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Titre :
Les herbes rouges
Éditeurs :
  • Ville Jacques-Cartier, Qué. :Les herbes rouges,1968-[1993],
  • Montréal :Les herbes rouges
Contenu spécifique :
No 125
Genre spécifique :
  • Revues
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Les herbes rouges, 1984, Collections de BAnQ.

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herbes franco théoret IlilfOR les herbes rouges ISSN 0441-6627 ISBN 2-89272-011-7 Directeurs: François Hébert Marcel Hébert André Roy Adresse: C.P.81, Bureau E, Montréal, Québec, H2T 3A5 Abonnement: 10 numéros, 20,00$ Distribution: Messageries littéraires 900 est, rue Ontario, Montréal, Québec, H2L 1P4 Tél.: (514) 525-2811 Distique 9, rue Édouard-Jacques 75014 Paris, France Membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels du Québec Dépôt légal: 2e trimestre 1984, Bibliothèque nationale du Québec ©les herbes rouges et France Théoret, 1984 FRANCE THÉORET INTÉRIEURS il i mm V/ÿvf&'A émMêém x X.'/ /> %.x m \§&mi ‘S&r.i y-m mÈm *r«zu.wm WA.'¦'X ?Ills m_i m ¦ ¦S'.: ü ® vide une vaste demeure délabrée singulière et froide présence inanimée voûte mousse une enfant perd la voix un aigle dessiné nommément l’invisible caprice fermente la défense indéfinie face de profil tranchant un pas de danse une tête offensée brusquement a surgi s’offrir dans la porte demain l’angoisse brute parcheminée qui croira tenir ensemble il n’y a ni mère ni souffre-douleur ni ange bête ni partage peau mouillée seul un sourd instant battement autrement dit articule papier vergé les néons fous clignotants jaunes malicieux le sommeil a viré langue défaite des bouches atrophiées la parodie aux charmes violents toute nuit feutrée a fui avec le geste l’idée n’a guère de chemin ouvert on a passé la tête dans le lanterneau le feu est venu on a regardé brûler l’ombre captive dansante et déplié derrière l’oubli les traces sinistres une clameur indifférenciée monte comment laisser venir l’amour Des murs défaits, les fils pendent.Dans la bouche, les normes.On dit filage standard.Ça court, prévue l’installation.Brevet de sécurité.Entre un pôle positif et un pôle négatif.La chambre place vide et froide, l’œil pas assez clos.La fébrilité.Battements d’une paupière tout le jour durant.Je guette la nuit arrive, je me livre autrement l’attente.Des murs un à un ou tous ensemble s’offrent à découvert, fils allongés, nœuds, branchements.Le conduit électrique dans la cave.Un épais tuyau court au plus bas de la maison pris à même le plancher de béton.6 Le rouge et le noir.Joindre les fils au système nerveux central.J’habite la maison sans murs.Errance dans l’espace poussiéreux et givré.Le temps que l’on oublie pas dure au-delà de sa vérité.L’hiver hors les murs, la ville grise illuminée des longues soirées humides.J’attends qu’on referme les murs, j’attends que se referme l’éclat noirci au bord de la tempe.La matière bouge.Sans doute les fils animent-ils ce qui se meut, l’outrance.Il vaudrait mieux dire matière morte.La condensation plus que l’attraction ou la répulsion. Les pièces sont vastes.Elles semblent innombrables.Une femme y entre seule le soir.Les fils dessinent des figures.Plus tard, il y aura des murs.À peine se rappellera-t-elle que derrière les murs, il y a le circuit courant.Les demeures sont encerclées de fils conducteurs qui viennent se joindre sous les trottoirs.La chambre s’illumine à même la rue.Décharges et fluides.Les rideaux sont tirés.Le doigt sur le commutateur, un éclair entre les dents.Quand le visible et l’invisible finiront-ils de s’emmêler coupant court l’apaisement?8 le voyeur au large ça fait le vide emprise sur la langue la frayeur naît du silence redites le cœur bat trop au meilleur de soi-même la connaissance dites-vous l’érosion calcinée placardage visage bouffi yeux noyés le sommeil tourne court 9 pas percée absente autour branchement sur le vide l’artère grise gonfle verre brisé éclats métalliques les lanternaux ouverts le conduit creusé comme tranchée mobile respect des lieux la matière résonne désertée brutale la dénégation 10 au nœud le noir franges de discours le poids encore la bouche raide et réfractaire aux arrivées nocturnes les portes ferment mal faire contre viscères la bonne figure figée sur les trous des murs le voyageur s’amène On ne sait pas la profondeur d’une tranchée.Intégrale.Mur est au mur ouest.Couleur de la terre surtout.La maison presque centenaire.Le vieux béton enlevé mince couche craquelée.Une hantise égaliser, redresser.Les angles droits à faire venir malgré toute résistance.Terre matière glaise mouvement souterrain constant.Gels et dégels saisonniers.L’odeur de la terre mise à nu après tant d’années.Amoncellement gris.Couloir creusé à hauteur d’homme.Pelle mécanique introduite de force, porte chambranle élargi.12 La cité exige l’enfouissement des renvois, raccordement vers l’égout.Qui ne le voudrait?Eaux propres et eaux usées.Partage des eaux.Un nouveau drain collecteur captera la pluie dans la cour.Particulièrement celles de la fonte des neiges.Dénivellation, effets visuels, résidence surélevée.Sortie privilégiée à l’extérieur.Espace privé à venir.Les plans indiquent la tuyauterie souterraine traversant la maison.Raccords imprévus de l’entre-toit à l’égout.Évents et drains à relocaliser.Captifs murs nus.Trafic souterrain et odeur obsédante.Gros insectes velus. Devant la porte ébranlée, les passants n’imaginent pas l’ampleur du travail inachevé.Chantier à l’abandon.Comment dormir des mois entiers au-dessus du vide voulu forcé?Entrée d’eau à venir.Peut-on imaginer une tuyauterie au futur au-delà du temps-travail nécessaire à l’embranchement des conduits?Le sommeil difficile aux temps morts de l’été.Arrachement des murs, sol éventré, arrêt.Le temps a figé les mots plus durement que l’ouvrage inachevé.On n’organise pas un discours avec trois phrases, les mêmes.Sommeil éclaté.Corps suspendu.14 n’être pas l’objet préparatif dit-on démolition mise à nu et nettoyage soudain chantier abandonné briques des murs extérieurs enlevées défenestration de la cour bâcle temporaire et improvisée suspension indéfinie des travaux à l’intérieur cette femme en transformation corporelle 15 le sommeil a déserté l’oreille vieille maison ouverte la peau rugueuse les veines surface rouge bleuie image éteinte croisement aux saisons extrêmes jours entiers soulevés plèvre lente buée dans l’œil lire les marques du temps infinitude sur soi elle change ça change peaux surfaces multiples extrême saleté silences l’avenir camera obscura position présente simulation bidimension espace cadré vacuité inaltérable telle un signe le référent précis évacué choisir l’indomptable mémoire tout aussi familière 17 Au petit matin l’appel.Pluie fine de novembre.Les gens se massent et il n’y a personne en vérité.Course anonyme éperdue.Ordres donnés.Des hommes il y en a partout maintenant.Ils s’approchent.Ils vérifient.Certains cherchent des documents falsifiés.Ils argumentent.Ils s’accusent.Ils se justifient, à pleine voix, mutuellement jusqu’à l’arrivée des enquêteurs.Un homme énorme gueule mime la défense des victimes.Un homme énorme c’est tout un.À l’enquête il dira justement le contraire de ce qu’il jurait.Les indésirables désirs de la peur. Policiers.Sirènes.Brèves interrogations.Il fait de plus en plus froid.Pluie imperceptible.Il n’y a que des hommes.Il en viendra d’autres.Maintenant l’eau coule de partout.L’homme gris au pied blessé fond de sueur malgré la pluie froide tenace.Avec ou sans uniforme, les hommes apparaissent et disparaissent au premier plan.Ils palabrent entre eux, gestes, martèlement des mots, convaincus de leur légitimité, les maîtres d’œuvre gérant la catastrophe.Le toit s’enfle, le vent malin est venu, le mouvement de recul, l’instinct.Vide arrondi.Le corps bouche la langue.19 Une femme seule à qui personne ne parle s’éloigne.Petit matin d’un jour enténébré menaçant la mémoire.Il faut tout oublier.Il n’y a rien à oublier.Tout peut s’oublier.Voix synchronisées.La tranchée souterraine ne s’est pas refermée au cours des saisons.L’eau ruisselle, se mêle de boue, les larmes.Cette femme-là est invisible couleur de suie enveloppée d’un informe manteau noir.Des hommes un peu partout se disputent sans en avoir l’air.La page résonne des bruits de portes et de fenêtres barricadées.Surimpressions.Développement.Placardage professionnel cette fois. un homme énorme clame il pose à l’avant-scène tonitruant avaleur subjugué tour à tour défense accusation l’énorme discours du vent visage suant un ego illimité girouette à la volte-face prévisible expansion voix du ventre boursoufflure et boulimie une faim inassouvie 21 l’effet du dit impressionne solipsiste il semble jouir hypertension jeu à peine voilé celle-là peu apte au discours doutes interminables détournements silences meurtris propos rentrés arrangements des faits exister n’attend plus la bouche brûle une durée inutile retraite consentie béante l’image de soi projections indéfinies et sourdes emportement irréversible fixation devant le nom folies flammes éteintes le cœur battrait encore longtemps après on accuse raideurs de la communauté les chairs sont désormais marquées 23 Au début, la raison, les plans et les devis.Chaque étape datée et signée.Échéanciers et rencontres.Permis à obtenir.Signatures des contrats.Le commencement et la fin des travaux prévus.Simulation rationnelle au mitan d’une existence.Que faire?Sinon planifier, ordonner, travailler à produire des agencements, ne pas brusquer espérer que la chaîne rationnelle porte ses conséquences.Se faire une raison comme: tu ne tueras pas.Fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse.Sois patiente.Fais ce que dois et ne t’inquiète pas.Archaïsmes.Chaînons manquants.On devrait le savoir.24 Quelle dette?Endeuillée maintenant, ne pas avoir voulu renier quiconque, porter avec soi, à l’oreille les corps menacés où se lisent les ressentiments de la violence à la culpabilité.Oui, ou bien violents demeurés ou bien coupables devenus, droite ligne.Ni présent, ni passé, simplement l’immédiat du jour le jour, lotissement, une image de soi, c’est encore et toujours dans le regard voisin.À quelle étrange fidélité vouer cette existence?À quelle vision conjuguer sa patience muette, son espérance de métamorphose, femme, support illusoire de la totalité?25 Les abandons n’ont pas de fin.La rationalité s’évanouit.Il y a de nouveaux départs avec des forces réduites.Conjugaison inouïe.Subrepticement un corps s’est défait au gré des jours échoués.Langue sans fond, éprouver le vide, au commencement était le rien, une violence inorganisée, puissante, sans nom.Dormir au-dessus d’une tranchée est impossible.Derrière les portes placardées parfois quelqu’un a été oublié.Oui, écrire un plan demande l’esprit présent.Oui, à conjuguer le verbe espérer, dettes et deuils s’accumulent.À rebours, le compte des jours est commencé.26 dépotoir corporel solitude proche l’absolu une romance accompagne les travaux malgré tant de peines morcellement visible crevasses au bord des yeux parties identifiables oui toutes cuisses et genoux enflés lentement se perd la voix ne regarde pas dans la rue oui la tête prise au corps cette fois retour nommé foetal l’unité n’est que regard implacable retournement promesse mimée parole pleine folle cadence âge autre dépliement comme impasse tête exorbitée la main contre la cuisse brûlure gorge prise figure taboue centre espaces humides et détruits les reins tiraillent au réveil fièvre mains inutiles la nuit a fait des siennes la voix s’est recouverte silence sauvage la tête entrée dans le réel le corps laissé seul au jeu de massacre 29 La cadence.Les boîtes se remplissent.Les boîtes s’emportent.À la douzaine.Les forces devenues moins grandes.Le poids à chaque fois plus lourd.Le jeu vide.Patience au bord des larmes.Encombrement bien matériel.Poussière et mains crevassées.Fatigue des yeux troublés.Qui voudrait jusqu’à l’indécence avoir aimé la mort?Les énergies s’épuisent à perte, monter, descendre les objets pesants ou légers ou fragiles étiquetés.La saison des porteuses n’achève pas.Exil chez soi.Fausse mobilité.Clameurs indifférenciées des jours en transit.Impression, se mouvoir. Bruits de fond continuels, il faut développer l’oubli.Au conditionnel, vivre l’impossible, comme si on avait fait tous les deuils.Il y eut une promesse, cette unique certitude dont on ne sort pas indemme.Il faut s’endeuiller, piège de l’esseulée captive.Les bruits assourdissants syncopés la nuit, interruptions venues de l’intérieur, déplacements, fixations jusqu’au nom qui n’a pas de nom.Espace intérieur violé.Passages sans fin, épuisement nerveux.Le langage se révèle autre.Il n’y avait personne, il n’y aura personne au bout de l’attente.31 Occuper le jour au bout de ses forces jusqu’à n’en plus pouvoir dormir.Ce qui tombe sous les sens finit par boucher les sens.L’image mentale aveugle le réel qui fait retour, charge considérable.Voix éraillée.Une femme surparle à bout de bras.Des silences obscurs m’ont fait devenir cette femme intérieure au rêve avalé, poursuivie, figure nodale, traversée par la violence passée, endettée par une mémoire commune.Elle vient d’où il fut demandé l’immobilité, la reproduction, le rien, elle perd son corps forcée par un désir ravageur.Que sont nos forces réelles?32 les cris percent le silence mur et vacarme intérieurs voler en éclats paroles rentrées échappements à peine audibles l’enchaînée la déchaînée profil d’outre-mémoire matières référentes à l’absence mobilité arrachement une promesse à hurler toute détresse présente 33 ne livre que le corps souffle démené à l’usure avancées nocturnes renversement en perspective entendre des voix tumulte confusion visible la santé est menacée dédale temps vidé totem et meurtre rituels femme au rancart face à face promesse et feinte détresse jusqu’à l’outrance plainte inaudible noeuds pas d’aveux rien des mots la honte des blancs des mots dette et deuil la refoulée des âges antérieurs fille femme silencieuse piège sinistre le nu coup d’envoi hors les murs 35 La tête celle d’aujourd’hui.Forcer l’instant.Interrompre la chaîne peu importe le sentiment du lieu.Déménagements, les boîtes encore pleines, toutes les tables débordent.Au milieu, nouveaux bruits, erreurs d’aiguillage.Les énergies s’épuisent à vide.Le désordre sans fin et les rangements en perspective.Ombres, lumières blafardes, placards revisités.Elle poursuit un rêve fantomatique, persévère jour après jour.Stop.Corps limité.Santé, vie à gagner, passages à l’acte, absente parole antérieure.L’impossible tête présente.36 Écrire le mot déjà convenu désir moitié affadi.Vœu, appels d’offre.Oscillation du cœur.À chaque fois la fabulation.Le rêve verbal tue.La porte est étroite.Fenêtres d’illusion.Classiques horizons.Jeu d’optiques, parallèles contraintes.Lumière et silence, une chambre à soi selon le mot.Cauchemars.Il y a des cadavres dont on parle vieux hommes séchés par l’alcool.En famille.Au bord de la rivière, la maison doit être refaite.Espace déserté, heures précédant l’orage.C’est vide ouvert mais l’entrée est inaccessible.Un homme à la nuque d’enfant crie, il dit pas de place pour deux.37 Éclats saisonniers.Temps polyphoniques.Écrire demande quelqu’un à la pointe des mots.Femme, qu’as-tu fait du lieu clos, qu’est devenu ton intérieur?Quel consentement ancestral a dévasté ton rêve?Quelle parole, force de loi, envahissement total, cadavérique cauchemar, portes ouvertes infranchissables, murs calcinés visibles traces temporelles ont signé l’absence de lieu?Une femme poursuit le rêve miné d’un lieu arraisonné.Qui a signé l’arrêt?Certains jours, il faudrait s’empierrer jusqu’aux yeux.Oh! ne plus bouger! octobre 81 — octobre 83 ' Xy ¦.¦ "¦ 'y- • "y.>-• ¦ ' •• • > ' ;•>jfx;x;X:V ,/yy//y-', v'' yy I WÈÉÊ .' 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