Jeune théâtre, 1 août 1983, Août - Septembre
Volume 11, numéro 3 août-septembre 1983 jeune théâtre Bulletin des membres de l’Association québécoise du jeune théâtre PER ¦J-7 s 10e Festival québécois ae théâtre pour enfants: rencontre avec un bilan à faire eugénio barba Le 10e Festival québécois de théâtre pour enfants, qui occupera plus que jamais le Parc Lafontaine, du 19 au 26 août, s’ouvre dans quelques jours.C’est un festival de bilan (on n’a pas tous les jours dix ans!) placé sous le signe de la fête.Cette année, douze troupes présenteront leurs spectacles dans la sélection officielle: huit du Québec, les autres de l'Europe (Belgique et France).Les représentations se tiendront, comme à l’accoutumée, au Pavillon Calixa-Lavallee et au Pavillon Lafontaine.Des spectacles à ne pas manquer, plusieurs posant des questions sur le théâtre pour enfants, sur les choix de pieces, le jeu, le lieu de représentation, etc.Des sujets qui se retrouveront certainement au coeur des discussions.Le volet carrefour Moins present dans la publicité si vous avez lu le programme, le volet carrefour n’en est pas moins important, au contraire.Le carrefour pose essentiellement une question, celle du bilan.Des rencontres avec les troupes étrangères et des périodes de discussion des spectacles sont prévues presqu’a chaque jour, afin d’approfondir ce qui sera vu.Les producteurs, partenaires essentiels dans le développement du théâtre pour enfants, feront l'objet d’un rendez-vous spécial.Les animateurs de centres culturels, directeurs d'écoles, professeurs, responsables de services socio-culturels, bref, tous les acheteurs se prononceront sur le pourquoi d'une programmation et la nature des critères de celle-ci.Lors des rencontres générales, les praticiens et les praticiennes de théâtre sont in-vité-e-s à dresser plus généralement un bilan.Le théâtre pour enfants s'est beaucoup développé durant les dix ou quinze dernières années, mais ou est-il rendu?On parle d’essoufflement de part et d'autres, de remise en question, mais quelles sont les voies d’avenir?Quelles perspectives peut-on déjà voir pour les futurs rapproché et lointain du théâtre pour enfants au Québec?La fête animée Avec tous ces spectacles et toutes ces discussions, il faudra bien s’amuser.Et il y aura de quoi! Le Comité organisateur'11 et la permanence ont pensé tout un volet d'animation qui devrait combler les plus exigeants.D'ailleurs, cette animation (grands jeux, ateliers d’arts plastiques, parades, bals, etc.) se fera avec vous.Les troupes et tous-toutes les festivalier-ière-s sont invitée-s a parader et ce, des la journée d'ouverture le vendredi 19 août à 18h.Il vous faudra surveiller le calendrier d'activités et venir prêter main forte a l’équipe permanente d'animation (composée de six personnes), aux bénévoles et aux permanentes pour téter les centaines d'enfants qui passent au parc ces jours de festival.Sortez vos costumes, trompettes, neveux et Entrevue réalisée lors du 15e Festival québécois du jeune théâtre, par Odette Gagnon et Lib Spry.LS: On peut dire que le jeune théâtre se cherche actuellement Depuis 10 ans, l’emphase était mise sur le contenu de la pièce et maintenant on commence à se préoccuper plus de la forme.Mais dans un cas comme dans l'autre, on manque de discipline artistique.Parle-nous de la discipline de l’Odin Teatret.EB: Des circonstances très particulières nous ont obligés à nous imposer une autodiscipline très stricte pour pouvoir survivre.Dès 1964, j’ai eu la possibilité de sélectionner, de «tester» et de choisir des personnes qui étaient capables d’endurer une très longue période d’incompréhension, d’isolement et de dur travail.J’avais besoin de personnes qui étaient têtues et qui avaient une nécessité personnelle de faire du théâtre qui était presqu’une obsession.Avec ces gens, j’ai pu créer un groupe stable et solide et nous avons commence d travailler.A ce moment, en Europe, le mot «groupe» — surtout s’il ne possédait pas de lieu théâtral — n'avait aucun sens et pendant très longtemps personne ne nous a pris en considération, ce qui a influencé énormément notre vision du monde.Parce que si tout le monde te dis que tu es un idiot, tu finis par le croire.Les gens me disaient que j’étais inutile.On était un groupe qui jouait devant très peu de spectateurs parce que nous croyions que plus il y avait de spectateurs, moins étaient grandes la communication et la qualité de la perception du spectateur.Si on parle de démocratie au théâtre, cha- Troupes québécoises Mime-Stop (Montréal), «Le jardinier»* Théâtre de Carton (Longueuil), «Je regarde le soleil en face»* Théâtre de l’Oeil (Montreal), «Ombrelle, tu dors»* Theatre des 3 P'tits tours (Sillery), «Un monde en soi» Théâtre du Bourg (Sorel), «Le chat d'Étienne» Théâtre l'Arriere-Scene (Beloeil), «Je suis un ours!»* Théâtre Petit à Petit (Montréal), «Arture»' La Fenêtre Ouverte (Joliette), «C’est parce que j’t’aime.» (amateur)' Troupes étrangères La Pomme verte (France), «Un rideau d'incolore» Théâtre du Point du Jour (France), «Dimanche, 14h15 •> Théâtre Isocele (Belgique), «La gare déraillé» Theatre Vagabond (Belgique), «L’heure d'or» 'Troupe membre (Suite à la page 5.) nièces pour venir célébrer les dix ans de ce Festival de théâtre pour enfants, toujours le seul conçu et organisé par ceux et celles qui font ce même théâtre.R.S.V.P.Deux invitations particulières sont a retenir.La première donnera le ton au 10e Festival: la lecture/spectacle sur les 10 ans de théâtre pour enfants au Québec.Organisée conjointement par le C.e.a.d.et l'AQJ.T., cette lecture/spectacle (suivie d’une discussion le dimanche matin â 10h), inscrite a l'horaire le samedi soir d 20h30, brossera un tableau des dix dernieres années.C'est une façon de marquer les dix ans du Festival et les vingt-cinq ans de l'AQJ.T.Le collage a été confié d Chan-tale Cusson et la mise en scène â Claude Poissant C'est un rendez-vous a ne pas manquer, un cadeau d’ouverture.L'autre invitation très spéciale est pour la rencontre des troupes qui aura lieu le vendredi 26 et qui clôturera le Festival.Il sera discuté de l'avenir du Festival et cette rencontre importante résulte de celle qui s’est tenue au 3e Colloque international de théâtre pour l’enfance et la jeunesse en mai dernier.Un comité conjoint a alors ete formé et il devrait soumettre quelques points de réflexion.Toutes les troupes sont donc conviées d reprendre le débat sur l’existence des deux festivals destines aux enfants d Montreal.Bref, c'est un festival chargé, bien en chair et très important qui s’annonce.L'invitation est lancée.R.S.VP.Marc Drouin N.B Le contenu détaillé du volet carrefour vous sera envoyé sous peu.Vous retrouverez cependant en page 8 un horaire sommaire.(1) Le Comité organisateur est composé de Christiane Gerson, Lise Gionet, Denis Lagueux, Louise LaHaye, Daniel Meilleur et Geneviève Notebaert.AQJ.T.Jeune Théâtre, volume 11, numéro 3 août-septembre 1983 Comité de rédaction: Marc Drouin Evelyne Forget Linda Provençal Lib Spry Coordination: Marc Drouin Graphisme: Luc Mondou Typographie: Compo Em Inc.Impression: Imprimerie Bourget Jeune Théâtre est une publication de l’Association québécoise du jeune théâtre, société ayant siège social et secrétariat au 426 rue Sherbrooke est, Montréal, H2L 1J6, téléphone; (514) 288 3722.Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec, numéro D715158.Les opinions publiées dans Jeune théâtre sont assumées par leurs auteurs et n’engagent pas la responsabilité de l'organisme.Ce numéro a été tiré â 800 exemplaires Courrier De la Troupe Henri-Norbert Pourquoi les amateurs ne prennent-ils pas la parole plus souvent dans «Jeune Théâtre»?C’est qu'ils n'ont pas le temps.Après leur travail, ils s'adonnent a leur passion: le théâtre.Ils n’ont pas le temps de remettre en question les différentes expressions théâtrales ni de faire de la politique Eux veulent «faire du théâtre» tout simplement, avec tout ce que cela implique comme erreurs, comme tâtonnements.Peut-être aussi ne sont-ils pas prêts â répondre aux critiques (et.Jeune Théâtre août-septembre '82, décembre ‘82-janvier '83) et qui ont pris de court parce qu’ils ne pensaient pas être autant «hors des nouvelles valeurs».Tout cela ne les empêche pas d’agir et de s'organiser.Ils se regroupent par région, â Montréal, au sein du R.AAT.AM.(Regroupement des artisans et artisanes du théâtre d'amateurs de Montréal), ailleurs en province grâce â des associations similaires.Ils s’entraident, organisent des stages car ils veulent se perfectionner.S’ils sont «imitateurs» vous devriez être fiers, vous les «grands», votre travail n'aura pas été inutile mais méfiez-vous! De leurs rangs sortira peut-être un «innovateur» et alors, deviendrez-vous «imitateurs» d votre tour?Si maintenant nous prenions un exemple: la troupe Henri-Norbert de Montréal est née en juillet '81, juste quelques jours apres le décès de ce comédien, d'ou notre nom.Cataloguée troupe ethnique parce qu’elle est une activité culturelle de l'Union Nationale Française, elle accueille avec joie tous ceux qui éprouvent le goût de partager leur amour de la chose théâtrale, quelque soit leur nationalité.Elle participe a la fondation du secteur d’amateurs de l'AQJ.T., au premier Carrefour-Festival d Cap-Rouge, ainsi qu’à la derniere Assemblée Générale.Elle participe aussi aux congrès de fondation du C.S.C.M.C.(Comité socio-culturel de Montréal Concordia) et du R.AAT.AM., au Comité organisateur du premier Festival de théâtre d'amateurs de Montréal: LE TRAC.Elle trouve encore le temps de créer l’Atelier théâtral de la troupe Henri-Norbert afin de permettre â ceux qui veulent se perfectionner d'en avoir la possibilité; et des répétitions, encore des répétitions pour monter une production qui a été présentée en juin et évidemment, tout cela sans un sous de subvention.Seulement 12 personnes, comédien-ne-s, technicien-ne-s, administrateur-trice-s la composent, tous travailleur-euse-s, d’une moyenne d'âge de 35 ans, et tous étaient amateurs sans aucune formation, seule leur foi ou «folie» les unit mais vous comprendrez qu’ils n’ont pas le temps d'être en plus des «innovateurs».Guy Bordelais de la Troupe Henri-Norbert, Montréal P S.Ne vous inquiétez pas, des nouvelles nous vous en donnerons.La parole nous l’avons et nous invitons tous les amateurs â la prendre avec nous.N.D.L.R.: Ce «courrier» est peut-être le début d’une nouvelle chronique Alors si vous avez le goût de poser des questions, de répondre â d'autres ou de faire des commentaires, vous êtes les bienvenu-e-s.Le Comité de rédaction se garde cependant le privilege de les faire paraître ou non, comme pour tout autre article.De la Grosse Valise La Grosse Valise existe depuis 1975 et travaille principalement le jeu masqué pour enfants et adultes.Depuis quatre ans qu’elle habite Joliette, elle a décidé de déménager ses valises d Montreal.Notre installation d Joliette nous aura permis de mettre notre théâtre a la disponibilité d'une région et d’en tirer satisfaction et expérience enrichissante.Que ce soit en participant a des événements spéciaux, en créant des numéros d'intervention pour des organismes régionaux ou en donnant des ateliers, La Grosse Valise aura contribué a maintenir le dynamisme culturel de Lanaudière.Parallèlement a cette action régionale, nous avons continué a travailler à la production de nos créations pour enfants et adultes que nous promenons de plus en plus d travers tout le Québec et le Canada.Mais depuis deux ans un sérieux problème de recrutement de travailleur-euse-s culturel-le-s, tant au niveau du jeu que de l'administration, nous a incité a remettre en question notre présence en region.En effet, les personnes susceptibles de relancer ou de s’adapter sans période de formation au fonctionnement ou d la recherche artistique de la troupe refusaient d'habiter Joliette ou d’être membres a temps plein.Par conséquent, l'engagement de personnes ayant peu d'expérience provoquait un roulement démobilisant pour le reste de l'équipe.Une telle situation nous empêchait de progresser ou, tout au moins, d’assurer une continuité dans notre démarche artistique.Étant donné que La Grosse Valise croit en son potentiel artistique, qu’elle veut aller plus loin dans sa recherche, qu'elle veut se donner les moyens de consolider son équipe, elle a décidé de quitter la région de Lanaudière.L’équipe permanente, composée de Johanne Benoît, Francine Bernier, Michel Comeau et Onil Melançon, est maintenant installée au 3981 rue Saint-Laurent, 8e étage, Montréal, H2W 1Y5 (514) 288-4700.Des projets sont en branle pour la prochaine saison dont des représentations en salle â l'automne pour «Le bon, la vite et le plus lent», une tournée avec ce spectacle en Ontario et dans les provinces de l'Ouest et une nouvelle création.Johanne Benoît pour La Grosse Valise Editorial Où s’en va le jeune théâtre?Où s'en va le jeune théâtre?C’est à cette question qu'on m’a demandé de répondre.Ouille! Comment vais-je aborder ça?D'abord, parlons de l'expression «jeune théâtre».Depuis déjà pas mal de temps, un peu tout le monde critique plus ou moins ouvertement cette appellation qui semble avoir mal vieilli.En effet, s’il y a 15 ans cette dernière représentait avec justesse une génération d’artisans au début de la vingtaine qui, au plus fort des contestations d’une jeunesse en colère, cherchait d renouveler de fond en comble un art qui s'eteignait d petit feu dans la poussière de ses institutions, pour certains elle ne traduit plus très bien un mouvement dont les forces vitales sont en partie représentées par des praticiens qui ont maintenant franchi le cap de la trentaine.Comme d'autres, j’ai tenté plus d’une fois de trouver une autre appellation plus représentative.Et je n’ai rien trouvé de mieux.Convenons tout simplement que même si l’expression demeure maladroite (comme la plupart de celles qui cherchent d nommer un courant, quel qu'il soit), elle traduit tout de même assez bien la catégorie d'artisans qu'elle entend représenter.Après tout, le mot «jeune» ne fait pas seulement référence d l’âge; au contraire, il renvoit plus souvent qu'autrement d d’autres valeurs encore plus fondamentales comme l’audace, la vitalité, le surplus d’énergie, le renouveau, la relève, la mouvance, l’anti-conformisme voire le radicalisme.Et c’est justement dans ce sens que le jeune théâtre semble continuer d'orienter ses cheminements.Certes, le dernier festival de l'AQJ.T.l’a bien démontré, le jeune théâtre n'est plus ce qu’il était et l’association qui cherche a le représenter non plus.Tout porte a croire d'abord que le jeune théâtre s’en va vers une réunification de ses forces trop longtemps dispersées d la suite de débats parfois trop dogmatiques.Et c’est tant mieux.Nombre d'artisans étouffent dans le milieu restreint de leur pratique professionnelle auquel les a confinés un parti-pris esthétique cependant fort louable Et ce n’est pas exagéré de dire que plusieurs d'entre eux en ont ras le bol de l'underground et sont prêts a proposer leur travail theatral a toutes les tribunes qui voudront bien les accueillir.Si la volonté d'articuler un théâtre «engagé» anime toujours les forces du jeune théâtre, ce travail ne se fera plus sans le respect de la diversité des démarches et des styles.Apres tout, c’est dans la complexité, voire dans les contradictions du jeune theatre a la recherche de son authenticité, que résidera toujours la meilleure garantie de sa propre vitalité.Au lendemain de l'échec des lignes justes, il semble que ce soit dans le pluralisme des experiences théâtrales que le jeune theàtre veuille orienter «ses visions du monde», pour une approche plus réaliste des transformations socio-culturelles de notre temps.Au reste, il parait bien evident que le jeune théâtre aspire a une reconnaissance plus officielle de ses pratiques.Et c’est sans doute pour cela qu'il n'a plus peur de prendre les mesures qu'il faut pour se faire valoir.(Piscator lésinait-il sur les moyens à prendre pour bâtir son théâtre révolutionnaire?) En ces temps de crises de civilisations où les éthiques sociales s'effondrent les unes après les autres, le jeune théâtre «engagé» incarne ces inquiétudes et oppose une culture du sens (donner un sens au réel) d cette culture du vide (de l’insignifiance?i.e.de ce qui refuse farouchement de signifier) qui fait fortune sur les scènes du Show-Bizz québécois.Oui, le jeune théâtre demeure engagé.Engagé dans l'homme et la femme a la conquête de leur autonomie.Engagé par son travail acharné sur la condition humaine.Engage par ses mises en situations des urgences de notre époque.Engagé par son implication esthétique dans le projet collectif d’un peuple d la recherche de son identité.Plus rien n’est comme avant.Toutes sortes de crises emergent de partout, gangrennent l’utopie occidentale de l'ère de l’opulence et viennent secouer toutes les idéologies, qu’elles se réclament de la droite ou de la gauche Le jeune théâtre, justement, doit refléter le désarroi idéologique des sociétés en quête de nouveaux projets.Aussi échappe-t-il plus que jamais aux catégorisations trop simplistes que peuvent susciter les plate-formes de la culture populaire ou de l’élitisme expérimental.On ne peut plus dire que le jeune théâtre c'est le théâtre de recherche; c’est le théâtre didactique, c’est le théâtre de création collective, c’est le théâtre des troupes de métier, c’est le théâtre des nouveaux auteurs; c'est tout ce qui ne fait pas partie de l’ADT.Non.Le jeune théâtre représentera toujours ce qui, hors des voies conventionnelles, traduira les expériences théâtrales les plus radicales d’une collectivité.Loin d'étre en opposition avec le théâtre institutionnel (l'a t-il déjà été?), il demeure en différence.En outre, les concepts de récupération et d'institutionnalisation ne veulent plus rien dire pour quiconque décide de prendre d'assaut toutes les tribunes, quelles qu'elles soient, afin de bien faire entendre au monde tout le sens que porte son art.Même si le débat autour des lieux de diffusion demeure important (on ne peut pas jouer n’importe où, n'importe quoi, n'importe comment), il ne freinera plus la conquête de nouveaux publics et de nouvelles possibilités de prendre la parole.Ou s'en va le jeune théâtre?Vers le pouvoir.Vers «la map».Vers sa place au soleil des grands mouvements culturels.Sans doute verrons-nous de plus en plus de troupes de métier s’installer sur les scenes les plus consacrées.Pourquoi pas?En autant que les artisans continuent d maîtriser tous les éléments de leur production.Des acteurs chevronnés seront appelés de plus en plus a participer a l'audace des jeunes compagnies.(Combien n'attendent que ça.) Et les troupes de metier développeront des structures d’accueil qui permettront aux plus jeunes de faire valoir leurs idées.En rupture avec un certain paupérisme du théâtre de rue remis d la mode dans les années '68, le jeune théâtre professionnel se dirige vers une maîtrise plus ambitieuse de son médium.Fort de 15 ans de travail théâtral en dehors et en dedans de l'AQJ.T., avec débats idéologiques et démarches extrémistes, entre le gestus social et la mise en liberté d’un imaginaire collectif trop longtemps réprimé, entre l’expression politique et le tâtonnement expérimental, au delà du sectarisme idéologique des années 70, c’est dans toute la complexité de ses styles que le jeune théâtre s’emploiera à remuer de fond en comble les valeurs sûres d’un art qui aura toujours besoin de l'expérience vertigineuse du risque radical pour demeurer vivant.OFFRE DE SERVICE/Comédienne-écrivaine cherche troupe de métier à caractère engagé.Manon (Lavigne) Dufresne, (514) 323-0394.ATELIERS/Le Service d'animation culturelle de l’Université de Montréal offrira, dès cet automne, des ateliers d'improvisation, d’interprétation (travail avec texte), de décors et costumes et de maquillage de théâtre/(514) 343-6524.SALLE/Attention, troupes amateures ou troupes professionnelles! Le Centre d'essai de l’Université de Montréal pourrait être a votre disposition d des conditions fort intéressantes.200 places.Systèmes de son impeccable.Système d’éclairage complet.Scène de 27' x 24’.Contactez Carole Fréchette /(514) 343-6524 SALLE A LOUER/Centre educatif Intégration, Vieux-Montréal, 24' x 38', prix abordable, bien éclairé.Suzanne Deschamps /(514) 843-7356, entre 10h et 14h.OFFRE D'EMPLOI/La Grosse Valise, troupe de théâtre pour enfants et adultes, est a la recherche d'une personne pour un poste a la promotion (vente de spectacles, planification de tournées, tenue de bureau, dactylo).Le bilinguisme, l’expérience dans le domaine des arts et la facilite a travailler en groupe sont obligatoires.Faites parvenir votre curriculum vitae a La Grosse Valise, a/s Francine Bernier, 3981 bout St-Laurent, #800, Montréal, H2W 1Y5.3 Louis-Dominique Lavigne Petites annonces ATELIERS/Un atelier de scénographie a Québec pour tout le Québec.Atelier M'ajjjiiik, pour information Louis Cartier/(418) 524-6273 Nous nous rencontrons pour une fin de semaine.Une fin de semaine bilan (pas nouveau comme thème, vous direz!).Et oui, c'est le bilan d’une année de travail, de recherche, pour créer un troisième spectacle des Délits Roses «Partir pour outremère».Mais d’où sommes-nous parties?La première production s’inscrit dans un cadre particulier, celui d’un colloque sur la violence faite aux femmes.En '80, le ministère de la Justice accordait des subventions pour créer des manifestations partout en région et c’est dans ce cadre que le Regroupement des femmes de Joliette obtenait une subvention pour créer cet événement-colloque.Un groupe de six femmes, à ce moment nommé le comité théâtre, écrivait à partir de témoignages de femmes et jouait «Peur, pas peur, j’y vas», qui allait jouer quinze fois dans la région de Lanaudière, à la demande des groupes de femmes.Comme tout bon groupe, nous vivions des départs et des arrivées et entre ces entrées et sorties, nous pensions déjà une deuxième production réalisée avec les moyens du bord, c'est-à-dire les sous des représentations.Nous avons créé «Entre les saisons de nos ventres» et nous avons mis le focus sur une recherche au niveau de récriture en abordant les thèmes de la sexualité, de la contraception, le choix d’avoir ou pas d’enfants.Malheureusement, faute de moyens financiers, nous devions jouer deux fois seulement.Un texte trop littéraire Dans le spectacle «Entre les saisons de nos ventres», nous devons retenir notre démarche au niveau de l’écriture.Chacune de nous avait comme tâche la recherche et l’écriture d’un thème ramené en discussion de groupe.Cette recherche à partir de notre vécu, de nos lectures et de statistiques aboutit enfin à un texte solide, fort, que nous qualifions de paroles de femmes.Nous venions de franchir une étape importante: une démarche en écriture.Entrées et sorties se produisirent à nouveau.Du groupe initial trois femmes analysèrent le chemin que nous venions de parcourir.Mais encore nous fallait-il théâtraliser nos écrits.Nous avions le goût de faire une recherche, une démarche.qui soient les nôtres, qui nous représentent, qui parlent de nous.Quelles sont ces images de femmes que nous voulons créer, pour les faire vivre sur scène?«Partir pour outremère» Nous créons notre troisième spectacle avec des énergies nouvelles au sein du collectif.Lib Spry accepte de travailler avec nous; elle agira comme personne-ressource et metteur en scène.Claudette et Audrey se joignent au groupe initial soit Diane, Carole et Maryse.Le travail commence et les discussions aussi.En utilisant les techniques du San Francisco et d’Augusto Boal, nous abordons les thèmes du spectacle.Ces thèmes seront les mêmes que le spectacle précédent: sexualité, contraception, maternité, avortement.Mais encore nous fallait-il définir et approfondir les différents thèmes qui sous-tendent la thèse principale: le choix des femmes.Il nous fallait également trouver le fil conducteur qui sera «de la réalité au rêve à la réalité», en s'inspirant d’«Alice au pays des merveilles».En travaillant le théâtre «images» nous précisions thèse, thèmes, pour en arriver à raffiner non seulement le texte qui subissait des transformations et des précisions continuelles, mais les personnages qui prenaient «vie».À ce moment, Martine et Hélène se joignirent au collectif et allaient créer costumes et décor.LES ° une démarche *oSe Fins de semaine sur fins de semaine de travail.Cent soixante-dix heures déjà! Et débutent les répétitions proprement dites.Les samedis avant-midi sont consacrés à la technique: décor, costumes et accessoires.Ensuite viennent le réchauffement physique et répétitions, répétitions.et bientôt il nous fallait penser à la musique et à la première.Une autre Hélène se joignait au groupe pour travailler à la publicité et à l'éclairage.Le collectif C’est la première fois depuis les débuts du collectif que des femmes se forment à la technique, d la conception (décor, costumes, musique), au jeu et à la mise en scène.Nous sommes DIX.Chacune assume une tâche précise au sein du collectif et chacune y trouve sa place.Jusqu'à ce jour, jamais nous n'avions ressenti le besoin de se donner un nom.Aujourd’hui oui! La discussion se déroule autour d'un repas: nous nous appellerons “Les délits roses” pour dire ie plaisir d’être ensemble, pour dire nos délires heureux! Et c’est dans une ambiance de rires, de confiance et de bien-être que se déroule la fin de semaine bilan des délits roses, en campagne près d’une rivière (non polluée) dans la région.Nous avons joué trois fois «Partir pour outremère»: deux fois à Joliette, une fois a St-Gabriel.Nous abordons le bilan par les critiques de la pièce et ce que nous devons retravailler en septembre avant de rejouer.Le bilan technique est heureux.On parle ici du travail des personnages, travail physique, travail selon les différentes techniques.En admettant que la musique est entrée trop tard dans le travail, les décors et costumes étaient bien synchronisés et nous amenaient d un renforcement concret et beaucoup d’encouragement.Mais! être en création et en formation, c’est très difficile de concilier les deux.Le bilan un peu plus.émotif.Dire la boule d’affection qui se dégage et comment nous apprécions de vivre ensemble.Tout au long de la démarche, malgré les «downs», chacune a pris une place importante en sachant respecter des affinités particulières.Mais toutes se sentent vidées après cette année et nous avons toutes grand besoin de nous ressourcer.Nous voulons conserver cette façon que nous avons trouvé de travailler en prenant des risques.Comme collectif, nous ne nous définissons ni comme troupe professionnelle, ni comme troupe amateure.Ce qui est important pour nous c’est de faire une recherche, un théâtre qui tienne compte de nos aspirations en tant que femmes.Faire un théâtre qui dit nos peurs, nos folies, nos désirs, nos jouissances.L’histoire du théâtre, c’est l'histoire des essais, c’est un catalogue d’idées, d'images, de paroles dans lequel on peut choisir.Jusqu’à la prochaine création Chacune se tient en forme physique, chacune commence à maîtriser un instrument de musique, chacune fait une recherche sur le thème choisi, «l'aspect physique des femmes».Certaines préparent la publicité pour l’automne et d’autres sont à la rédaction de demandes de subvention, tandis qu’on pense à des projets d’auto-financement.Et il faut dactylographier le texte, préparer le pamphlet publicitaire, le porte-folio, retravailler la première scène du show, trouver une salle de répétition pour septembre, se rencontrer, jouer et faire nos valises pour la Belgique.En janvier nous y serons.Les délits roses BARBA que spectateur doit avoir le même privilège, pas seulement ceux qui sont à la première rangée.Tout cela nous a fait assumer cette autodiscipline.Nous avons assumé les horaires de travail des ouvriers.Cela veut dire commencer a sept heures le matin et finir vers quatre ou cinq heures.Si on joue le soir, bien entendu, on commence un peu plus tard le matin, mais nous ne sommes pas un théâtre de répertoire qui joue chaque soir, donc cet horaire est resté très particulier.Un autre aspect de cette auto-discipline est l'entraînement des acteurs.Le problème de l’école théâtrale ou d’une troupe d’apprentissage, c'est comme si on recevait une espèce de capital avec lequel on vivra par la suite, tandis qu’il ne devrait pas y avoir de capital, mais une espèce de remise en question.Une situation un peu risquée, ça c’est l’entraînement, c’est-â-dire le moment ou personne ne te dit «ah! ah!, il faut faire ça parce que dans trois mois tu dois avoir un résultat».Ce sont ces conditions qui ont formé la mentalité, la conscience et l’attitude de toutes les personnes qui sont dans le groupe, de nos spectacles et de notre place dans le milieu.OG: Quelle est la passion première des gens qui travaillent avec toi?Est-ce le théâtre ou le travail corporel principalement?EB: Ce qui est ma grande chance c’est que tous les gens qui sont venus ou qui viennent sont des gens très motivés parce qu’ils ont vu quelque chose de notre travail.Une fois qu'ils viennent, je peux imposer mes conditions, mais ce sont des conditions qu'ils acceptent parce qu’ils savent quand même que ça peut mener â ce résultat la.Je crois énormément au théâtre de groupe qui commence en ne respectant pas les règles du jeu de l'institution théâtrale, mais cela peut devenir une faiblesse si on ne donne pas, des le début, la possibilité de tester la qualité de cette «nécessité» théâtrale.Alors il y a trop d’indulgence, de complaisance, de sensiblerie, c’est de l'amateurisme et malheureusement on ne peut rien changer avec les amateurs; les amateurs ce sont des gens qui s'amusent et après un certain temps, quand ils ont un bon travail d l’usine ou en banque, ils vont devenir de bons banquiers, exactement comme dans l’institution théâtrale il y a de bons fonctionnaires.Le problème avec le théâtre n’est pas un problème de techniques, c’est un problème d'éthique: de relations que tu crées et qui sont des valeurs que tu t’imposes à toi-même.Parce qu’on ne peut pas exiger des autres.Ici, au Québec, je vois tout le temps qu'on exige toujours des autres.Remarquez qu’au Danemark c’est la même chose.Ces temps-ci, dans le milieu du jeune théâtre, c’est très monotone.Nous devrions commencer par exiger de nous-mêmes.LS: La chose qui m'a frappée au Festival par rapport aux groupes étrangers, c'est qu'il y a une vision personnelle d'une personne ou de la troupe qui nous manque ici.J'aimerais bien que tu donnes tes impressions premières sur les spectacles québécois que tu as vus.EB: Je me sentais comme un terrestre qui voit du théâtre de martien ou vice-versa, mais qui le voit dans une situation très particulière, comme si on avait â le mettre dans une cage de laboratoire.Pour moi, ces spectacles ne sont pas pour le public de la Ville de Québec.De tous les spectacles que j’ai vus, par exemple celui de la Gaspésie, je dois dire que cela n’illustrait rien, ne me disait rien de la Gaspésie.Ce sont de petits sketches de très bonne volonté, très charmants, mais ça ne va pas me rester dans la tête.Et j’imagine que les autres spectateurs doivent ressentir la même chose.Par contre, je suis certain que lorsqu'on le joue dans un petit village, cela a une grande signification.Alors, comment utiliser cette situation théâtrale?Quand j'arrive dans une bibliothèque de village, soixante personnes vont venir me voir.Quelle est la politique de ce théâtre?Parce qu’on doit avoir une politique, mais on ne doit pas être un théâtre politique, c’est autre chose.C’est très étrange ce paradoxe de théâtre politique, parce qu'ils veulent faire de la politique, alors qu’en réalité ils font seulement du théâtre.Ils se limitent d’ailleurs.Parce qu’une fois qu’ils ont réuni des gens, on pourrait s'engager sur ce qui est l'activité politique.L’activité politique ne se définit pas en termes directs.Je ne crois pas que c'est sage.En réalité, on ne devrait jamais parler en termes directs, mais plutôt en termes indirects; ainsi, tout le monde comprend.Je peux parler comme spectateur, et je dois dire que c’est très, très rare que je me sens touché.Ce n’est pas parce qu’il y a un problème artistique, mais il manque une dimension d'humanité.Je ne vois pas des êtres humains, ce que je vois c'est seulement de la bi-dimensionnalité tout le temps.Je vois un espace de séquence cérébrale, qui est fantastique, une idée exceptionnelle, mais qui flotte, un peu comme un astronaute.Mais d'un autre côté, je suis très fasciné par les groupes théâtraux, c’est mon monde.Ce sont les gens qui ont choisi d’être à côté ou qui se sont mis â côté; mais c’est qu’ils n’ont pas la conscience d’être étrangers, de commencer â bâtir une culture d'étrangers dans cette société où le public étranger est devenu une situation permanente.Le chômage va rester dans notre société.Qu’est-ce que le chômeur?C'est un étranger dans la société du travail, dans la société qui était basée sur des valeurs de productivité.Alors, au lieu de commencer â avoir une espèce de conscience de cette situation (on ne fait pas seulement du théâtre selon les veilles façons), on se dit que la politique c'est dans les vieux systèmes.C'est incroyable cette espèce de retour dans ce que l'histoire devrait nous apprendre: les chambres â gaz, la guerre, l’aplatissement de toutes les races humaines, etc.Ce qu’on devrait essayer de trouver, c'est justement la différence; et vous qui êtes différents du reste du Canada devriez justement vous battre sur cette différence.J’ai ressenti ces résultats, qui demeurent très bi-dimensionnels, et j'imagine que dans leur contexte ils fonctionnent.Et en parlant avec les groupes, je manque d'auto-conscience de leur situation.Je ne sais pas.Par exemple, si je compare avec certains Canadiens qui ont vécu en Europe, ils me disent que retourner de l'Europe au Québec, c'est comme retourner au désert.C’est très dur de se réadapter ici, parce que c’est une espèce de conscience qu'on a en Europe et qui est totalement inconnue ici.OG: Qu'est-ce que tu entends par conscience, peux-tu me le dire?EB: J’ai la sensation qu'au delà de ce que nous appelons notre culture géographique et historique, «notre patrie», il y en a une autre qui est faite d’intellectuels ou de gens du métier, qui sont très particuliers.Moi, personnellement, c'est mon cas.Parce que je suis justement immigrant permanent, je sais que ma patrie ce sont des hommes, très concrets, de partout, de Pologne, etc.Ça, c’est ma patrie.Je dois être loyal envers cette patrie, parce que ce sont des gens qui, même s'ils ont réussi ou s’ils n’ont pas encore réussi, endurent.Ils n’ont pas cédé, ils luttent encore.5 CONVOQUER LA MÉMOIRE N.D.L.R.: Ce texte a été écrit en septembre 1982, suite au 9e Festival québécois de théâtre pour enfants.Les réaménagements de Jeune Théâtre sont la cause de sa parution tardive.Nous le croyons toujours d'actualité et le présentons volontiers à l’occasion du 10e Festival québécois de théâtre pour enfants.BÉNÉVOLES DEMANDÉ-E-S On nous a souvent parlé, au Québec, de notre honteuse ignorance de notre propre histoire, de notre passé.Et il est vrai que, préoccupés par le présent, par une essentielle définition de nous-mêmes comme êtres dans le monde, par une réflexion fondamentale sur notre avenir politique et culturel, nous avons souvent oublié de mettre notre mémoire au travail.Nous mettons volontiers notre imaginaire, notre sensibilité â contribution.mais notre mémoire?Et pourtant, â ce que je sqche, nous n'avons pas plus que d'autres de méchants cadavres dans nos armoires! Pas plus que d’autres (moins encore?) avons-nous â éprouver de ces hontes individuelles ou collectives qui empêchent de trop remuer les fonds de tiroirs, les coins de greniers ou de caves! Et pourtant, on oublie vite, très vite.On en oublie même de se rappeler et, par le fait même, de s'inscrire dans une histoire.Serions-nous paresseux de la mémoire?Tenterions-nous de tout rattraper, y compris le passé, par la créativité et l’invention?Tenterions-nous, exercice difficile et à la limite de l’impossible, de remplacer la mémoire par la création?de faire fi du passé pour ne vouloir que le présent et l’avenir?L’exercice est périlleux, me semble-t-il, et aussi limitatif que l'exercice inverse qui consiste â se soumettre «respectueusement» au passé.Bien sûr, et c’est ce qui rend difficile le travail de la mémaire, an ne peut pas avoir tout vécu, c’est-â-dire avoir tout emmagasiné dans sa mémoire personnelle; il n’y a donc pas toujours d’équivalence exacte entre mémoire et expérience personnelle.J'avais, personnellement, 25 ans en mai 1968 et j’étais â Paris (par hasard?): j’ai donc une mémoire privée assez vive de certains événements qui se sont alors déroulés.Mais il en aurait été autrement (j’aurais eu 10 ans alors et j’aurais été en vacances â Matane) que ces événements auraient quand même eu lieu et que ma «mémoire» aurait eu à en être informée autrement (étant donné, bien entendu, que j’accorde une certaine importance â ces événements et que je seuhaite en tenir compte).Mais pourrais-je faire comme si ces événements n’avaient pas eu lieu parce que je ne les ai pas vécus?Ce serait là me fermer volontairement à toute une épaisseur d’expérience et de mémoire.J’en viens au théâtre.Là aussi la mémoire a un sens: mémoire qui me rappelle, bien sûr, ce que j’ai vécu, expérimenté directement; mémoire qui me «rqppelle» aussi ce qui a eu lieu, ce qui a existé hors de mon champ d’expérience personnelle et dont je ne puis, par le fait même, prendre connaissance que par divers intermédiaires (témoins de l’événement, livres, documents audio-visuels, etc.).Convoquer cette 6 mémoire des événements c'est inviter certaines incidences sur ma pratique théâtrale (de théoricienne ou de praticienne).Si ces incidences dérangent, c’est tant mieux: je ne réinventerai peut-être pas la roue.ou alors, si je la réinvente, je la ferai en ayant conscience de la réinventer et en sachant pourquoi je veux tenter de la réinventer.Autrement dit, les «anciens» ont leur mot à dire aujourd'hui, même si ce sont les «modernes» qui, en définitive, auront toujours le dernier mot.La mémoire peut informer l’ici et maintenant.L'ici et maintenant peuvent (doivent?) se vivre en perspective.Je n’ai pas, ici, à faire l’apologie des théoriciens ou des historiens du théâtre: ils ont leur raison d’être et leur entreprise est d’importance.Je me permets cependant de souhaiter que les praticiens du théâtre élaborent, cultivent, travaillent leur propre mémoire théâtrale.Pour que notre théâtre ait une histoire et se fasse dans l’histoire.Histoire des thèmes et des formes, des recherches techniques et de l'apprivoisement des signes dramatiques et théâtraux.Cette mémaire permettrait, me semble-t-il, de relativiser l’importance des «nouveaux maîtres» — qu’ils viennent d’Europe ou d'Amérique — et de leur donner la sensation d’entrer dans un théâtre en mouvement, dans un théâtre qui a déjà une épaisseur de vie et d'expérience.Convoquer la mémoire pour qu’elle se conjugue aux efforts du présent, toujours essentiels.Pour que notre théâtre «s’installe» dans la durée.Hélène Beauchamp O Dans le cadre du plan de développement du théâtre amateur, la question du regroupement des troupes en associations régionales s’est posée et depuis le dernier congrès de l’AQJ.T., beaucoup d’idées bouillonnent.Début juin, on a donc réuni autour d'une table ronde des représentants du Regroupement des gens de théâtre de la Côte-Nord, du Regroupement du Saguenay-Lac St-Jean, du Regroupement des artisans et artisanes du théâtre amateur de la Ville de Montréal et, de Québec, un représentant de l'ancien Réseau Théâtre-Plus.Peut-on favoriser le développement du théâtre amateur sans une forme de régionalisation?Comment tout cela doit-il se faire?Quel sera le rôle respectif de chacun des intervenants?Celui de l’AQJ.T., des regroupements régionaux et de la troupe?L’expérience des regroupements Le 10e Festival québécois de théâtre pour enfants battra bientôt pavillon.L’organisation demande votre collaboration essentielle et precieuse.Différents secteurs ont besoin de bénévoles: • logistique (décoration, maintenance) • communication (affichage, distribution) • technique (montage et démontage) • animation (travail avec les jeunes) Contactez Jean-Pierre Rivet au (514) 288-3722.Expérience attestée.«Choisir de s’arrêter» L’exposé sur la fermeture des Productions Bebelle (inc.) est disponible, sur demande, â l'AQJ.T.pour les personnes désireuses d’en savoir plus long sur cette affaire.Comme l’on sait, cette troupe de Sherbrooke a cessé ses activités il y a quelques mois et les raisons de cette décision sont expliquées dans ce document.régionaux déjà existants peut-elle aider â faire avancer la discussion?Croyant y voir un peu plus clair, nous découvrons que nous ne pouvons percevoir une tendance générale dans les actions posées par chacun.Prenez l’tour du Québec Sur la Côte-Nord, le regroupement s’est formé suite â des besoins de formation; on trouvait difficile de recruter des animateurs qui peuvent s’adqpter â la dimensian amateur surtout au niveau de la scénographie, la mise en scène, le décor.et aussi l'écriture.En organisant un festival â chaque année, an pouvait arriver â s’entraider et se former en mettant l’énergie et les ressources de 15 troupes en commun.Mais on craint que le gouvernement ne subventionne les regroupements au détriment des troupes.Au R.AAT.AM., la municipalisation du Les regroupements régionaux des troupes amateures au Québec deviendront-ils une réalité? loisir culturel ne serait pas étrangère à leur création.Les troupes se sentent isolées et désirent améliorer la communication entre elles.En même temps, par le regroupement, on réussit à diminuer les frais de la formation, à offrir un service d’échanges de matériel et même monter un festival, tout en protégeant les intérêts des troupes.Au Saguenay, on oriente le regroupement (qui est également composé de professionnels) d’abord vers des actions politiques en créant un groupe de pression.On cherche à s’assurer que les subventions sont équitablement réparties et que les municipalités prennent leurs responsabilités.A Québec, on cherchait, par l’intermédiaire d’un bulletin mensuel, d’un service d’échanges de matériel, d'un festival régional avec des ateliers, d aider le théâtre amateur d se sortir des diverses impasses qu’il lui arrive de rencontrer.Des professionnels s’offraient comme personnes-ressources et cette interrelation professionnels-amateurs a été la principale nature du regroupement.Des problèmes d’organisation et de relève, encore., seraient la cause du déclin des activités.À pied, à cheval ou en autobus.Les besoins sont divers et font bien voir qu’il n’est pas possible de créer une sorte de regroupement «modèle» qui servirait de base dans toutes les régions.On ne peut pas imposer une structure et a la rigueur, on ne peut même pas en proposer une.Celle-ci doit refléter les besoins de chaque région, et c’est la région qui est la mieux placée pour les connaître.Par contre, l’AQJ.T.pourrait aider les régions d se regrouper.Quelle devrait être cette forme d'aide?Ce qui importe avant tout, c’est de ne rien créer là où le besoin n’est pas encore senti, en imposant une structure artificielle.Il est ressorti très clairement de cette réunion que ce n’est pas une structure centralisatrice qui devrait se développer, mais plutôt en établir une où chaque regroupement serait «affilie» afin de permettre d’affirmer les différences régionales et d’éviter le nivellement.Évelyne Forget Nos calendriers ont subi un régime amaigrissant estival (probablement normal) et le Comité de rédaction invite les troupes professionnelles et amateures a nous envoyer à nouveau les renseignements sur leurs productions.L’automne revenu, les activités seront plus nombreuses et ce sera un plaisir de les publier.La formation dans le théâtre d’amateurs: rencontre de deuxième type Samedi 18 juin, rencontre sur la formation dans le théâtre d’amateurs convoquée par l’AQJ.T.afin de consulter le milieu pour mieux préparer son plan de développement à venir.Samedi ensoleillé, réunion de membres de troupes, d’animateurs et d’animatrices (une douzaine de personnes) qui ont vécu «la formation».Rencontre appréhendée de «pile» et de «face», amateurs versus professionnels; rencontre de deuxième type, les feux se croisent, on met sur table ce que l’on vit et ce que l’on veut vivre.Les réalités La formation jusqu'à maintenant se fait au moment (souvent retardé) où on est mûr.En fait, les troupes de théâtre d'amateurs ont peu d’expérience au départ.Certaines suffisamment permanentes, c’est-â-dire qui conservent un noyau assez longtemps, pourront aller chercher leur formation.Aller chercher c'est le cas de le dire; la formation vient rarement à elles, sauf en cas d’urgence («quand, en pleine production, on bloque sur un gros problème de mise en scène ou autre chose.»).«Lorsqu’on s’occupe intensivement de la production, on sent le manque de formation», ce qui amène les acteurs, actrices, metteurs en scène, souvent les mêmes — bref des hommes et femmes orchestres — â s’inscrire à des ateliers auprès d’individus ou de troupes professionnelles et aussi â développer de l'auto-formation.Car cette auto-formation est aussi une réalité du théâtre d’amateurs.Un membre s'inscrit à un atelier, suit un carrefour et revient dans son équipe avec un certain bagage â retransmettre, car chaque ressource est utilisée pleinement.Un autre aspect de cette formation éclectique et un peu éparse est le niveau des amateurs.Ce problème de niveaux se joue sur plusieurs tableaux.Comment intégrer un «nouveau» dans une troupe qui, elle, est rendue d sa troisième ou quatrième production?Comment, pour l’animateur ou l’animatrice, composer avec un groupe très inégal?Aller plus vite et perdre les moins avancés, ou le contraire?C’est une question qui relève de la qualité de l’animation vous direz?Et bien, la dispersion est une autre réalité du théâtre d’amateurs avec laquelle il faut compter.Des quatre coins de la province, de différentes provenances (le théâtre en milieu communautaire, en milieu scolaire, celui pour s'amuser, etc.), d'orientations diverses, tout ce beau monde (près de 350 troupes d'amateurs au Québec) travaille d'abord â sa production (en plus de leur travail quotidien); il reste alors peu de temps, peu de moyens ($) et peu de possibilités de se retrouver ensemble pour en apprendre sur la scénographie, le maquillage, la publicité, la création collective.et les aspirations .Peu de temps, peu de moyens mais la formation est pourtant essentielle.Le besoin de formation se fait de plus en plus sentir et les demandes émergent de toutes parts.Certaines troupes travaillent â long terme avec un-e professionnel-le comme par exemple les Délits Roses ou encore d'autres, pour ne citer que les Dérives Urbaines, ont développé leurs propres ateliers de formation.C’est ainsi une bonne façon de recruter de nouvelles personnes.La formation souhaitée, autant par les troupes que par ceux et celles qui la dispensent, doit s’organiser et être conçue dans le sens de la continuité tout en respectant les niveaux.Chacune des deux parties veut mieux connaître avec qui elle a â faire.Les animateurs suggèrent de créer, autant que possible, des niveaux régional et national de formation pour des groupes plus homogènes (resserrer les critères?former un atelier composé par une majorité de membres d’une même troupe?) et les troupes aimeraient connaître le type d'approche, la démarche pédagogique et la provenance des personnes engagées.Cette formation souhaitée devrait permettre d'aller plus en profondeur, les niveaux (local, régional et national) offrant une gradation dans les contenus d’ateliers et des perspectives de perfectionnement (formation plus avancée).Ces mêmes ateliers pourraient être plus interreliés.On éviterait ainsi de répéter des notions élémentaires dans un éventuel niveau II ou III.Les animateur-trice-s et les troupes souhaitent qu’il y ait plus de concertation entre les ateliers qui se donnent sur une même période de temps (carrefours régionaux, festivals).Par ailleurs, les participant-e-s ont signale que désormais une attention particulière devrait être accordée aux outils pédagogiques et aux possibilités de retransmission de connaissances.Les multiplicateurs potentiels sont nombreux et souvent ils retournent dans leur milieu respectif sans suffisamment connaître les techniques et les contenus d’exercices ou autres outils nécessaires.Cette rencontre, fort riche, aura permis de faire un bon tour d'horizon, nécessaire d l’élaboration du plan de développement au secteur d’amateurs, attendu pour l’automne.Marc Drouin Spectacles disponibles et/ou en représentation _ r ,, AD: Adolescents Troupes professionnelles tu™ L'ATELIER-STUDIO KALÉIDOSCOPE INC.Montréal (514) 933-2478 Les journaux (Théâtre intervention à base de manchettes de journaux) T CIRCUS Montréal (514) 527-1256 Dynamogénique (acrobatie, mouvement, jonglerie.) T COMPAGNIE DES ARTS EXILIO Montréal (514) 725-5704 ExiTlio in pectore extranamiento (performance théâtrale-musicale latino-américaine, présentée en espagnol et en français) 10 ans et plus LES ÉCHASSIERS DE LA BAIE Montréal (514) 277-6391/598-8822 La légende d'Alexis le Trotteur (spectacle musical et théâtral, sur échasses) T LE FROU-FROU Chicoutimi (418) 543-5545 La voie lactée E Ratatouille fait du jogging E Les quatre saisons de Tamarac (sur l’environnement) E LA GROSSE VALISE Montréal (514) 288-4700 Le bon, la vite et le plus lent (sur les différents types d’apprentissage â l'école) E 6-12 ans Moi c'est les nerfs (sur la surconsommation de médicaments) A Tempête à la bibliothèque (incitation à la lecture) E 6-12 ans THÉÂTRE DE BONNE HUMEUR Québec (418) 524-0090 Pas d'chicane dans la cabane (violence autour et chez les enfants) E 6-12 ans Carmen (adaptation théâtrale contemporaine de l’opéra de Bizet) A THÉÂTRE DE LA POURSUITE Sherbrooke (819) 567-1363 La belette bouquineuse E THÉÂTRE DE QUARTIER Montréal (514) 845-3338 «Théâtre instantanné et interventions» (sur demande) Qui a raison?E 5-12 ans THÉÂTRE DE RUE La foire en fou (masques, marionnettes géantes) T Samedi 20 août 10:00 DÉJEUNER SUR L'HERBE 20:30 LECTURE/SPECTACLE «Assez grand, ou trop petit?.(Pavillon Calixa-Lavallée) THEATRE DU SANG NEUF Sherbrooke (819) 567-7575 PATCH, et combines (comédie d'intrigues politiques) T THÉÂTRE ENTRE CHIEN ET LOUP Deauville (819) 864-9569 Effata ou les p'tits pois de Danielle Dussault, A THÉÂTRE LA CANNERIE Montréal (514) 527-1738 C'est-tu comme ça chez vous?E Graffiti Blues A J't'en passe un papier A THÉÂTRE SANS DÉTOUR Québec (418) 522-0419 Pour le meilleur ou pour le pire (forum sur la condition féminine) A !OièmcFESTIVAL QUÉBÉCOIS DE THÉÂTRE POUR ENFANTS Volet Carrefour 20:30 BILAN CONTINU • Mime-Stop • Théâtre des 3 P'tits tours • Théâtre Vagabond Gilles Philippe Pelletier, animateur (Pavillon Calixa-Lavallée) MIME-STOP (Montréal) 522-6366 Le jardinier (Mime Zérox) (version intégrale ou abrégée) T LE PARMINOU Victoriaville (819) 758-0577 Bonne crise Lucien, Luc, Lucille et les autres (sur la crise) A La dernière France d'Amérique A Moi c’est pas pareil.y’ travail le A Le milithon A Les femmes et les pensions A -À** LA PIGE Â CLOWNS Montréal (514) 521-1011 A l'eau mes héros (clowns) E 2-10 ans PINCE-FARINE Ste-Anne-des-Monts (41 L'été des carcasses A ECU LE Dimanche 21 août 10:00 PANEL ET DEBAT sur l’écriture en théâtre pour enfants Lorraine Hébert, animatrice (Local 1475, Pavillon Lafontaine) 16:30 ATELIER PRODUCTEURS: Critères de programmation (Pavillon Calixa-Lavallée, 2e étage) Lundi 22 août 10:00 RENCONTRE/Théâtre du Point du Jour Lise Gionet, animatrice (Local 2085, Pavillon Lafontaine) ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ASSITEJ (Local 2085, Pavillon Lafontaine) BILAN CONTINU • Théâtre de l’Oeil • Théâtre Petit à Petit • Théâtre l'Arrière-Scène Gilles Philippe Pelletier, animateur (Pavillon Calixa-Lavallée) LA RUBRIQUE Jonquière (418) 542-5521 Belle morale (sur la santé et la sécurité au travail) A Un héros, des zéros, changeons les numéros E 8-12 ans Mardi 23 août 10:00 RENCONTRE/La Pomme Verte Lise Gionet, animatrice (Local 2085, Pavillon Lafontaine) 15:00 DEBAT 1/Bilan de dix ans de théâtre pour enfants Michel Brais, animateur (Local 1475, Pavillon Lafontaine) Mercredi 24 août 20:30 RENCONTRE/producteurs invités des États-Unis et du Brésil A confirmer Jeudi 25 août 10:00 RENCONTRE/Théâtre Isocèle Lise Gionet, animatrice (Local 2085, Pavillon Lafontaine) 15:00 DÉBAT ll/Le théâtre pour enfants au Canada en collaboration avec l'Assitej Michel Brais, animateur (Local 1475, Pavillon Lafontaine) 20:30 BILAN CONTINU • Théâtre du Bourg • Théâtre de Carton • La Fenêtre Ouverte Gilles Philippe Pelletier, animateur (Pavillon Calixa-Lavallée) Vendredi 26 août 10:00 PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT EN THÉÂTRE POUR ENFANTS Hélène Castonguay, animatrice (Local 2085, Pavillon Lafontaine) 15:00 BILAN FINAL/10e Festival québécois de théâtre pour enfants Michel Brais, animateur (Local 1475, Pavillon Lafontaine)
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