La presse, 2 juin 1894, samedi 2 juin 1894
[" DOUZE PAGES ¦ I ¦ DIXIEME ANNEE M.Joê.laveki»i ke, l'un des visiteurs de U société «/.l.P.normand, président de la succursale des Trois-Itivières M.T.J.BOURSE, président de la succursale de Valleytield i5S.\" Mt v mv a LE LT,-colonel a.penis, président de la succursale de St-Hyacinthe U.J.U.bhunet, l\u2019un des visiteurs de la société M.im' N° 177 MONTREAL, SAMEDI 3 JUIN 1894 CIRCULAT'n,l Mo)(\u2018une par ^ 34,e 9 UN CE?N P f %\\ À) X'o \\ «X BP'Tf v -\u2022\t\u2019\t' % /] M.D.BENOIT, president de la succursale de Druiiiinoiidville m.eu allés HÉBBBT, premier commis saire-ordoiinateur M.JOS.V0NTA1NE, pre.-'dent de la suo-cui^ale de Lévis m.Emile ou iv.RK, 11111 des visiteurs de LES ARTISANS CANARIENS - FRANÇAIS,t Isans ,i p.tvü aux malades 1?95,705.5\u2018J e1 uu\\ veuves sl7d,000, ëoit en tout 9268, '1.L MU.K Ul: VN* M.a Kl u lk caron, Tun des visiteurs de \\ la société \\0TES niVKKSES La Société des Artisans Canadiens-français va célébrer demain sa fôte patronale à la cathédrale.Cette démonstration religieuse promet d\u2019être l une des plus belles qu'on aura jamais vues en cette ville.La Société des Artisans Canadiens-français fondée eu lê7ti est une socié* té de secours mutuels, essentiellement catholique et canadienne-française,puisque pour en faire partie il faut parler la langue française, n\u2019appartenir à aucune société secrète défendue par l'église et que si la sépulture ecclésiastique est refusée à un membre,ses héritiers perdent par le fait même tous bénéfices.Elle a l\u2019honneur do compter au nombre de ses membres deux évêques distin-\u2022 gués, Mgr Décollés, de Saint-Hyacinthe, autrefois chapelain de la succus&le de Sorel, et Mgr Emard, de Valleytield, le fondateur de la succursale établie en cette ville.Pour répondre aux besoins et aux désirs de ses nombreux membres répandus dans toutes les parties de la province, elle a établi neuf succursales situées dans les principaux centres et qui, ensemble, comptent 3,553 membres repartis comme suit : Québec\tfondée\t\t1889\t1219 Lévis\t\u2022«\t1889\t485 Saint-Hyacinthe\t\t1889\t573 Trois-Rivières\tmée : \u201c-Voyons, mademoUeile, je vous ai dt ii.nudé la muLou Blanc et Cie, rue luit bout ! Mais U s'interrompit, subitement ra-d'.u j \u2014Oh! pardon, mademoiselle !.\u2022 Je reconnais votre voix.Et vous ailes toujours bien, mademoiselle Oeorget-te V Lue petit* voix sonna cristallin* & son oreille : \u2014J* vous al déjà dit qu* je n* m'appelais pus (ieorgette.\u2014Comment vous appelez-vous, alors?\u2014 Ah ! voila !.j* vous 1* dirai plus tard.Et comme il insistait : \u2014Dit»*s moi d\u2019abord votre nom, vous.\u2014Je m\u2019appelle Albert.Alors, ainsi qu\u2019une petite béte enfermée gui se trémousse, la voix vibra dans lo réeepteur, assaillant le jeune homme de questions : \u2014Etes-vous grand ?Comment êtes-vous : blond ou brun ?Quel fige avez vous ?\u2014J\u2019ai vingt ans, je suis brun, j\u2019ai un mètre soixante-dix.Etes-vous contente ?A votre tour.Mais, changeant do ton, parce qu'un chef venait d'entrer dans le bureau, il continua, très sérieux : \u2014Allô ! allô !.Lu maison Blanc est en communication?.Bien, mademoiselle ; je rappellerai.Et il quitta 1*appareil, vint 4 sa table feuilleter des papiers, l\u2019air affairé.H Dans l'après-midi, il reprit la conversation si fâcheusement Interrompue : \u2014Allô!.c\u2019est toujoura voua, mademoiselle ! \u2014C'est toujours moi.\u2014Vous savez, co matin, je vous al quittée parc® qu\u2019il y avait quelqu\u2019un IA.\u2014Oh ! j\u2019ai bien compris ! \u2014Alors, ft présent, vous pouves m'apprendre votre nom ?La\tvoix dit, tout bas.\u2014«1 près qu\u2019Albert croyait en aentir U aouffle ft son oreille : \u2014Ecoutez : je ne peux p^s vous le dire en ce moment ; j\u2019ai une personne ft côté de moi qui eutend.\u2014Ditessmoi seulement la première lettre, et je devinerai.\u2014Eh bien ! C.\u2014Cécile ?Claire ?Cunégondo ?\u2014Non.C.A.M.Devines lo reste.\u2014OaYnille ?\u2014C\u2019est ça.Puis, aussitôt : -\tAttendez ! on me sonne ! 11 y eut comme un bruit de friture daus les fils.Tout cessa.La voix reprit : \u2014Allô I.ma voilft revenue! Albert se carra commodément, assujettit les deux récepteurs ft ses oreilles, et plus près de la plaque, il prononça doucement et distinctement, ft la fois, pour ne pas incommoder ses collègues, et pour qu'elle entendit bien, elle : \u2014Dites-moi : vous pouves toujours bieu écouter, si vous no pouvez pas répondre ?\u2014Sans doute.\u2014 Bon.Alors je vais vou» dir# comment je suis habillé pour que vous puissiez me reconnaître ; vous m'indiquerez un endroit sur votre chemin, ce soir, et vous m\u2019y verrez en passant.Ca vous va-t-il ?\u2014Oui.\u2014Très bien ; j\u2019ai un pantalon jaune, un veston bleu, un chapeau gris, et pour que vous puissiez mieux me recommit re, je tiendrai mon mouchoir ft la main.\u2014C\u2019est ça.Puis, tout bas.ft peine peroeptiblo, la petite voix dit très vite : \u2014Je sortirai ft neuf heu lies seulement Attendez-moi û neuf heures un quart nu coin de la rue de Castiglioue et de la rue Saint-Honoré.Maintenu nt, allez-vous en : vous me feriez attraper.\u2014Encore un mot : de quelle couleur est votre roba ?\u2014Elle est noire, comme mes Idées.\u2014Vraiment ! vous avez des idées si tristes V Mais la voix, pressée, termina l\u2019entretien : \u2014Partez ; Je vous dirai ça ce soir.\u2014\tAlors, au revoir, mademoiselle Camille.\u2014Au revoir, monsieur Albert.\u2014Entendu, bien sûr ?\u2014Oui, oui ; au revoir ! III Le soir, un peu avant l'heure convenue, Albert fut nu rendez-vous.Il | eut un coup d\u2019œil devant lui pour la place Vendôme triste et déserte, avec ! ses marges de trottoirs gris oit lo gaz faisait des flaques de clarté trembla- j tante, avec, sur un décor de maisons ¦ mortes, sa haut© colonne.L\u2019eudroit était on ne peut mieux | choisi, et tel qu\u2019il so tenait, en faction fl l'entréo des arcades, Albert était sftr d'étre aperçu sans peine par Camille, tandis que lul-môme distin- ! guait de loin les passantes isolées et rares qui débouchaient dans la place, venues de la rue de la Paix, étroite échappée ouverte Ift-bas sur le boulevard lointain, un brouillement de |»e-titca choses noires que des foyers élec- ' triques semaient d\u2019étoiles d'argent.PRESSE, SAMEDI 2 JUU* 1894 Bon mouchoir ft la main, signe Indicateur, U attendit.tVtt* punit* de la ru* Saint-iloiioiv rodait umtné-e encore.Albert voyait pa*»er prè* de lui de petite* ouvrière* rentrant d'an pas preoté, de* femme* vivement parfumée» que le N- v» :i!i-
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