Bulletin de la Société de philosophie du Québec, 1 janvier 1981, Février
[" ;r 3o-/ s.ie la société ie philosophic is osébcc volume VI, numéro 4 Builetin de la Société de Philosophie du Québec Directeur\t: Claude Panaccio Comité de rédaction : Marc Chabot (Cegep F.-X.Garneau) Claude Gagnon (Cegep Edouard-Montpetit) Gilles Gauthier (étudiant, Ph.D., U.Q.T.R.) Robert Nadeau (U.Q.A.M.) Le Bulletin est administré par le Conseil d'administration de la Société de Philosophie du Québec: Président 1er Vice-président 2e Vice-président Secrétaire Secrétaire-adjoint Trésorier Président-sortant Directeur de Philosophiques Di recteur-adjoint Archiviste Archiviste-adjoint Représentants régionaux Siège Social Alain Lallier (Coll, de Trois-Rivières) Louise Marci1-Lacoste (U.de Montréal) Serge Robert (U.Q.A.M.) Jacques Ruelland (Coll.Edouard-Montpetit) René Pellerin (Coll.Laflèche) Gilles Lapointe (Coll.Lévy-Lauzon) Georges A.Legault (U.de Sherbrooke) Maurice Gagnon (U, de Sherbrooke) Josiane Ayoub (U.Q.A.M.) Claude Gagnon (Coll.Edouard-Montpetit) Marc Chabot (Coll.F.-X.Garneau) Carlos Bazan (U.d'Ottawa) Rodrigue Bergeron (Séminaire de Sherbrooke) Roch Bouchard (U.d'Ottawa) Jean-Marie Debays (Coll, de Trois-Rivières) Michel Lamothe (Coll, de Limoilou) François Latraverse (U.Q.A.M.) Claude Lévesque (U.de Montréal) Laurent-Paul Luc (U.de Sherbrooke) Jean-François Martineau (Coll.Ahuntsic) Claude Panaccio (U.Q.T.R.) Maurice Rainville (U.de Moncton) Rémi Sabbagh (Coll, de Chicoutimi) Roger Savoie (Coll.St-Laurent) Jean-Claude Simard (Coll, de Rimouski) 2910 Edouard-Montpetit Montréal, Qué. Dépôt légal Bibliothèque Nationale du Québec Premier trimestre 1981 Imprimé 3 l'Université du Québec à Trois-Rivières Sauf indications contraires (â la fin des articles), la reproducti est autorisée 3 condition d'indiquer la source. Bulletin de la Société de Philosophie du Québec Volume VI, numéro 4 Février 1981 SOMMAIRE PAGES Liminaire .4 Informât!' ons : -\tColloques et congrès .6 -\tLe séminaire de recherche sur le Moyen Age .13 -\tDu esté des revues .14 -\tPublications récentes .22 -\tPrimes 3 la production de matériel didactique .25 -\tNouvelles de la S.P.Q.26 -\tNouvelles brèves .29 Documents : -\tEchange de lettres (entre le directeur de Philosophiques et le ministère de l'Education) .30 -\tDeux documents sur la formation fondamentale: -\tPrésentation (R.Nadeau) .36 -\tLa formation fondamentale (DGEC.Service des programmes) .37 -\tLetocha, Danièle: Quelques remarques sur la place des sciences de la nature dans la définition de la formation\tfondamentale .44 -\tRépertoire des thèses de doctorat: additions\tet\tcorrections .\t59 -\tListe des thèses de doctorat et des mémoires de maîtrise déposés dans les universités québécoises.Année 1979 .62 Contributions: -\tChénier, Jean-Marc: Biophilie versus avilissement culturel: 3 la mémoire d'Erich Fromm .68 -\tLepage, François: In memoriam Roger\tMartin\t.77 -\tChabot, Marc: Note sur Henry Miller\t.80 -\tLafrance, Yvon: Lettre au directeur\tdu Bulletin .82 Index du volume VI du Bulletin 83 4 LIMINAIRE Le présent numéro du Bulletin est le dernier que prépare l'actuel comité de rédaction.J'ai, au mois de mai dernier, avisé l'assemblée générale de la S.P.Q.que je ne solliciterais pas, après la fin du sixième volume, un renouvellement de mon mandat comme directeur.J'occupe ce poste depuis mai 1976 et j'avais été, dans les deux années précédentes, membre actif du premier comité de rédaction, dirigé par Raymond Brouillet.Il est temps, me semble-t-il, de passer le flambeau.Quant aux autres membres du comité de rédaction (qui, depuis mai 1978, est distinct du bureau de direction de la S.P.Q.), leur sort est statutairement lié au mien puisque les règlements internes du Bulletin prévoient que son comité de rédaction est nommé par le conseil d'administration de la S.P.Q.sur recommandation du directeur.Il faudra par conséquent, pour connaître la composition de la nouvelle équipe, attendre d'abord la nomination du prochain directeur, chose qui n'est pas encore faite au moment oû j'écris ces lignes.On le comprendra sans peine, c'est avec une certaine nostalgie que je quitte le Bulletin.Les humains possèdent une facilité étonnante 3 se prendre d'affection pour des objets de toute sorte, quel qu'en soit le type logique: un bibelot, un paysage, une langue, une couleur, un concept; pourquoi pas un bulletin?J'avais pour ma part fini par m'attacher 3 cette petite publication un peu broche 3 foin, 3 la fois miroir d'un milieu intellectuel effervescent, polymorphe et tiraillé, et concrétisation d'un credo que j'exprimais ainsi dans un numéro passé: \"la circulation de l'information constitue l'un des facteurs déterminants du dynamisme intellectuel d'un milieu\" (vol.IV, no 2, p.5).Je remercie en tout cas les membres et les officiers de la S.P.Q.pour la compréhension et la patience dont ils ont constamment fait preuve 3 l'endroit du Bulletin, malgré les habituels retards de parution, les quiproquos de distribution, les inexactitudes et les formulations maladroites qui se sont faufilées ici et 13, les omissions malencontreuses dont nous avons dû nous rendre coupables plus souvent encore que nous ne le croyons.Je remercie une nouvelle fois le département de philosophie de 1'U.Q.T.R.et ses deux secrétaires, mesdames Jeannine Beaudoin et Colette Magnan, qui ont assuré, depuis quelques années, la dactylographie, la mise en page et une bonne partie de l'administration routinière du Bulletin; de même que le service de l'imprimerie de 1'U.Q.T.R., qui s'est chargé, 3 un tarif tout 3 fait raisonnable, de l'impression des vingt-quatre numéros parus 3 ce jour. 5 Surtout, je remercie mes collègues du comité de rédaction: Marc Chabot, Claude Gagnon, Gilles Gauthier et Robert Nadeau.Ils ont, 3 eux quatre, consacré, ces dernières années, un temps énorme 3 glaner des informations, 3 rassembler des documents et des dossiers, 3 solliciter des contributions, à rédiger des textes, 3 compiler bibliographies et répertoires.Ce sont tous quatre des travailleurs méticuleux avec qui j'ai pris grand plaisir 3 collaborer.Il me reste enfin 3 souhaiter bonne chance 3 nos successeurs, quels qu'ils soient.Sans doute ils n'auront pas toujours la vie facile: de redoutables problèmes de financement ont commencé 3 se faire jour, qui menacent jusqu'3 la survie du Bulletin.Mais si, comme je l'espère, ces questions bassement matérielles finissent par se régler, ils trouveront, je pense, de grandes satisfactions 3 se faire, 3 leur tour, les journalistes du milieu philosophique québécois.Claude Panaccio directeur 6 INFORMATIONS COLLOQUES ET CONGRES Ville CONGRES DE LA S.P.Q.(ACFAS, U.de Sherbrooke, 13-15 mai 1981).M.Georges Legault du département de philosophie de l'Université de Sherbrooke a été nonmé responsable de l'organisation du Ville congrès de la S.P.Q.qui, cette année encore, se tiendra dans le cadre du congrès de 1'ACFAS.Le prograime définitif n'est pas encore arrêté, mais on prévoit, à l'heure actuelle, quatre types d'activités.1)\tCommunications libres Les résumés de comnunications doivent, en principe, être envoyés au secrétariat de 1'ACFAS (C.P.6060, Montréal, H3C 3A7) avant le 21 janvier 1981.Les retardataires peuvent tenter de s'adresser directement, le plus tOt possible, 3 Georges Legault au département de philosophie de l'Université de Sherbrooke (Sherbrooke, J1K 2R1).2)\tTables rondes Les thèmes prévus pour les tables rondes sont les suivants: -\tSartre -\tBarthes -\tFéminisme -\tEnseignement de la philosophie au cégep -\tLes revues québécoises de philosophie.3)\tPrésentation et discussion de volumes philosophiques québécois La liste des ouvrages qui seront discutés reste encore 3 établir.4)\tSection P.S.P.L.(\"Philosophie des sciences/philosophie du langage\") Le congrès comportera cette année une section spécialisée en philosophie des sciences et en philosophie du langage (Voir infra p.27).La responsabilité en a été confiée 3 Claude Panaccio de l'U.Q.T.R.Trois activités spéciales auraont lieu dans ce cadre: - Conférence d'Yvon Gauthier de l'Université de Montréal en philosophie des sciences (cormientateurs 3 déterminer). 7 -\tLe problème de la référence, activité préparée par l'équipe de recherche sur les actes illocutoires, dirigée par Daniel Vanderveken de l'U.O.T.R.-\tSémantique et cybernétique, activité préparée par l'équipe de recherche dirigée par Jean-Guy Meunier de l'U.Q.A.M.Les titres sont encore provisoires.Le contenu détaillé de ces sessions sera rendu public avant le congrès.Le comité d'organisation du congrès est composé de Georges Legault, Yvan Cloutier, Laurent-Paul Luc, Claude Panaccio et Marc Saint-Laurent.?DEUXIEME COLLOQUE DE LA JEUNE PHILOSOPHIE (U.Q.T.R.13-15 mars 1981) En mars 1980 avait lieu à l'Université du Québec â Montréal le premier colloque de la Jeune Philosophie qui réunissait plus de 150 participants autour de thèmes explorés dans un constant effort pour tenter de lier théorie et pratique.Lors de la plénière qui clôturait les activités du colloque, un groupe d'étudiants en philosophie de l'Université du Québec à Trois-Rivières présentait une proposition visant â l'organisation d'un deuxième colloque de la Jeune Philosophie â Trois-Rivières, les 13, 14 et 15 mars 1981.Cette seconde rencontre propose une réflexion et un échange sur les trois thèmes suivants: -\tLa philosophie québécoise -\tL'enseignement de la philosophie au Québec -\tRSle social et engagement du philosophe.PROGRAMME Vendredi -\t13 mars 1981 20h00\t- Accueil des participants, inscription et aide au logement : Hall d'entrée du pavillon Albert-Tessier.Samedi -\t14 mars 1981 lOhOO Conférence introductive aux thèmes du colloque par Jacques Beaudry au pavillon Albert-Tessier, amphithéStre B-1000. 10h30 10h30\t-\tTravail en ateliers au pavillon Ringuet.1-\tLa philosophie québécoise\tLOCAL A-1066 Animateurs : Jacques Beaudry, Luc Gilbert, Sylvain Paillé 2-\tL'enseiqnement de la philosophie au Québec\tLOCAL A-1070 Animateurs: Normand Beaudoin, Francine Lapointe, Mario Lemel in.3-\tRflle social et engagement du philosophe\tLOCAL A-1067 Animateurs: Alain Ayotte, Lionel Cormier, Line Ouellet.12h30\t-\tDîner communautaire au pavillon Suzor-CSté.14h30 -\tReprise des ateliers 16h30\t-\tCocktail offert par l'Université du Québec à Trois-Rivières 2ChOO -\tSoirée culturelle (jazz, musique, danse.): Hall d'entrée du pavillon Albert-Tessier.Dimanche\t-\t15 mars 1981 10h30\t-\t\"Brunch\" et kiosques de renseignements 3 la cafétéria, B-2000.13h 30\t-\tPlénière sur les ateliers au pavillon Albert-Tessier, amphithéâtre B-1000.15h30\t-\tPause 16h00\t-\tSuite de la plénière 18h00\t-\tAllocution de clôture du colloque par Jacques Beaudry au pavillon Albert-Tessier, amphithéâtre B-1000.INSCRIPTION Les frais couvrent l'inscription, le dossier du participant, les activités du colloque (coiranunications, ateliers et plénière) et la soirée culturelle.Etudiants : $ 5.00 Tous les autres : $10.00 Inscription de soutien : $30.00 9 Faites parvenir vos contributions â: Comité-colloque Module de philosophie Université du Québec à Trois-Rivières C.P.500 Trois-Rivières G9A 5H7 (Les chèques doivent être faits à l'ordre de : Comité-colloque Trois-Rivières - Un reçu sera remis.) ?MISCELLANEA MEDIEVALIA ET HUMANISTICA (Ottawa, 28 mars 1981) Il s'agit du neuvième symposium annuel des médiévistes et humanistes d'Ottawa-Carleton.Cette activité, qui dure une journée, consiste en une série de communications touchant à de nombreux aspects des arts, des lettres, de l'histoire et de la pensée du Moyen Age et de la Renaissance.Les actes en sont publiés chaque année dans le numéro du printemps ou de 1'automne de 1 a Revue de 1'Université d'Ottawa.Pour toute information supplémentaire, s'adresser â: M.Raymond Saint-Jacques Department of English Université d'Ottawa 175 Waller Ottawa, Ont.Kl N 6N5 Tel: (613) 231-3411 ?* ARTES MECHANICAE AU MOYEN AGE (Montréal, 4-5 avril 1981) Ville colloque de l'Institut d'études médiévales de l'Université de Montréal. 10 Pour informations, s'adresser a l\u2019un ou l'autre des deux responsables: Guy H.Allard\t(514) 343-6484 Serge Lusignan\t(514) 343-7609 tous deux professeurs à l'Institut d'études médiévales.?COLLOQUE \"L'EVALUATION DE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES\" (Grana'Mêre, 19-21 mai 19Ô1) Ce colloque fermé réunira une trentaine de spécialistes canadiens en sciences sociales ou en philosophie des sciences sociales pour discuter des façons possibles d'évaluer l'état actuel de la recherche en sciences sociales, notamment sa portée épistémologie, son impact social et les modalités de son organisation.La responsabilité du colloque a été confiée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada à un comité de philosophes (tous membres de la S.P.Q.): -\tClaude Panaccio, U.Q.T.R.(responsable) -\tRobert Nadeau, U.Q.A.M.(co-responsable) -\tNicolas Kaufmann, U.Q.T.R.-\tClaude Gagnon, Collège Edouard-Montpetit -\tSuzanne Leblanc, U.Q.T.R.-\tClaude-Elizabeth Perreault, U.Q.T.R.On prévoit la participation de certains autres philosophes: David Braybrooke (U.Dalhousie), Jean-Paul Brodeur (U.de Montréal), I.C.Jarvie (U.York), Maurice Lagueux (U.de Montréal), Alex Michalos (U.Guelph), Jill Vickers (U.Carleton).Les résultats des discussions doivent éventuellement être rendus publics.* ? CONGRES DE L'ASSOCIATION CANADIENNE DE PHILOSOPHIE (U.Dalhousie, Halifax, 28-31 mai 1981) Les responsables du programme francophone du congrès de l'A.C.P.sont, cette année: Josiane Ayoub Département de philosophie Université du Québec 3 Montréal C.P.8888, succursale A Montréal H3C 3P8 Tel: (514) 382-3629 Raymond Brouillet Faculté de philosophie Université Laval Cité Universitaire Québec G1K 7P4 Tel: (418)\t656-2244 Ceux qui entendent soumettre une commun ication lors de ce congrès devraient en aviser les responsables le plus tôt possible.Les textes complets devront être reçus avant le 28 février 1981 et ne pas dépasser douze pages (8i x 11) dactylographiées 3 double interligne.?CONGRES DE L'ASSOCIATION CANADIENNE D'HISTOIRE ET DE PHILOSOPHIE DES SCIENCES (U.Dalhousie, Halifax, 31 mai - 2 juin 198T) Le responsable du congrès pour 1981 est: Dr John Farley Département de biologie Université Dalhousie Halifax, N.E.B3H 4J1.?CONGRES MONDIAL DES SCIENCES DE L'EDUCATION : L'ECOLE ET LES VALEURS (U.Q.T.R., 6-10 juillet 1981) Ce congrès, d'envergure internationale, vise 3 solliciter l'échange d'opinions mondiales sur la crise des valeurs de notre époque et, parallèlement, sur la situation actuellement faite 3 l'éducation aux valeurs dans les milieux éducatifs; - dresser ui bilan des efforts faits par les éducateurs de tous les pays qui se sont attaqués â cette crise des valeurs â travers leurs différentes activités éducatives et provoquer l'élaboration des incidences pratiques de ce bilan.La philosophie de l'éducation constitue l'un des principaux champs d'étude retenus pour ce congrès.Mentionnons, parmi les conférenciers invités: Aurel io Peccei (président du Club de Rome), Jacques-Yvan Morin (Gouverneront du Québec), André Naud (U.de Montréal), Olivier Reboul (U.de Strasbourg), Clive Beck (Ontario Institute for Studies in Education).Les frais d'inscription sont de $95.00 avant le 6 mai 1981 et de $110.00 après cette date.Les résumés des communications doivent être reçus avant le 6 février 1981 et les textes complets pour le 6 mai 1981.Pour obtenir des formulaires d'inscription ou des informations plus détaillées, s'adresser â: Congrès mondial des sciences de l'éducation - 1981 Département des sciences de l'éducation Université du Québec â Trois-Rivières C.P.500 Trois-Rivières G9A 5H7.Le comité d'organisation est sous la présidence de M.Gérald Jomphe du département des sciences de l'éducation de l'U.Q.T.R.?CONGRES MONDIAL DE PHILOSOPHIE (Montréal, 21-27 août 1983) Le comité directeur de la Fédération internationale des sociétés de philosophie (FISP) a décidé de tenir le XVIIe Congrès Mondial de Philosophie 3 Montréal en août 1983.Le président du comité organisateur est M.Venant Cauchy de l'Université de Montréal et le thème retenu est: Philosophie et culture.Il s'agira certainement là d'un événement majeur pour la communauté philosoDhique québécoise.Le Bulletin offre ses plus vives félicitations et ses meilleurs voeux de succès aux responsables de 1'organisation et tout particulièrement à notre collègue, M.Cauchy.Des informations plus détaillées seront publiées en temps et 1 ieu. 13 LE SEMINAIRE DE RECHERCHE SUR LE MOYEN AGE Le Séminaire de recherche sur le Moyen Age a été fondé il y a trois ans 5 l'Institut d'études médiévales de l'Université de Montréal dans le but de fournir aux étudiants travaillant à une maîtrise ou un doctorat en études médiévales un lieu de rencontre et d'échanges.Il a ensuite élargi ses cadres pour accueillir aussi les médiévistes travaillant 3 des projets post-doctoraux, des publications scientifiques, des projets d'équipe, etc.Cette année, le séminaire est animé conjointement par Bruno Roy (Institut d'études médiévales) et Claude Gagnon (chargé de cours de philosophie médiévale â l'U.Q.A.M.).En voici le prograirme pour 1980-81: -\t8 octobre 1980: Elisabeth Schulze-Busacker (U.de Montréal).Les Proverbes dans la littérature narrative du moyen âge français.Esquisse de l'histoire d'un procédé littéraire.-\t29 octobre 1980: Discussion.L'enseignement du moyen âge au Québec hier et aujourd'hui.Invité: Yvan Lamonde.-\t19 novembre 1980: Mary Ann Stadtler.L'édition critique des versions françaises de Marcoul et Salomon.-\t10 décembre 1980: Claude Sutto (U.de Montréal).Le Catéchisme des Jésuites d'Etienne Pasquier.-\t14 janvier 1981: Claude Panaccio (U.Q.T.R.).La sémantique nominaliste de Guillaume d'Occam.-\t4 février 1981: Discussion.Informatique et études médiévales.Invité: Serge Lusignan.-\t25 février 1981: Dominique Chassé.Les \"dérimages\", du XlVe au XVIe siècle.-\t18 mars 1981: Maria Predelli.Forme et motifs du \"cantare\" féérique italien. 14 DU COTE DES REVUES PHILOSOPHIQUES Sorranaire du dernier numéro (vol.VII, no 2, octobre 1980): -\tPierre Gravel: Métaphore - Catharsis - Aufhebung.-\tGuy Bouchard: Le recours a l'auditoire universel implique-t-il une pétition de principe?-\tLaurent Giroux: La connaissance historique via l'interliaison psy- chique: Wilhelm Di 1 they.-\tRobert Nadeau: Problématique de la preuve en épistémologie contem- poraine.-\tNicolas Kaufmann: Les trois niveaux de la preuve dans les sciences empiri co-formel 1 es.-\tClaude Savary: Les sciences humaines et l'interprétation.-\tRichard Hould et Marc Provost: Ethologie et cybernétique: leur approche à la psychologie.-\tGuy Bouchard: L'a, b, c de la sémiologie -\tLise Monette: D'une lecture coupable de tout ce qu'elle laisse choir.-\tLaurent Giroux: Le colloque sur \"La philosophie de l'histoire et la pratique historienne aujourd'hui\".?CRITERE Le no 29 (automne 1980) est consacré au thème: \"Les jeunes et le travail\".On y trouve notamnent un article de Jean Proulx: \"Le tra vail alternatif\".? 15 CONSIDERATIONS Sommaire du vol: 3, no 3: -\tBenoît Croteau: Angoisse et narcissisme.-\tHélène Dorion-Gagné: Sur l'appolinien et le dionysiaque chez Nietzsche.-\tMichel Jean: Communication sur le masochisme.-\tJacques Beaudry: Tracta tus (aprocryphe) de la femme.?DIALOGUE Sonmaire du vol.XIX, no 3 (sept.1980): -\tDanièle Letocha: L'affrontement entre le Christianisme et le Paga- nisme dans le Contre Celse d'Origëne.-\tGuy Bouchard: Sémiologie et symbolique selon Tzvetan Todorov.-\tMichael McDonald: Utilitarianism, Self-Forgetfulness and Spontaneity.-\tHector-Neri Castaneda: Conventional Aspects of Human Action, Its Time and Its Place.-\tPaul M.Churchland: Joseph Margolis: Persons and Minds: The Prospects of Nonreductive Materialism.-\tD.P.Dryer: An Interpretation of Part of the Transcendental Deduction.-\tYvon Lafrance: La théorie aristotélicienne de la science.A propos d'un livre récent.-\tMaurice Gagnon: Compte-rendu critique de Les révolutions du savoir par Serge Robert -\tComptes rendus ? 16 GNOSIS Revue de philosophie de l'Université Concordia.Sommaire du volume 2, no 1 (printemps 1980): -\tTony Falinowski: Piaget's Philosophical Psychology and Its Relation- ship to Kantian Epistemology.-\tGary Kenyon: The Meaning of Death in Gabriel Marcel's Philosophy.-\tDavid lambie: Hume's Account of Miracles.-\tTed Krasnicki: An Introduction to the Meaning of 'Contradiction' in the Soviet Union.-\tAlan R.Drengson: The Superman and Eternal Recurrence.-\tChristopher B.Gray: Teaching Philosophy and Its Institutions.?LAVAL THEOLOGIQUE ET PHILOSOPHIQUE Sommaire du vol.XXXVI, no 2 (juin 1980): -\tOlivette Genest: Analyse sémiotique et Bible.-\tPaul-Emile Langevin: Exégèse et psychanalyse .-\tMaurice Boutin: Le texte biblique et la question du sens.-\tWalter Vogels: Les limites de la méthode historico-critique.-\tJean-L.Duhaime: Le Dieu de la vie.-\tComptes rendus.Sommaire du vol.XXXVI, no 2 (octobre 1980): -\tDuane H.Berquist: To the Memory of Msgr.M.Dionne -\tLouis Painchaud: Le Deuxième Traité du Grand Seth.-\tE.B.F.Midgley: On \u201cSubstitute Intelligences\" in the Formation of Atheistic Ideology. 17 -\tGuy Bouchard: Sémiologie, sémantique et herméneutique selon Paul Ricoeur.-\tLawrence Dewan: St Thomas.Metaphysics and Formal Causality.-\tPaul-Hubert Poirier: La version copte des Sentences de Sextus.-\tComptes rendus.* ¦k * LIBRE MAGAZINE Cette revue a publié en 1980 plusieurs textes de philosophes.Signalons en quelques-uns.Dans le no 1 (fév.1980), alors que la revue s'appelait encore Liberté Magazine: -\tJean-Paul Desbiens: Les confessions d'un révolutionnaire tranquille.-\tGuy Brouillet: Pouvoir et liberté chez Bertrand de Jouvenel.Dans le no 2 (mars 1980): -\tBruno Hébert: Il y a vingt ans, le Frère Untel.-\tStorrs McCall: La loi 92 et la liberté d'expression.-\tGuy Brouillet: Alain de BenoTst et la Nouvelle Droite.-\tGuy Brouillet: Le défi à la loi.Dans le no 4 (mai 1980): -\tMarie-France Cléroux: Jacques Dufresne, qui êtes-vous?-\tGuy Brouillet: Le Devoir et l'Affaire de Liberté Magazine.-\tGuy Brouillet: La propagande.-\tLucien Morin: Cri d'alarme, cri d'espoir. 18 Dans le no 5 (juin 1980): -\tLouis Pauwels: Marxisme et droits de l'hoirane.-\tLucien Morin: Pour une éthique des enseignants.-\tBenoît Girard: La philosophie libérale n'est pas enseignée au Cégep.-\tGeorges Allaire: La super-impuissance des U.S.A.-\tDenis Szabo: Le scandale de Machiavel.-\tCharles Attala: Sartre et l'existentialisme dans le monde.-\tGuy Brouillet: En danger de mort lente.?* LA PETITE REVUE DE PHILOSOPHIE Sommaire du vol.2, no 1 (automne 1980): -\tPhilippe Thiriart: Les positions épistémologiques des collégiens en sciences humaines.-\tLouis Armantier: Discours scientifique et néologie.-\tReynold Clément: La sagesse, un art non-duel.-\tClaude Gagnon: L'amour conjugal contre l'amour scortatoire.-\tPierre Bertrand: Réflexions inactuelles.-\tJacques G.Ruelland: La controverse Habermas-Popper.-\tRoland Houde: Sartre ici.? Sommaire du vol.8, no 2 (juin 1980): -\tFrance Giroux: Le fait féminin: un constat d'inégalité.-\tGérard Raulet: La révolution impossible?En guise d'hommage 3 Herbert Marcuse.-\tChantal Saint-Jarre: Pulsations.-\tNicole Godin: Aperçu général (sur le colloque de la jeune philosophie) -\tNicole Godin: Fonction sociale du philosophe et perspectives d'emplois -\tSerge Thérien: Situation de la philosophie au Québec.-\tJocelyne Simard: Du soleil 3 .05 cents -\tMuriel Buisson: Tolérance ou le Colloque de la Jeune Philosophie.-\tNormand Beaudoin: Oui.se taire.-\tBertrand La Rivière: John Cage ou l'an-archie.-\tPierrette B.Blais: Correspondance.?POSSIBLES Le vol.4, no 2 (hiver 1980), consacré au thème \"Projets du pays qui vient\", publie entre autres les textes suivants: -\tJacques Brault: Lettre de loin.-\tPaul Chamberland: L'ordre respire, il ne gouverne pas.-\tFernand Dumont: Lettre 3 Marcel Rioux.-\tAndrée Ferretti: Une belle présence au monde.-\tJacques Grand'Mai son : Cheviller l'angoisse et l'audace.-\tAndré Paradis: Le silence est de plomb, la parole est d'or. 20 SCIENCE ET ESPRIT Signalons, parmi les articles parus dans le volume XXXII, fasc.3 (oct.-déc.1980): -\tJoseph Owens: Existence and the Subject of Metaphysics.-\tAndré Gilbert et Louis Roy: La structure éthique de la conversion religieuse d'après B.Lonergan.-\tT.Michael McNulty: The Evaluation of Religious Experience: Toward an Epistemology of Spiritual Direction.La revue publie aussi plusieurs comptes rendus, principalement dans le domaine de la théologie.?* * DIVERS Un extrait de Théorétiques: pour une philosophie constructiviste des sciences, ouvrage qu'Yvon Gauthier compte publier prochainement, a paru dans Chercheurs (revue des activités de recherche de l'Université de Montréal et de celles de ses écoles affiliées: Polytechnique et Hautes Etudes Commerciales, Vol.VI, no 4, octobre 1980: pp.10-11).Cet extrait est suivi d'un article d'Alexis-P.Cloutier (pp.12-14) intitulé \"Logique, mathématique, science\" dans lequel se trouve présenté la \"métathéorétique\" d'Yvon Gauthier.La Revue québécoise de sexologie publie â l'occasion quelques textes â saveur philosophique.Mentionnons: -\tClaude Lagadec: Marcuse est mort, vive la vie! (vol.1, no 2, pp.125-28).-\tMichel Lemay: René Guyon, un inconnu difficile à connaître (vol.1, no 2, pp.128-33).-\tBruno Roy: L'initiation sexuelle de Gargantua (vol.1, no 4, pp.222 29).-\tBruno Roy: L'orgasme au masculin sous la direction de Bruno Boutot (vol.1 , no 4 , p.278). 21 La livraison d'été 1980 de Le Q-lotté publie deux articles sur Sartre, 1'un de Jacques Doré, l'autre de Jacques Morissette.L'éducation dans le trafic, cahier spécial de la semaine de l'éducation 1980, publiait entre autres des articles de Mireille Simard (\"Et délivrez-nous de l'éducation.\"), Guy Brouillet (\"L'école et les valeurs sociales\") et André Bougie (\"Que chacun prenne ses responsabilités\"). 22 PUBLICATIONS RECENTES Cette chronique vise à signaler les récentes publications en philosophie au Québec, ainsi que des ouvrages publiés ailleurs ou dans d'autres domaines par des philosophes québécois.-\tAyoub, Josiane: Fiches pour l'étude de Kant, Montréal: Université du Québec 5 Montréal, Cahier Recherches et théories no 20, 1980, 131 p.-\tBerthiaume, André (dir.): Livres et auteurs québécois 1979.Revue critique de l'année littéraire, Québec: Presses de l'Universi-té Laval, 1980, 420 p.(La section \"Essai\", dirigée par André Vidricaire, publie entre autres des textes de: Gabriel!e Frémont, Marc Turgeon, François Latraverse, Georges Leroux, Robert Nadeau, Alfred Dumais, Louise Marci1-Lacoste, François Lepage, Guy Bouchard, Claude Lagadec, Normand Lacharité, Harel Malouin, André Vidricaire, etc.) -\tBertrand, Yves et Paul Valois: Les options en éducation, Québec: Ministère de l'Education, 1980, xxiii - 471 p.-\tBlais, Martin: L'Echelle des valeurs humaines, Montréal: Fides, 1980, 216 p.($7.95) (réédition) -\tBoismenu, Gérard, Laurent Mail hot et Jacques Roui Hard (dir.): Le Québec en textes, Montréal: Boréal Express, 1980, 574 p.(S18.50) (Textes de nombreux auteurs québécois, entre autres: Pierre Dagenais, Pierre Valliêres, Marcel Rioux, Paul-Emile Borduas, Denis Monière, Pierre Eliott-Trudeau, Gérard Dion, Hubert Aquin, Gilles Bourque, Nicole Laurin-Frenette, Paul Chamberland, André-0.Bélanger, Gaston Miron, Robert Charle-bois, Réjean Ducharme, Michel Pichette, etc.) -\tBourque, Gilles et Gilles Dostaler: Socialisme et indépendance, Montréal: Boréal Express, 1980, 223 p.($9.95) -\tBrochu, André et Gilles Marcotte: La Littérature et le reste, (livre de lettres), Montréal: Quinze/prose exacte, 1980, 185 p.($8.95) -\tDubuc, Jean-Guy: Nos valeurs en ébullition, Montréal: 137 p.($8.95) Leméac, 1980, 23 Fuller, R.B.: Manuel d'instruction pour le vaisseau spatial terre, Montréal : Jean Basile, 1980, 119 p.($6.95) Gagnon, Claude: Chansons de la sourde fontaine, Montréal: Le Préambule, 1980, 126 p.($11.95) Grand\u2018Maison, Jacques: De quel droit?, vol.I : Les fondements critiques, Montréal: Leméac, 1980, 256 p.($11.95) Grand\u2019Maison, Jacques: De quel droit?, vol.II: La pratique sociale, Montréal : Leméac, 1980, 302 p.($11.95) Grand'Maison, Jacques et Marc Briêre: Un nouveau contrat social, Montréal: Leméac, 1980, 136 p.Gravel, Pierre: Pour une logique du sujet tragique: Sophocle, Montréal: Presses de'l'Université de Montréal, 1980, 200 p.($16.95) Houde, Roland: Blanchot et Lautréamont.Essai de science-friction, Trois-Riviërês: Bien Public, 1980, 64 p.Lacroix, Benoît: Folklore de la mer et religion, Montréal: Leméac, 1980, 114 p.($6.95) Lemaire, Benoît: L'Espérance sans illusions.L'espérance chrétienne dans la perspective de Gustave Thibon, Montréal: éd.Paulines, 1980, 167 p.($9.75) Lemaire, Paul M.: Les Signes sauvages.Une philosophie du langage ordinaire, Ottawa: éd.de l'Université d'Ottawa, 1980, 272 p.($9.75) Lévesque, Gilbert: Louis Hémon.Aventurier ou philosophe?, Montréal: Fi des, 1980, 6'4 p.\"($3-00) Malette, Michel: Pour une souveraineté individuelle.Réflexions philothérapeutiques, Montréal : MM, 1980, 87 p.($5.95) Ménard, Guy: De Sodome â l'exode.Jalons pour une théologie gaie, MontréaTî Aurore/Univers, 1980, 262 p.Ménard, Guy: L'homosexualité démystifiée.Questions et réponses, MontréaT: Leméac, 1980, 185 p.($8.95) Patar, Benoît: A l'occasion des choses, Montréal: Le Préambule, 1980, 448 p.($20Ü] Rodrigue, Réal: Défaire l'histoire, Montréal: Le Préambule, 1980, ($9.75) 24 -\tRuelland, Jacques: Bibliographie des oeuvres de Gaston Bachelard, ainsi que des~3ivers ouvrages que sa pensée et sa personne\" ont inspirés, Montréal: U.Q.A.M., Coll.Recherches et Théo- ries no 21, 1980, 83 p.-\tSimon, Sidney B., Leland W.Howe et Howard Kirschenbaum: A la rencon- tre de soi-même.80 expériences de clarification des valeurs (trad, de: Values Clarification, 1972), Québec: Institut de développement humain, 1979, 400 p.($12.00) -\tVictor, Jean-Louis: Tarot des grands initiés d'Egypte, Montréal: éd.de Mortagne, 1980 ($14.95) -\tVoisine, Nive et al : Le Québec en devenir.A la recherche d'une pers- pective chrétienne (Colloque sur l'identité québécoise), Montréal: Institut de pastorale, 1980, 76 p.($4.00) (Textes de: Nive Voisine, Marc-André Lessard, Pierre G.Vennat, Jean Proulx et André Beauchamp) PRIMES A LA PRODUCTION DE MATERIEL DIDACTIQUE Depuis 1979, la DGEC attribue ce qu'elle appelle des \"Primes annuelles d'encouragement 5 la production de matériel didactique imprimé\" 1.Tout professeur de collège qui fait parvenir deux exemplaires de sa production au Service de la DGEC avant le premier mai d'une année académique donnée est éligible à l'attribution d'une telle prime d'encouragement.Dix primes de $1,000.00 sont ainsi annuellement attribuées par un comité de sélection ad hoc, donc cinq sont destinées aux auteurs d'un volume publié par une maison d\u2019édition, et cinq autres sont remises aux auteurs d'un cahier de notes de cours publié par un collège.Voici la liste des productions qui ont été primées en 1979 dans la section \"philosophie\" 2.-\tDEMERS, Pierre, Filmographie 5 l'usage des enseignants (philo, français, cinéma).Jonquiëre, Les Presses collégiales de Jonquiêre, 1973, 205 p.($4.00) -\tBL0UIN, Rodrigue, GUI0MAR, Marie-Germaine, Le raisonnement LEMAY, Diane\tSherbrooke, 1978, 95 p.($2.50) 3 -\tALLARD, Gérald, Traduction de La nouvelle Atlantide de Francis Bacon, Ste-Foy, Editions du Collège de Ste-Foy, 38 p.^ R.N.NOTES 1)\tPour obtenir l'information complète concernant ce concours, on écrira 3: Jacqueline L.Couturier, Service des programmes, Gouvernement du Québec, ministère de l'Education, Direction générale de l'enseignement collégial.2)\tCette liste a été constituée 3 partir de l'Inventaire du matériel didactique imprimé de langue française publié en janvier 1980 par le Service des programmes de la DGEC.3)\tLa référence bibliographique de l'Inventaire n'indique pas la maison d'édition.4) Il s'agit ici d'un cahier de notes de cours.L'Inventaire ne nous dit pas quand cette traduction a été éditée. 26 NOUVELLES DE LA S.P.Q.NOMINATIONS ET DEMISSIONS M.Alain Lallier, président de la S.P.Q., est devenu, au cours de l'été 1980, directeur des services pédagogiques (D.S.P.) du Collège de Trois-Rivières.Le Bulletin souhaite bonne chance 3 M.Lallier dans ses nouvelles fonctions.M.Robert Plante, doyen de la Faculté de philosophie de l'Université Laval, a remis le 10 novembre dernier sa démission comme membre du Conseil d'administration de la S.P.Q., ses fonctions de doyen se révélant finalement trop accaparantes.\"La Faculté de philosophie de l'Université Laval, écrit-il dans sa lettre de démission, a été impliquée très activement, depuis 3 ou 4 ans, dans les activités de votre Société, et il y a lieu de s'en réjouir.Je pense que nous avons assisté, pour la première fois, â la naissance d'une véritable société de philosophes d'ici\".Le 7 octobre 1980, madame Josiane Ayoub, directrice du module de philosophie de 1'U.Q.A.M., avait également remis sa démission comme responsable du comité de la S.P.Q.sur l'enseignement de la philosophie (le CEPH): \"J'ai eu, écrit-elle, énormément de plaisir et d'intérêt 3 m'occuper de coordonner les activités de ce comité, cependant il y aura bientôt quatre ans qu'on m'a fait l'honneur de m'en confier la responsabilité et j'estime qu'il est temps que quelqu'un d'autre reprenne cette charge\".C'est M.Philippe Ranger du département de philosophie du Collège du Vieux-Montréal qui assurera la relève.Deux autres démissions encore: celles de messieurs Maurice Lagueux (U.de Montréal) et Jean Theau (U.d'Ottawa), qui ont récemment laissé leurs postes de membres du comité de rédaction de Philosophiques.?CONGRES ET COLLOQUE DE LA S.P.Q.EN 1980: Dans sa dernière livraison, le Bulletin publiait la liste des conmunications présentées lors du Vile congrès de la S.P.Q.tenu à l'Université Laval en mai 1980 (vol.VI, no 3, p.4).Nous avions malheureusement omis de mentionner la communication de M.René Pellerin du Collège Laflèche de Trois-Rivières, intitulée \"L'aliénation et ses enjeux théoriques et pratiques\".Nous nous en excusons auprès de l'auteur. 27 Nous avions également donné, dans le même numéro (pp.9-10), le programme du Ve-colloque interdisciplinaire de la S.P.Q.\"Sciences et idéologies\", (U.Q.T.R., 4-5 octobre 1980).Deux changements de dernière heure ont par la suite été apportés à ce programme: -\tMadame Colette Moreux n'a pu présenter son exposé sur \u201cL'indétermination fondamentale de la production idéologique\", prévu pour l'après-midi du 4 octobre.Elle a été remplacée par M.Roberto Miguelez de l'Université d'Ottawa, qui nous a entretenu de \"La tradition interprétative\".-\tM.Jean-François Lyotard s'étant désisté, la conférence publique du samedi soir 4 octobre a été donnée par M.Jean-Claude Guëdon sur: \"Le rapport 3 la science: connaissance ou appropriation\".Signalons par ailleurs que des démarches ont été entreprises par le comité organisateur du colloque \"Sciences et idéologies\" en vue de la publication des actes.* ?LE SERVICE DES ARCHIVES Conformément 3 la convention intervenue en février 1980 entre la S.P.Q.et l'Université du Québec 3 Trois-Rivières (cf.Builetin VI, 2, pp.11-13), la S.P.Q.a commencé 3 transférer ses archives au Centre de documentation en études québécoises (le CEDEQ) de la bibliothèque de l'U.Q.T.R.Déj3 plusieurs dossiers sont disponibles pour consultation, notamment tout ce qui concerne les statuts, l\u2019incorporation, les listes de membres depuis la fondation et les procès-verbaux des diverses réunions.L'opération de transfert devrait être terminée en février 1981.Pour consultation des archives de la S.P.Q., s'adresser 3 M.Philippe Houyoux, CEDEQ, Bibliothèque de l'U.Q.T.R.Par ailleurs, une nouvelle personne vient de se joindre 3 l'équipe des archivistes de la S.P.Q., déj3 composée de Claude Gagnon et Marc Chabot.Il s'agit de Pierre Lemay, professeur de philosophie au Collège de Trois-Rivières, qui prend notamment, depuis le 1er janvier, la relève de Marc Chabot pour assurer la confection de la bibliographie des articles philosophiques parus dans les quotidiens québécois.?LA SECTION P.S.P.L.DU CONGRES ANNUEL Lors de sa réunion du 15 novembre 1980, le Conseil d'administration de la Société de Philosophie du Québec a adopté le principe de la 28 création de sections spécialisés 3 l'intérieur du congrès annuel de la Société, et déjà une telle section a été créée qui tiendra des activités dés le prochain congrès, à l'Université de Sherbrooke du 13 au 15 mai 1981.Il s'agit de la section P.S.P.L.(\"Philosophie des sciences/ philosophie du langage\"), dont les objectifs sont de fournir, 3 l'intérieur des cadres de la S.P.Q., un lieu institutionnel de rencontres et de discussions pour les chercheurs spécialisés en philosophie des sciences ou en philosophie du langage.Les activités de cette section seront, bien sûr, ouvertes 3 tout le monde, mais les participants devront s'attendre 3 ce que les discussions présupposent une familiarité minimale avec les rudiments de la philosophie des sciences et de la philosophie du langage contemporaines, notamment avec la logique élémentaire.Il existe depuis quelques années au Québec un groupe épars de plus en plus important de chercheurs spécialisés dans ces domaines et le besoin coïïmençait 3 se faire vivement sentir d'échanges plus réguliers entre ces chercheurs.C'est 3 ce besoin que la S.P.Q.a voulu (partiellement) répondre par la création de cette section P.S.P.L.Pour cette année, la responsabilité des activités de la section a été confiée par le Conseil d'administration 3: M.Claude Panaccio Département de philosophie Université du Québec 3 Trois-Rivières C.P.500, Trois-Rivières G9A 5H7 Le programme n'est pas encore définitivement arrêté.Les détails en seront rendus publics vers le mois de mars 1981.? 29 NOUVELLES BREVES Dans le cadre du programme F.C.A.C.(les subventions de formation de chercheurs et d'action concertée du ministère de l'Education du Québec), trois équipes ont obtenu des crédits pour 1980-1981 dans le domaine de la philosophie: -\tDAVIS, Charles (Concordia): Trois traditions religieuses et la critique philosophique de 1a religion (S 18,000.00).-\tNADEAU, Robert (U.Q.A.M.) : Analyse comparée des modèles épistémologi- ques^; 13,300.00).- VANDERVEKEN, Daniel (U.Q.T.R.) La philosophie logique des actes illocu- tionnaires ($33,400.00).?Le 30 mai 1980, l'Université de Montréal décernait un doctorat honoris causa au logicien Hugues Leblanc, qui depuis plusieurs années poursuit une carrière florissante aux Etats-Unis.M.Leblanc est professeur de philosophie 3 l'Université Temple 3 Philadelphie.Il est connu par de nombreux articles en logique formelle et par ses ouvrages: Techniques of Deductive Inference (1966), Deductive Logic (1972, en collaboration avec William A.Wisdom)et Truth-Value Semantics (1976).?La conférence Albert le Grand de 1980 a été donnée, le 23 octobre dernier, par M.René Roques, professeur 3 l'Ecole Pratiques des Hautes Etudes (Paris) sur: \"Positions, pratiques et présupposés méthodologiques dans le néoplatonisme médiéval.? 30 DOCUMENT ECHANGE DE LETTRES (entre le directeur de Philosophiques et le ministère de 1'Education) Présentation Les trois lettres publiées ici sont le prolongement direct de la correspondance échangée en février et mars 1980 entre les responsables de la revue Philosophiques et le ministre Camille Laurin relativement aux difficultés financières éprouvées par Philosophiques (Voir Bulletin, vol.VI, no 3, pp.52-59).Elles marquent l'heureux dénouement d'une longue série de démarches entreprises en 1978 par la S.P.Q.auprès du Gouvernement du Québec.La deuxième de ces lettre annonce en effet une subvention spéciale de $4,950.00 versée en août 1980 par le ministère de l'Education à la revue Philosophiques, permettant ainsi d'éponger la plus grande partie du déficit accumulé par la revue depuis sa fondation.Reste encore à savoir cependant si la S.P.Q.pourra un jour compter sur des subventions annuelles du gouvernement québécois, comme le demande Maurice Gagnon dans la première lettre ci-dessous.C.P. 31 LETTRE NO 1 LETTRE DE M.MAURICE GAGNON AU MINISTRE JACQUES-YVAN MORIN.Le 5 mai 1980 M.Jacques-Yvan Morin Ministre de l'Education Hôtel du Gouvernement Québec, (Qué.) Monsieur le ministre, Mme Danièle Letocha, ex-directrice adjointe de la revue Philosophiques a écrit 3 votre collègue le Ministre d'Etat au développement culturel le 10 février dernier.Cette lettre, dont vous avez reçu copie en même temps qu'un exemplaire du numéro d'octobre 1979 de Philosophiques, faisait état des difficultés financières de la revue, et en particulier du refus de subvention formulé par la DGES au printemps 1979; elle plaidait aussi en faveur d'un changement des normes actuellement en vigueur, parce que ces dernières défavorisent Philosophiques.Dans une réponse fort encourageante, le 12 mars dernier, M.Laurin a fait savoir 3 ttne Letocha qu'il avait discuté avec vous de la question et demandé 3 son sous-ministre, M.Jean Martucci, de suivre ce dossier.Le 10 avril, un appel téléphonique de M.Robert Fil ion, attaché au cabinet de M.Laurin, informait fW Letocha que la question avait été discutée lors de rencontres entre des représentants de votre Ministère d'une part, et du Ministère de M.Laurin d'autre part.Il nous conseillait de nous adresser directement 3 vous concernant les problèmes de Philosophiques, soulignant que des fonds spéciaux pourraient être utilisés pour venir en aide 3 la revue.Vous me permettrez d'abord, Monsieur le ministre, de vous raconter en quelques lignes les principaux événements de la courte histoire de Philosophiques.Elle a été fondée en 1974 pour un groupe de professe urs-Francophones de la Faculté de Philosophie de l'Université d'Ottawa, et patronnée au début par cette Faculté.Les buts poursuivis par les fondateurs étaient de favoriser la publication de textes philosophiques ./2 de qualité rédigés en français par des auteurs canadiens, d'encourager la rencontre et la discussion entre les philosophes canadiens francophones, et de renseigner la comnunauté philosophique internationale sur la vie et la recherche philosophiques au Canada français.En juin 1976, la Faculté de Philosophie d'Ottawa a cédé Philosophiques â la Société de Philosophie du Québec.La raison de ce transfert de possession et de responsabilité était double: d'une part, on estimait que la seule revue philosophique universitaire entièrement francophone d'Amérique du Nord aurait de meilleurs chances de se développer, et d'assurer son avenir, si sa direction était située au coeur du Québec francophone; il serait en outre possible, croyait-on alors, d'obtenir l'assistance financière de l'Etat québécois.Ce dernier espoir ne s'est pas réalisé comme l'a souligné la lettre de Mme Letocha, mais Philosophiques a quand même progressé grâce en bonne partie à l'aide financière du Conseil de Recherches en Sciences Humaines du Canada.Cet organisme l'a soutenue depuis 1974 par des subventions annuelles dont le montant a cru constamment parce que la revue, en augmentant le nombre de ses abonnés et de ses pages, a rencontré de mieux en mieux les normes de financement du Conseil.Ceci ne l'a cependant pas empêchée d'accumuler un déficit qui se chiffre maintenant à $5,834.27.Ce déficit est surtout le fait des années 1974, 1976 et 1977, où le nombre relativement peu élevé d'abonnés et de pages publiées défavorisaient Philosophiques en regard des normes du Conseil.Pour l\u2019année 1980, nous avons reçu du Conseil une sonne de $8,621.00.Cet argent, joint aux quelques $5,000.00 que nous prévoyons retirer des abonnements à la revue, nous permettra de fonctionner sans déficit, du moins nous l'espérons.La plupart de nos abonnés sont des membres de la Société de Philosophie du Québec, 1 'appartenance â la Société incluant automatiquement un abonnement â la revue.Comme les résultats de la campagne de recrutement de la Société pour 1980 laissent prévoir une augmentation du nombre des membres pour 1980, nous réussirons probablement à fonctionner sans déficit, â la condition de ne rémunérer ni les membres du Comité de Rédaction, ni les évaluateurs des textes soumis pour publication, et de faire nous-mêmes une bonne partie du travail de secrétariat nécessaire â la bonne marche de la revue.Notre besoin le plus urgent, Monsieur le ministre, est le règlement du déficit mentionné plus haut, soit une dette de 55,837.24 contractée â l'égard des Editions Bellarmin, éditeur de la revue.C'est pour faire face â cette situation urgente que nous vous sollicitons tout d'abord.Nous nous permettons en outre de solliciter une aide financière de votre ministère sur une base annuelle.Pour 1980, une somme d'environ $2,500.00 nous permettrait de retenir les services d'une secrétaire â temps partiel qui se chargerait surtout de la correspondance assez importante que le directeur de la revue doit entretenir avec les personnes ./3 33 3/.qui lui soumettent des textes pour publication, les évaluateurs de ces mêmes textes, les membres du Comité de Rédaction et l'éditeur de la revue.Je vous rappelle enfin, Monsieur le ministre, le plaidoyer de ttne Letocha pour la modification du critère d'admissibilité qui exige, pour qu'une revue puisse recevoir une subvention du progranne F.C.A.C., son rattachement direct à une université.Le Comité de Rédaction de Philosophiques endosse cette position.Nous sommes disposés à collaborer â toute étude ou enquête que vous aimeriez instituer sur la question Espérant que ces demandes recevront un accueil favorable, je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre, l'expression de mes sentiments distingués.Maurice Gagnon Directeur de Philosophiques Département de philosophie Faculté des arts Université de Sherbrooke Sherbrooke, (Oué.) J1K 2R1 LETTRE NO 2 LETTRE DE M.LEO JACQUES A H.MAURICE GAGNON Québec, le 8 août 1980 Monsieur Maurice Gagnon Directeur de Philosophiques Département de philosophie Faculté des arts Université de Sherbrooke SHERBROOKE (Québec) J1K 2R1 Monsieur le Directeur, Par votre lettre du 5 mai 1980, vous sollicitiez du ministère de l\u2019Education un appui financier.Le ministre de l'Education, monsieur Jacques-Yvan Morin, accepte de verser une subvention spéciale 3 la revue \"Philosophiques\".Vous trouverez donc sous ce pli, un chèque au montant de 4 950$ représentant cette subvention pour l'année financière 1980-1981.Veuillez agréer, monsieur le Directeur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.Le directeur du cabinet (signé) Léo Jacques Léo Jacques Gouvernement du Québec Ministère de l'Education Cabinet du ministre LETTRE NO 3 LETTRE DE H.MAURICE GAGNON AU MINISTRE JACQUES-YVAN MORIN.Le 18 aoOt 1980 Monsieur Jacques-Yvan Morin Ministre de l'Education H6te1 du Gouvernement Québec, (Qué.) Monsieur le ministre, Votre directeur de cabinet, M.Léo Jacques, vient de me faire parvenir une lettre accompagnée d'un chèque de $4,950.00, 3 titre de subvention spéciale à la revue Philosophiques pour l'année 1980-81.Cette somme nous permettra d'éponger la plus grande partie du déficit accumulé, et d'administrer â l'avenir notre revue dans des conditions financières plus saines.Votre décision manifeste votre intérêt pour notre revue, de même qu'une reconnaissance de sa qualité.Nous y voyons un encouragement â continuer notre travail, afin que Philosophiques poursuive et améliore sa contribution 3 la culture québécoise.Au nom du Comité de rédaction de la revue, au nom de la Société de Philosophie du Québec et de tous les philosophes québécois, je vous exprime les remerciements les plus sincères.Veuillez agréer, monsieur le ministre, l'expression de ma très haute considération.Maurice Gagnon Directeur de Philosophiques Département de philosophie Faculté des arts Université de Sherbrooke Sherbrooke, (Qué.) J1K 2R1 36 DOCUMENTS DEUX DOCUMENTS SUR LA FORMATION FONDAMENTALE Présentation A cause de ses objectifs spécifiques, la S.P.Q.a toujours porté une attention toute particulière 3 la situation de l'enseignement de la philosophie au Québec.Pour cette raison même, le Bulletin a été amené régulièrement 3 ouvrir ses pages 3 diverses contributions émanant du milieu de l'enseignement.Nos lecteurs se souviendront que le ministère de l'Education a récemnent publié son Plan de travail pour donner suite au projet du gouvernement 3 l'endroit des collèges, document qui fit l'objet d'une analyse de la part de Josiane Boulad-Ayoub (cf.Bulletin, VI, 1, mars 1980: 54-8).Or, 3 la même époque, la Direction Générale de l'Enseignement Collégial publiait un document ayant pour titre La formation fondamentale: c'est ce document, daté du 12 février 1980, que nous reproduisons ici.Le second texte, signé par Madame Danièle Letocha, professeur de philosophie au Collège de Rosemont 3 Montréal, se veut une critique incisive, voire acerbe du document de la D.G.E.C.: notons que la résolution que Danièle Letocha présente in fine a été adoptée par la Commission pédagogique du Collège de Rosemont.L'équipe du Bulletin remercie Madame Letocha de nous avoir fait parvenir ces documents, accompagnés du reste d'un texte de Marie-Victorin (intitulé \"Québec, pays 3 découvrir et 3 conquérir\", tiré de Roland Houde Histoire et philosophie au Québec, Trois-Rivières, Editions du Bien Public, 1979, pp.85-94) dont elle affirme qu\"'i1 dit en 1925 ce que j'affirme mais le fait mieux que moi\".Y aurait-il donc au Québec une bataille qui, comme la mer de Valéry, serait \"toujours recommencée\"?R.N. DOCUMENT NO 1 LA FORMATION FONDAMENTALE Document de travail préparé par le Service de la DGEC et daté du 12 février des programmes 1980 A- Introduction Le présent document de travail est un essai sur la notion de formation fondamentale.Il a été réalisé après analyse des documents suivants : 1-\tRapport Tremblay, 1962\t 2-\tRapport Parent, 1965\t 3-\tDocument d'Education no 3,\t1966 4-\tRapport Roquet, 1970\t 5-\tRapport \"Le Collège\", 1973\t 6-\tRapport \"GTX\", 1975\t 7-\tLa politique québécoise du\tdéveloppement culturel, 1978 8-\tLe \"Livre blanc\", 1978\t Ce sont principalement ces trois derniers documents qui ont été le plus mis 3 contribution pour dégager les principales concourantes de la formation fondamentale.B- Extrait du Livre blanc \u201cA la source, la qualité de l'enseignement sera d'autant mieux assurée que les collèges attacheront plus d'importance 3 la formation générale ou, si l'on veut, fondamentale de leurs étudiants.Gardons-nous sur ce point de quelques équivoques.On parle souvent d'enseignement général pour désigner l'enseignement préuniversitaire et le distinguer du professionnel, l'appellation même de \"CEGEP\" nous entraînant dans cette voie; en d'autres circonstances, l'enseignement général semble signifier les cours communs obligatoires d'allure plus \"générale\", qui font partie des programmes professionnels aussi bien que des programmes préuniversitaires dits \"généraux\".Pour échapper 3 ces ambiguïtés sémantiques, qui finissent toujours, quoi qu'on dise, par consacrer des états 38 de fait, mieux vaut employer le terme de \"formation fondamentale\" pour celle qui devrait caractériser essentiellement le niveau collégial.Parler de \"formation fondamentale\", c'est évoquer des apprentissages qui favorisent le développement intégral de la personne et qui sont nécessaires à toute activité humaine pleinement assumée.Ces apprentissages sont d'ordre intellectuel (maîtrise des langages humains - et, au premier chef, de la langue maternelle -, jugement, rigueur de pensée, capacité d'analyse critique, de synthèse, créativité, réflexion sur l'homme et la société), d'ordre affectif et social (capacité de communiquer, autonomie personnelle, sens des responsabilités, conscience sociale, développement d'un système de valeurs personnelles) ou d'ordre physique (hygiène, condition physique, respect du corps).Il est vrai que ces apprentissages ne sont pas du ressort exclusif du niveau collégial, mais on s'attend 3 ce que le collège les développe davantage que les précédents, tout en tenant compte de l'âge et de la formation acquise.Ainsi, dans le cas de la concentration préuniversitaire, la formation fondamentale est le lieu d'une exploration progressive des fondements historiques et critiques, des concepts de base, des grands problèmes et des grands défis; dans le cas des spécialisations professionnelles, elle est aussi l'exploration des fondements historiques et socio-économiques, des concepts et techniques de base, des principaux problèmes et défis, des perspectives de développement\".(Livre blanc, page 39, paragraphes 3, 4 et 5).C- Le CEGEP 1- Le lieu Le CEGEP est un lieu de formation qui correspond 3 un âge psychologique spécifique et qui a des caractères propres.a)\tCe lieu de formation est pédagogiquement situé entre le secondaire et le marché du travail ou l'université.b)\tC'est un lieu géographiquement séparé tant du secondaire et de l'université que des différents lieux d'expression culturelle et du marché du travai1.c)\tC'est un système ouvert.d)\tUne de ses spécificités est qu'il véhicule un humanisme nouveau, dû 3 la contiguïté de l'enseignement professionnel et de l'enseignement pré-universitaire et qu'il permet d'entreprendre des études subséquentes ou une occupation professionnelle reconnue comme exigeant une formation de niveau technique.e)\tC'est un lieu de convergence et de regroupement des ressources humaines et des ressources en équipements pédagogiques et didactiques. 39 II- L'Sge L'Sge moyen de l'étudiant est de 17-20 ans dans le secteur professionnel, 17-19 ans dans le secteur pré-universitaire.a)\tIl s\u2019agit davantage d'Sge psychologique que d'Sge arithmétique.b)\tCet âge psychologique est celui des affirmations de l'individu: 1-\tau plan physique: il approche de sa plénitude; il est 3 peu près complet; 2-\tau plan psychologique: -\taffectivement, il entame son mûrissement et sa polarisation, -\tvolitivement, c'est l'âge des grandes aspirations et des grands projets; 3-\tau plan moral et éthique: il commence 3 se situer en regard des valeurs ambiantes et 3 se construire une échelle personnelle de valeurs; 4-\tau plan intellectuel et culturel: c'est le stade du développement de la pensée formelle: il atteint le niveau de l'abstraction, de la formalisation et de la structuration de la pensée: c'est le moment de l'établissement des fondements; 5-\tau plan esthétique: c'est l'époque de la recherche du beau par une saine économie entre l'esthétique et les moyens; 6-\tau plan social : c'est l'Sge de la découverte du contrat social, en même temps que de la recherche avide d'indépendance et de liberté, tout en étant encore dépendant économiquement; c'est également l'Sge de la préparation 3 un rSle social; 7-\tau plan professionnel: c'est l'âge de l'enracinement et de la précision de son orientation professionnelle.c)\tCet âge peut se caractériser par l'expression de fin de l'adolescence ou mieux de \"jeune adulte\".111- La fonction (objectifs, buts, finalité) La fonction du CEGEP est de dispenser la formation fondamentale en regard de deux paramétres: l'individu et la société; c'est d'assurer le développement de la personne, l'acquisition d'une compétence professionnelle et la préparation 3 la vie sociale. a)\tLes objectifs 1-\tDéveloppement de la personne Le secondaire a dispensé une formation générale de l'individu.Le collégial permet de regrouper de façon cohérente les connaissances acquises et de les compléter en les rationalisant et en les valorisant.2-\tAcquisition d'une compétence professionnelle La qualification est le niveau minimum strictement nécessaire pour exercer une fonction bien précise.La compétence est faite de plusieurs volets, dont il s'agit d'acquérir la possession: -\tla capacité technique -\tla capacité de s'adapter -\tla capacité d'exercer ses droits et ses capacités -\tla conscience sociale -\tle sens éthique 3-\tPréparation a la vie sociale faite de participation, d'engagement, d'équilibre et de dépassement.b)\tLes buts sont essentiellement l'atteinte de 1'autonomie: 1-\tpersonnelle 2-\tprofessionnelle 3-\tsociale c)\tLa finalité est d'arriver a faire de l'étudiant un adulte (ou peut-être plus modestement) de le mettre en situation d'adulte.Cela, au moyen de trois concourantes: 1-\tl'autonomie 2-\tla compétence 3-\tla responsabilité La formation fondamentale 1- Caractères principaux a) Consolidation (ou instauration) des apprentissages de base (savoir, savoir-faire, savoir-être) nécessaires: 1- au développement intégral de la personne dans toutes ses dimensions (individuelle, sociale, professionnelle) et dans tous ses paramètres (scientifique, technique, esthétique, éthique, etc.); 41 2-\tà l'activité humaine pleinement assumée, c'est-â-dire de manière consciente et responsable.b)\tConnaissance des concepts et techniques propres aux principaux problèmes, ouverture aux orientations et aux perspectives de développement des principales disciplines.c)\tConscience des grands défis de tout ordre.d)\tRetour à l'essentiel des connaissances, des habiletés, des attitudes, des comportements.e)\tAlliance des assises traditionnelles confirmées par l'expérience et des innovations nécessitées par les changements scientifiques, techniques et sociaux.C'est-â-dire tentative d'instauration d'humanismes renouvelés.f)\tCapacité (aptitude et goût) d'adaptation continue des acquis de la formation fondamentale, la formation de l'adulte n'étant jamais complètement terminée et ayant constamment besoin d'être enrichie, remise au point et réajustée.II- Principaux éléments de la formation fondamentale a)\tD'ordre intellectuel et culturel 1-\tmaîtrise des langages humains; 2-\tréflexion sur l'homme et la société; 3-\tconnaissance de la situation spatio-temporelle de l'homne dans le contexte des civilisations et des cultures; 4-\tassimilation des connaissances de base cormunes â un groupe de facultés universitaires ou une branche de spécialisations, et aptitude â la transférabilité des acquis.b)\tD'ordre méthodologique 1-\tacquisition de méthodes de travail comportant: -\tla démarche cohérente de la pensée -\tla\tlogique\tdu\traisonnement -\tla\trigueur\tdu\tjugement -\tle\tsens et\tl'esprit critique -\tl'habitude\tdu\ttravail personnel 2-\tdéveloppement de la capacité d'analyse fondamentale et de synthèse essentielle; 3-\tinstauration de la volonté de créativité; 42 4-\tdéveloppement d'un système de priorités.c)\tD'ordre du comportement personnel 1-\tdéveloppement de la personnalité; 2-\tdéveloppement de l'autonomie, de la conscience et de la responsabilité personnelle; 3-\tformation au goût de l'effort et du travail bien fait; 4-\tformation au sens de la liberté 3 l'intérieur des contraintes nécessaires (et parfois valorisantes) de la société.d)\tD'ordre physique 1-\thabitudes d\u2019hygiène; 2-\tcondition physique et santé; 3-\tacceptation et respect du corps.e)\tD'ordre esthétique 1-\tdéveloppement et raffinement du sens esthétique; 2-\tformation du goût et du jugement esthétique.f)\tD'ordre volitif 1-\tgoût de l'effort et de l'initiative; 2-\tgoût de l'accomplissement des tSches assumées; 3-\tgoût de la réalisation de ses aspirations et décisions.g)\tD'ordre social 1-\tle sens de l'équipe et de la solidarité communautaire; 2-\tle souci et le respect d'autrui; 3-\tla souplesse dans les relations humaines; 4-\tla capacité et le goût de communiquer; 5-\tla conscience sociale et le sens des responsabilités sociales 6-\tle goût de la participation 3 la vie sociale; la qualité des rapports sociaux et de la vie sociale; 7- 8- 1a tolérance et le droit d'etre différent.D'ordre éthique 1-\tdéveloppement du sens moral par une formation morale; 2-\taffinement de la conscience morale; 3-\trapports de l'éthique et de l'écologie; 4-\tla qualité de la vie.D\u2019ordre politique 1-\tconnaissance et intérêt pour la chose publique; 2-\tapprentissage de la démocratie par la participation active 3-\tformation du citoyen; 4-\tépanouissement du sens de l'Etat. 44 DOCUMENT NO 2 QUELQUES REMARQUES SUR LA PLACE DES SCIENCES DE LA NATURE DANS LA DEFINITION DE LA FORMATION FONDAMENTALE Par Danièle Letocha, professeur de philosophie, Collège de Rosemont (Adopté par la Conmission pédagogique du Collège de Rosemont) La conjoncture de bilan, de consolidation et de rectification dans laquelle l'Etat québécois annonçait vouloir procéder 3 la reconsidération du réseau des collèges paraissait propice 3 des analyses sereines et approfondies.Après la publication du \"Livre blanc\" sur l'avenir des collèges 1, la création du Conseil des collèges pouvait apparaître comme une volonté de circonscrire les questions spécifiques 3 ce niveau et de concerter les volontés des agents pour déterminer et implanter les changements utiles.Ce n'est pas le cas.Il semble que les fonctionnaires de la Direction de l'enseignement des collèges (DGEC) en ont décidé autrement.En effet, depuis quelques mois, différents services du ministère de l'Education font circuler des \"documents de travail\" 3 la fois pauvres, vagues et péremptoires.Ces textes sont inquiétants 2; ils ont soulevé des protestations 3 telles que la compétence du personnel du ministère s'en trouve mise en cause, tant au niveau théorique qu'3 celui de la connaissance du milieu visé: les collèges eux-mêmes.Le présent texte veut s'attarder sur un problème central: le cas de la formation fondamentale pratiquée dans le cadre du cégep dont le \"Livre blanc\" ouvre la révision et qu'un document ministériel vient de tenter - fort maladroitement 3 mon avis - de circonscrire en neuf pages (dont les deux premières n'apportent que références et citations).Il s'agit de La formation fondamentale, document de travail On voudrait ici redéfinir l'enjeu de cette décision et alerter tous les intéressés avant qu'il ne soit trop tard.On sait que la DGEC exclut les sciences de la nature (ainsi que les arts, d'ailleurs) de son profil.Il me paraît indispensable qu'une orientation aussi restrictive soit d'abord débattue et justifiée si elle peut l'être.Voici donc une contribution ponctuelle qui veut appuyer vigoureusement la proposition d'instaurer au moins un cours de sciences exactes dans le \"tronc conmun\" qui rejoint tous les étudiants du collège et cela pour tous les inscrits non engagés dans une concentration scientifique.A d'autres le souci de préciser le contenu d'un tel cours.On traitera seulement ici de la débilité d'une représentation québécoise et occidentale de la culture qui ne prendrait pas la connaissance scientifique pour l'une de ses lignes de force.Il est bien clair que ce thème n'est pas la chasse gardée des seuls scientifiques et qu'il transcende les querelles mesquines de la \"protection des emplois\" auxquelles certains fonctionnaires ont parfois paru le réduire.Ces propos ont pour objet de constater l'échec du ministère de l'Education dans sa tâche de concrétisation et de diffusion de l,Mhumanisme nouveau\".On procédera par cercles concentriques.Le premier fera un retour sur la problématique de la fin des années cinquante concernant l'épuisement de la culture classique dans les institutions scolaires de toutes les sociétés occidentales.C'est un texte polémique de C.P.Snow que l'on prendra 3 témoin.Le second cercle rappellera que la Commission Parent avait, entre 62 et 65, répondu lucidement 3 ce défi.Le troisième cercle montrera, 3 l'aide d'un document récent du Conseil canadien des sciences, que la situation s'est détériorée depuis vingt ans: en effet, la culture scientifique est encore plus marginalisée et l'école a renoncé 3 son rôle institutionnel sur ce point.Enfin, après cette mise en perspective, on examinera en quoi l'irresponsabilité de la OGEC, telle qu'elle se manifeste dans le document sur la formation fondamentale, constitue une régression et une démission inacceptables.La plupart des éléments de cette argumentation ont largement circulé au Québec dans les années soixante.Plusieurs, dont je suis, croyaient ces questions réglées, du moins quant aux principes directeurs.Ce n'est pas sans un certain agacement qu'on se voit aujourd'hui dans l'obligation de revenir faire anti-chambre devant des portes qu'on croyait ouvertes.Coimient se fait-il qu'on doive rappeler 3 des fonctionnaires l'enjeu du Rapport Parent dont ils disent s'inspirer?De plus, il est inadmissible que le ministère de l'Education définisse ses projets comme s'il était dans le désert.Car d'autres sources gouvernementales ont fait savoir en des termes clairs, précis et pragmatiques quelles étaient leurs politiques.Ils se sont présentés devant divers groupes pour en débattre publiquement.Pour identifier deux cas qui devraient avoir un impact direct sur l'esprit et le rôle du réseau des collèges, on peut citer Bâtir le Québec b et Pour une politique québécoise de la recherche scientifique ° qui n'apparaissent même pas parmi les huit documents de référence du feuillet sur la formation fondamentale.Quant au \"Livre blanc\" sur la culture, La politique québécoise du développement culturel 7 qui, lui, est cité dans la liste, on n'en trouve pas un seul élément qui ait été \"mis 3 contribution pour dégager les principales concourantes (sic) de la formation fondamentale\" ° malgré les assurances de l'auteur.Et, pour demeurer dans le contexte des études gouvernementales, notons que le Ministre d'Etat au développement culturel vient de publier en avril la suite logique du \"Livre vert\" sur la recherche, cité plus haut.Il s'agit du \"Livre blanc\" Un projet collectif 9.On y définit, entre autres, une politique articulée de diffusion du savoir formel et vulgarisé dans la communauté québécoise parce que les connaissances scientifiques font indiscutablement partie du bagage nécessaire au développement de l'esprit et 3 la lecture du monde immédiat que nous avons choisi de prendre en charge.Or, ce projet - dont on peut contester telle ou telle instance par ailleurs - a bien peu de chances d'être collectif tant que le ministère de l'Education se cantonnera dans ses propres archives ^ et qu'il ignorera 46 les interpellations précises et concrètes des autres secteurs de l\u2019Etat (sans parler du nécessaire dialogue avec les intervenants de la base cornue avec l'ensemble des citoyens).Rien n'est plus décevant que ce décalage de fond et de forme, de quantité et de qualité entre les documents issus des Affaires culturelles \" et ceux qui sortent des bureaux de l'Education.Ce dernier ministère a la responsabilité d'administrer la dimension dynamique des projets des autres, puisqu'il devrait assurer la préparation des agents qui exécuteront les projets de société économique, sociale, culturelle et politique qui sont actuellement débattus autour de lui.Et pourtant, si l'on considère le nombre des fonctionnaires de l'Education per capita d'élève et d'étudiant (y compris les adultes) par rapport 3 celui des fonctionnaires des Affaires culturelles, par exemple, calculé per capita de citoyen, il faut constater la faible productivité des premiers et s'inquiéter du pouvoir de décret dont ils sont munis, dans ces conditions.Un point doit être précisé ici: il n'est pas question de jouer un ministère contre l'autre, une opinion contre une autre.Le but est de faire savoir que le document dit \"de travail\" sur la formation fondamentale que la DGEC vient de soumettre 3 la discussion est vide, décroché de toutes les données concrètes du milieu de vie québécois et qu'enfin il répète, en sept pages fort aérées, des lieux coninuns paternalistes impossibles 3 traduire en termes de disciplines, d'objectifs de cours, d'horaires, de perspective, de méthode ou de pondération.Qu'en est-il de la pratique des douze dernières années aux yeux de la DGEC?Que se passe-t-il dans les autres pays qui puisse éclairer la recherche et nous éviter des blocages inutiles?Quels sont les travaux, études, essais publiés récenment ici et ailleurs sur cette question, en dehors du ministère de l'Education?'2 Quei est le calendrier de coordination des décisions entre les ministères qui procèdent actuellement 3 des consultations?Le document ministériel sur la formation fondamentale vole trop haut pour aborder des paramètres aussi triviaux.La seule hypothèse que je puisse faire 3 ce jour, c'est celle de l'incompétence du personnel responsable de l'évaluation, de la documentation, de la recherche, de la planification et de la consultation au ministère de l'Education.Je souhaiterais que ce ministère prît enfin au sérieux les agents des instances locales que nous somnes et qu'en conséquence, il se donnSt la peine de nous faire des propositions quelque peu substantielles.Rien ne sert de se réclamer de \"l'humanisme nouveau\" dont le Rapport Parent a proposé les axes puisqu'il n'a jamais vu le jour au Québec.On se rappelle quel déséquilibre cet \"humanisme nouveau\" voulait surmonter: c'était le vieillissement de la pratique de la \"culture générale\" dans les collèges classiques affiliés aux facultés des arts de nos universités.Cette culture générale se définissait de manière plutôt intemporelle car elle ouvrait sur le trésor des oeuvres du passé ayant une portée universelle certifiée.Cette conception était statique mais il faut admettre qu'elle faisait bien ce qu'elle annonçait, ce qui n'est pas le cas de la nouvelle formule.Elle se limitait aux champs linguistique, philosophique et historique, donc elle restait coupée de la perspective scientifique et de 1\u2018instrumentalité technique >3.Les commissaires de la réforme s'attaquaient 13 3 un problème identifié dans toutes les sociétés occidentales.Il vaut la peine qu'on s'y arrête un moment. 47 La nécessité d'un aggiornamento était a l'ordre du jour des débats de 1'Unesco.H fallait que la formation scolaire pût mettre tous les esprits en prise sur les lignes d'analyse et de transformation du monde industrie gratuite Puisque c'est la place de la composante \"sciences de la nature\" qui préoccupait de façon urgente la fin des années cinquante, regardons l'exposé qu'en donna C.P.Snow en 59, dans son pamphlet sur Les deux cultures '5 qui souleva les passions jusqu'au Japon.Il est intéressant de noter que son diagnostic s'applique encore intégralement au \"tronc commun\" du cégep aujourd'hui.C.P.Snow fut extrêmement surpris des réactions qu'il provoqua, car il estimait que l'impérialisme de la culture littéraire classique était une évidence reconnue depuis la première guerre mondiale.\"Non, je ne plaisante pas le moins du monde.Je crois que la vie intellectuelle de l'ensemble de la société occidentale tend de plus en plus 3 se scinder en deux groupes distincts ayant chacun leur pôle d'attraction.Lorsque je parle de vie intellectuelle, j'entends y inclure aussi une large part de notre vie pratique, car je serais bien le dernier 3 donner 3 entendre que l'on peut, en allant au fond des choses, établir une distinction entre les deux.J'y reviendrai d'ailleurs un peu plus tard.Deux groupes, donc, ayant chacun leur pôle d'attraction: 3 un pôle, nous avons les intellectuels littéraires, qui se sont mis un beau jour, en catimini, 3 se qualifier d'\"intellectuels\" tout court, comme s'ils étaient les seuls 3 avoir droit 3 cette appellation.Je me rappelle avoir entendu G.H.Hardy - c'était durant les années trente - me demander d'un ton légèrement perplexe: \"Avez-vous remarqué l'emploi que l'on fait aujourd'hui du mot \"intellectuel\"?Il semble correspondre 3 une définition nouvelle, qui ne s'applique en tout cas ni 3 Rutherford, ni 3 Eddington, ni 3 Dirac, ni 3 Adrian, ni 3 moi.C'est assez curieux, vous ne trouvez-pas?\" Des intellectuels littéraires 3 un pôle - 3 l'autre des scientifiques, dont les plus représentatifs sont les physiciens.Entre les deux, un abîme d'incompréhension mutuelle - incompréhension parfois teintée, notamment chez les jeunes, d'hostilité ou d'antipathie.Les membres de ces deux groupes ont les uns des autres une image singulièrement déformée.Leur état d'esprit est si différent que, même au niveau de l'affectivité, ils ne parviennent pratiquement pas 3 trouver de terrain d'entente\" ^ urbanisé sans rejeter les apports d'une culture littéraire plus 4 C.P.Snow est inquiétant parce qu'il connaît de l'intérieur ces deux pôles culturels et qu'il ne cherche pas naTvement a \"vendre\" au lecteur celui de son choix.Il constate que la culture traditionnelle a perdu ses moyens d\u2019interroger le vécu: en se posant comme seule valide, elle a diminué sa propre crédibilité.\"Les attitudes de l'un des pôles deviennent les anti-attitudes de l'autre.Si les scientifiques ont l'avenir dans le sang, la culture traditionnelle, elle, réagit, en cherchant a ignorer cet avenir, â faire comme s'il n'existait pas.C'est la culture traditionnelle qui, dans une mesure que l'apparition d'une culture scientifique a singulièrement peu atténuée, régit et gouverne le monde occidental\" 17.Dès avant 1960, cette problématique était du domaine public.Elle cristallisait un malaise général d'où les puissants remous créés autour de ce texte.Les universitaires s'en mêlèrent, puis les ministres, les journalistes et les parents.Mais qu'est-ce que cela a changé?On pourrait, je pense, refaire aujourd'hui à la cafétéria du Collège cette petite expérience tentée par Snow, en changeant simplement Shakespeare pour Molière (et encore).Je m'attendrais personnellement â des réactions du même ordre.\"Et les intellectuels littéraires, direz-vous?Eux aussi s'appauvrissent, et plus gravement encore, peut-être, du fait qu'ils en tirent davantage vanité.Ils s'obstinent 3 prétendre que la culture traditionnelle constitue toute la \"culture\".Comme si les lois de la nature n'existaient pas.Comme si l'étude de ces lois ne présentait d'intérêt ni en soi, ni sur le plan pratique.Comme si l'édifice scientifique du monde physique n'était pas, dans sa profondeur intellectuelle, sa complexité et son articulation, l'oeuvre collective la plus belle et la plus étonnante que l'esprit de l'homme ait jamais conçue.La plupart des non-scientifiques, toutefois, n'ont aucune idée de ce qu'est cet édifice.Ils ne le pourraient d'ailleurs pas, quand bien même ils le voudraient.On dirait que toute une catégorie d'intellectuels est atteinte de surdité tonale - 3 ceci près que cette surdité tonale est le fait, non pas de la nature, mais de leur éducation - ou, plutôt, de leur absence d'éducation.Comme les sourds, ils ne savent pas ce qu'ils perdent.Ils émettent un petit gloussement de commisération en apprenant qu'il existe des savants qui n'ont jamais lu une seule des grandes oeuvres de la littérature anglaise et ravalent ces savants au nombre des spécialistes ignares, sans se rendre compte un instant de leur propre ignorance et de leur propre degré de spécialisation.J'ai bien des fois assisté 3 des réunions de personnes qui, d'après les critères de la culture traditionnelle, étaient considérées comme très évoluées, 49 et qui s'étonnaient toutes, avec beaucoup de verve, de ce que'les scientifiques fussent si incultes.Il m'est, en une ou deux occasions, arrivé de m'irriter de ces propos et de demander qui, de toute cette honorable compagnie, était capable de dire en quoi consistait la deuxième loi de la thermodynamique.Ma question jeta un froid dans l'assistance et demeura sans réponse: c'était pourtant, dans le domaine de la science, 3 peu près l'équivalent de la question \"Avez-vous lu une oeuvre de Shakespeare?\".18 Pour poursuivre dans le même humour, quelles réponses obtiendrait-on en demandant aux membres de la Commission pédagogique \"Pour quels travaux scientifiques le Québécois Léo Marion at-t-il obtenu plusieurs distinctions internationales?\" Personne ne niera que la culture littéraire traditionnelle n'ait droit au titre de culture, même enfermée dans son mépris de la connaissance scientifique.Mais il faut encore se battre pour établir pourquoi les sciences de la nature en feraient officiellement partie.S'agit-il, oui ou non, d'une perspective autonome sur le monde, comportant des méthodes, des concepts, des attitudes élaborés et différenciés?S'agit-il d'un apprentissage susceptible d'infléchir toute la vie intellectuelle d'un individu?S'agit-il d'un type de construction et d'appréhension des faits nécessaire S la pondération de la plupart des jugements de valeur que doit porter le citoyen moyen éclairé dans notre société?L'attitude scientifique présente-t-elle les quatre caractères des acquisitions qui apprennent 3 apprendre, soit la disponibilité, l'assimilation, la totalisation et la transférabilité des connaissances?'9 ji se trouvera peu d'esprits pour répondre négativement.\"A l'un des deux pôles, la culture scientifique est réellement une culture, au sens non seulement intellectuel, mais aussi anthropologique du terme.Je veux dire par 13 que point n'est besoin 3 ceux qui s'en réclament de toujours se comprendre parfaitement (ce qui, bien entendu, demeure relativement exceptionnel).Les biologistes se font le plus souvent une idée assez bruneuse de la physique contemporaine.Mais il existe des attitudes communes, un cadre de référence et des modes de comportement communs, des façons correnunes d'appréhender les problèmes et de formuler des hypothèses.\" 20 Nulle part, on ne trouve de discours qui justifie théoriquement la ségrégation entre les deux cultures.Et, pourtant, cette exclusive anachronique demeure la loi.L'appauvrissement que s'infligent mutuellement les deux pôles semble obtenir la complicité des structures et celle des agents.\"Il semble donc qu'il n'y ait aucun contact possible entre les deux cultures.Dire que c'est dommage ne servirait 3 rien.C'est d'ailleurs bien pire que cela. 50 J'aborderai bientôt certaines des conséquences pratiques de cet état de choses.Mais au coeur même de la pensée et de la création, nous laissons se perdre quelques-unes de nos meilleures chances.De la rencontre de deux sujets, de deux disciplines, de deux cultures (autant dire de deux galaxies) devraient, normalement, jaillir des chances créatrices.Dans l'histoire de l\u2019activité mentale, c'est ainsi que des interpénétrations ont pu se produire.Ces chances, elles existent; elles sont lâ, 3 notre portée.Mais elles demeurent pour ainsi dire isolées dans le vide, faute pour les deux cultures de pouvoir se parler.Il est curieux de constater a quel point le monde des lettres du XXe siècle a mal assimilé la science du XXe siècle\".21 Et où donc ces deux cultures devraient-elles d'abord ouvrir le dialogue sinon dans les institutions de formation?La clef est dans la redéfinition d'une formation fondamentale, où la démarche des sciences exactes (et non la vulgarisation) soit véritablement expérimentée.C'est lâ précisément la thèse que soutient fermement le Rapport Parent en 65.Les documents ministériels dans le domaine de l'Education paraissent bien fades, face â ce projet déjà vieux de quinze ans, mais dont le ton et l'envergure restent fort jeunes.J'ai eu souvent l'impression que, si tous ici s'y réfèrent, peu l'ont effectivement lu.Sans être d'accord avec toutes ses dimensions (l'expérience nous a rendus prudents), je me permettrai d'en rappeler certains énoncés.Je préférerais pouvoir me référer à un portrait plus récent, serrant l'expérience de près, et mesurant les problèmes d'aujourd'hui.L'opération bilan de dix années de cégep (1977) aurait pu et dû permettre au ministère de produire un tel instrument de travail.Cela manque.Revenons donc au discours des commissaires qui ont siégé entre 62 et 65.Le leitmotiv est clair: \"Le désir de voir l'éducation accordée a l'évolution actuelle inspire l'ensemble de notre rapport\" 22.\t|_e rôle et la place des sciences expérimentales dans la culture ainsi que les privilèges indus des humanités sont exposés dans le chapitre \u201chumanisme contemporain et éducation\" du tome second.Le pluralisme culturel y est présenté en des termes aussi nets que ceux de C.P.Snow, dont l'argumentation est citée, résumée et assumée par les coirmissaires 23.£ux aussi estiment que ce cloisonnement stérile appartient au passé.L\u2019éclatement de la culture littéraire paraît alors irréversible et doit absolument se traduire dans les programmes.\"Culture scientifique et culture technique comportent pourtant elles aussi une intéressante conception de l\u2019homme et du monde; elles exigent des aptitudes, développent des qualités intellectuelles et font appel a des mécanismes de pensée aussi essentiels que les lettres ou la philosophie\" 24 L'argumentation ne laisse subsister aucune ambiguité.Ce qui caractérise le nouvel humanisme, c'est un contact sérieux avec la connaissance scientifique (et les arts). 51 \"Il est tout aussi important aujourd\u2019hui pour un philosophe, de connaître dans ses grandes lignes, l'oeuvre d'Einstein ou les conceptions de Le Corbusier que la pensée de Camus ou de Sartre\" 25, Toutes les réflexions sur la culture depuis la guerre vont dans ce sens.Or, les commissaires pensaient que les cours complémentaires serviraient 3 franchir le fossé entre les deux cultures.\"Quels que soient les arrangements concrets, c'est l'objectif qui compte: par les cours complémentaires, il s'agit de permettre 3 des étudiants d'élargir la base de leur spécialisation dans le domaine qu'ils ont choisi, mais aussi de les forcer 3 un dernier contact en profondeur avec les autres ordres de connaissances.Nous retrouvons, ici, la préoccupation exprimée au chapitre 1, d'éviter l'étanchéité entre les univers intellectuels.C'est cette même préoccupation que l'on retrouve dans le rapport Crowther, 3 savoir que les étudiants qui s'orientent vers les études de type littéraire (\"literacy\") ne deviennent pas complètement étrangers aux études quantitatives (\"numeracy\") et inversement.Ces principes ne s'appliquent pas seulement aux étudiants qui s'orientent vers l'université, mais 3 tous ceux qui fréquentent l'institut\".26 L'institut du Rapport Parent, on le sait, c'est le cégep d'aujourd'hui.Il est peu utile d'accumuler plus de citations devant une telle transparence.Les moyens concrets n'ont pas d'importance, dit le texte, c'est l'objectif qui compte.Les cours complémentaires n'ont pas assuré cette fonction de contact avec les sciences de la nature: le nouvel humanisme a avorté avant d'avoir été essayé.Il faut,par conséquent, viser cet objectif par le moyen des cours cormiuns et obligatoires, seule garantie d'une formation fondamentale ouverte et sûre.Le document ministériel de 80 ne saurait faire l'économie de cette hypothèse s'il entend, conformément au \"Livre blanc\" sur les collèges se situer dans la continuité des objectifs du Rapport Parent.Et si cette avenue est abandonnée, qu'on le dise ouvertement.Pour limiter les objections contre la proposition d'instaurer dès maintenant, un cours obligatoire de sciences de la nature, on fera brièvement un autre détour, dans l'espace celui-là.C.P.Snow et les commissaires nous en avaient fait part: le problème du rejet des sciences exactes hors du champ des valeurs culturelles \"nobles\" se pose 3 l'échelle de l'Occident.Il est donc normal que le reste du Canada en souffre également.Quoique des nuances de structure nous distinguent, la situation est semblable sur le point qui nous occupe.A témoin, un document récent publié (et très mal traduit en français) par le Conseil des sciences du Canada: Un contexte canadien pour l'enseignement des sciences couramment désigné comme le Rapport Page 27.Ce texte est direct.Il parle de crise, d'urgence, de causes, de fins et de moyens.Il dénonce l'image caricaturale des sciences de la nature qui circule dans le grand public comme dans les institutions d'enseignement.Mutatis mutandis, la plupart des remarques de Page sur la distorsion, entre le rôle des sciences dans la société canadienne et leur place nulle et étriquée dans la \"culture générale11, que reçoit le citoyen de l'Etat par l\u2019école s'appliquent au Québec d'aujourd'hui.Le thème central est le suivant: \".la vaste majorité des diplSmés en sciences humaines des universités et collèges sont des illettrés pour ce qui est des sciences! La situation se perpétue puisque beaucoup de ces diplômés deviennent 3 leur tour des professeurs ou des parents.En ce qui concerne les étudiants qui poursuivent des études non scientifiques, le problème consiste essentiellement en l'insuffisance, au niveau post-secondaire, de l'enseignement général des sciences\".28 L'analyse étudie l'impact des sciences exactes (et de la technologie) sur la vie des citoyens.Il y a bel et bien une dépossession concrète qui affecte tous ceux qui sont étrangers 3 la perspective scientifique, c'est-3-dire presque tout le monde présentement.L'une des voies pour remédier 3 cette carence, c'est: \".que l'on envisage sérieusement d'exiger de tous les étudiants qui ne font pas officiellement de sciences, qu'ils suivent un cours d'initiation 3 la science, lequel leur donnera une connaissance élémentaire du rôle joué par la science dans notre culture.\" 29 Le Rapport Page s'intéresse essentiellement 3 la dimension culturelle de l'activité scientifique.Les sciences sont un moyen de nous connaître nous-mêmes: elles jouent un rôle dans le choix de notre échelle de valeurs 30.On cite le communicateur scientifique M.D.Suzuki de CBC: \".l'ignorance collective du public au sujet des sciences est consternante.La facile acceptation et la vogue de l'astrologie, des OVNIS, de la parapsychologie, d'Uri Geller, de la communication avec les plantes, du triangle de naufrage des Bermudes, de la malédiction des pharaons etc.montrent que l'esprit scientifique ne s'est pas propagé dans la vie quotidienne\".31 Une part des responsabilités de ce déphasage culturel est attribuable, selon ce document, aux scientifiques eux-mêmes dans la mesure où ils ont renoncé 3 diffuser leur savoir hors du cercle étroit de leur franc-maçonnerie.L'instauration d'un cours de sciences de la nature dans le cadre de la formation fondamentale, selon le Rapport Page, n'est que l'une des stratégies de sensibilisation 3 élaborer mais c'est la plus importante.Pour ma part, j'estime que les objectifs culturels d'un tel cours seraient mieux atteints par une approche centrée sur la science qui se fait, plutôt que sur ses résultats codifiés en système.Ce qui ouvre 3 la conscience les perspectives dynamiques et créatrices de l'esprit scientifique, c'est le travail de la raison raisonnante, 3 l'oeuvre dans ses médiations formelles, plus que les stratifications de la raison raisonnée.L'universalité du produit des sciences ne doit pas masquer la démarche vivante, enracinée dans un milieu.Il est extrêmement regrettable qu'au Québec, le ministère de l'Education soit absent de ce débat sur les composantes majeures de la culture 3 transmettre.Les apparences laisseraient croire que la DGEC voudrait 53 bScler la réforme du régime pédagogique avant que les grandes décisions sur l'économie» l'environnement ou la recherche ne lui imposent des retombées précises qui la mettent au pied du mur.L'héritage du Rapport Parent, c'est en effet dans le \"Livre blanc\" sur la recherche scientifique qu'on le trouve: \"En fait, ce qui est en jeu ici, ce n'est rien de moins que l'approfondissement et la diffusion de la culture scientifique et technique - de ce que le Programme de Vienne appelle une \"mentalité scientifique\".Le Livre blanc sur le développement culturel en avait rappelé la nécessité: \"La science contribue 3 former des attitudes, 3 modeler l'environnement, 3 orienter la vie quotidienne de tous, dans le monde oü nous sommes, le citoyen ne peut davantage être étranger 3 la science qu'3 l'art\".Et il ne faisait en cela que confirmer une des visées les plus fondamentales de notre réforme scolaire des années 60, notamment l'élaboration et la mise en oeuvre des concepts d\"'école polyvalente\" et de \"cégep\": favoriser le développement d'une éducation ouverte aux diverses dimensions (scientifique et technique aussi bien que littéraire et artistique) de la réalité culturelle contemporaine\".32 Malheureusement, à la page suivante, l'éléphant accouche d'une souris: au niveau du cégep, tout se réduit 3 la sensibilisation des étudiants aux dimensions scientifiques et technologiques dans le cadre d'un cours obligatoire sur la civilisation québécoise.Cela engage au plus quatre ou cinq heures de vulgarisation.Comment expliquer cette disproportion?Serait-ce que la DGEC aurait d'avance fait connaître son vëto 3 l'équipe des Affaires culturelles qui a formulé les politiques de ce Projet collectif?Il faut maintenant aborder la proposition du feuillet de neuf pages sur la formation fondamentale, issu du Service des programmes de la DGEC.L'auteur prétend qu'il s'agit d'un \"essai\" réalisé après \"analyse\" de huit documents officiels datés de 62 3 78.Il cite trois paragraphes du \"Livre blanc\" sur l'avenir des collèges et voil3 deux pages d'occupées.Les deux pages suivantes nous donnent des renseignements vraiment nouveaux et pertinents pour remanier de façon efficace le régime pédagogique: nous apprenons que \"le cégep est un lieu de formation qui correspond 3 un âge psychologique spécifique et qui a des caractères propres\" 33.on nous informe qu'il est situé entre le secondaire et le marché du travail ou l'université et que c'est un système ouvert .S'agit-il de présenter le cégep devant un congrès de pédagogues japonais ou de réfléchir, avec des instruments de mesure appropriés, sur l'atteinte des objectifs visés depuis douze ans, avec des heurts, des déboires et des tensions notoires?Et ce ton pontifiant (que les philosophes appellent entre eux celui de la \"métaphysique de concierge\") reste le même jusqu'3 la fin.On nous dit que 1 \"\u2019une de ses spécificités (du cégep) est qu'il véhicule un humanisme nouveau, dû 3 la contiguité de l'enseignement professionnel et de Renseignement pré-universitaire\" 34.Tout le monde sait qu'il n'en est rien.La bonne vieille culture générale, amputée du latin, du grec et de 54 l'histoire, est imposée â tous les étudiants, souvent 3 rabais 35 par le fameux tronc commun étroit et fatigué.De toute évidence, l'auteur veut éviter le débat sur les faits en se retranchant derrière de pieuses généralités qu'il sait intenables.En effet, depuis quand la contiguïté engendre-t-elle magiquement l'échange et la convergence?Autre découverte 3 laquelle les fonctionnaires voudraient nous initier: 1'Sge moyen de nos étudiants est un.âge psychologique plutôt qu\u2018arithmétique et c'est le moment des affirmations de l'individu 36.Voilà qui nous permet enfin de construire une grille de cours sur des assises précises! Nous lisons, en page 5, que le but du cégep est l'atteinte de l'autonomie personnelle, professionnelle et sociale.C'est une conception bien vaste: elle a le tort de s'approprier des secteurs qui relèvent strictement l'un de la famille et l'autre de l'individu.Les moyens énoncés pour réaliser ce but sont étonnants: l'autonomie, la compétence et la responsabilité 37.L'autonomie (quel en est le modèle pour l'auteur?) est-elle un moyen ou un but?A moins qu'il ne s'agisse d'un mythe irréductible 3 des décisions opératoires.Se pourrait-il que douze ans d'exercice ne l'ait pas encore ébranlé?On a peine 3 croire que des fonctionnaires se drapent encore d'un tel tissu de boursouflures pendant que nos étudiants nous écrivent sérieusement dans leurs copies que les extra-terrestres sont 3 l'origine de la vie sur la terre.Quant aux caractères principaux de la formation fondamentale énoncés dans ce feuillet, ils sont du même acabit: savoir, savoir-faire, savoir-être (sic) 38.on ne peut pas deviner si le ministère estime que les détenteurs d'un D.E.C.jouissent effectivement de ces trois plénitudes.La lecture du feuillet laisse plutôt l'étrange impression que les collèges n'auraient pas encore été institués.La \"conscience des grands défis de tout ordre\" et la \"tentative d'instauration d'humanismes renouvelés\" 3^ peuvent-ils se concevoir dans le cadre d'un programme dont les sciences de la nature et les arts peuvent être complètement absents?Peut-on dire que l'on favorise \"la maîtrise des langages humains\" sans préciser que le discours des sciences exactes est l'ouverture la plus efficace sur l'universel ?Peur finir, il faut souligner une inquiétude certaine devant le caractère totalitaire et paternaliste d\u2019une conception de la formation fondamentale qui prétend prendre en charge (non exclusivement, on le concède) toutes les dimensions du vécu de l'étudiant.Sa généralité ne la fait pas innocente.Car l'Etat prétend gérer les aspects d'ordre intellectuel, culturel et méthodologique, celui du comportement personnel, les données d'ordre physique, esthétique, volitif, social, éthique et politique 4 '.C'est 3 la fois trop et trop peu.Le \"développement intégral de la personne\" 43 n'est pas du ressort de l'Etat.Il faut tout ignorer de l'analyse institutionnelle pour prétendre ingénument s'en occuper.Cependant, les mêmes fonctionnaires estiment que l'intégration de l'axe scientifique 3 l'ensemble de moyens que l'école propose aux citoyens instruits pour penser leur îlliS 55 et cela semble bien être leur dernier mot - d'offrir un cours complémentaire de vulgarisation dans le super-marché des crédits.J'ai tenté de montrer, â travers une courte-pointe de textes anciens et récents, que le Québec partage avec plusieurs sociétés occidentales le problème du vieillissement paresseux de la culture libérale (et peut-être aussi de celui des fonctionnaires de l'Education?).Mais j'ai insisté sur le fait que, parmi les premiers, il y a fait face dès le début des années soixante: il a pris l'initiative de proposer des risques calculés et courageux pour que le cégep puisse offrir l'instrumentation symbolique contemporaine ouvrant sur une intelligibilité de la situation contemporaine.L'intendance n'a pas suivi et elle nous fait savoir aujourd'hui, d'une manière qui sous-estime l'intelligence de ses partenaires locaux, qu'elle ne veut pas de problèmes.Cependant, des problèmes il y en aura.En s'enfermant dans ses positions \"californiennes\" qui ont été la mode des années soixante-dix, cette arrière-garde les prépare.Ce qui sous-tend tous ces lieux communs sur la formation fondamentale est en effet une idéologie bien familière: c'est le psychologisme qui a sévi dans l'univers des sciences de l'éducation.On reconnaît le culte naïf d'un ego réduit S ses états d'âme.Rétrécissement des perspectives, narcissisme facile, affirmation de la liberté brute (sans les moyens de l'exercer), communication par \"vibrations\" et monosyllabes, le tout se résume â l'expressivité 3 tout prix, pourvu qu'on la coiffe du nom prestigieux de créa-tivité.Il en résulte un discours manichéen: d'une part, la permissivité spontanéiste \u201ccool\" permet l'épanouissement auto-gratifiant, \"personnel\", libre; d'autre part la pensée astreinte aux médiations strictes aux formalisations rigoureuses, aux démarches cumulatives ^ c'est un système cas-trateur, répressif parce que normatif, bref, déformateur.Dans ce type de discours, c'est toujours de l'extérieur que la rationalité est jugée.Par curiosité, j'aimerais savoir quel pourcentage des fonctionnaires du ministère de l'Education détiennent un diplôme universitaire en sciences de la nature.De toutes manières, ce qu'on constate, comme professeur de collège, ce sont les ravages de cette anomie déstructurante qui circule aussi facilement dans nos classes que dans La femme bionique et dont le ministère se fait un complice passif.Les effets sont visibles 44: désaffection générale pour les sciences, engouement pour l'écologie - minute, la mystique naturiste, la sécurité du \"groupie\".Comme si le ministère de l'Environnement du Québec était le refuge des illuminés.Comme si l'expression dé l'opinion sincère était le critère de la compétence et de l'autonomie.En manquant le virage qui s'impose aujourd'hui, la DGEC aura 5 répondre de sa dysfonctionalité.Car plusieurs grands projets sont maintenant engagés dans la société québécoise par les autres secteurs de l'Etat.Il faut, dès aujourd'hui, une relève dotée des moyens (et non du culte) de la rationalité.Ce sera la créativité effective 45 ou la dépendance.Bâtir le Québec implique une formation scolaire très structurée.L'aménagement du moyen nord et du grand nord demande une volonté collective éclairée par une connaissance précise du milieu naturel.L'assainissement du Saint-Laurent, déjà en marche, (et qui engage plus de deux milliards en contributions publiques) n'est pas l'affaire des 56 seuls biochimistes.Enfin, la pertinence de la nationalisation du secteur de l'amiante regarde tous les citoyens.Faudra-t-il, pour avoir un interlocuteur sérieux, attendre la nomination du ministre d'Etat au développement scientifique?Un ministère de l'Education qui marginalise l'éducation au fait ^6 au profit de l'éducation aux valeurs, me semble exercer un abus de pouvoir C'est pourquoi, je réitère mon appui 3 la proposition de rendre obligatoire, dans le régime pédagogique des collèges, au moins un cours de sciences de la nature intégré dans la formation fondamentale de tous les étudiants non inscrits dans la concentration des sciences de la nature.NOTES 1)\tLes collèges du Québec, projet du gouvernement 3 l'endroit des C.E.G.E.p:, M.E.Q.78.2)\tPar exemple, La formation professionnelle, M.E.Q.80 et le questionnaire très restrictif qui l'accompagne.3)\tCf.La formation scientifique dans le système d'éducation québécois, mémoire adressé au Ministre de l'Education par les coordonnateurs de l'enseignement des sciences de la nature 80.4)\tDGEC, Service des prograrrmes, février 80.5)\tSous-titre: énoncé de politique économique, 79.6)\tCouramment appelé \"Livre vert\" sur la recherche et publié par le Ministre d'Etat au développement culturel, 79.7)\tDe même source que le précédent, 78.8)\tLa formation fondamentale, p.1 (supra p.37).9)\tLequel porte en sous-titre: énoncé d'orientations et plan d'action pour la mise en oeuvre d'une politique québécoise de la recherche scientifi que.10)\tCf.les autres documents cités 3 la p.1 du feuillet (supra p.37).11)\tOn veut parler ici du ministère d'Etat et des ministères particuliers qu\u2019il chapeaute.12)\tIl suffit de feuilleter le \"Livre vert\" sur la recherche scientifique pour percevoir la variété et la qualité de sa documentation.13)\tEn réalité, l'émergence des humanités classiques en tant que discipline culturelle date de la Renaissance: elle est donc contemporaine 57 de la constitution des sciences expérimentales.Cf.Rapport Parent 11.6.- 14)\tLa formation générale, Unesco 57.15)\tCe texte fut d'abord prononcé dans le cadre de la Conférence Rede 1959.Il parut en version française dans la Collection \"Libertés\" chez Pauvert en 68.16)\tOp.cit., pp.14-15.17)\tOp.cit., p.24.18)\tOp.cit., pp.28-29.19)\tPour le dernier élément, cf.Olivier Reboul, La philosophie de 1'éducation, P.V.F.71, pp.11 3 31.20)\tLes deux cultures, p.22.21 ) Op.cit., p.13.22)\tRapport de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec, 65, t.II, p.3.23)\tOp.cit.24)\tOp.cit.II, p.12.25)\tOp.cit., pp.29-30.Je laisse aux commissaires la responsabilité de leurs exemples.26)\tOp.cit., p.167.Le souligné est de nous.27)\tOctobre 79.Il porte en sous-titre: document 3 débattre (qui veut dire document de travail) et il offre vraiment matière 3 réflexion.James E.Page y présente au grand public les points saillants de toute une série de rapports et principalement du Rapport Symons.28)\tOp.cit., p.20.29)\tOp.cit., p.28.30)\tOp.cit., p.49.31)\tOp.cit., p.48.32)\tUn projet collectif, p.22.Un rappel: la DGEC ne donne aucune place ni aux sciences ni aux arts dans les cours coranuns, en dépit du Rapport Rioux.33)\tOp.cit., p.3 (supra p.38). 58 34)\tOp.cit., p.3 (supra p.38).\t 35)\tIl faut feuilleter les examens des finissants état linguistique ils sortent du collège: la est loin d'être assurée.\tpour voir dans quel \u201cliteracy\" elle-même 36)\tOp.cit., p.3 (supra p.39).\t 37)\tOp.cit., p.6 (supra p.40).\t 38)\tOp.cit., p.6 (supra p.40).\t 39)\tOp.cit., pp.6-7 (supra p.41).\t 40)\tOp.cit., p.7 (supra p.41).\t 41)\tOp.cit., pp.7-8-9 (supra pp.42-43)\t 42)\tOp.cit., p.6 (supra p.40)\t 43)\tOn veut parler des mathématiques, des sciences philosophie, des techniques exigeantes et même\texactes, de la de la gramnaire.44)\tCf.Le Devoir, 3 avril 80, p.4: La baisse de\tla natalité fait courir un grave danger 3 la rechercne universitaire.45)\tLe \"Livre blanc\" sur la recherche a sa propre définition: \".l'activité de recherche scientifique laquelle n'est rien d'autre que le libre exercice de l'intelligence créatrice.\", p.14.46)\tQui est, à proprement parler, l'instruction. 59 DOCUMENT REPERTOIRE DES THESES DE DOCTORAT: ADDITIONS ET CORRECTIONS Il y a un an, nous avons publié un répertoire des thèses de doctorat en philosophie soutenues dans les universités du Québec des origines 5 1978 inclusivement.Dans le \"Liminaire\" de cette publication, le directeur du Bulletin invitait les lecteurs à faire parvenir leurs remarques concernant diverses erreurs ou omissions qu'ils pourraient y déceler.On trouvera donc ci-dessous, c'est la façon la plus économique que nous ayons trouvée, une liste des numéros de thèses modifiés.La plupart des cas concernent seulement des erreurs de transcription dans les titres ou les noms d'auteurs, erreurs dont nous n'avons pas toujours été les responsables.Il semble que nous n'ayons oublié personne dans notre liste originelle.Nous voulons explicitement remercier messieurs Christopher B.Gray, Roland Houde, Guy Godin et Jean-Claude Simard pour leur contribution aux indications qui suivent.A cet effet, nous avions oublié, dans nos remerciements d'alors, de mentionner monsieur Guy Dinel, chef de la division des archives de la Bibliothèque de l'Université Laval.Claude Gagnon et Denise Pelletier Répertoire: liste alphabétique des thèses modifiées T.19 BERQUIST, Duane-H.\"Descartes and the Way of Proceeding in Philosophy\", Université Laval, 1964 T.104 GAGNE, Romain, \"Monisme, Energétique, Symbolique: une réévaluation du dualisme freudien\", Université Laval, 1978 T.154 KEEL, Othmar, \"Cabanis et la généalogie épistémologique de la médecine clinique\", McGill University, 1978 60 T.166 LANGLOIS, J.s.j.\"La délectation\", Université Laval, 1949 T.183 LOCKQUELL, Clément, f.e.c.\"La génération temporelle de la sagesse chez les poètes-théologiens et les premiers physiologues\", Université Laval, 1942 T.187 MARCIL, Louise \"The Epistemological Foundations of the Appeal to Common Sense in Claude Buffier and Thomas Read\", McGill University, 1974 T.232 OTTO, John-A., \"The Commentary of St Thomas on the Ethics of Aristotle.Book I, Intro and trad.\", Université Laval, 1951 Le professeur Roland Houde nous fait parvenir une liste des appartenances 3 diverses communautés religieuses concernant plusieurs docteurs.Nous reproduisons cette liste dans l'ordre alphabétique.Nous croyons qu'elle peut servir, par exemple,3 retracer l'individu dans les archives des communautés en cause.T.\t39\tCANTIN, Stanislas, abbé T.\t45\tCHABOT, Marie-Emmanuel, sr.o.s.u.T.\t74\tDOLAN, Joseph-Vincent, s.j.T.\t75\tDOLAN, S-Edmund, f.s.c.T.\t81\tDROUIN, Paul-E., m.s.c.T.\t82\tDUFAULT, Wilfrid-J., a.a.T.\t83\tDULAC, Henri,rev.T.\t85\tDURAND, Anthony, rev.T.\t113\tGAREY, Mary-Jocelyn, sr.o.p.T.\t117\tGENEST, Charlotte, (Marie de Lourdes T.\t128\tGONZALEZ, Crescentius, o.p.T.\t133\tGUINAN, Winifred M., (Saint Michael, T.\t135\tGUTIERREZ, Florentino, o.p.T.\t141\tHEBERT, Thomas a.a.T.\t143\tHOLLENCAMP, Charles rev.T.\t149\tJETTE, Emile, c.s.v.T.\t153\tKEARNEY, Francis-William, o.f.m.T.\t156\tKELLY (Marie-de-Jésus, sr.r.s.h.m.) T.\t162\tLALOR, Juvénal, rev.T.\t167\tLAROCHELLE, Joseph, abbé T.\t186\tLYONS, John-Thomas, rev. 61 T.\t189\tMcCOY, Charles, rev.c.n.r.T.\t192\tMcGOVERN, T., s.j.T.\t195\tMACLELLAN, Thomas-M., s.j.T.\t196\tMcMAHON, Georges-J., s.j.T.\t201\tMALONEY, James-R., o.p.T.\t204\tMARCOTTE, J-Normand, s.m.T.\t214\tMARTIN, Vincent M., o.p.T.\t222\tMULLAHY, Bernard-I., c.s.c.T.\t226\tO'BRIEN, Julia-Maria, sr.s.c.T.\t231\t0TIS, Louis-Eugène, abbé T.\t244\tPHAM VAN LONG, Joseph, abbé T.\t257\tREITH, H., c.s.c.T.\t265\tROYAL, Peter, rev.T.\t268\tSASSEVILLE, Thérèse (Saint-Edouard, T.\t279\tSMITH, Sixtus-Robert, brother T.\t288\tSULLIVAN, Richard-M., c.s.c.T.\t289\tSUPPLE, J.M., o.m.i.T.\t290\tTAYLOR, Joseph, o.p.T.\t298\tVACH0N, Louis-Albert, abbé Enfin, le professeur Christopher B.Gray de l'Université Concordia nous transmet le commentaire suivant.Il souligne que notre définition d'une \"langue étrangère\" (p.11-12 de notre répertoire) nous conduit â souligner plus du tiers des titres de thèses répertoriées puisque 116 de celles-ci sont rédigées en langue anglaise.Ce qui constitue, selon le professeur Gray, \"a peculiar definition of a 'foreign language1!\" Nous voulons rappeler que nous avons agi ainsi pour \"concilier les usages habituels et la nécessité d'une présentation uniforme\" (p.12).D'une part nous ne pensons avoir fait aucune discrimination entre les deux langues puisque nous les avons traitées de la même façon: par exemple, \".Les ouvrages cités dans ces titres (en langue anglaise) ne sont signalés que par des majuscules lorsqu'ils sont en anglais.Quant aux ouvrages cités dans les titres de thèses rédigés en français, ils sont signalés aussi seulement par des majuscules s\u2019ils sont en français\" (p.12).D'autre part nous ne pensons pas que la fréquence d'une pratique langagière puisse modifier la nature de celle-ci.Dans la mesure où le répertoire est rédigé en français, toutes les autres langues \"deviennent pour l'occasion\" étrangères.Il n'était nullement question, pour nous, de définir la langue anglaise comme étrangère au Québec mais seulement de traiter cette langue comme étrangère dans le document rédigé en français.Corollai rement, nous ne pouvons qu'être d'accord avec le professeur Gray sur l'énorme contribution anglophone (116 documents sur 312) dans l'histoire de la philosophie québécoise et nous somnes sensibles à une telle proportion dans notre production d'ici.Dans cette même lignée de considération, il est tout aussi révélateur de constater que sur les 116 doctorats anglophones québécois, 100 ont été soutenus à l'Université francophone de Laval; statistique qui démontre que nous n'avons jamais considéré nos collègues de langue anglaise comme des étrangers, bien au contraire. 62 DOCUMENT LISTE DES THESES DE DOCTORAT ET DES MEMOIRES DE MAITRISE DEPOSES DANS LES UNIVERSITES QUEBECOISES ANNEE 1979 Pour donner une suite à notre répertoire des thèses de doctorat des origines à 1978, nous commençons cette année à donner une liste des thèses et mémoires déposés dans les universités qui donnent ces grades.Nous aurions bien aimé offrir le répertoire des licences et maîtrises depuis les origines mais, corme dans le cas du répertoire des doctorats, notre demande de subvention a été refusée par les Archives Nationales du Québec.Il est impensable de fabriquer un tel répertoire sans argents pour la recherche.Nous devons donc abandonner pour l'instant le projet d'un répertoire pour l'histoire de notre deuxième cycle.Toutefois nous avons pensé qu'il ne serait pas tellement plus difficile d'ajouter 3 la liste annuelle des thèses, la liste des mémoires bien que dans ce second cas, le nombre d'institutions concernées passe de 4 3 8.Une question particulière se pose pour ce qui est de l'Université Concordia.Le département de philosophie de cette université décerne un Master of Arts (Philosophy).Mais bien que ce département n'offre pas d'études pour un troisième cycle, l'Université décerne un diplôme classé 3 l'item \"humanities\" dans l'annuaire Graduate Studies 1980-81 qui se définit comme suit \"Doctor of Philosophy (Humanities)\".Après étude, je considère que les docteurs qui ont réussi ce programme d'études peuvent être classés comme philosophes, au même titre que les docteurs de l\u2019Institut d'études médiévales.Pour l'année 1979, il n'y a cependant aucun nom en liste 3 Concordia.Je remercie encore une fois les collègues qui ont bien voulu m'aider 3 colliger les titres, Marc Chabot, Denise Pelletier, André Carrier (professeur, Cégep Lévis-Lauzon) et Christine Coal lier (étudiante, U.Q.A.M.).C.G.Liste des thèses de doctorat - 1979 (janvier 3 décembre) T.1 BIMSON, Norma \"Historical explanation and the deductive Criterion\", McGill University. 63 T.\t2\tBOULAD-AYOUB, Josiane \"Le Platonisme de Descartes dans sa théorie des idées\", Université de Montréal, département de philosophie.T.\t3\tBOURDEAU, Arthur \"De l'amour dans le monde physique\", Université Laval.T.\t4\tDELANEY, Catherine C.\"The place of Beauty in the moral order\", Université Laval.T.\t5\tGARRIGUES, Marie-Odile, \"L'oeuvre d'Honorius Augustodunensis: inventaire critique\", Université de Montréal, Institut d'études médiévales.T.\t6\tGRANT McRAE, Robert \"Speculative presentation and the self-manifestation of the Absolute in Hegel's philosophy\", Université Laval.T.\t7\tKELLER-KULLY, Elisabeth \"Edition et commentaire du Codex Weimar Q 565\", Université de Montréal, Institut d'études médiévales.T.\t8\tLAFORTUNE-MARTEL, Agathe \"Les entremets du Banquet>du Faisan (1454): aspects politiques, sociaux et culturels\", Université de Montréal, Institut d'études médiévales.T.\t9\tRAPHAEL, Ley!a \"Wittgenstein et Hertz: pour une lecture antipositiviste de Wittgenstein\", McGill University.T.\t10\tWALLNER, Ingrid \"Jacob Siqismund Beck's phenomenological transformation of Kant's critical philosophy\", McGill University.Liste des mémoires de maîtrise - 1979 (janvier 5 décembre) M.1\tAPRIL, Réal \"Sens critique, autonomie et gratification\", Université Laval.M.2\tBARCELO, Yvan \"Esquisse d'une onto-psychologie\", Université de Montréal, département de philosophie. 64 M.\t3\tBEAUDET, Raymond \"Philosophie et informatique; quelques applications\", Université Laval.M.\t4\tBELANGER, Raymond \"Approche comparative du concept ae dialectique chez Hegel et Lacan\", Université du Québec 3 Montréal M.\t5\tBLACKBURN, William\tKim \"The philosophy of\tperception of Roy Wood Sellars\" McGill University.M.\t6\tBOULET, Bernard \"Les définitions traditionnelles de 1'enthymème\", Université Laval.M.\t7\tBRENNAN, Stephen \"Evolutionary Naturalism: A study in the ontology of moral phenomena\", Concordia University.M.\t8\tBRIERE, Diane \"La performativité du langage poétique\", Université de Montréal, département de philosophie.M.\t9\tBRISSON, Marie \"Le cheminement critique de Ernst Cassirer dans l'examen du processus de la conscience\", Université Laval.M.\t10\tBRUNET, Louis \"Logique et vérité\", Université Laval.M.11 CLARK, Bruce D.\"The role of sensible matter in the definitions of modern physics\", Université Laval.M.12 CLOUTIER, Pierre \"La philosophie mathématique issue de la logique intuitionniste\", Université de Montréal, département de philosophie.M.13 DAUPHINEE, Pierre \"Sensa in Sellars' theory of perception\", McGill University.M.14 DIONNE, Marie-Claude \"Traduction des vers de la mort d'Hélinan de Froidmont, présentation, notes et commentaires\", Université de Montréal, Institut d'études médiévales. 65 M.15 DORTELLI, John \"The concept of imagination in Aristotle and Avicenna\", McGill University.M.16 DUBE, Viateur \"Le concept et les pratiques de 1'enfermement\", Université du Québec â Montréal.M.17 DUBOIS, Denis \"Le statut épistémologique du concept de chose en soi chez Kant\", Université de Montréal,département de philosophie.M.18 DUPRAS, Francine \"Sécularisation et idéologies\", Université de Montréal, département de philosophie.M.19 DUVAL, Michel-André \"La sympathie de la nature et de l'écriture du \"moi\" indéfini chez Michel de Montaigne\", Université de Montréal, département de philosophie.M.20 GAGNE, Sylvie \"Vers une problématique du signe en psychanalyse\", Université du Québec à Montréal.M.21 GAUDREAULT, Donald \"Le sens du monde et l'horizon du monde de la vie; le projet \"archéologique\" d'Edmund Husserl\", Université Laval.M.22 GAUTHIER, Gilles \"La problématique de la signification dans la théorie des actes de langage de John R.Searle\", Université du Québec a Trois-Rivières.M.23 GIROUARD, Pierre \"Le panitérisme Bruni en (L'idée de voyage chez Jean Brun)\", Université de Montréal, département de philosophie.M.24 GOHIER, Christiane \"Analyse critique des théories éducatives de type organique\", Université de Montréal, département de philosophie.M.25 GUAY, Michel \"Théorie marxiste de la production culturelle\", Université de Montréal, département de philosophie.M.26 HODDER, Beth \u2019nd of Spinoza\", University. 66 M.27 M.28 M.29 M.30 M.31 M.32 M.33 M.34 M.35 M.36 M.37 M.38 LAFERRIERE, Claude \"La thématique du néant chez Bergson\", Université de Montréal, département de philosophie.LA RIVIERE, Bernard \"Etude d'auteurs et d'idées anarchistes\", Université de Montréal, département de philosophie.LAURENT, Guy \"Le feeling chez Henri Bergson\", Université de Montréal, département de philosophie.LEMAY, Diane \"Essai sur le problème du sens et de la signification; les dichotomies saussuriennes sont-elles invincibles?\", Université de Sherbrooke.LEONARD, Richard \"La connaissance chez Nietzsche dans l'oeuvre Humain trop humain: Tome I\", Université de Montréal, département de philosophie.LEVESQUE, Yvan \"La dëconstruction du sujet\", Université de Montréal, département de philosophie.MARCEAU-GAUTHIER, Elisabeth \"Analyse et commentaires du Livre de Sydrach - XlIIême siècle\", Université de Montréal, Institut d'études médiévales.MARTINEAU, Jacques \"Dieu et le mal chez Jung\", Université Laval.MORIYAMA, Tamio \"M.Merleau-Ponty: réflexions sur la phénoménologie\", Université Laval.PELLETIER, Denise \"Sémiologie connotative et idéologie: lecture de Roland Barthes\", Université du Québec â Trois-Rivières.PERREAULT, Jean-Charles \"La théorie marxiste de la connaissance\", Université Laval.PESELY, Gregory Alan \"La conception darwinienne et moderne de la sélection naturelle\", Université Laval. 67 M.39 PICARD, Yvon \"Mathématique phénoménologique\", Université Laval.M.40 PICHET-BECHARD, Johanne \"La vie et l'oeuvre philosophiques de Jean Cavaillês\", Université Laval.M.41 RIOUX, Jacques \"L'épreuve du nihilisme\", Université de Montréal, département de philosophie.M.42 SAINT-LAURENT, Marc \"Critique du matérialisme marxiste face 3 l'impact écologique\", Université de Sherbrooke.M.43 SOCKEY III, Eli William \"A critical analysis of the theories of local motion according to Aristotle, the theory of impetus and the theory of inerty\".Université Laval.M.44 THUMBLE, Rodney \"Metaphysical anthropology: analytic presentation of the ratiovitalism of José Ortega y Gasset\", Université Laval.M.45 TREMBLAY, Michel \"La performativité du langage scientifique chez Karl R.Popper et sa mise en question par la critique des idéologies chez Jurgen Habermas\", Université de Montréal, département de philosophie.M.46 VERAQUIN, Patrice \"Les principes de la découverte oratoire\", Université Laval. 68 CONTRIBUTION BIOPHILIE VERSUS AVILISSEMENT CULTUREL: A LA MEMOIRE D'ERICH FROMM Parmi les efforts qu'on fait depuis un siècle pour poursuivre dans la théorie et dans la pratique, les diverses réformes et révolutions conçues pour ce temps, en particulier celles de Freud et de Marx, Erich Fromm aura été celui qui cherche une synthèse pondérée, classique autant que révolutionnaire.Dans la perspective oü un changement profond n'est pas nécessairement un changement abrupt, c'est ainsi que Fromm se voulait.Il répond bien aussi 3 l'idée que Bergson se fait du philosophe: celui qui n'a jamais qu'une seule chose â dire.Ses oeuvres sont animées par un leitmotiv qu'il reprend sous divers aspects: la lutte contre les tendances destructives et nécrophiles de l'humanité.Dans leur forme maligne, Fronm y reconnaît et décrit un syndrome de l'avilissement, qui peut être un carac tère acquis, individuel ou collectif.On observe effectivement ces tendances destructives, tant 3 l'Est qu'â l'Ouest, depuis la fin du capitalisme bourgeois jusqu'au capitalisme d'organisation, en passant par Hitler et Staline.?Fromm reste difficile 3 situer et aura toujours été très discuté.Placé au coeur de lignes de tir qui s'entrecroisent 3 partir de traditions auxquelles il se réfère toujours, en dépit du fait qu'il les développe, comme il le dit, selon leur contenu latent, il devient ainsi la cible des freudiens orthodoxes, des marxistes du parti, bien sûr, des juifs et des chrétiens croyants, puisqu'il est athée et qu'il se réclame malgré tout de la tradition biblique (ce dernier point semble fort paradoxal: nous y reviendrons plus loin).Face 3 sa propre école de pensée, il tiendra des positions qui ne se raccordent pas toujours bien avec celles d'Adorno, Horkheimer ou Marcuse Son histoire et sa pensée accompagnent cependant celles de ces juifs allemands qui ont pérégrinë (condition biblique s'il en est) depuis les années '30, pour fonder, chez eux cotrnie en exil, la pensée humaniste de l'école de Francfort.Après avoir été directeur de l'Institut de Psychologie de l'Université de Francfort de 1930 3 1934, il devient co-directeur (avec Ldwenthal et Sternheim) de l'Institut de Recherches Sociales, succédant en 1934 3 Horkheimer et Pollock.A ce moment-13, l'Institut a déj3 émigré 3 Genève (avec succursales 3 Paris et Londres) pour finalement aboutir la même année 3 Columbia (N.Y.), oû tous ces gens se retrouvent, y compris Marcuse, Wittfogel et Adorno.Fromm continue d'enseigner et de pratiquer la psychanalyse aux Etats-Unis, alors que l'Institut est retourné en Allemagne en 1949.En 1968, il enseigne au Mexique et y fait des recherches en anthropologie culturelle avec M.Maccoby.En 1969, on le retrouve en Suisse où il finira ses jours (Muralto 1980, â l'3ge de 79 ans) après y avoir écrit ses dernières grandes oeuvres: The Crisis of Psychoanalysis: Essays on Freud, Marx and Social Psychology; The Anatomy of Human Destructiveness; To Have or to Be~I Sa vie durant, il a contribué 3 des revues scientifiques (dont Psychiatry); il a écrit des oeuvres connues en France, Allemagne, Angleterre et aux Pays-Bas aussi bien qu'en Amérique et chez-nous.Dans la mesure où ses oeuvres sont produites dans un langage accessible, sans jamais être dépourvues des renvois techniques essentiels, Fromm aura été un penseur qui a atteint un assez large public.Les oeuvres les plus connues sont: Escape from Freedom; The Sane Society, The Revolution of Hope; The Forgotten Language, et son étude très documentée sur la Bible: You Shall Be as Gods.Sans compter une oeuvre qui a eu un succès encore plus étendu: The Art of Loving, où il résume plus simplement l'essentiel de sa croyance en l'homme et sa possibilité de dépasser la source de toute maladie mentale (individuelle et sociale): le narcissisme.?De l'Ecole de Francfort, avec laquelle on peut l'identifier en un premier temps, Fromm retient et reprend une bonne majorité des thèmes qu'ont élaborés ses confrères.Il aboutit avec eux 3 une critique passablement commune de la société du XXième siècle: abstraction, réification des rapports humains, aliénation 3 la production, mort de l'homme en ce qu'on réduit le particulier au général, l'individu au conceptuel.Des conséquences apparaissent au sein de la culture: disparition du sens historique, apathie, récupération des masses laborieuses, séparation de l'émotion et de la raison.Et il y a surtout au sein des attitudes mentales et pratiques que l'Ecole veut critiquer, l'apparition de la \"raison instrumentale\".Cette dernière attitude est le résultat d'une réduction de ce que fut la raison comme pouvoir d'émancipation historique de la nature et des formes mythiques de pensée.Réduction 3 un scientisme et un positivisme qui ne sont ni plus ni moins que de nouveaux mythes dominateurs.La puissance du sujet s jest retournée contre lui et a nié toute autonomie personnelle.L'homme s'est mis au service de ce qui lui donne la puissance.Corme on construit une idole de ses mains pour ensuite la prier de nous rendre la force qu'on a aliénée en elle, et qu'on ne reconnaît plus corme nôtre.La \"raison instrumentale\" est aussi une attitude chosifiante en ce qu'elle aboutit 3 nier la dialectique comme pouvoir négatif de vérité (corme conscience de ce qui n'est pas encore).Les divers positivismes cherchent des totalités, des identités positives.La raison dialectique ne peut être une totalité de facticité (v.g.Cercle de Vienne) ni même une totalité historique 70 positivement identifiable maintenant, coime chez Marx et Hegel (Adomo).Pour Frotim, la \"raison instrumentale\" deviendra un symptôme de régression et de destructivité.C'est pourquoi, la raison comme puissance, la raison totalisante et la raison totalitaire s'identifient à la fin pour donner naissance à la \"raison instrumentale\", celle qui chosifie.De là â énoncer une morale pragmatique, sans caractère humain et suivre le principe: \"tout ce qui est techniquement possible et réalisable doit être fait et réalisé\" (Frorm, Espoir et révolution).le pas est déjà franchi.Produire quelque chose cornue un four à micro-ondes sans se demander si c'est humainement nécessaire, utile ou même agréable, mais simplement parce que c'est techniquement possible; faire des expériences médicales sur les juifs avant de les passer au four crématoire; analyser et réaliser une division du travail à partir du seul souci du rendement; réduire l'émancipation des travailleurs à une doctrine, un slogan et un catéchisme., c'est au fond, tout un, parce qu'issu de la même approche instrumentale.Pour Fromm, il s'agit là de nécrophilie.La passion pour le mécanique (le positivisme en est) est l'amour du non-vivant.La parenté entre Fromm et l'Ecole de Francfort s'arrête ici.Il commence à se distinguer nettement, d'abord en ce qu'il n'a pas suivi la \"théorie critique\" de l'Ecole jusque dans sa \"dialectique négative\", i.e.dans cette sorte de \"refus global\" qui l'a conduite à ne plus croire aux possibilités inhérentes aux forces en place pour faire une révolution.Adorno, Horkheimer et Marcuse ressentent une sorte de pessimisme qui fait que la \"théorie critique\" n'entrevoit pas la possibilité d'une révolution par la classe ouvrière (récupérée) ni même cette possibilité immanente aux contradictions actuelles pour susciter un nouveau groupe social comme sujet révolutionnaire (tel que des néo-marxistes corme Gorz et Goldmann savent en poser).Leur discours débouche sur une attente négative et finalement leur affinité se réfugie souvent vers une contestation issue du tout autre pôle de la réalité: la praxis esthétique, qui, elle aussi, est le témoignage de la raison négative.(\"Tout est écrit sur une feuille blanche\".André Breton).Fromm, pour sa part, tient un discours positif: il croit le changement encore possible au sein de ce temps, encore que l'alternative d'une régression perverse est imninente et verra bientôt l'homme engagé dans des chemins sans retour.Il moralise et s'adresse à tout individu susceptible d'entreprendre solidairement avec d'autres, les transformations économiques et culturelles permettant un revirement vers une société qui favorisera une attitude plus \"productive\".Le \"caractère productif\" se définit chez Fromm corme l'antithèse de ce qui fait le \"caractère social\" de l'horme en société marchande.Apathie ou violence (c'est issu de la même maladie) sont des éléments apparaissant dans le syndrome de l'aliénation contemporaine.Il y a une typologie des conduites régressives (collectives) qu\u2019on peut énumérer ainsi: dépendance à la fonction, au groupe, à la profession et au salaire, passivité et conformisme doublé d'insécurité et d'anxiété, hédonisme ou philosophie de l'instant, coupure des émotions et de la vie des sens, passion 71 pour les chiffres et les abstractions.(Société aliénée et société saine, du capitalisme au socialisme humaniste.) C'est 1\u2018homme pris en charge et manipulé.L'homre \"productif\" au contraire choisit ce qui est du cOté de la vie; il préfère l'aventure 3 la sécurité; il s'engage avec sollicitude et appartenance â des tSches qu'il gère lui-même et où il exerce sa transcendance et sa créativité.Fromm dira avec Freud, de façon plus sommaire, que le critère de la santé mentale c'est d'être capable d'aimer et de travailler.Comme Friedmann, cet autre grand déçu du marxisme, (cf.La puissance et la sagesse), From mise sur l'éducation de 1'individu et le réveil de sa conscience, face â la disproportion entre la machine sociale et ce qu'il reste de pouvoir à l'homme conme tel.Il propose une réorganisation de la société en petits groupes (de dimension humaine); la participation active de ces sous-groupes de base à la politique et ce, pas seulement de façon sporadique; ceci va de pair avec la co-gestion des entreprises.On pourra douter qu'une telle transformation se réalise, vu le diagnostic d'aliénation et d'impuissance que Fromm pose lui-même.D'autant qu'il s'adresse plutSt â la conscience de l'individu qu'3 la conscience d'une classe sociale particulière et opprimée.Fromm fonctionne ici en pathologie sociale, avec les mêmes lois curatives que dans la pathologie individuelle: \u201d1) .le fait de souffrir, qu'il soit conscient ou non, résulte de l'échec d'un développement normal et produit une impulsion dynamique â surmonter la souffrance, c'est-â-dire à opérer une modification dans la direction de la santé.C'est cette impulsion, cette aspiration à la santé, qui doit servir de fondement â tout traitement curatif, qu'il s\u2019agisse de maladie physique ou de maladie mentale; elle n'est absente que dans les cas pathologiques les plus graves.2) Le point de départ est la prise de conscience, par le malade, de son état de souffrance, de ce qui est rejeté par sa personnalité consciente et dissocié d'avec elle.3) Pour être vraiment effective, la conscience croissante du malade doit être aidée par un changement pratique apporté au mode de vie bâti sur une structure névrotique ainsi entretenue.\".Au plan de la correction du \"caractère social\" et de sa pathologie (\"schizophrénie discrète\" pour le moment, dira From) il faut concevoir le changement non pas au niveau d'une classe seulement, ni au seul niveau d'une structure économique, ou encore au seul niveau de la conscience, mais solidairement 3 tous les plans, et pas 3 pas s'il le faut.Dans ces conditions, on oublie les querelles de mots sur le radicalisme, le réformisme ou les solutions de force.(Société aliénée et société saine).Les altercations qui manifestent l'originalité de Fronm ne se terminent pas ici.Lorsque dans les années 1960 il voit jusqu'où Marcuse va dans la traduction libre des idées de Freud, il lui reproche d'abord de faire de la Métapsychologie sans fondement clinique et d'édifier une philosophie de la psychanalyse.C'est par 13 qu'on en arrive 3 des interprétations arbitraires de concepts techniques qui, renvoyant supposëment 3 Freud, aboutissent 3 de graves contre-sens.Marcuse pense que le principe de réalité est une instance purement négative et purement sociale, et que le principe de plaisir est la norme hédoniste de satisfaction coime but de la vie.Ainsi, l'un serait le contraire de l'autre, alors que chez Freud il y a un rapport dynamique entre les deux; le principe de réalité est une modification du principe de plaisir. 72 Une autre distorsion n'est pas moins grave; 13 oû Marcuse emploie l'idée freudienne de refoulement, in différencient pour des phénomènes conscients d'ordre politique (répression) et des phénomènes inconscients d'ordre psychologique (N.B.le terme anglais favorise cette confusion).Ainsi la conclusion principale de la psychanalyse s'obscurcit.Finalement, la critique la plus importante va 5 l'orphisme marcu-sien.Sa philosophie va 3 l'opposé de ce qu'il y a d'essentiel chez Freud, 3 savoir son concept de maturation.L'évolution de la libido depuis le narcissisme primaire jusqu'au stade génital, en passant par l'oral et l'anal, se trouve renversée chez Marcuse.Il nie le primat de la sexualité génitale, le considère comme répressif, issu de la famille monogamique et bourgeoise.Il préfère une sexualité \"plus libre\" parce que non liée 3 des responsabilités qui impliquent un dépassement de la solitude en créant des liens matures.S'ensuivent les inévitables tendances 3 l'homosexualité, tendances 3 diminuer l'importance de la polarité des sexes; tendances 3 la sexualité de groupe et 3 certaines perversions sadiques et anales.Fromm prend ici ses distances par rapport 3 la nouvelle gauche américaine, dont certaines pratiques ont parfois rétrogradé.Orphée et Narcisse sont des enfants dont on peut, dira Marcuse, admirer le chant et la spontanéité.Fromm, pour sa part, trouve qu\u2019il est plus facile de glorifier une régression au stade pré-génital que d'affronter des relations qui impliquent une décentration de soi.L'organisation libidinale infantile est plus facile 3 vivre: elle n'implique pas la coupure des liens avec la terre-mère et son heureuse confusion symbiotique.?Si on veut caractériser la pensée de Fromm par rapport 3 Freud, il faut dire qu\u2019il y ajoute (développe) beaucoup dans la mesure oü il est tout autant fasciné par Marx (sans compter ses fréquentations avec le Bouddhisme Zen et son attachement 3 la tradition biblique; nous y reviendrons).Mais il conserve également beaucoup, surtout devant les errances de la psychologie contemporaine.Par ailleurs, \".il a tenu 3 garder une place latérale et autonome, 3 distance de la \"bureaucratie\" du mouvement psychanalytique\" (J.Chazaud, \u201cErich Fromm et la crise de la psychanalyse\" dans Information psychanalytique, 50, no 8, oct.'74, p.863).Ceux qui sont restés au début près de Freud ont subi son paternalisme autoritaire (c'était son problème, dit Fromm).Plus positivement, From a su allier la profondeur de Freud 3 l'humanisme dialectique de Marx, et par 13 corriger un certain mécanicisme et une certaine limitation des notions freudiennes.D'abord, il élargit les concepts trop restreints de Freud concernant, entre autres, les instincts et les pulsions.C'est 3 partir de Marx qu'il conçoit que l'homme a des \"pulsions fixes\" (besoins biologiques) et des \"pulsions relatives\" liées au mode de production des sociétés ou des cultures 1. 73 C'est ici le fil conducteur de la pensée de Fromm.Si, en effet, l\u2019homme peut se définir non plus seulement conme un être naturel et biologique (pulsions fixes) mais aussi comme un être social (pulsions relatives), c'est dire un bon nonfcre de choses importantes par delà ce que Freud a posé: 1)\ton ne peut plus décrire la situation de 1 'Oedipe ou du lien incestueux sous leur aspect uniquement sexuel; 2)\ton doit supposer que 1\u2018honnie est arraché aux liens de la nature pour vivre en société et que sa destination est la (ce qui est passablement différent du pessimisme de Freud â cet égard et nous situe plus prés de Marx-Engels); 3)\tla situation d'être culturel et social tout autant qu'être biologique place l'honme devant des alternatives: soit s'aventurer hors des liens matriciels et devenir adulte, soit vouloir retourner au paradis perdu de son enfance (la nature); 4)\ts'il est voué a naître dans une culture et un mode de production donnés, ceux-ci peuvent favoriser cette progression ou cette régression de la conscience.5)\tces deux types de comportement définissent ultimement deux types d'\"orientations\" du \"caractère social\" (ou individuel): la \"biophi lie\" et la \"nécrophilie\".Donc, l'homme est arraché aux liens primitifs de la nature (mère) et doit construire des liens nouveaux fondés sur l'autonomie et la relation sociale.Phrase banale en apparence, mais dont on peut mesurer toute la portée en regardant de plus près les transformations que Fromm fait subir aux idées de Freud.Freud concevait 1'Oedipe surtout et d'abord comme un lien libidinal du fils â la mère, lien confronté au père comme rival.Fromm dépasse cette forme de relation en ce que les liens 3 la mère (garçon et fille) ont une signification émotionnelle beaucoup plus large: la fixation incestueuse 3 la mère n'est pas seulement sexuelle et négative (pathogène); l'attachement primaire de l'enfant â la mère donne lieu a diverses possibilités comme le goût de l'enracinement, de la tendresse, de la chaleur et de la fraternité ou, inversement, â l'envie de retourner a la matrice.Cette arîtiivalence est encore marquée par le rappel des théories de Bachofen: les liens â la mère (conme dans les sociétés matriarcales) sont positifs et négatifs.Dans leur aspect bénéfique, ces liens concrétisent l'affirmation de la vie, de la liberté et de l'égalité (en tant qu'enfants de la mère et de la nature, les hommes sont égaux et aimés d'un amour inconditionnel).Dans leur aspect dégradant, les fixations au sol, â la nature et â la race empêchent l'homme de développer son individualité.Cette ambivalence des liens propres à la structure matriarcale permet aux socialistes, d'une part, d'invoquer la fraternité et aux nazis, d'autre part, de tabler sur les liens irrationnels du sang et de la race.De même pour le rflle du père: \"les aspects positifs du complexe patriarcal sont la raison, la discipline, la conscience et l'individualisme.Les aspects 74 négatifs en sont la hiérarchie, l'oppression, l'inégalité et la soumission\".(Société aliénée et société saine, Le Courrier du Livre, pp.51-60.) Dans un même ordre d'idées, la notion freudienne de refoulement s'étendra à des sentiments d'ordre social: au sentiment de solitude et d'inutilité, â la frustration des tendances à l'amour, â la solidarité et la \"productivité\".Freud tenait une conception mécaniste de la libido: \"d'après lui les désirs libidinaux suivent le chemin des besoins physiologiques.des sentiments comme la tendresse et l'amour sont considérés corrme des phénomènes qui résultent des intérêts libidinaux et les accompagnent: les individus ont besoin les uns des autres pour satisfaire leurs pulsions enracinées dans le monde physiologique\" (Crise de la psychanalyse, Denoél , p.43).Pour Fromm, l'homme peut transcender cette situation de genèse et de résolution quasi bio-chimique des pulsions; il peut répondre activement 3 une situation de coupure (coupure d'avec les liens de nature) par la création de liens de culture.De tels liens sont dans un rapport dialectique à la conscience.Les cultures peuvent favoriser la maturation ou bien la régression aux attitudes pré-génitales infantiles.On n'est donc plus devant une réponse mécaniste.Selon Fromm, l'homme n'est plus déterminé â chercher des objets-réponses â ses pulsions.On peut peut-être chosifier l'objet de nos besoins (désirs); on peut aussi avoir des rapports qui respectent l'autonomie de l'autre et sontenracinés dans l'autonomie du sujet qui se met en relation.D'où, finalement, 1'\"alternativisme\" de Fromm (il nomme ainsi sa philosophie concernant la définition de l'homme).On peut progresser ou régresser: on peut maturer vers l'autonomie ou retourner a des liens incestueux, sources du narcissisme, du conformisme et d'une dépendance doublée de l'angoisse de se détruire ou de détruire les autres.Le \"syndrome de l'avilissement\" comporte en effet 1) l'amour de la mort (nécrophilie) 2) le narcissisme dans sa forme maligne 3) la fixation â une symbiose incestueuse.Ce syndrome est le dernier degré de recul (plusieurs degrés moindres sont possibles) lorsque l'homme ne choisit pas l'alternative de la vie.En dernier lieu, ces transformations théoriques conduisent Fromm â critiquer Freud dans sa théorie de 1'instinct de mort.Etant donné que Fromm professe un \"altemativisme\", l'instinct de mort n'est pas une donnée biologique initiale comme le pensait Freud.Créativité et destructivité (ou instinct de vie et instinct de mort) ne sont pas deux besoins qui existent séparément; tous deux constituent l'alternative au besoin de transcendance.Les \"biophiles\" s'aventurent sur les chemins de la vie dans la mesure où ils ont affronté la coupure des liens incestueux; les \"nécrophiles\" s'installent dans une recherche morbide de sécurité, aiment la loi et l'ordre et tout ce qui est mécanique ou non-vivant.On entrevoit d'ici la critique du bureaucrate (américain, allemand ou soviétique) et de ses approches â \"computer\", qui installent des rapports abstraits, froids, parce que sécuritaires et apathiques.?A toi des : le i lift Sins îiil, ijij ¦ serii Je if en ef n in Pour ! iii-j» rîcor, 5t(s Il on ' le jj % Hen Mi lQ t/fl, iï c Mu çesî Il Q Me D!*lc, ? 75 Une dernière source fondamentale de la pensée de Fromm: la Bible.A tout moment dans son oeuvre, on rencontre des analyses où la présence des symboles et récits bibliques cStoie, soutient et même transforme les thèmes psychologiques et socio-culturels.Ainsi, l'idée de séparation de la nature (coupure des liens infantiles) et de transcendance de l'homme (créer ou détruire) s'éclaire par la Genèse: l'horrane est appelé a sortir du \"paradis\" (matrice) pour entrer dans l'autonomie et l'histoire.L'altemativisme de Fromm se comprendra mieux également si on connaît la série des choix devant lesquels Dieu met son peuple: Israël est sans cesse confronté â régresser vers les religions primitives (idolâtrie, Baal, Veau d'or.) ou 3 se rallier au monothéisme.D'ailleurs, cette idée du monothéisme est très importante pour Fromm (en tant qu\u2019\"idée\" servant le développement psychologique et social); c'est elle qui permet de dépasser les états de conscience plus primitifs et plus dépendants.Si, en effet, on est placé devant un Dieu dont les attributs sont innombrables et infinis (\"tu ne feras pas d'image de ton Dieu\"), non chosifiables donc, il n'est plus alors possible d'extraire une qualité humaine (ou divine) donnée et de s'y soumettre.Il y a homologie entre idolâtrie et aliénation.Pour Fromm, la profonde différence entre 1'idolâtrie et le monothéisme réside dans le fait que l'homme idolâtre projette une partie de lui-même au-dessus de lui, il hypostasie une de ses qualités, s'y soumet et ne la reconnaît plus cornue sienne.Osée, XIV, 8: \"Nous ne dirons plus 'vous êtes nos dieux' aux ouvrages de nos mains\".(Ici, la société de consommation se reconnaîtra.) Toute soumission adorante est une aliénation.Si le Dieu d'Israël possède des qualités infinies et innorrmables(théologie négative), il permet le développement au lieu de la fixation; et surtout: rien d'humain ne peut être chosifië, puisque l'homme aussi possède des qualités infinies.Le technocrate, par son abstraction, entretiendra s'il le veut des rapports d'idolâtrie; cette situation historique régressive est a dépasser.Fromm pense que le sens historique de la Bible se termine dans l'humanisme i.e.13 où l'homme surmonte le mieux possible ^ ses dépendances infantiles et régressives; où il s'éprouve lui-même comme le centre générateur d'actes vivants, imprégnés d'amour et de raison (1'irrationnalité, c'est le narcissisme secondaire ou la nécrophilie ou encore la symbiose).La croyance en un Dieu réel (extra ou intra-mondain) est posée comme utile mais non nécessaire.Cependant \u201cl'esprit religieux\" issu des religions monothéistes (juive, musulmane, chrétienne) ou de religions évoluées comme celles de l'Orient, n'a pas d'équivalent fonctionnel présentement pour fonder, du moins théoriquement, une mentalité de progression.On comprendra donc, dans ce contexte, son attachement â la Bible et, paradoxalement, son athéisme.? 76 Fromm fut avant tout un humaniste, et c'est par là qu'il aime se définir.Il a misé sur la modification des conditions économiques et culturelles de façon 3 ce que l'homme puisse prendre goût â l'existence.Quand on sait la morosité ou l'étourdissement compulsif des ressortissants de la culture contemporaine, cet auteur reste d'un profond intérêt au sein de la grande famille des critiques de ce temps.Avec Freud et par-delà lui, avec Marx et la Biole, dans une synthèse finalement très personnelle, il conduit 3 penser que l'amour de la vie est encore possible, en dépit de l'accumulation sans précédent d'armes destructives et de l'apathie croissante des sociétés technologiques.Cependant, sur les chemins de la libération, les chances de l'alternative 3 la destructivité ne se présenteront pas indéfiniment.Jean-Marc Chénier Collège de Maisonneuve NOTES 1)\tOn peut sans doute le classer parmi les \"psychologues culturalistes\" comme Karen Horney et H.S.Sullivan; cependant il aime mieux se présenter lui-même par la voie de la \"psychanalyse humaniste\" ou encore par 1'\"alternativisme\".2)\tFrormi ne prend pas seulement ses perspectives historiques dans Marx (ou Bachofen).Il les prend aussi dans la Bible.L'homme est donc conçu, 3 l'encontre de Freud, comme un animal historique et non isolé (social).Ce que Fromm aime moins de Marx c'est son néo-rousseauisme: après la lutte des classes, l'accomplissement de l'histoire, période heureuse et sans conflit.Vu son alternativisme, il se refuse également 3 voir l'avènement du socialisme comme immanent de façon inévitable 3 1\u2018histoire. 77 CONTRIBUTION IN MEMORIAM ROGER MARTIN A la fin de l'année 1979, disparaissait prématurément Roger Martin, professeur 3 l'U.E.R.de mathématiques, logique formelle et informatique de l'Université de Paris V.Tous ceux qui l'ont connu n'auront pu être que consternés par la mort de celui qui représentait, au sein du monde francophone, le lien qui doit unir l'activité formelle qu'est la logique mathématique 3 la philosophie.Son itinéraire personnel est, 3 ce point de vue, exemplaire.Né le 17 mars 1920 au Puy (Haute-Loire), Roger Martin fait ses études secondaires au lycée Buffon 3 Paris.Il prépare ensuite le concours d'entrée 3 l'Ecole normale supérieure où il est reçu en 1938.Mais des problèmes de santé le contraignent 3 interrompre ses études.Ne prévoyant plus pouvoir faire carrière dans l'enseignement, il prépare et obtient le dipléme de bibliothécaire en 1943.Un an plus tard, il se présente au concours de l'agrégation de philosophie qu'il réussit.Il enseigne alors au lycée, puis 3 la faculté des lettres de Besançon.C'est 3 cette époque que son intérêt pour le formalisme et la logique s'éveille et de 1945 à 1950, il entreprend des études de mathématiques et il obtient la licence.De 1950 3 1964, devenu bibliothécaire en chef de l'Ecole normale supérieure, il rédige sa thèse qui sera publiée sous le titre de Logique contemporaine et formalisation, et qui demeure encore aujourd'hui son ouvrage principal.Le thème central de ce livre est celui des rapports qu'entretiennent les théories formelles axiomatisées avec les conceptions nafves qui en sont 3 l'origine.Ce problème qu'il considérait comme fondamental en philosophie de la logique, restera un thème très important dans ses réflexions ultérieures et ses cours tout cornue ses séminaires en garderont l'empreinte.Pour cet ouvrage, il reçoit le prix Jean-Cavailiés, ce qui marque bien l'importance et l'originalité de ce travail dans le contexte d'une philosophie française qui, par tradition, n'entretenait que des rapports fort lointains avec l'activité scientifique.Après la publication de sa thèse, Roger Martin devient professeur 3 la Sorbonne puis 3 l'U.E.R.de mathématiques, logique formelle et informatique de l'Université de Paris V i la suite de la réforme du système universitaire français en 1969.Il occupera ce poste jusqu'3 sa mort.La tSche d'enseignant de Roger Martin n'a pas été des plus faciles.Tout d'abord, dans un pays où la tradition logique était réduite 3 bien peu de choses, il dut se battre pour convaincre les milieux universitaires de la nécessité et même de l'utilité d'une formation en logique pour l'étudiant de philosophie.Ensuite se posa très vite le problème de la pédagogie 3 adopter pour enseigner une matière aussi formelle 3 un public de \"littéraires\".A ce point de vue, son Cours de logique, qui n'existe malheureusement qu'en polycopié et dont nous espérons fortement la publication, réussit le tour de force de rendre accessible 3 un public de 78 formation non scientifique une introduction moderne â la logique contemporaine, et ce sans manquement a la rigueur qu'exige la fréquentation de la logique formelle.Cette même rigueur, Roger Martin l'étendait d'ailleurs au discours philosophique en général, ce qui lui interdisait d'avoir des \"opinions philosophiques\" ou du moins les réduisait-il 3 un ensemble minimal: rares selon lui étaient les certitudes qui survivaient â un examen critique approfondi et celles-ci appartenaient sans doute au domaine logico-mathématique.Les différents thèmes abordés a son séminaire qui n'était peut-être pas le plus couru de Paris (ce qui est plutet flatteur), reflétaient bien cet état de choses: Dedekind, Frege, Russell, Cantor et Zermelo furent examinés à la loupe et quelquefois au microscope.Mais c'est sans doute a Bertrand Russell et a sa théorie des types - auquel il consacra deux années de son séminaire - que Roger Martin vouait la plus grande admiration.C'était selon lui un des rares philosophes capables de changer d'idée en s'apercevant qu'il avait tort ou que ses conceptions n'étaient pas adéquates.Aussi Russell représentait-il â ses yeux un modèle de mariage heureux entre le sens critique et l'imagination prolifique, condition presque nécessaire 3 la création philosophique.Cette rigueur, Roger Martin l'exigeait aussi des autres.Sans doute a-t-elle éloigné de lui certains de ceux qui ne partageaient pas ses conceptions mais ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui garderont le souvenir d'un homme qui ne cédait jamais a la facilité.Par la qualité de ses recherches pédagogiques dans l'enseignement de la logique, aussi bien que par sa qualité de formateur, Roger Martin restera une figure importante dans le monde philosophique contemporain.Souhaitons que son oeuvre se perpétue et que la logique continue â reconquérir la place qui lui revient de droit dans l'enseignement de la philosophie.François Lepage Université du Québec a Montréal OEUVRES DE ROGER MARTIN -\t\"Sur les notions intuitives mises en oeuvre par la construction et l'étude d\u2019un système formel\", in Le Raisonnement en mathématiques et en sciences expérimentales, Colloque intern, du C.N.R.S., 1955 (Paris, 1958).-\t\"Les idées actuelles sur la structure de la pensée logique\", in Notion de structure et structure de la connaissance, XXe semaine de synthèse, 1956 (Albin Michel , 1957). \"Raisonnement mathématique et récurrence\", in Etudes philos., vol.II (1956).\u201cL'Epistémologie depuis 1859\", in Tableau de la philosophie contemporaine , Weber et Huisman dir.(Fischbacher, Paris, 1957).\"Epistémologie et philosophie\", in Hommage 3 Gaston Bachelard (P.U.F., 1957).\"Systèmes formels et préoccupations génétiques\", in Implication, formalisation et logique naturelle, E.W.Berth dir.(P.U.F., 1962).Introduction à l'ouvrage de Jean Cavaillês, Philosophie mathématique (Hermann, Paris 1962).\"Dialectique et esprit scientifique chez Gaston Bachelard\", in Etudes philos., vol.18 (1963).Logique contemporaine et formalisation (P.U.F., 1964).Contribution 3 un vocabulaire de la logique moderne, thèse complémentai de lettres (dactylographiée, Paris, 1964).\"Bachelard et les mathématiques\", in Bachelard, centre Cerisy-la-Salle (coll.10/18, 1974). 80 CONTRIBUTION NOTE SUR HENRY MILLER \"S\u2019il y avait un homme qui oserait dire tout ce qu'il pense de ce monde, il ne lui resterait pas un pouce de terrain sur lequel se tenir debout.Lorsqu'un horone surgit, le monde lui tombe dessus et lui casse les reins\".Henry Miller, Tropique du Cancer Le sept juin 1980, Henry Miller est mort en Californie 3 Pacific Palisades.Comme tous les écrivains connus, il fut un auteur fort mal connu.On sait généralement qu'il fut un écrivain controversé.Il a scandalisé l'Amérique au début des années cinquante avec Sexus, Tropique du Cancer et Tropique du Capricorne.Il a raconté sa vie dans ses livres et ses amours avec Anaîs Nin le sauvent peut-être encore de la censure.La féministe Kate Millett en a fait le représentant de la phallocratie; même en 1980, on est gêné de dire qu'il est un de nos auteurs préférés.Miller était un spiritualiste, une sorte de gourou du sexe malgré lui.On peut bien sûr montrer qu'il était misogyne, mais on peut montrer aussi qu'il portait l'amour bien haut, si haut que le sexe ne l'atteignait pas.A ce point de vue, il est demeuré d'une pureté rarement égalée lorsqu'il parlait des sentiments.Dans Virage 3 80, Miller écrivait: \"Je n'ai jamais cessé d'être un anarchiste philosophe.Je suis un exilé volontaire qui se sent partout chez lui, sauf chez lui\"J Les philosophes ne l\u2019ont que très rarement considéré comme l'un des leurs.La raison est fort simple, il manipulait beaucoup trop librement les idées, il n'avait pas d'ordre et il risquait alors de tout brouiller.Rien de plus affreux pour les philosophes qui se targuent de pouvoir agencer les idées avec rigueur et cohérence.On peut prédire que sa mort nous vaudra quelques thèses pleines de compréhension.On a déj3 dit de Miller qu'il était le \"Zarathoustra de Brooklyn\"; avec un qualificatif pareil il pourra sagement intégrer les rangs des penseurs ambigus mais récupérables.Philosophe, il le fut, mais d'un genre particulier, de ceux et celles qu'on snobe de leur vivant parce qu'ils/elles agacent et troublent.Son mérite fut de dire crûment ce que bien d'entre nous essayons d'expliquer avec des gants blancs.Miller avait les mains tachées d'encre, il barbouillait sa vie sur du papier: \"Le véritable grand écrivain n'a nulle envie d'écrire; sa volonté c'est de faire du monde le lieu oû il puisse vivre en paix ses imaginations\". 81 Je terminerai en rappelant que Miller a eu comme secrétaire particulier Gérald Robitaille, un québécois qui fut son disciple, son serviteur, son adorateur et son fidèle compagnon pendant très longtemps.\"Avec Montcalm et Wolfe il me situe sur le toit du monde.Montcalm un oiseau de mauvaise augure perché sur l\u2019épaule: et c'est moi l'oiseau.Oui, voyez les Plaines d'Abraham, chapitre 10 des Livres de ma vie.Cette bataille parmi les quinze plus importantes de l'histoire du monde.qui fait que l'Amérique ne sera pas française, et il le regrette\" 2.Décidément, on trouve de tout dans Miller.Il suffit comme à l'habitude d'y mettre du temps et de la vie.Oui, je crois qu'il était philosophe.Et puis après! Qu'avons-nous 3 perdre avec une telle hypothèse?Marc Chabot Collège F.-X.Garneau NOTES 1)\tMiller, Herny, Virage 3 80, Livre de Poche, no 5084, Paris, 1973, page 20.2)\tRobitaille, Gérald, Le père Miller, Eric Losfeld, Paris, 1971, page 45. 82 CONTRIBUTION LETTRE AU DIRECTEUR DU BULLETIN Orléans, le 7 aoOt 1980 M.Claude Panaccio Bulletin de la S.P.Q.Monsieur le Directeur, Je viens de terminer la lecture du \"Philosopher\u2019s Index\" de 1979.Tout en me réjouissant de rencontrer des noms de philosophes québécois parmi la liste des articles cités, ce qui montre leur rayonnement sur le plan international, je constatai, par contre, avec une immense tristesse que la plupart d'entre eux rédigaient en anglais leur résumé d'article.Cet usage d'ailleurs n'est pas propre aux philosophes québécois, il atteint même les personnalités les plus connues du monde philosophique de France.Cette habitude de la part des philosophes francophones me semble d'autant moins justifiable que le \"Philosopher's Index\" se dit être une revue internationale qui accepte des résumés d'articles dans les principales langues du monde.Sans vouloir lancer ici toute une polémique sur le sujet, j'aimerais par votre intermédiaire attirer l'attention des membres de la S.P.Q.sur la nécessité de l'usage du français dans nos publications scientifiques 13 où les circonstances le permettent.Je le fais d'autant plus sereinement que je dois moi-même utiliser l'anglais dans mon enseignement et dans mes cormunications scientifiques lorsque la situation l'exige.Mais du coup mon expérience m'a montré que si le français venait 3 disparaître conme langue scientifique nous en serions les premiers responsables parce que nous ne l'aurions pas suffisamment utilisé.Aux membres de la S.P.Q.qui sont intéressés 3 se former un jugement personnel sur la situation du français dans le monde scientifique, je conseille la lecture de l'article de Gilbert Comte, Le français chassé de France?Le Monde Hebdomadaire, (19 au 25 juin 198ÜJ( Cet article a été précédé de deux ou trois au cours de l'année.Ils constituent un véritable cri d'alarme face 3 l'irresponsabilité des scientifiques français par rapport 3 l'usage de leur langue maternelle.En espérant que vous pourrez insérer cette lettre dans votre Bulletin, veuillez agréer, monsieur le Directeur, l'expression de mes sentiments distingués.Yvon Lafrance Université d'Ottawa 83 INDEX DU VOLUME VI DU BULLETIN DE LA S.P.Q.(1980) Informations - no 1\t(mars 1980) :\tpp.6-30 - no 2\t(mai 1980)\t:\tpp.4-10 - no 3\t(sept.1980):\tpp.4-23 - no 4\t(fév.1981) :\tpp.6-29 Documents\t\t -\tAyoub, Josiane: \"Rapport du CEPH\", no 3 (sept.1980), p.48.-\tAyoub, Josiane et al.: \"Lettre du CEPH au comité d'experts sur la question des objectifs de l'enseignement philosophique au collégial (avril 1980)\", no 3 (sept.1980), pp.49-51.-\tBoisvert, Alain et al.: \"Colloque pour la jeune philosophie\", no 1 (mars 1980), pp.48-53.-\tBouchard, Guy: \"Un cas concret: la revue 'Philosophiques'\", no 3 (sept.1980), pp.56-58.-\tChabot, Marc: \"Bibliographie des articles philosophiques parus dans les quotidiens québécois: année 1979\", no 2 (mai 1980), pp.16-49.-\tChabot, Marc: \"Bibliographie 'Les Fées ont soif' (annexe)\", no 2 (mai 1980), pp.50-52.-\tChabot, Marc et Chantal Saint-Jarre: \"Questionnaire sur l'innovation pédagogique\", no 1 (mars 1980), pp.31-47.\"Convention relative au dépôt et au don d'archives et de documents de la Société de Philosophie du Québec\", no 2 (mai 1980), pp.11-13.-\t\"Cotisations à la S.P.Q.pour 1981\", no 3 (sept.1980), p.35. 84 -\tDGEC.Service des programmes: \u201cLa formation fondamentale\", no 4, (fév.1981), pp.37-43.-\t\"Etats financiers de la S.P.Q.Année 1979\", no 3 (sept.1980), pp.32-34.-\tFédération des cégeps: \"Les cours communs et obligatoires.Position de la Fédération des cégeps\", no 2 (mai 19801, pp.14-15.-\tGagnon, Claude: \"Liste des thèses de doctorat et des mémoires de maîtrise déposés dans les universités québécoises.Année 1979\", no 4 (fév.1981), pp.62-67.-\tGagnon, Claude et Denise Pelletier: \"Répertoire des thèses de doctorat: additions et corrections\", no 4 (fév.1981), pp.59-61.-\tGagnon, Maurice: \"Lettre au ministre Jacques-Yvan Morin (5 mai 1980)\", no 4 (fév.1981), pp.31-33.-\tGagnon, Maurice: \"Lettre au ministre Jacques-Yvan Morin (18 août 1980)\", no 4 (fév.1981 ), p.35.-\tJacques, Léo: \"Lettre 3 M.Maurice Gagnon (8 août 1980)\", no 4 (fév.1981), p.34.-\tLaurin, Camille: \"Lettre 3 Mme Danièle Letocha (12 mars 1980)\u201c, no 3 (sept.1980), p.59.-\tLegault, Georges: \"Rapport du président de la S.P.Q.(1979-80)\", no 3 (sept.1980), pp.29-31.-\tLetocha, Danièle: \"Lettre au ministre Camille Laurin (10 février 1980)\", no 3 (sept.1980), pp.53-55.-\tLetocha, Danièle: \"Quelques remarques sur la place des sciences de la nature dans la définition de la formation fondamentale\", no 4 (fév.1981), pp.44-58.-\t\"Liste des membres du Conseil d'administration de la S.P.Q.\", no 3 (sept.1980), pp.36-39.-\t\"Nouveaux statuts de la Société de Philosophie du Québec\", no 3 (sept.1980), pp.40-47.-\t\"Procès-verbal de l'assemblée générale de la Société de Philosophie du Québec\", no 3 (sept.1980), pp.24-28.Contributions - Boulad-Ayoub, Josiane: \"A propos du 'Plan de travail pour donner suite au projet du gouvernement 3 l'endroit des cégeps'\", no 1 (mars 1980), pp.54-58. 85 Boulad-Ayoub, Josiane: \"Le GREPH et le CEPH: rencontre avec Jacques Derrida\", no 2 (mai 1980), pp.53-54.Brodeur, Jean-Paul: \"Compte rendu du rapport Angers\", no 1 (mars 1980), pp.59-73.Chabot, Marc: \"Note sur Henry Miller\", no 4 (fév.1981), pp.80-81.Chénard, Rosaire: \"L'enseignement de la philosophie au collégial\", no 2 (mai 1980), pp.68-80.Chénier, Jean-Marc: \"Biophilie versus avilissement culturel: 3 la mémoire d'Erich Fromm\", no 4 (fév.1981), pp.68-76- Gauthier, Gilles: \"Les bourses de la D.G.E.S.pour 1979-80 en philosophie\", no 2 (mai 1980), pp.59-62.Lafrance, Yvon: \"Lettre au directeur du Bulletin\", no 4 (fév.1981), p.82.Lavergne, Guy: \"Colloque de la jeune philosophie\", no 2 (mai 1980), pp.55-58.Lepage, François: \"In memoriam Roger Martin\", no 4 (fév.1981), pp.77-79.Murphy, Alan: \"Sur Nicos Poulantzas\", no 3 (sept.1980), pp.65-87.Panaccio, Claude: \"Table-ronde sur le positivisme: introduction anecdotique\", no 1 (mars 1980), pp.74-81.Panaccio, Claude: \"Le plan quinquennal du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada\", no 2 (mai 1980), pp.63-67.Pelletier, Denise: \"Roland Barthes, hélas posthume.\", no 3 (sept.1980), pp.60-64. 86 Adresser les manuscrits soumis pour publication, ainsi que toute correspondance relative au Bulletin â: Claude Panaccio Bulletin de la S.P.Q.a/s Département de philosophie Université du Québec à Trois-Rivières C.P.500 Trois-Rivières G9A 5H7 1 "]
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