Jeune théâtre, 1 avril 1971, Avril
PER J-7 rrcrr-VUblié par I'ACTA Association Jeune Théâtre Vol I, No I r\ AU SOMMAIRE Activités des membres p.2 Prochains festivals 6 Monique Lepage 9 Faut-il tuer Georges Brégent?10 UEATÆ e journal, une promesse un défi! C'est à l'unanimité que le treizième Congrès annuel de l'ACTA a proposé la création d'un JOURNAL régulier de THEATRE, dont vous lisez la première publication.Ce Congrès, vigoureux atelier de travail - en plein centre des événements d'octobre 1970 - réunissait des représentants de Troupes à majorité non professionnelles.Dans les faits et concrètement, il y avait là - au Centre JMC d'Orford, P.Q.- une assemblée très "représentative" de tous les milieux théâtrals, théâtraux et théâ-treux du Québec avec quelques délégués de la francophonie out-Québec.Il y avait des Amateurs au sens plein-presque noble du mot - , il y avait des amateurs que leurs confrères qualifient de "quétaines", il y avait de jeunes professionnels avec ou en mal d'avenir, il y avait des professionnels bien connus et reconnus.Parmi eux, toute la gamme de la "chose" théâtrale: auteurs, comédiens, techniciens, administrateurs.Une contusion nette: le Théâtre est vivant, malgré ses blessures, ses pansements et ses béquilles.Une autre conclusion nette: les éléments dynamiques ne sont pas tous inscrits au catalogue de l'Union des Artistes.Une autre conclusion nette: un grand nombre de jeunes comédiens (ils n'ont pas d'âge chronologique) inscrits à l'Union se sentent chez eux à l'ACTA, Association Jeune Théâtre, et y trouvent l'espoir d'une coordination des éléments forts de la vie théâtrale.Une autre conclusion nette: L'ACTA doit canaliser ses énergies sur ce qu'il y a de plus "professionnel” pour des "amateurs": la CREATION.C'est-à-dire qu'une priorité constante exige que les meilleurs moyens de la scène soient mis au service de la recherche, de l'essai, des prospectives dans l'expression (par le Théâtre) de toutes les Idées d'Avenir.Car à peu près seuls des gens de métier chevronnés peuvent donner leur sens plénier aux oeuvres valables du passé.C'est un peu tout cela que veut refléter le Journal.Il doit être un carrefour permanent, comme le Festival ACTA l'est annuellement.Il y a des revues très spécialisées: le Journal ne les remplacera pas! Il y a des chroniques dispersées de Théâtre dans les grands média d'information: le Journal tentera de les alimenter! Il y a un "no man's land” très riche entre les "professionnels" et les "amateurs": le Journal veut l'élargir et lui donner un sens de man's land pour le JEUNE THEATRE québécois (ce qui inclut certes la diaspora maritime -ontarienne - manitobaine - saskatche-wanienne - albertaine - colombienne).ROGER THIBAULT, Président ACTIVITÉS DES MEMBRES DOLBEAU L'Association Théâtrale Jean Dolbeau présente le 13 mars à l'Auditorium de l'Ecole Secondaire Jean Dolbeau, deux (2) comédies de moeurs "La Demande en Mariage" de Tchécov et "La Famille bien unie" de Jacques Prévert.La soirée sera complétée par un récital de poèmes et un spectacle de danses folkloriques.SHERBROOKE Le Théâtre de l'Atelier Programmation 70-71 Salle: A la cité Universitaire de Sherbrooke.Premier spectacle: du 23 octobre au 12 décembre 70."Edgar Chéri" comédie en deux actes et un peu plus .de Benoit Dumont.Création québécoise; première à Sherbrooke.Mise en scène: Benoit Dumont.Deuxième spectacle: janvier et février 71."Zoo Story” de Edward Albee."La Leçon" de Eugène Ionesco.Mise en scène: Pierre Gobeil.Troisième spectacle: avril et mai 71."Essai collectif sur des thèmes commerciaux"."Show" expérimental .Animation: Pierre Gobeil.N.B.: Les représentations pour tous les spectacles auront lieu les Mercredis, Jeudis et Samedis: 20hrs.30.BELOEIL La Compagnie Théâtrale "Carcans" fut fondée à Ste-Hyacinthe au printemps 1969 et y donna son premier spectacle "La Main Leste" de Eugène Labiche; à l'été elle joua "Lorsque l'Enfant Pa- rait" de Roussin et au printemps 1970 ce fut "Les Jours Heureux" de Puget.A l'été 70, la troupe se transporta à Beloeil où elle créa cinq spectacles pour enfants, dont les héros étaient Bernard, ses soeurs Guimauve et Géranium, le chat Paratonnerre, Point et Virgule les souris mâles et femelles.La troupe compte maintenant une quarantaine de membres; son dernier spectacle "Suite Pour Une Belle Dormant Au Bois” a fait deux salles combles au Centre Culturel de Beloeil les 15 et 16 janvier 71.Farnham et Chateauguay furent ensuite visités.Sous la direction de Claude Couillard à la mise en scène, Jean-Pierre Piché (chorégraphie), Jean-Pierre Carbon-neau (costumes) et Jean-Pierre Bonnin (musique), vingt comédiens et musiciens ont donnés "Suite Pour Une Belle Dormant Au Bois" qui est, selon les propres paroles du metteur en scène: "Un conte de fées à l'envers à l'endroit, sans prétention .pour les comédiens l'expérience du rythme et de la vie sur scène ." Une féérie de costumes égayant un décor plus que sobre, à l'arrière plan deux batteries une guitare et un piano, un spectacle de cinquante minutes où "La Belle Au Bois Dormant" se continue et se termine d'une façon inattendue et réaliste.Le prochain spectacle des "Carcans” se donnera les 23 et 24 avril au Centre Culturel de Beloeil.Compagnie Théâtrale "Carcans” Centre Culturel de Beloeil C.P.6 Beloeil.CAP-ROUGE Le Théâtre Dombourg, Campus St-Augustin, Cap-Rouge.10 février: Petites Créations Collectives Sur la mort Sur la T.V.Quatre hommes pris dans une cage.17 avril: Le Dythirambe, création collective.TROIS-RIVIÈRES Le Zip, Saison 70-71.Septembre 70: "Miss Diablos” spectacle-minute présenté dans les salles de récréation pour parodier le concours "Miss Diablos" du CEGEP de Trois-Rivières.Création Collective.Novembre 70: "Amourasque” de René Jacques, Serge Desbiens.Spectacle d'un monde où la perversion condamne et exécute l'Amour.Evoluant dans les bas-fonds de la Ville, c'est-à-dire dans une sorte de dépotoir, les personnages amorcent au cours d'un party "quétaine” de valses, de "cha-cha" et de slow .une descente dans la perversion; tandis qu'à un autre niveau évolue un couple au ralenti .Orchestre "pop” sur scène, enregistrements, projections de diapositives, de films et de fumée, la vaporisation d'odeurs artificielles contribuent également à accentuer l'impact du spectacle en le rendant plus global.En préparation: "Homo Animo" de Yves Allaire - Début de mars.Dans les centre social, cafétéria, salles de réception."Yvonne, princesse de Bourgogne" de 2 Jeunes Théâtre Chicoutimi Witold Gombrowicz sera présenté à l'Auditorium du Pavillon des Humanités du CEGEP de Trois-Rivières les 27, 28, 30, 31 mars, 2-3 avril à 20.30 heures.Projets: Mini-pièce de Yvon Bonenfant de Trois-Rivières - Fin de mars et autre mini-spectacle.CHICOUTIMI Les Jeunes Théâtre de Chicoutimi ont travaillé en atelier d'improvisation et de diction sous l'impulsion d'un animateur: M.Clément Caselais.Tous les lundis matin, une période de trois (3) heures est consacrée aux ateliers d'improvisation.Le soir: répétition du prochain spectacle.Présentement Les Jeunes Théâtre répètent: "Pourquoi pas vivre?" un spectacle mi-récital de poèmes, mi-création collective.En fait c'est un texte formé de poèmes de différents auteurs, avec expression corporelle .Huit (8) comédiens y participent.La première aura lieu le 10 février 1971 à la "salle op" de l'Université du Québec à Chicoutimi.Depuis septembre Les Jeunes Théâtre ont présenté "Je suis un étudiant scolaire" ou "L'histoire extraordinaire mais non moins vraie des vies comparées d'un étudiant scolaire et d'un camion de déménagement”.La pièce est de Daniel Jean et met en scène quatre (4) personnages soient deux (2) étudiants scolaires et deux (2) camions de déménagement.La pièce reproduit la vie d'un étudiant comparée avec celle d'un camion de déménagement: l'étudiant transporte son bagage intel- lectuel, le camion, celui de l'étudiant scolaire .La pièce dure envirion vingt (20) minutes et la mise en scène est signée par quatre (4) comédiens.cegep de LIMOILOU Le Monocle a présenté le 6 et 7 février "L'Arme au poing, larme à l'oeil" de Dominique de Pasquale.Cette oeuvre québécoise rejoint les besoins les plus pressants du théâtre actuel, puisqu'elle se prête également à une forme de création collective, en même temps qu'elle permet d'exploiter le talent d'un de nos auteurs imparfaitement reconnus.TORONTO Le Théâtre du P'tit Bonheur a présenté "Le Fou d'Agolan" de Jacqueline Martin, spectacle pour enfants.MONTRÉAL Collège Jean-de-Brébeuf Les neufs étudiants de deuxième année, sous la direction de Louis Aubert, ont présenté, au mois de décembre "Sa Mère" ou "La Seconde Enquête d'Oedipe" de Claude Levac, une création.C'est, en contexte québécois, une adaptation de l'Oedipe de Sophocle, ou, comment, au Québec, on peut tuer son père et/ou coucher avec sa mère; en d'autres mots, une réflexion-dénonciation du paternalisme et du matriarcat chez-nous.De facture très contemporaine, la pièce comprend un personnage, Dip qui s'interroge; ses réflexions sont jouées, dites, discutées par le choeur qui n'est que sa conscience.L'appareil technique est considérable; il était assuré par les étudiants de première année.A 35, divisés en deux groupes qui étaient "de service" alternativement, ils ont répondu aux 150 "eues” que comporte la pièce: 48 d'éclairage, 26 sonores, 75 diapositives sur 3 écrans.En plus d'assurer la technique de la pièce de seconde année, les étudiants de première avaient, au cours du semestre, présenté deux spectacles "Son et lumière" d'un quart d'heure chacun.Au second semestre, sous la direction de Jacques Galipeau et de Madame Galipeau, les étudiants de seconde préparent pour la semaine du 26 avril "L'A.B.C.de notre vie" de Jean Tardieu.Ceux de première, sous la direction de trois étudiants en production du CEGEP Lionel Groulx (Robert Nadon, Hélène Larivée et Réal Gosselin) préparent 6 pièces en un acte (théâtre-midi).Ce travail prendra environ six semaines.Après, la première présentera un spectacle d'une heure environ dont les détails ne sont pas encore fixés.SHERBROOKE L'Union Théâtrale Inc.a présenté "Cocorico c'est l'Heure", une création d'André Poulin: parodie d'un programme de télévision genre "quiz" et entrevues sur l'actualité."Ne te promène donc pas toute nue" de Feydeau; un comique de situations cocasses.3 ' «lUSPWf™ "S-M- mm iliiilii 111111#! ••- v' ! ' i; : ff||||§§|l cegep de GASPE La troupe officielle du CEGEP se nomme présentement "Les Sabardes".Ceux-ci ont organisé un Festival d'expression qui a eu lieu les 14, 1 5 et 16 décembre 1970.Ce Festival réunissait tous les étudiants qui voulaient s'exprimer sur une scène.Ceci résulta en la présentation de trois (3) spectacles dont: le 14 décembre: "Lorsque l'enfant paraft" d'André Roussin, mise en scène de Luc Ploude, de Rivière au Renard.le 15 décembre: "Soirée de Variétés" -Poèmes - création - interprétation -chansons - sketch - musique d'orchestre.le 16 décembre: "Ti-Coq" de Gratien Gélinas, mise en scène d'André Raymond, de Schefferville.N.B.Cette expérience qui nous rendait un peu perplexe pour plusieurs raisons, dont notre faible population, s'est avéré sans prétention, un franc succès .ce qui n'élimine pas la possibilité de recommencer.Elle a aussi permis à plus de trente étudiants de s'exprimer sans parler de tous ceux qui ont contribués de près ou de loin à cette réussite.Aux deuxième semestre "Les Sabardes" ont l'intention de monter les pièces suivantes; "Les Comédiens" de Roger Dumas et "Le Temps des Lilas" de Marcel Dubé.VERDUN L'Atelier du Théâtre Populaire est une troupe amateur, indépendante et non subventionnée.Au sein de la troupe, opèrent un metteur en scène (débutant professionnel) et certains comédiens ayant à leur actif quatre à cinq années d'expérience.La plupart des membres ont fait leurs premières armes en participant à des activités théâtrales para-scolaires (Verdun, Ville LaSalle, Montréal).L'APT est directement issue de l'extroupe des Cabotins de Verdun alors dirigée par Mlle G.Maheu.A sa démission, Gilles Gareau prit la relève et l'enregistra sous le nom de "Atelier du Théâtre Populaire" (9 octobre 1969).L'ATP présenta en 69-70, "Les parents terribles" de Cocteau et "La Ménagerie de Verre" de Tennessee Williams.La troupe compte maintenant plus de cinquante (50) membres; les répétitons ont lieu deux fois par semaine soit les lundis et mercredis de 19 à 22 heures à l'école Elémentaire Notre-Dame-de-la-Paix située aux angles des rues Caisse et Evelyne à Verdun.Continuant ses activités, l'ATP présentera fin février, "Les Dix Petits Nègres" d'Agatha Christie.Nous projetons de représenter cette pièce en tournée soit dans des écoles, CEGEP ou dans la banlieu de Montréal; d'ici juin 71, aucun autre spectacle ne sera présenté par l'ATP si ce n'est "Les Dix Petits Nègres." Mentionnons que la pièce est de l'auteur bien connu Agatha Christie et adapté par Pierre Brive et Meg Villars en trois actes et cinq tableaux, dont un seul décor, soit une maison anglaise d'époque (au salon) avec une vue sur la mer.Nous présentons cette année une avant-pièce de 15 minutes pour mettre les gens dans l'ambiance de la pièce elle-même.Ce spectacle est dirigé par Danielle McCann et comporte une association et chocs de corps et d'idées entre eux; devant un déséquilibre, les éléments sur la scène se voient obligés de prendre position corporellement et mentalement.Ce spectacle est une création de groupe avec expression corporelle et mime.THETFORD MINES Les Cabotins de Thetford Mines ont présenté au début de février 10 représentations du spectacle "Les Fourberies de Scapin" de Molière.Les 11 et 12 mai prochain: "Le Doux Temps des Amours" Textes de Louis-Georges Carrier et Eloi de Grandmont, musique de Claude Léveillé.Centre Paroissial de Thetford Mines, 44 rue St-Alphone Est.4 Les Treize Université Laval En pièces détachées JONQUIÈRES Le Centre D'animation Théâtrale (CAT) Calendrier de la saison 1970-71 (*) Du 20 novembre au 13 décembre: Expression corporelle, création de Alain Guay, Denis Racine et Camil Tremblay.Du 19 décembre au 2 janvier: Relâche du temps des Fêtes.Du 3 janvier au 7 février: “Le Rhono-céros" d'Eugène Ionesco, mise en scène de Richard Tremblay.Les 13 et 14 février: "Chez not'Belle-Soeur", mise en scène de Ghyslain Bouchard.Les 20 et 21 février: “Rhinocéros", d'Eugène Ionesco, mise en scène de Richard Tremblay.(Dernière représentation.) Du 27 février au 21 mars: "Chez not'Belle-Soeur", mise en scène de Ghyslain Bouchard.- création.Du 27 mars au 4 avril: “Les Effets des rayons gamma sur le vieux garçons ." mise en scène de Diane Simard, et/ou "En Pièces Détachées", mise en scène de Ghyslain Bouchard.Du 10 avril au 2 mai : “Les Corbeau", de Witold Gombrowicz, mise en scène de Richard Tremblay.Du 8 au 31 mai (en projet): Un Festival qui serait une participation du CAT au "mai artistique" du Centre Culturel de Jonquière.* Représentations tous les samedis et dimanches jusqu'au 31 mai.SCHEFFERVILLE Les Farfelus présente au début de mars: "Les Belles-Soeurs" de Michel Tremblay.QUEBEC Troupe des Treize, saison 70-71.Malgré une grosse coupure dans le budget de la troupe (coupure effectuée par la Société Artisitique de l'Université Laval sans raisons connues), la saison a bien commencé, Ateliers-discussions, atel ier-improvisation, atel iers-interprétation, ateliers-films, etc.dans le but de connaître les nouveaux arrivants et de découvrir les lignes de pensée quant à l'orientation de la troupe.Trois choses ressortent.Concrètement: T du théâtre ambulant d'actualité 2- des ateliers d'improvisation 3- une pièce à monter.1 - Le théâtre ambulant choisit le FLQ comme premier sujet et les syndicats comme second sujet.L'équipe théâtre ambulant est formée de 5 comédiens.2 - Les Ateliers d'improvisation réunissent une trentaine de personnes.On y travaille en vue d'une création collective.A la fin du semestre, après élimination, l'équipe définitive de travail est composée de huit membres plus l'animateur, Raymond Bouchard.3 - La pièce qu'on choisit de monter; "Pièces détachées" de Tremblay.Des problèmes de famille étant survenus chez le metteur en scène, c'est Réjean Roy qui doit finalement travailler à la mise en scène.Second semestre: 1 - Le théâtre ambulant a fait son troisième spectacle sur le carnaval.L'équipe est formée de 7 comédiens cette fois-ci.2- Raymond Bouchard et l'équipe de huit décident de faire des soirées d'improvisation plutôt qu'une création collective.3 - Le groupe qui avait travaillé le Tremblay fait maintenant des ateliers lui aussi.Avec de nouveaux venus.Ces ateliers sont animés par Clément Caze-lay du théâtre "Euh".(Pour ceux qui les auraient vus à Vaudreuil.) Bon.Des conlusions à tout cela.D'abord, des difficultés à trouver des pièces montables, des pièces intéressantes.Des pièces québécoises plaisantes et à monter et à montrer.Deuxièmement, le succès de la formule théâtre ambulant.(Pour la troisième année aux Treize, on fait du théâtre ambulant.C'est peut-être LA SOLUTION pour les troupes amateurs .) Enfin, l'importance du travail en ateliers.Expérience capitale pour les comédiens.Assez de bavardage nous avons du pain sur la planche.Salut à tous.Venez nous voir qu'on se parle.Venez nous voir qu'on travaille ensemble.Il y a des choses à dire au monde, pi ça presse.Salut.5 FOIRE CULTURELLE A CHICOUTIMI Foire culturelle à l'Université du Québec à Chicoutimi, du 10 au 14 mars.Les animateurs de l'Université du Québec organisent une Foire Culturelle ouverte à tous les moyens d'expressions artistiques sur le Campus.Cette manifestation sera donc un carrefour des arts et vous y trouverez, du cinéma, du chant, des expositions et bien entendu du Théâtre.Nous vous informons ici sur les différents spectacles qui seront présentés dans la "Salle Op" de l'Université.Mercredi, 10 mars à 22 hrs.L'Atelier de l'Université du Québec à Chicoutimi: "Echec à la Reine" de Robert Gurik, mise en scène de Ghis-lain Bouchard.Jeudi, 11 mars à 19.30 hrs.Les Jeunes Théâtre, CEGEP de Chicoutimi, Spectacle expérimental.Récital de poésie "Pourquoi pas vivre?" Spectacle d'expression corporelle.Vendredi, 12 mars à 19.30hrs.CEGEP de Jonquière: "L'Effet des rayons Gamma sur les vieux garçons" de Paul Zindel adaptation de Michel Tremblay.21.30 hrs."Ovno" spectacle d'expression corporelle.23 hrs.Atelier No.8 de Jonquière: "Rhinocéros” d'Ionesco, mise en scène Richard Tremblay.Samedi, 13 mars: Journée d'animation.19.30 hrs.Mic-Mac de Roberval: Poésie.20.30 hrs.Atelier du Centre Culturel de Jonquière: "Les Belles-Soeurs" de Michel Tremblay.23 hrs.Les Jeunes Comédiens du Nouveau-Monde: "Ubu Roi" d'Alfred Jarry.24 hrs.Improvisation.Dimanche, 14 mars à 13.30 hrs.L'Albatros de Chicoutimi: "La Picotte Volante" spectacle pour enfants.15 hrs.Colloque "Où s'en va la culture au Saguenay?" Invitation à tous.FESTIVAL DART DRAMATIQUE DU QUEBEC Le Festival d'Art Dramatique du Québec organise les 21-22-23 et 24 avril 1971, un Festival de théâtre à la Salle Crémazie du Grand Théâtre de Québec.Dans tout le Québec, puisque les deux régions du F.D.D.ont été fusionnées depuis septembre dernier, Monsieur Jacques Zouvi visitera une dizaine de troupes, et choisira cinq (5) spectacles.Il est à noter que ce Festival sera non-compétitif et ouvert à tous les genres de répertoire.La coordination du Festival est assumée par l'équipe du Trident, l'organisation à Québec par Laurent Lapierre, administrateur au Trident, et l'animation est confiée à Paul Hébert, bien connu de tous.Des films, des colloques, des déjeuners -discussions compléteront la programmation du Festival.Vous trouverez tous les détails d'ici peu dans vos journaux locaux. CARREFOUR ACTA Le prochain Festival Carrefour Acta aura lieu à Montréal du 22 au 27 juin 1971.Ce Festival, tel que demandé par le dernier Congrès des membres, en sera un de créations québécoises et non-compétitif.Un spectacle de qualité exceptionnel, pourra être invité même si celui-ci n'est pas un spectacle de création.Toutes les manifestations et tous les services du Festival seront regroupés dans le Centre-Ville de Montréal.Les troupes membres de l'ACTA sont prié de nous faire savoir, le plus tôt possible, à quel moment elles désirent recevoir Madame Lepage, qui termine la sélection au plus tard le 15 mai 1971.Le Festival Théâtre 71 Inaugure la Co-Gestion.La co-gestion fait son apparition au théâtre dans le cadre de la nouvelle formule adoptée par le Festival d'Art Dramatique du Québec, organisateurs du FESTIVAL THEATRE 71 qui se tiendra à l'Université Sir George Williams du 22 au 27 mars inclus, groupant les anciennes régions de l'est et de l'Ouest du Québec, désormais fusionnées.En effet, MM.Dan Daniels et Robert Tembeck, animateurs du Festival 71 et tous deux lauréats de plusieurs festivals précédents, proposent aux troupes une politique de participation non seulement au niveau artistique mais aussi dans le domaine administratif."Chaque troupe sera représentée au comité de direction du FESTIVAL THEATRE 71," explique M.Daniels "et partagera la responsabilité non seulement de la production de son propre spectacle mais aussi de la création et du maintien des structures nécessaires à la présentation d'un audacieux programme d'ensemble." Depuis près de quarante ans, les séries de spectacles présentées chaque année dans les différentes régions du Canada étaient la seule responsabilité du Festival D'Art Dramatique, groupant mécènes et bénévoles qui, cette année encore, continueront à collaborer étroitement avec les jeunes comédiens inscrits au programme.La nouvelle formule, proposée pour la première fois à Montréal, vise d'une Nous signalons aux membres le règlement qui suit: - toute troupe qui invite le comité de sélection dépose cent dollars ($100.00) à l'ACTA (un chèque posdaté au 30 juin 71 est accepté) - toute troupe choisie, qui présente son spectacle, reçoit son dépôt de cent dollars ($100.00) et un bonus à la production de cent dollars ($100.00) -toute troupe qui n'est pas choisie, reçoit son dépôt - toute troupe qui est choisie, et ne vient pas représenter son spectacle, perd son dépôt.Lorsqu'une troupe participe au Festival, le coût du transport des décors est part à libéraliser et à moderniser le Festival, d'autre part à procurer aux troupes l'occasion d'acquérir une expérience pratique dans la gestion théâtrale."Les participants auront à la fois le privilège et le devoir d'assurer eux-mêmes les normes d'excellence du Festival, tant par la qualité des représentations que par une sage administration." Toutes les troupe de jeunes comédiens, professionnels, semi-professionnels ou amateurs sont invitées."La sélection sera basée sur le spectacle proposé autant que sur l'expertise de la troupe.Dans le cadre d'un festival de ce genre, nous estimons qu'il y lieu d'oser, d'innover sans souci des recettes.Par ailleurs, le public a droit à des spectacles valables, consciencieusement préparés et faisant preuve d'un certain métier." Aucun octroi ou aide financière ne sera accordée aux participants.Cependant, chaque troupe aura droit à la recette du spectacle.L'entrée est fixée à $1.00 pour les adultes et 50 cents pour les étudiants.Il n'y aura pas de concours ni d'adjudication.Le nombre des spectacles n'est pas limité: "Si la qualité des inscriptions l’exige, nous présenterons plu- assumé par l'ACTA, et des frais d'inscription sont exigés de chacun des participants.Parallèlement au Festival, il sera organisé des discussions sur les spectacles, des colloques, des ateliers, du cinéma.L'an dernier, le Festival a attiré plus de trois cents (300) participants qui ont assistés à seize (16) spectacles.Cette année, dans un atmosphère nouveau, nous présenterons environ vingt spectacles.Le Festival Carrefour est subventionné par le Ministère des Affaires Culturelles du Québec.sieurs spectacles par jour," dit M.Daniels, "à commencer par des matinées enfantines, par exemple l'après-midi." Autre innovation, les présentations pourront inclure, hormis le théâtre conventionnel, de l'audio-visuel, du mime, des marionnettes, de l'expression corporelle, avec ou sans dialogue parlé."Si nous prévoyons une prédominance des textes anglais, il est cependant possible que d'autres groupes ethniques veuillent participer.Il n'y aura donc pas de distinction linguistique." Les détails du festival francophone, ayant ses normes et ses structures propres, seront annoncés sous peu."Rien n'empêche une troupe francophone de s'inscrire au FESTIVAL THEATRE 71 tenu à Sir George Williams, "déclare M.Daniels, "si la formule lui plait et si sa production s'encadre dans le format adopté cette année".En marge des représentations, le comité se propose d'organiser colloques et séances d'étude, permettant à chaque troupe d'exposer et de discuter sa propre philosophie du théâtre avec les autres participants, dans le cadre de rencontres libres et sans formalité."Puisque tout ou presque est permis, sans limite de temps ni de genre, il y aura sûrement confrontation entre les différentes conceptions de l'art scénique." FESTIVAL THEATRE 71 7 prochains festivals En dernière heure, nous apprenions que le Conseil Culturel du Nord-Ouest Québécois, organise à Val d'Or, les NORD-OUEST QUEBECOIS 14-15-16 mai, un festival de théâtre pour les troupes d'amateurs de la région.LAC MEGANTIC Le sixième Festival du Théâtre Etudiant du Québec se tiendra à Lac-Mégantic les deux dernières semaines d'août.Pour une sixième année consécutive, il sera l'hôte de quelques troupes étudiantes pré-universitaires du Québec qui pourront bénéficier des conseils de professionnels des Arts de la Scène.Nous sommes à mettre sur pied une programmation qui touchera le maquillage, l'éclairage, la régie, le décor, l'expression corporelle et les marionnettes.C'est également l'occasion pour ces professionnels de nouer des liens d'a- mitié avec ceux qui feront le théâtre de demain.Plusieurs projets sont soumis afin de répéter pour une deuxième année consécutive l'expérience d'un atelier de création.Dans un style nouveau et avec l'expérience d'un an, nous envisageons d'offrir davantage aux étudiants qui participeront à cet atelier.Pour faire du sixième Fteq un succès, monsieur Rodrigue Mathieu est présentement responsable de la sélection qui se déroule depuis la fin janvier jusqu'au 17 mai.Toute demande en vue d'une participation quelconque doit être adressée au: Secrétariat du Fteq, Lac-Mégantic.OUTAOUAIS Du 27 au 31 octobre le Comité Culturel de l'Outaouais a organisé, grâce au Ministère des Affaires Culturelles du Québec et aux Caisses Populaires de l'Outaouais, un Festival de théâtre canadien "Outaouais 70” Lorsque les deux juges critiques proclamèrent le nom de la troupe gagnante du festival, le représentant de cette troupe s'amena sur la scène avec une immense hache de pompier et fracassa, en mille miettes, un magnifique trophée, offert par les Caisses Populaires Desjardins.Tous les participants du Festival approuvèrent ce geste par des cris et des applaudissements.Spectacles présentés: 27 octobre: Théâtre du XX siècle "Le Conditionnel” d'Antony Phelps, mise en scène de Georges-André Prud'homme.28 octobre: Théâtre de Pointe-Gatineau "Les Outardes” de Gaby Déziel-Hupé, mise en scène de Gérard Anderson.29 octobre: Théâtre de Presqu'Améri-que "Une brève rencontre” ou "L'angoisse d'une jeunesse partisanne" d'Yvon Lelièvre, 30 octobre: Le Théâtre de L'Arlequin "L'Amour c'est mon bag." de Louise Aubin, assistant Franc Duval.31 octobre: Théâtre de l'ARIequin "Zanzibar et l'ami Pierrot" de Jean Laprise, mise en scène de Franck Duval.31 octobre: Séminaire Montfort de Papineauville "L'auberge des morts subites” de Félix Leclerc mise en scène Hector Bibeau, Bruno Richard.8 MONIQUE LEPAGE fera la sélection pour le 5 FESTIVAL CARREFOUR ACTA A quatre ans, elle apprenait déjà à se plier à la discipline de la scène en poursuivant des études de ballet classique chez madame Gina Vaubois.Auprès de sa mère, madame Cora Elie-Lepage, directrice de l'Ecole du Doux Parler, elle apprenait la diction.Elle étudia aussi le chant et le piano avec Marie-Rose Descaries-Couture.Elle fit donc ses débuts radiophoniques à la même époque, participant aux émissions de l'Ecole du Doux Parler, d'abord à CH LP, puis à CKAC, pendant plus de 10 ans.Puis elle étudia l'art dramatique avec Marcel Chabrier, François Rozet et Henri Norbert.A son tour, elle enseigne la danse et la diction dans plusieurs écoles et couvents pendant plusieurs années.Elle dirigea, pendant quelques années, une école primaire - succursale de l'Ecole du Doux Parler - qu'elle avait fondée elle-même à ville Lasalle.Elle chantait et dansait dans deux des revues de Gratien Gélinas.Son premier grand rôle à la scène fut celui de Célimène dans "Le Misanthrope" de Molière, monté par Henri Norbert pour le Festival de Montréal, en 1950.Puis Aario Marist, avec qui elle étudiait à l'époque, lui confia la vedette de "Voulez-vous jouer avec moâ?" de Marcel Achard, une production des Compagnons de St-Laurent.On la revit au Festival de Montréal dans "Beethoven" de René Fauchois.Et le Théâtre du Nouveau-Monde lui confia le rôle de Nancy Faulkner dans "La Nuit du 16 Janvier".En 1960, le Théâtre du Nouveau-Monde faisait de nouveau appel à ses services pour "Histoire de Rire" de Salacron et "Le Dindon" de Feydeau.A la télévision, elle fut l'animatrice du "Tour de chant".On l'a revue dans de nombreux téléthéâtres, dont un où elle partageait la vedette avec Jean Coutu, "La Belle Aubergiste" représenta le Canada à l'exposition Universelle de Bruxelles.Elle a assumé aussi des rôles réguliers dans "Le Survenant", "Je vous ai tant aimé", "Anne-Marie", et, ces dernières années, dans "Filles d'Eve”, où elle personnifie Brigitte Rimbault.En 1962, elle fut nommée Miss Radio-Télévision et reçu le premier Grand Prix du Congrès du Spectacle pour ses interprétations au Théâtre-Club de "Requiem pour une Non-ne" et "l'Heure Eblouissante".En 1963, elle recevait le trophée de la meilleure production théâtrale de l'année au cours des années dernières dans les principales villes d'Europe et de Scandinavie.Elle a tenu des rôles de premier plan dans de nombreux classiques et pièces de la série radiophonique "Sur toutes les scènes du monde", et est entendue régulièrement sur les ondes des différents postes de Montréal.En octobre 1963, elle est vedette et animatrice de l'émission "Votre Croix" où elle rencontra plusieurs personnalités importantes du Canada et eut l'occasion d'interviewer à Paris des vedettes internationales.Enfin, elle a rempli plusieurs rôles au cinéma pour le compte de la Société Radio-Canada.Depuis 1953, c'est véritablement au service du Théâtre-Club, organisation théâtrale qu'elle fondait avec Jacques Létourneau, que Monique Lepage a donné toute sa mesure, assumant des rôles importants dans plusieurs productions et assumant les responsabilités administratives de la compagnie.En 1963, la Compagnie Canadienne du Théâtre-Club qu'elle dirige, après avoir joué, dans les cadres du Festival de Montréal, la comédie de Lesage, "Tur-caret", effectua une grande tournée dans la province de Québec et du Nouveau-Brunswick.Tout récemment, en juillet 1964, le Théâtre-Club était la première troupe canadienne-française invitée à jouer dans les cadres du Festival International de Vancouver et à cette occasion devant un auditoire anglais, le rôle de Portia dans "Le Marchand de Venise" de Shakespeare.Au cours de la saison suivante elle fait la très populaire émission "Rue de l'Anse", tournée sur film en Gaspésie et à Montréal.En 1965, elle joue à la télévision dans le "Bonheur des autres", téléthéâtre "La Parisienne" de Henri Becque "Affaire vous concernant" "Les Papiers d'Aspern".A la comédie Canadienne elle joue et chante dans la comédie musicale de Clémence Desrochers "Le Vol Rose du Flamant”.Créa au Théâtre de la Poudrière, Le rôle de Martha de "Qui a peur de Virginia Woolf" qu'elle joue plus de 80 représentations et pour lequel elle obtient le trophée de la Meilleure Comédienne de l'année et inaugure la direction du théâtre le Piggery à North Hatley avec "Homo-cide par prudence”.L'année suivante elle joue au même théâtre le rôle titre de la comédie "Au Revoir Charlie" et joue le rôle de Claire Cousineau dans le télé-roman "Paradis Terrestre".En même temps elle est demandée par le Festival d'art 9 MONIQUE LEPAGE.dramatique National à devenir juge-critique des spectacles présentés dans la région de l'est du pays soit au Nouveau-Brunswick où elle est juge bilingue et à Québec.Par la suite pour cet organisme, elle dirigera des cliniques de théâtre de 3 à 6 semaines à l'Université de Sherbrooke, de Québec et de Bathurst.En 1967, elle crée au théâtre de North Hatley puis à Montréal, la pièce canadienne de Guy Fournier "C'est maintenant qu'il faut boire” dont elle assume la mise en scène et le premier rôle.Elle joue Mme de Demonville dans le film "D'Iberville” télévisé au Canada, en France, en Belgique et en Suisse.Elle est juge critique bilingue de Montréal pour le Festival d'art dramatique National, joue au théâtre d'été de Sun-Valley "La Bonne Anna”.En 1968, elle joue deux théâtres Alcan "Le Complexe de Philémon" et "Les Croulants se portent bien".Crée à la comédie canadienne la nouvelle pièce de Marcel Dubé, "Pauvre amour".Elle joue au théâtre du Nouveau-Monde une autre création canadienne de Guy Dufresne "Les Traitants”.En 1969, elle quitte la continuité de "Paradis terrestre” pour devenir professeur d'art dramatique au conservatoire d'art dramatique de la Province et crée au théâtre National des Arts à Ottawa "La visite de la Vieille Dame” de Durenmatt.En 70, elle joue le télé-théâtre "J'y suis, J'y reste”, et retourne au cours d'été de Bathurst en tant que professeur d'art dramatique.Elle fait partie du jury pour le concours des pièces à la Nouvelle Compagnie et est juge-critique au Festival du Théâtre Etudiant du Québec à Lac-Mégantic, du 22 au 29 août 1970.Pour la saison 70-71, elle est professeur d'interprétation au Conservatoire de Québec et de Montréal, et jouera dans le téléthéâtre "L'heure Eblouissante”, dirigé par Jean Faucher à Radio-Canada.Elle jouera en juin 71, "Delicate Balance” d'Edward Albee - au théâtre de La Poudrière.Tout en faisant différentes émissions de télévision - Feuille d'Era-ble - Abracadabra - etc.Je crois que tous les sociologues auraient été ravis d'assister à la nuit culturelle organisée par le Théâtre étudiant coopératif, pour célébrer à sa façon le 250ième anniversaire du CEGEP de St-Laurent.En effet, plus peut-être que ce que l'on a vu sur la scène, ce furent les prémices qui furent intéressantes.Et elles furent intéressantes par la présence d'un élément provocateur, jeune mais doué; de son nom Georges Brégent.Personne ne connaft encore, bien entendu, Georges Brégent.Disons vite qu'il est musicien (il a travaillé avec le compositeur Tremblay), qu'il a les cheveux longs et qu'il voit le théâtre comme seul un terroriste de la scène peut le voir: une activité conçue pour faire sortir les spectateurs de leurs gonds et de la salle.Ce matin, trois jours après son spectacle, ça doit encore jaser dur au CEGEP.Et les participants de ce "show”, véritablement terrifiant, devaient se sentir un peu mal à l'aise, si j'en juge par quelques réactions outragées entendues après la représentation.Toujours est-il que le spectacle, prévu pour toute la nuit, a été interrompu net après la participation de Brégent.Les troupes qui devaient présenter des pièces de théâtre se sont crues obligées de ne pas jouer après ce qu'il faut bien appeler un petit scandale.Il est vrai, pour leur décharge, que les spectateurs semblaient passablement abrutis par la performance qu'ils venaient de voir, performance qui tenait, tout en même temps, de la vacuité la plus totale, d'un concert de Frank Zappa, d'un happening et de la volonté, bien arrêtée, de choquer le monde.En bref, le spectacle de Brégent est une sorte d'acte musical et chorégraphique.Un orchestre, mi-rock, mi-classique, jouait une participation mi-écrite, mi-improvisée.Pendant ce temps des humains (si l'on peut dire) simulaient sur scène une sorte de tragédie de la vie.Tragédie satire, évidemment, ou tragédie-défoulement.Cela allait du sadisme à la profanation de la Croix, du peinturlurage des corps à "à la trappe les infirmes” .recette bien connue que l'on pratique généralement aux alentours de la vingtaine.Georges Brégent, et son frère Jacques qui a fait la mise en scène, ont effectivement la vingtaine.Cela dit sans les vouloir offenser.Et c'est aussi parce qu'ils ont vingt ans, que le spectacle durait deux heures d'horloge.Durée que seule se permet le TNM.Et encore non sans protestations.Comble de chance, enfin, ce happening venait après une pièce bien gentille, bien intégrée, tout à fait morte et stérile: "L'Archipel Lenoir” de Salacrou."Mais ça”, m'a fait remarqué un des rares adultes de l'audience, "au moins, c'est du théâtre".Du théâtre?.Les spectacles des Brégent n'est pas une réussite.C'est évident.Comment peut-on, d'ailleurs, réussir une telle entreprise de destruction avec un matériel difficile à manier et rare.La salle du CEGEP n'est guère équipée techniquement.Les musiciens et les danseurs, manifestement exténués et parfois malhabiles, manquaient de cette précision dans la charge qui est celle des célèbres FUGS de New York.Je trouve pourtant presque admirable, presque "sanctifiant”, qu'ils aient pu, ces interprètes, passer à travers l'oeuvre, deux heures de temps.Il y a là, je crois, une volonté de FAIRE, une 10 fautil tuer georges brégent Ce texte de JEAN BASILE est paru dans le DEVOIR du 8 décembre 1970 volonté de s'exprimer qui n'est que louable.Ces interprètes, et Brégent le premier (aux claviers) ont vraiment presque tout fait (presque) pour aller chercher les spectateurs qui n'en pouvaient plus.Mais la bataille n'a pas pris dans la salle, on se demande encore pourquoi.Un peu plus et ça y était.Ce qui me paraft hautement intéressant, au-delà de la réussite ou de l'échec, c'est qu'il y ait, ici, des individus et des équipes qui choisissent le risque et refusent carrément de s'enliser dans le facile d'une quelconque soirée théâtrale de CEGEP.Pour concevoir son spectacle, Brégent est parti de rien, sauf de la vision qu'il avait dans la tête.Il a réussi à se trouver des interprètes, et à la retenir.Il a réussi à présenter son oeuvre au complet sur une scène devant des spectateurs.Et cela, sans modifier le moins du monde sa vision qui n'est pas de plaire.Un garçon de vingt ans, solidement formé, qui arrive à FAIRE, sans pour autant tomber dans la volonté de PLAIRE, ne me paraft pas devoir mériter que des horions.Ce qui était merveilleux, finalement, dans ce spectacle, souvent irritant et passablement ennuyeux, c'était la tentative.Esthétiquement, seul l'échec était possible.Au plan de la création, c'est vraiment ce que l'on tente qui compte.C'est pourquoi je comprends assez mal l'espèce de hargne qui a saisi quelques spectateurs et quelques troupes de théâtre participantes.Après tout, si l'on veut voir du ''théâtre'', on peut aller au Rideau vert.Il y a un point cependant sur lequel je ne peux pas être d'accord.Ce point me paraft important.Il tient en un mot, anglais: DOWN.C'est un jeune sculpteur, pourtant tout acquis, qui me l'a fait remarquer: le spectacle de Brégent était DOWN.En clair, cela veut dire qu'il volait bas.Est-ce la faute de Georges Brégent (le musicien) ou de Jacques Brégent (le metteur en scène), je ne sais.Toujours est-il que le monde qu'ils exprimaient était d'une noirceur totale, si laid, si noir que l'on se sentait vraiment comme accablé par un tel poids de négation.Sans doute le monde est laid, le monde est DOWN par certains côtés, je reste personnellement persuadé qu'il y a, un peu partout, une sorte de regain de la vie spirituelle.Sans cette vie spirituelle, il ne peut y avoir de véritable révolution.L'Action est nécessaire à la révolution, puisque Brégent est révolutionnaire, et l'extase est nécessaire à l'action.La principale, et la plus grave erreur des Brégent aura été de nous présenter une révolution axée sur la laideur d'un certain monde, sur l'agressivité, sur le silence, sur le manque d'ouverture, tout cela qui conduit, comme fatalement, au replis sur soi-même à la bouche close, à la non-communication.Frank Zappa, qui est manifestement le modèle de Georges Brégent, fait sans doute de la musique terroriste mais il nous amène, par un seul solo de trois minutes jusqu'à l'extase.Georges Brégent doit absolument apprendre, et nous communiquer l'extase sans laquelle, j'en suis sûr, aucune de ses tentatives ne pourra être efficace, donc intéressante.Mais l'extase est difficile.Il faut apprendre à descendre les escaliers quand les autres ne les veulent pas monter.Il faut apprendre à se donner aujourd'hui sans penser au lendemain.Il faut apprendre à se quitter HIGH pour pouvoir se retourver HIGH.L'IN-FONIE, autre théâtre terroriste, nous plaft parce que l'Infonie a choisi la révolution dans la bonté.Au fond, il reste à Georges Brégent de voir la laideur et de choisir la Bonté.Il lui reste, comme à d'autres, de savoir monter le premier l'escalier, de crainte que les autres refusent de le descendre.Oui, vraiment, la révolution par la compassion et la bonté.On dira que c'est parler un peu longuement d'un spectacle sans doute confidentiel et marginal.C'est faire peu de cas du futur et du futur québécois.Ici même, nous voyons, marginalement et confidentiellement, la scène changer.Nous avons le TMN, nous avons l'Illettré, nous avons l'Infonie et nous avons la Sainte-Trinité, nous avons aussi Georges Brégent, nous avons la Nuit de la poésie, nous avons le Grand Cirque ordinaire, nous avons beaucoup d'autres choses qui, toutes marginales qu'elles soient (à différents degrés) sont le bout du nez d'un futur.Bien entendu, ces gens ne sont pas TOUT le futur et il y aura toujours de la place pour le TNM et pour le Rideau vert, et toujours de la place pour Ginette Reno et pour l'orchestre symphonique.Le futur que ces gens représentent pour le Québec est l'assurance que nous ne nous endormions pas, que nous allons au rythme du monde.Il faut signaler ces expériences.Et si les étudiants du CEGEP de St-Laurent sont un peu choqués par le spectacle des Brégent, qu'ils se disent qu'ils ont participé un peu au futur par ce même spectacle; beaucoup mieux qu'ils ne l'ont fait avec "L'Archipel Lenoir" où je ne sais quelle autre pièce.Cela vaut de s'ennuyer un peu.En tous cas, je veux bien parier avec eux que l'on reparlera de Georges Brégent.11 restaurant Eft SPECIAL «LW LEfANTALÛW des «orme —., .»; WHmt BLOC-NOTE Ce journal est avant tout un organe de liaison et d'information pour les membres de l'ACTA.Nous vous en livrons un premier numéro, le second sera publié avant le festival.Nous avons fait parvenir une lettre dans laquelle nous demandions aux troupes de nous donner des informations sur leurs activités et nous publions ce que nous ce journal devra devenir un entaires sur ce premier numé- Equipe de rédaction ¦ —HAu - s^Dtembre prd^ mensuer^,J Esous^Çt^don^ vos corn Périodique publié par l'ACTA Centre Culturel, Cité des Jeunes, Vaudreuil, Tél.: 453-7110 Comité de rédaction — Roger Thibault — Robert Gurik — Jean-Luc Bastien — André Paradis — Jean Fleury jeune 'THEATRE
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