Argus, 1 janvier 1993, Hiver
[" THEORIE ET APPLICATIONS : Bibliothèques scolaires aux États-Unis et en Angleterre Ï-T vnoiMonnn /XnUUb Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec LA REVUE DES BIBLIOTHECAIRES PROFESSIONNELS Corporation of Professional Librarians of Quebec CESTION-ACTION : tiestion financière des bibliothèques à l'heure de l'internationalisation TECHNO-EXPRESS : Internet et autres réseaux : vers la connexion mondiale ? AJUSTEZ VOTRE ÉCRAN LE FORMAT MARC EST ARRIVÉ Source de données bibliographiques \u2022DOBIS\t\u2022BIBLIOFILE \u2022 SDM\t\u2022 UTLAS BIB/IO RIY Itée 1905, boul.Dagenais Ouest, Laval, Québec H7L 5A3 (514) 625-0700 SOMMAIRE Comité de rédaction Patrick Delobel, président Barbara Maass, secrétaire Nelly Beylouni-Zamat Yvon Joubert Albert Tabah Collaboration France Bouthillier Conseil éditorial Pierre Meunier Correction Louis Morin Traduction Robert F.Clarke Rachèle Salvador Conception graphique originale Luc Mauroy Photographie Didier Delobel Infographie EditiomTypographie^Conseils (ETC) Impression Les Impressions au point Publicité Régine Horinstein (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Tirage 1200 exemplaires ARGUS est une revue publiée trois fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au 307, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 320, Montréal (Québec) H2X 2A3.Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 L\u2019abonnement annuel est de 27 $ (10 $ le numéro) au Québec, 33 $ (12 $ le numéro) au Canada, 33 $ US (12 $ US le numéro) à l\u2019extérieur du Canada et 17 $ pour les étudiants.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans Pascal Thema, T205 : Sciences de Vinformation-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (LISA), Library Literature et Point de repère.Éditorial Photo : Didier Delobel Mondialisation : bibliothécaires, sommes-nous prêts ?/ Patrick Delobel Boîte aux lettres Dossier La bibliothéconomie comparée et internationale : une composante essentielle de la discipline et de la profession / Marcel Lajeunesse Théorie et applications Bibliothèques scolaires en action: quelques réalisations pré partie : Angleterre et États-Unis/Paulette Bernhard 20 Le rôle du professionnel de la documentation dans un pays en voie de développement : l\u2019exemple de la République du Cap-Vert / Daniel Ducharme Techno-Express 25 The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and Europe / Marcos Silva Gestion-Action _______________________________________ 33 La gestion financière des bibliothèques à l\u2019heure de l\u2019internationalisation / France Bouthillier Biblio-Culture ________________________________ 38 Bibliothéconomie internationale et comparée : choix de monographies / My Loan Duong ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 1 Didier Delobel Mondialisation: bibliothécaires, sommes-nous prêts ?Patrick Delobel, bibl.prof.Président du Comité de rédaction Mondialisation, internationalisation, globalisation des marchés, libre-échange, village global.sont devenus des expressions ou des termes courants dans notre vocabulaire quotidien.Décidément, notre planète n\u2019a jamais semblé aussi petite.Si vous ne le saviez pas déjà, nous sommes directement, et je dirais hautement, concernés parla vague qui déferle présentement sur la Terre entière.La prochaine Révolution - mondiale, celle-là - sera en effet celle de l'information.Si on se fie aux chantres de l\u2019internationalisation, eh bien, celle-ci est déjà en marche même si nous n\u2019en prenons pas toujours conscience, concentrés que nous sommes dans nos petits milieux locaux respectifs.Sans toujours voir les autres arbres de la forêt.Et même si les bibliothèques et les centres de documentation ne sont qu\u2019une partie infime de la masse constituée par les industries de l\u2019information (ne nous racontons pas d\u2019histoires), nous devons toutes et tous, en tant que bibliothécaires donc professionnels de l\u2019information, avoir l\u2019œil braqué sur ce qui se passe ailleurs parce qu\u2019aujourd\u2019hui, qu\u2019on le veuille ou non, et de plus en plus, ce qui se passe ailleurs peut avoir un impact direct sur notre travail, ici même.Et inversement.A l\u2019heure des réseaux, des échanges d\u2019informations, il nous faut adopter des méthodes, des procédures communes avec les institutions qui nous entourent, y compris celles des autres pays.Plus que jamais, on doit tendre vers la normalisation, l\u2019harmonisation nationale puis internationale.Pour cela, bien entendu, il faut savoir ce qui se réalise chez nos voisins, il faut se livrer à des études comparatives.Sommes-nous prêts à faire face à ces défis de coopération et de « réseautage » ?Pour y arriver, nos institutions documentaires doivent, comme bon nombre d\u2019organismes, devenir de « classe mondiale ».Qu\u2019est-ce à dire ?Que la technologie doit y être ce qu\u2019il y a de plus moderne, que la formation du personnel doit y être très poussée et qu\u2019enfin, les services et produits offerts doivent y être de qualité supérieure.Est-ce que c \u2019 est ce qui se dessine actuellement dans nos milieux ?Que faisons-nous pour y parvenir ?D\u2019autre part, la technologie - encore elle ! \u2014 est un facteur majeur qui rend possible les échanges transfrontaliers d\u2019information, la mise en place de réseaux de communication internationaux, l\u2019établissement d\u2019autoroutes électroniques, où les notions de frontière, d\u2019Etat même, sont reléguées au second plan.Sommes-nous véritablement en train d\u2019assister, via Internet et les autres réseaux de télécommunication, à une gigantesque connexion mondiale, qui reliera virtuellement toutes les parties du monde ?Et surtout, sommes-nous, en tant que bibliothécaires, réellement ou suffisamment impliqués dans les décisions importantes qui se prennent actuellement dans la planification de ces super réseaux d\u2019information ?Ce numéro thématique d\u2019Argus, bien incomplet forcément, lève donc un coin de voile, en montrant ce qui se fait « là-bas » ainsi que quelques impacts de la mondialisation sur notre profession.La revue s\u2019ouvre sur un Dossier qui présente et situe la problématique, en démêlant notamment les notions de « bibliothéconomie internationale » et de « bibliothéconomie comparée ».Suivent deux études de cas (Théorie et applications), l\u2019une se penchant sur des projets novateurs menés dans certaines bibliothèques scolaires en Angleterre et aux États-Unis, l\u2019autre racontant les difficultés vécues par un bibliothécaire au Cap-Vert qui veut y établir et organiser un service documentaire de qualité.Malgré certaines améliorations, force est de constater qu\u2019à l\u2019heure de l\u2019autoroute électronique, les inégalités Nord-Sud en matière d\u2019information restent criantes.La chronique Techno-Express retrace l\u2019évolution historique d\u2019Internet et des réseaux nationaux aux États-Unis, au Japon, en Europe, au Canada et au Québec.L\u2019auteur fait le point sur les défis auxquels sont présentement confrontés ces pays ainsi que le rôle pouvant être joué par les bibliothécaires.La mondialisation entraîne bien évidemment des incidences financières sur nos institutions.C\u2019est ce dont nous entretient la chronique Gestion-Action.Finalement, Biblio-Culture présente une liste annotée de monographies récemment publiées sur la bibliothéconomie internationale et comparée.Drabe, stagnante, sclérosée la bibliothéconomie ?Allez raconter ça à d\u2019autres.Oui, ailleurs comme ici, nous sommes en plein cœur de bouleversements majeurs qui vont modifier nos façons de faire, nos habitudes.Nous n\u2019échapperons pas, comme bien d\u2019autres secteurs de la société, à la vague mondiale.Prenons donc conscience collectivement des défis majeurs qui nous attendent et retroussons-nous les manches.Ensemble.Bonne lecture ! Mondialisation: bibliothécaires, sommes-nous prêts ?Patrick Delobel, bibl.prof.Président du Comité de rédaction 2 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 LOGICIELS AD HOC documents administratifs procès-verbaux centre de documentation CONSEILLERS EN INFORMATIQUE DOCUMENTAIRE ET DE GESTION (514) 385-5510 analyse de besoins formation programmation CI D G SUR MESURE DOCUMENSA Ingénierie documentaire Document Engineering 801, rue Sherbrooke Est, bureau 615 Montréal (Québec) Canada H2L1K7 Téléphone : (514) 524-7722 Télécopieur : (514) 524-5441 La Bibliothèque québécoise La plus grande source d'informations sur la société québécoise .sur CD-ROM! Accès direct à plus de 460 000 références bibliographiques: grande diversité de publications sur une période de plus de 10 ans et couvrant tous les sujets d'importance tels actualité, santé, affaires, communications, environnement, publications gouvernementales.Outil de travail bibliographique: les documents repérés peuvent être imprimés selon une variété de formats ou transférés dans d'autres bases privées.Repérage aisé, rapide et précis: l'interrogation s'effectue avec une version allégée de notre logiciel EdiBase avec menus déroulant à l'écran, questions en langage naturel ou avec opérateurs de recherche, index de recherche multiples, tri par ordre de pertinence, etc.Bases: Index de l'actualité, Index des affaires, Index de la santé et des services sociaux; bibliographies sur les communications au Québec, sur l'environnement et l'aménagement du territoire québécois; publications gouvernementales québécoises. Boîte aux lettres Une fédération d\u2019associations en bibliothéconomie ?Pour faire suite à P invitation de votre comité à faire des commentaires sur l\u2019article écrit par Monsieur Gérard Mercure dans le dernier numéro d\u2019Argus (volume 22, n° 2, automne 1993), j\u2019aimerais vous communiquer mon opinion sur la question « Y a-t-il trop d\u2019associations en bibliothéconomie au Québec ?».Je réponds, peut-être trop facilement : oui, il y a trop d\u2019associations ! Par exemple, je vois une façon de faire des économies d\u2019efforts dans la gestion de P A.S.T.E.D.et de la C.B.P.Q., sans compromettre leurs mandats distincts.Il s\u2019agirait de réunir les secrétariats des deux associations.Un partage des locaux, du personnel de soutien et de l\u2019infrastructure pourrait contribuer à une synergie dynamique tout en exerçant cependant un contrôle des coûts pour les membres qui appartiennent souvent aux deux associations en même temps (c\u2019est mon cas).Une réussite de ce genre entre ces deux associations serait propice à la venue d\u2019une autre association dans notre domaine qui pourrait s\u2019ajouter à cette fédération ou plutôt confédération d\u2019associations.Pourquoi pas un carrefour des associations en documentation-technologies de l\u2019information?J\u2019espère que mon avis pourra contribuer à solutionner la question soulevée par Monsieur Mercure.John O\u2019Shaughnessy Coordonnateur Informathèque Banque Royale du Canada Évaluation : est-ce bien suffisant ?Votre article sur l\u2019évaluation du rendement du personnel (volume 22, n° 2), bien lu, sera salutaire à la réflexion.Il y a quelques années, je lisais dans une publication européenne que la gestion avait concentré ses efforts sur les projets, en négligeant les personnes.Cela ressemble à P attitude de médecins pour qui seules les maladies aiguës seraient dignes d\u2019intérêt.Ce manque d\u2019attention aux questions moins rentables politiquement a provoqué une montagne de problèmes, dont les effets sont de tuer la motivation, d\u2019engendrer des conflits, de créer des partisaneries.Alors, comment parler d\u2019évaluation après une si longue négligence ?Les faux plis sont indélébiles et les blessures, mal cicatrisées.Un vent frais et du sang neuf feraient mieux l\u2019affaire.Louise Mardi Conseillère à la recherche Faculté de médecine Université Laval N.D.L.R.Vous aussi, vous avez envie de réagir après la lecture d Un article de la revue ?La rubrique « Boîte aux lettres » est faite pour vous.Toute personne désireuse d'apporter son point de vue ou ses réflexions, ou qui aurait des suggestions ou des commentaires sur un aspect ou un autre (/Argus peut envoyer une courte lettre, par courrier ou par télécopie, en français ou en anglais, à l\u2019attention du Comité de rédaction, au secrétariat de la C.B.P.Q.: 307 rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 320, Montréal, Québec, H2X 2A3.N° télécopieur : (514) 845-1618.Veuillez noter que le Comité de rédaction se réserve le droit d\u2019abréger les lettres reçues et ne peut s\u2019engager à publier tout le courrier qu \u2019il recevra.PIERRE LAROCHELLE BRO DART 615, 4e Rue, Shawinigan (Québec) G9N 1G9 SPÉCIALISTE DE RELIURE DE LIVRES DE BIBLIOTHÈQUE ET SCOLAIRES FOURNITURE ET ÉQUIPEMENT DE BIBLIOTHÈQUE Tél.: (819) 537-1617 / 1-800-567-9373 / Fax: (819) 537-3846 4 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 La bibliothéconomie comparée et internationale : une composante essentielle de la discipline et de la profession Marcel Lajeunesse Directeur et professeur titulaire École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information Université de Montréal Dossier La discipline et la profession bibliothéconomiques, comme tout le secteur des sciences de l\u2019information, doivent être étudiées et exercées aujourd\u2019hui dans un cadre international.Si la bibliothéconomie comparée est un domaine d\u2019étude et de recherche qui emploie la méthode comparative, la bibliothéconomie internationale, plus large, se penche sur les pratiques étrangères, la coopération internationale et les grands programmes impliquant les organismes et les associations internationales.Comparative and international librarians hip: an essential component of the discipline and of the profession Both the discipline and the profession of librarians hip, in common with all the information sciences, must today be studied and practised within an international framework.Comparative librarianship is afield of study and research which utilizes the comparative method, whereas international librarianship, wider in scope, studies foreign practice, international cooperation and the major programs involving inter- national organizations and associations.En octobre 1991,1arevue Canadian Library Journal posait, dans un éditorial, la question suivante : « Y a-t-il une bibliothéconomie canadienne ?» (Birdsall, 1991).On aurait pu, tout aussi bien, poser la question des apports et des influences de la bibliothéconomie américaine sur la bibliothéconomie canadienne, des similarités et des différences de la bibliothéconomie du Canada anglophone et de la bibliothéconomie québécoise.Ce sont là des questions pertinentes pour un domaine d\u2019activités qui est exercé dans une société donnée et pour lequel les facteurs politiques, culturels, économiques et sociaux sont importants.D\u2019entrée de jeu, nous affirmons que les aspects comparés et internationaux de l'information touchent aujourd\u2019hui tous les professionnels dans l\u2019exercice de leur profession, qu\u2019ils soient dans un grand service d\u2019information, une bibliothèque nationale, universitaire ou de recherche, dans une petite bibliothèque ou dans un petit centre de documentation.Cette préoccupation internationale n\u2019est plus l\u2019apanage de quelques personnes, décideurs, responsables des relations avec l\u2019étranger ou amateurs d\u2019exotisme.Avant toute décision relativement à un choix de méthodes, de procédés et même d\u2019équipement, le bibliothécaire contemporain, même d\u2019une petite bibliothèque, doit s\u2019interroger sur la compatibilité, l\u2019intégration possible à un réseau.Bref, il est rejoint par l\u2019impératif de la normalisation, préalable essentiel de toute coopération nationale et internationale.Depuis quelques décennies, l\u2019internationalisme est un paradigme de l\u2019exercice des professions documentaires.Développement de 1 \u2019 internationalisme dans le monde de l\u2019information La bibliothéconomie et l\u2019archivistique sont de très vieilles professions qui remontent aux débuts de la civilisation de l\u2019écrit.Dans les bibliothèques de l\u2019Antiquité, les valeurs internationales étaient grandement valorisées.Les bibliothèques d\u2019Alexandrie et de Pergame avaient des ambitions qui dépassaient les limites de leur État hellénistique et elles rassemblaient avec effort les écrits du monde connu de l\u2019époque.Alexandrie et Pergame ne faisaient que poursuivre l\u2019initiative d\u2019Assourbanipal qui avait, dans son royaume entre le Tigre et l\u2019Euphrate, rassemblé dans sa bibliothèque de Ninive les écrits de Mésopotamie et de l\u2019extérieur.Quelques siècles plus tard, le réseau des bibliothèques publiques de la Rome impériale développait d'importantes collections bilingues latin-grec provenant de tout l\u2019Empire.La Renaissance renouait avec la conception universaliste et encyclopédique de la bibliothèque de l\u2019Antiquité.La révolution de l\u2019imprimé, dans la seconde moitié du XVe siècle, a permis l\u2019émergence de grandes bibliothèques.La quantité devenait un facteur avec lequel les bibliothèques devaient dorénavant compter.Dans le premier traité moderne de bibliothéconomie, Advis pour dresser une bibliothèque, publié en 1627, Gabriel Naudé donnait aux bibliothèques la mission de ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 5 Dossier La bibliothéconomie comparée et internationale : une composante essentielle de la discipline et de la profession rassembler, d\u2019organiser et de conserver le patrimoine bibliographique de l\u2019humanité.De même, le philosophe allemand Leibniz dont on oublie qu\u2019il fut, au tournant des années 1700, en plein siècle des Lumières, en tant que bibliothécaire à la Cour de Hanovre, un promoteur de conceptions audacieuses et modernes en ce qui concerne l\u2019organisation des connaissances, le développement des encyclopédies et de la coopération inter-bibliothèques.A partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, on assiste à l\u2019essor d\u2019une nouvelle étape avec l\u2019émergence de grandes bibliothèques nationales « à vocation internationale » comme la Nationale de Paris avec Delisle, le British Museum de Londres avec Panizzi et la Library of Congress de Washington avec Putman.Il en était de même avec les grandes bibliothèques universitaires allemandes et américaines, comme corollaires de la multiplication des programmes de recherche et de doctorat.La contribution des Belges Otlet et La Fontaine au monde de la documentation introduit la période contemporaine de l\u2019internationalisme en sciences de l\u2019information : ils fondent, en 1895, la première organisation internationale, la Fédération internationale de documentation (FID), et ils développent cet objectif ambitieux de bibliographie universelle (Keresztesi, 1981).La paix de 1918 proclamait « Plus j amais la guerre»après les affres de la Grande Guerre.La coopération entre bibliothèques et bibliothécaires fut un des moyens d\u2019expression de l\u2019Institut international de coopération intellectuelle, organisme de la Société des Nations.La circulation de l\u2019information par F organisation de la coopération entre bibliothèques servirait la coopération entre nations, donc l\u2019organisation d\u2019un monde pacifique.La naissance de l\u2019International Federation of Library Associations (IFLA), en 1927, concourait à la réalisation de cet objectif.lusqu\u2019aux années 1950, l\u2019IFLA a rassemblé, à ses congrès annuels, les dirigeants des grandes bibliothèques nationales et universitaires ; avec la décennie 1950, nous avons connu F élargissement et la démocratisation de cette association internationale.L\u2019Unesco, institution spécialisée des Nations-Unies, a repris, après la Deuxième Guerre mondiale, les grands idéaux de coopération internationale en ce qui concerne l\u2019éducation, la culture et la science.Elle a suscité la création, en 1947, après la FID et l\u2019IFLA, d\u2019une troisième association internationale, le Conseil international des Archives (CIA).Il faut dire que l\u2019archivistique a sans doute des assises nationales plus fortes que la bibliothéconomie, les archives étant liées par essence aux structures de gouvernement et de gestion des Etats nationaux.Le Conseil international des archives a suscité l\u2019émergence de liens (tables rondes annuelles, congrès quadriennaux, revue Archivum, etc.) qui se sont considérablement resserrés ces dernières décennies ; ils se développent aussi par le biais des travaux sur les règles de description, sur la constitution de réseaux d\u2019archives, du programme RAMP (Records and Archives Management Program) qui, par les 74 études publiées depuis 1979, a raffermi et élargi le corpus de connaissances en archivistique.Il y a tout un chapitre à écrire sur la contribution capitale de l\u2019Unesco au milieu du livre, de l\u2019alphabétisation, au domaine des bibliothèques, de l\u2019information scientifique et technique, des archives.De 1947 à 1976, la Division de la documentation des bibliothèques et des archives (DBA), la Division de l\u2019information scientifique et technique et, depuis 1976, le Programme général d'information (PGI) ont consolidé fortement le domaine comparé et international de l\u2019information.La longue existence du Bulletin de l Unesco à l\u2019intention des bibliothèques (1947-1978) et de la Revue de l Unesco pour la science de l information, la bibliothéconomie et l\u2019archivistique (1979-1983) a fortement contribué à l\u2019émergence des études comparées et internationales en bibliothéconomie, en sciences de l\u2019information et en archivistique.La création du logiciel CDS/ISIS, de même que la promotion du Programme intergouvememental pour lacoopération dans le domaine de l\u2019information scientifique et technologique (UNISIST) doivent être mises au crédit de l\u2019Unesco.L\u2019appui constant qu\u2019elle a accordé aux associations internationales dans la discipline, l\u2019IFLA, la FID et la CIA a été un autre facteur de la mise en place de programme de recherches et de coopération internationale (Parker, 1974).Il y a beaucoup de confusion en ce qui touche les termes de bibliothéconomie comparée et internationale qui sont, la plupart du temps, joints l\u2019un à l\u2019autre indistinctement.Une clarification s\u2019impose sur ces termes qui sont différents, mais complémentaires.Plusieurs spécialistes ont contribué à en préciser les concepts (Danton, 1973 ; Simsova, 1974; Krzys, 1974 et Harvey, 1977).La notion de bibliothéconomie comparée On admet de plus en plus que l\u2019étude comparative fournit une perspective nécessaire à l\u2019étude des problèmes d\u2019une discipline ou d\u2019une profession.La bibliothéconomie a intégré les études comparatives dans ses programmes d\u2019études, à 1 \u2019 instar d\u2019autres disciplines comme le droit, l\u2019éducation, la linguistique, la sociologie et les sciences politiques.C \u2019 est avec P éducation comparée que la bibliothéconomie comparée peut sans doute établir les plus grandes similarités.En effet, le domaine le plus apparenté à la bibliothéconomie est l\u2019éducation.Comme la bibliothéconomie, l\u2019éducation se préoccupe d\u2019institutions au sens physique du terme.Elle s\u2019intéresse aux juridictions politiques ou institutionnelles qui les soutiennent, aux domaines d\u2019ordre administratif, tels les finances et le personnel, à l\u2019information, aux livres et à la lecture, et surtout au service à la société (vocation professionnelle et sociale).Les bibliothèques, les services d\u2019information et d\u2019archives ont, à travers le monde, une base culturelle évidente ; ils dépendent de la société dans laquelle ils existent, à tel point qu\u2019il est impossible de les étudier isolés de leur environnement.Si l\u2019on s\u2019entend pour voir la comparaison des données en vue de conclusions, de généralisations, comme l\u2019essentiel de la 6 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Dossier La bibliothéconomie comparée et internationale : une composante essentielle de la discipline et de la profession méthode comparative, on conçoit aussi la bibliothéconomie comparée comme une matière d\u2019étude et de recherche complémentaire de l\u2019histoire des bibliothèques : « Comparative librarianship is related to and coordonnated with the discipline as a whole in much the some way as its closely related sister, library history.What library history strives to discern in studying and explaining the vertical, or past, development of libraries, comparative librarianship generally attempts to achieve through a horizontal examination, that is, a view of the patterns and differentiations of present time structure.In some sense, at least, comparative librarianship is a prolongation into the present of library history » (Danton, 1973, p.116).En d\u2019autres mots, si l\u2019histoire des bibliothèques donne une vue diachronique de la bibliothéconomie, la bibliothéconomie comparée, quant à elle, offre une observation synchronique.La bibliothéconomie comparée est un domaine qui analyse les bibliothèques, les systèmes de bibliothèques, des aspects ou des problèmes de la bibliothéconomie dans au moins deux environnements nationaux, culturels ou sociétaux, dans le but d\u2019en comprendre, par l\u2019analyse, les similarités et les différences, en vue d\u2019en arriver ultimement à des généralisations et à des principes.De plus, si la bibliothéconomie comparée est une matière d\u2019étude et de recherche, elle est, par la méthode comparative qu\u2019elle emploie, une méthode, une façon d\u2019observer.La bibliothéconomie comparée collige des données (description), les interprète à la lumière de nombreux facteurs des sciences sociales, les juxtapose (similarités et différences) pour en arriver à une comparaison qui doit montrer des relations entre facteurs.Les éléments essentiels de la bibliothéconomie comparée sont naturellement la comparaison, ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 HHHBH ¦ iffjss la prise en compte de l\u2019élément international (cross-national) ou inter-culturel (cross-cultural) et l\u2019explication des similarités et des différences observées (Collings, 1972 ; Mackee, 1983; Wang, 1985).Les études de bibliothéconomie comparée contribuent, d'une manière importante, à l\u2019avancement de la discipline et servent de guides dans l\u2019action (Foskett, 1976; Hassenforder, 1968).La bibliothéconomie est une discipline professionnelle appliquée et n\u2019est pas une science de laboratoire.Il y a beaucoup à apprendre par une comparaison rigoureuse des essais, des expériences, des contributions des autres.Nous pouvons comparer notamment des codes de catalogage, des systèmes de classification, des méthodes de gestion des collections, des modèles de services de communication de l\u2019information, des modèles de coopération entre bibliothèques, des structures de gestion des bibliothèques publiques régionales.De nombreux exemples d\u2019études comparées dans notre discipline peuvent toucher des études régionales, des études internationales ou des études de cas.Periam Danton (1973) a produit une étude classique sur la comparaison entre les politiques de développement des collections dans les bibliothèques universitaires américaines et allemandes ; Martine Prévôt ( 1990) a comparé la formation des professionnels de P information dans les pays de la Communauté européenne, tandis qu\u2019une autre étude mettait en relief la formation des professionnels de l\u2019information dans l\u2019aire francophone (Lajeunesse, 1979).Harry Campbell ( 1967) a rédigé une étude comparant la planification des bibliothèques publiques des grandes agglomérations urbaines à travers le monde.La législation est un domaine qui se prête très bien à une analyse comparative : par exemple, Frank Gardner ( 1972) a publié une très importante étude comparative de la législation en matière de bibliothèque publique qui mériterait une révision en profondeur ; une étude sur la législation des pays africains d\u2019expression française présente, par l\u2019analyse de cet aspect, un portrait du développement de ces pays en matière de bibliothèques et d\u2019information (Lajeunesse et Sène, 1984), de même qu\u2019une étude comparative sur la législation archi vistique à travers le monde trace le tableau de l\u2019état d\u2019avancement des politiques nationales d\u2019archives (Couture et Lajeunesse, 1993).On peut comparer des réseaux de bibliothèques, des bibliothèques nationales (mission, dépôt légal, bibliographie nationale, etc.), l\u2019organisation professionnelle dans deux ou plusieurs pays, ou encore la structure organisationnelle de nombreux genres de bibliothèques, etc.La bibliothéconomie possède un large corpus de connaissances descriptives, l\u2019enquête étant la méthode de recherche par excellence de notre discipline.Il importe que l'étude comparée dépasse la simple description pour en arriver à la comparaison et à l\u2019interprétation.Au Canada, il est tout à fait possible, en respectant les exigences inter-culturelles, de produire une étude comparée de bibliothèques à l\u2019intérieur du pays même, entre le Québec et l\u2019Ontario par exemple.Nous avons mentionné que la bibliothéconomie comparée se prêtait particulièrement bien à des études qui peuvent élargir la compréhension d\u2019un problème, raffermir la connaissance d\u2019un domaine.Le spécialiste britannique Foskett avance que la connaissance comparée des systèmes a fait progresser les domaines de l\u2019indexation, de l\u2019informatisation et a apporté des changements considérables dans le traitement de l\u2019information (Foskett, 1976).La bibliothéconomie comparée est un domaine exigeant qui requiert de fortes connaissances interdisciplinaires.Elle est plus qu\u2019un exercice académique ; elle est une matière créatrice, qui peut apporter des solutions, qui peut suggérer et développer de nouveaux modèles, et aussi de nouveaux champs de recherche et de développement.Elle est particulièrement importante dans un programme d\u2019études supérieures si l\u2019on veut joindre à la fois la recherche et la connaissance des expériences extérieures et dépasser son propre système culturel de valeurs.Si l\u2019approche comparative est naturelle aux sciences sociales, elle est propre aux études supérieures qui doivent être à la fois critiques et comparées.Le concept de bibliothéconomie internationale Le concept de bibliothéconomie internationale est très large.Il englobe, en réalité, tout ce qui n\u2019est pas national, ou alors, il concerne les actions de coopération internationale.C\u2019est le domaine de la ViHKViKv ¦ Dossier La bibliothéconomie comparée et internationale : une composante essentielle de la discipline et de la profession bibliothéconomie qui s\u2019intéresse aux services bibliothéconomiques des pays étrangers, aux activités des organismes internationaux, de même qu\u2019aux actions de coopération internationale (Parker, 1974).Depuis le tournant des années 50, nous constatons une très forte internationalisation des problèmes du monde des sciences de l\u2019information, et la conjonction des actions de l\u2019Unesco, de l\u2019IFLA, de la FID et du CIA a accéléré cette internationalisation.Il va sans dire que le développement de la technologie a permis d\u2019enseigner ou d\u2019apporter des solutions d\u2019envergure régionale et mondiale.En premier lieu, la normalisation s\u2019imposa comme préalable à la constitution de larges réseaux de circulation de l\u2019information.Les Conférences de Paris (1961) et de Copenhague (1969) ont été des étapes capitales dans les travaux de normalisation de la description bibliographique.Il était normal que la priorité soit mise sur les règles de description catalographique.En effet, en raison de l\u2019émergence des systèmes automatisés, il était nécessaire de compléter les règles d\u2019entrée par une description normalisée de la notice bibliographique.L\u2019élaboration et la diffusion de l\u2019ISBD (International Standard Bibliographie Description) rendaient possible une normalisation de la description bibliographique au plan international.Des règles ISBD ont été développées pour les différents types de documents.Ce fut un chantier immense que celui-là.Si la normalisation de la description est maintenant chose réglée chez les bibliothécaires, il n \u2019 en est pas de même chez les archivistes où les Règles de description des documents d\u2019archives (RDDA) sont un grand sujet de travail et de discussion.Comme les bibliothécaires, les archivistes se rendent compte que les échanges d\u2019information à une large échelle ne peuvent être les corollaires que de méthodes de travail normalisées.Le Contrôle bibliographique universel (CBU), issu du rêve d\u2019Otlet et de La Fontaine, a été lancé pari\u2019IFL A en 1973 ; il repose sur un principe qui a été défini en 1969 dans une résolution de la réunion internationale des experts du catalogage, à savoir l\u2019échange d\u2019information, la normalisation de la description catalographique et le rôle dévolu à l\u2019agence bibliographique nationale en matière de contrôle bibliographique.Le CBU est un vaste programme à long terme en tant que système mondial d\u2019échanges de données bibliographiques.D\u2019aucuns ont qualifié ce projet d'utopique : si le contrôle bibliographique au plan national n\u2019est pas facile, vouloir établir un contrôle bibliographique universel relève quasiment du rêve.Le succès de l\u2019opération dépend avant tout des réalisations au plan national : de l\u2019existence et de l\u2019application du dépôt légal, de l\u2019existence d\u2019une agence bibliographique nationale (la plupart du temps la bibliothèque nationale) et de la publication d\u2019une bibliographie nationale «normalisée».Les applications varient entre pays du Nord et pays du Sud.D\u2019ailleurs, l\u2019Unescopublie des états quinquennaux de la situation du contrôle bibliographique dans le monde ; dans ces états périodiques, Les services bibliographiques dans le monde, Marcelle Beaudiquez tient la communauté internationale informée de l\u2019état d\u2019avancement au plan des différents pays.Le monde bibliothéconomique peut se permettre d\u2019être optimiste :1e programme est bien implanté, surtout dans les pays grands producteurs d\u2019information.Le Contrôle bibliographique universel a donné naissance à un autre grand programme, la DUP (Disponibilité universelle des publications).Enregistrer toutes les publications du monde est indispensable, mais cela n\u2019est pas suffisant.Il faut rendre ces publications accessibles à quiconque veut se les procurer ou les consulter, en n\u2019importe quel point du globe.L\u2019expression « disponibilité universelle des publications » implique à la fois l\u2019accès à toutes les publications du monde et l\u2019accès de tout le monde aux publications : la première condition exige F établissement de vastes collections, la seconde, un système de prêt universel.La DUP complète le CBU et le prolonge.La DUP a été mise en route par l\u2019IFLA en 1978.Il faut être conscient que ce programme ne sera pas réalisé en un court laps de temps : il est en quelque sorte un idéal pour la communauté bibliothéconomique et un service que celle-ci rendra à 1 \u2019 humanité.Les obstacles sont quand même nombreux : ils peuvent être d\u2019ordre économique, du niveau de l\u2019alphabétisation, de la censure, des communications, de la technologie, etc.Ces deux programmes, inter-reliés, font partie du rêve possible de l\u2019humanité de connaître et d\u2019avoir accès à son patrimoine bibliographique.Sans contrôle bibliographique universel, on ne voit pas comment réaliser l\u2019accès universel aux publications ; de même, sans l\u2019accès aux publications, on ne voit pas l\u2019utilité du contrôle bibliographique universel (Rovelstad, 1978).Au cours de la décennie 70, F Unesco, l\u2019IFLA, la FID et le CIA ont beaucoup réfléchi et écrit sur la planification des services d\u2019information, sur l\u2019établissement d\u2019un système national d\u2019information, étant bien entendu que l\u2019information est une richesse naturelle qui a besoin d\u2019être harnachée, organisée et intégrée parmi les autres ressources nationales dans l\u2019élaboration d\u2019un plan national (Penna, 1971).L\u2019Unesco a convoqué, en 1974, une Conférence intergouvemementale sur la planification des infrastructures nationales en matière de documentation, de bibliothèques et d\u2019archives.Le NATIS était né.L\u2019intervention gouvernementale dans le domaine de la planification nationale des services de bibliothèques et d\u2019information est fondée essentiellement sur la reconnaissance de l\u2019information comme facteur primordial du développement national et sur l\u2019obligation, largement reconnue par les États contemporains, d\u2019assurer à tous les citoyens le plein exercice du droit à l'information.En réalité, le but recherché par un système national d\u2019information est d\u2019en arriver à un usage rationnel des budgets destinés au développement des services de bibliothèques, d\u2019information et d\u2019archives, d\u2019obtenir de ces services un meilleur rendement, de même qu\u2019un service plus efficace pour toutes les catégories d\u2019usagers.À la fin des années 70, le Programme général d\u2019information de FUnesco créait à l\u2019intention du monde de Farchivistique le programme RAMP (Records and Archives Management Program) qui a publié, depuis, 74 études rédigées par les 8 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Dossier La bibliothéconomie comparée et internationale : une composante essentielle de la discipline et de la profession meilleurs experts internationaux du domaine.Ce programme a comme but d \u2019 élargir et de renforcer le corpus de connaissances de l\u2019archivistique, sous ses aspects, les archives courantes (records management) et les archives historiques.Ce programme reconnaissait l\u2019importance des archives comme composante essentielle des richesses informationnelles d\u2019un pays et la nécessité de les organiser scientifiquement.Le programme a contribué, au cours des quinze dernières années, à structurer d\u2019une manière substantielle l\u2019archivistique comme discipline autonome des sciences de l\u2019information.Quand on mentionne l\u2019internationalisation des problèmes de l\u2019information dans le monde contemporain, on pense à de nombreux problèmes, tels les flux transfrontières des données, conséquence du transfert de 1 \u2019 information par le biais des canaux ou des réseaux de télécommunication.Dans un premier temps, les bibliothèques ne se sentaient pas concernées par ces transactions entre pays.Les données bibliographiques, la portion qui intéresse les bibliothèques, sont une partie restreinte de ces flux, mais elles sont importantes en termes d\u2019accès à l\u2019information de recherche.Il y a dans cette question plusieurs aspects : des aspects juridiques touchant le droit au respect de la vie privée et au respect de la souveraineté nationale, des aspects économiques liés aux échanges internationaux.Ces problèmes font désormais partie de la nouvelle donne des sciences de l\u2019information, et l\u2019IFLA l\u2019a pris en compte, en 1986, en créant un programme portant sur les télécommunications et les flux transfrontières de données.La formation des professionnels de l\u2019information est un autre secteur largement ouvert à l\u2019internationalisme (Dosa, 1989).Il est normal qu\u2019il en soit ainsi.L\u2019enseignement et la recherche dans une discipline transcendent les frontières nationales, et l\u2019université a besoin d\u2019être largement ouverte sur le monde pour exister et fonctionner, la circulation de l\u2019information étant en quelque sorte sa raison d\u2019être.Le grand phénomène des dernières décennies en ce qui concerne la formation est la normalisation du modèle nord-américain d\u2019école universitaire privilégiant la recherche et les études supérieures.Ce modèle, basé sur celui de Dewey à Columbia en 1887, a connu bien des étapes (et des études) dont le rapport Williamson, l\u2019adoption de l\u2019agrément, le passage à la maîtrise comme premier grade terminal, l\u2019émergence de programmes de doctorat.On peut dire aujourd'hui que ce modèle a été adopté par le reste du monde.Avec évidemment un certain nombre de nuances.Nous pouvons observer, également dans ces écoles, une coopération aux niveaux régional et international, des échanges de professeurs, de même que l\u2019accueil d\u2019étudiants étrangers dans nos écoles (Lajeunesse, 1993).Nous avons mentionné, à plusieurs reprises dans ce texte, le rôle joué par les trois grandes associations internationales dans le domaine, soit la Fédération internationale de documentation (FID), l\u2019International Federation of Library Association and Institutions (IFLA) et le Conseil international des archives (CIA).Leur importance est considérable : ils sont initiateurs ou acteurs des grands programmes en sciences de l\u2019information (CBU, DUP, NATIS, RAMP, etc.).Par ailleurs, il y a des dizaines, des centaines d\u2019autres associations régionales ou internationales qui tissent, entre les professionnels, des liens durables.Ces associations sont souvent très spécialisées : par exemple, elles visent les écoles ou les professeurs de bibliothéconomie et de sciences de l\u2019information, les bibliothécaires scolaires, les bibliothèques parlementaires, les grandes bibliothèques publiques, les bibliothèques universitaires et de recherche, etc.Ces associations peuvent rassembler des établissements ou des professionnels dans une aire géographique donnée ou dans une aire linguistique, par exemple les pays arabes, les pays francophones (Richer, 1984), les pays hispanophones ou anglophones, tels ceux du Commonwealth.Par leurs bulletins, congrès et activités, ces associations contribuent à internationaliser la vision et les actions des professionnels de l\u2019information.Il ne faut pas passer sous silence les centaines de réseaux ou systèmes internationaux ou régionaux d\u2019information sur des domaines' très variés qui quadrillent le monde actuel.Mentionnons-en quelques-uns à titre d\u2019exemples : AGRIS (Système international d\u2019information et de documentation sur les sciences et la technologie agricole), DEVSIS (Système d\u2019information sur les sciences de développement), INFOTERRA (Système international de F information environnementale), INIS (Système international d\u2019information nucléaire), MEDLARS (Système de dépistage et d\u2019analyse des documents médicaux), PANGIS (Réseau panafricain pour un système d\u2019information géologique), PADIS (Système panafricain de documentation et d\u2019information scientifique) et POPIN (Réseau international d\u2019information en matière de population).Ces nombreux systèmes ou réseaux d\u2019information qui nécessitent, pour s\u2019y retrouver à travers une forêt de sigles, le recours à un répertoire, caractérisent l\u2019organisation de l\u2019information spécialisée du monde contemporain.Les bibliothèques, les archives et l\u2019information ont fait l\u2019objet d'actions de coopération internationale de la part des ONG (organisations non gouvernementales) et des organismes de coopération des gouvernements, ce qui montre que l\u2019information est considérée de plus en plus comme un outil au service du développement.Le Canada n\u2019est pas étranger à ce phénomène.L\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI) et le Centre de recherches en développement international (CRDI) ont eu et ont toujours des actions de coopération touchant l\u2019information (de Chantal, 1975; Murray-Lachapelle, 1978).L\u2019ACDI a notamment construit la B ibliothèque nationale de Côte d\u2019ivoire, a développé la Bibliothèque de l\u2019Université de Maurice, a financé des projets de coopération de l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal (EBSI) avec le Sénégal et le Maroc.Pour sa part, l\u2019action du CRDI s\u2019exerce par le biais de sa Division des sciences de l\u2019information : on vise à la mise en place de systèmes régionaux d\u2019information, l\u2019édification ou le renforcement d\u2019infrastructures, la diffusion d\u2019outils (MINISIS) ou de méthodes pour le partage de l\u2019information, l\u2019organisation de l\u2019information pour le développement rural et la formation du ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 9 Dossier La bibliothéconomie comparée et internationale : une composante essentielle de la discipline et de la profession personnel spécialisé en sciences de l\u2019information.De nombreux étudiants d\u2019Afrique ou des Caraïbes sont venus étudier à l\u2019EBSI dans le cadre des projets du CRDI.De plus, le CRDI.avec le concours de l\u2019ACDI, a subventionné un projet de réseau pédagogique coopératif pour l\u2019enseignement de l\u2019informatique documentaire entre l\u2019EBSI, l\u2019École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l\u2019Université Cheikh AntaDiop de Dakar et l\u2019École des sciences de l\u2019information de Rabat.La coopération internationale en matière d\u2019information n\u2019est pas limitée au seul Canada.Les principaux pays industrialisés (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Japon, pays Scandinaves, Pays-Bas, Suisse, etc.) ont des actions de coopération dans le domaine des bibliothèques et des archives en Afrique, en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Asie.La technologie est un des promoteurs fondamentaux de l\u2019internationalisme.On la retrouve partout.Elle soutient le développement des réseaux, elle procure un langage commun, elle rend possible la réalisation d\u2019ambitieux programmes de nature internationale (tels le CBU et la DUP), elle force les professionnels de l\u2019information à travailler de plus en plus ensemble (Bliss, 1993).Il y a tout un chapitre à écrire sur l\u2019apport de la technologie à la réalisation d\u2019objectifs internationaux en sciences de l\u2019information : par la technologie, la coopération régionale et internationale est passée à une vitesse supérieure.Cette orientation est là pour rester.Elle va même s\u2019accentuer au cours des décennies qui viennent.Il y a actuellement une littérature professionnelle de type international.Au-delà de beaucoup de périodiques qui publient, à l\u2019occasion, des articles relatant des expériences internationales, et succédant à l\u2019Unesco qui, de 1947 à 1983, a fait un effort inestimable, quelques revues 10 .HbüüI spécialisées ont une mission exclusivement internationale.Il faut mentionner les principales : Libri (Danemark, I950-), Archivum (Paris, CIA, 1951-), International Information and Library Review (Grande-Bretagne, 1969-), IFLA Journal (LaHaye, IFLA, 1975-), Education for Information : the International Review of Education and Training for Library and Information Science (Pays-Bas, 1983-), International Development : the International Journal for Librarians, Archivists and Information Scientists (Grande-Bretagne, 1985-) et Alexandria (Grande-Bretagne et États-Unis, 1989-) portant sur les bibliothèques nationales.On ne saurait sous-estimer les deux outils d\u2019information et de recherche de base que sont Y Encyclopedia of Library and Information Science publiée à New York par Dekker depuis 1969 et VALA World Encyclopedia of Library and Information Services publiée à Chicago par 1\u2019 American Library Association en 1986 (une nouvelle édition est attendue bientôt).On a écrit, depuis longtemps, que P objectif ultime des professions de l\u2019information, c\u2019est de rassembler, de conserver et de diffuser le patrimoine bibliographique et archivistique de l\u2019humanité.À l\u2019aube du prochain millénaire, cet objectif peut sans doute être réalisé, dans les faits, grâce aux impératifs et à l\u2019appui de l\u2019informatique documentaire et des technologies de l\u2019information.Références BIRDSALL, William.« Is there a Canadian librarianship ?».Canadian Library\u2019 Journal, vol.47, n° 5 (October 1991), pp.303-305.I BLISS, Nonie J.« The emergence of international librarianship as a field ».Libri, vol.43, n° 1 (1993), pp.39-52.CAMPBELL, Harry.Metropolitan Public Library Planning throughout the World.Oxford, Pergamon Press, 1967.Conclusion Le domaine de l\u2019information, des bibliothèques et des archives est, par essence, un domaine de nature internationale.L\u2019information ne s\u2019arrête pas aux frontières des États nationaux.On l'a constaté dans le passé.La grande différence actuellement, c\u2019est l\u2019accélération de l\u2019internationalisation de la discipline et de la profession.Il est donc normal que le phénomène que l\u2019on constate donne lieu à plus d\u2019observations, à plus de recherches, à plus de publications.Depuis la fin des années 40, l\u2019internationalisme s \u2019 est imposé graduellement tant en bibliothéconomie, en sciences de l\u2019information qu\u2019en archivistique.L\u2019Unesco a été une actrice majeure du développement de l\u2019internationalisme en information.Par ses actions, par ses missions, par ses revues et ses publications, par ses conférences intergouvemementales, par ses grands programmes (CBU, DUP, NATIS, UNISIST, RAMP, etc.), par son soutien constant aux associations professionnelles internationales (FID, IFLA, CIA), l\u2019Unesco a joué un rôle prépondérant.Il est important de le souligner haut et fort, au moment où son rôle n \u2019 est plus ce qu\u2019il était.CHANTAL, Jean de.« Bibliothèques et archives du Tiers-Monde : problèmes et perspectives ».Documentation et bibliothèques, vol.21 (juin 1975), pp.85-95.COLLINGS, Dorothy G.« Comparative librarianship ».In : Encyclopedia of 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afin\t?de faire des recherches de\t?fichiers uniques ou combinés\t?ICIST/CISTI Recherche booléenne prêts entre bibliothèques exportation CAN/MARC présentation bilingue ?\tde la Liste collective des publications en série en sciences sociales et humaines : CANUC : S ?\tdu Catalogue collectif des publications scientifiques dans les bibliothèques canadiennes ?\tdelà Liste collective des journaux canadiens ?\tdu Catalogue collectif de l\u2019ICIST ?\tdu Répertoire de prêt entre bibliothèques ¦ ^ ¦\tBibliothèque nationale National Library I\tM\tdu Canada\tof Canada Coûts : 625 $ (exploitation sur station unique) ?950 $ (exploitation partagée) ?TPS en sus.Pour de plus amples renseignements : Vente et diffusion des publications Immeuble M-19, Conseil national de recherches Canada Ottawa, CANADA K1A 0R6 Téléphone : (613) 993-2054\tn o /\"l'o Télécopieur : (613) 957-9828\tLydl ldCicT ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 11 NICOLAS Un système de gestion de l\u2019information Réalisé et distribué 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Center as an extension of the classroom providing resources for learning is certainly not a new one, and current trends in education are completely compatible with this concept.It is an idea whose time has come.Carol C.Kuhlthau, 1989 Malgré la conjoncture économique difficile et bien qu\u2019elles en soient également affectées, les bibliothèques scolaires connaissent des développements intéressants qui ont tendance à confirmer ou à reconfirmer leur rôle dans le processus éducatif.Toutefois, comme en témoigne la terminologie, on observe une certaine fluctuation entre différents types de positionnements : accent sur les supports (bibliothèque, médiathèque) ; sur les ressources (centre de ressources, centre de documentation) ; sur l'information (centre d\u2019information) ; sur les apprentissages (centre d\u2019apprentissage).Selon nous, cette variété d'appellations reflète l\u2019actualité et la vitalité du concept de base en regard, d\u2019une part, des réformes éducatives entreprises dans différents pays depuis les années 1980 et, d\u2019autre part, des changements que suscite l\u2019avènement de la société dite « de l\u2019information ».Dans cette perspective, l\u2019objectif du texte qui suit est essentiellement de rendre compte de facettes de la bibliothèque scolaire, telles qu\u2019observées lors de visites en Angleterre (1991) et dans l\u2019État de Floride aux États-Unis (1992).Y seront également incorporés certains éléments d\u2019une étude comparative sur les compétences et la formation des responsables de bibliothèques scolaires (Bernhard et Breton, 1992), de même que le signalement de documents que nous considérons comme particulièrement dignes d\u2019intérêt.Un second texte suivra consacré aux contextes français, canadien-anglais et québécois.Du côté britannique Le contexte : réforme de l\u2019éducation, études, nouvelles lignes directrices, personnel La situation des bibliothèques scolaires en Angleterre, encore considérée comme très inégale, est influencée par la réforme de F éducation mettant en place, à partir de l\u2019automne 1989,1e National Curriculum qui invite, entre autres, à un enseignement et à des apprentissages basés sur les ressources documentaires et au développement d\u2019habiletés de maîtrise de l\u2019information chez les jeunes.Dans la presque totalité des Local Education Authorities (LEA), soit l\u2019équivalent de nos commissions scolaires, les bibliothèques scolaires fonctionnent en relation avec un important service central, le Schools Library Service (SLS) qui peut soit être un service autonome intégré à la direction des ressources éducatives, soit être négocié sur une base contractuelle avec le service technique central des bibliothèques publiques locales.Ce lien école-SLS est toutefois affecté à l\u2019heure actuelle par une nouvelle philosophie de gestion, le « Local Management of Schools », qui force en quelque sorte le service central à commercialiser ses services auprès de chaque école.Une dizaine de rapports officiels ont été produits ces quinze dernières années par différentes instances, en particulier le Department of Education and Science (DES), le rapport le plus important et le plus influent étant celui paru en 1984 intitulé School Libraries : the Foundations of the Curriculum.Deux autres organismes très actifs sont la British Library et le National Council for Educational Technology (NCET).Le premier a financé plus de cinquante projets relatifs au développement des habiletés d\u2019information.Le second diffuse différents guides faisant la promotion de l\u2019apprentissage et de T enseignement basés sur les ressources documentaires.Par ailleurs, le NCET fait la promotion du partenariat entre bibliothécaires et enseignants dans le cadre d\u2019un apprentissage ouvert et flexible, s\u2019appuyant sur une bibliothèque également flexible (voir Figure 7 à la page suivante).En Angleterre et au pays de Galles, les écoles primaires sont en général desservies par le personnel du service central, tandis que les écoles secondaires connaissent deux sortes de personnels, à savoir les bibliothécaires professionnels (chartered librarians), généralement à temps plein, et les enseignants-bibliothécaires ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 13 Théorie et applications Bibliothèques scolaires en action : quelques réalisations lèrc partie : Angleterre et États-Unis (teacher-librarians) qui, idéalement, font le lien entre la bibliothécaire et les enseignants, à raison de quelques heures par semaine.La Library Association vient de publier en 1992 des lignes directrices prévoyant un bibliothécaire professionnel à temps plein dans toute école secondaire et à temps plein ou partiel dans toute école primaire, en fonction du nombre d\u2019étudiants.Pour devenir bibliothécaire professionnel (chartered), il faut présenter une demande formelle à la Library Association comprenant la description de la formation suivie et un rapport de développement professionnel.De son côté, la School Library Association a pris position en faveur de l\u2019existence conjointe d\u2019enseignants-bibliothécaires et de bibliothécaires professionnels.Visite d\u2019un service central : Education Library Service, Nottinghamshire County Council Ce service fournit des ressources et des services de consultation à 430 écoles primaires, à 80 écoles secondaires et à 20 écoles spéciales.Les ressources sont entreposées dans deux bâtiments et circulent grâce à trois bibliobus d\u2019une capacité de 4 000 ouvrages chacun.Le service emploie 15 bibliothécaires professionnels et 20 à 25 personnes de soutien.Il s\u2019adresse aux cadres, aux commissaires, aux bibliothécaires présents dans les écoles, aux élèves, aux inspecteurs, aux enseignants chefs de groupe et aux enseignants en général.Les ressources offertes sont constituées d\u2019un fonds multimédia de plus de 500 000 unités (livres, cassettes, vidéos, affiches, diapositives, films 16mm).Elles sont destinées à compléter celles disponibles sur place dans les écoles, chacune de ces dernières restant responsable du développement et du maintien de sa propre collection.Les écoles primaires et les écoles spéciales, visitées par le bibliobus deux à trois fois par année, bénéficient de prêts en nombre en fonction du nombre d\u2019élèves inscrits.Les écoles secondaires peuvent aussi étendre leur collection grâce à un prêt de ce type.Enfin, des ensembles thématiques groupant jusqu \u2019 à 30 documents sont disponibles pour des travaux de recherche sur des sujets particuliers et peuvent être empruntés pour la durée d\u2019une session.Les autres ressources offertes comprennent un service de prêt de vidéos s\u2019intégrant aux programmes d\u2019études, une bibliothèque professionnelle, la possibilité de recherches et de demandes de prêt à l\u2019extérieur, des documents en différentes langues et un service centralisé d\u2019acquisition.Les services de consultation concernent les activités suivantes : la planification et l\u2019implantation de bibliothèques scolaires ; Figure 2 Education Library Service, Nottinghamshire County Council : pochette de présentation _ The_______ EDUCATION LIBRARY SERVICE la gestion et l\u2019organisation des bibliothèques; la formation continue à l\u2019intention des enseignants ; l\u2019exposition de nouveautés et la diffusion de critiques de documents ; le recrutement et la formation des bibliothécaires ; l\u2019organisation de foires du livre et de visites d\u2019auteurs ; la production de diverses publications ; le maintien et la mise à jour de bases de données (fiction, poésie, sujets divers).Intégration des technologies de l\u2019information : Djanogly City Technology College Les City Technology Colleges (CTC), nouveau concept proposé en 1986, présentent les caractéristiques suivantes : écoles Figure 1 : Dépliant produit en 1990 par le National Council for Educational Technology (NCET) PROACTIVE It is ready to respond to new needs and developments by \u2022\tmonitoring and evaluating services and provisit \u2022\tensuring that all staff receive the support and training they need NETWORKING It opens up and maintains access to wider information networks : \u2022\tnational information systems and sendees \u2022\tLEA centres and projects \u2022\tlocal and national networks \u2022\tpublic library services \u2022\tinformation sources in industry and commerce NEW TECHNOLOGY It introduces students to new information technologies including \u2022\tuse and evaluation of computerised information sources \u2022\tcreation of databases (factual and bibliographic) \u2022\ttechniques of searching databases INFORMATION SKILLS It delivers a programme of information and learning skills which is fully integrated with the curriculum and which \u2022\taims to develop students' self-confidence and familiarise them with the tools and techniques of learning they will need for the future \u2022\ttakes account of the sttulents1 development and builds on the skills they develop What is a Flexible Library and Learning Environment ?TEAM APPROACHES\t^ It operates through team approaches where staff with a range of skills and expertise contribute to the support and development of learning programmes: \u2022\tproviding guidance and support whenever they are \u2022\tensuring that appropriate resources are available \u2022\tintegrating information and learning skills with curriculum contexts\tj ^\tACCESS It provides access to well-planned and organised learning areas to support a range of activities: \u2022\tpreparation and presentation of work (including facilities such as word processing, desk-top publishing, spreadsheets) \u2022\tproject work\t\u2022 group work \u2022\tbrowsing\t\u2022 quiet reading \u2022\tresearch \t\tf\t> TUTORING\t\tf\tA CURRICULUM-LED\t\tf WHOLE-SCHOOL POLICY MANAGING RESOURCES\t\tIt supports individual students in\t\tIt makes available a wide range of learning\t\tIt is founded on a whole-school or college It effectively manages resources so that they\t\t\u2022 interpreting their tasks and assignments\t\tresources geared directly to the curriculum\t\tpolicy which has the support of all staff and \u2022 arc accessible through catalogues, indexes,\t\t\u2022 determining the kinds of information they need in\t\t\u2022 books, periodicals, software, videos, community\t\tsets out: directories, guides, displays, signposts, headings\t\torder to complete their tasks\t\tand business information, electronic information\t\t\u2022 the role and aims of the library and learning \u2022 can be shared by the whole institution\t\t\u2022 extracting the information they need for their\t\tsources\t\tresource centre \t\tparticular purpose and recording their sources\t\t\u2022 encouraging reading for enjoyment\t\t\u2022 the objectives to be met \t\t\t\t\u2022 enriching learning programmes\t\t\u2022 the resources required to achieve these goals 14 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Théorie el applications Bibliothèques scolaires en action : quelques réalisations li,e partie : Angleterre et États-Unis Figure 3 Djcmogly City Technology College, Nottingham : le secteur « bibliothèque/services d\u2019information » au cœur de l\u2019école V T' ENTERPRISE PAVILION PERFORMING ARTS PAVILION Î V- mngRHTT SCIENCE 4 TECHNOLOGY PAVILION HERITAGE PAVILION DJANOGLY LIBRARY 4 RESOURCE CENTRE \\ Arrtl accueillant des jeunes de 11 à 18 ans ; indépendantes mais sujettes à inspection; gratuites ; financées conjointement par l'industrie et le Department of Education and Science et entretenant des liens étroits avec l\u2019industrie en vue de l\u2019application des programmes d\u2019études ; localisées en zones urbaines, de préférence défavorisées ; avec un horaire quotidien plus chargé et moins de jours de congé ; respectant le National Curriculum et mettant l\u2019accent sur la technique et la pratique ; considérées comme écoles pilotes pour leur équipement considérable en matière de technologies de l'information.L\u2019école Djanogly, qui a ouvert ses portes à la rentrée 1989, accorde une grande importance au secteur «bibliothèque et services d\u2019information» (Figure 3), réservant à son responsable l\u2019un des quatre postes de sous-directeur, l\u2019équipe étant complétée par un bibliothécaire, de même que par un responsable et un assistant en reprographie.Le secteur « bibliothèque et services d\u2019information «regroupe trois ensembles de ressources d\u2019apprentissage disponibles aussi bien pour la communauté scolaire que pour le grand public et les entreprises locales : a) ouvrages, revues, quotidiens, brochures, vidéos, diapositives, disques compacts, logiciels, jeux, affiches et cartes ; b) CD-ROM comprenant des encyclopédies, le texte intégral de quotidiens, et des bases de données bibliographiques et textuelles ; c) l\u2019accès par réseau interne au télétexte, à la télévision par satellite et à des ensembles audiovisuels disponibles sur les serveurs du réseau.Ce secteur produit également le catalogue en ligne accessible à partir de n\u2019importe quel point du réseau et élabore des séquences de formation intégrant le développement des habiletés d\u2019apprentissage (learning skills) aux différents programmes d\u2019études.La division « reprographie» se charge de la production de matériel pédagogique (conception et édition ; reproduction offset et service de photocopie ; finition des documents), ainsi que des publications de l\u2019école (dépliant, journal, bulletins, programme, guides, etc.).Du côté des Etats-Unis et de la Floride Le contexte américain : organisation, lignes directrices, personnel, recherche Les bibliothèques scolaires américaines, ou School Library Media Centers, jouissent d\u2019un état de développement plutôt enviable.L'instance administrative dans laquelle elles fonctionnent se situe au niveau de la commission scolaire, généralement dans le cadre d\u2019un programme spécifique (Local School District Media Program), mais il existe également des programmes aux niveaux fédéral, régional (Regional/Intermediate Media Programs) et de chaque Etat (State Media Program), ces différentes instances pouvant chacune mettre sur pied des mesures incitatives et des programmes de subventions.Signalons que les bibliothèques scolaires sont comprises dans le processus d\u2019évaluation périodique des écoles primaires et secondaires que conduit environ tous les cinq ans un comité régional chargé d\u2019émettre un rapport et des recommandations.Enfin, les bibliothèques scolaires sont susceptibles d\u2019être touchées par la vaste campagne de réforme de l\u2019éducation initiée au niveau fédéral en 1991 parle document America 2000 : an Educating Strategy.Deux documents à portée générale orientent, d\u2019une part, le fonctionnement des bibliothèques scolaires et, d\u2019autre part, l\u2019élaboration de programmes de formation pour le personnel : -\tInformation Power : Guidelines for School Library Media Programs sont les lignes directrices publiées en 1988 conjointement par l\u2019American Library Association (ALA) et par l\u2019Association for Educational Communications and Technology (AECT).Ce document prévoit la présence d\u2019au moins un bibliothécaire ou spécialiste de l\u2019information (Library media specialist) dans chaque école, d\u2019au moins un assistant par spécialiste et d'un coordonnateur au niveau du district.-\tCurriculum Folio Guidelines for the N CATE Review Process : lignes directrices ayant pour but l\u2019évaluation des programmes de formation existants.Ce document élaboré en 1988 conjointement par l\u2019American Association of School Librarians (AASL) et par l\u2019Association ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 15 Théorie et applications Bibliothèques scolaires en action : quelques réalisations lirc partie : Angleterre et Etats-Unis for Educational Communications and Technology (AECT) se réfère aux critères de l\u2019organisme d\u2019agrément, le National Council for the Accreditation of Teacher Education (NCATE), selon lesquels le personnel doit, en premier lieu, faire preuve d\u2019une formation d\u2019enseignant et, en second lieu, répondre à des exigences additionnelles de formation pour obtenir un permis spécifique (library/media certification).Le document recommande en outre que le diplôme d\u2019entrée dans la profession soit un diplôme de 2e cycle.Notons, pour conclure ce point, un développement considérable de la recherche dont témoignent, d\u2019une part, la rubrique régulière de la revue School Library Media Annual et, d\u2019autre part, la mise sur pied en 1989 d\u2019un séminaire annuel (Treasure Mountain Research Retreat) ayant comme but de faire la synthèse des résultats et des tendances de la recherche américaine en bibliothéconomie scolaire.La situation en Floride \u2014 Coordination au niveau de l\u2019État, agrément des écoles, personnel Les bibliothèques scolaires de l\u2019État de la Floride bénéficient d\u2019un service de coordination au niveau du Department of Education chargé, entre autres, d\u2019établir les statistiques relatives à ce secteur et de piloter les proj ets en cours.C \u2019 est à ce ni veau qu \u2019 ont été émises les lignes directrices de 1976 (Florida School Library Media Programs : a Guide for Excellence), de même que celles de 1984 relatives aux habiletés d\u2019information (Information Skills for Florida Schools).Quant à l\u2019attestation en tant que « School Library Media Specialist », elle s\u2019obtient suite à la réussite de deux tests, à savoir : le test général destiné aux enseignants (Teacher Certification) et, à partir de juillet 1992, le test de spécialité (Educational Media Certification).Les normes utilisées par la Southern Association of Colleges and Schools pour Figure 4 Macaron de lancement de SUNLINK : catalogue collectif sur CD-ROM Florida School Library Union Database FloridaDepanment of Education l\u2019évaluation périodique des écoles comprennent un volet relatif au « School Library Media Center » des écoles primaires et secondaires (Policies, Principles, and Standards for the Accreditation of Elementary and Middle Schools ; Standards of the Commission on Secondary Schools).En 1990-1991, on comptait 2 210 « School Library Media Specialists » à temps plein dans les 2 068 écoles primaires et secondaires (elementary, middle, high), soit au moins une personne par école et une personne au niveau central dans 61% des districts (41/67).Le service du district emploie également des techniciens spécialisés dans les domaines de l\u2019audiovisuel et des médias.De plus, la personne responsable de la bibliothèque de l\u2019école est en principe aidée par une personne de soutien (Media Aide).Une note parue en octobre 1993 dans le bulletin de la Florida State University mentionne l\u2019existence de besoins importants en personnel dans les cinq prochaines années et annonce, en conséquence, la mise sur pied d\u2019un quatrième programme de formation dans cet État.La Florida Association for Media in Education (FAME), créée en 1972-1973 par la fusion de trois associations (bibliothèques, audiovisuel et télévision éducative), regroupait environ 1 300 membres en 1990-1991.Elle publie la revue Florida Media Quarterly et fait preuve depuis une quinzaine d\u2019années d\u2019un lobbying actif dont les résultats sont tangibles.Son programme 1992-1993 (FAME Legislative Platform) comprend cinq points : présence de personnel professionnel, technique et administratif dans les écoles et de personnel additionnel de coordination au niveau de l\u2019État;obtenir les fonds nécessaires pour développer adéquatement les collections ; étendre le catalogue collectif à toutes les écoles et subventionner l\u2019équipement en micro-ordinateurs ; continuer à garantir la liberté intellectuelle ; obtenir un financement pour l\u2019acquisition de droits de reproduction de vidéos à des fins éducatives.\u2014\tRéforme de l\u2019éducation La Floride a participé au mouvement de réforme de l\u2019éducation en diffusant un document de travail en juin 1992 et en adoptant le document final en octobre de la même année.Ce texte, Blueprint 2000, accorde une grande importance au développement des habiletés d\u2019information chez les jeunes.\u2014\tNouvelles technologies, opération Retrofit for technology et réseau intégré En vue de la préparation des jeunes à l\u2019utilisation des nouvelles technologies, toutes les écoles ont été dotées en 1991 d\u2019un appareil de lecture de vidéodisques laser et toutes les écoles secondaires ont reçu un CD-ROM d\u2019information sur le SIDA.Comme la plupart des écoles ont été construites avant l\u2019avènement et la diffusion des technologies de l\u2019information, elles ne sont en général guère équipées pour permettre 1 \u2019 accès à des bases de données partagées, que ce soit à des fins pédagogiques ou administratives, ni pour la diffusion de productions vidéo et d\u2019émissions à partir de serveurs.C\u2019est pour remédier à cette situation qu\u2019a été mis sur pied le programme Retrofit for Technology annoncé par téléconférence en mai 1992 et prévoyant le câblage des écoles (voix, vidéo et données) sur une période de deux ans.Un certain nombre de « School Library Media Specialists » ont participé à T élaboration de demandes de subventions dans le cadre de ce projet.Signalons aussi l\u2019existence de FIRN -Florida Information Resource Network, un réseau électronique intégré pour le monde de l\u2019éducation offrant, entre autres, un service de courrier électronique (FIRNMAIL), l\u2019accès aux catalogues des bibliothèques universitaires, une passerelle Intemet/Bitnet et la liste des programmes de la télévision éducative pour 16 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Théorie et applications Bibliothèques scolaires en action : quelques réalisations li(c partie : Angleterre et États-Unis commander un visionnement en classe (Cable in the classroom).\u2014\tLancement de SUNLINK, catalogue collectif sur CD-ROM Le projet Florida School Library Media Center Uniform Database adébuté en 1989.Il avait comme objectif la création d\u2019une base de données mettant en commun les ressources de toutes les écoles.Les sommes consacrées au projet ont permis la conversion en format MARC de trois millions de notices provenant de 318 écoles, de même que le lancement du CD-ROM correspondant en octobre 1992.La progression du projet, qui prévoit d\u2019inclure les fonds de toutes les écoles, est suivie et commentée dans le bulletin SUNLINK News (voir Figure 4 à la page 16).\u2014\tLes « School Library Media Centers » dans les écoles primaires et secondaires En Floride, les « Media Centers » sont conçus plus ou moins sur le même modèle généra] comprenant les aires suivantes : a)\tbibliothèque/médiathèque proprement dite : bureau du prêt, catalogues, espace de lecture, de consultation (ouvrages de référence, périodiques) et de visionnement, terminaux pour la consultation du catalogue informatisé, espace de travail sur place, coin de détente (heure du conte, dans les écoles primaires) ; b)\tlocaux attenants : bureau (éventuellement vitré) de la responsable, coin pour une petite bibliothèque professionnelle, local pour l\u2019équipement et les petits travaux, espace réservé à 1 \u2019 équipement audiovisuel, local pour la production de matériel pédagogique (photocopie, reprographie, traitement de texte et graphisme), local d\u2019entreposage (ouvrages, périodiques), salle de travail en petit groupe, petit studio pour la prise de son et d\u2019images (avec salle de contrôle), chambre noire (photographie) ; c)\tlocaux complémentaires : laboratoire informatique ; autre(s) salle(s) de travail en groupe.\u2014 Une école secondaire câblée : Bonifay High School Contrairement aux écoles déjà construites, l\u2019école secondaire de Bonifay accueillait 510 étudiants et 35 professeurs en 1992-1993 dans un nouveau bâtiment inauguré en février 1992, prévoyant la mise en place de nouvelles technologies.Cette école est dotée de deux réseaux, l\u2019un administratif et l\u2019autre pédagogique.Ce dernier s\u2019appuie sur un réseau local (LAN) pour relier la base de données de la bibliothèque et le serveur de CD-ROM avec l\u2019ordinateur à écran couleur installé dans chaque classe (en tout une quarantaine de terminaux), assurant ainsi la consultation sur place du catalogue en ligne, d\u2019une encyclopédie, d\u2019une base de données bibliographique et d\u2019un almanach.De plus, huit magnétoscopes installés à la bibliothèque rendent possible l\u2019envoi simultané de huit programmes en direction des salles de classe, d\u2019autres appareils sur équipement mobile étant prévus pour les besoins additionnels.L\u2019école dispose en outre d\u2019un studio de télévision où les 28 étudiants inscrits au cours de production télévisuelle réalisent une émission hebdomadaire de nouvelles et un certain nombre d\u2019émissions spéciales.On prévoit enfin l\u2019acquisition supplémentaire de quatre lecteurs laser de disques vidéo et des écrans correspondants, le tout monté sur des équipements mobiles, en vue du branchement direct sur l\u2019ordinateur de la classe.Pour conclure : dynamisme et signes encourageants Il se dégage des informations et des exemples que nous venons de parcourir, ainsi que des réalisations françaises, cana-dienne-anglaises et québécoises auxquelles nous référerons dans un prochain texte, une impression d\u2019évolution, voire de transition.Une transition marquée par une terminologie encore fluctuante, signe d\u2019une identité en construction, et menant vers un profil professionnel suffisamment spécifique pour être considéré par certains auteurs comme une profession nouvelle nécessitant, selon Hannesdottir (1986), une combinaison particulière de compétences en bibliothéconomie, en pédagogie et en gestion.Une profession, également, dont les jalons sont les réformes de l\u2019éducation (1988 en Angleterre ; 1989 en Franceses années 1990 dans plusieurs états américains dont 1992 en Floride, et dans plusieurs provinces canadiennes dont 1990 en Colombie-Britannique), le développement des technologies de l\u2019information et la nécessité économique grandissante pour tous d'être en quelque sorte « alphabétisés » dans la maîtrise de l\u2019information, désormais considérée comme une compétence de base à ajouter au calcul, à la lecture et à l\u2019écriture.Ainsi, voyons-nous la bibliothèque scolaire intégrer les technologies de l\u2019information et de la communication et s\u2019ouvrir plus efficacement sur des réseaux extérieurs de ressources.Signalons, par ailleurs, le lien entre les réformes de l\u2019éducation menées dans certains pays en développement (avec un financement de la Banque mondiale) et la préoccupation de mettre en place un réseau de bibliothèques scolaires (par exemple au Nigeria, en Colombie, au Chili et en Jamaïque).Cette préoccupation s\u2019est d\u2019ailleurs aussi manifestée en août 1993, lors du séminaire pré-session de l\u2019IFLA qui s \u2019 est tenu en Espagne sur le thème des bibliothèques scolaires dans les pays en développement et qui a abouti à une série de recommandations dans ce domaine («Resolutions of the IFLA Presession seminar.»).Enfin, on assiste au développement d\u2019un corpus de recherche qui commence à documenter les effets de l\u2019existence d\u2019une bibliothèque scolaire sur différents facteurs de la réussite scolaire (Woolls, 1990; Haycock, 1992).Cette impression générale d\u2019évolution et de transition nous fait entrevoir une période féconde pour les bibliothèques scolaires dans les années à venir.Selon nous, l\u2019ère de la bibliothèque « au cœur de l\u2019école » est à peine en train de commencer.ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 17 Théorie et applications Bibliothèques scolaires en action : quelques réalisations 1ffc partie : Angleterre et Etats-Unis Sélection de sources d\u2019information Contexte international et étude comparative sur les compétences du personnel BERNHARD, Paulette et BRETON, Lise (collab.).Le bibliothécaire/spécialiste de l\u2019information en milieu scolaire : normes et lignes directrices, compétences, formation.Contexte international, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Canada.Rapport soumis à la Direction de la Recherche du ministère de l\u2019Éducation du Québec.Montréal : École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, Université de Montréal, novembre 1991.3 vol.CARROLL, F.L.Guidelines for School Libraries.The Hague : International Federation of Library Associations and Institutions, 1990.37 p.HALL, Noelene.Les enseignants, l\u2019information et les bibliothèques scolaires.Paris : Unesco, 1986.(PGI-86/WS/17).HANNESDOTTIR, S.K.Guidelines for the Education and Training of School Librarians.The Hague : International Federation of Library Associations and Institutions, 1986.47 p.(IFLA professional reports ; n° 9).[ Ce document doit être révisé suite à une étude Delphi actuellement en cours de planification.] LOWRIE, Jean E.et NAGAKURA, Mieko (eds).School Libraries : International Developments.2nded.Metuchen, N.J.: Scarecrow Press Inc., 1991.394 p.«Resolutions of the IFLA pre-session seminar on school librarianship.» IFLA Express, n° 4 (August 24, 1993), pp.4-5.[ Issues for developing countries.] Royaume-Uni GREAT BRITAIN.Office of arts and libraries.School Libraries : the Foundations of the Curriculum : Report of the Library and Information Services Council\u2019s Working Party on School Library Services.London : HMSO, 1984.31 p.(The LISC report : Library information series, 13).[Broome report.] HEEKS, Peggy.School Library Services Today : the First Report of the Supports to Learning Project.London : British Library Research and Development Department, 1990.49 p.(British library R&D R.6024).LIBRARY ASSOCIATION.Learning Resources in Schools : Library Association Guidelines for School Libraries.London : The Library Association, 1992.81 p.PAIN, 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RÉFÉRENCES AUX ARTICLES PARUS DANS PRÈS DE 500 PÉRIODIQUES, DE 1980 À AOÛT 1993.3e version du CD-ROM de REPÈRE POUR LA PREMIERE FOIS REPÈRE OFFRE LE TEXTE INTÉGRAL D\u2019UNE PARTIE DES ARTICLES INDEXÉS.LES TEXTES DES ARTICLES D'AUTRES PÉRIODIQUES S'AJOUTERONT PROGRESSIVEMENT DANS LES VERSIONS SUIVANTES DE CE CD-ROM.v\t;V Y\u2018 if: ¦lA 75, rue de Port-Royal Est, bureau 300, Montréal (Québec) Canada H3L 3T1 Télécopieur: (514) 384-9139 - Téléphone: (514) 382-0895 Le rôle du professionnel de la documentation dans un pays en voie de développement : l'exemple de la République du Cap-Vert Daniel Ducharme Bibliothécaire Conseiller-gestionnaire Fonds canadien d\u2019initiative locale pour le Cap-Vert Théorie et applications Le présent article est davantage une réflexion sur les métiers de bibliothécaire et d\u2019archiviste dans un pays en voie de développement qu'une étude comparative proprement dite.Basé sur une expérience personnelle, il tentera d\u2019évaluer le rôle que peut jouer un professionnel du Nord au sein d\u2019une institution du Sud.Du 15 novembre 1990 au 31 novembre 1993, j\u2019ai travaillé au Cap-Vert pour le compte du Centre canadien d\u2019études et de coopération internationale (CECI), organisation non-gouvernementale dont le siège social est à Montréal1.Au cours de cette période, j\u2019ai collaboré à un projet d\u2019appui institutionnel auprès de YArquivoHistôrico National2, institution dont les fonctions -on le verra plus loin - dépassent largement celles qui reviennent normalement à un service national d\u2019archives.En marge de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, la République du Cap-Vert - qui a obtenu son indépendance en 1975 - se trouve à quelque 450 km au large des côtes sénégalaises.Composée de dix îles et de huit îlots, elle compte environ 350 000 habitants, nombre qu\u2019 il convient de doubler si on tient compte de la tradition migratoire de cette population.En effet, la diaspora capverdienne s\u2019étend du Portugal (100 000) aux États-unis (300 000) en passant par la France, F Italie, les Pays-Bas, le Brésil, etc.Bien que membre du PALOP (Pays africains de langue officielle portugaise), le Cap-Vert, en raison de l\u2019importance accordée au français (première langue étrangère étudiée à l\u2019école), est associé à quelques organisations de la francophonie, telle la Banque d\u2019information sur les États francophones (BIEF) dont le siège social est à Ottawa.Marqué par cinq siècles de colonisation portugaise, le Cap-Vert dispose d\u2019un patrimoine documentaire - quantitativement et qualitativement - important, en particulier pour la période allant de la fin du XVIIIe siècle à nos jours.Cette masse documentaire se trouve toutefois disséminée dans les différentes îles de l\u2019archipel, ce qui pose des problèmes de diffusion (éloignement géographique) et de conservation (conditions pitoyables d\u2019entreposage) de l\u2019information contenue dans cette documentaüon.En vue d \u2019 organiser les documents produits avant et après l\u2019indépendance, le gouvernement capverdien, conscient du rôle que jouent les archives dans le renforcement de l'identité nationale, s \u2019 est décidé à créer une institution chargée de cette tâche.L\u2019Arquivo Histôrico National (AHN) a donc été créé par décret national le 31 décembre 19883.Son siège, situé à Praia-capitale du Cap-Vert - dans l\u2019île de Santiago, a été installé dans l\u2019ancien bâtiment des douanes.Le choix de l\u2019édifice destiné à abriter F AHN répond à une recommandation du rapport de mission ( 1982) de M.Isau Santos, directeur de Y Arquivo Historico Ultramarino (Portugal), recommandation qui a été entérinée par Mlle Neirink, de la Direction des Archives de France, lors d\u2019une mission subséquente (1986) patronnée par l\u2019Unesco.Bien que placé sous la tutelle du ministre chargé de la culture, F AHN est doté d\u2019une autonomie administrative et financière.S.Nicolau & Boa Vista ÎLES DU CAP-VERT S.TiagoL tMaio Brava' *ogo PRAIA Le projet initial En coopération internationale (du moins celle qui est pratiquée au CECI), le professionnel qui exerce sa profession dans un pays en développement s\u2019inscrit toujours dans le cadre d\u2019un projet, lequel fait l\u2019objet d\u2019un document écrit à partir duquel s\u2019établit le contrat entre le coopérant, l\u2019organisme de coopération et le partenaire national.Dans le document de projet sont consignés les objectifs, les indicateurs de leur atteinte ainsi que les tâches qui doivent être effectuées par le professionnel.En dépit de la bonne volonté de l\u2019organisme de coopération, il est rare que le coopérant, une fois sur le terrain, n\u2019 ait pas à apporter des modifications au document initial, lequel est élaboré à partir de données - souvent imprécises - provenant du pays demandeur.Dans mon cas, mon mandat s\u2019articulait autour de deux volets : 20 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n» 3 Théorie et applications Le rôle du professionnel de la documentation dans un pays en voie de développement : l\u2019exemple de la République du Cap-Vert -en tant qu\u2019archiviste, j\u2019étais tenu de superviser le service technique et d\u2019assurer la formation d\u2019assistants-archivistes ; -\ten tant que bibliothécaire, il me revenait d\u2019informatiser la Biblioteca de Apoio ao Arquivo.Dès mes premiers contacts avec l\u2019AHN, il m\u2019est vite apparu que ce mandat, très aléatoire, laissait dans l\u2019ombre un éventail de tâches préalables qui rendait illusoire son accomplissement.Le volet archives Superviser un service suppose que le service en question soit déjà en opération ou que, à tout le moins, des travaux préalables (définition de normes, classement physique, traitement de fonds, etc.) aient déjà été accomplis.Or, à mon arrivée à l\u2019AHN, on ne disposait d\u2019aucun cadre général de classement, d\u2019aucune norme archivistique de traitement et, à part une liste sommaire de registres réalisée par des Portugais de passage, d\u2019aucun instrument de recherche.De plus - ce qui était encore plus dramatique, l\u2019AHN n\u2019avait pas en sa possession le matériel indispensable au travail archiviste, c\u2019est-à-dire des boîtes d\u2019archives et des chemises.Et ce matériel n\u2019était pas disponible sur le marché local.Superviser, cela implique aussi qu\u2019on ait gagné une certaine crédibilité aux yeux de l\u2019équipe locale.Or, mes faibles connaissances de la langue et de l\u2019administration portugaises (en particulier, de l\u2019administration coloniale) ne me permettaient pas de diriger qui que ce soit.De plus, l\u2019homologue qu\u2019on m\u2019avait assignée - une technicienne qui a fait ses études à Dakar -\tn\u2019 avait nullement besoin d\u2019être supervisée.Par contre, j\u2019avais déjà fait l\u2019expérience du travail archivistique, ce qui n\u2019était pas - ou du moins très peu - le cas de l\u2019équipe locale.Cet avantage allait devenir un atout dans mes relations avec mon partenaire, surtout en ce qui a trait à la formation du personnel subalterne.Ce qui vaut pour la supervision vaut également pour la formation.Les Capver-diens, d\u2019une fierté peu commune, n\u2019acceptent pas facilement d\u2019être formés par le premier venu, surtout s\u2019il est étranger.Il s\u2019avérait donc essentiel que je gagne rapidement une crédibilité auprès de mes collègues.Et compte tenu des conditions qui s\u2019offraient à moi, je n\u2019 avais plus qu\u2019une chose à faire : me mettre au travail.?Le volet bibliothèque Comme son nom l\u2019indique, la Biblioteca de Apoio ao Arquivo est une bibliothèque destinée à fournir aux chercheurs capverdiens et étrangers de l\u2019information destinée à faciliter leurs travaux.Avec ses 10 000 volumes et ses périodiques, elle constitue un complément important aux archives.Un décret national - qui ne peut être considéré comme une loi sur le dépôt légal - en a fait le dépositaire de toute la documentation juridique de l\u2019Etat.Pour des raisons similaires au point précédent, l\u2019accomplissement du mandat prévu dans le document initial s\u2019est avéré impossible à court teime.D\u2019abord, la bibliothèque ne disposait d\u2019aucune norme permettant d\u2019effectuer la classification, la description et l\u2019analyse des documents.Elle ne possédait non plus ni système de classification, ni règles de catalogage, ni répertoire de vedettes-matière ou de macro-thésaurus.Par contre, les ressources humaines et matérielles ne faisaient pas défaut.En effet, une bibliothécaire formée au Chili a été recrutée pour prendre en charge le bon fonctionnement de la bibliothèque.Et un micro-ordinateur - lequel reposait dans son carton d'origine à mon arrivée à l\u2019AHN - permettait d\u2019envisager son informatisation dans des délais raisonnables.Les tâches préalables au démarrage du projet Comme il a été souligné plus haut, il était impossible d\u2019envisager la réalisation des objectifs du projet sans l\u2019accomplissement de certaines tâches préalables, lesquelles n\u2019allaient pas toujours de soi pour un professionnel de la documentation.En d\u2019autres termes, il fallait commencer par le commencement.La recherche de financement a été la première tâche à laquelle je me suis appliqué.En effet, dès mes premiers contacts avec l\u2019AHN, j\u2019ai compris que, sans financement, le projet ne serait pas viable.Nous ne disposions d\u2019aucune boîte d\u2019archives - le minimum vital en archivistique -\tpour commencer le traitement.Et pas davantage de moyens pour mettre en pratique le plan d\u2019activité que nous nous apprêtions à élaborer.Devant cet état de fait, le directeur de l\u2019AHN et moi avons entrepris de rédiger plusieurs projets de financement destinés à des bailleurs de fonds canadiens, européens et internationaux.Cette tâche commune aux deux volets du projet s\u2019est poursuivie - avec moins d\u2019intensité par la suite, il est vrai -pendant toute la durée de mon mandat.Les tâches préalables : volet archives Au niveau institutionnel, la priorité a été accordée à la reformulation du projet d\u2019appui du CECI à l\u2019AHN en accord avec le plan national d\u2019activité de cette institution.En d\u2019autres termes, il s\u2019agissait de définir - le plus précisément possible - le rôle que j\u2019allais jouer au sein de l\u2019AHN.Après de nombreuses discussions entre le directeur, mon homologue et moi-même, on a décidé que mon intervention viendrait en appui à certains travaux.-\tL\u2019élaboration de normes et politiques de description pour le traitement des documents d\u2019archives Il ne s\u2019agissait pas d\u2019une élaboration très poussée, mais il fallait simplement s\u2019entendre sur la terminologie, les niveaux de description et quelques règles d\u2019écriture (cotation, rédaction de la notice, etc.).À ma grande surprise, les techniciens supérieurs de l\u2019AHN connaissaient déjà - et appréciaient - les travaux canadiens en archivistique4.Le problème, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agissait, tout en respectant la terminologie internationale, de les adapter au monde lusophone, ce qui n\u2019allait pas de soi - les archivistes portugais ont eux-mêmes des problèmes avec leur propre terminologie5.La notion de « secço », notamment, qui se situe vaguement entre celles de fonds et de série, nous a donné du fil à retordre.ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 21 Théorie et applications Le rôle du professionnel de la documentation dans un pays en voie de développement : l\u2019exemple de la République du Cap-Vert -\tL\u2019élaboration d\u2019un cadre général de classement pour les archives nationales Cette tâche présupposait une étude approfondie de la structure administrative du Cap-Vert et de ses transformations dans le temps.Bien que cette étude était encore en cours, j\u2019ai pu rapidement proposer un cadre de classement basé sur une analyse régionale (plutôt que fonctionnelle), laquelle établissait une distinction entre les fonds de l\u2019administration centrale (les fonds A), les fonds par île (de B à K) et les fonds privés (P).Ce cadre officiellement accepté, les fonds étaient classés dans leurs groupes respectifs au fur et à mesure qu\u2019ils étaient identifiés.-\tLe transfert des archives disséminées sur les îles au dépôt central de Praia L\u2019objectif fondamental de l\u2019AHN étant la préservation et la diffusion du patrimoine archivistique national, cette tâche figure sans doute parmi les plus importantes.Toutefois, par son aspect centralisateur, elle est le résultat d\u2019un choix difficile.Le Cap-Vert, pays dont le revenu moyen par habitant est inférieur à 500 $US, ne peut se permettre la mise en place d\u2019un réseau d\u2019archives régionales.On a donc décidé d\u2019effectuer le transfert des archives d\u2019avant l\u2019indépendance (1975) à Praia de manière à ce qu\u2019elles puissent bénéficier de conditions de conservation acceptables.Quant aux archives d\u2019après l\u2019indépendance, un projet en cours d\u2019élaboration prévoit que leur gestion soit assumée par les autorités régionales,c\u2019est-à-dire parles « concelhos » (municipalités de district).Mais cela demandera du temps.et beaucoup d\u2019argent.Puisque cette activité d\u2019envergure est étroitement liée à l\u2019octroi d\u2019un financement de l\u2019Unesco, T AHN a décidé que mon intervention se limiterait aux îles de S.Anto et de Santiago, les deux seules îles de l\u2019archipel dont les inventaires archivistiques n\u2019étaient pas encore complétés.-\tLe traitement de quatre fonds d\u2019archives Ceux-ci étaient considérés comme les plus importants dans l'immédiat.Il s\u2019agissait des fonds du Secretaria Gérai do Governo (1750-1926), de la Repartiço Central des Serviços de Administra Civil ( 1927-1975), de FAdministraço do Concelho da Praia (1820-1970) et de la Câmara Municipal da Praia (1800-1975).-\tLa formation d\u2019assistants-archivistes Cette activité allait surtout prendre la forme d\u2019un apprentissage au jour le jour.En d\u2019autres termes, on allait m\u2019assigner des assistants de faible niveau académique afin qu\u2019ils apprennent F archivistique en travaillant à mes côtés.Par la suite, cette formation allait prendre aussi un caractère formel : on a prévu ma participation comme enseignant (traitement documentaire) dans le cadre du Curso de Técnicos Profissionais de Arquivos organisé au siège de F AHN de mars à novembre 1992.Les tâches préalables : volet bibliothèque En ce qui concerne la bibliothèque, 1 \u2019 AHN a décidé que mon rôle serait surtout celui d\u2019un conseiller technique, lequel préparerait l\u2019informatisation de la salle de lecture.Il m\u2019appartenait donc de conseiller la bibliothèque dans le choix de règles de description, de vedettes-matière, d\u2019un système de classification universelle et, enfin, d\u2019un logiciel.On avait aussi décidé que je consacrerais quelques heures par semaine à la supervision de l\u2019avancement du travail.Les réalisations Les réalisations du projet d\u2019appui institutionnel à YArquivo Histôrico Nacional peuvent être décrites en cinq phases distinctes, phases qui correspondent autant à la période de mon intervention (du 15 novembre 1990 au 31 mars 1993) qu\u2019à la nature des tâches effectuées.Phase 1 : novembre 1990 - février 1991 Outre l\u2019apprentissage de la langue portugaise, mes quatre premiers mois au Cap-Vert ont été utilisés à accumuler les informations nécessaires à la reformulation de mon projet, projet dont les grandes lignes viennentd\u2019être exposées.En archivistique, certaines tâches ont été effectuées, notamment celles qui ont trait à l\u2019élaboration des politiques et normes de description pour les documents d\u2019archives et à la confection d\u2019un cadre général de classement pour l\u2019AHN.Toutefois, la plupart des mes énergies ont été mobilisées pour du travail non archivistique : la rédaction de projets de financement.Au cours de cette période, les projets qui ont été soumis aux différents bailleurs de fonds ont tous eu la même finalité : acheter des boîtes d\u2019archives et des chemises afin que nous puissions commencer le traitement des fonds.Phase 2 : mars - août 1991 Dans l\u2019attente du financement (cela pouvait être long.), il n\u2019était pas question de rester les bras croisés.En accord avec la direction de F AHN, j \u2019 ai décidé d\u2019initier le traitement des quelque 3 000 registres (appartenant aux quatre fonds ci-haut mentionnés) qui reposaient, couverts de poussière, dans un des magasins du bâtiment.Pour ce faire, le directeur a mis à ma disposition une technicienne de faible niveau, laquelle n\u2019avait effectué aucun travail sérieux jusqu\u2019 alors.Patiemment, nous nous sommes mis à inventorier, classer, classifier ces registres de manière à constituer un premier instrument de recherche : un répertoire numérique.Ce répertoire allait permettre l\u2019accès d\u2019une partie de ces fonds6 aux chercheurs nationaux et étrangers.Ce travail, si modeste et humiliant soit-il, m\u2019a permis de gagner une crédibilité auprès du partenaire.Non seulement j\u2019avais réussi à motiver une collègue au travail archivistique, mais en plus, j \u2019 avais démontré qu \u2019 on pouvait faire quelque chose avec très peu de moyens financiers.Par ailleurs, ce premier répertoire -même provisoire - nous a été utile pour présenter des demandes de financement aux bailleurs de fonds : F AHN avait une réalisation concrète à son actif.Ce répertoire a été confectionné sur traitement de texte.Entre-temps, j\u2019avais sorti l\u2019ordinateur de son carton d\u2019origine et, à la demande du directeur, j\u2019ai entrepris de donner une formation à l\u2019utilisation du traitement de texte à mes collègues de travail.À la fin de la période, trois fonctionnaires de 1 \u2019 AHN maîtrisaient le WordPerfect sans difficulté.22 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Théorie et applications Le rôle du professionnel de la documentation dans un pays en voie de développement : l\u2019exemple de la République du Cap-Vert Du côté de la bibliothèque, les réalisations ont été moins spectaculaires.En fait, tant que la direction de l\u2019AHN ne faisait pas un choix définitif de partenariat entre la Bibliothèque nationale du Portugal -qui assurait la distribution du logiciel Porbase - et la BIEF (Micro CDS-ISIS de l\u2019Unesco), il n\u2019était pas question d\u2019entreprendre l\u2019informatisation.Après avoir pesé le pour et le contre, je me suis contenté de suggérer l\u2019adoption du système de Classification décimale universelle (CDU) dont la version brésilienne s\u2019appliquait harmonieusement à la réalité documentaire du Cap-Vert.Le travail de cotation des volumes de la bibliothèque a donc été initié sous ma supervision partielle.Phase 3 : septembre 1991 - mars 1992 Au cours de cette troisième phase, deux projets de financement de F AHN ont été acceptés.Le premier, de la SARDEP (coopération néerlandaise), nous a permis d\u2019effectuer l\u2019inventaire et le transfert des archives de l\u2019île de S.Anto, et le second, de V African Archives Museums Project (Fondation Ford), a fourni à F AHN les conditions matérielles qui ont rendu possible le traitement du fonds du Secretaria Gérai do Governo (1750-1926), le fonds sans doute le plus important de l\u2019administration coloniale portugaise au Cap-Vert.Toujours dans l\u2019esprit d\u2019assurer une crédibilité face aux bailleurs de fonds éventuels, F AHN m\u2019a demandé de mon-terune base de données surCDS-ISIS afin de répertorier tous les documents relatifs au Cap-Vert conservés à la bibliothèque.Cette base de données, bien que provisoire, a permis d\u2019établir des relations suivies avec la BIEF, relations qui allaient s\u2019avérer porteuses d\u2019espoir pour l\u2019AHN.Fort de son succès, F AHN a mis sur pied le Museu de Documentas Especiais, une division de FAHN qui, outre les cartes et plans, a pour mission de recueillir pour fins d\u2019exposition le patrimoine philatélique, onomastique et artisanale (pagnes traditionnels) du Cap-Vert.Là aussi, j\u2019ai monté - toujours à l\u2019aide de CDS-ISIS - une base de données pour la section des cartes et plans.I Phase 4 : avril - novembre 1992 Les tâches effectuées au cours de cette période s\u2019inscrivent dans la continuité de la précédente.Mais elles se sont diversifiées au fur et à mesure que 1 \u2019 équipe locale gagnait en autonomie ; de sorte que mon intervention a pris un aspect beaucoup plus technique, voire plus informatique.Mon intervention a également dépassé le cadre de l\u2019institution proprement dite car, au cours de la période, j\u2019ai été appelé à donner un appui - pour le compte de FAHN - à d\u2019autres institutions capver-diennes telles que, par exemple, la Marie de l\u2019île de S.Nicolau.Ma participation à des activités de formation s\u2019est intensifiée au cours de cette phase, tant au niveau des fonctionnaires de FAHN (formation informelle) qu\u2019au niveau national.En effet, de mars à novembre, FAHN a organisé le Curso de Técnicos Profissionais de Arquivos grâce à un financement de la coopération suédoise.Ce cours, qui avait comme objectif de former vingt archivistes pour l\u2019administration publique capverdienne, s\u2019adressait à des jeunes dont le niveau équivalait à notre secondaire V.J\u2019y ai dispensé un enseignement pratique (100 heures) en traitement documentaire.Phase 5 : décembre 1992 - mars 1993 Bien que mon contrat, d\u2019une durée de deux années, fût terminé, j \u2019 ai décidé - à la demande de FAHN - de le prolonger de quelques mois afin d'y poursuivre mon travail.En effet, nous avions obtenu le financement pour le traitement du fonds du Secretaria Gérai do Governo, et le partenaire, craignant que les échéances ne soient pas respectées, a insisté pour que j\u2019accomplisse la supervision de cette tâche jusqu'au bout.Au cours de cette dernière phase, j\u2019ai donc travaillé exclusivement à la confection d\u2019un instrument de recherche pour ce fonds.Cette tâche une fois achevée (du moins pour la partie qui me concernait), j\u2019ai pu quitter FAHN en toute sérénité.Conclusion : WÊÊÈm l\u2019évaluation S\u2019il m\u2019est permis de faire une évaluation positive de mon projet d\u2019appui institutionnel à FAHN, cela ne se rapporte pas aux connaissances techniques que j \u2019 aurais pu transmettre.Je n\u2019étais pas - et je ne suis toujours pas - un expert en documentation (dénomination utilisée dans le Système des Nations unies), mais un simple bibliothécaire-archiviste canadien qui, armé d\u2019une certaine pratique, a séjourné quelque temps dans un pays en développement à titre de coopérant volontaire du CECI.Mon rôle au sein de FAHN, beaucoup plus qu\u2019un rôle de transmission d\u2019un savoir-faire, a surtout été celui d\u2019un « dynamisateur » qui, par l\u2019exemple, a motivé une équipe au travail documentaire.Et quand on sait combien gagnent les fonctionnaires dans un pays en développement comme le Cap-Vert (75 $ par semaine, pour les techniciens, et 125 $ pour les professionnels), on peut comprendre que ce rôle n\u2019allait pas de soi.Au-delà de ces considérations, les indicateurs suivants permettent une évaluation plus concrète du projet.A mon arrivée à FAHN en novembre 1990, aucun document d\u2019archives n\u2019avait fait l\u2019objet d\u2019un traitement, même sommaire.A mon départ, près de 4 kilomètres d\u2019archives ont été traités (traitement sommaire et provisoire, répertoires numériques, listes, etc.).A mon arrivée, FAHN ne disposait que d\u2019un seul ordinateur, lequel reposait dans son carton d\u2019origine.A mon départ, on se bousculait tellement pour l\u2019utiliser que le partenaire a été obligé de faire l\u2019acquisition d\u2019un second micro-ordinateur.A mon arrivée, le transfert des archives au dépôt central de Praia n\u2019était qu\u2019un projet dont les réalisations, faute de financement, n\u2019étaient prévues qu\u2019à long terme.A mon départ, les archives de l\u2019île de S.Anto reposaient déjà dans un magasin du dépôt et la nouvelle d\u2019un financement de ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 23 Théorie et applications Le rôle du professionnel de la documentation dans un pays en voie de développement : l\u2019exemple de la République du Cap-Vert T Unesco (décembre 1992) allait permettre la réalisation du projet pour 1993-1994.A mon départ de l\u2019AHN en mars 1993, des accords ont été signés avec la BIEF pour faire de la Biblioteca deApoio aoArquivo une bibliothèque d\u2019envergure nationale.De plus, un second projet du CECI allait y adjoindre une ressource humaine.L\u2019accomplissement de ce qui précède est le résultat du travail de toute une équipe, travail que j\u2019ai certes contribué à accomplir mais dont, en fin de compte, je ne suis que l\u2019initiateur.Bien que j\u2019aie quitté l\u2019AHN en mars 1993, je suis resté au Cap-Vert une année supplémentaire afin d\u2019occuper un poste administratif au sein du CECI.De temps à autre, il m\u2019arrive de faire une visite à mes anciens collègues.Récemment, j\u2019y suis allé et, un peu à regret, j\u2019ai constaté qu\u2019on se passait très bien de moi.Le rôle d\u2019un professionnel de la documentation en pays de développement, ce n\u2019est d\u2019ailleurs peut-être que cela:faire en sorte que, le plus rapidement possible, on n\u2019ait plus besoin de vous.Notes 1\tLe CECI est une organisation non-gou-vemementale qui, en plus de produire des études techniques et de dispenser des formations dans le domaine du développement international, compte plus de 300 coopérants volontaires dans les pays d'Afrique, d\u2019Amérique du Sud et d\u2019Asie.2\tOn prendra note que le terme portugais « arquivo » (archives) est employé au masculin singulier.3\tRepublica de Cabo Verde.Boletim Oficial, 4o Suplemento, n° 53 (Sabado, 31 de Dezembro de 1988), pp.1-7.4\tEntre autres, ceux de Carol Couture et de Jean-Yves Rousseau (Les archives au XXe siècle), de Victorin Chabot et al.(Les instruments de recherche pour les archives) et les travaux du Conseil canadien des archives.5\tMaria Fernanda Mouta.O Arquivo: termos, conceitos e definiçes.Viseu (Portugal), Govemo Civil de Viseu, 1989.6\tAu Cap-Vert, comme dans d\u2019autres pays lusophones, on établit souvent une distinction entre les « registos » (registres) et les « papeis avulsos » (littéralement, feuilles volantes.).Les premiers renvoient aux archives reliées en registres telles que la correspondance expédiée, les hvres comptables et tout ce qui procède d\u2019une énumération (registres d\u2019esclave, de vagabond, etc.), et les seconds aux archives « hbres » contenues dans des chemises.¦ (PERIC AGENCE INT INTERNATIONAL D\u2019ABONNEMI Au service des collectivités et des bibliothèques i depuis 1946\tIDICA) ERNATIONAL E SUBSCRIPTION ENTS AGENCY \u2022\tLes spécialistes de la gestion d\u2019abonnements |\t\u2022 Un catalogue de 10,000 titres \u2022\tDes liens avec 2,500 éditeurs à travers le monde \t 24 ARGUS / Hiver 1993-94, Voi.22, n° 3 The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and Europe Marcos Silva Computer Services Librarian Reference Department Humanities and Social Sciences Library McGill University Techno-Express The growth of the Internet, a worldwide network of networks, is exponential : growth estimates using computer host address records range from 9% to 15% a month (Lottor, 1993; Deutsche, 1993).Estimates on the number of users linked to the Internet are similarly growing in an exponential manner ; it is believed that perhaps as many as 25 million users have some form of access to Internet services and resources.Also indicative of the Internet\u2019s phenomenal growth is the increasing heterogeneity of the user population.Whereas but a few years ago the Internet was used exclusively by the research, government, and academic communities, today its user base includes school children, business persons, and the public.For example, it is estimated that over 600 000 school children in the United States used the Internet to supplement their curricular activities during the 1991 -1992 school year (Itzkan, 1992, p.1).It is the recentness of the Internet that makes its growth appear astonishing.McGill University gained Internet connectivity sometime in late 1989.Its general student population had full access only in 1991.The literature on the Internet also follows this pattern.Prior to 1989, articles on the Internet were mostly technical and of interest to a limited audience.Today, a cursory search for monographs and periodical articles retrieves a wealth of information directed at a far less technically oriented audience.For instance, in 1992, at the time of publication of The Internet Companion : a Beginner\u2019s Guide to Global Networking by LaQuey and Ryer, there were only three books available on the Internet and this work was the only trade edition (LaQuey, personal communication, January 3,1994).Today there are over 30.Moreover, when attempting to publish the work, LaQuey and Ryer received mostly negative replies from publishers.Sales of the work, however, far surpassed Addison-Wesley\u2019s expectations and The Internet Companion continues to enjoy brisk sales.These developments have placed significant pressures on national policy makers to upgrade existing networks by developing and implementing high-speed telecommunication networks.Indeed, every major industrial nation has plans to upgrade its telecommunication networks and significantly increase its user population.It is not surprising to find the private sector forcefully arguing for its increased participation in the development and creation of these new networks.Background The Internet was originally conceived as an experimental network to support research undertaken by the United States Department of Defense and its contractors, under the sponsorship of the Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA).ARPANET, the precursor of the Internet, was designed to provide interactive communication among computers through the use of remote login, transferring of files and resources, and electronic mail.It is interesting to note that although electronic mail is currently one of the most widely used Internet protocols, it was implemented as an afterthought within a couple of years after the development of other protocols, namely Telnet (an Internet protocol that allows users to manipulate interactively a remote computer) and file transfer protocol (FTP, whereby a user is able to send or retrieve files from a remote computer to a host computer).Two researchers at Bolt, Beranek and Newman, developed the protocols necessary for electronic mail over the ARPANET because they thought it useful to send messages over the network to each other.In the development of ARPANET in 1969, researchers had to contend with two primary problems.First, because most host computers operated autonomously, their software had to be reformatted to allow for remote access and interaction.Second, a method had to be found to permit access from general-purpose computing centres to more specialized computers.Accordingly, ARPANET, the first « packet-switched, store-and-forward, host-to-host digital network of computers » was bom (Lynch and Rose, 1993, p.4).Only four computer hosts were initially interconnected.Packet-switching was a concept originated in 1964 by Paul Baran of the Rand Corporation.In packet-switching networks, ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 25 Techno-Express The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and Europe each file is broken into packets with each packet assigned a unique address.During transmission, individual packets have no pre-determined route ; each packet will be sent according to the most efficient, and possibly different, route possible.On their arrival, the packets are reassembled into their proper sequence.By 1971, the ARPANET had 23 host computers increasing to 111 in 1977 (Hart, Reed, & Bar, 1992).The first public demonstration of the ARPANET took place at the International Conference on Computer Communications in October 1972.By the mid-seventies, other networking technologies based on ethernet or packet radio were being developed.A need arose to interconnect different networks based on different technologies while making the interconnectedness appear seamless and transparent.In essence, the objective was to create a technology that would interconnect autonomous networks functioning under different standards into one virtual network.These technologies are called protocols, and networks interconnected via these protocols comprise the present day Internet.The initial protocol was called, naturally, Internet Protocol (IP).Again, the motivation for implementing more flexible and advanced protocols came from the Defense Advanced Research Projects Agency, who hired one of the principal architects of the ARPANET, R.E.Kahn, to create a protocol that could support «.further applications of packet switching in different media and the problem of integrating these different manifestations of packet switching into a coherent whole for military applications » (Lynch and Rose, 1993, p.80).Basically, IP provides for the transmission of datagrams from a host computer to a remote computer through different gateways and, when needed, networks.Again, each packet has an address and is reassembled once it reaches its destination.IP, however, could not supply the reliability required from researchers at Department of Defense (DOD) ; packets were lost or sent multiple times.For that reason, an additional protocol was created, the Transmission Control Protocol (TCP).The Transmission Control Protocol assures that packets are not lost by retransmitting the data until they arrive at their destination and by detecting and destroying duplicate packets.Internet Protocol and TCP and a suite of other protocols are usually called TCP/IP.The first experimental network functioning directly under TCP/IP was developed in 1977.In 1978, TCP/IP was declared the preferred Internet protocol suite (Lynch and Rose, 1993, p.10).By 1982, the Defense Communications Agency, which had taken over administration from D ARPA, mandated that all computer hosts connected to the Internet had to function under the TCP/IP protocol suite by January 1, 1983, the day usually cited when speaking about the advent of the modern day Internet (Quarterman, Phillips and Carl-Mitchell, 1993, p.2).As a result of D ARPA\u2019s funding of Berkeley Unix, it was easy to incorporate TCP/IP into the UNIX kernel.Another decision to make that version of UNIX freely available to all computing sites running under UNIX further assured the expansion of the TCP/IP suite.Today, all UNIX versions contain TCP/IP in their kernel.Because of the ubiquitousness of TCP/IP, other manufacturers such as DEC or IBM also support TCP/EP interconnection services.Increasing concerns over security, caused the DOD in 1983 to split military applications from the ARPANET.This new network was called MILNET.ARPANET continued to support research and development of most non-military applications.Gateways were built to offer connection between the two networks.MILNET was composed of sixty computer nodes while ARPANET retained forty.Parallel to these events, the National Science Foundation (NSF) of the United States received approval from Congress to create five supercomputing centres that were completed in 1985-86.Building these centres entailed great expense, making it untenable to build centres at each research institution.To allow researchers access to these computing resources, the NSF decided to create networks linking the centres to remote users (Krol, 1992, p.12).At first, it was thought that the new NSF network could be built on the back of the ARPANET.However, because of delays arising from acquisition procedures in the DOD, the NSF decided to build the network independently from DARPA (Hart, Reed and Bar, 1993, p.672; Krol.1992, p.12).In 1988, ^ Requestfor Proposal to build the network was awarded to three companies : Merit Inc., IBM and MCI.By the middle of 1988, the new backbone was established.Similar to the ARPANET, the NSF network decided to use the TCP/IP suite of protocols.Their decision was based on the belief that the new Open Systems Interconnections (OSI) protocols were not fully reliable.Because of the higher telecommunication lines of the new NSF backbone, T1 (1.5 Mbps) versus the ARPANET\u2019S 56 Kbps, the decision was made by the DOD to abolish the ARPANET ; the network could not meet the demands made upon it (Lynch and Rose, 1993, p.12).In other words, it ceded its place to the NSF backbone, which with other networks from NASA and the Department of Energy, became the de-facto Internet.By 1989, 200 universities and 516 networks were interconnected (Hart, Reed and Bar, 1993, p.673).The establishment of high-speed networks based on the TCP/IP protocol suite by most of the major Canadian universities in 1984, marks the beginning of the development of the Canadian component of the Internet.Interconnections among these new networks and the new NSF network, or Internet, became apriority (Bjerring, 1992).The development of regional or provincial networks, also based on the TCP/IP suite, advanced at a slower pace.By 1988, only three provinces had fully operational networks : British Columbia (BCnet), New Brunswick (NBnet), and Ontario (ONet).Quebec\u2019s regional network, le Réseau interordinateurs scientifique québécois (RISQ), was established in 1989 and is administered by the Centre de recherche informatique de Montréal.Establishing interconnections among regional networks became an even more 26 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Techno-Express The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and Europe urgent priority.The development of a national high-speed telecommunication backbone that would interconnect all regional networks and offer gateways to the NSF network was given impetus as a result of a partial subsidy given by the National Research Council (NRC).This resulted in the creation of CA*net Networking Inc.in 1990, which has the responsibility to oversee and administer Canada\u2019s telecommunication backbone (Cleveland, 1992).CA*net, therefore, acts as Canada\u2019s information highway and offers its users access to the worldwide Internet.The development of national highspeed networks The phenomenal growth of national highspeed networks comprising the Internet, has prompted policy makers to examine the impact that this development has and may have on research, industry, and education.In the United States, former Congressman and current Vice-President Albert Gore, has been one of the main advocates in efforts to upgrade existing networks.In fact, current projects in the United States can be traced directly to legislation tabled by Gore during his tenure as Senator.Gore\u2019s advocacy of the need for high-speed networks arises from the belief that advances in telecommunications are essential for a nation to preserve and secure its economic competitiveness in the international marketplace (Gore, 1992 ; McClure, Bishop and Doty, 1991; United States, Office of Science and Technology Policy, Director, 1992; United States, Congress, Senate, 1991).His initiative in the development of highspeed networks and computing has been closely watched and followed by other nations, particularly Japan and those of the European Community.Japan and Europe The Japanese Universities\u2019 Network (JUNET) is the major public high-speed network in Japan.Its primary objective is to promote greater resource sharing and communication among researchers in Japan and elsewhere.It supports a parallel experimental network called SIGMA that was conceived as a testbed for new technologies and distributed processing research (Canadian Network for the Advancement of Research, Industry, and Education Business Plan Working Group, 1992, Appendix A, p.xii).Interconnections to other national networks in North America and Europe are made via JUNET.Another Japanese initiative is the National Center for Science Information Systems (NACSIS).It interconnects Japanese university computing centers via a network called the Science Information Network.Its goal is to provide researchers with an efficient means to share scarce supercomputing resources.It also aims to give the research and educational communities better access to information resources.Services such as real-time video, voice, full text, and graphics are being developed and integrated into the network.Of particular interest to librarians and information professionals is the emphasis placed on the development of the information infrastructure by the administrators of the project.Research on and development of resources such as electronic libraries, large scale transaction systems, and information retrieval of full text databases are being fully supported (Inose, 1992, p.2).It is not surprising, therefore, to find U.S.President Bill Clinton citing Japanese initiatives as justification for greaterU.S.investment on more advanced networking technologies (Clinton, 1992).The European program is called the Cooperation for Open Systems Interconnection in Europe (COSINE).It was originally organized as a consortium of 18 European countries and the Commission of the European Communities (CEC).Similar to JUNET and NACSIS, COSINE aims to create a pan-European telecommunication infrastructure for education, business and government.Funding is made through the CEC and individual European countries.The resulting network is to be called EuropaNET.Two developments make EuropaNET a unique initiative.First, EuropaNET will offer European researchers the first truly pan-European telecommunication backbone.Until very recently, this has been a near impossibility; use of different telecommunication protocols by the European Community made the interconnection of national networks difficult.A second development arising from the establishment of EuropaNET is the extension of networking services to East European countries such as Poland, Hungary and the Czech and SlovakRepublics.As aresult, researchers in these nations will be able to join the evolving virtual research community.United States In the United States, Gore\u2019s initiative resulted in legislation that established the necessary infrastructure to develop and implement a new high-speed network, namely the High-Performance Computing Act of 1991 (P.L.102-194).The blueprint for action is outlined in the Act by the establishment of the High Performance Computing and Communications Program (HPCC).The HPCC will fund research and development for the creation of new computing and telecommunication technology.The telecommunication infrastructure arising from the above program is called the National Research and Education Network (NREN), one of four principal components of the HPCC '.The NREN has four primary objectives : -\tto establish a gigabit network for research, education, business communities and to foster its most widespread use ; -\tto provide a testbed for the development of advanced networking technologies and to accelerate their application and use ; -\tto catalyze the deployment of a highspeed general purpose digital information highway for the nation ; -\tto support and enable the success of the other components of the High-Performance Computing and Communications Program.Of interest is that the above vision is to be built upon the existing NSFnet.In fact, ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 27 Techno-Express The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and Europe key sections of the existing NSFnet, or the U.S.component of the global Internet, have been upgraded to operate at 45 million bits per second (Tl).The goal is to revolutionize without delay the ability of researchers, scholars and government officials to carry out collaborative research and education activities regardless of temporal or spatial constraints.The collaboration arising from the above network is viewed as the bedrock and foundation upon which the new national information highway will be built (Cerf, 1993, p.l ; Hunter, 1992, p.23).The new Clinton administration, in an effort to ensure the rapid evolution and implementation of the HPCC initiative, has launched a new program called the National Information Infrastructure (Nil).Essentially, the Nil is the Clinton Administration\u2019s first attempt at defining its vision of the upcoming gigabyte network.Of interest is the NIT s call to extend universal access so that information resources are equitably available to all citizens at affordable prices (United States, Commerce Department, National Telecommunications and Information Administration, 1993).Continued user exponential growth, therefore, is virtually assured.The American Library Association (ALA), cognizant of the impact that gigabyte networks will have on the provision of information services, has lobbied effectively for the inclusion of library concerns in the NREN implementation plans2.Not surprisingly, libraries are cited as a key component in the definition of the NREN3.Of particular interest is the ALA\u2019s statement that « inclusion of libraries in [the] Act must be translated into library involvement in the operation of the network » and « increase [ d] library participation on advisory structures » (American Library Association, 1992, p.A-12).Given the effectiveness of the ALA\u2019s lobbying efforts, it is safe to assume that American libraries will continue to enjoy a high-profile during the development and implementation of the NREN.Canada and Quebec The Canadian Network for the Advancement of Research, Industry and Education (CANARIE) can be viewed as Canada\u2019s proposed national electronic highway.Unlike the NREN, however, CANARIE is not the result of legislation.The catalyst for CANARIE came from a federal department, Industry Science, and Technology Canada (ISTC), that commissioned a feasibility study in 1989 to examine the possibility of establishing a state-of-the-art research network (J.F.Hickling Management Consultants, 1989 ; Bjerring, 1992).The study concluded that « The proposed Network is feasible in terms of the economic, technical, and implementation aspects » and that the Network «.be implemented quickly in order to capture the maximum benefit for users in the research development, and education communities, and to capture the \u2018window of opportunity \u2019 for the information technology industry » (I.F.Hickling Management Consultants, 1989, p.x).After a meeting in 1990 where sixty leaders from the Canadian research, education, and government communities met to discuss the feasibility of the project, it was decided that the project should be a collaborative endeavour between the private and public sector and, similar to the NREN, it should be built upon the existing telecommunication infrastructure, namely the regional networks and CA*net.In 1991, ISTC sponsored the Network Organization Conference.Participants agreed to create a committee and four working groups with a mandate to establish plans for the creation of a research network.Business, Governance, Marketing, and Network Architecture were the first working groups (a fifth group, Regional Networks Upgrade and Economics Benefits Working Group was created at a later date).Briefly stated, the primary objective of the working groups was to detail the infrastructure needed to implement the network by January 1, 1993 (Silva and Cartwright, 1992, p.6).Essentially, the project aims to expand Canada\u2019s existing telecommunication backbone, CA*net, which serves to interconnect the ten provincial networks (Canadian Network for the Advancement of Research, Industry, and Education Business Plan Working Group, 1992; CANARIE Associates, 1992).The goals and objectives of CANARIE reflect many concerns found in the drafting of the NREN, namely : -\tto enhance the competitiveness of the Canadian business community through the development and use of state-of-the-art communications networks ; -\tto provide an environment in which the Canadian information technology industry, and in particular, those smaller firms which have traditionally faced significant access to barriers to both technology and markets, can accelerate the development of future generations of open networking technologies, products, applications, software and services ; -\tto support more effective research, development and education through enhanced collaboration and access to information resources worldwide (CANARIE Associates, 1992, p.9).And.similar to the NREN, CANARIE views the educational community at universities, colleges, public and private schools, and libraries as one of the primary groups comprising the target market (CANARIE Associates, 1992, p.D-5).In addition, library users offer the second largest potential CANARIE organization group, schools being the largest.As stated in the CANARIE Associates CANARIE Business Plan : « Libraries area potential market for researchers employed by the library, as well as other researchers using library services » (1992, p.D-6).The possible impact arising from the advent of gigabyte networks on the provision of information and library services will be profound (Brownrigg, 1990).Access to bibliographical and full text databases, real-time communication, virtual libraries and video conferencing are but a few of the evolving applications.Many trends have already made a significant impact : electronic publishing, electronic document delivery, and the bypassing of private vendor databases for bibliographical verification and cataloguing.28 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Techno-Express The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and Europe However, full potential use of network resources and services remains problematic.Upgrading of broadband services, for instance, lags behind U.S.efforts.Whereas the NSFnet has upgraded its Internet Unes to T3 speeds (45 megabits per second) and plans to implement speeds up to 155 megabits per second as soon as possible, CANARIE\u2019s three phase network implementation approach plans to upgrade CA*net lines to T1 (1.54 megabits per second).T3 broadband services will be available at the completion of phase 2 (1995-1997), (CANARIE Associates, 1992, p.49).T1 speed is simply too slow for many of the potential and needed applications demanded by users of the network.Furthermore, Canadian and Quebec public lobbying efforts for greater equitable access to the network has trailed U.S.efforts.Consequently, the debate in the U.S.whether the NREN is to be a fully public or private network is simply absent in Canada ; although CANARIE will receive substantial government funding and support, it will be developed primarily by the private sector.CANARIE has, therefore, traditionally emphasized the academic and business communities to the disadvantage of the K-12 and general public communities.However, new lobbying initiatives from the public and education sector are underway.The Freenet movement is indicative of these new initiatives.Simply defined, Freenets are public community telecommunication networks that do not charge user fees.They are an outgrowth of the National Public Telecomputing Network (NPTN), a research project conducted at Case Western University.The NPTN is a nonprofit organization that works to ensure the provision of « free » and equitable electronic information and telecommunication resources and services to the general public.All members of the community are able to access and use the network.Most importantly, the system is under the administration and supervision of the community ; most of the network support is provided on a community-wide volunteer basis.Perhaps the best known Freenet is the Cleveland Freenet, which in 1986, became the first fully operational community network.By offering access to the Internet, the Cleveland Freenet makes publicly available resources that are deemed valuable to the public at large : databases, file transferprotocol, electronic mail, etc.School librarians and K-12 educators find the Freenet particularly valuable because of its flexibility in introducing students to electronic resources and databases.Moreover, « via community computers, school systems finally have a cost-effective way to teach telecomputing to their students, thereby sending a new generation of information-literate citizens into the workforce » (National Public Telecomputing Network, 1993).And perhaps it is because of this reason that educators and public and school librarians have been particularly active in the Freenet movement.Freenets are now active in Ottawa and Victoria.Freenet committees have been established in Toronto and Montreal.A lobbying effort that, if successful, will have a significant impact on school and public libraries, is the Canadian Educational Networking Coalition (CENC) whose aims closely resemble those of K-12 network lobbying groups in the U.S.This new group is attempting to represent K-12 educational networking interests across Canada and will be submitting a formal project to CANARIE for the development of a network to support K-12 education and research (Bums, 1993).At the founding meeting of the CENC on May 20, 1993, participants included federal and provincial representatives, educational research centers and institutions, and private industry.Of interest was the participation of CANARIE Inc.along with the federal department Industry, Science and Technology Canada (ISTC) which gave support to the idea of establishing a number of committees to oversee efforts to promote greater K-12 networking.Of these committees, the CANARIE Application Committee will attempt to offer support to schools and educational institutions that present funding applications to CANARIE Inc.An endeavour that has found support from CENC is the British Columbia CANARIE Education Applications Consortium initiative called the Canadian Online Exploration and Collaborative Environment for Education (COECEE) development project proposal.In essence, the proposal aims to enable any Canadian «to enjoy enhanced and equitable access to the best distance education, training and learning opportunities » (Hoebel, 1993).Of especial interest is that the introductory COECEE system will attempt to offer tele-learning and tele-tutoring services through software based on the Virtual Interactive Environment for Workgroups module to be developed with the Open Learning Agency and Simon Fraser University (Hoebel, 1993).Consequently, the COECEE project offers CANARIE the opportunity to extend its services and resources to the K-12 community.Or, as stated by Hoebel, « the ability of the COECEE system to extend the reach and accessibility to advanced information, communication and learning resources will offer an effective complement to CANARIE\u2019s existing thrusts to upgrade backbone networks and to develop advanced test network facilities » (1993).The project, therefore, is attempting to deal with an environment where several mutually beneficial developments are taking place : the exponential growth of the Internet, the growth of Canada\u2019s telecommunication networking infrastructure arising out of the CANARIE initiative, and most important, the growing interest by Canadian educators, researchers, and librarians in gigabyte networking.One last initiate that will likewise have a significant impact on the provision of school and public library services is Canada\u2019s SchoolNet Project.SchoolNet is a collaborative project sponsored by the federal government, business, library and educational communities.The Canadian federal government has committed approximately $1.6 million for the 1994-95 year.An additional $100,000 has been donated by Canada\u2019s fullservice telephone companies.Other sponsors include Industry and Science Canada, provincial and territorial ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 29 Techno-Express The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and Europe ministries of education, and businesses.Perhaps of critical importance is the participation and support of Canadian companies involved in information and telecommunication technology research.CA*net Networking Inc., CANARIE Inc., Apple Canada, and le Réseau interordinateurs scientifique québécois, to name a few, are active participants.Simply put, SchoolNef s primary objective is to equip Canadian schools with the capability to connect to regional, national, and international networks.The above objective aims to support student access to online information, offer educators the resources needed to improve classroom instruction and school curricula, and promote greater communication among local, provincial, and federal administrative educational agencies.During its start-up year, SchoolNet plans to interconnect 300 schools that have the requisite telecommunication technology to link to the network.Schools will access SchoolNet resources through the Internet, courtesy of CA*net.Conclusion Libraries and information centres have a crucial role to play in the support of current network resources and in the implementation of future gigabyte networks.There are a number of reasons, both historical and existing, to promote library participation and investment in the creation of the Canadian information highway.First, libraries have been pioneers in providing users with access to electronic data.The development of the NREN and CANARIE permits both academic and public libraries to continue this trend.Indeed, with CANARIE, school and public libraries are presented with an unparalleled opportunity to offer new services and resources to their patrons.Furthermore, the need for library mediated services and database searching is diminishing.Instead, patrons are increasingly demanding help and instruction on how to access and navigate the Internet.This will become increasingly more evident as the Internet user population grows as a result of Freenets and K-12 connectivity.It is no surprise, therefore, to find a growing need on the part of the public for instruction on how to manipulate the retrieved data.It is possible to discern a trend where the role of the librarian is evolving from mere data provider to provider of data analysis.In turn, this evolution demands a complete new set of talents and abilities.Lastly, librarians and information workers must deal with an environment where the information is dynamic and unstable.Electronic information may be ephemeral in nature, may undergo rapid revisions, and may disappear with the shutdown of an archive site.In addition, it may be impossible to ascertain the original archival copy of any document or file.Questions of data integrity, copyright, and publishing are and will remain of foremost importance.In conclusion, high-speed networks offer librarians and information workers the possibility for continued growth and innovation.These opportunities are not without cost and demand the investment of scarce human and financial resources.Still, the nature of information access, retrieval, and manipulation has radically changed.Users are also demanding new services and skills.Perhaps even more unsettling is the speed at which these changes are occurring.Nevertheless, these trends are opportunities and have the potential for a radical restructuring of the profession.This in turn may result in greater professional relevancy and academic and community participation by librarians.Notes 1\tThe four components of the High-Performance Computing and Communications Program are : High Performance Computing Systems (HPCS), Advanced Software Technology and Algorithms (ASTA), National Research and Education Network (NREN), and Basic Research and Human Resources (BRHR).2\tThe ALA has lobbied for : -\tinclusion of all types and sizes of libraries as network access points ; -\tinclusion of all types and sizes of libraries as network information providers ; -\thigh-capacity NREN connections throughout all states and territories ; -\trecognition of education in its broadest sense as a reason for development of the NREN; -\ta voice for libraries in the development of network policy and technical standards ; -\tuse of the network for government information dissemination ; -\tinclusion of library and information science in the education and training component.More generally : -\ta wide diversity of users and uses ; -\tequity of access ; -\taffordable and predictable costs for access ; -\tinteroperability and ease of use ; -\tscalability and extensibility ; -\tmultimedia capability ; -\tfederal incentives to encourage broad access ; -\ta meaningful voice for involved constituencies.(American Library Association, 1993.p.A-10).For a review of lobbying efforts by the ALA, see McClure, Bishop, and Rosenbaum (1991, PP- 30-34).3\t« The Network is to provide users with appropriate access to high-performance computing systems, electronic information resources, other research facilities, and libraries.The network shall provide access, to the extent practicable, to electronic information resources maintained by libraries, research facilities, publishers, and affiliated organizations » (United States, Congress, Senate, 1991, sec.102b).30 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Techno-Express The evolution of the Internet and national high-speed networks in the United States, Canada, Japan and 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internationalisation France Bouthillier Professeure adjointe Graduate School of Library and Information Studies McGill University Gestion-Action Dans un contexte où les gouvernements négocient des accords de libre-échange tels que F ALEN A (Accord de libre-échange nord-américain), où l\u2019on assiste à une libéralisation sans précédent du commerce mondial avec le récent accord du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), et où les entreprises se doivent de conquérir les marchés mondiaux, l\u2019internationalisation et la globalisation de l\u2019économie sont des réalités de plus en plus tangibles.Ces développements au niveau international modifient les économies nationales et entraînent des changements énormes dans les milieux d\u2019information.Au Canada, tout comme dans les autres pays industrialisés, l\u2019internationalisation va de pair avec un environnement fiscal et technologique de plus en plus complexe avec lequel les organisations doivent composer.Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de consensus sur les causes et les conséquences de ces changements, puisque les relations de cause à effet soulèvent bien des débats, l\u2019internationalisation semble accentuer le passage d\u2019une économie traditionnelle de type industriel vers une économie basée sur l'information.En principe, l\u2019information serait, plus que jamais, la ressource stratégique permettant aux entreprises de conquérir les marchés internationaux, ce qui devrait favoriser les milieux d\u2019information.Mais qu\u2019en est-il exactement pour les bibliothèques ?En quoi la nouvelle valeur de l\u2019information favorise-t-elle leur développement et, plus spécifiquement, qu\u2019advient-il de leurs ressources financières ?Le but du présent article est d\u2019examiner, dans un premier temps, les changements associés à l\u2019internationalisation, pour comprendre ensuite les nouveaux enjeux en matière d\u2019information.Compte tenu de ce contexte, nous discuterons des problèmes spécifiques qui se posent en termes de gestion financière pour les bibliothèques.Enfin, nous résumerons les questions importantes à considérer afin de gérer les budgets des bibliothèques dans un environnement marqué, à la fois, par la croissance des besoins d\u2019information et par la décroissance des budgets.L\u2019internationalisation et quelques paradoxes L\u2019internationalisation, au niveau économique, signifie principalement la suppression de barrières tarifaires afin de faciliter le commerce et les échanges internationaux.Au Canada, le libre-échange avec les États-Unis, et maintenant avec le Mexique, a été présenté par les gouvernements comme la seule voie permettant d\u2019assurer la croissance économique.Par ailleurs, la chute du socialisme dans les pays d\u2019Europe de l\u2019Est, suivie de la libéralisation de leurs économies, le développement économique en Asie du Sud-Est ainsi que les tentatives de créer une union monétaire au sein de la Communauté européenne, laissent présager une mondialisation des marchés qui était jusqu\u2019à maintenant impossible à imaginer.Ces changements devraient non seulement assurer une croissance économique stable, mais augmenter le pouvoir d\u2019achat des consommateurs en leur donnant accès à des produits de meilleure qualité et à de meilleurs prix, résultant de la concurrence entre les entreprises sur le plan international.Les conséquences positives de ces changements ne se manifestent malheureusement pas de façon évidente.Le nouvel ordre économique s\u2019accompagne d'une profonde restructuration de la production mondiale et se remarque, par exemple, par le fait que beaucoup d\u2019entreprises autrefois établies au Canada ont maintenant installé leur production dans d\u2019autres pays.La venue de nouvelles entreprises au Canada et l\u2019importation de nouveaux produits sur le marché canadien ont compromis la survie de plusieurs entreprises.Par ailleurs, au sein des organisations, on a procédé à d\u2019énormes modifications afin d\u2019améliorer la productivité : omniprésence des ordinateurs, systèmes-experts, télécommunications et, bien souvent, robotisation.Selon Alvin Toffler (1990), l\u2019information, la connaissance, le savoir-faire sont devenus les moyens indispensables pour rivaliser sur le plan international, et il suggère que l\u2019on est en train d\u2019assister à une révolution comparable à la révolution industrielle.Or, au moment ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 33 Gestion-Action La gestion financière des bibliothèques à l'heure de l'internationalisation où les entreprises n\u2019ont jamais eu autant de moyens technologiques pour augmenter leur productivité, paradoxalement, la récession économique se poursuit à l\u2019échelle mondiale.Bien que cette récession ne peut s\u2019expliquer à elle seule par l\u2019internationalisation, le nouvel ordre économique ne se fait pas sans heurts.Au Canada, on évalue à plus de 1,5 million, le nombre de chômeurs, suite aux nombreuses fermetures d\u2019entreprises et réductions de personnel.Cette situation fait en sorte que les revenus des gouvernements provincial et fédéral demeurent stagnants, et les déficits gouvernementaux s\u2019accumulent.La dette nationale ne cesse de croître, et au Canada, tout comme dans les pays industrialisés, les programmes sociaux sont réévalués de fond en comble alors que le fardeau fiscal des contribuables n\u2019 a jamais été aussi lourd.Bien que les besoins de formation et de recyclage de la main-d\u2019œuvre n\u2019aient jamais été aussi grands compte tenu des nouveaux défis, le secteur de l\u2019éducation est en crise.Au Québec, les lois 102 et 198 autorisent gel des salaires, réduction des avantages sociaux, réduction des effectifs et des subventions gouvernementales.Au niveau municipal, plusieurs municipalités du Québec ont décidé de geler le compte de taxes et envisagent des changements importants en termes d\u2019offre de services.En somme, à l\u2019heure de l\u2019internationalisation, autant dans le secteur privé que public, la notion qui revient constamment est celle de « rationalisation ».Mais en quoi cette restructuration économique, ayant d\u2019importantes répercussions sociales, affecte-elle les milieux d\u2019information?Qu\u2019est-ce cela signifie en termes de besoins d\u2019information pour la population en général ?Bien que les conséquences de l\u2019internationalisation commencent à peine à être évaluées, on peut globalement identifier trois tendances : les clientèles qui expriment des besoins d\u2019information se diversifient ; les besoins d\u2019information, par conséquent, augmentent ainsi que les sources d\u2019information ; et enfin, le besoin de moyens technologiques, pour gérer et repérer de plus grandes quantités d\u2019information plus rapidement, s\u2019intensifie.Besoins d\u2019information et conquête internationale Dans un contexte où les gouvernements et les entreprises cherchent à investir et à exporter davantage dans d\u2019autres pays, l\u2019information relative à ces nouveaux marchés sur les plans économique, commercial, technologique, etc.devient essentielle.Par ailleurs, la compétitivité des entreprises étant un enjeu majeur, la recherche et l\u2019information permettant d\u2019améliorer la productivité est indispensable.Ainsi, les besoins d\u2019information des gouvernements et entreprises devraient croître de façon importante, et on pourrait croire que le stockage et le repérage de l\u2019information sur support électronique permettraient de répondre adéquatement à ces nouveaux besoins.Malgré les tentatives de stocker davantage d\u2019information sur support électronique, on constate toutefois qu\u2019environ 95% de toute l\u2019information utilisée dans les entreprises, par exemple, est toujours imprimée (Frappaolo, 1993).Les réseaux informels de communication (par exemple, contacts personnels, rumeurs, etc.) demeurent également un moyen priviligié dans le milieu des affaires pour accéder à des informations stratégiques de nature scientifique, technique et financière, et les spécialistes de l\u2019information ainsi que les centres de documentation ne sont pas nécessairement plus sollicités.En ce qui concerne les individus, l\u2019internationalisation exige des compétences et connaissances nouvelles pour ceux et celles qui détiennent ou qui détiendront des emplois.Dans le domaine de l\u2019éducation, on remarque des efforts pour créer des programmes de formation permettant aux étudiants de s\u2019ouvrir sur le monde et de comprendre les enjeux internationaux.Les bibliothèques œuvrant dans le monde de l\u2019éducation doivent ainsi répondre à ces nouveaux besoins en ajustant le développement de leurs collections.Par ailleurs, les changements dans l\u2019emploi entraînent des besoins de recyclage chez les individus qui devraient, en principe, utiliser davantage les services de bibliothèques publiques, collégiales ou universitaires.Bien que ces nouveaux besoins d\u2019information soient réels, il est difficile d\u2019évaluer s\u2019ils sont effectivement exprimés, puisque des compressions budgétaires ont marqué le développement des bibliothèques depuis les années 80, ce qui n\u2019a pas toujours permis l\u2019adaptation ou l\u2019introduction de nouveaux services d\u2019information.Evaluer dans quelle mesure les bibliothèques répondent, par exemple, davantage aux besoins d\u2019information des personnes en recherche d\u2019emploi demeure ainsi difficile.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019internationalisation coïncide avec l\u2019introduction des nouvelles technologies de l\u2019information dans les bibliothèques, et se justifie par le besoin d\u2019accéder plus facilement et rapidement à l\u2019information produite à l\u2019échelle mondiale.Les technologies de l\u2019information et les progrès dans les télécommunications contribuent à éliminer les barrières géographiques et nous entraînent vers la globalisation de l\u2019information.Cependant, les nouvelles technologies ont un important impact sur les budgets des bibliothèques et, dans un contexte de récession économique, ces dernières doivent faire des choix de plus en plus ardus.Technologies et ressources financières Après avoir connu une période de croissance dans les années 70, les bibliothèques publiques, collégiales et universitaires ont connu des hauts et des bas en termes de budgets après la récession au début des années 80, et les années 90 n\u2019apportent guère de bonnes nouvelles.Au Québec, dans le secteur municipal, alors que le réseau des bibliothèques se développait, d\u2019importantes coupures budgétaires ont été faites par le ministère des Affaires culturelles en 1985.34 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 n des latmo ¦a- litis éiL mpcr- $10! crois- i# iveisi- bis® iel® [UtS^ f* 0 10- Gestion-Action La gestion financière des bibliothèques à l\u2019heure de l'internationalisation Les bibliothèques universitaires ont également connu d\u2019importantes coupures ou un gel des ressources financières.Dans les deux cas.l\u2019inflation galopante a durement affecté le développement des collections et, en particulier, les périodiques pour lesquels le coût moyen des abonnements a augmenté de 250% depuis 1981-82 (Bonnelly, Côté, Ormsby, 1992).En dépit de l\u2019augmentation de la population étudiante et des clientèles au niveau municipal, les budgets n\u2019ont pas été réajustés et ceci s\u2019est traduit par une réduction importante du pouvoir d\u2019achat des bibliothèques.Dans le secteur privé, il semble que les entreprises ont eu tendance, en général, à diminuer les coûts d\u2019opération des centres de documentation en rationalisant la gestion des ressources humaines.Cette situation n\u2019a pas toutefois empêché les bibliothèques universitaires et collégiales, et plusieurs bibliothèques publiques, d\u2019introduire les technologies de l\u2019information.Les buts visés consistaient, d\u2019une part, à améliorer le fonctionnement des opérations (acquisitions, traitement documentaire et prêt), préoccupation essentielle dans un contexte où l\u2019augmentation des effectifs est pratiquement impossible et, d\u2019autre part, à donner un meilleur accès aux collections locales par le biais de catalogues informatisés, et aux ressources d\u2019information externes au moyen de la recherche en-ligne, de CD-ROM, etc.Les dépenses des bibliothèques ont donc radicalement changé : de plus en plus de sommes sont allouées pour le matériel et les services informatiques (équipement, logiciels, et serveurs).Selon Muro (cité par B ushman, 1993), le marché de l\u2019informatique dans le milieu des bibliothèques augmenterait de 25 à 30% par année, ce qui assure une situation confortable poulies entreprises qui offrent de tels services.Les bases de données sur CD-ROM, donnant accès à des articles de périodiques, sont, par ailleurs, souvent perçues comme la solution pour réduire les coûts d'abonnements aux périodiques.Une récente enquête faite auprès de bibliothèques académiques américaines (Condic et Lepkowski, citée par Bushman, 1993) indique que toutes les bibliothèques consultées ( 122) offraient un accès aux CD-ROM.Une autre étude démontre que les bibliothèques publiques américaines ont dépensé en moyenne 13 533 $ pour des logiciels permettant d'utiliser des CD-ROM en 1991-92, alors que les bibliothèques académiques prévoyaient dépenser 10 519 $ pour la même période (Berry, 1992).Toujours aux États-Unis, les dépenses totales pour les ressources électroniques (équipement, serveurs, etc.) totalisaient, en 1991-92, 37 958$ pour les bibliothèques publiques et 22 112 $ pour les bibliothèques académiques alors que les budgets annuels moyens pour l\u2019achat de matériel se situaient autour de 157 830 $.L\u2019étude de Condic et Lepowski indique que 72% des bibliothèques universitaires et collégiales qui possèdent des CD-ROM ont annulé plusieurs abonnements à des périodiques.Ces données reflètent, de façon partielle, de nouvelles tendances en termes de choix budgétaires.Selon Bushman (1993), les bibliothèques, en achetant davantage l\u2019accès à l\u2019information sur support électronique, achètent de moins en moins d\u2019information de format traditionnel comme les monographies et périodiques.l\u2019information exigent donc de nouvelles sources de revenus.De plus, elles introduisent, subtilement, des réorientations importantes dans la mission des bibliothèques, puisque l\u2019organisation des services est souvent modifiée : on tend à diminuer les heures d\u2019ouverture, à réévaluer l\u2019existence de succursales ou de bibliothèques spécialisées dans les grandes institutions, à diminuer les heures de travail du personnel, etc.Or, les technologies de l\u2019information et, plus particulièrement, les bases de données de références bibliographiques, en nous informant mieux sur la documentation produite dans le monde, ont permis de découvrir à quel point les collections des bibliothèques ont souvent d\u2019importantes lacunes.Les nouvelles technologies ont favorisé également un autre phénomène ayant des implications financières : la tarification des services.Dans les entreprises privées et dans les institutions publiques, les bibliothèques qui veulent donner accès aux usagers à la recherche en-ligne et aux CD-ROM, exigent souvent de ces derniers le paiement de frais liés à l\u2019utilisation de ces services.Si l\u2019accès à l\u2019information peut être illimité sur le plan technique, les responsables de bibliothèques se sont vite rendus compte que cet accès, en considérant ses enjeux financiers, devait être limité.Les nouvelles dépenses liées aux technologies de Les bibliothèques ont donc des besoins accrus de ressources financières pour permettre l\u2019introduction des nouvelles technologies, ainsi que pour assurer leur efficacité optimale impliquant l\u2019achat de nouveaux équipements avec meilleure capacité de mémoire, de nouvelles versions de logiciels, de nouveaux produits améliorant les télécommunications, etc.Cependant, pour les institutions publiques, ces nouveaux besoins financiers se font sentir dans un contexte où les gouvernements réévaluent leur participation dans le financement des organisations publiques.Ainsi, depuis les années 80, bien que les dépenses de l\u2019État québécois aient augmenté à chaque année, l'augmentation des budgets n\u2019a pas tenu compte du plein effet de l\u2019inflation, ce qui a donné lieu à plusieurs formes de compressions budgétaires : réduction ou élimination du taux de croissance des budgets ; réduction de la base budgétaire existante ; imposition de charges accrues, soit plus de dépenses malgré des revenus stagnants (Paquin, 1992).Dans certains cas, les organisations ont connu des coupures réelles dans les budgets de base impliquant : une réduction des niveaux de services existants de base, l\u2019incapacité d\u2019accroître les services pour répondre aux besoins accrus, ou la suppression pure et simple de certains services.Avec les années 90, la décroissance des finances publiques demeure la principale préoccupation des gouvernements.De toute façon, ils n\u2019ont pas le choix : les contribuables ne peuvent plus et surtout ne veulent plus voir leur fardeau fiscal s\u2019alourdir davantage.Pour les bibliothèques, la situation n\u2019est pas différente et à l\u2019instar de l\u2019ensemble des organisations publiques, une gestion serrée des ressources financières est exigée.Compte tenu de l\u2019endettement des gouvernements, il est illusoire de croire que le financement des institutions publiques ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, 35 Gestion-Action La gestion financière des bibliothèques à l\u2019heure de I \u2019 internationalisation ainsi que la croissance des entreprises privées reviendront aux niveaux que l\u2019on a déjà connus.Dans les bibliothèques, alors que les moyens technologiques offrent des possibilités incroyables, la décroissance des budgets vient limiter les perspectives d\u2019avenir.Faut-il être complètement pessimiste ?Sans doute, si l\u2019on continue de gérer les ressources financières sans perspective d\u2019avenir, c\u2019est-à-dire sans se demander dans quel sens on veut faire évoluer les services d\u2019information.Les défis sont de taille, mais ils ne sont pas nouveaux :les budgets de bibliothèques n\u2019ont jamais été faciles à obtenir et la bonne nouvelle avec la récession économique est que le taux d\u2019inflation n\u2019a jamais été aussi bas.Les solutions ?Elles ne sont pas simples car elles consistent à améliorer la gestion financière à tous les niveaux et surtout à se questionner sur l\u2019impact des décisions financières sur le rôle des bibliothèques.Paquin (1992) a examiné quelques stratégies utilisées dans les organisations publiques afin de gérer la décroissance, et les tendances sont les suivantes : -\taccroître les revenus : les levées de fonds sont maintenant chose courante dans les universités, la location des locaux est parfois envisagée, on essaie aussi d\u2019améliorer la perception des revenus et des comptes à payer lorsqu\u2019il y a heu ; -\tavant de chercher de nouvelles sources de financement, tenter de réduire les dépenses de fonctionnement, imposer des mesures d\u2019économie (acheter des produits moins chers), effectuer un meilleur contrôle des dépenses, mieux gérer les ressources humaines en réduisant les absences rémunérées, favoriser les congés sans solde, les retraites anticipées, encourager le décloisonnement des tâches ; -\trationaliser les méthodes d\u2019opération, faire appel à des technologies moins coûteuses, faire soi-même certaines choses ou confier certains travaux à l\u2019extérieur, mettre en commun certains services et ressources avec d\u2019autres organisations ; -\tenfin, améliorer la prise de décision, procéder à des études de coûts-bénéfices et de coûts-efficacité, instaurer un processus de planification efficace, développer les budgets en tenant compte des priorités et analyser l\u2019allocation des ressources financières pour chaque type de services.En somme, la gestion de la décroissance implique une meilleure gestion globale et des efforts d\u2019innovation.Malheureusement, en période difficile, on tend à faire des coupures à l\u2019aveuglette, à faire des économies qui nuisent à la productivité, à moins se préoccuper des clientèles que l\u2019on doit servir, et à déroger de notre mission de base sans en être toujours conscient.Conclusion Bref, à l\u2019heure de l\u2019internationalisation, la gestion financière des bibliothèques se trouve à un point tournant.On nourrit beaucoup d\u2019espoirs avec le concept de bibliothèque virtuelle qui devrait, en principe, faciliter l\u2019accès à l\u2019information tout en diminuant les coûts d\u2019opération par la réduction des dépenses reliées à l\u2019espace et au personnel nécessaires pour stocker et gérer l\u2019information.Cependant, a-t-on vraiment examiné comment ce type de bibliothèque sera accessible au chômeur qui veut se recycler ou à la petite et moyenne entreprise qui veut conquérir un nouveau marché ?L\u2019internationalisation suggère la disparition de barrières pour faciliter les échanges internationaux, mais dans le domaine de l\u2019information, est-on en train d\u2019ériger de nouvelles barrières ?Les défis qui se posent en termes de gestion financière soulèvent ainsi, plus que jamais, des questions fondamentales en ce qui concerne les services d\u2019information de demain.Références BERRY, John.« CD-ROM : the medium of the moment».Library Journal, vol.117, n° 2 (February, 1992), pp.45-47.?BONNELLY, Claude, CÔTÉ, Jean-Pierre et ORMSBY, Eric.«Les conséquences du sous-financement des universités sur le développement des bibliothèques ».Documentation et bibliothèques, vol.38, n° 1 (1992), pp.5-14.BUSHMAN, John, ed.Critical Approaches to Information Technology in Librarianship : Foundations and Applications.Westport, Conn.: Greenwood Press, 1993.FRAPPAOLO, Carl.«Preparing for the Information Revolution : excerpts from the keynote address, 1993 National Online Meeting».Online & CD-ROM Review, vol.17, n°3 (1993), pp.181-185.PAQUIN, Michel.« Le phénomène de la décroissance et le management des organisations publiques ».In : Parenteau, Roland.Management public : comprendre et gérer les institutions de l\u2019Etat.Sainte-Foy : Presses de l\u2019Université du Québec, 1992, pp.597-615.TOFFLER, Alvin.Powershift : Knowledge, Wealth and Violence at the Edge of the 21s' Century.New York:Bantam, 1990.¦ Cette revue est imprimée par LES IMPRESSIONS AU POINT 6095, boul.Couture Saint-Léonard Qc H1P3G7 Tél.: (514) 852-3730 36 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 La Société GRICS LA GESTION DES BIBLIOTHÈQUES AVEC LE LOGICIEL REGARD ET LE TOUT NOUVEAU MODULE DE GESTION DES ACQUISITIONS ET DES PÉRIODIQUES REGARD est un logiciel qui permet de gérer toutes les activités d'une bibliothèque.REGARD est actuellement composé de modules permettant un catalogage efficace ainsi que la gestion des prêts et des réservations.Dans le but de munir les professionnels de la bibliothéconomie avec des outils de pointe, la Société GRICS offre un tout nouveau module pour assurer une saine gestion des acquisitions et des périodiques.Voici les deux nouvelles fonctions comprises dans ce module: LA FONCTION ACQUISITIONS La fonction ACQUISITIONS permet de traiter les différentes étapes de l'acquisition de documents.Ces étapes se traduisent sous forme d'activités offrant à l'utilisateur beaucoup plus de souplesse.La demande d'achat: L'utilisateur peut y consigner les coordonnées du requérant et l'objet de sa demande.La notice: L'utilisateur indique ici le code de notice correspondant aux items à commander.Si la notice existe déjà, l'activité permet la recherche, sinon elle doit être créée dans REGARD.La commande: L'utilisateur spécifie le fournisseur ainsi que les nombres d'unités et les prix des items à commander.De plus, il peut engager le montant total dans un ou plusieurs postes budgétaires.La commande est alors imprimée, individuellement ou lors d'une impression massive.Les réceptions: À chaque réception d'items commandés, l'utilisateur complète le nombre d'unités reçues et obtient les nombre d'unités à recevoir.LA FONCTION PÉRIODIQUES «¦*, Les factures: Pour chaque facture reçue, l'utilisateur spécifie les nombres d'unités et le prix des items facturés.De plus, il peut dépenser le montant total dans un ou plusieurs postes budgétaires en ayant soin de liquider les montants engagés.Les rappels: Si les items commandés tardent à arriver, des rappels peuvent être imprimés, individuellement ou lors d'une impression massive où certains critères de sélection sont considérés.La fonction PÉRIODIQUES permet de gérer la réception des numéros des abonnements de la bibliothèque.Les périodiques, les abonnements: L'utilisateur complète ici les informations générales sur le périodique et des informations particulières à chaque abonnement.La notice: ,\tL'utilisateur indique ici le code de notice correspondant au périodique.Si la notice existe déjà, l'activité 25 ANS\tpermet sa recherche, sinon elle doit D'EXCELLENCE\têtre cr^®e dans REGARD.ET UNE MISSION\tLe Kardex et les rappels: A POURSUIVRE L'utilisateur peut créer manuellement ou faire générer par l'activité les numéros à recevoir de l'abonnement.Il ne lui reste plus qu'à indiquer le nombre d'unités reçues du numéro au moment de la réception.Tout comme pour l'acquisition, des rappels peuvent êtres imprimés pour les numéros manquants.Une production massive permet de renouveler les abonnements venant à échéance dans une période spécifiée par l'utilisateur.(3 GRICS Si vous désirez de plus amples renseignements sur REGARD et ce tout nouveau module, n'hésitez pas à communiquer avec l'un de nos représentants-conseils au Service à la clientèle au (514) 251-3730. Bibliothéconomie internationale et comparée : choix de monographies My Loan Duong Responsable Bibliothèque de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information Université de Montréal Biblio-Culture Cette bibliographie porte sur les ouvrages qui traitent de bibliothéconomie internationale, c\u2019 est-à-dire des activités de coopération et d\u2019échange en matière bibliothéconomique, de l\u2019uniformisation et du développement des pratiques et des procédures ainsi que ceux qui traitent de bibliothéconomie comparée, c\u2019est-à-dire de l\u2019étude et de l\u2019analyse des bibliothèques et des systèmes de bibliothèques dans les différents pays et régions du monde.Al\u2019intention des lecteurs d\u2019Argus, pour compléter vos lectures sur ces sujets, nous avons sélectionné ces vingt monographies parues au cours des dix dernières années.Celles-ci sont classées par ordre alphabétique de titre.Academie Librarianship.Past, Present, Future:a Festschrift in Honor of David Kaser.Edited by John Richardson, Jr and Jinnie Y.Davis.Englewood, Colorado, Libraries Unlimited, 1989.176 p.ISBN: 0-87287-669-1.Ces essais en l\u2019honneur de David Kaser, professeur à l\u2019Indiana University par deux de ses collègues, John Richardson Jr.du UCLA et Jennie Y.Davies du North Carolina State University Libraries, retracent l\u2019histoire de l\u2019enseignement de la bibliothéconomie - et de la bibliothéconomie comparée - au cours des trois dernières décennies.Deux bibliothèques universitaires en Angleterre sont évaluées en fonction des normes de l\u2019Association of Research and College Libraries.Commentaires sur des aspects de la coopération entre la Chine et les Etats-Unis dans laquelle le professeur Kaser a joué un rôle important.Bibliographie Access in Europe : First International Conference.The proceedings of a conference organised by the Centre for bibliographic management and held at the University of Bath, September, 14-17,1989.Edited by Lorcan Dempsey.Brookfield, Vermont, Gower Publishing, 1990.315 p.ISBN : 0-566-03644-4.Comptes rendus d\u2019une conférence européenne portant sur le contrôle bibliographique, la normalisation des règles de catalogage et la standardisation des notices bibliographiques en vue de l\u2019établissement d\u2019un catalogue commun des bibliothèques européennes.La bibliothèque, mémoire de l\u2019âme, mémoire du monde.Dirigé par Richard Figuier.Revue Autrement.Série Mutations #121.Avril 1991.229p.ISSN : 0-7510-0144.Ce numéro de la revue.Autrement porte sur le rôle de la bibliothèque comme mémoire du passé.Quelle est la place de l\u2019imprimé à l\u2019heure actuelle alors que la bibliothèque «s\u2019ouvre, se miniaturise, se numérise, se synthétise, abandonnant toute référence au livre?»Les auteurs font la revue du passé alors que les bibliothèques étaient encore les « miroirs de l\u2019âme » depuis Alexandrie, en passant par la bibliothèque des Ptolémée, Cicéron, de Bagdad, Clairvaux et Venise.Rappel historique de la Bibliothèque nationale de France depuis sa création jusqu\u2019à l\u2019arrivée de l\u2019âge « des nombres et des machines ».Les bibliothèques publiques en France : points de comparaison avec le Québec.Sous la direction de Réjean Savard.Montréal, Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, Université de Montréal, 1993.114 p.ISBN:2-920537-04-0.Cette analyse de la situation actuelle dans les bibliothèques publiques en France et au Québec, avec un aperçu historique sur les bibliothèques publiques en France et l\u2019examen des structures du réseau de lecture publique, du rôle des intervenants politiques, législatifs et économiques, montre les particularités de fonctionnement de chaque système, les points forts et les défis à relever pour améliorer la coopération entre le Québec et la France.Contemporary Developments in Librarianship : an International Handbook.Edited by Miles M.Jackson.London, England, Library Association, 1981.619p.L\u2019édition américaine est publiée par Greenwood Press sous le titre : International Handbook of Contemporary Developments in Librarianship.ISBN : 0-85365-834-X.Un tour d\u2019horizon complet par les experts de 37 pays regroupés en régions géographiques sur les principaux développements et les tendances les plus significatives dans le domaine de la bibliothéconomie.Developments in International and Comparative Librarianship 1976-1985.Edited by Inese A.Smith.Published by The International and comparative librarianship.Birmingham, Engl., Group of the Library Association, 1986.138 p.ISBN : 0-906904-03-X.Des bibliothécaires britanniques font le point sur la coopération internationale et l\u2019apport des professionnels, des associations et des organismes impliqués dans ce domaine dont la Library Association, le British Council, le Voluntary Service 38 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 Biblio-Culture Bibliothéconomie internationale et comparée : choix de monographies Overseas.Une bibliographie de 12 pages sur la bibliothéconomie comparée et internationale termine cet ouvrage où les auteurs font part de leurs réflexions et présentent les recherches et les développements dans ce domaine.The Education and Training of Information Professionals : Comparative and International Perspectives.Festschrift in honor of Edward Reid-Smith.Edited by G.E.Gorman.Metuchen, N.J., Scarecrow Press, 1990.365 p.ISBN : 0-8108-2284-9.Les auteurs comparent l\u2019enseignement de la bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information dans huit pays dont l\u2019Australie, la Nouvelle-Zélande, l\u2019Indonésie, l\u2019Inde, la Chine, l\u2019Arabie Saoudite, la Hongrie et la Nouvelle-Guinée.Le rôle de l\u2019IFLA dans la formation des professionnels dans les pays en développement ainsi que l\u2019apport et la contribution des bibliothèques publiques au Royaume-Uni dans l\u2019éducation des adultes font l\u2019objet de réflexions dans les deux dernières communications.Les grandes bibliothèques de l\u2019avenir.Actes du Colloque international des Vaux-de-Cerny.25-26 juin 1991.Bibliothèque de France.Paris, La Documentation française, 1992.296 p.ISBN : 2-11-002742-8.A l\u2019ombre de l\u2019Abbaye des Vaux-de-Cemay, des administrateurs de grandes bibliothèques, en Europe, aux États-Unis et ailleurs se sont réunis pour faire part de leurs réflexions et de leurs expériences sur les grands projets d\u2019expansion, les défis technologiques, la coopération internationale et la mission des bibliothèques, surtout nationales, dans leurs pays respectifs.International and Comparative Libra-rianship : an Annoted Selective Bibliography.Edited and compiled by Mimi B.Penchansky.N.Y., Library Association of the City University of New York, 1986.24 p.Bibliographie sur les ouvrages et les articles portant sur la bibliothéconomie internationale et comparée des années 70 à 85.International Aspects of Reference and Information Services.Edited by Bill Katz and Ruth Fraley.New York, N.Y, Haworth Press, 1987.244 p.Numéro spécial de Reference Librarian, n° 17 (Spring 1987).ISBN : 0-86656-573-6.Étude et analyse des services de référence dans les pays d\u2019Europe de l\u2019Ouest, aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Israël et en Amérique latine.Examen des perspectives d\u2019échanges commerciaux au niveau des réseaux et des ressources électroniques.International Book and Libraries Activities.The History of U.S.Foreign Policy.Edited by Paxton R Price.Metuchen, N.J., Scarecrow Press, 1982.248 p.ISBN : 0-8108-1545-1.L\u2019auteur retrace la naissance et les débuts des programmes internationaux d\u2019échange et de coopération des États-Unis avec les pays en développement dans le domaine de la bibliothéconomie.Elle décrit F établissement de la politique nationale américaine dans les échanges culturels internationaux et le rôle et la mission des agences comme AID, USIA, HEW, de la Library of Congress et du State Department dans l\u2019élaboration de ces politiques.Internationalizing Library and Information Science Education.A Handbook of Policies and Procedures in Administration and Curriculum.Edited by John F.Harvey and France Laveme Carroll.Wesport, Conn., Greenwood Press, 1987.391 p.ISBN: 0-313-23728-X.Les tendances et les orientations à prendre en considération dans l\u2019enseignement de la bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information pour la prochaine décennie, à l\u2019heure de l\u2019internationalisation des techniques et des moyens de communication.International Librarianship.Kenneth Cecil Harrison.Metuchen, N.J., Scarecrow Press, 1989.194 p.ISBN:0-8108-2213-X.L\u2019auteur apporte ici ses réflexions dans le domaine de la bibliothéconomie internationale, notamment au niveau du partage et de la mise en commun des ressources et parle de ses expériences de coopération internationale avec les pays du Commonwealth.Le rôle de l\u2019IFLA dans le développement des bibliothèques est examiné, de même que les relations entre la Grande-Bretagne et les pays de l\u2019Europe du Nord.International Librarianship Today and Tomorrow.A Festschrift for William J.Welsh.Compiled by Joseph W.Price and Mary S.Price.K.G.Saur, 1985.174 p.ISBN : 3-598-10586-X.Cet ouvrage est dédié à William Welsh pour sa contribution remarquable dans le développement des bibliothèques aux États-Unis, notamment la Library of Congress, et ailleurs dans le monde.Les essais d\u2019auteurs provenant d\u2019Australie, de Grande-Bretagne, de l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest, de l\u2019ancienne U.R.S.S., du Kenya et du Canada portent sur l\u2019automatisation et le développement des bibliothèques ainsi que sur les perspectives de développement au niveau de la coopération internationale.International Library Cooperation.F estschrift in Honou r of Prof.Dr.Günther Pflug.10th Anniversary Essen Symposium October 19-22,1987.Edited by Ahmed H.Helal and Joachim W.Weiss.Essen, Germany, Essen University Library, 1988.337 p.ISBN:3-922602-11-8.Ce 10e symposium tenu à Essen est une occasion de rendre hommage au Dr Pflug, un grand bibliothécaire et le principal instigateur de F automatisation des bibliothèques en Allemagne.Les communications portent sur les aspects relatifs à la coopération internationale - américaine et européenne -, sur les échanges entre les grandes bibliothèques universitaires dans la recherche et le développement, sur le rôle et la contribution de la Ligue des bibliothèques européennes de recherche (LIBER), sur les réseaux et les nouveaux défis dans le domaine de la bibliothéconomie internationale.Librarianship and Information Worldwide.1992.An Annual Survey.Edited by Maurice Line, Graham Mackenzie and Ray Prythech.New York, N.Y., Bowker Saur, 1993.272 p.ISBN : 1-85739-066-0.Précédé de l\u2019ouvrage du même titre publié 1 \u2019 année précédente et qui a reçu un excellent accueil lors de sa parution, le LIWW 1993, dont l\u2019éditeur responsable est le bien connu Maurice Line, qui fut directeur à la British Library (section science, technologie et industrie) pendant de longues années, fait le point sur les derniers développements en matière de bibliothéconomie comparée et internationale.Le premier chapitre définit les trois principaux thèmes de l\u2019ouvrage qui sont la technologie de l\u2019information, le ARGUS / Hiver 1993-94, Voi.22, n° 3 39 Biblio-Culture Bibliothéconomie internationale et comparée : choix de monographies développemement des réseaux et l\u2019enseignement des sciences de l\u2019information.Maurice Line parle des défis qui se présentent actuellement dans la gestion des bibliothèques nationales, tandis que les aspects comme la coopération internationale, la facturation des services, l\u2019accès à l\u2019information, les bibliothèques publiques, la formation et l\u2019enseignement ainsi que les bibliothèques académiques font l\u2019objet de réflexions de la part d\u2019autres spécialistes, tous reconnus pour leur expertise dans le domaine de la bibliothéconomie comparée et internationale.The School Library Program in the Curriculum.Ken Haycock and al.Englewood, Col., Libraries Unlimited, 1990.169p.ISBN:0-87287-776-0.Les essais portent sur le rôle et le fonctionnement de la bibliothèque scolaire, le rôle de l\u2019enseignant-bibliothécaire et le programme du cours de bibliothèque scolaire aux Etats-Unis.La section 6 intitulée « Issues and considerations », avec l\u2019article « Attitudes of school librarians toward networking and teacher utilisation ; a comparative study of ten countries»où l\u2019auteur présente les résultats d\u2019une enquête internationale commanditée par le ministère de l\u2019Éducation du Japon, sera d\u2019un grand intérêt pour ceux dont la question des bibliothèques scolaires préoccupe.Spreading the Word.The Library Work of the British Council.Douglas Coombs.New York, N.Y., Mansell Pub., 1988.298 p.ISBN:0-7201-1955-3.L\u2019apport du British Council dans le domaine de la coopération internationale depuis la création de cet organisme en 1934 et ses réalisations jusque dans les années récentes.Retrace la mise sur pied des centres d\u2019information dans les pays de l\u2019ancien Empire britannique et les services d\u2019assistance technique qui furent établis dans les pays d\u2019Afrique.Tropical Librarianship.Wilfred J.Plumbe.Metuchen, N.J., Scarecrow Press, 1987.318 p.ISBN:0-8108-2057-9.L\u2019auteur, qui a longtemps œuvré dans les pays en voie de développement, a regroupé dans ce recueil les articles qu\u2019il a publiés au cours des vingt dernières années sur la bibliothéconomie et sa pratique dans les pays en voie de développement en Asie et en Afrique.World Librarianship : a Comparative Study.Richard Krzys, Gaston Litton and al.New York,N.Y.,MarcelDekker, 1983.239 p.ISBN: 0-8247-1731-7.C\u2019est en 1954 qu\u2019est apparue dans les écrits l\u2019expression « comparative librarianship ».Richard Krys et Gaston Litton ont, par leurs études et leurs recherches, défini le champ de ce concept.Cet ouvrage tente une analyse globale de la pratique et de l\u2019enseignement de la bibliothéconomie comparée et internationale.¦ La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier votre travail.Notre expérience nous permet d\u2019effectuer des recherches fréquentes pour vous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et vous sauver du temps.Depuis 1952, nous desservons les institutions d\u2019enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le privilège de bien vous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (514) 435-0581 Télécopieur : (514) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche 40 ARGUS / Hiver 1993-94, Vol.22, n° 3 moms ?POUR ACCEDER A CHAQUE OCTET W WhMnyr8phlt mor»|* iane$.onr in fttviiom» : tUüstrriteit «rt tc:us M rtts',1 ofjoo .(o the « 1 of vue Mf«s / t:ie 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