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  • Montréal :[Objectif],1960-1967
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Février - Mars
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Objectif ..., 1963-02, Collections de BAnQ.

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FEVRIER.MARS 1963 50 cents .‘ .¦ . objectif 63 REVUE INDÉPENDANTE DE CINÉMA C.P.64, STATION "N”, MONTRÉAL—18.DIRECTEUR: JEAN-CLAUDE PILON SECRÉTAIRE À LA RÉDACTION: MICHEL PATENAUDE RÉDACTEURS: ROLAND BRUNET, ROBERT DAUDELIN, JACQUES LEDUC, JEAN-PIERRE LEFEBVRE CLAUDE NADON, ANDRÉ POIRIER, PIERRE THÉBERGE.PUBLICISTE: FERNAND GAUTHIER SECRÉTAIRE: FRANCINE DESBIENS MAQUETTISTE: CAMILLE HOULE OBJECTIF 63 s'engage à étudier sérieusement tous les textes qui lui sont soumis et à retourner ceux qui ne sont pas utilisés.Les articles n'engagent que leur auteur.L'ABONNEMENT EST DE $4.50 POUR DIX LIVRAISONS.SOMMAIRE VOL.Il NO 9 (19) Editorial .Jean-Claude Pilon 3 lours 1962 .Robert Daudelin 5 Actualité du fantastique I Renaissance d’un genre.Robert Daudelin 10 II .à deux pas de la poésie.Jean-Pierre Lefebvre 15 Le Pornographe du cinématographe .Roland Brunet 32 FILMS RÉCENTS Un Coeur gros comme ça .The Chapman Report .Whatever Happened to Baby Jane Bob le flambeur.Long Day’s Journey into Night .Mutiny on the Bounty.A Kind of Loving.Le Combat dans Pile.EN MARGE Lettres de Patrick Straram, R.Brunet, M.Patenaude et Jean Basile .34 EN PAGE COUVERTURE: Abdoulaye Faye dans UN COEUR GROS COMME ÇA de François Reichenbach.Interpretation photographique de Camille Houle, sur une maquette originale de Jean-Pierre Beaudin.L illustration de ce numéro est due à: Art-Films, Atlas Film, United Amusements, Consolidated Theatres, France Film.Le Ministère des Postes à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.Michel Patenaude 19 .André Poirier 20 .Pierre T héberge 23 Michel Patenaude 26 Madeleine Doyon 28 .René Houle 29 .Jacques Leduc 30 .Raymonde Pilon 30 Atelier Pierre Guillaume Editorial Dans la seconde tranche de son rapport, la commission Glassco jette un bref coup d’oeil du côté de la production de films tant à Radio-Canada qu’à l'O.N.F.et, par ricochet, dans l’industrie privée.L’exposé des faits, quant à l’activité cinématographique des deux grandes sociétés d’Etat, nous parait, en dépit de sa brièveté, très juste et surtout très bien abordé.Chiffres à l’appui, il confirme en tous points la situation décrite dans notre dernier numéro.De plus, on y souligne clairement l’effet désastreux provoqué dans le secteur privé par l’expansion démesurée de l’O.N.F., en 1956-Ô7, et la menace que la Société Radio-Canada fait peser sur le même secteur par ses projets actuels visant l’expansion de ses aménagements durables à Toronto et Montréal.Les enquêteurs sont également d’avis qu’il n’existe aucune raison valable d’empêcher l’expansion graduelle de la participation de l’industrie à la production de films pour les organismes susdits.On mentionne encore ceci: La production cinématographique est une industrie où s’exerce la concurrence sur le plan international.Les producteurs canadiens ne pourront affronter la concurrence sur les marchés étrangers et ainsi s’assurer une distribution économique de leurs films que s’ils sont appuyés chez eux.C’est un bon exemple d’une responsabilité spéciale qui devrait influer sur les programmes d’achat du gouvernement.Bref, un rapport peu élaboré mais qui a su mettre le doigt sur les données essentielles d’une situation.Un rapport qui dévoile en termes clairs une forme de centralisation qui tend à asservir de plus en plus une industrie déjà fort mal en point.3 D'aucuns prétendent que ce souci constant du secteur privé, tout au long du chapitre sur le cinéma, relève de préoccupations fort éloignées du mandat de la commission.Les commissaires ont sans doute trouvé — comme nous — que le domaine du cinéma est entravé ici d’anomalies tellement flagrantes qu'il eût fallu faire preuve d’une singulière ’’objectivité” pour ignorer ce qui s’impose dès la moindre velléité d’analyse.Il se peut également que les commissaires aient choisi d’aborder ainsi par le flanc un domaine particulièrement épineux: les deux immenses appareils administratifs des sociétés mises en cause.On l’imagine aisément, une analyse forcément non-définitive de leurs activités aurait entraîné de la part de ces deux machines puissantes et bien gardées une riposte extrêmement vive.Curieusement absentes du rapport, elles furent sans doute ’’oubliées" pour éviter un débat retentissant sur ce qui n’était au fond, dans l’esprit des commissaires, qu’une parcelle de leur vaste champ d’enquête.Quoi qu’il en soit, le Rapport vaudra dans l’avenir beaucoup plus par son exposé des faits que par les recommandations qu’il fait.Suggérer, par exemple, le transfert à l'O.N.F.d’une large part de la production de films de Radio-Canada pour qu’en retour l'O.N.F.confie davantage de ses productions à l’industrie privée, cela est impensable, d’un point de vue administratif.Proposer tout bonnement que l'O.N.F.stabilise sa production à un niveau suffisamment rentable, cela fait sourire tant c’est naif.L’industrie privée du cinéma a peu à attendre, concrètement, de l’application du rapport Glassco.Mais dans la lutte à entreprendre pour son affranchissement des monopoles étatiques, on peut espérer que ce rapport deviendra éventuellement pour elle un premier instrument de référence, un point de repère précieux et encourageant.C est le premier document officiel à faire état de la situation et sa prise de position est claire.Ce n’est pas peu.Mais tout reste à faire.Jean-Claude PILON 4 TOURS 1962 par Robert Daudelin Tours n’est pas Cannes, ni Venise.On n’y porte guère le smoking.Le cinéma n’en est que plus à l’aise.Si en 5 jours (5-10 décembre) des critiques d’une dizaine de pays peuvent s’y rencontrer et y rencontrer cent et un cinéastes, c’est que l’on résiste mal aux attraits du dernier festival de l’année.Tours est devenu le haut-lieu du court métrage; et il impose l’importance de ses manifestations à quiconque se soucie de la vie du cinéma.Cette année, en 6 séances, le jury a vu plus de 50 films.Le critique — celui qui ne voulait rien manquer — en a vu, lui, plus de 125.Du noir et blanc à la couleur, de l’est à l’ouest, du documentaire au dramatique, Tours 1962 était une fenêtre ouverte sur le monde de la création cinématographique — et, parfois, sur le monde tout court.L’audace pourtant n’était pas le dénominateur commun de ces journées.Si le nombre de films présentés rend impossible tout compte rendu exhaustif, il autorise cependant des remarques importantes.Ces manifestations nous ont rappelé bien impérieusement, une fois de plus, que le cinéma n’est plus le patrimoine exclusif de la France, de l’Italie ou des Etats-Unis.L’impressionnante sélection polonaise (Mammifères, Labyrinthe, L’Hôpital, Premiers Pas) est de ce point de vue très révélatrice; les observateurs n'ont pas manqué de le souligner.Trop peu de réalisateurs, qu’ils soient yougoslaves, français, tchécoslovaques, américains, cubains, soviétiques, italiens ou brésiliens, se hasardent à explorer les nouvelles avenues du 7e art.Les films les plus réussis de ce festival l’étaient à l’intérieur de fonnes déjà traditionnelles, tels les admirables documents sociaux italiens, Licence de vente et La Tarentule.Si l’on peut parler de nouveauté au sujet d’oeuvres telles que Lonely Boy ou Mammifères, c’est que Lonely Boy fait le point sur un genre de cinéma (le “cinéma - vérité”) en soumettant le procédé à la grandeur du sujet et que, dans Mammifères, l’univers personnel de l’auteur est d’une telle originalité et d’une telle intensité qu’il commande une esthétique que l’on peut dire nouvelle.5- Le public de Tours ne semblait d’ailleurs guère priser les efforts des aventuriers.Une oeuvre aussi neuve et commandant autant d’admiration que Ÿ ris on ne recueillit que quelques bravos au milieu d’un concert de huées — ainsi en fut-il de Blazes de Robert Breer qui, invité par les autorités du Festival, inaugura la séance du dimanche après-midi.L’on peut se demander si les organisateurs n’avaient pas voulu orienter notre appétit et celui du jury en faisant débuter le Festival par des séances médiocres alors que les dernières furent mémorables.Quoi qu’il en soit, le jury (1) de ces Ville Journées du court métrage — une fois n est pas coutume — a su pourtant voir clair à travers tant de titres.Si l’on peut regretter que la mention à Litho et à Premiers Pas soit une concession au cinéma “soigné”, l’attribution de récompenses à Mammifères, Lonely Boy et à Le Noble Jeu de Voie souligne des apports véritables au cinéma de court métrage.On aurait souhaité autant de justesse de la part des critiques qui, par une faible majorité (31 voix contre 28 pour Labyrinthe) ont attribué leur prix à l’insupportable et inutile La Fille de la route.Les critiques français, votant en nombre majoritaire, ont prouvé une fois de plus que plusieurs d’entre eux étaient régulièrement victimes de leurs prédispositions sentimentales ou sentimentalement politiques.L’engagement social qui fait si facilement vibrer le coeur de ces messieurs était beaucoup plus réel chez les Italiens Calenda et Mingozzi que chez leurs ennuyeux confrères.Au souvenir de tous ces films, une remarque plus impérieuse que toute autre: la nécessité de rappeler à leurs auteurs les vertus de l’image.Trop souvent au cours de ce Festival sommes-nous sortis assommés d’une séance où, film sur film, la prose savante de quelque lettré avait tué les meilleures intentions.Tassili N’Ajjer de Jean-Dominique Lajoux qui, malgré une forme trop classique, possède plus d’une qualité nous est rendu pratiquement insupportable par les acrobaties pseudo-métaphysiques de Max Pol-Fouchet.De même en est-il de Forget Me Not (Brown), Idée fixe (Rossi), Les Terres brunes (Kosatchev et Kriavkine).D’autre part, peu de réalisateurs savent se défaire d’une certaine prétention face au sujet.Aussi était-il réconfortant de rencontrer au cours d’une séance Le Coureur de Don Owens, La Vie ralentie de Kurt Goldberger (un exceptionnel film scientifique tchécoslovaque qui témoigne des possibilités d’adapter les phénomènes de rhibernation à la médecine opératoire) ou August Heat de Martin Zweiback (adaptation d’une nouvelle fantastique réalisée par un finissant de la faculté de cinéma de l’Université de Californie).Mais malgré ces quelques regrets, l’on est tout de même heureux d’avoir découvert à Tours des films capables de soulever notre enthousiasme.Ne serait-ce que pour ceux-là — et ils sont nombreux tout de même — ces journées vaudraient d’être retenues.Mammifères de Roman Polanski a bénéficié d’un succès bien mérité auprès (1) Sous la présidence de Mme Claire Parker, le jury était constitué de MM.Saul Bass, Hervé Bazin, Jean-Louis Chéray, Gianni Rondolino, Jiri Trnka, et Wejciech Zamieznik.6 PRISON de Robert Lapoujade du public comme de la critique.C’est une fable philosophique dans la tradition de Deux Hommes et une armoire et de Le Gros et le maigre.La simplicité du propos n’en souligne que davantage toute la maîtrise de l’auteur.L’imagination créatrice de Polanski le rapproche souvent de Keaton ou de Langdon; ce rapprochement justifie à lui seul tous les prix.A 29 ans, Roman Polanski est l’un des rares auteurs personnels que ce Festival nous ait permis de connaître (ou de mieux connaître) ; la perfection de son oeuvre ne fut approchée par aucun autre film en lice.Ancien assistant de Baldi, Antonio Calenda a gardé du grand documenta-riste l’amour des humbles et le respect de leur misère.Le rythme très lent, la discrétion du commentaire écrit par Calenda lui-même font de Licence de Vente un document humain d’une rare intensité.Les mêmes qualités se retrouvent dans La Tarentule de Gianfranco Mingozzi.Empruntant pour sa part la technique du “candid eye”, Mingozzi atteint au tragique dans la peinture de cette maladie mythique qui torture les femmes de Salento et dont seul Saint Paul peut les guérir.Ici aussi le commentaire (de Salvatore Quasimodo) est exemplaire.C’est de ces deux films qu’il faut rapprocher They Took Us to the Sea de l’anglais John Krish.Dans un esprit voisin de celui de We Are the Lambeth Boys, le film de Krish nous raconte, avec une simplicité attachante, la randonnée au bord de la mer d’un groupe d’enfants d’un quartier pauvre de Londres.Avec Prison de Robert Lapoujade, c’est à un cinéma bien différent que nous avons affaire.Lapoujade est peintre; son approche du cinéma est fortement marquée par sa sensibilité plastique.Mais, plus que cette vertu trop rare, Lapou- 7 jade possède une curiosité étonnante des mystères du cinématographe.Cette curiosité nous a valu Prison, le film le plus audacieux du festival.La volonté évidente de "déranger'’ la sensibilité du spectateur afin de la marier à celle d’un prisonnier apporte à l’oeuvre un caractère obsessionnel bouleversant.Peintre ou cinéaste, Robert Lapon jade est décidé à rompre avec le court métraere français trop joli.Il faudrait sans doute une connaissance beaucoup plus vaste que la mienne du cinéma d’animation pour reconnaître toute l’importance du film du cinéaste soviétique Serge Youtkevitch, Les Bains.L’oeuvre apparaît comme une large synthèse de l’animation dans les pays de l’Est.La liberté que l’auteur a prise avec les formes habituelles de l’animation (dessin, marionnettes, personnages découpés, documents filmés, triple écran) nous vaut des morceaux d’une grande beauté qui nous font bien vite lui pardonner les quelques couplets de propagande de la fin.La critique aurait plus logiquement rempli sa mission en couronnant ce film.On a noté justement que l’un des noms qui s’imposent après ce Festival est celui de Georges Dumoulin.Des deux films qu’il avait inscrits en compétition, Arnodio révélait surtout une très grande maîtrise technique.Cette maîtrise demeure dans Le Noble Jeu de Voie, mais associée cette fois à un humour de L’ORATEUR de Bretislav Pojar H : Iflll JfJ ËmÈm ¦y;.m®.Biliii Yririrri ¦"'ri-.•riri/ifri tout instant qui n’est pas sans de larges dettes au commentaire d’André Martin.J’ai malheureusement manqué L’Art et la manière, troisième film de Dumoulin, présenté hors compétition.L’avenir nous rappellera sûrement son nom.Il faut par ailleurs mentionner dans ce compte rendu l’étonnant Labyrinthe de Jan Lenica (bien supérieur à Dom), La Mauvaise Herbe du cinéaste d’animation allemand Boris Borresholm, Château de cartes, riche dessin animé de l’Italien Giulio Gianini; de même que L’Hôpital du Polonais Janusz Majewski et The American JVay de Marvin Starkman, ces deux pierres précieuses à ajouter à l’édifice du nonsense cinématographique, et enfin l’attachant Je suis devenu instituteur du Cubain Jorge Fraga.Deux séances spéciales nous permirent de revoir Blazes de Robert Breer, The Flying Man et The Apple de George Dunning ainsi que quelques génériques de Saul Bass.Nous y vîmes même le dernier Trnka, Grand-mère cybernétique, décevant malgré sa grande beauté plastique et le dernier Pojar, L’Orateur, combinant les techniques du film de marionnettes et du dessin animé dans une satire éblouissante du “conférencier invité”.Des nombreuses séances d’information, très peu de titres à retenir.Disons, pour satisfaire les toujours curieux, que Le Mannequin de Belleville, premier film de Jean Douchet, est une agréable pochade, alors que La Chevelure d’Ado Kyrou est d’un ennui pas toujours dépourvu de vulgarité, et, pour finir, que Jour après Jour, la faute en étant à son commentaire, a été très mal accueilli.Robert DAUDELIN PALMARÈS DU FESTIVAL DE TOURS 1962 Grand Prix: MAMMIFÈRES, de Roman Polanski (Pologne) Prix spéciaux du jury : LONELY BOY, de Wolf Koenig et Roman Kroitor (Canada) LE NOBLE JEU DE L'OIE, de Georges Dumoulin (France) LES PREMIERS PAS, de Kazimierz Karabasz (Pologne) LITHO, de Cliff Roberts (USA) Prix de la critique internationale : LA FILLE DE LA ROUTE, de Louis Terme (France) Actualité du fantastique par Robert Daudelin et Jean-Pierre Lefebvre I - Renaissance d’un genre.Les rares critiques qui accordent quelque intérêt au cinéma fantastique s’entendent pour situer son âge d’or entre 1930 et 1940.Cette décennie porte sur les écrans du monde entier les noms de Bela Lugosi et de Boris Karloff, alors que ceux de Ted Browning, James Whale, Karl Freund, Ernest B.Schoedsack et Luis Friedlander entrent, officieusement du moins, dans les histoires du cinéma.En dix ans, le cinéma d'épouvante allait produire ses oeuvres maîtresses.Aujourd’hui, la plupart de ces films sont détruits, introuvables, ou confinés dans des collections privées; la seule appellation de leur titre suffit à faire rêver tout amateur: Frankenstein, Dracula, Old Dark House, Mark of Fu Man Chu, Island of Lost Souls, White Zombie, Mad Love, The Walking Dead.A cet âge d’or, auourd’hui adulé, allait succéder une décennie dont le cinéma fantastique fut à peu près absent.La présence accablante de la Grande Guerre fait que réalisme noir en France, néo-réalisme en Italie, réalisme poétique en Angleterre et réalisme social aux Etats-Unis dominent.De ce cinéma “sérieux” —- mais pas nécessairement ennuyeux comme aiment le prétendre trop élégamment nombre d’adeptes du fantastique — sortirent plusieurs films importants, plusieurs chefs-d’oeuvre même.Mais les préoccupations d’un tel cinéma laissaient bien peu de place au fantastique, aussi est-il difficile de retenir des titres aussi importants que ceux de la période précédente.(Il faut cependant noter l’amusante prolifération de zombies: King of the Zombies (1941), 1 Walked With a Zombie (1943), Zombies on Broadway (1945), Valley of the Zombies (1946).Les années ’50 se caractérisent par la production massive, aux Etats-Unis, de films de science-fiction, nouvelle ramification du cinéma fantastique.War of 10 , ; .a - .• ‘i-y MASCHERA DEL DEMONIO de Mario Bava the Worlds, The Day the Earth Stood Still, Forbidden Planet, The Flying Saucer, ouvraient au fantastique de nouvelles avenues qu’il ne saura malheureusement pas toujours explorer.En 1957, Terence Fisher réalise The Curse of Frankenstein.Cette date, ce titre, marquent le début de la période 1957-1962, d’une richesse exceptionnelle pour les amateurs de fantastique.Alors qu’en littérature et en peinture la redécouverte de grands maîtres du genre s’accompagnait d’un intérêt toujours accru, il était plus que normal que le cinéma, terrain de prédilection du fantastique, se mette au pas.Point n’est besoin d’analyse socio-esthétique pour cerner cette renaissance; il n’est que de citer certains faits, certains noms, pour indiquer le sens du courant.Depuis cinq ans, la production de films d’épouvante a largement augmenté, et ce non seulement aux Etats-Unis.La Grande-Bretagne semble avoir misé avant tout sur ses films d’horreur pour survivre et, par ironie du sort, pour se faire citer dans les revues de cinéma, le reste de sa production se situant la plupart du temps entre le médiocre et l'insignifiant.L'Italie, dans sa volonté de devenir l’usine numéro 1 du cinéma mondial, n’a pas non plus négligé les vampires et les loups-garous.La France même, patrie par excellence du cinéma “sérieux”, a mis la main à la pâte.Nous reviendrons plus loin sur l’apport de chacun de ces pays.11 L'actuel regain d'intérêt Partout où il existe une vie cinématographique, un intérêt réel et soutenu entoure maintenant le cinéma fantastique.A Paris, une salle, le Midi-Minuit, s est consacrée à 1 exploitation des films d’épouvante; plusieurs autres affichent régulièrement la même production.Le Frankenstein de James Whale (1931) a récemment bénéficié d’une sortie commerciale dans un petit cinéma d’art du Quartier-Latin.Un ciné-club de la Fédération Française des cinés-clubs se nomme Le Cine-Club Fantastique et tient ses assises mensuelles au cinéma La Pagode; on y célèbre Terence Fisher, l’Homme H et les vampires, à minuit le samedi soir.D autre part, Cine Qua Non, le ciné-club le plus actif de Paris, a inscrit au programme de sa saison quatre films d’épouvante alors que le ciné-club universitaire inaugurait sa saison 62-63, en Sorbonne, avec The Revenge oj Frmikenstein de Terence Fisher.Le Terrain Vague, maison d’édition reconnue pour ses audaces, publie, depuis quelques mois Midi-Minuit Fantastique, revue entièrement consacrée au cinema fantastique (les numéros parus à date, s’ils nous ont apporté une documentation photographique exceptionnelle, ont malheureusement à leur passif des textes d’une médiocrité délirante).Deux autres revues, La Méthode et Bizarre ont récemment consacré un numéro spécial au sujet, ne surpassant néanmoins pas dans cette entreprise l’excellent travail qu’avait fait Cinéma ’57 dans son numéro 20.L’été dernier, les cinéphiles new-yorkais pour leur part ont pu assister à de nombreuses reprises de films de Bela Lugosi.Mentionnons, pour les plus intéressés, qu’il existe, aux Etats-Unis, un Bela Lugosi Fan Club, éditeur du Bela Lugosi Journal.Les kiosques à journaux offrent de plus certaines revues spécialisées, telles Werewolves and Vampires, Horror Monsters, Creatures, World Famous Monsters, etc.; l’éclectisme propre à ce genre de publication nous empêche cependant de juger globalement de leur valeur — laissons aux collectionneurs ce soin et ce plaisir.A Montréal même, il faut se rappeler que le canal 12 avait, à ses débuts, inscrit à son horaire (le samedi soir à minuit !) un “Shock Theatre” qui nous permit de voir des oeuvres aussi rares que The Raven (Friedlander), The Invisible Man (Whale), The Wolfman (Wagner) et The Black Cat (Ulmer).A Toronto, d’autre part, la revue Zoom (1), dès son premier numéro, publia un bref hommage à Bela Lugosi.Enfin, dans la plus récente liste de films pour ciné-clubs publiée par l’Office diocésain du cinéma de Montréal, on peut voir le nom de Terence Fisher côtoyer les intouchables Rosellini, Bresson, Kazan .Mais ce regain d’intérêt autour d’un cinéma qu’on couvrait volontiers de ridicule ne saurait être valable s’il n’avait que déterré des oeuvres déjà célèbres sans en susciter de nouvelles aussi valables.Or les noms et les titres qui nous viennent aujourd’hui à l’esprit, s’ils n’ont pas encore le merveilleux de ceux de jadis, méritent néanmoins notre attention, voire notre admiration.Zoom, cahier trimestriel de cinéma, est publié à Toronto, 83 Yorkville Ave., Toronto 8, Ont.12 Les nouveües productions En Angleterre, Terence Fisher, le premier, s’est fait le champion du genre en nous donnant des oeuvres aussi importantes que The Curse of Frankenstein (1957), Horror of Dracula (1958), The Man Who Could Cheat Death (1959), The Brides of Dracula (1960), The Curse of the Werewolf (1961).Un des grands mérites de Fisher, une fois son talent reconnu, est certainement d’avoir ressucité les grands mythes du cinéma fantastique; avec lui, Dracula, le monstre de Frankenstein, la Momie, le Loup-garou ont repris vie et hantent à nouveau les écrans du monde.A côté de Fisher, l’Angleterre a fourni au genre deux illustrateurs dont les noms sont à retenir, ce sont: Arthur Crabtree, auteur d’un remarquable Horrors of the Black Museum et Sydney Hayers qui nous a donné Circus of Horrors.u T CM Terence Fisher 88!lflÉ fliüll LTtalie a révélé un talent très sûr qui malheureusement nous est encore inconnu : Mario Bava.Reconnu unanimement par la critique européenne comme l’un des créateurs les plus originaux du jeune cinéma italien, Bava a donné au fantastique un Maschera del Demonio (paru à Montréal sous le titre Le masque du Démon) qui n’est pas prêt d’être oublié.Il faut, de plus, faire une place à part dans un catalogue du fantastique aux fresques historiques de Vittorio Cottafavi; le merveilleux qui les anime est bien apte à leur gagner cette place.Les Etats-Unis, s’ils viennent encore en tête quant au nombre de films produits, n’ont pas encore révélé de talents aussi originaux que ceux de Fisher ou de Bava.A côté des oeuvres truquées (bien qu’intéressantes parfois) d’un 13 .”13 mm m K» Mè ¦ :« " '' ': » -Æm ¦ /¦ y ¦¦-
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