Argus, 1 janvier 2009, Printemps
[" Corporation of Professional Librarians | of Quebec Corporation des bibliothécaires professionnels k du Québec LA REVUE QUÉBÉCOISE DES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATION DOCUMENTAIRE__\t« BAnQ // Les défis de la littératie // L'édition du futur est à nos portes // Tout savoir sur la norme RDA // Bibliothèque numérique et scolaire en Haïti // 40 ans d'architecture à l'Université Laval // Des actions inventives pour la lecture // De nouveaux leaders à l'Université // La crise n'est pas là où vous croyez // Services Web 2.0 Corporation des bibliothécaires Pf professionnels du Québec POSTE PUBLICATION 40021801 \\ ¦ B LIVRE AU QUÉBEC L\u2019INCONTOURNABLE DE TOUS LES ACTEURS DU MILIEU DU REPERE CHOIXMEDIA TRANSIT OUTILS DE TRAITEMENT La vitrine idéale des éditeurs, des diffuseurs et des distributeurs La source d\u2019information enrichie des libraires Et l\u2019allier indispensable des bibliothécaires www.sdm.qc.ca ''/tir.,¦ A [ sommaire 1 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec Comité de rédaction Jean-François Barbe, rédacteur en chef Andréa Harland (co-responsable de la section Recherches) Patrick Labelle (co-responsabie de la section Recherches) Benoit Migneault Véronique Parenteau (responsable de la section État des milieux) Guy Teasdale Joelle Thivierge 3 le mot de présentation par Jean-François Barbe 5 tribune libre La crise n'est pas là où vous croyez! par Denis Vézina Traduction Andréa Harland Révision Véronique Parenteau Jean-François Barbe Page couverture Fig Communications figcom@sympatico.ca Graphisme Manon André manonand@videotron.ca Impression CRL Imprimerie Publicité Cristina Bucur (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage 1000 exemplaires _7 Apprendre avec une bibliothèque numérique en Haïti par Tristan Müller 10 Les bibliothèques et le défi de la littératie par Daniel Baril 15 Actions inventives pour la lecture par Claudine Audet 19 Des volumes réinventés à l'Université Laval par Madeleine Robin 21 Des revues en français: les grands portails en un coup d'oeil par Isabelle Lorrain 23 La norme RDA: outil mondial et intégration locale par Pat Riva et Nathalie Bellemare ARGUS est une revue publiée trois fois l'an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au : 353, rue St-Nicolas, bureau 103, Montréal (Québec), H2Y 2P1 Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n'engagent que ceux-ci.27 Les RDA pour un monde numérique par Ingrid Parent 29\tCompte-rendu par Nathalie Bellemare 30\tDe nouveaux leaders dans l'Université par Diane Polnicky et Onil Dupuis Abonnement annuel 33$ (Québec tarif individuel) 12$ le numéro Québec institutionnel 40$ (15$ le numéro) Canada 48$ (17$ du numéro) Extérieur du Canada 48$ US (17 $ US du numéro) Étudiants 23$ Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans: \u2022\tPascal Thema.T 205, Sciences de l'information-documentation \u2022\tInformation Science Abstracts \u2022\tLibrary and Information Science Abstracts (USA) \u2022\tLibrary Literature \u2022\tRepère 33\tL'édition du futur est à nos portes par Vincent Audette-Chapdelaine 34\tServices Web 2.0 et bibliothèques canadiennes par Daniel Boivin 38 état des milieux L'indexation chez Repère par Louise Marcotte 42 comptes-rendus par Olivier Le Deuff, Dominique Lapierre, Denis Thibault, Elisabeth Lavigueur et Jacques Messier [ 1 ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] la Librairie Monet HBiiSf*: zi ra m nr ?f | fi ' f M.rT, n =Ê * P«PP r «tâlf 'Ail :no?loi \"%- eco un salon des nouveautés mensuel, des espaces de travail, des libraires d\u2019expérience et un service personnalisé.Un service aux institutions qui s\u2019adapte à vos besoins! Consultez notre site www.librairiemonet.com m-r ëIËFîFH *r- I nous réinventons ' *.«383* « la librairie Galeries Normandie \u2022 2752, de Salaberry, Montréal (Québec) H3M 1L3 \u2022 Sortie 4 de l'autoroute 15 \u2022 514.337.4083 photo Denis Bernier [ le mot de présentation 1 Jean-François Barbe rédacteur en chef Que 100 Christiane Charette se lèvent Loin de tomber en désuétude en raison de la révolution numérique, les bibliothèques sont plus populaires que jamais.Aux États-Unis, signale le New York Times, elles affichent des taux de fréquentation en hausse de 10 à 30 %, partout sur le territoire.Elles accueillent les nouveaux chômeurs et offrent des outils d'aide à la recherche d'emploi.Sans compter l'accès gratuit au livre, à l'Internet et parfois même à la musique et au film.En Espagne, autre pays durement touché par la crise, les bibliothèques sont prises d'assaut.Les gens « s'en veulent d'avoir vécu au-dessus de leurs moyens.Ils ont compris que le livre pouvait améliorer leur formation, leur capacité à affronter la vie et un avenir incertain », selon les mots d'un responsable d'une chaîne de librairies de ce pays, au journal La Vanguardia.Mais rien n'est jamais acquis.Prenons la ville américaine de New York.Lors de la Grande Dépression, ses bibliothèques étaient ouvertes sept jours sur sept.Aujourd'hui, à cause des coupures budgétaires, elles n'ouvriront plus leurs portes que cinq jours et demi par semaine.Que faire?Se battre.Faire connaître ses services et aller à la rencontre des citoyens.Il y a tant à faire! Saviez-vous qu'une personne sur trois de 16 à 25 ans se situe sous le seuil jugé acceptable en lecture?Et cela se passe ici, au Québec.Une des nôtres, Christiane Charette, a beaucoup fait pour briser la transmission de l'ignorance et de l\u2019analphabétisme.Elle a mis sur pied un programme, appelé Les livres dans la rue, qui fête cette année son vingt-cinquième anniversaire.Le principe est simple.Des animateurs rencontrent les enfants dans les parcs, les ruelles, les logements sociaux.En leur montrant des livres, ils ouvrent toute grande la fenêtre vers le monde de la connaissance.Ce programme a rejoint plus de 100 000 jeunes Montréalais de 5 à 12 ans.Oui, la société a besoin de Christiane Charette et des bibliothèques, refuges pour tous dans la tempête des subprimes.Et pour longtemps encore.Un\tçq réchauffe le cœur! Carte réalisée par Noémie Veilleux, 4-5' année, École du Phare de Saint-Michel-de-Bellechasse.Disponible à l'atelier-boutique Ma grand'Noire du village.Les profits servent à l'achat de livres pour la bibliothèque de l'École du Phare.Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [3] BsBHHHHH huhbh non Notre expertise, oi service ((NOUVEAU )) Optimisez la performance de votre traitement documentaire grâce aux outils d\u2019avant-garde développés par nos spécialistes.Le RVM de l\u2019Université Laval : \u2022\tReconnu comme norme nationale francophone d\u2019indexation; \u2022\tAccès à plus de 260 000 vedettes-matière françaises; \u2022\tOffert sur trois supports : cédérom, site Web et fichier FTP.Le guide pratique du Répertoire de vedettes-matière (RVM) : Édité en collaboration avec l'Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTEPT \u2022\tOutil de référence en Amérique du Nord, simple et efficace, pour indexeurs débutants ou expérimentés; \u2022\tRègles d\u2019utilisation du RVM expliquées de façon détaillée.jnie mécanique ^ie géologiq Ariane?\" La Bibliothèque de l\u2019Université Laval poursuit ses percées technologiques avec sa nouvelle interface de recherche par facettes à code source libre Ariane 2.0.Pour plus d\u2019information : rvm@bibl.ulaval.ca \u2022 ariane2@bibl.ulaval.ca bibl.ulaval.ca UNIVERSITÉ LAVAL Bibliothèque [ tribune libre 1 Denis Vézina denisvezina@ville.montreal.qc.ca La crise n'est pas là où vous croyez! Nos gouvernements ont trouvé un fabuleux moyen pour nous sortir de la crise.Ils nous donnent plus d\u2019argent pour augmenter notre pouvoir d\u2019achat.Wow! Quelle bonne idée.Depuis des années, la plupart des courants de pensée nous amènent à remettre en question la société de surconsommation.Et en réponse à une crise économique, tout ce que l\u2019on trouve comme solution, c\u2019est de nous dire que ce n\u2019est pas bien d\u2019avoir deux autos.Mais non, il en faut trois! Quatre?C\u2019est encore mieux.Une télé dans la maison?Non, mais, vous n\u2019avez pas honte?Il en faut une dans chaque pièce.Le garage, vous y avez pensé?Allez les enfants, vous n\u2019avez pas assez de jouets, achetez-en encore plus.Depuis 50 ans, les pétrolières et les marchands de bagnoles font la loi en cowboy.Ils font des guerres.Ils tuent la planète.Et ils en mettent plein les poches à quelques bienheureux logés au sommet d\u2019une tour.Une tour située dans un pays imaginaire bien à l\u2019abri des besoins de la grande majorité de la population mondiale.Autour de cette tour, nos bonzes de l\u2019économie ont installé des banques, des multinationales et mis en marché un système de valeurs bonbon pour faire tenir le tout.Maintenant que le château de cartes s\u2019écroule, tout s\u2019écroule.Qui va payer?Nous, bien entendu.En réponse à la crise, nos gouvernements investissent dans des entreprises en perdition dirigées par les mêmes organisations qui ont mené le monde à sa perte.Une autre bonne idée! Des milliards seront investis dans des secteurs économiques en phase terminale.« On ne sait pas si ces investissements seront sulîisants pour rétablir l\u2019économie », disent les économistes.Je vais vous le dire moi, inculte que je suis, et des centaines de millions de personnes vous le diront : « Non, ce ne sera pas suffisant! » Sur une planète qui se meurt, devant tous les défis qui se présentent à l\u2019humanité comme jamais dans son histoire, qui peut croire qu\u2019investir dans les industries automobile et forestière sauvera l\u2019économie?Bon.On dira que sans ces investissements, des milliers de personnes perdront leur emploi et que la crise sociale qui en résultera sera bien pire.Pire que quoi?De toute manière, ces personnes perdront leur emploi.Il ne faut pas être disciple de Nostradamus pour prédire la fin des industries automobile et forestière telles que nous les connaissons.À plus ou moins court terme, ces gens se retrouveront à la rue.Qu\u2019auront-ils de plus pour affronter la crise personnelle qu\u2019ils vivront alors?Rien, rien de rien.sinon une télé, une auto et une console de jeux électroniques.Dites-moi, plutôt que de nous acharner à maintenir en vie l\u2019économie d\u2019une autre époque qui a fait son temps et qui est suffisamment vieille pour qu\u2019on ne se rappelle plus son nom, pourquoi ne tenterions-nous pas d\u2019aller ailleurs, de tenter l\u2019aventure de nouvelles avenues plus prometteuses, plus adaptées et certainement plus responsables?Au Canada, au Québec comme dans plusieurs pays d\u2019Europe et d\u2019Occident, la matière première de la prospérité est grise et elle se trouve dans la tête de chacun de ses habitants.Les métropoles performantes de l\u2019avenir seront habitées par des citoyens ayant fait les apprentissages essentiels pour s\u2019intégrer, participer et Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] s\u2019émanciper dans leur milieu de vie.Et ces apprentissages passent d\u2019abord et avant tout par les capacités de lecture de chacun.Depuis plusieurs décennies, les études prouvent que les niveaux de littératie sont insuffisants.Un Québécois sur deux n\u2019atteint pas le niveau requis pour fonctionner adéquatement.La lecture est non seulement une source de plaisir et de divertissement, c\u2019est aussi un moyen essentiel de contribuer à l\u2019amélioration des conditions de vie des citoyens.Savoir lire, savoir écrire, c\u2019est avoir la possibilité de s\u2019intégrer à la communauté, de participer à la vie civique, d\u2019inclure dans son quotidien la préoccupation d\u2019un bien-être collectif.Une population éduquée et culturellement avancée aurait de bien meilleures chances de faire face aux défis de demain.Non seulement, serait-elle mieux adaptée pour se défendre contre l\u2019exclusion sociale, elle serait aussi mieux positionnée pour répondre aux pressions économiques individuelle et collective.La prospérité économique ne pourra plus, comme autrefois, être le fait de quelques-uns.Elle s\u2019enracinera dans des sociétés composées d\u2019individus éduqués et impliqués.Le sort de notre voisin sera aussi le nôtre.Notre prospérité passera par sa prospérité.Plus il y aura de lieux accessibles à tous pour apprendre, s\u2019éduquer, grandir, et plus nous serons riches.Individuellement.Ensemble.Alors?Alors, mieux vaudrait investir dans l\u2019éducation et la culture.C\u2019est dans ces domaines que nos sociétés construiront leur prochaine économie.Investir dans les bibliothèques, les musées, les universités, les écoles, les entreprises créatives et les infrastructures de culture et de savoir, c\u2019est investir dans notre seule véritable ressource renouvelable, celle qui a fait de nous les héros de cette planète : notre intelligence individuelles et collectives.Et c\u2019est notre meilleure, peut-être notre seule, notre dernière garantie de survie et de prospérité.Adjoint à la directrice-associée des bibliothèques de la Ville de Montréal et auteur de livres jeunesse CEDROM-SNi se joint aux bibliothécaires professionnels du Québec pour souhaiter à la CBPQ un très joyeux 40ième anniversaire ! 1 1 \\ L\u2019univers des solutions Eureka.cc.des outils au service de vos compétences Pour vous permettre d\u2019animer une communauté informationnelle féconde et productive, les solutions performantes Eureka.cc vous accompagnent au quotidien dans la réalisation de vos mandats.> Pour en connaître davantage, visitez le www.eureka.ee EUREKA.CC une solution de CEDROIVIS NI Apprendre avec une bibliothèque numérique en Haiti Tristan Müller tristan.muller@bibliothequeglobale.org thèque proprement dite.Un bibliothécaire, l\u2019auteur de ces lignes, un enseignant, Jean-Luc Lord, et un informaticien, Patrick Hétu, ont réalisé conjointement plusieurs ateliers avec des groupes de quatre à 60 élèves.Depuis plus d'un an, la Fondation pour une bibliothèque globale travaille à la création d'une bibliothèque scolaire numérique qui deviendra accessible à tous les enfants munis d'un ordinateur et vivant dans un pays en voie de développement.Voici les résultats d'une première expérimentation en Haïti.Learning with an Online School Library For more than a year, the Fondation pour une bibliothèque globale has been working on creating an online school library which will be accessible to all children in developing countries with access to a computer.This article describes the results of a first trial in Haiti.La bibliothèque scolaire numérique (BSN) est destinée -comme l\u2019expliquait Tania Le Cavalier dans un précédent numéro de la revue Argus (vol.37, no 2) - aux enfants et aux enseignants des pays en voie de développement.Elle vise à faciliter le libre accès aux contenus éducatifs et culturels de qualité ainsi qu\u2019à favoriser la création et le partage de ces contenus.Supervisé par la Fondation Paul Gérin-Lajoie et financé par le ministère des Relations internationales du Québec (MRIQ), un projet pilote a été réalisé en Haïti avec des élèves de 3e et 5e année d\u2019une école primaire spéciale et d\u2019une école mixte.La Fondation pour une bibliothèque globale désirait vérifier si l\u2019utilisation de la bibliothèque scolaire numérique augmentait la motivation d\u2019apprendre au-delà du programme scolaire, et si l\u2019élève et l\u2019enseignant pouvaient utiliser la bibliothèque avec un peu de formation.La plus grande partie des contenus numériques de la BSN a été fournie par l\u2019Association pour la création littéraire chez les jeunes.Dans un premier temps, nous avons présenté les ordinateurs aux jeunes qui ne connaissaient pas ces outils.Puis, dans la deuxième et dernière partie de l\u2019expérimentation qui s\u2019est déroulée en février dernier, nous leur avons présenté la biblio- Les écoles Ce projet d\u2019expérimentation a eu heu dans deux écoles reflétant des réalités sociales très différentes.Les élèves de l\u2019école primaire spéciale sont principalement des « reste avec », c\u2019est-à-dire des filles qui doivent accomplir des tâches ménagères dans leurs familles d\u2019accueil.Le matin, elles travaillent et, l\u2019après-midi, elles vont à l\u2019école.Certaines sont beaucoup plus âgées que ne le sont habituellement les élèves de leur classe.Par exemple, dans la classe de 3e année, quelques-unes sont âgées de 16 à 21 ans, alors que l\u2019âge habituel est de 8 à 9 ans.Ayant déjà travaillé depuis le lever du soleil, elles sont souvent fatiguées et manquent d\u2019attention en classe.L\u2019école primaire spéciale étant une école publique, elle est gratuite.Chacune des classes compte environ 40 élèves.Les élèves de l\u2019école mixte Eben Ezer sont plutôt privilégiés.Comme il s\u2019agit d\u2019une école privée, elle n\u2019est pas gratuite.L\u2019âge des enfants en 5e année se situe dans la moyenne attendue, soit entre 12 et 14 ans.Chacune des classes compte jusqu\u2019à 60 élèves.Dans ces deux écoles, comme dans l\u2019ensemble du pays, les élèves reçoivent moins de quatre heures de cours par jour.Les enseignants sont souvent absents.Les élèves sont donc en retard dans la plupart des matières enseignées, en particulier en français, la deuxième langue nationale du pays.La plupart des enseignants travaillent dans deux écoles différentes au cours de la même journée.En effet, il leur est imposé de travailler dans les écoles publiques.Toutefois, comme ils n\u2019ont pas étés payés par le gouvernement depuis quatre ans et qu\u2019il y a une énorme demande d\u2019enseignants, ils travaillent aussi dans des écoles privées dans lesquelles ils sont rémunérés régulièrement.Hypothèses et résultats L\u2019autonomie de recherche dans la bibliothèque scolaire numérique et le désir d\u2019apprendre au-delà du programme bibliothèque collaborative Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [7] L\u2019ORDINATEUR XO L\u2019ordinateur XO ressemble à un jouet, mais n\u2019en est pas un.Il est équipé des dernières technologies, est très résistant et consomme peu d\u2019énergie.Le XO a été spécifiquement conçu pour les enfants de 6 à 12 ans.Avec ses capacités de connexions et plus d\u2019une centaine de logiciels éducatifs, les enfants peuvent facilement réaliser divers apprentissages.Son interface dite « Sugar » est spécialement développée pour les enfants afin de faciliter les apprentissages, développer la créativité et la réflexion et favoriser le partage.Les logiciels sont sous licence libre.scolaire traditionnel étaient les objets de l\u2019expérimentation.Il s\u2019agissait de valider des hypothèses d\u2019expérimentation pour les volets pédagogique, bibliothéconomique et technologique des ordinateurs XO et de la bibliothèque scolaire numérique autant avec les enfants qu\u2019avec les enseignants.Voici quelques hypothèses qui devaient être validées et les résultats constatés.Volet pédagogique \u2022\tLe XO génère une motivation particulière chez les élèves.Hypothèse confirmée, car il y a eu moins d\u2019absentéisme chez les élèves durant la période d\u2019expérimentation.\u2022\tLe XO permet de mettre l\u2019élève au centre de l\u2019enseignement et d\u2019adapter le rythme en fonction de ses besoins.Hypothèse confirmée, car il y avait moins d\u2019élèves inactifs ou en attente durant les heures de classe.\u2022Le XO permet de développer une relation d\u2019aide entre les élèves.Hypothèse confirmée, car le XO crée un contexte dans lequel une relation d\u2019aide entre les élèves peut s\u2019installer.Toutefois, la méthode traditionnelle d\u2019enseignement constitue un obstacle à l\u2019entraide.Un changement de mentalité est nécessaire et demandera du temps auprès des professeurs et des élèves.\u2022\tL\u2019enseignant s\u2019adapte à un rôle différent lorsque les élèves utilisent le XO.Hypothèse confirmée.L\u2019enseignant n\u2019est plus la seule source d\u2019information et devient davantage un guide.Toutefois, l\u2019enseignant a de la difficulté à délaisser la méthode d\u2019enseignement traditionnelle.Volet bibliothéconomique \u2022 La bibliothèque scolaire numérique suscite chez l\u2019enfant le désir d\u2019apprendre au-delà du cursus scolaire.Les élèves ont répondu à 96 % qu\u2019ils ont aimé utiliser la bibliothèque scolaire numérique, particulièrement en raison du fait qu\u2019ils ont appris de nouvelles choses.L\u2019observation directe a montré que les élèves étaient particulièrement attentifs lors des ateliers.Certains ont insisté pour rester sur place après l\u2019atelier afin de continuer à utiliser la bibliothèque scolaire numérique.Quelque 94 % des enseignants répondent que la BSN suscite la curiosité intellectuelle des élèves.\u2022 Line séance de formation de trois heures suffit pour former un élève à la BSN.Hypothèse confirmée.En fait, il suffit de moins de 30 minutes aux élèves pour comprendre et être autonomes.Bien PROJET OLPC One Laptop Per Child (OLPC ou Un ordinateur par enfant) est un projet éducatif destiné aux enfants des pays en voie de développement.Il s\u2019agit d\u2019une occasion de développement et d\u2019éducation à grande échelle.Pourquoi fournir un ordinateur à un enfant qui n\u2019a pas accès à l\u2019électricité ou à l\u2019eau courante?Si on remplace « un ordinateur » par « une éducation », la réponse devient claire et évidente.Pourquoi faudrait-il attendre que les problèmes des pays en voie de développement soient résolus pour éduquer les enfants?L\u2019éducation doit se faire en même temps, car l\u2019éducation est la base de la résolution des autres problèmes.i .v: - ffr .v 7Æ F \t [8] [ ARGUS ] Vol.38, n\" 1, printemps 2009 entendu, les élèves doivent préalablement posséder les notions de base en informatique et à l\u2019utilisation du XO.93 % des élèves et 75 % des enseignants considèrent que la bibliothèque est facile d\u2019utilisation.Lors d\u2019une deuxième rencontre avec les mêmes enfants, on leur a demandé d\u2019effectuer une recherche dans la BSN sans leur expliquer de nouveau son fonctionnement.Tous savaient comment accéder à la BSN et comment effectuer leurs propres recherches de manière autonome.\u2022 Le contenu de la BSN peut être utilisé dans le programme scolaire haïtien.Hypothèse confirmée.Dans le cadre de la La bibliothèque scolaire numérique suscité la curiosité intellectuelle des élèves mission d\u2019expérimentation, des ateliers et une leçon de français avec le contenu de BSN ont été offerts aux élèves.Aussi, les enseignants interrogés ont pu entrevoir les possibilités pouvant être développées avec un futur contenu scientifique.La totalité des enseignants considère que la BSN apporte une valeur ajoutée à leur enseignement.L\u2019analyse des cahiers de programmes pédagogiques scolaires du primaire permet d\u2019entrevoir l\u2019utilisation de la BSN dans d\u2019autres matières que le français comme le créole haïtien et les mathématiques.Volet technologique \u2022 Tous les formats de documents numériques nécessaires à la BSN peuvent être lus sur l\u2019ordinateur XO.Hypothèse confirmée.Le contenu de la BSN ne comportait que des documents HTML, des images et des documents PDF.Compte tenu des capacités du XO, les documents multimédias pourraient être lourds à charger et à exécuter.Les documents MPEG et Flash ne sont pas lisibles.\u2022La batterie d\u2019un XO peut être chargée par une source d\u2019énergie alternative.Hypothèse confirmée.La centaine d\u2019ordinateurs XO ont été rechargés en moins de 90 minutes avec des panneaux solaires installés dans chacune des deux écoles.Difficultés rencontrées Dans cette expérimentation, il n\u2019y a pas eu de véritables difficultés avec le XO ou la BSN.Les problèmes survenus provenaient des routeurs de type résidentiel non conçus pour plus de 30 connexions simultanées.Aussi, l\u2019armature du béton armé avec laquelle les écoles sont construites a constitué un facteur de blocage majeur des ondes radio.BIBLIOTHÈQUE SCOLAIRE NUMÉRIQUE La bibliothèque scolaire numérique « J\u2019apprends » est en développement et sera composée à terme de plusieurs milliers de documents numériques tels que dictionnaires, encyclopédies, contes, romans, documentaires, bandes dessinées, livres audio, vidéos, jeux éducatifs et fiches pédagogiques créées par et pour les enseignants des écoles de pays en voie de développement.Le contenu reflète la culture et les modes de vie des enfants des pays en développement.La bibliothèque sera donc constituée de créations locales.Utilisée avec les ordinateurs XO, elle permettra de porter une bibliothèque tout entière dans des milieux qui n\u2019ont pas de livres, qui n\u2019ont pas d\u2019accès à Internet et qui n\u2019ont pas l\u2019électricité.Il s\u2019agira d\u2019un outil de collaboration conçu pour améliorer la qualité de l\u2019enseignement des niveaux primaire et secondaire.Elle sera utilisée pour l\u2019apprentissage libre, le partage du matériel d\u2019enseignement et pour l\u2019enseignement.Elle adhère aux principes et aux normes du Manifeste de la bibliothèque scolaire de l\u2019IFLA et de l\u2019UNESCO (en savoir plus : www.ifla.org/VII/s11/pubs/mani-f.htm).Futurs développements Les élèves ont particulièrement apprécié la possibilité d\u2019utiliser les ordinateurs XO et la BSN qu\u2019ils se sont rapidement appropriés.À la fin de certains ateliers, quelques-uns ont demandé à revenir après la classe pour continuer les ateliers.Dans ces périodes libres ouvertes à tous les élèves, la plupart ont passé plusieurs heures avec le XO, même le samedi qui est une journée de congé.À ces occasions, certains ont spontanément écrit et dessiné leurs propres histoires afin qu\u2019elles soient ajoutées à la BSN.Ce fut pour les trois volontaires une occasion unique de côtoyer des enfants dotés d\u2019une très grande capacité d\u2019apprentissage, à la condition bien sûr d\u2019avoir les outils nécessaires à leur disposition.Suite à cette expérimentation, nous demeurons convaincus que l\u2019ordinateur XO et la BSN constituent des outils pédagogiques très pertinents pour les enfants et les enseignants; comportant davantage de bénéfices que d\u2019inconvénients.Nous considérons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un projet majeur favorisant l\u2019éducation pour tous, dans les pays en développement.Ce projet expérimental en Haïti servira de baromètre pour le futur.Le ministère des Relations internationales du Québec se penchera attentivement sur les résultats avant d\u2019évaluer la mise en œuvre d\u2019autres projets possibles avec le XO et la Bibliothèque scolaire numérique.Bibliothécaire, spécialiste des technologies libres à l'Observatoire des technologies libres Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [9] Les bibliothèques et le défi de la littératie Daniel Baril dbaril@icea.qc.ca Le Québec fait face à un défi colossal en matière de littératie.La bibliothèque, carrefour de l'information ou espace d'apprentissage et de collaboration, doit devenir un acteur clé de la lutte pour l'accroissement des niveaux de littératie.Libraries and the Literacy Challenge Québec faces an important challenge with respect to literacy.Libraries, information hubs or spaces for learning and collaboration, must become key players in the movement to increase levels of literacy.Les résultats de la dernière enquête sur les niveaux de littératie des Québécois ont confirmé les craintes de plusieurs intervenants : les taux de faible littératie demeurent élevés.Publiés en mai 2006, ces résultats révélaient qu\u2019en 2003 la moitié de la population québécoise de 16 à 65 ans éprouvait des difficultés à bien comprendre le sens de textes écrits.Ces chiffres nous apprenaient aussi que depuis la dernière enquête, publiée en 1994, le Québec avait peu progressé en cette matière.Dans une société qui compte autant sur l\u2019écrit que la nôtre, lire avec difficulté peut rapidement devenir une cause d\u2019exclusion.Le fait que la moitié de la population ne maîtrise pas cette compétence fondamentale lance un défi majeur quant au respect du droit à l\u2019éducation pour la population adulte et a des conséquences importantes sur le principe d\u2019égalité des chances1.Il devient de plus en plus évident que seule une mobilisation de tous les intervenants permettra de relever ce défi colossal qui touche 2,4 millions de personnes.Bien que les centres d\u2019éducation des adultes et les organismes d\u2019alphabétisation populaire demeurent les principaux acteurs sur lesquels appuyer notre action, de plus en plus, les entreprises du Québec, tant dans le secteur privé que dans celui de l\u2019économie sociale et solidaire, sont également interpellées pour contribuer à la formation de base de leurs employés.Les bibliothèques publiques et les services documentaires ont aussi été invités à intervenir.Ces dernières années, le champ d\u2019action des bibliothèques s\u2019est élargi en dépassant largement les interventions visant l\u2019accès aux livres.Elles deviennent un acteur clé de l\u2019éducation des adultes.Dans cet article, je soumettrai quelques réflexions concernant la contribution des bibliothèques à l\u2019éducation des adultes.Avant cela, je présenterai les données d\u2019une enquête récente sur la littératie.Qu'est-ce que la littératie?En 1994, l\u2019OCDE a réalisé une première enquête internationale sur les niveaux d\u2019alphabétisation de la population adulte.Le Canada a été plus qu\u2019un simple participant à cette première édition de l\u2019enquête sur la littératie2.Il a, en fait, joué un rôle central dans la création de cette enquête, Statistique Canada ayant développé conjointement avec l\u2019OCDE le cadre méthodologique de l\u2019enquête.L\u2019EIACA est basé sur le concept de littératie.Il est important de préciser ce concept pour comprendre correctement les résultats de l\u2019EIACA.La littératie n\u2019est pas un synonyme d\u2019alphabétisation3, car elle ne fait pas référence uniquement à la capacité d\u2019un individu à lire les mots, soit le « savoir lire, écrire et compter » traditionnel, comme le résume la politique d\u2019éducation des adultes du Québec4.La littératie va plus loin.Ce concept définit la capacité d\u2019un individu à comprendre le sens d\u2019un texte, soit l\u2019ensemble résultant de l\u2019addition du sens de tous les mots.Plus formellement, l\u2019EIACA définit ainsi la littératie : « (.) ensemble des compétences de base rattachées à la compréhension et à l\u2019utilisation de l\u2019information écrite chez les adultes.»5 L\u2019EIACA cherche à mesurer la capacité des individus à comprendre le sens de différents types de textes : les textes écrits ou schématiques, les textes faisant appel au calcul (la numératie) ou à la résolution de problèmes.Le tableau no 1 ci-dessous reprend les définitions proposées par l\u2019EIACA pour chacun de ces types d\u2019écrits6.L\u2019Enquête identifie cinq niveaux de compétences en lit-tératie, évalués par une échelle de 1 à 5.Les experts qui ont élaboré cette échelle jugent que le 3e niveau représente les compétences qu\u2019un individu devrait posséder pour bien fonctionner dans notre monde fortement centré sur l\u2019écrit7.A ce niveau, un individu est en mesure de repérer de l\u2019information dans un texte, d\u2019effectuer des déductions de faible niveau, et de comprendre un texte dense ou long8.Les individus se situant aux niveaux 1 et 2 ne posséderaient pas les compétences suffisantes de compréhension de textes pour bien fonctionner dans notre société.Il est important de distinguer les difficultés rencontrées par des personnes se situant au niveau 1 et celles vécues par les personnes de niveau 29.Les personnes de niveau 2 possèdent certaines compétences de base leur permettant de comprendre [ 10] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 des textes simples.L\u2019essentiel de leurs difficultés, comme l\u2019explique une étude de 200810, réside dans leur faible bagage de connaissances qui ne leur permettent pas de décoder pleinement le sens d\u2019un texte.« (.) les adultes qui se situent au niveau 2 diffèrent de ceux du niveau 1 non seulement par leur niveau de compétence, mais aussi par la configuration des composantes de leur compétence.Ceux qui se situent au niveau 2 obtiennent des notes plus élevées en vocabulaire et en orthographe.Malgré leur vocabulaire suffisant, les tâches de niveau 3 sont trop difficiles pour eux à cause de leur faible capacité de décodage.»\" Ces problèmes de décodage résultent de « difficultés liées au vocabulaire et aux connaissances antérieures », d\u2019une méconnaissance de « certains types de textes plus formels » et des « stratégies de compréhension qui conviennent à ces textes »12.De leur côté, les personnes de niveau 1 ont de plus lourdes difficultés de compréhension de textes suivis.Ces individus s\u2019apparentent aux personnes dites faiblement alphabétisées auxquelles on fait référence dans le domaine de l\u2019alphabétisation.Le rapport québécois de l\u2019EfACA révèle aussi de nombreuses inégalités.Les personnes plus âgées présentent des taux plus forts de faible littératie que les populations plus jeunes.Plus de 21 % des personnes de 46 à 65 ans se situent au niveau 1.Ce taux atteint 62 % chez les personnes de 66 ans et plus.Le niveau de scolarité influence aussi fortement les compétences en littératie.40 % des personnes sans diplôme d\u2019études secondaires se classent au plus bas taux de l\u2019échelle de littératie, soit le niveau 1.Ce taux de personne de niveau 1 est de 13,6 % chez les personnes possédant un diplôme d\u2019études secondaires et de 4,5 % chez celles détenant un diplôme d\u2019études universitaires.Concernant la situation d\u2019emploi, on constate aussi des inégalités en matière de littératie.12 % des personnes en emploi sont de niveau 1, tandis que 31 % des personnes sans emploi se classent à ce faible niveau de littératie.Le rapport de l\u2019EIACA met aussi en évidence des inégalités selon le secteur d\u2019activité, le type de profession, la classe d\u2019emploi et la taille de l\u2019entreprise.Enfin, posséder de faibles capacités en compréhension de textes suivis n\u2019est pas sans conséquence.Selon l\u2019EIACA, les personnes de niveau 1 feront face à des difficultés impor- Domaines de compétences mesurées par l\u2019ElACA Textes suivis\tTextes schématiques\tNumératie\tRésolution de problèmes Les connaissances et les compétences requises pour comprendre et utiliser l\u2019information de certains textes, notamment des éditoriaux, des nouvelles, des brochures et des manuels d\u2019instruction\tLes connaissances et les compétences requises pour situer et utiliser l\u2019information contenue dans des documents de divers formats, notamment des demandes d\u2019emploi, des formulaires de paie, des horaires de services de transport, des cartes, des tableaux et des graphiques\tLes connaissances et les compétences requises pour gérer efficacement les exigences relatives aux notions de calcul de diverses situations.\tLa résolution de problèmes signifie la réflexion et l\u2019action orientées vers un but dans des situations pour lesquelles aucune solution de routine n\u2019existe.Résultats de l'ElACA pour le Québec En 2006, l\u2019Institut de la statistique du Québec a publié un rapport détaillé des données recueillies sur la population du Québec lors de l\u2019EIACA13.Ce rapport nous permet d\u2019avoir un portrait plus précis de la situation du Québec en matière de littératie.Au total, 49 % de la population du Québec de 16 à 65 ans se situe aux deux niveaux les plus bas de l\u2019échelle de la littératie.Plus précisément, 16 % des Québécois et des Québécoises se classent au niveau 1, c\u2019est-à-dire que ces personnes vivent de sérieuses difficultés à comprendre le sens d\u2019un texte suivi.Cela représente plus de 780 000 personnes.tantes dans leur vie.On ne s\u2019étonnera pas de constater que les personnes ayant de faibles compétences en littératie perçoivent des salaires beaucoup moins élevés que celles se situant à des niveaux plus élevés de littératie.En outre, les personnes de niveau 1 participent très peu à des activités de formation, contrairement à des personnes se classant aux niveaux 3, 4 et 5 de l\u2019échelle sur la littératie.Il faut prendre au sérieux ces données sur les niveaux de faible littératie au Québec.Elles sont peut-être la mesure la plus juste de la performance du Québec dans ce domaine14.Le défi est de taille.Notre objectif minimal doit nous amener à Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [ 11 1 ''Favoriser l\u2019accès^ des individus à l\u2019information et à la v connaissance > Accompagner N l\u2019usager dans le développement de ^ses compétences, Espaces d\u2019apprentissage et de collaboration Carrefour de l\u2019information Lieux de partage des savoirs et de diffusion des Intégrer les communautés à la société du savoir Miser sur un rôle actif de l\u2019usager (interactivité et partage) faire en sorte que plus de 780 000 personnes de niveau 1 maîtrisent les compétences de niveau 2.Contribution des bibliothèques On parle de plus en plus, au Canada et au Québec, de faire de l\u2019augmentation des niveaux de littératie un enjeu prioritaire et un chantier national qui nécessiteront une large mobilisation de tous les acteurs.Les bibliothèques, en développant leur vocation de lieux d\u2019accès au savoir15, sont bien placées pour contribuer à cet effort.Le développement des nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication a amené les bibliothèques à réfléchir à leur mission et à leur mode de fonctionnement.La facilité d\u2019accès à l\u2019information que permet l\u2019Internet a forcé les bibliothèques à revoir leur approche en matière d\u2019accessibilité aux connaissances en s\u2019appuyant sur ce qui les différencie du Web : l\u2019accompagnement de l\u2019individu et la dimension communautaire se dégageant de leur présence dans une collectivité.Ainsi, lors d\u2019un colloque sur l\u2019avenir des bibliothèques publiques du Québec, le sociologue Rosaire Gagnon a résumé les transformations récentes constatées au sein des bibliothèques.Selon lui, le devenir des bibliothèques n\u2019est pas lié au livre, mais au partage du savoir et à la diffusion des connaissances16.Ce changement de perspective ouvre de nombreuses possibilités que plusieurs intervenants ont mises en évidence.Le CEFRIO partage un point de vue semblable lorsqu\u2019il affirme que la bibliothèque est un « carrefour de l\u2019information »17.Dans un récent mémoire, la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ) faisait état des enjeux et des défis qui confrontent les bibliothèques18.L\u2019émergence de nouveaux rôles pour la bibliothèque est l\u2019un des défis mentionnés.Selon la CBPQ, les bibliothèques ne se limitent plus à guider leurs abonnés dans la recherche de livres, elles les accompagnent dans le perfectionnement de leurs compétences.Elles deviennent aussi un acteur important dans l\u2019insertion des communautés locales dans la société du savoir.L\u2019avènement récent du Web 2.0 ouvre un nouveau monde d\u2019interactivité, de partage et de collaboration qui mise sur le multimédia et donne à l\u2019usager un rôle qui est fondamentalement actif à l\u2019égard de l\u2019information.Certaines bibliothèques commencent à s\u2019inspirer de cette conception de l\u2019usager.À cet effet, un modèle de bibliothèque 2.0 est élaboré et testé par certaines institutions19.Ce modèle propose de transformer les bibliothèques en « espaces d\u2019apprentissages et de collaboration » 20.Les bibliothèques sont renforcées par ces nouvelles perspectives.Le schéma ci-dessous résume quelques-unes des grandes idées qui guident la redéfinition de l\u2019action des bibliothèques.L'action des bibliothèques en éducation des adultes Ces tendances, qui redéfinissent l\u2019action des bibliothèques, font progresser leur capacité à jouer un rôle en éducation.Un manifeste de FUNESCO, adopté en 1994, définit clairement la portée du rôle éducatif des bibliothèques dans une perspective d\u2019apprentissage tout au long de la vie21.« La bibliothèque publique, porte d\u2019accès à la connaissance, remplit les conditions fondamentales nécessaires à l\u2019apprentissage à tous les âges de la vie, à la prise de décision en toute indépendance et au développement culturel des individus et des groupes sociaux.»22 Plus spécifiquement, précise le manifeste, la bibliothèque est une voie d\u2019accès à différents savoirs (culture, science, informations de tout genre).Elle est aussi un lieu d\u2019apprentissage (autoformation et enseignement conventionnel, alphabétisation, utilisation des TIC).En 1997, lors de la dernière grande conférence internationale de FUNESCO sur l\u2019éducation des adultes, le rôle éducatif des bibliothèques a été réaffirmé23.Les bibliothèques, précise Y Agenda pour l\u2019avenir, doivent être considérées comme des « centres et ressources d\u2019éducation des adultes »24.À ce titre, elles doivent être renforcées, notamment dans leur financement.Le rapport d\u2019un chercheur, qui a été présenté lors d\u2019un bilan de mi-parcours de la mise en œuvre des engagements de cette conférence de 1997, a exposé les multiples facettes du rôle des bibliothèques en éducation des adultes25 : \u2022\tinformation générale; \u2022\tpromotion d\u2019activités d\u2019éducation; \u2022\toffre d\u2019activités d\u2019éducation formelle ou non formelle; \u2022\torientation, conseil et référence; \u2022\tcollaboration et partenariat avec des acteurs de l\u2019éducation des adultes; [ 12 ] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 \u2022\tcours d\u2019introduction à l\u2019éducation des adultes; \u2022\tlieux d\u2019accès à des ordinateurs dans le cadre de programmes de formation à distance; \u2022\tvillage électronique et centre d\u2019apprentissage offrant gratuitement un accès à Internet; \u2022\tcentre de renforcement de compétences de lecture; \u2022\tcentre d\u2019autoformation; \u2022\tcentre d\u2019information sur les emplois.Selon ce chercheur, les bibliothèques peuvent et doivent apporter une contribution importante au transfert de l\u2019information, des connaissances et des ressources éducatives à l\u2019intention des populations adultes éprouvant ou ayant éprouvé des difficultés en contexte scolaire.Le Québec fait face à un défi colossal en matière de littératie.Plus de 780 000 personnes démontrent de faibles compétences de littératie.Ces personnes vivent des situations proches de l\u2019analphabétisme.Elles se classent au niveau 1, le plus bas, de l\u2019échelle de la littératie.Les personnes se classant au niveau 2 possèdent des compétences de base en littératie.Toutefois, leur vocabulaire est limité et leurs faibles connaissances générales les empêchent de comprendre pleinement le sens des textes qu\u2019elles lisent.Il y a au Québec 1,6 million de personnes dans cette situation.Tous les acteurs de l\u2019éducation des adultes et, plus largement, l\u2019ensemble des acteurs gouvernementaux et socioéconomiques doivent être mobilisés pour relever ce défi.Comme l\u2019affirma l\u2019ICÉA lors de la publication du rapport québécois de l\u2019EIACA : un plan d\u2019urgence est nécessaire26.Les bibliothèques sont, pour les individus et les communautés, des voies d\u2019accès aux savoirs qui sont conviviales et bien ancrées dans les localités.La bibliothèque, carrefour de l\u2019information ou espace d\u2019apprentissage et de collaboration, doit devenir un acteur clé de cette lutte pour l\u2019accroissement des niveaux de littératie.Or, les bibliothèques sont une des grandes absentes de la Politique gouvernementale d\u2019éducation des adultes et de formation continue.Publiée en 2002, cette politique a limité ses domaines d\u2019intervention à la formation de base et à la formation de la main-d\u2019œuvre.Plusieurs autres domaines importants de l\u2019éducation des adultes ne sont pas interpellés par cette politique, dont le milieu des institutions culturelles.Le gouvernement révise actuellement le plan d\u2019action qui accompagne cette politique.Dans ce contexte, l\u2019ICÉA a demandé que le champ d\u2019intervention de la politique soit élargi pour y inclure entre autres les bibliothèques27.Il serait capital que le prochain plan d\u2019action mobilise les bibliothèques qui ont un rôle spécifique à jouer dans l\u2019accroissement de la littératie.Notes 1.\tBaril, Daniel.« Le droit à l\u2019éducation pour les adultes : un droit juridique à élargir, un droit moral à respecter », Conférence présentée dans le cadre du colloque sur le droit d\u2019apprendre organisé par le Centre du savoir Apprentissage chez les adultes du Conseil canadien sur l\u2019apprentissage, Halifax, Nouvelle-Écosse, 10-12 juin 2007 et Baril, Daniel.« Il faut défendre le droit à l\u2019éducation des adultes », Conférence prononcée dans le cadre du Forum consultatif francophone ICÉA et FCAF sur le droit d\u2019apprendre, Montréal, 24 octobre 2008.2.\tCanada.Statistique Canada, Secrétariat national à l\u2019alphabétisation et Développement des ressources humaines Canada.Lire l\u2019avenir : un portrait de l\u2019alphabétisme au Canada, Ottawa, 1996.3.\tNous résumons l\u2019alphabétisation à sa plus simple expression.Nous sommes bien conscients qu\u2019au cours de son histoire, l\u2019alphabétisation a pris différents sens en fonction des acteurs sociaux qui en défendaient la cause : conceptions déficitaire (faible scolarité à corriger), compréhensive (situation d\u2019inégalité sociale) et managériale (compétences insuffisantes pour fonctionner dans la société).Voir, UNESCO.L\u2019alphabétisation dans les pays francophones : situations et concepts, par Benjamin Fernandez, Background paper prepared for the Education for All Global Monitaring Report 2006, Literacy for Life, 2005.4.\tQuébec.Ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport.Politique gouvernementale d\u2019éducation des adultes et de formation continue, Québec, 2003, p.10.5.\tQuébec.Institut de la statistique du Québec.Développer nos compétences en littératie : un défi porteur d\u2019avenir, Rapport québécois de l\u2019Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), 2003, Québec, mai 2006, p.27.6.\tDans la suite de notre article, nous porterons notre attention plus spécifiquement sur la compréhension de textes suivis.Cette mesure fait plus directement référence à des situations rencontrées par les individus dans leur quotidien.7.\tCanada.Ressources humaines et Développement des compétences Canada et Statistique Canada.Miser sur nos compétences : résultats canadiens de l\u2019Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation et les compétences des adultes, Ottawa, 2003, p.13.8.\tQuébec.Institut de la statistique du Québec.Développer nos compétences en littératie.op.cit.p.45.9.\tNous faisons référence ici à une étude de Statistique Canada qui a évalué plus finement les compétences d\u2019un échantillon de personnes qui avaient été interviewées lors de l\u2019EIACA et qui avaient été classées aux niveaux 1 et 2.Voir Canada.Statistique Canada et Ressources humaines et Développement social Canada.L\u2019apprentissage de la littératie au Canada : constatations tirées de l\u2019Enquête internationale sur les compétences en lecture, Ottawa, Janvier 2008.10.\tCanada.Statistique Canada et Ressources humaines et Développement social Canada.L\u2019apprentissage de la littératie au Canada : constatations tirées de l'Enquête internationale sur les compétences en lecture, Ottawa, Janvier 2008, 133 p.11.\tIbid.p.95 12.\tIbid.p.47 13.\tQuébec.Institut de la statistique du Québec.Développer nos compétences en littératie.op.cit.Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [13] 14.\tLes résultats du Québec de l\u2019enquête de 1994 avaient été remis en question en raison de la faiblesse de l\u2019échantillon.Pour avoir un portrait plus juste, plus de 4 000 personnes ont été interviewées au Québec lors de l\u2019édition 2003 de l\u2019El AC A.15.\tGagnon, Rosaire.« Le lectorat québécois : qui est-il?», Colloque sur l\u2019avenir des bibliothèques publiques du Québec, 20 avril 2007.Présentation PowerPoint.16.\tIdem.17.\tCEFRIO.Portrait sommaire des bibliothèques collégiales du Québec et études sur leur avenir, Rapport final des travaux, préparé pour le Centre collégial des services regroupés, février 2008, pp.5, 31 et ss.18.\tCorporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Mémoire au Conseil des ministres.Projets de loi sur les bibliothèques publiques au Québec, Avril 2006.Site de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec [http://www.cbpq.qc.ca/dossiers/3_bibl_publique/ LOI_BiblPubliques_Avril06.htm].19.\tCEFRIO.Portrait sommaire ., op.cit.p.6.20.\tIdem.21.\tUNESCO.Manifeste de l'UNESCO sur la bibliothèque publique, 1994 [http://www.unesco.org/webworld/libraries /manifestos/libraman_fr.html] 22.\tIdem.23.\tUNESCO.Agenda pour l\u2019avenir, Cinquième conférence internationale sur l\u2019éducation des adultes (CONFINTÉA V), Hambourg, 14-18 juillet 1997, art.42 [http://www.unesco.org /education/uie/confintea/agavenir.htm] 24.\tIdem.25.\tHàggstrôm, Britt Marie.« Libraries as Sources of Knowledge and Spaces for Learning », in UNESCO Institute for Education.Museums, Librairies and Cultural heritage.Democratising Culture, Creating knowledge and Building Bridges, Report on the Workshop Held at the CONFINTEA V Mid-term Review Conference, Bangkok, Thailand, September 2003 (Edited by Jutta Thinesse-Demel), Germany, 2005, pp.4-8 26.\tICEA.« 55 % des Québécois et des Québécoises éprouvent des difficultés à lire : un plan d\u2019urgence est nécessaire, communiqué de presse », 11 mai 2006 27.\tICEA.« Déclaration de l\u2019ICEA sur l\u2019élargissement de la Politique gouvernementale d\u2019éducation des adultes et de formation continue », Montréal, 2008.[http://www.icea.qc.ca /assets/files/politiquegouvemementale.pdf] Chargé de projet aux politiques en éducation des adultes.Institut de coopération pour l'éducation des adultes (ICÉA) La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier uotre travail.Notre expérience nous permet d'effectuer des recherches fréquentes pour uous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et uous sauver du temps.Depuis 19/32, nous desservons les institutions d\u2019enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le privilège de bien vous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (450) 435-0581 Télécopieur : (450) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche [ 14] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 Actions inventives pour la lecture Exemples du Québec et de la région Rhône-Alpes Claudine Audet Claudine.Audet@mcccf.gouv.qc.ca Une recherche menée auprès de bibliothèques du Québec et de la région Rhône-Alpes en France a mis en évidence une panoplie d'actions visant à rejoindre des publics ayant des rapports éloignés avec la lecture.Les accueils intra-muros ciblés, la médiation hors les murs et le travail de liaison avec des partenaires de terrain constituent trois axes d'intervention visant à favoriser les activités de lecture.Inventive Activities that Encourage Reading.Examples from Quebec and the Rhône-Alpes Region A survey of libraries in Quebec and the Rhône-Alpes region in France brought to light a variety of activities put in place so as to reach and audience with an uneasy relationship to reading : targeted intracity receptions, mediation beyond the walls and liaison work with partners in the field.Depuis quelques années, les recherches et les réflexions sur les publics des bibliothèques municipales ont fait prendre conscience de l\u2019hétérogénéité croissante des clientèles.Les stratégies de réponses des bibliothèques sont diverses et variables.Elles dépendent de plusieurs facteurs, notamment des attentes multiples quant aux rôles qu\u2019elles devraient assumer, de la compréhension qu\u2019en ont leurs responsables, des moyens disponibles et des caractéristiques des territoires.La recherche, dont certains résultats sont rapportés ici, visait à examiner ce que font les bibliothèques municipales pour rejoindre les populations dites éloignées de la lecture, la place que prend cette préoccupation dans l\u2019ensemble de leurs objectifs, les facteurs qui facilitent ou contrecarrent leurs efforts et, enfin, les retombées.Si des différences entre le Québec et la France ont été observées en ce qui a trait aux discours des acteurs sur les missions des bibliothèques, au cadre institutionnel dans lequel ils évoluent et à certaines difficultés rencontrées, des similarités ressortent lorsqu\u2019il s\u2019agit des actions concrètes menées sur le terrain.C\u2019est ce dernier aspect qui retiendra surtout notre attention1.Les bibliothèques du Québec et de la Région Rhône-Alpes2 ont été choisies en raison de leur dynamisme ou de leurs actions innovatrices.Elles ne sont pas nécessairement représentatives de l\u2019ensemble des bibliothèques municipales.Les points de vue des acteurs rencontrés et les expériences relatées mettent surtout en lumière ce que peut supposer pour une institution le fait de se donner une mission prioritaire de proximité avec les habitants de leur territoire.Mission de lecture publique Les bibliothèques municipales ont plusieurs volets à leur mission.Cependant, au-delà de certaines balises assez générales orientant leur façon de définir concrètement leurs rôles, les responsables doivent s\u2019appuyer sur leur compréhension propre et composer ensuite avec leur environnement.Il n\u2019y a en effet pas de modèle unique ni de consensus, surtout en matière de relations avec les publics.Certains acteurs rencontrés, surtout en Rhône-Alpes, expliquent leur détermination à agir auprès des faibles lecteurs par leur conviction que la politique d\u2019offre ne permet pas à elle seule de répondre à leur mandat de lecture publique.Selon eux, on aura beau avoir la meilleure offre et la meilleure visibilité, des gens ne viendront jamais d\u2019eux-mêmes à la bibliothèque.Or, la bibliothèque doit aussi tenter de les rejoindre et doit donc trouver des manières de le faire.Pour eux, la mission de lecture publique dépasse celle consistant à gérer un équipement, à le faire fonctionner et à le rendre attrayant.Elle suppose le maillage avec la population, y compris avec les éloignés de l\u2019écrit.Elle peut aussi avoir pour corollaire la volonté d\u2019amener le livre ou l\u2019écrit sur les lieux où sont les gens plutôt que de faire venu les publics coûte que coûte à la bibliothèque.La recherche de rapprochement passe par un travail sur tous les fronts à la fois, tels la politique documentaire, les conditions d\u2019accueil et d\u2019accès à la bibliothèque, les services à distance et les activités de médiation.Nous attirerons ici l\u2019attention sur trois types d\u2019intervention : les activités d\u2019accueil et d\u2019animation intra-muros développées en fonction des catégories de publics à attirer, les actions hors les murs menées directement auprès des citoyens, et le travail de liaison avec des organismes qui sont sur le terrain.Dans ces créneaux, étroitement liés et complémentaires, les bibliothèques se montrent particulièrement actives et inventives.Animations intra-muros Toutes les bibliothèques étudiées proposent dans leurs murs de nombreuses activités d\u2019accueil et d\u2019animation visant les usagers en général ou adaptées à des catégories spécifiques.Au Québec, la stratégie de la segmentation des publics et d\u2019une offre de services correspondante semble particulièrement développée.Elle donne lieu à une offre très diversifiée s\u2019adressant à différentes catégories d\u2019usagers : petite enfance et élèves, personnes âgées, immigrants, organismes communautaires, Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [ 15 ] groupes de francisation, adolescents, baby-boomers, chercheurs d\u2019emploi, etc.Cette approche constitue souvent la réponse principale à l\u2019objectif de prise en compte de l\u2019hétérogénéité des clientèles.En Rhône-Alpes, plusieurs activités intra-muros visant à rejoindre les faibles lecteurs ou les publics ayant des difficultés particulières3 sont aussi proposées.Il peut s\u2019agir de projets ponctuels qui découlent d\u2019initiatives de l\u2019établissement ou qui sont nés grâce à un partenariat.Ils traduisent souvent une volonté d\u2019ancrage dans la réalité locale.Au Québec comme en Rhône-Alpes, les publics scolaires et de la petite enfance sont prioritaires et mobilisent une part très importante de ces activités intra-muros ciblées.L\u2019offre prend la forme d\u2019accueil de classes et de centres de la petite enfance, de visites, d\u2019animations de toutes sortes, et même d\u2019aide aux devoirs.Certaines bibliothèques proposent aussi des manifestations ponctuelles d\u2019envergure destinées aux élèves comme des festivals littéraires et des concours.Les efforts s\u2019appuient sur la conviction que le contact avec l\u2019écrit et le livre dès la petite enfance est déterminant, et davantage encore lorsqu\u2019il s\u2019agit de milieux défavorisés.À certains endroits, les adolescents font l\u2019objet d\u2019une attention particulière.Ainsi, en Rhône-Alpes, un important travail auprès des jeunes des quartiers difficiles a été mené par l\u2019une des bibliothèques.A l\u2019aide d\u2019un employé recruté dans le cadre du dispositif des « emplois jeunes »4, cet établissement a développé des ateliers centrés sur les musiques urbaines, l\u2019écrit et des thématiques susceptibles d\u2019intéresser ces publics.Ce projet a duré quelques années et a débouché sur la création d\u2019une association indépendante de citoyens qui poursuit maintenant ce travail en dehors de la bibliothèque.Cette retombée inattendue peut être considérée comme positive puisqu\u2019elle traduit une capacité des jeunes de se prendre en charge et d\u2019être autonomes.Au Québec, l\u2019expérience originale d\u2019une bibliothèque peut aussi être mentionnée.Bien que l\u2019approche, les objectifs et le territoire visés soient très différents, la création d\u2019un « conseil d\u2019adolescents » permettant à ceux-ci de se réunir, de discuter et de s\u2019exprimer est aussi une façon de leur donner une place d\u2019acteurs.L\u2019objectif de cette action est à la fois de responsabiliser les jeunes et de s\u2019enquérir de leurs attentes.Elle instaure un nouveau type de rapports entre usagers et institution.Actions hors les murs L\u2019action hors les murs va des prêts aux collectivités à la médiation de la lecture, en passant par la livraison de livres à domicile et les systèmes de navette vers les bibliothèques.Les dessertes, par exemple par bibliobus, visent les quartiers géographiquement éloignés ou encore les personnes qui ne se déplacent pas facilement.Elles s\u2019adressent aux collectivités comme les écoles, les maisons de retraite et les organismes communautaires, ou directement aux citoyens.Des établissements tant en Rhône-Alpes qu\u2019au Québec offrent ce type de services.Les activités de médiation hors les murs, quant à elles, consistent à se rendre dans divers lieux où se trouvent les populations visées afin de réaliser un travail de sensibilisation et d\u2019animation autour du livre et de la lecture.Au Québec, elle prend place dans les cliniques médicales, les centres de la petite enfance, les parcs, les résidences pour personnes âgées, les camps de jour, les centres locaux de services sociaux (CLSC) et les écoles.En France, ces actions se font dans les centres de «protection maternelle et infantile » (PMI), les crèches, les haltes garderies, les clubs pour personnes âgées et, parfois, des lieux extérieurs, comme les parcs ou encore les entrées d\u2019immeubles des quartiers difficiles.Ce type d\u2019action est très nettement orienté vers les milieux défavorisés.Cependant, il est difficile à mettre en oeuvre, surtout sur une longue période, en raison des énergies exigées, du manque de repères sur les façons d\u2019approcher ces populations et de la difficulté à mesurer les retombées.C\u2019est pourquoi peu de bibliothèques choisissent ou sont en mesure de s\u2019investir dans ce type d\u2019action.Néanmoins, certains établissements se démarquent.Au Québec, l\u2019un d\u2019eux, situé en milieu défavorisé, a décidé d\u2019embaucher une « bibliothécaire ambulante » à qui il a confié un mandat à temps complet de médiation dont la plus grande part se fait hors les murs.Cette action est complémentaire aux démarches de partenariat faites en direction des groupes sociocommu-nautaires.Une autre bibliothèque mène un travail de médiation hors les murs très ciblé mais important auprès des enfants des milieux défavorisés.En Rhône-Alpes, des expériences peuvent également être citées en exemple.L\u2019une des bibliothèques étudiées a fait le choix de dédier un poste à temps complet à ce travail de médiation, dont une partie est consacrée aux Restos du cœur et, ainsi, aux personnes les plus démunies.Une autre institution de Rhône-Alpes s\u2019illustre aussi par une action très soutenue et originale à travers un service entier créé expressément pour mener des actions de rapprochement avec des populations n\u2019allant pas à la bibliothèque.Ce service multiplie les actions hors les murs en lien étroit avec les autres instances de l\u2019institution, en particulier avec les bibliothèques de quartier.Comme c\u2019est le cas pour les activités intra-muros, une bonne partie des actions de médiation hors les murs sont tournées vers la petite enfance et le public scolaire.Au Québec, le programme Eveil à la lecture issu de la Politique de la lecture et du livre, coordonné par le ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport, constitue l\u2019un des dispositifs utilisés pour mener des actions de développement de la lecture auprès d\u2019enfants de milieux défavorisés.Parce qu\u2019il repose sur une large concertation structurée, ce programme permet de travailler plus facilement avec les organisations sociocommunautaires.Il a donné lieu, jusqu\u2019ici, à plusieurs projets concrets dont une « bibliothèque roulante », un festival Eveil à la lecture et un programme d\u2019animation destiné aux centres de la petite enfance.Liaison avec les partenaires Les actions de liaison avec des partenaires font partie intégrante des stratégies des bibliothèques étudiées.Elles peuvent viser plusieurs objectifs à la fois, comme mieux connaître le territoire, susciter la confiance envers l\u2019institution et mener des actions de développement de la lecture.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de s\u2019approcher des populations éloignées de la lecture, ces liens avec le milieu sont vus comme étant incontournables.C\u2019est pourquoi les établissements qui font de ce type l 16] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 de publics une priorité sont particulièrement actifs dans ce créneau.Ils cherchent à créer un réseau de partenaires qui multiplieront ensuite les actions de lecture publique.En matière de partenariat, certaines institutions rhônalpines ont développé un dispositif assez sophistiqué.L\u2019une d\u2019elles consacre des ressources et un lieu physique à ce travail de liaison.Les autres établissements font aussi, à leur manière, des tentatives pour établir des collaborations avec les structures locales.Il s\u2019agit non seulement de passer par des intermédiaires, mais de réfléchir aux besoins de ces populations et aux actions à développer.Les actions sont menées en partenariat avec diverses structures travaillant dans les domaines éducatif, social ou culturel telles les maisons de jeunes, les centres sociaux et les maisons de la culture.Elles s\u2019inscrivent parfois aussi dans des dispositifs institutionnels comme la politique de la ville5 et la Semaine de la langue française6.Ils génèrent une panoplie d\u2019activités associant les publics et les forces vives du milieu.Au Québec, on a pu observer que certains établissements situés dans des milieux défavorisés et multiethniques ont développé beaucoup de liens de collaboration avec les groupes sociocommunautaires.L\u2019idée de base est la même : il faut, pour rejoindre ces populations, des « passeurs » ou des « intermédiaires ».C\u2019est dans cet esprit qu\u2019une bibliothèque a été aménagée au sein d\u2019une « maison culturelle et communautaire » dont elle a contribué à l\u2019instauration, et une autre dans un bâtiment à vocation éducative et communautaire.Leur intégration dans ce type de heu facilite la création de liens avec des partenaires qui peuvent servir ensuite de ponts entre elles et les publics ciblés.La formation de médiateurs constitue un pas supplémentaire dans le travail de liaison avec des partenaires.Elle consiste à assurer un certain transfert des compétences afin que les professionnels des structures proches des milieux visés puissent et veuillent à leur tour agir comme médiateurs du livre et de la lecture.Parmi les bibliothèques étudiées, l\u2019une au Québec et une autre en Rhône-Alpes s\u2019illustrent particulièrement dans ce type d\u2019actions.Par ailleurs, en Rhône-Alpes comme au Québec, les tentatives de tisser des liens avec des partenaires sont également très orientées vers les milieux scolaires et de la petite enfance.On consacre beaucoup de temps à développer des collaborations avec ces catégories d\u2019acteurs.Dans ce domaine, les stratégies varient.Plusieurs bibliothèques axent leurs démarches vers les enseignants et les directeurs d\u2019écoles, en essayant de les convaincre un à un.D\u2019autres misent plutôt sur les grandes structures.C\u2019est le cas d\u2019une bibliothèque québécoise : elle a choisi de signer des ententes engageant chaque bibliothèque de quartier et la direction d\u2019école de ce quartier, mais en impliquant d\u2019abord les commissions scolaires.Défis de la lecture publique Les bibliothèques et les acteurs qui optent clairement pour une approche de proximité avec les populations éloignées de la lecture développent une multitude d\u2019actions.Elles exigent beaucoup de temps, car les hens de confiance se créent lentement et sont fragiles.De plus, les mesures mises en œuvre nécessitent souvent de s\u2019inscrire dans la durée pour être véritablement fructueuses.Les bibliothèques qui veulent faire place à ce travail de proximité sont donc placées devant des décisions parfois difficiles à prendre quant à la répartition des ressources dont elles disposent.De même, s\u2019investir dans l\u2019action hors les murs ou dans la recherche de partenariats avec le milieu va de pair avec une dépense considérable d\u2019énergie dont les retombées ne sont pas toujours faciles à mesurer.Plusieurs bibliothécaires rencontrés ont souligné la difficulté de connaître avec précision les fruits de leur travail.Tout en étant à même d\u2019en observer certains effets positifs, notamment sur les milieux scolaires, ils ne disposent pas d\u2019analyses ou d\u2019évaluations systématiques de leurs résultats.Notes 1.\tLes résultats de cette recherche font l\u2019objet d\u2019un article dans les Actes du premier congrès de l\u2019Association Internationale Francophone des Bibliothécaires et Documentalistes, Montréal, 3-6 août 2008, sous la direction de Dominique Gazo et Réjean Savard.Montréal : AIFBD, 2009, pp.115-121.Le texte passe en revue les principaux aspects couverts par l\u2019étude et s\u2019attarde particulièrement aux facteurs qui influencent la capacité de mener des actions de proximité avec les publics.2.\tAu Québec, les bibliothèques étudiées font toutes partie du réseau des bibliothèques publiques autonomes.Ce sont la bibliothèque de Montréal-Nord, la bibliothèque de Parc-Extension, la bibliothèque Christian-Roy (à l\u2019Assomption), la bibliothèque de Brossard, la bibliothèque de Trois-Rivières et la bibliothèque Gabrielle-Roy (à Québec).En Rhône-Alpes, la bibliothèque municipale de Lyon, la bibliothèque de Grenoble, la médiathèque municipale Jules Verne (à La Ricamarie), la médiathèque François Mitterrand (à Saint-Priest), la bibliothèque municipale de Thonon-les-Bains et la médiathèque municipale de Vénissieux ont été retenues.Réalisées en 2007, les entrevues ont été faites avec des directeurs d\u2019établissements ou des responsables de secteurs clés, presque tous bibliothécaires.3.\tPar exemple, l\u2019une des bibliothèques étudiées s\u2019est beaucoup investie dans l\u2019accueil adapté à des populations ayant des problèmes médicaux tels les handicaps physiques et les maladies mentales.4.\tMesure d\u2019aide à l\u2019emploi mise en place en 1997.5.\tLa politique de la ville désigne un ensemble de dispositifs mis en œuvre par l\u2019État visant à revaloriser certains quartiers urbains et à réduire les inégalités sociales entre territoires (voir www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/politique-ville/politique-ville.shtml).6.\tDans le cadre de la Semaine de la langue française, la Caravane des dix mots forme l\u2019un des dispositifs qui génère de multiples projets originaux venant des bibliothèques.Il vise notamment à contribuer à une meilleure cohésion sociale et à lutter contre l\u2019exclusion (voir www.caravanedesdixmots.com).Chargée de recherche sur les politiques culturelles à la Direction du lectorat et des politiques au Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du gouvernement du Québec Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [17] pour votre info professionnelle vous préférez le classique ou vous tentez l\u2019intégral ?10 numéros a; pack classique 10 numéros 99 euros au lieu de 490 euros 10 numéros + 4 guides arclüniag Durant un an, retrouvez chaque mois toute l\u2019actualité du marché de l'information et de la documentation : Les tendances Les nouveaux produits L\u2019opinion des experts Des reportages.1 an pack intégral 10 numéros + 4 guides 299 euros au lieu de 479 euros I.imag suide pranqu 100% utiles Avec leurs nombreux conseils d\u2019experts, les guides pratiques d\u2019Archimag constituent une véritable boîte à outils méthodologique et technique.ArCHIMAG EST LE MAGAZINE RECONNU COMME LA RÉFÉRENCE INCONTOURNABLE DES PROFESSIONNELS DE l\u2019information DOCUMENTAIRE : ARCHIVAGE, BIBLIOTHÈQUE, DOCUMENTATION, KNOWLEDGE MANAGEMENT, INTERNET, INTRANET, GESTION DE CONTENU, DÉMATÉRIALISATION, VEILLE.CHAQUE MOIS, RETROUVEZ TOUTE L'ACTUALITÉ DU MARCHÉ DE L\u2019INFORMATION ET DE LA DOCUMENTATION.AVEC SA COLLECTION DE 4 GUIDES PRATIQUES PAR AN, ARCHIMAG DEVIENT POUR VOUS UN VÉRITABLE OUTIL D\u2019AIDE À LA DÉCISION.* PAR RAPPORT AU PRIX DE VENTE AU NUMÉRO.PHOTOS NON CONTRACTUELLES.arc [STRATÉGIES & RESSOURCES DE LA MÉMOIRE & DU SAVOIR) 100% utile 100% clair 100% complet archimag offert avec votre abonnement valeur 46 euros ¦ la bibliothèque à l\u2019heure du web 2.0 - Archimag et ses guides pratiques offre spéciale réservée aux nouveaux abonnés Bon de commande à renvoyer accompagné du règlement à Archimag 24, rue de Milan FRANCE-75009 Paris ¦\tTél.: + 33 1 55 31 92 30 ¦ Fax : + 33 1 44 53 45 01 ¦\tCourriel : infos@archimag.com ¦ Site : www.archimag.com ?\tOui , je m'abonne pour 1 an à Archimag pack classique : 10 numéros pour 99 euros ?\tOui, je m\u2019abonne pour 1 an à Archimag pack intégral : 10 numéros + 4 guides* pour 299 euros \"Pour connaître les guides pratiques inclus dans votre abonnement : infos@archimag.com Nom : .Prénom : .Fonction : .Raison sociale : .Adresse : .CP-Ville : .Pays:.Tél.: .Courriel : .Fax: .?\tRéglement par chèque à l\u2019ordre d'IDP ?\tRéglement à réception de facture pro forma ?\tJe désire une facture acquitée Date, signature et cachet Des volumes réinventés Quarante ans d'architecture à l'Université Laval Madeleine Robin Madeleine.Robin@bibl.ulaval.ca Construite il y a 40 ans, la Bibliothèque des sciences humaines et sociales de l'Université Laval peut-elle répondre aux nouveaux besoins des usagers?L'exposition sur l'histoire de son architecture permet de mieux en apprécier les lieux et les défis qui se posent.Reinvented Volumes and 40 years of Architecture at Université Laval Built 40 years ago, can Université Laval's Bibliothèque des sciences humaines et sociales meet the needs of current users?This exposition on the history of its architecture allows for a better appreciation of the site and the challenges it imposes.La Bibliothèque de l\u2019Université Laval présente jusqu\u2019au 26 juin l\u2019exposition Des volumes réinventés.L\u2019évènement a été organisé pour souligner le quarantième anniversaire de la construction du pavillon Jean-Charles-Bonenfant érigé pour accueillir la Bibliothèque des sciences humaines et sociales.L\u2019exposition vise également à ouvrir une parenthèse sur l\u2019apport de l\u2019architecture du bâtiment à l\u2019architecture moderne au Québec.Enfin, elle sert d\u2019amorce à une réflexion sur l\u2019avenir de la Bibliothèque et les enjeux de son développement.C\u2019est aussi l\u2019occasion rêvée pour la Bibliothèque de tenir une activité cadrant avec sa politique de valorisation des collections adoptée en octobre 2006.L\u2019exposition invite le visiteur à découvrir l\u2019histoire de la Bibliothèque depuis la création de son fonds documentaire, parmi les plus anciens d\u2019Amérique du Nord, ainsi que les faits marquants de la construction du pavillon Bonenfant.Un intérêt particulier est porté à certaines de ses qualités architecturales, à l\u2019organisation et à la diversité des espaces aménagés.Mais pourquoi s\u2019intéresser de la sorte à l\u2019architecture et la construction de ce pavillon?C\u2019est que les informations recueillies au cours des recherches en ont révélé l\u2019importance comme réalisation architecturale moderne et comme force d\u2019influence sur l\u2019évolution des techniques de construction employées au Québec.L\u2019exposition permet aussi de rendre hommage à ceux qui ont contribué au développement de la Bibliothèque et, d\u2019une certaine manière, aux architectes qui l\u2019ont conçue.Un premier volet fait le point sur les principaux éléments du programme de construction développé à partir des recommandations du rapport Williams-Fillion en collaboration avec le spécialiste américain D.K.Metcalf.Rappelons qu\u2019Edwin Williams occupait le poste d\u2019adjoint au développement des collections à la bibliothèque de l\u2019Université Harvard et le Père Paul-Émile Fillion, s j., celui de conservateur de la Bibliothèque laurentienne à Sudbury.Au départ, la Bibliothèque était conçue comme un immense espace de travail où l\u2019accent avait été mis sur le confort des usagers avec des espaces ouverts et silencieux, sur la qualité de la lumière (naturelle et artificielle) et sur la rapidité des services offerts.Aux différents étages, on retrouvait les bureaux de l\u2019administration, les services auxiliaires (car-tothèque, cinémathèque, diapothèque), des espaces réservés aux étudiants et aux professeurs (cabinet de travail, salle de séminaire, salle de dactylographie, fumoir) et les magasins de livres.Mais l\u2019accès aux magasins était réservé aux professeurs et étudiants diplômés.Par conséquent, des moyens modernes de communication, dont un système de prêt pour le moins original, ont été mis en place pour répondre aux besoins des usagers.En quoi ce système de prêt était-il si exceptionnel?L\u2019innovation résidait dans la manière dont les livres circulaient entre les étages et le comptoir du prêt.Un convoyeur équipé de paniers était utilisé pour l\u2019acheminement des volumes entre les magasins de livres et le comptoir, alors qu\u2019un système électropneumatique Les magasins de livres deviennent accessibles pour tous en 1974 assurait la transmission des demandes de prêt.Les demandes étaient insérées dans un tube et expédiées aux magasiniers depuis le comptoir du prêt.Dans la salle, deux tableaux électroniques suspendus au plafond servaient à l\u2019affichage des numéros attribués aux emprunteurs.Ainsi, les usagers pouvaient continuer à travailler et se présenter au comptoir au moment qui leur convenait le mieux.Toutefois, cette vision idéale des planificateurs fut rapidement contestée et qualifiée d\u2019élitiste par les usagers.Des années plus tard, en 1974, suite à diverses pressions, les magasins de livres devinrent accessibles à l\u2019ensemble de la communauté universitaire.Cette décision transforma le visage de la Bibliothèque.Des étages Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [19] conçus comme magasins devinrent des espaces pour les usagers.Mais malheureusement, l\u2019aménagement n\u2019avait pas été modifié pour répondre à cette fin.Le second volet de l\u2019exposition repose sur une sélection d\u2019archives photographiques associées à de courts textes qui illustrent l\u2019originalité de décisions prises au cours de la construction du pavillon.L\u2019architecture du pavillon se situe dans la modernité, en raison d\u2019une utilisation remarquable du béton et 112» i \u201806*1852 à 1364.1.tes ouvrages u&iSfir te deux institutions et3«re mft en coœit j constituaient une seuie crfwn L» gators «S» de l\u2019emploi de techniques de construction audacieuses.Par exemple, les architectes ont eu recours à une technique inédite qui permettait de couler, en décembre 1967, 300 mètres cubes de béton de la poutre maîtresse de la toiture.Ils ont aussi procédé à l\u2019installation sur la toiture de trois dômes rappelant l\u2019architecture du pavillon des Etats-Unis à l\u2019exposition universelle de Montréal.Cette ingénieuse solution répondait à un besoin supplémentaire d\u2019espace qui n\u2019avait pas été prévu dans le programme de construction.La construction de ce bâtiment, partiellement occupé par la Bibliothèque depuis septembre 1968, marque le passage d\u2019une architecture plus classique à l\u2019architecture moderne et transforme le paysage architectural du campus de l\u2019Université Laval.Cette volonté de modernité se confirme dans le choix que fait l\u2019Université d\u2019accorder le contrat à la firme d\u2019architectes St-Gelais, Tremblay, Tremblay (Jonquière).En effet, les architectes Evans St-Gelais, Fernand Tremblay et Charles Tremblay étaient déjà reconnus au-delà de nos frontières pour leurs réalisations modernes et audacieuses.Citons l\u2019église St-Raphaël (Jonquière), l\u2019église St-Gérard-Magella (Larouche), l\u2019église St-Marcel (Chibougamau) et le Collège de Jonquière.Finalement, le désir de modernité se concrétisera également dans le choix d\u2019équiper la Bibliothèque avec du mobilier conçu par des designers reconnus tels Charles Eames et Herman Miller, de couvrir 12 000 pieds carrés de plancher d\u2019une céramique créée par l\u2019artiste Claude Vermette, et d\u2019intégrer des bassins d\u2019eau éclairés pour ajouter à l\u2019esthétique des lieux.Cette seconde partie de l\u2019exposition se termine par une balade dans le temps où une mosaïque photographique illustre les nombreuses transformations apportées tant au plan des aménagements des services que des méthodes de travail.C\u2019est ainsi qu\u2019il est possible de découvrir les opérations de la chaîne de travail et ses principaux acteurs.Dans le troisième et dernier volet, l\u2019exposition propose une réflexion sur l\u2019avenir de la bibliothèque.D\u2019immenses panneaux sur lesquels sont imprimés textes et photographies ont été disposés à l\u2019extérieur de la salle de manière à reconfigurer l\u2019espace.Cette réflexion s\u2019articule autour d\u2019un texte de Silvie ¦ - & Delorme, directrice de la Bibliothèque.Ce texte interpelle le visiteur et l\u2019invite à prendre connaissance des principaux enjeux auxquels les bibliothèques universitaires font face.Le visiteur pourra également réfléchir aux conditions d\u2019une mission renouvelée de la Bibliothèque afin de répondre aux nouvelles exigences des programmes d\u2019enseignement et de la recherche universitaire.Cette réflexion, accompagnée de la projection visuelle au sol d\u2019un projet de réaménagement conçu par l\u2019architecte Stephan Langevin (St-Gelais, Montminy + Associés), conduit le visiteur à prendre conscience que l\u2019aménagement de la Bibliothèque n\u2019est plus en mesure de répondre aux attentes actuelles et futures des clientèles, et de l\u2019urgente nécessité de revisiter et renouveler ses La bibliothèque a transformé le paysage architectural espaces et son architecture.La préparation de cette exposition s\u2019est échelonnée sur une période d\u2019environ sept mois.La première étape fut de consulter les archives disponibles et d\u2019identifier les documents pertinents et significatifs.Ces informations ont permis de développer un scénario, et d\u2019identifier les besoins et les étapes à suivre pour réaliser l\u2019ensemble du projet.Un tel découpage allait aussi permettre de former une équipe de spécialistes.Rassemblée autour de l\u2019auteure de ce texte, l\u2019équipe était composée de Charles St Gelais, graphiste et [20] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 concepteur, Sophie Giroux et Lydia Bhérer-Vidal, muséo-graphes, Dominique St Gelais et Stephan Langevin, architectes, et Silvie Delorme, directrice de la Bibliothèque.Mais il faut aussi admettre que, malgré la présence d\u2019une telle équipe, nos démarches ont été souvent plus complexes que prévu.Par exemple, il a été difficile de consulter les archives de la Bibliothèque conservées à la Division des archives de l\u2019Université Laval.En effet, les documents ne sont que préarchivés et la description du contenu dans la base de données se limite à quelques mots.Et que dire de la difficulté de repérer et d\u2019obtenir certains documents iconographiques (photos, plans, maquettes, correspondance) en raison de l\u2019absence d\u2019archives architecturales dûment constituées?C\u2019est ainsi que nous avons dû négocier l\u2019emprunt d\u2019archives à une firme d\u2019architectes et obtenir l\u2019autorisation de les numériser.Dans certains cas, l\u2019embauche d\u2019un photographe professionnel a été nécessaire.Finalement, l\u2019étape finale du montage s\u2019est révélée être un défi stimulant en raison de l\u2019espace restreint de la salle par rapport à l\u2019importance que nous souhaitions donner à l\u2019exposition.Par conséquent, il a été essentiel de trouver des solutions qui permettent l\u2019accrochage sécurisé de panneaux très hauts à l\u2019extérieur et l\u2019installation d\u2019équipement de projection au plafond et au sol.C\u2019est ainsi que certaines pièces ont été conçues et fabriquées spécialement pour répondre à nos besoins, et que l\u2019accrochage a été confié à des techniciens en muséologie.Grâce au travail conjugué d\u2019archivistes, d\u2019architectes, de muséographes, de techniciens en muséologie et de bibliothécaires, la Bibliothèque a atteint ses objectifs.L\u2019exposition réussit, selon nous, à montrer l\u2019apport de l\u2019architecture du pavillon au développement de l\u2019architecture moderne québécoise et à stimuler la réflexion de la communauté universitaire sur les espaces actuels de la Bibliothèque, tout en tissant les liens avec le programme de construction d\u2019origine.Une exposition à voir lors de votre passage à Québec! Spécialiste en ressources documentaires, responsable de la valorisation des collections à la Direction de la Bibliothèque de l'Université Laval Des revues en français Les grands portails en un coup d'œil J Isabelle Lorrain isabelle.lorrain@usherbrooke.ca Points de convergence et récents développements survenus sur les quatre grands portails web de périodiques scientifiques francophones en sciences humaines et sociales que sont Cairn, Persée, Revues.org et Érudit.A Quick Look at Some Important Portals Similarities and recent developments in the four principal Web portals for French language scientific periodicals in the humanities and social sciences: Cairn, Persée, Revues.org and Érudit.Tous ces projets sont issus de différentes communautés scientifiques : un consortium universitaire pour Érudit, un ensemble d\u2019éditeurs scientifiques pour Caim, et des groupes de chercheurs pour Persée et Revues.org.Il en ressort une volonté commune de valoriser et de diffuser le fruit de la recherche scientifique publié en français dans les disciplines des sciences humaines et sociales.Pour ce faire, ces portails donnent accès librement à un vaste éventail de revues.À eux quatre, ils recensent les articles provenant de plus de 500 titres de périodiques.Toutefois, de manière à préserver la survie de leur édition papier, les éditeurs de ces périodiques imposent généralement un embargo de deux à cinq ans, période durant laquelle les articles ne sont disponibles que dans l\u2019édition papier.Caim et Érudit autorisent cependant, par un abonnement au portail, l\u2019accès à l\u2019intégralité des articles, même les plus récents, en format électronique.Cet objectif commun de démocratiser l\u2019accès aux contenus a amené ces portails à initier des projets de mise en commun de leurs collections.D\u2019ailleurs, depuis la rédaction des articles sur Persée et Revues.org, une entente de ce type s\u2019est concrétisée entre ces deux ressources.Il est désormais possible de consulter les articles provenant d\u2019une dizaine de revues dans l\u2019un ou l\u2019autre des deux portails.Une dizaine d\u2019autres revues seront prochainement ajoutées.Les choix éditoriaux font en sorte qu\u2019il est rare que les contenus de deux portails soient entièrement consultables par l\u2019une ou l\u2019autre des interfaces.L\u2019interopérabilité est par conséquent partielle, mais il est possible de contourner cette Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [21 ] contrainte en interrogeant les moteurs de recherches Google Scholar et OAIster qui permettent de repérer la très grande majorité des articles recensés par ces quatre portails.Pour un aperçu de tous les projets de mise en commun des collections réalisés et à venir entre ces quatre ressources web, voir la figure.Érudit Cairn Revues.org Persée 26 revues Presses du CNRC seulement Certaines 10 revues + 10 autres à venir The Electronic Text Centre at UNB Libraries A venir Armand Collin ±12 revues L\u2019interopérabilité entre ces portails est rendue possible par le choix des mêmes technologies d\u2019archivage électronique, soit les normes XML et OAI (Open Archives Initiative).La pérennité de l\u2019accès, de la conservation et de la diffusion de la documentation constituent un aspect important de leur mission.Pour atteindre cet objectif, les portails ont sensiblement tous adopté la même stratégie en s\u2019associant à une instance mettant à leur disposition technologie et savoir-faire.Par exemple, Caim s\u2019est associé à la Bibliothèque nationale de France (BnF) et Persée a établi un partenariat avec le Centre informatique national de l\u2019enseignement supérieur (CINES) pour assurer la conservation pérenne de sa documentation.Outre l\u2019archivage et la diffusion de leurs contenus, ces portails ont également à cœur de répondre aux besoins particuliers des chercheurs et des étudiants qui constituent leurs principaux publics cibles.Et on peut dire qu\u2019ils rivalisent aisément avec les bases de données commerciales en proposant des fonctionnalités très pertinentes.Caim et Érudit permettent l\u2019exportation des références vers les logiciels de gestion bibliographique EndNote et RefWorks, alors que Persée offre un espace personnel où il est possible d\u2019annoter les articles consultés ou de créer des alertes.Mettre à la disposition des chercheurs des espaces où ils peuvent déposer leurs documents de recherche constitue une autre tendance forte, car ces espaces servent à la fois à favoriser la diffusion des travaux de recherche et à transformer ces portails en « plateforme de diffusion électronique complète » (Revues.org, 2009).A l\u2019heure actuelle, de tels espaces sont proposés par Érudit et Persée, alors que Revues.org prévoit lancer, d\u2019ici la fin de 2009, les « Manuscrits de Revues.org ».Notons que de nombreux autres développements sont récemment survenus du côté de Persée afin de répondre aux différents besoins des clientèles.Ainsi, en plus d\u2019avoir augmenté son corpus qui compte maintenant 62 revues, Persée offre la possibilité d\u2019écouter la version audio de plus de 14 000 articles.Offerte à titre expérimental, il est prévu que la synthèse vocale des documents de Persée soit peu à peu étendue au reste de la documentation de manière à en faciliter l\u2019accès aux personnes ayant un handicap visuel.Autre nouveauté, Persée s\u2019est associé à CrossRef de manière à ce que chaque article soit doté d\u2019un DOI (Digital Object Identifier).Ce DOI permet d\u2019effectuer un référencement croisé.Ainsi, à partir d\u2019un article, si un des articles cités dans la bibliographie possède également un DOI, il y aura alors un lien vers cet autre article, qu\u2019il soit sur Persée ou sur un autre portail.Enfin, ces portails semblent vouloir développer un nouveau créneau, celui du livre électronique.Émdit en propose actuellement huit.Revues.org lancera bientôt une plateforme de monographies électroniques sur laquelle les éditeurs pourront déposer leurs titres.Pour l\u2019instant, Revues.org permet de consulter les collections électroniques de l\u2019Institut français du Proche-Orient.Il va sans dire que l\u2019édition électronique de monographies présente plusieurs avantages : plus rapide et moins coûteuse que l\u2019équivalent papier.Les chercheurs y trouvent également leur compte, puisque le livre électronique permet généralement la recherche plein texte et, ce qui n\u2019est pas négligeable, l\u2019accès 24 heures par jour, 7 jour par semaine.En savoir plus \u2022\tFargier, Nathalie et Neouze, Valérie.2008.« Persée, un outil au service de la communication scientifique francophone », in World Library and Information Congress : 74th IFLA General Conference and Council, 10 au 14 août, Québec, Canada.[www.ifla.0rg/IV/ifla74/papers/148-Fragier_Neouze- fr.pdf] \u2022\tRevues.org.2009.Revues.org : une plateforme d\u2019édition électronique complète.CLEO : Centre pour l\u2019édition électronique ouverte, [http://cleo.cnrs.fr/index791 .html] \u2022\tTesnière, Valérie.2006.La BnF apporte son soutien au portail CAIRN.Chroniques.fr de la Bibliothèque nationale de France, [http://chroniques.bnf.fr/archives/decembre2006/ nu mero_courant/cooperation/portai Lcairn.htm] Voilà qui conclut cette série d\u2019articles sur les portails web de revues scientifiques francophones en sciences humaines et sociales.J\u2019ai trouvé très prometteur de constater que ces ressources sont aussi performantes et innovatrices que plusieurs bases de données commerciales.De plus, ces portails donnent accès à une documentation rarement répertoriée dans les produits commerciaux, ils établissent des ententes de mise en commun, et ils utilisent de nouvelles technologies de pointe telles que les DOI et la synthèse vocale.Et il y a fort à parier que la nouvelle avenue que semblent vouloir développer ces portails, c\u2019est-à-dire la diffusion de monographies électroniques en français, consolidera leur place centrale parmi les ressources incontournables en sciences humaines et sociales.Bibliothèque des sciences humaines, Université de Sherbrooke [22] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 La norme RDA Outil mondial et intégration locale Pat Riva et Nathalie Bellemare Patricia.riva@banq.qc.ca nathalie.bellemare@banq.qc.ca La norme internationale de catalogage RDA fera bientôt partie de nos vies.Cet article précente un bref survol de cette norme et des conséquences de son implantation à la Direction du traitement documentaire de la collection patrimoniale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).RDA, global tool and local implementation The international cataloguing code RDA (Resource Description and Access) will soon be implemented.This article presents a brief overview of the standard as well as the impact of its implementation at the Direction du traitement documentaire de la collection patrimoniale of Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).La nouvelle norme internationale de catalogage Resource Description and Access, dite RDA, tire son origine de la tradition anglo-américaine dans le domaine du catalogage.Elle fait l\u2019objet de travaux et de consultations depuis 2005.Ses véritables origines remontent à 1997, lors du Congrès « International Conference on the Principles and Future Development of AACR » tenu à Toronto.Elle vise à répondre aux besoins des usagers grâce à une flexibilité et une efficacité accrues (rapport coût-bénéfice) tout en assurant la continuité avec les notices actuelles.Les notices RDA peuvent en effet coexister dans les mêmes bases de données que les notices créées avec les RCAA2.La norme trouve ses sources dans l\u2019internationalisation de ses règles et dans des directives axées sur des principes logiques et sur l\u2019inclusion des ressources de tous formats.Sa conception repose sur la norme internationale ISBD et sur les modèles conceptuels FRBR et FRAD.Le Joint Steering Committee for Development of RDA (JSC) est le maître d\u2019œuvre de la conception de la norme internationale RDA.Il est constitué de représentants d\u2019Australie, du Canada, de Grande-Bretagne et des États-Unis.La norme a fait l\u2019objet de consultations internationales.Des professionnels de la documentation de tous les continents ont pu émettre leurs opinions et commentaires.Des RCAA2 à la norme RDA Les mises à jour des RCAA2 et les modifications qui y ont été apportées au fil des ans ont permis de commencer à adapter l\u2019information bibliographique au format des bases de données informatisées.L\u2019utilisation des catalogues sur fiches n\u2019est jamais exclue.Avec la norme RDA, les notices bibliographiques sont redéfinies et peuvent être implantées dans des bases de données sans être limitées à un seul environnement technologique.La norme RDA demeure compatible non seulement avec des bases de données en format MARC 21 (notices bibliographiques et notices d\u2019autorité distinctes), mais aussi avec les nouvelles conceptions XML comportant des « notices » pour chaque entité.La conception de l\u2019information bibliographique en tant qu\u2019ensemble d\u2019éléments se trouvant dans une base de données a plusieurs conséquences.La norme RDA donne les directives sur la façon d\u2019enregistrer chaque élément d\u2019information.Ces directives sont distinctes des consignes portant sur l\u2019affichage et sur la présentation de l\u2019ensemble des données bibliographiques.La présentation selon 1TSBD d\u2019une notice créée avec la norme RDA est toujours possible.11 faudra suivre les directives d\u2019affichage et de ponctuation indiquées dans les annexes D et E de la norme RDA.L\u2019organisation de la première partie des RCAA2 repose sur le type de support ou de document (exemples : livres, cartes géographiques, musique imprimée, enregistrements sonores, publications continues).Toutefois, cette situation pose problème en ce qui a trait à l\u2019intégration de nouveaux supports ou de documents ayant les caractéristiques de plusieurs supports.Nous pouvons prendre comme exemple le catalogage d\u2019une publication intégratrice en ligne qui contient de l\u2019information cartographique nécessitant la consultation de trois chapitres.Avec la norme RDA, l\u2019intégration de nouveaux supports sera facilitée, car l\u2019organisation des instructions ne tourne pas autour d\u2019une liste prédéterminée de supports possibles.Les instructions sont structurées selon les éléments descriptifs, peu importe le support utilisé.Les précisions ayant trait à des supports particuliers sont indiquées immédiatement après les directives générales.Les RCAA ont adopté la règle des trois pour limiter la longueur des notices.11 s\u2019agit d\u2019une autre réalité liée aux catalogues sur fiches.Avec la norme RDA, il n\u2019y aura plus de limites fixes de ce genre.Si un ouvrage a une mention de responsabilité avec quatre coauteurs, leurs noms pourront tous apparaître dans la mention de responsabilité et, selon la politique de la bibliothèque, faire l\u2019objet de points d\u2019accès.L\u2019abandon du système de catalogues sur fiches entraîne aussi la mise à jour de la terminologie utilisée dans le texte de Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [23] la norme RDA.Au lieu de vedettes, on parlera de points d\u2019accès contrôlés; le « point d\u2019accès préféré » remplace le terme « vedette principale »; « titre uniforme » deviendra « titre préféré de l\u2019œuvre ».Certains pourraient penser qu\u2019un changement de terminologie n\u2019est que d\u2019ordre cosmétique, mais les mots influencent la façon de penser, et ce changement permet d\u2019intégrer la philosophie fondamentale de la norme RDA.Faciliter l'échange La norme RDA a aussi pour objectif de faciliter l\u2019échange et la réutilisation des notices bibliographiques et des notices d\u2019autorité.En se basant sur des principes de base communs et en favorisant la transcription fidèle des sources d\u2019information, les risques de divergences dans les détails nécessaires à l\u2019identification d\u2019une ressource sont moins élevés.Il y a plus de tolérance, de pluralité et de façons de faire parmi les éléments non significatifs pour le repérage.Le jugement des catalogueurs - guidé par les principes et par les valeurs de base de la norme RDA - remplace donc une philosophie basée sur des règles strictes qui normalisent tous les détails de la notice bibliographique.Avec la norme RDA, on reconnaît que la normalisation stricte confère une valeur ajoutée aux points d\u2019accès contrôlés qui doivent permettre de repérer la totalité des notices associées à une personne, à une famille, à une collectivité, à une œuvre, à une collection ou à un sujet.Cependant, la normalisation n\u2019a pas de valeur ajoutée en ce qui a trait à la rédaction de notes informatives qui ne sont pas conçues pour servir de points d\u2019accès contrôlés.Il ne sera donc plus nécessaire de normaliser le style de rédaction des notes dans les notices dérivées d\u2019une autre bibliothèque et rédigées dans la même langue.Par exemple : \u2022 500 Sa Comprend des ref.bibliographiques (à Bibliothèque et Archives Canada) comparativement à 500 Sa Bibliogr.(à BAnQ) Les FRBR Le Groupe de travail sur les FRBR a analysé les données bibliographiques par rapport à leur contribution aux quatre tâches des utilisateurs.Les données ayant une grande importance pour la réalisation d\u2019au moins une tâche sont jugées obligatoires dans une notice bibliographique de base.La norme RDA reprend ce concept en désignant certains éléments qui doivent en faire partie.On peut concevoir la notice de base comme le remplacement du niveau minimal (niveau 1) des RCAA2, mais on peut bonifier ce niveau selon les besoins de chaque bibliothèque.Les recherches sur les besoins des usagers ont mis en évidence un irritant majeur : les abréviations.Celles-ci seront donc éliminées.Les termes utilisés dans le jargon des catalogueurs, par exemple « p.de t.», « couv.», « bibliogr.», « éd.» et « réimpr.», cèdent ainsi la place à « page de titre », « couverture », « bibliographie », « édition » et « réimpres- ŒUVRE a pour sujet a pour sujet a pour sujet ŒUVRE EXPRESSION MANIFESTATION EXEMPLAIRE PERSONNE COLLECTIVITÉ CONCEPT OBJET ÉVÉNEMENT LIEU sion ».On indiquera une date de copyright avec le symbole ©, reconnu internationalement, au lieu de l\u2019abréviation « c », employée dans les RCAA2, ou de l\u2019abréviation « cop.», privilégiée dans l\u2019ISBD.Les abréviations seront donc bannies de toutes les notes et de toutes les informations destinées au public.Toutefois, le remplacement des abréviations latines ca, s.l.et s.n.par les locutions « environ », « lieu de publication non identifié » et « éditeur non identifié » est un peu plus controversé.L\u2019influence des FRBR fait en sorte que la norme RDA favorise les éléments et les données qui situent la ressource décrite par la notice dans l\u2019univers bibliographique, c\u2019est-à-dire les relations et les liens vers les ressources connexes.On en saisit l\u2019importance grâce au fait suivant : la norme RDA comporte trois sections comprenant un total de 14 chapitres sur les relations, alors que les RCAA2 n\u2019y consacraient que quelques pages.Les données qui permettent d\u2019identifier l\u2019œuvre dont la ressource décrite renferme une expression font partie du niveau de base (le titre original d\u2019une traduction, par exemple), mais certaines données descriptives traditionnelles (le lieu de publication, par exemple) n\u2019en font pas partie.Intégration de l'indexation Le texte de la norme RDA est organisé autour des entités définies avec les FRBR (voir encadré) et les FRAD.Groupe 1 : œuvre, expression, manifestation, exemplaire; groupe 2 : personne, famille, collectivité; groupe 3 : concept, objet, événement, lieu.La table des matières énumère des chapitres pour chaque entité tandis que les sections sont [24] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 basées sur les quatre tâches.Les entités du groupe 3 présentent un intérêt particulier dans le cadre des notices bibliographiques dans la mesure où elles peuvent servir de sujet pour des œuvres.En ce qui concerne la publication initiale, les entités et les relations strictement de sujet ne seront pas développées.Leur inclusion dans l\u2019organisation de la norme RDA constitue une nouvelle approche et met l\u2019accent sur la nature fondamentalement unifiée de l\u2019information bibliographique.En effet, le catalogage et l\u2019analyse ne sont que deux étapes parmi celles devant mener à la réalisation de l\u2019objectif commun consistant à permettre le repérage de l\u2019information.La norme RDA innove en utilisant des orientations et des principes communs qui seront utilisés à la fois dans la description bibliographique (catalogage) et dans l\u2019indexation.Ce changement d\u2019ordre conceptuel induira peut-être une nouvelle vision en matière d\u2019organisation du travail dans les services techniques.À BAnQ Les collections de Bibliothèques et Archives nationales du Québec (BAnQ) se divisent en deux collections principales : la Collection patrimoniale et la Collection universelle de prêt et de référence.Le traitement de la Collection patrimoniale est effectué à la Direction du traitement documentaire de la collection patrimoniale (DTDCP), qui relève de la Direction générale de la conservation.La Collection patrimoniale comprend les documents publiés au Québec reçus par dépôt légal ou acquis par don, achat ou échange, ainsi que les documents de créateurs québécois ou dont le sujet est relatif au Québec, mais qui sont publiés à l\u2019extérieur du Québec.Quant à lui, le traitement de la Collection universelle de prêt et de référence est effectué à la Direction des acquisitions et du traitement documentaire de la collection de prêt et de référence, qui relève de la Direction générale de la diffusion.L\u2019implantation et la mise en œuvre de la nouvelle norme RDA requièrent la réalisation de plusieurs activités.Comme tout service de traitement documentaire, la DTDCP doit assurer la formation de son personnel.Elle doit revoir toute sa documentation interne ainsi que l\u2019interprétation locale des normes de catalogage pour être conforme aux directives de la norme RDA.La documentation interne comprend des guides de traitement par catégories de documents (ressources électroniques, cartes géographiques, manuels scolaires, programmes de spectacles, etc.) et des recueils de feuilles organisées par numéro de règle qui contiennent les politiques d\u2019application ainsi que des exemples et des précisions.On réexaminera le contenu de chaque document pour s\u2019assurer de sa pertinence dans le contexte de la norme RDA.On modifiera la terminologie utilisée afin de refléter cette nouvelle réalité.L\u2019organisation des sections correspondra à l\u2019ordre des directives de la norme RDA.Le nombre de lieux de publication à enregistrer dans une notice constitue un bon exemple de politique à revoir : opterons-nous pour tous les lieux inscrits dans le document, uniquement pour le premier ou seulement pour les premiers lieux au Québec, s\u2019il y en a?Il sera aussi opportun de diffuser en ligne l\u2019ensemble de ces renseignements.La DTDCP fait face à deux défis liés à son histoire et à son statut d\u2019agence bibliographique.Tout d\u2019abord, contrairement aux autres bibliothèques québécoises francophones qui utilisent les RCAA2 pour la description bibliographique ainsi que pour le choix et la forme des vedettes, la DTDCP applique l\u2019ISBD pour la description et utilise les RCAA2 seulement pour le choix et la forme des vedettes.Bien que TISBD soit le fondement international sur lequel se basent les RCAA2, cela implique des divergences, généralement mineures, entre le catalogage fait par la DTDCP et les pratiques des autres bibliothèques.Avec l\u2019implantation de la norme RDA par BAnQ et par les autres organismes, la DTDCP appliquera la même norme de catalogage que les milieux documentaires québécois, ses principaux clients.Deuxièmement, en acceptant le défi d\u2019harmonisation inhérent au choix d\u2019adopter la norme RDA, la DTDCP a l\u2019intention de coordonner ses décisions en matière d\u2019options, d\u2019alternatives et de niveaux de notices avec celles de ses partenaires, tout particulièrement dans le cas du traitement en français effectué par Bibliothèque et Archives Canada (BAC).L\u2019atteinte de cet objectif facilitera et encouragera la réutilisation, par les autres bibliothèques, des notices créées par BAnQ : notices originales pour les documents québécois et relatifs au Québec ou notices créées dans le cadre du Programme canadien de catalogage avant publication (CIP).Les notices de BAnQ seront compatibles avec les notices créées ailleurs.La norme RDA constitue une réorientation et une redéfinition du paradigme du traitement documentaire.Elle ouvre de nouveaux horizons.Tout cela prendra des années avant d\u2019être bien assimilé.La première parution de la norme RDA, prévue en 2009, marquera une étape importante dans l\u2019évolution des normes de traitement.Et il ne s\u2019agit pas d\u2019une étape finale : c\u2019est le début d\u2019un long processus.La DTDCP de BAnQ assumera un rôle de leadership en matière d\u2019intégration de la norme et ce, pour la francophonie.Acronymes RDA : Ressources : Description et Accès RCAA2 : Règles de catalogage anglo-américaines ISBD : Description bibliographique internationale normalisée FRAD : « Spécifications fonctionnelles des données pour les notices d\u2019autorité » (traduction française non officielle) FRBR : Spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques IFLA : Fédération internationale des associations de bibliothécaires et de bibliothèques JSC : Joint Steering Committee for Development of RDA (anciennement Joint Steering Committee for the Revision of AACR) Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [25] Les quatre tâches des FRBR «.on définit les spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques en articulation avec la liste suivante de tâches qu\u2019accomplissent les utilisateurs au cours de la consultation et de l\u2019exploitation des bibliographies nationales et des catalogues de bibliothèques : \u2022\tutilisation des données afin de trouver les documents qui correspondent aux critères de recherche exprimés par l\u2019utilisateur (par exemple, la recherche de tous les documents relatifs à un sujet donné, ou bien la recherche d\u2019un enregistrement paru sous un titre déterminé); \u2022\tutilisation des données afin d\u2019identifier une entité (par exemple, pour obtenir confirmation que le document décrit dans une notice correspond bien à celui que recherchait l\u2019utilisateur, ou bien pour établir une distinction entre deux textes ou deux enregistrements qui portent le même titre); \u2022\tutilisation des données pour choisir une entité qui soit en adéquation avec les besoins de l\u2019utilisateur (par exemple, pour choisir un texte rédigé dans une langue que l\u2019utilisateur comprenne, ou une version de logiciel qui soit compatible avec le matériel et le système d\u2019exploitation dont il dispose); \u2022\tutilisation des données pour avoir accès (à titre gratuit ou onéreux) à l\u2019entité décrite (par exemple, pour lancer une commande de document édité, pour demander le prêt d'un exemplaire figurant dans les collections d\u2019une bibliothèque, ou bien pour consulter en ligne, à distance, un document numérisé sur un autre ordinateur).» Source : FRBR section 2.2, p.14 Elle travaillera de concert avec Bibliothèque et Archives Canada, avec les associations et avec les milieux de l\u2019enseignement afin que la formation portant sur cette nouvelle norme internationale soit offerte le plus rapidement possible.La Direction compte informer rapidement le milieu professionnel des étapes à venir afin de favoriser l\u2019adoption la plus rapide de cette nouvelle norme internationale de catalogage.Bibliographie Functional requirements for bibliographie records : final report / IFLA Study Group on the Functional Requirements for Bibliographic Records.München : K.G.Saur, 1998.(UBC1M publications; new series, vol.19).\u2014 ISBN 978-3-598-11382-6.http://www.ifla.orgA/IEsl3/frbr Spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques : rapport final / Groupe de travail IFLA sur les spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques.\u2014 Édition française / établie par la Bibliothèque nationale de France.\u2014 Paris : Bibliothèque nationale de France, 2001.http://www.bnf.fr/pages/infopro/normes/pdf/FRBR.pdf RDA, Resource Description and Access.Draft for constituency review.October 2008.http://www.rdaonline.org/ constituencyreview/ Joint Steering Committee for the Development of RDA http://www.collectionscanada.gc.ca/jsc/index.html Direction du traitement documentaire de la Collection patrimoniale, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) U A VISARD V MUTUALISATION ACADEMUS ?\tGestion intégrée des centres d'informations ?\tCatalogage, OPAC, thésaurus, bibliothéconomie ?\tOutil de veille, de DSI et de GED ?\tConfidentialité et groupes de travail ?\tPortail Internet, recherche et réservation, profils personnalisés, saisie à distance, catalogage dérivé ?\tMultilingue (interface et contenu) NOUVEAU ?\tModule archivistique pour la gestion des archives papier et fichiers électroniques ?\tModule MIMS (RSS, OAI, SRW/SRU client/serveur) pour l'interrogation et la récupération automatique de l'information.www.visard.ca Dossiers et produits documentaire StatWeb Pro MIMS Gestion multi site SERVEUR DOCUMENTAIRE BIBLIOTHECONOMIE PORTAIL D'INFORMATION Web Photo Veille automatique et alertes Profil utilisateur Texte intégral Serveur Web Autorisation avancée OCR Correcteur Thésaurii Serveur NISO Z 39-50 PUBLICATION [26] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 Les RDA pour un monde numérique Ingrid Parent ingrid.parent@lac-bac.gc.ca La nouvelle norme qui succédera aux Règles de catalogage anglo-américaines (RCAA2) se nomme Resource Description and Access (RDA).Pourquoi avons-nous besoin d'une nouvelle norme?The RDA, a New Standard for a Digital World The new standard that will succeed the Anglo-American Cataloguing Rules (AACR2) will be known as Resource Description and Access (RDA).Why do we need a new standard?L\u2019émergence d\u2019Internet a fait en sorte que les données bibliographiques peuvent être intégrées à un environnement beaucoup plus vaste.Fini le temps des catalogues sous forme de livres et des catalogues sur fiches.Nous disposons maintenant des catalogues publics en direct (OPAC) et des systèmes en réseau, mais nous devons songer à la prochaine génération de systèmes qui fera pleinement usage de la richesse de nos descriptions bibliographiques.De nouveaux affichages peuvent être générés et de nouveaux types de liens peuvent être établis afin d\u2019intégrer nos données aux sources d\u2019informations autres que nos bases de données.Nos utilisateurs visiteront vraisemblablement les bibliothèques au moyen de moteurs de recherche comme Google.Réorienter nos notices bibliographiques de telle sorte qu\u2019elles soient utiles dans un plus vaste contexte exige une approche différente de celle de la description ainsi qu\u2019une réflexion sur certaines des conventions traditionnelles de la bibliothéconomie qui pourraient ne pas être bien comprises en dehors de la sphère des bibliothécaires.D existe également de nouveaux types de ressources que les règles RCAA2 n\u2019arrivent pas à traiter entièrement.Le monde numérique nous présente une multitude de supports qui contiennent l\u2019information que nos utilisateurs recherchent.Ces nouvelles sources sont difficiles à décrire au moyen des règles RCAA2 puisqu\u2019elles ne correspondent à aucune des « indications générales du genre de document ».Les fichiers MP3, par exemple, qui se trouvent sur des DVD sont des ressources numériques, mais ils sont également des enregistrements sonores.L\u2019indication « ressource électronique » pas plus que l\u2019indication « enregistrement sonore » des règles RCAA2 ne les décrivent de façon adéquate.La norme RDA a remplacé le concept d\u2019indication générale du genre de document par de nouveaux éléments qui asssoupliront l\u2019identification des ressources et amélioreront la capacité d\u2019un utilisateur de choisir les ressources qu\u2019il recherche.Grâce à l\u2019orientation sur les éléments de la norme RDA, nécessaires à la description des ressources et à leur accès, la norme RDA nous permettra de recueillir des métadonnées plus facilement qu\u2019auparavant.Les données descriptives sous forme numérique tant pour les ressources numériques qu\u2019analogiques sont déjà disponibles auprès de sources extérieures.Les éditeurs qui se servent des métadonnées ONIX peuvent nous fournir des données descriptives pour les livres traditionnels, et nous pouvons réutiliser de telles données pour nos notices bibliographiques.En ce qui a trait aux ressources en ligne, nous pouvons saisir automatiquement les données descriptives qui font souvent partie de l\u2019objet numérique et créer une notice bibliographique à partir de telles données.En reconnaissant le fait que certaines sources de données descriptives permettent de faire des économies et de rendre efficace le processus de catalogage, la norme RDA simplifiera le processus de transcription en mettant l\u2019accent sur « prenez ce que vous voyez ».Nombre des règles RCAA2 qui exigeaient le changement de certains éléments transcrits de la ressource ont été éliminées.Ainsi, un titre dans une ressource qui comporte une erreur sera transcrit tel qu\u2019il apparaît et le titre corrigé apparaîtra ailleurs dans la description.Cette possibilité ainsi que d\u2019autres simplifications aux règles de transcription appuieront la réutilisation des données qui pourraient nous parvenir d\u2019autres sources comme les éditeurs et la ressource elle-même.Objectifs de la norme RDA Le plan stratégique décrivant les objectifs de la RDA se trouve à l\u2019adresse suivante : www.collechonscanada.gc.ca/jsc/ stratplan.html (en anglais seulement).Le plan précise que la nonne fournira un cadre extensible tant pour la description technique que celle du contenu de tous les types de ressources.Elle sera compatible avec les principes, les normes et les modèles établis à l\u2019échelle internationale.Bien que la norme RDA soit élaborée pour être uhlisée dans les collectivités d\u2019expression anglaise, elle peut être uhlisée dans d\u2019autres milieux.Tout comme il y a de nombreuses traductions des règles RCAA2, il est prévu que la norme RDA sera traduite et adaptée de façon à être uhlisée par d\u2019autres groupes linguistiques.Des options ont été ajoutées pour Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [27] permettre l\u2019utilisation d\u2019autres langues et de scripts, d\u2019autres calendriers et d\u2019autres systèmes numériques que ceux communément utilisés dans les pays anglo-américains.Nous prévoyons également que la norme RDA produira de l\u2019information qui sera compatible dans de nombreux milieux comme ceux de l\u2019édition, des archives, des musées et d\u2019autres organisations de l\u2019information.Un cadre pour la norme RDA Dans les années 1990, la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d\u2019institutions (IFLA) a amorcé un grand travail visant à faire progresser la réflexion sur le contrôle bibliographique.Avec la publication des Functional Requirements for Bibliographie Records (FRBR)1 en 1998, une nouvelle vision de l\u2019univers bibliographique était dévoilée.La norme RDA a été inspirée par les FRBR et les Functional Requirements for Authority Data (FRAD)2 comme fondement conceptuel.Les FRBR renforcent les objectifs fondamentaux du catalogage et l\u2019importance des relations entre les entités d\u2019une description bibliographique.L\u2019objectif des FRBR est d\u2019aider l\u2019utilisateur à réaliser les tâches de base du catalogue.Les tâches de l\u2019utilisateur, telles que définies dans les FRBR, sont de trouver, d\u2019identifier, de choisir et d\u2019obtenir l\u2019information qu\u2019il désire.Les FRBR offrent également une structure permettant de répondre aux besoins de base de l\u2019utilisateur et des moyens de colocaliser les notices au niveau de l\u2019œuvre et de l\u2019expression.Les directives de la norme RDA sont classées selon les attributs et les relations nécessaires pour réaliser les tâches de l\u2019utilisateur décrites dans les FRBR et pour incorporer la terminologie relative aux FRBR, permettant ainsi de clarifier les concepts bibliographiques qui sont quelque peu vagues dans les règles RCAA2, et de mettre l\u2019accent sur l\u2019alignement de la norme RDA sur le modèle des FRBR.Même si les FRBR sont appliqués un peu partout, il est à souhaiter que d\u2019autres expérimentations permettront d\u2019aider les concepteurs de futurs systèmes à réaliser le potentiel d\u2019exploitation de la vision de l\u2019univers bibliographique des FRBR.Une autre pièce clé du fondement de la norme RDA réside dans les principes du catalogage.L\u2019IFLA a tenu récemment une série d\u2019assemblées régionales afin d\u2019élaborer un énoncé de principes qui serait reconnu à l\u2019échelle internationale.Les principes de la norme RDA se trouveront dans son introduction générale et s\u2019inspireront du Statement of International Cataloguing Principles de l\u2019IFLA (www.ifla.org/VII/sl3/icc/ imeicc-statement_of_principles-2008.pdf; en anglais seulement).Les principes appuient les tâches de l\u2019utilisateur telles que définies dans les FRBR.Ainsi, les données doivent différencier la ressource décrite des autres ressources (principe de la différenciation) et elles doivent répondre aux besoins des utilisateurs de choisir une ressource (principe de l\u2019autonomie).Nous sommes d\u2019avis que les principes de la norme RDA et l\u2019importance qu\u2019elle accorde aux tâches de l\u2019utilisateur décrites dans les FRBR serviront de guide que les catalogueurs utiliseront pour appliquer leur jugement lorsque viendra le temps de décider comment il convient de décrire et d\u2019assurer l\u2019accès aux ressources bibliographiques.Collaborer avec d'autres Alors que la norme RDA est liée au contenu, la norme MARC 21 s\u2019applique au codage.Même si les règles RCAA2 et la norme RDA ne sont liées à aucune norme de codage et que la norme MARC 21 n\u2019est rattachée à aucune norme de contenu, la norme MARC 21 est le format d\u2019échange utilisé pour encoder les notices RCAA2 dans la plupart des systèmes de bibliothèque.La clé du succès de la mise en œuvre de la norme RDA réside dans l\u2019alignement du contenu et du codage.Même si la plupart des éléments de la norme RDA peuvent s\u2019appliquer au codage MARC 21, de nouveaux champs ou sous-champs de la norme MARC 21 seront nécessaires pour coder les éléments de la norme RDA, qui n\u2019existaient pas dans les règles RCAA2.Un groupe de travail sur les normes RDA/MARC a été mis sur pied afin de proposer des changements qui devront être apportés à la norme MARC 21 en vue de l\u2019appliquer aux données de la norme RDA.Ces propositions seront présentées au comité responsable de la norme MARC 21 aux fins de discussion en janvier 2009.Il est prévu que des décisions seront prises à l\u2019égard des changements qui devront être apportés à la norme MARC à ce moment-là.Le milieu de l\u2019édition a également été de la partie.ONIX, la norme en matière de métadonnées le plus souvent utilisée par le milieu de l\u2019édition, avait besoin d\u2019un vocabulaire pour classer les ressources par catégories.La priorité pour la norme RDA était d\u2019aborder et de régler les problèmes de longue date de l\u2019indication générale du genre de document des règles RCAA2.Confrontés à un défi semblable, les deux milieux ont produit conjointement le RD A/ONIX Framework for Resource Categorization (www.collectionscanada.gc.ca/ jsc/docs/5chair 10.pdf; en anglais seulement), qui a mené à la création de vocabulaires contrôlés communs pour les types de médias, les types de contenus et les types de supports.Une entente à l\u2019égard de la catégorisation des ressources constitue une étape importante vers l\u2019interopérabilité entre la norme RDA et la norme ONIX.L\u2019équipe chargée d\u2019élaborer la norme RDA collabore également avec le groupe responsable du Dublin Core en vue d\u2019élaborer un vocabulaire des éléments de la norme RDA et de créer un registre destiné aux ensembles d\u2019éléments de la norme RDA et aux termes contrôlés.Ainsi, les données seront plus uniformes sur le Web et la précision des futures recherches sera améliorée.De plus, cette collaboration a permis de mieux faire connaître la norme RDA à l\u2019extérieur du milieu de la bibliothéconomie et de la positionner comme composant des futurs projets relatifs au Web.Considérations relatives à la mise en oeuvre La norme RDA sera un outil en ligne.Elle contiendra de nombreuses fonctionnalités qui aideront non seulement à la navigation, mais également à la personnalisation.À titre d\u2019exemple, le catalogueur pourra choisir les directives de la norme RDA qui sont pertinentes aux publications en série seulement.Un certain nombre d\u2019outils supplémentaires seront également disponibles comme des lignes directrices sur la façon de travailler avec la norme RDA, les flux des travaux, la concordance [28] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 des numéros des règles AACR et des numéros de directives de la norme RDA, ainsi que des exemples complets de la norme RDA.La capacité d\u2019annoter certaines directives à titre de catalogueur particulier ou de partager des annotations au sein d\u2019une institution ou entre institutions permettra de faciliter considérablement la formation.Comme un certain nombre de changements seront apportés à la nonne MARC 21, les fournisseurs de systèmes devront en tenir compte.Bien qu\u2019il soit relativement facile d\u2019ajouter de nouveaux éléments de données dans certains systèmes, des décisions devront être prises quant aux éléments qui devront être indexés et affichés.De plus, même si des efforts ont été déployés pour limiter la conversion rétrospective, les changements ayant une incidence sur les points d\u2019accès nécessiteront une conversion à la norme RDA.À titre d\u2019exemple, les vedettes des Bibles ne contiendront plus A.T.(pour Ancien Testament) ni N.T.(pour Nouveau Testament).Les fournisseurs devront également tenir compte de la norme RDA dans leurs modules de catalogage.Bien qu\u2019aucun plan de formation ne soit encore élaboré, le Joint Steering Committee for Development of RDA (JSC) préparera un certain nombre de documents qui serviront à la formation.À titre d\u2019exemple, une liste de changements apportés aux règles RCAA2 ainsi que des tables de correspondances de la norme RDA à la norme MARC 21 et de la norme MARC 21 à la norme RDA sont en cours d\u2019élaboration.Tel que noté précédemment, le produit en ligne comportera également des fonctionnalités permettant de faciliter la formation comme le guide étape par étape sur l\u2019utilisation de la norme RDA.Les bibliothèques nationales participant à l\u2019élaboration de la nonne RDA - British Library, Bibliothèque et Archives Canada, Library of Congress (LC) et National Library of Australia - se sont également entendues pour en coordonner la mise en œuvre.Elles partageront ainsi la documentation relative à la formation et coordonneront les décisions liées à la mise en œuvre des options de la nonne RDA.La version française de la norme RDA sera éventuellement disponible.Des discussions ont été amorcées avec TASTED pour produire une traduction française.Échéancier de la mise en œuvre La première parution de la norme RDA est prévue pour le milieu de l\u2019année 2009.Par la suite, il y aura une période d\u2019évaluation et d\u2019essai de la norme RDA.La décision d\u2019évaluer la nonne RDA a d\u2019abord été annoncée par la Library of Congress.La LC a indiqué qu\u2019elle collaborerait avec la National Library of Medicine et la National Agricultural Library en vue d\u2019évaluer la norme RDA afin d\u2019aider à la prise de décisions entourant la mise en œuvre.Les trois autres bibliothèques nationales qui participent à l\u2019élaboration de la norme ont décidé également d\u2019évaluer cette norme par rapport, notamment, à sa convivialité.La nonne RDA sera probablement mise en oeuvre lors du premier trimestre de Tannée 2010.Notes 1.Functional Requirements for Bibliographie Records: Final Report, IFLA Study Group on the Functional Requirements for Bibliographic Records (München: K.G.Saur, 1998) Traduction française disponible à: www.ifla.org/VII/sl3/ frbr/frbr-fr.pdf 2.Functional Requirements for Authority Data: A Conceptual Model, IFLA UBCIM Working Group on Functional Requirements and Numbering of Authority Records (FRA-NAR), ébauche 2007-04-01, disponible à: www.ifla.org/ VII/d4/FRANAR-ConceptualModel-2ndReview.pdf Sous-ministre adjointe.Bibliothèque et Archives Canada et membre du RDA Committee of Principal [ comptes-rendus 1 Vedettes-matière par Nathalie Bellemare nathalie.bellemare@banq.qc.ca Guide pratique du Répertoire de vedettes-matière de l'Université Laval, par Jo-Anne Bélair, Sylvie Bélanger, Denise Dolbec, Michèle Hudon, Montréal : Éditions ASTED; Québec : Université Laval, 2008, 427 p.Le Guide pratique du Répertoire de vedettes-matière de l\u2019Université Laval (RVM) vient remplacer VIntroduction de la 9e édition du RVM publié en 1983.La mise à jour de cet ouvrage de référence en français était très attendue.Le guide se veut un outil de référence et d\u2019apprentissage.Il conjugue la théorie et la pratique de l\u2019utilisation du RVM.Les indexeurs débutants y trouveront les indications nécessaires pour s\u2019initier à l\u2019utilisation des vedettes-matière.Les indexeurs chevronnés pourront rechercher dans ses pages des réponses à des questions précises pour leur travail.Les bibliothécaires de référence s\u2019y référeront pour une meilleure compréhension de leur catalogue.Divisé en plusieurs parties, le guide est facile à consulter pour comprendre la structure du RVM ainsi que son développement et sa mise à jour.On y apprend comment utiliser les vedettes-matière, les vedettes et subdivisions ouvertes, les expressions et subdivisions affranchies en français seulement ainsi que les vedettes de forme.Les règles y sont clairement définies.Certains sujets d\u2019indexation plus complexes sont traités de façon plus élaborée.C\u2019est le cas de la littérature, de la musique, des noms des animaux et des plantes, des biographies, de la généalogie et de l\u2019histoire des familles, du matériel audiovisuel, des dictionnaires, des encyclopédies, des noms de lieux ainsi que des périodiques.Les milieux documentaires ont tout avantage à utiliser ce guide pratique comme ouvrage de référence.Son usage est simple.Il est rempli d\u2019exemples et répond aux principales interrogations au sujet du RVM.Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [29] De nouveaux leaders dans l'Université Diane Polnicky et Onil Dupuis dianepolnicky@yahoo.ca onil.dupuis@crepuq.qc.ca Présentation des origines et description du programme de formation De nouveaux leaders dans l'Université : les bibliothécaires organisé conjointement par le Sous-comité des bibliothèques de la CREPUQ et l'École de gestion de l'UQAM.This article presents the background of the training program De nouveaux leaders dans l'Université and describes it.It is organized jointly by CREPUQ's Sous-comité des bibliothèques and UQAM's École de gestion.C\u2019est connu, les universités québécoises ont subi au cours des trois dernières décennies d\u2019importantes compressions budgétaires.Leurs bibliothèques n\u2019y ont pas échappé.Une des conséquences directes sur leurs ressources humaines a été une réduction draconienne du taux de mobilité pour les professionnels par la promotion vers des fonctions de gestion, puisque les cadres déjà en place sont demeurés à leur poste jusqu\u2019à ce que l\u2019heure de la retraite sonne.Or, au tournant du 21e siècle, une vague de départs à la retraite de plusieurs de ces gestionnaires s\u2019amorçait.A l\u2019instar de leurs collègues nord-américains, les membres du Sous-comité des bibliothèques de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), qui regroupe l\u2019ensemble des directeurs des bibliothèques universitaires québécoises, se sont donc préoccupés d\u2019assurer une relève adéquate malgré ce manque d\u2019occasions de mobilité pour les professionnels au cours des années précédentes.C\u2019est à cet effet que, en mai 2004, le Groupe de travail sur le développement des personnels du Sous-comité des bibliothèques organisait un premier atelier de réflexion intitulé Devenir gestionnaire dans une bibliothèque universitaire québécoise : Pourquoi?Comment y arriver?Une cinquantaine de personnes, provenant d\u2019une dizaine de bibliothèques universitaires québécoises, y ont participé.L\u2019objectif de cet atelier était triple : \u2022 par le moyen de témoignages de gestionnaires, apprivoiser les perceptions et susciter l\u2019intérêt des participants pour l\u2019orientation de leur carrière vers la gestion; \u2022\tétablir un diagnostic des attentes et besoins des professionnels susceptibles d\u2019être intéressés à orienter leur carrière vers la gestion, aussi bien que des éléments de motivation ou des contraintes susceptibles de constituer un moteur ou un frein à leur décision; \u2022\texplorer diverses avenues ou pistes d\u2019action à mettre en œuvre en vue d\u2019encourager l\u2019éclosion des carrières en gestion dans les bibliothèques universitaires québécoises et d\u2019aider les personnes intéressées à acquérir les compétences requises.Outre les trois témoignages de gestionnaires, il est à noter qu\u2019afin de permettre aux professionnels de s\u2019exprimer librement et ouvertement, les directeurs des bibliothèques n\u2019étaient pas présents à l\u2019atelier, sauf au moment de l\u2019accueil et à la fin de la journée pour entendre le résultat des réflexions des participants.Il est apparu clairement à la fin de l\u2019atelier que diverses avenues de formation devaient être davantage explorées, principalement des sessions de formation sur des sujets spécifiques, de courte durée, non créditées mais avec attestation, offertes par des professeurs chevronnés en gestion.L\u2019inscription à des programmes réguliers, menant à un diplôme universitaire (certificat, baccalauréat ou maîtrise) n\u2019apparaissait pas comme une avenue privilégiée par les participants.Au terme de l\u2019exercice, les professionnels présents ont reçu l\u2019assurance que leurs suggestions et leurs préoccupations seraient prises en compte par les membres du Sous-comité des bibliothèques et qu\u2019un plan d\u2019action concerté destiné à appuyer leurs efforts de préparation à une carrière en gestion serait mis en œuvre.Priorité fut alors accordée au développement d\u2019un programme de formation s\u2019inspirant dans son approche et son contenu de modèles déjà mis à l\u2019épreuve dans d\u2019autres contextes.De nouveaux leaders dans l\u2019Université : les bibliothécaires désigne le programme de formation non crédité élaboré conjointement par le Sous-comité des bibliothèques et le Centre de perfectionnement de l\u2019École des sciences de la gestion (ESG) de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) pour donner suite aux attentes exprimées par les professionnels, d\u2019abord lors de la journée de réflexion, puis sur une base continue lors de l\u2019évaluation des différentes sessions.Conçu spécifiquement à leur intention, ce programme offre aux participants une formation adaptée à leurs besoins en privilégiant l\u2019apprentissage fondé sur une combinaison de théories et d\u2019activités dont le contenu reflète des situations réelles du milieu des bibliothèques universitaires.[30] [ ARGUS ] Vol.38, n° 1, printemps 2009 Description du programme Le programme se décline en sept blocs distincts : \u2022\tRéflexions personnelles sur mes pratiques de leadership \u2022\tDevenir gestionnaire : enjeux et défis relationnels \u2022\tLa gestion de projets dans le contexte des bibliothèques universitaires \u2022\tRelever les défis du changement \u2022\tPrévenir et résoudre les conflits via le coaching \u2022\tObtenir de meilleurs résultats avec son équipe \u2022\tTendances et pratiques actuelles en gestion des ressources humaines.De novembre 2005 à avril 2008, chaque bloc a été répété de deux à quatre fois, en réponse aux besoins des participants tels qu\u2019exprimés lors d\u2019un sondage qui leur est acheminé deux fois par année.En tout, 293 professionnels ont participé aux divers blocs offerts au cours de cette même période.Et depuis, un certain nombre d\u2019entre eux ont eu « la piqûre de la gestion » et se sont vu confier des responsabilités de gestion dans les bibliothèques universitaires du Québec.Raisons du succès Comment expliquer un tel succès?Et en quoi ce programme est-il original?Outre le fait que le programme émane des réflexions des futurs bénéficiaires, une combinaison de plusieurs facteurs explique cette réussite qui ne se dément pas.D\u2019abord, une programmation adaptée à la réalité du milieu.Ce sont les directeurs des bibliothèques qui initient et définissent la programmation.Ils rencontrent les professeurs de l\u2019ESG pour préciser les besoins, expliquer le contexte, apporter des exemples concrets de situations liées aux thèmes de chacun des blocs.Ensemble, ils définissent la durée de chaque bloc et le déroulement de ceux-ci.Le contenu des sessions est fortement lié aux réalités des bibliothèques universitaires québécoises et répond à leurs besoins spécifiques.L\u2019appui constant des directeurs de bibliothèques au programme.À chaque session, un des directeurs de bibliothèque vient accueillir les participants pour exposer les objectifs de la session, présenter le professeur et inviter les participants à évaluer la session.Une telle démarche démontre l\u2019importance que les directeurs accordent au programme de formation et le sérieux qu\u2019ils manifestent à domier suite aux commentaires des participants.De plus, les directeurs encouragent, chacun dans leur établissement, la participation aux ateliers.La taille des ateliers.Le nombre de participants à chaque session est limité à un maximum de 15, ce qui permet, d\u2019une part, une plus grande dynamique entre le formateur et les participants et, d\u2019autre part, un meilleur échange d\u2019expériences, de points de vue, de questionnements entre les participants eux-mêmes.On peut ainsi parler de formation personnalisée.La flexibilité du programme.Les blocs peuvent être abordés dans n\u2019importe quel ordre, permettant aux professionnels d\u2019assister à l\u2019un ou l\u2019autre, en fonction de leur intérêt du moment et de leur disponibilité.Tout bloc peut être repris à une date ultérieure sans que la qualité et les retombées de la formation en souffrent pour autant.Le calendrier des ateliers.Les sessions sont offertes durant les heures de travail, à des moments de Tannée universitaire où les professionnels peuvent plus facilement se libérer de leur charge de travail (novembre/décembre et avril/mai).Pas de cours de soir ou de fin de semaine qui s\u2019ajoutent à un horaire de travail et à une vie personnelle bien remplis.Il n\u2019est pas nécessaire de prendre des jours de congé pour ce perfectionnement, ni pour les autres sessions de formation organisées par le Sous-comité des bibliothèques, d\u2019ailleurs.Homogénéité du milieu et diversification des expériences.Les participants proviennent d\u2019un même milieu, celui des bibliothèques universitaires québécoises, mais d\u2019établissements différents qui ont des philosophies de gestion et des pratiques variées, ce qui enrichit les échanges.Évaluation détaillée et systématique des sessions.Les participants doivent évaluer chaque session en répondant à un questionnaire détaillé élaboré par l\u2019ESG, ce qui permet d\u2019ajuster au fur et à mesure le tir et de répondre adéquatement aux besoins manifestés, ou encore d\u2019élaborer de nouveaux ateliers sur des thèmes soulevés par un nombre suffisant de participants.Disponibilité du programme en français et en anglais, ainsi qu\u2019en région.Lorsque le nombre de participants le justifie, les blocs sont offerts en anglais ou dans les régions à l\u2019extérieur de Montréal.Reconnaissance des compétences acquises.Bien que non créditées, l\u2019attestation de participation aux sessions devient un point positif que le professionnel peut faire valoir dans son curriculum vitae et qui est certes considéré dans le milieu des bibliothèques universitaires québécoises.Le programme, de calibre universitaire, est reconnu pour sa qualité.La « gratuité du programme ».Le coût des sessions et des frais afférents (transport, logement, repas) sont entièrement assumés soit par les bibliothèques elles-mêmes, soit par le budget de perfectionnement de l\u2019université.Les participants n\u2019ont pas à défrayer les frais de scolarité de leur poche ni à attendre un remboursement, la CREPUQ facturant directement leur bibliothèque d\u2019attache.La rentabilité du programme.Pour les universités, le programme est rentable tant sur le plan économique que sur le plan du perfectionnement de son personnel.Compte tenu que les sessions sont offertes à un coût moindre que celui du marché pour ce type de formation et grâce à une économie d\u2019échelle, le coût global pour les divers établissements est raisonnable et envisageable.Sur le plan des résultats obtenus, puisque les participants proviennent d\u2019un milieu homogène et que le contenu des sessions est adapté à leurs besoins, les bénéfices sont immédiats et répondent aux attentes des établissements.L\u2019exclusivité du programme.Enfin, le programme ne fait concurrence à aucun autre.Aucune des grandes écoles de bibliothéconomie ou de gestion n\u2019offre un programme similaire, de nature aussi spécifique.Vol.38, n° 1, printemps 2009 [ ARGUS ] [ 31 ] L'évaluation dit tout Les évaluations faites par les participants confirment le succès du programme.Une très grande majorité le recommande à leurs collègues.L\u2019évaluation globale en ce qui a trait aux objectifs, à la méthodologie et au contenu se situe immanquablement entre « tout à fait d\u2019accord » et « plutôt d\u2019accord » (cet aspect est évalué autour de 3,6/4).Il en va de même pour l\u2019apprentissage et le transfert des connaissances : la plupart des participants trouvent le contenu immédiatement utile à leur travail (en moyenne, les participants accordent une cote de 3,5/4 à ce critère), ne serait-ce que parce qu\u2019il leur permet d\u2019améliorer tant leur compréhension des décisions prises dans leur établissement que leurs relations professionnelles avec leurs collègues comme avec ceux de qui ils relèvent.Parmi les commentaires écrits des participants, plusieurs reviennent et sont révélateurs de l\u2019intérêt et de la popularité du programme.A titre d\u2019exemples, citons : \u2022\tPermet de démystifier la gestion \u2022\tInspirant \u2022\tPratique \u2022\tMotivant \u2022\tOuvre l\u2019esprit \u2022\tPermet un retour sur soi, une prise de conscience personnelle de ses forces et faiblesses \u2022\tLa taille des groupes permet un apprentissage personnalisé \u2022\tOn nous propose de nouveaux outils \u2022\tTrès utile, exemples concrets \u2022\tPertinent, applicable Enfin, la diversité des origines et des expériences des participants, en provenance de l\u2019ensemble des établissements universitaires québécois, enrichit la valeur du programme et renforce l\u2019intérêt d\u2019y participer.Plus d\u2019une carrière en gestion a vu le jour! Le retour sur l\u2019investissement en temps et en argent est chose réalisée.Concluons en affirmant que l\u2019étroite collaboration entre les directeurs des bibliothèques et le personnel de l\u2019ESG est au cœur de ce grand succès.Le personnel de l\u2019ESG se dit également satisfait du programme; les professeurs témoignent de la curiosité intellectuelle et de la soif de comprendre des participants.De leur côté, ils en ressortent avec une meilleure compréhension de la complexité de l\u2019univers des bibliothèques universitaires.Tous en sortent gagnants.Retraitée et ex-directrice générale du Service des bibliothèques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) Chargé de recherche principal à la Conférence des recteurs et des principaux des universités québécoises (CREPUQ) TRAN Nous sommes Ces spécialistes du déménagement de 6i6Ciotfèques, darchives et de centres de documentation au Qué6ec, depuis 1974 :
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.