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Titre :
The precursor
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :The Missionary Sisters of the Immaculate Conception,1923-1973,
  • Ville de Laval :Missionary Sisters of the Immaculate Conception
Contenu spécifique :
Novembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • MIC mission news
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The precursor, 1971-11, Collections de BAnQ.

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REFLECTIONS MISSIONNAIRES CALENDRIER '72 MISSIONARY REFLECTIONS CALENDAR '72 m.^ \ ^ | i*.- S cu Novembre-Décembre, 1971, Ville de Laval-Vol.XXVIe-No 12 Intentions de Prières Missionnaires pour 1972 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Pour que les jeunes Eglises des Missions Juillet participent à l’esprit oecuménique en s’unissant aux prières adressées à Dieu pour l’unité des chrétiens.UR 8.Pour que les néophytes répondent avec empressement aux inspirations du Saint-Esprit pour faire connaître le Royaume de Dieu.AG 4.40.Pour que les néophytes soient bien préparés par la liturgie du Carême à la célébration du mystère pascal.AG 14.Pour que ceux qui annoncent l’Evangile parmi les peuples païens ne rougissent pas du scandale de la croix.AG 24.Pour que les Eglises Missionnaires, par un zèle pastoral commun, voient s’accroître les vocations sacerdotales et leur accordent tous les soins quelles méritent.AG 19.Pour que l’intercession de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, soit invoquée pour tous les ministères missionnaires.AG 42.Pour que les jeunes Eglises découvrent avec respect les “semences du Verbe” latentes dans leurs traditions nationales et les portent à leur perfection dans le mystère de l’amour du Coeur de Jésus.AG 11.Août Pour que dans les Missions les fidèles participant au sacerdoce du Christ, assument toute la responsabilité de leurs Eglises.AG 15.41.Septembre Pour que se développent dans les jeunes Eglises les diverses formes de vie consacrée.AG 18.40.Octobre Pour que les hommes et les femmes dans les Missions considèrent comme leur principal devoir de rendre témoignage au Christ par leur vie et par leur parole.AG 21.Novembre Pour que les néophytes s’appliquent à ce que leurs concitoyens, trop attirés par la science et la technique du monde moderne, ne soient pas détournés des choses divines.AG 11.Décembre Pour que l’amour universel des hommes soit promu par les chrétiens de tous les peuples rassemblés dans l’Eglise.AG 15.NIHIL OBSTAT: Jean-Charles Valin, ptre 10 août, 1971 Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0357 Port de retour garanti. Les Religieuses ont-elles encore leur place dans le monde moderne?Rien de plus archaïque, de plus inadapté qu’un monastère de femmes dans un univers dominé par l’efficacité, les valeurs matérielles et l’émancipation féminine.Mais ce retrait du monde n’est-il pas aussi une forme de contestation, une manière de plaider pour ce qui devient une préoccupation majeure de notre époque: la naissance d’un homme plus assoiffé d’être que d’avoir?par Jacques Duquesne RÉALITÉS septembre 1970 C’était aux tout premiers jours de juin 1968, dans un amphithéâtre, empli jusqu’au dernier gradin, de la vieille Sorbonne encore occupée.On y discutait, ce jour-là sur les rapports entre religion et révolution.Une foule bizarre et passionnée d’anarchistes barbus, de prêtres en polos, d’ouvriers, d’étudiants de tous bords: chrétiens, marxistes, léninistes, trotskystes, maoïstes, ou gauchistes sans étiquette.Vers la fin du débat, pour répondre aux contestations, une religieuse s’est levée: “La société idéale que vous voulez construire, camarades anarchistes: partage, travail par la joie, etc., mais depuis trente ans je la connais! C’est ma société religieuse; je n’y ai rien à moi, j’y partage tout, je suis prête à partir au bout du monde pour aider n’importe quel homme.Si vous me proposez mieux, je vous répondrai, mais jusqu’à présent, à ce que je constate, vous en êtes encore aux voeux pieux!” Cette vibrante profession de foi fit impression.Elle ne laissa point, pourtant, de surprendre.Entre le monde qu’elle décrivait et l’image traditionnelle du couvent où le silence des cloîtres n’est troublé que par le tintement d’une cloche, le glissement d’un voile, le trot menu d’une vieille religieuse se pressant pour l’office, ou la longue marche processionnelle de la communauté, il semble en effet y avoir plus qu’une marge: la distance qui sépare deux univers totalement étrangers.A beaucoup, le couvent parait promouvoir des valeurs de piété bien sûr, mais aussi — et peut-être surtout — d’ordre, de discipline, de calme, qui n’ont guère à voir avec l’univers contestataire.Et comment peut-on proposer comme idéal à ceux qui se veulent l’avant-garde de l’avant-garde une forme de vie qui paraît aujourd’hui dépassée?Une aussi évidente contradiction ne peut s’expliquer que par un malentendu— d’un côté ou de l’autre—sur la vraie nature de la vie religieuse.Aller au-delà de la crise des vocations Dépassée, cette forme de vie paraît l’être en effet.Signe le plus net: la crise des vocations.Les entrées se font rares dans les couvents.On le pressentait depuis plusieurs années, mais les congrégations gardaient sur leurs chiffres un silence jaloux.Une très officielle enquête menée par le père Lucchini, dominicain, les a récemment révélés.En 1945, les 400 congrégations féminines et les 370 monastères de religieuses contemplatives recensés en France comptaient 3,158 postulantes et 4,188 novices; aujourd’hui, les unes et les autres n’en regroupent plus, respectivement, que 578 et 1,227.Au lendemain de la guerre, les religieuses étaient 117,000; elles sont encore 100,500, mais en 1975 on n’en comptera plus que 91,000.La moyenne d’âge est élevée: “J’ai quarante-cinq ans, confie une soeur de la Visitation, et je suis la plus jeune religieuse du couvent”.De cette crise des vocations, de nombreuses causes sont habituellement avancées.Les unes sont parallèles aux raisons de la crise qui tourmente le monde des prêtres: dans un monde qui se laïcise et dans une Eglise qui change, les fonctions “sacrées” perdent apparemment de leur importance.La vie religieuse ou la prêtrise ont pu paraître à certains, à certaines époques, comme un moyen de promotion sociale: le fils de paysan qui devenait curé de campagne ou, à un moindre degré, la fille qui devenait “bonne soeur”, étaient du coup promus au rang de notables.Il est aujourd’hui, la prolongation de la scolarité obligatoire aidant, d’autres moyens, et plus avantageux d’y parvenir.Ni l’état de curé ni celui de religieuse, ne paraissent plus enviables.On ajoute généralement, lorsqu’on recense les raisons de cette crise, qu’elle est aussi une crise de foi ou de la générosité, que la vertu de sacrifice se porte mal, et que les jeunes sont désormais plus désireux — comme leurs aînés d’ailleurs — de “profiter de la vie”, de jouir des biens, des objets et des gadgets qu’une société entraînée à produire toujours davantage met à leur disposition.On oublie toutefois que ces mêmes jeunes — y compris les moins contestataires d’entre eux — s’interrogent sur le sens d’une vie qui ne leur promet que de consommer toujours plus, des biens, des objets et des gadgets; que l’on en trouve encore beaucoup, quoiqu’on dise, pour consacrer une part de leurs loisirs à des tâches sociales; et qu’ils sont, par exemple, bien plus favorables que leurs parents — les sondages le prouvent — à l’aide aux pays sous-développés.Ce qui montre au moins que l’affaire n’est pas si simple.D’autres raisons de la chute des vocations religieuses sont propres aux congrégations féminines.Elles tiennent à l’évolution de la femme et à ce que l’on nomme communément sa “libération”.Une femme qui se veut l’égale de l’homme et à qui presque toutes les carrières se trouvent désormais ouvertes, ne peut accepter aisément les tâches ancillaires, subalternes, humbles, auxquelles se trouvent confinées la plupart des religieuses.Toutes ces explications, très probablement, recèlent une part de vérité.Il n’est pas assuré, pourtant, qu’elles aillent au fond des choses.Ce fond des choses qui est révélé par une jeune postulante de vingt-quatre ans, encore étudiante l’an dernier: “J’hésite toujours.Je crois être appelée à la vie religieuse; je ne saurais dire exactement pourquoi, mais c’est un appel que j’entends.Pourtant, j’hésite, parce que je ne sais pas si la vie religieuse a un sens dans le monde actuel”.Le débat, dès lors, se situe bien au-delà d’une banale crise des vocations.Dépassées, inutiles dans la vie moderne?Quel sens a aujourd’hui la vie religieuse?C’est à peu près la question que, sous des formes diverses, un institut de sondages, la S.O.F.R.E.S., a posée récem- ment aux Français.Et les réponses sont très révélatrices.Interrogés sur “l’activité la plus importante des religieuses”, les Français ont classé en tête “l’aide aux vieillards”, puis “les soins à domicile”, et “les soins en hôpital ou en clinique”.84% pensent que les religieuses sont plutôt utiles”.Mais non toutes les religieuses: 63% — près des deux tiers — considèrent que “les religieuses cloîtrées dans leur monastère sont parfaitement inutiles à la société moderne”.Voilà le coeur du débat.Les Français attendent des religieuses qu’elles rendent un service, et rejettent la vie contemplative qu’ils ne comprennent pas.Mais faut-il donc être religieuse pour venir en aide aux vieillards, donner des soins à domicile, en hôpital ou en clinique?Il est bien vrai que les religieuses ont été, et sont encore, nombreuses à remplir ces rôles! Mais elles sont, de plus en plus, suppléées dans ces tâches par des infirmières, des assistantes sociales, ou simplement des personnes de bonne volonté.Ce ne sont pas ces fonctions — aussi estimables et utiles soient-elles — qui constituent l’essence de la vie religieuse; elle est ailleurs.Faute de la comprendre, on ne peut, non plus, comprendre le sens de la vie contemplative.L’appel à la vie religieuse, pour l’Eglise, est celui que le Christ lança au jeune homme riche: “Si tu veux être parfait, va vendre tes biens, donne-les aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel.Puis viens et suis-moi”.Les évangélistes Matthieu, Marc et Luc, qui ne manquent pas d’humour, notent qu’ayant entendu ce propos, le jeune homme “s’en alla tout triste, car il avait de grandes propriétés”.Au contraire, le premier religieux de l’histoire, un jeune copte nommé Antoine qui avait retenu cet appel, liquida ses biens pour aller vivre en ermite dans le désert.Mais il ne s’agit pas seulement, dans la recherche de la perfection, qui est le but de la vie religieuse, de se défaire des seuls biens matériels.Il faut se dégager de tout ce qui est volonté ô’avoir, pour être.Toute personne humaine, disent les théologiens, subit trois “pulsions” fondamentales: le jouir charnel, le désir d’appropriation, la volonté de puissance.D’où les trois voeux de la vie religieuse qui rompent avec ces trois pulsions pour manifester que le Christ est la seule préférence: pauvreté qui marque que le Christ est préféré à tous les biens du monde, chasteté qui marque qu’il est préféré au jouir charnel “parce qu’il est l’Amour même”, obéissance qui marque que le Christ est préféré à l’affirmation de soi.Tous les chrétiens, certes, sont aussi appelés à la perfection, à l’imitation de Jésus-Christ, à “la préférence” de Jésus-Christ.Mais les religieux et les religieuses considèrent que, grâce à ces trois voeux, ils ont pris un chemin privilégié — non exclusif, pourtant, d’autres voies — pour y parvenir.Parce qu’ainsi, pour reprendre l’expression de saint Ambroise, “ils sont du monde, mais ils ne sont plus en lui”.Une contestation radicale du monde actuel Le sens profond de la vie religieuse est donc une contestation radicale du monde.A l’imitation de Jésus- Christ qui aimait le monde mais le contesta vigoureusement.Avant même sa naissance, ne trouvait-on pas l’amorce de cette remise en question dans les propos de Marie à sa cousine Elizabeth?Ces propos, rapportés par l’évangéliste Luc, qui sont devenus le Magnificat: “Le Seigneur a déployé la force de son bras, dispersé les hommes au coeur superbe, renversé les dictateurs de leur trône, élevé les humbles, rassasié de biens les affamés, renvoyé les riches les mains vides.” Les âmes pieuses qui récitent ou chantent le Magnificat ne prennent pas toujours garde à la violence de ces paroles, tirées pour la plupart, d’ailleurs, de l’Ancien Testament, et qui, placées dès le début de l’Evangile de Luc indiquent, comme on dirait aujourd’hui, “la couleur” de Celui qui va venir, le bord qu’il a choisi.Lui-même, dans le très célèbre “sermon sur la montagne” est très explicite.Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, les doux, ceux qui souffrent maintenant, ceux qui sont persécutés, ceux qui ont faim et soif de justice, etc.” Les valeurs ainsi promues sont exactement à l’inverse des valeurs sur lesquelles est fondée notre actuelle civilisation du record, du rendement, de la performance, du succès apparent, de l’argent, notre monde qui tente d’oublier la souffrance et se laisse entraîner de partout, par un déferlement de violence.Or, ce sont les valeurs du “Sermon sur la montagne” qui fondent la vie religieuse.Et les trois voeux qui tentent de les résumer — pauvreté, chasteté, obéissance — paraissent à l’opposé de ce qui est actuellement recherché par la plupart des hommes dans les sociétés industrielles.On regarde autour de soi et on ne trouve rien ni personne Par la plupart, mais non par tous.Une réaction se dessine qui prend parfois des formes étranges et inquiétantes, mais significatives.L’existence des hippies, par exemple, qui rejettent une civilisation trop matérialiste, trop dominée par l’argent et la force, qui s’évadent vers de lointains Katmandou comme les premiers religieux allaient au désert, qui cherchent souvent, dans des chemins ondoyants, une nouvelle spiritualité.Une étudiante hippie, adepte de la drogue, confie: “Quand on jouit du superflu, ça laisse du temps libre pour réfléchir et se poser des questions.Par exemple, on se cherche une autre raison de vivre que l’argent ou une machine à laver.On ne confond plus confort et bonheur.On regarde autour de soi et on ne trouve rien ni personne pour nous aider à vivre: la religion est devenue un rite, la politique un jeu .C’est un vide moral total.Notre civilisation occidentale n’a développé que le plan matériel.Elle a perdu son âme.Et nous, on a besoin de vraies valeurs, de beaucoup de spiritualité.Notre génération a pris conscience de ce vide effroyable.” Les hippies, s’ils l’expriment plus vivement et de manière plus voyante, ne sont pas les seuls à rejeter un monde matérialiste.Bien des hommes et des femmes sont déchirés, partagés entre le rejet de ce monde et la nécessité d’y vivre, et la facilité de s’en accommoder.Ce n’est même pas une question de génération.Dans son dernier film, “l’Arrangement”, le metteur en scène américain Elia Kazan présente un cadre supérieur d’une agence publicitaire, au sommet d’une carrière réussie et qui, tout à coup, n’en peut plus: après diverses péripéties, il ne voit d’autre solution que de se réfugier, pour fuir le monde avec lequel il ne veut plus “s’arranger”, dans un asile d’aliénés.C’est son désert, à lui: encore faut-il ici éviter un contre-sens: quand le Christ, le modèle de la vie religieuse, se retire au désert, ce n’est pas pour fuir le monde, c’est pour se préparer à l’action dans le monde.L’épisode, accompagné des trois tentations, se situe à la veille de sa vie active.Ainsi la vie religieuse comporte-t-elle les deux volets: contemplation (le désert) et action.Les aspirations ainsi exprimées de toutes parts dans notre monde moderne saisi soudain du mal de vivre rejoignent pourtant, par divers côtés, ce qui constitue l’essence de la vie religieuse.Tout comme l’inquiétude spirituelle qui se manifeste d’Ouest en Est quelques années après que divers théologiens eurent cru pouvoir affirmer, prenant le relais de Nietzsche, que Dieu était mort.Dès lors la question se pose avec acuité: comment se fait-il que la vie religieuse puisse apparaître comme dépassée?Comment peut-on se demander si elle a encore un sens aujourd’hui?L’écueil dangereux d’une fausse pauvreté La réponse, c’est chez les religieuses elles-mêmes qu’il faut aller la chercher.Elle tient pour une bonne part, à en croire beaucoup d’entre elles, dans une certaine sclérose de la vie religieuse qui, du coup, n’est plus pour le monde le signe qu’elle devrait être.Les règlements qui ont été élaborés pour concrétiser les trois voeux ont parfois tué l’esprit.Parce qu’ils ont été figés, sont devenus simplement des règlements au lieu d’être des soutiens.Voici la pauvreté.Dans son livre “les Religieuses”, Marlène Tuininga, cite ces propos d’une Bretonne de trente ans: “Je sais que je ne manquerai jamais de rien.Je trouverai toujours la table servie sans m’occuper du prix de revient alors que la mère de famille doit calculer pour joindre les deux bouts.Si j’ai besoin d’une paire de chaussures, d’un gilet, je n’ai qu’à demander et je l’aurai.Alors que des mamans doivent attendre longtemps pour s’acheter le manteau dont elles ont besoin et y renoncer parfois s’il survient un imprévu”.Autrement dit, la religieuse ne possède personnellement rien, mais sa congrégation lui fournit ce bien inestimable: la sécurité matérielle.La redécouverte de la féminité Il existe des congrégations très pauvres, mais il en est aussi de riches.On connaît les propos d’un ministre sur les jardins de religieuses qui subsistent en plein Paris (ces oasis de verdure et de calme sont d’ailleurs devenus des arguments publicitaires pour les promoteurs immobiliers: pour attirer le client, ils ne manquent de signaler que les appartements à vendre ont “vue sur un jardin de religieuses”).Le ministre disait donc: “Si ces bonnes soeurs savaient quel prix représente un seul de ces choux-fleurs qu’elles cultivent dans leurs jardins parisiens, elles n’oseraient plus jamais en manger”.Autrement dit, l’usage que les congrégation font de leurs biens ne correspond pas toujours au véritable esprit de pauvreté.En septembre 1963, l’évêque de Sendai (Japon), Mgr Kobayashi, s’en prenait vigoureusement aux congrégations de religieuses enseignantes qui “en foule presque innombrable, rivalisent pour se concentrer dans les grands centres comme Tokyo, Yokohama ou Osaka, et y engagent des capitaux énormes apportés de l’étranger”.Elles attirent seulement dans leurs écoles, disait-il, les fils et les filles de bonne famille, “mais il y a dans les mêmes villes des dizaines de millions de miséreux”.Ceux-ci sont-ils dans l’erreur, demandait-il enfin, “quand ils estiment que l’Eglise catholique est faite pour les riches?” Pour vivre pauvrement, une congrégation avait décidé que chaque soeur ne posséderait qu’une seule cornette.Il s’agissait d’une cornette très empesée: le soir, quand les religieuses la déposaient, commençait le travail des soeurs converses (soeurs de second ordre) qui devaient rendre aux cornettes leur blancheur immaculée et leur étonnante raideur.Là, la lettre, la règle, tuait l’esprit.Voici maintenant la chasteté.Elle a été souvent confondue avec le refus de la féminité.Une psychologue hollandaise, Th.Van der Leeuw, raconte à ce sujet une anecdote significative.Un prêtre est en conversation avec une religieuse dans un parloir.Entre une autre soeur, pour apporter le thé.Le prêtre se lève.La soeur s’étonne.Le prêtre, galant: “Voyons, je me lève toujours lorsqu’une femme entre”.La soeur, choquée: “Mais, monsieur l’abbé, vous oubliez que je ne suis plus une femme”.Voici, enfin, l’obéissance.C’est le voeu le plus récent.Il n’a pris valeur juridique qu’au Xlle siècle.Auparavant, l’obéissance avait un caractère purement spirituel.Mais le voeu a été établi pour développer la fraternité, l’esprit communautaire.Mal interprété, il a abouti parfois à faire des religieuses des femmes-enfants, incapables d’initiatives sans l’ordre de la supérieure, ou bien il écrase les personnalités.Il y a moins d’un an, dans une congrégation française, une maîtresse des novices ordonnait à une jeune soeur qu’elle voulait punir de nettoyer sa cellule avec une brosse à dents.Un certain sadisme tenait sans doute plus de place dans cet ordre que l’amour de Dieu.Il est juste de dire que cette maîtresse des novices a été, ensuite, déplacée.Il n’est pas certain d’ailleurs que la règle d’obéissance favorise toujours l’esprit de communauté.Dans son journal publié sous le titre “Vivre sa vérité”, Luc Dominique, cette religieuse belge connue sous le nom de “Soeur Sourire”, note: “La loi du silence et d’autres prescriptions font souvent qu’il est possible pour chacune de vivre apparemment en communauté mais véritablement en parfaite solitaire-individualiste”.Tel est, pour l’essentiel, l’aspect négatif dénoncé par les religieuses elles-mêmes.Mais il correspond déjà, pour une large part, au passé.Le grand mouvement qui soulève l’Eglise et qui la plonge aussi dans un certain désarroi a atteint, aussi, le monde des religieuses.Beaucoup d’entre elles sont désireuses de pratiquer cet “aggiornamento” que réclamait le pape Jean XXIII et qu’elles nomment “le renouveau”.Elles sont parfois freinées — faut-il le dire?— dans leur ardeur réformatrice par les ordres masculins dont dépendent très souvent leurs congrégations.La femme dans l’Eglise est encore, bien souvent, traitée en mineure, et cela est un autre aspect spécifique de la crise des religieuses.Le “renouveau” est perceptible, à l’extérieur, par les transformations des vêtements.Il va, évidemment, bien au-delà.“Chaque fois que je lisais l’Evangile, j’avais une sorte de mauvaise conscience, dit une Vendéenne.Il fallait dépouiller la vie religieuse de tous les commentaires pieux et prolifiques qui abondent dans nos bibliothèques, retrouver à travers les normes et coutumes qui se sont accumulées depuis des siècles, la fraîcheur de l’Evangile, l’esprit avant la lettre”.Le mouvement paraît irréversible.Pauvreté: en 1914, 85% des revenus des couvents provenaient des rentes; en 1965, 70% provenaient du travail; des soeurs de plus en plus nombreuses partagent la vie des plus déshérités.Chasteté: “Dans la mesure même où nous exprimons notre féminité, et la laissons s’épanouir, tout ce que nous faisons prend un relief nouveau”, écrit soeur Roza Peters, supérieure générale d’une congrégation belge.Obéissance: la mère Marie-Constantinienne, secrétaire de l’Union des supérieures majeures de France, déclare: “En gros, disons qu’autrefois la supérieure menait tout.Ce n’est plus possible.Chaque religieuse doit prendre ses propres responsabilités, suivant sa spécialisation professionnelle ou apostolique, dans un cadre de vie librement consenti”.Ces “folies de Dieu” dont le monde ne peut se passer Il est encore difficile de préciser à quelles formes concrètes de vie religieuse va aboutir ce mouvement de renouveau.Dans son livre déjà cité, Marlène Tui-ninga note: “Beaucoup s’accordent pour prévoir qu’existeront à la fois des petites communautés hétérogènes, à la structure souple, très insérées dans la vie, et de grands couvents accueillants, centres de ressourcement pour tous, “oasis de prière” qui ne seraient pas le seul fait des moniales: la distinction entre actives et contemplatives s’estompera”.Une religieuse, Jeanne Tiger, écrit de son côté: “Il est probable que chaque petite communauté s’ouvrira aux chrétiens et aux hommes de bonne volonté.Ils pourront tous y venir s’unir à la prière ou partager la vie de communion fraternelle quelques heures, quelques jours”.Et elle ajoute: “De nouvelles façons de vivre l’Evangile vont sans doute surgir bientôt”.C’est bien, en effet, le défi qui est lancé aux religieuses.De l’attitude qu’elles prendront, de l’image qu’elles donneront d’elles-mêmes, dépend la survie d’une de ces “folies de Dieu” dont notre monde, qui se veut équilibré et rationnel, mais qui, incertain et inquiet, ne peut, moins qu’aucun autre, se passer. The Pope s Missionary Intentions for 1972 January That the young Churches may participate in the ecumenical spirit and offer frequent prayers for the un!ty of Christians.UR 8.< February That the liturgy of Lent may prepare catechumens to celebrate the paschal mystery.AG 14.March That those who announce the Gospel among the na- tions may not be ashamed of the scandal of the Cross.AG 24.April That missionary Churches may make a common pastoral effort in favour of fostering and increasing the number of priestly vocations.AG 19.May That Mary, Queen of Apostles, may be invoked in favour of all apostolic ministries.AG 42.June That the young Churches may discover the “seeds of the Word” which are hidden in their religious and national traditions, nurturing them to fruition in the mystery of Christ’s loving heart.AG 11.July That neophytes may eagerly respond to the inspira- tions of the Holy Spirit in order to spread the Kingdom of God.AG.4.40.August That in the missions the faithful may participate in the priesthood of Christ by assuming the responsibility of their own Churches.AG 15.41.September That the various forms of religious life may be developed in the young Churches.AG 18.40.October That men and women in the missions field may consider as their main duty to be witnesses of Christ through their life and works.AG 21.November That neophytes by their good works may see to it that their compatriots will not be overly intent on science and technology, thus becoming strangers to things divine.AG 11.December That universal love for men may be fostered by all Christians gathered in the Church.AG 15.* m m •Jf.U ma Japon.Je tiens mon âme en paix et silence.Japan.Children are God’s apostles sent, day by day, to preach of love and hope and Comme un enfant contre sa mère.Ps.131 peace.j r Lowell O' CN rv Os Circoncision 2 3 4 5 6 7 Premier Quartier g 9 10 11 12 13 14 15 Pleine Lune »| 17 18 19 20 21 22 Dernier Quartier 23 Nouvelle Lune 30 24 31 25 26 27 28 29 DIMANCHE LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI Premier Quartier Pleine Lune Cendres Dernier Quartier Nouvelle Lune •p LE PRECURSEUR THE PRECURSOR v;.' ' Wx-'i mSï MÊï ' mm IL£-^ .;• .,«fl{’-.;; ~v> ¦ : ; Ç'î’ÿty.V’Mf" Sÿp |W«'-v Eeiysplc*.d&s&rt positif y p”-.—s- ,::-';V.• • .• * v,r:i; ¦ ¦ ^ KT* ^f; ‘.j*^ ÿ*: - &§i§fg %y&> v n -¦ AVRIL 1972 MARS taaamucmfSA Egypte.Le désert positif c’est celui où, dans la ferveur ou la souffrance, on se sent plus proche de Dieu et plus proche des hommes.Paul Guilluy Egypt.The real desert exists wherever one feels closer to God and closer to men through earnestness or suffering.Paul Guilluy # LE PRÉCURSEUR 1 2 3 4 5 6 7 Premier Quartier 9 10 11 12 13 14 Pleine Lune •i P“ 16 17 18 Saint Joseph 9lg Afrique.Ce n’est pas dans la splendeur des corolles que se révèle l’infini, c’est dans l’âme de l’homme.Tagore Africa.Infinite beauty is reflected not in the splendour of flowers but in the soul of man.Tagore ^ LE PRÉCURSEUR 1 2 3 4 5 Premier Quartier 7 8 9 10 11 12 Pleine Lune *| 1 14 15 16 17 18 Dernier Quartier ^ 20 Pentecôte 22 23 24 25 26 27 Nouvelle Lune 29 30 31 DIMANCHE LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI 1 2 3 Premier Quartier A 4 5 6 7 8 9 10 Pleine Lune *| »| 12 13 14 Î5 16 17 Dernier Quartier «| 19 20 21 22 23 Saint Jean-Baptiste A z4 25 Nouvelle Lune 27 28 29 30 THE PRECURSOR * AOUT 1972 JUILLET Chine.Tous ceux qui veulent être parfaits doivent vivre du labeur de leurs mains s’ils ne se consacrent pas à l’évangélisation.Charles de Foucauld China.All who aspire after perfection must live by the labour of their hands unless they are otherwise dedicated to evangelization.Charles de Foucauld 11 2 Premier Quartier 4 5 6 7 8 9 Pleine Lune ^ 11 12 13 14 15 16 17 Dernier Quartier "j 19 20 21 22 23 30 25 Sainte Anne A Nouvelle Lune / 27 28 29 DIMANCHE LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI 1 Premier Quartier 3 4 5 6 7 8 Pleine Lune 10 11 12 13 14 Assomption ID Dernier Quartier «| X 10 17 18 19 20 21 22 23 Nouvelle Lune A Z4 25 26 27 28 29 30 Premier Quartier # LE PRÉCURSEUR THE PRECURSOR £ OCTOBRE 1972 SEPTEMBRE "lr firn^i‘K Europe.C’est la main de Dieu qui, dans la main de l’artiste, appelle la beauté.Carlo Carretto Europe.God’s hand guides the hand of the artist in creating beauty.Carlo Carretto 1 2 3 4 5 6 Pleine Lune 8 9 10 11 12 13 14 Dernier Quartier *\ ^ lo 16 17 18 19 20 21 22 Nouvelle Lune 24 25 26 27 28 Premier Quartier 30 DIMANCHE LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI 1 2 3 4 5 6 Pleine Lune “J 8 9 10 11 12 13 14 Dernier Quartier >i ^ \D 16 17 18 19 20 21 Missions Nouvelle Lune S / 23 24 25 26 27 28 Premier Quartier 30 31 PRÉCURSEUR THE PRECURSOR DÉCEMBRE 197 1 Canada.Donne-moi des yeu x neufs pour lire ta Création dans sa splendeur originelle.E.Joly Canada.Give me new eyes that 1 may s ee Your Creation in its pristine magnificence.j E.Joly 1 2 3 4 Pleine Lune ^ 0 6 7 8 9 10 11 12 13 Dernier Quartier «fl A 14 15 16 17 18 19 Nouvelle Lune 21 22 23 24 25 Christ Roi de l’univers Premier Quartier 28 29 30 DIMANCHE LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI 1 2 3 4 Pleine Lune 1“ 0 6 7 Imm.-Conception 9 10 11 12 Dernier Quartier «| 14 15 16 17 18 19 Nouvelle Lune 21 22 23 24 31 Noë! 25 26 Premier Quartier 28 29 30 ^ LE PRÉCURSEUR THE PRECURSOR Does the Modern World Need Religious?In a world dominated by technique, material values and feminine liberation, nothing appears more obsolete, more inadequate than a monastery.And yet is not this withdrawal from the world a form of contestation, a plea in favour of what has grown to be the chief concern of our times — the birth of men yearning to be rather than to possess?by Jacques Duquesne It happened in the early days of June 1968.The auditorium of the then occupied Sorbonne was packed, and discussions were raging with regard to the relationship between religion and revolution.The motley crowd on the tiers was made up of bearded anarchists, priests in polo coats, gesticulating workers, excited students of every stamp: Christians, Marxists, Leninists, Trotskyites, Maoists, and Leftists.Towards the end of the session, a Catholic Sister rose to address the assembly: “Anarchist comrades, the ideal society you wish to create, in which everything will be shared and everybody will work in harmony, already exists.I’m perfectly familiar with its workings, having been a member for thirty years.No, don’t be incredulous.This ideal society is my religious society.I can claim nothing as my own; I share every- thing with others; I’m ready to leave at a moment’s notice for the ends of the earth in order to help any human being in need of my help.This reality has long existed for me and my Sisters while you were and still are fumbling with nebulous plans for an ideal society.” This vibrant profession of faith made a deep impression, but it took the crowd by surprise.There was such a wide margin between the world Sister described and the traditional image of a convent, the silence of a monastery broken only by tolling bells, pattering feet, the click of rosaries.What disparity between these two worlds! To most of those who made up the crowd in the auditorium, convent life meant promotion of spiritual values, but it also signified other values, such as discipline, order, serenity which they chose to ignore.How could the ideal of such a hopelessly outdated life be accepted by those who stood in the vanguard of social reformers?Such evident contradiction can be explained only by a misunderstanding of the genuine nature of religious life.Searching beyond the vocation crisis Religious life does seem to be passé.Of this the most obvious sign is the decrease in vocations.Few girls now enter the convent.Certain forebodings seeped out over the last decades, although religious communities jealously guarded the secret of their numbers.A very official survey conducted by Father Lucchini, O.P., has recently revealed them to us.In 1945, the 400 feminine congregations and the 370 monasteries of contemplative nuns interviewed in France had 3,158 postulants and 4,188 novices in training.Today, they respectively have only 578 and 1,227.After World War II, Sisters numbered 117,000.Today, they still number 100,500, but in 1975 there will probably be only 91,000 left.The age level is high.A Visitation nun confided, “I’m 45 and the youngest in my convent”.This decrease in vocations is usually ascribed to numerous reasons.Some of these reasons are similar to those advanced for the crisis in priestly vocations.In a world which is rapidly becoming more and more secularized and within a changing Church, “sacred” functions apparently have lost something of their relevance.The priesthood or religious life may have, in certain areas and for certain persons, appeared as a means of social promotion.Sons of farmers who became pastors or daughters who became nuns automatically achieved higher social status.Today, compulsory secondary education as well as other means put this social promotion within easier reach.The status of pastor or of nun is no longer desirable.Other plausible reasons are brought forward.For instance, there exists a crisis in faith or in generosity.The young are wary of sacrifice or so we are told.They are desirous of “enjoying life”, of possessing the various modern means and gadgets which make for easier if not luxurious living.Are they so very different in this from their elders?One thing we are apt to forget.These same young people have their doubts regarding the significance of a life which hankers after the accumulation of material possessions.Many are still to be found who spend much of their leisure performing social works.Surveys reveal that the young are more open than their parents as regards help to developing countries.All this goes to prove that the problem cannot be easily solved.Other reasons for the decrease in religious vocations are special to feminine congregations.Such reasons may stem from the evolution of woman and from what is popularly known as her “liberation”.Nearly all careers formerly reserved to men are now open to women.This being so, women no longer readily accept humble, subordinate, auxiliary tasks to which most religious are confined.All these explanations are acceptable in part; they do not, however, sift things to the bottom.This “bottom” was, only last year, revealed by a twenty- four-year-old postulant who is still a student: “I’m undecided .I believe I’m really called to religious life but I can’t tell exactly why.It sounds like an interior call.Still, I’m not sure, because I really don’t know whether religious life is of any significance in our modern world.” The debate extends beyond a mere crisis in vocations.Useless, outmoded in modern life?What does religious life mean to people of our times?This is the question put under various forms by the S.O.F.R.E.S.survey to the French people.Responses were revealing.Asked what was the Sisters’ most important activity, the people answered “assistance to the aged”, then “home nursing” and “nursing in hospitals or clinics”.Of those interviewed, 84 per cent considered Sisters as rather “useful”.This applies to active congregations only.“Cloistered nuns are perfectly useless to modern society”, according to 63 per cent (nearly two thirds).Here is the core of the debate.The French people expect Sisters to be “useful”.They reject contemplative life which they fail to understand.But, must one of necessity be a nun in order to assist the aged, do home nursing, serve on hospital or clinic staffs?Numerous Sisters did and still play this role.They are however, rapidly being replaced in these tasks by lay nurses, social workers, persons of good will.The essence of religious life, does not, therefore, lie in such functions however useful.If one fails to grasp its deeper significance, one cannot expect to understand contemplative life.For the Church, the call to religious life is the call of Jesus Christ to the rich young man, “If you wish to be perfect, go, sell your possessions, give them to the poor and you will possess a treasure in heaven.Then, come and follow me.” The evangelists Matthew, Mark, and Luke humorously remark that after hearing Christ’s call, the young man “sadly went away because be possessed great riches”.On the contrary, as soon as he heard the call of Christ, a rich young Copt called Anthony — the first religious in history — left all he possessed to live as a hermit in the desert.But, in the search for perfection which is the goal of religious life, it is not enough to leave one’s material goods.One must further get free from the desire “to have” in order “to be”.According to theologians, every human person experiences three fundamental “drives”: carnal pleasure, the desire for riches, the love of power.Hence, the three vows of religion which break loose from these three “drives” so as to manifest one’s preferential love for Christ Jesus.Poverty proves that he is preferred above all worldly goods; chastity shows that he is preferred to carnal pleasure because he is Love; obedience manifests that he is preferred to self awareness.Of course, all Christians are called to perfection, to the imitation of Christ, to preferential love for him.But religious consider that through these three vows they have taken a more direct way, although not an exclusive one, to that end.Thus, to quote Saint Ambrose, “they are in the world without however belonging to it”.Radical contestation against the modern world The profound significance of religious life is a radical contestation against the world after the imitation of Christ who, although he loved the world, vigorously contested against it.This challenge was manifested even before his birth in the conversation exchanged between Mary and Elizabeth.Their words as related by Luke have become our Magnificat.“He has put down the mighty from their seat and exalted the holy; he has filled the hungry with good things and sent the rich away empty-handed.” Those who sing or recite these words often overlook the violence of these statements, most of which were drawn from the Old Testament.Ushering in the Gospel of Luke, they indicate, so to say, the character of him who was to come, the side he would be on.In his own “sermon on the mount” he will be still more explicit.“Blessed are the poor, the meek, those who suffer, who are persecuted, who hunger and thirst after justice, etc.” The values thus promoted are at the exact opposite of the values upon which our actual civilization of profit, performance, and pseudo success is based.This modern world of ours attempts to ignore suffering.It is caught in a maelstrom of fraud and violence.Nonetheless, religious life is based on the values of the “sermon on the mount”.The three vows which resume them all — poverty, chastity, obedience — seem to be the exact opposite of what most men in industrial cities today seek and respect.“We can’t find anything or anybody to help us out .Such is the conclusion drawn by the majority.However this may be, a reaction which at times assumes disquieting and significant forms is being outlined.A case in point is the existence of hippies.Rejecting a materialized civilization dominated by money and power, they escape to sparsely populated areas as the first religious fled to the desert.Through questionable ways they may often be seeking for a new spirituality.A hippie student addicted to drugs once confided: “If we enjoy luxuries and leisure, we have lots of time to think things over.For instance, we start looking for some other reason to live than a new washing machine or money.We find out that luxury and happiness are two different things.Looking around us, we can’t find anything or anybody to help us live a genuine life.Religion too often consists of empty rites.Politics are a mere game.Our western civilization has been developed on a material level only.It has lost its soul.We yearn after authentic values, deep spirituality.Our generation is conscious of living in a frightful vacuum.” Although they manifest their rejection in a spectacular fashion, the hippies are not alone in their repudiation of a materialized world.Numerous men and women are torn between rejection of the world, the necessity of living in the midst thereof, the dangers of accepting its easy and shallow ways.And this is not a problem of generations.In a recent American film, a successful publicity man at the height of his career suddenly feels after various adventures that he is at the end of his tether.The only solution, according to his views, is to seek refuge from the world in a home for the mentally deranged.To him, this appears as a kind of “desert”.One must avoid misconstruing the action of Christ, model of religious life, who retired to a desert.He did not do so in order to flee from the world but to prepare himself for saving the world.The episode accompanied by the three temptations took place on the eve of his public life.Therefore, religious life must comprise two elements — contemplation (desert) and action.The desire to get the most out of life, the thirst for absolute values which characterize our modern generation are not entirely foreign to the essence of religious life itself.East and West experience waves of spiritual unrest when theologians of various schools repeat the words of Nietzsche, “God is dead”.Under such conditions, why should people persist in affirming that religious life is hopelessly outmoded?Why should it be considered as practically useless for the times in which we live?The dangerous shoals of false poverty The answer to this question of religious life should be sought from the religious themselves.Many among them opine that a certain sclerosis of religious life has occurred.It no longer is for the world the “sign” that it ought to be.Regulations once elaborated to elucidate the three vows' have at times stifled the spirit.Because they have grown static they no longer provide support but degenerate into mere rules of conduct.Poverty may be cited as a case in point.In her book Les Religieuses, Marlene Tuininga quotes the following remark of a thirty-year-old Sister: “I know I will never want for anything.There will always be food on the table without my worrying about the price.For her part, a housewife has to watch out for her budget so as to make both ends meet.When I need a pair of shoes, a sweater, I only have to ask and I will get what I need.Mothers of destitute families often have to wait months and even years before they can afford to buy a new coat.” In other words, the religious personally possesses nothing but her congregation provides her with that most appreciated of all goods — security.Rediscovering femininity Some congregations are very poor.Some are rich.In the heart of crowded cities they often possess extensive grounds, veritable oases of calm and beauty.It follows that the use which congregations make of their properties does not correspond to the genuine spirit of poverty.In September 1963, Bishop Kobayashi of Sendai, Japan, vigorously took to task teaching congregations who concentrate their activities on great urban centres such as Tokyo, Yokohama, Kobe, Osaka pledging enormous assets brought in from abroad.Their schools are opened almost exclusively to children belonging to the higher classes while in these same cities, millions are in want.“Are not the latter right,” the bishop added, “when they say that the Catholic Church is the Church of the rich?” In order to practise poverty in an effective manner, the members of a certain congregation were limited to one coif.But the lay Sisters had to work late every evening to wash and iron the starched coifs.In such cases the letter of the law certainly stifled the spirit.Chastity was often confused with the refusal to admit one’s femininity.A Dutch psychologist, Th.Van der Leeuw, relates a significant anecdote.A priest visitor was conversing with a Sister in a convent parlour.Another Sister entered carrying the tea things.The priest rose.The newcomer showed her surprise.To the priest’s remark that he always rose when a woman entered a room, the Sister retorted, “Father, you forget that I’m no longer a woman!” Obedience is the most recent of the three vows.It acquired its juridical value only during the twelfth century.Obedience had previously been of a purely spiritual character.But the vow was established in order to develop fraternity and the communal spirit.Interpreted in an abusive fashion it sometimes contributed in turning out childish women incapable of any initiative without the superior’s express command, devoid of any personality.On the other hand, we may ask ourselves if the rule of obedience does favour the communal spirit.In her journal titled Vivre sa Vérité, Sister Luc Dominique, a Belgian nun well known as Soeur Sourire, remarks, “The rule of silence as well as other similar prescriptions often make it possible to live a perfectly isolated, individual life in the midst of a community”.The above are the main negative aspects observed by the Sisters themselves.But already, these things are of the past.The great movement of renewal felt throughout the Church, not without some apprehension, is also being felt inside religious communities.Many are desirous of putting into practice Pope John’s aggiornamento.They are unfortunately sometimes hampered in their efforts at renewal by the masculine congregations on which they depend.Within the Church itself, woman is too often treated as a minor.This is another specific aspect of the vocation crisis.The renewal is exteriorly manifested by the change of habits but it extends far beyond this point.“Each time I read the Gospel,” confided a Sister, “I reflect that religious life ought to be simplified.We should go back to that pristine simplicity of the first Christians who lived in common.The spirit must take over the law.” The movement seems irreversible.In 1914, 85 per cent of the revenue in convents came from rents; in 1965, 70 per cent came from work.The Sisters share the life of the underprivileged in ever increasing numbers.So much for poverty.As regards chastity, here is a reflection of Sister Rosza Peters, superior general of a Belgian congregation.“Everything that we do takes on added significance to the extent that we express our femininity.” For her part, Mother Marie Constantinienne, secretary of the Union of Major Superiors in France, has this to say with regard to obedience: “Let us say that formerly everything was in the hands of superiors.Today, this is inadmissible.Each Sister must assume her personal responsibilities, according to her professional competence and her commitment within the framework of a freely accepted mode of life”.God’s “follies” which we cannot do without It is not easy to specify to what concrete forms of religious life this movement of renewal will lead.In the book already mentioned, Marlene Tuininga notes: “Numerous are those who foresee the existence of both small dissimilar communities, with uncomplicated structures, deeply involved in life, and of large convents, centres of renewal for all, “oases of prayer” which would not be limited to contemplative communities.The distinction between active and contemplative congregations will be toned down.” For her part, Sister Jeanne Tiger writes: “Each small community will probably be open to Christians and to men of good will.All will be free to join in the prayer of the community or to share its fraternal life for a few hours, a few days.New ways of living the Gospel, will soon be discovered.” This is the challenge religious are now presented with.Upon their attitude, the image they give of themselves, depends the survival of “God’s follies” so badly needed in a world proud of its achievements but at the same time anxious and insecure. Li PRÉCURSEUR Casier postal 157 Bureau de Poste Central Ville de Laval P.Q., Canada THE PRECURSOR Box 157 Head Post Office Ville de Laval P.Q., Canada
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