Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Printemps - Été
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Argus, 2005, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Poste publication 40021801 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec LA REVUE QUEBECOISE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATION DOCUMENTAIRE Corporation of Professional Librarians of Quebec e 10 conseils pour la génération XYZ [.\u2019experience dune bibliothécaire albertaine au Québec 5 strategies gagnantes en gestion de carrière Un emploi sur mesure au cœur de la Capitale Vivre une experience de mentorat Entrevues avec É.Lavigueur, F.Dubois et B.Ferland Romans@lire: une BD de romans en français Vol.34, n° 1, Printemps-Ete 2005 Photoshop es ÔiÂh/lt âfeVCLOPMEIMT SGPIES Gf=imH ?EVELÜPER'S IYlfl«KET GUIDE Mythe : Personne n'utilise les livres électroniques.Réalité : Les professionnels des technologies, les professeurs et les étudiants les utilisent tous les jours.Un ingénieur a besoin d'une certification.Un étudiant doit rafraîchir ses connaissances sur PERL.Un développeur veut rapidement une information de programmation.Et un usager a besoin de conseils pour l'installation d'un programme.Vers quelles ressources se tournent-ils pour trouver les réponses à leurs questions?Votre bibliothèque et les livres électroniques de netLibrary.netLibrary offre plus de 2000 titres sur les ordinateurs et les technologies de Sybex, Microsoft Press, Idea Group, John Wiley & Sons, McGraw-Hill Professional et d'autres éditeurs reconnus.Les usagers se fient aux livres électroniques sur les technologies de l'information car ils sont récents en plus d'être très accessibles.Pour trouver les réponses à leurs questions, une recherche par mot-clé suffit! Voici une autre façon pour netLibrary de continuer d'offrir du nouveau contenu de qualité aux bibliothèques.Les bibliothécaires font toute la différence.www.oclc.org/ca/fr/ t t Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec Sommaire Comité de rédaction Cécile Lointier, présidente Audrey Attia Catherine Bernier Jocelyne Dion Geneviève Gamaclie-Vai 1 lancourt Alex Guindon Olivia Marteau Traduction Hélène Roy Révision Catherine Bernier Page couverture Stéphanie Dufresne Illustration Andrea Harland Infographie Manon André Impression CRL Imprimerie Publicité Line Glande (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage 1000 exemplaires ARGUS est une revue publiée trois fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au 353, rue St-Nicolas, bureau 103, Montréal (Québec), H2Y 2P1.Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Internet : info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n'engagent que ceux-ci.L\u2019abonnement annuel est de 30 $ (12 $ le numéro) tarif individuel au Québec, 34 $ (12 $ le numéro) tarif institutionnel au Québec, 42 $ ( 15 $ le numéro) au Canada, 42 $ US (15 $ US le numéro) à l\u2019extérieur du Canada et 19 $ pour les étudiants.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans Pascal Thema, T205 : Sciences de l\u2019information-documentation, Information Science Abstracts, Libimy and Information Science Abstmcts Library (LISA), Literature et Repère.3 Le mot de présentation Cécile Lointier 5 Style Libre Maux de villes Alex Guindon 7 Cyberthécaire Prospero : un logiciel libre de livraison de documents par Internet Miguel Escobar Dossier : La gestion de carrière Il Introduction Cécile Lointier 11 Gestion de carrière : dix conseils pour la génération XYZ Hélène Carrier 17 Cinq stratégies gagnantes en gestion de carrière Jacques Besner 19 Vivre une expérience de mentorat : à qui la responsabilité?Réflexion et expérience sur le mentorat Chantal Marcoux 23 Des montagnes rocheuses au Saint-Laurent : l\u2019expérience d\u2019une bibliothécaire albertaine au Québec Kim Frail et Chantal St-Louis 27 Un emploi sur mesure au cœur de la Capitale Éric Therrien 30\tEntrevue avec Élisabeth Lavigueur Audrey Attia 31\tEntrevue avec Florian Dubois Geneviève Gamache-Vaillancourt 32\tEntrevue avec Benoît Ferland Olivia Marleau 33\tRoman@lire : une base de données de romans en français Maryse Gagnon 37 g-jième congrès de TASTED - Pour mémoire.Catherine Bernier et Lise Lambert 41 État des milieux Le centre de documentation du service Info entrepreneurs de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain : une longueur d\u2019avance sur la concurrence! Maryse Laflamme 43 Compte rendu La formation à la maîtrise de l\u2019information à l\u2019heure européenne : problèmes et perspective Patrick R.Labelle ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 1 S I R S I QUEL EST VOTRE PLAN D'ACTION POUR L'AVENIR?XML.JAVA.RSS.PERSONNALISATION.PORTAIL D'ENTREPRISE.L'INTERFACE UNIQUE LA MENANT DROIT À VOTRE BIBLIOTHEQUE VOICI LE TOUT NOUVEAU SIRSI ROOMS 2.0 Rapide d accès.Axee sur les résultats.Exhaustive.L\u2019information est au coeur de la vie des gens, qui s\u2019attendent constamment à plus.Ils doivent pouvoir accéder aux connaissances et aux ressources dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.Voilà pourquoi nous vous présentons ^Enterprise Portai Solution™ de Sirsi pour bibliothèques : Une interface unique pour accéder à votre catalogue, vos bases de données, vos archives numériques, à des « Salles » de contenu de grande qualité et à d'autres ressources et services - dont notamment des outils de recherche contextualisée puissants.Vos usagers, qui sont de plus en plus exigeants, peuvent maintenant passer leur temps à trouver, pas seulement à chercher.UNE TECHNOLOGIE PUISSANTE AU CONTENU EXHAUSTIF, POUR PRÉSENTER DU SAVOIR, DES RESSOURCES ET DES OUTILS DE RECHERCHE EN CONTEXTE PAR SUJET QUI FACILITENT LA TÂCHE DES USAGERS.ILS TROUVERONT CE QU'ILS CHERCHENT, PEU IMPORTE D'OÙ PROVIENT L'INFORMATION 5059-R1 Sans frais: 800-884-9330 Tel: 450-445-7262 / / Le mot de présentation Ce premier numéro de l'année 2005 vous propose un dossier sur la gestion de carrière incluant des conseils de spécialistes et des récits d'expériences.Il débute avec un article d'Hélène Carrier sur la gestion de carrière spécifique aux bibliothécaires.Après avoir présenté les nouvelles réalités du marché du travail et défini rapidement ce qui différencie les générations X, Y et Z, elle nous donne 10 conseils pour gérer de manière stratégique notre carrière et, ainsi, faire face aux transformations du marché du travail.Plus loin, Jacques Besner nous propose cinq stratégies de gestion de carrière, notamment le développement de compétences stratégiques et la rédaction d'un plan de développement professionnel.Chantal Marcoux, pour sa part, nous entretient du mentorat et de ses avantages.Elle nous parle également du programme mis en place par le chapitre de l'Est de la Special Libraries Association (SLA).Les articles suivants nous proposent des récits d'expériences et des réflexions de jeunes professionnels et de bibliothécaires expérimentés.Ainsi Kim Frail, de la Bibliothèque Saint-Jean de l'University of Alberta, et Chantal St-Louis, de la Bibliothèque des sciences humaines et sociales de l'Université Laval, font le bilan d'un échange professionnel entre ces deux institutions, échange qui a permis à Mme Frail de vivre une expérience d\u2019immersion dans un milieu francophone.Éric Therrien, en poste depuis un an à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, à Québec, en tant que responsable du service au public adulte, témoigne pour sa part de sa première expérience de travail et partage ses impressions au sujet de notre profession.Enfin, notre équipe a posé plusieurs questions à des professionnels impliqués dans notre milieu : Audrey Attia s\u2019est adressée à Élisabeth Lavigueur, Geneviève Gamache-Vaillancourt à Florian Dubois et Olivia Marleau à Benoît Ferland.Chacun d\u2019eux nous décrit son cheminement de carrière et ce qui l\u2019a guidé tout au long de celle-ci.Maryse Gagnon nous fait découvrir de son côté Roman@lire, la nouvelle base de données de romans français, accessible en ligne, de la Bibliothèque nationale du Québec.Cette base propose de nouvelles façons de répérer des ouvrages de fiction grâce à une indexation spécialisée qui inclut notamment des descripteurs pour le genre romanesque, le cadre historique et géographique de l'oeuvre, les noms des personnages principaux et les catégories de personnages.Lise Lambert et Catherine Bernier, quant à elles, nous font un résumé des conférences du dernier congrès de l'ASTED, qui s'est tenu en octobre dernier à Québec et qui s'est penché sur tout ce qui a trait à l'usager.Alex Guindon nous entretient dans Style libre des différentes Amériques, celle du 11 septembre et celle de Michael Moore, celle de la banlieue et celle de l'animation culturelle new-yorkaise.Dans la chronique Cyberthécaire, Miguel Escobar nous fait découvrir Prospero, un logiciel libre de livraison de documents par Internet (il s\u2019agit d\u2019une extension du logiciel ARIEL, application de gestion de prêt entre bibliothèques).La chronique État des milieux nous présente le centre de documentation Info Entrepreneurs de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Il a pour mission d'offrir de l'information sur les services et les programmes gouvernementaux aux gens d'affaires, particulièrement aux petites et moyennes entreprises.Enfin, Patrick Labelle a lu pour nous le compte rendu des 3ièmes rencontres FORMIST, organisées par l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB).Ces rencontres ont traité des programmes de formation à la maîtrise de l'information offerts en Europe et de leur évaluation.Olivia Marleau quitte le comité de rédaction d'Argus.Nous la remercions chaleureusement pour sa participation à la revue et lui souhaitons bonne chance pour ses projets futurs.Bonne lecture ! Cécile Lointier c_lointier@yahoo.com ARGUS / Vol.34, n\u201c 1, Printemps-été 2005 3 REGARD Le logiciel de gestion des bibliothèques et des centres de documentation ?\tPersonnalisation de l\u2019affichage ?\tRecherche Web et réservations en ligne ?\tEnvois de courriels (avis de retard, lettre.) ?\tGestion de documents électroniques (texte, photo, URL, etc.) ?\tZ39.50 ?\tImportation/exportation de fichiers compatibles avec le format MARC ?\tThésaurus et fichiers d\u2019autorité intégrés ?\tGestion de succursales et de catalogue collectif Adaptable aux milieux ?\tScolaire ?\tCollégial ?\tMunicipal ?\tSpécialisé ?\tEtc.Service à la clientèle (514)251-3730 www.gncs.qc.ca UK1L9 Technologies au service de l'éducation 0558 Style libre Maux de villes Alex Guindon guindona@alcor.concordia.ca Les unions qu\u2019osse ça donne?Pas de doute, 2005 a déjà l\u2019allure d\u2019une annus miserabilis pour les syndicats au Québec.Après de longues batailles, des débuts de retraites ordonnées, c\u2019est la déroute.Le champ de bataille est jonché de cadavres que les troupes ennemies s\u2019empressent de piller.Mais rassurez-vous, vous n\u2019aurez plus besoin de briser les lignes de piquetage à la SAQ, l\u2019ordre est rétabli et votre bouteille vous attend.Un Wal-Mart de perdu, dix de retrouvés! Même nos hockeyeurs millionnaires ont connu leur Waterloo : on nous promet des scabs sur patins pour l\u2019automne prochain.Go Scabs, go! D\u2019accord, ce n\u2019est pas la fin du monde (surtout pour nos « pousseux de pucks » syndiqués).La défaite est souvent le fruit d\u2019une stratégie boiteuse, voire d\u2019une emprise douteuse sur la réalité dans le cas des joueurs de la LNH.On peut aussi se questionner sur le corporatisme étroit de la plupart des syndicats.Un peu plus de vision sociale ferait du bien.Mais vous rappelez-vous la dernière victoire convaincante d\u2019un groupe de travailleurs?Il me semble que ça date.Le plus agaçant dans tout cela, c\u2019est l\u2019étroitesse d\u2019esprit d\u2019une large frange de la population qui raisonne en consommateurs plutôt qu\u2019en citoyens.Cette attitude consiste à se plaindre de l\u2019absence d\u2019un service ou d\u2019un produit -surtout s\u2019il s\u2019agit d\u2019un service public, après tout « on paye les salaires de ces employés-là avec nos taxes » - et à jalouser les salaires des uns et des autres qui « se plaignent le ventre plein ».Vous ne comprenez donc pas que dans le merveilleux marché du travail, le niveau des salaires d\u2019un secteur donné dépend notamment de la tendance générale des salaires dans la société?Bref, vous rirez moins quand ce sera votre tour : syndiqué ou non, personne n\u2019y échappe quand la balance penche un peu trop longtemps du même côté.Sauf si vous êtes de ce côté, évidemment.L\u2019autre Amérique Je vais à New York la semaine prochaine.C\u2019est mon pèlerinage annuel à La Mecque, mon ressourcement urbain préféré.Certains vont se reposer à Cayo Coco, moi je préfère le rush de Manhattan.C\u2019est plus énergisant! Malheureusement, je vais manquer de quelques jours l\u2019installation de Christo et Jeanne-Claude (que les Etats-Uniens prononcent Jean-Claude!) à Central Park.Dommage, mais je risque peu d\u2019être à court d\u2019activités.Ceux qui fréquentent la grande ville savent l\u2019animation des rues new-yorkaises, les foires du dimanche sur la rue Amsterdam fermée à la circulation, les pique-niques à Central Park -grand rectangle de verdure tout en collines et sentiers sinueux, si loin et pourtant si proche de la cohue, la majesté des gratte-ciel de Manhattan, le charme plus humain des rues de Brooklyn, l\u2019incroyable métissage de mille cultures, de mille langues, de millions de gens venus à la rencontre du Rêve américain.Car New York, c\u2019est le Rêve américain dans sa démesure, avec ses gagnants, ses nombreux perdants pas toujours conscients de l\u2019être, son incroyable naïveté.Il suffit d\u2019avoir conservé un peu de cette naïveté pour rêver avec New York, pour vibrer au rythme de cette énergie si rare dans les villes américaines.Andrea Harland, 2005 On ne saurait trop dire le gouffre qui sépare New York, Montréal et sans doute quelques autres villes de la Côte Ouest, du reste des grandes agglomérations nord-américaines.J\u2019ose à peine parler de villes pour désigner ces endroits où l\u2019on travaille de neuf à cinq avant de fuir vers la banlieue, abandonnant les centres urbains à la pauvreté et à la laideur.La nuit des villes américaines est vide et glauque, on préfère s\u2019y trouver seul plutôt que de risquer les rencontres qu\u2019elle nous réserve.Le « vieux cœur de la ville1 » est exsangue, il ne bat plus que par habitude.Pour la majorité des Nord-Américains, la ville est un endroit ARGUS / Vol.34, n\u201d 1, Printemps-été 2005 5 peu recommandable, tout juste bon à abriter les immigrants et les jeunes en mal de sensations fortes.On accepte de mauvais gré d\u2019y travailler, mais certainement pas d\u2019y élire domicile à long terme.Comme chacun le sait, il vaut mieux élever ses enfants à la banlieue dans un environnement « sécuritaire » quitte à se taper une heure d\u2019embouteillage matin et soir.Évidemment, ce triomphe du mode de vie banlieusard a des conséquences dramatiques sur les villes : appauvrissement généralisé de la population, désengagement des pouvoirs politiques qui résulte en un sous-financement chronique des infrastructures, des transports en commun, du logement social, etc.Au bout du compte, on se retrouve en effet avec des cités peu attirantes, des lieux peu fréquentables.Heureusement, il y a New York, l\u2019autre Amérique.Celle qui applaudit les films de Michael Moore, qui est trop bigarrée pour verser dans le puritanisme protestant (encore que la nouvelle loi antitabac laisse songeur), celle qui sait que la vie existe en dehors des bungalows et des centres d\u2019achats de banlieue, que la vie ce n\u2019est pas aseptisé, que ça se crie, ça se chante, ça se drogue parfois, que ce n\u2019est pas toujours blanc et hétéro, que ça prend un peu d\u2019art pour respirer.C\u2019est cette Amérique-là, ce mélange chaotique, ce lieu où il demeure possible de rêver ou de ridiculiser la bêtise triomphante - je pense au grand rire féroce d\u2019un Philip Roth, à l\u2019univers surréaliste d\u2019un Paul Auster - qui nous donne l\u2019espoir de lendemains moins obtus.Il est un peu pénible d\u2019imaginer l\u2019état d\u2019esprit actuel de tous ceux qui composent cette société-là.Aux États-Unis, depuis septembre 2001, il ne fait pas bon être à gauche ou tout bonnement de refuser le réductionnisme patriotico-sécuritaire.Mais puisqu\u2019il faut demeurer optimiste, on peut espérer que ce climat digne de la période maccarthyste aiguillonnera les esprits libres, qu\u2019il sera, paradoxalement, un terreau fertile pour un renouveau artistique et philosophique qui - pourquoi pas?- redonnerait un nouveau souffle au vieux Rêve fatigué.En attendant, il nous reste à redécouvrir les longues rues de la mégapole, à flâner dans le Upper West Side, à user ses semelles de Battery Park à Harlem, à lire le New York Times en grignotant un bagel débordant de fromage à la crème, à se prendre pour Woody Allen sur le boardwalk de Brooklyn Heights.Il nous reste à rêver une autre Amérique.Note 1.Tiré du poème Tango de Montréal de Gérald Godin, qui apparaît sur le mur derrière le métro Mont-Royal.La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier uotre travail.Notre expérience nous permet d\u2019effectuer des recherches fréquentes pour vous, et ainsi, réduire le nombre de uos commandes et vous sauver du temps.Depuis 1952, nous desservons les institutions d'enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le privilège de bien vous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (450) 435-0581 Télécopieur : (450) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche 6 ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 Prospero : un logiciel libre de livraison de documents par Internet' Miguel Escobar Bibliothécaire de référence Bibliothèque des sciences humaines de l\u2019Université de Sherbrooke miguel.escobar@usherbrooke.ca Thou shall be as free As mountain winds: but then exactly do All points of my command (The Tempest 1:2, Shakespeare) Historique du projet Le logiciel Propero a été développé en 1999 par Eric Hamrick, spécialiste en systèmes informatiques, et son équipe de la John A.Prior Health Sciences Library de l\u2019Ohio State University.Ce logiciel est une extension d\u2019ARIEL, application de gestion de prêt entre bibliothèques (PEB).Avant d\u2019aller plus en détails dans la description de Prospero, il convient de dire quelques mots sur ARIEL.En 1991, l\u2019organisme américain Research Libraries Group (RLG) développe le logiciel ARIEL.Il a pour principale fonction de transmettre des documents numérisés vers d'autres systèmes ARIEL à travers le monde.De façon plus précise, cette application offre la possibilité de numériser et d\u2019envoyer via le Web des documents comprenant différents types d\u2019informations telles que des illustrations, des photographies, des formules mathématiques, des textes, etc., et ce sans perte de données.Cette polyvalence du système a fait en sorte que plusieurs services de PEB ont adopté ARIEL pour informatiser leurs prêts entre bibliothèques.D'après les données de 1999, on recense environ 2000 bibliothèques à travers le monde utilisant ARIEL.Au Québec, certains organismes gouvernementaux et toutes les universités utilisent ARIEL pour les transactions de documents numériques.Ce logiciel permet des gains de temps importants dans le traitement des PEB, les délais d\u2019envoi des documents passant de plusieurs jours à quelques minutes.De plus, la qualité de résolution de ce logiciel de même que le rapport entre coût et bénéfice sont avantageux par rapport au télécopieur ou au service postal.Cependant, même si ce système est d'une grande utilité dans le monde de la bibliothéconomie, plusieurs bibliothèques ont des avis partagés quant à sa réelle efficacité.D\u2019aucuns voient dans ce logiciel la possibilité d'augmenter les échanges de ressources documentaires et de renforcer la coopération entre les bibliothèques; pour d'autres cependant, l'utilisation d'ARIEL n\u2019a fait qu\u2019ajouter des responsabilités au personnel plutôt que d'alléger ses tâches.En effet, lors d\u2019une demande de PEB, ces derniers doivent chercher le document, le numériser - tâche parfois plus longue que de le photocopier - puis l\u2019envoyer via ARIEL.Une fois le document reçu par la bibliothèque qui en a fait la demande, le personnel doit à son tour imprimer le document pour l\u2019usager -tâche qu\u2019elle n\u2019avait pas a assumer auparavant - et le lui envoyer.Deux constats peuvent être faits : premièrement, une copie papier du document est généralement nécessaire pour la distribution à l\u2019usager, ce qui occasionne une perte de temps lors de l\u2019impression du document; deuxièmement, le temps alloué par le personnel pour emballer et envoyer cette copie finale à l'usager peut être long.Autrement dit, si ARIEL diminue les délais d\u2019envoi de documents entre les bibliothèques, le personnel perd du temps par la suite dans le traitement de la copie finale destinée à l\u2019usager.À la suite de ces conclusions, l\u2019équipe de Eric Hamrich2 développa le projet Prospero afin de raccourcir les délais de traitement et d\u2019acheminement de la copie finale vers l\u2019usager.L\u2019objectif principal de ce projet était de maximiser les avantages du logiciel ARIEL en améliorant son rapport coût-bénéfice, dans le respect des règles du droit d\u2019auteur.Le projet débuta en avril 1999.Un mois plus tard, une première version stable du logiciel était opérationnelle.On y développa deux modules : le module de gestion et le module de l'utilisateur (serveur et interface).Modules de Prospero La version actuelle de Prospero (version 2), qui répond à la norme internationale ISO/DIS 17933 GEDP, permet de travailler sur plusieurs plate-formes informatiques, notamment le système d\u2019exploitation Windows de Microsoft (XP/2000/ NT4/98/95).Les autres systèmes d\u2019exploitation, tels que Linux (ex.: RedHat) ou Unix, doivent être munis des logiciels SAMBA (partage de fichiers et d\u2019imprimantes) et Apache (serveur Web).Le logiciel Prospero, qui est un complément à ARIEL, doit être installé sur un serveur Web afin de stocker et de rendre disponibles en ligne les documents en PEB.Enfin, le serveur Web requiert une plate-forme infor- ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 7 matique utilisant le langage PERL (Pratical Extraction and Report Language) pour en effectuer la configuration.¦\tModule de gestion Ce module offre la possibilité de recevoir et d\u2019envoyer des documents en provenance d\u2019autres systèmes ARIEL ou d\u2019un système Prospero par le biais du protocole de communication FTP (File Transfer Protocol).Pour ce qui est de la numérisation, elle peut être faite en couleurs avec un numériseur TWAIN4.La numérisation peut générer un document en format TIFF (Tag Image File Format) ou en format PDF (Portable Document File).Il est également possible de convertir une ou plusieurs pages du format TIFF en format PDF.Prospero permet également de retoucher les images numérisées - grâce à son application de retouche d\u2019images - et d\u2019envoyer des messages électroniques, notamment lors de l\u2019envoi des documents numérisés aux usagers.Finalement, l\u2019application serveur du logiciel permet au personnel d\u2019archiver ou d\u2019importer un document numérisé via un serveur Web, ce qui, comme nous le verrons plus loin, offre aux usagers l\u2019accès direct aux documents.¦\tInterface de l'utilisateur L\u2019interface de consultation permet à l\u2019utilisateur de télécharger sur son ordinateur les documents ARIEL en format PDF à partir de son navigateur Internet.Il est possible de personnaliser cette interface en fonction d\u2019une clientèle ou d\u2019un besoin précis.Le serveur d\u2019archivage des documents numérisés offre plusieurs paramétrages (scripts PERL) utiles afin de contrôler l'accès aux documents par l'authentification de l'usager, d'effacer les documents préalablement visualisés, de spécifier une adresse de courriel lors d'envois électroniques et de convertir les anciens documents PDF archivés dans une version antérieure de Prospero.Processus d\u2019un PEB via Prospero L\u2019application Prospero s\u2019adapte très bien au processus du prêt entre bibliothèques.Une demande de PEB d'un article est effectuée auprès d'une bibliothèque à partir du Web ou de Prospero.Le personnel numérise et envoie le document par le biais d\u2019ARIEL à la bibliothèque qui a fait la demande de PEB.Dès la réception d'un document ARIEL, Prospero convertit le fichier en format TIFF, puis en format PDF.Les informations de base de la transaction de PEB provenant d'ARIEL sont transférées dans le système d'envoi de documents par Internet.Ces infonnations comprennent le numéro d\u2019identification du document, la date et l'heure de l\u2019envoi, le nombre de pages et le nom de l'usager.Le personnel associe au document le nom et l\u2019adresse de courriel de l'usager qui a fait la demande de PEB.Une fois cette étape complétée, le document PDF peut être envoyé au serveur Web.Dès lors, un message électronique avec l'adresse URL du serveur est envoyé à l'usager : on l\u2019avise ainsi de la réception et de l'archivage temporaire de son document sur le serveur Web.L\u2019usager peut alors consulter son document en utilisant un numéro d\u2019identification personnel (NIP) généré automatiquement par Prospero (voir Figures 1 et 2).ment des connexions sécurisées TLS (Transport Layer Security) pour les courriers sortants (SMTP) et le mécanisme d'authentification de serveurs SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) lors d'une connexion avec un serveur de courrier électronique.Ceci permet d\u2019empêcher toute utilisation illégale de l'information réservée aux usagers.Coûts Prospero est un logiciel libre.Il n\u2019existe aucun coût associé à l\u2019achat du logiciel puisqu\u2019il est distribué et contrôlé selon la licence GPL (Licence Publique Générale).De ce fait, l'utilisateur est libre de copier le programme et de le donner à une tierce personne, de le modifier comme il l'entend grâce à un accès complet au code source et, enfin, de distribuer gratuitement une version améliorée susceptible d\u2019aider la communauté des utilisateurs.L\u2019accès au code source (écrit dans le langage C++) à un plus grand nombre de programmeurs permet l\u2019évolution et l\u2019amélioration du logiciel.Sécurité Prospero offre la possibilité d'utiliser plusieurs systèmes de protection, notam- Avantages et inconvénients ^ Prior Health Sciences Library Home Medline Oscar Search the Web Document Delivery Service Name Hello You're probably here because you received an email about having a new document available Alter logging into the 3D service a list ol documents will appear Select one of them If the document appears on screen, you're all set If not, Adobe Acrobat may not be installed on your machine.Contact a local systems support person or aownioad and install App^ Acrobat Reader.To retrieve documents) fill in the boxes below, dick \"Log into 3D\", and a list of documents will appear The 3D system will remove a document after it is viewed five times or if two weeks have passed since notification, whichever comes first Important Note By using 3D.you are agreeing to uphold the copynght restrictions applicable to all library matenals, be they paper or digital It might be easier to make copies because your requested documents are digital, but it remains your responsibility to abide by these résinerions \"No further reproduction and distribution of this copy Is permitted by transmission or any other means.\" Login (complete email address): f PIN: f Prospero possède plusieurs avantages dont celui de permettre la gestion du droit d'auteur.Avec son système de restriction, le personnel peut limiter le nombre d'accès au document.Un autre avantage est que le système diminue le temps de livraison des documents entre la bibliothèque et l'usager.A l\u2019origine, en effet, les documents arrivant par le logiciel ARIEL étaient imprimés et devaient être récupérés par les usagers à leur bibliothèque (voir Figure 3).Avec Prospero, l\u2019usager reçoit directement le document en format PDF dans Log into 3D | The following documents are available for you to download Click on the hyperlink m the document column to view the Sc si Acrobat You may delete the document from our server if you no longer need to view it Figure 1 : Authentification de l\u2019usager To retrieve your document, you need to have Adobe Acrobat installed on your machine If when you log in and get a hst of documents (and click on one of them), the document appears on your screen, you are all set If not.contact your systems support person or download and install Acrobat yourself Once again, by using this service you are agreeing to uphold the copynght restrictions applicable to all kbrary matenals.be they paper or digital It might be easier to make copies because your requested documents are digital but it remains your responsibility to abide by these rertnctions ?The system will remove your document after it is slewed five to delete documents has been disabled ¦eks have passed since you wore notified, whichever comes first.Ability Figure 2 : Interface de consultation de l \u2019usager Document Number or Mews Size Pages Date Posted View Document | PDf Guide 679\t801 K 3 Fn Oct 27 1229 2000 ft» ià fif M Jifi Pose Session | Please Close Session when finished viewing documents 8 ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 Bibliographie Bibliothèque Figure 3 : Cheminement « classique » d'un PE B Figure 4 : Intégration de Prospero dans la procédure de PE B Document imprimé Bibliothèque Document Ariel fsager Ariel et Prospero Module du personnel (Module Serveur) login.pl purge.pl convert.pl patron.html son compte d\u2019utilisateur.Le temps alloué par le personnel à la manipulation des documents s\u2019en trouve donc diminué (voir Figure 4).Par ailleurs, le fait que Prospero soit un système « ouvert », à code source libre, constitue un autre avantage important : il peut être adapté selon les besoins de la bibliothèque et de la clientèle.monde, et ce plus rapidement qu\u2019avec le logiciel ARIEL uniquement.Par ailleurs, le fait que le code source soit accessible à un grand nombre de programmeurs permet l\u2019évolution du produit et garantit une plus grande stabilité.En cette ère où la rapidité d\u2019accès à l\u2019information est de plus en plus importante, dans un contexte documentaire où le nombre de prêts entre bibliothèques est en croissance, ce logiciel apparaît comme un très bon complément à la diffusion de l\u2019information, notamment auprès des usagers qui ne peuvent pas se déplacer pour chercher eux-mêmes leur documentation.A ce titre, il serait important d\u2019intégrer peu à peu cette application au sein du processus du prêt entre bibliothèques au Québec.Weible, Cherie L.et Robben, C.2002.« Calming the Tempest : The Benefits of Using Prospero for Electroning Document Delivery in a Large Academic Library », Journal of Interlibrary Loan, Document Delivery & Information Supply, vol.12, no 4, pp.79-86.Sayed, E., Murray, Sarah D.et Kathy P.Weeler.2001.« The Magic of Prospero », Journal of Interlibrary Loan, Document Delivery & Information Supply, vol.12, no 1, pp 55-73.Schnell, Eric H.1999.« Freeing ARIEL : The Prospero Document Delivery Project », Journal of Interlibrary Loan, Document Delivery & Information Supply, vol.10, no 2, pp.89-100.Prior Flealth Sciences Library, Ohio State University.2002.Prospero 2.0: Staff Module Guide.Colombus : Ohio State University, 11 p.Prior Health Sciences Library, Ohio State University.2002.Prospero 2.0: Server Side Module Guide.Colombus : Ohio State University, 9 p.L\u2019un des désavantages de ce logiciel est lié au fait qu\u2019il n\u2019existe ni garantie quant à son bon fonctionnement, ni soutien technique continu (il est possible de recevoir un soutien technique et des séances de formation en échange de frais de service).Aucun manuel d'utilisation n\u2019est actuellement disponible.Dans les faits, le soutien technique s\u2019effectue surtout à travers la communauté des utilisateurs et des programmeurs de Prospero par messagerie électronique, sur des forums de discussion et sur le site Web de Prospero5.Conclusion Le projet Prospero de l'Ohio State University est un bon exemple de logiciel libre qui peut servir aux bibliothèques.Ce logiciel a, certes, certains inconvénients, mais il comporte également plusieurs avantages dont celui de fournir l'information à l'usager où qu'il soit dans le Notes 1.\t1DD : Internet Document Delivery 2.\tOutre Eric Hamrich, cette équipe de l\u2019Ohio State University comprenait Eric Schnell, responsable des services automatisés, Ruey Rodman, responsable de l\u2019accès aux services, et Judith Willis, responsable de la livraison des documents.3.\tGEDI (Generic Electronic Document Interchange) : échange standard de documents électroniques.4.\tNorme pour les logiciels de gestion des appareils d'acquisition d'image qui permet d'importer l'image directement dans l'application graphique hôte, ce qui permet de gagner du temps.5.\tSite Internet de Prospero : http://bones.med.ohio-state.edu/prospero/ Schnell, Eric H.2000.« Open Source Projects: The Prospero Experience », in Medical Library Association Annual Meeting, May 8, Vancouver.Schnell, Eric H.2001.«Prospero: A Web-based Document Delivery System », in NERCOMP SIG Workshop : « What Does Open Source Have To Do With Libraries?», April 25-26, Middletown.Schnell, Eric H.1999.« Prospero: Freeing ARIEL from the Tree », in Midwest Chapter of the Medical Library Association Annual Meeting, October 7, 1999, Grand Rapids.Prior Health Sciences Library, Ohio State University.2003.Prospero: An Open Source Internet Document Delivery (IDD) System.[http://bones.med.ohio-state.edu/ prospero/index.html] ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 9 P Les Règles de catalogage anglo-amérlcaines2 accessibles sur Internet ! Services documentaires multimédia (SDAA) inc.et l'Association des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) ont récemment procédé au lancement des RCAA2-WEB.Ce partenariat privilégié permet d'offrir aux professionnels du traitement documentaire un outil de travail performant, souple, rapide et rigoureux, permettant d'accélérer le catalogage et d'en diminuer le coût.De multiples avantages.\u2022\tVersion consolidée contenant les mises à jour les plus récentes ; \u2022\tInterface conviviale ; \u2022\tRespect intégral de la version imprimée ; \u2022\tNavigation optimisée par des hyperliens ; \u2022\tRenvois enrichis par la puissance des hyperliens ; \u2022\tMises à jour intégrées et continues ; \u2022\tMoteur de recherche performant ; \u2022\tCompatibilité avec tous les navigateurs Web ; \u2022\tEt, ce qui est loin d'être négligeable, plus besoin de plusieurs exemplaires de la version imprimée.un seul abonnement valable pour tous vos catalogueurs ! Si vous n'êtes pas déjà convaincu de l'immense avantage de vous abonner aux RCAA2-WEB, nous vous offrons un essai gratuit d'une semaine.Pour vous abonner : http://rcaa2.sdm.qc.ca Pour toute information ou pour un essai gratuit : SERVICES DOCUMENTAIRES MULTIMÉDIA INC.Service à la clientèle (514) 382-0895 Dossier La Gestion de carrière La gestion de carrière ne semble pas être une préoccupation majeure chez les bibliothécaires.Comment expliquer ce peu d'intérêt?Traditionnellement, on changeait peu d'emploi au court d'une carrière de bibliothécaire.Nombre de futurs retraités ont passé, en gravissant les échelons, la majeure partie de leur carrière au sein d\u2019une seule et même institution.Or, la situation n'est plus la même aujourd\u2019hui.Le marché et l'organisation du travail ont changé; les technologies de l'information ont bouleversé nos façons de travailler; moins de postes permanents s'offrent aux nouveaux diplômés (même si les départs massifs à la retraite des baby-boomers dans quelques années risquent de changer cette situation).Pour faire face à cette nouvelle réalité du marché du travail, nous devons repenser notre manière de gérer notre carrière, de concevoir notre développement professionnel, et définir précisément nos motivations et nos buts, pour ensuite devancer le changement et obtenir l'emploi de nos rêves.Ainsi, l\u2019équipe d'Argus a décidé de vous offrir quelques outils pour définir un plan de carrière, gérer votre développement professionnel et faire des choix dits stratégiques (Hélène Carrier, p.11 et Jacques Besner, p.17).Nous vous proposons ensuite plusieurs récits d'expériences : de mentorat (Chantal Marcoux, p.19); d'échange professionnel (Kim Frail et Chantal St-Louis, p.23); de réflexions d'un jeune diplômé (Éric Therrien, p.27); et, enfin, de cheminement de carrière au moyen d\u2019entrevues avec des professionnels expérimentés (Audrey Attia pour Élisabeth Lavigueur, p.30, Geneviève Gamache-Vaillancourt pour Florian Dubois, p.31, et Olivia Marleau pour Benoît Ferland, p.32).C.L.Gestion de carrière : dix conseils pour la génération XYZ Hélène Carrier Directrice, Bibliothèque Morisset Université d\u2019Ottawa carrierh@uottawa.ca Le monde du travail est en transformation et le milieu des bibliothèques, comme bien d\u2019autres, se redéfinit dans l\u2019économie du savoir.Pour faire face aux nouvelles réalités du travail et aux transitions qui s\u2019annoncent dans nos organisations au cours de la prochaine décennie, les bibliothécaires professionnels de la « relève » devront adopter une approche proactive et développer de nouvelles stratégies en gestion de carrière.Career Management: Ten tips for generation XYZ The working place is in transformation and the library milieu, as well as others, is redefining itself in the knowledge economy.In order to confront the new realities of the working place and the changes that are coming in our organizations during the next decade, professional librarians to come will have to adopt a proactive approach and develop new strategies in career management.Pourquoi des conseils de carrière?Chacun possède sa définition d'une carrière réussie : pour certains, cela peut signifier l\u2019atteinte d\u2019un équilibre entre la vie et le travail; pour d\u2019autres, il s\u2019agira de gravir les échelons; pour d\u2019autres encore, de la possibilité de réaliser des rêves qui ne sont pas directement liés au milieu de travail.Je crois pourtant que les 10 prochaines années annoncent une période de transition réelle dans nos organisations.Cette période de transition va nous demander, en tant qu\u2019employé et en tant que gestionnaire, de développer de nouvelles stratégies en gestion de carrière.Une question de générations Les démographes identifient quatre générations qui cohabitent présentement dans le monde du travail.Pour les fins de cet article, je retiens les définitions suivantes : les pré-boomers sont nés avant 1946; les baby boomers entre 1946 et 1960; la génération X entre 1961 et 1981 et la génération Y depuis 1982 (Foot, 1999).De nombreux articles ont aussi dépeint les traits caractéristiques de ces générations.On dit par exemple des pré-boomers qu\u2019ils sont loyaux, conformistes et travailleurs.Les baby-boomers, pour leur part, auraient tendance à être des gens plutôt optimistes qui valorisent le développement personnel et les relations interpersonnelles.Les représentants de la génération X, de leur côté, sont présentés comme étant pragmatiques, informels et indépendants.Enfin, la nouvelle génération Y est sûre d\u2019elle, innovatrice, à l\u2019aise avec la technologie et la diversité culturelle (Galt, 2004).Quand à la génération Z, en devenir, elle effectuera son entrée dans le monde du travail en 2020.ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 11 Dossier Nouvelles réalités du travail La génération XYZ est arrivée sur le marché du travail dans une période de décroissance et de profonds bouleversements technologiques.Dans ce contexte, les employés et leurs gestionnaires ont eu à faire face à de nouvelles réalités du travail (Moses, 1997).¦\tFaire plus avec moins En 1992-1993, le Réseau de bibliothèques de l\u2019Université d\u2019Ottawa comptait 230 employés.En 2002-2003, ce nombre est passé à 153 employés, soit une réduction de 33 % du total des effectifs au cours de ces 10 dernières années.Durant la même période cependant, le nombre des inscriptions à l\u2019Université d\u2019Ottawa est passé de 20 000 (en 1992-1993) à 30 000 (2002-2003), une augmentation de 50 %.Cet exemple illustre une situation qu\u2019ont connue de nombreuses bibliothèques.¦\tL\u2019envahissement de l\u2019espace du travail dans la vie privée Les nouvelles technologies font en sorte que la distinction entre les heures de travail et le temps consacré à la famille et à la vie privée s\u2019estompe.Munis de leur téléphone cellulaire, de leur portable ou de leur « BlackBerry », les employés répondent à leurs messages de courrier électronique à toute heure du jour et de la nuit.¦\tDes rôles moins clairement définis Dans la plupart des organisations, l\u2019approche par projet est devenue la norme.Une équipe, au sein de laquelle chaque membre a un rôle, se réunit avec un but spécifique pour une période de temps délimitée.Les équipes ainsi constituées ne tiennent pas compte de l\u2019organigramme.On y retrouve souvent des employés provenant de tous les niveaux de l\u2019organisation.Dans cet environnement, l\u2019employé a la possibilité et la responsabilité de définir son rôle.L\u2019employé doit voir son poste comme une série de rôles et un ensemble de résultats à obtenir pour lesquels il devra continuellement mettre à jour ses compétences.¦\tUn monde de changement Les organisations et leurs employés consacrent maintenant leur temps et leurs ressources à gérer le changement et ce, la plupart du temps, par le biais d\u2019exercices de planification stratégique.Dans cet univers changeant, ceux qui ont de la difficulté à s\u2019adapter et à faire preuve de flexibilité et de polyvalence vont vivre beaucoup de stress et risquent, plus que d\u2019autres, de souffrir d\u2019épuisement professionnel.¦\tDes parcours professionnels moins linéaires La perspective de « gravir les échelons » au sein d\u2019une même organisation disparaît et les parcours professionnels sont en zigzag : plusieurs mouvement latéraux, parfois des reculs, des pauses, beaucoup de détours et puis un jour « la » promotion (Michaud, 2004).Perspectives de carrière pour les bibliothécaires Depuis environ cinq ans, de nombreux articles ont fait état d\u2019une crise imminente dans le milieu des bibliothèques : le départ à la retraite en masse des baby-boomers (Curran, 2002).Dans cette foulée, plusieurs conférences ont eu pour thèmes les questions de la relève et de la planification de la succession.En réalité, les baby-boomers ne sont pas partis à la retraite mais ils s\u2019apprêtent à le faire.Puisqu\u2019ils sont nés en 1946, ils vont donc atteindre 60 ans à partir de 2006 et 65 ans à partir de 2011.On peut désormais prévoir, durant ces années, une période où les occasions d\u2019emplois seront plus nombreuses.Après une quinzaine d\u2019années de décroissance ou de croissance zéro dans les bibliothèques, nous entamons maintenant une période où celles-ci vont recommencer à embaucher et à offrir des occasions de progresser.Plusieurs enquêtes prévoient une pénurie de professionnels et, en particulier, un besoin plus marqué de bibliothécaires capables d\u2019assumer le double rôle de leader et de dirigeant, ainsi qu\u2019un besoin encore plus important de bibliothécaires capables d\u2019exécuter des tâches non spécialisées.Une enquête pancanadienne (CCA-CLA-ASTED-AMC, 2003) a fait parvenir plus de 2 500 questionnaires à des administrateurs d\u2019organismes oeuvrant dans le secteur du patrimoine.D\u2019après les réponses reçues, le recrutement ne semblerait pas poser problème pour la majorité des bibliothèques, notamment en ce qui concerne les connaissances et les compétences techniques.Les inquiétudes tournent davantage autour du risque de manquer d\u2019une relève capable de jouer un rôle de leader.En effet, les qualités les plus importantes et les plus difficiles à trouver chez les candidats, selon les répondants, sont : une aptitude à jouer un rôle de leader, des compétences de gestionnaire et une faculté d\u2019adaptation au changement.Dix conseils de carrière Pour développer ces qualités et être prêts à saisir les occasions d\u2019emploi qui s\u2019annoncent, les bibliothécaires de la relève devront adopter une approche proactive.1.Imaginez où vous serez dans cinq ans Prenez un moment pour vous poser la question : où serai-je ans cinq ans?Certains d\u2019entre vous diront : « Je n\u2019en ai pas la moindre idée.» J\u2019aimerais tout de même que vous essayiez d\u2019y réfléchir.Vous voyez-vous toujours occupant les mêmes fonctions?Souhaitez-vous obtenir une promotion?Peut-être avez-vous l\u2019intention de devenir gestionnaire et de diriger un jour l\u2019équipe dont vous faites partie?Nous sommes en 2010.Fermez les yeux et pensez à ce qui vous vient en tête.Vous avez maintenant une image, une esquisse de l\u2019endroit où vous serez dans cinq ans : vous avez un plan de carrière.Il vous reste à évaluer où vous en êtes maintenant et à identifier les étapes nécessaires à l\u2019atteinte de vos objectifs.Êtes-vous prêt ou vous faut-il ajouter des cordes à votre arc?Tout part d\u2019un souhait et vous avez maintenant un point de départ : il ne vous reste plus qu\u2019à chercher dès maintenant les occasions de vous développer pour être au rendez-vous en 2010.12 ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 Dossier 2.\tSortez de la routine Il y aura probablement des moments au cours de votre carrière où vous sentirez que vous manquez de défis.Il y aura peut-être des jours où vous aurez l\u2019impression de tourner en rond.Quand la routine s\u2019installe et que vous ne vous sentez plus passionné par ce que vous faites, c\u2019est le temps de faire un bilan de votre situation (Marchesin, 2002).Voici quelques pistes de réflexion : -\tQu\u2019est-ce qui vous tient le plus à cœur dans votre travail?Qu\u2019est-ce qui vous passionne?-\tAu cours de la dernière année, de quel projet ou de quelle réalisation avez-vous été le plus fier?-\tQuelles compétences voulez-vous mettre en valeur?Pour sortir de la routine et pour retrouver le « feu sacré », je vous suggère d\u2019identifier vos objectifs professionnels et personnels et d\u2019organiser votre horaire autour de ces objectifs.Un de ces objectifs, par exemple, pourrait être de s\u2019impliquer dans un projet qui donnera de la valeur à vos compétences et à votre portfolio d\u2019expériences.Un autre objectif pourrait être d\u2019identifier une activité professionnelle à l\u2019extérieur de votre milieu de travail qui vous permettrait de rencontrer d\u2019autres collègues.Au cours de leur carrière, de nombreux bibliothécaires professionnels ont fait de l\u2019enseignement à temps partiel, du travail de consultation ainsi que du bénévolat.Ils ont aussi fait partie de comités au sein de leur milieu de travail ou dans les associations professionnelles.Si vous avez accès à des programmes de formation, suivez un cours qui vous permettra d\u2019élargir vos horizons professionnels.N\u2019attendez pas que les occasions de développement ou de formation vous soient offertes : créez-les et vous connaîtrez de moins en moins l\u2019effet de routine.3.\tBougez! Je crois qu\u2019il est nécessaire de changer d\u2019emploi périodiquement.Bien sûr, les changements d\u2019emploi sont souvent dictés par les circonstances, surtout en début de carrière, lorsque que vous décrochez une série de contrats et d\u2019emplois temporaires.Je vous suggère cependant de changer d\u2019emploi sans attendre d\u2019y être forcé mais, au contraire, quand tout va pour le mieux.Si vous souhaitez bouger, il existe probablement des possibilités d\u2019avenir au sein de votre organisation.Si c\u2019est le cas, manifestez votre intérêt mais ne misez pas exclusivement sur une promotion à l\u2019interne.On dit parfois que nul n\u2019est prophète en son pays.Autrement dit, il est parfois plus simple de décrocher un nouvel emploi intéressant au sein d\u2019une nouvelle organisation.Allez de l\u2019avant en changeant d\u2019emploi de façon régulière - pas nécessairement pour obtenir' une promotion, nos parcours professionnels n\u2019étant plus linéaires - mais d\u2019abord et avant tout pour acquérir de l\u2019expérience, pour approfondir votre réseau de relations et pour développer de nouvelles compétences, car la polyvalence, on l\u2019a vu, est une qualité recherchée.Vous constaterez que fréquenter différents milieux de travail permet de mettre plus aisément les choses en perspective, de garder bien souple le muscle « capacité de vivre le changement » tout en conservant vos techniques d\u2019entrevue à jour.Enfin, même si vous ne cherchez pas d\u2019emploi, tenez-vous au courant du marché de l\u2019emploi en consultant de temps en temps les sites Web pour savoir qui embauche, quel type d\u2019emploi pourrait vous intéresser et, surtout, quelles sont les compétences les plus fréquemment recherchées.4.\tPréparez une entrevue fictive Lorsqu\u2019on parle de techniques d\u2019entrevue, la préparation est toujours la clé du succès.Le temps consacré à préparer une entrevue sera toujours bien investi.Tout d\u2019abord, acquérez l\u2019habitude, à la fin de chaque entrevue, en sortant de la salle, de prendre en note les questions qu\u2019on vous a posées et les réponses que vous avez données.Ces notes seront utiles pour évaluer vos réponses et, surtout, pour vous constituer une banque de questions que vous pourrez utiliser ultérieurement (elles reviennent toujours sous une forme ou une autre).Avant de vous présenter à une entrevue, il est toujours préférable de lire attentivement la description du poste et de faire une recherche sur l\u2019institution et son mandat.Préparez ensuite 12 questions susceptibles de vous être posées et, pour chacune d\u2019elles, préparez une réponse en trois parties à partir desquelles vous pourrez donner de plus longues explications.Un exemple de question : quels sont les principaux défis auxquels font face les bibliothèques publiques?Réponse en trois parties : budget, technologie, ressources humaines.Pourquoi une réponse en trois parties?D\u2019abord, c\u2019est plus simple à retenir mais, surtout, vos idées seront d\u2019autant mieux reçues et auront d\u2019autant plus d\u2019influence qu\u2019elles seront bien structurées.Il ne faut pas oublier de répondre à l\u2019avance aux questions classiques : « Pourquoi voulez-vous travailler ici?» et « Dites-nous ce qui, dans votre expérience, vous prépare à assumer les responsabilités de ce poste.» Ce sont pour moi des questions fondamentales, des questions auxquelles vous devrez répondre sincèrement.Si vous n\u2019êtes pas vous-même absolument convaincu et enthousiaste, qui pourra l\u2019être en écoutant votre réponse?Bien préparé, vous serez plus calme et plus à l\u2019écoute.Succès garanti! 5.\tChoisissez votre prochain patron Décider de changer d\u2019emploi demande une mûre réflexion.On a parfois l\u2019impression que le gazon est plus vert ailleurs mais, en réalité, chaque emploi et chaque milieu a ses splendeurs et ses misères.L\u2019emploi idéal n\u2019existe pas.Voilà donc que vous avez passé l\u2019entrevue avec succès et que votre nouvel employeur vous fait maintenant une offre.Partir ou rester?Vous devrez soupeser soigneusement le pour et le contre.Un des facteurs les plus important dans votre décision sera de considérer la personne pour qui vous allez directement travailler, votre patton (on dit souvent d\u2019ailleurs que les employés ne quittent pas leur organisation mais bien leur patron).Plusieurs d\u2019entre nous sont attirés par l\u2019idée de travailler dans une grande organisation parce que celle-ci offre davantage de stabilité, d\u2019occasions de progresser et des rôles ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 13 Dossier plus clairement définis.L\u2019expérience a prouvé à maintes reprises qu\u2019au contraire, dans les premières années de votre carrière, vous aurez des expériences de travail plus enrichissantes au sein de petites organisations, où vous aurez l\u2019occasion de « toucher à tout », grâce à des patrons qui vous feront confiance, vous appuieront et avec qui vous aurez des atomes crochus.En définitive, vous constaterez que votre patron est la personne la plus importante dans votre carrière.Lors de votre prochaine entrevue, dites-vous bien que ce n\u2019est pas vous qu\u2019on est en train d\u2019embaucher mais que c\u2019est vous qui « magasinez » votre prochain patron.Oubliez l\u2019emploi de vos rêves et trouvez le patron rêvé.6.\tApprenez de ceux que vous admirez L\u2019un des avantages à changer de milieu professionnel est celui de rencontrer et de travailler avec des gens vraiment intéressants.Y a-t-il des collègues que vous côtoyez présentement, dans votre milieu de travail ou ailleurs, que vous admirez?Prenez une minute pour les identifier et notez les raisons pour lesquelles vous les admirez.En d\u2019autres mots, qu\u2019est-ce que vous admirezchez eux?Je vous suggère d\u2019apprendre de ceux que vous admirez.Faites d\u2019eux un sujet d\u2019étude : observez-les dans différentes situations et notez ce qui fait leur succès.De tous les cours que vous suivrez, vous n\u2019apprendrez jamais autant qu\u2019en regardant travailler des gens efficaces.À leur insu, ils deviendront vos modèles et vos mentors.Plus important encore que leur personnalité, leur comportement ou leurs paroles, identifiez les qualités que vous admirez chez eux.Est-ce la capacité d\u2019écoute, est-ce la capacité de penser de façon stratégique, est-ce plutôt la démonstration d\u2019un savoir-faire dans les relations interpersonnelles?En identifiant ces qualités, vous apprendrez à mieux connaître vos propres valeurs.7.\tDéveloppez votre réseau « r minuscule » Je suis certaine qu\u2019au cours des années, vous avez assisté à de nombreuses con- férences sur la question du réseautage.Le Réseau (R Majuscule) : clé du succès! Les conférenciers vous invitent, dès la fin de leur présentation, à rencontrer dix nouvelles personnes dans la salle.Vos cartes d\u2019affaires en main, vous parcourez d\u2019un coup d\u2019œil l\u2019auditoire: allez-vous véritablement ajouter tout d\u2019un coup un nouveau membre à votre « Réseau » après avoir échangé quelques mots?Dans la vie réelle, après les présentations PowerPoint, ce qui fonctionne le mieux, c\u2019est ce que j\u2019appelle le réseau (petit r).Un réseau (petit r) peut être constitué de deux ou trois personnes rencontrées soit au cours d\u2019emplois précédents, soit lors d\u2019activités associatives, soit pendant des études, et avec qui on a gardé contact au cours des années.Ces deux ou trois personnes vous aideront en vous donnant, au bon moment, un renseignement privilégié, un conseil, un mot d\u2019encouragement.Ces personnes, à mon avis, n\u2019ont pas nécessairement besoin d\u2019être influentes - tant mieux si elles le sont.Si vous n\u2019allez pas dîner ce soir avec Madame Bissonnette, est-ce que cela signifie que vous n\u2019avez pas de réseau?Pas du tout! Ma définition du réseau, c\u2019est une relation d\u2019entraide mutuellement bénéfique.On traverse tous, au cours de sa carrière, des hauts et des bas.Si, un jour, ces deux ou trois personnes vous ont tendu la main, il se pourrait qu\u2019à votre tour vous puissiez leur rendre la pareille.Au fur et à mesure que vous progresserez dans votre carrière, les membres de votre réseau en feront autant.Les éléments clé de votre succès, quand vous poserez votre candidature à des postes de gestion, incluront non seulement le contenu de votre curriculum vitae, vos réalisations et vos techniques d\u2019entrevue, mais surtout votre réputation.Or, celle-ci est tributaire de ces gens qui sont prêts à vous appuyer et à parler de vous au superlatif.Ce réseau se bâtit avec les années et il est important de le nourrir et de le cultiver.8.\tTravaillez de 9 heures à 5 heures Le 9 à 5, me direz-vous, c\u2019est bon pour les fonctionnaires.Oui, cela peut vous paraître « pépère » mais, croyez-moi, il est possible de développer son réseau, de s\u2019impliquer dans les activités des associations et de chercher un avancement dans sa carrière tout en travaillant de 9 heures à 5 heures.Ce dont je veux parler ici est de l\u2019épuisement professionnel, un véritable fléau dans nos milieux de travail.On parle souvent d\u2019absentéisme au travail mais on parle moins d\u2019un nouveau problème : le « présentéisme » (Moses, 1997).Vous avez sans doute connu des collègues qui font régulièrement des journées de 10 heures.Ils travaillent la fin de semaine, ne prennent jamais de vacances et viennent bosser quand ils sont malades.Ils finissent par se taper un bon « bum-out » et deviennent parfois des gens très amers car ils ont l\u2019impression d\u2019avoir beaucoup ou trop donné et de ne pas avoir obtenu suffisamment en retour.Je vous suggère plutôt d\u2019organiser votre horaire pour travailler efficacement.Votre efficacité sera mesurée par la qualité de vos décisions et non par la quantité d\u2019heures passées à votre bureau.Si vous avez l\u2019habitude de travailler durant de longues heures, posez-vous les questions suivantes : -\tÊtes-vous productif?-\tPrenez-vous de bonnes décisions?-\tSavez-vous déléguer?Bien sûr, à l\u2019occasion, vous devrez mettre les bouchées doubles.Mais, de grâce, n\u2019essayez pas de tout lire! Ne cherchez pas la perfection : passez plutôt à l\u2019action! 9.\tCultivez l\u2019esprit d\u2019abondance Vous rirez peut-être, mais il y a un mantra que j\u2019ai adopté il y plusieurs années et que j\u2019essaie de garder constamment en tête : « Il y a assez de gâteau pour tout le monde.» Comme on le sait, le monde du travail est fait de petits riens qui parfois nous grugent.On a donné à Paul un projet intéressant; Marie a reçu des félicitations pour son travail.Sans même s\u2019en apercevoir, on se compare et, curieusement, à cause de ces petits riens, on se sent parfois dévalorisé.Il m\u2019a fallu quelques années pour comprendre qu\u2019en fait, des projets intéressants, il y en a à la pelletée (surtout quand on est à l\u2019affût des bonnes occasions), et que le 14 ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 Dossier moment des félicitations arrive immanquablement.Oui : le gâteau est assez grand pour tout le monde et plus vous en serez convaincu, plus votre part s\u2019élargira.10.Engagez-vous Je pense finalement vous avoir déjà fourni maintes raisons pour lesquelles il me semble indispensable de s\u2019engager et de s\u2019impliquer dans les activités de vos associations.Faites-le pour des raisons altruistes, faites-le pour des raisons carriéristes, mais engagez-vous! Devenez membre d\u2019une association et participez activement à ses activité : impliquez-vous dans l\u2019organisation d\u2019une conférence, écrivez un article, faites une présentation, développez un projet de recherche et, si vous ne voulez pas le faire seul, trouvez un partenaire.La Corporation des bibliothécaires professionnelles du Québec, TASTED, la CREPUQ ou encore votre milieu de travail actuel ont de nombreux comités et l\u2019un de ceux-là est pour vous.Vous aurez l\u2019occasion d\u2019enrichir votre portfolio d\u2019expériences, de développer votre réseau (petit r), de sortir de la routine.Vous rencontrerez des gens vraiment intéressants.peut-être même votre prochain patron! Bibliographie Boyatzis, R.McKee, A.et Goleman, D.2002.« Reawakening Your Passion for Work », Harvard Business Review, April, pp.87-94.CCA, CLA, ASTED, AMC.2004.L\u2019avenir de la main-d\u2019oeuvre du patrimoine au Canada [http://www.cla.ca/issues/8RsFutureof FleritageWorkSummaryDRAFT-f.pdf] Curran, W 2002.« La relève : à qui le tour?», Argus, vol.31, no 2 (automne), pp.33-37.Foot, D.1999.Entre le boom et l\u2019écho 2002.Montréal : Boréal, 387 p.Galt, V 2004.« The Generational Divide », The Globe and Mail, 31 mars, cahier C, p.1.Marchesin, Bill.2002.Souriez, c \u2019est lundi.Montréal : Éditions de l'Homme, 153 p.Michaud, P.2003.La Course : comment les cadres talentueux font leur chemin dans la grande entreprise.Montréal : Éditions Transcontinental, 229 p.Moses, B.1997.Career Intelligence.Toronto : Stoddart, 283 p.Pankl, R.2004.« Baby Boom Generation Librarians.», Library Management, vol.25, no 4/5, pp.215-222.La Compagnie de Restauration de Documents Inc.La seule entreprise au Canada à vous offrir une véritable chambre de lyophilisation sous vide à grande capacité (freeze-drying) pour la restauration de vos livres, documents, papiers, radiographies, manuscrits et matériel informatique endommagés par l'eau, le feu, la fumée ou la moisissure.SERVICE D\u2019URGENCE 24 HEURES 514-931-7789 \u2022 1 800 86-ROSCO www.ROSCODOC.com 225 Lindsay, Dorval, QC H9P 1C6 \u2022 Téléphone: 514-931-7789 Fax: 514-931-2494 \u2022 Courriel: rosco@roscodoc.com ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 15 VISARD La solution documentaire adaptée à vos besoins version A(ADE/AV$ -y f Academus : Gestion intégrée des l\tcentres d'information ?Catalogage, recherche, prêts, périodiques, acquisitions, thesaurus multilingue ?Outil de veille, de DSI et de GED ?Confidentialité et groupes de travail ?Portail Internet, recherche et réservation, profils personnalisés,saisie à distance AJARIS3 ( Ajaris-Pro : Gestion de base 1\tde données multimédia ?Gestion centralisée et sécurisée de documents multimédia (images fixes et animées, sons, documents composites) ?Gestion de la confidentialité ?Interface Web : Recherche dans le catalogue, prêts, commandes v.lnmagic content server Content Server : Gestion vautomatique multi-informationnellej ?Base de données flexible avec moteur de recherche puissant et précis basé sur DBTTextWorks ?Intégration automatique de l'information interne et externe ?Mise à disposition d'une information riche, pertinente et contextuelle ?Exploitation maximale de l'environnement Microsoft SQL BookWhere BookWhere V4 ^BookWhere Online Client Z39.50 Nos services : -^Installation et paramétrage des logiciels -^Récupération et conversion des données -^Formation -^Support technique et maintenance -^Développement sur mesure -^Hébergement de catalogues IS Y S T Eia]ESl Dip Maker : Gestion Electronique de Documents Logiciel de GED multibases Interface unique pour tous les documents Accès WEB public et confidentiel Visard Solutions Inc.1000, rue Saint-Antoine Ouest, bureau 611, Montréal, (Québec) H3C 3R7 Tel.: (514) 286-9494 Téléc.: (514) 286-5173 www.visard.ca / info@visard.ca Dossier Cinq stratégies gagnantes en gestion de carrière Jacques Besner CRHA (Conseiller en ressources humaines agréé1) http://www3.sympatico.ca/jacques.besner7 Bibliothécaires et professionnels de l\u2019information, vous êtes partie prenante du succès de votre bibliothèque et de celui de vos usagers.Au cours des 10 prochaines ; minutes, nous vous invitons à faire montre d\u2019égoïsme en i prenant le temps de valider certaines de vos stratégies profes-; sionnelles et en réfléchissant à quelques actions à entreprendre ; pour développer votre carrière.: Étudier son environnement et formuler sa mission : Pour justifier de façon continue un engagement persomiel dans i un projet professionnel, un être humain a besoin d'un objectif i qui donne un sens à sa vie et qui lui permette de contribuer à i une bonne cause, d'être utile à un projet ou à quelqu'un.De i façon plus spécifique, une mission et une vision claire de I l\u2019avenir sont essentielles à un bon plan de vie professionnelle i tout comme c\u2019est le cas pour le plan d'affaires d\u2019une entreprise I ou le projet pédagogique d\u2019une école.Heureusement, dans : notre société, les besoins et les défis ne manquent pas et la con-j tribution de chacun est nécessaire et importante.Si on prend le | temps d'écouter, d'observer ou de lire, on découvre de nom-i breux problèmes, des situations à améliorer, des personnes à j aider.qui peuvent nous aider en retour à nous trouver un rôle j et à développer cette mission personnelle et professionnelle qui : guidera le reste de nos actions.L\u2019une des façons de découvrir sa j mission est de se demander pour quelles raison on a choisi note i carrière; autrement dit, de formuler explicitement ce que l\u2019on a j envie de partager, ce que l\u2019on aimerait faire évoluer, bref : ce | qui nous tient à coeur.Par exemple, un bibliothécaire pourrait i se donner comme mission de faciliter l\u2019accès de la bibliothèque i à une clientèle particulière, de développer de nouvelles formes i d\u2019animation, de mieux diffùser les savoirs, etc.: Écrire son Plan de développement professionnel : Les véritables leaders ont un rêve.et des échéances.Tout j comme une organisation se donne des outils comme un plan : d'action et un budget, un employé doit prendre conscience du ; fait que sa carrière a une valeur et qu'il doit utiliser des outils ! pour guider ses actions.L\u2019un de ces outils est le Plan de i développement professionnel (PDP).Ce plan, d\u2019une page plus i ou moins, doit inclure les actions à entreprendre durant l\u2019année i pour (1) mettre en œuvre sa stratégie professionnelle, i (2) accroître son leadership, (3) maintenir et améliorer ses com-: pétences, (4) gérer son rendement au quotidien et (5) maintenir i l\u2019équilibre entre travail et vie privée par ime gestion du temps i appropriée.Soulignons au passage que des études menées dans i les Universités McGill et Harvard ont évalué que les diplômés i ayant rédigé leur plan de développement professionnel rece-| vaient en moyenne un salaire majoré de 20 000 $ par an après j 10 ans, sans compter les autres bénéfices reliés à leur satisfac-; tion professionnelle.Même si les cyniques crieront que nous ne i contrôlons pas plus nos environnements de travail que nous-; mêmes, le consensus auquel sont parvenus des experts suggère | pourtant que nous contrôlons approximativement 80 % de note | destinée.Comme le dit si bien Clémence Desrochers : « Si tu i veux du sucre à la crème, tu t'en fais! ».Évidemment, un tel i plan est un outil « vivant » qui exige un suivi mensuel de quelques minutes et une mise à jour annuelle compte tenu des j changements dans note vie personnelle et dans notre environ- j nement externe.\tj Développer ses compétences stratégiques Les experts s\u2019entendent pour dire que Ton perd approximative- j ment 20 % de ses compétences chaque amiée.Il est donc impor- ; tant de veiller à son développement professionnel et de j contribuer à mettre en place une culture d'organisation j favorisant l\u2019apprentissage actif dans son milieu.Pour un maxi- i mum d\u2019efficacité, il importe aussi d\u2019utiliser et d\u2019améliorer le j plus possible ses points forts.Pouvez-vous nommer en i quelques secondes les trois compétences qui vous distinguent ; de 95 % des autres employés?Dans une perspective d'appren- i tissage continu, si chaque bibliothécaire ou professionnel de ; l\u2019information améliore ses compétences de 5 % par année, j il apporte une plus-value à sa carrière, à son équipe de travail, à ; son organisation et à la communauté dans son ensemble.Gérer ses performances au jour le jour Au-delà de tous les rêves et de tous les fantasmes profession- j nels, la gestion d'une carrière réussie débute par la mise en \\ œuvre quotidienne de services de qualité.Les meilleurs ; employés savent bien définir leurs mandats avec leurs clients ; internes et externes.Ils savent également demander et recevoir j du feedback de sources variées issues de leur organisation afin j de confirmer leurs bons comportements tout en modifiant rapi- j dement ceux qui limitent la qualité de leurs contributions.Assurer sa réussite et son plaisir de travailler Il importe, enfin, de prévoir les obstacles susceptibles de j limiter notre succès et notre plaisir de travailler afin d\u2019être en j mesure de les surmonter rapidement.Si les histoires de succès j sont fréquemment publiées, il existe aussi des milliers d'his- i toires d'échecs où apparaissent les noms des personnes les plus i admirées dans les domaines des affaires, des arts, des sciences i ou des sports.Bien que ces récits soient moins cornus, ils i s\u2019avèrent pourtant très instinctifs.Par ailleurs, une bonne j gestion de carrière exige une excellente gestion de son temps, i c\u2019est-à-dire le fait d\u2019équilibrer sainement le temps imparti au j travail et le temps imparti à la vie privée.car nous ne som- i mes pas seulement des ressources humaines, mais d\u2019abord i des personnes.\ti Les stratégies et les comportements présentés ci-haut sont à la i portée à tous.Leur efficacité réside cependant dans note téna- i cité à les mettre en pratique.Luciano Pavarotti ne déclarait-t-il i pas, lors d\u2019un récent voyage à Montréal, qu'il cherche toujours j à s'améliorer après 40 ans de métier et que, par conséquent, son i concert d'aujourd'hui serait meilleur que celui d'hier mais moins ; bon que celui de demain?Bonne route!\tj 1.Jacques Besner est conseiller en ressources humaines agréé.Spécialiste pour aider les gestionnaires et les employés des organisations à améliorer leur leadership, leurs compétences et leurs performances, il a développé la Série concerto qui offre deux séminaires pratiques pour faire de chaque gestionnaire Le coach d'une équipé gagnante et faire de chaque employé Un leader dans ses responsabilités.Il peut être rejoint au (450) 641-1944.ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 17 SERVICE AUX INSTITUTIONS ET ENTREPRISES PRODUITS\tSERVICES \u2022\tCD, livres (français et anglais) \u2022\tDVD/VHS, cédéroms et logiciels \u2022\tPartitions, instruments de musique et accessoires \u2022\tJeux (éducatifs et de console) \u2022\tPapeterie fine et publications officielles \u2022\tChèques-cadeaux \u2022\tConseils personnalisés \u2022\tSalles d\u2019exposition \u2022\tEnvois d\u2019office/consignations \u2022\tService de recherche bibliographique \u2022\tCommandes spéciales \u2022\tRéparation d\u2019instruments et location de pianos, Montréal (Berri) \u2022\tCadeaux corporatifs Service de réclamations d\u2019assurance GROUPE ARCHAMBAULT INC ® QUEBECOR MEDIA ARCHAMBAULT camelot^fe Paragraphe mi icïini\tir \u2022\tproduits\ti:.i\u201e musique \u2022 lecture \u2022 vidéo (514) 849-6201 poste 493 produits d\u2019informatique (514) 849-6206 poste 325 livres anglais (514) 845-5811 Librairies agréées en français et en anglais Information générale: (514) 849-6201 poste 493 Vivre une expérience de mentorat : à qui la responsabilité?Réflexion et expérience sur le mentorat Dossier Chantal Marcoux Directrice, Gestion de l\u2019information Caisse de dépôt et placement du Québec cmarcoux@lacaisse.com A mentoring experiment: whose responsibility?- Thoughts and experiences on mentoring How should we qualify the mentoring process?Is it a right, a privilege, a necessity or an advantage?On whom should this responsibility fall: the organization for which we work, our professional associations or the mentoree him or herself?There are several questions one needs to answer when one wants to manage his or her career or help the members of his or her association better manage theirs.In order to answer these questions, this article endeavours to define the notion of mentoring and the roles of the various actors.Based on the author\u2019s experience, with SLA in particular, the article concentrates on the role of professional associations.Finally, the author proposes answers to questions on the real impact of mentorship and on whom the responsibility falls.Comment définir le mentorat?Est-ce un droit, un privilège, une nécessité, un simple avantage?À qui doit en incomber la responsabilité?À l\u2019organisation pour laquelle nous travaillons, à nos associations professionnelles ou bien au mentoré lui-même?Autant de questions auxquelles il importe de réfléchir lorsqu\u2019on désire gérer sa carrière.ou aider les membres de son association à mieux la gérer.Pour y répondre, cet article s\u2019attache à définir la notion de mentorat ainsi que les rôles des différents intervenants impliqués dans le processus.Par le biais de l\u2019expérience de l\u2019auteure, liée en particulier à la Special Libraries Association, il porte une attention particulière au rôle des associations professionnelles.En bout de piste, l\u2019auteure propose des réponses aux questions relatives aux véritables répercussions et au parrainage possible du mentorat.La notion de mentorat a toujours été attirante à mes yeux.Dans les livres et dans les films, le type de relation « maître-artisan » m\u2019a toujours semblé être une relation privilégiée dont les deux parties tirent de grands avantages.C\u2019est la première idée que je me faisais du mentorat.Même si je ne suis pas experte en la matière, il demeure que mon expérience à titre de mentorée et mon implication au sein du Comité de mentorat d\u2019une association professionnelle, la Section de l\u2019Est du Canada de la Special Libraries Association (SLA), m\u2019incitent à vous faire part de mes réflexions sur la question.Mentorat : un concept, plusieurs objectifs La vision du mentorat est relativement semblable chez la plupart des auteurs s\u2019étant penchés sur le sujet : une relation mentorale a lieu entre deux individus qui, dans une ambiance de respect, d\u2019honnêteté et d\u2019ouverture, partagent leurs espoirs et leurs préoccupations d\u2019une part et, de l\u2019autre, leurs conseils et leur expérience.Le mot « mentorat » tire son origine de la mythologie grecque, plus précisément de Y Odyssée d\u2019Homère où Mentor, ami d\u2019Ulysse et précepteur de Télémaque, est un guide, un conseiller, une personne sage et expérimentée.Voilà donc le point de départ à partir duquel chacun façonne non seulement sa vision des rôles respectifs du mentor et du mentoré, mais aussi celle de l\u2019organisation qui encadre ce genre d\u2019initiatives et qui désire en obtenir des avantages.Parmi les définitions proposées dans le domaine, en voici une particulièrement intéressante : Mentoring is a relationship between two people in which trust and respect enables problems and difficulties to be discussed in an open and supportive environment.By sharing their experiences, issues and concerns within an open and trusting environment, each mentee is able to develop and grow and so maximise their respective potential.(Whittaker et Cartwright, 2000, p.184.) Ce qui diffère souvent dans la façon de comprendre le mentorat, ce ne sont pas tant les définitions que les objectifs vers lesquels doit tendre ce genre d\u2019initiatives.Les objectifs visés peuvent en effet être nombreux : l\u2019évolution dans la vie professionnelle, la gestion de la relève, l\u2019insertion professionnelle ou l\u2019intégration des nouveaux diplômés, la planification de carrière, l\u2019adhésion aux valeurs de l\u2019organisation pour accroître l\u2019implication, le niveau de rétention dans l\u2019organisation, etc.Chacun de ces objectifs influence différemment le rôle des intervenants, le niveau de responsabilité dans le développement de relations mentorales ainsi que le temps à y consacrer.ARGUS / Vol.34, n\u201d 1, Printemps-été 2005 19 Dossier Si la majorité des professionnels louange ce type d\u2019initiatives, peu d\u2019entre eux désirent vraiment s\u2019y consacrer.Ceux qui consentent à l\u2019aventure constatent rapidement l\u2019ampleur du travail et finissent par abandonner le projet en raison d\u2019un manque de temps ou de proximité.Il est donc très difficile de trouver des mentors dans les réseaux officiels que sont nos associations professionnelles.C\u2019est ce qu\u2019a constaté notamment le Comité du mentorat de la SLA - Section de l\u2019Est du Canada, et c\u2019est ce qui l\u2019a poussé à amorcer une réflexion sur le rôle du Comité et sur le type d\u2019initiatives à mettre en place.Les organisations dans lesquelles travaillent les professionnels de l\u2019information et les bibliothécaires ont également à s\u2019impliquer dans l\u2019avancement de la carrière de ces professionnels, car l\u2019encadrement peut y être plus facile.Nous y reviendrons lorsque nous aborderons le rôle des organisations qui parrainent certaines formes de mentorat.Plusieurs autres facteurs viennent influencer le mentorat : l\u2019évolution des carrières et des technologies, la mondialisation qui façonne les professions, les changements organisationnels fréquents, le rapport au temps, la notion du changement, etc.De Janaaz, Sullivan et Whiting abondent en ce sens : In such an environment where change is the norm and continuous knowledge acquisition is critical, the traditional single mentor-protégé model is being replaced by the guidance and assistance of a diverse cadre of mentors.[.].Given the rapid changes in today's business environment, professionals need a diverse portfolio of mentors.(De Janaaz, Sullivan et Whiting, 2003, p.80.) Par ailleurs, les besoins d\u2019accompagnement du mentoré se modifient.Aujourd\u2019hui, les carrières se caractérisent par la flexibilité, le travail par projets dans différentes organisations et l\u2019importance accordée à l\u2019apprentissage plutôt qu\u2019aux promotions et aux augmentations de salaire (De Janaaz, Sullivan et Whiting, 2003).D\u2019où l\u2019in- térêt pour le mentoré de connaître plusieurs mentors : la diversité des expériences, des milieux de travail et des phases dans le cheminement de carrière permet à ce dernier de trouver les repères qui lui conviennent.Le monde de l\u2019information est en pleine révolution et notre profession doit suivre ce changement.Ainsi, les jeunes doivent non seulement avoir l\u2019occasion de rencontrer des gens qui ont de l\u2019expérience, mais aussi tous les professionnels qui vivent des transitions importantes dans leur carrière ou qui assument de nouvelles tâches.Et si le bassin de mentorés est vaste, les mentors disponibles sont peu nombreux.Pour mieux comprendre cette situation et trouver des solutions au problème, revenons aux rôles du mentor et du mentoré.Rôle du mentor Les définitions du rôle du mentor ressemblent fréquemment à celles du coach.Dans les articles tirés du monde de la gestion des ressources humaines, on établit toutefois une distinction entre les deux rôles : un mentor est une personne qui aide le mentoré à choisir sa route dans son cheminement de carrière alors que le coach est celui qui aide le mentoré à développer les habiletés nécessaires à l\u2019atteinte de cet objectif.On décrit souvent le rôle du mentor à partir des cinq étapes classiques du mentorat, soient les défis, les choix, les conséquences, les solutions « créatives » et les conclusions (HR Review, 2005, p.5).Ainsi, un mentor est une sorte de stratège qui donne au mentoré une vue d\u2019ensemble de sa carrière et avec qui il peut discuter des problèmes auxquels il fait ou aura à faire face.Il a pour rôle celui du « conteur » partageant ses expériences et donnant des conseils utiles à la prise de décisions.Il peut également être un facilitateur, c\u2019est-à-dire qu\u2019il peut ouvrir des portes au mentoré.Il doit favoriser la réflexion du mentoré au moment où celui-ci doit prendre des décisions stratégiques pour le cheminement de sa carrière.Le dernier aspect de son rôle, mais non le moindre, est celui de confident au point de vue professionnel.Cette fonction est la pierre d\u2019assise de toute relation mentor-mentoré : seuls la confiance et le respect entre les deux acteurs permettront à la relation d\u2019être véritablement profitable pour eux.Il est important de noter qu\u2019un mentor expérimenté n\u2019est pas forcément âgé.Le type d\u2019expérience vécue, l\u2019intensité, la maturité et la diversité des compétences fournissent à une personne les qualités nécessaires pour être bon mentor.C\u2019est la raison pour laquelle il nous faut se montrer ouvert à tous les professionnels que l\u2019on rencontre, écouter leurs témoignages et créer des liens avec les gens qui correspondent à ce que nous sommes, à ce que l\u2019on désire devenir.Rôle du mentoré Le rôle du mentoré ne se limite pas à se présenter à son organisation ou à son association professionnelle et à exiger qu\u2019on le jumelle à un mentor; il doit définir lui-même ses besoins face à son apprentissage professionnel.Dans un contexte où le mentoré bénéficie d\u2019un bon encadrement de la part de son organisation, il est de sa responsabilité de se montrer disponible à obtenir du soutien d\u2019une personne expérimentée.Tout au long de notre vie, nous pouvons obtenir de bons conseils pour faciliter certaines transitions, certains passages d\u2019obstacles.A nous de les accueillir et de développer des relations de confiance au sein de notre vie professionnelle.Puisque le mentorat est une relation privilégiée entre deux individus, il est important de rappeler également qu\u2019à l\u2019instar de toute relation humaine, elle se construit petit à petit et ne peut naître sans une certaine chimie naturelle entre les deux personnes.On ne peut pas toujours forcer la chose.Il faut donc un peu de patience pour arriver à développer une relation de confiance entre mentor et mentoré.Certains professionnels de l\u2019information ont d\u2019ailleurs exprimé des opinions semblables à ce sujet, notamment McDonough : 20 ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 Dossier What made a difference for me was having different kinds of people who served as mentors.These were individuals whose ideas resonated with me.What they said made sense to me personally.They were not necessarily senior people in the organisation.They included my employees, my peers, and senior management.(D.McDonough, in De Janaaz, Sullivan et Whiting, 2003.) Rappelons enfin que si nous désirons établir un protocole d\u2019entente afin de rendre la relation de mentorat plus formelle ou strictement professionnelle, il est possible d\u2019implanter des normes sur la confidentialité, la durée du partenariat, la logistique des rencontres (fréquence, durée, sujets abordés), les attentes et la possibilité de résilier le partenariat (ce type de protocole est utilisé chez Bell par exemple).Mentorat et association professionnelle Pour l\u2019organisation qui parraine ou favorise les relations mentorales, les avantages sont nombreux et assez similaires d\u2019une organisation à l\u2019autre.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une entreprise, d\u2019un organisme à but non lucratif ou d\u2019une association professionnelle, on désire dans tous les cas aider le mentoré à mieux réussir sa carrière, à adhérer aux valeurs de l\u2019organisation, à améliorer son implication et à favoriser sa fidélisation (Joiner, Bartram, Garreffa, 2004).Dans le cas plus spécifique d\u2019une association professionnelle, nous pourrions également ajouter que le fait d\u2019avoir des membres qui réussissent leur carrière aide à faire progresser favorablement la profession, à conserver ou améliorer l\u2019image de celle-ci et à assurer la relève.Plusieurs activités organisées par les associations professionnelles peuvent créer un contexte qui favorise la rencontre entre des mentors et des mentorés potentiels, leur donnant ainsi la possibilité de développer ce type de relation.Encore une fois, il ne faut pas confondre coaching et mentorat.Le fait d\u2019aider à créer des réseaux professionnels et des situations permettant l\u2019échange de connaissances ou le partage du savoir s\u2019apparente au coaching.Lorsqu\u2019une relation véritable s\u2019établit entre deux ou plusieurs personnes, on parle alors de mentorat.À moins d\u2019avoir mis sur pied un véritable programme de mentorat bénéficiant de nombreux mentors volontaires, il peut s\u2019avérer difficile pour une association de proposer des relations mentorales à plusieurs de ses jeunes membres.Dans notre milieu, les grands centres documentaires peuvent davantage se permettre d\u2019avoir des programmes de mentorat, plus difficiles à implanter au sein des petites structures où nous oeuvrons très fréquemment.Les membres passent souvent d\u2019une organisation à une autre pour acquérir une expérience diversifiée.L\u2019association se doit donc de tisser le plus possible de liens entre toutes les organisations ou les milieux de son réseau associatif pour favoriser l\u2019évolution de ses jeunes membres.Ceci peut se réaliser en faisant la promotion des milieux de travail intéressants et en donnant une tribune aux jeunes membres, histoire de les aider à se fane connaître.Puisque nos associations sont bien souvent le seul lien entre les diverses organisations où sont susceptibles de travailler les bibliothécaires, il est de leur devoir d\u2019offrir cette forme de visibilité.Selon ma propre expérience, je considère nos associations québécoises assez actives dans ce domaine.Il suffit de se donner la peine d\u2019y porter un peu d\u2019attention et de s\u2019impliquer.À chacun de faire son effort.Expérience du comité de mentorat de la Section de l\u2019Est du Canada de la SLA Depuis près de quatre ans maintenant, la Section de l\u2019Est du Canada de la SLA a mis sur pied un Comité de mentorat.L\u2019objectif était de regrouper des mentors et de développer des activités aptes à favoriser l\u2019éclosion de relations mentorales et à favoriser l\u2019insertion professionnelle des jeunes diplômés.J\u2019y suis membre depuis le tout début et mon rôle constituait, au départ, à apporter des idées en tant que jeune professionnelle.Depuis ce temps, le comité a évolué en fonction de l\u2019expérience acquise.Aujourd\u2019hui, les objectifs de ce comité sont de : \u2022\tContribuer au développement de carrière des nouveaux bibliothécaires et spécialistes de l\u2019information en offrant des conseils à ceux qui ont des besoins spécifiques de planification de carrière; \u2022\tEncourager les bibliothécaires débutants à devenir membres de l\u2019Association et d\u2019y participer comme membre; \u2022\tPromouvoir le développement des futurs leaders de la Section.Pour atteindre ces objectifs, les membres du Comité de mentorat ont établi un programme réaliste et défini le niveau de soutien offert aux personnes.Ils planifient des activités propres à les soutenir et en font la promotion.Enfin, ils sont eux-mêmes disponibles en tant que personnes-ressources pour les étudiants en sciences de l\u2019information et les bibliothécaires débutants ou en réorientation de carrière.Parmi les activités mises en place, l\u2019une des plus populaires est l\u2019organisation de rencontres et de tables rondes avec des professionnels qui discutent de leur expérience avec les étudiants des trois universités offrant un programme en bibliothéconomie, soient Montréal, McGill et Dalhousie.On a pu constater que les étudiants apprécient énormément ces rencontres et n\u2019hésitent pas à poser toutes les questions les préoccupant.Les professionnels, de leur côté, sont extrêmement généreux et très francs concernant leurs expériences de travail.En fin de compte, ils apprécient autant que les étudiants les témoignages des autres conférenciers, preuve que les bénéfices ne sont pas seulement pour les mentorés.Au sujet de l\u2019implantation d\u2019activités de mentorat traditionnelles, nous étions tous d\u2019accord sur le fait de ne pas y consacrer tous nos efforts.Pour toutes les raisons énumérées tout au long de cet article (chimie entre les deux personnes, diffi- ARGUS / Vol.34, n° 1, Printemps-été 2005 21 Dossier culté à trouver des mentors, avantages d\u2019avoir plusieurs mentors plutôt qu\u2019un seul, etc.), nous croyons que nous devons créer des occasions afin que des relations puissent prendre forme tant pour les mentors que pour les mentorés.C\u2019est pourquoi nous préférons organiser des activités comme les tables rondes, des 5 à 7 ou des soupers sur des thèmes préalablement définis.Nous devons aussi permettre aux membres de contacter le comité pour qu\u2019il puisse les aider de façon ponctuelle, par exemple les référer à une personne d\u2019expérience lorsqu\u2019ils manifestent un besoin spécifique.A qui la responsabilité?Au départ, je croyais profondément que la plus grande responsabilité dans ce domaine incombait au mentoré.Selon moi, le mentorat est un privilège, un avantage : si le mentoré désire suivre le meilleur cheminement de carrière possible, c\u2019est à lui de faire les efforts nécessaires pour aller chercher des conseils et découvrir des expériences afin d\u2019alimenter sa réflexion, diminuer ses craintes et lui donner le courage d\u2019ouvrir des portes.Toutefois, par mon expérience, mes lectures et mes discussions sur la question, je considère désormais que le mentorat est aussi une nécessité pour bien gérer sa carrière et, surtout, y être heureux.C\u2019est au contact des autres, principalement des gens expérimentés, que nous découvrons nos forces et nos faiblesses, notre volonté réelle, nos limites et les défis que l\u2019on désire relever.Ainsi, les organisations qui bénéficient du fait que leurs professionnels progressent bien dans leur carrière ont le devoir de créer des occasions de rapprocher les jeunes des gens plus expérimentés et de leur proposer, s\u2019il y a lieu, un encadrement.En fin de compte, pour peu que l\u2019on considère la question sous un angle un peu moins traditionnel, on voit qu\u2019il est possible de se composer une expérience de mentorat si on le désire vraiment.Tout d\u2019abord, il est crucial de créer ses propres chances de réseautage.Lorsqu\u2019on rencontre des gens qui nous inspirent, nous nous devons de poser des questions ou de voir comment il est possible de travailler ou de collaborer avec eux.Sans entretenir une relation unique de type mentorale, on peut en développer simultanément avec plusieurs personnes et à différents niveaux.De plus, comme le mentorat peut se faire à tout âge selon les expériences vécues, il faut considérer le potentiel de mentor chez tous les professionnels que l\u2019on rencontre.Ce qui veut dire que nous pouvons tous être mentor pour quelqu\u2019un d\u2019autre.A nous de découvrir les richesses que nous avons et de les partager.J\u2019aimerais terminer par un petit mot pour les mentors.Je disais au tout début qu\u2019il est difficile de trouver des mentors.Or je n\u2019ai jamais rencontré de mentor qui considérait donner plus qu\u2019il ne recevait.On pense toujours ne pas avoir assez de temps, mais lorsqu\u2019on vit une expérience de ce genre, on en sort grandi.Comme dans les films, le maître finit toujours par apprendre de l\u2019élève lorsque ce n\u2019est pas l\u2019élève qui surpasse le maître.Les professionnels expérimentés que j\u2019ai rencontrés depuis le début de ma carrière ont tous été très généreux et m\u2019ont prouvé être parmi les plus dynamiques du milieu.Si vous croyez avoir quelque chose à partager et désirez vous-même poursuivre votre évolution comme professionnel, faites-vous connaître et impliquez-vous! Quelqu\u2019un a peut-être besoin de vous.Bibliographie 2005.« Build an Effective Mentoring Program », HR Review, vol.4, no.2 (janvier-février), p.5.2002.« Mentors (Librarians Who Have Innovative Ideas) », Library Journal, vol.127, no.5 (mars), p.S27 Boyd, Stéphanie.2003.« Les pratiques de mentorat : un outil de développement professionnel pour la relève », Congrès de LASTED 2003, 8 novembre 2003.Butler, Richard.2004.« Book Review of The Mentoring Manual of Whittaker and Cartwright », Academy of management Learning & Education, vol.3, no.1 (mars), pp.119-121.Butterfield, John.2003.« Mentoring a Concept for All Seasons », New Zealand Management, vol.50, no.9 (octobre), pp.22-24.Cuerrier, Christine.Mentorat et développement professionnel.[http://www.incontournable.ca/incontour nable-article-mentor.pdf] De Janaaz, Sullivan and Whiting.2003.« Mentor Networks and Career Success : Lessons for Turbulent Times », Academy of Management Executive, vol.17, no.4, pp.78-91.Joiner, Bartram et Garreffa, La Trobe University, Australia.2004.« The Effects of Mentoring on Perceived Career Success, Committment and Turnover Intentions », The Journal of American Academy of Business, (septembre), pp.164-170.Mentorat Québec.c2002.Mentorat Québec.Québec : Mentotat Québec.[http://www.mentoratquebec.org/] Peer Ressources Inc.c2004.Peer Resources.Victoria : PSCG Peer Systems Consulting Group Inc.[http://www.mentors.ca/] Ce
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.