Jeune théâtre, 1 octobre 1983, Octobre - Novembre
Bulletin des membres de l'Association québécoise du jeune théâtre SPÉCIAL 10e FESTIVAL DE THÉÂTRE POUR ENFANTS Les lunettes à Dumas et à Poissant N.D.LR.Nous avons demandé à deux festivaliers à plein temps de nous donner leur vision du 10e Festival.Ils ont mis leurs lunettes bien particulières.Voici le résultat.Un film sur le festival (Il s’agit du 10e Festival québécois de théâtre pour enfants et non du Festival des films du monde).Pourquoi s'imposer, en trois feuillets double interligne, de faire le bilan objectif d'une manifestation aussi complexe qu'un festival.Celui que l'AQJ.T.a organisé avec l'imagination et la simplicité qui la distingue de plus en plus dans le paysage théâtral québécois.Oui, vraiment, pourquoi?Alors que les principaux intéressés ont commencé de le faire le vendredi 28 août et qu'ils ont convenu de poursuivre ce travail de réflexion frés prochainement.Mon travail à moi n'est-il pas d’être spectatrice?Je reprendrai donc ici mon rôle et laisserai le film de iévénement se projeter dans ma mémoire.Cette mémoire me renvoie avec fidélité certaines images mais raconte aussi des histoires qui se jouent de la réalité.Le réel et la fiction s'entremêlent dans un jeu d'écho et de miroir.Comme au théâtre.Mais, je suis au cinéma, le montage me permet toutes les libertés.Il y a bien un début, un milieu et une fin.Faut voir dans quel ordre! Ça commence d la presque fin du festival.Sur le gazon.Plan général d’une foule assise par terre.Quelques hurluberlus chargés de sacs à déchets brisent le ronron d’un spectacle de clôture et la saute allègrement.Mille ballons roses et blancs libérés des sacs d ordures imposent le silence.Forcent le regard d décoller du sol.(Tiens, ici l’image a le droit de cité, on ne se demande pas si c'est pour enfants seulement.) Fondu enchaîné.Le même ciel, sept jours plus tôt.Un ciel sombre illuminé soudain par une lumière digne des nuits américaines.Puissance de la lumière, modulation.Et ça craque et ça pète le feu.Ah!! Oh!! On crie, je (?) crie.(Est-ce vraiment seulement pour les enfants?) Rue Cherrier, quelques heures plus tôt.Plongée.Une parade se fraie un chemin dans l’agitation des courses du vendredi soir.Les badauds sont là.Ils rient.Pour rien, craignent-ils.Pourtant.Quand le théâtre regarde la parade où est le théâtre?Les personnages masqués fixés aux balcons ne sont plus étrangers au spectacle.Ils sont dans l’étrange familier sans lequel le théâtre n’existe pas.Quelqu’un écrit dans une fenêtre avec de la neige en bombonne.TRANSPOSITION.Fondu au noir.Chasse d’eau.Claquement de portes.— Pis, comment c’était?— Comment, comment c’était?T’étais pas lâ?ü! — Moi, plus jamais.Pas capable.Fini.Saturé.— C’est vrai, c'était plate, même moi j’étais plate.— Tu vois?— Alors, la confrontation (suite page 2) Vers l’automne Qu'est-ce que je ressens au sortir de ce 10e Festival?Outre la fatigue, commune â tout festivalier (diantre que les gens éprouvent une complaisance certaine à s’en plaindre.moi le premier), outre une multiplicité de points d’interrogation et d’exclamation en suspension dans ma matière grise et grisée (qui suis-je, où vais-je, avec qui, â quoi ça sert, les enfants me comprennent-ils?.), outre la persuasion que les intervenant-e-s en théâtre pour enfants sont des passionnés en marge du mouvement culturel actuel, je ressens au sortir de ce 10e Festival l'envie profonde d’aller vers l’automne sans rencontrer les monstres mous.Connaissez-vous les monstres mous?En général, trop mous pour être des monstres, les «dits» monstres mous sont des commentaires qui vous chatouillent l'esprit, et le dos, et les pieds, au point de vouloir les écraser.Mais ils ou elles rebondissent.Ils ou elles sont des paroles ou des visages qui ne s’aplatissent jamais.Puis ils se transforment en bavardages, carrés, froids et unidimensionnels qui réduisent l’esthétique au «beau et laid».Et soudain, lorsqu'ils sont alcoolisés, les monstres mous deviennent des enfances â redéfinir.C'est la grande léthargie de la mémoire sensorielle.Qu’est-ce qu’ils disent, les monstres mous?Ils disent: «c’qui compte, c’est moi, tu-suite, lâ, c’est d’même pi c'est toute».Puis quand ils réfléchissent le lendemain, ils changent d'idées; les monstres mous durcissent ou ramolissent.Remarquez que je déforme leurs paroles (comme eux se déforment), car les mous monstres ont un langage plus châtié mais moins précis parfois que « l’âmbulante » déambulante qui suait son plaisir à colorer les espaces verts.Ça, c’était beau.Parfois nono mais beau.Les monstres mous sont doux au fond.Ils ne tuent personne.Seul le chat d’Étienne est mort dans ce festival.Il a ressuscité le drame et j’ai mordu.Comme j’ai mordu dans la pomme verte.Jûteuse.D'autres ont mordu â Arture, moi je l'avais déjà vu.Et j’ai pris un train belge qui ne m’a pas fait dérailler du tout.J’y ai plutôt reconnu les vieilles recettes européennes, propres, l'insolite des années soixante aux émotions culturelles.Et j’ai regardé dormir Ombrelle doucereusement, un peu trop, puis j’ai vu poindre le jour, froidement, comme un dimanche plate d’hiver (c'est d’ailleurs apparemment ce qu’il fallait sentir.boff!).C’était quand même un festival plein de travaux et de passions.Il y avait des spectateurs et des faiseurs d’images.Moi je planais même si parfois la montgolfière ne décollait pas.Et il y a ceux qui ont pensé le festival pour que les festivalier-ière-s puissent penser.Et il y avait des monstres mous.Pas les mêmes.Pas vous.D’autres.Invisibles.Et drôles.Ils étaient sur scène et ils perdaient la tête.Aussi, aussi, il y avait aussi aussi des journalistes.Et il y avait ceux qui n’ont pas vraiment envie de journalisme mais l'envie profonde d’aller vers l’automne sans rencontrer de monstres mous.De toute façon, je n’en ai guère le temps, je dois réfléchir, créer, bouger.Claude Poissant Un film entre praticiens?— Euhhh.(Bien sûr, la création passe d'abord par la confrontation avec soi-même mais pourquoi cette méfiance envers la parole.Impuissance?) Sur ce dernier dialogue, des images.Des mines d'adultes patibulaires autour d’un grand cercle.Des dos courbés sous le poids des thématiques et des questionnements pédagogiques.Des crayons agressifs (gros plan).Des tentatives héroïques.Parfois un malaise passe.En surimpression sur l’image du malaise; un écran cathodique géant.Zoom in sur des articles de journaux qui y apparaissent.Des enfants entourent l’appareil.Lisent les articles et crient chououou.Ils s’emparent du matériel didactique et mitraillent l'écran.Le clavier crépite.Ça regimbe.Des auteurs assistent à la scène, muets, des comédiens citent à haute voix les textes des enfants qui apparaissent sur l’écran: Arrêtez de nous regarder.La paix.Moi, je hais les sondages d'enfants.Avez-vous confiance en votre théâtre?À quoi ça sert le théâtre.Ça ne sert rien.Je veux penser ce que je veux penser.(Un adulte reprend le contrôle du clavier).Il écrit au sujet de l’enfant militant et de la crise des thématiques.Je pique une crise.Brrr.Violent tout ça.C’est la révolution technologique.Gros plan sur les doigts sur le clavier de l’écran cathodique.Fondu sur une main tenant fermement une craie.Une salle d’adultes très animée.En fait, c’est le bilan, enfin, le début du vrai.C’est encore la presque fin du festival.Ça murmure, ça affirme, ça respire, ça sourit.Émotion, espace, projet personnel, liberté, art, théâtre.Très doux à l’oreille.Tous en conviennent.Coup de claquette.Travelling rue Calixa-Lavallée, deux ils sont, ils marchent.Sourcils froncés.Le Devoir sous le bras.— Jouvet, Jouvet! Qu'est-ce qu’il vient faire dans notre festival?— Ouais, bonne question.Silence.(Plouf).On reprend.Claquette.Deux ils sont.Visages détendus.— Jouvet, Jouvet.Ouais, Jouvet a beaucoup dit, «sur», «à propos» et «autour» du théâtre.— Mmmm.— Des choses très choquantes comme.sur le comédien par exemple: «sa nature et sa vocation sont d’être vide et creux, disponible, accessible, vacant, habitable (.) Mais s'il s'agit de penser, de parler ou d'écrire, le comédien est livré â lui-même dans son néant.» — Choquant, en effet! — Mais d'autres, sublimes comme: «la règle du spectateur est de subir l'oeuvre avant de la comprendre».—!!! Et celle-ci, â mettre â tout prix sur la prochaine banderole: «l’usage véritable d’une pièce de théâtre est d’y réchauffer son corps et son coeur».— !!! Fondu au noir.Vue de la lune: la terre.Zoom in à une vitesse prodigieuse.Dans un champ — choisissez — de vaches, d’action, d’usines.Un adulte et un enfant sont ensemble: le premier écoute l'autre qui lui lit l'annuaire téléphonique de son inconscient dans sa langue personnelle.Une musique.L'adulte qui chante faux parfois, rit maintenant très souvent au son de sa voix II en est quitte pour la peur en scène.Mais les deux s’en fichent.Ils partent ensemble au théâtre.On y joue: Le spectateur, ce créateur, c’est une pièce dont on dit tant de choses.Hélène Dumas LE MOT DE PASSE: MARIONNETTE Québec, vendredi 15 avril.L’auto fonce â vive allure.Au coin de Quatre-Bourgeois les pneus crissent.Charles ne peut arriver en retard.Les ordres sont clairs: Pavillon de Koninck, Université Laval, avant 19h00.Mot de passe: «Marionnette».18h50, il pleut! Charles gare sa voiture hors de la vue, se couvre avec le col de son veston et se précipite vers l’entrée du pavillon.Tout juste le temps de reprendre son souffle.Ne pas être remarqué, ne pas soulever de suspicions se répète-t-il.Il se faufile entre les gens nombreux 250 participants apprendra-t-il plus tard.Seules données de sa mission: une table, une femme, Louise.Un mot clef: « Marionnette ».Il guette et surveille les allées venues.Une femme, Louise.Son flair le guide vers l’entrée du local d’accueil.Elle l’attendait, nous l’avions prévenue.Elle lui glisse une enveloppe (sa missive?!) et.un sourire.A l’abri des regards, dans un petit coin tranquille, Charles déchire fébrilement l’enveloppe.Une feuille de route, un plan, des détails.Sa mission durera deux jours; ouvrir l'oeil et faire rapport sur tout ce qui pourrait sembler louche.ou intéressant pour l’agence.Ce qui pourrait sembler louche?Sur sa missive on indique que l’Association québécoise des marionnettistes est mêlée de près â l’intrigue.Il apprendra en fait qu’ils sont les instigateurs de toute l’affaire.Sa tâche ne sera pas facile: choisir parmi les 16 ateliers offerts au colloque, s’inscrire, sous un faux nom bien sûr, être partout, ouvrir l'oeil et faire rapport.Louche?Il repasse sa feuille de route et en analyse méticuleusement les données.21h00, ouverture officielle.L’ambiance détendue du cocktail d’ouverture et la musique du quatuor de saxophones permettent à Charles de surprendre les conversations.Il apprend que le PPMF est impliqué dans l'organisation et que l’Université Laval est aussi dans le coup.La stratégie est élaborée depuis près d’un an.L’inquiétude s'empare de Charles.Il n’était pas conscient de l’importance de sa mission.Même le ministère des Affaires culturelles est de la partie.Que se passera-t-il le lendemain â 9h00.Tout peu arriver.Samedi Charles n'a presque pas dormi.Il a tenté d'élucider la question de maintes façons.Louche?8h00.Nombreux sont ceux qui s'affairent déjà â préparer les locaux Charles rôde.Il se glisse furtivement d'atelier en atelier, prenant même le risque de déroger â sa présumée inscription.Cela valait le coup.Une chose semble maintenant sûre: il a affaire â des pros du métier.Cela se corse.Mot de passe: «Marionnette».Ouvrir l’oeil.Louche?Le nouveau mot d'ordre sera: «ne manquer aucun des ateliers.» — Vous êtes journaliste?Charles sursaute.— Non.Non.— Alors pourquoi prenez-vous tant de notes?Vous êtes enseignant, animateur en loisirs, marionnettiste ou parent?— Non, je.je.je suis intéressé par la marionnette.Sa réponse semble suffire.Sa voisine d'atelier retourne son attention vers l'animateur.Pour un instant, Charles avait craint qu’on le découvre, qu’il allait perdre des plumes en acceptant cette mission.Il souffle et note: «Il existe un besoin réel d’information sur la marionnette.La présence ici de 250 personnes l’atteste.» Il est désemparé.La soirée du samedi n’arrangera pas les choses.L'atmosphère est â la fête.Il n'y comprends plus rien.Dimanche La journée du dimanche confirme â Charles les faits récoltés le samedi.«La pertinence et le professionnalisme des ateliers offerts semblent bien répondre aux attentes des gens.» — il conclut — «Un intérêt croissant est â craindre.» Il est maintenant impatient de faire son rapport au chef.Il s’introduit à l'exposition de marionnettes et y relève la présence suspecte de 260 personnages.Louche?Elles semblent provenir de tous les coins du Québec.Il les retiendra â titre de pièces â conviction.Salle de projection de films et de vidéos sur la marionnette sont de nouvelles preuves qui rendront son rapport «brûlant».Il a même saisi une liste des marionnettistes offrant des ateliers sur ce sujet au Québec.Il les tient.Ils n'ont plus aucune chance.Son point de vue est clair et son rapport sera ferme et sans équivoque: «La marionnette connaît actuellement un essor remarquable, je dis bien un essor remarquable.Par le taux d'assistance et l’intérêt des participant-e-s, il est plus que probable que ce mouvement prenne de l’ampleur.Nous vous prévenons qu'une telle situation pourrait se répéter dans deux ans.Soyons sur nos gardes.» Presqu’au terme de sa mission, Charles arpente les corridors du Pavillon de Koninck à la recherche de quelques derniers indices. Editorial Où va le théâtre pour enfants?Après le 10e Festival québécois de théâtre pour enfants, on peut maintenant tracer un portrait de ce qu’a été et de ce qu'est maintenant le théâtre pour enfants au Québec.On peut même se risquer à quelques projections en avant: Festival charnière, festival synthèse, le 10e aura été, â mon avis, le moment où on se ressaisit, celui où on reprend son avenir en main après certaines hésitations dues principalement à l’épuisement qui a eu cours ces derniers mois.Vers où ira le théâtre pour enfants?Sûrement vers une explosion de genres, de formes, de projets artistiques.Témoin privilégié, depuis quelques années, de la production québécoise pour enfants, l’uniformité (certes relative mais quand même réelle) des spectacles des différentes compagnies (dans la stylisation proposée, la scénographie, les modes narratifs retenus, le style de jeu demandé aux comédiens, etc.) m’avait frappée dès le début.Il n’est pas toujours agréable de reconnaître ses «faiblesses».Mais comment faire autrement, si on veut réellement les dépasser?Voilà donc proposé un nouveau défi, alors que les anciens (se forger un réseau de diffusion â la grandeur de la province, par exemple) ne sont même pas encore concrétisés, réalisés.Est-ce â dire que tout ce temps passé, nous étions sur de fausses pistes?Qu’il faut mettre de côté tout le travail consistant â aller «consulter» notre public cible, c’est-à-dire les enfants?Éliminer radicalement toute notion de travail collectif pour ne plus parler que de spécialisation, d’expression personnelle des artistes?Oublier tout projet social qui nous faisait serrer les coudes et ne rechercher que le projet personnel?Ce serait, évidemment, nier tous les acquis des 10 dernières années.Revendiquer la différence (et le droit â celle-ci tant au niveau des pairs que des acheteurs) c’est d’abord et avant tout reconnaître que le milieu du théâtre pour enfants s’est donné des bases solides, qu’il s’est doté d’assises qui devraient permettre d’aller plus loin.Mais «aller plus loin», qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire?Jusqu’à un certain point, pas grand chose.Et cette «expression personnelle de l’artiste», qu’est-ce que c’est que ce nouveau «dada»-là?S’exprimer dans un gymnase, 250 matins par année! Allons donc.Personne, ici, n’a de formation d’acrobate.Aller plus loin, c’est sûrement s’accorder le droit à l'erreur, à l’audace.Certes la facture est parfois lourde de conséquences, mais comme chacun-e sait qu’il faut éviter la recette.C’est aussi explorer de nouveaux créneaux de communication.Nous avons été de ceux et celles qui ont revendiqué une nouvelle conception de l’enfance et de son rôle dans notre société, il ne faudrait pas déjà figer nos découvertes.C’est finalement raffiner, peaufiner nos méthodes de création et se donner le temps.Tout ceci passant par l’acquisition de nouvelles techniques, par la discipline.C’est à travers cette exigence de discipline (exercice que nous connaissons 16h00.Il aurait pu éviter la rencontre de clôture.Quoiqu’il n’ait rien trouvé de louche a ce colloque sur la marionnette, plusieurs arguments serviront à son rapport.Le chef sera content.Tout à coup, brutalement, il arrive face à face avec.Louise.Si près de la fin de son devoir, serait-il voué à l’échec, serait-il fatalement démasqué?Elle fait quelques pas vers lui.— Merci d’être venu.Elle lui offre un dernier café et.un sourire.Pierre Tremblay Informations: Association québécoise des marionnettistes, C.P.7, Suce.Delorimier, Montréal H2H2N6 r^- Voici une historiette composée à partir des images suggérées dans le programme du 10e Festival.Elle est de Johanne Veilleux (Hôpital Ste-Justine).« Il étaient une fois dans une maison hanter, des scelets qui volaient dans les hers, des rateaux déguisé qui se promenaient dans la maison, mais tout à coup, un robot qui commence à bouger dans la maison et la boule magic qui parle des mauvais esprits, fin.» Louise LaHaye, lors du 3e Colloque de théâtre pour l’enfance et la jeunesse.Photo: Éditeur officiel du Québec.tous déjà fort bien, la preuve étant que nous avons su survivre à travers les difficultés des dernières années) que s’éclairent, pour moi, les termes d’expression artistique personnelle, de projet collectif, d’ailleurs dans la création et que j’imagine qu’on peut aller encore plus loin.Et c’est là que nous saurons conserver notre différence de «Jeune Théâtre», donc notre spécificité, tout en sachant maintenant intégrer les éléments du théâtre, le «vieux», celui qui reste à faire.Louise LaHaye AQ.J.T.Jeune Théâtre, volume 11, numéro 3 août-septembre 1983 Comité de rédaction: Marc Drouin Evelyne Forget Linda Provençal Lib Spry Coordination: Marc Drouin Graphisme: Luc Mondou Typographie: Compo Em Inc.Impression: Imprimerie Bourget Jeune Théâtre est une publication de l’Association québécoise du jeune théâtre, société ayant siege social et secrétariat au 426 rue Sherbrooke est.Montreal, H2L 1J6, téléphoné: (514) 288 3722.Dépôt legal: Bibliothèque Nationale du Quebec, numéro D715158.Les opinions publiées dans Jeune théâtre sont assumées par leurs auteurs et n’engagent pas la responsabilité de l’organisme.Ce numéro a été tiré a 800 exemplaires.3 La fête dans le parc: -0u\eUï^ \esc 10t Commentaires »inU •inn con^ SU.» b"° «L’âmbulante est là pour vous dire que le festival est commencé.Parc Lafontaine toute la semaine, c'est le 10e bienvenue.J'aime le théâtre, c'est la fête, l'ambulante tous les jours est un jeu.».(chanson thème de l'équipe d'animation 1983) Une équipe, l’âme ambulante du festival, formée d'artistes / animateur-trice-s, (soutenue par un avant-projet du comité de théâtre pour enfants) saute d pieds joints dans le Parc Lafontaine.— «Allez-y, il faut que ce soit la fête en permanence, un incessant roulement d’activités et d’événements plein air.» Le programme d’animation élaboré quelques semaines plus tôt et finalisé.quelques jours plus tôt donne peur et envie d la fois.Un nombre impressionnant d’idées, de jeux, de surprises, d’artistes invités, de projets inusités.On souhaite la fête éclatée, le public heureux et participant, les enfants au comble de leurs attentes et forcément.une température clémente! Le soir d'ouverture.: tout le monde s'avance dans la clairière, hésitant.Tout est plus ou moins d l’essai, depuis le programme en passant par la réalisation technique jusqu'à la présence active des enfants.Et depuis le moment où la parade d’ouverture envahit le parc, celui-ci ne cessera pas de s’activer comme une mer de pleine lune.Il y aura un dimanche de marée haute avec des milliers de gens déferlant autour du maquillage, des parachutes trop grands ou d'une montgolfière hésitante.Puis une journée de pluie d la marée basse de quelques enfants regroupés sous le chapiteau d fabriquer des fleurs en papier ou un cheval géant.Puis d’autres débordements au son des rallyes et d’autres apaisements aux allures de journées trop chaudes.— «Voici une autre édition de l’âme parlante, la radio du festival, la voix du parc.» À bien écouter, d bien y regarder, que s’est-il passé sur ce terrain pas trop vague?— Une île Ste-Hélène en miniature?» Non, non et non, rien d voir, d l'autre bout d’un autre monde.— «Un off festival?» «off» quoi?Au contraire, tout était «in, hot, high», pas à câté mais dedans.— «Un festival parallèle alors?» Mais non, c'était justement autre chose qu'un festival.— «Lise Roy, vous qui avez foulé le Parc Lafontaine de vos pieds, de vos mains et de vos idées, dites-nous clairement: que s’y est-il passé?» Un événement.non.plutôt: des événements! Dispersés, voulus, spontanés, entassés, rushés, flyés, déguisés, orchestrés, sympathiques, manqués, organisés.de toute beauté! Des enfants s’approprient les trottoirs pour les colorer d la craie; d'autres attendent impatiemment la finale du feu d’artifice ou les billets de théâtre tirés au hasard des participant-e-s des rallyes.Des enfants se maquillent d n’en plus finir, 4 hurlenf de rire en jouant au chat et d la souris grâce aux parachutes prêtés.Des technicien-ne-s travaillant-e-s nous offrent des sacs verts remplis de ballons roses.Des familles envahissent doucement les tables à pique-nique tous les midis.Des parents bercent en cadence leurs enfants au son des petites fanfares.Les walkies-talkies de la permanence s'agitent pour que les enfants de la rue visitent le zoo et se promènent en pédalos gratuitement.La radio prête ses micros et se laisse prendre d’assaut par les enfants anxieux de chanter et de dire.Cette semaine là m’a semblé témoigner du besoin aigu de la «fête-événement».Non pas celle qui pousse bêtement à la consommation plate et passive de spectacles d peine écoutés et de liqueurs mal digérées, mais le besoin réel de la fête troublante, dansante, vivante.Celle aux allures de happening organisés, de spectacles improvisés, d’activités où Ton joue différemment de la ruelle, où Ton dessine autrement qu'à la garderie, où Ton chante plus fort qu'à l'école.Est-ce possible qu’un festival aux objectifs clairs et sérieux doté d'une organisation mûrie et efficace provoque et donne naissance d cela: la fête, Textra-quotidien vécu d l'air libre.?Oui! Et puis.non,.il ne faudrait pas que le parc soit récupéré par une vaste machination appelée animation où tout serait a ce point encadré que la spontanéité aurait l'air d'un maquillage emprunté.Non.il ne faudrait pas que cette semaine se vende au prix de se retrouver commercialisée en parc d’amusement bondé et anonyme.«J'aime le théâtre, c'est la fête.»: pour permettre d l’imaginaire des enfants de pouvoir s'ébattre en dehors des cadres établis, pour provoquer les adultes d jouer, pour initier les parents d autrement que les «enfants-en-laisse», pour stimuler le grand public d une présence inventive et choisie.Que le festival de théâtre pour enfants permette pendant une semaine la folie des temps présents en offrant des moyens possibles pour la réaliser, non pas pour se retrouver malheureux-euses et dépaysé-e-s de retour d sa réalité.Mais peut-être pour saisir intuitivement que des enfants et des plus grands en possession de leurs forces créatives et conscientes, cela représente réellement une arme audacieuse pour la transformation.L'an prochain.il y aura peut-être des vaches à traire dans le parc, un rallye de patins d roulettes, un hélicoptère donneurs de tours,.de toute façon, il y aura surtout des enfants.Lise Roy Chaque création est un produit différent qui contient ses valeurs, ses intentions et ses intuitions artistiques propres.Il serait de très mauvais goût de vouloir fondre dix intentions artistiques différentes en un seul moule au nom de «l’Art théâtral».De toute façon, la personne qui oserait s’imposer critique de cette manière serait considérée dangereuse pour le développement du théâtre.Entre cette critique prétentieuse et le silence poli, pleins d'arrière-pensées critiques la plupart du temps, il existe plusieurs manières d’élaborer et de concevoir une critique constructive.Toujours difficile d faire, elle nous aide comme praticien-ne-s de théâtre d mieux nous situer et nous faire avancer dans nos recherches.Le 10e Festival de théâtre pour enfants, pour ses trois rencontres de bilan continu reprenait la formule du 15e Festival à Québec.Des intervenant-e-s préparé-e-s lancent, par leurs observations et commentaires sur les spectacles, le débat au coeur de la critique, allant au-deld du «j’ai aimé ou pas».Le mot d’ordre donné aux intervenant-e-s préparé-e-s était de poser des questions dans le but d’ouvrir les débats et de nous permettre d’entrevoir des perspectives nouvelles par rapport aux spectacles présentés.Le débat lancé sur les bonnes questions nous permet de cerner plus rapidement les aspects esthétiques et les choix artistiques en rapport avec les contenus des spectacles.En faisant le tour sommairement des trois soirées bilans où neuf troupes ont soumis d la critique leur travail, on peut dire, sauf quelques égarements sur le contenu de certains spectacles, que nous avons réussi d garder le débat sur la théâtralité.À peu près tout a été questionné: la mise en scène versus le texte, l’écriture dramatique et les différents niveaux de langage, la marionnette, le mime, la scénographie et la musique.Le jeu, par contre, a encore une fois été délaissé par la critique.Est-ce par manque de moyens de décrire le jeu de Tacteur-trice ou bien est-ce une susceptibilité trop forte de la part des comédien-ne-s qui ne permet pas d’observations critiques sur cet aspect essentiel de la théâtralité?L’un entraîne peut-être l’autre.Le manque d'articulation d’une critique propre d décrire le jeu nous amène souvent dans une vision trop subjective qui nourrit cette susceptibilité.Évidemment, on ne s'impose pas critique mais on a souvent quelque chose à dire sur un spectacle, que ce soit au niveau du «feeling» ou d’un point de vue plus intellectuel.Il faut que les soirées bilan gardent une place d toutes interventions possibles pouvant éclairer un débat, et quand j’ai rien d dire, je me tais et j’apprends par l'écoute.Il faudrait aussi se questionner sur notre difficulté d décrire les spectacles qui nous arrivent d'ailleurs.Lors d’un festival, passer d côté d’une critique positive équivaut peut-être à prendre un retard dans une démarche théâtrale; il suffit d'en profiter.Cette formule de bilan continu à interventions préparées n’est pas magique, mais elle permet du moins que plus de choses intéressantes se passent.Évidemment, il y a encore place à l'amélioration et nous sommes très ouverts à vos commentaires critiques pour le futur; le croiriez-vous?Gilles Philippe Pelletier Théâtre Sans Détour, Québec Animation du bilan continu Un producteur au Festival eafre P°Uf enfant Le 10e Festival de théâtre pour enfants m'a semblé prendre une certaine tangente en démontrant un intérêt pour le producteur de théâtre pour enfants.C'est, selon moi, la première année que l'on s’occupe autant de nous, premièrement par des ateliers plus spécifiques, deuxièmement par un cadre de rencontres qui nous permet de prendre contact avec les différentes troupes et enfin, par le bon accueil général que l'on nous fait.Un festival au Parc Lafontaine pour les enfants de Montréal, du beau temps, beaucoup d'enfants, mais aussi beaucoup de gens d’en dehors intéressés à venir assister à ces spectacles dont plusieurs spectacles venus d’outre Atlantique.Peut-être un peu moins d'exclusivité que les années passées, mais une qualité certaine nous a été présentée durant cette semaine du Festival de théâtre pour enfants.Personnellement, j’ai déploré la présentation de trois spectacles aue nous avions déjà vus en région; évidemment, tout cela limite notre choix pour l'avenir.Mais j'ai apprécié énormément la qualité de spectacles de Belgique et de la France et, de plus, ceux-ci peuvent possiblement être disponibles pour des tournées au Québec, ce qui deviendrait très intéressant pour les échanges.Nous pouvons conclure quant au contenu que le fetival n’a pu, cette année, nous présenter des exclusivités.La qualité était égale aux années passées car pour avoir assisté aux quatre derniers festivals de théâtre pour enfants, nous ne sommes jamais déçus de la diversité des spectacles qui nous sont présentés, pour le grand intérêt des enfants et pour nous aussi.J'ai apprécié le bilan où nous faisions l'évaluation des spectacles.Je pense que tout ceci était très positif même si c’était critique; les auteurs et les troupes en retireront profit.J’insiste sur le fait que l’on a mis de gros efforts pour mieux accueillir les producteurs, par un accueil plus marqué que les années passées.Évidemment, l’accès aux spectacles nous était quand même facilité, comme ça l’est depuis l’existence des cartes-festivalier.J'ai vraiment senti que l’on s’occupait de nous, peut-être est-ce Id coincidence parce que j'avais un petit exposé â faire?Je crois que vraiment l’organisation du Festival québécois de théâtre pour enfants a l'intention de favoriser ce contexte de marché où il doit y avoir une relation entre les troupes de théâtre et les producteurs.C'est dans ce sens, je pense, que l'on doit provoquer des rencontres avec toutes les troupes possibles car il est évident que chacune ne peut présenter un spectacle.Nous devons avoir l’occasion, lors de notre séjour â Montréal, de négocier avec les responsables des troupes et surtout d’échanger avec ceux â qui on parle régulièrement au téléphone et que l’on ne voit que rarement.On pourrait donc mettre en place une espèce de processus de contact ou de salle de rencontres qui favoriserait tout ce marché potentiel qui existe en province.Aussi, comme producteur, nous avons vraiment été déchirés entre la participation â un événement qui a eu lieu â la ronde le printemps dernier et le Festival québécois de théâtre pour enfants.Je pense que l’on devra régler ce problème où il y a partage dans l’exclusivité des spectacles, car nous, producteurs, nous ne pouvons assister aux deux, en raison des coûts trop élevés.Donc, dans l’ensemble, ce 10e Festival a atteint son objectif premier qui était de créer au Parc Lafontaine une fête populaire pour les enfants, car il y en avait de la couleur dans ce parc! L'autre objectif qui était d'intéresser les acheteurs au théâtre pour enfants a aussi été atteint en partie, ce volet étant encore â développer pour favoriser la tournée et la vente des productions théâtrales québécoises pour enfants.Louis Landry Ville de Rimouski Les spectacles éS 6® i'ev Vus Par.Dimanche 14h15.Pourquoi l’image ne me séduit pas?Pourquoi je ne ressens ni le goût, ni la curiosité d’en savoir davantage?Où est le conflit et quel est-il?J’adore le moment suggestif, l'image implicite, je déteste le point sur le i, pourtant je fatigue.Quels sont ces déplacements froids pleins d'une signification-mystère?On se fie à mon intelligence et non â mes émotions pour décoder le «message».L’image est belle, on jurerait un écran de cinéma.Quels plans bien cadrés, ont-ils un directeur photo?Tout est beau, très beau, trop beau, tout est esthétique, je ne m'excite pas, je demeure contemplatif.Au début un tule est tendu, lorsqu'il se lève, aucun changement, aucun contact direct, le quatrième mur me semble bien épais.A la fin du spectacle, je sens pourtant une richesse de scénario, une mise en scène habile, une trame complexe bien construite, j’aurais dû m’envoler.Je suis demeuré dans la salle, assis.Il fait chaud, Dimanche 15h30.Un rideau d’incolore.Un magique tour de passe-passe intelligent pour commenter et signifier le théâtre.Un rideau d’intelligence.À l’extérieur se joue une représentation avec des monstres mous, sur scène se déroule un tapis, un espace illimité.Le son nous transporte, la bande sonore hyperréaliste bouge, change de place, elle a du mouvement.Un théâtre où la recherche formelle et la complexité du discours se concilie enfin avec l’efficacité (c’est donc possible!).Le phantasme rejoint la communication.Un théâtre d’adultes, pour enfants.Une énergie de conteur, une narration active.Le théâtre dans le théâtre, la suggestion dans l’image.Émile dira: «ma voix ne peut pas se faire entendre dans ce bruit théâtral»; c’est faux, elle s'est fait entendre et écouter.Aux enfants qui sortent de la représentation des monstres mous, il demandera s’ils ont compris, â tout prix, pour nous il déchirera le rideau incolore.Ce rideau d'incolore, c'est la fausse barrière entre Claire et l’amour qu'il lui porte.Le rideau d’incolore, c'est la fausse barrière entre la scène et la salle.La gare déraille.Je tire cette phrase du communiqué de l’isocèle: «la formule de l’isocèle pourrait être: mettez sur un plateau un certain nombre de comédiens, chacun amenant son personnage, laissez macérer ensemble si possible une année entière, il devrait en sortir un spectacle».Dans ce spectacle, que d’habilités.Aucune ligne directrice sinon une trame prévisible: ce sketche est drôle, celui-ci l’est moins.Chacun conte son histoire.Le comédien parle.Les monologues entrecoupés.Chacun notre texte et non pas le texte.On rit beaucoup autour de moi mais moi je ne ris pas.J’ai l'impression de revoir les habiles moments de «la boîte à surprises».La faiblesse évidente du texte est fort bien masquée par le dynamisme et l’énergie du jeu.Le slapstick américain de Belgique.C’est très détendu et efficace, ça nous ressemble un peu.Mais la gare déraille dans les mêmes allées qu'â l’habitude.Enfin je demeure interrogé.Le théâtre européen pour enfants semble aussi diversifié que le nôtre.On s’empresse par contre souvent d’évoquer que le pouvoir créateur ne doit pas faire de concessions par rapport à son public: je fais ma recherche, si cela concorde avec les attentes du public, d’une pierre deux coups.Une boîte â surprises belge sans surprise, un théâtre de climats et d’images hermétiques et esthétisantes, un moment suspendu où La Pomme Verte s'interroge, réfléchit, scrute et propose l’engagement, l’énergie, l'actif, la communication.J'ai envie de ne pas terminer par un point mais par une virgule, René Richard Cyr 26 août 1983 N.D.LR.L'auteur ne peut rendre compte de L’heure d'or, ne l’ayant pas vu. LE THÉÂTRE SANS DÉTOUR AU FESTIVAL «BREAD AND ROSES » « Théâtre Sans Détour recently performed.On est jamais prophète en son pays, à ce qu’on dit.Aller jouer dans l'ouest canadien, chez les anglophones et en français à part ça, c'est un défi.Mais faire du théâtre forum quand les comédien-ne-s de la troupe ne parlent pas anglais, ça c'est plus qu'un défi.Comment avez-vous fait?nous demande-t-on d’un ton un peu sceptique, puisque dans le théâtre forum les gens de la salle sont invités à venir improviser avec les comédien-ne-s sur scène.play punches holes in language barrier.D'abord, nous avons intégré â l’équipe, pour cet événement exceptionnel, Lib Spry, une comédienne anglophone bilingue.C’est elle qui assurait la traduction pour la présentation de la meneuse de jeu et pour l’animation des jeux Puis elle a fait un court résumé en anglais de la pièce, que nous avons jouée par la suite en français.Il s'agissait de Pour le meilleur et pour le pire, spectacle forum sur la condition des femmes.Ensuite nous nous sommes jetés à pieds joints, pour le meilleur et pour le pire, dans la «partie forum» {période d’improvisation avec le public).Il fallait le voir pour le croire! Tout le monde jouait dans sa langue respective.Les gens de la salle, en anglais, avec les comédien-ne-s en français.Lib Spry était entre les deux et faisait la traduction pour l'un et l'autre des interlocuteurs anglophones et francophones.Lo traduction devait se faire autant en français qu'en anglais.En anglais pour le public et en français pour la troupe.Il ne s’agissait pas d’une traduction linéaire mais plutôt d'une reprise de la réplique, de l'émotion et de Pour le meilleur et pour le pire, spectacle forum 6 du Théâtre Sans Détour.l’intention, mais dans la langue inverse de ceux et celles qui la jouait.Une traductrice comédienne, ça fait toute la différence.Après quelques minutes d'improvisation, le rythme était déjà installé, on oubliait qu’il y avait deux langues différentes, tout le monde se comprenait: aider l'opprimé-e à se sortir de son impasse.a very provocative workshop.En plus des deux représentations que nous avons données, nous avons aussi animé un atelier sur les techniques du Théâtre de l’Opprimé.Les festivaliers et les festivalières ont été fort impressionné-e-s par la pertinence de ce théâtre qui donne la parole aux opprimé-e-s.La participation du Théâtre Sans Détour â ce festival a suscité diverses réflexions sur le rôle des artistes au niveau esthétique et politique en théâtre populaire.De là, plusieurs discussions sur le théâtre d’intervention, «d’agit-prop» et les spécificités du théâtre forum.Celles-ci ayant été une véritable révélation pour les gens de théâtre anglophones du Canada.Ces échanges nous ont valu enfin des commentaires et des observations sur notre jeu, sur la mise en scène et la scénographie par des professionnel-le-s de théâtre Enfin! Nous avons entendu ce que, nous au Théâtre Sans Détour, défendons depuis trois ans de pratique de théâtre forum: «Oui, c’est vraiment du théâtre! » .It is important that they reveive sufficient support.Un séjour à Edmonton, d’où on a ramené avec nous un bagage de contacts, de projets et de support.Bel et bien revenus dans notre petite ville «isolée du jeune théâtre», nous sommes plein d’énergie et prêts à poursuivre notre démarche d’artistes en théâtre populaire et nous sommes bien décidés â retourner chez nos nouveaux collègues, les anglophones du Canada, puisque la langue, sur scene, du moins selon notre expérience â Edmonton, a tout l’air de ne plus être une oppression.to continue with their valuable contribution to popular theatre in this country».(Canadian popular theatre alliance, Festival Bread and Roses, juin 83) Paula Barsetti Théâtre Sans Détour, Québec DE RETOUR DU FESTIVAL BREAD AND ROSES LE THÉÂTRE DU SANG NEUF LE THÉÂTRE SANS DÉTOUR PAT.C.H.et combines du Théâtre du Sang Neuf.1 -m Le Bread & Roses Festival of Canadian Populaire Theatre accueillait, fin juin, le Théâtre du Sang Neuf pour la représentation de son dernier né, PAT.C.H.et combines, comédie d'intrigue politique.Ce jeune festival nous aura permis de cotoyer d'autres troupes et compagnies intéressées, tout comme nous, au changement social, aux luttes populaires.Nous connaissons le ressac que subit actuellement le théâtre populaire.Les chaudes années 70, bien que porteuse de l’émergence d’un engagement à fond des idéologies progressistes et révolutionnaires, laissent derrière elles un arrière-goût de dogmatisme puéril.S'il devient facile pour certains intellectuels de tasser les préoccupations inhérentes aux idées matérialistes, il devient tout aussi urgent pour les créateurs d'en renouveler les perspectives artistiques.Le jeu des balanciers risque fort de faire son oeuvre si, sous le couvert de l'échec, nous laissons le temps nous emporter.La grande qualité de ce festival aura été le dialogue attentif des travailleurs et des travailleuses culturel-le-s sur leur art.Bien au delà d’au-delà d’un nivelage conceptuel sur le sens à donner à la transformation du monde, les éléments de base en présence nous auront fait cheminer.Certains thèmes de discussion comme la dialectique, l’animation, la place de l'émotion, les formes au théâtre ont souvent catapulté les débats, sous l’influence des tiers-mondistes entre autres, dans le camp du public populaire.La pratique de l'art entre les mains de tout un chacun et même de l'artiste, confirme une connaissance ou, pour le moins, une impession particulière du peuple.Il est maintenant évident que notre dialogue avec le public doit être simple, franc, réel, et emprunter les voies complémentaires de la raison, l’émotion, voire de l’onirisme.Les productions auxquelles nous avons L’A.Q.J.T.ET LA TABLE DE CONCERTATION EN LOISIR assisté ont ramené les inévitables échanges autour du rapport salle-scène.Des habitudes centenaires, accentuées par les médias modernes (T.V., films), nous obligent à un constant d’appoint sur la dramaturgie.Le public demande une fable, une histoire.Les créations collectives à tableaux quasi individualisés permettant des points de vue personnalisés sur une thématique générale, ces créations, organisées dans une dramatique trop souvent anarchique, éprouvent leurs limites.Les artistes engagés doivent se faire confiance, leurs histoires ne peuvent qu'être au service d'une transformation sociale tant désirée par le public populaire.Les échanges multiples des praticiens et des praticiennes n’ont pu négliger l'autre théâtre.Le retour en force du théâtre de l'absurde ou de celui de l’imaginaire â tout crin ne pouvait nous laisser indifférent.Si ces expériences doivent être menées, elles ne sauraient l'être sans qu’on en néglige ses fondements.Le renouvellement des formes peut-il se risquer de façon décousue, au rythme des amertumes décevantes des dix dernières années?Nous avons senti à Edmonton plus que partout ailleurs, â la Fête foraine de Baie Saint-Paul, au 15e Festival du jeune théâtre â Québec par exemples, la possibilité d’être entendu, critiqué et appuyé dans nos recherches.Quoique l'accueil du PATCH et combines par le public en salle ait été aux trois endroits plus qu’heureux, il reste un pas d franchir pour qu’un dialogue véritable s'engage, ici au Québec.Il était clair, lâ-bas, qu’il s’est fait chez-nous, plus que partout ailleurs au Canada, une démarche liée étroitement au mouvement socio-politique.La déroute présente laisse pourtant songeur.Le nucléaire, une question de l’heure qui aurait mobilisé il y a seulement deux ou trois ans notre outillerie théâtral, se voit boudé au Québec tandis que les anglophones eux se mettent à l'oeuvre.La jeunesse semblerait plus gaillarde maintenant sur ces questions.Le rêve national disparaissant â coup de coupures dans les services publics risquerait-il de nous emporter avec lui?L’Alliance Canadienne du théâtre populaire explore franchement les moyens de promouvoir le théâtre populaite.Il aura été rafraichissant de cotoyer ces démarches diversifiées.À côté d’un Sandinista, du Great Canadian Theatre Company, aux allures d’un grand théâtre épique, chavirant dans l’émotion crispée de la révolution nicaraguayenne, un montage surprenant du Nexus, Give me that prime time religion, rivé â la réalité dominicale des anglo-canadiens, ou bien en atelier, la présence des tiers-mondistes collés aux luttes farouches de leurs peuples sur-exploités, ont permis un débat contradictoire, faisant fi du sectarisme.Nous revenons d'Edmonton heureux d'avoir partagé un trop court moment nos préoccupations quotidiennes, nos démarches artistiques, nos perspectives de changement.Le Théâtre du Sang Neuf Sherbrooke Quoique peu connue encore, la table de concertation du loisir socio-culturel du Regroupement des organismes nationaux de loisir du Québec travaille, depuis plusieurs années, â la pleine reconnaissance du loisir culturel et de son apport indiscutable à la vie culturelle.Vingt et un organismes socio-culturels, dont l’AQJ.T., forment cette table de concertation par le biais du secteur du théâtre d’amateurs.Oeuvrant dans des domaines très variés comme le cinéma, la philatélie, la photo, le théâtre, etc., ces organismes ont en commun le développement du loisir socio-culturel au Québec.Depuis presque deux ans l’énergie â la table de concertation est centrée sur la politique d’assistance financière du minsitère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, qui est, pour ceux qui l'ignoraient encore, le ministère responsable du théâtre d’amateurs en tant que loisir.Donc, deux ans de négociation parfois ardue, de propositions et de contre-propositions.Cette étape de consultation par le M.LC.P.est très importante pour le théâtre d’amateurs regroupé â l’AQJ.T.En tant qu'organisme somme toute nouveau et secteur très négligé du domaine culturel, le théâtre d’amateurs a tout â gagner.L’AQJ.T., réunie â cette table de concertation avec d’autres organismes culturels du même type, voit sa force se multiplier.Nous y trouvons des appuis indispensables.De toutes ces consultations, documents, CARREFOUR-THÉÂTRE RIVE-SUD Septem.brr.brre; de retour aux activités d’automne.Les troupes de théâtre d’amateurs ont sans doute déjà prévu leur prochaine production et l'AQJ.T.prépare un nouveau carrefour de formation pour ceux et celles qui aurait besoin d’un regain d'énergie.Cette fois, c'est sur la rive-sud de Montréal, plus précisément au Cegep de St-Jean-sur-Richelieu, qu’aura lieu, les 11, 12 et 13 novembre, nos prochains ateliers de formation.Le comité organisateur propose déjà les ateliers suivants: éclairage, conception des décors, initiation à la création collective, interprétation (niveau I et II), mise en scène, maquillage et mime.Sans tout de suite vendre la mèche, nous pouvons vous promettre des spectacles très intéressants et des rencontres touchant des sujets qui sauront vous faire jaser.Ce carrefour, à coûts peu élevés, s’adresse tout particulièrement aux praticiens et praticiennes de théâtre d’amateurs de la rive-sud de Montréal mais, bien entendu, toutes les troupes et individus membres de l’AQJ.T.y sont les bienvenus.(Les membres bénéficient d'une réduction).pourcentages et chiffres, il ressort parfois du concret, tel ce «programme d’assistance financière aux groupes culturels de perfectionnement ou d’excellence» dont de nombreuses troupes de théâtre d’amateurs ont déjà bénéficié.Le secteur socio-culturel a aussi innové l’an dernier en proposant un volet de projets affinitaires qui permet à plusieurs organismes socio-culturels de présenter ensemble un projet et d’obtenir des fonds pour sa réalisation.Le théâtre d’amateurs a été parmi les premiers d se prévaloir de ce programme en organisant, en collaboration avec la Fédération de Loisir-Danse et l'Alliance des Chorales du Québec, une fin de semaine intensive de stages de perfectionnement en avril dernier.La table de concertation offre aussi aux organismes membres et à leur personnel permanent l’accès à des ressources techniques, documentation et références.Cette année, les organismes membres ont choisi d’axer la majeure partie de leurs actions vers la promotion du loisir culturel auprès des gouvernements provinciaux et municipaux, des intervenants du milieu culturel et auprès des groupes qui pratiquent cette forme de loisir.L’AQJ.T.et le théâtre d'amateurs y seront très présents cette année afin de faire valoir le travail de développement culturel important que font les troupes de théâtre d'amateurs.Marie-José LeBlanc EXCELLENCE/M.LC.P.Dans le programme d’assistance financière aux groupes de perfectionnement ou d’excellence du Ministère du loisir, de la chasse et de la pêche, sur un total de dix groupes de théâtre d'amateurs qui ont obtenu une subvention en expression dramatique, huit troupes sont membres de l'AQJ.T.: Théâtre du Tracel (Cap Rouge) 2 500$ Les Compagnons de Notre-Dame (Trois-Rivières) 3 000$ La Compagnie de théâtre Sauvageau (Waterloo) 2 000$ Théâtre de l’Aube (Montréal-Nord) 1620$ Théâtre du Bateleur (Ste-Rose) 2100$ Regroupement des femmes de Joliette (Joliette) 3 000$ La Fenêtre Ouverte (Joliette) 2 650$ Le groupe des Dérives Urbaines (Hull) 2 000$ Marie-José LeBlanc Spectacles disponibles et/ou en représentation Troupes professionnelles Légende E: Enfants AD: Adolescents T: Tous 8 ATELIER-STUDIO KALEIDOSCOPE INC.Montréal (514) 933-2478 Les journaux T (Théâtre intervention à base de manchettes de journaux) CIRCUS Montréal (514) 527-1256 Dynamogénique T (acrobatie, mouvement, jonglerie.) COMPAGNIE DES ARTS EXILIO Montréal (514) 725-5704 ExiTlio in pectore exfrahamiento 10 ans et + (performance théâtrale-musicale latino-américaine, présentée en espagnol et en français) LE FROU-FROU Chicoutimi (418) 543-5545 La voie lactée E Ratatouille fait du jogging E Les quatre saisons de Tamarac E (sur l'environnement) LA GROSSE VALISE Montréal (514) 288-4700 Le bon, la vite et le plus lent E 6-12 ans (sur les différents types d’apprentissdge a l'école) Moi c’est les nerfs A (sur la surconsommation de médicaments) Tempête à la bibliothèque E 6-12 ans (incitation à la lecture) MIME-STOP Montréal (514) 522-6366 Le jardinier (Mime Zérox) T (version intégrale ou abrégée) LA PIGE A CLOWNS Montréal (514) 521-1011 À l'eau mes héros E 2-10 ans (clowns) PINCE-FARINE Ste-Anne-des-Monts (418) 763-5956 L'été des carcasses A LA RUBRIQUE Jonquière (418) 542-5521 Belle morale A (sur la santé et la sécurité au travail) Un héros des zéros changeons les numéros E 8-12 ans THÉÂTRE DE BONNE HUMEUR Québec (418) 524-0090 Pas d'chicane dans la cabane E 6-12 ans (violence autour et chez les enfants) Carmen A (adaptation théâtrale contemporaine de l'Opéra de Bizet) THÉÂTRE DE CARTON Longueuil (514) 674-3061 Je regarde le soleil en face E (sur l’environnement) Les enfants n'ont pas de sexe E, AD, A Danse, p'tite désobéissance! A THÉÂTRE DES CONFETTIS Québec (418) 525-5862 Le voyage de Petit Morceau E (sur l’autonomie) THÉÂTRE ENTRE CHIEN ET LOUP Deauville (819) 864-9569 Effata ou les p’tits pois de Danielle Dussault, A THÉÂTRE PETIT A PETIT Montréal (514) 526-1164 Arture E 6-12 ans Passer la nuit A Ou est-ce qu'elle est ma gang?AD THÉÂTRE DE LA POURSUITE Sherbrooke (819) 567-1363 La belette bouquineuse E THÉÂTRE DE QUARTIER Montréal (514) 845-3338 Qui a raison?E 5-12 ans Théâtre instantanné et interventions (sur demande) THÉÂTRE DE RUE Montréal (514) 521-0099 La foire en fou T (masques, marionnettes géantes) THÉÂTRE DU SANG NEUF Sherbrooke (819) 567-7575 PATCH, et combines T (comédie d’intrigue politique) Qui sort du moule, dérange la foule AD (sur les violences â l’école) Créotion en cours, sortie prévue en novembre, AD (sur les relations adultes-élèves) THÉÂTRE SANS DÉTOUR Quebec (418) 522-0419 Pour le meilleur ou pour le pire A (forum sur la condition féminine) TOURNIFOLIE Montréal (514) 721-5255 Ému, émue E (danse-théâtre) LE PARMINOU Victoriaville (819) 758-0577 Bonne crise Lucien, Luc, Lucille et les autres A (sur la crise) Portrait-Robot A (comédie satirique sur la société ' i^|\TS0/V^S informatisée de demain) /'-X'' ^ La dernière France d'Amérique A Xti Cü LE Moi c'est pas pareil.j'travaille A Le milithon A Les femmes et les pension?A - q THÉÂTRE LA CANNERIE Montréal (514) 527-1738 C'est-tu comme ça chez vous?E 5-12 ans (sur les relations de pouvori) Graffiti Blues A ^Téation en cours disponible à la fin de l'èij^pmne, E 5-12 ans (s&\ droit a la différence) Petites annonces CHERCHE TROUPE/Aimerais faire partie d’une troupe d'omateur-e-s â Montréal, â tendance féministe ou engagé (création collective).J’ai fait un peu de théâtre amateur, danse moderne, mime corporel.Sylvianne Gratton /(514) 284-2031.EMPLOI OFFERT/La Cannerie cherche un comédien (de moins de 25 ans) pour deux spectacles pour enfants.Contrat d’un an, débutant à la fin de l’automne.Thérèse Allie/(514) 527-1738.ATEtlER DE COUTURE/Le Pavillon d-^éducation communautaire (1691 bout Pie ’"IX) met â la disposition des troupes de jeune théâtre son atelier de couture.Celui-ci comprend 14 machines à coudre, 3 tables de coupe, divers accessoires de même que l’aide d’une technicienne en couture.Ce service est gratuit.Renseignez-vous au (514) 524-5909.OFFRE D’EMPLOI/Besoin de marionnettistes fort-e-s pour manipuler des marionnettes de 10 â 15 pieds de haut.Théâtre de Rue/(514) 521-0099.OFFRE D’EMPLOI/Besoin de musicien-ne-s (cuivre et percussion) pour travail â la pige pour spectacles de marionnettes géantes.Théâtre de Rue/(514) 521-0099.TROUPE COUP DE THEATRE Sainte-Thérèse (514) 430-6124 Terre d'or et Sorcelle «rit» E 6-12 ans Spectacle â numéros, E 6-12 ans Animations clownesques, E 6-12 ans CHERCHE TROUPE/Femme désire faire partie d’une troupe de théâtre amateur (création ou répertoire) â titre de comédienne, Montréal ou environs.Anne/(514) 334-8397.IMPROVISATION/Troupe en formation cherche comédien-ne pour équipe d’improvisation.Pierre ou Sylvie/(514) 728-1413 ou Bertrand/(514) 323-1739.OFFRE DE SERVICE/Relationniste, booking, promotion, avec expérience.Daniela Renosto/(514) 387-3126.OFFRE DE SERVICE/Comédienne, ex-membre de «La Bebelle», cherche pige.Francine Chrétien/(514) 489-8036. LOUER/Local de danse Studio TipToe.Carole Jones/(514) 523-1223.
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