semblent aujourd\u2019hui largement l'emporter sur les divergences, ce qu'ont depuis longtemps entériné les écoles anglo-saxonnes, qu\u2019elles soient anglaises ou nord-américaines.Il faut espérer qu\u2019avec le temps, on s\u2019orientera vers l\u2019établissement d'un tronc commun de formation, s\u2019ouvrant sur des spécialisations selon les publics à servir (grand public, chercheur/enseignant, étudiant.) ou selon les techniques (analyse du contenu, base de données.) ou selon les fonctions (gestion, recherche, conception.).Malheureusement, les dernières initiatives \u2014 illustrées à titre d'exemple par la création de centres régionaux de formation au C.A.F.B.\u2014 ne vont guère dans cette perspective.Besoins dans les années 1990 De quels professionnels ou spécialistes avons-nous besoin dans les années 1990 pour traiter et gérer les documents primaires, créer et exploiter l'information secondaire?Si l\u2019histoire de la bibliothèque et de la documentation durant ces quatre-vingt dernières années peut se résumer dans la formule «Du traitement du document au traitement de l'information», on constate néanmoins que: \u2014\tle document est toujours essentiel.Il reste l\u2019élément fondamental du transfert et du stockage de l\u2019information primaire.L\u2019écriture et l\u2019édition électroniques changeront peut-être bientôt cette situation.En attendant ce moment, le document est et demeure une réalité.\u2014\tles besoins évoluent.Les utilisateurs demandent que les professionnels leur fournissent des informations primaires quel que soit le support.Le document est passé au second plan.Ce qui les intéresse, c\u2019est le contenu.\u2014\tle professionnel du traitement et du transfert de l\u2019information doit assurer le lien entre le document et l\u2019information, entre le contenant et le contenu.C\u2019est son rôle et il est indispensable.Il peut mettre plus ou moins l\u2019accent sur un de ces deux pôles.On aboutit ainsi à l\u2019identification d\u2019activités diversifiées correspondant à des profils professionnels variés, mais issues d'un même moule, nécessitant les mêmes connaissances et savoir-faire.En partant du pôle «Document» (contenant) pour aller vers le pôle «Information» (contenu), on trouve ainsi (et la terminologie choisie n'engage à rien): -\tle bibliothécaire de conservation, ou conservateur, ou archiviste, personnel spécialisé au service d'une bibliothèque nationale ou d'un centre d'archives.Sa fonction est essentiellement de collecter, identifier et conserver les documents primaires.Le nombre des «conservateurs» ne doit pas être important.-\tle bibliothécaire de lecture.Il doit concevoir l\u2019organisation et assurer la gestion des organismes de consultation, donc sélectionner, collecter et diffuser des documents, animer et évaluer une structure dont l\u2019une des caractéristiques fondamentales est de permettre un accès direct par les utilisateurs aux outils (fichiers) informatisés ou non.La demande pour de tels professionnels sera certainement grande.\u2014\tle bibliothécaire spécialisé ou documentaliste.Il doit assurer la recherche, la diffusion, la promotion et l\u2019évaluation de l'information scientifique et technique (arts, droit, médecine.) pour et auprès de tous ceux qui en ont besoin, en créant et exploitant des produits propres ou en utilisant des produits externes.C\u2019est un intermédiaire indispensable pour les utilisateurs car les outils, les techniques deviennent trop spécifiques ou trop complexes.Là aussi la demande sera importante.\u2014\tl\u2019analyste du contenu: spécialiste de haut niveau scientifique et technique, il extrait et traduit en termes et produits documentaires le contenu des documents primaires.Le nombre de ces spécialistes dépendra du développement des bases de données.Jusqu\u2019à une date très récente, on a pu caractériser les professions de l\u2019information autour d'une fonction, laquelle était souvent associée à un objet : la conservation (livre) et le bibliothécaire; la diffusion (article de périodique) et le documentaliste.Aujourd\u2019hui dans la pratique quotidienne du traitement et du transfert de l'information, se façonne une réalité professionnelle qui secoue les héritages du passé, bouscule les positions des personnes et ébranle les structures.Il se construit 126 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 un métier de l'information et de son traitement autour de fonctions multiples et complémentaires.Il se dessine l'image d'un professionnel plus conscient de la qualité des services qu'il doit rendre et plus attentif aux besoins des personnes qui le sollicitent.Les professionnels, quels qu'ils soient, ressentent un besoin commun de connaissances et de savoir-faire, la nécessité de regrouper ieurs forces et d'accroître leur nombre afin d\u2019affirmer plus hautement leur rôle économique et social.Notes 1.\tCité dans Masson, A.et Salvan.P.1970.Les Bibliothèques.Paris: P.U.F., 1970, p.49-50.2.\tOboler, E.M.1967.«Library associations: their history and influence,» Drexel Library Quarterly.Vol.3, n° 3 (July 1967), pp.255-259.3.\tPour plus de détails sur l'histoire des bibliothécaires,on pourra lire, entre autres: Landau (ed.), 1966.Encyclopaedia of librananship.London: Bowes and Bowes, 1966, pp.249-262.Masson, A.et Salvan, P.1970., op.cit.; Winger, H.W.1961.«Aspects of librarianship: a trace work of history.» The Library Quarterly.Vol.31, n 4 (oct.1961), pp.321-335.4.\tCité dans Masson, A.et Salvan, P.1970, op.cit., p.58.5.\tCité dans Masson, A.et Salvan.P.1970, op.cit., p.57-58.6.\tOn appréciera ce qu\u2019écrit K.J.McGarry, directeur de l\u2019école de bibliothéconomie et d'information de la Polytechnic of North London sur les bibliothécaires et leur besoin en formation au début de ce siècle: «True enough certains qualities (for librarianship) were desirable: a sense of order, accuracy, ponctuality and politeness.The librarian's skills did not involve him in interpreting the documents under his care; the less he knew, the less he could interfere» (McGarry, K.).1983.«The influence of technology on professional curricula.» Aslib Proceedings.Vol.35, n° 2 (feb.1983), p.101.7.\tPour plus de détails sur cet historique de la première moitié du XXe siècle, on se reportera, entre autres, aux publications suivantes: Woledge, G.1983.«Bibliography and documentation: words and ideas.» Journal of Documentation.Vol.39, n° 4 (dec.1983), pp.268-279; Shera, J.H.1968.«Bibliothéconomie, documentation et science de l'infoi «nation.» Bulletin dt TUNESCO à l'intention des bibliothèques.Vol.22, n° 2 (mars-avril 1968), pp.62-70.8.\tCité dans une publication de l\u2019A.B.F.: Le métier de bibliothécaire.Paris: Promodis, 1983, p.9-10.9.\tShera, J.H.1968, op.cit., p.62.10.\tWoledge, G.1983, op.cit., p.273.11.\tVickery, B.C.1978.«Concepts of documentation».Journal of documentation.Vol.34, n° 4 (dec.1978), pp.279-280.12.\tCoblans.H.1974.Librarianship and documentation.London: A.Deutsch, 1974, p.29-35.13.\tWoledge, G.1983.Op.cit., p.273-275.14.\tEn recherchant l\u2019origine des auteurs d'articles publiés dans les revues de documentation, ou celle des intervenants lors de colloques pro- fessionnels, on trouverait de multiples témoignages comme celui-ci: «je suis moi-même informaticien, et je suis venu à la documentation par le biais de l'informatique documentaire depuis 1968».Documentaliste.V ol.12, n 1 (mars 1975), p.6.15.\tBulletin de la DICA.Vol.3, n° 4 (avril 1978), p.10 et Vol.3, n° 5-6 (mai-juin 1978), p.16.16.\tFondin.H.1975.L'Entrée de l'information écrite dans un système documentaire automatisé pour les sciences sociales Paris: EHESS, 1975, pp.77-97.17.\tCette situation paradoxale se retrouve dans la composition du Comité français de la documentation publié par la FID en mai 1971 puisque les principaux postes, ceux de Président et de Secrétaire Général, sont tenus par des bibliothécaires.respectivement Messieurs E Hennery et P.Poindron.18.\tRioux, J.-L.1981 «Banques d'information, banques de données, bases de données: un essai de clarification des termes.» Documentation et Bibliothèques.V ol.27.n \" 2 (juin 1981).p.46.19.\tVeaner, A.B.1974.«Institutional political and fiscal factors in the development of library automation, 1967-1971».Journal of Library Automation, Vol.7, n° 1 (mars 1974), pp.8-9.20.\tThe Information Scientist.Vol.12, n 4 (dec.1978), p.131.Il ne faisait que reprendre une formule lancée dès 1948 par un autre anglais A.F.C.Pollard (cf Woledge, G.1983, op.cit.p.274).21.\tOn se reportera avec intérêt aux travaux de R.R.Freeman et de M Rigby, en particulier: «The role of the UDC in automated information and data systems».Proceedings of the 2nd Seminar on UDC and Mechanized Information Systems.Franc-furt, 1-5 June 1970, Copenhagen.Danish Center for Documentation, 1971, p.182-192 (FID Pub n° 405).22.\tCf, à titre d\u2019exemples, la présentation de la CATED et de sa base d\u2019information «Ariane» par M.Demanget (Documentaliste, V ol.12, n ° 1 (mars 1975), p.5), et le compte-rendu de la 3ème journée de l'Informatique juridique documentaire [Bulletin de la D/C.4, V ol.2, nw 10 (oct.1977), pp.31-34).23.\tCf les thèmes du numéro spécial de Documentaliste sur «l\u2019Automatisation documentaire», 1974, 64 p.; ou ceux des différents congrès nationaux français organisés par l'Association des Documentalistes et Bibliothécaires Spécialisés (ADBS) et l'Association Nationale de la Recherche Technique (ANRT) depuis cette même date.24 «L'informatique dans la formation des documentalistes» par A.Chonez (Documentaliste.Vol.8, n° 4 (déc.1971), pp.153-156); «Le software documentaire disponible en France» Documentaliste.Vol.9, n° 2 (juin 1972) n° spécial.25.«Le documentaliste français en 1970».Documentaliste.Vol.7, n° 2 (juin 1970), pp.39-42; «Les personnels de l'I.S.T.» et «Les salaires des documentalistes en 1970».Documentaliste.Vol.8, n° 3 (sept.1971), pp.103-120: «Peuvent-ils aussi justifier les salaires les plus bas pour une profession qui exige de telles qualifications individuelles?» (p.112); «La journée des documentalistes» Bulletin de la DICA.Vol.2, n 10 (oct.1977), pp.55-57; «Comment l\u2019Administration française peut-elle prendre des décisions dévalorisant la fonction documentaire au moment où les méthodes de traitement de l'information connaissent d'importantes mutations technologiques et exigent de la part des personnels qui en ont la charge, une formation de plus en plus poussée.» Documentaliste.Vol 16, n 1 (janv.-fév.1979), p.27.26.Kellerman, L.1971 «Représentations et fonctions sociales de la documentation.» Documentaliste.Vol.8, n 4 (déc.1971).pp.142-148.27 Meyriat, J.1981.«Document, Documentation, Documentologie.» Schéma et Schématisation,, n° 14 (2ème trimestre 1981), pp 51-63.28.\tJournal Amer.Soc.Information Science.V\u2019ol.34, n° 1 (jan.1983), pp.3-4.29.\tMeyriat, J.1981, op.cit.p.63.30.\tFondin, H 1987.«L\u2019évolution des systèmes et des métiers du traitement de l\u2019information » Documentaliste.Vol.24.n° 1 (janv.-fév.1987), pp.3-10.31.\tBulletin de la DICA, Vol.l,n° 8(nov.1976).pp.5-8, et Vol.2, n° 2 (fév.1977).pp.45 32.\tCf le bilan fait par M.Boisset lors de son intervention au SICOB 74, Documentaliste.Vol.12, n° 1 (mars 1975), pp.6-7.33.\tL'Automatisation des bibliothèques publiques.1982 Paris: Ministère de la Culture, Direction du livre et de la lecture, juillet 1982, 51 p.34 Sur ce sujet on peut consulter le Bulletin de la DICA, en particulier.Vol.1, n° 4 (1976), pp.3-12; Vol.2, n 2 (1977), pp.44-49; Vol.3, nc 4 (1978), p.43; Vol.3, n° 5-6 (1978), pp.5-42.35.\tSylvestre, P 1979.«Les Bibliothèques universitaires au pied du mur.» À paraître, n 8 (avril 1979), p 24.36.\tBulletin de la DICA, Vol.3, n 5-6 (1978), p.7.37.\tDocumentaliste.Vol.12, n 1 (mars 1975), p.4.On remarquera que, près de 10 ans plus tard, l'opération de catalogage du Dépôt Légal de la B.N.de Paris, parce que toujours manuelle, doit être répétée pour l\u2019établissement de la Bibliographie de la France, ce qui entraîne une duplication du même travail de base! (cf.«Le défi informatique de la B.N.».Le Monde, 5-6 septembre 1982).38.\tTaffarelh, J.L.1980.«Pour une redéfinition de la bibliographie.» Bulletin des bibliothèques de France, Vol.25, n° 7 (1980), pp.347-348.39.\tOn pourra méditer les intéressantes conclusions de Jean-Claude Passeron sur la notion de «libre-accès» aux documents dans une bibliothèque: «Imagesen bibliothèques, images de bibliothèques.» Bulletin des bibliothèques de France, Vol.27, n° 2 (1982), p.73.40.\t«Éditions du Livre et industries graphiques.» Rapport du Comité du Vie Plan.Paris, [1971], p.34.41.\tBulletin de la DICA, Vol.3, n 11-12 (nov.-déc.1978), p.43.42.\tMême si des nuances d'analyse propres à chaque discipline de recherche existent, on admet généralement qu'entre le moment où un auteur a une idée, et le moment où celle-ci est diffusée, il faut, en moyenne, 36 mois pour un livre, 12 à 24 mois pour un article, 6 à 12 mois pour un rapport, 3 à 6 mois pour une édition électronique.ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMER0 4 127 43.\tOn peut donner comme exemple les bibliothèques de Cambrai et d'Evry présentées dans Bibliographie de la France, n 44 ( 197b), pp.2175-2182, et n 2 (1977), pp 108-116.44.\t«Images de bibliothécaires, hier et aujourd'hui.» Bibliographie de la France, n 4 ( 1976), pp.108-116.45.\tLajeunesse.M.1985.«La formation des professionnels en information documentaire: un problème réactualisé.» Rapport introductif du 26ème congrès de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, Mont-Roland, 23-26 mai 1985, 10 p.46.\tI^e groupe lyonnais de l'A.B.F.participait ainsi, il y a quelques années, à l'établissement de la version française de la Classification Décimale Dewey (cf.Bibliographie de la France, n 7 ( 1976), pp 499a publicité dans la partie «Annonces»); la B.N.de Paris utilise actuellement la liste de mots-matières de la bibliothèque de l\u2019Université Laval à Québec (cf Le Monde, 11 juillet 1985, p.15).47.\t«Le Macrothésaurus des sciences et techniques.» Documentaliste.Y\u2019ol.14, n 1 ( janv.1977), pp.20-26.48\t«La normalisation: une nécessité pour l'interconnection des systèmes documentaires automatisés.» Documentaliste.Vol.13, n° 2 (mars-avril 1976), pp.59-61.49\tC'est ce que reconnaît D Pallier dans son compte-rendu d'une rencontre entre bibliothécaires et documentalistes le 14 juin 1976 (Bulletin de la DICA, Vol.1, n\" 5 (juin 1976), p.14).50.Cf.le nombre de demandes de formation en téléréférence faites dès 1978 par les responsables des B.U.(Bulletin de la DICA, Vol.3, n 11-12 (nov.-déc.1978), pp.129).51 Simkins, M A.1983.«The impact of new technology\u2019 on the information profession.» As lib Proceedings.Vol.35, n° 2 (feb.1983), pp.92-98; Becker, J.1983.«How to integrate and manage new technology in the library.» Special Librairies.Vol.74, nu 1 (jan.1983), pp.1-6; Aveney, B 1983.«Electronic publishing and the information transfer process.» Special Libraries.Vol.74, n 4 (oct.1983), pp.348; Haygarth Jackson, A.R.1983.«On line information handling \u2014 the user perspective.» Online Review.Y\u2019ol.7.nc 1 (1983), pp.25-32.52.\tÀ titre d'illustration, on pourra lire les opinions développées dans un article de P.Trai-nar, lesquelles ne nous paraissent pas isolées dans le monde des bibliothèques: «La nouvelle culture ou le livre en question.» Bulletin des bibliothèques de France, Y\u2019ol.27, n 3 (mars 1982), pp.131-144.53.\tCf.les missions dévolues à l\u2019AUDIST (l'agence universitaire française qui succède en 1976 à la DICA) dans l'arrêté de création du 2 octobre 1978: «responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre de la politique de la documentation et de l'information scientifiques et techniques; de développer la fabrication, l'acquisition.la localisation et l'utilisation de fichiers de références bibliographiques consultables automatiquement, de la création et l\u2019activité de banques de données»; Cronin, B 1982.«New technology and marketing: the challenge for librarians» A s h b Proceedings.Vol.34, n° 9 (sept.1982), pp.377-393.54 Pallier.D.1976 Bulletin de la DICA, Vol.1, n° 5 (juin-juil.1976), p.5.55.\t«Après le choc de juillet 75, et bien que notre association ait toujours été partisane de l'unité de la profession, réunie sous l'autorité d'un seul ministre, nous devons tenir compte de la situation de fait, pour le moment irréversible» propos tenu par M.Chauveinc, alors président de l'Association des Bibliothécaires Français (A B F.), en mars 1976 (cf.Bibliographie de la France, n 12 (1976), p.538).56.\t«Bibliothèque Nationale au futur.» Le Monde, 11 juillet 1985, p.15.57 «Les CADIST.» Bulletin des bibliothèques de France, Y\u2019ol.27, n 8(1982), pp.491-495; Pelou, P.1982.«l^a diffusion de l'information scientifique et technique.» p.221-223, In Informatique et information scientifique et technique.Cap d'Agde.13-24 septembre 1982, INRIA, (1983), 396 p ; Griffiths, J M 1982.«Technologie de l'information:\ttendances principales.» R.U.S.l.B.A.Vol.4, n° 4 (oct.-déc.1982), pp.258-259.58.Cronin.B 1983.«On the outside looking in issues in education for librarianship and information science», p.6 (Keynote paper Information technology in the library information si /tool curriculum, 19 p., 6-10 dec.1983, published by the British Library, R & D.D.i 59.\tCf.les enquêtes sur la situation des documentalistes menées en 1967.1970, 1974 et 1985 par l\u2019A.D B S.et publiées par ses soins.60.\tCf.les nombreuses commissions constituées en France depuis 3 ou 4 ans auprès de la DBMIST, et les rapports ou études qu elles ont pu remettre aux autorités compétentes sur le devenir de la formation au C.A.F.B.et au DS B 61.\tMeyriat.J.1977.«La formation des professionnels de l'information dans les pays membres des communautés européennes.» Documentaliste Y\u2019ol.14, n° 2 (mars-avril 1977), pp 139-46; «La Formation documentaire.» Documentaliste-Sciences de l'information.Y\u2019ol.19, n° 4-5 (juil.-oct.1982), pp.129-188.FILM / VIDEO CANADIANA 1\t9\t8\t5\t-\t1\t9\t8\t6 DE LA FICTION, DU DOCUMENTAIRE, DE L ANIMATION PLUS DE 2 500 FILMS FT VIDÉOS EN FRANÇAIS ET EN ANGLAIS PRODUITS EN 1985 ET EN 1986 QUI LES RÉALISE QUI LES PRODUIT QUI LES DISTRIBUE ET QUELS SUJETS ILS TOUCHENT.PLUS LE RÉPERTOIRE 1987 DE 5 000 MAISONS DE PRODUCTION ET DE DISTRIBUTION CANADIENNES Pour recevoir Film /Vidéo Canadlana 1985-1986 (35 $ l unité au Canada; 40 $ U.S.à létranger), envoyez votre commande avec un chèque ou mandat postal payable au Receveur général du Canada à : SERVICES À LA CLIENTÈLE, D-10 (AR) OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA CASE POSTALE 6100, SUCCURSALE «A» MONTRÉAL (QUÉBEC) H3C 3H5 Film vidéo Canadians 1985-1986 est produit par les Archives nationales du Canada (Division des archives audiovisuelles), la Bibliothèque nationale du Canada, la cinémathèque québécoise et I Office national du film du Canada 128 ARGUS'DÉCEMBRE 1987 VOLUME 16 NUMÉRO 4 IDT 87: L\u2019espace Européen de l\u2019information/ European Information AREA compte rendu par Louise Carpentier* Le septième congrès sur l\u2019information et la documentation, IDT 87 Information, documentation, transfert des connaissances \u2014 s\u2019est déroulé au Palais des congrès de Strasbourg du 12 au 14 mai 1987, sous le thème «L'espace européen de l'information/European information area/Die Information im europàischen Raum».Le Congrès avait lieu en trois langues, le français, l'anglais et l'allemand avec traduction simultanée assurée durant tout le colloque.Il était organisé par deux associations, soit l'Association française des documentalistes et des bibliothécaires spécialisés (ADBS) et l'Association nationale de la recherche technique (ANRT), sous le haut patronage du Président du Parlement Européen, du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, et du Ministère des Affaires Européennes du Gouvernement français.L'organisation générale du congrès comprenait les quatre dimensions suivantes: Premièrement, un colloque comprenant huit sessions dont quatre à caractère général, soit l'espace de l'information, l\u2019espace économique, l\u2019espace géographique et les espaces professionnels; et parallèlement, quatre autres sessions à caractère spécialisé, faisant «Le point sur» le développement récent des nouvelles technologies dans l'espace européen de l'information: le vidéodisque et l'image interactive; les CD-ROM et les supports optiques; les systèmes experts et l\u2019intelligence artifi- * Louise Carpentier est bibliothécaire responsable du secteur des publications gouvernementales et des microformes à la Bibliothèque Norris de l\u2019Université Concordia cielle; et finalement, les réseaux et transmissions.Deuxièmement, des revues de services et de produits, portant sur les thèmes suivants: Produits et services télématiques; serv urs et logiciels; Produits pour l'entreprise; L'évolution des banques de données: des réservoirs de références aux réservoirs d informations».Troisièmement, une exposition permanente de produits, matériels et services, regroupant des exposants de France, d'Italie, de Grande-Bretagne, de Belgique et des Pays-Bas, y conrq ns des fabricants de matériels, des associations professionnelles, des maisons d'édition, des organismes serveurs et des sociétés de services.L'exposition constituait un important marché européen.Quatrièmement, un Forum européen d'échange et de coopération qui s\u2019est déroulé en marge du colloque les 11, 13 et 15 mai.Il s'agit de 7 journées d'études, organisées directement par des institutions ou associations professionnelles1.La participation à ces journées se faisait exclusivement sur invitation.Séance d\u2019ouverture La séance d'ouverture du congrès groupait: Hans-Peter Geh, président de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (FIAB), qui a traité du rôle et de la fonction de la FIAB en Europe; Michel Carpentier, Directeur général des télécommunications, industries de l'information et innovation de la Commission des Communautés européennes, qui a entretenu l'auditoire des enjeux et perspectives des indus- tries de l'information en Europe; et Jean Buisson, Directeur de la revue L'Européen, qui a abordé les impératifs et les problèmes de la communication européenne.M.Carpentier a posé comme objectif prioritaire la recherche d'un nouveau style européen de communication et de dialogue, typique et original sous toutes ses formes, incluant le potentiel de l\u2019écrit, de la parole et de l\u2019audiovisuel.Une Europe «forte et unie» doit être reconnue comme «partenaire à part entière» par les États-Unis et par l\u2019Occident.Selon les conférenciers, l\u2019information est devenue une ressource sociale, économique et politique importante pour le marché européen.Mais qu'entendons-nous par espace européen de l\u2019information?Organisé en réseaux structurés, ce dernier comprend à la fois une organisation professionnelle, une industrie de l\u2019information et des impératifs de communication.Il est affecté par les nouvelles technologies qui prennent présentement un grand essor et contribuent à son développement.Comment les régions de l'Europe, leurs institutions et associations peuvent-elles s\u2019organiser pour mieux coopérer et communiquer leur information?C'est sur cette problématique que se sont penchés les associations nationales et internationales, les organismes ministériels, les instances communautaires et les professionnels lors du colloque.Sessions générales La première session, intitulée «L'espace de l'information: organisation et réseau», a permis d\u2019examiner la place et le caractère de l'information dans la ARGUS DECEMBRE 1987 VOLUME 16/NUMÉRO 4 129 recherche européenne et surtout les problèmes et les lacunes s'v rattachant, dont l'absence en Europe de grands réseaux bibliographiques axés sur le catalogue partagé; comme OCLC-aux Etats-Unis et l'importance du marché anglophone, en particulier le marché américain, dans la production des banques de données.Far contre, les circuits documentaires de la Communauté européenne qui offrent des modes d'accès électroniques et imprimés tireraient avantage d'une coopération accrue avec des bibliothèques à vocation semblable.Le réseau d'information des Nations unies (ONU) comprend deux volets majeurs: le traitement et la diffusion de l\u2019information.Il groupe plus de 600 systèmes et bases de données de nature variée élaborés par les 39 organisations du système, mis à la disposition des pays membres et partiellement disponibles par télécommunication.Ce réseau est aux prises avec des difficultés d'intégration coordonnée des activités et fait face à un certain manque d'intérêt de la part de l'Europe pour les activités d\u2019information de l'ONU.Or, on prévoit un accès interactif généralisé à une information qui existe déjà sur papier.De l\u2019avis d'un conférencier de Grande-Bretagne, l'Europe constitue plusieurs marchés distincts, tout comme il existe plusieurs marchés de l\u2019information.Le succès d'une stratégie de marketing réside dans l'intégration de l'information et de son application pour satisfaire les besoins des usagers.«L'espace économique: l'information dans l'entreprise» (session no.3) a présenté l\u2019information comme une ressource stratégique pour l\u2019entreprise, et comme une matière première essentielle pour l\u2019économie d\u2019un pays.Le représentant de la Commission des Communautés Européennes (CCE) a peint un portrait succint de la CEE au tournant de la «Civilisation de l\u2019information».Il favorise la concertation des intervenants pour vaincre les obstacles (d'ordres tarifaire, fiscal, administratif, juridique et normatif, qui sont entre les mains des pouvoirs publics) et pour parvenir à la réussite d'un espace européen unifié de l\u2019information.On a ensuite décrit un exemple d'un système documentaire centralisé sur disque optique d\u2019une entreprise de presse.Une dernière communication a rappelé les caractéristiques d'une documentation technique dans une entreprise et a présenté l\u2019architec-ture-type d'un système d\u2019intégration de la documentation technique mul- timédia dans l'entreprise, ainsi que les indications permettant de l'adopter.«L'espace géographique: la communication inter- et intrarégionale» (session no.5) a considéré les conséquences de la création de réseaux transnationaux.Ainsi, un premier conférencier favorise la création de réseaux transnationaux de personnes avec les connaissances et l'expérience dont les Européens ont besoin pour fournir une information synthétisée, répondant à des besoins précis.Car les nouvelles technologies de l'information ne répondent pas suffisamment aux problèmes rencontrés.Far la suite, on fournit un exemple d'une coopération pour une nouvelle formation des documentalistes avec propositions en vue d'une action interrégionale entre la Suisse et la France.La communication «Vers un système régional d'information en santé publique en Lorraine» a expliqué la mise au point d'outils de diffusion des informations et de formation des intervenants.Enfin, le directeur du Centre européen du développement régional (CEDRE), organisme de coopération technique et scientifique groupant une centaine de régions européennes, explique les difficultés de mise en place d'un réseau interrégional de télématique.«Les espaces professionnels: les professionnels de la documentation et les métiers de l\u2019information» (session no.7) a permis de pondérer l'influence des nouvelles technologies sur les professionnels concernés.Une analyse du contenu des appellations des métiers de l\u2019information-documentation a révélé que les fonctions professionnelles du documentaliste évoluent vers deux types d'activités: la diffusion de l\u2019information et la médiation.Le conférencier qui a traité des professionnels de la documentation et de la mutation en cours des banques de données relativement aux services offerts et à leur mode de financement, est d'avis que la fonction «documentation» se trouve désormais au cœur des systèmes d\u2019information (production ou consommation) et que les métiers d'informateurs sont aussi en mutation.Une représentante du Centre d\u2019études et de recherches sur les qualifications (CEREQ) démontre qu\u2019il est possible qu'une utilisation plus large et plus diversifiée des sources d\u2019information permette de mieux cerner la structuration d'un espace professionnel.On a présenté le programme d\u2019information scientifique et les métiers de la documentation en République fédérale d'Allemagne.En dernier lieu, un conférencier, à partir de l\u2019expérience américaine, a demandé à qui incombe la responsabilité de former les professionnels de l'information.Il est probable que des écoles professionnelles aux États-Unis remplissent cette tâche dans un seul programme d\u2019étude, au cours des dix prochaines années.Sessions spécialisées La deuxième session.«Le point sur le vidéodisque et l'image interactive», a permis de découvrir: d'abord, le projet européen MEDIMAG pour l'enseignement médical en France; ensuite, «la Galerie des dates», un système en exploitation au musée d'Orsay, qui situe les œuvres et leurs auteurs dans le contexte historique, politique et social de l'époque (1848-1914) et qui comporte sept banques de données interactives; enfin, la mise en place d'un robot serveur de vidéodisques pour une banque de données audiovisuelle à la médiathèque de la Cité des sciences et de l'industrie à Paris, pour informer les usagers du contenu de la collection.Finalement, on a présenté des perspectives sur les mémoires optiques, en particulier le vidéodisque, et sur leur influence sur la formation, les emplois et les fonctions des intervenants.«Le CD-ROM et les supports optiques» (session no.4) a présenté différentes expériences d'utilisation de cette technologie récente comme: les Disques Optiques Numériques (DON), supports privilégiés pour l'archivage électronique de très gros volumes qui permet le stockage et l\u2019exploitation directe des documents primaires et des banques de données en texte intégral; et les Télésystèmes Questel actifs dans le projet européen TRANSDOC, qui utilise des méthodes et des techniques de stockage électronique sur disque optique numérique.Un représentant de Digipress a présenté avec beaucoup de clarté la structure et l\u2019évolution de la technologie et des marchés bien distincts des disques optiques: le grand public (Compact Disc), le marché institutionnel (vidéodisque) et le marché professionnel (disques optiques numériques).Un autre intervenant a abordé les difficultés rencontrées dans la commercialisation des CD-ROM en France, dont les coûts du disque et du lecteur des CD-ROM; par ailleurs, cette nouvelle technologie se prête mal au stockage des documents qui doivent être mis à jour.130 ARGUS DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16'NUMÉRO 4 Le point sur «Les systèmes experts et l'intelligence artificielle » (session no.6) a permis d'entendre des allocutions sur: le droit relatif aux systèmes experts en France, question complexe qui relève à la fois du droit d'auteur et du droit relatif à la création de logiciels; le développement de systèmes experts sur micro-ordinateur, en particulier dans le domaine bancaire, comme le système «Intelligence Service»; et le système expert EURISKO pour la recherche d'information directe, qui permet l'accès à différentes banques de données sans connaître les réseaux de communications et les protocoles des systèmes hôtes.On a aussi présenté un concept nouveau de dictionnaire intégré, unifiant les dictionnaires naturels et les dictionnaires spécialisés pour la traduction automatique.Le dernier point, «Les réseaux et transmissions» (session no.8), a traité de: la politique du réseau de transmission de données par paquets TR ANSP AC et ses perspectives; les réseaux européens après EURONET; le système de télécommunications par satellites (Télécom) pour l'entreprise, dont l'usage se fait par l\u2019organisme européen Eutelsat; et les aspects juridiques des flux transfrontières de données en Europe.Séance de clôture La séance de clôture était organisée sous forme de table ronde, présidée par le président de la Fédération internationale de documentation (FID).On a de nouveau souligné l'importance: de développer l'espace européen de l'information, surtout par une coopération européenne dans le domaine des nouvelles technologies; d\u2019établir des programmes de formation aux nouvelles technologies de la communication pour les intervenants dans ce domaine, et de renforcer le rôle des associations de professionnels de la documentation, dont le poids varie d'un pays à un autre, en favorisant les associations groupant différents types de professionnels.11 demeure difficile de définir le concept de l\u2019espace européen de l'information.Mais le colloque IDT 87 avait pour objectif de faciliter les échanges et les rencontres entre associations nationales et internationales, organismes ministériels, instances communautaires et entreprises, de même que d\u2019encourager une discussion sur les perspectives de l'industrie de l'information en Europe.lx* colloque a réuni 800 à 900 congressistes à Strasbourg, siège du Conseil de l'Europe et du Parlement Européen.Pour mieux informer les congressistes, la majorité des interventions dans les sessions générales et spécialisées ont fait l'objet d'un recueil de Textes des communications 5 distribué au début du colloque.Le colloque IDT 87 a permis trois jours de fructueux débats au cours desquels les participants de différents pays et organismes gouvernementaux ont eu l\u2019occasion d\u2019échanger à volonté sur l'espace européen de l'information.Le prochain colloque IDT aura lieu en 1989.Références 1.\tOn trouvera un compte rendu de ces journées, ainsi que des autres activités du congrès, dans Documentaliste, vol.24, nJ 4-ô, (1987), pp.178-183.2.\tOnline Computer Library Center, Inc.(auparavant Ohio College Library Center).3.\tIDT 87.L'espace européen de l'information European information area \u2014 Die Information in euro-paischen Raum.Strasbourg, 12-14 mai 1987.Paris: ADBS.1987.BIBLIODATA présente La liste des livres disponibles de langue française des auteurs et des éditeurs canadiens un outil de commercialisation et de référence unique! 24 000 titres, 516 éditeurs, 310 distributeurs en volumes Auteurs \u2022 Titres \u2022 Sujets édition microfiche: 10 mises à jour par an édition imprimée: 4 mises à jour par an Renseignements et abonnements: PERIODICA C.P.444, Outremont, QC, Canada, H2V 4R6 Tél.: (514) 274-5468 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VGLUME 16/NUMÉRO 4 131 sTm.(7?d-aj Nous comblons tous vos besoins d'abonnements tare ¦** ^ToikV' LES SERVICES D ABONNEMENT SIX BOUL.DESAULNIERS SUITE 308 ST.LAMBERT, QUE J4P 1L3 (514) 672-5878 Ligne directe pour Québec-.(800) 361-7322 SERVICE AU QUEBEC: \u2014Centre de traitement à St.-Lambert \u2014Equipe spécialisée \u2014Banque de données \u2014Avis professionnels \u2014Représentant des ventes L I B R X I RIE MICHEL FORTIN i LITTERATURE GENERALE QUEBECOISE, FRANÇAISE, LIBRES ET DICTIONNAIRES ESPAGNOLS REVUES ET JOURNAUX 3714 RUE ST DENIS.MONTRÉAL.TEL (514) 849 571 9 132 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 À PROPOS DE RECHERCHE Le point sur les thèses de doctorat (suite) Nous continuons dans cette rubrique (dont une première partie a paru en 1985, dans le vol.14, no 4), la présentation des recherches académiques menées en matière de bibliothéconomie et de sciences de l'information par les bibliothécaires et les spécialistes de l'information œuvrant au Québec.Ainsi trouvera-t-on ci-dessous les sommaires de travaux réalisés entre 1975 et 1981.Pour des raisons d'espace, nous n'avons pas inclus les thèses les plus récentes, qui feront l'objet d'une prochaine présentation.LAJEUNESSE, Marcel.1977.Associations littéraires et bibliothèques à Montréal au XIXe siècle: l'apport sulpicien.Ph.D., Université d'Ottawa.Par l\u2019analyse des quatre fonctions des œuvres culturelles sulpiciennes (la lecture publique, le Cabinet de lecture, le Cercle littéraire, le périodique), cette étude veut éclairer la vie culturelle d\u2019une métropole en formation et révéler le type de culture véhiculé par une élite du début de l\u2019Union à 1910.En 1844, le supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice et curé de Montréal, Joseph-Vincent Quiblier, fonde l\u2019Oeuvre des bons livres, selon le modèle de l\u2019archiconfrérie des bons livres de Bordeaux.Par cet établissement, Saint-Sulpice comble un vide vivement ressenti à Montréal, suite à l\u2019échec des sociétés culturelles et des bibliothèques bilingues.Cette bibliothèque paroissiale rejoint le mouvement de l\u2019instruction publique de Jean-Baptiste Meilleur, s\u2019inscrit dans les œuvres de défense religieuse en faisant obstacle aux «colporteurs de bibles» et donne le branle à un développement soutenu des bibliothèques paroissiales au Québec.La bibliothèque de l\u2019Oeuvre des bons livres, qui contient 49 pour cent de volumes religieux en 1845, satisfait un besoin de lecture publique si l'on considère les statistiques de prêt élevées à la fin des années 1840.La bibliothèque sulpicienne continue au cours de la seconde moitié du XIXe siècle à servir la population francophone qui n\u2019a qu\u2019un choix fort mince de bibliothèques prêteuses à Montréal.Les catalogues de 1898 et de 1904 montrent qu\u2019elle devient de plus axée sur la littérature de France.Présents depuis plus d'un demi-siècle dans le domaine de la lecture publique, les Sul-piciens ne sont pas indifférents au débat sur la création d'une bibliothèque publique à Montréal, au début du XXe siècle.L'annonce de la création de la bibliothèque Saint-Sulpice en 1910 est en quelque sorte la réponse cléricale à la discussion sur l\u2019essence et les finalités de la bibliothèque publique.La décennie 1850 est l\u2019âge d'or des associations littéraires au Bas-Canada.Parmi elles, l'Institut canadien de Montréal ressort par son rayonnement extérieur et par le libéralisme qu\u2019il prône.En 1857, la création du Cabinet de lecture paroissial, pour les conférences publiques et la lecture des journaux, et du Cercle littéraire, société de débat pour jeunes gens, n\u2019est pas pure coïncidence.Il s\u2019agit de créer pour les laïques modérés, à la suite de l\u2019éphémère Institut national, une contrepartie prestigieuse à l\u2019Institut canadien dont l\u2019orientation donne au clergé montréalais des inquiétudes sérieuses.Dans les cent cinquante conférences offertes entre 1857 et 1867 au Cabinet de lecture, la religion, la philosophie et l'histoire sont véritablement les domaines qui prédominent.Le Cabinet de lecture enseigne l'orthodoxie religieuse et philosophique, renforce les positions conservatrices et ultramontaines et favorise l\u2019émergence d'une littérature morale et nationale.Structure fermée, le Cercle littéraire est à la fois banc d'essai et complément à la carence ou à la faiblesse de l\u2019enseignement universitaire francophone à Montréal.Le Cercle littéraire, établi à l\u2019intention des étudiants en droit et en médecine, prépare une élite rompue à la discussion et surtout liée au clergé.À la fin de la décennie 1860, le Cabinet de lecture et le Cercle littéraire deviennent inactifs.En 1884, les Sulpiciens recréent le Cercle Ville-Marie à l'intention des étudiants des écoles professionnelles de l\u2019Université Laval de Montréal.Le Cercle Ville-Marie combine à la fois la formule des débats de l'ancien Cercle littéraire et les conférences publiques du Cabinet de lecture.Vers 1906, il doit céder la place à l\u2019Association catholique de la jeunesse canadienne-française récemment fondée, plus active, plus proche des intérêts de la jeunesse étudiante et, de plus, soutenue par les Jésuites.Afin d'assurer une diffusion plus grande des activités du Cabinet de lecture et du Cercle littéraire, le Sulpicien Louis Regourd fonde, en 1859, Y Écho du Cabinet de lecture paroissial, bimensuel de 1859 à 1866 et mensuel de 1867 à 1878.Cette revue, qui se veut revue des familles, prétend, à ses débuts, favoriser l'émergence d'une littérature nationale.D'ailleurs, l'intérêt de YÊcho, c\u2019est d\u2019être, avant les Soirées canadiennes, le Foyer canadien et la ARGUS DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 133 Revue canadienne, la première revue littéraire de cette époque.Mais la prolifération de ces revues et surtout la concurrence de la Revue canadienne amènent l\u2019essouflement de YÉchu, pourtant reçu par 1,888 abonnés en 1864.L'abaissement du contenu bas-canadien vers 1866 fait de Y Écho le véhicule des angoisses et des espérances des catholiques français.De 1844 à 1910, les Sulpiciens exercent, à Montréal, les fonctions culturelles propres aux associations littéraires avec une rare continuité au Québec.Et, chose plus remarquable, l'expérience acquise au fil des années débouche sur l\u2019établissement de la grande bibliothèque Saint-Sulpice.LALIBERTÊ, Madeleine Anne.1977.Selected Grammatical and Syntactical Problems in adapting PRECIS to the French Language.Ph.I)., Case W estern Reserve University.PRECIS (Preserved Context Index System) is a subject indexing system devised mainly by Derek Austin and adopted for use in the British National Bibliography in 1971.Its inception was partly a result of classification research in the late 1960\u2019s and partly from linguistic research, including study of the sentential structure of English.After PRECIS had been developed successfully for English, the next step was to discover whether it might also be helpful in other languages.Some attempts at this were made in 1974, but the tempo has been increased recently and more serious work undertaken, especially with Germanic languages and French.The purpose of this study was to identify the main grammatical and syntactical problem which would occur in translating English PRECIS strings and entries into grammatically and syntactically correct French strings.This research is limited to manual translation of English PRECIS strings.A literal translation was not considered acceptable unless it produced idiomatic French.Only pertinent grammatical and syntactical cases were utilized.After translating many examples, most of them without any problem, difficulties were found in six cases: 1) adjectives 2) lead parenthetical differences 3) prepositions followed by articles 4) geographical and political names 5) passive form 6) homographs.When dealing with adjectives, a new code $ 1 has been introduced to allow for the fact that French adjectives usually follow the noun.Another code $ e was proposed in order to deal w ith the second element of a prepositional phrase (the term after the preposition itself) and obtain one entry under this important term.The parenthetical differences in French wrere treated the same way as in English but a cross reference was needed in French to avoid any loss of meaning.Regarding the prepositions followed by articles, special attention must be paid in French to the use of the correct articles, because French has more forms for the definite article than English.The geographical and political names, like any other names in French, are feminine or masculine.Besides the problem of gendor, some cases of the use or omission of the article for the geographical and political names are different for French and English.Concerning the passive form, in French only the directly transitive verb can have a passive voice.A more neutral form, in active voice such as one beginning «On m\u2019a dit», would tend to be used especially when the agent is not expressed.Homographs, which are different in each language, can present problems when building up a multilingual thesaurus.In French, besides the context, the gender and number, on some occasions, may be an indication of the meaning of a homograph.In the course of making index entries, it turned out that there were generally fewer entries in French than in English.Cross references were used to compensate the lower number of entries, but it was still questionable whether or not a loss of information resulted.This research is significant because this is the first theoretical study of PRECIS from a French language viewpoint, and it is the first to use a bilingual methodology.LEIDE, John Edgar.1975.Classification Development Effected from Graphical Hierarchies.Ph.D., Rutgers University, The State University of New Jersey.The objective of this study is to analyze the graphical structure of the Chinese Lesser Seal Characters to develop a classification that will generate a numerial surrogation for each character producing a partial ordering, i.e., to develop a schema for translating the graphical elements of the characters into a numeric notation that will group or classify characters with similar forms and establish a hierarchical arrangement or ordering of these groups.6696 characters were copied from two dictionaries, the Cheng chung hsmg yin i tsung ho ta tzu tien and Chang Hsuan The Etymologies of 3000 Chinese Characters.An analysis was found which provides a hierarchical classification of the Lesser Seal Characters such that each class contains only isomorphic characters.Classification by the number of pieces, vertices, and faces produced a data reduction of 99.49% with no class containing more than 32 characters, a reduction which, for many purposes may be sufficient.However, subclassification was continued according to the ranks of the vertices and bounds of the faces.When this did not provide classes composed only of isomorphic characters, analysis was extended to the features of pieces.The final classification, which did result in classes of isomorphic characters had no class larger than 24 characters, a 99.64% data reduction.A working notation was developed to encode the features identified in the classification development thus providing numerical surrogations of the classes that can be used to order them.The possibility was then explored of extending the classification to other notations that can be reduced to graphs.Small samples of runes, hieroglyphs, and cuneiform were tested with successful results suggesting that the classification could be applied to any notation that can be reduced to graphs.ROLLAND, Paule.1981.Essai d'analyse anthropologique de quelques systèmes de classification documentaire.Ph.D., Université de Montréal.La classification est un phénomène qui répond à un besoin coextensif au monde vivant en permettant la mise en ordre des choses et des êtres vivants.La motricité de l'être vivant l'expose à la multiplicité devant laquelle sa prédétermination biologique lui imposera un choix, le plus souvent sous la forme d'un classement binaire qui retiendra l'utile et écartera le nuisible.La fabrication de la lame qui tranche est peut-être le premier témoin dans la genèse de l'humanité qui montre 134 ARGUS/DÉCEMBRE 1987/VOLUME 16/NUMÉRO 4 que la classification se situe dans l'ordre du faire.Si dans l'ordre de la nature, l'être vivant est prédéterminé à classifier, il en va tout autrement dans l'ordre de la culture où les modèles culturels détermineront les structures classificatoires.Toute opération de classement vise à subjuguer le désordre.Si John Dewey affirmait que «knowledge is classification», cette assertion montre l'importance de la classification dans l'entreprise de connaître.La classification peut être envisagée sous plusieurs aspects, comme la taxonomie, ou sous plusieurs points de vue: technique, mathématique, anthropologique, philosophique, etc.L'épistémologie, appliquée à plusieurs disciplines scientifiques, constitue l'apport le plus prometteur de la philosophie et de la psychologie aux fondements de la classification de l'univers des connaissances.La classification documentaire est une manifestation parmi d'autres des activités classificatoires de l'humanité.Elle a une double vocation: illustrer une systématisation des connaissances et pourvoir à l'arrangement matériel des documents.Au cours des âges, cet arrangement a représenté, dans chaque civilisation, la priorité d'une connaissance par rapport à d'autres.Trois systèmes de classification documentaire encyclopédiques développés pendant le dernier quart du 19e siècle sont examinés.Ces systèmes sont largement utilisés dans les bibliothèques contemporaines du monde occidental.Sont-ils encore valides?On peut établir leur validité en les situant à la fois dans l'ordre de la culture et dans l'ordre de la nature.Dans l'ordre de la culture, ils reflètent les connaissances et les valeurs de leurs auteurs.Dans l\u2019ordre de la nature, ils devraient rendre compte d'un découpage épistémologique des connaissances.Aussi loin que l\u2019on puisse remonter dans la genèse de l'humanité, le témoignage d'artefacts et de documents de toutes sortes est assez éloquent pour que l'on puisse formuler des hypothèses qui attestent l\u2019existence de pratiques classificatoires fort nombreuses et diversifiées.La langue, l'organisation sociale, les institutions et les cultes des groupes de traditions culturelles sans écriture regorgent d'activités classificatoires.Par ailleurs, l'invention de l'écriture a permis la transmission de pratiques classi- ficatoires depuis la plus haute antiquité.Même si plusieurs de ces pratiques sont disparues avec les cultures qui les ont fait naître, d'autres ont été maintenues, constituant la toile de fond des cultures contemporaines.En ce qui concerne l'origine de la classification, les pratiques des groupes offrent un terrain d'observation incomplet.On doit donc examiner le développement de ces pratiques dans la croissance de l'individu.Au tout début de la vie ex utero, le moi et le monde extérieur sont indifférenciés, mais petit à petit les relations objectales, plus particulièrement avec la mère, se manifestent pour constituer la pierre d'assise préparatoire aux opérations de classification proprement dites qui commencent par s'exercer, vers l\u2019âge de trois ans, sur des objets concrets et atteignent la formalisation à dix-huit ans.La classification sous-tend la maîtrise de la logique des classes et des relations et plus précisément, dans le présent contexte, de la relation d'inclusion.Mais cette maîtrise n'est pas suffisante pour permettre la construction d'un système de classification; une vaste érudition, comme en témoigne l'histoire de la pensée et de la science, constitue le substrat de tous les systèmes de classification des connaissances qui ont atteint, à un moment ou l'autre, une certaine validité.La construction de ces systèmes a été motivée par la nécessité de mettre de l'ordre dans l'univers des connaissances.Dans le monde occidental, la classification est particulièrement redevable à Platon et à Aristote.Les classifications médiévales se caractérisent par l'adjonction constante de nouveaux domaines de la connaissance et rompent ainsi la cohésion interne des classifications construites dans la ligne de la tradition aristotélicienne.À la Renaissance, Konrad von Ges-ner se distingue par ses travaux en classification des animaux et en classification bibliographique par la publication de sa Bibliotheca universalis.La publication de Y Advancement of Learning de Francis Bacon en 1605 marque un tournant décisif dans l\u2019histoire des classifications.La division de l'univers des connaissances d'après les facultés de l'esprit définit l'originalité de Bacon.Le Cours de philosophie positive d'Auguste Comte consacre l'exclusion, dans 1946*1986 À VOTRE SERVICE DEPUIS QUARANTE ANS AGENCE INTERNATIONAL INTERNATIONALE SUBSCRIPTION D\u2019ABONNEMENTS AGENCY pour vous abonner à toutes les revues de langue française du monde commandez notre catalogue général \u2022\t5 000 titres classés par sujet \u2022\t42 pages \u2022\t3,00$ PERIODICA, C.P.444, Outremont, QC H2V 4R6 Tél.: (514) 274-5468 ARGUS/DÉCEMBRE 1987 VOLUME 16 NUMÉRO 4 135 l'univers des connaissances, de tout ce qui n'est pas connaissance abstraite et s'appuie sur le principe de complexité croissante et de généralité décroissante, postulat principal adopté par Bliss dans sa Bibliographie Classification.Même si plusieurs soutiennent que les rapports entre les classifications des connaissances et les classifications documentaires sont ténus, on ne peut nier les coïncidences plus que fortuites dans la genèse de ces systèmes.Dans l'histoire des bibliothèques, une constante se dégage: le souci d'un magasinage et d'un repérage infaillibles des documents.C'est ce qui a présidé à la construction des systèmes de classification documentaire.Parmi les systèmes de classification documentaire retenus, la Decimal Classification de Melvil Dewey est le plus ancien (1876).D'inspiration baconienne, l'univers des connaissances est divisé en dix grandes classes où les rubriques sont désignées par des nombres décimaux.La Classification décimale universelle développée en Belgique par Otlet et La Fontaine est une adaptation du système précédent et en retient plusieurs caractéristiques.Toutefois, l'emploi de signes de ponctuation et de symboles arithmétiques permet une classification beaucoup plus fine que sa parente.La Library of Congress Classification est un système élaboré pour répondre aux besoins de cette bibliothèque.Elle tire ses origines des premières bibliothè- ques de la République américaine et plus particulièrement de la classification que le président Jefferson avait construite pour sa bibliothèque privée.Dans l\u2019histoire des cultures, les systèmes de classification documentaire analysés s'inscrivent dans les grands axes de l'histoire des États-Unis et reflètent les institutions, les valeurs et la culture de leur pays d'origine.Pendant longtemps, les classifications des sciences ont servi de modèles dans la construction des classifications documentaires.La connaissance scientifique ne constitue qu'un volet de l'univers des connaissances; il y a lieu de considérer d\u2019autres types de connaissances pour élaborer des systèmes de classification documentaire valides.Bulletin d\u2019abonnement Je désire m\u2019abonner à Argus à partir du vol.16 (1987) Je désire acheter l\u2019Index 1971-1986 \u2014\ttarif normal (30 $ pour le Québec et le Canada; 30 $ US pour l\u2019extérieur du Canada)- \u2014\ttarif étudiant (15 $ pour le Québec et le Canada; 15 $ US pour l\u2019extérieur du Canada- \u2014\tIndex rétrospectif (25 $ pour le Québec et le Canada 25 $ US à l\u2019extérieur du Can.) ?paiement joint\t?veuillez me facturer Nom, prénom:.Adresse: .Tél.: Bulletin à retourner à: Corporation des Bibliothécaires Professionnels du Québec 307, Ste-Catherine ouest, Suite 320 Montréal, Qc H2X 2A3 136 ARGUS DÉCEMBRE 1987 VOLUME 16 NUMÉRO 4 Contraste insuffisant PROTOCOLE DE RÉDACTION (JUIN 1986) Argus vise à assurer l\u2019information et le développement professionnel des membres de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Les articles publiés traitent de la formation, du rôle et du statut du bibliothécaire dans la société, du professionnalisme, des nouvelles orientations et de la recherche en bibliothéconomie et en sciences de l\u2019information, ainsi que de l'apport des autres disciplines.Le comité de rédaction accepte des articles originaux soit en français, soit en anglais À l\u2019occasion, il publie des textes de conférences prononcées dans le cadre des activités de la Corporation Tous les articles sont examinés par un comité de lecture Les publications peuvent prendre plusieurs formes \u2014\tarticles de fond (de 15 à 25 pages dactylographiées) \u2014\ttextes plus courts rendant compte d\u2019un événement récent ou consistant en une expression d'opinion \u2014\tarticles décrivant une expérience ou une réalisation \u2014\tchroniques sur les revues professionnelles, la recherche, les nouvelles technologies, etc \u2014\tlettres à l'éditeur paraissant sous le titre «Argus commentaires» et commentant une question d'actualité ou un article récemment paru dans la revue \u2014\tréflexion autour d'un ou de plusieurs ouvrages sur la profession ou la recherche \u2014\tentrevues Les articles doivent être soumis en cinq (5) exemplaires, dactylographiés à interligne double sur papier 21 x 28 cm et accompagnés d\u2019un résumé informatif.Ils doivent être envoyés à l\u2019adresse de la revue.Sur la première page doivent figurer le nom, le statut professionnel et le lieu de travail de l'auteur ainsi que le titre et le résumé du texte Les graphiques et tableaux doivent être fournis sur des pages séparées.Les références à un document cité ou paraphrasé se font en incluant entre parenthèses, le nom de l\u2019auteur, l\u2019année de publication et la ou les pages citées, par exemple (Courrier, 1976, p 179); pour un document du même auteur publié la même année, on assigne une lettre à chaque item, par exemple (Lancaster, 1977a, p 48).Il appartient aux auteurs de fournir les références bibliographiques complète» et présentées de la façon suivante EDITORIAL POLICY (JUNE 1986) Argus aims to inform the members of the Corporation of Professional Librarians of Québec and to further their professional development.The articles treat the education, role, and status of the librarian in society; professionalism; new directions and research in library and information studies; as well as contributions from other fields All of the papers are refereed The editorial board accepts original articles in French or English Occasionally it publishes papers presented at Corporation activities Publications may take several forms: \u2014\tin-depth articles (15 to 25 typed pages) \u2014\tshorter articles reporting a recent event or consisting of an expression of opinion \u2014\tarticles describing an experience or an accomplishment \u2014\tcolumns on professional journals, research, new technologies, etc \u2014\tletters to the editor appearing under the title \"Argus commentaires\" discussing a current issue or a recent article appearing in the journal \u2014\treview essays of professional or research literature \u2014\tinterviews Articles should be submitted in quintuplicate, typed double-spaced on sheets 21 by 28 cm.An informative abstract should be provided.Articles should be sent to: Argus, Secretariat of the CPLQ, 307 Ste-Catherine Street West, Suite 320, Montréal, Québec, H2X 2A3 The author\u2019s name, professional status, and place of work, as well as the title and abstract of the article, should appear on the first page.Illustrations should be included on separate sheets References to documents cited or paraphrased should include in parentheses the name of the author, year of publication, and the pages cited, e g.(Courrier, 1976, pp 179) \u2014 assign a letter to each duplicate date under the same author, e g (Lancaster, 1977a, p 48).At the end of the article, the author must provide complete bibliographic references according to the following examples.Monographie\tMonograph Lancaster, F.W.1977a.The Measurement and evaluation of library services Washington, D C.Information Resources Press, 1977.Lancaster, F.W 1977b.Toward paperless information systems New York Academic Press, 1977 McDonald.A.R 1983.Managers view information New York: Special Libraries Association, 1983 Extrait d'une monographie Portion of a monograph Potter, W M 1970 \"History, the behavioral studies and the science of man\".In: Bundy, M L & Wasserman, P .eds.Reader in research methods for librarianship.Washington, D C.Microcard Editions.1970.pp 34-65 Article de périodique Periodical article Courrier Y.1976 \"Analyse et langage documentaires.\" Documentaliste.Vol.13, no 5-6 (sept-déc 1976), pp.178-186.Les correcteurs se réservent le droit de renvoyer aux auteurs les textes dont les références ne correspondent pas à ces exigences Ils peuvent effectuer des corrections de forme Les auteurs sont priés de conserver un double de leur article Aucun manuscrit ne leur sera remis Chaque auteur recevra trois exemplaires du numéro auquel il aura contribué The editors reserve the right to return articles if references do not conform to these standards.Minor corrections may be made to an article without the author's prior knowledge.Authors should keep copies of articles submitted Manuscripts will not be returned.Authors receive three copies of the issue in which their articles appear Contraste insuffisant Un seul appareil Le lecteur-reproducteur PC-Printer 80 s'adapte à toutes les microformes.Capacité universelle pour tous formats: microfiche et microfilm, 16mm et 35mm, avec objectifs de 10X à 50X.Système CAR (recherche assistée par ordinateur).Contrôle de la surface à copier, horizontalement et verticalement: Sélection de l'information et élimination des bordures noires Economique à rachat, à l'entretien et à l'utilisation sur papier ordinaire.- V 'IMÊÊÊÊÊæË j\tDistribué chez (3 D(3COir Montréal: (514) 288-1905 Québec (418) 683-5995 PC-Printer80 L\u2019universel Micro Systèmes Ltee Canon Distribué chez "]
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