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Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Printemps - Été
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
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Argus, 2008, Collections de BAnQ.

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[" NUMERO SPECIAL LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROFESSIONNELS Corporation DE L'INFORMATION DOCUMENTAIRE BAnQ WBÊËmÊÊM DOCUMENTATION BIBLIOQH ÈQUES ASSOCIATION POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES DE LA DOCUMENTATION CN Topographi Québec documentaire Quebec i ï \"*K -K S-.-A*-\t.*».t h world\u2019s becoming sweTswise Voyez comment Licence Bank vous permet d'effectuer des recherches, de visualiser et de comparer la plus grande collection de licenses pour information électroniques.Pour en savoir plus, visitez www.swets.com Argus : volume 37 n° 11 ISSN 0315-9930 Documentation et bibliothèques : volume 54 n° 2 : ISSN 0315-2340 Publication conjointe Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation (Asted) Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ) Argus 353, rue Saint-Nicolas, bureau 103 Montréal (Québec) H2Y 2P1 Téléphone : 514 845-3327 | Télécopieur : 514 845-1618 Courriel : info@cbpq.qc.ca Documentation et bibliothèques 3414, avenue du Parc, bureau 202 Montréal (Québec) H2X 2H5 Téléphone : 514 281-5012 | Télécopieur : 514 281-8219 Courriel : info@asted.org Coût à l\u2019unité : 20s, taxes et frais postaux en sus Directeurs Argus : Jean-François Barbe Documentation et bibliothèques : Michèle Hudon (intérim 2007-2008 : Gaston Bernier) Numéro spécial publié sous la direction de Catherine Bernier | Gaston Bernier Micro-édition Guy Verville Traduction Andrea Harland et Patrick Labelle (anglais) Tania Siglinde (espagnol) Révision Muriel Saint-Laurent Publicité Les promotions Suzanne Vegiard Inc.Page couverture Échelle Graphie Impression Imprimerie AGL Graphiques inc.Indexation CPI.Q \u2014 Canadian Periodicals Index (DB) FRANCIS (DB) Information Science Abstracts (Argus) Library and Information Science Abstracts (Argus | DB) Library Literature (Argus | DB) Pascal Thema T205 \u2014 Sciences de l\u2019information-documentation (Argus) Repère (Argus | DB) Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada Envoi de PAP 09440 (courrier 2e classe) Avis de changement d\u2019adresse Port de retour garanti Documentation et bibliothèques reconnaît l\u2019appui du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications pour ses dépenses d\u2019envoi postal Canada ARGUS g LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATION DOCUMENTAIRE of Profraumii DOCUM BIBLIO E T NTATION HÈQUES Topographie du Québec documentaire Ce numéro spécial conjoint des revues Argus et Documentation et bibliothèques est publié à l\u2019occasion du 74e Congrès mondial des bibliothèques et de l\u2019information (Québec, 10-14 août 2008) Mot des présidents Mot du comité de rédaction 51 53 Bibliothèque et Archives nationales du Québec et le milieu québécois de la documentation Lise Bissonnette Les bibliothèques publiques québécoises Hélène Roussel Le Réseau BIBLIO du Québec : une approche coopérative au service des bibliothèques Réseau BIBLIO Les bibliothèques scolaires québécoises : une évolution en dents de scie Jocelyne Dion De l\u2019imprimé au numérique : les défis posés aux bibliothèques collégiales depuis 40 ans Daniel Marquis Les bibliothèques universitaires québécoises : retour vers le futur Silvie Delorme La Bibliothèque du Parlement québécois, son lectorat et ses services Philippe Sauvageau et Gaston Bernier D\u2019hier à demain, les bibliothèques de l\u2019État québécois : la parlementaire et les administratives Gaston Bernier et Johanne Bourret Le milieu des archives au Québec : un atout pour les administrations et le patrimoine Carol Couture et Jean-Pierre Therrien Le patrimoine des bibliothèques québécoises Sarah de Bogui Les bibliothèques numériques au Québec : état des lieux, enjeux actuels, avenir Guylaine Beaudry Quand les bibliothèques québécoises concourent et séduisent les architectes.Yvon-André Lacroix Le Québec, un endroit privilégié pour la formation en bibliothéconomie et en sciences de l\u2019information France Bouthillier et Jean-Michel Salaün La formation collégiale en techniques de la documentation au Québec.Danielle Thibault La gestion des connaissances dans les organisations québécoises : état des lieux, enjeux actuels, avenir Kimiz Dalkir 55 59 65 75 81 87 91 97 105 1 1 1 1 17 129 135 139 Imprimé au Canada Suite au verso Le bibliothécaire québécois en entreprise : le défi du changement Lucie Dion, Robert Galipeau, Emilie Gagnon et Emily Toms Les bibliothèques et les centres de documentation dans le domaine culturel au Québec Marilyn Berger et Daphne Dufresne Les bibliothèques et les centres de documentation du milieu de la santé au Québec Robin Dumais La documentation en milieu communautaire au Québec : entre menaces et avancées Julie Leclair Coup d\u2019œil sur quatre entreprises québécoises de la documentation Jean-François Barbe, avec la collaboration de Denis Boudreau Coup d\u2019œil sur le commerce du livre au Québec Denis Vaugeois Lecture de livres, scolarisation et littératie au Québec Jean-Paul Baillargeon Les associations professionnelles en sciences de l\u2019information au Québec Marcel Lajeunesse Associations professionnelles et offre éditoriale à l\u2019intention des professionnels de l\u2019information et de la documentation au Québec Michèle Hudon Les revues professionnelles en sciences de l\u2019information au Québec Louise Gagnon-Arguin Les bibliothécaires québécois et les échanges internationaux Réjean Savard Brève chronologie de l\u2019histoire des bibliothèques et de la bibliothéconomie au Québec, des débuts aux années i960 Éric Leroux 143 149 153 159 165 169 173 179 185 189 193 199 Les articles paraissant dans Documentation et bibliothèques expriment l\u2019opinion de leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement celle de l\u2019Association ou de la Rédaction.Il est permis de reproduire en tout ou en partie les articles, en mentionnant l\u2019origine.De plus, un auteur conserve le droit de faire paraître, ailleurs et dans une autre langue, un article déjà publié dans la revue.Toutefois, la Direction apprécierait en être informée.LASTED bénéficie d\u2019une subvention du ministère de la Culture et des Communications du Québec.50 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) ARGUS g LA REVUE QUÉBÉCOISE DCS PWJETSSÏONNELS nr i iKRwvfATtns iwi'urvTAinr DE UKHWMATION DOCUMENTAIRE DOCUM NTATION BIBLIO HÈQUES Mot des présidents Chers collègues, Philippe Sauvageau Michel Claveau Nous sommes fiers de vous présenter ce numéro conjoint des revues Argus et Documentation et bibliothèques intitulé « Topographie du Québec documentaire ».Ce numéro spécial vise à dresser une carte détaillée du développement des différents milieux documentaires au Québec : bibliothèques publiques, scolaires, universitaires, spécialisées, etc.C\u2019est au printemps 2006 que les comités de rédaction dArgus et de Documentation et bibliothèques se sont rencontrés, à la suite d\u2019une série d\u2019échanges entre leurs présidents, Cécile Lointier et Gilles Deschate-lets, afin d\u2019élaborer une proposition d\u2019un numéro commun des deux revues.Les conseils d\u2019administration de l\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) et de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ) ont adopté avec enthousiasme cette proposition.Par la suite Gaston Bernier, pour Documentation et bibliothèques, et Catherine Bernier, pour Argus, acceptèrent de piloter ce numéro d\u2019Argus-DB ayant pour thème « Le Québec et ses bibliothèques ».Ce numéro que vous avez entre les mains est le fruit d\u2019un travail d\u2019équipe réunissant les collègues des deux associations.Il témoigne de l\u2019émergence des différents milieux documentaires au Québec tout en établissant un bilan de la contribution des professionnels à la démocratisation de l\u2019accès à l\u2019information et en esquissant les développements à venir.Nous aimerions, à ce titre, féliciter les deux responsables de ce numéro spécial, Catherine et Gaston Bernier, ainsi que tous les collaborateurs et les passionnés qui y ont contribué.Finalement, nous souhaitons à tous une bonne lecture et plus particulièrement aux congressistes de IFLA 2008 : nous vous souhaitons la bienvenue à Québec ! Et un congrès des plus stimulants ! Président Asted Président.CBPQ NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 5 1 SOUVENIRS La maison aux PIGNONS VERTS de L.M.Montgomery Voyez les multiples représentations de l\u2019héroïne d\u2019Anne, la maison aux pignons verts et célébrez le 100e anniversaire d\u2019un des plus populaires romans de la littérature canadienne ! L.M.Montgomery et Anne, la maison aux pignons verts sont des marques de commerce et des marques officielles de la succession de L.M.Montgomery et de l\u2019agence d\u2019autorisation Anne of Green Gables Licensing Authority' Inc., et leur utilisation a été dûment autorisée Exposition : du 5 juin au 1er mars 2009 Exhibition: June 5, 2008 to March 1, 2009 REFLECTING on ANNE OF GREEN GAB EES by L.M.Montgomery Re-visit the many faces of Anne of Green Gables and celebrate 100 years of one of Canada\u2019s biggest literary success stories! L.M.Montgomery and Anne of Green Gables are trademarks and official marks of the heirs of L.M.Montgomery and the Anne of Green Gables Licensing Authority Inc.and are used under licence.www.collectionscanada.gc.ca i+i Bibliothèque et Archives Canada Library and Archives Canada Canad ARGUS g LA REVUE QUCUfinUSK DES PROFESSIONNELS DE LWPORMATION DOCUMENTAIRE DOCUM NTATION BIBLIOOHÈQUES Mot du comité de rédaction -~-l \u20181 ; fera II Chers collègues québécois, Chers collègues de toutes nationalités, Les deux associations québécoises de spécialistes de la documentation, la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec et l\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation, ont entrepris, il y a dix-huit mois, de préparer une livraison conjointe de leurs revues, Argus et Documentation et bibliothèques, à l\u2019occasion de la tenue à Québec du 74e congrès de l\u2019IFLA.Ce faisant, les deux associations ont voulu reconnaître le phénomène d\u2019osmose entre les milieux documentaires québécois et le monde extérieur.En cette ère de mondialisation et d\u2019interdépendance, les bibliothécaires et les documentalistes de toutes les parties de la planète interagissent les uns avec les autres, partagent leurs réalisations locales ou nationales et s\u2019influencent mutuellement.Le courant circule dans deux sens, l\u2019un vers l\u2019intérieur (ad intra) et le second, vers l\u2019extérieur (ad extra).La bibliothéconomie européenne, états-unienne et canadienne a toujours servi d\u2019inspiration aux pratiques adoptées dans la vallée du Saint-Laurent.Des Français, des Britanniques, des Allemands ont marqué le 19e siècle de leur apport (Alexandre Vattemarre, Frederick Haldimand, Jasper Brewer).Les systèmes de classification et les règles de catalogage utilisés ici ont été élaborés chez nos voisins immédiats.Les écoles de bibliothéconomie et de sciences de l\u2019information ont fait et font toujours appel à des professeurs recrutés à l\u2019étranger (France, États-Unis, Maroc, etc.).Elles ont posé leur candidature à l\u2019agrément de lAmerican Library Association.Les dirigeants de la CBPQ, de leur côté, se font un honneur et un devoir d\u2019inviter et de recevoir, d\u2019un congrès à l\u2019autre, de nombreux conférenciers, de France bien sûr, mais aussi d\u2019Allemagne, d\u2019Italie, des États-Unis et même de Chine.Pendant de nombreuses années, les bibliothèques ont adopté des modes d\u2019acquisition lancés et expérimentés à l\u2019étranger (pensons NUMÉRO SPÉCIAL IFLA'2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 ( AV RI L/J U1N 2008) | 53 © Martin Laprise pour Coup de pouce notamment aux échanges de publications d\u2019État à État).Les Québécois ont également pris l\u2019habitude de participer aux activités des associations professionnelles étrangères, nationales ou internationales.Ils ont profité de stages à l\u2019étranger et même de missions de coopération pour élargir la vision de leur domaine de spécialité.Bref, le milieu québécois de la documentation ne serait pas ce qu\u2019il est sans l\u2019apport extérieur, qu\u2019il vienne d\u2019un pays ou de regroupements transnationaux.L\u2019information ad intra, assimilée et intégrée, alimente l\u2019évolution de la pensée et des pratiques québécoises.Mais le milieu laurentien de la documentation, bénéficiaire des acquis extérieurs, contribue également au progrès de la bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information en général.L\u2019Asted publie ainsi une édition française de la classification Dewey et des règles de catalogage anglo-américaines.Les professeurs des écoles, quant à eux, sont appelés à donner leur enseignement à l\u2019étranger et à participer à l\u2019établissement de programmes de formation conjoints et hors frontières.D\u2019autres sont engagés au sein de conseils d\u2019administration ou de sections d\u2019associations internationales.Des professionnels nationaux ont milité et militent en faveur de la mise sur pied d\u2019organisations francophones.D\u2019autres enfin, comme le président actuel de l\u2019Asted, œuvrent au développement de bibliothèques ou de réseaux de bibliothèques sur d\u2019autres continents.C\u2019est dire que le Québec et les Québécois n\u2019hésitent pas à sortir de leurs frontières, à présenter des succès locaux ou des institutions originales et à faire connaître leurs réalisations.Les articles regroupés ici constituent une large fresque du milieu québécois de la documentation, de la création de Bibliothèque et Archives nationales du Québec au phénomène de la lecture en passant par les principaux réseaux (bibliothèques universitaires et d\u2019enseignement, de lecture publique, bibliothèques de l\u2019État, des domaines de la santé et de la culture, centres d\u2019information spécialisés), les programmes de publications professionnelles, les programmes de formation des spécialistes en documentation et en sciences de l\u2019information, sans oublier une présentation des belles bibliothèques du territoire, des collections patrimoniales et de thèmes contemporains tels que la gestion des connaissances et les bibliothèques numériques.Cette livraison hors série porte en filigrane deux objectifs : offrir aux collègues étrangers un état du monde de la documentation en pays québécois à l\u2019occasion du congrès de l\u2019IFLA, et laisser aux professionnels d\u2019ici, québécois mais aussi canadiens, un bilan qui les encouragera à persévérer dans leur ouverture aux apports extérieurs et dans leur désir d\u2019engagement et de rayonnement.® Gaston Bernier Ex-directeur de la Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale (1994-2000) Catherine Bernier Bibliothèque des lettres et sciences humaines Université de Montréal Remerciements Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes ayant contribué d\u2019une façon ou d\u2019une autre à la publication de cette livraison inédite : \u2022\tJean-Marc Alain, Louis Cabrai, Francis Farley-Chevrier et Régine Horinstein (direction de l\u2019Asted et de la CBPQ) \u2022\tJean-François Barbe et.Gilles Deschatelets (direction des comités de rédaction d\u2019Argus et de Documentation et bibliothèques) \u2022\tAndrea Harland, Denis Boisvert, Gilles Deschatelets, Patrick Labelle, Véronique Parenteau, Tania Siglinde et Denis Simard (relecture et traduction) 54 I NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) ARGUS g LABCVUEQWÉBÉI3)KKOCSrsnH3StON.NCU rtr i tkwujv* vm's: tv-v-huikt» ivr.DOCUMENTATION bibliohhèques Bibliothèque et Archives nationales du Québec et le milieu québécois de la documentation Lise Bissonnette Présidente-directrice générale Bibliothèque et Archives nationales du Québec Résumé | Abstracts | resumen De par la mission que lui confie sa loi constitutive, Bibliothèque et Archives nationales du Québec occupe une place à part au sein des milieux documentaires québécois.Elle s\u2019attache ainsi à promouvoir la collaboration entre tous les intervenants de ces milieux, à soutenir des projets collectifs et à offrir ressources, appui et expertise dans une perspective d\u2019harmonisation et de partage.Bibliothèque et Archives nationales du Québec and the documentation landscape in Quebec The Bibliothèque et Archives nationales du Québec\u2019s mission, as defined in its incorporating Act, plays an important and unique role within the province\u2019s information landscape.It endeavours to promote collaboration between stakeholders, to endorse cooperative projects and to offer ressources, support and expertise within a perspective of harmonization and sharing.Bibliothèque et archives nationales du Québec y el medio quebequense de la documentaciôn De acuerdo a la misiôn que le ha confiado su propia Ley consti-tutiva, Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) ocupa un lugar aparté al seno del medio quebequense de la documentaciôn.De esta manera, BAnQ se compromete a suscitar la colaboraciôn entre todos aquellos que laboran en este campo, a promover los proyectos colectivos y a ofrecer en la medida de lo posible recursos, apoyo y pericia en una perspectiva de coherencia e uniformizaciôn de las prâcticas y de cooperaciôn.Longtemps parentes pauvres de milieux culturels eux-mêmes astreints à une certaine frugalité, les bibliothèques québécoises ont très tôt dans leur histoire développé des pratiques d\u2019échange et de coopération pour tenter au mieux de satisfaire les demandes de leurs usagers, suivies dans cette voie par les centres d\u2019archives créés dans les années 1970.Tout d\u2019abord timides et dictées par des circonstances ponctuelles, limitées de plus par des moyens techniques et financiers modestes, ces collaborations ont pris dans la dernière décennie une dimension structurelle à l\u2019échelle du territoire tout entier, portées par des technologies de l\u2019information qui trouvent là un champ d\u2019expression en expansion constante.Dans ce cheminement, au fil des ans, la Bibliothèque nationale du Québec, devenue en 2006 Bibliothèque et Archives nationales du Québec, s\u2019est forgée une place à part au sein des milieux documentaires québécois, à la fois vitrine de l\u2019expertise commune et catalyseur de projets collectifs de plus en plus nombreux.Une préoccupation institutionnelle ancienne À partir de 1967, alors quelle se voit dotée d\u2019un statut de corporation qui lui confère une large autonomie, la Bibliothèque nationale du Québec assoit ses missions et mandats dans l\u2019action concrète et commence à se situer de façon singulière face aux bibliothèques québécoises.Elle s\u2019emploie notamment à rassembler de façon exhaustive la totalité du patrimoine québécois publié et élabore de précieux outils de référence, telle la bibliographie nationale.Il faut cependant attendre 1998 et la Loi sur la Grande bibliothèque du Québec pour voir le gouvernement du Québec confier officiellement à une institution documentaire une responsabilité spécifique face à un réseau encore en devenir.Ainsi, ce texte prévoit-il dans son Chapitre II, intitulé Missions et pouvoirs, que « la Grande bibliothèque a pour mission d\u2019offrir un accès démocratique à la culture et au savoir et d\u2019agir à cet égard comme catalyseur auprès des institutions québécoises contribuant ainsi à l\u2019épanouissement des citoyens ».Plus particulièrement, il lui revient de « renforcer la coopération et les échanges entre les bibliothèques et de stimuler la participation québécoise à la bibliothèque virtuelle.» Elle doit de plus « susciter la coopération NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO I, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 55 Il faut cependant attendre 1998 et la Loi sur la Grande bibliothèque du Québec pour voir le gouvernement du Québec confier officiellement à une institution documentaire une responsabilité spécifique face à un réseau encore en devenir.ooooooo entre les bibliothèques publiques et les autres réseaux de bibliothèques et agir comme bibliothèque d\u2019appoint pour l\u2019ensemble des bibliothèques publiques du Québec ; développer et mettre à la disposition des bibliothèques publiques des services de soutien et d\u2019expertise technique ; œuvrer à l\u2019élaboration d\u2019un catalogue collectif virtuel et stimuler la participation des institutions documentaires au développement d\u2019applications dans la bibliothèque virtuelle ».Précise, visionnaire et ambitieuse, cette loi pose les bases théoriques d\u2019un véritable réseau documentaire québécois qui ne cessera dès lors de prendre rapidement de l\u2019ampleur, notamment consolidé par deux décisions gouvernementales cruciales qui scelleront la force et l\u2019originalité du modèle québécois.En 2002 en effet, à la suite de la fusion entre la Bibliothèque nationale du Québec et la Grande bibliothèque du Québec, c\u2019est à la « nouvehe BNQ » qu\u2019il incombe de reprendre la mission définie en 1998 dans son intégralité, armée cette fois des ressources d\u2019une bibliothèque nationale et d\u2019une grande bibliothèque publique, et chargée de la responsabilité de coordonner une nouvelle instance formelle de coopération entre bibliothèques.Quatre ans plus tard, la fusion de la BNQ et des Archives nationales du Québec parachève cette dynamique d\u2019ouverture et de collaboration en confiant cette fois à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) le soin de poursuivre les efforts entrepris, sur fond d\u2019harmonisation croissante entre activités bibliothéconomiques et archivistiques.La culture de la coopération et du partage requiert certes un état d\u2019esprit mais aussi des moyens et des canaux permanents de communication qui la rendent consciente, solide et pérenne.C\u2019est donc à travers un petit nombre de structures, certaines externes, d\u2019autres faisant partie intégrante de son schéma institutionnel, que BAnQ développe au quotidien son action au service des milieux documentaires québécois.La Table de concertation des bibliothèques québécoises En décembre 2002, le ministère de la Culture et des Communications du Québec décide de mettre sur pied une Table de concertation des bibliothèques québécoises placée sous la houlette de la présidente-directrice générale de la Bibliothèque nationale du Québec.Ce forum de dialogue et d\u2019échange d\u2019expertise regroupe des représentants de ce ministère, du ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, de l\u2019association Les Bibliothèques publiques du Québec, du Réseau BIBLIO du Québec, de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CRÉPUQ) et du Réseau des services documentaires collégiaux (RESDOC).Les municipalités et les associations professionnelles concernées participent également à cette instance.Dans une première phase de leurs travaux, les partenaires présents décident de réaliser une évaluation des différents réseaux de bibliothèques existants, d\u2019en identifier les forces et les faiblesses afin de progresser vers une harmonisation et une mise à niveau de leurs ressources, méthodes et moyens.Il apparaît rapidement que l\u2019objectif de renforcement des coopérations entre bibliothèques revêt une dimension technologique incontournable pour toute mise en réseau.Sur la base d\u2019un sondage mené à l\u2019échelle du territoire et de cinq études expertes réalisées par un organisme indépendant, la Table de concertation présente, à l\u2019issue de trois années de travail, des recommandations visant à orienter la mise à niveau technologique des bibliothèques publiques québécoises, et à accroître l\u2019efficacité du traitement documentaire afin de mettre en place dès que possible un guichet unique ainsi qu\u2019un catalogue collectif tout en facilitant le prêt entre bibliothèques pour le plus grand bénéfice des usagers.Pragmatiques, fondées sur une approche réaliste et volontariste, ces recommandations sont entendues par le ministère de la Culture et des Communications qui, à l\u2019automne 2006, décide de financer de façon récurrente la réalisation de ces objectifs.Parallèlement à ces réflexions, BAnQ poursuit sur le terrain la concertation sur le catalogue cohectif québécois et mène avec un petit nombre de bibliothèques pionnières l\u2019expérimentation d\u2019un modèle aujourd\u2019hui opérationnel, dont le lancement a eu heu à l\u2019hiver 2008.Rarement résultats concrets auront été obtenus aussi rapidement, mais au-delà de ce succès, le grand mérite de la Table de concertation des bibliothèques québécoises aura été de créer un réflexe de dialogue et un climat de confiance jusqu\u2019alors peu développés entre les représentants des différents milieux documentaires québécois.La prise de conscience de la similitude des problématiques auxquelles ces milieux sont confrontés et la volonté désormais acquise d\u2019y apporter des réponses concertées ont enraciné une dynamique qui trouvera un nouveau champ d\u2019expression dans la deuxième phase des travaux de la Table amorcée à la fin de l\u2019année 2007.Cette seconde étape sera plus spécialement consacrée à la promotion des bibliothèques à travers l\u2019amélioration de leur image, à l\u2019étude des clientèles ainsi qu\u2019à l\u2019approfondissement des cohaborations initiées entre les bibliothèques publiques et leur élargissement à d\u2019autres secteurs, notamment celui des milieux éducatifs.BAnQ n\u2019entend pas cependant limiter son action en faveur du renforcement du réseau documentaire québécois à cette mission de coordination des travaux de la 56 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) Table de concertation des bibliothèques québécoises.Elle a conçu sa propre structure institutionnelle dans le but de proposer également des services spécialisés tant aux bibliothèques qu\u2019aux milieux archivistiques.La Direction des services aux milieux documentaires de BAnQ Dès la création de la Grande bibliothèque du Québec en 1998, les réflexions liées à sa structure institutionnelle intègrent l\u2019idée de mettre sur pied une direction spécifiquement vouée à répondre aux besoins des bibliothèques québécoises.La Direction des services aux milieux documentaires de BAnQ regroupe aujourd\u2019hui six personnes dont la mission consiste à offrir des services de référence, des services conseil et du soutien professionnel.Elle s\u2019attache également à coordonner divers projets coopératifs.Grâce à un extranet réservé aux bibliothèques et accessible sur le portail Internet de BAnQ, cette équipe de bibliothécaires aguerris est ainsi chargée de fournir à ses collègues information et documentation, à partir d\u2019une collection spécialisée de plus de 7 000 documents sur différents supports, traitant de questions aussi diverses que les pratiques de gestion, l\u2019informatisation, l\u2019architecture ou l\u2019aménagement des bibliothèques.Une fois inscrites à cet extranet, les bibliothèques peuvent aussi télécharger gratuitement les notices bibliographiques du catalogue Iris, s\u2019enquérir des nouvelles acquisitions de BAnQ ou bénéficier du prêt entre bibliothèques.En 2003, à l\u2019initiative de BAnQ, a également été créé un Consortium d\u2019acquisition de ressources électroniques du Québec (CAREQ), qui permet de négocier des ententes communes avec des fournisseurs de ressources électroniques.BAnQ mène les travaux de négociation, assure la coordination des offres aux bibliothèques et leur suivi et participe financièrement à l\u2019abonnement aux ressources acquises.Elle assume de plus le secrétariat du Comité de gestion du CAREQ qui regroupe des représentants des bibliothèques publiques québécoises.BAnQ invite enfin les bibliothèques québécoises à intégrer sur leurs sites web des outils de référence originaux fort utiles à leurs usagers, tels « Romans@lire » ou le répertoire BREF qui recense plus de 1 700 ressources de référence sur l\u2019Internet.Lextranet des bibliothèques, qui compte déjà plus de 400 bibliothèques inscrites, est appelé à étendre bien davantage encore son offre de services dans les années à venir afin de cimenter les acquis importants enregistrés depuis sa création.Mais depuis 2006, un nouvel espace de coopération et de dialogue avec les milieux documentaires québécois s\u2019est aussi ouvert pour BAnQ avec l\u2019apport précieux de la Direction générale des Archives, née de la fusion entre la BNQ et les Archives nationales du Québec.En 2002, à la suite de la fusion entre la Bibliothèque nationale du Québec et la Grande bibliothèque du Québec, c\u2019est à la « nouvelle BNQ » qu\u2019il incombe de reprendre la mission définie en 1998 dans son intégralité.oc>c> Les services spécialisés en archivistique Déjà inscrite dans la Loi sur les archives adoptée en 1983 et favorisée par la régionalisation des Archives nationales opérée entre 1971 et 1980, l\u2019offre de services spécialisés en archivistique et gestion documentaire a en effet pris une autre dimension avec la naissance de BAnQ.S\u2019appuyant sur des ressources technologiques accrues et bénéficiant de l\u2019harmonisation des expertises réunies dans la nouvelle institution, ces services s\u2019adressent aux secteurs public et privé.BAnQ veille ainsi à ce que les archives historiques des organismes publics soient conservées, traitées, mises en valeur et rendues accessibles aux usagers.Son action touche quelque 142 ministères, organismes gouvernementaux et tribunaux à juridiction provinciale, ainsi que les administrations locales et régionales et les tribunaux locaux.La Direction générale des Archives établit pour ce faire une panoplie sans cesse plus complète d\u2019outils de référence, politique de gestion des documents, calendriers de conservation, guides et formulaires qui constituent autant de points de repère utiles pour les milieux archivistiques.Elle supervise et coordonne également la préservation des archives privées sur leur lieu d\u2019origine en réunissant notamment des tables de concertation régionales qui ont pour mission de dresser l\u2019inventaire du patrimoine à sauvegarder et de partager les responsabilités de cette sauvegarde.Par ailleurs, BAnQ anime, dans le même esprit, un réseau de trente services d\u2019archives privées agréés auxquels elle accorde un soutien financier.Comme leurs collègues bibliothécaires, les archivistes québécois disposent d\u2019un extranet spécialisé qui leur est réservé sur le portail Internet de BAnQ et qui, depuis son lancement l\u2019an passé connaît un succès croissant.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 57 Seule la mise en réseau de ressources documentaires numériques pourra permettre à l\u2019ensemble des milieux documentaires québécois de préserver à long terme et de mettre en valeur leur patrimoine.0^C0000 Une ambition collective : la numérisation du patrimoine documentaire québécois Ces actions multiples, si essentielles soient-elles, se déploient cependant dans les limites d\u2019une définition encore restrictive des milieux documentaires \u2014 bibliothèques publiques et centres d\u2019archives \u2014 et peu représentative de l\u2019extrême diversité de leurs intervenants.Seule la mise en réseau de ressources documentaires numériques pourra, dans un avenir que l\u2019on souhaite proche, permettre à l\u2019ensemble des milieux documentaires québécois de préserver à long terme et de mettre en valeur leur patrimoine.Animée par une conscience aiguë de cette réalité, Bibliothèque et Archives nationales du Québec a pris l\u2019initiative d\u2019organiser deux journées de réflexion sur la numérisation culturelle au Québec en 2006.À la suite de ces échanges, il est apparu prioritaire de dresser un inventaire du patrimoine documentaire numérisé sur l\u2019ensemble du territoire et d\u2019explorer la possibilité de créer un réseau virtuel coopératif associant les principaux représentants des milieux documentaires québécois du domaine de la culture et de l\u2019éducation.BAnQ s\u2019est donc engagée à l\u2019automne 2007, en partenariat avec la Société des musées québécois, dans l\u2019étude de ces ressources et des voies de conceptualisation de cette vitrine documentaire virtuelle.Institution atypique regroupant selon un schéma totalement original une bibliothèque nationale, des archives nationales, une grande bibliothèque publique et un espace virtuel unique de documentation et de services, BAnQ ne peut, par nature, concevoir son engagement quotidien au service d\u2019un accès sans cesse plus démocratique à la culture et au savoir sans interagir de façon permanente avec l\u2019ensemble des milieux documentaires québécois.Il n\u2019y a dans cette approche nulle concession à l\u2019air du temps, à une incontournable logique des réseaux, mais bien la conviction profonde d\u2019une urgence à créer des réflexes de partage vitaux pour la sauvegarde et le rayonnement de la culture québécoise.® La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier uotre travail.Notre expérience nous permet d\u2019effectuer des recherches fréquentes pour uous, et ainsi, réduire le nombre de uos commandes et uous sauuer du temps.Depuis 1952, nous desservons les institutions d'enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le privilège de bien uous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, Sî-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (450) 435-0581 Télécopieur : (450) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche 58 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/IJIN 2008) ARGUS g LA BEVUE OVjCBÙXMSÏ DCS (VI «TSSIORNELS nr i rvMuiMATTOj rmniuFVTAinr DC l.IKHHtMATJON DOCUMENTAIRE DOCUM NTATION BIBLIO HÈQUES Les bibliothèques publiques québécoises HÉLÈNE ROUSSEL Directrice générale de la diffusion Bibliothèque et Archives nationales du Québec helene.roussel@banq.qc.ca résumé | Abstracts | Resumen Les bibliothèques publiques du Québec ont réalisé des progrès importants, principalement depuis la fin des années 1970 : nouvelles constructions, rénovations, augmentation et diversification des collections, informatisation, Internet, services électroniques, ouverture de la Grande Bibliothèque.En cette ère du savoir, des actions bien ciblées, effectuées en concertation au sein d\u2019un réseau, mettant largement à profit les technologies nouvelles, avec un personnel qualifié et nombreux, permettront d'atteindre un plus grand nombre de citoyens dans un esprit d\u2019accessibilité et d\u2019inclusion sociale.Quebec Public Libraries Quebec public libraries have made important progress since the end of the 1970s : new construction, renovations, increasing and diversifying collections, computerization, the Internet, electronic services, opening of the Grande Bibliothèque.In this era of knowledge, well-focused policies carried out in consultation within a network that takes advantage of new technologies and of its qualified and numerous personnel will allow public libraries to reach a larger number of citizens in a spirit of accessibility and social inclusion.Las bibliotecas pûblicas quebequenses De acuerdo a la misiôn que le ha confiado su propia Ley consti-tutiva, Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) ocupa un lugar aparté al seno del medio quebequense de la docu-mentaciôn.De esta manera, BAnQ se compro'mete a suscitar la colaboraciôn entre todos aquellos que laboran en este campo, a promover los proyectos colectivos y a ofrecer en la medida de lo posible recursos, apoyo y pericia en una perspectiva de coherencia e uniformizaciôn de las prâcticas y de cooperaciôn.Les bibliothèques publiques, on les connaît.Sa bibliothèque municipale, on sait quelle est là, près de chez soi.On la fréquente aussi.Elle inspire la fierté.Qui plus est, on choisit souvent son domicile en tenant compte du voisinage de la bibliothèque, comme on tient compte de la proximité de l\u2019école et du centre communautaire.Que de chemin parcouru depuis l\u2019époque, pas très lointaine, où les bibliothèques obtenaient difficilement l\u2019attention et les fonds des communautés et des administrations locales.Bien sûr, les Québécois pourraient être plus nombreux à fréquenter leurs bibliothèques.Les rayons devraient être mieux garnis, les heures d\u2019ouvertures étendues, les services à distance plus développés.La population connaît trop peu l\u2019aide que le personnel de la bibliothèque est en mesure de lui apporter.Celui-ci, souvent débordé, ne compte pas suffisamment de professionnels et de spécialistes en documentation, en bibliothéconomie et en sciences de l\u2019information.Que de chemin à parcourir encore ! Il importe de jeter un regard sur le passé pour mieux évaluer les progrès réalisés, afin de tracer la voie vers des bibliothèques offrant encore plus de services aux citoyens d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.Les premières bibliothèques publiques L\u2019histoire des bibliothèques publiques du Québec s\u2019inscrit pleinement dans l\u2019évolution de la société.Leur naissance remonte à l\u2019époque de la colonie britannique.Avant la Conquête de 1760, on ne trouvait en Nouvelle-France que des bibliothèques de communautés religieuses et des bibliothèques privées.La Bibliothèque de Québec (Quebec Library), fondée dans la capitale en 1779 à l\u2019initiative du gouverneur Frederick Haldimand, est considérée comme la première bibliothèque publique québécoise.Tout comme la Bibliothèque de Québec, d\u2019abord bilingue puis devenue essentiellement de langue anglaise, les premières bibliothèques de Montréal s\u2019avèrent surtout anglaises, bien qu\u2019on y trouve des abonnés francophones : la Bibliothèque de Montréal / The Montreal Library fondée en 1796, le Mechanics\u2019 Institute établi en 1828 ou encore la Mercantile Library Association créée en 1840.Même la bibliothèque de l\u2019Institut canadien de Montréal sera transférée au Fraser-Hickson Institute.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO I, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 59 Tableau 1 Comparaison entre les bibliothèques publiques québécoises, canadiennes et américaines en 1937 \tQuébec\tOntario\tCanada\tÉtats-Unis Population\t3 141 000\t3 637 000\t11 045 000\t128 824 829 Bibliothèques\t26 (9 francophones)\t460\t642\t Abonnés\t29 125\t814329\t\t Abonnés ( % de la population totale)\t1 %\t22 %\t\t Documents empruntés\t602 900\t14160 816\t\t nombre par personne\t2\t35\t18\t38 Dépenses (lecture publique)\t189 865s\t1203 062s\t\t totales par personne\t6$\t33s\t18$\t38s À partir des années 1840, l\u2019Église catholique francophone favorise la création de bibliothèques paroissiales.En 1844 naît l\u2019Œuvre des bons livres, fondée par le curé de Montréal et supérieur de Saint-Sulpice, Joseph-Vincent Quiblier.Les mots d\u2019Antoine Gérin-Lajoie, ex-président de l\u2019Institut canadien, permettent de saisir la nature des collections offertes dans ces bibliothèques : Qu\u2019y a-t-il dans cette grande et commerçante cité, en fait de bibliothèques publiques ?Je ne reprocherai rien à la population de langue anglaise de cette ville qui à elle seule possède trois jolies bibliothèques publiques et quatre chambres de nouvelles ; mais qu\u2019y a-t-il pour la population canadienne qui ne lit pas l\u2019anglais ?La « bibliothèque des Bons livres » qui contient plusieurs mille volumes, a fait sans doute beaucoup de bien parmi les classes ouvrières depuis quelques années, et a contribué à donner du goût pour la lecture.Ce n\u2019est point là que vous trouverez des leçons sur l\u2019économie politique, sur les affaires commerciales, sur les questions vitales du jour.On peut y trouver tout ce qu\u2019il faut, pour améliorer notre condition morale, mais non notre condition matérielle1.Cette détermination à offrir à la population de « bons livres » (appellation qui exclut généralement les romans) persiste pendant plusieurs décennies, comme le montre notamment le long débat entourant la création d\u2019une bibliothèque municipale à Montréal au début du xxe siècle.Les bibliothèques paroissiales, qui se multipliaient sur le territoire québécois, furent souvent les seules à pouvoir satisfaire, tout au moins partiellement, le besoin de lecture de plusieurs générations.En 1925, on en dénombrait 230 ; en 1930, il y en avait 275, puis 322 en 1937.Toutefois, comme le dit Marcel Lajeu-nesse, « les bibliothèques paroissiales ne furent pas les précurseurs des bibliothèques publiques québécoises mais elles en furent plutôt les substituts.Elles n\u2019existè- 1.\tLa Minerve, 14 mai 1847, cité dans Lajeunesse, Marcel.2004.Les bibliothèques québécoises : les avatars de leur rôle social à travers les âges.In Lecture publique et culture au Québec : XIXe et XXe siècles.Québec : Presses de l\u2019Université du Québec, 17.rent pour la plupart que pour empêcher la bibliothèque publique d\u2019émerger2 ».Pendant ce temps, dans le reste du Canada et plus particulièrement en Ontario, les bibliothèques publiques se multiplient et jouissent de moyens nettement plus importants.Plusieurs études réalisées entre 1930 et 1940 sur les bibliothèques québécoises et canadiennes montrent une situation désolante au Québec.C\u2019est ce que décrivent tant les trois commissaires qui ont sillonné le Canada en 1930-1931 (rapport Ridington3) que Félix Desrochers dans son rapport au Congrès de la langue française de 1937, qui permet de brosser le portrait apparaissant dans le tableau 1.4 Une révolution qui se fait attendre Les années i960 marquent le début de la Révolution tranquille qui va transformer profondément la société québécoise.Mais cette révolution se fait attendre dans les bibliothèques.En effet, bien que l\u2019on constate des progrès au cours des décennies i960 et 1970, le Québec peine toujours à combler son retard.Les Québécois fréquentent toujours peu leurs bibliothèques, elles-mêmes peu nombreuses.Ce constat est encore plus vrai pour les adultes.Les bibliothèques destinées aux jeunes, généralement plus dynamiques, attirent bon nombre de lecteurs en devenir.Il faudra un plan de développement amorcé par le ministre Denis Vaugeois en 1979 pour donner une impulsion sensible à l\u2019essor des bibliothèques municipales, autonomes ou affiliées aux bibliothèques centrales de prêt (BCP), devenues par la suite les centres régionaux de services aux bibliothèques publiques (CRSBP) 2.\tLajeunesse, Marcel.1998.Les bibliothèques paroissiales, précurseurs des bibliothèques publiques au Québec.In Les bibliothèques québécoises d\u2019hier à aujourd\u2019hui.Actes du colloque de l\u2019Asted et de l\u2019AQÊI, Trois-Rivières, 27 octobre 1997.Montréal : les Éditions Asted, 64.3.\tCommission of Enquiry, John Ridington Chairman.1933.Libraries in Canada.A Study of Library Conditions and Needs.Toronto : Ryerson; Chicago : American Library Association.4.\tLe Canada français, 30 juin 1937, cité dans Lajeunesse, Marcel.2004.La lecture publique au Québec au xxe siècle : l\u2019ambivalence des solutions.In Lecture publique et culture au Québec : XIXe et XXe siècles.Québec : Presses de l\u2019Université du Québec, 126.60 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/IUIN 2008) Tableau 2 Évolution des bibliothèques publiques québécoises de 1960 à 1985 \ti960\t1970\t1980\t1985 Population totale\t5 149 193\t6 371 032\t6 365 646\t6 517 948 Population desservie ( % de la population totale)\t45,1 %\t59,3 %\t78,9 %\t85,5 % Bibliothèques\t\t\t\t \u2022 autonomes\t71\t111\t118\t140 \u2022 affiliées\t0\t132\t513\t709 Abonnés\t\t\t\t \u2022 nombre\t331 445\t792 468\t1 038 504\t1 342 717 \u2022 % de la population desservie\t14,3 %\t21 %\t20,7 %\t24,1 % Livres personne\t0,8\t1,1\t1,4\t1,8 Documents empruntés\t\t\t\t \u2022 nombre\t3 928 160\t9 500 624\t16 372 643\t24 ll8 009 \u2022 par personne\t1,7\t2,5\t3,3\t4,3 Dépenses\t\t\t\t \u2022 totales\t1 554 154 S\t6 314 634 $\t48 336 124 $\t76 795 228 $ \u2022 par personne\t0,67 $\t1,67 $\t9,63 $\t13,77 s Tableau 3 Évolution des bibliothèques publiques québécoises entre 1960 et 2005 \ti960\t1985\t2005\tIndices de croissance 2005 /1960 Population desservie\t45,i %\t85,5%\t94,9 %\t2,1 Proportion d\u2019abonnés ( % de la population desservie)\t14,3 %\t24,1 %\t34,5 %\t2,4 Livres et autres documents par personne\t0,8\t1,8\t3,0\t3,8 Documents empruntés par personne\t1,7\t4,3\t6,2\t3,7 Dépenses totales par personne\t0,67 $\t13,77 *\t37,18 S\t5,5 Sources : Pour les années i960 et 1985 : Commission d\u2019étude sur les bibliothèques publiques du Québec.1987.Les Bibliothèques publiques : une responsabilité à partager.Rapport de la Commission d\u2019étude sur les bibliothèques publiques du Québec.Québec.359 p.Pour l\u2019année 2005 : Bibliothèques publiques.Statistiques 2005.Québec.Ministère de la Culture et des Communications.2006.82 p.* Calcul effectué en estimant une valeur en dollars constants.et désignées depuis quelques années sous l\u2019appellation de Réseau BIBLIO.Mais déjà, au lendemain du plan quinquennal du ministre Vaugeois, on constate un essoufflement de la progression des bibliothèques publiques, lesquelles n\u2019ont pourtant pas atteint un niveau modèle.Aussi, le gouvernement met-il sur pied, en 1987, une Commission d\u2019étude sur les bibliothèques publiques.Du rapport de la Commission Sauvageau sont tirés les chiffres du tableau 2 pour témoigner du progrès des bibliothèques québécoises entre i960 et 19855 : Situation actuelle Force est de constater qu\u2019un bon nombre des recommandations du rapport Sauvageau n\u2019ont pas connu de suite.Mais ses conclusions ont guidé et inspiré les 5.Commission d\u2019étude sur les bibliothèques publiques du Québec.1987.Les bibliothèques publiques : une responsabilité à partager.Rapport.Québec : la Commission.décisions prises dans la décennie 1990.Entre-temps, les changements se sont multipliés, transformant le paysage documentaire québécois : informatisation et télécommunications, adoption rapide d\u2019Internet, création de la Grande bibliothèque, réunie depuis avec la Bibliothèque nationale et les Archives nationales du Québec (devenant BAnQ).pour ne mentionner que quelques faits ayant marqué les dernières années du xxe siècle.Nombreux sont les artisans qui œuvrent au développement des bibliothèques : bibliothécaires et personnel des bibliothèques, responsables des dossiers des bibliothèques dans les municipalités et au ministère de la Culture, écoles de formation dans les universités et les collèges, membres des associations professionnelles.Tous peuvent être fiers des progrès accomplis en moins d\u2019un demi-siècle (voir tableau 3).Les indices calculés ci-haut pour mesurer le chemin parcouru par les bibliothèques québécoises entre les années i960 et 2005 révèlent que : NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 6 1 Figure 1 Indices de croissance des bibliothèques québécoises.Année 2005 / année 1960 CO CD O >0 Le tableau 5 indique encore que la performance des services d\u2019information et de référence des bibliothèques publiques québécoises est nettement inférieure à celle des bibliothèques de l\u2019Ontario et de la Colombie-Britannique.Il faut certainement mieux faire connaître ces services aux usagers.Un projet de référence coopérative virtuelle pourrait constituer une voie intéressante pour développer ces services essentiels, en unissant les forces et en partageant les ressources.Les bibliothèques demeurent une ressource fiable et tout indiquée pour satisfaire les besoins d\u2019information des citoyens, même et surtout à l\u2019ère d\u2019Internet.Il est d\u2019ailleurs intéressant de noter que la nouvelle génération d\u2019Internet, le WEB 3.0, se préoccupe de métadonnées et de qualité des informations, questions qui ont retenu de tout temps l\u2019attention des bibliothèques7.Qui dit services d\u2019information et de référence, dit ressources humaines qualifiées et en nombre suffisant.Or, le tableau 5 rappelle sans équivoque que la situation des bibliothèques québécoises n\u2019a pas connu d\u2019amélioration à cet égard au cours des vingt dernières années.Des efforts importants doivent être consentis pour doter les bibliothèques publiques du personnel requis, notamment de bibliothécaires professionnels en nombre suffisant, de façon qu\u2019elles puissent s\u2019acquitter pleinement de leur mandat en cette ère du savoir et d\u2019Internet.Lors du Colloque sur l\u2019avenir des bibliothèques publiques du Québec, tenu en avril 2007, les participants ont identifié les pistes d\u2019action suivantes8 : \u2022\tconsolidation et développement du réseau des bibliothèques québécoises, qui peuvent compter sur les technologies de l\u2019information et des télécommunications pour les aider à réaliser bon nombre d\u2019initiatives de réseautage ; \u2022\tconnaissance des clientèles pour bien adapter les services aux besoins des usagers, dans un objectif d\u2019accessibilité pour tous et d\u2019inclusion sociale ; \u2022\tformation continue du personnel, recrutement et rétention des employés spécialisés.Enfin, en examinant les dépenses effectuées par les bibliothèques québécoises, on ne peut que constater la progression exprimée en « dépenses par habitant ».Progression très récente, puisqu\u2019entre 2004 et 2005 seulement, l\u2019accroissement a été de 7,21$ par personne9, relié essentiellement à la Grande Bibliothèque, inaugurée en avril 2005.Il s\u2019agit là d\u2019une participation importante de l\u2019État dans une institution au service de tous les Québécois, par ses riches collections, ses technologies de pointe et son personnel qualifié.Avec les investissements additionnels annoncés en 2007 (les programmes du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour la mise en réseau des bibliothèques et les infrastructures culturelles ou encore le plan d\u2019action de la Ville de Montréal pour ses bibliothèques, pour ne nommer que ceux-là), les bibliothèques publiques québécoises sont en mesure de s\u2019attaquer au rattrapage qui s\u2019impose encore.Des actions bien ciblées et des efforts concertés permettront d\u2019atteindre les objectifs premiers des bibliothèques qui consistent à offrir à tous les citoyens des services documentaires de qualité, répondant à leur besoin d\u2019éducation, d\u2019information et de culture.La bibliothèque publique : un réflexe de vie, une compagne pour toute la vie ! Conclusion Nous voyons devant nous une route prometteuse.Prometteuse à la lumière des immenses progrès réalisés par les bibliothèques publiques québécoises au cours des dernières décennies.Prometteuse aussi en raison de l\u2019appui, voire de la conviction, des citoyens et des autorités locales, régionales et nationales envers les bibliothèques publiques.Route prometteuse dans le contexte de technologies de l\u2019information et des télécommunications donnant des moyens extraordinaires à des bibliothèques modernes et bien positionnées dans l\u2019univers virtuel.Route prometteuse dans le contexte également de la réunion d\u2019établissements documentaires et culturels (bibliothèques, centres d\u2019archives, musées, etc.) capables de satisfaire de façon de plus en plus complète les besoins d\u2019information, de documentation, de recherche et de culture de la population.Enfin, une route prometteuse conduisant à des bibliothèques publiques toujours plus efficaces grâce à la passion et à la compétence avec lesquelles leurs artisans oeuvrent à leur développement, unissant leurs actions au sein de réseaux documentaires de façon à s\u2019assurer de résultats toujours meilleurs.«.la bibliothèque publique est une force vivante au service de l\u2019éducation, de la culture et de l\u2019information et un moyen essentiel d\u2019élever dans les esprits les défenses de la paix et de contribuer au progrès spirituel de l\u2019humanité »10 ® Théodule, Marie-Laure et al.2007.Dossier WEB 3.0 : l\u2019@venir d\u2019Internet.La Recherche, n° 413 (novembre 2007) : 28-45.On peut consulter les Actes du Colloque sur l\u2019avenir des bibliothèques publiques du Québec sur Internet aux adresses suivantes : http://www.bpq.org; http://www.reseaubiblioduquebec.qc.ca; http://www.banq.qc.ca 9.\tBibliothèques publiques : statistiques 2005.2006.Québec : ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.10.\tManifeste de l\u2019IFLA / Unesco sur la bibliothèque publique, 1994.http://www.ifla.org/vii/s8/unesco/fren.htm (consulté sur Internet le 30 novembre 2007).64 I NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) I DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) ARGUS / LA REVUE QUÛB&.XU5H DES PROFESSIONNELS DOCUM NTATION BIBLIO HÈQUES Le Réseau BIBLIO du Québec : une approche coopérative au service des bibliothèques É S E A U / BIBLIO DU QUÉBEC Résumé | Abstracts | Resumen Depuis la création des premières bibliothèques centrales de prêt dans les années i960 jusqu'à l\u2019arrivée récente du réseau à large bande, les services de bibliothèque dans les petites communautés du Québec ont évolué de façon remarquable.Il y a, derrière cette belle aventure, des personnes, une volonté, une culture, un réseau.Une magnifique histoire, en somme.Quebec\u2019s BIBLIO Network : A Cooperative Approach to Library Services Since the creation of the first central lending libraries in the 1960s and up to the recent arrival of broadband networks, library services in small Quebec communities have evolved remarkably.Behind the scenes can be found people, a will, a culture, and a network, resulting in a great story.La red Réseau BIBLIO de Québec : una vision cooperativa al seno de las bibliotecas Desde la creaciôn de las primeras bibliotecas centrales de prés-tamo en los anos i960 hasta la reciente llegada de la red de gran alcance, los servicios de biblioteca en las pequehas comunidades de la provincia lian evolucionado de manera remarcable.Detrâs de esta bella aventura, estait las personas, la voluntad, la cultura, la red.En resumen, es una magniftca historia Si l\u2019on demandait aux intervenants du Réseau BIBLIO du Québec1 de définir en quelques mots les principes qui guident leur action, il est fort à parier que les termes réseau, accessibilité, service, proximité et communauté, auraient la palme.Fort de ses nombreuses années d\u2019existence, ce réseau s\u2019est donné, au fil du temps, une mission qui traduit bien la complexité du défi qui est le sien, soit celui d\u2019organiser des services de bibliothèque à la grandeur du territoire québécois, très vaste, très dispersé.En effet, être présent avec efficience dans toutes ces communautés, souvent très petites et isolées, est un tour de force auquel se consacrent, avec la foi qui déplace les montagnes, les onze réseaux régionaux qui composent le Réseau BIBLIO du Québec.Partout au Québec Ce qui distingue ce réseau, dans les faits, c\u2019est la palette très étendue de services qu\u2019il a mis au point, de façon concertée, à l\u2019intention de quelque 762 bibliothèques situées dans 741 municipalités de moins de 5 000 habitants, développant une expertise régionale essentielle à l\u2019avancement du milieu documentaire et culturel québécois.Des bénévoles engagés Autre élément distinctif : l\u2019action du Réseau BIBLIO du Québec prend appui sur l\u2019apport inestimable de 8 200 personnes, bénévoles pour la plupart, qui s\u2019impliquent quotidiennement, et avec une grande générosité, dans les activités des bibliothèques, que ce soit à l\u2019accueil des usagers, au service-conseil, au traitement documentaire ou à l\u2019animation.Ensemble, les onze réseaux régionaux génèrent 5 millions de prêts annuellement, sans compter les 11 000 activités qui animent ces lieux de culture si importants dans les petites communautés.En 2006, ces bibliothèques ont desservi 1,3 million de citoyens (330 000 abonnés) qui ont èu accès à une collection déposée regroupant deux millions de documents et biens culturels disponibles sur les lieux mêmes ou à distance.Des employés permanents, dans chaque centre régional, accompagnent, conseillent et forment ces collaborateurs hors pair.Bibliothécaires, techniciens 1.www.reseaubiblioduquebec.qc.ca NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRlDJUIN 2008) | 65 Ensemble, les onze réseaux régionaux génèrent 5 millions de prêts annuellement, sans compter les 11 000 activités qui animent ces lieux de culture si importants dans les petites communautés.ooc> en documentation, informaticiens, employés de soutien, animateurs, ils sont 158, dans tout le Québec, à mettre leur expertise professionnelle au service du personnel des petites bibliothèques.Chaque réseau régional est constitué en corporation privée à but non lucratif, sous la gouverne d\u2019un conseil d\u2019administration où siègent des élus municipaux et des responsables des bibliothèques affiliées.Le regroupement québécois qui les réunit est régi, pour sa part, par un conseil d\u2019administration où l\u2019on retrouve des représentants issus des réseaux régionaux.Le budget annuel du Réseau BIBLIO du Québec, incluant toutes ses composantes régionales, est d\u2019environ 15 M$, auquel participe pour la moitié (49 %) le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.Les municipalités contribuent aussi au financement des services quelles reçoivent, par le biais d\u2019une cotisation calculée en fonction du nombre de citoyens desservis.Un retard à rattraper dans le milieu rural La nécessité est la mère de l\u2019invention, dit-on, et le Réseau BIBLIO du Québec en est la preuve, car, il y a à peine 50 ans, la desserte territoriale en matière de bibliothèque était réduite à sa plus simple expression.En effet, à la fin des années 1950, les bibliothèques sont concentrées dans les grands centres urbains, de sorte que 94 % de la population rurale du Québec ne bénéficie d\u2019aucun service de lecture.On compte alors moins d\u2019une centaine de bibliothèques publiques pour desservir 45 % de la population québécoise et celles-ci sont souvent logées dans le sous-sol des églises, sous la supervision très stricte du clergé, qui règne alors sur la société québécoise.Peu à peu, les bibliothèques paroissiales relèveront de l\u2019administration municipale, ce qui ouvre la porte au développement d\u2019un nouveau modèle de bibliothèque.À compter de i960, une série de mesures initiées par le gouvernement du Québec, dans le sillon de la Révolution tranquille, va permettre de mieux structurer les services de bibliothèque.Parmi celles-ci, la Loi sur les bibliothèques publiques, suivie de la création de la Direction des bibliothèques publiques, à qui l\u2019on confie le mandat de démocratiser l\u2019accès aux bibliothèques publiques, de favoriser la diffusion gratuite du livre et de sensibiliser les municipalités à l\u2019importance de déve- lopper des services de bibliothèque.Les budgets sont bonifiés, ce qui donne une première impulsion au développement de ce secteur où tout est à construire.Création des « BCP » Pour corriger l\u2019absence notoire de bibliothèques dans le milieu rural, le ministère des Affaires culturelles crée, à cette époque, les Bibliothèques centrales de prêt, mieux connues sous le nom de BCP.La première voit le jour dans la région de la Mauricie en 1962, suivie d\u2019une seconde, en 1964, dans la région de l\u2019Outaouais.Neuf autres BCP sont mises en place entre 1971 et 1981, ce qui porte à onze le nombre de ces institutions régionales, toujours actives en 2008.S\u2019inspirant d\u2019un concept français, la mission des Bibliothèques centrales de prêt est d\u2019établir et de maintenir un réseau de bibliothèques publiques dans les municipalités à faible densité de population (moins de 5 000 habitants).Pour ce faire, on instaure un système qui assure la circulation des documents entre les bibliothèques affiliées, tout en concentrant dans un centre régional les opérations reliées aux achats et au traitement documentaire, de façon à diminuer les frais d\u2019exploitation.La philosophie qui anime toujours l\u2019actuel Réseau BIBLIO du Québec vient de prendre forme.Présentes partout, les BCP deviennent le pivot du développement culturel dans les petites municipalités du Québec.En 1984, les onze réseaux régionaux confirment leur volonté de travailler en réseau en se dotant d\u2019une structure de concertation appelée le Regroupement des Bibliothèques centrales de prêt.Cette association permettra, à moindres coûts, le développement de projets de plus grande envergure grâce à la mise en commun des ressources et de l\u2019expertise qui est développée, conformément à la philosophie qui caractérise déjà l\u2019action des BCP dans chacune des régions où elles sont implantées, du Nord-du-Québec jusqu\u2019aux îles-de-la-Madeleine.De la BCP aux CRSBP En 1992, les BCP prennent une nouvelle identité, cédant la place aux Centres régionaux de services aux bibliothèques publiques (CRSBP), dans la foulée de la Loi sur le ministère de la Culture et des Communications, qui abroge la Loi sur les bibliothèques publiques de 1959.Les CRSBP poursuivent leur mission initiale, soit le développement d\u2019un modèle de réseau intégré, fondé sur la concertation, l\u2019addition et la mise en commun des ressources et les échanges entre bibliothèques.Le Regroupement des Bibliothèques centrales de prêt devient le Regroupement des CRSBP du Québec.D\u2019autres changements surviennent en 1998, lors de la publication de la Politique de la lecture et du livre.Cette fois-ci, on élargit le mandat des centres régionaux en leur permettant de conclure des ententes de service avec les bibliothèques scolaires et avec les bibliothèques 66 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIlVJUIN 2008) situées dans les municipalités de plus de 5 000 habitants (les bibliothèques autonomes).L\u2019importance de travailler en réseau s\u2019inscrit avec encore plus de force, dans le but, toujours, d\u2019accroître la quantité et la qualité des ressources et des services et leur accessibilité à tous les citoyens.Du regroupement des CRSBP au Réseau BIBIO du Québec En 1999, le Regroupement des CRSBP publie son plan d\u2019action Agir en réseau.Le menu est copieux, avec des mots-clés tels que coopération, concertation, partenariat, informatisation, formation, animation, promotion.Dix ans plus tard, on constate que bon nombre des actions inscrites à ce plan ont été réalisées.À l\u2019occasion de son 20e anniversaire, en 2004, le Regroupement des CRSBP se donne une nouvelle identification corporative.Il sera connu désormais sous le nom de Réseau BIBLIO du Québec, ce qui confirme la pertinence de l\u2019orientation prise par les onze membres fondateurs il y a plusieurs années, soit réunir les forces \u2014 professionnelles, techniques et administratives \u2014 pour doter les petites communautés du Québec, où quelles soient, de services de bibliothèque comparables à ceux que l\u2019on retrouve dans les centres urbains.Pignon sur rue .La bibliothèque doit être un lieu attrayant et chaleureux, et le Réseau BIBLIO du Québec incite fortement les municipalités à investir à ce chapitre, de façon à répondre adéquatement aux standards bibliothéconomiques reconnus.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que le réseau a créé le Prix d\u2019excellence Gérard-Desrosiers en aménagement de bibliothèque, qui reconnaît les efforts consentis en ce sens par les municipalités.En plus d\u2019une programmation culturelle que l\u2019on veut la plus diversifiée possible, les citoyens trouvent à leur bibliothèque une collection de base qui contient principalement des livres, mais aussi des revues et des documents audiovisuels, tels que des films ou des livres audio.Cette collection est renouvelée périodiquement grâce à un système d\u2019échange qui tient compte des besoins des localités et des demandes formulées par les usagers.et branchées Sans tourner le dos à ses fonctions premières axées sur le développement des bibliothèques et des collections, les bibliothèques du Réseau BIBLIO du Québec ont pu, ces dernières années, grâce au développement fulgurant des technologies, déployer une offre de services diversifiée et professionnelle, très souvent gratuite et accessible partout, même dans le plus petit village isolé.À l\u2019aide du système informatisé Simb@ et de son portail Internet, le Réseau BIBLIO du Québec donne accès à une multitude Les bibliothèques affiliées au Réseau BIBLIO du Québec peuvent compter sur les services d\u2019une centrale de services techniques, les Services techniques coopératifs (STC), qui réalise les fonctions techniques du traitement documentaire, soit les achats regroupés, ainsi que le traitement intellectuel et matériel des documents.oooooooo d\u2019outils : assistance biblio, guides de gestion, soutien technique, recherche simultanée dans les collections régionales (plus de 200 000 prêts entre les bibliothèques chaque année), ouvrages de référence, palmarès des titres les plus populaires, calendrier de formation pour le personnel et les bénévoles, etc.Depuis 2003, chaque abonné muni d\u2019un numéro d\u2019identification personnel peut consulter en ligne son dossier d\u2019usager, réserver ses documents et renouveler ses emprunts.Où qu\u2019ils soient, les usagers ont accès à des bases de données électroniques, comme les encyclopédies, les dictionnaires, les journaux et périodiques ou des logiciels d\u2019apprentissage.En 2006, le Réseau BIBLIO du Québec a estimé que 110 000 articles de journaux ou de périodiques, offerts par l\u2019entremise de Biblio branchée, avaient été consultés par les abonnés des bibliothèques, à distance dans la majorité des cas.Des services regroupés Les bibliothèques affiliées au Réseau BIBLIO du Québec peuvent compter sur les services d\u2019une centrale de services techniques, les Services techniques coopératifs (STC), qui réalise les fonctions techniques du traitement documentaire, soit les achats regroupés, ainsi que le traitement intellectuel et matériel des documents.Le catalogage coopératif, par exemple, permet d\u2019augmenter le nombre de titres traités, tout en diminuant les délais et les coûts.Les bibliothèques autonomes et les bibliothèques scolaires peuvent avoir accès au catalogage coopératif si elles concluent une entente à cet effet avec leur réseau BIBLIO régional.Soulignons également l\u2019arrivée récente d\u2019un nouveau logiciel de gestion des collections, Symphony, avec lequel se familiarisent actuellement quelques centres régionaux et qui devrait être implanté partout d\u2019ici 2010.Des lieux dynamiques de culture, d'apprentissage et de loisir Le Réseau BIBLIO du Québec met aussi à la disposition de ses bibliothèques affiliées une expertise en NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 67 La mission première du Réseau BIBLIO du Québec est à préserver, car chaque bibliothèque doit être en mesure de proposer des services de proximité qui répondent adéquatement aux attentes des citoyens.ooooooooo« animation et en promotion, de manière à assurer une présence dynamique dans chaque milieu.Ge service développe des contenus et il concocte des outils qui s\u2019avèrent très utiles lors de la présentation de soirées thématiques, de sessions d\u2019information ou de toute activité faisant la promotion de la lecture et du livre.La formation des bénévoles est une autre priorité du Réseau BIBLIO du Québec, surtout dans un contexte où les services de bibliothèque se raffinent sans cesse.À ce chapitre, le programme de formation Biblioforme développe de nombreux outils qui permettent d\u2019améliorer, de façon continue, les connaissances techniques, professionnelles et administratives du personnel des bibliothèques affiliées.En somme, les bibliothèques du Réseau Biblio du Québec partagent un ensemble de ressources, documentaires, technologiques et professionnelles, qui s\u2019appuient sur des normes et des standards reconnus.Depuis la création des premières BCP dans les années i960 jusqu\u2019à l\u2019arrivée récente du réseau à large bande, accessible dans plusieurs régions, les services de bibliothèque dans les petites communautés ont évolué de façon remarquable.Pour faire sa place dans un environnement documentaire de plus en plus complexe et compétitif, les bibliothèques locales doivent être perçues comme des lieux dynamiques de culture, d\u2019apprentissage et de loisir.Cela, le Réseau BIBLIO du Québec l\u2019a compris il y a longtemps.Questions d'avenir L\u2019avenir est riche de défis pour le Réseau BIBLIO du Québec.L\u2019explosion démographique observée dans certaines régions, ainsi que le dépeuplement de certains coins du Québec, conséquence de l\u2019exode vers les grands centres urbains d\u2019une jeunesse plus scolarisée, sont des éléments qui retiennent l\u2019attention.Le déclin socioéconomique observé en certains endroits pose l\u2019épineux problème de la capacité financière des milieux dévita- lisés à maintenir leur offre de service et il met en lumière l\u2019apport important de ces petites institutions culturelles à la qualité de vie des citoyens.Le vieillissement de la population est une réalité qui impose des approches adaptées, alors que la clientèle jeunesse, curieuse et habile sur le plan technologique, fait elle aussi valoir ses exigences.La présence incontournable des technologies soulève aussi son lot de questions, en regard non seulement du type de services à déployer, mais aussi quant à la capacité des bibliothèques à suivre le rythme accéléré de ce développement.De plus en plus, il faudra savoir décoder l\u2019évolution du lectorat, en profonde mutation, de manière à offrir des services qui trouvent écho dans son milieu.Les réseaux régionaux doivent également évoluer en tenant compte d\u2019un environnement politique à deux niveaux, municipal et provincial.En effet, ces deux niveaux de gouvernement contribuent de manière importante à leur fonctionnement, sur le plan financier d\u2019abord, mais aussi en ce qui a trait aux grandes orientations qui sont données à leur développement.Entre autres choses, le monde des bibliothèques est fortement touché par l\u2019impact des fusions qui ont considérablement bouleversé, ces dernières années, l\u2019organisation municipale au Québec.L\u2019apport des bénévoles, si important dans l\u2019histoire et dans la culture du Réseau BIBLIO du Québec, fait aussi l\u2019objet de réflexions : les municipalités devront-elles recourir davantage à la rémunération du personnel des bibliothèques ?Il s\u2019agit là d\u2019un sujet délicat quand on sait que cette tendance, déjà amorcée dans le réseau, pourrait avoir pour effet de fragiliser la situation financière des plus petites municipalités.Un milieu de vie Il reste beaucoup à faire pour le déploiement d\u2019un réseau unique de bibliothèques au Québec.Le Réseau BIBLIO du Québec, riche d\u2019une expertise sans pareille qui ancre ses racines profondément dans le territoire québécois, est une pièce majeure sur cet échiquier, où l\u2019on trouve de nombreux joueurs, du plus petit jusqu\u2019au plus grand, comme Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ), inaugurée en 2005.Au cœur de ces enjeux, la mission première du Réseau BIBLIO du Québec est à préserver, car chaque bibliothèque doit être en mesure de proposer des services de proximité qui répondent adéquatement aux attentes des citoyens.Après tout, la bibliothèque, à l\u2019instar de ce qui se passait sur le perron de l\u2019église qui l\u2019abritait à une certaine époque, doit demeurer un lieu animé où l\u2019on se rassemble, communique, apprend, se divertit, bref, un lieu branché sur le monde ! ® 68 | NUMÉRO SPÉCIAL 1FLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO I, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) DOCUMENTATION BIBLIO HÈQUES Les bibliothèques scolaires québécoises : une évolution en dents de scie Jocelyne Dion Porte-parole de la Coalition en faveur des bibliothèques scolaires jodion@sympatico.ca Résumé | Abstracts | Resumen L\u2019histoire des bibliothèques scolaires au Québec est jalonnée de soubresauts, de prises de conscience, suivies d\u2019actions ponctuelles, jusqu'ici mises au rancart, à cause d\u2019une absence de vision quant à leur valeur pédagogique et à leur influence sur la réussite éducative des jeunes.La réforme actuelle du système d\u2019éducation a engendré plusieurs actions et certaines d'entre elles ont entraîné la mise en place de mesures qui présagent d\u2019une meilleure reconnaissance de son rôle dans la formation de l\u2019élève.Cependant, il reste encore plusieurs défis à relever pour espérer atteindre cet objectif: son intégration pédagogique ne pourra réellement se réaliser que si on en renouvelle la vision et qu\u2019on accepte d\u2019investir dans les ressources humaines, essentielles pour en assurer leur vitalité.Quebec School Libraries : A Bumpy Evolution The history of school libraries in Quebec is punctuated by ups and downs, soul-searching and sporadic actions, which were mostly abandoned due to a lack of vision with regards to their pedagogical value and influence on children\u2019s academic success.The current reform of the educational system has generated many initiatives some of which have brought about the installation of measures that promise better recognition of the role of school libraries in student education.However many challenges remain if this goal is to be reached : the pedagogical integration of school libraries will not happen unless the vision is renewed and investment in human resources is accepted as essential to ensure their vitality.Las bibliotecas escolares de Québec : una evoluciôn entre \u201cestira y afloja\u201d La historia de las bibliotecas escolares en Québec esta llena de sobresaltos y de tomas de conciencia seguidas de acciones puntuales.Sin embargo, éstas han sido sumamente descuidadas hasta ahora a causa de unafalta de vision generalizada sobre su valor pedagôgico y su influencia en los logros educativos de nihos y jôvenes.La reforma actual del sistema de educaciôn en Québec ha desencadenado diferentes acciones que nos permiten presagiar un mayor reconocimiento del roi de las bibliotecas escolares en la formaciôn de los estudiantes.Sin embargo, quedan aun muchos retos que afrontar para esperar lograr nuestros objetivos : la integration pedagôgica de la biblioteca no podrâ llevarse comple-tamente a cabo si no se renueva su vision y si no se invierte en recursos humanos, esenciales para asegurar su vitalidad.Depuis sa naissance jusqu\u2019à sa mort, l\u2019être humain ne cesse d\u2019apprendre.Qu\u2019entend-on par « apprendre » ?Du latin apprehendere, « saisir, comprendre », le mot acquiert en dialectique (Legendre, 2000) la signification suivante : « Intégrer, assimiler, incorporer des données nouvelles à une structure cognitive interne déjà existante ; Acquérir et développer des connaissances et des habiletés.» Apprendre est un processus continuel et complexe par lequel l\u2019apprenant établit des relations et des synthèses entre differentes informations qui, au moment du transfert, produisent de nouvelles connaissances, provoquant souvent des changements d\u2019attitudes et de comportements.Pour apprendre, il faut comprendre, ce qui implique : lire, analyser, évaluer, synthétiser, s\u2019exercer.En entrant à l\u2019école, l\u2019enfant entreprend des parcours d\u2019apprentissage structurés à son intention.Il progressera plus facilement, et mieux, s\u2019il y trouve un environnement de travail stimulant, un milieu de vie accueillant, des éducateurs « éveilleurs d\u2019esprits ».La mission de l\u2019école, telle que définie dans l\u2019énoncé de politique L\u2019école, tout un programme (1997), étant d\u2019instruire, de socialiser et de qualifier, elle se doit de former « .des individus instruits et cultivés, des citoyens engagés, des travailleurs compétents » (Ministère de l\u2019Éducation.2003 : 4).La bibliothèque, dans ce contexte, s\u2019avère une ressource essentielle : « La bibliothèque scolaire fournit l\u2019information et les idées indispensables à quiconque veut réussir sa vie dans la société d\u2019aujourd\u2019hui qui repose sur l\u2019information et le savoir.La bibliothèque scolaire, en permettant aux élèves d\u2019acquérir les outils qui leur permettront d\u2019apprendre tout au long de leur vie et en développant leur imagination, leur donne les moyens de devenir des citoyens responsables.» (Unesco/Ifla, 2000) Suivant une tendance assez répandue actuellement au Québec, le monde de l\u2019enseignement vit au rythme d\u2019une réforme.Si cette dernière suscite de nombreuses remises en question chez les enseignants et les parents, elle semble mener à un accord sur la valeur ajoutée que représente la présence d\u2019une bonne bibliothèque dans une école.À preuve, depuis 2000, le ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport a engagé des actions NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIIVJUIN 2008) | 69 Le Rapport Parent présente la bibliothèque comme « le laboratoire général de tout renseignement » et entraîne l\u2019implantation de bibliothèques aux niveaux primaire et secondaire. structurantes dans ce domaine.Une série de mesures, très attendues, met un terme à des années de négligence et d\u2019indifférence.Toutefois, il reste encore bién des défis à relever pour que la bibliothèque puisse remplir sa mission pédagogique dans l\u2019école.Voilà, en peu de mots, le portrait des bibliothèques scolaires québécoises.Un peu d'histoire Le concept de bibliothèque dans les écoles publiques primaires et secondaires peut être retracé jusqu\u2019aux années 1840 au Bas-Canada.Mais, contrairement à la situation au Haut-Canada, il ne s\u2019est pas concrétisé à l\u2019époque, freiné en particulier par les autorités religieuses qui cherchaient à contrôler le livre et les bibliothèques tant au sein des écoles que des paroisses.Il a fallu attendre près d\u2019un siècle pour le voir apparaître dans le Code scolaire québécois, puis dans la loi scolaire de i960.C\u2019est en 1959 que se manifeste un premier changement important : une subvention de 500 000$ est accordée aux conseils scolaires pour l\u2019achat de livres.En 1961, une bibliothécaire diplômée est embauchée par le sous-comité du Comité catholique.Le Québec ne s\u2019est doté d\u2019un ministère de l\u2019Éducation qu\u2019en 1964, à la suite de la publication du Rapport de la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement.Ce rapport, mieux connu sous le nom de Rapport Parent, du nom de son président, présente la bibliothèque comme « le laboratoire général de tout l\u2019enseignement » (Parent, 1963 : t.II, par.1163) et entraîne l\u2019implantation de bibliothèques aux niveaux primaire et secondaire : ainsi, de 1969 à 1973, on investit cinquante millions de dollars pour la documentation, l\u2019organisation et le personnel dans les bibliothèques des écoles polyvalentes nouvellement créées.En plus de ces sommes, le Ministère accorde un montant annuel protégé (24$ par élève au secondaire et 8,50$ au primaire), assurant ainsi un budget régulier aux bibliothèques.En 1974 s\u2019amorce une ère de décentralisation qui provoque un net ralentissement dans la croissance du réseau des bibliothèques scolaires.Les sommes confiées par le Ministère aux conseils scolaires pour le développement des bibliothèques deviennent transférables et servent trop souvent à d\u2019autres priorités.Plusieurs professionnels voient ainsi leur poste supprimé.Une dernière mesure du Ministère, en 1978, abolit le Service des bibliothèques.Le déclin s\u2019accélère jusqu\u2019en 1989, année de la publication d\u2019un rapport intitulé Les bibliothèques scolaires québécoises : Plus que jamais.Faisant suite à de nombreux écrits et interventions soulignant la faiblesse du secteur des bibliothèques scolaires, une commission d\u2019étude a été mise sur pied pour établir un état des lieux à la grandeur du territoire et pour faire, au ministre de l\u2019Éducation, des recommandations aux plans local, régional et national en s\u2019inspirant des normes en usage ainsi que des organisations performantes.Le rapport Bouchard, du nom de son président, a suscité beaucoup d\u2019espoir dans le milieu et engendré des actions positives dans ce domaine qui, hélas ! se révélèrent n\u2019être qu\u2019un sursaut.Plusieurs commissions ou conseils scolaires s\u2019en inspirèrent pour évaluer leur propre situation et mettre en place par la suite des actions de redressement.Malgré toutes les attentes manifestées, plusieurs recommandations restèrent néanmoins lettre morte, plus spécialement celles relatives au personnel \u2014 le rapport misait sur la présence d\u2019enseignants-bibliothécaires \u2014 et celles concernant l\u2019élaboration d\u2019une politique et de règles administratives établies par le Ministère, et propres aux bibliothèques scolaires.Pour les intervenants du milieu documentaire scolaire, le rapport demeure, encore aujourd\u2019hui, un document de référence important.On a d\u2019ailleurs formé dans sa foulée une association du milieu, l\u2019Association du personnel des services documentaires scolaires (APSDS), laquelle deviendra, en 2002, l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires.De 1989 à la fin des années 1990, des intervenants d\u2019horizons divers ont souligné à maintes reprises, y compris par des mémoires, la faiblesse et le déclin des bibliothèques scolaires, de même que le manque de vision \u2014 et de conviction \u2014 de la part du Ministère.De plus, l\u2019arrivée d\u2019Internet dans les écoles, combinée à la crise des finances publiques, a provoqué une remise en question d\u2019un tel service par de nombreux gestionnaires, et la régression s\u2019est par la suite accélérée, allant même parfois jusqu\u2019à la fermeture définitive du local de la bibliothèque.En 2001, une étude publiée par Statistique Canada a révélé la dégradation à ce chapitre, tant aux titres des sommes dépensées pour l\u2019achat de documents que pour la dotation en personnel qualifié.D\u2019autres données issues d\u2019un sondage effectué en 1999-2000 par l\u2019APSDS sur le personnel responsable des bibliothèques dans les écoles ont fait ressortir une grave pénurie d\u2019employés qualifiés, plus particulièrement de bibliothécaires professionnels.La situation actuelle Au Québec, les parents ont le choix d\u2019inscrire leurs enfants dans des écoles publiques ou privées.Celles-là sont regroupées dans 72 commissions scolaires, dont 60 70 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) sont francophones.En 2004-2005, le Québec comptait 1 099 975 élèves répartis dans les 2 812 écoles primaires et secondaires des deux réseaux1.Si 90 % de ces écoles disposent d\u2019un local bibliothèque, il faut noter cependant qu\u2019entre 1999 et 2005, le nombre de postes de bibliothécaire a chuté dramatiquement : on dénombrait alors une moyenne de 0,27 bibliothécaire par commission scolaire (Moreau, 2006 : 4) ! Tout récemment, l\u2019ex-ministre de l\u2019Éducation, Jean-Marc Fournier, a publiquement reconnu qu\u2019il ne restait que 24 bibliothécaires dans tout le réseau des écoles publiques {La Presse, 17 oct.2006).En fait, les bibliothèques étaient considérées comme les grandes orphelines du système.Mais la publication, en 1999, du Manifeste de l\u2019Unesco de la bibliothèque scolaire et l\u2019implantation graduelle du nouveau Programme de formation de l\u2019école québécoise ont ravivé de nouveau l\u2019intérêt pour les bibliothèques.De plus, la révision de la Loi sur l\u2019Instruction publique et du Régime pédagogique ont précisé les règles quant à l\u2019obligation dévolue aux commissions ou conseils scolaires et aux écoles d\u2019offrir aux élèves les services éducatifs complémentaires auxquels ils ont droit.La création, en 2002, d\u2019une coalition, composée à l\u2019origine d\u2019associations du milieu du livre et de la documentation, la Coalition en faveur des bibliothèques scolaires2, et les actions menées à l\u2019occasion d\u2019une campagne de sensibilisation ont contribué à intéresser, dans un premier temps, les médias à l\u2019importance de la lecture et de la bibliothèque à l\u2019école.Puis, en janvier 2005, le ministre de l\u2019Éducation a annoncé un Plan d'action sur la lecture, dont l\u2019une des mesures valorise le rôle de la bibliothèque dans la formation des élèves lecteurs.Un document d\u2019appoint3 publié à l\u2019intention des directions d\u2019établissement à la suite du Plan d\u2019action sur la lecture présente « la bibliothèque scolaire (comme étant) un des douze services éducatifs complémentaires ».Y sont nommément cités les articles de la Loi sur l\u2019Instruction publique et du Régime pédagogique relatifs aux obligations des conseils scolaires et des écoles d\u2019offrir aux élèves « le service de soutien à l\u2019utilisation des ressources documentaires de la bibliothèque scolaire.» Au-delà des intentions fixées dans la loi, le document souligne « l\u2019apport indispensable de la bibliothèque dans le contexte du nouveau Programme de formation ».De plus, la mesure4 visant à « améliorer l\u2019accès à des ressources littéraires et documentaires variées et à des lieux de lecture structurés et diversifiés », à l\u2019intérieur du Plan d\u2019action sur la lecture5, prévoit des sommes substantielles pour l\u2019achat de docu- 1.\tL\u2019ensemble des statistiques sur l\u2019effectif scolaire est en ligne à l\u2019adresse URL http:// www.mels.g0uv.qc.ca/stat/Stat_fr/Stat_edu04.pdf.2.\tEn ligne à l\u2019adresse URL http://www.bibliothequesscolaires.qc.ca/.3.\tLa version en ligne du dépliant se retrouve à l\u2019adresse URL http://www.mels.gouv.qc.ca/lancement/plan_lecture2/biblio_scol_f.pdf.4.\tLes détails sont consultables à l\u2019adresse URL http://www.mels.gouv.qc.ca/lecture/ index.asp?page=acces_ressources.5.\tL\u2019ensemble du Plan d\u2019action, Et toi, que lis-tu, est en ligne à l\u2019adresse URL http:// www.mels.gouv.qc.ca/lecture/index.asp.De 1989 à la fin des années 90, des intervenants d\u2019horizons divers ont souligné à maintes reprises -\ty compris par des mémoires -\tla faiblesse et le déclin des bibliothèques scolaires, de même que le manque de vision - et de conviction - de la part du Ministère.ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo ments (20 millions® par an de janvier 2005 à juin 2007 et 15 millions® durant l\u2019année 2007-2008), sommes qui aident grandement les écoles à s\u2019y conformer.Mentionnons également que le Ministère subventionne les Services documentaires multimédia (SDM)6, une société privée à but non lucratif qui fournit, depuis quarante ans, des services de repérage et de traitement documentaire essentiels (catalogage et classification, indexation et évaluation) à l\u2019intention des bibliothécaires et des techniciens en documentation du réseau.L\u2019horizon semble donc prometteur bien que plusieurs défis demeurent, dont trois semblent essentiels : besoin de coordination, meilleure intégration pédagogique et renouvellement de la vision.1.Un besoin pressant de coordination Dans le contexte actuel de remise en question de l\u2019existence des commissions scolaires et d\u2019une décentralisation toujours plus marquée vers les écoles, il faut s\u2019inquiéter du fait que les employés des bibliothèques scolaires connaissent et connaîtront un isolement professionnel toujours plus prononcé.Ce n\u2019est pas qu\u2019une question de territoire : le développement anarchique des bibliothèques, maintes fois dénoncé, perdure faute de concertation.Comment peut-on souhaiter qu\u2019il y ait une concertation entre les écoles et les municipalités si, au départ, il n\u2019existe pratiquement pas de concertation entre les écoles ?Pour amorcer un mouvement de concertation entre les bibliothèques du secteur, il faudrait qu\u2019un mécanisme de coordination soit institué.Que disait le rapport Bouchard à ce sujet ?« .les commissions scolaires sont maintenant des organismes qui regroupent plusieurs milliers d\u2019élèves et administrent plusieurs écoles primaires et secondaires.Il nous apparaît invraisemblable de constater que plusieurs d\u2019entre elles n\u2019ont pas encore de responsable des bibliothèques, cadre ou professionnel, ni même de répondant, au sein de leur structure administrative.6.\tLe site Web de SDM présente l\u2019ensemble des activités de l\u2019organisme, à l\u2019adresse URL http://www.sdm.qc.ca/.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) | 71 D\u2019autres données issues d\u2019un sondage effectué en 1999-2000 par l\u2019APSDS sur le personnel responsable des bibliothèques dans les écoles ont fait ressortir une grave pénurie d\u2019employés qualifiés, plus particulièrement de bibliothécaires professionnels.ockx>c>c> Cette absence de coordination coûte plus cher qu\u2019on ne le croit à l\u2019administration scolaire.Des notions de base de micro-économie pourraient démontrer que si l\u2019ensemble des opérations de développement des bibliothèques était coordonné par un responsable compétent, le rendement en serait augmenté.» ( MEQ, 1989 :97) Ce terrible constat reste malheureusement d\u2019actualité.Incontestablement, la mission devrait être réservée à un bibliothécaire à qui on accorderait un statut de cadre.L\u2019étape suivante consisterait à créer, sous la coordination du Ministère, des tables de concertation régionales où les bibliothécaires responsables au sein des conseils scolaires travailleraient de concert à la mise en place d\u2019un réseau d\u2019échanges couvrant l\u2019ensemble du territoire : échanges de documents et de savoir-faire, planification de la formation continue du personnel, rédaction de politiques, mise en réseau des catalogues, collaboration avec les collègues du réseau des bibliothèques publiques, etc.Tout un programme en perspective ! 2.La nécessité d'une meilleure intégration pédagogique L\u2019implantation d\u2019un nouveau programme provoque parfois un effet déstabilisateur chez les enseignants, lesquels doivent réviser leurs pratiques ou en adopter de nouvelles, ce qui implique qu\u2019ils se mettent en mode d\u2019apprentissage, au même titre que leurs élèves.Ils doivent expérimenter de nouvelles approches pédagogiques et pratiquer la différenciation pour mieux s\u2019adapter aux différents, styles d\u2019apprentissage des étudiants.Ils doivent adopter d\u2019autres modes d\u2019enseignement que l\u2019enseignement magistral et privilégier une pédagogie par projets.Ils doivent s\u2019approprier les outils émergeants du domaine des technologies de l\u2019information et de la communication.Les exigences sont multiples et le besoin de soutien évident.Le Programme de formation exige des enseignants qu\u2019ils jouent le rôle de passeurs culturels auprès de leurs élèves.On leur demande également de les aider à acquérir et de développer des compétences information- nelles et communicationnelles, des méthodes de travail efficaces, et à devenir des utilisateurs avisés des techniques de l\u2019information et de la communication.On y met aussi l\u2019accent sur la consultation de sources variées d\u2019information par les élèves, et cela, dans toutes les disciplines.L\u2019école doit donc offrir un éventail de services pédagogiques permettant aux élèves d\u2019apprendre à apprendre.Dans ce contexte, « les ressources disponibles à la bibliothèque de l\u2019école, tant les ressources humaines ou matérielles que méthodologiques sont, pour le personnel enseignant, des moyens complémentaires qui lui permettent d\u2019enrichir son enseignement et de rendre ses stratégies pédagogiques plus efficaces auprès des élèves » (Léveillé, 1998).Les jeunes Québécois d\u2019aujourd\u2019hui ont, eux aussi, un rapport très différent avec l\u2019accessibilité au savoir.Une recherche menée en 2006 sur Les jeunes et Internet met en évidence la place privilégiée de la toile comme source première d\u2019information, une utilisation quasi unique de Google comme moteur de recherche et de Wikipédia comme première source de référence, instruments jugés sûrs et fiables par la majorité d\u2019entre eux.Le rapport souligne toutefois que « la grande majorité des élèves souhaiteraient obtenir une forme de soutien lié à leur utilisation d\u2019Internet » (Piette, 2007 : 73).Ainsi, plusieurs d\u2019entre eux aimeraient recevoir des conseils quant à la recherche de sites intéressants et à l\u2019utilisation efficace des moteurs de recherche ainsi qu\u2019à la fiabilité des contenus.Les auteurs concluent que « les résultats de notre recherche (.) plaident de manière non équivoque pour l\u2019urgence de développer des programmes d\u2019éducation aux médias qui fassent une large place aux nouvelles technologies » (Piette, 2007 : 88).C\u2019est ici que l\u2019expertise des bibliothécaires entre en jeu \u2014 et quelle mérite d\u2019être reconnue à sa juste valeur.Pour Paulette Bernhard, celle-ci ne fait pas l\u2019ombre d\u2019un doute : « Les personnels responsables de ces bassins de ressources deviendront des maîtres d\u2019oeuvre en ressources informationnelles pour l\u2019apprentissage.Ils seront sollicités pour la combinaison de leurs compétences en organisation de systèmes d\u2019information, en exploitation pédagogique et en gestion, ainsi que pour leur travail en partenariat avec les enseignants » (2002).En 1998, un groupe de travail piloté par Yves Léveillé, alors responsable du dossier au Ministère, a élaboré un référentiel intitulé la Recherche d\u2019information à l\u2019école secondaire ; l\u2019enseignant et le bibliothécaire, partenaires de l\u2019élève.La rédaction du document s\u2019inscrivait dans une préoccupation majeure du milieu dans un contexte d\u2019implantation massive des technologies de l\u2019information et de l\u2019émergence d\u2019une société du savoir.Le référentiel a ensuite servi d\u2019inspiration à la conception du site électronique Chercher pour trouver7.Le site, 7.L\u2019adresse du site est http://www.ebsi.umontreal.ca/jetrouve/.72 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) maintes fois primé, est devenu, surtout depuis l\u2019implantation du Programme de formation, un outil incontournable de formation à l\u2019information.Le site Form@net : Développer les compétences informationnelles dans l\u2019enseignement secondaire en France et au Québec8, quant à lui, a été conçu pour encourager le partenariat entre bibliothécaires et enseignants du secondaire lors d\u2019ateliers de formation tenus entre 1997 et 2000.Miser sur un partenariat dynamique entre le personnel enseignant et le personnel spécialiste de la documentation, sous le signe de la collaboration et de la complémentarité, apporte une valeur ajoutée à l\u2019action pédagogique de tous et chacun.Or, la présence de personnel qualifié dans nos écoles, bibliothécaires et techniciens en documentation, fait cruellement défaut.Aussi, nous apparaît-il souhaitable que les universités de Montréal et de McGill révisent leurs orientations et proposent de nouveau à leurs étudiants un profil de formation mieux adapté aux besoins du milieu scolaire, le profil idéal combinant une formation en bibliothéconomie ou sciences de l\u2019information et en pédagogie.3.Renouveler la vision En 1989, on pouvait lire ceci \u2022: «.la littérature publiée au Québec, depuis le Rapport Parent, nous révèle qu\u2019on a toujours accordé, au plan du principe et de la philosophie, une place de choix à la bibliothèque dans l\u2019école.Malgré les affirmations et les déclarations de principe, la bibliothèque ne semble pas avoir trouvé sa place dans l\u2019organisation pédagogique et administrative de l\u2019école.Il semble qu\u2019on n\u2019ait jamais réussi à lui accorder un rôle clair et précis dans le système scolaire.La diversité des modes de gestion et d\u2019organisation qui est observée dans les commissions scolaires confirme cette situation.» (MEQ, 1989 7).Encore aujourd\u2019hui, on doit constater que la présence de bibliothèques dynamiques et performantes dans les écoles demeure un projet en gestation.De toute urgence, tous ceux qui croient en une formation de qualité, parents, enseignants, directeurs d\u2019école et administrateurs scolaires, doivent élargir leur vision du rôle de la bibliothèque et de son potentiel dans la formation des élèves.Élargir, c\u2019est-à-dire mettre l\u2019accent sur le rôle de la bibliothèque dans le développement du goût et des habiletés de lecture, d\u2019abord au primaire, tel que le Plan d\u2019action sur la lecture le prévoit, mais aussi dans la formation à l\u2019information et à l\u2019éducation aux médias, comme on le prescrit dans le Programme de formation.8.Son adresse est http://www.ebsi.umontreal.ca/formanet/.Plus que jamais, on doit comprendre que le bibliothécaire peut aussi jouer le rôle de passeur culturel et de médiateur d\u2019apprentissage [en milieu scolaire], oc-ckxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx>o Plus que jamais, on doit comprendre que le bibliothécaire peut aussi jouer le rôle de passeur culturel et de médiateur d\u2019apprentissage : « Le rôle très particulier des bibliothécaires en milieu scolaire comme \u201cmaître d\u2019œuvre\u201d combinant les compétences de professionnel de l\u2019information, d\u2019enseignant-formateur et de gestionnaire-planificateur semble n\u2019avoir pas vraiment jusqu\u2019à présent été compris ni reconnu à sa juste valeur.Et la nécessité d\u2019une équipe incluant un personnel technique et de soutien est tournée en dérision par le fait même que, au primaire, la plupart des équipes en place sont des personnes bénévoles et, au secondaire, les personnels professionnels ne sont souvent pas reconnus à leur niveau de compétence.» (Bernhard, Hiver 2005 : 51) Il nous semble donc que les mesures relatives à la bibliothèque scolaire énoncées par le ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport, dans le cadre de la réforme, devraient inciter les gestionnaires à développer des actions structurantes.Conclusion Apprendre, voilà le projet de toute une vie.Et quoi de mieux pour l\u2019accompagner que des bibliothèques tout au long du parcours ?La bibliothèque scolaire s\u2019avère essentielle à la réalisation des apprentissages scolaires.Pour mieux illustrer cet énoncé, reprenons l\u2019analogie de la fontaine, telle que décrite par Paulette Bernhard : « Une fontaine nécessaire à la vie personnelle, intellectuelle et sociale, d\u2019où coulent des incitations à lire et à décoder toutes sortes de médias, .qui est connectée à un vaste réseau de distribution, qui offre un flot d\u2019informations susceptibles de se transformer en connaissances, et autour de laquelle peuvent s\u2019organiser des activités de découverte, de formation et d\u2019animation.Une fontaine qui s\u2019inscrit dans un contexte donné, qui permet de désaltérer et qui rafraîchit, mais qui peut aussi s\u2019assécher si le courant auquel elle s\u2019alimente est coupé, geler si on n\u2019en prend pas soin au moment opportun, déborder si le système de drainage est bouché.Et qui nécessite planification et supervision, pour qu\u2019une eau potable continue à être distribuée » (Bernhard, octobre-décembre 1994 :198).® NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 73 Sources consultées Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS).1999-2000.Enquête sur les bibliothèques scolaires.http://www.rtsq.qc.ca/apsds/archives/documents/enquete-biblio-theques-scolaires/presenta.html (Consulté sur Internet le 23 novembre 2007).Bernhard, Paulette.1986.La bibliothèque/médiathèque : instrument d\u2019éducation dans l'enseignement secondaire au Québec.Thèse de doctorat.Montréal : Université de Montréal, Sciences de l\u2019éducation : 41-58.Bernhard, Paulette.1994.La vraie nature des bibliothèques scolaires.Documentation et bibliothèques, vol.40, n° 4 (oct.-déc.) : 197-204.Bernhard, Paulette.2002.La bibliothèque scolaire : un environnement d\u2019apprentissage en transformation.In La bibliothèque scolaire : aujourd\u2019hui et demain.La Haye : Ifla, Section des bibliothèques et des centres documentaires scolaires : 19-20.http://www.ifla.org/VII/sn/pubs/SchoolLibrary_today_ tomorrow.pdf (consulté sur Internet le 23 novembre 2007) Bernard, Paulette.2003.Perspectives sur l\u2019éducation à l\u2019information.Esquisse, (juillet-août) : 3-13.http://www.aquitaine.iufm.fr/recherche/esquisse/index_esquisse.php consulté sur Internet le 23 novembre 2007) Bernhard, Paulette.2005.Deux pas en avant, trois pas en arrière.Québec français, n°i36 (Hiver) : 51.Durand, Michel et Daschko, Maria Waltman.2001.Écoles primaires et secondaires : Rôle, défis et état financier des ressources en établissements et en bibliothèques scolaires au Canada.Ottawa : Statistique Canada.http://epe.lac-bac.gc.ca/100/200/301/nlc-bnc/elementary_ secondary_schools-ef/9/i4/index-f.html (Consulté sur Internet le 23 novembre 2007) Legendre, Renald.2000.Dictionnaire actuel de l\u2019éducation.2e éd.Montréal :Guérin ; Paris : Eska : 66.Léveillé, Yves.1997-1998.La recherche d\u2019information à l\u2019école secondaire : l\u2019enseignant et le bibliothécaire, partenaires de l\u2019élève.http://pages.infinit.net/formanet/cs/leveille.html (Consulté sur Internet le 23 novembre 2007) Manifeste Unesco/Ifla de la bibliothèque scolaire.1999.http://www.unesco.org/webworld/libraries/manifestos/school_ manifesto_fr.html http://www.ifla.org/VII/sn/pubs/mani-f.htm (Consultés sur, Internet le 23 novembre 2007) Ministère de l\u2019Éducation.1997.L\u2019école, tout un programme ; énoncé de politique éducative.Ministère de l\u2019Éducation.Direction générale de l\u2019évaluation et des ressources didactiques.1989.Les bibliothèques scolaires québécoises : Plus que jamais.Rapport du comité d\u2019étude.Québec : xxiii, 216 p.http://www.mels.gouv.qc.ca/publications/guide/16-7412.pdf (Consulté sur Internet le 23 novembre 2007) http://www.meq.gouv.qc.ca/REFORME/pol_eco/ecole.htm (Consulté sur Internet le 23 novembre 2007) Ministère de l\u2019Éducation.2003.Programme de formation de l\u2019école québécoise : Enseignement secondaire, premier cycle.Québec.575P- http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/programmeFormation/ (Consulté sur Internet le 23 novembre 2007) Moreau, Stéphane.2006.Une belle victoire pour les bibliothécaires en attendant le réveil du gouvernement et des commissions scolaires.La Passerelle, vol.18, n° 1 (novembre) : 3-4.http://www.fppe.qc.ca/parutions/doc/pass_novo6.pdf (Consulté sur Internet le 23 novembre 2007) Piette, Jacques, Pons,Christian-Marie et Giroux, Luc.2007.Les jeunes et Internet : 2006 (Appropriation des nouvelles technologies).Rapport final de l\u2019enquête menée au Québec.Québec : ministère de la Culture et des Communications.88p.http://www.infobourg.com/data/fichiers/156/Les %20 Jeunes %2oet %2oInternet %202006.pdf (Consulté sur Internet le 20 novembre 2007) Québec.Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement dans la province de Québec.1963-1966.Rapport.Québec : vol.3, 311-320.VISARD ACADEMUS ?\tGestion intégrée des centres d'informations ?\tCatalogage, OPAC, thésaurus, bibliothéconomie ?\tOutil de veille, de DSI et de GED ?\tConfidentialité et groupes de travail ?\tPortail Internet, recherche et réservation, profils personnalisés, saisie à distance, catalogage dérivé ?\tMultilingue (interface et contenu) NOUVEAU ?\tModule archivistique pour la gestion des archives papier et fichiers électroniques ?\tModule MIMS (RSS, OAI, SRW/SRU client/serveur) pour l'interrogation et la récupération automatique de l'information.www.visard.ca MUTUALISATION Dossiers et produits documentaire StatWeb Pro\tWeb Photo Veille automatique et alertes Texte intégral Saisie Web collaboratif , Serveur d interrogation de validation Gestion multi site SERVEUR DOCUMENTAIRE Abamemen NISO Z 39- PORTAIL D'INFORMATION Profil utilisateur Autorisation avancée OCR Correcteur Thésaurii CED PUBLICATION BIBLIOTHECONOMIE 74 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) DOCUMENTATION BIBLIO HÈQUES ARGUS / LA REVUE QUÉBÉCOISE DCS MOrt-TSSIONMiLS De Timprimé au numérique : les défis posés aux bibliothèques collégiales depuis 40 ans Daniel Marquis Bibliothécaire professionnel Coordonnateur Bibliothèques et technologies éducatives Cégep de Granby Haute-Yamaska dmarquis@cegepgranby.qc.ca Résumé | Abstracts | Resumen Un bilan du développement des bibliothèques collégiales du réseau public et privé est brossé à partir de leur création, à la fin des années i960, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Progressivement, ces bibliothèques se développent et dépassent le rôle passif de prestation de services et de prêt de livres pour assumer un rôle majeur dans la réussite des étudiants.Une plus grande adéquation entre les services offerts et les besoins pédagogiques des étudiants apparaît avec la formation documentaire.Progressivement, les bibliothèques, transformées en véritable « carrefour de l\u2019information » regroupant l\u2019audiovisuel, les centres d\u2019aide et le soutien à l\u2019usage du numérique, assument un rôle dans l\u2019acquisition d\u2019habiletés ou de compétences informationnelles.From print to digital : 40 years of challenges facing academic libraries This article presents an overview of the development ofpublic and private college libraries since their creation in the late 1960s to today.These progressive institutions go beyond passive responsibilities such as delivering services and lending books to actually playing an integral role in ensuring student success.Library instruction stems from a better alignment between services and students\u2019 pedagogical needs.Libraries, which are transformed into \u201cinformation commons\" aggregating audiovisual resources, help centres and digital user support, are assuming greater responsibilities for students\u2019 acquisition of information competencies and skills.Del material impreso al digital : los desafios que han enfrentado las bibliotecas colegiales en los ultimos 40 ahos iCuâl es el saldo de la presencia de las bibliotecas de los colegios pre-universitarios tanto püblicos como privados en Québec, desde su creaciôn en i960 hasta nuestros dias ?Progresivamente, estas bibliotecas se han ido desarrollando para superar el roi pasivo de ser simples prestatarias de servicios y de asegurar el préstamo de libros, para asumir un roi mâs activo en el éxito académico de los estudiantes.Hemos podido observar una mayor adecuaciôn entre los servicios disponibles y las necesidades pedagôgicas de los estudiantes gracias a las actividades de capacitaciôn en documentation.De esta manera, las bibliotecas, transformadas en verda-derosfocos de informaciôn que reûnen también el material audiovisual, asi como los centros de ayuda y de formaciôn al uso del material digital, asumen un roi importante en la adquisiciôn de habilidades y conocimientos informacionales.Les bibliothèques collégiales du réseau public et du réseau privé reçoivent des étudiants provenant généralement de l\u2019école secondaire et qui poursuivent des études de deux années, pour accéder à l\u2019université, ou de trois années, pour graduer avec un diplôme technique.En 2007-2008, plus de 165 406 étudiants ont franchi les portes d\u2019une bibliothèque collégiale.À ces clientèles de base s\u2019ajoutent des étudiants inscrits dans des programmes de francisation ou d\u2019éducation des adultes.On compte aujourd\u2019hui 48 bibliothèques collégiales dans le secteur public et 25 dans le secteur privé.Un regard d\u2019ensemble sur la soixantaine d\u2019articles, d\u2019études et de rapports de comités publiés sur les bibliothèques collégiales depuis 1965 permet de distinguer cinq étapes dans leur développement.Cet article se veut un survol rapide de ces étapes afin de dégager les défis posés aujourd\u2019hui aux bibliothèques collégiales.1950 \u2014 1969 : l'émergence Les cégeps (collèges d\u2019enseignement général et professionnels) sont nés dans l\u2019effervescence de la Révolution tranquille, suite aux recommandations publiées dès 1964 par la Commission Parent1.C\u2019est une période charnière pendant laquelle le Québec est entré dans la modernité en connaissant un grand nombre de transformations tant sur le plan social que politique, économique et religieux.La Commission Parent insistait alors sur la nécessité de mettre en place, pour les instituts pré-universitaires et professionnels, une bibliothèque scolaire considérée comme le laboratoire général de tout enseignement (article 1174) : « Les instituts pré-universitaires et professionnels devront comporter une bibliothèque importante, suffisante pour répondre aux besoins des divers départements dans les disciplines fondamentales et dans les 1.Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement dans la province de Québec.Rapport de la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement dans la province de Québec.Deuxième partie.Les structures pédagogiques du système scolaire.B.Les programmes d\u2019études et les services éducatifs.1964.http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/rapport_parent_3/ rapport_parent_vol_3.doc#_Chapitre_XXXI (consulté dans Internet le 16 octobre 2007).NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO I, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) | 75 spécialités professionnelles.Si on ajoute aux besoins de ce que serait une bibliothèque du niveau du « collège », soit environ 30 000 volumes, un nombre équivalent de volumes pour les enseignement professionnels, les bibliothèques des instituts devraient compter environ 60 000 volumes et des abonnements à quelque deux cents périodiques2.» La Commission précisait également que le bibliothécaire principal devrait posséder une formation universitaire en bibliothéconomie.Pour en arriver à ces recommandations, elle s\u2019appuyait sur les normes de nos voisins américains3.Désirant associer l\u2019étudiant à son propre apprentissage et intégrer de nouveaux moyens pédagogiques, les bibliothèques devenaient un heu privilégié pour l\u2019apprentissage et le travail intellectuel.La Commission reprenait des concepts pédagogiques issus de débats et d\u2019expérimentations qui avaient eu cours depuis la fin des années 1950, notamment ceux de la Commission du Programme de la Faculté des Arts de l\u2019Université Laval.Le travail personnel des étudiants devenait alors une priorité et on devait favoriser le développement de l\u2019autonomie et de la maturité intellectuelle des étudiants, d\u2019où la conclusion de la Commission du Programme : «.il faut s\u2019habituer à l\u2019idée que la bibliothèque est aussi nécessaire que la plupart des professeurs4.» Avant la promulgation de la loi créant les cégeps, en 1967, la bibliothéconomie collégiale est déjà active au sein des collèges classiques.La classification décimale Dewey est traduite et l\u2019abbé Raymond Boucher, du Collège de La Pocatière, publie un fascicule intitulé Les étapes de la rédaction d\u2019un travail en bibliothèque, qui sera réimprimé plusieurs fois jusque dans les années 1970.Soulignons également que la bien connue compagnie « Services Documentaires Multimédia » est une création de la Fédération des collèges classiques en 1964.Deux ans plus tard, un Index analytique de périodiques était produit5.Comme le soulignent Marcel Lajeunesse et Daniel Morin, c\u2019est en 1961 qu\u2019est créée une section des bibliothèques de collèges au sein de l\u2019Association canadienne des bibliothèques de langue française (ACBLF).En 1963, la Fédération des collèges classiques met sur pied un Service des bibliothèques pour regrouper les bibliothèques au sein d\u2019une Commission.Par la suite, la sous-commission des directeurs de bibliothèques de la Fédération des collèges classiques cède la place à la Commission des directeurs de bibliothèques de la Fédération des cégeps.Cette Commission et la Section des bibliothèques de collèges de l\u2019ACBLF/ASTED (Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation) entreprennent plusieurs études, et 2.\tLa Commission, op.cit.: 362.3.\tAssociation of College and Research Libraries, Committee on Standards, «Standards for College Libraries», College and Research Libraries, juillet 1959.4.\tUniversité Laval.1957.Rapport de la Commission du Programme de la Faculté des Arts au Conseil universitaire.Québec : Université Laval, 476.5.\tBrault, Jean-Rémy (2004).Regard sur l\u2019évolution des bibliothèques québécoises : récit d\u2019un itinéraire professionnel.Montréal, ASTED, 39-83.des statistiques sont colligées par un coordonnateur des bibliothèques collégiales au Service des bibliothèques d\u2019enseignement du Ministère de l\u2019Éducation.1970 \u2014 1978 : la croissance Lors de la création des cégeps, six bibliothèques sont issues de la fusion avec les bibliothèques des collèges classiques, des instituts techniques et des écoles normales.C\u2019est le cas du Cégep de Chicoutimi, qui intègre la bibliothèque de l\u2019ancien Séminaire, et de celui de Rosemont, dont la collection initiale provient en partie de celle des Éudistes.À Trois-Rivières, on va plus loin en intégrant les bibliothèques de huit institutions d\u2019enseignement.En 1968, 17 bibliothèques sont construites ou sont en voie de construction6.Le Cégep du Vieux-Montréal intègre les fonds de l\u2019ancien Collège du Mont Saint-Louis, de l\u2019École des infirmières et de l\u2019Institut de technologie.Certaines de ces bibliothèques sont toutefois des créations originales.On construit de nouveaux édifices, on en réaménage d\u2019autres, on incorpore le personnel existant ou on embauche de nouvelles personnes.Section Référence.©Cégep du Vieux Montréal.Sophie Ouellette RÉFÉRENCE Générale Cette période de croissance ainsi que les années suivantes sont bien documentées en termes quantitatifs7 et qualitatifs8.En 1969, la bibliothèque de collège compte en moyenne 41 000 monographies ; sept ans plus tard, le nombre de volumes est passé à 49 500, ce qui constitue un accroissement annuel moyen de plus de 1 200 titres.La création d\u2019un fonds de développement des collections par le ministère de l\u2019Éducation en 1972 explique en partie cette croissance.Il faut toutefois 6.\tFédération des cégeps.Commission des Directeurs de bibliothèques.Asted.1974.Mémoire soumis au Conseil Supérieur de l\u2019Éducation pour son état et les besoins de l\u2019enseignement collégial.Annexes 1 et 2.7.\tLes études longitudinales publiées par Marcel Lajeunesse et Daniel Morin en 1986, 1994, 2000 et 2004 dans la revue Argus dressent un portrait éloquent de l\u2019état actuel du réseau des bibliothèques collégiales.Elles s\u2019intéressent avant tout à des variables quantitatives et facilement mesurables (nombre de livres, budgets, ressources humaines, etc.).Le tableau rétrospectif quelles brossent depuis permet de souligner les forces et les faiblesses des bibliothèques d\u2019un réseau qui s\u2019est construit depuis les années i960.Les deux chercheurs utilisent des données fiables.Les taux de réponses aux questionnaires pour certaines années (91 % en 2003) confirment la crédibilité de la méthodologie.8.\tBrault, Jean-Rémi.2004.Regard sur l\u2019évolution des bibliothèques québécoises : récit d\u2019un itinéraire professionnel.Montréal, Asted, Chapitre 2 Le développement des bibliothèques collégiales : 1960-70,39-76.76 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) poser la question de l\u2019adéquation des besoins documentaires des nouveaux programmes techniques avec les collections de collèges classiques ou d\u2019écoles normales.Une idée originale circule au printemps de l\u2019année 1970 : le concept de « collège-bibliothèque », qui laisse une large place à l\u2019étudiant afin qu\u2019il devienne autonome dans ses apprentissages en fréquentant la bibliothèque et en consultant les enseignants9.Des variantes de cette approche se trouve sous différentes formes jusqu\u2019à la fin des années 1970.Cette année là, un important mémoire est soumis au Conseil supérieur de l\u2019éducation conjointement par la Commission des directeurs de bibliothèques de la Fédération des cégeps et par l\u2019ASTED.Il porte sur l\u2019état et les besoins de l\u2019enseignement collégial en termes de normes pour le personnel, la documentation, les locaux et le budget.La même Commission dépose dès 1971 un rapport sur la question de l\u2019automatisation.La place prépondérante du son et de l\u2019image dans l\u2019apprentissage incite 27 bibliothèques à intégrer la documentation audiovisuelle pour en arriver au concept d\u2019audiovidéothèque, de centre de ressources éducatives ou de centre intégré de ressources didactiques.Très vite, les questions de l\u2019apprentissage du travail personnel et de l\u2019utilisation de la bibliothèque se posent10.À cette époque, la formation documentaire se résume en une visite de la bibliothèque dans les trois quarts des cas, suivie dans le tiers des cas par la présentation d\u2019un document audiovisuel et par la remise d\u2019un dépliant.1979 \u2014 1983 : la stagnation et la décroissance L\u2019effervescence de la première décennie cède rapidement le pas, dès 1978 et pendant les années 1980, à la stagnation et à la décroissance.Pourtant, de 1969 à 1983, le réseau connaît une forte croissance du nombre d\u2019étudiants.Une réforme des structures de la Fédération des cégeps entraîne la disparition de la Commission des directeurs de bibliothèques.Le poste de coordonnateur au Service des bibliothèques d\u2019enseignement est aboli et les statistiques ne sont plus compilées, ou alors très partiellement.Une enquête menée en 1984 par l\u2019École de bibliothéconomie de l\u2019Université de Montréal* 11 témoigne de cette régression et de la baisse constante du pourcentage de budget accordé par un collège à sa bibliothèque.De 4 % du budget total d\u2019un cégep, en 1971, on passe à 3,16 % en 1976, à 2,49 % en 1983 et à 2,12 % en 1992.Si les heures d\u2019ouvertures sont restées sensiblement les mêmes entre 1976 et 1983, il en va autrement en ce qui a trait aux ressources humaines.Entre 1969 et 1983, on passe 9.\tBoucher Raymond.1970.Le collège-bibliothèque, une solution cadre.Prospective, vol.6, n° 5:342.10.\tLemaire, Jean.1978.L\u2019apprentissage du travail personnel et de l\u2019utilisation de la bibliothèque.Argus, vol.7, no.2 (mars-avril) : pp.38-41.11.\tLajeunesse, Marcel et Daniel Morin.1986.Les bibliothèques des collèges d\u2019enseignement général et professionnel du Québec (1969-1983) : services pédagogiques ou comptoirs de prêt?Argus, vol.15, n°.2 (juin 1986) : 33-47.d\u2019une moyenne d\u2019un bibliothécaire par 671 étudiants à un pour 1 558 étudiants.Finalement, en ce qui concerne la somme consacrée à la bibliothèque par étudiant (en dollars constants), on passe de 68,15$ en 1969 à 42,97$ en 198312.Les restrictions budgétaires sont appliquées là où sont possibles les compressions des dépenses, notamment dans les bibliothèques : « Dans plusieurs collèges on se retrouve avec moins de personnes à la référence à la bibliothèque'3.«Difficile, dans ces conditions, d\u2019assurer un véritable rôle pédagogique.La conclusion est claire : « La bibliothèque devient alors un espace, un lieu, où s\u2019exerce un travail essentiellement technique, hors du circuit des fonctions pédagogiques14.» Le personnel en place est préoccupé par cette décroissance et répond en formant un groupe de travail proposant l\u2019approche systémique pour évaluer l\u2019efficacité de la bibliothèque de cégep15.Faute de moyens, on réitère l\u2019importance du rôle du professionnel comme « animateur documentaire », on rédige les bases d\u2019une politique de développement des collections, on insiste sur le maintien d\u2019un fonds budgétaire dédié à l\u2019achat de livres et on amorce une étude de faisabilité sur l\u2019automatisation des bibliothèques des collèges avec le projet CIDBEQ (Centre d\u2019informatique documentaire des bibliothèques d\u2019enseignement du Québec).Le concept d\u2019un catalogue collectif par le moyen ordino-lingue et selon un mode d\u2019accès dialogué est esquissé dans un rapport de 1974.Le projet est repris sept ans plus tard en 1981 et est déposé à la Fédération des cégeps.L\u2019année suivante, un mémoire-synthèse évalue trois systèmes et recommande le système développé par l\u2019UQAM (Université du Québec à Montréal) : SIGIRD (Système Intégré de Gestion Informatisé des Ressources Documentaires).1984-1991 : renouveau technologique et partenariat pédagogique Pendant huit ans, de 1984 à 1992, les données colligées par Marcel Lajeunesse (professeur associé à l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal) témoignent d\u2019un redressement relatif des collections.Entre 1983 et 1992, le nombre de livres ajoutés annuellement à la collection augmente de 64,4 %.Pour l\u2019achat de documents, on passe de 13,89$ par étudiant en 1983 à 40,61$ en 1992, soit une hausse de 192,5 %.Cette volonté d\u2019investir dans les collections est amoindrie par un taux d\u2019inflation élevé et par l\u2019accroissement de la clientèle.C\u2019est davantage aux niveaux technologique et pédagogique que le renouveau des bibliothèques collégiales 12.\tLajeunesse (1986), ibid.: p.40.13.\tCorriveau, Louise.1986.Tensions et tendances dans les cégeps aujourd\u2019hui.Recherches sociographiques, vol 7, n° 3:388.14.\tLajeunesse (1986), op.cit., p.37.15.\tRobert, Michel, prés.1978.Groupe de travail sur l\u2019évaluation des bibliothèques de collèges.199 p.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 77 Les bibliothécaires assument un rôle pédagogique important dans les activités quotidiennes de l\u2019enseignement, par des activités dédiées à la formation documentaire.ooo se fait sentir.Un cri du cœur émane de deux bibliothécaires, directeurs de ces bibliothèques : Notre préoccupation est de nous libérer de tâches routinières, fastidieuses et répétitives grâce aux nouvelles technologies.(.) les spécialistes de la documentation, à titre de partenaires pédagogiques, veulent alléger leurs tâches techniques pour se rapprocher de leurs usagers.L\u2019automatisation leur fournit la possibilité d\u2019offrir de meilleurs services16.Plus que jamais, on est conscient du rôle pédagogique que les bibliothèques collégiales peuvent assumer si elles sont dégagées de leurs tâches routinières grâce à l\u2019automatisation des services dans un premier temps et, dans un deuxième temps, à l\u2019informatisation des opérations par le biais des systèmes de gestion intégrée.On parle en termes de réseau, de partage de services, de normalisation des pratiques de catalogage et d\u2019indexation, de prêts entre bibliothèques et de catalogue collectif.L\u2019enthousiasme est grand et les développements sont rapides.Après une expérimentation dans trois cégeps en novembre 1982 (dont celui de Trois-Rivières, qui fut le premier à informatiser ses services avec Multilis en commençant avec les modules d\u2019acquisition et de prêt), un rapport est soumis à la Commission des Affaires pédagogiques en février 1983 et, en juin, le système SIGIRD est accepté par l\u2019assemblée générale de la Fédération des cégeps.Le système est commercialisé par la compagnie SOBECO.Le 1er juillet 1985, l\u2019adhésion formelle de 36 cégeps donne naissance au réseau RENARD : réseau normalisé et automatisé des ressources documentaires.Un bibliothécaire professionnel, Jean Plante, est embauché à titre de coordonnateur (il est d\u2019ailleurs toujours en poste aujourd\u2019hui).Des investissements majeurs sont nécessaires.Au fur et à mesure de la livraison des différents modules, la néces- 16.\tHarvey, Serge et Jacques Maltais.1986.Si RENARD m\u2019était conté : Un réseau original pour les collèges du Québec.Argus, vol.15, n° 2 (juin) : 49.sité de former le personnel et de normaliser les pratiques s\u2019imposent.En 1988, la banque de données compte déjà plus de 200 000 notices.RENARD favorise grandement les échanges, grâce notamment au courrier électronique et au bulletin Apôtre.Comme le soulignent deux bibliothécaires dans la revue Pédagogie collégiale : « Avec la téléréférence, la bibliothèque devient donc de plus en plus un service d\u2019information plutôt qu\u2019un simple dépôt de ressources documentaires.17.» L\u2019assemblée générale annuelle, la liste d\u2019envoi par courriel et les comités formés par le réseau demeurent des moyens privilégiés, pour les responsables de bibliothèques, de communiquer, d\u2019échanger et de mettre en œuvre des projets collectifs.C\u2019est à cette période que plusieurs bibliothécaires changent de titre pour devenir des « spécialistes en moyens et techniques de l\u2019enseignement » (SMTE), appellation qui correspond au Library Media Specialist des collèges américains.Dès 1984, la question de l\u2019élargissement du rôle pédagogique du SMTE et de l\u2019inclusion de fonctions de conseiller pédagogique en ressources documentaires est posée.Plus que jamais, les SMTE veulent assumer un rôle actif dans les activités de l\u2019enseignement.Une enquête menée par Daniel Morin sur 52 fonctions de bibliothèques et auprès de 314 enseignants de la région de Montréal (taux de réponse de 56 %) permet de bien cerner l\u2019utilité et la pertinence du travail du SMTE et des services de la bibliothèque dans un cadre pédagogique.L\u2019enquête souligne qu\u2019en général, les services de soutien documentaire à l\u2019enseignement sont évalués de façon positive par les enseignants.Les taux de satisfaction oscillent de 3,48 à 6,26 sur une échelle allant de 1 à 718.Dès cette époque, la question de la formation documentaire se pose.Julien Marquis expose en 1983 certaines difficultés que connaissent des étudiants avec l\u2019usage des vedettes-matière.Il conclut : « L\u2019amélioration de l\u2019efficacité des étudiants nous apparaît devoir se faire autant par une meilleure initiation à la méthodologie du travail intellectuel que par la connaissance des instruments de bibliothèques19.» Un an plus tard, l\u2019enquête de Daniel Morin arrive aux mêmes conclusions et les enseignants reconnaissent l\u2019utilité de l\u2019initiation aux outils de repérage des documents20.Il est de plus en plus question de formation fondamentale et d\u2019approche par programme.Les rapports gouvernementaux ne font pas mention de la formation documentaire, mais le rapport annuel du Conseil supérieur de l\u2019éducation de l\u2019année 1983-1984 invite les collèges à insister «.sur le 17.\tGoyette, Marie et Josée Trudeau.1988.La bibliothèque et son Renard: un outil pédagogique.Pédagogie collégiale.Vol.2, n° 1, (octobre) : 19-20.18.\tMorin, Daniel.1984.L\u2019utilité des services de support documentaire dans les cégeps du Québec: l\u2019opinion des enseignants.Documentation et bibliothèques, vol.30, n° 4, (octobre-décembre) : 137-140.19.\tMorin, Daniel.1983.La recherche documentaire par vedettes-matière dans une bibliothèque de collège.Documentation et bibliothèques, vol.29, n° 4, (octobre-décembre) : 154.20.\tMorin, Daniel.Op.cit.+0*\tm\t* i \t \tRéseau des services documentaires collégiaux\t 78 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) perfectionnement de méthodes intellectuelles de travail plus propres à garantir la formation fondamentale des étudiants que toutes les mesures de rattrapage21 ».1992-1999 : renouveau collégial, Internet et rôle accru des bibliothèques En 1987, les cégeps ont 20 ans.L\u2019heure est à la remise en question.Après une série de consultations publiques menées pendant deux ans sous la conduite du Conseil des collèges, une réforme de l\u2019enseignement collégial est entreprise22.Le curriculum de formation générale est redéfini et l\u2019apprentissage par compétences s\u2019impose.Le collège de Limoilou fait figure de pionner et, profitant de ce renouveau, il propose l\u2019approche programme appliquée à la formation documentaire23.Dès 1994, Raymonde Beaudry et Marthe Fran-cœur soulignent l\u2019importance de la complicité entre les bibliothécaires et les enseignants : « Pour répondre aux objectifs de l\u2019enseignement, le fonds documentaire d\u2019une bibliothèque collégiale doit être une entité dynamique ; il se développe en fonction des objectifs pédagogiques de l\u2019enseignement collégial, des programmes et des cours24.» En situant la pertinence de la bibliothèque dans le contexte des objectifs pédagogiques des programmes et des cours, les deux auteures énoncent clairement ce qui servira d\u2019orientation pour les décennies à venir.Henriette Dion, Louis Gaudreau et Maud Godin abondent dans le même sens, deux ans plus tard, au terme d\u2019une enquête sur les pratiques de la formation documentaire au collégial.Les auteurs constatent alors plusieurs lacunes sur le plan de la connaissance des outils et des méthodes de recherche chez les étudiants et les enseignants.Ils proposent des objectifs de formation documentaire spécifiques.S\u2019inspirant de l\u2019approche axée sur les compétences développée en 1991 par Robert Burheim25, ces trois bibliothécaires apportent une contribution originale et novatrice en formulant une série de neuf compétences spécifiques liées au processus de recherche documentaire26.La généralisation de la micro-informatique et, surtout, l\u2019arrivée du réseau Internet au début des années 21.\tConseil supérieur de l\u2019Éducation ( 1984).La formation fondamentale et la qualité de l'éducation ; rapport annuel 1983-1984.Québec : Gouvernement du Québec : 46.22.\tConseil des collèges.1992.L\u2019enseignement collégial: des priorités pour un renouveau de la formation, Québec, 413 p.; Ministère de l\u2019enseignement supérieur et de la science.1993.Des collèges pour le Québec du XXIe siècle Orientations d\u2019avenir et mesures de renouveau, Québec, 39 p.; Conseil supérieur de l\u2019Éducation.1992.L\u2019enseignement supérieur: pour une entrée réussie dans le XXIe siècle, Avis, Sainte-Foy, 201 p.23.\tCégep de Limoilou.L\u2019approche par programme appliquée à la formation documentaire.http://www.climoilou.qc.ca/fr/fso8/fso802/accueil/approc.html.(Consulté dans Internet le 4 octobre 2007) 24.\tBeaudry, Raymonde et Marthe Francoeur.1994.Enseignants et bibliothécaires: des complices.Pédagogie collégiale 7 (4) (mai): 16-18.25.\tBurheim, Robert.1991.Curriculum delivery is changing \u2014 responding to the change.Queensland, Australia: Technical and Further Education \u2014 TEQ, Library Network Branch.26.\tDion, Henriette, Gaudreau, Louis et Maud Godin.1996.La maîtrise de l\u2019information: un défi pédagogique à partager.Documentation et bibliothèques vol.42, n° 2 (avril-juin): 81-85.1990, ont modifié en profondeur la nature, la structure, la qualité et l\u2019accessibilité des services offerts par les bibliothèques collégiales.Dès 1992, on accède en mode terminal à Internet par le biais d\u2019une connexion Telnet ou en mode FPT (File Transfer Prococol) pour télécharger des fichiers textuels en ASCII.GOPHER, avec son utilitaire Veronica, facilite la recherche de textes avec des opérateurs booléens.Le support numérique sur cédérom et en ligne, dans des bases de données bibliographiques ou textuelles, s\u2019impose, à titre complémentaire, à l\u2019imprimé.2000-2008 : carrefour de l'information, formation documentaire et compétences informationnelles Le 21e siècle s\u2019amorce sur des bases fragiles.L\u2019Etat a coupé 265 millions dans le réseau collégial entre 1993 et 1998 : « Tous les services liés à la vie étudiante, au soutien psychologique, à l\u2019orientation, à l\u2019encadrement ont été laminés27 », souligne le directeur général de la Fédération des cégeps, M.Gaétan Boucher.Certaines bibliothèques de plus de 4 000, même 5 000 étudiants, ne comptent qu\u2019un seul bibliothécaire professionnel.En plus de restrictions budgétaires, c\u2019est la nature même du financement des bibliothèques collégiales qui doit être révisée.Le financement relève en partie des budgets du parc immobilier et la formule retenue ne tient pas compte de l\u2019importance grandissante des ressources numériques textuelles : index bibliographiques, texte intégral de périodiques et de journaux, encyclopédie, annuaires, etc.Zone Monde.©Cégep de Granby Haute-Yamaska aifjit ¦ :\u2022 ' fréRî Heureusement, certaines bibliothèques ont pu profiter à titre exceptionnel de budgets majeurs de réaménagement et d\u2019agrandissement afin de faire face aux nouveaux besoins.D\u2019autres, le plus souvent sur une durée de deux ou trois ans, utilisent une partie des budgets de réfection d\u2019immeubles pour améliorer 27.\tCauchy, Clairandrée.2007.Mission réussie.Le Devoir, 22 août 2007 : B4.NUMÉRO SPÉCIAL 1FLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIlVJUIN 2008) | 79 les espaces physiques de prestation de services, par exemple le comptoir du prêt ou une salle pour la formation documentaire.Finalement, la majorité tente tant bien que mal d\u2019améliorer annuellement les espaces physiques en réaménageant des sections, souvent au détriment du nombre de places assises.Ces réaménagements permettent à l\u2019occasion la création d\u2019un « carrefour de l\u2019information » regroupant l\u2019audiovisuel, le soutien aux TIC (Technologies de l\u2019information et des communications) et les centres d\u2019aide.On y installe habituellement un réseau sans fil pour que les étudiants puissent y travailler avec leur ordinateur portable.On aménage également des sections plus conviviales sous la forme de salons de périodiques ou de cafés.Ces améliorations physiques font de la bibliothèque un lieu accessible, proposant de l\u2019information documentaire sous differentes formes et des espaces conviviaux pour la recherche et le travail individuel ou en groupe.Les responsables de bibliothèques participent activement à des comités d\u2019intégration des nouvelles technologies au sein de l\u2019Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC) et de l\u2019Association pour les applications pédagogiques de l\u2019ordinateur au postsecondaire (APOP).Les bibliothécaires assument ainsi un rôle pédagogique important dans les activités quotidiennes de l\u2019enseignement, par des activités dédiées à la formation documentaire.Pour s\u2019assurer du bon usage de ces ressources, la majorité des bibliothèques offre des ateliers d\u2019initiation qui ont progressivement évolué vers de véritables sessions de formation à la recherche documentaire.Une enquête réalisée dans 44 bibliothèques collégiales à l\u2019été 2002 témoigne de l\u2019importance des ateliers et des différents services offerts28.Les bibliothécaires contribuent ainsi au développement d\u2019habiletés ou de compétences informationnelles chez les étudiants et, par conséquent, à la réussite scolaire.Bibliothèque CEGEP TROIS-RIVIERES Accueil \u2022 Accessibilité \u2022 Plan du site tel UiP PéOaOOQiQUP KfNSE1CNEMENTS CÉNÉRAIIX SERVICES OFFERTS BASES OE DONNÉES AIDE A IA RECHERCHE SAUES VIRTUELLES Hemes\tBienvenue d'ouverture Du 4 septembre au 21 décembre Du lundi au jeudi de 8)1 à 19(150 Vendredi de 8h à îéhso Samedisistj nov.1er et 8 déc.de i2h à 151150 Sariez-rous que.Vue exposition se tient à fa &i6fiotficque Consultez les nouvelles acquisitions des derniers mois.Recherche internet I LL________f]® ®GM0« Otite de UbibliB ' Catalogue_______ [MANITOU7! Encyclopédie (au cégep seulement) Articles de revues (au cégep seulement] repere : Articles de journaux (au cégep seulement! BJRBtACCn il.B Ri Ko TUàrO-JM Portail de la Bibliothèque du Cégep de Trois-Rivières ©Dominique Papin Afin de faciliter le repérage de l\u2019information, des portails de bibliothèques sont créés afin d\u2019accéder au catalogue, au texte intégral d\u2019encyclopédies, de journaux ou de périodiques.Ces portails proposent également des sites Internet dont la nature académique est validée, en plus de normes méthodologiques pour la rédaction de travaux de recherche.Une nouvelle préoccupation et un vaste chantier ont pris forme en 2007.Il s\u2019agit de la création d\u2019un Profil de sortie TIC et informationnel pour l\u2019ensemble des élèves du collégial29.Ce projet est complété par la création de Ressources d\u2019Enseignement et d\u2019Apprentissage (REA) propres à soutenir l\u2019appropriation des habiletés décrites dans ce profil.Les responsables de bibliothèques sont appelés à contribuer à ce chantier en occupant pleinement, à titre de professionnels de l\u2019information, le volet concernant la recherche.Il s\u2019agit de s\u2019assurer qu\u2019un étudiant qui complète un diplôme d\u2019études collégiales soit en mesure de préciser son sujet, de rechercher de la documentation, de la gérer, de la présenter et de l\u2019exploiter en utilisant des ressources documentaires traditionnelles, numériques et des logiciels de bureautique.Étudiants à la bibliothèque ©Cégep de Shawinigan La mission première des collèges devait être la démocratisation de l\u2019enseignement pour des masses de baby-boomers.Les bibliothèques collégiales, par leurs collections et leurs services, ont contribué à l\u2019atteinte de cet objectif en facilitant l\u2019accès au livre et au document audiovisuel.Quarante ans plus tard, on est en mesure de constater que cette première mission est accomplie.De 16 % qu\u2019il était en 1961, le taux d\u2019accès aux études collégiales a grimpé à près de 60 %.La proportion de chaque génération accédant à l\u2019université a elle aussi grimpé de 7 % à 42 % à partir des années i960 jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Des centaines de milliers d\u2019étudiants ont fréquenté les bibliothèques collégiales à une époque où le support imprimé et le document audiovisuel étaient prépondérants.Dans les années à venir, des milliers d\u2019autres fréquenteront la bibliothèque de manière physique et virtuelle (par le biais des portails sur le Web) et seront en mesure de faire face aux nouvelles exigences de l\u2019enseignement collégial et de la société québécoise.Par ces pratiques mobilisatrices, les responsables des bibliothèques collégiales assument, plus que jamais, un rôle majeur dans la réussite des étudiants.® 28.Marquis, Daniel.2002.La formation documentaire dans les bibliothèques collégiales: état de la question et enquête.Documentation et bibliothèques, vol.48, n° 4, (oct.-déc.) : 69-172.29.APOP.Profil de sortie Tic et informationnel pour l\u2019ensemble des élçves du collégial.http://profweb.qc.ca/rdeladurantaye/c/profil.html.(Consultée dans Internet le 4 octobre 2007) 80 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) ARGUS g LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROFESSIONNELS nr i ivMwuinnf: (W^:wrvr*ror DE LTNKWMATION DOCUMENTAIRE DOCUM NTATION BIBLIO HÈQUES Les bibliothèques universitaires québécoises : retour vers le futur Silvie Delorme Directrice, Bibliothèque de l\u2019Université Laval silvie.delorme@bibl.ulaval.ca Résumé | Abstracts | Resumen Après avoir présenté le réseau québécois de bibliothèques universitaires, l\u2019auteure en expose les enjeux (mondialisation, recrutement des étudiants, financement, lente croissance démographique, enseignement à distance, etc.).Finalement, elle résume le plan d\u2019action du Sous-comité des bibliothèque de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec pour les années 2007 à 2010, lequel englobe, entre autres thèmes, l\u2019accès aux collections, la formation à la recherche, l\u2019accueil de nouveaux lecteurs et la collaboration avec les communautés du voisinage.University Libraries in Quebec : A Return to the Future Following a presentation of the network of Quebec academic libraries, the author describes the challenges facing the network (globalization, student recruitment, financing, slowing demographic growth, distance learning, etc.).Finally she summarizes the Conference of Rectors and Principals of Quebec Universities\u2019action plan for 2007 to 2010, which includes topics such as collections access, research training, welcoming new readers and collaboration with neighbouring communities.Las bibliotecas universitarias quebequenses : regreso alfuturo Después de presentarnos la red de bibliotecas universitarias de Québec, la autora expone cuales son los retos que estas institu-ciones deben afrontar, relacionados con : la globalizacion, las fuentes de financiamiento, la biisqueda de estudiantes, la lentitud del crecimiento demogrâfico, los cursos a distancia, etc.Final-mente, resume el plan de acciôn del subcomité de bibliotecas de la Conferencia de los redores y directores de las universidades de Québec (CRÉPUQ) para 2007-2010, que trata, entre otros tentas, del acceso a las colecciones, la capacitaciôn para la investigaciôn, la acogida para los nuevos ledores y la colaboraciôn con las comu-nidades circundantes.En 2008, le Québec compte 17 établissements universitaires francophones et anglophones fréquentés par plus de 260 000 étudiants.Montréal regroupe sur son territoire quatre universités et des écoles affiliées soit à l\u2019Université de Montréal, soit au réseau de l\u2019Université du Québec (UQ) : l\u2019Université de Montréal, l\u2019Université du Québec à Montréal, deux universités anglophones, Concordia et McGill, ainsi que l\u2019École Polytechnique, l\u2019École des Hautes études commerciales, l\u2019École de technologie supérieure (ÉTS) et l\u2019École nationale d\u2019administration publique (Énap).L\u2019Université Laval, la plus ancienne université francophone en Amérique du Nord, est située à Québec.L\u2019Université Bishop et l\u2019Université de Sherbrooke ont leur siège dans les Cantons de l\u2019Est, au sud de Montréal.Quant au réseau de l\u2019UQ, il se déploie dans plusieurs villes : l\u2019UQAC à Chicoutimi, l\u2019UQAR à Rimouski, l\u2019UQAH à Gatineau, l\u2019UQTR à Trois-Rivières, l\u2019UQAT en Abitibi-Témiscamingue, l\u2019UQAM à Montréal ainsi que l\u2019INRS (Institut national de la recherche scientifique).La création du réseau des universités au Québec remonte à 1821, date de la création de l\u2019Université McGill.Suivront l\u2019Université Bishop en 1843, l\u2019Université Laval (gérée par le Séminaire de Québec) en 1852, l\u2019Université de Montréal en 1878 (succursale de l\u2019Université Laval à l\u2019époque, elle acquiert son autonomie en 1919) ; viendront par la suite l\u2019Université de Sherbrooke en 1954 et le réseau de l\u2019UQ en 1969 (à la suite de la réforme de l\u2019enseignement au Québec).Quelques statistiques Selon les dernières statistiques disponibles (2004-2005), les budgets actuels des bibliothèques universitaires québécoises se répartissent tel qu\u2019indiqué au tableau suivant.En comparant ces données avec celles de 1994-1995, c\u2019est-à-dire dix ans plus tôt, on constate une diminution importante dans les dépenses en ressources humaines au profit des ressources documentaires.Cet écart s\u2019explique très certainement par les nombreuses coupures budgétaires et les postes abolis à la suite du départ à la retraite de leurs titulaires.Si les budgets globaux augmentaient de 30 %, les budgets alloués à la documentation, quant à eux, doublaient presque et augmentaient de 74 %.En dix ans, les collections des bibliothèques universitaires du Québec sont passées de 23 M de documents, NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIlVJUIN 2008) | 81 Tableau 1 Titre tableau ?Année\tBudget total\tDocumentation\t( % DU total)\tRessources humaines\t( % DU TOTAL) 2004-2005\t139 Ms\t54 Ms\t(38,8 %)\t79 Ms\t(56,8 %) 1994-1995\t107 Ms\t31 Ms\t(28,9 %)\t70 Ms\t(65,4 %) dont 20 M de documents imprimés en 1994-1995, à 32 M en 2004-2005 (incluant 18 M de documents imprimés).Actuellement, les statistiques ne sont pas suffisamment précises pour identifier clairement la collection numérique québécoise en regard de la collection de documents imprimés.L\u2019augmentation de la documentation numérique a eu un effet majeur sur la fréquentation des bibliothèques universitaires québécoises et nord-américaines.Entre 1994-1995 et 2004-5005, elle a diminué de 7 %, passant de 14,6 M d\u2019entrées à 13,6.L\u2019utilisation a fait un bond plus spectaculaire en raison de l\u2019accès à distance des ressources numériques : 17 M de documents empruntés et consultés sur place en 1994-1995 pour 10 M en 2004-2005, soit une diminution de 41 %.Il faut souligner que les statistiques des universités québécoises ne comptabilisent pas à ce jour les accès aux différentes sources électroniques.Cette lacune vient fausser les données d\u2019emprunts et d\u2019utilisation, lesquelles ne prennent en compte que l\u2019utilisation sur place.Les bibliothèques universitaires, tant américaines que canadiennes et québécoises, développent actuellement un modèle statistique pour rendre compte de la fréquentation des sites Web de bibliothèques ainsi que de la documentation numérique disponible.Les grands enjeux Les collections des bibliothèques universitaires québécoises se sont constituées au fil des ans.Profondément ancrées dans les orientations institutionnelles et dans les programmes d\u2019enseignement et de recherche, enrichies de nombreux dons de membres influents de leur communauté respective, elles reflètent aujourd\u2019hui le profil historique des universités québécoises.Par leur cohérence, elles révèlent le fil d\u2019une pensée, elles identifient des liens qui créent le savoir et elles nous renseignent sur les hommes et les femmes qui ont contribué au développement de la société québécoise depuis 150 ans.Par leurs silences, elles expriment les tabous d\u2019une institution, de la société, ses censures, ses ignorances.Mémoire de l\u2019institution, les collections des bibliothèques universitaires québécoises constituent un trésor patrimonial inestimable.Elles reflètent la contribution universitaire à la vie universelle de l\u2019esprit et au développement de la société québécoise.Aujourd\u2019hui, les enjeux universitaires se sont transformés, les programmes d\u2019enseignement ont connu de nombreuses modifications et la recherche s\u2019est déployée ; mais le lien des collections de bibliothèques avec l\u2019établissement est toujours aussi réel.Comment la réalité du 21e siècle influence-t-elle la mission et les orientations des universités ?Les enjeux sont nombreux et complexes.Mondialisation La mondialisation des communications et de l\u2019économie a profondément modifié la société, qui se complexifie de plus en plus : disparition de l\u2019homogénéité sociale, transformation des mœurs traditionnelles, phénomènes importants d\u2019émigration et d\u2019immigration, éclatement de la cellule familiale classique, explosion des technologies, hypermédiatisation, fracture importante et qui s\u2019accentue entre pays riches et pauvres.Ces transformations ont et auront des conséquences sur la communauté desservie par les universités.Bien que très difficiles à cerner, ces dernières impliquent sans nul doute des attentes nouvelles des étudiants face à leur formation.Économie basée sur le savoir L\u2019expansion de l\u2019économie du savoir accroît les exigences de scolarisation générale.Les employeurs exigent de plus en plus des candidats possédant un diplôme de maîtrise ou encore un doctorat afin de faire face à la compétitivité des entreprises et de s\u2019assurer un développement de pointe.Cette situation entraîne une augmentation du nombre d\u2019inscriptions à la maîtrise et au doctorat.Rôle difficile à maintenir Depuis sa création il y a des siècles, l\u2019université est reconnue comme une institution phare de la société pour son rôle essentiel dans l\u2019avancement de la connaissance et du savoir.Lieu de créativité et de recherche où doit s\u2019exprimer et se manifester la liberté de penser, l\u2019université doit demeurer, encore aujourd\u2019hui, le lieu privilégié d\u2019ouverture sur le savoir grâce à l\u2019équilibre quelle établit entre recherche fondamentale et appliquée, entre enseignement et apprentissage.De plus en plus assaillie par les enjeux économiques, l\u2019université peine par moments à maintenir cet équilibre parfois précaire et fragile.82 I NUMÉRO SPÉCIAL 1FLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) Démographie québécoise en baisse La population du Québec est vieillissante, et cela, particulièrement dans les régions du Centre et de l\u2019Est du territoire.Cette situation démographique n\u2019est pas sans incidences sur la fréquentation étudiante, également sur la relève professorale et le personnel administratif.L\u2019Association des universités et collèges du Canada prévoyait en 2002 le remplacement de 20 000 professeurs dans les universités canadiennes d\u2019ici à 2011.Le ralentissement démographique impose donc, à moyen terme, de conjuguer rareté et excellence, un défi de taille.La compétition entre les universités pour attirer les étudiants est d\u2019autant plus intense que les ressources sont réduites.Les établissements doivent, afin de bien orienter et cibler leur développement, optimiser les ressources qui leur sont allouées, poser un regard clair sur les bonnes occasions et les menaces qui s\u2019offrent à elles, analyser le contexte dans lequel elles évoluent et se donner un positionnement qui leur permettra d\u2019accomplir pleinement leur mission et d\u2019atteindre leur plein potentiel.Étudiants étrangers en grand nombre La mondialisation, l\u2019accès à l\u2019information que procurent les technologies, l\u2019importance pour les futurs professionnels et spécialistes de développer une vision large du monde et une ouverture aux diverses cultures, le tout conjugué aux conditions d\u2019études offertes aux étudiants étrangers, favorisent la mobilité de ces derniers, et leur venue, en grand nombre, dans les universités québécoises.Financement des universités En 2000, le ministère de l\u2019Éducation publiait la « Politique à l\u2019égard des universités ; pour mieux assurer notre avenir collectif »'.Divers constats y sont établis : importance du rattrapage de la scolarisation, rôle stratégique des universités dans la créativité et le renouvellement de la connaissance, nature de l\u2019université comme service public essentiel, devoir d\u2019efficience et d\u2019optimisation des ressources, reconnaissance de l\u2019autonomie des universités et de leur pouvoir d\u2019initiative, importance de la qualité de la formation, importance du rôle des universités dans la recherche et l\u2019innovation, valorisation de la mise en commun des ressources et du partenariat.Diverses mesures sont proposées afin de favoriser le développement des orientations retenues.Mais le réseau universitaire québécois est toujours sous-financé : de nombreuses études l\u2019ont démontré clairement.Or, cette situation constitue une entrave réelle à une formation de qualité ainsi qu\u2019au développement des 1.Québec, ministère de l\u2019Éducation, Politique québécoise à l\u2019égard des universités ; pour mieux assurer notre avenir collectif, 2000,37 p.études supérieures, conditions essentielles à la formation de la relève et à la création de nouvelles connaissances.' Technologies de l'information Les technologies de l\u2019information ont envahi tous les domaines de la société, y compris l\u2019enseignement, la recherche, la formation, la gestion et la diffusion de l\u2019information.Les universités développent de nouveaux environnements numériques d\u2019apprentissage (ENA) où l\u2019ensemble des besoins d\u2019enseignement, d\u2019apprentissage, de recherche et d\u2019administration sont intégrés en un système unique à accès contrôlé.Cependant, tous les membres de la communauté ne maîtrisent pas également l\u2019ensemble de ces outils en constante évolution.Il est donc important pour les milieux universitaires de mettre en place des outils de formation tant pour les professeurs que pour les chercheurs, les étudiants et le personnel.De plus, la compétitivité et le positionnement des universités dépendent de leur capacité à s\u2019adapter et à se placer à la fine pointe des développements technologiques dans un monde où les géants de l\u2019information, tels Google, Microsoft et Amazon, empiètent sur des secteurs historiquement contrôlés par les gouvernements ou les institutions publiques.Pour ce faire, elles doivent donc s\u2019assurer de la compétence et de l\u2019expertise de leurs personnels.Apprentissage à distance, formation continue et « E-Learning » Dans un contexte où la population est de plus en plus mobile, exigeante, en formation continue et où les étudiants poursuivent souvent leurs études tout en travaillant, la formation en ligne ou à distance apparaît comme une avenue importante pour l\u2019avenir.Plusieurs universités ont emboîté le pas aux institutions déjà engagées dans cette voie et d\u2019autres amorcent une évolution en ce sens.Cette avenue constitue un enjeu majeur dans la chasse aux étudiants.Les difficultés ne sont pas absentes : qualité des contenus, suivi pédagogique, maîtrise des apprentissages, diplomation, etc.La pénétration des technologies de l\u2019information dans tous les secteurs de la vie tant économique que sociale et familiale a profondément modifié les habitudes de vie et de communication de toute une génération.Quelle soit appelée Net gen, « Génération Y », « enfants du numérique » ou Next gen, la génération des 14-24 ans a grandi avec les jeux électroniques et les ordinateurs et a développé une vision du savoir, des sources d\u2019information et des manières d\u2019y accéder qui diffère entièrement de celle des générations précédentes.Elle se définit comme étant « multitâches » et très visuelle.Elle favorise le travail en groupe, apprend par elle-même et par expérience, elle est tout autant productrice que consommatrice.Ces caractéristiques auront une influence déterminante sur le développement d\u2019outils d\u2019apprentissage, sur les méthodes pédagogiques utilisées NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) | 83 Par leurs silences, les collections des bibliothèques universitaires québécoises expriment les tabous d\u2019une institution, de la société, ses censures, ses ignorances.Mémoire de l\u2019institution, elles constituent un trésor patrimonial inestimable.00CKXXX>CKXXXX>00C>0 par les professeurs de même que sur les services et les ressources offertes.Les bibliothèques universitaires : retour vers le futur Intégrées à la mission des universités, les bibliothèques n\u2019échappent aucunement aux enjeux décrits jusqu\u2019ici.Ceux-ci impliquent de nombreuses adaptations de la part des bibliothèques, sans compter d\u2019importants virages : de l\u2019accès aux collections à un accès au contenu, saut dans l\u2019univers numérique et réappropriation de la fonction de la bibliothèque en tant que lieu vivant de création, d\u2019apprentissage et de recherche.Accès aux collections et accès au contenu Si les premières bibliothèques du monde trouvaient leur origine dans l\u2019érudition et le savoir de leur fondateur, la création de l\u2019imprimerie puis, quelques siècles plus tard, l\u2019explosion de l\u2019information ont imposé un glissement lent mais réel de la gestion du contenu vers le contenant.La prégnance de la documentation numérique impose aujourd\u2019hui un retour vers la gestion des contenus et du savoir ainsi que le déploiement d\u2019une offre de service où les compétences et les expertises s\u2019enracinent au cœur de ces derniers.Diffusion des publications savantes La recherche universitaire et l\u2019enseignement sont tributaires de l\u2019accès au savoir et à l\u2019information.Dans ce contexte, la diffusion des publications savantes est primordiale et les bibliothèques y jouent un rôle nouveau et de plus en plus important.De plus, le soutien et la formation à la recherche comme le développement d\u2019outils performants constituent des éléments-clés dans les processus de recherche.En raison des coûts importants de la documentation, les bibliothèques ont créé des regroupements afin d\u2019établir un pouvoir de négociation auprès des éditeurs de revues savantes.L\u2019adhésion des bibliothèques à des logiciels à code source libre favorise une plus grande diffusion de l\u2019information de même que la création de dépôts institutionnels qui fournissent une vitrine importante aux recherches et aux publications des établissements.De plus, la création de dépôts de thèses électroniques augmente la visibilité et la consultation de celles-ci.La transformation du rôle de la bibliothèque de simple fournisseur de documents imprimés à gestionnaire de contenus, éditeur et créateur d\u2019outils et de logiciels, impose des transformations majeures au sein même de l\u2019organisation et de ses liens avec l\u2019université : développement de services technologiques, formation du personnel, ajout de nouvelles connaissances, liens avec les services juridiques quant aux questions de propriété intellectuelle et de droit d\u2019auteur.Collections numériques : accès et préservation La numérisation de la documentation s\u2019effectue à la « vitesse grand V ».De nombreux programmes ont vu le jour dans différents pays : l\u2019Europe s\u2019est mobilisée contre le programme Google ; l\u2019Association des bibliothèques de recherche canadiennes a mis sur pied « Alouette Canada », qui vise à coordonner les efforts en ce sens ; et tout dernièrement, à l\u2019automne 2007, Bibliothèque et Archives du Canada coordonnait un projet intitulé « Stratégie canadienne sur l\u2019information numérique ».Le Québec participe activement à ces projets.Certains établissements, généralement les mieux nantis, développent une expertise en numérisation.Cependant, les budgets alloués à ces projets n\u2019émargent pas au budget de base de la bibliothèque mais proviennent de fonds extérieurs et, bien souvent, les programmes de numérisation doivent s\u2019autofinancer.Cette activité nécessite également des ressources spécialisées qui ne font pas partie du personnel permanent des bibliothèques.De plus, la numérisation des collections pose avec acuité le problème de la préservation et de l\u2019archivage.Actuellement, les documents numérisés ne bénéficient d\u2019aucune conservation à long terme.Des solutions partielles sont élaborées mais aucune ne propose de solution réellement satisfaisante.De plus, les États, pour contrer la privatisation de la numérisation de l\u2019information et de la documentation ainsi que sa diffusion par des géants tels que Google, ont mis sur pied divers programmes de numérisation auxquels il est impératif que les bibliothèques se joignent.Maîtrise des nouveaux outils : importance de la formation à la recherche La documentation est de plus en plus abondante, les sources d\u2019information se multiplient, les outils de repérage se complexifient.La formation à la recherche ou à la culture informationnelle devient un impératif tant pour les professeurs, lesquels n\u2019ont pas toujours le temps de se familiariser avec les nouveaux outils de 84 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) recherche, que pour les étudiants qui doivent acquérir une pleine maîtrise de l\u2019information.La bibliothèque doit donc s\u2019adapter à ces réalités et développer divers types de formation répondant aux divers besoins des membres de la communauté universitaire et d\u2019outils donnant accès à l\u2019information : programme de cours intégrés à l\u2019enseignement, sessions individuelles, autoformation, cours à distance, etc.Pour ce faire, elle aura avantage à s\u2019adjoindre la collaboration de services tels les services pédagogiques, la formation à distance et les services informatiques et technologiques.La bibliothèque, lieu vivant de création, d'apprentissage et de recherche Tout en se réappropriant la fonction de lieu de réflexion, de recherche et d\u2019apprentissage quelles ont toujours été, de nombreuses bibliothèques ont déjà compris l\u2019importance d\u2019ajuster leurs services aux besoins des usagers d\u2019aujourd\u2019hui et à leurs habitudes de travail.Elles ont développé des centres d\u2019apprentissage où information numérique, banques de données et outils technologiques sont offerts et appuyés par des services de personnel professionnel et technique, bibliothécaires, techniciens en documentation ou informaticiens.Lieu complémentaire de la salle de cours, la bibliothèque devient un lieu vivant de création, d\u2019apprentissage, de formation à la recherche et de travail en équipe tout en laissant une place importante à la socialisation.Ces fonctions ne peuvent toutefois se réaliser sans un soutien et des liens constants avec les facultés et les professeurs.Nouveaux publics : nouvelles habitudes documentaires Les générations X et Y sont nées à l\u2019ère du numérique et ont développé un rapport à la technologie qui se démarque entièrement de celui des générations précédentes.Comme l\u2019indiquent de nombreuses études, les personnes appartenant à ces groupes ne sont plus de simples consommatrices d\u2019information mais deviennent productrices d\u2019information et participent à l\u2019accroissement et à la diffusion des connaissances.Ces attitudes impliquent une offre de service qui tienne compte des changements et qui s\u2019adapte aux besoins des étudiants.Parallèlement, la génération des « boomers », génération instruite et en âge de prendre sa retraite, retrouve avec plaisir et intérêt les bancs de l\u2019université et constitue une communauté universitaire composée de jeunes retraités actifs aux besoins multiples.De plus, l\u2019ouverture de nos sociétés à la mondialisation a une incidence importante sur l\u2019augmentation du nombre d\u2019étudiants étrangers.Cette situation crée une pression accrue sur les services qui doivent s\u2019adapter à des cultures, des mentalités et des rapports humains différents.La numérisation grandissante de la documentation ainsi que les accès à distance ont passablement modifié le paysage de la fréquentation de la bibliothèque traditionnelle.Ainsi, si la fréquentation sur place pour l\u2019emprunt d\u2019un document en rayon a diminué, la fréquentation des portails, des sites Web et des banques de données a considérablement augmenté et les bibliothèques qui se sont équipées de centres d\u2019apprentissage ont vu.leur fréquentation s\u2019accroître à un rythme important.Communauté environnante et partenariats Souvent financées par les fonds publics, l\u2019université et la bibliothèque s\u2019ouvrent de plus en plus à la communauté en offrant expertise, services et infrastructures.Ce qui implique le développement de services répondant aux besoins des citoyens, l\u2019augmentation de la fréquentation tant des installations que des services existants ainsi qu\u2019un engagement des employés dans la communauté.Malheureusement, cette ouverture se réalise bien souvent sans ajout de ressources.La situation financière difficile des universités a amené celles-ci à promouvoir et à imaginer de nombreux partenariats.Cette tendance à rechercher des sources externes de financement ou à développer des projets de collaboration afin de partager les coûts s\u2019est étendue également aux bibliothèques, lesquelles doivent de plus en plus financer les activités reliées à leur nouveau rôle grâce à des sources externes.La situation exige de nouvelles compétences de la part des gestionnaires de la bibliothèque et peut parfois justifier un savoir-faire en commercialisation et en développement de produits.Comme on peut le constater, les transformations majeures du rôle de la bibliothèque universitaire ont une incidence importante sur le milieu québécois, sur les compétences du personnel de même que sur les services offerts et les ressources nécessaires pour réaliser ce mandat.Les défis sont de taille, certes, mais les bibliothèques doivent poursuivre leur mission de diffusion de la connaissance au profit de la recherche et de l\u2019enseignement en sachant s\u2019adapter et tirer partie des bonnes occasions.Un plan d'action, 2007 à 2010 Les bibliothèques universitaires québécoises sont directement confrontées à des enjeux essentiels pour leur avenir.Déjà innovantes en 1967, elles se regroupaient à la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec en un sous-comité, lequel fêtait sont 40e anniversaire en 2007.Elles ont su, depuis de nombreuses années, travailler en partenariat afin de développer une force commune et partager leurs ressources.Le sous-comité possède une longue tradition de concertation.Malgré la compétition entre les NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) | 85 La prégnance de la documentation numérique impose aujourd'hui un retour vers la gestion des contenus et du savoir ainsi que le déploiement d\u2019une offre de service où les compétences et les expertises s\u2019enracinent au cœur de ces derniers.ooc>o un jour dans la partie supérieure de l\u2019organigramme, un autre dans le tiers inférieur.Les bibliothèques des ministères sont affectées par un deuxième phénomène : les réaménagements administratifs, les fusions ou les séparations, les efforts de déconcentration ou de décentralisation.Ces perspectives sont courantes pour toutes les entreprises.Elles résultent généralement d\u2019une volonté de rationaliser les services documentaires au même titre que les services propres ou emblématiques d\u2019un ministère.Mais le sort réservé à la documentation s\u2019explique souvent par les soubresauts de la vie politique, par la popularité d\u2019un thème dans l\u2019opinion publique, par le va-et-vient des grandes tendances en matière de centralisation ou de dévolution.Il arrive quelle soit victime d\u2019un mouvement administratif plus large : ainsi, en 1994, le ministère des Communications disparaissait et la bibliothèque administrative, pourtant au service prioritaire des fonctionnaires, se retrouva sous la tutelle du ministère des Relations avec les citoyens et de l\u2019Immigration14.Depuis 2005, elle relève du Centre des services partagés15.Un tel contexte pourrait peut-être expliquer cet extrait d\u2019un rapport de comité d\u2019étude selon lequel les bibliothèques gouvernementales «naissent et meurent.au hasard des besoins comme au gré des circonstances »16.Il est arrivé aussi qu\u2019un organisme de tutelle se sente débordé par l\u2019ampleur et le rayonnement d\u2019une bibliothèque.Ce fut le cas de Gaston-Miron, bibliothèque appelée ainsi depuis 2003, logée à la Délégation du Québec à Paris, laquelle profitera bientôt d\u2019un statut tout à fait particulier17.Depuis sa création en 1964, la bibliothèque relevait du ministère des Relations internationales comme s\u2019il s\u2019était agi d\u2019une simple bibliothèque intérieure.Mais elle était plutôt une bibliothèque de référence ou de recherche mise à la disposition des étudiants et des chercheurs québécois ou français et des établissements universitaires européens18.Aussi peut-on comprendre les réticences des hauts fonctionnaires du Ministère à allonger des crédits pour un tel établissement.Et il s\u2019en est fallu de peu que l\u2019on fermât la bibliothèque ou qu\u2019on en envisageât la possibilité19.Dorénavant, la bibliothèque relèvera à la fois du Ministère et 14.\tHoule, Louis.2002:46.15.\tBernier, Marion (et autres) : 36.16.\tQuébec.Comité d\u2019étude.1971:16.17.\tLe Devoir, 25 septembre 2007, p.B-8.18.\tMarcel, Jean.1995:47-48 et Matlag, Ursula.2000:95-96.19.\tLe professeur Jean Marcel avait lancé un cri d\u2019alarme en 1995 (Marcel, Jean.1995 : 47-48) et le Devoir (voir supra, 17) nota qu\u2019une pétition circulait en septembre 2007.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) | 93 Les bibliothèques de l\u2019État laurentien - la Nationale mise à part - servent avant tout un lectorat interne.La bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale est le bras documentaire des parlementaires, de leurs collaborateurs et du secrétariat administratif de la maison.oooooooooooo de la Grande Bibliothèque du Québec.La solution est des plus logiques, compte tenu de ses caractéristiques : collections encyclopédiques et de recherche, « reflet du patrimoine littéraire laurentien » a-t-on écrit20, lectorat formé avant tout de chercheurs et d\u2019étudiants et non de fonctionnaires.Ce sont là des réalités qui ne pouvaient que rapprocher les deux établissements, d\u2019autant plus que la Nationale avait versé de nombreux dons à la maison du Québec à Paris.La vie administrative aléatoire des bibliothèques de l\u2019État québécois est, pourrait-on dire; assurée, en tout cas rendue possible, par l\u2019absence de coordination centrale.Les ministères sont jaloux de leurs prérogatives et de leur liberté d\u2019action.Pour sa part, depuis un quart de siècle, l\u2019Assemblée nationale est administrée comme un organisme quasi autonome à l\u2019intérieur des structures étatiques.Et, habituellement, on ne se risque pas à mettre en cause la séparation de l\u2019Exécutif et du Législatif.De là, le scepticisme et l\u2019échec relatif21 des propositions22 de mise sur pied d\u2019un bureau de coordination proposé par le comité présidé par Jacques Prémont en 1970 et 1971 et même des réalisations qui semblent, à première vue, aller à l\u2019encontre d\u2019une décision générale23.De là aussi la valse hésitation en ce qui a trait au mandat et aux pouvoirs de la bibliothèque collective mise sur pied en février 1972 et gérée par le ministère des Communications.De là aussi, malgré des perspectives mitigées, des résultats pratiques en matière de coordination (système intégré, catalogue collectif).Les collections Les collections acquises et mises à disposition par les bibliothèques de l\u2019État québécois se sont toujours avantageusement comparées à celles des établissements du voisinage, de par leur diversité d\u2019abord, de par leur ampleur d\u2019autre part.Les gouvernements élargissent sans cesse leurs champs d\u2019intervention et en découvrent de nouveaux.20.\tMatlag, Ursula.2000 : 97.21.\tUn comité de coordination des bibliothèques administratives fut mis sur pied à la suite du rapport Prémont mais il fut aboli vers 1980 (Lajeunesse, Marcel.1991: 2) 22.\tVoir recommandations n° 6 et 7 (Québec.Comité d\u2019étude.1971:10).23.\tEn 1976, on demande au ministère des Communications d\u2019agir comme agent de concertation en matière de services documentaires communs.Mais la prolifération de bibliothèques continue sans grande planification d\u2019ensemble (Houle, Louis.2002: 46).Les centres d\u2019intérêts des hommes et des femmes politiques ont toujours été au diapason des préoccupations des citoyens, tout en étant synchrones avec l\u2019évolution des sciences, et de la technologie.Dès le début du siècle dernier, le réseau informel des bibliothèques du fonctionnarisme et de la représentation nationale offrait toute la palette des disciplines et des champs de compétence : agriculture, colonisation et mines, instruction publique, terres, forêts et pêcheries, travaux publics, sans oublier les fonctions régaliennes et administratives.Les domaines d\u2019excellence des trop rares bibliothèques de l\u2019époque constituaient une mine d\u2019or pour les abonnés de l\u2019intérieur et pour les lecteurs forains.L\u2019ensemble des collections dispersées, mal classées et mal cataloguées sans doute, représentait tout le spectre des préoccupations du moment.Les temps ont changé, la société a évolué.Les États s\u2019engagent désormais dans des domaines autrefois négligés ou ignorés : environnement, culture, santé, etc.Les bibliothèques qu\u2019ils entretiennent disposent, pendant le même temps, de fonds documentaires de plus en plus en riches.Si bien quelles constituent, prises globalement, une collection encyclopédique.La diversité de la documentation imprimée de l\u2019État n\u2019a pas été souvent soulignée.Mais on n\u2019a pas manqué de noter l\u2019ampleur des collections réunies.En 1970, on évaluait que 46 bibliothèques (sans tenir compte de la Bibliothèque nationale) possédaient près de 500 000 livres et étaient abonnées à 10 400 périodiques24.Quelques mois plus tard, un deuxième comité d\u2019étude mentionnait un chiffre de 826 000 unités physiques (1 026 000 si on incluait la Bibliothèque nationale)25.Un fait intéressant à souligner : l\u2019étude comparait ce chiffre à celui de la bibliothèque de l\u2019Université Laval qui comptait alors 1 058 000 volumes.Près d\u2019un quart de siècle plus tard, on parlait de 600 000 documents, dont la moitié aurait été conservée à la bibliothèque des députés26.Actuellement, en 2006-2007, tout en sachant que le nombre de volumes d\u2019un établissement documentaire ne constitue plus une mantra ou une panacée, on peut souligner que 38 bibliothèques intérieures (Nationale exclue) mettent à disposition 1 900 000 volumes et 8 785 périodiques en cours.La diversité et la quantité de la documentation des bibliothèques gouvernementales doivent être mises en contexte avec la nature de ces dernières.On n\u2019a pas ici à conserver systématiquement les monographies, les périodiques, les brochures, etc.On met avant tout l\u2019accent sur les titres récents et à jour.Les secteurs protégés se limitent sans doute à des domaines précis et limités appelés à varier avec les années et, surtout, aux publications et aux parapublications de l\u2019État.Au demeurant, la multiplication des titres numérisés et leur mise à disposition à distance modifient l\u2019importance de l\u2019imprimé 24.\tMunger, Denys.1971: 92.25.\tQuébec.Comité d\u2019étude.1971: 20 et annexe F.26.\tAllaire, Daniel.1994: 63.94 I NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 I ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) et sa signification.Il faut aussi tenir compte d\u2019autres facteurs à l\u2019intérieur du réseau : l\u2019application du principe de subsidiarité, le partage des ressources et l\u2019adoption du principe de collection-réseau27.Les lecteurs ou abonnés Tous les intrants dont il a été question jusqu\u2019ici (fonctions, crédits, structures et collections) ne sont conçus ou accordés qu\u2019en vue d\u2019un bassin de lecteurs ou d\u2019abonnés.Les bibliothèques dites gouvernementales sont d\u2019abord et avant tout établies pour répondre aux besoins documentaires d\u2019un public naturel : la représentation nationale et le secrétariat administratif de l\u2019Assemblée pour ce qui est de la bibliothèque parlementaire ; les ministères et la Fonction publique en ce qui a trait à la bibliothèques administratives.Le lectorat intérieur est leur raison d\u2019être.Il justifie l\u2019ampleur des crédits, la qualification professionnelle des employés, la nature des collections et la profondeur des prestations.Les lecteurs intérieurs sont toujours à l\u2019arrière-plan des fonctions et rôles élaborés pour chacun des établissements et, lorsqu\u2019il y a dérapage, les autorités politiques sonnent le rappel28.La prégnance de ce lectorat distingue ces derniers des bibliothèques nationales (émargeant elles aussi au budget des États), lesquelles ont des mandats territoriaux plus généraux, plus universels pourrait-on dire.Les clientèles intérieures, même si elles pèsent de tout leur poids sur l\u2019évolution des bibliothèques de l\u2019État, ne constituent pas toujours un motif d\u2019exclusion des lecteurs forains.Les hommes politiques québécois, qui se sont servis d\u2019une bibliothèque privée de 1792 à 1802, ont par la suite ouvert la leur au public de la capitale selon un régime à éclipses, variable dans le temps et tenant compte des sessions et des intersessions.En 1939, un député nota que de nombreux citoyens venaient à la bibliothèque chaque jour et suggéra qu\u2019on libéralise le règlement29.De fait, elle aura servi citoyens, étudiants, chercheurs et fonctionnaires des ministères, ces derniers autrefois logés à proximité du palais législatif, sinon à l\u2019intérieur même.On écrit dans le rapport Prémont : «Pendant de nombreuses années, la Bibliothèque.a joué un double rôle : elle fut à la fois la bibliothèque de l\u2019administration québécoise \u2014 la seule jusqu\u2019à la création, en 1920, de la bibliothèque du ministère du Travail \u2014 et la bibliothèque publique de la ville de Québec.En dehors des sessions parlementaires.elle ouvrait largement ses portes au public.»3°.Malheureusement, les données relatives au lectorat externe des bibliothèques de l\u2019État sont très rares.On 27.\tAllaire, Daniel.1994 : 65.Une bibliothèque devient responsable d\u2019un titre, en assure la conservation et le met à la disposition du réseau.28.\tUn cas suffira, mais on pourrait les multiplier : « La rationalisation.dans les années 1990 a forcé le SID (Service d\u2019information documentaire) à se concentrer sur son mandat premier .les nouveaux développements sont pensés en fonction des serviteurs de l\u2019État.» (Houle, Louis.2002: 47).29.\tCalixe Dumas, L\u2019Action catholique, 2 février 1939.30.\tQuébec.Comité d\u2019étude.1971 : Annexe B et p.3.Il est arrivé aussi qu\u2019un organisme de tutelle se sente débordé par l\u2019ampleur et le rayonnement d\u2019une bibliothèque.Ce fut le cas de Gaston-Miron, bibliothèque appelée ainsi depuis 2003, logée à la Délégation du Québec à Paris, laquelle profitera bientôt d\u2019un statut tout à fait particulier.oooo sait cependant qu\u2019en 1969, à la suite d\u2019une enquête auprès de 37 d\u2019entre elles, 17 accueillaient les spécialistes de l\u2019extérieur et 10, les étudiants31.Une étude récente (2006-2007) révèle que 32 sur 40 répondent aux questions des citoyens qui leur sont adressées sur place ou à distance, par téléphone, par télécopieur ou par courriel.Les rapports d\u2019orientation ou de planification n\u2019abordent pas le sujet.Les statistiques ne sont jamais très explicites.Mais, chose sûre, les autorités documentaires n\u2019interdisent pas l\u2019accès des salles de lecture ni des collections au public même s\u2019ils ne vont pas jusqu\u2019à le publiciser ou à l\u2019encourager.Un rapport récent vient d\u2019ailleurs d\u2019exprimer le souhait que « les ressources de la bibliothèque \u2014 lire : les bibliothèques administratives contemporaines \u2014 doivent être davantage visibles sur le Web »32.La présence des catalogues électroniques dans l\u2019Internet offre une fenêtre à tous à l\u2019égal des catalogues imprimés des 19e et 20e siècle.Une bibliothèque du réseau prête aux citoyens les cassettes vidéo et des « dévédés » (ou dvd) produits par l\u2019État.Conclusion Pour faire un tour d\u2019horizon complet de la situation des bibliothèques de l\u2019État québécois (législative et administratives), il faudrait aborder des thèmes comme le personnel du passé, celui actuellement en fonction et celui qui sera en place dans dix ou vingt ans de même que les réflexes nouveaux que l\u2019État devra développer.Il faudrait également décrire tout le réseau de collaboration et d\u2019échanges qui relie ces bibliothèques entre elles et avec le milieu documentaire périphérique (celui des universités en particulier) ; parler de l\u2019importance, peut-être décroissante, des locaux et de leur emplacement à mesure que se généralise la numérisation et s\u2019implante la télématique ; s\u2019intéresser aux grandes caractéristiques des services souhaités (instantanés ?officinaux ou magistraux ?fournis électroniquement ?assimilables rapidement ?fiables ?).De même y aurait-il heu que des étudiants, des chercheurs ou des retraités de la documentation entreprennent des recherches sur les bibliothèques administratives les plus chargées d\u2019histoire et 31.\tAssociation canadienne.1969 : 3.32.\tCefrio.2007:17.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 \\ ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) | 95 Les collections acquises et mises à disposition par les bibliothèques de l\u2019État québécois se sont toujours avantageusement comparées à celles des établissements du voisinage, de par leur diversité d\u2019abord, de par leur ampleur d\u2019autre part.oock>oc> sur celles qui ont laissé le plus de documents archivés.De fait, le secteur est en friche depuis toujours et, comme tous les services intérieurs, il reçoit, sauf exception, peu d\u2019attention des médias et des milieux professionnels.En tout état de cause, les services documentaires internes expérimenteront toujours les soubresauts administratifs.Mais leur existence est assurée.Il leur faudra toutefois tenir compte de l\u2019évolution : généralisation du numérique et de la télématique, effacement relatif de l\u2019imprimé, accélération des moyens de communication, multiplication des données en vrac, etc.Les défis qui se présentent sont nouveaux mais les bibliothèques, depuis quelles existent, en ont déjà relevés plusieurs.Pour l\u2019heure, les spécialistes de la documentation de l\u2019État québécois ont déjà un aperçu des voies de l\u2019avenir : documentation électronique, stockage, conservation et indexation, mise en commun des ressources et abonnements groupés, coordination, entente de partenariat à titre gracieux ou à titre onéreux33, participation à la gestion de l\u2019information gouvernementale, déconcentration des fonctions traditionnelles, bibliothécaires volants et veille documentaire, élargissement du réseau, etc.Bref, la « cyberbéatitude » n\u2019est pas pour demain et de nombreux créneaux restent à occuper.Comme l\u2019a écrit Jean-Claude Guillebaud : L\u2019explosion des réseaux ouvre de nouvelles perspectives, mais il est de plus en plus difficile de faire le tri entre le bluff, les concessions convenues à la modernité et ce qui va s\u2019avérer décisif, fondateur.le prochain siècle .sans aucun doute cybernétique, connecté et numérisé.n\u2019en affrontera pas moins les mêmes contradictions, les mêmes débats, les mêmes incomplétudes que celui qui s\u2019achève34.® Sonrres consultées Association canadienne des bibliothécaires de langue française.Septembre 1966.Comité de planification des bibliothèques gouvernementales 1964-1965 ; Rapport du président.Montréal : A.C.B.L.F.Association canadienne des bibliothécaires de langue française.1969.Comité de planification des bibliothèques gouvernementales ; Rapport final.Montréal : A.C.B.L.F.Allaire, Daniel.1994.Le réseau informatisé des bibliothèques gouvernementales.Documentation et bibliothèques, vol.40, n°2 (avril-juin 1994) : 61-66.Bernier, Marion (et autres).2007.La bibliothèque Cécile-Rouleau ; au cœur de la colline parlementaire.Argus, vol.36, n° 1 (printemps-été) : 36-37.Cefrio.2007.Rôle, actualisation et stratégies d\u2019affaires des bibliothèques gouvernementales ; analyse et recommandations présentées au Réseau informatisé des bibliothèques gouvernementales.Québec : Cefrio.43 p.Charbonneau, Monique.1983.Les bibliothèques gouvernementales en pleine évolution.Documentation et bibliothèques, vol, 29, n°i (janvier-mars) : 15-18.Gallichan, Gilles.1998.L\u2019État québécois et ses bibliothèques.In Les Bibliothèques québécoises d'hier à aujourd\u2019hui ; actes du colloque de l\u2019Asted et de l'AQÉI, Trois-Rivières, 27 octobre 1997.Montréal : les Éditions Asted : 79-99.Gordon, Ross.2005.Histoire du livre et de l'imprimé au Canada ; vol.II : de 1840 à 1918.Montréal : les Presses de l\u2019Université de Montréal : 292- 293.Houle, Louis.2002.De la bibliothèque au partage des connaissances.Documentation et bibliothèques, vol.48, n°2 (avril-juin) : 45-49.Lajeunesse, Marcel.1991.L\u2019État et ses bibliothèques au Québec.In L\u2019État et l\u2019imprimé ; paperasse ou nécessité ; Colloque de l\u2019Association québécoise pour l\u2019étude de l\u2019imprimé, 21 et 22 novembre 1991.Lajeunesse, 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(AVRIL/JUIN 2008) ARGUS g LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROTCSSIONNELS : LlVH'RMAnoN DOCUMENT Ai RC DOCUM NTATION BIBLIO HÈQÜES Le milieu des archives au Québec : un atout pour les administrations et le patrimoine Carol Couture Conservateur et directeur général des archives Bibliothèque et Archives nationales du Québec carol.couture@banq.qc.ca JEAN-PIERRE THERRIEN Adjoint au conservateur et directeur général des archives Bibliothèque et Archives nationales du Québec jp.therrien@banq.qc.ca Résumé | Abstracts | resumen Les archives et les bibliothèques occupent de plus en plus les mêmes tribunes et sont souvent réunies au sein de mêmes institutions comme Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Pour mettre en contexte cet état de la situation des archives au Québec, les auteurs présentent l\u2019évolution de l\u2019archivistique québécoise et de l\u2019encadrement juridique dans lequel œuvrent les archivistes.Ils esquissent un portrait du milieu archivistique québécois et concluent en évoquant les principaux enjeux auxquels est confronté le milieu des archives au Québec.Archives in Quebec : An asset for administrations and heritage Archives and libraries are increasingly discussed within similar forums and are often grouped within the same institutions, such as Library and Archives Canada (LAC) and the Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).To contextualize the state of affairs of archives in Quebec, the authors discuss the evolution of archive administration within the province as well as the legal framework in which archivists operate.They also provide an overview of the archival environment in Quebec and conclude by stating major issues facing it.El medio de los archivos en Québec : una gran riqueza para las administraciones y para el patrimonio Cada vez es màs frecuente que los servicios de archivos y biblio-tecas ocupen una misma tribuna, al punto que ciertas institu-ciones han reunido ambos elementos bajo un mismo techo, como Bibliothèque et Archives Canada (BAC) o Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ).Para contextualizar esta realidad, los autores presentan la evoluciôn de la archivonomia en Québec y del marco juridico en el que laboran los archivistas, al tiempo que nos ofrecen un retrato somero de este medio.A modo de conclusion, también explican los principales problemas a los cuales se enfrenta actualmente el medio de los archivos quebequense.Signe des temps, inéluctable évolution ou inévitable convergence provoquée par la mondialisation et l\u2019insatiable soif de connaissances que semble générer l\u2019explosion des technologies de l\u2019information, les archives et les bibliothèques se retrouvent de plus en plus souvent non seulement sur les mêmes tribunes, mais aussi réunies au sein des mêmes institutions comme Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Impensable et hérétique hier encore, ce rapprochement apparaît pourtant presque naturel au regard des sciences de l\u2019information et du patrimoine documentaire, deux domaines auxquels s\u2019identifient les bibliothèques et les archives.Pour mettre en contexte cet état de la situation des archives au Québec1, nous croyons utile de présenter brièvement l\u2019évolution de l\u2019archivistique québécoise et de rappeler le cadre juridique dans lequel œuvrent les archivistes.Le portrait du milieu archivistique québécois sera quant à lui forcément synthétique et parfois même un peu impressionniste, faute de données précises dans certains secteurs.Nous conclurons le propos en évoquant les principaux enjeux auxquels est confronté le milieu des archives au Québec.L'archivistique québécoise : une approche originale et un cadre juridique bien établi Au Québec, la Loi sur les archives (L.R.Q., c.A-21.1), adoptée en 1983, définit les archives comme « l\u2019ensemble des documents, quelle que soit leur date ou leur nature, produits ou reçus par une personne ou un organisme pour ses besoins ou l\u2019exercice de ses activités et conservés pour leur valeur d\u2019information générale ».Ainsi, les archives regroupent tous les documents anciens et récents, quel que soit leur support, qui sont 1.Lors de la tenue du Congrès international des archives à Montréal en 1992, l\u2019Association des archivistes du Québec (AAQ) a publié un numéro spécial de sa revue Archives qui dressait un état de la situation des archives au Québec à cette époque : Archives.L\u2019expérience québécoise, volume 24, numéros 1-2, été-automne 1992, 372 p.Plusieurs éléments de cet état de situation sont toujours pertinents.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) | 97 La double identité des archives - outil de gestion et objet de mémoire - marque l\u2019histoire contemporaine de la profession et de la discipline, constitue la base même de Varchivistiquepratiquée au Québec et fonde son originalité.ckxxxx>oc>ooooooo autres que les documents publiés et ceux visés par le dépôt légal.Produit administratif et culturel, elles sont donc un outil de travail, l\u2019expression au quotidien de nos gestes et de nos activités.La double identité des archives \u2014 outil de gestion et objet de mémoire \u2014 marque l\u2019histoire contemporaine de la profession et de la discipline, constitue la base même de l\u2019archivistique pratiquée au Québec et fonde son originalité.Depuis le milieu des années i960, l\u2019archivistique québécoise a connu sa « révolution tranquille », passant progressivement d\u2019une archivistique traditionnelle, science auxiliaire de l\u2019histoire centrée essentiellement sur les documents à caractère historique, à une archivistique moderne, science à part entière axée sur une notion beaucoup plus englobante des archives.En fait, le Québec a développé une approche originale de l\u2019archi-vistique en faisant le lien entre l\u2019archivistique de patrimoine, pratiquée en Europe et plus particulièrement en France, et l\u2019archivistique de gestion, ou records management, nord-américaine.Cette mutation s\u2019est faite sur la base de principes archivistiques reconnus (principe de respect des fonds, principe de territorialité, droit d\u2019accès), de fonctions archivistiques traditionnelles (analyse des besoins, création, évaluation, acquisition, classification, description, diffusion et préservation), de l\u2019affirmation du continuum de la chaîne documentaire (approche des trois âges) et de la création d\u2019outils de gestion performants (plans de classification, calendriers de conservation, normes et procédures).Cette conception de l\u2019archivistique s\u2019est exprimée pour la première fois avec la parution remarquée, en 1982, de l\u2019ouvrage Les archives au XXe siècle.Une réponse aux besoins de l\u2019administration et de la recherche2 et a été par la suite consacrée officiellement avec l\u2019adoption de la Loi sur les archives qui en reprenait l\u2019esprit.Cette loi marque d\u2019ailleurs un tournant dans l\u2019évolution de l\u2019archivistique québécoise et, par ses orientations et ses exigences, elle détermine avec quelques autres législations le cadre dans lequel évoluent les archivistes québécois.La Loi sur les archives régit la gestion des documents des organismes publics, c\u2019est-à-dire l\u2019appareil gouvernemental, l\u2019Assemblée natio- 2.\tCouture, Carol, et Jean-Yves Rousseau, Les archives au XXe siècle.Une réponse aux besoins de l'administration et de la recherche, Montréal, Université de Montréal, Service des archives/Secrétariat général, 1982.Cet ouvrage a été remplacé depuis par Rousseau, Jean-Yves, et Carol Couture.Les fondements de la discipline archivistique, Québec, Presses de l\u2019Université du Québec, 1994 et par Couture, Carol et al., Les fonctions de l\u2019archivistique contemporaine, Québec, Presses de l\u2019Université du Québec, 1999.nale, les tribunaux, les organismes des secteurs municipal, de l\u2019éducation, de la santé et des services sociaux.Elle prévoit aussi des dispositions en matière d\u2019archives privées et confie à BAnQ le mandat d\u2019en promouvoir la conservation et la diffusion.De plus, la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l\u2019information (L.R.Q., c.C-1.1) vient appuyer l\u2019objet de la Loi sur les archives en étendant les mesures de gestion et de protection qui y sont prévues aux « documents technologiques ou archives issues des technologies de l\u2019information et des communications ».La Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (L.R.Q., c.A-2.1) et h Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (L.R.Q., c.P-39.1) s\u2019appliquent aussi aux archives et assurent aux citoyens l\u2019accessibilité à celles-ci dans le respect de leurs droits, eu égard à la protection des renseignements personnels.D\u2019autres lois spécifiques viennent compléter ce cadre juridique dont la pertinence n\u2019est plus à démontrer3.Le milieu des archives au Québec : état sommaire de la situation Contrairement à un domaine comme celui de l\u2019imprimé qui dispose depuis plusieurs années de données statistiques suivies sur le livre, l\u2019édition et les bibliothèques, le secteur des archives n\u2019est pas décrit depuis longtemps à l\u2019aide de données globales.En effet, ce n\u2019est que tout récemment, avec l\u2019aide de l\u2019Observatoire de la culture et des communications, que le milieu des archives a entrepris de documenter de façon rigoureuse son domaine d\u2019activité.Dans ces conditions, présenter un portrait général de la situation d\u2019un domaine aussi vaste et varié s\u2019avère une opération pour le moins périlleuse.Nous nous y hasardons quand même, avec toutes les réserves qui s\u2019imposent, en abordant successivement le cadre structurel dans lequel évoluent les archivistes, les regroupements institutionnels et professionnels et, enfin, les archivistes eux-mêmes.En 2004, le Registre électronique des services d\u2019archives du Québec4 recensait 464 centres ou services d\u2019archives répartis en diverses catégories et sous-catégories (voir tableau 1) Ce tableau nous permet de constater que le milieu des archives au Québec est constitué d\u2019un ensemble de services publics et privés réunis en de multiples réseaux.3.\tPlusieurs autres lois et règlements, qu\u2019il serait trop long d\u2019énumérer ici (voir à ce sujet Frenière, André, « La législation relative à la gestion des documents administratifs et des archives au Québec », dans Archives, volume 24, numéros 1-2,1992, p.65-86, et Gagnon-Arguin, Louise, Typologie des documents des organisations.De la création à la conservation, Sainte-Foy, Presses de l\u2019Université du Québec, 1999), régissent aussi la gestion des documents à leurs divers stades de vie et contribuent à assurer la protection du patrimoine archivistique.Enfin, signalons que le code de déontologie de l\u2019Association des archivistes du Québec (AAQ), même s\u2019il n\u2019a pas de valeur légale, propose des règles quant à la pratique individuelle et collective de l\u2019archivistique (voir www.archivistes.qc.ca/).4.\tGrimard, Jacques, Registre électronique des services d\u2019archives du Québec.Rapport final 2004 et base de données Rés@q.Ces documents ont été réalisés à la demande de l\u2019Observatoire de la culture et des communications et des Archives nationales du Québec (ANQ).98 ! NUMÉRO SPÉCIAL 1FLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRI17JUIN 2008) Tableau 1\t\t\t Nombre de centres ou services d'archives par catégories et sous-catégories*\t\t\t CATÉGORIE\tSous-catégorie\t\tNombre Centres et services d\u2019archives :\tCentres d\u2019archives et sociétés d\u2019histoire\t\t80 culture et société\tMusées et centres d\u2019exposition\t\t20 \tGroupes associatifs et communautaires\t\t8 \tCentres de ressources documentaires\t\t14 \tÉtablissements artistiques\t\t4 \t\tSous-total\t126 Centres et services d\u2019archives :\tCommissions scolaires\t\t26 enseignement et recherche\tCégeps et collèges privés\t\t10 \tUniversités\t\t21 \tCentres d\u2019études ou de recherche\t\t3 \t\tSous-total\t60 Centres et services d\u2019archives :\tÉglise catholique\t\t94 institutions religieuses\tAutres églises chrétiennes\t\t5 \tAutres confessions\t\t0 \tSous-total\t\t99 Centres et services d'archives :\tRégies régionales\t\t4 santé et services sociaux\tÉtablissements de santé et de services sociaux\t\t8 \tOrganismes communautaires\t\t0 \t\tSous-total\t12** Centres et services d\u2019archives :\tFédéral\t\t4 gouvernements et secteur municipal\tProvincial\t\t76 \tMunicipal\t\t63 \t\tSous-total\t143 Centres et services d'archives :\tAssociations et ordres professionnels\t\t9 finance, économie et travail\tSyndicats\t\t4 \tEntreprises privées de biens et de services\t\t10 \t\tSous-total\t23 TOTAL\t\t\t464 * Tableau élaboré à partir des données du Registre électronique des services d\u2019archives du Québec.Rapport final 2004, p.6 et 7.\t\t\t ** Ce chiffre ne comprend pas les quelque 263 services d\u2019archives médicales recensés.\t\t\t En fait, le milieu des archives est à l\u2019image de la définition légale des archives : il couvre un très large spectre, tant public que privé.Comme cela a déjà été mentionné, la notion d\u2019archives prend en compte tous les documents, quels que soient leur date de production et leur support, à l\u2019exception des documents publiés.Bref, tout organisme ou individu produit ou reçoit des archives dans le cadre de ses activités quotidiennes.En ce sens, l\u2019État et le simple citoyen, en passant par tous les intervenants des secteurs organisés de la société (municipal, social, santé, éducation, politique, culture, commerce, industrie, religion, sport, loisir, habitation, etc.) sont considérés comme des producteurs d\u2019archives et sont soumis, directement ou indirectement, aux lois, politiques et règlements touchant les archives.Rien d\u2019éton-nant donc à ce qu\u2019on trouve des services d\u2019archives dans toutes les sphères d\u2019activité de la société.Les services d'archives publics : une préoccupation légale et administrative d'abord D\u2019un service d\u2019archives public à un autre, les préoccupations diffèrent grandement.Certains s\u2019occupent essentiellement d\u2019archives définitives, d\u2019autres ne s\u2019intéressent qu\u2019aux documents administratifs et d\u2019autres enfin se consacrent aux deux volets.Par ailleurs, si tous ces services d\u2019archives « contribuent à des degrés divers à la gestion des archives québécoises [.] leur capacité organisationnelle varie grandement de l\u2019un à l\u2019autre5 ».Ainsi, même si on dénombre 1 139 municipalités locales, 88 municipalités régionales de comtés (MRC) et 5.Grimard, Jacques, Registre., p.8.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIbOUIN 2008) | 99 La Loi sur les archives régit la gestion des documents des organismes publics, c\u2019est-à-dire l\u2019appareil gouvernemental, l\u2019Assemblée nationale, les tribunaux, les organismes des secteurs municipal, de l\u2019éducation, de la santé et des services sociaux.c>oo quelque 545 offices municipaux d\u2019habitation6 (OMH), le registre ne recense que 63 services d\u2019archives pour tout le secteur municipal.C\u2019est dire, entre autres, que si la plupart des grandes villes du Québec ont un service d\u2019archives bien organisé, il en va tout autrement des 1 047 municipalités comptant moins de 10 000 habitants.Au mieux, celles-ci se sont dotées d\u2019un calendrier de conservation pour répondre aux exigences de la Loi sur les archives et elles assurent une conservation minimale de leurs archives.La même situation prévaut pour les OMH et, dans une moindre mesure, pour les MRC, dont certaines démontrent un intérêt plus marqué pour les archives.Il en va de même dans le secteur de l\u2019éducation.Alors que toutes les universités se font un devoir d\u2019assurer une saine gestion de leurs archives7, tant administratives qu\u2019historiques, les autres composantes de ce secteur, malgré certains progrès notables, présentent des niveaux de développement très variables.Ainsi, dans les 72 commissions scolaires et les 48 cégeps recensés au Québec en 20048, le registre relève respectivement 26 et 10 services d\u2019archives.Quelques commissions scolaires, comme la Commission scolaire de Montréal, disposent d\u2019un service d\u2019archives bien organisé.Cependant, les cégeps se basent encore sur un recueil de première génération pour l\u2019élaboration des calendriers de conservation, et leur préoccupation pour le patrimoine archivis-tique semble plutôt limitée.Dans le domaine de l\u2019enseignement privé, les progrès sont plus sentis.Ce secteur dispose d\u2019un outil récent, le Guide de gestion des archives à l\u2019intention des établissements d\u2019enseignement privés du Québec, publié en juin 2006, et certaines écoles privées ont un service d\u2019archives qui s\u2019occupe également de patrimoine.En ce qui a trait au secteur de la santé et des services sociaux, il s\u2019acquitte relativement bien de ses obligations envers la Loi sur les archives, du moins pour la gestion des archives courantes et intermédiaires.La plus récente édition du Recueil de règles de conservation des docu- 6.\tChiffres tirés du site Web du ministère des Affaires municipales et Régions et des sites des organismes de regroupement des MRC et des OMH.Sites consultés en juin 2007 (voir http://www.mamr.gouv.qc.ca/).7.\tBrochu, Frédéric, « Les archives universitaires du Québec : état des lieux », dans Archives.Les archives universitaires : la perspective québécoise, volume 38, numéro 2,2006-2007, p.7-23.8.\tSites Web de la Fédération des cégeps et de la Fédération des commissions scolaires du Québec.Sites consultés en juin 2007 (voir http://www.fedecegeps.qc.ca / et http://www.fcsq.qc.ca/).ments des établissements de santé et de services sociaux du Québec date de 2006.Bien que récemment mis à jour, ce recueil est constamment soumis à l\u2019examen d\u2019un comité de révision de l\u2019Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).De fait, dans ce secteur, la priorité est accordée à la gestion des dossiers de patients (archives médicales) et des dossiers administratifs.L\u2019écart semble encore important entre le niveau d\u2019organisation archivistique des établissements hospitaliers en général et celui des 263 services d\u2019archives médicales qui, traditionnellement, ne font pas partie du paysage archivistique québécois et qui ont un mandat, une structure, des modes et des règles de fonctionnement claires et des ressources bien définies9.Quant aux ministères et organismes gouvernementaux du Québec (M/0), rappelons que la Loi sur les archives leur impose certaines obligations en ce qui concerne la gestion de leurs archives courantes et intermédiaires.Par contre, la conservation de leurs archives définitives relève exclusivement de BAnQ, bien que des organismes comme Hydro-Québec, après entente avec BAnQ, puissent en assurer eux-mêmes la garde.La très grande majorité des services d\u2019archives des ministères et organismes gouvernementaux se consacrent exclusivement à la gestion des archives courantes et intermédiaires.Là aussi, la situation est variable et fluctuante même si la plupart se sont dotés de calendriers de conservation et de plans de classification.Trop souvent cependant, ils sont dépendants de la situation économique : ainsi, en période de récession comme dans les années 1980 ou lors de la course contre le déficit au milieu des années 1990, ces services ont connu de fortes diminutions d\u2019effectifs et de budget, dont ils tardent toujours à se remettre10.Or, la qualité des archives de l\u2019État qui sont et seront versées à BAnQ est directement proportionnelle à la qualité de leur gestion dans les M/0.Ainsi, la constitution d\u2019équipes chargées de la gestion des archives courantes et intermédiaires dans les M/O à partir des années 1970 et après l\u2019adoption de la Loi sur les archives a produit des effets bénéfiques non seulement sur la gestion administrative des M/O, mais aussi sur l\u2019état des archives versées à l\u2019époque aux Archives nationales du Québec (ANQ).En effet, durant ces années, grâce à la rigueur de la gestion des archives courantes et intermédiaires dans les M/O et à un suivi étroit de la part des ANQ, une sélection rigoureuse des archives à conserver était appliquée, de sorte que le Québec conservait moins d\u2019archives per capita que toutes les autres provinces canadiennes.Force est de constater maintenant que cette sélection s\u2019est quelque peu relâchée et que la réduction des effectifs dans la plupart des M/O a eu des conséquences 9.\tBouchard, Carmen, et autres, « Les archives médicales et administratives dans les établissements de santé au Québec », dans Archives, volume 24, numéros 1-2, été-automne 1992, p.263-272.10.\tGagnon-Arguin, Louise, « Genèse et caractéristiques de l\u2019archivistique », conférence d\u2019ouverture du séminaire du Groupe d\u2019archivistes de la région de Montréal (GARM), L\u2019archivistique au Québec : horizon 201s, actes du séminaire, 2006, p.9.1 OO | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) malheureuses.Et ce, sans compter les déficiences au regard de la gestion des archives technologiques qui a fait en sorte que nous avons probablement d\u2019ores et déjà irrémédiablement perdu des pans entiers d\u2019information sur l\u2019État québécois.Toutefois, cette situation est en voie de changer avec les efforts consacrés par BAnQ au développement et à la diffusion de la gestion intégrée des documents (GID) ainsi qu\u2019à la recherche de solutions pour la conservation de ces archives.Dans l\u2019ensemble, on peut donc avancer qu\u2019un grand nombre d\u2019organismes publics sont sensibles à la gestion de leurs documents administratifs puisque plus de 80 %\" d\u2019entre eux ont respecté l\u2019exigence de la Loi sur les archives quant à la production d\u2019un calendrier de conservation de leurs documents.Toutefois, la plupart d\u2019entre eux l\u2019ont fait sans nécessairement mettre sur pied un service d\u2019archives et sans aller beaucoup plus loin.Par ailleurs, une minorité d\u2019organismes publics exploitent un service d\u2019archives définitives.Sur ce dernier plan, les services d\u2019archives du secteur privé sont nettement plus présents.Les services d'archives privées : le patrimoine d'abord Selon le tableau précédent, on compte 248 services d\u2019archives privées au Québec, soit 53 % des services recensés.Ces services se trouvent très majoritairement au sein des sociétés d\u2019histoire, et des communautés religieuses (177 services, soit plus de 70 %), ce qui en soi est peu étonnant si l\u2019on considère la longue tradition de ces organismes et les liens étroits qu\u2019ils ont toujours entretenus avec le patrimoine historique.D\u2019ailleurs, la conservation des archives définitives constitue l\u2019activité essentielle de ces services.L\u2019Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCC) a publié, en décembre 2006, État des lieux du patrimoine, des institutions muséales et des archives11.Ce premier cahier d\u2019une série qui vise à dresser un portrait exhaustif de cet important domaine culturel recèle des données intéressantes, entre autres sur le financement, les dépenses et la main-d\u2019œuvre des services et des centres d\u2019archives voués à la conservation des archives définitives.L\u2019enquête de l\u2019OCC a été menée auprès de 299 des 379 organismes œuvrant dans la gestion des archives patrimoniales recensés dans le Registre électronique des services d\u2019archives du Québec, élaboré à la demande de l\u2019OCC et des ANQ en 2004.Quatre-vingts organismes ont été écartés parce que la gestion des archives y était considérée comme une activité secondaire ou parce qu\u2019ils ne répondaient pas aux critères de l\u2019enquête.11.\tD\u2019après les calendriers de conservation des organismes de ces secteurs approuvés par BAnQ, données fournies par la Direction du conseil et de l\u2019action régionale de BAnQ, responsable de leur approbation.12.\tObservatoire de la culture et des communications du Québec, État des lieux du patrimoine, des institutions muséales et des archives, cahier 1, Premier regard, 2006.La qualité des archives de l\u2019État qui sont et seront versées à BAnQ est directement proportionnelle à la qualité de leur gestion dans les ministères et organismes gouvernementaux du Québec.o Ainsi, 267 des 299 organismes sélectionnés ont répondu aux questionnaires d\u2019enquête (90 %), et la qualité des données recueillies s\u2019est avérée satisfaisante dans 93 % des cas.Les organismes ciblés viennent de tous les horizons : institutions religieuses, milieu de la culture, réseaux de l\u2019éducation et de la santé, réseaux gouvernemental et municipal et, dans une moindre mesure, des secteurs de la finance, de l\u2019économie et du travail.De l\u2019observation des premiers résultats de cette enquête, un constat s\u2019impose sans équivoque selon les auteurs : « Le secteur des archives est sous-financé, très faiblement soutenu sur le plan pécuniaire par les institutions publiques, parapubliques et privées, comparativement aux autres composantes du domaine du patrimoine et des institutions muséales13.» Soulignons qu\u2019une situation similaire avait été mentionnée en 2002 dans un rapport sur les ANQ soumis au Comité directeur sur le patrimoine archivistique du ministère de la Culture et des Communications14.Ce constat est encore amplifié du fait que les services d\u2019archives ont peu ou pas de possibilités d\u2019autofinancement.Le même diagnostic de sous-dotation critique s\u2019applique aux ressources humaines et matérielles de ces organismes qui accusent un retard considérable par rapport aux établissements du patrimoine et aux institutions muséales.Malgré, et peut-être en raison de cette situation difficile, le milieu des archives n\u2019en est pas moins dynamique et actif et il tend à concentrer ses efforts autour d\u2019organismes de regroupement en mesure de promouvoir l\u2019importance des archives et de défendre ses intérêts.Les regroupements institutionnels et professionnels Plus qu\u2019un réseau, le système archivistique québécois est constitué d\u2019un ensemble de réseaux de services d\u2019archives institutionnels et professionnels.À la tête de ces réseaux, on se doit d\u2019accorder une place particulière à BAnQ qui est responsable de l\u2019application de la Loi sur les archives, ce qui lui confère une certaine autorité sur l\u2019ensemble des services d\u2019archives au Québec.En fait, par sa taille (la Direction générale des archives de BAnQ compte plus de 100 employés), par ses neuf centres 13.\tIdem, p.57.14.\tGrimard, Jacques, et Marcel Caya, La mémoire de l\u2019avenir.Les archives nationales du Québec, réflexions pour.un cadre de gouvernance renouvelé.Rapport présenté au Comité directeur sur le patrimoine archivistique du ministère de la Culture et des Communications, 28 juin 2002,71 pages.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 01 Selon les données les plus récentes publiées par l\u2019Observatoire de la culture et des communications, on dénombrait 1145 archivistes au Québec en 2001 comparativement à 750 en 1991, une progression de près de 53 %.c>oooc> d\u2019archives dans autant de régions du Québec15 et son réseau de 30 services d\u2019archives privées agréés répartis dans 16 des 17 régions du Québec16, par ses programmes d\u2019aide financière17 et par la quantité d\u2019archives gouvernementales, judiciaires et privées quelle conserve18, BAnQ constitue en soi un réseau qui domine le paysage archivistique de la province de Québec.Par ailleurs, au fil des années, le milieu des archives s\u2019est doté d\u2019organismes nationaux et régionaux de regroupement et de représentation qui sont très actifs dans leur domaine et n\u2019hésitent pas à intervenir sur toutes les questions touchant les archives.Parmi ces organismes, mentionnons le plus ancien, l\u2019Association des archivistes du Québec (AAQ), créée en 1967, qui regroupe plus de 600 membres.Son pendant institutionnel, le Réseau des services d\u2019archives du Québec (RAQ), a été créé en 1986 et compte environ 175 services d\u2019archives.D\u2019autres associations sont plus spécialisées, comme le Regroupement des archivistes religieux (RAR) et le Regroupement des services d\u2019archives privées agréés du Québec (RSAPAQ).Pour leur part, les gestionnaires de documents des ministères et organismes gouvernementaux sont rassemblés dans le Groupe d\u2019expertise en gestion documentaire (GEGD) et les archivistes universitaires forment un sous-comité des archives au sein de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).Enfin, on trouve 15.\tLes centres régionaux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec sont le Centre d\u2019archives de l\u2019Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, le Centre d\u2019archives du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-îles-de-la-Madeleine, le Centre d\u2019archives de la Côte-Nord, le Centre d\u2019archives de l\u2019Estrie, le Centre d\u2019archives de la Mauricie et du Centre'-du-Québec, le Centre d\u2019archives de Montréal, le Centre d\u2019archives de l\u2019Outaouais, le Centre d\u2019archives de Québec et le Centre d\u2019archives du Saguenay-Lac-Saint-Jean.16.\tLe règlement sur l\u2019agrément d\u2019un service d\u2019archives privées le définit ainsi : « [.] un organisme qui conserve et rend accessible des archives privées et qui a reçu une reconnaissance officielle du gouvernement du Québec, ce qui en fait un partenaire privilégié [de BAnQ] dans la conservation et la mise en valeur du patrimoine archivistique collectif ».Pour en savoir davantage sur ces services, voir : http:// www.sahra.qc.ca/rsapaq/.17.\tBAnQ gère deux programmes d\u2019aide financière à l\u2019intention du milieu des archives : le programme Soutien aux archives privées, qui est réservé exclusivement aux services d\u2019archives privées agréés, et le programme Soutien au traitement et à la mise en valeur des archives, qui est accessible à tous les services d\u2019archives du Québec.18.\tAu 31 mars 2007, les neuf centres d\u2019archives de BAnQ conservaient, entre autres, 51 587,08 mètres linéaires d\u2019archives écrites, 13159 015 photographies, 224 286 dessins d\u2019architecture, 189 631 cartes et plans, 31338 films et vidéos, 29 094 bandes magnétiques et des milliers d\u2019autres documents et pièces d\u2019archives.Tous ces documents sont regroupés dans 3 866 fonds d\u2019archives, soit 433 fonds d\u2019archives gouvernementales, 556 fonds d\u2019archives judiciaires, 201 fonds d\u2019archives civiles et 2 676 fonds d\u2019archives privées.une dizaine de regroupements régionaux dans autant de régions du Québec, dont le Groupe d\u2019archivistes de la région de Montréal (GARM), le Regroupement des services d\u2019archives de la région de Québec (RSARQ) et le Réseau des utilisateurs et des diffuseurs d\u2019archives de l\u2019Est du Québec (RUDAEQ).Au total, archivistes et services d\u2019archives animent ainsi plus d\u2019une quinzaine d\u2019associations, ce qui peut faire craindre un « éparpillement d\u2019énergie compte tenu du nombre restreint de membres dans la communauté archivistique19 ».Toutefois, la communauté est sensible à ce risque, et des rapprochements ont déjà eu lieu entre divers regroupements.Tous ces organismes ont consacré beaucoup d\u2019efforts au cours des dernières années à faire la promotion de l\u2019archivistique et des archives20 en s\u2019appuyant sur l\u2019engagement de leurs membres bénévoles.Les archivistes québécois, des professionnels compétents et de mieux en mieux formés On ne saurait conclure un état de la situation des archives au Québec sans parler de ceux et celles qui animent avec vigueur cette discipline et cette profession.Selon les données les plus récentes publiées par l\u2019Observatoire de la culture et des communications, on dénombrait 1 145 archivistes au Québec en 2001 comparativement à 750 en 1991, une progression de près de 53 %.En comparaison, les bibliothécaires sont passés de 2 545 en 1991 à 1 880 en 2001, soit une diminution de 26 %21.Ces archivistes représentent près de 50 % des archivistes au Canada22 ; 68 % sont des femmes et 32 % des hommes ; 58,5 % sont âgés de 25 à 44 ans et 38 %, de 45 ans ou plus23.En prenant en compte le fait que ces données datent déjà de quelques années et que les départs à la retraite s\u2019annoncent importants au cours des prochaines années, on peut anticiper que la proportion des jeunes dans la profession va s\u2019accroître considérablement.Par ailleurs, ces archivistes sont de mieux en mieux formés puisqu\u2019ils ont pu \u2014 les plus jeunes du moins \u2014 compter sur une formation collégiale en technique de la documentation ou sur une formation universitaire de premier ou même de deuxième et de troisième cycles en sciences de l\u2019information ou en archivistique.Quant au perfectionnement, il est assuré pour une bonne part par les différentes associations et les regroupements d\u2019archivistes24.19.\tGagnon-Arguin, Louise, op.cit., p.12.20.\tMentionnons à titre d\u2019exemple l\u2019heureuse initiative qu\u2019a prise l\u2019Association des archivistes du Québec - qui célèbre cette année le 40eanniversaire de sa fondation - de lancer ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la Déclaration québécoise sur les archives.L\u2019objectif de cette action est de responsabiliser toutes les composantes de la société québécoise à la préservation et à la diffusion des archives.Nous encourageons le lecteur à consulter l\u2019information relative à cette déclaration à l\u2019adresse suivante : http://www.archivistes.qc.ca/evenement/declaration/declaration.html.21.\tObservatoire de la culture et des communications, Statistiques principales de la culture et des communications au Québec, édition 2007, tableau 3.1.3, p.104.22.\tIdem, tableau 3.1.2, p.102.23.\tIdem, tableau 3.1.4, p.106.24.\tGagnon-Arguin, Louise, op.cit., p.13.1 02 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) L\u2019archivistique québécoise a donc radicalement changé au cours des 25 dernières années, et ce, tant sur le plan de la discipline que dans le profil de ceux et celles qui la pratiquent, voire dans son objet même.Cette discipline s\u2019est donné une vocation à la fois administrative et culturelle en faisant son nid au sein des sciences de l\u2019information et de la gestion tout en restant incontournable sur le plan patrimonial.Sa pratique s\u2019appuie sur un cadre légal et réglementaire solide, la contribution de ses praticiens est de plus en plus reconnue socialement et recherchée par les collègues d\u2019autres disciplines, ses structures associatives sont très bien développées.Par ailleurs, la création de BAnQ donne une vigueur nouvelle aux archives.Enfin, ses professionnels sont dynamiques, compétents, de mieux en mieux formés et ouverts à la collaboration avec les autres disciplines.Conclusion Les archivistes québécois ont donc en mains les ressources nécessaires pour faire face aux grands enjeux actuels auxquels leur profession et leur discipline se trouvent confrontées.Ceux-ci tournent essentiellement autour de trois axes majeurs : l\u2019affirmation et la reconnaissance de la profession, l\u2019enrichissement du patrimoine archivistique et l\u2019organisation ainsi que le développement du réseau archivistique.Depuis la création de l\u2019Association des archivistes du Québec (AAQ) en 1967, et en bonne partie grâce aux efforts de celle-ci, la profession d\u2019archiviste a fait de sérieuses avancées en termes d\u2019affirmation et de reconnaissance.L\u2019AAQ s\u2019est dotée d\u2019un code de déontologie et d\u2019un processus de certification de ses membres et elle a contribué à mieux définir les tâches des professionnels en archivistique.L\u2019attribution du prix Gérard-Moris-sette à un archiviste en 2001 et la Déclaration québécoise sur les archives, qui a été lancée au début de 200625, constituent d\u2019autres exemples manifestes de la reconnaissance du rôle de l\u2019archiviste.Il reste néanmoins beaucoup à faire sur ce plan pour que la société reconnaisse à sa juste valeur l\u2019importance de la contribution des archivistes à une meilleure gestion de la connaissance et du savoir ainsi qu\u2019à la constitution et à la transmission de la mémoire patrimoniale du Québec.En effet, par la diversité de leur provenance et de leur nature, par la richesse de leur contenu, par leur profusion et par leur facilité de diffusion accrue grâce aux technologies des communications, les archives sont un outil essentiel de compréhension et d\u2019affirmation de l\u2019identité culturelle des peuples.Plus que toute autre trace de l\u2019activité humaine, elles permettent de connaître avec objectivité les motifs des actions entreprises et les conséquences des décisions prises.Cependant, plusieurs catégories d\u2019archives sont méconnues ou menacées et, dans certains cas, il y a urgence d\u2019agir d\u2019autant plus que les carences sont parfois connues 25.\tGagnon-Arguin, Louise, op.cit., p.9.Plusieurs catégories d\u2019archives sont méconnues ou menacées et, dans certains cas, il y a urgence d\u2019agir [.].Il en va ainsi, entre autres, des archives d\u2019entreprises, des archives religieuses, des archives des nations autochtones et des communautés culturelles, des archives numériques.oc> depuis plusieurs années.Il en va ainsi, entre autres, des archives d\u2019entreprises, des archives religieuses, des archives des nations autochtones et des communautés culturelles, des archives numériques.En novembre 2000, le Groupe-conseil sur la Politique du patrimoine culturel du Québec, présidé par monsieur Roland Arpin, a identifié plusieurs de ces secteurs comme négligés et peu connus26.La constitution et l\u2019enrichissement du patrimoine archivistique s\u2019avèrent donc des priorités si on veut transmettre aux générations qui suivent une mémoire riche et représentative.Enfin, il faut rappeler que le patrimoine est une responsabilité collective qui ne peut relever seulement de l\u2019État ou d\u2019une institution, si efficace soit-elle.La poursuite du développement du réseau archivistique est donc importante, voire essentielle.Dans ce contexte, BAnQ entend redoubler d\u2019efforts auprès des organismes des secteurs municipal, de l\u2019éducation et de la santé, pour ne nommer que ceux-là, afin de les inciter à assumer davantage les responsabilités qui leur incombent en vertu de la Loi sur les archives au regard de la gestion de leurs documents, et ce, particulièrement en ce qui a trait aux documents produits grâce aux nouvelles technologies.Par ailleurs, au-delà de ces partenariats traditionnels, les services d\u2019archives doivent envisager d\u2019aller plus loin en s\u2019associant avec d\u2019autres milieux comme ceux des bibliothèques, des musées et de la culture en général.Le patrimoine archivistique et documentaire a tout à gagner d\u2019une collaboration accrue avec de multiples organismes.Plus il y aura d\u2019intervenants sensibilisés et impliqués dans la préservation et la diffusion du patrimoine, mieux celui-ci sera préservé.Le terreau actuel est propice à ces rapprochements et la récente tournée de représentants de BAnQ à travers le Québec27 a fait ressortir cette tendance et la volonté générale affirmée de ces organismes de travailler dans ce sens.® 26.\tRoland Arpin et Groupe-conseil sur la Politique du patrimoine culturel du Québec, Notre patrimoine, un présent du passé, Québec, novembre 2000, 240 p.27.\tPour plus de détails sur cette tournée, le lecteur peut consulter « Bibliothèque et Archives nationales du Québec à la rencontre des régions du Québec », un article de Carol Couture publié dans la revue de BAnQ, À rayons ouverts, numéro 72, été 2007, p.36-37- NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 03 tilth a- ïnWÀ&Wfim Restauration de documents abîmés par un liquide, la fumée, un gaz ou des moisissures Laboratoire homologué ULC Salie de cryogénie pour le séchage à froid Salle d'ozonation pour la stérilisation et la désodorisation Personnel spécialement formé et expérimenté \u2022 Lieu hautement sécurisé pour préserver la confidentialité des documents / SERVICE PARTOUT 1 888 660-4484 AU QUEBEC\t.x www.qualmet.ca DOCUM NTATION BIBLIO HÈQUES ARGUS / LA REVUE 0CÉB8CO1SB DES PXOFESÜI0NNEL.S nr r iwn»MvnnNrjon;vr-^vTA!Br DE LWORMATION DOCL'ME-VTAIRE Le patrimoine des bibliothèques québécoises \\ Sarah de Bogui Chef de bibliothèque Bibliothèque des livres rares et collections spéciales \u2014 Université de Montréal sarah.de.bogui@umontreal.ca résumé | Abstracts | resumen L'année 2008 s\u2019annonce pleine d\u2019espérance pour le patrimoine documentaire québécois : un projet de révision de la loi sur les biens culturels lui donne l\u2019occasion de se faire voir et entendre.Car cet héritage, avec lequel l\u2019exception culturelle québécoise entre pourtant si bien en résonnance, est encore méconnu.Mais les réalisations, les projets et les espoirs occupent de plus en plus et de mieux en mieux les espaces public et scientifique.Le patrimoine documentaire serait-il en train de gagner plus de terrain qu\u2019il n\u2019en perdait jusqu\u2019à présent ?The Heritage of Quebec Libraries 2008 promises to be full of hope with regards to Quebec\u2019s documentary heritage : a project to review legislation on cultural property brings this particular heritage, previously ignored, to the fore.Achievements, projects and expectations have begun to occupy more and more of the public and scientific spheres.Could our document heritage be gaining more ground presently than it was losing ?El patrimonio de las bibliotecas quebequenses 2008 es un ano que se anuncia lleno de esperanzas para el patrimonio documental de Québec : un proyecto de revision de la Ley sobre los bienes culturales le permitirâ incrementar su visibilidad, puesto que, a pesar de la excepciôn cultural évidente que représenta la provincia fra'ncôfona de Québec en el panorama anglôfono canadiense, esta herencia patrimonial es aün muy poco conocida.Actualmente, los .logros, los proyectos y las expectativas en este campo ocupan de manera coda vez mas importante los espacios püblicos y cientificos.jSerâ que finalmente este patrimonio documentai empieza a ganar mâs terreno del que hasta ahora perdla ?Introduction Les mouvements qui s\u2019opèrent dans le domaine de la législation québécoise en matière de patrimoine culturel touchent encore timidement mais de manière cette fois visible la question des bibliothèques.En 2007, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF) publiait un appel à consultation intitulé Un regard neuf sur le patrimoinè culturel : révision de la loi sur les biens culturels (MCCCF 2007).Hormis dans les législations établissant les assises de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), il n\u2019y est nulle part question de patrimoine documentaire1 concernant les bibliothèques québécoises.Dans son mémoire sur la question en 2008, BAnQ souligne avec insistance le caractère incomplet de la loi à cet égard ainsi que l\u2019importance de toutes les formes de patrimoine documentaire, patrimoine immatériel compris.Il aura fallu attendre 1963 pour que la notion « d\u2019objets historiques » soit ajoutée à la liste des éléments concernés par la Loi sur les biens culturels.On peut ainsi lire aujourd\u2019hui dans la Loi refondue du Québec (chapitre B4) que «tout [.] imprimé [.] dont la conservation présente un intérêt historique » est considéré par la loi comme un « bien culturel »2.Il est regrettable que les lois n\u2019aillent pas plus loin ; au Québec, la notion de patrimoine documentaire est presque uniquement rattachée aux collections de centres d\u2019archives et de BAnQ.Ce patrimoine existe pourtant dans de nombreuses autres institutions.En l\u2019absence de documentation et de données sur le sujet, il demeure toutefois ignoré, ce qui ampute la société québécoise d\u2019une part de la connaissance quelle a d\u2019elle-même.Nous allons donc tenter de tracer ici un bref portrait du patrimoine documentaire québécois et de ses principaux acteurs en esquissant une partie des défis à relever.1.\tDans son mémoire adressé au Ministère (2008), BAnQ donne cette définition : « Le patrimoine documentaire est l\u2019ensemble des biens documentaires transmis à la communauté au fil des générations qui constituent un héritage commun et cimentent l\u2019identité d\u2019une nation » (p.i).2.\tAu sujet de l\u2019évolution de la notion de patrimoine et de son insertion dans la loi au Québec, voir la proposition présentée en novembre 2000 par le Groupe-conseil sur la Politique du patrimoine culturel du Québec sous la présidence de Roland Arpin et intitulée « Notre patrimoine : un présent du passé » (pp 46-60).NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRlUJUIN 2008) | 1 05 Au Québec, la notion de patrimoine documentaire est presque uniquement rattachée aux collections de centres d\u2019archives et de BAnQ.OOOOOOOOOOOOOO00000000000 Visage du patrimoine documentaire québécois Les dépositaires du patrimoine en bibliothèque BAnQ se trouve bien sûr en tête de file des dépositaires du patrimoine documentaire québécois.Au terme des deux fusions successives ayant donné naissance à l\u2019entité « Bibliothèque et Archives nationales du Québec »3, les assises sulpiciennes de 19674 constituent encore une portion non négligeable de ce patrimoine5.Mais BAnQ n\u2019est pas la seule institution à avoir bénéficié de l\u2019apport des bibliothèques religieuses : ces collections continuent à subsister dans diverses institutions d\u2019enseignement, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019universités, de collèges ou de séminaires6.Les bibliothèques d\u2019enseignement constituent donc également des institutions importantes dans le rôle de conservation et de diffusion du patrimoine documentaire québécois.Les plus importantes sont hébergées dans les bibliothèques universitaires7, principalement les universités montréalaises.Les bibliothèques de certains musées ou sociétés historiques peuvent également receler des documents patrimoniaux d\u2019une grande richesse.On pense également aux bibliothèques historiques comme celle de l\u2019Assemblée nationale ou encore, dans le milieu privé, celles des Barreaux de Québec et de Montréal.Enfin, les bibliothèques publiques et le réseau BIBLIO du Québec offrent parfois de très belles surprises en matière de patrimoine documentaire8.3.\tBibliothèque et Archives nationales du Québec est issue des fusions successives de la Bibliothèque nationale du Québec et la Bibliothèque centrale de Montréal en 2002, puis de Bibliothèque nationale du Québec et Archives nationales du Québec en 2006.4.\tLe Gouvernement du Québec a acquis la Bibliothèque Saint-Sulpice en 1941 et c\u2019est en 1967 qu\u2019est instituée la Bibliothèque Nationale du Québec, avec pour fonds documentaire de base la collection Saint-Sulpice.5.\tLa collection Saint-Sulpice conservée à BAnQ contient quelques 230 000 titres, dont 5000 ouvrages anciens.6.\tÀ titre d\u2019exemples, nous pouvons citer les collections jésuites conservées à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) et au Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal, la collection du Séminaire de Sainte-Thérèse au Cégep Lionel-Groulx et la collection des Dominicains à l\u2019Université de Montréal.7.\tPar exemple : Université McGill, Université de Montréal, UQAM, ou encore Université Laval.8.\tUne enquête que nous avons menée en 2006 sur l\u2019identification du patrimoine des bibliothèques publiques a permis d\u2019établir que plus de 40 % des bibliothèques publiques possèdent des documents de type patrimonial.Le profil du patrimoine en bibliothèque Le profil du patrimoine documentaire québécois est avant tout \u2014 et cela n\u2019est en rien une particularité \u2014 monographique.Mais les périodiques, les documents iconographiques (photographies, gravures, affiches, cartes postales), les documents cartographiques et les documents manuscrits occupent également une bonne part de ce patrimoine.Il faut noter par ailleurs que les patrimoines audiovisuels, numériques et immatériels occupent de plus en plus d\u2019espace à la fois dans les bibliothèques et dans les préoccupations patrimoniales.Les collections les plus diversifiées se trouvent à BAnQ ainsi que dans les bibliothèques universitaires.Il est intéressant de noter la prévalence des documents à caractère local ou national.Au Québec, où la question de l\u2019identité nationale continue à faire débat, ces collections ressemblent au microcosme de l\u2019histoire d\u2019une population9.Ainsi la collection patrimoniale de BAnQ est-elle concentrée sur la bibliographie québécoise tandis que les grandes collections patrimoniales mises de l\u2019avant par les autres institutions sont attachées à l\u2019histoire du Canada et de la Nouvelle-France10 *.Dans les bibliothèques publiques, plus de 89 % des documents signalés comme patrimoniaux relèvent du type local11.Ce courant d\u2019histoire locale semble être en progression constante au Québec, comme en témoigne le programme du congrès 2006 de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française12.De nombreuses institutions sont également dépositaires de fonds anciens, c\u2019est-à-dire de collections d\u2019ouvrages antérieurs au 19e siècle.Lorsqu\u2019on sait que l\u2019imprimerie est apparue en Nouvelle-France en 1764, on imagine sans mal le rôle essentiel joué par les congrégations religieuses et les premiers notables installés sur le territoire dans la circulation du livre en provenance de la « vieille Europe ».Enfin, les collections spécialisées sont autant de témoins des intérêts des responsables successifs d\u2019une bibliothèque que de la production québécoise écrite et graphique.9.\tLire à ce sujet la réflexion de Gérard Bouchard dans l\u2019Annuaire du Québec 2004 intitulée : « En quête d\u2019un nouvel idéal : pour une pensée du lieu et du lien social ».10.\tPour s\u2019en convaincre, il suffit de parcourir le répertoire des collections spéciales de l\u2019Association of Research Libraries, Celebrating Research, publié en 2007 et consultable à l\u2019adresse http://www.celebratingresearch.org/, ou encore le Répertoire des collections spécialisées utiles à la recherche dans les bibliothèques canadiennes, consultable à l\u2019adresse http://www.collectionscanada.gc.ca/collectionsp/.11.\tChiffre obtenu dans le cadre de l\u2019enquête menée en 2006 sur le patrimoine des bibliothèques publiques québécoises.12.\t« Au-delà de l\u2019analyse des grandes structures, des cadres idéologiques de pensée, des mouvements politiques de rupture, une histoire aux ambitions autres a été imaginée.Une histoire par le bas, plutôt qu\u2019une histoire du point de vue des élites, une histoire qui n\u2019aurait pas honte de se déclarer « petite » par rapport aux prétentions de la grande.Une histoire au rythme plus ou moins routinier du temps vécu au quotidien.Une histoire aussi de l\u2019intime et des émotions de tous les jours, loin (semble-t-il) des grands mouvements de l\u2019histoire.C\u2019est cette dimension de notre passé comme objet que nous voudrions examiner lors de ce congrès », Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française.2006.Appel à communication pour le congrès 2006 : Une histoire au quotidien.1 06 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIlVJUIN 2008) Les raisons de ce profil Il est possible d\u2019identifier au moins trois facteurs qui ont marqué le patrimoine documentaire québécois : l\u2019histoire de la lecture et des bibliothèques au Québec, la philanthropie ainsi que le contexte culturel particulier du Québec en Amérique du Nord.Au Canada, l\u2019histoire des bibliothèques anglophones, aussi bien publiques qu\u2019universitaires, devance l\u2019histoire des bibliothèques francophones13.L\u2019isolement colonial de la Nouvelle-France a conduit par ailleurs à une certaine indigence de l\u2019imprimé sur le territoire14.En outre, les ressources budgétaires mises à disposition des bibliothèques au Québec sont nettement inférieures à celles que l\u2019on trouve aux États-Unis, où la jeunesse des collections est compensée par des acquisitions majeures en livre ancien15.La tradition de mécénat est également plus ancrée dans la culture anglophone que francophone alors que les donateurs jouent un rôle essentiel dans la constitution des collections patrimoniales des bibliothèques.En effet, la majeure partie des fonds conservés par les départements de livres rares et de collections spéciales aussi bien que dans les bibliothèques publiques provient de dons16.Le contexte linguistique et culturel a également forgé le caractère des collections en orientant à la fois les contenus (choix d\u2019acquisition) et la destination des dons (choix des institutions destinataires).Ainsi, on trouvera au Québec des collections majoritairement en langue française et à caractère local.Les collections spécialisées dans des champs rattachés à la France constituent une autre particularité du Québec par rapport aux autres provinces canadiennes17.À ce titre, il existe donc une exception culturelle québécoise motivée par son passé colonial.L\u2019ensemble de ces facteurs est à considérer dans les constats qui ont trait au volume, à l\u2019ancienneté et à la nature du patrimoine documentaire québécois.13.\tLire à ce sujet les travaux de Marcel Lajeunesse rassemblés dans l\u2019ouvrage Lecture publique et culture au Québec : XIXe et XXe siècles (Presses de l\u2019université du Québec, 2004).Il souligne notamment avec ironie que faute de posséder une bibliothèque comme ses consoeurs anglophone, « l\u2019université de Montréal [a] fait la preuve, de 1931 à 1945, qu\u2019une université pouvait alors très bien former des avocats, des notaires, des médecins et des dentistes par le seul manuel et le cours magistral » (2004,32).De la même manière, il déplore le fait que « Le Québec [ait] raté le Public Library Movement qui s\u2019était développé aux États-Unis de 1850 à 1914 et qui s\u2019était étendu au Canada de langue anglaise » (p.217).14.\tAu sujet de la présence de l\u2019imprimé en Nouvelle-France et de la circulation du livre, voir les travaux de François Melançon, notamment le chapitre « Le livre en Nouvelle-France » dans Histoire du livre et de l'imprimé au Canada (pp.48-58).15.\tLes chiffres sont accessibles à partir du site Web de l\u2019Association of Research Libraries où figurent les rapports statistiques annuels.16.\tL\u2019enquête menée en 2006 au sein des bibliothèques publiques indique par exemple que plus de 52 % des collections patrimoniales sont issues de dons.Les collections de prestige des bibliothèques universitaires proviennent également de manière presque systématique de donateurs institutionnels ou particuliers.17.\tLes provinces anglophones du Canada privilégient des collections tournées vers l\u2019Angleterre.Cette observation est également valable pour la bibliothèque des livres rares de l\u2019université québécoise et anglophone de McGill.Les bibliothécaires du patrimoine ont pour l\u2019instant peu d\u2019outils à leur disposition pour se soutenir dans leur pratique quotidienne.ooo>c>o Les acteurs du patrimoine en bibliothèque Bibliothèque et Archives nationales du Québec BAnQ joue un rôle essentiel et de premier plan dans le secteur du patrimoine québécois.Sur le plan de la sensibilisation d\u2019abord, l\u2019énorme succès de la Grande Bibliothèque du Québec (GBQ) a certainement été le catalyseur d\u2019un intérêt nouveau pour le patrimoine18.En 2006, Lise Bissonnette, présidente-directrice générale de BAnQ, exposait sans ambiguïté l\u2019objectif de faire de la GBQ un espace de rencontre et de mélange aussi bien des collections (de prêt et de conservation) que des publics (grand public et chercheurs)19.Le rôle législatif de BAnQ est également primordial.C\u2019est en effet la seule institution à ce jour dont la vocation patrimoniale dans le milieu documentaire est reconnue par les pouvoirs publics (hormis les services d\u2019archives des secteurs public et privé20).En tant que fer de lance des institutions documentaires patrimoniales, BAnQ intercède auprès du ministère de la Culture pour attirer son attention sur le reste du milieu documentaire québécois et sur la nécessité d\u2019un plus 'grand engagement des pouvoirs publics.Enfin, BAnQ est dotée d\u2019une Direction de la recherche et de l\u2019édition dont les activités ont pour objet de stimuler et de fédérer les activités bibliothéconomiques et scientifiques autour du patrimoine documentaire, et principalement celui détenu par BAnQ21.L\u2019offre de bourses de recherche constitue un exemple des initiatives de la Direction de la recherche et de l\u2019édition propres à valoriser ce patrimoine.18.\tVoir à ce sujet les chiffres éloquents de hausse de la fréquentation de la bibliothèque nationale depuis l\u2019ouverture de la Grande Bibliothèque dans les rapports annuels de BAnQ.On pense également au succès médiatique et public inattendu de l\u2019exposition Ils ont cartography l\u2019Amérique (26 février au 24 août 2008, Montréal, GBQ) et de son pendant imprimé La mesure d\u2019un continent (2007), sur un sujet aussi spécialisé que les cartes anciennes.19.\tDiscours prononcé à l\u2019occasion du colloque Rabelais ou « Les adventures des gens curieulx » : l\u2019hybridité des récits rabelaisiens, 27-31 août 2006, Montréal.Lise Bissonnette y exposait notamment sa satisfaction d\u2019avoir pu prouver, grâce au succès de la Grande Bibliothèque, que mélanger grand public et chercheur n\u2019était pas une utopie.20.\tLe bottin des membres du Réseau de diffusion des archives du Québec (RDAQ) permet de prendre toute la mesure de la diversité des centres d\u2019archives présents au Québec, en-dehors des centres d\u2019archives nationaux.21.\tDans son discours de 2006 (ibid.), Lise Bissonnette soulignait la participation essentielle des bibliothèques patrimoniales à l\u2019avancement du savoir et l\u2019affirmation de ce rôle à BAnQ grâce à la création de la Direction de la recherche et de l\u2019édition.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 ( AV RI L/J UIN 2008) | 1 07 L\u2019un des grands défis du 21e siècle pour le patrimoine documentaire québécois sera certainement la réalisation de son inventaire.oc Les professionnels Les professionnels en charge de la gestion des collections au Québec sont majoritairement des bibliothécaires.Il est important de le préciser car une enquête menée en 2006 révèle que dans le milieu universitaire ontarien, par exemple, un tiers des gestionnaires sont des archivistes22.Ce phénomène s\u2019explique par le fait que dans plusieurs institutions, puisqu\u2019on ne fait pas de distinction entre centre d\u2019archives et bibliothèque patrimoniale, les compétences professionnelles qui prévalent sont d\u2019ordre archivistique.Or, les archivistes disposent d\u2019une formation qui les sensibilise au patrimoine documentaire et à sa conservation et qui les outille face à ces enjeux, à la différence des bibliothécaires qui le plus souvent, faute de formation spécialisée en la matière, se forment « sur le tas ».Les bibliothécaires du patrimoine ont donc pour l\u2019instant peu d\u2019outils à leur disposition sur lesquels s\u2019appuyer dans leur pratique quotidienne, et on fait également peu de place aux problématiques patrimoniales dans les revues professionnelles.Le manque de praticiens formés ne se fait pas uniquement sentir dans le milieu des bibliothèques : il est notable dans tous les domaines connexes.Ainsi, les restaurateurs sont une denrée rarissime et leur relève est loin d\u2019être assurée : les perspectives à cet égard sont extrêmement inquiétantes.En revanche, les muséologues entament une percée dans le milieu documentaire où ils peuvent jouer un rôle important dans les domaines de la conservation préventive et de la valorisation des collections23.Il n\u2019existe cependant pas de regroupement professionnel patrimonial au sein duquel ces professionnels pourraient échanger sur leurs pratiques en gestion des collections.Pour toutes ces raisons, les bibliothécaires jouent un rôle encore mineur au Québec dans les initiatives patrimoniales24.Le milieu de la recherche Le milieu de la recherche joue un rôle pivot dans les projets qui entourent le patrimoine documentaire et son 22.\tNous avons mené cette enquête en 2006 dans le cadre d\u2019une étude comparée des 27.pratiques de conservation dans les collections spéciales des bibliothèques universitaires du Québec et de l\u2019Ontario.Elle a été réalisée dans le cadre d\u2019un cours de maîtrise en sciences de l\u2019information donné par Marcel Lajeunesse.\t28.23.\tBAnQ a engagé du personnel spécialisé en muséologie, notamment à la Direction de la sauvegarde des collections.\t29.24.\tÀ l\u2019exception des bibliothécaires spécialisés de BAnQ qui peuvent s\u2019insérer dans 30.des projets d\u2019envergure et qui forment une équipe complémentaire.rayonnement.Principaux exploitants et bénéficiaires du matériel patrimonial, les chercheurs ont commencé à se regrouper autour de l\u2019histoire du livre et de l\u2019imprimé dès les années i96025.Ces associations savantes tournées vers le patrimoine documentaire livrent de nombreuses publications et tiennent des colloques où les intérêts des professionnels et des chercheurs peuvent se rejoindre.C\u2019est aussi par ces chercheurs qu\u2019arrivent les précieuses subventions mises au service du patrimoine.Ce sont des chaires de recherche qui financent par exemple des projets ambitieux et porteurs tels que l'Inventaire des imprimés anciens du Québec (IMAQ) \u2014 sur lequel nous reviendrons plus loin \u2014 ou encore la somme en six volumes qu\u2019est l'Histoire du livre et de l\u2019imprimé au Canada26.Les chercheurs sont également des partenaires essentiels dans la réalisation d\u2019outils de rayonnement tels que les projets de numérisation27.Ainsi, les scientifiques investissent progressivement une sphère où les praticiens sont parfois immobilisés faute de ressources et où le partenariat avec le milieu de la recherche crée, enfin, le mouvement.Défis et perspectives Inventaire à faire L\u2019un des grands défis du 21e siècle pour le patrimoine documentaire québécois sera certainement la réalisation de son inventaire.Presque deux tiers des bibliothèques publiques dépositaires de documents patrimoniaux ne les ont signalés qu\u2019en partie ou pas du tout28.En ce qui concerne les bibliothèques universitaires, le signalement n\u2019est pas encore exhaustif.Le problème est le même dans toutes les bibliothèques patrimoniales, pour lesquels il n\u2019existe pas actuellement de répertoire collectif.Rappelons enfin que le dépôt légal n\u2019a été instauré qu\u2019en 1968, soit un an après la création de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ).La Direction des acquisitions et du traitement documentaire de BAnQ a d\u2019ailleurs développé une démarche proactive en exposant la liste de ses documents manquants afin de compléter rétrospectivement la collection nationale29.Cependant, combien de documents ignorés restent encore à découvrir30 ?Le projet d'Inventaire Pensons par exemple à la Société bibliographique du Canada, qui a lancé son premier bulletin en 1962, ou encore à l\u2019Association québécoise pour l\u2019étude de l\u2019imprimé, fondée en 1988.Le premier projet financé par la Chaire de recherche du Canada en rhétorique (Université de Trois-Rivières) et la Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire (Université du Québec à Rimouski) et le second par la Chaire de recherche du Canada en histoire du livre et de l\u2019édition (Université de Sherbrooke).On pourra se reporter à ce sujet à des exemples de projets de numérisation ou d\u2019expositions virtuelles tels que Le printemps du livre savant (Université de Montréal) ou Nos racines (Université Laval et University of Calgary).Lors de l\u2019enquête effectuée en 2006, seuls 36,8 % des répondants concernés indiquent avoir catalogué 100 % de leurs documents patrimoniaux.Voir à ce sujet les pages d\u2019information sur le dépôt légal sur le site Web de BAnQ.En 1999, Ralph Manning posait une question similaire au sujet des collections de Bibliothèque et Archives Canada et écrivait : « Cependant, une analyse récente du 1 08 j NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO I, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) des imprimés anciens du Québec (IMAQ), piloté par le professeur Marc-André Bernier, pourrait être le point de départ d\u2019un catalogue collectif spécialisé à la dimension du territoire québécois31 et construit éventuellement sur le modèle de plusieurs catalogues collectifs européens de livres anciens.Il sera en tout cas un premier pas important dans la reconnaissance du patrimoine documentaire.Mais au-delà de la bonne volonté, un impératif demeure : il faudra pouvoir assumer le poids du traitement et de la conservation de ces biens32.Milieu professionnel à consolider L\u2019enquête menée en 2006 sur les pratiques de conservation au Québec et en Ontario33 a révélé l\u2019importance de la formation et de l\u2019environnement professionnel dans la gestion des collections.Ainsi, les professionnels formés à la conservation et au patrimoine étaient visiblement mieux préparés au traitement des collections patrimoniales, même lorsqu\u2019ils avaient à travailler avec des types de documents n\u2019appartenant pas à l\u2019origine à leur champ d\u2019expertise34.Ces spécialistes (archivistes, muséologues) disposent en outre d\u2019un environnement favorable grâce aux associations et aux activités de publications et d\u2019échanges professionnels mises en place.A contrario, les bibliothécaires patrimoniaux ne bénéficient pas de ce substrat et souffrent souvent d\u2019isolement professionnel.Au-delà des besoins de formation, il y a donc un vide important à combler pour créer une véritable communauté de pratiques, un espace de communication et de développement de projets collaboratifs.Il serait peu productif de chercher à grouper uniquement les bibliothécaires spécialisés dans un tel mouvement.Il apparaît de plus en plus \u2014 la formule atypique de Bibliothèque et Archives Canada et Bibliothèque et Archives nationales du Québec nous le prouve \u2014 que l\u2019interdisciplinarité enrichit de tels réseaux professionnels.Il est donc permis d\u2019imaginer pour l\u2019avenir un regroupement des professionnels du patrimoine documentaire au sens large et dont les membres pourraient bénéficier de formations touchant aussi bien à des domaines de la muséologie que de l\u2019archivistique et de la bibliothéconomie.catalogue collectif canadien révèle que plus de 1,65 million de documents canadiens sont détenus par d\u2019autres bibliothèques canadiennes et ne figurent pas dans la collections de la Bibliothèque nationale, qui en compte elle-même 16 millions.» 31.\tL\u2019exposé de ce projet de recherche se trouve à l\u2019adresse suivante : http://www.uqtr.ca/dfra/rhetorique/imaq.html.32.\tDans son mémoire adressé au Ministère de la Culture (2008), BAnQ souligne à de nombreuses reprises le manque criant de ressources qui la conduit dans certains cas à un constat d\u2019impuissance devant la dispersion des collections.33.\tIl s\u2019agit de l\u2019enquête menée au cours de l\u2019hiver 2006 dans le cadre d\u2019un cours de maîtrise en sciences de l\u2019information donné par Marcel Lajeunesse (c/.note 22).34.\tL\u2019enquête établissait entre autres que malgré des disparités importantes en ressources humaines et budgétaires, les institutions ayant développé le plus d\u2019outils de gestion de leurs collections patrimoniales (inventaire, politique de conservation, plan d\u2019urgence) ont comme point commun la spécialisation des formations professionnelles (archives, muséologie, livres anciens).Il est permis d\u2019imaginer pour l\u2019avenir un regroupement des professionnels du patrimoine documentaire au sens large et dont les membres pourraient bénéficier de formations touchant aussi bien à des domaines de la muséologie que de l\u2019archivistique et de la bibliothéconomie.CKX>C> Conclusion Le 23 mars 2006, le ministre des Finances Michel Audet a annoncé, dans un article intitulé « Préparer le Québec de demain », la création d\u2019un Fonds culturel du patrimoine québécois qui « financera la conservation et la mise en valeur des éléments les plus significatifs de notre patrimoine.»35 C\u2019est un pas important en direction des institutions patrimoniales dont le manque de ressources réduit souvent le champ des activités.Le spectre des subventions provinciales et fédérales demeure réduit.À cet égard, il est indispensable de miser sur le développement de partenariats interdisciplinaires entre professionnels et chercheurs afin de suppléer à ces manques.C\u2019est à travers des projets mettant en commun les ressources scientifiques, technologiques, humaines et financières que pourra progresser la cause du patrimoine documentaire québécois.Le levier fondamental à la réalisation des espoirs gravitant autour du patrimoine documentaire reste néanmoins la reconnaissance gouvernementale.Sans législation plus audacieuse et reflétant davantage les diverses réalités du patrimoine docurtientaire, les institutions continueront à souffrir du manque de ressources et à voir disparaître des pans entiers de l\u2019histoire culturelle québécoise sans possibilité d\u2019action.Heureusement, il est permis de croire enfin que les différents acteurs du patrimoine documentaire sont en train de faire la démonstration que les ensembles documentaires constitués en bibliothèques, au-delà des quelques monographies ou documents de prix qui peuvent s\u2019y trouver, représentent en soi des biens précieux en tant que témoins historiques de la culture québécoise36.® Bibliographie- Arpin, Roland et le Groupe-conseil sur la Politique du patrimoine culturel du Québec.2000.Notre patrimoine : un présent du passé.Association of Research Librairies.2008.Celebrating Research : Rare and Special Collections from the Membership of the Associa- 35.\tLe Devoir, 24 mars 2006, http://www.ledev0ir.c0m/2006/03/24/105132.html.36.\tPar exemple, dans ses communications sur le projet d\u2019inventaire des imprimés du Québec (IMAQ), Marc-André Bernier développe et illustre de manière éloquente l\u2019apport majeur de la connaissance des bibliothèques religieuses dans la recherche en histoire littéraire et pédagogique du Québec.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 09 tion of Research Libraries, http://www.celebratingresearch.org/ index.shtml (consulté sur Internet le 13 avril 2008).Association des bibliothèques de recherche du Canada (ABRC).Commentaires sur les statistiques de l'ABRC : 2003-2004.http:// www.carl-abrc.ca/projects/statistics/pdf/comm_2003-2004-f.pdf (consulté sur Internet le 13 avril 2008).Association of Research Libraries (ARL).2005.Expenditure Trends in ARL Libraries : 1986-2004.http://www.arl.org/stats/arlstat/ graphs/2004/aexpo4.pdf (consulté sur 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soit difficile à établir en raison des multiples modes d\u2019évaluation des collections, l\u2019état des lieux des activités de numérisation au Québec est brossé comme point de départ.Par la suite, une réflexion est faite sur les concepts de « bibliothèques et patrimoines numériques ».Finalement, seront posés les enjeux actuels, les responsabilités et les défis du milieu de la documentation et de la société québécoise en général pour la construction du réseau des bibliothèques numériques du Québec.Quebec\u2019s Digital Libraries : State of Affairs, Current Issues, Future During the first decade of digital publishing and the digitization of collections, many definitions marked the evolution of information systeths and publishing designated as «digital libraries» or «cyberinfrastructures».Although precise measurement is difficult to establish due to the many methods for evaluating collections, a broad picture is given of the state of digitization activities in Quebec.This is followed by a review of the concepts of «libraries and digital heritage».Finally, current issues will be presented, as well as the responsibilities and challenges facing library communities and Quebec society in general with respect to the construction of a network of digital libraries in Quebec.Las bibliotecas digitales : estado actual, retos y perspectivas para elfuturo Durante el primer decenio de actividades de ediciôn digital y de digitalizaciôn de colecciones, no han faltado definiciones para la evoluciôn de los sistemas de informaciôn y de publicacion que han sido designados como \"bibliotecas digitales\" o \u201ccyber-infraes-tructuras\u201d.A pesar de la dificultad de establecer una volume-tria précisa debido a los multiples modos de evaluaciôn de las colecciones, el estado actual de las actividades de digitalizaciôn en Québec se propone como punto de partida, seguido de una reflexion sobre los conceptos de \u201cbiblioteca\u201dy \"patrimonio\u201d digital.A modo de conclusion, se exponen las problemàticas actuates, las responsabilidades y los retos en el medio de la documentaciôn y en el de la sociedad quebequense en general relativos a la construc-ciôn de una red de bibliotecas digitales en Québec.* L\u2019auteure tient à remercier Guy Teasdale pour ses commentaires pertinents et ses suggestions sur une version préliminaire de ce texte.Ses remerciements vont aussi à Patrick Fiset qui a agi comme assistant de recherche pour une partie de la préparation de cette analyse.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | Le Web n\u2019existe que depuis 1993.Nous sortons à peine d\u2019une période d\u2019exploration des potentialités du numérique.Procéder à l\u2019état des lieux et rendre compte des enjeux des bibliothèques numériques du Québec est ainsi un exercice bien périlleux.Après un bref tour d\u2019horizon des collections numériques du Québec, nous définirons les concepts de bibliothèques et de patrimoines numériques.Nous poserons par la suite les enjeux actuels, les responsabilités et les défis du milieu de la documentation et de la société québécoise en général pour la construction d\u2019une infrastructure pour ses bibliothèques numériques.État des lieux des ressources documentaires numériques au Québec En complément de l\u2019inventaire des ressources documentaires numériques du Québec réalisé par Bibliothèque et Archives nationale du Québec (BAnQ 2006), nous introduisons cet état des lieux en dressant un tableau de l\u2019offre documentaire numérique québécoise selon les genres et les types de documents (tableau 1).Ce tableau montre toute la diversité de l\u2019offre documentaire : plusieurs institutions ou organisations produisent des ressources documentaires numériques pour différents types de documents.Il n\u2019est pas possible, pour l\u2019instant, d\u2019avoir une appréciation plus précise de la volumétrie des collections numériques du Québec.Les données globales fournies par chaque institution ou projet ne sont pas comparables.Tantôt, l\u2019unité éditoriale est la page, tantôt un titre d\u2019ouvrage.Par ailleurs, il est très difficile d\u2019obtenir systématiquement des informations qualitatives sur les processus et les normes utilisés1.Nous nous contentons donc, pour le moment, de mentionner les initiatives et les réalisations donnant accès au plus grand nombre de documents numérisés en ne retenant que celles ayant pour objectif une diffusion libre de trop grandes contraintes d\u2019accès (abonnement ou autres).La plus grande collection de documents numérisés du Québec est celle de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.Selon les données fournies dans le 1.L\u2019auteure réalise présentement une étude et une enquête pour obtenir des données plus précises sur la volumétrie des collections numérisées au Québec.DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRlUJUIN 2008) | 1 1 1 C\u2019est d\u2019ailleurs à cette institution phare [BAnQ] que le milieu documentaire québécois a reconnu en 2006 la responsabilité de la coordination du réseau de collaboration pour la numérisation des collections.oooo rapport annuel 2006-2007, 5 5543 403 « documents de bibliothèque » et 2 754 405 « documents d\u2019archives » ont été numérisés2 et mis à la disposition du public3.C\u2019est d\u2019ailleurs à cette institution phare que le milieu documentaire québécois a reconnu en 2006 la responsabilité de la coordination du réseau de collaboration pour la numérisation des collections (BAnQ 2006, p.8).Dans le milieu universitaire, mentionnons les travaux du consortium interuniversitaire Érudit4 (Université de Montréal, Université Laval et Université du Québec à Montréal), qui produit et diffuse 66 revues savantes et plusieurs autres types de publications scientifiques.L\u2019Université McGill met à la disposition des lecteurs 48 collections numérisées de fonds d\u2019archives, de revues savantes ou de collections d\u2019images5.L\u2019Université de Montréal a également procédé à la numérisation de collections d\u2019objets numériques, essentiellement des images6.Le Québec compte par ailleurs une bibliothèque numérique de 3 263 ouvrages tout à fait originale : Les Classiques des sciences sociales7 8.Cette initiative est entièrement réalisée par des bénévoles et compte sur la collaboration de l\u2019Université du Québec à Chicoutimi ainsi que le soutien du Cégep de Chicoutimi et de la Ville de Saguenay.L\u2019Université Laval participe aux projets de numérisation de collections patrimoniales Notre mémoire en ligne / Early Canadiana Online8 et Nos Racines / Our Roots9, qui offrent plus d\u2019un million de pages numérisées.En outre, les bibliothèques des universités québécoises offrent souvent des programmes de dépôt de documents de recherche10 ainsi que de mémoires et de thèses numériques11.Pour terminer ce rapide tour d\u2019horizon, mentionnons la Société des musées québécois, qui offre aux visiteurs de 2.\tPour BAnQ, un « document » correspond à une page pour les documents textuels ou à une unité éditoriale pour les documents tels que les cartes et les enregistrements sonores.(Voir BAnQ 2007,32) 3.\thttp://www.banq.qc.ca/portal/dt/ressources_en_ligne/ressources_en_ligne.jsp 4.\tLe fonds d\u2019Érudit compte plus de 35 000 unités éditoriales.Voir http://www.erudit.org/.5.\thttp://www.mcgill.ca/dcp/projects/all/ 6.\thttp://calypso.bib.umontreal.ca/ 7.\thttp://classiques.uqac.ca/ 8.\thttp://www.canadiana.org/ 9.\thttp://www.nosracines.ca/ 10.\thttp://www.carl-abrc.ca/projects/institutional_repositories/canadian_projects-f.html 11.\tLa première université québécoise à avoir offert un programme officiel de dépôt des mémoires et des thèses sous forme numérique est l\u2019Université Laval.(Voir http://www.fes.ulaval.ca/sgc/mte) sa « Réserve virtuelle » plus de 2 500 images numériques d\u2019œuvres et d\u2019objets12.Les enjeux de l'accès à la documentation numérique illustrés par l'exemple La première et la plus importante question à se poser dans le domaine de la documentation numérique est la suivante : quel(s) chemin(s) les lecteurs empruntent-ils pour avoir accès aux ressources documentaires numériques ?Prenons le point de vue très pratique de Madame Ayotte.Elle désire savoir si un livre a été écrit sur son village natal, Saint-Jean de Matha.Première étape : Google.Résultats : rien de satisfaisant.Elle pense alors à interroger l\u2019outil de recherche de l\u2019Institution A.Magnifique ! Elle trouve le bouquin écrit par le curé Provost en 1888, Histoire d\u2019un établissement paroissial de colonisation : Saint-Jean de Matha.Il est déjà là, numérisé, à un clic et 5 mégaoctets de son ordinateur.Voici le fichier ouvert ; la lectrice avide se plonge dans le décryptage du livre.Déception ! Ce curé Provost, se dit-elle, a dû utiliser une machine à écrire pas très efficace : les caractères sont souvent flous, certaines pages tronquées ; il n\u2019est pas possible de faire un copier-coller d\u2019un passage sur son aïeul pour le faire parvenir aux autres membres de la famille.Sa sœur (à qui elle a fait parvenir sa découverte) lui apprend que le même titre a été numérisé par l\u2019Institution B.Les pages y sont plus claires et plus faciles à lire.Toutefois, la consultation ne se fait qu\u2019une page à la fois.Madame Ayotte s\u2019intéresse maintenant à l\u2019Histoire du Canada de F.X.Garneau.C\u2019est encore Google le premier réflexe.Résultat : un accès à l\u2019exemplaire numérisé de la bibliothèque d\u2019Oxford University.La qualité de la numérisation n\u2019est pas très bonne.Madame Ayotte décide de retourner au site de l\u2019Institution A.Après une douzaine de clics de souris, elle trouve la notice des quatre tomes de la première édition.Pour tenter d\u2019avoir quelques pages un peu plus claires, elle cherche le même titre dans le site de l\u2019Institution B.Elle y trouve bien la quatrième édition de 1883, mais puisqu\u2019elle n\u2019est pas membre de l\u2019institution, seuls les deux derniers tomes lui sont accessibles.Bref, c\u2019est la croix et la bannière ! Que peut-on tirer de cette démarche ?Premièrement, les bibliothèques numériques devraient offrir le maximum de cohérence dans l\u2019expérience de consultation.Deuxièmement, les interfaces des infrastructures de ressources numériques doivent être simples, attrayantes et rapides à utiliser.Troisièmement, les ressources numériques des institutions ne sont pas indexées convenablement par les outils de recherche généraux.Finalement, ces collections numérisées composant le patrimoine du domaine public devraient être disponibles gratuitement.12.\thttp://www.smq.qc.ca/mad/reserve/introduction.php 1 1 2 I NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) Tableau 1 Institutions et types de ressources documentaires numériques ou numérisés Volumétrie Assemblée nationale du Québec BAnQ Canadiana.org Consortium Érudit ONF Société des musées québécois Société Radio-Canada Télé-Québec Université Bishop Université Concordia Université de Montréal Université de Sherbrooke Université Laval Université McGill UQAC UQAM UQAR Ville de Montréal Manuscrits et imprimes x H w Z N < O < S w eu eu w > Cfl S 0 £ z 5 O y-.Q s Q < ü O Q C/5 w 3 H O' C/j W5 ?H « 5 ! ^ g a ?P U .- ' H ^ < cü 5 0! C Q o u u «« 5 K - n rr.CA W H 3 Z fi ca O Qu'est-ce qu'une bibliothèque numérique ?Du début des années 1990 à aujourd\u2019hui, de la « bibliothèque virtuelle » et la « bibliothèque électronique » jusqu\u2019au concept de « cyberinfrastructure »13, la bibliothèque numérique a connu plusieurs définitions.Après un peu plus d\u2019une décennie d\u2019expérimentations et de réflexion, les bibliothèques numériques14 prennent aujourd\u2019hui la forme d\u2019ensembles de ressources sous forme numérique offrant des capacités techniques de création, de recherche et d\u2019utilisation d\u2019information.Leur architecture informatique est distribuée15.Leurs contenus sont de plusieurs natures : documents publiés ou non, données, métadonnées, liens vers des ressources internes ou externes à leurs fonds.Au plan institutionnel, les bibliothèques numériques sont construites pour répondre aux besoins d\u2019une communauté d\u2019utilisateurs par des fonctionnalités et des services spécifi- 13.\tAu sujet des cyberinfrastructures, lire notamment l\u2019excellent rapport de l\u2019Ame-rican Council of Learned Societies (American Council of Learned Societies 2006).14.\tNous reprenons ici une définition développée par un groupe de travail de la National Science Foundation citée par Borman (Borgman 2007).15.\t« L\u2019architecture d\u2019un environnement informatique ou d\u2019un réseau est dite distribuée quand toutes les ressources ne se trouvent pas au même endroit ou sur la même machine.» (http://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_distribu %C3 %A9e) ques.Les bibliothèques numériques réalisent l\u2019intégration de plusieurs institutions documentaires correspondant à des lieux physiques dans l\u2019univers imprimé.Les institutions concernées incluent notamment les bibliothèques, les musées, les centres d\u2019archives, les écoles.Ces bibliothèques appartiennent au nouveau monde numérique, caractérisé selon certains par la dématérialisation des produits de l\u2019édition.Roger Chartier (Chartier 1996, 32) fait référence à la représentation numérique comme « l\u2019immatérialité de textes sans lieu propre ».Régis Debray (Debray 2000), selon la même logique, affirme que « le livre s\u2019est désacralisé en se dématérialisant ».Pourtant, bien que visiblement intangibles, les documents numériques sont bien réels et concrets.Des octets servent à les encoder sous différents formats informatiques ; ils sont stockés dans des fichiers enregistrés physiquement sur divers supports (disque rigide, DVD-ROM, ruban magnétique, etc.) dont des équipements matériels et logiciels permettent la lecture ; ces ressources numériques sont diffusées grâce à des réseaux d\u2019équipements et de logiciels répondant à des protocoles16 qui permettent de faire transiter des « paquets d\u2019information » d\u2019un ordinateur à un autre.Postulons donc que le numérique n\u2019est ni virtuel, 16.\tNotamment le protocole TCP/IP.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRlL/JUlN 2008) | 1 1 3 Dans le domaine du numérique, l\u2019enjeu actuel majeur est certainement la transformation des institutions et, pour les bibliothèques en particulier, leur capacité à transposer et à adapter leurs valeurs fondamentales dans l\u2019univers numérique.ooc> ni immatériel, car les ressources numériques sont physiquement bien encodées sur des supports informatiques matériels.Patrimoine et institution Le patrimoine désigne, selon l\u2019acception relative aux milieux documentaires, ce qui a été reçu des générations antérieures et pour lequel existe une obligation morale de respect et de préservation (Barbier 2004, 11-12).Le patrimoine documentaire numérique, pris dans son sens le plus large, consiste en l\u2019héritage des publications et autres contenus créés sous forme numérique ou numérisés à partir de supports analogiques.D\u2019une part, la préservation, la diffusion et la transmission aux générations futures d\u2019un tel « trésor public » ne peuvent pas s\u2019improviser.D\u2019autre part, il existe dans nos sociétés des institutions dont le rôle est précisément d\u2019assurer la préservation de ce patrimoine : il s\u2019agit de ce qu\u2019on appelle depuis l\u2019Antiquité des « bibliothèques ».Il est heureux qu\u2019à l\u2019ère du numérique, la construction de grandes bibliothèques reste toujours à l\u2019ordre du jour (Bernier 2001).Au Québec comme dans plusieurs sociétés, l\u2019importance des institutions identitaires culturelles s\u2019exprime par le bâti.Ces édifices dédiés à la culture et au savoir définissent, inspirent et font partie de l\u2019espace public.Le numérique n\u2019a pas à s\u2019opposer à l\u2019espace public culturel.À l\u2019heure actuelle, tout en poursuivant les efforts pour le développement des institutions documentaires bâties du monde de l\u2019imprimé, le défi à relever par le milieu documentaire est de créer un genre nouveau d\u2019institution pour le patrimoine et la production éditoriale numériques.Les institutions sont sans cesse amenées à redéfinir leur zone de compétence, à restructurer leur organisation, à réactualiser leur discours.L\u2019institution est en processus d\u2019autocréation continue et c\u2019est par la tension quelle se produit et se reproduit (Chevallier 1985, 190).Dans le domaine du numérique, l\u2019enjeu actuel majeur est certainement la transformation des institutions et, pour les bibliothèques en particulier, leur capacité à transposer et à adapter leurs valeurs fondamentales dans l\u2019univers numérique.Comme elles le font pour l\u2019imprimé et le manuscrit, les bibliothèques du nouveau monde numérique doivent continuer à garantir la liberté intellectuelle et l\u2019accès le plus ouvert possible à l\u2019information, aux publications et aux œuvres artistiques, et ce dans le plus grand respect de la confidentialité et de la vie privée, en s\u2019opposant à toute forme de censure.Les milieux documentaires et culturels ont la responsabilité de travailler en collaboration pour assurer l\u2019interopérabilité de leurs fonds et d\u2019appliquer les normes techniques et documentaires appropriées.Les services et la qualité de l\u2019expérience de consultation pour l\u2019utilisateur ne seront riches et satisfaisants que si le nouvel édifice numérique s\u2019appuie sur des normes conformes aux exigences de la profession et, de préférence, sur des formats ouverts et des technologies non propriétaires performantes.Les enjeux d'un programme ambitieux La mise sur pied du réseau des bibliothèques numériques du Québec est un programme ambitieux qui comporte plusieurs enjeux : 1.la mise en œuvre d\u2019une politique de numérisation ; 2.la préservation à long terme des contenus et des autres composantes de l\u2019infrastructure ; 3.le respect de la propriété intellectuelle et de la vie privée ; 4.le financement de ce projet de société ; 5.sa réalisation en réseaux.Ces défis touchent tant les aspects techniques, politiques, juridiques qu\u2019organisationnels.Politique de numérisation De nombreux acteurs mènent des activités de numérisation au Québec.Pour s\u2019assurer d\u2019une utilisation optimale des ressources investies dans ce chantier, une coordination efficace s\u2019impose.Cela implique le développement d\u2019une vision commune et partagée de ce que la bibliothèque numérique québécoise sera.À l\u2019heure actuelle, nous avons collectivement acquis suffisamment d\u2019expertise pour procéder à la préparation des plans d\u2019une contribution coordonnée à l\u2019édifice du savoir et de la culture.À l\u2019instar d\u2019un monument bâti, le réseau des bibliothèques numériques québécoises doit faire l\u2019objet d\u2019une conception architecturale documentaire et, plus largement, d\u2019une politique de numérisation du patrimoine documentaire québécois.Sans elle, nous nous en tiendrons à des échafaudages qui ne pourront se relier efficacement aux infrastructures informationnelles et culturelles du monde.Les infrastructures en réseau et la conception de leur architecture constituent un enjeu technique de taille.Pour cela, il faut mettre en place un véritable réseau de compétences partagées et coordonnées.Les contributions des uns et des autres formeront une géométrie variable en fonction des moyèns des collections de chacun.Préservation La préservation des ressources numériques constitue un enjeu capital.Il revient aux bibliothèques d\u2019assumer cette responsabilité pour leurs communautés et leur société.Pour ce faire, il faut investir collective- 1 1 4 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) ment et reconnaître d\u2019emblée toute l\u2019influence du numérique dans la redéfinition de l\u2019espace public en général et de l\u2019espace des bibliothèques en particulier.Une fois cette reconnaissance acquise, les choix technologiques éprouvés mondialement par les grands projets de référence sont faciles à faire.Il n\u2019est plus besoin aujourd\u2019hui, comme c\u2019était le cas il y a une dizaine d\u2019années, de justifier le choix et l\u2019utilisation des formats structurés de données pour assurer la préservation sans être tributaire à long terme d\u2019un logiciel ou d\u2019un fabricant en particulier17.Respect de la propriété intellectuelle et de la vie privée Tout projet de numérisation touche à la propriété intellectuelle des auteurs, des éditeurs et de leurs ayants droit.Cette réalité a été et continue d\u2019être assez étudiée pour permettre aux responsables des bibliothèques numériques de prendre les dispositions nécessaires.Par ailleurs, le respect de la vie privée est aussi un enjeu dont les modalités d\u2019application se transforment avec le numérique.La profession de bibliothécaire et les institutions dans lesquelles elle s\u2019inscrit est fondée sur les valeurs de liberté intellectuelle, de respect de la confidentialité et de la vie privée.L\u2019environnement numérique ne fait qu\u2019amplifier cette responsabilité que nous assumons face aux utilisateurs et à nos concitoyens18.En tant qu\u2019intermédiaires entre l\u2019information et l\u2019utilisateur19, nous avons un devoir de neutralité, non seulement dans nos interventions auprès des utilisateurs, mais également dans le traitement de l\u2019information.La responsabilité de conservation qu\u2019on reconnaît au bibliothécaire et le professionnalisme avec lequel nos prédécesseurs ont oeuvré nous confèrent la crédibilité nécessaire lorsque les événements commandent de faire respecter les valeurs de la profession.Notre histoire documentaire québécoise récente en fournit un exemple : pensons au refus de Georges Cartier, conservateur de la Bibliothèque nationale du Québec au moment de la crise d\u2019octobre en 1970, de donner aux policiers les listes des ouvrages consultés par les lecteurs 17.\tLe lecteur intéressé pourra consulter le rapport produit par la Bibliothèque nationale d\u2019Australie préparé pour le compte de l\u2019UNESCO qui pose les bonnes questions et apportent de nombreuses réponses pertinentes, notamment au plan technique, au défi de la préservation à long terme du numérique (Bibliothèque nationale (Australie) 2003).Ce rapport a été préparé dans la foulée de l\u2019adoption en octobre 2003 d\u2019une charte sur la conservation du patrimoine numérique qui met l\u2019accent sur l\u2019urgence pour tous les pays de mettre en œuvre des mesures garantissant la conservation des ressources d\u2019origine numérique et n\u2019existant que par ce type de support (UNESCO 2003).18.\tÀ ce sujet, il est intéressant de noter qu\u2019une récente enquête faite auprès de personnes de plusieurs générations provenànt de six pays différents souligne que près de la moitié des répondants considère extrêmement ou très important que la bibliothèque protège et ne divulgue pas leur dossier de lecteur (informations personnelles et ressources consultées) (De Rosa et al.2007,7-6).19.\tÀ noter que cette médiation s\u2019opère tout autant dans le monde numérique : un \"spécialiste de l\u2019information participant à la conception et à la réalisation d\u2019une interface de service Web donnant accès à des ressources documentaires mérite tout autant que son collègue bibliothécaire l\u2019appellation de médiateur ou de passeur entre l\u2019information et le lecteur.L\u2019enjeu du financement est d\u2019autant plus important qu\u2019avec Google et son programme Recherche de livres, avec les projets similaires de Microsoft et Yahoo, il est tentant de croire que l\u2019État n\u2019a pas besoin d\u2019investir dans la numérisation de son patrimoine.CXXXXXXX>C> (Cartier 2004, 241).Dans le monde numérique, outre des demandes similaires d\u2019informations personnelles et privées, les responsables de collections numériques sont susceptibles de recevoir des demandes de retrait de publication et de statistiques sur les documents les plus consultés.Financement À défaut d\u2019une planification rigoureuse, réalisée en collaboration avec l\u2019ensemble des acteurs impliqués, il est difficile aujourd\u2019hui d\u2019évaluer avec réalisme l\u2019ampleur du financement nécessaire pour procéder au chantier de numérisation.Par ailleurs, au-delà de la numérisation elle-même, c\u2019est toute l\u2019architecture d\u2019une infrastructure en réseau qu\u2019il s\u2019agit de concevoir et de réaliser.La situation financière actuelle doit changer : nous procédons par projets spéciaux ou grâce à des fonds réunis ponctuellement, par de petits programmes ad hoc et autres moyens de fortune, pour numériser des parties de collections dans des conditions qui ne permettent pas toujours de faire le travail selon les règles de l\u2019art.Qui plus est, sans planification et sans concertation, le risque est grand de devoir reprendre une partie du travail déjà accompli à ce jour20.Les réseaux comme option stratégique La nature même de la bibliothèque numérique rend incontournable la mise en réseau du travail et des ressources.Cette stratégie peut se structurer en plusieurs niveaux qui s\u2019imbriquent pour constituer une réelle infrastructure matérielle, humaine et documentaire.À un premier niveau, on retrouve les institutions, les bibliothèques et les autres services documentaires du Québec.Le second niveau concerne les autres institutions ou industries culturelles du Québec avec lesquelles les bibliothèques pourraient collaborer afin d\u2019offrir aux utilisateurs de la bibliothèque numérique québécoise un maximum de cohérence documentaire.Finalement, un 20.\tL\u2019enjeu du financement est d\u2019autant plus important qu\u2019avec Google et son programme Recherche de livres, avec les projets similaires de Microsoft et Yahoo, il est tentant de croire que l\u2019État n\u2019a pas besoin d\u2019investir dans la numérisation de son patrimoine.Pourtant, il suffit de lire attentivement les clauses du contrat de numérisation de Google et comprendre ses conséquences sur les possibilités d\u2019utilisation des documents numérisés pour se poser de sérieuses questions.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) | 1 1 5 À l\u2019instar d\u2019un monument bâti, le réseau des bibliothèques numériques québécoises doit faire l\u2019objet d\u2019une conception architecturale documentaire et, plus largement, d\u2019une politique de numérisation du patrimoine documentaire québécois.oooooooo troisième niveau permettrait au Québec de se positionner face aux infrastructures comparables des autres pays21.A ces projets institutionnels, il faut ajouter la mise en œuvre d\u2019une stratégie de diffusion des contenus dans les outils de recherche et les répertoires généraux et spécialisés.En effet, les contenus des catalogues de bibliothèques ne sont généralement pas indexés sur le Web puisque les données de leurs bases de données respectives ne sont pas accessibles aux moteurs de recherche.Le rêve de la bibliothèque sans mur est-il possible ?Le rêve d\u2019avoir accès le plus facilement possible au patrimoine documentaire numérique et numérisé du Québec est en cours de réalisation.On voit même poindre à l\u2019horizon le vieux fantasme de la bibliothèque sans mur22.D\u2019un point de vue technique, tout est à notre portée pour réaliser ce rêve.La véritable question est de savoir si nous aurons le courage d\u2019en faire une réalité.Trop souvent, les bibliothécaires affirment qu\u2019avec la surabondance informationnelle engendrée par le numérique, leur expertise doit avant tout être appliquée à l\u2019organisation en aval de cette déferlante informationnelle.Il faut faire foin de ces discours chagrins qui' voient dans le numérique le règne d\u2019un deus ex machina.Il s\u2019agit plutôt d\u2019arrimer la puissance du numérique aux valeurs et aux responsabilités de la profession.21.\tDes collaborations internationales ont déjà cours.Mentionnons par exemple le rôle joué par Bibliothèque et Archives nationales du Québec pour la réalisation du portail commun de la Bibliothèque numérique francophone consacré aux collections numérisées de presse et de périodiques (Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2007, 33).D\u2019autres exemples : European Digital Library (http://www.edlproject.eu/partners.php), World Digital Library (http://www.worlddigitalli-brary.org), Bibliothèque numérique européenne (http://www.bnf.fr/pages/euro-peana/europeana.htm), Bibliothèque numérique francophone (http://www.banq.qc.ca/portal/dt/a_propos_banq/communiques/archives/com_20o6_03_23.jsp).22.\tIl est amusant de constater que ce rêve n\u2019est pas nouveau.Déjà au xve siècle, Érasme affirme souvent qu\u2019un ouvrage imprimé atteint rapidement toutes les parties du monde.Notamment, dans sa louange du vénitien Aide Manuce, il annonce que les livres publiés par l\u2019imprimeur seront répandus sur toute la terre : « Aide est en train d\u2019édifier une bibliothèque qui n\u2019a pas d\u2019autres limites que le globe terrestre lui-même.» Cité par (Crousaz 2005,31).Tout comme la valeur inestimable du patrimoine imprimé justifie la création d\u2019institutions vouées à sa diffusion, le patrimoine numérique mérite qu\u2019on lui accorde les mêmes égards.Il faut innover et ne pas se sentir gêné par un certain nombre de barrières.Les milieux documentaires et culturels doivent répondre à l\u2019effritement des barrières entre les types de publics en faisant tomber celles qui divisent les différents types de bibliothèques, sans qu\u2019il soit question quelles renoncent à leurs responsabilités et à leurs missions.À terme, ce sont aussi les barrières géographiques et politiques qui s\u2019estompent.Les humanistes au xvie siècle ont procédé à un imposant programme éditorial afin de faire entrer les savoirs consignés sur les manuscrits dans le monde de l\u2019imprimé; À notre tour, au moment où les chantiers de numérisation démarrent aux quatre coins du globe, nous devons faire entrer le patrimoine imprimé du Québec dans le monde numérique.0 Sources consultées American Council of Learned Societies.2006.Our cultural commonwealth : the report of the American council of learned societies commission on cyberinfrastructure for the humanities and social sciences.New York.Barbier, Frédéric.2004.Patrimoine, production, reproduction.Bulletin des Bibliothèques de France, vol.49, n°5 :11-20.Bernier, Gaston.2001.Construction et numérisation : la construction de grandes bibliothèques reste toujours à l\u2019ordre du jour.Documentation et Bibliothèques vol.47, n°3 : 91-92.Bibliothèque et Archives nationales du Québec.Les ressources documentaires numériques au Québec : bibliothèques, archives, musées, université : un aperçu, 2006, 8 p.Bibliothèque et Archives nationales du Québec.2007.Rapport annuel 2006-2007.^Bibliothèque nationale (Australie).2003.Directives pour la sauvegarde du patrimoine numérique.Paris : UNESCO.Division de la société de l\u2019information, 198 p.Borgman, Christine L.2007.Scholarship in the digital age : information, infrastructure, and the Internet.Cambridge, MA : MIT Press.Cartier, Céline R.2004.En marge de l\u2019autobiographie de Jean- Rémi Brault : complément à la petite histoire de « l\u2019Affaire des manuscrits ».Documentation et Bibliothèques, vol.50, n°3 : 241-247.Chartier, Roger.1996.Culture écrite et société : l\u2019ordre des livres XIVe-XVIIIe siècle, coll.Bibliothèque Albin Michel.Histoire.Paris : Albin Michel, 240 p.Chevallier, Jacques.1985.Éléments d\u2019analyse politique.Paris : Presses universitaires de France, 285 p.Crousaz, Karine.2005.Érasme et le pouvoir de l\u2019imprimerie.Lausanne : Antipodes, 197 p.De Rosa, Cathy et al.2007.Sharing, privacy and trust in our ,networked world.Online Computer Library Center (OCLC).Debray, Régis.2000.Les révolutions médiologiques dans l\u2019Histoire : pour une approche comparative.Bulletin des Bibliothèques de France, vol.45, n°i : 4-12.UNESCO.Charte sur la conservation du patrimoine numérique.Paris, 2003.1 1 6 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) DOCUMENTATION BIBLIO HÈQUES Quand les bibliothèques concourent et séduisent les architectes Yvon-André Lacroix Directeur général de la diffusion de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) de 1999 à 2003 yalacroix@gmail.com\t, Résumé | Abstracts | Resumen Le gouvernement du Québec a instauré en 1983 une règlementation qui oblige la tenue d'un concours public pour les projets d\u2019équipements culturels de grande valeur et réalisés à l\u2019aide de subventions gouvernementales.C'est grâce à ce programme que des dizaines de bureaux d\u2019architectes ont conçu les plans de bibliothèques publiques ; certains d'entre eux ont réalisé des bâtiments d\u2019une qualité remarquable et ont mérité de très hautes distinctions du milieu architectural.When libraries compete for and seduce architects The Government of Quebec has introduced a regulation requiring that an open competition be held for cultural equipment projects worth more than two million dollars that receive government funding.Through this program, dozens of architectural firms have designed public libraries, some of which have resulted in quality buildings highly praised within architectural circles.Cuando las bibliotecas cortejan y seducen a los arquitectos.El gobierno de Québec ha instaurado una nueva legislaciôn que exige que todos los proyectos de construcciôn culturales realizados con el apoyo econômico del gobierno y cuyo costo supere los dos millones de dôlares sean sometidos a un concurso publico.Gracias a dicha legislaciôn, decenas de firmas de arquitectos han conce-bido planes para bibliotecas pûblicas ; algunos de ellos han podido construir edificios de remarcable calidad y han recibido altas distinciones del medio arquitectural.De 1991 À 2005, le Québec connaît un agrandissement considérable de la superficie de son parc immobilier de bibliothèques municipales autonomes desservant 5 000 habitants et plus.L\u2019espace en mètres carrés passe de 194 643 m2 en 1991 à 305 146 m2 en 2005 (incluant la Grande Bibliothèque), soit une augmentation de 110 503 m2 (56,7 %), ce qui lui permet d\u2019atteindre 83 % de l\u2019objectif de 54 m2 par 1 000 habitants.C\u2019est en 1983 que le gouvernement du Québec a instauré une règlementation qui oblige la tenue d\u2019un concours public pour les projets d\u2019équipements culturels d\u2019une valeur de plus de 10 millions de dollars et réalisés à l\u2019aide de subventions gouvernementales.Ce plafond est abaissé à deux millions en 1992.Un enchaînement de faits heureux s\u2019est alors enclenché.Un document très succinct de six pages, Le concours d\u2019architecture, est lancé en 1994, suivi en 1995 du Guide des concours d\u2019architecture au Québec publié par l\u2019Ordre des architectes du Québec (OAQ).Les budgets du programme d\u2019aide à de tels équipements se sont accrus, les municipalités ont tenu des concours pour des constructions de bibliothèques publiques ou de nouveaux équipements culturels qui incluent une bibliothèque.Ainsi, de 2001 à 2007, dans le cadre de l\u2019aide aux immobilisations (rénovation, réaménagement, agrandissement et construction) accordée aux bibliothèques publiques, le ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) a attribué des subventions à 113 projets pour un montant total de 53 348 682 $.L\u2019engouement des architectes a été tel que « plus de 400 bureaux planchent sur les 31 concours du MCCQ » (Choko, 2006) qui sont organisés sur l\u2019ensemble du territoire du Québec entre 1991 et 2005 et à eux seuls, les projets de la Bibliothèque de Châteauguay et du Complexe culturel Joseph-Rouleau de Matane ont mérité chacun l\u2019attention de 60 bureaux.L\u2019édifice de la Grande Bibliothèque à Montréal a, quant à lui, fait l\u2019objet d\u2019un concours international d\u2019architecture en 2000 auquel ont participé 37 firmes d\u2019architectes de 11 pays.Une telle convergence attire particulièrement « une multitude de jeunes architectes désireux de faire leurs preuves » puisqu\u2019 « en 1998 près de la moitié des membres de l\u2019OAQ sont de jeunes architectes » (Choko, 2006).Les bibliothèques publiques auxquelles nous nous intéressons dans le présent article ont l\u2019une ou l\u2019autre ou toutes les caractéristiques suivantes : elles ont été l\u2019objet d\u2019un concours d\u2019architecture sous l\u2019égide du ministère NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 1 7 de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ), elles ont reçu de hautes distinctions architecturales et elles ont été choisies pour figurer dans une exposition itinérante montée en 2006 (voir Bilodeau, 2006, note 4) par le Laboratoire d\u2019étude de l\u2019architecture potentielle (LEAP) de l\u2019Université de Montréal et le Centre de design de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Cette exposition a vu le jour dans le cadre du travail de documentation systématique des concours d\u2019architecture entrepris par le LEAP et qui se manifeste de mois en mois sur Internet par l\u2019intermédiaire du Catalogue des Concours Canadiens (www.ccc.umon-treal.ca).Il est possible d\u2019y retrouver la grande majorité des projets de bibliothèques grâce au moteur de recherche greffé sur la base de données documentaire.Dans son Guide des concours d\u2019architecture au Québec (1995), l\u2019OAQ distingue « deux grandes catégories de concours : le concours de projet qui est lancé pour la réalisation d\u2019un ouvrage et au terme duquel le gagnant du premier prix se voit normalement confier l\u2019exécution ; le concours d\u2019idées qui vise l\u2019obtention d\u2019idées ou suggestions pour résoudre un problème qui n\u2019est défini que dans ses grandes lignes ».Ces concours sont soit ouverts, c\u2019est-à-dire lancés auprès de tous les architectes du Québec, d\u2019une région ou d\u2019une ville, soit restreints sur invitation ou par appels d\u2019offres et limités à des architectes choisis par le promoteur.D\u2019autres variables peuvent se combiner, telle la tenue en une étape (généralement le concours d\u2019idées) ou deux (généralement le concours de projet).Dans ce dernier cas, un jury formé en partie de pairs juge les propositions reçues selon des critères rigoureux, retient certaines firmes qui sont par la suite rémunérées pour peaufiner leur projet à partir du programme architectural tout aussi rigoureux établi par le promoteur.De tels concours ont un effet synergétique positif indéniable auprès du milieu des professionnels de l\u2019architecture et de la bibliothéconomie.Ces concours stimulent l\u2019émulation et l\u2019innovation, la qualité et la recherche d\u2019excellence, tant par les bâtiments que par les services de bibliothèques offerts.Ils valorisent la lecture et la culture aux yeux des citoyens, des élus et de tous les décideurs, et les médias font écho à l\u2019émergence de ces valeurs fondamentales d\u2019une société où les enjeux d\u2019ordre culturel sont inscrits à l\u2019ordre du jour démocratique.Ils élargissent le bassin, jusqu\u2019ici trop restreint, de citoyens qui seront encore mieux renseignés sur la mission et les besoins des bibliothèques publiques et aptes à mieux soutenir celles-ci dans leur développement futur.On peut parier que l\u2019usager trouvera une immense gratification à fréquenter ces bibliothèques de plus en plus vertes que le savoir technique et le sens artistique des architectes d\u2019ici ont conçues à son intention.La luminosité et la transparence (grâce à une fenestration abondante et l\u2019utilisation du verre), le décloisonnement, la flexibilité et l\u2019aisance de la circulation, la polyvalence et la multifonctionnalité des espaces (salles de réunions, auditorium, café bistro, etc.) sont autant d\u2019éléments qui font des bibliothèques des lieux fonctionnels et attirants.Bref des lieux incontournables de diffusion et d\u2019animation.Ces nouvelles bibliothèques publiques dont l\u2019architecture est moderne et contemporaine n\u2019ont plus rien à envier à leurs consoeurs nord-américaines, européennes ou même Scandinaves (Lacroix, 1999 et 2000).Ainsi, « la qualité architecturale de ces bibliothèques nouvelles est remarquable et traduit la démocratisation croissante de l\u2019accès au savoir (.).Elles sont attrayantes et audacieuses, extraverties et provocantes, polyvalentes et familières, à échelle humaine, et le plaisir y est de mise.Présentes à la Cité, elles rassemblent.Elles sont décloisonnées, flexibles et fonctionnelles.Lieux de sens, de diffusion et d\u2019appropriation » (Lacroix, 2000).Elles touchent toutes l\u2019esprit et le cœur et c\u2019est là le gage de leur succès.Les réalisations architecturales font l\u2019objet de récompenses annuelles dont les plus hautement recherchées au Québec sont les Prix d\u2019excellence de l\u2019Ordre des architectes du Québec, la Médaille du Gouverneur général du Canada en architecture et les Prix d\u2019excellence de la revue Canadian Architect.Parmi les 31 concours lancés entre 1991 et 2005, les 7 bâtiments présentés ci-après sont des bibliothèques publiques et certains ont été récipiendaires de l\u2019une ou l\u2019autre de ces distinctions convoitées.Le Réseau BIBLIO du Québec, constitué de 11 Centres régionaux de services aux bibliothèques publiques (CRSBP), décerne pour sa part depuis 2004 le Prix d\u2019excellence Gérard-Desrosiers en aménagement de bibliothèque.Ce prix bisannuel vise à honorer une municipalité de moins de 5 000 habitants pour les efforts remarquables consentis à l\u2019amélioration de sa bibliothèque publique.La Bibliothèque Laurent-Caron de Saint-Anselme, municipalité de 3 300 habitants située dans la région de Bellechasse, en a été la première lauréate pour son projet ayant nécessité un investissement global de 700 000 $.En 2006, c\u2019est Saint-Anicet, municipalité de 2 730 habitants implantée dans la région de la Montérégie, qui a remporté cet honneur pour son projet d\u2019une valeur de 600 000 $.118j NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 I ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) Bibliothèque Robert-Bourassa -i«W ¦ ¦ i\t- \u2014 I Adresse :\t41, avenue Saint-Just, arrondissement Outremont, Montréal (Québec), H2V 4T7 Population de la arrondissement Outremont : 22 900 municipalité : Ville de Montréal : 1 620 000 £V B \u201c\u2018V BieUOTHÈüÆ ROBERT-BOURASSA .Puits de lumière Architectes : Pierre Boyer-Mercier et François Brillant Coût total :\t3 900 000 $ Année de l\u2019inauguration :\t1998 Superficie (mètres carrés) Du bâtiment : 2 200m2 De la partie consacrée à la bibliothèque : 1 668m2 NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JU ! N 2008) | 1 1 9 Complexe culturel Joseph-Rouleau jmm Salle de lecture de la bibliothèque \u2022 ' Jj Adresse : Population de la municipalité : Architectes : Coût total : Année de l\u2019inauguration : Superficie (mètres carrés) : Prix reçus : 520, avenue Saint-Jérôme, Matane (Québec), G4W 3B5 15 000 Anne Carrier architectes 3 300 000 s 2001 Du bâtiment : 1 550 mètres2 De la partie consacrée à la bibliothèque : 675 mètres2 Lauréat du concours provincial d\u2019architecture 1995 Prix d\u2019excellence 1995 de la revue Canadian Architect Prix d\u2019excellence 2002 de la construction en acier de l\u2019Institut canadien de la construction en acier (ICCA), mention honorable, catégorie commerciale/institutionnelle Autres caractéristiques : Le projet englobe quatre salles de diffusion culturelles, multifonctionnelles, transformables et une bibliothèque s\u2019articulant autour d\u2019un foyer et d\u2019un hall.Le concept permet à tous les organismes d\u2019avoir pignon sur rue et de préserver le parc.Il s\u2019inscrit au centre d\u2019un cœur institutionnel et religieux à caractère fortement patrimonial.rr~ 1 20 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO i, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIt/JUIN 2008) © Benoît Lafrance / Anne Carrier 1\u2014- o^oc> à chaque programme d\u2019études.En techniques de la documentation, le cours de français porte sur les techniques de communication écrites et orales dans les techniques humaines, le cours de philosophie initie à l\u2019éthique professionnelle, des affaires et des collectivités, et le cours d\u2019anglais initie aux différentes formes d\u2019expression d\u2019usage courant liées au domaine d\u2019activité professionnelle.Formation générale complémentaire Les cours de formation générale complémentaire donnent à l\u2019étudiant l\u2019occasion d\u2019explorer des champs de la connaissance différents de celui de son domaine d\u2019études et d\u2019élargir ses horizons.Leur nombre a varié selon les révisions de programme de 1975, 1982 et 1996.Actuellement, l\u2019étudiant est tenu de choisir deux cours parmi ceux d\u2019une liste préparée par chaque cégep.Les sujets sont aussi divers que l\u2019histoire du cinéma, des notions de droit ou l\u2019univers de la musique.Formation spécifique À sa création en 19671, le programme s\u2019appelait « Bibliotechnique ».Il comportait onze cours de formation spécifique et un cours-stage de 525 heures.Les cours portaient exclusivement sur des tâches en bibliothèque et sur des types de documents : catalogage, classification Dewey et Library of Congress, ouvrages de référence, documentation audiovisuelle et périodiques.Il comprenait déjà des cours d\u2019informatique, de dactylographie et d\u2019administration qui avaient pour but de fournir aux élèves des outils pour mieux organiser l\u2019information et pour qu\u2019ils puissent assumer des responsabilités de gestion de personnel.Pour répondre à l\u2019évolution du marché du travail, avec l\u2019arrivée de nouveaux supports et de nouvelles technologies, le programme a connu trois révisions, en 1975, en 1982 et en 1996.La révision de 19752 a apporté d\u2019importantes modifications : changement de titre du programme, augmentation du nombre de cours, modification du titre et 1.\tPour l'historique et la description du programme de 1967, voir Jobin-Brûlé, Françoise ; Kathleen Mennie de Varennes ; Léonard Nadeau.1973.La formation des bibliotechniciens hier, aujourd\u2019hui et demain.Documentation et bibliothèques, vol.19, n° 2 (juin) : 51-56.2.\tPour la description du programme de 1975, voir Ouimet, Manon.1975.Bibliotechnique : techniques de la documentation.Documentation et bibliothèques, vol.21, n° 2 (juin): 77-84.du contenu de certains cours et réduction du nombre d\u2019heures de stage à 360 heures.À partir de cette date, le programme porte le titre de « Techniques de la documentation », donnant ainsi une indication claire quant à son objectif de préparer des techniciens capables d\u2019exécuter des tâches dans un contexte manuel ou automatisé, non seulement dans une bibliothèque mais aussi dans un service d\u2019archives ou dans une librairie.Les changements de 19823 ont confirmé les orientations de 1975.Des cours portant spécifiquement sur le travail en librairie et sur la gestion des documents et des archives ont été établis pour consolider la formation dans ces domaines : cours sur l\u2019édition et le commerce du livre, sur les structures administratives des entreprises (Organisation et méthode) et sur le traitement des archives.Le cours de programmation en informatique a été remplacé par celui sur les systèmes documentaires automatisés, plus approprié aux tâches des techniciens.Le nombre d\u2019heures de stage a été maintenu à 360.Jusqu\u2019à la réforme de 1996, les révisions de programme étaient élaborées par des comités pan-québécois composés d\u2019enseignants.Ces comités établissaient une liste de cours, rédigeaient pour chacun des objectifs généraux et une courte description accompagnée d\u2019une brève bibliographie répertoriant les ouvrages de base.Ils en déterminaient aussi la pondération, c\u2019est-à-dire le nombre d\u2019heures de théorie, de travaux pratiques et de travail personnel pour chacun d\u2019eux.Une fois approuvée par le ministère de l\u2019Éducation, la liste devenait obligatoire pour tous les cégeps qui offraient le programme.Chaque établissement avait cependant la liberté de créer son ordre d\u2019enchaînement des cours.La révision de 1996 a été développée selon l\u2019approche par compétences.Cette méthode de développement des programmes4 comporte quatre étapes : 1.la description de la profession par des diplômés d\u2019expérience dans un exercice appelé Analyse de la situation de travail (AST) ; 2.la création, à partir du rapport de l\u2019AST, d\u2019une liste d\u2019énoncés, appelés compétences, décrivant des tâches à exécuter ; 3.la validation de la liste par des enseignants et des délégués provenant d\u2019associations professionnelles et de différents milieux documentaires ; 4.l\u2019approbation de la liste par le ministère de l\u2019Éducation.C\u2019est à partir de la liste approuvée par le Ministère que chaque cégep, autorisé à donner la formation, définit localement son programme : le nombre de cours, le titre et la durée de chacun.La liste des compétences en techniques de la documentation comporte 26 énoncés5.Chacun peut faire l\u2019objet d\u2019un cours ou deux ou, encore, deux énoncés peuvent être fusionnés dans un seul cours.La seule obligation des établissements à l\u2019égard de cette 3.\tPour la description du programme de 1982 voir Gagnon-Arguin, Louise.1982.La formation technique en gestion documentaire et organisation des archives.Archives, vol.14, n° 3 (printemps-été 1982) : 22-25.4.\tPour la description de cette méthode de développement de programme, voir Chiasson, Robert ; Pierre Manseau.1997.Un nouveau programme de formation en techniques de la documentation.Argus, vol.26, n°3 (hiver) : 24-29.5.\tVoir le tableau intitulé « Liste des compétences ».1 36 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) liste est de s\u2019assurer que le programme établi localement permet aux élèves d\u2019atteindre les compétences approuvées par le ministère de l\u2019Éducation.Conséquemment, il n\u2019y a plus de liste commune à tous établissements Même si cette méthode de développement de programme est différente de celles qui avaient été utilisées précédemment, la formation scolaire pour tous les secteurs de la documentation demeure et s\u2019en trouve même renforcée.En effet, dans ce contexte, des compétences préparent au processus général de travail, peu importe le domaine, tandis que d\u2019autres préparent spécifiquement à des tâches ou à des fonctions propres à un secteur donné.À titre d\u2019exemple, on retrouve des compétences comme « Utiliser des techniques de base en indexation » qui s\u2019appliquent autant à la bibliothéconomie qu\u2019à la gestion des documents administratifs et des archives, alors que d\u2019autres compétences se rapportent à des tâches propres à un secteur, comme « Rédiger des notices catalographiques complètes » en bibliothéconomie ou « Adapter des outils de gestion pour des documents administratifs », réservé au travail dans les archives administratives.Formation pratique Préparer un diplôme d\u2019études collégiales en techniques de la documentation, c\u2019est bénéficier d\u2019un enseignement concret basé sur la maîtrise de techniques professionnelles acquise lors de travaux pratiques, de cours-stages et, dans certains cégeps, de stages en entreprise.Cette formation pratique permet aux diplômés de devenir plus rapidement opérationnel sur le marché du travail.L\u2019approche par compétences favorise l\u2019intégration des connaissances et des habiletés.Cette intégration est manifeste dans tous les cours de la formation spécifique du programme qui juxtaposent des heures de formation théorique et des heures de formation pratique.Celles-ci permettent la mise en application des connaissances théoriques dans un cadre contrôlé et sous supervision étroite en salle de classe.Près de 65 % des heures de formation sont consacrées aux travaux pratiques dans tous les cégeps qui offrent le programme.Les cours-stages6 viennent compléter la formation de l\u2019élève en milieu de travail.Ces stages d\u2019apprentissage ont heu pendant l\u2019année scolaire.L\u2019élève doit donc, pendant cette période, exécuter, sous supervision d\u2019un personnel professionnel, des travaux qui s\u2019inscrivent dans les activités régulières d\u2019un milieu documentaire.Ces stages lui permettent de maîtriser des tâches complexes impossibles à reproduire en salle de classe ; d\u2019utiliser efficacement des instruments de travail spécialisés propres aux divers milieux ; de développer des habiletés professionnelles comme l\u2019intégration à des équipes de travail et l\u2019adaptation à des méthodes de 6.Blanchet, Louise ; Diane Paquette.1973.Des stages en bibliotechnique.Documentation et bibliothèques, vol.19, n° 2 (juin) : 61-67.À sa création en 1967, le programme s\u2019appelait « Bibliotechnique ».[.] Les cours portaient exclusivement sur des tâches en bibliothèque et sur des types de documents : catalogage, classification Dewey et Library of Congress, ouvrages de référence, documentation audiovisuelle et périodiques.o travail différentes ainsi que des qualités personnelles, notamment la communication avec la clientèle.Des cégeps offrent la formule Alternance Travail-Études (AT-É), aussi connue sous le nom d\u2019enseignement coopératif ou de stage en entreprise.Facultative tant pour les établissements que pour les élèves, cette formule est offerte actuellement dans deux établissements du réseau : le Cégep de l\u2019Outaouais et le Collège Lionel-Groulx.Elle consiste en deux stages rémunérés, supervisés par des enseignants, lesquels ont heu pendant l\u2019été et dont le nombre total d\u2019heures doit être équivalent à 20 % des heures totales du programme.L\u2019élève inscrit en AT-É voit une mention à cet effet inscrite sur son relevé de notes.Sanction des études Pour obtenir son diplôme d\u2019études collégiales (DEC), l\u2019élève doit avoir réussi tous les cours de sa grille de cours, l\u2019épreuve-synthèse de programme (ESP), préparée par chaque département de techniques de la documentation et l\u2019épreuve uniforme de français (EUF), préparée par le ministère de l\u2019Éducation.Passerelles Les passerelles sont des initiatives locales visant à favoriser un passage accéléré d\u2019un niveau d\u2019enseignement à l\u2019autre, soit du secondaire vers le collégial ou du collégial vers l\u2019université.Du secondaire vers le collégial Des travaux sont en cours dans l\u2019Outaouais pour permettre aux étudiants qui ont suivi et réussi le programme micro-informatique (PMI) au secondaire de se voir reconnaître quatre cours au moment de leur admission en techniques de la documentation au Cégep de l\u2019Outaouais.Du collégial vers l'université Même si le diplôme en techniques de la documentation a pour finalité l\u2019insertion dans la vie professionnelle active, il peut être aussi un tremplin pour préparer NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 37 Préparer un diplôme d\u2019études collégiales en techniques de la documentation, c\u2019est bénéficier d\u2019un enseignement concret basé sur la maîtrise de techniques professionnelles acquise lors de travaux pratiques, de cours-stages et, dans certains cégeps, de stages en entreprise.ooooooooooooo un baccalauréat.Plusieurs cégeps ont une entente avec l\u2019Université de Moncton qui offre, à son campus de Shippagan, un baccalauréat en gestion de l\u2019information (BGI).Cette université reconnaît aux diplômés en techniques de la documentation jusqu\u2019à 60 crédits, soit l\u2019équivalent de deux années d\u2019études.Cette entente permet donc à un élève d\u2019obtenir une formation collégiale et universitaire (diplôme d\u2019études collégiales et baccalauréat) en cinq ans seulement.Conclusion Depuis sa création, le programme de techniques de la documentation vise à former des spécialistes polyvalents capables de travailler dans tous les milieux documentaires : bibliothèques, centres de documentation, services de gestion de documents administratifs et d\u2019archives, librairies, etc.Les cours de formation générale commune, propre et complémentaire permettent aux élèves d\u2019acquérir une culture générale de base qui les aide à décrire la documentation avec exactitude et à assister avec efficacité les clientèles dans leur recherche d\u2019information.Les cours de formation spécifique visent à développer une souplesse d\u2019adaptation au traitement des différents supports, aux technologies et aux tâches, une méthode de travail appropriée à tous les secteurs de la documentation ainsi que la capacité de prendre des décisions rapides et efficaces pour résoudre des problèmes de nature documentaire.Le souci d\u2019assurer l\u2019insertion des diplômés sur le marché du travail est une préoccupation constante et majeure de ce programme dans un monde où l\u2019évolution des technologies modifie continuellement les méthodes de travail.Les stages contribuent à l\u2019atteinte de cet objectif car ils assurent un lien étroit avec des milieux documentaires en mutation.Les échanges d\u2019information résultant de cette étroite collaboration entre milieux, enseignants et élèves, ont permis de mesurer les besoins en formation, amenant ainsi plusieurs révisions de programme.Au cours des quarante dernières années, le programme des techniques de la documentation a su s\u2019adapter aux changements technologiques et on souhaite qu\u2019il puisse continuer à relever ce défi.® ARCHAMBAULT s> Une compagnie de Québécor Media sie service aux institutions etentreprises www.ARCHAMBAULT-sie.ca PRODUITS Livres (français et anglais) CD DVD, cédéroms et logiciels Instruments de musique, partitions et accessoires Jeux (éducatifs et de console) Papeterie fine Cartes-cadeaux SERVICES Service personnalisé Commandes en ligne Salles d'exposition Envois d'office/consignations Service de recherche bibliographique Réparation d'instruments et location de pianos à Montréal (Berri/Sainte-Catherine) Cadeaux corporatifs Service de réclamations d'assurance DECOUVREZ LE NOUVFAU SITF INTFRNFT www.archambault-sie.ca En ligne en avril 2008 VISITEZ nos 15 magasins ARCHAMBAULT SERVICE AUX INSTITUTIONS ET ENTREPRISES Information: sie.admin@archambault.quebecor.com CARTE-CADEAU ARCHAMBAULT Offrez le plaisir de choisir 1 38 t NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO t, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) I DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRlUJUIN 2008) DOCUMENTATION BIBLIO HÈQUES ARGUS g LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROFBSSIONNELS W ru: t IvmDlimW IWlMptfTAIBP La gestion des connaissances dans les organisations québécoises : état des lieux, enjeux actuels, avenir KlMIZ DALKIR Professeure adjointe École des sciences de l\u2019information Université McGill kimiz.dalkir@>mcgill.ca Résumé | Abstracts | resumen L\u2019auteure passe en revue la gestion des connaissances (GC) au Québec.dans trois secteurs primaires : les grandes universités québécoises, le secteur public provincial et certaines grandes organisations du secteur privé.Une bonne partie des projets de GC implique un partenariat entre ces trois secteurs.Cependant, la GC au Québec souffre encore d\u2019un manque de visibilité nationale et internationale.L\u2019article ne propose pas un inventaire exhaustif puisque seules des sources publiques ont été consultées afin d\u2019établir le portrait « public » de la GC au Québec.Les exemples présentés ont pour but d\u2019illustrer les types de gestion des connaissance en cours au Québec tout en posant la question de son avenir.Knowledge Management in Quebec Organizations : State of Affairs, Current Issues, Future The author reviews knowledge management (KM) in Quebec in three primary areas : major universities, the public sector, and certain large private sector organizations.A large number of KM projects involve partnerships between these three sectors, however, KM in Quebec suffers from a lack of national and international visibility.This article does not present an exhaustive list of projects since only public sources were consulted to establish a \u201cpublic\u201d portrait of KM in Quebec.Examples are presented as case studies of knowledge management in progress in the province while considering its future.La gestion del conocimiento en las organizaciones quebequenses : estado actual, retos y perspectivas para elfuturo La autora analiza las prâcticas de gestion del conocimiento (GC, o KM por sus siglas en inglés) en Québec en très sectores primordiales : las grandes universidades quebequenses, el sector püblico provincial y algunas grandes organizaciones del sector privado.Una gran parte de los proyectos de GC implica la colaboraciôn entre estas très sectores.Sin embargo, la GC en Québec sufre de una gran falta de visibilidad nacional e internacional.El présente articulo no propone un inventario exhaustivo, ya que solo fueron consultadas las fuentes pûblicas, para hacer el retrato \u201cpüblico\u2019\u2019 de la CG en Québec.Los ejemplos recopilados buscan ilustrar los tipos de GC actualmente vigentes en la provincia al tiempo que nos permiten interrogarnos sobre su devenir.La majorité des emplois de l\u2019économie du savoir d\u2019aujourd\u2019hui entraîne la création et le traitement de connaissances qui, à leur tour, fournissent la clé de l\u2019avantage concurrentiel et du succès des organisations (Marquardt, 2002).Bien gérer ce savoir devient alors une préoccupation stratégique essentielle.La gestion des connaissances (GC) est constituée de processus systématiques d\u2019acquisition, d\u2019organisation, de maintien, d\u2019application, de partage et de renouvellement, à la fois implicites et explicites, du savoir des employés, dans le but d\u2019augmenter le rendement organisationnel et de créer de la valeur (Wiig, 1993 ; Davenport et Prusak, 1998 ; Allee, 1997 ; Alavi et Leidner, 2001 ; Al-Hawamdeh, 2003 ; Dalkir', 2005 ; Choo, 2006).Les initiatives efficaces de GC aident les organisations à canaliser les connaissances ayant une valeur et une utilité pertinentes, ainsi qu\u2019à garantir leur utilisation et leur réutilisation afin d\u2019éviter d\u2019avoir à réinventer la roue.Les avantages de la GC peuvent être marqués par un rendement amélioré, des économies, une position concurrentielle avantageuse et un apprentissage organisationnel efficace (Lesser et Prusak, 2004 ; Argote et Ingram, 2000).La gestion des connaissances au Québec La gestion des connaissances au Québec est aussi répandue dans le secteur privé (par exemple Bombardier et Hydro-Québec) que dans le secteur public.Sont présentés ci-dessous quelques exemples du genre de travail actuellement en cours en GC au Québec.Les lecteurs sont invités à consulter les références indiquées afin de se familiariser davantage avec ce sujet.Les universités québécoises Toutes les universités québécoises sont de plus en plus concernées par la GC \u2014 que ce soit par les cours offerts ou par les projets de recherche.Dans la plupart des cas, la GC est intégrée à l\u2019un des départements suivants : la gestion, l\u2019information ou l\u2019éducation.Télé-Université (conjointement avec son centre de recherche, LICEF) et l\u2019Université Concordia ont intégré la gestion NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) | 1 39 Les initiatives efficaces de GC aident les organisations à canaliser les connaissances ayant une valeur et une utilité pertinentes, ainsi qu\u2019à garantir leur utilisation et leur réutilisation afin d\u2019éviter d\u2019avoir à réinventer la roue.000 des connaissances aux technologies de l\u2019éducation, surtout avec la recherche sur l\u2019apprentissage en ligne (par exemple Henri et al., 2006 ; Driscoll et Carliner, 2005).L\u2019Université Laval a entrepris plusieurs études importantes sur la gestion des connaissances et compte des étudiants au doctorat dans ce domaine (par exemple Ouimet et al., 2006).L\u2019Université de Montréal, par l\u2019entremise des Hautes études commerciales (HÉC) et de l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information (EBSI), a participé à de nombreuses initiatives importantes en matière de GC (par exemple Dubé et al, 200$).L\u2019UQAM compte plusieurs départements qui effectuent des recherches sur la GC (pour un exemple appliqué au réseau forestier, voir Maiikai et al, 2003).Finalement, à l\u2019École des sciences de l\u2019information de l\u2019Université McGill, plusieurs études sur la GC sont en cours en partenariat avec l\u2019EBSI (par exemple Bergeron, 2000) de l\u2019Université de Montréal, dans le domaine de la veille concurrentielle et de la GC (par exemple Bouthillier et Dalkir, 2005), et avec le CEFRIO (Centre francophone d\u2019informatisation des organisations) pour aider Oxfam Québec à devenir une organisation apprenante.La province de Québec a développé une approche réseau en santé et sécurité au travail qui est très estimée par les praticiens et les chercheurs dans ce domaine à travers le Canada.Son centre de recherche, l\u2019Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), privilégie également une approche réseau.En mars 2001, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont formé une équipe d\u2019« alliance communautaire pour la recherche en santé » basée à l\u2019Université Memorial (SafetyNet).Le gouvernement du Québec Le Québec a profité de l\u2019existence d\u2019un organisme unique, le CEFRIO, qui a aidé à promouvoir les recherches sur la GC ainsi qu\u2019à l\u2019implanter dans plusieurs organisations des secteurs privé et public.Le CEFRIO1 est un organisme qui compte plus de 100 membres universitaires, gouvernementaux et de l\u2019industrie2, de même que plus de 50 chercheurs associés.Il aide les organisa- 1.\thttp://www.cefrio.qc.ca/cefrio.cfm 2.\tVoir http://www.cefrio.quc.ca/dev_lis.cfm pour une liste complète.tions à mieux atteindre leurs objectifs de rendement et d\u2019innovation en réunissant et en soutenant les meilleurs chercheurs et praticiens.Les organisations sont d\u2019abord inventoriées de manière à circonscrire leurs besoins ; des projets de recherche sont ensuite développés pour fournir un banc d\u2019essai aux chercheurs.Certaines recherches du CEFRIO sur la GC comprennent la transmission intergénérationnelle du savoir-faire, les outils de collaboration pour de nouvelles façons de travailler, les communautés de pratique pour l\u2019apprentissage, de même que des études d\u2019ensemble et des analyses comparatives.Les résultats des recherches sont ensuite communiqués à tous les membres.Parmi les projets de recherche en gestion du savoir, on retrouve : \u2022\tComment repérer, préserver et partager les connaissances stratégiques auprès de son personnel, particulièrement lors du départ d\u2019un employé expérimenté ?(Ermine et al, 2006) \u2022\tComment analyser les pratiques exemplaires en gestion des connaissances de quatre entreprises québécoises : Bell, Banque Nationale, CSST et DMRÉ ?(Jacob, 2000) \u2022\tComment utiliser les nombreuses formes de partage de connaissances et de savoirs à la CSST ?(Benoit, 2000) Le secteur privé Dans le secteur privé au Québec, la plupart des initiatives de GC ont été mises en place pour améliorer l\u2019efficacité (en augmentant la valorisation et en diminuant la répétition du travail), la collaboration et le travail d\u2019équipe, pour promouvoir une meilleure innovation, ainsi que pour examiner la problématique des travailleurs qui prennent leur retraite.Ce dernier aspect constitue souvent le catalyseur du premier projet en GC.Au Québec, comme c\u2019est le cas ailleurs, presque tous les genres d\u2019entreprises et d\u2019industries, de n\u2019importe quel secteur d\u2019activités et de n\u2019importe quelle taille, sont généralement impliqués dans des activités de GC.Citons par exemple Hydro-Québec, qui s\u2019est penchée sur les ressources humaines et la GC pour son plan de relève, des compagnies d\u2019assurances et des banques telles que Standard Life, Clarica et la Banque de Montréal, qui tentent de promouvoir un meilleur partage des connaissances à travers leur organisation, ainsi que les secteurs forestier et manufacturier qui se sont centrés sur l\u2019organisation des connaissances stratégiques pour un meilleur accès et une meilleure récupération.Quelques exemples de projets sont présentés ci-après.Une étude portant sur 163 compagnies manufacturières du Québec (dont près de 90 % sont des petites et moyennes entreprises) a été réalisée afin d\u2019examiner les méthodes de gestion des connaissances (Halley et Beaulieu, 2005).L\u2019étude a démontré que l\u2019implantation de la GC entraînait une meilleure conception des 1 40 [ NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) connaissances ayant une valeur stratégique, de même qu\u2019une implantation de mesures destinées à protéger les connaissances jugées stratégiques.Dans le secteur forestier du Québec, Van Horne et Marier (2004) ont utilisé un jeu en guise d\u2019outil innovateur de gestion et de transmission des connaissances implicites et explicites des chercheurs et praticiens aux employés des entreprises.La perspective de la retraite et de la perte des connaissances de milliers de professionnels à travers le monde entre en ligne de compte dans les défis des entreprises forestières en regard des économies et de la création de la valeur.Ces défis exigent des entreprises quelles améliorent la gestion et la transmission de toutes les connaissances disponibles, ce qui requiert ensuite des solutions novatrices.Le jeu du bois (Quebec Wood Supply Game) soumet des problèmes de GC et propose des solutions possibles pour des activités logistiques commerciales ; par exemple, les fonctions de planification, d\u2019approvisionnement et de collaboration du réseau de création de valeur de l\u2019industrie des produits forestiers québécois.Dans certains cabinets d\u2019avocats tels que Ogilvy Renault et Stikeman Elliott, des employés se consacrent à la GC et intègrent des technologies de collaboration comme des wikis, de façon à mieux partager leur savoir-faire, à accélérer le rythme d\u2019apprentissage et de formation, ainsi qu\u2019à mieux organiser leurs connaissances.Le Cirque du Soleil compte à la fois un directeur de la gestion des connaissances et une vice-présidente de la gestion des connaissances et des technologies de l\u2019information qui est également responsable de la gestion des connaissances de l\u2019entreprise.À ce titre, elle est responsable de canaliser et de gérer les connaissances reliées à la créativité impliquée dans la conception de spectacles, de même que les connaissances associées à la gestion de l\u2019entreprise elle-même.Il existe plusieurs entreprises de technologies de la GC au Québec.L\u2019une d\u2019entre elles, Nstein, a récemment été choisie comme « produit phare de 2007 » par les rédacteurs de la revue KM World3.Nstein crée une suite logicielle de gestion de contenu qui est utilisée dans plusieurs applications de GC.En 2004, un groupe informel appelé Agora a été créé afin d\u2019aider les entreprises à réussir et à partager leurs expériences de GC.Les membres comprennent entre autres Hydro-Québec, Bell, le Mouvement des Caisses Desjardins, Alcan et IBM (Bromont).Conclusions La gestion des connaissances (GC) est de plus en plus intégrée dans une gamme variée d\u2019organisations à travers le monde, au Canada et au Québec.Les professionnels des bibliothèques et de l\u2019information ont des rôles déterminants à jouer dans le développement et le maintien des grands systèmes de GC puisque de 3.http://www.nstein.com/en/avvards.php.Dans le secteur forestier du Québec, Van Horne et Marier (2004) ont utilisé un jeu en guise d\u2019outil innovateur de gestion et de transmission des connaissances implicites et explicites des chercheurs et praticiens aux employés des entreprises. nouveaux rôles et de nouvelles responsabilités, tant du côté pratique (nouveaux rôles professionnels) que théorique (nouveaux cours et nouvelles formations), sont créés.La gestion des connaissances prendra de plus en plus d\u2019importance puisque les nouvelles méthodes de travail demandent une meilleure collaboration, de l\u2019interaction virtuelle, de nouvelles structures d\u2019organisation telles que des communautés de praticiens qui rassemblent des professionnels de même sensibilité et, évidemment, un besoin de pérennité du savoir.La pérennité du savoir, dans le sillon de la continuité des affaires, renvoie aux initiatives de GC qui doivent être mises en place pour s\u2019assurer que les connaissances essentielles (à la fois implicites et explicites) ne disparaissent pas à cause de la rotation, de la retraite ou de l\u2019attrition des employés.Les connaissances attestées nécessiteront toujours une interprétation (ou du moins des gens sachant où ces connaissances ont été classées).Les connaissances implicites seront perdues lorsque les gens quitteront l\u2019organisation, ce qui risque d\u2019entraîner une « amnésie d\u2019entreprise » (Kransdorff et Williams, 2000).En 2003, le premier ministre de la France a déclaré que le Canada ainsi que le Québec possédaient tous les ingrédients essentiels à une économie du savoir.Montréal, en particulier, était célèbre pour avoir un quotient élevé de connaissances et d\u2019innovation.David Florida (Stolarick et Florida, 2006) a également classé Montréal au nombre des cinq grandes villes du savoir au monde \u2014 avec un énorme potentiel de « capital créatif ».Dans son étude de neuf mois sur Montréal, il a estimé que : Plus de la moitié de la population est bilingue et près d\u2019un quart parle trois langues ; avec quatre grandes universités, elle a presque autant d\u2019étudiants par habitant que Boston ; et elle abrite un ensemble florissant de projets artistiques et culturels qui reçoivent un soutien public (par exemple le Fonds de la musique du Canada du gouvernement fédéral, le crédit d\u2019impôt accordé aux lieux artistiques et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec).Cela peut ressembler au genre de propos qu\u2019une chambre de commerce publierait, mais vous devez admettre que Montréal fait quelque chose de bien.Avec la croissance rapide de l\u2019emploi des dernières années, la NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) [141 En 2003, le premier ministre de la France a déclaré que le Canada et le Québec possédaient tous les ingrédients essentiels à une économie du savoir.oo ville a attiré plusieurs entreprises importantes, incluant l\u2019entreprise française de jeux vidéo Ubisoft.(De Wolf, 2005) La gestion des connaissances est donc bien vivante au Québec, même si elle demeure en quelque sorte un secret bien gardé.La gestion des connaissances a fait l\u2019objet de beaucoup de publications et de conférences, de sorte qu\u2019il peut être difficile de s\u2019y retrouver.Un leadership en gestion des connaissances est nécessaire pour aider les chercheurs, enseignants et praticiens de la GC à « exercer ce qu\u2019ils prêchent ».La GC du Québec doit se faire davantage en communauté afin d\u2019accroître les occasions de collaboration et de partage de ce qui a plus ou moins bien fonctionné.Les universités, les gouvernements et les entreprises doivent travailler ensemble afin de promouvoir, d\u2019implanter et de mieux.faire connaître la gestion des connaissances au Québec.® Sources consultées Alavi, M.and D.Leidner.2001.Review : knowledge management and knowledge management systems : conceptual foundations and research issues.MIS Quarterly, 23(1) : 107-136.Al-Hawamdeh, S.2003.Knowledge management.Oxford, UK : Chandos Publishing.Allee, V.1997.The Knowledge Evolution : Expanding Organizational Intelligence.New York : Butterworth-Heinemann.Argote, L.and P.Ingram.2000.Knowledge transfer : a basis for competitive advantage in firms.Organizational Behavior and Human Decision Processes, 82(1) : 150-169.Benoit, J.2000.Une communauté de pratique élargie : le forum et la base de connaissances des inspecteurs de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) 1996-1999.CEFRIO : Collection recherches et études de cas, avril 2000, 76 p.Bergeron, Pierrette.2000.Veille stratégique et PME.Comparaison des politiques gouvernementales de soutien.Sainte-Foy : Presses de l\u2019Université du Québec, 462 p.(Collection : gestion de l\u2019information).Bouthillier, F.and K.Dalkir.2005.Knowledge management and competitive intelligence : examination of similarities, differences and intersections.S.Hawamdeh (ed.).Knowledge management : Nurturing culture innovation and technology.Proceedings of the 2005 International Conference on Knowledge Management.New Jersey : World Scientific, 603-610.Choo, C.2006.The Knowing Organization : How organizations use information to construct meaning, create knowledge and make decisions.Second Edition.New York : Oxford University Press.Dalkir, K.2005.Knowledge management theory and practice.Boston, MA : Elsevier, Butterworth-Heinemann.Davenport, T.and L.Prusak.1998.Working knowledge : how organizations manage what they know.Boston, MA : Harvard Business School Press.De Wolf, C.2005.Creative class war : the 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d\u2019affaires Rio Tinto Alcan emily.toms@alcan.com Résumé | Abstracts | Resumen Cet article trace le portrait des spécialistes de l\u2019information et des bibliothèques spécialisées implantées dans les entreprises au Québec.Nous décrirons comment les bibliothécaires réagissent aux défis posés par la mondialisation, la centralisation des ressources informationnelles, l\u2019apparition des centres d\u2019information et des services virtuels, l\u2019optimisation de l\u2019utilisation des technologies de l\u2019information, l'intégration de la gestion de l\u2019information, le marketing des services au sein de l\u2019organisation, la gestion des connaissances, l\u2019apparition d\u2019usagers toujours plus compétents et, finalement, l\u2019obtention de la reconnaissance professionnelle.The corporate librarian in Quebec : the challenge of change This article provides an overview of information specialists working within corporate libraries in Quebec.We will describe how librarians are reacting to challenges such as globalization, the centralization of information resources, the advent of virtual information and service centres, information technology use and optimization, integration of information management practices, marketing of services within an organization, records management, an increasingly competent workforce, and, finally, professional recognition.El bibliotecario quebequense en el medio empresarial : el reto del cambio El presente articulo présenta un retrato de los especialistas de la informaciôn y de las bibliotecas especializadas que se han ido implantando en el medio empresarial en Québec.En él describi-remos las reacciones de los bibliotecarios que trabajan en empresas a los retos impuestos por la globalizaciôn, la concentraciôn de los recursos informacionales, la apariciôn de centros virtuales de informaciôn y de seryicios, la optimizaciôn del uso de las tecnolo-glas de la informaciôn, la integraciôn de la gestion de la informaciôn, la promociôn de los servicios dentro de la empresa, la gestion del conocimiento, la apariciôn de usuarios cada vez mâs competentes y, finalmente, la obtenciôn del reconocimiento profesional.Dans la présentation du numéro thématique de Documentation et bibliothèques sur les enjeux et les défis de la bibliothèque spécialisée paru en 1997, il est mentionné que le centre d\u2019information spécialisé « (.) se définit à l\u2019image des besoins de ses usagers.Chaque bibliothèque spécialisée trouve des solutions différentes et innovatrices aux enjeux et défis quelle affronte1.» Ce constat s\u2019applique encore, dix ans plus tard, et cet état des lieux s\u2019en veut le portrait.Le présent article décrit la réalité des centres d\u2019information dans les entreprises ou les organisations parapubliques québécoises œuvrant dans les domaines financier et commercial uniquement.Dans un premier temps, les auteurs présentent les enjeux et défis actuels auxquels sont confrontées les bibliothèques spécialisées en entreprise pour ensuite dresser un portrait statistique et décrire l\u2019organisation, les clientèles desservies et les services offerts.Ils terminent cet état des lieux en dégageant les tendances et les enjeux de ce milieu particulier.Les enjeux et les défis Les entreprises québécoises n\u2019ont pas échappé ces dernières années au phénomène de la mondialisation ni à celui des fusions et acquisitions.Mentionnons, à titre d\u2019exemples, l\u2019achat d\u2019Alcan Inc.par la firme anglo-australienne Rio Tinto et l\u2019offre d\u2019achat de Teachers à Bell Canada en 2007.Ces enjeux économiques entraînent nécessairement des conséquences sur l\u2019organisation des entreprises touchées et sur celle des centres d\u2019information.La centralisation de la gestion des ressources documentaires en un seul service d\u2019information mondial ou national est une réponse typique à cette réalité.On voit aussi de plus en plus la mise en commun et en réseau des centres d\u2019information dans les organisations afin de mieux gérer les ressources et offrir un service optimal.Ainsi, dans un cabinet d\u2019avocats 1.Dion, Lucie « Enjeux et défis de la bibliothèque spécialisée », Documentation et bibliothèques, avril-juin 1997, p.55 NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 43 pancanadien ayant des centres d\u2019information dans plusieurs villes, ceux-ci fonctionnent en réseau sous la supervision d\u2019un directeur national.Les ressources d\u2019information sont également partagées et gérées via un catalogue collectif virtuel partout au Canada.Les nouvelles technologies de l\u2019information permettent plus facilement cette mise en commun des ressources humaines et physiques.La gestion des technologies de l\u2019information telles que les sites Internet, les portails intranet et la gestion électronique des documents, pour ne citer que ceux-là, est un autre défi que relèvent brillamment les spécialistes de l\u2019information en entreprise.Chez Rio Tinto Alcan, des membres du centre d\u2019information d\u2019affaires ont contribué à la création et à la conception du portail de veille technologique de l\u2019unité d\u2019affaires Métal primaire.Les spécialistes de l\u2019information veillent à sa mise à jour informationnelle quotidienne et agissent aussi en tant que conseillers pour les développements futurs de l\u2019application.D\u2019ailleurs, ces mêmes technologies de l\u2019information font apparaître une nouvelle réalité, soit la disparition du centre d\u2019information physique et son remplacement par une bibliothèque virtuelle.Bell Canada est un pionnier dans ce domaine : en fait foi la création du Centre d\u2019information sur les marchés2.Certains spécialistes de l\u2019information quittent aussi le giron de la bibliothèque pour s\u2019intégrer à des équipes de travail et ainsi devenir des joueurs importants dans des groupes stratégiques.En conséquence, les compétences des bibliothécaires dans l\u2019identification, l\u2019organisation et la diffusion de l\u2019information sont reconnues à l\u2019extérieur du cadre de la bibliothèque.Citons les agences de recrutement de cadres qui embauchent autant des détenteurs de maîtrise en administration des affaires que des spécialistes de l\u2019information comme analystes de recherche.Finalement, les centres d\u2019information en entreprise sont de plus en plus reconnus comme des services de gestion de ressources d\u2019information stratégique provenant de source interne autant qu\u2019externe.L\u2019entreprise intègre à l\u2019intérieur d\u2019un même service la gestion de la bibliothèque, des documents administratifs et des archives de la société.C\u2019est le cas du Cirque du Soleil, où Louise Guy « (.) supervise a team of six employees that offers research services, develops a physical and electronic library dedicated to the creative teams, and supports activities related to records management, conservation, and archives dissemination3.» Bref, le centre d\u2019information en entreprise doit aujourd\u2019hui relever plusieurs défis : fusions et acquisitions, implantation et adaptation aux nouvelles technologies de l\u2019information, gestion des ressources d\u2019information stratégique de l\u2019organisation et remplacement éventuel du centre par un service virtuel.2.\tBoyd, Stephanie, «What\u2019s Next for Corporate Virtual Libraries?», Online, vol.28, n° 6, Nov-Dec 2004, p.14.3.\tSpencer, Forrest Glenn «It\u2019s one big circus», Information Outlook, vol.11, n° 10, octobre 2007, p.24.Le profil de la bibliothèque spécialisée dans les organisations Cette section s\u2019attardera à définir et dénombrer les types de bibliothèques spécialisées en entreprises que l\u2019on retrouve au Québec ainsi qu\u2019à décrire leurs principaux services.La norme ISO 2789 définit ainsi les bibliothèques spécialisées : Une bibliothèque établie et financée par une entreprise, une association privée, une agence ou institution gouvernementale, une organisation à but non lucratif ou un groupe d\u2019intérêt pour répondre aux besoins de ses employés, membres ou personnels en fonction des missions et buts de l\u2019organisme.L\u2019étendue du fonds est alors limitée par les intérêts de l\u2019orga-nisme-hôte4.Pour les besoins de cet article, nous nous sommes limités aux bibliothèques dites d\u2019entreprise, c\u2019est-à-dire celles qui font partie d\u2019une entité à caractère commercial.Sont donc exclues de cette liste les bibliothèques gouvernementales, médicales, d\u2019associations ou d\u2019organismes à but non lucratif ainsi que les fonds d\u2019archives et de recherchetifique et technique).Nous avons circonscrit cinq types d\u2019entreprise : \u2022\tEntreprise : Rio Tinto Alcan, PricewaterhouseCoopers \u2022\tJuridique : McCarthy Tétrault, Ogilvy Renault \u2022\tPharmaceutique : Wyeth, Sanofi-Aventis, Novartis \u2022\tParagouvernementale : Caisse de dépôt et placement du Québec, Société des alcools du Québec \u2022\tIngénierie ou recherche en entreprise : SNC-Lavalin, Bell Helicopter Textron À l\u2019aide de plusieurs répertoires, nous avons dénombré les bibliothèques spécialisées faisant partie de chaque type d\u2019entreprises5 : Nombre de bibliothèques Types d\u2019entreprise\tspécialisées Entreprises\t28 Juridiques (en cabinet)\t25 Ingénieries/recherches\t18 Pharmaceutiques\t10 Paragouvernementales\t4 4.\tISO 2789 (2006), Information et documentation - Statistiques internationales de bibliothèques.5.\tCeci inclut : Répertoire des membres du SLA, Section de l\u2019est du Canada Répertoire des membres de l\u2019Association des bibliothèques de droit de Montréal Répertoire des membres de LASTED Directory of librairies in Canada.Toronto, ON: Micromedia Ltd., 2006-2007./ Répertoire des bibliothèques du Canada.Toronto, ON: Micromedia Limited, 2006-2007 1 44 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO t, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) Cet inventaire nous a permis de constater que le Québec compte 85 centres d\u2019information spécialisés, principalement situés dans la région de Montréal.Comme les services offerts par ces centres sortent souvent du cadre traditionnel de la bibliothèque, on remarque également une tendance très marquée à ne plus utiliser le terme « bibliothèque » pour se définir.On privilégie maintenant les termes : centre d\u2019information, centre de documentation, centre de recherches informationnelles et documentaires, centre de ressources d\u2019information, services d\u2019information, etc.En effet, les professionnels qui y travaillent offrent de plus en plus de services et d\u2019expertises non traditionnels.En complément aux services de recherches documentaires, ils proposent des services de veille, de conception et de gestion de base de données et de connaissances, de gestion de l\u2019information numérique intégrée, de revues de presse, de collection et de gestion d\u2019information audiovisuelle, d\u2019expertise en taxinomie, de gestion de site Web, etc.Notons aussi que l\u2019archivage et la gestion documentaire sont souvent compris dans les responsabilités des bibliothèques spécialisées (ou centres d\u2019information).Peu importe leur appellation, les bibliothèques gèrent encore très souvent une collection de livres et de périodiques en plus d\u2019offrir les services d\u2019achats, d\u2019abonnements et de prêt entre bibliothèques.Les services offerts6 Suite à la consultation effectuée auprès de plusieurs professionnels de différents milieux, nous avons constaté l\u2019étendue des services offerts.Les diverses équipes de professionnels de l\u2019information au sein des organisations sont souvent intégrées pour offrir des services de plus en plus rapides et proactifs, en format électronique, en lien avec le développement des ressources intranet et des services de recherches et de veille.En fait, les spécialistes de l\u2019information contribuent au contenu de l\u2019intranet et d\u2019autres portails spécialisés pour disséminer efficacement l\u2019information à leurs clients.De plus, ils travaillent souvent en équipe avec des informaticiens afin de concevoir et de s\u2019assurer de la convivialité et de la facilité d\u2019utilisation (usability) de tels outils au niveau organisationnel.Ces systèmes sont essentiels, non seulement pour gérer des sources externes (par exemple des abonnements, des nouvelles, des fils en format RSS7), mais aussi pour optimiser la gestion des documents produits à l\u2019interne (par exemple des rapports d\u2019analyses).Avec de telles activités surgit le besoin de développer une expertise en négociation de licence d\u2019utilisation multi-usagers pour des ressources documentaires.6.\tCette section a été élaborée grâce à une consultation faite auprès de six centres d\u2019information spécialisés provenant de tous les types de bibliothèques cités précédemment.7.\tSelon le Grand dictionnaire terminologique, la définition d\u2019un format RSS est un format propriétaire de syndication de contenu Web, basé sur le XML, qui permet d\u2019indexer de façon automatisée le contenu d\u2019un site Web et de le mettre instantanément à la disposition d\u2019autres sites.Certains spécialistes de l\u2019information quittent le giron de la bibliothèque pour s\u2019intégrer à des équipes de travail et ainsi devenir des joueurs importants dans des groupes stratégiques.0 Subséquemment, les bibliothécaires jouent le rôle de conseillers dans l\u2019application du droit d\u2019auteur.La croissance des outils disponibles en ligne pour les usagers oblige aussi les organisations à offrir des formations personnalisées afin de les rendre plus autonomes.Même si les bibliothèques et les, centres d\u2019information en question se trouvent au Québec, leur clientèle devient de plus en plus diversifiée.Les professionnels de l\u2019information québécois appuient des usagers et des équipes spécialisés, impliqués dans des projets variés, partout dans le monde.Il est certain que les besoins d\u2019ingénieurs ou de scientifiques sur le site d\u2019un projet seront plus techniques, tandis qu\u2019au siège social d\u2019une compagnie, ils seront davantage concentrés, par exemple, dans les domaines de la gestion ou de la finance.En fait, les professionnels de l\u2019information donnent des services à plusieurs types de travailleurs du savoir (knowledge workers) ou à des gestionnaires.À titre d\u2019exemple de clients internes, nous retrouvons des membres de la haute direction, des avocats, des parajuristes, des analystes financiers, des spécialistes en marketing, des spécialistes en développement des affaires, des communicateurs ainsi que des professionnels techniques et scientifiques (ingénieurs, chimistes, médecins, géologues).Enfin, certaines bibliothèques desservent également des clients à l\u2019extérieur de l\u2019organisation.Mieux connaître les besoins des clients pour fournir des services pertinents, voire personnalisés à l\u2019occasion, pousse les centres d\u2019information à vouloir s\u2019intégrer aux équipes d\u2019affaires de leur organisation.Dans l\u2019avenir, plusieurs centres prévoient offrir encore plus d\u2019outils électroniques (portail, intranet, technologie RSS, services d\u2019alertes, bases de données créées à l\u2019interne) afin de fournir à leurs clients de l\u2019information à valeur ajoutée.Cette nouvelle offre de services électroniques à l\u2019échelle mondiale nécessitera la mise en place de politiques de gouvernance et de meilleures pratiques pouvant encadrer ces initiatives.Les outils de type Web 2.0 ainsi que les réseaux et les médias sociaux joueront sûrement un rôle plus important - mais l\u2019adaptation exacte à ces ressources reste à déterminer.La promotion de nos services et notre « branding » à l\u2019intérieur de nos organisations demeurent aussi une préoccupation constante dans nos milieux afin d\u2019améliorer la visibilité des centres d\u2019information et de vendre leurs mérites.En effet, la reconnaissance reste toujours pour nous un défi, et plusieurs professionnels de notre NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRüVJUIN 2008) | 1 45 milieu considèrent ces projets de communication comme une priorité.C\u2019est ainsi que certains planifient déjà des initiatives de marketing à l\u2019interne comprenant des bulletins électroniques ou des activités personnalisées destinées à accrocher des groupes clés.Les tendances et les enjeux Les résultats de l\u2019enquête décrits précédemment illustrent le fait que le monde de l\u2019information est en mutation constante et que les changements s\u2019y opèrent de plus en plus rapidement.Les professionnels se doivent de rester à l\u2019affût des nouvelles tendances et de servir leurs usagers toujours plus rapidement et efficacement.Dans cette optique, il est intéressant de s\u2019interroger sur les tendances, les enjeux et les défis qui guettent le spécialiste de l\u2019information dans les organisations.Le premier défi vient des usagers eux-mêmes.Les jeunes, et souvent les moins jeunes aussi, sont de plus en plus performants en recherche d\u2019information.Cela entraîne deux conséquences.Premièrement, les questions auxquelles nous répondons sont toujours plus complexes, les recherches de premier niveau pouvant être réalisées par la plupart des utilisateurs.Deuxièmement, il faut convaincre ces usagers que nous pouvons encore être utiles même s\u2019ils ont accès à l\u2019Internet et savent très bien s\u2019en servir.Il faut donc développer des produits et des services à valeur ajoutée permettant notamment à nos clients d\u2019accéder aux couches plus profondes du Web.De plus, la chasse gardée des professionnels a toujours été de connaître et d\u2019accéder à des sources spécialisées et payantes.Par contre, dans nos organisations, beaucoup d\u2019analystes s\u2019abonnent directement aux sources d\u2019information spécialisée dont ils ont besoin.Il faut donc revoir le rôle que nous jouons auprès de nos clients.Si ces derniers sont capables d\u2019utiliser les sources eux-mêmes, le rôle du centre d\u2019information spécialisé devient alors celui de coordonnateur entre les départements et les équipes afin de gérer les abonnements, d\u2019en faire baisser les coûts et d\u2019en assurer le suivi.De plus, les professionnels peuvent toujours soutenir leurs clients qui, heureusement, n\u2019ont pas toujours le temps de tout faire eux-mêmes.Un autre défi dans les années à venir est la gestion de Yinfobésité (surcharge d\u2019information).Il n\u2019a jamais été aussi facile de générer et de trouver de l\u2019information.Toutefois, les professionnels doivent s\u2019assurer de continuer à organiser, classer et retrouver les documents produits par leur propres organisations, tout en visant à ne pas surcharger d\u2019information les usagers auxquels ils répondent.L\u2019intégration des fonctions de recherche, de veille, de gestion documentaire et de gestion de connaissances dans les centres d\u2019information spécialisés est une tendance certaine vers une meilleure gestion du contenu documentaire mais aussi vers une meilleure diffusion de l\u2019information pertinente.Les professionnels dans les organisations semblent très préoccupés par l\u2019implanta- tion de systèmes et de pratiques soutenant la production phénoménale de l\u2019information à l\u2019interne.Par ailleurs, beaucoup de milieux spécialisés s\u2019intéressent à une nouvelle forme d\u2019information, une information vive, extrêmement difficile à circonscrire, à définir, à classer et à retrouver.Les organisations sont conscientes, plus que jamais, que leur plus grande richesse, leur mine d\u2019information, se trouve avant tout dans la tête de leurs employés.Gérer, conserver, diffuser, réutiliser le savoir est certainement un des défis les plus passionnants et les plus exigeants que les professionnels d\u2019aujourd\u2019hui et de demain auront à relever.Heureusement, le milieu académique offre maintenant des formations spécialisées dans ce domaine.De plus, certaines organisations, par l\u2019entremise de leur centre d\u2019information spécialisé, font déjà office de pionnier dans ce domaine peu exploré et pourront tracer la voie pour d\u2019autres sur le sentier de la connaissance humaine.Conclusion Nous avons tenté dans cet article de démontrer la mutation qui s\u2019opère actuellement dans le milieu des bibliothèques spécialisées au Québec.Nous avons vu que la mondialisation, le développement des technologies de l\u2019information, la naissance de la bibliothèque virtuelle et l\u2019évolution des besoins des utilisateurs obligent les spécialistes de l\u2019information à innover.En effet, le rôle des bibliothécaires, du moins dans les organisations, ne se limite plus au cercle restreint de la bibliothèque traditionnelle.Nous intervenons de plus en plus sur des projets à titre de consultants et de gestionnaires.Par ailleurs, comment passer sous silence le défi de plusieurs générations de professionnels de l\u2019information, soit celui de faire connaître notre métier et nos compétences auprès de nos organisations ?Aujourd\u2019hui, ce défi est double : il faut à la fois miser sur nos compétences propres (la recherche, l\u2019organisation, la gestion de l\u2019information) tout en s\u2019assurant de promouvoir la haute employabilité des professionnels de l\u2019information dans des champs encore peu exploités par nos collègues.En effet, il est étonnant qu\u2019à l\u2019ère de l\u2019information, les MSI (détenteurs d\u2019une maîtrise en sciences de l\u2019information) n\u2019aient pas encore obtenu la reconnaissance et le crédit accordés à d\u2019autres professionnels très présents dans les entreprises.Les organisations privées ont tendance à embaucher systématiquement des MBA (détenteurs d\u2019une maîtrise en sciences de l\u2019administration) pour des postes où la recherche d\u2019information est prédominante, tels les recherchistes en environnement, en marketing ou en communication, alors que plusieurs de ces postes pourraient être occupés par des diplômés des sciences de l\u2019information.Les bibliothécaires devront en conséquence se concentrer sur la promotion de leur expertise auprès de leurs gestionnaires afin de prendre la place qui leur revient au sein de l\u2019entreprise.® 1 46 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) des artisans qualifiés prennent grand soin de vos livres.Dévoués à la sauvegarde du patrimoine imprimé des bibliothèques du Québec.LtS Rki.H RESC VKON & LÊlOt'K'.'HAl LTCH (RELIURE TRAVACTION 651, rut- de la Gare Labeüe, Québec JOT 1H0 Téléphone : 819-686.2059 Télécopieur : 819.686.3971 Sans frais : 1.800.686.2059 Site Web : www.relcarlet.com Courriel : relcarlet@expresso.qc.ca 1170, rue Rocheteau Drurnmondville, Québec J2C 5Y3 Téléphone : 819.478.4991 Télécopieur: 819.478,1518 Sans trais : 1.800.267.4991 Site Web : Www.travaccion.com Courriel : reliure@cgocable.ca LES RELIURES CARON & LÉTOURNEAU LTÉE et RELIURE TRAVACTION INC.vous offrent une gamme complète de reliures, de traitements de produits, ainsi que de la fourniture pour solidification de livres pour bibliothèques, s'adressant aussi bien aux entreprises privées, qu'aux institutions scolaires, gouvernementales et internationales. ¦DüCTION www SERVICES DOCUMENTAIRES MULTIMÉDIA INC.Vieux Thomas Un peu de fatigue (514) 382-0895 informations@sdm.qc.ca Plus de livres Plus rapidement ! Près de 800 000 notices téléchargées en 2007, une augmentation annuelle de près de 50% Plus de 35 000 livres traités en 12 mois SDM: LA référence bibliographique au Québec SDM, la plus importante agence bibliographique du Québec N DOCUMENTATION B1BLIO HÈQUES ARGUS g LA REVUE QUEBECOISE DES PROfESSlONNELS m nu lrvwioviATmsj nnn»kirvrAinr Les bibliothèques et les centres de documentation dans le domaine culturel Marilyn berger daphne Dufresne Bibliothécaire en chef Blackader Lauterman Library of Architecture and Art McGill University marilyn.berger@mcgill.ca Bibliothécaire retraitée Bibliothèque des arts Université du Québec à Montréal Résumé | Abstracts | resumen Les bibliothèques d\u2019art au Québec ont une riche histoire qui commence avec la première collection de livres d\u2019architecture chez les Jésuites, en 1632, et l\u2019ouverture de la première galerie d\u2019art canadienne, en 1833.Groupées en trois catégories, les bibliothèques d'art se retrouvent dans les musées, les universités et les centres de documentation.Cet article retrace la genèse de ces importantes bibliothèques et montre comment leurs bibliothécaires sont devenus des professionnels spécialisés partageant leurs ressources en intégrant les nouvelles technologies et en respectant l'intégrité des différentes collections.On y discute aussi des enjeux futurs liés à la profession et à l\u2019adaptation aux changements technologiques.Art libraries and documentation centers in Quebec Art libraries in Quebec have a very rich history dating back to 1632 with the first collection of architecture books by the Jesuits and with the opening of the first Canadian art gallery in 1833.Grouped into three categories, art libraries are found in museums, university libraries and in documentation centers.This article traces the history of the major art libraries in Quebec and shows how art librarians have evolved into specialized professionals, sharing their resources, adapting to new technology, while respecting the integrity of their various collections in their institutions.The challenges facing the profession and how to adapt to the rapid changes brought about by new technologies are discussed with a look to the future of art librarianship.Las bibliotecas y los centros de documentaciôn en el medio cultural Las bibliotecas de arte en Québec poseen una larga historia que comienza con la primera colecciôn de libros de arquitectura de los jesuitas, en 1632, y con la apertura de la primera galeria de arte en Canada, en 1833.Divididas en très categorias, las bibliotecas de arte se encuentran en museos, universidades y centros de documentaciôn.El presente articulo traza la historia de estas importantes bibliotecas y muestra como sus bibliotecarios se han convertido en profesionales especializados que se organizan para compartir sus recursos y para integrar las nuevas tecnologias respetando la integridad de las diferentes colecciones.De igual manera, discu-tiremos sobre los prôximos retos que aguardan a nuestra profe-siôn y sobre la adaptaciôn necesaria a la que conducen los cambios tecnolôgicos.Les collections des bibliothèques d\u2019art québécoises sont souvent très riches car celles-ci appartiennent à des institutions ayant une longue histoire dans les domaines muséal, universitaire et documentaire.Déjà en 1632, lors de la création du Collège des Jésuites à Québec, la bibliothèque de cette institution recensait des livres sur l\u2019architecture des fortifications militaires1.Ce bref aperçu historique des bibliothèques de musées, des bibliothèques universitaires et des centres de documentation reflète la richesse, l\u2019influence et la diversité de leurs collections d\u2019art.Dans le domaine muséal, la Bibliothèque d\u2019art du Musée des beaux-arts de Montréal est la plus ancienne au Canada.Le musée, fondé en i860 par la Art Association of Montreal, a mis sur pied en 1982 une bibliothèque appelée « Reading Room ».Elle est la doyenne des bibliothèques d\u2019art du Canada.Ses ressources documentaires se sont développées en fonction des collections et des activités du musée.Elle possède un nombre impressionnant de catalogues de vente des principales maisons d\u2019encan à travers le monde ainsi qu\u2019une collection exhaustive de catalogues d\u2019exposition et de catalogues raisonnés.Dans le domaine archivistique, elle conserve des dossiers d\u2019artistes, dont quinze cahiers de coupures de presse reflétant une chronique quotidienne de la vie artistique à Montréal et en province de 1864 à 19582.Le Musée national des beaux-arts du Québec fut inauguré en 1933 sous le nom du Musée de la province, puis Musée du Québec.Dès sa création, en 1944, sa bibliothèque abrita des archives historiques liées aux expositions du musée depuis son ouverture, plusieurs fonds privés et des publications répondant aux objectifs des programmes de recherche du musée se spécialisant en art québécois3.La Médiathèque du Musée d\u2019art contemporain de Montréal a vu le jour en 1965.Dépositaire de dossiers d\u2019artistes, elle diffuse l\u2019information relative à l\u2019art contemporain québécois et canadien produit depuis 1939.Son fonds documentaire comprend aussi les 1.\tHistoire des bibliothèques d\u2019art au Canada : http://www.arliscanada.ca /hal (consulté sur Internet le 26 novembre 2007).2.\tMusée des beaux arts de Montréal : http://www.mbam.qc.ca/fr/services/biblio-thèque.html (consulté sur Internet le 26 novembre 2007).3.\tMusée du Québec : http://www.mnba.qc.ca/Afficher.aspx?section+998&langue+fr (consulté sur Internet le 26 novembre 2007).NUMÉRO SPÉCIAL 1FLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 49 La Bibliothèque de l\u2019École nationale de théâtre du Canada est une ressource inestimable pour tout ce qui a trait à l\u2019interprétation et à la production théâtrales, à la scénographie, à l\u2019écriture dramatique et à la mise en scène. archives des activités publiques produites par le musée depuis sa fondation.Elle est notamment dépositaire du fonds du peintre québécois Paul-Émile Borduas (1905-1960).La Médiathèque est membre du Réseau informatisé des bibliothèques gouvernementales du Québec (RIBG) depuis 19914.Inauguré en 1988, le Musée de la civilisation à Québec gère le Musée de l\u2019Amérique française depuis 1995 et le Centre de référence de l\u2019Amérique française.Ce centre a hérité des livres du Séminaire de Québec, inauguré en 1663.Les premiers ouvrages ayant circulé dans la colonie y sont répertoriés, de même que les éditions originales des récits d\u2019explorateurs des 17e et 18e siècles.À cette collection se greffent des archives historiques et des productions multimédias5.Le milieu universitaire s\u2019est lui aussi doté d\u2019importantes collections d\u2019art.La Bibliothèque d\u2019architecture et d\u2019art Blackader Lauterman de l\u2019Université McGill a été créée au début des années 1920 suite à un don de la famille du regretté Gordon Home Blackader (B.Arch.1906), dont la mort durant la Première guerre mondiale a mis fin à une carrière prometteuse d\u2019architecte.En 1947, la Bibliothèque a reçu un don de la famille de Dinah Lauterman, sculpteure de Montréal.Les collections se sont développées en histoire de l\u2019art byzantin et médiéval, en iconographie, en art européen des 17e et 18e siècles ainsi qu\u2019en architecture, en urbanisme et en architecture de paysage au Canada.De nouveaux programmes universitaires ont contribué à développer des collections en art contemporain, en art oriental, en aménagement et en architecture écologique.Partie intégrante de la bibliothèque, la Collection d\u2019architecture canadienne John Bland abrite 250 000 dossiers d\u2019architecture, des photographies, des diapositives et des archives historiques témoignant de la pratique d\u2019architectes associés à l\u2019Université McGill, dont Percy Nobbs, Ramsey Traquair, Edward et W.S Maxwell, John Bland, Arthur Erickson, Norbert Schoenauer, John Schreiber et Moshe Safdie6.La Bibliothèque des arts de l\u2019Université du Québec à Montréal a hérité des collections et du fonds d\u2019ar- 4.\tLa Médiathèque du Musée d\u2019art contemporain de Montréal : http://media.macm.org/f/bien/index.html (consulté sur Internet le 26 novembre 2007) 5.\tMusée de la civilisation : http://www.mcq.org/fr/complexe/craf_livres.htmI (consulté sur internet le 29 novembre 2007) 6.\tBibliothèque d\u2019architecture et d\u2019art Blackader Lauterman : http://www.mcgill.ca/ blackader/ (consulté sur Internet le 26 novembre 2007).chives de la bibliothèque de l\u2019École des beaux-arts de Montréal (1923-1969).Elle a développé ses ressources documentaires principalement dans les domaines de l\u2019art international, de l\u2019art canadien des 19e et 20e siècles, de la muséologie, de la photographie, des arts plastiques (leurs techniques et leur enseignement), du design d\u2019environnement, du design graphique et de la danse.Elle possède, en outre, une importante collection de catalogues d\u2019exposition contemporains ainsi que plusieurs vidéos d\u2019art.La bibliothèque abrite deux services ou collections complémentaires : la Diapothèque, qui comprend une collection de diapositives allant des grottes de Lascaux aux toutes dernières tendances de l\u2019art contemporain, et les Dossiers d\u2019artistes, qui incluent des dossiers de presse en art, en architecture et en danse au Québec7.Les collections d\u2019art et d\u2019architecture de l\u2019Université de Montréal sont réparties dans deux bibliothèques.La Bibliothèque des lettres et des sciences humaines couvre les différents domaines de l\u2019histoire de l\u2019art, de la muséologie et des études cinématographiques.Les collections reflètent tous les aspects de l\u2019art occidental et de l\u2019art canadien ancien et moderne et comprend une section consacrée aux études cinématographiques.La Bibliothèque d\u2019aménagement, quant à elle, répond aux besoins des programmes d\u2019architecture, d\u2019architecture du paysage, de design industriel et de design intérieur.Cette bibliothèque a hérité en 1968 des collections de l\u2019École d\u2019architecture (1923-1968) et de l\u2019Institut d\u2019urbanisme (1961-1968), auxquelles s\u2019est ajoutée la collection de l\u2019École de design industriel en 1970.Grâce à une subvention, cette bibliothèque a développé une importante collection sur l\u2019histoire de l\u2019architecture du paysage comprenant plusieurs livres rares et 30 000 diapositives numérisées8.La collection d\u2019art de la Bibliothèque des sciences humaines de l\u2019Université Laval a été constituée à partir des années i960 lors de la création des programmes d\u2019archéologie classique et d\u2019histoire de l\u2019art.À la fin de cette décennie, elle a hérité des collections de l\u2019École des beaux-arts de Québec (1924-1969) et de l\u2019École d\u2019architecture (1924-1969).Elle comprend des monographies couvrant tous les aspects de l\u2019art, de l\u2019architecture et de l\u2019archéologie classique ainsi qu\u2019une importante collection de diapositives, de films et de vidéos9.L\u2019Université Concordia, créée en 1974, est la plus jeune université montréalaise.Elle est née de la fusion de l\u2019Université Sir George Williams et du Collège Loyola.Les collections en arts visuels sont regroupées dans la Bibliothèque Webster.Elles appuient les programmes d\u2019études des départements d\u2019éducation en 7.\tLa Bibliothèque des arts de l\u2019Université du Québec à Montréal : http://www.bibliotheques.uqam.ca/bibliotheques/arts/index.html (consulté sur Internet le 26 novembre 2007).8.\tUniversité de Montréal.Bibliothèques : http://www.bib.umontreal.ca/db/a_ propos.htm (consulté sur Internet le 29 novembre 2007).9.\tLa Bibliothèque des sciences humaines de l\u2019Université Laval http://www.bibl.ulaval.ca/mieux/chercher/portails/artsjettres (consulté sur Internet le 3 décembre 2007) 1 50 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) art, de thérapie par l\u2019art, d\u2019histoire de l\u2019art, d\u2019arts plastiques, de cinéma et de design.La bibliothèque comprend également une médiathèque conservant des vidéos d\u2019art réalisés par des artistes canadiens.La Diapothèque de la Faculté des beaux-arts abrite une collection de diapositives couvrant les champs de l\u2019art et de l\u2019architecture, de la préhistoire à nos jours10.Le Centre canadien d\u2019architecture est un musée et un centre de recherche créé en 1979 par l\u2019architecte Phyllis Lambert.L\u2019ouverture officielle a eu lieu en 1989 dans un édifice construit par Peter Rose et Phyllis Lambert.On y retrouve une collection très riche de livres rares portant sur la théorie, la pratique et l\u2019histoire de l\u2019architecture du 15e siècle à nos jours, ainsi que des dessins et estampes, des maquettes et des fonds d\u2019archives d\u2019envergure internationale, dont celui de l\u2019architecte et ingénieur montréalais Ernest Cormier (1885-1980).La collection de photographies illustre l\u2019art de la photographie d\u2019architecture de ses débuts à aujourd\u2019hui* 11.Des collections d\u2019art se retrouvent aussi dans les bibliothèques publiques de Québec et de Montréal ainsi que dans des centres de documentation spécialisés parmi lesquels on retrouve le Centre de documentation d\u2019Artexte.Ce dernier, inauguré en 1981, s\u2019est donné pour mandat de collectionner et de diffuser l\u2019information relative à tous les aspects des arts visuels canadiens contemporains.Il offre une collection exhaustive de catalogues d\u2019exposition en arts visuels contemporains canadiens publiés depuis 1965 (Artexte a d\u2019ailleurs publié un répertoire de cette collection en 2004 sous le titre Le Répertoire des publications en art contemporain canadien'2).La Bibliothèque de l\u2019École nationale de théâtre du Canada est une ressource inestimable pour tout ce qui a trait à l\u2019interprétation et à la production théâtrales, à la scénographie, à l\u2019écriture dramatique et à la mise en scène.Elle constitue depuis i960 le plus important centre de documentation canadien dans le domaine du théâtre et de ses arts connexes.Elle offre une vaste gamme de services et de documents reliés à l\u2019apprentissage et à l\u2019exercice des divers métiers du théâtre et des arts de la scène13.Toutes les bibliothèques d\u2019art et d\u2019architecture et tous les centres de documentation spécialisés mentionnés ici contribuent à leur manière à la grande diversité du domaine culturel québécois.Il ne faut pas oublier par ailleurs la documentation audiovisuelle, laquelle, en tant qu\u2019outil pédagogique de premier ordre, 10.\tUniversité Concordia http://library.concordia.ca/index.php (consulté sur Internet le 29 novembre 2007) 11.\tCentre canadien d\u2019architecture : http://www.cca.qc.ca/pages/Niveau2.asp?page=bibliothèque&lang=fra (consulté sur Internet le 12 novembre 2007).12.\tArtexte : http://www.artexte.ca/doc.htm (consulté sur Internet le 9 novembre 2007).13.\tIl existe d\u2019ailleurs au Québec plusieurs autres centres de documentation relatifs aux arts de la scène, notamment ceux du Cirque du Soleil et de l\u2019École nationale de cirque, sans oublier la Bibliothèque de la danse de l\u2019École supérieure de ballet contemporain (ESBC).Depuis les années i960, les bibliothécaires d\u2019art canadiens ont senti le besoin de se réunir de façon informelle pour partager leurs différentes politiques d\u2019acquisition, de prêt et de consultation.oooooc> tient une place majeure dans l\u2019enseignement des arts.On la retrouve dans les bibliothèques ou dans les départements d\u2019histoire de l\u2019art sous forme de diapositives, de vidéos, de films et de photographies.Ces documents audiovisuels sont souvent considérés comme de véritables œuvres d\u2019art, ils sont complémentaires à l\u2019écrit et constituent parfois l\u2019unique information disponible sur certains artistes ou sur des performances artistiques.Les collections dans le domaine culturel comprennent également, comme compléments à l\u2019écrit, des dossiers documentaires désignés le plus souvent sous l\u2019expression « dossiers d\u2019artistes ».Il s\u2019agit d\u2019une documentation archivistique qui regroupe notamment des dossiers de presse, des cartons d\u2019invitation, des cartes postales et des scrap-books.Le nombre et l\u2019importance de ces dossiers en font une source exceptionnelle d\u2019information sur les activités artistiques à l\u2019échelle régionale et nationale14.Associations et regroupements Associations professionnelles Depuis les années i960, les bibliothécaires d\u2019art canadiens ont senti le besoin de se réunir de façon informelle pour partager leurs différentes politiques d\u2019acquisition, de prêt et de consultation.Ils se sont regroupés formellement en une association appelée Canadian Art Libraries Society (CARLIS) en 1967 et ont publié le Carlis Newsletter (1971-2000).CARLIS a rejoint ensuite une association nord-américaine appelée Art Libraries Society of North America (ARLIS/NA) et en est devenu le premier chapitre canadien, d\u2019abord ARLIS/MOQ (Montréal, Ottawa, Québec), puis ARLIS/NA-MOQ.Ce chapitre canadien a publié le Répertoire des dossiers documentaires en art et architecture / Directory of vertical files on art and architecture en 1989.Depuis cette même année, il publie régulièrement le bulletin MOQDOC.Les différents congrès d\u2019ARLIS/NA tenus à Toronto en 1979, à Montréal en 1995, à Vancouver en 1999 et à Banff en 2006, ont été une excellente source de formation continue.La participation aux associations d\u2019art 14.\tLa Bibliothèque du Musée des beaux-arts du Canada a publié en 1988 une compilation de ces dossiers canadiens sous le titre Artists in Canada / Artistes au Canada, également disponible sur Internet à l\u2019adresse suivante : http://daryl.chin.gc.ca:8ooi/BASIS/aich/user/www/sf.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRllVJUIN 2008) | 1 5 1 a permis de développer au Canada des connaissances élargies dans le domaine de l\u2019information artistique.Et puisque l\u2019art dépasse les frontières nationales, la participation active au sein de la Section des arts de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d\u2019institutions (IFLA) contribue à l\u2019échange de connaissances par le biais d\u2019un réseau international.Dans un contexte économique souvent difficile et face à la croissance des besoins liés à l\u2019évolution des programmes de recherche institutionnels, les associations ont œuvré ensemble au maintien de l\u2019intégrité des collections en art et à l\u2019évaluation des politiques d\u2019acquisition.Dans les musées, il faut savoir que la politique d\u2019acquisition est dictée par l\u2019orientation que donne le musée à sa collection d\u2019art et à ses expositions.Dans les bibliothèques universitaires, ce sont les programmes d\u2019études et de recherche qui influencent le choix des documents15.Regroupement universitaire au sein de la CREPUQ En 1984, les bibliothécaires d\u2019art universitaires ont accepté de devenir un Groupe de travail sous l\u2019égide du Sous-comité des bibliothèques de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).Les rencontres de ce groupe ont permis, entre autres choses, de répertorier les bibliothèques d\u2019art au Québec et de mettre sur pied une liste commune de leurs périodiques.Au début des années 1990, ils ont participé au projet du National Collection Inventory Project (NCIP).Ce projet d\u2019inventaire des collections de recherche des bibliothèques nord-américaines visait à améliorer l\u2019accessibilité des collections de recherche en créant une banque de données canadienne et américaine.Ce nouvel outil facilitait l\u2019établissement de profils sectoriels détaillés.Le Groupe de travail a publié en 1999 le Répertoire des collections spécialisées en art et architecture dans les bibliothèques universitaires /Directory of Special Art and Architecture Collections in University Libraries, dans lequel sont répertoriés les documents utiles à la recherche qui se distinguent par leur support, leur provenance ou leur thème.Ce répertoire, disponible en version électronique, promeut le développement et la coordination des secteurs d\u2019excellence des collections universitaires16.Suite à la création au Québec d\u2019un programme conjoint de doctorat en histoire de l\u2019art et d\u2019une maîtrise en muséologie, les membres du Groupe ont inventorié et évalué les collections de niveau troisième cycle, mettant ainsi en évidence les secteurs d\u2019excellence de chaque bibliothèque.Cette évaluation a permis 15.\tComme outil de référence de base, la Bibliothèque nationale du Canada a publié en 1978 un inventaire des collections de recherche dans le domaine des arts {Ressources bibliographiques dans le domaine des beaux-arts au Canada).16.\thttp://www.crepuq.qc.ca/documents/bibl/Rapport_Art_fichiers/rapport_art2.htm (site Internet consulté le 12 février 2008).d\u2019établir un partage dans le choix et l\u2019acquisition d\u2019une documentation souvent très coûteuse.Dans la même optique, il a été décidé de faire des achats en consortium de ressources électroniques en ligne afin d\u2019obtenir des licences collectives pour les outils de référence, les index bibliographiques et les banques d\u2019images numériques.Conclusion Depuis quelques années, les aspects technologiques figurent parmi les enjeux prioritaires des bibliothèques et des centres de documentation du domaine culturel.Les bibliothécaires doivent donc développer de nouvelles connaissances afin de faire face à des réalités et à des besoins inédits.La mise en commun de l\u2019expertise et des connaissances, combinée à l\u2019étude de l\u2019intégration et de l\u2019application des nouvelles technologies, constituent actuellement les moyens mis de l\u2019avant pour maintenir et améliorer les services aux usagers.Deux autres enjeux d\u2019importance pour l\u2019avenir nécessitent qu\u2019on mette de l\u2019avant de nouvelles mesures.Il faut d\u2019abord assouplir la loi canadienne sur le droit d\u2019auteur dans le domaine des images utilisées pour des fins de recherche, car celle-ci ralentit actuellement les projets de numérisation des documents d\u2019art et rend extrêmement coûteuse l\u2019accessibilité aux banques d\u2019images et aux documents électroniques.En second heu, dans un contexte de départs massifs à la retraite des professionnels, il faut penser à créer des programmes d\u2019accueil pour de nouveaux bibliothécaires spécialisés en art et architecture (un programme de mentorat existe depuis peu au sein de l\u2019association d\u2019ARLIS/NA).Cela dit, le dynamisme et la passion dont font preuve les bibliothécaires d\u2019art au Québec portent à croire que nous continuerons dans l\u2019avenir à offrir des collections de qualité répondant aux besoins des chercheurs et que nous saurons conserver ce s richesses, qui sont le reflet de notre patrimoine culturel.® Sources consultées CARLIS Newsletter.[SJ.] : Canadian Art Libraries Section, 1971-2000.Artists in Canada/Artistes au Canada.Ottawa : Musées des beaux-arts du Canada, 1988.Répertoire des dossiers documentaires en art et architecture/ Directory of Vertical Files on Art and Architecture.Montréal : ARLIS/MOQ, 1989.MOQDOC : Bulletin d ARLIS/MOQ.Montréal : ARLIS/MOQ, 1990-Répertoire de collections spécialisées en art et architecture dans les bibliothèques universitaires/Directory of Special Art and Architecture Collections in University Libraries.Montréal : CREPUQ.Sous comité des bibliothèques, 1999.Le Répertoire des publications en art contemporain canadien.Montréal : Éditions Artexte, 2004.Bibliothèque nationale du Canada.Ressources bibliographiques dans le domaine des beaux-arts au Canada.Ottawa : Division de l\u2019inventaire des ressources, 1978.2 vols.(Collections de recherche des bibliothèques canadiennes).1 52 I NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO t, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) ARGUS g LA REVIÎH QUÊHÊCOT5K DES PVOfTîSSIONNEl> m mi i njurfiUATirw rw^'kirvrAipr DOCUMENTATION BIBLIO HÈQUES Les bibliothèques et les centres de documentation du milieu de la santé au Québec Robin Dumais Coordonnateur des ressources documentaires et informationnelles du RUIS Université de Montréal robin.dumais@umontreal.ca RÉSUMÉ | ABSTRACTS | RESUMEN Les bibliothèques médicales sont essentielles : elles soutiennent la prise de décisions cliniques et administratives tout en étant partie intégrante de la formation des professionnels en santé et de la recherche scientifique.Cet article dresse un portrait des bibliothèques dans les établissements et agences de santé et de services sociaux du Québec.L\u2019auteur décrit le contexte dans lequel évoluent ces centres documentaires, en faisant part de nombreux changements survenus dans l'organisation des soins de santé au Québec et de l\u2019esprit de collaboration qui anime le réseau documentaire en santé.Il aborde la place des centres de documentation dans les organisations de santé, leurs effectifs professionnels, l\u2019évolution des services offerts à leur clientèle et leurs collections de plus en plus virtuelles.Pour clore, l\u2019auteur présente un bref aperçu des nouveaux rôles possibles des professionnels de l'information en santé.Health libraries and resource centres in Quebec Medical libraries are essential as they support clinical and administrative decision-making while being an integral part of health care training and scientific research.This article presents an overview of libraries found in health care and social service institutions in Quebec.The author describes the context in which these resource centres evolve, the numerous changes affecting the provincial health care sector, and the collaborative spirit driving the health documentation network.He then addresses the role of resources centres within health care institutions, workforce issues, the evolution of service offerings and the increasing provision of online access to collections.The author concludes by presenting new roles that health care information professionals may assume in the future.Las bibliotecas y los centros de documentaciôn en el campo de la salud en Québec Las bibliotecas médicas son esenciales : permiten justificar deci-siones clinicas y administrativas al mismo tiempo que son parte de la formaciôn de los profesionales tanto de la salud como de la investigacion cientlfica.Este articulo présenta un retrato de las bibliotecas en establecimientos y agendas de salud y de servi-cios sociales en Québec.El autor describe el contexto en el cual se desenvuelven estos centros de documentaciôn, haciendo parte de los multiples cambios en la organizaciôn de los cuidados de salud en Québec y del espiritu de colaboraciôn que anima la red de documentaciôn en el campo de la salud.En el contexto actual, el autor analiza el lugar que ocupan los centros de documentaciôn en las organizaciones de la salud, los efectivos profesionales en este medio, la evoluciôn de los servicios que se ofrecen a la clientela asi como describe las colecciones, que son màs virtuales cada vez.A modo de conclusion, el autor présenta un bosquejo de los nuevos roles posibles de los profesionales de la informaciôn en el campo de la salud.Depuis cinq ans, le système de santé et de services sociaux québécois subit une profonde réorganisation à la suite de l\u2019avènement des réseaux locaux de service (RLS).Des centres de santé et de services sociaux (CSSS) sont créés par la fusion et l\u2019intégration d\u2019une grande partie des centres hospitaliers (CH), des centres locaux de services communautaires (CLSC) et l\u2019ensemble des centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du réseau public.Les régies régionales deviennent les agences régionales de santé et de services sociaux avec un mandat intégré de coordination des services, ressources et effectifs au sein des établissements de leur territoire.Le Québec compte maintenant 95 CSSS, en plus des établissements de santé à vocation universitaire, régionale, suprarégionale ou spécialisée distribués dans 18 régions sociosanitaires.Outre cette importante réorganisation au sein des établissements et agences, notons aussi la création de quatre réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS) autour des facultés de médecine des universités Laval, McGill, de Montréal et de Sherbrooke.De concert avec les agences et les CSSS de leur territoire, le mandat des RUIS est de coordonner les soins de santé ultraspécia-lisés\\ l\u2019enseignement, la recherche et l\u2019évaluation des technologies en santé.Collaboration bien établie L\u2019esprit de collaboration entre les professionnels de l\u2019information en santé est enraciné depuis plusieurs décennies au Québec et ces professionnels ont formé, bien avant que le terme ne soit à la mode, une communauté de pratique axée sur le partage d\u2019informations et la mise en commun des ressources.En plus de regroupements nationaux comme l\u2019Association des bibliothèques de santé du Canada (CHLA/ABSC), il existe également au Québec plusieurs regroupements documentaires en santé formés autour des pôles associatifs et universitaires.Du côté des associations, la section Santé de LASTED, le Réseau québécois Biblio-santé (RQBS), fait figure de proue et constitue la section québécoise de la CHLA/ABSC.La section, dont les origines remontent 1.Les soins « ultraspécialisés » ou « surspécialisés » comme la transplantation d\u2019organes, la chirurgie cardiaque et la neurochirurgie sont des soins qui nécessitent une expertise rare et pointue et, souvent, des équipements ou traitements élaborés et coûteux.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) | 1 53 L\u2019esprit de collaboration entre les professionnels de l\u2019information en santé est enraciné depuis plusieurs décennies au Québec.ooo aux années 19502, est très active et son principal instrument de collaboration est la liste de discussion du RQBS3.Cette liste sert de plateforme de consultation et de sondage et est également un excellent outil de liaison avec les organisations pan-canadiennes (ayant elles-mêmes des listes de discussions très fréquentées) telles la CHLA/ABSC, l\u2019Institut canadien de l\u2019information scientifique et technique (ICIST) ou la National Library of Medicine (NLM).Depuis le début des années 1980, on a formé quatre réseaux documentaires en santé autour des facultés de médecine des universités Laval, McGill, de Montréal et de Sherbrooke4.Ces regroupements permettent de stimuler les échanges entre les bibliothèques universitaires de santé et celles de leurs établissements affiliés par des rencontres semestrielles et des listes de discussion.Souvent à l\u2019origine de projets de partenariat, ces associations ont permis, entre autres, la mise en place de services et de tarifs préférentiels pour le prêt entre bibliothèques (PEB), la création de catalogues collectifs destinés à faciliter le repérage des documents ou la dotation de postes ARIEL pour l\u2019échange électronique des documents.Les quatre réseaux ont surtout stimulé le partage et l\u2019achat groupé de ressources documentaires électroniques (Consortium des bibliothèques des sciences de la santé affiliées à l\u2019Université McGill, ASDESE, Consortium des bibliothèques du RUIS Université Laval, Consortium des ressources électroniques du RUIS de l\u2019Université de Montréal).Différents organismes en santé ont également introduit des réseaux et des partenariats importants.C\u2019est le cas de Santécom5, un catalogue collectif consultable à distance, lequel regroupe les-collections des centres de documentation du secteur de la santé publique.Plus de 2.\tLangevin, Ginette.1995.La section santé : une longue tradition de concertation.Documentation et bibliothèques, vol.41, n° 2 (avril-juin) : 75.3.\tEn constante croissance, cette liste, gérée par les documentalistes de l\u2019Hôtel-Dieu de Lévis, compte plus de 150 abonnés, tous professionnels de l\u2019information en santé.Les échanges portent sur des thèmes aussi divers que le repérage d\u2019articles et de documents, le prêt entre bibliothèques (tarification, système ARIEL), les procédures et les politiques documentaires.Adresse de la liste : RQBS-BIBL@LISTES.ULAVAL.CA.4.\tLe groupe Biblio-Santé de la région de Québec, l\u2019Association des bibliothèques de santé affiliées à l\u2019Université de Montréal (ABSAUM), la McGill Medical & Health Affiliated Library Association (MMHALA) et l\u2019Association des services de documentation en santé de l\u2019Estrie et des centres affiliés à la Faculté de médecine de l\u2019université de Sherbrooke (ASDESE).5.\tInitiative de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de la Monté-régie qui existe depuis 1987 et qui, depuis 2002, est gérée par l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).www.santecom.qc.ca/ (consulté sur Internet le 5 janvier 2008).62 organisations et groupes de recherche contribuent à ce catalogue et y signalent leurs publications.D\u2019autres initiatives de centres documentaires spécialisés en santé et services sociaux ont été lancées.C\u2019est le cas du Centre intégré de gestion de l\u2019information (CIGI)6, né en 2004 d\u2019un partenariat entre l\u2019Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) et huit établissements de réadaptation qui ont mis sur pied une bibliothèque virtuelle.Dans la même veine, l\u2019intégration de douze centres montréalais du secteur jeunesse, formant ainsi le Centre jeunesse de Montréal, Institut universitaire (CJM-IU), a permis à sa bibliothèque de devenir un pôle de référence sur les problématiques sociales et les approches d\u2019intervention liées à la jeunesse.Position des centres de documentation Au sein des établissements et agences de santé et de services sociaux, la gestion de l\u2019information participe, à plusieurs égards, de la mission de l\u2019organisation, quelle se situe au niveau des soins, de l\u2019enseignement, de la recherche ou de l\u2019évaluation de la technologie.La gestion des services d\u2019information figure dans le processus de mesure du Conseil canadien d\u2019agrément des services de santé.À cet égard, un cadre normatif destiné aux bibliothèques et services d\u2019information des établissements et s\u2019inspirant des normes de la Medical Library Association a été élaboré et est continuellement mis à jour par la CHLA/ABSC.Les bibliothèques et centres de documentation en santé participent activement au transfert et à l\u2019actualisation de l\u2019information et des connaissances dans les sphères clinico-administratives, scientifiques ou pédagogiques.Au sein des centres hospitaliers à vocation scolaire que sont les centres hospitaliers universitaires (CHU), les instituts universitaires (IU), les centres affiliés universitaires (CAU) et autres centres affiliés, du personnel documentaire peut même s\u2019intégrer à des groupes de recherche ou à des communautés de pratique interprofessionnelles pour soutenir les besoins en information.Des initiatives novatrices comme l\u2019implantation de systèmes de suivi clinique intégrant de plus en plus les services et les ressources documentaires témoignent de l\u2019importance du rôle des documentalistes dans une approche interdisciplinaire et intégrée.Dans les établissements et agences de santé, les bibliothèques et centres de documentation relèvent, au point de vue administratif, de différentes directions.Elles peuvent relever tant de la direction générale que des ressources et services professionnels, des services administratifs, des communications, de la planification ou de la gestion de l\u2019information et des archives, etc.Par ailleurs, dans les centres hospitaliers à vocation universitaire, les bibliothèques et centres de documentation relèvent généralement des directions de l\u2019enseignement, 6.\thttp://www.cigi.irdpq.qc.ca/ (consulté sur Internet le 5 janvier 2008).1 54 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) lesquelles gèrent également les ressources didactiques et audiovisuelles.Les professionnels en place Experts des sources, de la recherche, de l\u2019organisation et de la diffusion de l\u2019information, les professionnels de l\u2019information en santé s\u2019avèrent également indispensables pour former les professionnels de la santé à la recherche, à la gestion et à l\u2019utilisation de l\u2019information.Sur le site du RQBS7, on dénombre l\u2019inscription d\u2019une centaine de centres documentaires directement rattachés au réseau public de santé (ministères, établissements et agences de santé et de service sociaux, instituts de recherche), soit un total de plus de 177 si on y inclut les bibliothèques et centres des milieux associatifs, commerciaux ou universitaires.Dans le réseau public, le personnel est surtout constitué de techniciens en documentation.D\u2019après le site du RQBS, on dénombre environ 150 techniciens, 50 bibliothécaires et 60 autres employés.La majorité des centres comptent, au minimum, un technicien en documentation.Les professionnels de l\u2019information en , place dans les CSSS8 composent maintenant avec une clientèle élargie et répartie à différents endroits (CH, CLSC, CHSLD).Pour ce qui est des bibliothécaires, ils se retrouvent principalement dans les centres hospitaliers à vocation universitaire et dans les instituts de recherche des grandes zones urbaines.À l\u2019instar de plusieurs secteurs, les prises de retraite sont nombreuses parmi les professionnels de l\u2019information en santé.Des services à valeur ajoutée En plus des activités et services documentaires traditionnels tels que le développement et le traitement des collections, la fourniture d\u2019articles et de documents, le PEB, la référence, la recherche et la formation aux outils documentaires électroniques, les centres ont également développé une gamme de services à valeur ajoutée.Notons, entre autres, la personnalisation des services de référence et d\u2019aide à la recherche dans les bases de données spécialisées, la diffusion sélective de l\u2019information par l\u2019envoi électronique de tables des matières ou de bulletins électroniques regroupés par programmes clinico-administratifs, thérapeutiques ou « académiques » sans oublier des activités de veille axées sur la recherche et la documentation scientifique (d\u2019origine commerciale ou d\u2019accès libre), les publications des États ou de groupes de recherche.7.\tSite qui répertorie l\u2019ensemble des ressources documentaires et professionnelles du réseau de la santé et des services sociaux, http://www.asted.org/sante/index.htm (consulté sur Internet le 15 janvier 2008).8.\tDans certains CSSS, le personnel documentaire en place assume aussi la gestion des archives (médicales ou administratives).Plusieurs, par contre, n\u2019ont pas de personnel de l\u2019information (technicien en documentation ou bibliothécaire).Un comité de PASTED Santé s\u2019est penché sur ce problème.L\u2019avènement de Vélectronique en matière de documentation scientifique, des outils de diffusion et de gestion de l\u2019information permettent à plusieurs centres d\u2019étaler une véritable vitrine virtuelle.0(XXXXXXXX> Lieux physiques et virtuels Les centres de documentation en santé comportent généralement un comptoir9 de référence ou de prêt, des rayons destinés aux périodiques, aux ouvrages de références et aux monographies, quelques tables ou salles de travail ainsi que des postes de consultation équipés d\u2019un ordinateur, généralement branchés \u2014 dans le cas des centres hospitaliers à vocation universitaire \u2014 sur les ressources électroniques de leurs universités d\u2019attache par des passerelles ou serveurs mandataires (proxy et VPN).Même si le personnel en place assure généralement une permanence les jours de semaine, une des caractéristiques des centres documentaires du milieu demeure la possibilité, pour le personnel médical, de se rendre sur place à toute heure du jour ou de la nuit par l\u2019intermédiaire des services de sécurité.Malgré des locaux généralement restreints et les déménagements, les centres ont su tirer leur épingle du jeu grâce au virage technologique.L\u2019avènement de l\u2019électronique en matière de documentation scientifique, des outils de diffusion et de gestion de l\u2019information permettent à plusieurs centres d\u2019étaler une véritable vitrine virtuelle.Plusieurs centres affichent sur le Web leurs services et leurs collections, lesquelles sont habituellement répertoriées dans les catalogues en ligne et constituent de véritables instruments de recherche.On y facilite ainsi le repérage, voire l\u2019accès direct aux documents, tant pour le lectorat interne que pour les internautes de la planète.Clientèle de proximité Les centres documentaires servent une très vaste clientèle formée des professionnels de la santé des secteurs cliniques, administratifs ou scientifiques (professeurs, chercheurs, étudiants et résidents).L\u2019information destinée aux patients prend de l\u2019ampleur ; plusieurs centres ouvrent leurs portes aux patients et à leurs familles.Des centres d\u2019information sont même mis à leur disposition dans certains centres hospitaliers comme au CHU Sainte-Justine, à l\u2019Hôpital de Montréal 9.\tSouvent équipés de stations ARIEL et dotés du logiciel Docline branchés sur les grands réseaux de santé (universités, ICIST, NLM).Ces outils facilitent le PEB et l\u2019échange électronique d\u2019articles et de documents tout en respectant les droits d\u2019auteur.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL7JUIN 2008) | 1 55 L\u2019abondance de la documentation scientifique en accès libre et les collections des universités permettent désormais l\u2019usage de contenus de qualité revus par les pairs.oco>o pour enfants ou à l\u2019Institut universitaire de neurologie de Montréal.Comme l\u2019a noté Robert Aubin10, les besoins d\u2019information en santé s\u2019avèrent critiques et ont souvent un rôle décisif sur la santé et le traitement des patients.Les professionnels de l\u2019information doivent faire preuve d\u2019un grand discernement à l\u2019occasion de leurs prestations et lorsqu\u2019il est question de renseignements diagnostiques et thérapeutiques fournis aux cliniciens ou au public.Enfin, le rapprochement entre les professionnels de l\u2019information et leur clientèle clinique se poursuit puisque les gestionnaires et les cliniciens doivent s\u2019appuyer de plus en plus sur des données probantes dans la mise à jour des guides de pratiques et la prestation de services de santé.Collections partagées L\u2019abondance de la documentation scientifique en accès libre et les collections des universités permettent désormais l\u2019usage de contenus de qualité revus par les pairs.Ces initiatives constituent une réponse efficace au coût souvent inabordable* 11 de la documentation scientifique en santé.D\u2019après la description des collections des centres de documentation inscrits sur le site du RQBS, les collections dans le réseau public comptent quelque 18 ooo abonnements à des périodiques et plus de 550 000 monographies.De plus, dans l\u2019ensemble des établissements, les ressources documentaires en ligne sont partagées par les universités (surtout dans le cas des établissements à vocation universitaire) ou acquises par un établissement, une région ou un consortium.Même si l\u2019imprimé demeure présent dans les collections, le support électronique continue à prendre de l\u2019ampleur grâce à une vaste gamme de ressources en ligne (bases de données et périodiques médicaux) ou non (DVD, cédérom, bandes audio-vidéo, etc.).Le développement des collections documentaires en santé varie en fonction de la mission de l\u2019établis- 10.\tAubin, Robert.1995.Les 200 visages des bibliothèques de la santé.Documentation et bibliothèques, vol.41, n° 2 (avril-juin) : 77-82.11.\tTributaires à la fois d\u2019éditeurs scientifiques regroupés (Elsevier, Wiley, Wolters Kluwer, etc.) et du facteur d\u2019impact (principe bibliométrique mesurant l\u2019importance des revues scientifiques), les revues médicales sont souvent hors de prix.A titre d\u2019exemple, d\u2019après les sites de l\u2019éditeur Elsevier, www.elsevier.com (consultés le 15 janvier 2008) et du répertoire des périodiques Ulrich : www.ulrichsweb.com (consulté le 15 janvier 2008), un seul abonnement institutionnel à Brain Research, titre spécialisé en neurologie, coûte annuellement 21,744 s US.sement.Ainsi, les bibliothèques médicales à vocation scientifique composent une collection davantage axée sur les ouvrages de références (usuels), tels que des encyclopédies médicales (générales ou spécialisées) et une panoplie d\u2019abonnements à des périodiques en adéquation avec leurs champs d\u2019activités (pratique et enseignement clinique ou recherche fondamentale).Quant aux centres documentaires des ministères, des agences, des CSSS et autres services spécialisés, on y trouve également des ouvrages de consultation et des abonnements à des périodiques spécialisés de nature clinique ou administrative, mais aussi beaucoup de « littérature grise » (parapublications, publications gouvernementales, rapports de groupes de recherche universitaires) axée sur la santé publique ou communautaire, l\u2019administration de la santé de même que sur l\u2019évaluation des technologies ou modes d\u2019intervention en santé12.Au niveau régional, les agences de santé apportent un soutien aux besoins documentaires des établissements dépourvus de ressources documentaires et procurent souvent l\u2019accès à des ressources en ligne telles que des bases de données en médecine factuelle et des périodiques électroniques.Nouveaux rôles pour les professionnels de l'information Avec l\u2019interdisciplinarité entre les milieux cliniques et administratifs en santé, de nouveaux rôles pour les spécialistes de l\u2019information émergent au sein des organisations et des communautés de pratique.Parmi ces rôles figure celui de courtier en connaissances13, voué à faciliter et à promouvoir l\u2019utilisation des données probantes, souvent issues de la recherche, dans la prise de décisions.Même si la notion de bibliothécaire intégré à l\u2019équipe clinique14 existe depuis plus de trente ans, elle commence à prendre forme, comme le démontre l\u2019expérience d\u2019une bibliothécaire participant aux tournées de patients à l\u2019Hôpital de la Cité-de-la-santé du CSSS de Laval.Pour continuer à faciliter l\u2019accès à la documentation scientifique et aux données probantes à travers l\u2019ensemble des établissements de santé du Québec, les questions d\u2019une consolidation des consortiums documen- 12.\tLa mission du Service de documentation de l\u2019Agence d\u2019évaluation des technologies et modes d\u2019intervention en santé (AETMIS) vise, justement, à soutenir l\u2019aide à la décision et le rayonnement dans ce domaine en expansion.13.\tHoutekier, Catherine.« Gestion et courtage de connaissances en soutien à la prise de décision fondée sur les données probantes : une expérience montérégienne »; Présentation faite au 34e congrès de LASTED, Montréal, Novembre 2007, http:// www.asted.0rg/c0ngres/c0ngres07/Asted_20071108.pdf (Consulté le 15 janvier 2008).14.\tLes appellations Clinical Medical Librarian et Information Specialist in Context se traduisent maintenant par le vocable Informationist.Voir : Aucouturier, Emmanuelle, Informationniste : un nouveau rôle au sein de l\u2019équipe de soins ?in Lauzon, Hélène, Dumais, Robin et Aucouturier Emmanuelle.2007 Un audit sur les besoins des utilisateurs dans le-cadre de la planification stratégique de la bibliothèque médicale de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont 61-70.http://biblio.hmr.qc.ca/pdf/audit.pdf (consulté le 25 janvier 2008).1 56 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) taires et du transfert des connaissances vers le milieu clinique sont discutées au sein des RUIS.Malgré les difficultés que connaissent les réseaux publics de santé, les spécialistes de la documentation qui prendront la relève sont voués à un avenir prometteur.Par exemple, le nouveau cadre de compétences CanMEDS15 du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada exige des médecins une évaluation critique de l\u2019information avant d\u2019être transférée à la pratique.L\u2019atteinte de cet objectif doit se faire en complémentarité avec les professionnels de l\u2019information.De surcroît, avec l\u2019essor de la médecine factuelle fondée sur des données probantes et, dans le contexte où les médecins autant que les patients sont confrontés à une quantité infinie d\u2019informations disponibles en ligne, leur habileté à séparer le bon grain de l\u2019ivraie sera de plus en plus nécessaire et reconnue.® 15.Frank, JR.2005.Le Cadre de compétences CanMEDS 2005 pour les médecins; l\u2019excellence des normes, des médecins et des soins.Ottawa : Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.http://crmcc.medical.0rg/canmeds/CanMEDS2005/ CanMEDS2005_f.pdf (consulté le 17 janvier 2007).Snnrres consultées- Aubin, Robert.1995.Les 200 visages des bibliothèques de la santé.Documentation et bibliothèques, vol.41, no 2 (avril-juin) : 77-82.Frank, JR.2005.Le Cadre de compétences CanMEDS 2005 pour les médecins.L\u2019excellence des normes, des médecins et des soins.Ottawa : Le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.http://crmcc.medical.0rg/canmeds/CanMEDS2005/ CanMEDS2005_f.pdf (consulté sur Internet le 17 janvier 2007) Houtekier, Catherine.« Gestion et courtage de connaissances en soutien à la prise de décision fondée sur les données probantes : une expérience montérégienne », Présentation faite au 34e congrès de LASTED, Montréal, novembre 2007.http://www.asted.0rg/c0ngres/c0ngres07/ASTED_20071108.pdf (consulté sur Internet le 15 janvier 2008) Langevin, Ginette.1995.La section santé : une longue tradition de concertation.Documentation et bibliothèques, vol.41, n° 2 (avril-juin) : 75.Lauzon, Hélène, Dumais, Robin, Aucouturier Emmanuelle.2007.Un audit sur les besoins des utilisateurs dans le cadre de la planification stratégique de la bibliothèque médicale de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, 61-70.http://biblio.hmr.qc.ca/ pdf/audit.pdf (consulté sur Internet le 25 janvier 2008).1 il raryand aü history uriroÙL bpfon»\t.fci beforçjrye.I y'*, WCs The McGill Library: enjoying a Second Life 5?McGillLibrarv Bibliothèque Information \u2022 lnnovation*Service McGill se réjouit d'être présente dans « Second Life » La bibliothèque de NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRll/JUIN 2008) | 1 57 / u i ff.Le monde du livre au bout des doigts MEMENTO™, une solution complète pour les bibliothécaires, les documentalistes et les techniciens en documentation memento Electre-BTLF Partagez la plateforme Memento et travaillez en équipe de manière plus efficace.MEMENTO Catalogue en ligne Consultez, parmi plus d\u2019un million de fiches produit, les livres de langue française sur le marché incluant les nouveautés, les titres à paraître et les ouvrages spécialisés provenant du Québec, du Canada et de l\u2019Europe.Les données sont normalisées et mises à jour sur une base quotidienne.MEMENTO Base multimédia Ayez accès à notre base multimédia qui regroupe plus de 30 supports autres que le livre (DVD, CD, livres sonores, etc).MEMENTO Paniers et bons de commande en ligne Créez vos paniers de sélection et d'acquisition sur mesure, consultez notre Répertoire de librairies agréées et envoyez vos bons de commandes en ligne à vos fournisseurs.BTLF SOCIÉTÉ DE GESTION DE LA BANQUE DE TITRES DE LANGUE FRANÇAISE www.btlf.qc.ca www.mementolivres.com Pour essai gratuit: 1 888 340-BTLF Laissez Memento travailler à votre place.MEMENTO Récupération de fiches produits Réduisez le temps de travail répétitif de saisie en récupérant la fiche produit en format MARC 21 dans votre système d\u2019inventaire, à la notice ou en lot.MEMENTO Service API Accédez à la technologie Internet.À partir de votre système, interrogez notre 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DOCUMENTATION BIBLIOBHÈQUES La documentation en milieu communautaire au Québec : entre menaces et avancées Julie Leclair Responsable du développement des collections Centre de documentation sur l\u2019éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF) leclair@cdeacf.ca Résumé | abstracts | Resumen Après plus de 40 ans de pratiques communautaires et à l\u2019ère des partenariats et de la médiation, le portrait des centres de documentation en milieu communautaire n'est pourtant guère reluisant.Quelles sont les particularités de la documentation en milieu communautaire ?Quels rôles jouent les centres de documentation présents dans ce milieu et quels sont les enjeux auxquels ils doivent faire face ?Community Based Documentation Centres in Quebec : Between Threats and Opportunities Following 40 years of community practices in an era of partnerships and mediation, the portrait of community-based documentation centres is far from brilliant.What are the particularities of community based information resource centres ?What roles do documentation centres in these milieus play and what issues must they face ?La documentation en el medio comunitario en Québec : entre amenazas y oportunidades Después de mâs de 40 anos de prâcticas comunitarias y en la era de la colaboraciôn y de la mediaciôn, el retrato de los centros de documentaciôn en el medio comunitario no es de lo mâs reluciente que digamos.iCuâles son las particularidades de la documentaciôn en el medio comunitario ?jQué roi desempenan los centros de documentaciôn présentes en este medio y cuâles son los retos que deben enfrentar ?POUR COMPRENDRE LES PARTICULARITÉS de la documentation en milieu communautaire, il faut d\u2019abord définir ce dernier.La naissance du mouvement d\u2019action communautaire remonte aux années i960, au moment où la modernité confronte radicalement le Québec.Des comités de citoyens s\u2019organisent alors pour solutionner des problèmes quotidiens circonscrits tels que la salubrité des immeubles, la circulation automobile et l\u2019endettement.Petit à petit, ces groupes populaires, appelés aujourd\u2019hui organismes communautaires, étendent leurs champs d\u2019intérêt et visent des problèmes sociaux plus vastes, comme la violence envers les femmes et les questions environnementales.Présents dans une multitude de secteurs dont la santé, l\u2019emploi et l\u2019éducation, ces organismes expérimentent des pratiques alternatives à celles généralement mises en œuvre par le réseau institutionnel \u2014 écoles, hôpitaux, etc.\u2014, tout en demeurant en marge des organisations politiques et syndicales.Comme leur nom l\u2019indique, les organismes communautaires, sans but lucratif, doivent impérativement être enracinés dans la communauté.Ils entretiennent une vie associative et démocratique et sont libres de déterminer leur mission, leurs pratiques et leurs orientations.Leurs actions sont guidées par la prise en charge citoyenne des problèmes sociaux afin d\u2019améliorer les services collectifs et d\u2019obtenir de meilleures conditions de vie.Le milieu communautaire québécois comprend aujourd\u2019hui 8 000 organismes actifs tant au niveau local que régional ou national.La majorité de ces organismes font partie de divers regroupements à la fois sectoriels (reliés directement à leur secteur d\u2019intervention, par exemple la santé) et intersectoriels (regroupement de plusieurs organismes rattachés à divers secteurs d\u2019intervention, mais associés à une même région).La documentation en milieu communautaire Pour réaliser leur travail tant d\u2019analyse que de représentation ou de formation, les 50 000 personnes employées dans le milieu communautaire ont besoin d\u2019avoir accès rapidement à des faits concrets, documentés et chiffrés, bref, à de la documentation à jour.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIlVJUIN 2008) | 1 59 La naissance du mouvement d\u2019action communautaire remonte aux années 6o, au moment où la modernité frappe le Québec de plein fouet.C00000 « Connaître les plus récentes recherches réalisées dans le domaine de la violence faite aux femmes est essentiel pour rediffuser de l\u2019information auprès de nos membres »\\ affirme Caroline Farly, agente de liaison et de promotion à la Fédération des ressources d\u2019hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec.Non seulement le milieu communautaire a besoin de consulter des documents, mais il en crée également.En effet, la mission des organismes communautaires les amène régulièrement à produire une panoplie de documents : bulletins et revues, mémoires pour une commission parlementaire, documents de réflexion portant sur un enjeu de société, guides de formation, recherches-action, recueils de témoignages, etc.Tous ces documents doivent nécessairement être regroupés quelque part afin d\u2019éviter que ce patrimoine ne soit éparpillé et, d\u2019une certaine manière, inaccessible.« Il nous est difficile de trouver des documents portant sur le secteur de l\u2019emploi dans le communautaire.Pourtant, nous savons que les organismes en produisent, mais ils se ramassent souvent sur une tablette obscure.C\u2019est une perte pour la mémoire collective », déplore Martin Frappier, de la Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d\u2019œuvre.Portrait des centres de documentation en milieu communautaire Pour pallier ce problème, quelques organismes ont mis sur pied des centres de documentation ainsi qu\u2019une panoplie de services de documentation appelés tablettes, bibliothèques maison, coins de lecture, bibliothèques roulantes, etc.En réalité, « il y a peu de centres de documentation, mais il y a beaucoup de documents », résume Bernard Vallée, fondateur du Centre populaire de documentation de Montréal et aujourd\u2019hui responsable des activités pédagogiques à L\u2019Autre Montréal.Il est difficile de tracer un portrait général des centres de documentation en milieu communautaire puisqu\u2019il n\u2019existe ni statistiques ni répertoire à leur sujet.Avant tout, ces centres sont des bibliothèques spécialisées dans un domaine précis mais dont le mandat n\u2019est î.Les citations dans le texte sont, sauf indication contraire, tirées d\u2019entrevues réalisées parl\u2019auteure.pas forcément d\u2019acquérir des documents produits par le milieu communautaire.Le centre de documentation de l\u2019Institut québécois sur la déficience intellectuelle en serait un exemple, tout comme celui de la Fédération québécoise de l\u2019autisme.Ceux-ci comblent un manque en conservant des documents rares, en français, souvent issus de la « littérature grise » et présentant des points de vue alternatifs sur leur champ d\u2019expertise que l\u2019on ne trouve pas nécessairement dans les bibliothèques publiques ou dans les bibliothèques universitaires.Ils disposent généralement d\u2019un budget d\u2019acquisition plutôt faible, voire inexistant dans certains cas.Ils reçoivent toutefois beaucoup de documents gratuits et d\u2019autres documents sous forme de dons.Plusieurs organismes communautaires, dont L\u2019Autre Montréal, le Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain ou le Regroupement des cuisines collectives, disposent d\u2019un centre de documentation pour répondre à leurs propres besoins internes et ne sont pas ouverts au public.Les centres de documentation accessibles au public, comme le Centre de documentation sur l\u2019éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF), desservent quant à eux plusieurs types de clientèle : intervenants communautaires, étudiants, chercheurs, parents, enseignants, professionnels de la santé, journalistes, fonctionnaires, etc.Bref, la clientèle n\u2019est pas nécessairement issue du milieu communautaire.Les centres de documentation visités dans le cadre de l\u2019élaboration de cet article sont en général assez peu fréquentés, du moins sur place.Par exemple, le centre de documentation de la Fédération des centres d\u2019action bénévole du Québec, qui dispose d\u2019une collection d\u2019environ 20 000 documents, reçoit une trentaine de personnes par année, selon son directeur général Pierre Riley.La taille des fonds documentaires varie considérablement, allant de quelques dizaines de titres à plusieurs dizaines de milliers.Ils sont plus ou moins organisés selon les normes bibliothéconomiques reconnues.Les centres adoptent souvent un système maison de classification et d\u2019indexation.Quant aux règles de catalogage, elles demeurent très peu appliquées.Aucun des organismes contactés dans le cadre de cet article, à l\u2019exception du CDÉACF, n\u2019a d\u2019ailleurs élaboré de politique de développement des collections par écrit.Plusieurs personnes interrogées ont signalé des difficultés à mettre à jour leur catalogue, rarement accessible sur Internet.On comprend alors pourquoi certaines éprouvent de la difficulté à quantifier le nombre de documents dont elles disposent.Ce constat n\u2019est guère étonnant compte tenu des circonstances.Les travailleurs du milieu communautaire ont beau être flexibles, polyvalents et bien connaître leur champ d\u2019expertise, ils doivent néanmoins composer avec un budget famélique et fonctionner en petites équipes de trois ou quatre personnes.Il y a en outre peu de personnel formé en bibliothéconomie 1 60 j NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO f, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) ou en documentation, et la responsabilité d\u2019assurer le fonctionnement du centre de documentation n\u2019est pas toujours rattachée clairement à une personne précise.L'enjeu principal : mieux diffuser les savoirs Les organismes communautaires produisent beaucoup de documents, là n\u2019est pas le problème.Aujourd\u2019hui encore, ils omettent trop souvent de diffuser leur production.Pourquoi ?D\u2019entrée de jeu, beaucoup d\u2019organismes ignorent tout simplement que leurs publications sont assujetties à la loi sur le dépôt légal.Parfois, la mauvaise perception qu\u2019ils ont de leurs propres documents, souvent fondée sur des critères esthétiques (mise en page qui n\u2019est pas à la fine pointe sur le plan graphique, par exemple), fait en sorte qu\u2019ils jugent inutile de les diffuser, à tort il va sans dire.Pour Bernard Vallée, responsable des activités pédagogiques à L\u2019Autre Montréal et fondateur du Centre de documentation populaire (CDP) de Montréal, le problème va plus loin.Il est surtout lié à un manque de vision globale.À l\u2019ère de la mondialisation, le milieu communautaire québécois souffre encore de courte vue.À son avis, le localisme est l\u2019un des pires obstacles à la diffusion des documents produits par le milieu communautaire.« Malheureusement, affirme-t-il, le localisme se fonde sur toutes sortes de raisons, notamment sur la concurrence par rapport au financement qui est insuffisant, alors que nous pourrions nous inspirer de ce que les autres ont fait avant nous.Il faudrait reprendre le slogan environnemental Penser globalement, agir localement.» Plusieurs personnes interrogées ont également souligné l\u2019importance de sensibiliser et de mobiliser les acteurs du milieu communautaire sur la reconnaissance de leurs savoirs et de leur savoir-faire.« J\u2019espère que le milieu communautaire prendra conscience qu\u2019il ne transforme pas seulement son petit patelin, mais qu\u2019il a aussi un pouvoir de transformation mondiale », souhaite Rosalie Ndejuru, directrice générale du CDÉACR « C\u2019est un travail de longue haleine.Il faut des associations, comme la Fédération des centres d\u2019action bénévole du Québec, ppur sensibiliser et créer des outib qui vont servir d\u2019exemples », estime de son côté Pierre Riley.Pour collecter et diffuser la production documentaire et les savoirs de manière dynamique, il faut donc se munir d\u2019une interface efficace.Les bibliothèques publiques ne peuvent à elles seules répondre à ces besoins.Elles n\u2019ont pas le mandat d\u2019acquérir les productions documentaires des organismes communautaires, ni l\u2019espace physique suffisant.Quant à Internet, il constitue plus un outil qu\u2019une finalité en soi, et ce, même si quelques travailleurs en milieu communautaire considèrent Internet comme le centre de documentation par excellence.Il est vrai que la plupart des publications gouvernementales, source II est difficile de tracer un portrait général des centres de documentation en milieu communautaire puisqu\u2019il n\u2019existe ni statistiques ni répertoire à leur sujet. majeure d\u2019information pour le milieu communautaire, sont maintenant disponibles sur Internet.Or, pour Pierre Riley, « il y a effectivement plein d\u2019information sur Internet, mais c\u2019est artificiel, car cela peut disparaître du jour au lendemain sans laisser de traces ».Pour Anne St-Cerny, coordonnatrice à Relais-femmes et qui travaille dans le milieu communautaire depuis 25 ans, les centres de documentation demeurent toujours à cet égard irremplaçables : « Beaucoup de gens n\u2019ont pas accès à Internet.C\u2019est un outil qui n\u2019offre pas de tri de l\u2019information, pas de guide, pas de contact humain.Tandis qu\u2019un centre de documentation a le mandat de sélectionner, de trier et d\u2019organiser.» Le flou entourant la perception par le milieu communautaire de l\u2019importance de ses centres de documentation met en péril leur bon fonctionnement, voire leur existence, et du coup nuit à la diffusion des savoirs.L\u2019un des principaux enjeux auxquels fait face la documentation en milieu communautaire concerne justement la pérennité des centres de documentation.Ces derniers souffrent de problèmes criants de visibilité et de financement.Afin d\u2019assurer leur survie, ils doivent d\u2019abord rappeler leur importance non seulement aux yeux des principaux bailleurs de fonds,, mais à ceux du milieu communautaire lui-même.« Les bibliothèques et centres de documentation sont essentiels, d\u2019une part, pour constituer notre mémoire collective et faire la promotion des savoirs communautaires, surtout dans le contexte du développement des sociétés dites de savoir.Ce n\u2019est pas seulement l\u2019institution universitaire qui détient le savoir.D\u2019autre part, c\u2019est un enjeu citoyen politique de maintenir des centres de documentation, qui ne sont pas juste là pour archiver, mais qui animent la production et la diffusion de connaissances et de savoirs critiques », estime Sylvie Jochems, profes-seure à l\u2019École de travail social de l\u2019UQAM.L'argent, le nerf de la guerre Un catalogue sur fiches, un budget d\u2019acquisition annuel de 1 000$, quelques rares personnes qui se présentent sur place : voilà la réalité à laquelle est confronté Réal Bathalon, coordonnateur des services de documentation et de référence à l\u2019Institut interculturel de Montréal depuis 1977.« Ce n\u2019est vraiment pas rose, nous n\u2019avons pas beaucoup de ressources matérielles, humaines et informatiques pour travailler », déplore-t-il.Malgré des ressources limitées, la bibliothèque NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIl/JUIN 2008) | 1 6 1 L\u2019un des principaux enjeux auxquels fait face la documentation en milieu communautaire concerne justement la pérennité des centres de documentation.Ces derniers souffrent de problèmes criants de visibilité et de financement.oooooooooooo offre un service de référence prisé et répond à plusieurs centaines de demandes par année.On ne s\u2019étonnera pas que la faible reconnaissance de l\u2019importance du rôle des centres de documentation, tant par les différents paliers gouvernementaux que par les autres bailleurs de fonds, entraîne de lourdes conséquences sur leur fonctionnement.Les difficultés de financement des centres de documentation en milieu communautaire ne datent pas d\u2019hier.Le Centre populaire de documentation de Montréal \u2014 pour ne citer qu\u2019un exemple \u2014 a dû fermer ses portes à la fin des années 1980, faute de financement adéquat.Fondé par des groupes populaires en 1976, il avait pour objectif de réunir des documents témoins des activités des groupes populaires et de les rendre accessibles auprès de ses membres et du public.Avec l\u2019adoption de la politique sur l\u2019action communautaire en 2001, le gouvernement québécois démontre sa volonté de mieux soutenir la mission des organismes communautaires.Mais le Secrétariat à l\u2019action communautaire autonome et aux initiatives sociales, appareil gouvernemental chargé d\u2019appliquer cette politique, n\u2019offre aucun programme de financement spécifique destiné au fonctionnement des centres de documentation en milieu communautaire.Pour assurer la survie de leur centre de documentation, les organismes doivent donc multiplier les demandes de subvention tout en diversifiant leurs sources de revenus, notamment grâce au membership et à l\u2019autofinancement.Par exemple, le centre de documentation de l\u2019Institut québécois de la déficience intellectuelle utilise un mode de financement basé sur la perception des cotisations annuelles versées par ses membres.De son côté, la Fédération des centres d\u2019action bénévole du Québec dispose d\u2019une librairie en ligne de livres spécialisés en action communautaire dont les profits s\u2019élèvent à environ 3 000$ par année.Or, un meilleur financement pourrait aider quelqu\u2019un comme Réal Bathalon à embaucher plus d\u2019employés, à les former adéquatement, à mettre son catalogue en ligne, etc.Bref, tout le milieu communautaire gagnerait à mieux reconnaître l\u2019importance des centres de documentation dans la diffusion de savoirs spécialisés et alternatifs, ce qui attirerait sans doute par le fait même une attention accrue des principaux bailleurs de fonds.Voilà un enjeu majeur auquel fait face la documentation en milieu communautaire.Accompagner les organismes communautaires dans la diffusion de leurs savoirs est fondamental, que ce soit par le biais de sessions de formation portant sur l\u2019édition d\u2019un document ou sur le développement d\u2019un centre de documentation.À l\u2019heure des départs massifs à la retraite des baby boomers et des enjeux liés au transfert des savoirs et au moment où le milieu communautaire québécois se professionnalise de plus en plus, les défis de la documentation en milieu communautaire sont donc nombreux.Que peuvent offrir les bibliothèques publiques aux organismes communautaires ?« Les bibliothèques sont de plus en plus actives hors les murs et se tournent de plus en plus vers les clientèles non traditionnelles.Pour aller chercher les gens là où ils sont, il faudrait des bibliothécaires qui iraient rencontrer les organismes, qui connaissent le milieu et la culture du communautaire », fait valoir Dominique Malchelosse, agente pour Alpha-biblio, un projet amorcé en 2006 qui vise entre autres à créer des liens entre les bibliothèques publiques et les organismes communautaires d\u2019alphabétisation.Pour attirer la clientèle des organismes communautaires, quelques initiatives ont aussi vu le jour : par exemple, la bibliothèque de l\u2019Assomption offre des services documentaires adaptés aux besoins du Regroupement des aidants naturels du comté de L\u2019Assomption, et la bibliothèque de Sorel-Tracy délègue des membres de son personnel dans l\u2019organisme Carrefour jeunesse-famille pour sensibiliser les parents et éveiller les enfants à l\u2019écrit.Un cas d'exception : le CDÉACF Fondé en 1983, ce centre de documentation a comme particularité de ne relever d\u2019aucun organisme et d\u2019avoir dûment inscrit dans son énoncé de mission la collecte des documents issus du milieu communautaire qui concernent ses champs d\u2019expertise (éducation et alphabétisation des adultes, condition féminine et action communautaire).Ses collections se sont enrichies considérablement au fil des ans grâce au dépôt d\u2019autres collections provenant de plusieurs regroupements et fédérations d\u2019organismes communautaires.Il emploie des bibliothécaires professionnelles et des techniciennes en documentation afin de gérer ses 100 000 documents.L\u2019arrivée des technologies de l\u2019information et de la communication à la fin des années 1990 lui a permis de développer plusieurs portails thématiques ainsi qu\u2019une bibliothèque virtuelle consacrée à la diffusion sur Internet de documents produits par le milieu communautaire.L\u2019auteure désire remercier les personnes des organismes suivants qui ont fourni des informations utiles à la rédaction de l\u2019article.1 62 j NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) \u2022\tL\u2019Autre Montréal, Bernard Vallée \u2022\tBibliothèque et Archives nationales du Québec, Mireille Laforce \u2022\tBibliothèque ville de l\u2019Assomption, Eve Lagacé \u2022\tBibliothèque ville de Sainte-Thérèse, Lise Thériault et Nicole Bouchard \u2022\tBibliothèque ville de Sorel-Tracy, Guy Desjardins \u2022\tBibliothèques de l\u2019arrondissement de Montréal-Nord, Cécile Lointier \u2022\tCentre de documentation sur l\u2019éducation des adultes et la condition féminine, Rosalie Ndejuru \u2022\tCoalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d\u2019œuvre, Martin Frappier \u2022\tÉcole de travail social de l\u2019UQAM, Sylvie Jochems \u2022\tFédération des centres d\u2019action bénévole du Québec, Pierre Riley et Patricia Morin \u2022\tFédération des ressources d\u2019hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec, Caroline Farly \u2022\tFédération québécoise de l\u2019autisme, Geneviève Gagnon \u2022\tFront d\u2019action populaire en réaménagement urbain, François Saillant \u2022\tInstitut interculturel de Montréal, Réal Bathalon \u2022\tInstitut québécois de la déficience intellectuelle, Claude F.Leclair \u2022\tProjet alpha-biblio, CDÉACF, Dominique Malchelosse \u2022\tRegroupement des cuisines collectives, Isabelle Phaneuf \u2022\tRelais-femmes, Anne St-Cerny \u2022\tLe Traversier, Chantal Pelletier \u2022\tUnion des consommateurs, Brigitte Alexandre Bussières ® Sources consultées- Bourque, Denis.2007.L\u2019organisation communautaire -.fondements, approches et champs de pratique.Québec : Presses de l\u2019Université du Québec, 534 p.Caron, Joseph.1997.Les besoins d\u2019information dans les groupes communautaires lorsque le besoin en matière d\u2019information se confond avec sa production.Documentation et bibliothèques, oct.-déc.1997:169-178.Duval, Michelle [et aL].2005.Les organismes communautaires au Québec : pratiques et enjeux.Montréal : Gaëtan Morin Éditeur, 164 p.Secrétariat à l\u2019action communautaire autonome et aux initiatives sociales http://www.mess.gouv.qc.ca/saca/ (consultée sur Internet le 2 décembre 2007).a L'f j Pace J E\\)NES 01 LA -1 nortif ouf NlUERU M OUGrCUKICFHU du Québec Bibliothèque et Archives Québec es Bibliothèque et Archives nationales www.banq.qc.ca i/ŒOVHE-VIE ou S DÉCEMBRE 2006 m3 JUIN 2007 514 8P3-1100 ou 1 800 363-9028 Au service de tous les Québécois >\tune Grande Bibliothèque affichant des niveaux records de fréquentation >\tune magnifique Collection patrimoniale accessible à tous >\tneuf centres d\u2019archives au Québec, ouverts au public >\tun Centre de conservation, gardien des trésors patrimoniaux >\tde vastes ressources virtuelles accessibles au www.banq.qc.ca >\tune programmation culturelle riche et diversifiée Montréal \u2022 Québec » Gatineau \u2022 Rimouski \u2022 Rouyn-Noranda ¦ Saguenay Sept-îles ¦ Sherbrooke \u2022 Trois-Rivières NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 63 * /¦ $ www.erudit.org Promouvoir et diffuser Nouvelle plateforme et accès intégré à la documentation scientifique ! » Riche collection de plus de 60 revues, de livres, d'actes, de thèses et autres documents de recherche validés par les chercheurs \u2022\tInterface de navigation trilingue (français, anglais et espagnol) ¦\tOutil de recherche indexant tous les types de documents scientifiques et utilisant des filtres de résultats selon plusieurs critères \u2022\tIndex auteurs-titres par collection de revue \u2022\tExportation des notices vers des logiciels de gestion bibliographique ¦\tInterrogation Z39.50 ¦\tRecherche et navigation dans les fonds de plateformes partenaires (Persée et les Presses du CNRC) ¦\tRéférencement et lien vers le texte intégral dans plusieurs outils de recherche ou bases de données bibliographiques, notamment Repère, Francis, Google Scholar, PubMed, etc.Pour information ou pour vous abonner, communiquer avec Érudit erudit@umontreal.ca - 514.343.5910 érudît Promouvoir et diffuser la recherche DOCUM N TATI O N BIBLIO HÈQUES Coup d\u2019œil sur quatre spécialistes québécoises de la documentation Jean-François Barbe Bibliothécaire et rédacteur en chef de la revue Argus barbejf@videotron.ca Avec la collaboration de Denis Boudreau, bibliothécaire RÉSUMÉ | ABSTRACTS | RESUMÉN Présentation de quatre entreprises québécoises du milieu documentaire : CEDROM-SNI, un agrégateur de contenus journalistiques ; IsacSoft, le développeur du système de gestion de bibliothèques PortFolio ; la Banque de titres de langue française (BTLF) et son produit phare Mémento ainsi que les Services documentaires multimédia (SDM), connus de tous les bibliothécaires québécois pour son outil de repérage d\u2019articles de revues REPÈRE et CHOIX, son équivalent dans le monde du livre.Profile of four information companies from Quebec This article profiles four information companies from Quebec : CEDROM-SNI, a news aggregator ; IsacSoft, developer of Port-Folio, a library management system ; the Banque de titres de langue française (BTLF) and its flagship product Mémento ; and the Services documentaries multimédia (SDM), known for its article database REPÈRE and CHOIX, its equivalent for the book trade.Breve reseha de cuatro expertos de la documentaciôn en Québec Presentaciôn de cuatro empresas quebequenses que laboran en el medio de la documentaciôn : CEDROM-SIN, un agregador de contenido periodistico ; IsacSoft, el creador del sistema de gestion de bibliotecas PortFolio ; la Base de titulos de lengua francesa (BTLF) y su producto estrella Mémento, asi como los Servicios documentarios multimedia (SDM), conocidos por todos los biblio-tecarios quebequenses por su herramienta de indexaciôn de arti-culos de revista REPÈRE, y CHOIX, su équivalente en el terreno de los libros.CEDROM-Sni Un des principaux agrégateurs de contenus de journaux et de périodiques de langue française, la société montréalaise CEDROM-Sni, mise sur le repérage en texte intégral et la catégorisation avec un logiciel d\u2019indexation automatique.Toutefois, les spécialistes de la recherche d\u2019information que sont les bibliothécaires continuent à y jouer un rôle important.Créée en 1989, CEDROM-SNi diffuse les contenus de quelque 670 journaux et revues, ainsi que de 370 sites Web d\u2019information auprès, surtout, de bibliothèques et d\u2019entreprises.Les journaux et les revues proviennent principalement du Québec et du Canada (dans une proportion de 44 %), de France (28 %) et des États-Unis (17 %).Le reste se partage entre le Royaume-Uni (5 %) et l\u2019Algérie, l\u2019Australie, la Belgique, la Chine, la Corée du Sud, l\u2019Espagne, l\u2019Inde, l\u2019Indonésie, le Japon, le Liban, le Pakistan, les Philippines et la Suisse.Les sources de langue française (44 %) sont à peu près à égalité avec celles de langue anglaise (43 %).Les serveurs de CEDROM-SNi gèrent plus de 60 millions d\u2019articles, qui croissent à un rythme quotidien de quelque 80 000 unités.Jusqu\u2019en 2000, une équipe de bibliothécaires assurait l\u2019indexation des contenus avec une liste de mots-clés, élaborée à l\u2019interne.L\u2019introduction cette année.-là du logiciel d\u2019indexation automatique de Nstein Technologies a entraîné l\u2019abandon de cette pratique : « La popularité de la recherche en texte intégral a entraîné la fin de l\u2019indexation manuelle », constate François Aird, président de cette entreprise de 90 employés, au chiffre d\u2019affaires de quelque 15 millions de dollars.Dorénavant, les articles sont catégorisés par le logiciel de Nstein Technologies.Ainsi, la plupart des textes retrouvés par une requête donnée sont accompagnés de suggestions de termes pour en savoir plus : noms de personnes, d\u2019entreprises, sujets, secteurs d\u2019activité, événements et lieux.Les termes suggérés par le logiciel servent à approfondir la recherche ainsi qu\u2019à accroître la durée de fréquentation des sites qui l\u2019utilisent, parmi lesquels, outre les déclinaisons de Biblio Branchée, Eureka et Europresse, se trouvent ceux des prestigieux éditeurs de nouvelles que sont Le Monde, Time et la BBC.Il est à noter que le logiciel de Nstein Technologies plonge ses racines à l\u2019Université Laval, plus précisément dans les laboratoires du professeur Jacques Ladouceur du Département de langues, linguistique et traduction.Également NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 65 Créée en 1989, CEDROM-SNi diffuse les contenus de quelque 670 journaux et revues, ainsi que de 370 sites Web d\u2019information auprès, surtout, de bibliothèques et d\u2019entreprises.oc>oo rattaché au Centre interdisciplinaire de recherches sur les activités langagières (CIRAL), Jacques Ladouceur avait développé, dans les années 1990, le logiciel Term-plus, dont la spécialité réside dans l\u2019extraction des mots complexes d\u2019un texte et leur regroupement en relations hiérarchiques.À l\u2019heure actuelle, une équipe de six bibliothécaires de CEDROM-SNi assure des services conseils auprès des entreprises clientes.Leurs tâches consistent notamment à bâtir des requêtes efficaces pour la veille informationnelle en s\u2019appuyant sur des mots clés, la logique booléenne et la structure des textes (par exemple, les noms de cahiers, de sections et de chroniques ou les champs tel que le titre).Ces requêtes peuvent s\u2019adosser aux résultats produits par Nstein.Cette équipe de bibliothécaires bonifie également les résultats du logiciel de Nstein.Des requêtes complexes créées par les bibliothécaires de l\u2019entreprise servent ainsi à indexer « en lot » certains articles afin d\u2019améliorer les résultats finaux, lesquels sont versés dans les bases de données grand public.Par exemple, des articles traitant de banques qui auraient passé sous le radar de Nstein seront repérés et catégorisés comme tels en raison de ce type de requêtes pré-établies.Outre son siège social,situé dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont de la Ville de Montréal, CEDROM-SNi exploite des bureaux à Paris, à Ottawa, à Toronto et à Halifax.IsacSoft Déjà bien installé dans les géants du milieu des bibliothèques que sont la Grande Bibliothèque à Montréal et la Bibliothèque Publique d\u2019information du Centre Pompidou à Paris, le système intégré de gestion de bibliothèque PortFolio, propriété de la société IsacSoft, entend devenir une porte d\u2019entrée privilégiée vers le Web 2.0.Prévue pour 2009, la version orientée Web 2.0 de PortFolio permettra aux utilisateurs des bibliothèques clientes d\u2019échanger des contenus, que ce soit sous mode texte ou vidéo.Ronald Brisebois, président fondateur d\u2019IsacSoft, l\u2019entreprise propriétaire de PortFolio, explique : « Les citoyens auront accès à des outils interactifs qui permettront de créer des contenus et de les diffuser.On pourra, par exemple, gérer des clubs de lecture en ligne et diffuser sur Internet des formations spécialisées ou des conférences.Ces contenus pour- ront être non seulement diffusés, mais partagés par les bibliothèques par l\u2019entremise d\u2019un Library Channel spécialisé et tout cela sur le Web.Ce Library Channel pourrait être l\u2019équivalent d\u2019un YouTube, mais pour le monde des bibliothèques.» Certaines bibliothèques pourront par exemple décider de diffuser certains contenus à des heures prédéterminées au cours de la semaine dans le cadre de ce Library Channel, au même titre que si elles le faisaient par l\u2019entremise d\u2019un canal de télévision.Les bibliothèques disposant d\u2019un lien Internet pourront s\u2019abonner aux contenus éducatifs de leurs choix.La version orientée Web 2.0 de PortFolio sera testée au courant de l\u2019été 2008.PortFolio est piloté par la société montréalaise IsacSoft, une société publique qui affiche un chiffre d\u2019affaires de 13 millions de dollars et qui emploie 90 personnes.Cinq bibliothécaires y travaillent, principalement au soutien à la clientèle et à l\u2019aide au développement de fonctions.L\u2019entreprise a des bureaux en France, à Cologne, à Amsterdam et dans le nord de Londres.PortFolio dispose de près de 80 installations au Québec et au Canada, de près d\u2019une trentaine en France (dont l\u2019ENSSIB et la bibliothèque du Sénat), d\u2019une dizaine aux États-Unis (par exemple au Allbright College), d\u2019une dizaine en Allemagne (dont les villes de Hambourg et de Hanovre) et d\u2019un peu plus d\u2019une dizaine pour l\u2019ensemble des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne et du reste de l\u2019Europe (par exemple à la ville de Genève).PortFolio tire ses origines du logiciel de gestion de bibliothèques Best-Seller, lequel avait été développé par la société SpeedWare de l\u2019arrondissement Saint-Laurent de la Ville de Montréal.Renommée BiblioMondo en 2001, cette entreprise avait été acquise par IsacSoft en septembre 2004.Elle peut se targuer d\u2019avoir été très choyée lors de l\u2019engouement des technos par les sociétés de capital-risque puisqu\u2019elle a reçu plus de 15 millions de dollars de financement entre 1999 et mai 2004, notamment d\u2019investissement Desjardins, de La Financière du Québec et de TechnoCap.La Banque de titres de langue française (BTLF) D\u2019abord imaginée par l\u2019Association des libraires du Québec (ALQ) et l\u2019Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), la Banque de titres de langue française (BTLF) s\u2019est immédiatement lancée sur Internet dès sa création en 1997 ; elle est, à ce titre, l\u2019un des rares survivants des pionniers de la grande Toile.Il faut dire que les libraires québécois devaient, jusqu\u2019alors, s\u2019appuyer sur Électre, un outil avant tout conçu pour l\u2019immense marché français et qui comportait, par conséquent, des failles par rapport à l\u2019information sur les prix, la disponibilité et la date de parution des documents.En 2003, la BTLF et Électre mettent leurs ressources en commun ; il en résulte la banque Mémento.1 66 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO I, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) Mémento regroupe aujourd\u2019hui plus d\u2019un million de notices d\u2019ouvrages de langue française, dont le tiers est publié au Québec.Quelque 300 clients, dont près de 130 librairies et une centaine de bibliothèques et centres de documentation, y effectuent des recherches bibliographiques, selon une trentaine de champs possibles.À l\u2019instar de la Grande Bibliothèque ou du réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal, les utilisateurs peuvent également récupérer des fiches pour le catalogage.Le maître d\u2019œuvre de Mémento, la Société de gestion de la Banque de titres de langue française (BTLF), offre également à ses clients du milieu des librairies la possibilité de créer et mettre à jour leurs propres sites Web.À noter : les amateurs de fils RSS peuvent s\u2019abonner à un fil sur les nouveautés québécoises et à un second sur les prix littéraires.En partie subventionnée par les gouvernements du Québec et du Canada, l\u2019entreprise réalise un chiffre d\u2019affaires de près de deux millions de dollars.Elle compte dix employés, dont deux bibliothécaires, responsables de l\u2019intégration des données bibliographiques provenant des distributeurs et des éditeurs canadiens et québécois.Les fichiers reçus contiennent des informations de base telles que le titre, l\u2019auteur, l\u2019éditeur ainsi que des informations enrichies comme la quatrième de couverture, le résumé, la table des matières et les notes biographiques.Les bibliothécaires vérifient ces informations et effectuent un travail d\u2019enrichissement proprement dit avec l\u2019ajout des cotes Dewey et des vedettes-matière.En outre, une des bibliothécaires supervise la formation des usagers à l\u2019outil de recherche et à ses possibilités de récupération en format MARC 21.Selon l\u2019une des deux bibliothécaires, Mélanie Dorion, la mise sur pied prochaine d\u2019un système d\u2019informations sur les ventes nécessitera l\u2019expertise d\u2019un bibliothécaire pour la création de catégories de ventes et la validation de l\u2019information reçue.Il s\u2019agit là d\u2019un projet qui devrait voir le jour en 2009, selon le responsable des communications, Michel Montagne.Les libraires \u2014 et ultimement les auteurs eux-mêmes !\u2014 pourront ainsi avoir une idée précise des ventes selon divers critères, tel le type de production (par exemple, la nouvelle ou le théâtre).L\u2019autre projet en cours, dont l\u2019objectif de réalisation se situe en 2010, se rapporte au livre électronique.Les utilisateurs auront alors accès à des sections de livres en format PDF.Ce sera là, constate Michel Montagne, une façon potentiellement fructueuse de mieux faire connaître la production québécoise auprès des Européens.Services documentaires multimédia (SDM) Mis sur pied en 1964 par la défunte Fédération des collèges classique, le spécialiste québécois du traitement technique qu\u2019est Services documentaires multimédia (SDM) a tour à tour été connu sous le nom de Central de catalogage et de Centrale des bibliothèques.Mémento regroupe aujourd\u2019hui plus d\u2019un million de notices d\u2019ouvrages de langue française, dont le tiers est publié au Québec.Quelque 300 clients, dont près de 130 librairies et une centaine de bibliothèques et centres de documentation, y effectuent des recherches bibliographiques.ockxxx>oc> Ses services sont de trois types : traitement documentaire, dépouillement de périodiques et offre d\u2019outils de traitement documentaire.Quelque 40 000 documents sont dépouillés chaque année, dont 35 000 livres et 5 000 documents audiovisuels, selon les normes nord-américaines, dont les RCAA2 et le MARC21.En la matière, la description avec ouvrage en main constitue la règle d'or.En outre, les indexeurs de SDM passent en revue 240 revues, ce qui résulte en 20 000 descriptions d\u2019articles par année.Le choix des titres dépouillés découle des besoins de la clientèle tels qu\u2019évalués par un sondage mené tous les trois ans.Les outils de traitement documentaire proposés sont le RCAA2Web (la version électronique des Règles de catalogage anglo-américaines 2 publiées par LASTED) ; le répertoire des Vedettes-matière jeunesse (VMJ), un fichier d\u2019autorité pour la littérature jeunesse et FAUTOR, le fichier d\u2019autorité des bases bibliographiques de SDM comprenant 310 000 noms de personnes et de collectivités, colloques, noms géographiques et titres uniformes.L\u2019outil de repérage d\u2019articles de revues REPÈRE a fait son entrée sur la grande toile en 1998, alors que CHOIX, l\u2019équivalent du monde du livre, l\u2019a rejoint en 1999.La création de la base CHOIXmédia en février 2008 \u2014 qui contient 800 000 références \u2014 vise à faciliter la recherche en regroupant sous un même toit les 670 000 références de documents imprimés de la base CHOIX, les 110 000 références de documents audiovisuels de la base DAVID et les 16 000 références de logiciels et de documents électroniques de la base LOGIBASE.L\u2019évolution de cette société d\u2019une soixantaine d\u2019employés \u2014 dont une vingtaine de bibliothécaires \u2014 est fortement marquée par sa relation avec le système scolaire.Dès 1970, elle œuvre auprès des milieux primaires et préscolaires avec la production de la liste bibliographique CHOIX à l\u2019intention des bibliothèques et des milieux d\u2019enseignement préscolaire et élémentaire (l\u2019ancêtre de CHOIX jeunesse).Développé à partir de 1981, l\u2019outil VMJ entend faciliter le traitement des ouvrages pour jeunes grâce à l\u2019élaboration de concepts propres à l\u2019enfance ou à la jeunesse (par exemple, la succion du pouce).Il compte plus de sept mille entrées.Le marché de la littérature jeunesse occupe toujours NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 67 Mis sur pied en 1964 par la défunte Fédération des collèges classique, le spécialiste québécois du traitement technique qu\u2019est SDM a tour à tour été connu sous le nom de Central de catalogage et de Centrale des bibliothèques.o une place prépondérante aujourd\u2019hui, comme le montre le projet Bibliomanes (www.sdm.qc.ca/bibliomanes) destiné à la promotion de la lecture chez les jeunes garçons.L\u2019histoire de SDM n\u2019est pas sans revers.Après avoir tenté de percer le marché anglophone avec la base de données ANGLOCAT, SDM a dû se résigner à un certain manque d\u2019intérêt des bibliothèques visées.L\u2019entreprise a redéployé ses énergies dans une direction qui semble plus prometteuse, soit le traitement d\u2019ouvrages dédiés à l\u2019apprentissage de l\u2019anglais langue seconde.Incorporées à la base CHOIXmédia, ces notices sont repérables à partir du mode de recherche élaboré.Selon le directeur de la société, Denis Lévesque, la chaîne de traitement priorise les documents jugés très populaires selon la mode ou les thèmes de l\u2019actualité, par exemple les nouveaux Harry Potter ou les romans d\u2019Anne Robillard.Ces documents doivent parvenir sur les rayons des bibliothèques en deux semaines.Une deuxième catégorie de documents, qui répondent aux besoins typiques des bibliothèques publiques ou scolaires, par exemple les manuels scolaires ou la réédition de romans de Michel Tremblay, peuvent voir ce délai s\u2019allonger jusqu\u2019à cinq semaines.Finalement, les documents hors mandats le sont en huit semaines, sauf en cas de demandes expresses de bibliothèques clientes qui doivent alors débourser une somme d\u2019argent.Il s\u2019agit là de documents à faible tirage, à caractère régional, très spécialisés ou bien publiés hors saison (par exemple des livres de jardinage publiés en janvier).L\u2019organisme indique que 90 % de son chiffre d\u2019affaires se trouve au Québec, 5 % dans le reste de la francophonie et 5 % ailleurs en Amérique.La moitié des revenus provient du ministère de l\u2019Éducation, propriétaire des droits d\u2019auteur.® 1 68 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) DOCUMENTATION BIBLIO HÈQUES ARGUS / LA REVUE QUÉBÉCOISE DES KOFESSIONNELS m nr i rvuAUAitiw nnri'MFVTAHir Coup d\u2019œil sur le commerce du livre au Québec Denis Vaugeois Ministre des Affaires culturelles et de l\u2019Éducation du Québec de 1978 à 1981 Directeur des Éditions du Septentrion sept@septentrion.qc.ca RÉSUMÉ | ABSTRACTS | RESUMEN Le commerce du livre en territoire québécois se caractérise par les petits tirages, les ventes limitées et par la mise à l\u2019écart des titres passés sous la pression des nouveautés.Même si elles demeurent le maillon faible de la chaîne du livre, les citoyens peuvent compter sur un réseau exceptionnel de librairies, rapidement alimentées, bien pourvues et efficaces.Overview of the booktrade in Quebec The book trade in Quebec is characterized by small printings and limited sales, and is focused on new releases at the expense of older titles.Even if bookstores represent a weak aspect in a book\u2019s life-cycle, consumers' can count on an exceptional network that is quickly purveyed, well stocked and effective.El comercio del libro en Québec en un vistazo El comercio del libro en el territorio quebequense se caracteriza por sus ediciones en pequehas tiradas, por las ventas limitadas y por el desplazo de tltulos anteriores a favor de las novedades.Sin embargo, los ciudadanos pueden contar con una red de libre-rias que, aün siendo un eslabôn frâgil en la cadena del libro, se alimentan râpidamente, estân muy bien surtidas y resultan eficaces.VEUX CONNAÎTRE LE CONSEIL que mon I nouveau comptable, C.A.et M.B.A.s\u2019il vous 1 plaît1, vient de mon donner ?».La blague a fait plusieurs fois le tour du dernier Salon du livre de Montréal.Chaque éditeur l\u2019améliorait au passage.À la fin de la semaine, le dit conseil avait pris la forme d\u2019une condition imposée par la banque pour augmenter la marge de crédit d\u2019un éditeur : « Après un examen attentif de vos livres comptables, la Banque nationale du Québec accepte d\u2019augmenter à 10 000 $ votre marge de crédit à la condition que vous vous engagiez à éliminer de votre programme éditorial tout ouvrage dont les ventes seront inférieures à 3 000 copies.Également, vous devrez prendre entente avec votre distributeur pour refuser, dorénavant, tout retour de la part des libraires.Nos conseillers financiers se tiennent gratuitement à votre disposition pour fixer le calendrier d\u2019application de ces exigences.» Une mauvaise blague ?Pas vraiment ! En effet, si un éditeur appliquait ces deux conditions, il n\u2019aurait plus besoin de marge de crédit.Prenons le cas d\u2019un éditeur moyen qui publie une trentaine de titres par année.Combien d\u2019ouvrages excèdent 3 000 ventes la première année ?Certainement pas plus que le tiers.Il est même possible qu\u2019aucun titre n\u2019atteigne ce résultat.Un premier roman atteindra 1 000 copies si l\u2019auteur a une grosse famille ou beaucoup d\u2019amis.Un essai, sauf s\u2019il est signé par une célébrité, obtiendra un résultat semblable.Est-ce à dire que ces ouvrages n\u2019auraient pas dû être publiés ?Qu\u2019on' se rassure ! Au moins 90 % des ouvrages proposés aux éditeurs ne seront jamais publiés.Comment expliquer le 10 % qui se rend jusque chez l\u2019imprimeur?L\u2019espoir de bonnes ventes?Pas nécessairement.Les éditeurs littéraires \u2014 catégorie très large qui comprend romans, essais et poésie \u2014 sont des passionnés.C\u2019est leur principal défaut.Mois après mois, ils retiennent des manuscrits strictement pour leurs mérites propres, leurs qualités.Ces « pauvres » éditeurs sont incapables de prévoir la réaction des médias ou du public.À la fin de l\u2019année, ils constatent avec étonnement qu\u2019ils se sont continuellement trompés : tel titre dont ils attendaient peu a bien marché tandis que tel autre, dont on a forcé le tirage, a fait chou blanc.1.C.A.: comptable agréé.MBA : détenteur d\u2019une maîtrise en administration des affaires.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 69 Les éditeurs littéraires - catégorie très large qui comprend romans, essais et poésie - sont des passionnés.C'est leur principal défaut.Mois après mois, ils retiennent des manuscrits strictement pour leurs mérites propres, leurs qualités. Les malins disent que les éditeurs multiplient les titres pour toucher des subventions.C\u2019était un peu vrai, jadis.Aujourd\u2019hui, la qualité du programme éditorial est le principal facteur qui détermine le montant de la subvention du Conseil des arts, tandis que c\u2019est le montant des ventes et non le nombre de titres qui permet d\u2019établir l\u2019aide du ministère du Patrimoine ou de la Société de développement des entreprises culturelles.Tout le monde, dans le milieu du livre du moins, admet qu\u2019il se publie trop d\u2019ouvrages.Mais lesquels sont de trop ?Qui doit le décider, si ce n\u2019est le public ?Voilà pour.la théorie.Dans la pratique, les choses sont plus compliquées.Ainsi, un livre non médiatisé n\u2019existe pas.La publicité, à elle seule, est inefficace : on ne vend pas un livre à coup d\u2019annonces.Semaine après semaine, le libraire voit arriver des caisses de livres qui remplacent ceux qui sont déjà sur les rayons.L\u2019ennemi du livre, c\u2019est sans conteste le livre lui-même.Si un titre n\u2019a pas fait parler de lui après quelques semaines, il doit céder sa place.C\u2019est à ce moment qu\u2019interviennent les fameux retours.En effet, les libraires acceptent de recevoir les nouveautés « en office » dans la mesure où ils ont un droit de retour.Ils ne font pas une bien bonne affaire pour autant, car chaque livre doit être traité, entré dans l\u2019inventaire et placé à l\u2019endroit le plus approprié.S\u2019il n\u2019est pas vendu, il est retourné aux frais du libraire.Résultat : la librairie est le maillon faible de la chaîne du livre.Malgré les avantages créés par la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre \u2014 une exclusivité québécoise \u2014 les libraires gagnent peu.Les librairies Garneau-Dussault, jadis prospères, ont été rachetées par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) ; il n\u2019y a pas si longtemps, les librairies Classic ont abandonné la partie tout comme Champigny, tandis que Renaud-Bray frôlait la faillite.Deux syndicats s\u2019en sont mêlés : la Fédération des travailleurs du Québec et la Confédération des syndicats nationaux.Les deux centrales sont en compétition.Laquelle obtiendra les meilleurs salaires pour ses membres ?Au lendemain de dures négociations, un commis en librairie, souvent bardé de diplômes universitaires, gagne la moitié du salaire d\u2019un bibliothécaire, le quart de celui d\u2019un travailleur de la construction et le cinquième de celui d\u2019un policier.Et en plus, il paie ses chaussures.La loi du livre La révolution tranquille a commencé de la façon qui s\u2019imposait : en démolissant afin de reconstruire.Elle a transformé les collèges classiques en cégeps, les écoles normales en embryons universitaires, elle a érigé, en plein champ, des prisons et des polyvalentes, elle a fermé les scolasticats, les juvénats et les grands séminaires, elle a étatisé les hôpitaux et nationalisé l\u2019électricité.En 1960, le clergé, malgré ses lacunes, lançait dans la vie un million de jeunes diplômés.En i960 toujours, les institutions fédérales, indépendamment des allégeances politiques, éveillaient les esprits avec les programmes d\u2019aide du Conseils des Arts, une production soutenue de l\u2019Office national du film et surtout une radio et une télévision de langue française \u2014 la Société Radio-Canada \u2014 offrant une programmation de bon niveau.Dans certains secteurs, tout était à faire.Les musées et les bibliothèques n\u2019étaient pas à la mode dans l\u2019ancien régime.Au moment de la victoire du Parti québécois, en novembre 1976, Québec comptait un Musée d\u2019Etat dont la plupart des salles d\u2019exposition avaient été détournées de leurs fonctions premières, Montréal tenait loin du public un Musée d\u2019art contemporain et regardait vaciller son Musée des Beaux-Arts.Ici et là, sur le territoire, on trouvait des petits musées héroïques que voisinaient des bibliothèques publiques tout aussi rares que modestes.L\u2019école ne suffisait pas ; il fallait la prolonger dans des lieux d\u2019éducation permanente.Ce fut le plan de développement des bibliothèques publiques et la loi du livre.Aujourd\u2019hui, il est encore de bon ton de décliner nos retards en pieds carrés de bibliothèques, en collections de livres, en personnel qualifié.L\u2019assaut dont fut l\u2019objet la Grande Bibliothèque, dès son ouverture, a bien démontré l\u2019extrême besoin ressenti par la population, malgré les progrès accomplis depuis un quart de siècle.Les lacunes sont énormes, mais la situation n\u2019est pas entièrement sombre.Le Québec est en effet le seul endroit en Amérique du Nord où un nouvel ouvrage peut se retrouver automatiquement dans plus de 200 librairies en l\u2019espace de 48 heures.Cette mise en place ne peut être bloquée par quiconque.Elle ne dépend pas de l\u2019humeur d\u2019un acheteur de chaîne qui décide pour des dizaines ou même des centaines de succursales.En effet, le libraire doit accepter en office les nouveautés s\u2019il veut garder son agrément, lequel lui donne le privilège de vendre aux institutions publiques au prix marqué.Ayant d\u2019abord pour mission de servir le grand public, les libraires doivent répondre à certaines exigences : leurs librairies doivent être facilement accessibles, ils doivent tenir un inventaire raisonnable, avoir du personnel compétent, respecter à la fois les exclusivités obtenues par les distributeurs et les tabelles (les taux de change) établies périodiquement par les autorités compétentes.Pour les éditeurs, l\u2019agrément signifie une aide modeste de la Sodée et surtout, depuis peu, l\u2019accès au crédit d\u2019impôt, 1 70 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO f, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) ] DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) encore que, brèche dangereuse, l\u2019agrément n\u2019est pas requis dans ce cas.Normalement, l\u2019éditeur n\u2019a pas le droit de vendre directement aux institutions et il doit accorder aux libraires une remise de 40 %, sauf sur les manuels scolaires, les vrais.Enfin, les maisons de distribution ont pu se développer grâce au respect de leurs exclusivités.Avant la loi 51 de 1979 (L.R.Q.D-8.1 : Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre), les grandes librairies et les rares bibliothèques pouvaient faire leurs achats directement en Europe.Des commissionnaires sillonnaient d\u2019ailleurs le Québec pour faciliter les approvisionnements.Du jour au lendemain, les distributeurs ont pu se déployer et tenir des inventaires de plus en plus considérables.Aujourd\u2019hui, bien rares sont les livres qu\u2019un libraire ne peut obtenir en 3 ou 4 jours (comparativement à 6 à 8 semaines avant 1980).Bref, la population du Québec est mieux servie que celle du reste du Canada ou celle des États-Unis.Un réseau de librairies indépendantes complète un honnête ensemble de bibliothèques publiques.Les chaînés de librairies gardent une taille acceptable et respectent de façon générale les règles du jeu.Parfois, certaines rêvent des surremises qu\u2019obtiennent les Chapters-Indigo mais oublient l\u2019efficacité des entreprises de distribution et l\u2019avantage des achats institutionnels au prix marqué.Il s\u2019en est trouvé pour dire qu\u2019en fin de compte, ce sont les bibliothèques publiques qui font les frais de la politique du livre.La question a, plus d\u2019une fois, été examinée.Au total, les bibliothèques y trouvent leurs avantages.Le bon fonctionnement de la chaîne du livre les sert.Bibliothèques et libraires sont complémentaires ; c\u2019est le fondement de la loi.L'ennemi du livre, c\u2019est sans conteste le livre lui-même.Si un titre n\u2019a pas fait parler de lui après quelques semaines, il doit céder sa place.oc>oc>ooo L'avenir Tôt ou tard, il faudra réglementer les pratiques commerciales et imposer le prix unique.Pour le moment, il nous paraît essentiel que la loi soit mieux respectée et que les achats soient bien répartis entre les librairies situées à proximité les unes des autres.La liste est disponible sur demande.La pérennité du livre est assurée, mais pas n\u2019importe lequel.Le livre de demain sera de mieux en mieux fait.N\u2019est-il pas, en quelque sorte, un objet d\u2019art, un des derniers refuges des artisans ?Peu de gens se doutent du nombre de personnes associées à la préparation, la publication et la diffusion d\u2019un livre.Plus les techniques se modernisent, plus le livre gagne en qualité, plus aussi il devient accessible.Depuis plus d\u2019une dizaine d\u2019années, on nous vante le livre électronique.Il y a du progrès à faire pour qu\u2019un écran soit assez confortable pour rendre agréable la lecture d\u2019un long texte.L\u2019extrême avantage du numérique est pour l\u2019instant de permettre la transmission de données qui peuvent reprendre la forme d\u2019un livre.Le jour n\u2019est pas loin où les bibliothèques et les librairies seront équipées en conséquence.L\u2019impression à la demande qu\u2019on vante tant, c\u2019est celle-là.® NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 7 1 San avenir dépend de vous Etes-vous prêts ?m'°Mcjndo Fier d'être dans votre bibliothèque Montréal Londres Paris www.BiblioMondo.com Lyon ¦ Cologne La Haye / i Lecture de livres, scolarisation docum ntation et littératie au Québec BIBLIO HEQUES Jean-Paul baillargeon Chaire Fernand-Dumont sur la culture Institut national de la recherche scientifique jean-paul.baillargeon@ucs.inrs.ca Pour qu\u2019une population puisse lire des livres, il lui faut, d\u2019une part, avoir accès à des livrés, principalement par des librairies et des bibliothèques L\u2019auteur fait un survol de l\u2019évolution des habitudes de lecture de livres des Québécois depuis 1979 jusqu\u2019à 2008.Il établit un certain parallèle entre l'évolution observée et la scolarisation des personnes de 15 ans et plus et il trace les grandes lignes de l\u2019état actuel des lieux de ce qu'il est convenu d\u2019appeler la littératie de la population québécoise adulte.et, d\u2019autre part, quelle soit en mesure de les lire, grâce à des compétences acquises en lecture, d\u2019abord et surtout par le truchement de l\u2019institution scolaire.Pour ce qui est des entreprises dispensatrices de livres, le ministère de la Culture du Québec a favorisé la mise sur pied de librairies, dites agréées, où les établissements publics, à l\u2019exception des universités, devaient s\u2019approvisionner.Cette mesure a mené à la création de librairies partout sur le territoire québécois.Le ministère a également mis en route, dès 1980, un plan quinquennal de développement des bibliothèques publiques afin d\u2019en établir là où il n\u2019y en avait pas et pour renforcer les plus mal pourvues.Le réseau québécois actuel de librairies et de bibliothèques publiques est donc relativement récent dans son ensemble.Book Reading, Schooling and Literacy in Quebec The author takes à brief look at the evolution of reading habits in Quebec from 1979 to 2008.He draws a parallel between the observed evolution and the schooling of those 15 and up, and gives a broad outline of the current state of what is acknowledged as the literacy of the Quebec adult population.Lectura literaria, escolarizaciôn y competencias de lectura El autor présenta de manera escueta la evoluciôn de los habitos de lectura literaria de los quebequenses desde 1979 hasta 2008.El autor establece un cierto paralelo entre esta evoluciôn y el nivel de escolarizaciôn entre los individuos de 15 anos.en adelante y describe en grandes lineas las competencias de lectura y en infor-maciôn e informâtica \u2014 que en inglés se ha convenido llamar literacy y en francés littératie \u2014 actuales de la poblaciôn adulta de Québec.Quant au développement des compétences en lecture, elle fut le fait du ministère de l\u2019Éducation et des divers établissements d\u2019enseignement.L\u2019action la plus importante de ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la Révolution tranquille a été la démocratisation de l\u2019enseignement, c\u2019est-à-dire de permettre à la majorité des élèves de poursuivre des études aussi longtemps que possible.Là aussi, vue dans une perspective historique, cette démocratisation a un passé assez récent.Tout au plus 40 ans pour les premières mesures, passablement moins quand il s\u2019est agi de fonder certains collèges d\u2019enseignement général et professionnel (cégeps) et tout le réseau de l\u2019Université du Québec.Ainsi, l\u2019accès à des livres en quantité, les compétences généralisées en lecture sont des phénomènes relativement nouveaux dans l\u2019histoire culturelle du Québec.Si cela a marqué la société québécoise actuelle, cela a aussi produit des laissés-pour-compte, ceux qui n\u2019ont pu bénéficier, vu leur âge, de cette démocratisation.La pratique de lecture de livres de façon massive est chose récente.Au début de la Révolution tranquille, elle s\u2019est butée, en plus de la faible scolarisation des adultes, à un engouement marqué pour la télévision \u2014 arrivée ici dès 1952 \u2014 qui ouvrait les Québécois à la modernité.L\u2019implantation des librairies et des bibliothèques publiques, la démocratisation de l\u2019enseignement, tout cela est survenu alors que la vaste majorité des foyers avaient déjà à leur disposition au moins un récepteur de télévision et que les habitudes d\u2019écoute de celle-ci étaient bien ancrées depuis longtemps.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 73 Tableau 1 Lecteurs réguliers de livres, population de 15 ans et plus, Québec, 1979-2004, en pourcentage Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, Enquêtes quinquennales sur les pratiques culturelles des Québécois.2004 Tableau 2 Nombre moyen de livres lus annuellement par des lecteurs réguliers, Québec, 1979-2004, en pourcentage Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, Enquêtes quinquennales sur les pratiques culturelles des Québécois.Moins de 10 20 et plus 2004 Tableau 3\t\t\t\t\t\t Pourcentage des personnes de 15 ans ou plus, possédant un ordinateur à domicile, selon Le temps d'utilisation hebdomadaire d'Internet et le nombre de livres lus annuellement, Québec, 2004\t\t\t\t\t\t Livres lus ANNUELLEMENT\t\t Ensemble\tAucune\tHeures hebdomadaires, Internet Moins de\t1À 3 heures\t\t4 À ÎO HEURES\t11 HEURES + \t\t\t1 HEURE\t\t\t Aucun\t3.5\t0,6\t0,9\t1,0\to,7\t0,3 1-4 livres\t23,0\t2,9\t3.6\t6,1\t5.9\t4.6 5-9 livres\t17.2\t1.9\t2,1\t3.7\t6,6\t3.0 10-19 livres\t27.9\t2,7\t2,9\t6,8\t9.2\t6,3 20 livres +\t28,4\t2,3\t3.7\t6,2\t8,8\t7.2 Total\t100,0\t10,4\t13.2\t23,8\t31.2\t21,4 Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, La'pratique culturelle en 2004.Compilations et calculs, Jacques\t\t\t\t\t\t Lemieux, Université Laval et Jean-Paul Baillargeon, INRS.\t\t\t\t\t\t Dans le présent article, nous ferons un bref survol de l\u2019évolution des habitudes de lecture de livres, de 1979 à nos jours, en expliquant quelques variations.Puis nous établirons un certain parallèle entre cette évolution et celle de la scolarisation des personnes de 15 ans et plus.Enfin, nous tracerons les grandes lignes de l\u2019état actuel des lieux pour ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la littératie de la population québécoise adulte.Lecture de livres Si la Révolution tranquille s\u2019est manifestée dès le début des années i960, si les premières mesures du ministère de la Culture pour favoriser le développement des librairies et des bibliothèques publiques datent d\u2019environ la même époque, ce n\u2019est qu\u2019en 1979 que le Ministère a fait sa première enquête sur les pratiques culturelles, soit environ quinze ans après les premières mesures de démocratisation de l\u2019enseignement.À ce moment-là, le prestige social de la lecture de livres était assez élevé.Il s\u2019est estompé au fil des ans, au fur et à mesure de la propagation de nouveaux équipements audiovisuels de loisir domestique (câblodistribution, cassettes audio et vidéo, CD, Cédéroms, DVD, jeux vidéo, Internet, etc.).On peut donc considérer que les réponses aux premières enquêtes sur les pratiques culturelles ont souffert d\u2019une certaine inflation : des gens, non lecteurs de livres ou lecteurs occasionnels, ont pu se déclarer lecteurs réguliers, « pour bien paraître ».À l\u2019examen du tableau 1, on peut constater, en gros, que la proportion des lecteurs réguliers semble quasi constante à travers le temps.Mais, si on s\u2019en remet à la remarque précédente, on pourrait affirmer que les résultats des premières enquêtes contiennent probablement une surévaluation de ces lecteurs.Mais cette surévaluation se serait atténuée avec le temps.Par conséquent, on pourrait conclure à un léger accroissement, en 25 ans, de la proportion des lecteurs réguliers.Un chiffre étonne dans la série, celui de 1999 : 52 % des 15 ans et plus ont déclaré être des lecteurs réguliers de livres, contre 56,9 % en 1994 et 59,2 % en 2004.Cette année-là correspond à l\u2019arrivée massive, tant dans les foyers que dans les bibliothèques publiques, d\u2019Internet et d\u2019équipements audiovisuels, comme les DVD.Ces innovations ont connu un engouement subit qui a 1 74 j NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO I, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) pu faire diminuer de façon momentanée une certaine intensité d\u2019habitudes de lecture.La baisse de cette intensité, si elle n\u2019a été que temporaire quant à la proportion des lecteurs réguliers, semble s\u2019être poursuivie jusqu\u2019en 2004, pour ce qui est du nombre de livres lus annuellement (Tableau 2).La proportion de lecteurs ayant lu moins de 10 livres par année avait connu une certaine diminution depuis 1994 (29,8 % contre 33,3 % en 1989), mais elle est remontée considérablement en 2004 : 45 %, soit près d\u2019un lecteur sur deux.Quant à la proportion des grands lecteurs, ceux ayant lu au moins 20 volumes par an, si elle est restée assez stable de 1989 à 1999, elle a chuté à 28,3 % en 2004.Il y a une proportion de plus en plus grande de lecteurs réguliers, mais celle-ci se compose désormais davantage de lecteurs d\u2019un petit nombre de livres que de grands lecteurs.On a dit à maintes reprises qu\u2019Internet avait détourné une proportion significative de gens de la lecture de livres.On donne comme exemples, parmi d\u2019autres, le fait que les étudiants des universités et des.collèges citent davantage de sources du Web.que d\u2019ouvrages imprimés dans leurs travaux scolaires.À notre avis, cela est un mauvais exemple car, quand on parle de lecture de livres dans des enquêtes comme celles sur les pratiques culturelles des Québécois, il s\u2019agit de lectures libres à des fins personnelles, non pas pour le travail ou les études.Nous sommes donc allés voir dans l\u2019enquête de 2004 le rapport pouvant exister entre la lecture de livres et l\u2019utilisation d\u2019Internet (Tableau 3).Les résultats de cette démarche montrent que les grands usagers d\u2019Internet sont aussi des lecteurs assidus, de lecteurs moyens à grands lecteurs.Cette observation vient s\u2019ajouter à un constat général, à savoir qu\u2019une assez petite proportion des 15 ans et plus s\u2019adonne à une palette très diversifiée de pratiques culturelles.Les grands lecteurs de livres se concentrent dans ce segment de la population.Celui-ci n\u2019a fait qu\u2019ajouter à sa palette un usage intense d\u2019Internet, au même titre qu\u2019il s\u2019adonne intensément à d\u2019autres pratiques culturelles.Scolarisation Toutes les enquêtes de pratiques culturelles montrent que plus les gens sont scolarisés, plus leur propension à lire des livres est élevée.Cela se comprend, en ce sens que chaque année d\u2019études supplémentaire est une année de plus de lectures obligatoires, lesquelles contribuent à développer les compétences en lecture.Qu\u2019a fait la démocratisation de l\u2019enseignement pour développer cette compétence ?En d\u2019autres termes, dans quelle mesure la démocratisation de l\u2019enseignement a pu élargir le lectorat potentiel grâce à une scolarisation prolongée ?Il va sans dire que les progrès en matière de scolarisation ne peuvent être que lents, donc vraiment ostensibles qu\u2019à long terme.On examinera par conséquent Ainsi, l\u2019accès à des livres en quantité et les compétences généralisées en lecture sont des phénomènes relativement nouveaux dans l\u2019histoire culturelle du Québec.CxXXX>Q0QOC>O la situation de certains niveaux de scolarité atteints chez les adultes en 1981, soit environ 20 ans après la période de la Révolution tranquille, et en 2001.Nous nous en tiendrons à deux extrêmes, ceux ayant obtenu un diplôme universitaire et ceux n\u2019ayant pas obtenu de certificat d\u2019études secondaires ou l\u2019équivalent, ou ayant fréquenté l\u2019école dix ans ou moins (chez les plus âgés, la catégorie comprend un grand nombre de personnes ayant complété tout au plus une « quatrième année forte »).En 1981, chez les moins de 40 ans \u2014 les premiers à bénéficier de la démocratisation de l\u2019enseignement des années i960 \u2014, on observe une proportion de 10-12 % de diplômés universitaires chez les 30-39 ans.Par contre, chez les 20-24 ans, malgré une accessibilité élargie à l\u2019enseignement, on remarque que plus d\u2019une personne sur trois n\u2019a pas obtenu son certificat d\u2019études secondaires.Si cette proportion baisse à moins de 30 % chez les 25-34 ans, elle s\u2019accroît ensuite de façon considérable, de plus en plus importante selon l\u2019âge, chez ceux qu\u2019on peut caractériser de laissés-pour-compte de la démocratisation.Ils étaient adultes à l\u2019époque.Chez les 65 ans ou plus, au-delà des trois quarts pouvaient être considérés comme très faiblement scolarisés.La Révolution tranquille avait ainsi permis, en 1981, à seulement 10 % des 25-39 ans, d\u2019arriver à un diplôme universitaire.C\u2019est à la même époque que le ministère de la Culture mettait en place son plan quinquennal de développement des bibliothèques publiques.Il est à remarquer que les tranches d\u2019âge ci-haut mentionnées comprenaient alors 40 % de la population de 15 ans et plus.Celles n\u2019ayant pu bénéficier de la démocratisation de l\u2019enseignement en représentaient 50 %.Si on ajoute les 20-24 ans aux 25-39, on se retrouve avec un peu plus de 45 % des 15 ans ou plus ayant pu bénéficier de l\u2019accessibilité aux études.Qu\u2019en est-il en 2001, 20 ans plus tard ?Les pourcentages des gens faiblement scolarisés sont partout inférieurs à ceux de 1981, allant de diminutions d\u2019environ 10\tà 12 points chez les 20-34 ans, à plus de 23 chez les 40-44 et à plus de 30 chez les 45-64.Les 65 ans ou plus n\u2019ont bénéficié que d\u2019environ 13 points de diminution.11\test remarquable de constater que les pourcentages de diplômés universitaires ont presque tous crû plus lentement qu\u2019ont diminué les proportions des adultes faiblement scolarisés.Ce qui laisse entendre que les gains en scolarité auraient été faits surtout aux niveaux intermédiaires.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 75 Tableau 4 Population de 20 ans et plus, n'allant plus à l'école, par niveaux de scolarité atteints, par âge, Québec, 1981 et 2001, en pourcentage y '\t* ' *f '\t\u2019\u2022.\u2022\t\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 ¦ \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2014 .y | yy i ÂGE\t% POP.15 ANS ET PLUS\t1981 \t\t Inf.Certif.\tGrade univ.\t% pop.15 ans ÉTUDES SEC.\tET PLUS\t\t\t2001 \t Inf.Certif.ÉTUDES SEC.\tGrade univ.20-24\t11,6\t36,6\t2,4\t5,0\t26,4\t5,2 25-29\t12,0\t29,8\t9,0\t7,0\t18,7\t20,4 30-34\t11,7\t29,8\t11,6\t8,6\t17,7\t21,5 35-39\t10,0\t37,5\t9,8\t11,2\t20,0\t18,0 40-44\t8,2\t47,4\t8,2\t12,1\t24,0\t15,4 45-64\t29,2\t62,3\t5,3\t36,8\t32,0\t14,1 65 plus\t12.7\t75,7\t2,9\t17,9\t63,0\t6,0 Source : Statistique Canada, Recensements de la population, 1981 et 2001.Malgré cela, on se retrouve avec plus de 20 % de diplômés universitaires chez les 25-29 ans de 2001 et avec 2i,5 % dans la cohorte des 30-34 ans.C\u2019est dans cette cohorte qu\u2019on trouve les gains les plus importants de tous les groupes d\u2019âge en ce qui a trait aux proportions de personnes hautement scolarisées.Enfin, c\u2019est chez les moins de 40 ans qu\u2019on trouve les proportions les plus importantes des gens fortement scolarisés, à l\u2019instar de la situation de 1981, mais avec des parts beaucoup plus élevées.Par contre, si les personnes fortement scolarisées de 1981 se situaient dans un bloc représentant 45 % des 15 ans et plus, celles de 2001 se retrouvent, pour les mêmes strates d\u2019âges, dans moins de 32 % des 15 ans et plus.En 2001, les 40 ans et plus composent près de 67 % de cette population, contre 50 % en 1981.Nous voyons ici un autre mouvement lent de la population, celui de son vieillissement démographique.Que signifie tout cela en termes de compétences en lecture et en propension à lire des livres ?Si la démocratisation de l\u2019enseignement a contribué à faire diminuer de façon significative la part de la population faiblement scolarisée dans tous les groupes d\u2019âge entre 1981 et 2001, elle n\u2019a pas suscité une augmentation importante de cohortes fortement scolarisées, sauf chez les 25-34 ans.La diminution des proportions de gens faiblement scolarisés s\u2019est faite, partout et sans exception, en faveur des personnes moyennement scolarisées, ou, dit d\u2019une autre façon, des personnes moyennement compétentes en lecture.Il est à remarquer que, si on trouve plus de 20 % de gens hautement scolarisés chez les 25-34 ans, ces derniers ne représentent que 15,6 % des 15 ans et plus de 2001, alors qu\u2019ils constituaient 23,7 % de la population observée de 1981, une diminution de plus de huit points.Le vieillissement démographique aurait en quelque sorte annulé les gains en nombre de personnes hautement scolarisées.Ces constats sont à mettre en parallèle avec les données des tableaux 1 et 2.Un accroissement très lent du pourcentage de lecteurs réguliers; une diminution quasi régulière de la part des grands lecteurs, suivie d\u2019une chute en 2004.On peut en conclure que, en sus du phénomène croissant des équipements et des produits audiovisuels, la montée des gens moyennement scolarisés entre 1981 et 2001 a pu contribuer à fournir des lecteurs réguliers, mais des lecteurs peu enclins à lire beaucoup de livres.Littératie Littératie sonne un peu comme un barbarisme en français : il aurait été emprunté à un certain vocabulaire techno-éducatif de la langue anglaise.Sans remplacer le terme d\u2019analphabétisme, il vient en quelque sorte le nuancer et en élargir le champ d\u2019observation.R.Legendre, dans son Dictionnaire actuel de l\u2019éducation (Montréal, Guérin Éditeur, 2005 : 841), définit ainsi la littératie ; « L\u2019aptitude à comprendre et à utiliser l\u2019information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d\u2019atteindre des buts personnels et d\u2019étendre ses connaissances et ses capacités ».En 2003, un groupe de pays, coordonné par l\u2019OCDE, a tenté de mesurer les divers niveaux d\u2019analphabétisme et de littératie dans leurs sociétés respectives et de faire des comparaisons entre elles.Parmi ces pays, il y avait le Canada et le Québec.Statistique Canada agissait pour l\u2019ensemble du Canada.Plusieurs organismes de l\u2019État québécois ont contribué à la conception de l\u2019enquête, à sa réalisation et à l\u2019analyse de ses résultats pour le Québec1.Elle s\u2019intitulait Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation et les compétences des adultes (Eiaca).Adaptée à chaque pays, elle mettait en situation un fort échantillon d\u2019adultes afin de mesurer leur compréhension de textes suivis et schématiques.Les scores obtenus ont été distribués selon cinq niveaux de compétence, allant du premier niveau, caractérisé par de très faibles compétences, aux niveaux 4 et 5 témoignant de compétences 1.Voir en particulier http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf2005/ fs_Eiaca2003.pdf.1 76 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) Tableau 5 Niveaux de littératie, selon l'âge, Québec, Canada et ailleurs, 2003, en pourcentage l6 ANS +\t16-65 ANS\t16-25 ANS \tNiveau i*\tNiveau 2**\tNiveau 1*\tNiveau 2**\tNiveau 1*\tNiveau 2** Québec\t22\t32\t16\t33\t8\t28 Canada\t20\t28\t15\t27\t10\t25 USA\t\t\t20\t33\t\t Norvège\t\t\t8\t26\t\t Suisse\t\t\t16\t36\t\t Italie\t\t\t47\t33\t\t * Niveau 1 : Très faible compétence.Peut difficilement identifier une information d\u2019une posologie.*» Niveau 2 : Faible compétence.Peut lire de courts textes dans un contexte familier, avec un vocabulaire connu restreint.Évite toute situation qui sort de ces critères.Source : ISQ, Développer nos compétences en littératie : un défi porteur d\u2019avenir, www.stat.gouv.qc.ca.Tableau 6 Nombre de personnes faibles en Littératie, Québec, 2003\t\t\t \tNiveau 1\tNiveau 2\tEnsemble 16 ans +\t1,3 million\t1,9 million\t3,2 millions 16-65 ans\t800 000\t1,7 million\t2,5 millions 16-25 ans\t81000\t265 000\t346 000 Source : ISQ, Développer nos compétences\ten littératie : un défi porteur d\u2019avenir\twww.stat.gouv.qc.ca.\t élevées et très élevées.Les auteurs des enquêtes considèrent le niveau 3 comme « le niveau minimal permettant de comprendre et d\u2019utiliser l\u2019information contenue dans des textes et des tâches grandissantes qui caractérisent la société du savoir émergente » (Statistique Canada et OCDE, Apprentissage et réussite; premiers résultats de l\u2019enquête sur la littératie et les compétences des adultes, Ottawa et Paris, Éditions OCDE, 2005).Cette enquête est très riche en résultats.Nous n\u2019en effectuerons qu\u2019un survol pour avoir une idée générale des compétences ou des inaptitudes des Québécois de 15 ans et plus en matière de déchiffrement ou de compréhension de textes.Les résultats retenus ici ne portent que sur la compréhension de textes suivis.L\u2019enquête de 2003 avait été précédée d\u2019une opération analogue en 1994, mais beaucoup moins élaborée.D\u2019une façon générale, il y aurait eu amélioration entre 1994 et 2003 : le Québec serait passé d\u2019un million d\u2019analphabètes fonctionnels à environ 800 000.En 2003, 22 % des 16 ans et plus avaient une capacité de lecture de niveau 1, soit l\u2019équivalent de l\u2019analphabétisme fonctionnel qui se caractérise, par exemple, par la difficulté à lire l\u2019information clé d\u2019une posologie (« deux comprimés trois fois par jour, le matin, le midi et au coucher »).En même temps, 32 % du même groupe étaient classés au niveau 2, soit celui où on ne peut lire que de courts textes d\u2019un vocabulaire familier et restreint.Ainsi, selon les concepteurs de l\u2019enquête, plus de la moitié des 16 ans ou plus ne pouvaient avoir facilement accès à de « l\u2019information contenue dans des textes [.] qui caractérisent la société du savoir émergente ».Ce constat peut paraître brutal, mais il confirme celui déjà fait quant aux proportions de gens faiblement et moyennement scolarisés chez les 15 ans et plus de 2001.Il s\u2019agit en fait de 3,2 millions de personnes sur un peu plus de 6 millions (Tableaux 5 et 6).Quand on examine la population dite active, on constate une moindre proportion de gens au niveau 1 que pour l\u2019ensemble des 16 ans et plus (16 % contre 22 %, soit environ 800 000 personnes).Quant à ceux se situant au niveau 2, on en trouve 33 % ou 1,7 million.Au sein de la population active, 2,5 millions de personnes peuvent difficilement décoder des textes suivis jugés minimaux pour bien vivre dans un contexte de « société du savoir » (Tableaux 5 et 6).En fait, 51 % seulement de cette population peut facilement déchiffrer de tels textes.Par ailleurs, malgré la possibilité de poursuivre des études, de nombreux jeunes de la population active souffrent d\u2019une faible littératie.Il s\u2019agit des 16-25 ans : 8 % d\u2019entre eux, ou 81 000 jeunes adultes, peuvent être considérés comme des analphabètes fonctionnels.Par contre, 265 000 ont été classés de niveau 2, soit un jeune sur quatre.Ensemble, ils forment environ 35 % de la cohorte, environ 346 000 personnes (Tableaux 5 et 6).Il est à remarquer que si l\u2019ensemble du Canada ne comprend, chez ces jeunes, que 8 % de niveau 1, ceux de niveau 2 y sont plus importants, en proportion, qu\u2019au Québec (28 % contre 25 %).NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIlVJUIN 2008) | 1 77 Le développement de compétences en littératie, surtout dans les écoles publiques du primaire et du secondaire, n\u2019a pas été accompagné par l\u2019enrichissement des bibliothèques d\u2019établissement quand il y en avait.ooc>oooooooooooooo Un bref regard sur d\u2019autres sociétés nous donne à constater que les Québécois faibles en littératie se situent quelque part dans la moyenne des principaux pays observés.On remarque au Québec une part équivalente à celle des USA pour ce qui est des personnes faiblement compétentes en littératie (33 %).Chez les 16-65 ans, la part des analphabètes fonctionnels est quelque peu inférieure (16 % contre 20 %).Conclusion Que peut-on tirer de tous ces chiffres si l\u2019on veut déterminer le profil virtuel du lectorat québécois de livres chez les 15 ans et plus ?En un premier temps, il est bon de signaler que le nombre absolu d\u2019analphabètes fonctionnels a régressé de un million de personnes en 1994 à environ 800 000 en 2003.Mais cela ne fait pas nécessairement 200 000 lecteurs de plus de la catégorie 3 ébauchée plus haut.Il y a un saut qualitatif de taille entre l\u2019analphabétisme fonctionnel et le niveau 3 défini dans l\u2019enquête internationale.Certains chiffres semblent concorder.Plus d\u2019un Québécois de 15 ans ou plus se dit lecteur régulier de livres (Tableau 1).Environ un Québécois de 16 ans ou plus sur deux a été classé analphabète fonctionnel ou très faible en littératie (Tableau 5).Selon le tableau 4, plus les gens sont jeunes, plus grandes sont leurs proportions de fortement à moyennement scolarisés.On retrouve le même genre de phénomène en littératie (Tableau 5).Au-delà de ces correspondances sommaires, il y a lieu d\u2019apporter certaines nuances.Il faut rappeler d\u2019abord que les déclarations de lecteurs réguliers de livres sont des auto-évaluations.Que veut dire « lecteur régulier » ?Lire plus de 20 livres par année ?Lire en douze mois un ou deux livres ?Quels genres de livres ?Il y a quand même une différence marquée de difficulté d\u2019accès entre un traité de philosophie, un roman de la collection Arlequin ou encore une bande dessinée pour adultes.Si le premier requiert un vocabulaire assez large formé de mots peu courants, les deux autres font appel à un vocabulaire beaucoup plus restreint avec lequel les gens de niveau 2 sont familiers.On a dit que la longue scolarisation d\u2019une population est un phénomène à évolution lente.On a mentionné aussi le vieillissement démographique comme un phénomène semblable.On a rappelé que les cadets de moins de 15 ans, s\u2019ils ont bénéficié d\u2019une longue scolarisation, composent des cohortes moins nombreuses que celles de leurs aînés.D\u2019où une sorte de coupure entre générations : les jeunes sont de fortement à moyennement scolarisés; les plus âgés (ceux au-delà de 40 ans) sont de moyennement scolarisés à très faiblement scolarisés.De là deux niveaux d\u2019accès fort différents à la lecture de livres.Par contre, si la lecture de livres jouit toujours d\u2019un prestige social chez les aînés, relativement incapables de s\u2019y adonner, elle en a beaucoup moins chez les plus jeunes plus scolarisés et plus compétents en littératie.Si on y trouve une plus grande proportion de lecteurs réguliers, ceux-ci lisent moins de livres chaque année que les grands lecteurs des cohortes âgées.Pour eux, le livre est moins prestigieux.Ils consacrent davantage de temps que leurs prédécesseurs d\u2019il y a vingt ans aux plaisirs procurés par les équipements et les produits audiovisuels de loisir.Pour toutes sortes de raisons et comparativement au monde anglo-saxon nord-américain, la lecture de livres au Québec a des racines récentes.Malgré le fait que certaines conditions fondamentales à l\u2019accès à la lecture et à la compétence en littératie se soient grandement améliorées, ces racines demeurent toujours fragiles en raison de l\u2019irruption de l\u2019audiovisuel et de la généralisation de l\u2019écoute de la télévision.Enfin, le développement de compétences en littératie, surtout dans les écoles publiques du primaire et du secondaire, n\u2019a pas été accompagné par l\u2019enrichissement des bibliothèques d\u2019établissement quand il y en avait.« On a fait des efforts gigantesques pour développer des compétences en lecture, mais sans en favoriser l\u2019utilisation.On a ouvert des portes mais sans indiquer sur quoi elles ouvraient » (Baillargeon, Jean-Paul, 2005, «Les bibliothèques publiques et la Révolution tranquille au Québec», Bulletin des bibliothèques de France, tome 5, vol.1:11).® 1 78 ! NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) DOCUM NTATION BIBLIO HÈQUES , REVUE QUÉBÉCOISE DES PROTCSSIONNELS DE LTNTORMATION DOCUMENTAIRE Les associations professionnelles en sciences de l\u2019information au Québec Marcel Lajeunesse Professeur associé École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information Université de Montréal marcel.lajeunesse@umontreal.ca résumé | Abstracts | resumen Depuis 1932, sept associations professionnelles ont été créées en sciences de l\u2019information au Québec, six en bibliothéconomie et une en archivistique.Chacune a ses buts, ses objectifs, sa mission propre qui définissent son action.Ces associations sont de dimension modeste.Les plus importantes (l\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation, la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec et l\u2019Association des archivistes du Québec) rassemblent entre 500 et 750 membres et offrent les services d\u2019un secrétariat permanent.Ces associations se sont dotées récemment d\u2019un organisme de concertation, la Table des milieux documentaire et archivistique du Québec, pour mieux coordonner leur action et faire front commun auprès des gouvernements et des médias.Quebec\u2019s professional information science associations Since 1932, seven information science-related professional associations have been created in Quebec : six in library science and one in archives science.Each of them has its own goals, objectives and mission that guide its activities.These associations are considered small.The most important ones (Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation, Corporation of Professional Librarians of Quebec, and Association des archivistes du Québec) have between 500 and 750 members, and offer services through permanent secretariats.These associations have recently created a joint agency, the Table des milieux documentaire et archivistique du Québec, to better coordinate activities and to speak as one with governments and media.Las asociaciones profesionales en ciencias de la informaciôn en Québec Desde 1932, siete asociaciones profesionales de modestas dimen-siones en ciencias de la informaciôn han visto el dia en Québec : seis en biblioteconomla y una en archivonomia.Cada una tiene una misiôn propia que define sus acciones y sus objetivos.Las mas importantes (Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation, Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec y Association des archivistes du Québec) reünen a entre 500 y 750 miembros y cuentan con un personal administrativo de tiempo completo.Recientemente, estas asociaciones se dotaron de un organismo de concertaciôn, la Junta de los medios documentai y archivistico de Québec, para coordinar sus acciones y hacer unfrente comûn ante el gobierno y los medios de comunicaciôn.Le monde des sciences de l\u2019information au Québec est quadrillé par un nombre considérable d\u2019associations œuvrant dans ce milieu et regroupant les professionnels du domaine.Il y a quelques années, on posait, dans un périodique spécialisé, la question suivante : « Y a-t-il trop d\u2019associations en bibliothéconomie au Québec ?» (Mercure 1993).Il est difficile de répondre de façon précise à cette question, car les associations, basées sur l\u2019engagement volontaire, ne regroupent que les personnes qui veulent bien y adhérer et qui y trouvent leur intérêt personnel et professionnel.Dans ce texte, nous nous intéressons aux associations du domaine de la bibliothéconomie, des sciences de l\u2019information et de l\u2019archivistique qui ont leur siège au Québec et qui ont pour mission de promouvoir les bibliothèques, les services et les centres de documentation ou les archives au Québec.En plus de celles-ci, il existe d\u2019autres associations qui ont pour mission de regrouper des membres à travers le Canada, et un certain nombre de Québécois en font partie.Les associations canadiennes ne sont pas incluses dans les sept associations québécoises dont nous allons rendre compte.Association des bibliothécaires du Québec La sociologie des associations nous enseigne que l\u2019association est l\u2019outil nécessaire pour regrouper des personnes œuvrant dans un même domaine en vue de réaliser des actions et de promouvoir dans la société leur champ d\u2019activités.C\u2019est dans ce but d\u2019affirmation de leur activité dans la société que fut fondée, en 1932, l\u2019Association des bibliothécaires du Québec Library Association (ABQLA).Cette association, la plus ancienne du Québec, et la plus ancienne au Canada après l\u2019Ontario Library Association, a été créée par Gerhard R.Lomer, directeur de la bibliothèque de l\u2019Université McGill et directeur de l\u2019École de bibliothéconomie de la même université, qui s\u2019était adjoint à cette fin Aegidius Fauteux, alors directeur de la Bibliothèque municipale de Montréal.À ses débuts, l\u2019association visait à regrouper surtout les diplômés de l\u2019École de McGill.Ses membres étaient alors en grande majorité de langue anglaise, mais comptaient dans ses rangs quelques bibliothécaires de langue française éminents : NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRI17JUIN 2008) | 1 79 L\u2019ABQLA, la plus ancienne association du Québec [.], a été créée par Gerhard R.Lomer, directeur de la bibliothèque de l'Université McGill et directeur de l\u2019École de bibliothéconomie de la même université.c>o>oc>oc> outre Fauteux, Marie-Claire Daveluy, Hélène Grenier et Louise Lefebvre, diplômées de McGill.Jusqu\u2019à la création, en 1943, de l\u2019Association catholique des bibliothèques d\u2019institutions, l\u2019ABQLA fut la seule association professionnelle en bibliothéconomie œuvrant au Québec (Lefebvre 1977a).L\u2019ABQLA fut constituée en « corporation » en vertu de la troisième partie de la Loi des compagnies du Québec par lettres patentes émises le 21 novembre 1946.Les objectifs actuels de l\u2019association visent à : \u2022\tassurer à ses membres la possibilité de protéger leurs intérêts personnels ; \u2022\tfaciliter l\u2019échange d\u2019informations sur les questions concernant les bibliothèques ; \u2022\tsensibiliser les instances politiques et le grand public au rôle des bibliothèques au Québec ; \u2022\trenforcer les liens avec les organisations fédérales, provinciales et locales de bibliothécaires ; \u2022\tsoutenir et promouvoir l\u2019alphabétisation au sein de la collectivité.Pour atteindre ces objectifs, l\u2019association tient un congrès annuel, publie trois fois l\u2019an le ABQLA Bulletin.Elle a cinq sections : bibliothèques scolaires, bibliothèques publiques, bibliothèques de collège et d\u2019université, secteur jeunesse et groupe d\u2019intérêts pour les biblio-techniciens.L\u2019ABQLA est une petite association, principalement de langue anglaise, qui regroupe des membres individuels et des établissements.En 2007, l\u2019association a célébré son 75e anniversaire, ce qui, dans le contexte québécois et canadien, démontre une continuité et une vitalité remarquables.Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation L\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation (Asted) a été créée en 1973 à la suite de la transformation de l\u2019Association canadienne des bibliothécaires de langue française (ACBLF).Héritière d\u2019une succession d\u2019associations \u2014 l\u2019Association catholique des bibliothèques d\u2019institutions de 1943 à 1945, l\u2019Association canadienne des bibliothèques catholiques de 1945 à 1948, l\u2019Association canadienne des bibliothécaires de langue française à partir de 1948 \u2014, l\u2019Asted fut mise sur pied dans le sillage des conclusions de la Commission de révision des objectifs et des structures.Il s\u2019agissait alors de prendre en compte les mutations du monde des bibliothèques, l\u2019émergence des sciences de l\u2019information, la fondation en 1969 de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, ainsi que la formation de techniciens en documentation dans les collèges (Léveillé 1977 et Hudon, Marcel 1998).Rompant avec le libellé des lettres patentes accordées en i960 par le gouvernement du Canada à l\u2019ACBLF, l\u2019Asted était créée en tant que « corporation », selon la loi des compagnies du Québec en octobre 1973.En novembre de la même année, les règlements et les objectifs étaient adoptés par les membres réunis en assemblée générale, et ces objectifs ont toujours cours : \u2022\tpromouvoir l\u2019excellence des services et du personnel des bibliothèques, des centres de documentation et des centres d\u2019information ; \u2022\tinspirer la législation et promouvoir les intérêts respectifs des bibliothèques, des centres de documentation et des centres d\u2019information auprès des gouvernements concernés ; \u2022\texercer, au sein de la francophonie nord-américaine, un rôle prépondérant en bibliothéconomie, ainsi que dans les sciences de la documentation et de l\u2019information.La nouvelle association entendait voir autrement le monde de la documentation et reconnaissait alors les sciences de l\u2019information comme un lieu de convergence de différentes disciplines.L\u2019Asted est devenue un regroupement de professionnels des divers milieux et professions de l\u2019information, et une des particularités de cette association est de rassembler, dans une proportion égale (300-300), des membres individuels et des membres collectifs.L\u2019Asted a exercé, depuis sa création au début de la décennie 1970, son dynamisme de multiples manières.Elle est devenue un interlocuteur crédible des instances gouvernementales canadiennes et québécoises.Par ses nombreuses publications, par l\u2019édition d\u2019outils à l\u2019intention de la profession, telle la traduction en français des Règles de catalogage anglo-américains, par sa revue, Documentation et bibliothèques, laquelle joue un rôle important parmi les périodiques francophones de la discipline, par ses congrès annuels très fréquentés, l\u2019Asted occupe une place centrale dans le monde documentaire québécois.Elle a, de plus, toujours accordé une importance à l\u2019aspect international de la profession : elle a été l\u2019hôte, à Montréal, en 1982, du congrès de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et elle accueille de nouveau, en 2008, à Québec, le congrès annuel de la même association (Cabrai 1998).Héritière d\u2019une longue tradition associative et de profondes racines dans le milieu professionnel, l\u2019Asted s\u2019est imposée au Québec, au Canada et dans le monde francophone, comme un organisme majeur dans la vie des disciplines et des professions du monde de l\u2019information et de la documentation.1 80 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 I ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec La Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ) constitue une autre association importante en bibliothéconomie.Sa création, en 1969, par la loi 175 de l\u2019Assemblée nationale, représentait une étape importante de la reconnaissance du bibliothécaire en tant que professionnel.La décennie i960 avait été une période fort remplie dans le secteur des bibliothèques au Québec.En décembre 1959, était votée la première loi québécoise sur les bibliothèques publiques.En 1961, naissait l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal destinée à procurer aux bibliothèques universitaires ou publiques, de collège ou de recherche, le personnel professionnel de langue française dont elles avaient besoin en cette période de croissance.Ont émergé aussi au cours de cette période les bibliotechniciens formés dans les collèges publics.Dans leurs congrès annuels respectifs, la Quebec Library Association et l\u2019Association canadienne des bibliothécaires de langue française ont discuté en profondeur de la question du professionnalisme à laquelle étaient confrontés alors leur domaine d\u2019activité et, d\u2019une façon plus large, la société québécoise, et ce sont des membres des deux associations qui ont patronné la naissance de la Corporation (Lefebvre 1977b).La mise sur pied de la Corporation avait essentiellement pour but la promotion de la profession de bibliothécaire professionnel et la défense des intérêts de ses membres.Les objectifs quelles se donnaient en témoignent : \u2022\taméliorer la qualité des services d\u2019information offerts par les bibliothécaires à leurs diverses clientèles ; \u2022\tenrichir le niveau de compétence du bibliothécaire professionnel ; \u2022\tfaire connaître le savoir-faire du bibliothécaire professionnel et du professionnel de l\u2019information, et en faire la promotion ; \u2022\tvoir aux intérêts professionnels des membres.La loi créant la Corporation protégeait le titre de « bibliothécaire professionnel ».Deux ans plus tard, en 1971, le nouveau code québécois des professions omettait la Corporation en tant qu\u2019ordre professionnel de plein droit, à l\u2019instar des professions reconnues vouées à la défense du public.L\u2019exclusion de la Corporation du Code des professions a été un traumatisme pour plusieurs et une préoccupation constante au sein de la profession.La situation a également eu des effets sur la participation de nombreux bibliothécaires à la vie de la Corporation, à commencer par leur admission à celle-ci.Depuis sa création, la Corporation s\u2019est particulièrement intéressée à la formation des professionnels dans les deux écoles universitaires du Québec, celle de McGill La création de la CBPQ en 1969, par la loi 175 de l\u2019Assemblée nationale, représentait une étape importante de la reconnaissance du bibliothécaire en tant que professionnel.oc et celle de l\u2019Université de Montréal.Elle s\u2019est dotée d\u2019un code de déontologie et d\u2019un comité de discipline.Elle intervient publiquement dans les questions concernant les bibliothèques et les bibliothécaires.Sa revue, Argus, qui paraît depuis 1971, et son bulletin de nouvelles sont axés sur les questions professionnelles du secteur d\u2019activités.La Corporation ne regroupe que des personnes physiques : elle en compte environ 750 (Horinstein 1994 et 1999)- Association des archivistes du Québec Créée en 1967, l\u2019Association des archivistes du Québec (AAQ) visait à regrouper les archivistes œuvrant dans les différents services d\u2019archives au Québec et à susciter chez eux un sentiment d\u2019appartenance à une même profession.Les premiers membres de l\u2019Association provenaient de milieux divers : archives historiques, archives d\u2019évêchés, de collèges, de communautés religieuses, de districts judiciaires, de compagnies, d\u2019associations, de ministères.Dès la création de l\u2019Association, les fondateurs voient dans celle-ci un moyen de valorisation de la profession et un instrument pour la défense de leurs intérêts professionnels.C\u2019est dans ce but de défense et de promotion des archives, des archivistes et de l\u2019ar-chivistique qu\u2019ils pressent le gouvernement du Québec d\u2019adopter une loi sur les archives, de même qu\u2019ils encouragent la création de dépôts pour assurer la conservation et l\u2019accès des archives et leur utilisation scientifique.La mission que s\u2019est donnée l\u2019association a peu varié au cours des années, même si la formulation en a été modifiée, par exemple, par l\u2019introduction du terme « information organique et consignée ».En 1980, on y a ajouté la promotion de la recherche.Cette'mission est la suivante : \u2022\tregrouper les personnes qui offrent aux organisations et à leur clientèle des services liés à la gestion de leur information organique (produite et reçue dans le cadre de la mission d\u2019un organisme ou d\u2019un individu) et consignée (présenté sur un support quel qu\u2019il soit).\u2022\toffrir à ses membres des services en français et propres à assurer le développement, l\u2019enrichissement et la promotion de leur profession et de leur discipline ; \u2022\tassurer aux membres les services susceptibles de favoriser et d\u2019accroître la communication et NUMÉRO.SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRI17JUIN 2008) | 1 S 1 Créée en 1967, l\u2019AAQ visait à regrouper les archivistes oeuvrant dans les différents services d\u2019archives au Québec et à susciter chez eux un sentiment d\u2019appartenance à une même profession.0OC> les échanges internes et externes des idées et des connaissances ; \u2022 promouvoir le développement professionnel des membres en s\u2019impliquant activement au plan de la formation et du perfectionnement, en favorisant la recherche et le développement et en assurant une représentation adéquate de la profession au sein de la société et auprès des corps politiques.Dotée de deux sections, archives historiques et gestion du document, en 1975, elle a aboli celles-ci en 1990 pour les remplacer par cinq regroupements régionaux, devenus maintenant quatre sections régionales.La revue Archives fut lancée en 1969 et on ne dira jamais assez l\u2019importance de ce périodique pour la structuration et le développement de l\u2019archivistique québécoise et sa diffusion à l\u2019étranger.Un bulletin d\u2019information paraît depuis 1971.Depuis 1972, un congrès annuel de deux à trois jours rassemble les membres de l\u2019Association.Parmi les actions marquantes de l\u2019association, on doit mentionner le rôle capital qu\u2019elle a joué dans l\u2019adoption par l\u2019Assemblée nationale de la Loi sur les archives en 1983.La tenue à Montréal, en 1992, du congrès quadriennal du Conseil international des archives, a mobilisé les forces vives de l\u2019Association et a représenté la maturité de l\u2019archivistique québécoise et canadienne.L\u2019adoption de la Déclaration québécoise sur les archives en 2006-2007 illustre l\u2019importance de la profession d\u2019archiviste dans la conservation du patrimoine et de la gestion de l\u2019information organique et consignée du milieu.Les années 1980 et suivantes ont été des années fastes dans le développement de la discipline archivis-tique au Québec par la création dans les universités (Université de Montréal, Université Laval et Université du Québec à Montréal) de programmes de premier cycle et de maîtrise : l\u2019archivistique devenait une discipline enseignée à l\u2019Université.Les valeurs professionnelles ont été affirmées et un code de déontologie a été adopté par l\u2019assemblée générale de l\u2019Association en 1991.En 2007, l\u2019Association a marqué ses quarante ans d\u2019existence ; elle rassemblait alors quelque 600 professionnels du domaine (Gagnon-Arguin 1992; Baillargeon et Lévesque 2007-2008).Bibliothèques publiques du Québec Déjà membres d\u2019associations professionnelles générales comme l\u2019ABQLA et l\u2019Asted au sein d\u2019une section de bibliothèques publiques, les directeurs des bibliothèques publiques du Québec se dotent, en 1984, de leur propre association pour assurer leur représentation auprès des instances gouvernementales et pour promouvoir le développement de la lecture publique.Elle a pour nom l\u2019Association des directeurs de bibliothèques publiques du Québec (Adibipuq).Dix ans plus tard, en 1994, ils en modifient l\u2019appellation.Devenue les Bibliothèques publiques du Québec (BPQ), pour représenter plus adéquatement leurs membres et non plus les seuls directeurs, l\u2019association a comme objectifs de : \u2022\treprésenter les directeurs et les directions des bibliothèques publiques et toutes les personnes intéressées à la promotion des bibliothèques publiques ; \u2022\tdévelopper un véritable réseau de bibliothèques publiques au Québec et favoriser la mise en commun des expertises ; \u2022\tpromouvoir les intérêts des bibliothèques publiques auprès du ministère de la Culture et des Communications, du ministère des Affaires municipales, de l\u2019Union des municipalités du Québec, de la Fédération québécoise des municipalités et d\u2019autres intervenants du milieu.L\u2019Association des Bibliothèques publiques du Québec possède des sections régionales à travers le territoire québécois, lesquelles ont des projets adaptés aux priorités de leur région.L\u2019association tient une assemblée générale annuelle.Depuis 1993, plusieurs forums quelle a tenus sur les bibliothèques publiques ont été consacrés à l\u2019étude des problèmes spécifiques de ces bibliothèques.La revue Défi, publiée de 1985 à 1997, a été un outil important d\u2019information et d\u2019étude sur les questions de lecture publique.Une des grandes activités de l\u2019association, et sans doute la plus visible, est la tenue, depuis 1999, de la Semaine des bibliothèques publiques.Depuis ses débuts, les priorités de cette association sont indéniablement la promotion des bibliothèques et la représentation auprès des instances du gouvernement du Québec et des municipalités.Elle s\u2019associe à d\u2019autres associations professionnelles et à divers organismes du milieu pour réaliser ses objectifs.Les actions et les réalisations des Bibliothèques publiques du Québec sont un excellent indicateur du développement considérable des bibliothèques publiques depuis la mise en place d\u2019une politique au début de la décennie i960 (Dubois 2004).1 82 I NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRILOUIN 2008) Association professionnelle des techniciennes et des techniciens en documentation au Québec Au cours de la décennie 1960, un nouveau groupe professionnel a émergé dans le monde de la documentation au Québec.Ce sont les bibliotechniciens, appelés maintenant techniciens en documentation.Formés d\u2019abord, de 1963 à 1968, dans des cours d\u2019été au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, ils le sont à partir de 1966 au Collège de Jonquière et, à partir de 1968, dans six collèges d\u2019enseignement général et professionnel (cégep) dans les diverses régions du Québec.Les études sont de trois années (après la fin des études secondaires) dans une filière d\u2019enseignement technique des collèges publics (Jobin-Brulé 1977).Les diplômés des programmes de techniques de la documentation avaient l\u2019habitude de se retrouver lors du congrès annuel de l\u2019Asted.En 1988, après 20 ans de formation en ce domaine, et à la suite d\u2019un sondage effectué auprès des diplômés de ces programmes, la décision est prise de créer l\u2019Association professionnelle des techniciens en documentation (APTDQ).La nouvelle association s\u2019est donné six objectifs : \u2022\tregrouper en association des personnes dont la profession est technicien(ne) en documentation ; \u2022\tfaire connaître et promouvoir auprès des autorités compétentes le caractère professionnel de la profession ; \u2022\tdéfendre et promouvoir les intérêts des ses membres et de la profession ; \u2022\treprésenter ses membres auprès des autorités ; \u2022\tfournir des services de toute nature en relation avec les buts de la corporation ; \u2022\tfavoriser le développement de la profession.L\u2019Association tient une assemblée générale annuelle et un congrès tous les dix-huit mois, et elle publie un bulletin semestriel d\u2019information.Elle s\u2019est dotée également d\u2019un code de déontologie en 2005, de façon à mieux encadrer l\u2019exercice de la profession et à fixer des normes minimales de conduite des membres de l\u2019Association envers les employeurs et les usagers des services d\u2019information.Association pour la promotion des services documentaires scolaires Les bibliothèques scolaires sont le maillon faible du réseau des bibliothèques québécoises.Depuis la grande réforme de l\u2019éducation au cours des années i960, elles ont connu un développement erratique.Vu l\u2019importance de la lecture et de l\u2019initiation au travail de recherche documentaire à l\u2019école primaire et secondaire, cette situation déplorable a été maintes fois soulignée par les diverses associations professionnelles de la documentation et de la pédagogie.La parution, en 1989, du rapport Bouchard, intitulé Les bibliothèques Au cours de la décennie i960, un nouveau groupe professionnel a émergé dans le monde de la documentation au Québec.Ce sont les bibliotechniciens, appelés maintenant techniciens en documentation.OC scolaires ; plus que jamais, avait suscité beaucoup d\u2019espoir, d\u2019autant plus que ce rapport avait été commandé par le ministère de l\u2019Éducation en vue d\u2019une politique sur le sujet.En réalité, ce rapport est resté sans lendemain au plan des applications.C\u2019est néanmoins dans la foulée de la parution de ce rapport qu\u2019a été fondée, en 1989, l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) qui mène, depuis cette période, le combat en faveur de la création de véritables bibliothèques scolaires.Les objectifs de l\u2019association sont, à cet égard, très clairs : \u2022\tpromouvoir les sources documentaires scolaires (bibliothèques scolaires) ; \u2022\tpromouvoir les nouvelles technologies de l\u2019information comme outils d\u2019apprentissage ; \u2022\tpromouvoir la concertation et le partenariat avec les autres associations en faveur des bibliothèques scolaires.L\u2019Association tient une assemblée générale de ses membres annuellement et publie deux bulletins d\u2019information, L\u2019index virtuel et L\u2019index en bref.Elle exerce une présence et un dynamisme considérable en animant la Coalition en faveur des bibliothèques scolaires.Il ne fait aucun doute que ses actions et sa détermination sont porteuses de réalisations prochaines.Conclusion Les diverses associations professionnelles dans le domaine des sciences de l\u2019information au Québec ont été créées à des époques différentes pour répondre à des besoins qui se posaient alors aux professionnels en exercice et pour affirmer leur professionnalisme dans la société.Au cours des dernières années, les associations auxquelles nous nous sommes intéressé ont réfléchi à une nouvelle approche de la vie associative en vue d\u2019assurer collectivement une meilleure représentation auprès des instances politiques, de réaliser une plus grande concertation, de faire ensemble la promotion des services qu\u2019ils assurent, de mener des recherches, de fournir une meilleure information, d\u2019avoir des positions communes en ce qui à trait à la formation initiale et continue de leurs membres.De là est née, en 2007, la Table des milieux documentaire et archivistique du Québec (Tamdaq).Il faudra suivre l\u2019évolution de NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO t, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 83 [En 2007 est née] la Table des milieux documentaire et archivistique du Québec (Tamdaq).Il faudra suivre l\u2019évolution de ce nouveau lieu de concertation et d\u2019intervention des associations au cours des prochaines années.0000CK>0000000000000000000 ce nouveau lieu de concertation et d\u2019intervention des associations au cours des prochaines années.Tout en conservant leur spécificité et leur vie propres, les associations s\u2019entendent pour modifier leur action dans l\u2019avenir.Ce changement peut être porteur d\u2019actions plus efficaces, et d\u2019une meilleure présence sociale.® Références Album-souvenir, 1969-1989, Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.1989.Montréal : CBPQ, 46p.L'Asted, vingt ans de dynamisme créateur.1993.Montréal : Éditions Asted, 59 p.Baillargeon, Diane et Michel Lévesque 2007-2008, «L\u2019Association des archivistes du Québec, une association impliquée, des archiviste engagés», Archives, vol.39, n° 1, p.43-92.Cabrai, Louis.1998.L\u2019Asted : 25 ans de présence active, Nouvelles de la Bibliothèque nationale, vol.30, n° 1: 5-7.Dubois, Florian, dir.2004.Les Bibliothèques publiques du Québec.De VAdibipuq auxBPQ.20 ans de beau défis.Montréal : BPQ, 119 p.Gagnon-Arguin, Louise.1992.L\u2019Association des archivistes du Québec ; vingt-cinq ans d\u2019histoire, Archives, vol.24, n° 1-2 : 9-46.Horinstein, Régine.1994.De quelques réflexions à l\u2019occasion des 25 ans de la C.B.P.Q., Argus, vol.23, n° 2 : 4-7.Horinstein, Régine.1999.La CBPQ a 30 ans : de quelques réflexions, Argus, vol.28, n° 2 : 5-9.Hudon, Marcel.1998.Les origines de l\u2019Asted, Documentation et bibliothèques, vol.44, n° 3 :113-115.Hudon, Michèle.1998.L\u2019Asted a vingt-cinq ans.au sein d\u2019un nouveau millénaire, Documentation et bibliothèques, vol.44, n° 3:117-119.Jobin-Brûlé, Françoise.1977.Dans la documentation, le technicien : une solution ou un problème ?In Georges-A.Chartrand, dir., Livre, bibliothèques et culture québécoise.Montréal : Asted, p.589-607.Lefebvre, Louise.1977a.L\u2019Association des bibliothécaires du Québec/ Quebec library Association.In Georges-A.Chartrand, dir., Livre, bibliothèques et culture québécoise.Montréal : Asted, p.725-759, Lefebvre, Louise.1977b.La Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.In Georges-A.Chartrand, dir., Livre, bibliothèque et culture québécoise.Montréal : Asted, p, 801-812.Léveillé, Jean-M.Bernard.1977.Les bibliothécaires canadiens-français et leurs trente-deux ans de vie en association (ACBI-ACBLF-Asted), In Georges-A.Chartrand, dir., Livre, bibliothèques et culture québécoise.Montréal : Asted, p.699-723.Mercure, Gérard.1993.Y a-t-il trop d\u2019associations en bibliothéconomie au Québec ?, Argus, vol.22, n° 2 : 4-5 Sites internet consultés\t http//www.abqla.qc.ca\t(ABQLA) http//www.aptdq.org\t(APTDQ) http//www.archivistes.qc.ca\t(AAQ) http//www.asted.org\t(ASTED) http//www.bpq.org\t(BPQ) http//www.cbpq.qc.ca\t(CBPQ) http//www.rtsq.qc.ca/apsds\t(APSDS) 1 84 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIDJUIN 2008) documentation BIBLIOI1HÈQUES ARGUS / LA REVUE QUÉBÉCOISE DES IVOflXXJClNNELS n*' I IWnBUAltlM nmiURKTAIIIB Associations professionnelles et offre éditoriale à l\u2019intention des professionnels de l\u2019information et de la documentation au Québec Michèle Hudon Professeure agrégée École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information Université de Montréal michele.hudon@umontreal.ca RÉSUMÉ | ABSTRACTS | RESUMEN Panorama de l\u2019offre éditoriale courante à l\u2019intention des professionnels de l\u2019information et de la documentation francophones québécois, telle que proposée par les principales associations au sein desquelles ils sont regroupés, par les éditeurs commerciaux et même par des associations et entreprises françaises.Professional Associations and Published Works Intended for Library and Information Professionals This article provides an overview of current published works intended for francophone library and information professionals in Quebec, as offered by the main professional associations, commercial publishers as well as by French-language associations and firms.Asociaciones profesionales y oferta editorial para los profesionales de la informaciôn y de la documentaciôn de Québec Panorama de la oferta editorial actual dirigida a los profesionales de la informaciôn y de la documentaciôn quebequenses francô-fonos, como propuesta por las principales asociaciones que los reünen, editores comerciales e inclusive asociaciones y empresas francesas.NOUS PRÉSENTONS ICI UN PANORAMA de l'offre éditoriale québécoise courante en sciences de l\u2019information.Nous définissons les sciences de l\u2019information de façon générale comme l\u2019ensemble des disciplines et domaines d\u2019activités dont l\u2019objectif premier est de faciliter le traitement et la diffusion des ressources d\u2019information sous forme traditionnelle imprimée, sur support papier, ou sous forme numérique.Nous évoquons donc l\u2019offre éditoriale dans les disciplines de la bibliothéconomie et de l\u2019archivistique, ainsi que dans les domaines de la gestion d\u2019information numérique et de la gestion stratégique de l\u2019information.Nous nous intéressons particulièrement à l\u2019offre éditoriale de langue française proposée par les associations professionnelles québécoises.Nous nous attardons à la publication de monographies destinées à une large diffusion et à la commercialisation.Sont donc exclues de ce survol les ressources de type mémoire, rapport commandité, annuaire statistique, répertoire de membres, actes de congrès, etc., destinées à un public plus restreint et souvent liées à une problématique ponctuelle.Sont également exclues les publications en série, de type revue ou bulletin, décrites dans une autre contribution au présent numéro.L\u2019offre éditoriale québécoise en sciences de l\u2019information étant assez restreinte, nous élargissons quelque peu notre panorama aux publications proposées par d\u2019autres éditeurs, commerciaux et universitaires, ainsi qu\u2019à la diffusion au Québec d\u2019ouvrages spécialisés produits ailleurs dans la Francophonie.Ce survol n\u2019a pas la prétention d\u2019être complet.Il a été réalisé à partir d\u2019informations glanées sur les sites Web des principales associations regroupant les professionnels québécois de l\u2019information et de la documentation, de communications personnelles avec les personnes concernées, de la consultation de documents de gestion courante et de documents à valeur historique.Notre but n\u2019est pas de faire un inventaire ou d\u2019établir un catalogue.Sauf exception les titres d\u2019ouvrages ne sont pas cités.NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRIL/JUIN 2008) | 1 85 Par la régularité et la cohérence de son offre éditoriale, VAsted peut prétendre au titre d\u2019éditeur québécois le plus important d\u2019ouvrages destinés aux professionnels de l\u2019information et de la documentation. Associations professionnelles et édition Parmi les rôles que doivent jouer les associations professionnelles auprès de leurs membres, ceux d\u2019informer et de former font l\u2019objet d\u2019efforts particuliers de la part des dirigeants de ces organisations.C\u2019est à ces deux rôles qu\u2019on associe la fonction d\u2019édition.Les programmes d\u2019édition d\u2019une association professionnelle peuvent se limiter à la production de bulletins de nouvelles plus ou moins réguliers et à la publication d\u2019ouvrages monographiques répondant souvent à une demande ponctuelle exprimée par les membres.Dans les associations actives depuis une très longue période, le programme d\u2019édition est plutôt vu comme une composante essentielle de l\u2019ensemble des services offerts aux adhérents, au même titre que l\u2019organisation de congrès ou la préparation de réponses formelles à des questions touchant le statut et la reconnaissance de la profession.Les grandes associations, l\u2019American Library Association (ALA) par exemple, ont des programmes de publications florissants1, de nombreux produits dérivés (affiches, signets, etc.) et un lectorat aussi fidèle que diversifié.Associations professionnelles québécoises et édition Les professionnels québécois de l\u2019information et de la documentation bénéficient de services offerts par trois associations principales.Il s\u2019agit de l\u2019Asted (Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation)2, de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ)3 et de l\u2019Association des archivistes du Québec (AAQ)4.Chacun de ces regroupements a développé, à des degrés divers et en fonction de ses propres objectifs, son rôle d\u2019éditeur d\u2019ouvrages spécialisés pour former les professionnels ou informer toute autre personne intéressée.î.www.ala.org/ProductsandPublications/ 2.\twww.asted.org 3.\twww.cbpq.qc.ca 4.\twww.archivistes.qc.ca Les Éditions ASTED Par la régularité et la cohérence de son offre éditoriale, l\u2019Asted peut prétendre au titre d\u2019éditeur québécois le plus important d\u2019ouvrages destinés aux professionnels de l\u2019information et de la documentation.Elle a obtenu un statut d\u2019éditeur agréé en 2005, confirmant ainsi l\u2019importance accordée à son mandat d\u2019édition dès la création de l\u2019Association, en 1974.La politique d\u2019édition de l\u2019Association définit comme suit les objectifs du programme d\u2019édition : \u2022\tOffrir aux spécialistes québécois et francophones de l\u2019information et de la documentation des outils de travail et des publications de langue française utiles à l\u2019exercice de leurs professions ; \u2022\tOffrir au grand public des outils documentaires, des études, des analyses, etc., en lien avec le monde de l\u2019information et de la documentation.Pour réaliser ce mandat, on y propose quatre catégories d\u2019ouvrages : \u2022\tDes outils de gestion documentaire, essentiels à l\u2019exercice d\u2019une fonction ou à l\u2019exécution d\u2019une tâche.L\u2019Asted est ainsi responsable de la publication et de la diffusion des versions françaises des Règles de catalogage anglo-américaines5 et de l\u2019édition intégrale de la Classification décimale de Dewey 6.\u2022\tDes ouvrages de formation professionnelle, de type manuels, analyses, essais, ouvrages de méthodologie, etc., utiles à l\u2019exercice d\u2019une fonction ou à l\u2019exécution d\u2019une tâche.\u2022\tDes ouvrages de culture professionnelle, non directement liés à l\u2019exercice d\u2019une fonction, mais d\u2019un intérêt certain pour la communauté des professionnels dans son entier ou de professionnels travaillant en milieu spécialisé, par exemple dans les services d\u2019information et les bibliothèques pour les jeunes.\u2022\tDes ouvrages « grand public » dont la définition élargie laisse place à la publication de « beaux livres », d\u2019albums pour les jeunes, d\u2019ouvrages de référence, etc.Les ouvrages des catégories 2, 3 et 4 sont le plus souvent des contributions originales, résultant ou non de commandes précises.Mais l\u2019Asted publie également à l\u2019occasion des ouvrages diffusés ailleurs au Canada ou aux États-Unis, dont elle a commandé et supervisé la traduction.C\u2019est un Comité des publications, constitué de représentants des divers milieux d\u2019exercice de la profession, qui veille à la sollicitation, au développement et à 5.\tRègles de catalogage anglo-américaines.2e éd.Révision de 1998.2000 et Modifications de 2001-2005.2005.6.\tClassification décimale de Dewey.22e éd.Version française sous la coordination de Raymonde Couture-Lafleur, éditrice, et Louis Cabrai, directeur général de LASTED.2007.1 86 | NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVRllVJUIN 2008) la validation des contenus intellectuels jugés d\u2019intérêt réel pour la profession.La direction générale de l\u2019Association demeure quant à elle responsable des questions financières, légales et techniques liés à la production et à la diffusion des publications.Les publications de l\u2019Asted continuent d\u2019être diffusées sous forme imprimée.L\u2019opportunité de publier sous forme électronique les ressources qui se prêtent à ce nouveau type de support, par exemple les outils de travail non destinés à une lecture « linéaire » et qui doivent être mis à jour sur une base régulière, est un thème de discussion récurrent et il faut s\u2019attendre à ce que l\u2019Association prenne bientôt sa place dans le domaine de l\u2019édition numérique et de l\u2019impression « à la demande ».Le Catalogue 20087 des Éditions ASTED décrit un fonds courant constitué d\u2019une cinquantaine de publications spécialisées, dont certaines sont issues du fonds Documentor8 acquis par l\u2019Association en 1996.L'Association des archivistes du Québec Au Québec, comme dans le reste de l\u2019Amérique du Nord, l\u2019archiviste est considéré comme un spécialiste de la préservation et de la diffusion d\u2019information ; sa formation initiale est d\u2019ailleurs assurée par les écoles de sciences de l\u2019information, où le futur archiviste est mis au fait des techniques utilisées par ses collègues bibliothécaires et où, à l\u2019inverse, le futur bibliothécaire est sensibilisé aux particularités des milieux archivis-tiques.Son diplôme obtenu, l\u2019archiviste peut joindre les rangs de l\u2019Association des archivistes du Québec (AAQ).Parmi les missions de l\u2019AAQ, celle « d\u2019assurer aux membres les services susceptibles de favoriser et d\u2019accroître la communication et les échanges internes et externes des idées et des connaissances »9 * ouvre la voie à la mise sur pied d\u2019un programme d\u2019édition.Bien que moins structurée et moins importante en ce qui a trait au nombre de titres offerts, l\u2019offre éditoriale de l\u2019AAQ se compare tout de même à celle de l\u2019Asted quant à sa diversité.Résultant souvent de partenariats, l\u2019offre éditoriale de l\u2019AAQ inclut présentement une vingtaine d\u2019ouvrages de référence, d\u2019ouvrages techniques, d\u2019essais et de recueils d\u2019exercices créés sur mesure par des spécialistes lors de séances de formation à la gestion de documents d\u2019archives.Il faut noter que près de la moitié des ressources diffusées par l\u2019AAQ sont déjà disponibles sous forme numérique.7.\tOn peut obtenir la version imprimée du Catalogue 2008 auprès de l\u2019Asted (www.asted.org).8.\tLa maison d\u2019édition Documentor, société autonome établie en 1983, poursuivait le travail accompli jusque-là, et ce depuis 1964, par la Société du stage en bibliothéconomie du Collège St-Anne de La Pocatière.Nous remercions M.Robert Chiasson, co-fondateur des Éditions Documentor, pour l\u2019information fournie à ce sujet.9.\twww.archivistes.qc.ca/fonctionnement/mission.html Près de la moitié des ressources diffusées par l\u2019AAQ sont déjà disponibles sous forme numérique. La Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec La mission de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ) touche directement la protection du public et la mise en valeur de la profession de bibliothécaire et, indirectement seulement, la formation de ces derniers10.Les contenus spécialisés diffusés par la Corporation sont donc davantage des prises de position officielles du regroupement, sous forme de mémoire par exemple, que des publications à caractère professionnel et commercial.La CBPQ n\u2019a pas de comité dont le mandat serait d\u2019assurer le suivi de la fonction édition.L\u2019offre éditoriale monographique de la CBPQ, très restreinte, se distingue par sa diffusion sur support numérique.Publications françaises diffusées au Québec Les professionnels québécois de l\u2019information et de la documentation, comme vraisemblablement la majorité de leurs collègues dispersés aux quatre coins de la Francophonie, savent que l\u2019offre éditoriale provenant d\u2019associations professionnelles et d\u2019éditeurs français reste la plus abondante et la plus variée.En guise de service à ses membres, l\u2019Asted a ajouté à sa responsabilité propre en tant qu\u2019éditeur celle de diffuseur au Québec de plus de 150 ouvrages publiés en France par l\u2019Association des professionnels de l\u2019information et de la documentation (ADBS)11, par la maison commerciale Éditions du Cercle de la Librairie12 et par l\u2019École nationale supérieure des sciences de l\u2019information et des bibliothèques (ENSSIB)13.La diffusion par les Éditions ASTED de ces ouvrages spécialisés augmente considérablement leur visibilité au Québec et en facilite l\u2019acquisition par les professionnels.Autres éditeurs Les professionnels québécois francophones de l\u2019information et de la documentation ont accès à d\u2019autres ressources spécialisées proposées notamment par les 10.\tNous remercions Madame Régine Horinstein, directrice générale de la CBPQ, pour sa collaboration et pour l\u2019information fournie à ce sujet.11.\twww.adbs.fr 12.\twww.editionsducercledelalibraririe.com 13.\twww.enssib.fr NUMÉRO SPÉCIAL IFLA 2008 | ARGUS (VOL.37 NO 1, PRINTEMPS-ÉTÉ 2008) | DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES (VOL.54 NO 2 (AVR1L0UIN 2008) | 1 87 Pourrait-on envisager que l\u2019une ou l\u2019autre des associations professionnelles québécoises [.] prenne à charge l\u2019établissement et la mise à jour d\u2019un inventaire des monographies spécialisées d\u2019intérêt pour ses membres [.]?0
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