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Titre :
Interface : la revue de l'ACFAS
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1984-2000
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'ACFAS
  • Successeur :
  • Découvrir (Montréal, Québec)
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Interface : la revue de l'ACFAS, 1997-01, Collections de BAnQ.

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Vsr*;».INTERFACE VOLUME DIX-HUIT | NUMÉRO UN | ) A N V I E R - F É V R I E R 1997 LA REVUE DE LA RECHERCHE Gérard Bouchard: peut-on faire plus avec moins?Elections, référendums et compétence de l'électorat 01001026651801 Université de Montréal Un appui soutenu Pour réussir des études avancées, il faut des conditions propices.À l’Université de Montréal, nous y avons pensé en vous réservant des bourses d’excellence, des charges de cours, des postes d’assistants d’enseignement et de recherche et un plan d’octrois à même les subventions de recherche des professeurs qui totalisent 170 millions de dollars.Cinq des neuf Prix du Québec 1996 • Dr Jacques de Champlain, Département de physiologie, prix Wilder-Penfield, domaine biomédical • Mme Monique Bosco, Département d’études françaises, prix Athanase-David, littérature • M.Stephen Hanessian, Département de chimie, prix Marie-Victorin, sciences de la nature et du génie • M.Melvin Charney, École d’architecture, prix Paul-Émile-Borduas, arts visuels, architecture, design • Dr Jacques Genest, Faculté de médecine, prix Armand-Bombardier, création ou développement d’institution de recherche 240 programmes pour vous Bien sûr, vous ne choisirez qu’un seul programme.Mais pour que ce soit le bon, celui dont vous avez besoin, quoi de mieux que d’avoir le choix?Nous vous invitons à consulter la liste ci-jointe.Attention, cette liste ne tient pas compte des multiples spécialités et des orientations disponibles à l’intérieur de chaque programme.Des maîtres à votre portée Aux études supérieures, la qualité de la relation avec le professeur est déterminante.À l’Université de Montréal, vous êtes en contact avec de grands professeurs.Au chapitre des reconnaissances accordées aux professeurs, la revue Maclean’s place l’Université de Montréal au second rang au Canada, juste derrière l’Université de Toronto.À titre d’indice, voici quelques-uns des prix remportés récemment par nos professeurs.Dr Herbert Jasper, Département de physiologie, prix Albert-Einstein du Conseil culturel mondial M.Stephen Hannessian, Département de chimie, médaille d’or du C.R.S.N.G.M.André Gaudreault, Jk Département B ?d’histoire de l’art, * bourse de recherche Killam Æm* Trois médailles de la Société Royale du Canada • Mme Vaira Vikis-Freibergs JÉÊÊk Département de psychologie, médaille Chauveau BHLvj • M.Hans J.Hoffmann, Département de géologie, médaille Miller liiii»i4* .^ • m.Pierre Legendre, , ¦ • Département de sciences mJr 1111 biologiques, 1 bum.médaille Romanovski Pour information (514) 343-6426 Bienvenue Nous vous proposons 'MIT | Conception graphique .Direction des commur': t.j.is (i2/96-3032) aux études supérieures Les programmes d’études supérieures de l’Université de Montréal L’an dernier, l’Université de Montréal a décerné 295 doctorats et 2 200 maîtrisés.Elle vous offre 60 certificats ou diplômes d’études supérieures, 108 programmes de maîtrise et 72 programmes de doctorat dans les secteurs suivants.Sciences fondamentales et appliquées • aérospatial (Polytechnique) • aménagement • administration (HEC) • administration des affaires (HEC) • bibliothéconomie et sciences de l’information • chimie • contrôle de gestion (HEC) • démographie • éducation • environnement et prévention • fiscalité (HEC) • génie (Polytechnique) • génie biomédical • géographie • géologie • informatique et recherche opérationnelle • mathématiques • mathématiques de l’ingénieur • physique • psychologie • sciences biologiques • sciences économiques • sciences humaines appliquées • statistique • toxicologie • urbanisme Renseignement pour l’Université de Montréal Faculté des études supérieures Université de Montréal C.P 6128, succursale Centre-ville Montréal (Québec) Canada H3C 3J7 téléphone (514) 343-6426 Sciences humaines et sociales • administration (HEC) • administration des affaires (HEC) • administration sociale • anthropologie • bioéthique • communication • criminologie • démographie • droit et notariat • études allemandes • études anglaises • études cinématographiques • études classiques • études françaises • études hispaniques • gestion en sport et activité physique • histoire de l’art • linguistique • littérature comparée et générale • muséologie • musique • philosophie • psychoéducation • relations industrielles • science politique • sciences économiques • sciences humaines appliquées • service social • sociologie • théologie • traduction • urbanisme Renseignement pour l’École Polytechnique Bureau du registraire École Polytechnique de Montréal C.P.6079, succursale A Montréal (Québec) Canada H3C 3A7 téléphone (514) 340-4605 Sciences de la santé • administration des services de la santé • anatomie • biochimie • bioéthique • biologie moléculaire • biopathologie cellulaire • éducation physique • environnement et prévention • ergonomie • génie biomédical • médecine dentaire • médecine du travail et de l’environnement • médecine vétérinaire • microbiologie et immunologie • nutrition • optométrie • orthophonie-audiologie • pharmacie • pharmacologie • physiologie • psychologie • réadaptation • santé communautaire • santé et sécurité du travail • santé publique • sciences biomédicales • sciences bucco-dentaires • sciences infirmières • sciences neurologiques • toxicologie et analyse du risque • virologie et immunologie Renseignement pour l’École des Hautes Études Commerciales École des Hautes Études Commerciales 5255, avenue Decelles Montréal (Québec) Canada H3T 3A7 téléphone (514) 340-6151 isM.'KJ D01*^ &¦ r- -?‘S>3 « llSfjS É&ÜÉ http:llwww.uottawa.ca Université d'Ottawa • University of Ottawa La recherche.c’est pour vous Prix d’excellence en recherche A :J.C.(Tito) Scaiano (94) B : Chad Gaffield (95) C : Robert Korneluk (96) Études supérieures (2 e et 3e cycles) C.P.450 suce.A, Ottawa (Ontario) Kl N 6N5 Tél.:(6I3) 562-5742 Téléc.: (613) 562-5992 w CENTRE DE FORMATION POUR L'ENTREPRENEUR TECHNOLOGIQUE Vous avez l’impression que personne ne comprend les particularités de votre projet .Vous avez développé ou vous avez l'idée de développer un produit/service innovateur?Dans un secteur de pointe requérant une base scientifique et technique; par exemple les technologies de l'information, l'électronique, les télécommunications, les nouveaux matériaux, les biotechnologies médicales, agro-alimentaires et environnementales,.?.Vous avez des interrogations?Vous ne savez pas à qui vous Adresser?Le Centre de formation pour l'entrepreneur technologique peut vous aider.Ses conseillers sont là pour vous écouter, vous offrir des activités de formation personnalisées et vous diriger vers les ressources adéquates.Grâce à ses partenaires, le Centre peut offrir des services personnalisés qui répondent à vos besoins et ceci à des coûts minimes.Pour en connaître davantage sur la façon dont le Centre peut vous aider dans l'évolution de votre projet ou de votre entreprise technologique, vous pouvez nous téléphoner au 514-629-2772 ou encore nous faire parvenir, par télécopieur au 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STIMULENT VRAIMENT LES NEURONES.• PROFESSEURS ACCESSIBLES j____________ • DOMAINES DE RECHERCHE VARIÉS • PROGRAMMES DE BOURSES ET DE SOUTIEN AU REVENU • TECHNOLOGIES D'AVANT-CARDE PARTOUT SUR LE CAMPUS • QUALITÉ DE VIE EXCEPTIONNELLE DE LA RÉGION DE QUÉBEC UNIVERSITE LAVAL LE SAVOIR DU MONDE PASSE PAR ICI Faculté des études supérieures Cité universitaire, Québec, Canada G1K 7P4 Tél.: (418) 656-2464 ou 1 800 561-0478 Courrier électronique : fes@fes.ulaval.ca VOLUME DIX-HUIT I NUMÉRO UN I J A N V I E R - F É V R I E R 1997 INTERFACE ÉDITORIAL 8 OPINIONS lO Elections et référendums p.30 24 Science clips Un thérapie génique pour le sida?Scientifiques sans frontières À LA RECHERCHE DU BIEN-ÊTRE PERDU.DES ANIMAUX Il ne pleuvait pas à mourir! Un gros zéro pour les TECHNOCENTRISTES Retravailler au lendemain d’un infarctus Orage bactérien et viral chez les dentistes Histoires d’eaux.urbaines Du caractère distinct des séismes québécois Les aventuriers de l’algue perdue La survie, mode d’emploi pour cellules nerveuses Face à face Gérard Bouchard et les limites du «faire plus avec moins» Jacques Keable La réussite ne met personne à l'abri des coupures budgétaires.Gérard Bouchard et l’Institut interuniversitaire de recherches sur le s populations (IREP), qu’il dirige, en savent quelque chose.Mais pourront-ils faire plus avec moins ?Recherche 30 Élections, référendums: l’électorat est-il compétent?André Blais Sommes-nous des électeurs et des électrices bien informés, capables de faire des choix éclairés ?Un politicologue nous répond, au risque de nous enlever quelques illusions.Enjeux 38 Pour un financement de la recherche entièrement privé?Faut-il laisser à l’entreprise privée le soin de financer la recherche, toute la recherche ?Un biochimiste de l’Université de Cambridge prétend que oui.Une idée que trois chercheurs commentent pour nous.Le marché n’est pas plus efficace oue le gouvernement Jorge Niosi Financer la recherche pour plaire à l’électorat?Kristian Palda DU NÉCESSAIRE RÔLE DE L’ÉTAT Pierre Mohnen rE Zoom L’économie sociale au Québec Jean-Pierre Bélanger 46 44 Science monde Ecossen 2005-2015, vaincre le désert Alain Fortier 48 RUBRIQUES Livres, internet, événements, emplois «Avoir une foi robuste ET NE RIEN CROIRE.» Claude Bernard Michel Bergeron et Patrick Vinay Michel Bergeron est professeur et chercheur au Département de physiologie de l’Université de Montréal.Patrick Vinay est doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.«Ford of Canada ne compte pas un seul Ph.D.parmi ses employés», déclarait en 1978 le chef de l’opposition, M.Joe Clark, à la Chambre des communes.Moment historique, car c’était le premier discours prononcé en cette chambre sur l’état de la science au Canada.Dans le rapport Lamontagne, on venait de démontrer qu’une des raisons du sous-financement de la science au Canada était l’absence de recherche industrielle.Le président du Conseil des sciences du Canada, M.John Shepherd, tenait alors des propos très durs: le Canada, disait-il, n’est même pas une succursale des multinationales, c’est un « entrepôt ».Un énorme changement s’est opéré depuis cette époque à la suite des exigences posées par les gouvernements fédéral et provinciaux en matière d’investissements, notamment à l’égard de l’industrie électronique, aéronautique, informatique et, surtout, pharmaceutique.Celle-ci, après l’adoption de la loi sur les brevets, a respecté ses engagements en créant plusieurs laboratoires à travers le Canada et en particulier au Québec, grâce à la complémentarité «intelligente» des politiques provinciales liées à la recherche industrielle.Il faut se réjouir d’avoir réussi à établir des liens, même s’ils sont insuffisants, entre notre système d’éducation, la recherche fondamentale et l’application commerciale des décou- 8 INTERFACE vertes.Or la tendance actuelle est de rapprocher encore plus la recherche universitaire et la recherche industrielle, la seconde étant souvent vue, d’ailleurs, comme devant remplacer la première.L’une et l’autre génèrent de l’activité intellectuelle et économique.Il y a interdépendance entre les deux, quoique cette relation ne suive pas un modèle linéaire.Toutefois, il serait illusoire, selon nous, de penser préserver l’une en abandonnant l’autre.La recherche fondamentale libre, propulsée par le génie créateur de nos scientifiques, est le moteur ultime de ce partenariat.Et il faut protéger celle-ci pour pouvoir jouir des retombées de celle-là.Il y va non seulement du potentiel de découvertes, mais aussi de la formation d’une main-d’œuvre surspécialisée.Le Canada traverse en ce moment une crise très grave du financement de la recherche universitaire et de l’enseignement supérieur en général.À peine a-t-on posé les bases d’une recherche industrielle «performante» que les gouvernements réduisent le budget des organismes subventionnaires publics de recherche (CRM, CRSNG, CRSH, etc.) et laissent supposer que la recherche fondamentale et la formation des chercheurs et cher- cheuses devraient être financées par le secteur privé, c’est-à-dire par des entreprises multinationales dont le siège social n’est en général pas établi au Canada.Je crois que cette proposition est aberrante car la quête du savoir précède toujours ses applications.Les lois commerciales, où dominent les notions de profit, de rentabilité, ont bien plus pour but d’exploiter à court terme le savoir acquis que de produire un nouveau savoir dont les retombées industrielles, technologiques et commerciales ne sont pas encore assez précises pour justifier la détermination d’un plan d’affaires et générer un investissement immédiat.C’est normal! S’il n’y a pas de profit, une entreprise fait faillite et disparaît, et aucune ne s’engagera dans une activité potentiellement suicidaire.L’avenir se crée dans les laboratoires innovateurs, creusets de compétences en fusion, sources premières d’idées qui serviront à produire les biens et services des prochaines générations.Vouloir appliquer les théories néolibérales à l’éducation et à la recherche fondamentale — et couper le financement public de la recherche — constitue une erreur fatale à moyen terme.Les laboratoires universitaires demeurent le lieu privilégié où le génie se développe.La science croît avec les chercheurs et chercheuses qui la produisent.Les experts et les idées naissent en même temps, et les barrières d’une rentabilité immédiate sont trop étroites pour la vie scientifique.La recherche fondamentale n’est pas une dépense de l’État, c’est un investissement pour l’avenir de l’État.Une société qui s’engagerait dans un choix utilitaire en remplaçant la recherche universitaire par la recherche industrielle devrait non seulement abandonner toute prétention à l’exportation de produits et de services de pointe, mais aussi importer, avec la technologie étrangère, les cerveaux et compétences qui puissent l’utiliser.N’oublions pas que si le Canada et surtout le Québec ne sont plus comparables à des « entrepôts » et sont devenus de vrais lieux de recherche, c’est parce que l’Université a formé chez nous des chercheurs et des techniciens qui, par leur compétence, ont contribué au succès des laboratoires publics et commerciaux et fourni l'expertise requise pour créer les petites et moyennes entreprises qui foisonnent aujourd’hui.C’est à la vie scientifique des universités financées pour la promotion de notre jeunesse que nous devons ce succès. DEER FONDcr/o/v LE FONDS DE DÉVELOPPEMENT A POUR LA COOPÉRATION eSÎ ET L'EMPLOI Pour ma retraite Pour l'emploi - 1 800 253-6665 Dans une société comme la nôtre où il n’y a pas une structure industrielle développée ni de fondations philanthropiques nombreuses ou riches, l’absence de soutien public au développement scientifique et technique condamne au statu quo.Quelle injustice pour nos jeunes qui sont aptes à occuper des créneaux de haute technologie! Quelle courte vue que de sacrifier l’avenir pour tenter de corriger les erreurs du passé ! Après 30 ans d’efforts, nous avons réussi à former un capital humain en recherche et en technique plus compétent que jamais.Le moment est venu de cueillir les fruits de cet investissement, et les gouvernements d’Ottawa et de Québec ne peuvent se désengager du financement des activités de recherche et se con- damner à perdre les retombées humaines, scientifiques et économiques de leur contribution passée.D’autant que le Canada ne jouit ni d’une longue tradition, ni d’une profonde culture scientifique.Il faut recentrer notre vision sociale sur l’idéal de l’aventure scientifique et favoriser le continuum entre la recherche fondamentale forte, innovatrice, financée par le public, et les applications commerciales originales et.locales.Sans un engagement ferme à maintenir et même accroître les budgets des conseils de recherche, comme c’est le cas aux États-Unis et au Japon, nous risquons de voir s’anéantir 30 ans d’efforts.Des commentaires ?interface@acfas.ca INTERFACE Revue bimestrielle de vulgarisation SCIENTIFIQUE, INTERFACE EST PUBLIÉE par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas) AVEC L’AIDE DU MINISTÈRE DE LA CULTURE et des Communications, du programme Sciences et culture Canada, du Conseil de recherches en sciences HUMAINES, DU CONSEIL DE RECHERCHES médicales et du Conseil de RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE.Directrice et rédactrice en chef Sophie Malavoy Directeur général de lAcfas Germain Godbout Secrétaire de rédaction Jocelyne Thibault Comité de rédaction Lindsay Bignell, Johanne Collin, Robert Ducharme, Pierre Fortin, Jean-René Roy, Michel Trépanier, Hélène Véronneau Révision linguistique Hélène Larue Direction artistique Dominique Mousseau Illustration de la page couverture Steve Huard Sorties Postscript Typographie Sajy Impression Imprimerie Ouebecor, Saint-Jean Les articles d'Interface peuvent ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD À CONDITION OUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S’ADRESSER À: Acfas 425, RUE DE LA GAUCHETIÈRE EST Montréal (Québec) H2L2M7 Tél.: (514) 849-0045 Téléc.: (514) 849-5558 INTERFACE!?ACFAS.CA La revue Interface est répertoriée dans Repère, envoi de publication ENREGISTREMENT N° 6489, JANVIER 1997 DÉPÔT LÉGAL: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE du Québec, premier trimestre 1997 ISSN 0826-4864 Publicité: Gérard Lefebvre | Sabine Monnin Tél.: (514) 523-2989 Téléc.: (514) 523-0962 9 [~ INTERFACE OPINIONS Une recherche de premier ordre, selon Ashok K.Vijh, est une recherche oui s’élève au-dessus de la PERTINENCE ET DE L’EXCELLENCE POUR ATTEINDRE UN HAUT DEGRÉ D’ORIGINALITÉ.Au-delà de la pertinence et de l’excellence Ashok K.Vijh est maître de recherche à l’Institut de recherche d’Hydro-Ouébec.L’Acfas lui a décerné, en 1984, le prix Urgel-Archambault en sciences physiques, mathématiques et génie.Depuis quelques années, un important et nouveau critère s’est infiltré dans le vocabulaire des organismes qui octroient des subventions pour la recherche scientifique: la «pertinence».Ceci provient de la croyance voulant que les nouvelles technologies, et par conséquent le succès commercial et la prospérité économique, soient générés par ceux et celles qui pratiquent une recherche «orientée» sur des problèmes « pertinents ».Ou’en est-il exactement1?Une rétrospective minutieuse des avancements de la science nous montre au contraire que les recherches «orientées» ou «pertinentes» n’engendrent que des innovations secondaires, dérivées ou ponctuelles2.La science progresse par sauts discrets qui ne sont pas le fait d’une recherche orientée mais d’une recherche fondamentale, émoussée par la curiosité et l’appétit intellectuel d'hommes et de femmes à l’esprit imaginatif.Divers exemples en science informatique, en biotechnologie, en électromagnétisme, en science de l’énergie, en aéronautique, en exploration sous-marine en haute profondeur, en communication, en médecine et en électrochimie le démontrent.L’exemple le plus récent qui me vienne à l’esprit est la découverte de céramiques supraconductrices.Une découverte aussi remarquable, assortie d’applications industrielles virtuellement infinies, n’aurait jamais eu lieu si l’on avait financé la recherche « pertinente ».Il y a sûrement lieu de ne pas utiliser la pertinence comme seul critère acceptable de recherche.Un effet de ce critère, selon John Polanyi3, est de «restreindre la science à l’unique développement des champs où les débouchés technologiques sont le plus évidents », privant ainsi les scientifiques de l’occasion d’en arriver à de grandes découvertes, sources d’une multitude de nouveaux domaines d’activité et de possibilités d’affaires.Un autre critère répandu en évaluation de la recherche, c’est « l’excellence ».J’allègue que l’excellence est une condition nécessaire mais non suffisante pour produire une recherche de premier ordre.Plus brutalement, je dirais que l’excellence en recherche est un critère inadéquat, qui démontre seulement qu’un ou une scientifique maîtrise parfaitement bien son art.Ce pourrait être un bon critère pour les ingénieurs (mais non les ingénieurs de recherche), les cliniciens (mais non les chercheurs en médecine), les professeurs d’université, les administrateurs, etc.Pour produire une recherche de premier ordre, les scientifiques doivent surpasser l’excellence en poussant leur créativité à l’ultime limite.Le critère à appliquer ?L'originalité.Pour définir l’originalité au sens propre, je me reporte aux premiers paragraphes des Confessions du philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) pour avancer qu’un travail original est un travail qui n’a aucun prédécent, mais plusieurs imitations.Un bon exemple serait encore la découverte de la supraconductivité dans les céramiques : aucune théorie antérieure, aucune recherche ni aucun travail spéculatif n’auraient pu nous aider à prédire ce phénomène, qui a jusqu’à maintenant attiré des milliers d’imitateurs.Sur le plan opérationnel, l’originalité repose sur la signature et le style d’une ou d’un scientifique produisant des résultats hors du commun.Elle peut se manifester sous différentes formes selon les niveaux, ceux-ci étant appropriés aux talents de la personne signataire et à la nature du problème en cause.La recherche de l'originalité à son propre niveau doit assurément être l’objectif de chaque membre de la colonie scientifique.Évidemment, toute comparaison d’originalité à un niveau par rapport à un autre peut entraîner des jugements excessivement sévères, voire cruels, puisqu’un travail hautement original à un certain niveau peut paraître plutôt trivial pour une personne travaillant à un plus haut niveau.Nous avons démontré que la créativité scientifique présente une progression logarithmique plutôt que linéaire, déterminant ainsi différents niveaux distincts'».Le point critique de l’analyse en vue de la reconnaissance d’une recherche fondamentale de premier plan est le suivant : si le travail produit des résultats plus ou moins prévisibles (ce qu’on attend à juste titre de la recherche « orientée » ou « pertinente»), il ne valait pas vraiment la peine d’être effectué, puisqu’il n’entraîne aucune découverte.Si, cependant, il donne de nouveaux résultats aussi excitants qu’inattendus — même si la recherche apparaissait comme une démarche à tâtons et désordonnée pour percer les mystères de la Nature, et par conséquent non «pertinente» —, il serait destiné à devenir le pivot d’une nouvelle technologie.Je suis d’avis que les étiquettes « recherche pure » et « recherche appliquée» ne sont pas utilisées correctement et sont même vides de sens : toute recherche pure regorge d’applications, et toute recherche appliquée (du moins la recherche appliquée importante) renferme ce désir typique de recherche pure d’exploration, stimulé par la curiosité.En ayant recours à de telles étiquettes, il faut distinguer entre recherche «de premier plan» (c’est-à-dire originale) et recherche banale (c’est-à-dire triviale).Il faut comprendre bien sûr que dans l’ensemble, la recherche scientifique couvre un large spectre entre ces deux extrêmes.10 18 l| INTERFACE En conclusion, je dirais que la recherche scientifique devient une recherche de premier ordre seulement lorsqu’elle s’élève au-dessus de la pertinence et de l’excellence pour atteindre un degré élevé d’originalité.Seule une telle recherche permettra de vraiment développer les nouveaux domaines technologiques à la base de la richesse économique des entreprises et de la société.Note Cet article présente l’opinion personnelle de l’auteur et non celle d'Hydro-Ouébec.RÉFÉRENCES i.Traduction et adaptation de: Ashok K.VU H, «Beyond Relevance and Excellence», Canadian Research, vol.20, n° 9, septembre 1987, p.2.2.VU H, Ashok K.«Ruminations on Science and Technology», Canadian Chemical News, vol.37, n° 4, avril 1985, p.12.3.POLANYI, John, Département de chimie, Université de Toronto.«Fundamentals of Today are Applications of Tomorrow», titre d’une communication présentée devant OPINIONS l’Empire Club of Canada et le Canadian Club of Toronto, 27 novembre 1986.4.VIJH, Ashok K.«Spectrum of Creative Output of Scientist: Some Psycho-social Factors», Physics in Canada, vol.43, n° 1, janvier 1987, p.9.Seul l’engagement dans de nouvelles avenues de discussion sociale peut nous permettre, selon Stéphane Ahern, de briser le cercle destructeur du néolibéralisme.Le spectre du néolibéralisme Stéphane P.Ahern est étudiant à la fois en médecine et à la maîtrise en philosophie à l’Université de Sherbrooke.Le savoir au Québec se porte bien mal.Un étrange spectre survole nos universités et les afflige d’un mal profond.C’est celui du néolibéralisme, caractérisé par la mondialisation des marchés et le règne de l’Écono-mique.Les impératifs catégoriques (pas celui de Kant, mais celui de l’argent) sont de rationaliser, de couper, de faire du profit.Selon ce dogme, il faut laisser dorénavant de côté les questions d’identité, de santé sociale, de représentations culturelles et de vie communautaire.Devons-nous accepter que ce fléau ravage tout ce que nous avons bâti depuis si longtemps au Québec et ailleurs ?Telle est la question significative qu’il nous faut poser.Ou’est-ce qui est signifiant pour nous?Le Social et le Politique doivent-ils courber l’échine devant l’Économique?Ne faudrait-il pas redonner à l’Économique la seule place qui lui revient: celle d’être d’abord au service du Politique afin de construire un projet social cohérent, qu’il soit provincial, national, voire international ?Il importe aujourd’hui de ralentir ce typhon meurtrier qui amenuise quotidiennement notre richesse sociale et notre identité, et de tenter de mieux saisir sa portée et sa légitimité.Il ne s’agit plus simplement de parler abstraitement de chiffres ou d’entités.Nous parlons de personnes, de professeurs et professeurs qui craignent de se voir mis de côté par l’attrition, d’étudiants et d’étudiantes aux cycles supérieurs qui doivent soit se lancer dans des postdoctorats à n’en plus finir, soit opter pour de nouvelles études qui leur permettront peut-être, un jour, d’obtenir un emploi, ces élèves à qui l’on dit pourtant: «Vous devriez étudier, c’est la voie du succès !» Avant de tout détruire, de tout raser, de tout rationaliser, arrêtons-nous un peu.Existe-t-il un sens à une vie si rationnelle, si économiquement parfaite?Si nous ne réfléchissons pas maintenant à cette question, la réponse s’imposera d’elle-même.Tous ceux et celles qui ne voudront pas se soumettre devront quitter prématurément le système soit en prenant la décision ultime (les taux de suicide sont déjà astronomiques et inquiétants), soit en s’excluant du système qui les a exclus (ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur).Plutôt que d’adopter tacitement le dogme de l’Économi-que, nous pourrions mieux analyser les possibilités qui s’offrent à nous d’un point de vue social.Vaut-il mieux investir 50 millions de dollars dans l’éducation ou dans l’entretien des routes?En ce qui concerne les frais de scolarité et les allocations à la recherche, nous pourrions en tant que société juger adéquat de protéger ces deux dimensions de l'enseignement et de la recherche.Il s’agit d’un choix social.Adopter un tel choix, c’est en quelque sorte accepter de re- connaître cette nouvelle dynamique entre le Social, le Politique et l’Économique.Nous souhaitons promouvoir l’enseignement et la recherche comme étant des valeurs sociales essentielles.Quels sont les moyens que nous pouvons déployer pour maximiser cette décision?Nous pourrions considérer l’allocation des ressources, la distribution des richesses, les modalités de financement en fonction d’un but commun et socialement choisi.Ce n’est qu’en opérant cette mise en perspective du rapport moyens-fin que nous ne sombrerons pas dans les abysses du néolibéralisme.Les professeurs d’université, les chercheurs et les étudiants doivent s’engager activement dans une démarche critique de réflexion qui permettra d’ouvrir, souhaitons-le, un espace où nous pourrons mieux décider de nos choix! 11 VIROLOGIE SCIENCE CLIPS 1 Une thérapie génique pour le sida ?En l'an 2000, 40 millions de PERSONNES SERONT INFECTÉES PAR LE VIRUS DU SIDA, LE VIH.Loin de se décourager, les scientifiques multiplient leurs efforts.Dans cette guerre implacable contre le sida, le Dr Éric Cohen, directeur du laboratoire de rétrovirologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, fait porter ses efforts sur une nouvelle arme prometteuse, la thérapie génique.«Il est important de trouver de nouvelles approches thérapeutiques, explique Éric Cohen.Actuellement, les maladies sont traitées avec des antiviraux comme l’AZT, le 3TC ou des antiprotéases.Quand on les utilise en combinaison, ces médicaments peuvent diminuer la réplication virale et freiner la progression du virus.Cependant, ils ne suppriment pas la présence du virus chez les individus.» Et puis, les antiviraux actuels ont bien d’autres inconvénients.Le virus devient souvent résistant aux médicaments, les cocktails de pilules entraînent de nombreux effets secondaires et le coût annuel du traitement dépasse 20 000 $ par individu.Plusieurs groupes de chercheurs s’intéressent actuellement à la thérapie génique.Cette technique consiste à introduire un gène codant pour une protéine antivirale dans les cellules cibles du VIH, c’est-à-dire les lymphocytes possédant le récepteur CD4 et les macrophages du système immunitaire.Une fois dans la cellule cible, la protéine antivirale empêche le virus de se multiplier et de se propager.L’approche de thérapie génique choisie par Éric Cohen consiste, quant à elle, à faire pénétrer la protéine antivirale à l’intérieur de chaque nouveau virus formé au sein de la cellule infectée.Le nouveau virus est alors désactivé.Mais n’entre pas dans un virus qui veut ! Pour réaliser cet exploit, la protéine antivirale utilise la stratégie du cheval de Troie.«En 1988, nous avons découvert la protéine Vpr qui est spécifique au VIH, explique le chercheur.Cette protéine a la particularité d’être incorporée dans chaque nouveau virus formé dans les cellules cibles.Nous avons donc eu l’idée de nous en servir pour transporter la protéine antivirale à l’intérieur des virus.Au début des années 90, le Dr Cohen et son équipe réussissent à fusionner une partie du gène codant pour la protéine Vpr avec une séquence d’acides aminés codant pour une protéine antivirale (Vpr-X).La protéine À gauche, le VIH se réplique normalement en infectant une cellule cible (cellule CD4).À droite, la réplication à l’intérieur de la cellule CD4 est bloquée par la protéine chimère Vpr-X, qui possède des propriétés antivirales.Réplication du VIH Thérapie génique fondée sur le gène Vpr Protéines virales Nouveaux ^ VIH Cellules CD4+ — Noyau -ADN viral w w w La réplication virale se poursuit VIH avec Protéine Vpr-x La protéine Vpr-x neutralise efficacement le virus du SIDA et bloque la réplication virale chimère Vpr-X issue de ce gène modifié a deux propriétés essentielles : elle est capable de pénétrer dans les virus et elle possède également des propriétés antivirales.En laboratoire, le gène modifié a été incorporé à des lignées cellulaires qui ont ensuite été infectées avec le VIH.Résultat: les cellules possédant le gène se sont révélées plus résistantes à l’infection et les nouveaux virus produits par ces cellules, beaucoup moins infectieux.«Ces résultats sont encourageants mais ils ont été obtenus avec des lignées cellulaires de laboratoire, précise le Dr Cohen.Il va maintenant falloir tester la thérapie génique sur les véritables cellules cibles du VIH pour voir si elles réagissent de la même façon.» Grâce au soutien de Thera-technologies, une entreprise de biotechnologie montréalaise, le Dr Cohen effectuera au cours de l’année des tests précliniques.Le gène modifié sera incorporé à des lymphocytes et macrophages prélevés chez des individus sains.Ces cellules seront ensuite infectées en laboratoire avec le VIH.«Si la thérapie génique parvient à rendre ces cellules résistantes au virus, nous passerons à l’étape clinique sur des individus séropositifs, poursuit le chercheur.Et cette fois, ce sera in vivo.» Les cellules cibles dans lesquelles aura été incorporé le gène modifié seront réinjectées aux patients.En mesurant régulièrement la quantité de virus présents chez ces individus, les chercheurs pourront alors vérifier si sa progression diminue.Cette première approche nécessitera plusieurs traitements.Les lymphocytes ont une durée de vie de 3 à 6 mois et le gène devra donc être réintroduit dans SCIENCE CUP \ chaque nouvelles génération de cellules.À plus long terme, le Dr Cohen espère incorporer le gène dans les cellules souches qui renouvellent les cellules du système immunitaire.En agissant ainsi à la base, les nouvelles cellules posséderont automatiquement le gène et un seul traitement sera nécessaire.«Mais tout cela ne se fera pas du jour au lendemain, précise le chercheur.Il faudra déterminer si les cellules cibles sont capables de conserver le gène, vérifier s’il n’y a pas un effet toxique et voir s’il y a effectivement un effet antiviral.Cela peut prendre plusieurs années.» La thérapie génique ne sera malheureusement pas efficace pour tous.Elle ne le sera que chez des individus en début de maladie, qui ont encore un nombre important de lymphocytes.Pour le Dr Cohen, il est important de préciser les limites de cette nouvelle approche.Aujourd’hui, les scientifiques ne veulent pas donner de faux espoirs et la prudence est de mise.On se rappelle encore des promesses de vaccin lancées à grands éclats dans les années 80.Quoi qu’il en soit, les recherches des dernières années commencent à porter fruit.De nouveaux antiviraux apparaissent sur le marché, la thérapie génique est prometteuse et la récente découverte des mécanismes de pénétration du virus dans les cellules cibles pourrait faire progresser les recherches sur le vaccin.«Aucune voie n’est à négliger, conclut le chercheur.En diversifiant nos approches thérapeutiques, nous augmenterons nos chances de venir à bout de la maladie.» Scientifiques sans frontières O Z A u Zi " On sait déjà que les 2 * scientifiques québé- W lA O m cois publient trois ** ® fois plus d’articles avec des collaborateurs étrangers que la plupart des chercheurs des autres pays industrialisés et que plus de la moitié des auteurs, dans les revues scientifiques québécoises, sont étrangers.Mais voilà qu’une étude réalisée par Benoît Godin, de l’INRS-Urbanisation, en collaboration avec François Vallières, vient de montrer que cette ouverture au monde de la part de la science québécoise se traduit également dans les déplacements des scientifiques.Les auteurs de cette étude se sont posé deux questions: où les chercheuses et chercheurs québécois vont-ils présenter leurs travaux?Oui vient au Québec?Pour y répondre, ils ont exploité les données contenues dans l’Index of Scientific and Technical Proceedings (ISTP), l’équivalent du Science Citation Index (SCI) pour les revues.Ces données sont relatives aux sciences naturelles, au génie et aux sciences biomédicales.Les résultats démontrent que, de tous les pays analysés, c’est le Québec qui est le plus ouvert sur le monde: 86 p.cent des communications présentées dans les conférences tenues au Québec sont prononcées par des chercheurs étrangers, et 88 p.cent des Québécois font leurs communications à l’étranger.En comparaison, 24.5 p.cent des communications présentées aux États-Unis le sont par des étrangers et seulement 27,2 p.cent des Américains font des présentations à l’étranger.Au Japon, ces chiffres sont respectivement de 30.6 p.cent et de 42,32 p.cent.La première destination des Québécois, comme des cher- cheurs de n’importe quel pays d’ailleurs, ce sont les États-Unis.Cette destination devance même le reste du Canada.En deuxième place, on retrouve la France, suivie du Canada, du Japon, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne.Si l’on constate la diversité des lieux de conférence des Québécois, on observe également que ces derniers sont les chercheurs qui concentrent le moins leurs prestations dans quelques pays seulement.Ils ont tendance à diversifier leurs déplacements dans un grand nombre de pays, beaucoup plus que ne le font les chercheurs de grands pays industrialisés.Des données à méditer, donc ! Les chercheurs québécois sont-ils par vertu ouverts sur le monde?Sont-ils plutôt dépendants de l’étranger?Ou recherchent-ils des destinations.soleil?Sophie Malavoy Valérie Bolliet MEDECINE VETERINAIRE SCIENCE CUPS À la recherche du bien-être perdu.des animaux Imaginez une cage dans laquelle LES POULES SONT TELLEMENT ENTASSÉES OUE VOUS NE POUVEZ LES COMPTER : VOUS avez là une bonne idée de ce qu’est la vie d’une pondeuse ! Or telle est la vie aussi du veau de lait, qui ne connaît pas, chez nous, un sort plus enviable.Séparé de sa mère dès la naissance, le veau est placé dans une cage de 55 à 65 cm de large, où il passera toute sa vie.«De cette façon, on contrôle plus facilement son alimentation, et il y a moins de risques de propagation des infections », explique Anne-Marie de Passillé, chercheuse au Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc — Agriculture et Agro-alimentaire Canada (Len-noxville).En Europe, la largeur de la cage doit être de 90 cm au minimum.Le fait de vivre isolé dans une cage étroite, sans espace pour marcher ni courir, sans pouvoir choisir de position de repos, a-t-il des effets sur le petit veau ?Est-il plus malheureux?Est-il stressé?Si oui, y a-t-il des effets physiologiques?Le bien-être des animaux de ferme, les effets des traitements qu’ils reçoivent, leur perception de l’humain sont de récents objets de recherche.«On avait observé que des veaux élevés individuellement en enclos, donc dans un espace relativement grand, avaient un meilleur taux de croissance que ceux vi- Un compagnon inusité qui collabore sûrement au bien-être de son ami le veau.vant dans une cage étroite, explique Anne-Marie de Passillé.Mais on ne savait pas pourquoi.Les cages et les enclos diffèrent sur plus d’un plan et l’espace n’est pas le seul élément en cause.Par exemple, la nature du plancher (latté ou plein), la forme et l’emplacement des mangeoires comme des abreuvoirs, la qualité de l’air dans l’étable sont autant de facteurs nouveaux à considérer.» Anne-Marie de Passillé s'est concentrée en premier lieu sur la question de la restriction spatiale.Elle a isolé ce facteur en conservant identiques tous les autres: des veaux ont été placés dans des cages étroites et d’autres dans des enclos plus larges où ils pouvaient se déplacer à leur guise.Résultat?Les premiers ont eu une croissance plus faible que les deuxièmes.«C'était la première fois qu’une expérience démontrait ce qui avait déjà été observé, mais on ne sait toujours pas comment agit ce facteur.Nous allons poursuivre la recherche et isoler les autres facteurs un par un.» Une chose est sûre, par contre, c’est qu’élever des veaux individuellement en enclos coûterait plus cher au producteur, donc plus cher au consommateur que l’élevage dans des cages étoites.Un choix de société ?Faut-il adopter d’autres modes d’élevage ?En ce qui concerne l’élevage des veaux en groupe dans des enclos, d’autres questions se po- sent.On sait, en effet, que cette pratique engendre plus de problèmes de santé et parfois une hausse de mortalité.De plus, plusieurs veaux nourris au lait qui partagent un enclos se tètent mutuellement.«Je voulais comprendre pourquoi c’est si fort chez les veaux.Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose en soi, mais c’est un comportement anormal qui, en plus, cause souvent des blessures, entraîne la transmission de maladies et la consommation d’urine.» La chercheuse a tenté de comprendre la motivation du veau à effectuer cette tétée non nutritive, sans apport de lait.Est-ce nécessaire?Encore une fois, aucune recherche ne pouvait expliquer la situa- INTERFACE SCIENCE CLIPS i tion.Dans une première expérience réalisée en 1988 lors d’un stage au Pays-Bas, la chercheuse a offert aux veaux des tétines.de caoutchouc, après chaque repas de lait.Elle a alors découvert que le lait stimule le désir de téter.Lorsqu’ils ne boivent pas de lait, les veaux ne tètent plus, mais 10 ml de lait suffisent pour les faire changer d’avis.Et là, surprise: ils préfèrent téter la tétine de caoutchouc plutôt que leurs congénères! Une autre question se pose : le fait de téter après le repas a-t-il un effet physiologique sur le veau ?Au cours d’une expérience menée en collaboration avec un chercheur de l’Alberta, on a effectué des prises de sang sur des veaux qui avaient tété après le repas et sur d’autres à qui la tétée avait été refusée.Chez les premiers, on a noté une augmentation dans la sécrétion de deux hormones digestives, l’insuline et la CCK (cholicistoki-nine).«C’est la première fois qu’on démontrait que le fait de satisfaire un besoin comportemental avait un effet physiologique, dit Anne-Marie de Pas-sillé.Mais est-ce que cela a un effet positif sur l’animal — par exemple, une meilleure croissance?On ne sait pas.C’est pourquoi je crois qu’on devrait lui offrir une tétine après un repas de lait.C’est une façon d’améliorer sa qualité de vie.» Anne-Marie de Passillé se demande également si l’on ne devrait pas laisser les veaux avec leur mère pendant les premiers jours qui suivent la naissance.Il a été prouvé par les Danois que les génisses qui avaient tété leur mère pendant les premières semaines avaient non seulement un meilleur taux de croissance, mais aussi une première lactation plus importante.«Du point de vue du bien-être de la vache, est-ce mieux qu’elle garde son petit pendant plusieurs jours et qu’on l’en sépare par la suite, ou qu’on les sépare dès la naissance?On ne le sait pas encore.Il faudrait d’abord définir ce qu’est le bien-être de l’animal.» La peur de l’animal face à l’humain est une autre des nouvelles questions que les scien- tifiques du Centre explorent.«Il ne faut pas oublier que nous sommes des prédateurs pour les animaux de ferme, explique Anne de Passillé.Mais la différence, c’est que nous pouvons être des prédateurs civilisés.» Sylvie Gourde z 11 ne pleuvait PAS à mourir ! S J"! /»¦ 111.mm jjj Vous vous souvenez de la campagne publi-2 citaire de l’Union des producteurs agricoles O (UPA) en 1989?On parlait des pluies acides B — sous le thème : « Il pleut a mourir ».Cette cam- Z pagne venait appuyer les plaintes des acéricul-m teurs et des écologistes, selon qui les érablières étaient menacées d’extinction en raison de l’inconscience des industriels nord-américains qui déversaient leurs polluants dans l’atmosphère.Eh bien, ils avaient tout faux ! Un groupe de chercheurs du Département de biologie et du Centre d’études nordiques de l’Université Laval vient de déposer les résultats d’une étude dans la Revue canadienne de recherche forestière, où ils révèlent que le dépérissement des érablières au cours des années 80 n’a rien d’unique: des périodes de croissance réduite ont également été observées au début des années 1910 et 1950.L’étude porte sur le comportement de 16 érablières de 1900 à 1989.On a observé que chaque période de faible croissance coïncide avec des années de sécheresse ou d’épidémies d’insectes — deux facteurs également mis en cause dans les années 80, en plus des cycles de gel-dégel.Ce qui est plus embarrassant pour les acériculteurs, c’est qu’il se trouvait déjà des chercheurs, autour de 1987-1989, pour qualifier leurs propos d’alarmistes.Mais la conviction, à l’époque, que les pluies acides étaient associées au phénomène était si forte que les deux paliers de gouvernement avaient dépensé à eux seuls 10 millions pour la prouver et 5 millions pour fertiliser 19 000 hectares.Certains indices auraient pourtant dû mettre la puce à l’oreille: depuis 1986, la production des érables avait recommencé à croître, et rapidement.Et en 1989, l’année même de la campagne de l’UPA, la production atteignait le niveau record de 19,35 millions de kilos ! Agence Science-presse 15 INTERFACE SCIENCE CLIPS 1 w | Un gros zéro 21 pour les technocentristes Au Canada et aux États-Unis, 50 À 75 P.CENT DES PROJETS D’IMPLANTATION DE NOUVELLES TECHNOLOGIES d’information ET DE COMMUNICATION (NTIC) échouent.De la boîte vocale que personne n’écoute à l’ordinateur qui dort au fond d’un placard, les histoires de millions envolés en projets fumeux ne manquent pas.Pourtant, la technologie n’est pas en faute.Pour Michel Audet, chercheur et professeur en relations industrielles à l'Université Laval, ce sont plutôt les gestionnaires de ces projets qui sont responsables.Pourquoi?Parce qu'ils oublient presque systématiquement de tenir compte du facteur humain.«Actuellement, les gestionnaires se concentrent sur le potentiel purement technique des nouvelles technologies et ne regardent absolument pas les conséquences possibles sur le plan de l’organisation et des relations de travail », explique-t-il.À cette vision technocentriste, le chercheur oppose une vision anthropocentriste qui place l'être humain au cœur des changements apportés à une organisation au moment de l’implantation de NTIC.Dans le cadre d’un projet de recherche mis sur pied à l’été 1995 par le CEFRIO (Centre francophone de recherche en informatisation des organisations) et commandité par un groupe de compagnies privées et d'organismes publics, Michel Audet s’est associé à Réal Jacob, spécialiste en psychologie du travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières et à Alain Rondeau, chercheur en psychologie au Centre de recherche sur la transformation des organisations à l’École des hautes études commerciales, pour tenter de mettre au point un modèle d’implantation des NTIC intégrant les ressources humaines.Pendant un an et demi, les chercheurs ont analysé une multitude de cas (succès et échecs), puis ils ont construit un modèle théorique de changement qu’ils ont ensuite validé en tentant de l’appliquer à plusieurs projets en cours: la mise en place de l’inforoute dans des commissions scolaires, les projets de télémédecine de l’est du Québec et de l’Oregon, et le télétravail dans plusieurs organisations comme Emploi et Immigration Canada, Bell ou IBM.Ils ont enfin construit des grilles d’aide à la décision destinées à éclairer les lanternes des gestionnaires de projets d’implantation de NTIC.Les chercheurs ont déterminé une liste de conditions dont ces gestionnaires devraient tenir compte, l’absence ou la présence de ces conditions pouvant se révéler propice ou néfaste aux changements.La première, c’est l’historique des changements.lu 3 o m» O X Retravailler au lendemain d’un infarctus Comment aider psychologiquement les victimes d’un infarctus à réintégrer le monde du travail ?C’est là le sujet de recherche de doctorat de Serge Dumont, professeur à la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, qui a reçu récemment le prix de la meilleure thèse en psychologie au Canada.Son modèle théorique d’intervention est simple: les facteurs susceptibles d’engendrer des maladies coronariennes sont multiples (mauvaise alimentation, vie sédentaire, tabagisme, stress, hypertension, diabète.).Par con- séquent, la réadaptation doit être.adaptée à toutes ces causes à la fois.Pour tester son modèle, le chercheur a mis au point un protocole de réadaptation pour des travailleurs victimes d’infarctus.Dans un premier temps, les 20 patients choisis et leur compagnon ou compagne assistaient par petits groupes à des cours sur les maladies coronariennes.Les patients suivaient ensuite un programme d’entraînement physique adapté aux particularités de leur métier, et recevaient des conseils en nutrition personnalisés ain- riiÊÊi .""" r\3( mWÊFi w si qu’un counseling psychosocial.Enfin, le travailleur ou la travailleuse, son supérieur immédiat ou sa supérieure immédiate, l’employeur et un ergo-nome élaboraient conjointement les conditions d’un retour au travail progressif.Un groupe-témoin de 20 autres patients ne bénéficiant pas d’un tel suivi, était également observé pendant ce temps.La conclusion n’étonnera personne: le retour au travail s’est fait deux fois plus vite pour les personnes ayant bénéficié 16 ! 18 11 INTERFACE Par exemple, dans un service où le dernier achat d’un système informatique s’est soldé par une vague de licenciements, on peut déjà prévoir que les personnes feront de la résistance.La deuxième, c’est le repérage dans l’organisation de ceux et celles que le chercheur appelle les «champions», les mordus d’informatique qui soutiendront l’innovation et réussiront à influencer leurs collègues.L’engagement de la haute direction est aussi un paramètre clé.«Les hauts fonctionnaires, par exemple, doivent prendre conscience des changements dans l’organisation des services publics qu’apporteront les nouvelles technologies », précise Michel Audet.Faudra-t-il éliminer des postes, «requalifier» des personnes?Qui est le médecin responsable au moment d’un examen à distance?Comment les conventions collectives tiennent-elles compte du programme.Les patients «expérimentaux», explique Serge Dumont, avaient davantage confiance en leurs capacités à reprendre le travail et étaient moins anxieux par rapport à leur maladie.D’autres études ayant déjà apporté des conclusions similaires, il serait plus que temps, soutient le chercheur, «que le milieu de la santé commence à étudier la faisabilité de cette réadaptation multifactorielle».Certes, des coûts y seraient associés, mais les économies en non-hospitalisation et en arrêt de traitements devenus inutiles pourraient faire pencher la balance.Agence Science-presse 1 SCIENCE CLIPS des activités d'un télétravailleur ?Quelle sera l’ampleur du changement dans l’organisation du travail, à la suite de l’implantation de la technologie?Autant de questions qu’il faut se poser.avant l’implantation.Une défi- nition précise de la marge de manoeuvre en termes de budgets est également impérative.Mais pour Michel Audet, la question fondamentale à laquelle tous les gestionnaires doivent répondre en priorité et de façon très claire est la suivante: pourquoi implanter ces technologies ?Par exemple, pourquoi installer une borne interactive dans un ministère ou un ordinateur relié à l’inforoute dans une salle d’école?Est-ce pour économiser de l’argent, pour «faire moderne», pour améliorer le service?Il faut alors faire passer le message et sensibiliser les personnes, en ne se contentant pas de dire «Il nous faut cette nouvelle technologie parce que nous n’avons plus les moyens de faire comme avant», un leitmotiv particulièrement démoralisant! Si l’enseignant n'est pas persuadé qu’un vrai débat sur la pédagogie a motivé l’achat de l'ordinateur qu’on a installé dans sa classe, il n’a aucune raison d’avoir confiance en ce nouvel outil pour améliorer ses cours.«Or les gestionnaires répondent rarement à cette question pour- tant essentielle », dénonce Michel Audet.Ensuite, il ne faut surtout pas négliger le long processus d’habilitation qui conduira les personnes à développer un savoir-faire en intégrant la technologie.Finalement, après avoir sensibilisé et formé le personnel, les gestionnaires doivent travailler à ce que le changement ne soit pas que temporaire.La notion de succès doit également tenir compte du facteur humain.«On doit savoir à qui profite finalement la technologie.» Est-ce au client de l’organisation, au travailleur, au fournisseur du système informatique?Michel Audet regrette qu’on oublie souvent les effets pervers de la technologie, et notamment les problèmes humains qui surgissent fréquemment dans l’après-changement tels que la détresse psychologique, problèmes qui touchent souvent les exclus comme les survivants.Un mal devenu la première cause de l’absentéisme au travail.Valérie Borde France Michaud T7 | ! N T E R fXcITJJ ILLUSTRATION: MICHEL LAROSE ECOLOGIE BUCCALE SCIENCE CLIPS i Orage bactérien et viral chez les dentistes Depuis oue sang et salive ONT ÉTÉ ASSOCIÉS À DES MALADIES INFECTIEUSES GRAVES, le personnel des centres hospitaliers redouble de prudence et les dentistes.s'interrogent encore.Existe-t-il des risques de contamination dans les cabinets dentaires?Peu de recherches ont jusqu’à présent porté sur ce sujet.Or les résultats d’études récentes menées par le Groupe de recherche en écologie buccale (GREB) de l’Université Laval, montrent que les dentistes ont peut-être raison de s’inquiéter.Premièrement, les traitements dentaires provoquent la mise en suspension dans l’air de quantités importantes de bactéries et aussi de virus, s’il s’en trouve dans la salive des patients.Par exemple, au cours d’un détartrage aux ultrasons, la concentration totale de bactéries dans l’air peut atteindre jusqu’à 200 UFC/m3 d’air (unités formant des colonies) comparativement à 12 UFC/m3 avant le début du traitement.Si la présence de ces micro-organismes ne semble pas causer de problèmes aux personnes en bonne santé, ejle accroît, par contre, les risques de contacter une infection chez les patients dont le système immunitaire est affaibli, ainsi que chez le personnel des cliniques exposé à la journée longue à ce nuage microbien.Deuxièmement, les appareils servant à la stérilisation des instruments dentaires ne font pas l’objet d’une vérification systématique.En 1996, Daniel Grenier et Denis Mayrand, tous deux chercheurs du GREB, ont vérifié l’efficacité des stérilisateurs de cliniques dentaires du Québec au moyen d’un test biologique qui repose sur la culture de spores bactériennes.Quelle ne fut pas leur surprise de constater que 10 p.cent des stérilisateurs étaient non fonctionnels! «Il est clair qu’il existe des risques de contamination croisée (du patient vers le dentiste où vers d’autres patients) dans les cabinets dentaires», affirme Daniel Grenier.En raison du temps d’incubation relativement long de certaines infections, on ne dispose pas de statistiques précises sur le nombre d’infections liées à une visite chez le dentiste.» Quelques rapports seulement établissent que le virus Herpes simplex 7 (feux sauvages), le virus de l’hépatite B, le bacille de la tuberculose et les bactéries responsables de certains abcès buccaux peuvent être transmis au patient ou au dentiste au cours des séances de soins.Mais les preuves s’accumulent et on remarque que la prévalence des hépatites B est d’environ cinq fois plus élevée chez les dentistes que chez la population en général.Des recherches signalent également que les étudiants en médecine dentaire souffrent quatre fois plus souvent d’infections respiratoires que les autres étudiants.Parmi les moyens préventifs recommandés pour diminuer les risques de contamination, Daniel Grenier propose tout d’abord des mesures comme le port de l’uniforme, du masque ou des gants par les dentistes et le personnel des cliniques.Il suggère ensuite le brossage des dents du patient ou la patiente juste avant le traitement, ce qui réduirait d’environ 90 p.cent la quantité de micro-organismes buccaux pulvérisés dans l’air.Enfin, l’installation d’un système de filtration reconnu favoriserait l’élimination du nuage bactérien.Le chercheur ajoute finalement que la stérilisation des instruments dentaires demeure une étape essentielle de tout programme de contrôle de la transmission des infections et que le bon fonctionnement des stérilisateurs doit être évalué régulièrement.D’ailleurs, il y a huit mois, Daniel Grenier et Denis Mayrand mettaient sur pied le Laboratoire de contrôle microbiologique, qui offre un service de vérification mensuel des stérilisateurs aux 18 Il8 1 INTERFACE A dentistes du Québec.Les profits générés sont réinvestis dans la recherche en santé buccoden-taire.«À l’heure actuelle, notre laboratoire assure la surveillance de près de 300 unités de stérilisation », mentionne le cher- cheur.Cette réaction positive du milieu des dentistes montre à quel point ceux-ci et celles-ci sont prêts à collaborer pour supprimer les causes de transmission d’agents pathogènes.Céline St-Pierre O O mâ O «iu X u œ < Histoires d’eaux.urbaines Il était une fois une ville SANS EAU COURANTE NI égouts.Montréal?Londres?Philadelphie?Défait, toutes les villes du début de l’ère industrielle connaissaient ce même sort, le savoir-faire de nos ancêtres les Romains, en termes d’infrastructures sanitaires, s’étant totalement effrité au cours des siècles.À Montréal, par exemple, le premier aqueduc date de 1801.En 1805, il desservait le nombre impressionnant de.63 abonnés, des marchands pour la plupart, qui acceptaient de verser l’équivalent de deux à trois semaines de salaire d’un journalier pour ce service.À l’heure où la Ville de Montréal réévalue la possibilité de « privatiser l’eau », un petit regard en arrière se révèle des plus instructifs.Et pourtant, ce regard a longtemps tardé.«Au Québec, si l’histoire urbaine a suscité beaucoup d’intérêt, peu de travaux ont porté sur la mise en place des infrastructures sanitaires, même si ces dernières ont eu des effets sociaux majeurs — pensons seulement à l’hygiène publique», déplore l’archéologue Louise Po- thier.Cette dernière a d’ailleurs monté avec des collègues l’exposition «Purement étonnante.L’histoire des égouts et des aqueducs», présentée en 1996 au musée de la Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal.Cette exposition est aujourd’hui à Lyon, en France, et le compte rendu des recherches effectuées vient d'être publié1.L’histoire nous apprend tout d’abord que rien n’est simple et que la solution d’un problème en engendre souvent un autre.Ainsi, si le réseau d’aqueducs, porteur de tant d’espoirs en termes de salubrité publique, connut au milieu du siècle dernier un certain développement — en 1852, il desservait 1064 «locataires de robinet» sur 57 715 habitants —, il eut aussi comme effet d’augmenter la consommation d’eau et par conséquent de créer un sérieux problème d’évacuation des eaux usées.Résul- tats: les nappes phréatiques ne tardèrent pas à être polluées par l’eau rejetée entre autres dans les latrines, dont les fosses d’aisances n’étaient pas étanches.Un règlement eut beau, en 1870, exiger que toute fosse soit vidée tous les trois ans, plusieurs propriétaires peu scrupuleux ne continuèrent pas moins de les vidanger en douce dans le sous-sol urbain.«La municipalité a mis du temps avant d’accepter l’utilité d’un véritable système d’élimination des eaux usées, raconte Louise Pothier.D’une part, un tel système coûtait cher à implanter et, d’autre part, comme on comprenait mal l’origine des épidémies et leur mode de propagation, on hésitait à recourir à cette solution pour assainir la ville.» Il fallut attendre 1832 pour qu’un premier collecteur souterrain, auquel étaient reliés des égouts pluviaux et sanitaires, soit construit dans le Vieux-Montréal (photo).Toutefois, la conception anarchique et la piètre qualité de ces égouts entraînaient de fréquents bris et re- Égout collecteur de la rivière Saint-Pierre construit entre 1832 et 1838.Au moment du relevé archéologique effectué en 1939, cet égout était encore en usage, mais il est désaffecté depuis.19 INTERFACE l8 1 PHOTO: SERVICE DE L'URBANISME, VILLE DE MONTRÉAL SCIENCE CLIPS foulements.Et ce n’est qu’en 1870-1880, au terme de plusieurs épidémies de choléra et de fièvre typhoïde, que Montréal se dotera d’un réseau de canalisation et de collecteurs des eaux usées.Mais d’autres surprises attendaient encore les citadins.«Une fois le problème de l’évacuation des eaux usées réglé à l’échelle municipale, les Montréalais et Montréalaises ne tardèrent pas à constater que le problème se posait désormais à l’échelle régionale, poursuit Louise Pothier.Une municipalité en aval d’une autre municipalité recueille automatiquement les eaux usées de la deuxième.» Les solutions?À Montréal, la première opération de chloration de l’eau potable remonte à 1910 et la première usine de filtration d’eau potable fut construite entre 1912 et 1918.Quant à l’infrastructure d’évacuation d’eau, si la concentration des collecteurs d’égouts commence vers 1880, il faudra attendre.1984 pour que la Communauté urbaine de Montréal se dote, au coût de 1,4 milliard de dollars, d’une ceinture d’intercepteurs reliés à une station d’épuration.«Cela peut sembler tardif, dit l’archéologue, mais plusieurs municipalités du Québec déversent encore dans la nature leurs eaux usées sans procéder à un traitement.Même la Ville de Laval rejette ses égouts dans la rivière des Prairies en attendant de mettre en service sa station d’épuration !» Et maintenant ?La Ville de Montréal se doit de rénover son réseau d’aqueducs (certaines conduites ont plus d’un siècle!).Compte tenu de l’importance des investissements nécessaires, elle lorgne du côté du privé.«Mais attention !, conclut Louise Pothier.Ce que l’histoire nous enseigne, c’est que la question de l’eau potable est indissociable de celle des eaux usées.Si la réflexion au sujet d’une éventuelle privatisation de l’eau potable nie cette réalité, sous prétexte d’une gestion séparée des deux services publics, le citoyen ordinaire, qui a déjà payé à grands frais la mise sur pied de ces services, ne risque-t-il pas encore une fois de souffrir du manque de vision de ses dirigeants?» À suivre.Sophie Malavoy Source: L’eau, l’hygiène publique et les infrastructures, sous la direction de Louise Pothier, le Groupe PGV-Diffusion de l’archéologie, 1996, 84 pages.Du caractère distinct des séismes québécois U 111 “ Au Québec, la plu- *ui part des construc- ts .tions anterieures a 1970 ne répondent pas aux normes sismiques inscrites actuellement dans le code de la construction.Alors que dans l’Ouest canadien et américain, on a entrepris de nombreux travaux pour consolider les anciennes infrastructures, ici, on aurait plutôt tendance à ne rien faire.Pourtant, selon André Filia-trault, professeur en génie civil et responsable du simulateur de séismes de l’École polytechnique (le plus puissant des deux seuls simulateurs installés au Canada, l’autre étant à Vancouver), les risques de tremblement de terre ici, même s’ils sont moins élevés que dans l’Ouest, ne sont pas négligeables.«Depuis une quinzaine d’années, les sismologues sont convaincus que toute la vallée du Saint-Laurent est susceptible de subir des séismes de magnitude supérieure à 6 et ce, avec une période de retour moyenne de 65 ans, explique- t-il.Toutefois, comme le dernier séisme majeur, qui date de 1925 et qui était d’une magnitude de 7, n’a pas fait beaucoup de dégâts —son épicentre étant situé dans la région peu peuplée de Charlevoix —, on se croit à tort à l’abri.» Mais si l’on se décidait à rénover ponts et bâtiments, encore faudrait-il savoir comment! En effet, nos séismes ne présentent pas les mêmes caractéristiques que ceux de l’Ouest.Leur fréquence de vibration est, entre autres, en moyenne cinq fois plus élevée et les ondes sismiques se propagent beaucoup plus loin.«Appliquer les méthodes utilisées là-bas pour rénover nos infrastructures semble donc inapproprié, d’autant plus qu’on risquerait de faire monter la facture inutilement, les fréquences de vibration élevées étant moins dévastatrices pour les structures que les basses fréquences.Malheureusement, comme peu d’endroits au monde présentent le même profil sismique que la vallée du Saint-Laurent, l’évaluation de la résistance des anciennes structures à ce type de séisme reste à faire.» En collaboration avec le ministère des Transports du Québec, le chercheur a mis au point une technique d’évaluation des ponts par simulation qui permettra de déterminer, en cas de tremblement de terre, quels ponts parmi les 8500 ponts du Québec devraient être inspectés en priorité compte tenu de leurs caractéristiques techniques, mais aussi de leur rôle socio-économique.L’été prochain, grâce au simulateur de Polytechnique, on testera la résistance aux tremblements de terre de modèles de piliers de ponts typiques du Québec, à une température de -40 °C, les matériaux étant plus fragiles aux basses températures.Ces simulations permettront de déterminer quel type de réfection serait nécessaire pour mettre ces ponts à l’abri des dommages.Valérie Borde 20 !l8 ij INTERFACE SCIENCE CLIPS O O mi O u < S ce < Les aventuriers de l’algue perdue Le prochain antibiotique OUE l’on VOUS PRESCRIRA VIENDRA PEUT-ÊTRE DE LA mer! Produit À partir d’une ALGUE INDISCERNABLE À L’ŒIL nu, il aura été découvert par un medicine man ou une.medicine woman qui aura troqué la lame de la machette pour la lamelle du microscope, afin de se frayer un chemin dans l’Amazonie marine.C’est ce genre d’aventure qu’a entreprise cet été une équipe de scientifiques québécois, sous la direction de Pierre Marsot, de l’INRS-Océanologie, en collaboration avec Jean-Pierre Gagné, de l’Université du Québec à Ri-mouski et Claude Hamelin, de l’Institut Armand-Frappier.Une aventure qui exige d’eux une patience de moine.Car des plantes unicellulaires qui peuvent se compter par 10000 dans un dé à coudre, et qui forment ce qu’on appelle le «phyto-plancton marin», regroupent plus de 25 000 espèces connues de micro-algues, dont Thalassio-sira, Skeletonema, Alexandrium, Chætoceros, etc.Or, si l’on reconnaît depuis des décennies que cette diversité est la promesse de nouveaux médicaments, encore faut-il trouver l’algue bénéfique, comme la fleur rare que l’on découvre dans la jungle au détour d’un tronc d’arbre.Armés d’une pipette et d’un microscope, les scientifiques doivent «explorer» des échantillons d’eau de mer provenant de l’estuaire maritime, c’est-à- dire en isoler, cellule par cellule, différentes espèces d’algues phy-toplanctoniques, puis faire croître celles-ci en quantité suffisante pour en extraire des molécules bioactives.La culture de ces algues microscopiques est une étape délicate: ce sont là des Mais le succès n’est pas utopique.Au début des années 80, la présence de substances antibactéries a été démontrée chez Phæodactylum tricornotum et Skeletonema costatum, deux espèces que l’on trouve dans les eaux marines du St-Laurent.Aux du St-Laurent ne se retrouve dans l’arsenal de votre pharmacien.Pourquoi ?D’une part, parce qu’il faut développer des techniques de cultures d’algues à grande échelle, viables du point de vue économique et, d’autre part, parce que l’homologation d’un nouveau médicament prend plusieurs années.Et tout ça nécessite des capitaux.Il est déjà établi que les molécules bioactives qui proviennent des micro-algues marines ont souvent des structures chi- k Microphotographie de la diatomée marine Chætoceros sp., provenant d’un échantillon prélevé dans l’estuaire maritime du St-Laurent.Microphotographie de la diatomée marine Phæodactylum tricornotum, provenant d’une culture au laboratoire de l’INRS-Océanologie.Cette algue habite les eaux du St-Laurent.organismes vivants, «hypersensibles», dont la biochimie (et la présence de molécules bioactives) dépend de nombreux facteurs de croissance tels que la concentration en nutriments, la lumière, la température et la phase de croissance.De plus, il faut éviter la contamination des cultures par les bactéries pour être certain que les molécules isolées soient produites par les micro-algues et non par un micro-organisme inconnu.La reproductibilité de ces expériences est vitale, elle est un but inévitable pour les chercheurs, presque une obsession ! États-Unis, des compagnies commercialisent déjà des composés produits à partir de micro-algues (vitamines, polysaccharides, caro-ténoïdes utilisés comme colorants naturels).Au Japon, le Centre de recherche pour l’utilisation industrielle des organismes marins, qui représente un investissement de 35 milliards de yens sur neuf ans, compte parmi ses activités le dépistage de substances bioactives produites par le phytoplancton marin.Cependant, il faudra encore attendre plusieurs années avant qu’un médicament produit à partir des algues microscopiques miques particulières, qui n’ont pas d’équivalent terrestre.Entre autres, parce que l’eau de mer contient des halogénures tels le brome et l’iode, et que le phytoplancton peut produire des composés bioactifs originaux en intégrant ces atomes.Par exemple, l’algue bleue-verte Rivulariafirma produit des bi-indoles bromés qui démontrent des propriétés antiinflammatoires et anti-amphéta-miniques.Voilà pourquoi les chercheurs de l’équipe de Pierre Marsot explorent avec enthousiasme les eaux froides de notre estuaire, qui sont d’une grande diversité 21 INTERFACE Il8 1 NEUROSCIENCE SCIENCE CLIPS en algues microscopiques.Bientôt, une dizaine d’espèces seront cultivées en laboratoire et une batterie de tests biologiques et biochimiques seront effectués sur les extraits de ces algues afin de caractériser les activités des composés: antibactérienne, anticancérogène, etc.Une telle recherche suscite de grandes attentes auprès du public, mais il faut comprendre que les découvertes, avant d’être annoncées, doivent être confirmées et contre-validées.Le fruit de ce travail ne peut provenir de faux espoirs; il est produit scientifiquement à petits pas, à coup de pipettes.Richard St-Louis La survie, mode d'emploi pour cellules nerveuses Grâce à ses récents travaux SUR LA VISION, ALBERT Aguayo, professeur à l’Université McGill, directeur scientifique du réseau canadien de neuroscience et nouveau fellow de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), vient d’apporter une seconde contribution majeure à la neurobiologie en 15 ans! La première portait sur la possibilité de stimuler la régénération dans le système nerveux central (SNC) en réunissant les conditions et l’environnement adéquats pour stimuler la repousse (voir «La régénération des nerfs, lueur d’espoir pour les paraplégiques», INTERFACE, mai-juin 7997, p.57-58).Cette découverte l’avait alors lancé sur une autre piste.Il avait observé à l’époque que cinq jours après la rupture d’un nerf, il ne subsistait que 10 p.cent de neurones vivants.C’est cette ob- servation qui lui a permis d’établir que les cellules nerveuses ont besoin de certaines protéines pour survivre et se régénérer.Pour ses recherches, Albert Aguayo a choisi l’oeil du rat comme modèle.C’est là, en effet, l’un des organes les plus explorés, facile d’accès et dont les zones cérébrales associées sont connues.Or une fois le nerf optique sectionné, on observe une quantité anormalement élevée de fragments d’ADN dans les cellules mourantes, indice principal d’apoptose soit de mort programmée des cellules, selon M.Aguayo.Par contre, le chercheur a montré qu’en fournissant aux cellules nerveuses de l'œil certains facteurs de croissance, tels BDNF ou NT-4, on empêchait ces cellules de mourir.Par ailleurs, on savait déjà que la protéine GAP43 associée à la croissance axonale était abon- IJ - ' - % |É|Ég Micrographie d’une cellule nerveuse endommagée dans un œil dont la fibre nerveuse repousse (flèche) après qu’on lui a administré le facteur de croissance BDNF.damment sécrétée au moment de la croissance des axones des neurones embryonnaires, surtout au cône de croissance situé à l’extrémité de l’axone.Le groupe d'Albert Aguayo a établi que certains neurones dont l’axone se régénère après une greffe présentent également une synthèse accrue de GAP43.L’expression de cette protéine semble ainsi faire partie d’un programme qui détermine la capacité intrinsèque du neurone à générer l’axone.L’équipe d’Albert Aguayo se penche également sur un autre postulat, avancé en 1906 par le célèbre neuroscientifique S.R.y Cajal, selon lequel l’absence de régénération des nerfs chez tous les mammifères tiendrait d’une incapacité intrinsèque su système nerveux acquise au cours de l'évolution et de la complexification du cerveau.L’organisme aurait développé des gènes produisant des protéines capables d’inhiber la régénération des nerfs, ce qui n’est pas le cas pour les batraciens ou les poissons, par exemple.De fait, plusieurs scientifiques à travers le monde ont déjà identifié des protéines inhibitrices de la régénération qui n’agiraient pas à l'intérieur de la cellule nerveuse comme tel, mais dans son milieu environnant.Par conséquent, la régénération d’une cellule nerveuse dépendrait d’un bon équilibre entre les protéines stimulant la croissance et celles qui l’inhibent.Mais la recherche ne s’arrête pas là.Supposons un instant que les recherches d’Albert Aguayo ayant abouti, on obtienne que la totalité des cellules survivent et se régénèrent après la rupture d’un nerf et la greffe d’un nouveau nerf.Il faudra alors s’assurer, une fois les connexions rétablies, que la vision du rat le soit.Le chercheur propose une analogie avec le tube cathodique et de ses pixels.«Si les pixels sont tous présents sur l’écran mais dans le désordre, l’image n’a aucune utilité.C'est la même chose avec les synapses : si elles se connectent de tra- INTERFACE y j ioo microns vers, l’image que le cerveau traitera n’aura aucune fonction utile.» Malgré tout, les chercheurs percent, lentement mais sûrement, les secrets de la Nature.Les récents travaux de Lars Oison, du Karolinska Institute à Stockholm, ont prouvé que ce qu’Albert Aguayo avait réussi avec le nerf optique s’appliquait à la moelle épinière, comme notre chercheur le pressentait: après des microgreffes de nerfs, des rats à la moelle épinière sectionnée ont réussi à mouvoir leurs membres postérieurs.«Ils ne dansent pas le ballet, mais cela indique que ce que nous avons vérifié il y a une quinzaine d’années n’est pas un cas isolé dans l’organisme!» Les choses avancent donc, d’autant que les récentes découvertes sur l’« alimentation » des cellules nerveuses devraient elles aussi contribuer au développement de nouveaux moyens de sauver les nerfs «accidentés».y -|_H L ONITEURS NGUES L an dernier, Lorraine, Pascale et Ghislain ont, comme des centaines de jeunes Québécoises et Québécois, vécu une expérience inoubliable : ils ont eu la chance unique de participer au Programme des moniteurs de langues officielles.En donnant un coup de pouce à un enseignant ou à une enseignante, ils ont contribué à faire connaître la réalité québécoise à des jeunes d'autres provinces, tout en découvrant eu> mêmes une autre culture.mm Pascale Serge me mm Les moniteurs et monitrices à temps partiel poursuivent simultanément des études collégiales ou universitaires dans la province qui les accueille.Les moniteurs et monitrices à temps plein se consacrent entièrement à cette tâche.Ils doivent avoir terminé au moins une année d'études universitaires.La rémunération offerte est de 3 500 $ pour huit mois de travail à temps partiel et de 11 400 $ pour neuf mois de travail à temps plein.Ghislain Daigle Pour participer au Programme en 1997-1998, il faut s'y inscrire au plus tard le 15 février 1997.Pour obtenir plus de détails sur le Programme, il suffit de s'adresser : à la personne responsable de l'aide financière aux étudiants dans son établissement d'enseignement; aux directions régionales du ministère de l'Éducation; au ministère de l'Éducation Direction de l'aide financière aux étudiants Service des programmes de langue seconde 1035, rue De La Chevrotière Québec (Québec) GIR 5A5 Tél.: (418) 643-3750.E3 Gouvernement du Québec Ministère de l’Education l+l Patrimoine Canadian canadien Heritage Frank Meunier «4M * 18 1 INTERFACE ’'W&Ë: FACE A FACE « faire moins » Gérard Bouchard, c’est l’homme qui est à l’origine du fichier informatisé de la population québécoise, une entreprise qui a valu à Jacques Keable l’institut qu’il a créé, comme à lui-même, une renommée internationale couronnée de distinctions.Mais cette réussite ne l’a pas mis, pour autant, à l’abri des coupures budgétaires.Lui aussi doit maintenant «faire plus avec moins».Mais est-ce seulement possible?s < Q S o O SANS LE MOINDREMENT HAUSSER LE TON - QU’IL A PLUTÔT CALME —, il dit: «C'est très clair que notre établissement est engagé dans une opération de freinage.On a commencé à déterminer quels projets on va fermer, les chercheurs dont on va devoir se séparer.Une opération extrêmement frustrante.C’est triste, on est en train de réduire notre taille.Considérablement.Et d'ici cinq ans, je ne vois pas comment ça pourrait s'inverser.C'est bien triste.» - Et croyez-vous que ce soit symptomatique de ce qui se passe dans le monde de la recherche au Québec?- Je suis convaincu que plusieurs équipes de recherche sont dans notre situation ou vont l'être bientôt.Ou l'ont déjà été.Il y en a déjà un certain nombre qui ont «planté»! Qui donc est ce prophète de malheur?Gérard Bouchard, le directeur-fondateur de l’Institut interuniversitaire de recherches sur les populations, l'IREP, de renommée internationale.Un institut né à Chicoutimi et qui, au fil de ses 25 ans de vie, a su rallier à ses travaux la bagatelle de sept universités INTERFACE SOCIOLOGIE FACE  FACE québécoises, susciter des collaborations avec des universités et des chercheurs étrangers, et provoquer un intérêt scientifique international.Pendant que son institut gagnait ainsi en poids, en sagesse et en notoriété, Gérard Bouchard, lui, en 1985, entrait à la Société royale du Canada puis recevait le prix Jacques-Rousseau, attribué par l'Acfas.Quelques années plus tard, Radio-Canada lui attribuait le titre de « scientifique francophone de l'année ».Et en 1993, le gouvernement québécois lui décernait le prix Léon-Gérin, la plus haute distinction qu'accorde le Québec dans le secteur des sciences sociales, alors que la même année, le FCAR décernait à la SOREP, la Société interuniversitaire de recherches sur les populations, qui allait devenir l'IREP l'année suivante, le titre fort flatteur de «centre de recherche de l’année».Aujourd'hui, à peine trois ans plus tard, c'est la catastrophe : le FCAR sort sa grande faux et coupe l’herbe sous les pieds de l'institut qu'hier encore il sanctifiait! «Ils ont tranché dans l'os, dit Gérard Bouchard.Pas dans la peau, là ! Dans l'os.La moelle.» L'IREP avait demandé que sa subvention soit haussée.Or, au lieu de cela, le FCAR l'a coupée de moitié et donc réduite à.150000 $.La douche glacée ! Autrement dit, l'IREP est tombé de bien haut et, au terme de sa chute, il n'a pas échappé aux cassures.Physiques et morales.«Cela nous a forcés à abandonner un certain nombre de projets.» Spectaculaire : l’IREP a récemment dû refuser une subvention de 400 000 $, offerte par le Fonds de l’autoroute, faute de pouvoir la gérer convenablement.«On a également été obligés de battre en retraite dans un certain nombre d'autres dossiers très importants, ajoute le directeur de l’Institut.Par exemple, on était un acteur de premier plan au sein d'un groupe européen de recherches sur la mobilité sociale.C'est bête, mais il faut de l’argent pour aller en Europe ou faire venir des Européens, pour la logistique.Maintenant, l’Institut est un acteur très très très secondaire.Même scénario avec une grosse équipe suédoise qui collaborait avec nous depuis les cinq ou six dernières années.On a carrément mis fin à ça.» Comment tout cela s’explique-t-il?Par un changement radical d'orientation du FCAR, estime Gérard Bouchard.Depuis 25 ans, selon lui, le FCAR avait développé une tradition dite «de structuration».Il s'agissait de «mettre sur pied et de maintenir des centres performants, dans des secteurs d’excellence jugés prioritaires.Et donc, on concentrait les ressources.Or ce qui semble apparaître maintenant, c'est une répartition arithmétique des ressources.Un partage.Ce que d'autres appellent un éparpillement.» À l’évidence, Gérard Bouchard ne veut pas s'engager plus avant relativement à cette affaire, sauf pour noter le fait suivant: «Il y a environ un an et demi, raconte-t-il, la directrice générale du FCAR à l'époque, Christine Martel, a décidé de consulter un < comité des sages >, formé de quinze à vingt personnes du monde de la recherche, privé et public.Devant la question de savoir si le FCAR devait persister dans l’orientation de la structuration, une quasi-unanimité s’est dégagée : oui.Un mois après, le conseil d’administration décida dans le sens contraire.- Vous savez pourquoi?- Je ne sais pas.Mais le financement, actuellement, c'est mon plus grand souci.L'IREP est plus fragile que jamais.Et je crois que pour tous les groupes de recherche, ça risque d’être pire dans les années qui viennent.Parce que si les bailleurs de fonds fédéraux ont déjà vu leurs budgets coupés, on s’attend à ce que les organismes subventionnaires québécois connaissent le même sort dès l’an prochain.Et là, on se retrouvera peut-être sur une pente extrêmement dangereuse.On mettra en péril le fruit de tout ce que nous avons fait depuis 25 ans!» La solution ?Les mécènes et autres subventionnaires sont rares : les universités ayant beaucoup moins d'argent, il ne reste que le secteur privé, lequel n'a que bien peu d’intérêt à soutenir un centre comme l'IREP: «On ne fait pas de recherche sur le béton ou le givre.», laisse tomber Gérard Bouchard.Et la philanthropie du secteur privé ayant ses limites, les perspectives d’avenir sont donc plutôt sombres.«Le gène est l’archive du social» Mais quelles sortes de recherches fait-on, à l’IREP?En scrutant les cheminements individuels des personnes qui constituent notre société, en les additionnant, en les interprétant, l’IREP en arrive à tracer des portraits sociaux—portraits qui, parfois, suscitent la controverse.Ainsi, en 1990, l'historienne Micheline Dumont s'en prit durement à son collègue Bouchard qui, selon elle, fondait ses données d'alphabétisation sur la seule alphabétisation masculine.« Cela tient, bien sûr, écrivait-elle, à la tradition androcentrique de l’Histoire, qui mesure tout à l’aune du masculin1.» Bouchard réplique aujourd’hui que, dans ses textes, en note préliminaire, il indique toujours qu'il s'agit de l'alphabétisation masculine même s'il lui est arrivé, reconnaît-il, de parler sans apporter cette nuance.Quoi qu’il en soit, les données issues des fichiers ouvrent sur ce qui est véritablement la spécialité de Gérard Bouchard: 26 lie A L’IRE P FACE A FACE r "A Les origines de l’Institut interuniversitaire de recherches sur les populations, l’IREP, remontent à 1971.Gérard Bouchard, cette année-là, revient de Paris, où il vient de terminer son doctorat en histoire.En quête d’un outil efficace de travail, il fonde, en 1972, la SOREP, la Société de recherches sur les populations, qui deviendra l’IREP en 1994.Gérard Bouchard décrit ainsi l’IREP: «L’Institut a pour but de constituer et d’exploiter, pour toutes les régions du Québec et pour la période allant des débuts du XIXe siècle jusqu’à nos jours, un registre ou fichier informatisé de la population à caractère universel, fondé sur le jumelage automatique de données nominatives.Le registre, en cours d’élaboration (projet BALZAC), contient des données de nature économique, sociale, culturelle et démographique.Il donne lieu à des ana- lyses et enquêtes dans ces directions de recherche.Il est également exploité dans le cadre d’un programme de recherches en génétique des populations.» La recherche est structurée en quatre volets: l’infrastructure, soit les banques de données informatisées, le volet social, puis les volets génétique et culturel.L’IREP est un organisme interuniversitaire qui regroupe 45 chercheuses et chercheurs, plus de ioo professionnels et techniciens, et qui pilote actuellement 63 projets.Il repose sur une entente de coopération rassemblant sept universités, soit les universités du Québec à Chicoutimi, Laval, McGill, de Montréal, Concordia, de Sherbrooke et, depuis quelque temps, l’Université du Québec à Montréal.À ce jour, l’IREP a présenté au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Europe et ailleurs dans le monde, quelque 1 400 com- munications diverses.Ses chercheurs ont rédigé 23 ouvrages dont le dernier, Quelques arpents d’Amérique, paru au printemps 1996, est signé Gérard Bouchard.Un très grand nombre d’organismes, enfin, collaborent étroitement avec l’IREP: des universités canadiennes et européennes, une douzaine de centres hospitaliers, des établissements de recherche locaux, européens et sud-américains, etc.Le budget annuel dit «d’infrastructure et de développement », qui permet d’assurer l’encadrement des nombreux projets, est d’environ 500000$, dont 60 p.cent, soit 300000 $, sont accordés par le FCAR qui a récemment annoncé, donc, que cette subvention serait réduite désormais de moitié (150 000 $).V.J V f, l'histoire sociale.Ce qu'est aussi l'histoire génétique puisque, comme il l'a déjà écrit dans Interface même, «le gène est l’archive du social2».Ce qui nous suggère une interprétation non pas naturaliste, mais culturelle de cette histoire.«Le fait qu'il y ait eu une mutation dans un gène, c'est un phénomène purement biochimique qui relève de facteurs divers — les radiations du Soleil, et ainsi de suite.Ca, ce n'est pas notre affaire.Mais entre le moment où la mutation survient dans un gène et le moment où elle se traduit par une maladie héréditaire, il y a une période qui relève des sciences sociales.Parce que le destin d'une mutation ou d'un gène, dans une population, est entièrement régi par des facteurs sociaux au sens très large : la culture, l'économie, la démographie.«Je dis que le gène est l'archive du social parce que si l'on prend une photo d'un bassin génétique à un moment donné, les gènes qui le composent et les caractéristiques qui leur sont rattachées constituent le produit final de l'accumulation et de la répétition des décisions individuelles et des comportements collectifs pendant plusieurs générations.» Autrement dit : le produit des types de mariage, des genres de vie, des exigences religieuses, des conditions de travail, des conditions générales de salubrité, etc.Et le chercheur d’ajouter: «Voilà qui reflète exactement l’esprit dans lequel INTERFACE SOCIOLOC I E FACE À FACE j, on aborde à l'IREP les problèmes génétiques et, d’une façon plus particulière, le problème des maladies héréditaires.» Ce qui devrait rassurer toutes celles et tous ceux qui, voyant les chercheurs de l'IREP procéder à la mise sur fiches non seulement de la population saguenayenne, mais bientôt de toute la population québécoise, craignent que ces fichiers ne servent finalement à quelque interprétation naturaliste des données ou à un certain contrôle des populations.Gérard Bouchard calme les inquiétudes à la fois en décrivant l'esprit dans lequel l'IREP travaille et en notant le nombre et l’étanchéité des mécanismes de contrôle des données.D'ailleurs, souligne-t-il, ces données, en elles-mêmes, ne sont que rarement «chaudes»—même s’il arrive à l'occasion, confirme-t-il, que des dossiers médicaux, à des fins de recherches, soient jumelés aux fichiers de l'IREP.Dans ces cas, les mécanismes de protection sont particulièrement sévères : tous les fichiers médicaux, dès que la recherche est terminée, sont détruits.En 25 ans, dit M.Bouchard, aucune plainte n'a été portée relativement au respect de la vie privée et de la confidentialité des données.D’ailleurs, l'IREP révise régulièrement ses pratiques à cet égard et se soumet avec bonne grâce, et tout volontairement, à la surveillance de la Commission d'accès à l'information.Il signale par ailleurs, et non sans un certain agacement, que les mécanismes de protection ne sont pas aussi stricts partout: «Il faudrait que la population s'avise qu’il y a bien d'autres centres qui accumulent des données infiniment plus chaudes : les pharmacies, les cabinets de médecins, les hôpitaux.» Effectivement! Par contre, les grandes études menées par l'IREP et qui ont permis d'identifier certaines maladies héréditaires particulièrement présentes au Saguenay, n'ont donné lieu à aucun abus connu.Les conclusions, générales, tout en ouvrant d’intéressantes voies à la recherche biochimique et médicale, n'ont jamais, d'aucune manière, porté atteinte à l'intégrité des personnes.D'où la question: bravo pour la confidentialité, mais à partir du moment où les recherches permettent d'affirmer que tel groupe de personnes, sinon même que telles personnes bien précises sont susceptibles d'être atteintes par telle maladie grave héréditaire, faut-il maintenir encore et toujours la sacro-sainte confidentialité ?N'y a-t-il pas, d’une certaine façon, refus de porter assistance à une personne en danger?Grave question qui en soulève plusieurs autres, rappelle Gérard Bouchard, dont celles-ci : dans quelle mesure est-on sûr qu’effectivement, la maladie frappera?Et si elle doit frapper, dans quelle mesure peut-on la prévenir ou éventuellement la guérir?Ces questions, et beaucoup d'autres, seront justement soulevées en mars prochain, à Montréal, dans un colloque organisé par l'IREP sous le thème «Dépistage des maladies héréditaires: possibilités?légitimité?» 28 Sous la Révolution tranquille: DES VOLCANS POPULAIRES?On ne se préoccupe pas que de génétique, à l'IREP.Les fichiers de population et leur jumelage avec d’autres données ou fichiers permettent, à l'occasion, de faire éclater de gros mythes bien rassurants pour les élites.Ainsi, en prenant appui sur le fichier central du Saguenay (1838-1971, actes de baptême, de mariage et de sépulture) et sur les fichiers sectoriels (instruction, emplois, pratiques religieuses, etc.), Gérard Bouchard constate qu’«en matière de culture, le changement social n'intervient pas d'une manière brute et générale.C'est plutôt par segment que ça se passe.Par fragment.Par exemple, l'alphabétisation a tout le temps bougé (à compter du milieu du XIXe siècle).Par contre, les indices de la croyance religieuse (calculés à partir du délai entre la naissance et le baptême d’un enfant3) ont commencé à bouger seulement dans les années 1940-1945.Mais si vous prenez l'indice des vocations religieuses, vous constatez qu'il a commencé à baisser dès 1930.Vous voyez: il y a des changements culturels importants qui étaient en cours dans cette population bien avant la Révolution tranquille ! À la base.«Ce qui m'a conduit à penser que les idées porteuses de la Révolution tranquille étaient déjà très répandues dans les classes populaires.C’est au niveau des élites et des institutions que le blocage se faisait ! Cela nous enseigne que dans une société, il y a rarement des explosions! Ces changements-là étaient en marche depuis plusieurs années, mais on ne les voyait pas parce qu’ils n'avaient pas d'expressions institutionnelles.Les institutions agissaient comme des carcans.Et puis, à un moment donné, les institutions sautent et alors, ces tendances-là s'expriment.C'est intéressant parce que, vous comprenez, on a un peu l'impression que ce sont les élites qui ont fait la Révolution tranquille et que le peuple a plus ou moins suivi.Eh bien, les résultats de l'enquête saguenayenne alimentent une hypothèse presque contraire!» De la singularité québécoise Voir et connaître le Québec de l’intérieur, fort bien, mais il est essentiel aussi de comparer le Québec avec d'autres sociétés, et avec ses vrais semblables.Ce que Bouchard appelle les «collectivités neuves».Autrement dit, avec ces continents ouverts à la colonisation aux XVIe et XVIIe siècles: les Amériques, l’Australie, la Nouvelle-Zélande.Depuis quelques années déjà, à partir des données multiples obtenues en jumelant le fichier central avec divers fichiers sectoriels (scolarité, propriétés foncières, données statistiques, vocations religieuses, etc.), l’IREP s’est engagé dans des études comparatives qui, à ce jour, ont permis de mieux cerner la personnalité du Québec.En comparant entre elles les sociétés «neuves», on se rend compte, constate Gérard Bouchard, de l'ampleur, souvent niée, de la parenté de la société québécoise avec elles.«Pendant près d’un siècle, jusque dans les FACE A FACE années 1930-1940, dit-il, nos élites projetaient du Québec l'image, quasiment, d'une vieille société.La société québécoise était la < cousine > ou < l'héritière > de la France, et ainsi de suite.Très peu de gens étaient pénétrés de l’idée que le Québec était une société < neuve > par sa façon, par exemple, d'occuper le territoire, d'établir ses rapports avec l'espace, par le comportement de ses familles, les hiérarchies sociales, etc.On empruntait toujours les modèles scientifiques, les concepts, les théories d’Europe pour étudier nos réalités.Même chose en peinture: on appliquait les critères, les styles, les modèles européens.Au lieu de construire notre propre regard sur les Amérindiens et de le formaliser dans une littérature ou un discours quelconque, on essayait toujours d'emprunter le discours des autres pour des objets qui étaient les nôtres.On décrivait les Amérindiens comme les Européens le faisaient, en essayant d’imiter Chateaubriand ! » Les études menées à partir des fichiers du Saguenay et du Québec dans son ensemble ont permis de corriger la perspective : « Il n'est pas exagéré de dire que, partis à la recherche d'une société canadienne-française (le Québec
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