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Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Printemps
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
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Argus, 2001, Collections de BAnQ.

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[" PER LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATION DOCUMENTAIRE Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec lOllOlOOSsy UOIIOIOOJ Bibliothèque scolaire Gestion des connaissances Livre électronique Vol.30, n° I Printemps 2001 ¦¦ V V*! !\u2022 a I 1 '-v!11\t: ' \u2022!*! I1' \u2022' ' vl II Ml h a rf \\ i!*2 nnees ermn sur Plus d\u2019un million et demi de références disponibles d\u2019un simple clic! CHOIX - REPERE - DAVID - LOGIBASE sur Internet vous offrent les avantages suivants : Accès à l'ensemble des notices, descriptions ou références produites par SDM depuis 1964, y compris les données concernant les documents en cours de traitement > Mise à jour continue > Listes hebdomadaires des nouveautés traitées par SDM > Notices électroniques disponibles (en format MARC ou ASCII) pour CHOIX, DAVID et LOGIBASE sur Internet, en liaison avec notre service TRANSIT > Accès illimité sur tous les postes de travail de votre organisme > Accès souple et convivial aux informations : recherche libre (simple ou élaborée) et recherche thématique > Recherche par sujet élargi (sujet + titre + annotation) > Liens hypertextes sur plusieurs clés d\u2019accès documentaires (auteur, sujet, indice Dewey, etc.) Pour plus de détails ou pour s\u2019abonner : CHOIX\thttp://choix.sdm.qc.ca CHOIX Jeunesse\thttp://choix-jeunesse.sdm.qc.ca REPÈRE\thttp://repere.sdm.qc.ca DAVID\thttp://david.sdm.qc.ca LOGIBASE\thttp://logibase.sdm.qc.ca SDM SERVICES DOCUMENTAIRES MULTIMÉDIA INC.75, rue de Port-Royal Est, bur.300, Montréal (Québec) Canada H3L 3T1 Tél.: (514) 382-0895 Téléc.: (514) 384-9139 http://www.sdm.qc.ca y CHOIX 450 000 notices de livres de langue française destinés aux adultes aussi bien qu'aux jeunes Best-Sellers de tous domaines Romans Science-fiction Romans policiers Livres pour enfants Bandes dessinées Biographies Technologies de l'information Et plusieurs autres y REPÈRE 320 000 références d'articles de périodiques de langue française Périodiques québécois Périodiques européens Magazines d'actualité Revues d'intérêt général Revues professionnelles ou spécialisées Revues pour enfants et adolescents Texte intégral de plusieurs revues Liens aux articles disponibles sur Internet y DAVID 66 000 références de documents audiovisuels Documents éducatifs Vidéos documentaires Vidéos de fiction Disques compacts Livres-cassettes yLOGIBASE 11 500 références de CD-ROM et logiciels Logiciels éducatifs CD-ROM multimédias Bases de données spécialisées Jeux Logiciels d'application Encyclopédies Coi 4j( Tom il f«i Sommaire Comité de rédaction Pierre Dupuis, président Caroline Bernier Alex Guindon Philippe Lavigueur Traduction Rose-Aimée Poulain-Todd Correction Sonia Guimond Page couverture Line Bodiguel Infographie Linda Bernier Impression CRL Imprimerie Publicité Line Glaude (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 1472763 Tirage 1000 exemplaires ARGUS est une revue publiée trois fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ) dont le siège social est situé au 307, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 320, Montréal (Québec), H2X 2A3.Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Courriel : info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n\u2019engagent que ceux-ci.L\u2019abonnement annuel est de 30 $ (12 $ le numéro) tarif individuel au Québec, 34 $ (12 $ le numéro) tarif institutionnel au Québec, 42 $ (15 $ le numéro) au Canada, 42 $ US (15 $ US le numéro) à l\u2019extérieur du Canada et 19 $ pour les étudiants.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution, au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue son indexés dans Pascal Thema, T205 : Sciences de l\u2019information-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (LISA), Library Literature et Repère.3 Le mot de présentation Pierre Dupuis 5 Les bibliothèques scolaires à l\u2019heure d\u2019une réforme en éducation : un virage s\u2019impose Jocelyne Dion Contexte actuel 5 - Une conjoncture favorable 7 - Les impacts sur la bibliothèque 8 - Problème récurrent de personnel 9.13 Regards sur les livres électroniques Denis Levasseur Terminologie 14 - Livres électroniques sur le Web 14 - Le cas denetLibrary 15 - Besoin de convivialité 16 - Logiciels de lecture spécialisés 17 - Périphériques de lecture portables 18 -Des technologies fermées 19 - Impact du livrel sur le monde de l\u2019édition 20 - Livres électroniques en bibliothèque 21 - L\u2019encre électronique 23.La gestion des connaissances Pierre Dupuis 29 Des humanités aux pratiques organisationnelles Gérer ou partager 30 - Outils logiciels 30 - Au cœur de l\u2019économie du savoir 31 - Une typologie 32 - Projet-pilote 33 -Un bilan 36.34 Le processus « gérer les connaissances » Dans le prochain numéro : Défi de la multidisciplinarité pour les professionnels de l\u2019information documentaire 1 ARGUS / Vol.30, n* 1, Printemps 2001 J VISARD La solution documentaire adaptée à vos besoins Spécialiste de la gestion de l'information, Visard Solutions vous conseilie sur la meilleure combinaison de logiciels et services répondant à votre environement.mim Gestion de bibliothèques et centres d'information : Academus Academus, le logiciel de gestion intégré et modulaire, vous donne la possibilité de constituer à la carte votre propre solution documentaire.Sa richesse fonctionnelle et la souplesse de son paramétrage vous assurent une diffusion immédiate de l\u2019information.Avec Academus WEB, créer la bibliothèque virtuelle est une action simple et rapide.GrKîs Gestion de base de données Multimedia : Ajaris Pro Pour le traitement de vos images, Ajaris et Ajaris WEB vous apportent un ensemble d outils puissants et simples, permettant la gestion centralisée et sécurisée de plusieurs centaines de milliers d\u2019images fixes et animées, sons, documents composites, entrant dan la conception et la fabrication d\u2019outils de communication.¦ # Gestion Electronique de Documents : DIP MAKER |\tse'n l'er|treprise, DIP MAKER est le logiciel de Gestion Electronique de l'Information |\t^es D°cuments Existants (GEIDE) qui fédère tout type d'information interne et externe 1S y $ t eBIïsi (documents numérisés, photographies, fichiers bureautiques, pages HTML.) à travers une interface unique.Bases documentaires : EdiBase iw5 EdiBase iw5 vous aide à créer et organiser des bases textuelles structurées pour la terminologie, la documentation juridique, les fonds d'archives et toute EdiB@se.net autre collection de textes.EdiB@se.net permet la diffusion sur Internet ou Intranet.Gestion de documents et WorkFIow sur Intranet : WebFolio WebFolio vous permet de centraliser dans une base unique tous les documents de votre organisation.Chaque document est publié dans son format natif et indexé intégralement.L'application s'appuie sur le système de courrier électronique pour avertir les utilisateurs de la publication ou de la modification des documents.Ëll£:Étli Le mot de présentation Note éditoriale Une nouveauté est introduite avec ce numéro.La politique éditoriale permet d\u2019harmoniser la citation des notes et des références avec la présentation d\u2019un sujet en quelques articles plutôt qu\u2019en un seul plus long.Ainsi, dans ce cas où un auteur choisit de traiter un sujet à l\u2019intérieur de quelques articles, les références partagées sont insérées au bas du texte principal.Seules apparaissent au bas d\u2019un(des) article(s) secondaire(s) les notes et les références propres à celui-ci (ceux-ci).1\tAssociation nationale des éditeurs de livres.2000.Le manuel scolaire, un outil essentiel.Montréal.11p.2\t« E-livre : emporter toute une bibliothèque dans le métro », Deustchland, no.6/2000 (déc.-jan.), p.35.URL de la revue -http://www.magazine-deutschland.de/french.html 3\tEntrevue accordée par Guy Baillargeon, biologiste, Agriculture Canada.Société Radio-Canada, D\u2019un soleil à l\u2019autre, 8 mars 2001.À l\u2019URL http://radio-canada.ca/ radio/dunsoleil/ - Rechercher jusqu\u2019à 14 m 12 s du début.ARGUS / Vol.30, n 1, Printemps 2001 Kan dernier, l\u2019Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) publiait une rochure dont la large diffusion visait à sensibiliser l\u2019opinion publique à l\u2019importance du manuel scolaire.Par exemple, chaque élève québécois en utilisera quatre-vingts différents au cours des années du primaire et du secondaire.1 Cette publication de PANEL coïncidait avec le début de la révision des programmes d\u2019études prévue à la réforme scolaire lancée durant la décennie précédente, qui devrait s\u2019échelonnerjusqu\u2019en 2006.Une telle réforme placée sous le signe du changement constitue aussi une occasion intéressante pour d\u2019autres professionnels du milieu de l\u2019éducation.En particulier, Jocelyne Dion parle des enjeux que doivent affronter les bibliothèques scolaires et leur personnel dans un contexte semblable ; à la différence du rapport Parent qui énonçait un objectif de démocratisation pendant les années de la Révolution tranquille, la réforme scolaire propose cette fois une pédagogie de la réussite.Puis sont traités, dans ce premier numéro du 30e anniversaire de la revue Argus, deux sujets dont on pourrait dire qu\u2019ils sont « à la mode ».mais il ne nous semble surtout pas que cela constitue une raison suffisante pour ne pas essayer d\u2019en saisir plus nettement les contours.Dans un article fouillé, Denis Levasseur aborde le sujet du livre électronique.Lors du dernier salon du livre de Francfort, un exposant sur quatre comptait des livrels parmi ses publications à offrir aux visiteurs.2 Mode éphémère, le livre électronique ?Des expériences menées dans certaines bibliothèques universitaires du Québec fournissent en soi une réponse à cette question.Le lecteur achèvera ce numéro par un dossier portant sur la gestion des connaissances.Une entreprise scientifique internationale, à laquelle le Canada participe avec neuf autres pays, est en train de naître.Intitulée en français Dispositif mondial d\u2019information sur la biodiversité, cette structure propose des programmes ambitieux.Au nombre de ceux-ci, un catalogue électronique de toutes les formes de vie des espèces animales dans le monde, des bactéries aux mammifères, qui se chiffrent par millions.Un autre programme consistera à numériser et rendre accessible la totalité des collections qui existent en sciences naturelles (herbiers, spécimens entomologiques, etc.).La base de données les renfermant, qui pourra être consultée grâce aux réseaux informatiques mais qui prendra toutefois des années à produire, est estimée aujourd\u2019hui à trois milliards d\u2019enregistrements ! 3 Mode éphémère, la gestion des connaissances ?Si plusieurs expriment des réticences devant l\u2019expression, le concept désigné est bel et bien une réalité et cette dernière comporte de multiples facettes.En terminant, au moment de prendre la relève de Denis Levasseur qui m\u2019a précédé dans ces fonctions, il convient de lui adresser un mot de remerciement pour m\u2019avoir donné la chance de vivre une nouvelle expérience professionnelle.Merci également aux membres du comité de rédaction pour leur soutien ainsi qu\u2019au personnel de la Corporation avec qui les échanges demeurent une source d\u2019inspiration.Pierre Dupuis Président du comité de rédaction 3 En Octobre 2000, Best-Seller inc.faisait l\u2019acquisition de ALS inc.le plus important développeur de logiciels de gestion de bibliothèques en Europe pour ainsi devenir, BiblioMondo.I; ¦ ) 1 BiblioMondo Inc.3300, boul.Côte-Vertu, bureau 203, Saint-Laurent (Québec) Canada H4R 2B7 Tél.: (S 14) 337-3000 poste 252 -Téléc.: (514) 337-9290 Courriel : lnfo@BiblioMondo.com W0ïÊÉm:wm I 7'.; & fm Biblio rTQflOO Réseau de bibliothèques électroniques BiblioMondo c\u2019est^} ?\tUn siège social à Montréal ?\tUne équipe de soutien locale ?\t160 employés composés de bibliothécaires, développeurs et chercheurs ?\t30 années d\u2019expertise ?\t1400 clients du secteur public, corporatif et universitaire ?\t19 millions d\u2019utilisateurs Notre mission: ) Développer et commercialiser des logiciels de gestion de bibliothèques qui vont simplifier et supporter les bibliothécaires dans la gestion de leurs opérations tout en permettant aux usagers un accès au contenu en temps réel, et ce, peu importe l\u2019endroit où ils sont.Notre produit: PortFolio Système entièrement intégré aux plate-formes UNIX et NT CAP multimédia intégré au Web Cataloguage Web avec contrôle d\u2019autorité intégrés Circulation Acquisition Publication en série Client serveur suivant la norme Z39.50 NOUVEAUTÉ: Outil de fédération des sous thèmes Interface d\u2019accueil des postes de consultation Navigateur sécurisé sur les postes internes \u2022\tprotection du poste \u2022\tfiltrage des accès à Internet Fonction CAP illustrée Gestion des profils publics et professionnels Recherche multibase JL Les bibliothèques scolaires au Québec : un virage apparaît nécessaire Jocelyne Dion Conseillère pédagogique Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-îles Direction de la formation générale des jeunes Jocelyne.dion@cssmi.qc.ca Our School Libraries : the Need for Change The present educational reform -particularly the gradual introduction of a new program in which training will be based on skills - along with other government activities and publications, would seem to point to the revitalization of school libraries and should lead to other long-term actions.The renewal of the libraries is dependent upon their being staffed by competent, qualified personnel.However, statistics in this field are alarming, revealing a problem which has existed for several years.ARGUS / Vol.30, n 1, Printemps 2001 Le contexte actuel de la réforme en éducation et plus particulièrement l\u2019implantation graduelle d\u2019un nouveau programme de formation élaboré selon une approche par compétences, associés à d\u2019autres actions et publications gouvernementales, apparaissent déterminants pour l\u2019essor des bibliothèques scolaires.Ils devraient susciter des actions à long terme.Ce renouvellement de la bibliothèque est lié à la présence de personnel compétent et qualifié.Or, dans ce domaine, les statistiques affichent des résultats très alarmants ; il s\u2019agit d\u2019un problème récurrent depuis plusieurs années.«[.] les jeunes viennent chercher [dans les BCD et les CD1]', en même temps que des objets culturels et des connaissances, des adultes avec qui en parler.Les bibliothèques de nos écoles doivent être les premiers « forums » que rencontre l\u2019enfance et les « bibliothécaires » en sont les animateurs naturels.La culture écrite, dans nos sociétés, n \u2019a de sens que par les échanges qu\u2019elle permet [.] » (Hébrard, 1997) La bibliothèque dans nos écoles constitue un chaînon essentiel pour la formation des jeunes.Tous ceux qui oeuvrent encore dans le milieu scolaire en sont fortement convaincus.Il faut en effet beaucoup de conviction, de la passion oserions-nous dire, pour tenter de répondre jour après jour aux multiples besoins des jeunes et de leurs enseignants.Malheureusement, les administrateurs scolaires québécois ne reconnaissent pas à sa juste valeur l\u2019apport de la bibliothèque à la réussite éducative.Le vent de changement qui souffle sur l\u2019école apportera-t-il l\u2019oxygène dont elle a un si urgent besoin ?Le contexte actuel laisse poindre une lueur d\u2019espoir à l\u2019horizon.Cependant, le virage tant attendu ne se matérialisera que si une condition essentielle, voire incontournable, n\u2019est au rendez-vous : en effet, un redressement majeur quant au personnel s\u2019impose.Contexte actuel La réforme actuelle en éducation recouvre un ensemble d\u2019actions découlant du plan d\u2019action ministériel intitulé Prendre le virage du succès : révision de la carte administrative et création de commissions scolaires linguistiques ; promulgation de la loi 180 qui donne plus d\u2019autonomie à l\u2019école et dont résulte l\u2019implantation des conseils d\u2019établissements ; énoncé de politique, L\u2019école, tout un programme, qui prescrit un renouvellement du curriculum.Voilà les gestes qui ont eu le plus de résonance dans les médias.À l\u2019origine, plusieurs raisons liées aux contextes politique, scolaire et social militaient en faveur d\u2019un changement en profondeur.En effet, après 30 ans d\u2019évolution depuis le rapport Parent, on s\u2019interrogeait sur les performances de notre système, et ce, malgré les investissements consentis, en proportion du produit intérieur brut (PIB) et de la comparaison avec d\u2019autres sociétés.Les ratés du système étaient de plus en plus évidents : plusieurs jeunes éprouvaient et éprouvent encore des difficultés importantes dans leur cheminement scolaire.À preuve, on a constaté un taux élevé - près de 35 % - de décrochage avant l'obtention d\u2019un diplôme, ainsi qu\u2019un analphabétisme fonctionnel alarmant parmi une tranche importante de la jeune population.Or, nous assistons à l\u2019émergence d\u2019une société du savoir où l\u2019information est la matière première et le 5 moteur du développement économique et où les échanges se déploient à la grandeur de la planète.Dans ce contexte, l\u2019école revêt une importance capitale comme secteur clé et instrument de cohésion dans une société de plus en plus pluraliste.Dans la foulée des nombreux avis du Conseil supérieur de l\u2019éducation, du rapport Corbo publié en 1994 et intitulé Préparer les jeunes au 21e siècle, ainsi que des États généraux de l\u2019éducation l\u2019année suivante, la redéfinition de la mission de l\u2019école s\u2019est graduellement imposée et s\u2019inscrit comme suit dans la Loi sur l\u2019instruction publique : « L\u2019école a pour mission, dans le respect du principe de l\u2019égalité des chances, d\u2019instruire, de socialiser et de qualifier les élèves, tout en les rendant aptes à entreprendre et à réussir un parcours scolaire » (article 36).Plutôt que d\u2019éduquer, l\u2019école revient à sa mission première, la formation à la maîtrise de savoirs élémentaires essentiels de plus en plus complexes (instruire).Il y a aussi urgence, dans le contexte de la mondialisation, de former des citoyens responsables qui participeront activement à la vie démocratique de notre société (socialiser) et de préparer les travailleurs de demain en fonction d\u2019un monde en perpétuel changement (qualifier).L\u2019objectif de démocratisation visé par le rapport Parent a été atteint ; la réussite du parcours scolaire par l\u2019obtention d\u2019un diplôme, selon la voie appropriée à chacun, apparaît maintenant primordiale pour l'ensemble des élèves.Voilà pourquoi le nouveau curriculum est axé sur une pédagogie de la réussite.Ce curriculum nouvelle cuvée veille donc à créer un environnement éducatif favorable à l\u2019atteinte de cet objectif.Tous les programmes ont été enrichis d\u2019une dimension culturelle et préconisent l\u2019utilisation des technologies de l\u2019information et de la communication à tous les niveaux, ce qui se répercutera nécessairement sur l\u2019organisation de la bibliothèque.Dorénavant, l\u2019école doit assurer aux élèves les bases de la formation continue en privilégiant une pédagogie de la découverte, centrée sur les processus d\u2019apprentissage, qui favorise une meilleure intégration des connaissances et le développement d\u2019habiletés intellectuelles complexes, en tenant compte des acquis antérieurs des élèves.Pour ce faire, le nouveau programme est formulé selon une approche par compétences, et non plus par objectifs, pour faciliter le transfert des apprentissages réalisés.Ainsi, une personne compétente «[.] n\u2019est pas seulement quelqu \u2019un qui sait, mais aussi quelqu \u2019un qui sait faire, qui sait comment faire et dans quel ordre le faire » (Giguère, 2000, p.40).Nous assisterons donc au passage d\u2019un paradigme de l\u2019enseignement à un paradigme de l\u2019apprentissage, selon la terminologie propre à Tardif (Tardif et Presseau, 1998, p.35).Comment réagiront les élèves et les enseignants dans ce nouveau contexte ?Les élèves vivront à coup sûr, de grands déséquilibres cognitifs : habitués à jouer un rôle de récepteurs passifs, ils devront dorénavant participer activement, parfois à titre de collaborateurs, parfois à titre d\u2019experts, comme des agents constructeurs de leurs savoirs, en réalisant des tâches globales complexes.Et même si les élèvent maîtrisent facilement les outils technologiques, nous sommes à même de constater régulièrement qu\u2019ils éprouvent beaucoup de difficultés à chercher et sélectionner les documents utiles, tant imprimés qu\u2019électroniques.Ils ont absolument besoin de réaliser des apprentissages méthodologiques.Les enseignants aussi se questionnent, notamment quant à l\u2019obligation de créer des activités intégrant l\u2019utilisation des technologies de l\u2019information.Contrairement à leurs élèves, plusieurs d'entre eux se sentent déstabilisés par ces technologies qu\u2019ils ne maîtrisent pas.Souvent sceptiques face aux multiples possibilités de celles-ci, certains résistent ouvertement à toute forme d\u2019application en classe.S\u2019il est vrai qu\u2019ils n\u2019obtiennent pas toujours l\u2019appui dont ils auraient besoin, en termes de formation et de support technique, nul doute qu\u2019ils devront apprendre à apprivoiser les technologies de l\u2019information et revoir leur modèle d'intervention auprès de leurs élèves.D\u2019enseignants experts et transmetteurs d\u2019informations, ils devront évoluer vers un rôle de guides, d\u2019animateurs et d\u2019accompagnateurs et intégrer à l\u2019enseignement traditionnel de nouvelles approches pédagogiques telles l\u2019approche par projet, l\u2019enseignement stratégique et l\u2019apprentissage coopératif déjà préconisés avec succès par les écoles alternatives et les écoles à vocation internationale.Le Programme des programmes qui chapeaute l\u2019ensemble des disciplines est un élément nouveau dans le Programme de formation et une référence commune pour tous les intervenants de l\u2019école.Il se situe en continuité avec des préoccupations éducatives déjà présentes dans les interventions des enseignants, interventions qui dorénavant feront «[.] l\u2019objet d\u2019une action systématique, explicite et concertée dans l'école » (Québec, 2000, p.15).Apprendre à apprendre, tout au long de la vie, telle est l\u2019intention éducative à l\u2019origine du Programme des programmes.Les apprentissages fondamentaux se définissent dans le programme en fonction de compétences transversales et des domaines d\u2019expérience de vie, ou thèmes transversaux, qui serviront de toile de fond à tous les apprentissages disciplinaires.Les compétences transversales sont donc des compétences générales et essentielles pour agir efficacement dans une large variété de situations différentes.Le Programme des programmes les regroupe selon quatre ordres : 1.\tordre intellectuel pour comprendre et interpréter la réalité (tableau 1) ; 2.\tordre méthodologique pour permettre d\u2019exécuter efficacement un travail (tableau 2) ; 3.\tordre personnel et social afin de se réaliser comme personne (tableau 3) ; 4.\tordre de la communication où\tles compétences acquises permettront d\u2019entrer en relation avec les autres et l\u2019environnement (tableau 4).6 ARGUS / Vol.30, rf 1, Printemps 2001 Les domaines d\u2019expérience de vie, au nombre de huit, correspondent à des thèmes porteurs qui préoccupent les jeunes et qui font consensus dans la société et à l\u2019école.Ils servent de terreau à la planification des activités d\u2019apprentissage.L\u2019éducation aux médias et par les médias est du nombre (tableau 5).Une conjoncture favorable La pédagogie des compétences préconisée dans le nouveau programme crée, croyons-nous, un contexte propice à la bibliothèque de l\u2019école, comme le souligne si bien Luce Brassard : » Dans une pédagogie des compétences, le matériel « prêt à utiliser » n \u2019est pas nécessairement celui qui convient le mieux [.] En amorçant cette réflexion, il se pourrait bien qu\u2019on décide d\u2019enrichir la bibliothèque de l\u2019école » (Brassard, 1999, p.47).D\u2019ailleurs, le nouveau Régime pédagogique en vigueur depuis juillet dernier intègre la bibliothèque aux services complémentaires et oblige en quelque sorte l\u2019école à mettre sur pied des services « de soutien à l\u2019utilisation des ressources documentaires de la bibliothèque scolaire » (article 5).La Politique de la lecture et du livre a aussi suscité beaucoup d\u2019espoir lors de sa publication.Les espérances se sont concrétisées par des allocations budgétaires spéciales dédiées à l\u2019enrichissement des collections.D\u2019autres recommandations se concrétiseront au fil des ans, plus particulièrement la mise en réseau des bibliothèques, au fur et à mesure que ces dernières auront complété le processus d\u2019informatisation.A cet effet, un avis du Conseil supérieur de l\u2019éducation intitulé Pour une meilleure réussite des garçons et des filles recommande de « veiller à ce qu 'il y ait un suivi étroit des engagements qui ont été pris par le ministère de l\u2019Education dans le cadre de la Politique de la lecture et du livre [.] » et de « déployer les efforts nécessaires pour que les garçons, en particulier ceux des milieux \t Compétences\tÉléments Tableau 1 - D\u2019ordre intellectuel L\u2019élève se concentre sur l\u2019information pertinente.Exploiter l\u2019onformation\tL\u2019élève organise l\u2019information.L\u2019élève utilise l\u2019information.L\u2019élève évalue sa démarche.\t Résoudre des problèmes\tL\u2019élève analyse les éléments de la situation-problème.L\u2019élève choisit une solution.L\u2019élève gère la mise en œuvre de la solution.L\u2019élève évalue sa démarche.Exercer sa pensée critique\tL\u2019élève analyse la situation.L\u2019élève construit son opinion.L\u2019élève porte un jugement.L\u2019élève évalue sa démarche.Mettre en oeuvre sa pensée créatrice\tL\u2019élève explore différentes possibilités de réalisation.L\u2019élève élabore un projet de création ou d\u2019innovation.L\u2019élève représente ses idées sous diverses formes.L\u2019élève évalue sa démarche.Tableau 2 - D\u2019ordre méthodologique\t Pratiquer des méthodes de travail efficaces\tL\u2019élève analyse la tâche à accomplir.L\u2019élève planifie ses stratégies.L\u2019élève accomplit la tâche.L\u2019élève évalue sa démarche en fonction des résultats.Exploiter les TIC pour faire des apprentissages\tL\u2019élève s\u2019approprie des TIC comme outil technique au besoin et dans un contexte significatif.L\u2019élève utilise les TIC pour effectuer une tâche : planifier, chercher et traiter de l\u2019information, communiquer, résoudre un problème, concevoir ou inventer.L\u2019élève évalue l\u2019efficacité de son utilisation de la technologie.Tableau 3 - D\u2019ordre personnel et social L\u2019élève s\u2019ouvre aux références morales, spirituelles et Développer son identité\tculturelles de son milieu, personnelle\tL\u2019élève prend conscience de ses réactions.L\u2019élève prend position.L\u2019élève réalise ses intentions.L\u2019élève évalue son cheminement au regard de son identité personnelle.\t Entretenir des relations interpersonnelles harmonieuses\tL\u2019élève manifeste de l\u2019empathie.L\u2019élève interagit dans différents contextes.L\u2019élève évalue la qualité de ses relations.Travailler en coopération\tL\u2019élève planifie un travail avec d\u2019autres.L\u2019élève effectue un travail avec d\u2019autres.L\u2019élève évalue les avantages de la coopération pour lui et pour les autres.Faire preuve de sens éthique\tL\u2019élève analyse une situation.L\u2019élève fait des choix à l\u2019aide de référents.L\u2019élève évalue sa démarche et résultat de son questionnement éthique.7 ARGUS / Vol.30, n\u2019 1, Printemps 2001 Tableau 4 - D\u2019ordre de la communication Communiquer de façon\tL\u2019élève se concentre sur l\u2019information pertinente.appropriée\tL\u2019élève planifie sa communication.L\u2019élève réalise sa communication.L\u2019élève évalue l\u2019efficacité de sa communication.Tableau 5 - Domaine d\u2019expérience de vie : les médias \u2022\tConscience de la place et de l\u2019influence des médias dans sa vie quotidienne dans la société.\u2022\tConnaissance et respect des droits et responsabilités individuels et collectifs à l\u2019égard des médias.\u2022\tCompréhension des représentations médiatiques de la réalité en fonction du réel vécu.\u2022\tAppropriation du matériel et des codes de communication médiatique.\u2022\tSensibilité esthétique aux formes médiatiques.défavorisés, aient accès à des bibliothèques scolaires de qualité » (Conseil supérieur de l\u2019Éducation, 1999, p.89).Le dernier rapport du Conseil (1999-2000), paru sous le titre Éducation et nouvelles technologies2, traite des conditions préalables à une intégration réussie dans l\u2019enseignement et l\u2019apprentissage, du primaire à l\u2019université.L\u2019une d\u2019elles concerne le rôle des responsables de bibliothèques et de centres de documentation tenu conjointement avec les personnels des services informatiques dans ce processus.On leur reconnaît une expertise certaine « [.] dans l\u2019utilisation complémentaire des nouvelles ressources et des ressources plus traditionnelles » (Conseil supérieur de l\u2019éducation, 2000, p.103).Finalement, la diffusion du Manifeste de la bibliothèque scolaire devrait constituer un événement majeur susceptible d\u2019inspirer et de déclencher des actions.Dans ce Manifeste, l\u2019Unesco lance une invitation pressante aux gouvernements et, plus particulièrement, aux ministères chargés de l\u2019éducation, à « [.] élaborer des stratégies, des politiques et des plans qui mettent en œuvre les principes énoncés [.]» (Unesco, 2000).Car, on le verra plus loin, des pièces importantes d\u2019une politique d\u2019ensemble manquent encore à l\u2019édifice.Les impacts sur la bibliothèque La mission et les buts de la bibliothèque scolaire (tableau 6) tels que définis par l\u2019Association du personnel des services documentaires scolaires (APSDS) en 1991 restent donc encore très pertinents.Quant à lui, le Manifeste de l\u2019Unesco ajoute une dimension supplémentaire, celle d\u2019appartenance à un réseau et insiste sur l\u2019importance du rôle du bibliothécaire scolaire dans l\u2019organisation des services à la communauté.Une « nouvelle » bibliothèque émergera peu à peu, non pas en rupture avec l\u2019ancienne, mais plutôt en continuité, où l\u2019immatérialité côtoiera la matérialité.La bibliothèque évolue graduellement vers un fonctionnement hybride : à l\u2019accès à des ressources traditionnelles s\u2019ajoute un accès électronique à des ressources disséminées sur la toile.Cela suppose qu\u2019on réaménage des espaces qui permettent une variété de types d\u2019apprentissages, individuels, en équipes ou en groupes-classes et qu\u2019on mette à la disposition des usagers des outils facilitant la recherche et l\u2019exploitation de l\u2019information.L\u2019interconnexion et la standardisation sont donc à l\u2019ordre du jour ; l\u2019univers des bibliothèques s\u2019informatise, qu\u2019on le veuille ou non.Ce nouvel environnement riche en informations de toutes sortes, accessibles et lisibles sur de multiples supports, nécessite l\u2019acquisition de nouvelles compétences de la part du personnel : des compétences professionnelles de plus en plus pointues, alliées à des compétences pédagogiques certaines.« Dans son nouveau rôle de médiateur, le bibliothécaire (qui doit devenir un « enseignant méthodologue ») peut décloisonner les disciplines, donner une vision globale du savoir, faire découvrir les spécificités des différents outils de recherche d\u2019information offerts sur le réseau, aider l\u2019élève à devenir autonome face aux ressources documentaires multiples et à passer de l\u2019information à la connaissance ; bref, il s\u2019agit de lui apprendre à apprendre, démarche essentielle pour le préparer à la vie professionnelle » (Sutter, 1998, p.47).Tableau 6 - La bibliothèque scolaire Sa mission \u2022\tÊtre un environnement éducatif qui favorise le développement de la personne.\u2022\tOffrir des ressources documentaires qui contribuent aux apprentissages et à l\u2019enseignement selon l\u2019ordre d\u2019enseignement concerné.Ses buts \u2022\tParticiper au développement global et à la formation fondamentale d\u2019élèves.\u2022\tÊtre un lien culturel et éducatif face au patrimoine d\u2019ici et d\u2019ailleurs, d\u2019hier, d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.\u2022\tÊtre une ressource pour l\u2019enseignement en relation avec les programmes d\u2019études.\u2022\tÊtre un moyen d\u2019apprentissage et de développement des habiletés d\u2019information.8 ARGUS / Vol.30, n' 1, Printemps 2001 Ces compétences spécifiques pourraient se révéler particulièrement avantageuses dans un contexte où il faut absolument former les élèves à l\u2019usage de l\u2019information et ce, dès le primaire, et où il faut développer une collaboration plus étroite avec les enseignants et travailler de concert avec les autres professionnels des bibliothèques environnantes.Or, le personnel qualifié fait cruellement défaut.Problème récurrent de personnel En 1988, le ministre de l\u2019Éducation avait mis sur pied un comité d\u2019étude chargé de faire le point sur les bibliothèques scolaires, d\u2019acheminer des recommandations quant à leur organisation future et de formuler des mesures de redressement.Les membres du comité avaient sillonné la province pour recueillir les commentaires des différents intervenants et un questionnaire statistique avait été élaboré pour recueillir toutes les données reliées à ce secteur.Intitulé Les bibliothèques scolaires québécoises : plus que jamais., le rapport Bouchard, du nom de son président, parut en 1989.Au chapitre des ressources humaines, ce rapport notait une grande disparité, autant dans les effectifs que dans les statuts (Québec, 1989, pp.41-47).On constate aujourd\u2019hui que rien n\u2019a sensiblement changé, si ce n\u2019est une détérioration constante au fil des ans.L\u2019enquête menée en 1998 dans le cadre de la rédaction de la Politique de la lecture et du livre a confirmé cet état de fait.Quelques statistiques suffisent largement pour nous en convaincre.Ainsi, selon des données recueillies durant l\u2019année 1999-2000 par l\u2019Association du personnel des services documentaires scolaires (APSDS)J, le dossier des bibliothèques était orphelin dans plus de la moitié des commissions scolaires francophones (43 sur 62) : aucun personnel cadre ou professionnel n\u2019en assurerait la responsabilité.Le personnel professionnel spécialisé s\u2019avère aussi une denrée rare comme en témoignent les mêmes données qui présentent les ratios suivants : au secteur public, on retrouve un professionnel bibliothécaire/ spécialiste en moyens et techniques d\u2019enseignement (SMTE) pour 17 259 élèves, au primaire et au secondaire comparativement à un professionnel bibliothécaire/SMTE pour 3 042 élèves du primaire et du secondaire, au secteur privé.Depuis 1992, le nombre des professionnels, bibliothécaires et spécialistes en moyens et techniques d\u2019enseignement, chute inexorablement.Les données gouvernementales de la banque du Personnel des Commissions scolaires (PERCOS) et celles de P APSDS l'illustrent très bien : de 125,6 en 1992, les postes dédiés aux professionnels sont passés à 76,4 en 1998.On en aurait dénombré seulement 56 l\u2019année dernière.En outre, d\u2019ici quelques années plusieurs d\u2019entre eux joindront les rangs des personnes retraitées.La confusion règne aussi quant aux statuts des responsables des bibliothèques, tel que mentionné dans les résultats de l\u2019enquête de 1998 (Québec, 1998, p.18).Au primaire, des parents bénévoles surtout (38,8 %) assurent la gestion quotidienne des bibliothèques, la plupart du temps sans aucune supervision.Le personnel professionnel est quasi absent (1,9 %) et les techniciens en documentation ne sont guère plus présents (13,7 %).La situation diffère un peu au secondaire où on trouve une concentration plus importante de techniciens en documentation (57,5 %) et où oeuvrent la majorité des bibliothécaires et spécialistes en moyens et techniques d\u2019enseignement (18,1 %) encore en poste.Tout cela peut expliquer en grande partie l\u2019état lamentable des bibliothèques de nos écoles ! Même si elles n\u2019ont épargné personne, les restrictions budgétaires des dernières années dans le réseau scolaire ont certes éprouvé durement ce secteur, déjà pauvrement pourvu à ce niveau.Mais est-ce là la seule raison ?Comment expliquer la désaffection constante des administrateurs, qui s\u2019est manifestée bien avant la période des compressions budgétaires des différents paliers gouvernementaux ?Manque de conviction profonde, d'une part.Absence de vision, désintérêt et isolement du personnel, d\u2019autre part.11 est difficile aujourd\u2019hui de dégager un portrait précis des bibliothèques dans nos écoles.En fait, le milieu semble désorganisé et la décentralisation des pouvoirs vers les écoles (Loi 180) ont contribué encore plus à l\u2019isolement des personnels oeuvrant en bibliothèque.On note, dans plusieurs commissions scolaires, certains retours en arrière, à la suite de la refonte de la carte administrative.Là où la tradition accordait beaucoup de valeur à la présence de la bibliothèque, on a dû composer avec des milieux où la culture était quasi inexistante.Les décideurs ont eux aussi changé ; cela impose très souvent une nouvelle opération de marketing.L\u2019incertitude quant à l\u2019avenir est palpable et, chose certaine, une remise en question des pratiques professionnelles semble inévitable dans un monde où la technologie s\u2019impose de plus en plus.L\u2019école ne peut y échapper, les bibliothèques non plus et les personnels devront développer de nouvelles compétences pour se tailler une place sur l\u2019échiquier.Pourtant, « Il a été démontré que lorsque les bibliothécaires et les enseignants travaillent en collaboration, les élèves font des progrès en écriture et en lecture, savent mieux apprendre et résoudre des problèmes.Ils acquièrent une expérience des techniques de l'information et de la communication » (Unesco, 2000).Depuis la publication du Manifeste, trois nouvelles recherches menées au Colorado, en Alaska et en Pennsylvanie (American Association of School Librarians, 2000) corroborent cet énoncé.En France, les collèges et lycées doivent se doter d\u2019une politique documentaire\u2019' à la suite de l\u2019implantation des travaux personnels encadrés (TPE ) dans les lycées et des travaux croisés dans les collèges ; ceux-ci font appel à l\u2019utilisation de multiples sources d\u2019information et à l\u2019étroite collaboration entre ARGUS/Vol.30, n 1, Printemps 2001 9 documentalistes et enseignants.Au Canada anglais, deux associations, la Canadian School Library Association (CSLA) et l\u2019Association for Teacher-Librarianship in Canada (ATLC), travaillent conjointement à l\u2019élaboration d\u2019une vision commune pour les bibliothèques scolaires canadiennes et à un cadre de référence pour le développement de compétences informationnelles (Media and Information Literacy).Le texte, proposé par Ray Doiron, président de la Canadian School Library Association, présente les enseignants-bibliothécaires comme des chefs d\u2019orchestre responsables du programme de la bibliothèque qui travaillent en collaboration avec les enseignants et la communauté à la formation de citoyens infocultivés (,information literate citizens).Comme en France, les responsables des bibliothèques sont issus de la filière de la formation des maîtres.Cette formation est complétée d\u2019une spécialisation en bibliothéconomie scolaire et en sciences de l\u2019information.Qu\u2019en est-il au Québec ?Le rapport Bouchard avait émis des recommandations en ce sens, mais à cause de la controverse que cela a suscitée à l\u2019époque dans le milieu, le ministère n\u2019y a jamais donné suite.Le temps est peut-être propice pour amorcer une réflexion en ce sens.11 nous semble urgent, comme nous l\u2019avons mentionné à de multiples reprises, que le ministre de l\u2019Éducation élabore des lignes directrices concernant ce dossier.La présence de personnel compétent et qualifié devrait y figurer en tête de liste de ses préoccupations puisque c\u2019est à cette condition seulement que seront assurées la stabilité et la qualité de leur développement dans une perspective à long terme.L'implantation graduelle des nouveaux programmes découlant de la réforme en éducation apparaît comme une occasion unique de redresser enfin la situation.La formation des enseignants à des pratiques pédagogiques innovantes centrées sur l\u2019élève sera une des conditions déterminantes à la réussite de la réforme.En 1982, une enquête menée sous la direction de Mme Paulette Bernhard soulignait que « [.] seuls 15,8 % des enseignants accordent de l\u2019importance à une approche pédagogique incluant un travail de recherche » (Bouchard, 1989, p.59).L\u2019enquête menée en 1998 révélait que 44 % des écoles jugent comme insuffisante et très insuffisante l\u2019utilisation de la bibliothèque par les élèves ; ce chiffre grimpe à 55 % quand le personnel enseignant est en cause (Québec, 1998, p.30).Peut-on penser que la situation risque d\u2019être identique en ce qui concerne les ressources d\u2019Internet ?Il sera donc primordial de soutenir le personnel enseignant dans ses efforts de réflexion et de renouvellement de ses pratiques tout en aidant les élèves à devenir d'habiles lecteurs pour la vie et des consommateurs avertis d\u2019information.Un virage s\u2019impose pour permettre à notre réseau de bibliothèques de remplir sa mission de formation auprès des élèves Un virage s\u2019impose pour permettre à notre réseau de bibliothèques de remplir sa mission de formation auprès des élèves.Plusieurs facteurs militent en sa faveur : la réforme des programmes d'études en cours, un régime pédagogique modifié faisant une place aux services documentaires, la Politique de la lecture et du livre en vigueur.Ces éléments, associés à la publication du Manifeste de l\u2019Unesco et au dernier rapport du Conseil supérieur de l\u2019éducation, se consolideront au fur et à mesure que des liens se tisseront entre les bibliothèques et l\u2019université - le projet Form@net5 en est déjà un bel exemple -, que la collaboration inter-associative aura pris sa vitesse de croisière et que s\u2019amorceront de plus en plus des projets de concertation entre les bibliothèques scolaires et municipales.Le projet Form@net a donné lieu pendant trois ans, de 1997 à 2000, à des activités de formation à la maîtrise de l\u2019information où les participants, bibliothécaires et enseignants du niveau secondaire, devaient élaborer ensemble un scénario pédagogique intégrant des compétences liées à la recherche et à l\u2019utilisation de l\u2019information dans une discipline au programme.Le projet a donné lieu à des échanges avec des collègues français puisqu\u2019ils étaient aussi partenaires dans ce projet.Le site Internet témoigne des réalisations des équipes de chaque côté de la frontière.Que dire à la suite de ces trois années ?Il semble que ce projet s\u2019inscrive dans une suite chez nos partenaires français, puisque les élèves des collèges et lycées doivent réaliser des travaux de recherche où l\u2019interdisciplinarité est la règle.Au Québec, le projet se situe à l\u2019avant-garde puisque la réforme des programmes n\u2019est prévue qu\u2019en l\u2019an 2003 au secondaire et s\u2019échelonnera jusqu\u2019en 2006.Ajoutons aussi qu\u2019en France, des enseignants-documentalistes assurent une présence active dans tous les collèges et lycées, ce qui est loin d\u2019être le cas dans nos écoles ! Il en va de même dans le domaine de la concertation scolaire-municipale, encore embryonnaire.Des ententes existent dans certains milieux, surtout au primaire, dans des régions plus éloignées et/ou rurales, projets conjoints entre des CRSBP (Centres régionaux de services aux bibliothèques publiques) et des commissions scolaires : dans la région de Baie-Comeau (Ragueneau), à Saint-Joseph-du-Lac dans les Basses-Laurentides, dans la région de Québec, etc.Le ministère de l\u2019Éducation mène actuellement un projet de recherche dans la région de l\u2019Outaouais où le CRSBP participe à la mise en place de bibliothèques dans cinq écoles primaires de la Commission scolaire Au-Cœur-des-Vallées.Soulignons aussi le consortium6 des bibliothèques de la ville de Saint-Hyacinthe, du Cégep de Saint-Hyacinthe, de l\u2019Institut de technologie agroalimentaire et de la Polyvalente Hyacinthe-Delorme qui proposent dans un site Internet la consultation d\u2019un catalogue collectif.Ces ententes devraient éventuellement s\u2019inscrire dans un plan global tel que préconisé par la Politique de la lecture et du livre.10 ARGUS / Vol.30, n\" 1, Printemps 2001 JEAN DOSTERT Président Directeur général PIERRE MEUNIER Bibliothécaire 1170, Rocheleau Drummondville (Québec) J2C 5Y3 Tel.: (819) 478-4991 1 800 267-4991 Téléc.: (819) 478-1518 Vous avez envie de réagir après la lecture d\u2019un article de la revue?La rubrique « Boîte aux lettres » est conçue spécialement pour vous.Au chapitre de l\u2019innovation, la réussite de toutes ces initiatives réside essentiellement dans la présence en plus grand nombre de bibliothécaires pour en assurer le leadership.Le succès à long terme de l\u2019implantation de la réforme réside aussi en partie dans la formation du personnel enseignant à l\u2019utilisation des ressources documentaires, imprimées et électroniques.Tous, nous devons unir nos forces et nos talents et oeuvrer à la réussite de nos élèves.Notes 1\tAcronyme pour une terminologie française : Bibliothèque Centre de Documentation (BCD), au primaire et Centre de Documentation et d\u2019information (CDI), dans les collèges et lycées 2\tLe texte du rapport est disponible à l\u2019URL : http://www.cse.gouv.qc.ca 3\tDes tableaux sur la répartition du personnel, par région administrative, sont disponibles sur le site de l\u2019APSDS à l\u2019URL : http:// rtsq.grics.qc.ca/apsds/ECRITS/PUBLIC/ cjp3.html) 4\tUn séminaire national sur le sujet s\u2019est déroulé à Versailles en mai dernier; les Actes de ce séminaire sont disponibles à l\u2019URL : http:// www.crdp.ac-versailles.fr/colloque_desco/ sommaire.htm 5\tProjet franco-québécois de formation à l\u2019usage de l\u2019information au secondaire, à l\u2019adresse URL : http://www.fas.umontreal.ca/ ebsi/formanet 6\tOn peut interroger le catalogue à l\u2019URL : http://www.biblios.saint-hyacinthe.qc.ca/ t.a.st-germain/service_web/default.htm.Références American Association of School Librarians.2000.Resource Guides for School Library Media Program Development.Student Achievement.[Chicago] : AASL[http:// www.ala.org/aasl/resources/achievement.html] Brossard, L.1999.« Quelques pistes pour s\u2019engager sur la voie des compétences », Vie pédagogique, no 112 (sept.-oct.), pp.47-50.Conseil supérieur de l\u2019éducation.1999.Pour une meilleure réussite scolaire des garçons et des filles ; avis au ministre de l\u2019Education.Québec : Le Conseil, 116 p.Giguère, J.F.2000.\t« Compétences transversales et compétences disciplinaires : une synergie certaine », Vïe pédagogique, no 116 (sept.-oct.), pp.40-44.Hébrard, J.1997.« Lire, écrire, se documenter », Argos, numéro hors série (printemps), 112 p.Québec.Comité d'étude sur les bibliothèques scolaires.1989.Les bibliothèques scolaires québécoises : Plus que jamais.Rapport.Québec : Ministère de l\u2019Éducation, Direction générale de l\u2019évaluation et des ressources didactiques, Direction des ressources didactiques, xxiii, 216 p.Québec.Ministère de la Culture et des Communications.1998.Rapport statistique.Enquête auprès des bibliothèques scolaires du Québec.Analyse descriptive.Québec: Le Ministère, Direction de la recherche et de la statistique, viii, 39 p.Québec.Ministère de l\u2019Éducation.2000.Programme de formation de l\u2019école québécoise : Education préscolaire Enseignement primaire (1er cycle) Version approuvée; Enseignement primaire (2e et 3e cycles) Version provisoire.Québec : Le Ministère, x, 561 p.Sutter, Éric.1998.Bibliothèques virtuelles et enseignement : étude d\u2019impact.Rapport de fin d'étude au Parlement européen.Paris : Bureau Van Dijk, 66 p.Tardif, Jacques et Annie Presseau.1998.Intégrer les nouvelles technologies de l'information; quel cadre pédagogique ?.Paris : ESF, 127 p.Unesco.2000.Manifeste de la bibliothèque scolaire.La Haye : IFLA.[http://www.ifla.org/ VII/s 11 /pubs/mani-f .htm].Toute personne désireuse d\u2019apporter son point de vue, ses réflexions ou ses commentaires peut les expédier par courrier, au 307, Sainte-Catherine ouest, bureau 320, Montréal (Québec), H2X 2A3, par télécopie : (514) 845-1618 ou par courriel : info@cbpq.qc.ca, à l\u2019intention du Comité de rédaction, au secrétariat delà C.B.P.Q.ARGUS / Vol.30, n 1, Printemps 2001 11 Regard S -%.Le logiciel de gestion de bibliothèques et de centres de documentation utilisé par plusieurs centaines d\u2019établissements \u2022 y» .C M Æ m Coup d\u2019œil sur la version sous Windows : \u2022\tRecherche Web \u2022\tZ39.50 \u2022\tImportation/exportation compatible avec le format MARC \u2022\tThésaurus et fichiers d\u2019autorités intégrés \u2022\tCatalogue collectif \u2022\tGestion de succursales \u2022\tRéservation à la période et à la journée (matériel, locaux, etc.) \u2022\tInterface bilingue \u2022\tService d\u2019installation clé en main (serveur SQL, réseau, postes, serveur Web) Multimedia Grâce à ses banques de données adaptables, Regard s\u2019avère le système idéal pour gérer à la fois les actifs matériels et numériques (textes, photos, hyperliens et autres).Pour voir Regard de plus près, communiquez avec notre service à la clientèle au (514) 251-3730 www.grics.qc.ca/regard GRICS Regard sur les livres électroniques (e-books) Ce dossier propose un portrait actualisé du livre électronique (e-book).Après clarification du concept, quelques sources publiques et commerciales d\u2019œuvres numériques diffusées sur le Web sont introduites.On s\u2019attarde sur le fournisseur netLibrary, un acteur principal de l\u2019industrie avec qui plusieurs consortiums de bibliothèques font affaire.Sont ensuite présentés les logiciels de lecture spécialisés et les appareils dédiés (bouquineurs) conçus spécialement pour améliorer le confort de lecture.On s\u2019interroge sur la viabilité des bouquineurs à l\u2019heure des ordinateurs de poche multifonctions, et on mesure l\u2019impact des livres électroniques sur le monde de l\u2019édition où des systèmes sont proposés pour éviter le piratage, protéger les droits d\u2019auteurs et contrôler les usages.Malheureusement, l\u2019emploi de technologies propriétaires diminue une offre de contenus déjà peu étoffée.On fonde beaucoup d\u2019espoir sur la norme OEB (Open Electronic Book) pour autoriser la lecture des livrels sur n\u2019importe quel support.Enfin, l\u2019intégration du livre numérique dans les bibliothèques est commentée et on termine par quelques mots sur l\u2019invention de l\u2019encre électronique.Denis Levasseur Bibliothécaire École de technologie supérieure (ÉTS) denis.levasseur@etsmtl.ca e-Books : an Overview Following an explanation of the concept of the electronic book, this article discusses a number of public and commercial web sites featuring electronic publications, with special attention paid to netLibrary, supplier to a number of library consortiums.Specialized software and dedicated devices designed to improve readability are described.The viability of e-book readers in an era of multifunction pocket computers is questioned.The impact of electronic books on the publishing world is measured, in the light of systems being developed to combat piracy, protect copyright and control usage.Unfortunately, the use of proprietary technology reduces an already slim inventory.Hopes are being pinned on the OEB (Open eBook) standard which provides delivery of material in a single universal format.After considering the introduction of electronic books into library collections, the article concludes with a short discussion of the invention of electronic ink.Depuis son origine, l\u2019industrie du livre s\u2019articule autour du support papier, du moins jusqu\u2019à ce que la numérisation et le commerce en ligne soient apparus.Car aujourd'hui, on diffuse de plus en plus de livres électroniques dans Internet : des œuvres classiques du domaine public aux plus récents titres à succès que l'on peut acheter à partir de librairies virtuelles comme Amazon.com.Après s\u2019être attaqué aux ouvrages de référence, à la musique et aux revues savantes, le numérique s\u2019étend désormais aux livres.Les bibliothèques en mesurent de plus en plus la portée et l\u2019intérêt.Le Library Journal publiait dans son numéro du 15 avril 2000 un premier compte rendu critique d\u2019un e-book pour répondre à la demande de ses lecteurs.Ainsi reconnaissait-on l'importance du nouveau format.Malgré l'engouement actuel à propos des e-books, les livres électroniques ne datent pas d'hier (le Projet Gutenberg fête tout de même cette année ses 30 ans d\u2019existence).Les livres sur disquettes ont précédé les éditions sur cédérom et qui ne se souvient pas des petits disques optiques du Data Discman de Sony, dont l'un accompagnait La bibliothèque idéale de Bernard Pivot (Albin Michel).À l\u2019instar des livres imprimés, contenus et supports étaient intrinsèquement liés.Ce n\u2019est plus tout à fait le cas aujourd\u2019hui avec les ouvrages distribués par Internet, lesquels peuvent être lus de trois façons : \u2022\tdirectement sur le Web à F aide d\u2019un navigateur ; \u2022\tavec un logiciel de lecture installé sur tout ordinateur (poste de travail, ordinateur portable, assistant numérique personnel), après téléchargement de l\u2019œuvre ; \u2022\tsur des périphériques de lecture dédiés (bouquineurs).Voyons plus en détail ces nouveaux états du livre, en étant conscients toutefois que le marché du e-book et les technologies qui le sous-tendent sont encore bien jeunes et, par conséquent, des plus mouvants.Les joueurs de la première heure que sont NuvoMedia (concepteur du Rocket eBook), SoftBook Press et Glassbook n\u2019existent plus, et pas un mois ne passe sans qu\u2019on ne nous annonce une alliance entre acteurs de l\u2019industrie, un rachat ou une innovation technologique.Des sites de référence sur le e-book, cités en fin d\u2019article, aideront le lecteur intéressé à se tenir informé.ARGUS / Vol.30, ri 1, Printemps 2001 13 :.Terminologie Il existe une confusion au sujet du concept de livre électronique ou e-book (on écrit aussi ebook).Hawkins (2000a) le définit de la façon suivante : « An ebook is the contents of a book made available to the reader in electronic form » (p.16).Cette définition, pour nous la plus juste, indique clairement qu'un livre électronique est avant tout un contenu.Mais dans le marché naissant des e-books, ce terme est aussi employé pour identifier les appareils de lecture portatifs servant à lire les œuvres.Le livre électronique est alors le contenant, comme l\u2019a interprété l\u2019Office de la langue française (OLF), qui le définit ainsi : « Petit portable en forme de livre, muni d\u2019un écran de visualisation, qui permet de stocker et de lire les publications en ligne disponibles par téléchargement dans Internet1.» Cet imbroglio provient du fait que les fabricants aient baptisé leurs appareils « eBook », entraînant ainsi une confusion entre ces lecteurs de livres numériques et les livres eux-mêmes.Im distribution et la vente sur le Web de versions électroniques d\u2019ouvrages commerciaux est un phénomène relativement nouveau À défaut d\u2019une traduction commode pour parler des lecteurs portables, la plupart des francophones utilisent le mot e-book ou l\u2019une de ses variantes francisées : hibouc (hibouk), ibouque ou i-bouc.Au Québec, l\u2019OLF propose « livrel », suivant l\u2019exemple de courriel.Mais nous préférons utiliser ce terme comme un synonyme de « livre électronique ».Le néologisme que l\u2019on préfère est « bouquineur », lequel a été proposé sur le forum de discussion biblio-fr.Il rejoint l\u2019esprit de « baladeur » (qui est aussi un lecteur portatif) et reprend la familiarité du mot « bouquin » (Nicolas 2001 ).Nous F adoptons ici pour identifier les périphériques de lecture portables en espérant ainsi encourager son usage.Livres électroniques sur le Web ?Oeuvres gratuites Les internautes peuvent accéder sans frais à des livres électroniques dans Internet depuis longtemps.La consultation se fait d'ordinaire en ligne, directement sur le Web à partir d\u2019un fureteur.Parfois, les fichiers doivent être téléchargés sur un ordinateur pour être lus localement.De très nombreux sites proposent aux lecteurs des collections de livres qui ont été numérisés, convertis puis mis en ligne par des chercheurs universitaires, des passionnés de lettres, des bibliothèques ou par des entreprises commerciales.Les titres choisis sont du domaine public afin d\u2019éviter les problèmes liés aux droits d'auteurs ; ils se limitent essentiellement à des classiques de la littérature et aux fonds d\u2019archives historiques.Il est intéressant de noter que les premiers textes électroniques étaient saisis à la main.Le projet Gutenberg est le premier projet de numérisation d\u2019envergure.Il offre plus de 3 000 œuvres classiques (romans, contes, poèmes, pièces de théâtre, etc.) et ouvrages de référence (dictionnaires, almanachs, encyclopédies, etc.) principalement en langue anglaise.L\u2019addition de nouveaux titres repose sur le travail volontaire de centaines de bénévoles.Il s\u2019ajoute environ une cinquantaine de livres chaque mois.Le format ASCII a été privilégié dès le début (en 1971), car il peut être lu sur tout ordinateur.Les livres sont stockés et diffusés sous forme de fichiers compressés (archives ZIP), obtenus par FTP à partir de sites miroirs dispersés dans le monde\u2019.Précisons qu\u2019il existe différents logiciels pour convertir en d\u2019autres formats les textes électroniques du Projet Gutenberg.On trouve d\u2019autres banques de textes à l\u2019Electronic Text Center de l\u2019Université de Virginie (des milliers d\u2019écrits en 12 langues) et à Bartleby.comL Ce dernier site est intéressant, car il permet de chercher simultanément dans plusieurs ouvrages de référence, parmi 22 000 citations ou parmi quelque 4 765 poèmes.Du côté francophone, le projet Gallica de la Bibliothèque nationale de France propose 35 000 documents diffusés en mode image (TIFF incorporé dans PDF), reproduisant fidèlement les pages originales.L\u2019Association des bibliophiles universels (ABU) offre un corpus plus discret d\u2019environ 300 œuvres.La Bibliothèque électronique de Lisieux accorde pour sa part un traitement privilégié au patrimoine littéraire normand et un projet suisse, Athena, conduit aux textes numérisés et mis en ligne sur ce serveur et à des centaines d\u2019autres repérés dans Internet.Un site fort intéressant est La Foire aux textes, avec des œuvres de Maupassant, Zola, Flaubert, etc.Un outil de recherche précieux de livres électroniques gratuits se nomme The Internet Public Library / Online Texts Collection.C\u2019est un catalogue virtuel recensant plus de 15 000 ouvrages provenant de différentes collections, incluant certaines qu\u2019on vient de mentionner et des dizaines d\u2019autres.En outre, des textes du programme Notre mémoire en ligne de l\u2019Institut canadien de microreproductions historiques (ICMH) y sont répertoriés.Les livres peuvent être cherchés par auteur, par titre ou par cote, car ils ont tous été catalogués suivant le système de classification Dewey.Les hyperliens déclenchent l\u2019ouverture des documents directement à partir des serveurs d\u2019origine où ils sont stockés.L\u2019Université de Pennsylvanie offre un catalogue similaire, The On-line Books Page.?Sources commerciales La distribution et la vente sur le Web de versions électroniques d\u2019ouvrages commerciaux est un phénomène relativement nouveau.Des éditeurs, hésitants au début à cause de la sécurité, plongent dans l\u2019aventure numérique''.Les gros libraires Bames & Noble, Powell\u2019s Books et Chapters s\u2019y sont mis, eux qui disposent déjà de sites Web marchands à partir desquels on peut acheter des livres imprimés.Certains ne sont toutefois pas 14 ARGUS / Vol.30, n 1, Printemps 2001 convaincus : « Je ne crois absolument pas à ça ![.] Je ne me prépare pas du tout à me lancer dans ce genre d\u2019affaire [.] Ce n\u2019est que de la publicité indirecte pour faire augmenter leurs parts en Bourse », a déjà dit Pierre Renaud, PDG de Renaud-Bray, à un journaliste de l\u2019hebdomadaire Voir5.Malgré tout, de nouveaux fournisseurs tels Books24x7.com, Questia, iBooks.com, netLibrary et ebrary ont pris place sur Internet.Certains titres existent exclusivement en format numérique tandis que d\u2019autres sont offerts en livrel avant leur sortie sur papier.Le modèle de vente adopté par les librairies virtuelles est celui du téléchargement.Les livres sont acquis à la pièce, payés par carte de crédit, puis téléchargés par les clients sur leur ordinateur personnel pour être lus avec un logiciel ou un appareil de lecture spécifique (ces technologies sont présentées plus loin).D'autres fournisseurs privilégient l\u2019accès et la lecture des ouvrages à distance, sur leur serveur.Dans plusieurs cas, des collections entières de documents sont accessibles sur abonnement (par exemple, Books24x7.com, Questia), tandis que dans d\u2019autres les ouvrages doivent être acquis individuellement (par exemple, iBooks.com).L\u2019un des intérêts des systèmes de consultation sur le Web est la compilation de statistiques d\u2019utilisation.Par ailleurs, des dispositifs de protection sont mis en place pour assurer le respect des droits d\u2019auteurs et de reproduction ; l'impression ou le téléchargement de pages est restreint.Chez netLibrary, un lecteur reçoit jusqu\u2019à trois avertissements avant de se voir déconnecté du système s\u2019il tente d\u2019imprimer de façon abusive.Books24x7.com (anciennement Modem Age Books) et iBooks.com diffusent des centaines de titres en informatique provenant d\u2019une quarantaine d\u2019éditeurs tels que O\u2019Reilly, MIT Press, IBM, Que, Osbome/McGraw-Hill, Sams, Microsoft Press, Sybex et John Wiley & Sons.Chez iBooks.com, les ouvrages sont entièrement prévisualisables, mais de manière « embrouillée », c\u2019est-à-dire que seuls les titres de sections et les illustrations sont lisibles.Les titres achetés sont rassemblés dans une bibliothèque personnelle.Questia s\u2019adresse aux étudiants avec des dizaines de milliers de livres et d\u2019articles dans lesquels ils peuvent effectuer des recherches, créer des renvois, surligner, prendre des notes, insérer des signets, construire des bibliographies et rédiger des textes (tout cela en ligne !).Avec ebrary (qui devrait être lancé incessamment), des livres, des périodiques, des cartes et des documents d\u2019archives seront diffusés.La consultation des ouvrages (en format PDF) sera gratuite, le service devenant payant seulement lors de la copie d\u2019extraits, l\u2019impression de pages ou le téléchargement de fichiers6.Le cas de netLibrary Fondée en août 1998, cette compagnie américaine est un leader mondial dans la fourniture de livres électroniques dans Internet.Elle a lancé son site Web en mars 1999 avec deux mille monographies.Aujourd\u2019hui, avec un catalogue de plus de 30 000 titres, elle se positionne comme le plus gros fournisseur commercial de livrels spécialisés.netLibrary peut se targuer d\u2019avoir signé à ce jour plus de 320 ententes avec différents éditeurs et presses universitaires ou scientifiques.Les monographies produites par le Conseil national de recherche du Canada (CNRC) y sont notamment vendues.netLibrary a fait des bibliothèques (académiques, puis publiques et corporatives) sa clientèle privilégiée.Avec netLibrary, les bibliothèques peuvent acheter des exemplaires électroniques d\u2019ouvrages commerciaux pour les rendre disponibles à leurs usagers à partir de leur catalogue ou leur site Web.On peut aussi accéder aux livres par l\u2019intermédiaire de la base de données FirstSearch (OCLC).Le banque de livres de netLibrary couvre tous les domaines : sciences sociales, informatique, génie, droit, affaires, histoire, éducation, médecine, etc.Les livres sont choisis suivant une politique de développement des collections7.Les ouvrages pour la vente, en anglais seulement, sont organisés en collections thématiques par des bibliothécaires.Une centaine de titres sont numérisés et ajoutés chaque jour et netLibrary vise un taux de production de 200 livres quotidiennement afin d\u2019atteindre une capacité de 48 000 monographies par an (Albanese 2000).Une section publique donne accès sans frais à plus de 3 500 textes non protégés par des droits d\u2019auteurs, comme des livres du Projet Gutenberg et certains textes gouvernementaux.Les titres numérisés demeurent sur le serveur de netLibrary, bien qu\u2019il soit aussi possible pour un usager d\u2019installer sur son ordinateur le logiciel netLibrary eBook Reader pour consulter un ouvrage hors ligne®.L\u2019originalité de netLibrary est son système de prêt, calqué sur celui pratiqué en bibliothèque.L\u2019accès à un livre est exclusif et restreint à un seul usager à la fois, à moins d\u2019avoir acheté plusieurs « exemplaires » pour ce titre.Le lecteur dispose de 15 minutes pour le consulter avant de décider de l\u2019emprunter.La durée de prêt est définie par la bibliothèque et l\u2019usager perd son accès à la fin de cette période.Le livre redevient alors disponible pour une autre personne.Bien que cette façon de faire ne permette pas d\u2019exploiter le plein potentiel des livres numériques, elle a au moins eu le mérite de rassurer les éditeurs qui ont, par le fait même, accepté de collaborer.netLibrary prévoit néanmoins proposer sous peu des licences de site et songe même à la location de manuels de classe pour les étudiants, eux qui en ont souvent besoin que pour la durée d\u2019une session.Le prix de vente des livrels est le même que celui des éditions papier.Les bibliothèques peuvent acheter des titres à la pièce ou des ensembles thématiques.Un minimum de 200 livres doit cependant être acquis.Des frais d\u2019administration annuels de 9 % sont facturés en compensation pour la conversion et l\u2019hébergement des documents, l\u2019accès au système, la fourniture de statistiques, le support technique, l\u2019entretien du serveur, etc.Les bibliothèques peuvent choisir ARGUS / Vol.30, n 1, Printemps 2001 15 plutôt un accès perpétuel à leurs titres en déboursant 50 % de plus que le prix de vente.Mentionnons que des copies sont déposées chez OCLC en fidéicommis pour garantir aux bibliothèques l\u2019accès à vie à leurs collections au cas où netLibrary en viendrait à cesser ses activités.netLibrary fournit aussi aux bibliothèques les notices MARC contenant les URL (dans le champ 856) qui pointent vers les livres stockés sur son serveur9.Les statistiques d\u2019utilisation sont consultables par l\u2019entremise d\u2019un serveur extranet sécurisé.Parmi les données fournies, on trouve la liste des livres les plus consultés.Du côté de l\u2019interface, les contenus se présentent sur fond blanc et les pages ont une allure similaire aux originaux (Fig.1).La recherche dans la structure des documents est rendue possible grâce à l\u2019adoption du format XML ; ceci permet de ne faire afficher que les paragraphes qui contiennent les mots recherchés.Un dictionnaire interrogeable « à portée de souris » permet de trouver la signification d\u2019un mot.Soulignons enfin que netLibrary offre un service d\u2019impression à la demande de monographies, incluant la reliure et la livraison.On a pu constater que le produit est de très bonne qualité, semblable à celle des livres imprimés que l\u2019on trouve en librairie.Besoin de convivialité Dans bien des cas, le périphérique de lecture pour les livrels diffusés sur le Web demeure l\u2019ordinateur de bureau ; et sur ce sujet la majorité des lecteurs s\u2019entendent: la lecture sur un écran n\u2019est pas très conviviale.Le scintillement et la faible résolution (72 points par pouce (ppp), contre 1200 à 2400 ppp pour un livre imprimé) amènent assez rapidement une fatigue visuelle, sans compter la position peu ergonomique d\u2019un écran à la verticale.Par ailleurs, il a été démontré qu\u2019on lit moins vite sur un moniteur et de manière moins efficace que sur papier.Ainsi : « Numerous studies in university settings have discovered that people use the online (or other computer-based) version to browse, to do quick checking, or to decide what they do and do not want to read carefully.But if the piece is over a few screens in length, they print [.] for reading.» (Lynch 1999, p.4).Il est intéressant de noter que la plupart des fournisseurs de livres électroniques sur le Web sont conscients des limites de la lecture sur écran.Ils ne s\u2019attendent donc pas à ce que les usagers y lisent des livres en entier et soulignent plutôt leur utilité en tant qu\u2019ouvragés de référence.Ils nous invitent ainsi à percevoir leur réservoir de textes comme une immense base de connaissances : « For students and businesses, it makes it very convenient to log onto netLibraty and do a search on a word, phrase, concept, or idea, to search Figure 1 : Un livre électronique dans netLibrary instantly throught millions of pages of information, get the answer in front of me, and then continue on with my work.» (Albanese 2000, p.127).D\u2019aucuns voient une tout autre utilité aux livres électroniques sur le Web : l\u2019accès au texte intégral par Internet facilite le choix d\u2019un titre à se procurer en format papier70! Bien que l\u2019écran d\u2019ordinateur soit un médium bien adapté pour la consultation ponctuelle d\u2019informations et la lecture sélective de textes courts, c\u2019est une tout autre affaire pour la lecture intégrale et continue d\u2019un roman qu\u2019on préférera dévorer sur papier.On peut en outre le parcourir dans son lit, dans le métro ou l\u2019autobus, à la plage ou assis confortablement dans un fauteuil.A défaut d\u2019un équivalent numérique adéquat, l\u2019imprimé ressort habituellement gagnant en tant qu\u2019interface privilégiée pour la lecture de loisir.Pourtant, des concepteurs ont développé des logiciels et des appareils innovateurs dans le but d\u2019améliorer l\u2019expérience de lecture des livrels.Examinons-les.Logiciels de lecture spécialisés ?Acrobat eBook Reader Le logiciel de lecture Acrobat eBook Reader (gratuit) est la réédition du lecteur Glassbook de la compagnie du même nom, achetée l\u2019an dernier par Adobe.Il permet de lire sur ordinateur des livrels au format PDF en offrant des fonctionnalités évoluées : surlignement (ou mise en surbrillance) de mots ou de passages, prise de notes sous forme de Post-it, ajout de signets, zoom, affichage de deux pages côte à côte, recherche de mots, etc.Une fois le logiciel installé sur un ordinateur portable en particulier, il simule la page d\u2019un livre ouvert lorsqu\u2019on bascule l\u2019appareil de 90 degrés (Fig.2).Il y a un dictionnaire dans la version Plus du produit, laquelle nous autorise à prêter ou à donner ses livrels à une autre personne.Une fonction novatrice est celle de pouvoir entendre la prononciation d\u2019un mot.La protection des documents PDF peut être assurée par des verrous qui empêchent, au besoin, la retouche du texte, l\u2019impression de pages et/ou la copie d\u2019extraits.Acrobat eBook Reader permet de stocker sur sa machine ses livrels et de les organiser par titre, auteur ou catégorie.De sa bibliothèque, il suffit de cliquer sur l\u2019imagette de la couverture d\u2019un ouvrage pour l\u2019ouvrir.Un utilisateur peut ajouter ses propres documents PDF par simple glisser/déposer.Adobe vend dans sa librairie virtuelle (Adobe eBook Bookstore) des dizaines d\u2019œuvres populaires qui peuvent être achetées par Internet depuis le logiciel lui-même.La librairie fonctionne avec le système Content Server qu\u2019Adobe propose aux éditeurs et aux autres librairies en ligne pour la vente sécurisée de livrels.Adobe a comme partenaire de vente principal Barnes & Noble, mais des livres électroniques gratuits ou payants de diverses autres sources, soit en format PDF ou « Glassbook » (lisible dans le lecteur d\u2019Adobe), peuvent être dénichés sur le Web.?Microsoft Reader Microsoft n\u2019a pas manqué l\u2019occasion de s\u2019immiscer dans le marché prometteur du livrel et a mis au point son logiciel Microsoft Reader (gratuit) et sa technologie ClearType, qui améliore sensiblement le rendu des caractères sur un écran.Tout comme le produit d\u2019Adobe, Microsoft Reader permet d\u2019acheter et de télécharger des ouvrages en ligne, de les classer, les lire, les annoter, les surligner, grossir les caractères, ajouter des signets (colorés dans ce cas-ci) et faire des recherches de mots dans le texte.On ne peut cependant pas imprimer de pages avec Microsoft Reader, mais tout utilisateur peut télécharger gratuitement l\u2019Encarta Pocket Dictionary, ce qui lui permet par la suite de trouver la définition d\u2019un mot au fil d\u2019une lecture.La discrétion de l\u2019interface utilisateur est à souligner : les fonctions sont cachées et n'apparaissent qu\u2019après avoir cliqué sur une page.Figure 2 : Ancien logiciel de lecture Glassbook, devenu l\u2019Acrobat eBook Reader ClearType permet d\u2019augmenter la résolution d\u2019affichage de 300 % sur un écran à cristaux liquides (LCD), permettant ainsi d\u2019atteindre 300 points par pouce77, ce qui est fort convenable quand on sait qu\u2019une résolution de 200 à 300 ppp suffit amplement pour assurer une lecture confortable sur un écran.Précisons qu\u2019Adobe a développé de son côté CoolType, une technologie similaire.Les concepteurs de ClearType ont voulu transposer la qualité de l\u2019imprimé sur ordinateur en arrondissant le contour des caractères.Comme on sait, ceux-ci sont formés de tout petits carrés, les pixels, ce qui leur donnent une apparence dentelée (contours en escaliers).Malheureusement, la technologie ClearType ne donne pas son meilleur sur les écrans cathodiques.Des livres électroniques en format Microsoft Reader peuvent être acquis chez Bames & Noble (près de 1 500 titres), Amazon.com, ePocket, et sur bien d\u2019autres sites où l\u2019on a adopté ce format, comme par exemple P Electronic Text Center de l\u2019Université de Virginie et la Bibliothèque électronique de Lisieux, pour ses nouveautés.Un partenariat entre Microsoft et la firme OverDrive nous fait bénéficier gratuitement du logiciel d\u2019édition ReaderWorks, qui permet de ARGUS / Vol.30, ri 1, Printemps 2001 17 créer nos propres livrels au format Microsoft Reader à partir de fichiers Word, HTML, ASCII ou image.Ce qui est fort intéressant avec Microsoft Reader par ailleurs : il peut être installé sur les ordinateurs de poche.?\tD\u2019autres logiciels de lecture Les assistants numériques personnels (PDA) peuvent se transformer en lecteurs de livrels si on leur ajoute le logiciel adéquat ; Mobipocket, AportisDoc et Peanut Reader en sont des exemples.Fonctionnant sous Palm OS, Windows CE ou Pocket PC, certains permettent aussi de télécharger à partir d\u2019Internet diverses informations courantes distribuées en plusieurs langues : nouvelles, chroniques, extraits de dossiers de grands quotidiens ou de magazines, etc.Mais il faut reconnaître que la faible résolution et la petitesse des écrans n\u2019offrent pas un confort de lecture optimal.Dans le cas particulier des dispositifs Palm Pilot, ils n\u2019ont tout simplement pas été conçus pour cela : ils servent avant tout à la mise à jour d'informations personnelles (rendez-vous, adresses, tâches, etc.).Périphériques de lecture portables ?\tPortrait du bouquineur (e-book) Ce sont les périphériques portables dédiés à la lecture de livres électroniques qui suscitent le plus l\u2019attention dans le domaine.Le bouquineur enflamme les esprits en se substituant au livre comme objet, tout en permettant de transporter sa bibliothèque personnelle dans ses déplacements.Le modèle courant se présente sous la forme d\u2019une tablette à affichage numérique ayant à peu près le format et l\u2019épaisseur d\u2019un livre relié.Il n\u2019est pas plus pesant qu\u2019un gros roman à couverture rigide et sa prise en main est confortable.Ses fonctionnalités sont similaires à celles mentionnées pour les logiciels de lecture.On peut ainsi ajuster à notre guise la taille des caractères ou l\u2019orientation du texte, surligner/souligner des phrases et ajouter des signets.La recherche de mots permet de retrouver facilement un passage bien dissimulé à travers des centaines de pages : par exemple le nom d\u2019un personnage, la mention d\u2019un lieu ou un dialogue.De plus, un dictionnaire y est souvent intégré.Un écran tactile à cristaux liquides et un mécanisme de rétroéclairage, qui permet la lecture dans l\u2019obscurité, sont caractéristiques des bouquineurs.La prise de notes se fait à l\u2019aide d\u2019un stylet avec reconnaissance optique d\u2019écriture ou par l\u2019entremise d\u2019un petit clavier virtuel affichable à l\u2019écran.Les fonctions sont appelées par des icônes tactiles et/ou par l\u2019usage du stylet.On tourne les pages avec des boutons.La plupart des modèles sont dotés d\u2019un modem intégré pour le téléchargement des contenus, qui sont acquis, en quelques minutes, à partir des sites Web des fabricants ou de librairies en ligne.Sauf exceptions, les serveurs conservent en mémoire nos achats.Ainsi, on n\u2019a pas à repayer pour récupérer un titre qu\u2019on aurait effacé pour faire de la place.Les livres peuvent être téléchargés préalablement sur ordinateur, là où notre bibliothèque peut être conservée.?Modèles de Gemstar Deux modèles de bouquineurs ont été lancés aux Etats-Unis en octobre de l\u2019année dernière : le REB 1 100 et le REB 1200 (Fig.3).Le premier, vendu au Canada au prix de 499,99 $/2, est une évolution du Rocket eBook de NuvoMedia.Le second est inspiré de l\u2019ancien SoftBook Reader de SoftBook Press.Ces deux compagnies ont été acquises en janvier 2000 par la société Gemstar-TV Guide International qui s\u2019est alliée à Thomson Multimedia, en outre pour la fabrication des appareils sous sa marque RCA.Le REB 1100 est le plus petit (5 po x 7 po x 1,5 po) et le plus léger (0,5 kg) des deux appareils.Son écran monochrome mesure 5,5 po de diagonale et sa capacité de stockage est de 8 Mo, soit l\u2019équivalent d\u2019une vingtaine de livres (8 000 pages).Une carte d\u2019extension permet de stocker jusqu\u2019à 130 000 pages (128 Mo), soit plus de 350 livres.Le REB 1200 est plus gros (7,5 po x 9 po x 1,25 po) et plus lourd (presque 1 kg).Il est aussi plus luxueux avec sa couverture de cuir et son écran couleurs (diagonale de Figure 3 : Bouquineurs de RCA/Gemstar : modèles REB 1100 et REB 1200 8,2 po).Son prix s\u2019élève à plus de 1 000 $ (699 $ US).Sa surface d\u2019affichage plus étendue est mieux adaptée aux magazines et aux livrels techniques.Le REB 1100 convient pour la lecture de fiction et de tout autre contenu qui se marie bien avec le format de poche.La durée des piles oscille entre 20 et 40 heures pour le REB 1100 et de 5 à 10 heures pour le REB 1200, tout dépendant de l\u2019intensité du rétroéclairage.Le chargement d\u2019une pile prend environ 90 minutes.Le REB 1100 se vend avec une station d\u2019amarrage pouvant être reliée à son ordinateur par port USB ou infrarouge pour transférer des contenus au besoin.En plus d\u2019un modem 56 Kbps pour le REB 1200 (33,6 Kbps sur le REB 1100), un port Ethernet accélère le téléchargement des livrels si on bénéficie d\u2019une connexion par câble à Internet.Les résolutions d\u2019affichage du REB 1100 et du REB 1200 sont respectivement de 108 ppp et de 97,3 ppp.La librairie et le kiosque en ligne de Gemstar sont pourvus de quelques milliers de livrels et de plusieurs titres de journaux et magazines (The New York Times, The Washington Post, Newsweek, Fortune, Computer World, Sports Illustrated, etc.).Ces documents peuvent aussi être acquis de Bames & Noble et Powell\u2019s Books.Les livres sont surtout constitués d\u2019œuvres populaires et d\u2019imagination (romance, science-fiction, policier, suspense, etc.) et de guides pratiques.Plusieurs sont écrits 18 ARGUS / Vol.30, n\" 1, Printemps 2001 par des auteurs à succès tels Stephen King, Mary Higgins Clark et Peter Drucker.À noter que le REB 1100 peut lire tous les titres au format RocketEdition de l\u2019ancien Rocket eBook (eRocket) que Gemstar a retiré du marché des bouquineurs lorsqu\u2019elle a acquis NuvoMedia.On trouve ainsi une quarantaine de titres en français chez 00h00.com'-'.Précisons que les livrels de Gemstar sont encryptés et ne sont lisibles que d\u2019un seul et même appareil ; ils ne peuvent pas être transférés dans un autre.?Le Cybook et les autres Le Cybook de nos cousins français, conçu par la société Cytale, a été lancé le 22 janvier dernier dans l\u2019Hexagone.Il est vendu à 5 700 francs, soit environ 1 200 dollars canadiens.Il peut stocker jusqu\u2019à 15 000 pages et permet aussi de naviguer sur le Web par l\u2019entremise du modem intégré.Son écran tactile en couleurs est de bonne taille (8,25 po x 6,3 po).Un catalogue de 850 titres a été annoncé lors du lancement, mais actuellement on ne dénombre qu\u2019un peu plus d\u2019une centaine d\u2019œuvres dans la librairie de Cytale : plusieurs classiques vendus entre 10 et 40 francs (soit de 2 à 9 dollars) et des nouveautés francophones.Un résumé pour chaque œuvre nous renseigne sur les livres offerts.On envisage d\u2019enrichir le tout avec des extraits, les biographies des auteurs, des entrevues et des commentaires ou critiques.L\u2019eBookMan de Franklin est apparu tout récemment sur les tablettes des marchands.Offert en trois modèles, il s\u2019apparente davantage à un assistant numérique personnel offrant comme fonctions principales, outre le classique agenda et l\u2019écoute de musique au format MP3, la lecture de livres électroniques.L\u2019écran de 3,25 po x 2,8 po est tout de même plus grand que celui d\u2019un Palm Pilot (2,25 po x 2,25 po).L\u2019eBookMan peut lire des livrels au format Mobipocket et comprend un logiciel pour l\u2019écoute de livres audio.Il devrait incorporer Microsoft Reader au courant de l\u2019année.Ce bouquineur n\u2019a pas de modem et le chargement en contenus doit donc passer par un ordinateur.Quelques autres bouquineurs ont fait parler d\u2019eux, mais ne sont pas encore disponibles.Un appareil de fabrication coréenne, le hieBook, sera lancé sous peu en Amérique du Nord et proposera lui aussi un agenda personnel et la lecture de musique au format MP3.Un modèle pliant haut de gamme, avec deux écrans haute résolution disposés côte à côte (l\u2019ancien EveryBook Dedicated Reader), sera commercialisé par N-Vision (s\u2019il finit par l\u2019être car il est annoncé depuis longtemps).Le dispositif de lecture goReader promet pour sa part d\u2019être le bouquineur des étudiants en misant sur le marché des manuels scolaires (textbooks), et on devrait pouvoir stocker des pages dans F @Folio sous la forme de fac-similés en « imprimant » des contenus depuis son ordinateur'1'.?Un rival : l\u2019ordinateur de poche Un obstacle pourrait limiter le déploiement à grande échelle des bouquineurs : les assistants numériques personnels et les ordinateurs de poche de type PalmPilot ou Pocket PC, tels le Cassiopeia (Casio), l\u2019iPaq (Compaq), le lornada (Hewlett-Packard) ou le Visor (Handspring).Ils se tiennent facilement dans la main et offrent plusieurs fonctionnalités : agenda, carnet d\u2019adresses, album photo, courriel, navigation Web, lecture d\u2019actualités, écoute de musique au format MP3, jeux, etc.Ceci inclut la lecture de livrels, particulièrement sur tous les appareils Pocket PC qui disposent de Microsoft Reader'5.Le fait que l\u2019écran de visualisation soit plus petit demeure toutefois un inconvénient.Mais à première vue, il paraît difficile de ne pas préférer au REB 1100 par exemple, pour un prix équivalent, un ordinateur de poche couleurs, polyvalent, supportant aussi les formats ASCII.HTML et PDF, et en comparaison duquel n\u2019importe quel bouquineur semble un peu limité.Des technologies fermées Qui s\u2019intéresse aux livrels fait face à une pléthore de formats : Microsoft Reader, PDF, RocketEdition, ASCII, netLibrary, Glassbook, CytalePage, SGML, peanutpress, SoftBook, HTML, RTF, AportisDoc, Mobipocket, etc.En fait, les livrels commerciaux sont vendus dans des formats conçus exclusivement pour être lus par un logiciel de lecture et/ou un bouquineur spécifique.La raison évoquée par les fabricants : protéger les intérêts des éditeurs en évitant la copie et le piratage.Car l\u2019usage de technologies propriétaires ne se limite pas seulement au format, mais aussi au dispositif de cryptage.Ainsi, les monographies électroniques de netLibrary ne sont pas lisibles sur les bouquineurs ni sur les ordinateurs de poche.Il faut les consulter en ligne ou à partir d\u2019un micro-ordinateur (ou d\u2019un portable) muni du logiciel netLibrary eBook Reader.Un autre exemple : les appareils RCA ne lisent que des livrels qui ont été encryptés dans le format de fichier propre à Gemstar.Qui plus est, chaque livre acheté est littéralement dépendant de son bouquineur et ne peut pas être lu sur un autre, de modèle identique, chacun ayant sa propre clé d\u2019encryptage.Il devient alors impossible de prêter ou de donner un livrel à quelqu'un.De plus, on ne peut pas y stocker des fichiers HTML ou PDF, ni même installer le logiciel Microsoft Reader pour lire des textes dans ce format et ainsi profiter de la résolution d\u2019affichage optimisée (de 300 ppp) autorisée par ClearType.Les livres encodés en ASCII du projet Gutenberg, pourtant gratuits et compatibles avec tout type d\u2019ordinateur, ne peuvent même pas y être lus ! Cette situation a des incidences directes sur l\u2019offre de contenus.Certains éditeurs décident de produire leurs titres en différents formats de fichiers, mais plusieurs se concentrent sur un seul.Cette réalité est comparable à ce qu\u2019on observe dans l'industrie du jeu vidéo, où tel titre ou tel autre n\u2019est disponible que sur telle ou telle plate-forme (Dreamcast, PC-Windows, Nintendo, PlayStation 1 ou 2, Macintosh, Game Boy, Xbox, etc.).L\u2019offre d\u2019ouvrages pour un support particulier s\u2019en trouve alors diminuée, ce qui peut être préjudiciable dans un marché où les livres électroniques ne représentent pas même 1 % de tous les livres vendus (cf.Forrester Research).Un lecteur qui ARGUS / Vol.30, n 1, Printemps 2001 19 fiAIS-Auri AUSSI 2 fcoVAtVj' jSf/SSSr 3 VifïSC est E^3Miy, &iP e«RR#-
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