Argus, 1 janvier 2011, Automne
[" BAnQ O O L'ESPACE BIBLIOTHEQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC Au service de tous les Québécois Profitez des riches collections et des nombreux services de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) offerts à distance et gratuitement à tous les Québécois.Explorez les immenses ressources du portail Web de BAnQ et bénéficiez du prêt entre bibliothèques.Plus grande institution culturelle du Québec et pilier essentiel de la société du savoir, BAnQ rassemble, conserve et diffuse le patrimoine documentaire québécois.Elle offre aussi les services d\u2019une bibliothèque publique d\u2019envergure.BAnQ regroupe la Grande Bibliothèque, le Centre de conservation et neuf centres d\u2019archives à Montréal, Québec, Gatineau, Rimouski, Rouyn-Noranda, Saguenay, Sept-îles, Sherbrooke et Trois-Rivières, de même qu\u2019un point de service à Gaspé.banq.qc.ca ¦ CEOU 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Bibliothèque et Archives nationales /-N\t/1 ES ES Québec es es v- Wg Corporation des bibliothécaires \u2022 professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec ARGUS VOLUME 40, N° 2 LE MOT DE PRÉSENTATION // 5 L'Espace d'un numéro [Marie D.Martel et Vincent Audette-Chapdelaine] Quelques extraits d\u2019archives / les années 1980 // 7 Les bibliothécaires en quête d\u2019identité 8 Publicités rétro! 9 L'ESPACE // 11 Rethinking Library Spaces at the Information Age [Marie D.Martel 12 La bibliothèque inspire la création d\u2019un lieu nouveau [Lucie Cliche] 14 The ultra-flexible library [Vincent Audette-Chapdelaine] 18 La bibliothèque comme troisième lieu durable [Marie D, Martel| 22 L\u2019espace physique comme élément de l\u2019approche client Patrick Bianki] 29 L\u2019élargissement de l\u2019espace du livre [Florian Forestier 32 Le vrai TETRIS moderne! [Thierry Robert et Claude Ayerdi] 36 Les technologies interactives en bibliothèque [Touria FadailL 40 L\u2019espace visuel et l\u2019information [Marcela Baiocchi] 43 Neurothéologie et Neurophilosophie dans ISI Web of Knowledge [Jacques Messier] 46 Les bibliothèques publiques de Toronto évitent les coupes dans un nouvel écosystème des médias [Marie D.Martel] 50 La petite Margaret rouge écarlate - photoroman [Thierry Robert et Claude Ayerdi] 50 RECENSIONS L'audiovisuel en bibliothèque [Marie D.Martel] 54 Kevin Kelly, le prophète de la postmodernité technicienne [Luc Jodoin] 57 'ÎIVM REPERTOIRE DE VEDETTES-MATIERE DE L'UNIVERSITÉ LAVAL Le site Web du RVM Gagnez du temps en offrant plus Découvrez les avantages du site Web du RVM : ¦\tGuichet unique des produits et services du RVM ¦\tRecherche performante dans le RVM -\tPossibilité de recherche dans 16 index -\tTéléchargement de vedettes-matière dans votre catalogue -\tMise à jour hebdomadaire ¦\tFormulaires en ligne de demandes de vedettes-matière ¦\tInscription en ligne pour les formations au RVM ¦\tAccès au service de traduction automatisée des vedettes-matière : -\tTraduction automatisée de l\u2019anglais au français, et vice versa, de vedettes-matière et descripteurs contenus dans les notices bibliographiques -\tChoix d\u2019afficher sur les notices, les vedettes-matière traduites en langue française, anglaise ou dans les deux langues -\tTraduction en lot (de notices) ou à la pièce (par vedette) Visitez le rvmweb.bibl.ulaval.ca **¦*'*' UNIVERSITE LAVAL Bibliothèque LE MOT DE PRÉSENTATION L'Espace d'un numéro MARIE D.MARTEL ET VINCENT AUDETTE-CHAPDELAINE/ Les Québécois n\u2019habitent plus seulement le territoire géographique délimité par les frontières que l\u2019on sait.En 2011, 80 % des citoyens logent, pour des motifs personnels ou professionnels, sur le territoire numérique qu\u2019est le Web.Ils accèdent à des services en ligne, partagent des informations et des documents, créent du contenu et interagissent entre eux.C\u2019est sur le web que, de plus en plus, ils se tournent pour trouver de l\u2019information, de la lecture et des divertissements.Ces citoyens numériques sont quantifiables et ont des caractéristiques démographiques de moins en moins distinctes.Ils consomment de l\u2019information et négocient avec les autres, avec le temps, avec l\u2019espace selon des habitudes et une culture propre à la réalité numérique.Pour ces citoyens, l\u2019importance des bibliothèques s\u2019est relativisée, car le Web leur sert à combler une grande partie de leurs besoins de documentation et de lecture - ce qui est perçu comme le cœur des services d\u2019une bibliothèque traditionnelle.Les citoyens numériques lisent et consultent de plus en plus ce qui leur est accessible en ligne, et le font désormais sur une multitude de supports (ordinateur, téléphone, liseuse, etc.).Comment appréhendent-ils les interfaces web qu\u2019ils décodent et fréquentent?Quels sont les environnements intelligents qui se multiplient et avec lesquels ils interagiront?Voici des questions qui nous ont intriguées.La forte présence des citoyens numériques en ligne ne signifie pas qu\u2019ils sont moins mobiles qu\u2019avant, bien au contraire! Travailleurs autonomes et étudiants sont nombreux à investir cafés et bistros afin de travailler en dehors de la solitude de leurs domiciles, à tenir des événements organisés en ligne ou découlant d\u2019intérêts et de contacts cultivés en ligne.Les cafés n\u2019ont toutefois pas été conçus pour répondre à ces besoins.Certains fondent des espaces collaboratifs de travail - ou coworking -, et d\u2019autres, bien sûr, continuent à occuper les salles de lecture et les tables de travail des bibliothèques.Comment les bibliothèques redéfinissent-elles leurs espaces dans le contexte des mutations technologiques et de l\u2019avènement de la culture numérique?Quels sont les enjeux et les défis des espaces émergents?Et, enfin, comment les territoires physiques et numériques cohabitent-ils, comment s\u2019interpénètrent-ils?Quel est le nouveau récit de l\u2019espace dans le monde documentaire?Bienvenue dans ce numéro spécial sur l\u2019espace et bonne lecture! mariedmartel@gmail.com Conseillère en ressources documentaires, Ville de Montréal vincentac@gmail.com Bibliothécaire, directeur général de Espaces Temps RÉDACTEURS EN CHEFS - VINCENT AUDETTE-CHAPDELAINE ET MARIE D.MARTEL // COMITÉ DE RÉDACTION - VINCENT AUDETTE-CHAPDELAINE, CLAUDE AYERDI, JULIE J.FORTIN, PATRICK M.LOZEAU, MARIE D.MARTEL.THIERRY ROBERT // RÉVISION - PIERRE CHAPERON // ILLUSTRATION DE LA PAGE COUVERTURE - CLÉMENT DE GAULEJAC // DIRECTION ARTISTIQUE - MARTINE MAKSUD - MAKSUDEGRAPHISME.COM // IMPRESSION - JB DESCHAMPS // PUBLICITÉ - JEAN-FRANÇOIS SIMILIEN 514 845-3327 // ARGUS SUR LE WEB : REVUEARGUS.QC.CA DÉPÔT LÉGAL.BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA.BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC ISSN 0315-9930 POSTE PUBUCATION 40021801 -TIRAGE 1000 EXEMPLAIRES//ARGUS EST UNE REVUE PUBLIÉE TROIS FOIS L'AN PAR LA CORPORATION DES BIBLIOTHÉCAIRES PROFESSIONNELS DU QUÉBEC (C.B.P.Q.) DONT LE SIÈGE SOCIAL EST SITUÉ AU : 353, RUE ST-NICOLAS.BUREAU 103, MONTRÉAL (QUÉBEC), H2Y 2P1 - TÉLÉPHONE : 514 84S-3327 - TÉLÉCOPIEUR : 514 845-1618.INFO8CBPQ.QC.CA//T0US LES TEXTES PUBUÉS DANS IA REVUE EXPRIMENT LES POINTS DE VUE ET OPINIONS DES AUTEURS ET N'ENGAGENT QUE CEUX-CI.ABONNEMENT ANNUEL 33 S (QUÉBEC TARIF INDIVIDUEL 12 S LE NUMÉRO ) QUÉBEC INSTITUTIONNEL 40 S (15 S LE NUMÉRO) CANADA 48 S (17 $ DU NUMÉRO) ÉTATS-UNIS 48 S CAD.(17 $ CAD.DU NUMÉRO) ÉTRANGER 50 $ CAD.ÉTUDIANTS (QUÉBEC, CANADA) 23 $.TOUTE DEMANDE CONCERNANT LES NUMÉROS MANQUANTS DOIT ÊTRE ENVOYÉE AU PLUS TARD UN MOIS APRÈS LA DATE DE PARUTION AU SECRÉTARIAT DE LA C.B.RQ.TOUTE REPRODUCTION DES ARTICLES, EN TOTALITÉ OU EN PARTIE, DOIT ÊTRE AUTORISÉE PAR LE COMITÉ DE RÉDACTION.LES ARTICLES DE LA REVUE SONT INDEXÉS DANS : > ARTICLEFIRST (OCLC) > FRANCIS > LIBRARY, INFORMATION SCIENCES TECHNOLOGY ABSTRACTS (USTA) > LIBRARY LITERATURE > REPÈRE > WILSON OMNI.argus/automne 2011-5 Gérer votre bibliothèque de A à Z III I Biblionet Système Intégré de Gestion de Bibliothèque Développé au Québec et utilisé par plus de 800 bibliothèques à travers le Canada Biblionet s'adresse : \u2022\tBibliothèques municipales (grandes et petites) \u2022\tBibliothèques juridiques \u2022\tCentre de documentation d'entreprise \u2022\tBibliothèques médicales Biblionet peut gérer : \u2022\tDocuments physiques \u2022\tDocuments électroniques \u2022\tPrêts de livres électroniques \u2022\tPublication sur Internet \u2022\tVeille documentaire \u2022\tLes acquisitions www.Biblionet, ca Concepts logiques 4DI inc. VOLUME 10.N°1.1981 ARCHIVES / EXTRAITS DES ANNÉES '80 Quelques extraits d'archives: années '80 Volume 9, numéro 3/ mai-juin 1980/ISSX 0315-9930 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec >4RGUS ARGUS /1RGUS /4RGUS Nous poursuivons dans ce numéro notre tour d'horizon des archives d'Argus, entamé dans ie précédent en l'honneur du 40e anniversaire de votre revue.Nous couvrons ici les années 80, période où les nouvelles technologies (encore et toujours.) furent l'objet de nombreuses discussions au sein de la profession.et de quelques publicités amusantes.argus/automne 2011-7 VOLUME 17, N°4, 1988 I, 1984 DOSSIER / EXTRAITS D'ARCHIVES Les bibliothécaires en quête d'identité À en juger par ces extraits d'archives, le bibliothécaire des années 80 était en perte de repères.ou alors très inspiré par la nouvelle donne bibliotique! Oublions un peu nos bibliothécaires de référence, médiateurs et gestionnaires, et laissons la place aux bibliologues, informatistes, ordinothécaires, bibliothécaires conseil et bibliothécologistes! CAHIERS DE BIBLIOLOGIE RECUEIL D'ÉTUDES PORTANT PRINCIPALEMENT SUR L'HISTOIRE DU LIVRE AU QUÉBEC ET ACCESSOIREMENT TRAITANT DE BIBLIOPHILIE EN GÉNÉRAL.Format 25x17 cm 30 pages 6 Illustrations Prix 4S (par la posta 4.5S) Définir un informatiste, ce n\u2019est pas sorcier! .Par JuJcs t.ürd* ; :\t'¦ Le bibliothécaire conseil Par Marjorie E.Goodfcllow* ARGUS.mars-»v rrj\t11 Oh\tS u y u o ta o O o \u2022â g ^ \tveille informationnelle De plus, tous les clients de REGARD bénéficient: >\td'un engagement sans contrat à long terme >\td'un service incomparable ¦\tsoutien téléphonique illimité ¦\tformation ¦\téquipe de spécialistes ¦\tetc. \"*^SîT i'\" L'espace Architectural, urbain, social, ludique, numérique.Notre profession est constamment en rapport avec l\u2019espace sous toutes ses formes.Dossier à lire en complément du Congrès des milieux documentaires qui cette année s'articule autour du thème Redéfinir l'espace documentaire.argus/automne 2011 -11 SOURCE : BOSTON STREET LAB w\u2014 DOSSIER / L'ESPACE Rethinking Library Spaces at the Information Age PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE D.MARTEL/ Romero Santi is Head of Library Architecture Unit, Library Services Management Unit of the Diputaciô de Barcelona (Barcelona Provincial Council) since 1993.His work, which focuses on consultation for, and control of, projects and works for the public libraries in the province, has involved him-in interventions on more than 150 libraries for most of which the furnishing project was also undertaken.He has been involved in special library projects in other parts of Spain.He has given lectures and courses on library architecture for public and private bodies throughout Spain for both architects and librarians.He is author of the book: Library Architecture: Recommendations for a compréhensive research project.He kindly accepted to answer a few of our questions.HOW DO YOU ENVISAGETHE RESTORATION OR CONVERSION OF OLD BUILDINGS WHEN THEY ARE TRANSFORMED INTO A NEW LIBRARY?To identify what, for me, would be the optimal architectural solution for the restoration of an old building for a new use, I will refer to cases related to historical buildings, those which have an architectural quality and a historical prestige awarded by the community.I believe that the result must be a building that respects the architectural concepts that were the basis of the original project, in whichever era it was built.However, the intervention to be carried out in the present has to respond to the new requirements of use.Put briefly, for me, a well-restored building is one that is beautiful and practical, but also one where the historical moments at which the interventions took place can be easily identified.For this reason, I believe that restorations which simulate old constructions are less appropriate than those that respect the extant building but employ techniques and materials from the moment in which the intervention is taking place.This may seem very complicated in the case of library architecture, where what is required are wider, more visible and more flexible areas.We architects are all too aware, however, that the success of the operation has a lot to do with the architect\u2019s talent and his capacity to understand what kind of library must be built.There are clearly certain types of buildings that are more difficult to transform into libraries than others, such as single-family dwellings, or other constructions with fragmented spaces, distributed on many floors.It is therefore essential to undertake a detailed study that permits comparisons to be made between the requirements of the new facilities and a building\u2019s possibilities for adaptation.I think there should be a favourable diagnosis of the building\u2019s condition, its capacity for renovation and the urban, architectural and social interests of the réutilisation.Given the complexity of these interventions, it is also advisable that the adopted solution should answer more to technical requirements than to political agendas.WHAT SHOULD BE THE STRENGTHS OF A BUILDING DESTINED TO BE A LIBRARY TODAY?These days, we cannot imagine a building that is not flexible, accessible, comfortable and sustainable.The challenge we face presently is to create architecture that can fulfil all necessary functions and that can be adapted at the pace of changing social and technological demands.Therefore buildings should be conceived as containers which allow such flexibility, where continued creation within different zones is feasible.Such zones 12 DOSSIER / L'ESPACE should not be impersonal, cold or unstimulating, but rather welcoming and comfortable.I\u2019m thinking of architecture with a high usage of interiordesign related tools.Another issue is the exterior image, the urban impact that a library building should have.It seems to me that there are two currents of thought.According to the first, new libraries need to shed their representative image and be transformed into something more dematerialised, an architecture that does not burst into the scenery but that merges into it.The second current considers that the social meaning of a library requires a building with a certain physical presence in the city.I believe that we have to move in this second direction, although we should be cautious not to revert to bluntly iconic architecture.HOW SHOULD THE QUESTION OF THE REDUCTION OF SPACE DEVOTED TO COLLECTIONS BE APPREHENDED?SHOULD THE AREAS BE REDUCED?OR SHOULD THE SPACE BE ORGANISED DIFFERENTLY?Currently, libraries are not only an area for information and investigation; they are a place to study, to meet people, an area for integration, enjoyment, connection and exchange.Given the evidence indicating the growth of digital collections and virtual users, I believe that libraries\u2019 spaces should be rather more directed towards people than books.Up until now, calculations to measure libraries were based on the number of documents, the exhibition system, the number of workplaces, the distance between furniture, and so on.I believe that libraries now should be measured in less numerical parameters.Those savings made from the reduction of physical collections should be re-invested in increasing the social role.It is, however, difficult to judge with which percentages we have to work; I think that each situation should be analyzed separately.«Those savings made from the reduction of physical collections should be re-invested in increasing the social role.» As far as organisation is concerned, it is not enough just to reduce a certain area or establish a different layout.A well-organised library is, and will continue to be, one that has an access area from which you can easily enter the different zones.The qualitative element that we should pursue is that areas be easy to modify, to put together and to separate according to new demands.I would like to conclude by mentioning one further consideration.The challenge for the architect who plans a library is reduced if quality advice specifically concerning library architecture is available.It is worth assuring a good result because, in general, construction costs are just as high for a poorly-organised building as for a well-organised one.mariedmartel@gmail.com Conseillère en ressources documentaires, Ville de Montréal X argus/automne 2011-13 PHOTO : ROMERO SANTI DOSSIER / L'ESPACE La bibliothèque inspire la création d'un lieu nouveau LUCIE CLICHE/ le contexte.En 2005, la Direction de la culture et du patrimoine de la Ville de Montréal réalisait un Diagnostic des bibliothèques municipales de l\u2019île de Montréal.Ce dernier présentait un portrait de la situation des bibliothèques publiques à Montréal, identifiant notamment un manque important en termes d\u2019espace, de services et de proximité de desserte à Montréal, et ce, en regard des autres villes canadiennes.Ce constat a été en quelque sorte le coup d\u2019envoi pour une série de projets de bibliothèques, dont certains sont actuellement en cours de réalisation.C\u2019est dans ce contexte que la Ville de Montréal a convenu en 2008 d\u2019une entente avec le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF), visant à mettre en place un programme portant sur la rénovation, l\u2019agrandissement et la construction de bibliothèques à Montréal : le programme RAC.L'innovation, les nouvelles technologies, la flexibilité et la participation des citoyens sont au coeur des thèmes abordés dans cet exercice de redéfinition de la bibliothèque.Cette entente sur 10 ans devrait se poursuivre selon l\u2019évolution des projets et les disponibilités budgétaires des partenaires financiers.À ce jour, un montant de 60 M$ est autorisé et alloué à ce programme, un montant additionnel est en voie d\u2019approbation par la Ville de Montréal dans le cadre d\u2019une entente avec le MCCCR À ces montants s\u2019ajoute la participation financière des arrondissements.les objectifs.L\u2019objectif général de ce programme de financement est de contribuer à l\u2019épanouissement de la vie culturelle, éducative, sociale et communautaire de la société montréalaise.De façon plus spécifique et en regard d\u2019une nouvelle définition de la bibliothèque, celle du XXIe siècle, dirons-nous, ou bibliothèque de l\u2019avenir, cette bibliothèque, redéfinie dans son essence, devra refléter un lieu actuel tout en présentant le potentiel de se transformer et de suivre, sinon de devancer, les mouvements sociaux et les changements de toute nature, dont l\u2019évolution constante des technologies.Ainsi, l\u2019équipe de la Direction associée des bibliothèques de Montréal, responsable de la mise en œuvre de ce programme, a poursuivi ses recherches et réflexions, s\u2019est inspirée des meilleures pratiques dans le domaine et des récentes bibliothèques développées en Europe et aux États-Unis surtout.Elle s\u2019en est donné à cœur joie pour redéfinir la bibliothèque du XXIe siècle et élaborer un cadre structurant la mise en œuvre du programme RAC.L\u2019innovation, les nouvelles technologies, la flexibilité et la participation des citoyens sont au cœur des thèmes abordés dans cet exercice de redéfinition de la bibliothèque: Cètte démarche se poursuit et est vouée à se renouveler continuellement, l\u2019un des objectifs sous-jacents étant de créer des conditions pouvant rejoindre les citoyens, et même d\u2019augmenter la fréquentation des bibliothèques.BIBLIOTHÉCONOMIE ET TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION réseau et rfid_ Le programme RAC s\u2019inscrit dans le grand réseau des bibliothèques de Montréal consolidé par le système de gestion informatisé de ce réseau, le système Millenium.La conception des aménage- 14 DOSSIER / L'ESPACE ments intégrera les nouvelles technologies de l\u2019information qu\u2019on retrouve dans plusieurs sphères d\u2019activité de la bibliothèque, notamment dans le domaine du multimédia.Les nouvelles technologies favorisent le développement de l\u2019autonomie des usagers par l\u2019offre de systèmes libre-service d\u2019enregistrement des prêts et des retours.Ce faisant, la fonction même des bibliothécaires se transforme pour se rapprocher d\u2019un rôle d\u2019information, de médiation et de soutien auprès des citoyens, en lien avec les nouveaux services.offre de services.L\u2019offre de services des bibliothèques se renouvelle aussi.L\u2019accent sera mis sur la création d\u2019un lieu de rencontre et de socialisation, d\u2019un lieu facilitant la vocation communautaire et la mixité sociale.La nouvelle bibliothèque sera ouverte et accessible.Ainsi, on pourra converser, boire et manger dans ce lieu qui se veut propice aux échanges, à la création, à l\u2019étude, à la découverte et à la formation continue.On parle ici de «troisième lieu», une extension du chez-soi.Bref, la nouvelle bibliothèque se veut invitante et stimulante.De plus, les arrondissements sont invités à faire une analyse exhaustive tenant compte des données démographiques, des services existants et/ou déficients et de toute spécificité permettant de préciser avec cohérence un programme reflétant réellement leurs besoins.Plus le programme sera clairement défini, plus les chances de succès seront élevées.le programme.De façon non limitative, la nouvelle bibliothèque inclura en plus des systèmes liés aux services de prêt et de retour, des installations s\u2019adressant à tous les groupes d\u2019âge, des espaces de médiation, des locaux permettant la formation, des salles de rencontre, un espace pour les tout-petits et leurs parents, un espace spécifique pour les adolescents, des lieux pour l\u2019organisation d\u2019événements.Un espace café sera aussi prévu, ainsi que des postes informatiques en grand nombre.Certains arrondissements profiteront de cette opportunité pour actualiser et développer leur volet culturel et incluront aussi un lieu de diffusion culturelle dans le cadre du Forum des équipements culturels.projet immobilisation.Un lieu d\u2019accueil et de rencontre intégrant les nouvelles technologies, et ce malgré l\u2019arrivée du livre numérique, s\u2019incarne dans un projet d\u2019immobilisation impliquant un investissement important.Nous ne pouvons cacher notre enthousiasme devant l\u2019une des particularités de ce programme, soit l\u2019exigence de tenir un concours d\u2019architecture pour les nouveaux projets de bibliothèque.La tenue d\u2019un concours d\u2019architecture s\u2019inscrit dans le plan «Montréal, Ville UNESCO de design», visant l\u2019amélioration du «design de la ville» et l\u2019affirmation de Montréal comme «ville de design», et correspond à l\u2019une des exigences du MCCCF.La qualité du design doit devenir la signature de Montréal dans ses propres interventions d\u2019aménagement urbain et s\u2019exprimer dans tous les arrondissements.La qualité du design doit devenir la signature de Montréal dans ses propres interventions d'aménagement urbain et s'exprimer dans tous les arrondissements.concours D\u2019architecture.Le concours d\u2019architec-ture ne date pas d\u2019hier, mais il est assez récent que la Ville de Montréal privilégie ce processus dans la réalisation de plusieurs projets municipaux.Le mot concours vient du verbe concurrere, qui signifie courir ensemble.Parmi les multiples définitions du concours, celle du Larousse résume bien les traits essentiels : compétition au terme de laquelle seuls les candidats classés dans les premiers obtiennent une place, un titre, une récompense.Le concours se distingue des autres formes de la commande par le fait que plusieurs architectes entrent en compétition pour relever simultanément le même défi, que les règles et données du défi sont explicitement énoncées et que les performances des architectes sont évaluées par un jury1.11 y a plusieurs types de concours mais, peu importe la formule retenue, il n\u2019en demeure pas moins que le concours d\u2019architecture présente de nombreux avantages.Pour n\u2019en nommer que argus/automne 2011-15 BibHoMfôndo Mondo0 une division de BiblioMondo, une division de Mondoln, innove constamment afin de satisfaire tous vos besoins logiciels incluant documents électroniques, SIGB, CAP, gestion de postes publics, horaires des employés et édition de livres électroniques.PortFol io M%îndo PC {^NetMedia Iffishift Edition Pour en savoir plus, n\u2019hésitez pas à contacter notre équipe des ventes au 514-337-3000 ou info@bibliomondo.com Canada - États-Unis - France - Royaume-Uni - Pays-Bas - Allemagne DOSSIER / L'ESPACE quelques-uns, le processus de concours d\u2019architecture permet : de doter l\u2019espace public de bâtiments de haute qualité; -, d\u2019obtenir plusieurs propositions de projet et de sélectionner la meilleure; -, d\u2019obtenir des options auxquelles le donneur d\u2019ouvrage n\u2019aurait pas pu penser sans ce processus; -, de pousser une réflexion en profondeur visant à répondre à une question architecturale; -, d\u2019augmenter le degré d\u2019innovation et de qualité architecturale; -, de contribuer à l\u2019avancement de la pratique architecturale.Au-delà du mode de commande de services professionnels retenu par la Ville, il faut reconnaître l\u2019importance de créer des conditions favorisant la qualité architecturale et d\u2019accorder une place privilégiée à la conception d\u2019ensemble des projets, des aménagements, du mobilier intégré et des autres composantes liées au projet.L\u2019expression «qualité architecturale» est inclusive dans la mesure où elle implique aussi d\u2019atteindre l\u2019objectif ultime de créer un lieu du savoir redéfini, rencontrant les besoins de chaque arrondissement.ARCHITECTURE De façon générale, les programmes de bibliothèque réalisés à ce jour dans le cadre du programme RAC expriment la volonté de créer des bibliothèques à l\u2019image des dernières tendances dans ce domaine à travers le monde.11 est donc logique que l\u2019image du projet reflète également les dernières tendances dans le domaine de l\u2019architecture.À titre indicatif, pour rencontrer cette vision, le programme met de l\u2019avant quelques critères se résumant comme suit : -, L\u2019image reflétée par le projet devra être novatrice, esthétique et résolument contemporaine; -, Le projet sera à la fois original quant au concept architectural et respectueux de l\u2019environnement, tant dans sa construction que dans son exploitation au quotidien; -, La notion de coût global est intégrée au programme, les projets seront élaborés selon les critères de développement durable, et la plupart avec un objectif de certification LEED; -, À ceci s\u2019ajoutent bien sûr les critères d\u2019accessibilité universelle, d\u2019ergonomie et l\u2019intégration d\u2019une œuvre d\u2019art.D\u2019autres notions et critères qualitatifs non moins importants sont aussi mentionnés, dont : -, la volonté de transparence et de continuité visuelle intérieure/extérieure; -, une intégration au site pertinente et de qualité; -, une conception intégrant la lumière naturelle de façon optimale; -, une architecture pérenne; -, des systèmes constructifs permettant une certaine flexibilité; -, une architecture invitante, mettant en évidence l\u2019omniprésence du concept de bibliothèque du XXIe siècle, des espaces ouverts, fluides, etc.; -, des aménagements favorisant la mise en valeur des collections.STATUT DU PROGRAMME RAC À titre indicatif, une trentaine d\u2019arrondissements ont manifesté leur intention de participer à ce programme.Celui-ci s\u2019étendra, avec des travaux d\u2019envergure variable, à l\u2019ensemble du réseau des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal.Actuellement, un projet est en construction, la bibliothèque Le Boisé de l\u2019arrondissement Saint-Laurent, et un autre est sur le point de démarrer, la bibliothèque Marc-Favreau de l\u2019arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie.Deux projets, la bibliothèque Benny à No-tre-Dame-de-Grâce et la bibliothèque Saul-Bellow à Lachine, sont à l\u2019étape des plans et devis, alors que huit autres sont à l\u2019étape d\u2019avant-projet ou de programme fonctionnel et technique.Quinze autres projets sont inscrits au programme.Nous souhaitons tous entendre un WOW! à l\u2019inauguration des projets, et ce, surtout de la part des citoyens.Aucun système n\u2019est parfait, mais nous travaillons à créer des conditions permettant d\u2019aspirer à des projets justes, répondant aux besoins des citoyens et de très haute qualité architecturale.lcliche@ville.montreal.qc.ca Architecte, Bureau des équipements et espaces culturels, Ville de Montréal X 1.White, Jacques.«Définir le concours».ARQ : architecture-Québec, févr.2011.argus/automne 2011-17 DOSSIER / L'ESPACE The ultra-flexible library PROPOS RECUEILLIS PAR VINCENT AUDETTE-CHAPDELAINE/ The Uni, a new project recently deployed in New York City, revisits the concepts of mobile and hyperlocal libraries.The Uni can be anything - a reading room in a park, a few shelves on a boat, a temporary installation during a festival, a permanent venue under a bridge.In its physical manifestation, the Uni is a collection of modular shelves.But two other elements - people and programs - compose the Uni and make it a great model and potential source of local good.I asked a few questions to Leslie and Sam Davol, the founders of the Boston Street Lab.I UNDERSTAND UNI IS A PROJECT OF STREET LAB, A NON-PROFIT ORGANIZATION IN BOSTON AND NEW YORK.CAN YOU EXPLAIN STREET LAB'S MISSION AND TELL US A LITTLE ABOUT ITS OTHER PROJECTS?We founded Street Lab in Boston right after we moved there in 2006 from New York City.Its mission is to create programs for public space.We experiment, and we think this is a useful role for our small organization.We like new ideas/concepts, but we love things put into action so they can be experienced today.We look for \u201clighter, quicker, 6Hg and cheaper\u201d ways to improve the public realm and provide public resources.We do this work because we are urban dwellers and care deeply about shared public space and shared public experiences.The work began as a series of small projects right in our neighborhood of Chinatown.It grew out of a kind of impatience we felt with ideas for improving downtown Boston not materializing fast enough for us and our kids living here.We had the impulse to try to get more visible community activity going, and started showing films in a vacant lot in partnership with a local community development organization.This is now an annual event we do called Films at the Gate.Our second project\u2014the Storefront Library\u2014was much more ambitious, but started in a similar way.After attending a year\u2019s worth of community meetings to bring back a library to Chinatown, we proposed using an empty storefront to give people the experience of a library, which would help make planning more effective, test alternative visions for a library, and also try a different kind of advocacy strategy.That turned into a four-month installation of an operating library in a vacant storefront, which made 5,000 donated books, daily newspapers, inter- muftflm M2SSfif£ ÜÜ tattss?[1] :: Espace lecture [2] :: Espace travail ÜSSSSP r* SSSSfeffl ¦JMM MMEM0 ^SieâSSSîi H \u2022¦ \u2022 .rfrfuCB mm .'< >V- argus/automne 2011-19 DOSSIER / L'ESPACE net access, computers, and a full calendar of programs, available to the public.Other projects have included presenting a one-day celebration of home movies called Home Movie Day in an underutilized public room on the ground floor of a downtown office building, and Work in Progress, putting dance rehearsals and a writer at work in a storefront.All of our programs have been free and open to the public.Although these projects were focused on areas downtown Boston, we always thought about our work as addressing issues facing cities more generally.It\u2019s about trying to carve out space in the urban environment for more types of experiences like Films at the Gate and using a library\u2014experiences that foster public life and connections\u2014right at street level.HOW DID YOU GET THE IDEA FOR THE UNI?WAS IT DEVELOPED WITH THE CLEAR INTENT TO ADDRESS AN IDENTIFIED SOCIAL NEED?We got the idea for the Uni from our Storefront Library project.What struck us most was the impact the space had on people.It was not just about the books.It was about the kind of place it provided\u2014for public gathering, for other organizations, for educational pursuits, for community.After the storefront closed, we wanted to develop a new project on this model: a small-scale, flexible institution that every urban neighborhood needs.The name \u201cUni\u201d originally stood for \u201curban neighborhood institution,\u201d which we used as a placeholder name during planning and development to encourage ourselves to think of creating a solution from scratch.We kept hitting dead-ends when we thought along the lines of \u201cshrinking\u201d existing institutions like libraries and community centers, which do similar work at a different scale.And, over time, the placeholder name Uni just stuck.We asked local architects to help us come up with a physical system that would let us provide books, and host and run programs outside, and be easily portable.We decided to test it first in New York City, where competition for street-level space is strong but where there is also a strong collective mission about the city.I LEARNED ABOUT THE UNI FROM A FRIEND WHO HAD HEARD OF YOUR PROJECT ON KICKSTARTER, A SERVICE YOU USED TO COLLECT DONATIONS FROM HUNDREDS OF PEOPLE ONLINE.HOW DID YOUR USE OF SOCIAL MEDIA AND THE WEB INFLUENCE OR DEFINE THE PROJECT?Kickstarter is designed for creative projects that have a defined goal.So it was great for [3] :: Espace projection [4] :: Espace détente DOSSIER / L'ESPACE At the end of the day, we think of the Uni as a kind of performance i ' books, librarians and educators of all kind.And ultimately it's about affecting the audience and creating an arc of experience.promoting and funding the design.But it also meant that the way we introduced the Uni to the world was through the design and structure.A structure alone of course does not make a reading room.You need a team to run it, books, and program.You need someone to secure the sites, build the relationships, and get the insurance.That\u2019s the institutional side of the Uni that we\u2019re also building.Kickstarter forced us to be out there, communicating as much as possible, with as many (relevant) activities as possible.Friends posted on Twitter and Facebook, which helped spread the word.All this influenced the project in that it sets a standard for communications going forward.We also liked the way in which Kickstarter forced us to set a tight 30-day goal which was ambitious and challenging! That\u2019s not the way nonprofits typically work.We\u2019re thinking about keeping that going.In fact, we realize we just met our second, 30-day goal since we were funded on Kickstarter: of being on the ground in Lower Manhattan on September 11.IS THE PROJECT ALSO BACKED BY MORE TRADITIONAL PARTNERS, SUCH AS GOVERNMENTS OR ORGANIZATIONS SUCH AS LIBRARIES?Not yet.A few individuals donated in a more traditional manner, offline.We\u2019re now looking to fundraise to cover our ongoing costs and the costs of future deployments in other locations around New York City.These costs are pretty minimal compared to brick-and-mortar institutions.THE UNI CONSISTS OF 144 OPEN-FACED CUBES THAT CAN BE ASSEMBLED TO CREATE STRUCTURES OF VARIOUS FORMS, WITH SHELF SPACE.WHAT ARE SOME OF THE MOST ORIGINAL OR INTERESTING USE CASES YOU HAVE IDENTIFIED?Hmm.We have just started using it! But we\u2019d love to install a few cubes on the Staten Island Ferry.YOUR FIRST UNI WILL BE TESTED IN NYC THIS FALL.HOW WILL THIS TAKE PLACE?IS THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY INVOLVED?We just tested it for the first time for one day, yesterday, September 11, at the New Amsterdam Market in Lower Manhattan.The New Amsterdam Market is a public market dedicated to reviving a market district on the East River Waterfront in Lower Manhattan.The founder/operator was game for letting us set up on that day to provide a small reading room for residents in conjunction with the operation of the market.We\u2019ve spoken to the NYPL about the Uni, and hope to find ways to support the public library just as we found ways to support the Boston Public Library with our Storefront Library.We\u2019ve established a partnership with the Brooklyn Public Library for the times when we\u2019ll be in Brooklyn, and will be exploring what this means in the coming months.WHAT ARE THE DIFFERENT PROFESSIONAL EXPERTISES INVOLVED IN THIS FIRST NYC PROJECT?We\u2019ve got architects and graduate students of architecture who worked on the design and fabrication.We\u2019ve got library students helping us with books and also serving as volunteer staff for the Uni wherever it will operate.My background is in museum administration, project management, and cultural planning.Sam is a former legal aid attorney.The Uni draws upon all of these fields and areas of expertise.However, in some ways, what the public sees/experiences could be said to draw most upon Sam\u2019s experience touring and performing as a musician (he is the cellist for the band The Magnetic Fields).At the end of the day, we think of the Uni as a kind of performance involving books, librarians and educators of all kinds.And ultimately it\u2019s about affecting the audience and creating an arc of experience.HOW WILL YOU MEASURE THE PROJECT'S SUCCESS?Apropos of the response above: by how people feel about it, and how it makes them feel about their neighborhood, their city, and their.fellow man! By what it inspires.All pretty difficult things to measure.However, we\u2019ll also try to measure success in more traditional ways, including, for example, how many 20 3434 DOSSIER / L'ESPACE Jj-t 1 J m patrons we have, how it impacts organizations that use it for street-level programming, and what happens to the sites where it locates after it leaves.DO YOU PLAN TO DEPLOY UNIS ELSEWHERE, IN OTHER CITIES, OR COUNTRIES?COULD WE IMAGINE A FUTURE WHERE UNI STRUCTURES WOULD BE A WIDESPREAD COMPONENT OF URBAN SPACE?We really want to test it fully first.Although we have already had interest from places ranging from New Orleans to Afghanistan! Part of our vision is to create a solid model that can be replicated in other locations.We think the Uni will work best as a permanent, familiar resource for a city or neighborhood.Or possibly shared between several neighborhoods with a goal of supporting place making, civic life, or education.That\u2019s what we intend to test in the first Uni for New York City.But we think lots of places could use a Uni, and 2012 will also be about exploring how to create \u201cblueprints\u201d for replicating the Uni structure, collection and team in other locations.For example, in Boston we\u2019re already looking at creating a Uni that would work in support of \u201cturn-around\u201d public schools.We look forward to more conversations about this as we move forward.HAVE YOU PLANNED A FUTURE RELEASE OF THE UNI DESIGN?COULD IT BE OPEN-SOURCED?Yes, we\u2019d love to consider that once we test and refine.That is the spirit of the Uni\u2014there should be lots of them and lots of things like it in our cities.vincentac@gmail.com Bibliothécaire, directeur général de Espaces Temps X argus/automne 2011 - 21 SOURCE : BOSTON STREET LAB DOSSIER / L'ESPACE La bibliothèque comme troisième lieu durable Cet article a été produit à partir d'une conférence prononcée dans le cadre du colloque Les Arts et la Ville avec Mylène Gauthier en mai 2011.MARIE D.MARTEL/ La bibliothèque troisième lieu joue un rôle structurant dans le développement des nouvelles bibliothèques en Scandinavie, en Angleterre ainsi qu\u2019au Québec, si on considère que de nombreux projets se réfèrent à cette vision de la bibliothèque.Dans ce texte, nous tenterons de réinterpréter ce modèle pour l\u2019inscrire dans la perspective du développement durable, de manière à parler plutôt de la bibliothèque publique comme d\u2019un troisième heu durable.De plus, six orientations (socialisation, collaboration, expérience, technologie, mobilité, développement durable) seront abordées dans un effort de consolider le modèle de bibliothèque comme troisième lieu durable et de le traduire sur le plan des services et de l\u2019espace.UN CONTEXTE DE DÉFIS Nous vivons dans un monde complexe et, en tant que reflet de la société, la bibliothèque est aussi affectée par de multiples bouleversements culturels et technologiques, comme le soulignait bien Romaro Santi dans son ouvrage qui a fait date, Library architecture.La bibliothèque affronte le défi du document, puisque le livre n\u2019est plus l\u2019unique repère; il est relativisé par d\u2019autres produits documentaires : musique, films, jeux.Et le livre est dématérialisé : le document numérique est partout.Et puis la bibliothèque vit aussi le défi que représente le passage d\u2019une approche centrée sur les collections à une approche centrée sur les connexions, sur le social, sur l\u2019humain.En outre, la bibliothèque passe peu à peu d\u2019un système orienté vers la circulation de contenu à un autre qui favorise la création de contenu.Si les bibliothèques sont en crise, comme la société, elles font pourtant partie de la solution, du moins pour ce qui est des bibliothèques qui verront à ajuster leur vision quant aux nouveaux besoins de la société.Or, aujourd\u2019hui, la vision de la bibliothèque qui prend forme se rapproche davantage de celle d\u2019un centre de culture communautaire supportant l\u2019accès à l\u2019information et au savoir, dans le contexte de surabondance, d\u2019inégalités sociales et de transformation qui caractérise la société numérique.C\u2019est pour assurer cet accès à l\u2019information et au savoir qu\u2019explici-tement, on sollicite l\u2019intervention de la bibliothèque, comme l\u2019UNESCO l\u2019a fait, par exemple, pour réduire la fracture numérique.Afin de remplir ce rôle, un nouveau genre de bibliothèque est requis, une bibliothèque qu\u2019il faut réinventer en lui attachant un modèle symbolique et physique qui soit inédit.Le concept de bibliothèque troisième lieu est un des modèles dont on se réclame largement du côté Scandinave et anglo-saxon et qui pourrait servir de référent.LA BIBLIOTHÈQUE TROISIÈME LIEU Mais qu\u2019est-ce qu\u2019une bibliothèque troisième heu?Nous en avons déjà parlé en ces pages, dans un article de Mathilde Servet intitulé La bibliothèque troisième lieu, vers une redéfinition du modèle de la bibliothèque.Rappelons d\u2019abord que le premier heu est celui de la maison; le second, celui du travail.Le troisième lieu est ce lieu qui s\u2019inscrit comme le prolongement de la maison dans l\u2019espace public.C\u2019est un espace de vie informel offert à la communauté, à la manière autrefois des places de marché, des bistrots, des cafés, des parvis d\u2019église, icônes du troisième lieu tel que proposé par le sociologue Ray Oldenburg : « The third place is a generic designation for a variety of public places that host the regular, voluntary, informal public life, and happily gatherings of individuals beyond the realms of home and work.» 22 DOSSIER / L'ESPACE Tl r#> ¦m Les troisièmes lieux offrent, selon Oldenburg, un terrain neutre qui nivelle les différences entre les statuts des invités et qui promeut, ce faisant, l\u2019égalité et l\u2019inclusion.Ces places stimulent les habitudes d\u2019association publique et attirent une clientèle régulière; la conversation en est la principale activité.Les troisièmes lieux sont accessibles, accommodants et l\u2019ambiance y est ludique.Ils se déterminent comme des home-away-from-home permettant à la communauté de se connecter et de tisser des liens.Toutes ces caractéristiques les installent au cœur de l\u2019engagement public et de la vie communautaire, au fondement de l\u2019expérience démocratique.RÔLE DE CRÉATRICE DU CAPITAL SOCIAL ET RÔLE POLITIQUE On sait que la bibliothèque publique, depuis son origine, a été associée à un rôle politique comme opératrice de cohésion sociale, comme créatrice de capital social, comme lieu d\u2019émergence de la démocratie.Maintenant, en la désignant en tant que troisième lieu, on cherche à optimiser la situation de la bibliothèque comme «bonne place», de manière à accentuer ou à amplifier la dimension sociale ou interactive de ses espaces, pour en faire un lieu de rencontre, un lieu de médiation sociale, de création de liens, un milieu de vie.UN PROJET DE MARKETING ET D\u2019INFODIVERTISSEMENT Mais attention! Comme le fait aussi remarquer Mathilde Servet dans cet article, on peut questionner la relation entre la bibliothèque troisième lieu et l\u2019importance que prennent les techniques de marketing dans la définition de ce modèle.Le projet de bibliothèque troisième lieu est souvent réduit à «présenter an cadre pour la mise en valeur des collections, dans une enveloppe attrayante et stimulante», dit Servet.On donne la recette du troisième lieu : un sondage, un café, on laisse aux gens le droit de boire et de manger, on offre le Wi-Fi, on fait du ciblage (zoning).Et alors, on finit par se demander : est-ce que le projet de bibliothèque est en train de devenir un projet d\u2019aménagement et d\u2019infodivertissement?Ne finit-on pas par ressentir le vide quant au projet lui-même, alors qu\u2019il s\u2019agit de s\u2019impliquer dans toutes les problématiques (chômage, immigration, analphabétis- m Bibliothèque centrale d'Amterdam [E]n en la désignant en tant que troisième lieu, on cherche à optimiser la situation de la bibliothèque comme «bonne place», de manière à accentuer ou à amplifier la dimension sociale ou interactive de ses espaces, pour en faire un lieu de rencontre, un lieu de médiation sociale, de création de liens, un milieu de vie.me, fracture numérique, etc.) pour lesquelles la bibliothèque est interpellée?Est-ce que la bibliothèque troisième lieu, dans ce contexte, représente un modèle adéquat pour répondre à ces besoins?Les questions sont légitimes et ce modèle gagne à être reconçu, de façon à réinscrire les techniques de marketing au rang des moyens plutôt qu\u2019à celui d\u2019une fin.La démarche consiste alors à aménager un modèle qui veut prendre ses distances avec le passé, s\u2019insérer dans le style de vie des individus tout en faisant le pont avec les générations futures, en accord avec les principes du développement durable.On peut capitaliser sur plusieurs éléments d\u2019articulation possibles entre le concept de troisième lieu et le développement durable : l\u2019importance de la cohésion sociale, de la formation, de l\u2019habilitation des collectivités territoriales, de l\u2019innovation.LE DESIGN DE L\u2019INNOVATION SOCIALE Par ailleurs, il est également envisageable, dans cette perspective, de revendiquer une manière audacieuses d\u2019identifier et de positionner les bibliothécaires com-j me des designers de l\u2019innovation sociale.Plus précisément, lorsqu\u2019il s\u2019agit de concevoir lesj espaces et les services, les bibliothécaires peuvent^ s\u2019engager à adopter une approche de design intégré et joindre des équipes réunissant argus/automne 2011 - 23 I Entrance Idea Store, dans le quartier de Tower Hamlets à Londres.designers, urbanistes, architectes, sociologues ou philosophes à des citoyens pour favoriser l\u2019innovation.Les bibliothèques sont plus que des édifices, ce sont des idées, des projets, des projets de société.On veut faire des bibliothèques pour les citoyens, pourquoi ne pas les concevoir avec les citoyens?Et cela commence par une démarche participative sur les services que les gens souhaitent et, en chemin, sur le type d\u2019environnement nécessaire pour abriter ces fonctions.Cette approche trace la voie pour l\u2019élaboration d\u2019une bibliothèque appropriée, une bibliothèque qui est à la fois création, médiation et interrelation avec les citoyens, la communauté, l\u2019«existant», et qui favorise l\u2019innovation et l\u2019habilitation (empowerment) des collectivités territoriales, en accord avec les principes du développement durable.Ainsi, s\u2019appuyant sur ces principes et cette approche, la bibliothèque peut optimiser sa situation de troisième heu durable en investissant, sur plan des services et des espaces, six dimensions : 1) la socialisation, 2) la collaboration, 3) l\u2019expérience, 4) la technologie, 5) la mobilité, 6) le développement durable.1.la socialisation - D\u2019abord, l\u2019importance de la fonction de formation, en tant que contribution au développement social, est mise de l\u2019avant : formation à la citoyenneté, formation pour les immigrants, les adultes, les aînés, ciblage du public jeunesse avec l\u2019aide aux devoirs.Ces services mettent en évidence le rôle éducatif de la nouvelle génération de bibliothèques.Les espaces, les collections, les activités de médiation sont prévus en conséquence et consolident ces services vivants.La formation à l\u2019information y joue un rôle stratégique.Dans plusieurs cas, les bibliothèques adoptent une désignation en vue de marquer la nouveauté de leur projet et de souligner l\u2019accent mis sur la fonction de formation, à la manière des learning centres, idea stores, urban mediaspaces.Ensuite, les home-away-from-home sont déclinés en termes d\u2019accessibilité, de confort, d\u2019échanges et de contenus informels.Les horaires des bibliothèques sont étendus, ces dernières sont localisées en des endroits stratégiques et faciles d\u2019accès, dans des rues commerciales à haute densité, et elles s\u2019installent comme des living rooms publics, accommodantes.Comme les parcs publics, elles sont le dernier refuge de la gratuité et du laisser-vivre.Les modèles retenus s\u2019inspirent souvent de l\u2019ambiance d\u2019un café, ou même d\u2019un centre communautaire ou commercial.Dans cette logique, la bibliothèque se métamorphose en destination, elle n\u2019est plus un lieu où l\u2019on passe et circule, mais un heu qu\u2019on fréquente comme un second chez-soi.Le biblio-café y est présent et occupe, littéralement (comme à Delft) ou au figuré, un rôle central contribuant au mélange des publics et des idées, aux conversations, à la création de liens de confiance, d\u2019un capital social, d\u2019une expérience démocratique.Le hall occupe aussi une place significative.Il symbolise l\u2019agora, le centre, la vocation politique.Son élévation rappelle à tous ceux qui le franchissent leur statut de citoyen, lequel est valorisé.La préoccupation pour la diversité sociale se traduit par une démarche de ciblage où l\u2019on s\u2019investit dans la conception d\u2019un environnement sensible aux différences individuelles.Tel qu\u2019il est recommandé dans le IFLA library building guidelines : developments & reflections, des espaces variés sont considérés pour différents publics (enfants, adolescents, adultes, aînés, communautés culturelles, etc.), pour différents styles de lecteurs et d\u2019apprenants, pour différents documents/médias.On cherche aussi à prendre en compte les préférences des usagers pour ce qui touche la tranquillité, le bruit, l\u2019intimité, l\u2019animation, l\u2019exposition au regard des autres.En même temps, puisque la formation constitue un enjeu considérable, on cherche à traduire spatialement les besoins et les attentes variables des apprenants.Selon les styles, on apprend mieux en groupe ou individuellement et, dans la plupart des cas désormais, on souhaite profiter de commodités pour emprunter un ordinateur ou brancher le sien.Les lecteurs, eux, vont se distribuer entre des places individuelles, des tables pouvant accueillir plusieurs 24 DOSSIER / L'ESPACE personnes, des salles pour le travail en équipe, des salons de lecture, des cafés ou des coins improvisés.Par ailleurs, les interactions entre les différents utilisateurs des lieux sont favorisées, notamment entre les usagers et le personnel.Ainsi, les aménagements vont faciliter une approche interactive du service en permettant à l\u2019usager de participer, d\u2019être avec le bibliothécaire dans un contexte de recherche d\u2019information, par exemple.De plus, les espaces pour les tout-petits vont encourager les interactions entre les parents et les enfants, en proposant des jeux orientés vers la littéracie émergente et le développement des compétences de lecture.De plus, les besoins de bouger, de parler, de s\u2019amuser et surtout de socialiser des jeunes sont considérés, et des espaces sociaux autour des jeux et des jeux vidéo sont déployés.Il est aussi question des espaces entre les espaces, qui deviennent des lieux spontanés de socialisation.Pour la plupart des publics, on constate une recherche d\u2019espaces interactifs qui se déclinent aussi en lieux où l\u2019on peut être seul avec d\u2019autres ou en relation avec d\u2019autres, tout en modulant différents degrés de proximité.Enfin, l\u2019engagement sur le plan du Web et des médias sociaux a un impact sur la dimension interactive des services, puisque la médiation numérique, la répercussion des activités, la retransmission d\u2019événements contribuent à assurer une continuité dans les transactions au sein de la bibliothèque et les déplacements des citoyens sur les territoires physiques et numériques qu\u2019ils habitent.2.la collaboration - En lien avec la socialisation, la dimension collaborative met l\u2019accent sur le soutien et la contribution mutuelle.Ainsi, la bibliothèque, en tant que créatrice de communauté, tend à prévoir des espaces de participation à l\u2019activité citoyenne et à s\u2019intégrer au cœur du village urbain.On vise à y aménager des locaux de tailles diverses pour les assemblées, les réunions, les conférences, les événements culturels, les services communautaires ou sociaux (comme l\u2019aide à l'emploi ou aux nouveaux arrivants dans des points de service gouvernementaux) et aussi des lieux d\u2019exposition qui seront mis à la disposition de la communauté.C\u2019est aussi dans cette logique que, un peu partout dans le monde, on observe un accroissement de projets de bibliothèque développés en partenariat avec d\u2019autres institutions : universités, centres d\u2019apprentissage, centres culturels, lieux de diffusion, écoles, centres d\u2019affaires, d\u2019emploi, de services sociaux, d\u2019immigration.La collaboration entre les usagers profite de salles pour le travail en équipe.Dans cette perspective, les espaces de travail partagé (coworking) sont également un phénomène impliquant des liens de collaboration entre les travailleurs destinés à bénéficier des espaces de la bibliothèque.D\u2019ici 2017, on prévoit que 50 % du travail de bureau sera effectué dans un troisième lieu de travail (café, hôtel, etc.).À Helsinki, certaines bibliothèques ont reconnu le besoin de ce type de troisième lieu de travail pour les citoyens-avec-des-portables en développant un programme et un aménagement appropriés.Pour la plupart des publics, on constate une recherche d'espaces interactifs qui se déclinent aussi en lieux où l'on peut être seul avec d\u2019autres ou en relation avec d'autres, tout en modulant différents degrés de proximité.3.L\u2019EXPÉRIENCE (LE MARKETING EXPÉRIENTIEL) - On a évoqué plus tôt cette tendance des bibliothèques à se doter d\u2019une identité nominale inédite.Cette réappropriation du nom est aussi en phase avec le désir d\u2019associer la bibliothèque à une nouvelle image de marque dans une perspective de marketing.Or, désormais, l\u2019approche marketing détermine de façon significative l\u2019orientation de la programmation des bibliothèques à construire.On veut donner aux nouvelles bibliothèques une signature, une image de marque, les distinguer horizontalement des autres bibliothèques des environs, mais, plus encore, on veut marquer une rupture verticale avec la tradition, l\u2019entrepôt de livres, la poussière, l\u2019emprise des stéréotypes négatifs.UNE VISION HAUTE DE L'USAGER Suivant cette approche marketing, on veut évidemment être au plus près des besoins des usagers et on veut les fidéliser.On assume une vision plus haute du client, que l\u2019on considère comme un être en quête d\u2019une expérience significative, un être en quête de sens, plutôt que le considérer sous le mode étroit d\u2019un consommateur de produits ou de services.C\u2019est une approche qui humanise le client, qui reconnaît son intérêt pour des enjeux qui dépassent l\u2019achat, la consommation, et qui capitalise sur son désir de vivre des situations, des intrigues, de rêver, de se raconter des histoires, de chercher du sens.L\u2019expérience doit être conçue comme le vécu de l\u2019usager en relation avec l\u2019image argus/automne 2011 - 25 DOSSIER / L'ESPACE de la bibliothèque, ses biens, ses services, sous le mode d'une narration qu\u2019on coconstruit avec lui et la communauté.Les questions qu\u2019il faut se poser et les équations qu\u2019il faut résoudre sur le plan de la programmation concernent non pas une expérience type, mais une succession d\u2019expériences : comment réussir à créer des anticipations, des désirs, des médiations, comment favoriser l\u2019usage et la jouissance d\u2019un lieu, d\u2019un document, d\u2019un service, comment même faire en sorte qu\u2019on réussisse l\u2019expérience en tant que souvenir (c\u2019est-à-dire une fois que l\u2019événement est révolu), de manière à en faire un état qu\u2019on se plaît à revivre en mémoire ou à graver sur des images ou des mots?.L\u2019expérience en bibliothèque est donc envisagée comme une offre distincte qui s\u2019ajoute à l\u2019offre actuelle.On crée des espaces humains de qualité supérieure destinés à inspirer les gens, à susciter une mise en scène théâtrale de soi, à suggérer des possibilités d'évasion.Le partage de l\u2019expérience avec la communauté ajoute aussi une dimension de sens en même temps qu\u2019il contribue à la cohésion sociale elle-même.Être là, installé dans quelque chose de confortable et de significatif, que ceci soit une représentation ou un objet de design, aimer être vu là, en parler; on aime souvent raconter nos expériences, les mettre en commun : ce lieu devient propice à la construction d\u2019une parole partagée.L\u2019expérience de l\u2019usager, du point de vue du program-miste, consiste à penser qu\u2019on propose des matériaux, réels ou virtuels (souvent visibles à partir de l\u2019espace physique), qui vont l\u2019amener à se constituer comme l\u2019auteur d\u2019un récit de découverte, de recherche, d\u2019appréciation du monde documentaire et au-delà.On crée des espaces humains de qualité supérieure destinés à inspirer les gens, à susciter une mise en scène théâtrale de soi, à suggérer des possibilités d\u2019évasion.L'EXPÉRIENCE MULTISENSORIELLE Or, pour ce faire, on cherche à convier les usagers dans un heu qui aura un impact émotionnel fort, comme l\u2019explique Mathilde Servet, cette fois dans le mémoire qu\u2019elle a consacré aux bibliothèques troisième lieu.Elle observe que la nouvelle bibliothèque tend à posséder un «facteur wow».On veut que les usagers vivent une expérience attrayante, excitante, stimulante, on parle d\u2019expériences multisensorielles, dans un endroit qui véhicule un «aura positif», qui soit hot, qui soit ludique, qui traduise un certain style de vie auquel on serait disposé à s\u2019identifier, une place où l\u2019on aimerait être avec d\u2019autres, certes, mais surtout, peut-être, un lieu où l\u2019on aimerait être vu.Le marketing expérientiel devient presque une forme de marketing existentiel.On a recours à une architecture originale, à un design spectaculaire, à des aménagements au rythme varié, à du mobilier d\u2019avant-garde qui vont définir cet espace ouvert à l\u2019exploration des mondes, à la découverte des autres et au dépassement de soi.On voit souvent des volumes, de l\u2019ouverture, de la transparence, des façades vitrées, des vitrines, des néons, de grands écrans, des escaliers roulants, une mise en scène des collections qui rappelle l\u2019art des étalagistes.C\u2019est là un statement, une position qu\u2019on adopte pour concurrencer les lieux commerciaux ou de divertissement.La facture des édifices est belle, colorée, séduisante, un peu tapageuse, originale : l\u2019enveloppe, le look, l\u2019allure participent sans fausse pudeur au registre des raisons et des envies qui font qu\u2019on y va avec appétit.On simule des allées marchandes où l\u2019on déambule vers le café, on crée des effets de librairie, des power walls, des activités et des événements tendance qui se font rituels en favorisant des interactions entre les documents et les gens, ou simplement entre les gens, mais toujours avec un fort pouvoir évocateur ou narratif dans un contexte sécurisant.On propose aussi depuis longtemps une offre élargie à d\u2019autres produits documentaires : musique, films, jeux (bien que les collections soient faméliques au Québec).Et cette orientation en faveur du marketing des collections se reflète dans les aménagements et la mise en scène des ressources, voire leur théâtralisation, en particulier en ce qui concerne le matériel nouveau et populaire.On cherche à créer une ambiance de consommation.À l\u2019entrée des bibliothèques comme celle de Markham, des power walls, des rayonnages imposants sont disposés avec du matériel présenté de face.On n\u2019hésite pas à utiliser des rayonnages plus bas qui préservent les percées visuelles dans l\u2019espace tout en stimulant l\u2019emprunt.On exploite aussi de nombreuses zones thématiques pour étaler et disposer les documents à l\u2019aide de blocs, de présentoirs conçus exprès à cette fin.Dans les bibliothèques de Toronto, une formation au marketing du livre est dispensée à travers le réseau.On accorde enfin une attention importante à la publicité et à la promotion à l\u2019aide de différents types d\u2019affichage, dont les tableaux numériques.Et ce vocabulaire de l\u2019aménagement orienté vers l\u2019expérience de l\u2019usager est aussi enrichi par la présence 26 « I \u2014 tBS£&r as»; Café de la bibliothèque de Delft d\u2019artefacts culturels, d\u2019œuvres d\u2019art, de dispositifs sensoriels distribués dans les zones d\u2019exposition prévues ou shnsérant, de façon impromptue, dans l\u2019environnement.4.la technologie - La technologie est envisagée comme un élément enchanteur du décor.Sa compagnie contribue à la mise en forme d\u2019une représentation de soi positive; elle répond à une aspiration dans un contexte où les individus sont vulnérabilisés par la cohabitation obligatoire avec les outils informatiques.Ou alors, si les usagers la côtoient familièrement, c\u2019est qu\u2019elle reflète leur identité.Le récit technologique est fondamental pour nourrir l\u2019imaginaire, favoriser l\u2019accès, l\u2019appropriation et la ritualisation de ces nouveaux usages.Et tant que la technologie est partout et nulle part, disséminée dans l\u2019espace, elle se déploie aussi comme l\u2019intermédiaire entre la bibliothèque physique et la bibliothèque sur le Web.On donne souvent l\u2019exemple du DOK de Delft aux Pays-Bas, qui se désigne comme library concept centre et qui s\u2019offre avec sa vitrine de verre comme un laboratoire vivant d\u2019expériences technologiques, d\u2019accès tendance au savoir et à la culture, et qui ne se gêne pas pour revendiquer le titre de bibliothèque la plus moderne au monde.La relation entre la bibliothèque et la technologie passe par une gamification de l\u2019expérience.LA TECHNOLOGIE AMBIANTE, DES ORDINATEURS EN QUANTITÉ SUFFISANTE L\u2019arrivée des technologies de l\u2019information n\u2019a pas disqualifié les bibliothèques parce que celles-ci cherchent désormais à les incorporer en produisant des environnements intelligents.L\u2019espace doit être propice à une dissémination de la technologie, plutôt qu\u2019à une concentration de celle-ci par le biais d\u2019un parc de postes informatiques.La technologie doit être omniprésente, ambiante, par le biais du sans-fil et de la distribution des branchements.Les ordinateurs ou les portables doivent être en quantité suffisante et les branchements, surtout, doivent être prévus partout où il est possible d\u2019envisager une place assise pour un usager et son portable, y compris les escaliers, comme chez Google.La technologie doit être accessible et appropriée en fonction des capacités physiques et cognitives des usagers - d\u2019où l\u2019importance de consulter et d\u2019intégrer ceux-ci au développement de l\u2019offre.Chez les jeunes, on tient compte de leur propension à vouloir socialiser la technologie, on dispose des postes de différentes tailles et des sièges qui leur permettent de s\u2019agglutiner et de partager leur expérience technologique.Comme en milieu universitaire, les bibliothèques publiques devraient également tenir compte des tendances liées aux nouvelles interfaces de la connaissance, qui constituent des sources d\u2019apprentissage mobiles, connectées, visuelles, interactives.Les surfaces interactives, des tables aux murs, couplées à différents services contribuent à faire de la bibliothèque un lieu intelligent.Pour les bibliothèques, se positionner en tant que partenaires de la communauté à travers la technologie signifie prévoir des salles de formation pour développer la littéracie technologique (la bureautique, les téléphones intelligents, les lecteurs ou tablettes numériques, le commerce en ligne, etc.) au sein de ses murs, mais aussi des laboratoires d\u2019exploration de même que des dispositifs pour assurer les services hors les murs, avec par exemple des ateliers dans les résidences d\u2019aînés.Les technologies de libre-service sont aussi de plus en plus répandues.On parle d\u2019automates de prêt et de retour, de chutes intelligentes, de robots de tri, de comptoirs de service, etc.Dans la plupart des cas, on vise un ratio d\u2019au moins 85 % argus/automne 2011 - 27 DOSSIER/L'ESPACE des transactions effectuées par ce biais.Elles sont souhaitables pour l\u2019autonomie qu\u2019elles procurent aux usagers.ques aident la bibliothèque à s\u2019incarner aujourd\u2019hui tout en considérant les besoins qu\u2019elle devra combler demain pour demeurer pertinente et évoluer.5.la mobilité - La mobilité est une donnée issue de la culture numérique, qui contribue aux transactions d\u2019informations qui ont cours entre les territoires physiques et numériques, entre l\u2019extérieur et l\u2019intérieur, entre le privé et le public.Elle s\u2019incarne à l\u2019aide des interfaces mobiles ou des codes QR qui favorisent l\u2019utilisation des ressources et l\u2019expérience de l\u2019usager.La mobilité des équipements (que ce soit des portables, ceux des usagers ou de la bibliothèque, des tablettes électroniques, etc.) constitue une tendance significative de l\u2019offre de service.Dans le même esprit, on observe de plus en plus de médiateurs hors les murs, que ce soit des bibliothécaires ou des animateurs ambulants.Ce mouvement hors les murs de la bibliothèque se traduit aussi par une recherche de connexions avec l\u2019extérieur, par le recours à de la transparence, à des façades vitrées, à des terrasses.La mobilité se traduit aussi par des espaces nomades ou microbibliothèques, comme ces chambres de lecture à la façon de l\u2019Uni à New York, qui sont des prototypes architecturaux.Ainsi, chaque bibliothèque pourrait avoir sa version mobile pour rejoindre les populations difficiles d\u2019accès ou les corridors mal desservis et être là où les événements se passent.La flexibilité est une caractéristique stratégique de cette nouvelle signature architecturale, qui implique la mobilité du mobilier, des rayonnages et des équipements.On vise la conception d\u2019espaces adaptables dont l\u2019utilisation est appelée à évoluer dans le contexte des changements majeurs qui nous affectent.Ces caractéristi- Bibliothèque Raymond-Lévesque, Longueuil ///JJ 6.CONCLUSION : LE DÉVELOPPEMENT DURABLE - Au 21e siècle, comme le suggère Kathryn Miller dans Public libraries going green, les bibliothèques sont confrontées à un nouveau rôle : celui de connecter le public à des services, à des ressources, à des espaces qui soient en phase avec le développement des collectivités territoriales.Et c\u2019est aussi leur rôle de participer à un certain éveil environnemental, d\u2019où cette vision qu\u2019on cherche à promouvoir de la bibliothèque comme troisième lieu durable.Avec l\u2019adoption de cette perspective, l\u2019idée n\u2019est pas de renoncer au modèle avantageux de la bibliothèque troisième lieu, mais de le structurer en l\u2019inscrivant dans la vision d\u2019un développement plus viable au service duquel les propositions de programmation, de design et d\u2019aménagement, comme celles qui ont été présentées, seront assujetties.La construction d\u2019un bâtiment certifié LEED n\u2019est qu\u2019une des manifestations d\u2019un projet territorial et sociorespon-sable bien plus vaste et ambitieux.mariedmartel@gmail.com Conseillère en ressources documentaires, Ville de Montréal X BIBLIOGRAPHIE Latimer, Karen et als.(2007).IFLA Library Building Guidelines: Developments & Reflections.K.G.Saur : Munich.Miller, Kathryn.Public Libraries Going Green.Chicago : ALA.Romero, Santi.(2008).Library Architecture : Recommendations for a Comprehensive Research Project.Collegi d'Arquitectes de Catalunya.Servet, Mathilde.(2011).La bibliothèque troisième lieu, vers une redéfinition du modèle de bibliothèque.Argus.39(2).Servet, Mathilde.(2010).Les bibliothèques troisième lieu : une nouvelle génération d'établissements culturels.Bulletin des bibliothèques de France.55 (4).Servet, Mathilde.(2009).Les bibliothèques troisième lieu.Mémoire.ENSSIB.(www.enssib.fr/bibliotheque-numeri-que/notice-21206) 28 DOSSIER / L'ESPACE L'espace physique comme élément de l'approche client PATRICK B I A N K I/ La vitalité d\u2019une bibliothèque publique se mesure non à l\u2019importance de sa collection ou aux services qu\u2019elle offre, mais bien à sa fréquentation.Sans clientèle, la bibliothèque n\u2019a plus sa raison d\u2019être, et les élus municipaux auraient bien raison de remettre en doute le financement d\u2019une institution qui semble exister pour elle-même.L\u2019approche client est donc essentielle pour tout bibliothécaire gestionnaire qui œuvre dans le réseau public.L\u2019approche client peut être définie comme une «approche qui consiste à orienter l\u2019entreprise vers la satisfaction des besoins du client» (Grand Dictionnaire terminologique 2011) et qui, dans le milieu des bibliothèques, est «tout ce qui, dans l\u2019existence et l\u2019activité de la bibliothèque, est rencontre entre un des éléments de l'organisme et le public» (Calenge 1999, p.21-22).Dans cette optique, tout doit être pensé en fonction de la clientèle : le développement de collection, les services offerts, la publicité, les activités hors les Dans une société où les bibliothèques adoptent un rôle plus social et où il faut repenser les espaces, nous devons toujours avoir à l\u2019esprit le bien-être de l\u2019usager.murs, etc.L\u2019aménagement de l\u2019espace n\u2019y échappe pas, même s\u2019il est plus difficile de jouer sur ce facteur à moins qu\u2019il y ait réaménagement ou construction d\u2019une bibliothèque.L\u2019approche client commence dès que l\u2019abonné pose un pied à la bibliothèque.Nous sommes conscients qu\u2019une collection dont les documents sont sales et abîmés n\u2019incitera pas les citoyens à s\u2019y approvisionner en livres, mais à se les procurer à la librairie du coin.Il en est de même pour l\u2019espace physique.Il faut que les usagers se sentent chez eux, qu\u2019ils soient confortables et que leur visite soit un moment agréable dans leur journée.Des locaux malpropres, mal éclairés, mal ventilés et où la circulation se fait difficilement peuvent avoir comme effet de rebuter Monsieur et Madame Tout-le-Monde.Il existe certaines caractéristiques de base qui permettent de rendre une bibliothèque accueillante.Ce texte a pour but de vous faire prendre conscience de l\u2019importance de cet aspect pour les bibliothèques et ne vise pas nécessairement l\u2019exhaustivité.Comment ne pas aborder le niveau sonore des bibliothèques quand la première image venant à l\u2019esprit de bon nombre de Québécois en parlant des bibliothécaires est une personne avec un doigt sur la bouche réclamant le silence?N\u2019oublions surtout pas que beaucoup de personnes viennent à la bibliothèque pour lire tranquillement, faire des travaux scolaires, rédiger leur CV à partir des postes informatiques, etc.Actuellement, les bibliothèques veulent devenir des lieux de socialisation servant de centres communautaires dont la mission déborde du cadre traditionnel dévolu aux bibliothèques publiques.Mais il faut penser qu\u2019attirer des gens intéressés par l\u2019aspect communautaire ne doit pas faire fuir ceux venant pour le calme relatif qu\u2019ils y retrouvent.Lors de la construction, il est plus aisé de jouer sur ce facteur.Les concepteurs peuvent choisir des matériaux qui absorbent le bruit, utiliser des tapis, mettre le service technique ou les ascenseurs dans des coins reculés de la bibliothèque et installer des cloisons pour atténuer les sons venant d\u2019une section plus bruyante (section jeunesse, par exemple).Une fois la bibliothèque construite, ces éléments ne peuvent plus être modifiés, à moins qu\u2019on dispose de moyens importants.Toutefois, les bibliothécaires peuvent tenter par des actions concrètes de argus/automne 2011 - 29 DOSSIER / L'ESPACE diminuer les désagréments provoqués par le bruit.Lorsque nous programmons des activités, nous devons réfléchir au niveau sonore qu\u2019elles pourraient entraîner dans la bibliothèque.À partir de cette évaluation, nous pouvons tenter de trouver une façon de limiter l\u2019impact sur les abonnés qui ne prendront pas part à l\u2019activité.Nous pouvons penser à la tenir en dehors des heures d\u2019affluence ou dans un coin isolé de la bibliothèque, si l\u2019espace nous le permet.Si nous ne pouvons pas contrôler le bruit, il faut alors prévenir les autres usagers quelques jours à l\u2019avance.Une personne avertie sera ainsi moins incommodée, car elle pourra décider de venir avant ou après la période d\u2019activité.La lumière, qu\u2019il y en ait trop ou pas assez, peut aussi causer des indispositions 'chez les gens.Si les personnes qui lisent doivent s\u2019arracher les yeux ou si les utilisateurs des postes informatiques ont de la difficulté à voir l\u2019écran à certaines heures du jour, il faut remédier à cette situation.Une bibliothèque doit exploiter aussi bien la lumière naturelle qu\u2019artificie-le.Le jour, la lumière naturelle doit venir compléter l\u2019éclairage intérieur.Il faut donc nous assurer que nous n\u2019encombrons pas le rebord des fenêtres avec de trop nombreuses plantes ou en utilisant l\u2019espace à diverses fins de stockage.Pour régler le problème des ordinateurs, il est possible de les orienter différemment ou de tenter de tamiser les rayons du soleil avec des rideaux ou d\u2019autres obstacles de ce genre.L\u2019important est que la clientèle puisse jouir des lieux avec un niveau de luminosité agréable qui lui permette de vaquer à ses activités normalement.Le critère de l\u2019accessibilité est l\u2019un des plus importants, mais aussi l\u2019un des plus difficiles à réaliser une BIBLIOGRAPHIE Brown, Carol R.(2002).Interior design for libraries: drawing on function & appeal.Chicago : ALA.Calenge, Bertrand (1999).Accueillir, orienter, informer: l'organisation des services aux publics dans les bibliothèques.Paris : Éditions du Cercle de la Librairie.Ledoux, Élise (2006).La bibliothèque, un lieu de travail : guide pratique en ergonomie pour concevoir les espaces.Montréal : Éditions Asted.Le Grand Dictionnaire terminologique.«Approche client».[www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/in-dex800_l.asp] (consulté le 20 août 2011).fois la bibliothèque construite et aménagée.Nous parlerons exclusivement de l\u2019accessibilité des collections.Nous voulons que, sans difficulté, un usager puisse accéder aux documents qu\u2019il souhaite consulter.L\u2019espace entre les étagères doit permettre à une personne en fauteuil roulant ou à deux personnes simultanément de fouiller dans les rayons.Les standards veulent qu\u2019il y ait au moins 1 mètre de largeur, mais il est préférable d\u2019en avoir 1,5 mètre [Ledoux 2006, p.78).Ainsi, les usagers ne se sentent pas à l\u2019étroit.L\u2019accessibilité comprend aussi la hauteur des bibliothèques.Les usagers ne devraient pas être obligés de monter sur des marchepieds pour aller chercher la plupart des documents.Ce principe est encore plus vrai pour les enfants.La plupart des enfants choisissent leurs livres en butinant.Il faut donc leur permettre de faire leur recherche dans toute la collection, et non dans les seuls documents se trouvant à leur portée.Dans le cas des enfants d\u2019âge préscolaire, les rayons ne devraient pas se retrouver à plus de 42 pouces.Pour les enfants d\u2019âge scolaire, la hauteur maximum est de 66 pouces et, pour les adultes, de 89 pouces (Brown 2002, p.58).La signalétique est le dernier critère important à aborder.Elle permet aux usagers de circuler facilement et rapidement à travers les différents secteurs de la bibliothèque.Idéalement, une personne ne devrait pas avoir besoin de demander son chemin aux employés pour se diriger vers une section particulière ou trouver les toilettes.Il faut s\u2019assurer que les usagers puissent se repérer efficacement et se déplacer comme s\u2019ils étaient chez eux.Nous pourrions continuer longtemps à tenter de cerner tous les facteurs importants pour faire d\u2019une bibliothèque un endroit agréable.Dans une société où les bibliothèques adoptent un rôle plus social et où il faut repenser les espaces avec l\u2019arrivée du RFID (identification par radiofréquence) et du libre-service, nous devons toujours avoir à l\u2019esprit le bien-être de l\u2019usager.Nous travaillons avant tout pour lui.Soyons créatifs, penchons-nous sur l\u2019aménagement de notre bibliothèque et demandons-nous : Comme usager, est-ce que j\u2019aimerais venir à cette bibliothèque et y passer un peu de temps?Si la réponse est non, alors à nous d\u2019agir.pbianki@gmail.com Bibliothécaire, Ville de Montréal X 30 Jssm |R05 LOT un salon des nouveautés mensuel, des espaces de travail, des libraires d\u2019expérience et un service personnalisé.Un service aux institutions qui s\u2019adapte à vos besoins! / -f nous réinventons la librairie 'ï H & tt » Galeries Normandie \u2022 2752, de Salaberry, Montréal (Québec) H3M1L3 \u2022 Sortie 4 de l'autoroute 15 \u2022 514.337.4083 Et» il if ** r f] la Librairie Monet mmmrn DOSSIER / L'ESPACE 1 L'élargissement de l'espace du livre FLORIAN FORESTIER/ La fin de l\u2019ordre des livres, qu\u2019on annonce depuis quelques années1, pose des questions qui ne concernent pas seulement les acteurs, même nouvellement entrés en lice, de la «chaîne du livre».Celui-ci, en effet, n\u2019est pas seulement un outil : son rôle outrepasse la seule fonction mnémotechnique et est intimement lié à ce que nous définissons comme la question du sens, la dimension (à la fois intellectuelle et sensible) qui déploie l\u2019espace d\u2019une société comme espace commun.Aussi la question n\u2019est pas, selon nous, celle de sa disparition ou de sa permanence, mais celle de son élargissement.Ce que le livre faisait, il ne le fait plus seul, mais sa forme reste une référence pour accompagner la mise en place de ce qui vient désormais avec et le relaye.Comme l\u2019exprimait l\u2019architecte Pierre Riboulet, «il ne s\u2019agit pas de refuser le monde qui vient en s\u2019agrippant au monde qui part, mais de faire en sorte que les positivités du monde qui part ne soient pas prises dans la tourmente et que l\u2019on sache les garder.» La question est plutôt, selon nous, d\u2019aider le livre à se transfigurer, à s\u2019inscrire d\u2019une autre façon dans le monde.Ce faisant, nous développons dans ce texte l\u2019idée d\u2019un «élargissement» de l\u2019ordre des livres.L'IDÉE D'UNE FIN DE L'ORDRE DES LIVRES ET SES LIMITES Dans la continuité des travaux de Leroi-Gourhan2, un certain nombre de penseurs contemporains, dont particulièrement Bernard Stiegler3, comprennent le développement humain comme une extériorisation progressive de la mémoire.Une des fonctions du livre-objet a été de participer à ce processus de «domestication» collective de la mémoire.Le livre-objet servait ainsi de processus de stabilisation et d\u2019extériorisation d\u2019une mémoire fortement dépendante des opérations de la pensée humaine, donc fragile, et exigeant des processus de transmission rigides.Roger Chartier évoque, à ce sujet, un «ordre des livres», amorcé avec la mise en place du codex dans les premiers siècles de notre ère et renforcé par l\u2019invention et la généralisation de l\u2019imprimerie.Cette extériorisation se poursuit, sous de nouvelles formes, à travers l\u2019avènement du numérique.Pour Patrick Bazin4, la mémoire à l\u2019ère numérique n\u2019est plus passivement stockée, mais extériorisée avec ses articulations sémantiques, syntaxiques, thématiques, en d\u2019autres mots avec une richesse de contenu qui la rend immédiatement disponible à l\u2019activité cognitive.Dans un tel contexte, explique Bazin, le «dressage cognitif» qu\u2019accomplit le livre n\u2019est plus nécessaire pour préserver l\u2019intégrité de la connaissance en «pérennisant» le domaine de l\u2019objectivité.On peut ainsi, selon lui, parler de la fin de l\u2019ordre des livres, fin qui est autant une perte d\u2019importance et de centralité du livre, dans les processus de construction et de transmission du savoir, qu\u2019une remise en cause des fonctions symboliques d\u2019autorité ou de sens hors-texte qui leur auraient été associées.La dynamique actuelle conduirait à se passer de ce «dehors», de cette profondeur du sens, qui deviendrait même un obstacle à la plasticité et à la mobilité de la pensée.«Le monde ne semble plus pouvoir être appréhendé qu\u2019au travers d\u2019un vaste hypertexte reliant chaque point de l\u2019espace et du temps à tous les autres et chaque lecteur à tous les autres.» L\u2019immersion du livre dans l\u2019hyper-texte, pour Bazin, fait passer d\u2019une problématique de la conversation, de l\u2019inscription, à une problématique des possibilités de reconfigurer de la mémoire.Ne peut-on imaginer que ce qui dans le champ numérique semble le plus contredire les critères habituels de conservation, à savoir une capacité de recréation permanente et une grande sensibilité à l\u2019environnement 32 DOSSIER / L'ESPACE socio-économique, constitue justement une double chance pour la mémoire culturelle?5 Certes, et l\u2019auteur en convient lui-même, ce déplacement n\u2019implique pas pour autant de dissolution.Le passage du texte à l\u2019hypertexte nécessite également qu\u2019on réfléchisse à la traduction, dans le champ numérique, de certaines propriétés du livre-objet.Il faut bien ici distinguer l\u2019information, qui désigne ce qu\u2019on peut extraire d\u2019un contexte, de la connaissance, qui implique la capacité d\u2019en avoir un usage pertinent, c\u2019est-à-dire de la structurer, de la partager ou de la recontextualiser.La forme matérielle de l\u2019objet livre est adaptée à la conversion de l\u2019information en connaissance.Ainsi, le développement de certains gestes et de certaines habiletés cognitives liées au livre, leur inscription dans des pratiques sociales, impose des limites à la transition amorcée.De plus, l\u2019analyse des mouvements de l\u2019œil sur la page d\u2019un livre et sur un site Internet6 a montré que les saccades étaient bien plus nombreuses, les points de fixation plus rares et plus éparpillés dans le second cas.La fixation du regard et, partant, de l\u2019attention y est plus superficielle : pour certains auteurs, l\u2019utilisation soutenue du numérique, en particulier dans la petite enfance, menace le développement des fonctions basales de l'attention.Le numérique ne peut, en d\u2019autres termes, substituer un nouveau cadre à l\u2019ancien sans ménager et baliser un passage de l\u2019un à l\u2019autre en transposant, au sein du numérique, les structures du livre-objet auxquelles le fonctionnement du cerveau s\u2019est adapté.Les acteurs du monde du numérique réfléchissent pour cela aux modalités de cette transposition7 : ergonomie des interfaces, intuitivité d\u2019usage pour les plates-formes de contenus numérisés, reprise, dans des formats comme le PDF, de la structure de la page, etc.Le numérique ne peut.substituer un nouveau cadre à l\u2019ancien sans ménager et baliser un passage de l\u2019un à l\u2019autre en transposant, au sein du numérique, les structures du livre-objet auxquelles le fonctionnement du cerveau s'est adapté.LA FINITUDE DU LIVRE De telles transpositions nous semblent cependant insuffisantes.Elles méconnaissent ce qui fait le propre de l\u2019objet livre, et que le numérique tel qu\u2019il est classiquement envisagé ne peut reproduire, c\u2019est-à-dire non seulement la structuration de l\u2019information en connaissance, mais l\u2019inscription de la connaissance dans une dimension de finitude en laquelle elle acquiert, en plus d\u2019un contenu et d\u2019une structure, un sens.Le concept de sens étant amplement discuté par la philosophie contemporaine, on se gardera ici de tenter d\u2019en proposer une théorie; on notera simplement que le sens doit être compris comme articulation de plusieurs dimensions : la finitude et l\u2019auto transcendance de cette finitude, le sensible et l\u2019intelligible, le subjectif et l\u2019objectif, l\u2019appropriation et la «dépropria-tion», la transitivité.Le concept de sens nomme en quelque sorte la double énigme de la texture même de l\u2019inscription de l\u2019objectivité au sein de la subjectivité, du «milieu intermédiaire» qui y ouvre un accès déjà en prise sur lui-même et de l\u2019ouverture originelle de l\u2019expérience, qui n\u2019est pas aveuglément engluée dans ses objets mais'toujours aussi exposée à l\u2019énigme de leur réalité.Ainsi, la dimension du sens ne caractérise pas seulement le rapport supposé direct de la connaissance à son objet, mais implique méditation de cette connaissance.La pensée est inconcevable sans un travail sur elle-même, lequel s\u2019inscrit toujours dans une temporalité qui en est inséparable.Tant la phénoménologie que le pragmatisme ou la théorie des actes de langage ont mis en argus/automne 2011 - 33 DOSSIER / L'ESPACE exergue la relation intime de la pensée aux accidents de son déploiement et de son expression.Le concept de quasi-transcendantal8, introduit par Jacques Derrida, exprime au mieux cette appréhension de la pensée qui lie, de manière indistincte, l\u2019impur et l\u2019accidentel.La pensée est dépendante de sa contextualité dans son exercice même - sa pulsion de présence à soi, ou le détour au sein duquel elle configure cette présence, souvent menacée, parfois obtenue de haute lutte.Ainsi la capacité de la pensée à assumer des processus de combinaison et de contextualisation multiples est une chose, mais n\u2019a de sens que partant de la «finitude» de sa propre manifestation.L\u2019extériorité réciproque des choses et des idées disparaît si la pluralisation des mondes ne se heurte pas à une résistance, à la sanction d\u2019une exigence de réel qui en fait, précisément, des mondes.«Il faut des murs pour avoir l\u2019idée de les outrepasser.» Ainsi, ce qu\u2019il manque à l\u2019hypertexte pour qu\u2019il puisse accueillir du sens, ce sont les limites, c\u2019est son inscription au sein d\u2019une configuration finie.On notera ici le très intéressant compte rendu donné par Sylvère Mercier d\u2019un « focus groupe» organisé par Des formes symboliques10 comme le livre-objet, en d\u2019autres termes, ne sont pas seulement des outils cognitifs.Elles participent plutôt11 à l\u2019inscription matérielle du rythme de la pensée se cherchant, se retenant, se contrôlant, s\u2019affinant.Elles matérialisent l\u2019excès de la pensée sur ce qu\u2019elle peut retenir d\u2019elle-même - excès qui n\u2019est que l\u2019autre face de l\u2019inscription et de l\u2019appartenance de la pensée au monde.Au-delà de certaines caractéristiques de la matérialité spécifique du livre-objet (la relation quasiment insécable entre le texte et le support), c\u2019est bien à l\u2019organisation fondamentale d\u2019une forme de vie que celui-ci participe.De cette façon, comme le souligne François Bon, la problématique pour les acteurs de ce qui concerne le livre, si elle part d\u2019une nécessité - le livre dans sa forme actuelle, au regard de la transmission et de la représentation, est dépositaire de bien au-delà que lui-même -, ne devrait pas être tant d\u2019examiner la justification éventuelle de la forme ou du mot livre dans la configuration bouleversée, que d\u2019examiner comment construire ce \u201cbien au-delà que lui-même\u201d dans des formes d\u2019organisation qui n\u2019incluent pas forcément l\u2019objet livre12.» La problématique du déplacement de l'ordre des livres recoupe la très intéressante réflexion menée par un certain nombre de philosophes contemporains sur l\u2019architecture en tant que dimension fondamentale de la constitution d\u2019une expérience comme expériencehumaine.la BPI autour de la notion de «livre enrichi» à partir du travail de l\u2019éditeur Leezam9.Quels que soient les fonctionnalités dont on envisage de doter le «livre enrichi», note Mercier, ce qui le constitue comme livre, «à la différence d\u2019un site Web par nature interconnecté semble bien être la perception de sa finitude».De cette façon, « un \"livre numérique enrichi\" aurait à voir avec une expérience (intellectuelle, artistique, etc.) issue d\u2019un choix éditorial traduit dans une entité numérique rendant lisible sa propre finitude dans le temps et dans l\u2019espace».Le livre augmenté apparaît comme un processus de «finitisation» d\u2019Internet.De la même façon que le livre papier a été moulé par les pratiques humaines pour configurer les supports et adjuvants de la pensée au format de sa finitude, le livre augmenté entend «rendre un lieu» à l\u2019océan de la Toile.LE LIVRE ET LA VILLE Il s\u2019agit donc de déterminer comment transposer ce que le livre fait, comment réinscrire ailleurs une partie du dispositif qui œuvre en lui.La piste que nous entrevoyons à ce sujet examine la relation qui lie le livre, le sens et l\u2019espace.Le développement combiné de technologies dites «de rupture» donne un éclairage intéressant à cette question; il permet d\u2019envisager une «respatialisation» du texte s\u2019inspirant des structures du livre en les élargissant et en les assouplissant.D\u2019une part, la mise au point de formes plus élaborées de papier électronique13 modifie les perspectives portées sur le livre numérique.Le papier électronique (non rétro-éclairé) permet de réinscrire le numérique dans un environnement pratique.De cette façon, le jeu du papier électronique et de la réalité augmentée engendre un double mouvement.Il y a d\u2019une part virtualisation de l\u2019environnement et de l\u2019espace - par le dispositif qui permet, volontairement ou involontairement, d\u2019interagir avec l\u2019environnement physique comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un environnement virtuel, d\u2019y cliquer, d\u2019y naviguer.Mais il y a aussi inscription de la virtualité dans une spatialité, respatialisation, recontextualisation de l\u2019espace numérique au sein de l\u2019espace physique.De cette façon, le texte se réengage dans l\u2019espace, dans la distance.L\u2019espace physique, urbain, se charge 34 DOSSIER / L'ESPACE à son tour d\u2019une textualité plus riche; le «texte urbain», fait d\u2019indications, d\u2019affiches, de logos, de ce qu\u2019on appelle des «déictiques», peut même y regagner une dimension «littéraire».En quelque sorte, la «forme livre» ferait retour au sein de l\u2019espace urbain et l\u2019écriture se réinscrirait dans une «matérialité» -même si celle-ci s\u2019avère plus mouvante que celle du livre-objet.Il\ts\u2019agit bien ici d\u2019un retour, car le texte urbain a été, au cours de l\u2019histoire, plus sémantiquement (et même littérairement) chargé qu\u2019il l\u2019est à présent.La relation du livre à l\u2019urbanisme est d\u2019ailleurs étroite, et la «réinvention» du livre à la Renaissance doit beaucoup à l\u2019imagerie urbaine et spatiale.L\u2019invention de la citoyenneté (athénienne, et surtout romaine) s\u2019est ainsi accompagnée d\u2019une « sémantisation de l\u2019espace urbain».Comme le rappelle Michel Melot, le livre renaissant n\u2019a alors fait que relayer et reproduire cet ordre architectural passé.Il a d\u2019abord été pensé à l\u2019image d\u2019une Rome antique où l\u2019écrit était «inscrit» dans le bâti et partie prenante de la configuration urbaine, d\u2019une Rome « ville lettrée, mais aussi ville-livre parsemée d\u2019inscriptions, où l\u2019écriture était avant tout publique, intégrée dans l\u2019édifice14».De cette façon, la question de l\u2019élargissement du livre au-delà du livre est également celle de l\u2019architecture.La problématique du déplacement de l\u2019ordre des livres recoupe la très intéressante réflexion menée par un certain nombre de philosophes contemporains sur l\u2019architecture en tant que dimension fondamentale de la constitution d\u2019une expérience comme expérience humaine.Le déploiement de la pensée, s\u2019avisent ces derniers, est spatial aussi bien que temporel.Ainsi, «l\u2019architecture est une condition de possibilité de la fiction, et, sans doute, du dire et du penser en général'5», écrit Benoît Goetz qui, dans la filiation de Heidegger et Derrida, lie même de façon indissociable pensée et spatialité16.L\u2019architecture est mise en œuvre d\u2019horizons de sens : en cela elle est «condition de possibilité», lieu d\u2019articulation des dimensions de sens qui traversent l\u2019expérience.CONCLUSION Le livre n\u2019est pas un objet dépassé, mais le modèle sur lequel concevoir une mise en forme et en sens des éléments disparates que les nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication permettent de mettre en résonance.La question auquel le livre a donné une réponse se pose à nouveau, et le livre reste un bon guide pour l\u2019affronter.Accompagner l\u2019élargissement de l\u2019ordre des livres revient de cette façon aussi à faire collaborer les architectes, les écrivains et artistes, et les institutions.Tel est précisément l\u2019enjeu de ce que Bernard Stiegler appelle l\u2019hypermatériel : celui-ci est non seulement culturel, mais tout à la fois anthropologique et industriel.florian.forestier@bnf.fr Chargé de collection, Bibliothèque nationale de France X 1\t(1996).«Vers une métalecture», Bulletin des bibliothèques de France, t.41, n° 1 (dossier «L\u2019écrit entre imprimé et électronique»), 2\tCf.en particulier Le geste et la parole.3\tCf.à ce sujet notre recension de Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue [www.actu-philosophia.com/spip.php7article308].4\tBazin, Patrick (2001).« La mémoire reconfigurée», Les Cahiers de médio-logie, n° 11.5\tIbid., p.180.6\tOn pourra évoquer les travaux menés par Thierry Baccino, appuyés sur l\u2019occulométrie cognitive, au Lutin (Laboratoire des usages en technologies d\u2019information numérique).7\til s'agit dans ce cas de l\u2019élaboration de ce qu'on appelle le livre homothétique.8\tLe terme «quasi-transcendantal » est utilisé par Derrida dans Positions (Paris : Éditions de Minuit, 1972, p.220).9\t[www.bibliobsession.net/20l0/l2/0l/de-la-finitude-du-livre-enrichi/].10\tCf.à ce sujet la belle conférence de Michel Melot [http://ihl.enssib.fr/si-teihl.php?page=2l9], 11\tC'est le concept derridien de prothèse repris par Bernard Stiegler.Cf.notre recension [http://www.actu-philosophia.com/spip.php7article308], 12\t[www.tierslivre.net/spip/spip.php7article1850], 13\tCf.Pauthe, Julien (2010).« Livres et numérique : Atelier du futur du Salon livres et musiques de Deauville», Bulletin des bibliothèques de France, t.55, n° 5 (dossier « Pratiques socioculturelles»).14\tCf.La dislocation : architecture et philosophie, Éd.Verdier.15\tNous renvoyons à ce sujet à notre article «Théorie architecturale et bibliothèques», dans le collectif Architecture de bibliothèque, 1992-2012, à paraître en 2012 aux Presses de l'Enssib.16\tOn lira avec profit l'intéressant billet d'Hubert Guillaud, «Besoin d'hybride», www.internetactu.net/2008/07/17/besoin-dhybridation argus/automne 2011 - 35 DOSSIER / L'ESPACE Vous êtes bon au TETRIS?Essayez d'aménager un espace ludique pour adolescents en bibliothèque! Le vrai TETRIS moderne! THIERRY ROBERT ET CLAUDE AYERDI/ L\u2019aménagement d\u2019un espace pour adolescents est une préoccupation de plus en plus populaire chez les nouvelles bibliothèques.Pour créer un «facteur Wow!», plusieurs de ces nouvelles constructions vont comprendre une section réservée aux jeux en bibliothèque.Ces derniers sont des motivateurs hors pair qui se déclinent sur différentes plateformes : jeux vidéo, jeux de société, activités ludiques, etc.C\u2019est pour cela qu\u2019il est primordial de les intégrer à une offre de service pour adolescents en bibliothèque.Et comme le dit si bien Scott Nicholson, «don\u2019t do it because it\u2019s hip!», mais faites-le plutôt en proposant une vision structurante et harmonisée de cette offre de jeux en bibliothèque.La «gamification sociale»1 de l\u2019espace adolescent doit s\u2019effectuer avec l\u2019ajout d\u2019une dimension ludique à l\u2019offre de la bibliothèque pour atteindre les objectifs sociaux, éducatifs et divertissants du jeu.THE \"WOW! FACTOR Le jeu en bibliothèque - Dans Designing space for children and teens in libraries and public places, les auteurs Sandra Feinberg et James R.Keller soulignent l\u2019importance d\u2019impressionner l\u2019usager dès son entrée à la bibliothèque.C\u2019est ce qu\u2019ils appellent le «facteur Wow!».Cela est aussi vrai, sinon plus, pour la section des adolescents.Il faut surpasser les attentes des jeunes visiteurs et trouver le mobilier, la déco et les documents qui laisseront une bonne impression et donneront envie de revenir.C\u2019est aussi une façon de frapper l\u2019imaginaire et d\u2019intégrer des jeux vidéo.Pour établir une offre ludique structurante, il faut, de prime abord, avoir des objectifs clairs incluant 1) le public cible et 2) le type d\u2019expérience désiré.Selon les choix que nous avons faits, nous devons réfléchir 3) à l\u2019intégration d\u2019un type d\u2019offre et 4) à des procédés de gamification.Harmoniser ces quatre aspects de l\u2019aménagement, c\u2019est réussir le TETRIS de l\u2019espace ludique pour adolescents.Un exemple de TETRIS réussi : un espace public (2) pour la sociabilisation (1) des adolescents nécessiterait (3) des jeux vidéo multijoueurs dans un espace ouvert.Les jeunes gagneraient du temps de jeu supplémentaire en amenant de nouveaux joueurs (4).LE TYPE D\u2019EXPÉRIENCE DÉSIRÉ Dans son livre Everyone plays at the library, Scott Nicholson énumère cinq'types d\u2019expérience que peuvent faire vivre des activités de jeu en bibliothèque.Nous nous sommes inspirés des types d\u2019expérience qu\u2019il propose pour présenter un tableau (voir p.38) non exhaustif des activités de jeu en bibliothèque selon leurs aspects social, éducatif, actif, stratégique et narratif.LE TYPE D\u2019OFFRE Dans un espace adolescent, les mots-clés sont «liberté», «mobilité», «sociabilité» et «ludisme».Afin de permettre l\u2019intégration de tous ces éléments, les deux objectifs principaux devraient être d\u2019offrir une vaste gamme d\u2019activités et, bien sûr, de créer un espace convivial, accueillant et ludique.Pour ce qui est des activités, un espace ludique devrait être animé par des activités englobantes, des activités structurantes et des activités permanentes.Ces trois types d\u2019activité permettent d\u2019avoir une offre complète pour s\u2019assurer du succès d\u2019un espace ludique.36 DOSSIER /L'ESPACE Voici nos propositions : 1)\tLES ACTIVITÉS ENGLOBANTES En premier lieu, il faut penser aux activités englobantes, celles qui prendront place dans l\u2019ensemble de la bibliothèque et qui frapperont l\u2019imaginaire des usagers.Si possible, ces activités ponctuelles auront lieu en dehors des heures d\u2019ouverture, et même, pour attirer un public jeune, de préférence en soirée ou durant la nuit.D\u2019autres activités incluent des tournois LAN où des dizaines, voire des centaines de jeunes apportent leur ordinateur pour jouer en réseau.Ces activités, très populaires dans les milieux scolaires postsecondaires (tel le LAN de LETS), devraient être coordonnées avec l\u2019aide d\u2019une organisation externe.La complexité de l\u2019activité n\u2019est pas à négliger.L\u2019Université de Sherbrooke a quant à elle déjà fait un concours de création de jeux vidéo.Des équipes faisaient compétition afin de développer le meilleur jeu possible en.24 heures sur un thème donné.Après l\u2019expérience, les gagnants ont reçu un prix de reconnaissance et la bibliothèque a récupéré ainsi plusieurs dizaines de jeux sur le thème qu\u2019elle a choisi.Résultat : des usagers heureux et des outils de médiation de qualité à faible coût! Dans les activités plus simples à organiser, nous retrouvons aussi la nuit de gaming qui donne libre accès à plusieurs stations de jeux vidéo pendant la nuit.JANE MCGONICAL ET LA NEW YORK PUBLIC LIBRARY Une activité englobante hors de l\u2019ordinaire - À la New York Public Library, un coup d'éclat a eu lieu quand la conceptrice de jeux Jane McGonical a organisé un jeu grandeur nature pendant toute une nuit.Lors de cette activité extraordinaire, 500 jeunes sont partis à la recherche d\u2019artefacts dans la bibliothèque, à l'aide de codes QR.Après avoir trouvé un artefact, ils rédigeaient une note.À la fin de la nuit, les notes devaient être compilées pour créer un livre pour tous les participants.UNE RÈGLE POUR LES CONVAINCRE TOUS Le jeu est un cercle magique - Ne pas perturber! - Tout joueur qui décide de participer à un jeu s\u2019intégre à un «cercle magique».C\u2019est une des premières règles de la conception de jeux : l\u2019immersion du joueur.Entrer dans un jeu forme une bulle qui inclut tous les joueurs et qui ne doit pas être perturbée, au risque de rompre l\u2019expérience.Pour les joueurs, tout comme pour les lecteurs, rien n\u2019est plus désagréable que d\u2019être dérangés pendant une séance.Il faut donc s'assurer de conserver ce cercle magique dans un aménagement.2)\tLES ACTIVITES STRUCTURANTES En deuxième lieu, il faut réfléchir aux activités structurantes et régulières qui assureront un achalandage constant dans la section pour adolescents.Elles serviront en effet à bâtir une communauté fidèle à cet espace.Ces activités ont généralement lieu à heures fixes et se déroulent dans un environnement isolé, comme une salle de conférence.Selon le nombre de jeunes souhaité, une telle activité demande habituellement : -i 1 station de jeux par groupe de 4 participants (1 jeu de société ou 1 console de jeux vidéo); -i 1 animateur par groupe de 12 participants; -,16 mètres carrés de surface par groupe de 4 participants; -, des sièges confortables pour les joueurs en attente; -, des collations et des boissons, si le budget et le lieu le permettent.Les activités structurantes peuvent inclure d\u2019autres types d\u2019activité : conférenciers invités, ateliers de conception de jeux, clubs de jeux de société, clubs de jeux de rôles, etc.3)\tLES ACTIVITÉS PERMANENTES En troisième lieu, les espaces adolescents se doivent d\u2019être ouverts et libres, permettant ainsi aux jeunes de s\u2019approprier les lieux et le matériel.Il doit donc y avoir accès à des jeux en consultation individuelle sur place.Une station de jeux vidéo pour la consultation sur place est composée : -, d\u2019une station de jeux (console et jeux disponibles); -, d\u2019un siège confortable; -, de 9 mètres d\u2019espace par station; -, d\u2019écouteurs pour empêcher le bruit; -, d'un accès à Internet pour la console; -, d\u2019un employé qui connaît bien les jeux et qui peut répondre aux questions des jeunes.argus/automne 2011 - 37 ¦HHHHHHHHSHu DOSSIER / L'ESPACE Ces stations disponibles en tout temps peuvent être à aire semi-ouverte.Les usagers peuvent donc voir le jeune jouer, mais sans être dérangés.Une autre activité permanente essentielle à un espace ludique est la collection de jeux vidéo pour le prêt.Les jeux doivent être placés à portée de vue dans la section pour adolescents et devraient être entourés de documents qui pourraient les intéresser : bandes dessinées et romans inspirés de jeux vidéo, mangas, DVD, etc.LA GAMIFICATION SOCIALE - INCITATIFS Pour intégrer la gamification sociale, il faut donner une plus-value à la visite en bibliothèque à l\u2019aide d\u2019incitatifs.Toutes les actions effectuées sont une raison d\u2019ajouter de la gamification : prêt de documents, entrée à la bibliothèque, consultation sur place, participation à des activités, etc.Si nous avions à ne choisir qu\u2019un principe de gamification sociale, nous choisirions d\u2019intégrer les joueurs dans le développement de collection.Pour ce faire, il y aurait une grille de points qui permettrait de mesurer la participation et l\u2019implication, et qui récompenserait les joueurs les plus actifs en leur permettant d\u2019assister le bibliothécaire dans ses choix.Par exemple, les jeunes qui font venir de nouvelles personnes avec eux lors d\u2019une activité de jeux vidéo pourraient gagner 30 points.À la fin du mois, tous les \tActivité intergénérationnelle\tAnimation où jeunes et adultes participent en collaboration à une séance de jeu.\tAnimation libre en bibliothèque\tAnimation où les usagers ont un accès libre à des stations de jeux.\tJeux multijoueurs\tType de jeu préconisé dans le développement de jeux sociaux.\tJeux occasionnel 1 casual gaming\tType de jeu avec des règles simples et facile d'accès.Préconisé pour les nouveaux joueurs.\tConférences sur les jeux\tAnimation permettant de contextualiser la place \t\tdu jeu dans la bibliothèque.\tComplémentarité documentaire\tPrésentation des jeux vidéo en complémentarité \t\tdes autres documents : livres, mangas, DVD, etc.\tJeux sérieux / jeux pédagogiques\tType de jeu préconisant un apprentissage lors de sa pratique.\tConception de jeux\tAnimation.Voir encadré plus loin : « La nouvelle mode des animations ludiques».\tJeux de mouvement\tType de jeu où l'usager doit bouger une manette pour \t\tfaire une action (Kinect, Wii, etc.).\tJeux de danse\tType de jeu où l'usager doit simuler de la danse sur un tapis où à l'aide d'une manette.\tJeux de rythme\tType de jeu où l'usager doit simuler la pratique d'un instrument de musique (Guitar Hero, Rock Band).\tTournois intrabibliothèques\tAnimation où les usagers se confrontent localement.\tTournois entre bibliothèques\tAnimation où les usagers se confrontent via Internet.\tJeux de société\tType de jeu préconisé dans l'établissement \t\tde jeux stratégiques.\tTournois LAN (LAN partys)\tAnimation où des ordinateurs sont connectés en réseau pour permettre aux usagers de jouer les uns contre les autres.\tJeux de rôles\tType de jeu où les jeunes doivent incarner \t\tun personnage (Donjons et Dragons).\tConsultation individuelle sur place\tAnimation où les jeunes peuvent avoir librement \t\taccès aux jeux de manière solitaire.\tLivres dont vous être le héros\tType de livre où les jeunes prennent des décisions pour poursuivre l'histoire.\tDocuments inspirés de jeux\tType de document (romans, mangas, DVD, etc.) inspiré de l'univers des jeux.38 DOSSIER / L'ESPACE jeunes ayant accumulé 100 points pourraient choisir un jeu dans un catalogue.Ces jeux seraient achetés par le bibliothécaire qui leur offrirait ensuite la possibilité de l\u2019essayer en primeur.Plusieurs autres incitatifs sont possibles : débloquer des jeux sur les postes informatiques, possibilité de participer à un tournoi spécial, réserver une console à une heure donnée, etc.DES CONSEILS SUR L'ESPACE Une offre de jeux dans un espace physique qui laisse à désirer ne sera pas ignorée, mais sera certainement moins populaire qu\u2019elle le devrait.Pour cette raison, il est primordial d\u2019offrir un espace à la fois ludique et accueillant à son public adolescent.Certains éléments importants doivent être intégrés : -i obtenir du mobilier mobile permettant de modifier les lieux (seule façon de réussir son TETRIS!); -i lieux ouverts permettant le bruit ET lieux fermés permettant l\u2019étude et les travaux d\u2019équipe; permission de manger et de boire; implication des jeunes dans la décoration (et le choix des activités et documents).LA NOUVELLE MODE DANS LES ANIMATIONS LUDIQUES Participer à la conception - Dans le monde des animations ludiques, une activité fait de plus en plus son chemin aux États-Unis : la conception de jeux.Dans cette animation, les jeunes sont appelés à créer eux-mêmes des jeux et à les faire essayer aux autres participants.Les jeunes peuvent concevoir des jeux de société ou, plus difficilement, des petits jeux web.LES POSTES INFORMATIQUES EN BIBLIOTHÈQUE Un potentiel ludique inexploité! - Les jeunes utilisent souvent les postes informatiques pour y jouer.Une bonne pratique serait d\u2019installer deux systèmes d\u2019exploitation : une version avec des jeux PC et une autre sans jeux.Certaines bibliothèques donnent ainsi priorité aux travaux scolaires pendant certaines heures, sans empêcher les ordinateurs d'être utilisés pour des jeux.Si vous choisissez un thème, assurez-vous qu\u2019il soit unisexe et qu\u2019il ne fasse pas partie d\u2019une mode passagère.N\u2019oubliez pas les termes nommés plus haut : «liberté», «mobilité», «sociabilité» et «ludisme».POUR FAIRE UN TETRIS, IL FAUT S'ASSURER QUE TOUS LES BLOCS SOIENT BIEN POSITIONNÉS! Réussir un TETRIS n\u2019est pas une tâche simple.La planification d\u2019un espace ludique pour adolescents demande du temps, de l\u2019espace et des coûts importants qui ne sont possibles que pour certaines bibliothèques.Pour celles-ci, il est surtout important d\u2019être structurées et harmonisées pour présenter la meilleure offre possible aux usagers.Si jamais la bibliothèque ne possède pas l\u2019espace nécessaire pour offrir un ensemble d\u2019activités de jeux vidéo, il vaut mieux commencer par une petite offre.Un apport de gamification, une collection pour le prêt ou des activités englobantes pourront tout de même aider à démarrer un espace adolescent.thierry.robert@ville.montreal.qc.ca Bibliothécaire, ville de Montréal claude.ayerdi@gmail.com Bibliothécaire, Ville de Montréal La «gamification sociale» consiste à donner une plus-value à une activité ou à un espace de la bibliothèque en lui ajoutant une «couche ludique».C\u2019est la même stratégie qu'utilisent les clubs de lecture d\u2019été en offrant une multitude de procédés ludiques (récompenses, objectifs, niveaux, progression, etc.) pour faire participer les jeunes à la lecture.\u2022Remarquons aussi que nous sommes revenus au terme anglais gamification depuis notre dernier article Argus.Le terme « ludi-fication» peine encore à s'imposer et crée de la confusion.argus/automne 2011 - 39 DOSSIER / L'ESPACE Les technologies interactives en bibliothèque T 0 U R I A F A D A ILI / Selon la vision de Mark Weiser dans The computer for the 21s' century', l\u2019informatique du 21e siècle est ambiante, ubiquitaire {pervasive computing).Elle n\u2019est plus une technologie distincte, elle est omniprésente et complètement intégrée à nos espaces et à nos environnements.Mark Weiser la qualifie même d\u2019informatique « calme ».À la fois omniprésente et invisible, elle est aussi intelligente : elle combine les objets du monde réel à ceux du monde virtuel et a le pouvoir de localiser des objets, des personnes, de reconnaître la voix, les gestes et les mouvements.Pour cela, elle utilise des caméras sophistiquées, des radars, des puces RFID et, bien sûr, les technologies mobiles et sans fil.Cette informatique est en train de bouleverser la façon d\u2019acquérir et d\u2019utiliser l\u2019information et la connaissance.Son impact est considérable sur les méthodes, les outils et les processus d\u2019apprentissage.Face à ces changements, notre environnement et nos espaces, qu\u2019ils soient publics ou privés, sont à redéfinir pour une meilleure harmonie et une meilleure intégration de la technologie.Les espaces en bibliothèque n\u2019échappent pas à ce constat.À l\u2019instar des autres lieux de la cité intelligente (smart city) ou de la cité interactive {interactive city), la bibliothèque intelligente doit s\u2019approprier le principe de l\u2019informatique ubiquitaire pour créer des espaces intelligents et interactifs.Ces espaces seront axés sur l\u2019usager et lui offriront de nouvelles façons de découvrir et d\u2019explorer la bibliothèque.Pour la bibliothèque, il s\u2019agit d\u2019une nouvelle stratégie pour séduire les usagers.Basées sur le principe de l\u2019informatique ubiquitaire, les technologies interactives sont tactiles, multitouches et multiusagers.Elles sont capables de s\u2019adap- ter au contexte de leur utilisateur, de comprendre et d\u2019anticiper ses besoins et ses attentes.Comme dans le domaine de l\u2019éducation et des loisirs, où elles ont déjà été introduites, les technologies interactives offrent de nouvelles façons d\u2019interagir avec l\u2019information, ainsi qu\u2019une multitude de possibilités d\u2019apprentissage et d\u2019acquisition du savoir.L\u2019objectif n\u2019est pas d\u2019intégrer les technologies à notre environnement, mais de façonner un environnement en harmonie avec ces technologies ambiantes.Cet objectif n\u2019est pas simple : il ne s\u2019agit pas d\u2019ajouter des postes multimédias et des ordinateurs pour faire un espace intelligent.Il s\u2019agit plutôt de créer un espace harmonieux où la technologie, à la fois omniprésente et discrète, est au service de l\u2019utilisateur final, qui constitue le centre de cet environnement.Les technologies interactives sont de plus en plus populaires auprès des enfants et des adolescents.Elles se déclinent en plusieurs catégories : tables intelligentes,' tableaux interactifs, bornes interactives, murs interactifs, planchers interactifs, comptoirs interactifs et écrans interactifs tactiles.1-EXEMPLES DE TECHNOLOGIE INTERACTIVE les tables interactives - Une table interactive est une surface dynamique dont le dessus est doté d\u2019un affichage tactile et multitouche.Elle est munie de caméras et de lumières infrarouges.Grâce à une manipulation avec les doigts, elle permet par exemple à son utilisateur d\u2019afficher des images ou des cartes, de les déplacer ou de les redimensionner.Elle peut être multiutilisateur, c\u2019est-à-dire permettre d\u2019interagir simultanément avec un ou plusieurs utilisateurs.Une table interactive est également capable d\u2019entrer en interaction avec des objets physiques qu\u2019elle peut reconnaître, comme des téléphones, des appareils photo, des cartes bancaires, des cartes de bibliothè- que, etc.Parmi les modèles commercialisés, il y a la table Microsoft Surface, lancée en novembre 2008.La version 2, Surface 2, a été commercialisée en 2011.Certaines de ces tables interactives viennent avec des programmes déjà intégrés.D\u2019autres permettent de développer des applications maison.les domaines d\u2019application- Les tables interactives peuvent être utilisées pour les loisirs (jeux, dessin, peinture, musique) ou pour des besoins éducatifs, comme l\u2019apprentissage des sciences.Des écoles et des universités ont intégré ces technologies pour améliorer le processus d\u2019apprentissage des élèves et des étudiants.Des hôtels, des restaurants ont d\u2019ores et déjà intégré ces tables dans le cadre de leurs activités.Par exemple, des restaurants mettent à la disposition de leurs clients des tables interactives leur permettant de passer leur commande en consultant le menu interactif.les murs interactifs - Certaines villes européennes ont mis à la disposition de leurs citoyens des murs interactifs qui offrent des informations pratiques sur les villes, pouvant être activés par une simple manipulation des doigts et permettant à l\u2019usager d\u2019interagir avec le contenu.Ce principe est apparu à Helsinki, en 2007, sous le nom de CityWall2.Installé au centre d\u2019Helsinki, cet écran interactif tactile et multitouche permet aux gens d'accéder à une multitude d\u2019informations municipales et touristiques et offre une nouvelle façon d\u2019explorer la ville.2-APPLICATIONS EN BIBLIOTHÈQUE -i La Darien Public Library a mis à la disposition des enfants une table interactive Microsoft Surface pour les jeux en janvier 2010.L\u2019expérience a été très positive.-> La DOK Library Concept Center à Delft, aux Pays-Bas, a développé une application qui permet d\u2019interroger les collections d\u2019archives d\u2019images locales et présente des photos de rues à ses usagers, en se basant sur leur code postal.En plaçant sa carte de bibliothèque sur la surface de la table, l\u2019usager peut trouver facilement des photos historiques en lien avec son adresse postale.Plusieurs usagers peuvent utiliser simultanément cette table interactive de Microsoft.-i La Children\u2019s Interactive Library3 : On ne peut évoquer les technologies interactives en bibliothèque sans souligner le projet de la Children\u2019s Interactive Library, un projet de recherche et d\u2019innovation d\u2019envergure au Danemark, mené entre 2004 et 2006.Il s\u2019agit d\u2019un projet interdisciplinaire qui vise à explorer les possibilités de développement aux niveaux de l\u2019espace et de l\u2019utilisation des technologies que peuvent offrir les bibliothèques pour enfants dans le futur, en collaboration avec des chercheurs et des spécialistes des domaines de l\u2019informatique et de l\u2019architecture, les bibliothèques publiques d\u2019Aarhus et le centre de recherche Interactive Spaces.L\u2019objectif du projet est de créer des espaces en bibliothèque offrant aux enfants de nouvelles expériences dans l\u2019apprentissage, l\u2019acquisition de connaissances et du savoir.Des expérien- \u2014 ces basées sur le principe de l\u2019informati- argus/automne 201 1 - 41 PHOTO : MARIE D.MARTEL DOSSIER / L'ESPACE que ambiante, l\u2019interactivité et la visualisation 3D.Plusieurs stratégies et prototypes ont été développés dans le cadre de ce projet et ont été utilisés principalement par les bibliothèques publiques d\u2019Aarhus.Ces stratégies mettent surtout l\u2019accent sur l\u2019usager, et non sur la technologie.Parmi les prototypes interactifs développés, on peut citer : LE STORY SURFER : UN PLANCHER INTELLIGENT - Il s\u2019agit d\u2019un engin de recherche et de navigation permettant aux enfants d\u2019effectuer des recherches dans les collections de la bibliothèque en utilisant deux surfaces interactives : une table et un plancher.Le principe est de faire des recherches dans le catalogue et d\u2019explorer le contenu des documents, tout en discutant et en collaborant avec les autres usagers.Il s\u2019agit d\u2019un produit novateur, d\u2019une nouvelle façon de découvrir et d\u2019explorer les collections de la bibliothèque.Les enfants utilisent leurs pieds pour cliquer sur les boutons affichés sur un large plancher interactif.Ce dernier peut être utilisé par plusieurs usagers à la fois.i-land, la cité interactive - Il s\u2019agit d\u2019une table interactive basée sur la technologie RFID.Les enfants utilisent des figurines et des ballons pour naviguer à travers cette table munie d\u2019un écran interactif, pour découvrir l\u2019histoire de la ville d\u2019Aarhus ou visualiser des films historiques.Cette table a été intégrée de façon permanente à la bibliothèque d\u2019Aarhus.sliding titles - Il s\u2019agit d\u2019un rayonnage intelligent basé sur la technologie RFID.L\u2019idée est d\u2019afficher, sur un écran installé sur chacun des rayonnages de ia bibliothèque, la couverture des livres disponibles sur les rayons, dans un ordre établi par l\u2019usager.DANS LES BIBLIOTHÈQUES UNIVERSITAIRES -La bibliothèque de l\u2019Université du Nevada, Reno-Library, a développé pour les étudiants une application sur l\u2019anatomie et a mis deux tables interactives à leur disposition.La Rice Fondren Library : Cette bibliothèque universitaire a mis à la disposition des étudiants une table interactive dans une salle de travail dédiée à la collaboration entre étudiants sur des projets numériques.D\u2019AUTRES APPLICATIONS POSSIBLES EN BIBLIOTHÈQUE -Technologies multitouches ou bornes interactives utilisées dans les stations de prêt en libre-service; Tables interactives comme stations de travail en groupe; -i Jeux éducatifs pour les enfants; -i Jeux de société intégrés dans une table interactive; Table de hockey multitouche (Air Hockey Table); Apprentissage des sciences; -¦ Découverte de contenus, comme le catalogue de la bibliothèque, de façon interactive.Il apparaît nécessaire d\u2019entamer une réflexion sur le concept de bibliothèque intelligente.Cette bibliothèque du 21e siècle se distingue par trois composantes essentielles : -i Objets intelligents : technologies RFID, chutes intelligentes, technologies interactives, etc.; -> Espaces intelligents, combinant le principe de la bibliothèque troisième lieu et celui de l\u2019informatique ubiquitaire, tout en soulignant le rôle social de la bibliothèque; -i Services intelligents : combinaison des objets et des espaces intelligents pour offrir des services innovants au profit de l\u2019usager, en considérant son contexte, son profil, ses besoins et ses intérêts.touria.fadaili@ville.montreal.qc.ca Bibliothécaire, Ville de Montréal X 1.\tWeiser, Mark (1991).The computer for the 21st century.[http://sandbox.xerox.com/want/papers/ubi-sciam-sep9l.pdf] 2.\tCityWall.[http://citywall.org] 3.\tStrategies and prototypes for the future : abstract from Children's Interactive Library Project, 2004-2006.[http://www.bibliotekog- medier.dk/fileadmin/user_upload/dokumenter/bibliotek/indsatsomraader/boern/Bibliotekstilbud_tiLboem/Litteratur_og_links/ Strategies_and_prototypes_for_the_future.pdf] 42 DOSSIER/L'ESPACE L'espace visuel et l'information MARCELA B A I0 C C H I / Quelle est la surface de votre écran?Laquelle préférez-vous?C\u2019est dans ce rectangle de x pouces carrés, constitué d\u2019une matière physique sensible à la lumière, que se passent une très bonne partie de vos interactions avec la société, tous les jours.Vous accédez à vos navigateurs, à vos courriels et à vos logiciels, et une diversité d\u2019actions possibles défilent, représentées visuellement par des outils, des images et des couleurs.L\u2019apparition de dispositifs de plus en plus petits, comme les tablettes et les téléphones intelligents, vous oblige à réapprendre la façon dont les données s\u2019organisent dans ces nouveaux espaces.Bref, la quantité d\u2019informations que nous devons traiter est énorme, et trouver des méthodes efficaces pour les déchiffrer rapidement devient un enjeu majeur pour tous les individus.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019on voit depuis quelques années un intérêt croissant pour ce qu\u2019il a été convenu de nommer la «visualisation de l\u2019information».Dans l\u2019ouvrage Introduction to information visualization, l\u2019auteur, Ricardo Mazza, préfère appeler ce champ d\u2019études la représentation visuelle de l\u2019information.Il nous explique que le terme «visualisation» désigne en réalité notre capacité cognitive, une aptitude naturelle qui peut être amplifiée par la stimulation de la perception.La perception, à son tour, est plus efficace pour traduire les données contenues dans une image que pour comprendre l\u2019explication de ces données dans la structure d\u2019un Représentation visuelle de la marche de l\u2019armée napoléonienne de 1812, conçue par Charles J.Minard.C arle\turcitroc-\tduœMi.v.'.t,.-u.mfO de f\teJhuutxüt.fa.- C.1/Or-\u2019 ^\u2022V La révolution égyptienne sur Twitter -http://gephi.org/2011/the-egyptian-revolution-on-twitter.texte.Le pouvoir de comprendre plus rapidement permet aux individus de prendre des décisions plus rapides, soit dans leur vie quotidienne, soit dans les contextes plus larges de l\u2019économie.Même si la problématique de la surcharge informationnelle semble particulièrement flagrante à notre époque, la représentation visuelle de l\u2019information n\u2019est pas précisément une discipline récente.Mazza évoque l\u2019exemple des cartes, utilisées depuis des siècles : ici, la synthèse de l\u2019information se manifeste par le dessin des régions géographiques, les frontières, le nom des villes, des routes, le tracé des chemins et plusieurs autres éléments qui servent à nous guider vers une destination et à nous donner des indications pour y arriver.La quantité d'information que nous devons traiter est énorme et trouver des méthodes efficaces pour la déchiffrer rapidement devient un enjeu majeur pour tous les individus.Une des visualisations les plus connues des chercheurs est sans doute celle créée en 1869 par l\u2019ingénieur Charles Joseph Minard.Il a conçu une carte pour illustrer le nombre de décès de l\u2019armée de Napoléon durant la marche vers Moscou, en 1812.La bande plus épaisse, de couleur brune, montre le trajet suivi par les troupes à partir de la Pologne jusqu\u2019aux limites de Moscou.La largeur de cette bande nous informe du nombre de soldats présents sur chaque point du chemin.La ligne noire représente le contingent au moment du retour, lorsque Napoléon décide de battre en retraite à cause du rigoureux hiver russe.Un des chercheurs les plus éminents du domaine de la visualisation, le professeur Edward Tufte, dit que cette carte est « le meilleur graphique statistique jamais conçu ».Selon Mazza, il y a certains critères pour juger de la qualité d\u2019une représentation visuelle : il faut qu\u2019elle soit capable de nous communiquer des idées complexes avec clarté, précision et efficience.Un aspect fort intéressant de la visualisation est sans doute la possibilité de révéler de nouvelles connaissances, l\u2019image pouvant faciliter l\u2019observation de propriétés, de relations et de régularités.Ce genre de travail est effectué lors de la conception de représentations visuelles visant l\u2019analyse exploratoire de données.Une des utilisations possibles se trouve dans le contexte de la veille stratégique pour les organisations.À cet égard, une tendance qu\u2019on voit apparaître est la visualisation de l\u2019information dans des systèmes de surveillance de réseaux sociaux, traduction de social media monitoring.Il y a une forte demande de la part des entreprises et d\u2019autres organisations pour des solutions qui permettent d\u2019explorer les données issues des interactions dans les réseaux comme Twitter et Facebook.Une application possible pourrait être, par exemple, l\u2019identification des personnes les plus influentes dans une communauté d\u2019utilisateurs.L\u2019image ci-haut est le résultat d\u2019une recherche menée par le département d\u2019informatique de l\u2019Université de Turin.Elle représente la propagation des retweets du mot-clic «#jan25», au moment où le président Moubarak a renoncé à son mandat.Les lignes rouges lient les tweets et les retweets qui ont atteint un plus grand nombre d\u2019utilisateurs.L\u2019interface - créée par les auteurs et disponible sur le Web à partir du lien http://gephi.org/2011/the-egyptian-revolution-on-twitter - a une fonctionnalité qui permet de zoomer et ainsi de voir en détail les utilisateurs, ce qui permet 44 DOSSIER / L'ESPACE de repérer ceux qui ont une influence plus grande par rapport à l\u2019ensemble des profils qui interagissent.LA VISUALISATION DE L'INFORMATION DANS LES BIBLIOTHÈQUES NUMÉRIQUES La visualisation de l\u2019information a été le thème central du 9e numéro de la revue scientifique Document numérique, en 2006.Dans l\u2019introduction, Jean-Daniel Fekete et Éric Lecolinet dressent l\u2019état des recherches françaises sur l\u2019application de la visualisation dans les bibliothèques numériques et soulignent qu\u2019elle peut constituer une solution pour faciliter plusieurs tâches reliées à l\u2019accès et à l\u2019organisation des documents dans les catalogues.Les interfaces visuelles, par leur facilité d\u2019interaction, pourraient rendre plus simple l\u2019accès à diverses données multimédias, par exemple.La découverte de documents et de collections bénéficie aussi d\u2019une interface visuelle, grâce à la possibilité de techniques permettant l\u2019analyse exploratoire des fonds contenus dans le système.Les façons innovantes de visualiser et de découvrir l\u2019information nous posent encore de nombreux défis.Pour les bibliothèques numériques, il faut trouver des solutions pour le développement d\u2019interfaces qui, en plus de présenter une visualisation globale de la collection, permettent également l\u2019accès aux do- cuments pris individuellement.En plus, il faut offrir aux utilisateurs des systèmes esthétiques et faciles à apprendre.C\u2019est un champ d\u2019investigation tout à fait prometteur et stimulant pour les chercheurs et les professionnels impliqués dans le domaine de l\u2019information.marcelabaiocchi@gmail.com Etudiante au doctorat en Sciences de l'information à l'EBSl, Université de Montréal.Architecte d\u2019information chez Cedrom-Sni.X SOURCES CONSULTÉES Fekete, Jean-Daniel et Éric Lecolinet (2006).«Introduction», Document numérique (vol.9), p.7-11 [www.cairn.info/revue-docu-ment-numerique-2006-2-page-7.htm], Mazza, Ricardo (2009).introduction to information visualization.Suisse : Springer.Panisson, André (2011).«The Egyptian revolution on Twitter», Gephi [http://gephi.org/20l 1/the-egyptian-revolution-on-twitter], argus/automne 2011 - 45 RECHERCHE Neurothéologie et Neurophilosophie dans ISI Web of Knowledge (Web of Science, WoS) JACQUES MESSIER/ Résumé - ISI web of Knowledge (Web of Science, WoS) est une base de données multidisciplinaire utilisée surtout comme index de citations.Le test qui suit examine comment cet outil répond à une question de recherche précise, lorsque celle-ci met en rapport des domaines touchant à la fois les sciences de la nature et les sciences humaines.L'expérience a été réalisée fin 2009.Abstract - ISI Web of Knowledge (Web of Science, WoS) is a multidisciplinary database focused on citations.The test is based on a specific question regarding simultaneously sciences and humanities.The experience took place at the end of 2009.LA DEMARCHE DE RECHERCHE Problématique - Souvent controversées, les sciences cognitives, appelées aussi neurosciences, posent de manière parfois radicale un regard nouveau sur les spécificités de la personne humaine (mind-brain-body), plus particulièrement sur une question touchant à l'une de ses principales fonctions : qu'est-ce que la connaissance?La question de recherche - Comment ISI Web of Knowledge (WoS) peut-il traiter de la neurothéologie et de la neurophilosophie, dans le contexte d'une base de données couvrant à la fois les sciences de la nature et les sciences humaines?Plus précisément, que nous révèle ISI Web of Knowledge (WoS), par le truchement de ses principaux indicateurs de performance, sur l'état de ces deux sciences?Méthodologie - Notre exercice consiste à cumuler les données bibliographiques associées aux articles recensés dans ISI Web of Knowledge (WoS) entre 1979 et 2009, à faire ressortir les grands indicateurs, à comparer les résultats obtenus puis, finalement, à les confronter avec ceux énoncés dans un ouvrage spécialisé en neurothéologie/neurophilosophie.La cueillette des données s'effectuera à partir d'une seule question de recherche.Limitations - D'après la littérature spécialisée en bi-bliométrie1, un tel exercice peut prendre deux formes, qualitative ou quantitative.Notre choix s'est porté sur l'examen quantitatif fondé sur le taux de réponses obtenues à une question de recherche.Seuls les articles ont été retenus afin de tenir compte de la continuité dans le rythme des publications.L'analyse de contenu a été exclue, car elle nécessite une expertise fondée sur une formation scientifique reconnue et un examen approfondi sur le choix judicieux des mots-clés ou des vedettes-matière attribués à chaque notice.Validité et fiabilité - Deux biais sont induits dans l'exercice, d'abord par la formulation de la question de recherche, puis par la méthode d'analyse.Dans les deux cas, les biais se veulent manifestement restrictifs.Dans le premier, la question posée ne tient pas compte des multiples facettes regroupées sous le vocable de «neurosciences».Dans le second, seuls les articles de périodiques ayant été retenus, cela nous oblige à omettre la littérature très pertinente que constituent les actes de colloques ou les chapitres d'ouvrages, par exemple.L'exercice a été réalisé en janvier 2009 et les résultats ont été présentés pour la première fois en novembre 2009, lors de la tenue du premier Congrès des milieux documentaires du Québec.Après sa répétition en mars 2010, les résultats obtenus n'ont révélé qu'un ensemble négligeable de nouvelles données.Population et échantillon - La population est composée des notices répondant à la question de recherche, alors que l'échantillon retenu pour notre étude est composé uniquement d'articles de périodiques compris dans les trois sous-bases de données d'ISl web 46 RECHERCHE of Knowledge (WoS), entre 1979 et 2009.Sont donc exclus : -, les critiques de livres {book review); -, les chapitres de livres; -, les comptes rendus de conférences.Formulation de la question de recherche - La question de recherche comporte deux termes ainsi que leurs variantes résultant d'une troncature.Les domaines génériques tels que «neurosciences», de même que toutes les facettes afférentes relevant de la médecine, de la psychiatrie ou de l'informatique, ont été exclus.La question de recherche est inscrite dans le champ «Topic» d'ISI Web of Knowledge (WoS) et seule l'option «Article» a été sélectionnée, pour la période de 1979 à 2009.La question a donc pris la forme suivante : -, Topic=(neurophilosoph* or neurotheolog*) -, Timespan=All Years.Databases=SCl-EXPANDED, SSCI, A&HCI.-i Refined by: Document Type=( ARTICLE ) L\u2019ANALYSE L'analyse des résultats repose sur un certain nombre de critères reconnus en bibliométrie2, tels que : -, précision des informations - traitement d'une seule problématique à la fois; -, clientèle cible déterminée; -, période de publication définie (ici de 1979 à 2009).LES RÉSULTATS On trouve pas moins de 1 800 notices faisant référence aux diverses facettes associées aux neurosciences dans le champ «Topic».Or, à la suite de la question de recherche, le résultat se présente comme suit : 44 articles répondent à notre question et totalisent 103 citations.Par la suite, on observera qui sont les auteurs et le rythme de leurs publications, ainsi que la fréquence des citations dont elles font l'objet.Les auteurs et leurs affiliations - Disons d'abord que la majorité des articles sont produits par un auteur qui ne revient pas (33 sur 44), tandis que 3 auteurs ont à eux seuls publié les 11 articles qui restent.Le rapport le plus élevé entre le nombre de notices et les citations appartient à ces trois auteurs.Quant aux affiliations Comment ISI Web of Knowledge (WoS) peut-il traiter de la neurothéologie et de la neurophilosophie, dans le contexte d\u2019une base de données couvrant à la fois les sciences de la nature et les sciences humaines?des auteurs, ceux-ci travaillent généralement à partir de grandes écoles américaines et diffusent largement sur le Web.À titre d'exemple, les trois auteurs les plus actifs partagent leurs travaux entre les États-Unis et le Canada, dont G.Northoff, qui jouit d'un soutien du gouvernement du Canada.De plus, le travail des auteurs les plus prolifiques ne touche pas exclusivement les neurosciences, mais aussi la philosophie, la théologie et les sciences afférentes au fonctionnement du cerveau3.Les citations - Les 44 articles retenus se trouvent dans l'un des trois groupes suivants : ceux n'ayant jamais été cités, ceux ayant été cités une fois et ceux ayant été cités plus d'une fois.Un peu moins de la moitié des articles publiés n'ont jamais été cités (16), alors que 10 articles l'ont été une seule fois.Un examen sommaire révèle que, malgré le grand nombre d'articles jamais cités, en moyenne un article est cité pour chaque année d'une publication.Il ne -* argus/automne 2011 - 47 RECHERCHE se passe donc pas une année sans qu'il y ait un article cité, le maximum de citations pour une année donnée étant de 13, attribué aux articles de S.S.Hardi et D.Feldman (2001) et de G.Northoff (1996).CONCLUSION Notre échantillon comptait à peine 44 articles spécifiques à la neurothéologie et à la neurophilosophie, ce qui représente une très infime partie de la littérature en neurosciences.Plus encore, selon notre étude et compte tenu des limitations dont nous avons parlé, il ressort qu'ISI Web of Knowledge (WoS) mise davantage sur l'aspect des sciences de la nature que des sciences humaines.Autrement dit, il est difficile ici d'obtenir un profil exact de l'état de certaines sciences humaines, même si leur présupposé repose sur les données des sciences de la nature, ou sommes-nous en face d'un problème de choix de traitement de l'information?L'examen tiré d'un comparatif lève le voile sur cette question4.Plus encore, comment ne pas parler des travaux très poussés de Francisco Varela sur le bouddhisme et ses effets sur le psychisme?d'Evan Thompson, de l'Université de Toronto, qui travaille aux confins de la philosophie et des sciences cognitives (ses travaux sont pourtant classés sous la rubrique «Humanities, Multis-disciplinary » dans WoS)?de Wolfhart Pannenberg, théologien, intéressé au problème du rapport entre science et religion et collaborateur à la revue Zygonf de Georg Northoff, qui publia un ouvrage intitulé Philosophy of the braim de John Searle, qui publia avec d'autres Neuroscience and philosophy : brain, mind, and language! de Richard Davidson, qui dirige un laboratoire en neurosciences, étudie les désordres du comportement et l'effet de la méditation sur l'état psychique?de François Ansermet, psychanalyste et professeur de pédopsychiatrie à Lausanne?À ne pas oublier, Mario Beauregard, chercheur et agrégé à l'Université de Montréal, qui s'est fait remarquer grâce à ses études sur l'expérience spirituelle des religieuses carmélites de Montréal5.Il est l'auteur de plus QAesz Les Reliures Caron & Létourneau et Reliure Travaction de» cvtü»an» qualifié» pwment quand »am de ww Ciwte».Pour un service de réparation et de reliure de livres de bibliothèques fait par des experts.depuis plus de 40 ans.Contactez-nous pour connaître nos prix avantageux de matériel de réparation de livres (pellicule de plastique Polyguard, Easy Cover,.).ex.Rouleau de 30 cm X 50 m à 69,50$.Nous offrons aussi des formations en réparation de livres : dans vos locaux ou dans nos ateliers.Les Reliures Caron & Letourneau Ltée 651, rue de la Gare Labelle, Québec, Canada JOT 1HO\twww.relcarlet.com/infoÆrelcarlet.com Tel.: 819-686-2059 ou 1-800-686-2059 Fax: 819-686-3971 1170, rue Rocheleau, Drummondville, Québec J2C 5Y3 Tél.(819)478-4991 1-800-267-4991 Fax.(819)478-1518 48 RECHERCHE de 100 publications scientifiques en neurosciences, psychologie et psychiatrie.Il a collaboré à de nombreux articles, dont «Searching for God in the brain» dans la revue Mind : Scientific American.WoS dénombre 104 articles de M.Beauregard, dont 33 en neurosciences.Bien que ses préoccupations tournent autour de la spiritualité, son nom n'apparaît pas sous l'appellation «neurothéologie» et encore moins sous «neurophilosophie».Finalement, Roland Jouvent, dont les travaux apparaissent plus de 140 fois dans WoS.Psychiatre et chercheur, il soutient que l'être humain est avant tout une machine à penser.Certes, il existe un langage pour les initiés, mais quelques articles sont parfois déconcertants de limpidité1 2 3 4 5 6, À peine trois auteurs sont identifiés comme neurophilosophes ou neurothéologiens au regard de leurs publications dans WoS.Une prochaine étape d'«affinement» permettrait d'établir plus rigoureusement les liens entre les chercheurs, à l'aide, par exemple, d'un logiciel de gestion de liens sociaux visant à associer les citations et les références, ou bien en répétant le même exercice avec un autre outil performant de recherche de citations : Scopus, par exemple.jacques.messier@umontreal.ca Bibliothécaire X BIBLIOGRAPHIE (2002).Encyclopédie de la philosophie.Paris : Librairie générale française.(2008).Des neurosciences à la philosophie : neurophilosophie et philosophie des neurosciences.Paris : Syllepse.(2008).«using bibliometrics : a guide to evaluating research performance with citation data».Thomson Reuters [http:// science.thomsonreuters.com/news/2008-07/8465001/] (consulté le 18 sept.2009).Adelman, G.(1987).Encyclopedia of neuroscience.Boston: Birkhâeuser.Andrieu, B.(2007).La neurophilosophie.Paris : Presses universitaires de France.Bourgeois, M.L.(2006).Les troubles de l'humeur.Paris : Presses universitaires de France.Churchland, P.S.(1999).Neurophilosophie: l'esprit-cerveau.Paris : presses universitaires de France.Jones, L.(2005).Encyclopedia of religion.Detroit : Macmillan Reference USA.Legendre, R.(2005).Dictionnaire actuel de l'éducation.Montréal : Guérin.Nadel, L.(2005).Encyclopedia of cognitive science.Chichester, West Sussex: Wiley.Northoff, G.(2004).Philosophy of the brain : the brain problem.Pays-Bas : John Benjamins Pub.Petitot, J.et R.Barbaras (2002).Naturaliser la phénoménologie : essais sur la phénoménologie contemporaine et les sciences cognitives.Paris : CNRS Éditions.Poirel, C.(1997).Le cerveau et la pensée : critique des fondements de la neurophilosophie.Paris; Montréal : L'Harmattan.Poirel, C.(2008).La neurophilosophie et la question de l'être : les neurosciences et le déclin métaphysique de la pensée.Paris : L'Harmattan.Russell, R.J.(1999).Neuroscience and the person : scientific perspectives on divine action.Cité du Vatican : Vatican Observatory; Berkeley, Calif., : Center for Theology and the Natural Sciences.Tiberghien, G.et H.Abdi (2002).Dictionnaire des sciences cognitives.Paris : Armand Colin.1\tUsing bibliometrics : a guide to evaluating research performance with citation data.Thomson Reuters.2\t(2008).Critical evaluation of resources et Critically Analysing Information Sources.Olin 8.Uris Libraries.3\tDans le cas du plus grand nombre de citations, on remarque à l'examen des activités de recherche que les trois auteurs ont la particularité d'avoir travaillé soit en philosophie, soit en théologie.4\tRussell, R.J.(1999).Neuroscience and the person : scientific perspectives on divine action.Cité du Vatican : Vatican Observatory; Berkeley, Calif.: Center for Theology and the Natural sciences.5\t«EEG activity in Carmelite nuns during a mystical experience», Neuroscience Letters, oct.2008.6\tOn notera à titre d'exemples deux ouvrages.Le premier, Nadel, L.(2005).Encyclopedia of cognitive science, expose un aperçu des compétences requises pour la lecture des articles, puis l'ouvrage de Petitot, J.et R.Barbaras (2002).Naturaliser la phénoménologie : essais sur la phénoménologie contemporaine et les sciences cognitives, dont un des chapitres vise une relecture des travaux de Husserl à la lumière des neurosciences.argus/automne 2011 - 49 ACTUALITÉ Les bibliothèques publiques de Toronto évitent les coupes dans un nouvel écosystème des médias MARIE D.MARTEL/ Le contexte des menaces de coupes dans les bibliothèques publiques de Toronto n'est certes pas comparable à celui du printemps arabe.Néanmoins, à leur manière, les événements récents dans la métropole torontoise ont aussi soulevé la question de la relation entre les réseaux sociaux et le pouvoir.Le réseau des bibliothèques de Toronto est considéré comme l'un des plus performants au Canada.La fréquentation et la satisfaction des citoyens y sont élevées.Au mois de février 2011, le maire Rob Ford a informé la population qu'il avait l'intention de procéder à la fermeture d'une succursale de la Bibliothèque de Toronto pour des raisons budgétaires.Par la suite, il a ajouté que la Ville diminuerait de 10 % le budget de la Bibliothèque, fermerait plusieurs succursales, réduirait les heures d'ouverture de même que certains programmes.L'hypothèse de privatiser le réseau était aussi envisagée.Réagissant à ces annonces, les citoyens se sont opposés à ces compressions de 13,3 M$ dans les services des bibliothèques.Le 4 juillet 2011, la firme Forum Research a effectué un sondage indiquant que les trois quarts des Torontois étaient en désaccord avec le projet de fermer ou de privatiser les bibliothèques.La réponse citoyenne a été explosive.Et la «mèche» qui a déclenché et alimenté cette mobilisation a pris la forme des réseaux sociaux : 1.Une pétition en ligne, soumise aux citoyens pour manifester leur opposition, a largement bénéficié du soutien de l'auteure Margaret Atwood, qui a encouragé son réseau de 230 000 abonnés sur Twitter J\u2019aurais bien envie de beignets.^ Mais,il n\u2019y a que des livres et des bibliothèques ^\u2014,\tdans ma forêt! LA PETITE MARGARET ROUGE ECARLATE Il était petite Margaret rouge ecarlate fois une une Margaret! Va porter c pot de vin et ces tab à maire-grand! petit ce tablettes a iris Mais, près de là, dans un boise torontois
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