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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1923-03, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, Mars 1923 No 13 Vol.I SOUVENIRS offerts pour renouvellements et abonnements nouveaux 10 abonnements nouveaux ou renouvellements d\u2019abonnements au Précurseur donnent droit au choix entre les articles suivants: objet chinois, vase à fleurs, coquillages, fanal chinois, livre de prières, etc.12 abonnements ou renouvellements, à un abonnement gratuit au Précurseur pour un an.15 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: jardinière chinoise, chapelet, médaillon, tasse et soucoupe chinoises, livre de prières, etc.20 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: boîte à thé, à poudre, porte-gâteaux brodé, etc.25 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: centre brodé, anneau de serviette chinois, statue, éventail chinois.30 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: centre de cabaret brodé à la chinoise, fantaisie chinoise.50 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: trois centres pour service à déjeûner, porte-pinceaux chinois, etc.75 abonnements\tou\trenouvellements\tdonnent\tdroit\tau\tchoix\tentre: paysage chinois brodé sur satin, centre de table d\u2019une verge carrée.100 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre: magnifique peinture à l\u2019huile (2 pds x 3 pds), porte-Dieu peint, antiques plats chinois, montre d\u2019or, bracelet, broche, etc.200 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre: superbe nappe chinoise brodée, tapis de table chinois, parasol chinois, etc.500 abonnements ou renouvellements donnent droit au choix entre: magnifique couvrepieds de satin blanc brodé à la chinoise, service de toilette plaqué d\u2019argent sterling, panneau chinois (trois morceaux) brodé, etc.1,000 abonnements ou renouvellements donnent droit au titre de Protecteur dans la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, et encore au choix entre: vase antique chinois, bannière peinte ou brodée, etc.1,500 abonnements ou renouvellements donnent droit au titre de Fondateur dans la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, et encore au choix entre: antiquité chinoise, peinture chinoise à l\u2019aiguille de très grande valeur. Montréal LE PRECURSEUR Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception à soutenir leurs oeuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÉE-CoNCEPTiON ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison-Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Veuillez lire attentivement ».En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, cartes de fêtes, de Noël, de jour de l\u2019An, de Pâques, calendriers, images de tous genres, souvenir de Première communion et confirmation ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.Nous faisons aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi.Mars 1923 lÉ t Montréal LE PRECURSEUR Mare 1923 Veuillez lire attentivement Chasuble, soie damassée, galon de soie\t$ 18.00 et $ 28.00\t\t »\tmoire antique avec beau sujet\t30.00 »\t38.00 »\ten velours, galon et sujet dorés\t30.00 »\t45.00 »\tmoire antique, brodé or mi-fin\t75.00 »\t100.00 »\tdrap d\u2019or, sujet et galon dorés\t50.00 »\t75.00 »\tdrap d\u2019or fin, avec une très riche\t\t broderie d\u2019or à la main\t90.00 »\t150.00 Dalmatiques, la paire.\t50.00 »\t80.00 »\tdrap d\u2019or, la paire\t100.00 »\t150.00 Voiles huméraux\t7.00 »\tplus Chape, soie damas, galon de soie et doré\t30.00 »\t50.00 » moire antique, sujet et broderie or\t70.00 »\t90.00 » drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie\t\t d\u2019or en relief à la main\t90.00 »\t150.00 Aubes, pentes d\u2019autel\t10.00 »\tplus Surplis en toile et voiles d\u2019ostensoir .\t3.00 »\t» Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge .\t5.00 »\t» Voiles de tabernacle, porte-Dieu .\t5.00 »\t» Étoles de confession réversibles .\t5.00 »\t» Voiles de ciboire .\t4.00 »\t» Étoles pastorales\t10.00 »\t» Cingulons, voiles de custode\t2.00 »\t» Boîtes à hosties\t2.00 »\t» Signets pour missels\t1.75 »\t» » pour bréviaire\t1.00 »\t» Dais et drapeaux.\t30.00 »\t» Bannières\t60.00 »\t» Colliers pour « Ligue du Sacré-Cœur »\t10.00 »\t» ' Amicts .\t12.00 la douz.\t Lingerie d'autel Corporaux Manuterges Purificatoires Pales .Nappes d\u2019autel 8.50\t» 4.50\t» 5.00\t» 4.00\t» 6.00\t» Nous fournissons les hosties aux prix suivants: Petites .\t$1.00 le mille Grandes .\t0.37 » cent Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 « ^sisiurante iWont=3^oj>al Fondée en 1902 CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Honorable H.-B.Rainville.président Honorable sénateur J.-M.Wilson .vice-président Neuville Belleau, H.-A.Ekers, Sir Lomer Gouin, K.C., Hon.J.-L.Decarie, Hon.N.Pérodeau, M.Paul Rainville, E.-A.Ouimet Incendie et bris de giaces CAPITAL Autorisé - - \u2022 Versé - - .Surplus et réserve Total des fonds \u2022 $1,000,000.00 250,000.00 1,166,740.57 1,708,120.67 La iIWont=3^opal étant une des plus puissantes compagnies canadiennes et opérant indépendamment de l\u2019association des assureurs, peut vous donner la plus haute protection contre le feu, et à des taux très raisonnables.P.-J.PERRIN Gérant général SIÈGE SOCIAL: 17, rue St-Jean.Montréal Tel.Main 1866, 1867, 1868, 8411 -.\u2022¦ \"'¦\u2022 ' r,;~ ,, nU-T-rtV.^^I «0 NOTRE MÈRE, PROTÉGEZ NOS BIENFAITEURS CANADIENS! Vol.I Bulletin des Moeurs iîlissîonnairesi ïiE r3mma£ulée=Conception Publié avec Vapprobation de Monseigneur VArchevêque de Montréal Montréal, Mars 1923 No 13 SOMMAIRE TEXTE;\tP Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception Le Précurseur en 1923 .Un événement d\u2019une haute importance pour l\u2019Eglise .Précieux document\t.Union missionnaire du clergé Statistique générale et sommaire des missions catholiques de 1822 à 1922 Œuvres chinoises .L\u2019Apôtre .\t.\t.Le missionnaire au travail 400 403 405 406 411 412 413 414 419 Respect et affection des catholiques indigènes pour les missionnaires 421 Pénitents indiens .\t.\t422 Les Goélands du Christ\t426 Hommage à nos anciens missionnaires Canadiens\t427 Une délégation apostolique en Chine .\t.\t.\t428 Pauline-Marie Jaricot {suite) .\t.\t430 Causerie sur les animaux\t437 Neuvaine de la Grâce en l\u2019honneur de saint François Xavier\t439 Extrait des chroniques du Noviciat\t441 Échos de nos missions\t.\t.\t446 Jour de sacrifice en faveur des Missions\t.\t448 Les anges du Précurseur\t 449 Reconnaissance .\t.450 Nécrologie .\t450 GRAVURES: Son Éminence le cardinal Bégin Sa Grandeur Mgr Roy »\t»\t»\tGauthier »\t»\t»\tForbes »\t»\t))\tLéonard .\t.\t.\t.M.le chanoine Roch Saint François Xavier L\u2019une des salles de l\u2019Hôpital chinois de Manille Nos vierges catéchistes chinoises 404 407 401 418 425 429 438 443 446 m Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception Sa fin principale: la sanctification personnelle de ses membres par la pratique des vœirx simples de la vie religieuse.Sa fin spécifique: l\u2019extension du règne de Dieu parmi les infidèles.MOYENS d\u2019action POUR ARRIVER A CETTE FIN SPÉCIFIQUE 1° Vie de prière, d\u2019amour de Dieu et de zèle pour sa gloire; vie de sacrifice et de dévouement pour le salut et le bien du prochain, surtout des infidèles.2° Se vouer à l\u2019œuvre des missions en pays infidèles par la pratique des œuvres de charité suivantes: EN PAYS INFIDÈLES a)\tFormation de religieuses chinoises; b)\tFormation de vierges catéchistes qui vont dans les familles, dans les districts, enseigner la doctrine' chrétienne; c)\tOrganisation de baptiseuses qui vont partout baptiser les mourants, surtout les enfants en danger de mort; d)\tL\u2019œuvre des crèches où l\u2019on garde, baptise et élève les bébés trouvés, achetés ou confiés; e)\tOrphelinats, où l\u2019on hospitalise, donne l\u2019instruction religieuse et l'éducation aux orphelines; f)\tMaisons de refuge pour vieilles femmes, aveugles, idiotes, infirmes, etc.; g)\tLes œuvres d\u2019éducation: écoles où l'on enseigne les éléments des lettres, des sciences et des arts; ) . i i h)\tL\u2019instruction des catéchumènes et leur formation chrétienne avant la réception du baptême; i)\tAssistance des mourants païens et chrétiens; j)\tHôpitaux, dispensaires, léproseries, etc.; k)\tOuvroirs où l\u2019on enseigne l\u2019économie domestique, les métiers et les arts.EN PAYS chrétiens: a)\tDévotion, sous forme d\u2019action de grâce, à l\u2019Enfance de Notre-Seigneur, à la sainte Eucharistie, au Saint-Esprit et à la Vierge Immaculée; b)\tDiffusion des œuvres de la Sainte-Enfance, de la Propagation de la Foi et de revues faisant connaître les missions; c)\tProcurer des ressources aux missions par la réception d\u2019aumônes et de dons, par certaines industries, comme fabrication d\u2019ornements d\u2019église, de linges sacrés, de fleurs artificielles, etc.; d)\tÉcoles pour enfants de nations idolâtres, cours d\u2019instruction religieuse pour les païens et assistance des mourants païens, etc.MAISONS DEJA EXISTANTES EN CHINE ET AU CANADA Fondation de l\u2019Institut à Notre-Dame-des-Neiges {1902) Outremont, près Montréal (fondée en 1903) : Maison-Mère.Noviciat.Procure des missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ateliers d\u2019ornements d\u2019église et de peinture pour le soutien de la Maison-Mère et du Noviciat, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal.École (fondée en 1915) pour les enfants chinois des deux sexes, 404, rue Saint-Urbain, Montréal.Hôpital (fondé en 1918) pour les chinois, 76, rue Lagauchetière ouest.\u2014 (1916) Cours de langue et de catéchisme pour les adultes chinois, le dimanche, de 2 h.30 à 4 h.de l\u2019après-midi, à l\u2019Académie commerciale du Plateau, 85, rue Sainte-Catherine ouest, Montréal.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants, lorsqu\u2019on les y appelle, soit pour l\u2019enseignement de la doctrine chrétienne, soit pour servir d\u2019interprète.Canton (fondée en 1909): École pour les élèves chrétiennes et païennes, crèches, orphelinat, dispensaire, refuge de vieilles, catéchuménat.Shek Lung, près de Canton (fondée en 1912): Léproserie, 1,100 lépreux et lépreuses.Tong Shan, près de Canton (fondée en 1916) : Crèche, 3,200 bébés annuellement.Ville de Rimouski (fondée en 1918) : Postulat.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi.Retraites fermées pour jeunes filles.École apostolique pour les aspirantes aux missions.Ville de Joliette (fondée en 1919): Adoration du très Saint Sacrement.Postulat et Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ville de Québec (fondée en 1919): Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées.Ville de Vancouver, Colombie anglaise (fondée en 1921): École pour les enfants chinois des deux sexes; visite des chinois malades dans les hôpitaux et dans les familles, etc., etc.Ville de Manille, Iles Philippines (fondée en 1921): Hôpital général chinois.Imprimatur: t Georges, Év.de Philip., Adm.apost.-le 27 novembre 1921.t S i t s I ï P I I I s i I i t I %e l^recurseur en 1923 A TOUS NOS LECTEURS ET ABONNES T ORSQUE, il y aura bientôt trois ans, notre humble bulletin parut pour la première fois, on lui fit un accueil sympathique qui nous toucha beaucoup.Bien que sa forme littéraire ait été et soit encore très modeste, le nombre des abonnés s\u2019est accru d\u2019une façon vraiment consolante.Et nos bienveillants lecteurs, désireux d\u2019aider un Institut exclusivement voué'à la propagation de notre sainte foi dans les contrées encore païennes, veulent bien nous prêter leur fructueux concours.Aussi pourrions-nous difficilement exprimer combien nous nous sentons redevables envers ceux qui se font les zélateurs dévoués du Précurseur.Il nous fait plaisir annoncer aujourd\u2019hui à nos charitables bienfaiteurs et amis que, dorénavant, le Précurseur viendra, tous les deux mois, leur parler des œuvres de missions et d\u2019apostolat dont ils sont les précieux auxiliaires.Cette publication moins rare de notre bulletin occasionnera des dépenses considérables, nous ne l\u2019ignorons pas.Mais nous comptons sur la délicate bonté de notre Immaculée Mère à qui sont confiées ces pages.Cette toute-puissante Reine des Missions procurera, nous en avons la douce confiance, les ressources nécessaires à la diffusion de la modeste revue qui n\u2019ambitionne que le règne et la gloire de Dieu dans les contrées infidèles et dans notre cher Canada.La Rédaction Son Éminence le Cardinal Bégin Directeur général de V Union Missionnaire du Clergé au Canada ®n Ébénement b\u2019une Jjaute importance pour rCgliSe IL y avait déjà près de vingt ans que cette grave question de la fondation d\u2019un Séminaire Canadien pour les Missions Étrangères hantait la pensée de nos vénérés Pasteurs.Des démarches furent même faites dans ce but, mais elles n\u2019aboutirent pas; ce n\u2019était pas encore l\u2019hetme de Dieu.Nous voyons maintenant, avec un saint enthousiasme, se réaliser ce sublime et généreux dessein.L\u2019admiration que fait naître en nous ce grand geste de notre épiscopat canadien ne suffit pas, cela se conçoit; il faut joindre nos efforts aux siens pour que cette semence longtemps enfouie, maintenant germée, grandisse et se développe rapidement malgré les entraves qu\u2019on lui suscite.En entreprenant une œuvre de pareille envergure.Nos Seigneurs les évêques comptaient évidemment sur le concours effectif de tout leur clergé et de tous leurs diocésains, ne pouvant eux-mêmes accablés comme ils sont sous le poids de leur charge pastorale, recruter les vocations et recueillir les ressources nécessaires.C\u2019est donc à nous, prêtres et fidèles, qu\u2019incombe ce double travail.La piété filiale et la reconnaissance dues à nos premiers pasteurs nous en font un pressant devoir, et l\u2019honneur de notre pays l\u2019exige impérieusement': voulons-nous entendre répéter que les Canadiens ne peuvent marcher seuls, qu\u2019ils peuvent bien aider comme auxiliaires, mais n\u2019ont pas ce qu\u2019il faut pour prendre l\u2019initiative des œuvres?.Voudrions-nous que nos Pasteurs luttent seuls contre les difficultés qui déjà surgissent ?.Il ne s\u2019agit pas seulement de construire un Séminaire, de préparer des apôtres, il faut en plus se mettre en mesure de pourvoir aux nécessités du champ d\u2019action confié à nos missionnaires par le Souverain Pontife.Loin de nous la pensée que le Canada n\u2019a encore rien fait pour les missions! Dieu seul sait ce que notre pays a déjà donné!.On serait probablement étonné de connaître le nombre des nôtres qui sont allés grossir les rangs des vaillantes Sociétés missionnaires d\u2019Europe, et des sommes considérables fournies par le Canada pour le soutien de leurs différentes missions.Serions-noul°\u2018genéreux quand il s\u2019agit d\u2019une Œuvre non seulement apostolique mais encore nationale!.Après les grandes Œuvres de la Propagation de la Foi, de la Sainte-Enfance et du Denier de Saint-Pierre, si ardemment recommandées par le Souverain Pontife, aucune œuvre ne doit nous tenir plus au cœur que celle de notre Séminaire canadien.Donc, en avant!.Rallions-nous autour de nos évêques et, sous leur direction et leur contrôle, prenons notre place dans la grande armée du Christ! L.D. ^rccteux document concernant la [granbe oenbre be notre Cpisicopat D LE SEMINAIRE CANADIEN DES MISSIONS ETRANGERES EPUIS longtemps déjà l\u2019Épiscopat de cette province caressait l\u2019idée de fonder un séminaire chargé de recruter et de préparer, pour les missions d\u2019outre-mer, des ouvriers avangéliques.Nous avions présentes à l\u2019esprit ces paroles du Maître: « La moisson est grande, mais il y a peu d\u2019ouvriers.Priez donc le Maître de la moisson d\u2019envoyer des ouvriers dans sa moisson.» Nous savions aussi le vif désir du Saint-Siège de nous voir prendre, à côté des autres nations catholiques, dans le champ de l\u2019apostolat, une place officielle.Il y a un an, dans une réunion des Archevêques et des Évêques de la province civile de Québec, cette question fit l\u2019objet d\u2019une étude sérieuse et de mûres délibérations.Après quoi, ces prélats ont, à l\u2019unanimité, décrété l\u2019érection d\u2019un Séminaire des Missions-étrangères dans la cité de Montréal.Informé de cette décision, l\u2019Éminentissime Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, le cardinal Van Rossum, voulut bien nous exprimer sa satisfaction profonde dans une lettre qui nous a réjouis, et dont nous croyons devoir insérer ici le passage suivant: « Ils sont nombreux et parfaitement reconnus les hauts mérites que le clergé et les fidèles canadiens se sont acquis, dans le passé, par l\u2019élan généreux avec lequel ils ont toujours favorisé et secondé les porte-étendard de l\u2019Évangile auprès des peuples infidèles.Bien plus, du Canada, comme d\u2019un foyer de vocations missionnaires, un grand nombre d\u2019âmes dévouées sont allées grossir les rangs de divers instituts étrangers et d\u2019ordres religieux, appliqués à la conversion des infidèles.Mais en ces derniers temps, un nouvel esprit de ferveur a surgi; il s\u2019est emparé des pieux Canadiens et a dilaté leur zèle, au point qu\u2019ils veulent, eux aussi, constituer leurs propres bataillons et s\u2019efforcer, par ces troupes glorieuses, de gagner à la foi les malheureux encore assis dans l\u2019ombre et les ténèbres.Déjà du côté de l\u2019Ontario septentrional, on se prépare à cette conquête spirituelle: on y a formé ce qu\u2019on pourrait appeler la première avant-garde du corps missionnaire canadien.Et les prémices de cette entreprise permettent dès maintenant de juger quelle abondance de fruits célestes la divine Providence tient en réserve pour le Séminaire des Missions étrangères qu\u2019on doit établir à Montréal.» Ce nouveau Séminaire dont nous avons la joie d\u2019armoncer la fondation, sera, d\u2019ime part, sous la haute direction de la Sacrée Congrégation de la Propagande, de l\u2019autre, sous la tutelle immédiate et à la charge des Archevêques et Évêques de la province civile de Québec constitués légalement Sa Grandeur Mgr Roy Membreju Conseil d'administration du Séminaire canadien pour les Missions étrangères 408 Montréal LE PRECURSEUR Mais 1923 en Corporation ou « Société des Missions étrangères de la province de Québec ».Il s\u2019appellera « Séminaire Saint-François-Xavier » en l\u2019honneur du vaillant apôtre qui est le modèle vénéré de tous les missionnaires, et le Patron secondaire de la province de Québec.Dans cette maison d\u2019études, d\u2019épreuves et d\u2019initiation, seront reçus les jeunes gens désireux de consacrer leur existence à l\u2019œuvre des missions catholiques.On leur tracera im régime de vie et on leur dispensera un enseignement conforme à leur vocation spéciale.Ils seront munis de tous les secours, prévenus de tous les dangers, entourés de toutes les sollicitudes.Ils devront apprendre la langue de ceux qu\u2019ils auront à évangéliser.Et quand l\u2019heure du départ pour les contrées infidèles aura sonné, ces recrues apostoliques, issues de nos familles, et fortes de la vertu des aïeux, seront dirigées vers le champ de labeur que leur aura assigné l\u2019autorité religieuse, et où Dieu leur demandera de peiner et de se dévouer, de souffrir et souvent de mourir pour la plus sainte des causes.N'y aura-t-il pas là pour nous, pour notre race, pour notre pays, un juste sujet d\u2019orgueil ?C\u2019est dans cette pensée, nos très chers Frères, dans l\u2019intérêt de l\u2019œuvre nouvelle mais aussi de notre province et du Canada tout entier, que nous faisons aujourd\u2019hui appel à votre patriotisme et à votre générosité.Tous ne sont pas appelés à être des missionnaires ou des apôtres; mais tous peuvent aider, de leurs prières et de leurs aumônes, les hommes apostoliques.« Ces deux sortes de secours, qui consistent à donner et à prier, ont, écrit Léon XIII, ceci de particulier qu\u2019ils sont très utiles pour élargir les frontières du royaume des cieux, et qu\u2019ils peuvent, d\u2019autre part, être offerts facilement par tous les hommes, de quelque rang qu\u2019ils soient.Quel est, en effet, le citoyen si peu aisé qu il ne puisse donner une faible obole, et quel est le chrétien tellement absorbé par les affaires qu\u2019il ne puisse quelquefois prier Dieu pour les messagers de l\u2019Évangile ?» Nous recommandons, dès maintenant, à vos généreuses sympathies cette œuvre de notre Séminaire des Missions étrangères.Nous prions les chefs des familles où Notre-Seigneur, par sa grâce, voudra faire germer quelque vocation missionnaire, non de n\u2019opposer aucun obstacle au développement de ces germes sumatm-els, mais de favoriser de toute manière, par leurs conseils, leurs prières, leur piété, leurs bons exemples, l\u2019intégrale réalisation des intentions divines.Nous exhortons, d\u2019im autre côté, les chefs spirituels de nos paroisses, les directeurs de nos différentes maisons d\u2019éducation, à scruter d\u2019un œil attentif les dispositions de la jeunesse confiée à leurs soins, et à orienter vers les missions les jeunes gens qu\u2019ils croiront capables, par leurs qualités physiques et morales et par leur goût personnel, de servir efficacement cette œuvre si haute et si nécessaire.Les besoins des missions, nous le répétons, sont immenses.Par la voix du Pape, de la Propagande, des Vicaires apostoliques.Dieu ne cesse de demander des ouvriers pour sa moisson.Et à côté des catholiques trop peu nombreux, qui ont entendu cette voix d\u2019en-haut, nos frères séparés Mars 1923 LE PRECURSEUR Montréal 409 déploient un zèle dont souffre l\u2019action de l\u2019Église, et qu\u2019activent puissamment les plus larges ressources.A cette époque où les puissances infidèles entrent en rapports plus directs avec les nations chrétiennes et se montrent plus tolérantes à l\u2019égard de la religion du Christ, le moment semble venu, pour tous les pays catholiques, d\u2019aller porter aux âmes incroyantes, dans un effort d\u2019ensemble qui dépasse toutes les tentatives antérieures, la parole de vie.Et c\u2019est ce moment que nous avons choisi pour jeter les bases d\u2019un établissement qui assurera à notre peuple sa part très honorable de collaboration apostolique, et qui, loin d\u2019épuiser ses forces, ne fera que consolider son avenir religieux et social.Daigne Notre-Seigneur, mort pour le salut de tous, bénir du haut de sa croix, l\u2019entreprise dont nous lui offrons l\u2019hommage, et qui est destinée à faire fructifier abondamment les mérites infinis de son sang! Daigne la Vierge Marie regarder d\u2019un œil bienveillant et d\u2019un cœur maternel ce que nous voulons faire pour l'extension du règne de son Fils! Veuille saint François Xavier montrer aux lévites canadiens, par le geste entraînant de sa vie, l\u2019admirable voie où il s\u2019engagea lui-même, et qui mène, par l\u2019apostolat, aux dévouements héroïques et aux cîmes de la sainteté! Pleins de confiance dans l\u2019œuvre entreprise, nous voulons en poursuivre l\u2019exécution avec toute la diligence possible, et nous osons espérer que ni la grâce de Dieu, ni le concours de nos diocésains, ne nous feront défaut.Sera la présente lettre pastorale lue et publiée au prône de toutes les églises paroissiales et autres où se fait l\u2019office divin, le premier dimanche après sa réception.Fait et signé par Nous, le douzième jour du mois d\u2019avril mil neuf cent vingt-deux.L.-N.Card.Bégin, Arch, de Québec Paul-Eugène, Arch, de Séleucie, Coadjuteur de Québec Georges, Év.de Philippopolis, Adm.apost.de Montréal Joseph-Médard, Éy.de Valley field Michel Thomas, Év.de Chicoutimi Paul, Év.de Sherbrooke François-Xavier, Év.de Trois-Rivières J.-S.-Hermann, Év.de Nicolet Alexis-Xiste, Év.de Saint-Hyacinihe Guillaume, Év.de Joliette Élie-Anicet, Év.de Haileybury P.-T.-Ryan, Év.de Pembroke Joseph-Romuald, Év.de Rimouski L.-N.Campeau, chan., Adm.d\u2019Ottawa, sede vacante J.-Eug.Limoges, ptre, curé, Adm.de Mont-Laurier, sede vacante Par mandement de Nos Seigneurs, Jules Laberge, chanoine Secrétaire de VArchevêché de Québec SS'l:i'V.;^£4'f.'VS,?s*if«,-i- ' v?}'i Sa Grandeur Mgr Gauthier Membre du Conseil d\u2019administration du Séminaire canadien pour les Missions étrangères Wlnion mis^s^ionnaire bu clergé ANS l\u2019admirable lettre Maximum illud, qu\u2019il a adressée aux évêques du monde catholique, Benoît XV exprime le vœu que dans tous les diocèses s\u2019établisse l\u2019Union missionnaire du clergé.« D\u2019une façon générale, dit-il, les fidèles sont tout disposés à aider les hommes apostoliques; c\u2019est à vous d\u2019utiliser pour le plus grand avantage des missions ces dispositions sympathiques.» Il vous sera facile de comprendre l\u2019importance et l\u2019étendue de l\u2019œuvre dont le Saint-Siège veut que les évêques et les prêtres soient les propagateurs.Nous allons entrer de tout cœur dans ces intentions.Les statuts prévoient que l\u2019Union diocésaine est présidée par un Conseil composé d\u2019un directeur, d\u2019un secrétaire et d\u2019un trésorier nommés par l\u2019évêque.Je nomme donc M.le chanoine Roch, directeur de l\u2019Union diocésaine.Sitôt que l\u2019organisation sera suffisamment développée, ce qui ne saurait tarder, je nommerai les autres directeurs et je publierai le décret d\u2019érection canonique de la pieuse association.Ce sera un moyen efficace de développer notre zèle en faveur de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance.Cette dernière œuvre est en plein épanouissement, grâce au dévouement des Sœurs de l\u2019Immaculée-Conception.Il nous reste à pousser avec la même vigueur l\u2019expansion de l\u2019œuvre de la Propagation de la Foi.Il faut qu\u2019elle reprenne son ancien lustre et qu\u2019elle soit établie dans toutes les paroisses du diocèse.J\u2019emprunte à des sources absolument sûres les détails suivants qui expliquent et justifient l\u2019action extraordinaire du Saint-Siège.Les protestants s\u2019emparent des classes dirigeantes par les hautes écoles; ils possèdent en ce moment en Chine huit universités, vingt écoles de médecine établies à l\u2019européenne et fréquentées par 25,000 étudiants.Aux Indes, ils ont quintuplé en 25 ans le nombre de leurs adhérents.Leurs aumônes augmentent sans cesse.En 1882 ils disposent de sept millions de dollars; en 1897, ils ont recueilli quarante millions.En 1921, ils ont mis sur pied ime organisation qui a prélevé près de deux cents millions, c\u2019est-à-dire le double de ce que la Propagation de la Foi a reçu, en 100 ans, des catholiques du monde entier.Il est fort possible que des avantages commerciaux compensent en partie les sacrifices que s\u2019imposent les bailleurs de fonds des missions protestantes.Le fait demeure cependant que les protestants donnent en moyenne 40 sous par tête tandis que les catholiques ne donnent annuellement que quelques sous pour l\u2019évangélisation du monde.Il est certain, d\u2019autre part, que par suite de la guerre, des antipathies qu\u2019elle a développées entre les nations, des charges énormes qu\u2019elle a laissées 412 Mars 1923 LE PRECURSEUR Montréal en héritage à tous les pays, les ressources de la Propagation de la Foi ont subi une baisse considérable.Tout cela nous fait mieux comprendre les intentions de l\u2019Église.Que chacun de nous collabore de tout cœur avec le Saint-Siège apostolique à l\u2019œuvre essentielle de la Propagation de la Foi.L\u2019excellence de l\u2019œuvre, le souci de travailler en union avec l\u2019Église, seniire cum Ecclesia, attireront, n\u2019en doutons pas, sur nous et sur nos œuvres, les bénédictions de Dieu.Georges, Év.de Philip., Administrateur apostolique Statistique générale et sommaire des missions catholiques de 1822 à 1922 1 \\E 1822 à 1922 le chiffre des catholiques s\u2019est accru: en Suède et Norvège, de 10 à 5,147; en Danemark, de 100 à 8,780; en Hollande et Luxembourg, de 350,000 à 1,950,000; dans l\u2019Allemagne du Nord, de 60,000 à 49,000.En Indo-Chine, on comptait, il y a un siècle, environ 400,000 catholiques; ils sont maintenant 1,200,000; l\u2019évangélisation y a subi cependant de cruelles persécutions, et les chrétiens d\u2019horribles massacres.Au Japon et en Corrée, il y avait peut-être 10,000 catholiques au commencement du XIXe siècle; on en compte actuellement 170,000.Il n\u2019y a pas, trente ans que les chrétiens y jouissent d\u2019un peu de liberté.Au Canada, quand fut créée l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi, on trouvait 6 évêques, 30 prêtres, environ 500,000 catholiques.Cent ans après, le Canada compte 38 sièges épiscopaux, 6 vicariats apostoliques, près de 3,000,000 de catholiques.L\u2019Eglise des États-Unis eût son premier évêché établi à Baltimore, en 1789.En 1822, elle comptait 9 diocèses, dotés chacun d\u2019une douzaine de ministres sacrés, environ 400,000 catholiques.Elle possède, en 1922 16 archevêques, 93 évêques, 21,650 prêtres, 17,885,000 catholiques.Jusqu\u2019en 1830, l'apostolat ne put rien faire en Océanie.Un seul et unique prêtre se cachait en Australie, pour maintenir la foi des Irlandais déportés; l\u2019Église était proscrite, il n\u2019y avait pas une seule chapelle.En 1834, fut érigé le vicariat d\u2019Australie, sous le nom de Nouvelle-Zélande.Maintenant, l\u2019Australie et la Nouvelle-Zélande compte 1,200,000 catholiques avec 9 archevêques et 19 évêques; 2,200 églises sont ouvertes au culte; 1,500 prêtres assurent le service divin.Le nombre des prêtres originaires d\u2019Australie va sans cesse en augmentant.Dans les îles océaniennes, 22 vicariats et 6 préfectures apostoliques ont été créés; on y compte 600 prêtres missionnaires et 270,000 catholiques. (J^JEuürcô Cfjmoiîies! Beô â>oeurs! iflflisijsionnairesi be r3mmaculée=Conception Année 1922 CANTON CHINE Bébés recueillis à la Crèche.Baptêmes d\u2019adultes.Sœurs chinoises.Catéchiste.Élèves.Orphelines .Ouvrières à l\u2019ouvroir.Aides à la Crèche.Pansements faits au dispensaire CRÈCHE DE TONG SHAN (près Canton CHINE) Bébés recueillis.LÉPROSERIE DE SHEK LUNG (près Canton), CHINE Lépreux et lépreuses.MANILLE \u2014 ILES PHILIPPINES Hôpital Général Chinois, 286, Blumentritt Malades reçus.A « la Charité » (salle des pauvres).Baptêmes.VANCOUVER, C.B., 143 est, Pender École chinoise \u2014 élèves.MONTRÉAL \u2014 Hôpital Chinois, 76 ouest, rue Lagauchetière Malades reçus.Pansements.Divers traitements .Opérations .\t.Baptêmes.École chinoise, 404, rue Saint-Urbain Élèves.\u2022 \u2022 École du Plateau, 87 ouest, rue Sainte-Catherine Cours du dimanche et catéchisme.QUÉBEC, 4, rue Simard Cours du dimanche et catéchisme.3,735 7 56 1 182 59 29 12 36,809 3,204 1,100 1,119 614 63 87 140 2,610 1,560 35 30 23 L\u2019APOTRE Il a vingt ans.Il marche à son gré dans la vie, L\u2019âme ravie.On voit dans ses yeux purs, en des rayons de feu Tout le ciel bleu Il sourit aux oiseaux qui gazouillent, aux roses Hier écloses.Il s\u2019en va, respirant l\u2019air salubre des monts A pleins poumons; Et, sous le rythme ardent de son cœur en extase.Comme d\u2019un vase Le sang jaillit, vermeil, et coule, transparent.Comme un torrent.Il est la liberté, joyeuse, chaste et hère.Il est la lumière.Il est la floraison féconde du printemps.Il a vingt ans. Il a vingt ans.Des voix l\u2019appellent sur sa route; « Viens! Viens! Écoute! \u2014\tMoi, je suis la richesse.\u2014 Et moi, la volupté, \u2014 Moi, la beauté.\u2014\tNon, regarde plus haut; monte, tu peux m\u2019en croire.Je suis la gloire.» Gloire, beauté, plaisir, richesse, vanités Ou fruits gâtés.Or, les biens qu\u2019il me faut, sont les biens adorables.Les seuls durables; Et les fruits dont j\u2019ai faim, sont les fruits immortels De nos autels.Donne-moi ton calice, ô Jésus, pour y boire.Et le ciboire.Je veux être ton prêtre et t\u2019aimer sans retour, O Dieu d\u2019amour! III Il est prêtre.A voix basse, il dit un mot superbe Sorte de Verbe; Et le Seigneur Très-Haut, qui paraît si lointain.Chaque matin.En ses tremblantes mains, descend ; puis il se donne Et s\u2019abandonne.Avec sa chair, avec son sang, avec son cœur, A son vainqueur.Se nourrir tous les jours de la divine proie.Extase et joie ! Dans les mêmes amours, dans le même parfum, N\u2019être plus qu\u2019un! Échanges de regards, affectueuses plaintes.Douces étreintes.Colloques prolongés, par Jésus applaudis, O Paradis! IV Et voici ce qu\u2019un jour il disait, l\u2019heureux prêtre, A son bon Maître: « Vous avez bien souffert pour venir jusqu\u2019à moi, Jésus, mon roi. Vos pieds se sont lassés sur les chemins des hommes.De lourdes sommes, Nos crimes, sacrilège, orgueil, impiété, Impureté, Ensemble ont écrasé vos épaules meurtries.Aux mains flétries.Vos mains, blanches naguère et si douces, les clous Ont fait des trous.L\u2019épine à votre front tressa dans ce baptême Un diadème.L\u2019amour, plus que la lance encore, a traversé Le cœur blessé.Ce que fit au tombeau le cadavre céleste.L\u2019amour l\u2019atteste.Or, la lance et les clous, et l\u2019épine et la croix.Je les revois A l\u2019autel de ma messe, en la très sainte Hostie Anéantie.Quel amour! Et comment y répondre, ô Jésus, De plus en plus! « Pour consoler ton Dieu, tu serais anathème.Prêtre!.Je t\u2019aime! Va donc, ô mon apôtre, et par delà les mers Aux flots amers.Malgré les vents, l\u2019écueil, la vague qui s\u2019effare.Toi, comme un phare.Allume dans la nuit mon nom aux mille feux; Va, je le veux! J\u2019ai pitié de la foule: âmes tristes, funèbres.En leurs ténèbres.Va donc, prêtre au grand cœur! Le Christ Jésus, ton roi.Est avec toi.» Et l\u2019apôtre s\u2019en va, puisque son Dieu l\u2019appelle.Vers l\u2019infidèle.Il abandonne tout, d\u2019un cœur sacerdotal; Le ciel natal.D\u2019une si transparente et si chaude lumière Et la première Qui se soit reflétée en ses grands yeux d\u2019enfant Tout triomphant; Les arbres familiers dont la riche ramure Sans fin murmure; La haie en flem où va l\u2019abeille voltigeant; Le flot d\u2019argent, Qui court sur le galet sonore en la prairie; La causerie, Au coin du feu, le soir, entre frères et sœurs; Mille douceurs; Les carillons joyeux du dimanche; l\u2019église; , La pierre grise.Où dorment leur sommeil, sans trouble ni remords.Tous ses chers morts.Il tombe entre les bras de sa mère qui pleure; Puis il effleure Cette bouche où sa lèvre aimait à se poser, D\u2019im long baiser; Et l\u2019adieu retentit comme la symphonie D\u2019une agonie.Mais, de ces cœurs broyés bientôt jaillit l\u2019espoir De se revoir: « Le ciel dure toujours; la vie est éphémère.Au ciel, ma mère! » VI Et l\u2019apôtre s\u2019embarque, orphelin, pauvre et nu, Vers l\u2019inconnu.Le Christ est sa boussole et son ancre, sa voile Et son étoile.Plus joyeux que jamais, parmi les matelots.Au gré des flots.Il vogue avec la croix vers de lointains rivages Où les sauvages Adoreront ensemble, im jour, à deux genoux.Dieu mort pour nous.La victoire du Christ peut être encor lointaine: Elle est\u2019^certaine! Jean Vandon Missionnaire du Sacré-Cœur S0Êfeî>» .\t- »!.\u2022\t-¦' kS- ; ¦/ ¦ /I'ViW: fSp'S I Sa Grandeur Mgr Forbes Secrétaire du Conseil d\u2019administration du Séminaire canadien des Missions étrangères Le missionnaire au travail E prêtre de paroisse, dans les pays chrétiens, a de multiples occupations.Son rôle est sublime: c\u2019est le rôle de Jésus.Le but du missionnaire est de fonder des paroisses.Mais par le fait qu\u2019il se dévoue dans une paroisse qui n\u2019en est qu\u2019à son germe, son travail diffère par plus d\u2019un point.Nous nous proposons dans ce petit journal, de faire ressortir quelques-rmes de ces différences.(Nous parlerons des coutumes de Gaurnadi, dans le Bengale, car Gaurnadi est une nouvelle mission.) Le prêtre accompagne l\u2019homme du berceau à la tombe.Quand le bon Dieu a béni l\u2019union des époux en dormant un enfant à la jeune mère, l\u2019enfant, dans les pays chrétiens, est porté à Monsieur le Curé, im ou deux jours après la naissance.Et le marmot, bien emmailloté, est dorloté par la porteuse.Le parrain et la marraine ont été choisis, et les cloches annoncent gaiement aux échos d\u2019alentour que l\u2019eau sainte a coulé sur le fropt du nouveau-né.A Gaurnadi, d\u2019abord, il n\u2019y a pas de cloches, et puis on ne porte pas les enfants à l\u2019église.Les plus proches parmi les chrétiens sont à quelques milles, et le trajet ne peut s\u2019effectuer qu\u2019avec de grandes difficultés.Les chrétiens les plus éloignés sont à deux jours de marche.Le prêtre ira lui-même baptiser les jeunes enfants.Joyeux d\u2019arracher une victime à Satan, il commence les prières.Mais qui sera parrain, qui sera marraine?Voilà la question.Si le parrain est parent de l\u2019enfant, si la marraine est parente, c\u2019est impossible.Cela n\u2019est pas bien vu à Gaurnadi.Si le parrain a appelé « frère » le père de l\u2019enfant, c\u2019est encore impossible.Beaucoup d\u2019autres difficultés venant s\u2019ajouter, c)est une chance si le prêtre parvient sans trop de retard à baptiser le nouveau-né.Puis il s\u2019agit d'inscrire les noms du père et de la mère du jeune chrétien.L\u2019époux ne peut dire le nom de son épouse: c\u2019est contre les règles de la plus élémentaire politesse.L\u2019épouse elle-même ne consentira à dire son nom qu\u2019après avoir été priée longtemps.Elle le dira tout bas, toute honteuse.Il reste à savoir quel nom portera le nouveau venu sur notre planète.Car il est d\u2019usage que l\u2019enfant porte un nom bengali, en plus du nom de saint, du nom anglais comme disent naïvement les chrétiens; les noms donnés veulent dire joyeux, fort, gai, et autres qualités.Les nouveaux convertis ont conservé les noms qu\u2019ils avaient, les noms de leurs dieux ou de leurs héros.Dans une même famille, il n\u2019est pas rare de voir des noms à la même terminaison: Joghishor, Shidishor, Kashishor,.Mohindro,.Debindro,.Joguindro.Le prêtre inscrit le nom, mais il arrive qu\u2019après deux ou trois ans, l\u2019enfant est appelé autrement; ceci est très amusant pour ceux qui s\u2019occupent du livre des âmes.A ghaque nom est ajouté un des mots Koumar, Lal, Chondro, Soron.suivant l\u2019usage.Mohini Koumar, Hira Lal, Gopal Chondro, Hori Soron.Ceci n\u2019a pas ¦I 420 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 son équivalent dans nos pays.La coutume qui conserverait les noms de saints tend à se généraliser.Ainsi, nous avons beaucoup de Johon, de Jacob, de Pitor, de Moti (Mathieu).Au baptême, un petit enfant recevait saint Joseph comme patron.Ensuite le prêtre demande comment sera appelé l\u2019enfant dans la langue du pays.« Ce sera Pitor » que l\u2019on répond.«Mais pourquoi pas Joseph que je viens de donner?» \u2014«C\u2019est trop difficile à prononcer.» Voilà pour les noms.Est-ce tout?Pas si vite.Il faut la date de la naissance.Cet enfant est né le 3 de joisto, 1319.Le prêtre, prenant à deux mains sa patience et son livre de renseignements, trouvera que c\u2019est le 16 mai 1912.Nous ne nous sommes pas écartés du sujet, le travail des missionnaires, et c\u2019est évident que toutes ces particularités ne simplifient pas la besogne.Enfin, nous voici prêts à partir.Nous n\u2019avops plus qu\u2019à attendre le guide qui commènce en ce moment à fumer et à préparer la feuille de bétel et ses accessoires.(On mâche cette feuille de bétel.) Essayez de vous fâcher, vous passerez pour ne pas connaître les coutumes du pays.Dans ses labeurs quotidiens, le prêtre a sa consolation.C\u2019est au banquet eucharistique qu\u2019il puise lumière et force.Le prêtre serait-il prêtre sans la messe ?Dans sa petite église où tout respire la piété, sur un autel luisant de propreté, le prêtre de paroisse dans les pays chrétiens, célèbre les saints mystères.Rien ne trouble le silence dans la nef si ce n\u2019est, de temps en temps, quelque chapelet frôlant le dos d\u2019un banc.La lumière est tamisée par les splendides vitraux.On respire une atmosphère de paix, de ferveur, d\u2019amour.Les personnes pieuses se représentent volontiers le missionnaire comme le confident de Jésus, conversant cœur à cœur avec Celui pour qui il a tout quitté.C\u2019est une erreur.Le bon Dieu prive ses missionnaires de bien des joies.Nous voici à la messe dans les villages, où la chapelle, d\u2019ordinaire, brille.par son absence.Une simple cabane servira de sanctuaire.Mais où placer l\u2019autel portatif?Voilà la question.Jamais de table, jamais de chaise, quelquefois un petit tabouret.Si l\u2019on trouve une planche, on la fixe avec une corde à des bambous, et tout s\u2019arrange.Mais ce n\u2019est pas facile à trouver.D\u2019habitude, un coup discret aux toiles d\u2019araignées les plus visibles, et l\u2019autel est assujetti sur le panier contenant le riz de la famille chez qui se dit la messe.Les chrétiens sont assis sur des nattes, et les marmots, s\u2019ils ne pleurent pas, font tout de même du vacarme, et se traînent jusqu\u2019auprès du prêtre.Le catéchiste lit la prière et tousse avant chaque mot qu\u2019il ne peut prononcer.Le servant, s\u2019il sait lire, et s\u2019il sait lire le latin écrit avec des lettres bengalies, répond avec une lenteur excessive quand il ne mange pas tous les mots.Confiteor.Beatae Mariae semper Virgini.Après un retentissant « Darrao » (debout) pour l\u2019évangile, un silence relatif se fait à l\u2019élévation, et Jésus, présent sur l\u2019autel improvisé, revit les moments de Bethléem.Mais on dirait qu\u2019un signal a été donné: le vent s\u2019élève, les cierges. Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t421 brûlant mal, laissent couler la cire; les petites hosties destinées aux communiants menacent de quitter l\u2019autel, et obligent le prêtre à mettre dessus la patène renversée; de plus, tandis que la sueur, découlant des mains à grosses gouttes, tache le corporal, le célébrant repousse les fourmis les plus proches de la sainte hostie.La position est difficile, et le prêtre est heureux quand il a pris les saintes espèces.La communion des hommes n\u2019offre pas trop de difficultés.Mais les femmes.D\u2019abord, elles ne se mettent jamais en ligne.Puis la partie supérieure de leur vêtement rabattue sur la figure, elles attendent.Le prêtre attend de son côté qu\u2019elles daignent relever le vêtement qui cache la bouche.Le catéchiste s evertue à leur faire comprendre que le prêtre n\u2019est pas trop exigeant.Enfin, le prêtre est à peu près victorieux.Se baissant pour trouver la bouche, il dépose le plus adroitement qu\u2019il peut la sainte hostie sur la langue tendue, évitant l\u2019ornement que toutes les femmes portent pendu au nez, et qui descend jusqu\u2019à la lèvre supérieure.La messe est finie, mais quel travail, que de distractions, et combien peu de ferveur! {A suivre) O.Desrochers, C.S.C.Respect et affection des catholiques indigènes pour les missionnaires ILS ont un grand respect et une réelle affection pour les missionnaires.Combien d\u2019entre eux, à l\u2019époque des persécutions, ont joué et même généreusement sacrifié leur vie pour les conduire d asile en asile, ou pour leur donner un refuge dans leur propre demeure! Si les missionnaires étaient arrêtés, ils se cotisaient pour les racheter, et parfois bataillaient contre les satellites pour les délivrer.Ils aiment à posséder dans leur église le tombeau d\u2019un prêtre.Les Indiens emploient, pour s\u2019en assurer la possession, les arguments les plus extraordinaires.Un missionnaire, par suite de son grand âge, avait été obligé de quitter son poste: un jour, il vit arriver dans sa retraite une députation de ses anciens paroissiens, qui le supplièrent de revenir chez eux, car, « depuis son départ, tout était dans la désolation, les rivières ne donnaient plus d\u2019eau, les récoltes séchaient sur pied, le bétail périssait, etc.».En réalité, ils pensaient que son tombeau serait, pour leur village, comme une sorte de palladium qui les protégerait contre toutes les calamités.\u2014 C\u2019est dans la solitude, le recueillement et le silence de l\u2019âme que l\u2019Esprit-Saint frappe ses grands coups, c\u2019est là qu\u2019il convertit les pécheurs, c\u2019est là qu\u2019il fait les saints. Pénitents indiens os lecteurs ont, déjà sans doute, entendu parler des fameux pénitents des Indes.On leur donne le nom de sadhus; ils sont répandus dans toute la contrée.Leur vie est un tissu d\u2019indolence.Ils subsistent d\u2019aumônes.Ces pénitents ont un calendrier, das fêtes, des pélérinages et des foires où ils se mêlent à la foule, quelques-uns à peine vêtus, d\u2019autres, couverts jusqu\u2019à la ceinture de grosse toile jaune ou rose.Pour se protéger contre le soleil et les piqûres des insectes, ils se frictionnent avec des cendres très fines, dont la préparation est confiée à l\u2019un de leurs ascètes.Naturellement, tous ont des emblèmes, des signes peints sur la poitrine, sur les bras ou sur le front, selon les diverses sectes auxquelles ils appartiennent.Ainsi, le tripunda, formé de trois lignes, marque le haut du front et est tracé avec du vibuti ou cendres sacrées.Le trifala, au contraire, consiste en deux lignes blanches ayant une rosace au milieu; il se trouve de la pointe du nez au haut du front.Ces sadhus portent au cou des chapelets aux grains de bois appelés rudraksha, pour compter les invocations à Siva et à Vishnu, leurs dieux.Leur bagage est léger: des idoles de pierre et de métal; des ferrailles pour chasser les diables au besoin; un bâton en forme de T pour reposer les bras, et le cillum ou pipe, pour s\u2019enivrer avec des narcotiques.Afin d\u2019attirer l\u2019attention des foules, soumettre la chair, ou pour d\u2019autres mobiles plus ou moins élevés, on les verra s\u2019exposer au soleil brûlant pendant des heures et même des journées entières, et quelquefois, pendant ce temps, s\u2019entourer de feux intenses.Rappelons la coutume de se rouler sur des épines, des couteaux aiguisés ou des clous très pointus.D\u2019aucuns se suspendent à une branche d\u2019arbre, et y demeurent dtuant de longues heures, la tête en bas.Les urdabacus consistent à tenir, des mois et quelquefois des années entières, les bras élevés au-dessus de la tête.Ce genre de pénitence fait souvent perdre complètement l\u2019usage des membres ainsi élevés en l\u2019air.Le samadh, très rarement mis en pratique, est la sépulture vive.L\u2019inhumation peut durer de quelques jours à cinq ou six semaines; si le sadhu, au bout de ce temps, est trouvé vivant, il a naturellement droit à la réputation de saint.Honigberger rapporte le fait bien authentique de Yogi Haridas qui fut trouvé vivant après 40 jours de sépulture.Les ashtanga dandawai sont des prostrations ou autres pénitences, quelquefois des pèlerinages très longs, accomplis avec ferveur.D\u2019autres de ces pénitents font vœu de garder un silence perpétuel; d\u2019autres encore, appelés alunas, promettent sous forme de vœu de ne jamais Moiitréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t4 23 aller au soleil; d\u2019autres, de ne boire que de l\u2019eau mêlée de cendres, etc.Parmi eux se trouvent certainement des fourbes, des filous; mais beaucoup de ces pénitents sont de bonne foi et agissent ainsi pour obtenir le pardon de leixrs péchés et l\u2019union avec la divinité.Leurs règles morales \u2014 pour ceux qui en ont \u2014varient; mais les suivantes en donneront une idée.SIX DÉFENSES 1.\tEn aucune circonstance, il te sera permis de dormir sur un lit.2.\tTu ne devras jamais porter d\u2019habits blancs.3.\tTu ne devras jamais aller à cheval ou voyager en voitiue.4.\tTu ne devras jamais dormir pendant le jour.5.\tTu ne devras jamais parler aux personnes d\u2019un autre sexe ou penser à elles.6.\tTu ne devras jamais permettre à ton esprit d\u2019être agité ou troublé en aucune manière.SIX COMMANDEMENTS 1.\tLaisse ta maison pour mendier la nourriture qui t\u2019est nécessaire.2.\tDis chaque jour tes prières.3.\tBaigne-toi tous les jours.4.\tContemple tous les jours l\u2019image de Siva.5.\tSois toujours pur et propre.6.\tVaque au culte formel des dieux.Les rites d\u2019initiation varient avec les sectes.Nous citerons ce qui se passe dans celle appelée Dandis.Le shagird, postulant, doit d\u2019abord jeûner durant trois jours; sa nourriture consistera en du lait seulement.Le quatrième jour, grande cérémonie appelée hawan, où du beurre et d\u2019autres comestibles sont offerts aux dieux.Le postulant est ensuite rasé, cheveux et barbe, sauf quelques poils qu\u2019on lui laisse au sommet de la tête.Alors, debout, dans l\u2019eau jusqu\u2019aux reins, il doit arracher un à un les cheveux qui lui restent, et manger les cendres de son cordon sacré, livrée des gens de haute caste.Ensuite, son gourou, ou précepteur, lui chuchote à l\u2019oreille la mantra, ou parole mystérieuse, et lui dorme un nom nouveau.Une fois hors de l\u2019eau, il reçoit un bâton et un sac, se revêt de cinq\u2019 morceaux de toile couleur saumon, écoute l\u2019explication des règles.Il est devenu un sadhu de belle espèce.Toutes ses occupations consisteront désormais à invoquer les dieux, faire pénitence et acquérir une indifférence parfaite en ce qui concerne les choses de la vie, et particulièrement le soin du corps.Cela s\u2019obtient de différentes façons.Les méthodes se réduisent, en somme, au système Yoga Vidya, que l\u2019on explique et pratique diversement. 424 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 Considérons maintenant les raisons qui ont excité et qui excitent encore les Indiens à une vie de pénitence.Il semble que peu, bien peu, ont agi et agissent par un motif élevé.Ce ne peut être, ordinairement, le désir d\u2019expier leurs péchés qui les attire, puisque, panthéistes convaincus, ils n\u2019admettent pas de véritables péchés.Selon eux.Dieu étant partout et même en nous, il doit nécessairement nous obliger à faire sa volonté qui est toujours bonne!.Et si nous nous rappelons que leurs dieux, comme les divinités du paganisme antique, et même plus qu\u2019elles, ne sont nullement scrupuleux dans leur conduite, nous ne serons pas surpris d\u2019apprendre que les Indiens les tiennent responsables de tout, même de leurs fautes.D\u2019aucuns sont poussés au sadhuisme par l\u2019espoir d\u2019acquérir de grand mérites, faveur que ce seul état de vie peut leur procurer.Ainsi, d\u2019après leurs livres sacrés, tous les pénitents vont, à leur mort, directement dans le ciel de Brahma et de Vishnu, libérés pour jamais de toute transmigration.D\u2019après de que nous venons de dire, il est facile de conclure que l\u2019objet de leurs mortifications n\u2019est pas celui que poursuivent les saints.Ils ne veulent pas tant le perfectionnement moral de l\u2019homme intérieur, ou, pour mieux dire, le crucifiement du vieil homme, lequel consiste à atteindre l\u2019idéal proposé par le Créateur, qu\u2019une certaine pureté extérieure, obtenue par de multiples ablutions dans des fleuves sacrés, l\u2019extinction complète des sentiments les plus naturels et même des instincts qui tendent à notre conservation.A cet effet, on enseigne aux disciples à être insensibles au chaud et au froid, au vent et àda pluie, à la faim et à la soif; on va jusqu\u2019à les habituer à manger sans répugnance les choses les plus malpropres et les plus dégoûtantes.On leur demande, en outre, un parfait empire sur la chair, excluant tout mouvement, même le moins délibéré.Ils insistent sur ces points, car, une fois qu\u2019ils les ont obtenus, ils sont assurés de l\u2019admiration des foules.» Ils arrivent à ces résultats par des moyens tout à fait matériels et mécaniques, et non par l\u2019oraison, l\u2019hmnilité et la confiance en Dieu, vié de nos pauvres mortifications.Un autre motif qui les excite à embrasser leur état de péiiitence, c\u2019est la persuasion qu\u2019ils y acquerront un pouvoir divin; car, selon les légendes indiennes, les pénitents ont toujours eu une certaine supériorité, même sxir les dieux.Le bas peuple a une crainte excessive de la colère des ascètes, colère qui se manifeste très souvent par des malédictions terribles et désastreuses.Nous avons, dans le cours de cet article, fait abstraction des motifs tout à fait bas et presque criminels qui, en certains cas, poussent à suivre cette vocation de pénitence.Les sadhus, de fait, gagnent l\u2019estime du peuple, trouvent accès jusqu\u2019à l\u2019intime des foyers indiens; il n\u2019est pas rare que des vols ou autres délits soient perpétrés par ces gens qui abusent de la confiance populaire.On rencontre même des sadhus imposteurs qui tiennent école, élèvent les jeimes dans ces idées perverses et jouissent des premiers fruits de leurs rapines: les livres de la police indienne contieiment des récits confirmant ces assertions.Dominique Ferroli, S.J. i i m I Sa Grandeur Mgr Léonard Membre du Conseil d\u2019administration du Séminaire canadien pour les Missions étrangères.i Les Goélands du Christ Par M.J.Baeteman, lazariste Missionnaire en Abvssinie Ils s\u2019en vont, un à un, courbés sous la tempête.De leurs ailes d\u2019argent balafrant le ciel noir.Tels des fantômes blancs, sanglotant dans le soir.Ils s\u2019en vont répétant leur chanson inquiète.Sous les vents déchaînés, quand leur élan s\u2019arrête.Dans l\u2019abîme profond leur vol se laisse choir; Et, comme s\u2019ils puisaient dans les flots plus d\u2019espoir.Ils remontent au ciel en redressant la tête.Ainsi vont les vaillants, les forts, les résolus.Ceux qui traînent des fers que leur âme a voulus.Les apôtres fervents des idées étemelles; Et quand les préjugés soufflent en les narguant.Ils plongent dans leur Foi pour retremper leurs ailes Et s\u2019envolent plus haut chanter sous l\u2019ouragan. gommage ^ noô anciens! misisüonnaires! Canabtenô M.l\u2019abbé Jacques-Alexis de Fleury-Deschambeault, né à Québec, le 15 août 1672, de Jacques-Alexis de Fleury-Deschambeault, procureur royal, et de Marguerite de Chavigny de la Chevrotière, fit ses études à Québec et fut ordonné en France, l\u2019an 1694.En Canada (1694-1697); missionnaire dans le Maine chez les Abénaquis de la rivière Pénobscot à Pen-tagoët (1697), dans la Nouvelle-Écosse aux Mines (1697-1698), où il est décédé le 29 août 1698.R.P.Michel Beaudoin, né à Québec, le 6 mars 1692, entra chez les Jésuites, à Bordeaux en France, l\u2019an 1713, et fut ordonné vers 1726.Troisième an de probation à Marennes en France (1726-1727) ; missionnaire chez les Chactas dans la vallée du Mississipi (1727-1750), à la Nouvelle-Orléans (1750-1766), supérieur (1750-1759), grand-vicaire de l\u2019évêque de Québec (1750-1763), décédé en 1766.M.l\u2019abbé Joseph-Bouguignon Courier, né à la Baie-du-Febvre, comté d\u2019Yamaska, le 28 mai 1705, mais baptisé le 25 juin suivant, aux Trois-Rivières, fils de Mathieu Courier-Bouguignon et de Madeleine Vanasse, fit ses études à Québec et fut ordonné par Mgr Dosquet, le 30 avril 1730.Missionnaire des Illinois-Tamarois sur les bords du Mississipi à l\u2019endroit où se trouve aujourd\u2019hui Cahokia dans le diocèse actuel de Belleville (1730-1735), il y vécut comme un saint, opérant même des miracles au dire des gens du pays; bientôt usé par l\u2019ardeur de son zèle, il mourut dans l\u2019automne 1735 à la Nouvelle-Orléans où il était allé chercher du soulagement à une cruelle infirmité contractée dans ses courses apostoliques; il expira chez les Capucins qui furent très édifiés de sa vive piété.M.l\u2019abbé Jules-Eugène-Aurélien Angers, né à Saint-Roch de Québec, le 13 février 1862, de François-Xavier-Albert Angers et d\u2019Elmine Taschereau, fut ordonné à la basilique de Québec, le 13 juin 1886.Vicaire à Ste-Croix (1886-1889), à St-Augustin-de-Portneuf (1889-1892); retiré à Québec (1892-1893); curé sur l\u2019île de la Trinidad dans les Antilles à Santa-Cruz (1893-1894), où il succombe aux fièvres jaunes, le 27 juin 1894. 428 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 M.l\u2019abbé Pierre-Clément Parent, né à Beauport, près Québec, le 13 avril 1733, de Pierre Parent et de Jeanne Chevalier, fit ses études à Québec et fut ordonné, le 24 septembre 1757.Curé de Beaumont (1762-1765); missionnaire à Tadoussac (1782-1783) et au Labrador (1782-1784), où il est décédé à Natashquan, le 7 avril 1784.Mgr Joseph-Norbert Provencher, né à Nicolet, le 12 février 1787, de Jean-Baptiste Provencher-Belleville et d\u2019Élisabeth Proulx, fit ses études à Nicolet, à Montréal et à Québec, où il fut ordonné le 21 décembre 1811.Vicaire à la cathédrale de Québec (1811-1812), à Vaudreuil (1812-1813), à Deschambault (1813-1814), avec desserte des Grondines (1813-1814); cimé de la Pointe-Claire (1814-1816), avec desserte de Ste-Anne-de-Bellevue (1814-1816); curé de Kamouraska (1816-1818); curé-fondateur de St-Boniface dans le Manitoba (1818-1820), grand-vicaire de l\u2019évêque de Québec pour ces mêmes contrées (1818-1820); curé d\u2019Yamachiche (1820-1822); vicaire apostolique du NordrOuest de l\u2019Amérique Septentrionale à St-Boniface sous le titre d\u2019évêque de Juliopolis en Galatie (1822-1847), élu le 1er février 1820 et sacré aux Trois-Rivières par Mgr Plessis le 12 mai 1822; le pape détachait de son vicariat apostolique les diocèses d\u2019Orégon-City en 1843, de Nesqually en 1845 et de Victoria en 1847; fondateur du collège classique de St-Boniface en 1823; premier évêque de St-Boniface (1847-1853), où il est décédé le 7 juin 1853.Une délégation apostolique en Chine T ES Acta Apostolicae Sedis de décembre publient le texte de la lettre apostolique érigeant une délégation apostolique en Chine.Le Pape y constate le développement de l\u2019évangélisation en Chine et le grand nombre de vicariats et de préfectures apostoliques régulièrement constitués.« Désirant, continue-t-il, manifester plus clairement à ces peuples Notre amour et la charité qui Nous presse envers eux, accueillant aussi volontiers les vœux des évêques qui exercent le ministère pastoral en ces contrées.Nous avons décidé de constituer en Chine une nouvelle délégation apostolique pour la protection et l\u2019honneur de la religion chrétienne.» Le Pontife ajoute que son objectif, en prenant cette décision, a été de faire sentir plus abondamment à ces peuples les bienfaits de sa paternelle sollicitude, de ménager une plus intime collaboration entre les chefs de missions, enfin de procurer dans les immenses régions chinoises de nouveaux progrès au christianisme.Cette délégation apostolique embrassera les cinq circonscriptions ecclésiastiques de Chine, les îles comprises, excepté Formose.) M.le Chanoine Roch 1er Supérieur du Séminaire canadien pour les Missions étrangères et directeur de l\u2019Union Missionnaire du Clergé pour le diocèse de Montréal. Pauline-Marie Jaricot Fondatrice de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi (Suite) LA CÉLESTE MOISSON E temps que, par obéissance, Pauline avait dû consacrer au repos extérieur, avait été celui des dernières joies de son vénérable père dont la vie s\u2019affaiblissait de jour en jonr davantage.Chargée par lui de faire les honneurs de la maison, elle s\u2019était acquittée de ce soin avec une amabilité parfaite, laquelle, au lieu du masque de la politesse, portait la grâce ineffable de la charité; aussi les pauvres en avaient-ils eu la plus large part.Rendue à la vie active, il lùi était devenu à peu près impossible de s\u2019y livrer; d\u2019un côté, de cruelles souffrances physiques l\u2019assiégeaient constamment, et, de l\u2019autre, les incalculables sollicitudes de ses deux œuvres universelles, la Propagation de la Foi et le Rosaire vivant, absorbaient ses heures de liberté.Dans l\u2019impuissance où elle se trouvait de se rendre elle-même auprès des malades ou des pauvres, elle continua de se faire remplacer par de pieuses filles, dignes de toute sa confiance.Du reste, elle allait bientôt trouver sous le toit paternel et ailleurs, plus d\u2019une occasion de consoler les affligés et de soutenir dans le dernier combat, ceux que Dieu lui avait donnés pour soutiens, pour consolateurs et pour amis.Se sentant, lui aussi, près de succomber sous le poids des travaux et des épreuves, encore plus que sous celui des années, le vénérable abbé Wurtz, toujours exilé, avait demandé et obtenu l\u2019autorisation de revenir auprès d\u2019Antoine Jaricot.Quelque temps après, la persécution exercée contre lui s\u2019étant un peu calmée, Mgr de Pins s\u2019empressa de le rappeler à Lyon.Mais la Providence en avait décidé autrement.Le jour de la fête du Rosaire (1er octobre 1826), jour qui rappelait à Pauline et à son guide tant et de si glorieux souvenirs, devait ramener le proscrit à son poste de Saint-Nizier.Le matin, en offrant le saint sacrifice, il sembla redoubler de ferveur.Au repas de famille, il parla avec une animation extraordinaire des maux de l\u2019Église et des dangers qui menaçaient la France.Peu après, il appela le valet de chambre d\u2019Antoine, le remercia de ses bons offices et lui donna sa montre, ce qui étonna ses amis, sans qu\u2019aucun osât faire d\u2019observation.Pauline était très émue! le saint vieillard s\u2019en aperçut et lui dit: « A vous, pauvre chère enfant, je laisse Jésus-Christ, la sainte Église et les âmes à servir, à aimer, et l\u2019humilité à pratiquer.» Sa voix tremblait légèrement; son visage doux et austère était devenu plus pâle encore que de coutume. Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t431 Il demanda à Pauline de faire tout haut le chemin de la Croix, et elle obéit avec un indicible serrement de cœur, car il y avait quelque chose d\u2019inexplicable dans cette demande.Le serviteur de Dieu essaya de se mettre à genoux.N\u2019y pouvant réussir, il s'appuya contre la muraille, croisa les mains sur sa poitrine et s\u2019unit aux prières que sa fille spirituelle articulait avec effort, sous l\u2019impression d\u2019une tristesse inexprimable.Quand les stations doulomreuses eurent été parcourues, il y eut un moment de silence solennel, après lequel l\u2019apôtre se leva, bénit la fille de son âme, fit quelques pas comme pour s\u2019en aller et se retourna encore pour bénir une seconde fois celle qu\u2019il avait si parfaitement donnée à Dieu et à l\u2019Église.Puis, il rentra dans sa chambre où, quelques instants après, sans souffrance, sans angoisse, il passa, des luttes et des douleurs de son long exil, à la paix et aux joies de l\u2019étemelle patrie.La nouvelle de cette mort si soudaine émut tout le monde; etja plupart de ceux qui avaient persécuté le vaillant défenseiu: de la sainte Église proclamèrent, avec la foule, que sa vie avait été un acte continu de dévouement à Dieu, aux âmes et aux malheureux.Antoine donna l\u2019hospitalité du tombeau à son vénérable ami, qui fut porté à Loyasse, où ses saintes dépouilles reposent encore, dans la sépulture de la famille Jaricot.Plus et mieux que personne, Pauline sentit la grandeur d\u2019une telle perte.Elle devait tout à ce saint prêtre: c\u2019était lui qui l\u2019avait retirée des dangers du monde et soutenue au milieu des épreuves; c\u2019était lui aussi qui avait élevé son âme jusqu\u2019à l\u2019amour parfait de Jésus-Christ et de l\u2019Église.«J\u2019adorai dans le sentiment d\u2019une profonde douleur, écrit-elle les desseins cachés de mon Dieu, et lui remis, avec autant de courage qu\u2019il me tut possible, l\u2019instmment dont il s\u2019était servi pour me sauver.Hélas! j\u2019avais pensé jusqu\u2019alors que cet instrument me préparerait à la consommation de mon sacrifice; aussi, après cette mort, je crus devoir ensevelir toutes mes espérances du martyre, et les regarder comme des illusions.« Réduite à dévorer en silence l\u2019amertume de mes regrets, je m\u2019attachai, dans le naufrage de mes pensées, à cette vérité, seule capable d\u2019apaiser la tempête dans mon triste cœur: Je suis assurée de trouver dans l\u2019Eucharistie le Dieu qui m\u2019aime et que j\u2019aime uniquement.Je suis et serai toujours la fille soumise et dévouée de la sainte Église catholique, apostolique et romaine.Elle ne peut ni se tromper, ni me tromper.Donc, croyant ce qu\u2019elle croit, rejetant, sans examen ni exception, tout ce qü\u2019elle rejette, je ne saurais m\u2019égarer.« Bien résolue, dès ce moment, de ne pas écouter les réclamations de ma douleur, je ctus devoit éloi^ncT de won espîit le souveniT de ce qui s était passé d\u2019extraordinaire en moi.« Mais l'extraordinaire ne dépend pas de celui qui en est favorisé: il dépend de Dieu seul.Aussi, malgré tous les efforts de Pauline pour abaisser le vol de son âme, le divin IVIaitre continua de la retenir dans les plus hautes régions de la foi, et de l\u2019inviter au sacrifice parfait.» 432 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 Elle devait être bien longtemps à comprendre le sens véritable de cette parole, si souvent et si distinctement répétée à l\u2019oreille de son cœur: Tu souffriras avec moi et comme moi.Seule, sous le double poids de sa tristesse et des faveurs divines dont elle est comblée, elle s'effraie et doute d\u2019elle-même.Ne trouvant alors personne qui la comprenne et l\u2019éclaire, elle s\u2019adresse au grand serviteur de Marie, le cardinal Lambruschini, Protecteur du Rosaire vivant, et, par cela même, protecteur naturel de la fondatrice de cette œuvre.Dans les lignes suivantes, extraites d\u2019une ouverture d\u2019âme à un tel juge, ceux qui accusaient la sainte Lyonnaise d\u2019obstination et d\u2019orgueil, auraient pu se trouver confondus dans leur aveugle sévérité.« Depuis le jour où je me donnai au Seigneur, j\u2019ai été conduite par une voie toute spéciale de miséricorde et d\u2019amour; aussi ai-je cru longtemps avoir reçu des grâces extraordinaires qui avaient pour objet les temps où nous vivons.Mais comme, dans tout cela, peuvent se glisser beaucoup d\u2019illusions et d\u2019imaginations diaboliques, j\u2019ai détourné les yeux de ces choses, pour ne plus me les rappeler, voulant marcher par la route de la simple et pure foi de l\u2019Église catholique, apostolique et romaine.« Cependant, comme j\u2019avais reçu ordre d\u2019écrire tout ce qui se passait dans mon âme, la crainte de ne pas rendre à cette Église sainte un fidèle compte de ce qui pouvait être des avertissements réels, je n\u2019ai pas osé détruire, après la mort de mon guide, ce que j\u2019avait écris par obéissance.Trouvant une occasion favorable pour Rome, je me sens pressée de tout remettre entre les mains de votre Éminence, me déchargeant entièrement sur vous, mon Père, de ces choses dont je ne veux pas avoir à répondre, parce que je suis incapable d\u2019en rejeter par moi-même les illusions, ou de les distinguer de la vérité.Libre à vous d\u2019en faire ce que vous voudrez; aussi brûlez, déchirez; vous êtes déjà absous de ma part.Car je n\u2019y attache d\u2019autre importance, que celle de n\u2019avoir pas à en rendre compte à Dieu.Si toutefois vous y trouvez quelque chose de Lui, veuillez vous entendre sur ce point avec Jésus et Marie, je vous en laisse arbitre suprêm.e; trop heureuse suis-je de m\u2019en décharger entre les mains d\u2019un Père, pour lequel je sens croître dans mon cœur le respect et la plus tendre vénération.» Le mois d\u2019octobre, particulièrement fécond en joies et en douleurs pour Pauline, lui fournit, en 1829, l\u2019occasion de remplir encore une fois sa mission d\u2019ange consolateur.Ce fut auprès d\u2019une âme unie à la sienne par les liens les plus doux et les plus étroits du sang et de l\u2019amitié: Mère de sept enfants dont l\u2019aîné avait à peine quinze ans, madame Chartron, sentant, jeune encore, la vie s\u2019éteindre graduellement en elle, avait réclamé de sa sœur, « comme dernier témoignage d\u2019affection, de venir l\u2019aider à mourir saintement », alors que nul des siens ne soupçonnait pour elle le moindre danger.Sachant son mal incurable, elle l\u2019avait complètement dissimulé, « pour épargner à ceux qui l\u2019aimaient, de longs mois d\u2019angoisse et de douleur».Aussi, quand, à son appel suprême, Pauline arriva désolée, la trouva-t-elle donnant encore une leçon de piano à l\u2019un Montréal LE PRÉCURSEUR Mars 1923\t433 de ses fils et tenant son dernier-né endormi sur ses genoux.Et la mort accourait impitoyable! A sa terrible et soudaine apparition, il y eut des scènes navrantes et su blimes dans la demeure si joyeuse et si paisible jusqu\u2019alors.Soutenu par la Vierge de Jésus, la mère, l\u2019épouse dont le dévouement et la tendresse avaient été la vie, imposa silence à son propre cœur, pour consoler et fortifier ceux qui chancelaient autour d\u2019elle.Elle bénit avec larmes ses petits bien-aimés; ensuite, par un effort surhumain, elle les congédia pour se mieux recueillir et dit à Pauline: « Voudrais-tu me lire la Passion de Jésus-Christ.» Après avoir écouté tout émue le récit des souffrances du Sauveur, elle prononça d'une voix suppliante: A ierre! à terre! c\u2019est là que je dois mourir! On eut à peine le temps de satisfaire le désir de son humilité, que l\u2019angélique mourante, élevant ses deux mains vers le ciel, s\u2019écria dans le ravissement de l\u2019extase: Ouvrez-vous, portes éternelles!.O Sion, je vais contempler tes splendeurs!.Baisant avec amour le crucifix, elle ajouta: « O croix, mon unique espérance, sois la consolation de ceux que je laisse en ce monde! ».Et les lèvres collées sur le signe rédempteur, cette chrétienne acheva son court et saint pèlerinage d\u2019ici-bas.Ce pèlerinage avait duré trente-sept ans.La main paternelle qui dispense l\u2019épreuve sait y mêler la consolation.A cette époque où la faiblesse royale accordait à l\u2019impiété l'expulsion de la Compagnie de Jésus, Pierre Perrin, que Pauline avait introduit si jeune dans les voies du céleste amour, trouva l'heure favorable pour se ranger sous l\u2019étendard proscrit.De son côté, en attendant que ses supérieurs lui permissent de s\u2019en aller dans les missions étrangères, Philéas, dépensait à l\u2019Hôtel-Dieu tout ce que son âme de prêtre renfermait de zèle et de tendresse.«De graves abus, introduits dans l\u2019Hôpital général de Lyon, en 1793, dit Pauline, et la mauvaise organisation de cet établissement étaient à l\u2019époque où mon frère s\u2019y trouvait, la source de si grands désordres, que les supérieurs ecclésiastiques, du consentement même des administrateurs, avaient jugé nécessaire d\u2019y appeler quelques prêtres capables de se dévouer, pour y établir une réforme et des règlements sévères.«D\u2019une commune voix, on désigna Philéas, pour être mis à la tête de cette délicate et laborieuse mission.«Depuis 93, les sœurs infirmières prenaient l\u2019habit dès leur entrée, pour être placées, aussitôt après, dans les différents emplois que leur force et leur adresse leur permettaient de remplir.Tout cela, sans nul égard aux dispositions morales des sujets, ni aux dangers que leur expérience devait rencontrer.A ces dangers inévitables, se joignaient les mauvais exemples et les paroles peu mesurées des sœurs, que seul leur titre d\u2019anciennes avait placées à la tête de la congrégation, quoiqu\u2019elles fussent les plus indignes.«Sans énumérer les scandales qui résultaient d\u2019un tel état de chose, j'ajouterai seulement les paroles que mon frère me dit, en parlant des jeunes 434 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 sujets, paroles très significatives sur ses lèvres et qu\u2019il accompagne de larmes: « Pauvres âmes! elles veulent se mettre à l\u2019abri de la corruption du monde, et elles trouvent à l\u2019hôpital des écueils qu\u2019elles n\u2019eussent jamais rencontrés chez leurs parents ».«Il établit un noviciat, ayant une Supérieure digne et capable de former les nouvelles sœurs à.l\u2019esprit de leur sainte vocation.Ce petit troupeau du bon Dieu fut entièrement séparé des autres filles, reçues à la faveur des désordres de la Révolution, pour remplacer les sœurs auxquelles on n\u2019avait pu faire prêter serment.«Dieu seul sait les oppositions que rencontra cette réforme, les traverses, les douleurs qu\u2019elle coûta à mon frère! J\u2019indiquai les efforts qu\u2019il fit et les obstacles qu\u2019il eut à surmonter, en disant qu\u2019établi maître spirituel de l\u2019Hôpital à l\u2019âge de trente ans, et doué d\u2019une forte constitution \u2014 trois années suffirent pour y dévorer son existence.« Pressentant sa fin prochaine, il ne cessait d\u2019exhorter ses filles du noviciat à demeurer fidèles aux principes de la vie religieuse, et de ne jamais consentir à se laisser enlever une sainte direction, si la France venait à subir de nouveaux bouleversements.» Si Philéas rencontra de formidables oppositions et subit toutes les noirceurs de la calomnie, à cause de ces réformes, il n\u2019était ni de trempe ni de race à trembler devant de telles armes.Ne se préoccupant que de poursuivre sa mission, il faisait germer et grandir les vertus religieuses dans les servantes des pauvres en même temps qu\u2019il soutenait, avec toute l\u2019énergie de son caractère, les droits, souvent méconnus, qu\u2019avaient les malades, à un régime salutaire et agréable, auquel la générosité lyonnaise avait notablement et libéralement pourvu.Une telle surveillance exaspéra ceux dont les vues iniques se trouvaient ainsi déjouées.Ils le menacèrent de terribles vengeances.Sans se mettre plus en peine des menaces que des calommies, l\u2019homme de Dieu continuait son œuvre, malgré l\u2019affaiblissement progressif de sa santé.Un pauvre moribond refusait-il les sacrements, Philéas en avertissait Pauline, et, tandis qu\u2019elle demeurait prosternée au pied du tabernacle, lui, veillait nuit et jour auprès du pécheur, sollicitant pour ce dernier la grâce de la conversion par des prières et des austérités qui faisaient violence au ciel! Quand on essayait de lui faire comprendre que ses forces ne tiendraient pas à de pareilles fatigues, il répondait: « Je me suis donné sans aucune réserve à Jésus-Christ et aux pauvres qu\u2019il a tant aimés! Laissez-moi les servir jusqu\u2019à la fin.» Après une journée de luttes particulièrement difficiles, le saint prêtre fut saisi de violentes douleurs d\u2019entrailles, accompagnées de symptômes d\u2019empoisonnement.On le transporta chez son père, où d\u2019habiles médecins parvinrent à conjurer le mal, sans toutefois rendre au malade assez de vigueur pour qu\u2019il pût reprendre ses travaux à l\u2019Hôtel-Dieu.Désolé de cette impossibilité, Philéas ayant consenti, pour hâter sa guérison, à aller respirer l\u2019air doux et pur de l\u2019Italie, passa trois mois à Nice avec Madame Perrin.Il se montra, dans la ville de luxe et de plaisir. Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t4 35 ce qu\u2019il avait été à Lyon: le fervent adorateur de l\u2019Eucharistie et l\u2019ami des malheureux.Les mendiants qui se tenaient à la porte de l\u2019église où il allait tous les jours, expérimentèrent bientôt sa charité.Aussi émus de reconnaissance que de compassion à la vue du jeune malade, ils se disaient en italien pour qu\u2019il ne pût les comprendre; Nous ne le verrons pas longtemps! Et lorsqu\u2019ils baisaient la main amaigrie qui leur faisait l\u2019aumône, ils ajoutaient en hochant la tête: L\u2019homme s\u2019en va.mais le cœur reste encore là tout entier!.Dès que Philéas se sentit un peu plus fort, il revint à son poste et reprit le travail avec l\u2019énergie du bon ouvrier qui craint de ne pouvoir achever sa journée.En effet, quelques mois après, les mêmes douleurs le saisirent de nou-veau'et avec une telle violence, que, se sentant frappé à mort, il refusa de se laisser transporter sous le toit paternel.Comme il avait choisi de dire sa première messe au milieu des enfants pauvres qu\u2019il évangélisait, il voulut rendre le dernier soupir au milieu des pauvres malades dont il était l\u2019ange et le père.La science fut, cette fois, impuissante à écarter le danger.Le serviteur de Jésus-Christ, adorant la main divine qui l\u2019arrêtait presque à l\u2019entrée de sa carrière, offrit ses douleurs et sa mort pour le salut des âmes qu\u2019il avait ravies à Satan.Il demanda à Pauline d\u2019être le soutien et la providence des novices et des pauvres de l\u2019Hôtel-Dieu.Elle le lui promit.Quant à ce qui regardait les choses de ce monde, l\u2019ami du Seigneur n\u2019exprima qu\u2019une volonté, celle d\u2019être enterré comme les pauvres et avec les pauvres, dans le cimetière de la Madeleine, au lieu d\u2019être porté dans la sépulture de sa famille.Il endura sans se plaindre les atroces souffrances d\u2019une courte et cruelle agonie dont la foi et la tendresse de Pauline adoucirent la rigueur.Durant les crises qui se succédaient de plus en plus terribles, elle lui disait: n Fiat! fiat! n\u2019est-ce pas?».Et il répondait avec amour: «Oh! oui, oui, fiat!.Mon Sauveur, tout, tout ce que vous voulez!.Je vous bénis et vous aime! ».Il ne fit aucime allusion à la cause probable de sa mort: Dieu avait voulu qu\u2019il en arrivât ainsi.Cette pensée dominait toutes les autres et laissait une paix souveraine à son âme, qui se montra, jusqu\u2019à la fin, plus forte que la douleiu.Philéas mourut à trente-trois ans (26 février 1830), comme il avait tant souhaité de vivre et comme il avait vécu; en vrai prêtre, c\u2019est-à-dire « en apôtre qui enseigne, non seulement par la parole, mais dont la présence seule est une révélation de Jésus-Christ» .Selon le désir qu\u2019il avait exprimé, revêtu de sa plus pauvre soutane, il fut déposé sur un lit recouvert du drap mortuaire des indigents.Pauline plaça un crucifix entre les mains de ce frère bien-aimé et demeura auprès de lui, anéantie de douleur.Nous ignorons si quelque discours éloquent célébra cette mort; mais le plus bel éloge de la sainte vie qui l\u2019avait précédée sortit d\u2019une bouche trois fois consacrée; par l\u2019âge, la paternité et le malheur. 436 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 On ne saurait expliquer comment Antoine, qu\u2019une extrême faiblesse rendait étranger à tout ce qui se passait autour de lui, voulut absolument, ce jour-là, être conduit à l\u2019Hôtel-Dieu.Entré dans la chambre mortuaire, il reste d\u2019abord immobile et paraît saisi d\u2019étonnement ou d\u2019effroi à la vue d\u2019un si lugubre spectacle; puis, son regard allant, tour à tour, de Pauline qui prie et pleure au jeune prêtre qui semble endormi, les interroge avec angoisse.Tout à coup, un éclair d\u2019intelligence brille sur son front, ses joues pâles se colorent, il se dirige vers le lit funèbre et le contemple en silence durant un long moment.Ensuite, posant ses deux mains sur le front de son fils, comme pour le bénir, ce vénérable père se tourne vers Pauline et dit avec un intraduisible accent de douleur, de vénération et de tendresse: « Ada fille, les pauvres de l\u2019Hôpital répandront aujourd\u2019hui bien des larmes! ».Et ce fut tout!.Cette belle âme s\u2019éclipsa de nouveau, et pour jamais en ce monde, sous l\u2019épais nuage que, seul, l\u2019amour paternel avait eu la puissance d\u2019écarter un instant.Cette mort prématurée qui ravissait un père à tant d\u2019infortunés, enlevait à Pauline l\u2019unique appui qui lui restât.Dès le berceau, Philéas avait été l\u2019ami, le confident de sa soeur, et depuis qu\u2019il s\u2019était donné tout à Dieu, il avait constamment travaillé avec elle à la gloire du divih Maître dans une multitude d\u2019œuvres, surtout, comme on l\u2019a vu, dans celle de la Propagation de la Foi.Dévorés tous les deux du même zèle et du même amour, ils s\u2019étaient aidés l'un l\u2019autre à marcher généreusement dans la voie de l\u2019immolation complète.Privée de la direction du saint abbé Wurtz, Pauline comptait sur ce frère pour le développement des deux grandes œuvfes qu\u2019elle avait déjà fondées, et pour la réalisation d\u2019un dessein dont le malheur des temps lui inspirait le projet.La voilà sans conseil, sans appui.«Quand, dit-elle, l\u2019ami de mon enfance et de toute ma vie eut été, lui aussi, porté à sa dernière demeure, la terre me parut un désert, et l\u2019existence, un fardeau qui dépassait mes forces; car mon propre corps était épuisé et mon âme, dans la désolation! « Alors, le flot amer de la douleur monta, monta tellement, que cette parole s\u2019échappa de mes lèvres: a Pourquoi suis-je seule, mon Dieu?seule! quand, soit pour vivre, soit pour mourir, j\u2019ai si grand besoin d\u2019être soute-tenue! ».\t\u2022 « Dans le bouleversement de toutes mes pensées, j\u2019eus recours à la prière et me réfugiai auprès du Consolateur qui réside dans l\u2019Eucharistie.D\u2019abord, les cris de la nature broyée m\u2019empêchèrent d\u2019entendre la douce voix de Jésus.AJais, peu à peu, la tempête se calma; et si je souffrais encore bien longtemps de me trouver seule du côté de la terre, je vous aperçus tout près de moi, ô Sauveur, mon céleste et unique soutien! » Après quelques pages adressées à l\u2019amour infini, elle ajoute: «Je compris enfin que nulle créature, quelle qu\u2019elle soit, n\u2019est nécessaire à l\u2019accomplissement des desseins de la Providence sur les peuples ou sur Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t4 3 7 -1' les individus, Que Dieu est loui.que seul, il peut tout, sans le secours de personne.Pour nous en convaincre, il ordonne à la mort d\u2019enlever prématurément les êtres chéris sur lesquels nous avions appuyé nos affections et nos espérances.» Le Maître que nous servons ne se laisse pas vaincre en générosité.S\u2019il se plaît à recevoir de ses serviteurs ce qu\u2019il leur a donné, c\u2019est pour trouver un nouveau motif de les enrichir davantage.Pauline ne tarda pas à l\u2019expérimenter.{A suivre) Causerie sur les animaux L OISEAU-HORLOGE T ES Bengalis, règle générale, n\u2019ont ni montre, ni pendule, ni cadran solaire, ni sablier.Le jour, ils ont le soleil et maître Caster.La nuit, ils ont bien de temps en temps, les étoiles et la lune, mais ce ne serait pas suffisant.Au dire des gens, le bon Dieu a pourvu à cela d\u2019une manière admirable.Pendant la nuit, à trois reprises différentes, à neuf heures et demie, à minuit, à deux heures et demie, un oiseau, appelé par les Bengalis, « oiseau-horloge », pousse des cris rauques pendant deux ou trois minutes, et le silence se fait.Le missionnaire demande quelquefois à des chrétiens, quand il y a eu un repas qui s\u2019est prolongé très tard la nuit; « Vous voulez communier, mais avez-vous fini de manger avant minuit ?\u2014 Oui, Père, nous avons fini de manger avant le chant de minuit.Et le prêtre les admettra à la communion en toute sûreté de conscience.Mirabilis Deus! Ceci est curieux n\u2019est-ce pas ?Mais voyez au prochain numéro l\u2019araignée filant la croix de Saint-André.Un laboureur des Missions des RR.PP.de Ste-Croix \u2014 Si un missionnaire quitte son pays natal, c\u2019est qu\u2019il a compris que de partout, ici-bas, il peut s\u2019acheminer vers sa véritable patrie.S\u2019il laisse des amis qui lui sont chers, il sait que l\u2019affection dont son cœur déborde pour eux ne tarira jamais.S\u2019il abandonne un travail, une vie faciles, c\u2019est qu\u2019il ambitionne de plus nobles conquêtes, de plus périlleux combats, de plus glorieuses victoires.* * * Les nations qui propagent au loin la foi ne la perdront pas chez elles.* * * C\u2019est nous que nous sauvons en contribuant à sauver le monde païen. SAINT FRANÇOIS XAVIER Patron des missionnaires «¦-îV L 1 Neuvaine dite de la grâce en l\u2019honneur de saint François Xavier ' Du 4 au 12 mars \u2014 Jour anniversaire de sa canonisation Oh! que c\u2019est un bon et fidèle ami\u2019 Comme il assiste puissamment dans les difficultés et les perplexités! Paroles du P.Mastrilli c \u2019EST une promesse miraculeuse de saint François Xavier, dans une célèbre apparition au Père Marcel Mastrilli, religieux de la Compagnie de Jésus, qui a donné naissance à la neuvaine dite de la Grâce.Depuis plus de deux siècles, des faveurs sans nombre en garantissent l\u2019efficacité et autorisent la confiance des fidèles.Sur la fin de l\u2019année 1633, le vice-roi de Naples donna ordre de décorer magnifiquement une église, dans laquelle il voulait célébrer en grande pompe la, fête de l\u2019immaculée Conception.Le Père Mastrilli était à surveiller les préparatifs, quand un marteau, du poids de deux livres, lui tomba sur la tête de plus de cent pieds de haut, et le coucha dans son sang.On le releva blessé.Il fallut bientôt songer aux derniers sacrements; mais le moribond ne put recevoir que l\u2019Extrême-Onction.On pleurait déjà le Père Mastrilli comme mort, lorsque tout à coup une sérénité soudaine se répand sur ses traits; il ouvre les yeux et les porte respectueusement sur un des côtés de son lit; des mots à demi-voix et accompagnés de larmes, des élans vers une personne qui semblait lui parler, le mouvement de la main appliquant sur sa blessure une relique de la vraie Croix, tout fait juger que le malade est l\u2019objet d\u2019une faveur extraordinaire.En effet, le Père se redresse, et, levant les yeux et les mains vers le ciel, il s\u2019écrie: Mes Pères, je suis guéri, et c\u2019est à saint François Xaviçr que je le dois.A ces mots les assistants dans l\u2019admiration et la reconnaissance récitent nn Te Deum d'actions de grâces.Cependant le Père Mastrilli s\u2019était habillé sans peine; il se prosterna devant l\u2019image de son céleste médecin et y resta longtemps en prières.Après s'être relevé, il raconta lui même au Père Recteur, ce qui venait de lui arriver, ensuite il en écrivit le récit pendant deux heures.Nous en extrayons les détails concernant la Neuvaine.Saint François Xavier, pour lequel le Père professait une tendre dévotion, lui était apparu, le visage rayonnant de gloire; il avait enjoint au malade d\u2019appliquer sur sa blessure une relique de la vraie Croix, et lui avait fait faire le vœu d\u2019aller au Japon pour y cueillir la palme du martyre; puis il lui donna plusieurs avis salutaires pour sa sanctification ; enfin il lui assura « que tous ceux qui, pendant l\u2019espace de neuf jours, du 4 au 12 mars, imploreraient chaque jour son intercession auprès de Dieu, se confesseraient 1 En vente au Bureau du Messager, 1075 est, rue Rachel, Montréal.10 sous la douzaine; 65 sous le cent. 440 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 et communieraient pendant la Neuvaine, ressentiraient les effets de son crédit, en obtenant de Dieu tout ce qu\u2019ils demanderaient pour leur salut et pour sa gloire».Mastrilli partit bientôt après et, passant par Rome et par Madrid, il raconta lui-même au pape Urbain VIII et au roi d\u2019Espagne, Philippe IV, ainsi qu'à toute sa cour, ce grand miracle dont le bruit s\u2019était déjà répandu partout.A peine arrivé au Japon, il y fut arrêté et condamné au tourment de la fosse, qu\u2019il endura pendant quatre jours, après lesquels il eut la tête tranchée.(Voir P.Croiset, Année chrét., mars.) La neuvaine a été dès lors pratiquée en tous lieux avec une efficacité telle qu'on lui a donné le nom de Neuvaine de la Grâce.« On ne saurait, écrivait un pieux auteur en 1701, raconter en détail toutes les grâces qui ont été obtenues durant cette Neuvaine partout où elle a été pratiquée.L\u2019expérience a fait connaître qu\u2019il n\u2019y a nécessité, soit spirituelle, soit temporelle, dans laquelle on ne puisse et l\u2019on ne doive même espérer une prompte assistance lorsqu on recourt à ce grand saint, surtout en faisant la Neuvaine de la Grâce.» La prière suivante est celle-là même que récitait le Père Mastrilli; elle peut donc être considérée comme la prière propre à la neuvaine: Prière à saint François Xavier Saint très aimable et plein de charité, j\u2019adore respectueusement avec vous la Majesté divine, et parce que je me complais singulièrement dans la pensée des dons particuliers de la grâce qu\u2019elle vous a départis pendant votre vie, et de ceux de la gloire après votre mort, je lui rends de très ferventes actions de grâces, et je vous supplie de tout mon cœur de m\u2019obtenir, par votre puissante intercession, la grâce si importante de vivre et de mourir saintement; je vous supplie de m\u2019obtenir aussi {désigner la grâce pariiculière qu'on veut obienir); et si ce que je demande n\u2019est pas selon la gloire de Dieu et le plus grand bien de mon âme, obtenez-moi ce qu\u2019il y a de plus conforme à l\u2019un et à l\u2019autre.On conseille d\u2019ajouter: .1° L\u2019oraison de la fête de saint François Xavier; 2° Trois Pater et trois Ave en mémoire de la grande dévotion qu\u2019il avait pour la très sainte Trinité; 3° Dix Gloria Patri en reconnaissance des bienfaits dont Dieu le combla durant ses dix années d\u2019apostolat.OREMUS Deus qui Indiarum gentes B.Francisci praedicatione et mi-raculis Ecclesiae tuae aggregare voluisti, concede propitius, ut cuius gloriosa mérita veneramur, virtutum quoque imitemur exempta.Per Christum Dominum nostrum.ORAISON Seigneur, qui, par la prédication et les miracles du bienheureux François, avez voulu réunir à votre Église les nations des Indes, faites-nous la grâce d\u2019imiter les vertus de celui dont nous révérons les mérites et la gloire.Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Extrait des chroniques du Noviciat Nos lecteurs trouveront peut-être inopportun que, dans une revue de missionnaires, nous parlions des événements qui se déroulent dans l\u2019humble enceinte d\u2019un noviciat.On nous le pardonnera sans peine quand on saura que c\u2019est pour répondre au désir d\u2019un bon nombre de parents, que ces pages intéressent puisqu\u2019elles leur permettent de suivre leurs enfants dans quelques phases de leur vie intime.3 décembre 1922: Fête de saint François Xavier.\u2014 Le glorieux apôtre des Indes étant le second patron de notre Institut, il va sans dire que sa fête est toujours célébrée le plus grandiosement possible dans chacune de nos maisons, mais tout particulièrement à la Maison-Mère.Cette année, ayant eu, la veille au soir, le privilège d\u2019entendre une bien belle instruction donnée par im révérend Père Jésuite sur les vertus du saint, c\u2019est avec plus de ferveur que jamais que nous prions saint François Xavier de nous obtenir celles qui doivent caractériser les vrais missionnaires: humilité, obéissance, désintéressement, zèle des âmes.Nous lui demandons aussi d\u2019étendre sa protection sur nos missions et sur toutes celles du monde entier.Au salut du saint Sacrement comme à la sainte messe, nous sommes fidèles à nos vieilles traditions: voulant imiter la générosité du fils d\u2019Ignace de Loyola, par le chant du Suscipe, Domine, nous offrons à Dieu notre mémoire, notre liberté, tout notre être et tous nos biens, ne lui demandant en échange que son pur amour.8 décembre 1922: L\u2019Immaculée Conception! c\u2019est notre fête par excellence! Aussi, nous voudrions que nulle part autant que dans notre modeste sanctuaire, le plus beau privilège de notre divine Mère soit célébré avec plus d\u2019amour.Nous nous sommes préparées à ce grand jour par un triduum de prière et de recueillement pendant lequel notre charitable aumônier a bien voulu nous donner chaque jour une conférence sur les grandeurs ou les vertus de la Sainte Vierge, Si humble que soit notre blanche chapelle, elle nous semble pourtant, dans sa magnifique parure, être im petit coin du paradis.Au milieu d\u2019un parterre de lis, nous apparaît l\u2019immaculée au céleste sourire.Une couronne formée de douze petites lampes bleues projettent sur la Vierge leurs reflets d\u2019azur et entourent ime blanche étoile dont la scintillante lumière fait pâlir toutes les autres.Qu\u2019il fait bon, aujourd\u2019hui surtout, redire avec l\u2019Église entière: « Vous êtes toute belle, ô Marie, et il n\u2019y a point de tache en vous! » Qui ne se sentirait fière d\u2019appartenir à une telle Mère! A huit heures a lieu une grand\u2019messe solennelle au cours de laquelle 442 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 nous est donnée une touchante allocution sur la fête du jour.Un peu plus tard, nous commençons à offrir à notre Mère Immaculée, les premiers Ave de notre rosaire et, à chacun des mystères, le choeur reprend avec ardeur le doux refrain: Montez vers la voûte azurée, Concerts pieux, suaves accords, En l\u2019honneur de l\u2019immaculée Faisons éclater nos transports.Puis notre Magnificat! comme il s\u2019échappe fervent de nos âmes! « La sainte Vierge aime, lisons-nous dans la méditation de ce jour, que' nos louanges s\u2019unissent aux siennes pour remercier Dieu d\u2019im bienfait dont elle connaît le prix.C\u2019est trop peu pour sa reconnaissance de répéter à jamais: Mon âme glorifie le Seigneur, il faut qu\u2019elle dise à toutes les créatures intelligentes, mais surtout à ses enfants: Aidez-moi à m\u2019acquitter envers Celui qui a fait pour moi de si grandes choses; avec moi, glorifiez-lel.Répondre à cette invitation, c\u2019est nous assurer une large part aux faveurs dont elle dispose.» Sans crainte d\u2019appauvrir cette puissante Reine, nous en sollicitons des faveurs, pour nous, pour le monde entier, autant qu\u2019il tombe de flocons de neige sur notre terre en ce jour.Aussi Dieu sait si nous nous plaisons à les voir descendre du ciel comme des avalanches de fines étoiles qui n\u2019attendent que le premier rayon du gai soleil pour faire étinceler leurs feux.Nos exercices de piété sont entre coupés de joyeux Deo graiias.Prier, chanter les gloires de Marie et nous récréer sont donc les seules occupations de cette journée qui, hélas! s\u2019enfuit trop rapidement.Pourquoi faut-il que de si beaux jours aient leur couchant?.Pourquoi, mon Dieu ?.Serait-ce pour nous faire désirer davantage l\u2019éternelle aurore?.Noël 1922.\u2014 Tout dort, tout repose dans la nuit sereine.Soudain, nos blancs dortoirs sont illuminés et l\u2019on croit entendre des chants lointains.Est-ce un rêve?.Écoutons!.«Ça, bergers, assemblons-nous».Les voix, qu\u2019accompagnent le violon et le son argentin de diverses clochettes, se rapprochent et deviennent de plus en plus pressantes.Nous rappelant alors que nous sommes en la nuit solennelle, d\u2019un bond, nous sommes hors de nos lits, désireuses de répondre à la douce invitation, mais.les voix se sont tu.Quelques instants plus tard, la même mélodie se répète: cette fois, nous sommes prêtes à marcher à la suite des pieux bergers.Il est minuit!.C\u2019est maintenant l\u2019heure sainte.L\u2019Enfant divin vient de naître.Le cœur ému, nous le contemplons couché sur un peu de paille.C\u2019est notre Dieu!.C\u2019est notre Sauveur! Qu\u2019il est ravissant! et combien sa « pauvreté nous inspire de tendresse! » Avec quel amour nous lui redisons: « Oh! pour m\u2019avoir aimée, comme il t\u2019en a coûté! » Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t4 4 3 Une première messe commence, puis une deuxième, puis une troisième.Nos soeurs chanteuses font entendre nos beaux cantiques traditionnels et tous les vieux « Noëls canadiens ».Puis quand vient le temps d\u2019offrir nos coeurs au divin Enfant pour le reposer de la dure crèche, c\u2019est à la Vierge-Mère que nous confions le soin de le déposer dans nos âmes et de compenser ce qui manque encore à notre préparation.m L\u2019une des salles de l\u2019Hôpital chinois de Manille Où les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception exercent leur zèle auprès des pauvres Chinois En quittant la chapelle, nous nous rendons au réfectoire pour le réveillon qui nous rappelle ceux de l\u2019ancien « chez nous ».Mais si notre pensée se reporte un instant au foyer paternel, aucun regret ne s\u2019y mêle; nous sommes si comblées et si heureuses au sein de notre nouvelle famille, sous le toit de la Vierge Immaculée.Comme nous avons gardé ou*acquis l\u2019esprit d\u2019enfance, notre si bonne Mère sait bien ce qui fera plaisir à ses petites enfants et les amusera: elle fait donc distribuer à chacune une belle petite canne.en bonbon rouge! « Le bâton du Berger! ».L\u2019Enfant-Jésus eut jadis des prédilections pour les pauvres pasteurs de Bethléem: nous essaierons de les imiter en tout.L\u2019âme en joie, nous allons reprendre notre sommeil que nous prolongeons plus qu\u2019à l\u2019ordinaire.Le matin, nous sommes éveillées, comme la nuit, au son de douces mélodies.La journée se passe des plus joyeuses: nos postulantes qui, pour la première fois, passent la Noël au noviciat, ne cessent de répéter qu\u2019elles n\u2019auraient jamais cru qu\u2019on pouvait tant s\u2019amuser et tant rire au couvent.Rien d\u2019étonnant: le divin Maître n\u2019a-t-il pas promis le centuple à quiconque abandonnerait tout pour le suivre ?. 444 Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 Premier jour de l\u2019an 1923.\u2014 Selon notre belle coutume, c\u2019est au pied du Saint Sacrement exposé que nous terminons une année et en commençons une nouvelle.A 11 h.30, nous nous réunissons à la chapelle pour y faire amende honorable, mais surtout pour remercier.Oui, remercier pour nous et pour tous ceux qui ne remercient pas, c\u2019est bien là le premier et le plus doux de nos devoirs, puisque notre Institut est spécialement voué à l\u2019action de grâces: il nous faut être des âmes reconnaissantes avant même d\u2019être des âmes apostoliques.Nous souvenir des bienfaits sans nombre dont le Seigneur nous a comblées, n\u2019est-ce pas éveiller bien des vertus, n\u2019est-ce pas ranimer notre foi, notre confiance, notre amour envers un Père si bon, n\u2019est-ce pas nous abandonner à sa douce Providence et être assurées que toute grâce nous arrivera à l\u2019heure propice?L\u2019action de grâce renferme donc tout, aussi c\u2019est le sacrifice que le Seigneur agrée par-dessus tous les autres.Te Deum.Magnificat.Mais, « Recueillons-nous, minuit vient: une année va nous quitter pour ne plus revenir.».Ayant offert à Jésus-Eucharistie notre « Dernier chant d\u2019amour », nous faisons silence.Lentement, gravement, les douze coups de minuit résoiment à toutes les horloges de la maison.On ne saurait décrire la solennité de ce moment.Aussitôt, dans une prière ardente, nous demandons à Dieu de bénir la nouvelle année, de bénir d\u2019une bénédiction spéciale Notre Saint-Père le Pape, les évêques et les prêtres du monde entier, nos parents, nos bienfaiteurs, nos amis et tous ceux qui souffrent.Nous implorons la grâce du repentir pour les pécheurs, la lumière de la Foi pour les infidèles, le lieu de rafraîchissement pour les pauvres âmes du purgatoire; enfin, nous supplions Dieu de nous couvrir tous de sa paternelle bénédiction.Puis l\u2019âme remplie d\u2019une indicible émotion, nous nous avançons vers la table eucharistique: le Maître du temps et de l\u2019éternité, l\u2019Auteur de toute bénédiction va se donner à nous! Quel privilège! Qui dira dans quel saint et ardent colloque entre alors chaque âme avec son Dieu! Durant notre action de grâce, nous offrons nos vœux à notre Père céleste.Comment les mieux formuler qu\u2019en empruntant à notre divin Maître la prière qu\u2019il mit lui-même jadis sur les lèvres de ses apôtres: «Notre Père.que votre nom soit sanctifié.que votre règne arrive.que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.» Puis, nous sollicitons nos étrennes: «Donnez-nous notre pain quotidien.pardonnez-nous.ne nous laissez pas vous offenser.délivrez-nous du mal.» Et, nous entoimons un Magnificat.Alors Jésus-Hostie entre dans sa prison d\u2019amour et nous nous rendons à la grande salle pour nous souhaiter mutuellement la bonne aimée.Notre chère Mère nous offre d\u2019abord ses vœux qui se résument ainsi; « Soyez toutes de vraies religieuses et de saintes missionnaires », puis elle baise maternellement chacune de ses filles.Nous nous donnons ensuite le baiser fraternel, en silence, pour ne point troubler le grand recueillement de la nuit, mais il nous dit quand même combien nous nous aimons et combien nous voulons nous aimer toujours. Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t445 Puissent toutes les heures qui composeront cette année être aussi saintement remplies que celle qui vient de s\u2019écouler.Maintenant faut-il parler du congé?.Un mot seulement.Le courrier du jour de l\u2019an est toujours volumineux.Notre maîtresse entre à la salle du Noviciat chargée et surchargée de lettres, de paquets, des petits, des moyens et des gros; le croirait-on?il y a jusqu\u2019à de grands bas remplis jusqu\u2019au haut!.Comme en communauté les biens sont en commun, la joie des unes fait le bonheur des autres.Toutefois, ce que l\u2019on convoite davantage ce sont les lettres.Une enveloppe n\u2019est pas aussitôt montrée que toutes les mains la réclament, puis ime autre,.et encore une autre.Nos chers parents seraient heureux de voir cette scène vraiment touchante et de constater combien, dans le cœur de la religieuse, le sentiment de l\u2019amour filial et fraternel reste toujours vivace.Déjà l\u2019après-midi !.Les exercices de piété, un bout de causerie, les vêpres, et la nouvelle année est déjà vieille d\u2019un jour! Ainsi s\u2019écoule la vie! Heureuses les âmes qui l\u2019ont toute consacrée aux intérêts de l\u2019éternité! * * 6 janvier 1923: Fête des Rois.\u2014 Notre humble sanctuaire a revêtu sa parure royale: lis jaunes et lampes de même couleur qu\u2019encadrent de grandes palmes.C\u2019est la fête des missionnaires, par conséquent tout particulièrement la nôtre.Comme les saints Rois, n\u2019avons-nous pas été appelées par une étoile, miraculeuse aussi, celle de la vocation apostolique?Comme les heureux Mages, n\u2019avons-nous pas pour sublime mission de nous remplir de Dieu pour le donner ensuite aux peuples qui dorment encore dans les ténèbres de l\u2019idolâtrie?Comme eux encore, n\u2019est-ce pas dans les bras de Marie que nous venons chercher l\u2019Enfant divin?.Oh! que notre vocation est belle! Que notre sort est heureux, et que nous avons raison de répéter sans cesse: Magnificat! Magnificat! Nous croirions déroger à nos vieilles coutumes si nous fermions le journal de la fête des Rois sans parler du gâteau traditionnel, car on n\u2019a eu garde de l\u2019oublier au repas familial.Comme toujours, c\u2019est avec une minutieuse attention que chacune émiette sa part pour découvrir les signes de la royauté: le pois ou la fève.Et certes, nous avons bien raison d\u2019aspirer toutes à cet honneur puisque celles que le sort favorise ont droit à une communion de toute la communauté: comment rester indifférentes?.Nos chères sœurs N.et X.ayant été proclamées « roi et reine », recevront donc de leurs sujets le tribut imposé pour cette royauté d\u2019un jour.Les sbc premiers numéros du Précurseur savoir: mai, septembre, décembre 1920, janvier, avril et juin 1921, seraient reçus avec reconnaissance.De la part d\u2019une abonnée qui désire vivement avoir la série complète.Prière d\u2019adresser à 314, CHEMIN STE-CATHERINE, Outremont, près Montréal. Echos de nos Missions Mes bien chères Sœurs, Canton, Chine, octobre 1922 Vos bonnes lettres m\u2019ont fort réjouie.Je m\u2019étais proposée d\u2019y répondre immédiatement et me voilà avec un mois de retard!.Vous me demandez de vous parler de Canton et vous désirez faire connaissance avec le département où je me trouve.Je vous y introduis bien volontiers.Nos VIERGES CATHÉCHISTES CHINOISES J\u2019ai ici une petite famille tapageuse; j\u2019en ai pour tous les goûts: de pauvres aveugles, des boiteuses, des infirmes de toutes sortes, des idiotes, etc.Parmi ces dernières, se trouve une jeune fille de dix-huit ans, très crédule et sans malice.L\u2019autre jour, elle est venue, tout éplorée, me raconter que A.Fong \u2014 espiègle de premier ordre \u2014 venait de lui dire qu\u2019elle n\u2019avait pas d\u2019esprit.\u2014\tVoyons, lui dis-je, où est-il ton esprit?\u2014\tJe ne le sais pas, il est parti! \u2014\tTu le retrouveras un jour au ciel.Ne t\u2019afflige pas.Viens chanter.Le chant a d\u2019ordinaire pour effet de consoler cette pauvre enfant dans toutes ses peines.Elle entonna aussitôt un beau Magnificat qu\u2019elle fil suivre du Salve Regina.Puis elle alla se reposer, ravie de l\u2019heureuse issue de cette affaire.J\u2019ai aussi plusieurs petites âgées de 2 à 4 ans, lesquelles, à l\u2019heure du repas, ne se gênent pas de se quereller pour une cuillerée de riz! Le cœur fait parfois bien mal en face de la misère qui a été le seul partage Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923\t4 47 de ces petites avant leur admission au couvent! L'une de ces enfants, lorsqu'elle fut apportée de son district, il y a quelques semaines, fut terrifiée à la vue d'une religieuse.En me voyant, elle se mit à crier; je ne pouvais en approcher! Une idée me vint; j'allai chercher un bol de riz.En Vapercevant, la petite changea du tout au tout.Plus de peur, au contraire elle vint se jeter d\u2019elle-même dans mes bras! Elle me dit alors qu\u2019elle n\u2019avait rien mangé depuis deux jours.Vous devinez quelle reconnaissance elle m\u2019a gardée! Une autre petite malheureuse vient de nous être apportée.Quelle odyssée lamentable que la sienne! Sa mère se noya, et le père embarrassé de son enfant alla la jeter à la rivière.Le long séjour que la pauvre petite fit dans l\u2019eau et sur la terre humide ne nous laisse aucun espoir de la sauver.Prévoyant qu\u2019elle ne vivrait pas jusqu\u2019à l\u2019arrivée du prêtre {vers cinq heures du soir).Sœur Supérieure l\u2019ondoie.Heureusement, car quelques heures plus tard, elle s\u2019envola au paradis, ne laissant que l\u2019enveloppe misérable de son petit corps décharné.Oh! celle-là encore a volé le ciel! Ici, voler le ciel est permis aux petits qui viennent à la Crèche.A nous, notre Mère dirait, si nous parlions de faire semblable, larcin.«.Petite paresseuse! Il faut travailler pour le bon Dieu! » Certes oui, et la besogne ne manque pas.Savez-vous qu\u2019à certaines heures je souhaiterais vivre en Chine jusqu\u2019à la fin du monde; il est si consolant d\u2019arracher des âmes au démon pour les donner à Dieu! Que de choses j\u2019aurais à vous raconter si j\u2019en avais le temps! Tous les jours, nous voyons dans les petits enfants qu\u2019on nous apporte, le merveilleux travail de la miséricorde divine.Quand vous nous écrirez, parlez-nous de la maison-mère et de toutes nos autres maisons; les moindres détails nous intéressent.Je prie et fais prier nos petits enfants pour toutes nos chères Sœurs et aussi pour nos bienfaiteurs si dévoués dont les délicates attentions nous touchent d\u2019une manière inexprimable.Votre aimante sœur.Sœur X.Le prix d\u2019une âme.\u2014 Le vénérable Paul Moï, dont le frère et la sœur vivent encore, fut traduit, lors de la dernière persécution contre la foi qui sévit dans le Rang Hoa, devant le mandarin du lieu.Afin de gagner à l\u2019apostasie le jeune chrétien, le fonctionnaire chinois lui promit une barre d\u2019argent.\u2014\t« Puissant mandarin, s\u2019écria Paul, une barre d\u2019argent, mais ce n\u2019est pas assez! \u2014\tAlors, je t\u2019en donnerai une d\u2019or! \u2014\tCe n\u2019est pas encore assez!.\u2014\tQu\u2019exiges-tu donc, jeune homme ?\u2014\tPuissant mandarin, répondit le magnanime confesseur ,si tu veux que je renonce à ma foi, donne-moi ce qu\u2019il faut pour m\u2019acheter une autre âme! » Le jour suivant, par ordre du mandarin, Paul était décapité. Jour ht s^acrîfice en fabeur htti jWtoionsi Dans une lettre Encyclique admirable, Notre Saint-Père le Pape Benoît XV, de regrettée mémoire, faisait un appel pathétique à tous les fidèles du monde en faveur des missions chez les idolâtres.« L\u2019univers catholique, disait Sa Sainteté en terminant cet immortel document du 30 novembre 1919, l\u2019univers catholique ne permettra pas que ceux des nôtres qui sèment la vérité aient à se débattre avec la détresse.» Depuis son élévation au trône pontifical, le Saint-Père Pie XI n\u2019a cessé de renouveler les instances de son auguste prédécesseur, pour le soutien de plus en plus généreux des missionnaires et de leurs œuvres.Sa Sainteté convie, presse tous les chrétiens d\u2019apporter leur contribution à l\u2019extension du royaume de Dieu.Ce désir du Père commun des fidèles, ne peut demeurer sans écho dans notre cher pays, si fécond en dévouements apostoliques.Que de motifs nous excitent à y répondre! Entre tous, le plus puissant n\u2019est-il pas la dette de reconnaissance contractée envers Dieu ?Par une marque de prédilection toute gratuite, il nous a donné la foi, à l\u2019exclusion de tant d\u2019ârtfes errant dans les régions ténébreuses du paganisme.Pour remercier dignement, peut-on faire mieux que de donner aux autres ce que, gratuitement, l\u2019on a reçu ?Faisons donc partager aux millions et millions d\u2019âmes païennes le bonheur de la foi catholique; aidons les missionnaires à remplir le mandat que Notre-Seigneur leur a confié: « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les.» Pour faciliter ce travail d\u2019apostolat dans le champ d\u2019action confié aux Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, Sa Grandeur Mgr Gauthier autorise la création d\u2019une petite œuvre, bien simple dans son organisation et sa mise en pratique, mais qui est destinée, si elle est comprise et si elle est favorisée du généreux concours des catholiques, à opérer des fruits vraiment prodigieux dans les pays de missions.Cette œuvre consiste en un jour de sacrifice.Les fidèles sont invités à faire, durant ce jour, des efforts spéciaux pour apporter des ressources nouvelles aux œuvres d\u2019apostolat; la valeur de ce sacrifice est offerte pour le soutien des missionnaires canadiennes.Le sacrifice peut porter soit sur les menues dépenses quotidiennes (tramways, voitures, achats de journaux, toilettes, théâtre et vues animées, goûters, desserts aux repas), soit sur des dépenses plus considérables (voyages, etc.).L\u2019aumône spirituelle d\u2019un Pater et d\u2019un Ave est aussi demandée dans le même but: la conversion des infidèles.« Recueillez les miettes afin que rien ne se perde.» Je choisis le.19______(le jour est laissé au choix de chacun) pour mon jour de sacrifice en faveur des Missions.J\u2019offre à cette effet la somme de $.Signé.Adresse.Nous bénissons de tout cœur l\u2019œuvre du « Sacrifice en faveur des Missions », et la recommandons à la bienveillance et au zèle de tous nos fidèles.Ce 23 mai 1921.\t-f Georges, Êv.de Philip., Adm.Pour la propagande, on peut se procurer cet article sous forme de feuillet, au centre de l\u2019Œuvre: Couvent des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont (près Montréal). Les anges du Précurseur Nous sommes heureuses de mettre sous les yeux de nos lecteurs, les noms des dévoués auxiliaires qui ont procuré des abonnements à notre modeste Bulletin.Puisse notre Mère Immaculée obtenir aux « anges » du Précurseur, en retour de leur zèle apostolique, les bénédictions promises par la divine parole: « Ce que vous aurez fait au plus petit d\u2019entre les miens ne restera pas sans récompense.» M.Wilfrid Ladouceur, Montréal, 381 ; Mme Benjamin Marchand, Champlain, 16; Mme Émile Leblanc, Jonquières, 30; Mme Orner Dumont, Montréal, 35; Mme Adélard Guénette, Ste-Arme-des-Plaines, 17; Mme Alph.Parent, Roberval, 18; Mlle Alice Massicotte, Champlain, 13; Mlle Béatrice Marchand, Champlain, 7; Mlle Germaine Beaudoin, Champlain, 19 Mlle Florida Tisseur, Montréal, 15; Mlle Laura Maltais, Bagotville, 12 M.Léopold Chaussé, Montréal, 10; Mme Jules Renaud, Côte-des-Neiges, 8 Mme Jos.Chartrand, Montréal, 7; Mlle Maria Bemier, St-Êpiphane-de-Viger, 8; Mlle Blanche-Yvonne Bigras, Ste-Dorothée, 9; Mme Alfred Marquis, St-Roch, Québec, 5; Mme G.Lachance, Montréal, 5; Mlle Una Bourbeau, St-Hyacinthe, 21; Mlle Anny Larue, St-Hyacinthe, 5; Mme J.-H.Brassard, Jonquières, 5; Mlle Dorcina Millejours, Burlington, 4; Mlle Anne-Marie Garant, Ste-Marie, Beauce, 2; Anonyme, Rivière-Ouelle, 3; Mlle Martina Bouchard, Ste-Thérèse, 13; Mlle Êmérentienne Bouffard, St-Laurent, 6; Mlle M.-A.de Maisonneuve, Québec, 135; Mlle M.-L.DeRoy, Québec, 35; Mlle Noémi Desrochers, St-Esprit, 2; Mlle 1.Filteau, Beau-port, 50; Mlle Augustine Gareau, St-Esprit, 4; M.Oscar Dufresne, St-Esprit, 2; Mlle Gabrielle Hudon, Notre-Dame-de-Ham, 2; Mme J.-E.Jodoin, Worcester, 10; Mlle Alberta Laflamme, Québec, 12; Mlle M.-A.Lepire, Charlesboiug, 41; Mlle M.Laroche, Beauport, 25; Mlle M.-Lse Leclerc, Québec, 12; Mlle M.Paradis, Québec, 120; Mlle B.Proulx, Nicolet, 5; Mme Jules Raymond, Papineauville, 3; Mlle Sylvain, Québec, 34; Mlle Thérien, Québec, 4.5; Mme N.-R.Thibert, Worcester, 4; Mlle Vézina, Québec, 28.BOURSES Celui qui vient en aide à l\u2019apôtre partagera la récompense de Tapôtre.Une Bourse est une somme d\u2019argent dont l\u2019intérêt crée tme rente perpétuelle destinée au soutien d\u2019une missionnaire.Une personne qui, par ses aiunônes, entretient ime missionnaire, devient en quelque sorte missionnaire elle-même, et participe aux mérites des prières, travaux et souffrances de tous les membres de l\u2019Institut.Bourse du Saint-Esprit .Bourse Marie-Immaculée ., Bourse Saint-François-Xavier .$ 65 00 .545.00 400 00 RECONNAISSANCE Révérende Sœur, «Désirant vivement obtenir une grâce particulière, j\u2019avais promis à la sainte Vierge de m\u2019abonner à votre Bulletin; la faveur m\u2019a été accordée et je vous envoie avec plaisir la prix de mon abonnement au Précurseur.» Signé: Mme J.-P.Une mère de famille remercie la sainte Vierge invoquée sous le beau titre de Mère toute miséricordieuse pour une faveur obtenue.Remerciements pour faveur obtenue avec promesse de s\u2019abonner au Précurseur.* * 5fC Chere Sœur, « Je vous envoie $1.00 pour l\u2019abonnement au Précurseur, dont vous m\u2019avez parlé hier; après votre départ d\u2019ici, un de mes garçons s\u2019est trouvé de l\u2019ouvrage; je vous remercie de vos bonnes prières et vous demande de vouloir bien me les continuer: j\u2019ai une grande confiance dans le mérite de vos bonnes œuvres.» Mme J.-F.G.NÉCROLOGIE Une prière, s\u2019il vous plaît, pour les abonnés du Précurseur et les bienfaiteurs des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception rappelés à Dieu: Sa Grandeur Mgr E.-A.Latulipe, évêque d\u2019Haileybury, décédé le 14 décembre 1922.Révérende Mère St-LiGUORi qui s\u2019est dévouée pendant 22 ans et demi à l\u2019École Normale de Montréal, décédée le 13 janvier 1923.Mlle Pâquerette St-Laurent, Matane.R.I.P. LE PRECURSEUR Bulletin des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 314, chemin Sainte-Catherine\tOutremont {près Montréal) POUR L\u2019AMOUR DE DIEU ET DES ÂMES! NOUS VOUS PRIONS DE RENOUVELER VOTRE ABONNEMENT.Dans le but de travailler à l\u2019extension du règne de Dieu, je m\u2019empresse de vous adresser les abonnements nouveaux suivants; Zélatrice I Zélateur ) Nom {prénom, M.ou Mme ou Mlle) 1.\tAdresse {rue et numéro, s\u2019il y a lieu) 2.\t 3.\t 4.\t 5.\t 6.\t 7.\t 8.\t 9.\t 10.\t 11.\t 12.\t 13.\u2014Douze abonnements ou renouvellements donnent droit à un abonnement gratuit au PRÉCURSEUR pour un an. Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 Bienfaiteurs de la Société 1.\t\u2014 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, fournissent la dot et le trousseau d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t\u2014 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses œuvres.Avantages accordés aux bienfaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants: 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses.2° Une messe chaque mois à leurs intentions.3° Tous les vendredis de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du Saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison-mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs.(Les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition.) 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consiste dans là récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupe de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire.5° Une messe de Requiem est célébrée, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts.6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses. Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 BANQUE D\u2019HOCHELAGA Fondée en 1874 BUREAU CHEF:\t-\t-\tMONTRÉAL ADMINISTRATEURS J.-A.Vaillancourt.président Honorable F.-L.BéïQUE, vice-président A.Turcotte, E.-H.Lemay, Honorable J.-M.Wilson, A.-A.Larocque, A.-W.Bonner BILAN Capital autorisé Capital et réserve Total de l\u2019actif - - $10,000,000 - - - 8,000,000 - plus de 70,000,000 SUCCURSALES ; PROVINCE DE Québec.cent vingt-neuf (129)\tSaskatchewan.douze (12) Ontario.vingt-trois (23)\tAlberta.douze (12) Manitoba.dix (10) Nous sommes représentés à New-York, Londres, Paris, Anvers Beaudry-Leman, gérant général Une clientèle solide est le fruit d\u2019une réclame rationnelle et persévérante autant que du prix, de la qualité de vos marchandises et du service que vous donnez.Jean des Erables Demandez le THÉ \u201cPRIMUS\u201d SîJ (en paquets seulement) AUSSI Café \u201cPRIMUS\u201d Fer-blanc 1 Ib* et 2 Ibs Gelées en poudre \u201cPRIMUS\u201d Arômes assortis LCHAPÜT, FILS & CIE, Limitée ÉPICIERS en GROS,IMPORTATEURSel MANUFACTURIERS MONTRÉAL J.-Â.SIMARD & CIE Thés, cafés et épices ::\t:: EN GROS ::\t:: 5-7 est, rue St-Paul - Montréal Tel.Main 103 Montréal LE PRECURSEUR Mara 1923 J.-O.LABRECQUE & CIE Agents pour le CHARBON DIAMANT NOIR t 141, rue Wolfe MONTREAL Nous fabriquons une grande variété de biscuits QUALITÉ SUPÉRIEURE \u2014 PRIX MODÉRÉS COMPAGNIE DE BISCUITS ^îEtna LIMITÉE Entrepôt d salle Je vente: 245, avenue Delorlmier :: Montréal 7ÊL.LASALLE 827 Nous accordons une attention spéciale aux commandes remues des communautés religieuses.Vin Santo Paulo Médaille d\u2019or obtenue à l\u2019exposition internationale de Milan, 1922 SOUVERAIN RÉGÉNÉRATEUR DE LA SANTÉ Spécialement recommandé dans les cas suivants: Nersovité Anémie, Convalescence «J'ai fait l\u2019analyse du Santo Paulo, et je l\u2019ai trouvé riche en principes végétaux, propres à exciter l\u2019appétit, à stimuler les fonctions digestives et à régulariser l\u2019intestin, etc.J\u2019y ai trouvé aussi convenablement dosés les principaux tonifiants du quinquina et du cola.« Je puis affirmer d\u2019autre part qu\u2019il ne contient aucune substance dommageable pour la santé.Je n\u2019hésite pas à le recommander hautement \u2014 I.Laplante Cour ville, Docteur en pharmacie, professeur de chimie à l\u2019Université.Demandez-le chez votre pharmacien ou à La Cie deVins Franco-Canadiens MONTRÉAL Le succès d\u2019un commerce repose sur la valeur des produits vendus, garantis et annoncés d\u2019une manière attrayante, sincère et conséquente dans LE PRÉCURSEUR POUR VOS TRAVAUX ELECTRIQUES Qu\u2019ils soient petits ou grands, voyez J.-A.SAINT-AMOUR spécialité: églises et couvents 21 73, rue St-Denis :: :: :: MONTRÉAL Téléphone: CALUMET 128 it > Montréal LE PRECURSEUR Mars 1923 Chas Desjardins & Cie LIMITÉE * * in FOURRURES de choix in * in 130, rue St-Denis Montréal Geo.Gonthier Auditeur et expert comptable Licencié INSTITUT COMPTABLE 103, rue Saint-François-Xavier Tel.Main 519 MONTRÉAL A ceux qui désirent une attention toute particulière pour leur vue ADRESSEZ-VOUS A MONTREAL Opticiens de l\u2019Hôtel-Dieu.207 EST, RUE STE-CATHERINE, MONTRÉAL Spécialité: Huile de huit jours et huile de lampions M.BOOSAMRA Importateur en gros de Chapelets et articles de piété Tel.Main 7339 48 ouest, rue Notre-Dame :: MONTRÉAL Entendez le.\u201cCASAVANT\u201d Le phonographe au son merveilleux Fabriqué à St-Hyacinthe.par les célèbres facteurs d\u2019orgues.Catalogue gratuit sur demande.Joue tous les disques.L\u2019entendre c\u2019est le préférer.Huit modèles en magasin.$85.à $460.\u2014 Termes faciles.JOS.-U.GERVAIS 17 ouest, rue Mont-Royal, Montréal 50 ansiî \u2014\tREMERCIEMENTS à ceux qui nous ont encouragé depuis un DEMI-SIÈCLE! 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Conditions d\u2019abonnement Le Précurseur, bulletin des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, paraît six fois par an: aux mois de janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre.Prix de l\u2019abonnement: $1.00 par année Tout abonnement est payable d\u2019avance AVIS Nos lecteurs qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du Précurseur, leur ancienne et leur nouvelle adresse, avec le numéro de leur série qui se trouve à gauche sur l\u2019enveloppe du bulletin; ou mieux encore, renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée.On peut s\u2019abonner à une époque quelconque de l\u2019année, pour les numéros de janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre.Les envois d\u2019argent peuvent être faits par chèque ou bon de poste.On peut envoyer sa souscription \u2014 abonnement au Précurseur \u2014 à l\u2019une des adresses suivantes: ïeô â)oeuré be r3mmaculée=Contei)tion 314, Chemin Ste-Catherine, Outremont (près Montréal) 4, rue Simard, Québec, P.Q.Rimouski, P.Q.44, rue Manseau, Joliette, P.Q.Hôpital Chinois, 76 ouest, rue Lagauchetière, Montréal IMPRIMERtE OU MESSAGER, MONTREAL 711 "]
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