Jeune théâtre, 1 août 1982, Août - Septembre
PER J-7 S Vol 9, n° 5, août-septembre ’82 LE 9e FESTIVAL QUEBECOIS DE THÉÂTRE POUR ENFANTS \ H '/ | I ___ rEUNE THÉÂTRE Vol 9, N° 5, août-sept.82 SOMMAIRE 9e Festival québécois de théâtre pour enfants Berlin : le mur À propos du Grips Retour de Vancouver L’Événement Shôwmage La place du théâtre d’amateur-e-s Un bô et cher pique-nique 2e Festival de créations de femmes Annonces COORDINATION Suzanne Lemire COMITÉ DE RÉDACTION Francine Bernier Louise Filteau Claire Fortier Suzanne Lemire Lib Spry COLLABORATION Le Carrousel Marie-Dominique Cousineau Gilbert Dupuis Louise Filteau Réjean Gauthier Marjolaine Jacob Jean-Guy Leduc Geneviève Notebaert Linda Provençal CONCEPTION GRAPHIQUE ET MONTAGE Yves Alix PHOTOCOMPOSITION ET IMPRESSION Secrétariat des Organismes nationaux de loisir du Québec JEUNE THÉÂTRE est une publication de l’ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DU JEUNE THÉÂTRE, société ayant siège social et secrétariat au 426 est, Sherbrooke, Montréal, H2L 1J6, téléphone : (514) 288-3722.Dépôt légal : Bibliothèque Nationale du Québec, troisième trimestre 1982: Jeune Théâtre.Les opinions publiées dans Jeune Théâtre sont assumées par leurs auteurs et n’engagent pas la responsabilité de l’organisme.9e FESTIVAL QUÉBÉCOIS DE THÉÂTRE POUR ENFANTS - .à Montréal - Quoi?- .au Parc Lafontaine - Quoi?- du 20 au 27 août 1982 - Mais quoi ?- .un bal musette, des spectacles, de l’animation, des débats - Pour quoi ?- LE 9e FESTIVAL QUÉBÉCOIS DE THÉÂTRE POUR ENFANTS.Tu viens?Un air de fête Du 20 au 27 août, le Parc Lafontaine prendra un air de fête autant par sa décoration que par l’animation qui y régnera.Assistez ou encore mieux, participez à la parade d’ouverture et venez ensuite danser sous les étoiles au son de la fanfare.Tout au long de la semaine, amuseurs publics, clowns et musiciens sauront vous distraire entre les spectacles pendant qu’une équipe d’animateurs organisera pour vos petits des activités de plein-air.Profitez donc du beau temps et venez pique-niquer dans le Parc.Des spectacles à profusion Au 9e Festival québécois de théâtre pour enfants vous pourrez voir et entendre: 8 troupes québécoises : Le Carrousel, Circus, le Gros Mécano, la Grosse Valise, les Confettis, le Petit à Petit, le Quartier, l’Ensemble Marcabru et d’autres à confirmer.LJ 2 troupes ontariennes: Imago et la Vieille 17 2 troupes européennes: LaGalafronieet laCar- rerarie Il y aura de tout, pour tous les âges et pour tous les goûts.Un thème : Théâtre pour enfants et théâtralité - Que penser du “paternalisme” et du “materna-lisme” de certaines pièces de théâtre pour enfants?- Théâtrepopulaireetapprocheformellesont-ils compatibles?- Est-on en train d’assister à un retourde l’auteur et qu’est-il advenu de la création collective?Tels sont les genres de questions sur lesquelles les festivaliers auront à se pencher au cours des débats et des bilans qui se tiendront tout au long du festival.Les visiteurs étrangers ne seront pas oubliés puisque des rencontres sont prévues au cours desquelles ils nous feront part de leur travail et de leurs points de vue sur le théâtre pour enfants.Les nuits seront courtes.L’invitation est lancée.Si vous désirez de plus amples renseignements, communiquez avec PA.Q.J.T.Un programme sera mis en vente et les festivaliers recevront un cahier de présentation détaillé.À bientôt Louise Filteau pour le Comité du Festival Quelques sparages à propos de théâtralité Le 9e Festival québécois de théâtre pourenfants s’articule autour du thème : théâtre(pour enfants) et théâtralité.Le Carrousel voudrait ici apporter une brève contribution à la réflexion suscitée par le comité organisateur.Nous sommes face à deux mots, à première vue, bien semblables.Théâtralité, selon notre bon vieux Robert signifie: “Conformité d’une œuvre (dramatique, musicale, etc.) aux exigences fondamentales de la construction théâtrale.” La définition de Robert est intéressante compte tenu du fait qu’il n’est pas praticien.Nous nous mettons en garde devant un certain courant de pensée qui sépare le processus de création théâtrale en deux: le fond, jardin et la forme, cour.C’est pour nous un point d’analyse utile en tant que spectateur ou encore quand le moment est venu d’observer nos résultats théâtraux.Théâtralité est donc un terme qui ne concerne pas que la forme, par exemple.La forme et le fond.C’est peut-être justement cette désormaisclassiquedivision d’un spectacle qu’il nous semble impérieux de mettre en scène.Nous croyons que la théâtralité inclut la forme entre autres choses.Un spectacle est un tout.Et les gens qui font le théâtre devraient viser l’excellence, la maîtrise de leur médium ou de leur art (c’est selon.).Le théâtre pour enfants au Québec souffre selon nous d’un tragique manque de moyens permettant la synthèse des multiples ingrédients du gâteau théâtral.Plus précisément, le problème se trouve au niveau de la direction.C’est sur ce point que devrait porter nos efforts dans un futur immédiat.Doit-on ou non se doter de la présence d’un œil responsable capable de faire une lecture du texte, de lui assurer une cohérence globale dans l’espace et de voir à ce que le spectacle puisse être reçu par le public visé.Nous avons délibérément parlé de texte car il est aisé de constater que l’auteur a de plus en plus droit de cité au théâtre (pour tous.).Ce qui n’exclut pas la création collective de la problématique.L’action à entreprendre ne passe pas uniquement par les techniques de jeu ou la scénographie ou le texte ou quelque autre aspect isolable du bateau théâtral.Une réelle direction, à travers plusieurs écoles nous rapprocherait de la recherche de l’équilibre et de la cohésion au point de départ de toute “construction théâtrale”.Le Carrousel LA SÉLECTION : UNE TÂCHE DIFFICILE Plusieurs se demandent sans doute sur quels critères le Comité de sélection du Festival de théâtre pour enfants se base pour choisir les spectacles qui y sont présentés.Voici: 1.En début d’année, l’A.Q.J.T.envoie à toutes les troupes de théâtre pour enfants une lettre accompagnée d’un formulaire d’inscription.2.Toute troupe qui a l’intention de participerau Festival doit faire parvenir sa candidature à l’A.Q.J.T.3.Au moins un membre du Comité de sélection doit aller voir le spectacle en question.En cas de doute, un 2e ou au besoin un 3e membre du comité fait obligatoirement de même.4.Le ou les membres du comité qui ont vu le spectacle doivent remplir une fiche d’évaluation.On y tient compte du texte, de la mise en scène, du jeu des comédiens, de la scénographie et du rapport entre les comédiens et le public.5.Les fiches d’évaluation sont alors comparées et les meilleurs spectacles sélectionnés.Suite au vœu exprimé par les participants du 8e Festival, le comité a décidé de mettre l’accent sur la qualité des spectacles présentés plutôt que sur la quantité.Et vous, qu’en pensez-vous?Louise Filteau pour le Comité de sélection 3 Berlin : lemur Parler du théâtre à Berlin c’est aussi parler du mur.Ce fameux mur! de ciment, de briques, de barbelés, de miradors, avec, de part et d’autre, deux sociétés, deux systèmes politiques, deux mondes ! Pourtant, une même langue, de mêmes coutumes, un même passé et une même ville.Nous ne sommes pas à une contradiction près! C’est de théâtre dont il faut parler ici et non de politique.Mais, si l’un n’allait pas sans l’autre?Bref, de passage dans cette ville en octobre 1981, j’ai participé, comme représentant d’AS-SITEJ-Canada, à un séminaire sur les directions artistiques dans le théâtre pour l’enfance et la jeunesse.J’ai pu constater, entre la pratique du théâtre de Berlin-Est et celle de Berlin-Ouest, une sorte de mur.À l’est J’ai vu trois spectacles présentés par le Freund-schaft theater (Théâtre de l’Amitié) : Kokori, Der Aschenstocherer et Reineke Fuchs.Ces trois spectacles, deux pour enfants et un pour la jeunesse, avaient tous la même facture: des thèmes universels comme lecourage, lafranchise, la fourberie, etc., abordés à l’intérieur d’histoires mythiques éloignées de la réalité sociale (les lieux étaient situés dans des pays étrangers, à d’autres époques, chez d’autres peuples.Dans un cas, les personnages étaient des animaux).La facture formelle était similaire.On pourrait la qualifier de traditionnelle.L’emphase est mise sur les décors, les costumes, les accessoires, les effets d’éclairage et la performance d’acteur.On pourrait dire du traitementformel qu’il est orienté essentiellement vers la catharsis (défoulement du spectateur provoqué par l’identification au héros).Les trois spectacles étaient joués à l’italienne dans un auditorium en pente d’environ 500 places.Le théâtre pour enfants pratiqué par le Freund-schaft theater, malgré les grands moyens qui y sont déployés (c’est une troupe nationale), malgré le professionnalisme de ses artisans, malgré sa réputation, m’a déçu.Il m’a paru décroché de la réalité, loin des préoccupations réelles du public.Il me semble que l’enfance et la jeunesse d’Allemagne de l’Est a encore besoin d’un théâtre qui soit plus que de l’Art ! À l’ouest De l’autre côté du mur, qui n’est pas toujours facile à traverser, vous pouvez m’en croire, j’ai fait connaissance avec le Grips.Qui n’a pas entendu parler du Grips?Sa réputation et son influence se sont répandues à travers le monde.Ses pièces ont été traduites en une quinzaine de langues, même en québécois.On n’a qu’à penser à “Mannomann” traduite par Odette Gagnon et intitulée ici : “Faut pas s’Iaisser faire”.£8K':3ë! 'il: ' •MUyiVttHW'l De cette troupe j’au vu trois spectacles, deux pour enfants et un pour adolescent-e-s.Leurs thèmes étaient tous réalistes.Pour le public enfant, on parlait, dans l’un, de la réalité de l’hôpital et, dans l’autre, des handicapé-e-s.Dans le spectacle pour adolescent-e-s, il était question des relations avec les parents et avec les adultes en général, de l’école, de l’avenir, de la mode, de la drogue.Le tout se passait dans le contexte bien particulier de Berlin-Ouest où, chez les jeunes, squatters et punks se confondent.Dans les trois spectacles, la volonté est claire : le Grips veut aider son jeune public à s’orienter dans la réalité sans se laisser vaincre par elle.Il veut l’aider à croire que les conditions de vie sont transformables, que le droit à la critique est un droit incontestable, que c’est un plaisir de penser créativement et de trouver des alternatives.Et selon les propres termes du Grips: ".il est nécessaire de développer leur notion d’eux-mêmes, leurs droits, leur confiance en eux-mêmes, .” Renouvellement Formellement, c’est audacieux et nouveau.Je dirais que le Grips renouvelle le genre.Le public se place dans des gradins à 180 degrés autour de l’aire de jeu qui est au sol.Le jeu des acteurs, en complicité avec le public, favorise la distanciation, c’est-à-dire l’attitude critique du spectateur face à l’action théâtrale.Le langage est celui parlé par les spectateurs.Plusieurs chansons viennent aider à la compréhension et à la concentration sur le thème de la pièce.L’éclairage m’a beaucoup fasciné; avec très peu d’équipement mais beaucoup d’ingéniosité, on réussit à créer des effets saisissants.Cette compagnie possède une salle de représentation située en plein cœur de Berlin-Ouest, juste à la sortie du métro (les enfants n’ont même pas à traverser la rue pour avoiraccèsau théâtre).La troupe donne 400 représentations parannée.Elle remplit à pleine capacité sa salle de 850 places.Elle est subventionnée pour la moitié de son budget annuel.Ses prix d’entrée se veulent accessibles pour les spectateurs à faibles revenus qui constituent d’ailleurs la majorité de son public.Je terminerai ici ce petit tour d’horizon dramatique berlinois.Beaucoup de choses restent à dire sur les murs.qui, parfois, n’existent pas juste à Berlin- Jean-Guy Leduc 4 à propos du Grips 1) Commentaire Wolfgang Kolneder se promène dans le monde et monte les pièces du Grips.Des pièces qui nous arrivent avec quatre cents représentations dans le corps.Dont les mots, au fil du temps et des spectateurs, se sont transformés, ajustés, adaptés.Kolneder et le Grips ne se contentent que de la perfection.Parfois, elle se fait attendre, ou encore ne vient pas au rendez-vous.Elle est capricieuse la perfection.Et pour ne pas la vexer, le Grips ne prend pas de chances.Les meilleurs textes, avec les meilleur-e-s comédien-ne-s et la meilleure mise en scène.Dans la production TRUMMI KAPUT du Green Thumb, soixante-dix auditions d’acteurs furent nécessaires pour atteindre la perfection.Et, elle est belle à voir la perfection.J’ai vu le spectacle deux fois.Les deux fois, j’ai été transporté.Quel beau texte.politique.Car, la force du Grips est théâtrale et.politique.Dans TRUMMI KAPUT, le capitaliste se promène en complet veston, fume des cigares et possède, en plus de ses millions, un rire sadique.Les prolétaires, quant à eux, perdent leurs emplois, s’organisent, parlent de grève et gagnent.Et là où le miracle s’accomplit, c’est que “tout-un-chacun” trouve cela extraordinaire.J’ai vu des gens, qui ont en aversion le théâtre politique, trouver TRUMMI KAPUT extraordinaire.Est-ce à cause du prestige international incontesté et incontestable de l’auteur allemand ?Est-ce parce que la pièce est adaptée à une réalité éloignée, celle de Vancouver?Les opinions seraient-elles aussi unanimes si la pièce se passait à Saint-Henri?Si on y parlait québécois?Si le capitaliste s’appelait Desmarais?2) Dialogue de ok qui m’a mis ko Cela faisait déjà un bon moment que, à cause d’un problème de constipation, j’étais dans les toilettes de l’École Nationale de Théâtre où s’est tenu lecolloque du Grips.Soudain, deuxindividus, que je nommerai ici, pourdes raisons de sécurité, O et K, firent irruption dans la toilette.Il est bon de préciser que O et K militent depuis longtemps dans le Jeune Théâtre.O a une formation (école de théâtre, etc.) alors que K a fait, comme on dit, son professionnelcourt(deuxoutroisateliers à droite et à gauche, à gauche surtout) avant d’être professionnel tout court.Voici le dialogue que, à leur insu, j’ai recueilli pour vous: 0 : As-tu vu le show du Grips?K : Drame ! J’comprends que j’l’ai vu.C’tait bon, han ?0 : C’est normalquece soit bon.Yontde l’argent.K: Beaucoup?0: Y ont en Allemagne le même budget que le TNM ici.K: Drame, y sont riches.0 : Tu me l’dis.Avec c’t’argent-là, j’en ferais moi aussi des bons shows.K: Pis moi, je ferais “triper” le monde.Et drame, l’argent.0: (Sur un ton qui n’est pas sans rappeler François Rosetou Sarah Bernhardt).c’est la colonne vertébrale du théâtre! K: Drame que c’est ben dit! “Ben dit.” OK étaient toujours d’accord.Leur conversation (en plus d’aggraver mon problème de constipation) me laissa complètement KO.Assis sur le bol, je me mis à réfléchir.3) Ma réflexion L’argent, s’il est le père de tous les vices, n’est sûrement pas, comme le prétendent OK, le père de tous les bons spectacles.Si le théâtre institutionnel a des spectacles qui, pour citer un critique connu, ressemble à des boings 747 incapables de décoller, le Jeune Théâtre, lui, a des shows qui ressemblent à des biplanes à hélices, qui volent bas (parfois même très bas), au-dessous de l’intelligence du spectateur.Pourquoi ces entreprises théâtrales volent-elles bas ?Et bien, chers amis, ma réflexion me dit que c’est parce qu’il y manque quelque chose que l’argent ne peut pas acheter: j’ai nommé la perfection.Et pour atteindre la perfection, il faut avoir le feu sacré, la passion inconditionnelle de ce que l’on fait, accepter de re-travailler un spectacle tant que le contenu (entre autre le contenu politique, car prendre la parole est un acte qui suppose une responsabilité politique) et la forme ne nous donnent pas entière satisfaction.Les gens du Grips ont repassé cent fois, sur leur métier difficilement appris, leur pièce TRUMMI KAPUT.Cent fois, le résultat (parfait) nous saute aux yeux.Nous fait même un peu mal.Car, en cette terre Québec, les braises du feu sacré s’éteignent, emportant dans leurs cendres, ce qui reste de la perfection.Je nous accuse, nous, praticiens du Jeune et du Vieux Théâtre, de laisser mourir le feu sacré.De nous contenter de la surface des choses et de la médiocrité qui s’y agripe.Jecrie : AU SECOURS ! et nous prie, de ce pas, d’attiser (avec le souffle de notre imagination, etc.) le feu sacré afin, que de ses cendres, renaissent le goût de la perfection.Et .oh .miracle! Miracle! Oh! Merci Saint Poquelin.Sur un bol de toilette de l’École Nationale de Théâtre, je déconstipe.Ma réflexion probablement.Gilbert Dupuis retour de Vancouver Le Festival dethéâtre pourenfants de Vancouver - “Children’s festival” - a eu lieu du 2 au 9 mai ’82.Deux membres du Comité de théâtre pour enfants de l’A.Q.J.T.ont pu y assister.La Marmaille représentait également le Québec avec son spectacle “Pleurer pour rire”, présenté alternativement en français et en anglais.En huit jours, 23 compagnies ont donné 212 représentations.Plusieurs autres groupes ont présenté des spectacles gratuits en plein air, animateurs et amuseurs publics ont envahi le Parc Vanier où est situé le musée de Vancouver.Théâtre, danse, mime, musique, marionnettes faisaient partie de la programmation.En plus des troupes canadiennes, les groupes provenaient des États-Unis, du Japon, de Tchécoslovaquie, de Suède, de Hollande et d’Allemagne.Tchécoslovaquie nucléaire Parmi les spectacles les plus stimulants, il faut mentionner“Pépé”du tchécoslovaque Boleslav Polivka.Créé d’abord pour les adultes, ce spectacle a fasciné les enfants.C’est l’histoire d’une amitié entre un clown, un enfant de 10 ans et un poulet.Il est à peu près impossible de raconter ce spectacle qui est fait d’une suite de petits moments tendres, drôles, humains, parfois interrompus par une sorte de menace nucléaire qui tuera d’abord le poulet, puis, à la fin, l’enfant.Boleslav Polivka interprète avec une grande économie de moyens, un très beau clown.Suède imaginaire La compagnie suédoise, après 10 ans de théâtre politique, a produit un conte defée.L’atmosphère qui se dégage de la représentation est extrêmement intéressante.Le spectacle est présenté dans une petite tente pouvant accueillir au plus 50 spectateurs.Les acteurs chuchotent, ou presque, et la scénographie est faite d’une foule de détails.Conçu spécifiquement pour les tout-petits, c’est un des rares spectacles à utiliser l’imaginaire - l’histoire d’un enfant perdu dans la forêt qui rencontre sorcière et géants-pour rejoindre la réalité, celle du petit enfant impuissant face au monde adulte.B.C.réaliste Le Green Thumb de Vancouver a produit “Trummi Kaput”, une pièce de Volker Ludwig, créée il y a dix ans par le Grips Theater de Berlin.Wolfgang Kolneder, du Grips, est venu en faire la mise en scène.C’est une excellente production qui n’a rien perdu de son actualité, surtout dans le contexte du théâtre pour enfants au Canada anglais.En effet, le Green Thumb est la première troupe canadienne anglaise qui ose parler de la réalité quotidienne des enfants et qui utilise leur qj :f St®*.' langage.La plupart des autres troupes produi-sentdu divertissement puretsimple.L’influence de la télévision est marquante; on y fait parfois des allusions directes.Quelques-uns s’en détachent pourtant et présentent un produit original.C’est le cas de “Al Simmons” du Manitoba, une espèce d’homme orchestre qui a plus d’un tour dans son sac et qui sait nous étonner et nous faire rire pendant 40 minutes grâce à un tas de petites machinesdeson inventioncrééesà partir d’objets usuels.Californie drôle En fin de festival, j’ai assisté à la représentation des “Frères Karamazov” de Californie.Ils offraient un spectacle de jonglerie humoristique extrêmement bien rodé.Théâtre et négoce En définitive, grâce à l’apport important des troupes étrangères, il m’a été donné de voir d’excellents spectacles.Dans le lot, j’ai également assisté à des représentations de moindre qualité.Par leur aspect commercial, ces spectacles se rapprochaient plus de la télévision que du théâtre mais attiraient néanmoins un large public.C’est d’ailleurs un des aspects marquants de ce festival.Sa programmation présente le pire et le meilleur.Le commerce (4000 nez de clown vendus!) et l’art se côtoient.Les nombreuxspec-tacles de divertissement, vides de contenu, font vendre plusieurs billets, alors que les spectacles de qualité assurent une crédibilité.Le festival a lieu au mois de mai donc pendant l’année scolaire.C’est également un facteur important à considérer dans la rentabilité de l’événement et les troupes peuvent donner une dizaine de représentations.Il va sans dire que cela nuit aux troupes locales qui voient leur marché restreint et doivent absolument faire de la tournée en région pendant le reste de l’année.Par contre, le festival leur permet d’échanger annuellement avec desgroupesétrangersquifontde l’excellent travail.Peu d’entre eux, cependant, semblent intéressés par ces échanges.Organisées par le Green Thumb, les trois rencontres portant sur la pratique du théâtre pour enfants ont réuni principalement les étrangers.Le secret: l’organisation L’aspect le plus positif de ce festival est la qualité de son organisation.En plus du producteur et du directeur artistique, quatre personnes travaillent toute l’année pour le festival.Deux mois avant l’ouverture, un directeur technique commence à engager les nombreux techniciens qui assureront un service impeccable aux troupes invitées.En plus de l’auditorium et d’un petit local du musée, quatre immenses chapiteaux où on a installé des gradins pour les spectateurs, servent de salles de spectacle.Dans chaque chapiteau, cinq à six spectacles sont présentés chaque jour.Aussi, l’équipe technique ne dispose la plupart du temps que de trente minutes pour le changement de décors.D’autres tentes abritent les spectacles gratuitsoù ontlieu leslecturesdecontesanimées par la bibliothèque municipale.D’autre part, les membres des troupes et les invités du festival sont extrêmement bien encadrés tout au long de la semaine.La nourriture, le logement, le transport, tout est prévu pourque les festivaliers aient le séjour le plus agréable possible.Un lieu de rencontre permanent, en plein air, favorise les échanges.Le secret de l’organisation?Il est évident qu’un festival d’une telle envergure coûte cher.Même si la majorité des spectacles sont joués à guichet fermé - signe d’une programmation et d’une promotion efficace - l’entreprise ne serait pas rentable sans l’apport important de la ville de Vancouver.Celle-ci, en plus d’offir de nombreux services (dont les bureaux des organisateurs du festival), a fourni cette année 200,000.00$.Les autres revenus proviennent du gouvernement provincial, du Conseil des Arts du Canada et du guichet.De plus, cette année, Radio-Canada, en produisant une émission d’une heure sur le festival, a offert une somme intéressante.Les coûts suscités par la venue des troupes étrangères sont partagés entre plusieurs villes qui, dans le sillage de Vancouver, invitent ces compagnies.Celles-ci se produiront à Vancouver, Calgary etToronto.Il va sans dire quecet élargissement du marché est également intéressant pour les troupes.On parle déjà d’ajouter Edmonton et Ottawa sur l’itinéraire pour l’année prochaine.La venue du Green Thumb à Montréal au mois de mai, a d’ailleurs été facilitée par leur passage dans l’est du Canada.Vancouver- Montréal Pour nous, du Comité de théâtre pour enfants, il a été extrêmement intéressant d’assister au Children’s Festival.En plus de nous permettre de connaître plusieurs compagnies étrangères, il nous a été permis d’établir des parallèles et de connaître les différences entre Montréal et Vancouver.Parmi les acquis qu’il nous faut conserver, mentionnons l’habitude de se questionner sur notre pratique, et de vouloir offrir aux enfants un théâtre de qualité dont le contenu dépasse le simple divertissement.Au niveau de l’organisation, le Children’s Festival est impressionnant.À cet égard, l’apport de la ville est très important.Il serait à notre avantage de présentercet exemple à la Ville de Montréal, afin de susciter de sa part une implication appréciable.Pratiquement, au niveau des échanges possibles, quelques questions se posent.Ne serait-il pas intéressant de profiter nous aussi de la venue de toutes ces troupes étrangères au Canada?Il faudrait alors déplacer la date de notre festival, ce qui susciterait certainement d’autres problèmes.En plus de considérer les variations de températures de notre printemps, la question du marché des écoles de Montréal se poserait.D’un autre côté, la C.E.C.M.ne constituant pas à l’heure actuelle un grand débouché pour les troupes (cf.: censure et conservatisme), un festival en pleine année scolaire l’obligerait peut-être enfin à secouer sa torpeur et à reconnaître l’importance et le dynamisme du théâtre pour enfants au Québec.D’autres hypothèses sont également envisageables par exemple, susciter notre propre réseau de tournée indépendant et francophone.Ceci favoriserait la venue des troupes étrangères et les encouragerait à traduire leur spectacle en français.Ici, maintenant et bientôt Si on veut voir moins grand, l’expérience du Colloque de théâtre pour enfants, qui a eu lieu au mois de mai à Montréal, est aussi concluante.Un seul spectacle, “Trummi Kaput”, s’est rendu jusqu’à nous, mais les trois journées d’échange soutenu autour de cette pratique précise ont été enrichissantes pour tous les participants.Un tel colloque permet d’approfondir une réflexion et apporte peut-être plus aux praticiens d’ici, qu’un énorme festival où tout le monde est bousculé par les événements.Il est certain que le fait d’avoir pu me rendre à Vancouver et de continuer les échanges lors du Colloque de Montréal a été extrêmement dynamisant et a suscité chez moi une foule d’idées et de questions auxquelles je ne pourrais certainement pas répondre seule.Il serait d’ailleurs intéressant de profiter du neuvième festival de théâtre pour enfants pour permettre aux troupes et à l’ensemble du milieu de se prononcer sur leurs attentes quant à l’avenir du Festival québécois de théâtre pour enfants.Nous possédons déjà un festival et un théâtre riche et dynamique.Les prochaines années doivent nous permettre de consolider nos aquis et de multiplier les échanges.Geneviève Notebaert Du Comité de théâtre pour enfants de l’A.Q.J.T.7 Yves Alix P Evénement Shôwmage L’événement Shôwmage Les 13-14 mai, le ministre des affairesculturelles, Clément Richard, poursuivait à Montréal, sa tournée de consultation sur l’enjeu culturel.Le 13 mai, plusde200 artistes, travailleur-euse-s de la culture, manifestaient, chantaient leurs revendications, scandaient le droit à la culture afin de rafraîchir la mémoire de notre ministre.C’était l'Événement Shôwmage.Pourquoi?Parce que des mémoires nous en avons écrit des centaines.Parce que les politiques culturelles du gouvernement on les connaît: coupures de subvention, rentabilisation,.Parce que pour la majorité des travailleurs culturels, ces politiques signifient chômage, conditions de survie et de travail difficiles.Parce que pour être entendu des gouvernements, il faut avoir un rapport de force qui les oblige échanger leurs politiques.L’enjeu culturel Le gouvernement nous impose un développement culturel, basé sur la rentabilisation.Le Québec met en place des petits monopoles, hautement subventionnés, spécialisés dans la production et la diffusion d’une culture officielle, standardisée, “internationale” (ex.le marché des Festivals des films du monde, l’ADISQ, l’expo Largillière.).Cette perspective industrielle de profit est bien loin d’un développement collectif, démocratisé, qui servirait les intérêts des artistes et de la population.Bien sûr c’est la crise.Le gouvernement n’aurait pas d’argent, il devrait couper dans le gras de notre société (services sociaux, culture, .).Pourtant de l’argent il en a pour maintenir le taux de prof its des compagnies (qui continuent cependant les licenciements).Il en a aussi pour l’industrie culturelle rentable.Ça, ce sont des choix politiques.Nous en ferions d’autres, affirmait Shôwmage.- .< pr * , ' ' V * 1 ' '*-**?A” ’ «¦ ¦¦ Le front .euh, le regroupement., nous quoi ! En maintes occasions plusieurs artistes d’arts visuels, de cinéma, se sont regroupés autour de manifestations comme l’expo Largillière, le Festival des films du monde.Ces artistes désiraient former un regroupement permanent.D’autres artistes se sont retrouvés au Front culturel du Sommet populaire de Montréal.Ensemble, aux ateliers du Sommet populaire (avril ’82), on décide de la tenue d’une manifestation au moment de la remise des mémoires à C.Richard.Ce fut l’Événement Shôwmage.L’organisation de l’événement accentue chez plusieurs la volonté d’un regroupement large.L’Association des travailleurs ettravailleuses des arts et de la culture du Québec prend forme : association provinciale, multidisciplinaire, qui se donne pour base : 1 ° : la démocratisation de l’accès à la culture, en opposition à une culture élitiste, standardisée et“rentable”, 2° : la lutte pour des conditions de travail décentes en opposition aux politiques gouvernementales de rentabilisation et aux coupures.Encore une association ?encore des réunions?Pourquoi ?Et le spectacle, et la lutte, continuent.L’A.T.T.A.C.Q.en est à ses premiers balbutiements, mais les enjeux sont de taille.Dans quelles perspectives l’A.T.T.A.C.Q.fait-elle ses premiers pas?La tournée de Clément Richard est terminée.Il va maintenant nous sortir ses politiques.Au fédéral, on va voir les résultats de la commission Applebaum-Hébert.La loi cadre sur le cinéma s’en vient.Et, à notre connaissance, nos gouvernements savent très bien ce qu’ils veulent: leur plan de développement culturel suit leur plan général (rentabilisation, coupures.).Ils ne veulent pas Yves Alix 280 * O! ELI N* S IMPRESS/r.«PMiîlO* d’une culture populaire.Le droit à la culture?“mais voyons, la culture c’est un luxe, un divertissement qu’on se paye quand on peut.” La reconnaissance du statut social de l’artiste?“mais où avez-vous pêché cette idée-là, les jeunes?” Si on y regarde de près, c’est bel et bien de la disparition d’une culture authentique dont il est question.Mais comment faire reconnaître le droit à la culture?Est-ce vraiment essentiel?Surtout en période de crise ?Par quelle stratégie peut-on obtenir ce qu’on veut?Sommes-nous seuls dans cette lutte ?Et c’est quoi une culture nationale et populaire?Autant de questions, de débats qui sont sur la table.Tout ne s’est pas terminé avec Shôwmage.A.T.T.A.C.Q.veut maintenant rejoindre le plus d’artistes possible dans tout le Québec.Pensez-y! Le développement de la culture ça nous regarde.On doit chercher ensemble le pourquoi et le comment d’une culture véritable et vivante au Québec.LINA PRESS r NOS OUTItS «T fÇ«il»fMEKr$ •«Wf ilMMTKHf P.S.A.T.T.A.C.Q.tiendra son assemblée de fondation en septembre 1982.Vous aurez sans doute des nouvelles cet été.Dès maintenant, vous pouvez rejoindre A.T.T.A.C.Q.aux Films du Crépuscule, 4503 St-Denis, Montréal, H2J 2L4, (514) 849-2477.Marie-Dominique Cousineau Théâtre du 1er Mai la place du théâtre d’amateur-e-s La place du théâtre d’amateur-e-s Sous les rayons chauds du soleil de mai, un nouveau Festival de théâtre d’amateur-e-s prit place à travers les couleurs éclatantes des tulipes et des jonquilles de la campagne de Cap-Rouge.Ce festival visait l’objectif de “représenter la diversité du théâtre amateur pratiqué au Québec”.Quelques 200 festivaliers venus des quatre coins de la province participent pendant 3 jours à 20 ateliers de formation, assistent à une dizaine de spectacles, participent à un débat-rencontre et reçoivent de l’information sur le C.e.a.d.et les droits d’auteur.Le théâtre d’amateur-e-s c’est quoi?L’A.Q.J.T.est constituée de deux secteurs autonomes: les amateur-e-s et les professionnelle-s.Un des buts de l’association c’est de favoriser le développement du jeune théâtre dans la perspective d’une culture populaire.Depuis quelques années, j’avais la nette impression que le théâtre dit “amateur” (celui dont les praticiens ne tendent pas à en vivre) était relégué aux oubliettes par le Conseil de direction de l’A.Q.J.T.et que sa contribution au développement du jeune théâtre québécois était plus ou moins crédible.9 À Le Carrefour-Festival vient atténuer mon impression et j’en suis très heureux.Mais je demeure encore méfiant.Dans un communiqué de l’A.Q.J.T., on lisait “que le théâtre d’amateur-e-s connaît une vitalité débordante dans toutes les régions et on peut dénombrer pas moins de trois cents troupes en activité cette année”.Inutile de disserter pour redire que de plus en plus de groupes d’étudiant-e-s, de femmes, de personnes âgées, de travailleurs, utilisent cè moyen d’expression.Mais ce théâtre vit encore sous les préjugés de l’étiquette “amateur”.Un certain public, certainsprofessionnelsentretien-nent un discours portant sur sa valeur, sur ses “possibilités” compétitives et non sur sa nécessité, sa spécificité et surtout sur sa réalité.J’écoutais la responsable de la troupe de Petite Vallée exprimer en toute simplicité : “Nous faisons du théâtre comme nos “arrières” faisaient des “drames”.Avec des moyens de fortune, ce groupe de la Gaspésie assure une continuité théâtrale.On pourrait discuter de l’évolution de leur pratique, mais l’important c’est que cette femme venait confirmer l’existence du théâtre d’amateur-e-s dans ce coin du Québec.La forme théâtrale du “drame” est très significative comme reflet socio-économique de la région.Ce théâtre commence à s’affirmer, à s’afficher sur la scène québécoise, timidement vous me direz, mais c’est normal, considérant le pattern compétitif dans lequel la société évolue.Les intervenant-e-s doivent se questionner, s’interroger sur leur participation à l’évolution du théâtre d’amateur-e-s qui devrait pouvoir prendre la place qui lui revient dans cette “jungle théâtrale”.C’est lui qui mobilise les bénévoles, c’est lui qui est représenté dans toutes les régions et dans tous les secteurs d’activité.Il est temps qu’il en prenne conscience et qu’il arrête d’imiter les professionnels, qu’il arrête de se sentir trusté et de toujours vouloir aspirer au “professionnalisme”.J’aurais voulu qu’au Carrefour-Festival, ce débat de fond ait lieu.J’ai plutôt assisté à une démonstration du théâtre régional et à une course cégepienne aux ateliers.Réalité du théâtre d’amateur-e-s Lors du débat-rencontre, des intervenant-e-s de différentes régions ont parlé de leur pratique, de leur mode d’organisation, de leur reconnaissance dans le milieu.En parlant de reconnaissance, citons l’exemple d’un groupe de La Tuque qui n’existe plus à cause du caractère dérangeant de leur théâtre.On parle des problèmes de survie des groupes, souvent composés d’itinérants.On fonctionne avec peu d’argent: petites subventions des municipalités, du M.L.C.P., petites subventions attrapées au vol, ici et là.On joue plutôt des pièces du répertoire québécois.Quelques groupes font des créations.Dans les maisons d’enseignement, les étudiants font du théâtre à l’intérieur des cours de français.Ils montent pour la plupart desoeuvres de répertoire.J’ai particulièrement aimé l’intervention de l’animateur du Cegep de Rosemont.Il travaille à des créations avec des groupes d’adultes, à partir de leur réalité.Une bonne partie de la discussion a porté sur les regroupements régionaux.Dans certains cas, ils constituent un véhicule de services inter-groupes.Dans d’autres, le regroupement sert davantage de moyen de pression pour défendre le théâtre de la région.Dommage qu’il n’y ait eu qu’un seul moment de discussion au programme.Un festival essouflant De laformation en voulez-vous?En vl’à ! Chacun pouvait trouver réponse à ses attentes et les commentaires des participant-e-s furent positifs.Pour ceux et celles qui ne voulaient rien manquer, ce fut essouflant.Après les 6 heures d’atelier, nous pouvions participer au débat, souper et après.“Place aux spectacles” Pour ce premier festival, on a voulu s’assurer de la présence du plus grand nombre de régions et démontrer la diversité de la pratique du théâtre d’amateur-e-s.Objectifs louables, mais réalisés en trois jours, ils provoquent de la “super consommation de shows”.Neuf spectacles ont été présentés.Parmi eux, quelques spectacles de création et des textes du répertoire québécois.Les praticiens : des adolescent-e-s, des groupes de femmes, des jeunes travailleur-euse-s, des chômeur-euse-s.La majorité des spectacles ne m’a pas intéressé; “on jouait au théâtre”, on imitait d’une façon maladroite les professionnels au niveau du jeu et de la mise en scène.Chez certains groupes, on ne sentait absolument rien, si ce n’est la musique et les cris.Le choix des textes d’auteurs était agressant au niveau des clichés et des stéréotypes.Deux spectacles ont particulièrement retenu l’attention du public.Ça faisait longtemps que je n’avais assisté à des spectacles d’une aussi grande qualité tant au niveau du texte, de la mise en scène que du jeu.Il s’agit de Enfin Duchesse présenté par Les Folles Alliées de Québec et Marie haute à la marée basse présenté par A Mitaine, à mi-temps de VictoriaviIle.Ces textes ont été créés par des femmes.Je constate qu’au niveau du théâtre d’amateur-e-s, on retrouve une “conscience féministe”.Ces productions en font preuve et nous avons raison de supporter et de développer ce genre de théâtre.Je déplore le fait qu’aucun débat n’ait accompagné les spectacles ce qui aurait également constitué un temps privilégié de formation et d’interrogation sur le théâtre d’amateur-e-s et sur la place qui lui revient.10 Cette manifestation théâtrale, de trop courte durée, offrant un programmetropchargé, laissant peu de place à la discussion, témoigne en même temps du dynamisme et de la recherche du théâtre d’amateur-e-s.Nous avons des acquis: la présence d’un grand nombre de troupes provenant de toutes les régions, la naissance des regroupements régionaux qui développeront la solidarité nécessaire à la promotion du théâtre populaire.Réjean Gauthier Théâtre du Mic Mac Roberval, Lac St-Jean un bô et cher pique-nique ou la rencontre du théâtre francophone au Nouveau-Monde Épinglés de notre nom, cartable réglementaire sous le bras, souriants, nous étions près de 400 personnes au très chic Parc-Régent pour la soirée d’ouverture de la première rencontre du théâtre francophone.Au programme?Cinq ren-contresthématiques plus un cocktail d’ouverture offert par le gouvernement du Québec, moins fortuné que le fédéral qui, lui, offrait un somptueux buffet le samedi soir, suivi de la présentation du spectacle à l’affiche du T.N.M.: “Le couple: combats singuliers”.La Ville de Montréal fit sa part en offrant le cocktail de clôture sur la terrase de son Hôtel de Ville.Les convives Cette rencontre se donnait comme objectifs de jeter des bases d’échanges afin de resserrer les liens entre les individus et les groupes du Québec et hors-Québec.Objectifs simples qui n’avaient pas pour prétention (et c’est peut-être dommage car encore une fois, on est resté au stade des vœux pieux) de formuler, d’analyser les attentes, les besoins ou les problèmes inhérents au théâtre francophone.Malheureusement, ces objectifs ont été plus ou moins réalisés à cause de la nature même de l’organisation de la rencontre.D’abord, il aurait été souhaitable que l’on procède à une présentation officielle des délé- gué-e-s, dès le vendredi soir.Tout au long de la fin de semaine, chaque intervenant-e était con-traint-e à faire état de son curriculum vitæ avant de donner son opinion sur tel ou tel sujet.Mais, tout de même, grâce aux différents accents de notre langue, on a pu constater que Vancouver, New York, Toronto, San-Francisco, La Louisiane, Les îles St-Pierre et Miquelon étaient représentées.Le menu De plus, le comité organisateur avait opté pour la formule “plénières” précédées d’une mini-conférence, au lieu d’une division par petits ateliers.Formule intéressante en soi parce qu’elle permet atout le monded’assisterauxmultipleséchanges, mais elle ne suscite pas véritablement de débat de fond.Finalement, tous les sujets n’ont été qu’effleurés: “Répertoire et public” avec Jean-Claude Germain, “Formation” avec Jean-Pierre Ronfard, “Échanges” avec Jeanne Sabourin et “Gestion et mise en marché” avec François Colbert.Je ne ferai ici que tirer les grandes lignes des discussions engagées et souligner quelques anecdotes.À la carte À “Répertoire et public”, on parla, entre autres, des fonctions du théâtre, de la notion de partage entre public et acteur, de l’intérêt culturel viscéral à développer dans la population, des adaptations d’adaptation, etc.On souligne les problèmes de création hors-Québec où le spectateur semble préférer le répertoire classique connu.Hors-Québec, le théâtre francophone fonctionne difficilement lorsqu’il est à l’avant-garde du public.Claude St-Denis, mime de Montréal, raconta que lors d’une tournée en Afrique, il fut invité par une troupe du Zaïre à assisterà l’une de leurs répétitions.Quelle ne fut pas sa surprise quand il constata que l’on répétait Les belles sœurs”” de Tremblay.Comme quoi, l’exception fait la règle, lorsqu’on se plaint de la méconnaissance des textes québécois à l’étranger! 11 La sauce piquante La rencontre qui suscita le plus d’échanges passionnés fut celle sur la formation.Parti sur des idées générales, telles l’énumération des différentes formes de formation, la confrontation expression-création, l’acte de communiquer, de s’entraîner de s’actualiser, le débat prit une tangente particulière: la formation au Québec.Un véritable procès des écoles se fit au travers des récriminations exposées par une quinzaine d’étudiant-e-s.Même si le lieu et le moment étaient peut-être mal choisis pour “régler” une affaire “de famille”, le fait d’avoir un auditoire attentif et de choix (milieu “institutionnel” et “jeune théâtre”), les échanges permirent de relancer le vieux débat sur la pertinence des conditions d’admissibilité et des programmes proposés par les écoles de théâtre.Programmes qui enferment les étudiant-e-s dans un ghetto et qui les font se sentir perdu-e-s lorsqu’ils font face aux différentes possibilités qu’offre le marché du travail.Histoire à suivre.Dans l’atelier“échanges”, on reprocha beaucoup au milieu théâtral montréalais, malgré son apparente ouverture, d’être fermé au théâtre hors Montréal.Les troupes travaillant en régions éloignées ont besoin de s’affirmer, de trouver des sources de formation et de motivation et surtout de se sortir de leur isolement.On conteste le parachutage de personnes-ressources pour de courtes périodes, on désire plutôt une implication directe dans le milieu.En tout cas, dans cet atelier, une pluie d’invitations est tombée sur l’assemblée.Espérons que le tout n’est pas tombé dans les oreilles de sourds.Quant aux deux autres ateliers, étant absente, je ne peux guère les commenter.La douloureuse Somme toute, malgré le coût d’une telle organisation (plus de 100,000 $ octroyés par le Ministère des Affaires intergouvemementales du Québec, les Ministères des Communications et des Affaires extérieures du Canada), le véritable intérêt de cette rencontre fut de rendre compte de la réalité théâtrale francophone hors-Québec.Ce théâtre existe, vivant, dynamique, mais il survit tant bien que mal, complètement immergé dans une culture anglophone ou américaine.Problème que nous connaissons peu et différemment, ici au Québec.La cerise sur.Pourterminer(ce ne sera pas en beauté, hélas !), j’aimerais glisser un mot sur le moment le plus démoralisant de la rencontre.Il s’agit du spectacle “Le couple: combats singuliers’’ mis en scène par le français Alain Halle-Halle.Ce parfait inconnu qu’est M.Halle-Halle devrait, à mon avis, le restera jamais, tant sa mise en scène me parut morne, superficielle et ennuyante à mourir.Quel bel exemple de ce qui se fait chez-nous! Tant qu’à être les hôtes de cette rencontre, pourquoi ne pas avoir présenté un produit québécois, que ce soit au niveau du texte ou de la mise en scène?Heureusement, les comédiens (québécois, eux!) étaient excellents.Et je me suis rappelé une phrase de Jean-Claude Germain, prononcée le samedi matin: “Le sommeil du spectateur au théâtre, c’est une opinion !” Marjolaine Jacob 2e FESTIVAL DE CRÉATIONS DE FEMMES Lettre aux lectrices et lecteurs 1 heure du matin.Texte à remettre à 9 heures, ce matin.Tombée ultra-limite.Complètement crevée, complètement débordée par les “rushes” ininterrompus de l’A.Q.J.T., je n’en suis arrivée qu’à la moitié du premier jet de mon texte.Le titre en sera: Rencontre essentielles, c’est donc dire que l’événement me tient fort à cœur, le mouvement et l’expression des femmes représentant, quant à moi, à peu près le seul intérêt politique de l’heure.Les recherches dont font montre les spectacles m’ont heureusement nourrie et l’ensemble du festival suscite chez moi une réflexion que j’ai du mal à rédiger en quelques minutes.D’ailleurs, la grande fatigue dans laquelle les permanentes de PA.Q.J.T.se retrouvent en ce moment ne favorise certes pas l’accomplissement d’un travail clairvoyant et efficace.Avec regret (replis de la culpabilité), mais avec conviction, je décide de ne pas laisser “péter” mon système nerveux sur ma table de travail cette nuit.Je reporte donc au numéro d’octobre le compte-rendu commenté d’un événement théâtral qui présenta de quoi secouer les puces d’un certain “jeune” théâtre “mûrissant”.Ce n’est que partie remise- en espérant que la bonne déesse nous procure vacance et lucidité.À la prochaine.Suzanne Lemire N B: Nous désirons remercier le Conseil des Arts du Canada pour l’aide financière apportée au Carrefour Lanaudière de mars 82 ainsi qu’à l’organisation et qu’aux ateliers du Carrefour Festival du Théâtre d’amateurs de mai 82. MEMBRES DE L’A.Q.J.T.Troupes d’amateur-e-s Atelier des clowns du Québec (Montréal) (514)389-2859 Atelier des femmes de Joliette (514) 759-1661 Atelier-théâtre du Cegep de St-Jérôme (514)436-1580 ext.171 Café du Marché (Montréal) (514) 252-1744 Les 100 Noms (Valleyfield) (514)371-2004 Les Comédiens de l’Anse (Hauterive) (418) 589-8686/5707 Cie de la Grande-Tempête (Amos) (819) 727-2429 Cie Théâtrale Les Ours à Gants Inc.(La Tuque) (819) 523-5148 Cie de théâtre Sauvageau Inc.(Waterloo) (514) 539-3699 Département de théâtre/ Université d'Ottawa (613) 231-3396 Les Disciples Innés (Brownsburg) (514) 533-6757 L’Enfantillage (St-Pierre) (514)365-0908 Entre deux saisons (St-Hubert) (514) 656-2717 La Fenêtre Ouverte (St-Cuthbert) (514) 756-1526 Les Frivoles de Gallix (418) 766-6539 Groupes de planification des dérives urbaines (Hull) (819) 770-0129 Loisirs-Femmes (Montréal) (514) 872-2958 Les Marionnettes Gural (Montréal) (514) 687-1686 Les Nouveaux Compagnons (Trois-Rivières) (819) 374-7582 La Poudrerie (Rouyn) (819) 762-0379 Regroupement des étudiant-e-s de l’Option théâtre (Sherbrooke) (819) 565-4485 Théâtre À la volée (Longueuil) (514) 670-7897 Théâtre Amateur de la Grange (Ste-Anne-des-Monts) (418)763-5604 Théâtre de l’Aube (Montréal-nord) (514)325-3751 Théâtre du Bateleur Inc.(Laval) (514) 622-6547 Théâtre ca Bardasse (Papineauville) (819)427-6266 Théâtre En Pièces (St-Vincent de Paul) (514) 270-6912 Théâtre de Grand-Pré (L’Acadie) (514)346-7148 Théâtre de la Grande-Tablée (Disraeli) (418)449-3770 Théâtre Inattendu de Laval (514) 661-4560 Théâtre du Mic h/lac (Ffoberval) (418) 275-0489 Théâtre du Mitan (Yamaska) (514) 789-2551 Théâtre de Petite Vallée (418) 393-2119 Théâtre de la Ribambelle (Montréal) (514)351-4733 Théâtre de la rue-L (Montréal) (514)376-7070 Théâtre du Tracel (Cap-Rouge) (418) 658-7166 La Troupante (Longueuil) (514) 651-4216 La Troup’Titte (Montréal) (514)389-8318 Troupe les Cabotins (Thetford-Mines) (819)338-1255 Troupe Henri-Norbert (Montréal) (514) 845-5195 Troupe Les Libérés (Montréal) (514)388-9922 Troupe du Poulailler (St-Félix de Valois) (514)889-2911 Troupe Tiguedou Pac Sac (Rivière Portneuf) (418) 238-2153 Troupe des Treize (Ste-Foy) (418) 525-9608 Troupes de professionnel-le-s Corp.Théâtrale La Mosaïque (Ville de la Baie) (418) 544-3296 Le Frou-Frou de Chicoutimi (418) 549-8253 La Grosse Valise (Joliette) (514) 756-6880 La Pige à clowns (Montréal) (514) 521-101 1 /844-7085 Les Productions Bebelle (Sherbrooke) (819) 565-9351 La Rubrique (Jonquière) (418) 542-5521 Théâtre de l’Arrière-Scène Inc.(Beloeil) (514)467-4504 Théâtre La Cannerie (Montréal) (514) 521-7114 Théâtre de Carton (Longueuil) (514) 674-3061 Théâtre Clandestin (Valleyfield) (514) 373-9702 Théâtre des Confettis (Québec) (418) 692-1068 Théâtre de la Crique (Ville-Marie) (819) 629-3205 Théâtre du Gyroscope (Montréal) (514) 845-9456 Théâtre de l’Oeil (Montréal) (514) 277-1453 Théâtre à l’Ouvrage (Montréal) (514) 521-7888 Théâtre du Petit Canal (Verdun) (514) 634-2577 Théâtre Petit à Petit (Montréal) (514) 526-1164 Théâtre du 1er Mai (Montréal) (514) 526-2134 Théâtre de la Poursuite (Sherbrooke) (819) 567-1363 Théâtre de Quartier (Montréal) (514)845-3338 Théâtre du Sang Neuf (Sherbrooke) (819) 567-7575 Théâtre Sans Détour (Québec) (418) 524-5004 Tournifolie (St-Lambert) (514)465-3964 Troupe Coup de théâtre (Laval) (514) 669-6728 Individus Marie-Claude Barey (Montréal) Hélène Beauchamp (Montréal) Maurice Bélanger (Montréal) Francine Bernier (Montréal) Raymond Bertin (Montréal) Louise Bilodeau (Montréal) Danielle Brabant (Montréal) Michel Brais (Montréal) Louis Cartier (Québec) Michel R.Châtelain (Charlesbourg) Jenny Crustin (Gatineau) Lucien Crustin (Gatineau) France Dansereau (Montréal) Ginette Desbiens (Montréal) Robert Dion (Montréal) Hervé Dupuis (Sherbrooke) Réjean Emond (Montréal) Marie-Hélène Falcon (Montréal) Louise Filteau (Montréal) Alain Gagnon (Montréal) Carole Gagnon (Montréal) Agathe Génois (Montréal) Christiane Gerson (Valleyfield) Sylvie Guillot (Montréal) Marjolaine Jacob (Montréal) Louise LaHaye (Montréal) Jean-Yves Landry (Montréal) Manon Lavigne (St-Jean Chrysostome) Jean Lessard (Montréal) Marie-Andrée Manseau (Montréal) Serge Maurice (Sherbrooke) Ninon Meunier (Montréal) Diane Perreault (Montréal) Louise Poulin (Montréal) Michel Robert Jacques Robitaille (Beauport) Lise Roy Maurice Roy (Joliette) Lucie Roch (Montréal) Carolanne St-Pierre (Montréal) Aurore Thériault (Montréal) 13 AQ AQJT X 426 est rue Sherbrooke Montréal (P.Q.) H2L 1J6 4 ï -9 DC ’ 82 ! l«.ÿ ^ y METERjJD l \ / C8HPTEURT-U f x P Q-x' 5«-a i ye> ?Bibliothèque Nationale du QC a/s Louise Tessier (dépôt légal) 1700 rue St-Denis Montréal, QC erratum Ce n’est pas un “mea culpa” ! Allez plutôt au S.O.N.L.Q.leur demander des explications concernant la page blanche du numéro de mai (vol.9, n° 3).Comme Suzanne le disait dans ce numéro-là, “Jeune Théâtre”, en passant entre les lames de PA.Q.J.T.a, du mêmecoup, passé entre les mains des fonctionnaires du SONLQ (Secrétariat des organismes nationaux de loisirs du Québec), pour l’impression.Ce n’est donc pas un“meaculpa” mais un appel à remplir cette page blanche! Allez la chercher dans votre collection spéciale “AQJT”, puis, du même coup, sortez les derniers numéros et.écrivez-nous tout ce qui vous a passé par la tête en lisant “Jeune Théâtre”: vos commentaires et suggestions les plus favorables, vos critiques les plus orageuses.laissez-vous aller à écrire, même la suite d’un article ! et envoyez-nousçaau plus tôt ! On a hâte de vous lire et on se chargera de publier vos impressions dès le numéro de décembre-janvier.Cette page blanche pourra peut-être se métamorphoser en “page ouverte”.C.F.bouche bée catalysante et.festivale expressions lesbiennes Grande rencontre de femmes.Fête de créations, spectacles, expositions, etc.convergences de nos chaudes et saisissantes inspirations.Partout au Québec, les femmes fauves se préparent, dans leures iieues, pour apparaître et occuper les espaces de la festivale qui se tiendra au printemps 1983 à Montréal.Lesbiennes parlant d’elles, se rendant visibles les unes pour les autres.Musique, cinéma, vidéo, performance, poésie, théâtre, arts visuels, danse, etc.Si l’idée vous attire, donnez signe de vie sans tarder (dès cet été) et faites-le savoir autour de vous.Nous espérons que cette rencontre offrira une espace ouverte à toutes les femmes désireuses d’échanges, à l’affût de visions nouvelles et exceptionnelles.Pour informations, idées, projets, écrire à : Festivale a/s Rachel Boucher 4455 Henri-Julien Montréal H2W2K9 LU s LU O CÛ < veuill Jeune parvenir JEUNE THÉÂTRE à: tlfêauliér (10.$) tnnement de sçutlen (25.$) irner votre chèque ou mandat-poste à: Association Québécoise du est rue Sherbrooke, Montréal H2L 1J6, Tel: (514) 288-
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