Le nouvelliste, 23 décembre 1971, jeudi 23 décembre 1971
[" 1 M.Stanfield ou quelqu'un d'autre peut me battre si je me présente (Trudeau) sçv.?M.Pierre Elliott-Trudeau OTTAWA i PO \u2014 Le premier ministre Trudeau a laissé entendre mercredi Qu'il pourrait ne pas diriger le parti libéral aux prochaines élections.Comme on lui demandait a une conférence de presse si le leader conservateur Robert Stanfield pouvait le battre aux prochaines élections fédérales.M.Trudeau a répondu que M.Stanfield \"ou quelqu'un d'autre peut me battre, si je me présente\u201d.Et, le moment de surprise passé, le premier ministre a souligné que la question était purement hypothétique.Et il s'est empressé d'ajouter: \"Je puis aussi le battre\".Apres la conférence de presse, on a demandé à M.Trudeau de clarifier sa remarque \"Si je me présente\".Il a répondu qu'il ne voulait pas démoraliser son parti, que la question était purement hypothétique, mais que \"tout est possible\".Il ressort de ces échanges que M Trudeau n'a pas écarté la possibilité .même eloignee, qu'un autre chef dirige les libéraux aux prochaines élections.Quant a la date des élections, le premier ministre a dit que le scrutin aurait lieu en 1972 ou en 1973, il ne le sait pas encore.Interrogé sur la possibilité d'un remaniement im portant de son cabinet, le premier ministre a dit qu\u2019il ne savait pas s'il aurait le temps de penser à cette question au cours du prochain mois.Toutefois, il verra le ministre de l\u2019Energie.M J J Greene, dans une semaine ou deux pour décider de l'avenir de ce ministre dans le gouvernement.M Greene est actuellement en convalescence À London, Ont., ou il se rétablit d'une crise cardiaque qu'il a subie au Japon en septembre.M, Trudeau a dit qu'il ne connaissait pas exactement l'état de santé actuel de M Greene, mais il * exprimé l'espoir qu'il pourrait demeurer dans le Cabinet.Gérard Lévesque fustige le PQ et menace l'Assemblée nationale de la \"guillotine' par Pierre BELLEMARE QUEBEC (PC) - M.Gérard D.Lèves-que, leader parlementaire du gouvernement Bourassa a violemment menacé mercredi l\u2019opposition de \"guillotiner\u201d les débats à l'Assemblée Nationale, à l\u2019exemple du parlement d'Ottawa.Dans une de ses diatribes fulgurantes, M.Lévesque a fustigé les sept députés péquistes pour leur obstructionnisme.\"Ceux qui ont été présents dans cette Chambre savent fort bien qu\u2019il y a une obstruction systématique menée par le Parti québécois pour bloquer les travaux parlementaires\u201d, a lancé le leader du gouvernement en pointant du doigt les députés péquistes.\"On a parlé de la \"procédurite\" du député de Maskinongé, M.Rémi Paul, mais eux ils sont devenus des experts en \"pro-cédurite\".Ce sont des gens qui accusent les partis traditionnels de tous les péchés d'Israël, cependant on n'a rien dans cette Chambre qu; puis-e se comparer à ce filibuster \", de poursuivre M.Lévesque, rouge de colège.Abus et chantage Sur le même ton.il leur a reproché amèrement d'abuser des règlements de la Chambre, où l'on ne retrouve pas-pourtant un lèglement de clôture comme dans les parlements \"très démocratiques\u201d du Canada et d'Angleterre.C'est M.Rémi Paul d'ailleurs qui a mis le feu aux poudres en demandant au premier ministre s'il avait l'intention de rappeler l\u2019étude de la loi du syndicalisme agricole, \u201cafin de pouvoir l'offrir en cadeau avant janvier 1972 aux cultivateurs qui nous visitent particulièrement ce matin\u201d.Premier ms vers 'intégration des forces de police par Pierre BELLEMARE QUEBEC (PC) \u2014 L'adoption finale du projet d'intégration des forces policières sur l\u2019Ile de Montréal, passée rapidement mercredi à l\u2019Assemblée nationale, pose un premier jalon en vue de l'intégration sur une base régionale de tous les corps policiers de la province.Cet objectif du gouvernement québécois.traduit par le livre blanc de la justice intitulé \u201cLa police et la sécurité des citoyens\" se veut une arme efficace pour lutter contre le crime organisé au Québec.Quant au projet de loi 281, il a valu au ministre Jérôme Choquette des félicitations des trois partis d'opposition, ainsi que des syndicats et organismes professionnels impliqués dans cette expérience-pilote.Seul le président du comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal, M.Lucien Saulnirr.s'est objecté à ce projet, considérant qu'il soustrait les élus de la population de l\u2019administration des services de police.Cependant, M.Choquette trouve que cette critique n'est pas fondée et il estime que M.Saulnier se fera au principe du bill 281.Janvier 1972 Ainsi, le plan d'intégration sera mis en application à compter du premier janvier prochain, sous la surveillance de la Com-misson de police du Québec.Le nouveau conseil de sécurité, chargé de veiller à l'ordre sur toute l'étendue de la CUM.sen formé de six personnes, dont trois nommées par le gouvernement et trois autres par la CUM.De oes six personnes, sera choisi un président désigné par le gouvernement.Le premier directeur du service de police de la Communauté sera également nommé bientôt par le gouvernement, qui fixera la date de son entrée on fonction.Tous les policiers rnnrerncs par celle intégration \u2014 on en compte 4.000 à Montreal et 1,000 environ en banlieue \u2014 seront transférés à la CUM à compter de janvier, suivant 1rs étapes et les modalités prévues par la loi.Il en sera de meme pour les fonctionnaires de ces 29 municipalités rattachés A un service de police.Ce projet do loi a été présenté en deuxième lecture samedi soir dernier et le gouvernement l'a suspendu depuis lundi, à la faveur du budget supplémentaire et du projet de restructuration scolaire sur l'île de Montréal.M.Lévesque a donc accusé de chantage le PQ qui réclame constamment l'adoption de ce bill 04 avant le congé de Noël, de meme que l\u2019Unité-Québec et le Ralliement des créditistes.Hypocrisie Un porte-parole de chacun des trois partis a indiqué à ce moment qu'il ne \"voudrait pas que des gens, et surtout les cultivateurs, jettent l'odieux de l'inertie du gouvernement sur les oppositions\u201d.Ils ont souligné aussi au gouvernement qu'ils étaient disposés à procéder rapidement à l'étude du bill 04 immédiatement.M.Lévesque, le bras levé, se tournant vers les banquettes du PQ, a poursuivi en ces termes \"Voilà l'exemple le plus clair d'hypomsie.Pour un bill comme le projet du syndicalisme agricole, on est prêt à utiliser, par chantage, la classe agricole d'une façon que je ne qualifierai encore parce que les règlements de la Chambre ne me le permettent pas\u201d.Energiquement, il a manifesté la détermination du gouvernement de ne pas céder aux pressions et au chantage de l'opposition.Ainsi il a ordonné à la Chambre de continuer l'étude du projet de restructuration scolaire à Montréal, dont un seul article a dorné lieu à près d'une dizaine d'heures de débat, mardi et meroredi.Un peu plus tard.M.Lévesque a pro-posé aux partis de l'opposition de réunir la commission parlementaire des Affaires sociales, pour achever l'étude détaillée du projet de réorganisation des services de santé et des services sociaux.le nouvelliste 52e annee.No 47 Trois-Rivieres.jeudi 23 décembre 1971 Quinze cents Trudeau: danger d'une lutte de classe au Québec par Elbe LALANCETTE OTTAWA (PC) \u2014 Le premier ministre Trudeau a déclaré, mercredi, à Ottawa, au cours d'une conférence de presse, \u201cqu'il n'est pas bon de politiser le mouvement syndical pour en faire un instrument purement politique\u201d.Selon lui, \u201cles ouvriers, dans le contexte actuel, n'ont pas intérêt à augmenter le désordre dans la province de Québec\u201d.\"Il est certain, a-t-il précisé, qu'il y a des gens qui essaient de polariser l'opinion publique c-t d'en arriver à une lutte des classes\u201d.\"Il y a des gens qui se servent du mouvement syndical pour des fins politiques plutôt que des fins syndicales.\u201d M.Trudeau espère toutefois que cette lendance ne prévaudra pas et que les travailleurs eux-mèmes se rendront compte que leur avenir dans un pays comme le Canada n'est pas \"dans la lutte et la hargne, mais dans la défense pacifique de leurs droits\u201d.et dans la négociation d'une meilleure condition au jour le jour.Dans le domaine constitutionnel, le premier ministre a déclaré qu\u2019il ne prévoit pas d'autre conférence sur la constitution tant que le Québec n\u2019aura pas indiqué comment la \u201ccharte de Victoria\u201d peut être modifiée tout en restant acceptable pour les autres provinces et le gouvernement fédéral.Le dossier constitutionnel n'est cependant pas fermé, et, selon M.Trudeau, le Québec travaille présentement sur une formule de rechange.Session Interrogé pour savoir quand la session actuelle se terminerait, M.Trudeau a affirmé que tout dépendait des projets de loi actuellement à être adoptés.L'ONU traverse une crise dangereuse (Malik) D\u2019après AFP \"L'Organisation des Nations unies traverse actuellement une crise extrêmement dangereuse, nous ne pouvons nous le dissimuler.A l'heure actuelle, notre Organisation lutte pour se maintenir en vie sur des fronts multiples, que ce soit dans le domaine financier, opérationnel ou politique, a déclaré mercredi le président de l'Assemblée générale, M.Adam Malik, ministre des Affaires étrangères d'Indonésie, dans son discours de clôture de la session.M.Malik a ajouté: \"Aujourd\u2019hui plus que jamais, ce ne sont pas des mots, mais des actes qu\u2019il faut pour faire en sorte que notre organisation joue effectivement le rôle qui lui avait été assigné, c'est-à-dire que la transformer en un instrument, en un outil façonné par ses membres pour résoudre les problèmes de l'humanité, créer un monde ou règne une fraternité universelle réelle entre tous les hommes et toutes les nations.L\u2019Organisation des Nations unies offre la seule chance concrète d\u2019édifier le monde meilleur de demain, un monde de Paix, de Justice et de Progrès.Faute de choisir cette voie, le monde sera voué à la mort et à la destruction\".Le bilan La 26e session de l'Assemblée générale des Nations unies sera enregistrée par l'Histoire contemporaine, non pas pour l'oeuvre qu elle a accomplie, mais parce qu'elle a reflété de façon spectaculaire le rhangement profond qui s'est produit dans les grands courants politiques mondiaux avec la République populaire de Chine en tant qu'affluent majeur de ces courants.Le débouché sur les Nations unies de cet affluent a été le grand moment de cette 26c session.Il a été le spasme final de longues convulsions: jusqu'au dernier moment, les Etats-Unis ont essayé de maintenir le mythe de l'existence d'une \"autre Chine\u201d rivale de celle des Pensées de Mao Tsé-Tung.II en résulta pour la diplomatie américaine une défaite diplomatique de première grandeur.Une meilleure préparation des esprits et des dossiers de Washington aurait peut-être pu l\u2019éviter.Pour ceux qui avaient milité pour le rétablissement des droits de la Chine aux Nations unies, le réalisme et la réalité introduits dans les travaux et débats des Nations unies devaient donner une impulsion nouvelle à l'Organisation mondiale, impulsion dont ce grand corps bureaucratique et empêtré dans toutes les riva- M.U.Thant (à gauche) et son successeur comme secrétaire général des Nations Unie», M.Kurt Waldheim, d Autriche.(Téléphoto PA) r\txy lités imaginables avait grand besoin.D'emblée cependant, l'entrée de la Chine dans l\u2019arène mondiale de New York devait démontrer combien l'antagonisme si-no-soviétique était empreint d'hostilité implacable.On put constater aussi que cet antagonisme avait comme enjeu la prépondérance idéologique et par conséquent politique vis-à-vis du monde que l'on appelle Tiers et qui est tout simplement celui des pays pauvres.Alors qu'elles sont généralement confinées au Conseil de sécurité, l\u2019Assemblée générale eut à connaître des rivalités entre grandes puissances et, tout particulièrement, de la rivalité sino-soviétique, lorsque la guerre indo-pak'stanaise lui fut soumise.La Chine et les Etats-Unis svaient épousé, avec des mobiles évidemment différents, la cause du Pakistan tandis que l'Union soviétique s'était portée aux eô és rie l'Inde e( de ses bataillons plus forts.L'assemblée générale n\u2019avait évidemment pas l'autorité nécessaire à surclasser le vélo soviétique qui, au Conseil de Sécurité, avait établi un bastion à toutes épreuves sur la position indienne.Mais la Chine l'emporta moralement et numériquement, puisque l'Assemblée, a une très large majorité, fit appel à un cessez-le-feu immédiat avant que les forces indiennes se soient emparées de Dacca et à un retrait immédiat des armées engagées.Ce ne fut pas davantage qu'une démonstration et il était inévitable qu'il en soit ainsi.Il reste que ce fut le monde dit tiers qui.avec la Chine, vota contre la ligue URSS-Inde.L'Assemblée générale cul à connaître aussi le conflit du Proche Orient et se prononça à son sujet d'une manière favorable à la cause de l'Egypte, mais malgré l'influence de l'aile militante du camp arabe et de la conception chinoise du conflit en tant que lutte de libération nationale des Palestiniens, est resté fidè le aux solutions diplomatiques négociées.Sport Au Coeur du Québec\tU Bandes illustrées\t32 Classées\t31-32-33-34 Convocations\t31 Détente\t26-27-28-29 Information régionale\t7-14-17 Le monde des affaires\t30 Madame en tète\t24-25 Mots croisés\t34 Nécrologie\t34 Shawinigan-Grand Mère\t6-8-9 Sports\t19\t20-21-22-23 Télévision\t26 r\tA Quant à ia date de la reprise d une nouvelle session, soit le 16 février, les ministres ne chômeront pas, selon lui, car ils auront à préparer une nouvelle législation et un nouveau discours du trône.Le premier ministre a refusé toutefois d'indiquer si 1972 serait l'année des élections générales.Investissements étrangers Le premier ministre espère que son gouvernement pourra se prononcer en matière d\u2019investissements étrangers dès le début de la prochaine année.\"Pas avant Noël\" a-t-il précis'é, mais la question est tellement importante et la population a tellement réclamé une décision que \"nous l\u2019annoncerons dès que les travaux d'impression seront terminés\u201d.M.Trudeau a invité les autres partis à faire connaître leurs vues dans le domaine des investissements étrangers.\"Nous sommes déridés, il ne nous reste plus qu'à l'annoneer publiquement\u201d.Il n'est pas dit rependant que M.Nixon sera satisfait de la décision du gouverne-menl canadien.Anti-américainisme Le premier ministre canadien est conscient qu'il y a eu depuis quelques mois une recrudescence d'un sentiment antiaméricain.Selon M Trudeau, ce srnli-ment provient peut-être des dérisions du président Nixon, à la mi-aofit, et il espère que les récentes déclarations du président américain contribueront à atténuer cette tendance.\"Il est dans l'intérêt des Américains, a-t-il révélé, comme c'est dans notre intérêt d'avoir des échanges amicaux\".\"Tout sentiment anti est malsain\" a t-il conclu.Il avoue toutefois que ces sentiments sont compréhensibles et qu'il est plus important de corriger les motifs et les raisons qui engendrent les sentiments \"anti\" \u201cquelque chose\u201d, que de combattre les sentiments eux-mêmes.C'est dans cet esprit, a-t-il ajouté que le gouvernement canadien n'a pas voulu prendre des mesures de représailles lorsque les Américains ont imposé la surtaxe sur les importations.Plusieurs autres questions ont été adressées au premier ministre, au cours de la conférence qui a duré environ 55 minutes.Certaines avaient trait aux relations canado-américaines.L'inflation et le chômage sont également revenus sur le lapis, mais M.Trudeau considère que la politique actuelle adoptée depuis deux ans s'avère valable et profitable.A un journaliste qui insistait pour obtenir une réponse plus précise, car ces sujets étaient ressassés tout simplement, le premier ministre a tancé: \"Eh bien sur-veiltez-nous aux prochaines élections\".Il y a une sorte d'animaux qui n'aiment pas les caresses: les porcs-épics.Gmcieusett (R(m(RI( °\u201d TROIS-RIVICRCS ¦i.T
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