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Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Hiver
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
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Argus, 2004, Collections de BAnQ.

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[" PER A-'iS BNQ LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATION DOCUMENTAIRE Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec Cyberthécaïre : OpenOffice I scetMüM UiSE* W£Ci V mm \u2018W& L'ENGAGEMENT -\tL'engagement des bibliothécaires dans la société de l'information -\tALA and Political Action -\tL\u2019énigmatique Monsieur Herr -\tS\u2019engager pour le milieu scolaire -\tLe Saint Patron des bibliothécaires -\tLes Amis de la bibliothèque publique -\tDéclaration de Buenos Aires Premier colloque EBSI-ENSSIB sur le numérique Vol.33, n°3, Hiver 2004 Poste publication 40021801 A+ Certification Study Guide.Fifth Edition Photoshop cs DUMMIES tâ/CiWË^ÉfËS/ELQPMEIMT SERIES G-RM-E ?EVELDPE-R\u2019S IYlfl«KET GUIDE First Look Office 2Q03 Mythe : Personne n'utilise les livres électroniques.Réalité : Les professionnels des technologies, les professeurs et les étudiants les utilisent tous les jours.Un ingénieur a besoin d'une certification.Un étudiant doit rafraîchir ses connaissances sur PERL.Un développeur veut rapidement une information de programmation.Et un usager a besoin de conseils pour l'installation d'un programme.Vers quelles ressources se tournent-ils pour trouver les réponses à leurs questions?Votre bibliothèque et les livres électroniques de netLibrary.netLibrary offre plus de 2000 titres sur les ordinateurs et les technologies de Sybex, Microsoft Press, Idea Group, John Wiley & Sons, McGraw-Hill Professional et d'autres éditeurs reconnus.Les usagers se fient aux livres électroniques sur les technologies de l'information car ils sont récents en plus d'être très accessibles.Pour trouver les réponses à leurs questions, une recherche par mot-clé suffit! Voici une autre façon pour netLibrary de continuer d'offrir du nouveau contenu de qualité aux bibliothèques.Les bibliothécaires font toute la différence.OC www.oclc.org/ca/fr/ I Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec Sommaire Comité de rédaction Cécile Lointier, présidente Audrey Attia Catherine Bernier Jocelyne Dion Geneviève Gamache-Vaillancourt Alex Guindon Olivia Marleau Traduction Hélène Roy Catherine Brouillet Révision Catherine Bernier 3 Le mot de présentation Cécile Lointier 5 Style Libre Pas de cadeau pour le privé Alex Guindon 7 Cyberthécaire Pour des fichiers.équitables! : OpenOffice : Une alternative à code source libre pour M$ Word Olivier Charbonneau Page couverture Line Bodiguel Illustration couv.Patrice Monfette Illustration Andrea Harland Dossier : L\u2019engagement 9 Introduction Infographie Manon André Impression CRL Imprimerie Publicité Line Glaude (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage 1000 exemplaires il L'engagement des bibliothécaires à l'heure de la société de l'information Hervé Le Crosnier 17 ALA and Political Action : Ensuring the Public\u2019s Right to Know in the Digital Age Nancy Kranich 25 L\u2019énigmatique Monsieur Herr Catherine Bernier 29 S\u2019engager pour le milieu scolaire Jocelyne Dion ARGUS est une revue publiée trois fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au 353, rue St-Nicolas, bureau 103, Montréal (Québec), H2Y 2P1.Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Internet : info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n'engagent que ceux-ci.L\u2019abonnement annuel est de 30 $ (12 $ le numéro) tarif individuel au Québec, 34 $ (12 $ le numéro) tarif institutionnel au Québec, 42 $ (15 $ le numéro) au Canada, 42 $ US (15 $ US le numéro) à l\u2019extérieur du Canada et 19 $ pour les étudiants.31 Que notre véritable Saint Patron se lève s\u2019il-vous-plait! Jacques Messier 33 Les Amis de la bibliothèque publique Diane Mittermeyer 40 Déclaration de Buenos Aires sur l\u2019information, la documentation et les bibliothèques 43 Compte rendu du 1er colloque EBSI-ENSSIB sur Le numérique : impact sur le cycle de vie du document Jacques Grimard Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans Pascal Thema, T205 : Sciences de l'information-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts Library (LISA), Literature et Repère.45 État des milieux Les bibliothèques collégiales : sous-financées mais dynamiques Daniel Marquis et Raymonde Beaudry 47 Compte rendu Le métier de documentaliste Luc Girard ARGUS / Vol.33, n\u201d 3, Hiver 2004 1 SERVICE AUX INSTITUTIONS ET ENTREPRISES PRODUITS\tSERVICES \u2022\tCD, livres (français et anglais) \u2022\tDVD/VHS, cédéroms et logiciels \u2022\tPartitions, instruments de musique et accessoires \u2022\tJeux (éducatifs et de console) \u2022\tPapeterie fine et publications officielles \u2022\tConseils personnalisés \u2022\tSalles d\u2019exposition \u2022\tEnvois d\u2019office/consignations \u2022\tService de recherche bibliographique \u2022\tCommandes spéciales \u2022\tRéparation d\u2019instruments et location de pianos, Montréal (Berri) Chèques-cadeaux Cadeaux corporatifs Service de réclamations d\u2019assurance GROUPE ARCHAMBAULT INC.® QUEBECOR MEDIA ARCHAMBAULT \u201c?camelot^ Paragraphe mi ioi/-ti ici a Iûo+i irû a wi/HAr»\tDTOduitS musique \u2022 lecture \u2022 vidéo (514) 849-6201 poste 493 produits d\u2019informatique (514) 849-6206 poste 325 livres anglais (514) 845-5811 Librairies agréées en français et en anglais Information générale: (514) 849-6201 poste 493 Le mot de présentation Alex Guindon ouvre ce troisième numéro de 2004 avec un texte sur le financement et la reconnaissance de l\u2019importance de l\u2019éducation dans notre société.Il y traite des disparités entre les écoles publiques et privées dans un contexte où ces dernières reçoivent 60 % du financement gouvernemental.Olivier Charbonneau nous présente quant à lui la suite bureautique OpenOffice, plus particulièrement son traitement de texte, qui constitue une alternative gratuite à l\u2019utilisation du logiciel Word de Microsoft.Nous vous proposons ensuite un dossier sur l\u2019engagement des bibliothécaires à l\u2019heure de la société de l\u2019information.Hervé Le Crosnier, célèbre pour avoir fondé la liste de discussion de bibliothécaires francophones biblio-fr, nous entretient des grands enjeux qui traversent la société en les mettant en relation avec notre métier et nos bibliothèques.Après un essai de définition de la société de l\u2019information, il nous parle des nouvelles formes d\u2019engagement, des problèmes liés à l\u2019extension du droit d\u2019auteur et de la propriété intellectuelle, et incite le lecteur-bibliothécaire à réfléchir à sa place dans la société.Mme Kranish, ancienne présidente de l\u2019American Library Association, nous entretient plus loin de l\u2019engagement de son association contre la restriction du droit d\u2019auteur et contre le Patriot Act.Elle nous montre comment l\u2019ALA a combattu, le plus souvent avec succès, les restrictions des libertés individuelles et le droit d\u2019accès à l\u2019information, et comment elle a œuvré à la promotion d'une société de l\u2019information libre et ouverte.Catherine Bemier, pour sapait, nous fait découvrir un bibliothécaire français du début du XXicm,! siècle, un intellectuel très impliqué dans la vie politique de son temps.Lucien Herr s\u2019est en effet engagé dans la défense du capitaine Dreyfus en même temps que dans le mouvement sociahste, notamment avec Jean Jaurès.Jocelyne Dion nous parle de son engagement en faveur des bibliothèques scolaires au Québec par le biais de l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) et de ce que cet engagement lui a apporté personnellement et professionnellement.Jacques Messier nous brosse par la suite le portrait de notre Saint Patron, Saint Jérôme, sans doute méconnu par bien des bibliothécaires.Diane Mittemeyer nous propose à son tour un long article sur les Amis de la bibliothèque, ces groupes de citoyens qui s\u2019engagent en faveur de leur bibliothèque municipale.Elle se penche sur le cas du Québec, où il existe peu de groupes de ce genre par rapport au monde anglo-saxon, et en analyse les conséquences.Enfin, le dossier ce clôt avec la traduction de la déclaration de Buenos Aires, où des bibliothécaires sud-américains réaffirment l\u2019importance de notre profession ainsi que leur engagement envers le développement social et le libre accès, pour tous, à l\u2019information.Vous retrouverez aussi, dans nos dernière pages, le compte rendu du colloque qui s\u2019est tenu à l\u2019Université de Montréal en octobre dernier, organisé par l\u2019EBSI et L\u2019ENSSIB.Ce dernier traitait des effets de la technologie numérique sur le cycle de vie des documents.Par ailleurs, la chronique État des milieux nous présente les observations relatives aux bibliothèques scolaires québécoises à partir d\u2019une étude récente de l\u2019Observatoire de la culture et des communications du Québec.Enfin, nous inaugurons une nouvelle rubrique, Ce qu\u2019ils pensent de nous, qui prend la forme de petites capsules disséminées dans tout le numéro et qui vous présente des propos -toujours véridiques - recueillis auprès de nos usagers et de la population en général.Pour ce numéro, nous avons sélectionné quelques perles d\u2019élèves de première année du secondaire qui nous ont dit ce qu\u2019était un bibliothécaire (ou plutôt une, si l\u2019on se fit à leurs réponses).Nous comptons interroger à l\u2019avenir d\u2019autres catégories de la population et vous faire part des réponses les plus étranges, cocasses, intrigantes ou particulièrement remarquables.Pour terminer, un merci tout spécial à Audrey Laplante, qui nous a donné un coup de main pour ce numéro, ainsi qu\u2019à Patrice Monfette, pour le dessin de notre couverture.Bonne lecture! Cécile Lointier c_lointier@yahoo.com VISARD La solution documentaire adaptée à vos besoins Nouvelle version automne 2004 mim Academus : Gestion intégrée des centres d'information ?Catalogage, recherche, prêts, périodiques, acquisitions,thesaurus multilingue ?Outil de veille, de DSI et de GED ?Confidentialité et groupes de travail ?Portail Internet, recherche et réservation, profils personnalisés, saisie à distance Ajaris-Pro : Gestion de base de données multimédia ?Gestion centralisée et sécurisée de documents multimédia (images fixes et animées, sons, documents composites) ?Gestion de la confidentialité ?Interface Web : Recherche dans le catalogue, prêts, commandes technologie v.lnmagic content server Content Server : Gestion ^automatique multi-informationnelle, ?Base de données flexible avec moteur de recherche puissant et précis basé sur DB/TextWorks ?Intégration automatique de l'information interne et externe ?Mise à disposition d'une information riche, pertinente et contextuelle ?Exploitation maximale de l'environnement Microsoft SQL BookWhere I r V BookWhere V4 BookWhere Online ?Client Z39.50 dis IS Y S T eB1¥ si f Dip Maker : Gestion Électronique | \\de Documents\tJ ?\tLogiciel de GED multibases ?\tInterface unique pour tous les documents ?Accès WEB public et confidentiel Nos services : ¦?installation et paramétrage des logiciels -?Récupération et conversion des données ¦?Formation -?Support technique et maintenance -?Développement sur mesure -?Hébergement de catalogues Visard Solutions Inc.1000, rue Saint-Antoine Ouest, bureau 611, Montréal, (Québec) H3C 3R7 Tel.: (514) 286-9494 Téléc.: (514) 286-5173 www.visard.ca / info@visard.ca Pas de cadeau pour le privé passer pour une espèce de cryptocommuniste, j\u2019ose affirmer qu\u2019un des principaux problèmes est la place accordée au réseau privé.Je suis toujours étonné de voir que notre société, qui s\u2019oppose de toutes ses forces à la privatisation des soins de santé ou à la création d\u2019un réseau privé parallèle, n\u2019ait pas les mêmes scrupules quant il s\u2019agit de l\u2019éducation.Le Québec a un réseau d\u2019écoles privées florissant : on y mesure une augmentation de 14 % en cinq ans de la population étu- Alex Guindon guindona@alcor.concordia.ca Je donne la semaine prochaine à l\u2019EBSI mon dernier cours de la session.Pour une première expérience, ça s\u2019est plutôt bien passé.Assez pour songer à récidiver si l\u2019occasion se présente et si les circonstances s\u2019y prêtent.J\u2019ai eu beau me plaindre de la quantité de préparation et du peu de temps dont j\u2019ai disposé avant la session pour m\u2019y adonner, il reste que j\u2019ai réussi à faire tout ça en plus de mon emploi à temps plein sans trop passer de nuits blanches.Bref, je ne suis pas Mère Thérésa.Et, pour avoir deux parents enseignants au secondaire, je sais que je l\u2019ai eu facile.Rien de bien héroïque à se présenter devant une classe de jeunes femmes sérieuses - il y avait bien trois ou quatre représentants de la gent masculine également - ayant passé depuis un bon moment la période tumultueuse de l\u2019adolescence.La réalité des enseignants au primaire et au secondaire est bien différente.11 n\u2019est pas exagéré de parler de vocation quand on a affaire à des groupes de quarante adolescents qui préféreraient souvent être ailleurs plutôt que d\u2019assister à un cours sur l\u2019accord du participe passé des verbes pronominaux ou sur la trigonométrie.Quand on a la fibre pédagogique et assez de chance pour enseigner dans un milieu pas trop défavorisé, ça peut être stimulant, voire exaltant.Dans d\u2019autres circonstances, l\u2019expérience peut ressembler à une séance de torture à répétition.Les statistiques sur le nombre de « bumouts », particulièrement chez les nouveaux enseignants, témoignent de la difficulté de la tâche et de la nécessité d\u2019avoir des aptitudes en communication plus fortes que la moyenne pour réussir dans l\u2019enseignement.Si on fait abstraction des ridicules récriminations contre les deux mois de vacances estivales (ces envieux n\u2019ont sans doute aucune idée du nombre d\u2019heures travaillées par les enseignants durant une semaine moyenne), la population, de façon générale, recomiaît l\u2019importance et la difficulté du métier d\u2019enseignant.Malheureusement, cette reconnaissance de l\u2019importance de l\u2019éducation pour notre société ne s\u2019accompagne pas souvent d\u2019une réflexion plus approfondie sur les conditions actuelles de l\u2019enseignement primaire et secondaire au Québec.A trop être obsédé par notre réseau de santé, on oublie que certaines choses clochent dans nos écoles publiques et, au risque de diante.Aujourd\u2019hui, 10% des jeunes fréquentent ces écoles.Ce n\u2019est pas rien1.Et le plus surprenant, c\u2019est que plusieurs personnes ne savent pas encore que ces écoles sont largement subventionnées par l\u2019État, à hauteur de 60 % en moyenne.Mais je ne veux pas entrer dans une guerre de chiffres : les problèmes sociaux sont trop souvent réduits à une querelle d\u2019experts, entendre d\u2019économistes, qui s\u2019empressent de calculer les coûts de chacune des options.Ainsi, il en coûterait plus cher à l\u2019État d\u2019envoyer tous les jeunes au public puisque dans ce cas, chaque étudiant serait subventionné à 100 %.Je m\u2019en fous! Là n\u2019est pas la question.Quand on parle d\u2019une mission fondamentale de l\u2019État, comme l\u2019éducation, il faut plutôt s\u2019interroger sur les objectifs généraux des programmes, sur ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 5 Andrea Harland, 2005 l\u2019équité et l\u2019accessibilité de ceux-ci.Bref, il faut se préoccuper avant tout du bien commun.Combien ça coûtera?Je ne sais pas.On ne me fera pas croire qu\u2019une société riche comme la nôtre ne peut pas se payer un système d\u2019éducation public et universel.En attendant, malgré les sempiternelles promesses de « réinvestissement massif » en éducation, les ressources sont fort limitées, surtout en ce qui concerne les services de soutien à l\u2019enseignement : psychologues, orthopédagogues, etc.Et c\u2019est sans parler de la situation lamentable des bibliothèques scolaires, qui n\u2019existent plus que de nom dans la plupart des écoles.On peut évidemment répondre que les écoles privées comptent rarement sur des ressources bien meilleures en ce domaine, mais c\u2019est oublier une donnée fondamentale : la population de ces institutions est sélectionnée à l\u2019entrée et provient très largement de classes sociales favorisées.Les jeunes provenant de milieux familiaux pauvres ou dysfonctionnels y sont plutôt rares; idem pour les cas de difficulté d\u2019apprentissage et de problèmes de comportement graves.Bref, ce n\u2019est pas dans ces écoles qu\u2019on a le plus besoin de soutien à l\u2019enseignement.En moyenne, c\u2019est plus facile d\u2019enseigner à Sophie-Alexandra Houde-Parenteau d\u2019Outremont qui a appris à lire à cinq ans qu\u2019à Pedro Ramirez de la Petite-Patrie, qui ne parlait pas un traître mot de français en arrivant en nos contrées.Et après ça, on ose faire un palmarès des écoles secondaires en mélangeant les deux réseaux.Serez-vous surpris d\u2019apprendre que le palmarès 2004 de L\u2019Actualité décerne les trois premières places aux collèges Brébeuf, Jean-Eudes et Charlemagne de Pierrefonds?Bravo, mais je parie qu\u2019ils sont nuis au football! Il y a peut-être quelque chose qui m\u2019échappe complètement, mais il me semble qu\u2019il y a là une forme de ségrégation basée sur la richesse \u2014 monétaire et culturelle - qui ne cadre vraiment pas avec les principes progressistes qui ont généralement la cote au Québec.Au-delà même du financement public de ces institutions privées, qui excluent clairement les classes sociales défavorisées, je me pose la question de la pertinence d\u2019avoir un réseau privé.Pourquoi serait-il acceptable d\u2019avoir une éducation à deux vitesses, car c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit, ne nous en cachons pas, alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un sujet tabou dans le domaine de la santé?Et pourtant, à part les timides interventions des commissions scolaires ou de quelques enseignants du secteur public, le débat sur le secteur privé est à peu près inexistant.Je vous mets au défi de trouver, dans les médias « mainstream », une opinion éditoriale défavorable aux écoles privées.Devrions-nous être surpris de ce silence quand on sait que l\u2019immense majorité des politiciens, des chefs d\u2019entreprises, mais aussi des leaders d\u2019opinion de la presse écrite et électronique envoient leur progéniture au privé?Doit-on vraiment prendre au sérieux un ministre de l\u2019Éducation qui nous vante la qualité du réseau public et qui envoie ses enfants au privé?Ces gens-là, qui souvent sont passés eux-mêmes par la filière privée, connaissent trop bien les avantages de ce réseau pour en priver leurs enfants.Difficile de les blâmer.Selon moi, l\u2019éducation privée (à tous les niveaux et dans la plupart des sociétés occidentales) constitue l\u2019un des moyens privilégiés de reproduction des inégalités sociales.Dans les écoles privées québécoises, en plus de recevoir un enseignement souvent plus approfondi, rendu possible par la sélection des étudiants, les jeunes créent des liens avec des gens provenant de milieux semblables.Surtout, ils ne sont pas amenés à rencontrer des gens venant d\u2019horizons complètement différents.Bref, il y a peu de mixité sociale au sein de ces institutions.Évidemment, même si ce processus de formation des élites n\u2019est pas aussi marqué que celui qui existe dans les institutions universitaires américaines de prestige ou dans les Grandes Écoles françaises, il n\u2019en existe pourtant pas moins.Comment expliquer sinon la grande popularité des écoles privées auprès de nos dirigeants?Suis-je cynique quand je pense que si tous les ministres, hommes d\u2019affaires et leaders d\u2019opinion devaient envoyer leurs enfants à l\u2019école publique, on assisterait subitement à un vrai réinvestissement dans l\u2019éducation?M\u2019est-t-il permis de penser que les classes seraient moins grosses, que les projets d\u2019excellence et les activités d\u2019enrichissement culturel seraient davantage financées?Que le travail des enseignants serait justement reconnu et rémunéré?Il me semble évident que si les élites avaient une véritable raison de s\u2019intéresser au réseau public, celui-ci se porterait mieux.Il nous reste maintenant à espérer que d\u2019ici dix ans, une chronique comme celle-ci, dénonçant cette fois un système à deux vitesses dans le secteur de la santé, n\u2019aura pas à paraître.Note 1.Marie-Andrée Chouinard.2004.« Le PPP à la sauce éducation », Le Devoir, samedi 11 décembre, cahier B, p.1.Terrains - Chalets - Location HTM -\t3 lacs privés -\tPlus de 150 terrains -\t15,000,000 p.c.-\tParc linéaire 10,000 pi.-\tArchitecture contrôlée -\tTerrain 43,560 p.c.et + ]M.TREMBLANT I WWW 873-Ô252 www.Vision T r e m b I a n t.com Domxine Vision 6 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Pour des fichiers.équitables! OpenOffice : Une alternative à code source libre pour M$ Word Olivier Charbonneau' Bibliothécaire professionnel, Université Concordia o.charbonneau@concordia.ca Vous souvenez-vous du bon vieux WordPerfect?Logiciel de traitement de textes d'un autre temps, supplanté par l'hégémonique Microsoft Word, il anime encore nos conversations de corridor chaque fois que le rejeton de Bill Gates nous pose une colle de mise en page.C'est avec un brin de nostalgie que l'on se rappelle la fameuse fonction « Afficher les codes », qui permet une conversation intime avec le logiciel dans sa propre langue.Ainsi, nous jouions directement dans les entrailles de notre œuvre.Invariablement nous nous demandons pourquoi Word n'offre pas cette fabuleuse option.Mais la raison est toute simple! S'il était possible de comprendre les codes propriétaires de mise en page de MS Word, n'importe quel bidouilleur pourrait créer un MS Word à saveur personnelle.Regardez HTML : quelques énergumènes (hippies!), ayant à cœur des principes « ouverts » et « communs », ont développé un système de codes de mise en page exploitables par tous.Vous pouvez créer des fichiers HTML avec une multitude de logiciels (Composer, FrontPage, même Bloc Notes!) sans donner un sou au W3C.Bill Gates sait bien que ce n'est pas de cette façon que l'on bâtit un empire planétaire générant des ventes annuelles de 32 mil- hYHHIfr,U,Mi.»agg5BH£\u2014^^^ES^T SM.OÎ fJMrtcn fom^ ÇKIfr FoqS™ ««Je |r toamoccrr,n,v:ep.;o»a!m4_coenC»ct\tïj G?H jcr] C] Ô\t* \u2022 Th il\u2019 -a -h 3\tG - s m * m [g 1= := « x £ Ë S\tU\t.-g\t.\t,\t.\tî : l ;\t \t\tdont U o Version 10 IqCÇHM)!) fut lancée réc\ta (baptême officiel pour les emment sur le SJ*y>S.\t \tL\tL'installation se fait si de damer v.-.frr finrtri\tans trop de troubles D suffit faune.(Mnnlla si until êtes\t Figure 1: saisie d'écran de l'éditeur de texte liards de dollars (US, bien sûr!).Les codes de mise en page de Word ne sont connus que de Bill et de ses 55 000 employés.Chaque fois que nous créons un nouveau fichier Microsoft Office, nous étendons de quelques kilo-octets son monopole.En ce sens, il est pratiquement impossible de communiquer, de travailler, de collaborer sans Microsoft et c'est exactement le jeu de notre dictateur informatique.N'ayez crainte, la résistance s'organise.Comme toujours, nous devons porter notre attention vers le village virtuel d'irréductibles bâtisseurs, la communauté « Open Source » ou à code source libre (voir encadré pour explications), pour trouver enfin un esprit de lèse-majesté.Il existe plusieurs suites bureautiques (outre Microsoft Office, qui inclut Word, Excel, etc.), mais notre attention se portera sur OpenOffice, dont la « Version 1.0 » (pour les « infonuls », cela signifie : baptême officiel) fut lancée récemment sur le Web.L'installation se fait sans trop de problèmes.Il suffit de diriger votre fureteur favori (Mozilla si vous êtes vraiment vendus à T Open Source) sur le site de la communauté OpenOffice www.openoffice.org et de sélectionner l'option « Installer ».Vous pouvez ensuite opter pour la dernière version « stable », qui désigne simplement la version approuvée par la Mais, qu\u2019est-ce qu\u2019un logiciel à code source libre (ou ouvert) exactement?Selon le Grand dictionnaire terminologique (Office québécois de la langue française, 2002), le code source représente les « [(Instructions originales d'un programme écrites dans un langage lisible par [l\u2019humain] et qui doivent être compilées (traduites) pour être lues par un ordinateur.» Donc, le programmeur crée un logiciel grâce à du code source utilisant un langage de programmation, qui est ensuite compilé en langage binaire (ces fameux « 0 » et « 1 » informatiques) par l\u2019ordinateur.Il ne reste plus qu\u2019à expliquer le concept de code source libre ou ouvert, qui est opposé au code source dit propriétaire.En bref, ces termes font référence au processus, à la philosophie de création et de distribution du logiciel (Morgan, 2002, p.12).Un logiciel propriétaire est créé par une firme informatique qui embauche des programmeurs et finance ses opérations en vendant des licences d\u2019utilisation du logiciel.Son code source est un secret industriel jalousement gardé.D\u2019un autre côté, un logiciel à code source libre ou ouvert est développé par un réseau virtuel de bénévoles.Le projet est partagé et ouvert à tous, n\u2019importe qui peut bidouiller le code source s\u2019il en a envie.Généralement, les améliorations au logiciel doivent être redistribuées pour le bien de tous.La communauté soutient l\u2019application grâce à son réseau informel.Ne manquez surtout pas de visiter le site du projet www.Mille.ca, qui vise le développement d\u2019un modèle d'infrastructure de logiciel libre en éducation.communauté.On vous invite à contribuer financièrement au projet, mais cela est accessoire.Ensuite, vous devez suivre les étapes à l'écran et le tour est joué! Comme pour tout nouveau logiciel, un certain effort est requis pour appréhender l'interface.Bien que les fonctionnalités classiques d'autres logiciels soient ici présentes, quelques nuances existent.La première qui saute aux yeux est l'absence d'un dictionnaire-correcteur francophone.Il est nécessaire de retourner sur le site d'OpenOffice afin de trouver un fichier complémentaire à installer (peut-être est-ce déjà réglé dans la version ultérieure?).Un petit irritant vite oublié.ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 7 Une autre différence notable avec Word se situe en ce qui concerne la structure d'un document et de la gestion de styles.Il est surprenant de constater que très peu de personnes sont au fait des options de mise en page avancées de Word.Saviez-vous que vous pouvez définir un style pour, par exemple, tous les titres de deuxième niveau et changer leur mise en page à partir du même menu?Enfin bref, sachez qu'Open Office possède toutes les fonctionnalités avancées de mise en page.Pour illustrer cela, allons-y d\u2019un petite comparaison.Microsoft Word permet de gérer de façon globale trois types d\u2019objets dans un document : la section, le paragraphe et le caractère.Sans entrer dans les détails, notons qu\u2019il est possible d'insérer une section grâce au menu « insérer > saut » puis de choisir « section.» Ceci permet, entre autres choses, d'avoir des entêtes et pieds de page différents à l'intérieur du même document.En ce qui concerne les paragraphes et les caractères, nous pouvons appliquer des styles communs à ces objets pour - par exemple - insérer les sauts de lignes après chaque paragraphe ou gérer la mise en page d\u2019une série de caractères (iitalique, gras, souligné).Quant à OpenOffice, il identifie plutôt la page comme niveau de base (au lieu de la section, qui peut comporter plusieurs pages).Si vous désirez créer des sections différentes dans votre document, vous devez activer le menu « format > page » et non « fichier > mise en page ».Par ailleurs, il n'est pas possible de gérer globalement la mise en page.Il est nécessaire pour cela de fignoler les paramètres de chaque type de page.Vous comprendrez qu'il ne s'agit pas d'un inconvénient majeur, et un brin de dextérité informatique (lire les fichiers d'aide et la page Web du projet francophone) permet d\u2019en venir à bout.Pour le reste, la grande majorité des fonctions sont les mêmes.Soulignons par ailleurs la possibilité de générer des documents PDF (ou pouvant être lus par Adobe Acrobat Reader).Il s'agit d'un avantage considérable par rapport à Word, qui requiert l\u2019installation d\u2019un module d'Adobe afin de pouvoir créer de tels fichiers.Cette option est particulièrement utile pour impressionner des collègues de travail, mais aussi pour partager des fichiers avec eux.En effet, il n'est pas bien commode d'être la seule personne à utiliser OpenOffice dans une organisation, car il devient difficile de partager vos fichiers numériques.Il est possible d'importer et d'exporter des documents en différents formats (Word, Excel, RTF), mais il est parfois nécessaire d'effectuer des retouches de mise en page.Par ailleurs, toutes les options de gestion des changements d\u2019un document (comme MS Word le permet) ne sont pas développées pour notre éditeur de texte libre, ce qui rend difficile la collaboration avec des tiers qui utilisent toujours des logiciels propriétaires.En conclusion, précisons que cet article fut rédigé avec OpenOffice et que nonobstant les étapes requises pour récupérer le correcteur manquant, l\u2019opération s'est faite sans peine (et un léger sentiment de chaleur dans le for intérieur a su agrémenter la chose).OpenOffice offre une alternative de haut calibre aux produits de Microsoft.Bien que notre analyse se soit limitée au logiciel de traitement de texte, cette suite bureautique à code source ouvert dispose aussi d'un tableur, d'un logiciel de design ainsi que d\u2019un logiciel de présentation.Si vous n'osez pas faire le saut au bureau, faites le test avec votre ordinateur personnel à la maison.En plus d'encourager une initiative citoyenne en faveur de normes informatiques ouvertes, vous arracherez un autre ordinateur à l\u2019empire virtuel de Bill Gates.D'ailleurs, on peut espérer voir le jour où les logiciels à code source libre trôneront aux côtés des produits payants sur les ordinateurs publics de nos institutions.Après tout, si une alternative gratuite et de même qualité est disponible, pourquoi payer pour le compétiteur?N'est-ce pas le rôle des bibliothèques de fournir les outils d'émancipation dont ses usagers ont besoin?Bibliographie Henry, Steven J.\u201cOpen Source Development and Licensing\u201d, In The Internet Encyclopedia (Hossein Bidgoli, éditeur) Hoboken, NJ : Wiley, vol.2, pp.819-831.Hoover\u2019s Company Records.2004.\u201cMicrosoft Corporation\u201d, Hoover\u2019s Company Records, 15 juillet, p.14120.Levy, Steven.2001.Hackers: Heroes of the Computer Revolution.New York : Penguin Books, 455 p.Morgan, Eric L.2002.\u201cPossibilities for open source software in libraries\u201d, Information Technology and Libraries, vol.21, iss 1 (mars), pp.12-16.Murrain, Michelle et al.2004.Choosing and Using Open Source Software: A Primer for Nonprofits.Washington : Nonprofit Open Society Initiative [http://www.nosi.net/primer/ NOSIPrimer.pdf] Office québécois de la française.2002.Grand dictionnaire terminologique.Montréal : Office québécois de la française [http://www.granddictionnaire.com/] Stallman, Richard M.2002.Free Software Free Society.Boston : Free Software Foundation, 219p.Stephenson, Neal.1999.In the beginning.was the command line.New York : Avon Books, 151 p.The Economist.2004.\u201cBill's billions; Microsoft's dividend\u201d, The Economist, 24 juillet, p.14.Wershler-Henry, Darren.2002.Free as in Speech and Beer: Open Source, Peer-to-Peer and the Economics of the Online Revolution.Toronto : Financial Times Prentice Hall, 260 p.Note 1.N\u2019hésitez pas à contacter l'auteur de cette chronique par courriel afin de partager vos pensées ou expériences.Au besoin, il lui serait possible de développer des formations pour des groupes intéressés.8 ARGUS / Vol.33, n\u201d 3, Hiver 2004 Dossier L\u2019engagement Qu\u2019est-ce qu\u2019un bibliothécaire engagé?Le comité de rédaction d\u2019Argus s\u2019est interrogé sur la notion d\u2019engagement à l\u2019heure de la société de l\u2019information.Cette dernière, avec le développement rapide des technologies, fait évoluer rapidement notre métier, les pratiques de nos usagers et le contexte dans lequel nous travaillons.Nous nous sommes alors demandés quelles en étaient les conséquences principales pour notre profession, et si l\u2019une d\u2019entre elles n\u2019était pas justement la nécessité de s\u2019engager activement dans la société, de prendre position, pour accompagner ces changements, en contrer les effets négatifs et en suivre - voire susciter -les effets et initiatives positifs, et ainsi protéger les valeurs qui sous-tendent notre travail.Mais alors, quelles sont ces valeurs?Sont-elles les mêmes qu\u2019il y a 50 ans?Doit-on défendre plus de choses aujourd\u2019hui, dans ce contexte technologique mouvant, dans ce monde que l\u2019on dit de plus en plus global et mondialisé?Nous avons ainsi réfléchi à la place que nous pouvons, pourrions ou devrions occuper sur le terrain social et citoyen de ce nouveau siècle, plus précisément en ce qui concerne le droit d\u2019accès à l\u2019information, aussi bien d\u2019un point de vue légal que matériel (pour emprunter un livre dans une bibliothèque, il faut au départ qu\u2019il y ait une bibliothèque, puis qu\u2019elle dispose elle-même des moyens humains et financiers nécessaires pour offrir les documents aux usagers.et nous pensons tout particulièrement ici aux bibliothèques scolaires québécoises).Par ailleurs, nous avons réfléchi, entre autres, à notre rôle vis-à-vis de la censure, des définitions équitables de la propriété intellectuelle et du droit d\u2019auteur pour les créateurs et pour les lecteurs, et de la marchandisation de l\u2019information.Nous avons sollicité l\u2019avis de bibliothécaires tout près de nous ou qui travaillent dans des contextes différents (Kranish, p.17, à propos du positionnement de l\u2019American Library Association contre le Patriot Act).Nous avons aussi réfléchi aux différentes formes que peut prendre notre engagement en tant que bibliothécaire, aussi bien à un niveau collectif (Hervé Le Crosnier, p.11, et la Déclaration de Buenos Aires sur l\u2019information, la documentation et les bibliothèques p.40) qu\u2019à un niveau individuel (Jocelyne Dion, p.29).Nous avons aussi cherché dans l\u2019histoire des exemples de bibliothécaires engagés (Catherine Bemier, p.25).Nous avons également pensé à l\u2019engagement possible des usagers en faveur de leur bibliothèque par l\u2019entremise de groupes d\u2019influence (Diane Mittermeyer p.33), car s\u2019il nous est apparu, après réflexion, que nous devions prendre position et agir en tant que professionnels de l\u2019information, nous croyons que nos lecteurs-usagers-citoyens doivent eux aussi s\u2019engager pour la défense de leur bibliothèque et des valeurs qu\u2019elle défend.Et enfin, qui de mieux que notre Saint Patron, Saint Jérôme (Jacques Messier, p.31), doté selon toute vraisemblance d\u2019un caractère irascible et d\u2019une langue bien pendue, pour guider et suivre d\u2019un œil bienveillant nos recherches et nos réflexions sur l\u2019engagement dans notre société?C.L.ARGUS / Vol.33, n\" 3, Hiver 2004 9 EBSCO IH O S T I Bases de données sur Internet Par l\u2019intermédiaire d\u2019Internet, EBSCO/zost vous donne accès à de l\u2019information provenant du monde entier.Nos bases de données sont façonnées pour les chercheurs de tous niveaux et de toutes disciplines.Elles fournissent des textes complets, des index et des résumés de millions d\u2019articles.Des magazines, bien sûr, mais également des journaux, des livres de référence et des brochures.\u2022\tPlus de 70 bases sur différents sujets.\u2022\tMise-à-jour constante.\u2022\tRecherche plein texte.\u2022\tAccès illimité sur le campus (adresse IP) et hors campus (par mot de passe).\u2022\tStatistiques d\u2019utilisation du produit (via EBSCO admin).\u2022\tGraphiques, tableaux et photos.\u2022\tNote informant l\u2019usager si le titre est disponible en format papier à la bibliothèque.Parce qu\u2019EBSCO/zast™ porte le nom d\u2019EBSCO, vous avez la garantie que vous recevrez le service de qualité auquel vous êtes habitué.EBSCO Canada Ltée, une équipe branchée pour un service performant! EBSCO C A IV A DA Ltée.Membres du groupe EBSCO Information Set-vice.2, Boul Desaulniers, suite 660 \u2022 St-Lambcrt, Québec \u2022 J4P 1L2 (450) 672-5878 / 1-800-361-7322 Dossier L\u2019engagement des bibliothécaires à l\u2019heure de la société de l\u2019information Que signifie aujourd\u2019hui l\u2019engagement pour les bibliothécaires, à une époque où l\u2019information, en venant redéfinir les relations entre les individus et les groupes sociaux, acquiert un rôle de plus en plus important?Quelles formes cet engagement peut-il prendre; face à quelles tendances contemporaines les bibliothécaires, dont l\u2019une des missions traditionnelles est d\u2019offrir un accès libre et équitable à l\u2019information, devraient-ils prendre position?Les lignes suivantes tenteront, suite à un essai de définition de la société de l\u2019information et de ses principaux enjeux (notamment la question de la propriété intellectuelle), de proposer des formes d\u2019engagement et de réflexion à la portée des spécialistes de l\u2019information.Hervé Le Crosnier Enseignant à l\u2019Université de Caen après avoir été dix ans conservateur de bibliothèques.Fondateur de la liste de débat des bibliothèques BIBLIO-FR herve@info.unicaen.fr Site personnel : http://herve.cfeditions.org The involvement of librarians in the information society era What does it mean for a librarian to get involved, in an era where information, in redefining relations among people and social groups, gains a more and more important role?What forms may this involvement take?Which contemporary trends should librarians follow, when one of the traditional missions is to offer free and fair access to information?By attempting to define the society of information and its principle issues (notably the question of intellectual property), the article tries to propose some forms of involvement and thoughts accessible to information specialists.Traditionnellement, l\u2019engagement social des bibliothécaires, dans le cadre de leur profession, vise à offrir un accès aux livres et aux autres documents en dehors des règles du marché, de la contrainte religieuse ou de la culture imposée.Partout dans le monde, les combats contre la censure, la volonté de porter à la connaissance des lecteurs des ouvrages en fonction de leur qualité intrinsèque - et non en fonction de l\u2019intérêt des pouvoirs ou des marchands - et le travail d\u2019incitation à la lecture, sont les fils conducteurs de l\u2019engagement des bibliothécaires.Aujourd\u2019hui, alors que se développe une «société de l\u2019information», cette approche traditionnelle est confrontée à une triple contrainte : \u2022 La défense de l\u2019accès pour tous aux documents numériques demande de dépasser une triple « fracture numérique » : les moyens matériels de l\u2019accès, l\u2019usage des outils techniques liés aux ordinateurs et au réseau et, enfin, l\u2019appropriation des connaissances dans le cadre de l\u2019abstraction cathodique; \u2022 Le rôle même des bibliothèques dans le libre accès à la connaissance est remis en cause par les multiples règles juridiques (l\u2019extension des « droits d\u2019auteur » au-delà de leur sphère traditionnelle pour englober les usages des oeuvres eux-mêmes) et techniques (les DRM ou Digital Rights Management1) qui limitent la circulation des documents et la copie privée; \u2022 Enfin, l\u2019économie de l\u2019attention2 suscite des demandes documentaires qui poussent à la caricature les règles bibliométriques fondamentales, en focalisant la lecture sur un très petit nombre de documents et en laissant dans un quasi-anonymat les autres.Cette courbe de lecture risque de marginaliser des idées, des langues et les groupes de citoyens qui les portent si l\u2019on ne prend pas des mesures d\u2019aide et de soutien aux expressions minoritaires et à la diversité culturelle.Comment repenser l\u2019engagement des bibliothécaires au moment de ce basculement vers une société de l\u2019information?Quels rôles liés à la stabilité sociale, au développement de la citoyenneté et au maintien d\u2019un projet collectif non-marchand peuvent jouer les bibliothèques?Comment la lecture socialisée, qui est le propre de notre profession, peut-elle servir de modèle à une réorientation du cours actuel marqué par la marchandisation et l\u2019individualisation de l\u2019information, de la culture et de la connaissance?ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 11 Dossier Quelques points de repère sur la société de l\u2019information C\u2019est devenu un lieu commun de dire que nous entrons dans une « ère de l\u2019information ».Il convient de préciser ce que peut signifier la formule : \u2022\tLes évolutions techniques sont bien en jeu, qui permettent d\u2019une part de multiplier les communications et la diffusion de l\u2019information produite par les humains et, d\u2019autre part, de transformer de nombreuses activités dépendant auparavant d\u2019actions matérielles en des opérations logicielles ou de contrôle fin de la matière (génétique, chimie de synthèse, etc.).Au-delà des activités de connaissance et de culture, la société de l\u2019information concerne aussi les activités dans lesquelles les processus informationnels sont en jeu : les biotechnologies, la chimie, la médecine (depuis la « télémédecine » jusqu\u2019à l\u2019intervention sur le corps par le biais de l\u2019information, notamment l\u2019imagerie médicale pilotant des lasers avec précision), les communications, la presse et les médias.Cette longue énumération, pourtant incomplète, signifie que les règles mises en oeuvre pour la partie documentaire de l\u2019information (lecture et production, règles de droit et règles d\u2019usage) concernent potentiellement de nombreuses autres activités humaines; \u2022\tLes évolutions techniques ne suffisent pas à définir un basculement de société : il faut aussi qu\u2019une nouvelle économie rende ces techniques efficaces pour la société.Or le point nodal de l\u2019engagement consiste à définir les bénéfices et les inconvénients d\u2019un modèle économique : qui sert-il?qui est perdant?est-ce que ce modèle accroît les inégalités, à court terme ou à long terme?est-ce que tel ou tel modèle économique permet le débat citoyen, la décision collective et non l\u2019imposition de choix pour des motifs inscrits dans la théorie économique elle-même?; \u2022\tDans le passage à la société de l\u2019information, la nature même des relations humaines (qui empruntent de plus en plus des réseaux techniques), l\u2019organisation de la vie collective (la démocratie) ainsi que la production et la transmission de nouvelles connaissances et de nouvelles cultures sont touchées.On peut même penser que ces questions deviennent centrales dans l\u2019organisation sociale; \u2022\tEnfin, une société se définit par la manière dont elle résout le partage entre ses membres des bénéfices obtenus grâce aux progrès techniques : comment, à partir des conditions de production, se tissent des rapports humains entre les différents acteurs (les « forces productives »).Chaque évolution technique et économique permet de dépasser certaines limites de l\u2019ère antérieure, mais soulève en même temps de nouveaux problèmes qui vont constituer le paradigme dominant des oppositions sociales.La société de l\u2019information rend plus simple la vie quotidienne de nombreuses personnes (progrès de la médecine, élévation de l\u2019instruction, compréhension et connaissance d\u2019un monde global, limitation des dépenses énergétiques, etc.), mais crée aussi d\u2019autres contraintes et soulèvent d\u2019autres risques sociaux (une « société de contrôle », l\u2019organisation publique du manque de confiance par la nécessité de justifier en permanence son identité, les manipulations collectives par l\u2019émergence d\u2019une « industrie de l\u2019influence3 », etc.).De même, si elle offre de nouvelles conditions intéressantes pour les pays en développement, la société de l\u2019information engendre une nouvelle « fracture numérique » et s\u2019accompagne de règles de marché et de droit qui risquent de prolonger la domination du Nord et les inégalités actuelles.La vie des hommes et des femmes dans la société de l\u2019information ne sera globalement ni plus simple, ni plus ardue qu\u2019auparavant, mais les conditions d\u2019existence et de relation auront changé.De surcroît, il faut voir que lorsque l\u2019information est au coeur de l\u2019activité, la marche arrière est impossible : quand l\u2019humanité construit une connaissance et peut la stocker de façon redondante, elle ne peut plus l\u2019oublier.Technique, culture, économie, relations politiques et sociales : c\u2019est l\u2019ensemble de ces termes qu\u2019il faut aborder pour concevoir ce que représente réellement le basculement vers la société de l\u2019information.Tout en n\u2019oubliant pas que les questions engendrées par la nouvelle ère viennent s\u2019ajouter aux questions anciennes : par exemple, les problématiques de l\u2019ère agricole restent fondamentales, non seulement parce que la majeure partie de l\u2019humanité demeure rurale, mais aussi parce que nous devons nécessairement manger tous les jours; l\u2019ère industrielle, grâce à laquelle nous bénéficions de l\u2019énergie, d\u2019un toit et de moyens de transport efficaces, reste le cadre majoritaire puisque ses conséquences sont encore à la base de nos relations sociales Ces éléments constitutifs d\u2019une relation sociale se concrétisent dans des règles juridiques, notamment dans des règles de propriété.A chaque ère son régime de propriété : \u2022\tÀ T ère agricole, c\u2019est la propriété de la terre qui est déterminante.Les luttes sociales et politiques concernent au premier chef les règles de propriété (depuis les luttes nationales jusqu\u2019aux combats toujours actuels des paysans du monde entier pour la réforme agraire); \u2022\tA l\u2019ère industrielle, c\u2019est la propriété des moyens de production qui détermine l\u2019organisation sociale et les règles de compromis qui en découlent, notamment la limitation des droits du propriétaire au travers du droit du travail et du droit de l'environnement; \u2022\tÀ l\u2019ère de l\u2019information, la propriété intellectuelle devient le cadre structurant des relations entre les pays et les groupes sociaux.12 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier C\u2019est la raison pour laquelle les débats actuels sur la propriété intellectuelle, les droits d\u2019auteur et les exceptions pour les usages socialisés (écoles, bibliothèques) ou d\u2019ordre public (médicaments génériques) sont si importants.Ces débats définissent en fait les fondations des luttes sociales du XXIlèm' siècle.Quelques éléments d\u2019information sur les conflits liés à la propriété intellectuelle Dans toute société, les dominants ont comme objectif de « naturaliser » leur domination.Qu\u2019elle soit d\u2019essence divine, qu\u2019elle soit liée à la propriété ou à la persuasion collective, la domination doit apparaître aux dominés comme la seule forme possible, crédible et imaginable d\u2019organisation sociale.Le reste n\u2019est qu\u2019utopie.Et les défauts inhérents à l\u2019ordre « naturel » des dominants sont simplement un mal nécessaire.Dans les débats actuels sur le droit d\u2019auteur, cette rhétorique de la naturalisation atteint des niveaux exemplaires.Les formules faciles font florès : « Il faut que les créateurs voient un retour sur leur travail », « Comme propriétaire, un auteur peut décider des usages de son œuvre », « Sans garantie de bénéfice, il n\u2019y aurait plus de recherche ».Ne vous avisez surtout pas de remettre en question ces affirmations! Pourtant, de nombreux travaux montrent que la propriété sur des biens immatériels ne peut se comparer à celle sur des biens matériels : il s\u2019agit d\u2019une forme de propriété qui prend la forme d\u2019un accord tacite afin de permettre la création et l\u2019innovation.La nature même de l\u2019information, sa fluidité, sa reproductibilité à coût marginal presque nul, ses usages secondaires dans toutes les inventions ou les créations ultérieures par l\u2019incorporation dans le savoir commun, sont largement en contradiction avec une notion restreinte de la propriété telle qu\u2019elle est décrite et encouragée par les tenants de l\u2019intégrisme du droit d\u2019auteur, qui tiennent aujourd\u2019hui la corde9.ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Les premiers réseaux d\u2019opposition dans le cadre de la société de l\u2019information dessinent un paysage social intéressant dans lequel la question des biens communs informationnels forme l\u2019axe central.Prenons quelques exemples : \u2022\tL\u2019agriculture et le pouvoir des semenciers.Replanter ses graines, améliorer les lignées, c\u2019est le fondement même de l\u2019agriculture depuis le néolithique.Par l\u2019extension abusive des brevets sur le vivant, par la volonté des entreprises de biotechnologie de contrôler les usage au travers des GURTS (Genetic Use Restriction Technologies, l\u2019équivalent biologique de ce que sont les DRM (Digital Rights Managements) pour les produits numériques5), par la concentration des sources génétiques et par la mise en place d\u2019une forme de « biopiraterie6 » qui confisque les savoirs traditionnels au profit de la sphère marchande, le régime de propriété intellectuelle en vient à concerner directement la paysannerie mondiale.qui commence à réagir fortement à cette mainmise sur son activité.\u2022\tLa santé.Les malades et leurs associations de soutien refusent la manière dont les grands laboratoires pharmaceutiques considèrent la santé mondiale : un marché identique aux autres.Le débat sur les médicaments génériques est un des points d\u2019achoppement des négociations multilatérales à l\u2019Organisation mondiale du commerce ou à l\u2019Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.Les régimes d\u2019exception sont remis en cause par les propriétaires de portefeuilles de brevets, mais défendus par une alliance nouvelle de pays émergents7.\u2022\tL\u2019édition savante.Les chercheurs souhaitent profiter de l\u2019innovation technique que constitue Internet pour accentuer la mise à disposition de tous leurs travaux en réduisant le pouvoir des éditeurs.Au travers des divers appels récents pour le libre accès à la science (Budapest, Bethesda, Berlin), ils ont su trouver un écho parmi les bibliothèques et les universités8.\u2022\tL\u2019informatique.Nous faisons référence ici au mouvement des logiciels libres, qui cherche à construire un ensemble logiciel disponible à tous (le code source est ouvert), coopératif, éducatif et fiable (sécurité accrue par la capacité de tous à évaluer le code).La question des « brevets de logiciels et de méthode », qui pourrait briser ce mouvement, est l\u2019un des éléments essentiels de ce combat.La façon dont les gouvernants avalisent sans recul les positions des détenteurs de logiciels propriétaires est d\u2019ailleurs un bon exemple de la « naturalisation » de la domination.\u2022\tLe mouvement des auteurs qui veulent construire un « domaine public consenti » en associant à leurs travaux des licences d\u2019usage de type Creative Commons9 et les peuples indigènes qui s\u2019efforcent de définir une propriété collective de leurs cultures et de leurs ressources.\u2022\tLes mouvement sociaux émanant des acteurs de la création et de la culture qui souhaitent un partage réel des avantages de la société de l\u2019information10.Dans toutes ces configurations de luttes sociales à l\u2019heure de la société de l\u2019information, on peut relever trois tendances : \u2022\tCoordination : ces luttes sociales forment des terrains partiels mais qui, en clarifiant les termes de leur action et en engageant des échanges avec d\u2019autres secteurs, notamment dans les divers forums sociaux, dessinent le paysage nouveau de l\u2019opposition sociale.\u2022\tAlternative (ou parasitage) : la preuve même de l\u2019existence de ces mouvements est dans la mise en œuvre, ici et maintenant, de réalisations concrètes.Il n\u2019est plus nécessaire d\u2019attendre une hypothétique prise du pouvoir pour 13 avancer dans l\u2019organisation d\u2019une vie alternative, parallèle.Le mouvement des logiciels libres est très significatif de ce point de vue et commence à éclairer d\u2019autres terrains comme les « biotechnologies libres », les licences Creative Commons et leur extension aux données elles-mêmes par les licences Science Commons'1.\u2022\tConsensus : dans les débats entre mouvements ou au sein d\u2019un même terrain de résistance, les personnes majoritaires ne cherchent plus à isoler les autres, mais laissent une place à leur expérimentation.Le consensus n\u2019est plus l\u2019absence de débat, mais l\u2019acceptation de la diversité.pour autant qu\u2019on marche ensemble.De ce point de vue, la constitution du secteur dit de la « société civile », lors du Sommet mondial sur la société de l\u2019information (SMSI), est très significative : pragmatisme du suivi des dossiers, détermination des lignes de force et rédaction de propositions ouvertes tenant compte des divers apports12.Action restreinte Dans son Abécédaire de l\u2019engagement™, Miguel Benasayag utilise l\u2019expression « action restreinte » pour décrire une caractéristique forte du nouvel engagement : plutôt que de viser des cibles inaccessibles, peut-être convient-il de se fixer des objectifs plus restreints tout en s\u2019efforçant de mener simultanément, autour d\u2019eux : \u2022\tdes actions déterminées (dans le temps et dans l\u2019acceptation du risque de désobéissance civique); \u2022\tdes actions coopératives (susciter d\u2019autres actes d\u2019engagement dans sa propre sphère); \u2022\tdes actions limitées (faire ce que l\u2019on peut, quand on le peut et dans le cadre même de notre activité quotidienne, c\u2019est déjà beaucoup).Pour les bibliothécaires, cela signifie se forger une conscience et engager des actions au sein de la profession.Et pour cela, il convient de mesurer combien l\u2019existence même des bibliothèques et l\u2019élargissement de leur mission forment un point de résistance à l\u2019évolution du monde vers l\u2019individualisation des accès à la connaissance et à la culture.L\u2019engagement « restreint » du bibliothécaire couvre cependant un large cadre en raison du caractère central des professions des bibliothèques dans l\u2019accès au savoir et à la culture ainsi que de l\u2019extension très rapide du passage aux documents numériques.Il n\u2019y a pas de « petit bout de la lorgnette » : la numérisation des documents couvre l\u2019ensemble des activités humaines, depuis l\u2019organisation même de la production jusqu\u2019à la capacité des citoyens à intervenir dans la vie publique (e-gouvernements, réseaux d\u2019information citoyenne, nouveaux modes de débat publics, etc.).Or, peu de professions sont autant concernées par le basculement vers le numérique que celles des bibliothèques et de la documentation.De plus, cette profession est très structurée, à l\u2019échelle locale, nationale et internationale, ce qui lui permet d\u2019agir efficacement.C\u2019est, au fond, la seule profession organisée qui défende clairement des intérêts collectifs dans la période d\u2019individualisation des accès à l\u2019information que nous connaissons.L\u2019action restreinte passe dès lors par un travail personnel et collectif de réflexion (soulever les enjeux), de proposition (partir de l\u2019expérience passée de la lecture socialisée pour proposer des solutions dans le nouveau cadre) et d\u2019opposition (ne pas céder par avance aux menaces des détenteurs de « droits »).L\u2019engagement, c\u2019est la capacité et l\u2019envie de continuer à changer le monde grâce à un travail de décryptage et d\u2019organisation.C\u2019est réserver une partie de son activité personnelle pour s\u2019intéresser au reste du monde, à sa marche en avant, à ses souffrances, à ses espoirs, et pour évaluer par l\u2019action les différents chemins qui sont proposés.C\u2019est aussi savoir apprécier les victoires partielles, les avancées, les prises de consciences.Définir le triomphe d\u2019un projet, c\u2019est faire la balance entre ce qui se réalise et l\u2019objectif initial, mais aussi entre ce qui advient et ce qui aurait été si le « libre » cours des choses avait prévalu.Nous pouvons ainsi penser que l\u2019action restreinte de chacun, si elle est coordonnée, peu très largement influencer l\u2019avenir du monde.Quand le bibliothécaire s\u2019engage La société civile porte les projets des gens (parfois contradictoires) sur la scène publique.Mais la capacité à provoquer des changements dépend de la façon dont cette société civile, par-delà ses accroches de lutte, s\u2019accorde sur un ensemble de référents culturels.Il s\u2019agit de dénoncer la « naturalisation » de la domination telle qu\u2019elle est portée et médiatisée par les dominants et de faire émerger une autre perspective globale, faite d\u2019un patchwork d\u2019initiatives, de créations alternatives et de remises en cause.Le mouvement altermondialiste, malgré sa jeunesse, montre des effets de ce genre de prise de conscience répartie.Dans chacun de leurs combats partiels, les acteurs commencent à mesurer le poids écrasant d\u2019un projet global de mondialisation financière par opposition à la mondialisation humaine (des échanges, de la diversité, de la mobilité de tous et du respect mutuel).Les forums sociaux (mondiaux, régionaux ou locaux) sont les formes d\u2019expression de cette nouvelle articulation des engagements : pas de mots d\u2019ordre globaux, mais la volonté de faire avancer ensemble les divers terrains de lutte, d\u2019ouvrir de nouveaux espaces par la discussion et la mise à plat des désaccords.Ces forums constituent la première structure mondiale dans laquelle les divergences sont aussi des enrichissements, et ceci n\u2019est pas sans relation avec la capacité à travailler en réseau offerte par les nouvelles technologies.Dans le cadre des luttes sociales de la société de l\u2019information, chaque pro- 14 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier fession doit s\u2019engager quant aux effets de la réorganisation des pouvoirs et des régimes de propriété sur son propre champ.L\u2019action des bibliothécaires, qui défendent le modèle de la lecture socialisée afin d\u2019éviter de voir leur métier se transformer en un nouveau type de supermarché culturel, prend part à ce renouveau du schéma global des oppositions sociales.Par exemple, en France, le refus de l\u2019instauration d\u2019un « droit de prêt » individualisé est un exemple de la volonté des bibliothèques de conserver l\u2019autonomie de leurs préconisations culturelles (ce qu\u2019elles achètent) et le maintien d\u2019un projet collectif d\u2019accès à la culture, les livres les plus empruntés servant de locomotive pour ceux qui constituent un fonds culturel diversifié14.On voit bien que ce combat partiel s\u2019inscrit dans le combat global de refus de l\u2019individualisation des lectures (qui tend vers un contrôle accru, le paiement à l\u2019acte et le traçage des activités).À l\u2019échelle du monde, la présence des bibliothèques au Sommet mondial sur la société de l\u2019information (Genève 2003 et Tunis 2005) a permis de dégager la notion de patrimoine mondial de la culture et de la connaissance, un des fondements du concept de « bien commun informationnel ».La question des droits d\u2019auteurs qui, s\u2019ils deviennent des « droits d\u2019usage » ou des « péages », peut mettre en danger l\u2019extension de la connaissance, l\u2019éducation et la citoyenneté, a eu plus d\u2019impact quand elle a été reprise par les bibliothécaires (une profession installée, ayant une expérience et une légitimité) que lorsqu\u2019elle a été portée seulement par le mouvement des logiciels libres.La capacité à réintégrer dans le contexte actuel les expériences, les missions, notamment celles qui découlent de la collectivité, au bénéfice de tous ses membres, est un apport des bibliothèques aux autres mouvements15.Malheureusement les dominants, outre l\u2019arme de la « naturalisation » (utile pour empêcher toute réflexion), ont aussi celle de la menace (utile quant à elle pour éviter les prises de conscience).Aujourd\u2019hui, cette menace est exprimée en permanence par les détenteurs de portefeuilles de droits (musique, cinéma, édition, etc.) envers les particuliers (les utilisateurs du P2P), mais aussi envers les structures collectives.Dès lors, on voit régulièrement des questions émanant de bibliothécaires se demandant si telle ou telle pratique, qui auparavant ne posait aucun problème, ne serait pas « hors la loi ».Face à la menace, il existe comme une anticipation de la culpabilité.Nous en sommes souvent venus à négocier des usages légitimes contre des sommes d\u2019argent, souvent énormes, compte tenu du caractère social, éducatif et citoyen dont les bibliothèques ont la charge.Le tout sans un véritable débat collectif, public et approfondi.Alors même que l\u2019enjeu est de redéfinir la place du droit d\u2019auteur dans l\u2019économie, matérielle et symbolique, des créations immatérielles, les bibliothèques peuvent donc occuper une place déterminante dans la prise en compte de l\u2019intérêt collectif.Leur expérience, mais aussi la nécessité de continuer à remplir leur rôle social, donnent à l\u2019action restreinte des bibliothécaires une place importante dans l\u2019exploration du nouveau terrain de la lutte sociale dans la société de l\u2019information.Car c\u2019est au quotidien que les bibliothèques doivent avancer dans le nouveau labyrinthe juridique qui se met en place (rien qu\u2019en Europe, il y a eu quatre directives sur les droits d\u2019auteur durant les dix dernières années!).Construire la société civile indépendante dans le cadre de la société de l\u2019information Par ce bref balayage des nouveaux enjeux et des nouvelles méthodes de résistance dans le cadre de la société de l\u2019information, je souhaite inciter les bibliothécaires à refuser le discours « naturalisant » de la domination au sein leur activité quotidienne et les inciter à réfléchir à la place nouvelle qu\u2019elles et ils peuvent occuper sur le nouveau terrain social et citoyen du XXFè\"\" siècle.S\u2019engager demande d\u2019y consacrer un peu de son temps, de son énergie et de son activité.L\u2019action restreinte reste de mise, d\u2019autant que le travail engagé de compréhension et d\u2019action recouvre en grande partie la défense du rôle et des missions traditionnelles des bibliothèques pour promouvoir un accès équitable et durable à la connaissance et à la culture.S\u2019engager, c\u2019est aussi savoir articuler plusieurs actions : \u2022\tComprendre : trouver le temps et l\u2019énergie pour s\u2019informer, réfléchir, échanger autour des nouvelles conditions de la société de l\u2019information.Malheureusement, les enjeux de cette société demandent une certaine technicité (informatique, réseau, décisions d\u2019apparence technique ayant des conséquences indirectes, etc.).La complexité de la société de l\u2019information et, surtout, celle des modes d\u2019affrontement et de compromis spécifiques qu\u2019elle génère, demande une détermination à connaître et à comprendre; \u2022\tConvaincre : la complexité inhérente à la société de l\u2019information ne doit pas nous empêcher d\u2019en chercher les schémas structurants et les modèles principaux afin de disposer d\u2019une grille de lecture, toujours à approfondir mais suffisamment claire, pour engager un travail de conviction.A ce titre, le phénomène d\u2019individualisation des activités liées à l\u2019information, qui s\u2019intégre dans une extension de la marchandisation, constitue un caractère dominant auquel nous pouvons opposer les formes de la lecture socialisée (dans les bibliothèques mais aussi dans les écoles, les points d\u2019accès publics à l\u2019Internet, les espaces publics numériques, les lieux de création numérique, etc.); \u2022\tConstruire : pour limiter les effets de l\u2019individualisation informationnelle (et son corollaire, le traçage des activités et la « société de contrôle »), nous disposons d\u2019outils et de ARGUS / Vol.33, n\u201d 3, Hiver 2004 15 L\u2019engagenment Dossier méthodes qui sont issus des premières luttes de la société de l\u2019information, luttes signalées plus haut.La question des logiciels libres par exemple, parce qu\u2019elle touche à la définition même de tous les outils de la société de l\u2019information, est déterminante.Construire la résistance, c\u2019est tout autour de nous, dans nos activités, développer le modèle et le projet des logiciels libres.C\u2019est prendre le temps et l\u2019énergie de les installer dans nos bibliothèques, de convaincre et de former les utilisateurs.C\u2019est bâtir aussi un réseau d\u2019information partagée dont pourront bénéficier nos lecteurs.C\u2019est enfin notre volonté de créer ensemble les outils d\u2019information dont ont besoin les bibliothèques (thésaurus, biographies, listes commentées, etc.) et d\u2019enrichir le domaine public par ce travail coopératif.Cette construction de la résistance est indispensable dans le domaine des publications scientifiques (en soutenant le libre accès à la science), mais aussi dans le domaine culturel (autour des licences de type Creative Commons).\u2022 Coordonner : l\u2019action restreinte, pour déboucher sur un projet collectif positif qui puisse s\u2019inscrire dans le droit et se retrouver dans l\u2019extension de la démocratie, part du respect envers les autres actions restreintes.La construction d\u2019une société civile à la fois consensuelle et déterminée reste un objectif mondial adapté à la société de l\u2019information.Des expériences comme les forums sociaux (qui ajouteront en 2005 une journée sur l\u2019information et la communication) et la constitution d\u2019une société civile indépendante dans le processus du SMSI sont des points de départs positifs; ils permettent d\u2019imaginer les formes souples de coordination qui permettront de construire « des » sociétés de l\u2019information libres et solidaires.Finalement, l\u2019engagement à l\u2019heure de la société de l\u2019information n\u2019est pas tant une question de programme ou de structure que de choix personnels, de la capa- cité de chacun à constituer des réseaux pour comprendre, convaincre, construire et coordonner.Si j\u2019osais un oxymore : c\u2019est à chacun de jouer ensemble.Ce texte est diffusé sous licence Creative Commons: by-nc (attribution, noncommercial).Notes 1.\tPhilipe Chantepie.2003.Mesures techniques de protection des oeuvres et DRMS.Paris : Premier ministre.Direction du développement des médias (DDM).[http://www.ddm.gouv.fr/pdf/rapport_ drm_2003.pdf] 2.\tMichael H Goldhaber.1997.\u201cThe Attention Economy and the Net\u201d, First Monday, vol.2, no 4 (april).[http : // www.firstmonday.dk/issues/i ssue 2_4/goldhaber/index.html] 3.\tJohn Stauber et Sheldon Rampton.2004.L'industrie du mensonge : relations publiques, médias et communication (préfacé et complété par Roger Lenglet).Paris : Agone, 320 p.4.\tVoir à ce sujet les démonstrations de Larry Lessig dans Free Culture (MIT Press, 2004), dont la traduction est à venir aux Presses Universitaires de Lyon (2005) ou dans Du bon usage de la piraterie de Florent Latrive (Editions de l\u2019Éclat, 2004).5.\tEtcGroup.2003.La technologie Terminator, cinq ans plus tard.Ottawa : EtcGroup.[http://etcgroup.org/article.asp?newsid= 414] 6.\tHervé Le Crosnier.2003.Biopiratage et propriété intellectuelle.Saint-Ouen : VECAM.[http://vecam.org/article.php37id_ article=270] 7.\tAssociation Biens publics à l\u2019échelle mondiale.2004.La santé mondiale, entre racket et bien public.Paris : Éditions Charles Léopold Mayer, 350 p.8.\tRichard Poynder.2004.\u201cTen Years After\u201d, Information Today, vol.21, no 9 (october).[http://www.infotoday.com/it/oct04/ poynder.shtml] 9.\tIl s\u2019agit de licences associées à des oeuvres de création qui définissent ce que l\u2019auteur accepte de la part du lecteur (droit de rediffuser en l\u2019état, sans modifier, ou en pratiquant le « sampling ».).Ce sont des contrats d\u2019autorisation préalables qui visent à permettre la circulation accélérée des oeuvres tout en autorisant les auteurs à garder leurs droits de négociation envers des éditeurs commerciaux.[http ://creati vecommons.org] 10.\tOn peut songer par exemple, en France, à la résistance des « intellectuels précaires », au mouvement des « intermittents du spectacle » ou à l\u2019appel contre la guerre à l\u2019intelligence de février 2004.11.\tUne extension de Creative Commons, en phase avec les habitudes de partage des sources des scientifiques.[http://science.creativecommons.org] 12.\tValérie Peugeot.2004.Relieurs : étude réalisée en partenariat avec le laboratoire France Télécom R&D -DIH/UCE, Programme : Innovations ascendantes.Saint-Ouen : VECAM.[http://www.vecam.org/article.php37id_ article=364] 13.\tMichel Benasayag.2004.Abécédaire de l\u2019engagement.Paris : Bayard, 269 p.14.\tMichel Onfray et al.2000.Prêter (un livre) n 'estpas voler (son auteur).Paris : Mille et une nuits.Des extraits sont disponibles à l\u2019adresse : [http://severino.free.fr/abondance/textes preterunIivrenestpasvolersonauteur.html] 15.\tClive Freeman.2003.WSIS: Libraries Seek the Freedom to Inform.Rome : Inter Press Service News Agency (IPS).[http://www.ipsnews.net/focus/mtc/ index.asp )] 16 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 ALA and Political Action Ensuring the Public\u2019s Right to Know in the Digital Age Nancy Kranich President, American Library Association 2000-2001 nancy.kranich@nyu.edu The American Library Association is the voice of America\u2019s libraries.That voice is heard through federal and state legislative action, promotion of intellectual freedom, and advocacy.For many years, ALA has fostered a favorable political climate for libraries.It has led the charge for the public\u2019s right to know on many fronts.The success that ALA has enjoyed can be attributed to its grass roots network of librarians and advocates throughout the country.Through ALA, they learn the skills and gain the platform to promote a free and open information society.ALA et l'action politique : Assurer au public le droit au savoir en cette ère numérique LAmerican Library Association est la voix des bibliothèques d\u2019Amérique.Cette voix on l\u2019entend dans l'intervention législative et celle du gouvernement fédéral, dans les actions de promotion de la liberté intellectuelle et de défense des droits.Depuis plusieurs années, ALA encourage un climat politique favorable aux bibliothèques.Elle a mené le chemin donnant au public le droit de bien s\u2019informer à plusieurs niveaux.Le succès que connaît ALA, on peut l\u2019attribuer à son réseau communautaire de bibliothécaires et d\u2019intervenants qui défendent ses droits dans tout le pays.Grâce à ALA, ils ont appris à maîtriser les habiletés et obtenu la tribune nécessaires à la promotion d\u2019une société ouverte et libre.Introduction When the United States Attorney General John Ashcroft addressed the National Restaurant Association about the USA PATRIOT Act on September 15, 2003, he ridiculed librarians\u2019 concerns about the privacy of library users as \u201cbaseless hysteria,\u201d and claimed that the American Library Association was \u201cduped by the American Civil Liberties Union.\u201d The Association fired off an immediate, unyielding response to the attack.Stated ALA President Carla Hayden, \u201cWe are deeply concerned that the Attorney General should be so openly contemptuous of those who seek to defend our Constitution.That\u2019s a very unfortunate choice of words, and it does not accurately portray the concerns of librarians\u201d (Ashcroft, 2003).In a week of escalating controversy and heightened rhetoric, librarians emerged as victors, with a score of Librarians 1, Ashcroft 0 (Democratic National Committee, 2003).Ashcroft gave ALA a stunning public relations victory in its ongoing political struggle to protect the civil liberties of library users against the excesses of the USA PATRIOT Act.Many Americans who followed the exchange between ALA and Ashcroft were surprised that librarians were such adept political operators.They considered librarians to be quiet, unassuming individuals, more concerned with over- due books than national security.But, as Hayden pointed out to Ashcroft, librarians have a history of activism, including the combating of FBI surveillance dating back to the McCarthy era.She also reminded Ashcroft that under the FBI\u2019s Library Awareness Program, agents snooped in libraries up until the 1980s.In fact, ALA\u2019s involvement with federal policies that affect libraries goes at least as far back as the 1920s when the Association opposed federal attempts to prohibit importation of materials deemed subversive or obscene.Ever since then, ALA has provided librarians with opportunities to voice their collective concerns about the future of library and information policy in the United States.The American Library Association considers itself the \u201cvoice of America\u2019s libraries.\u201d That voice is heard through federal and state legislative action, promotion of intellectual freedom, and advocacy.Sometimes, ALA speaks out to protest actions by the federal government to stifle free expression, such as the USA PATRIOT Act\u2019s chilling effects on library users and communities.Other times, ALA provides legal assistance with communities facing book banning efforts, such as the public library in Montgomery, Texas, where citizens tried to remove books explaining sexuality to young people.In all cases, librarians have deployed strong communication skills as well as political savy to prevail.ARGUS / Vol.33, n\" 3, Hiver 2004 17 Dossier ALA and Intellectual Freedom : A Historic Overview Since the founding of ALA in 1876, librarians have worked together to foster a favorable climate for intellectual freedom (Krug, 2002).In the late 19,h and early 20th centuries, Americans began accepting the notion that libraries could buy materials beyond the \u201cgood\u201d books filled with moral uplift and appropriate standards.But with the advent of World War I and then the red scare of 1919, librarians removed books from their shelves that were regarded as \u201cpro-German\u201d or even pacifist or anti-war.With the rise of fascism and communism, government officials in Europe staged book burnings and dictated what their citizens could and could not read.In response, Americans began to see the public library as a guardian of the people\u2019s right to know.Between the world wars, librarians began to speak about their obligation to provide balanced and unbiased access to materials so that informed citizens could decide for themselves about the issues of the day.In 1929, the ALA Executive Board opposed a provision in a federal tariff bill that prohibited importing materials \u201cadvocating or urging treason, insurrection, or forcible resistance to any law of the US.or any obscene book, paper, etc.\u201d (ALA, 1924).In 1934, the Association wrote President Franklin Roosevelt protesting the banning of a pamphlet, You and Machines, prepared for use in Civilian Conservation Corps (CCC) camps under a grant from the American Council of Education.The CCC camps director denied circulation of the pamphlet, contending that the document would induce \u201ca desire to destroy existing economic and political structures\u201d (ALA 1934).A few years later, after John Steinbeck\u2019s Grapes of Wrath was banned from several libraries, ALA took a more formal stand against censorship by adopting the Library\u2019s Bill of Rights, the precursor to the current Library Bill of Rights\u2014the profession\u2019s basic statement on intellectual freedom.The following year, ALA established the Committee on Intellectual Freedom to Safeguard the Rights of Library Users to Freedom of Inquiry, later renamed the Intellectual Freedom Committee.When faced with demands to remove controversial books from their shelves during the McCarthy era of the early 1950s, librarians joined with publishers in issuing the \u201cFreedom to Read\u201d statement (ALA&AAP, 1953,2004).With the civil rights, anti-war and women\u2019s liberation movements of the 1960s, librarians began demanding the inclusion in libraries of volumes that were previously deemed unacceptable or undesirable.Inevitably, advocates of positions on the right and the left responded by challenging what books should be included in public, school, and even academic libraries.To guide the Association through the myriad of censorship issues facing libraries, ALA established the Office for Intellectual Freedom (OIF) in 1967.In 1970, the Association faced another intellectual freedom challenge when the Internal Revenue Service requested permission from several libraries to examine circulation records to determine the names of persons reading materials about explosives and guerilla warfare.In response, the Association developed its \u201cPolicy on Confidentiality of Library Records,\u201d urging libraries to designate their records as confidential and accessible only \u201cpursuant to such process, order, or subpoena as may be authorized under the authority of, and pursuant to, federal, state, or local law relating to civil, criminal, or administrative discovery procedures or legislative investigatory power\u201d (ALA, 1971, 1986 rev).The following year, ALA sought to protect the confidentiality of relationships between librarians and library users.After a grand jury attempted to elicit information about anti-Vietnam War activists from a librarian, ALA passed a resolution on government intimidation, asserting that \u201cno librarian would lend himself to a role as informant, whether of voluntarily revealing circulation records or identifying patrons and their reading habits\u201d (ALA, 1971).Then, in the late 1980s, ALA contested the FBI\u2019s Library Awareness program that solicited information on the use of various library services by \u201csuspicious looking foreigners.\u201d ALA claimed that the Bureau was requesting that librarians violate not only their professional ethics but also confidentiality laws in most states.While librarians continue to struggle with book banning and privacy issues, they face additional challenges as computer and telecommunications technologies open up new fronts in the battles over information access.Particularly troubling are attempts to block access to inappropriate materials available over the Internet.Passage of the Communications Decency Act in 1996 placed libraries and librarians at risk of high fines and imprisonment if anyone under the age of 18 was exposed to \u201cindecent\u201d material.When ALA contested the constitutionality of the law, the Supreme Court struck it down unanimously.Although the courts favored ALA\u2019s position in that particular case, the Association has not fared as well in the court of public opinion.In the years following the decision, libraries were pressured to install filters that block extensive amounts of useful and legal information, culminating in the passage of the Children\u2019s Internet Protection Act (CIPA) - a law that requires libraries to filter all computers if they are to receive federal funding.While ALA did not prevail in having the Children\u2019s Internet Protection Act (CIPA) overturned by the Supreme Court, the Justices ruled that CIPA is constitutional only if the mandated filters can be readily disabled upon the request of adult library users (ALA, 2004a).Immediately after the terrorist attacks on September 11, 2001, the Bush Administration spearheaded passage of the \u201cUniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act\u201d (USA PATRIOT Act).The Act includes a provision for obtaining search warrants for business records retained by entities such as libraries and 18 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier bookstores merely by claiming that the desired records may be related to an ongoing terrorism investigation or intelligence activities.Through a \u201cgag order\u201d, the Act also prohibits any person or institution served with a search warrant from disclosing what has taken place.In response, ALA passed a resolution reaffirming the principles of intellectual freedom in the aftermath of the terrorist attacks in January 2002.That same year, ALA updated its guidelines for coping with law enforcement inquiries and hosted a series of programs to educate librarians about the law and its impact.The next January, ALA crafted a stronger resolution calling on Congress to \u201camend or change the sections of these laws and the guidelines that threaten or abridge the rights of inquiry and free expression\u201d (ALA, 2003a).That fall, ALA successfully countered Attorney General John Ashcroft\u2019s attempts to ridicule librarians because of their strong stance opposing certain provisions of the USA PATRIOT Act.Organizing to Protect and Promote Intellectual Freedom The American Library Association\u2019s efforts to protect and promote intellectual freedom serve as a model for and inspiration to library groups throughout the U.S.and abroad.Part of the reason for ALA\u2019s success is its strong organizational support for this core value.Leading these efforts is ALA\u2019s Intellectual Freedom Committee (IFC), charged with recommending \u201csuch steps as may be necessary to safeguard the rights of library users, libraries, and librarians, in accordance with the First Amendment to the United States Constitution and the Library Bill of Rights as adopted by the ALA Council.\u201d The IFC works closely with the Office for Intellectual Freedom (OIF) and with other units and officers of the Association on free expression issues (ALA, OIF, 2004b).Joining the IFC are representatives from ALA\u2019s divisions and round tables.The Committee also coordinates its activities with the Intellectual Freedom Round Table, which provides ALA members a forum for the discussion of activities, programs and problems related to intellectual freedom (ALA, OIF 2004d).State and regional library associations also support intellectual freedom committees; their actions are coordinated with ALA\u2019s through OIF.The Office for Intellectual Freedom is staffed by librarians and attorneys steeped in the nuances of the First Amendment of the U.S.Constitution that guarantees the freedom of speech, press, religion, assembly, and petition the government.They document and consult about censorship challenges, educate librarians and the public about key issues, publish newsletters and other reports, alert members about issues and actions, inform the media, and support member efforts.They also represent ALA with many organizations, including the International Federation of Library Association\u2019s (IFLA) new Committee on Free Access to Information and Free Expression (FAIFE) (IFLA, 2004), who work together in the U.S.and beyond to promote the freedom to read.To protect First Amendment rights, OIF organizes the Intellectual Freedom Action Network (IFAN), a grassroots group of volunteers willing to support the freedom to read in censorship controversies around the country.In order to respond to the hundreds of challenges against library materials in public libraries, schools, and school libraries reported annually to the OIF, IFAN members serve as a \u201crapid response\u201d force to counter efforts to restrict the availability of expressive materials in their communities (ALA, OIF, 2004e).ALA\u2019s intellectual freedom activities are guided by resolutions developed by the Intellectual Freedom Committee that become Association policies when passed by the ALA Council.The IFC also issues statements about specific issues, interpretations of the Library Bill of Rights, and Question and Answer (Q & A) documents about topics of concern to members (ALA, OIF, 2004c).In conjunction with OIF, the IFC helps develop tool kits, such as those on the Internet (ALA, 2003) and on Privacy (ALA, 2004b) and the Intellectual Freedom Manual, updated regularly to help librarians apply intellectual freedom principles in their daily work (ALA, 2001).ALA\u2019s statements and policies help guide members in their daily work and inform leaders when they speak on the Association\u2019s behalf.Key documents as well as copious amounts of support materials and links to related resources are available on the OIF web site.In addition, OIF forwards late breaking news to subscribers of various intellectual freedom listservs.Each fall, ALA is one of several sponsors of Banned Books Week, which allows librarians to celebrate the freedom to read and provides opportunities to highlight the challenges and threats to this most basic democratic right (ALA, OIF, 2004a).Assisting ALA in its battle against censorship is the Freedom to Read Foundation (FTRF, 2004a).Founded by ALA, the Foundation\u2019s purpose is to provide a means for librarians and others to \u201cset legal precedents for the freedom to read\u201d (FTRF, 2004b).The Foundation participates directly in litigation dealing with freedom of speech and of the press and allocates grants to individuals and groups who are participating in First Amendment litigation.While the FTRF is a separate organization from ALA, its Board members include ALA officers, its Executive Director, and the Chair of the Intellectual Freedom Committee.Fostering Legislative Action The American Library Association has long recognized the importance of participation in the political process at the national, state and local levels.In 1919, the ALA Council endorsed a congressional bill to create a federal Department of Education, to fund literacy programs for school children, and to extend public library services in support of education.Then, in the mid 1930s, ALA published ARGUS / Vol.33, n\" 3, Hiver 2004 19 Dossier its first national plan for libraries, and endorsed the receipt of federal tax support for public libraries.ALA\u2019s efforts resulted in recommendations for federal intervention to support academic, school, and public library services, which were presented in 1938 by President Roosevelt\u2019s Advisory Committee on Education (Molz and Dain, 1999, pp.89-92).After World War II, ALA proposed a modest program to establish public libraries in rural communities.To promote this concept, ALA opened its first Washington office in 1949.By 1956, a 10-year effort to secure federal library legislation reached success with the passage of the Library Services Act (LSA), which had the goal of supporting rural library programs.In 1961, ALA\u2019s Federal Relations Committee became the ALA Committee on Legislation (COL), and helped the Association craft a strategy to expand federal support for libraries.On the morning of November 22, 1963, Senator Edward Kennedy was presiding over Senate debate concerning the Library Services and Construction Act (LSCA) when the proceedings were interrupted due to the assassination of President Kennedy.In its first official action after Kennedy\u2019s death, the Senate passed LSCA \u2014 a bill that expanded upon LSA to include support for all types of public libraries and for construction; a year later, interlibrary cooperation and special services to institutions and the physically handicapped were added.In addition, thanks to the hard work of ALA, Congress also authorized legislation in 1966 that supported school, academic and medical libraries, as well as a new building for the Library of Congress; these programs that have continued to evolve and sustain support since the 1960s (ALA, 1996).In 1996, ALA helped transform LSCA into the Library Services and Technology Act, adding provisions to support technological innovation and moving the program into a newly created Institute for Museum and Library Services.Although federal funding for libraries barely increased over the 1970s and 1980s, support for libraries at the local and state levels expanded dramatically.A report issued by the U.S.Advisory Commission on Intergovernmental Relations (ACIR) noted that full credit for this dramatic increase should be given to ALA, which excelled at classic coalition building (U.S.Advisory Commission on Intergovernmental Relations, 1980, p.33).ALA can also take credit for sustaining federal library support during this period, despite numerous attempts to reduce or eliminate funding.Starting with its \u201cDim the Lights\u201d effort in 1974 to call attention to President Nixon\u2019s attempt to eliminate federal library programs, ALA has waged numerous public relations campaigns to galvanize public and Congressional support for library programs.Besides these struggles to maintain federal support, ALA has shaped public policy in arenas that transcend the boundaries of library services.In 1976, ALA was instrumental in reforming copyright policy, incorporating into law the convention of fair use, recognition of certain types of library copying, and elimination of liability for copyright infringement by library staff.In addition, ALA was successful in gaining Congressional approval of classroom and interlibrary loan copying guidelines.Later, in 1980, the Director of the ALA Washington Office was appointed as cochair of the Congressionally appointed committee charged with developing guidelines for off-air video taping for educational use.With the arrival of the digital age, ALA remained fully committed to maintaining a fair and balanced copyright regime.Another arena where ALA has weighed in heavily is related to government information.During the 1980s, the sympathetic Reagan Administration pursued a policy of privatization and deregulation, eliminating many government-produced publications, contracting out federal library and information programs, and placing the maximum feasible reliance on the private sector to disseminate government information.At the same time, obsessed with national security and secrecy, the Administration also worked to control public access to information still produced by the government, encouraging extensive classification efforts, discouraging declassification, limiting access to sensitive but unclassified information, and gutting many of the provisions of the Freedom of Information Act.ALA responded with vigor, protesting every action counter to the free flow of ideas, documenting and publicizing attempts to reduce access, forming the Coalition on Government Information, and taking on a variety of stakeholders in order to reclaim the public\u2019s right to know.ALA also joined with other Coalition members to launch the annual Freedom of Information Day celebration each year and to applaud champions of the public\u2019s right to know with the James Madison Award.(ALA, WO, 2004b).ALA\u2019s efforts to ensure free and open access to government information in the digital age culminated in passage of the GPO Access Act in 1993, providing the public no-fee access to federal electronic government information.ALA, in conjunction with the Library of Congress (LC) and the Association of Research Libraries (ARL), has also played a major role in shaping telecommunications networks and public policy.Early on, representatives from both LC and ALA sat on the federal networking committee, promoting the development of open, interoperable systems.The library community was also instrumental in extending networks beyond major federal science agencies like the National Science Foundation, the National Aeronautics and Space Administration, and the Defense Advanced Research Projects Agency.Once networks became more diffused, ALA helped craft language for a new National Research and Education Network (NREN) which quickly morphed into President Clinton\u2019s National Information Infrastructure (Nil), led by Vice President Gore.When introducing the Nil in 1993, Gore credited librarians with helping to extend advanced technologies to the public.A few years later, the President named a librarian to the prestigious Nil Advisory Committee.Later that decade, several librarians were 20 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier chosen to serve on the President\u2019s Information Technology Advisory Committee (PITAC).In the new century, ALA has also participated in many Internet 2 initiatives and in ICANN governance policy.With the breakup of AT&T in 1984, both the legal and political climate encouraged deregulation of the telephone industry and cross ownership of telecommunications, computer and media firms.The rush to dominate both the conduit and the content delivered to consumers prompted a highly contentious policy environment.While telecommunications companies looked to ALA for support, ALA\u2014eager to protect the public interest\u2014responded by developing principles rather than endorsement of particular positions.For the next twenty years, ALA served as a major voice for a free and open information society where a diversity of ideas was available to all.Although the Telecommunications Act of 1996 settled some of the debate over media ownership, the law opened up new battlegrounds for librarians, including controversies over bridging the digital divide and restricting Internet access.The universal service provisions amendment to the 1996 Act netted substantial funding for network connections by libraries and schools.An ALA member was chosen as the first chair of the Schools and Libraries Committee of the Universal Service Administrative Company (USAC), which oversees distribution of E-Rate funds.This program, while popular, has attracted criticism from those who believe the subsidy is unwarranted.The other amendment was the Communications Decency Act, regulating pornography on the Internet, which resulted in a successful Court challenge by ALA that struck down the law unanimously by the Supreme Court in 1997.Subsequent attempts to regulate content available over the Internet have followed.Unfortunately, ALA was not as successful in either stopping the passage of or striking down in the courts the Children\u2019s Internet Protection Act (CIPA), which was decided by the Supreme Court in June 2003.Passage of the Digital Millennium Copyright Act and the Sonny Bono Copyright Term Extension Act embroiled ALA so heavily into the debate over intellectual property that it hired a copyright attorney and a copyright policy specialist.Recognizing how central these concerns are to the future of libraries and information access, ALA also helped form the Digital Futures Coalition in 1995.Although ALA and its allies have managed to stop the passage of several draconian measures at both the state and federal levels, the Association continues to fight an uphill battle against media giants eager to control not only the distribution, but also the subsequent use of information.Other policy issues that plague librarians, particularly since September 11, 2001, are related to privacy, security, and government secrecy.ALA\u2019s attempts to thwart the passage of the USA PATRIOT Act and related measures may not have succeeded, but ALA has galvanized Democrats and Republicans, liberals and conservatives alike into calling on Congress to \u201camend or change the sections of these laws and the guidelines that threaten or abridge the rights of inquiry and free expression\u201d (ALA, 2003a).ALA has also joined with other public interest groups in speaking out against unnecessary secrecy and law enforcement actions that thwart the First Amendment rights of Americans.Organizing for Legislative Action ALA sets legislative policy through it Committee on Legislation (COL) and Council.To facilitate communication among the various units of the association, COL works in conjunction with a Legislative Assembly made up of representatives from divisions and round tables.The ALA Washington Office is staffed by lobbyists, attorneys, and policy analysts who work with Congress, testify at hearings, review and recommend policy, communicate with members, collaborate with allies and other stakeholders, interact with the media, and educate members about issues and concerns.In order to promote legislative action for libraries, the Washington Office works closely with ALA member leaders, staff at central headquarters in Chicago, and library vendors through its Library Business Alliance (ALA, WO, 2004c).The ALA Washington Office communicates regularly with members through its free electronic newsletter, ALAWON (ALA, WO, 2004a).The Office also maintains a useful web site with background information and updates on key issues and an electronic Legislative Action Center to help members contact their representatives and Senators directly and quickly.Throughout the year, the Washington Office coordinates ALA interactions with Congress and other stakeholders.Each spring, it also hosts Legislative Day, when delegations of librarians, trustees, and advocates from all over the country convene in Washington to educate and inform Congress about issues of concern to the library community.Another spring event of political importance is ALA\u2019s participation in Freedom of Information Day -a day when various public interest groups convene to celebrate the public\u2019s right to know.Leading the Charge for Public Access ALA offers librarians and library supporters a public voice to speak out on behalf of the millions of people who use libraries every year.The Association provides the vehicle to assess policies, take positions, build partnerships and coalitions, lobby policy makers and advocate for a free and open information society.ALA\u2019s structure facilitates political action by teaching members about the issues, evaluating choices, drafting principles, deliberating about alternatives, and negotiating a public stance.It also provides the public relations support to develop a unified message and reach out to the media.For decades, ALA has established itself as a credible, well-respected player in the ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 21 Dossier political arena.But it takes far more than well-qualified staff and a 65,000 member organization to prevail in today\u2019s struggles to influence public policy.To succeed, ALA must galvanize grass roots action.This means deploying librarians, library workers, trustees, friends, and users in every community to speak out and lead the charge for public access in the digital age.Neutrality will not work.If librarians are to ensure strong libraries in every community, they must become politically savvy by taking legislative action, working with community groups, negotiating positions, and communicating with the media.Why librarians?Because librarians are most likely to recognize what is at stake and they understand the public\u2019s demand for and experience with information resources.Well-funded, powerful stakeholders alone should not determine how the public receives and distributes information.Librarians must force technology and public policy to respond to social and intellectual needs.They must understand and articulate how democratic access to information is endangered.And they must insist that public policy reflect the public interest in determining the nation\u2019s technological future.The persistent and consistent voice of librarians working together through their professional association can compete for and win the battle to shape the nation\u2019s information policy in the public interest.But to do so, all librarians must stand up and voice their legitimate concerns.They must tell their success stories, capture the public\u2019s imagination, share their stories with others.They must remain united and look for additional allies.Divided, they cannot make the difference.No one else will stand up with the same conviction, with the same dedication, with the same determination to protect and promote the public\u2019s right to know.The millions of American who sought information from their libraries in the wake of September 11 reaffirm an enduring truth : a free and open society needs libraries and librarians more than ever.By speaking out with a unified voice through their professional association, librarians have stood firm to protect the basic liberties granted by the U.S.Constitution.Indeed, Americans depend on these \u201chysteric\u201d librarians to ensure their freedoms, especially in uncertain times.Bibliographie American Library Association.1924.Minutes of Executive Board Meetings, September 29, vol.3, p.20.Chicago, IL : American Library Association, as quoted in Krug, 2002, p.5.American Library Association.1934.Minutes of Executive Board Meetings, December 27, vol.7, p.89.Chicago, IL : American Library Association, as quoted in Krug, 2002, p.5.American Library Association.1971, 1986 rev.Policy on Confidentiality of Library Records.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/Template.cfm?Section=otherpolicies&Template=/ ContentManagement/ContentDisplay.cfm&ContentID= 13084] American Library Association.1971.ALA Statement on Governmental Intimidation.Chicago, IL : American Library Association.American Library Association.1996.ALA Washington Office and Legislative Milestones by Decade.Washington, DC : ALA Washington Office.American Library Association.1997.Resolution on the Use of Filtering Software in Libraries.Chicago, IL : American Library Association, July 2.[http://www.ala.org/Content/Navigation Menu/Our_Association/Offices/ Intellectual_Freedom3/Statements_and_ Policies/IF_Resolutions/Resolution_on_ the_Use_of_Filtering_Software_in_ Libaries.htm] American Library Association.1997, 2000 rev.Statement on Library Use of Filtering Software.ALA Intellectual Freedom Committee, Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/Content/Navigation Menu/Our_ Association/Offices/ Intellectual_Freedom3/Statements_and_ Policies/IF_Resolutions/Statement_on_ Library_Use_of_Filtering_Software.htm] American Library Association.2001.Intellectual Freedom Manual.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/oif/iftoolkits/ ifmanual/intellectual.htm] American Library Association.2001.Resolution on Opposition to Federally Mandated Internet Filtering.Passed by the ALA Council, January 17.[http://www.ala.org/Content/Navigation Menu/Our_ Association/Off ices/ Intellectual_Freedom3/Statements_and_ Policies/IF_Resolutions/Resolution_on_ Opposition_to_Federally_Mandated_ Internet_F i ltering .htm] American Library Association.2003.Libraries and the Internet Toolkit.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/oif/iftoolkits/ litoolkit/foreword.htm] American Library Association.2003a.Resolution on the USA Patriot Act and Related Measures That Infringe on the Rights of Library Users.Chicago, IL : American Library Association, January 23.[http://www.ala.org/Template.cfm?Section=ifresolutions&Template=/ ContentManagement/ContentDisplay.cfm&ContentID= 11891] American Library Association.2004a.CIPA Web Site.Chicago, IL : American Library Association.[http: //www.ala.org/cipa] American Library Association.2004b.Privacy Tool Kit.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/oif/iftoolkits/ toolkitsprivacy/Default4517.htm] American Library Association, Office for Intellectual Freedom.2004a.Banned Books Week Web Site.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/oif/banned boosweek/bannedbooksweek.htm] 22 ARGUS / Vol.33, n\u201c 3, Hiver 2004 Dossier American Library Association, Office for Intellectual Freedom.2004b.Intellectual Freedom Committee Web Site.Chicago, IL : American Library Association [http://www.ala.org/ala/oif/ifgroups/ ifcommittee/intellectual.htm] American Library Association, Office for Intellectual Freedom.2004c.Intellectual Freedom Policies and Statements Web Site.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/oif/statementspols/ statementspolicies.htm] American Library Association, Office for Intellectual Freedom.2004d.Intellectual Freedom Round Table Web Site.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/ifft/ifrt.htm] \u201cAshcroft Says FBI Hasn\u2019t Used Patriot Act Library Provision, Mocks ALA for Hysteria.\u201d 2003.American Libraries, September 2.[http://www.ala.org/al_onlineTemplate.cfm?Section=American_Libraries& template=/ContentManagement/Content Display.cfm&ContentID=44344] Democratic National Committee.2003.Kicking Ass Web Log.September 18.[http://www.democrats.org/blog/display/ 00010020.html] Freedom to Read Foundation.2004a.Freedom to Read Web Site.Chicago, IL : Freedom to Read Foundation.[http://www.ala.org/ala/ourassociation/ othergroups/ftrf/freedom re ad foundation.htm] Ce q_u'i$A penAenb de doua.[Un bibiiothécaire] ae bient 24h Avr 24 ct 7 jourA aut 7 dan* une bibliothèque.N., P\" année du secondaire Je penae qu\u2019il |aub èbre très patiente pour être bibliothécaire et il J[aut avoir toujours le sourire car ce n\u2019est pas agréable une bibliothécaire avec la baboune.FÜorence, P\" année du secondaire American Library Association, Office for Intellectual Freedom.2004e.Intellectual Freedom Action Network Web Site.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/oif/ifgroups/ifan/ intellectual.htm] American Library Association, Washington Office.2004a.ALAWON.Washington, DC : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/washoff7washnews/ news.htm] American Library Association, Washington Office.2004b.James Madison Award Web Site.Washington, DC : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/washoff7washevents/ ffeedomofinfo/recipientsmadison.htm] American Library Association, Washington Office.2004c.Library Business Alliance Web Site.Washington, DC : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/washoff/lba/ lbalibrarybusiness.htm] American Library Association and Association of American Publishers.1953, 2004 rev.Freedom to Read Statement.Chicago, IL : American Library Association.[http://www.ala.org/ala/oif7statementspols/ ftrstatement/ffeedomreadstatement.htm] Freedom to Read Foundation.2004b.Purpose.Chicago, IL : Freedom to Read Foundation.[http://www.ala.org/ala/ourassociation/ 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article de la revue?La rubrique « Boîte aux lettres » est conçue spécialement pour vous.Toute personne désireuse d'apporter son point de vue, ses réflexions ou ses commentaires peut les expédier par courrier, au 353, rue St-Nicolas, bureau 103, Montréal (Québec), H2Y 2P1, par télécopie : (514) 845-1618 ou par courriel : info@cbpq.qc.ca à l\u2019intention du Comité de rédaction, au secrétariat de la CBPQ.ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 23 \u2014 © © © Solution Portail Bibliothèque m sonnalisgwo pôVtail métarecherche P.E.B solution intégrée BiblioMondo VOUS CHERCHEZ UN PORTAIL POUR VOTRE BIBLIOTHÈQUE?un seul résultat correspond _ DEMANDE 24 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 L\u2019énigmatique Monsieur Herr Catherine Bernier Bibliothécaire de référence Université de Montréal Catherine.bernier@umontreal.ca Lucien Herr, bibliothécaire de l\u2019École normale supérieure à Paris au début de XXièmo siècle, fut l\u2019un des intellectuels français les plus importants de son époque.Malgré tout, son nom reste méconnu aujourd\u2019hui dans le milieu de la documentation.Les lignes suivantes, en s\u2019attachant à brosser non seulement le portrait du bibliothécaire, mais aussi celui de l\u2019intellectuel socialiste et du directeur de conscience qu\u2019il fut, voudront en quelque sorte réhabiliter la mémoire de cet homme énigmatique et engagé.The mysterious Mr.Herr Lucien Herr, librarian at the Ecole normale supérieure of Paris at the beginning of the 20th century, was one of the most important French intellectuals of his era.Nonetheless, his name still remains unknown today in the milieu of library documentation.The following lines will, in some way, revive the memory of this involved and mysterious man by endeavouring to paint not only the portrait of the librarian, but that of the socialist intellectual and spiritual adviser that he was.Très peu de professionnels de l\u2019information au Québec pourraient se targuer de savoir qui est Lucien Herr.Ce bibliothécaire fut pourtant l\u2019un des intellectuels les plus influents qu\u2019ait connus la France en une période d\u2019intense foisonnement des idées sociales et culturelles, la fin du XIXième et le début du XXièmc siècle.Personnage hautement énigmatique, homme de l\u2019ombre, érudit n\u2019ayant laissé derrière soi aucune œuvre majeure, Lucien Herr a « mis à se cacher tout le soin que d\u2019autres dépensent hâtivement à se faire connaître » (Andler, 1977, p.29), tant et si bien que les contours de son être demeurent aussi difficiles à saisir aujourd\u2019hui, presque quatre-vingt ans après sa mort, qu\u2019à l\u2019époque où, de son bureau de la rue d\u2019Ulm à Paris, il prenait part à sa façon à l\u2019avenir socio-politique de son pays.Né en 1864 en Alsace d\u2019un père instituteur, issu d\u2019une famille petite-bourgeoise de commerçants et d\u2019industriels, Lucien Herr s\u2019installe rapidement au cœur de la future élite française en entrant à l\u2019Ecole normale supérieure et en obtenant avec honneurs, en 1886, l\u2019agrégation de philosophie.Après un séjour d\u2019études en Allemagne, il obtient en 1888 le poste qu\u2019il convoite obstinément depuis quelques années, celui de bibliothécaire en chef de l\u2019Ecole normale supérieure.Il y restera sa vie durant, pendant plus de trente-cinq ans, jusqu\u2019à sa mort en 1926.Le bibliothécaire Ce vœu acharné, celui de devenir bibliothécaire plutôt que professeur, homme politique ou même écrivain', ne laisse pas d\u2019étonner les proches de cet homme jeune et brillant : pourquoi diable vouloir devenir bibliothécaire quand on est si doué, si intelligent?Certes, un tel questionnement a de quoi irriter les professionnels de l\u2019information que nous sommes - et laisse supposer au demeurant une méconnaissance du métier qui ne date pas d\u2019hier, mais c\u2019est un questionnement bien réel : Comment ne pas s\u2019étonner qu\u2019un intellectuel de l\u2019envergure de Lucien Herr ait recherché obstinément une position en apparence subalterne?Comment expliquer qu\u2019un grand esprit, familier de Hegel et de Platon, qui pouvait nourrir les plus hautes ambitions universitaires, ait mis toute sa volonté à être bibliothécaire à vie dans une école où, sans outrecuidance, il aura it pu remplir les fonctions les plus élevées?(préface de Justinien Raymond dans Andler, 1977, p.9) Etre bibliothécaire : voilà donc, avec la question de son ascendant intellectuel, les deux grandes énigmes que mentionnent les écrits sur la vie de cet intellectuel inclassable.Toutefois, contrairement au mystère certain que constitue l\u2019influence exercée par Herr sur son entourage, sujet sur lequel nous reviendrons plus loin, celui du choix de sa profession ne l\u2019est qu\u2019à moitié : quiconque exerce la profession de bibliothécaire, particulièrement au sein d\u2019une institution d\u2019enseignement supérieur, sait qu\u2019il se trouve en position idéale pour satisfaire non seulement sa curiosité intellectuelle, mais également son désir de discuter, de confronter ses idées et ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 25 Dossier d\u2019apprendre.Lucien Herr ne s\u2019y est pas trompé qui a vu, en cette fonction de bibliothécaire d\u2019une école prestigieuse telle que l\u2019École normale supérieure, un siège parfait pour qui souhaite se trouver au cœur des courants intellectuels et sociaux de l\u2019époque (Ibid., p.106).Que les sceptiques se le tiennent pour dit une fois pour toutes : être bibliothécaire, c\u2019est être dans le coup! Ainsi installé au milieu de ses rayonnages, Lucien Herr aura soin désormais de développer la collection de la rue d\u2019Ulm de façon à en faire « le plus puissant instrument de culture générale supérieure qu\u2019il y ait en France » (Ibid., p 104), quitte à essuyer fréquemment les reproches de supérieurs inquiets de voir trop souvent dépassée l\u2019enveloppe budgétaire imputée aux acquisitions (Ibid., p 107).Charles Andler, l\u2019un de ses plus proches amis, traduit de manière radicale cette vision idéaliste de la culture qu\u2019il partageait avec Herr - et qui ferait aujourd\u2019hui frissonner plus d\u2019un gestionnaire de portefeuille : « Quand une œuvre de haute culture est menacée, il ne s\u2019agit pas de savoir si son budget est en déficit de quelques milliers de francs : il faut s\u2019endetter» (Ibid., p 107).Les principes de développement de collection que suivit Herr, fidèles à la règle admise selon laquelle les besoins des usagers conditionnent le choix des œuvres, cherchaient toutefois à aller au-delà de ces besoins, dans un souci pédagogique constant de pousser plus avant la réflexion.Lucien Herr comptait diriger les consciences et orienter la recherche non par la seule discussion en tête-à-tête, mais également par le biais des œuvres qu\u2019il faisait entrer entre les murs de sa bibliothèque : J\u2019ai considéré cette Bibliothèque comme un organisme vivant, qu\u2019il fallait fortifier et développer avec méthode.J\u2019ai toujours pensé qu 'elle devait guider, éclairer, solliciter le travail, et non pas seulement le suivre.Les directions nouvelles du travail des élèves, l\u2019élargissement de leur curiosité scientifique, les travaux d\u2019histoire, en particulier d\u2019histoire contemporaine, de philosophie, de sociologie, qui sont dès à présent l\u2019honneur de l\u2019École, tous ces travaux, il eût été impossible même de les entreprendre avec les ressources dont notre Bibliothèque disposait il y a quinze ans; et j\u2019y trouve une sorte de reconnaissance et une récompense de mon effort.(Herr cité dans Andler, 1977, p.109) Lucien Herr, aux dires de Charles Andler et d\u2019anciens Normaliens2, connaissait sa collection sur le bout des doigts, à un point tel qu\u2019il pouvait à tout moment, et peu importe le sujet, référer ses étudiants à tel article de périodique ou à tel chapitre de livre récemment publié.L\u2019une des obsessions typiques du spécialiste de l\u2019information, celle de tout connaître le premier, n\u2019y est certainement pas étrangère.Boulimie et orgueil informationnels semblent en effet s\u2019être conjugués à l\u2019érudition chez Lucien Herr : « Il a aussi \u2014 ne cachons pas ce trait de caractère - le besoin impérieux d\u2019être le premier et souvent le seul à savoir, d\u2019être imbattable dans tous les records de l\u2019information rapide, immédiate, en toute discipline importante.Il ne tolère pas qu\u2019un autre sache plus que lui, avant lui ».L\u2019intellectuel socialiste Si l\u2019on traçait la cartographie intellectuelle française du début du XXième siècle, Lucien Herr, bien que n\u2019ayant laissé à la postérité aucune œuvre ni exercé d\u2019autre fonction officielle que celle de bibliothécaire, occuperait l\u2019une des places centrales aux côtés des Marcel Mauss, Émile Durkheim, Jean Jaurès, Léon Blum, Charles Péguy et Charles Andler.Considéré par Daniel Lindenberg comme étant à l\u2019origine du socialisme universitaire normalien (Lindenderg, cl996, p.591), Herr est l\u2019archétype du penseur engagé, prenant part autant par les idées que par l\u2019action à la marche de son temps.Dès le milieu de la vingtaine, en poste depuis peu à la bibliothèque de l\u2019École normale supérieure, son intérêt pour l\u2019organisation corporative et l\u2019antiautoritarisme l\u2019incite à prendre position en faveur de Jean Allemane et à adhérer à son organisation politique, le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire (Andler et Herr, 1992, p.11).En 1894, dans un contexte social troublé où les luttes ouvrières côtoient une xénophobie et un antisémitisme grandissants, le capitaine Dreyfus se voit accusé de tractations secrètes avec l\u2019Allemagne puis condamné par le Conseil de guerre sur la base de fausses preuves.Bien avant que ne soit publié dans L\u2019Aurore, quatre ans plus tard, le « J\u2019accuse! » de Zola, Herr se positionne en faveur de Dreyfus.11 rassemble à ses côtés quelques intellectuels et organise méthodiquement le mouvement en faveur de la révision du procès.L\u2019Affaire fournit ainsi l\u2019occasion à Herr de déployer tout à fait ses talents de persuasion en les attachant à une cause digne, emblématique des valeurs de justice universelle qu\u2019allait défendre désormais une nouvelle génération d\u2019intellectuels engagés.Car au-delà du simple conflit politique, l\u2019Affaire Dreyfus est d\u2019abord un conflit de valeurs « où vérité, justice et droits de l\u2019homme sont défendus face à la raison d\u2019État et au culte étroit de la patrie : dreyfusards (intellectuels, radicaux, socialistes, juifs, anticléricaux) contre antidreyfusards (armée, justice, catholiques, nationalistes, antisémites) » (Peter, c2004).Or le camp dreyfusard doit énormément au minutieux travail d\u2019un Herr acharné à en resserrer les rangs : après avoir mobilisé l\u2019écrivain Charles Péguy, il convainc le socialiste Jaurès - qui jusque-là prônait la neutralité - de rallier la cause.En bon socialiste rompu à la pensée et au militantisme, « expert dans un travail très discret de conspiration permanente des savants» (Lindenderg, cl996, p.592), Herr ne cessera dès lors de mettre tout son savoir - notamment en philosophie, en germanistique, en histoire et en pédagogie3 - au service de ses contemporains, amis, étudiants ou hommes politiques.L\u2019engagement intellectuel de Herr passe également par une contribution assidue à plusieurs revues : d\u2019abord Le Parti ouvrier (sous le pseudonyme de Pierre Breton) puis, pêle-mêle, La Revue de Paris, La Revue critique, L\u2019Année sociologique, L\u2019Histoire socialiste et 26 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier L\u2019Humanité, qu\u2019il fonde avec Jaurès en 1904.Il collabore d\u2019autre part à des publications d\u2019envergure parmi lesquelles figurent L\u2019Histoire de la France contemporaine et L'Histoire socialiste, ouvrage pour lequel le mot « collaboration » serait, selon l\u2019ancien sous-directeur du Musée pédagogique de l\u2019École normale, un peu faible : « [Herr] passe pour le véritable auteur de tout ce qu\u2019a signé Jaurès dans les treize volumes de L\u2019Histoire socialiste publiée sous sa direction.M.Herr apportait les matériaux à pied d\u2019œuvre et le tribun socialiste n\u2019avait qu\u2019à les utiliser1 » (Andler et Herr, 1992, p.17).Simple on-dit?Que la supposition soit avérée ou non, il n\u2019en reste pas moins que Lucien Herr figure à juste titre parmi le petit cénacle de penseurs ayant défini les contours du renouveau socialiste en France au début du siècle dernier'.Suivre la trajectoire de Herr, c\u2019est bel et bien « enquêter sur la séquence historique 1870-1914, sur le socialisme français, sur le rapport des intellectuels à ce socialisme, à la question ouvrière et à la question de la France6 ».Le directeur de conscience Depuis les murs de son École, où il influence autant les travaux des Normaliens que les nominations dans les chaires d\u2019enseignement, jusqu\u2019à la sphère politique, où il joue avec brio le rôle de conseiller auprès d\u2019influents décideurs, notre bibliothécaire a toute l\u2019apparence de l\u2019éminence grise.Celui en qui d\u2019aucuns voient l\u2019ancêtre des intellectuels communistes du XXi6me siècle (Lindenderg, cl996, p.592) et l\u2019un des premiers défenseurs du capitaine Dreyfus, ce personnage presque mythique était pourtant, semble-t-il, un homme volontairement discret, plus à l\u2019aise à l\u2019arrière-plan, préférant le solide rempart de ses rayonnages au mouvement de l\u2019arène publique et l\u2019action souterraine à l\u2019attaque de front.Lucien Herr est, paradoxalement, un « homme très réservé.[Il] ne parle jamais de lui; ses élèves ont discuté pendant 20 ans pour savoir s\u2019il était juif ou protestant, alsacien ou français; ils ne l\u2019ont jamais su.Très timide.Passe pour un homme très sûr, très fidèle » (Andler et Herr, 1992, p.14).De quelle façon une personnalité aussi hermétique a-t-elle pu exercer semblable influence autour d\u2019elle?C\u2019est peut-être justement dans cette sorte de répugnance à se dévoiler qu\u2019il faut chercher la cause de l\u2019ascendant de Herr sur ses contemporains : contrainte en quelque sorte par la pudeur, dépouillée de tout sentimentalisme comme de tout moralisme, l\u2019argumentation présentée à ses interlocuteurs devait utiliser à plus forte dose les armes de la logique et de la méthode; compenser l\u2019absence de pathos par la raison.Suivant en cela la philosophie hégélienne dont il était spécialiste, Herr semble se servir de la connaissance profonde et de l\u2019examen systématique des faits pour éduquer les esprits, semer l\u2019idée comme le grain susceptible de germer ensuite dans les esprits : Herr croit au rôle moteur de certains hommes qui, affranchis des dogmes traditionnels et des croyances irrationnelles, implantent des idées neuves dans les autres à la façon de centres lumineux, de points de tensions autour desquels les sentiments et les idées s\u2019agrégeront et s\u2019organiseront graduellement.(A.Blum, 1983, p.160) On le voit, Herr a le pouvoir de canaliser les forces d\u2019autrui, mettre au jour et clarifier les intuitions, à tel point que Léon Blum écrira dans ses Souvenirs sur VAffaire « qu\u2019en lui, la conviction devenait évidence» (L.Blum, 1935, p.29).Une telle capacité à façonner le jugement étonne pourtant chez un homme que le doute semble assaillir dès qu\u2019entrent en jeu ses propres opinions et ses idées personnelles7.Doit-on y voir la preuve d\u2019une sensibilité extrême ou, au contraire, celle d\u2019une frileuse pusillanimité?Doit-on voir en Lucien Herr un homme sagement réservé ou un homme craignant toute forme de compromission?Sans doute est-il, comme l\u2019est le plus souvent la vérité elle-même, un mélange complexe de ces deux extrêmes.En tous cas, nous ne ferons pas fausse route en avançant, avec Élie Halévy, que Lucien Herr préférait à la tribune publique « l\u2019action cachée du conseiller et de l\u2019ami, qui lui épargnait tous les heurts, tous les froissements, dont ne se troublent pas des natures plus grossières » (Élie Halévy cité dans A.Blum, 1983, p.160).À partir de ce bureau sur la rue d\u2019Ulm pour lequel il se sera tant battu, c\u2019est en fin de compte Herr le bibliothécaire, point de jonction entre l\u2019intellectuel socialiste et le directeur de conscience, qui aura tenu les commandes de « l\u2019un des grands postes de direction intellectuelle que la France ait connus » (Hubert Bourgin cité dans A.Blum, 1983, p.161) .Fermement déterminé à faire sien le « refus de parvenir » hérité du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, Herr apparaît aujourd\u2019hui comme l\u2019incarnation idéale du bibliothécaire et de l\u2019intellectuel engagé : à la fois dévoué à sa carrière de responsable de bibliothèque et préoccupé par les problèmes politiques de son époque, utilisant au maximum ses connaissances et celles, latentes, de sa bibliothèque, pour les transformer en pensées, en opinions et en discours propres à faire bouger le monde.Plus que tout, Lucien Herr est encore, quelque cent ans plus tard, un modèle vers lequel chacun de nous doit tendre, à une époque de désengagement citoyen généralisé, afin de trouver avec lui « le temps de vivre dans le siècle, de s\u2019informer, de réfléchir, de réagir à l\u2019événement, humainement, honnêtement, passionnément » (Maurice Genevoix cité dans A.Blum, 1983, p.166).Notes 1.Dans une lettre datée de 1887 et adressée au directeur de l\u2019École normale supérieure, Lucien Herr exprime son ardent désir d\u2019occuper le poste de bibliothécaire : « Vous le savez déjà.Je vous l\u2019ai écrit il y a plus de six mois.Tout mon rêve, toute mon ambition, c\u2019est la bibliothèque de l\u2019École.[.].C\u2019est la seule chose que je désire, mais celle-là, je la rêve et je la désire depuis des années.[.].Vous ne sauriez croire le prix que j\u2019y attache.Voilà des ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 27 .\u2019engagenment Dossier mois et des années que je vis dans cette espérance.» (Peyrefitte, cl994, p.199-200).2.\tOutre La Vie de Lucien Herr, on peut se référer à ce sujet aux témoignages du recueil intitulé Rue d\u2019Ulm : chroniques de la vie normalienne, publié sous la direction de Alain Peyrefitte en 1994.3.\tLa diversité des écrits laissés par Herr montre bien l\u2019étendue de sa culture et de ses intérêts : Schiller et Goethe, Le Progrès intellectuel et l'affranchissement, De la transcription des noms slaves, Une délirante mystique, Légende de Sainte Anne, L\u2019idéalisme en Angleterre au XVIII\u2018émc siècle, etc.(Lucien Herr.1994.Choix d\u2019écrits II : philosophie, histoire, philologie.Paris : L\u2019Harmattan (Les Introuvables), p.VII).4.\tPapiers Albert Houtin (Bibliothèque nationale de France).5.\tPar exemple, confronter les points de vue divergents de Herr et de son proche ami Charles Andler au sujet de la montée du nationalisme allemand, avant la Première Guerre, permet de comprendre mieux le contexte socio-politique de l\u2019époque, où l\u2019on voyait en l\u2019union des forces socialistes françaises et allemandes le seul moyen de combattre le capitalisme et le militarisme en progression : « Peut-on compter sur la social-démocratie allemande pour résister à l\u2019impérialisme allemand, comme l\u2019affirment Jaurès et Lucien Herr avec l\u2019ensemble du Parti socialiste; ou, doit-on redouter avec Charles Andler que, pervertie par l\u2019essor de l\u2019Empire, devenue un grand corps sans âme, elle ne se prépare, au nom des intérêts de la classe ouvrière, à lui apporter sa caution et son appui?» (préface de Justinien Raymond, de Andler, 1977, p.23.) 6.\tJean-Yves Boursier en introduction à Choix d\u2019écrits (Lucien Herr.1994.Choix d\u2019écrits I.Paris : L\u2019Harmattan (Les Introuvables), p.XIV).7.\tAntoinette Blum mentionne à ce propos une lettre où Élie Halévy explique la réserve de Herr par la crainte qu\u2019il avait « de voir couchées sur le papier des pensées au sujet desquelles il se serait toujours demandé avec angoisse si elles valaient la peine d\u2019être imprimées » (Halévy cité dans Antoinette Blum, 1983, p.160).Bibliographie Andler, Charles.1977 (cl932).La vie de Lucien Herr.Paris : Maspéro, 352 p.Andler, Charles et Lucien Herr.1992.Correspondance entre Charles Andler et Lucien Herr, 1891-1926 (éd.Antoinette Blum).Paris : Presses de l\u2019Ecole normale supérieure, 298 p.Blum, Antoinette.1983.« L\u2019ascendant intellectuel et moral de Lucien Herr sur les dreyfùsards », dans Les écrivains et l\u2019Affaire Dreyfus : actes du colloque organisé par le Centre Charles Péguy et l\u2019Université d\u2019Orléans, 29-31 ocotbre 1981 (éd.Géraldi Leroy).Paris : PUF, pp.159-166.Blum, Antoinette.1989-1990.« Portrait of an Intellectual : Lucien Herr and the Dreyfuss Affair », dans Nineteenth Century French Studies, vol.18, nos 1-2 (automne-hiver), pp.196-211.Blum, Léon.1935.Souvenirs sur l\u2019Affaire.Paris : Gallimard, 152 p.Centre d\u2019histoire de l\u2019Europe du vingtième siècle.2004.Fonds Lucien Herr.Paris : Centre d\u2019histoire de l\u2019Europe du vingtième siècle.[http :// chevs.sciencespo.fr/archives/fonds/ lucien_herr.html] Herr, Lucien.1994.Choix d\u2019écrits.Paris : l\u2019Harmattan (2 vol.), 282 p.et 292 p.Herr, Lucien (tr.et éd.).[1923].Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805/traduite d\u2019après l\u2019édition définitive allemande et précédée d\u2019une introduction par Lucien Herr.Paris : Plon (4 vol.).Lefranc, Georges, [cl968].Jaurès et le socialisme des intellectuels.Paris : Aubier-Montaigne, 232 p.Lefranc, Georges, cl977.Le mouvement socialiste sous la troisième République (nouvelle édition revue et augmentée).Paris : Payot, 218 p.Leroy, Géraldi.1995.«Andler, Jaurès, Herr, Péguy en 1913 : la polémique sur la social-démocratie », dans L\u2019Amitié Charles Péguy, vol.18, no 70 (avril-juin), pp.66-78.Lindenberg, Daniel, cl996.« Herr, Lucien », dans Dictionnaire des intellectuels français : les personnes, les lieux, les moments.Paris : Seuil, pp.591-593.Lindenberg, Daniel et Pierre-André Meyer.Cl977.Lucien Herr, le socialisme et son destin.Paris : Calmann-Lévy, 320 p.Peter, Jean-Pierre.c2004.« Affaire Dreyfus : prise de vue ».Encycloaedia Universalis.Paris : Universalis.[http://www.universalis-edu.com/] Peyrefitte, Alain (éd.).1994.Rue d\u2019Ulm : chroniques de la vie normalienne.[Paris] : Fayard, 651 p.Schoyer, George P.1975.« Lucien Herr, Librarian and Socialist », dans The Journal of Library History, vol.10, no 1 (janvier), pp.52-56.Ce qu 'ii/i penmen b de nou/i.% [.] ëSSe ne doib pa>4 dormir daru Sa bibîiobhèque.[ëb] eSSe doib au/4^i |aire re/S-pecber le* rèjSemenb/S de Sa bibSiobhèque.ëSSe doib ^suivre Se>s meme* rèjiemenb^ que Sa cSienbèSe.[ên pSu>s] iS Jaub qu\u2019eSSe «/scane » Se/ Sivre>s correcbemenb.Catherine, 1*\u201d année du secondaire 28 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier S\u2019engager pour le milieu scolaire L\u2019histoire des bibliothèques scolaires est indissociable de l\u2019histoire de l'éducation au Québec et leur vitalité, tributaire des activités éducatives préconisées par les programmes.La création de l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) en 1989 constitue un moment charnière de cette histoire et marque le début de l\u2019engagement de l\u2019auteure au sein de cette association.Jocelyne Dion Présidente de l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) et de la Coalition en faveur des bibliothèques scolaires j odion@sympatico.ca Get involved in the schools The history of school libraries is closely linked to the history of education in Quebec.Their vitality is the result of educational activities promoted by the curriculum.The creation of the Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) in 1989 constitutes a pivotal moment in its history and is the starting point of the author\u2019s involvement in this association.L\u2019un des premiers gestes d\u2019engagement que l\u2019on peut poser dans notre milieu est celui d\u2019adhérer à une association.Pour ma part, je suis devenue membre de l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) dès sa création en avril 1989, dans la foulée de la publication du rapport Bouchard1 et à la suite du colloque organisé par Services documentaires multimédia (SDM) dont le thème était « Vers un nouvel essor ».La commission d\u2019étude2 ayant sillonné le Québec avait, à cette époque, suscité énormément d\u2019espoir, tant chez les gestionnaires d\u2019écoles que chez les personnes oeuvrant dans les bibliothèques des niveaux primaire et secondaire.L\u2019arrivée de l\u2019Association a canalisé ce désir de renouveau et regroupé le personnel, jusqu\u2019alors dispersé et très isolé, autour d\u2019un même objectif : le développement de services de bibliothèques dans les écoles et commissions scolaires.L\u2019association s\u2019appelait alors Association du personnel des services documentaires scolaires et traduisait cette dynamique.Le nom de l\u2019association fut changé en mai 2002, tout en gardant le même acronyme, pour répondre à un besoin criant de reconnaissance du rôle de la bibliothèque scolaire dans la formation et la réussite des jeunes.Deux époques, même problématique.Comment devient-on membre actif d\u2019une association?Cette question est au cœur de la réflexion sur l\u2019engagement.Quelles motivations se cachent derrière ce geste?J\u2019imagine qu\u2019elles diffèrent d\u2019un individu à l\u2019autre.Pour ma part, mon engagement correspond à deux époques de la vie de l\u2019APSDS et à deux étapes de ma carrière, durant lesquelles j\u2019ai accompli, à deux reprises, deux mandats consécutifs de deux ans au conseil d\u2019administration.Huit aimées fécondes en apprentissages de toutes sortes, de découvertes parfois étonnantes, de rencontres marquantes.L\u2019histoire de ma vie professionnelle ressemble un peu à celle des bibliothèques scolaires.Je suis arrivée dans la profession, en 1968, à l\u2019époque du rapport Parent.Tout le milieu de l\u2019éducation était en effervescence.On construisait de grandes polyvalentes capables d\u2019accueillir plus de 2000 élèves et offrant tous les services à la clé.C\u2019était l\u2019époque des programmes-cadres qui laissaient beaucoup de place à l'innovation.Les enseignants fréquentaient assidûment la bibliothèque avec leurs groupes.Les budgets, sans être illimités, étaient plutôt généreux.Par contre, les documents qu\u2019on achetait à l\u2019époque étaient beaucoup moins adaptés aux jeunes qu\u2019aujourd\u2019hui.Les programmes-cadres furent délaissés lors de la réforme initiée à la suite de l\u2019énoncé de politique L\u2019école québécoise, en 1979.Pour guider les enseignants, on élabora des programmes beaucoup plus détaillés et les maisons d\u2019édition emboîtèrent le pas en leur offrant des manuels scolaires adaptés.Cette décision a eu des effets pervers sur la vie de la bibliothèque.Les enseignants ont alors refermé la porte de leur classe; la bibliothèque, n\u2019étant plus au cœur des activités pédagogiques, s\u2019est retrouvée en « périphérie ».Le déclin s\u2019est amorcé avec la décroissance des budgets, l\u2019arrivée de l\u2019audiovisuel et ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 29 Dossier le désintérêt des gestionnaires.Pendant ce temps, la littérature jeunesse prendra un essor considérable dès le début des années 80.Voilà le contexte qui a marqué mon implication au sein de l\u2019APSDS.Ayant assisté, impuissante, à la dégradation de nos services, j\u2019ai senti le besoin de partager mes inquiétudes et mes espoirs avec mes collègues, car jusqu\u2019alors nous vivions dans l\u2019isolement presque total.L\u2019APSDS nous fournissait alors une tribune exceptionnelle.Sous l\u2019impulsion de son premier président, Jean-Yves Théberge, et des membres du conseil d\u2019administration, l\u2019APSDS s\u2019est vite dotée d\u2019un outil de communication, L'Index.Celui-ci paraîtra régulièrement de 1989 jusqu\u2019en 1996 grâce à un réseau de collaborateurs assidus, notamment Jean-Yves Théberge, Yves Léveillé, Paulette Bernhard et Yvon Joubert.L\u2019année 1997 verra l\u2019inauguration d\u2019un site Web3 et la mise en ligne de notre revue professionnelle, L\u2019Index virtuel.Dès lors, notre bulletin s\u2019appellera L\u2019Index en bref, livré quatre fois l\u2019an à nos membres.Dès octobre 1990, une équipe organise un congrès à Québec sous le thème « Quand les services documentaires font la différence ».J\u2019ai alors manifesté mon intérêt pour une plus grande implication et graduellement, de fil en aiguille, celle-ci s\u2019est raffermie.J\u2019ai d\u2019abord participé au comité d\u2019organisation du 2e congrès, qui se déroula à Trois-Rivières, sous le thème « Le partenariat, ma combinaison gagnante ».En 1993, l\u2019APSDS lance le Forum « Lire pour réussir » en collaboration avec PASTED et la CBPQ.D\u2019autres congrès et colloques suivront, plusieurs organisés conjointement avec les autres associations.Durant cette époque très fertile, j\u2019ai accompli deux mandats consécutifs au conseil d\u2019administration, pour un total de quatre années (trois ans comme trésorière, la dernière année à la présidence).Durant toutes ces années, l\u2019association a publié des documents d\u2019orientation qui, encore aujourd\u2019hui, sont une source d\u2019inspiration pour nos actions : La bibliothèque scolaire : mission et objectifs, en 1991, et La bibliothèque de l\u2019école : tâches et compétences, en 1997.Au fil des événements et de l\u2019histoire s\u2019ajoutera la rédaction de mémoires et de lettres aux différents ministres, certains d\u2019entre ces derniers ayant été rédigés en collaboration.Il va sans dire que la vie de l\u2019APSDS, depuis ses débuts, se déroule sous l\u2019empreinte de la concertation inter-associative.Cette période, très intense, s\u2019avéra fort révélatrice en ce qui me concerne.Grâce aux encouragements de mes collègues, je suis sortie de mon cocon et je me suis lentement imposée dans le paysage documentaire scolaire.J\u2019ai écrit des articles de revues, représenté l\u2019APSDS pour le projet de recherche-action « L\u2019école informatisée : clés en main » et participé à des missions en France.De chenille, je devenais papillon.Après ces deux mandants au conseil d\u2019administration, j\u2019ai contribué au lancement et à la publication des premiers numéros de L\u2019Index virtuel.Ma vie professionnelle a changé : d\u2019abord bibliothécaire au secondaire, j\u2019ai développé des services pour les bibliothèques du primaire à titre de conseillère pédagogique.Les Etats généraux sur l\u2019éducation, en 1996, préparaient le chantier à une vaste réforme dans un contexte de restrictions budgétaires draconiennes.Les bibliothèques « en arrachaient », en manque de personnels qualifiés.Ces événements ont eu des impacts négatifs sur la vie de l\u2019association.En 2000, une grave crise se déclara : impossible de tenir l\u2019assemblée générale et d\u2019élire de nouveaux administrateurs, faute de quorum.La table était mise pour mon retour.À la suite d\u2019une assemblée générale spéciale, à l\u2019automne 2001, je suis revenue à la barre de l\u2019APSDS avec une équipe renouvelée.Ensemble, nous avons relancé l\u2019association, proposé des modifications aux statuts et règlements, repris la publication régulière de L'Index en bref et organisé, en mai 2002, le colloque « La médiation de la lecture auprès des jeunes : le temps d\u2019agir! ».Celui-ci a imprimé sa marque sur l\u2019orientation future de l\u2019APSDS : changement du nom de l\u2019association et création de la Coalition en faveur des bibliothèques scolaires, à l\u2019automne 2002.Depuis la création de la Coalition, l\u2019APSDS en assume la direction.Devenue travailleuse autonome depuis lors, j\u2019ai renouvelé mon engagement en poursuivant mon rôle de présidente pour un deuxième mandat.Quelles leçons tirer de ces dernières années?Satisfaction, fierté et enrichissement sont les mots qui conviennent : satisfaction d\u2019avoir remis l\u2019association sur les rails, fierté d\u2019avoir contribué à la création et au déploiement de la Coalition et enrichissement incroyable au plan personnel.Car j\u2019ai rencontré et côtoyé des personnalités hors du commun, d\u2019horizons divers.J\u2019ai participé à des rencontres historiques.J\u2019ai aussi voyagé dans le cadre de ces activités.Sachant tout cela, ne pensez-vous pas que ce désir d\u2019engagement répond à des besoins quelque peu égoïstes?Qu\u2019attendez-vous pour vous laisser aller à ce pernicieux penchant?Car en vérité, je vous le dis : les avantages dépassent largement les inconvénients! Notes 1.\tQuébec, Comité d\u2019étude sur les bibliothèques scolaires.1989.Les bibliothèques scolaires québécoises : Plus que jamais.; rapport.Ministère de l\u2019éducation, Direction générale de l\u2019évaluation et des ressources didactiques, xiii, 216 p.2.\tCe comité d\u2019étude était présidé par Gilles Bouchard, d\u2019où l\u2019appellation « Rapport Bouchard ».3.\thttp://rtsq.grics.qc.ca/apsds/ 30 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier Que notre véritable Saint Patron se lève s\u2019il-vous-plait! Jacques Messier Bibliothécaire professionnel, Bibliothèque des Lettres et Sciences Humaines, Université de Montréal Jacques.messier@umontreal.ca En avril 2004, la maison d\u2019édition bien connue Elsevier a souligné la Journée des bibliothécaires (International Special Librarians Day), coïncidant avec la fête de Saint Georges1 (23 avril).En effet, c\u2019est plutôt vers Saint Jérôme que nous devrions lancer des fleurs en une telle occasion.Comment parler du bibliothécaire le plus célèbre de l\u2019histoire (ou du moins l\u2019un des plus célèbres), le bien nommé Saint Jérôme?Bien avant l\u2019invention de l\u2019imprimerie, c\u2019est à cet érudit de l\u2019Église catholique que revient ce titre.Encore mieux : la vie tumultueuse de notre « héros » tranche radicalement avec le stéréotype de la profession, voulant que le bibliothécaire soit de nature calme et austère.En effet, le saint bibliothécaire dont nous parlons ici avait un caractère irascible et la langue bien pendue (on lui doit par exemple une controverse avec le non moins célèbre Saint Augustin).C\u2019est donc à Saint Jérôme que revient, parmi d\u2019autres titres, celui de patron des bibliothécaires.Ce saint homme, dont la célébration annuelle est fixée au 30 septembre, est également associé aux métiers de traducteur et d\u2019archéologue.Saint Jérôme est né autour de 342 à Stridonius, petit village près de l\u2019Adriatique.Peu de choses sont véritablement connues sur lui.Habile traducteur, Jérôme devint tour à tour latiniste et helléniste, langues dont il tirait, dit-on, grand plaisir.Il prit même l\u2019initiative d\u2019ouvrir un atelier de copistes.Il eut aussi l\u2019ambition de fonder une bibliothèque religieuse en transcrivant les livres de Saint Hilaire, les commentaires des Psaumes et la Chronique d\u2019Eusèbe de Césarée.La détermination dont il fit preuve dans la rédaction d\u2019une vaste correspondance lui valut le poste de secrétaire du Pape Damase.Amateur de voyages, il parcourut la Grèce, surtout Athènes, la Bithynie et la Galatie.Après des études de la langue hébraïque, son travail le plus ambitieux consista en une traduction de la Bible en latin, texte qui fut par la suite adopté lors du Concile de Trente et accepté comme version « officielle » de la Bible : c\u2019était la Vulgate.Ce travail fut à nouveau reconnu en 1907 par le Pape Pie X qui confia à l\u2019ordre bénédictin la tâche de réviser le texte de Saint Jérôme.Il mourut possiblement le 23 septembre 420 (419?) selon la Chronique de Prosper, puis enterré à Bethléem, avant d\u2019être transporté à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome.Dans l\u2019art, Jérôme est parfois représenté en compagnie d\u2019un lion (vers 1499 -1502), symbolisant la bravoure et le zèle devant la foi, préfiguré par le Christ en croix.Plus prenant : dans le tableau de Caravage (vers 1606), on le voit assis prostré sur un livre ouvert, devant lui un crâne également disposé sur un livre ouvert, comme regardant l\u2019érudit.La vie et la mort se rencontrent dans le vis-à-vis des crânes lisses, tous deux rattachés aux livres, enlignés suivant un même plan horizontal2.Souvent habillé d\u2019un chapeau rouge et d\u2019un manteau cardinalice (rappelant un titre non validé par l\u2019histoire.), on le retrouve tantôt entouré de livres, tantôt se frappant la poitrine avec un caillou, tantôt « dominé » par une trompette retentissant au-dessus de sa tête.Durant la dernière étape de sa vie, vers 382, Jérôme fonda un monastère avec une « amie », Paula, veuve et mère de cinq filles, et dont on mit en doute la relation avec Jérôme.A ce premier monastère s\u2019ajouta un second puis un troisième servant à loger Paula et ses filles.C\u2019est à cette époque que Jérôme tint ses propos les plus lapidaires, spécialement contre les idées protestantes.Plus apte à la polémique qu\u2019à la théologie, Saint Jérôme engagea un débat qui dégénéra rapidement : un incendie, vers 416, détruisit les monastères de Jérôme et de Paula.Néanmoins, il semble que Jérôme ne posa aucun jugement sur cet acte « criminel », bien qu\u2019il eût des soupçons sur ses instigateurs soit disant hérétiques.« Mieux vaut manger son pain sec que de perdre la foi! », disait-il.Paula mourut en 404.Jérôme, devenu malade, demeurait maintenant seul avec l\u2019une des filles de Paula.Lentement, le travail de pionnier de Jérôme allait s\u2019éteindre.Une abbaye fut ouverte à Rome en 1933 par Pie XI pour mener à bien l\u2019entreprise de la Vulgate, amorcée par Jérôme et reprise par l\u2019ordre bénédictin sous la gouverne de Pie X en 1907.La dernière parution des livres de Esdras, Tobie et Judith fut publiée en 1950.Il est intéressant de noter que l\u2019on trouve également un patronage des bibliothécaires chez deux autres saints personnages : \u2022 Adulée au Moyen Âge et fêtée le 25 novembre, Catherine d\u2019Alexandrie, vierge et martyre, mourut décapitée et charcutée.Réputée pour sa grande beauté et sa culture, Catherine est reconnue comme étant la patronne des bibliothèques, des bibliothécaires, des enseignants et des archivistes.Ses habiletés à discourir l\u2019associent également aux plaidoiries des avocats.Figurant au calendrier des ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 31 L\u2019engagenment Dossier saintes et saintes auxiliaires, on la retrouve également parmi les mourants, les aiguiseurs de couteaux, les domestiques, les infirmières, les philosophes, les secrétaires et, bien sûr, les filles célibataires! Sa vie étant truffée de légendes, elle fut destituée du calendrier des Saints en 1969.\u2022 Saint Laurent, quant à lui, est associé aux archivistes, aux armuriers, aux bouchers et aux blanchisseurs.Notes 1.En Espagne, la fête de Saint-Georges est soulignée par une distribution de cadeaux à laquelle les bibliothèques sont appelées à participer.2.Voir Fondation Berger.2004.Saint Jérôme.Lausanne : Fondation Berger [http://www.bergerfoundation.ch/wat4/ picture?ref=6234-3041 -0627.44] Bibliographie Guiley, Rosemary.2001.The Encyclopedia of Saints.New York : Facts on File, Checkmart Books, 419 p.Bénédictins de Paris.1935-1959.Vies des Saints et des Bienheureux selon l'ordre du calendrier avec l\u2019historique des fêtes.Paris : Letouzey et Ané, 13 v.Pierrard, Pierre, cl976.Larousse des prénoms et des saints.Paris : Larousse, 225 p.Managing Information.2004.Managing Information.London : Managing Information [http://www.managinginformation.com/] BiblioAcid.2004.BiblioAcid.Angers, Aix-en-Provence : BiblioAcid [http://www.biblioacid.org/] Catholic Online.2004.Catholic Online.Bakersfield : Catholic Online [http://www.catholic.org/] Fondation Jacques-Édouard Berger.2004.Fondation Jacques-Edouard Berger.Lausanne : Fondation Jacques-Édouard Berger [http://www.bergerfoundation.ch/index_ ffench.html] The Catholic Community Forum.2004.The Catholic Community Forum.St.Louis : The Catholic Community Forum [http://www.catholic-forum.com/] RG/SC© H La Compagnie de Restauration de Documents Inc La seule entreprise au Canada à vous offrir une véritable chambre de lyophilisation sous vide à grande capacité (freeze-drying) pour la restauration de vos livres, documents, papiers, radiographies, manuscrits et matériel informatique endommagés par l'eau, le feu, la fumée ou la moisissure.SERVICE D\u2019URGENCE 24 HEURES 514-931-7789 \u2022 1 800 86-ROSCO .ROSCODOC .com www 225 Lindsay, Dorval, QC H9P 1C6 \u2022 Téléphone: 514-931-7789 Fax: 514-931-2494 \u2022 Courriel: rosco@roscodoc.com 32 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Dossier Les Amis de la bibliothèque publique: le non-dit Bien que les origines des groupes d\u2019Amis des bibliothèques soient peu documentées, l\u2019appellation comme tel a fait son apparition au début du XXiim' siècle.Afin de mettre en perspective ce phénomène issu, entre autres phénomènes, du Public Library Movement aux Etats-Unis (deuxième moitié du XIXiin,e siècle), quelques éléments historiques sont mis de l\u2019avant.Le but du présent article est d\u2019examiner de plus près la nature, les caractéristiques ainsi que les divers rôles que l\u2019on attribue à ce type de groupe dans le contexte d\u2019une bibliothèque publique.Il s\u2019agit également de souligner un certain nombre d\u2019exigences sous-tendant l\u2019établissement, l\u2019épanouissement et le succès d\u2019un groupe des Amis de la bibliothèque.Le contexte socio-culturel et l\u2019environnement administratif des bibliothèques publiques québécoises sont aussi pris en considération.Diane Mittermeyer Professeure agrégée Graduate School of Library and Information Studies, McGill University diane.mittermeyer@mcgill.ca Friends of the library : what we do not talk about Although the origins of Friends of the libraty are not well documented, the name itself appeared at the beginning of the 20th century.This article presents some historic elements in order to put into perspective the phenomenon issued in part from the Public Libraty Movement in the United States.It examines the nature, characteristics and various roles of this group in the context of the public library system.It also points out some requirements underlying the establishment, flourishing and success of a group of Friends of the library.The socio-cultural context and the administrative environment of Quebec public libraries are also described.Comme le souligne Jolicoeur (1998, p.121), les origines des groupes d\u2019Amis de la bibliothèque sont peu documentées.Par contre, selon Ashfield (1980, p.2) et Dolnick (1996, p.237), on sait que le premier groupe ayant utilisé le nom « Amis de la bibliothèque » serait La Société des Amis de la Bibliothèque Nationale et des Grandes Bibliothèques de France.Ce groupe vit le jour à Paris en 1913 (il faut noter cependant que ni Ashfield ni Dolnick ne fournissent de référence quant à leur source d\u2019information).Le but de cet article étant d\u2019examiner de plus près la nature, les caractéristiques ainsi que les divers rôles attribués de nos jours à ce groupe dans le contexte d\u2019une bibliothèque publique, nous ne présenterons ici que quelques éléments historiques afin de mieux délimiter nos propos.Des « amis » de longue date Selon la définition attribuée au mot « ami », il va sans dire que depuis toujours la bibliothèque, en tant qu\u2019insti-tution gardienne du savoir et des connaissances, n\u2019a pu exister et survivre à travers les siècles que grâce à ses nombreux amis, qui se sont toujours ralliés pour défendre cette institution de haut savoir.Plus près de nous, sur le continent nord-américain, il semble que la première organisation officiellement enregistrée sous le nom de \u201cFriends of the Library\u201d date de 1922.Comme le souligne Conat (1955), le développement des bibliothèques publiques aux Etats-Unis au XLXièmc siècle repose en grande partie sur l\u2019initiative et le soutien des citoyens.D\u2019ailleurs, plusieurs bibliothèques publiques y sont d\u2019abord établies par des regroupements de citoyens formés en associations ou en sociétés.Au cours du XXième siècle, de nouveaux regroupements voient le jour, cette fois sous l\u2019appellation des « Amis de la bibliothèque ».Les bibliothèques publiques étant désormais reconnues et soutenues financièrement par l\u2019État, les citoyens se donnent comme nouvelle mission de « veiller au grain », d\u2019où leur appellation d\u2019Amis : \u201cThis name seems to express better than any other the nature of the present-day groups - their friendly concern for the library\u2019s development, and an alert readiness to aid the community library\u201d (Conat, 1955, p.1).En 1929, un comité de T American Library Association (ALA), le Special Membership Committee, créé afin d\u2019accueillir toutes les personnes intéressées par le soutien aux bibliothèques, organise, dans le cadre de la conférence annuelle de l\u2019ALA, un premier déjeuner sous le thème \u201cFriends of Libraries Luncheons\u201d.Ces déjeuners-rencontres deviennent rapidement un événement prisé de la conférence et, en 1937, le comité change de nom et devient le Friends of Libraries Committee (Conat, 1955, p.2).En 1941, ce comité reçoit un nouveau mandat : \u201cTo encourage the organization of citizens interest, support and understanding of library services and needs\u201d (Conat, 1955, p.2).Ainsi, fort ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 33 engagenmen Dossier d\u2019une tradition de plus de 40 ans, il ne faut pas s\u2019étonner de voir ce groupe se transformer en 1979 pour devenir le Friends of the Libraries USA (FOLUSA1) (Reed, 2004a, p.41).Finalement, en ce qui concerne la première organisation officiellement enregistrée sous le nom de Friends of the Library, notons que le premier rapport du Friends of Libraries Committee de l\u2019ALA, en 1937, mentionne qu\u2019un groupe des Amis de la Bibliothèque de Reading dans le comté d\u2019Onondaga (New York) fut mis sur pied en 1922 (American Library Association, 1937, p.38).Par contre, selon Ashman (2002, p.50), le premier groupe organisé sous l\u2019appellation des Amis de la bibliothèque est plutôt celui de Glen Ellyn en Illinois, également établi en 1922.Que cette notion ait fait son apparition dans l\u2019État de New York ou de l\u2019Illinois, il n\u2019en demeure pas moins que quelque 50 ans plus tard, une recension des groupes d\u2019Amis de la bibliothèque publique dans l\u2019État de New York en dénombre 119 (regroupant plus de 22 000 membres au total) (Ferguson, 1970, p.iii-iv); et, en 1991, une enquête effectuée par FOLUSA évaluait à 2303 le nombre de groupes de ce genre à travers le pays (Ashman, 2002, p.50).Ces quelques éléments sur les origines des Amis de la bibliothèque se veulent un complément à l\u2019excellent article de Louise Jolicoeur (1998).Cet ajout, bien que bref, tente d\u2019illustrer la persévérance des citoyens dans le soutien qu\u2019ils accordent à leur bibliothèque.Aux États-Unis, se situant dans le prolongement du Public Library Movement, les Amis d\u2019aujourd\u2019hui sont les héritiers d\u2019une tradition vieille de plus de cent ans.Par contre, comme le précise Jolicoeur (1998, pp.127-128) dans sa conclusion : Nous avons vu qu \u2019avant d\u2019être réalité, la bibliothèque publique apparaît d\u2019abord comme une vue de l\u2019esprit.Une, deux, trois personnes se regroupent autour de cette idée et organisent leurs actions pour sa réalisation.Plusieurs Québécois ont eu cette idée de bibliothèque, mais des circonstances les ont empêchés de s'associer et de créer ce que l'on nomme aujourd'hui un groupe d\u2019amis.Pour toutes sortes de raisons (obéissance au clergé, objections idéologiques, contretemps, chauvinisme) qui nous ont amené à refuser les subventions de Andrew Carnegie, le tissu social québécois n \u2019a jamais permis la création et la croissance de groupes d\u2019amis de la bibliothèque.[.] L\u2019absence de groupes d\u2019amis serait un chaînon manquant expliquant une partie du retard historique qu \u2019a pris le Québec en matière de bibliothèque publique.Une spontanéité qui se prépare En ce qui a trait aux étapes à suivre pour la création d\u2019un groupe d\u2019Amis de la bibliothèque, il y a une abondante littérature sur le sujet et il existe un consensus parmi les divers auteurs consultés (Dunn, 1978; Pennell, 1978; Friends Manual : Hennepin County Library, 1990; Law, 1991; Herring, 1993; Dolnick (éd.), 1996; Taylor, 2000; Reed, 2004).Ainsi, bien qu\u2019il soit possible de rassembler un groupe spontanément lors de situations imprévues comme une catastrophe naturelle (incendie, inondation, tremblement de terre) ou lors de remous politiques menaçant la bibliothèque (sa liberté d\u2019action, son existence présente ou son devenir), tous les auteurs s\u2019entendent et prônent l\u2019établissement d\u2019un groupe d\u2019Amis de la bibliothèque « avant la tempête » à partir d\u2019une planification éclairée.Dans un premier temps, un bibliothécaire, dont le mandat est de représenter la bibliothèque, doit rassembler un petit groupe de 5 à 8 personnes reconnues pour leur leadership ainsi que pour l\u2019intérêt qu\u2019elles portent à la bibliothèque puis créer un comité d\u2019organisation responsable de la mise en place d\u2019un premier groupe d\u2019Amis.D\u2019un commun accord, ce comité devra déterminer un premier ensemble de règles portant notamment sur : \u2022 les rapports entre Amis et administrateurs : définir les rôles, responsabilités et domaines d\u2019autorité de chacun; \u2022\tla mission, les buts et les objectifs du groupe : définir le plus clairement possible la raison d\u2019être du groupe et prioriser les premières actions à entreprendre; \u2022\tla structure organisationnelle du groupe : identifier un minimum de comités nécessaires au bon fonctionnement du groupe (par exemple un comité d\u2019adhésion des membres, un comité des projets et réalisations, un conseil d\u2019administration, etc.) puis définir les responsabilités de chacun; \u2022\tl\u2019ensemble des règlements régissant le groupe : déterminer le statut du groupe en tant qu\u2019organisme à but non lucratif, lui permettant ainsi de recevoir des dons, de faire des levées de fonds et d\u2019émettre des reçus pour les déductions d\u2019impôt; \u2022\tl\u2019inscription des membres : fixer les frais d\u2019inscription, s\u2019il y a lieu, et déterminer des catégories d\u2019inscription si cela s\u2019avère nécessaire.Lorsque ces différentes étapes sont en place, le comité d\u2019organisation est prêt pour le lancement d\u2019une compagne de recrutement des membres en vue de procéder à l\u2019élection d\u2019un premier conseil d\u2019administration du groupe des « Amis de la bibliothèque x »2.Il est souhaitable que certains membres du comité d\u2019organisation y soient élus afin d\u2019assurer une transition dans le respect des principes et des règles précédemment établis.En fait, s\u2019il ne s\u2019agissait que de suivre ce mode d\u2019emploi, une très grande majorité de bibliothèques, sinon toutes, bénéficieraient de l\u2019apport d\u2019un tel groupe.Mais encore faut-il s\u2019entendre sur les buts visés.Les Amis de la bibliothèque auront-ils comme mission première l\u2019organisation de levées de fonds ou agiront-ils plutôt en tant que porte-parole de la communauté auprès de la bibliothèque et de la bibliothèque auprès de la communauté?D\u2019autre part, le but visé est-il de se doter d\u2019un réseau de bénévoles aux expertises diversifiés et auxquels on peut faire appel lors de projets spécifiques et d\u2019activités ponctuelles?Et qu\u2019en est-il du volet « groupe de pression/voix des citoyen » auprès de la municipalité ou du gouvernement provincial?Ces divers champs 34 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 d\u2019action n\u2019étant pas mutuellement exclusifs, peut-être s\u2019agit-il, plus simplement, de reconnaître les avantages et les inconvénients de chacun de ces mandats.Dans les faits, ce petit exercice peut s\u2019avérer fort délicat.Sur le terrain, les avantages et les inconvénients tel que perçus par les uns ne sont pas nécessairement perçus de la même façon par les autres, et plus particulièrement dans un environnement où la bibliothèque publique se définit comme un service mimicipal et où le simple concept des Amis de la bibliothèque est à développer, tant chez les citoyens et les employés de la bibliothèque que chez les administrateurs et les élus municipaux.Tout comme pour le processus d\u2019établissement d\u2019un groupe, notre recension des écrits nous a permis de constater la quasi universalité des raisons invoquées ou des buts et des objectifs poursuivis dans la création d\u2019un groupe d\u2019Amis de la bibliothèque.Par exemple, les deux extraits qui suivent illustrent le degré de similarité qui existe dans les rôles attribués au groupe des Amis, même lorsque les environnements sont fort différents.Le premier extrait date de 1978 et provient d\u2019un guide préparé à l\u2019intention de bibliothécaires et de groupes d\u2019Amis du Comté d\u2019Hennepin au Minnesota.On y lit ce qui suit : FRIENDS GROUPS ARE NEEDED! A strong, active Friends of the Library group is one of the most rewarding assets a community library can have! Continuous dedication to the promotion of quality library service is a major goal for all Hennepin County Friends.This objective may be achieved in a variety of ways.The Friends can : \u2022\tInterpret the library to the community; \u2022\tEncourage the use of the library\u2019s resources and services to the fullest extent; \u2022\tStimulate public support; \u2022\tEnrich the cultural life of the community; \u2022\tProvide equipment and materials not available through the regidar library budget; \u2022\tMaintain cooperation and open communication between the library and other community groups.A dedicated Friends organization is always an important source of strength and inspiration to the library staff! (Dunn, 1978, p.1) Le deuxième extrait présente les résultats d\u2019une étude britannique effectuée pour la Library and Information Commission en 1999.Le but de cette recherche était, entre autres choses, de fournir aux bibliothèques ainsi qu\u2019aux groupes d\u2019Amis, des données portant sur les « pratiques d\u2019excellence » de ces groupes en Grande-Bretagne ainsi que d\u2019explorer la possibilité d\u2019établir un regroupement national, à l\u2019exemple de FOLUSA.Dans le milieu des bibliothèques publiques, 150 groupes d\u2019Amis furent identifiés.En ce qui a trait aux raisons qui sous-tendent la formation d\u2019un groupe d\u2019Amis de la bibliothèque, l\u2019étude a démontré que : The main reasons for the formation of Friends of Libraries Groups are to: \u2022\tbe advocate for the library; \u2022\tdefend libraries from proposed closure; \u2022\tsupport and enhance the library service through fund-raising; \u2022\tprovide a means for the library to consult and involve users in proposals for the service; \u2022\tenable users to represent the needs of the service to governing bodies and councils.(Capital Planning Information, 1999) Comme on peut le constater, du Hennepin County au Minnesota en 1978 à la Grande-Bretagne en 1999, l\u2019établissement d\u2019un groupe d\u2019Amis à la bibliothèque repose sur un ensemble de raisons ou d\u2019objectifs fort similaire.En bref, selon les besoins spécifiques d\u2019une bibliothèque, il s\u2019agira d\u2019orienter les actions du groupe de cette façon : 1.levées de fonds; 2.bénévolat; 3.actions politiques; 4.relations publiques (Law, 1991, p.5).Ou, selon Dolnick (1996, p.1-2) : 1.money; 2.services; 3.public relations; 4.advocacy; 5.community involvement.En fait, que la décision de l\u2019administration de la bibliothèque soit d\u2019accorder la priorité aux actions du groupe en relations publiques, en bénévolat ou plutôt en action politique, il demeure essentiel que l\u2019ensemble des personnes concernées adhère aux priorités d\u2019actions choisies (c\u2019est-à-dire les Amis, Dossier bien sûr, mais également tous les employés de la bibliothèque et non seulement ceux qui seront appelés à travailler avec les Amis).Une bibliothèque au Québec : publique ou municipale?Dans ce processus de sensibilisation et de définition des buts poursuivis et des rôles de chacun, il est également essentiel d\u2019obtenir l\u2019adhésion des décideurs.Pour la majorité des bibliothèques publiques nord-américaines, le groupe des décideurs comprend le Conseil d\u2019administration de la bibliothèque et la hiérarchie administrative interne qui s\u2019étend, selon la taille de la bibliothèque, des différents chefs de services et de départements jusqu\u2019au directeur.Au Québec, le groupe des décideurs comprend bien entendu la hiérarchie administrative municipale, dont relève le service de la bibliothèque et, ultimement, les élus municipaux.Nous tenons à souligner l\u2019importance de l\u2019adhésion de ces deux groupes (administrateurs et élus municipaux) aux buts et objectifs visés par les Amis.Étant donné, répétons-le, que les avantages et les inconvénients tel que perçus par les uns ne seront peut-être pas perçus de la même manière par les autres, il y a fort à parier par exemple que la définition des priorités d\u2019action à confier aux Amis en ce qui a trait aux levées de fonds ou aux actions politiques variera de façon significative selon les groupes de personnes concernées.Dans son étude comparative intitulée « Les lois concernant les bibliothèques publiques au Québec et en Ontario », Ferland écrit (1996, pp.14-15) : Un autre intervenant dans le milieu des bibliothèques publiques ontariennes, qui les différencie de celles du Québec, est la présence de groupes de pression en faveur de la bibliothèque appelés les Amis de la bibliothèque (Friends of the library).Certains auteurs ont retracé les origines ontariennes de ce mouvement aussi loin qu\u2019en 1939.En dépit du fait que ces groupes n 'aient pas été créés par la ARGUS / Vol.33, n\" 3, Hiver 2004 35 L\u2019engagenment législation ontarienne, ils ont tout de même eu un effet sur cette loi comme le souligne Violet Skory : \u201cFriends\u2019 groups can be a very efficient tool in positively shaping public sentiment and influencing political decisions in relations to government funding and legislation for libraries.\u2019\u2019 Soulignons au passage qu \u2019au Québec, on a vu apparaître récemment, notamment à Montréal, l\u2019amorce d\u2019un mouvement potentiellement semblable3.Il est heureux que Ferland qualifie de « potentiellement semblable » l\u2019amorce au Québec d\u2019un mouvement prônant la formation de groupes des Amis de la bibliothèque.A notre avis, bien que ces groupes aient le potentiel d\u2019agir comme groupes de pression, serait bien mal reçu qui oserait.Par contre, étant donnée une information des plus limitées concernant les divers groupes d\u2019Amis des bibliothèques publiques au Québec, qu\u2019il nous soit permis de signaler l\u2019existence de deux groupes dont les actions de lobbying auprès des instances municipales nous sont connues : les Partenaires de la bibliothèque Benny, groupe établi en 1995 (la bibliothèque Benny est une succursale du réseau des bibliothèques de la ville de Montréal) et, plus récemment, les Friends of the Fraser-Hickson Library, formellement constitué à l\u2019automne 2004, mais ayant fermement manifesté son soutien à la Bibliothèque Fraser-Hickson au cours de l\u2019année 2003.Cette bibliothèque, également située à Montréal, est placée sous la responsabilité du conseil d\u2019administration de l\u2019Institut Fraser-Hickson.D\u2019autre part, dans un article précédent (Mittermeyer, 1994, p.30), nous avançons que de tels groupes d\u2019Amis (d\u2019abord orientés vers des actions politiques et de lobbying) ne peuvent exister dans une structure où la bibliothèque constitue un service municipal à par entière.Si, par définition, un conseil d\u2019administration autonome responsable de la biblio-thèque ne peut exister dans une structure où cette dernière est un service municipal, il en va de même à notre avis d\u2019un groupe d\u2019Amis de la bibliothèque : si le fait d\u2019apporter son soutien à la bibliothèque peut transformer, à l\u2019occasion, un groupe d\u2019Amis en groupe de pression, il est concevable que de telles organisations ne soient pas particulièrement bienvenues auprès de ceux sur qui elles seraient appelées à faire pression (Mittermeyer, 1994, p.31).On peut facilement comprendre, dès lors, l\u2019attitude probable des élus et administrateurs municipaux envers les Amis.Mais, comme le soulignait Ferland en 1996, il semble que de nouveaux espoirs soient permis.Toujours en 1996, Dolnick, dans la 3i4me édition de Friends of the Library Sourcebook, résumait en ces termes les divers champs d\u2019action à prioriser : \u2022\tMoney \u2014 Friends groups have traditionally raised funds for projects or acquisitions in excess of the general library budget; \u2022\tServices - There is no limit to the services that a dedicated volunteer group can provide, short of substituting members for specialized staff.These services can be hands-on or in-kind support made available through connections to the business community; \u2022Public relations - Each Friend is a walking public relations vehicle for the library to its community.Each event, media mention, public activity, advocacy effort, or community involvement adds to the library\u2019s stature; \u2022\tAdvocacy - An informed, active citizen lobby provides the public library with its strongest weapon.Budgets are not the only area where advocacy is necessary; \u2022\tCommunity involvement - An organized Friends group is essentially a validation of the library\u2019s importance to its community.The group members\u2019 increased awareness of the collections and inner workings of the library further strengthens their ties to the institution.(Dolnick, 1996, pp.1-2) Il reste à savoir où se situeront les priorités des Amis de la bibliothèque au Québec.Ces regroupements de citoyens désireux de collaborer à la promotion et au développement de leur bibliothèque seront-ils avant tout des activistes veillant au bien-être, à la reconnaissance et à l\u2019épanouissement de leur bibliothèque dans leur environnement municipal?Seront-ils d\u2019abord perçus comme étant des bénévoles aux expertises diverses, allant de l\u2019avocat ou du comptable retraité à l\u2019enseignante de l\u2019école voisine, désireux de faire bénéficier la bibliothèque de cette expertise selon les besoins; ou encore des agents de relations publiques impatients de communiquer l\u2019apport exceptionnel de la bibliothèque dans la vie de leur communauté?On peut également songer à la possibilité d\u2019un simple regroupement de membres avides d\u2019organiser des rencontres littéraires, des événements culturels et artistiques au sein de la bibliothèque.Ici encore, nous tenons à préciser que le fait de mettre de l\u2019avant un champ d\u2019activités n\u2019exclut en rien la poursuite parallèle des autres champs d\u2019action.Il va sans dire également que l\u2019évolution du groupe d\u2019Amis amènera ceux-ci à revoir et à redéfinir leurs intérêts et leurs champs d\u2019action selon la mobilité de l\u2019environnement.Il est permis de penser qu\u2019éventuellement, un groupe d\u2019Amis de la bibliothèque aux intérêts culturels diversifiés puissent réorienter ses activités pour le bien-être de la communauté, une plus grande reconnaissance ainsi qu\u2019un plus grand épanouissement de la bibliothèque.Le non-dit : la bonne volonté, la diplomatie et le leadership Avant de parler de l\u2019investissement nécessaire de la part des administrateurs de la bibliothèque et des Amis, il convient de se demander pourquoi nous devrions procéder à un tel investissement.Pour la grande majorité des directeurs et directrices de bibliothèques publiques, l\u2019agenda quotidien déborde d\u2019activités et de responsabilités auxquelles il faut sans cesse accorder une nouvelle priorité.Le manque de temps et de ressources tant humaines que financières font en sorte que trop souvent, la seule idée d\u2019explorer une nouvelle possibilité, un nouveau projet, est remise à plus tard.Bien que nous reconnaissions les exigences et les difficultés de la mise en place d\u2019un tel processus (exigences liées au temps, aux ressources demandées, mais également à 36 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 la bonne volonté, à la diplomatie et au leadership), il convient d\u2019examiner l\u2019envers de la médaille.En effet, dans l\u2019éventualité où l\u2019on choisit de ne pas se doter d\u2019un tel groupe, les manques à gagner sont nombreux : moins de visibilité dans la communauté, moins de bénévoles offrant leur savoir-faire, moins de lobbying, de dons, de publicité, etc.Nous aimerions à ce propos porter à l\u2019attention du lecteur deux exemples illustrant simplement, mais de manière exemplaire, ce que nos bibliothèques publiques québécoises ont perdu au cours de toutes ces années.¦ Le Comité consultatif de la Bibliothèque publique de Jackson Notre premier exemple, même s\u2019il date de plus de 60 ans, représente une situation assez près de notre réalité.Il se situe dans les années 1930 et provient du premier rapport du Friends of the Library Committee de l\u2019ALA en 1937.Le directeur de la Bibliothèque publique de Jackson relevait directement d\u2019une instance municipale et il semble que la bibliothèque ne faisait pas partie des priorités de la municipalité depuis un bon nombre d\u2019années.Or, des citoyens réunis en Comité consultatif - donc sans pouvoir décisionnel au sein de l\u2019administration municipale - ont décidé de se doter d\u2019un Friends group adoptant le mandat suggéré par Dolnick (\u201cMoney, services, public relations, advocacy, and community involvement\u201d).La création de ce groupe s'est traduit, entre autres, par un soutien financier accru pour la bibliothèque, par l'implication de différents clubs de la ville pour dans la cause de la bibliothèque et par la création d'un \u201cBirthday Book Club\u201d pour les enfants.Ces derniers devenaient membres de la bibliothèque après lui avoir fait don d'un livre neuf le jour de leur anniversaire.S\u2019il est vrai qu\u2019en 1937, il aurait été quasi impossible de penser créer un tel groupe d\u2019Amis au Québec étant donné le contexte social et le très petit nombre de bibliothèques municipales, en 2005, peut-on vraiment continuer de priver nos bibliothèques d\u2019une telle voix, d\u2019un tel soutien dans la communauté?Selon Boisvert, avant 1950 au Québec, on retrouvait aussi peu que : [.] 14 bibliothèques publiques financées à même les fonds publics.[Toutefois] le réseau était constitué, à la fin de l\u2019année 1991, de 155 bibliothèques publiques autonomes au service de 70 % delà population totale et de 783 bibliothèques affiliées destinées à 18 % de la population québécoise.(1993, pp.192,194) Si l\u2019essor des bibliothèques publiques québécoises date des années 1960-70, il convient de se demander comment quelque 150 groupes d\u2019Amis de la bibliothèque répartis à travers le Québec auraient pu contribuer au développement de ce réseau depuis une trentaine d\u2019années?Par contre, il ne faut pas confondre ici les Amis de la bibliothèque et les bénévoles oeuvrant au sein des très nombreuses petites bibliothèques affiliées aux centres régionaux de services documentaires.Alors que la contribution de ces bénévoles est essentielle et exemplaire, nous tenons à préciser que bien qu\u2019il soit fort souhaitable que tous les bénévoles d\u2019une bibliothèque joignent les rangs des Amis de cette bibliothèque, il va sans dire que tous les Amis de la bibliothèque ne seront pas nécessairement des bénévoles contribuant au joui- le jour au soutien de leur bibliothèque, les uns et les autres ayant des objectifs fort différents.¦ Les Amis de la Bibliothèque publique du comté de Tompkins Parmi les nombreux autres exemples illustrant les réalisations et les réussites des groupes d\u2019Amis, mais également le manque à gagner québécois, voici un des succès des Amis de la Bibliothèque publique du comté de Tompkins (The Friends of the Tompkins Public Library1).Cet exemple concerne les ventes de livres (il va sans dire qu\u2019une telle activité nous est familière puisque la majorité des bibliothèques publiques québécoises y ont recours au moins une fois par année).La particularité de la vente de livres des Amis du comté de Tompkins est que cet événe- Dossier ment, qui a lieu désormais deux fois par an, fut organisé pour la lière fois en 1947 et rapporta un peu plus de 400 $ américains.En 2002, soit en 55 ans, cette vente de livres à elle seule avait permis aux Amis de la bibliothèque publique d\u2019amasser la somme de 1 954 109 $ américains pour leur bibliothèque (Cohen, 2002, p.23).Les retombées, notons-le, ne sont pas que financières.Plus de 300 bénévoles participent chaque année à la vente.En 2001, ceux-ci ont contribué à cette activité en accordant un total de 14 580 heures de travail.Il faut dire que les Amis sont constamment en campagne de recrutement.Les bénévoles oeuvrant à la vente de livres sont des retraités, des enseignants, des écrivains, des étudiants, des gens d\u2019affaires, des fermiers, des politiciens, des ménagères, des bibliothécaires, des adeptes de l\u2019électronique.En un mot, tout le monde est bienvenu.Les auteurs, Cohen et Hedlund, rapportent certaines anecdotes, par exemple le cas de cet avocat invité à faire le tri des livres dans la catégorie \u201ctrue crime\u201d.Puisque la préparation de chacune des ventes exige le tri de plusieurs centaines de milliers de nouveaux volumes (plus de 500 000 en 2001), il arriva qu\u2019on eût besoin un jour de nouveaux bénévoles pour faire le tri dans cette catégorie.Lors de ventes précédentes, cet avocat étant toujours à la recherche de ce genre de roman, les Amis cherchèrent à le contacter afin de l\u2019inviter à participer au tri.Comme il se doit, sa secrétaire mit de l\u2019avant l\u2019agenda beaucoup trop changé de son patron, mais consentit tout de même à faire le message.Apparemment, la secrétaire retourna l\u2019appel dans les dix minutes suivantes pour signaler le grand intérêt de celui-ci et son accord pour aider au tri.Depuis, cet avocat fait également le tri des livres de droit, s\u2019occupe de la caisse lors de la vente et participe à de nombreuses autres activités.Parmi les autres anecdotes des auteurs, signalons le bénévolat intéressé de politiciens pour qui la participation active à la vente de livres est une occasion rêvée de se faire voir par un grand nombre de citoyens.Les retombées de ces ventes ne bénéficient pas uniquement aux bibliothèques ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 37 L\u2019engagenment Dossier publiques du comté.Des contributions sont également faites à diverses agences communautaires (31 200 $ américains en 2001) afin de parrainer des projets reliés au développement de l\u2019alphabétisation et de la lecture (Cohen, 2002, p.31).Ce deuxième exemple illustre non seulement la perte de revenu potentiel, mais bien davantage la perte de visibilité, de bonne volonté, d\u2019effort communautaire et de coopération qui résulte de l\u2019absence des Amis de la bibliothèque.Au cours des années, une vente de livres quasi anodine est devenue un phénomène attendu par la population et dont les retombées sont des plus bénéfiques pour la bibliothèque.Désormais, toute la ville en parle et, qui plus est, une grande partie des citoyens s\u2019impliquent.Comme quoi il est possible de faire les choses autrement.Par contre, une forme de non-dit existe sur tout ce qui n\u2019est pas directement visible dans un projet semblable.La formation d\u2019un groupe d\u2019Amis de la bibliothèque comporte un investissement majeur, tout particulièrement de la part du directeur de la bibliothèque et de quelques employés, en termes de temps, de persévérance, de patience, de doigté, de diplomatie, de négociation et de leadership.Pour en assurer le succès, il faut que le bibliothécaire ait une vision précise de la contribution potentielle des Amis de « sa » bibliothèque, en tenant compte de « son » environnement.Il appartient aux bibliothécaires d\u2019orchestrer les perceptions des diverses parties en présence, à plus forte raison, d\u2019ailleurs, au sein d\u2019un milieu comme le Québec, où n\u2019est pas encore établie une tradition forte d\u2019Amis de la bibliothèque.S\u2019il arrive que, par manque de tradition et d\u2019implication, les citoyens n\u2019ont vraisemblablement qu\u2019une vision limitée de leur potentiel en tant qu\u2019Amis de leur bibliothèque, les administrateurs municipaux peuvent quand à eux faire preuve d\u2019une vision du projet assez bien définie, mais plutôt éloignée de la réalité de la bibliothèque.Par exemple, les uns se perçoivent comme bénévoles alors que les autres souhaiteraient des partenaires du genre partenariat public-privé (PPP).Il y a aussi la possibilité d\u2019une perception du genre « club social », où la reconnaissance que les Amis désireraient se voir reconnaître primerait sur la contribution qu\u2019ils pourraient et devraient faire à la bibliothèque.On le voit, une vision claire et un fort leadership diplomatique sont nécessaires de la part du bibliothécaire responsable de la mise sur pied d\u2019un tel groupe.Il n\u2019y a pas de formule magique.Sans tradition, tout est à faire.Mais heureusement, comme nous l\u2019avons vu brièvement grâce à un certain nombre d\u2019exemples, d\u2019autres nous ont ouvert la voie.II n\u2019est pas trop tard, mais.En conclusion, il nous faut considérer brièvement les changements profonds que connaît notre société.À l\u2019ère de la numérisation de l\u2019information, de son accès quasi instantané et sans frontières par l\u2019entremise d\u2019Internet, du Web.et de Google, la place qu\u2019occupe la bibliothèque publique dans la communauté est de plus en plus remise en question.S\u2019il est vrai que nous avons toujours proclamé haut et fort notre contribution au bien-être de la communauté, notre discours ne semble pas avoir suscité l\u2019enthousiasme et le soutien des foules.Si notre bibliothèque publique est une institution qui se veut vraiment démocratique, à la fois heu de rencontre amicale et heu d\u2019apprentissage, de formation et d\u2019information pour tous les citoyens, nous nous devons d\u2019inviter ces derniers à venir échanger avec nous sur cette vision d\u2019une bibliothèque démocratique et citoyenne.Et ce, non pas au hasard de quelques consultations publiques, mais entre Amis, et pourquoi pas dans le cadre de rencontres et d\u2019activités mensuelles.Mais au départ, il nous appartient de faire le premier pas et d\u2019assurer la présence de la bibliothèque dans la communauté.Pour plusieurs, ce premier pas peut s\u2019avérer fort onéreux en terme de temps puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un ajout à un agenda déjà trop rempli.Alors que nous avons tenté de souligner les avantages qu\u2019un groupe d\u2019Amis peut apporter à la bibliothèque tout en mettant de l\u2019avant le manque à gagner qu\u2019a entraîné notre retard au Québec, nous en avons également souligné quelques-unes des exigences.Nous aimerions rappeler qu\u2019en ces temps de changements technologiques et sociaux rapides, si nous voulons que nos bibliothèques demeurent des centres essentiels à la vie de nos communautés - des lieux citoyens5, notre présence dans la communauté et celle de nos employés est nécessaire, même si cela exige, il est vrai : [.] spending time in the community, being a highly visible presence at community events that range from the Odd Fellows pancake brearfast to the installation of the City Council.It often means sacrificing your personal time, your evenings and your weekends but that is a small price to pay for the good will it fosters and the visibility it brings to the library.For remember that in the eyes of the community, you personify the library .(Cart, 2002, p.14) Si nous-mêmes n\u2019attribuons pas suffisamment de valeur à cette institution pour lui consacrer quelques heures de notre temps en dehors de notre horaire régulier de travail, comment pouvons-nous espérer convaincre un groupe de citoyens de le faire?A l\u2019instar de Michael Cart qui, pendant les douze années où il fut Directeur de la Beverly Hill Library and Community Services, ne refusa pratiquement jamais une invitation à participer aux événements de la communauté, nous ne devons pas attendre passivement les invitations et les occasions de nous faire connaître : And, of course, I learned that one cannot wait passively for such invitations and opportunities; one must be - dare I say it?- aggressive in pursuing them.All of this, again, contributed to the view of the library as being a community center and as a center of the community.(Cart, 2002, p.15) Se pourrait-il que notre retard en matière de bibliothèques publiques et, de ce fait, en matière d\u2019établissement de groupes des Amis de la bibliothèque, soit attribuable, du moins en partie, à notre manque de conviction dans la valeur de cette institution et, 38 ARGUS / Vol.33, n\" 3, Hiver 2004 Dossier par conséquence, à notre manque de volonté lorsqu\u2019il s\u2019agit de la représenter et de la défendre?Il nous faut espérer que tel n\u2019est pas le cas.Car pour établir un groupe des Amis de la bibliothèque et permettre à ce dernier d\u2019utiliser son plein potentiel, il nous faut croire fermement aux valeurs mises de l\u2019avant par notre institution et posséder une bonne dose d\u2019agressivité, envers et contre tout, tant il est vrai qu\u2019il est parfois difficile de croire aux valeurs que prônent nos administrations municipales.Notes 1.\tPour de plus amples détails voir le site Web de FOLUSA situé à l\u2019adresse suivante : http://www.folusa.org/ 2.\tPour de plus amples détails, voir, entre autres sources, Reed, 2004b.\u201cChapter Four: Creating, Growing, and Re-Energizing Friends Groups\u201d, pp.141-175.3.\tVoir l\u2019article de Violet Skory, 1989.\u201cFriends of the library\u201d, Canadian Library Journal, vol.46, no 5, pp.317-321.4.\tLe hasard aidant, il nous faut réaliser que le comté de Tompkins se trouve dans l\u2019état de New York, tout comme le comté d\u2019Onondaga, mentionné en début d\u2019article.5.\tSur ce sujet, voir : Mittermeyer, 2004.« La bibliothèque publique comme heu citoyen : variations sur un thème », Documentation et bibliothèques, vol.50, no 4 (article accepté pour publication).6.\tL\u2019emphase en caractères gras est de nous.Bibliographie American Library Association.1937.Friends of the Libraiy Groups.Chicago : American Library Association, 56 p.Ashfield, Jean A.1980.Friends of the Libraiy Handbook: Organization, Administration, Public Relations, Funds Raising -A Guide for Volunteers, Trustees, Library Directors and Administrators of Nonprofit Support Gwups.Somersworth, NH : New Hampshire Printers, 139 p.Ashman, Allen B.2002.\u201cA Comparative Examination of Public Library Fundraising\u201d, Public Library Quarterly, vol.21, no 2, pp.47-57.Boisvert, Denis.1993.« La spécificité des bibliothèques publiques du Québec », Documentation et bibliothèques, vol.39, no 4 (oct.-déc.), pp.191-196.Capital Planning Information.1999.Friends of Libraries: a Report to the Library and Information Commission.Library and Information Commission Research Report 5 (Executive Summary, consulté le 23 novembre, 2004) [http://www.mla.gov.uk/information/ legacy/lic_pubs/executivesummaries/ rr005.html#top] Cart, Michael.2002.\u201cAmerica\u2019s Front Porch-The Public Library\u201d, Public Library Quarterly, vol.21, no 1, pp.3-21.Cohen, Ginger et Betta Hedlund.2002.\u201cThe BIG Ithaca Book Sale - Growing Strong\u201d, Public Library 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participants au Premier Forum social sur l\u2019information, la documentation et les bibliothèques : programmes d\u2019action alternative de l\u2019Amérique latine pour la société de l\u2019information, tenu à Buenos Aires du 26 au 28 août 2004, ont été réunis par le Groupe d\u2019études sociales en bibliothéconomie et en documentation (Argentine) et par le Cercle d\u2019études sur la bibliothéconomie politique et sociale (Mexique).Nous reconnaissons que : L\u2019information, le savoir, la documentation, les archives et les bibliothèques sont des biens et des ressources culturels et communautaires qui ont pour but de fonder et de promouvoir des valeurs démocratiques telles que : la liberté, l\u2019égalité et la justice sociale, la tolérance, le respect, l\u2019équité, la solidarité et la dignité individuelle, communautaire et sociale.Tous les centres documentaires contribuent à la praüque de la démocratie dans les sphères sociale et politique.Ils doivent à ce titre fonder et organiser ces biens et ces ressources culturels sous le principe de l\u2019accès au savoir et à l\u2019information de façon libre, ouverte, gratuite et égalitaire pour tous.Les bibliothécaires, les documentalistes et les archivistes doivent aussi tenir compte de la présence d\u2019éléments politiques et sociaux dans le but de contribuer à la formation d\u2019identités culturelles et civiques soutenues par des valeurs de responsabilité civile et sociale.Nous considérons que : Les bibliothécaires, les documentalistes et les archivistes doivent participer aux processus sociaux et politiques reliés à leur travail culturel, à leur environnement de travail et à leur pratique professionnelle.Ces travailleurs de la culture facilitent le changement social, façonnent les opinions, promeuvent la démocratisation de l\u2019information et du savoir, gèrent l\u2019éducation et s\u2019impliquent activement dans les processus politiques et sociaux.Ainsi, puisque le travail qu\u2019ils accomplissent revêt une importance fondamentale pour la société et l\u2019Etat, ils méritent une entière reconnaissance sociale ainsi qu\u2019un salaire juste et équitable réglementé par la législation de chaque pays.La constitution de réseaux ainsi que la solidarité et la coopération professionnelles sont des outils précieux pour encourager l\u2019échange d\u2019expériences réussies et élargir les objectifs et les défis dans notre travail quotidien.Les bibliothèques, les archives et les centres de documentation doivent être des endroits qui contribuent au développement des droits de l\u2019homme, à la préservation de la mémoire et à la redécouverte des traditions orales et écrites pour assurer l\u2019autodétermination et la souveraineté des peuples.Les services de bibliothèques et d\u2019information, liés au développement libre de collections, doivent être planifiés, construits et offerts grâce à la collaboration des bibliothécaires, des documentalistes et des archivistes avec les individus, les communautés et les organisations, en particulier les moins favorisés politiquement et socialement.La théorie et la pratique de la bibliothéconomie, de la documentation et de l\u2019archivistique sont toutes deux déterminées par les besoins que ces domaines engendrent dans la sphère sociale.Par conséquent, la création et la pratique de ces disciplines et de ces professions doivent promouvoir l\u2019opinion publique, le jugement critique, la liberté de décision et contribuer activement à la lutte contre l\u2019analphabétisme sous toutes ses formes dans le but d\u2019améliorer la vie et l\u2019environnement personnel ou collectif de tous.Les bibliothécaires, les documentalistes et les archivistes doivent construire des espaces publics d\u2019échange d\u2019information dans leurs communautés pour stimuler la discussion sur des sujets politiques, sociaux, idéologiques et culturels inhérents aux problèmes de la société et du gouvernement, tout en tenant compte de la pratique neutre ou non neutre de leur pensée individuelle, de leur travail et de leur participation civique.L\u2019information, le savoir, la documentation et les bibliothèques sont des biens publics qui ne doivent pas être régis ou déterminés par les dynamiques du marché, mais plutôt orchestrés par les politiques publiques de développement, le bien-être et la défense de l\u2019héritage culturel de la société, afin de protéger le domaine public, la diversité, la pluralité et l\u2019identité de tous les secteurs de la population.La construction du discours, hors de la réalité de l\u2019Amérique latine et des Caraïbes, implique l\u2019usage des langues nationales comme moyens de communication dans le domaine professionnel mondial.Ainsi, la prise de conscience de la réalité politique et sociale des langues indigènes dans de nombreux pays d\u2019Amérique latine et des Caraïbes nécessite leur reconnaissance en tant qu\u2019agents générateurs des discours écrits et oraux essentiels à la protection de ces langues.La paix est une garantie et une condition nécessaire à la préservation et à la croissance des dépôts d\u2019archives d\u2019information et de savoir.En accord avec cette idée, nous condamnons fermement les guerres et toute forme de violence qui dévastent l\u2019espèce humaine et son héritage culturel.La promotion permanente de la paix et des processus qu\u2019elle requiert doit devenir un engagement social des bibliothécaires, des documentalistes et des archivistes dans leurs milieux de travail et dans les sphères culturelles, sociales et politiques qui les concernent en tant que citoyens.Dans le but d\u2019offrir des services aux minorités et aux groupes sociaux vulnérables, il est nécessaire d\u2019éliminer toute forme de discrimination dans l\u2019information, les documents et les systèmes de bibliothèque, soit selon le sexe, la race, l\u2019origine ethnique, l\u2019idéologie, la condition économique, la classe sociale, l\u2019invalidité, la migration, l\u2019orientation sexuelle, la religion ou la langue.La sérieuse détérioration écologique de notre planète affecte la vie en général et, par conséquent, le bien-être et la qualité de vie de l\u2019espèce humaine.Ainsi, nous considérons qu\u2019il est essentiel que les professionnels des bibliothèques et de l\u2019information relient les problèmes environnementaux à l\u2019élaboration, à l\u2019organisation et à la diffusion de l\u2019information concernant l\u2019environnement.Nous déclarons que la distribution juste et équitable des documents, des biens et des ressources publics est essentielle à l\u2019accomplissement de la liberté d\u2019accès à l\u2019information.Nous vous invitons tous à contribuer à la réalisation des déclarations et des propositions exposées dans ce document.De la part de l'Amérique latine et des Caraïbes à la société de l\u2019information.Buenos Aires, 28 août 2004 Note 1.Traduction de C.Brouillet du site www.inforosocial.org/declaration.html 40 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 WWW.\u2022 collégial GRICS REGARD Le logiciel de gestion de bibliothèques et de centres de documentation Recherche Web Z39.50 Importation/exportation compatible avec e format MARC Thésaurus et fichiers d\u2019autorité intégrés Gestion de catalogue collectif et de succursales Gestion de centres de documentation virtuels (textes, photos, hyperliens, etc.) Adaptable aux milieux scolaire municipal spécialisé etc.Service à la clientele (514) 251-3730 sac@grics.qc.ca www.grics.qc.ca m Les Règles de catalogage anglo-américaines2 accessibles sur Internet ! Services documentaires multimédia (SDM) inc.et l'Association des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) ont récemment procédé au lancement des RCAA2-WEB.Ce partenariat privilégié permet d'offrir aux professionnels du traitement documentaire un outil de travail performant, souple, rapide et rigoureux, permettant d'accélérer le catalogage et d'en diminuer le coût.De multiples avantages.Version consolidée contenant les mises à jour les plus récentes ; Interface conviviale ; Respect intégral de la version imprimée ; Navigation optimisée par des hyperliens ; Renvois enrichis par la puissance des hyperliens ; Mises à jour intégrées et continues ; Moteur de recherche performant ; Compatibilité avec tous les navigateurs Web ; Et, ce qui est loin detre négligeable, plus besoin de plusieurs exemplaires de la version imprimée.un seul abonnement valable pour tous vos catalogueurs ! Si vous n'êtes pas déjà convaincu de l'immense avantage de vous abonner aux RCAA2-WEB, nous vous offrons un essai gratuit d'une semaine.Pour vous abonner : http://rcaa2.sdm.qc.ca Pour toute information ou pour un essai gratuit : SE)V| SERVICES DOCUMENTAIRES MULTIMÉDIA INC.Service à la clientèle (514) 382-0895 [fc m Compte rendu du Premier colloque EBSI-ENSSIB sur Le numérique : impact sur le cycle de vie du document tenu à Montréal du 13 au 15 octobre 2004 Jacques Grimard Professeur agrégé, EBSI, Université de Montréal jacques.grimard@umontreal.ca Voilà déjà quelques années que l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information (EBSI) de l\u2019Université de Montréal et l\u2019École nationale supérieure des sciences de l\u2019information et des bibliothèques (ENSSIB) de Lyon discutaient de coopération et envisageaient offrir à leurs communautés respectives l\u2019occasion de travailler à des projets conjoints.Il faut reconnaître qu\u2019elles y sont parvenues avec ce premier colloque qui a réuni, en octobre dernier, dans les locaux des Archives nationales du Québec à Montréal, une impressionnante brochette de chercheurs et praticiens - la plupart français et canadiens - en sciences de l\u2019information.Ceux-ci ont été invités à réfléchir et à échanger sur les effets de la venue de la technologie numérique sur le cycle de vie des documents, toutes catégories confondues.Tour à tour, les intervenants se sont succédés devant un auditoire d\u2019environ cent vingt personnes et ont fait état de leurs réflexions et des résultats de leurs recherches.En conférence d\u2019ouverture, Florence Sèdes de 1TRIT de l\u2019Université Paul-Sabatier de Toulouse et Geneviève Lallich-Boidin d\u2019URSIDOC de l\u2019Université Claude-Bernard de Lyon ont abordé le thème des Temps du document numérique, sur lequel elles ont apporté un éclairage dont on reverra sans doute les termes dans des recherches ultérieures.Après elles, d\u2019autres sont venus, dans le cadre de sessions thématiques sur « Le cycle de vie, ses dérives et sa régulation » et sur l\u2019« Imprimé, visuel, numérique : Interaction et harmonisation », parler d\u2019expé- riences et d\u2019applications particulières en matière de gestion du document numérique au gouvernement du Québec, à l\u2019Université Laval, dans la grande entreprise nord-américaine, dans les domaines du cinéma et de la télévision, voire dans celui des « documents destinés aux publics handicapés visuels ».Certains conférenciers ont par la suite présenté l\u2019état de leur réflexion sur « Le document en mutation » par le biais d\u2019exposés sur Le deuil de la mémoire, sur L\u2019image et le numérique et sur la Durée de vie du document : réalité et rêve de Gutenberg à nos jours.Leurs présentations ont été suivies par des communications sur « Le traitement documentaire » et sur la « Complexité de la gestion des documents numériques », les unes portant sur Le traitement documentaire automatique et le passage du temps, sur Le document numérique dynamique (.) et le Processus de documentarisation dans les Documents pour l\u2019Action (DopA) (.), les autres abordant La conservation des bases de données, le Cycle de vie du document électronique et obligations de conservation, ou encore l\u2019importance du maintien de l\u2019authenticité tout au long du cycle de vie des documents numériques et Y Impact de l\u2019organisation des documents électroniques sur l\u2019interprétation de l\u2019information organique et consignée dans un contexte de gestion décentralisée.Enfin, une demi-douzaine de présentations ont porté sur les « Problématiques de disponibilité et d\u2019accès » des documents numériques et sur le « Numérique et perspectives africaines ».Ici, on s\u2019est intéressé à La revitalisation numérique du patrimoine littéraire territorialisé, aux Apports du numérique au cycle de vie des documents papier : les documents scientifiques dans le réseau universitaire fi-ançais, à la contextualité du document patrimonial et aux enjeux et défis que pose le numérique en Afrique, notamment au Bénin et en Égypte1.Que faut-il retenir de ce colloque, du moins jusqu\u2019à ce que soient publiés les actes que les responsables de l\u2019organisation, Jean-Michel Salaün de l\u2019ENSSIB et du CNRS et Réjean Savard de l\u2019EBSI, annoncent pour le printemps ou l\u2019été 2005?\u2022\tD\u2019abord que ce colloque est une réussite par le nombre et la qualité des questions soulevées et par la voie qu\u2019il ouvre à la mise en place d\u2019un ou plusieurs chantiers de recherche conjoints qui devront nécessairement comporter plusieurs facettes; \u2022\tQue si la définition du « numérique » ne semble pas poser problème (les intervenants semblant avoir pris pour acquis que le terme est connu), il en va autrement de la notion de « document » qui, visiblement, prend un sens différent selon qu\u2019on l\u2019aborde comme objet aux formes et formats multiples ou comme sujet aux perspectives tout aussi plurielles.Ici, il faudra encore des recherches et des discussions avant que l\u2019on puisse s\u2019entendre sur une définition « matricielle » - qu\u2019il faudra sans doute assortir de paramètres spécifiques \u2014 acceptable aux théoriciens des sciences de l\u2019information aussi bien qu\u2019aux praticiens - généralistes et spécialistes - de la gestion de l\u2019information.Une définition, faut-il le rappeler, qu\u2019il ne faudra pas confondre avec celles, tout aussi complexes ARGUS / Vol.33, n» 3, Hiver 2004 43 et à multiples facettes, actuellement en circulation, sur la notion d\u2019« information »; \u2022 Que le concept de « cycle de vie », qui prend un sens linéaire bien précis chez les archivistes et autres gestionnaires de documents des organisations, en prend un autre pour ceux qui s\u2019intéressent à la revitalisation des documents analogiques anciens.Ici encore, il faut déborder de l\u2019application pratique et revenir aux fondements théoriques de la notion et la confronter à d\u2019autres représentations.Pensons, par exemple, au concept de « Records Continuum » sur lequel travaillent des chercheurs australiens2; il y a peut-être là de quoi nourrir une réflexion porteuse au sujet du cycle de vie du document numérique.Il y a peut-être aussi des réponses à chercher du côté de l\u2019essai de formalisation du document numérique proposé par les conférencières d\u2019ouverture du colloque selon qui ce document s\u2019articulerait autour des trois espaces-temps suivants : le temps du discours, le contexte socio-historique et la réalité documentaire; \u2022 Enfin, que tout n\u2019a pas été dit en ce qui regarde l\u2019impact du numérique sur le cycle de vie du document.Car s\u2019il y a accord sur le remarquable potentiel de communication du numérique et sur le fait qu\u2019il prolonge en quelque sorte la vie du document, les défis que pose sa gestion tout au long du cycle de vie \u2014 depuis la création du document numérique sous les multiples formes, formats et langages qu\u2019on lui connaît jusqu\u2019au maintien à long terme de son intégrité, de son authenticité et de sa fiabilité, en passant par son organisation et son traitement à l\u2019intérieur des systèmes de gestion de l\u2019information - soulèvent encore bien des questions.Par ailleurs, au nombre des mérites de ce colloque, il faut mentionner la chance unique offerte aux chercheurs francophones des deux côtés de l\u2019Atlantique et aux participants au colloque de se rencontrer, d\u2019échanger des points de vue et d\u2019imaginer des projets de recherche pour l\u2019avenir.Souhaitons que l\u2019initiative ne reste pas sans lende- main et qu\u2019au contraire, des chantiers de recherche conjoints sur des problématiques d\u2019intérêt commun naissent de part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique et que petit à petit, à travers diverses initiatives de coopération, la recherche et l\u2019exploration sur les multiples aspects et retombées de l\u2019« Âge numérique » puissent contribuer à l\u2019avancement des diverses disciplines du vaste champ des sciences de l\u2019information.Notes 1.\tEBSI.2004.Colloque EBSI-ENSSIB - Octobre 2004.Montréal : Université de Montréal [http://www.ebsi.umontreal.ca/ebsi enssib-colloque.html] Comprend la version complète du programme du colloque.2.\tVoir à ce sujet le site suivant : Records Continuum Research Group.2004.Caulfield, Australie : Monash University [http://www.sims.monash.edu.au/ reseach/rcrg/] La librairie MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier uotre trauail.Notre expérience nous permet d'effectuer des recherches fréquentes pour uous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et uous sauuer du temps.Depuis 1952, nous desseruons les institutions d\u2019enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le priuilège de bien vous seruir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (450) 435-0581 Télécopieur : (450) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche 44 ARGUS / Vol.33, n\u201d 3, Hiver 2004 Les bibliothèques collégiales : sous-financées mais dynamiques Daniel Marquis, bibl.prof.Service de la bibliothèque, de l'audiovisuel et du soutien aux TIC Cegep de Granby Haute-Yamaska dmarquis@cegepgranby.qc.ca Réaction au rapport : Chap.14.Lajeunesse, Marcel et Daniel Morin.« Les bibliothèques des collèges publics québécois en 2003 », p.225 à 234.In Observatoire de la culture et des communications du Québec.2004.État des lieux du livre et des bibliothèques.Québec : Institut de la statistique, 267 p.En ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/observatoire/publicat_obs/etat_livre.htm Raymonde Beaudry, bibl.prof.Bibliothèque Collège de Rosemont rbeaudry@crosemont.qc.ca Le rapport de l\u2019Observatoire de la culture et des communications du Québec, L\u2019État des lieux du livre et des bibliothèques, analyse en profondeur l\u2019ensemble du milieu du livre, c\u2019est-à-dire les écrivains, les éditeurs, la commercialisation, les bibliothèques et les comportements des lecteurs.Plusieurs constats et plusieurs observations de ce rapport méritent une attention particulière.Notre contribution portera sur quatre aspects distincts du chapitre dédié aux bibliothèques collégiales, soient le sous-financement, la fréquentation, la formation des clientèles et les innovations récentes.Les études longitudinales publiées par Marcel Lajeunesse et Daniel Morin en 1986, 1994, 2000 et 2004, reprises et remises en perspective au chapitre 14 du rapport de l\u2019Observatoire, dressent un portrait éloquent de l\u2019état actuel du réseau des bibliothèques collégiales.Elles s\u2019intéressent avant tout à des variables quantita- tives et facilement mesurables (nombre de livres, budgets, ressources humaines, etc.).Le tableau rétrospectif qu\u2019elles brossent depuis 1986 permet de souligner les forces et les faiblesses des bibliothèques d\u2019un réseau qui s\u2019est construit depuis les années soixante.Les auteurs estiment avant tout que le rôle des bibliothèques de collèges est très mal défini et que, comparativement à leurs voisines américaines, elles sont nettement sous-financées.Ils déplorent aussi la baisse constante, depuis 1976, du nombre de bibliothécaires professionnels et de livres disponibles.Les deux chercheurs utilisent des données fiables.Les taux de réponse aux questionnaires pour certaines années (91 % en 2003) confirment la crédibilité de la méthodologie.Le sous-financement Précisons que le financement des bibliothèques collégiales relève, en partie, des budgets d\u2019investissements du parc mobilier de la Direction de l\u2019équipement de l\u2019Enseignement supérieur, soit le MAOB (Mobilier, Appareillage, Outillage, Bibliothèque).Dans le manuel du MAOB (Ministère de l\u2019éducation, 2003-2004), on définit quelques paramètres normatifs pour la bibliothèque en déterminant le nombre maximum de volumes selon le nombre d\u2019élèves (20 volumes par élève), en estimant la durée de vie d\u2019un volume à 12,5 ans, au coût unitaire de 42 $, et en spécifiant un calcul pour le budget de fonctionnement.Ces paramètres sont-ils acceptables et mis à jour régulièrement?S\u2019ils sont respectés par certains cégeps - ce que nous ne pouvons confirmer, correspondent-ils minimalement à une partie de l\u2019investissement de 3 % du budget global d\u2019un cégep, en deçà duquel « la bibliothèque n\u2019est pas en mesure de jouer son rôle pédagogique », selon les données du rapport de l\u2019Observatoire (p.234)?L\u2019étude souligne également une baisse importante et constante des ressources professionnelles attribuées aux bibliothèques collégiales : de 2,5 professionnels par bibliothèque en 1975, elles sont passées à 1,9 en 1983, 1,5 en 1992, 1,2 en 1999 et, finalement, 1,1 en 2003.Cependant, nous estimons qu\u2019il appartient aux bibliothécaires de créer des alliances stratégiques pour convaincre les instances décisionnelles de réviser les normes et de réinvestir dans le développement des collections de livres des bibliothèques.C\u2019est aussi par une participation active au sein des différents comités pédagogiques, des services des technologies de l\u2019information et des communication (TIC) et par une étroite collaboration avec les enseignants que les bibliothécaires professionnels peuvent faire reconnaître leurs compétences comme gestionnaires et pédagogues de l\u2019information.Des bibliothèques bien fréquentées Dans certaines bibliothèques, la fréquentation augmente proportionnellement au nombre d\u2019ordinateurs disponibles.ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 45 Toutefois, il est de plus en plus difficile de comparer le taux de fréquentation de nos bibliothèques, ne serait-ce qu\u2019en raison de la fréquentation des sites Web des bibliothèques.Ceux-ci, de véritables portails dans certains cas, permettent l\u2019accès à la documentation sans que les étudiants ne mettent les pieds dans la bibliothèque.Des rapports statistiques d\u2019achalandage des sites Web permettraient de témoigner de ces nouveaux usages virtuels.L\u2019étude de l\u2019Observatoire ne reflète pas cette nouvelle réalité de nos bibliothèques.La diversification des collections par l\u2019offre de nouveaux supports tels que le disque compact et le DVD est essentielle.L\u2019aménagement d\u2019espaces conviviaux avec des fauteuils et des rayonnages attrayants aurait aussi un impact sur la fréquentation.Nous croyons, tel que le mentionne le rapport, que nos bibliothèques doivent s\u2019adapter à l\u2019ère du temps et proposer des lieux de plus en plus conviviaux.Nous estimons que les clientèles de nos milieux collégiaux, de plus en plus disparates, fréquentent et apprécient nos services dans la mesure où nous leurs offrons des lieux adaptés à leurs nouveaux besoins technologiques et à leurs nouvelles manières de chercher l\u2019information, non plus dans le contenant mais dans le contenu.Former les clientèles Depuis 1986, les besoins et les habitudes documentaires des clientèles collégiales ont évolué.Les bibliothèques ont introduit progressivement les microfilms durant les années 1980 et les bases de données en ligne (index et texte intégral de journaux, de revues académiques et d\u2019encyclopédies) durant les années 1990.Plus récemment, la majorité des bibliothèques s\u2019est dotée de sites Web, de véritables portails vers leurs services, leur catalogue et leurs ressources en ligne.Dotées de tant de ressources, ces bibliothèques sont en mesure d\u2019offrir les outils en ligne indispensables à la recherche documentaire de niveau collégial.Pour s\u2019assurer du bon usage de ces nouvelles ressources, la majorité des bibliothèques offre des ateliers d\u2019initiation qui ont progressivement évolué vers de véritables sessions de formation à la recherche docu- mentaire.Étonnement, le rapport de l\u2019Observatoire ne présente aucune donnée à cet égard.Il affirme plutôt que « le rôle pédagogique de la bibliothèque a disparu ou, à tout le moins, s\u2019est fortement affadi » (p.230).Pourtant, la formation documentaire est une activité majeure dans notre milieu, comme en témoigne une enquête exhaustive réalisée à l\u2019été 2002 (Marquis, 2002).Les bibliothécaires ont le souci et la préoccupation de former et de développer l\u2019esprit critique des étudiants.Cependant, pour atteindre l\u2019objectif de former tous les étudiants du collégial à la recherche documentaire, nous estimons qu\u2019il faudrait faire un choix politique important : celui de mettre en place un cours crédité dans le cadre de la formation générale et dont des « bibliothécaires enseignants » prendraient la charge.Ceux-ci auraient comme mission de former et d\u2019encadrer tous les étudiants à la recherche documentaire.On pourrait également envisager une véritable « politique de formation à l\u2019utilisation de l\u2019information » complémentaire à celles qu\u2019on retrouve notamment à T Université de Montréal et à l\u2019Université Laval.Dynamisme et innovation Autre faiblesse du rapport : celui-ci ne fournit aucune donnée sur l\u2019innovation et le dynamisme des bibliothèques collégiales, ni, plus spécifiquement, d\u2019indicateurs qualitatifs permettant d\u2019établir une corrélation avec la réussite scolaire des étudiants par l\u2019élargissement de la nature des services (une corrélation démontrée dans plusieurs de nos milieux).Les auteurs de l\u2019étude se questionnent sur l\u2019arrivée de « carrefours d\u2019information » dans les bibliothèques collégiales.Ce concept a pris différents visages dans nos collèges.Certains bibliothécaires ont innové en choisissant la voie de l\u2019arrimage des services de la bibliothèque avec les initiatives relevant des plans de réussite locaux.On y trouve maintenant des centres d\u2019aide (français, mathématiques, philosophie), des laboratoires informatiques pour l\u2019usage des suites bureautiques, de l\u2019infographie et des outils multimédia.Des sommes importantes ont été investies au développement de laboratoires informatiques, des idées nouvelles germent, des outils marketing se développent et les sources de financement se diversifient.Le développement du réseau Resdoc, dans lequel les administrateurs de nos collèges ont investi depuis près de trente ans, témoigne de la vivacité du milieu collégial.A preuve cette entente d\u2019une durée de cinq ans avec Telus pour le produit Manitou, conçu par le réseau de l\u2019Université du Québec.Resdoc s\u2019est aussi enrichi du Forum des représentants des bibliothèques collégiales, véritable réseau de partage des savoirs et communauté virtuelle active.Une prochaine étude aurait avantage à élargir les variables retenues pour recueillir de l\u2019information sur l\u2019utilisation des ressources en ligne et sur la mutation des comportements documentaires de la clientèle.Plus que jamais, les bibliothèques collégiales ont besoin d\u2019une relance.Un groupe de bibliothécaires professionnels en témoignait d\u2019ailleurs judicieusement dans un dossier publié en décembre 2001 dans la revue Pédagogie collégiale (Arien, Demers et al., 2002).L\u2019Étude de l\u2019Observatoire réitère l\u2019urgence de cette relance.Fort heureusement, plusieurs bibliothécaires démontrent un grand dynamisme et prennent des initiatives intéressantes, porteuses d\u2019avenir pour le milieu collégial.Bibliographie Arien, Philippe, Jean-Louis Demers et al.2002.« Les bibliothèques au collégial : la nécessité d'une relance », Pédagogie collégiale, vol.15, no.2 (décembre), pp.13-36.Marquis, Daniel.2002.« La formation documentaire dans les bibliothèques collégiales : état de la question et enquête », Documentation et bibliothèques, vol.48, no.4 (oct.-déc.), pp.169-172.(Aussi disponible en ligne à l\u2019adresse suivante : http://www.cegepgranby.qc.ca/biblio/ sondage2002/) Ministère de l\u2019éducation.Enseignement supérieur.Direction générale du financement et de l\u2019équipement.2003-2004.Manuel du MAOB des cégeps.Québec : Ministère de l\u2019éducation [http://www.meq.gouv.qc.ca/ens-sup/ enscoll/finances.asp] 46 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 Compte rendu Accart, Jean-Philippe et Marie-Pierre Réthy.2003 (1999).Le métier de documentaliste.Paris : Éditions du Cercle de la Librairie, 451 p.Luc Girard Bibliothécaire de référence Bibliothèque des lettres et sciences humaines, Université de Montréal luc.girard@umontreal.ca Jean-Philippe Accart, bibliothécaire-coordinateur du prêt et du « prêt inter-opac » du Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale, a cumulé une expérience en bibliothèque publique, en documentation spécialisée (dans les domaines de la santé et des sciences sociales) ainsi que dans l\u2019enseignement en sciences de l\u2019information (Université de Grenoble).Il a publié, outre des ouvrages, plus d\u2019une centaine d\u2019articles dans la presse professionnelle française et étrangère.Il participe par ailleurs aux travaux de l\u2019IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions).Quant à Marie-Pierre Réthy, d\u2019abord enseignante, elle s\u2019est orientée ensuite vers la documentation au service de la formation des Hospices civils de Lyon.Elle est depuis responsable de la bibliothèque médicale de l\u2019Hôpital neurologique Pierre-Wertheimer à Lyon.Elle organise des formations sur les nouvelles technologies destinées à des publics spécialisés.Le métier de documentaliste est la deuxième édition d\u2019un ouvrage destiné aux professionnels de l\u2019information, aux étudiants en documentation, aux documentalistes débutants, aux documentalistes chevronnés, aux professeurs et chargés de cours en documentation, aux responsables et décideurs en charge de la politique d\u2019information de leur entre- prise, aux consultants en projets documentaires et, enfin, aux personnes pour lesquelles la documentation est encore un domaine étranger.Cet ouvrage très fouillé et de grande qualité mérite une évaluation qualitative de chacune de ses parties, aussi allons-nous décrire le contenu de chacune d\u2019elles en exprimant les commentaires qui nous semblent les plus appropriés.Ainsi, Le métier de documentaliste se divise en six parties : I.L\u2019information, le documentaliste et l\u2019utilisateur IL Documentation, organisation et entreprise III.Documentation, informatique et réseau IV\tDocumentation, technique et document V\tDocumentation, gestion et performance VI.Documentation et société La première partie met d\u2019abord l\u2019accent sur le métier : nature de la profession, qualités et compétences du documentaliste, secteurs d\u2019activités du documentaliste, description de l\u2019environnement (déontologie et normes).Le documentaliste est avant tout « une » documentaliste (88 % de femmes) dont l\u2019âge moyen serait entre 35 et 40 ans.Il y en aurait entre 15 000 et 30 000 en France à l\u2019heure actuelle.La curiosité intellectuelle et la rigueur, la capacité de communication et l\u2019esprit de synthèse nécessaire pour mettre en relation les utilisateurs et les outils seraient les principales qualités requises pour l\u2019exercice du métier.On y parle également de l\u2019évolution rapide du travail de documentaliste ces dernières amiées du fait de l\u2019arrivée des nouvelles technologies de la communication et de l\u2019information.Plus loin, les auteurs décrivent les différents types d\u2019utilisateurs et leurs besoins (cadres, enseignants, chercheurs, étudiants, etc.) puis parlent du rôle de médiation et de formation du documentaliste à travers les étapes de la recherche d\u2019information.Il est intéressant de noter qu\u2019on y oppose les rôles du documentaliste et du gestionnaire de l\u2019information au rôle du bibliothécaire, dont la responsabilité principale serait plutôt la conservation du patrimoine.On trouve enfin en annexe un historique du métier en France.La partie qui traite du processus de médiation entre le documentaliste et l\u2019utilisateur lors d\u2019une recherche d\u2019information spécialisée est fort bien écrite, claire et complète.Le seul ajout à suggérer aux auteurs serait d\u2019aborder un peu plus en profondeur la question des techniques d\u2019interrogation de l\u2019usager par le documentaliste au début de la recherche d\u2019information.En effet, la clarification de la question est certainement l\u2019étape la plus cruciale dans toute recherche d\u2019information spécialisée.Par exemple, une technique éprouvée de clarification est de poser plusieurs fois à l\u2019usager la même question sur l\u2019objet de sa recherche (il s\u2019agira simplement de s\u2019exprimer différemment à chaque fois de façon à ce l\u2019usager n\u2019en soit pas offusqué!).La deuxième partie, « Documentation, organisation et entreprise », est axée sur l\u2019organisation d\u2019un service de documentation dans une entreprise.Après avoir présenté le schéma théorique de l\u2019organisation de l\u2019information (production, sélection, stockage et utilisation), les auteurs décrivent la conception et l\u2019organisation d\u2019un service de ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 47 documentation d\u2019entreprise.L\u2019identification des besoins, la sélection du fonds documentaire, la signalétique et la facilité d\u2019accès au service constituent autant d\u2019aspects essentiels à la réussite d\u2019un tel projet.La description du processus est très détaillée.Aucun aspect n\u2019a été oublié, pas même la question de l\u2019ergonomie, qui est un facteur d\u2019efficacité important mais souvent négligé dans la mise sur pied d\u2019un centre de documentation.Comme les auteurs le disent à leur manière, on remarque que de plus en plus de services de documentation d\u2019entreprise deviennent « virtuels » : on a fermé des salles de documentation dans nombre d\u2019entreprises depuis l\u2019avènement des technologies de l\u2019information et de la communication.Le documentaliste, de par ses compétences et sa maîtrise des outils technologiques, devient lui-même, en quelque sorte, la bibliothèque d\u2019entreprise.Il s\u2019agit là d\u2019une réalité intéressante qui mériterait sans doute d\u2019être approfondie.La troisième partie, « Documentation, informatique et réseau », est divisée en deux chapitres indissociables et complémentaires : « Les réseaux de l\u2019information » et « L\u2019informatique documentaire dans l\u2019entreprise ».Le premier décrit l\u2019évolution récente des technologies de l\u2019information et de la communication, ce jusqu\u2019aux banques de données et à Internet.Ce chapitre traite également de la méthodologie de recherche d\u2019information sur les réseaux (de la stratégie de recherche élaborée avec des mots clés aux moteurs de recherche sur Internet).Le chapitre « L\u2019informatique documentaire dans l\u2019entreprise » présente les étapes de l\u2019informatisation d\u2019un service documentaire d\u2019entreprise depuis la mise en place d\u2019un groupe de projet, l\u2019analyse des besoins, le choix du logiciel documentaire, la gestion électronique des documents et la création d\u2019un site Internet.Nous n\u2019avons rien à ajouter ici tant la bonne organisation et la clarté du sujet sont remarquables.« Documentation, technique et document », quatrième partie de l\u2019ouvrage, décrit le circuit classique du document : sélection, acquisition, traitement et diffusion.Les auteurs présentent très bien les étapes techniques de développement d\u2019une collection jusqu\u2019au choix du plan de classement, de la classification et du langage d\u2019indexation.Le dernier chapitre de cette partie traite en particulier de la diffusion sous tous ses aspects : prêt de documents, listes bibliographiques, index, revue de presse, bulletin documentaire (signalement et reproduction de documents), banque de données, site Internet, diffusion sélective de l\u2019information, synthèse documentaire (information condensée avec une bibliographie), diffusion sur Intranet et veille informationnelle.A ce sujet, les auteurs auraient pu insister un peu plus sur la question des sites Internet/Intranet, qui peuvent apporter une plus value importante au processus de diffusion de l\u2019information.La partie suivante, « Documentation, gestion et performance », donne les clés de la gestion performante d\u2019un service de documentation : gestion humaine d\u2019abord (direction, animation et gestion du personnel), économique ensuite (coûts d\u2019implantation et budget de service) et, enfin, matérielle (équipements).On note que la performance doit être évaluée de manière quantitative et qualitative et qu\u2019un contrôle de qualité documentaire doit être constamment mis en oeuvre.L\u2019analyse de la valeur, le benchmarking (méthode d\u2019évaluation comparative des pratiques de l\u2019entreprise avec les concurrents) et le reengineering (révision des produits et des processus à la lumière des avancées technologiques) sont autant de notions essentielles à connaître dans ce domaine, tout comme d\u2019ailleurs les notions de marketing des produits et des services.Il s\u2019agit là d\u2019une partie très intéressante pour qui s\u2019intéresse à la mise en valeur des services de documentation.La sixième partie, intitulée « Documentation et société », clôt l\u2019ouvrage.Le premier chapitre traite des nouvelles technologies de la communication et de l\u2019information, technologies qui ont été les précurseurs d\u2019une nouvelle économie du savoir.Cette révolution technologique, comparable selon certains à l\u2019invention de l\u2019alphabet, a un important impact social : la création, le traitement et la transmission de l\u2019information deviennent les sources premières de la productivité et du pouvoir.Incidemment, certains travailleurs sont déclassifiés pendant que la typologie traditionnelle des emplois explose : il existe par exemple davantage de métiers et de professions aujourd\u2019hui qu\u2019il y a une vingtaine d\u2019années.Un autre chapitre de cette partie traite du droit de l\u2019information, du devoir de confidentialité, de l\u2019accès aux documents administratifs et du respect du droit d\u2019auteur.Le troisième chapitre est axé quant à lui sur la coopération des professionnels de l\u2019information et de la documentation au niveau international.En guise de conclusion, les auteurs discutent de l\u2019impact des technologies de l\u2019information sur la profession de documentaliste, insistant sur l\u2019importance croissante de savoir intégrer ces technologies dans la pratique professionnelle quotidienne.Même si cet ouvrage traite du métier de documentaliste dans le contexte de la réalité française; même si le terme de « documentaliste » n\u2019a pas la même résonance chez nous et que cette réalité recouvre en France de multiples statuts professionnels; enfin, même si cet ouvrage traite en particulier de la bibliothèque spécialisée, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un livre très complet et de grande valeur pour tous les professionnels de l\u2019information et de la documentation.Des bibliographies et de nombreuses annexes, dont un glossaire et une liste de sigles et d\u2019abréviations, viennent compléter utilement l\u2019ouvrage.C\u2019est un achat recommandé qui servira de document de référence à toute personne intéressée de près ou de loin au domaine de l\u2019organisation et de la diffusion de l\u2019information spécialisée.Ce Qu'ii/i peruenb de nou4.iS Jaut ne pa>4 trop aimer parier pour etre bibiiotfiécaire! /Aarie, 1*\u201c année du /secondaire 48 ARGUS / Vol.33, n° 3, Hiver 2004 HP# : I mardi au vendredi, de 9 h à 1 7 h Siège social et centre de conservation 2275.rue Molt fflssf#» à* aussi Québec La Bibliothèque nationale du Québec pour faire rayonner notre mémoire et vous offrir une Grande Bibliothèque publique Heures d\u2019ouverture des salles de lecture mardi au samedi, de 9 h à 1 7 h\tI Édifice Saint-Sulpice 1700.rue Saint-Denis Édifice Ægidius-Fauteux 4499, avenue de l'Esplanade Bibliothèque nationale aujourd\u2019hui.\u2022\tune collection patrimoniale de plus de 4 millions de documents : livres, journaux, partitions musicales, estampes, documents cartographiques et iconographiques, fonds d'archives privées, \u2022\tun site internet offrant : -\tun catalogue en ligne de 500 000 documents -\t30 000 documents numérisés -\tdes répertoires de ressources utiles -\tdes services à distance aux éditeurs et aux bibliothécaires.et demain.\u2022 une nouvelle Grande Bibliothèque publique qui proposera, au printemps 2005 : -\tdes collections enrichies de plus d\u2019un million de documents -\tdes services spécialisés destinés à des clientèles ciblées -\tune médiathèque des jeunes, une vidéothèque et une logithèque -\tun auditorium, une salle d'exposition et un centre de conférences. ¦ \":'V'':, -', .\"' '¦¦'¦\u2022¦ WÈÊÈmmmammanuMm Les plus %
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