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Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Septembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
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Références

Argus, 1994, Collections de BAnQ.

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[" \t\t Spécial Bibliothèque virtuelle Les bibliothèques à l\u2019heure des réseaux planétaires Les banques d\u2019images L\u2019indexation et la bibliothèque virtuelle Vol.23 n°3 septembre - décembre 1994 \t\u2019 ''f\t,\t$$WKvPi \t\t \t\tMÊËÊÈÈm MHMnmann ,^'*'fld|8bctyaîciK»S*0ood^îÎKÎÎ!fSîiî«i ficîîtio LA REVUE DES BIBLIOTHECAIRES PROFESSIONNELS Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec : Él AJUSTEZ VOTRE ÉCRAN LE FORMAT MARC EST ARRIVÉ 008 082 110 245 260 440 500 20 10 LDR01218nam 2200205 001\t001300000 930107s1993\tque fre $a025.02/BIB SaBIBLIO RPL.$bService technique SaBiblio RPL :$bimportante entreprise québécoise spécialisée dans le catalogaqe original et la conversion de notices en format MARC /$cpar une équipe de bibliothécaires et bibliotechnicien(ne)s expérimentés $aLaval :$bBIBLIO RPL,$c1993 SaNouveau au Québec! $aLa p.de t.porte en outre: BIBLIO RPL traite différents types de documents sur divers supports en plusieurs langues : française, anglaise et autres SaMonographies \u2014 Musique et enregistrements sonores \u2014 Documents visuels \u2014 Documents cartographiques \u2014 Documents d\u2019archives \u2014 Publications en série \u2014 Jeux et jouets SaBIBLIO RPL s\u2019ajuste à vos besoins et vos exigences, fournit des produits sur mesure, catalogue vos documents en format MARC intégral ou en format MARC minimal, vous offre selon vos besoins et vos moyens un niveau complet ou abrégé de catalogage, vérifie et corrige vos fiches et s'adapte à votre système intégré de bibliothèque.Les notices en format MARC peuvent être versées directement dans votre base ou livrées sur disquette.$aDocuments$xCatalogage original SaFichiers maîtres$xCréation$xConversion $aNotices autorités sur fiches$xCréation$xConversion SaCodification MARC$xCAN/MARC$xLCMARC$xMARC/UTLAS $xMARC/DOBIS $aCoilection$xlnventaire SaCodes à barres$xPose $aVolumes$xPréparation technique$xPréparation matérielle $xRenforcement$xRéparation SaJeux de fiches, listes et étiquettes$xProduction 505\t0 520 650 650 650 650 650 650 650 650 Source de données bibliographiques \u2022DOBIS\t\u2022BIBLIOFILE \u2022 SDM\t\u2022 UTLAS *?\u2022 BIB/IO RJY Itée 1905, boul.Dagenais Ouest, Laval, Québec H7L5A3 (514) 625-0700 SOMMAIRE Comité de rédaction Patrick Delobel, président Barbara Maass, secrétaire Nelly Beylouni-Zamat Élaine Julien Pierre Latour Michelle Sincennes Martine Vadnais Correction Lyne Des Ruisseaux Traduction Barbara Maass Rachèle Salvador Conception graphique originale Luc Mauroy Photographie Didier Delobel Infographie Alain Mitchelson Impression Les Impressions au point Publicité Régine Horinstein (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Tirage 1150 exemplaires ARGUS est une revue publiée trois fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au 307, me Sainte-Catherine Ouest, bureau 320, Montréal (Québec) H2X 2A3.Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 L\u2019abonnement annuel est de 29 $ (10 $ le numéro) au Québec, 35 $ (14 $ le numéro) au Canada, 35 $ US (14 $ US le numéro) à l\u2019extérieur du Canada et 18 $ pour les étudiants.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans Pascal Thema, T205 : Sciences de V information-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (USA), Library Literature et Repère.Editorial Photo: Will Crocker/ La Banque d\u2019images 2 Bibliothèque virtuelle : l\u2019avenir inéluctable / Patrick Delobel v A votre avis Entre le réel et le virtuel / Jean Payeur Comments on the \u201c Virtual Library \u201d / Stephanie Sykes Rôles du bibliothécaire dans la bibliothèque universitaire virtuelle / Olivier Paradis Théorie et applications Les bibliothèques à l\u2019heure des réseaux télématiques planétaires / Jean-Claude Guédon L\u2019indexation à Père de la bibliothèque virtuelle / Diane Lanteigne et Gracia Pagola Les banques d\u2019images en arts visuels : considérations historiques, philosophiques et techniques / Patricia Black Quelques pistes de réflexion sur la liberté d\u2019expression dans les réseaux électroniques de communication / Karim Benyekhlef ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 Didier Delobel Bibliothèque virtuelle : l\u2019avenir inéluctable Il y a à peine huit ans, en 1987, j \u2019 avais réalisé un vidéo à F occasion du 25ème anniversaire de fondation de l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information à l\u2019Université de Montréal dans lequel des étudiants s\u2019interrogeaient sur l\u2019avènement d\u2019une société sans papier et d\u2019une bibliothèque sans murs.On avait alors prétendu que ce document était quelque peu utopique et que l\u2019on était loin de pareils scénarios.Patrick Delobel, bibl.prof.Président du Comité de rédaction Aujourd\u2019hui, en 1995, on ne doute plus.On se demande même quelle sera la place du bibliothécaire dans une institution que l\u2019on appelle « bibliothèque » et qui deviendra de plus en plus immatérielle, abstraite ou virtuelle, pour employer le terme consacré.Est-on vraiment arrivé à ce point charnière de l\u2019histoire où la bibliothèque va basculer et céder sa place à un ensemble planétaire de réseaux, plus ou moins informes, encore en émergence, donnant accès à de l\u2019information sur tout sujet à n\u2019importe qui, n\u2019importe où, n\u2019importe quand ?Si on regarde un tant soit peu autour de soi, la réponse est « oui ».Éditorial îwiïi .iitoUn »'.Mi av ?& Bien sûr, tout cela va prendre forme petit à petit, après échecs et réussites, sans que l\u2019on s\u2019en rende vraiment compte.Tout ne sera pas parfait pour autant, l\u2019accès à l\u2019information ne sera certainement pas gratuit et égalitaire comme on le souhaiterait mais il s\u2019agit bien d\u2019une tendance inéluctable : la bibliothèque est en train de se « virtualiser » sous nos yeux.Grâce à l\u2019ordinateur, à la numérisation des données, à l\u2019édition électronique, à la constitution de l\u2019Internet et de l\u2019autoroute de l\u2019information.A cause aussi du public, du citoyen utiüsateur qui préférera sans doute en général avoir accès de chez lui à l\u2019information dont il aura besoin.Pourquoi se déplacer si on peut tout obtenir de chez soi beaucoup plus rapidement ?Dans ces conditions, le lieu « bibliothèque » perd plusieurs de ses avantages et attraits.Et je ne parle pas de la diminution constante des budgets, surtout ceux consacrés à l\u2019acquisition de nouveaux documents.Alors, le bibliothécaire « gardien du coffre » perdra-t-il sa raison d\u2019exister?Est-il condamné à plus ou moins brève échéance ?Certainement pas, comme en font foi plusieurs articles de ce numéro.Les rôles changent, pourrait-on résumer, mais la fonction demeure.Ainsi, tour à tour, des auteurs donnent leur avis sur la bibliothèque virtuelle, en analysent les impacts sur notre profession et indiquent de nouveaux rôles que peuvent y jouer les bibliothécaires.On discute également, dans la présente livraison, d\u2019indexation, de développement de banques d\u2019images et on s\u2019interroge sur la liberté d\u2019expression dans les réseaux électroniques de communication.Un menu, ma foi, fort séduisant qui laisse présager un contenu tout aussi intéressant.Pressez \u201c Return \u201d.Bonne lecture.Vous avez envie de réagir après la lecture d'un article de la revue ?La rubrique « Boîte aux lettres » est conçue spécialement pour vous.Toute personne désireuse d'apporter son point de vue, ses réflexions ou ses commentaires peut envoyer une courte lettre, parcourrier, télécopie [(514) 845-1618] ou Internet [cbpq@interlink.net] à l'attention du Comité de rédaction, au secrétariat de la C.B.P.Q.2 ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre- décembre 1994 'tr S4r+d8 \u2022 Sc^Sii : in: 3(3011 86cioU «W ! REGARD est une solution performante fonctionnant sur micro-informatique en mode autonome ou en mode réseau.La vision d\u2019une saine gestion informatisée de la bibliothèque peut devenir facilement réalité grâce au logiciel REGARD.REGARD est un logiciel entièrement intégré, bilingue, sécuritaire et facile d'utilisation.L'avantage prédominant de REGARDS' \" parla grande souplesse qu'il offre à son utilisateur.Pour en avoir plein la vue, un seul REGARD le notre \u2022\tBanques de données catalographiques personnalisées; \u2022\tzones descriptives de longeur variable; \u2022\tdistinction entre notice et document physique; \u2022\taccès au catalogue par deux modes de recherche adaptés à vos besoins; \u2022\tindex de recherche personnalisés selon les nécessités de la banque définie; \u2022\télaboration de politiques de prêt et de calendrier selon vos exigences; \u2022\tgestion intégrée de toutes les activités de circulation; \u2022\tgénération de listes, de lettres, de rapports, de statistiques et d'historiques; \u2022\tetc.REGARD ERTRLDGDE [Fichier d autorité\") RECHERCHE [thésaurus ] CIRCULRTIO A EKPLDITRTIOR ET imPRESSIDR IITIP D RTRTID D ET EHPDRTRTIDn* inVEDTRIRE ET UTILITAIRE \u2019 Les fonctions de thésaurus et de fichier d'autorité seront offertes dés le mois d'août 1994.* SDM.CHOIX.DAVID, REPÈRE et autres.F3\u2014\tr 1 \tL GRICS\ti\t i i Si vous désirez voir de plus près REGRRD,\ti i i veuillez communiquer avec le Service à la clientèle\tj au (514) 251-3730.\t REGARD, une solution Intégrée RCQUISITIOAS PÉRIODIQUES Le module de gestion des acquisitions et des périodiques est offert séparément 45 Entre le réel et le virtuel Jean Payeur Directeur général L\u2019Institut canadien de Québec Bibliothèque de Québec A votre avis V Al \u2019 orée du XXP siècle, la bibliothèque virtuelle apparaît comme le projet du futur immédiat.Saréali-sation ne semble plus tenir qu\u2019à un assemblage d\u2019éléments déj à présents dans F environnement technologique de nos bibliothèques.En ce sens, le concept de « bibliothèque virtuelle «rejoint beaucoup plus aujourd\u2019hui le sens premier du mot «virtuel », c\u2019 est-à-dire ce qui possède toutes les conditions essentielles à sa réalisation.Mais la bibliothèque virtuelle de demain emprun-teraplutôtsa« virtualité » à la physique et au concept de l\u2019image virtuelle'.Comme la lumière, la bibliothèque doit se prolonger à travers les réseaux de communication pour atteindre l\u2019usager, délivrant sa « substance » sous forme numérique.En devenant numérique, l\u2019information devient immatérielle et volatile.Comme un gaz, elle s\u2019échappera de plus en plus facilement des supports physiques anciens (livres !) et même nouveaux (CD-ROM).Traditionnellement, le bibliothécaire a toujours été perçu comme un spécialiste de la conservation et du repérage de « documents physiques » dans des «lieux physiques».On aura donc beaucoup de peine à imaginer qu\u2019il puisse occuper une position stratégique au cœur de la révolution numérique.Pour lutter contre les préjugés et éviter que d\u2019autres spécialistes ne viennent occuper le terrain, le bibliothécaire doit rapidement prouver qu\u2019il peutjouerunrôle déterminant.Du simple rôle de « conservateur », il doit évoluer vers celui «d\u2019aiguilleur de l\u2019information ».Paradoxalement, pour devenir virtuelle, donc immatérielle, une bibliothèque devra d \u2019 abord investir dans le matériel.Pour s\u2019inscrire dans une révolution, la volonté ne suffît pas, il faut en payer le prix.Contrairement à l\u2019imprimé, qui a été d\u2019une remarquable stabilité depuis Gutenberg, le numérique repose sur une technologie en constante évolution.Pour suivre le rythme, il faut donc se former et investir sur une base permanente.Mais pourplusieurs bibliothèques, ce rythme devient rapidement essoufflant lorsqu\u2019 il faut composer avec les contingences budgétaires ou la résistance des décideurs.Cela est particulièrement vrai pour les bibliothèques publiques et les bibliothèques scolaires qui n\u2019arrivent plus à assimiler les nouvelles technologies de l\u2019information.Pour s\u2019intégrer au village global, les bibliothèques devront donc faire preuve d\u2019imagination et de détermination.La bibliothèque virtuelle est un concept éclaté dont la viabilité passe obligatoirement par la coopération et la complémentarité des mandats.Les bibliothèques devront élargir leurs horizons en tissant des liens entre elles mais également, sinon plus, avec les producteurs et les diffuseurs d\u2019information.Pour disposer des crédits nécessaires à son évolution, la bibliothèque du XXIe siècle est condamnée à devenir indispensable et à offrir des « produits irrésistibles ».L\u2019omniprésence du discours sur l\u2019autoroute électronique nous fait trop souvent oublier, à nous les spécialistes de l\u2019information, que la révolution numérique n\u2019est pas universelle, même si elle couvre la planète.Certes, l\u2019électronique a rapproché les continents, mais trop souvent pour les seuls initiés, les «branchés de l\u2019information ».De cette révolution est né un nouvel analphabétisme, creusant un peu plus F écart entre les riches et les pauvres, entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas.Face à cette situation, il ne fait aucun doute qu\u2019avant que la bibliothèque devienne complètement virtuelle, le bibliothécaire devra continuer d\u2019agir dans le réel pour rendre l\u2019information accessible au plus grandnom-bre.À la fonction « d\u2019aiguilleur de l\u2019information», il faudra donc ajouter celle de « courtier de l\u2019information ».Depuis quelques années, si la micro-informatique vous passionne, vous devez posséder aujourd\u2019hui un véritable musée de l\u2019ordinateur personnel.En quinze ans, cinq générations de microprocesseurs se sont succédées, améliorant à chaque fois les capacités de traitement et la vitesse.A l\u2019origine, l\u2019amélioration des performances a poussé les producteurs de logiciels à concevoir des produits de plus en plus faciles à opérer mais de plus en plus exigeants pour la quincaillerie, poussant à nouveau les manufacturiers à développer des machines plus puissantes.Un cercle infernal, qui n\u2019a de limites que votre capacité de payer.La bibliothèque du XXIe siècle pourrait répondre efficacement à ce problème en devenant un genre « d\u2019oasis technologique », permettant à ses usagers d\u2019avoir constamment accès à la technologie la plus récente.Pour y parvenir, les bibliothèques ne devront pas hésiter à établir une nouvelle forme de partenariat avec le secteur privé.Ce serait une excellente façon de construire un pont entre le réel et le virtuel.Note 1 L\u2019informatique a emprunté le concept « d\u2019image virtuelle » à un principe de F optique.Le reflet dans un miroir est une image virtuelle qui s\u2019oppose à l\u2019image réelle.¦ 4 ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 Comments on the \u201cVirtual Library\u201d Stephanie Sykes Director Historical/Information Resource Centre Bell Canada V A votre avis The term \u201cvirtual library\u201d will undoubtedly mystify and confuse our clients and executives quite as successfully as some of our other noteworthy professional \u201cshorthand\u201d.My own understanding of the term comes courtesy of my colleagues and, most certainly, from my clients, whom I suspect have a grasp superior to mine of the real meaning of the term.A \u201c virtual \u201d library really has the broad functions and powers without the same form as a traditional library.It has been described as th electronic library\u201d (Barnes, 1993), thlibrary without walls\u201d lBerg and Luce, 1994, p.22), the \u201cpersonal desktop library\u201d (Keating, 1994, p.27), etc.In a recent survey for Bell Canada\u2019s corporate Information Resource Centre (IRC) in Toronto, our clients told us what library services they want and need in the near term.Though only once using the term \u201c virtual library \u201d, they nevertheless capture in these examples the main elements of this concept : - \u201c dial-up access to search the IRC library from my home \u201d ; - \u201c I move around a lot and a laptop (with direct access) is important \u201d ; - \u201c CD-ROM access via modem \u201d ; - \u201c an electronic virtual library will be the only way for you to maintain high service levels\u201d.As clients of a \u201c virtual library \u201d, these are technically sophisticated, highly mobile people whose information needs cannot be accomodated within and will not be constrained by the framework of traditional libraries.My vantage point is corporate libraries, but I am convinced that my clients\u2019 observations are equally relevant now or in the very near future to the public, academic, and other special library sectors.It is an anachronism to debate the feasibility of the \u201cvirtual library\u201d.In many aspects, it already exists, a necessary step in the evolution of our profession.Let us recall Umberto Eco\u2019s image of the medieval library as a place wherein only the librarian had the right to navigate as the guardian of \u201cthe labyrinth of books\u201d (Penniman, 1993, p.7).Moving to this century, it was not so many years ago that the only computers running library applications were the mammoth mainframes programmed to chum out periodic hard copies of our catalogues and indexes.Today, those same catalogues and daily updates are available to clients on-line, either on-site or via dial-up remote access.Some clients are now able to retrieve full-text sources from multi-media, CD-ROM products directly from their homes or office workstations on local and wide-area networks.This last scenario falls short of a \u201c virtual library \u201d where real shelves of information have been replaced by images of shelves which clients can scan electronically and order up their selections with a click of a remote control (Seiler and Surprenant, 1993, p.161).But are we so far away from that possibility ?I suspect that one of the underlying issues that bothers many of us is not the feasibility of the \u201cvirtual library\u201d, but the concomitant feasibility of the \u201c virtual librarian \u201d.If we transform traditional libraries into electronic ones, what happens to librarians ?What is our role in the \u201c virtual library \u201d ?To answer these questions, we must try to understand the practical impact of this transformation on all aspects of our profession.The following observations come to mind : -\tSpace : buildings and physical space occupied by libraries and visited by clients will be less important the more our clients are able to access information remotely.-\tCollections : libraries as collections of assets will be de-emphasized as more full-text is available through electronic networks.Traditional acquisitions and cataloguing functions will also become much less important than in the past.-\tDelivery : methods of delivery will be pre-eminent.Getting the right information to clients via the medium they want will be the focus of our efforts.Technical proficiency, flexibility and client focus will be mandatory skills.-\tServices and products.We will focus heavily on two interrelated developments : a) helping our clients learn how to navigate the maze of external sources that we have assisted in delivering to their desktops (e.g.Internet, CD-ROM products) ; ARGUS/Vol.23, n°3, septembre-décembre 1994 5 A votre avis Comments on the \u201c Virtual Library \u201d b) delivering our internal library sources to our clients\u2019 desktops (e.g.catalogues, full-texts of internal sources).Funding for these activities will be acquired in part as a result of the re-allocation of resources from traditional space planning and collections development activities.It will be necessary for us to strike strategic alliances to accomplish our goals.Information technologists, network analysts, our clients and commercial data base vendors have the expertise and the resources to join us in developing electronic services and products.-\tRecruitment and training : libraries will need strong technical and network administration skills in order to translate their clients\u2019 needs into reality.Also of paramount importance will be high-level management skills : strategic planning, project management, marketing.-\tFunding : traditional funding sources will continue to decline, moving libraries to seek alternative and creative sources.Partnerships, alliances, userfees, re-allocation of resources will fund the \u201cvirtual library\u201d.Imbedded in these brief observations is the notion that the role of the \u201cvirtual librarian \u201d can be rich and dynamic.Of all the skills we must enhance, however, those of leadership and entrepreneurship will be essential.We must dare to develop a bold vision of our future, based always on an objective understanding of our clients\u2019 needs, and be prepared to back up that vision with energy and commitment.William Dimma, Deputy Chairman and Director of Royal LePage Ltd., once commented that there are only four ways to deal with the future : ignore it, predict it, control it, respond to it (Mintzberg, 1994, p.228).Asking ourselves now which of these options we prefer is a sobering exercise in determining whether we will lead or be led into the \u201cvirtual library\u201d.References BARNES, S.J.\u201c An Electronic Library Grows \u201d, Computers in Libraries, vol.13 (Sept.1993), pp.12-15.?BERG, Donna and LUCE, Rick.\u201c The Library Without Walls Project Los Alamos National Laboratory Research Library \u201d.SCI-TechNews, vo\\.48, no.3 (Aug.1994), pp.22-23.?\tKEATING, Michael.\u201cThe Corporate Virtual Library : Model for the 1990s\u201d.SLA Business & Finance Division Bulletin, no.97 (Fall 1994), pp.27-28.MINTZBERG, Henry.The Rise and Fall of Strategic Planning : Reconceiving Roles for Planning, Plans, Planners.New York : The Free Press, 1994.PENNIMAN, W.David.\u201cShaping the Future for Libraries Through Leadership and Research\u201d.In : Lancaster, F.W., ed.Libraries and the Future: Essays on the Library in the Twenty-First Century.New York : The Haworth Press, 1993, pp.5-15.SEILER,Laren H.and SURPRENANT, Thomas T.\u201cThe Virtual Information Center : Scholars and Information in the Twenty-First Century\u201d.In:Lancaster F.W., ed.Libraries and the Future.Essays on the Library in the Twenty-First Century.New York : The Haworth Press, 1993, pp.157-180.?\tSpecial Libraries, vol.85, no.4 (Fall 1994).Issue devoted to the virtual library.¦ La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier votre travail.Notre expérience nous permet d\u2019effectuer des recherches fréquentes pour vous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et vous sauver du temps.Depuis 1952, nous desservons les institutions d\u2019enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le privilège de bien vous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (514) 435-0581 Télécopieur : (514) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche 6 ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre -décembre 1994 Rôles du bibliothécaire dans la bibliothèque universitaire virtuelle Olivier Paradis Directeur de la Bibliothèque École Polytechnique de Montréal v A votre avis Le concept de la bibliothèque « virtuelle » est né à la suite de l\u2019avènement et du développement constant des technologies de l\u2019information.La venue de ces nouvelles technologies à une époque où la concurrence sur le plan économique devient de plus en plus vive a contribué à faire de l\u2019information une ressource stratégique de premier plan qui est en train de transformer Père post-industrielle en ère de l\u2019information.Cette mise en place de la société de l\u2019information confère une valeur telle à l'information qu\u2019on veut pouvoir trouver l\u2019information pertinente tout de suite où qu\u2019elle soit.Les contraintes de temps et d\u2019espace n\u2019existent plus.Les ressources informationnelles du monde entier constituent maintenant et constitueront la bibliothèque du citoyen, de l\u2019étudiant, du professeur, du chercheur.La bibliothèque est en voie de devenir, en quelque sorte, « virtuelle ».Dans le contexte de la bibliothèque « virtuelle » de recherche, le bibliothécaire continuera à être le professionnel par excellence de l\u2019information consignée.Dans un monde caractérisé par la fragmentation des connaissances, les nouvelles technologies de l\u2019information auront un effet intégrateur qui fera contrepoids.Les nouvelles technologies de l\u2019information permettront aussi une diffusion plus personnalisée de l\u2019information qui transformera les modes d\u2019enseignement et d\u2019apprentissage.Du même souffle, en même temps que l\u2019information prendra de l\u2019importance, les outils d\u2019accès à l\u2019information et de traitement de l\u2019information deviendront plus sophistiqués et requerrons de la part du bibliothécaire des compétences nouvelles et encore plus diversifiées.En effet, dans ce contexte de prééminence de l\u2019information, le rôle de la bibliothèque universitaire aura tendance à s\u2019élargir et à couvrir de nouveaux champs d\u2019intervention.Les services se raffineront et deviendront plus sophistiqués au fur et à mesure que les outils disponibles deviendront eux-mêmes plus raffinés et sophistiqués.Le bibliothécaire sera d\u2019ailleurs appelé lui-rnême à contribuer au développement de ces outils.Les rôles que j \u2019 entrevois pour les bibliothécaires d ' aujourd\u2019 hui et de demain dans ce nouveau contexte sont les suivants : -\tle repérage de l\u2019information pertinente et l\u2019acquisition, au besoin, de cette information pour pouvoir répondre au besoin des usagers au moment voulu et à l\u2019endroit voulu, quels que soient les supports de cette documentation ; -\tl\u2019organisation et le traitement de cette information de façon à ce qu\u2019elle puisse être repérée et exploitée facilement par les usagers, ce qui suppose un traitement de grande qualité et le formatage de l\u2019information tant de niveaux primaire, secondaire que tertiaire.Cela suppose aussi des interfaces des plus conviviales pour accéder à toutes ces ressources ; -\tla diffusion active de 1 \u2019 information disponible auprès des diverses catégories d\u2019usagers et avec les moyens pertinents à chaque type de support documentaire ; -\tl\u2019édition électronique de même que la conception et la production de banques de données ; -\tla formation des usagers qui le désirent au formatage des documents et des données selon les normes reconnues (ISBD, SGML, HTML, etc.); -\tla formation des usagers aux techniques de repérage et d'exploitation de la documentation sur tout support, y compris sur support électronique, et aux médias d\u2019accès mis à leur disposition ; -\tl\u2019intervention à titre d\u2019experts au niveau de la normalisation dans le domaine des technologies de l\u2019information ; -\tl\u2019intervention, aussi àtitre d\u2019experts, en ce qui concerne la gestion des droits d\u2019auteur et le paiement des redevances ; -\tfinalement, l\u2019intervention à titre d\u2019experts en ce qui concerne la conservation de la documentation, quels que soient les supports de cette documentation.Toutes ces responsabilités supposeront chez le bibliothécaire : -\tune remarquable capacité d\u2019adaptation au changement, en raison de l\u2019évolution constante des technologies de l\u2019information et de la transformation en profondeur des modes de communication scientifique et technique qui est en train de se produire ; -1 \u2019 obligation de se perfectionner sur une base continue, ce qui implique pour les institutions la nécessité d\u2019assurer un ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 7 A votre avis Rôle du bibliothécaire dans la bibliothèque universitaire virtuelle recyclage et un perfectionnement continus de leur personnel ; -\tle goût de l\u2019innovation pour être capable de contribuer au changement et même de le générer ; -\tla capacité de prendre des risques dans des contextes incertains ; -\tle sens de la rigueur, rigueur de l\u2019information à traiter, rigueur des produits et systèmes à développer, fournir et supporter ; -\tle souci constant de la qualité des produits et des services offerts ; -\tla capacité de travailler en équipe à l\u2019intérieur de la bibliothèque avec les autres bibliothécaires et avec les autres catégories de personnel, mais aussi à l\u2019extérieur de la bibliothèque avec d\u2019autres professionnels de l\u2019information et avec les professeurs et chercheurs ; -\tdes habiletés de communication ; -\tl\u2019augmentation et la diversification des compétences : en plus d\u2019assises solides en sciences de l\u2019information et en bibliothéconomie, les bibliothécaires devront augmenter leurs connaissances en informatique, en linguistique, en psychologie cognitive, en communication, en gestion (surtout pour ceux et celles qui se destinent à la gestion), et enfin dans le domaine de l\u2019édition électronique.Le rôle du bibliothécaire dans le contexte de la bibliothèque « virtuelle » de recherche sera plus exigeant que jamais et requerra une formation solide et diversifiée.Le bibliothécaire est appelé àjouer un rôle clé dans F université de demain.Il n\u2019en tient qu\u2019à lui d\u2019occuper de façon proactive les nouveaux champs de compétence qui se dessinent et qui lui sont naturellement destinés.Références H American Library Association.Strategie Visions Steering Committee.Strategie vision for professional librarians.July 28, 1992.5 p.Fichier informatisé.[Document distribué aux membres du forum électronique : Visions List], 71 Higher Education Information Resources Alliance.What presidents need to know about the integration of information technologies on campus.Sept.1992.56 p.Fichier informatisé.HEIRAlliance executive strategies report ; 1.[Disponibilité : en-voyerun message par courrier électronique à : HEIRAES@CAUSE.COLORADO.EDU avec les textes suivants : GET HEIRA.ES 1, GET HEIRA.ESl.SUP], C JENNINGS, Lois.« Regrowing staff : managerial priority for the future of university libraries ».Public-Access Computer Systems Review, vol.3, n° 3, 1992.15 p.Fichier informatisé : 28 KO.[Disponibilité : envoyer un message par courrier électro-niqueà :LISTSERV@UHUPVM 1 .UH.EDU avec le texte suivant : GET JENNINGS PRV3N3 F=MAIL].¦ DOCUMENSA Ingénierie documentaire Document Engineering 801, rue Sherbrooke Est, bureau 615 Montréal (Québec) Canada H2L1K7 Téléphone : (514) 524-7722 Télécopieur : (514) 524-5441 La Bibliothèque québécoise La plus grande source d'informations sur la société québécoise .sur CD-ROM! Accès direct à plus de 510 000 références bibliographiques: grande diversité de publications sur une période de plus de 12 ans et couvrant tous les sujets d'importance tels actualité, santé, affaires, communications, environnement, publications gouvernementales.Outil de travail bibliographique: les documents repérés peuvent être imprimés selon une variété de formats ou transférés dans d'autres bases privées.Repérage aisé, rapide et précis: l'interrogation s'effectue avec une version allégée de notre logiciel EdiBase avec menus déroulants à l'écran, questions en langage naturel ou avec opérateurs de recherche, index de recherche multiples, tri par ordre de pertinence, etc.Bases: Index de l'actualité, Index des affaires, Index de la santé et des sen/ices sociaux; bibliographies sur les communications au Québec, sur l'environnement et l'aménagement du territoire québécois; publications gouvernementales québécoises.8 ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 Les bibliothèques à l'heure des réseaux télématiques planétaires Jean-Claude Guédon Professeur titulaire Département de littérature comparée Université de Montréal Théorie et applications L\u2019avènement de la numérisation universelle et des réseaux de communication planétaire transformera la fonction et les rôles des bibliothèques de manière radicale.La délocalisation de l\u2019information numérisée et, corrélativement, la perte de l\u2019importance des collections expliquent en partie certaines craintes du milieu, mais elles ouvrent aussi de nouvelles perspectives.On examine notamment le rôle accru que peuvent jouer les bibliothèques dans le domaine de la publication, rôle facilité par la convergence entre ces institutions et les presses universitaires.La mise en scène de l\u2019information devient également une fonction importante de la bibliothèque de l\u2019avenir, au point que la présence et l\u2019existence d\u2019une culture à l\u2019échelle mondiale dépendra probablement en grande partie de la façon dont elle sera « produite », sous forme numérisée, par les bibliothécaires.Libraries in the Age of Planetary Telematic Networks The advent of universal digitalization and planetary communication networks will radically transform the function and roles of libraries.The \u201c locationless \u201d nature of digital information and the correlated loss in importance of collections, partially explains fears often associated with this transformation.This change, however, also opens up new perspectives.This article examines in particular the increased role which libraries can play in publication, a role facilitated by the convergence of libraries and university presses.The production of information will become an important function of the library of the future.Indeed, the presence and existence of a worldwide culture will probably depend to a large degree on the way information is produced, in digital form, by librarians.Construites sur l\u2019écrit, puis l\u2019imprimé, les bibliothèques abordent Père de la numérisation des documents dans l\u2019ambivalence.On les comprend aisément, car même en concédant que la plupart des professions et métiers vont devoir s\u2019adapter à des outils radicalement transformés, même en acceptant le bouleversement de nombreuses habitudes et la modification profonde des mentalités, peu d\u2019institutions vont être bousculées autant que les bibliothèques et peu de métiers vont subir une transformation aussi radicale que celui des bibliothécaires.Ne pas sous-é valuer cette tendance paraît certainement important, ne serait-ce qu\u2019au nom de la lucidité ; ne pas vivre l\u2019arrivée de la transition numérique dans l\u2019angoisse semble plus crucial encore si le but est d\u2019éviter la paralysie.En fait, il s\u2019agit surtout de bien saisir les enjeux des transformations en cours ou qui s\u2019annoncent, de façon à se placer stratégiquement à l\u2019intérieur d\u2019une division du travail totalement redéfinie et ainsi contribuer à en influencer les formes en émergence.Les perspectives ne sont pas que menaçantes, loin de là, et les possibilités ouvertes aux bibliothécaires ne sont pas minces.De ce point de vue, la bousculade annoncée peut avoir des effets très bénéfiques sur la profession et ses rôles à condition qu\u2019elle ne se limite pas à subir le contrecoup jugé imparable d\u2019une évolution technologique, elle-même vécue sur le mode fatal.En fait, les bibliothécaires ont de magnifiques cartes à j ouer dans un avenir proche et ce texte vise à en mettre quelques-unes en évidence.Les métamorphoses de la collection Les bibliothèques, au sens que leur ont conféré l\u2019écrit et l\u2019imprimé, sont perçues souvent comme des trésors, trésors bien rangés et catalogués en détail.Conservation et ordre propres à retrouver le plus d\u2019information possible caractérisent depuis longtemps l\u2019œuvre du bibliothécaire.Or, cette tradition de la collection constitue peut-être l\u2019obstacle le plus difficile à surmonter pour fixer l\u2019avenir.En effet, le document numérisé1 se caractérise en particulier par ce que l\u2019on pourrait appeler une a-localisation radicale.Stocké quelque part sur la planète, un document peut être transmis presque instantanément à l\u2019autre bout du monde et immédiatement repartir vers un nombre indéterminé de destinations.Cette facilité à se laisser copier et transmettre permet aux fichiers numérisés de se multiplier indéfiniment et aux individus de reconstituer des ARGUS/Vol.23, n0 3, septembre-décembre 1994 9 Théorie et applications Les bibliothèques à l\u2019heure des réseaux télématiques planétaires collections en aussi grand nombre qu\u2019ils le souhaitent.Originellement conçus pour réduire la charge sur un ordinateur particulier ou pour mieux exploiter la bande passante disponible, les sites miroirs2 constituent effectivement le meilleur équivalent de la collection dans l\u2019univers numérisé.Cela dit, une collection susceptible de se reproduire pratiquement sans limites perd toute valeur liée à son unicité3.De plus, il s\u2019agit souvent d\u2019un ensemble aux contours flous parce que, dans de nombreux cas, les éléments recherchés ne sont pas rassemblés physiquement, mais seulement virtuellement au moyen de quelques pointeurs électroniques.En d\u2019autres mots, un site donné se construit à partir de données locales mises en relations avec des données lointaines, de façon à créer l\u2019allure d\u2019un ensemble documentaire où les éléments « rassemblés » tirent leur valeur autant de leur qualité intrinsèque que des structurations dans lesquelles elles s\u2019insèrent.C\u2019est ce que l\u2019on effectue, par exemple, au moyen de serveurs « Gopher» et « World Wide Web », outils qui permettent d\u2019imaginer le réseau Internet sous la forme d\u2019une gigantesque encyclopédie en constante évolution.Pour les bibliothécaires, ce nouvel état de fait entraîne des conséquences importantes.En particulier, et dans la mesure où la culture se traduira de plus en plus sous forme numérique, l\u2019importance de la collection (au sens d\u2019ensemble organisé d\u2019objets physiques) diminuera et se marginalisera de plus en plus.Dans un avenir probablement assez proche, elle apparaîtra comme une version, élargie certes, mais tout aussi statique, de nos fonds de manuscrits.L\u2019acidité du papier contribuera d\u2019ailleurs à en accélérer la déchéance car bien peu de bibliothèques disposeront des moyens techniques et financiers nécessaires à la préservation de documents qui s\u2019auto-détruisent en cent années environ.De surcroît, ce que l\u2019on sauvera se fera probablement, et de toute manière, par transfert sur support numérisé, plutôt que par traitement chimique ou par microfilmage comme c\u2019est actuellement le cas.Le dilemme pour les bibliothèques, c\u2019est de se repenser sous une forme où la collection sera devenue, au mieux, un élément accessoire de ses activités principales.De nouveaux modèles pour repenser la bibliothèque La marginalisation de la collection s\u2019accompagnera d\u2019une transformation architecturale de la bibliothèque.D\u2019abord, la course à l\u2019espace et la quête de fonds pour de nouveaux bâtiments va progressivement diminuer et s\u2019arrêter.Plus tard, la bibliothèque tendra à perdre ses dimensions monumentales jusqu\u2019à devenir pratiquement invisible.Enfin, sa localisation physique perdra, elle aussi, de l\u2019importance puisque ce qui comptera le plus ne sera pas l\u2019emplacement géographique d\u2019une collection, mais bien la bande passante d\u2019un nœud local de connexion4.Cela dit, la bibliothèque, liée comme elle est à l\u2019imprimé, ne se «virtualisera» pas du jour au lendemain ; au contraire, elle va passer par une phase de transition pendant laquelle elle sera amenée à se reconceptualiser en adoptant d\u2019abord une image intermédiaire.Cette image temporaire, je suis tenté de l\u2019évoquer sous une forme portuaire.Pourquoi une image portuaire ?D\u2019abord, parce que ce qui compte le plus pour un port, c\u2019est moins un emplacement précis qu\u2019une localisation relativement flexible ; mais ce lieu est doté de trois caractéristiques fondamentales: 1) la valeur abri du port lui-même ; 2) la profondeur de son chenal d\u2019accès à marée basse d\u2019une part, et les voies de communication reliant le port aux principales villes du continent d\u2019autre part ; 3) la structure des quais et l\u2019équipement de chargement et de déchargement.Ces critères se transposent aisément dans la description d\u2019un serveur sur un réseau : l\u2019abri correspond à la sécurité qu\u2019offre le serveur contre toute intrusion non autorisée qui pourrait menacer l\u2019intégrité des documents stockés localement.La profondeur du chenal correspond à la bande passante de la connexion au réseau tandis que les voies de communication terrestres renvoient aux possibilités d\u2019accès des utilisateurs au serveur (nombre de modems, par exemple).Enfin, la structure des quais détermine la logistique du transfert des marchandises et son efficacité : en disant que c\u2019est l'interface usager du port, on en aura saisi la signification essentielle.A la lumière de ce qui vient d\u2019être dit, il est clair que les bibliothécaires, bien qu\u2019en-core temporairement liés à une architecture particulière, vont devoir se préoccuper de plus en plus de leur liaison au réseau et à leur clientèle.Celle-ci va d\u2019ailleurs considérablement se modifier en se délocalisant autant que les documents eux-mêmes.Le facteur de proximité physique jouera de moins en moins comme instrument de sélection des utilisateurs.Ensuite, les bibliothécaires vont également concevoir l\u2019organisation de cette information, ce qui fait d\u2019ailleurs partie de leurs traditions professionnelles et de leur métier, mais au lieu d\u2019utiliser des étagères, au lieu de s\u2019appuyer sur des classifications comme Dewey, Cutter ou LC, ils vont créer des corpora et les structurer par des arborescences et des liens hypertextuels.Enfin, soucieux de bien servir leurs utilisateurs, ils vont soigner les procédures de transfert, les quais en quelque sorte, de la bibliothèque numérisée, ou leur interface, terme plus courant dans ce contexte.Continuons de filer les métaphores ; elles nous servent si bien ! Actuellement, et en dépit des procédures de prêts entre bibliothèques, celles-ci fonctionnent encore essentiellement comme des coffres-forts.Les documents sont sous haute surveillance et ne sortent qu\u2019à certaines conditions.La gestion de vastes quantités d \u2019 obj ets physiques exige ces mesures quasiment policières.En revanche, la bibliothèque de l\u2019information numérisée se fait nœud dans un réseau mondial.Elle devient processus de transbordement, passerelle entre divers flux d\u2019information.Parce qu\u2019elle peut avoir accès à toute l\u2019information du monde, au même titre que tous les nœuds du réseau, sa valeur dépend désormais plus de la façon dont elle met en scène l\u2019information qu\u2019elle met en œuvre que de la possession de 10 ARGUS/Vol.23, n° 3, septembre -décembre 1994 ^1 Théorie et applications Les bibliothèques à l\u2019heure des réseaux télématiques planétaires trésors particuliers.Corrélativement, elle peut mettre en valeur les trésors locaux en tissant des liens avec des informations stockées ailleurs, leur conférant ainsi une forme d\u2019universalité qui se conçoit dans le partage et le dialogue, et non dans l\u2019imposition d\u2019une voix fondée sur la prétention à quelque vérité ou supériorité.Au total, une bibliothèque bien branchée et offrant un point d\u2019entrée efficace et attrayant à tout un univers d\u2019informations, verra son achalandage (c\u2019est-à-dire le nombre de connexions) augmenter.Inversement, les bibliothèques qui demeureront indissolublement liées à des collections physiques, elles-mêmes traitées dans la philosophie isolationniste du coffre-fort, se verront rapidement délaissées, un peu comme ces petites villes qui ont périclité rapidement dès que la ville rivale se trouvait reliée au réseau ferroviaire.Dans la perspective de l\u2019information numérisée, une bibliothèque correspondra donc moins à une collection d\u2019objets bourrés d'information, en l\u2019occurrence livres et périodiques, qu\u2019à une densité accrue de liens construits entre des éléments d\u2019informations distribués sur l\u2019ensemble de la planète.Or, il faut remarquer que cette densité de liens entre diverses formes d\u2019information correspond déjà à un premier degré d\u2019interprétation, tout comme le sont, de façon embryonnaire, les classifications Dewey ou LC dans les bibliothèques actuelles.Dans le monde de l\u2019information numérisée, cependant, les perspectives offertes par les outils électroniques d\u2019organisation s\u2019élargissent considérablement.Le bibliothécaire, par conséquent, verra l\u2019importance de son rôle croître profondément, rôle qui se rapprochera de celui de lecteur au premier degré, et même, en quelque sorte d\u2019auteur5.On conçoit aisément que, dans ce nouvel environnement, le bibliothécaire devra réapprendre à « naviguer » - la formule s\u2019emploie déjà - en fonction d\u2019exigences nouvelles.Il continuera néanmoins d\u2019être pilote, un intermédiaire de plus en plus précieux entre les monceaux d\u2019informations déposés dans le cyberespace6 et des utilisateurs qui, au fil du temps, tendront d\u2019ailleurs à devenir des profils construits sur la base d\u2019équations booléennes de termes clefs, et autres outils équivalents.Mais il sera aussi guide au sens où un guide, en plus de conduire l\u2019utilisateur, informe son regard et lui apprend à distinguer entre éléments pertinents et bruit.Ceci veut dire que, parmi les spécialisations à 1 \u2019 intérieur du métier de bibliothécaire, les talents propres au bibliothécaire de référence, dûment adaptés aux nouvelles circonstances, seront en demande croissante.Mais au-delà de cette classe de compétences, le bibliothécaire de l\u2019univers numérisé devra prendre en charge les premières étapes des interprétations possibles, non pas dans le but de les produire toutes ou de les contrôler, mais au contraire avec l\u2019idée d\u2019en faciliter l\u2019éclosion et la multiplication.Accoucheur de signification : tel pourrait être un des plus beaux rôles du bibliothécaire de l\u2019avenir.En revanche, les tâches associées au catalogage et à la constitution d\u2019une collection au sens physique du terme perdront progressivement de l\u2019importance.Par ailleurs, au fur et à mesure que l\u2019organisation de toute cette information virtuelle prendra de l\u2019importance, les bibliothécaires auront tout avantage à s\u2019associer aux chercheurs concernés par les questions reliant signification et organisation.De l\u2019informaticien spécialiste en bases de données et en interfaces, à l\u2019herméneute rompu à toutes les subtilités de la production du sens, se situe une gamme de talents que le bibliothécaire, s\u2019il ne se laisse pas prendre de vitesse par quelque autre profession, celle des informaticiens en particulier, mobilisera et coordonnera dans le but de constituer les nœuds informationnels de l\u2019avenir.De conservateur, au sens que l\u2019on donne à ce terme en muséologie, le bibliothécaire deviendra aussi et finalement metteur en scène, car monter un site d\u2019information en mode World Wide Web, Gopher, ou tout autre mode qui apparaîtra dans les prochaines années, exigera du talent, une esthétique, bref des qualités proches de celles du muséologue, ce cousin si longtemps méconnu.La bibliothèque, lieu de publication de l\u2019information Le document numérisé peut être d\u2019une richesse extraordinaire, comprenant non seulement du texte, mais des images, du son et même des séquences animées.La structure hypertextuelle offre la promesse de bases de connaissances d\u2019une complexité et d\u2019une richesse que les imprimés ne pourront jamais atteindre.Bref, le document numérisé offre des perspectives immenses, mais pour en profiter il faut un équipement qui n\u2019est pas forcément à la portée de tout le monde.C\u2019est ici que la bibliothèque trouve un autre rôle important.En effet, pour avoir accès à un document numérisé, il faut le transformer en une forme reconnaissable par l\u2019être humain.Il faut donc matérialiser ce document.Même dans une société où l\u2019ordinateur s\u2019est largement banalisé, comme ce sera certainement le cas dans une dizaine d\u2019années, la capacité de matérialisation du fichier informatisé variera énormément d\u2019un individu à un autre en fonction de l\u2019équipement qu\u2019il aura à sa disposition.Prenons un exemple très simple et actuel.Toute personne ayant un ordinateur personnel dispose aussi, en général, d\u2019une imprimante.Cela dit, face à un texte comprenant des illustrations, la qualité de la visualisation variera beaucoup selon la qualité de l\u2019écran et de l\u2019imprimante et, dans la très grande majorité des cas, les illustrations en couleurs ne pourront être imprimées qu\u2019 en teintes de gris au mieux.Cet exemple très simple permet de montrer que la bibliothèque pourrait offrir des postes d\u2019accès aux documents où ces derniers pourraient être matérialisés selon les besoins.Ces postes pourraient initialement être placés à l\u2019intérieur des murs des bibliothèques actuelles, mais, progressivement, ils pourraient se disperser en des lieux divers, sous forme peut-être de bornes publiques, et se mettre à la portée de tous, y compris les moins bien nantis, leur offrant ainsi un accès à la documentation répartie dans tout le réseau.De cette façon, la bibliothèque contribuera à matérialiser ou à réaliser de l\u2019information numérisée selon ARGUS/Vol.23, n°3, septembre-décembre 1994 11 Théorie et applications Les bibliothèques à l\u2019heure des réseaux télématiques planétaires les besoins de chacun et elle deviendra interface publique de haut niveau entre le réseau et 1 \u2019 utilisateur.Elle offrira ainsi des possibilités qui, autrement, ne seraient accessibles qu\u2019aux plus riches, et prolongera une de ses fonctions sociales les plus nobles, celle de la démocratisation de l\u2019accès au savoir.Il est d\u2019autres fonctions que les bibliothèques vont assumer dans l\u2019environnement numérisé.Elles apparaissent d\u2019ailleurs déjà en filigrane dans la bibliothèque actuelle.Que l\u2019on pense en effet au rôle central que jouent maintenant les photocopieurs.Pour beaucoup, le travail en bibliothèque consiste à retrouver les documents intéressants et en faire immédiatement une copie pour les classer et les lire chez soi ou à son bureau.Ce faisant, la bibliothèque a déjà (et subrepticement) acquis un rôle de rééditeur, rééditeur au statut incertain certes, situé aux confins des lois de la propriété intellectuelle, mais rééditeur tout de même.Elle flotte dans les zones grises du « fair use » aux Etats-Unis ou dans des configurations légales tout aussi floues dans d\u2019autres pays, en particulier au Canada où le concept légal de «fair use» n\u2019existe pas.Mais il n\u2019en reste pas moins que la bibliothèque, depuis facilement trente ans, contribue à republier des textes.Avec la numérisation des documents, ce rôle, de secondaire, marginal, quasi souterrain, va devenir central et premier.En effet, une fois identifiées les sources de documentation et téléchargées les ressources documentaires souhaitées, il faudra les traduire en formes compatibles non pas avec les circuits intégrés des puces d\u2019ordinateurs, mais avec l\u2019appareil sensoriel des êtres humains.Que ces documents soient affichés à un écran, traduits en document sonores ou en braille pour les aveugles, imprimés sur papier ou tout autre support, la bibliothèque va se trouver en position stratégique pour pren- dre en charge la dernière étape de la publication des documents numérisés.D\u2019autres facteurs, économiques et sociaux ceux-là, vont probablement faire évoluer les fonctions des bibliothèques dans des directions que la technologie favorise de son côté.Prenons, par exemple, le cas des périodiques de recherche dans les bibliothèques universitaires.Cet exemple, bien que particulier, puisqu\u2019il ne touche que certaines catégories d\u2019imprimés à l\u2019intérieur de bibliothèques également très spécialisées, permet néanmoins d\u2019examiner de près combien les modifications en cours peuvent conduire à des perspectives très différentes de celles auxquelles nous sommes habitués.Un article très récent de la revue Scientific American (Stix, 1994) contient un graphique aux enseignements très intéressants.Il montre en particulier qu\u2019entre 1985 et 1993, le coût d\u2019un abonnement à un périodique a plus que doublé (environ 108 %).Le résultat, c\u2019est que dans la même période, le nombre d\u2019abonnements a baissé de 5 %.Cette baisse dans le nombre d\u2019abonnements aurait été encore plus marquée si une partie des fonds initialement prévus pour l\u2019achat de monographies n\u2019avait pas été détournée au profit des revues.Ceci explique que, dans la même décennie, la vente des livres a chuté de 22 %7.Dans le cas des revues savantes, il est clair qu\u2019une situation intenable est en train de se développer.Plus les revues savantes coûtent cher, plus les bibliothèques vont avoir tendance à limiter leurs abonnements et à s\u2019appuyer sur un prêt entre bibliothèques toujours mieux coordonné.La mise en œuvre des terminaux Ariel est symptomatique de cette tendance.Le problème, c\u2019est qu\u2019elle aboutit à une conclusion absurde, bien exprimée par le prix Nobel, Joshua Lederberg, ancien président de la Rockefeller University à New York.Selon cet éminent scientifique, on aura à terme une seule bibliothèque achetant le seul exemplaire d\u2019une revue vendue à un prix d\u2019environ un million de dollars et le prêtant ensuite à toutes les autres bibliothèques selon les besoins de chacune sous forme de copie en utilisant, du moins aux États-Unis, la clause du « fair use»pour ce faire (Stix, 1994, p.108).La « prédiction », de toute façon ironique, de Lederberg ne se réalisera bien sûr pas, car elle correspond à un raisonnement par I\t\u2019 absurde et non à P analyse d\u2019un véritable processus historique.Cela dit, elle a P avantage de montrer qu\u2019avec l\u2019augmentation des coûts d\u2019abonnement, le rôle de rééditeur des bibliothèques augmente, cette fois-ci sous la forme du prêt entre bibliothèques.II\texiste une autre raison qui va conduire les bibliothèques à jouer un rôle de plus en plus central dans la publication des revues savantes.L\u2019argument qui en rend compte est un peu complexe et je ne peux que le résumer brièvement ici, Payant déjà exposé dans d\u2019autres textes8.Il repose sur les deux constatations suivantes : d\u2019une part, la proportion des revenus des revues savantes provenant d\u2019abonnements individuels est généralement inférieure à 30 %, tandis que les économies réalisées par la publication électronique sont évaluées de façon assez conservatrice comme étant de l\u2019ordre de 30 % également.Ceci revient à dire que les revues savantes publiées électroniquement pourraient se passer des abonnements individuels.Mais si l\u2019on analyse les sources de leurs revenus, on découvre qu\u2019elles se distribuent d\u2019une part entre les subventions gouvernementales et institutionnelles (par exemple, des sociétés savantes) et, d\u2019autre part, entre les abonnements de bibliothèques.Or, ces dernières sont elles-mêmes financées par des fonds publics ou des institutions sans but lucratif (par exemple, des universités privées).Bref, l\u2019ensemble de l\u2019édition savante, hormis les revues placées dans le giron de grandes maisons d\u2019édition privées, se voit produite grâce à des fonds sans vocation commerciale, généralement gouvernementaux, tandis que ces mêmes revues se voient achetées à même des fonds publics, là encore largement gouvernementaux.Bref, si la main droite achète ce que la main gauche vend, quelle est la raison d\u2019être de ce curieux circuit commercial ?En fait, le recours au marché n\u2019existe que pour régler minimalement un problème simple à énoncer mais difficile à résoudre : s\u2019il est vrai que production et distribution des revues savantes reposent sur des fonds publics, la diversité et l\u2019hétérogénéité de ces fonds, y compris leur origine multinationale, en gêne profondément la coordination et l\u2019utilisation rationnelle, pour le plus grand profit des 12 ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 Théorie et applications Les bibliothèques à l\u2019heure des réseaux télématiques planétaires maisons d\u2019édition privées qui, de cette façon, peuvent s\u2019immiscer dans le système de communication des chercheurs et leur revendre leur propre information à des prix invraisemblables9.Le marché intervient parce qu\u2019il réussit à faire converger des sources hétérogènes de financement sans requérir de négociations explicites entre les acteurs impliqués dans la production, la distribution et l\u2019acquisition des revues savantes.Mais il le fait au prix d\u2019un gâchis énorme de ressources et il rend possible des politiques de prix qui défavorisent systématiquement les moins nantis.Actuellement, la recherche du Tiers Monde est condamnée à l\u2019isolement ou à transgresser les règles internationales de la propriété intellectuelle10.Examinons l\u2019hypothèse où l\u2019on passerait à la publication électronique des résultats de recherche, accompagnée de l\u2019exigence, probablement utopique, d\u2019utiliser les fonds publics de toute origine de la manière la plus rationnelle possible.Cette décision aurait pour résultat de rendre toute l\u2019information scientifique, généralement produite avec des fonds publics, et appartenant en fait au patrimoine mondial, essentiellement gratuite.Mais pour rationaliser l\u2019utilisation des fonds publics, il faudrait trouver une institution susceptible de prendre en charge cette coordination.Le choix à cet égard n\u2019est pas énorme:il s\u2019agit ou des maisons d\u2019édition, ou des bibliothèques.Première remarque, ces deux institutions se complètent, mais les bibliothèques, parce qu\u2019elles republient de plus en plus fréquemment les documents dont elles ont la charge, apprennent beaucoup plus sur la publication que les maisons d\u2019édition en savent sur le classement et le catalogage de l\u2019information.Par conséquent, il ne semble pas trop risqué de proposer l\u2019idée que les bibliothèques constituent en fait une base tout à fait adéquate pour asseoir un système de communication de la recherche qui ne serait pas organisé sur la mobilisation inefficace et artificielle du concept de marché.Mais, corrélativement, il semble important de profiter des talents d\u2019édition qui existent actuellement au sein de douzaines de presses non commerciales, presses universitaires en particulier, de façon à maintenir une haute qualité stylistique et typographique aux documents publiés.Une convergence entre ces deux types d\u2019institutions semble donc particulièrement appropriée pour prendre en charge le système de communication des chercheurs du monde entier.Les presses universitaires et les bibliothèques disposent chacune de fonds importants pour la production et l\u2019organisation de publications savantes et plusieurs indices signalent qu\u2019elles apprennent de plus en plus à explorer leurs intérêts communs.Ponctuellement, l\u2019expérience de publication électronique des revues de la John Hopkins University Press met en évidence ce processus de convergence entre bibliothèques et presses universitaires.Plus généralement, les réunions annuelles conjointes de l\u2019Association of Research Libraries et de F American Association of University Presses, réunions organisées autour de problèmes divers de l\u2019édition électronique, marquent depuis 1991 la prise de conscience au sein de ces deux associations importantes qu\u2019il leur faut se parler, se coordonner, voire explorer toutes les possibilités de convergence qui augmenteraient leur capacité de nourrir la publication savante en préservant son intégrité et ses qualités essentielles.Il est bien possible que la convergence anticipée dans les lignes qui précèdent à partir d\u2019une logique de complémentarité à l\u2019intérieur d\u2019une économie de type «service public » soit effectivement en train de se réaliser.Conclusion Ce petit exercice de prospective a été conduit sous le signe général de la recherche de solutions souhaitables pour l\u2019avenir des bibliothèques.Justes ou non, les hypothèses présentées ici s\u2019appuient sur la caractéristique de service public qui me semble constituer la qualité la plus originale, la plus précieuse et, par là-même, la plus susceptible de contribuer à la bonne survie de ces institutions.Ce n\u2019est pas en reniant leur vocation première que les bibliothèques vont pouvoir franchir dans de bonnes circonstances les discontinuités historiques engendrées par la généralisation de la numérisation.Mais si les bibliothèques demeurent fidèles à cet idéal important, il en découle quelques conséquences intéressantes pour la redéfinition de leurs rôles dans la décennie qui vient.En analysant les revues savantes, j \u2019 ai tenté de montrer que l\u2019attachement à cet idéal conduit à faire converger les intérêts des presses universitaires et ceux des bibliothécaires pour les conduire à une forme de complémentarité qui pourrait bien donner lieu, un jour, à des institutions mixtes nouvelles, inconcevables à l\u2019époque de l\u2019imprimé.Mais l\u2019imprimé lui-même a conduit en son temps à des institutions mixtes où artisans, métallurgistes et hommes de lettres avaient dû apprendre à travailler ensemble.Cette conclusion n\u2019 est donc pas si surprenante.Un autre point de référence est susceptible de guider le bibliothécaire dans sa mutation professionnelle : il s\u2019agit de la tradition de classification et d\u2019organisation de l\u2019information qui se situe au cœur de son métier.Cependant, F avènement de l\u2019information numérisée peut donner, on Fa vu, un tout autre sens à ce travail d\u2019organisation.D\u2019instrumental et fonctionnel qu\u2019il était, il devient élément d\u2019interprétation et de publication mondiale.Le bibliothécaire, réalisateur d\u2019un ensemble d\u2019informations, produit cette information pour l\u2019ensemble de la planète.Il met en scène des éléments plus ou moins important de sa culture au même titre (mais différemment) qu\u2019un auteur de romans ou un réalisateur de films, qu\u2019un peintre ou un compositeur.Ceci, évidemment, est tout à fait nouveau pour le bibliothécaire et constitue en même temps un défi totalement incommensurable avec celui de la simple classification de la production intellectuelle d\u2019un pays, d\u2019une région, d\u2019un empire ou d\u2019une langue.De simple conservateur de la culture, le bibliothécaire va devenir un partenaire fondamental dans la production de sa culture à l\u2019échelle mondiale et dans le type de liens qu\u2019elle va entretenir avec d\u2019autres cultures.Corrélativement, une culture, pour pouvoir exister à l\u2019échelle mondiale, c\u2019est-à-dire devenir visible et accessible au même titre que toutes les autres, devra justement se produire sous forme numérisée.Les bibliothécaires nouveaux ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 13 Théorie et applications Les bibliothèques à l\u2019heure des réseaux télématiques planétaires seront des acteurs et même des auteurs incontournables si ce travail doit être mené à bien.Dans le cas d\u2019une petite culture comme celle du Québec, cette tâche est d\u2019autant plus urgente que si la transition vers la forme numérique ne s\u2019effectue pas rapidement et bien, la culture québécoise sera vite et irrémédiablement reléguée à la folklorisation.Comme, d\u2019ailleurs, tout ce qui n\u2019aura pas été numérisé d\u2019ici vingt ans au plus.Notes 1\tPour éviter toute ambiguïté, j \u2019 appellerai ici « numérisation » tout processus visant à transférer des documents, de quelque nature qu\u2019ils soient, sous une forme compatible avec l\u2019ordinateur.Ceci implique en bout de course une traduction en séquences de zéros et de uns, d\u2019où l\u2019expression « numérisation ».Dans le cas du présent texte, le terme «numérisation » n\u2019implique aucune distinction entre la numérisation sous forme d\u2019image, et celle sous forme de fichier texte, même si, sur le plan du traitement, un fichier image (bitmap, par exemple) n\u2019offre pas du tout les mêmes avantages qu\u2019un fichier texte.2\tDans le jargon particulier de l\u2019Internet, cela s\u2019appelle un «mirror site» ou tout simplement « mirror ».La traduction directe de site miroir ou miroir me paraît acceptable.3\tCette caractéristique du texte numérisé rend aussi toute velléité de censure à peu près illusoire, car personne ne saura jamais où se trouvent toutes les copies d\u2019un document donné et, d\u2019ailleurs, combien de copies, même approximativement, existent.Ce nombre peut varier énormément en quelques minutes.4\tRappelons que la bande passante mesure en gros la quantité d\u2019information que peut transporter un médium donné en une seconde.5\tSur les transformations des rôles d\u2019auteur et de lecteur par Fhypertexte, on pourra consulter Landow, 1992.6\tLe « cyberespace » (« cyberspace ») est un néologisme créé par 1 \u2019 auteur de science-fiction William Gibson, vers 1984.7\tLa raison pour laquelle le prix des livres n\u2019a augmenté que de 45 % au moment même où celui des revues augmentait de 108% est plus difficile à expliquer, mais cette différence importante montre minimalement que l\u2019économie politique de la monographie ou du livre est tout à fait différente de celle des revues savantes.Je me limite ici strictement aux revues savantes.8\tVoiren particulier Guédon( 1994 et 1995).9\tCe facteur est l\u2019un des plus importants pour rendre compte de l\u2019énorme accroissement des coûts des abonnements des revues depuis dix ans.10\tC\u2019est le cas, par exemple, de la Chine populaire, mais celle-ci est en train d\u2019entrer dans le système international du « copyright ».Références GUÉDON, Jean-Claude.« An Adequate Economie Framework for Scholarly Electronic Publications ».In : Proceedings of the 4th joint Meeting of the ARL-AAUP «Filling the Pipes and Paying the Pipers », Washington, D.C., Nov.4-7, 1994.GUÉDON, Jean-Claude.« Research Libraries and Electronic Scholarly Journals : Challenges or Opportunities ?».A paraître en août 1995 dans un numéro spécial de Serials Librarian.LANDOW, George P.The Convergence of Contemporary Critical Theory and Technology.Baltimore, Md.: John Hopkins University Press, 1992.STIX, Gary.« The Speed of Write ».Scientific American, vol.271, no.6 (December 1994), pp.106-111.¦ PIERRE LAROCHELLE BRO DART 615, 4e Rue, Shawinigan (Québec) G9N 1G9 SPÉCIALISTE DE RELIURE DE LIVRES DE BIBLIOTHÈQUE ET SCOLAIRES FOURNITURE ET ÉQUIPEMENT DE BIBLIOTHÈQUE Tél.: (819) 537-1617 / 1-800-567-9373 / Fax: (819) 537-3846 14 ARGUS/ Vol.23, n°3, septembre-décembre 1994 L\u2019indexation à l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle Diane Lanteigne Agente de recherche et chargée de cours École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information Université de Montréal Gracia Pagola Agente de recherche et chargée de cours École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information Université de Montréal Théorie et applications Àl\u2019ère des documents électroniques, quelle aide peut apporter l\u2019ordinateur à l\u2019indexation fine des textes?Des logiciels dédiés et les modules d\u2019indexation des logiciels de traitement de texte et d\u2019éditique facilitent la production d\u2019index papier en assistant l\u2019indexeur dans les tâches d\u2019édition qui se situent en aval du travail intellectuel d\u2019indexation.La majorité des recherches et des réalisations dans le domaine de l\u2019indexation automatique ou assistée portent sur l\u2019attribution de quelques mots-clés à un document mais bien peu encore a été fait dans le domaine de l\u2019indexation fine du texte intégral.Un survol des applications disponibles montre que la majorité des systèmes actuels n\u2019ont pas dépassé l\u2019indexation des chaînes de caractères et que plusieurs phénomènes textuels contribuant au sens sont ignorés.Pour que l\u2019avènement des bases de données en texte intégral représente un réel progrès et satisfasse une gamme de besoins d\u2019information plus large que les systèmes de repérage traditionnels ne peuvent le faire, il faudra se diriger de plus en plus vers la conception de systèmes qui permettent d\u2019aller bien au-delà des chaînes de caractères.Indexing in the Era of the Virtual Library In the era of electronic documents, what help can the computer bring in the fine indexing of text ?Specialized computer programs and indexing modules of word processing and desktop publishing programs facilitate the production of paper indexes in helping the indexer accomplish editing tasks which follow the intellectual work of indexing itself However, the lack of sufficient resources required to satisfy all indexing needs, obliges us to examine the assistance a computer can offer vis-à-vis indexing tasks themselves.An overview of available applications shows that the majority of current systems have not gone beyond indexing character chains and most textual phenomena which contribute to meaning are not recognized.In order that the advent of full text databases can represent true progress and satisfy a range of information needs greater than that of traditional retrieval systems, we will need to look towards conceiving systems which are able to go far beyond character chains.Bibliothèque virtuelle : une expression présente sur toutes les lèvres dans le monde de la bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information mais qui bien souvent recouvre, selon le locuteur, des réalités diverses.Notre propos n\u2019est pas de définir ce concept.Nous partirons plutôt d\u2019une observation toute pragmatique : les développements conjugués des technologies de stockage de l\u2019information et des télécommunications et l\u2019interconnexion croissante des réseaux nous permettent aujourd\u2019hui d\u2019accéder à distance à des catalogues de bibliothèques, des bases de données bibliographiques, des banques d\u2019images, des textes intégraux : publications gouvernementales, périodiques électroniques, ouvrages de référence, œuvres littéraires, etc.Une bibliothèque ne se réduit pas à son catalogue et à des répertoires.Ce ne sont donc pas les seules possibilités d\u2019interroger à distance des catalogues de bibliothèques ou des bases de données bibliographiques qui ont donné naissance au concept de bibliothèque virtuelle.Qui dit bibliothèque dit livres, documents.Qui parle de bibliothèque virtuelle parle aussi de documents électroniques en texte intégral.Le taux de croissance des bases de données en texte intégral dépasse maintenant le taux de croissance des bases de données bibliographiques, et c\u2019est la possibilité d\u2019accéder à distance à ces textes intégraux qui donne toute sa force au concept de bibliothèque virtuelle.Théoriquement, le stock documentaire mis à la disposition des utilisateurs possibles est immense.Mais « virtuel » veut dire qui n\u2019est que possible, qui n\u2019est pas encore réalisé.Entre les immenses bases de données existantes et l\u2019utilisateur qui a un besoin d\u2019information, une foule d\u2019obstacles se dressent.Pour que les données passent de T état de virtualité à celui de réalité, il faut que l\u2019utilisateur ait trouvé la façon d\u2019y accéder1.Loin de nous permettre de faire l\u2019économie de la production d\u2019index, l\u2019augmentation du nombre de documents ne se retrouvant que sous forme électronique accroîtra les attentes envers la qualité des index puisque les données sous forme électronique ne deviendront perceptibles par l\u2019humain que si on a trouvé une clé quelconque pour y accéder.ARGUS/Vol.23, n° 3, septembre -décembre 1994 15 Théorie et applications L\u2019indexation à l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle Mais il y a index et index.Lorsqu\u2019 on parle d\u2019indexation en bibliothéconomie et en sciences de l\u2019information - a fortiori lorsqu\u2019on parle d\u2019indexation automatique ou assistée -, on parle en général de l\u2019activité qui s\u2019exerce dans les services secondaires : attribution de mots-clés représentant le thème des documents dans le but de construire des outils secondaires (catalogues, répertoires).Il est rare qu\u2019on traite de l\u2019indexation fine du texte.Il faudra pourtant qu\u2019on s\u2019attarde de plus en plus à cette différence car la disponibilité croissante de textes complets sur support informatique va modifier les attentes des utilisateurs envers les systèmes de repérage informatisés.Les systèmes de repérage traditionnels permettent de retrouver des documents par F appar iement entre les termes d\u2019 une requête et des éléments de la représentation formalisée du contenu d\u2019un document (codes de classification, descripteurs, vedettes-matière, résumé) ou de ses attributs externes (auteur, titre, etc.).Les systèmes donnant accès aux textes intégraux doivent non seulement permettre de retrouver des documents mais également des passages de texte, de fins détails, les propos d\u2019un auteur.Ils doivent donner accès non seulement au thème du document mais à tout ce qui y est dit.C\u2019est le rôle qu\u2019ont toujours joué les index de type«back-of-the-book-index».Les besoins pour ce type d\u2019index détaillé iront en croissant et c\u2019est pourquoi, des différentes facettes que nous aurions pu aborder d\u2019un thème aussi vaste que l\u2019indexation à F ère de la bibliothèque virtuelle, nous avons choisi l\u2019indexation fine du texte intégral et, plus particulièrement, l\u2019automatisation de ces tâches d\u2019indexation.La littérature portant sur F automatisation des tâches d\u2019indexation fine du texte traite de deux réalités distinctes : l\u2019automatisation des tâches d\u2019édition d\u2019index, qui se situent en aval du travail intellectuel de l\u2019indexeur (tri, mise en page, etc.), et l\u2019automatisation des tâches d'indexation elles-mêmes (identification et sélection des éléments à indexer, choix des termes d\u2019indexation, normalisation de la forme des vedettes, etc.).L\u2019automatisation des tâches d\u2019édition d\u2019index On pourra s\u2019étonner que nous parlions ici de logiciels d\u2019édition d\u2019index puisque ces derniers sont surtout utilisés pour la production d\u2019index papier.Mais le document papier, même à l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle, a encore un long et bel avenir pour diverses raisons.Même si les questions comme celles du droit d\u2019auteur étaient résolues et que tous les textes étaient accessibles en version électronique, l\u2019imprimé sera préféré à l\u2019écran pour toute lecture de plus de quelques pages tant que des progrès importants n\u2019auront pas été réalisés dans les interfaces (les études ont montré que la lecture de l\u2019imprimé est de 30 à 50 % plus rapide que la lecture à l\u2019écran).On peut ranger les logiciels qui assistent le travail d\u2019édition d\u2019index en deux catégories : les logiciels dédiés et les modules d\u2019indexation des logiciels de traitement de texte ou d\u2019éditique.Les logiciels dédiés (ex : CINDEX, MACREX) supposent un travail manuel sur les épreuves imprimées fournies par l\u2019éditeur et, simulant les fiches 3x5 utilisées lors du processus manuel, permettent de consigner les résultats du travail de l\u2019indexeur.Les tâches de tri, de mise en page, d\u2019impression, etc.sont ensuite assumées par l\u2019ordinateur.La grande majorité des indexeurs professionnels utilisent ce type de produit2.Les modules d\u2019indexation offerts par les logiciels d\u2019éditique et les logiciels de traitement de texte permettent d\u2019enchâsser dans le texte les vedettes choisies par l\u2019indexeur.L\u2019intérêt de ces modules réside dans le fait que les termes d\u2019index étant enchâssés dans le texte, à l\u2019endroit même où ils devront être signalés, toute modification à la pagination générera un nouvel index en conséquence.En outre, une fois un texte marqué, on peut imaginer une recherche en texte intégral portant sur les termes d\u2019indexation plutôt que sur l\u2019ensemble des chaînes de caractères contenues dans le texte.Enfin, cette façon de procéder peut, théoriquement, diminuer le nombre d\u2019opérations requises pour F ensemble du processus d\u2019indexation.Au heu d\u2019annoter les épreuves imprimées puis de retranscrire ses notes à l\u2019ordinateur, l\u2019indexeur marque le texte directement sur sa version électronique.Toutefois, les modules existants sont encore loin d\u2019être satisfaisants, et s\u2019ils sont souvent employés par les éditeurs de documentation technique, ils sont en général boudés par les indexeurs professionnels.Dans leur version la plus simple, ces modules permettent de générer soit une simple liste de concordances exhaustive avec toutes les références, soit un index dont les vedettes seront des mots ou phrases du texte sélectionnés par F utilisateur.On voit donc que le postulat à la base de la conception de ces modules est qu\u2019un index soit une liste alphabétique de mots ou de phrases extraits d\u2019un document.Ainsi conçus, ces modules sont irritants et frustrants car dès que l\u2019indexeur veut exercer un contrôle minimal du vocabulaire, modifier l\u2019ordre des mots constituant la vedette ou permuter ces derniers, avoir plusieurs niveaux de sous-vedettes pour éviter les références indifférenciées, établir un système de renvois, etc., le processus devient si compliqué et si long que ça n\u2019en vaut plus la peine.En plus des frustrations que l\u2019utilisateur peut rencontrer au moment de l\u2019enchâssement des vedettes, les options de tri et de formatage sont souvent limitées.Si certains auteurs font des critiques très sévères de ces modules (Mulvany, 1990;Mulvany, 1994a; Wittman, 1991), d \u2019 autres affirment que ces derniers approchent (dans le cas des logiciels de traitement de texte) et parfois dépassent (dans le cas de certains logiciels d\u2019éditique) les capacités des logiciels dédiés (Bonura, 1994).Quelles que soient les limites des modules actuels, la voie de l\u2019avenir n\u2019en réside pas moins dans le développement de modules performants et conviviaux permettant de marquer directement le texte.Mais aussi performants que soient ces modules, il faut tenir compte d\u2019une autre réalité : l\u2019indexation humaine constitue le goulot d\u2019étranglement dans la circulation de l\u2019information (Bertrand- 16 ARGUS/Vol.23, n°3, septembre-décembre 1994 Théorie el applications L\u2019indexation à l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle Gastaldy, 1990).Même les détracteurs de l\u2019automatisation des tâches d\u2019indexation reconnaissent qu\u2019il n\u2019y aura jamais suffisamment de ressources humaines pour rencontrer tous les besoins d\u2019indexation.« Without a doubt, indexing software tools will improve and the demand for indexing will increase.Given the profusion of published material, another certainty is that there will not be enough people skilled in knowledge structure design to meet the information access needs of the marketplace.The book or online text that includes a thoughtfully written and structured index will stand out from the crowd » (Mulvany, 1994a, p.280).Mais doit-on accepter que seuls quelques textes se « démarquent de la foule » ?Doit-on se contenter d\u2019utiliser la version électronique d\u2019un texte comme une simple épreuve sur laquelle on note les résultats d\u2019une indexation humaine, et ce dans les rares cas où on a les ressources pour le faire ?Ne pourrait-on pas profiter des capacités de traitement de l\u2019ordinateur pour offrir d\u2019autres formes d\u2019aide à l\u2019indexeur ou d\u2019autres formes d\u2019accès à l\u2019usager?L\u2019automatisation des tâches d\u2019indexation Les recherches sur l\u2019indexation automatique datent d\u2019aussi loin que la fin des années 1950.Les méthodes employées vont de l\u2019extraction pure et simple de chaînes de caractères à des représentations plus synthétiques résultant de traitements complexes combinant des approches statistiques, linguistiques et cognitives.Mais ces méthodes ont été développées pour les bases de données bibliographiques.Or, on ne peut transposer intégralement des méthodes développées pour attribuer quelques mots-clés à un document - que ce soit à partir des seuls titre et résumé ou à partir du texte intégral - à l\u2019indexation fine des textes, et la présentation que nous ferons maintenant des applications disponibles sur le marché convaincra sans doute le lecteur que, dans ce domaine, il reste encore beaucoup à faire.Au chapitre de l\u2019indexation des textes en vue de produire un index papier, nous traiterons brièvement des utilitaires qui se greffent aux logiciels de traitement de texte ou d\u2019éditique.Au chapitre de l\u2019indexation des textes en vue de leur consultation en ligne, nous distinguerons les systèmes de repérage en texte intégral qui effectuent une indexation automatique des Unitermes, ceux qui effectuent une indexation automatique des termes complexes, les systèmes d\u2019indexation et de repérage utilisant un thésaurus, et finalement, les systèmes experts.Les utilitaires qui se greffent aux logiciels de traitement de texte ou d\u2019éditique Tout récemment sont apparus sur le marché des logiciels qui tentent d\u2019assumer les tâches d\u2019indexation autrefois dévolues à l\u2019indexeur humain dans la production des index papier.Ainsi Indexicon, conçu pour Word Petfect 6.0 pour Windows, identifie les mots et expressions à indexer3 et peut générer jusqu\u2019à six index différents selon le niveau de spécificité désiré.L'index ainsi produit peut ensuite être révisé par un professionnel.Le logiciel ne peut bien sûr rivaliser avec les capacités humaines d\u2019analyse et d\u2019interprétation des textes4.Il n\u2019en représente pas moins un premier pas dans la recherche de solutions de rechange à l\u2019absence totale d\u2019index dans les situations où l\u2019indexation humaine est impossible.L\u2019indexation automatique des Unitermes La plupart des systèmes de repérage en texte intégral procèdent à l\u2019extraction de tous les mots du texte et constituent un fichier inversé d\u2019unitermes, ce qui permet de faire des recherches instantanées sur n\u2019importe quel mot du corpus.L\u2019élimination des « mots-outils » (articles, prépositions, conjonctions, etc.)5 du fichier inversé se fait grâce à un antidictionnaire qui peut être modifié selon les besoins des utilisateurs.Facile à mettre en œuvre, cette opération n\u2019entraîne pas de coûts importants pour le traitement puisqu\u2019elle est entièrement effectuée par le logiciel, et la disponibilité des textes pour la consultation est pratiquement immédiate.Plusieurs logiciels fonctionnant sur micro, mini et maxi-ordinateurs sont maintenant offerts à des coûts très abordables6.Cette solution n\u2019est toutefois pas sans comporter des inconvénients importants.La complexité de la langue et les ambiguïtés qu\u2019elle comporte rendent le repérage complexe.En effet, ces logiciels s\u2019appuient sur des unités de traitement qui ne sont pas vraiment linguistiques, les chaînes de caractères, et aucun contrôle flexionnel, morpho-lexical, lexico-séman-tique ou même orthographique n\u2019est exercé7.Dès lors, tous les efforts qui n\u2019ont pas été mis sur l\u2019analyse sont reportés sur l\u2019utilisateur qui doit, pour formuler sa requête, penser à toutes les formulations équivalentes, à toutes les variantes des termes de la requête, à toutes les équivalences linguistiques dans le cas de corpus multilingues.Pour aider l\u2019utilisateur à formuler des requêtes complexes, la plupart de ces logiciels offrent, à des degrés variables, la possibilité d\u2019utiliser différents opérateurs de recherche : opérateurs booléens, troncatures gauche et droite, masques, opérateurs de proximité et d\u2019adjacence, opérateurs relationnels et opérateurs d\u2019intervalle.Certains offrent la recherche automatique sur le pluriel (en général limitée aux cas de pluriel en « s ») ; d\u2019autres, la recherche phonétique (c\u2019est le cas notamment du système qui permet la consultation de l\u2019annuaire téléphonique en France).Si ces opérateurs confèrent une grande puissance au langage d\u2019interrogation, ils n\u2019en obligent pas moins l\u2019utilisateur à connaître une syntaxe particulièrement lourde.Or, selon Cooper (1988), même les rudiments de la logique booléenne sont abscons pour l\u2019utilisateur novice qui confond souvent le et et le ou logique8.C\u2019est pourquoi de plus en plus de logiciels, comme Naturel, offrent la possibilité d\u2019interroger en langage naturel.ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 17 Théorie et applications L\u2019indexation à l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle Que F interrogation s\u2019effectue par le biais d\u2019un langage artificiel ou en langue naturelle, les résultats au repérage posent problème.D\u2019une part, on aura du silence à cause de la synonymie lexicale, phrastique et textuelle.En effet, des phénomènes comme l\u2019anaphore, la paraphrase, la périphrase, ou encore l\u2019ellipse posent plus de problèmes dans les bases de données textuelles que dans les bases de données bibliographiques où l\u2019usage de la langue est fortement normalisé (le choix des mots dans les résumés est fait avec l\u2019intention expresse de servir de réservoir de clés d\u2019accès, les procédés rhétoriques sont réduits au minimum, le vocabulaire est en général contrôlé dans les zones d\u2019indexation, etc.).D\u2019autre part, on s\u2019entend pour dire que la recherche en texte intégral génère beaucoup de bruit en rappelant beaucoup de documents non pertinents (Lancaster, 1989), et ce bruit s\u2019accentue avec l\u2019augmentation de la taille du corpus.Le coût de la recherche augmente d\u2019autant puisque l\u2019utilisateur doit consacrer beaucoup de temps à éliminer les textes ou segments de texte non pertinents9.Il faut donc tenir compte des coûts cachés dans l\u2019évaluation de ces systèmes : coûts liés au temps consacré à la recherche, au bruit et au silence.Nous ne saurions clore cette section sans mentionner que certains logiciels intègrent les fonctions de recherche en texte intégral (fichier inversé, opérateurs de recherche) et des fonctions propres aux logiciels hypertexte (liens, signets, historique, etc.).C\u2019est le cas notamment de Folio Views version 3.0, de HyperWriter version 310, du système CEDROM11 et dans une certaine mesure de Naturel version 4.En combinant ainsi la navigation hypertextuelle et la recherche par le biais d\u2019index, on multiplie les accès au contenu.18 L\u2019indexation automatique des termes complexes L\u2019accès aux données à travers les Unitermes pose plusieurs problèmes parce que les Unitermes hors contexte sont en général ambigus (« avions », « été ») ou trop généraux (« système »).Il peut donc s\u2019avérer intéressant de regrouper les Unitermes en séquences de mots suffisamment spécifiques pour lever une partie de l\u2019ambiguïté («avions supersoniques», «été indien») ou pour obtenir plus de spécificité (« système d\u2019indexation assistée par ordinateur»).Plusieurs méthodes d\u2019extraction des termes complexes sont possibles.Les méthodes statistiques permettent l\u2019identification de segments répétés par analyse statistique des cooccurrents.Au chapitre des avantages de la méthode, il faut mentionner la simplicité, la rapidité, la transportabilité, les faibles coûts;au chapitre des inconvénients : l\u2019hétérogénéité des unités repérées et la faible proportion d\u2019unités pertinentes (Bertrand-Gastaldy, 1994).Les méthodes pseudosyntaxiques permettent d\u2019identifier des expressions nominales complexes en affectant, dans un premier temps, une catégorie grammaticale à tous les Unitermes du lexique à l\u2019aide de dictionnaires, puis en recherchant des séquences d\u2019Unitermes correspondant à un patron catégoriel (ex.: Nom + de + Nom).C\u2019est ainsi que procèdent SATO12 et FASIT'3.Malheureusement, en l\u2019absence d\u2019analyseur morpho-syntaxique, plusieurs expressions « aberrantes » sont repérées, et il faut une importante intervention humaine pour épurer la liste obtenue.Au chapitre des systèmes qui procèdent par analyse morpho-syntaxique, il faut mentionner le module d\u2019indexation MIDAS développé dans le cadre du projet SIMPR14.MIDAS est un module d\u2019indexation semi-automatique à base de traitements linguistiques.Ilpermetd\u2019extraireles « analytics » : mots ou séquences de mots qui représentent le « contenu informatif des textes » (Smart, 1992, p.8).Le produit obtenu se veut, sans prétention, une forme « propre » de fichier inversé.Le module peut fonctionner interactivement - les termes d\u2019entrée sont alors présentés à l\u2019indexeur pour validation - ou automatiquement - il faut alors accepter une proportion d\u2019entrées incorrectes.Que les termes complexes soient obtenus par des méthodes statistiques ou synta-xiques, l\u2019indexation automatique basée sur les termes complexes présente des inconvénients similaires à ceux rencontrés avec l\u2019indexation automatique des Unitermes : on reste toujours au niveau de la coïncidence des chaînes de caractères, et les problèmes sémantiques qui dépassent le niveau des termes pour atteindre le niveau phrastique et le niveau textuel ne sont pas pris en compte.Le second problème vient de l\u2019exhaustivité.Il ne suffit pas qu\u2019une unité soit linguistiquement bien formée pour mériter d\u2019être indexée.Il faudrait pouvoir distinguer les unités qui relèvent de la langue générale, de procédés rhétoriques ou d\u2019intentions «pédagogiques» (exemples, comparaisons), de celles qui méritent d\u2019être retenues comme vedettes.Des algorithmes permettant de pondérer les termes complexes repérés, comme ceux développés par Dillon (1983 a, 1983b) et Lanteigne ( 1994) tentent de pallier ce problème.D \u2019 autre part, même lorsqu\u2019un terme est identifié comme un terme d\u2019indexation intéressant, il n\u2019est pas dit que toutes ses occurrences doivent être indexées.En effet, doit-on indexer les concepts niés, mentionnés en passant, figurant dans les exemples ou dont il est dit qu\u2019on reparlera plus loin ?Si l\u2019indexation automatique des termes complexes a ses limites, leur identification est absolument indispensable si on veut produire un index papier et si on veut contrôler et structurer le vocabulaire de la base de données.?L\u2019indexation des textes avec thésaurus Afin de faciliter la tâche de l\u2019utilisateur lors du repérage en texte intégral, certains logiciels facilitent l\u2019élaboration et/ou l\u2019utilisation d\u2019un vocabulaire contrôlé et plus ou moins structuré, adapté au contenu du corpus.L\u2019objectif du contrôle du vocabulaire est de rendre le vocabulaire le plus univoque possible afin d\u2019éliminer l\u2019ambiguïté des termes et de réduire les diverses formulations d\u2019une même notion.La structuration du vocabulaire consiste à établir différentes relations (d\u2019équivalence, hiérarchiques et associatives) entre les termes afin d\u2019orienter l\u2019utilisateur dans ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 Théorie et applications L\u2019indexation à l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle le choix des termes de recherche.Certains logiciels de repérage permettent non seulement d\u2019afficher le thésaurus mais aussi d\u2019autoposter automatiquement les relations établies entre les termes pour élargir ainsi la recherche15.Mais sans doute l\u2019apport le plus appréciable de F ordinateur consiste-t-il dans 1 \u2019 aide à l\u2019élaboration de thésaurus à partir d\u2019un corpus de textes.Le temps requis pour la construction d\u2019un thésaurus est alors considérablement réduit, et celui-ci reflète plus fidèlement le contenu de la base de données16.Une fois élaboré, le thésaurus peut être utilisé pour indexer les textes17 et/ou comme outil de recherche.Ainsi, dans une application comme VIXITls, plus de 10 000 pages de textes ont été indexées à l\u2019aide d\u2019un thésaurus.Les textes ainsi traités sont interrogeables soit par tous les mots du texte, soit par le recours au vocabulaire contrôlé.Même lorsque l\u2019indexation automatique est effectuée à l\u2019aide d\u2019un thésaurus soigneusement élaboré, une révision humaine est nécessaire, ne serait-ce que pour réduire le bruit généré par les concepts niés et le silence dû aux concepts implicites, car cette indexation reste encore au niveau de la sémantique lexicale.Elle a en outre le désavantage de ne pas permettre l\u2019identification de nouveaux concepts.?Les systèmes experts Quelques systèmes experts ont été conçus pour l\u2019indexation fine du texte intégral (Driscoll, 1991).Toutefois, l'effort requis pour construire les bases de connaissances nécessaires ne peut se justifier que si le système traite un volume important de textes dans un domaine très restreint.La même remarque s\u2019applique aux systèmes utilisant un thésaurus pour l\u2019indexation.L\u2019élaboration et la gestion du vocabulaire contrôlé nécessitent un investissement qui ne devient rentable que si le volume de documents à indexer est important (Gingras, 1992).Conclusion Nous avons déjà terminé ce survol malheureusement superficiel des systèmes d'indexation automatique ou assistée du texte intégral.L\u2019espace que nous avions pour en traiter nous a empêché d\u2019en présenter les avantages et inconvénients à la lumière des caractéristiques des textes à traiter et des besoins des utilisateurs.Si nous avons insisté sur les lacunes de ces systèmes, ce n\u2019est pas tant pour les discréditer - puisque chacun peut répondre à un certain nombre de besoins - que pour montrer le chemin qui reste à parcourir.Dans le domaine de la production d\u2019index papier, la recherche est pratiquement inexistante (Lanteigne, 1994).Dans le domaine des systèmes de repérage en ligne, elle en est encore a ses premiers balbutiements19.Pour que l\u2019avènement des bases de données en texte intégral représente un réel progrès dans la circulation de l\u2019information et satisfasse une gamme de besoins d\u2019information plus large que les systèmes de repérage traditionnels ne pouvaient le faire, il faudra se diriger de plus en plus vers la conception de systèmes qui permettent d\u2019aller au-delà des chaînes de caractères.Des travaux comme ceux de Suzanne Bertrand-Gastaldy montrent qu\u2019il est possible d\u2019ajouter aux unités lexicales et textuelles toutes sortes d\u2019informations (statistiques, linguistiques, sémantiques, structurelles, etc.) qui peuvent être prises en compte par le système.Il devient dès lors possible de combiner diverses approches (linguistiques, statistiques, cognitives, utilisation de thésaurus, etc.) pour réaliser une première indexation.Mais même si la recherche nous permettait de trouver des algorithmes très performants, «l\u2019hétérogénéitédes textes, des utilisateurs, des questions, des fonctions du système pour gérer le tout, ainsi que l\u2019imprécision due à la variabilité du langage naturel»rendent impossible la construction de « systèmes suffisamment intelligents, avec des bases de connaissances assez élaborées pour répondre à tous les besoins » (Bertrand-Gastaldy, 1994, p.39).Toutefois, plus on avancera dans le développement d\u2019algorithmes permettant d\u2019effectuer automatiquement une indexation fine de qualité sur de grands volumes de texte, plus on pourra utiliser les précieuses ressources humaines pour développer des outils d\u2019analyse et de repérage et des produits d\u2019information taillés sur mesure pour des clientèles bien ciblées.Mais il reste encore beaucoup de recherches à faire pour que « l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle » et « l\u2019ère du texte intégral»se conjuguent parfaitement avec « l\u2019ère de l\u2019accès à l\u2019information ».Notes 1\tNotre propos n\u2019est pas ici de traiter des problèmes d\u2019accès physique, de coût de l\u2019accès, etc.2\tLe lecteur pourra consulter Fetters (1992) pour une comparaison des produits commerciaux fonctionnant sous IBM-PC et compatibles.3\tLe logiciel procède à cette identification par le biais d\u2019une analyse syntaxique et d\u2019un algorithme basé sur la comparaison entre la fréquence des mots et expressions dans le texte et leur fréquence dans un corpus de référence.4\tDans un compte rendu critique, Mulvany ( 1994b) compare des index réalisés avec Indexicon et des index réalisés par des professionnels.Le président d\u2019Iconovex, producteur d\u2019Indexicon, Steven C.Waldrom, a répondu publiquement à cet article sur America Online et son message a été rediffusé aux abonnées de la liste INDEX-L.5\tNous nous refusons à utiliser l\u2019expression consacrée « mots vides», les mots comme les articles, prépositions, conjonctions jouant un rôle clé dans la production du sens.6\tOn pourra consulter Saffady ( 1989) sur le sujet.7\tLe « contrôle orthographique » consiste à identifier différentes graphies d \u2019 un même mot, à associer un acronyme à sa forme développée, etc.Exemples : clé/clef, TNT/ trinitrotoluène.ARGUS / Vol.23, n° 3, septembre - décembre 1994 19 Théorie et applications L\u2019indexation à l\u2019ère de la bibliothèque virtuelle Le «contrôle flexionnel » consiste à ramener différentes formes fléchies à leur lemme.Exemples : aqueux = aqueux/ aqueuse/aqueuses ; vouloir = veux/veut/ voulons/voulez, etc.Le « contrôle morpho-lexical » consiste à identifier les familles de mots construits autour d\u2019une racine commune.Exemple : récupération/récupérer/récupérable, etc.Le « contrôle lexico-sémantique » consiste notamment à identifier les synonymes et quasi-synonymes et à désambiguiser les homographes et polysèmes.8\tII est en effet difficile pour le néophyte de comprendre qu\u2019il doit demander « français ou anglais » quand il cherche des documents en anglais et en français, le « et » en langue naturelle ayant souvent valeur de « ou » logique.9\tCertains logiciels tentent de pallier ce problème en pondérant les réponses.C\u2019est le cas notamment de Naturel qui classe les réponses par ordre de pertinence.Le calcul de la pertinence est fonction de la présence des termes de la requête, leur proximité, leur concentration, leur ordre et leur poids, lui même fonction inverse de leur fréquence dans le document.En outre, la pertinence est calculée sur des segments de texte et non sur le texte au complet.10\tDans cette version toutefois, la production d\u2019index ne fonctionne pas avec les signes diacritiques français.11\tLe système CEDROM a d\u2019abord été conçu pour les bases de données textuelles sur CD-ROM mais fonctionne aussi sur disque magnétique optique.12\tSystème d\u2019analyse de texte par ordinateur développé par François Daoust (Université du Québec à Montréal).13\tFully Automatic Syntactically-based Indexing of Text (Dillon, 1983).14\tSIMPR (Structured Information Management Processing & Retrieval) est un projet ESPRIT qui s\u2019est échelonné de 1989 à 1992 et a nécessité 64 années / hommes travail.Le but du projet est de créer des outils pour la gestion de larges volumes de documentation technique en développant des logiciels pour:l\u2019indexation de textes de type « back-of-the-book »; l\u2019analyse sujet et la classification; la gestion de l\u2019information structurée et le repérage interactif.Le postulat à la base de SIMPR est qu\u2019 une nouvelle approche de la gestion des textes basée sur l'analyse du langage conduira à des améliorations significatives par rapport aux approches essentiellement statistiques (Smart, 1992, p.4).Au Québec, un analyseur morphosyntaxique, TERMINO, a été conçu et réalisé par le groupe de Recherche et Développement en Linguistique Computationnelle du Centre d\u2019ATO de l\u2019UQ AM, sous la coordination de Pierre Plante (David et Plante, 1990 et 1991).Il a toutefois été peu exploité dans une perspective d\u2019indexation des textes.15\tLorsque le texte est indexé par tous les mots du texte, l\u2019utilisation des relations a comme fâcheux effet de générer encore plus de bruit.16\tPour une méthodologie de contrôle et de structuration du vocabulaire assistés par ordinateur, on pourra consulter Bertrand-Gastaldy, 1994.17\tC\u2019 est l\u2019indexation dite avec « go list » par opposition à l\u2019indexation avec «stop list » telle que pratiquée dans les systèmes utilisant un anti-dictionnaire.18\tL\u2019application VIXITest le résultat d\u2019un projet lancé par le Comité consultatif en gestion de personnel du Conseil du Trésor.Elle met à profit les caractéristiques de SATO et du système de gestion de bases de données textuelles SECONDE de la firme Destin de Montréal.19\tAvant même de parler de recherche appliquée, il faudrait que des questions théoriques aussi fondamentales que la différence entre P index d\u2019un document individuel et l\u2019index d\u2019une collection de documents soient, sinon résolues, du moins soulevées.Or, la littérature est pratiquement muette sur le sujet.Un projet de recherche subventionné parle CRS H portant sur cette problématique est actuellement mené à l\u2019Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, sous la direction de Suzanne Bertrand-Gastaldy.Références BERTRAND-GASTALDY, Suzanne.1990.\t« L\u2019indexation assistée par ordinateur : un moyen de satisfaire les besoins collectifs et individuels des utilisateurs de bases de données textuelles dans les 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ifiltts JK( Vjclyr i:.« 1 kl»: 11.K.C w {«Jfill^/ .*\u2022 HlA$TOe msky.Oru-»).nV&l'i/HS fiixsisywi Cm«i CvV^^'.Vrtv ?(V iT in/y Té!.: (514) 337-3000 ou 1-800-361-6782 Fax: (514) 337-7629 comprend: ffl\" Acquisitions & Catalogue (avec contrôle d\u2019autorité en format MARC) Catalogue d\u2019accès public (CAP) & Circulation 5?Publications en série Liens SDM, Utlas, etc.5?Tout format MARC (Can., US, etc.) Best-Seller est conçu avec un L4G 1 rncpnnl tOO Canofiie 250 \" Alors ne cherchez plus, venez nous trouver.Frank J.Hofsteltcr Président Dans ce monde compétitif, un accès rapide et efficace à la bonne information fait toute la différence.Nous l\u2019avons compris, il y a 25 ans.Nous sommes les spécialistes de la gestion de documents.i ' msnh Services solution globale analyse de la situation \u2022 implantation \u2022 formation support technique \u2022 mise à jour numérisation de plans financement location court terme long terme De vrais spécialistes (archivistes, techniciens, 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