Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 janvier 1923, Janvier
[" No 12 Montreal, janvier T Souvenirs offerts pour renouvellements et abonnements nouveaux 10 abonnements nouveaux ou renouvellements d\u2019abonnements au Précurseur donnent droit au choix entre les articles suivants ; objet chinois, vase à fleurs, coquillages, fanal chinois, livre de prières, etc.12 abonnements ou renouvellements, à un abonnement gratuit au Précurseur pour un an.15 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre ; jardinière chinoise, chapelet, médaillon, tasse et soucoupe chinoises, livre de prières, etc.20 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre : boîte à thé, à poudre, porte-gâteaux brodé, etc.26 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre : centre brodé, anneau de serviette chinois, statue, éventail chinois.30 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre : centre de cabaret brodé à la chinoise, fantaisie chinoise.60 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre ; trois centres pour service à déjeûner, porte-pinceaux chinois, etc.75 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre ; paysage chinois brodé sur satin, centre de table d\u2019une verge carrée.100 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre : magnifique peinture à l\u2019huile (2 pi x 3 pi), porte-Dieu peint, antiques plats chinois, montre d\u2019or, bracelet, broche, etc.200 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre : superbe nappe chinoise brodée, tapis de table chinois, parasol chinois, etc.500 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre ; magnifique couvrepieds de satin blanc brodé à la chinoise, service de toilette plaqué d\u2019argent sterling, panneau chinois (trois morceaux) brodé, etc.1,000 abonnements ou renouvellements donnent droit au titre de \u201c Protecteur \u201d dans la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, et encore au choix entre : vase antique chinois, bannière peinte ou brodée, etc.1,500 abonnements ou renouvellements donnent droit au titre de \u201c Fondateur \u201d dans la Société des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, et encore au choix entre : antiquité chinoise, peinture chinoise à l\u2019aiguille de très grande valeur. Montréal LE PRÉCURSEUR Janyifr 1923 LI (' Assurance MONT-ROYAL Fondée en 1902 Incendie et Bris de Glaces CONSEIL D\u2019ADMNISTRATION Honorable H.-B.Rainville.présidents Honorable sénateur J.-M.Wilson.vice-président Neuville Belleau\tH.-A.Ekees, Sir Lomer Gouin, K.C.\tHon.J.-L.Decak, C.Hon, N.Pérodeau,\tM.Paul Rainvielb, E.-A.Ouimet.Capital Autorisé.$1,000,000.00 Versé.250,000.00 Surplus et\tRéserve.1,166,740.57 Total des Fonds.1,708,120.67 La MONT-ROYAL étant une des plus puissantes compagnies canadiennes et opérant indépendamment de l\u2019association des assureurs, peut vous donner la plus haute protection contre le feu, et à des taux très raisonnables.P.J.PERRIN, GÊRANT-GÊNÊRAL SIEGE SOCIAL 17, rue SAINT-JEAN.MONTRÉAL Tél.Main 1866, 1867, 1868, 8411. LU Montréal.lp: précurseur Janvier 1923.Fondée en 1874 BANQUE D\u2019HOCHELAGA Bureau chef i Montréal.Administrateurs : J.-A.Vaillancotjht, président ; Honorable F.-L.Brique, vice-président ; Capital autorisé.A.Turcotte ;\tE.-H.Lemat ;\tCapital et Réserve Bilan .$ 10,000,000.8,000,000.Hon.J.-M.Wilson ;\tA.-A.Larocque ; Total de l\u2019actif.plus de 70,000,000.A.-W.Bonner.SUCCURSALES .Province de .Québec \u2014cent vingt-neuf (129);\tSaskatchewan \u2014 douze (12); Ontario \u2014 vingt-trois (23);\tAlberta \u2014 douze(12) ; Manitoba \u2014 dix (10) ; \u2014 Nous sommes reprisentis à New-York, Londres, Paris, Anvers \u2014 Beaudet Leman .gérant général.Dieu crée les fruits.Les hommes les cueillent.Et nous en faisons des confitures Labbbcqui à Fbllbbih a« MBralcnt predaire qaand les fniiU autaqaent, tar lenis eonfitarea, marque L.& P., soat pares.Elles ont un goftt qui plaît aux pins exigeants.Demandez cette marque peu aa produit pu.labrecque & Pellerin Manufactuiers de Confitues.Sirop» Catsup.T61.Est 1076-1640 111, St'Timothée, Montréal.le'thé ^\u2018PRIMUS\u201d Noir et Vert naturel {en 'paquets seulement) \u2014 A U S S I \u2014 Café \u201cPRIMUS\u201d Fers-blancs 1 Ib.\u2014 F'ers-blanes 2 Ibs.Gelées en poudre \u201cPRIMUS\u201d i.Arômes assortis , Fils & Cie, Liée Epiciers en gros, Imporlateurs et Manufacturiers MONTREAL J.-A SIARD & Ge Thés, Cafés et Epices EN GROS 5 et 7, St-Paui Est, Montréal Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.LUI J.-0.LABRECQUE & CIE Agent pour lb CHARBON DIAMANT NOIR 141, rue Wolfe,\tMontréal \u2014 Pour vos travaux électriques.\tTél.Cal.128.Qu\u2019ils soient petits ou grands,\u2014 v o y e b J.-A.SAINT-AMOUR 2173.rue Saint-Denis Spécialité : églites et couvents.VIN SANTO PAULO Médaille\u2019d\u2019or obtenue à l\u2019exposition internationale de Milan en 1922 SOUVERAIN REGENERATEUR DE LA SANTE.\u2014SPECIALEMENT RECOMMANDE DANS LES CAS SUIVANTS NERVOSITE, ANEMIE, CONVALESCENCE \u201cJ\u2019ai tait l\u2019analyse du 8ANTO PAULO, et je l'ai trouTfi riche en principes yigttaux, propres A ezclter l\u2019appttit, A stimoier les fonctions digestives et A régulariser l\u2019intestin, etc., etc.J\u2019y ai trouve aussi convenablement dosAs les principaux tonifiants du quinquina et du cola.\" Je puis afifirmer d\u2019autre part qu\u2019il ne contient aucune substance dommageable pour la santé.Je n\u2019beslte pas A te recommander hautement.\u201d I.Laplante CourviUe, Docteur en Pharmacie, prefeiaear de Chimie à l\u2019Uaivereite Montreal, 31 octobre 1917.\u2014 DEMANDBZ-LE ches votee Pharmacien on A LA Cie de VINS FRANCO-CANADIENS DEPOSITAIRES GENERAUX MONTREAL COMPAGNIE DE BISCUITS \u201c Æ T H A \u201d LIMITÉE BntrepAt et salie de vente :\t245, Avenue Delorimiet, Montréal.\u2014 Tél.Lasalle, 827.Nous fabriquons une grande variété de bisenits.Qualité supérieure : prix modérés.\u2014 Nous accordons une attention spéciale aux commandes reçues des communautés religieuses.18, blvd St-Joseph ouest.Tél.St-Louis 863.Succession M.Paquctte BOULANGER PaiD parisien, le meilleur à Montréal.\u2014 Pain de fantaisie de toutes sortes.Seul propriétaire au Canada du célèbre pain KNEIPP.Dbmandez-lb LIV Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.Chas.Desjardins & Cie Limitée\tGeo.Gonthier \tÂmiiUnr et Mmfert eemptatle, Lieemeii Fourrures de choix\t 130, me St-Denis\t103, rne St-François-Xavier MONTREAL.\tTél.Main 61t.\tllautréal, P.( A ceux qui désirent une attention toute particulière pour leur vue, adressez-vous à MONTREAl- Opticiens de l\u2019Hôtel-Dieu.207, rue Ste-Catherine Est M.BOOSAMRA IMPORTATEUR EN GROS DE Chapelets et articles de piété Huile de Huit Jours et Huile à lampions, une spécialité.48, RUE NOTRE-DAME OUEST.Tél.Main 7339 raïTSMl»Z LE \u201c C A S A!V A N T \u201d \u2014 L«\t*\u2022\u201c\t\u2014 Fabfi^ai à St-SyaciBtbe, par las eMbras faetears d\u2019orgues.Catalogue gratuit sar dsMaade.Joue tous les disquea.L'entendre c\u2019est le préférer.Huit modèles en magasin.$85.00 à $460.00.Termes faciles.Jos.-U.Gervals 17.UONT-MOTÂL (oueri) - MONTRÉAL 50 ANS t \u2014\tREMERCIEMENTS à ceux qui nous ont encouragé depuis un DEMI-SIECLE ! \u2014\tINVITATION à tous à célébrer_ cet Anniversaire Mémorable par une COMMANDE.FILIATRAULT Spécialiste-Importateur TAPIS \u2014 LINOLEUMS \u2014 RIDEAUX Téléphone Est 635 429, Blvd St-Laubknt, 429 M O N T R f \u201c O NOTRE MÈRE, PROTÉGEZ NOS BIENFAITEURS CANADIENS. 4b4)^4>4>\t4»ct> cb j»A 4>^4> BULLETIN -ft D E S 9- $oeur$ ltli$$ionnaim de lliniiiacuke=\u20acon«ptioti Publié avec l\u2019approbation de Monseigneur VArchevêque de Montréal.Vol.I Montréal, janvier 1923.N® 12 SOMMAIRE Texte : Notice des Sœurs Missionnaires de ITmmaculée-Conception.\u2014 Nouvel an.\u2014 Troisième centenaire de la Canonisation de Saint François-Xavier.\u2014 Les 12 Etoiles.\u2014 Œuvres chinoises.\u2014 Bénédiction de la pierre angulaire.\u2014 Extrait des chroniques du Noviciat.\u2014 Echo de nos Missions.\u2014 Hôpital Général Chinois de Manille.\u2014 Hôpital chinois de Montréal.\u2014 La Politesse de Jésus.\u2014 Le premier Missel.\u2014 Pauline-Marie Jaricot.Gravures ; Vierge Immaculée et Enfants chinois.Saint François-Xavier.S.G.Monseigneur Ross.S.G.Monseigneur Limoges.Un berceau chinois.Religieuse ondoyant un petit chinois mourant.Salle de l\u2019hôpital chinois de Montréal. 360 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception Sa fin principale : la sanctification personnelle de ses membres par la pratique des vœux simples de la vie religieuse.Sa fin spécifique : l\u2019extension du règne de Dieu parmi les infidèles.Moyens d\u2019action pour arriver à cette pin SPÉCIFIQUE ® Vie de prière, d\u2019amour de Dieu et de zèle pour sa gloire ; vie de sacrifice et de dévouement pour le salut et le bien du prochain, surtout des infidèles.° Se vouer à l\u2019œuvre des missions en pays infidèles par la pratique des œuvres de charité suivantes : En pays infidèles a)\tFormation de religieuses chinoises ; b)\tFormation de vierges catéchistes qui vont dans les familles, dans les districts, enseigner la doctrine chrétienne; c)\tOrganisation de baptiseuses qui vont partout baptiser les mourants, surtout les enfants en danger de mort ; d)\tL\u2019œuvre des crèches où l\u2019on garde, baptise et élève les bébés trouvés, achetés ou confiés ; e)\tOrphelinats, où l\u2019on hospitalise, donne l\u2019instruction religieuse et l\u2019éducation aux orphelines; f)\tMaisons de refuge pour vieilles femmes, aveugles, idiotes, infirmes, etc.; g)\tLes œuvres d\u2019éducation : écoles où l\u2019on enseigne les éléments des lettres, des sciences et des arts ; m Montréal.LE PRÉCUKSEUE Janvier 1923.361 f\t^ ¦5^\t^ h)\tL\u2019instruction des catéchumènes et leur formation chrétienne avant la réception du baptême ; i)\tAssistance des mourants païens et chrétiens ; j)\tHôpitaux, dispensaires, léproseries, etc.; k)\tOuvroirs où l\u2019on enseigne l\u2019économie domestique, les métiers et les arts.En pats chrétiens : o) Dévotion, sous forme d\u2019action de grâce, à l\u2019Enfance de Notre-Seigneur, à la Sainte Eucharistie, au Saint-Esprit et à la Vierge Immaculée ; b)\tDiffusion des œuvres de la Sainte-Enfance, de la Propagation de la Foi et de revues faisant connaître les missions ; c)\tProcurer des ressources aux missions par la réception d\u2019aumônes et de dons, par certaines industries, comme fabrication d\u2019ornements d\u2019église, de linges sacrés, de fleurs artificielles, etc ; d)\tÉcoles pour enfants de nations idôlatres, cours d\u2019instruction religieuse pour les païens et assistance des mourants païens, etc.MAISONS DÉJÀ EXISTANTES EN CHINE ET AU CANADA Fondation de l\u2019Institut à Notre-Dame des Neiges (1902) Outremont, près Montréal (fondée en 1903) : Maison-Mère.Noviciat.Procure des missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ateliers d\u2019ornements d\u2019église et de peinture pour le soutien de la Maison-Mère et du Noviciat, 314, Chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal.Ecole (fondée en 1915) pour les enfants chinois des deux sexes, 404, rue St-Urbain, Montréal.Hôpital (fondé en 1918) pour les chinois, 76, rue Lagauchetière ouest.\u2014 (1916) Cours de langue et de caté- 362 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.chisme pour les adultes chinois, le dimanche, de 2.30 à 4 hrs p.m., à l\u2019Académie Commerciale du Plateau, 85, rue Ste-Catherine ouest, Montréal.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle, soit pour l\u2019enseignement de la doctrine chrétienne, soit pour servir d\u2019interprète.Canton (fondée en 1909) ; Ecole pour les élèves chrétiennes et païennes, crèches, orphelinat, dispensaire, refuge de vieilles, catéchuménat.Shek Lung, près de Canton (fondée en 1912) ; Léproserie, 1100 lépreux et lépreuses.Tong Shan, près de Canton (fondée en 1916) : Crèche, 3,200 bébés annuellement.Ville de Rimouski (fondée en 1918) : Postulat.Bureau diocésain de la Ste-Enfance et de la Propagation de la Foi.Retraites fermées pour jeunes filles.Ecole Apostolique pour les aspirantes aux missions.Ville de Joliette (fondée en 1919) : Adoration du Très Saint-Sacrement.Postulat et Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ville de Québec (fondée en 1919) : Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées.Ville de Vancouver, Colombie Anglaise (fondée en 1921) : École pour les enfants chinois des deux sexes ; visite des chinois malades dans les hôpitaux et dans les familles, etc., etc.Ville de Manille, Iles Philippines (fondée en 1921) : Hôpital général chinois.Imprimatur : le 27 novembre 1921.t Georges, év.de Philip.ad.apost. T Montréal.LE PRÉCURSEUR Janviet J923.\t363: 1Rouv>el Bu ^ ES OTRE modes e Bulletin voit avec joie se lever Vaurore d une annee nouvelle ; c\u2019est pour lui l\u2019heureuse occasion d offrir a ses protecteurs, bienfaiteurs et amis, avec l expression de sa vive et profonde reconnaissance, l\u2019hommage de ses vœux.Aux vénérés Prélats sous la houlette desquels notre Institut a le bonheur de vivre, s\u2019adressent en tout premier lieu nos humbles souhaits.Pour leurs augustes personnes, nous demandons a VAuteur de tout bien les dons les plus magnifiques, et entre autres, celui de guider longtemps encore dans les voies du salut les âmes nombreuses confiées à leur zèle.A Messieurs les membres du clergé dont l\u2019intérêt si sympathique nous est un garant de succès, aux nombreuses et dignes sociétés religieuses qui daignent s\u2019unir à notre apostolat, nos vœux les plus respectueux et les plus sincères.Enfin, pour tous nos lecteurs, amis et bienfaiteurs, ces âmes d elite que Dieu dans sa bonté a mises sur le chemin des humbles missionnaires de l\u2019Immaculée-Conceytion.nous demandons au Ciel, la santé, une longue vie, et le succès dans toutes leurs pieuses entreprises. 864 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.tse iïï ^5tw0wlsjsH0w C\u2019est à bon dro't que sa nt Franço s-Xavier a été appelé le maître des missionnaires, un géant dans l\u2019apostolat.En effet, on dirait ce saint de même famille que les docteurs de la science et les héros de la guerre dont on parle tant aujourd\u2019hui.Dès le début de sa carrière il paraît destiné à jouer un rôle immense sur le théâtre de ce monde ; et, cependant, ce n\u2019est que le jour où il se lie d\u2019amitié avec saint Ignace de Loyola qu\u2019apparaît cette lumière éminente qui sera plus tard la gloire de l\u2019Église catholique dans les contrées infidèles.Ignace a discerné dans son disciple une puissance intellectuelle, un esprit de commandement, une noble audace qu\u2019il utilisera à la plus grande gloire de Dieu.Ces qualités auraient fait de Xavier un héros: mises au service du souverain Seigneur, elles en feront un apôtre.Elles lui auraient acquis un nom illustre ; elles lui vaudront une immortelle renommée sur tous les points du globe et une couronne impérissable durant toute l\u2019éternité.Ce n\u2019est pas ici le lieu d\u2019entrer dans le détail de cette vie si riche, si apostolique.Cette année commémore le troisième centenaire de la canonisation du grand missionnaire des Indes et du Japon.Profitons de la circonstance pour invoquer avec plus de ferveur cet illustre Saint, choisi comme patron des ouvriers apostoliques et des missions.Conjurons-le d\u2019intercéder auprès du Tout-Puissant pour l\u2019avancement du catholicisme dans les terres idolâtres, ainsi que pour une augmentation toujours croissante de vocations religieuses missionnaires, lesquelles permettront de donner un essor plus grand aux œuvres de Dieu et de son Église. Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.365 |ît0«2C Le jour s\u2019éteint ; la nuit, à pas précipités, Accourt, et sur les monts, les plaines, les cités.Les bourgades, étend les longs plis de ses voiles Et son manteau troué de petites étoiles.Dans la très humble étable, en son pauvre berceau, Comme en son nid de plume et de mousse un oiseau, L\u2019Enfançon, murmurant de divines prières, A lentement laissé retomber ses paupières Sur ses yeux bleus, au doux sommeil abandonnés.L\u2019un à sa gauche et l\u2019autre à sa droite inelinés Comme les Chérubins du Propitiatoire, Et le front inondé d\u2019un rayon de sa gloire.Sa sainte Mère et son Gardien dorment aussi.Or, eomme à la nuit s\u2019ouvre un liseron, voici Qu\u2019après un court sommeil l\u2019Enfant Jésus s\u2019éveille.Fleur lui-même du ciel, éclatante et vermeille ; Et voici qu\u2019à travers les fentes du vieux toit, Loin, bien loin, dans le ciel immense, il aperçoit.Petits yeux clignotants sous ses transparents voiles.L\u2019incalculable et vif bataillon des étoiles.Qui toutes semblent dire : Enfant, Enfant divin.Viens à nous, viens cueillir les fleurs de ton jardin Ou, si tu ne veux pas venir à nous, ordonne.Et nous irons fleurir, joyeuses, ta couronne De nos gemmes, saphirs, topazes et rubis, O notre Maître, ô Roi charmant du Paradis ! Jésus, en les voyant ne pense qu\u2019à sa Mère, A genoux près de lui, doux ange tutélaire.Ou plutôt Reine auguste, elle-même ,des deux Et sur qui tendrement se reposent ses yeux.Vers l\u2019azur élevant alors sa main mignonne Et faisant signe à l\u2019un de ses feux : \u2014 Je l\u2019ordonne,.Étoile, viens, dit-il, te poser dans ma main.Et s\u2019éeartant de son harmonieux chemin.L\u2019étoile d\u2019or aecourt, frémissante et fidèle.Où le geste qu\u2019à fait son divin Roi l\u2019appelle : 366 Montréal.\tLE PRÊCUE-SEUR \u2014 Tel un ange envoyé de la céleste cour.\u2014' Jésus appelle une autre étoile, une autre accourt.Il en désigne ensuite une autre, une autre encore, Et chaque fois qu\u2019un mot, un ordre vient d\u2019éclore Aux lèvres du divin Nouveau-né, chaque fois Que l\u2019Enfant vers l\u2019azur lève ses petits doigts.Plus prompte que la foudre ou que le vol de l\u2019âme.Une étoile descend sur ses ailes de flamme Et répond : Me voici ! D\u2019un bond rapide et sûr Quand la douzième étoile eut traversé l\u2019azur.Des douze ardentes fleurs formant une couronne, Jésus dit à Marie : \u2014 O ma Mère si bonne.Ce diadème, avec un filial baiser, A ton front virginal laisse-moi le poser.Jauvier 1923 J.B.Jésus assure de grandes récompenses pour tout service rendu aux siens.\u201c Quiconque vous reçoit me reçoit, et en me recevant, reçoit Celui ¦qui m\u2019a envoyé.\u201d Telle est la part que Jésus veut bien faire à toute âme de bonne volonté, dans le travail apostolique.Il veut voir à l\u2019œuvre tous les siens.Il veut que le zèle du salut des âmes soit pour tous un moyen de sanctification.Tous, il est vrai, ne peuvent pas prêcher, mais tous peuvent aider au succès du travail évangélique.A ce titre, remarquons-le bien, rien de ce qui sera fait pour venir en aide à Jésus et à rapprocher ses envoyés ne demeurera sans récompense.\u2014\u201cCelui qui aura donné seulement un verre d\u2019eau froide au dernier de ceux-ci,parce qu\u2019il est de mes disciples, ne perdra pas sa récompense\u201d.Le moindre secours, Jésus l\u2019enregistre.Ses anges le suivent pour tenir compte\u2019de ce que chacun aura fait.R.P.Baudot, S.J. iis É üüliiî S.G.Monseigneur F.-X.ROSS, Premier évêque de Gaspé.Nous apprenons, avec la joie la plus vive, que le Souverain Pontife vient d\u2019appeler au nouveau siège de Gaspé, Monseigneur F.-X.Ross, V.G.du diocèse de Rimouski.Notre modeste Institut a l\u2019honneur de compter cet illustre Prélat au nombre des plus insignes protecteurs de ses œuvres, notamment de son Ecole Apostolique de Rimouski dont il est le Directeur.Aussi le Précurseur se fait-il l\u2019écho des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Concep-tion pour offrir au très digne Elu, avec leurs humbles vœux, leurs plus respectueuses félicitations. 368 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.©euvres Cbînotses iies\tÏ3xxtxxxntxxlèt''(^]xxtt:^tx1xit ANNÉE 1922 CANTON-CHINE Bébés recueillis à la Crèche.3,735 Baptêmes d\u2019adultes.7 Sœurs chinoises.56 Catéchiste.1 Elèves.182 Orphelines.59 Ouvrières à l\u2019ouvroir.29 Aides à la Crèche.12 Pansements faits au dispensaire.36,809 CRECHE DE TONG SHAN près Canton CHINE Bébés recueillis.3,204 LEPROSERIE DE SHEK LUNG \u2014 près Canton \u2014 CHINE Lépreux et lépreuses.1,100 MANILLE \u2014 ILES PHILIPPINES Hôpital Général Chinois, 286, Blumentritt Malades reçus.1,119 A \u201c la Charité \u201d (salle des pauvres).614 Baptêmes.63 VANCOUVER, C.B., 143, Pender, est Ecole chinoise \u2014 élèves.87 MONTRÉAL \u2014 Hopita\u2019-Chinois, 76, Lagauchetière ouest Malades reçus.140 Pansements.2,610 Divers traitements.1,560 Opérations.35 Baptêmes.30 École chinoise, 404, Saint-Urbain Elèves.23 Éco'e du Plateau \u2014 87, Ste-Catherine-ouest Cours du dimanche et catéchisme.QUÉBEC, 4, rue Simard Cours du dimanche et Catéchisme. Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.369 itt Ik hxt\tCsttaMen fixnx ^issixxtts ^ixmiigïxm 16 OCTOBEE 1922 Une journée des plus glorieuses vient de se lever pour notre cher pays.Aujourd\u2019hui a lieu la bénédiction de la pierre angulaire du Séminaire Canadien pour les missions étrangères, œuvre tant désirée des âmes apostoliques.Il occupe dans la paroisse de Saint-Christophe, à proximité de Montréal, un site des plus charmants et des plus heureux.Assis au milieu d\u2019une touffe de grands arbres, il embrasse un immense horizon tandis qu\u2019il baigne ses pieds dans les flots rapides de la Rivière-des-Prairies.Tout dans cette situation est significatif et de nature à parler au cœur de l\u2019apôtre.D\u2019abord, dans la paroisse de Saint-Christophe ; Christophe ne veut-il pas dire \u201cPorte-Christ\u201d ?Et que fait l\u2019apôtre des missions lointaines, sinon porter le Christ à des multitudes qui l\u2019ignorent encore ?.Et puis, la solitude : n\u2019est-ce pas dans le silence et la retraite que se préparent les grandes œuvres ?.Cette immensité que le regard embrasse, ne dit-elle pas au missionnaire que son cœur doit être vaste comme le monde qu\u2019il veut conquérir ?.La rapidité des flots n\u2019est-elle pas le symbole de l\u2019ardeur, de l\u2019impétuosité avec laquelle l\u2019apôtre doit courir au secours des âmes qui se perdent ?.Enfin, n\u2019y a-t-il pas jusqu\u2019au nom de la rivière, dite « des Prairies » qui n\u2019ait son langage, en rappelant les champs sans nombre où languit et meurt la moisson blanchissante, faute d\u2019être arrosée par les eaux bienfaisantes de la grâce baptismale ?.Oh ! oui, le choix du site a été heureux et préparé par le Maître lui-même pour ses futurs apôtres.L\u2019imposante cérémonie de la bénédiction de la pierre angulaire a lieu à trois heures de l\u2019après-midi et est présidée par Son Excellence le Délégué Apostolique qu\u2019entourent dix-sept évêques et quatre à cinq cents prêtres et religieux.Une assistance nombreuse se groupe au pied de l\u2019estrade dressée pour la circonstance et toute décorée d\u2019armoiries et de drapeaux.Monseigneur Roy, évêque coadjuteur de Québec et président du Comité d\u2019administration du Séminaire Canadien, donne l\u2019allocution.\u201c Nous sommes réunis, dit Sa Grandeur, autour d\u2019un berceau, et sur ce berceau qui ne contient pas un homme maïs une œuvre qui se rattache de si près a l\u2019Œuvre de la Rédemption, vous voyez toute l\u2019Église se pencher pour répandre ses bénédictions.Oui, l\u2019Église catholique est ici, représentée par le Délégué du Pape, par les évêques qui sont les promoteurs de cette œuvre, par un clergé nombreux, qui, dès la première heure, s\u2019est empressé d\u2019offrir son concours efiBcace a l\u2019œuvre naissante.\u201d 370 Montréal.LE PRÉCURSEUE Janvier 1923.Puis après avoir exposé l\u2019importance de l\u2019Œuvre et les moyens de lui venir en aide, Sa Grandeur conclut en ces termes : \u201c Auprès d\u2019un berceau, il convient de former des vœux.Ceux que nous formerons auprès de cette pierre sur laquelle s\u2019appuient tant d\u2019espérances, seront des plu» ardents : \u201c Fasse le Ciel que par ce Séminaire des Missions Étrangères, nos jeunes gens trouvent le moyen efficace de répondre à l\u2019appel du Christ, d\u2019aller éclairer les nations assises à l\u2019ombre de la mort ! \u201c Fasse le Ciel que par ce Séminaire des Missions Étrangères, la foi de notre peuple soit confirmée par l\u2019efilort même qu\u2019il fera pour la communiquer aux autres ! \u201c Fasse le Ciel que ce Séminaire des Missions Étrangères, apprenne bien clairement à tous que l\u2019Église du Canada ne veut pas rester étrangère^au grand courant qui entraîne tant de nations vers l\u2019apostolat ! \u201c Fasse le Ciel que par ce Séminaire des Missions Étrangères, Dieu soit loué et glorifié ! ! \u201d L\u2019allocution terminée, Son Éxcellence le Délégué Apostolique procède à la bénédiction de la pierre angulaire, et avant de la sceller.Monseigneur G.Forbes, secrétaire du Comité d\u2019administration, lit au public^l\u2019acte de dédicace.Il sera déposé à l\u2019intérieur de cette pierre dans un coffret hermétiquement fermé.Ce coffret contient en plus la charte civile de la société, la'jettre pastorale de NN.SS.les archevêques et évêques sur les Missions Étrangères, les règlements de la Société, les privilèges accordés aux bienfaiteurs, le tract \u201c Vers les terres d\u2019infidélité \u201d, une prière pour la conversion de la Chine, une médaille de Benoît XV et de Pie XI, les noms des prêtres et des aspirants missionnaires du nouveau Séminaire, plus ceux des constructeurs.Puis, tour à tour, évêques, prêtres, religieux, fidèles, viennent frapper d\u2019un coup de marteau la pierre nouvellement bénite, en déposant auprès leur obole.Avant que la foule se disperse.Son Éxcellence Monseigneur Di Maria voulut bien donner la bénédiction apostolique et accorder deux cents jours d\u2019indulgence à toutes les personnes présentes.ŒUVRE DE LA SAINTE-ENFANCE Le Conseil Général de la Samte-Enfance vient d\u2019élire comme Directeur Général de cette Œuvre, M.l\u2019abbé Meiro, chanoine titulaire et sous-directeur des œuvres du d'ocèse de Rouen. LE PRÉCURSEUR Janviei 1923.371 Montréal Sa Grandeur Monseigneur J.-E.LIMOGES ûènie Evêque de Mont^Laurier.Nos vœux respectueux au vénéré Pasteur.Nos félicitations aux heureuses ouailles. 372 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.Extrait bes Cbroniques bu IRoviciat CÉRÉMONIE DE VÈTURE ET DE PROFESSION 25 SEPTEMBRE 1922 L\u2019heure bénie va bientôt sonner.Notre blanche chapelle est dans toute sa beauté : de gracieuses touffes de fougères font ressortir la blancheur éclatante des lis dont l\u2019autel est paré, les flambeaux bleus jettent une lueur douce sur tout ce décor et la Vierge Immaculée semble sourire plus maternellement encore au milieu de cette magnifique floraison.Monseigneur Piette, notre nouveau Vicaire-Général \u2014 dévoué bienfaiteur de notre humble communauté \u2014 nous fait l\u2019honneur de présider la cérémonie.Plusieurs membres du clergé ont daigné se rendre à notre invitation, en venant rehausser par leur présence notre pieuse fête.La chapelle est remplie de parents et d\u2019amis qui veulent être les heureux témoins des engagements sacrés, soit d\u2019une fille bien-aimée, soit d\u2019une sœur ou d\u2019une amie.Après quelques moments d\u2019attente, lentement s\u2019avancent les élues du jour, vêtues de robes blanches recouvertes d\u2019un long voile sous lequel on aperçoit le ceinturon bleu-azur que portait à Lourdes la Vierge immaculée.Après le chant du Veni Creator, Monseigneur, en termes éloquents, prononce l\u2019allocution de circonstance, prenant pour texte ces paroles de Notre-Seigneur : \u201c Voici que je viens, mon Dieu, pour faire votre volonté\u201d, qu\u2019il applique à la vocation religieuse et apostolique.Puis deux à deux, les heureuses privilégiées pénètrent dans le sanctuaire jusqu\u2019au pied de l\u2019autel, et là, selon la formule du cérémonial, demandent à recevoir le saint Habit des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.\u2022 Monseigneur leur remet ces saintes livrées, et, pendant qu\u2019elles vont s\u2019en revêtir, le chœur chante le psaume \u201c In Exitu \u201d, puis quelques strophes du beau cantique : \u201cJe t\u2019ai fait.Dieu d\u2019amour, une ardente prière, \u201c Entends, exauce mes désirs.\u201c Que j\u2019habite, ô Seigneur, dans ton doux sanctuaire \u201c Jusqu\u2019au dernier de mes soupirs.Et toutes recueillies dans leur costume religieux, les nouvelles fiancées de Jésus reviennent s\u2019agenouiller à leur place pour recevoir les noms qu\u2019elles porteront désormais.» 7 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.\t373 Cette cérémonie est suivie d\u2019une autre plus solennelle encore : une novice vient à son tour s\u2019agenouiller aux pieds de Monseigneur et demande humblement à être admise à la sainte Profession, \u201c se souvenant que le joug du Seigneur est doux et son fardeau léger\u201d ; puis d\u2019une voix émue, elle prononce les trois vœux qui la lient au divin Époux.L\u2019ofEciant lui remet successivement: le voile, en disant : \u201c Recevez ce voile sacré dont l\u2019Église veut orner votre tête, et appliquez-vous à pratiquer les vertus de pauvreté, d\u2019humilité et de modestie dont il est l\u2019emblème \u201d, et la croix : \u201c Ma Fille, voici la croix de votre Sauveur.Elle vous dit combien Jésus-Christ vous a aimée et a souffert pour vous ; mais aussi combien vous devez l\u2019aimer vous-même, et être prête à souffrir pour lui.\u201d Pendant que la petite missionnaire échange le voile de la novice pour celui de la professe, le chœur chante : \u201c Ta charité, Jésus, m\u2019enflamme, \u201c Oui, je veux en tous lieux, \u201c A ton amour gagner des âmes \u201c Et les guider aux cieux.\u201c Amour et sacrifices, \u201c Secret de mon bonheur, \u201d Vous faites mes délices, \u201c Vous ravissez mon cœur! \u201d \u201c J\u2019ai tout quitté pour Toi à la voix de Marie, \u201c J\u2019ai brisé les liens qui gênaient mon essor.\u201c Et je vole à tes pieds: n\u2019es-tu pas de ma vie \u201c L\u2019unique et doux trésor, l\u2019unique et doux trésor ?\u201c J\u2019irai, si tu le veux, aux plus lointaines plages \u201c Raconter tes bienfaits, tendre et divin Pasteur, \u201c A l\u2019enfant délaissé sur de tristes rivages, \u201c Et te gagner son cœur, et te gagner son cœur.\u201c Te suivre pas à pas, est l\u2019honneur que j\u2019envie, \u201c Et souffrir avec Toi, mon Dieu, fait mon bonheur.\u201c Comme Toi, s\u2019il le faut, je donnerai ma vie \u201c Pour les âmes.Seigneur ! pour les âmes.Seigneur ! * * * La cérémonie est close par un salut solennel du Très Saint Sacrement pendant lequel l\u2019oflBciant entonne l\u2019hymne d\u2019actions de grâces \u201c Te Deum landamus \u201d, et toutes les voix s\u2019unissent pour louer Dieu des grandes choses qu\u2019il daigne opérer en ses humbles servantes. 374 Montréal.LE PEÉCURSEUR Janvier 1923.Tong Shan, près Canton, Chine, mai 1922.Il y a quelques mois à peine, on l\u2019avait ramassée,cette petite bossue de quatorze ans, sur la route qui mène à Fong Tsun.Païenne et élevée chez des parents probableme nt très vicieux, A Nga ne respirait que le mal.Il était navrant d\u2019entendre cette malheureuse presque impotente maudire tous ceux qu\u2019elle voyait et leur adresser les paroles les plus obscènes.Cette pauvre brebis fut séparée de notre petit troupeau, cela se conçoit.Au bout de quelques jours, après avoir reçu la promesse de se bien comporter, nous lui permîmes d\u2019aller avec nos enfants.Un matin, voyant une médaille de la Sainte Vierge au cou de l\u2019une de ses compagnes, elle s\u2019informe : \u2014 Est-ce de l\u2019argent étranger ?\u2014 Non J UN BERCEAU CHINOIS c\u2019est une médaille de la Sainte Vierge, répond A Tan.Si tu veux, je te la prêterai pour aujourd\u2019hui.La petite païenne accepte et la médaille est glissée à son cou.Le soir venu, la propriétaire va réclamer son bien, mais la petite A Nga refuse net.Les deux intéressées en viennent aux mots, leur voix s\u2019élève ; mais avant d\u2019en venir aux mains, A Tan s\u2019en va trouver Sœur Supér ieure qui, pense-1-elle, saura bien lui faire rendre justice ! \u2014 Sœur Supérieure, j\u2019ai prêté ma médaille ; elle ne veut pas me la remettre !.et ses petits yeux agrandis par le chagrin cherchent sur la figure de SœurSupérieu-re l\u2019expression qui lui dise que sa cause est gagnée.\u2014Ne pleure pas, ma chère enfant, et ne fais pas de peine à ta compagne.Laisse-lui ta médaille, je vais t\u2019en donner une autre encore plus belle. Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.' 37.5 A partir du jour où A Nga reçut la médaille miraculeuse, il se fit un grand changement en elle.Mêlée aux catéchumènes, elle ne cessait de désirer et de solliciter le baptême.Avec de pareilles dispositions, il fut facile de l\u2019instruire.Tout allait bien quand, un matin, au déjeunpr, on, s\u2019aperçut que l\u2019enfant paraissait souffrante.En effet, se tournant vers la religieuse qui la servait, elle lui dit qu\u2019elle ne pouvait continuer son repas.Celle-ci l\u2019envoya se reposer et la rejoignit bientôt.Les traits de la fillette s\u2019altérant à vue d\u2019œil, on crut devoir avertir la Supérieure.Déjà la mort semblait imminente ! Cette nouvelle fut une surprise pour tout l\u2019orphelinat : la veille encore, A Nga était assez bien portante, son état de santé s\u2019étant bien amélioré depuis son arrivée au couvent.Il n\u2019y a pas de temps à perdre.Vite, on la prépare à recevoir le baptême: et ne pouvant avoir de prêtre, on lui fait faire sa renonciation aux idoles, puis, la Supérieure l\u2019ondoie.Son visage s\u2019irradie lorsqu\u2019on lui fait connaître le bonheur qui est en ce moment le sien ; devenir chrétienne, avoir droit au ciel et à la jouissance de Dieu pour toujours ! Aussitôt le grand acte accompli, la chère petite A Nga, baptisée sous le nom d\u2019Agnès, devint inconsciente.Trois heures plus tard, la Vierge Immacidée venait chercher sa petite fleur pour la transplanter dans les jardins du paradis.Hôpital Général Chinois 286, Blumentrit, MANILLE, Iles Philippines.24 septembre 1922.Ma bien chère Mère, Vous écrire m\u2019est toujours une joie nouvelle : je me sens alors plus près ; c\u2019est si loin, les Philippines ! L\u2019accomplissement de la volonté du bon Dieu comble les espaces.Je ne réalise pas que je suis à Manille; je suis heureuse, je me sens bien où Dieu me veut.Ce matin, à la messe, je me demandais ce que je pourrais faire pour témoigner ma reconnaissance à la Mère des miséricordes.Ce que je pouvais offrir me paraissait bien peu et j\u2019en avais du chagrin.A six heures, comme tous les matins, je descendis faire la surveillance à la salle des malades et au réfectoire des étudiantes : c\u2019est mon office de tous les jours, de six heures à sept heures et demie.Je rencontre un garçon de service avec des fleurs fraîches écloses.11 avait plu la veille et toute la nuit, de sorte que la sainte Vierge n\u2019avait pour parure que deux petits bouquets de fleurs blanches cueillies le long de la maison ; lorsqu\u2019il pleut, il n\u2019est pas facile de sortir.Je dis au garçon : \u201c Ne voudriez-vous pas me donner ces fleurs pour la sainte Vierge ?C\u2019est sa fête aujourd\u2019hui \u201d.Il y consentit volontiers.Ma joie n\u2019était pas mince, je vous assure.Mais la sainte Vierge ne se laisse pas vaincre en générosité, et ses dons sont incomparablement plus précieux que ceux de la terre ! Aussitôt j\u2019apprends qu\u2019un bébé de dix-huit mois arrivé 376 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.à l\u2019hôpital la nuit précédente, est gravement malade et n\u2019est pas ondoyé.Je le trouve en danger de mort prochaine.Son père avait laissé la chambre pour téléphoner, c\u2019était le moment propice : j\u2019ondoyai l\u2019enfant.A midi, il avait cessé de vivre.La sainte Vierge m\u2019avait mis entre les mains le cadeau que je désirais lui offrir.Cela m\u2019a profondément touchée ! Le lendemain, en faisant le même service, je trouvais un patient de\u201claCha-rité\u201d (salle des pauvres) presque à l\u2019extrémité.Il n\u2019avait plus de pouls et sa respiration était très courte ; toutefois, il avait encore sa pleine connaissance.Je lui mis au cou la médaille miraculeuse et cherchai une interprète: le patient ehinois comprenait le dialecte philippine.Après lui avoir expliqué les principales vérités de notre sainte religion on lui demanda s\u2019il désirait devenir chrétien; sur sa réponse affirmative, je versai sur sa tête l\u2019eau baptismale.Deux heures plus tard, il était, lui aussi, rendu au séjour des bienheureux.J\u2019eus pour un moment un avant-goût de la joie qu\u2019il a dû goûter en arrivant au ciel : j\u2019étais heureuse ! heureuse ! Le jour suivant, c\u2019était le tour d\u2019un tout jeune bébé que je me hâtai d\u2019ondoyer croyant qu\u2019il n\u2019avait que quelques instants à vivre.mais voilà que le petit malheureux semble ne pas vouloir profiter maintenant de son passeport pour le ciel.Pourvu qu\u2019il ne perde pas sa chance! Durant le mois de septembre, j\u2019ai employé mes rares moments libres à réparer quelques vieux cadres qui nous avaient été donnés, je les ai peints en rouge-brun avec une petite ligne dorée : ils sont bien passables.Les inscriptions au bas des images Une religieuse ondoyant un petit chinois mourant.que nous y avons mises sont en caractères chinois, et même sur l\u2019une O n représente l\u2019Ange Gardien qui conduit un chinois par la main.Les malades sont contents d\u2019avoir ces cadres dans leurs salles.J\u2019étudie encore l\u2019anglais.quand j\u2019en ai le temps.et je le farle surtout ! La semaine dernière, un infirmier que je rappelais au devoir, se trouve froissé et me dit : \u201c Je dois vous vénérer parce que vous êtes une révérende Sœur.mais vous ne savez pas beaucoup l\u2019anglais \u201d.C\u2019est vrai, lui dis-je, mais vous me comprenez très bien tout de même, cela me suffit ; faites maintenant Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.377 ce que je vous ai dit.La leçon lui profita.J\u2019avais eu bien de la misère à trouver mes phrases, mais ma peine ne fut pas perdue ; il est maintenant docile comme un enfant.J\u2019ai eu du plaisir ensuite : c\u2019était si drôle aussi ! et je ne pouvais pas rire devant lui.Le compliment ne m\u2019a pas rebutée, je parle toujours l\u2019anglais.autant que la nécessité m\u2019y oblige.Chère Mère, j\u2019ai dû interrompre ma lettre, et nous voici au 6 octobre.Actuellement nous avons une température de 74° F.à cinq heures du matin, et de 94° F.à trois heures de l\u2019après-midi.L\u2019air se rafraîchit, mais c\u2019est bien loin des belles journées d\u2019octobre du Canada.Le sol est jonché de feuilles mortes et les arbres sont verdoyants ; partout les fleurs s\u2019épanouissent.La nature se renouvelle chaque jour.C\u2019est bien beau.toujours l\u2019été,.mais nous n\u2019aurons pas la belle neige de l\u2019hiver et ses blancs frimas !.Ici, il y a de la poussière et des moustiques en abondance !.Demain, fête du Très Saint Rosaire, avec quelle ferveur nous remercierons cette puissante Reine et la supplierons de répandre sur notre chère Communauté et ses œuvres, sur nos bons parents et nos dévoués bienfaiteurs, la plénitude de ses grâces maternelles ! L\u2019on sent que cette bonne Mère nous soutient ! Pour ma part, je lui dois mon bonheur, et je repose paisiblement appuyée sur sa protection.Au revoir, bien chère Mère.Veuillez croire à la toujours très respectueuse et bien filiale affection de Votre humble enfant.Sœur X.Hôpital Chinois 76, Lagauchetière-Ouest, MONTREAL Durant le mois du Rosaire, nous arrivait à l\u2019hôpital un pauvre tuberculeux.Lorsqu\u2019il sut que sa maladie était grave, il voulut aller mourir en Chine, au milieu des siens.Il nous quitta donc.Nous sentions que cette âme nous écjiappait, mais mettant toute notre confiance en notre Immaculée Mère, nous ne cessions d\u2019espérer quand même.Le lendemain, le malade étant allé chercher son passeport, fut pris d\u2019une forte hémorragie.Il se trouva si mal qu\u2019il renonça à son voyage et revint le jour même solliciter de nouveau sa place, ajoutant : \u201cOh ! comme je suis content qu\u2019il y ait ici à Montréal un hôpital pour nous recevoir : je pourrai mourir tranquille.\u201d Inutile de dire que c\u2019est le cœur pénétré de reconnaissance envers notre bonne Mère du Ciel que nous l\u2019avons accueilli.Aussitôt il s\u2019est mis à suivre très attentivement les cours de catéchisme qui se donnent en chinois dans la salle des malades, et peu de temps après, il recevait le baptême avec de grands sentiments de joie et de piété.Nous lui avons donné le nom de Rosaire en action de grâces de la protection spéciale que lui avait accordé la sainte Vierge, 378 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.et depuis ce temps, il nous édifie par sa grande patience et attend la mort avec calme et résignation.* * * Un autre tuberculeux fut aussi baptisé le même jour et il ne pouvait assez nous témoigner sa joie et sa gratitude.Comme il ne savait que quelques mots de français, dès qu\u2019une Sœur paraissait dans sa chambre à n\u2019importe quelle heure du jour ou de la nuit, il souriait et disait : \u201c Bon- un mot, ayant la physionomie d\u2019un morphinomane, demande son admission à l\u2019hôpital.Il est reçu, installé dans un bon lit, et entouré de tous les soins qu\u2019il est en notre pouvoir de lui donner.Il délire sous l\u2019effet de l\u2019intoxication qui menace ses jours, et, comme il est dans une salle commune, les autres malades en ont tous peur.Nous-mêmes, nous ne pouvons nous défendre d\u2019une certaine frayeur à le voir les yeux presque sortis de tête : nous le mettons seul dans une chambre.Le UNE SALLE DE L\u2019HOPITAL CHINOIS DE MONTREAL.souére.ca va bien .y fait fret.\u201d Et surtout, il ne manquait jamais d\u2019ajouter \u201c merci \u201d.La sainte Vierge est venu le chercher un samedi.Mille actions de grâces à notre toute Miséridordieuse Mère ! Comme on le voit, elle aime ces pauvres païens et prend un soin spécial de ceux que nous lui confions.Un de ces jours, un homme d\u2019une quarantaine d\u2019années, à la figure toute décharnée, au teint livide, en médecin déclare que le patient peut avoir une syncope et mourir d\u2019un instant à l\u2019autre.Il n\u2019y a pas de temps à perdre pour le salut de cette âme !.On interroge le malade sur sa croyance religieuse, il répond qu\u2019il appartient depuis dix ans à \u201d The Church of England \u201d.Il est donc protestant.et il va mourir !.Mais la sainte Vierge ne permettra pas que cette âme nous échappe !. Montrai- LE PRÉCURSEUR Janvier ld23.\t379 L\u2019aumônier de l\u2019hôpital, Monsieur l\u2019abbé Caillé, vint le voir.Dès qu\u2019il parut, notre pauvre malade lui dit, la figure toute rayonnante et en joignant les mains sur sa poitrine : \u201c Je veux me faire bap-\u201c¦tiser\u201d\u2014et d\u2019un ton plus accen-\u201c tué \u2014 \u201cje veux être catholique !.\u201c Maintenant que je suis pour mou-\u201c rir, mes amis ne font aucun cas de \u201c moi ; au contraire, ils sont venus \u201c taiy:ôt pour m\u2019enlever ma bague \u201c avec diamant et ce qui me reste \u201c d\u2019argent ; je comprends bien main-\u201c tenant que les catholiques ont la \u201c vraie charité ; les religieuses sont \u201c si bonnes, si dévouées, et elles \u201c font cela sans intérêt personnel, ce \u201c qui prouve la vérité de leur reli-\u201c gion.Oui, je veux être catholique \u201c et je ne craindrai pas de mourir.\u2019\u2019 On l\u2019instruisit des principaux mystères de notre sainte Foi, il reçut le baptême, et depuis il est calme, patient, et donne à tous ceux qui l\u2019approchent, une impression sentie de la présence de l\u2019Esprit-Saint dans son âme nouvellement régénérée.ï,a politesse be Jésus La politesse n\u2019est-elle pas l\u2019épanouissement de la bonté ?Non, elle ne consiste pas seulement dans ces procédés extérieurs, et ce commerce de civilités et de compliments que l\u2019usage a établis.Ce n\u2019est là que la superficie de la politesse, et si tout devait se borner à cet extérieur, la politesse ne serait souvent qu\u2019un gracieux mensonge.Elle a sa racine dans un cœur aimant et dans un esprit qui veut faire plaisir.1 ° La politesse c\u2019est : L\u2019art de se contraindre et de se gêner, pour ne contraindre ni gêner personne ; Le soin d\u2019éviter tout ce qui peut déplaire, et de chercher tout ce qui peut faire plaisir, afin de rendre les autres contents de nous et d\u2019eux-mêmes ; L\u2019attention délicate de traiter chacun selon son rang et même selon ses petites exigences quand elles n\u2019ont rien de mal.C\u2019est ainsi qu\u2019on donnera à un supérieur, des marques de respect \u2014 à un égal, des marques d\u2019affa-\u2014 à un inférieur, des marques de bonté \u2014 à un malade, à un infirme, à un rebuté, des marques de compassion et de sympathie.C\u2019était bien là ce que voyaient en .Jésus enfant et adolescent ceux qui l\u2019approchaient pour la première fois ; ils étaient d\u2019abord étonnés, puis captivés ! et ils s\u2019en allaient raconter à d\u2019autres ce qu\u2019il y avait d\u2019attraits et de charmes dans la conversation de l\u2019Enfant de Marie et de Joseph; et dans les alentours de la maison de Nazareth on se disait ; Allons vers le Fils de Marie.2° La politesse est encore : La manifestation franche et sincère de l\u2019honnêteté, de l\u2019abnégation, du dévouement qui nous montre au dehors tels que nous devrions être au dedans. 380 Montréal.LE PEÉCUKSEUR Janvier 1923.L\u2019à-propos, la dignité des manières sans emphase, sans embarras sans avoir l\u2019air de dominer, laissant toujours sur notre visage, dans nos manières, dans notre ton de voix, quelque chose de doux et de reposé.Enfin, l\u2019exacte observation des bienséances et des usages reçus, alors même qu\u2019ils seraient pour nous une gêne.La politesse, à ce degré, devient l\u2019amabilité et l\u2019affabilité.Petites vertus sans éclat, qui plaisent à tous et répandent sur toutes choses une lueur qui adoucit ce qu\u2019elles ont de rude et les fait voir sous un jour favorable.Elles se montraient en Jésus enfant et adolescent comme simple rayonnement de ce qu\u2019il y avait de divin en Lui.Il était toujours simple, toujours bon, toujours patient, toujours complaisant, toujours dévoué, toujours prêt à rendre service.\t^ Il ne recevait jamais grossièrement.Il ne répondait jamais brusquement.Il ne renvoyait jamais rudement.Il n\u2019écoutait jamais froidement.Il ne commandait jamais hautement.Il ne reprenait jamais durement.Il ne parlait jamais étourdiment.Il n\u2019agissait jamais trop familièrement.Il ne plaisantait jamais légèrement.Il ne se plaignait jamais méchamment.Oh ! la belle, oh ! la sainte, oh ! l\u2019aimable manière d\u2019être et de vivre de Jésus ! Par l\u2019auteur des Paillettes d'or LETTRES DU R.P.BARZÉE, S.J., AUX PÈRES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS D\u2019EUROPE O mes Pères et Frères bien-aimés, les lettres qui nous sont venues récemment de Goa, la métropole des Indes, nous ont comblé de joie, lorsque nous avons connu par elles la propagation merveilleuse de ce divin incendie que l\u2019Esprit-Saint dilate parmi l\u2019univers.Aux armes, donc, mes Frères ! Notre Dieu, c\u2019est le feu qui dévore, et il est venu porter l\u2019incendie sur la terre.Pourquoi tarder encore ?L\u2019heure présente est l\u2019heure du salut, etle jour glorieux s\u2019est levé, ce jour de bénédiction où le prince de ce monde sera chassé de son empire.La voie s\u2019ouvre à nous dans toute son étendue, la voie où nous devons courir.Ce n\u2019est plus le temps de vivre pour soi-même : entrons dans la lutte avec toutes nos forces.jii Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923\t381 (Somment aiber les /liassions en ornant no9 bellee lEfilieee t)u Canada jii Les Sœurs Missionnaires de l\u2019ImmacuIée-Conception ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur maison-mère et de leur noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, 314, CheminSainte-Cather'ne, Outremont, Montréal, ou encore à leurs maisons de Rimouski et de Joliette, les articles suivants : Lingerie sacrée, brodée, au fil tiré, etc., etc.Nappes d\u2019autel avec dentelle aux fuseaux ou autre.(Ces dentelles sont fabriquées en Ch'ne par les orphelines chinoises.) Surplis et aubes avec dentelles de Cluny et autres.Tapis d\u2019aute\u2019 en feutre peint, doré ou simplement découpé.Voiles de tabernacles peints ou brodés d\u2019or.Êtoles et bourses de salut, peintes ou brodées.Voiles huméraux de tous genres.Chapes de toutes couleurs, à la broderie chinoise, à la cannetille ou à la peinture.Voiles de ciboire, de custode, d\u2019ostensoir de tous genres.Boîtes à hosties peintes.Sacs aux malades.Bannières, insignes pour congrégations, etc.Enfants-Jésus en cire et Crèches pour Noël.On peint sur commande toutes sortes de bouquets spirituels, cartes de fêtes, etc.Prix donnés sur demande.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes payennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi.Adresse ; Les Sœues Missionnaires de n\u2019iMMACULÉE-Conception 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal.ou : Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacueée-Conception, Rimouski, Qué.ou : Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Joliette, Qué. 382 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.Jamais, de mémoire de bonne, M.Jean ne s\u2019est couché si tard ni si bruyamment.Habituellement, après la prière en famille, pendant que s\u2019échangent baisers et \u201c bonne nuit, \u201d la demie de huit heures sonne au coucou du vestibule : l\u2019Homme au sable commence alors sa tournée.Oh ! la vilaine poussière ! Jeannot en a déjà plein les yeux, plein la bouche, et il s\u2019abandonne aux mains de la vieille Marguerite, docile, aveugle, muet,\u2014 gro-gron, dites-vous P Non.il ronfle ! Mais ce soir \u2014 soir de saint Sylvestre \u2014 quels regards vifs, quels bonds, quelle langue éveillée ! \u2014 Je te les montrerai demain, mes étrennes, ma chapelle.Tu verras si c\u2019est joli ! l\u2019autel en bois verni, tu sais, comme le secrétaire de papa, avec quatre chan.quatre candélabres, et un calice en or, et un pupitre pour le livre, et un vrai tabernacle.Et puis, j\u2019ai un ornement ; tout, tu comprends, c\u2019est tante Germaine qui l\u2019a brodé.blanc, avec des fleurs autour de la croix ! !.Et puis.\u2014 Allons, Monsieur Jean, vos petits frères dorment depuis longtemps; il est presque dix heures.Jean ne s\u2019endort pas.Il a beaucoup de bonheur ! il a aussi un peu d\u2019inquiétude: à six ans, déjà, on pense à tout ! C\u2019est trop ! Maman viendra, égrenant son chapelet ; elle se penchera dans l\u2019ombre blanche des grands rideaux et elle apercevra des yeux brillants qui l\u2019interrogent.\u2014 Dis, maman, il n\u2019y a pas de livre ! \u2014 Pas de livre ?.\u2014 Oui, sur le pupitre, pour lire la messe !.\u2014 Mais, mon chéri, tu mettras un de tes albums d\u2019images.\u2014 Oh ! non, maman ; il faut un gros livre, un livre exprès.\u2014 Un missel !.Et la mère hésite, elle réfléchit, elle hoche la tête, comme si quelqu\u2019un lui parlait bas \u2014 son ange gardien, ou celui de Jean !.\u2014 Dormez, Monsieur l\u2019abbé, vous aurez votre missel, bientôt, dans quelques jours.Songe donc, Jean, on nous l\u2019envoie de Rome ! * 4c 4c Dès lors, chaque soir, quand le gazouillement des tout petits s\u2019est rythmé en un souffle très doux, quand Jeannot se voit \u2014 oh ! le beau rêve ! entonnant, dans une cathédrale pleine de soleil, une messe servie par des anges en surplis d\u2019azur, maman s\u2019asseoit près de la table où papa lisote ses revues, et elle reprend le travail de la dernière veillée.Voici, retrouvée et ouverte, chantant sous le halo de la lampe sa gamme très gaie, la vieille boîte de couleurs que la maîtresse de maison avait oubliée, depuis huit ans, parmi ses bibelots de jeune fllle.Retrouvée aussi, la studieuse patience de la pensionnaire gagnant, au Sacré-Cœur, Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923\t383 son premier prix de dessin; retrouvée aussi la touche délicate de l\u2019aquarelliste remarquée par plus d\u2019un maître aux expositions des petits Salons intimes.Et sous la caresse des pinceaux, le vélin se fleurit de lys mystiques, les feuilles du livre se constellent de grosses lettres noires\u2014il faut que le texte soit bien lisible !\u2014parmi lesquelles étincellent les majuscules dorées.Certes, jamais miniaturiste n\u2019enlumina manuscrit avec plus d\u2019amour ! jamais artiste elle-même ne flt œuvre plus aimée.Non, ce n\u2019est pas simple œuvre d\u2019artiste ; c\u2019est œuvre, c\u2019est chef-d\u2019œuvre de mère, de chrétienne.Car il a fallu l\u2019âme exquise d\u2019une mère, il a fallu le sens pieux d\u2019une chrétienne pour concevoir et pour réaliser ce livre que nul éditeur n\u2019imagina ; ce missel où Jean lira la messe, sa messe ! Une messe extra-liturgique très courte, en français \u2014 comment s\u2019arrangera-t-elle avec la Sacré Congrégation des Rites, cette maman ?\u2014 mais si pleine d\u2019esprit ecclésiastique, j\u2019allais dire d\u2019esprit sacerdotal.Il y a là tout le cadre de l\u2019oflfice divin, depuis le psaume initial : Au nom du Père.Je m\u2019approcherai de l\u2019autel de Dieu.Du Dieu qui réjouit ma jeunesse.Gloire au Père.jusqu\u2019aux Prières après la messe : trois Je vous salue, Marie, pour le Pape.Il y a le Je confesse à Dieu en entier ; un Gloria abrégé \u2014 celui des anges à Bethléem ; \u2014 L\u2019Evangile selon saint Mathieu : (XIX, 13) : En ce temps-là, on offrait à Jésus des petits enfants pour qu\u2019il leur imposât les mains.; le Je crois en Dieu, que Jean ne sait pas encore jusqu\u2019à la vie éternelle ! Il y a même des Oraisons propres, que vous chercheriez vainement dans le Missel Romain ; celle-ci, par exemple, \u2014 et ne vous étonnez pas si le pinceau a tremblé en l\u2019écrivant.\u2014 0 mon Dieu, je ne suis qu\u2019un enfant, mais si vous daignez faire à mes parents et à moi l\u2019honneur de me choisir pour être pous tard votre prêtre, votre missionnaire pour vous faire connaître aux pauvres infidèles, accordez-moi la grâce de répondre généreusement à votre appel, de n\u2019en pas être trop indigne.Ainsi-soit il I Et cet autre après le Pater : Jésus, qui viendrez un jour me visiter et vous donner tout à moi, préparez-moi bien à ma Première Communion, Ainsi-soit-il 1 Encore quelques additions : une dernière prière Pour papa et maman ; une dernière rubrique, au carmin : Quand la messe est finie, il faut remettre chaque chose bien en ordre ; au début, une grande image \u2014 aquarelle d\u2019après nature : \u2014 Jean, raide dans sa chasuble, les bras étendus, ses yeux bleus mi-clos, et disant avec une petite moue grave : Le Seigneur soit avec vous J \u2014 Maintenant, vite, vite.C\u2019est un travail urgent.Monsieur ! Une reliure très solide, très rouge, avec des fers dorés, une croix.Donc, ce deuxième dimanche de l\u2019Épiphanie, quand Jean voudra officier, en découvrant sur l\u2019autel le missel éblouissant, splendide, il sera heureux, heureux ! \u2014 presque autant que maman .* * * Ces souvenirs d\u2019enfance \u2014 tel un vol d\u2019hirondelle regagnant le clocher natal \u2014 voltigent dans la mémoire et comme autour du jeune prêtre, du missionnaire, le nouvel ordonné de ce matin.Il avait fui sa chambre sans sommeil, gagné la chapelle silencieuse, le sanctuaire de famille où il reviendra, après quelques heures. 384 Montréal.LE PKÉCUKSEUR Janvier 1923.offrir son premier Saerifice.S\u2019éclairant d\u2019un cierge au coin de l\u2019autel, il ouvrait le missel, cherchait la messe du lendemain.Soudain, il s\u2019est arrêté, distrait, rêveur, songeant à ce passé qu\u2019il évoque.Là-bas, de l\u2019ombre où d\u2019avance elle savourait, inaperçue, le suprême et prochain bonheur \u2014 recevoir Dieu, son Dieu, des mains de cet enfant, son enfant ! \u2014 la mère s\u2019approche, inquiète.\u2014 Mon fils, murmure-t-elle, que pensez-vous ?Il faut vous reposer.\u2014 Mère \u2014 et une larme brûlante tomba de ses yeux \u2014¦ Mère, je songeais que je ne serais peut-être pas ici, feuilletant ce missel ; que je ne serais pas missionnaire, destiné à aller là-bas, faire connaître le bon Dieu, si je n\u2019avais jadis lu et relu un autre missel, le premier.vous savez, celui de mes six ans.votre missel, maman ! Fbançois Chauvin UNE VISITE AU TOMBEAU DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER C\u2019était en 1910.Le corps de saint François-Xavier, conservé à Goa, était exposé, pendant le mois de décembre, à la vénération d\u2019innombrables pèlerins venus de toutes les parties de l\u2019Inde.Je quittai Bombay, un matin de décembre, avec dix Révérends Pères Jésuites et un prêtre séculier, ancien ministre protestant.Après plusieurs péripéties, nous arrivâmes à Goa vers dix hrs du soir.Je savais que nous recevrions l\u2019bospitalité au couvent de Sainte-Monique où nous avions écrit de Bombay, et j\u2019espérais arriver là avant minuit ; sans doute, les bonnes religieuses avaient préparé du thé et quelques biscuits.De temps en temps je regardais à ma montre, au clair de la lune.Nous arrivons devant le couvent.C\u2019est une grande bâtisse blanche entourée d\u2019inmenses vérandahs.A ma profonde surprise, il n\u2019y a pas de lumière et, à notre entrée, l\u2019écho résonne comme dans une tonne vide.Après avoir frotté une allumette, nous voyons que le plancher du rez-de-chaussée sert de lit à de nombreux pèlerins.Nous montons au premier étage, et nous trouvons nos chambres.Deux bancs, l\u2019un contre l\u2019autre, me serviront de lit.Nous prenons un souper froid (car nous avons apporté un panier de provisions) à la lueur d\u2019une mauvaise lampe, au milieu d\u2019une vaste salle ornée d\u2019antiques statues.Mais nous n\u2019avons ni thé, ni biscuits.\u201c C\u2019est curieux tout de même, pensais-je, que les bonnes Soeurs ne nous aient préparé ni thé ni biscuits \u201d.Mon voisin de gauche devinant ma pensée, m\u2019explique l\u2019énigme.Le couvent en forme de carré, avec une cour intérieure, avec d\u2019immenses corridors, avec des vérandahs aux énormes piliers, èst inhabité depuis 1887, quand s\u2019éteignit en odeur de sainteté la dernière religieuse.Le gouvernement portugais en 1834 avait défendu de recevoir de nouvelles recrues.Il n\u2019y a plus, pour cet immense logement, qu\u2019un vieux prêtre qui vient dire la messe dans la chapelle.Le lendemain, nous allons vénérer le corps de saint François-Xavier exposé à nos regards dans l\u2019église de \u201c Bon Jésus \u201d.Nous baisons ses pieds (qu\u2019ils sont beaux les pieds de saint François-Xavier), nous y faisons toucher des objets : chapelets, médailles, images.Puis nous nous agenouillons.Que l\u2019on prie avec ferveur dans un tel moment ! Je demande à Dieu, par l\u2019intercession de Marie et du grand apôtre des Indes, que je fasse un peu de bien au milieu des innombrables populations que le démon tient sous son joug.Prières pour que les nations païennes voient la lumière du Christ, pour que les peuples catholiques soient plus fervents et aident les missionnaires de leurs prières et de leurs aumônes.Nous pensons à nos parents, à nos amis, à nos bienfaiteurs, aux élèves de nos maisons d\u2019éducation, et à ceux qui ont la tâche délicate, mais combien féconde ! de les former à la vertu.Dans l\u2019église, des soldats tiennent en respect la foule qui se précipite vers le corps du grand apôtre.La foule n\u2019est pas admise à baiser les pieds du saint ; deux prêtres font toucher des linges à ses pieds, et font ensuite baiser ces linges.Cette mesure de précaution a été prise depuis qu\u2019une vieille femme, dans une des expositions précédentes, voulant avoir une relique du saint, enleva en mordant, une petite partie du pied droit.Après avoir dit la messe auprès du coprs de saint François-Xavier, nous repartîmes pour Bombay.Nous étions venus par bâteau, mais le retour se fit par chemin de fer.Je remerciai le Dieu de toute bonté de m\u2019avoir procuré au début de mon ministère, la consolation de baiser les pieds du grand apôtre saint François-Xavier.Un Missionnaire.1 I Jklontréal LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.\t385 IP>auIme*/lftarie Jancot I *¦ Fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi (Suite) Ce n\u2019est pas ici le lieu de raconter les rapides développements de cette dévotion.Dieu seul en mérite la louange et la gloire ; car, si jamais instrument humain put bien sentir son incapacité, son impuissance et son néant, ce fut bien moi, surtout dans ce qui concerna la couronne mysHque, offerte spontanément à Marie, sur tous les points du globe.On eût dit que la toute-puissance du Maître Souverain s\u2019était plu à créer des montagnes devantZapeîiîe Jourmi qui s\u2019efforcait de procurer la gloire de ce Maître et celle de sa sainte Mère.Puis, tandis que la pauvrette mesurait avec effroi la hauteur de ces montagnes, le souffle divin ouvrait des voies larges et faciles, du côté où elle ne regardait pas.En un mot, le premier fruit du Rosaire vivant, fut de prouver, une fois de plus, que les œu vres de sanctification sont les effets de la miséricorde divine, et non le résultat du travail de 1 a créature.Je peux dire de la dévotion du Rosaire, ce que les livres saints disent de la sagesse \u2018 \u201c Tous les biens me sont venus avec elle l \u201d Entre autres grâces, cette dévotion m\u2019a fait comprendre que l\u2019humilité du cœur, unie à la prière offerte par la Mère Immaculée, sont les seules garanties de la paix.La méditation des mystères du saint Rosaire a dégoûté mon esprit de tous les vains raisonnements de la sagesse humaine, et m\u2019a convaincue de cette vérité : Que le salut de la France comme celui de l'univers, est uniquement dans la connaissance, dans le souvenir des mystères de la vie et de la mort d\u2019un Bienfait homme et victime, par amour pour l\u2019homme.De plus, par la vertu du Rosaire, mon faible cœur a osé unir sa voix à celle du Sauveur qui, dans les larmes, la pauvreté et la souffrance, n\u2019a cessé, durant sa vie mortelle, de faire retentir les demandes du Pater.Par la méditation douce et continue de ces mystères, j\u2019ai compris la gloire que rendait au Père céleste la moindre action du Verbe incarné, et, par suite, la réparation surabondante qu\u2019une seule goutte du sang de Jésus-Christ, une seule de ses larmes, un seul de ses soupirs, a dû offrir à la Justice pour effacer et réparer les péchés du monde.Aussi ai-je eu l\u2019intime certitude que je serais exaucée, et dans le sentiment de ma confiance absolue envers le Tout-Puissant Rédempteur, j\u2019ai oublié ma propre indignité, pour tout demander, tout espérer, tout attendre, avec le conviction que le chrétien, quel qu\u2019il soit, a droit de se prévaloir humblement des mérites de son Chef, et que rien ne peut lui être refusé quand il parle à la suprême Justice à travers les plaies de Jésus-Christ, par la voix de Marie.Ici, dans des pages toutes radieuses d\u2019amour, d\u2019espérance et d\u2019humilité, la vierge s\u2019étonne, se confond de voir la bonté divine se servir \u201c d\u2019une misérable, indigne de répandre de telles richesses \u201d, L\u2019œuvre nouvelle s\u2019étendit avec une merveilleuse rapidité dans le monde entier, comme un céleste réseau réunissant dans une même supplication, des millions de cœurs dévoués à la gloire de Dieu, sous l\u2019égide maternelle de la Reine du ciel.Dès son origine, le Rosaire vivant fut, dans la pensée de Pauline, la propagation universelle de la prière ^t de la charité, qui seules pourront sauver les derniers jours du monde.Elle devançait ainsi d\u2019un demi-siècle l\u2019appel auguste et sacré de S.S.Léon XIII, signalant, à l\u2019univers catholique, la dévotion du Rosaire, comme le plus sûr moyen de salut, dans les temps périlleux où se trouve l\u2019Église.L\u2019épreuve, sanction ordinaire des œuvres de Dieu, ne manqua pas, comme \u2022on l\u2019a vu, à l\u2019héro\u2019ique fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant.La calomnie ne fut pas plus épargnée à la 386 Montréal.LE PRÉCURSEUK Janvier 1923.servante de Marie dans la création de cette seconde œuvre que dans la fondation de la première.On en vint à attaquer la fondatrice sur ce point même où, en vérité, elle était le moins attaquable, celui de l\u2019intérêt personnel ! On l\u2019accusa bientôt de faire un eommeice des objets et des livres qu'elle envoyait partout.Cette odieuse supposition ayant gagné de proche en proche, quelqu\u2019un fut délégué à l\u2019une des réunions mensuelles des zélatrices du Rosaire, pour demander à la sainte et généreuse jeune fille, qui donnait si largement à toutes les œuvres en souffrances, pourquoi elle bénéficiait tant sur celle-ci ?.L\u2019humble Pauline garda le silence.Mais Mme Perrin était là !.Ne croyant pas, comme sa sœur, devoir accepter certaines humiliations, elle répondit avec la fierté noble et spirituelle de son caractère : \u201c C\u2019est \\rai.Monsieur, nous nous enrichissons prodigieusement, ma sœur et moi par le Rosaire, car pour ma part, j\u2019ai, en le propageant, placé à la banque du Ciel, et à cent pour cent au moins, vingt-cinq mille francs en toute espèce de livres et autres choses que j\u2019ai distribuées pour cette œuvre.Quant à Pauline, l\u2019accusée, elle est bien plus riche encore, puisqu\u2019eZ/e place ainsi et sans compter !.C\u2019est pourquoi, ajoute-t-elle avec une légère ironie et en s\u2019adressant au délégué, nous serons l\u2019une et l\u2019autre, toujours disposées à vous aider, comme par le passé, toutes les fois que vous aurez besoin de nos bourses.\u201d La leçon était bonne et bien méritée.Celui qui la reçut continua de profiter de la libéralité des deux sœurs mais il ne s\u2019avisa plus de leur en demander compte.Pauline ayant soumis toute chose à Mgr de Pins, administrateur du diocèse.Sa Grandeur délégua M.Cattet, vicaire général, chanoine théologal et promoteur de l\u2019archevêché, avec mission de tout régler, [ce qui fut fait légalement, après que la fondatrice eut exposé l\u2019ensemble de son dessein.Cette sanction épiscopale ne mit pas un [terme aux épreuves de Pauline.Trompé par de faux rapports, le Maître Général des Frères Prêcheurs lui adressa de sévères reproches en l\u2019accusant de vouloir, par une imprudente innovation, anéantir ou changer la dévotion du Rosaire.Ces reproches si peu mérités affligèrent d\u2019autant plus la servante de Marie, qu\u2019elle avait une particulière affection pour les fils de saint Dominique, à cause de leur zèle pour le culte de la Mère du Sauveur.Désolée d\u2019avoir, involontairement, jeté quelque trouble dans l\u2019esprit de ceux qu\u2019elle vénère à tant de titres, elle éerit au Rme Maître Général et lui expose avec une humble simplicité çMeZs motifs l\u2019ont déterminée à demander une nouvelle éclosion à l\u2019arbre antique et vénéré du grand Rosaire, dont trop de chrétiens avaient oublié depuis longtemps de savourer les fruits : \u2014\tProcurer aux fidèles dont l\u2019isolement paralyse la bonne volonté, le moyen de s\u2019unir, pour faire le bien, et de se réunir pour s\u2019entendre sur la manière opportune de l\u2019opérer.\u2014\tRemédier à la diffusion des mauvais livres, par la propagation, des bonnes lectures et celle des objets de piété. Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.\t38 7 \u2014 Opposer le rempart d\u2019une charité et d\u2019une 'prière universelles à la haine et aux blasphèmes, hélas ! universels aussi.Les fils de saint Dominique ne tardèrent pas à comprendre et à bénir la pensée et les vues de Pauline.En affiliant sa nouvelle œuvre à leur grande œuvre de prédication universelle, ils aplanirent les voies du Seigneur à une infinité d\u2019âmes.Leurs Maftres Généraux, bien loin de détruire le Rosaire vivant, l\u2019ont favorisé de tout leur pouvoir.Nous en citeons deux seulement : La Rme Père Cipolletti accorda, par un diplôme spécial, les faveurs spirituelles de son Ordre à tous les associés présents et futurs du Rosaire vivant (1836).Le Rme Père Larocca, qui vient de terminer sa longue, laborieuse et sainte carrière, traça en 1873 le plus beau témoignage de sa vénération pour \u201c Pauline-Marie Jaricot, à qui la famille dominicaine doit Véclosion d'une nouvelle fleur sur son arbre du Saint Rosaire.Il exalte la vierge fondatrice de la Propagation de la Foi et promotrice des œuvres de zèle et de charité en faveur des classes ouvrières\u201d Aussi les Frères Prêcheurs n\u2019ont-ils cessé de témoigner à la servante de\tDieu,\tun\tdévouement qui\tl\u2019a\tsuivie jusqu\u2019au tombeau,\tet même au\tdelà ;\tcar\tles premiers, ils\tont\tcherché à faire\tglorifier\tsa sainte mémoire.Quatre ans après la fondation du Rosaire vivant, Pauline écrivait aux conseillères de cette œuvre : \u201cLes dizaines continuent de se multiplier avec une incroyable rapidité, en Italie, en Suisse, en Belgique, en Angleterre, et dans plusieurs contrées de l\u2019Amérique.Ce Rosaire a jeté des racines de vie jusque dans les\tIndes\tet\tsurtout au Canada.\tNous continuons\tà faciliter les moyens\tde l\u2019établir en Afrique.\tLes\tcouronnes vivantes\tformées\tà Smyrne et à Constantinople donnent de grandes espérances.Dernièrement, un respectable missionnaire venant de Bogota (Amérique du Sud) m\u2019a dit que, par les soins du vénérable Archevêque de cette ville, l\u2019association se propage tellement, qu\u2019il est presque impossible de dire le nombre de ceux qui en font partie ; et que partout où les dizaines se forment, on remarque une constance dans le bien et un parfum de vertu qui n\u2019existaient pas auparavant.\u201cIci, mes sœurs, une foule de traits charmants et pleins d\u2019édification se pressent sous ma plume.Mais il serait trop long de les écrire.Que Jésus est miséricordieux, et que Marie est puissante ! \u2019\u2019 On savait combien Pauline tenait au progrès du Rosaire vivant, aussi lui annonca-t-on comme une mauvaise nouvelle la fondation d\u2019une confrérie qui, n\u2019exigeant des associés qu\u2019wn seul Ave Maria, devait \u201c faire tort à la première ! \u2019\u2019 C\u2019était méconna?tre, en même temps, la fécondité de la grâce, et le désintéressement des vues élevées de la fondatrice dont le cœur n\u2019était accessible, ni à la jalousie des œuvres, ni aux recherches de l\u2019amour propre dans le bien.N\u2019importe par quel mode et par qui Dieu était glorifié, «lie s\u2019en réjouissait.Aussi répondit-elle à cette annonce ; Je suis loin de m\u2019aflBiger de voir des confréries nouvelles s\u2019établir à la gloire de Marie.Sans doute notre Rosaire honore directement le Cœur de cette Mère Immaculée ; mais 388 Montréal.LE PRÉCUKSEUR Janvier 192.3.afin que tous les esprits, même les plus légers, n\u2019aient aucun prétexte pour s\u2019exempter de la prière, je trouve excellent, admirable, que la piété prenne toutes les formes, et que la récitation d\u2019un seul Ave Maria suffise pour qu\u2019on fasse partie des dévoués à la Mère de Dieu.Ne craignez rien : le Cœur de notre Reine est assez vaste pour nous abriter tous,\tquelque soit notre bannière.L\u2019évêque de Versailles s\u2019étant opposé à l\u2019établissement de la nouvelle œuvre dans son diocèse, quelques zélatrices, trop ardentes, avaient agi quand même.Indignée de cette témérité, Pauline s\u2019empressa d\u2019écrire au prélat ces lignes qui témoignent de sa soumission parfaite à l\u2019autorité ecclésiastique.Monseigneur, Il m\u2019est revenu qu\u2019on se sert de mon nom, pour s\u2019opposer à vos vues paternelles.Aussi, je m\u2019empresse de déclarer en toute vérité et simplicité à Votre Grandeur, qu\u2019avant tout,\tje me fais gloire d\u2019être l\u2019enfant de l\u2019Eglise et qu\u2019à ce titre, je reconnais, avec autant de respect que de consolation, votre autorité pastorale sur toutes les œuvres de votre diocèse.Il est vrai que j\u2019estime le saint Rosaire comme une pratique capable d\u2019apaiser la colère de Dieu, de sanctifier les âmes et de ramener les pécheurs ; mais j\u2019aimerais mieux qu\u2019il fût anéanti dans votre diocèse que d\u2019en voir les associés, sous quelque préfexfe de bien que ce fût, s\u2019aviser de contrarier la moindre des intentions de leur Père dans la Foi.Je déclare donc ne pas reconnaître pour mes sœurs les personnes qui méprisent ma tendre Mère l\u2019Église, dans la personne des évêques de leurs âmes, et, prosternée à vos pieds, je déclare en outre, Monseigneur, n\u2019être à l\u2019égard du Rosaire vivant que la dernière de vos enfants.En cette qualité, je me mets sans réserve à la diposition de Votre Grandeur, pour envoyer cette déclaration aux personnes qui ont voulu contrarier votre autorité en s\u2019abritant de mon nom.Ce ne fut ni la première ni la dernière fois que l\u2019intrigue se servit de ce nom pour agir en sens inverse des intentions et des sentiments de Pauline.Nous avons trouvé des preuves multipliées de cette supercherie, qui ne cessa de blesser ce que son cœur, si noble et si droit, avait de plus délicat et de plus élevé.Il arriva un jour à la fondatrice une petite aventure qui mit en relief et sa pensée sur son œuvre et la gracieuse promptitude de son esprit : Comme elle venait de proposer à Mgr Soyer, évêque de la Rochelle, de faire établir le Rosaire\tSa Grandeur, à dessein, lui ditd\u2019un air terri- blement sévère : \u2014\tEh quoi ! Mademoiselle, Vautre est-il donc mort ?\u201d \u2014\t\u201c Non, Monseigneur, répondit-elle, avec son fin et doux sourire, mais il était endormi, et j\u2019ai voulu l\u2019éveiller.\u201d L\u2019Évœque sourit à son tour et donna sa plus cordiale bénédiction: à l\u2019œuvre et à la fondatrice.Les comptes-rendus, envoyés chaque année de tous les points de la France et de l\u2019Algérie, formeraient d\u2019intéressants volumes, surtout ceux de M.l\u2019abbé Suchet, Grand Vicaire d\u2019Alger.On y voit la miséricorde de Marie couler à flots sur cette terre de missions à peine conquise, et où la charité d\u2019un saint Évêque jetait les premières semences de la Foi.Pauline multiplia ses libéralités en faveur de l\u2019Église qui avait été si chère à saint Augustin.La sollicitude de cette mère pour \u201c cette seconde œuvre de son cœur \u201d, lui fit ajouter une correspondance considérable à celle des missions étrangères.Chez elle la charité devait constamment suppléer à la défaillance des forces physiques.On ne saura jamais combien d\u2019âmes elle a soutenues, consolées et sauvées par ses lettres.M.l\u2019abbé Borge, du diocèse de Belley, écrivait en 1833 à M.Bétemps : \u201c Je ne puis vous Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.\t389 exprimer le bien que font les lettres si consolantes de Mlle Jaricot; elles sont pour nos réunions ce qu\u2019étaient, pour les premiers fidèles, les Épitres de Saint Paul.\u201d Étonnée elle-même de l\u2019empire qu\u2019elle exerce dans le monde moral, elle l\u2019explique à la façon des saints, c\u2019est-à-dire, en s\u2019abaissant d\u2019autant plus qu\u2019elle reçoit et donne davantage Mon cœur devient alors comme Vêcho auquel l\u2019amour de Jésus-Christ confie le cri de sa miséricorde, pour qu\u2019il soit répété dans toutes les contrées avec lesquelles l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi et le Rosaire vivant me mettent en rapport, et me donnent toutes sortes de moyens d\u2019inoculer à la multitude des associés de l\u2019une et de l\u2019autre Œuvre, les sentiments et les pensées qu\u2019il plaît au divin Maître de m\u2019inspirer.Gloire en soit à Dieu seul ! Je suis devant lui comme un de ces tableaux noirs dont se servent de savants professeurs pour écrire ce qu\u2019ils veulent enseigner en même temps à un grand nombre d\u2019élèves, et d\u2019où la leçon est effacée dès qu\u2019elle a été comprise, pour y mettre des enseignements nouveaux.Je ne saurais sans injustice, expliquer autrement les grâces surnaturelles et toutes puissantes, attachées à ce que j\u2019écris ou à ce que je dis, sans employer rien de ce qui flatte la vanité, la curiosité, l\u2019esprit de parti, etc.Je ne sors pas du langage de la foi et cependant il m\u2019est donné devoir mes frères embrasser avec joie, tousles moyens que je leur suggère de servir Jésus et Marie, d\u2019obtenir l\u2019exaltation de la sainte Église, la conversion des pécheurs, et de préparer des secours de miséricorde pour les jours mauvais, afin de dissiper les nuages amoncelés par la Justice divine au-dessus de notre France.Dans ses lettres, ses conversations, ses exhortations, émergeait toujours son ardent désir de la gloire de Dieu, du salut des âmes et du relèvement moral de la France.Elle demandait, elle suppliait, elle conjurait de se dévouer sans réserve, chacun selon ses forces et son pouvoir, au triomphe de la cause catholique, hors de laquelle son cœur virginal n'avait 'point d'amour.Elle était comprise.Quand des missionnaires, évêques ou simples prêtres, s\u2019arrêtaient à Lyon, ils édifiaient les pieuses assemblés du Rosaire vivant, par le récit de leurs épreuves et de leurs travaux.Un jour, l\u2019un d\u2019eux venait de raconter le martyre d\u2019un confesseur de la Foi, auquel on avait fait souffrir des tortures inouïes, le jeune Pierre Perrin qui se trouvait là, dit à sa mère : (Mme Perrin, sœur de Pauline) \u201c Maman, si Notre-Seigneur daignait me demander un pareil sacrifice, refuseriez-vous d\u2019y consentir ?\u201d Un élan spontané de foi et d\u2019amour fit sortir un cri sublime du fond des entrailles maternelles.\u201c 0 mon hien-aimé ! si Jésus-Christ te faisait cet honneur, non seulement je te donnerais, mais je te porterais même au lieu de ton martyre, si j'en avais la force.\" L\u2019angélique Pierre recueillit cette parole et la garda comme une bénédiction et une espérance.L\u2019accueil prodigieusement sympathique fait dans le monde entier à la nouvelle fleur de l'arhre du saint Rosaire, raviva cette sorte de jalousie qu\u2019éprouvent les cœurs étroits et lâches, à l\u2019égard des cœurs magnanimes qui se dévouent au sauvetage universel de tous les naufragés de la Foi et du bonheur.Cette jalousie du bien qu\u2019on ne fait pas et du dévouement qu\u2019on n\u2019a pas, enserra comme une pieuvre l\u2019existence tout entière de la vaillante du Christ.Le nonce de Paris, Mgr Lambruschini, avait encouragé le Rosaire vivant y l\u2019autorité ecclésiastique du diocèse l\u2019avait approuvé ; Léon XII 390 Montréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.et Pie VII l\u2019avaient béni avec effusion ! Mais cinq ans s\u2019étaient écoulés sans que le Pontife Romain eût approuvé canoniquement cette nouvelle association.La jalousie profita de ce silence pour insinuer tout bas que le Vicaire de Jésus-Christ ne l\u2019approuverait jamais.Sous ce prétexte, on s\u2019efforça de diviser les volontés et les cœurs.Rome se prononça enfin, et Grégoire XVI envoya un premier bref, qui fut intercepté en route.Il avait été impossible de prévoir ce genre d\u2019épreuve, et de supposer que les contradicteurs en viendraient à une telle audace.Un second bref daté du 27 janvier 1852, et un troisième du 2 février de la même année, furent expédiés ; mais cette fois, par un exprès ayant V ordre formel de ne les déposer qu'entre les mains de M.le Curé de Pont-de-Beauvoisin (Savoie), lequel devait ne les remettre qu\u2019à Pauline elle-même.Très malade à cette époque, celle-ci ne put aller en Savoie qu\u2019au mois d\u2019octobre suivant.Le temps était très froid et la sainte convalescente, très faible ; aussi prit-elle dans ce voyage une fluxion de poitrine dont elle eut peine à guérir.Les brefs furent enfin publiés, et le Rosaire vivant, établi selon toutes les règles eut pour protecteur suprême l\u2019illustre cardinal Lambrus-chini.La plupart de Nosseigneurs les Archevêques et Évêques de France accueillirent avec un saint empressement dans leurs diocèses le Rosaire vivant, comme leurs lettres aux Directeurs principaux et des Mandements divers en font foi.Plusieurs se sont placés, en qualité de zélateurs, à la tête d\u2019une Couronne de prêtres.Rome avait parlé.on ne pouvait donc plus exploiter son silence.Cependant le démon qui redoutait les fruits d\u2019une prière universelle adressée à Marie, changea de tactique avec une ruse digne de son éternelle haine pour la Mère de Dieu et pour les âmes.\u201c Mlle Jaricot est pleine de zèle, murmuraient les bons, mais en vérité, ce zèle qui dépasse toute mesure, peut compromettre l\u2019avenir de l\u2019œuvre.Et puis, il est difficile que l\u2019intérêt personnel ne soit pas pour quelque chose dans la diffusion si considérable des croix, des médailles, des livres, etc., envoyés si libéralement partout.\u201d Pour mettre fin à de tels abus, on s\u2019efforça de faire naTre des soupçons odieux dans l\u2019esprit des Directeurs de l\u2019œuvre.Mais ceux-ci, échappant au piège par la droiture de leur cœur et l\u2019élévation de leur esprit, montrèrent toujours autant de respect que de vénération pour la grande âme qui laissait dire et faire, sans défaillir, ayant jeté l\u2019ancre de son espérance à une profondeur où la main de l\u2019homme ne pouvait l\u2019ébranler.Dans l\u2019une des assemblées mensuelles du Rosaire vivant, quelqu\u2019un de très recommandable se permit d\u2019adresser à Pauline des reproches amers sur l\u2019influence qu\u2019elle exerçait au-delà de toute mesuie.On insinua même la pensée de mettre la servante de Marie ^tout à fait en dehors de l\u2019action et de la direction de l\u2019œuvre, seconde fille de son âme. Moutréai.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.\t391 La grande famille du Rosaire vivant demeura, envers et contre tout, attachée à Pauline, l\u2019aima comme une mère, et l\u2019intrigue ne put jamais rien changer au dévouement de l\u2019éminentissime Cardinal Lambrus-chini pour la fondatrice.11 existe encore quelques riches épaves de la crorrespondance si intime et si élevée qui s\u2019était établie entre l\u2019homme illustie dont la vertu et le génie brillèrent d\u2019une merveilleux éclat dans l\u2019Église, et la vierge de Lyon, laquelle n\u2019aima rien tant, après Dieu, que cette Église Romaine.Ces deux âmes si semblables et si diverses, furent étroitement unies dans la charité du Christ.Aussi, bien qu\u2019il semble téméraire de notre part de chercher à esquisser ici la sainte et immortelle figure d\u2019un tel Pontife, essaierons-nous d\u2019en reproduire au moins quelques traits : Louis Lambruschini naquit à Gênes, en 1776, de parents chrétiens, riches de nombreux enfants qui, à l\u2019exception d\u2019un seul, se consacrèrent au Seigneur.Le plus jeune, évêque d\u2019Ovieto, mourut en odeur de sainteté.Quant à Louis, devant lequel s\u2019ouvrait un avenir plein d\u2019espérances terrestres, à cause des dons exceptionnels que la nature et la grâce lui avaient prodigués, il s\u2019empressa de fuir le monde, pour entrer, à l\u2019âge de seize ans, chez les Barnabites.Là, sa vertu et son intelligence ne tardèrent pas à le faire remarquer malgré le soin de son humilité à se tenir dans l\u2019ombre.Envoyé à Rome, il y eut les maîtres les plus habiles, entre autres, le célèbre cardinal Gerdil, qui l\u2019aima d\u2019une tendresse paternelle et reconnut en lui ce que Dieu donne à ceux qu\u2019il prédispose au gouvernement des âmes, une humilité et une piété profondes, unies à une intelligence et à une élévation d\u2019esprit hors ligne.Aussi disait-il : \u201c La Providence destine le Frère Louis à de grandes choses.\u201d Bientôt l\u2019enlèvement de Pie Vil et sa captivité jetèrent le Frère Louis hors de sa chère solitude.Il revint à Gênes dans sa famille, et vécut si caché, que personne dans la ville n\u2019y soupçonna sa présence, sauf les espions du gouvernement, qui le traquèrent d\u2019une façon odieuse, ce qui n\u2019empêcha pas le fils de prouver son dévouement à son auguste Père.le Vicaire de Jésus-Christ, captif et outragé.De retour à Rome, Pie VII qui avait apprécié par lui-même le Frère Louis, l\u2019attacha à sa personne et le chargea de missions importantes, dont le jeune religieux s\u2019acquitta de manière à faire dire au vénérable Pontife Le Frère Louis est l'homme de mon cœur et la lumière de mes conseils.\" Le peuple de Gênes l\u2019ayant demandé pour Archevêque, il dut, malgré ses supplications et ses larmes, se soumettre aux ordres de Pie Vil.Alors, dans une amère désolation, il répétait au pied de son crucifix : \u201c Qu\u2019a donc fait l\u2019Église de Gênes, par quel crime a-t-elle mérité que le Seigneur la livrât au plus indigne de ses ministres ?.\u201d Ainsi ab.^mé dans l\u2019humilité, il reçut la consécration épiscopale des main du cardinal de la Sommaglia, qui dit après la cérémonie : \u201c En le consacrant, il m\u2019a semblé consacrer un ange ! \u201d 392 Moutréal.LE PRÉCURSEUR Janvier 1923.Un mot résume la vie du saint archevêque : Il fut apôtre dans toute la réalité du mot, ne vit et n\u2019aima que les âmes, au milieu des honneurs dont il porta le fardeau avec une majesté, un courage, une grandeur d\u2019âme et une vertu qui le mirent toujours au-dessus des perfides et cruelles jalousies, constamment acharnées à le blesser.Nous ne pouvons le suivre dans les différents postes éminents qu\u2019il occupa, à l\u2019honneur de l\u2019Église.11 mérita et obtint l\u2019admiration et l\u2019affection des princes avec lesquels il eut à traiter, surtout de Charles X, roi de France, et de Nicolas, empereur de Russie.Sous le règne de cinq Pontifes il eut en main les affaires du Saint-Siège, pour la gloire duquel il dépensa sans calcul les dons magnifiques qu\u2019il possédait.Le corps affaibli par le poids des ans, des travaux et des peines, mais l\u2019âme toujours vaillante, il succomba et rendit sa belle âme à son bien-aimé Sauveur, en prononçant avec une joie céleste ces paroles du prophète royal ; Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini !.in loto exquirunt eum.in toio corde exquisivi te ! C\u2019était en 1854, le 12 du mois consacré à Marie, qu\u2019il avait tant aimée et si fidèlement servie.Il avait longtemps savouré ce que l\u2019amitié de cinq Pontifes avait pu lui prodiquer de plus doux, et tout ce que la jalousie avait pu mêler d\u2019amer à ces douceurs.Nul cœur quelque aride qu\u2019il fut, ne demeura insensible au spectacle de l\u2019immense douleur du peuple de Porto, dont il avait été le pasteur, l\u2019ange et le père ; en sorte que ses funérailles devinrent le triomphe de sa sainte vie.Ce coup d\u2019œil jeté sur cette grande existence a été trop rapide pour permettre au lecteur de saisir la similitude d\u2019élévation, de dévouement à l\u2019Église et de souffrance, qu\u2019il y eut entre l\u2019âme de l\u2019auguste Pontife et celle de la vierge Pauline-Marie.Cette similitude forma et cimenta l\u2019union parfaite, dans laquelle l\u2019une et l\u2019autre trouvèrent de célestes consolations, au milieu des épreuves inouies qui, diversement, mais on peut dire également, furent leur partage respectif.à suivre) A ceux qui conjuraient avec larmes saint François-Xavier de n\u2019aller pas s\u2019exposer à une mort certaine en se rendant dans l\u2019île de More, il répondait avec une sainte indignation ; Eh quoi ! si l\u2019or abondait dans l\u2019île, les marchands s\u2019y rendraient, et je n\u2019irais pas, moi, pour sauver des âmes ! Faut-il donc quela charité soit moins intrépide quel\u2019ararice?\u2014R.P.Vercruysse, S.J. JOUR DE SACRIFICE EN FAVEUR DES MISSIONS Dans une lettre Encyclique admirable, Notre Saint Père le Pape Benoît XV, de regrettée mémoire, faisait un appel pathétique à tous les fidèles du monde en faveur des missions chez les idolâtres.\u201c L\u2019univers catholique, disait Sa Sainteté en terminant cet immortel document du 30 novembre 1919, l\u2019univers catholique ne permettra pas que ceux des nôtres qui sèment la vérité aient à se débattre avec la détresse Depuis son élévation au trône pontifical, le Saint-Père Pie XI n\u2019a cessé de renouveler les instances de son auguste prédécesseur pour le soutien de plus en plus généreux des missionnaires et de leurs œuvres.Sa Sainteté convie, presse tous les chrétiens d\u2019apporter leur contribution à l\u2019extension du royaume de Dieu.Ce désir du Père commun des fidèles ne peut demeurer sans écho dans notre cher pays, si fécond en dévouements apostoliques.Que de motifs nous excitent à y répondre ! Entre tous, le plus puissant n\u2019est-il pas la dette de reconnaissance contractée envers Dieu ?Par une marque de prédilection toute gratuite, il nous a donné la foi, à l\u2019exclusion de tant d\u2019âmes errant dans les régions ténébreuses du paganisme.Pour remercier dignement, peut-on faire mieux que de donner aux autres ce que, gratuitement, l\u2019on a reçu ?Faisons donc partager aux millions et millions d\u2019âmes païennes le bonheur de la foi catholique ; aidons les missionnaires à remplir le mandat que Notre Seigneur leur a confié : \u201c Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les.\u201d Pour faciliter ce travail d\u2019apostolat dans le champ d\u2019action confié aux Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Sa Grandeur Monseigneur Gauthier autorise la création d\u2019une petite œuvre, bien simple dans son organisation et sa mise en pratique, mais qui est destinée, si elle est comprise et si elle est favorisée du généreux concours des catholiques, à opérer des fruits vraiment prodigieux dans les paya de missions.Cette œuvre consiste en un jour de sacrifice.Les fidèles sont invités à faire, durant ce jour, des efforts spéciaux pour apporter des ressources nouvelles aux œuvres d\u2019apostolat ; la valeur de ce sacrifice est offerte pour le soutien des missionnaires canadiennes.Le sacrifice peut porter soit sur les menues dépenses quotidiennes (tramways, voitures, achats de journaux, toilettes, théâtre et vues animées, goûters, desserts aux repas) soit sur des dépenses plus considérables (voyages, etc.).L\u2019aumône spirituelle d\u2019un Pater et d\u2019un Ave est aussi demandée dans le même but : la conversion des infidèles.\u201c RECUEILLEZ LES MIETTES AFIN QUE RIEN NE SE PERDE \u201d Je choisis le.19.(le jour est laissé au choix de chacun) pour mon Jour de sacrifice en faveur des Missions.J\u2019offre à cette effet la somme de $.Signé.Adresse.Nous bénissons de tout cœur l\u2019œuvre du \u201c Sacrifice en faveur des Missions \u201d, et la recommandons à la bienveillance et au zèle de tous nos fidèles.Georges, év.de Philip., Ce 23 mai 1921.\tAdm.Pour la propagande, on peut se procurer cet article sous forme de feuillet, su centre de l\u2019œuvre; Couvent des SS.Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont (près Montréal).\u201cLa lecture de l\u2019allocution de Notre Saint Père le Pape sur les missions m\u2019a mis au cœur le désir de donner $100.00 aux Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, pour leurs missions d\u2019Asie.\u201d\u2014 Anonyme. 394 Montréal.LE PRECURSEUR Janvier 1923.ACTIONS DE GRACES Ume Communauté rel gieuse de Montréal : Reconnaissance à Mère toute Miséricordieuse pour faveurs obtenues.Merci à la Vierge Immaculée pour grâces obtenues, avec demande de publication.Mlle M.G., Ste-Anastasie, Mégantic.I Deux Congrégations religieuses, celle des Pères Blancs et l\u2019Institut de Saint-Viateur, viennent d\u2019être cruellement éprouvées par la mort de leur Supérieur Général: Sa Grandeur Monse gneur Léon Livinhac, vicaire Apostolique du Nyassa, est décédé à Maison Carrée, près Alger ; et le Très Révérend Père Pierre Robert est mort à Joliette, le 5 novembre dernier.Aux membres de ces communautés en deuil, le Précurseur offre ses plus respectueuses sympathies.On recommande encore aux lecteurs du Précurseur Mlle Zuléma Chaumont, décédée à Sainte-Anne-des-Plaines, Qué Elle était abonnée à la revue.T LE PRECURSEUR Bulletin des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, Chemin Sainte-Catherine,\tOutremont, près Montréal.\t POUR L\u2019AMOUR DE DIEU ET DES AMES NOUS VOUS PRIONS DE RENOUVELER VOTRE ABONNEMENT.\t Dans le but de travailler à l\u2019extension du règne de Dieu, je m\u2019empresse de vous adresser les abonnements nouveaux suivants : zelatrice\\\t ZELATEUR )\t Nom {prénom, M.ou Mme ou Mlle) 1 \t\tAdresse (rue et n°, s\u2019il y a lieu) 2\t\t S\t\t¦\t\t 4\t\t 5\t\t\t fj\t\t\t 7\t\t\t 8 .\t .\t 9\t \t\t* 10\t\t\t 11 \t\u2022\t\t 12\t\t \t Montréal.LE PRÉCURSEUR J.BTier 1923.LV \u2014\tfût i\u2019ufptiêr.Saint-Louii StS P»w Totr* bagage, tranapert et eatmaga*^ aiaage.A.DBLOBME, prop.Buean :\tGara llile-Bad 6.Tnidel & Cie 36, Place D'Youyille MONTRÉAL Manufacturiers et distributeurs de machineries et fournitures pour beurreries, fromageries et laiteries ainsi que de tous les articles te rapportant à ce commerce.Huiles et graisses ALBRO pour toutes machineries demandant une lubrication parfaite.Mobile  B E Arctique etc.spécialement pour automobiles.Ta.Main 118\tB.P.484 La soir.West 4120 P.-P.Martin i Cie, Liée Fabricants et Négociants en NOUVEAUTÉS 50, rue SAINT-PAUL, Ouest, MONTREAL.Succursales : St-Hyacinthe, Sherbrooke, Trois-Rivières Ottawa, Toronto et Québec.Maison Ste-Odile 219, rue Berri (Paroisse S.-Jacques) Montréal Chambres et Pensions a Prix Modérés pour Jeunes Filles \u2014 S\u2019adresser à la Direetrice \u2014 Téléphone Est 2501 t T t t T T t T T T t T t T T T T t t T T T T t T T ?f t T T T T T T T T t T T f T T t T t BIENFAITEURS DE LA SOCIÉTÉ 1.\t-\u2014\u2022 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, fournissent la dot et le trousseau d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t-\u2014\u2022 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses œuvres.AVANTAGES ACCORDÉS AUX BIENFAITEURS Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leur soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants : 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses.2° Une messe chaque mois à leurs intentions.3° Tous les vendredis de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du Saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison-mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs.(Les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition.) 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019Honneur de Marie, laquelle consiste dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la sainte Vierge.Cette Garde d\u2019Honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupe de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société les prières du saint Rosaire.5° Une messe de Requiem est célébrée chaque année pour les bienfaiteurs défunts.6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du Chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses.I I I T t T T T T T T T T T T T t T T T T t T T T t J I I I T T t t T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T ?t T T T T T T T T T t T T T T T T t T T T t ?CONDITIONS D\u2019ABONNEHENT Le Précurseur, bulletin des Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception, paraît quatre fois par an : aux mois de janvier, avril, juillet et octobre.Prix de l\u2019abonnement.$1.00 par année.Tout abonnement est payable d\u2019avance AVIS Nos lecteurs qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du.Précurseur leur ancienne et leur nouvelle adresse, avec le numéro de leur série qui se trouve à gauche sur l\u2019enveloppe du bulletin ; ou mieux encore, renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée.On peut s\u2019abonner à une époque quelconque de l\u2019année, pour les numéros de janvier, d\u2019avril, de juillet ou d\u2019octobre.Les envois d\u2019argent peuvent être faits par mandat ou bon de poste.On s\u2019abonne au Précurseur en envoyant sa souscription à l\u2019une des adresses suivantes : Cti $oeur$ inu$ionMaire$ de rTmmaculée'Coneeption 814, Chemin Sainte-Catherine, Outremont, près Montréal.4, rue Simard, Québec, P.Q Rimouski, P.Q.44, rue Manseau, Joliette, P.Q.Hôpital Chinois : 76, rue Lagauchetière ouest, Montréal.t t t T T t T t T T t T t t T T T t T T T T ?t T T T T T T T T T T T t T t T T T T T t T -y lmp.Ij\u2019Aictlon Sociale Ltée."]
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