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Titre :
Interface : la revue de l'ACFAS
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1984-2000
Contenu spécifique :
Cahier 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'ACFAS
  • Successeur :
  • Découvrir (Montréal, Québec)
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Interface : la revue de l'ACFAS, 1997-09, Collections de BAnQ.

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LA REVUE DE LA RECHERCHE A-5& ue font nos lois mmes LiJiHUiÜUU/ Fil' o 10010 26651 8 : DIX-HUIT | NUMÉRO CINQ | S E PT E M B R E - O CTO B R E 1997 VO\UM ^«3 anfi-infi «avocate rue De La Cauchetière Est lent des sciences, adresse de retour: 425 - Enregistrement n° 6489 lienne-francafsepour l’avan* ) H2L 2M7 Envoi de publicati Associatipi Montreal! 01001026651805 sais pas encore ce que je ferai demain, mais ce sera en aluminium.» Pour construire l’avenir, l’aluminium donne l’avantage du choix.Bien sûr, l’aluminium est recyclable.Mais selon l’usage qu’on en fait, il sait aussi être malléable, souple, flexible, résistant, dur et même ultra-rigide.Qui plus est, l’aluminium est léger et résiste à la corrosion.Alcan investit systématiquement dans la recherche de techniques et de procédés de fabrication qui permettent de s’en servir dans un nombre croissant d’applications.C’est ainsi que l’on peut maintenant produire 20 % plus de canettes avec le même poids d’aluminium.Alcan innove aussi avec des produits comme la Technologie des véhicules automobiles, qui permet d’obtenir des structures légères et résistantes, ou encore le composite à matrice métallique Duralcan, avec lequel on fabrique, notamment, des freins qui allient à leur faible poids une grande durabilité.Oui, l’aluminium s’adapte sans cesse à l’avenir, sans compromettre notre environnement.C’est dans sa nature.L’AVENIR EST SI PROCHE ALCAN VOLUME DIX-HUIT | NUMÉRO CINQ | S E P T E M B R E - O C T O B R E 1997 INTERFACE ÉDITORIAL 4 Cyberespace p.46 Science clips Des poissons, du mercure et des Cris Enceintes oui, mais pas au travaili Gérard Drainville: le Marie-Victorin de l’océanographie Médicaments: sommes-nous assez vigilants?Des églises face au jugement dernier Jouer de la flûte sans flûte Un mathématicien de Sherbrooke passe à l’histoire La motivation humaine au-delà de l’utilitarisme Lisier de porc et «couette et café» Face à face Claire Deschênes Nouvelle «avocate» des femmes de sciences Sophie Malavoy Portrait de la titulaire de la nouvelle chaire québécoise de recherche sur les femmes en sciences et en génie.Recherche 24 La difficile protection de la vie privée Jacques Frémont Avons-nous encore une vie privée ?Les législations, tant fédérales que provinciales, suffisent-elles à nous protéger?Et que penser de la toute nouvelle Directive européenne sur la protection des données personnelles, à laquelle toutes les compagnies faisant affaire en Europe devront sous peu se soumettre ?34 Bientôt, de nouveaux anti-inflammatoires Jean-Pierre Falgueyret et Jacques Yves Gauthier Une découverte récente permet de croire qu’on pourra bientôt mettre au point de nouveaux anti-inflammatoires non seulement plus puissants, mais aussi moins dommageables pour l’organisme.Enjeux 46 Le cyberespace et le droit OU LA NÉCESSITÉ DE REPENSER LE DROIT AUTREMENT Pierre Trudel Peut-on réguler la diffusion des renseignements dans Internet?Notre conception étatiste du droit semble mal adaptée à ce nouvel univers que constitue le cyberespace.Zoom 52 La relativité ou l’invariance DES LOIS PHYSIQUES Jean-René Roy 54 Science monde Le Viêt-nam sous l’œil de Radarsat Jean-Pierre Urbain Quoi de neuf?$6 RUBRIQUES Livres, cd-rom, Internet, emploi, événements Encart LES CINQ TEXTES GAGNANTS DE LA 5e édition du Concours de VULGARISATION SCIENTIFIQUE DE l’ACFAS.58 4 EDITORIAL i Pour une véritable politioue SCIENTIFIQUE François Tavenas Le monde qui nous entoure a beaucoup changé depuis la formulation des dernières politiques scientifiques au Québec et au Canada.Le savoir, notamment, et plus précisément la recherche scientifique et la formation de chercheurs et chercheuses, est devenu un des facteurs stratégiques déterminants pour le développement économique des nations.Ceci est particulièrement vrai pour les pays à niveau de vie élevé, qui doivent axer de plus en plus leur développement sur des activités à très haute valeur ajoutée, donc à très haut contenu intellectuel.Pour le Canada et le Québec, dont le niveau de vie a jusqu’ici été porté par l’exploitation d’extraordinaires diversité et quantité de richesses naturelles, le défi du passage à une nouvelle «économie du savoir» est doublement exigeant puisque cette transition doit s’accompagner d’une véritable reconversion économique et sociale.Pour nous, donc, la formulation et la mise en œuvre d’une véritable politique scientifique devraient constituer une priorité de société.Or il faut bien constater que nos gouvernements, tant fédéral que provincial, éprouvent beaucoup de difficulté à aborder cette question pourtant essentielle.Depuis l’époque faste des années 70, où l’on a vu le gouvernement fédéral, d’une part, donner suite au rapport de la commission Lamontagne et, d’autre part, le gouvernement provincial mener une François Tavenas est recteur de l’Université Laval.Il est également président de l’Acfas.large consultation sur le livre vert Pour une politique québécoise de la recherche scientifique et mettre en œuvre une véritable politique scientifique dans la foulée de cette consultation, force est de constater que l’action gouvernementale a évolué, avec les années, vers une succession de mesures individuelles.Certes, plusieurs de ces initiatives ont été bien ciblées et fructueuses.Ainsi, au palier fédéral, on a vu naître les réseaux de centres d’excellence et, tout récemment, la Fondation canadienne pour l'innovation.Au provincial, on décompte le programme Actions structurantes, le Fonds de développement technologique, les mesures fiscales de soutien à la R-D et la création des sociétés Innovatech.Cependant, toutes ces mesures ont rarement été accompagnées d’une expression de vision à long terme et on a même pu voir, à l’occasion, des changements d’orientation rapides nous empêcher d’en retirer tous les bénéfices possibles.C’est ainsi que la stratégie des « grappes industrielles », pourtant porteuse d’avenir dans le contexte particulier du Québec, n’a vécu que le temps d’un ministre.Le gouvernement fédéral semblait avoir compris l’importance d’une politique scientifique lorsqu’il lança, en 1995, son grand exercice de consultation a mari usque ad mare.Malheureusement, cette initiative semble s’être perdue, en fin de parcours, dans quelques paragraphes d’un discours du budget axé sur le rétablissement des finances publiques.Au Québec, la situation ne semble guère plus prometteuse: si l’on entend effectivement parler d’un projet de politique scientifique depuis près de deux ans, c’est surtout par des personnes qui en évoquent les aléas à l’intérieur de la machine gouvernementale.La plus récente rumeur?La question serait plutôt traitée dans le cadre d’une politique de développement économique prévue pour l’automne.Toutefois, s'il est vrai que la recherche scientifique et la formation de chercheurs sont des éléments clés du développement économique et des politiques budgétaires des gouvernements, il est tout aussi vrai que la Science, dans toute la diversité de ses formes, a des exigences particulières qui ne peuvent pas être prises convenablement en considération dans des contextes aussi restrictifs qu’un budget ou même une politique de développement économique.Urgence en la demeure On ne le répétera jamais assez: il est urgent, pour le Québec et pour le Canada, de se doter de véritables politiques scientifi- ques à la mesure des défis auxquels nous sommes confrontés.La Science, pour se développer de façon efficace et harmonieuse, doit bénéficier d’une vision à long terme.Or, d’élection en élection, l’horizon gouvernemental traditionnel et sa durée de quatre ans se révèlent totalement inadéquats dans un domaine où, malgré l’accélération dans le progrès des connaissances, il faut un long travail d’exploration fondamentale pour effectuer les vraies percées technologiques porteuses de développement économique.L’histoire de l’optique moderne illustre bien cette situation.Une politique scientifique bien formulée doit donc viser le long terme, dix ans ou plus.De plus, si cette politique était axée sur le seul développement technologique, elle conduirait à des faillites économiques et sociales inacceptables.Pensons seulement aux superbes technologies qui n’ont finalement pas trouvé d’applications, parce que mal adaptées à l’environnement économique ou social et rejetées par les gens qui devaient en bénéficier.Pensons encore aux problèmes philosophiques et moraux que posent de plus en plus certaines formes de recherche scientifique et de développement technologique, du clonage de la brebis Dolly à la gestion de l’information (ou plu- INTERFACE tôt à l’absence de gestion !) dans Internet avec ce qu’elle entraîne de violation de droits d’auteur, de manipulation, de soutien à des activités criminelles (voir notre article p.38).Une saine politique scientifique doit, pour déboucher sur un réel progrès social, englober de manière équilibrée tous les secteurs: sciences pures, sciences appliquées, sciences humaines et création artistique.Par ailleurs, pour se développer efficacement, la Science doit bénéficier pleinement de la créativité des chercheurs et chercheuses.Par conséquent, son financement doit laisser un large espace à la recherche libre, guidée seulement par l’inventivité des individus, mais jugée de façon rigoureuse sur la base de critères d’excellence et au plus haut niveau international.Pour reprendre une citation d’Alain Peyrefitte: «Les chercheurs sont comme des canards sauvages; si l’on cherche à les apprivoiser, ils perdent le sens de l’orientation.» Une politique scientifique qui vise une pleine exploitation du potentiel intellectuel doit ainsi sortir du cadre contraignant d’une politique économique exigeant des résultats précis et à court terme.Elle doit inclure un réel «espace de liberté » pour les scientifiques.Autre fait important :la Science est mondiale.et le Canada et le Québec sont de petits joueurs.Nous devons accepter que notre communauté scientifique, aussi productive soit-elle, ne puisse espérer produire beaucoup plus que quelques faibles pourcentages de la connaissance mondiale.Une politique scientifique réaliste doit donc, d’un côté, inclure cet «espace de liberté» que je viens de mentionner, pour nous permettre de rester « branchés» sur la diversité scientifique mon- diale par le biais de chercheuses et chercheurs individuels de qualité.Et elle doit, d’autre part, proposer des mécanismes visant à favoriser les regroupements dans des créneaux bien choisis pour nous y assurer des positions stratégiques.Promouvoir la culture SCIENTIFIQUE La Science, enfin, est affaire de personnes, donc de culture.Pour se développer, elle doit pouvoir compter sur une relève et sur un large appui du public.Or le Québec et le Canada sont loin d’être des hauts lieux de culture scientifique et, dans les secteurs des sciences pures et appliquées, on continue d’avoir de la difficulté à attirer les jeunes en nombre suffisant pour assurer une relève efficace.Une politique scientifique axée sur l’avenir doit nécessairement comporter un volet de développement de la culture scientifique de la population dans son ensemble, et elle devrait, par son existence même, donner aux jeunes des perspectives de carrières enthousiasmantes.Elle devrait également faire une large place à la R-D dans la pédagogie à tous les ordres et dans tous les secteurs de l’enseignement pour permettre une adaptation et une amélioration continues de nos méthodes d’apprentissage.C’est pour toutes ces raisons que notre société ne peut se permettre de voir la Science cachée dans les dédales d’un budget fédéral ou d’une politique de développement économique provincial.Les grands pays développés avec lesquels nous sommes engagés dans une compétition de plus en plus vive se sont tous dotés de véritables politiques scientifiques et, tous, ils investissent en R-D à des degrés autrement plus importants que le Canada ou le Québec.Pouvons-nous nous permettre plus longtemps d’ignorer ces réalités et de vivre d’expédients, aussi attrayants soient-ils à court terme ?Je ne le pense pas.L’Acfas, pour être digne de son nom, continuera à travailler activement à promouvoir un large débat autour de la formulation d’une véritable politique scientifique pour le Canada et le Québec.Des commentaires ?interface@acfas.ca Hoechst Marion Roussel La santé, notre n raison a être Hoechst Marion Roussel Une société du groupe Hoechst Hoechst SB INTERFACE Revue bimestrielle de vulgarisation SCIENTIFIQUE, INTERFACE EST PUBLIÉE par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas) AVEC L’AIDE DU MINISTÈRE DE LA CULTURE et des Communications.Directrice et rédactrice en chef Sophie Malavoy Directeur général de l’Acfas Germain Godbout Secrétaire de rédaction Jocelyne Thibault Comité de rédaction Lindsay Bignell, Johanne Collin, Robert Ducharme, Pierre Fortin, Jean-René Roy, MichelTrépanier, Hélène Véronneau Révision linguistique Hélène Larue Direction artistique Dominique Mousseau Illustration de la page couverture Dominique Desbiens Sorties Postscript Typographie Sajy Impression Imprimerie Ouebecor, Saint-Jean Les articles d’Interface peuvent ÊTRE REPRODUITS AVEC NOTRE ACCORD ET À CONDITION QUE L’ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S'ADRESSER À: Acfas 425, RUE DE LA GAUCHETIÈRE EST Montréal (Québec) H2L2M7 Tel.: (514) 849-0045 Téléc.: (514) 849-5558 INTERFACE® ACFAS.CA http://www.acfas.ca/interface/ La revue Interface est répertoriée dans Repère, envoi de publication ENREGISTREMENT N° 6489, SEPTEMBRE 1997 DÉPÔT LÉGAL: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE du Québec, troisième trimestre 1997 ISSN 0826-4864 Publicité: Gérard Lefebvre | Sabine Monnin TÉL.: (514) 523-2989 Téléc.: (514) 523-0962 Depuis plus de^^ans, au Québec, un centre de recherche apporte des solutions concrètes à des problèmes de santé-sécurité du travail.Et c'est L ‘ R S S T Créé en 19HO et financé par la CSST, l’Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec (IRSST) contribue à l’élimination à la source des dangers professionnels et à la réduction des coûts humains, sociaux et économiques qui découlent des accidents et maladies du travail.Les recherches qu’il réalise ou finance originent de besoins exprimés par les milieux de travail.Elles sont menées en étroite collaboration avec les travailleurs et les employeurs.v ?r: f - '•-* ~ Pour tout connaître sur ces recherches et savoir comment elles peuvent vous aider, abonnez-vous gratuitement au magazine Prévention au travail, publié cinq fois l’an par la CSST et l'IRSST.Composez le 875.4444 (Montréal et les environs’ ou le 1.800.667.4444 IRSST Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec TOXICOLOGIE SCIENCE CLIPS Des poissons, du mercure et des Cris La contamination des poissons DES RÉSERVOIRS HYDROÉLECTRIQUES du Moyen-Nord québécois par le mercure est une chose bien connue depuis plusieurs années, tout comme le fait qu’en consommant ces poissons, les Cris s’exposent de façon chronique au contaminant.Est-ce dangereux?Une exposition à de fortes concentrations de mercure entraîne rapidement des problèmes neuromoteurs graves, voire fatals.Toutefois, dans le cas des Cris, les concentrations de contaminants ingérées sont relativement faibles et aucun problème neuromoteur grave n’a actuellement été mis en évidence.Mais l’exposition des Cris est chronique et les dangers à long terme d’une telle intoxication demeurent inconnus.Dans le cadre d’une étude sur le mercure subventionnée par le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James, Anne Beuter, professeure au Département de kinanthropologie à l’Université du Québec à Montréal (UOAM), a récemment mis au point des tests permettant de déceler de façon précoce des problèmes neuromoteurs liés à une exposition au mercure.«Les tests ont permis de mettre en évidence certaines différences chez les Cris les plus exposés au contaminant, précise la chercheuse.Mais il faut prendre ces résultats avec précaution.Cette étude préliminaire consistait à valider les tests et n’a porté que sur un nombre limité d’individus.» La détection précoce de tels problèmes n’est pas chose facile.Les différences recherchées sont à peine perceptibles et se manifestent parfois de façon intermittente.Pour réussir à les déceler, Anne Beuter a mis sur pied une équipe multidisciplinaire dont certains membres avaient une expertise clinique et d’autres une expertise en mathématiques, en informatique ou en contrôle moteur.L’équipe a conçu neuf tests.Quatre tests portent sur le tremblement, trois sur le mouvement des yeux, un sur les mouvements en alternance rapide et un sur la coordination manuelle.Pour chacun des tests, une dizaine de paramètres susceptibles de mettre en évidence un changement neuromoteur chez le sujet ont été étudiés, soit beaucoup plus que dans les études classiques.Après l’analyse des résultats, Anne Beuter s’est intéressée plus particulièrement à un groupe de six Cris dont la moyenne, pour les 25 dernières années, des taux de mercure dans les cheveux étaient la plus élevée.Les taux variaient de 24 à 31 ppm.Ces individus ont été comparés avec six autres Cris présentant des taux de mercure nettement inférieurs ( du rapport avec les techniciens et les ouvriers, plusieurs dirigeants préfèrent les hommes ingénieurs.Vous savez, on n’engage en général pas la différence, mais des gens qui nous ressemblent.» Ceci étant dit, la stabilité professionnelle ne devait pas vraiment constituer l’objectif ultime de la jeune ingénieure.Deux ans plus tard, en 1980, elle rompt les amarres avec la société d'État et part pour deux ans faire le tour du monde avec son ami.«Thus et toutes m'ont dit que j'étais folle de quitter la permanence, mais la curiosité l'a emporté.La planète est grande et je voulais voir comment les gens vivent.» Original et plutôt risqué, non?«Quand je suis revenue, effectivement, la récession de 1981 commençait à frapper au Québec et la situation de l’emploi était beaucoup plus difficile que prévu.Les compagnies me voyaient comme une marginale», raconte-t-elle.Mais l’histoire finit bien.Elle obtient une 20 IMTERFACE PHOTO: A.HERZOG FACE À FACE SP Üill 1 * Prairies Université hôte : Université de Calgary Partenaire industriel : Pétro-Canada Titulaire: Elizabeth Cannon, professeure au Département de génie géomatique de l’Université de Calgary Colombie-Britannique Université hôte: Université de la Colombie-Britannique Partenaire industriel : IBM Pacific Development Centre Titulaire: Maria Klawe, vice-rectrice des services aux étudiants et professeure au Département d’informatique de l’UCB bourse du Fonds FCAR pour effectuer une maîtrise au Département de génie mécanique de l’Université Laval.Puis, toujours avec l’aide du FCAR et du soutien financier de l’Université Laval — soutien accompagné en prime d’une promesse d’embauche à son retour —, elle part pour Grenoble compléter un doctorat.Fin des études en 1989.Depuis maintenant huit ans, Claire Deschênes poursuit des recherches sur les écoulements dans les turbines hydrauliques et sur le rôle de ces écoulements dans le comportement des machines (encadré 2).On est loin, très loin des sciences humaines et sociales! Effectivement, mais elle m’explique que ma réaction illustre le problème de perception lié au génie et à certaines sciences.«Les techniques sont intellectuellement intéressantes, socialement utiles, mais on croit qu’elles manquent de chaleur humaine.Et les femmes sont peut-être plus sensibles à cet aspect que les hommes.Elles choisissent des branches d’études plus humaines.» S’agit-il d’un biais social, culturel, ou encore, d’une prédisposition inscrite dans leur code génétique?«C’est là l’une des questions sur lesquelles les travaux de la chaire vont porter.Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait un aspect biologique, comme la capacité cérébrale, dans cette situation.Le poids de l’histoire est trop important et l’émancipation des femmes trop récente pour qu’on puisse émettre un tel avis.De plus, le fait de justifier la différence par la biologie peut conduire à des idées dangereuses et mener à des abus terribles.» Pourquoi les femmes boudent-elles encore tellement le génie, la physique, les mathématiques, l’informatique, les statistiques et l’actuariat, soit les six secteurs où leur proportion «ne décolle pas»?À la petite école, les filles réussissent très bien, mais il se passe quelque chose au secondaire, peut-être à l’adolescence, prétend Claire Deschênes.Leur changement d’attitude est probablement lié alors, en plus de leur perception négative des sciences et de la technologie, au développement de leur image dans le contexte des relations homme-femme.La femme préfère peut-être se montrer plus faible, plus irrationnelle.On croit ainsi qu’elle a besoin de protection alors que l’homme, lui, se dit rationnel et sûr de lui.» Pourtant, il s’agit là pour la chercheuse d’une vision biaisée — que l’on pense seulement au nombre de femmes qui assument seules des responsabilités familiales.Heureusement que toutes les femmes ne s’y conforment pas.Elle avoue, d’ailleurs: «Jeune, je ne me laissais pas tasser dans les coins.Je n’aimais pas être privée de quelque chose sous prétexte que j’étais une femme.Et dans mon cas, le fait d’avoir des responsabilités familiales a été déterminant.Cela m’a permis de voir que je pouvais me débrouiller seule».Des femmes trop invisibles La chercheuse s’en prend également à ce qu’elle nomme «l’invisibilité des femmes», en particulier des femmes scientifiques.Selon elle, les médias les ignorent quasiment et quand ils ne le font pas, elles sont présentées comme des marginales, parfois non féminines, ou comme des assistantes techniques! Même dans les milieux scientifiques, le phénomène est remarquable.Les actions de la chaire viseront à corriger cette regrettable absence de modèles pour les jeunes filles.Claire Deschênes envisage de mettre sur pied une exposition itinérante qui présenterait notamment aux élèves du primaire et du secondaire des découvertes ou des innovations technologiques réalisées par des femmes.Une liste des femmes scientifiques de toutes les régions du Québec sera dressée et tenue à jour, afin de pouvoir soumettre leur candidature à des titres honorifiques, des prix ou des bourses de prestige en recherche.Cette banque pourrait d’ailleurs facilement faire partie d’une banque nationale.Mme Deschênes compte 21 GÉNIE FACE À FACE 1 également organiser des rencontres dans les écoles secondaires.Et si l'on créait des clubs de science pour les filles, rien que pour les filles?«Si l'on veut que les filles participent activement à nos activités, il est important que celles-ci leur soient réservées en partie ou qu’elles y occupent une place prépondérante», explique-t-elle.Mais la nouvelle titulaire de la chaire pense aussi à un autre lieu pour sa mission: le cyberespace.«Nous vivons des moments historiques, avec Internet.Maintenant, presque tout le monde est en réseau ou presque, ce qui est parfait pour nous.Dans le Web, on ne retrouve pas de notion de hiérarchie, de jeu du pouvoir.Selon moi, les femmes pourraient occuper beaucoup d’espace dans le village global.» Inutile de dire que la chaire aura bientôt son site.Par ailleurs, il est bien sûr que la faible proportion des femmes dans certains programmes scientifiques ne se résoudra pas que par des actions auprès des effectifs scolaires.« Il nous faut établir des liens avec les orienteurs et travailler avec les milieux qui accueillent les femmes sur le marché du travail.Il faut s'attaquer à ce qui freine leur embauche et à tout ce qui les dérange une fois engagées: congé de maternité, horaires des réunions, frais de garde, convention collective, etc.» Or, ces problèmes, Claire Deschênes les connaît bien, par expérience pour commencer, mais aussi pour avoir participé, de 1994 à 1996, à un groupe de travail du CRSNG sur la question.De plus, elle a également participé, au cours de la même période, à titre de vice-présidente du syndicat, aux travaux des comités sur le programme d’accès à l'égalité et à la négociation de la convention collective des professeurs et professeures de l’Université Laval.«Le modèle de la famille traditionnelle se retrouve dans les conventions collectives, déplore-t-elle.Les choses bougent lentement.Et comme me le disait un jeune collègue récemment, avec des congés de paternité qui n'excèdent souvent pas deux jours, on n’encourage pas les hommes à participer à leur famille!» Claire Deschênes a également présidé le Comité d'intégration de la clientèle étudiante de la Faculté des sciences et de génie.«Je me souviens avoir raté mon premier examen, raconte-t-elle.J’étais isolée comme femme et, en plus, je venais de quitter pour la première fois Grand-Mère.L’intégration de l’élève à la première session est critique, selon moi.Par la suite, ce sont d’autres facteurs comme la motivation ou l’engagement dans son projet de fin d’étude qui interviennent dans la réussite scolaire et sociale.» 2.Des turbines, des turbines ET ENCORE DES TURBINES Depuis ses débuts à Hydro-Ouébec, Claire Deschênes s’intéresse aux turbines.Pardon.à l’analyse des écoulements dans les turbines! Elle cherche à développer des outils de conception et d’amélioration des machines, et à assurer autant que possible le transfert des résultats vers l’industrie.Elle utilise pour ce faire deux voies complémentaires: l’une numérique, l’autre expérimentale.Objectifs: se réapproprier la technologie Expositions, listes de noms, visites d’école.Claire Deschênes a du pain sur la planche, d'autant qu’elle compte aussi effectuer, en collaboration avec des collègues de sociologie, une analyse plus fondamentale portant sur la faible participation des femmes en génie et dans certaines sciences.L'idée qu’elle aimerait développer, entre autres, est que l’on peut modifier l’image que les femmes se font de la technologie en mettant l'emphase sur sa finalité plutôt que sur sa nature ludique.Il est peu probable, en effet, que les femmes se mettent à s’amuser avec la technologie, à s'enthousiasmer des gadgets qu’elle génère, comme le font les hommes.L'enjeu ne serait pas la technologie en tant que telle, mais son contrôle vu en termes non seulement de son utilisation, mais également de sa conception et de sa réalisation.Cette réappropriation est même souhaitable pour les femmes comme les hommes, croit la chercheuse.«Les femmes vont plus facilement s’intégrer aux nouveaux courants des technologies propres et non destructives pour l’environnement.» Amener les femmes à la science et à la technologie : voilà le vaste pro- 22 INTERFACE PHOTO: A.HERZOG Du côté numérique, Mme Deschênes est spécialisée dans la modélisation par éléments finis d’écoulements incompressibles, visqueux et turbulents observés dans les turbines hydrauliques.Ses expérimentations l’ont par ailleurs menée à construire un banc d’essai pour microturbines, le seul du genre au Canada (il en existe un autre aux États-Unis).Ce banc, qui tourne depuis trois ans, lui permet de tester le comportement des machines et de trouver leur plage de fonctionnement.«Vous savez, les microturbines peuvent être très utiles pour alimenter de façon autonome les régions éloignées ou des pays en voie de développement.» Elle veut aussi agrandir son installation pour la rendre conforme, en termes de précision des mesures, aux normes internationales.Et ce ne sera pas des préjugés qu’il faudra cette fois abattre, non, juste les murs de son laboratoire! «Seul un banc d’essai plus important me permettra d’étudier la cavitation, soit la < maladie > des turbines.Ce phénomène se produit quand des poches de vapeur se forment dans la microturbine, puis implosent en attaquant le matériau des pâlies.» C’est pour ce projet que Claire Deschênes vient de passer une demi-année sabbatique à Lausanne, en Suisse, dans un des plus importants laboratoires indépendants au monde où l’on s’intéresse aux turbines hydrauliques.jet que Claire Deschênes ne sera pas seule, cette fois, à entreprendre.En plus de pouvoir échanger des idées avec les titulaires des quatre autres chaires, elle disposera d'un bon budget pour ce projet, soit plus de 500000 $ pour cinq ans, ce qui devrait lui permettre de s'adjoindre une assistante ou un assistant à mi-temps, et deux ou trois étudiants ou étudiantes à la maîtrise (ou une personne au doctorat).«Avec la chaire, je reviens du côté des sciences sociales, sans devoir quitter le génie et la recherche scientifique.C'est merveilleux, mais c'est aussi un grand défi.Il est donc capital pour moi que son financement vienne d'organismes aussi crédibles que le CRSNG ou la compagnie Alcan.Promouvoir les femmes en sciences, est chose délicate.Certains hommes se sentent tout de suite attaqués, alors que d’autres femmes se méfient.» Et la chercheuse de conclure : «Mon but n'est pas de jeter la pierre aux hommes, loin de là.Partons d'où nous sommes au lieu de ressasser le passé.Je ne me >ancerais pas dans un combat des sexes.Non, j'aimerais seulement que nos actions dérangent et qu’elles soient, bien sûr, efficaces!» BIODIVERSITE Les spécialistes internationaux exposent les découvertes les plus récentes.Ils font état du rôle que joue la biodiversité pour assurer la résistance et l’équilibre de l’environnement."La biodiversité mondiale est une excellente revoie d’avant-garde sur une question fondamentale de notre époque, rédigée à un niveau et dans un style qui plairont à la fois aux environnementalistes professionnels et au grand public.” E.O.Wilson.Naturaliste et deux fois lauréat du prix Pulitzer Envoyez votre abonnement à : La biodiversité mondiale, Musée canadien de la nature C.P.3443 succursale D, Ottawa, ON, Canada KIP 6P4 tél : (800) 566-4208 télécopieur : (613) 566-4703 cour.élec.: sswan@mus-nature.ca http://www.nature.ca/francais/biodive.htm.Also available in English as Global biodiversity Chèque à l’ordre du Musée canadien de la nature 26,75 S pour individus ou 53,50 $ pour institutions (T.P.S.incl.) ?Chèque ?Visa ?MasterCard ?Amex N° de carte :__________________________________________________ Date d’exp.:__________________________________________________ Nom :__________________________________________Tél :___________ Adresse :______________________________________ Signature Pour le.s commandes à l’étranger, veuillez payer en $ U.S.Bureaux à louer à VAcfas 5 bureaux -130 m2 Stationnement Services disponibles 425, rue De La Gauchetière Est (coin Saint-Denis) Renseignements: Germain Godbout Directeur général, Acfas Téléphone: (514) 849-0045 Acfas RECHERCHE difficile protection la vie privée coues Frémont fTemont@dToit.umontreaT.ca lias dépenses, votre salaire ou même la destination de votre dernier voyage: il n’est pas très difficile d’obtenir des renseignements personnels sur vous.Les législations actuelles, tant fédérales que provinciales, suffisent-elles à protéger votre vie privée?Et que penser de la toute nouvelle Directive européenne sur la protection des données personnelles, à laquelle toutes les entreprises faisant affaire en Europe devront sous peu se soumettre?Une chose est sûre: des changements — et peut-être même des conflits — pointent à l’horizon.Jacques Frémont est directeur du £ Centre de recherche cû LU 2 en droit public de g z | l’Université de INTERFACE Montréal. 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