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Titre :
Les herbes rouges
Éditeurs :
  • Ville Jacques-Cartier, Qué. :Les herbes rouges,1968-[1993],
  • Montréal :Les herbes rouges
Contenu spécifique :
No 138
Genre spécifique :
  • Revues
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Les herbes rouges, 1985, Collections de BAnQ.

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pep les herbes rouges ISSN 0441-6627 ISBN 2-89272-023-0 Directeurs: François Hébert Marcel Hébert Adresse: C.P.81, Bureau E, Montréal, Québec, H2T 3A5 Abonnement: 10 numéros, 20,00$ Distribution : Québec Livres 4435 boulevard des Grandes Prairies Saint-Léonard, Québec, H1R 3N4 TéL: (514) 327-6900 Zénith 1-800-361-3946 La revue les herbes rouges est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec.La revue les herbes rouges est membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.Dépôt légal: 3e trimestre 1985, Bibliothèque nationale du Québec © les herbes rouges et Micheline Sainte-Marie, 1985 Micheline Sainte-Marie Les Poèmes de la Sommeillante dessins Klaus Spiecker Les Poèmes de la sommeillante a été publié par les Éditions Quartz, dans la collection «Le Refus de la colombe» en 1958. DEDICATION bird this night of birds my bird this night of thorns sweet painful night and beloved night bird why not sleep again forever lips like soft bent back feathers Poèmes pour l’haggadah et le passage À MON FILS tu lèveras ta main comme un sceptre nous parcourrons les rues en cendres jésus-joad-emmanuel-c.le soleil de quatre heures n’est plus que funèbre flambeau et lourd sous chaque réverbère oscille un rabbi la barbe voilée et flottante qui l’appelle rabbi et encore rabbi dans la nuit qui monte comme une glaneuse et rassemble ses jupes sous le qui l’appelle rabbi celui qu’on a pendu et dont le visage est triste sous la lumière dans les rues dansent les enfants maigres et nous franchissons les palissades la cendre sous les pieds et la nuit qui s’écroule un oiseau à la gorge saisit le cri dès la veine et le parcourt en gémissant les sept fiancées ont disparu jésus-joad-emmanuel-c.et te convient à un amour sans yeux ni sabbat je prends ton nom en filigrane sur le sel et la cendre et je prends ta voix petit animal fébrile je la pétris et la bercent mes mains et elle s’échappe et martèle — jeune — nos terres je prends ton nom et le rends à ta race à l’eau aux fumées aux amants sur les toits sacrifiés aux rabbis au feu des lits verts aux amants ô déserts jésus-joad-emmanuel-c.à lui je rends ton nom et ton sang au buisson des ruisselles il me livrera son spectre JËSUS-JOAD-EMMANUEL-C.saura-t-on jamais quand tu es venu quand tu es parti ton souffle s’identifiant au frisson du sang je te sens raciner sans bruit muscle entier de son arbre en moi saurai-je quand tu es venu est-ce que je le saurai le chant de l’arbrisseau s’allonge à la chaleur du drap et déjà encore et surtout des visions de visages des visions des prophètes mille illuminés s’agenouillent et brandissent leur descendance les visionnaires s’appellent entre eux et t’appellent et te tirent et cisaillent mon doux sein paré d’escale saurai-je jamais le sabbat de mes anges mon ange ton itinéraire se poursuit s’enfle et ne dévie des visions des illuminations des jeunes filles sept fiancées mènent le convoi mais rien ne te retient tu brandis ton empire et la mort au faîte de cette dague tranche et pétrit l’aveuglement une chanson d’euphrate jésus-joad-emmanuel-c.et tu sais d’où tu viens et moi je ne le sais PARABOLE DE LA GISANTE jésus jésus l’affront était grand l’oiselle ensommeillée lève les ailes et titube au-devant du désastre jésus le petit jour tourne en rond sur les braises gris ravage des chairs à la naissance de la blessure mon amour dix servantes parfumées vident l’amphore l’eau-de-palmier et la plainte ensemble séjour de l’arbre et de la fenêtre libre sur l’espace du désert l’âme et la fille où le poison rare trace son énigme verte le mal grandit avec son écho dans l’habitation vide et avec lui le cerne étroit du premier dard jésus jésus et le chant et la grâce tant s’entremêlent et la soif et l’eau la langue d’herbe sur la source jésus l’ennui courbe au cycle de femelle la gisante est la fille qui parle d’abandon amour et musc de la révolte qui te suit à la trace qui la bête ronge le licou et galope selon son souffle hume l’odeur et le masque et l’embuscade la sueur croît par ramées sur la piste sèche à chaque œil son paysage jésus jésus le buisson et son fruit aigre qui flatte la pierre et la plante qui seigneur jésus qui flatte la bête et son âme gisante assouplit le muscle et la voix la lèvre qui s’humecte et le fruit qui s’adoucit cette fille aux seins allongés qui parlait de prière parlant aujourd’hui d’eau même qui nous dit sa parabole son amour va au guide des caravanes jésus l’aspic se gave de lumière au ras du sable et la bête couchée tend son museau aveugle au lait de l’aube Poèmes de la Sommeillante i 10 RUISSELLES DE LA SOMMEILLANTE mer dit iago mer oh mer je n’irai pas vers la mer dit sofia je resterai sur la berge de l’île ici où je puis rester moi-même où chaque oiseau est un oiseau où plonger les doigts où le sable est le sable où je dors aux récifs mes songes je mesure ma beauté-baiser et la douceur de mes mains je demeurerai là où est le sel dit sofia car je suis fille de la terre et je suis fille d’une planète où le sel n’est pas délire mais dureté iago entre dans la mer à moi iago il n’entend pas il entre dans l’eau bouclée d’écume matinale iago s’éperonne voyez sa tête qu’il penche de côté aiguisée et belle iago s’éperonne pour chevaucher la plus fougueuse de ses amantes à moi mines à moi ma douleur clair-soleil et bien découpée ne faites pas silence à cette procession rare de l’amour-dague qui s’ouvre en moi à partir du chant bien composé de son départ iago s’éperonne déjà l’air mûrit et pétille crève la coque du ciel déjà l’amour mûrit et s’enfle et monte la sève au-delà de mon cœur obéissant et habituel 11 car je suis fille et fidèle et les marées me connaissent mais je tiens à mes saisons ô toi lierre d’espace tu n’as eu qu’à marcher de ce pas lyrique la mer t’accueille la mer et la mort font de toi leur dieu bien-aimé l’été dans mes seins a laissé je ne sais quelle sève sucrée l’été m’a achevée plus souple et plus droite et dans mes yeux je ne quel parfum d’horizon et de bouche pressée se mêle iago que tu n’as jamais goûté L’ÉLECTION ardu pays optant pour le silex et la neige fille optant pour ton propre martyre et ta propre menue statue s’érigeant pour un éloge du métal ?s’apprête l’équinoxe voile et veille des marées virantes le métal et l’entraille s’opposent dans un délirant massacre ?nous dûmes en des temps anciens chanter et la ballade et l’imprécation l’élégie en ce jour épuise le brumaire du sommeil je dus comme antienne te murmurer l’équinoxe et la coccinelle l’érosion rapide d’un amour sans racine les vents tournent sur leur tige et la sommeillante découvre ses prunelles choix et croissance désolée du récif 13 FEMME COMME LIEU ET LANDE femme à la fenêtre du désir et qui fixe ton œil pensif sur la plaie incendiaire femme des pardons femme des tolérances et fertile eau et lait jeune sanguine à l’aile lourde l’algue et la sargasse t’immergent et te continuent jeu de l’attraction et du symbole retiré comme tu conserves bien l’irrigation paisible du sang et la crue immémoriale du lieu sur l’être: SOMMEIL 14 LE SONGE EN BLASON DU SOMMEIL en cime de l’oubli — sa tunique royale sur la fille qui dort — se tient l’oiseau et l’oiseau des visions le mage l’appelle par son nom — FRÉMIR ET RUISSELLE l’aile — s’agite et gémit prisonnière d’un songe lent 15 ORGUEIL DU PAYSAGE orgueil du diamant orgueil et parure je crois jaspe des stèles marbre et jouir sculpté je crois (eau morte et mort) fêtes blanches hanches douces à la danse vidée de tous ses oiseaux et ses oiseaux de feu et ses aigles de glace est-ce toi mon seigneur m’apprenant ta défense et ta recherche et ce même rire de lave lacérant le paysage de l’attente 16 EVEIL DE L’ŒIL durant que je parle le monde fleurit en torsades de portes colonnes de condamnations piliers et jades de la torture seuils à maudire entrées à proscrire vide et sacre fulminant saison interdite où l’être demeure divisé le sommeil conserve encercle la meilleure part du geste bénissant l’intérieur fluide du geste de verser et de l’assoiffé en vue du philtre et de l’élixir alors que le bruit accapare l’indéfendue l’œil au centre unifie le repère courage étalon d’infinie croissance le triangle où déjà s’étiraient des souvenances de repos l’œil et le gel s’élèvent en pointe et pour la certitude et pour l’élection ces membres fidèles ont d’exigeantes douceurs et l’astre son multipliant principe 17 LI e: je Je ct I ilé if i’é Dormir vivre dormir et se réveiller ivre dit COCTEAU l't' IjI LES BORÉAUX DU SOMMEIL ET LES PRIVILÈGES DU GEL j’écrirai par la glaise et par le froid des poèmes et des poèmes d’amour et le sommeil comme une contrée unique sous le voile et jardin à préserver un rêve passe sans caresse et maladroit gavé de croix et d’espace piétiné il écrira des poèmes d’amour il possédera le gel et ses privilèges j’écrirai l’oiseau revenu et le sommeil aux lèvres repliées sur son élan défait chanter c’est pour moi chanter la chanson de la fille au beau corps et sentir son corps comme une algue qui se tord et obéit j’écris à froid et amour j’écris les mots de ma bouche et les mots de ta bouche j’écris algue et corps tes privilèges et même ce qui n’est pas à moi je l’écris et le donne ainsi le sommeil et sa proie l’acquiescement la fatigue use en s’étirant le geste du repos l’écho immobile au sens du versant l’eau sortilège dénoué fuit 19 et le vent qui rase les âmes en direction des pôles des légendes s’insèrent à même l’arabesque du paysage j’écris aussi la légende de la fille qui dort cerclée d’aubépines séchées et triste songe de ce sommeil bien clos en pays d’escalade où l’amour même est gerçure sans clarté la joue de la sommeillante médite et recrée la vigie s’incline suit la marée et la dirige l’appui se disperse à l’aube précoce de la joue oui la glace est transparente et oui la cage close ici ou là commence le jeu où les voix courent et s’entremêlent en des réseaux d’aiguilles chaque nœud chacun au cœur de la proie au jeu chacun nourrit sa chance et convoite l’épine qui lui restera je suis la sommeillante au milieu des filets et je suis la proie en ce lieu du gémissement au jeu chacun nourrit sa chance au paysage s’ajoute un crépuscule de baleines douces qui tournoient et bâillent en longs jets d’eau âcre l’orbite intoxiquée du sang épais là gisent effilées les voix à bout d’écorces-étroites le reflet balance oscille frappe et cadence les molles gifles du son aux joues claires de celle qui s’oublie 20 l’été polaire efface l’osseuse quadrature du froid allonge jusqu’à lui la langueur des soleils roses lichen de l’inquiétude qui rampe progresse s’enfonce et gruge ?la sommeillante debout dans le songe qui croule et se diffuse et la morsure de ton privilège privé de gel STÈLE (comme entrée au périple) avant des périples ou l’aimant et la pierre fascinent la chute prochaine avant l’image dure qui s’arme en pleine création et conserve sa figure: je poserai un monument l’airain est l’aliment sûr d’un paysage d’acier l’être seul est tendre et celui-là gémit en des traînées de cigales froissent le vide — bosquets de plaintes soudain peuplant les ciels de couteaux subtils le sommeil est la fleur et la livide du désir sa racine dense et planisphère abondance ?(tu te souviendras — le songe te fera-t-il sourire — le souvenir te fera-t-il pleurer) ?amour est lumière qui traverse l’écorce la vapeur l’angle et le masque sa lueur nous atteint ainsi le crépuscule dans sa plus forte promesse dieu — ne me disais-tu que tu n’oublierais et dieu — que la fatigue l’ennui la faveur des bonheurs d’yeux clos ?des musiques le temps son ordre à l’extinction ne draineraient ni la blessure ni l’extase ?ce temps n’est plus qu’âme vaste esquissant l’avidité des cratères et le désir desséché de vierges antiennes l’âme et l’eau où se retrouvent — espace après homme — l’homme et l’oubli (l’oubli l’oubli sans enfer ni vertu) aux pulpes mêmes de la végétative) ?nombreux indices des serments vestiges aux plages quand l’astre redescend les quadratures sont d’obscurité mesurent la lymphe libre du chant estiment le jour et ses libertés ?un sommeil que je décris cherche ses liens l’être écrasé poursuit son évasion et tend les poignets à des chaînes intérieures la mystique n’est que nervure et voile de l’absolu à la connaissance ?des sommeils de possession inventent contourent des formes enfermées ?l’homme au rejet de l’amour tend aussi au sommeil des poignets qui ne savent pas alors que l’oubli n’encercle que mobile multiforme mercuriaque ?AH éclate triomphe touchante floraison d’épines! barricade-moi si bien barricade-moi très bien.masque mes uniques yeux vivants cécité de moelle et cécité d’un temple d’entrailles je te sacre sainteté la rage du projectile m’habite j’ordonne au passage un univers en fusion son oeuvre est l’indissoluble 24 l’amant aime la fille aux yeux aveugles car le mystère est cécité et projection d’antennes vers une seconde lueur eux deux soumettent au cycle l’onde du geste continu vers la mort l’invocation incante la syllabe divine du rien l’endort l’amenuise la guérit LA VIE GAGNE SUR SES FRONTIERES avant le périple je suis sommeillante et le signe que je poserai sera guide aliment et symbole CAR le signe demeure temple et abondance de génération RESTERAI-JE EN MILIEU DE PAVE SOUS LES CHARS HURLANTS DE TA GRÂCE 26 LES REVUES CULTURELLES ASSOCIATION DES EDITEURS DE PERIODIQUES CULTURELS QUEBECOIS CP 786.Succursale Place dArmes Montreal (Oc) H2Y 3J2 Tel (514) 523-7724 Maquette de couverture: Jean Côté Illustration de couverture: Jacques Viens Photocomposition: Atelier LHR Impression: Ginette Nault et Daniel Beaucaire Saint-Félix-de-Valois Imprimé au Québec, Canada
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