Le soleil, 27 janvier 1962, Cahier 2
[" Ql'EBEC Vol.4.No 4 \u2014 27 ionvier 1962 '10 x % ».'V; > ¦ .-i i&r l\tL l -\u201c9\tcj U U < w Jeon Normondm NOIRF-DAME-UU-CAP SOUS LA NEIGE DE JANVIER \u2014 VOIR PAGE 20 GRANDE-RIVIÈRE L\u2019incendie d\u2019un entrepôt attire l\u2019attention de la province sur des problèmes qui sont propres à la Gaspésie 1 «Nu* Par Gny Fournier Rédocteur de Perspectives Photos Léon Bernard ^ ; t f- 'i ! ! - \"\t' y It I , ^ .11 I I < g .3 \u2018 » i Perspectives r FACE à l'Atlantique qui bat furieusement une côte de roc roux et granuleux, Grande-Rivière s\u2019étend à perte de vue en bordure de la route longeant la péninsule gaspésienne.Les maisons sont plantées sans symétrie, par grappes colorées se découpant avec netteté dans un décor austère.Derrière, une forêt de conifères, dans laquelle le feu et les scies mécaniques ont creusé de larges trous, gagne l'intérieur des terres, découpées par les eaux tumultueuses de la rivière.L\u2019an dernier, une débâcle d\u2019apocalypse a emporté une partie du brise-lames qui sert de bouclier à la côte, semant des débris tout le long de la plage et fracassant les embarcations qu'on avait montées sur berceaux pour l\u2019hiver.Depuis 250 ans, la vie de Grande-Rivière est ainsi ponctuée de désastres.Celui-là fut causé par l'eau, mais tous les autres le furent par le feu.C\u2019est un élément familier là-bas.En 1758, le 13 septembre, les soldats de Wolfe, dans une attaque impitoyable contre la colonie, promenèrent leurs torches d\u2019une maison à l\u2019autre.Le lendemain, dans le relevé des dégâts, on compta 60 habitations incendiées, 80 chaloupes, des moutons, des boeufs et des volailles.Cet établissement prospère de la Nouvelle-France avait été rayé de la carte.11 lui fallut un siècle pour se relever.Le feu attendit la prospérité pour frapper.En 1939, il s\u2019attaqua au pont de bois qui enjambait la rivière, puis en 1943, à la Station technologique fédérale.En février 1955, par une nuit glaciale, il rasa le couvent \u2014 on parlait d\u2019en construire un autre\u2014 et le 21 novembre dernier, l\u2019entrepôt frigorifique était réduit en cendres, comme l\u2019avaient été plus tôt un restaurant et une centrale téléphonique.Hors de la région, céS incendies successifs n'ont pas fait grand bruit, sauf celui du frigorifique, qui a attiré l'attention de toute la province.D'un coup, 180 familles avaient perdu une partie de leurs provisions d\u2019hiver et un boucher, Lucien Méthot, des milliers de livres de viande évaluées à $23.000.Sans une assurance de $9,000, il eût peut-être fait faillite.Les familles, elles, pourraient s\u2019en tirer en multipliant les repas maigres.Notre siècle a ses exigences et Paul Dussault, président de la Chambre de Commerce de Grande-Rivière, conclut que les pommes de terre et le poisson ne constituent pas un menu satisfaisant.Le lendemain de l\u2019incendie, il se rendit sur les lieux, diagnostiqua une perte complète, alerta les maires des quatre conseils municipaux et, quelques heures après, un S.O.S.parvint au premier ministre de la province et au ministre de la Chasse et des Pêcheries.Comme il se doit, le gouvernement dépêcha un enquêteur qui arriva sans tambour ni trompette.11 jaugea l\u2019étendue des dégâts et repartit pour 1a capitale.L\u2019intervention n'était pas suffisante au gré des sinistrés.Paul Dussault s\u2019assit à sa table de travail et rédigea une longue lettre à l'adresse d\u2019un journaliste de la Galerie de la Presse à Québec, espérant qu'elle serait distribuée par une agence nationale.Le journaliste fit mieux.Il entra lettre en main dans le bureau du premier ministre et la lui remit.La dépêche avait pris la bonne route .et le premier ministre de belle humeur.Le cabinet décida en principe d\u2019indemniser les victimes, après un relevé minutieux des pertes.L\u2019honorable Gérard Levesque, ministre des Pêcheries, téléphona au curé Roland Brière afin qu\u2019il prît l\u2019initiative de l\u2019évaluation.Craignant de tremper dans des questions politiques, celui-ci remit l\u2019affaire entre les mains de Dussault.Le dimanche, à I h.30 de l'après-midi, les sinistrés défilèrent devant quatre maires, quatre secrétaires-trésoriers et deux employés du frigorifique, jury sévère et sans pitié qui scruta à la loupe les réclamations formulées par écrit.Garantie suprême, les réclamants prêtèrent serment.Par le premier train, le rapport partit pour Québec, d'où devraient venir les secours, si ce n'est déjà fait.Entre-temps, comme on l'imagine.les journaux avaient fait bonne pâture de tous ces événements.Par souci d\u2019objectivité, un quotidien montréalais envoya un reporter puiser à la source.Enjolivé de cinq photographies montrant des gamins à la mine patibulaire, le journal publia sur six colonnes un article révélant que des dizaines de familles étaient réduites à la mendicité ou presque.Hélas! pour ceux qui ont la larme facile, on mange encore à sa faim à Grande-Rivière.La soupière est pleine sur toutes les tables et le tumet des assiettes ne sent pas que la pomme de terre.En guise de représailles, les villageois firent disparaître les exemplaires du journal envoyés à titre gracieux et avalèrent le repas suivant en mangeant du journaliste! On avait dépassé la mesure, du moins celle de l\u2019amour-propre avec lequel naît chaque Gaspésien.Certains chuchotèrent que Dussault, un \"étranger\" installé à Grande-Rivière depuis 14 ans seulement (!).avait mené le bal avec trop d\u2019entrain, d\u2019autres que le village avait connu pire et s\u2019en était tiré sans appels de détresse, qu'il y a des problèmes plus graves, etc.F ES choses en étaient là quand je suis arrivé à -¦-4 Grande-Rivière par un vendredi après-midi ensoleillé de décembre, pendant que la mer scintillait d'un éclat aveuglant.Après m'être installé au Bonnet Bleu, une auberge de bon goût qui surplombe la côte de son toit en accent circonflexe, chapeauté de lucarnes bleues et blanches, j\u2019ai filé droit au presbytère.Monsieur le curé partait pour son catéchisme de 3 heures.Le vicaire, l'abbé Simon Tanguay, me reçut.L\u2019abbé Tanguay n'est pas loquace ou, s\u2019il l\u2019est, il ne le fut guère avec moi.Tout en balançant ses lunettes de corne à un rythme régulier, il m\u2019apprit, assis dans une confortable chaise à bascule, que 20 p.c.des pères de famille vivent de la pêche, qu\u2019une dizaine, au plus, cultivent la terre, que les autres vont en forêt quelques semaines par année Depuis l\u2019avènement de la scie |\t(Suite page 4) Notre rédacteur vérifie l'étendue des dégâts qu\u2019a causés l'incendie.Par un concours de circonstances, la nouvelle a fait sensation et porté les plus hautes autorités à réfléchir.™ \u2022 .\t.' .V- ¦¦ -i- \u2019¦ , k U 1 Madame Armand Methot attend un 13e bcbc.Son \" O * & Chez Michel Moreau, il y a 12 bouches à nourrir, sans compter les parents.On vit malgré tout assez bien.mari travaillait à l'entrepôt, aujourd'hui en ruine.(iRANDE-RIVIERE (Suite de la page 3) mécanique, la plupart ne travaillent pas assez longtemps pour accumuler les timbres qui ouvrent les portes du bureau d'ass-urance-chômage.Mais on survit! Le presbytère a été reconstruit au coût de $42,000, l'église rénovée, et le niveau de vie se compare à celui des villes.Où prend-on l'argent?L'assurance-chômage, l\u2019assistance-chômage et les allocations familiales! Le vicaire ne me cache rien.D'après lui.les villageois deviendront paresseux si les services sociaux continuent d'être prodigues.Vaudrait mieux que ces sommes soient investies dans des entreprises qui permettraient aux Gaspésiens d'obtenir de l\u2019emploi.Semblable politique freinerait la désagrégation graduelle de la paroisse.D\u2019un rayon de bibliothèque, le vicaire tira un album dans lequel sont inscrites les statistiques vitales.En un siècle, on a enregistré I 1,300 baptêmes et 4,170 sépultures.La population actuelle: 4,004 âmes.Il manque donc 3.000 personnes.\u201cElles peuplent Ville Jacques-Cartier, en banlieue de Montréal\u201d, me dit le vicaire avec un regard me donnant l\u2019impression d'être un peu complice de cet exode massif.L\u2019abbé Tanguay me référa ensuite au président de la Chambre de Commerce.C\u2019est lui qui m\u2019apprit que l\u2019entrepôt frigorifique détruit par l\u2019incendie constituait un ensemble comprenant la chambre des machines, une usine de glace et une chambre froide.A l'origine, l\u2019entrepôt était à la disposition des pêcheurs qui y plaçaient leurs prises avant qu'elles ne fussent acheminées à l\u2019étranger.Il était toujours à leur disposition au moment du feu, mais son utilité avait diminué au cours des années et pour cause! Quand Paul Dussault est arrivé à Grande-Rivière, une centaine de barques faisaient la navette entre le large et la rive et sept usines de transformation du poisson fonctionnaient à plein.Il en reste deux, dont une est moribonde, et quelques rares bateaux mouillent à la tête du quai.A mesure que le poisson s'est éloigné des côtes, les pêcheurs ont remisé leurs embarcations, laissant aux chalutiers portuguais, russes, français et espagnols le soin de le prendre en cha;se.Dussault, employé de la Station technologique fédérale, n\u2019est pas sûr que la pêche soit encore rentable.Pour vivre à l\u2019aise, chaque pêcheur devrait prendre un million de livres de poisson par année et tous les pêcheurs du village en ont rapporté 400,-000 livres, en 1961.Cette saison désastreuse n\u2019a pas eu comme seule conséquence de les démoraliser, mais plusieurs n\u2019ont pas droit à l'assurance-chômage.Au lieu d\u2019être basée sur le nombre d'heures passées en mer, l'assurance est allouée à ceux qui ont pêché une quantité minimum de poisson.\u201cNos pêcheurs sont donc doublement punis, de dire Dussault en élevant la voix: non seulement la pêche a été mauvaise, mais une loi mal adaptée les prive de secours.\u201d Ce ne sont pas ses seules récriminations.Il trouve étrange, par exemple, que le poisson se vende encore au même prix qu\u2019il y a dix ans, alors que le coût des agrès de pêche a triplé, tout comme celui des denrées, du loyer et du vêtement.\u201cSans parler d\u2019une flotte de pêche inappropriée, qui permet aux Russes de nous rafler le poisson sous le nez.Eux s'amènent dans des navires de grande taille non seulement capables de décimer les bancs de poisson, mais pouvant le transformer et en tirer des sous-produits en pleine mer.\u201d Georges Day.administrateur régional du Crédit maritime, embrasse la situation d\u2019un regard plus sévère.On vend à crédit, mais les affaires se maintiennent, selon le marchand Dan Sutton.«rti \u2022w* .Its- , Le Crédit maritime a été adopté en 1957, à la suite d'une entente entre les Caisses Populaires de la Gaspésie, des Iles-de-la-Madeleine et de la Côte Nord avec le ministère des Pêcheries de la province Le Crédit vient en aide aux pêcheurs pour l'achat et la construction d'embarcations, l'achat d\u2019engins et d'agrès de pêche, la construction, la réparation ou l'amélioration des usines de transformation du poisson.Day, comme il me l\u2019a dit en me fixant dans les yeux, connaît la Gaspésie comme le fond de sa poche II connaît aussi les Gaspésiens.Assis sur le divan du salon, dans le demi-jour qui filtrait par la fenêtre, il m\u2019a entretenu des problèmes de Grande-Rivière et de ceux de toute la péninsule.Lui ne met pas ceux-ci dans le même sac que ceux-là.Il y a à Grande-Rivière une situation locale différente.Rallumant à intervalles réguliers une pipe à long tuyau, Day a brossé un tableau rapide des pêcheries en Gaspésie.Quatre grosses usines de transformation sont situées à Pasbébiac.Newport.Sandy Beach et Rivière-au-Renard, qui a supplanté Grande-Rivière comme capitale de la pêche Chacune d\u2019elles absorbe des millions de livres de poisson par année, mais encore faut-il que les pêcheurs les approvisionnent.A l'heure actuelle, on ne peut construire d\u2019autres usines rentables, la flottille de pêche gaspésienne suffisant à peine à alimenter celles qui existent.Pour Day, il n\u2019y a pas de problème de pêche, mais un problème de pêcheurs! Les Gaspésiens auraient-ils perdu le sens de l\u2019organisation, eux qui ont vécu dans des conditions difficiles et rudes?Il est prêt à le croire, puisqu\u2019on peut, par exemple, se procurer un bateau de $60.000 sans verser un seul cent comptant.LE PÊCHEUR qui fait appareiller un navire de cette importance recevra $12,500 du gouvernement fédéral, le Crédit maritime lui prêtera $4,750 plus $1,500 pour des agrès de pêche.Le ministère des Pêcheries avancera le reste de la somme, défraiera 4 p.c.de l'intérêt du Crédit maritime, une assurance-vie sur le solde et une assurance d'invalidité totale.Le pêcheur-proprietaire rembourse le ministère à raison de 14 p c.du prix de vente de ses prises et ne paie pas d'intérêt.Il y a d\u2019autres formules de prêt, mais celle-là est la plus avantageuse.Malgré ces dispositions, le nombre de barques a diminué de 100 à trois en quelques années, à Grande Rivière.Se penchant comme s'il allait faire une grave révélation.Day me confia que trop de pêcheurs n'ont plus le goût du risque et n'évoluent pas au rythme de l'époque II est convaincu du besoin urgent (Suite page 23) 4 PERSPECTIVES No 4 17 janvier 1947 i Pour célébrer le Carnaval à la vieille façon de cbez nous Ik offre spréiale do Campbell UNE TUQUE ET UNE CEINTURE FLECHEE 300 .seulement et 3 étiquettes différentes rj de soupes ampvdl Pour célébrer le Carnaval comme dans le bon vieux temps.Campbell vous offre la tuque et la ceinture fléchée traditionnelles pour $3.00 seulement et 3 étiquettes différentes prises parmi les 30 bonnes et réconfortantes soupes Campbell.Cette tuque et cette ceinture fléchée représentent, au détail, une valeur de $6.95.Elles sont, toutes deux, 100pure laine.La tuque s\u2019adaptera à n\u2019importe quel tour de tête, et la ceinture a 76 pouces de long.Jeunes ou moins jeunes .vous pourrez tous porter cet ensemble et grâce à lui vous participerez bien plus joyeusement au Carnaval! Commandez-en autant que vous voudrez.MAIS HÀTEZ-VOUS, cette offre expire le 30 avril 1962.Pour être plus sûr, demandez donc la tuque et la ceinture fléchée de Campbell DÈS MAINTENANT' m.iM Offre spéciale pour le Carnaval, C.P.501, Succursale Rosemont, Montreal 36, Quebec Ci-inclus $3.00 et 3 étiquettes différentes de soupes Campbell.Veuillez m\u2019expédier une tuque et une ceinture fléchée de Carnaval.ZONE PROV.Remplissez bien ce bon de commande et postez-le à l'adresse ci-dessus dans une enveloppe dûment affranchie.CETTE OFFRE EXPIRE LE 30 AVRIL 1962 CAMPBELL SOUP COMPANY LTD.N«w Toronto.Ontario \\Çil £ i-; réunit tant de bonnes.de si bonnes choses! PERSPECTIVES No 4.37 jonvior 1963 5 Le professeur Jean des Cagniers.de l\u2019Université Laval dirige une expédition archéologique à Laodicée FOUILLES \u2019CANADIENNES\u2019 EN TURQUIE La magnifique statue dTsis, en marbre blanc, trouvée au cours des fouilles effectuées à Laodicée, en Turquie.x** t -.-'\u2018\u2022lé.JEAN DES CAGNIERS est licencié en philosophie de l'Université Laval et diplômé de l'Ecole du Louvre.Professeur d\u2019Archéologie et d'Histoire de l\u2019Art à la faculté des Lettres de l'Université Laval, il est, depuis le mois de juillet dernier, directeur des Fouilles de l\u2019Université à Laodicée.Dans cet article, l\u2019archéologue québécois fait le récit de cette expérience passionnante qu\u2019il poursuivra l\u2019été prochain.Texte et photoN de Jean des tiagniers IL y a quelques années, me trouvant à la Conservation du Musée du Louvre, de Paris, dans le bureau accueillant de mon maître, le conservateur Pierre Devambez, je lui manifestai mon étonnement de ce que nulle grande université canadienne n\u2019eût encore jamais songé à entreprendre des travaux archéologiques en sol classique.Parmi les nombreux ouvrages d\u2019archéologie grecque et romaine qu\u2019une étude sur la divinité de la victoire chez les Grecs m\u2019amenait à consulter, le seul ouvrage canadien qui se trouvait sur les rayons de l\u2019immense bibliothèque de la Conservation était le Catalogue de vases grecs du Musée de Toronto.11 m'apparaissait que dans le domaine de l\u2019archéologie grecque et romaine, et même de l\u2019archéologie en général, nous ne tenions pas une grande place; je m\u2019en trouvais un peu humilié .Huit ans plus tard, au cours de l\u2019hiver dernier, je reçus une lettre dans laquelle M.Devambez m\u2019écrivait qu\u2019au cours d\u2019une entrevue avec son ami, M.Louis Robert, de l\u2019Institut, directeur de l\u2019Institut français d\u2019Archéologie d\u2019Istanbul, ils en étaient venus à parler du Canada et à se demander si cela intéressait notre pays ou notre université d\u2019entreprendre des fouilles en Turquie.M.Robert avait même mentionné le nom d\u2019un site, selon lui prometteur, dont il voulait bien taire le nom jusqu'à ce que nous ayons pris une décision.Bien sûr on avait d\u2019abord songé à la Grèce, coeur de la civilisation classique, mais, la Grèce ayant déjà été l'objet de nombreuses découvertes archéologiques et, d\u2019autre part, la permission d\u2019y faire des fouilles n'étant accordée à d\u2019autres pays par le gouvernement grec qu'à la condition qu\u2019une équipe grecque se joigne à toute équipe étrangère, il paraissait plus intéressant de regarder du côté d\u2019un autre pays qui.lui aussi, offrait un sol classique archéologiquement riche et prometteur: la Turquie.Je commençai donc à parler, à Québec, du projet qui naissait ou qui \u201crenaissait\".Avec précaution et au conditionnel, comme un archéologue qui lance une hypothèse qu\u2019il sent faible ou qu\u2019il sait peu étayée.Certains trouvèrent que j\u2019extravaguais; d'autres, dont je ne laissai pas d\u2019admirer le sens pratique et la courte vue, me conseillèrent de fouiller \u201cchez nous\".Cependant deux personnes accueillirent favorablement mon projet et en aidèrent la réalisation: Mgr Louis-Albert Va-chon.recteur de l'Université Laval et M.Maurice Lebel, doyen de la faculté des Lettres et directeur du département des Etudes Anciennes.Des crédits furent votés par Laval; nous profitâmes aussi de l\u2019aide du Conseil des Arts et de la générosité de quelques bienfaiteurs.Au cours du mois de mars, l\u2019Université Laval écrivit à M.Rustem Duyuran.directeur des Antiquités, à Ankara, afin de lui demander la permission d\u2019entreprendre des fouilles à Laodicée.en Turquie, pendant le mois d\u2019août 1961.Cette permission nous fut accordée avec une grande amabilité.A PRÈS la mort d\u2019Alexandre le Grand, à Babylone, en 325, son immense empire fut divisé entre ses généraux.Séleucus, pour sa part, régna sur la Syrie et sur presque toute l'Asie occidentale.Aux descendants de Séleucus, les Séleucides, succédèrent treize rois qui portèrent tous le nom d\u2019Antiochus.Laodicée fut fondée vers le milieu du troisième siècle avant notre ère par Antiochus IL deuxième roi de cette dynastie d\u2019Antiochus, et fut ainsi appelée en l\u2019honneur de la reine Laodicée, son épouse.Antiochus II avait fondé sa ville sur le site d\u2019un vil- Mme Kahil-Ginouvès photographie des fragments de sculpture datant de l\u2019ère romaine PERSPECTIVES No 4.11 janvier 19*2 Sur le chantier que (liri|;e le professeur des Gagniers.les ouvriers qui déblayaient un édifice antique viennent de dégager une baignoire en pierre de l'époque by/antine.«r-'-V mm JJÉ .i \u2022\u2022¦m.lage qui, d'après l'historien latin Pline, s\u2019était d\u2019abord appelé Dispolis, puis Rhoas.Quelque cent cinquante ans après sa fondation, l.aodicée, conquise par les Romains, fut attribuée à leur allié, le roi de Pergame, Elle allait connaître un nouvel essor.Nous savons par des témoignages d'historiens que I.aodicée du Lycum \u2014 Laodicée près du petit fleuve Lycos: c'est le nom par lequel on désigne souvent la ville afin de la distinguer d\u2019autres cités portant le même nom \u2014 a subi de violents tremblements de terre.L\u2019un d\u2019eux, vers l\u2019an 60 après Jésus-Christ, fut si violent que la ville fut presque entièrement détruite.Après cette catastrophe, Laodicée, grâce à sa richesse, se reconstruisit rapidement et, les ruines en témoignent encore, magnifiquement.Laodicée, en effet, était l\u2019une des plus riches cités d\u2019Asie.Sa richesse venait moins de son agriculture, pourtant prospère, que de l\u2019élevage d'une race de moutons particulière au pays, dont la laine était d\u2019un noir luisant.D'ailleurs, point de rencontre de routes importantes, la ville profitait de son avantageuse situation géographique.Ses banques étaient renommées; une lettre de Cicéron nous apprend que l\u2019illustre écrivain y faisait des transactions.Son économie était dirigée par des financiers adroits.Adroits et libéraux puisque nous voyons l\u2019un d\u2019eux, un certain Hiéron (le nom est grec) léguer deux mille talents (environ un demi-million de dollars!) pour l\u2019embellissement de sa ville.De telles libéralités expliquent un peu le caractère grandiose que dut avoir Laodicée.caractère que les ruirtes qui nous sont parvenues permettent d\u2019imaginer.Ravagée au onzième siècle de notre ère, Laodicée fut progressivement abandonnée; ses habitants allèrent pour la plupart se fixer dans la ville actuelle de De-nizli.Beaucoup de ses monuments furent détruits et leurs pierres utilisées de nouveau; quelques monuments en ruine demeurèrent, ce qui restait fut lentement re- couvert par la terre que nous creusons aujourd'hui.C\u2019est la fin de juillet, nous commencerons nos travaux au début du mois d\u2019août.Trois archéologues français collaboreront avec nous; M.Pierre Devambez, conservateur au Musée du Louvre, qui a déjà fait des fouilles en Turquie, Mme Lilly Kahil-Ginouvès, professeur d\u2019Histoire Ancienne à l\u2019Université de Fribourg, en Suisse, ainsi que son époux, M.René Ginouvès, directeur du département d\u2019Art et d'Archéologie de l\u2019Université de Nancy.IL fera certainement très chaud à Laodicée; dans l\u2019île de Paros, où je me suis réfugié pour quelques jours, je me prépare en relisant le texte de Ramsay sur Laodicée et en feuilletant une grammaire turque que je ne quitte que pour poursuivre des poissons qui nagent trop bien pour le pêcheur que je suis.Ramsay est l\u2019archéologue qui, à la fin du dix-neuvième siècle, parcourut lentement et attentivement l\u2019Anatolie dont il décrivit certaines cités importantes.11 séjourna à Laodicée et consacra une quarantaine de pages à la description des monuments apparents.Ces quelques pages de Ramsay contiennent à peu près tout ce que nous savons sur le site de Laodicée qui.heureusement pour nous, n\u2019a jamais été fouillé.Il nous appartiendra de découvrir davantage.Je suis un peu inquiet; quelques contretemps se sont produits et, ce qui risque d\u2019être ennuyeux, le permis de fouilles, dont je sais pourtant qu'il nous est accordé, ne m'a pas encore été envoyé d'Ankara.Comme il nous faut tous être rentrés qui en France, qui au Canada pour le début de septembre, le moindre retard risque de compromettre la phase initiale de nos travaux, c\u2019est-à-dire le sondage.Nous comptons accomplir un travail \u201csérieux\u201d l\u2019an prochain.Le trente juillet, nous prenons l\u2019avion pour Izmir (Smyrne); la traversée dure environ une heure.Après avoir survolé quelques îles grecques rocheuses et dénudées, nous voyons apparaître la côte asiatique.Nous descendons vers le port de Smyrne.Notre avion se pose; l\u2019air est brûlant.Le contraste est grand entre la Grèce nerveuse, bruyante et gesticulante, et la Turquie placide et lente.Au début, tant de lenteur énerve l\u2019Occidental qui a l\u2019habitude, même sans raison, de se hâter.Il lui faut s\u2019habituer à ce nouveau rythme qui est celui de l\u2019Orient.Le lendemain de notre arrivée, nous nous rendons à Demzli, à quelque 155 milles à l\u2019est de Smyrne.Nous nous installons dans cette ville d\u2019une trentaine de milliers d\u2019habitants.C\u2019est là que nous logerons pendant toute la durée de nos travaux, car Laodicée n\u2019en est éloignée que d\u2019environ trois milles.Les autorités du vilayet (province) nous reçoivent avec une grande amabilité.Le directeur de l'Instruction publique nous présente le directeur du tourisme de Denizli, Aykut Ustabas qui.par une bénédiction du ciel, parle très bien l'anglais.Aykut ne nous quittera guère pendant tout le temps de la fouille.Pour le moment, il nous conduit chez un forgeron à qui nous commandons des pioches et des pelles La rue où il nous entraîne est consacrée aux forgerons; d\u2019autres sont bordées de boutiques de dinandiers, de chaudronniers; la production est en grande partie artisanale et presque tout se fait sur commande.Déjà, en venant d\u2019izmir en voiture, j\u2019avais été frappé par la fertilité du pays que nous traversions.Pendant des heures, nous avions longé des vergers de figuiers aux larges feuilles.Comme il me plaisait, après les arides rochers de Paros et de Mykonos, de retrouver un pays vert! C\u2019est que la région de Denizli et de Laodicée est admirablement irriguée; des nappes d\u2019eau souterraines ont fait donner à la (Suite à la page suivante) PERSPICTIV\u20acS No 4.77 jonviot m2 7 \u2022 0 \u2022 POUR UN SOULAGEMENT des ________MUSCULAIRES ET RHUMES DE POITRINE NON GRAISSEUX .NON TACHANT BcnGay efficace contre MAUX OE DOS, NÉVRALGIES, DOULEURS RHUMATISMALES Ben-Gay l\u2019onguent auquel vous pouvez vous fier pour soulager entorses, muscles endoloris, torticolis.lumbago, douleurs rhumatismales, névralgies, rhumes de poitrine, pieds échauffés, maux de tête.Il suffit de bien masser la région endolorie avec Ben-Gay pour activer la circulation locale du sang et éprouver bientôt une sensation de chaleur bienfaisante.Pour soulager un rhume de poitrine, servez-vous de l\u2019onguent Ben-Gay en inhalation, selon la méthode Ben-Gay (instructions complètes sur chaque tube).Le nouveau Ben-Gay blanc, non graisseux.non tachant, se vend maintenant en tubes commodes.DANS TOUTES LES PHARMACIES reposez-vous sur persomnia chez votre pharmacien, $1 00 et $1.75 Si vous mettez du temps W\tà vous endormir r\tnaturellement, 2 persomnia au coucher amèneront un sommeil reposant A et un réveil détendu.Les FEMMES ne sont pas les seules à souffrir - du nui de dot ou de U fatigue.Bien ftoutent, les homme» en souffrent aussi.Mais les Pilules Dodd s pour les Reins peuvent aider à soulager ce qui cause souvent le mal de dos et la fahgue.Dès que je ressens un mal de dos, )e prends immédiatement des Pilules Dodd's pour les Reins et, peu après, je me sens mieui.Je sais maintenant pourquoi on dit: Vous pouvez compter sur Dodd's.P.S.\u2014Les Pilules Dodd's pour les Reins sont faciles à prendre.Disponibles à n'importe quel comptoir de produits pharmaceutiques.Recherchez la boite bleue à bande rouge et la marque Dodd s.i i Les défauts cutanés s'estompent en une nuit, disparaissent en 1 jours, lorsque vous appliquez régulièrement au coucher de Conçue nt Antf septique DR.CMASE Fouilles canadiennes (Suite de la page précédente) ville de Dcnizli son nom qui vient de deniz: mer.Nous employons notre première journée à arpenter les plateaux qui constituent le site de l\u2019ancienne L.aodicée, à re-connaitre, le plan rudimentaire de Ramsay en main, les principaux monuments en ruine: deux théâtres dont l'un a conserve presque tous ses gradins, plusieurs portes monumentales aux trois quarts enterrées, un stade encore visible, un odéon.Nous nous trouvons sur l'emplacement d une ville entourée autrefois par une muraille, l.es aqueducs romains détruits par les tremblements de terre ou qu'on a démolis pour utiliser leurs pierres n\u2019amenant plus d\u2019eau, nul arbre ne pousse ici.Nous marchons sur des cailloux et des tuiles provenant des bâtiments, dans l'herbe sèche, parmi des chardons à fleurs jaunes.Il faut prendre garde aux serpents et aux vipères dont beaucoup ont une morsure mortelle.Nous en trouverons souvent en déplaçant des pierres au cours de la fouille, ainsi que des scorpions blancs; je ne me sépare pas d une seringue cl de sérums anti-venimeux que j\u2019ai apportés de Paris.Un peu partout apparaissent de lourds blocs de construction, des fondations d'édifices, des tronçons de colonnes.Le site, impressionnant par son étendue, est comme brûlé par le soleil; il fait une chaleur extrême \u2014 entre 100° et 110° F.\u2014 et qui durera tout le mois d'août.1VTOUS convenons de commencer deux chantiers avec une -L \u2019 cinquantaine d'ouvriers.Près de l\u2019un des théâtres, une première équipe va dégager des fondations déjà apparentes.Plus loin, au sud-ouest du premier chantier, une seconde équipe va s'attaquer à une petite colline dont la situation excellente permet de soupçonner quelle recouvre quelque bâtiment intéressant.D'ailleurs nous serons vite fixés là-dessus: en peu de jours, ce chantier se révélera si encourageant que notre touille \"de sondages de reconnaissance\" s'en trouvera transformée en une fouille \u201csérieuse\", et deviendra même l\u2019une des plus fructueuses de l'année, en Turquie, où travaillent plus de trente missions archéologiques venues de toutes les parties du monde.Notre vie de fouilleurs est régulière, harassante et.surtout lorsque la fortune nous sourit, profondément intéressante Vers quatre heures du matin, nous sommes éveillés par les chants étranges des muezzins qui, du haut des minarets, invitent le peuple à la prière.D'ailleurs, à cette heure, l\u2019animation est déjà grande dans le quartier où nous logeons; il faut pour dormir en dépit du piétinement des bêtes de somme sur le pavé, des grondements des camions chargés de pastèques, des interpellations des gens, une grande habitude ou une extrême fatigue! Nous nous levons un peu avant six heures et faisons notre petit déjeuner de pain, de confiture de roses et de thé.A sept heures moins le quart, notre fidèle Mustapha vient nous prendre en voiture; nous arrivons à la fouille en même temps que nos ouvriers, à sept heures.La première période de travail dure jusqu'à midi, la seconde, un peu plus courte, va de deux à cinq heures.A l'arrivée sur le chantier, il fait bon, mais il nous suffit de jeter un coup d'oeil sur les montagnes déjà couvertes d\u2019une sorte de vapeur pour savoir qu'à neuf heures, il fera très chaud et que, vers midi, la chaleur dépassera les 100°.Au chantier, nous nous partageons les tâches, dirigeant le travail des ouvriers, photographiant sans cesse, notant et décrivant les trouvailles, faisant l'estampage des inscriptions découvertes, numérotant blocs et fragments.Sous l'écrasante chaleur, nos ouvriers nous impressionnent par leur endurance et leurs tours de force.Ils doivent nous signaler le moindre fragment qui vient sous leur pioche et rien, pas même une vieille pièce de monnaie oxydée, ne doit échapper à leur attention.A midi, nous quittons le chantier pour déjeuner à Denizli; nous revenons à deux heures.C\u2019est alors le pire moment.D\u2019ailleurs, la chaleur et la fatigue rendent un peu moins efficace le travail de l\u2019après-midi.Parfois, un vent léger remue l'air brûlant, qui rendrait le séjour sur nos plateaux plus supportable s'il ne soulevait la terre poudreuse que nos ouvriers remuent et ne provoquait de véritables simouns qui nous irritent les yeux.A cinq heures, exténués, couverts de poussière, souvent nous partons pour Hiérapolis, à une dizaine de milles de Laodicée, où nous attendent les eaux chaudes d'un établissement thermal remontant à l'époque romaine.Pour apprécier l'eau à sa juste valeur, il faut passer quelques jours sous le soleil de Laodicée.Les Turcs font l\u2019élevage de petits chevaux nerveux et infatigables.Je me souviendrai longtemps de ma première promenade à cheval autour des plateaux de Laodicée.On m'avait prêté un petit cheval blanc qui, sitôt que je fus en selle, s'élança au triple galop, poursuivi par tous les chiens du village d'Eski Hissar et qui, pendant une bonne heure, m\u2019emporta vers ce que je crus devoir être ma fin dernière.Je le commandais en anglais, en français: rien n'y faisait; il n\u2019entendait que le turc.Il me fallut me recommander aux saints qui protègent les cavaliers et attendre qu'épuisé, il acceptât de rentrer au village où.devant mes ouvriers assemblés au café, où ils passent leurs soirées, je trouvai la force de descendre avec beaucoup de naturel.Il y allait de mon honneur.Je m'habituai à ces chevaux un peu sauvages et les promenades que je fis bientôt presque chaque soir dans les environs de Laodicée comptent parmi mes meilleurs souvenirs.L'ouvrier qui m\u2019accompagnait s'ingéniait à m'apprendre le turc.Cirâce à lui.je sus bientôt le nom de tous les arbres et de bien des plantes.Mais, quoique fier de pouvoir désigner en turc le saule et le noyer, le \"chardon à chameaux\" et l'oeillet de montagne, je constatais avec tristesse qu'au restaurant, je n'étais pas encore capable de me faire servir une tranche d'aubergine sans huile .Il m'arriva souvent, le soir, après ces chevauchées parmi les ruines dorées par le dernier rayon de soleil, de manger au village de Goncali, dans la famille de mon contremaître.Assis sur des tapis, nous mangions à la mode des paysans turcs.Un grand plat était placé à terre, devant nous, et sur ce plat se trouvaient les assiettes communes où chacun puisait.Craignant pour mon estomac occidental et me méfiant des plats \"typiques\u201d, j\u2019avais eu l\u2019impolitesse de demander qu'on ne me servît jamais que des tomates, du riz nature, des oeufs et des fruits.Pour ces derniers, il n\u2019y avait d\u2019ailleurs qu\u2019à tendre la main.Nous nous trouvions en effet sous un vieux cep couvert de lourdes grappes et, au fond du jardin, un grenadier nous offrait ses fruits vermeils.Je rentrais ensuite en traversant une dernière fois Laodicée, sur laquelle veillaient des constellations étranges.J'allais lentement, en savourant la paix et la fraîcheur de la nuit.Et ainsi, à mesure que le temps passait, je m'attachais profondément à cette cité prestigieuse que d\u2019autres pouvaient croire morte mais qui pour moi se remettait à vivre d une vie intemporelle.Je n'eus échangé pour rien au monde le privilège que j'avais de participer à cette vie secrète.Mais, selon son habitude, le temps véritable courait et mesurait les jours.L\u2019idée de mon départ m'attristait.J\u2019ai déjà dit que notre succès fut tel, au deuxième chantier, qu'il nous obligea à abandonner le premier où nous nous contentâmes de dégager les fondations d'un petit édifice qui dut, à l'époque byzantine, être affecté au culte chrétien puis-qu'au pied de l\u2019un de ses murs nous découvrîmes un important élément de corniche, en marbre blanc, décoré d'une croix byzantine en relief.Cette pièce fut d\u2019ailleurs le seul morceau important que nous tirâmes de cet endroit.A U moment de notre arrivée, le site de notre chantier prin- ¦- cipal se présentait comme une colline dont le sommet uasquait à peine l'emplacement d'un petit bâtiment ou d\u2019une petite pièce rectangulaire.Ea taille des blocs visibles nous indiquait qu'il pouvait s'agir d'un édifice important.Nous commençâmes à dégager les murs sur trois côtés en creusant de larges tranchées.Selon le système habituel, des équipes de piocheurs brisaient le sol durci.Ensuite, des pelleteurs déposaient la terre dans des bards que leurs porteurs allaient déverser à une centaine de pieds du chantier.Mais les déblais s'accumulant, il nous fallut bientôt recourir à un camion.Le plan de l\u2019édifice que nous étions à fouiller se révéla progressivement et nous parut, pour l'essentiel, consister en deux salles surélevées, disposées en L, avec, en contrebas, une vaste salle dallée de plaques de terre cuite, dont le dégagement nous restitua des dizaines de blocs d\u2019architecture, des fragments de statues, et surtout notre plus belle pièce, une magnifique statue d lsis en marbre blanc.Les murs de l\u2019édifice étaient constitués de gros blocs de pierre calcaire bien appareillés.A l'extrémité des deux salles en L, des hémicycles (exèdres) apparurent IX- toute évidence, l'édifice, dont la construction nous parut remonter à l'époque romaine (1er ou Ile siècle après J.avait été réutilisé et transformé à des époques ultérieures.Une baignoire de pierre que nous avons exhumée à l'un des angles du bâtiment doit dater de l'époque byzantine ainsi que le sol dallé de marbre de l'une des salles Pour atteindre les parties essentielles du bâtiment, (Suite page 20) 8 PERSPECTIVES No 4.27 jonvler 1962 1719 t M.René Ginouvès se promène dans une vieille rue romaine dallée, mise au jour sous cinq pieds de terre.* * s «\t¦¦ ¦ Un ouvrier turc a tenu à faire photographier son fils devant une dalle sur laquelle est sculpté un aigle romain.Hh i tk.: m ».tt- I.a découverte d'un serpent venimeux provoque un certain émoi.Saisi par la queue, il ne peut pas mordre.I 5 v » ' - V > \u2019 \u2022, ) i i Les mamans modernes adoptent de plus en plus les aliments Heinz pour bébés et ne se contentent plus d\u2019autre chose.C\u2019est qu elles connaissent la pureté des aliments Heinz pour bébés et qu\u2019elles en apprécient aussi la commodité.Elles savent qu\u2019elles peuvent avoir une entière confiance en ces aliments hautement recommandés.Les aliments Heinz pour bébés présentent une valeur nutritive indiscutable .Leurs nombreuses variétés offrent toutes une saine saveur naturelle qui plaît aux bébés et les aide à s\u2019habituer aux goûts divers des aliments.Votre bébé mérite ce qu\u2019il y a de mieux! Bébé en bénéficie aujourd'hui \u2014 et pour toute sa vie K \\ STRAINED \u20ac7 à Ions h rv/)as.(ons les jour: PERSPECTIVES No 4, 37 lonvi.i 19*3 9 G /indy O 'Drieu et Ce S part Howe abaissera le record de Richard (544) Cîordie Howe Detroit i MÊ- I Toute l\u2019équipe des Canadiens se rue sur Gordie Howe )\tprix spècial 89c P0LYMULSI0N, économisez $1.86 Aromatisée à l\u2019orange.Contient 7 vitamines pour bébés et petits enfants.24 onces: rég.$7.75\tprix spécial $3.89 TEINTURE D\u2019IODE, ÉCONOMISEZ 6< Antiseptique populaire pour coupures.Bouteille de 2^ onces: rég.25é\tprix spécial 19< CRIME A BARBE STAC (REGULIERE OU POUR RASAGES SANS BLAIREAU), économisez îi< Xui.- de oners: rég.6.)es de se multiplier.Prévient y l\u2019irritation due aux couches.Offre\ty spéciale d'introduction.Bouteille de 12 onces.Rég.$1.25.spécial 95* ^ Prit indiqué* rn rigueur jusqu'au lOffv.Nou» mni* réèrrvoiiH U «iroil dr lunifrr Ira quantitfa.LIS PRODUITS REXALL SI VENDENT EXCLUSIVEMENT AUX PHARMACIES REXALL-DEMANDEZ LA MARQUE RIXALI À LA PHARMACIE QUI PORTE CETTE ENSEIGNE PERSPECTIVES No 4, 27 |oi 1962 13 CIGARETTES ou FILTRE SOMMEIL AGITE?Vos reins.peut-être Prenez les Gin Pills pour aider à l'accroissement du débit urinaire et soulager les irritations des voies urinaires et de la vessie, qui sont souvent causes de courbatures, de lassitude et d\u2019un sommeil agité.CIN PILLS POUR LES REINS p î ro» GRATIS! 209 timbres DIFFERENTS > (Induonl toux illustrés 31^ CENTRE PHILATELIQUE 275 O St-Vallier, OEPT.PE 17.Québec, P Q Veuillez m'expédier 209 timbres gratis et un choix de timbres en approbation.J'inclus 25c pour frais de poste et manutention.NOM (en lettres moulées, s.v.p.) ADRESSE Avez-vous vu Fiston ?î ¦ VM-.-i \u2022\t^\tt- \u2022 I, v \u2014 ^ « nouveau iil&rf ,* - 4V' v '-\t\u2018 r ™ Fernandel veut lancer son fils Frank, 25 ans IL Y A 30 ans, Fernandel commençait sa carrière c i n é m a t o p r a p h i cj u e, qui allait faire de lui le comique No 1 de l\u2019écran français.Il en est aujourd\u2019hui à son centième film, \u201cCet imbécile de Rimoldi,\u201d qu\u2019il vient de tourner en présence de son fils Frank, âgé de vingt-cinq ans.Fernandel voudrait bien (pie son fils détienne acteur .à son tour et, pour cela, il s\u2019efforce de le mettre dans l\u2019ambiance du plateau.On a même trouvé un scénario qui permettrait à Frank de faire ses débuts mais le jeune homme ne semble pas pressé de suivre les traces de son père.\u201cPourtant, je suis sûr que mon fils pourrait réussir au cinéma, dit le célèbre comique: il est aussi fantaisiste que son pere! Actuellement et jusqu\u2019à ce qu\u2019il devienne acteur, Frank Fernandel se contente d\u2019etre le directeur artistique d\u2019une maison de disques et on le dit grand \u201cdécouvreur de talents\u201d.11 a déclaré qu\u2019il donnerait une réponse définitive à son père d\u2019ici quelques mois.Il veut réfléchir tout à son aise car, dit-il, \u201cle cinéma ne m\u2019amuse pas.\u201d En attendant, il suit avec beaucoup d\u2019attention la manière dont papa travaille: on ne sait jamais! 14 PERSPECTIVES No 4 27 |onv.*r 196? Sur le plateau où il tourne son 100c film, Fernandel reçoit la visite de son fils Frank, qu'il espère bien un jour voir suivre ses traces à l'écran.Que la jeunesse est impatiente! semble dire Fernandel en voyant son siège occupe par Frank qui dit pourtant que le cinéma ne l'amuse pas.\\S \u2022wœs Séduisante parce que sûre délie sûre d'elle parce que sûre de Modess premiere serviette grand luxe 'Marque déposée.Modess\" la serviette de confiance pour la femme daujourd'hui.PERSPECTIVES No 4 27 jonvior I9é2 15 MHIIIi' 1 L\u2019ART DE GASPILLER LE Une commission enquête sur r1/ ' f/j I i, 1 ^ÎSS- '\t- V.¦ \u2019\t- m Un gardien de phare à qui on refusait de remplacer le cheval par un tracteur annonça un beau jour que la bête était tombée de la falaise.PERSPECTIVES No ».27 jonvior 1942 LA COMMISSION d\u2019enquête Glassco, qui a la tâche de recommander des réformes propres à favoriser l\u2019efficacité, l\u2019économie et, d\u2019une manière générale, à \u201caméliorer le fonctionnement des administrations publiques\", contribuera certainement à réfuter que les Canadiens ne sont pas roublards, comme on le pense généralement.A vrai dire, l\u2019enquête démontrera probablement, au contraire, que le Canadien ne le cède à personne quand il s'agit de trouver des moyens de soutirer de l'argent au Trésor public.Personne ne sait encore, naturellement, ce que contiendra le rapport que la commission, présidée par M.Grant Glassco, présentera au gouvernement fédéral.Mais les enquêtes précédentes ont révélé que le gouvernement canadien, comme tous les autres, est exposé à des machinations de toutes sortes, certaines risibles et d\u2019autres dont on pourrait louer l'ingéniosité de leurs auteurs, même si cette ingéniosité sert à des fins répréhensibles.La chose n\u2019est pas nouvelle.Un des cas typiques remonte aux années trente.Lors de l\u2019étude du budget du ministère de la Justice à la Chambre des communes, le chef du C.C.F., M.J.S.Woodsworth, demanda au ministre, M.Ernest Lapointe, pour quelle raison un gendarme était de faction derrière le Parlement, à côté de la Bibliothèque.M.Lapointe répondit qu\u2019il ne le savait pas.mais qu\u2019il se renseignerait et en rendrait compte le lendemain.Quelques heures plus tard, M.Lapointe alla trouver M.Woodsworth et lui demanda d\u2019avoir l\u2019amabilité de ne pas donner suite à la question qu\u2019il avait soulevée en Chambre.\"De cette façon, expliqua-t-il, de grands embarras nous seront évités.\u201d On apprit ainsi que le lendemain de l\u2019incendie qui ravagea le Parlement, en 1916.on avait demandé à la Gendarmerie royale de mettre un homme de garde devant la Bibliothèque du Parlement, la seule partie de l\u2019édifice qui avait été épargnée.Et pendant une vingtaine d\u2019années, un gendarme monta le garde près de la Bibliothèque parce que personne n\u2019avait songé à révoquer l'ordre.Parfois il semble aussi que le sort s'acharne sur un projet gouvernemental.En 1949, Ottawa et Terre-Neuve concluaient un accord prévoyant l'établissement d'un service maritime l'année durant entre North Sydney.en Nouvelle-Ecosse, et Port-aux-Basques, à Terre-Neuve.Le navire devait coûter quatre millions cinq cent mille dollars et être prêt au printemps de 1951.Pour recevoir le navire, que l'on construisait à Montréal, un nouveau bassin de 1,000 pieds de long fut aménagé à Port-aux-Basques.L\u2019entreprise devait coûter six millions cinq cent mille dollars, mais on s\u2019aperçut, malheureusement, que le chenal n\u2019aurait que dix pieds de profondeur, alors que le tirant d'eau du navire était de 19 pieds.On décida de corriger cette erreur en draguant. ES FONDS PUBLICS sur les ruses qu\u2019emploient des Canadiens pour rouler le Trésor M.J.Grant Glassco, président de la commission d\u2019enquête.Pendant ce temps, à Montréal, on avait aussi des difficultés avec le bateau, le William Carson.On trouva nécessaire de procéder à des modifications qui enjolivaient à la fois l'aspect du navire .et son prix.Ce navire de 350 pieds de long, aux lignes harmonieuses, fut prêt à entrer en service en 1955, quatre ans plus tard que prévu.II avait coûté finalement quatorze millions de dollars.Malheureusement, Port-aux-Basques n'était pas prêt à recevoir le William Carson.Le dragage du chenal avait détruit le brise-lames naturel du port, nécessitant la construction d'une digue.Le temps que dura les travaux, le William Carson, destiné au transport de 250 passagers, fut affecté, suprême affront, au transport des marchandises.Ce fut sans aucun doute l\u2019un des plus luxueux cargos du monde.Tout laissait espérer désormais que le navire prendrait finalement sa place dans le port dès l'achèvement de la digue, en 1956.Mais le capitaine refusa alors d\u2019y faire entrer son bâtiment, estimant que, en raison de son faible tirant d\u2019eau et de sa haute superstructure, son navire était trop vulnérable aux vents violents dans le chenal long et étroit.Au début, c\u2019était le port qui ne pouvait recevoir le bateau, maintenant c\u2019était le bateau qui ne pouvait entrer dans le port.\u201cNous allons corriger cela, dirent les ingénieurs, en draguant plus profondément et en construisant d'autres digues.\u2019\u2019 Ces nouveaux travaux durèrent deux ans.Le William Carson fit son entrée officielle à Port-aux-Basques, par un matin gris d\u2019octobre 1958, avec sept ans de retard.L\u2019entreprise avait coûté sept fois plus que prévu.Si, toutefois, le coût des projets gouvernementaux a tendance à dépasser les devis originaux, on ne ménage rien, en tout cas, pour éviter la chose.Le Bureau du Trésor, à Ottawa, est fréquemment critique pour son trop grand souci d\u2019économie, mais rarement sinon jamais pour son manque de fermeté lorsqu'il s'agit d\u2019approuver les dépenses du gouvernement.Personne, toutefois, ne devrait sous-estimer l\u2019ingéniosité des Canadiens quand il s'agit de soutirer quelque chose du gouvernement, même de mauvaise grâce, comme par exemple ce gardien de phare du littoral atlantique dont le cheval de trait était devenu trop vieux.11 implora l\u2019agent local du ministère des Transports de mettre son cheval à la retraite et de lui fournir un tracteur pour le remplacer.La demande fut expédiée à Ottawa où elle fut immédiatement refusée.DANS les mois qui suivirent, un dossier imposant se constitua au ministère, la: gardien envoyait lettre sur lettre pour expliquer l\u2019urgente nécessité pour lui d\u2019avoir un tracteur.Line copie du refus du ministère était épinglée à chacune d\u2019elles.Lassé de tant d'obstination, un haut fonctionnaire envoya une lettre mettant fin à toute correspondance.Il y expliquait avec fermeté que tant que le cheval serait vivant, il devait continuer à l\u2019utiliser.Son remplacement par un tracteur serait envisagé seulement après sa disparition.Quelques jours plus tard, un télégramme du gardien parvenait au ministère: \u201cRegrette de vous informer que le cheval est mort de façon imprévue.Il est tombé de la falaise.Vous demande aimablement un tracteur pour le remplacer.\u2019\u2019 Les efforts de la commission Glassco ne sont en fait que la synthèse de ce qui se fait constamment dans les services gouvernementaux.On entreprend toujours des nouvelles enquêtes dans le but de réduire le gaspillage, mais cela aussi soulève des difficultés.l'I.y a quelques années, on fit enquête sur l\u2019utilisation des téléphones dans les services gouvernementaux.Dans un service du ministère de la Santé, il fut recommandé d\u2019enlever un appareil d\u2019un bureau parce qu\u2019il ne servait jamais.Par contre, un deuxième téléphone serait posé dans un autre bureau du même service en raison du grand nombre d\u2019appels qu\u2019on y recevait.Le chef du service rejeta ces suggestions.Le téléphone qu\u2019on devait supprimer était le sien.Aucun appel n\u2019avait été fait sur son appareil au moment de l\u2019enquête parce qu\u2019il était chez lui.malade.Quant aux appels nombreux reçus dans le deuxième bureau, iis étaient dus tout simplement à la présence d\u2019une très jolie secrétaire qui menait de front plusieurs flirts.Les gouvernements, même par l\u2019intermédiaire de leurs fonctionnaires, sont poussés par la compassion à faire des actes de générosité.Dans les années vingt, un juge mourut laissant sa femme sans moyens de subsistance.La veuve, qui a maintenant 80 ans passés, est toujours inscrite sur les listes de paie du gouvernement en qualité de bibliothécaire, bien qu\u2019elle ne soit pas venue à la bibliothèque depuis une trentaine d\u2019années.Elle n\u2019y a travaillé d\u2019ailleurs que quelques semaines.Il y a aussi le cas du rédacteur à qui l\u2019Office national du film avait confié un poste au service d\u2019information institué pendant la guerre.Le conflit terminé, il n\u2019avait plus rien à faire.On lui dit de ne pas s\u2019alarmer et d\u2019attendre tranquillement: quelque chose arriverait bientôt.C'est son chèque de paie qui arriva régulièrement, mois après mois.Occupé à résoudre les grands problèmes qui se posaient après la guerre, l\u2019administration l\u2019avait plus ou moins oublié.Après avoir attendu six mois dans l\u2019oisiveté, il démissionna et se trouva un emploi à Toronto.Personne, probablement, n\u2019est mieux qualifié que M Watson Sellar, un des membres de la commission Glassco.pour dépister le gaspillage gouvernemental.Pendant de nombreuses années.M.Sellar fut vérificateur général du Canada-\u2014le chien de garde du Trésor public.Le rapport qu\u2019il présentait chaque année au Parlement contenait nombre d\u2019exemples de gaspillage de l\u2019argent des contribuables.On y retrouve le cas de la femme de ménage, au Manitoba, qui fut payée pendant 13 mois après que les services gouvernementaux eurent quitté l\u2019immeuble où elle travaillait.Il y eut le cas des deux juges membres d\u2019une commission fédérale qui emmenaient leurs femmes avec eux quand ils voyageaient pour le compte de l\u2019Etat et envoyaient leurs notes de frais au gouvernement.Il y eut aussi le soldat qui passa presque toute sa vie militaire en prison avant d\u2019être pendu pour meurtre.Sa femme, qui ne vivait plus avec lui depuis des années, se vit accorder une pension viagère de $720 par an parce que son mari \"était mort au service de Sa Majesté\u201d.Il y eut encore l\u2019approbation d\u2019une dépense de $800 sur la maison occupée par l\u2019officier commandant un camp militaire à Regina.Une fois les réparations et les améliorations terminées, la facture se monta à $15,000 et cette somme ne comprenait pas les matériaux pris dans les magasins de l\u2019armée.Le rapport de 1960 du vérificateur général du Canada révèle un cas similaire concernant la maison d\u2019un officier supérieur de l\u2019aviation.Le gouvernement autorisait une dépense de $34.950, mais plus de $79,000 avaient été dépensés avant même que la construction fût terminée.Les dépenses militaires sont depuis toujours un casse-tête pour les fonctionnaires qui veillent aux économies.M.George S.Currie, qui enquêta pour le gouvernement au camp de Petawawa.il y a une dizaine d\u2019années, signala dans son rapport un certain nombre de cas où l\u2019audace s'alliait à la malhonnêteté.UN grand nombre de rails appartenant au Pacifique Canadien avaient été subtilisés et vendus comme ferraille.Quand la compagnie commença à s'en apercevoir.les rails manquants furent remplacés en démontant une ligne d'évitement des Chemins de fer nationaux qui menait au dépôt de l'Intendance.Des contrats avaient été accordés à des entrepreneurs pour l\u2019enlèvement de 45 tonnes de ferraille, mais c\u2019est 550 tonnes qui furent expédiées du camp.Dans la \u201cferraille\", il y avait des fourneaux de cuisine, des radiateurs, des cabines de douche, des éviers et d\u2019autres appareils, tous en bon état.On utilisa des tracteurs et des véhicules de l\u2019armée pour déblayer une partie du camp, bien que le contrat stipulât que l'entrepreneur devait utiliser son propre équipement.\"Au cours du déblaiement, note M.Currie, des chevaux furent loués par des militaires et placés sur la liste de paie sous le nom d\u2019ouvriers inexistants.\u201d Près de 18,000 sacs de ciment ont tout simplement disparu à Petawawa.Une partie du ciment servit à la construction, sans autorisation, d\u2019un barrage qui a dû coûter trois ou quatre mille dollars et qui servit à l\u2019aménagement d'une piscine.PERSPECTIVES No 4, 77 jan»i.r 1962 !7 Allan Stanley Mu pit* Lviifsiii* Miiriniiii I A SAISON 1960-1961 une fois terminée, les experts on fait leur choix des joueurs de la Ligue Nationale de hockey dignes de figurer sur les équipes d'étoiles et le nom d'Allan Stanley, des Maple Leafs de Toronto, s'est ainsi retrouvé sur la ligne de defense d'une de ces deux équipes imaginaires.C'est la seconde fois de suite, depuis trois ans qu'il fait partie des Leafs.qu'Allan mérite cet honneur et il peut en être fier si l'on songe qu'il a 36 ans et que, dans leur sélection des meilleurs joueurs de défense de la Ligue, les experts se laissent surtout séduire par les joueurs jeunes et vigoureux.Les chroniqueurs sportifs de la presse, de la radio et de la télévision, dans les six villes formant le circuit de la Ligue, ont voulu récompenser ainsi Stanley pour avoir su insuffler à des coéquipiers plus jeunes que lui une ardeur qui a amélioré la qualité du jeu de toute l\u2019équipe.Les Leafs se classaient au quatrième rang quand il est venu se joindre à eux mais ils ont terminé au deuxième rang au cours des deux dernières saisons.Ce succès est dû à plusieurs facteurs mais le choix des chroniqueurs a reconnu avec raison la part capitale que Stanley y a prise.La jeunesse est sans prix pour un joueur de la Ligue Nationale mais elle doit s\u2019allier à l'expérience, et Stanley n'en manque pas puisqu'il a participé à 210 parties de hockey professionnel de calibre mineur et à 750 parties pour quatre des six équipes de la Ligue Nationale.Allan Herbert Stanley, qui mesure 6 pieds 2 pouces et pèse 191 livres, est né le 1er mars 1926 à Timmins, en Ontario.11 quitte, à 20 ans, le hockey amateur senior et l'équipe des Olympics de Boston pour devenir joueur professionnel chez les Reds de Providence, dans la ligue Américaine de hockey.Les Rangers de New York l'empruntent aux Reds au cours de la saison 1948-1949 et le gardent avec eux jusqu'en 1953.On l'envoie alors jouer pour Vancouver, dans la ligue de l'Ouest, mais les Rangers le rappellent peu après à New York pour le reste de la saison.Au milieu de la saison 1954-1955, son équipe le cède aux Black Hawks de Chicago, chez qui il restera jusqu\u2019en 1956.Il s'aligne ensuite avec les Bruins de Boston puis les Leafs requièrent ses services durant la saison 1958-1959, ce qui permet à Stanley de revenir jouer dans sa province natale.Chaque été, depuis trois ans.Allan installe une remorque derrière sa voiture et, avec sa femme, passe l'été à Blind River, en Ontario.I* Ilot os l.oui* .laquos I lui lit'me tl'ime st'rie r-\tV (Tenfants de 4 à lO ans X .-\"r- Le 1er club de disques français pour enfants: La Ronde des Snfanfs l \" J y.vous invite à écouter Chaque microsillon (33 t.p.m.-haute fidélité) vous donne bien 40 bonnes minutes de loisirs GRATUITEMENT le microsillon Blanche-Neige et Cendrillon Contés par Micheline Francey avec un album illustré par Claude Fradet Faites écouter gratuitement à votre enfc Blanche-Neige et Cendrillon .les deux contes classiques, superbement enregistrés en haute-fidélité et interprétés par la charmante vedette Micheline Francey.Ils recevront en plus un hel album en couleurs illustré par le spirituel dessinateur Claude Fradet.Et si tout cela vous plaît, vous nous payerez le prix dérisoire de $1.00 seulement et réserverez ainsi une place pour votre petit dans le premier club de disques français pour enfants\u2014 \"La Bonde des Enfants.\u201d ACIQUE La Ronde des Enfants, Dept.WEF-12 485 Perth Ave., Toronto 9, Ont.Veuillez m'envoyer toute la documentation sur la Ronde des Entants-le premier club de disques français pour enfants de 4 à 10 ans.Veuillez aussi envoyer pour AUDITION GRATUITE â l\u2019enfant %3tie je nomme ci-dessous, le microsillon haute-fidélité CEN-DRTUON et BLANCHE-NEIGE et le bel album illustré, et réserver pendant 5 jours en son nom une participation 3 la Ronde des Enfants.Si l'enfant n'est pas ravi de cet enrefistrement ou si je ne suis pas entièrement convaincu, je vous le retournerai dans les cinq jours et l'essai ne m'aura rien coûté.Autrement je vous réglerai le prix dérisoire de St.00 et l'enlant sera assuré d\u2019une participation dans son dub de disques aux conditions indiquées dans cette annonce.Nom de l'enfant___________________________________________ Adresse de l'enfant_______________________________________ Mon nom_____ Mon adresse.C\u2019est pour vous démontrer la valeur éducative et la haute qualité de ses enregistrements que \"La Ronde des Enfants\u201d vous propose ce microsillon d\u2019essai.Car une chose est certaine: votre enfant se fera une telle joie d\u2019écouter ce premier disque du club que vous ne pourrez résister au plaisir de lui offrir régulièrement des disques semblables.Et quel soulagement pour vous! Non seulement vous êtes sûr de donner à votre enfant des heures d\u2019activité saine et profitable\u2014tous les disques de la \"Ronde\u201d étant contrôlés par une équipe de pédagogues et d\u2019éducateurs.Mais la durée d\u2019écoute de chaque microsillon vous donne bien 40 bonnes minutes de loisirs pour vaquer à vos occupations.\u2014 Essayez le premier microsillon de la Ronde des Enfants.En vous l\u2019envoyant, nous réservons automatiquement à votre enfant une participation dans ce nouveau club de disques.De plus, vous avez 5 jours pour vous décider.Si vous et lui-même n\u2019êtes pas entièrement convaincus, vous nous renvoyez Blanche-Neige et Cendrillon.Votre réservation est annulée.Votre essai ne vous a pas coûté un sou et ne vous impose aucune obligation.Mais si votre enfant est enchanté de notre enregistrement, comme l\u2019ont été tous ceux qui l\u2019ont déjà écouté, vous nous payez la somme dérisoire deSI.OOet son adhésion est ainsi confirmée.îconomtque \u2014 En tant que petit adhérent de la Ronde des Enfants, votre enfant recevra chaque mois un superbe microsillon de 10 po.accompagné d\u2019un album illustré.Vous serez seulement facturé de la modique somme de $2.48 (plus quelques sous pour frais d\u2019envoi).1 ou s économiserez donc />lus de 50%, sur les prix de détail normaux.La participation de votre enfant à la Ronde des Enfants durera le temps que vous désirerez.Vous pouvez l\u2019annuler quand vous le souhaitez après avoir accepté ne serait-ce que 3 disques des sélections mensuelles.Nous ne vous demandons pas de décider maintenant si vous voulez ou non que votre enfant participe à ce club.Mais il est essentiel pour lui assurer une place que vous nous demandiez dès maintenant pour audition gracieuse le disque d\u2019introduction, Blanche-Neige et Cendrillon.Lj Ronde des Infants.485 Perth Ave., Toronto Ils O ft t besoin de Merveilleux pour vivre Voici quelquc.-uns de.disques que lei petits adhérents de la ronde des enfants recevront dans les mois prochains ; Lt CHAT BOTTÉ LA PETITE SIUÉNE LE VILAIN PETIT CANARD NEIGE LINE ALI BABA ET LES «0 VOLEURS ALADIN ET LA LAMPE MERVEILLEUSE LES BELLES CHANSONS FRANÇAISES, ETC.\u2022< "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.