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Titre :
Les herbes rouges
Éditeurs :
  • Ville Jacques-Cartier, Qué. :Les herbes rouges,1968-[1993],
  • Montréal :Les herbes rouges
Contenu spécifique :
No 192
Genre spécifique :
  • Revues
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Les herbes rouges, 1991, Collections de BAnQ.

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« s herbes rouges Corps-témoin Bilan de la danse saison 1989-1990 les herbes rouges 192 ISSN 0441-6627 ISBN 2-89272-068-0 Direction : François Hébert Marcel Hébert Administration : Claude Masse Adresse : C.P.81, Suce.E, Montréal, Québec, H2T 3A5 Distribution : Diffusion Dimedia inc.539, boulevard Lebeau Saint-Laurent, Québec, H4N 1S2 Tél.: (514) 336-3941 La revue les herbes rouges est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec.La revue les herbes rouges est membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois.Dépôt légal : premier trimestre 1991, Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada © Les Herbes rouges Corps-témoin Bilan de la danse saison 1989-1990 Directrice : Aline Gélinas SOMMAIRE PRÉSENTATION Aline GÉLINAS 5 LES ŒUVRES Vision un peu trouée d’une saison pleine Aline GÉLINAS 7 Morceaux choisis Michèle FEBVRE 19 À la recherche du Faune perdu de Nijinski : De l’excentricité faunesque et de l’empreinte de Chronos Iro TEMBECK 33 QUESTIONS DE POLITIQUE Danse et politique culturelle Daniel LÉVEILLÉ 45 Le public de la danse à Montréal Walter KRAJEWSKI 52 Les illusions perdues ?Pascale BRÉNIEL 57 Les mots pour la danse Édouard LOCK 62 Lettre aux lecteurs Mathieu ALBERT 66 LA FORMATION Les eaux de la métamorphose Linda RABIN 72 Annexe 1 : «Faute de pouvoir réaliser ses objectifs, Montréal Danse se rend hommage à elle-même» par Mathieu Albert 81 Annexe 2 : «Mathieu Albert et “Le syndrome Linda Hébert”» par Daniel Léveillé 85 Annexe 3 : Lettre de Michèle Febvre à Mathieu Albert 90 Liste des spectacles chorégraphiques présentés à Montréal au cours de la saison 1989-1990 93 Collaborateurs 101 PRÉSENTATION Le présent recueil de textes sur la danse et les questions politiques relatives à la formation, à la diffusion et à la critique en danse est né du besoin.En effet, malgré la vitalité de cette forme d’art au Québec, aucune revue n’est entièrement consacrée à la danse, et s’il est parfois possible de publier dans les périodiques consacrés au théâtre ou aux arts visuels, les auteurs, que ce soient les auteurs consacrés ou les auteurs qui n’attendent pour se révéler que de se voir offrir une tribune, tous sont constamment à la recherche d’opportunités nouvelles pour approfondir un point de vue, fouiller une question, aller, en fin de compte, au-delà des contraintes du compte-rendu journalistique ou de la discussion entre pairs.Corps-témoin paraîtra annuellement, prenant acte des productions de la saison précédente, prolongeant les débats qui animent le milieu de la danse, proposant des avenues de réflexion.Corps-témoin fait appel à la collaboration de ceux et de celles dont c’est le métier d’écrire, mais veut également susciter la prise de parole des créateurs et faire place aux points de vue de personnes d’autres disciplines artistiques.Pour cette première édition, trois d’entre nous, Iro Tembeck, Michèle Febvre et moi-même, avons choisi d’écrire sur les œuvres.D’autres, Daniel Léveillé, Walter Krajewski, Pascale Bréniel et Mathieu Albert, ont préféré soulever des questions périphériques mais néanmoins essentielles : le public, les politiques de programmation et de subvention, le rôle de la critique.La contribution d’Édouard Lock est un texte qui n’était pas à l’origine destiné à la publication, et qui a été lu dans le cadre du colloque Médias-Danse tenu par le Regroupement des professionnels de la danse en mai 1989.Ses commentaires sur la relation de dépendance qu’entretient la danse envers l’écrit m’ont semblé pertinents dans le contexte de corps-témoin.Enfin, Linda Rabin livre des réflexions éclairantes et nourries d’une longue pratique sur le métier de pédagogue et le processus d’apprentissage. 6 PRÉSENTATION Corps-témoin se veut tout à la fois un hommage à ceux et à celles qui font advenir la danse, cet art fascinant qui sonde sans jamais les élucider les mystères du corps, et qui ne laisse aucune trace si ce n’est dans le souvenir des spectateurs et dans le corps des danseurs ; un reflet de l’activité bourdonnante d’un petit milieu industrieux et fervent; une pause entre deux mouvements, un arrêt sur l’image le temps de penser un peu.Aline GÉLINAS ALINE GÉLINAS Vision un peu trouée d’une saison pleine La notion de progrès, en art, est manifestement suspecte.Pourtant, je dirais que les créateurs montréalais progressent.Je ne suis plus, depuis longtemps, une spectatrice innocente.Je vois avec le souvenir de ce que j’ai vu, ma perception s’affine et se charge, paradoxalement, à mesure que je m’expose à la danse, que je consens à cette expérience qui n’est pas, chez moi, entièrement visuelle ; je me rappelle peu les détails, mais surtout comment ça faisait, dans mon corps à moi, quand je voyais les autres corps bouger sur scène.Même que, quand je ne sais trop, il m’arrive de fermer les yeux pour mieux sentir, pour tenter de nommer un peu, de trouver quelques mots qui pourraient avoir une correspondance avec ce qui se passe dans le temps de la représentation.Je ne perçois plus comme il y a trois ou quatre ans, mais il me semble aussi que les créateurs ne font plus comme ils faisaient, et que nous progressons de concert.A la troisième édition du Festival international de Nouvelle Danse, en septembre 1989, ce fut encore une fois la fête gourmande, et on ne peut trop redire la qualité de la sélection internationale des directrices.Et cette fois-là, le bonheur était égal à revoir Joe de Jean-Pierre Per- r «r" ^ ¦ IWi :&>Kÿ Paul-André Fortier dans Les males heures (photo de Cylla von Tiedemann).2 VISION UN PEU TROUÉE D’UNE SAISON PLEINE 9 reault, une œuvre inspirée et parlante, en ce sens qu’elle rejoint les profanes aussi bien que les spectateurs avertis, par la force de sa métaphore sociale et son invention dans le dénuement.À revoir Chagall, une manière d’épiphanie du style de Ginette Laurin.À découvrir la création de Paul-André Fortier, Les males heures.L’homme a fait un virage salutaire en renonçant à la direction de Montréal Danse: on l’a vu là engagé dans sa création et risquant sa peau comme il ne se permettait pas de le faire au sein de la jeune institution qu’il avait fondée.Son personnage est troublant, ambigu, il ploie sous le poids de la culture qu’on lui a fait ingérer, et tente l’exorcisme.Le compositeur Gaétan Lebœuf a créé pour lui, poursuivant un travail amorcé auprès de plusieurs jeunes chorégraphes, une bande sonore riche et évocatrice.Dans la petite salle des Loges, la qualité fut inégale, ou, pour dire les choses autrement : certaines œuvres ne passent qu’entre nous, et révèlent leurs limites en présence d’un public composé en partie d’étrangers.Le phénomène est, à la limite, imprévisible et se fait sentir sans même qu’aucune parole ne soit échangée.La pièce soudainement semble affaiblie, inaboutie.Je pense à Cathédrale d’Hélène Blackburn, au Don Quichotte de la tache de Pierre-Paul Savoie.Le cas de Jo Lechay est différent.On ne peut que respecter son intégrité, et la qualité de sa présence sur scène.Mais on peut avoir une violente réaction de refus contre la charge politique de son propos, et le sentiment d’étouffement qu’il génère.La voisine de Dulcinée Langfelder prolonge une recherche à la fois accessible et exigeante: l’artiste donne dans le tout-public avec une grâce et un humour inégalés.Les traces de Daniel Léveillé sont toujours aussi austères et belles, pour qui consent.Jocelyne Montpetit a dansé Milk avec Minoru Hideshima.Né d’un rêve, le spectacle n’est jamais fixé, et sa reprise, au Théâtre de la Veillée en novembre, a confirmé la puissance de son imaginaire et des moyens qu’elle emploie pour le traduire.Elle a le contrôle corporel qu’ont, à Montréal, les meilleurs artistes du mime.Elle en était, d’ailleurs, avant d’entreprendre sa longue quête japonaise.Elle agit maintenant comme si son corps vivait d’une vie indépendante de celle de sa raison, comme s’il répondait sans médiation aucune aux dictats de l’inconscient.Comme si elle pratiquait une écriture automatique h .''***% / :M0^' !- /., ’ > y ?¦'x;:/-:' •S: ¦’¦'¦¦ '.Yves Lapierre et Line Pelletier dans Cathédrale d’Hélène Blackburn (photo de Rolline Laporte).«s- ¦¦y-yCC ¦¦¦¦¦': VISION UN PEU TROUÉE D’UNE SAISON PLEINE 11 avec une liberté singulière, en empruntant les caractères idéographiques de l’Orient.Son œuvre est mystérieuse, chargée de cette sombre poésie qui nous est étrangère et en laquelle elle a reconnu une partie de son être.Le Canadien anglais Bill James a présenté une œuvre d’un modernisme désuet avec Predators of Light, où le thème avoué de la tension entre la sexualité et la spiritualité était dilué dans un mouvement dansé directement emprunté aux techniques modernes d’il y a quelques décennies, sans qu’on y trouve l’inventivité de certains de ses collègues torontois.L’univers de Jennifer Mascall est confus et lourd, et son charisme d’interprète ne réussit pas à faire passer des matériaux chorégraphiques pauvres et redondants.Encore une fois, la représentation canadienne-anglaise s’est avérée la plus faible, et on nous assure que ce serait représentatif de la situation et non l’effet d’une manœuvre tactique pour renforcer notre image.Avec Le docteur Labus, Jean-Claude Gallotta a troqué la relation d’adulation que lui avait valu Mammame en 87 contre un rapport d’intelligence.Sa manière est admirable.Cependant, collectivement, nous résistons à la représentation de la violence extrême des hommes envers les femmes.Peut-être parce qu’elle était, en septembre 89, latente mais sur le point d’éclater, c’était avant Polytechnique.Le charme subtil de Dominique Bagouet agira à long terme, s’il est possible qu’il revienne.Le saut de l’ange, commentaire ludique sur, entre autres choses, le vocabulaire de la danse, fut apprécié davantage par les gens du métier que par le grand public.Suzanne Linke, venue d’Allemagne, a offert une fascinante reconstitution des œuvres de Dore Heyer, une danseuse expressionniste des années cinquante, et une transposition chorégraphique actuelle des mêmes thèmes.Avec une rare économie de moyens et une présence sans faille, elle a suscité une émotion très forte.Les porteuses de mauvaises nouvelles du Flamand Wim Van-dekeybus ont fait l’étonnante démonstration du fait qu’il existe en Europe une génération de créateurs post La La La Human Steps, influencés par le style d’Édouard Lock comme certains ici l’étaient par celui de Pina Bausch.Ce qui n’atténue pas l’intérêt du travail de Vandekeybus, d’une intelligence rigoureuse, et d’un engagement cinétique qui pourrait évoquer la violence banalisée des séries télévisées américaines.La Hollandaise Agelika Oei était peut-être invitée prématurément. Groupe Émile Dubois dans Docteur Labus (photo de M.Delahate). VISION UN PEU TROUÉE D’UNE SAISON PLEINE 13 L’Américaine Susan Marshall a séduit davantage les visiteurs européens que le public montréalais.Elle avait de fort beaux moments, avec Arms, et Kiss, mais elle a composé son programme sans tenir compte des exigences particulières du contexte, c’est-à-dire à l’américaine, avec une pièce qui emprunte au vocabulaire de la danse sociale à la toute fin, la sempiternelle danse sociale en robe du soir et habit noir, lieu-de-l’affrontement-et-du-désir, ce qui, au lieu de remporter notre adhésion, la discréditait à nos yeux.Dana Reitz fut une heureuse révélation.S’il est une Américaine qui pouvait nous convaincre, malgré toute notre résistance (quelle est, d’ailleurs, l’origine de cette résistance ?).Sa danse en silence donnait un véritable plaisir de nature contemplative, et sa maîtrise des subtilités de l’éclairage ajoutait au recueillement.La compagnie japonaise Karas a soulevé l’enthousiasme.Des images percutantes qui n’échappaient pas toujours au cliché, des actions dramatiques efficaces, un vocabulaire corporel tout en isolation, en résistance, très mime encore une fois, très bien maîtrisé par la troupe, et à la perfection par le chorégraphe Saburo Teshigawara : les ingrédients étaient rassemblés pour faire un succès, peut-être un peu trop fabriqué, un peu trop racoleur.À l’inverse, Natsu Nakajima proposait une succession de danses empruntées au jeune répertoire du butô, qui semblait, en l’absence d’un fil dramaturgique, d’une rebutante austérité.Kazuo Ohno était très attendu, et son Hommage à la Argentina a peut-être perdu un peu de sa magie dans la trop grande salle Maisonneuve.Mais il a servi une magistrale leçon des choses en dansant, avec dans son corps, les traces de l’âge et la mort imminente, alors que la danse, en Occident, a déifié la beauté du jeune âge.Il appelle en lui une danseuse morte, sachant que d’autres l’invoqueront, lui, à leur tour quand il n’y sera plus, et dans les réactions qu’il suscite, la frontière est fine entre une compassion qui serait pathétique et une émotion de nature artistique.Il connaît très bien les ficelles du spectacle, il en joue avec une candeur juvénile, assumée, et il est devenu une figure emblématique, le saint patron des danseurs vieillissants, le maître, le phare, par la vertu de sa présence tout autant que de ses artifices.C’est ainsi que commença la saison, et il faut dire quelques autres balises d’une année très pleine, sinon toujours très riche.La ¦ : ; - W?' mm Kazuo Ohno dans Mer morte (photo Naoya-Ikegami) VISION UN PEU TROUÉE D’UNE SAISON PLEINE 15 visite de l’Allemand Gerahrd Bonher, invité par l’institut Goethe à présenter ses danses du Bauhaus, certaines étant des reconstructions, et d’autres, des créations empruntant à l’esprit Bauhaus.L’entreprise est un peu semblable à celle de Suzanne Linke, et ils partagent la même intégrité, la même puissance créatrice dans le renouvellement des fonnes.Le passage de Carolyn Carlson à la Place des Arts fut assez discret, le ressentiment d’une partie du milieu envers la direction artistique de la PDA ne favorisant pas la fréquentation des salles par les spectateurs éventuels les plus directement concernés, c’est-à-dire les danseurs.Si l’ensemble du spectacle semblait un peu daté par son esthétique théâtrale, la qualité de la danse même de Carlson valait le détour.Le Cendrillon de Maguy Marin, donné par le Lyon Opéra Ballet en mai dernier, est une très heureuse transposition du conte de fée chorégraphié une première fois il y a près d’un demi-siècle.Cependant, plus que les étrangers, ce sont les Montréalais qui ont fait l’événement.Non pas dans le sens journalistique du terme, mais en faisant en sorte que, dans la salle, personne, pour rien au monde, n’aurait voulu être ailleurs, que chacun, au moment précis de la représentation, vivait la plénitude de l’instant présent, plutôt que de se sentir en attente d’une révélation, en porte-à-faux par rapport à lui-même, pas tout à fait à sa place, ni dans son corps ni dans son pays.Nous avons toujours l’impression que le centre du monde est ailleurs, qu’il se déplace quand nous tentons de l’approcher, et en de très rares moments seulement, par la grâce d’une rencontre, ou par l’effet d’une quête intérieure, ou, parfois, par l’intermédiaire d’une œuvre, sommes-nous réconciliés avec notre destinée.Sinon tous, dans la salle, du moins un nombre suffisant de persomres vibraient à l’unisson pour que l’expérience soit vécue avec le sentiment qu’elle était collective.Je parle de la représentation de New Demons à la salle Wilfrid-Pelletier donnée en décembre par La La La Human Steps.Le soir de la dernière, l’œuvre avait atteint son point de perfection relative, comme un fruit très mûr qu’il aurait été vain de vouloir conserver, et confirmait, s’il est besoin, l’extraordinaire talent de chorégraphe d’Édouard Lock, la manière qu’il a de réinventer notre perception du monde en animant les corps dans l’espace.Marie Chouinard a également repris STAB et le Faune au Monument national, un lieu magnifique pour accueillir l’âme de Nijinski à ill -, >' iSK: mm ¦ .m ' - :‘ .r' ' ?3 , ::; 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