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Titre :
Interface : la revue de l'ACFAS
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1984-2000
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'ACFAS
  • Successeur :
  • Découvrir (Montréal, Québec)
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Interface : la revue de l'ACFAS, 1990-03, Collections de BAnQ.

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'q7:11 4,50$ VOLUME 11, NUMERO 2 LA REVUE DE LA\RECHERCHE MARSAVRIL1990 I PER A-522 EX.2 NTERFACE La violence physique chez les garçons Microélectronique : les défis de l’intégration Face à face Georges Michaud Un astrophysicien particulier Les sciences sociales au Québec : choisir maintenant notre avenir L’Université du Québec, 20 ans après Les graisses saturées encore coupables L’hyperactivité : un problème sous-estimé Un lac témoin Coup d’œil statistique sur l’agriculture Des plasmas aux poudres L’étranger dans la littérature québécoise Recycler les boues en fertilisant la forêt iiiliii!! su® fs?| im ! bc I i* • Ie ¦ " f ¦ î I 1 .¦'".y.i; ; mm >-k-y kVERSITK -7$ ENTREVUE FACE À FACE GEORGES MICHAUD Joane Arcand 9 ARTICLES LA VIOLENCE PHYSIQUE CHEZ LES GARÇONS : UN COMPORTEMENT À COMPRENDRE ET À PRÉVENIR 12 Richard E.Tremblay, Claude Gagnon, Frank Vitaro, Marc LeBlanc, Serge Larivée, Pierre Charlebois et Hélène Boileau MICROÉLECTRONIQUE : LES DÉFIS DE L’INTÉGRATION 20 Yvon Savaria, Pierre Lavoie et David Haccoun CHRONIQUES ÉDITORIAL LES SCIENCES SOCIALES AU QUÉBEC : CHOISIR MAINTENANT NOTRE AVENIR Louis Maheu 5 MODEM L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC, 20 ANS APRÈS 26 - UNE UNIVERSITÉ D’UN AUTRE TYPE Laurent Laplante - 20 ANS, TOUS SES CHEVEUX.Léo A.Dorais SCIENCECLIPS .LES GRAISSES SATURÉES ENCORE COUPABLES .L’HYPERACTIVITÉ : UN PROBLÈME 32 SOUS-ESTIMÉ 32 .UN LAC TÉMOIN .RECYCLER LES BOUES EN FERTILISANT LA 34 FORÊT .COUP D’OEIL STATISTIQUE SUR 35 L’AGRICULTURE 36 .DES PLASMAS AUX POUDRES .L’ÉTRANGER DANS LA LITTÉRATURE 37 QUÉBÉCOISE 39 TRANSFERTS Gilles Drouin 41 SCIENCE-INTER Sophie Malavoy 42 BOURSES ET PRIX Jocelyne Thibault 45 À SUIVRE Jocelyne Thibault 47 SOURCES Jocelyne Thibault 49 CHERCHEURS RECHERCHÉS Jocelyne Thibault 53 INTERFACE Revue bimestrielle sans but lucratif, INTERFACE est publiée à l’intention de la communauté scientifique par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas), avec l’aide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science.Note : le genre masculin est utilisé dans INTERFACE au sens neutre et désigne aussi bien les femmes que les hommes.Directrice générale de l’Acfas : Danielle Ros Rédactrice en chef : Sophie Malavoy Adjointe administrative : Jocelyne Thibault Comité de rédaction : Thérèse Bouffard-Bouchard, Jean Hamann,Laurent Lewis, Denise Pelletier et Justine Sergent Direction artistique : Mathilde Hébert, Annie Pencrech Typographie : Composition Solidaire inc.Révision linguistique : Hélène Larue Publicité : Yves Ouellette, SOCREP, 3995, rue Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H1W 2G7, (514) 522-1304, FAX : (514) 522-1761 Photo de la page couverture : René De Carufel Les articles d'INTERFACE peuvent être reproduits sans autorisation à condition que l’origine en soit mentionnée.Pour toute demande de renseignements, s’adresser à l’Acfas, 2730, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B7, (514) 342-1411, FAX : (514) 342-9552.La revue INTERFACE est répertoriée dans Point de repère.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 6489, 7 mars 1990 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1990, ISSN : 0826-4864 us ALIMENTS CHANGENT D I US machines AHtioe luotldicj J» CONSE Jean-Jacques Natto DONNEZ un yHNEMENT-CÂ nnm enverr°ns ei È la npUne superbe 3 is personne chanceuse! Veuillez abonner.magazine(s) suivant) QUÉBEC SCIENCE O iir pniT-DÉBROUILLE ?k-tss a FRftNC-NORD 3 adresse CODE POSTAL rbonnement-cadeau C’est un al agence science-presse 3995, Ste-Cathenne Montréal (Québec) de la part de l'ordre de un chèque .USEZ L’AVENIR ;ôhïfi®® ft'iyr1 jazme sans Iront®e-e i actualité scientrti-ologie.informatique, ez aujourd'hui ce qui i! un an.onze nume ne fenêtre sur le mo Écologie vous péri agir Au me^ lerise nt notre société, de ue et internationale.pratique Jardinage, e au quotidien en Fr.olouie.unan.6n mi s'intéressent à -siSn.ï illustre de six numé-inciut le mem-la conser- FORÊT C0N$ERW1.\' ÊÊÊÊWHÊ WMlêlP'jêiliiiiiMâê /iïmSÊÈËMÊ mm GEORGES MICHAUD UN ASTROPHYSICIEN PARTICULIER PAR JOANE ARCAND Georges Michaud n ’est pas à proprement parler un astrophysicien « à la mode ».Foin des trous noirs, des pulsars et des quasars ! Ce chercheur se passionne pour des phénomènes moins spectaculaires, moins médiatiques, mais peut-être plus fondamentaux.Georges Michaud est un théoricien de l’abondance : celle des éléments chimiques contenus dans les étoiles et dont nous sommes nous-mêmes constitués.Il est le meilleur dans son domaine.Une reconnaissance internationale qui rejaillit sur le Département de physique de l ’Université de Montréal, où il enseigne depuis déjà 20 ans.Au milieu des années 60, Georges Michaud, originaire de Québec, vient de décrocher un baccalauréat en physique à l’Université Laval.Il cherche .des sujets de recherche.« J’ai fait le tour des domaines où il y avait le plus à faire et l’astrophysique, qui me plaisait bien, m’est apparue comme une possibilité.» A l’époque, cette discipline en est à ses premiers balbutiements au Québec.Georges Michaud consulte Hubert Reeves, alors jeune professeur d’astrophysique à l’Université de Montréal, pour qu’il lui suggère les meilleures écoles où débattre les questions de l’heure ; par exemple, cette théorie relativement nouvelle qu’on appelle nucléosynthèse, un processus selon lequel, par des réactions nucléaires successives au cœur des étoiles, l’hydrogène se transforme progressivement en éléments de plus en plus lourds (hélium, carbone, azote, oxygène, silicium.).Reeves propose Cornell, Princeton ou le California Institute of Technology (Caltech, pour les intimes).Michaud a lu dans des revues spécialisées que cette dernière institution cultive particulièrement les hens avec les grands observatoires, comme celui du mont Palomar.Étonnante, cette considération, pour un aspirant théoricien de l’astrophysique?«Non, justement, répond Michaud.C’est important pour un théoricien de garder un peu les deux pieds sur terre en échangeant avec les astronomes- observateurs.» Dans bien des cas, les données des astronomes, c’est de l’eau au moulin pour les astrophysiciens, qui passent leurs nuits plutôt devant l’ordinateur que l’œil rivé à un télescope.À LA DÉCOUVERTE DE LA CALIFORNIE.ET DES « PARTICULIERES » L’été qui précède son départ pour Caltech, Georges Michaud est engagé, comme beaucoup de jeunes étudiants en physique, aux laboratoires d’Énergie atomique du Canada à Chalk River.C’est là qu’il rédige son premier article scientifique sur le taux de réaction nucléaire à l’intérieur des étoiles.Au Caltech, l’étudiant montre le fruit de son labeur estival à William Fowler, un des pères de la théorie de la nucléosynthèse (ce dernier obtiendra d’ailleurs le Nobel en 1983), qui se mon- FAC ACE 10 INTERFACE MARS • AVRIL 1990 Wïfji y.1,"/;'/ mi tre tout de go intéressé à diriger ses travaux de doctorat.Fowler venait de proposer un modèle très compliqué — à un point tel qu’on ne pouvait pratiquement pas l’appliquer — pour expliquer les phénomènes observés sur un type d’étoiles dites « particulières ».Particulières parce qu’elles ont des masses et des températures deux à trois fois plus élevées que celles du Soleil.Particulières aussi parce qu’elles ont des compositions chimiques très différentes de celles de la majorité (80 p.cent) des étoiles semblables au Soleil.Elles peuvent, par exemple, contenir un million de fois plus d’or ou de mercure et dix fois moins d’hélium.Ces étoiles « particulières » ne semblent donc pas suivre le schéma universel proposé par la nucléosynthèse.Comment expliquer ces surabondances ou ces sous-abondances d’éléments ?Fowler met Georges Michaud sur le coup.Celui-ci a tout l’été pour trouver quelque chose.« L’été en Californie, dit-il, quoi de plus agréable que de lire des ouvrages de science en faisant du camping ! » C’est donc sous la tente, où s’entassent des bouquins sur le transport des particules, que Michaud imagine d’appbquer la théorie de la diffusion aux étoiles particulières : celles du haut de la séquence principale, c’est-à-dire de jeunes étoiles qui en sont encore à brûler l’hydrogène de leur noyau central.Rappelons ici en quoi consiste la diffusion.Les éléments lourds s’accumulent à la surface des étoiles particulières, dans les couches extérieures que nous pouvons observer.C’est ce qui nous fait croire qu’ils sont en quantité anormalement élevée.Les éléments les plus légers s’enfoncent, quant à eux, vers le centre.On les décèle donc en moins grande quantité.A fortiori, on serait plutôt tenté de supposer le contraire : sous l’effet de la gravitation, ce qui est lourd s’enfonce et ce qui est léger s’élève.Mais ici, la force de gravitation s’oppose à une autre force, en direction opposée, celle due au rayonnement, à la lumière des photons.Les éléments lourds en absorbent plus que les éléments légers et sont ainsi traînés vers la surface.Ce modèle est maintenant universellement accepté.Il a consacré Michaud comme le spécialiste des anomalies d’abondance.« L’aspect le plus intéressant de ce travail, dit-il, a été de démontrer que la diffusion était un processus important dans les régions externes des étoiles et, ensuite, de chercher dans quelles étoiles elle jouait un rôle.» On sait maintenant que c’est le cas dans toutes les étoiles naines blanches et dans 20 p.cent des étoiles plus chaudes et plus massives que le Soleil.Il fallait ensuite tenir compte de tout un ensemble de phénomènes complexes comme les vents, les turbulences ou la circulation méridienne qui ont cours dans les atmosphères stellaires, louaient-ils un rôle dans la répartition des éléments?« C’est comme à Montréal par jour de grand vent, explique l’astrophysicien : la pollution se distribue sur une plus grande zone.Alors que par temps calme, elle se dépose juste au-dessus de la ville.» On connaît encore très peu de choses sur l’hydrodynamique des étoiles, selon Georges Michaud, qui prévoit que ce sera là un champ de recherche de prédilection dans les années à venir.Et si vous croyez que le domaine est un peu ésotérique, dites-vous bien que les ingénieurs s’y intéressent vivement.Les progrès en hydrodynamique des étoiles amèneront de nouvelles applications en météorologie, en sciences de l’environnement et dans l’industrie.La conception des moteurs d’avion, par exemple, demande le même type de calculs que ceux sur lesquels se penche Georges mmm •üsl.UvYitt Michaud.Il a travaillé entre autres avec un chercheur de l’Université Concordia, Wagdi Habashi, à un projet de Centre d’excellence en calculs numériques, en aérodynamique et en dynamique des fluides (CANADF).LA THÉORIE ET L'OBSERVATION Les astrophysiciens élargiront leurs connaissances grâce au développement de nouveaux instruments et de nouveaux télescopes.Georges Michaud s’émerveille devant ces joujoux technologiques, qui repoussent toujours plus loin les confins de l’Univers : des télescopes spatiaux comme VIVE (International Ultraviolet Explorer) et bientôt le Hubble, ou des détecteurs électroniques CCD (Charge Couple Device), qui permettent maintenant une précision de dix à cent fois plus grande que les détecteurs classiques, les plaques photographiques.Les contacts entre observateurs et astrophysiciens s’en trouvent multipliés : ils ont de plus en plus de choses à se dire ! Ainsi, grâce à ces puissants détecteurs dont sont munis entre autres les télescopes Canada-France-Hawaï (CFH), on peut enregistrer les raies spectrales des galaxies ou des étoiles, les analyser et obtenir la composition chimique, la masse, la température, la vitesse et la distance de l’objet observé.Georges Michaud a notamment travaillé sur les données d’une équipe de l’observatoire CFH relatives à la quantité de lithium dans certains types d’étoiles.Le lithium, un des éléments les plus rares de l’Univers, est une des plus intéressantes reliques du big bang, explique Georges Michaud.« On essaie de déterminer sa quantité initiale dans des étoiles du halo de notre galaxie, c’est-à-dire des étoiles très vieilles qui se sont probablement formées avant même le disque de la galaxie.H y a dix fois moins de lithium dans ces étoiles que dans les étoiles jeunes.En était-il ainsi au début, après l’explosion initiale?» C’est là-dessus que se penchent présentement Georges Michaud et sa petite équipe de l’Université de Montréal : deux INTERFACE MARS • AVRIL 1990 boursiers postuniversitaires, un étudiant au doctorat et un informaticien, Des étudiants choyés, à qui Michaud consacre beaucoup de temps malgré les conférences, les voyages et l’organisation de symposiums.Du temps, s’en garde-t-il pour lui ?Comme pour se défendre de trop travailler, il nous assure qu’il prend trois semaines de vacances pendant lesquelles il profite de son quillard de cinq mètres sur le lac Saint-Louis.Durant l’année, quotidiennement, comme Robert Bourassa, il fait ses longueurs de piscine.Il n’est pourtant pas Spartiate, car il aime la bonne chair, le bon vin et la belle musique, Schubert entre autres.Parions, pour rester dans l’élément eau, qu’il écoute .La Truite.Georges Michaud parle peu.C’est un homme simple, peu friand des formules-chocs qui font image et qu’utilisent souvent les astrophysiciens pour essayer de faire pénétrer le commun des mortels dans l’univers complexe des étoiles.Mais il juge la vulgarisation comme une entreprise importante et nécessaire.Il s’anime lorsqu’il est question de recherche.S’il s’inquiète du peu de subventions accordées aux universités en cette matière, il est fier des performances des astrophysiciens québécois, qui jouissent d’une excellente réputation nationale et internationale.Une quinzaine de chercheurs proportionnellement mieux subventionnés par le CRSNG que l’ensemble de la communauté canadienne d’astrophysiciens.« Ce sont des progrès remarquables, souligne Georges Michaud, quand on songe qu’en 1950, il n’y avait aucun département de physique dans les universités francophones.» Georges Michaud a raflé les prix, depuis 10 ans : prix Vincent de l’Acfas, prix Steacie, prix Janssen de l’Académie des sciences de Paris et bourse Killam.Il a tissé de nombreux réseaux avec des chercheurs, partout dans le monde, au fil de la soixantaine de conférences et de communications qu’il a données.Il a des liens particulièrement étroits avec les Français, en partie à cause d’Hubert Reeves, qui a toujours gardé contact avec l’Université de Montréal.Michaud a prononcé plusieurs conférences à Nice, Toulouse ou en Belgique, en français.Il fait remarquer que les deux langues de YIAU, l’Union astronomique internationale, sont le français et l’anglais.« Mais il faut bien sûr tenir compte de l'auditoire à qui vous vous adressez, dit-il.Devant des francophones, en territoire francophone, on devrait utiliser le français.Devant un auditoire international, hautement spécialisé, une présentation détaillée ne peut échapper à l’anglais.» L’été dernier, à Montréal, il a présidé en français l’assemblée annuelle de la Société canadienne d’astronomie.Mais la plupart des communications scientifiques ont été lues en anglais.En août prochain à Druzba, en Bulgarie, Georges Michaud coprésidera avec un collègue soviétique un important symposium sur les abondances dans les atmosphères stellaires.Un symposium où toutes les hypothèses sur la structure chimique de « celles » qui osent ne pas ressembler au Soleil seront examinées.La Bulgarie avait été suggérée par le co-président soviétique parce que, disait-il alors, le pays était plus ouvert aux touristes.Mais c’était avant.Avant le Mur de Berlin, dont il sera sûrement autant question cet été que du Grand Mur galactique.¦ A Université de Montréal Votre librairie scientifique En plus de vous offrir un vaste fonds d’oeuvres scientifiques, la Librairie de l’Université de Montreal peut commander pour vous des livres en provenance des cinq continents.LA .O /' • Commandes téléphoniques et postales acceptées • Paiement par carte de crédit • Livraison rapide Information 343-6210 343-7362 12 LA VIOLENCE PHYSIQUE CHEZ LES GARÇONS : UN COMPORTEMENT À COMPRENDRE ET À PREVENIR PAR RICHARD E.TREMBLAY, CLAUDE GAGNON, FRANK VITARO, MARC IbBLANC, SERGE LARIVÉE, PIERRE CHARLEBOIS ET HÉLÈNE BOILEAU CECM mm 'jV'W'l- ’>rrrT!'v Peu de comportements suscitent autant de craintes et de fascination que la violence physique.E suffit d’ouvrir son téléviseur ou les pages des grands quotidiens pour conclure que les humains doivent retirer un certain bénéfice du fait d’entendre parler d’événements violents ou d’en voir les images.Pourquoi?E est probable que le besoin de se protéger des actes violents soit l’une des motivations qui nous poussent à nous intéresser à ces comportements.On peut généralement éviter la violence physique si l’on sait reconnaître les individus violents et les endroits où se déroulent les actes violents.Des travaux de recherche ont en effet permis de tirer une telle conclusion.Les études sur la géographie des actes criminels montrent que ceux-ci ne sont pas répartis au hasard dans les villes.Ainsi, une étude 1 des crimes dans la ville de Minneapolis, pour l’année 1986, montre que 50 p.cent des appels aux policiers au sujet de crimes provenaient de seulement 3 p.cent du total des adresses dans la ville.On a aussi noté, par exemple, que 27 p.cent des personnes fréquentant un bar déterminé avaient été victimes d’assaut.Pour le citoyen soucieux d’éviter les endroits à haut risque de violence, de telles données peuvent servir de guide.EUes peuvent également servir à planifier la distribution des ressources policières ou le réaménagement des territoires.On a l’habitude d’associer le début des travaux modernes sur l’identification des individus potentiellement violents à l’œuvre de Cesare Lombroso 2.Ce médecin-anthropologue italien de la fin du siècle dernier, inspiré par les nouvelles théories sur l’évolution des espèces, classait les criminels selon leurs caractéristiques morphologiques (forme du crâne, longueur des membres, etc.) pour permettre l’identification précoce des individus destinés à une carrière criminelle à cause de leur héritage génétique.Plusieurs manuels d’introduction à la criminologie ont uti- lisé cet exemple pour discréditer les théories biologiques des comportements criminels.On rappelle moins souvent qu’à la même époque, Charles Booth3, un riche philanthrope, réalisait à Londres les premiers travaux sociologiques prédiction de la criminalité, en faisant du porte à porte pour établir le degré d’aisance matérielle des habitants.Grâce à cette enquête, Booth put tracer un plan géographique de la pauvreté à Londres et il choisit le terme semi-criminels pour qualifier les habitants des quartiers les plus pauvres.Comme ce fut le cas pour le concept d’intelligence et le concept de maladie mentale, les recherches sur la violence et la criminalité au cours du XXe siècle ont été réalisées soit par des tenants des causes biologiques, soit par des tenants des causes sociales.Si les causes précises de ces phénomènes demeurent mal connues après un siècle de travaux empiriques, c’est évidemment parce qu’il s’agit de phénomènes complexes que l’on peut difficilement réduire à quelques mécanismes simples, qu’ils soient sociologiques ou biologiques.Pour des raisons d’efficacité et d’intérêt personnel, les chercheurs contemporains choisissent toujours de prendre soit une perspective plutôt biologique, soit une perspective plutôt sociale.E est cependant rare aujourd’hui de rencontrer des spécialistes de la violence ou de la criminalité qui nient que ces phénomènes soient l’effet d’interactions complexes entre des facteurs biologiques et sociologiques.La Déclaration de Séville sur la violence4 est un excellent exemple de cette perspective « interactionniste ».Elle fut rédigée par un groupe de chercheurs d’orientation biologique et sociologique pour dénoncer les interprétations de résultats de recherches suggérant que la violence des humains serait spécifiquement attribuable à un héritage génétique sélectionné au cours de l’évolution.Tout en dénonçant avec force ces interprétations extrêmes et ILS N’ONT PAS 10 ANS ET DÉJÀ ILS INTIMIDENT, MALMÈNENT ET FRAPPENT LEURS COMPAGNONS.D’OÙ VIENNENT DE TELS COMPORTEMENTS ?QUELS FACTEURS FONT QUE CERTAINS ENFANTS ET PAS D’AUTRES LES ADOPTENT?Les réponses à ces questions nous permettent de mieux saisir le PHÉNOMÈNE DE LA VIOLENCE JUVÉNILE.MAIS UNE AUTRE QUESTION surgit ; Quelles mesures préventives peut-on adopter ?Les AUTEURS NOUS SUGGÈRENT ICI QUELQUES PISTES À EMPRUNTER.Richaud E.Tremblay, Claude Gagnon, Frank Viîaro, Marc LeBlanc, Serge Larivée et Pierre Charlebois sont professeurs à L'ÉCOLE de psycho-éducation de L'UNIVERSITÉ de Montréal et chercheurs au séin du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosocialechezéenfantiGRIP).Hélène Boileau est statisticienne au GRIP Richarde.Tremblay dirige l'École de psycho-éducation de l'Université de Montréal ét le GRIP injustifiées, ce groupe de chercheurs a toutefois tenu à souligner que notre héritage génétique prédispose de plusieurs façons le fonctionnement de notre système nerveux et que notre comportement est le résultat de l’interaction entre ce système nerveux et les conditions du milieu, dont notre éducation5.Il y a deux ans, l’Institut national de la justice du gouvernement des États-Unis et la Fondation McArthur créaient un comité interdisciplinaire et international de chercheurs pour faire le point sur l’état de nos connaissances concernant le développement des comportements criminels et les moyens de les prévenir.Après un an de travail, le comité, composé d’avocats, de criminologues, de généticiens, de neuropsychologues, de psychiatres, de psychophysiologistes, de psychologues du développement, de psychosociologues et de sociologues, remettait un rapport en trois volumes 6.On y soulignait en particulier le manque de connaissances au sujet des signes précurseurs de la violence au cours de l’enfance et l’inadéquation des théories actuelles pour guider les recherches.Après avoir rappelé le consensus de ses membres sur la question de la contribution des facteurs biologiques et sociaux, le comité a particulièrement noté l’absence d’études de type longitudinal permettant de suivre le développement de ces comportements de la naissance à l’âge adulte (les études longitudinales nécessitent la collecte de données à deux moments au moins de la vie d’un individu).Il est en effet intéressant de constater que la majorité des études sur la violence et la criminalité sont effectuées auprès d’adolescents et d'adultes qui manifestent déjà ces comportements.On étudie leurs caractéristiques physiologiques, cognitives, émotionnelles, démographiques ; mais peu d’études touchent leurs antécédents, si ce n’est de façon rétrospective et avec tous les biais que ce retour sur le passé entraîne.Le comité a également recommandé la mise sur pied d’interventions préventives expérimentales, autant pour vérifier leur efficacité que pour mettre à l’épreuve des hypothèses concernant les causes du développement criminel.Parmi les facteurs probables qu’il serait possible de modifier dans le cadre de ces interventions, on retrouve les comportements de soins parentaux, le développement des fonctions cognitives, l’apprentissage des comportements d’affiliation et l’apprentissage de techniques pour résoudre des problèmes dans des situations de frustration.Mentionnons que les recommandations de ce MAGAZINE JUSTICE LOUISE BILODEAU comité quant à l’orientation future des travaux de recherche sur la violence et les comportements criminels font appel aux méthodologies dites d’épidémiologie longitudinale et d’essai thérapeutique, largement utilisées en médecine.Au cours des deux dernières décennies, quelques travaux de type longitudinal ',8,9 ont montré que la majorité des adolescents et des hommes adultes qui recourent souvent à la violence physique étaient, dès leur enfance, plus agressifs que les autres garçons.Cependant, ces travaux montrent également que les garçons les plus agressifs ne deviennent pas tous des adolescents et des adultes violents.En fait, plus de la moitié des garçons les plus agressifs entre l’âge de 8 et 10 ans ne deviennent pas des adultes reconnus pour leur violence physique.C’est sur la base de ces résultats qu’en 1984, nous avons entrepris l0, au Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant — GRIP (encadré), l’étude longitudinale d’une cohorte de 916 garçons francophones fréquentant des maternelles en milieu défavorisé à Montréal.Nous cherchions à comprendre les facteurs qui conduisent certains garçons et pas d’autres à maintenir leurs comportements agressifs jusqu’à l’adolescence.Une telle étude permet de décrire l’évolution du comportement de ces garçons à risque.Elle permet également d’iden- tifier les garçons qui n’ont pas besoin d’une intervention préventive parce que les comportements agressifs de l’enfance se dissipent de toute façon.Pour atteindre ces objectifs, nous devons mesurer régulièrement une multitude de variables.Nous tentons, dans la mesure de nos ressources, d’utiliser le maximum de perspectives théoriques et méthodologiques.C’est ainsi que nous avons demandé à plusieurs chercheurs de s’associer à la collecte des données auprès de cette cohorte de sujets11.Les informations sur les garçons nous proviennent de différentes sources : l’observation directe des comportements par les chercheurs, les entrevues, les tests et les questionnaires remplis par le garçon lui-même, par ses parents, par ses compagnons de classe, par ses enseignants et la consultation de dossiers officiels de différents organismes (scolaires, sociaux, juridiques).L’observation directe du comportement des enfants avec leurs parents, leurs compagnons et leurs enseignants se fait aussi bien à l’école et à la maison que dans notre laboratoire.Ce dernier est aménagé pour observer les familles dans des situations standardisées.Nous sommes donc en mesure de décrire l’évolution des interactions de ces garçons avec leurs parents, leurs enseignants et leurs compagnons de classe.De plus, nous pouvons décrire la perception qu’ont du comportement de ces 13 INTERFACE MARS • AVRIL 1990 enfants, leurs parents, leurs enseignants, leurs compagnons de classe et eux-mêmes.Finalement, différentes évaluations par des tests, des questionnaires et des entrevues permettent de décrire le développement cognitif, le rendement scolaire, le tempérament, la croissance physique, l’alimentation, la réactivité physiologique des garçons ainsi que l’environnement familial, l’entente conjugale, la personnalité et le quotient intellectuel de leurs parents.En plus de décrire le développement des garçons dans leur environnement quotidien, l’étude a pour objectif d’examiner les effets d’une intervention préventive.Nous voulons vérifier si deux formes d’aide à des garçons, identifiés parmi les plus agressifs en maternelle, permettent de prévenir le maintien de ces comportements pendant les années d’études primaires.Les deux formes d’aide, soit l’entraînement des parents aux habiletés parentales et l’entraînement des garçons à avoir des relations sociales harmonieuses, sont les moyens d’intervention les plus susceptibles d’être efficaces parce qu’ils s’adressent directement à deux causes présumées des comportements agressifs : les pratiques disciplinaires inefficaces de la part des parents et un répertoire de comportements limité à des actes agressifs de la part des garçons.Si la première partie de l’étude est de type descriptif, la vérification de l’efficacité d’une intervention préventive suit quant à elle un plan expérimental classique.Après avoir identifié les garçons les plus agressifs en maternelle, nous les avons répartis au hasard en trois groupes équivalents : le groupe expérimental, qui bénéficie de l’intervention ; le groupe d’observation, qui fait l’objet des observations intensives décrites plus haut (il s’agit en fait d’un groupe placebo-attention) et le groupe de contrôle, qui ne fait l’objet ni d’interventions, ni d’observations intensives.Cette procédure permet de vérifier dans quelle mesure le groupe expérimental a bénéficié du traitement préventif en comparant ce groupe au groupe contrôle.La comparaison entre le groupe d’observation et le groupe expérimental permet, pour sa part, de voir si les changements qui se sont produits chez les sujets de ce dernier groupe sont l’effet du traitement proprement dit ou celui de l’attention qu’on leur a portée.Finalement, la comparaison entre le groupe de contrôle et le groupe d’observation nous indique dans quelle mesure l’observation intensive pendant plu- 1.LE GRIP Au cours de la dernière décennie, un noyau de professeurs responsables de la formation des intervenants auprès d'enfants en difficulté d'adaptation sociale au Québec ont entrepris des activités de recherche visant à mieux cerner l'ampleur du phénomène, son développement, ses causes et les moyens susceptibles de contribuer à sa prévention.Ces activités ont abouti à la création, en 1984, du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant (GRIP) de l'Ecole de psycho-éducation de l'Université de Montréal.Depuis, le GRIP a attiré de nouveaux membres et constitue l'une des principales concentrations de chercheurs québécois intéressés au développement et à la prévention de l'inadaptation psychosociale pendant l'enfance et l'adolescence.Il comprend actuellement 10 chercheurs.Le champ d'expertise du GRIP est l'inadaptation psychosociale de la naissance à la fin de l'adolescence.Les axes de recherche sont : la description de l'inadaptation ; son explication ; les interventions expérimentales.Les activités de recherche du GRIP sont subventionnées par le Fonds pour la formation des chercheurs et l'aide à la recherche (FCAR), le Conseil québécois de la recherche sociale (CQRS), le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) et le Fonds de la recherche en santé du Québec.Le GRIP bénéficie également des subventions nationales de Santé et Bien-être social Canada. IlillÉillIlÊ 1 1, P1, J , ,, _____ INTERFACE MARS • AVRIL 1990 FIGURE 1 Pourcentage des garçons et des filles les plus fréquemment violents en maternelle selon les régions socio-économiques du Québec et les écoles de milieux socioéconomiques faibles de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) 35 30 25 20 15 10 5" FILLES ?GARÇONS ¦ Outaouais Estrie Québec Trois-Rivières Montérégie Côte-Nord Bas- Laval- Saguenay— Abitibi- Montréal Saint-Laurent Lanaudière Lac- Témiscamingue Saint-Jean CECM On remarque que la plus grande concentration de garçons violents à la maternelle se retrouve à Montréal et, plus particulièrement, dans les écoles de milieux socioéconomiques faibles de la CECM.L'Outaouais et l'Estrie sont les régions où l'on a observé la plus faible concentration de garçons ayant fréquemment recours à la violence physique.Pour l'ensemble de la province, l'échantillon comprend 2243 garçons et 2101 filles.Pour la CECM, 916 garçons ont été considérés.sieurs années a un effet soit bénéfique, soit nuisible sur ce type de garçons.On retrouve en effet des défenseurs de ces deux opinions contradictoires et les résultats de notre recherche pourraient apporter un éclairage empirique sur ce débat.Nous avions au départ limité l’échantillon de l’étude aux garçons francophones fréquentant des classes maternelles dans les écoles de milieux socio-économiques faibles de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM).Cette stratégie s’appuyait sur des résultats d’études montrant que les garçons de milieux socioéconomiques faibles sont plus susceptibles d’adopter un patron de comportements agressifsl2.En 1986 et 1987, nous avons entrepris le même type d’étude auprès de quatre différentes cohortesI3.Un de ces échantillons représente l’ensemble des garçons et des filles fréquentant la maternelle dans les écoles publiques francophones de l’ensemble du Québec.Les trois autres représentent les garçons et les filles fréquentant la maternelle dans trois villes de taille différente (Montréal, Québec, Val d’Or).DISTRIBUTION DE LA VIOLENCE PHYSIQUE DANS LES MATERNELLES DU QUEBEC Les résultats que nous rapportons au sujet des comportements agressifs des enfants de maternelle proviennent d’évaluations faites par les responsables de ces classes.Les enseignants sont en contact quotidien avec les enfants pendant plusieurs mois.Ils sont donc particulièrement aptes à identifier ceux qui présentent les comportements les plus extrêmes.Ces données peuvent, bien sûr, contenir un certain nombre de biais, mais les études de fidélité et de validité de cette forme d’évaluation indiquent qu’il s’agit d’un des meilleurs moyens pour évaluer les comporte- FIGURE2 Pourcentage des garçons violents à la maternelle selon la situation familiale et la région 70 30 FAMILLES INTACTES ?FAMILLES NON INTACTES ¦ 1,6 15,4 20,5 Le Québec Montréal CECM (milieux socioéconomiques faibles) D'une façon générale, le pourcentage de garçons violents dont les parents sont séparés est plus élevé que celui des garçons violents appartenant à des familles intactes.Ce phénomène est renforcé par la situation géographique et socio-économique de la famille. 15 INTERFACE MARS • AVRIL 1990 FIGURE 3 Pourcentage des garçons violents à la maternelle selon la région et selon qu'ils ont ou non fréquenté une garderie AUCUNE EXPÉRIENCE DE GARDERIE ?AU MOINS UNE ANNÉE DE GARDERIE ¦ 18,4 11,5 CECM Le Québec Montréal (milieux socio- économiques faibles) D'une façon générale, on retrouve moins de garçons violents parmi les garçons qui n'ont jamais fréquenté une garderie.On remarque là encore l'effet cumulatif de la situation socio-économique.70 60 50 40 30 20 10 merits agressifs des enfants à l’école14.Nous utilisons trois comportements pour définir les garçons physiquement violents : se battent ; malmènent et intimident les autres ; frappent et mordent les autres.L’étude d’échantillons de garçons et de filles pour l’ensemble des commissions scolaires du Québec a permis de confirmer, à l’instar de plusieurs autres études 15, que les jeunes garçons utilisent plus fréquemment que les filles des comportements violents.Nous avons en effet observé que 14 p.cent des garçons en moyenne avaient recours fréquemment à la violence physique alors que seulement 4,4 p.cent des filles avaient recours aussi fréquemment à ce type de comportements (figure 1).Ces différences ont tendance à se maintenir à tous les âges16 et expliquent pourquoi les chercheurs intéressés par les comportements violents ont porté leur attention sur les garçons.L’étude de la distribution des garçons présentant des comportements violents fréquents a montré que ces garçons ne se répartissaient pas également sur l’ensemble du territoire du Québec.Nous avons en effet observé (figure 1) que la plus grande concentration de garçons violents à la maternelle se retrouvait à Montréal (19,2 p.cent) et plus particulièrement dans les écoles de milieux socio-économiques faibles de la CECM (26,8 p.cent).L’Outaouais et l’Estrie sont les régions où l’on a observé la plus faible concentration de garçons ayant fréquemment recours à la violence physique (8,7 p.cent et 10,8 p.cent respectivement).Il est à noter que l’échantillon de la CECM se limitait à des garçons dont les parents étaient francophones et nés au Canada.CARACTÉRISTIQUES FAMILIALES DES GARÇONS VIOLENTS À LA Maternelle Plusieurs études17 ont montré que les caractéristiques familiales sont des facteurs fréquemment associés aux comportements violents ou antisociaux.Certains chercheurs 18 ont postulé que les comportements violents étaient d’abord appris dans le milieu familial.Nos travaux ne nous permettent pas d’étudier de façon directe les mécanismes de cet apprentissage avant l’entrée en maternelle.Cependant, nous avons noté un certain nombre de phénomènes qui permettent de mieux identifier les familles risquant d’avoir des garçons violents à la maternelle.Une comparaison, pour l’ensemble du Québec, entre les garçons fréquemment violents et les autres garçons nous a révélé que les pères et les mères des garçons violents avaient fréquenté l’école légèrement moins longtemps que les pères et les mères des garçons moins violents.Fait peut-être plus significatif : 21,4 p.cent des garçons dont les parents s’étaient séparés entre la naissance du fils et la fin de la maternelle (« famille non intacte ») étaient violents contre seulement 11,6 p.cent pour ceux dont les parents vivaient toujours ensemble (« famille intacte »).La figure 2 montre qu’il en va de même pour l’ensemble des écoles de Montréal et pour celles de la CECM situées dans des milieux socio-économiques faibles.Il est clair cependant que nous assistons à un cumul de facteurs.Les garçons de familles non intactes fréquentant les écoles de milieux socio-économiques faibles de la CECM risquaient près de deux fois plus (39,2 p.cent) d’être jugés violents que leurs compagnons provenant de familles intactes (20,5 p.cent).Ils risquaient également deux fois plus d’être jugés violents que les garçons de familles non intactes de l’ensemble du Québec (21,4 p.cent) et près de quatre fois plus que les garçons de familles intactes de l’ensemble du Québec (11,6 p.cent).Parmi les autres facteurs familiaux pouvant être associés à des comportements agressifs fréquents, nous avons étudié le nombre de frères et sœurs, la fréquentation d’une garderie et l’âge des parents à la naissance de l’enfant.L’analyse du nombre d’enfants dans la famille, pour l’échantillon provincial, montre que les garçons sans frères ou sœurs au moment de leur maternelle, avaient plus fréquemment des comportements violents (21,2 p.cent) que les enfants ayant un (12,7 p.cent), deux (9,9 p.cent) ou trois et plus (10,2 p.cent) frères ou sœurs.Cette tendance s’observait également chez les garçons fréquentant les écoles de milieux socioéconomiques faibles de la CECM, mais les différences étaient plus faibles.En ce qui concerne la fréquentation de la garderie avant l’entrée en maternelle, les résultats provenant de l’ensemble du Québec, de Montréal et des écoles de milieux socio-économiques faibles de la CECM (figure 3), indiquaient tous que les garçons qui n’avaient aucune expérience de garderie risquaient moins de se retrouver parmi les plus violents en maternelle.Cette constatation nécessite une investigation plus approfondie, mais il est à noter que quelques études aux Etats-Unis ont donné des résultats semblables 19.Il est probable que nous sommes ici en présence d’une interaction entre plusieurs phénomènes.Nous pouvons voir à la figure 3 que l’association entre la fréquentation d’une garderie et la violence physique semble plus forte pour les garçons des milieux socio-économiques faibles de la CECM que pour les autres échantillons.Belsky 20 suggère, dans une revue critique de ces résultats, que les familles les plus susceptibles d’avoir des enfants présentant des comportements problèmes ont tendance à placer leurs enfants en garderie alors qu’ils sont encore nourrissons.Les résultats concernant l’âge de la mère à la naissance de son fils confir- FIGURE 4 Pourcentage par régions des garçons violents dont la mère avait 20 ans ou moins, ou 21 ans ou plus à leur naissance 20 ANS OU MOINS ?21 ANS OU PLUS ¦ Le Québec Montréal (milieux socio- économiques faibles) D'une façon générale, le nombre de garçons violents dont la mère avait 20 ans ou moins à leur naissance est plus élevé que celui des garçons violents dont la mère avait 21 ans ou plus à leur naissance. 16 FIGURE 5 Situation scolaire de trois groupes de garçons cinq ans après la maternelle 5e ANNÉE RÉGULIÈRE (%) ?MILIEU SPÉCIALISÉ (%) ¦ Violents stables Violents à la maternelle Non violents seulement Les violents stables (qui ont maintenu un comportement violent tout le long des études primaires) rencontrent des difficultés importantes d'adaptation scolaire et sociale.En effet, cinq ans après la maternelle, seulement 31,9 p.cent d'entre eux sont en 5e année régulière et 25,5 p.cent sont placés en milieu spécialisé pourtroubles d'apprentissage, troubles de comportement ou problèmes familiaux.ment un phénomène déjà observé par des chercheurs qui s’intéressent aux mères adolescentes21 : les enfants de mères adolescentes risquent plus d’avoir des difficultés d’adaptation.Nous pouvons observer à la figure 4 que le nombre de garçons violents dont la mère avait 20 ans ou moins à leur naissance est plus élevé que celui des garçons violents dont la mère avait 21 ans ou plus à leur naissance.Il en est ainsi pour les données provenant de l’ensemble du Québec, de Montréal et des milieux socio-économiques faibles de la CECM.Nos recherches indiquent par ailleurs que le type de lien entre l’âge de la mère à la naissance de son fils et les comportements violents n’existe pas pour les comportements d’anxiété.On aurait pu croire que l’adversité d’une maternité à l’adolescence pourrait avoir non seulement des effets néfastes dans le sens de l’extériorisation (agressivité), mais également dans le sens d’une inhibition du comportement (anxiété).Toutefois, nos résultats montrent que s’il y a un effet néfaste, c’est dans le sens de l’agressivité.Il sera donc important de mettre en lumière le mécanisme qui explique ce phénomène.QUE DEVIENNENT LES GARÇONS QUI DEMEURENT Violents après la MATERNELLE?Dans plusieurs cas, les comportements agressifs à la maternelle peuvent être considérés comme une situation passagère, attribuable à l’adaptation au nouvel environnement ou à un prolongement de comportements relativement fréquents chez les jeunes enfants.L’étude longitudinale des garçons d’écoles de milieux défavorisés à Montréal nous a permis d’analyser les différences entre les garçons pour qui la violence à la maternelle semble avoir été une situation passagère et ceux pour qui elle s’est révélée une caractéristique stable.Nous avons également comparé ces deux groupes à des garçons des mêmes milieux qui, selon les enseignants, n’avaient jamais présenté de comportements violents.Les résultats montrent clairement que les garçons qui avaient maintenu leurs comportements violents tout le long des études primaires (« violents stables ») rencontraient des difficultés importantes d’adaptation scolaire et sociale.Parmi 916 garçons francophones d’écoles de milieux socio-économiques faibles, 5,1 p.cent (N=47) avaient été évalués parmi les plus violents en maternelle, à 10 et 11 ans.Or, l’analyse de leur statut scolaire à 11 ans (cinq ans après la maternelle) indique que seulement 31,9 p.cent d’entre eux étaient en 5 e année régulière (figure 5) alors que 25,5 p.cent étaient placés dans des milieux (classe, école, internat, etc.) spécialisés pour troubles d’ap- prentissage, troubles de comportement ou problèmes familiaux.Par contre, les garçons qui avaient été évalués comme violents en maternelle, mais qui ne l’avaient pas été à 10 et 11 ans, étaient deux fois plus susceptibles d’être dans une 5e année régulière à 11 ans (60 p.cent) et deux fois moins susceptibles d’être placés en milieu spécialisé (13,3 p.cent).D est à noter que les garçons violents en maternelle qui ne l’étaient plus à 10 et 11 ans, demeuraient plus susceptibles d’avoir des problèmes d’adaptation scolaire que les garçons identifiés par les enseignants comme n’ayant jamais présenté de comportements violents.Sur le plan du comportement, nous avons observé que les garçons jugés violents par les enseignants, de la maternelle à l’âge de 11 ans, étaient en forte proportion perçus comme agressifs par leurs compagnons de classe et risquaient d’adopter, dès l’âge de 10-11 ans, un style de vie délinquant.En effet, nous avons constaté (figure 6) que 78 p.cent de ces violents stables étaient évalués par leurs pairs comme étant parmi les plus agressifs de leur classe à 10 et 11 ans.En comparaison, seulement 14,3 p.cent des garçons jugés violents uniquement à la mater- nelle, d’une part, et 2,2 p.cent des garçons qui n’avaient jamais été jugés violents, d’autre part, étaient perçus comme faisant partie des plus agressifs par leurs pairs.Les jugements des enseignants sur la violence de certains garçons sont donc largement corroborés par les jugements des compagnons de classe.Nous avons également observé que la presque totalité des garçons violents stables (91,5 p.cent) étaient jugés à 10-11 ans, par les enseignants, comme présentant fréquemment des comportements antisociaux tels voler, mentir, faire l’école buissonnière.Seulement 4 p.cent des garçons non violents ont reçu un tel jugement et 23,3 p.cent des violents à 6 ans furent jugés antisociaux à 10-11 ans par les enseignants.Le résultat de ces évaluations par les pairs et les enseignants est largement confirmé par ce qu’ont rapporté les garçons eux-mêmes au sujet de leurs activités délinquantes à l’âge de 10-11 ans.En effet, la moitié (51 p.cent) des violents stables rapportaient avoir commis un nombre d’actes délinquants (vol, vandalisme, agression, consommation d’alcool et de drogue) qui les situait parmi les plus délinquants à 10-11 ans (20 p.cent de l’échantillon).Par contre, dans cette catégorie des plus délin- FIGURE 6 Pourcentage des garçons jugés comme les plus agressifs par leurs pairs et pourcentage de ceux qui sont évalués comme les plus antisociaux par les enseignants et par eux-mêmes % 50- Violents stables JUGÉS AGRESSIFS PAR LES PAIRS ?JUGÉS ANTISOCIAUX PAR LES ENSEIGNANTS P SE JUGENT ANTISOCIAUX ¦ 23,3 14,3 : : : 2,2 p4r-| 0 Violents à la maternelle seulement Non violents Les jugements des enseignants sur la violence de certains garçons sont largement corroborés par les jugements des compagnons de classe.En effet, 78 p.cent des violents jugés stables par les enseignants sont évalués par leurs pairs comme étant parmi les plus agressifs de leur classe à 10-11 ans.De plus, la presque totalité de ces violents stables sont, à 10-11 ans, jugés par les enseignants comme présentant des comportements antisociaux tels voler, mentir et faire l'école buissonnière.À l'inverse, seulement 2,2 p.cent des garçons jugés non violents par les enseignants sont considérés comme agressifs par leurs pairs et aucun n'est jugé antisocial. 17 INTERFACE MARS • AVRIL 1990 quants, nous retrouvions près de deux fois moins (27,6 p.cent) de garçons qui avaient été violents uniquement à la maternelle.A remarquer également que pas un seul des garçons de la maternelle non violents à l’âge de 10-11 ans ne se retrouvait dans la catégorie des plus délinquants.Ces résultats montrent bien que les comportements violents chez les jeunes sont un indicateur très clair de risque élevé d’activités délinquantes importantes avant même l’adolescence.CARACTÉRISTIQUES DES GARÇONS VIOLENTS DE ' 6 A 11 ANS Nous avons vu que les garçons violents à la maternelle pouvaient être différenciés des non violents par un certain nombre de caractéristiques environnementales, en particulier familiales.Pour des fins de prédiction, il importait également de vérifier dans quelle mesure certaines caractéristiques peuvent distinguer les garçons qui vont demeurer violents de ceux qui abandonnent ce type de comportement.Or, nous avons alors constaté que ce sont les mêmes caractéristiques familiales qui influencent l’apparition de la violence et le maintien de celle-ci (figure 7).Ainsi, 58,7 p.cent des violents stables provenaient de familles non intactes.Leurs mères (59 p.cent) et leurs pères (31,3 p.cent) avaient, le plus souvent, bénéficié de l’aide sociale et les mères avaient, le plus souvent, 20 ans ou moins à la naissance de leur fils (38,6 p.cent).Le portrait qui se dégage de ces résultats indique que les garçons les plus susceptibles d’adopter un style de comportement violent stable proviennent surtout de familles dirigées par une jeune femme en difficulté financière qui a eu un fils alors qu’elle était âgée de 20 ans ou moins.Ajoutons qu’une évaluation du tempérament du garçon, tel que décrit par la mère, a permis d’observer que les garçons les plus susceptibles de démontrer une violence stable étaient décrits comme plus réactifs, c’est-à-dire qu’ils avaient tendance à réagir intensément à différents stimuli et à être hyperactifs.Il est d’ailleurs probable que les garçons qui ont une organisation neurologique plus réactive et qui vivent dans un environnement plus perturbé, soient les plus susceptibles de manifester des comportements agressifs et de les maintenir22.PEUT-ON PRÉVENIR LE MAINTIEN DES COMPORTEMENTS VIOLENTS CHEZ LES GARÇONS DU PRIMAIRE?Si nous pouvons dépister dès la maternelle les enfants les plus susceptibles d’adopter et de maintenir un mode de vie violent, il est évident que le FIGURE 7 Caractéristiques familiales des garçons violents stables, violents à la maternelle seulement et non violents 70-r 60-50 40 30 4 20 10 4 0 38,6 58,7' Violents stables MERE DE 20 ANS OU MOINS ?FAMILLE NON INTACTE MÈRE QUI REÇOIT DE L'AIDE SOCIALE Violents à la maternelle seulement Non violents Les caractéristiques familiales propices au maintien d'un comportement violent après la maternelle sont les mêmes que celles qui influencent l'apparition de cette violence à la maternelle.Ainsi, on retrouve des facteurs comme la séparation des parents, la situation socio-économique de ceux-ci et le fait que la mère avait 20 ans ou moins à la naissance de son fils.milieu scolaire devient un endroit privilégié pour coordonner les efforts de prévention.Tous les enfants doivent aller à l’école.Ce milieu se prête donc bien à l’identification des enfants ayant des difficultés particulières à acquérir les connaissances et les comportements qui leur permettront de bien s’adapter aux exigences de nos sociétés.Rappelons que notre programme de recherche incluait justement l’expérimentation d’une intervention qui visait à aider les parents à acquérir des moyens de réduire les comportements agressifs de leur garçon.Ce programme de prévention avait également pour objectif d’aider les garçons eux-mêmes, afin qu’ils apprennent à recourir plus fréquemment à des comportements positifs dans leurs interactions avec leurs camarades et à utiliser moins fréquemment des comportements violents pour résoudre des conflits.Le programme d’aide aux parents et aux garçons du groupe expérimental fut étalé sur deux années.Les garçons avaient 7 ans au début de l’intervention.Pendant la période entre la fin de la maternelle et le début de la deuxième année du primaire, nous avons formé le personnel qui devait réaliser l’intervention (quatre psycho-éducateurs, une psychologue et une travailleuse sociale)23.Nous avons également effectué les évaluations nécessaires à l’implantation de l’intervention (évaluation du comportement des parents avec l’enfant, évaluation du comportement de l’enfant à la maison et à l’école).Les interventions auprès des garçons se déroulaient à l’école dans des petits groupes qui incluaient des enfants ne présentant pas de problèmes de comportement et qui servaient de modèles.Les interventions auprès des parents se déroulaient à la maison avec les deux parents, ou avec le parent s’il s’agissait d’une famille monoparentale.Après l’intervention, nous avons évalué le comportement de tous les garçons à l’âge de 9, 10 et 11 ans.Les résultats présentement disponibles 24 indiquent que l’intervention a eu des effets bénéfiques.En effet, lorsque le groupe expérimenta] est comparé aux groupes de contrôle et d’observation, nous constatons que les garçons du groupe expérimental ayant reçu l’intervention ont été évalués par leurs enseignants comme étant physiquement moins agressifs et moins hyperactifs.Ces garçons rapportent eux-mêmes avoir commis moins de violations de propriété et ils ont eu tendance à com- mettre moins de vols.De plus, un nombre plus faible d’entre eux ont redoublé une classe ou ont été placés dans une classe (ou un établissement) pour enfants en difficulté.Pour comparer l’adaptation globale au milieu scolaire de chacun des enfants, nous avons créé un indice qui tient compte de l’évaluation des pairs et des enseignants pour les comportements d’agressivité, d’opposition et d’hyperactivité, indice tenant compte aussi du fait d’être ou de ne pas être dans une classe régulière de 5e année cinq ans après la maternelle.Cet indice permet de classer chaque garçon dans l’une des catégories suivantes : 1.ceux qui sont « bien adaptés » (sans difficultés de comportement et de rendement scolaire) ; 2.ceux qui ont des « difficultés » (de comportement ou de rendement scolaire) ; 3.ceux qui ont des « difficultés sérieuses » (de comportement et de rendement scolaire).Les résultats (figure 8) montrent qu’il y avait deux fois plus de garçons du groupe expérimental dans la catégorie « bien adaptés » et deux fois moins dans la catégorie « difficultés sérieuses ».Ces résultats sont encourageants, mais le groupe expérimental ne se différenciait pas des groupes de contrôle et d’observation pour plusieurs autres mesures indiquant des difficultés d’adaptation.Pour le moment, nous demeurons donc prudents avant de conclure que le traitement préventif expérimenté est efficace.Au cours des cinq prochaines années, ces garçons seront dans la période (de 13 à 18 ans) où ils risqueront le plus de commettre des actes de délinquance, dont des actes de violence physique.Cette période d’évaluation devrait nous permettre de mieux comprendre les effets à long terme d’une intervention préventive auprès des garçons agressifs, voire violents, à la maternelle.CONCLUSION La violence physique est un sujet qui préoccupe la majorité des citoyens.Or, nous avons pu voir qu’il s’agit d’un phénomène associé à plusieurs problèmes sociaux, dont la pauvreté, la grossesse à l’adolescence, le divorce et la fréquentation d’une garderie.D est difficile de croire que nos sociétés modernes puissent réussir à amoindrir ces problèmes sans investir de façon majeure pour améliorer la qualité de vie des enfants qui formeront la prochaine génération de parents.A une époque où les citoyens du troisième âge, avec leurs besoins légitimes, représentent une part 18 INTERFACE MARS • AVRIL 1990 FIGURE 8 Pourcentage de garçons bien adaptés ou en difficulté sérieuse à l'école vers l'âge de 10-11 ans, selon qu'ils ont bénéficié d'une intervention préventive (groupe expérimental) ou pas (groupes de contrôle et d'observation) BIEN ADAPTÉS ?DIFFICULTE SERIEUSE ¦ Groupes de contrôle et d'observation Groupe expérimental Parmi l'ensemble des garçons identifiés comme les plus agressifs en maternelle, ceux du groupe expérimental semblent mieux adaptés au milieu scolaire, cinq ans après la maternelle.En effet, seulement 13,5 p.cent de ces derniers rencontrent des difficultés de comportement et de rendement scolaire contre 31 p.cent pour les garçons des groupes d'observation et de contrôle.de plus en plus Importante de la population, nous serons régulièrement appelés à choisir entre l’attribution de ressources à la santé et au bien-être des citoyens âgés et l’attribution de ressources aux enfants les plus démunis.Nous pourrions, par exemple, augmenter le bien-être des personnes âgées en améliorant la surveillance policière pour prévenir les agressions.Toutefois, nous pourrions également tenter de prévenir ces agressions par une amélioration des services aux enfants susceptibles de démontrer de la délinquance.Dans une société aux ressources illimitées, toutes les stratégies de prévention pourraient être utilisées.Mais nous sommes loin d’être dans une telle société.Les politiciens et les gestionnaires qui doivent choisir ces stratégies sont influencés par plusieurs types d’arguments, dont les considérations humanitaires (p.ex., le bien-être des minorités) et politiques (p.ex., le vote de la majorité).Un des rôles de la recherche est de fournir des données factuelles qui permettent de prendre des décisions éclairées.Malheureusement, le domaine de la recherche portant sur les causes des difficultés d’adaptation psychosociale et les moyens de les prévenir est fort peu développé.Nous ne pouvons être certains qu’un investissement dans la prévention auprès d’enfants à risque conduira à des effets significatifs propor- tionnels aux capitaux employés.Les ressources attribuées pour l’aide aux enfants en difficulté ont servi à créer des services dont les effets à court, moyen et long terme demeurent inconnus.Les recherches expérimentales et épidémiologiques ont permis de réaliser des progrès prodigieux dans le domaine de la santé physique au cours des dernières décennies.Il est à espérer que l’utilisation systématique de ces méthodes permettra de mieux comprendre jusqu’à quel point nous pouvons éviter que des enfants vivent dans des conditions telles qu’ils apprennent à privilégier les actes violents pour obtenir ce qu’ils désirent.Les résultats de notre intervention préventive au début des études primaires montrent qu’une aide aux parents et aux enfants peut, dans certains cas, avoir un effet bénéfique.Il est clair cependant qu’il serait préférable d’intervenir beaucoup plus tôt, avant que l’apprentissage des comportements violents n’ait lieu.Ces interventions plus hâtives supposent un dépistage des enfants à risque au cours de la grossesse ou dans les quelques mois qui suivent la naissance.Il s’agit là d’une procédure d’évaluation beaucoup plus complexe et plus coûteuse que le dépistage au sein du système scolaire.Pour mettre à profit les avantages du système scolaire et réaliser plus tôt une prévention, nous pouvons considérer les enfants de nos études longitudinales comme de futurs parents, dont certains sont susceptibles d’avoir des enfants en difficulté.Dans cette perspective, les filles de nos échantillons deviennent des sujets aussi intéressants, sinon plus, que les garçons.En effet, nous savons que les filles présentent beaucoup moins de difficultés de comportement au cours de l’enfance que les garçons.Cependant, il semble bien que celles qui présentent des difficultés risquent plus de devenir des mères adolescentes et des mères qui donnent de moins bons soins à leurs enfants25.Si des interventions auprès de jeunes filles présentant des difficultés du comportement au début des études primaires permettaient d’éviter certaines grossesses à l’adolescence ou favorisaient la qualité des soins donnés à leurs enfants, nous aurions réussi à utiliser le système scolaire pour atteindre des objectifs de prévention de la reproduction des difficultés d’adaptation.En fait, il n’apparaît pas déraisonnable de penser que le système scolaire devrait, en plus de former les jeunes pour le marché du travail, les préparer également à s’adapter à l’ensemble des exigences sociales.¦ Notes et références 1.SHERMAN, L.W., GARTIN, P.R.et M.E.BUERGER.« Hot Spots of Predatory Crime : Routine Activities and the Criminology of Places », Criminology, vol.27, 1989, p.27-55.2.LOMBROSO, C.L’Homme criminel, Paris, Alcan, 1887.3.SIMEY, T.S.et M.B.SIMEY.Charles Booth : Social Scientist, Oxford, Oxford University Press, 1960.4.ADAMS, D.« The Seville Statement on Violence and Why It Is Important », Journal of Human Psychology, vol.29, n° 3, 1989, p.328-337.5.HOOD, K.E.et R.B.CAIRNS.« A Developmental Genetic Analyses of Aggressive Behavior in Mice : IV Genotype-environment Interaction », Aggressive Behavior, vol.15, 1989, p.361-380.6.FARRINGTON, D.P., LOEBER, R., ELLIOTT, D.S., HAWKINS, J.D., KAN-DEL, D., KLEIN, M.W., McCORD, J., ROWE, D.C.et R.E.TREMBLAY.« Advancing Knowledge About the Onset of Delinquency and Crime », dans B.B.Lahey, A.E.Kazdin (éditeurs), Advances in Clinical Child Psychology, New York, Plenum, sous presse.7.FARRINGTON, D.P.« Childhood Aggression and Adult Violence : Early Precursors and Later Outcomes », dans D.Pepler et K.Rubin (éditeurs), The Development and Treatment of Childhood Aggression, Hillsdale, N.J., Lawrence Erlbaum, sous presse.8.HUESMANN, L.R., ERON, L.D., LEFKO-WITZ, M.M.et L.O.WALDER.« Stability of Aggression Over Time and Generations », Developmental Psychology, vol.20, p.1120-1134.9.STATON, H.et D.MAGNUSSON.«The Role of Early Aggressive Behavior in the Frequency, Seriousness and Types of Later Crime », Journal of Consulting and Clinical Psychology, vol.57, 1989, p.710-718.10.L’équipe initiale était composée de Pierre Char-lebois, Claude Gagnon, Serge Larivée et Richard E.Tremblay.11.Les chercheurs suivants participent ou ont participé à l’étude : Joseph Beltempo (évaluation psychiatrique), Thérèse Bouffard-Bouchard (développement cognitif), Patricia Dobkin (neuro-psychophysiologie), Paul Durning (famille), Louise Éthier (interactions parents-enfants), Denis Laurent (alimentation), Rolf Loeber (agressivité), Joan McCord (famille et délinquance), Robert Pihl (neuro-psychophy-siologie), Benoist Schaal (olfaction), Robert Soussignan (hyperactivité), Odile Tessier (amitié).12.LeBLANC, M.et G.CÔTÉ.« Comparaison des adolescents de 14-15 ans en 1974 et 1985 », dans R.E.Tremblay, M.LeBlanc et A.E.Schwartzman (éditeurs), La conduite délinquante des adolescents à Montréal (1974-1985).Étude descriptive et prédictive, Montréal, Université de Montréal, École de psycho-éducation, 1986.13.Claude Gagnon, Christiane Piché, Nicole Royer, Frank Vitaro, Richard E.Tremblay.14.CAIRNS, R.B., CAIRNS, B.D., NECKER-MAN, H.J., FERGUSON, L.L.et J.L.GARIÉPY.« Growth and Aggression : 1.Childhood to Early Adolescence », Developmental Psychology, vol.25, 1989, p.320-330.15.MACCOBY, E.E.« Social Groupings in Childhood : Their Relationship to Prosocial and Antisocial Behavior in Boys and Girls », dans D.Olweus, J.Block, M.Radke-Yarrow (éditeurs), Development of Antisocial and Prosocial Behavior Research, Theory and Issues, New York, Academic Press, 1986.16.WILSON, J.Q.et R.J.HERRNSTEIN.Crime and Human Nature, New York, Simon and Schuster, 1985.17.LOEBER, R.et M.STOUTHAMER-LOEBER.« Family Factors as Correlates and Predictors of Juvenile Conduct Problems and Delinquency », dans M.Tonry et N.Morris (éditeurs), Crime and Justice : An Annual Review, vol.7, Chicago, University of Chicago Press, 1986, p.29-149.18.ERON, L.« The Development of Aggressive Behavior From the Perspective of a Developing Behaviorism », American Psychologist, vol.42, 1987, p.435-442.19.BELSKY, J.« Infant Day Care and Socioemo-tional Development : The United States », Journal of Child Psychology and Psychiatry, vol.29, 1989, p.397-406.20.Loc.cit.21.HAYES, C.D.Risking the Future : Adolescent Sexuality, Pregnancy and Child Bearing, Washington, D.C., National Academy Press, 1987.22.VENABLES, P.H.« Autonomic Nervous Factors in Criminal Behavior », dans S.A.Mednick, T.E.Moffitt et S.A.Stack (éditeurs), The Causes of Crime : New Biological Approaches, New York, Cambridge University Press, 1987.23.Lucie Bertrand (psycho-éducatrice et responsable de la coordination de l’équipe), Rita Béland (psychologue), Michel Bouillon (psychoéducateur), Raymond Labelle (psychoéducateur), Hélène O’Reilly (travailleuse sociale) et Danièle Prince (psycho-éducatrice).24.TREMBLAY, R.E., McCORD, J., CHARLE-BOIS, P., GAGNON, C., LARIVÉE, S.et H.BOILEAU.« Can Disruptive Boys Be Helped to Become Competent?», communication présentée devant la Life History Research Society, Montréal, juin 1989.25.SERBIN, L.A., SCHWARTZMAN, A.E., MOSKOWITZ, D.S.et J.E.LEDINGHAM.« Aggressive, Withdrawn, and Aggressive-withdrawn Children in Adolescence : Into the Next Generation », dans D.Pepler et K.Rubin (éditeurs), The Development and Treatment of Childhood Aggression, Hillsdale, N.J., Lawrence Erlbaum, sous presse. Les programmes de deuxième ou de troisième cycle de l'Université de Sherbrooke Le choiX f DE L EXCEIIENCE TÉLÉDÉTECTION • FISCALITÉ • ADMINI STRATION DES AFFAIRES*DROIT DE LA SANTÉ-ADMINÏSTRATION SCOLA IRE • ÉDUCATION SPÉCIALISÉE »ENSE IGNEMENT«SCIENCES DE L'ÉDUCA TION • KIN ANTHROPOLOGIE • ÉCON OMIQUE* ÉTUDES.FRANÇAISES*GÈ OGRAPHIE*GÉRONTOLOGIE*GEST ION ET DÉVELOPPEMENT DES COQ PÉRAI1VES*HISTOIRE• LITTÉRATURE C ANADIENNE COMPARÉE «ThIoLO GIE • PHILOSOPHIE • PSYCHOLOGIE DES RELATIONS HUMAIN ES • SE RV ICE SOCIAL• BIOCHIMIE*BIOLOGIE C||UJLAIRE * MICROBIOLOGIE «PH A RM ACOLOGIE.PHYSIOLOGIE «RA DIOBIOLOGIE«SCIENCES CLINIQUES .BIOLOGIE«CHIMIE«ENVIRONNEME NT* M ATHÉMATIQUES- PHYSIQUE • G ÉNIE CIVIL-GÉNIE ÉLECTRIQUE«GÉN IE MÉCANIQUE.SCIENCES HUMAINE S DES RELIGIONS-ADMINISTRATION •ORIENTATION• GÉNIE CHIMIQUE- ry UNIVERSITÉ ** DE SHERBROOKE 2500, boulevard de l'Université, Sherbrooke (Québec) Canada J1K 2R1 .1 : -• W ¦lÜjrÆrLÜlErl -jgMÂ^jÂSÎ! RP4JU(IlP@L is Jll1 Ü Jit1 Ü l1 III1 B m 1111 ft W fit ILSKjMJL BBS SSiliK! i giaiiiüiaimsEMmiBJ » »1T> Premier circuit intégré plan (Fairchild) Premier circuit intégré conçu par ordinateur (Fairchild) PAR YVON SAVARIA, PIERRE LAVOIE ET DAVID HACCOUN Premier circuit intégré (Texas Instruments) Des premiers circuits ne contenant que quelques transistors, AUX CIRCUITS ACTUELS QUI EN COMPTENT PLUS D'UN MILLION, IL NE S'EST ÉCOULÉ QUE 30 ANS.MAIS CES 30 ANS FURENT CEUX D'UNE FOLLE AVENTURE VERS LE TOUJOURS PLUS PETIT, VERS L’INTÉGRATION.UNE AVENTURE QUI SE POURSUIT AVEC SES NOUVELLES CONTRAINTES ET SES NOUVEAUX DÉFIS.Yvon Savaria et David Haccoun sont respectivement professeurs agrégé et titulaire au departement de génie électrique de l'École polytechnique de Montréal Pierre Lavoie FAIT ACTUELLEMENT SON DOCTORAT AU MÊME DÉPARTEMENT.Depuis son apparition il y a tout juste 30 ans, la technologie des circuits intégrés a connu une évolution galopante.On conçoit et fabrique des circuits de plus en plus complexes, davantage fiables et capables d’effectuer un nombre toujours accru d’opérations logiques par seconde.Cela explique d’ailleurs la percée des ordinateurs personnels, dont les performances actuelles égalent, sinon surpassent, celles des plus gros ordinateurs des années 60.Au début, les circuits ne contenaient que quelques transistors.Aujourd’hui, grâce à l’intégration à très grande échelle (ITGE) — une technologie mieux connue sous l’appellation anglaise Very Large Scale Integration (IVLSI) —, on peut fabriquer des circuits intégrés ou puces contenant jusqu’à un million de transistors.D’où la possibilité de mettre un système complet sur une seule puce.Jusqu’ici, augmenter le nombre de transistors a été relativement facile : on se contentait de fusionner sur une même puce des circuits obtenus auparavant avec plusieurs puces.Mais maintenant, le véritable problème se pose.Comment concevoir la prochaine génération de puces, qui comporteront 10 millions de transistors et permettront d’intégrer des fonctions plus complexes que celles de la plupart des systèmes existants ?Le problème est lié à la complexité de ces puces.En effet, une seule erreur de conception ou la présence d’un seul transistor défectueux peuvent rendre la puce inutilisable.D est donc nécessaire d’utiliser des méthodes de conception appropriées et, de façon générale, il devient impensable de concevoir des composants électroniques aussi complexes sans le support de l’ordinateur.LES MÉTHODES DE CONCEPTION Une puce revêt normalement l’aspect d’une pastille semiconductrice de 0,5 mm d’épaisseur et de 1 mm2 à 1 cm2 de superficie.Le matériau semi-conducteur le plus utilisé à cette fin est le silicium.Le circuit électronique est sm UDC MICROÉLECTRONIQUE : LES DÉFIS DE L'INTÉGRATION 21 INTERFACE MARS • AVRIL 1990 1.LES TECHNOLOGIES Le terme technologie réfère à un ensemble de procédés de fabrication produisant des caractéristiques comparables en termes de densité (nombre de transistors par puce), de puissance consommée et de vitesse de fonctionnement.Les matériaux ou les types de transistors utilisés peuvent donner lieu à des technologies concurrentes dont les caractéristiques sont complémentaires.Elles peuvent donc cohabiter simultanément sur le marché parce qu'elles répondent à des besoins différents.Le matériau semiconducteur dont l'usage est le plus répandu est le silicium.Par exemple, la technologie des MOS (métal oxyde semiconducteur) complémentaires — en anglais : CMOS (Complementary Metal Oxide Semiconductor) — au silicium offre présentement la meilleure densité et la plus faible consommation de puissance.Par contre, les technologies basées sur le AsGa (arséniure de gallium), un matériau semiconducteur différent, permettent un fonctionnement 10 fois plus rapide au prix d'une consommation de puissance accrue et d'une densité réduite.Il existe d'autres technologies importantes comme la LCE (logique à couplage par émetteur) — en anglais : ECL (Emitter Coupled Logic) — et les MOS complémentaires bipolaires — en anglais : BICMOS, qui utilisent des transistors bipolaires au silicium pour donner des caractéristiques intermédiaires en termes de vitesse et de densité.littéralement gravé par des attaques chimiques sur la surface de la puce (encadrés 1 et 2).Celle-ci étant beaucoup trop fragile pour être manipulée directement, on l’encapsule de façon hermétique dans un boîtier protecteur.On parle alors de circuit intègre'.Un circuit intégré se présente le plus souvent sous la forme d’un petit boîtier de plastique entouré de broches.Ces dernières constituent des contacts métalliques destinés à relier le circuit au monde extérieur.Les circuits simples sont contenus dans un boîtier de 1 cm sur 3 cm entouré d’une vingtaine de broches, alors que les circuits complexes sont enfermés dans un boîtier carré d’environ 3 cm de côté, sous lequel il peut y avoir plus de 100 broches.La capacité de transfert d’information d’une broche est étroitement liée à ses dimensions physiques ; celles-ci déterminent sa bande passante, c’est-à-dire le nombre de bits par seconde qu’on peut y faire passer.Il est certes impressionnant de voir ces petits boîtiers qui fournissent autant de points de connexion.Mais la tâche n’est pas facile pour les concepteurs, car à l’intérieur du circuit, on peut facilement se retrouver avec des dizaines de milliers de fils.L’intérieur de chaque circuit intégré contient une véritable mosaïque de portes logiques reliées entre elles.D’une façon générale, une porte logique est un composant constitué d’un regroupement de transistors qui réalisent une fonction logique ; par exemple, la porte NONET (NAND).La conception d’un circuit intégré consiste, entre autres, à positionner chaque porte logique selon des règles bien précises et à dessiner les masques qui serviront à la production du circuit (encadré 2).Pour ce faire, les concepteurs disposent d’une panoplie de programmes qui les aident non seulement à dessiner le circuit en positionnant les portes logiques et leurs interconnexions, mais aussi à simuler son fonctionnement, à dessiner les masques, à vérifier les règles de dessin, etc.La grande densité (nombre de transistors par puce) offerte par la technolo- 1982 gie de l’intégration a stimulé le développement de méthodes de conception visant à trouver un compromis idéal entre différents facteurs comme le temps de conception, les frais initiaux directs (coût pour la première puce) et le coût unitaire (coût par puce, par la suite).MÉMOIRES DYNAMIQUES ET MICROPROCESSEURS La technologie de l’ITGE a permis d’augmenter considérablement le degré d’intégration des circuits.Toutefois, des distinctions s’imposent selon la nature des composants ; une comparaison entre les mémoires dynamiques et les microprocesseurs nous servira à illustrer ces différences.Un composant de mémoire dynamique consiste en une matrice de cellules ; chaque cellule mémorise un bit d’information (1 ou 0) sous la forme d’un potentiel électrique.Par souci d’économie, chacune des cellules ne contient qu’un seul transistor, utilisé comme commutateur d’accès et comme condensateur pour emmagasiner des charges électriques.La nature dynamique de ces mémoires découle d’une imperfection des transistors, qui laissent lentement fuir les charges électriques.ijÆprai \ -.- - - -v «Uti Premier microprocesseur, le 4004 (Intel) -ii-y Diiyii4i!y upy \\ ?JP} :uI y |Wiw |y y :y y.y y y y i m y y[ y ;yïy"uny:u»iy.w •; S.Z- A J ’i ¦ .;c< HiV, i;, : ,,i, I.,.-, i,i> : i, i ai,;. LJ) // ‘ ' •* *.• Q IIITT1 (S) m EXPLOITER LE FROID De quoi nous plaignons-nous ! Si notre situation géographique ne nous permet pas de profiter à l’année longue de la chaleur des tropiques, elle ne nous empêche pas d'exploiter le froid.Nous devrions même devenir un chef de file mondial dans le domaine des technologies des climats froids.Telle est la recommandation que livrait récemment le Conseil des sciences dans un rapport intitulé Exploi- ter les sciences et les technologies des régions froides.Mais il y a beaucoup d’obstacles à surmonter.Les centaines de petites entreprises canadiennes qui fournissent des biens et services axés sur les technologies des climats froids sont éparpillées dans tout le pays, ne se connaissent pas entre elles et ne sont pas au courant des débouchés commerciaux.Elles n’ont pas toujours, non plus, les ressources nécessaires pour exploiter ces débouchés, surtout sur les marchés étrangers.Des mesures s’imposent donc.Le Conseil émet à cet effet 10 recommandations dont l’une vise à renouveler les programmes de formation et de recherche sur les technologies des climats froids.Source CONSEIL DES SCIENCES DU CANADA.Exploiter les sciences et les technologies des régions froides, décembre 1989.DU CÔTÉ DES CHAIRES.Deux nouvelles chaires ont récemment été inaugurées à Montréal.Tout d’abord, le 18 janvier, une Chaire de recherche industrielle IDACOM-CRSNG-CCRIT en protocoles de communication a été inaugurée à l’Université de Montréal.Cette chaire sera sous la responsabilité de Grégor Bockmann, professeur titulaire au Département d’informatique et de recherche opérationnelle.Ses travaux sur les méthodes de spécification, de conception et d’implantation de protocoles représentent une contribution majeure dans le domaine de la télé-informatique.Ensuite, le 19 février, c’était au tour de l’Université du Québec à Montréal d’inaugurer la Chaire de recherche en environnement, parrainée par Hydro-Québec.La Chaire aura comme mission essentielle de développer des recherches fondamentales et appliquées sur la dynamique des systèmes biogéochimiques, une vocation pertinente aussi bien dans le cadre des objectifs généraux du programme Géosphère-Biosphère du Conseil international des unions scientifiques, que dans une perspective plus immédiate de protection de l’environnement.Son titulaire, Claude Hillaire-Marcel, est le directeur-fondateur du Centre de recherche en géochimie isotopique et en géochronologie (GEOTOP) de l’UQAM.Enfin, la société Squibb a annoncé, en décembre dernier, qu’elle investirait 2,5 millions de dollars pour la création de la chaire de recherche Hans Selye.Le nom du titulaire de cette chaire n’a cependant pas encore été divulgué.EMMANUEL KATTAN, BOURSIER RHODES 1990 Emmanuel Kattan, étudiant à la maîtrise au Département de philosophie de l’Université de Montréal, vient d’obtenir une bourse Rhodes.Distribuées dans tous les pays du Commonwealth depuis le début du siècle grâce à la générosité du mécène anglais Cecil Rhodes, ces bourses, attribuées au mérite, permettent à des étudiants de poursuivre des études de doctorat à l’Université d’Oxford selon une formule bien particulière, celle du professeur-tuteur. DES SERVICES UNIVERSITAIRES ACCRUS POUR LES FRANCOPHONES HORS QUÉBEC Neuf établissements francophones et bilingues canadiens en milieu minoritaire, soit l’Université d’Ottawa, l’Université Laurentienne de Sudbury^ l’Université Sainte-Anne de Pointe-de-l’Église (N.-É.), l’Université de Moncton, l’Université Saint-Paul, le Collège de Glendon, le Royal Military College de Kingston, le Collège universitaire de Saint-Boniface et la Faculté de Saint-Jean de l’Université de Nou, sommes ici depuis 1911.Aujourd’hui, notre équipe compte quelque 2 500 employés.A Montréal.A Bromont.Ailleurs au Québec.Et nous serons là demain.Ensemble.Au nom du progrès.IBM rst tint* inart|ii
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