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Titre :
Les herbes rouges
Éditeurs :
  • Ville Jacques-Cartier, Qué. :Les herbes rouges,1968-[1993],
  • Montréal :Les herbes rouges
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
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Les herbes rouges, 1979, Collections de BAnQ.

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hanches des fins d’heures d’avant la nuit, dans la cervelle pleure et toujours se retourne poignard revolver pieu contre qui je hante.Je ne suis pas le fils maudit, je suis fille maudite et je le vois ainsi depuis que je suis une fille.Avant toujours j’écris le couteau.8 Les paroles malsaines des femmes le sont à un point tel qu’elles s’avortent avant le jour.Le fils si cher l'héritier peut se quereller.Il est la raison.Il l’installera son truc d’entre ses jambes.Où’s qu’y a que ça s’pogne que ça s’plotte que ça s’mette.Des p’tits.Des dits.Des gros.Y s’y mettra à boire et à manger à toi Bloody Mary Holy Mary.Full top pincée pognée.Bloody Mary Holy Mary Crunchy Mary.Monument à la gloire du fils.Quelle loi pourrait saluer la fille: à qui appartient ce gage contre ordre mamifamilial.Transgresser pour le fils.Régresser pour elle.Marcher in speculum specula.C’est la marche en dedans les yeux chavirés la peau retournée sur elle-même.Il était une fois dans la diarrhée du temps qui n’avance ni ne recule, une masse infâme nommée Bloody Mary qui à peine née fut livrée à un carrefour où jamais personne ne s’aventurait.Forêt, dédale, labyrinthe, trachée-artère.C'est un lieu mental: sans petit poucet, sans prince charmant.Pour Oedipe aux pieds enflés un berger royal.Pour Bloody Mary dehors dedans le rouge sur toutes surfaces.Les yeux rougis.Comme j’ai pleuré quand j'ai dit ma demande.On a sucé Bloody Mary.Paquet de sang coagulé peau: revêtement qu’on disait d’être d’âme.J’ai hurlé dans le noir des parois de mon ventre quand j’ai demandé après toi.L’enfermée le sang la tache.(Tout tremble ici autour parce que j’ai oublié: te dire que je t’aime.Tu peux mettre dans ce mot autant de merde et de rire que tu voudras.la feuille fille visage sang.) 9 Bloody Mary est morte.Sans berger ni roi.Il n’y a pas d’histoire pour elle.Il y a ses taches tous les vingt-huit jours.Informe au sein de la forêt masse morte qui se plotte sans arrêt.Ventre d’une femme chaude de sang qui pisse et se coagule en sa chair.Yeux rivés dans ça.Pas de trou.Il n’y en eut jamais.Se protoplasme la masse molle glu en mouvement.C'est tellement l’amibe ça primaire dure à rejetter le fils à regret la fille pour que le mouvement mare rouge se prolonge.Une forêt nerveuse de tissus en semblant de vie pour qu’il se fasse mordre.Je me tue d’ombres.Je nous sens comme cela dans des tempes vibrantes si vibrantes si vibrantes.Oh! le murmure.Cela suicide.L'encensfantsilonlaire.L’enfantfansilaire.Les ciloncili-daires.Du sang l’en mange.Du sang l’en chie.10 L’engorgée la possédée l’enfiroua-pée la plâtrée la trou d’cul l’odalisque la livrée la viarge succube fend la verge fend la langue serre les dents.Des passes je me fais la passe, je suis ma propre maison de passe. histoire pour dire Bl>ni"i'i»»iii iinifMi" .11 4w>i Qg&fi* W*T&0lfl Q&SEÊÈ&£SËÊ8Ê8të> ^sêüuêêêSês^ê HS&SFfi- - ’ • - • '• - ss a "^W-V Th-Vty- W^SSÊBB- HE WW80MBI sSMRSMnBSS MKfT '*-•"• .' v few::: VvvOv V'l ':> ' En commençant, je termine.Entre deux, rien.Vous avancer une petite histoire.Celle d’un point sur un i.Les temps verbaux menacent de revenir à l’infinitif le hors temps des gestes femmes: ceux qui n’ont pas d’âge même celui de l’usine.D’une ligne jusqu’à cinq tous les jours.C’est le point de suspension.On dit la mémoire courte.La phrase arrêtée au soupir.Le demi-mot.Le même.La honte.La rue ne débouche pas.C'est un cul-de-sac.Au bout, la voie ferrée.Elle me semble large.Du côté sud-ouest, elle s'ouvre sur une église protestante qui m’apparaît toujours fermée.De l'autre côté une petite épicerie tenue par un étranger Voukirakis.Puis tout au long de chaque côté, les briques rouges et luisantes.Presque toutes trois étages des escaliers de fer.La plupart torsadés.Les maisons sont louées aux travailleurs.Au centre, du côté ouest, place publique le restaurant.Tandis qu’au nord la rue fermée par la palissade de la voie ferrée fait place à deux petites manufactures, à l’ouest les matelas, à l’est les pièces de machinerie.Les noirs travailleurs de la rue: visages fermés, yeux rivés, peaux fanées, serrant contre eux la boîte de métal noir, vêtus tel un uniforme quittent tous les matins les maisons de briques.Ils ont l’air d’aller vers d’autres usines.Ce sont les pères.Ils sont ailleurs.Comme nous voulaient nos éducatrices aux mains si blanches. Pour les petites filles à partir de onze ans, il n’y a plus rien de sérieux.L’école se vide.Une telle a quitté.Une telle déserte de plus en plus souvent.Comme les indiennes dans les premières nuits du printemps froid vont rejoindre les bois et l’homme.La classe se fait à double sens: pour celles qui vont quitter rapidement et celles qui resteront encore quelques années.La classe se ressent des départs en cachette dans le silence des noires dépendances du corps.On n’encourage personne à partir ou rester.Du dehors, ça ressemble à une fatalité: elle devait partir, elle était faite pour partir.Déjà on entendait: l'école n’est pas pour tout le monde.D’ailleurs le cycle d’étude allait se terminer trois ans plus tard.Puis, nos éducatrices abandonnaient l'étude des bonnes manières et du bon parler français pour s’adonner fermement à la leçon de morale.15 Les filles c'est fait pour laver des couches.-T’as pas besoin de ça pour laver les planchers.Kotex pourri dans la neige noire fin d’après-midi de mars.Ruelle.Le vent fou sur la peau de pas chance.«Es-tu mienne?Je le suis.Pour toujours?Oui, chéri.Sans retour?C’est promis.Ma p’tite reine, Mon chéri.Ne crains rien pour ton p’tit coeur Il aura toute la douceur Donne-le moi pour toujours Mon amour.» Bonne, je suis bonne, la bo-bonne en uniforme coiffe et tablier, déshabillée, seule, dans ma chambre de bonne.A travers le grillage de ma fenêtre ouverte, je vois la piscine de madame, la petite maison bar des bains nuits fermée comme les luminaires des soirs de fête.J’ai dix-huit ans, je suis la bonne de Monsieur, Madame Simard et fils.Ni papier, ni crayon écrite dans la tête.L’indéfectible certitude que ça commence que ça ne finit pas que ça se tord là-dedans. Trop proche du journal.Trop proche des réminiscences.J'ai toujours envie d’écrire.Toujours envie de hurler.Au lieu de tenir un crayon, je tiens un poignard parfois un pieu, ça n’écrit pas. que je déparie "z *¦ ^ # ’ ; I Dis bonjour, allez dis bonjour.Dis comment ça va.Allez.allez.ouvre la bouche, parle, parle mais veux-tu parler bondieu, c’est simple ouvre la bouche allez t’es pas muette, dis bonjour qu'on te dit, parle c’est simple commence par le commencement, commence par où il faut commencer, bonjour comment ça va, puis, puis et puis ça va tout seul le bon mouvement le naturel le geste la figure qui vont avec ça aussi, bonjour comment ça va c’est facile à dire tout d’un coup avec le geste avec la figure pas cette face-là pas de face de carême, ni de face de boeuf, un air naturel, gentil, ouvert quoi c'est tout simple.Qu’est-ce que tu comprends pas là-dedans?Laisse-toi aller ça veut dire sois naturelle, décontractée.Mets pas tes bras comme ça, décroise, laisse aller tes mains mais pas comme ça t'as l’air d’une guenille molle.Lève la tête un peu ramasse-toi les cheveux t’as de beaux yeux, faut qu'on les voit.Si t’arrives pas à ouvrir la bouche au bon moment, y parleront pour toi.Qu’est-ce qui se passe encore?Ça se peut pas tout le monde y arrive, regarde autour regarde comme il faut celle-là, celui-là, celle-là, fais pas semblant que tu comprends pas t’es capable, tu l'as déjà dit, fais pareil, recommence c'est rien que ça.Le plus simple de tout.Un peu de naturel, tout juste.même pas des bonnes manières, ni du savoir-vivre, juste un signe.Ça se peut pas t’es en vie oui ou non, t’es là oui ou non, t’existes ou t’existes pas l’envie tu sais pas ce qui me passe par la tête l’envie, au moins je vas te le dire de te secouer, de t’envoyer une bonne taloche, une bonne claque ça me ferait donc du bien ça me soulagerait.Ça me fend la face quand je pense que tout ce que je te demande c’est que tu me dises bonjour comment ça va.Je veux rien d’autre le reste ça m’est égal, garde-le pour toi je te demande rien, sois sans crainte.—Ici, en devenir la compulsivité.(Je cherche pas à savoir ce que tu penses, ni ce qui t'arrive.Tu peux être bien certaine d’une chose: après je serai aussi muet qu’une carpe moi aussi.Tes histoires derrière ton front buté tu peux bien les garder après tout je sais me mêler de mes affaires, je sais vivre.) Les secrets et les raisons personnelles, ça me regarde pas.Ça ne regarde personne ici.22 II d’il d’elle de lui d’elle les mots de l’amour rêves phrases déparlantes je me dépare je déparle les phrases si muettes dans ma tête je me répète comme une petite fille si claires oui oui jongleuse des fins d’après-midi rendez-vous manqués puis masqués masque rien n’arrive les cris la soif l’ordure mentale si grande si dépossédée emmurée dans la peur des mots du sens de la marche le désordre jusque dans le corps crispé ça serre au ventre ça remue les hauts plafonds qui vont éclater je rêve debout couchée je te parle de rien de tellement rien les cuisses humides prennent toute la place plus rien toutes les jointures se bloquent finie la circulation l’obligation je suis obligée de parler pourquoi l’avoir cru les phrases s’inversent les mots viennent par derrière commencer par la fin défaire bout pour bout le discours comme si c’était possible les phrases commencent par la fin comme s’il y avait trou comme il y a un trou dans mon corps à partir duquel je pourrais retourner bout pour bout ma peau par l’envers rouge j’imagine rugueuse torture pour les yeux muette de ter-teur mon corps non mes phrases oh! je déparle oh! j’ai déparlé comme je te vois comme je t’ai vu les hauts fourneaux de saint-jean-de-dieu les mots qui devraient filer vite nets ou bloquer non pas bloquer mais se taire se taire se taire ça n’est pas pareil le geste à la place le cul est innocence de la tête et du cul du cul à la tête de la tête au cul une traversée des mots 23 Les heures les jours les années l'épaisseur le sommeil les fatigues des fins d'après-midi.Je me surveille de près.Je me tiens à l’oeil.Si rigide le désert de l’Autre. distribution : messageries littéraires des éditeurs réunis 6585, rue saint-dénis montréal, québec h2s 2sl 279-8476 dessins de Marcel Saint-Pierre composé aux éditions l’enmieux imprimé chez ginette nault et daniel beaucaire -v '•4- wA ± ** K I rl •“ r-Z * i 4^ > J -v •i «**>«¦ >- * iTf ¦¦ *
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