Interface : la revue de l'ACFAS, 1 mai 1989, Cahier 1
VOLUME 10, NUMERO 3 LA REVUE DE LA RECHERCHE 3,50 $ MAI-JUIN 1989 PER A-522 EX.2 TERFACE La séismologie des étoiles naines blanches La dépendance à l’alcool chez les femmes Le transport membranaire Face à face Claude Hillaire-Marcel Sur les traces d’un chercheur Le français et les sciences Les animaux de laboratoire : vers une plus grande prise de conscience ?Le dragon de NGC 4258, une vie satisfaisante après 65 ans, le chaos, respirer pour ne plus bégayer, la « turista » qui guette L'ordinateur est le meilleur ami du chercheur, qu'il soit astrophysicien, démographe, ingénieur, linguiste ou.informaticien! En chimie, par exemple, la quantité d'informations scientifiques double tous les cinq ans.En astrophysique théorique et en génétique, l'ordinateur est un prolongement logique de la pensée du chercheur, presqu'un outil de raisonnement.L'Université de Montréal mise sur le développement de l'informatique depuis déjà plusieurs années.Dès 1966, elle devenait la première université francophone en Amérique du Nord à offrir un programme de maîtrise en informatique.Grâce à sa politique qui permet aux jeunes chercheurs d'accéderfacilement aux ordinateurs, ceux-ci ont pu bénéficier d'un milieu exceptionnellement favorable à leur développement.Hier, aujourd'hui et demain, l'informatique à l'Université de Montréal, c'est fondamental! Deux vertèbres modélisées à partir des formations recueillies par le tomographe rial.Jacques de Guise, chercheur à l'Institut de nie biomédical, examine quatre représentions d'un coeur.A > Représentations d'une galaxie utilisées en astrophysique.* usai mm, 113 HT 1 • Cl .S ¦» • ra i y» .¦I a! ! BBUBl fi Jacques St-Pierre Nous sommes au début des années 50.Jacques St-Pierre, qui termine son doctorat en mathématiques-statistique à la University of North Carolina, découvre les premiers «cerveaux électroniques».D'emblée, il est convaincu de leur importance.La carrière de Jacques St-Pierre est étroitement associée au développement de l'informatique à l'Université de Montréal.En 1957, l'Université lui octroie 65 000 $ pour l'achat de son premier ordinateur, un Librascope LGP 30.En 1964, il reçoit le mandat de créer le Centre de calcul.En 1966, il met sur pied le Département d’informatique dont il devient le premier directeur.Encore aujourd'hui, il fait profiter l'Université de Montréal de son expérience à la Direction de l'enseignement de service en informatique.On connaît le développement fulgurant qu'a connu l'informatique au cours des 30 dernières années.Jacques St-Pierre en a été un artisan de premier plan.«À l'époque, se rappelle-t-il, il y avait tellement de fils qu'une salle d'ordinateurs ressemblait à une usine de spaghetti!» Ce pionnier a toujours été convaincu du rôle fondamental de l'informatique dans le développement des sciences et de l’Université de Montréal.«Si l'Université peut offrir aujourd'hui une gamme complète de services de première qualité à ses chercheurs, c'est parce qu'à l'origine, elle a cru en l'importance de ce secteur.Cette foi ne s'est jamais démentie.» Recherche et développement Au cours des dernières années, l'Université de Montréal a choisi d'accroître ses échanges avec l'entreprise et les organismes gouvernementaux.À cet effet, elle a créé, en 1987, le Bureau de liaison entreprises-Université, le BLEU.Une importante partie des transferts de technologie et des échanges avec les entreprises est reliée à l'informatique.Ainsi le Laboratoire interdisciplinaire de recherches en télématique (L.I.R.T.) a obtenu un important contrat de Bell Canada.Ses travaux portent notamment sur l'applicabilité de l’intelligence artificielle à la télématique et sur l'évaluation sociale des services disponibles sur vidéotex.Le BLEU cherche également à faciliter l'instauration d'un modus operandi pour les entreprises créées ou gérées par des chercheurs de l'Université.Il a ainsi collaboré avec le Groupe en informatique et recherche opérationnelle (GIRO).Celui-ci s'est vu accorder un contrat pour l'exploitation du logiciel Hastus qui servira à la planification des horaires des chauffeurs d'autobus de la ville de Los Angeles.L'informatique de gestion Délaissant l'approche traditionnelle qui privilégie l'utilisation d'un ordinateur universel central, la D.G.S.I.favorise désormais l'implantation d'un environnement informatique répondant aux besoins spécifiques des divers usagers.Ainsi elle a mis au point un système pour gérer le processus d'achat à l'Université; ce système est actuellement vendu à des utilisateurs de l'extérieur.Parmi ses autres réalisations et projets, mentionnons une banque de données des dossiers d'étudiants pour le Service des admissions, un système de gestion des données sur les recherches menées à l'Université et un système de gestion des programmes de résidence pour la Faculté de médecine.Dans les écoles affiliées l'École Polytechnique a intégré l'informatique à toutes ses activités.Elle compte notamment quatre centres de recherche qui sont engagés dans des activités de développement de pointe reliées au domaine de l'informatique: le Centre cana- dien d'automatisation et de robotique minière, le Groupe de recherche en mathématiques de l'ingénierie assistée par ordinateur, le Groupe de recherche en microélectronique et le Groupe de recherche en aménagement hydraulique (CASTOR).l'École des Hautes Études Commerciales a pris elle aussi le virage informatique.Elle a créé notamment un logiciel qui permet un contexte d'études personnalisées à l'étudiant en sciences comptables.En outre, presque tous les programmes d'études offrent une spécialisation en gestion des systèmes d'information, une discipline fort populaire.Et caetera.L'informatique à l'Université de Montréal, c'est encore bien d'autres choses.C'est la DESI, la Direction de l'enseignement de service en informatique, qui offre des cours d'informatique à l'ensemble de la population qui fréquente l'Université; plus de 18 000 personnes se sont inscrites depuis 1983.C'est le Service pédagogique qui organise des ateliers sur les applications pédagogiques de l'ordinateur; cette année, 337 professeurs de l'Université ont participé à ces ateliers.C'est le Laboratoire de robotique pédagogique qui s'intéresse à la conception de «gymnases scientifiques» pour l'école; ces environnements robotisés permettent une approche didactique nouvelle de l'enseignement des sciences et des technologies.C'est le projet ALEX.L'Université de Montréal a été la première université du Canada à y collaborer.C'est l'équipe de la Direction générale des services informatiques (D.G.S.I.) qui comprend quelque 120 personnes dont une soixantaine d'informaticiens.7- Jacques St-Pierre [ 6- Monique Arseneau et André Fourrier, deuxL des soixante informaticiens employés à la DGSI.Structure moléculaire de l'acide dithia-plakortique telle que représentée par le programme MODEL.0 MÈMmMsÊMm C: \ >POUR INFORMATION 1-800-363-2252 / (514) 737-3340 System 38BX NOTRE SCIENCE AU SERVICE DE LA VOTRE Processeur : 32 bits, 80386.Mémoire : 32 bits, architecture entrelacée à état d’attente zéro.I, 2, 4, 8 et 16 Mo disponibles.Vitesse : 25 Mhz Système d’exploitation : MS-DOS, MS-OS/2 et Unix 386.Accès vidéo : Adaptateur graphique VGA 34010.Support : Clavier : Stockage : Écran : Unité de disque standard de 3 1/2” 1.44 Mo.Unité de disque de 5 1/4” en option.102 touches 103 Mo (capacités supérieures disponibles).19” haute résolution /1024 x 768.T E C H N G I E S CLAUDE HILLAIRE-MARCEL Danielle Ouellet FACE À FACE 11 LA SÉISMOLOGIE DES ÉTOILES NAINES BLANCHES 19 François Wesemael et Gilles Fontaine LA DÉPENDANCE À L’ALCOOL CHEZ LES FEMMES 29 Louise Nadeau LE TRANSPORT MEMBRANAIRE 35 Raynald Laprade ÉDITORIAL LE FRANÇAIS ET LES SCIENCES Yves Gingras 7 MODEM LES ANIMAUX DE LABORATOIRE : VERS UNE PLUS GRANDE PRISE DE CONSCIENCE ?Joane Arcand 47 SCIENCECLIPS LE DRAGON DE NGC 4258, UNE VIE SATISFAISANTE APRÈS 65 ANS, LE CHAOS, RESPIRER POUR NE PLUS BÉGAYER, LA « TURISTA » QUI GUETTE 69 TRANSFERTS Gilles Drouin 61 SCIENCE-INTER Sophie Malavoy 64 SUBVENTIONS ET BOURSES Jocelyne Thibault 81 À SUIVRE Jocelyne Thibault r- OO SOURCES Jocelyne Thibault 91 CHERCHEURS RECHERCHÉS Jocelyne Thibault 97 Revue bimestrielle sans but lucratif, INTERFACE est publiée à l'intention de la communauté scientifique par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas), avec l’aide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science ainsi que du Fonds FCAR.Note : le genre masculin est utilisé dans INTERFACE au sens neutre et désigne aussi bien les femmes que les hommes.Directrice générale de l’Acfas (intérim) : Françoise Braun Rédactrice en chef : Sophie Malavoy Adjointe administrative : Jocelyne Thibault Direction artistique : Mathilde Hébert, Annie Pencrech Typographie : Composition Solidaire inc.Révision linguistique : Hélène Larue Publicité : Yves Ouellette, SOCREP, 2730, chemin de la Côte- Sainte-Catherine.Montréal (Québec) H3T 1B7, (514) 342-1411 Photo de la page couverture : René De Carufel Comité de rédaction : Thérèse Bouffard-Bouchard, Jean Hamann, Justine Sergent, Laurent Lewis, Denise Pelletier, et Jean-Pascal Souque.Les articles d'INTERFACE peuvent être reproduits sans autorisation à condition que l’origine en soit mentionnée.Pour toute demande de renseignements, s’adresser à l’Acfas, 2730, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B7, (514) 342-1411, FAX : (514) 342-9552.La revue INTERFACE est répertoriée dans Point de repère Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 6489, 3 mai 1989 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, deuxième trimestre 1989, ISSN : 08264864 Hydro-Québec attache une attention particulière aux effets de ses activités sur :4 PROTÉGER L’ENVIRONNEMENT.C’EST TOUT NATUREL la santé environnementale.Elle mène présentement des études sur l’utilisa- tion des phytocides pour l’entretien des emprises de lignes de transport d’énergie.De plus, Hydro-Québec a mis en oeuvre trois plans d’action portant sur les domaines suivants : - l’élimination, le plus sûrement possible, des biphényles polychlorés (BPC) présents dans certains de ses équipements ; - les répercussions sur la santé humaine et animale de l’exposition aux champs électrique et magnétique ; - l’évaluation du degré de contamination par le mercure des poissons dans le territoire de la Baie James afin de réduire les risques pour la santé des populations de ce territoire.Ce travail permet l’élaboration de mesures visant à prévenir ou réduire cette contamination et ses effets.L'ÊLECTRIFFICACITÊ ED ITORI AL LE FRANÇAIS ET LES SCIENCES PAR YVES GINGRAS INTERFACE MAI • JUIN 1989 Le problème n’est pas nouveau.À l’instar du débat linguistique au Québec, il semble que la question de la langue utilisée par les scientifiques francophones dans leurs publications savantes se pose de façon récurrente.Au cours des 12 dernières années, elle a même été soulevée à au moins trois reprises.En septembre 1976, l'Américain Eugene Garfield, bien connu à titre de président de l’Institute for Scientific Information de Philadelphie et pour ses nombreux « éditoriaux » publiés régulièrement dans Current Contents, donna le coup d’envoi dans la revue française La Recherche.Sous le titre « La science française est-elle trop provinciale ?», Garfield enjoignait les scientifiques français de publier leurs travaux en anglais s’ils ne voulaient pas être complètement marginalisés à l’intérieur de la communauté scientifique internationale.A cette époque, la réaction des scientifiques français fut assez vive, certains qualifiant « d’impérialiste » l’attitude de Garfield, qui a le pouvoir de décider si une revue sera incluse ou non dans son désormais célèbre Science Citation Index.En fait, l’intervention de Garfield ne faisait que signaler un phénomène de fond : la diminution constante de la portion des publications en langue française dans l’ensemble de la production mondiale, diminution qui s’explique essentiellement par le fait que de plus en plus de chercheurs francophones rédigent leurs travaux en anglais '.Comme il est d’usage dans le milieu universitaire, cette prise de conscience entraîna la tenue de congrès où linguistes et scientifiques allaient approfondir leur connaissance du phénomène et des causes.D’abord attaqués, les Français réagirent les premiers avec le Colloque d’Orsay, tenu en 1980 sous le titre « Le français chassé des sciences » ~.Au Québec, le Conseil de la langue française, alerté par les interventions répétées de Pierre Demers et d’Arnold Drapeau, organisa à Montréal, en 1981, un colloque international sur le thème « L'avenir du français dans les publications et communications scientifiques et techniques »3.Le débat était alors suffisamment important pour qu’en 1982, la vénérable Académie des sciences de Paris se sente tenue de produire son propre rapport sur le sujet4.A chacune de ces occasions, la presse française et les médias québécois firent écho aux inquiétudes des scientifiques pendant quelques semaines et retournèrent ensuite aux affaires courantes.Aujourd’hui, la place du français dans les publications scientifiques fait encore la une des journaux, mais uniquement au Québec.Cette fois, le contexte est différent.Ce n’est plus un Américain qui vient semer la pagaille mais, paradoxalement, les dirigeants de l’Institut Pasteur à Paris.En effet, soucieux de transformer une revue moribonde (Les Annales de l’Institut Pasteur) en trois revues « truly international » (Research in Microbiology, Immunology, Virology), la direction décidait récemment de passer à Punilinguisme anglais, c’est-à-dire A'interdire l’usage du français dans ses nouvelles revues.Dans l’euphorie de la dernière mode parisienne, qui veut que tout ce qui se dit en anglais soit plus vrai et plus chic, la décision est passée totalement inaperçue en France, alors que 10 ans auparavant, on trouvait encore des scientifiques français pour s’offusquer des remarques de Garfield.En fait, on doit à la vigilance d’un scientifique québécois, Arnold Drapeau, d’avoir alerté l’opinion publique, dont l’indignation a fini par atteindre l’oreille des ministres français concernés.Incrédule, Alain Decaux, ministre responsable de la francophonie, n’a pu que qualifier la situation « non seulement de scandaleuse, mais de profondément absurde ».En effet, probablement emportés eux aussi par la vague d’anglophilie qui déferle sur Paris (pour combien de temps ?), les dirigeants de l’Institut Pasteur n’ont probablement pas pris le temps de réfléchir aux conséquences de leurs décisions.Faisons-le donc à leur place, même si, revenus de leur étourderie, ils ont tout juste annoncé qu’ils continueraient d’accepter des publications en français5.Historien et sociologue des sciences, Yves Gingras est chercheur au Centre de recherche en développement industriel et technologique (CREDIT) à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).L’objectif de créer une revue internationale est louable.Plusieurs revues françaises ont trop souvent l’habitude de limiter la composition de leur comité de rédaction à des savants actifs à l’intérieur de l’Hexagone, ce qui donne un caractère local à leurs revues.Imitant en cela une pratique courante dans plusieurs revues européennes, l’Institut Pasteur aura voulu apporter sa contribution à l’Europe de 1993 en élargissant le contrôle rédactionnel de ses revues à des chercheurs d’autres pays.A cela, rien de répréhensible.Au contraire, c’est une excellente façon de relancer une revue qui n’avait pas réussi à s’adapter aux méthodes modernes de l’édition scientifique.La situation devient cependant problématique quand le raisonnement des dirigeants de l’Institut les amène à confondre international et unilinguisme anglais, interdisant ainsi à leurs concitoyens scientifiques (sans parler des francophones des autres pays) d’utiliser leur langue maternelle pour publier dans les revues de l’Institut Pasteur ! C’est peut-être à cette conséquence curieuse de leur raisonnement que le ministre Alain Decaux pensait en parlant d’une décision « absurde ».Réfléchissant à tête reposée, il est pourtant facile d’admettre qu’une revue internationale puisse (et même doive) être multilingue.Il est plus difficile d’accepter qu’une telle revue soit unilingue 6.Cette confusion entre l’utilisation d’une langue et le caractère international ou non d’une revue s’explique par le fait que dans la pratique, plusieurs revues nationales (qu’on pense à Science, la revue de l’American Association for the Advancement of Science) qui sont, pour des raisons légitimes, publiées en une seule langue — en l’occurrence l’anglais — ont une diffusion et un impact mondiaux.Une revue qui se prétend internationale, c’est autre chose.La décision d’avoir un comité de rédaction comportant des membres de plusieurs pays devrait s’accompagner de l’acceptation des langues représentées par ces différents chercheurs, ce qui est d’ailleurs souvent le cas.En un sens, la bourde (car c’est bien de cela qu’il s’agit) des dirigeants de l’Institut Pasteur n’aura pas été totalement inutile si elle nous fait prendre conscience que la diffusion en français de travaux scientifiques n’est pas condamnée à se faire unique- 8 ment dans des revues unilingues françaises qui, comme la grenouille voulant imiter le bœuf* 1 2 3 4 5 6 7, seraient à la recherche d’un prestige équivalent à celui des plus grandes revues anglo-saxonnes.En effet, les scientifiques qui, pour une raison ou une autre, tiennent à diffuser leurs travaux dans une langue qu’ils maîtrisent complètement, pourraient rappeler aux nombreuses revues qui se disent « internationales » qu’ils ne peuvent légitimement exclure des langues représentées au sein de leur comité de rédaction.Car si, en fin de compte, il faut accepter que les scientifiques soient entièrement libres de choisir le lieu et la langue de publication de leurs travaux, on ne devrait pas accepter que des revues vraiment internationales interdisent l’utilisation d’une langue.¦ Notes et références 1.Pour une analyse de ce phénomène, voir Yves GINGRAS, « La valeur d’une langue dans un champ scientifique », Recherches sociographiques, vol.25, n° 2, 1984, p.285-296.2.Le français chassé des sciences.Actes d’un colloque tenu à la Faculté de Paris-Orsay, présentés par Noëlle de CHAMBRUN et Anne-Marie REINHARDT, CIREEL, Paris, 1981.3.CONSEIL DE LA LANGUE FRANÇAISE.L’avenir du français dans les publications et communications scientifiques et techniques, Québec, Editeur officiel du Québec, 1983, 3 volumes.4.Rapport de l'Académie des sciences sur la langue française et le rayonnement de la science française, Paris, avril 1982, 19 pages.5.Il est vrai qu’il sera difficile de vérifier s’ils mettront en application ce qui apparaît maintenant comme une « concession ».6.À moins que la décision de l’Institut n’ait été dictée moins par le souci d’être « international » que par la maison Elsevier, qui s’occupe de la production et détient les droits d’auteur sur les articles.7.Car il ne faut pas oublier que les articles publiés en français n’occupent pas plus de 5 p.cent de la production mondiale d’articles scientifiques.«La science n’a pas de patrie, mais le savant en a une.» Louis PASTEÜR CONSEIL DE LA LANGUE FRANÇAISE Depuis le colloque international sur l’avenir du français dans les communications et les publications scientifiques et techniques qu’il a organisé en 1981, à Montréal, le Conseil de la langue française a cherché à développer chez les scientifiques québécois une prise de conscience des répercussions de leur attitude et à obtenir leur engagement à publier davantage en français.Le Conseil a également cherché des alliés en France, en Belgique et parmi ceux qui, au sein de la francophonie, travaillent à assurer le prestige du français dans les sciences et la technologie.Afin de fournir aux scientifiques francophones des revues de qualité qui leur permettent de publier, en français, les résultats de leurs recherches, le Conseil, en collaboration avec d’autres institutions québécoises, a participé, avec la France et la Communauté française de Belgique, au démarrage de quatre revues: Médecine / Sciences, Revue internationale des sciences de l’eau, Technologies de l’information et société, Revue internationale PME.Économie et gestion de la petite et moyenne entreprise.Par son action concertée, le Conseil de la langue française invite les chercheurs et chercheuses de langue française à contribuer à l’édification d’un espace scientifique francophone, domaine vital de l’expression d’une francophonie moderne et dynamique.PIERRE MARTEL, président Le CONSEIL DE LA LANGUE FRANÇAISE souhaite un franc succès à l’initiative de l’ACFAS qui, à l’occasion de son 57 e congrès, inaugure son volet international sous le thème «La science en français.» PRATT& WHITNEY CANADA IMAGINATION POUVOIR ¦ ggMj ^LA— I L’efficacité passe parBeir Il y a longtemps que nous avons apprivoisé la bureautique.Pour bien des gens, la bureautique est un phénomène récent—et un petit peu inquiétant.Chez Bell Canada, notre longue expérience dans le domaine des communications nous y a préparé depuis longtemps.Il nous est donc facile, en faisant appel à notre expertise dans le domaine des communications vocales de bâtir des systèmes permettant d’intégrer efficacement l’ensemble de vos besoins de communications.C’est ainsi que le savoir-faire que nous avons acquis avec le Centrex, les PBX et les messageries vocales nous a permis de développer des produits de bureautique comme DIVAMC, LANSCAPEMC et les tout nouveaux Systèmes de gestion des télécommunications.Et, autre avantage pour vous, notre compétence particulière en matière de réseau de câblage nous permet de bâtir votre système sur la base de l’équipement déjà en place.Le choix le plus sûr est aussi le meilleur.mwM mmMMM «KnH ACE FAC CLAUDE HILLAIRE-MARCEL SUR LES TRACES D'UN CHERCHEUR PAR DANIELLE OUELLET Jeune chercheur dans les années 70, Claude Hillaire-Marcel n 'a pas fait qu ’assister à l’essor de la recherche scientifique francophone des deux dernières décennies.Premier spécialiste au Québec de la géochimie isotopique, il est le fondateur et directeur actuel du Centre de recherche en géochimie isotopique et en géochronologie de l ’Université du Québec à Montréal (GEOTOP).Si la discipline semble quelque peu ésotérique, elle nous permet de retracer l’évolution climatique et géologique de notre planète Terre.Quant à la carrière de ce chercheur, c ’est l’évolution de nos propres structures de recherche qu’elle permet, entre autres, de retracer.Claude Hillaire-Marcel est originaire du sud-ouest de la France, plus spécifiquement des Pyrénées.De son pays natal, il conserve l’accent un peu chantant et le sourire rayonnant des Méridionaux.L’imagination aussi : dans son bureau du Pavillon des sciences de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), il s’efforce parfois de recréer, pour combattre l’hiver québécois, l’ambiance des plages méditerranéennes.Comment réussit-il ce tour de force ?Tout simplement en fermant les yeux tandis que le léger grincement de son fauteuil lui rappelle celui des éoliennes d’une île grecque où il a jadis passé quelques semaines de vacances.L’heure est cependant rarement à la détente.Dès son arrivée à Montréal en 1968 comme professeur coopérant à l’École normale de Ville-Marie, Claude Hillaire-Marcel se passionne pour l’étude des mers qui ont recouvert le Québec pendant la période de la déglaciation.Un an plus tard, l’UQAM ouvre ses portes et lui offre un poste au Département de géologie-géographie.Il se Au sud de la Libye.(Erg Oubari) 12 laisse volontiers séduire par la carrière universitaire et la possibilité d’innover dans un domaine de recherche encore vierge.Aujourd’hui, avec derrière lui deux solides décennies d’enseignement et de recherches, cet homme de 40 ans et des poussières a déjà fait école sur la scène scientifique québécoise, nationale et même internationale.H occupe aussi une position privilégiée pour jeter un regard critique sur l’évolution des structures de recherche dans les provinces depuis le début des années 70.Géologue et paléontologue de formation, Claude Hillaire-Marcel s’intéressa dès son arrivée à l’histoire géologique de la mer de Champlain.Un sourire au coin des lèvres, il lance : « Je suis un géologue un peu paresseux.Certains cassent des cailloux ; moi, je suis allé dans l’eau, dans le mou, là où il n’est pas trop fatigant de recueillir des échantillons.» Et ce fut le plongeon dans le monde de la recherche où l’apprentissage est double.Personnel, d’abord, pour ce chercheur néophyte : « J’avais à peine appris à faire un petit peu de paléoécologie et de la biométrie.Tous ces trucs-là étaient assez poussiéreux.» Culturel, ensuite, car il lui faudra quelques années pour découvrir et apprivoiser les différentes ressources québécoises : « L’Université du Québec étant presque née de la génération spontanée, les experts en mesure de m’aider étaint plutôt rares.» « Nous étions placés dans une situation concurrentielle très difficile vis-à-vis des provinces anglophones.» Un jeune collègue formé dans le système américain lui apprend cependant, en 1971, l’existence d’organismes de financement.La mention, en cours de conversation, de la Commission géologique du Canada ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.Claude Hillaire-Marcel, qui ignore par ailleurs l’existence du Conseil national de recherches du Canada, prépare aussitôt sa demande.Son projet concerne l’étude de différents bassins marins et suppose un été de travail sur le terrain.Au chapitre du budget, il estime pouvoir s’en sortir avec tout au plus 400 $ : « J'avais acheté une Station Wagon, je pouvais coucher dans la voiture et faire des économies.» Le même collègue le prévient sans tarder : en Amérique, pour obtenir 1 000 $ de subvention, il faut viser le double.C’est alors que le géologue ose demander 2 000 $, montant qui lui apparaît absolument faramineux .et qu’on lui accorde ! Au bout d’un an, il a dépensé exactement 460 $.Quand il redemandera une subvention à la Commission géologique, celle-ci lui suggérera gentiment d’utiliser, cette fois, les fonds qu’il lui reste.Lejeune chercheur innove en décidant d’étudier la composition isotopique des coquilles fossiles des bassins marins postglaciaires du Québec.Cette approche mérite quelques mots d’explication.Si les noyaux des atomes d’un même élément comptent toujours le même nombre de protons, les neutrons peuvent cependant varier ; on parle alors d'isotopes d’un élément, identifiables par leur différence de masse.La chimie isotopique est l’étude de la proportion d’isotopes lourds ou légers contenus dans la matière.Certains isotopes sont stables ; d’autres sont radioactifs, c’est-à-dire qu’ils émettent spontanément un certain nombre de protons, de neutrons ou d’électrons.Le nouvel élément ainsi obtenu peut à son tour être stable ou radioactif, et ainsi de suite.Une molécule qui possède des isotopes légers se déplace plus 1.LES MERS POSTGLACIAIRES DU QUÉBEC Il y a 15 000 ans à peine, le Québec était bien plus que l'hiver qu'ont chanté ses poètes.C'était un pays de glace : l'inlandsis lau-rentien débordait de ses frontières.Au cours des quelques milliers d'années qui suivirent, des changements paléogéographiques considérables eurent lieu.Le glacier, en déséquilibre thermique, se réduisit et se disloqua pour finalement disparaître il y a quelque 6 000 ans.La lithosphère, auparavant affaissée sous la masse du glacier, reprit progressivement son équilibre (remontée glacio-isostatique).Cependant, certaines terres aux marges du Québec restèrent longtemps affaissées sous le niveau de la mer : près de 20 000 km* 1 2 du territoire québécois furent ainsi submergés au moment de la déglaciation.C'est l'histoire de ces bassins marins que Claude Hillaire-Marcel a voulu reconstituer.Certains n'eurent qu'une existence éphémère, tels la mer de Champlain, dans les basses terres du Saint-Laurent, et le golfe de Laflamme, autour du lac Saint-Jean ; d'autres sont encore en phase régressive, telles les mers d'Iberville (la baie d'Ungava actuelle) et de Tyrell (la baie d'Hudson, aujourd'hui).Leurs traces se retrouvent dans des terrasses marines et des plages soulevées, telles que celles illustrées par de véritables amphithéâtres au golfe de Richmond (Nouveau-Québec) et dont chaque pallier représente une étape de l'émersion des terres.Les recherches de Claude Hillaire-Marcel traitent de plusieurs aspects : la vitesse de remontée des terres (et d'exondation) ' et les conditions paléo-océanographiques (température, salinité des bassins), reconstituées notamment à partir d'études paléoécologiques des faunes fossiles2.La Mya arenaria fossilisée dans une plage de la mer de Champlain à Oka, il y a environ 10 000 ans, indique non seulement les conditions de température et de salinité qui existaient à l'époque, mais nous prouve aussi qu'elle mourut à la suite d'une violente tempête qui l'ensevelit sous un lit de gravier : le sillon, sous la coquille, montre les efforts désespérés de l'animal pour remonter près de la surface du sable.La grande originalité de ces travaux sur les mers postglaciaires fut de faire appel aux isotopes stables de l'oxygène (180/160) et du carbone ( 4C/'2C) des fossiles pour quantifier, à partir de modèles actuels3, les gradients de la salinité et de la température de ces bassins marins4.Références 1.FAIRBRIDGE, R.W., HILLAIRE-MARCEL, C.« An 8,000 Yr Poleodimatic Record of the Double-Hale 45 Yr Solar Cycle », Nature, 1977, vol.268, p.413-416.Voir aussi : HILLAIRE-MARCEL, C., FAIRBRIDGE, R.W.« Isostasy and Eustasy in Hudson Bay », Geology, 1978, vol.6, p.117-122.2.HILLAIRE-MARCEL, C.« Les faunes des mers postglaciaires du Québec : quelques considérations paléoécologiques », Géographie physique et Quaternaire, 1980, vol.34, p.3-59.3.BÉDARD, P., HILLAIRE-MARCEL, C., PAGÉ, P.« An 180-Modelling of Fresh Water Inputs in Baffin Bay and Canadian Arctic Coastal Waters », Nature, 1981, vol.293, p.287-289.4.HILLAIRE-MARCEL, C.« Paléo-océanographie isotopique des mers postglaciaires du Québec », Palaeogeography, Palaeoclimafology, Palaeoecology, 1981, vol.35, p.63-119. 13 INTERFACE MAI • JUIN 1909 rapidement que celle qui possède des isotopes lourds : sa vitesse de réaction est donc supérieure.Puisque les fractionnements isotopiques sont liés aux températures de réaction, la composition actuelle de la matière est un miroir climatologique du passé, à la condition de regarder avec les bonnes lunettes.Dans le cas de notre chercheur, la lunette idéale, c’est le spectromètre de masse, qui permet de déterminer les concentrations d’isotopes différents dans un échantillon.Connaissant ainsi les conditions de formation d’un carbonate, il devient possible, par exemple, d’évaluer les paléotempératures et la paléosalinité des mers qui ont recouvert le Québec pendant la période de la déglaciation.Du coup, la nouveauté de ses travaux au Québec place Claude Hillaire-Marcel dans un certain isolement scientifique.Ce qui l’amène à apprécier la facilité des communications en Amérique.Un simple coup de fil et le voilà en contact avec des collègues américains, comme le Dr Rhodes Fairbridge de l’Université Columbia, qui l’aide à démarrer, tandis que d’anciens collègues français spécialisés en chimie des isotopes lui sont aussi d’un précieux secours.Côté publications, Claude Hillaire-Marcel garde un souvenir attendri de sa première incursion sur la scène internationale dans la revue Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, Palpalpal, pour les intimes.En 1972, le rédacteur en chef acceptait en effet un article que son auteur considère aujourd’hui comme tout à fait banal.A l’époque, toutefois, la découverte de coquilles fossilisées en « position de vie », la position du siphon toujours vers le haut, l’avait enthousiasmé au point d’écrire longuement sur le sujet.Avec la fraîcheur un peu naïve du débutant, Claude Hillaire-Marcel entreprit de gagner ses galons de chercheur à l’époque héroïque de l’émergence de la recherche scientifique au Québec.Dans les années 70, les chercheurs québécois sont peu nombreux et souvent handicapés par le fait qu’on les recrute prématurément dans les universités, avant même qu’ils n’aient terminé leur doctorat.Claude Hillaire-Marcel appartient à cette génération : « Nous étions placés dans une situation concurrentielle très difficile vis-à-vis des provinces anglophones, rappelle-t-il, en particulier lorsqu’il s’agissait d’affronter les concours du Conseil national de recherches du Canada.» Les francophones étaient pratiquement absents des comités qui accordent les bourses ; souvent, seuls des chercheurs de l’Université McGill y représentaient le Québec.Or, le poids des traditions pèse très lourd sur les décisions des comités aviseurs.Les règles du jeu non explicites risquent de causer des surprises pas toujours agréables.Ainsi, l’une de ces règles non publicisées veut que la première demande de subvention d’un chercheur lui soit automatiquement accordée, et de même pour la suivante.Mais attention, les résultats ne doivent pas tarder ! Si par malheur le chercheur est coupé de tout crédit, il lui est ensuite très difficile de réintégrer le bateau du financement.Claude Hillaire-Marcel se rappelle les premières subventions qu’on lui accordait sans problème année après année, mais il sait aussi que sans les utiles indiscrétions d’un collègue aîné ayant siégé sur l’un de ces comités, on ne lui aurait jamais dit qu'il était en droit de demander au moins le double.Pendant longtemps, la majorité des universitaires francophones n’ont pas eu accès à ces informations de première main.3*8?mtm « Rédiger un article en français, c'est accepter qu'il ne soit pas lu.Il est toutefois important de le faire régulièrement, ne serait-ce que pour tenir à jour un vocabulaire scientifique qui évolue de plus en plus rapidement.» Du jour au lendemain, dans plusieurs universités québécoises, des étudiants qui viennent à peine de terminer leur maîtrise doivent préparer des cours et structurer des départements.A l’UQAM, en particulier, tout est à créer : les programmes de premier cycle, puis les programmes d’études avancées, maîtrise et mm INTERFACE MAI ¦ JUIN 19B9 doctorat.La tâche est lourde et l’accès à la recherche subventionnée est aussi très limité par le manque de formation à la recherche.Au Québec, la tradition est pratiquement inexistante : « Personne ne nous avait appris qu’il fallait publier régulièrement et diffuser la recherche à l’échelle de la province.» De plus, les chercheurs québécois sont souvent défavorisés par le fait que la communication scientifique internationale se fait en anglais.Pour concurrencer le chercheur anglophone, il faut aller sur son terrain et être capable de rédiger aussi facilement un article dans sa propre langue.« Rédiger un article en français, explique Claude Hillaire-Marcel, c’est accepter qu’il ne soit pas lu.Il est toutefois important de le faire régulièrement, ne serait-ce que pour tenir à jour un vocabulaire scientifique qui évolue de plus en plus rapidement.» A une époque où de vives discussions surgissent chaque fois qu’il est question de publication en anglais, le handicap est de taille.Pendant ce temps, les universités canadiennes anglophones exigent le Ph.D.de leurs candidats qui veulent enseigner et faire de la recherche.Tout détenteur de doctorat a été habitué très tôt à publier, au Canada anglais.« On l’aidait, on l’aiguillait sur le type de périodique qu’il fallait viser selon le type de recherches.Tout cela, nous l’ignorions.Le chercheur québécois, lui, pensait à des revues qui existaient ici au Québec, c’est évident.» Claude Hillaire-Marcel se souvient : dans le domaine des sciences de la 2.LA MER DU LABRADOR ET LA BAIE DE BAFFIN Les cycles climatiques d'origine astronomique ont provoqué la croissance et le retrait épisodique d'immenses calottes glaciaires autour de la baie de Baffin et de la mer du Labrador au cours des derniers millions d'années.L'étude de l'histoire de ces bassins se justifie en elle-même — le rôle des variations climatiques dans la productivité primaire de tels bassins « sensibles » étant loin d'être élucidé — mais aussi par le fait que le renouvellement des eaux profondes des océans du globe, la « ventilation » des mers, s'effectue dans l'Atlantique nord, aux marges des mers de Norvège et du Labrador.Aucun modèle climatique global ne peut ainsi être proposé sans qu'on prenne en compte les variations paléoocéanographiques de ces bassins.Pourtant, jusqu'en 1985, le grand programme international Deep Sea Drilling Project avait ignoré la mer du Labrador.Il fallut attendre le Leg (la mission) 105 de l'Océan Drilling Program, qui lui succéda, pour que deux sites de forage des sédiments profonds fussent retenus dans ce bassin.Leur étude multidisciplinaire a permis une avancée considérable des connaissances sur l'histoire paléoclimatique, notamment des dernières centaines de milliers d'années.Les travaux de Claude Hillaire-Marcel et de son éauipe ont porté en particulier sur le retraçage des transits d'eau de fonte des glaciers dans les eaux de surface de la mer du Labrador1.Ils ont également permis de définir de nouvelles voies de recherche, en particulier en ce qui concerne l'utilisation des isotopes de l'uranium et du thorium comme indicateurs des variations des flux de carbone et de la productivité du bassin.1.Plusieurs articles de l'équipe sont publiés, ces jours-ci, dans le volume 105 B des Proceedings ollhe Ocean Drilling Program, US Printing Office, Washington, DC.terre, c’étaient Naturaliste canadien ou des publications de diffusion limitée comme les Cahiers de géographie du Québec ou la Revue de géographie de Montréal.A son avis, le chercheur québécois des années 70 était désavantagé à plusieurs points de vue : « Nous n’étions vraiment pas prêts à affronter la concurrence.» Dans ce contexte, Claude Hillaire-Marcel forme un embryon d’équipe de recherche qui étudie la géologie des dépôts meubles, appelée géologie du Quaternaire.Au même moment, il découvre que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Fonds québécois pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR) peuvent financer ses travaux.En 1974, l’heure des choix sonne pour Claude Hillaire-Marcel.Depuis quelques années, il est inscrit au doctorat d’Etat à l’Université de Paris VI.D se rend bientôt compte que ses méthodes de travail en paléoécologie appliquée aux mers postglaciaires du Québec méritent d’être rafraîchies.« Il fallait absolument passer à la chimie des isotopes pour regarder plus en détail ce qui se passait dans les objets géologiques.» La solution la plus simple aurait été de profiter des laboratoires de chimie isotopique déjà installés à l’étranger, comme celui de l’Université de Paris VI, et d’y faire ses analyses pendant l’été.La solution de rechange consistait à emprunter un chemin beaucoup moins fréquenté et à se lancer dans l’aventure, à mettre sur pied un laboratoire ici au Québec : « Au Canada, de tels laboratoires fonctionnaient déjà à l’époque, mais j’étais si peu intégré dans le milieu canadien que je l’ignorais.Je n’étais pas le seul au Québec à être dans cette situation.» Avec beaucoup plus de bonne volonté que d’expérience, Claude Hillaire-Marcel s’adresse au Fonds FCAR, qui lui fait confiance et lui accorde 50 000 $ pour l’achat d’un spectromètre de masse, une subvention impressionnante pour l’époque.Au même moment, l’UQAM se dote d’un Centre de recherches en sciences appliquées à l’alimentation (CRESALA), dirigé par Marcel Gagnon.Au hasard d’une conversation de couloir, ce dernier décrit ses problèmes à notre géologue : il aimerait bien pouvoir distinguer le sirop d’érable du sirop de poteau ! « Avec quel sucre fabrique-t-on le sirop de poteau ?lui demande le géologue.» En apprenant que le sucre de canne est à l’origine de la falsification, Claude Hillaire-Marcel suggère aussitôt de comparer les compositions isotopiques des deux produits en évaluant la proportion de carbone 12 et de carbone 13.L’érable et la canne à sucre n’ont pas le même cycle photosynthétique et cela se traduit dans la photosynthèse par une différence de composition isotopique très marquée entre les deux.C’est là un premier contrat de recherche pour le nouveau laboratoire de chimie isotopique, qui financera de la sorte ses activités pendant de nombreuses années.A ces recherches fructueuses sur le sirop d’érable succèdent des travaux tout aussi pertinents sur les alcools, les vins et les huiles, travaux qui déboucheront plus tard sur un nouveau domaine de recherche : l’utilisation des différences naturelles de composition isotopique dans les sucres comme facteurs potentiels pour des études en physiologie humaine.Déjà, vers la fin des armées 70, les équipes de recherche se sont multipliées.Regroupées, elle forment le Centre de recherche en géochimie isotopique et en géochronologie de l’Université du Québec à Montréal (GEOTOP). « Mon rêve, c'est d'arriver d'ici quelques années à affilier les cégeps à certaines universités.» Au cours de ces années, les chercheurs québécois ont dû se créer des traditions.« Heureusement, explique Claude Hillaire-Marcel, il y a eu le Fonds FCAR qui, avec un budget apparaissant aujourd’hui ridicule, a vraiment permis aux chercheurs québécois d’émerger.» À l’aube de la décennie 80, le système de financement de la recherche au Québec et au Canada n’a plus de secrets pour lui.Il préside bientôt le Comité des sciences de la terre, du CRSNG, puis le comité « Équipes et séminaires », du Fonds FCAR.Sa première action consiste à faire voter une recommandation mettant un terme à son propre mandat et à celui de chacun des membres du comité.Jusque-là, aucune règle stricte ne prévoyait la durée d’un mandat et certains occupaient des postes depuis plusieurs années.Cette forme de gestion avait été profitable depuis le début mais, de l’avis de plusieurs, il était temps de passer à une certaine « transparence ».¦agàijgjj 'vV^ ******* .A ' Nombre de chercheurs sont alors bien intégrés à des équipes canadiennes ou même internationales : « Si j’ai fait quelque chose, dit Claude Hillaire-Marcel, cela aura été de contribuer, comme beaucoup de mes collègues québécois, à modifier l’orientation du programme du Fonds FCAR, le faisant passer d’un programme de soutien de l’émergence à un programme de soutien de l’excellence.» Les bonnes équipes ayant émergé, il faut maintenant les soutenir.« Parfois même outrancièrement, précise-t-il.À la limite, les mettre en concurrence déloyale, mais en sens inverse, avec les équipes de l’Ontario.» Le retard du Québec, selon lui, est aussi attribuable au fait que le système universitaire est scindé, une partie des effectifs se retrouvant dans les cégeps.Les professeurs de cégep intéressés à faire de la recherche ne reçoivent que très peu de subventions sur le plan provincial et, au CRSNG, ils sont carrément non admissibles.Si la structure cégep-université raccourcit le cycle universitaire, elle a cependant des conséquences négatives.« Mon rêve, dit le chercheur, c’est d’arriver d’ici quelques années à affilier les cégeps à certaines universités.Qu’est-ce qui s’y oppose?».Nombre de professeurs de cégeps ne demanderaient pas mieux que de pouvoir s’intégrer à des équipes de recherche.Cela permettrait de plus d’aller chercher à Ottawa la part équivalente des fonds qui reviennent au Québec.Du sirop d’érable à la mer de Champlain, Claude Hillaire-Marcel poursuit ses recherches fondées sur la chimie isotopique.À une époque où les chercheurs restaient volontiers cloisonnés à l’intérieur de leurs disciplines respectives, il a toujours favorisé l’ouverture.Cette approche se reflète dans les équipes de recherche qu’il forme ou dont il est membre.« Pour réussir aujourd’hui, dit-il, il est presque impossible de travailler seul.J’ai besoin autour de moi de gens aussi forts que je le suis dans mon domaine.C’est comme cela que nous pouvons tenir tête à la concurrence.» « La planète, notre maison, est en mauvais état.On ne sait plus très bien si on est en train de la démolir.» Dans ses recherches fondamentales en chimie isotopique, Claude Hillaire-Marcel s’interroge sur l’origine des fractionnements observés entre les isotopes de l’uranium dans les milieux naturels.Ces travaux débouchent sur de nombreuses applications.Les traceurs deviennent des chronomètres du temps et per- Butte paléodune rouge au nord de la Libye (Erg Ine Sakane) Aujourd’hui, Claude Hillaire-Marcel se réjouit de voir le dynamisme des jeunes chercheurs.« H faut permettre à la nouvelle génération, affirme-t-il, de s’installer le plus confortablement possible et d’être le plus dynamique possible sur la scène nationale et internationale.» Les jeunes chercheurs ont leur place.Us ont terminé le doctorat et, souvent, des études postdoctorales.Ils connaissent les rouages du financement et leur problème n’en est plus un d’émergence, mais d’installation.Le Fonds FCAR est là pour leur mettre le pied à l’étrier et Claude Hillaire-Marcel tient à lui rendre hommage : « Avec les 30 millions de dollars alloués annuellement au Fonds FCAR au cours des années 80, le Québec n’a pas perdu son argent.» mettent d’en apprendre un peu plus sur les conditions de formation des roches.Les problèmes de climatologie et de paléoclimatologie restent au cœur des préoccupations.« La géosphère-biosphère, explique le chercheur, est la grande priorité des organismes scientifiques mondiaux pour la prochaine décennie.» Créé par le Conseil des unions scientifiques à Berne en septembre 1987, le programme International Geosphere Biosphere Program (IGBP) regroupe des scientifiques de tous les pays qui ont pour mission de décrire l’état des conditions climatiques et environnementales du globe.H s’agit en fait de pondérer aujourd’hui les impacts anthropiques sur l’environnement, versus le contrôle naturel des milieux.Un exemple : à long terme, la terre subira JUIN 1989 16 INTERFACE MAI • une nouvelle glaciation.Mais, au même moment, l’être humain est en train de mettre en place des conditions de réchauffement.Quelle situation va l’emporter?Si l’augmentation du C02 dans l’atmosphère permet actuellement d’imaginer les plus sombres scénarios, qui sait si dans quelques décennies on ne s’en réjouira pas ?Claude Hillaire-Marcel est l’un des nombreux scientifiques qui tentent de prévoir les conséquences des situations passées et actuelles.« La planète, notre maison, est en mauvais état.On ne sait plus très bien si on est en train de la démolir.H faut que toutes les disciplines participent à cette recherche : physique de l’atmosphère, astronomie, mathématiques, océanographie, géologie, etc.» L’environnement est devenu une préoccupation planétaire, le consensus n’a jamais été aussi grand.Dans cet esprit, Claude Hillaire-Marcel s’intéresse aux régions sensibles d’un point de vue climatique.Au nord, l’une d’entre elles est située dans la mer du Labrador où, sous 4 000 mètres d’eau, on recueille des carottes de 20 à 25 mètres.Leur étude permet d’obtenir des informations sur l’histoire récente des océans, qui remonte à près de 300 000 ans.D devient alors possible de déduire l’impact des changements du climat, par exemple, sur la productivité des océans.Dans le cadre de ces recherches, Claude Hillaire-Marcel dirige une équipe pluridisciplinaire qui regroupe notamment un chimiste organicien, un chimiste inorganicien et un micropaléontologue issus de trois universités différentes.Les régions intertropicales retiennent aussi l’attention de Claude Hillaire-Marcel, qui participe à d’importants projets de recherche sur l'impact des variations climatiques (périodes humides suivies de périodes sèches) dans le rift est-africain.Il parcourt aussi les régions sahari-sahéliennes, le Mali, la Libye et travaille autour du Sahara.Huit pays sont engagés dans ces projets.Les activités du chercheur québécois ont de plus des ramifications jusqu’en Amérique du Sud, où il collabore avec des équipes locales ou internationales.Parallèlement, il lui arrive de former des spécialistes sur place, comme ces étudiants africains actuellement en apprentissage avec des Québécois dans le domaine de l’hydro-géologie régionale.Pendant ce temps, au Québec, le bébé GEOTOP a grandi et Claude Hillaire-Marcel en est aujourd’hui très fier : « Nous avions un spectromètre de masse dans les années 70.Nous en avons maintenant sept représentant quatre ou cinq techniques spectrométriques différentes.Nous avons des laboratoires de spectrométrie alpha, bêta, gamma, etc.» Tout cet équipement exige des budgets beaucoup plus importants que les premiers contrats décrochés à gauche et à droite, mais la recherche en chimie isotopique se porte bien : « Monter ce laboratoire, c’était parier sur l’avenir et je crois que le pari a été gagné.» Claude Hillaire-Marcel a créé au Québec une véritable école de géochimie isotopique.H est aussi devenu un guide averti pour les nouvelles générations de chercheurs à qui il veut éviter le plus de faux pas possible.Depuis quelques années, avec un humour bien senti, le professeur n’hésite pas à taquiner ses jeunes étudiants et étudiantes en proclamant bien haut cette vérité : « Je suis Québécois depuis plus longtemps que vous ! » ¦ DIAGNOSTIC L’Université Questions et défis Laurent Laplante ,/ \ (fi/ L ni Le journaliste Laurent Laplante prend le risque de soumettre l'université à un examen sérieux.Les universités peuvent-elles encore garantir qu’une véritable formation correspond au diplôme décerné?Que la recherche est aussi valable qu’on le dit?La charge de travail des professeurs devrait-elle être augmentée?Comment expliquer que le consensus soit une cause de paralysie à l’université?Les frais de scolarité sont-ils une entrave à la fréquentation de l’université?Et si le sous-financement des universités n’était pas aussi patent et généralisé qu’on le dit?D’une manière franche et directe, Laurent Laplante offre ses réponses, en forme de défis.\'T) 9.95$ 140 pages INSTITUT QUEBECOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE 14, rue Haldimand, Québec, G1R 4N4 Tél.: (418) 643-4695 CANADA PRIME MINISTER- PREMIER MINISTRE Au nom du gouvernement canadien, il me fait plaisir de transmettre mes salutations les plus cordiales à tous ceux et celles qui participent au 57e congrès de l'Association canadienne-française pour 1'avancement^des sciences qui a lieu cette année à l'Université du Québec à Montréal, du 15 au 19 mai.Le développement économique et social du Canada est en grande partie tributaire du progrès scientifique et technologique.En mettant en présence plus de 6000 participants oeuvrant dans de nombreux secteurs d'activités, ce congrès témoigne du degré d'excellence atteint par les scientifiques d'expression française.La qualité et la variété des communications et des ateliers proposés à la communauté scientifique rendront cet événement des plus intéressants et des plus enrichissants pour tous.Je tiens à féliciter 1'ACFAS pour son travail remarquable et à vous souhaiter à tous un excellent congrès.OTTAWA 1989 Chaque mois, depuis 25 ans, Québec Science rend la science accessible ABONNEZ-VOUS! Offre valable pour le Canada seulement ?1 an/11 numéros 28$ ?2 ans/22 numéros 49 $ ?Chèque/mandat postal ?Visa ?Master Card No de carte: _______________________________________ Expiration:_________________________________________ Nom : Adresse Ville: _ Province Code postal: signature obligatoire QUÉBEC SCIENCE, 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Tél.: 657-3551, poste 2854 19 INTERFACE MAI • JUIN 1989 LA SEISMOLOGIE DES ETOILES NAINES BLANCHES PAR FRANÇOIS WESEMAEL ET GILLES FONTAINE observation directe des cou- hches externes des étoiles constitue, depuis plusieurs décennies, la source principale d’information sur ces astres.En particulier, l’analyse spectroscopique de la lumière qu’elles produisent est la clef de voûte de notre compréhension des propriétés structurelles et évolutives des étoiles.Les premiers travaux dans ce domaine, I qui consistaient surtout en une classification morphologique des spectres d’étoiles, ont conduit à l’analyse détaillée de la composition chimique des atmosphères stellaires et à la description des conditions physiques qui y régnent.Les études spectroscopiques modernes, La SÉISMOLOGIE STELLAIRE C'EST L'ÉTUDE des propriétés physiques des ÉTOILES À PARTIR DE LEURS VARIATIONS LUMINEUSES, LORSQUE DE TELLES VARIATIONS EXISTENT.CETTE TECHNIQUE PERMET D'OBTENIR DE PRÉCIEUSES INFORMATIONS, TANT SUR LA STRUCTURE QUE SUR L'ÉVOLUTION DE CES ÉTOILES.FRANCOIS WESEMAEL ET GILLES FONTAINE L'ONT DONC APPLIQUÉE À L'ÉTUDE D'UNE CATÉGORIE PARTICULIÈRE D'OBJETS CÉLESTES, LES ÉTOILES NAINES BLANCHES.François Wesemael est professeur agrégé au Département de physique de l'Université de Montréal.Il a reçu, en m, la médaille Herzberg de l'Association canadienne des PHYSICIENS.Gilles Fontaine est professeur titulaire au Département de physique de l'Université de Montréal.Boursier Steaciedu Conseil de recherches en sciences naturelles et en GÉNIE (CRSNG) EN 1986, IL A ÉGALEMENT REÇU LE PRIX STEACIE DU CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES tCNRC) EN 1987.FIGURE 1 qui puisent largement dans les travaux de physique atomique menés en laboratoire, ont fait progresser les techniques d’analyse de la lumière stellaire de façon remarquable.Toutefois, malgré tous ces développements, l’analyse spectroscopique demeure un outil de travail limité.Elle ne permet de sonder qu’une fraction relativement petite de l’étoile.En effet, les couches atmosphériques deviennent rapidement opaques au fur et à mesure que l’on s’approche de l’étoile.Ainsi, dans le cas du Soleil, notre vision ne peut pénétrer que les couches superficielles de l’atmosphère, à une profondeur d’à peine 500 km, alors que le La nébuleuse planétaire NGC 6720, située à 4000 années-lumière de nous dans la constellation de la Lyre, est une belle illustration de cette phase évolutive spectaculaire par laquelle doivent passer une majorité d'étoiles, y compris, ultimement, notre Soleil.La coquille de gaz récemment éjectée par l'objet central très chaud, visible au centre de la nébulosité, brille par absorption puis réémission de la radiation émise par ce dernier.On appelle l'étoile centrale, noyau de la nébuleuse planétaire.Les autres étoiles visibles sur le cliché sont des objets d'avant ou d'arrière-plan.La température de surface de l'étoile centrale peut atteindre plusieurs centaines de milliers de degrés, et la masse contenue dans la coquille éjectée est de l'ordre de 10 p.cent de celle du Soleil.Une telle coquille peut rester visible pendant plusieurs dizaines de milliers d'années.Lorsque la contraction gravitationnelle résiduelle du noyau de la nébuleuse cessera, celui-ci deviendra alors une étoile naine blanche.L'évolution subséquente de ce cadavre stellaire sera dominée par son refroidissement, lent et inexorable.Après environ 10 milliards d'années, l'étoile naine blanche aura complètement épuisé ses réserves d'énergie thermique interne et arrêtera alors de briller. 20 INTERFACE MAI • JUIN 1989 rayon solaire est d’environ 700 000 km.L’information tirée de l’analyse de la lumière solaire et, plus généralement, de la lumière stellaire, ne peut donc que nous renseigner sur les conditions physiques de cette mince région superficielle.La composition chimique des couches externes et les conditions physiques qui y régnent, ne reflètent pas nécessairement les propriétés des couches plus profondes, là où se trouvent en particulier les cendres des processus de combustion nucléaire qui ont contrôlé l’évolution de l’étoile.Ces régions profondes restent inaccessibles aux analyses spectroscopiques traditionnelles.L'ASTROSËISMOLOGIE : UNETECHNIQUE MODERNE On a mis au point récemment une nouvelle technique pour sonder les régions internes, jusqu’ici impénétrables, de plusieurs sortes d’étoiles.On applique cette technique aux étoiles variables, c’est-à-dire celles dont l’intensité lumineuse varie de façon plus ou moins régulière en fonction du temps.L’étude de ces variations représente aujourd’hui un outil indispensable pour l’analyse des propriétés structurelles de ce type d’étoiles, tout comme la séismo-logie terrestre nous permet de sonder les couches profondes de la croûte terrestre, bien au-delà des régions accessibles par forage.A l’origine, cette nouvelle technique fut conçue pour l’étude du Soleil, l’étoile la plus proche et, par conséquent, la mieux observée.Le Soleil est sans aucun doute une étoile variable.La preuve nous en est fournie par l’observation de nombreux phénomènes changeants à sa surface : granulation variable à très courte échelle, modifications de l’aspect des groupes de taches solaires, cycle d’activité solaire de 11 ans, etc.De plus, les couches externes du Soleil sont constamment agitées par des mouvements réguliers et complexes, analogues à des frissonnements de surface *.Une fois décodées, ces oscillations superficielles se révèlent très sensibles aux propriétés des couches profondes du Soleil.Une aubaine, donc, pour l’astrophysicien, qui entrevoit la possibilité de sonder les régions internes de cette étoile en étudiant des phénomènes observés à sa surface.Quand elle se réfère au Soleil, cette nouvelle technique a pour nom hélioséismologie2’3.Cependant, les outils utilisés en hélioséismologie ser- vent également à l’étude de plusieurs autres sortes d’étoiles variables.Dans le présent article, nous traitons de l’application de l’astroséismologie à une classe d’étoiles particulièrement importante : les étoiles naines blanches4,5.LA GÉRONTOLOGIE STELLAIRE Les étoiles, comme les être humains, naissent, vivent une vie à l’occasion mouvementée, puis meurent.La forme que prend la mort d’une étoile dépend d’un paramètre fondamental qui contrôlera toute son évolution : sa masse initiale.Les étoiles originellement plus massives qu’environ cinq à six masses solaires finissent leur vie de façon souvent catastrophique (explosion de supemovae), sous la forme d’une étoile à neutrons ou d’un trou noir.Par contre, la grande majorité des étoiles (masse inférieure à cinq ou six masses solaires) meurent de façon beaucoup plus paisible, mais néanmoins spectaculaire, sous la forme d’une étoile naine blanche4’5.Le vieillissement (appelé, en terminologie astronomique, évolution) de la plupart des étoiles est caractérisé par l’alternance de longues phases de combustion nucléaire et de phases, beaucoup plus brèves, de contraction gravitationnelle.Les réactions nucléaires qui alimentent le Soleil, par exemple, sont associées à la conversion de l’hydrogène en hélium dans les régions centrales de cette étoile.On pense généralement que les étoiles amenées à finir leur vie comme naines blanches ont traversé au moins deux grandes phases de combustion nucléaire : celle qui convertit l’hydrogène en hélium, puis celle, subséquente, associée à la conversion de l’hélium en carbone et en oxygène.Les régions centrales des étoiles naines blanches devraient donc généralement consister en un mélange de noyaux de carbone et d’oxygène, déchets des phases de combustion successives qui ont alimenté la fournaise nucléaire.Une enveloppe d’hélium, contenant moins de 1 p.cent de la masse totale de l’étoile, entoure le noyau.Dans environ trois quarts des naines blanches, une mince couche d’hydrogène, contenant moins de 0,01 p.cent de la masse totale, enrobe l’enveloppe d’hélium.Ces étoiles sont dites de type spectral DA.L’épaisseur exacte des couches d’hydrogène et d’hélium demeure inconnue et est aujourd’hui au centre d’un débat animé au sein de la communauté scientifique.D'INCOMPARABLES LABORATOIRES CÉLESTES Malgré le large éventail d’étoiles qui finissent en naines blanches, ces dernières constituent un groupe dont les propriétés physiques sont remarquablement homogènes.Ainsi, la masse moyenne de ces étoiles est de l’ordre de 0,6 masse solaire, avec une dispersion faible si l’on considère les variantes possibles dans leurs cheminements évolutifs.Il est de plus tout à fait remarquable qu’un objet de cinq masses solaires puisse finir sa vie sous la forme d’un cadavre de 0,6 masse solaire, soit 10 p.cent de sa masse initiale.Le reste a été dispersé dans le milieu interstellaire au cours de l’évolution de l’étoile.Une partie de la masse est éjectée au cours d’une des phases finales de la formation de la naine blanche, la phase de nébuleuse planétaire6 (figure 1).Cependant, la grande majorité de la masse perdue est éjectée lors de phases de perte de masses intensives, mais néanmoins beaucoup plus discrètes, encore mal comprises aujourd’hui.La dimension des étoiles naines blanches correspond à environ 1 p.cent de celle du Soleil, soit l’équivalent de la taille de la Terre.Voilà donc un objet de dimension planétaire, mais d’une masse comparable à celle du Soleil ! Par conséquent, la densité moyenne des naines blanches est énorme : plus d’un million de fois celle de l’eau.A de telles densités, la matière dont sont constituées les régions internes de l’étoile est dite dégénérée, et son comportement ne peut être décrit qu’à l’aide des lois de la mécanique quantique7'8.Étant donné les conditions physiques extrêmes qui régnent au sein des naines blanches, ces étoiles nous offrent un laboratoire fascinant pour l’étude des propriétés de la matière dans de telles conditions et méritent à juste titre le surnom qui leur est parfois accordé de laboratoires célestes.L’étude des propriétés physiques des étoiles naines blanches est une source constante de délices pour le physicien.On peut clairement affirmer que ces étoiles sont parmi celles où le mariage de l’astronomie et de la physique est le plus harmonieux7>8.Ltsi ¦liai Donnai' ¦la ¦la i« tou te.Smt a* tele iteieui FIGURE 2 4,3 4,1 3,9 4,3 4,1 3,9 500 1000 1500 2000 strooof feis litC l®b “te ‘-C:.Ni «t-Cep N] Nie H TEMPS s] La présence de pulsations dans certaines naines blanches de type spectral DA, à atmosphères riches en hydrogène, se manifeste sous la forme de variations lumineuses qui peuvent être observées à l'aide de grands télescopes munis de systèmes photométriques sensibles, de façon à obtenir une haute résolution temporelle.La figure montre, sur deux panneaux consécutifs, la courbe de lumière — c'est-à-dire la variation de l'intensité lumineuse reçue sur la Terre en fonction du temps — de l'étoile naine blanche GD 66, qui est une étoile de type ZZ Ceti typique avec des variations d'amplitude relativement faibles.Ces données d'observation ont été obtenues au télescope de 2,5 m de Mount Wilson, en Californie.On remarquera, en particulier, qu'il existe des intervalles de temps où les variations lumineuses sont très faibles, alors qu'à d'autres moments leur amplitude est beaucoup plus grande.Ce comportement est la signature de battements, phénomène que l'on rencontre dans tout mouvement ondulatoire lorsque plusieurs modes d'oscillation se superposent, conduisant tantôt à une interférence destructive, tantôt à une interférence constructive. 21 INTERFACE MAI • JUIN 1989 'i -JÜç 'lp-a iilii &i’.h ¦ li :'q iiii GiC- sfca s:.;a ïsèli IIBB iisp Hi!:-rSu-Sit ; :> D ma mÊmïm wmamm' mm mmm edej» 'iS- ' .¦ iss» Vue schématique de la membrane cellulaire.Celle-ci est constituée d'une double couche de phospholipides (A) qui renferme du cholestérol (H); des glycolipides (B) et différents types de protéines.Ce sont ces protéines qui assurent en grande partie le transport des ions et des métabolites à travers la membrane.Les phospholipides (A) sont représentés par des sphères auxquelles sont rattachées deux queues en zigzag.On a représenté principalement deux types de protéines membranaires.Dans le premier type, on a une seule chaîne !(UUi li >10® K0 -.Æ i,fitiÿ jillK® rlîl®11 aux ions et aux molécules organiques chargées électriquement, à cause de sa constante diélectrique très faible qui en fait un excellent isolant électrique.De même, U n’est que très faiblement perméable aux molécules neutres de nature polaire.En fait, seules les molécules hydrophobes parviennent à traverser de façon appréciable le feuillet lipidique.Néanmoins, ce transport demeure faible comparé à celui observé dans les cellules épithéliales.Il ne fait donc aucun doute que ce sont ces molécules de nature protéique traversant la matrice lipidique qui sont responsables de la quasi-totalité du transport cellulaire observé.LE TRANSPORT PASSIF Parmi les plus petites de ces molécules protéiques, certaines créent à travers la matrice lipidique des pores ou canaux sélectifs, qui ne laissent passer que certains et parfois qu’un seul type d’ions.Ces molécules possèdent un extérieur non polaire qui leur permet de s'imbriquer dans la matrice lipidique ainsi qu’un canal intérieur polaire permettant le passage de l’ordre de 108 ions par seconde.C’est le cas des canaux à sodium, qui sont en partie responsables du passage du sodium à travers la membrane luminale.C’est aussi le cas des canaux à potassium, responsables du passage du potassium à travers la membrane basolatérale chez les épithélia du rein et de l’intestin.On retrouve d’ailleurs ce type de canal à sodium en quantité considérable dans les membranes cellulaires des muscles et des nerfs, où ils sont responsables de la propagation de la contraction musculaire et de la transmission de l’influx nerveux.D’autres molécules protéiques de taille plus importante, situées dans la membrane luminale, possèdent la capacité de capter à la fois un ion sodium et un sucre comme le glucose ou le galactose, ou un acide aminé comme l’alanine, le glutamate ou l’aspartate.Ce d'acides aminés enroulée en hélice et possédant un segment hydrophobe (D), et terminée par une chaîne latérale oligosaccharidique (E, F).Dans le second type, la partie intra-membranaire est globulaire (C).Nous avons tenté de représenter dans cette dernière catégorie des protéines qui pourraient jouer le rôle de canaux (G) ou de symporteurs (C).Pour fins de simplification, la grosseur des phospholipides a été exagérée par rapport à celle des protéines.type de transport, puisqu'il permet de transporter simultanément un ion (sodium) et une molécule organique, est appelé cotransport ou symport.Dans la famille des symporteurs, on trouve aussi des molécules pouvant lier à la fois des cations et des anions, et qui, dépendant de la stoéchiométrie relative de ces derniers, conféreront au complexe une charge positive ou négative.Ils induiront donc, selon leur gradient électrochimique, des déplacements soit vers l’intérieur, soit vers l’extérieur de la cellule.Un autre type de protéine de transport, qu'on appelle uniporteur, par opposition à symporteur, ne lie qu’un type de molécules.D est principalement responsable du transfert à travers la membrane basolatérale des sucres et des acides aminés du milieu intracellulaire vers la circulation sanguine.Il existe un autre type de molécules, appelé échangeur ionique ou antipor- teur.Dans cette catégorie, on retrouve l’antiporteur sodium-hydrogène, qui expulse des ions hydrogène en échange de l’entrée du sodium, de même que l’antiporteur sodium-calcium, qui contribue à maintenir la concentration de calcium à l’intérieur de la cellule plus faible qu’à l’extérieur (100 nM par rapport à 1 mM).Enfin, dans cette même catégorie, on retrouve aussi des antiporteurs anioniques qui utiliseront le gradient de chlore, dirigé vers l’intérieur de la cellule (concentration plus faible à l’intérieur), pour échanger ce dernier ion contre des ions hydroxyle ou des ions organiques tels que l’acétate.Les différentes molécules que nous venons de décrire (canaux, uniporteurs, symporteurs, antiporteurs) facilitent le passage à travers la membrane des ions et des molécules organiques de façon dite passive.En effet, le mouvement des substances se fait selon le gradient de concentration et la différence poten- 38 INTERFACE MAI • JUIN 1989 FIGURE 4 Membrane luminale Membrane basolatérale Canal ionique Na K Symport-Na Acides aminés Dipeptides D-hexoses Acides biliaires Sulfate Phosphate Intermédiaires du cycle de Krebs Acide ascorbique Acides aminés Acides organiques Glutathion Uniport P-aminohyppurate Fructose N-méthylnicotinamide Acides aminés neutres Sulfate Phosphate Hexose L-lactate Antiport -O Pompe ionique AT p Na-K-ATPase Ca-ATPase Localisation des différents types de transporteurs avec les substances qu'ils transportent (d'après Béliveau 2).Certaines molécules protéiques créent, à travers la matrice lipidique de la membrane, des pores ou canaux sélectifs, qui ne laissent passer qu'un nombre restreint et parfois qu'un seul type d'ions.D'autres molécules protéiques possèdent la capacité de capter à la fois un ion, comme le sodium (Na), et une molécule organique.Ce type de transport est appelé symport.Le système uniport fait intervenir, pour sa part, des molécules protéiques qui ne se lient qu'à un seul type de molécules.Il existe également des molécules (système antiport) qui permettent le transport de deux ions dans des directions opposées.Toutes ces molécules (canaux, uniporteurs, symporteurs et antiporteurs) facilitent le passage à travers la membrane des ions et des molécules organiques de façon dite passive.Le mouvement des substances se fait selon le gradient de concentration et la différence de potentiel entre l'intérieur et l'extérieur de la cellule (gradient électrochimique).Il existe, de plus, un autre type de transport, dit actif, qui utilise comme source d'énergie la dégradation de l'ATP en ADP, pour effectuer un transport contre un gradient électrochimique.Il s'agit d'une pompe ionique.tielle électrique (gradient électrochimique) entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule.LE TRANSPORT ACTIF D existe un autre type de protéines de transport totalement différent qui utilise une source énergétique directe, soit la dégradation de l’ATP (adénosine triphosphate) en ADP (adénosine diphosphate), pour effectuer un transport contre un gradient électrochimique.Un tel type de transport sera qualifié d'actif.La pompe sodium-potassium en est le meilleur exemple.Cette dernière expulse trois ions sodium de l’intérieur de la cellule contre l’entrée de deux ions potassium, générant par le fait même un courant électrique.Sous l’effet de cette pompe, la concentration de sodium à l’intérieur de la cellule est maintenue à un niveau de beaucoup inférieur à sa concentration à l’extérieur, tandis que c’est l’inverse pour le potassium.Il existe dans les membranes cellulaires d’autres pompes qui font ainsi appel à l’énergie de l’ATP pour transporter les ions.On peut mentionner la pompe à protons (proton-ATPase), qui pompe les ions hydrogène (l’acide) de la cellule vers l’extérieur, et la pompe à calcium (calcium-ATPase), qui pompe également les ions calcium de la cellule vers l’extérieur.Ces deux pompes génèrent aussi un courant électrique.D'UNE MEMBRANE À L'AUTRE Dans la figure 4, nous avons regroupé selon leur catégorie les différentes protéines de transport identifiées à ce jour dans les membranes cellulaires rénales.Nous avons indiqué leur localisation luminale ou basolatérale ainsi que les substances qu’elles transportent2.Dans la figure 5, nous avons agencé les principales molécules de transport selon le modèle de transport cellulaire transépithélial le plus récent3.Il est important de souligner ici que le transport de la lumière tubulaire vers la circulation sanguine (du côté luminal vers le côté basolatéral) est rendu possible grâce à la distribution asymétrique des protéines de transport dans les membranes luminale et basolatérale, et que l’élément clé de ce transport réside dans la présence de la pompe sodium-potassium au sein de la membrane basolatérale.En effet, même si les substances doivent d’abord traverser la membrane luminale pour être réabsorbées par la circulation sanguine, l'étape fondamentale du processus de transport réside néanmoins au niveau de la membrane basolatérale.En effet, cette étape consiste en la création d’un gradient trans-membranaire de sodium à l’aide de la pompe sodium-potassium.Cette pompe expulse du sodium de la cellule vers la circulation sanguine en échange d’une entrée de potassium.Sous l’effet de cette pompe, le sodium intracellulaire est maintenu à un niveau de concentration de l’ordre de 15 à 25 mM alors qu’il est près de 150 mM à l’extérieur, c’est-à-dire dans le plasma et l’ultrafil-trat sanguins.Quant au potassium, sa concentration intracellulaire est d’environ 100 mM alors qu’elle n’est que de 5 mM à l’extérieur.Ce gradient cherche à le faire ressortir de la cellule de façon passive vers la circulation sanguine à l’aide de canaux potassium.Le potassium étant chargé positivement, sa sortie tendra à rendre l’intérieur de la cellule négatif.Cette diffusion du potassium de l’intérieur vers l’extérieur est à l’origine de la différence de potentiel électrique de l’ordre de 60 mV (intérieur négatif) que l’on retrouve de part et d’autre de la membrane cellulaire.En conséquence, ce potentiel électrique intracellulaire négatif repoussera les ions négatifs mobiles, tel le chlore, dont la concentration sera plus faible à l’intérieur qu’à l’extérieur de la cellule.Le sodium qui se retrouve maintenant en plus grande concentration à l’extérieur qu’à l’intérieur de la cellule, grâce au travail de la pompe sodium-potassium, cherchera donc à entrer dans la cellule.Le sodium étant un ion positif, cette tendance sera accentuée par le potentiel intracellulaire négatif, qui l’attirera encore plus vers l’intérieur.Le nombre de canaux sodium de la membrane basolatérale étant beaucoup plus faible que celui de la membrane luminale, cette entrée de sodium se fera principalement par la membrane luminale.Les ions négatifs, principalement le chlore, à leur tour attirés par le mouvement de charge positive généré par les ions sodium, suivront le déplacement de ces derniers.Le résultat net sera donc un mouvement transcellulaire de chlorure de sodium du côté luminal vers le côté basolatéral.Ce transport de sel augmentant la concentration de ce dernier du côté externe de la membrane basolatérale, il y aura alors un mouvement d’eau — par un phénomène d’osmose — pour équilibrer cette concentration accrue de sel.Le résultat final sera donc non seulement un mouvement d’ions, mais bien un mouvement global de solution à travers l’épithélium rénal.Par ailleurs, la création du gradient de sodium et de la différence de potentiel électrique par la pompe sodium-potassium est à l’origine du transport des sucres et des acides aminés par les symporteurs de la membrane luminale.Ces molécules, grâce à leur capacité de se lier au sodium, utilisent comme force motrice, pour traverser la membrane, à la fois le gradient de sodium et la différence de potentiel électrique qui sont favorables à l’entrée du sodium.Elles transportent ainsi les sucres et les acides aminés à travers la membrane luminale et les accumulent dans le milieu intracellulaire à une concentration plusieurs 39 INTERFACE MAI • JUIN 1989 fois supérieure à celle des fluides baignant les membranes du côté luminal ou basolatéral.Les sucres et les acides aminés accumulés dans le milieu intracellulaire peuvent alors emprunter les uniporteurs de la membrane basolaté-rale pour rejoindre la circulation sanguine, où ils sont en concentration inférieure.Le résultat net est encore une fois un mouvement transépithélial de ces substances.Bien qu’il permette d’accumuler les sucres et les acides aminés à une concentration intracellulaire supérieure à celle des milieux ambiants, ce système ne nécessite pas directement un apport d’énergie.Cependant, comme il utilise les gra- dients de concentration de sodium et de potentiel (gradient électrochimique) générés par la pompe sodium-potassium basolatérale qui, elle, consomme de l’énergie, on dira de ce transport qu’il est secondairement actif.La présence du gradient transmembranaire de sodium et la différence de potentiel électrique sont aussi responsables de l’excrétion luminale de l’acide généré par la cellule.En effet, le symporteur sodium-bicarbonate, par liaison d’un ion sodium et de trois ions bicarbonate, sous l’effet du potentiel intracellulaire négatif, permet la sortie basolatérale d’ions carbonate.Simultanément, l’antiporteur sodium- hydrogène, en utilisant le gradient favorable à l’entrée de sodium, peut expulser en échange les ions hydrogène.Il est à noter que ces mouvements contribuent aussi au transport transépithélial du sodium de la lumière tubulaire vers le sang.IDENTIFICATION ET CARACTÉRISATION DES MOLÉCULES DE TRANSPORT Mais comment a-t-on pu identifier la présence de ces protéines de transport dans la membrane cellulaire et caractériser leur comportement ?C’est essentiellement grâce à leurs effets sur le mouvement des ions et des molécules organiques à travers la membrane que l’on a pu déceler leur présence.Si l’on modifie la composition des milieux extracellulaires (luminal ou basolaté-ral), on induit, après les mouvements des substances à travers les membranes, des changements dans la composition du milieu intracellulaire.De même, les systèmes de transport donnant lieu à un mouvement net de charges électriques tels que les canaux ioniques, les pompes ioniques ou les systèmes de symport (tels que le symporteur sodium-glucose), produiront un courant électrique à travers la membrane et donc un changement du potentiel électrique intracellulaire.Ce dernier peut alors FIGURE 5 MEMBRANE CELLULE MEMBRANE LUMINALE BASOLATERALE LUMIÈRE CIRCULATION SANGUINE TUBULAIRE (HC03“) Modèle de transport à travers l'épithélium du tubule rénal proximal.La première étape consiste en l'expulsion du sodium (Na+) de la cellule et l'entrée du potassium (K+) par la pompe Na+-K+, qui tire son énergie de la dégradation de l'ATP en ADP (1).La concentration du sodium à l'intérieur de la cellule est alors amenée à un niveau plus faible qu'à l'extérieur; c'est le contraire pour le potassium.Le potassium cherche donc à retourner vers l'extérieur du côté basolatéral en empruntant les canaux K+, générant par sa sortie un potentiel négatif à l'intérieur de la cellule (2).Le gradient de sodium et la différence de potentiel électrique servent alors de force motrice pour l'entrée du sodium à travers la membrane luminale par des canaux Na+ (3) ou par les symporteurs Na+-S (4), ces derniers permettant d'accumuler les diverses molécules organiques essentielles (S = sucre, acides aminés, anions organiques).Ces molécules organiques sont alors accumuléesà des concentrations bien supérieures à celles de l'extérieur.Elles peuvent alors traverser, sous le seul effet de leur gradient de concentration, la membrane basolatérale à l'aide d'uni-porteurs (5).Le fonctionnement en parallèle dans la membrane luminale de l'antiporteur Na+/H+ (6), qui utilise le gradient de Na+, et de la pompe ionique à protons (7), permet d'éliminer les ions hydrogène (H+ : acide) de la celluie vers la lumière tubulaire.Quant au transport du bicarbonate (HC03j, il se fait avec le symporteur Na+/(HC03jo (8).Ce dernier utilise comme force motrice le potentiel électrique négatif de l'intérieur de la cellule, qui repousse les ions négatifs comme le bicarbonate vers l'extérieur. 40 INTERFACE MAI • JUIN 1989 FIGURE 6 Vue schématique du système expérimental pour la mesure simultanée du potentiel électrique membranaire et de la concentration intracellulaire de potassium.A : électrodes Ag/AgCI ; B : canal de référence de la microélectrode double permettant de mesurer le potentiel électrique intracellulaire ; C : canal sélectif au potassium dont le potentiel est proportionnel à la concentration de potassium ; D : tubule rénal ; E : pipette de soutien du tubule (côté collection) ; F : bain thermostaté ; G : pipette de soutien (côté perfusion) ; H : pipette de perfusion de la lumière tubulaire ; I : pont d'agarose ; J : électrode de calomel ; K : solution de perfusion ; L : solution de perfusion moins le fluide réabsorbé.(D'après R.Laprade et coll.,5) être mesuré en introduisant à l’intérieur de la cellule (à travers la membrane cellulaire) une fine micro-électrode de verre creuse contenant une solution de KCI et dont le diamètre externe à la pointe est de l’ordre de 0,1 pm.De plus, les différentes molécules de transport peuvent être inhibées à l’aide d’agents pharmacologiques spécifiques (bloqueurs), ce qui permet de mesurer dans certaines conditions leurs contributions respectives au transport.Enfin, pour les pompes utilisant l’énergie de l’ATP, il est alors possible d’identifier la contribution d’une pompe donnée par le changement de consommation d’oxygène induit par le bloqueur spécifique4.Quant à la concentration des diverses substances dans le milieu intracellulaire, elle peut être mesurée de plusieurs façons.On peut utiliser des ions radioactifs ou des molécules organiques radiomarquées, dont la concentration peut alors être mesurée à l’aide d’un compteur à scintillation.Pour certains ions, y compris les ions les plus importants, on peut utiliser des microélectrodes intracellulaires sélectives5 ou les récentes techniques faisant appel à la résonance magnétique nucléaire (RMN)6 et aux sondes fluorescentes sélectives7.Les techniques actuelles permettent d’effectuer ces expériences soit in vivo sur des animaux, soit in vitro sur des tissus prélevés et maintenus en état fonctionnel en les baignant dans un milieu physiologique artificiel, ou encore, sur des cellules isolées que l’on conserve dans un milieu de culture.LE COUPLAGE ENTRE LES MEMBRANES Le transport à travers une monocouche de cellule (épithélium) que nous avons décrit nécessite le passage des diverses substances, de façon consécutive, à travers la membrane luminale et la membrane basolatérale.En conséquence, les taux de transport à travers ces deux membranes doivent être très bien synchronisés afin d’éviter des accumulations intracellulaires entraînant un appel d’eau et créant ainsi un gonflement très dommageable pour la cellule.Ce couplage entre les deux membranes est intimement lié à la régulation du transport.Il est important de souligner ici que les réactions des différentes molécules de transport avec leurs substrats sont des réactions réversibles soumises à la loi de l’action de masse.La direction du transport à travers l’épithélium dépendra donc des concentrations relatives des substances de part et d’autre de l’épithélium.Cette caractéristique intrinsèque, qui confère à l’épithélium une capacité de réabsorption ou de sécrétion selon les conditions métaboliques, est à la base même du contrôle de l’homéostasie par l’organisme.Un exemple de l’étude des sympor-teurs sodium-glucose et sodium-alanine par mesure électrique à l’aide de microélectrodes sélectives sur le tubule contourné proximal de lapin est présenté aux figures 6 et 7.L’omission du glucose et de l’alanine dans la lumière tubulaire diminue l’entrée d’ions sodium par les symporteurs concernés et donc l’entrée de charges positives dans la cellule.Cette diminution se traduit alors par une augmentation de l’électronégativité du potentiel intracellulaire tel que mesuré par la microélectrode de référence.De plus, la diminution de l’entrée de sodium dans la cellule par la membrane luminale tendra à diminuer le travail de la pompe sodium-potassium chargée d’expulser le sodium du côté basolatéral.Ce faisant, l’entrée de potassium sera réduite puisqu’elle est couplée à la sortie de sodium.On s’attendrait donc éventuellement à une diminution du contenu intracellulaire en potassium.Cependant, la concentration de potassium augmente au lieu de diminuer et atteint un niveau stable (comme l’indique l’électrode sélective au potassium).La concentration du potassium en régime stationnaire est le résultat d’un équilibre dynamique entre l’entrée active par la pompe et la sortie passive par des canaux potassium.Comme l’entrée active est sûrement diminuée, nous sommes forcés de conclure que la sortie passive de potassium est elle aussi diminuée, très probablement par une réduction de l’activité de transport par les canaux potassium.Ce comportement nous indique donc assez clairement qu’une modification de l’entrée luminale d’ions se traduit par une diminution de leur sortie basolatérale.Il existe donc un couplage entre ces deux membranes, quoique l’origine et les mécanismes de ce couplage demeurent encore inconnus.La régulation du transport ionique par modification de l’activité des canaux ioniques, comme le suggèrent les résultats précédents, est un phénomène fondamental dans le contrôle de l’homéostasie intracellulaire et, conséquemment, de l’organisme.En effet, les canaux ou pores ioniques présents dans toutes les membranes jouent un rôle des plus importants sur le plan cellulaire.Ce ne sont pas seulement des molécules qui assurent le passage passif des ions à travers les membranes cellulaires, mais aussi des structures qui interagissent avec l’ensemble de la machinerie moléculaire de la cellule. 41 INTERFACE MAI «JUIN T isjmp.*ï£J l'aide i rletuhilt » est pré B«à t dm mens positnei MIC-ÉOl l! i îted rata-ladiminu-miliüi-;iïîii ïyl» liSB ij'ifîi iji'ila iM nia illlil otaM lldife î(C01® 'il|® potisia erésjlot ri F®® iifJ B* né.»* pehaf .a cL?il'a® 1*4*' itérait-1 ice « 13 e-’sf jiï & iLl# £1# s(^ lHlil11* MESURES DE POTENTIEL ET DE CONCENTRATION IONIQUE INTRACELLULAIRES Les mouvements transmembranaires d'ions et de substances organiques couplées aux ions, tels aue les mouvements induits par les canaux ioniques et les cotransporteurs, génèrent des courants électriques qui se traduisent par des changements de potentiel intracellulaire que l'on peut suivre à l'aide de fines microélectrodes de verre introduites à l'intérieur de la cellule à travers la membrane cellulaire.De telles microélectrodes sont fabriquées en étirant à la chaleur de fins capillaires de verre (diamètre interne et externe de 0,5 et 1 mm, respectivement) jusqu'à un diamètre externe à l'extrême pointe de l'ordre de 0,1 pm, les rapports diamètre interne/diamètre externe demeurant conservés jusqu'à la fine pointe.L'intérieur est ensuite rempli d'une solution de chlorure de potassium qui assure le contact électrique entre l'intérieur de la cellule et l'amplificateur électronique.Etant donné la finesse de la microélectrode, les dommages encourus par la cellule, dont le diamètre est égal ou supérieur à 10 pm, sont négligeables.Dans certains cas, par exemple dans celui de l'antiporteur sodium-hydrogène, les mouvements ioniques n'induisent pas de changement de potentiel puisqu'une charge électrique positive est échangée contre une autre de même grandeur.On peut néanmoins mesurer les changements de concentration ionique intracellulaire induits à l'aide de microélectrodes sélectives Ces microélectrodes sont semblables à celles décrites précédemment et possèdent les mêmes dimensions mais contiennent, à leur extrême pointe, une résine échangeuse d'ions qui est spécifique à un ion donné : hydrogène, potassium, sodium, calcium ou chlore.Le potentiel électrique entre l'intérieur de la microélectrode et l'extrémité de la pointe varie logarithmiquement en fonction de la concentration ionique entourant l'extérieur de la pointe, ce qui permet, après calibration externe de la microélectrode dans les solutions connues, de déterminer l'activité intracellulaire de l'ion auquel elle est sélective.Cependant, cette technique suppose que l'on connaisse avec précision le potentiel électrique intracellulaire, car ce dernier se superpose à celui de la microélectrode sélective.On peut alors soit mesurer indé- pendamment ce potentiel intracellulaire à l'aide d'une microélectrode de verre régulière, soit accoler une telle microélectrode à la microélectrode sélective pour obtenir ce qu'on appelle une microélectrode double.Un canal constitue alors la référence (mesure du potentiel intercellulaire) et l'autre, le canal sélectif, la différence de potentiel électrique entre les deux canaux permettant de déterminer directement la concentration intracellulaire de l'ion considéré (figures 6 et 7).Tout récemment, une nouvelle technique utilisant des molécules fluorescentes que l'on peut introduire à l'intérieur des cellules a été mise au point \ Cette technique est applicable à des préparations suffisamment transparentes à la lumière telles qu'un tubule isolé ou des cellules en monocouche ou en suspension.Elle est fondée sur le fait que l'intensité de la fluorescence émise par ces molécules à une longueur d'onde donnée est proportionnelle à la concentration d'un ion spécifique.Ces molécules sous forme estérifiée traversent facilement la membrane cellulaire.Il suffit donc d'introduire ces molécules dans la solution baignant la préparation.Une fois à l'intérieur de la cellule, les estérases normalement présentes hydrolysent les esters et confèrent quatre à cinq charges négatives à la molécule, l'emprisonnant ainsi dans le milieu intracellulaire puisqu'alors elle peut très difficilement traverser la membrane.Cette technique révolutionnaire de microspedrofluorimétrie nous a permis au cours de la dernière année de mesurer les variations de concentration intracellulaire d'ions hydrogène et calcium sur divers types de cellules épithéliales, y compris le rein, dans diverses conditions expérimentales.Les nouvelles sondes fluorescentes spécifiques au chlore, au sodium et au potassium qui ont été mises au point au cours des derniers mois devraient nous permettre de pousser nos études à un niveau de caractérisation inégalé.Finalement, une technique, récente elle aussi sur le plan des applications biologiques, utilise la résonnance magnétique nucléaire (RMN) et permet de déterminer Ta concentration d'ions hydrogène, de composés phosphatés tels que l'ATP, l'ADP ou l'AMP de même que le sodium 6.Cette technique présente l'avantage de pouvoir être utilisée sur des cellules en suspension, des tissus ou organes entiers et même sur un individu entier.FIGURE 7 BAIN T T T PERFUSAT T SANS GLUCOSE ET SANS ALANINE T tk (mV) (mV) -——A-1 'f'BL (mV) 0J>Al 5 6 7 TEMPS (min) 10 11 12 13 14 Potentiels électriques d'une cellule rénale proximale enregistrés par les deux canaux de l'électrode double sélective de la figure 6.Tracé du bas : (ŸBL), potentiel de la membrane basolatérale enregistré par le canal de référence.Tracé du haut : (ŸK), potentiel du canal sélectif au potassium.Tracé du centre : ('FK'ŸBL), potentiel qui est directement relié à la concentration intracellulaire de potassium.Notez, sur la trace inférieure à gauche, la diminution rapide du potentiel de la valeur zéro jusqu'à près de -40 mV.Cette diminution cor- respond à la pénétration de la microélectrode à travers la membrane cellulaire.Le tracé du centre ('PIOPBL), qui donne la concentration intracellulaire de potassium, montre une augmentation du potentiel vers les valeurs plus positives lorsque l'on retire le glucose et l'alanine de la solution de perfusion luminale (T : solution témoin).Cette augmentation correspond à une augmentation de la concentration intracellulaire de potassium d'environ 15 mM (à partir d'une valeur d'environ 80 mM).(D'après R.Laprade et coll.'¦’) 42 INTERFACE MAI • JUIN 1989 Une technique qui date de moins d’une dizaine d’années, appeléepatch-clamp, a finalement permis d’identifier la présence de ces canaux ioniques, qui avait été postulée bien antérieurement8.Cette technique consiste à appliquer sur la surface de la membrane cellulaire une micro-pipette similaire à la microélectrode décrite plus haut, mais possédant un diamètre intérieur de l’ordre de 1 pm.Cette dimension restreinte de la surface membranaire ainsi isolée (d’où l’expression patch) s’est révélée optimale afin de n’avoir que quelques molécules présentes sous la pipette et d’enregistrer les fluctuations de courant qu’elles induisent.En effet, les canaux ioniques sont des structures dynamiques qui fluctuent entre différents états moléculaires.Selon l’état où ils se trouvent, ils permettent (ouverts) ou ne permet- tent pas (fermés) le passage des ions.Ce processus de fluctuation est essentiellement stochastique, ce qui signifie que les règles qui régissent le passage d’un état à un autre (fermeture, ouverture) sont de nature probabiliste.La probabilité d’ouverture et de fermeture de ces canaux peut être contrôlée par divers facteurs tels le potentiel électrique membranaire, le pH, la concentration de calcium, les hormones et l’état biochimique de la cellule.Le raffinement de la technique est tel qu’il permet de mesurer des courants électriques induits par le passage des ions à l’échelle d’une seule molécule.L’ouverture et la fermeture de ces canaux se traduisent alors par l’apparition de sauts de courant très faibles (environ 1 pA) dont la durée peut varier de moins de 1 milliseconde à plusieurs secondes.La sélectivité de tels canaux peut être caractérisée en variant le type d’ions dans la micropipette, et leurs caractéristiques cinétiques peuvent être obtenues par l’étude de la fraction du temps pendant lequel ils sont ouverts.On peut, dès lors, voir que l’amplitude des mouvements ioniques induits par l’intermédiaire de ces canaux ioniques à travers la membrane cellulaire, peut être contrôlée en ne modifiant que la probabilité d’ouverture et de fermeture des canaux sans avoir à modifier la quantité d’ions passant par chaque molécule lorsqu’elle est ouverte.Ainsi, la figure 8 illustre l’effet du potentiel électrique sur les probabilités d’ouverture et de fermeture des canaux, démontrant son rôle important dans les phénomènes de régulation du transport membranaire9.LA CARACTÉRISATION DES TRANSPORTEURS MEMBRANAIRES Les études effectuées sur des cellules intactes permettent d’identifier la présence de divers types de protéines et de divers systèmes de transport.Elles mettent aussi en évidence certains mécanismes de régulation.Cependant, étant donné que dans la cellule intacte plusieurs systèmes de transport fonctionnent en parallèle et que l’on ne peut contrôler le contenu du milieu intracellulaire, il est parfois difficile, sinon impossible, de caractériser de façon quantitative et précise un système de transport donné.La possibilité d'utiliser des membranes isolées constitue alors un atout dans l’étude des systèmes de transport membranaire, et ce, sans C FIGURE 8 12 mv -20 mV trière, W.Ca 90 mV rj1—™ 500 ms mouvements ioniques induits par l'intermédiaire des canaux ioniques, sans avoir à modifier la quantité d'ions passant par chaque molécule (canal) lorsqu'elle est dans l'état ouvert.(D'après Parent et coll.9| Effet du potentiel électrique sur les probabilités d'ouverture et de fermeture des canaux ioniques.L'enregistrement du courant généré par des canaux K+ sur la membrane baso latérale d'une cellule rénale proximale à l'aide de la technique du patch-clamp montre que es canaux sont ouverts (déflexions vers le bas).On peut donc contrôler l'amplitude des FIGURE 9 0,5-, AVEC SODIUM 3 » ü -ï AVEC POTASSIUM TEMPS (min) Accumulation de l'acide L-glutamique à l'intérieur de vésicules membranaires de la bordure en brosse de l'intestin de lapin (•), de l'acide L-aspartique (A) et de l'acide D-aspartique (A) en présence de sodium (haut) et de potassium (bas).La grande différence dans les niveaux d'accumulation montre la spécificité pour le sodium du symporteur de ces acides aminés.(D'après Berteloot ") interférence avec le métabolisme cellulaire.Cette technique consiste à homogénéiser le tissu, à rompre les membranes cellulaires et à séparer du cytoplasme les fragments membranaires ainsi obtenus, qui forment spontanément de petits sacs d’environ 10 nm de diamètre appelés vésicules.Il est ainsi possible d’obtenir, à partir du cortex rénal, des membranes exclusivement luminales ou basolatérales, ce qui permet d’étudier de façon sélective les systèmes de transport propres à chacune de ces membranes12.Comme on peut alors avoir accès aux deux côtés de la membrane cellulaire, le milieu intravé-siculaire étant celui dans lequel on prépare les membranes, on peut, dans ces expériences in vitro, optimaliser les paramètres expérimentaux tels que la concentration ionique et le potentiel électrique.Cela permet d’établir des situations expérimentales beaucoup mieux définies qu’m vivo.On peut ainsi obtenir une image plus claire des systèmes de transport présents dans la membrane intacte et déterminer leurs caractéristiques moléculaires intrinsèques.Cette technique nous a ainsi permis de distinguer plusieurs systèmes de cotransport luminal tels que les symports sodium-phosphate 10 et sodium-glutamate 11.Des exemples d’expériences sont présentés aux figures 9 et 10.On a pu démontrer que le transport du glutamate et du phosphate est dépendant de la présence du sodium avec lequel il est cotransporté, et déter- 43 INTERFACE MAI • JUIN 1989 miner l’influence du potentiel sur ces transports, en plus d’en mesurer les paramètres cinétiques.L'AVENIR DE LA RECHERCHE EN TRANSPORT MEMBRANAIRE Des progrès très importants ont été réalisés au cours des dernières années pour ce qui touche la compréhension des mécanismes de transport membranaire.L’identification de nouveaux transporteurs nous a permis d’interpréter de façon plus satisfaisante les comportements observés.L’identification des transporteurs et la caractérisation de leur comportement constituent donc la première étape dans la compréhension des mécanismes de transport.Mais elle ne nous laissera qu’une description phénoménologique si nous ne connaissons pas la structure moléculaire des protéines de transport, la nature de leurs groupements fonctionnels, de même que les mouvements moléculaires qui conduisent au transport.C’est pourquoi de grands efforts sont déployés actuellement pour caractériser sur le plan moléculaire ces protéines de transport, et pour les isoler et les reconstituer dans des membranes lipidiques artificielles.D’une part, les techniques de modification chimique spécifique 12 et d’inactivation par radiations 13 sont mises à profit pour identifier sur des vésicules membranaires les groupements et la dimension fonctionnelle des protéines.D’autre part, les techniques les plus récentes de la biologie moléculaire sont utilisées pour isoler et purifier les transporteurs.Ainsi, le gène du symporteur sodium-glucose a récemment été cloné, de FIGURE 10 H-1-1-1-1-1-1-7^-1-T**-1 0,1 0,25 0,4 0,55 0,7 0,85 1,0 3,0 60,0 TEMPS (min) Effet du potentiel membranaire sur l'accumulation du glucose à l'intérieur de vésicules membranaires de la bordure en brosse de l'intestin de lapin (jéjunum).Le potentiel négatif intravésiculaire augmente de bas en haut.On voit que le taux d'accumulation augmente avec des potentiels de plus en plus négatifs, en accord avec le concept de symporteur sodium-glucose, le sodium conférant une charge positive au complexe.On notera que la concentration du glucose intravésiculaire atteint transitoirement, au sommet des courbes, des valeurs très supérieures aux valeurs du milieu extra-vésiculaire représentées par les valeurs d'équilibre apparaissant à l'extrême droite du graphique (60 min).(D'après Berteloot ^) INTERFACE MAI • JUIN 1989 même que l’antiporteur sodium-hydrogène et la pompe à calcium du muscle 14.La possibilité de pouvoir étudier la molécule de façon isolée, de la modifier, de déterminer l’effet des agents régulateurs intra et extracellulaires, fournira des éléments très précieux pour la compréhension sur le plan moléculaire du fonctionnement de ces protéines de transport.Néanmoins, la connaissance de tous les transporteurs membranaires et de leur fonctionnement moléculaire ne sera pas encore suffisante pour comprendre de façon complètement satisfaisante les mécanismes de transport membranaire.En effet, il faudra aussi comprendre comment ces molécules sont acheminées de leur lieu de synthèse vers leurs membranes respectives, comment elles sont insérées et retirées de la membrane et comment les membranes elles-mêmes sont recyclées.Ce n’est donc que par un effort de recherche multidisciplinaire que l’on peut espérer accroître dans les années à venir nos connaissances touchant les mécanismes de transport membranaire.¦ Références 1.BERTELOOT, A., MALO, C.«Maladies membranaires de l’intestin et du rein », Médecine/Science, vol.1, 1985, p.427-434.2.BÉLIVEAU, R.« Vésicules membranaires purifiées : un outil d’étude de la réabsorption rénale », Médecine/Science, vol.3, 1987, p.589-598.3.ULLRICH, K.J., RUMRICH, G.« Contralu-minal Transport Systems in the Proximal Renal Tubule Involved in Secretion of Organic Anions», Am.J.Physiol., vol.254 (Renal Fluid Electrolyte Physiol.23), 1988, p.F453-F462.4.MANILLIER, C., VINAY, P., LALONDE, L., GOUGOUX, A.« ATP Turnover and Renal Response of Dog Tubules to pH Changes in Vitro », Am.J.Physiol., vol.251 (Renal Fluid Electrolyte Physiol.20), 1986, p.F919-F932.5.MEIER, P.C., LAUTER, F., AMMANN, D., STEINER, R.A., SIMON, W.« Applicability of Available Ion-selective Liquid-membrane Microelectrodes to Intracellular Ion-activity Measurements», Pfliigers Arch., vol.393, 1982, p.23-30.6.BOULANGER, Y., VINAY, P.« Étude des électrolytes intracellulaires en résonnance magnétique nucléaire », Médecine/Science, vol.3, 1987, p.288-292.7.GRYNKIEWICZ, G., POENIE, M., TSIEN, R.Y.« A New Generation of Ca++ Indicators with Greatly Improved Fluorescence Properties », J.Biol.Chem., vol.260, 1985, p.3440-3450.8.SAUVÉ, R.« Le patch-clamp : une nouvelle façon de voir les canaux ioniques », Médecine/Science, vol.3, 1987, p.538-545.9.PARENT, L., CARDINAL, J., SAUVÉ, R.« Single-channel Analysis of a K Channel at Basolateral Membrane of Rabbit Proximal Convoluted Tubule », Am.J.Physiol., vol.254 (Renal Fluid Electrolyte Physiol.23), 1988, p.F105-F133.10.BÉLIVEAU, R., STREVEY, J.«Kinetic Model for Phosphate Transport by Renal Membranes », Am.J.Physiol., vol.23, n° 3, 1988, p.F329-F336.11.BERTELOOT, A.« Characteristics of Glutamic Acid Transport by Rabbit Intestinal Brush Border Membrane Vesicles : Effects of Na + -K+ and H+ Gradients », Biochim.Biophys.Acta, vol.775, 1984, 129-140.12.BÉLIVEAU, R., BERNIER, M., GIROUX, S., BATES, D.« Inhibition by Phenyl-glyoxal of the Sodium-Coupled Fluxes of Glucose and Phosphate in Renal Brush Border Membranes », Biochem.Cell.Biol., 1988, sous presse.13.BÉLIVEAU, R., DEMEULE, M., BEAUREGARD, G., POIRIER, M.« Molecular Size of Renal Na + -H+ Antiporter », Biochem.Biophys.Res.Comm., vol.152, 1988, p.484-489.14.HEDIGER, M.A., COADY, M.J., IKEDA, T.S., WRIGHT, E.M.« Expression Cloning and cDNA Sequencing of the Na+/Glucose Co-transporter », Nature, vol.330, 1987, p.379-381.15.LAPRADE, R., LAPOINTE, J.Y., BRETON, S„ DUPLAIN, M., CARDINAL, J.« Intercellular Potassium Activity During Modulation in Transepithelial Sodium Transport in the Rabbit Proximal Convoluted Tubule Perfused in Vitro », à paraître dans J.Membrane Biol.16.BERTELOOT, A.« Highly Permeant Anions and Glucose Uptake as an Alternative for Quantitative Generation and Estimation of Membrane Potential Differences in Brush Border Membrane Vesicles », Biochim.Biophys.Acta, vol.857, 1986, p.180-188.VERS UNE NOUVELLE CULTURE INDUSTRIELLE LE CONSEIL DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE: « est convaincu que, pour réussir dans le nouvel environnement économique et technologique, les Québécois doivent articuler leur développement autour des trois éléments stratégiques suivants: ?une nouvelle culture industrielle qui accorde une place centrale au progrès technologique et aux ressources humaines hautement qualifiées; ?la collaboration et le partenariat entre les gouvernements, les universités et les entreprises pour donner corps à cette culture et pour faire face aux concurrents étrangers; ?la continuité et la cohérence des structures, des politiques et des interventions qui visent à favoriser le développement scientifique et technologique.» (1) 1 Extrait tiré de: Science et technologie: Conjoncture 1988.Second Rapport sur la conjoncture scientifique et technologique au Québec.Conseil de la science et de la technologie.Septembre 1988, pp.6-7.Gouvernement du Québec Conseil de la science et de la technologie Québec n n UN PARTI PRIS POUR LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE Trois interventions appuient la recherche orientée ou prioritaire.Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science assure, par divers programmes, le développement et le maintien d’une base scientifique vigoureuse, essentielle à notre capacité d’innovation et à la maîtrise de notre avenir technologique.Sur le plan de la recherche libre et de la formation de chercheurs et de spécialistes, des subventions générales de fonctionnement (1,3 milliard de dollars) sont allouées aux universités.Pour leur part, les programmes gérés par le Fonds pour la formation des chercheurs et l’aide à la recherche (35 millions de dollars) sont destinés au soutien d’activités de recherche et à l’attribution de bourses.La recherche orientée contribue plus directement au développement du savoir et à la formation des chercheurs dans des domaines stratégiques pour l’avenir socioéconomique du Québec.Ainsi, les travaux des chercheurs subventionnés visent à aider les entreprises et les organismes à résoudre les problèmes spécifiques ou à développer de nouveaux produits et procédés.• Le Programme d’actions structurantes accorde un appui financier à 42 équipes de recherche dont les travaux ont une incidence directe sur les activités de production ou de service dans des secteurs clés de notre économie.• Le soutien à quatre centres de recherche appliquée: le Centre québécois pour l’informatisation de la production, le Centre québécois de valorisation de la biomasse, le Centre québécois de recherche sur les applications pédagogiques de l’ordinateur et le Centre de recherche informatique de Montréal (budget: 10 millions de dollars).• Le soutien à l’emploi scientifique, qui favorise l’échange de ressources et de connaissances entre le monde universitaire et l’entreprise.Ainsi, ceux et celles qui osent, qui explorent et qui approfondissent de nouvelles voies peuvent faire appel aux ressources offertes par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science pour la réalisation de leurs projets.Gouvernement du Québec Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science Message de l'honorable Lucien Bouchard Ministre de l’Environnement du Canada Je me fais un plaisir de féliciter tous ceux et celles qui, tant à la direction de l’Université du Québec à Montréal qu’à l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, ont rendu possible la tenue de ce cinquante-septième congrès annuel.À ma connaissance, aucune manifestation aussi prestigieuse ne réunit autant de chercheurs et de sommités oeuvrant dans tous les domaines liés à la science et au développement technologique.Près de 98 ateliers seront présentés dans le cadre du congrès et quelque 6000 chercheurs y sont attendus.Comme titulaire d’un ministère à vocation scientifique, je ne peux qu’encourager la tenue de telles assises.Le 3 juin 1988, le très honorable Brian Mulroney, Premier ministre du Canada, annonçait la mise en oeuvre d’un plan d’action énergique visant à protéger, conserver et restaurer le fleuve Saint-Laurent.À cet effet, le gouvernement fédéral annonçait la création, à Montréal, du Centre Saint-Laurent, une composante d’Environnement Canada.Véritable plaque tournante de la recherche scientifique et du développement technologique, 1^1 Environnement Environment Canada Canada le Centre Saint-Laurent catalysera l’expertise et les compétences des différents partenaires en établissant un réseau avec les secteurs industriels, universitaires, privés et gouvernementaux susceptibles de collaborer à l’émergence d’une industrie environnementale de pointe.Pour ce faire, le Centre Saint-Laurent mènera des recherches sur les technologies industrielles visant à réduire les rejets toxiques, et sur le développement des ressources et de l’expertise canadienne en matière d’écotoxicologie et de chimie organique.Au crépuscule d’un siècle marqué par les progrès fabuleux de la science et de la technologie, nous abordons une nouvelle étape de notre prise de conscience de l’environnement.Cette étape va être celle de la responsabilisation, c’est-à-dire d’une prise en charge individuelle et collective qui débouchera sur un avenir viable, aussi bien sur le plan de l’économie que sur celui de l’écologie.C’est l’invitation que j’adresse à tous les Canadiens et Canadiennes, et plus particulièrement à la communauté scientifique.Puisse la science être le gage d’un avenir meilleur et contribuer au maintien de notre qualité de vie.Le ministre de l’Environnement Lucien Bouchard rHEY SUFFER, l&THEYcry , hey die o*"r\r\r\ ¦ * ¦ Multiculturalisme et Multiculturalism and 1gLVJ.GL (oiy) yy4-^U^U Citoyenneté Canada Citizenship Canada Combattre sur tous les fronts le mouvement anti-science, rendre à la passion de savoir sa place dans la culture et l’éducation, faire admettre à tous l’enjeu social de la recherche, en un mot, donner une vision nouvelle de l’avenir de la science, tel est l’objectif de ce livre.LES CONCEPTS SCIENTIFIQUES : INVENTION ET POUVOIR Isabelle Stengers et Judith Schlanger Éditions La Découverte 1989,166 pages, 20,95 $ ISBN 2-7071-1809-5 SCIENCES PURES MÉCANIQUE VIBRATOIRE.SYSTÈMES DISCRETS LINÉAIRES Michel Del Pedro et Pierre Pahud Presses polytechniques romandes 1989,272 pages, 58$ ISBN 2-88074-158-0 DIVERS LOISIR & SOCIÉTÉ Département des sciences du loisir Université du Québec à Trois-Rivières 1988,498 pages, 14 $ ISBN 2-760504-95-6 Ce volume aborde le phénomène des médias, des industries culturelles et des nouvelles technologies de la communication.CATHEDRALS OF SCIENCE : THE DEVELOPMENT OF COLONIAL NATURAL HISTORY MUSEUM DURING THE LATE NINETEENTH CENTURY Susan Sheets-Pyenson University Press, Kingston et Montréal 1988,144 pages, 24,95 $ ISBN 0-7735-0655-1 A partir d’une étude comparative de cinq musées d’histoire naturelle (Christchurch, Melbourne, Montréal, Buenos Aires, La Plata), l’auteure analyse, entre autres, les caractéristiques premières du musée McCord de Montréal, qui fut l’un des muséums les plus représentatifs de l’époque coloniale de la fin du XIXe siècle. PROGRAMME DES ÉTUDES CANADIENNES La Direction des études canadiennes appuie financièrement la mise sur pied de divers projets destinés à n'importe quel niveau d'enseignement ou au grand public, qui visent à encourager les Canadiens à mieux connaître leur pays.Deux concours ont lieu chaque année : les 1er avril et 1er novembre sont les dates limites d'envoi des demandes de subvention.Les programmes de financement appuient l'élaboration de matériel didactique imprimé, audio-visuel, informatisé ou assisté par ordinateur, l'éducation ouverte, l'enseignement à distance et les activités d'information du grand public sur les études canadiennes.L'appui du secteur privé dans le domaine des études canadiennes est aussi encouragé.Les demandes de fonds doivent porter sur un ou plusieurs des domaines suivants : • Le Canada en tant que nation souveraine • Les médias dans la société canadienne • Études comparatives au Canada et sur le Canada • Le Canada dans le monde • La science dans une perspective canadienne NOUVELLES PUBLICATIONS GUIDES PÉDAGOGIQUES DES ÉTUDES CANADIENNES Cette collection de guides pédagogiques est une introduction à des thèmes en études canadiennes tels que : l'économie du Canada, la géographie, le gouvernement et la politique, l'histoire, les littératures de langue anglaise et de langue française, et le multiculturalisme.Dans chaque guide figurent un tour d'horizon du sujet, une bibliographie critique, une liste d'ouvrages de référence, d'instruments de recherche et de revues savantes, des micro-formes, documents audiovisuels et sources informatisées, de même qu'une liste des fournisseurs de matériel.RÉALITÉS CANADIENNES Cette collection d'ouvrages aborde diverses questions intéressant le Canada contemporain telles que : le Nord canadien; le visage de la capitale nationale; l'innovation au Canada; le travail et les syndicats au Canada; le Canada et le Bassin du Pacifique.Ces publications sont distribuées gratuitement, en anglais et en français, jusqu'à épuisement des stocks.Si vous désirez obtenir copies de nos publications et/ou des renseignements supplémentaires sur l'admissibilité à nos programmes ainsi que des formulaires de demande, veuillez vous adresser à : La Direction des études canadiennes Secrétariat d'État Ottawa (Ontario) K1A 0M5 Téléphone : (819) 994-1544 FAX : (819) 997-7836 ¦?I Secrétariat d'État Department of the Secretary du Canada of State of Canada LA DIRECTION DES ÉTÉ DES CANADIENNES CANADIAN STLEIES DIRECTE Canada 97 CHERCHEUR CHERCHÉS INTERFACE MAI • JUIN 1989 PAR JOCELYNE THIBAULT Université de Montréal Votre librairie scientifique En plus de vous offrir un vaste fonds d'oeuvres scientifiques, la Librairie de l'Université de Montréal peut commander pour vous des livres en provenance des cinq continents.yBRAIRI£ • Commandes téléphoniques et postales acceptées • Paiement par carte de crédit • Livraison rapide Information 343-6210 343-7362 Conformément aux exigences prescrites en matière d’immigration au Canada, la priorité sera accordée, pour ces emplois, aux citoyens canadiens et aux résidents permanents.Ces postes sont ouverts aux femmes ainsi qu’aux hommes.ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTREAL DÉPARTEMENT DE GÉNIE ELECTRIQUE PROFESSEUR Ce département sollicite des candidatures pour un poste de professeur à temps complet.Fonctions : la personne choisie jouera un rôle de premier plan dans des activités de recherche et d’enseignement en automatique.Exigences : posséder un doctorat en génie électrique avec spécialisation en automatique ou dans un domaine connexe.La préférence sera accordée aux candidats expérimentés en théorie et pratique des systèmes de commande, commande numérique en temps réel, optimisation ou robotique.Faire parvenir un curriculum vitae, avant le 15 juin 1989, à : Jean-Louis Houle Directeur Département de génie électrique Ecole polytechnique C.P.6079,suce.A Montréal (Québec) H3C 3A7 UNIVERSITE DE MONTREAL UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE DÉPARTEMENT D'ETUDES FRANÇAISES PROFESSEUR AGRÉGÉ OU TITULAIRE Exigences : doctorat, publications de haut niveau, expérience diversifiée de l’enseignement et de la direction de recherche, spécialisation en littérature française des XIXe et XXe siècles, théorie de la littérature et intérêt pour les recherches interdisciplinaires.Date d’entrée en fonction : janvier 1990 PROFESSEUR ADJOINT Exigences : doctorat en littérature française ou québécoise ; spécialisation en littérature québécoise du XXe siècle (avec un intérêt pour les littératures francophones).Date d’entrée en fonction : janvier ou juin 1990 Traitement : selon la convention collective Faire parvenir un curriculum vitae, avant le 15 octobre 1989, à : Bernard Beugnot Directeur Département d’études françaises Université de Montréal C.P.6128, suce.A Montréal (Québec) H3C 3J7 DÉPARTEMENT DE CHIMIE PHYSIQUE PROFESSEUR Ce département de la Faculté des sciences demande un professeur à temps complet en chimie physique.Fonctions : enseignement de la chimie physique au 1er cycle ; enseignement aux 2 e et 3e cycles et direction d’étudiants de maîtrise et de doctorat ; développement d’un programme de recherche.Exigences : doctorat en chimie et expérience de recherche en chimie physique expérimentale.Date d’entrée en fonction : 1er septembre 1989 Traitement : selon la convention collective Faire parvenir un curriculum vitae, des tirés à part de publications, un bref exposé du programme de recherche envisagé et les noms et adresses de trois personnes susceptibles de fournir des recommandations, avant le 4 juillet 1989.à : Monsieur le Doyen Faculté des sciences Université de Sherbrooke 2500, boul.Université Sherbrooke (Québec) J1K2R1 SiSÉL 98 DES QUESTIONS SUR L’ORDINATEUR A L’ECOLE?Exigences : doctorat, expe- DÉPARTEMENT D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE ET D'ADMINISTRATION SCOLAIRE PROFESSEUR Ce département de la Faculté d’éducation demande un professeur régulier à plein temps en psychométrie.Fonctions : enseignement aux 1er et 2e cycles, encadrement d’étudiants et activités de recherche, principalement en psychométrie.Exigences : diplôme de 3 e cycle dans le domaine de la psychométrie.Expérience de recherche et expérience professionnelle seront considérées comme des atouts privilégiés.Etre membre de la Corporation professionnelle des conseillers et conseillères d’orientation du Québec ou être admissible à le devenir.Date d’entrée en fonction : 1er août 1989 Traitement : selon la convention collective Faire parvenir un curriculum vitae, avant le 15 mai 1989, à : Monsieur le Doyen Faculté d’éducation Université de Sherbrooke 2500, boul.Université Sherbrooke (Québec) J1K2R1 UNIVERSITÉ DU QUEBEC A MONTREAL DÉPARTEMENT DE PHYSIQUE PROFESSEUR RÉGULIER Fonctions : enseignement aux trois cycles, poursuite d’un programme de recherche autonome, service à la communauté.rience de recherche dans un des domaines suivants : physique de l’atmosphère, météorologie dynamique, climatologie physique ou domaines connexes.Date d’entrée en fonction : 1er juillet 1989 Traitement : selon la convention collective SPUQ-UQAM Faire parvenir un curriculum vitae en français, daté et signé, avant le 30 mai 1989, à : Isztar Zawadzki Directeur Département de physique Université du Québec à Montréal C.P.8888, suce.A Montréal (Québec) H3C 3P8 DÉPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES PROFESSEUR RÉGULIER Fonctions : enseignement en toxicologie et en biochimie aux trois cycles, recherche, service à la communauté.Exigences : doctorat en toxicologie et en biochimie ou biologie moléculaire, expérience postdoctorale souhaitable, capacité de s’intégrer à une ou des équipes de recherche au département, expérience en enseignement et recherche.Date d’entrée en fonction : 1er septembre 1989 Traitement : selon la convention collective SPUQ-UQAM Faire parvenir un curriculum vitae en français, daté et signé, avant le 9 juin 1989, à : Michel Fournier Département des sciences biologiques Université du Québec à Montréal C.P.8888,suce.A Montréal (Québec) H3C 3P8 Commission scolaire Berthier-Nord-Joli.École Bernéche Commission scoiaire de Brassard, École Sainte-Claire Commission scolaire de la Mani-couagan Commission scolaire de Saime-Croix.École Jonathan Commission scolaire des Chutes de la Chaudière - Institut Nazareth Louis 3rail!s Videotron Plus Ministère de l’Éducation du Quebec YY1ATS Sonovision Inc Unisys Canada inc.; Villa des Lys Inc.Commission scolaire St-Eustache Commission scolaire.Val Monts Commission scolaire Vallée-de-la-Liévre École des ingénieurs informaticiens de "Institut national supérieur de l’enseignement technique (Côte d’ivoire) Ecole Marguerite d’Youville Faitec inc.Formula One inc.GISEQ Groupe META Inc, H.D.Stoloviîch et Associés Hexamedia IBM Canada Itée institut d’ordinique (Collège Lionel Groulx) Olivetti Canada itée Université de Montréal Le Transit inc.Les services conseils Systématix inc.Les Systèmes d’Ordinateurs Logo Inc.(LCSI) Lettres en main Logiciels Arnso Luc Michaud Inc.Machina Sapiens Inc.Martineau et Walker Micro Intel inc.Commission scoiaire Le Gardeur Musée de Lachine, Services récréatifs et communautaires ON/Q Corp.Québit Logiciel inc.Recherche et développement Loranger Enr, Commission scoiaire régionale protestante Western Québec Université du Québec à Montréal (UQAM) Université Mohammed V (Maroc) Commission scolaire des Découvreurs, École Marguerite d’Youville Roy Yj V^Gilles-André Lachapelle Ginette Landg Vn Marthe Langlois Renée Leblanc U Y ipry Hélène Lebel Andrée Longpré M Claude Arpin Rodolphe Arseneault Lise Babin Robert Ballard Marion Barfuth Josianne Basque Monique Beauchamp-Payer Robert Beauche-min Stéphane Bélanger Anne Bergeron Guy Bergeron Jean Bergeron Jocelyn Berthelot Christine Bérubé François Bitty’ Essan Pierre Black Marcel Bonneville Jacques Bordier Guy Boudreau Albert BouiapCjaud^ firassÿd Christine Breton Henri-Paul Bureau Charles Camftafllfy IIHMartine Chomienne Jean Chouinard Marie Cliche* aU|U&utiUflflippe Colle Aiain Côté Benoit Côte Michei Coziç_Paul D’Amotg Louise Dallaire-Klinok Zita De Koninck Michel DécatMQAMJWAt: Desautels Renée Desautels Monique Dontigny sRSmVmmUG^on Dubreuii Annette Dugas Bertrand Dugré Kenneth Fogel Monicwe Forget JJenoit Fortier Jacques Fournier A’ Vf è;•fÆJj wËO 3 " Charlotte Géli- nas Marcel^Ji' IVVflVI VlAnick Hernandez Nicole Huneauit Lawrence E.Johnson Hélène Kayler Jean Lachance Gilles-André dry Marie Andrée Loi Huguette M] Michaud R Ginette Landreville Diane Landry Gilles Lan-ihe Langlois Hélène Lebel Renée Leblanc 5l|pn Longpré J/tichel Loranger Gilles Maheu proier Claire Meunier Luc Rick Monaghan Renaud Nadeau Syl^Ein RaUlTNoëi Pierre Nonnon Richard Pallascio Gilbert Paquette Lise Faquin Lynda Perron Michel Pérusse Candide Pineault Marielie Pratte Abderrahmane Rida Anne Rinfret Danielie Roberge Jean Robillard André Roux Daniel Roy Paul AnneSavard Harold D.Stolovitch LaurentTalbot Alain Irre Tremblay Hélène Trudel Normand Valcourt Roland tle Welch Laura Winer Richard Young Antoine Akpa Jean Diane Landry Jartin Longpré oc UNE PRÉSENTATION DU CENTRE QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE SUR LES APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES DE L'ORDINATEUR (APO QUÉBEC) ET DE SES PARTENAIRES.ÛPO (Éffl QUÉBEC 2001, boulevard Saint-Laurent, Montréal (Québec) H2X 2T3 Téléphone: (514) 849-1265 Télécopieur: (514) 849-5450 A la fine Pointe Etre à la fine pointe, c’est entreprendre des recherches que personne d’autre.Par exemple, ce serait essayer de mettre au point un bloc-note où des lettres et des mots tracés à la main pourraient, grâce à un système électronique, être transformés en caractères typographiques.Le professeur Réjean Plamondon tente de réaliser ce projet.La fine pointe, ce serait de fabriquer des emballages en plastique biodégradable comme réussit à la faire le professeur Bruce Ramsay et ses collègues du groupe BIOPRO.Se placer à la fine pointe, ce serait améliorer les performances des fibres optiques au point de transmettre les messages à la vitesse de la lumière.C'est une telle performance que tentent d’atteindre le professeur Romain Maciejko et son équipe.Il existe des centaines de projets comme ceux-là à l’École Polytechnique.La plupart illustrent la double priorité qu’affiche l’École: le développement de l’informatique et des matériaux.Être à la fine pointe, c'est participer à l’un d’entre eux, faire partie d’une équipe de recherche, c'est entreprendre.des études supérieures en génie à Polytechnique Renseignements: École Polytechnique Service des études supérieures Case postale 6079, succursale A Montréal (Québec) Canada H3C 3A7 Tél.: (514) 340-4605 À la fine pointe: Microélectronique.Télécommunications.Matériaux.Énergie Biomédecine.Plastiques composites.Aérospatiale.Biotechnologie.Superinformatique.Robotique-Intelligence artificielle.La recherche et ses sigles CRASP (CM)2 CRTC GRCT GRM CASTOR LAIMO CCARM GRMIAO BIOPRO IREM GERAD CRT CRIM GIPG Le choix est vaste, il couvre toutes les disciplines du génie.Les programmes regroupent 400 cours que dispensent 250 professeurs et chercheurs.Plus de 1 050 étudiants à la maîtrise et au doctorat bénéficient de l’esprit de recherche qui anime les activités de formation particulièrement aux cycles supérieurs.Plus de 1 000 publications témoignent, chaque année, de la contribution des chercheurs de Polytechnique à l’avancement des connaissances.La recherche représente un budget de 15 561 031 $.Près de 3 884 618 $ proviennent de contrats avec des entreprises industrielles.Le Centre de caractérisation micros-scopique des matériaux (CM)2 dispose des appareils d'analyse les plus puissants du Canada, le Centre de calcul vit à l’ère de la superinformatique grâce à son ordinateur IBM 3090 à traitement vectoriel.D’autres ressources techniques sont comparables à celles que l’on trouve dans les industries à la fine pointe.ECOLE POLYTECHNIQUE gO&KSf UQAM MCM LXXX m : .: .'
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