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Titre :
Interface : la revue de l'ACFAS
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1984-2000
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'ACFAS
  • Successeur :
  • Découvrir (Montréal, Québec)
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Interface : la revue de l'ACFAS, 1996-11, Collections de BAnQ.

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TERFACE LA REVUE DE LA RECHERCHE Passeport pour le LUMIERE SUR LA MATIÈRE SOMBRE DE L’UNIVERS • • / a Jeremy McNeil, l’homme DE TOUS LES COMBATS Association canadienne-française pour l’avancement des scienc%,presse de retour: 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 Envoi de publication - Enregistreme||^p0 6489 01001026651806 Des programmes novateurs qui répondent aux besoins de la société.Un campus équipé des plus récentes technologies et situé au centre-ville dans un secteur riche en infrastructures culturelles.Des bourses d'études de 1 000$ à 10 000$ offertes par la Fondation de l'UQAM.Pour connaître les dates limites d'admission ou pour tout renseignement additionnel, composez le 987-3121 ou visitez notre site Internet à l'adresse http://www.uqam.ca Université du Québec à Montréal 18 DOCTORATS, 35 MAITRISES,: ET 8 DIPLOMES DE DEUXIEME CYCLE LES ETUDES AVANCEES D'ALLER PLUS LOIN VOLUME DIX-SEPT | NUMÉRO SIX | N O V E M B R E - D É C E M B R E 1996 INTERFACE Imaginaire et réalité virtuelle p.50 ÉDITORIAL 4 OPINIONS 8 Science clips 10 Saguenay: après le déluge, le désert?11 Un Dr Jekyll du sida?12 Des linguistes en ouéte du Graal: la langue originelle 13 La R-D industrielle en chiffres 14 Échec À la méningite ?14 Faire le plein de données en plein vol 15 La mauvaise école du hockey 16 Alerte aux prions, les vaches s’affolent! 17 Je me souviens 19 Un composite oui prend son temps.pour sécher 19 Internet au secours de la démocratie 20 Chirurgie assistée par IRM Face à face 22 Jeremy McNeil, l’homme de tous les combats Isabelle Clerc De l’action politique à la vulgarisation scientifique, cet entomologiste de réputation internationale ne recule devant rien pour que la science soit non seulement financée, mais aimée des jeunes.Recherche 28 Lumière sur la matière sombre de l’Univers Claude Carignan Cela peut surprendre, mais nous vivons dans un univers de matière sombre.De quoi s’agit-il ?De la réponse dépend l'avenir de notre univers, rien de moins.40 La science de l’illusion: la réalité virtuelle Guy Langlois L’ère des cyberespaces a bel et bien commencé et l’industrie de l’illusion n’a jamais été aussi active.Coup d'œil sur ses derniers développements.Enjeux 50 Quand l’imaginaire devient réalité.virtuelle À PROPOS DES MYTHES ENTOURANT LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DU «VIRTUEL» Thierry Bardini Si toute nouvelle technologie engendre un certain nombre de discours, un discours peut lui aussi engendrer une nouvelle technologie.Et la réalité virtuelle n’échappe pas à la règle.Zoom 56 LE BIODIVERSITÉ 58 Science monde Champignon contre vampire: 1-0 Gilles Parent Quoi de neuf?60 RUBRIQUES Livres, cd-rom, internet, événements, emplois 62 EDITORIAL 1 Des chantiers sans contremaîtres, SANS PLANS.ET SANS BUDGETS Jean-Pascal Souçue Au Québec, l’éducation est une très grosse entreprise.En 1994, on a consacré 8,5 p.cent du produit intérieur brut à ce secteur.ce qui est plus que dans le reste du Canada (7,4 p.cent) ou aux États-Unis (7,5 p.cent), et beaucoup plus qu’au Japon (3,6 p.cent) ou en Allemagne (4,1 p.cent).Non seulement le Québec dépense-t-il beaucoup pour l’éducation, mais les Québécois y participent en grand nombre et ce, sur tous les plans.Ils ont accès à une infrastructure importante comprenant des universités, des cégeps, des écoles primaires et secondaires, et une foule d’établissements publics et privés distribués sur l’ensemble du territoire.Aujourd’hui, une proportion de 35,6 p.cent des personnes en âge de fréquenter l’université entreprend des études universitaires pouvant mener à l'obtention d’un baccalauréat.Et dans les commissions scolaires, l’encadrement est favorable : en 1994-1995, le nombre moyen d’élèves par enseignante ou enseignant était moins élevé au Québec qu’en Ontario et aux États-Unis.Selon tous les indicateurs d’in-trant et de participation, le Québec (tout comme d’ailleurs le reste du Canada, dont les dépenses sont comparables) devrait afficher une performance de tout premier plan et les résultats les meilleurs.Or on en est loin.Quelques exemples : comment expliquer qu’en 1993-1994, 58,6 p.cent d’une génération de sexe masculin n’obtienne pas de di- Jean-Pascal Souque est président de l’Acfas et chargé de recherche principal au Centre de perfectionnement des ressources humaines du Conference BoaTd du Canada.plôme au secteur des jeunes, et que 25,2 p.cent n’obtienne jamais de diplôme?Et ceci alors que des entreprises sont prêtes à engager du personnel qualifié qu’elles ne peuvent pas trouver aujourd’hui.Comment expliquer qu’avec autant d’élèves dans l’enseignement postsecondaire, la pénurie de personnes compétentes en informatique ralentisse toute l’économie?Oue les entreprises de pointe qui représentent l’avenir de Montréal et du Québec aient tant de difficultés à recruter les talents et les leaders de demain, dont elles ont un besoin crucial?Selon une recherche du Centre d’études sur les nouvelles technologies et les organisations, rapportée dans La Presse du 18 octobre dernier, le manque d’expertise dans les domaines de pointe représenterait la première raison pour laquelle les entreprises quittent ou évitent Montréal.Alors, une question fondamentale se pose:comment le système scolaire québécois, avec toutes les ressources dont il dispose, arrive-t-il à fabriquer à la fois autant de jeunes, surtout de sexe masculin, qui n’acquièrent pas une compétence suffisante pour entrevoir la moindre insertion sur le marché du travail, et autant de personnes dont le diplôme n’a pas la «valeur» nécessaire pour leur permettre de contribuer de façon productive à la nouvelle économie?En d'autres termes, l’investissement du Québec en éducation permet-il aux jeunes de réaliser pleinement leur potentiel tout en leur fournissant tous les moyens d’acquérir les compétences essentielles à leur insertion dans une société profondément transformée par l’explosion des connaissances scientifiques et techniques?C’est avec cette question en tête que l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas) a présenté son mémoire à la Commission des États généraux sur l’éducation, dont le rapport final fut rendu public le 10 octobre dernier.Pour plusieurs points, et non les moindres, l’Acfas a été écoutée.Ainsi, en accord avec l'Association, la Commission recommande l’augmentation des services éducatifs à la petite enfance, la revalorisation de la formation professionnelle et technique à tous les ordres d'enseignement, l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et des communications pour faciliter l’acquisition des compétences requises au sein de la nouvelle économie, et enfin, la revalorisation de la profession enseignante et l’encouragement à l’innovation pédagogique sur tous les plans.Mais pour d’autres points, comme la nécessité de miser sur la formation scientifique et technique pour développer des ressources humaines en vue de la production de biens et de services à haute valeur ajoutée, c’est le silence.Manifestement, la Commission veut rester neutre pour ce qui touche à l’importance rela- tive des matières scolaires.C’est ainsi que de son exposé initial à son rapport final, elle révise son discours.Dans l’exposé de la situation, la Commission note que la conception de la culture qui transparaît des propos des participants aux audiences est essentiellement humaniste et que quelques références seulement ont été faites à l’importance de développer la culture scientifique et technologique.Cette pêche populiste au consensus, qui fit que le mémoire de l’Acfas fut reçu par la Commission quelques minutes avant celui du Parti de la loi naturelle du Québec, ne pouvait guère produire mieux.Heureusement, la Commission s’inquiète et alerte l’opinion: «Nous comprenons que compte tenu de la situation culturelle et politique particulière du Québec, on cherche à donner à la langue, à l’histoire et aux arts un rôle central.Nous nous inquiétons toutefois du silence quasi généralisé qui entoure la formation scientifique et technologique puisque celle-ci est essentielle à une participation active à cette < société du savoir > dont on est, par ailleurs, si enclins à parler.» Inutile d’ajouter que l’Acfas s’en inquiète encore plus.Que reste-t-il aujourd’hui de cette inquiétude, dans le rapport final?Rien ou presque.La Commission recommande de rajeunir les programmes d’études, y compris dans le champ de la technologie, de la science et des mathématiques.Et pourquoi?«Une bonne formation scientifique et technique de base, conclut-on, est donc essentielle pour permettre à tout citoyen et toute citoyenne de participer aux débats démocratiques qui ont cours 4 17 6 INTERFACE autour de ces questions.» (p.20 du rapport) Mais dans quel monde vivent les bureaucrates qui ont rédigé cette ineptie?Ont-ils visité une usine récemment?Ont-ils écouté Jacques Leblanc, vice-président au développement de l’emploi à la Société québécoise de développement de la main-d’œuvre qui, lors d’un colloque organisé par l’Acfas et le Conseil de la science et de la technologie, démontrait que les changements technologiques ont un effet sur le rehaussement des compétences: on exige des aptitudes que l'on retrouve principalement dans des professions de niveau intermédiaire ou élevé.Bref, le niveau monte, et surtout le niveau scientifique et technique.Que le rôle de la formation scientifique et technique soit perçu essentiellement comme facilitateur du débat démocratique et qu’on oublie son rôle crucial dans la préparation au travail, en dit long sur la «déconnexion» des autorités en éducation par rapport à la réalité économique et sociale.Ceci dit, tout en faisant comme si les sciences et la technologie n’existaient pas, la Commission se rattrape en prenant certaines positions tout aussi courageuses qu’avant-gardistes.Par exemple, pour remédier à l’immense gaspillage de ressources humaines que produit le système d’éducation québécois, la Commission propose une mesure qui devrait être inscrite en lettres majuscules à l’entrée des écoles, collèges et universités: «Nous croyons qu’il est essentiel de tout mettre en œuvre pour qu’aucun jeune ne quitte le système scolaire sans y avoir acquis une qualification professionnelle qui lui permette de s’intégrer au marché du travail.» (p.23) Et la Commission ne se limite pas à l’ordre secondaire, elle fait aussi remarquer que « les étudiants demandent des programmes universitaires leur assurant une intégration professionnelle, ce qui se comprend aisément puisque la grande majorité d’entre eux ne vont pas au delà du baccalauréat».Il est réconfortant de voir enfin reconnue l’idée que l’un des buts légitimes de l’éducation soit aussi de préparer tous les élèves au monde du travail, et pas seulement de fournir une formation générale exclusivement axée sur le développement personnel (beaucoup), le civisme (un peu) et la poursuite d’études supérieures (énormément).L’immense majorité de la population désire travailler et donc, veut que le système d’éducation lui donne au moins les compétences de base pour effectuer avec succès la transition des études au travail.Il est désespérant de constater qu’on ait pris tant d’années à reconnaître cette observation somme toute assez évidente, dans le milieu de l’éducation.Espérons que tout cela reflète le début de la fin des rigidités idéologiques qui bloquent le système depuis trop longtemps .Les étudiants, qui constituent plus du tiers des membres de l’Acfas, seront probablement soulagés de voir qu’on se préoccupe enfin de leur insertion sur le marché du travail.La Commission, si elle ouvre quelques perspectives nouvelles, reste encore aux prises avec de vieux réflexes idéologiques, et elle conserve un flou artistique sur les finalités de l’éducation et les résultats qu’on doit attendre du système scolaire.Comme le souligne avec une clarté intellectuelle peu commune le commissaire dissident Gary Caldwell, on ne dispose pas encore de critères de référence qui permettent de décider de ce qui est essentiel à l’école et de ce qui ne l’est pas.De plus, la Commission se montre bien tiède face à l’idée d’évaluer rigoureusement les résultats du système scolaire, même si l’évaluation a constitué l’une des préoccupations majeures de la population et particulièrement des élèves.Bien sûr, et la grande presse en a parlé abondamment, la Commission continue à maintenir la vaste entreprise de nivellement par le bas qui affecte l’éducation depuis trop longtemps.Enfin, et comme pour montrer à quel point l’éducation devrait être radicalement coupée de toutes choses bassement terrestres, les commissaires ont complètement négligé l'aspect budgétaire de l’éducation ainsi que les priorités d’action.La Commission propose 10 « chantiers » (le nouveau terme à la mode) prioritaires sans prendre la peine d’expliquer où il faut donner le premier coup de pelle.Et elle aligne 104 recommandations probablement aussi importantes l’une que l’autre à ses yeux sans en indiquer le coût, sans aucune préoccupation de cet ordre.Elle a au moins une excuse: l'absence de leadership au gouvernement, le manque de vision et de passion pour l’éducation qui auraient pu guider ses travaux.Au moment où le changement économique, technique et social s’accélère, et alors que nous devons préparer tous les jeunes à relever des défis considérables, c’est véritablement inquiétant.A INTERFACE Revue bimestrielle de vulgarisation scientifique, Interface est publiée par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas) AVEC l'aide DU MINISTÈRE DE LA CULTURE, ET DES COMMUNICATIONS, DU PROGRAMME Sciences et culture Canada, du Conseil de recherches en sciences humaines, du Conseil de recherches médicales et du Conseil de RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE.Directrice et rédactrice en chef Sophie Malavoy Directeur général de l'acfas Germain Godbout Secrétaire de rédaction Jocelyne Thibault Comité de rédaction Lindsay Bignell, Johanne Collin, Robert Ducharme, Pierre Fortin, Jean-René Roy, Michel Trépan ier, Hélène Véron neau Révision linguistique Hélène Larue Direction artistique Dominique Mousseau Photo de la page couverture FAKESPACE Sorties Postscript Typographie Sajy Impression Imprimerie Ouebecor, Saint-Jean Les articles d’Interface peuvent ÊTRE REPRODUITS SANS AUTORISATION À CONDITION OUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S'ADRESSER À: Acfas 425, RUE DE LA GaUCHETIÈRE EST Montréal (Québec) H2L2M7 Tel.: (514) 849-0045 Téléc.: (514) 849-5558 INTERFACE@ACFAS.CA La revue Interface est répertoriée dans Repère, envoi de publication ENREGISTREMENT N° 6489, NOVEMBRE 1996 DÉPÔT LÉGAL: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE du Québec, quatrième trimestre 1996 ISSN 0826-4864 Publicité : Gérard Lefebvre | Sabine Monnin Tél.: (514) 523-2989 Téléc.: (514) 523-0962 5 | INTERFACE jp 6 Surréalistes, la science et la technologie ?Avec les « Innovateurs à l’École », les sciences et technologies sont concrètes, riches en découvertes et surtout bien vivantes ! Ce réseau de scientifiques bénévoles leur donnent un vrai visage.Comment ?En visitant des groupes du primaire ou du secondaire avec leur sac à malices, leur bonne humeur et leur savoir-faire.Qui sont-ils ?Des spécialistes, des hommes et des femmes, en chair et en os, qui donnent quelques heures de leur temps par année pour intéresser les jeunes à leur domaine d’expertise.Une seule visite dans une classe et les jeunes associent un visage à des mots comme chimiste, entomologiste, ingénieur, physicien-ne, mathématicien-ne, malherbol-ogiste, microbiologiste, technicien-ne en procédés chimiques.et surtout scientifique ! Le réseau des Innovateurs à l’École de la Société pour la promotion de la science et de la technologie est principalement actif dans les régions de l’Estrie, du Saguenay/Lac-St-Jean, de Québec et du grand Montréal.Bientôt dans les régions métropolitaines de Hull et de Rimouski.Joignez-vous au réseau des Innovateurs ! Trois fois par année, emmenez votre science dans une école près de chez-vous.Quel que soit votre domaine d’expertise en science ou en technologie, niveau technique ou universitaire, contribuez à élargir les horizons des jeunes avec votre créativité, votre passion.Inscrivez-vous maintenant ! Les prochaines activités en classe débuteront en janvier 1997.i Société pour la tz promotion de la science et de la technologie t*»' r»K I Gouvernement du Québec Ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie Industrie Canada Industry Canada «m» MERCK FROSST fm PRATT&WHITNEY Ü3 CANADA Pour plus d'information : contactez Louise LeBlanc, coordonnatrice pour le Québec au 873-1544 (de Montréal) ou au 1-800-465-INOV Adresse électronique : ll@spst.org -Visitez-nous au site W3 de la SPST : http://www.spst.org Ou dès la mi-novembre, contactez directement votre coordonnateur régional.Estrie : CLS de l'Estrie, Lyne Breton : (819) 565-5062 Saguenay/Lac-Saint-Jean : CLS du Saguenay/Lac-Saint-Jean, Michel Côté (418) 668-4541.Québec : CLS de Québec, Jean-François St-Cyr (418) 658-1426 L'UQAR erences Étudier les sciences de la mer à l'Université du Québec à Rimouski • La maîtrise en océanographie • Le doctorat en océanographie • La maîtrise en gestion des ressources maritimes • Les baccalauréats : biologie - sciences marines chimie de l'environnement géographie - environnement marin Pour plus de renseignements, communiquez avec le Service des communications de l'Université du Québec à Rimouski.Université du Québec à Rimouski Téléphone : 1-800-511-3382 Adresse électronique : uqar@uqar.uquebec.ca Le CRIM, pour se maintenir dans le peloton de tête y CRIM Centre de recherche informatique de Montréal 1801, avenue McGill College, bureau 800 Montréal (Québec) H3A 2N4 Tél.: (514) 840-1234 Téléc.: (514) 840-1244 info-crim@crim.ca http://www.crim.ca Depuis plus de dix ans, le Centre de recherche informatique de Montréal est fermement engagé dans l’orientation stratégique et le développement de l’autoroute de l’information.Il met au service de l’industrie québécoise et canadienne son expertise, celle de ses membres universitaires et institutionnels et de ses partenaires.Un tel réseau permet à nos entreprises de se positionner comme chefs de file dans la création de contenus, d’outils et de services afin qu’elles tirent avantageusement parti de l’autoroute de l’information.En s’engageant dans le développement de l’inforoute et en parrainant, avec ses partenaires, l’implantation et les activités du RISQ, le cœur de l’Internet québécois, le CRIM affirme sa volonté d’inscrire notre industrie aux premiers rangs des marchés mondiaux.Le CRIM remercie ses partenaires ainsi que les commanditaires et les participants à INET'96 pour leur contribution au succès du 6e congrès international de l'Internet Society. OPINIONS ; Angéline Martel déplore l’absence d’une véritable politique d’enseignement des langues étrangères au Québec.Des langues ET PARTAGER Le Québec s’est doté d’imposants dispositifs d’intervention en matière de langue nationale.Cependant, il n’a pas encore établi de politique d’apprentissage des langues étrangères.Certes, des mesures visant à assurer l’apprentissage de la langue seconde, l’anglais, tant au primaire qu’au secondaire et au cégep, ont été mises en oeuvre.Mais l’apprentissage d’une langue étrangère autre que l’anglais n’est offert comme formation complémentaire qu’à partir du cégep, offre dont seulement 15 p.cent des élèves se prévalent.Quant aux universités, on n’y trouve aucune politique systématique des langues, ni seconde ni autre.Les langues font l’objet de plusieurs programmes d’études — majeures ou mineures en langues, littératures, linguistique, traduction, études classiques —, mais pour les autres programmes, on exige rarement la connaissance d’une langue seconde et encore moins d’une troisième langue.Néanmoins, le nombre d’élèves inscrits à des programmes d’enseignement des langues a augmenté de 14 p.cent entre 1990 et 1994, alors que les effectifs pour tous les programmes n’ont augmenté que de 4 p.cent pendant la même période.Les besoins en apprentissage des langues augmentent et la nécessité de défendre la langue française au Québec ne peut occulter les occasions multiples d’interactions avec des locuteurs d’autres langues.POUR CONNAÎTRE, COMPRENDRE Angéline Martel enseigne à la Télé-université D’abord, la coexistence harmonieuse entre les communautés linguistiques serait facilitée par le partage des langues.On pense ici à l’apprentissage du français par les immigrants et immigrantes, bien sûr, mais également, à l’apprentissage des langues des autres communautés linguistiques par les francophones.La croissance de ces communautés dites « culturelles » est, on le sait, particulièrement importante.En 1951, seulement 3,7 p.cent de la population québécoise était de langue maternelle autre que française ou anglaise.En 1971, elle était de 6,2 p.cent et en 1991, de 8,1 p.cent.Ensuite, les échanges commerciaux et professionnels internationaux augmentent rapidement: 6,8 p.cent pour les importations et 35 p.cent pour les exportations entre 1990 et 1994.Or la connaissance, même minimale, de la langue des partenaires commerciaux permet non seulement de rentabiliser les négociations et les échanges de produits et services, mais elle engage aussi à la réciprocité : «J’apprends votre langue, il serait souhaitable que vous appreniez la mienne.» Cet aspect est non négligeable dans l’actuelle lutte contre l’hégémonie croissante de l’anglais, car si les échanges se font majoritairement avec des pays de langue anglaise (80 p.cent), ils se font également avec l’Allemagne, le Japon, l’Italie, la Chine ou Taiwan, par exemple.D’ailleurs, la croissance du nombre d’élèves dans des programmes d’enseignement des langues asiatiques, dont le japonais (+19 p.cent) et le chinois (+24 p.cent), suit celle des échanges commerciaux: +9 p.cent pour les exportations avec le Japon, +105 p.cent pour les importations avec la Chine, +27 p.cent avec Taiwan.Enfin, la tendance actuelle vers l’internationalisation devrait augmenter notre intérêt pour la langue et la culture des autres.Les déplacements croissants de Québécois vers des pays hispanophones, en particulier pour les vacances, en sont un premier exemple (le nombre de personnes inscrites dans des cours d’espagnol à l’université a augmenté de 18 p.cent entre 1990 et 1994).Mais cet intérêt dépasse la seule attirance vers les plages dorées : on veut connaître les habitants de ces pays, leur mode de vie, leur pensée.D’où l’importance de connaître, même minimalement, leur langue.Une politique d'apprentissage généralisé des langues étrangères s’impose au Québec.Elle devrait couvrir trois champs d’interventions: les langues des communautés culturelles du Québec, les langues des partenaires professionnels et commerciaux, et les langues d’intérêt culturel.On devrait viser une connaissance minimale de plusieurs langues, et celles-ci ne devraient pas nécessairement (voire idéalement) être les langues les plus répandues.La capacité de communiquer dans plusieurs langues ne peut qu’augmenter l’efficacité des interactions entre les individus et surtout leur degré d’intercompréhension.En somme, il s'agit de fonder la politique des langues étrangères sur une idéologie de la pluralité: sociale, économico-professionnelle et culturelle.À l’occasion d’un récent voyage en Finlande, j’ai étudié le finnois (langue non indo-européenne).En plus d’apprendre les rudiments de la conversation courante, j’ai avivé une admiration profonde et une intense curiosité pour ce peuple dont la langue diffère tellement de la nôtre : on n’y trouve ni futur, ni féminin, ni masculin; le négatif se conjugue; la phrase ne comporte aucune intonation; l’oral ne «cache» aucune lettre (chacune est prononcée) et le souci d’harmonie vocalique sous-tend un système complexe (pour nous) de déclinaisons; etc.C’est le découpage de la réalité, des valeurs, la pensée, en fait, que nous montre cette langue.Et si l’on objecte que, comme société, nous n’avons ni les ressources, ni le temps d’alourdir les programmes scolaires ou universitaires, posons-nous une question: avons-nous les moyens de laisser perdurer les incompréhensions sociales qui gaspillent nos énergies et nos ressources, de ne pas élargir l’efficacité commerciale et professionnelle, de nous limiter dans l’enrichissement de notre culture individuelle et collective ?8 I lUlLIll^ÂC? ÿmm «S&vvs MSta W>fi}V%S; - ' ¦jû'/rL: '.'-Jv W/V^ ICSlffiv $>-i >^7/».' • .-' .ii.v*a J V.'/'." J' : 1 u£vÿ\-Cv » mÊÈÈ «tiibbrj&p! mm w&m Université d’Ottawa • University of Ottawa La recherche.c’est pour vous Prix d’excellence en recherche : A :J.C.(Tito) Scaiano (94) B : Chad Gaffield (95) C : Robert Korneluk (96) Études supérieures (2e et 3e cycles) C.P.450 suce.A, Ottawa (Ontario) Kl N 6N5 Tél: (613) 562-5742 Téléc.:(613) 562-5992 http:llwww.uottawa.ca ENVIRONNEMENT SCIENCE CLIPS Saguenay: après le déluge, le désert Mise à l’eau du carottier permettant de remonter un échantillon de la surface du fond de la baie.Le déluge de juillet a fait temporairement du fond de la baie des Ha ! Ha ! un désert sous-marin, alors que c’était un paradis pour la pêche blanche (pêche sous glace).Des milliers de mètres cubes de boue ont été charriés vers la baie lorsque la digue du bassin de la rivière des Ha ! Ha ! a cédé.Ils ont enseveli sous une nouvelle couche de sédiments les vers, les mollusques et autres habitants de ces profondeurs.Qui plus est, à certains endroits, ce nouveau sédiment regorge littéralement de produits pétroliers.Voilà les premières observations qu’a ramenées une équipe de scientifiques du Département d'océanographie de l'Université du Québec à Rimouski (UOAR) et de l’INRS-Océanologie, à la suite d’une mission au Saguenay effectuée fin septembre à bord du navire de recherche océanographique Alcide C.Horth.Je fais partie de cette équipe.Lorsque nous quittons le port de Rimouski-Est à minuit cinq le 21 septembre, notre objectif est d’évaluer les effets de la crue soudaine sur la faune et la flore de la baie des Ha ! Ha ! et du bassin profond en aval.Sous la supervision du chef de mission Caston Desrosiers, biologiste à l’UOAR, et d’Émilien Pelletier, chimiste à l’INRS-Océanologie, l’équipe devra observer, prélever et analyser les eaux du fjord, son sédiment et ses habitants benthiques.Vers midi trente, après une traversée un peu agitée de l’estuaire du Saint-Laurent et une remontée du fjord du Saguenay, le navire rouge et blanc arrive à la première station d’échantillonnage du plan de mission, soit l’entrée de la baie des Ha! Ha! Nous sommes à environ 10 km de l’embouchure de la rivière des Ha ! Ha !, située au fond de cette baie.Le capitaine nous informe de la profondeur: 190 m.On enfile les habits imperméables, pour se protéger non pas de la pluie — le soleil est radieux — mais de la boue! À l’aide d’un appareil que l’on appelle un «carottier à boîte», nous prélèverons durant les cinq jours de la mission plus de 40 échantillons de sédiment, chaque «carotte» ayant une surface intacte d’un peu plus de 1000 cm2 et une profondeur d’environ 50 cm.La première carotte nous révèle qu’une couche de boue, couleur café au lait et d’environ 1 cm, recouvre un sédiment plus ancien.Habituellement, dans le fjord, la couche de surface brun clair fait moins de 5 mm d’épaisseur; elle recouvre alors un sédiment d’argile très sombre, parfois noir, couleur due à la dégradation de la matière organique en l’absence d'oxygène.La boue transportée par les rivières déchaînées s’est donc déposée en partie dans la baie des Ha ! Ha ! À la surface de notre échantillon, on distingue facilement de fortes densités de vers marins facilement repérables par l’orifice de leurs terriers.La vie y suit son cours, ce qui risque bien de changer à mesure que l’on pénètre à l’intérieur de la baie.Effectivement, 3 km plus loin, la nouvelle couche de sédiments atteint 20 cm d’épaisseur, puis elle fait de 30 cm à 6 km à l'intérieur de la baie.À certains endroits, la boue s’est même déposée sur près de 40 cm! Ainsi, il s’est accumulé en quelques jours l’équivalent du sédiment déposé après plusieurs dizaines d’années.Cette boue a une texture qui s’apparente à celle d’un ciment trop riche en eau.Le tamisage révèle la quasi-absence de la faune ben-thique habituelle et la disparition des terriers de vers à la surface des sédiments.À partir de cette zone, le chalut ne remonte que peu d’organismes aquatiques; la diversité y est très faible.Il faudra attendre les analyses en laboratoire pour savoir si la faune microscopique du nouveau sédiment est importante.Celle-ci sera normalement le précurseur de la recolonisation.«En fait, cette recolonisation du sédiment se fera par étapes, explique le professeur Desrosiers.La nouvelle couche est trop fluide 10 TTTT INTERFACE | SCIENCE CLIP pour supporter les animaux ben-thiques trop lourds qui, comme les gastéropodes, se déplacent à la surface du sédiment; il faudra que celui-ci se consolide.Les vers prépareront le «terrain» avant que les autres espèces ne s’y installent et que l’écosystème aquatique ne retrouve sa dynamique d’avant le coup d’eau.«Il est difficile d’estimer combien de temps durera la période de recolonisation, poursuit le chercheur.C’est pourquoi nous souhaitons effectuer annuellement une telle mission pendant les prochaines années, afin de suivre cette recolonisation.» La nature prendra le temps qu’il lui faut, mais elle devra composer avec les polluants pétroliers.En effet, les sédiments prélevés à moins de 3 km de la rive en reconstruction de la ville de La Baie libéraient à leur surface des traces apparentes de produits pétroliers.«Pourqu’on puisse les observer ainsi à l’oeil nu, les hydrocarbures doivent y être très concentrés», souligne le Dr Pelletier.Les sources de ces polluants peuvent être diverses: réservoirs d’essence emportés par les eaux, huile à chauffage libérée au moment du bris de conduites, brassage de sédiments déjà contaminés, etc.Ces produits sont peu solubles dans l’eau; ils ont plutôt tendance à s’associer avec la matière en suspension et à sédimenter avec elle.L’effet de ces polluants sur la faune du fond de cette zone de la baie ne peut être évalué sans mener une étude particulière.Mais on peut croire que les espèces les plus sensibles retarderont leur retour tant que les concentrations d’hydrocarbures n’auront pas diminué — sous l’action des bactéries, par exemple.Les analyses des échantillons indiqueront si les Coupe transversale d’une carotte contenant les 50 premiers centimètres du sédiment de la baie.Une couche de nouvelle boue plus claire recouvre le sédiment d’avant les inondations.hydrocarbures associés aux boues de la crue ont été transportés au-delà de la baie.Dans la soirée du 24, nous atteignons l’avant-dernière station d’échantillonnage, située devant le village de Sainte-Rose-du-Nord, à 10 km en aval de la baie des Ha ! Ha ! Ici, la couche de nouveaux sédiments est d’environ i cm.La récolte du chalut qui a raclé le fond à 240 m de profondeur est riche: des dizaines d’étoiles de mer, des vers, des gastéropodes, des bivalves, des crevettes et des anémones, même une méduse qui s’est fait prendre dans les filets! C’est le genre de récolte qu'on aurait pu obtenir dans la baie des Ha! Ha! avant que le fond ne soit recouvert de tonnes de boue.La nature y reprendra ses droits, en utilisant toutes ses possibilités.Le plancton est toujours là, comme l’ont montré les prélèvements à l’aide d’un filet.Au microscope, nous avons observé des larves pélagiques de mollusques et de vers de mer qui participeront à la recolonisation du fond lors- qu’elles s’y déposeront.Nous avons dénombré différentes espèces de diatomées, ces algues microscopiques à la base de la chaîne alimentaire aquatique dont se nourrissent de nombreux copépodes qui s’agitent dans ces eaux, qui à leur tour nourrissent les carnivores jusqu’aux poissons et.jusqu’aux baleines, qu’on aperçoit par dizaines lorsque le navire franchit l’embouchure du Saguenay, dans l’après-midi du 25 septembre, pour le retour vers Rimouski.Tout l’automne, l’équipe travaille à analyser les quelques centaines d'échantillons d’eau de Un DT Jekyll du sida?sédiments et d’organismes prélevés pendant cette mission.Des cartes seront tracées pour déterminer les zones du fond affectées par la crue et un comité scientifique rédigera un rapport.Mais dès cet hiver, les amateurs de pêche blanche de la baie des Ha ! Ha ! sauront si le sébaste ou le turbot s’accommoderont de nager au-dessus d’un désert de boue.Devront-ils plutôt se contenter d’histoires de pêche pendant que la nature travaillera patiemment à reconquérir les profondeurs ?Richard St-Louis O «lu À la fin d’un article sur l’auto-expérimentation scien- S tifique paru dans notre dernier numéro (septembre-octobre), nous lancions en boutade qu’un jour, un scientifique en viendrait peut-être à essayer sur lui un vaccin contre le sida.Eh bien, c’est déjà chose faite! Nous venons d’apprendre qu’une telle expérience s’est déroulée en France, il y a neuf ans.En 1987, cette auto-expérimentation a même fait sursauter la communauté scientifique.À cette époque, le Dr Daniel Zagury, chercheur à l’Université Pierre et Marie Curie, à Paris, aurait voulu se servir de cobayes humains pour tester son vaccin, mais ses recherches n’étaient pas suffisamment avancées.Il décida de s’injecter le virus désactivé pour vérifier si celui-ci produirait une réaction du système immunitaire.Les résultats furent plutôt décevants, la réponse immunitaire se révélant trop faible pour prémunir l’organisme contre une éventuelle infection par un virus actif.«Aujourd’hui, ce type de vaccin a été relégué aux oubliettes», dit Daniel DeNoon, des Éditions CW Henderson, qui publient, entre autres, le magazine ultraspécialisé AIDS Weekly.Le Dr Zagury a eu la chance de ne pas contracter le sida.Si l’histoire médicale recense très peu de cas d’infections par un vaccin censé prévenir le développement d’une maladie, le risque était bel et bien présent vu le caractère exploratoire de l’expérience.C’est ce qu’affirma au Wall Street Journal Dani Bolognesi, chercheur à l’Université Duke, un an après l’expérience du Dr Zagury.Stéphan Dussault n I II I L II I , l L L M LINGUISTIQUE Tchouktche- kamchatkan Ouralique Altaïque Indo- européen Austronésien Esquimau- aléoute Eurasiatique Austro-taï ¦indo- pacifique Austro- asiatique Karvélien Amérindien Australien Dravidien Afro- asiatique Austrique Eurasien- américain Pacifique Nilo- saharien Déné- causasien 'Nige^> kordofanien '"Sud-esT asiatique- pacifique Congo- saharien Khoisan Non-africains Africains Protosapiens .Des linguistes en quête du Graal : la langue originelle AUX FRANGES DE LA SCIENCE, là où cohabitent génies et farfelus, des croisés s’activent à la quête du Graal: des biologistes cherchent le monstre du Loch Ness; des chimistes fouillent la mémoire de l’eau et.des linguistes marginaux tentent de reconstituer la langue de la préhistoire, le nostratique.En 1786, le juge Sir William Jones, en poste aux Indes, se plongea dans l’étude du sanscrit, la langue des textes de la religion hindoue.À sa grande surprise, il constata que la grammaire et le vocabulaire du sanscrit avaient des ressemblances tellement troublantes avec le grec et le latin qu’« aucun philologue ne pouvait étudier ces trois langues sans être convaincu qu’elles avaient une origine commune ».Au cours des années qui suivirent, des émules de Jones cherchèrent les traces de cette origine commune dans le vocabulaire et la grammaire des langues modernes.Ils démontrèrent que des centaines de langues, de l’anglais à l’hindi en passant par le perse et le gallois, étaient toutes les filles de ce qu'ils appelaient la «langue proto-indoeuropéenne».Cette langue ancestrale, cette protolangue, était parlée il y a quelque 8000 ans, avant l’invention de l’écriture.Mais d’où vient le proto-indoeuropéen?Quelles sont les protolangues des autres grandes familles linguistiques?Y a-t-il des liens entre toutes ces protolan- Un certain nombre de linguistes américains et russes travaillent à reconstruire l’arbre généalogique des langues jusqu’à un éventuel ancêtre commun, la langue mère ou protosapiens qui aurait été parlée il y a 50 000,100 000 ou même 150000 ans! Cette langue d’Adam et Ève aurait donné naissance aux langues africaines d’un côté, non africaines de l’autre, qui se seraient à leur tour progressivement ramifiées.gués ?En 1866, à la création de la Société linguistique de Paris, ces questions furent écartées.L'article 2 des règlements stipulait que la Société n’admettait aucune communication concernant soit l’origine du langage, soit la création d’une langue universelle.On estimait que c’était là une tâche impossible et une perte de temps.L’indo-européen demeura un orphelin sans parents connus.INTERFACE ILLUSTRATION DE NATHALIE PROULX.INSPIRÉ DE SCIENCE & VIE, «À LA RECHERCHE DE LA LANGUE D’ÈVE », N° 940, JANVIER 1996, P.66. Toutefois, au cours des années, les linguistes ont réussi à classer les langues en quelque 200 familles et ont reconstitué, à l’instar de l’indo-européen, d’autres protolangues: ouralienne (ancêtre du finnois, du hongrois), altaï-que (ancêtre du turc et du mongol) et afro-asiatique (ancêtre de l’arabe et du berbère).Les plus anciennes protolangues unanimement reconnues datent d’il y a environ 7 000 ans.Et le nostra-tique dans tout ça ?Tout ce temps-là, un petit groupe de tenaces linguistes travaillant discrètement en URSS, dont Vladislav M.Illich-Svitych, Aaron B.Dolgopolsky et Vladimir Dybo, continuait à chercher la langue mère.Tamisant les langues modernes à la recherche de fossiles linguistiques, de mots communs ou de structures grammaticales, creusant à travers les strates des langues humaines, ils établirent une relation entre quelques protolangues comme l’altaïque, l’ouralien et l’indo-européen, et relièrent ces branches à un tronc commun.Ils entendirent ainsi l'écho d’une ancienne langue oubliée, un hypothétique ancêtre qu’ils nommèrent «nostrati-que» (du latin noster, pour «notre» langue).Le nostratique qui était parlé il y a 12 000 ans serait l’ancêtre des langues indo-européennes, des langues dravidiennes, du géorgien, des langues ouraliennes, altaïques et afro-asiatiques.Grosso modo, le tout représente les langues de la moitié de la population mondiale.L’hypothèse nostratique, pratiquement interdite d’étude au début du siècle, ridiculisée il y a 30 ans et vulgarisée durant les années 1980, est devenue plus complexe.Aujourd’hui, sympathi- SCIENCE CLIPS sants comme adversaires s’échangent des arguments basés sur des recherches sérieuses.Jusqu’à récemment, les tenants du nostratique étaient surtout des chercheurs russes.Mais aux vétérans comme Vitaly Shevoroshkin et Aaron Dogopolsky, se sont ajoutés ces dernières années des chercheurs américains — qui ne s’entendent pas entre eux — comme Allan Bomhard, John Kerns, Ma-naster Ramer, Joseph Greenberg, qui ont revitalisé la recherche du nostratique et des racines néolithiques du langage.Depuis, quelques radicaux tel Vitaly Shevoroshkin sont allés plus loin: ils croient avoir établi des liens entre le nostratique et une poignée d’autres familles semblables, et retracé, loin dans le passé, leur ancêtre commun, la langue mère (appelée proto-sapiens) qui aurait été parlée il y 50000, 100000 ou même 150 000 ans, à l’aube de l’espèce humaine.Pour ces radicaux, il est maintenant possible de reconstruire le vocabulaire de base à l’origine de toutes les langues connues.Cependant, selon P.Lieherman [On the Origins of Language: an Introduction to the Evolution of Human Speech, New York, MacMillan, 1975), le langage humain oral ne peut pas dater de plus de quelque 60 000 ans.Ce linguiste utilise comme preuve l’anatomie de l’appareil phonatoire des hominidés et démontre que ce n’est qu’à partir de l’ancêtre du Cro-Magnon (datant d'approxima-tivement 60 000 - 65 000 ans avant J.-C.) que le langage oral aurait pu exister.Pour la plupart des spécialistes, la recherche du nostratique et, à fortiori, de la langue mère, est l’équivalent linguistique de l’alchimie ou de la recherche du yéti.Les langues ne laissent pas de fossiles préhistoriques, pour ne citer que cette objection.Mais comme l’explique avec un soupir de nostalgie Robert Papen, lin- À la fin de 1996, les dépenses totales de l'industrie canadienne en R-D atteindront 7,8 milliards de dollars, soit une augmentation de 4,8 p.cent par rapport à 1995.La croissance en 1995 et 1994 fut respectivement de 5,6 p.cent et de 7,2 p.cent.Toutefois, malgré ces augmentations, les dépenses intérieures brutes au titre de la R-D du secteur des entreprises (DIRDE) ne représentent encore qu’une faible proportion du produit intérieur brut (PIB).En 1994, le ratio DIRDE/PIB s’élevait à 0,9 p.cent, résultat comparable à celui de pays comme la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark.C’est peu, surtout si l’on considère les ratios obtenus par la Suède (2,3 p.cent), le Japon (1,9 p.cent), les États-Unis (1,5 p.cent), l’Allemagne (1,5 p.cent), la France (1,5 p.cent) et le Royaume-Uni (1,4 p.cent).Par ailleurs, on constate, et ce, depuis de nombreuse années, que la plus grande partie de la R-D industrielle au Canada est exécutée par un petit nombre d’entreprises.Ainsi, à la fin de guiste à l’Université du Québec à Montréal, «aucun linguiste au Québec n’étudie le nostratique ou la langue mère, mais ça reste une hypothèse intellectuelle intéressante».Claude March 1996, 33 p.cent de la R-D aura été exécutée par 10 sociétés et 66 p.cent par 100 sociétés! En 1994, seulement 24 firmes ont dépensé plus de 50 millions de dollars en R-D.Ces dépenses sont donc concentrées dans certaines branches d’activités, en particulier dans le secteur manufacturier.Par exemple, 25 p.cent sont imputables à l’industrie des équipements électroniques et électriques, 10 p.cent à celle du matériel de transport et 4 p.cent à celle des produits pharmaceutiques et médicaments.De plus, on constate également une concentration géographique de la R-D industrielle, puisque 56 p.cent de celle-ci est effectuée en Ontario (dont 26 p.cent à Toronto), contre 27 p.cent au Québec (23 p.cent à Montréal).Sophie Malavoy Source: STATISTIQUE CANADA, «Recherche et développement industriels de 1963 à 1996», Statistique des sciences, vol.20, n° 5, août 1996.3 O» La R-D industrielle en chiffres H < 13 INTERFACE 17 6 DES SCIENCES MEDECINE SCIENCE CLIPS 1 Échec à la méningite ?Plusieurs médecins vous le diront: les méningocoques Neisseria meningitidis comptent parmi les pires ennemis de l’espèce humaine.Dans les pays pauvres, ils causent 330 000 cas de méningite par an, tuant ainsi 35000 personnes.Au Canada, l’incidence des infections est d’environ 1,5 cas par 100 000 habitants.Ces bactéries s’attaquent en priorité aux jeunes enfants âgés de six mois à un an, mais elles peuvent aussi infecter des enfants plus âgés ou des adolescents.Leurs victimes doivent être traitées très rapidement par des antibiotiques, sans quoi elles risquent de garder de graves séquelles neurologiques.Et selon les pays, 4 à 15 p.cent des méningites sont fatales.Trois des 12 types de Neisseria meningitidis, qu’on nomme A, B et C, sont responsables d’environ 90 p.cent de telles infections dans le monde.Depuis la fin des années 60, des vaccins ont été mis au point.Ils permettent de circonscrire les épidémies dans les pays sous-développés et de contrôler les éclosions sporadiques dans les pays industrialisés.Mais ces vaccins sont loin d’être parfaits: la protection qu'ils procurent diminue rapidement.Deux ans après l’injection, environ la moitié des personnes vaccinées ne sont plus protégées.Plus grave encore, ils n’ont aucune efficacité chez les enfants de moins de 18 mois ! Et aucun vaccin n’agit contre la méningite de type B, qui représente presque la moitié des cas dans les pays industrialisés.La faible efficacité des vaccins est d’autant plus grave que 15 à 20 p.cent de la population est porteuse asymptomatique de la bactérie, ce qui ne laisse aucune chance à l’être humain d’éradiquer la maladie.En effet, ces personnes en bonne santé peuvent transmettre le méningocoque à d’autres personnes qui, elles, risquent de tomber malades.Ainsi, sans une vaccination efficace et systématique, le méningocoque risque de se maintenir ad vitam æternam dans la population.Actuellement, les vaccins sont fabriqués à partir des polysaccharides que l’on trouve à la surface des bactéries.Au Canada, on utilise deux vaccins, l’un contenant des polysaccharides des types A et C, l’autre protégeant contre les types A, C, Y et W135.Mais des chercheurs de l’Unité de recherche en vaccinologie du Centre hospitalier de l’Université Laval ont découvert une protéine qui semble beaucoup plus efficace que ces cocktails de polysaccharides.«On sait que l’antigène idéal utilisable pour fabriquer un vaccin doit être présent sur tous les types de N.meningitidis et se trouver à la surface de la bactérie pour être exposé au système immunitaire », explique Denis Martin, un des membres de l’équipe.En cherchant ce qu’ont en commun les centaines de souches de méningocoques qui sévissent actuellement dans le monde, les scientifiques ont trouvé sur la membrane externe de toutes ces bactéries une protéine présente en faible quantité, ne ressemblant à aucune molécule connue.Après avoir identifié cette protéine, baptisée NspA, les chercheurs l’ont injectée à des souris qui ont réussi à produire des anticorps capables de reconnaître précisément les méningocoques et de les détruire.Ils ont ensuite trouvé le gène codant pour NspA, puis l’ont transféré par génie génétique à des bactéries E.coli non pathogènes pour qu’elles produisent la protéine en grande quantité.Les tests d’immunisation sur des souris se sont montrés concluants: injectée trois fois en six semaines, la protéine recombinante a per- “ J 0 < 2 < Faire le plein de données z î en plein vol 1 o Z * lu tiu H < ¦HH PHOTO: CENTRE TECHNOLOGIQUE EN AÉROSPATIALE ¦- y Le Centre technologique en aérospatiale (CTA) du cégep Édouard Montpetit, à Saint-Hubert, a réussi à adapter à l’avion un système d’acquisition de données issu du secteur de la course automobile.Désormais, ce système pourrait se révéler particulièrement utile aux propriétaires de petits avions commerciaux.Lorsqu’on apporte une modification importante à un avion — par exemple, changer le silencieux ou l’hélice —, Transports Canada impose des essais en vol pour s’assurer que les normes sont toutes respectées.14 17 6 INTERFACE mis de protéger 75 à 80 p.cent des souris infectées avec une dose de méningocoques de type B sept fois supérieure à la dose létale.«Compte tenu de ces résultats, on s’attend à une immunisation proche de 100 p.cent pour l’humain, explique Bernard Brodeur, directeur de l’équipe.De plus,on sait que les jeunes enfants répondent habituellement très bien aux vaccins constitués de protéines.» L’injection du vaccin à des lapins et des singes a aussi montré une forte augmen- Dans les années 1940, une caméra filmait le tableau de bord pour enregistrer les données.Depuis peu, on ajoutait toute une série de cadrans pour calculer la pression, la vitesse de rotation ou la température, des instruments qu’on ne trouvait pas sur un tableau de bord conventionnel.Les pilotes devaient lire les données pendant le vol et en faire part aux ingénieurs à leur retour.Depuis que le CTA a adapté un système d’acquisition de données utilisé pour la course automobile, on n’a qu’à brancher des capteurs aux endroits stratégiques et à laisser la petite boîte noire faire le reste.Une fois le vol terminé, une minute suffit pour analyser les données, qui se présentent sous forme graphique.« Les grosses compagnies d’aviation utilisaient déjà cette tation des anticorps correspondant au type B, une immunisation qui, pour l’instant, s’annonce durable.Début 1995, les chercheurs se sont associés avec la compagnie IAF Biovac de Québec pour développer un procédé industriel de production du vaccin.Parallèlement, les essais cliniques chez l’adulte devraient débuter l’été prochain.Et si les résultats sont concluants, IAF Biovac devrait commercialiser le vaccin d’ici cinq ans.Valérie Borde technologie, dit Jacques De La-rochellière, ce bachelier en génie mécanique qui a effectué l’adaptation cet été.Mais chacune valait au moins 40 000 $, un prix trop élevé pour les essais avec de petits avions.Notre système d’acquisition de données ne coûte que 3000 ou 4000$.Des ateliers d’entretien peuvent l’utiliser.» Les avancées de l’informatique expliquent en grande partie ces baisses de coûts.Déjà, un atelier de maintenance a fait appel au CTA pour appliquer cette technologie à un de ces appareils.Imaginons l’affluence aux portes du Centre si, comme l’espèrent les responsables, Transports Canada imposait ce système plus précis et plus rapide.Stéphan Dussault 0 SCIENCE CLIPS La mauvaise école du hockey «Pour un jeune, mieux vaut jouer au hockey que de traîner dans la rue.» Les spécialistes de l’enfance en sont persuadés: les sports, et en particulier les jeux présente un très mauvais modèle moral pour les jeunes.On y prône des valeurs qui se situent à l’opposé de celles que la société souhaiterait leur inculquer.» — ¦ Æ d’équipe comme le hockey, présentent un haut potentiel éducatif pour les jeunes.Est-ce bien vrai ?Et si, dans ces «écoles de la vie» que constituent les arénas du Québec, les enfants apprenaient plutôt à tricher, à être agressifs et même violents ?C’est en tout cas ce que soutient Dany Bernard, qui termine actuellement son doctorat au Laboratoire de sociologie et psychologie sociale des sciences de l’activité physique à l’Université Laval.Ce chercheur étudie depuis près de dix ans le comportement des jeunes joueurs de hockey.«Je crois fermement au très haut potentiel éducatif du sport, explique-t-il.Malheureusement, le hockey pratiqué en Amérique du Nord re- Entre 1988 et 1991, Dany Bernard a analysé le comportement sur la patinoire de 225 garçons âgés de 14 à 15 ans, dans les régions de Québec et d’Ottawa.Il s’est ensuite intéressé plus précisément à une équipe de 15 jeunes dont il a suivi, caméra vidéo au poing, tous les matchs et entraînements pendant un an.L’entraîneur de l’équipe a également été enregistré systématiquement.Dans ces deux enquêtes, les jeunes ont été longuement questionnés sur leur façon de jouer.Dany Bernard a également proposé aux jeunes plusieurs scénarios fictifs de jeux, leur demandant leur opinion au sujet de gestes plus ou moins réguliers chez les joueurs.15 INTERFACE 17 ôj PHOTO: RAYNALD LEBLANC/JOURNAL DE MONTRÉAL CIENCE CUPS 1 «Au travers des questions, le jeune devait se prononcer à la fois sur son propre comportement, celui de ses coéquipiers et de ses adversaires, mais aussi sur ce qu’il pensait des opinions émises par son entraîneur, par ses parents et par les dépisteurs qui assistent aux matchs », explique Dany Bernard.Plusieurs questions, notamment, renvoyaient à des croyances populaires, comme celle voulant qu’un joueur plus agressif marque plus de buts.Construit en croisant les résultats des questions et des entrevues, le portrait du comportement des jeunes joueurs n’est guère reluisant.Commettre une faute de jeu n’est pas grave.si le joueur ne se fait pas prendre.Lorsqu’un joueur en blesse un autre, c’est plus le fait qu’il handicape son équipe en allant au banc des punitions que le fait qu’il se comporte de manière agressive qui est mal jugé par les jeunes.«En résumé, on peut dire que la règle non écrite du hockey suivie par les jeunes est que la fin justifie les moyens, et que rien n’a plus de valeur que la victoire», explique Dany Bernard.Les jeunes apprennent à tricher et à contourner les règles officielles, et ils se déchargent de leurs responsabilités morales sur le système, qui encourage un comportement agressif — quitte à violer les règles du jeu — plutôt qu’un comportement combattit.Un beau modèle d’éducation ! À qui la faute?Dany Bernard dénonce en premier lieu les entraîneurs, qui, d’après ses recherches, sont les adultes ayant le plus d’influence sur les jeunes hockeyeurs.«Sauf que les entraîneurs ne sont pas là pour éduquer les jeunes, mais pour gagner, car ils sont eux aussi jugés selon les seules victoires.De plus, rien dans leur formation ne les sensibilise à l’éthique du sport comme moyen d’éducation morale des jeunes, ajoute-t-il.Quant aux parents, ils adoptent la politique du laisser-faire.Pour eux, tricher n’est pas trop grave tant qu’il s’agit de sport.» Selon l’étudiant, le fond du problème est le système du hockey tout entier, depuis les journalistes qui se dé- lectent des bagarres puériles entre joueurs multimillionnaires des ligues majeures jusqu’à ces joueurs eux-mêmes pour qui l’image violente qu’ils véhiculent auprès des jeunes n’est que le cadet de leurs soucis, en passant par des amateurs en mal de sensations fortes.«C'est d’autant plus dommage que le hockey peut être pratiqué dans un bon esprit sportif qui ne valorise pas la violence, comme c’est le cas, par exemple, en Suède », précise Dany Bernard.À l’école nord-américaine du hockey, les jeunes apprennent plutôt à utiliser l’agression comme mode de résolution de problème.Mieux vaut peut-être traîner dans la rue?Valérie Borde I Alerte aux prions, = les vaches s'affolent ! Longtemps considérés comme les ovnis de la biologie, les prions constituent maintenant l’un des plus importants objets d’intérêt.Simple mode?Pas vraiment, car on les soupçonne d’être à l’origine de graves maladies neurologiques, telle celle «de la vache folle».Tout ce que l’on sait, ou presque, à leur sujet, c’est qu’il ne s’agit ni de virus ni de microbes, mais de protéines qui possèdent l’étrange propriété d’exister sous deux formes chimiquement stables: la saine (PrPc) et la pathogène (PrPSc).Pourtant, on a toujours considéré jusqu’ici qu’une protéine possédait une et une seule structure tridimensionnelle! Le responsable de ce raz-de-marée conceptuel se nomme Stanley Prusiner.Il mène ses recherches à l’Université de Californie à San Francisco.C’est cet homme qui a observé, vers 1980, l’énigmatique dualité: le PrPSc peut infecter un animal mais aussi se répliquer et ce, sans disposer de matériel génétique.En publiant ces résultats, Prusiner déclencha un véritable tollé de la part des biologistes.Ce n’était plus un simple bouleversement, mais bien une véritable révolution qu’il proposait! Lui et quelques irréductibles se sont donc battus pendant plus de 15 ans pour convaincre la communauté scientifique du bien-fondé de leurs idées, lesquelles s’imposent maintenant comme l’explication même des maladies neurodégénératives et mortelles associées aux prions.Ces dernières, les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), frappent tant les humains que les animaux, et le mode d’infection est soit l’inoculation de tissus infectés, soit (rarement) la consommation de viande contaminée.Depuis peu, un lien étroit de cause à effet a pu être établi entre deux EST, soit une nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ atypique) et l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), mieux connue sous le nom de «maladie de la vache folle».Comment diable peut-on expliquer cette étrange association ?Le mystère n’est toujours pas résolu, mais certaines pistes s’ouvrent aux scientifiques.Neil Cashman, de l’Institut neurologique de Montréal, estime que les deux formes stables du prion constituent une situation peut-être plus courante qu’on ne le pense, puisqu’on ne sait à peu près rien des protéines.Mais le fait que les propriétés physicochimiques des deux formes connues de prion diffèrent, pose toutefois un problème de taille.Des recherches confirment qu’il existe principalement deux types de repliement des protéines, soit l'hélice alpha et le feuillet bêta.L’hélice est une sorte de spirale et le feuillet, une superposition de NTERFACE SCIENCE CLIPS »X'VVS3o/^iO CC3 S> a m Æ> .m i ^ s posé i '&£
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