Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Printemps - Été
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Argus, 1999, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" il LA REVUE QUEBECOISE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATION DOCUMENTAIRE Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec L'évolution des bibliothèques publiques maintien de la langue et de la culture françaises en Amérique Animation de la lecture et programmes ire d\u2019été Consultant indépendant pour une grande organisation : opportunités de travail et guide de survie pour le professionnel de l'information Vol.28, n\" 1 Printemps - été 1999 Comité de rédaction Denis Levasseur, président Isabelle Bourgey Jean-François Gauvin Mircea Gheorghe Philippe Lavigueur Marie-Hélène Parent Traduction Rose-Aimée Poulain-Todd Correction Sonia Guimond Page couverture Line Bodiguel 1 nfographie Linda Bernier 1 mpression Impression BT Publicité Line Glaude (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 1472763 Tirage 1100 exemplaires ARGUS est une revue publiée trois fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au 307, rue Sainte-Catherine ouest, bureau 320, Montréal (Québec), H2X 2A3.Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Courriel : info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n\u2019engagent que ceux-ci.L\u2019abonnement annuel est de 30 $ (12 $ le numéro) tarif individuel au Québec, 34 $ (12 $ le numéro) tarif institutionnel au Québec, 42 $ (15 $ le numéro) au Canada, 42 $ US (15 $ US le numéro) à l\u2019extérieur du Canada et 19 $ pour les étudiants.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution, au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue son indexés dans Pascal Thema, T205 : Sciences de I information-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (USA), Library Literature et Repère.ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Sommaire 3 Présentation / Denis Levasseur Bibliothèque et société - 5 L\u2019évolution des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue et de la culture françaises en Amérique / Sylvain Lavoie Animation ________________________________________ 15 Animation de la lecture et programmes de lecture d\u2019été / Philippe Lavigueur Témoignage\t- 21 Consultant indépendant pour une grande organisation : opportunités de travail et guide de survie pour le professionnel de l\u2019information/Gabriel Aslan Comptes rendus\t____________________________ 27 Les bibliothèques québécoises d\u2019hier à aujourd\u2019hui : actes du colloque de LASTED et de l\u2019AQEI / Isabelle Bourgey 31 Internet, intranet, extranet : comment en tirer profit / Denis Levasseur 33 Typologie des documents des organisations : de la création à la conservation / Denis Levasseur 35 L\u2019entreprise stratégique.Penser la stratégie / Mircea Gheorghe 38 Pour des organisation intelligentes : méthodes et outils de veille / Mircea Gheorghe 1 ; pï C Prenez une agence d\u2019abonnement de qualité supérieure avec plus de 260,000 titres dans son catalogue.Ajoutez: 31 bureaux dans 21 pays sur tous les continents et une généreuse portion de service à la clientèle hors pair.Mélangez avec: une abondance de bases de données de référence disponibles aussi Toute Vinformation dont vous avez besoin d'une compagnie de confiance que vous connaissez bien bien en ligne que sur CD-ROM dotées d\u2019outils de recherche détaillés et conviviaux.Complétez par: un service exhaustif et rapide de livraison de documents à prix compétitif.Le résultat: une gestion intégrée et complète de l\u2019information.INFORMATION SERVICES 6, bout Desaulniers \u2022 Suite 308 \u2022 St-Lambert, Québec \u2022 J4P 1L3 Tel: (450) 672-5878 \u2022 1 (800) 361-7322 \u2022 Fax: (450) 672-1232 \u2022 www.ebsco.com S# W '\u2022vvb ¦¦ H ¦r s,.EBSCO Présentation C\u2019est avec plaisir que j\u2019ai accepté l\u2019invitation de la C.B.P.Q.de prendre la relève d\u2019Isabelle Pilon à la tête du comité de rédaction de la revue, rebaptisée « ARGUS, la revue québécoise des professionnels de l\u2019information documentaire » pour mieux refléter la richesse et la diversité des contenus qui y sont publiés.Isabelle nous quitte non sans avoir laissé la marque de son enthousiasme contagieux.Elle a redonné vie et dynamisme au comité dès son arrivée dans l\u2019équipe en 1997.Elle a su être attentive aux priorités d\u2019alors pour faciliter la relance d\u2019Argus sur des bases solides.Isabelle a le don de s\u2019entourer de gens motivés de qui elle sait apprécier et catalyser tout le potentiel.Isabelle, un très gros merci de toute l\u2019équipe d\u2019Argus ! Ce premier numéro de 1999 débute avec un article de Sylvain Lavoie sur le rôle de la bibliothèque publique pour assurer et préserver la vitalité des communautés canadiennes-françaises hors Québec (L \u2019évolution des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue et de la culture françaises en Amérique).Le problème de l\u2019assimilation de ces groupes surgit lorsque peu de ressources sont mises à leur disposition pour encourager l\u2019alphabétisation francophone, en particulier dès le plus jeune âge.L\u2019auteur souligne l\u2019interdépendance entre bibliothèque, prévention de l\u2019analphabétisme, survie culturelle et prospérité économique.Axer les activités d\u2019animation de la lecture auprès des enfants : c\u2019est ce que préconise Philippe Lavigueur de la Bibliothèque municipale de Blainville dans son article Animation de la lecture et programmes de lecture d\u2019été, rejoignant ici l\u2019auteur précédent.Qui n\u2019a pas entendu l\u2019aphorisme « tout se joue dans l\u2019enfance » ! Développer tôt le goût de lire ne peut être que bénéfique à l\u2019âge adulte.L\u2019auteur discute des programmes de lecture mis sur pied pour les jeunes durant les vacances estivales.Les considérations pratiques sont abordées.Un troisième texte expose le témoignage d\u2019un consultant en information oeuvrant dans une grande entreprise (Gabriel Aslan, Consultant indépendant pour une grande organisation : opportunités de travail et guide de survie pour le professionnel de l\u2019information).M.Aslan souligne avec pertinence qu\u2019une vision intégrée de l\u2019information, et une formation polyvalente, constituent des atouts réels pour réussir en milieu d\u2019affaires où le travail à contrat sur des projets spécifiques offre de belles opportunités pour le travailleur autonome.Dans son « guide de survie », l\u2019auteur nous fait part de ses recommandations sur la base de son expérience en milieu corporatif.Cinq comptes rendus d\u2019ouvrages complètent le numéro : un premier sur l\u2019évolution des bibliothèques québécoises, un second sur le potentiel des réseaux Web en affaires et un troisième sur une typologie des documents.Un autre aborde brièvement la place du bibliothécaire-documentaliste en milieu corporatif quand il faut « penser la stratégie », et enfin un dernier rend compte du colloque sur la veille technologique et stratégique qui a eu lieu à l\u2019EBSI en octobre dernier.Bonne lecture ! Denis Levasseur Président du comité de rédaction ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 3 Automne Solutions informatiques complètes pour les bibliothèques.A l\u2019avant-garde.Lancement du nouveau catalogue BestCat intégré au WEB Visitez notre site au www.BestSeller.com Best-Seller inc.3300, boulevard Côte-Vertu, bureau 203 St-Laurent (Québec) H4R 2B7 Tél.: (514) 337-3000 \u2022 Téléc.: (514)337-9290 Best-Seller France Tour Arago, 5, rue Bellini 92806 Puteaux La Défense cedex - France Tél.: 33 - 1 55 91 94 50 \u2022 Téléc.: 33 - 1 49 01 07 70 WWW.BestSelle r.com Best-Seller y Système entièrement intégré sur les plateformes UNIX et NT \u2022\tCAP multimédia intégré au Web \u2022\tCatalogage doté de contrôles d'autorité intégrés \u2022\tCirculation \u2022\tAcquisitions \u2022\tPublications en série /Client et serveur Z39.50 /Modules additionnels \u2022\tInventaire \u2022\tRéservation planifiée \u2022\tInterfaces bibliographiques \u2022\tInformation communautaire \u2022\tWebExport y Compatibilité «An 2000» y Solutions clé en main \u2022\tService de conversion \u2022\tFormation \u2022\tService d\u2019implantation \u2022\tSupport à la clientèle \u2022\tHébergement de votre serveur L\u2019évolution des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue et de la culture françaises en Amérique Cet article fait suite à une allocution prononcée par Sylvain Lavoie, bibl.prof., dans le cadre de la XVe session de l\u2019assemblée régionale Amérique de VAssemblée parlementaire de la Francophonie (21 août 1998, Aylmer, Québec).L\u2019auteur établit des liens entre «bibliothèque publique de langue française» et «maintien de la vitalité des communautés francophones», hors Québec en particulier.Les enjeux et de nouveaux mandats pour les bibliothèques publiques y sont présentés.Suivent des suggestions d\u2019actions à entreprendre afin d\u2019accroître les contributions de la bibliothèque publique francophone dans l\u2019amélioration de l\u2019alphabétisme, ainsi que dans l\u2019acquisition et le maintien de la langue.The evolution of the role of public libraries in the preservation of French language and culture in America The article is the result of a presentation given by the author on the occasion of the 15\"' session of the American Regional Section of l'Assemblée parlementaire de la Francophonie in Aylmer, Quebec on August 21, 1998.The author establishes links between the French-language public library and the dynamism of francophone communities existing outside the boundaries of Quebec.He then presents new mandates for the francophone libraries, and suggests actions to be considered in order to increase their contribution to the preservation of the French language and culture in areas outside Quebec.Sylvain Lavoie, bibl.prof.Directeur Bibliothèque municipale Françoise-Bédard Rivière-du-Loup * Lors de la rédaction, Directeur Médiathèque Père-Louis-Lamontagne, Miramichi, Nouveau-Brunswick Ce n\u2019est pas tous les jours que nos élus se penchent sur la question des bibliothèques publiques.Le 21 août dernier, une trentaine de membres de Y Assemblée parlementaire de la Francophonie - Région Amérique se réunissaient à Aylmer pour discuter de l\u2019évolution des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue et de la culture françaises en Amérique1.Pour l\u2019occasion, deux bibliothécaires professionnels ont été invités à titre de représentants du milieu des bibliothèques publiques : Benoît Ferland, directeur de la bibliothèque publique de Hawkesbury et moi-même.L\u2019état de la situation Au Canada, les résultats des derniers recensements et les plus récentes données sur l\u2019alphabétisme sont préoccupants, pour ne pas dire inquiétants, pour les francophones.Ils nous rappellent qu\u2019il reste encore à la francophonie à repenser ses stratégies en vue de sa propre survie linguistique et culturelle à long terme en Amérique.Parmi les constituantes à intégrer à ces stratégies de survie, il importe aujourd\u2019hui de considérer et reconnaître la BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE.Mais avant de faire l\u2019apologie de la bibliothèque publique, il importe de mettre les points sur les « i » pour éviter tout malentendu.?La bibliothèque publique contribue à assimiler les francophones La bibliothèque publique est trop souvent un lieu d\u2019assimilation des francophones en Amérique.Ceci est vrai presque partout là où les francophones sont minoritaires.Si une telle affirmation peut en étonner certains, elle repose pourtant sur maintes observations.En fait : a)\tSoit qu\u2019il n\u2019y a pas de collection en français ; b)\tSoit que la petite collection en langue française est littéralement noyée dans une grande collection en langue anglaise ; c)\tSoit qu\u2019il n\u2019y a pas de personnel bilingue, pas d\u2019activités en français ; d)\tSans oublier les cas où même dans un pays où le français est langue officielle, on trouve une petite collection de langue française dans la section \u201cForeign languages\u201d.Bibliothèque et société L\u2019origine du thème de cette séance de travail mettant en rapport «bibliothèque publique», «alphabétisme» et «sauvegarde de la langue et de la culture françaises» fut un message électronique laissé par l\u2019auteur sur le site Web de V Assemblée internationale des parlementaires de langue française2 (AIPLF) à l\u2019automne 1997.ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 5 L\u2019évolution des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue Dans ces conditions, la bibliothèque publique contribue trop souvent, aujourd\u2019hui encore, à faire des francophones vivant en contexte de minorité linguistique des analphabètes dans leur propre langue.Ceci fait bien ressortir la relation problématique existant entre «alphabétisme» et «assimilation».?\tPrévention de l\u2019analphabétisme/ prévention de l\u2019assimilation Le maintien de la langue française passe par l\u2019alphabétisation précoce .en français, bien sûr.Or, des centaines de milliers de francophones à travers l\u2019Amérique vivent dans des milieux où peu de ressources sont disponibles pour favoriser l\u2019alphabétisation précoce dans leur langue.En ce qui touche la prévention de l\u2019analphabétisme et de l\u2019assimilation dans ces régions, la bibliothèque publique de langue française reste, aujourd\u2019hui encore, une formule souvent inexistante, sinon plus ou moins méconnue pour son rôle dans la lutte pour le maintien linguistique du français en Amérique.Ce qui suit vise à démontrer que la bibliothèque publique francophone PEUT et DOIT se voir confier de nouveaux mandats pour répondre à des besoins réels de nombreuses communautés francophones dispersées à travers l\u2019Amérique.Encore faut-il qu\u2019il en existe.?\tLe poids des valeurs traditionnelles Historiquement, il est à noter que les francophones n\u2019ont pas accordé la même valeur à la lecture publique que leurs voisins de traditions anglo-saxonnes.On a souvent invoqué les dualités «conquis / conquérants», «latins / germaniques» et «obscurantisme du catholicisme / liberté de conscience du protestantisme» pour expliquer les écarts d\u2019alphabétisme et les perceptions différentes de la lecture entre francophones et anglophones3.S\u2019il est utile de s\u2019instruire sur le poids des traditions et de leurs effets sur l\u2019état actuel des choses, notre tâche consiste plutôt de tenter d\u2019esquisser des solutions pratiques pour favoriser le maintien de la langue par l\u2019alphabétisation en français.« .la bibliothèque publique contribue trop souvent /./ à faire des francophones vivant en contexte de minorité linguistique des analphabètes dans leur propre langue.» Pour y arriver, on doit accroître la visibilité de nos bibliothèques publiques et convaincre les meneurs de la francophonie nord-américaine des effets déterminants qu\u2019une bibliothèque publique de langue française peut apporter au développement linguistique, culturel, éducationnel et économique des communautés francophones parsemées à travers le continent, si un travail de sensibilisation est mené de pair.Dans une perspective de francophonie nord-américaine, il importe de créer une génération de parents sensibilisés à l\u2019importance : \u2022\tde la fierté de ses origines, \u2022\tde l\u2019alphabétisation dans la langue maternelle, \u2022\tde la lecture, \u2022\tdu bilinguisme ou du multilinguisme, \u2022\tde la bibliothèque publique FRANCOPHONE comme lieu privilégié pour l\u2019acquisition de la langue et le renforcement des aptitudes linguistiques des membres de la famille.?La bibliothèque publique : un pré-requis souhaitable à l\u2019école La bibliothèque publique peut intervenir précocement dans la vie de l\u2019enfant si les nouveaux parents sont sensibilisés.En effet, tout futur parent doit savoir que la stimulation enthousiaste à la lecture doit commencer dès les premiers mois de la vie, au berceau.Les bibliothèques publiques francophones doivent être reconnues comme des centres de ressources en matière d\u2019alphabétisation familiale et comme support à l\u2019acquisition de la langue.On ne répète jamais assez le proverbe «Mieux vaut prévenir que guérir».Deux livres sont intitulés « Tout se joue avant six ans4 » et « Tout se joue avant la maternelle5 ».Or, selon les affirmations véhiculées par ces titres, l\u2019école publique n\u2019intervient vraiment qu\u2019à partir du moment où tout est déjà joué.En d\u2019autres mots, les parents qui confient à l\u2019école seule la tâche d\u2019alphabétiser leurs enfants risquent de récolter plus tard des analphabètes fonctionnels; car leurs enfants arrivent à l\u2019école avec un handicap dont il n\u2019est pas facile de se défaire après coup.S\u2019il semble évident pour la plupart d\u2019entre nous, qui lisons cette publication, que la bibliothèque publique constitue un lieu privilégié en matière d\u2019alphabétisation, nous devons toujours garder en mémoire qu\u2019un grand nombre de personnes dites «à risque» ignorent à peu près tout des avantages de fréquenter une bibliothèque publique.Des statistiques récentes sur l\u2019alphabétisme au Canada nous rappellent que plus de la moitié des francophones de plus de 16 ans (voir tableau 1) sont confrontés à des capacités de lectures très réduites.Ne voilà-t-il pas une excellente raison pour miser sur la bibliothèque publique et la sensibilisation des parents?6 ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 et de la culture françaises en Amérique ?Quand peut-on justifier un service de bibliothèque publique?La communauté peut-elle supporter une école ?Dans l\u2019affinnative, on devrait aussi y offrir les services d\u2019une bibliothèque publique ou publique-scolaire.Dans plusieurs régions du Canada, l\u2019assimilation et/ou l\u2019analphabétisme gruge la vitalité de nombreuses communautés francophones.L\u2019argument selon lequel des communautés sont trop petites ou parsemées pour obtenir un service de bibliothèque publique ne tient pas lorsque ces mêmes communautés sont assez substantielles pour être desservies par une école de langue française.Celles et ceux qui croient qu\u2019il est souhaitable de favoriser le maintien de la langue française hors Québec gagneraient à crier sur les toits qu\u2019aucun argument valable ne peut justifier qu\u2019une communauté puisse bénéficier d\u2019une école sans obtenir les services d\u2019une bibliothèque publique.Un cas type : Miramichi, Nouveau-Brunswick Partie intégrante de l\u2019Acadie française au 17e et 18e siècle, Miramichi a vu passer des milliers de fugitifs acadiens au temps des déportations commencées en 1755.Cette région servit de lieu de refuge et de transition entre la Baie française (aujourd\u2019hui Baie de Fimdy) et la Baie des Chaleurs.Une fois que les nouveaux conquérants eurent été satisfaits des résultats, on laissa enfin les Acadiens s\u2019y rétablir peu à peu.En réaction à la forte natalité des francophones au tournant du 20e siècle, des élans anti-francophones virulents autour des années 20 et 30 ont quasiment liquidé le fait français dans la région de Miramichi, comme ce fut le cas dans de nombreuses communautés francophones à travers le Canada et les États-Unis.Dans certaines régions, l\u2019arrivée massive de Québécois devait accentuer les réactions conservatrices dans les régions d\u2019accueil.C\u2019était l\u2019époque où, pour travailler, il n\u2019était pas avisé de porter un nom français.La transformation des patronymes de la région de Miramichi témoigne de temps difficiles pour la fierté d\u2019être francophone à Chatham ou Newcastle il y a quelques décennies à peine.\t Roussel\t- Russell Savoie\t- Savoy Maillet\t- Malley Brun\t- Brown/O\u2019Brien Godin\t- Goodin Boutillier\t- Butler Poirier\t- Perrey LeBlanc\t- White Bourque\t- Burke Lejeune\t- Young La petite école française fut fermée.Il ne\t restait que\tles communautés environnantes qui restaient essentiellement francophones et peu alphabétisées.Dans les années 70, quelques fonctionnaires francophones venant de la ceinture francophone (Baie-Sainte-Anne, Beaverbrook, Rogersville, Néguac, Tracadie) autour de Chatham/Newcastle créent un cercle français et revendiquent une école française pour tous les francophones de la région, incluant ceux de la base militaire de Chatham, aujourd\u2019hui fermée.Après six ans d\u2019efforts constants, un centre scolaire-communautaire fut enfin inauguré en 1986, incluant, bien sûr, une belle bibliothèque publique-scolaire.Notons que les localités précitées majoritairement francophones de Rogersville, Néguac et Baie-Sainte-Anne, avec respectivement 2525, 5425 et 1930 francophones6 ne bénéficient pas des services d\u2019une bibliothèque publique7.Dans un même temps, ces mêmes communautés sont aux prises avec l\u2019analphabétisme qui y atteint des proportions supérieures à ce qu\u2019on connaît à l\u2019échelle canadienne.?Quelques exemples Le court portrait historique qui précède devrait aider le lecteur dans sa compréhension du contexte social avec lequel il faut composer, aujourd\u2019hui encore, dans la francophonie nord-américaine hors-Québec.Cependant, les contextes varient beaucoup.Alors que certaines communautés forment des îlots majoritairement francophones (ex.Chéticamp, Nouvelle-Écosse), d\u2019autres n\u2019ont pas de localisations géographiques déterminées (ex.Victoria, Colombie-Britannique), d\u2019autres encore vivent sous la pression officielle du «melting pot» (ex.Fort-Kent, Maine, É.-U.).Chéticamp : l\u2019exemple parfait du petit village gaulois qui résiste toujours, malgré son encerclement par les Romains.Ce petit joyau de la francophonie nord-américaine, isolé au nord de l\u2019île du Cap-Breton, n\u2019a pas de bibliothèque publique.Victoria : Comme les autres capitales provinciales, Victoria est l\u2019hôte d\u2019une communauté francophone assez substantielle pour qu\u2019on y trouve une école française.Mais on n\u2019y trouve pas encore de service de bibliothèque publique.Fort-Kent (Maine), une communauté peuplée d\u2019anciens francophones plus ou moins assimilés.Bien qu\u2019on y parle encore assez couramment le français, la bibliothèque est unilingue anglophone avec un seul petit rayon de livres vieillots en français.À l\u2019opposé, au Québec, l\u2019île Verte (Bas-Saint-Laurent) (44 habitants) et Saint-Guy (140 habitants) bénéficient d\u2019un local de bibliothèque publique8.Ceci démontre que les priorités ne sont pas les mêmes selon les régions.ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 7 L\u2019évolution des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue Contexte prévalant dans des communautés francophones fragilisées Une des conditions du maintien des francophones hors Québec est la connaissance du contexte de vie sociale dans lequel ils doivent évoluer au quotidien.On retrouve les caractéristiques suivantes dans plusieurs des communautés les plus fragiles : \u2022\tles enfants des anciens francophones de la communauté sont largement assimilés ou analphabètes dans leur propre langue en plus de l\u2019être souvent en anglais aussi.\u2022\tles francophones souffrent d\u2019un taux d\u2019analphabétisme très élevé (environ 30% au niveau 1 et 29, moyenne supérieure à la moyenne provinciale qui est, elle, supérieure à la moyenne nationale).\u2022\tla fierté de ses origines, c\u2019est-à-dire de son patrimoine linguistique et culturel s\u2019est partiellement ou totalement dissipée.Il existe à travers l\u2019Amérique de nombreux milieux où subsistent des communautés francophones minoritaires très fragilisées susceptibles de bénéficier d\u2019une école.Quel genre de service de bibliothèque doit-on fournir à ces communautés ?\tLes différentes formules possibles \u2022\tBibliothèque publique pratiquement anglophone \u2022\tPetite bibliothèque publique francophone \u2022\tBibliobus \u2022\tBibliothèque publique-scolaire Il n\u2019est pas de mise, pour desservir une communauté fragilisée linguistiquement, d\u2019offrir quelques rayons de collection en français littéralement noyés dans une bibliothèque publique anglophone.Cette formule tend à assimiler sournoisement les lecteurs francophones.8 Ouvrir une bibliothèque publique francophone dans une communauté largement sous-alphabétisée dans sa langue maternelle, et sans tradition de lecture dans celle-ci, peut s\u2019avérer difficilement justifiable à cause d\u2019un faible taux de lectorat.Si la refrancisation s\u2019avère un succès, il faudrait quand même attendre une génération pour obtenir un lectorat satisfaisant.De plus, l\u2019horaire d\u2019une petite bibliothèque risque d\u2019être très limitatif.« .le concept de bibliothèque publique-scolaire peut constituer une formule désignée dans certains milieux où le lectorat francophone reste encore à recruter.» Pour ce qui est de la formule «bibliobus», à supposer qu\u2019il existe, à distance raisonnable, une bibliothèque ressource pour l\u2019alimenter, il ne vient souvent que deux fois par mois durant une heure.De plus, un service de bibliobus peut difficilement offrir des heures du conte, programmes d\u2019alphabétisation ou refrancisation pour jeunes ou adultes.Voilà pourquoi le concept de bibliothèque publique-scolaire peut constituer une formule désignée dans certains milieux où le lectorat francophone reste encore à recruter.La bibliothèque publique francophone peut servir de support à divers programmes.Pensons à : \u2022\tl\u2019alphabétisation pour\tadultes, \u2022\tla refrancisation, \u2022\tl\u2019immersion française, \u2022\tl\u2019alphabétisation numérique\tà partir de logiciels en français, .dans des locaux attenants à la bibliothèque publique.Plus les services seront variés, bien encadrés et dans un milieu stimulant, plus le succès sera garanti.?\tPrenons-les au berceau ! Les communautés qui ont une école, mais pas de bibliothèques publiques françaises, sont à risque puisque l\u2019école et sa bibliothèque scolaire ne peuvent répondre aux besoins documentaires des 0 à 5 ans et des 17 ans et plus.Les communautés francophones minoritaires ont d\u2019autant plus grandement besoin de cultiver leur imaginaire en français qu\u2019ils baignent dans un milieu où l\u2019anglais domine largement la vie économique et socioculturelle.De bonnes bibliothèques publiques de langue française contribuent grandement au développement socio-économique des communautés où les francophones sont minoritaires autant que là où ils sont majoritaires, les citoyens alphabétisés étant plus susceptibles de contribuer au développement de leur milieu.Elles doivent servir à revitaliser la fierté et l\u2019alphabétisme, la langue parlée, écrite et lue.Le marché du travail de demain exigera de plus en plus de main-d\u2019œuvre très alphabétisée.La francophonie nord-américaine a-t-elle les moyens de se priver de bonnes bibliothèques publiques ?Les enjeux économiques, sociaux, culturels et linguistiques sont beaucoup trop élevés pour qu\u2019on en reste à une politique de laisser-faire.?\tAnalphabétisme de minorité Nous devons aussi reconnaître le phénomène de l\u2019analphabétisme de minorité, bien défini par le professeur Serge Wagner dans son livre Analphabétisme de minorité et alphabétisation\td'affirmation nationale10 afin de pouvoir organiser une réponse efficace à l\u2019assimilation et à l\u2019analphabétisme partiel des communautés francophones.L\u2019auteur y distingue les concepts\td\u2019«analphabétisme d\u2019oppression» et «analphabétisme de résistance».ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 et de la culture françaises en Amérique Tableau 1 Niveau d\u2019alphabétisme des adultes canadiens\" âgés de 16 ans et plus Enquête sur les capacités de lecture et d\u2019écriture utilisées quotidiennement.Statistique Canada, 1994 Niveaux\tDéfinition du niveau\t% de la population (Enquête de 1994) Niveau 1\tOnt beaucoup\tCanada\t\tFrancophones\tN.-B.\tN.-B.franc.\tQuébec \tde difficulté à lire\t22%\t25%\t28%\t37%\t28% Niveau 2\tNe lisent pas bien\t26%\t27%\t31%\t30%\t26% Niveau 3\tLisent bien, mais ont certaines difficultés\t32%\t39%\t25%\t21%\t39% Niveaux 4 et 5\tOnt un niveau d\u2019alphabétisme élevé\t20%\t9%\t16%\t12%\t8% Conditions du succès Reconnaissance, par nos décideurs, des effets dévastateurs et très onéreux de l\u2019analphabétisme dans notre société.Reconnaissance du phénomène d\u2019analphabétisme de minorité dont souffrent les francophones d\u2019Amérique.Reconnaissance du rôle privilégié des bibliothèques publiques en matière de prévention de l\u2019analphabétisme.Reconnaissance du fait que la bibliothèque publique peut constituer un pré-requis détenninant à l\u2019école publique.Reconnaissance du fait que la bibliothèque publique de langue française peut intervenir : \u2022\ten alphabétisation familiale et publique \u2022\ten refrancisation des anciens francophones \u2022\ten francisation des anglophones\t/ allophones Reconnaissance de la nécessité d\u2019accroître la visibilité des bibliothèques publiques en matière de prévention de l\u2019analphabétisme.Reconnaissance du lien direct entre « bibliothèque publique\t», « alphabé-tisme » et « performances économiques », la profitabilité économique sous-tendant le financement adéquat des bibliothèques.Appuis concrets de la part des différents gouvernements (infrastructures, ressources humaines et financières, publicité).Tableau 2 Données sur le profil de la langue française par province et territoire12 (1996) mettant en relation la langue maternelle et la langue parlée à la maison.Francophones hors Québec Nombre Pourcentage de l\u2019ensemble de la population Langue maternelle 1951\t721820\t7,3 1961\t853462\t6,6 1971\t926400\t6,0 1981\t923605\t5,2 1991\t976415\t4,8 1996\t970190\t4,5 Langue parlée à la maison\t\t 1971\t675925\t4,3 1981\t666785\t3,8 1991\t636640\t3,2 1996\t618526\t2,9 Tableau 3 Profil de la langue française par province, 1996 Province/territoire\tLangue maternelle\tLangue parlée à la maison\tConnaissance du français Terre-Neuve\t2433(0,4%)\t1018(0,2%)\t3,9% île-du-Prince-Édouard\t5715(4,3%)\t3045(2,3%)\t11,1% Nouvelle-Ecosse\t36308(4,0%)\t20 710(2,3%)\t9,5% Nouveau-Brunswick\t242408(33,2%)\t222454(30,5%)\t42,6% Ontario\t499687(4,7%)\t306788(2,9%)\t12,0% Manitoba\t49108(4,5%)\t23 136(2,1%)\t9,5% Saskatchewan\t19 896(2,0%)\t5829(0,6%)\t5,2% Alberta\t55 293 (2,1%)\t17 817(0,7%)\t6,7% Colombie-Britannique\t56755(1,5%)\t16582(0,4%)\t6,8% Yukon\t1173(3,8%)\t543(1,8%)\t10,6% T.N.O.\t1416(2,2%)\t605(0,9%)\t6,4% ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 9 L\u2019évolution des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue Sensibiliser nos représentants politiques L\u2019argent étant le nerf de la guerre, il importe de sensibiliser nos élus au fait que la bibliothèque publique constitue un excellent investissement dont le rendement se mesure à long terme.Les politiciens étant élus pour des mandats de courtes durées, il est évident que nous devons fournir des arguments convaincants pour attirer leur attention soutenue sur les bibliothèques publiques.Une équation simple s\u2019impose : Un bon réseau de bibliothèques publiques influe sur l\u2019alphabétisme public.L\u2019alphabétisme accroît la productivité économique.Donc, de bonnes bibliothèques influent sur la productivité économique.Il est tactiquement souhaitable de mettre en relation «bibliothèque publique et alphabétisme», d\u2019une part, «bibliothèque publique et épanouissement linguistique» d\u2019autre part, et enfin «bibliothèque publique et performances économiques».?\tBibliothèque publique et alphabétisme L\u2019argument selon lequel la bibliothèque publique constitue un pré-requis souhaitable à l\u2019école mérite d\u2019être très sérieusement considéré par nos politiciens, pédagogues, parents .et bibliothécaires.Si les affirmations contenues dans les titres des livres « Tout se joue avant six ans» et «Tout sejoue avant la maternelle» restent discutables pour certains, il appert que la bibliothèque publique peut avoir un effet déterminant sur les premières années de la vie en matière d\u2019acquisition du langage, d\u2019éveil de la conscience et de la soif d\u2019apprendre; il s\u2019agit d\u2019obtenir la complicité des parents.?\tBibliothèque publique et maintien de la langue L'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) se préoccupe de la survie à long terme de la langue et de la culture françaises en Amérique.10 Il est évident que la fréquentation d\u2019une bibliothèque publique de langue anglaise tend à assimiler le francophone.Au contraire, la fréquentation d\u2019une bibliothèque publique de langue française tend à renforcer l\u2019ensemble des rapports qu\u2019on entretient avec sa langue maternelle.L\u2019argument selon lequel la bibliothèque publique francophone peut et doit constituer un rempart efficace pour assurer le maintien de la langue française en Amérique doit être soutenu et développé avec un sentiment d\u2019urgence dans un contexte où les taux de rétention linguistique des communautés francophones minoritaires paraissent de plus en plus fragiles (voir le tableau ci haut).« L'argument selon lequel Ut bibliothèque publique constitue un pré-requis souhaitable à récole mérite d'être très sérieusement considéré.» Il ne faut pas manquer l\u2019occasion de souligner que la bibliothèque publique de langue française devrait être considérée comme une constituante déterminante de toute stratégie de survie linguistique et culturelle des francophones en Amérique.Ceci dit, pour contribuer efficacement au processus d\u2019acquisition de la langue, la bibliothèque publique a besoin de la complicité des parents, des bailleurs de fonds et des médias.n Bibliothèque publique et performances économiques Quiconque s\u2019est penché sérieusement sur le phénomène de l\u2019analphabétisme reconnaîtra que les coûts très élevés représentent un boulet lourd à porter pour notre société.Pour les décideurs, l\u2019argument monétaire est toujours très frappant.Les bibliothécaires et autres défenseurs de la bibliothèque publique ne doivent pas hésiter à clamer sur la place publique les données sur les coûts exorbitants de l\u2019analphabétisme; d\u2019autant plus que ce sont des chiffres à faire frémir.?\tLes coûts énormes de l\u2019analphabétisme Au Canada, le Secrétariat national à l'alphabétisation reprenait les chiffres de la Canadian Business Task Force on Literacy - 1988, selon lesquels : \u2022\tl\u2019analphabétisme coûte plus de 10 milliards de dollars par an pour l\u2019ensemble de la société canadienne.\u2022\tl\u2019analphabétisme coûte 4 milliards de dollars en coûts directs pour les entreprises canadiennes.\u2022\tsans parler de l\u2019incidence sur la compétitivité du pays au niveau international (très difficile à estimer).13 Ces données doivent être connues et utilisées par les bibliothécaires dans leur argumentation en faveur de l\u2019importance de l\u2019intervention précoce en matière d\u2019alphabétisme.Les bibliothèques publiques doivent s\u2019adapter à un contexte économique où les valeurs du néo-libéralisme tendent à prédominer à l\u2019échelle planétaire.Il faut trouver des arguments valables pour justifier et promouvoir le concept de bibliothèques publiques.Y a-t-il un marché pour les bibliothèques publiques dans la lutte à l\u2019analphabétisme et l\u2019assimilation linguistique et culturelle des francophones ?\tDes arguments de poids en faveur des bibliothèques publiques \u2022\tSachant que 52% des francophones (Canada: 48%) de 16 ans et plus sont fonctionnellement analphabètes au Canada (Quel segment de marché à conquérir pour les bibliothèques publiques!), \u2022\tSachant que l\u2019analphabétisme coûte approximativement 10 milliards de dollars par année à l\u2019échelle du pays (données de 1988!), ARGUS/Vol.28, n i, Printemps-été 1999 et de la culture françaises en Amérique \u2022\tSachant que l\u2019école n\u2019intervient qu\u2019à partir du moment où les aptitudes et les intérêts de l\u2019enfant sont déjà fortement orientés, \u2022\tSachant que l\u2019assimilation menace de\tnombreuses communautés francophones minoritaires à travers F Amérique, \u2022\tSachant que la bibliothèque publique de langue française constitue un lieu privilégié pour l\u2019éveil, l\u2019apprentissage de la langue et la sauvegarde linguistique, .il faut obtenir une reconnaissance générale de la valeur de la bibliothèque publique de langue française à titre d\u2019intervenant majeur dans l\u2019acquisition et le maintien de la langue et tout en favorisant le progrès social et économique.Court-circuiter l\u2019analphabétisme et les processus d\u2019assimilation des francophones exige des investissements soutenus à rendement lent, ce qui est difficilement compatible avec les structures favorisant la productivité à court tenne de nos gouvernements.Cela exige qu\u2019on intervienne tôt dans la vie du citoyen plutôt que d\u2019intervenir lorsque les dommages sont faits.Mieux vaut prévenir que guérir.Campagne publicitaire télévisée axée sur la promotion des bibliothèques publiques Vous souvenez-vous avoir vu un message publicitaire invitant les téléspectateurs à visiter leur bibliothèque publique ?Personnellement, le seul souvenir du genre remonte loin.Il s\u2019agissait d\u2019une publicité où l\u2019humoriste québécois Yvon Deschamps invitait la population à découvrir leur bibliothèque.C\u2019était très bien conçu14, c\u2019était il y a longtemps.Depuis, RIEN.Pourquoi voit-on des publicités télévisées informant le public de nombreux sujets d\u2019intérêt public sauf sur l\u2019importance de la lecture ou la promotion des bibliothèques publiques ?Les coûts extrêmement élevés de l\u2019analphabétisme (chez les francophones encore plus que du côté anglophone) devraient justifier très largement un investissement à ce niveau.Pourtant, en 1996, au Canada, le Secrétariat national à l\u2019alphabétisation déclinait une demande de financement en vue d\u2019une telle campagne publicitaire télévisée.15 Il nous faut relire et communiquer les données les plus récentes sur les taux et les coûts de l\u2019analphabétisme afin de nous convaincre de la grande pertinence d\u2019une telle campagne publicitaire en faveur de la bibliothèque publique.?Aller chercher les «coach potatoes» Pour être efficace, la bibliothèque publique d\u2019aujourd\u2019hui ne doit pas attendre qu\u2019on vienne à elle.Elle doit aller chercher les gens devant leur téléviseur; car le citoyen «à risque» en matière d\u2019alphabétisation ne fera pas le premier pas vers la bibliothèque sans un renforcement positif explicite.Pour aller chercher les non-lecteurs chez eux, il faut une collaboration médiatique forte, une campagne de sensibilisation télévisée de très grande envergure.La tarification En matière de tarification, on a vu des gouvernements municipaux16 considérer la lecture publique comme un bien de consommation devant être tarifé.Mais peut-on vraiment comparer la consommation de lecture à celle de l\u2019électricité ou de l\u2019eau ?Cela revient, dans certains cas, à pénaliser une surconsommation de la lecture publique ! Dans un cadre où on doit chercher à recruter les lecteurs francophones, à alphabétiser ou refranciser, une taxation de la fréquentation des bibliothèques publiques constitue une erreur dont on mesure mal les répercussions néfastes, puisque la tarification éloignera malheureusement les usagers occasionnels et ceux qui ont les plus grands besoins concernant la lecture.Le taux important d\u2019analphabétisme que nous connaissons et la mission de la bibliothèque publique sont incompatibles avec une tarification de l\u2019abonnement à la bibliothèque publique.Une histoire de pouvoirs On a vu que les francophones d\u2019Amérique ont hérité des valeurs ne favorisant pas toujours l\u2019alphabétisme.Au Québec, on alla même jusqu\u2019à refuser les offres de construction de bibliothèques publiques à l\u2019époque où le milliardaire américain Andrew Carnegie déliait les cordons de sa bourse.Depuis, les francophones d\u2019Amérique n\u2019ont jamais rattrapé le retard en matière de bibliothèques publiques ni n\u2019ont intégré le concept de bibliothèque publique à leur stratégie de survie.En cette fin de millénaire, ils bénéficient rarement de la qualité des services de bibliothèques publiques dont profitent les anglophones.Du coup, ils se retrouvent coupés de leur principale base linguistique axée sur l\u2019écrit, en plus des ressources audiovisuelles, logiciels, etc.généralement offertes par une bibliothèque17 publique.Sans bibliothèque publique, souvent sans librairie, nombre de communautés francophones isolées laissent à l\u2019école seule la tâche d\u2019alphabétiser en français ces enfants déjà immergés dans la langue anglaise.Restaurer la fierté «Assimilation linguistique» et «analphabétisme» ont beaucoup en commun avec l\u2019effritement de la «fierté» et de l\u2019«affirmation nationale»18.Les derniers recensements démontrent ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 11 »: des bibliothèques publiques dans le maintien de la langue L\u2019évolution clairement que les francophones hors Québec doivent repenser leurs stratégies de survie.Pour ce faire, il faut espérer pouvoir compter sur la bonne volonté des différents gouvernements.Or, les défenseurs du fait français sont souvent, aujourd\u2019hui encore, confrontés à l\u2019arrogance ou à l\u2019incompréhension chauviniste.Si l\u2019accès à l\u2019école française constitue depuis longtemps le principal objet des revendications des communautés francophones minoritaires, la bibliothèque publique devrait aussi y trouver sa place.Si les premiers contacts didactiques sont entrepris à l\u2019âge de cinq ou six ans, la partie devient beaucoup plus difficile.11 faut les prendre au berceau ! Rafistolage versus prévention : l\u2019exemple du Nouveau-Brunswick Au Nouveau-Brunswick, un effort spécial a été consenti à l\u2019alphabétisation des adultes depuis le tournant des années 90.L\u2019organisme responsable de la gestion de ce programme, Alphabétisation Nouveau-Brunswick inc., a reçu plusieurs prix dont un prix international de l\u2019Unesco en 1995.L\u2019ex-Premier ministre Frank McKenna lui-même suivait le dossier de près, avisé par son Conseil consultatif du Premier ministre en alphabétisation.Mais, dans un même temps, les bibliothèques publiques étaient parmi les moins financées au Canada.Statistique Canada publiait en juin 1998 un document intitulé Le Nouveau-Brunswick en un clin d\u2019œil : EIAA : enquête internationale sur l\u2019alphabétisation des adultes dans lequel on conclut : «Au Nouveau-Brunswick, un pourcentage important de répondants -soit près de 60% - se situent dans les deux niveaux d\u2019alphabétisme les plus bas sur les trois échelles de mesure des capacités.12 (.) à l\u2019exception du niveau d\u2019alphabétisme le plus élevé, l'application des capacités de lecture est en général plus faible au Nouveau-Brunswick que dans le reste du Canada»'9.Sans vouloir discréditer les efforts consentis en alphabétisation des adultes, il est clair que le gouvernement du Nouveau-Brunswick n\u2019a pas clairement perçu le lien de cause à effet entre l\u2019absence de sensibilisation du public, le sous-financement des bibliothèques publiques20 et l\u2019analphabétisme qui atteint des sommets peu enviables dans cette province.Il en résulte que le réseau des bibliothèques publiques a souffert d\u2019un sous-financement chronique avec les effets qu\u2019on connaît sur l\u2019état de l\u2019alphabétisme.Pensons aux communautés francophones de Néguac, Rogersville ou Baie-Sainte-Anne, citées précédemment, qui ne disposent d\u2019aucun local de bibliothèque, le bibliobus demeurant leur seul point occasionnel de service.?Déblocage en vue : des initiatives du côté de la prévention Au niveau de la prévention, on compte aujourd\u2019hui un très bon programme d\u2019alphabétisation pour jeunes confrontés à des problèmes de lecture/écriture dans certaines bibliothèques publiques depuis l\u2019été 1994 (voir action 3).Le terme prévention doit être relativisé ici.En effet, si certains de ces jeunes avaient été initiés au plaisir de lire dès la petite enfance, on n\u2019aurait probablement pas à les inscrire dans un tel programme de rattrapage.Ajoutons la récente initiative (septembre 1997) de la lieutenante-gouvemeure du Nouveau-Brunswick, Marilyn Trenholme Counsell, pour un projet d\u2019éveil à la lecture, «Le goût de lire», visant la petite enfance.et les nouveaux parents, bien sûr.On a annoncé qu\u2019elle allait consacrer l\u2019argent de sa pension à l\u2019achat d\u2019un livre par nouveau-né au Nouveau-Brunswick.Suite à cette initiative, la sénatrice acadienne Rose-Marie Losier-Cool a entrepris de consacrer des fonds pour augmenter le nombre de livres offerts aux parents et enfants, dans le cadre du même projet, dans la région de la baie des Chaleurs, un coin où les communautés francophones sont nombreuses.Finalement, une nouvelle initiative à\u2019Alphabétisation Nouveau-Brunswick a vu le jour en 1998 au niveau de la prévention, en utilisant des programmes d\u2019emploi fédéral et provincial.On vise à créer des réseaux en alphabétisation familiale et à sensibiliser la population et particulièrement les parents de jeunes enfants à l\u2019importance d\u2019une culture de l\u2019écrit dans leur foyer.Bien que ces derniers programmes ne soient pas directement reliés aux bibliothèques publiques, ils sont l\u2019indice d\u2019un début de sensibilisation des instances décisionnelles au niveau des investissements en prévention.Que faire ?Quelques propositions Action 1 Concevoir un document démontrant clairement le lien entre « bibliothèque publique »,\t« alphabétisme » et «performance économique à long terme » qui sera remis aux instances les plus susceptibles de réagir de manière à faire progresser les choses.Un tel document devrait être concis et frappant.Le document L\u2019importance de l\u2019alphabétisation de Burt Perrin (Secrétariat national à l\u2019alphabétisation) peut servir de modèle.Un tel document devrait mettre en relation le «financement des bibliothèques publiques » et les «statistiques sur l\u2019alphabétisme».Action 2 Concevoir un document démontrant le lien entre la fréquentation précoce de la bibliothèque publique, l\u2019acquisition et le maintien de la langue.ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 et de la culture françaises en Amérique Action 3 Recenser les communautés francophones hors Québec pouvant supporter une école, mais ne bénéficiant pas des services d\u2019une bibliothèque publique de langue française, et s\u2019assurer d\u2019un suivi afin de mieux desservir les communautés identifiées.Action 4 Offrir un programme estival d\u2019alphabétisation pour «jeunes à risque21» dans chaque bibliothèque publique.Bel exemple de partenariat entre bibliothèques publiques et écoles, ces séances de tutorat estival en bibliothèque permettent aux jeunes qui sont confrontés à des problèmes de lecture de rejoindre le peloton principal durant l\u2019été22.Action 5 Club de lecture estival pour écoliers dans chaque bibliothèque publique.Un tel programme comporte l\u2019avantage d\u2019aiguiser les habilités de lecture selon son propre rythme à un moment de la vie où la lecture est encore déterminante.Action 6 Programme d\u2019animation lecture pour les 0 - 5 ans .ET LEURS PARENTS dans chaque bibliothèque publique.Axé sur la prévention, un tel programme comporte l\u2019énorme avantage d\u2019attirer les nouveaux parents et les petits pendant qu\u2019il est justement le temps d\u2019agir.Action 7 Offrir des sessions d\u2019alphabétisation, refrancisation, francisation pour adultes À LA BIBLIOTHÈQUE.Des salles de cours adjacentes, salles de travail, locaux d\u2019informatique, devraient toujours se trouver sur les plans de construction d\u2019une nouvelle bibliothèque publique afin de favoriser la tenue de telles activités.Action 8 Revendiquer une campagne de publicité télévisée d\u2019envergure nationale informant les téléspectateurs des avantages de fréquenter leur bibliothèque publique.Seuls des parents informés, conscientisés peuvent adopter de nouveaux schèmes de comportements et de valeurs pour le bien de leurs enfants.Une campagne bien conçue pourra atteindre les «accros» du téléviseur et autres non-lecteurs beaucoup plus efficacement que n\u2019importe quelle approche écrite.Partenaires possibles : ABPQ, ASTED, CLA, ABPNB, C.B.P.Q., etc.Il s\u2019agit aussi de convaincre le Secrétariat national à l\u2019alphabétisation (un organisme relevant du fédéral) de l\u2019importance de financer une campagne massive de sensibilisation à la fréquentation des bibliothèques publiques (organismes relevant des provinces et/ou des municipalités).Notons que les incohérences structurelles du système de paliers fédéral-provinciaux-municipaux ne sont pas à l\u2019avantage des bibliothèques publiques au Canada ni de l\u2019obtention d\u2019une telle campagne.Action 9 Dans les mois suivant la naissance, on devrait trouver le moyen de fournir une carte de bibliothèque aux nouveaux parents au nom de bébé.(Prenons-les au berceau !) Action 10 Démontrer à nos élus que la tarification est difficilement compatible avec le grand besoin du côté de la consommation de lecture chez les francophones, à partir des données sur l\u2019alphabétisme, l\u2019assimilation, le prix des livres de langue française ; la tarification constituant un obstacle au recrutement des lecteurs occasionnels ou potentiels.Il ne suffit pas d\u2019accueillir les lecteurs déjà acquis.Mot de la fin Le manque de sensibilisation des citoyens23 figure parmi les causes premières de la quasi-stagnation en matière d\u2019alphabétisation au pays.C\u2019est aussi une des causes de l\u2019assimilation linguistique des francophones.La bibliothèque publique peut intervenir à ce niveau.Par conséquent, il faut prendre les mesures appropriées pour que la bibliothèque publique soit enfin reconnue à titre d\u2019intervenant privilégié dans la prévention de l\u2019analphabétisme et du maintien de la langue.Tout comme nos gouvernements reconnaissent clairement une mission de l\u2019éducation publique aux autorités scolaires, ils devraient aussi reconnaître clairement une mission d\u2019alphabétisme permanent aux bibliothèques publiques.Il est urgent de mesurer l\u2019énorme enjeu que représente l\u2019accès à la lecture publique en français en fonction du maintien du français en Amérique.Mais il faut surtout AGIR en adoptant les mesures appropriées, c\u2019est-à-dire en faisant le choix d\u2019investir dans des bibliothèques publiques francophones là où besoin est.Publicité Line Glaude Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Courriel : info@cbpq.qc.ca ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 13 mmm mÊÊ Notes 1 Ce fut le titre retenu pour cette réunion de VAssemblée parlementaire de la Francophonie.I\tDepuis le sommet de la Francophonie d\u2019Hanoi, l\u2019organisme porte désormais le titre Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).3\tGraff, Harvey.\u201cInterpreting Historical Literacy : the Pattern of Literacy in Quebec.\u201d Histoire sociale, vol.XI, no 22, p.444-455.4\tDodson, Fitzhugh.Tout se joue avant six ans.Paris : Marabout, 1987.316 p.5\tIbuka, Masura.Toutse joue avant la maternelle.Montréal : Éd.de l\u2019Homme, 1990.131 p.6\tSelon le recensement de 1996.7\tUn service de bibliobus y est cependant offert.8\tSelon les renseignements fournis à l\u2019auteur par le directeur du CRSBP du Bas-Saint-Laurent, Monsieur Yves Savard.9\tSelon les nouvelles échelles de graduation énoncées dans le cadre de l\u2019Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation des adultes (EIAA) normalisées pour comparaison internationale.10\tWagner, Serge.Analphabétisme de minorité et alphabétisation d\u2019affirmation nationale, cf.p.44-55.II\tLire l\u2019avenir : un portrait de l'alphabétisme au Canada, p.24.; Le Nouveau Brunswick en un clin d\u2019oeil, p.24.; Fédération canadienne pour l\u2019alphabétisation en français (FCAF).Des statistiques qui en disent beaucoup : extraits de l\u2019enquête internationale sur l\u2019alphabétisation des adultes (EIAA).www.franco.ca/alpha/ stats.html 12\tO\u2019Keefe, Michael.Minorités francophones : assimilation et vitalité des communautés, p.40-41.13\tPerrin, Burt.L\u2019importance de l\u2019alphabétisation, p.1.14\tCette publicité comportait l\u2019inconvénient majeur d\u2019être diffusée seulement sur Radio-Québec, la chaîne la plus susceptible d\u2019atteindre un auditoire déjà conquis à la cause de la lecture publique.15\tEn 1995, l\u2019auteur avait obtenu le mandat du conseil d\u2019administration de l\u2019Association des bibliothèques professionnels du Nouveau-Brunswick pour amener au sommet sur l\u2019alphabétisation de la CLA à Calgary, le projet d\u2019une campagne de publicité télévisée bilingue d\u2019envergure nationale faisant la promotion des bibliothèques publiques à titre de lieux privilégiés en matière d\u2019alphabétisation familiale.Une demande de subvention a été préparée à l\u2019attention du Secrétariat national à l'alphabétisation.CASTED avait délégué un représentant à ce projet.La réponse du S.N.A.(selon la directrice des services aux membres de la Canadian Library Association, Leacy O\u2019Brien) fut qu\u2019il y avait déjà plusieurs campagnes de sensibilisation en cours de réalisation.16\tPermettez-moi de porter à votre attention ce que je crois être une erreur historique.Les bibliothèques publiques auraient dû relever du fédéral ou des provinces, certainement pas des gouvernements municipaux.En effet, les enjeux reliés à l\u2019alphabétisation et à la langue relèvent d\u2019une problématique nationale beaucoup trop marquée pour qu\u2019ils soient laissés à la discrétion des municipalités.17\tDe nos jours, nos « bibliothèques » sont le plus souvent des « médiathèques » puisqu\u2019on y offre beaucoup plus que des documents sur support papier.18\tWagner, Serge.Analphabétisme de minorité et alphabétisation d\u2019affirmation nationale (voir bibliographie).19\tLe Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil, p.57-58.20\tEn 1993, Statistique Canada publiait ses dernières données sur l\u2019éducation, la culture et le tourisme.Le Nouveau-Brunswick y figurait au dernier rang des provinces au niveau des budgets alloués au développement des collections pour les bibliothèques publiques.21\tC\u2019est-à-dire, jeune risquant de devenir analphabète fonctionnel et/ou décrocheur.22\tUn tel programme axé sur la « prévention » existe dans quelques bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick depuis l\u2019été 1994.Chaque enfant bénéficie de séances de tutorat s\u2019échelonnant sur huit semaines.23\tSalter & Salter, Literacy and the Library, p.57.Aussi Burt Perrin, L\u2019importance de l\u2019alphabétisation, p.16.Bibliographie ASTED.1996.Pour des bibliothèques québécoises de qualité : guide à l\u2019usage des bibliothèques publiques.ASTED, 104 p.Fitch, Leslie.1997.Bénéfices : la valeur des bibliothèques publiques au Canada.Toronto : Book and Periodical Council, 39 p.O\u2019Keefe, Michael.1998.Minorités francophones : assimilation et vitalité des communautés.Ottawa : ministère du Patrimoine canadien, 67 p.Organisation de coopération et de développement économiques et Statistique Canada.1997.Littératie et société du savoir; nouveaux résultats de l\u2019enquête internationale sur les capacités de lecture et d\u2019écriture des adultes.Paris : OCDE / ministère du Développement des ressources humaines Canada, 207 p.Perrin, Burt.1990.L\u2019importance de l\u2019alphabétisation.Ottawa : Secrétariat national à l\u2019alphabétisation, 17 p.Salter, Jeffrey L.et Charles A.Salter.1991.Literacy and the library.Englewood, Co : Libraries Unlimited, 212 p.Statistique Canada.Juin 1998.Le Nouveau-Brunswick en un clin d\u2019oeil : EIAA : enquête internationale sur l'alphabétisation des adultes.Ottawa : ministère de l\u2019Industrie, 60 p.Statistique Canada.1996.Lire l\u2019avenir : un portrait de l'alphabétisme au Canada.Ottawa: ministère de l\u2019Industrie, 131 p.Statistique Canada.1997.Les capacités de lecture des jeunes canadiens.Ottawa : Statistique Canada, 39 p.Thomas, Barbro.1992.Guidelines for public libraries working with illiteracy.Stockholm : IFLA/Unesco, 52 p.Wagner, Serge.1990.Analphabétisme de minorité et alphabétisation d'affirmation nationale : à propos de l\u2019Ontario français.Toronto.14 ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Animation de la lecture et programmes de lecture d\u2019été Philippe Lavigueur Bibliothécaire aux services au public Ville de Blainville philippe.lavigueur@ville.blainville.qc.ca Animation Ce texte présente d\u2019abord une brève analyse de l\u2019utilisation de l\u2019animation dans les bibliothèques publiques.S\u2019ensuit une discussion sur le rôle de l\u2019animation en bibliothèque publique.L\u2019auteur propose d\u2019utiliser les clubs de lecture d\u2019été auprès de la clientèle jeunesse afin d\u2019encourager chez eux l\u2019ancrage de solides habitudes de lecture.Enfin, des considérations pratiques sont émises sur la planification, l\u2019organisation et le contrôle de tels programmes.The promotion of reading and summer reading programmes : from reflection to action A brief analysis of the use of reading programmes in public libraries is followed by a discussion of the role of such programmes in the public library.The author proposes the use of summer reading dubs for young library patrons as a means of establishing solid reading habits and offers practical considerations on the planning, organization and monitoring of such programmes.Bibliothèque publique, lecture et société Comme toute autre institution sociale ou culturelle, la bibliothèque publique n\u2019est pas immuable; elle dépend des modes de vie, des habitudes, voire des valeurs de la société qui l\u2019entoure.La bibliothèque publique s\u2019épanouit, stagne ou périclite selon que les individus la fréquentent ou non, la considèrent comme un acquis important ou marginal.Sans assise sociale, la bibliothèque devient donc une institution vulnérable.De ce point de vue, nous considérons la bibliothèque publique comme une collectivité de citoyens qui lisent et possèdent leurs règles et privilèges d\u2019accès.Cette collectivité de lecteurs donne à la bibliothèque son droit de cité et lui permet de développer ses services afin de mieux servir la communauté locale.La bibliothèque publique a donc toujours besoin de renforcer les liens qui l\u2019unissent à sa collectivité et d\u2019élargir son lectorat.Sans prétendre faire lire tous les individus nous devons reconnaître qu\u2019il existe un déséquilibre marqué entre le lecteur assidu, client de nos institutions, et la masse du public potentiel non lecteur, ou à tout le moins non utilisateur.Au Québec, les chiffres présentés par le Ministère de la Culture et des Communications sont assez éloquents à cet égard : le nombre d\u2019abonnés atteint 31 % de la population desservie et une proportion de 43 % de Québécois déclarent ne lire que rarement ou jamais de livres (Ministère de la Culture et des Communication, 1998).Ce problème de sous utilisation ne tient maintenant que peu de l\u2019accessibilité physique au livre.Au cours de la décennie 1980-1990, les pouvoirs publics se sont attaqué à ce problème.La bibliothèque publique compte maintenant parmi les équipements culturels jugés les plus accessibles avec une base de 91 % de clientèle desservie sur la totalité du territoire québécois.L\u2019animation, un portrait hétéroclite Après ce considérable investissement dans les infrastructures, nous nous sommes donc retrouvés avec une sous utilisation des établissements consacrés au livre.Cette conjoncture a préparé l\u2019arrivée d\u2019une kyrielle d\u2019activités à teneur culturelle, expressive et ludique ayant pour but de promouvoir l\u2019utilisation de la bibliothèque : films, spectacles, ateliers créatifs, expositions, etc.: « Il fallait faire de l\u2019animation.Il fallait animer des espaces prévus pour l\u2019animation.Il fallait se donner une image à la mode.Il fallait que les membres de la communauté prennent possession de lieux.Et on s\u2019est mis à animer.trop souvent, hélas!, pour animer.» (Beauchesne, 1985, p.10).Dans les bibliothèques publiques, ce verbe semble avoir pris le plus souvent le sens de diffusion culturelle : expositions d\u2019œuvres, de films et de spectacles.L\u2019animation a, aussi, souvent été utilisée comme un produit d\u2019information complémentaire aux collections : conférences et séances d\u2019information communautaire.L\u2019animation peut être ARGUS / Vol.28, ri' 1, Printemps-été 1999 15 Animation de la lecture et programmes de lecture d\u2019été également prise dans le sens d\u2019activités expressives tels les cours d\u2019art.Elle peut être aussi centrée sur l\u2019écrit et prendre alors une des nombreuses formes d\u2019animation du livre ou de la lecture : heures du conte, club de lecture, initiation à la bibliothèque, etc.Enfin, d\u2019un angle marketing, l\u2019animation est utilisée comme un moyen propre à augmenter la visibilité de la bibliothèque et l\u2019utilisation de ses services ou produits.Elle sert alors d\u2019outil promotionnel.Ce flou autour du concept d\u2019animation a favorisé l\u2019arrivée de programmations aux contenus très divers.D\u2019aucuns argumenteront que cette diversité des moyens est nécessaire compte tenu de l\u2019ampleur du mandat des bibliothèques publiques et la nécessité de promouvoir son utilisation.Cependant, une telle pluralité d\u2019efforts permet-elle à la bibliothèque de mieux remplir son mandat ou constitue-t-elle plutôt un éparpillement de ses énergies et moyens?Une orientation pour l\u2019animation Disons d\u2019abord que l\u2019animation en bibliothèque publique ne doit pas être considérée comme un excroissance de son activité bibliothéconomique.Cette activité à la fois pédagogique, ludique et promotionnelle doit viser de façon ultime à former des lecteurs, à créer et puis soutenir leurs habitudes de lecture.L\u2019idée n\u2019est pas nouvelle, il y a 25 ans, une bibliothécaire française notait que : « l\u2019animation n\u2019est pas un domaine à part dans l\u2019activité de la bibliothèque, même le plus simple, même le moins glorieux, s\u2019effectue dans l\u2019idée d\u2019un même but à atteindre : faire lire mieux, faire lire plus les lecteurs, faire lire les non lecteurs.»(LeTellier, 1974, p.1).Bien que les activités d\u2019animation qui supportent le mandat de diffusion culturelle (expositions d\u2019œuvres, spectacles, films.) demeurent valables, elles n\u2019agissent que de loin sur l\u2019utilisation (la lecture) du produit culturel le plus important de la bibliothèque publique (le livre).Face à ce problème, la bibliothèque publique ne peut donc frileusement s\u2019en tenir aux besoins exprimés tout en continuant à s\u2019occuper uniquement d\u2019une clientèle de lecteurs assidus - clientèle par ailleurs encore minoritaire, on l\u2019a vu.Elle ne peut non plus continuer à accorder la même importance dans son budget à tout ce qui rentre sous le vocable «animation»; des choix s\u2019imposent.Les directeurs doivent se questionner maintenant à savoir jusqu\u2019à quel point et comment les travailleurs de bibliothèques publiques doivent s\u2019occuper des individus qui n\u2019utilisent pas la bibliothèque publique pour alimenter leurs lectures ou qui tout bonnement ne lisent pas.« .un individu devient et demeure lecteur parce qu\u2019il entretient, dès ses premières expériences et tout au long de sa vie durant, une relation affective positive avec la lecture.» C\u2019est donc dire qu\u2019en plus d\u2019assurer constamment une meilleure diffusion de ses ressources aux clients traditionnels, les bibliothécaires doivent évidemment susciter l\u2019utilisation des services parmi les lecteurs qui ne sont pas encore ses clients, mais aussi prendre une part active dans l\u2019implantation, le développement et l\u2019alimentation des habitudes de lecture des citoyens.Si nous choisissons cette orientation pour nos bibliothèques nous devons répondre au préalable à deux questions fondamentales : quelle(s) clientèle(s) devons nous viser en priorité?Et, deuxièmement, quel mode d\u2019intervention spécifique devons nous utiliser afin d\u2019atteindre nos buts?(développer et alimenter les habitudes de lecture).Les jeunes - une clientèle à privilégier en animation Le choix d\u2019orienter l\u2019animation de la lecture vers cette partie de notre clientèle se justifie pleinement dans la mesure où nous savons que les habitudes de lecture se forment généralement tôt chez un individu.L\u2019enfant absorbe en effet très vite le système de valeurs culturelles de sa société : « La plupart des lecteurs adultes affirment avoir pris goût à la lecture dès leur jeune âge alors que ceux qui ne lisaient pas dans leur enfance ne lisent souvent pas plus à l\u2019âge adulte.» (Cimon, 1981, p.32).Ce postulat trouve d\u2019ailleurs écho dans plusieurs textes sur la lecture dont le dernier document du Ministère de la Culture et des Communications sur l\u2019état de la situation de la lecture et du livre au Québec.Il importe donc d\u2019accorder à cette clientèle toute notre attention afin de former les lecteurs de l\u2019avenir.Nous devons également accorder une attention toute particulière aux enfants de milieux défavorisés, ceux-ci étant peu exposés au livre et au modèle de la lecture.Concepts à retenir Comme l\u2019a dit si bien Daniel Pennac : « Le verbe lire ne supporte pas d\u2019impératif » (Pennac, 1992, p.13).A la lumière de nos lectures, nous suggérons qu\u2019un individu devient et demeure lecteur parce qu\u2019il entretient, dès ses premières expériences et tout au long de sa vie durant, une relation affective positive avec la lecture.Il apprend à aimer lire en retirant du plaisir de ses expériences de lecture.Cet acte est gratuit et ne requiert pour lui aucune justification ni exigences : scolaires, pédagogiques ou forcément utilitaires.Si cette lecture demeure gratuite, il y a de fortes chances qu\u2019il la répète jusqu\u2019à ce qu\u2019elle devienne une habitude : 16 ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Animation de la lecture et programmes de lecture d\u2019été « Les lecteurs assidus considèrent que le plaisir de lire est leur principale motivation dans une proportion de 64 % contre 36 % pour la fonction utilitaire.En somme on lit d\u2019abord pour Vutilité puis l'on devient lecteur assidu, pour le plaisir de lire.Le lecteur occasionnel ne pourra devenir un lecteur assidu tant et aussi longtemps que le plaisir n \u2019occupera pas une place plus importante dans sa motivation à lire en marge des besoins de type utilitaire ».(Ministère de la Culture et des Communications, 1998, p.13).Des modes d\u2019emploi à privilégier - une formule à explorer Quelques formules basées sur l\u2019animation de la lecture privilégiant le plaisir ont été développées dans nos bibliothèques : heures du conte et variantes, visites de classes animées, rencontres ponctuelles avec les auteurs, illustrateurs ou avec un animateur qui développe une animation autour de la lecture (jeux de découvertes de collections de romans, musées imaginaires, etc.).Ces méthodes permettent une découverte des plaisirs de la lecture dans un environnement ludique.Malheureusement, elles nécessitent souvent assez de préparation, rejoignent un public d\u2019enfants restreint et demeurent assez contraignantes pour les participants dans la mesure où elles exigent une présence assidue, ou de la disponibilité quand elles ne sont pas imposées par le professeur.En outre, hors de l\u2019heure du conte, ces animations demeurent souvent ponctuelles et manquent de suivi et de renforcement.Les programmes de lecture d\u2019été L\u2019objet de cette deuxième partie sera de présenter et proposer les programmes de lecture d\u2019été comme un moyen opportun d\u2019intervention auprès de la clientèle jeunesse.Nous y verrons les clientèles ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 cibles, les buts, objectifs poursuivis et l\u2019évaluation des programmes.Enfin, nous décrirons quelques aspects importants à considérer pour la planification et l\u2019élaboration d\u2019un programme de lecture d\u2019été.Une histoire à succès Les premiers programmes de lecture d\u2019été remontent à 1924 et sont originaires des États-Unis où ils sont devenus une tradition estivale (Buest, 1924).Ces programmes furent créés afin d\u2019encourager les enfants et la famille à utiliser la bibliothèque et à lire durant les vacances d\u2019été.La grande majorité des programmes recensés dans la littérature s\u2019adressent aux enfants du primaire.Certains programmes sont maintenant réalisés à l\u2019échelle régionale ou à celle d\u2019un état.En 1990, Le National Center for Education Statistics évaluait que 95 % de toutes les bibliothèques publiques des États-Unis offraient un club de lecture d\u2019été à leurs jeunes clients (Locke, 1992, p.77).L\u2019explication de la popularité grandissante des programmes de lecture d\u2019été américains est sans doute à chercher dans la souplesse de leur fonctionnement et dans la participation qu\u2019ils suscitent auprès des jeunes.Bien que ces programmes existent depuis longtemps aux États-Unis, la littérature professionnelle publiée sur le sujet n\u2019est pas abondante.Nous retrouvons peu d\u2019articles recensés dans les index de périodiques en bibliothéconomie, mais un certain nombre de programmes américains (kit) sont recensés dans ERIC (Educational Resources Information Center).Les aspects théoriques sont, en outre, à peine développés compara-tivement aux modèles proposés.Notons tout d\u2019abord que l\u2019on utilise le plus fréquemment le mot programme et non activité ou animation d\u2019été ce qui signifie que cet effort promotionnel et éducationnel contient les éléments essentiels des programmes structurés : une ou des clientèles cibles, un ou des but(s), le plus souvent des objectifs mesurables, un choix d\u2019une formule et des moyens pour la réalisation des buts et objectifs.Clientèles cibles L\u2019auditoire visé peut varier d\u2019un programme à l\u2019autre.Habituellement ce sont les enfants du premier et deuxième cycle primaire qui sont ciblés (6-12), car ils sont en plein processus d\u2019apprentissage de la lecture (décodage).Les études de Ross, Cornélius et Semmel (1982), ainsi que de Carter (1988), démontrent que les enfants du primaire qui participent à de tels programmes maintiennent ou améliorent leurs habiletés en vocabulaire et en compréhension.Les prélecteurs peuvent également être visés via les parents.L\u2019implication de ceux-ci est d\u2019ailleurs souvent sollicitée afin qu\u2019ils encouragent leur(s) enfant(s) à participer au programme.Des auteurs, tels que Goodman ( 1986) et Meek (1986), font mention de l\u2019importance de l\u2019influence parentale sur le désir de lecture de l\u2019enfant.Geneviève Patte ( 1987) note que : « Si à la bibliothèque ou à la maison, un adulte se donne le temps de lui lire mais surtout de l\u2019écouter lire pour assister à ses progrès, il y a de fortes chances pour qu \u2019il ait envie d\u2019arriver à maîtriser seul la lecture » (Patte, 1987, p.209).C\u2019est pourquoi les bibliothécaires profitent de la tenue de tels programmes pour sensibiliser les parents à l\u2019importance de la lecture chez leurs enfants et les encourager à prendre du temps pour lire à leur enfant, ainsi qu\u2019à discuter de ses lectures avec lui.Nous retrouvons peu de programmes de lecture d\u2019été pour adolescents dans la littérature.L\u2019expérience de la bibliothèque de Springfield témoigne cependant que cette clientèle peut être rejointe si le produit offert et son image sont adaptés aux goûts des adolescents.17 Animation de la lecture et programmes de lecture d\u2019été Buts et objectifs Les buts poursuivis par ces programmes sont en droite ligne avec ceux de l\u2019animation de la lecture : faire vivre à l\u2019enfant des expériences de lecture stimulantes dans un environnement ludique afin qu\u2019il l\u2019associe davantage à la notion de plaisir.Les objectifs ne sont pas toujours formulés explicitement par les professionnels.11 est possible de viser des objectifs pour chaque enfant en établissant un contrat de lecture avec celui-ci ou alors des objectifs collectifs tels un nombre X de livres à lire par les membres dans l\u2019été.Autre alternative, celle de fixer pour chaque groupe de lecteurs des objectifs.Certains objectifs promotionnels quantifiables sont parfois fixés tels l\u2019augmentation du nombre de livres empruntés par les enfants dans la période d\u2019été ou le nombre de participants inscrits.Fonctionnement La plupart des programmes de lecture d\u2019été ont la particularité de s\u2019adresser au plus grand nombre d\u2019enfants possible par une approche souple, anti-compétitive, et individualisée soit celle du club de lecture.La formule du club de lecture connaît de nombreuses variantes, mais son fonctionnement de base est fort simple : une thématique est choisie avant le début de l\u2019été et la bibliothèque est décorée en conséquence.Les participants inscrits doivent lire un certain nombre de livres fixés dès le début par contrat ou consacrer un certain nombre d\u2019heures par semaine à cette activité.Au cours de l\u2019été, les participants reçoivent des coupons pour chaque livre lu ou pour une période X de lecture, ce qui leur permet de participer à plusieurs tirages.Une liste de titres choisis et annotés (sélection) est proposée à l\u2019enfant pour l\u2019aider dans ses choix.Le programme de lecture prévoit aussi, selon le cas, une forme de renforcement positif ou un système d\u2019émulation afin de stimuler les enfants à poursuivre le programme (prix à gagner, jeu de chasse au trésor dans la bibliothèque, échelle de progression individuelle ou collective, carnet de bord des titres lus, etc.).D\u2019aucuns argumenteront que la motivation proposée pour lire des livres est extérieure au plaisir de lire en soi.Les programmes de ce genre ne supposent cependant aucune pression de la part du personnel responsable; l\u2019important ici étant de respecter l\u2019autonomie du jeune lecteur.Cette approche retient en outre certaines caractéristiques de l\u2019animation de la lecture : elle encourage la découverte de la diversité et de la richesse de la littérature tout en créant un climat de détente, de plaisir et d\u2019appui autour de la lecture.« La plupart des programmes de lecture d\u2019été ont la particularité de s\u2019adresser au plus grand nombre d\u2019enfants possible par une approche souple, anti-compétitive, et individualisée.» Le programme gagne a être enrichi d\u2019animation ponctuelles ou hebdomadaires qui respectent ou renforcent la thématique du club choisie.Certains milieux supportent et promeuvent leur club par le biais d\u2019un animateur qui effectue la tournée des parcs dans le cadre des programmes de terrains de jeux de la ville.Le professionnel prévoit le plus souvent une fête de clôture.À cette occasion, les enfants reçoivent un certificat d\u2019accomplissement pour avoir complété avec succès le programme.Comme son nom l\u2019indique, le programme de lecture d\u2019été se poursuit pendant la période des vacances estivales, soit de la fin juin à la fin août.Le programme de lecture est repris d\u2019année en année avec un nouveau thème et s\u2019intégre rapidement dans la programmation des bibliothèques publiques vu son habituel succès auprès de la population.Les bibliothèques publiques font souvent appel aux écoles primaires de leur quartier afin de promouvoir l\u2019événement juste avant la fin des classes.r Evaluation Les statistiques d\u2019inscription et de participation (nombre de livres lus, minutes de lectures totalisées, présences aux diverses animations) constituent les indicateurs les plus utilisés pour évaluer l\u2019atteinte des objectifs d\u2019un programme de lecture d\u2019été.À ceci s\u2019ajoute les importants commentaires des enfants, des parents et du personnel.Il est également possible d\u2019apprécier l\u2019impact à long terme de ces programmes en comparant l\u2019évolution de la fréquentation, du prêt et des abonnements de la section jeunesse.Aspects importants à considérer pour la planification et l\u2019élaboration d\u2019un programme de lecture d\u2019été Le succès d\u2019un programme de lecture d\u2019été dépend en premier lieu du soin que les responsables accordent à sa planification.L\u2019analyse de la littérature et de plusieurs programmes de lecture d\u2019été fait ressortir des aspects incontournables d\u2019une planification de qualité.La démarche ici proposée sera adaptable selon les milieux.1) Identifier le ou les responsables et commencer tôt dans l\u2019année à planifier les différents aspects du programme.Le regroupement des bibliothèques publiques de Laurentides-Lanaudière, par exemple, regroupe les participants d\u2019une vingtaine de bibliothèques publiques aux environs du mois de décembre afin de répartir le travail et déterminer les porteurs de dossiers pour le Club de l\u2019année suivante.18 ARGUS / Vol.28, n° 1, Printemps-été 1999 Animation de la lecture et programmes de lecture d\u2019été 2)\tDéterminer la ou les clientèles cibles à rejoindre.3)\tDéterminer le but ou les objectifs à atteindre en fonction des clientèles ciblées.Notons que le ou les buts sont continus et peuvent s\u2019échelonner sur plusieurs étés.Un minimum d\u2019objectifs quantifiables pourra permettre d\u2019évaluer l\u2019efficacité du programme.4)\tChoisir un titre et un thème pour le programme.Il sera selon le cas fantaisiste et/ou original.Dans tous les cas, il faut briser l\u2019atmosphère académique ou scolaire.À ce stade de la planification, il est important de solliciter les idées du personnel de la bibliothèque : le succès d\u2019un tel programme sera en bonne partie attribuable à l\u2019effort de groupe et l\u2019implication du personnel se révélera très précieuse.Certains guides de préparation de programmes d\u2019animation suggèrent également de tenir des groupes d\u2019opinions avec, par exemple, les professeurs du primaire, parents et bien sûr les enfants eux-mêmes, et ce, afin de s\u2019assurer d\u2019une rétroaction de la part de la communauté avant d\u2019élaborer le contenu final du programme.Ces groupes de discussions constituent également des outils de promotion à ne pas sous-estimer.5)\tVeiller à combiner les éléments du marketing mix, soit le produit, le personnel, le prix et l\u2019endroit et le moment.Le produit devra être adapté aux clientèles visées.L\u2019expérience démontre qu\u2019il semble plus fructueux de fixer des objectifs faciles à atteindre par l\u2019enfant et de mettre davantage d\u2019efforts sur la participation des parents, l\u2019animation visuelle et le matériel promotionnel.6)\tMobiliser le personnel compétent et nécessaire afin d\u2019organiser et réaliser les animations ou le matériel.Un personnel enthousiaste influe sur la participation d\u2019une activité qui, rappelons-le, est libre.7)\tChoisir la période sur laquelle s\u2019étend le programme et prévoir les jours et heures stratégiques pour les événements spéciaux.8)\tAssurer\tla gratuité pour\tla participation à\ttous\tles éléments\tdu programme : inscription, animation, matériel promotionnel et autres.9)\tRédiger un\tsynopsis\tdu déroulement pour chaque activité.Il comprendra les personnes ressources, le public cible, le lieu, l\u2019horaire, le matériel nécessaire, le budget, la publicité et l\u2019échéancier de préparation.10)\tDresser\tun\tinventaire des personnes ressources à contacter ou à inviter à participer au programme d\u2019été (artistes locaux, associations, groupes scouts ou louveteaux, animateurs professionnels).11)\tSolliciter la collaboration des professeurs des écoles primaires avoisinantes : visites dans les classes et lettres d\u2019invitation aux élèves lues à voix haute par chaque professeur à sa classe.12)\tEstimer les ressources budgétaires requises pour la réalisation complète du programme.Prévoir une sous-catégorie budgétaire ou une enveloppe pour le programme assurera la présence de fonds nécessaires à chaque année.13)\tPréparer un outil d\u2019évaluation.Idéalement, l\u2019évaluation doit passer en revue toutes les activités qui ont mené à la réalisation du programme : clientèles ciblées, objectifs quantitatifs, pertinence de la thématique, matériel promotionnel, personnes ressources, préparation du personnel, déroulement des activités, fonctionnement interne, publicité.Les commentaires et réactions des enfants, des parents et du personnel seront également révélateurs.Un modèle existant au Québec Le Club des Aventuriers du Livre est un club estival pour les jeunes organisé par le regroupement Bibliothèques publiques Laval-Laurentides-Lanaudière.Chaque bibliothèque faisant partie du regroupement est libre de se joindre au programme annuel.En 1998, une vingtaine de bibliothèques ont participé au projet.La rencontre initiale de coordination a lieu au moins six mois avant la tenue du Club.Les participants s\u2019engagent dans divers comités : organisation de la conférence de presse, recherches et commandes de matériel, recherches de commanditaires régionaux, de subvention provinciale, rédaction et distribution de la sélection de livres, élaboration ou modification du site web, recherche d\u2019une ou de plusieurs personnes ressources pour l\u2019animation, élaboration du concours régional, collection et présentation des statistiques.Cette collaboration permet d\u2019obtenir pour chaque bibliothèque participante un club de plus grande envergure : commandites substantielles, matériel promotionnel et publicitaire de première qualité, une sélection de livres étoffée et bien sûr des achats regroupés d\u2019animations professionnelles.En 1998, au-delà de 4200 lecteurs ont lu 45 402 livres et 3840 ont participé aux activités d\u2019animation qui leur ont été exclusivement offertes.Le lecteur trouvera dans la bibliographie quelques exemples pertinents de clubs de lecture d\u2019été américains et canadiens qui ont connu beaucoup de succès.Voir également les sites suivants : http://www.bplll.qc.ca/aventuriers/ http://www.city.fredericton.nb.ca/ community/prog.html http://www.interchg.ubc.ca/bcla/yaacs/ src/src.html Conclusion D\u2019un point de vue marketing, la bibliothèque publique se différencie des autres milieux documentaires par la présence d\u2019une clientèle non captive, qui se doit d\u2019être sollicitée et séduite.C\u2019est pourquoi ses responsables ont toujours besoin de renforcer les liens de la bibliothèque avec la communauté, de faire ARGUS / Vol.28, n i, Printemps-été 1999 19 preuve de visibilité et, par cela, de gagner de nouveaux lecteurs, de nouveaux abonnés.À ce jour, le livre demeure le premier produit de la bibliothèque publique, et il est important de stimuler l\u2019émergence ou la consolidation d\u2019habitudes de lecture de notre jeune public.C\u2019est, selon nous, à cette première fin que l\u2019animation pour les jeunes en bibliothèque publique doit tendre.Avec cet objectif en tête, les bibliothécaires en sont arrivés à penser et réaliser des animations ou des programmes qui stimulent vraiment la lecture tels les programmes de lecture d\u2019été.Cette approche retient les caractéristiques fondamentales de l\u2019animation de la lecture : elle encourage la découverte de la diversité et de la richesse de la littérature tout en créant un climat de détente, de plaisir et d\u2019appui autour de la lecture.Les programmes sont souples d\u2019application et peuvent donc être utilisés dans les grands et petits milieux avec un égal bonheur.Les grands clubs permettent de rejoindre une vaste clientèle tandis que les petits favorisent un contact privilégié avec les participants.Il y a de cela quatre ans, lors d\u2019un voyage aux États-Unis, je visitai la Bibliothèque de Seal Harbor, petite communauté côtière du Maine.Je fut attiré par une grand tableau de carton sur lequel des enfants collaient chacun leur petit athlète de papier.J\u2019entrai vite en discussion avec la bibliothécaire qui m\u2019expliqua que trente petits « champions » suivaient son club avec assiduité cet été là.Un petit système d\u2019émulation avait été mis sur place pour récompenser les lectures.Les responsables connaissaient bien les enfants et pouvaient discuter de leurs lectures, en proposer et apprécier leur progrès.Chaque enfant était libre d\u2019assister ou non à la lecture de la semaine, mais tous devaient recevoir leur certificat méritoire à la fin de la saison.C\u2019était personnel, amusant et stimulant.Il n\u2019en faut pas plus.Bibliographie American Library Association.1990.Adventures in Wonderland Reading Club Program Guide.Chicago : ALA, 32 p.Bacon, Donna.1987.\u201c Springfield\u2019s Young adult Reading Program \u201d Show-me Libraries, vol.39, (October-November), pp.31-33.Beauchesne,Yves.Animer la lecture.Montréal : ASTED, 1985.235 p.Boyce, Judith I.1990.\u201c Building a Summer Reading Program : The Louisiana Experience \u201d.Public Libraries, vol.29, no 2 (March-April), pp.94-98.Buest, Nora A.1924.\u201c For Boys and Girls \u201d, The Wilson Bulletin, (June) vol.2, pp.243-246.Carter, Vivian.1988.\u201c The Effects of Summer Reading Program Participation on Retention of Reading Skills \u201d Illinois Libraries, vol.70, no 1 (January), pp.56-60.Chambers, Aidan.1983.Introducing books to children.Boston : Horn Book, Inc., 129 p.Charrette, Christiane.1985.« Les livres dans la rue » Documentation et bibliothèques, vol.31, no 4 (octobre-décembre), pp.139-145.Cimon, Marie et al.1981.L'enfant-lecteur, une personne à découvrir.Québec : PPMF-Laval, 64 p.Compte-rendu du stage en animation autour du livre, 16-20 avril 1973 : 29-30 novembre.1974.Bulletin des bibliothèques de France, vol.19, no 4.Cornelius, Paula Lee et Semmel Melvyn I.1982 \u201c Effects of Summer Instruction on Reading Achievement Regression of Learning Disabled Students \u201d Journal of Learning Disabilities, vol.15, pp.409-413.Dufresne, Claire E.et al.1984.Guide d\u2019animation et répertoire d\u2019activités pour les bibliothèques publiques du Québec.Québec : Claire Dufresne, 189 p.France.Commission du livre et de la lecture.1982.Pour une politique nouvelle du livre et de la lecture.Paris : Dalloz, 297 p.Goodman, Yetta M.et Haussier, Myna.1986.\u201c Literacy Environment in the Home and Community.In Tovey, Duane R.et Kerber, James E., eds, Roles in Literacy Learning.Newark : International Reading Association.1986, pp.26-32.Letellier, Brigitte.1974.«Le droit de lire».Bulletin des bibliothèques de France, vol.19, no 1 (janvier), p.1.Locke, J.1992.\u201c Summer Reading Activities -Way back When \u201d, Journal of Youth Services in Libraries, vol.6, no 1 (fall), pp.73-77.Mathieu-Stasse.1986.«Quand les livres se promènent dans la rue ».Des livres et des jeunes (printemps), pp.34-37.Mccune, Bonnie.1992.\u201c Bank on talent, not budgets \u201d, American Libraries, vol.23, no 5 (May), pp.410-412.Meek, Margaret.1986.Learning to read.Portsmouth : Heinemann Educational Books, 254 p.Morrow, Paula.1985.Library Treasure : A Summer Reading program \u201d.Top of the news, vol.41, no 2 (winter), pp.169-176.Patte, Geneviève.1987.Laissez-les lire! Les éditions ouvrières, 358 p.Pennac, Daniel.1992.Comme un roman.Paris : Gallimard, 173 p.Pilon-Picard, Louise.1986.« La lecture ne se fait pas qu\u2019avec les yeux! », Des livres et des jeunes, pp.52-53.Québec.Ministère de la Culture et des Communications.1998.État de situation de la lecture et du livre au Québec : document d\u2019informaton pour la consultation publique sur le projet de politique de la lecture et du livre.Québec : Ministère de la Culture et des communications, 121 p.Roberts, Ken.1982.\u201c Observation on storytelling\u201d.Emergency Librarian, vol.10, no 2 (november-december), pp.6-7.Ross, Patricia A.\u201c Regression study - now the long hot summer \u201d, The Reading Teacher, vol.28, pp.28-29.Speer, Eunice H.1971.\u201c Library clubs \u201d In Elis, vol.5, p.207.Sturdivant, Nan.1989.\u201c Meet me at the Library \u201d, Wilson Library Bulletin (April), pp.52-54.Zwarenstein.Mandy.1986.\u201cMotivating children to read \u201d, Canadian Library Journal, vol.43 (December), 1986, pp.402-406.20 ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Consultant indépendant pour une grande organisation : opportunités de travail et guide de survie pour le professionnel de l\u2019information Gabriel Aslan Consultant en gestion et recherche d\u2019infonnation gabas@sympatico.ca Témoignage Dans le monde de travail d\u2019aujourd\u2019hui qui s\u2019éloigne de plus en plus de son organisation traditionnelle et dans laquelle les emplois stables deviennent une rareté, le professionnel de l\u2019information désirant exercer dans des milieux corporatifs doit être préparé à l\u2019éventualité d\u2019accepter un statut de consultant indépendant.En ces conditions, une vision intégrée de la gestion de l\u2019information et une formation polyvalente peuvent faciliter l\u2019accès à ces milieux.Cet article, inspiré par une communication présentée par le même auteur au Congrès 1998 de l\u2019ASTED-APSDS, trouve sa source dans une expérience de travail particulière, mais plus qu\u2019un témoignage, il veut proposer une succincte synthèse sur la problématique du consultant indépendant dans le milieu corporatif.Independent consulting for a large organization : work opportunities and a survival guide for the information professional In the present work environment, where permanent positions are becoming ever more scarce, the information professional wishing to work for a large organization should be prepared to consider the position of independent consultant.A broad concept of information management and a multifaceted education increase one\u2019s chances of access to the corporate milieu.This article, a version of a paper presented by the author at the 1998 Conference of ASTED-APSDS, is based on an actual work experience and presents a concise outli.consultant in the corporate environment.De nos jours, un diplômé en sciences de l\u2019information peut accepter, pour entrer sur le marché du travail, des contrats temporaires en pensant à l\u2019acquisition d\u2019une bonne expérience.De plus, se trouver à l\u2019intérieur d\u2019un milieu donné -même pour une durée limitée - représente un contact direct avec d\u2019autres éventuelles opportunités de travail intéressantes.Après trois ans d\u2019une telle expérience, je peux constater que mon statut de consultant qui paraissait provisoire, est devenu stable et que je suis, par la force des choses, un travailleur autonome, produit d\u2019un processus d\u2019adaptation à la réalité actuelle du monde du travail.Il est bien reconnu maintenant que cette réalité, en tenues de l\u2019emploi, est caractérisée par un virage serré vers la sous-traitance, l\u2019impartition, la consultation, et autres formes d\u2019acquisition de la force de travail qui sont appelées à diminuer la part des salaires et avantages sociaux dans les dépenses de nos entreprises entrées dans l\u2019époque de la « nouvelle économie ».Nous pourrions dire que, pour plusieurs spécialistes de l\u2019information, la rareté des emplois réguliers et la saisie des opportunités de travail à contrat, ouvrent la porte à une orientation vers le travail autonome, orientation qui, avec le temps, peut devenir pour certains, leur vrai choix d\u2019exercice de la profession.Il faut toutefois reconnaître que, en général, peu de professionnels font ce choix de plein gré.Pour la plupart, reste plus enviable la of the problems confronting the independent perspective d\u2019un emploi à long terme dans un service d\u2019information d\u2019une entreprise ou institution, emploi qui permettrait de donner, à long terme, la mesure complète de ses capacités et talents.Cependant, prendre un emploi, dit stable, ne devrait peut-être pas être fait à n\u2019importe quel prix.Une insatisfaction professionnelle due à un domaine pour lequel on n\u2019a pas d\u2019intérêt, ou à un milieu inadéquat à ses compétences et aptitudes, c\u2019est encore plus difficile à gérer que le statut de consultant autonome.Prenons la situation d\u2019un nouveau diplômé en sciences de l\u2019information, se retrouvant dans l\u2019alternative de gagner sa vie à contrat comme consultant et ayant devant soi une belle grande entreprise où la porte s\u2019entrouvre.Plusieurs étapes et expériences l\u2019attendent, dont certaines risquent de ressembler au contenu des sections qui suivent.Nouveau diplômé approchant l\u2019organisation La recherche d\u2019un emploi à sa part de hasard, mais cette part est encore plus importante dans notre profession qui peut s\u2019exercer dans les domaines les plus variés.Cependant, il serait mieux d\u2019essayer de privilégier dans sa formation et sa recherche d\u2019emploi le domaine le plus proche de ses intérêts, formation et expériences professionnelles antérieures 21 ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Consultant indépendant pour une grande organisation : opportunités de travail aux études en sciences de l\u2019information.Pour un spécialiste de l\u2019information, le fait d\u2019essayer de se diriger vers un domaine qui l\u2019intéresse et, plus encore, dans lequel il détient déjà une certaine expertise, peut, en général, offrir de meilleures chances de réussite et de satisfaction professionnelle.En faisant le choix d\u2019un domaine privilégié pour l\u2019exercice de la profession, on peut saisir plus facilement les opportunités les plus intéressantes et en même temps, on peut manifester autour de soi, l\u2019intérêt pour le domaine choisi, ce qui peut déclencher d\u2019autres opportunités.Une belle occasion pour faire son entrée dans le milieu de travail de son choix, c\u2019est le stage de fin d\u2019études où, à l\u2019occasion, une autre activité non rémunérée.Mais, une fois entré dans la maison, qu\u2019est-ce qu\u2019on doit faire pour essayer d\u2019y rester plus que le temps d\u2019un stage?La première action serait peut-être de bien accomplir son mandat initial - celui de stagiaire.Mais, si le stage est une activité de formation, il faut aussi que le milieu d\u2019accueil y trouve son intérêt.Accepter un stagiaire est, en principe, un geste bénévole qui s\u2019inscrit dans la collaboration traditionnelle entre le monde de l\u2019enseignement et le monde du travail.Cependant, faire fructifier l\u2019expérience d\u2019un stage en entreprise demande plus qu\u2019un apprentissage pratique, même très méritoire.Il faudrait, aussi, être très flexible et prêt à offrir quelque chose en échange à son milieu d\u2019accueil.Par exemple, dans un centre de documentation corporatif d\u2019une grande entreprise, on peut retrouver dans un espace assez restreint, l\u2019expression vivante de la plupart des connaissances qui étaient auparavant la matière de nos cours et séminaires.On pourrait alors se lancer avec « passion » dans l\u2019étude de ce milieu pour acquérir le plus d\u2019information sur les modalités de faire du service en question, ce qui deviendrait une précieuse expérience pour l\u2019apprenti spécialiste.En procédant ainsi - apprendre mais ne pas donner rien en échange - c\u2019est regarder seulement de son côté et en fin de compte ne pas se rendre un vrai service.On peut prendre une autre option, celle du compromis entre les intérêts des deux parties.A l\u2019heure des changements technologiques rapides, ceux qui viennent des bancs de l\u2019école ont l\u2019avantage de posséder des connaissances dans les nouvelles technologies de l\u2019information en avance sur le monde du travail.Il est alors naturel de procéder à un échange de connaissances et de pratiques des deux côtés.La modalité la plus sûre pour la réussite des premiers pas dans l\u2019entreprise, est d\u2019adapter son projet de stage - tout en respectant les exigences académiques de l\u2019université - à un besoin spécifique du milieu.En d\u2019autres termes de fournir « clés en main » un produit fini utile pour ceux qui accueillent le stagiaire.Une telle approche risque fort bien de vous laisser ouverte la porte du milieu choisi.Du premier contrat à « l\u2019abordage » de l\u2019architecture informationnelle de l\u2019organisation La réussite d\u2019un stage, ne devient significative qu\u2019après le premier contrat rémunéré.Un premier contrat doit être évidement l\u2019expression de la confiance dans les capacités de travail de l\u2019ancien stagiaire démontrées au cours de son stage.Un petit contrat, comme un remplacement de courte durée d\u2019un spécialiste de l\u2019information, employé de l\u2019organisation, peut devenir l\u2019occasion d\u2019apprendre et expérimenter ce que le stage (car peut-être trop spécifique) n\u2019a pas suffi à combler.Ainsi, on peut se retrouver brusquement dans le feu de l\u2019action, avec le souci de tenir la situation sous contrôle, obligé de fournir rapidement la marchandise face à des besoins très concrets.A condition de fournir une prestation réussie, une telle occasion, en plus d\u2019être très stimulante, pourrait constituer le premier d\u2019une série de contrats.À partir d\u2019un premier contrat dans une grande institution, un effet d\u2019entraînement a toutes les chances de se mettre en place - au niveau du premier service d\u2019information où le premier contrat a été effectué ou dans d\u2019autre départements de l\u2019organisation avec des besoins de produits et services d\u2019information.L\u2019avantage d\u2019une grande organisation c\u2019est le fait qu\u2019on peut y trouver, sous un même toit, des besoins diversifiés tels la gestion d\u2019un centre de documentation, les applications Internet, l\u2019informatique documentaire en général, la veille stratégique ou, aussi bien, la gestion des documents administratifs, pour ne donner que ces exemples qui sont aussi reliés à mon expérience personnelle.Pour pouvoir profiter de l\u2019abondance des besoins en infonnation dans une grande organisation, le professionnel de l\u2019information doit utiliser sa polyvalence, doublée d\u2019une vision intégrée de la gestion de l\u2019information.Percevoir comme un système tous les éléments reliés à l\u2019information dans une organisation, permet mieux de situer la réalisation d\u2019un nouveau projet de développement de service ou produit d\u2019information, d\u2019harmoniser toute intervention dans ce système avec ses éléments préexistants, participant ainsi à son développement cohérent.De l\u2019importance du petit contrat de sous-traitance À part les contrats occasionnels qu\u2019une grande organisation peut offrir, il y a aussi l\u2019opportunité des petits contrats, mais sur une base continuelle, comme par exemple la réalisation d\u2019une revue de presse ou autre activité de cueillette d\u2019information publiée dans diverses formes de médias.Il est à souligner ici l\u2019importance qu\u2019un petit contrat, mais qui assure une présence constante dans l\u2019institution, peut avoir pour faciliter la saisie des autres opportunités à l\u2019intérieur de l\u2019organisation en question.Entre autres, on commence à être mieux connu à l\u2019intérieur de l\u2019organisation ce qui est une opportunité en soi.22 ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 et guide de survie pour le professionnel de l\u2019information Du moment où on est connu et présent dans l\u2019organisation, on risque fort d\u2019être sollicité, car on est perçu comme une possible solution à un problème particulier, quand ce problème-là se présente.C\u2019est toujours plus difficile d\u2019obtenir un contrat quand on le propose soi-même.Par contre, quand un problème est criant, on se rappelle tout de suite de l\u2019existence du consultant.Il y a trop de gens qui s\u2019improvisent comme chercheurs et gestionnaires de l\u2019information.Or, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a une connexion à l\u2019Internet qu\u2019on devient spécialiste en information.Sortir de l\u2019intérieur des murs de la bibliothèque corporative Si un centre de documentation peut offrir nombre de contrats pour le consultant indépendant, les occasions sont encore plus importantes à l\u2019extérieur, c\u2019est-à-dire dans les divers départements de l\u2019entreprise.Dans chaque département, il existe des opportunités pour un spécialiste de l\u2019information.Nous retrouvons sur ce terrain certaines des avenues de développement non explorées de la profession.En sortant des murs du centre de documentation, on doit laisser derrière soi une partie de ses réflexes de bibliothécaire.L\u2019autonomie des départements et des équipes de travail peut conduire parfois à une certaine concurrence à l\u2019intérieur de l\u2019organisation, ce qui cause un dilemme pour le consultant avec une âme de bibliothécaire : son credo de rendre l\u2019information disponible au plus grand nombre d\u2019usagers possible se heurte à la réalité qui fait en sorte qu\u2019on est obligé de traiter séparément chaque demande d\u2019information ou de service d\u2019information.Ainsi, au lieu de rendre l\u2019information disponible à plusieurs équipes de travail qui en ont besoin et qui, dans bien des cas, travaillent sur des projets communs ou complémentaires, il serait préférable de procéder à un traitement distinct pour chaque équipe ou service.Dans ces conditions, il existe une possibilité de multiplier ses contrats et revenus.Conclure ses premiers contrats : apprendre à poser ses conditions et savoir améliorer ses chances d\u2019obtenir d\u2019autres contrats Au début de l\u2019expérience comme consultant, la satisfaction d\u2019obtenir du travail passe souvent devant l\u2019importance de bien négocier les conditions du contrat (nécessairement à mettre sur papier).Par la suite, très vite, on peut se rendre compte de son erreur, mais il est déjà trop tard.Si on n\u2019évalue pas correctement, au départ, les conditions de son contrat, on arrive à constater que ses honoraires ne représentent qu\u2019une fraction d\u2019un minimum adéquat par rapport à la qualité professionnelle de son travail.On arrive à comprendre à un tel moment, que mieux vaut poser ses conditions dès le début, que d\u2019espérer à des ajustements équitables en cours de route.Parfois, la seule possibilité de régler un problème de ce genre est de mettre un point final au contrat respectif (conformément aux dispositions mêmes du contrat).?Voici quelques astuces dans l\u2019art d'obtenir de bons contrats : -\tproposer des honoraires établis par semaine de travail ou par produit d\u2019information, et non par heure.Cette approche permet de se garder plus de flexibilité dans l\u2019exécution du contrat et évite de comparer son taux horaire avec ceux des employés.Après tout, le consultant à un statut différent avec sa suite d\u2019avantages et désavantages ; -\tpour un contrat à durée indéterminée, essayer d\u2019obtenir le droit d\u2019une période de vacances payées, et l\u2019inscrire dans le contrat ; -\tune fois que la période initiale de stage, de formation, ou d\u2019une autre activité bénévole est passée et qu\u2019on a terminé son premier contrat, on devrait éviter de rendre des services gratuits à l\u2019intérieur de cette même entreprise.Procéder de la sorte c\u2019est travailler contre ses chances d\u2019avancement professionnel, au sein de l\u2019organisation ; -\tdonner très peu de renseignements quand son opinion ou son conseil en qualité de spécialiste est demandé.Utiliser ces situations pour suggérer la possibilité d\u2019offrir ses services pour régler le problème en question.Le contraire serait un transfert gratuit d\u2019expertise, pouvant conduire à la perte des contrats, quand ce n\u2019est pas carrément de se faire voler ses idées originales ; -\tune offre de service a plus de chances d\u2019aboutir à un contrat ferme, si elle est déposée à un niveau hiérarchique supérieur.Ainsi on peut éviter une certaine concurrence entre le consultant et ses vis-à-vis à l\u2019intérieur de l\u2019organisation, qui sont directement concernés par le projet proposé par le consultant.Conclusion Dans une grande institution, on trouve facilement la confirmation de l\u2019importance de considérer la gestion de l\u2019information de manière intégrée, ce qui nous emmène, de plus en plus, à voir la pratique de la profession sous l\u2019angle de la polyvalence.Cette polyvalence peut assurer la survie du consultant indépendant auprès d\u2019une grande organisation.Cependant et comme toujours, il existe un revers à la médaille.Il arrive qu\u2019après un certain temps, le consultant soit perçu comme un collègue par le personnel de l\u2019institution.Le milieu s\u2019habitue à la proximité de ce spécialiste « bon marché » utilisable au besoin, mais qui, par rapport au personnel de l\u2019institution, garde une situation précaire, avec revenus aléatoires et sans aucune couverture sociale.ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 23 Il est parfois plus difficile de se convertir en travailleur salarié pour l\u2019institution qui nous voit - d\u2019une certaine manière - déjà acquis, que de se faire embaucher ailleurs où on est le parfait inconnu.Par dessus tout, les possibilités de travail en entreprise restent immenses et peu exploitées, mais pour changer cette situation il faut sortir le spécialiste de l\u2019infonnation des murs de la bibliothèque corporative et l\u2019approcher de ses clientèles potentielles.Il faut façonner une nouvelle image du spécialiste en information pour favoriser son intégration dans le monde corporatif.On doit cesser d\u2019être celui qui, par excellence, « aide » les autres à trouver l\u2019information, et devenir celui qui fournit l\u2019information.¦ Vous avez envie de réagir après la lecture d\u2019un article de la revue?La rubrique « Boîte aux lettres » est conçue spécialement pour vous.Toute personne désireuse d\u2019apporter son point de vue, ses réflexions ou ses commentaires peut les expédier par courrier, au 307, Sainte-Catherine ouest, bureau 320, Montréal (Québec), H2X 2A3, par télécopie : (514) 845-1618 ou par courriel : info@cbpq.qc.ca, à l\u2019intention du Comité de rédaction, au secrétariat delà C.B.P.Q.Gestion documentaire de en mode graphique y C03IV SB Pour la gestion des documents actifs, semi-actifs, inactifs, le plan de classification et le calendrier de conservation de tous types d'organismes.Pour la gestion de boîtes de classement en entrepôt et leur contenu.C03K Bibliothèque Solution intégrée : modules de catalogage, de recherche, d'impression de rapports, gestion des périodigues, gestion des prêts, etc.C03h LOGICIELS DE GESTION 955, rue Bergar Laval (Québec) H7L 4Z6 Téléphone: (514) 334-8466 Télécopieur: (450) 629-1981 Internet : http://www.coba.net 24 INFOGES INC Monique Dumont, M.Bibl.Tél.:(450) 629-6925 ¦\tConsultation ¦\tIndexation ¦\tRecherche 1037 Brodeur, Laval, Québec H7G 4K6 Télécopieur : (514) 629-6927 «2 (JrapL ?Infographie Multimédia Page Web Tél \u2022 514 598 8016 rjdine i3odique( linemartine@sympatico.ca La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier votre travail.Notre expérience nous permet d\u2019effectuer des recherches fréquentes pour vous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et vous sauver du temps.Depuis 1952, nous desservons les institutions d\u2019enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le privilège de bien vous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (450) 435-0581 Télécopieur : (450) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche ¦ Academus / Gestion Documentaire Paramétrage, alimentation de la base, indexation, thésaurus, recherches multi-critères, éditions et catalogues, DSI, autorisations d\u2019accès, (3ED, format Marc.Academus / Bibliothéconomie Emprunts et réservations, retours, étiquettes code-barre, abonnements, bon de commande, relance fournisseurs, suivi budgétaire, recollement.Serveur WEB Internet / Intranet, recherches documentaires, revue de presse, réservation des documents, (5ED.Venez découvrir le www.gbconcept.com.Diffusion de I information Revue de presse, synchronisations de bases, catalogage collectif, E-Mail, export catalogues, diffusion de bases d'images.Services Récupération de données, mise en place, formation, contrat d'assistance, notes techniques.Architectures Academus est disponible en version mono-poste ou client/serveur, PC (Windows™ NT et 95) et Macintosh™.W M Nom: Fonction : Service Adresse : Ville/CP Téléphone: Oui ! je désire : ?\trecevoir un dossier sur Academus ?\têtre contacté(e) pour une étude de mon projet ?\tassister à une présentation d'Academus G.B.N.CONCEPT 430, Sainte Hélène #403 Montréal (Qué) H2Y 2K7 Tél : (514) 206-4370 Fax : (514) 206-0636 E-Mail : ro\\and&deev.com E-Mail: f' Comptes rendus Les bibliothèques québécoises d\u2019hier à aujourd\u2019hui : actes du colloque de LASTED et de l\u2019AQÉI (Trois-Rivières, 27 octobre 1997) Montréal : ASTED, 1998,187 p.ISBN 2-92154843-7 Le 27 octobre 1997 s\u2019est tenu à Trois-Rivière un congrès conjoint de TASTED (Association pour l\u2019avancement des sciences et techniques de la documentation) et l\u2019AQÉI (Association québécoise pour l\u2019étude de l\u2019imprimé) portant sur l\u2019histoire des bibliothèques au Québec.Les neuf interventions qui occupaient cette journée sont maintenant disponibles grâce à ce volume de la collection Documentation et bibliothèques de TASTED.Bien que cela ne soit pas précisé dans l\u2019introduction ou la préface, on peut supposer que les chapitres suivent Tordre dans lequel les auteurs sont intervenus lors de ce colloque.Il serait difficle d\u2019expliquer autrement leur organisation.Pour en saisir rapidement l\u2019ampleur, on peut cependant les regrouper différemment, et notamment par le type de bibliothèque étudié.On constate alors que l\u2019histoire des bibliothèques publiques domine très largement l\u2019ouvrage avec cinq interventions sur un total de neuf : \u2014\tUne contribution à l\u2019histoire de la bibliothèque publique au XIXe siècle, Yvan Lamonde; Les bibliothèques paroissiales, précurseurs des bibliothèques publiques au Québec?, Marcel Lajeunesse; \u2014\tLa lecture publique au Québec à l\u2019aube du XXe siècle : les obstacles à la création de la Bibliothèque civique de Montréal, Kenneth Landry; \u2014\tL 'évolution des bibliothèques publiques au Québec de 1960 à 1995, Réjean Savard; \u2014\tPrésence et visibilité du livre québécois dans les bibliothèques publiques des années 1990, Jean-Paul Baillargeon et Michel de la Durantaye.Ces cinq textes se recoupent très peu.Ils offrent un panorama non seulement des bibliothèques publiques et de ce qui leur tient lieu d\u2019ancêtres, les bibliothèques paroissiales, celles d\u2019associations ou de corporations, mais aussi plus largement de la lecture publique au Québec du début du XIXe siècle jusqu\u2019aux années 1990.Le lecteur est d\u2019abord introduit au sujet par le court texte de Yvan Lamonde qui insiste surtout sur les particularités de la recherche historique dans cette branche de la bibliothéconomie.Les outils disponibles pour étudier l\u2019activité des bibliothèques sont avant tout les catalogues imprimés et les registres de prêts.Les premiers permettent d\u2019évaluer l\u2019offre de lecture, alors que les seconds dévoilent partiellement la demande (on ne peut oublier la lecture sur place).Le problème principal rencontré par les historiens est alors de comparer le contenu de catalogues et registres classés selon des systèmes différents.Les contributions de Marcel Lajeunesse et de Kenneth Landry portent sur la même époque (du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle), mais sous deux angles différents.Le premier tente de déteminer s\u2019il y a une continuité des bibliothèques /Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 27 Les bibliothèques québécoises d\u2019hier à aujourd\u2019hui : actes du colloque de l\u2019ASTED et de l\u2019AQÉI paroissiales d\u2019hier aux bibliothèques publiques d\u2019aujourd\u2019hui en étudiant le discours des autorités religieuses responsables de leurs mises en place et le destin de quelques unes d\u2019entre elles.Landry se penche plutôt sur l\u2019évolution des mentalités et sur la résistance des autorités religieuses à l\u2019idée d\u2019une bibliothèque ouverte à tous, à l\u2019occasion du projet de Bibliothèque civique de Montréal.Les deux autres interventions portent sur la période contemporaine.Savard dresse un bilan chiffré des indicateurs traditionnellement utilisés : financement (municipal et provincial), taille et croissance des collections, nombre de prêts et taux de rotation et enfin dotatation en personnel professionnel, cela depuis l\u2019adoption de la loi sur les bibliothèques publiques en 1959jusqu\u2019en 1995.De leur côté, Jean-paul Baillargeon et Michel de la Durantaye mesurent le contenu québécois de l\u2019offre documentaire des bibliothèques publiques dans le cadre d\u2019une étude plus vaste sur la présence et la visibilité des livres publiés au Québec dans les institutions de promotion et de diffusion de l\u2019imprimé que sont librairies, bibliothèques publiques et médias (presse écrite, radio et télévision).Ils utilisent pour cela une méthodologie originale basée sur le nombre, bien sûr, mais aussi sur l\u2019emplacement et la position des ouvrages sur les différents présentoirs des bibliothèques publiques.Les quatre autres textes qui composent ce volume se penchent sur quatre autres types de bibliothèques au Québec.Jean-Rémi Brault, qui a lui-même dirigé la Bibliothèque nationale de 1975 à 1986, en fait l\u2019historique, de l\u2019héritage des Sulpiciens jusqu\u2019à l\u2019arrivée de Philippe Sauvageau en 1989, en insistant sur le rôle joué par l\u2019État.Gilles Gallichan s\u2019intéresse lui aussi au rôle de l\u2019Etat, mais en ce qui concerne la création de bibliothèques pour son propre fonctionnement, et particulièrement pour ses activités législatives.Marc Lebel offre au lecteur une étude approfondie de l\u2019offre documentaire dans les « collèges d\u2019autrefois » aussi bien en ce qui concerne le contenu que la quantité et la disponibilité (l\u2019accès pour l\u2019élève selon son niveau).Enfin, l\u2019intervention de Sylvio Normand porte sur un type de bibliothèques généralement peu évoqué par manque de sources d\u2019information les concernant, les bibliothèques d\u2019entreprises privées (financières, industrielles ou commerciales).Au-delà des différences entre les milieux évoqués, il est intéressant de constater que certains thèmes reviennent d\u2019un auteur à l\u2019autre.Le plus attendu est d\u2019abord la comparaison défavorable avec les milieux anglophones équivalents.Cela est particulièrement frappant dans le texte de Landry (sur la Bibliothèque civique), où les événements décrits sont mis en parallèle avec le \u201c Public Library Mouvement \u201c, et la situation de l\u2019Ontario et de sa capitale Toronto, dont la bibliothèque municipale libre et gratuite est inaugurée en 1884.Dans le texte de Savard également, tous les indicateurs sont comparés à ceux des bibliothèques publiques en Ontario pour constater que même si les efforts sont souvent plus importants au Québec (augmentation du financement, taux de croissance des collections), les bibliothèques ontariennes sont globalement plus performantes.La plupart des interventions insistent également sur le rôle négatif joué par les institutions religieuses catholiques, soient qu\u2019elles aient freiné par des campagnes de dénigrement l\u2019évolution de projets publics (dans le cas de la Bibliothèque civique de Montréal par exemple), ou qu\u2019elles aient entretenu leurs propres bibliothèques parallèles, les bibliothèques de paroisses ou celles des congrégations religieuses ouvertes au public (Bibliothèque Saint-Sulpice) qui diminuaient alors la nécessité de créer des bibliothèques publiques laïques, mais qui contrôlaient strictement les titres offerts au public.En ce qui concerne les textes portant sur la période contemporaine (Savard et Baillargeon & Durantaye) ils arrivent tous les deux à la même conclusion du maintien d\u2019une intervention importante de l\u2019État comme condition de survie des bibliothèques publiques pour l\u2019un et de l\u2019édition québécoise pour l\u2019autre.Le rôle de l\u2019État dans la survie de l\u2019identité culturelle du Québec y apparaît donc comme primordial.Globalement, donc un ouvrage au contenu et au style varié, ce qui n\u2019a rien d\u2019étonnant dans le cas d\u2019actes de colloque.On peut trouver un peu irritant cependant, le manque évident de temps consacré à la relecture, qui se traduit par de nombreuses fautes de frappe, parfois même par des fautes d\u2019orthographe qu\u2019on ne s\u2019attend pas à trouver dans le texte d\u2019auteurs, bibliothécaires ou historiens, de ce niveau d\u2019érudition.On rencontre aussi parfois des élans nostalgiques ou idéologiques un peu déplacés.C\u2019est le cas par exemple en conclusion du texte de Marc Lebel sur les bibliothèques de collèges.Il estime ainsi que les élèves d\u2019aujourd\u2019hui sont enterrés sous une masse surabondante de titres, contrairement à l\u2019époques des maigres bibliothèques de section et de classe, et se retrouvent « sans guide et sans repère, accablés par la masse et incapable de se fixer durablement » (p.135).C\u2019est faire bien peu de cas du travail quotidien des bibliothécaires scolaires d\u2019aujourd\u2019hui! Un autre exemple d\u2019exagération est disponible à la fin du texte pourtant très intéressant de Kenneth Landry, dans lequel il évoque la fusion des collections de la bibliothèque centrale de la Ville de Montréal avec celles de la Bibliothèque nationale du Québec comme un nouvel obstacle dans l\u2019histoire de la Bibliothèque civique de Montréal, à l\u2019image de la bataille menée par Mgr Bruchési, évêque de Montréal, contre la mise en place de celle-ci.Cela semble un peu exagéré.28 ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 On ne peut tout de même pas imputer aux autorités responsables du projet de Grande bibliothèque du Québec de vouloir mettre un frein à l\u2019accès du public à une documentation variée et abondante! Enfin, il est un peu surprenant de ne trouver aucune intervention sur les bibliothèques universitaires, qui sont fort nombreuses au Québec, et dans certains cas (à Montréal notamment), disposent d\u2019une histoire plus ancienne que celle des bibliothèques publiques si longuement étudiée dans ce volume.Malgré ces quelques reproches, il est intéressant à la lecture de cet ouvrage d\u2019observer les problèmes rencontrés par les bibliothèques québécoises au siècle dernier et tout au long de celui-ci.Ils permettent de constater que les débats autour de la GBQ sont loin d\u2019être nouveaux.Le choix d\u2019un emplacement, le type d\u2019administration, les collections offertes, la population desservie, le financement, sont tous des sujets qui ont tracassé d\u2019autres générations de bibliothécaires, de politiciens et de journalistes, et auxquels des réponses adaptées à leur époque ont dû être trouvées.S\u2019il ne fallait qu\u2019une raison pour prendre les quelques heures requises pour lire ces actes de colloque, cette raison serait de mieux comprendre l\u2019héritage de cette nouvelle institution du paysage culturel québécois.Isabelle Bourgey Bibliothécaire professionnelle Faxon Quebec Nous vous ons le chemin pour naviguer V' dans l univers de linformation.L\u2019AMERIQUE DU NORD ¦\tFanon Québec www.faxon.ca/quebec.htm ¦\tFaxon Canada.Lld.www.faxon.ca ¦\tDawson Information Quest (IQ) www.informationquest.com ¦\tThe Faxon Company www.faxon.com ¦\tEOS International www.eosintl.com ¦\tQuality Books www.quality-books.com ¦\tTurner Subscriptions www.turner-subs.com L\u2019EUROPE ¦\tDawson France www.dawson.co.uk/frsubs.htm ¦\tDawson Espana S.L.¦\tDawson DK Ltd.www.dawson.co.uk Faxon Québec et nos sociétés affiliées au sein du Dawson Information Services Group (ISG) vous font bénéficier de la force et des ressources d\u2019un ensemble de sociétés internationales ainsi que d'un engagement solide à l\u2019échelle locale.Nos services s\u2019échelonnent entre les services traditionnels d\u2019abonnement et de gestion de journaux électroniques et les systèmes haut de gamme de recherche dans le Web.Peu importe votre destination, Faxon Québec peut vous servir de guide.fo:on Québec UNE COMPAGNIE DAWSON Solution globale en information C.P.48884, CSP Outremont, Outremont, Québec Canada H2V4V3 Tél : (514) 274-5468 / (800) 361-1431 Fax : (514) 274-0201 www.faxon.ca/quebec.htm ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 29 Pour voir plus loin.Il vous faut REGARD le logiciel de gestion informatisée de la bibliothèque et du centre de documentation Coup d'oeil S r~ sous Win REGARD est une solution performante fonctionnant sur serveur Windows NT, avec SQL Server et des postes Windows 95/98.Intégré - bilingue - sécuritaire - convivial Souple et adaptable, il répond aux standards du marché.* m* A SURVEILLER \u2022\tInterface graphique de type 32 bits \u2022\tPages-écrans dynamiques \u2022\tBanques de données personnalisées \u2022\tSupport du format Marc ou séquentiel \u2022\tIndexation multiple \u2022\tOutil de recherche performant \u2022\tRecherche Internet Z39.50 \u2022\tGestion de la famille \u2022\tRéservations audiovisuelles \u2022\tRéservations de locaux et du matériel à la période \u2022\tPrêt entre bibliothèques \u2022\tGestion de multiples succursales _CATALOGUE (fichier d'autorité) _ RECHERCHE (thésaurus) _ CIRCULATION _EXPLOITATION ET IMPRESSION _ IMPORTATION* ET EXPORTATION _ INVENTAIRE ET UTILITAIRE * CHOIX, DAVID.REPÈRE et format MARC REGARD une solution intégrée ACQUISITIONS PÉRIODIQUES Le module de gestion des acquisitions et des périodiques est offert séparément.Ci GRICS Si vous désirez voir de plus près REGARD, veuillez communiquer avec le Service à la clientèle au (514) 251-3730.http://www.grics.qc.ca Comptes rendus Internet, intranet, extranefccamment entirerj », i > Montréal : Les Éditions Transcontinental, 1998,208 pages.ISBN : 2-89472-054-8.Avec cet ouvrage, le Centre d\u2019expertise et de veille inforoutes et langues (CEVEIL) invite les gens d\u2019affaires à passer à l\u2019ère numérique, « à l\u2019heure où il devient crucial de composer avec la technologie » lit-on en avant-propos.Plusieurs intervenants au sein du CEVEIL ont participé à sa réalisation.Citons les principaux qui sont François Hubert, Guy Bertrand, Cynthia Delisle, Gracia Pagola, Réjean Roy, Jian Yang, Catherine Saguès, Isabelle Quentin et Josée Beaudoin.Rappelons que le CEVEIL s\u2019intéresse aux outils de traitement électronique de l\u2019infonnation et du savoir, aux inforoutes et à la place du français et des autres langues sur les réseaux de communication.Le premier chapitre (La naissance d\u2019un nouveau médium) présente la technologie Web de manière succincte, de la naissance d\u2019Internet jusqu\u2019aux concepts plus récents d\u2019intranet et d\u2019extranet.Le second (En être ou pas) aborde la question de la gestion et du repérage de l\u2019information en insistant sur les « agents intelligents ».Ceux-ci peuvent opérer comme de véritables conseillers dans la recherche ou la fourniture d'informations, ou comme vendeurs virtuels pour la sollicitation très ciblée de consommateurs aux profils construits au fil de leurs visites sur les sites Web.Dans le troisième chapitre (Ne cherchez plus.trouvez /), on discute des répertoires et des moteurs de recherche.Les meilleures astuces pour faciliter le repérage de ses pages HTML y sont entre autres signalées.ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Intérêts du CEVEIL obligent, le quatrième chapitre (Prendre langue) est consacré au multilinguisme.Le CEVEIL y va de ses conseils pour faire des affaires en plusieurs langues sur l\u2019inforoute.Le dernier chapitre (La grande convergence) fait état de la faible audience d\u2019Internet et discute de l\u2019intégration du Web dans la télévision pour en élargir l\u2019accès.En guise de conclusion, la « Lettre d\u2019un internouille aux experts » aborde, sous la forme de discussions autour de questions fondamentales, des sujets touchant l\u2019infonnatique en général et les réseaux : interopérabilité des ordinateurs et des logiciels, interfaces, incompatibilité des formats de fichiers, standardisation, code ASCII, publicité sur les réseaux, avenir de la poste et de la messagerie, place des langues autres que l\u2019anglais sur l\u2019inforoute.Le lecteur novice trouvera au gré de sa lecture les définitions de tenues dujargon d\u2019Internet, tels webdiffusion, fureteur, hyperlien, technologie du pousser (push technology), etc., et leurs équivalents en langue anglaise.Ces informations complémentaires proviennent du « Vocabulaire d\u2019Internet » de l\u2019Office de la langue française.On a apprécié les nombreux encadrés, figures et tableaux qui présentent des données pertinentes sur l\u2019actualité, ou qui colligent des adresses de sites Web, des statistiques, des descriptions d\u2019outils, des solutions mises de l\u2019avant par des entreprises, etc.Mentionnons au passage que la production de courts textes infonnatifs sur l\u2019actualité dans le domaine des inforoutes est l\u2019une des activités du CEVEIL (cf.Les Brèves du CEVEIL).À l\u2019exception du premier chapitre qui fait un tour d\u2019horizon efficace du concept d\u2019intranet et de ses bénéfices pour l\u2019organisation (incluant des considérations pour assurer sa réussite), le reste de l\u2019ouvrage vise plutôt à répondre à des interrogations qui tournent autour des préoccupations suivantes : comment peut-on faire de lucratives affaires grâce au Web, et ce type de technologie est-il 31 Internet, intranet, extranet : comment en tirer profit un investissement rentable pour les compagnies ?Le souci commercial occupe une place dominante dans ce livre qui se positionne tout à fait du côté des entrepreneurs (après tout, c\u2019est bien à cette clientèle qu\u2019il s\u2019adresse.).Dans cette optique, on fait peu de cas des intérêts de l\u2019usager/consommateur, ce qui décevra les autres lecteurs, en particulier les spécialistes de l\u2019information et les internautes, pour qui le Web est bien autre chose qu\u2019un médium publicitaire de plus à subir.Notre principal reproche va au trop grand nombre de sections, mais surtout de chapitres, consacrés à des sujets « accessoires » au Web, comme la convergence d\u2019Internet et de la télévision, le plurilinguisme ou les avantages et inconvénients de la traduction automatique.C\u2019est que ces développements se font au détriment de thèmes principaux, en l\u2019occurrence intranet et extranet, abordés franchement dans le seul premier chapitre, voire dans le second dans une moindre mesure.Celui sur les outils de recherche (Ne cherchez plus.trouvez !) est bien mené, bien qu\u2019étant quelque peu entaché par l\u2019intérêt exagéré porté à la promotion de sa vitrine commerciale pour bien asseoir sa visibilité sur l\u2019inforoute et améliorer ses chances d\u2019être repéré en tête de liste des résultats.N\u2019aurait-il pas été plus profitable de multiplier les trucs pour optimiser le repérage d\u2019informations utiles avec les outils disponibles ?Pour les organisations qui veulent vraiment tirer profit (tout de suite) des réseaux Web dans l\u2019état actuel des choses en ce qui a trait à la gestion électronique de l\u2019information, le livre mise trop sur les engins « intelligents » où tout est (ou serait) entièrement automatisé, que ce soit la recherche, la collecte de données, le traitement des documents ou la traduction.Ces technologies sont encore au stade de maturation et, au surplus, plusieurs d\u2019entres elles n\u2019ont aucun lien de dépendance direct avec le Web, lequel ne sert que de support élargi à leur déploiement (par exemple, les outils de traduction automatique n\u2019ont pas besoin des réseaux pour exister).L\u2019instant où les machines nous déchargeront efficacement des tâches mécaniques et contraignantes n\u2019est pas pour demain matin.Le premier chapitre est de loin le plus intéressant pour le non-commerçant : il contient ce qui aurait mérité d\u2019être approfondi dans le reste de l\u2019ouvrage.Dommage que des développements généreux sur des sujets plutôt secondaires et des considérations résolument tournées autour de la vente et du marketing en diluent la portée.Le « comment en tirer profit » du titre perd de sa globalité en cours de route, et les nuances entre réseaux privés et publics s\u2019étiolent pour laisser la place aux seules réalités d\u2019Internet.Néanmoins, nul doute que les chefs d\u2019entreprises trouveront dans ce livre simple et bien écrit plusieurs éléments suscitant la réflexion sur l\u2019impact des réseaux dans le monde des affaires.Denis Levasseur Professionnel de l\u2019information documentaire ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Comptes rendus Typologie des documents des organisations : de la création à la conservation Gagnon-Arguin, Louise (avec la collaboration d\u2019Hélène Vien).Sainte-Foy (Québec) : Presses de l\u2019Université du Québec, 1998,432 pages.ISBN: 2-7605-0943-5.Dans le discours qui prévaut sur la société de l\u2019information et sur la place que doit y occuper nos professionnels (bibliothécaires, documentalistes, veilleurs, archivistes, etc.), l\u2019information et la connaissance sont princesse et reine.D\u2019aucuns tentent dans le sillage du numérique d\u2019amoindrir l\u2019importance du concept de document (même de le rejeter) afin d\u2019être mieux reconnus dans la nouvelle économie.Pourtant, « ceux qui chaque jour dans les bureaux des administrations et des entreprises doivent gérer les affaires courantes, défendre leurs droits, présenter leur activité, mettre en valeur leurs résultats, ont bien sûr besoin d\u2019informations, non pas d\u2019informations brutes dont ils ne sauraient que faire, mais d\u2019une information mise en forme et définie dans des documents.» (p.vii ; Préface de Bruno Delmas, professeur à l\u2019Ecole des Chartes de Paris, Sorbonne).Paru dans la collection « Gestion de l'information » aux Presses de l\u2019Université du Québec, le livre de Louise-Gagnon Arguin et de sa collaboratrice confirme l\u2019importance du document dans ce qu\u2019il est et ce qu\u2019il doit toujours être, même à l\u2019ère du numérique et des réseaux.C\u2019est par le document que s\u2019identifie et se reconnaît l\u2019information, peu importe la nature du médium (papier ou électronique, matériel ou virtuel).A l\u2019intérêt porté à l\u2019information et à la connaissance se surimpose l\u2019importance des documents.Les auteures ajoutent, à la lumière du bouleversement qu\u2019ont connu la création et la gestion des documents avec l\u2019arrivée de l\u2019informatique dans les administrations: « En abordant le sujet par la typologie, en utilisant cette réalité à l\u2019intérieur d\u2019un cadre d\u2019analyse s\u2019appliquant à tout type de document, cet ouvrage se veut un outil fournissant les informations nécessaires pour assurer la qualité même du document réel ou virtuel peu importe son mode de création.» (p.1).Ce livre constitue un riche répertoire qui dresse une typologie des principaux documents témoignant des activités des organismes publics et privés qui oeuvrent dans le contexte québécois.Il compile en tout 79 fiches d\u2019analyse sur autant de types de documents rencontrés communément dans ces organisations.Les fiches sont regroupées en sept grandes familles : \u2022\tDocuments constitutifs \u2022\tDocuments de réunion \u2022\tDocuments de direction \u2022\tDocuments de ressources humaines et de relations de travail \u2022\tDocuments de communication \u2022\tDocuments comptables et financiers \u2022\tDocuments juridiques Une introduction précède chaque famille ; elle présente des informations générales concernant l\u2019ensemble des documents du groupe.Chacune des fiches est divisée en dix parties : contexte de création, définition, contenu, conditions de validité, fonctions, conservation, autorité responsable, documents reliés, informations complémentaires, lois.Les descriptions sont détaillées et toujours illustrées d\u2019exemples.Les équivalents anglais des noms de documents sont ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 33 Typologie des documents des organisations : de la création à la conservation mentionnés, ce qui est fort utile.La mise en page est correcte et facilite la consultation.Une bibliographie complète se trouve à la fin de chaque section (ou famille) et témoigne de la somme de travail investi pour bâtir ce répertoire.Un index recense tous les documents cités ; les noms de ceux qui ont fait l\u2019objet d\u2019analyses sont mis en évidence par des caractères gras.On regrettera peut-être dans cette typologie l\u2019absence d\u2019une catégorie consacrée aux documents techniques, laquelle pourrait par exemple inclure les types suivants :\tprocédures opérationnelles, spécifications, dessins et plans d\u2019ingénierie, manuels et fiches d\u2019entretien, nonnes internes, etc.Cette documentation est courante, en particulier dans les entreprises des secteurs de l\u2019industrie, du génie et des sciences appliquées en général.Par ailleurs, il faut déplorer que les documents décrits, leurs modalités de gestion et les exemples présentés relèvent de la seule réalité des imprimés.Bien que l\u2019on précise en introduction que les écrits numériques doivent eux aussi comporter des éléments constitutifs de base, on omet tout à fait les particularités de ceux qui n\u2019existent que sur les réseaux d\u2019entreprise et sans affinité avec le monde papier, autant dans la forme et la structure que dans la manière de les appréhender.Citons en outre les documents hypermédias dont les fragments de contenu sont partagés et délocalisés (par exemple, pages Web d\u2019intranets), les bases de données, les textes sur les babillards internes ou expédiés par courriel, les chiffriers, etc.A-t-on songé aux systèmes d\u2019information de gestion qui régnent dans nos administrations modernes ?Ces deux reproches ne doivent pas amoindrir la qualité de ce solide travail de compilation qui devrait à coup sûr intéresser les gestionnaires de documents.Les étudiants en archivistique y trouveront un outil de référence précieux.Et pourquoi ne pas recommander l\u2019ouvrage aux créateurs de documents qui pourront mieux en saisir les exigences de forme, de structure et de contenu.Une telle typologie est l\u2019instrument idéal pour approfondir la connaissance des imprimés administratifs.Souhaitons qu\u2019il favorise la réflexion sur les conditions à rencontrer pour assurer la valeur des écrits sur les réseaux.Denis Levasseur Professionnel de l\u2019information documentaire ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Comptes rendus L\u2019entreprise stratégique.Penser la stratégie.Yvan Allaire, Mihaela Firsirotu.Boucherville : Gaëtan Morin, 1998,620 pages.ISBN 2-89105474-1.\\ A la veille du 21e siècle, le livre d\u2019Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu est une synthèse de la pensée qui a conduit de nos jours à la suprématie mondiale incontestée de l\u2019économie du marché et, dans ce cadre, à la domination du modèle économique libéral de l\u2019Amérique du Nord.Une synthèse, mais en même temps, un ouvrage original de réflexion et d\u2019implication polémique parce que les auteurs, s\u2019adressant aux dirigeants d\u2019entreprises « grandes ou petites », suivent un objectif précis :« Il (l\u2019ouvrage) vise ceux et celles qui sont prêts à investir une bonne somme d'énergie mentale pour s\u2019approprier un modèle conceptuel éprouvé pour la réflexion et l\u2019action stratégiques, ceux et celles qui sont insatisfaits de ces ouvrages simplistes, unidimensionnels, vite périmés qui foisonnent depuis quelques années dans le domaine de la gestion et de la stratégie d\u2019entreprises.» (p.V).On pourrait diviser ce livre en trois grandes sections.La première (les chapitres 1-2) est plutôt descriptive et permet d\u2019établir les bases de la discussion dans une bonne tradition qui, depuis le XVIIIe siècle, est respectée par toute démarche scientifique : clarifier les tenues, établir le contexte et examiner l\u2019état de la question.Donc, les auteurs définissent et analysent le modèle économique typique de ¦ \" \u2022 '\u2022 \u2022 \u2022 \u2018 ' l\u2019entreprise avec toutes les composantes sous-jacentes, clarifient la distinction firme / organisation, exposent les tendances dominantes dans la pensée en stratégie, examinent, brièvement, la transition de la stratégie formelle à la stratégie actualisée, développent un modèle de création de valeur économique pour une entreprise cotée en Bourse et présentent les leviers ou les « moteurs » stratégiques, financiers et corporatifs de création de valeur économique.La deuxième section (les chapitres 3-6) est consacrée aux « dynamiques » qui caractérisent la complexité de l\u2019univers économique de l\u2019entreprise.Le lecteur trouvera ici un exposé détaillé, parsemé de nombreux graphiques, tableaux et schémas, sur l\u2019évolution des coûts, des marchés, de la concurrence et sur les dynamiques stratégiques, sociales et psychologiques de l\u2019entreprise.La dernière partie (le chapitre 7) est comme un pont vers l\u2019avenir.Préoccupés à étudier les meilleures options pour la gestion du risque et de l\u2019incertitude, les auteurs analysent les modes d\u2019intervention technocratiques, politiques et structurels qui sont autant de réponses pour minimiser la vulnérabilité des entreprises.Cette vue générale sur la matière du livre risque de donner une image plutôt inhibitive aux lecteurs dont les intérêts professionnels ne sont pas reliés directement au monde restreint des grands dirigeants d\u2019entreprise.En effet, quand les auteurs nous entretiennent sur des sujets tels que la « marge économique sur les ventes », la « rotation des actifs », le « rendement sur les actifs économiques », le « financement des actifs », le « rendement sur les fonds propres », le « coût de financement par fonds propres », etc., il y a une forte probabilité que ce langage soit un jargon peu familier pour plusieurs.Mais c\u2019est le cas de tout ouvrage qui vise en même temps un public très ciblé et un public plus large.ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 35 L\u2019entreprise stratégique.Penser la stratégie.Car l\u2019intérêt majeur de ce livre consiste dans son rayon d\u2019action beaucoup plus étendu que celui annoncé dans l\u2019introduction.En réalité, le livre d\u2019Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu touche le monde des affaires à partir d\u2019une perspective amplement culturelle où le comportement stratégique des entreprises performantes implique à la fois « l\u2019analyse stratégique de l\u2019industrie et de la concurrence » et l\u2019examen des « ressources et des compétences stratégiques ».Nous avons ici les termes qui définissent deux écoles de pensée en stratégie, réconciliées dans une vision moderne, réfléchie.La pierre angulaire de la conception des auteurs sur la grande entreprise, c\u2019est l\u2019importance qu\u2019ils accordent à la « primauté du rôle économique de l\u2019entreprise ».L\u2019entreprise crée de la valeur économique en utilisant des leviers ou des « moteurs » stratégiques, financiers et corporatifs.Les moteurs stratégiques sont les plus importants parce que, finalement, ils déterminent le fonctionnement des autres.On peut considérer ces moteurs stratégiques comme de grandes orientations.D\u2019ailleurs, les auteurs les identifient en termes d\u2019objectifs : établir une configuration de coûts optimale, concurrentielle et flexible; améliorer le positionnement concurrentiel de l\u2019entreprise, ou de ses unités stratégiques, dans ses marchés; développer et utiliser pleinement tous les actifs tangibles et intangibles de la firme; mettre sur pied une ou plusieurs organisations dotées des systèmes de gestion, des valeurs et des cultures nécessaires à une haute performance économique dans leurs domaines respectifs; protéger les ressources stratégiques de la firme, diminuer la vulnérabilité et l\u2019incertitude qui pèsent sur le destin de l\u2019entreprise.Un chapitre très intéressant est réservé à la dynamique des marchés et de la concurrence.Après avoir insisté sur la définition du concept du marché et de son contenu dans d\u2019autres disciplines, Yvan Allaire et Micaela Firsirotu étudient les perspectives du marché selon les bénéfices recherchés à court (1-3 ans) et à long terme (4-10 ans), les phases de l\u2019évolution du marché (émergence, croissance, maturité, saturation, déclin), la dimension géographique du marché et les caractéristiques de la demande et de l\u2019offre.Le chapitre central, celui vers lequel convergent tous les autres est le cinquième, « La dynamique stratégique : système stratégique et stratégies de marchés.» Le concept du système stratégique est complexe et on peut le considérer dans un sens large - « les relations stratégiques établies avec d\u2019autres entités juridiques » (p.270) ou dans un sens restreint - « les arrangements et les relations établis au sein d\u2019une même entité juridique ou d\u2019une institution particulière » (ibidem).Les choix stratégiques des entreprises essayent de préserver leurs systèmes stratégiques.Il existe plusieurs stratégies de marché qui ont prouvé leur efficacité dans des contextes appropriés.On retient : la « stratégie de création et de domination de marché », c\u2019est-à-dire la stratégie de l\u2019entreprise qui se crée son propre marché par l\u2019entremise d\u2019un nouveau produit ou service (McDonald\u2019s); la « stratégie de différenciation » - la stratégie de l\u2019entreprise préoccupée à démontrer qu\u2019elle donne des produits d\u2019une qualité supérieure aux produits fournis par ses concurrents (Burger King par rapport à McDonald\u2019s); la « stratégie d\u2019envergure de marché géographique » - la stratégie par laquelle l\u2019entreprise élargit l\u2019extension géographique de ses activités avec, la dernière conséquence, le choix d\u2019une « stratégie de mondialisation » (Northern Telecom).Mais en parlant toujours de l\u2019entreprise, de création de valeur économique, de systèmes stratégiques, etc., les auteurs font la distinction entre les créateurs d\u2019entreprises et les créateurs d\u2019organisations.Les organisations, définies comme « lieux d\u2019émotion, de pouvoir et de passion où se manifestent l\u2019âme et l'esprit de l\u2019entreprise » (p.355), assurent l\u2019efficacité des grandes entreprises et leurs succès sur un marché fortement concurrentiel en raison du réservoir de compétences et de talents dont elles disposent.La valeur des composantes d\u2019une organisation (une structure, une culture, plusieurs individus - dirigeants, cadres et personnel à tous les niveaux hiérarchiques) détermine le positionnement de l\u2019entreprise par rapport aux exigences des contextes, présents et futurs.Il y a quatre diagnostics possibles qui définissent le degré d\u2019adaptation d\u2019une entreprise : « la continuité et l\u2019adaptation\tincrémentielle », « l\u2019inadaption temporaire »,\t« la transformation » ou « la réorientation » et « le redressement » ou « la revitalisation ».Les deux derniers diagnostics impliquent la nécessité d\u2019une intervention stratégique d\u2019envergure (le cas du Canadien National dont la stratégie de changement radical a abouti à la création d\u2019une division autonome de messagerie, CNX).Il est évident que toutes les analyses et tous les développements théoriques sont subordonnés à un objectif central : comment l\u2019entreprise peut-elle gérer le risque et l\u2019incertitude.C\u2019est le sujet du dernier chapitre où les auteurs décèlent trois modes d\u2019action, chacun avec ses forces et ses faiblesses, d\u2019où leur complémentarité :\t« le mode technocratique », fondé sur la prévision de l\u2019évolution de l\u2019environnement, « le mode politique », basé sur la préoccupation des firmes de modifier et de contrôler certaines composantes du contexte sociopolitique et « le mode structurel » qui consiste à accroître la flexibilité de l\u2019entreprise par une planification stratégique.Le livre se 36 ARGUS / Vol.28, n\" 1, Printemps-été 1999 L\u2019entreprise stratégique.Penser la stratégie.termine par l\u2019analyse du cas de Bell Canada qui s\u2019est forcé à réduire sa vulnérabilité face aux changements radicaux dans l\u2019industrie canadienne des télécommunications.On pourrait se demander, à la fin de la lecture de ce livre, quelle est la place du bibliothécaire/documentaliste par rapport à la pensée stratégique de l\u2019entreprise?Se trouve-t-il intégré à ces activités ou en est-il écarté?Les auteurs ne le disent pas explicitement - ce n\u2019est pas leur objectif -mais on comprend facilement que le savoir-faire du professionnel de l\u2019information fait partie des actifs intangibles de la firme, ces actifs invisibles dont l\u2019importance dans la saine évolution d\u2019une organisation économique est, pour de multiples raisons, incalculable.Par la nature de ses expertises et par le contenu de son travail, le professionnel de l\u2019information documentaire se trouve dans l\u2019antichambre des décisions stratégiques.Mais démontrer qu\u2019il a non seulement la capacité, mais également la vocation de s\u2019impliquer dans la plupart des dossiers qui supposent une documentation et une maîtrise efficace d\u2019une grande quantité d\u2019informations nécessaires à la prise des décisions, c\u2019est en quelque sorte, frapper à des portes largement ouvertes.Le livre d\u2019Yvan Allaire et Micaela Firsirotu nous aide à mieux comprendre l\u2019échafaudage théorique qui détermine le fonctionnement de la grande entreprise, les enjeux et la culture qui déterminent ses succès ou ses échecs.Et en dernière instance, à mieux identifier le champ d\u2019action qui s\u2019ouvre devant tout professionnel de l\u2019information documentaire préoccupé de bien gérer son propre « risque » et sa propre « incertitude » au sein d\u2019un contexte vaste et parfois menaçant d\u2019une grande entreprise dont les choix stratégiques et les priorités organisationnelles ne sont pas toujours évidents.Mircea Gheorghe Professionnel de l\u2019information documentaire AI Recherche d\u2019information scientifique A \\ Veille scientifique et concurrentielle Gestion de l\u2019information et de la documentation ÉLISABETH LaVIGUEUR, AVSc.,/Ï\\.IST.Bibl.prof, consultante 4419, rue Mardi Montréal, Québec H4A 2Z9\tTél.: 514-987-9833 Ce: ecabanne@videotron.ca\tFax: 514-987-9966 SERVICE DE RECHERCHE DOCUMENTAIRE Service d\u2019aide à la veille technologique et concurrentielle Marc Duval, bibl.prof.Tél.: 514-865-9637 marc.duval@videotron.ca http://www.matrice.net/7dsi Michel Lefebvre indexeur, bibl.prof.indexation .analyse de documents .index de livres .gestion de projets d\u2019index .conseil (514) 598 9080 (450) 532 2275 lefmic@colba.net ZTaradoc enr.\u2022\tSites Web \u2022\tBases de données Web \u2022\tProgrammation Web \u2022\tBases de données Access Sophie Massé bibl.prof.514-289-9809 www.mlink.net/~somasse somasse@mlink.net 37 ARGUS/Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Comptes rendus Pourdes organisation intelligentes : métroheset outils de veille Sous la direction de Pierrette Bergeron et SylvieTellier.19 et 20 octobre 1998.EBSI/CRIM, 190 p.ISBN: 2-920537-14-8.Les actes de ce colloque constituent un excellent ensemble de points de vue, réflexions et descriptions d\u2019expériences axés sur la veille technologique et stratégique.On vient de parler du livre signé parYvan Allaire et Mihaela E.Firsirotu, L\u2019entreprise stratégique : penser la stratégie.Les actes du colloque deviennent, par hasard, une sorte de réplique, une façon d\u2019argumenter l\u2019idée que « penser la stratégie » suppose, parmi d\u2019autres nombreux facteurs, « penser aux ressources stratégiques de l\u2019information », acquise au cours d\u2019un processus de veille bien organisé et efficace.Le colloque présentait deux conférences plutôt théoriques et six sections thématiques (16 conférences) où les approches théoriques, sans être absentes, ont été placées dans le contexte de certaines activités précises : Politiques gouvernementales de veille et fonnation, L\u2019état de la veille au Québec, Gestion et organisation de la pratique de veille : des approches gagnantes, Les technologies de l\u2019information au service de la veille, Les outils spécialisés en veille : les méthodes, Les outils spécialisés en veille : les applications.Il faut préciser que la démarcation entre les différentes sections n\u2019est pas vraiment nette à cause de l\u2019imbrication normale des technologies, des outils et des structures.L\u2019idée de base, sous-jacente à toutes les interventions, est celle qu\u2019on retrouve dans le titre du colloque : la veille technologique et stratégique, réalisée avec des méthodes et outils technologiquement appropriés, assure l\u2019accroissement de la compétitivité des organisations et définit, en dernière instance, leur intelligence.Malheureusement, même si la veille a une place de choix dans les priorités de certaines organisations dont le dynamisme économique est reconnu, il y a aussi la situation inverse : « le concept reste encore flou pour plusieurs.» (Pierrette Bergeron et Sylvie Tellier, Avant-propos).On trouve dans cette observation une des explications possibles pour la propension manifestement théorique des intervenants, tous ou presque tous tentés de définir et d\u2019expliquer ce qu\u2019est la veille.La « veille » est un concept encore chaud, parfois en quête d\u2019identité précise, ce qui est bien suggéré par le pluralisme terminologique.On parle de « veille » mais en même temps « d\u2019intelligence économique »,\t« d\u2019intelligence d\u2019information » ou de « surveillance de l\u2019environnement ».En anglais, on a \u201c competitive intelligence \u201d, \u201c corporate intelligence \u201d, \u201c environmental scanning \u201d ou \u201c technology watch \u201d.(Pierrette Bergeron et Christian Sylvain, Implications financières et perception des rôles des gouvernements dans le développement de la veille).Même la charpente du concept est chancelante.Un auteur disserte sur la formation d\u2019un état d\u2019esprit favorable à « l\u2019intelligence économique », mais réduit cette intelligence économique à une disponibilité vers le partage 38 ARGUS/Vol.28, n°1, Printemps-été 1999 Pour des organisation intelligentes : méthodes et outils de veille d'informations.(Véronique Mesguish, Formation à l\u2019intelligence économique : la formation d\u2019un état d\u2019esprit).A l\u2019opposé, pour un autre, l\u2019intelligence économique est simplement une donnée fondamentale, à savoir « la capacité d\u2019une organisation à coordonner sa production collective de connaissance pour servir ses objectifs stratégiques.» (Philippe Baumard, Avantage concurrentiel et gestion collective de la connaissance : avancées théoriques et implications pratiques 1988 - 1998).On remarque également une tendance à utiliser le concept dans un sens inapproprié : « Ainsi plusieurs prétendent faire de la veille parce qu 'ils font de la recherche en ligne ou sur l\u2019Internet alors qu\u2019ils offrent en fait des services classiques de courtage d\u2019information ».Mieux vaudrait de reprendre la définition de l\u2019Association française de normalisation ( AFNOR) selon laquelle la veille est « l\u2019activité continue et en grande partie itérative visant à une surveillance active de l\u2019environnement technologique, commercial, etc., pour en anticiper les évolutions » (Pierrette Bergeron et Christian Sylvain, op.cit.).Cette définition peut devenir plus générale et, en même temps, plus précise par la formulation d\u2019un objectif bien délimité : « La veille est un ensemble de concepts, de méthodologies et de processus pour mener à bien l\u2019analyse et la diffusion ciblée d\u2019informations et de données factuelles qui favorisent la prise de décision » (Sylvie Tellier, Les outils de la veille : un pas vers l\u2019intelligence de la connaissance).Faut-il conclure à partir de ces exemples et tentatives de définir la veille qu\u2019on est en présence d\u2019un concept non structuré dont l\u2019importance réelle dans l\u2019activité des organisations est difficile à évaluer?Au-delà des approximations théoriques, il faut examiner les expériences décrites.Or ces expériences nous montrent que la veille constitue partout un phénomène informationnel que personne ne peut ignorer, indifféremment de la définition, des outils ou des structures qui lui sont rattachées.Pour Guy Bertrand (La veille au CE VEIL : la course aux chimères), « les veilleurs ne savent plus où donner de la tête » à cause d\u2019un éclatement de besoins de recherche intelligente d\u2019information.Le CEVEIL n\u2019a pas une infrastructure particulière soutenant la veille et, pour contourner le problème, il mise sur les partenariats.Une question à poser : s\u2019agit-il de la veille ou d\u2019une activité courante de recherche?Plus proche du rôle d\u2019anticipation de la veille est l\u2019expérience du Musée d\u2019art contemporain de Montréal où une équipe d\u2019experts recueille des données sur l\u2019art contemporain (collection, production et diffusion) pour les communiquer ensuite aux décideurs (Michelle Gauthier, Le projet de veille thématique au Musée d\u2019Art Contemporain de Montréal : bilan et perspectives).Le Centre de recherche industrielle du Québec a implanté un système informatisé de veille (VIC) qui valorise les ressources d\u2019une équipe multidisciplinaire.On trouve dans cette équipe de spécialistes en documentation, des experts techniques du domaine et des spécialistes en informatique (Madeleine Savard, VIC : le système informatisé de veille du CRIQ).Très différentes sont certaines expériences de France.Le centre de recherche de France Télécom (CNET), par exemple, a mis en place une activité de veille coordonnée par une cellule de trois personnes avec plusieurs correspondants dans les directions de recherche et développement et les directions d\u2019état-major.La veille est conçue comme une activité comportant plusieurs étapes parmi lesquelles on retrouve le ciblage, la sélection, le stockage, la création de sens et la diffusion.Le personnel qui devrait effectuer la veille est constitué par des spécialistes du domaine - ingénieurs et chercheurs (Diane Boucher, Processus de veille dans un centre de recherche).ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 39 Pour des organisation intelligentes : méthodes et outils de veille Apparemment, au CNET il n\u2019est pas question d\u2019appeler à des professionnels de l\u2019information avec une formation spécifique de veilleur.On remarque une autre approche à l\u2019Institut national de recherche agronomique.Ici, la direction a mis en place un groupe de coordination formé de documentalistes et d\u2019ingénieurs.Le spécialiste en information travaille « en étroite synergie » avec le chercheur et son rôle est très important du point de vue logistique : plusieurs objectifs de la veille demandent une maîtrise parfaite de logiciels « plus ou moins sophistiqués » et « une grande habitude de l\u2019interrogation des sources d\u2019information et de la structuration de l\u2019information trouvée dans les bases de données » (Geneviève Branca-Lacombe, Veille scientifique et technologique à INRA).Les actes comprennent deux interventions des spécialistes brésiliens.Au Brésil, la veille est une activité de soutien des petites entreprises sous la forme d\u2019une collaboration inter-institutionnelle université - recherche - activité entrepreneuriale avec des infrastructures et moyens appropriés.Les informations stratégiques fournies aux jeunes entreprises ont une triple mission : défensive (prémunir contre les surprises négatives), passive (faciliter une meilleure connaissance de ses forces et ses faiblesses) et offensive (aider à identifier de nouvelles opportunités d\u2019affaires).(Mario Araujo Tavares Ferreira, Luiz Amaro Lanari, Maria Madalena Pereira de Almeida, Systèmes d\u2019informations stratégiques pour les pépinières d\u2019entreprises).Les participants au colloque ont accordé une attention spéciale aux technologies, aux méthodes et aux outils de la veille.C\u2019est évident que l\u2019Internet fait l\u2019unanimité quant à son utilité comme source incontournable d\u2019informations et quant aux possibilités de diffusion de l\u2019information (groupes de discussions, forums, etc.).Pour l\u2019étape de traitement de l\u2019information, on ajoute les outils d\u2019analyse statistique, bibliométrique et cartographique (Véronique Henri, Outils de veille stratégique : essai de typologie).Une intervention très analytique de Sylvie Tellier fait la distinction entre les fonctions documentaires, la veille et la gestion de la connaissance.La veille bénéficie d\u2019outils de diffusion sélective de l\u2019information (les robots de recherche et les agents intelligents), d\u2019outils d\u2019analyse linguistique (LinguistX, Sato etc.) et d\u2019outils génériques (collecticiels et systèmes de base de données).Un choix intéressant est à faire, quant à l\u2019environnement de développement, entre l\u2019Intranet et la technologie de \u201c groupware \u201d - logiciels de groupe (collecticiels) qui peuvent développer des applications personnalisées : Domino, Exchange Server, Group Wise etc.(Sylvie Tellier, op.cit.).Un des points positifs de ce colloque a été la perception de la veille comme une activité dont l\u2019importance et les conséquences économiques impliquent non seulement les organisations, petites ou grandes, mais également les gouvernements.Pierrette Bergeron et Christian Sylvain, initiateurs d\u2019une recherche comparative sur l\u2019attitude envers la veille dans plusieurs pays (Allemagne, France, États-Unis, Japon, Royaume-Uni, Suède) et dans l\u2019Union Européenne, observent que les gouvernements peuvent soutenir la veille par l\u2019entremise des leviers informationnels, des leviers économiques et des leviers politiques (op.cit.).Les actes publiés conjointement par l\u2019EBSI et le CRIM ne dorment pas l\u2019image complète du colloque.Le volume présente seulement un échantillon des interventions.Pour les autres, laissées de côté, on a les titres parfois accompagnés d\u2019un petit résumé.Mais l\u2019échantillon publié est représentatif et suffisant pour bien connaître l\u2019état de la question et la problématique entourant le concept de la veille.Le colloque marque encore un pas vers la reconnaissance générale d\u2019une activité informationnelle qui est déjà, et deviendra de plus en plus, dans les prochaines années, une des principales forces de l\u2019évolution économique, culturelle et politique.Mircea Gheorghe Professionnel de l'information documentaire Publicité Line Glaude Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Courriel : info@cbpq.qc.ca 40 ARGUS / Vol.28, n 1, Printemps-été 1999 Le bibliothécaire dans la grande famille des professions de l\u2019information 27 au 29 mai 1999 École de technologie Supérieure 1100, rue Notre-Dame-Ouest Montréal othécaires Québec 514-845-3327 www.cbpq.qc.ca info@cbpq.qc.ca ***?/ documentaire ans! SDVI SERVICES DOCUMENTAIRES MULTIMÉDIA INC.Depuis 35 ans, chez SDM, Savoir-faire, Développement et Méthodologie s'enracinent dans les bases de données de langue française CHOIX (livres), DAVID (documents audiovisuels), LOGIBASE (logiciels et documents électroniques), REPÈRE (articles de périodiques et texte intégral), VMJ (vedettes-matière jeunesse), FAUTOR (fichier d'autorité - noms, éditeurs et collections), et d'autres bases de données spécialisées, afin de répondre toujours mieux à vos besoins en traitement documentaire.Près d'un million et demi de références sont disponibles, à partir des supports de diffusion classiques (publications imprimées, fiches, microfiches) et d\u2019outils à la fine pointe de la technologie (CD-ROM, Internet).Au fil des ans, voici ce que l'on a dit de SDM : «L'utilité d'un accès à Internet pour les catalogueurs apparaît encore plus grande lorsqu'on considère.que des serveurs bibliographiques tels que SDM offrent leurs ressources via Internet.Ce serveur (SDM) est de loin le plus utilisé parmi les bibliothèques québécoises.Il apparaît que la majorité des bibliothèques utilisant le service de SDM sont satisfaites du service offert.Ce qui tend à démontrer que SDM a appris à s'adapter aux NTI.Nous savons que le niveau de normalisation des grosses bibliothèques est assez élevé.Il en est de même pour SDM et la BNQ.» («Étude sur le traitement documentaire dans les bibliothèques publiques du Québec».Défi : revue des bibliothèques publiques du Québec,avril 1997, p.9-57) « Dans la chaîne documentaire au Québec, SDM est essentiel.Il permet à des bibliothèques de mieux rationaliser leurs ressources financières par des économies de temps et d'argent dans le traitement technique des livres et des autres documents.» (Les bibliothèques publiques, une responsabilité à partager : rapport de la commission d'étude sur les bibliothèques publiques du Québec.Ministère des Affaires culturelles, 1987, p.189) « Heureusement, le milieu scolaire a accès à des instruments de sélection de grande qualité.Actuellement, il semble que ce soit Services documentaires multimédia qui assume un rôle supplétif de concertation nationale.Cet organisme devient de plus en plus l'ancrage du milieu.» (Les bibliothèques scolaires québécoises, plus que jamais : rapport du Comité d'étude sur les bibliothèques scolaires.Ministère de l\u2019Éducation, 1989, p.51 et 65) « Voici l'archétype même de ce que l'on appelle un \"ouvrage de référence \".» à propos de LOGIBASE : Les CD-ROM de langue française de SDM.(Michel Bélair, Le Devoir, 29 juillet 1996) 75, rue de Port-Royal Est, bur.300, Montréal (Québec) Canada H3L 3T1 Tél.: (514) 382-0895 Téléc.: (514) 384-9139 http://www.sdm.qc.ca Choisissez SDM et constatez la satisfaction de votre clientèle: "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.