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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Janvier - Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1935-01, Collections de BAnQ.

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[" m Vol.VIII.16'\u201c année Montreal, Janvier-Fevrier 1935 No 1 OEuvres des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 314, ch.Ste-Catherine, Ouiremont, près Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat, École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), Cté Laval HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 100, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroirs pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Œuvre chinoise.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 64, rue Ottawa (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronage pour jeunes filles.Cercles de couture pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Cercle de couture pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 285, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Jean-Baptiste (Fondée en 1932) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Jardin de l\u2019Enfance.(A suivre à la page 3 de la couverture) Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÊE-CONCEPTION Ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de \u2022 ^ ^ leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Veuillez lire attentivement ».En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enlant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. iViX DONNÉS sun DEMANDE i ^ : aUE VOTke KEGNt' ^ 11 sf: sainT'-'^^^^ / r Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 Veuillez lire attentivement\t\t Chasuble, damassée, galon de soie\t$ 16.00 et $ 25.00\t\t »\tmoire antique avec beau sujet.\t\t25.00 »\t35.00 »\tmoire antique, riche broderie d\u2019or\t\t75.00 »\t100.00 »\ten velours, galon et sujets dorés.»\tdrap d\u2019or fin, sans ou avec une très\t\t30.00 »\t38.00 riche broderie d\u2019or à la main.\t\t50.00 »\t90.00 Voile huméral.\t\t7.00 » plus Chape, damas, galon de soie et doré\t\t\t30.00 »\t50.00 » moire antique, avec riche broderie\t\t d\u2019or.\t\t70.00 »\t90.00 » drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie\t\t d\u2019or en relief à la main\t\t\t100.00 » 150.00 Aube, avec dentelle guipure\t\t\t8.00 » plus Surplis en toile avec et sans dentelle\t\t\t3.00 » » Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge\t\t\t5.00 »\t» Voile de tabernacle\t\t\t5.00 »\t» Voile de ciboire\t\t4.00 »\t» Signet pour bréviaires, peint\t\t\t1.00 » » Collier pour « Ligue du Sacré-Cœur »\t\t\t8.00 » » Grande variété de bannières et de dais\t\tconfectionnés à notre atelier.\t\t Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord cuivre verni or.Frange or mi-fin au\t\t bout flottant.\t\t Description et prix donnés sur demande.\t\t ENFANTS-JÉSUS EN CIRE\t\t Lcng:ueur\tLongueur\t 5 pouces\t\t\t$1.50\t14 pouces.\t\t$14.00 7\t»\t\t\t\t 3.00\t17\t»\t.\t\t 20.00 9\t»\t\t\t\t 5.00\t22\t»\t.\t\t 30.00 12 » \t\t\t 10.00\t \tr Amicts\t\t.$12.00 la douz.\tCorporaux\t\t8.50 »\t» Lingerie d\u2019autel ^ttV4iaint Sacrement Par un décret du 4 juin 1934, la Sacrée Pénitencerie Apostolique a accordé des indulgences à trois prières ou invocations en l\u2019honneur du Saint Sacrement: « Afin que les fidèles puissent diriger leur esprit et leur cœur vers le divin Sacrement de l\u2019autel par des aspirations pieuses, et aussi fréquentes que l\u2019humaine faiblesse le permet, et afin qu\u2019ils soient portés à le vouloir, il a paru très opportun d\u2019enrichir d\u2019indulgences quelques brèves prières qui peuvent être facilement répétées, même au milieu des occupations ordinaires.» Ces trois prières sont: 1° La récitation de l\u2019antienne O Sacrum convivium avec le Panem.et l\u2019oraison Deus, qui nobis sub Sacramento.Indulgence partielle de sept ans; indulgence plénière, aux conditions habituelles (confession, communion, visite avec prières aux intentions du Souverain Pontife), si l\u2019on dit ces prières chaque jour, pendant un mois, sans interruption.2° La récitation des deux strophes: O Salutaris Hostia et Uni trinoque Domino: indulgence partielle de cinq ans et indulgence plénière, comme ci-dessus.3° La récitation de la prière: « Je vous adore à tout moment, ô vivant Pain du ciel, ô grand Sacrement! »; indulgence partielle de 300 jours et indulgence plénière comme ci-dessus.\t____________ Snbulgencesi pour les! prières! après! la mes!s!e Par son décret du 30 mai 1934, la Sacrée Pénitencerie Apostolique, office des Indulgences, a attaché une indulgence de dix ans aux prières que le prêtre récite avec les fidèles après la messe, par ordre de Léon XIII, et que l\u2019on doit dire maintenant à l\u2019intention de la Russie.Cette concession encouragera les fidèles à ne pas quitter l\u2019église avant que le prêtre ait accompli tout ce qui se rapporte au rite sacré, et à réciter ces prières avec le célébrant.Cette nouvelle indulgence n\u2019enlève pas l\u2019indulgence partielle de sept années accordée par S.S.Pie X, à la triple invocation: Cœur sacré de Jésus, ayez pitié de nous, que l\u2019on ajoute aux prières proprement dites de Léon XIII. L\u2019AME CHINOISE Par Shin-Lou-Ti de la Corporation des Publicistes chrétiens (Suite) ASTRONOMIE Nous savons que les Orientaux eurent des notions astronomiques assez développées, dès la plus haute antiquité.Toutes les littératures anciennes, tous les monuments de peuples aujourd\u2019hui disparus attestent la science des prêtres égyptiens, des mages de la Mésopotamie.En quittant le Sennaar, le peuple de Han emportait avec lui et conserva religieusement les connaissances acquises, pour les léguer à ses descendants.Si, plus tard, les Arabes qui avaient beaucoup ajouté aux traditions des peuples qui les précédèrent, furent appelés à la direction du tribunal des mathématiques à Pékin, avant l\u2019arrivée des premiers Pères Jésuites, il ressort cependant, de la lecture des li\\Tes sacrés, que la science des astres passionna la Chine de tous les temps.Les Annales nous montrent l\u2019empereur « Chouen observant la sphère et le tube pour étudier le cours des astres ».L\u2019Ode lou-Mong, du Che-Kin, relate les plaintes d\u2019un officier qui s\u2019adresse aux étoiles.« Le ciel a sa voie lactée qui a sa lumière pour nous voir, et le triangle de la Lyre qui fait ses sept stations diumales.Mais ces stations ne m\u2019avancent guère, et cette étoile du Bœuf, vais-je pouvoir l\u2019atteler à mon char?Que l\u2019Orient ait son étoile du matin, et l\u2019Occident son astre du soir; que ses Hyades, semblables à un filet, suivent leur cours régulier (ne m\u2019avance guère!).Au Midi est le Van, mais à vanner mon grain, il ne me servira pas! Au Nord est la Cuiller; vous servira-t-elle pour puiser le vin ou la sauce?Le Van semble allonger sa langue et la Cuiller son manche, pour me menacer.(Le Ciel même se moque de moi!) » Des catalogues d\u2019éclipses ont été conservés, très complets, attestant que ces manifestations astrales ont toujours exercé la curiosité des Chinois.L\u2019apparition des météores, dans les différentes constellations, servait, comme l\u2019indiquent encore certains passages des livres antiques, à tirer des présages généralement néfastes.Le Che-Kin dit: « Quand au 10® mois, le l\" de la lune, le 29® jour du cycle, le soleil et la lune se rencontrèrent, le soleil fut éclipsé: quelle calamité! La lune faiblit et le soleil aussi.Le pauvre peuple est actuellement bien malheureux.Le soleil et la lune annoncent des fléaux; ils ne parcourent plus leur cours régulier.» Le Chou-Kin dit: « Que le souverain étende son observation à l\u2019année entière; que les grands observent les mois, et les officiers, les jours.Que le peuple observe les constellations.Les unes amènent la pluie, les autres, le vent.Par le mouvement du soleil et de la lune, nous avons l\u2019été et l\u2019hiver; le passage de la lune par les diverses constellations cause le vent et la pluie.» Le calendrier établi chaque année par le tribunal des mathématiques à Pékin, donne d\u2019ailleurs au peuple toutes les références nécessaires, annonce, de temps immémorial, les éclipses de lune.Au jour indiqué, les bonzes dans Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t19 les pagodes, le peuple dans la rue attendent le moment fatal où le Dragon s\u2019apprête à dévorer l\u2019astre salutaire, et les tambours, les gongs, les marmites, font un concert effrayant, toujours efficace, puisque la bête féroce lâche finalement sa proie!.Mais si cet usage est populaire, la masse ne pouvant rien comprendre aux révolutions sidérales, les connaissances astronomiques de l\u2019élite intellectuelle ne sauraient pour cela être mises en doute.Les Annales disent: « Les anciens rois savaient observer les phénomènes célestes et leurs ministres savaient se tenir à d\u2019invariables règlements (comme sont invariables les astres dans leur cours).» Le même recueil, en parlant de l\u2019empereur lao, le fameux ancêtre (2,350 avant J.-C.) débute par un véritable exposé d\u2019astronomie: « lao commanda à Shi et à Ho de calculer le cours des astres et de le représenter d\u2019après l\u2019image exacte du firmament, afin d\u2019indiquer d\u2019une manière précise, au peuple, les différentes saisons.» De là, sans doute, l\u2019origine de la commission impériale chargée d\u2019établir le calendrier annuel.L\u2019empereur commanda encore au second des Shi de se fixer à Claire-Vallée pour y recevoir respectueusement le soleil levant.D\u2019où l\u2019origine des prières au soleil, à son lever et à son coucher, toujours en usage dans les pagodes et annoncées par un roulement de tambour.L\u2019empereur commanda ensuite de définir et de régler les travaux du printemps: « Au moyen de l\u2019équinoxe, dit-il, et de la constellation Niao, vous fixerez le milieu du printemps.Par la limite de l\u2019ombre, la durée du jour et la constellation Ho, vous fixerez le milieu de l\u2019été.» « lao commanda au second des Ho de se fixer à l\u2019Ouest, à Val-Ombreuse, pour y rendre les honneurs au soleil couchant et déterminer les travaux de l\u2019automne.» Ce culte du soleil évidemment apporté des bords de l\u2019Euphrate, l\u2019une des formes les plus anciennes de l\u2019idolâtrie, est bien celui dont Job parle, xxxi, 26: Si, en voyant le soleil jeter ses feux, Et la lune s\u2019avancer dans sa splendeur.Mon cœur s\u2019est laissé séduire en secret; Si ma main s\u2019est portée à ma bouche.J\u2019aurais renié le Dieu très haut.lao continue: « Au moyen de l\u2019équinoxe et de la constellation Shiu, vous marquerez le milieu de l\u2019automne.La diminution des jours et la constellation Mao vous serviront à fixer le milieu de l\u2019hiver.» lao ajouta: « Shi et Ho! L\u2019année (solaire) compte 366 jours.Complétez donc l\u2019année lunaire par un mois intercalaire (toujours en usage) et déterminez ainsi les quatre saisons; fournissez aussi des informations exactes aux différents chefs de travaux afin que toutes les opérations réussissent.» « Chouen publia les saisons et les lunes, donna leurs noms aux jours », disent encore les Annales.Mengtse, qui s\u2019inspirait sans doute de ces connaissances antiques, parlant de la régularité de la nature, s\u2019écrie: « Le ciel est bien élevé, les étoiles bien lointaines et pourtant, si vous en examinez le cours, vous saurez, en restant assis chez vous, calculer les solstices de mille ans.» Confucius au Livre des Entretiens dit: « Un prince qui gouverne par la vertu, ressemble à l\u2019étoile polaire: elle reste immobile, mais toutes les étoiles tournent autour d\u2019elle.» 20 Montréal LE PRÉCURSEUR DIVINATION Janvier-Février 1935 Honorés dans toute la Chine, comme d\u2019ailleurs dans tous pays païens, les sorciers et devins sont des personnages avec lesquels il est bon d\u2019avoir des relations amicales.En possession d\u2019une science sacrée, secrète et redoutable, ils savent, par des incantations magiques, apaiser les Esprits, détourner les fléaux qui menacent les humains, et encore déterminer, comme Augures, les présages bons ou mauvais qui règlent la conduite de leurs concitoyens.Dans les pagodes, on élève des tortues, car la tortue est un animal SORCIER CHINOIS qui sert à la divinisation.Son dos arrondi représente la sphère céleste, son ventre plat est une image de la terre; centenaire, elle est devenue très intelligente et peut rendre des oracles.On se sert encore pour la divination, d\u2019une plante, l\u2019achillée, de la famille des radiées, où les pétales sont en couronne, comme le tourndsol, la marguerite.La divination exista aux temps les plus reculés, car le Livre des vers, à propos d\u2019une expédition contre les Shieniun (barbares apparentés, sans doute, aux Huns qui plus tard envahirent l\u2019Occident), relate les plaintes des soldats qui aspirent à rentrer dans leurs foyers et dit: « La tortue et l\u2019achillée ont été consultées et toutes deux ont répondu: les soldats sont proches.» Le livre des Annales, relatant les hauts faits du grand lu (2,250 avant J.-C.), donne toutes les notions nécessaires pour comprendre le rôle de la divination chinoise, en trace même les règles, dans un chapitre spécial.(A suivre) ê>cieursJ iïltoionnaires^ be r3mmaculée= Conception et leursi oeubre^ bans^ to papeJ infibèto Causerie donnée à la radio le 14 octobre 1934, au poste CKAC, Montréal Par Mlle Marie-Rose Boulais, d\u2019Outremont E 3 juin 1902, prenait naissance à Notre-Dame-des-Neiges, près Montréal, un Institut religieux de femmes missionnaires, le premier d\u2019origine canadienne, ayant pour but essentiel la propagation de la foi chez les nations infidèles.Deux ans plus tard, le 7 décembre 1904, Sa Sainteté Pie X, de sainte mémoire, en approuvant et bénissant la nouvelle fondation, lui imposait le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception et lui assignait comme champ d\u2019apostolat toutes les contrées du monde où ses membres seraient appelés.Après 32 ans d\u2019existence, l\u2019Institut compte 32 établissements et 400 religieuses professes, dont 393 Canadiennes, 6 Irlandaises et 1 Anglaise.Toutes sont employées à l\u2019œuvre des missions étrangères à laquelle elles se consacrent en émettant leurs vœux de religion.Elles s\u2019y dévouent directement dans les missions lointaines ou indirectement dans leurs Maisons du Canada en entretenant par le travail la vie de leurs œuvres.Actuellement, 112 religieuses sont en activité dans les missions.Quatre ont succombé à la tâche après quelques années de labeur, et leurs cendres, mêlées au sol païen qui les a reçues, sont une sorte de prise de possession par l\u2019apostolat canadien.Ce fut en 1908 que sonna pour le jeune Institut l\u2019heure de l\u2019appel pour les pays infidèles.Mgr Mérel, alors évêque de Canton, Chine, visitant à Montréal quelques anciens confrères chez les Messieurs de Saint-Sulpice, apprend d\u2019eux l\u2019existence, dans la cité montréalaise, d\u2019une Congrégation de Missionnaires.Dans une entrevue avec la Communauté, Mgr Mérel constate que les besoins de sa préfecture répondent aux aspirations des religieuses, et désireux de posséder des Sœurs canadiennes dans sa vaste Mission, il en fait la demande à la révérende Mère Supérieure générale.En septembre 1909, six Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception voguaient vers Canton.En arrivant dans leur nouvelle patrie, Mgr Mérel leur donna la direction d\u2019une école, d\u2019un ouvroir, d\u2019un orphelinat et d\u2019une crèche.Cette crèche, au dire de plusieurs évêques qui l\u2019ont visitée, est une des plus considérables de la Chine.Dès la première année, elles y baptisèrent 1,500 enfants moribonds.Les statistiques de cette maison, de 1909 à 1933, donnent un total de 102,093 enfants ondoyés par nos Sœurs canadiennes.En février 1933, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception durent aménager un nouvel asile pour l\u2019enfance abandonnée, dans une partie de la ville de Canton où l\u2019air est plus sain.Cette crèche, destinée à SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION DE CANTON, CHINE, ET LEURS PROTÉGÉS Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t23 recevoir le débordement de la première, fut mise sous le vocable de Notre-Dame-de-la-Providence.Nos pauvres Missionnaires sont souvent bien perplexes en considérant les lourdes obligations qu\u2019elles contractent journellement.Par suite de la crise qui a tari plus de moitié la source des aumônes, l\u2019orphelinat et la crèche de Canton se trouvent dans une situation des plus précaires.D\u2019une part, impossible de refuser les enfants qui sont apportés aux crèches moyennant rétribution, ce serait priver ces petits êtres de la grâce du baptême; d\u2019autre part, comment résoudre le problème pécuniaire?C\u2019est le secret de Dieu; sa Providence, espérons-le, en apportera la solution.De la crèche, passons à l\u2019école du Saint-Esprit qui traversa dans le passé des jours sombres.En 1927, à l\u2019occasion des troubles civils qui sévirent à Canton, les Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception furent contraintes de fermer leur école, qui donnait l\u2019instruction à 700 élèves, et de se réfugier précipitamment à Hong Kong avec les orphelines : leur situation au milieu des révolutionnaires n\u2019était plus tenable.Qu\u2019allaient devenir leurs protégés, sans effets, sans provisions, entassés dans deux maisons d\u2019une extrême exiguïté ?« Jusqu\u2019ici, écrivait en ce temps une Missionnaire à sa Supérieure générale, nous avons eu des épreuves mais maintenant, c\u2019est de l\u2019amertume que nous savourons.» Le temps, ce grand raccommodeur, modifia peu à peu la situation politique, les esprits se calmèrent et les Missionnaires de l\u2019Immaculée-Concep-tion purent reprendre possession de leur maison de Canton, mais le programme exclusivement païen que le gouvernement chinois imposa alors, sous peine de confiscation, aux classes dirigées par des étrangers, les empêcha d\u2019ouvrir les portes de leur école qui avait conquis à notre foi bon nombre de jeunes étudiantes et coûté à la Communauté tant de sacrifices.Enfin, après trois ou quatre ans, l\u2019école du Saint-Esprit se réorganisa et aujourd\u2019hui elle est fréquentée par 250 élèves.A quelque chose malheur est bon, dit le proverbe.Ce qui parut être un désastre pour l\u2019œuvre de Canton servit au contraire à son expansion.Mgr Valtorta, vicaire apostolique de Hong Kong, permit aux Missionnaires de rimmaculée-Conception de s\u2019établir d\u2019une manière permanente à Hong Kong et les autorisa à y ouvrir une école, où sont dispensées à 200 élèves, avec les sciences profanes, les connaissances de la religion.Ce fut en 1913 que s\u2019ouvrit devant l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception le plus beau champ d\u2019apostolat où devaient se livrer les combats pacifiques de la charité et de l\u2019héroïque dévouement.Ce champ nouveau fut la léproserie de Shek Lung, fondée en 1907 par le R.P.Conrardy, des Missions-Étrangères de Paris.Avec ses 650 patients, Shek Lung est considérée comme la plus grande léproserie catholique du monde.Depuis qu\u2019elles y remplissent la charge d\u2019infirmières, c\u2019est-à-dire depuis vingt et un ans, les Missionnaires de rimmaculée-Conception ont eu la joie de voir toutes leurs femmes lépreuses mourir purifiées par le baptême, et un grand nombre dans des sentiments de foi et de résignation dignes des premiers âges de l\u2019Église.Quelques hommes ont résisté à la grâce et sont ¦nfliî(P*3 %mmm LÉPREUX DE SHEK LUNG, CHINE, AU SORTIR DE LEUR CHAPELLE.DEPUIS VINGT ET UN ANS LES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION EXERCENT A CETTE LÉPROSERIE L\u2019OFFICE D\u2019HOSPITALIÈRES Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t25 \u2019 1* morts sans baptême, mais le nombre en est relativement petit.Le 11 février 1934, 33 hommes et 33 femmes y ont été baptisés et y ont fait leur première communion.On peut dire que dans cet asile tout confine aux extrêmes; la souffrance, le dévouement comme aussi la pauvreté.Cette léproserie est si dénuée de ressources, que le R.P.Marsigny, directeur, et nos Sœurs infirmières, se demandent comment ils pourront la maintenir.Ses bâtiments sombres et malcommodes s\u2019en vont en ruines et impossible de songer aux réparations, à peine peuvent-ils arriver à donner à chacun sa ration journalière de légumes et de riz.Le gouvernement chinois donne bien chaque année 3,500 UNE SALLE DE L HÔPITAL GÉNÉRAL CHINOIS DE MANILLE, 1.P.dollars, mais il en faut 10,000 pour subvenir aux besoins les plus pressants; la différence, le directeur et la Communauté des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception s\u2019ingénient à la trouver en cherchant des bienfaiteurs pour cette œuvre admirable.On estime à 50,000 le nombre des lépreux dans la seule province du Kouang-Toung qui a une population de 30,000,000.Que d\u2019âmes la charité chrétienne pourrait conquérir pour le ciel si elle avait à sa disposition des ressources suffisantes pour les prendre tous sous sa protection.De la province du Kouang-Toung passons à celle du Kiangsu.A Tsung-ming, dans le vicariat de Haimen, Chine, Mgr Tsu confia en 1928 aux Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception une crèche, un orphelinat et la formation d\u2019une Congrégation de religieuses chinoises.La première profession de ces Sœurs indigènes eut lieu le 2 février 1933.Sept novices y furent admises.La petite Communauté se développe doucement et il est à présumer que, dans quelques années, elle sera prête à prendre la direction d\u2019œuvres de bienfaisance auprès de ses compatriotes.Depuis 1928, plus de 6,000 enfants ont été recueillis et baptisés à la crèche de Tsungming. 26 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 Nos Sœurs canadiennes exercent aussi leur apostolat à Manille dans les Iles Philippines depuis 1921.Elles ont là la direction d\u2019un Hôpital Général Chinois et d\u2019une école de gardes-malades.Sachant que ces jeunes filles sont appelées par leurs fonctions à faire un grand bien, elles les préparent à leur rôle futur d\u2019apôtres par une bonne formation chrétienne.Le peuple de cette région, bien que n\u2019étant pas païen dans le vrai sens du mot, est fort ignorant de la religion.Nos Sœurs dirigent aussi dans cette ville de Manille un patronage d\u2019enfants chinois à qui elles enseignent le catéchisme.Dirigeons-nous maintenant au pays de l\u2019ancienne dynastie mandchoue.En 1927, à la demande de S.Exc.Mgr Lapierre, vicaire apostolique de Szepingkai, trois Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception allaient se faire les auxiliaires d\u2019apostolat des révérends Pères canadiens des Missions-Étrangères, établis depuis deux ans dans ces contrées du nord de la Chine.Depuis, chaque année, des recrues sont allées se joindre à leurs devancières, et c\u2019est actuellement 43 religieuses qui évangélisent par la charité ce peuple de l\u2019antique Chine.Dans les huit postes où elles sont disséminées, nos Sœurs canadiennes s\u2019occupent de dispensaires, d\u2019orphelinat, d\u2019écoles, de refuge pour les vieillards, et dans la maison de Szepingkai, elles ont, depuis 1930, la conduite d\u2019un noviciat de Sœurs indigènes.Le 21 novembre 1933, les quatre premières Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire émettaient les vœux de religion et neuf postulantes revêtaient le voile des novices.Le 16 août de cette année, six d\u2019entre elles ont commencé, sous la direction des Missionnaires, à s\u2019exercer à l\u2019apostolat actif.C\u2019est particulièrement par l\u2019œuvre des dispensaires que les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception font briller aux yeux étonnés des BÉNÉDICITÉ DES PETITS'ÉLÈVES ENCORE PAÏENS.AU JARDIN DE L\u2019ENFANCE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION, KORIYAMA, JAPON SŒURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÊE-CONCEPTION DE SÜCHOW, CHINE, TROIS PRÉSENTANDINES ET LES ÉLÈVES DE L'ÉCOLE païens la lumière bienfaisante de la charité du Christ.A sa faveur, un grand nombre ont découvert la vraie voie qui conduit à la vie éternelle, et aidés par les enseignements qu\u2019ils ont entendus au dispensaire, ils se font inscrire aux catéchuménats.D\u2019autres, qui semblaient n\u2019être pas touchés, voyant venir la mort, demandent les Missionnaires.C\u2019est ainsi que dans le vicariat de Szepingkai en 1933, 401 païens adultes sont morts après avoir été baptisés.En réunissant les totaux des comptes rendus que les Sœurs de la Mandchourie envoient mensuellement à leur Maison Mère, nous trouvons que depuis leur arrivée dans le vicariat, en 1927, les Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception ont procuré le baptême à 11,737 enfants et adultes moribonds.Le nombre des pansements et autres traitements donnés aux malades s\u2019élève à 955,872 et celui des visites à domicile à 12,789.Le peuple de cette région assoupli par des souffrances multiples, conséquences de son extrême pauvreté et des vexations des brigands, semble tout préparé à entrer dans la voie étroite des préceptes évangéliques.Le moment est venu de parler des œuvres de nos Sœurs canadiennes au Japon.Dans leurs maisons de Koriyama et de Wakamatsu, au diocèse de Hakodate, confié aux RR.PP.Dominicains canadiens, elles possèdent deux Jardins de l\u2019Enfance et s\u2019occupent aussi de la visite des malades pauvres, païens et chrétiens.Elles donnent en plus des leçons privées de français, d\u2019anglais et de musique.Ces leçons privées sont, selon l\u2019opinion de personnes d\u2019expérience, un excellent mode d\u2019apostolat, propre au Japon.C\u2019est dans la mentalité japonaise de ne jamais traiter de questions religieuses devant témoins.Pendant les leçons privées, l\u2019élève peut, en toute liberté, questionner son professeur et discuter les points qui l\u2019embarrassent.C\u2019est le même système d\u2019apostolat dans tout le Japon: on n\u2019y peut pêcher au filet, il faut se contenter d\u2019y pêcher à la ligne.Il y a beaucoup d\u2019espérances à fonder sur les Jardins de l\u2019Enfance; la semence chrétienne, jetée discrète- 28 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 ment, tombe dans ces jeunes coeurs avant que les préjugés païens les aient rendus hostiles à notre sainte religion.L\u2019année 1934 vient d\u2019avoir sa fondation.En avril dernier, quatre Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception étaient appelées à aller prendre la conduite d\u2019un noviciat de Sœurs chinoises à Süchow, dans la préfecture apostolique de Mgr Marin, jésuite, et à y exercer aussi la charité sous toutes ses formes.Pendant qu\u2019aux postes reculés des pays de l\u2019infidélité, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception baptisent, consolent, instruisent, pansent les plaies, l\u2019Institut au Canada prend des accroissements dans l\u2019intérêt des missions.Dans les diocèses de Montréal, Québec, Saint-Hyacinthe, Trois-Rivières, Joliette, Rimouski et Chicoutimi, elles propagent l\u2019Œuvre Pontificale de la Sainte-Enfance, et par des causeries missionnaires qu\u2019elles donnent dans les écoles et institutions religieuses, elles s\u2019efforcent de jeter dans l\u2019âme des enfants de chez nous la flamme de l\u2019apostolat.Nos Sœurs Missionnaires organisent aussi des retraites fermées dans presque toutes leurs maisons, des cercles de couture de dames et de jeunes filles destinés à pourvoir les vestiaires des chapelles, crèches et orphelinats de leurs missions, toutes bien nécessiteuses.Le missionnaire, pas plus que le soldat, ne s\u2019improvise.L\u2019un et l\u2019autre pour remplir leur tâche ont besoin de munitions.C\u2019est dans leurs maisons du Canada que nos futures apôtres s\u2019entraînent aux luttes à venir, tout en préparant les munitions pour celles qui combattent là-bas, sur les terres d\u2019infidélité.Si quelqu\u2019un, pourvu des biens de ce monde, ferme son cœur à son frère qu\u2019il voit dans le besoin, comment est-il possible que l\u2019amour de Dieu demeure en lui?(/ Jean, iii, 17.) Luminaire de la sainte Vierge dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019ImmacuUe-Conception Pour répondre au désir de plusieurs personnes pieuses, dévouées à la sainte Vierge, nous insérons ici le prix de lampions et de cierges que l\u2019on désirerait faire brûler au pied de la statue de Marie, dans notre modeste chapelle de la Maison Mère, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, soit en action de grâces, soit pour obtenir quelque faveur de cette tendre Mère.10 sous.Un lampion ou un cierge ^\t75 sous pour une neuvaine.$20.00 pour une année entière. ©uclQueô roses effeuillées par la patronne besi mieisiionnaireei !.« Quand je serai au ciel.6 Jésus, vous remplirez mes mains de roses et j\u2019efleuillerai ces roses sur la terre.\u2022 Ste Thérèse de l\u2019Enfant-Jêsus Nous avons pu louer nos deux logis.Tel que promis, nous envoyons en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus une offrande pour les missions.P.R.Montréal.\u2014Ayant obtenu une guérison et deux autres faveurs que j\u2019attribue à l\u2019intercession de sainte Thérèse, je dis mon merci à ma puissante bienfaitrice en donnant une aumône pour ses chères missions.Je lui recommande encore une famille qui n\u2019a aucun moyen de subsistance.Mme X., Lauzon.\u2014 J\u2019avais promis à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus que si l\u2019opération que je devais subir et qui était à redouter ne m\u2019était pas fatale, je donnerais un montant pour les orphelins de Mandchourie.Deux de mes enfants se sont sérieusement fait mal au pied et j\u2019ai fait aussi une promesse en l\u2019honneur de la Patronne des missionnaires pour qu\u2019ils ne restent pas infirmes.J\u2019accomplis aujourd\u2019hui ma promesse avec reconnaissance car j\u2019ai été exaucée.Mme T., Ste-Anne.\u2014 Ci-inclus, un mandat pour vos missions: c\u2019est mon merci à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour son assistance.Mme D.Montréal.\u2014 Je vous envoie la seconde offrande que j\u2019avais promise pour vos missions, en l\u2019honneur de la Patronne des missionnaires.Je suis vivement reconnaissante envers ma céleste bienfaitrice et je voudrais que vous vous joigniez à moi pour la remercier et lui demander de nous continuer sa protection.Deux pères de famille sont sans travail depuis longtemps; s\u2019il vous plaît, priez pour eux.Mme X.Rîvîère-aux-Chiens.\u2014 Je donne une offrande en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus en reconnaissance d\u2019une faveur obtenue et j\u2019en promets une nouvelle si ie suis exaucée dans ce que je lui demande encore.Une abonnée.Champlain.\u2014 Je donne le prix du rachat d\u2019un bébé chinois pour remercier sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus d\u2019une grande faveur que j\u2019attribue à son intercession.Une abonnée, St-Luc-de-Vincennes.\u2014 J\u2019envoie mon abonnement au « Précurseur » en reconnaissance d\u2019une faveur obtenue par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Je recommande aux prières une nouvelle intention.Mme P.Sorel.\u2014 Veuillez trouver, ci-jointe, mon offrande pour le rachat d\u2019un enfant infidèle, comme témoignage de reconnaissance envers sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus et les saints Martyrs canadiens pour guérison complète.Je réitère ma promesse pour le rachat de quatre autres petits païens aussitôt qu\u2019il me sera possible de le faire.E.G.Matane.\u2014 Je renouvelle mon abonnement et j\u2019y joins l\u2019offrande de mon fils, en reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour la bonne position qu\u2019elle lui a obtenue et pour solliciter sa protection.Tous les jours nous remercions notre chère bienfaitrice de l\u2019avoir favorisé d\u2019une si bonne place dans ces temps de chômage que nous traversons.Mme X.St-Stanislas.\u2014 Pour vos missions les plus pauvres, j\u2019envoie l\u2019offrande incluse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour l\u2019accomplissement d\u2019une promesse.Après avoir obtenu deux faveurs, j\u2019en sollicite une troisième qui.humainement, semble désespérée.Mlle P.Montréal.\u2014 Je m\u2019abonne au « Précurseur »; c\u2019est mon témoignage de reconnaissance envers sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour la faveur qu\u2019elle m\u2019a obtenue.Mme D.,_ Montréal.\u2014 Je paie une neuvaine de lampions pour brûler devant l\u2019image de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Remerciez-la avec moi et demandez-lui de me continuer son intercession dans mes difficultés.Mme S., Lorettevîlle.\u2014 Pour les petits Chinois, en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, recevez mon offrande que j\u2019envoie en action de grâces pour guérison complète obtenue.M.et Mme S.Lac-aux-Sables.\u2014 Veuillez accepter une petite aumône, c\u2019est pour dire ma reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui m\u2019a accordé une faveur.M.X., St-Paul-l\u2019Ermite.\u2014 Mon offrande pour vos missions de Chine et pour la chapelle de votre Noviciat en reconnaissance pour faveurs obtenues par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Je promets un don plus généreux si elle m\u2019obtient ce que je lui demande encore.Mme X., Les Ecureuils.\u2014 Reconnais- 30 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 sance à la Patronne des missionnaires pour faveur obtenue par son intercession.Offrande du prix de rachat d\u2019un bébé chinois viable pour reconnaître son bienfait.Une abonnée, Pike-River.\u2014 Aumône pour le rachat d\u2019une petite Chinoise abandonnée que vous nommerez Thérèse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, ma céleste protectrice.C\u2019est l\u2019accomplissement d\u2019une promesse.Une abonnée, Southbridge, Mass.\u2014 Je voudrais que, par la voix du « Précurseur », vous publiiez la bonté de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour moi.Il y a six mois, j\u2019étais dans un tel état de faiblesse que les médecins désespéraient de ma vie.Je priai avec instances sainte Thérèse et pour joindre le sacrifice à la prière, j\u2019envoyai une offrande à votre Communauté et je promis de faire publier la faveur dans le « Précurseur » au cas où elle me serait accordée.Ma santé est aujourd\u2019hui très bonne, je fais tout mon ouvrage seule ayant à vaquer à l\u2019entretien de six personnes.Je suis heureuse de faire connaître ce que la Patronne des missionnaires a fait pour moi.Mme P.C., Jonquière.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse de Lisieux pour bienfait obtenu après promesse d\u2019une aumône pour les missions.Mme A.F., Lac-Marois.\u2014 Offrande en l\u2019honneur de sainte Thérèse comme témoignage de reconnaissance.Mme B., Pawtucket, R.-I.\u2014 Merci à sainte Thérèse pour sa bienveillante protection.Mon aumône est en hommage de reconnaissance.A.C., Lachine.\u2014 Aumône pour vos missions en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, en témoignage de gratitude.Mme G.\u2014 Offrande pour brûler des lampions devant la statue de sainte Thérèse, en reconnaissance pour bienfait obtenu.Mme P., Montréal.üourâe â>a^nte=®prè£^e=be=^\u20acnfa^^3^é£^ug pour l\u2019aïioption b'une miggionnaire Une bourse est une somme d\u2019argent dont l\u2019intérêt crée une rente perpétuelle pour le soutien d\u2019une missionnaire.Les bourses sont fondées en l\u2019honneur d\u2019un saint ou d\u2019une sainte dont elles portent le nom.La religieuse dont le soutien est assuré par la fondation d\u2019une bourse devient pour la vie la missionnaire du donateur ou de la donatrice et tient sa place auprès des pauvres infidèles.Les fondateurs des bourses participent à tous les avantages spirituels de la communauté.La somme de $1,000.00, donnée en un ou plusieurs versements par une ou plusieurs personnes, forme une bourse complète.Offrande de la Bourse Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus Nous recevons avec reconnaissance toute offrande, faite en action de grâces pour faveurs obtenues ou demandes de nouveaux bienfaits, pour la formation d\u2019une nouvelle Bourse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Daigne la « Patronne des missionnaires » inspirer à des âmes généreuses la pensée d\u2019adopter une missionnaire, et, en retour, faire tomber sur elles une pluie de roses! En mai-juin En juillet-août En septembre-octobre En novembre-décembre En janvier-février En mars-avril En mai-juin En juillet-août 1932\t.$98.50 » .12.25 » .85.00 » .38.40 1933\t.77.00 » .18.25 » .30.75 » .58.15 En septembre-octobre En novembre-décembre En janvier-février En mars-avril En mai-juin En juillet-août En septembre-octobre En novembre-décembre 1933 1934 41.60 60.75 38.75 15.00 17.50 26.45 108.25 11.75 U Ech^s »e 1ISS(0)MS.'- Journal de la seconde partie du voyage des Sœurs Missionnaires de r Immaculée-Conception parties pour la Mandchourie le 2 septembre 1934 DE VANCOUVER A SZEPINGKAI Lundi 10 septembre 1934 Oui, c\u2019est fait!.Nous avons, ce matin, non sans un serrement de coeur, dit adieu à la terre canadienne et voguons maintenant vers le pays de nos rêves et de nos désirs: la lointaine Mandchourie.A notre descente du train, le jeudi 6 septembre.Sœur Supérieure et Sœur Assistante de notre Maison de Vancouver nous attendaient.Immédiatement, nous sommes montées dans les voitures mises à notre disposition par nos bienfaiteurs, et, en moins de dix minutes, nous étions à notre Hôpital Oriental; il était 10 heures.Un Père des Missions-Étrangères de Pont-Viau dit sa messe que nous entendîmes et à laquelle nous fîmes la sainte communion.Après le déjeuner, ce fut la fête de famille qui dura quatre jours.Dès que s\u2019ouvrit la récréation dans la salle de communauté, toutes nos chères Sœurs furent unanimes à s\u2019enquérir de la santé de notre vénérée Mère, et de tout ce qui nous intéresse au foyer maternel, personnes et choses.Actuellement, il y a à l\u2019Hôpital une soixantaine de tuberculeux, hommes, femmes et enfants, tant Chinois que Japonais; sur ce nombre, une dizaine seulement sont catholiques.Nous y avons retrouvé le bon Chinois, M.Chow, qui fit sa première communion l\u2019an dernier, à notre Maison Mère, le jour de la Présentation; il était content de voir que nous le reconnaissions.Au Refuge, les vieillards sont si propres et ont l\u2019air si heureux que nous les avons trouvés presque jolis.Il y a ici un Japon et une Chine en miniature; c\u2019est très intéressant et le zèle apostolique trouve largement à s\u2019exercer.Le lendemain étant le premier vendredi du mois, nous avons eu, à l\u2019issue de deux messes, l\u2019exposition du Saint Sacrement et ce fut surtout nous, les cinq partantes, qui eûmes l\u2019honneur de faire la cour à Notre-Seigneur.Le samedi, fête de la Nativité, la sainte Victime fut offerte trois fois dans notre chapelle; comme l\u2019une de nos Sœurs de l\u2019Hôpital renouvelait ses vœux, nous avons chanté nos cantiques de circonstance et bien prié, tout spécialement pour nos chères Sœurs qui, ce même matin, en la chapelle de notre Noviciat, s\u2019unissaient à Notre-Seigneur par la profession religieuse.Hier soir, une petite séance qui avait tous les charmes de l\u2019improvisation, écho des joyeuses récréations du dimanche soir à notre chère Maison Mère, vint clore agréablement notre dernière journée.Ce matin, nous avons salué pour une dernière fois le lever du soleil sur la terre canadienne.Tant que nous foulons le sol de la patrie, il semble que nous ne sommes pas parties pour tout de bon. 32 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 Après avoir placé notre voyage sous la maternelle protection de notre Immaculée Mère et Patronne, nous avons pris place dans les voitures qui nous attendaient.Quatre de nos Soeurs nous ont accompagnées jusqu\u2019au bateau ainsi que plusieurs personnes de l\u2019Hôpital.Il était 11 heures quand nous avons franchi la passerelle.Une demi-heure avant de lever l\u2019ancre, la sirène donna le premier signal du départ; nous sommes alors montées sur le pont.Bientôt, l\u2019on vit se dérouler des bandes de papier multicolore; nos chères Sœurs saisirent celles que nous tenions.Pauvre cœur humain, il est parfois bien étrange!.Il ne se refuse pas au sacrifice de la séparation, il le fait même joyeusement, et cependant, sentant que quelque chose lui échappe, il veut s\u2019y cramponner.ne fut-ce que par un ruban de papier.Mais le bateau est une force aveugle et insensible qui, tout à l\u2019heure, brisera sans pitié ces liens fragiles.De nouveau, la sirène fend l\u2019air de son cri strident, c\u2019est le dernier signal.Tout doucement, notre vapeur se met en mouvement, il glisse.il s\u2019en va.De minute en minute, la terre devient de plus en plus lointaine, elle s\u2019estompe peu à peu et bientôt, entre le bleu du ciel et la ligne plus sombre de l\u2019eau, nous voyons la côte canadienne s\u2019amincir, se fondre, puis sombrer sous l\u2019horizon.Tout a disparu et nous regardons encore.Enfin, nous prenons le parti d\u2019entrer dans nos cabines.Notre première action est d\u2019y installer notre belle petite statue de l\u2019immaculée Conception.Des œillets blancs et roses, offerts par une Japonaise, lui font une jolie parure.Nos cabines sont commodément disposées, le soleil y pénètre généreusement et tout reluit de propreté.Nous allons pouvoir nous initier aux saluts japonais; déjà, nous avons eu à répondre à maintes révérences de la part des gens de l\u2019équipage ou des passagers.Mardi 11 septembre Comme nous nous sentons le cœur et le pied tout à fait marins, nous nous rendons ce matin sur le pont pour faire notre prière et notre méditation.Nous avons hâte de contempler la mer qui est ravissante avec ses vagues diversement nuancées sous les premiers rayons du soleil.Il semble que sur l\u2019océan nous sommes plus près de Dieu, plus entre ses mains; la voix des flots chante si éloquemment sa grandeur et sa puissance! Notre première nuit de traversée n\u2019a pas été très bonne, peu de sommeil, mais il ne faut pas trop exiger d\u2019une première nuit de navigation.Jeudi 13 septembre Vers 10 heures, cet avant-midi, on sonne la cloche d\u2019alarme et tous les passagers reçoivent l\u2019ordre de se rendre sur le pont porur un exercice de sauvetage.On assigne à chacun l\u2019endroit où il devra se rendre pour attendre les chaloupes en cas de naufrage.On distribue des ceintures de sauvetage en enseignant la manière de s\u2019en servir et tout le monde est averti qu\u2019en cas de désastre, il faudra obéir aux ordres des officiers en charge.Ces exercices sont indispensables pour prévenir les paniques qui pourraient résulter de l\u2019effroi général.Vous plairait-il de faire connaissance avec quelques passagers du Heian Maru?Nous vous présentons d\u2019abord M.Inabata, sénateur inamovible, chef de la délégation sénatoriale japonaise, et honoré de bien d\u2019autres titres Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935\t33 que nous renonçons à vous énumérer.Mais ce qui l\u2019honore particulièrement c\u2019est sa qualité de fervent chrétien.Il a pour la sainte Vierge une dévotion remarquable.Outre le japonais, il possède très bien le français et l\u2019anglais.Sa jeune fille, âgée de quinze ans, l\u2019accompagne.C\u2019est elle qui nous fit don de la gerbe d\u2019œillets dont nous avons orné la petite statue de l\u2019immaculée Conception de notre cabine.Un autre Japonais vient s\u2019informer si nous allons à Koriyama; il connaît nos Missionnaires de cet endroit et nous apprend que sa petite sœur prend de nos Sœurs des leçons de français.Mentionnons encore un ministre protestant, missionnaire, qui se rend au Japon avec sa femme et ses enfants.Il est venu nous saluer lorsque nous nous sommes embarquées et nous a même invitées à son meeting.Son zèle, s\u2019il n\u2019était pour la propagande de l\u2019erreur, serait bien digne d\u2019admiration; il ne perd aucune occasion de faire accréditer ses croyances.Hélas! que de chrétiens ne se donnent pas tant de mal poiu faire valoir les véritables avantages de notre sainte religion.Vendredi 14 septembre Ce matin, dès 4 heures, nous sommes éveillées par la sirène qui crie presque continuellement.Regardant au dehors, nous apercevons des vagues énormes, dont l\u2019une vient tout à coup s\u2019abattre sur l\u2019épaisse vitre de notre hublot.Un épais brouillard empêche de voir à plus de dix pieds du bateau.Vers midi, le soleil parvient à percer le brouillard, puis, se dégageant tout à fait, il distribue bientôt ses rayons vainqueurs sur l\u2019immense océan redevenu calme.De petites vagues se promènent fièrement sur la nappe ondulante, ornées de leur fine dentelle blanche.L\u2019air est sec et froid, ce qui nous porte à croire que nous sommes au point le plus septentrional de la traversée, car la ligne de navigation fait une courbe vers le nord.Nous endossons nos chaudes collerettes pour aller sur le pont faire nos exercices spirituels.Comme il est facile de se recueillir devant l\u2019immensité de la mer sur laquelle plane un majestueux reflet de l\u2019infinie puissance de Dieu! Ce soir, nous admirons le plus beau coucher de soleil que nous ayons jamais vu, c\u2019est un spectacle unique qu\u2019on ne peut imaginer.Oh! que le bon Dieu a de merveilleuses couleurs pour peindre ses tableaux!.Que ne le laissons-nous toujours, sur la toile de notre âme, crayonner et colorier chaque jour tout à son aise, quels chefs-d\u2019œuvre n\u2019y produirait-il pas ?Plus que jamais, nous comprenons que notre perfection doit consister dans l\u2019abandon total de notre être à la divine volonté.Mercredi 19 septembre La température est toujours idéale, la mer toujours paisible, les voyageuses toujours bien portantes et les cœurs toujours gais; vraiment, nous MISSIONNAIRE DE L IMMA-CULÊE-CONCEPTION RT JAPONAISES EN œSTUME NATIONAL IS II 11 II -r APRÈS LA BÉNÉDICTION DU JARDIN DE L\u2019ENFANCE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION DE WAKAMATSU PAR MGR A.DUMAS, O.P.ADM.APOST.DU DIOCÈSE DE HAKODATE.JAPON (25 SEPTEMBRE 1934) Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t35 naviguons comme de « vieux loups de mer ».Pauvre Sœur Saint-Clément \u2018 qui n\u2019a pas encore pu ouvrir sa boîte de médicaments!.Vendredi 21 seotembre Au calme succède la tempête; on sent aujourd\u2019hui quelque chose d\u2019inusité, c\u2019est un typhon qui vient au-devant de nous.Nous sommes entourées de montagnes d\u2019eau qui veulent nous engloutir; des tourbillons poudroient en fines gouttelettes les vagues sur le pont, on dirait une poudrerie de neige.Le ciel disparaît à nos yeux, et nous nous voyons, petites créatures impuissantes, à la merci des flots qui nous ballottent en tous sens.Ressentant moins les secousses sur le pont que dans les cabines, tous les passagers l\u2019occupent.C\u2019est dans ces occurrences que nous éprouvons ce que vaut la foi en la Providence et en la protection d\u2019une Mère toute-puissante au ciel.On a l\u2019air fort surpris de nous voir conserver notre sérénité pendant que tous les visages pâlissent d\u2019effroi.Enfin, le typhon s\u2019éloigne après nous avoir secouées une dizaine d\u2019heures, mais nous devons remercier Dieu de n\u2019avoir ressenti qu\u2019une partie de sa violence.Samedi 22 septembre Après toutes les formalités d\u2019usage, nous débarquons enfin à 2 heures, au port de Yokohama où nous attendent nos chères Sœurs Saint-Marc ^ et Agnès-d\u2019Assise accompagnées d\u2019une Japonaise, toutes trois venues de Koriyama à notre rencontre.La joie est réciproque et la connaissance est vite faite ou vite renouée.Quelles belles heures nous passons en famille à parler du cher chez nous d\u2019Outremont et de nos missions du Japon! Dimanche 23 sentembre Nos Sœurs de Koriyama nous quittent avant-midi, elles sont attendues à Wakamatsu, où la bénédiction de notre nouvelle Maison doit avoir lieu après-demain.Mardi 25 septembre A 10 heures, nous arrive notre chère Sœur Marie-de-Fourvière ^ qui doit voyager avec nous jusqu\u2019à Kobe; à 11 heures, nous quittons le port.Nous avons dû y séjourner trois jours parce qu\u2019hier c\u2019était grande fête pour les Japonais.Bien que nous ajmns vu ici des choses nouvelles et intéressantes, le temps nous a paru long, nous avons si hâte d\u2019atteindre notre Mission de la Mandchourie.Mercredi 26 septembre Nous abordons à Kobe vers 10 heures de l\u2019avant-midi.Le R.P.Page, prêtre des Missions-Étrangères de Paris, que tous les missionnaires connaissent, et deux bonnes religieuses de l\u2019Enfant-Jésus sont à notre arrivée.1\tJuliette Maltais, du Sacré-Cœur, Saguenay.2\tAlida Talbot, de Cacouna.3.\tLucienne Renaud, de Montréal.4.\tLucie Paradis, de Tingwick. 36 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 Notre voyage a été organisé avec tant de prévoyance à Outremont que nous n\u2019avons à essuyer aucun ennui; le R.P.Page nous en exprime son contentement.Cinq cabines nous sont réservées depuis trois semaines sur 1\u2019 Ussuri Maru.Nous partirons demain, à midi, et on nous dit que nous serons à Dairen le dimanche 30.Mercredi 3 octobre Nous reprenons notre Journal que nous n\u2019avons pu, dans les derniers jours, continuer en route.Dimanche 30 septembre, alors que, sur le pont de notre navire, nous chantions nos cantiques de règle: Bénédicité, Magnificat, nous aperçûmes au loin les rivages de la terre mandchoue, notre terre d\u2019adoption.Quelle joie! quelles émotions indescriptibles!.A 8 heures V Ussuri Maru accostait Dairen.Une Sœur de Maryknoll, venue à notre rencontre, apercevant nos guimpes blanches, se plaça en face de nous pendant que nous abordions, afin que nous puissions la remarquer et aller à elle en descendant.Comme c\u2019était dimanche, cette chère Sœur eut la bonté de nous faire conduire au couvent pour que nous puissions entendre la messe et, en compagnie d\u2019une Japonaise, elle s\u2019occupa de faire transporter notre bagage à la douane.A 3 heures 30, nous allâmes, deux d\u2019entre nous, une Sœur de Maryknoll et une Japonaise, au bureau pour l\u2019examen des caisses.Bien que les officiers n\u2019en ouvrirent que deux, ce fut assez compliqué pour nous retenir jusqu\u2019à 6 heures 30.Ce même soir, à 8 heures, nous montions sur le train suivies de notre bagage.Cette fois, nous étions enfin en route directe vers Szepingkai.Nous ne pouvons passer sous silence les prévenances et bontés dont nous avons été l\u2019objet chez les révérendes Sœurs de Maryknoll, elles ont été pour nous de vraies sœurs.Le lundi 1\" octobre, nous arrivions à Szepingkai et prenions notre dîner à la table de famille.Quelle joie de revoir nos Sœurs!.de leur transmettre les messages affectueux dont nous étions chargées.Après le repas, ce fut la visite de la maison, du jardin, du dispensaire, du noviciat indigène, puis encore de la cathédrale, de l\u2019évêché.A l\u2019issue de nos exercices spirituels, toutes cinq nous avons renouvelé notre consécration à la sainte Vierge et notre promesse de nous dépenser sans compter à la gloire de son Jésus.Notre voyage s\u2019est effectué si heureusement que cette bonne Mère semble nous avoir conduites comme par la main jusqu\u2019au terme.Combien nous lui en devons de reconnaissance ! La récréation ayant repris son cours.Sœur Supérieure nous donna nos noms chinois, ce fut bien amusant.Nous attendons la nomination, car il commence à paraître que nous serons dispersées dans divers postes.Sœur Blandine-de-Jésus ', dès le lendemain de notre arrivée, a eu l\u2019honneur et le bonheur de verser l\u2019eau du baptême sur le front d\u2019une petite fille qu\u2019elle a nommée Marie-Délia-Marguerite, en l\u2019honneur de la sainte Vierge, en témoignage d\u2019affection pour notre vénérée Mère et en souvenir de sa bonne maman, décédée l\u2019an dernier.1.Blandine Simard, de Roberval, Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t37 SZEPINGKAI, MANDCHOURIE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Szepingkai Dimanche 12 août 1934 En l\u2019honneur des nouvelles professes indigènes qui quitteront, demain, le Noviciat Notre-Dame-du-Saint-Rosaire pour exercer leur zèle au poste de Taonan, leurs Sœurs novices et les jeunes filles de l\u2019École apostolique font une fête, ce soir, pour offrir leurs vœux à leurs aînées.Cette réunion nous rappelle celle qui a lieu à la Maison Mère le dernier soir avant notre départ du Canada pour les missions lointaines.Nous essayons de transmettre à \u2019S-\t- -\tJ- \u2022»»\t^\t\u201c ?\t.\t.'vWSÜMjfUii f\t- w.\tt* s», ai* nt.> » r\t, PROFESSES ET NOVICES INDIGÈNES DES SŒURS DE NOTRE-DAME-DU-SAINT-ROSAIRE DE SZEPINGKAI.MANDCHOURIE, ET LES DIRECTRICES DU NOVICIAT, LES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION ces bonnes religieuses indigènes, qui nous considèrent comme leurs mères et leurs sœurs aînées, les témoignages de bonté et d\u2019affection dont nous sommes nous-mêmes l\u2019objet en pareille occurrence.C\u2019est à regret que ces chères enfants quittent leur noviciat, mais c\u2019est de bon cœur qu\u2019elles acceptent d\u2019aller se dépenser pour le salut de leurs frères.Lundi 13 août S.Exc.Mgr Lapierre a la bonté de se rendre au Noviciat Notre-Dame-du-Saint-Rosaire pour bénir les partantes et rehausser de sa présence la modeste cérémonie de départ.Le chant si pieux de « Mère de Dieu, bé-nissez-nous », traduit en chinois, occupe les derniers moments.Jeudi de cette semaine, trois autres Sœurs indigènes, destinées à la Mission de Fakou, iront prendre leurs fonctions. 38 Montréal\tLE PRÉCURSEUR\tJanvier-Février 1935 Jeudi 30 août A 7 heures, Mgr Lapierre prélude aux exercices de notre retraite annuelle par une première conférence.Trois de nos Sœurs de Leaoyuansien n\u2019ont pu se rendre, la ville menacée de la peste est en quarantaine.Deux de Taonan manquent aussi, ce qui réduit à treize le nombre des retraitantes.La température idéale qui s\u2019annonce va favoriser les promenades au jardin pendant les temps libres; actuellement, il est dans toute sa beauté.Le petit coin de terre où reposent les restes de notre regrettée Sœur Saint-Dominique ^ nous attire particulièrement; nous aimons à aller y prier et méditer les leçons salutaires que nous prêche la mort.Samedi 8 septembre A 2 heures de l\u2019après-midi, nos Sœurs Marie-Médiatrice ^ Joseph-Arthur Lazare-de-Béthanie S Saint-Paul-de-la-Croix ^ et Sainte-Denise * émettent leurs vœux perpétuels sous la présidence de S.Exc.Mgr Lapierre, assisté des RR.PP.Turcotte et Bouchard.Les RR.PP.Masse, Jasmin, Crevier, ainsi que les RR.FF.Lespérance et Lalonde, sont de la fête.Les professes et novices chinoises, avec quelques élèves, assistent à la cérémonie et remplacent les membres des familles de nos Sœurs, évidemment tous absents.Ce spectacle nous rappelle que, désormais, notre famille c\u2019est celle que nous voulons conquérir à l\u2019Église: la grande famille du peuple mandchou.Dans son instruction.Monseigneur nous rappelle qu\u2019un des principaux devoirs de notre vocation est la louange et la reconnaissance envers Dieu pour tous ses bienfaits, et nommément pour les bénédictions qu\u2019il répand sur l\u2019Église de Mandchourie.Avant le souper, au chant de Veni Sponsa Christi, les nouvelles épouses perpétuelles reçoivent la couronne de lis qu\u2019elles porteront demain tout le jour et iront, le soir, déposer aux pieds de la Gardienne de leurs engagements, pendant que nous chanterons encore en leur ncm: « Bonne Marie.prends ma couronne.Au ciel, n\u2019est-ce pas, tu me la rendras.» Mercredi 12 septembre Le R.P.Takuchi, prêtre japonais, directeur d\u2019un journal catholique à Tokyo, est de passage à l\u2019évêché aujourd\u2019hui.Vers 8 heures, il vient à notre couvent avec Monseigneur et quelques prêtres; il possède bien la langue française, ce qui facilite la conversation.Le révérend Père visite avec intérêt les maisons affectées aux œuvres dans la Mission; il est déjà allé au Canada.Samedi 22 septembre Le nombre des patients du dispensaire diminue depuis quelques jours, c\u2019est l\u2019époque traditionnelle pour le renouvellement des habits ouatés, en prévision de l\u2019hiver.De plus, les Mandchoux fêtent depuis trois jours en l\u2019honneur de la nouvelle saison automnale.Le mets national qu\u2019ils ap- 1.Marguerite Dunn, de l\u2019Acadie, P.Q.2\tMane-Aline Malouin, de Québec.3\tLaura Thérïfn, de Saint-Léonard-d\u2019Aston.4\tJoséphine Couturier, de Piopolis, comté de Compton.5.Marie-Anne Cyr, de Saint-Michel-de-Squatteck.6 Odile Malbœuf, de Sudbury, Ont. Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935\t39 prêtent pour cette circonstance, consiste en biscuits que l\u2019on dispose symétriquement sur des plats.Une chrétienne nous a apporté de ces galettes empilées en forme de cône; celle du bas est de la grandeur d\u2019une assiette à fruits et la neuvième et dernière a les dimensions d\u2019un cinquante sous canadien.Le tout est recouvert de papier rouge et de diverses décorations.Ces jours sont chômés, les chrétiens peuvent participer aux fêtes dans une certaine mesure, vu qu\u2019elles ont un caractère plutôt national que superstitieux.Au retour d\u2019une visite au nouveau séminaire de Szepingkai, récemment terminé, nous nous arrêtons à une pagode qui se trouve sur notre chemin.Seule, une toute petite porte est ouverte sur un enfoncement où trois idoles attendent béatement des hommages.Lie Louisa, professeur, se faisant notre interprète, pénètre dans le parterre et demande au bonze de nous laisser visiter à l\u2019intérieur.Avec courtoisie, il nous ouvre toutes les portes et se retire à l\u2019écart pour nous laisser pleine liberté de regarder.Nous comptons vingt-quatre idoles de toutes formes et de toutes expressions, en rapport avec le pouvoir qu\u2019elles sont censées avoir dans le monde des dieux.Les plus grosses statues, habillées de satin ou de soie, peuvent avoir de 15 à 18 pieds, elles sont assises sur un dragon et décorées de dessins grotesques.Les offrandes de divers aliments, les cendres encore fumantes des bâtonnets d\u2019encens attestent le passage récent de quelques païens en quête de faveurs.La visite terminée, le bonze nous reconduit jusqu\u2019à la porte en nous saluant aimablement: sa figure bonne et sympathique nous porte à croire que peut-être il envie secrètement notre sort.Aussi, au retour, disons-nous quelques mots en sa faveur à la sainte Vierge, elle qui sait si bien convertir même les bonzes.Mardi 25 seotembre Ce matin la Mission de Szepingkai ouvre bien grandes ses portes aux nouveaux Pères des Missions-Étrangères et aux Clercs de Saint-Viateur qui arrivent du Canada.Au cours de l\u2019après-midi.Monseigneur les conduit à notre couvent et nous sommes heureuses d\u2019entendre parler de notre toujours cher pays natal qui, en ces occasions, nous semble plus rapproché.Il nous fait plaisir de voir au nombre des nouveaux missionnaires le frère de notre chère Sœur Assistante Générale qui est porteur de ses bons souvenirs pour nous toutes.Lundi octobre Avec le beau mois du Rosaire nous arrive un nouvel essaim de missionnaires, cinq compagnes du Canada.A midi, elles entrent à la Mission où on les attend avec grande hâte!.Leur première visite est pour Notre-Seigneur.Dans une commune prière nous remercions le bon Dieu et notre Immaculée Patronne pour leur heureuse traversée.Mgr Lapierre daigne sans tarder venir bénir les arrivantes et leur souhaiter la bienvenue.Nos bonnes compagnes nous transmettent tous les messages de nos bien-aimées Supérieures; elles nous répètent, entre autres, ces paroles de notre vénérée Mère: « Dites aux Sœurs de là-bas que tout mon cœur est dans les missions.» Nous le savions, et cependant c\u2019est une joie pour nous de l\u2019entendre redire.La visite de la cathédrale, du dispensaire, du noviciat 40 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935 et de l\u2019école apostolique donne à nos chères arrivantes un aperçu des œuvres, et leur inspire le désir de se mettre bientôt à la besogne.Mercredi 3 octobre En cette fête de la Patronne des missionnaires, Son Excellence donne congé aux écoles de la Mission pour que tous sachent que l\u2019Église catholique a des héros qui l\u2019ont illustrée.Dans notre couvent, nous aussi nous fêtons dans l\u2019allégresse.Au cours de la journée, nous ouvrons les caisses que nos nouvelles compagnes nous ont apportées.Les exclamations sont fréquentes: nous voudrions énumérer tous les objets et remercier pour chacun, remercier tous ceux et celles qui contribuent à faciliter notre apostolat auprès des pauvres, des malades, etc., mais la liste serait si longue.Merci à vous, chère Mère, merci à tous.Qu\u2019ils sachent bien nos chers bienfaiteurs que, chaque jour, nous prions de tout cœur pour eux et si nos prières sont bien pauvres, nous savons que Dieu les exaucera quand même, car c\u2019est la prière de la reconnaissance.Compte rendu du dispensaire de Szepingkai pour les mois d\u2019août et septembre 1934: Patients.4,003 Dents extraites.\t14 Baptêmes.78 Traitements.7,735 Visites à domicile.\t84 Pansements.736 Injections.119 LEAOYUANSIEN, MANDCHOURIE Extraits de lettres de nos Sœurs Missionnaires à Leaoyuansien Mission caihotique, septembre 1934 Durant le mois de juillet, la bonne sainte Anne nous a envoyé cinquante-neuf petits enfants à régénérer.Ah! comme l\u2019on connaît peu dans nos pays chrétiens le sort réservé à l\u2019enfance païenne, particulièrement en Chine; tout ce qu\u2019on peut en raconter n\u2019est qu\u2019une ombre de la réalité.Que de fois on entend une mère dire, en désignant son enfant: « La veux-tu?je te la donne, moi, je n\u2019en veux plus.» Ce qui étonne davantage, c\u2019est de voir sur la petite victime les marques des coups qui lui ont été infligés; vraiment, cela peut à peine se concevoir.La veille de l\u2019Assomption, sept bébés, ondoyés au dispensaire, s\u2019apprêtaient à quitter, à l\u2019exemple de leur Reine, le désert de la terre.Ce même jotir était la date fixée pour l\u2019ouverture des classes de la Mission.Plusieurs élèves vinrent s\u2019offrir pour nous aider à faire la parure à l\u2019église et à la chapelle de notre couvent.Ce fut une joie pour nous de voir ces jeunes païennes donner des témoignages de respect à l\u2019image de Celle qui convoite leurs âmes avec tant de saintes ardeurs.Le jour de la fête, avec les élèves, nous avons fait les frais du chant à la grand\u2019messe et au salut du Très Saint Sacrement.Tout en nous récréant, le reste de la journée fut employé à préparer des remèdes pour les deux Vierges chinoises qui, le len- Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t41 demain, partaient pour Ya Men T\u2019ail.Le R.P.Bérichon, curé, est allé les conduire à leur poste et faire l\u2019ouverture des classes, tant à cette mission qu\u2019à celle de Mao Ling Tchan qui se trouve sur le même chemin.Contrairement aux coutumes du Canada, les vacances de l\u2019été, ici, ne sont que d\u2019un mois tandis que celles de l\u2019hiver se prolongent jusqu\u2019à quatre et cinq semaines.Les Chinois, en général, aiment l\u2019étude; les élèves étaient contents de reprendre leurs classes.A la fin d\u2019août, les autorités de la ville ont ordonné la fermeture de toutes les écoles pour deux semaines.Quelques enfants, venus d\u2019un petit village voisin où sévissait la peste, sont morts à Leaoyuansien; on craignit beaucoup la contagion d\u2019une si terrible épidémie.Pour cette raison, le nombre des patients diminua beaucoup au dispensaire: les quelques personnes qui s\u2019y présentèrent étaient terrorisées par des récits exagérés qui couraient dans la ville.Celles de nos Sœurs qui devaient aller à Szepingkai pour la retraite annuelle en ont été empêchées: les trains n\u2019étaient plus au service des habitants de Leaoyuansien.Le R.P.Bérichon eut la bonté d\u2019envoyer demander au mandarinat la permission pour nos Sœurs de faire le voyage, mais l\u2019ordonnance était absolue et n\u2019a pas été levée.Elles ont donc dû faire leur retraite ici.Les RR.PP.Bérichon et Gilbert ont bien voulu, chaque jour, leur donner une instruction.Les portes de la ville sont restées fermées tant pour éviter la contagion que pour se garantir des brigands.Un grand nombre de ces maraudeurs entourent la ville, c\u2019est la saison favorable pour leurs exploits.Cachés dans le kao liang (légume chinois dont la tige ressemble à celle du blé d\u2019Inde), ils guettent et ne manquent pas de chances pour dévaliser les voyageurs.Ils ont, paraît-il, tué un fonctionnaire civil venant de Moukden.Mais, ces événements n\u2019empêchent pas les Mandchoux de suivre leurs traditions séculaires, relativement à leurs fêtes superstitieuses.Le 24 août, des processions aux lanternes de diverses couleurs ont été faites dans le but d\u2019éclairer la route des défimts dans leurs pérégrinations.Un certain nombre suivaient le défilé en jetant, de temps à autre, des pelletées de bran de scie, à dessein de faire retrouver aux mânes la route lumineuse, au cas où ils la perdraient.Revenant de visiter les malades, nous avons croisé en chemin un convoi funèbre d\u2019un nouveau genre pour nous.Le cercueil, presque carré, était escorté de bonzes habillés de rouge, occupés à faire résonner divers instruments de musique; l\u2019un d\u2019eux agitait une espèce d\u2019oriflamme blanche et, à chaque détour de la rue, faisait de profondes prostrations au mort.Cette forme spéciale de cercueil s\u2019explique par le fait que les bonzes, car c\u2019en était un, ne sont pas couchés mais assis dans leur tombe, les jambes croisées.C\u2019est aussi, nous dit-on, la manière d\u2019ensevelir les morts en Mongolie.Un jour, accompagnant les élèves dans une promenade à la campagne, nous arrêtâmes visiter une pagode.Comme c\u2019était en temps de sécheresse, plusieurs personnes offraient de l\u2019encens et des présents aux idoles pour obtenir de la pluie.Une Vierge chinoise nous accompagnait.Les bonzesses attachées à ce temple païen nous reçurent bien aimablement et nous adressèrent force questions.Elles font l\u2019impression de personnes qui doutent de leur voie et qui cherchent à s\u2019éclairer.Il paraît y avoir en elles vm fond 42 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935 de droiture.Aussi, avouèrent-elles faire de leur mieux pour bien vivre et chercher la vérité.Leurs multiples questions nous fournirent l\u2019avantage de leur donner une instruction religieuse sous forme de catéchèse.Nous avons confiance que notre Immaculée Mère fera fructifier la semence de nos paroles.Nous parlons souvent des nouvelles compagnes qui viennent d\u2019entreprendre leur long voyage.Nous demandons à l\u2019Étoile de la mer de les protéger et de nous les amener bien vite.Vos Sœurs de Leaoyuansien Compte rendu du dispensaire de Leaoyuansien de juin 1934 à septembre inclusivement;\tBaptêmes.145 Patients.10,842 Traitements.13,517 Pansements.1,515 Dents extraites.\t60 Injections.\t158 Visites à domicile.138 TAONAN, MANDCHOURIE Lettre des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de Taonan à leurs Sœurs de la Maison Mère Mission catholique, Taonan, 22 septembre 1934 Bien-AIMÉES Sœurs, Les classes ont repris leur activité le 15 août après un mois de vacances; le pensionnat a aussi ouvert ses portes, il compte vingt-huit pensionnaires, la plupart des élèves sont encore païennes.La coïncidence de la fête de l\u2019Assomption de notre Immaculée Mère avec l\u2019arrivée de ces jeunes païennes UNE MISSIONNAIRE DE L\u2019IMMACULÊE-CONCEPTION, UNE SŒUR INDIGÈNE NOTRE-DAME-DU-SAINT-ROSAIRE ET UN GROUPE DE JEUNES FILLES DU PENSIONNAT DE TAONAN, MANDCHOURIE nous fait augurer favorablement de l\u2019avenir.Nous nous sentons éprises du désir de les gagner toutes à notre religion, mais par contre, combien nous nous trouvons inhabiles à poursuivre une si grande œuvre.Nous attendons beaucoup de l\u2019intercession du regretté P.Berger qui, pendant les Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935\t43 courtes années de sa vie apostolique, a tant fait pour l\u2019avancement du règne de Dieu dans sa Mission de Taonan.C\u2019est grâce à son zèle si les œuvres sont si bien organisées.La nouvelle de sa mort, qui nous est parvenue le 11 août, a jeté le deuil dans toute la Mission, ses chrétiens le regrettent comme un père.Le 13, un service a été chanté pour le repos de son âme par le R.P.Bonin à l\u2019église de Taonan qui avait revêtu ses ornements de deuil.Tous les chrétiens émus assistèrent à l\u2019office; leurs ferventes prières étaient celles de la reconnaissance.Dans les jours qui suivirent, des chrétiens, bien que pauvres, se firent un devoir de payer des honoraires de messes pour le défunt, les élèves de l\u2019école des filles se cotisèrent et purent réaliser le montant d\u2019une messe pour celui à qui elles reconnaissent être grandement redevables.La ferveur de certains chrétiens et catéchumènes doit aussi être une source de bénédictions sur les œuvres; disons, pour citer un exemple, qu\u2019une catéchumène reste à genoux à l\u2019église des heures entières sans bouger et quand on lui dit de s\u2019asseoir, elle répond : « Moi qui ne sais pas encore prier, j\u2019offre ma fatigue au bon Dieu pour compenser.» Si elle persévère dans sa ferveur, elle promet d\u2019être une chrétienne exemplaire.Durant la saison d\u2019été, la chaleur est funeste à un grand nombre d\u2019enfants; atteints de diverses maladies, ils sont apportés au dispensaire par les mamans qui souvent les avaient d\u2019abord mis sous les soins de médecins chinois.Ceux-ci, se trouvant impuissants à les guérir, ont l\u2019excellente idée de nous les envoyer.Nous avons ondoyé au dispensaire dix, quatorze et jusqu\u2019à dix-sept bébés par jour.Ces conquêtes nous mettent l\u2019allégresse dans l\u2019âme; le bon Dieu nous donne tant de joies que vraiment la louange devrait sans cesse être sur nos lèvres.Le 8 août, un gros poisson de soixante-cinq ans se laissait pêcher sans aucune résistance.Vers 5 heures du soir, on nous appela auprès d\u2019un malade qui, en fait de religion, n\u2019avait aucune notion.Après nous être occupées de sa santé corporelle, nous abordâmes la question religieuse.Il suivit le fil de nos explications avec attention et intelligence.Voyant que nos avances n\u2019offusquaient ni notre malade ni les membres de sa famille qui nous entouraient, nous proposâmes le baptême qui fut accepté sans hésitation.Le surlendemain, on nous apprit que notre protégé avait quitté la terre durant la nuit, emportant toute blanche au paradis la robe baptismale dont nous venions de le revêtir.Vraiment, ces ouvriers de la dernière heure nous font envie!.Ce qui nous remplit d\u2019admiration dans ces circonstances, c\u2019est cette grâce puissante qui, en quelques instants, transforme une âme païenne en âme de croyant et lui ouvre, sur les choses du ciel, des horizons encore voilés pour bien des chrétiens, malgré tout leur savoir religieux.Nous avons offert « ce cadeau » au bon Dieu en reconnaissance de ce qu\u2019il y a trente-deux ans, à pareille date, il daignait, dans sa pensée divine, nous faire toutes ses épouses en la personne de notre vénérée Mère fondatrice qui, elle-même, se donnait irrévocablement à lui par la profession religieuse.Deux petites Marie-Délia, ondoyées au dispensaire, ont suivi de près au ciel l\u2019âme de notre bon néophyte.Pour nous faire ressouvenir que la conversion des âmes n\u2019est qu\u2019un effet de sa grâce et que, de nous-mêmes, nous ne pouvons rien, le bon Dieu lÉ 44 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935 nous fait parfois éprouver des échecs.Étant allées un jour visiter un malade mahométan, nous avançâmes quelques paroles ayant trait à la religion.Le moribond nous dit d\u2019un air mécontent: « Ne venez pas souiller mes oreilles avec les paroles de votre religion.» Son ton signifiait qu\u2019il ne souffrirait pas de répliques.Nous dûmes à regret l\u2019abandonner à son sort.Une femme malade se montra d\u2019abord récalcitrante et nous crûmes qu\u2019elle nous échapperait.Quand elle entendait dire, dans les instructions qui lui étaient données, que si elle consentait à être baptisée elle irait au ciel avec le bon Dieu et que là, il n\u2019y a ni souffrances, ni maladies, ni ennuis, etc., elle répondait qu\u2019elle ne pouvait croire cela.Les peines de l\u2019enfer pour ceux qui commettent le mal et les autres grandes vérités de notre religion étaient au-dessus de sa conception.\u2014 Quelqu\u2019un est-il allé voir si c\u2019est vrai ?répétait-elle narquoise.N\u2019ayant rien pu gagner une première fois, nous retournâmes à son chevet le lendemain.Pendant la nuit, Notre-Dame du Bon Conseil avait dissipé les ténèbres de cette âme qui voulait croire et ne le pouvait.Ses dispositions étaient changées, elle avait foi en nos instructions et demandait le baptême.Une jeune fille, Mlle Tchao Yu Lan, vient d\u2019avoir une grande joie.Pour devenir chrétienne, elle dut, il y a deux ans, abandonner la maison paternelle, car son père, apprenant sa décision, voulait la tuer.Elle souhaitait en plus entrer à l\u2019école apostolique de Szepingkai en vue de devenir un jour religieuse, mais avant d\u2019accepter les sujets à cette école préparatoire à la vie religieuse, il nous faut le consentement écrit du père.A plusieurs reprises, elle essaya d\u2019arracher ce consentement, mais en vain.Enfin, au commencement d\u2019août, sa petite sœur, qui étudie ici, se hasarda à présenter de nouveau une supplique en faveur de sa sœur.La belle-mère, la voyant arriver, lui dit avec indignation: « Que viens-tu faire encore ici?» Prise de dépit en apprenant que c\u2019était toujours pour le même sujet, elle dit au père: « Donne-lui donc ce consentement pour qu\u2019elle nous laisse tranquilles.» La jeune fille est on ne peut plus contente.Les preuves qu\u2019elle a données de l\u2019énergie de son caractère sont grandement en sa faveur.Le 10 septembre, les Sœurs qui ont pris part à la retraite annuelle de Szepingkai retournaient à leur poste au contentement des gardiennes.Étant peu nombreuses, nous ressentons davantage le vide des absentes et nous sommes aussi contentes de nous revoir après dix jours qu\u2019après une séparation d\u2019un an.Notre Sœur Marie-Médiatrice \u2018, de Paitchentze, resta quelques heures avec nous en se rendant à Szepingkai; elle arriva le soir et partit tout de suite le lendemain.Ces petits événements font agréablement diversion à notre vie quotidienne.Nous attendons avec impatience nos nouvelles compagnes qui, maintenant, sont bien près de leur terre promise; nous en parlons tous les jours; nous aimons à croire que nous en posséderons une au moins à Taonan.En arrivant au milieu de nous, elle ne tardera pas à constater que nous n\u2019avons pas oublié notre français.Nous brûlons d\u2019entendre parler de notre Maison Mère et des chers nôtres.Vos bien affectionnées en notre Immaculée Mère, Les Sœurs de Taonan 1.Marie-Aline Malouin, de Québec. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t45 Compte rendu des dispensaires de Taonan de juin 1934 à août inclusivement: Baptêmes.446 Patients.9,522 Traitements.17,361 Pansements.4,014 Dents extraites.44 Injections.\t296 Consultations.4,453 Visites à domicile.301 KOUNGTCHOULING, MANDCHOURIE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Koungtchouling Vendredi 22 juin 1934 Actuellement, est à se régler la question du mariage de notre professeur de langue chinoise, Mlle Wang.Hier soir, son père vint à la Mission et, tout de suite, la jeune fille devina le but de sa visite; c\u2019était très amusant de la voir jouer son rôle.Ici, dans une affaire de ce genre, il est reçu que l\u2019intéressée fasse la boudeuse, tourne le dos à ses interlocuteurs quand le sujet de sa future alliance vient sur le tapis; enfin il faut qu\u2019elle paraisse mécontente dans son air et toute sa contenance.M.Wang se présenta à la porte et demanda à parler à sa fille.On l\u2019appela, on insista, mais elle répondit, en feignant d\u2019être impatientée: «Que me veut-il?Il n\u2019a aucune DISPENSAIRE DE KOUNGTCHOULING, MANDCHOURIE affaire à moi et je ne veux pas lui parler.» Le père n\u2019en parut pas trop surpris, il devait s\u2019attendre à quelque chose comme cela.Il partit sans avoir pu voir sa fille.Les us et coutumes qui précèdent, accompagnent et suivent ici les mariages, enterrements et autres cérémonies sont bien étranges.Sans cesse, ils nous rappellent que nous sommes en pays païen.Lorsqu\u2019un malade touche à sa fin, on le descend de sa couche et on l\u2019étend sur le plancher pour qu\u2019il n\u2019ait pas à porter le kang sur son dos après sa mort.En route pour le cimetière, les païens placent parfois sur le cercueil un coq dont les pattes sont immobilisées par des cordes; ce volatile a mission de conduire l\u2019âme du défunt dans sa nouvelle demeure. 46 Montréal Vendredi 13 juillet LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 Nous nous rendons auprès d\u2019une personne atteinte d\u2019une maladie que l\u2019on pourrait qualifier de mal païen.Bien que nous n\u2019ayons pas dans notre pharmacie de remède contre ces dérangements, nous allons au chevet de la victime avec l\u2019espoir de lui être utile en quelque chose.C\u2019est une femme, malade à en mourir, des suites d\u2019une colère; elle a peine à se mouvoir.Le mari ayant deux femmes \u2014 celle-ci est la deuxième \u2014 la chicane assiège souvent le logis; les journées se passent en grande partie à se quereller: une petite vie d\u2019enfer, ni plus, ni moins.A la vue de ces scènes, nous nous sen- SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÊE-CONCEPTION DE KOUNGTCHOULING, MANDCHOURIE.PARTANT POUR UNE VISITE AUX MALADES tons animées d\u2019un zèle nouveau pour travailler au relèvement de ces infortunés païens par l\u2019expansion de notre sainte religion.Des pluies abondantes ont rendu les chemins impraticables.Pour les visites aux malades que nous avons à faire aujourd\u2019hui, il nous faut, à plusieurs endroits, descendre de voiture et faire le trajet à pied; nous devons même sauter des fossés.Au dispensaire, trois bébés sont ondoyés.Mercredi l®' août Jour consacré à saint Joseph.Nous attribuons à cet inlassable Pourvoyeur l\u2019arrivée au dispensaire de deux enfants bien malades.Nous disons pourvoyeur car nous pensons que, du trône où il règne, ce bon saint a grandement à cœur de pourvoir le paradis de bienheureux.Voici comment s\u2019est opérée la transformation d\u2019une de ces enfants.Au moment de nous mettre à table pour le dîner, on nous apporte une petite malade de dix ans.Un sommaire examen suffit pour nous convaincre de la gravité du mal.Comme elle peut comprendre, nous mettons à sa portée les principales vérités qu\u2019il faut croire pour être baptisé, mais peine inutile, l\u2019enfant ne veut rien entendre, pleure, se débat; il n\u2019y a rien à faire.Dans la pièce voisine, se récitent des Ave et des invocations à saint Joseph.Sur ces entrefaites, l\u2019inspiration nous vient de mettre dans la main de la petite une médaille miraculeuse de la sainte Vierge.Sitôt pensé, sitôt fait.A l\u2019instant, l\u2019enfant se Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t47 calme, écoute les instructions qui lui sont répétées et dit à plusieurs reprises: « Je crois, je crois.» Émue de reconnaissance, l\u2019une de nous verse immédiatement l\u2019eau baptismale sur le front de la mourante.Jeudi 6 septembre Depuis le commencement de la semaine, les catéchumènes arrivent à la Mission pour étudier la doctrine.On compte une quinzaine de femmes; les hommes sont moins nombreux car les travaux de la terre ne sont pas terminés.Les prémices donnent de belles espérances; nous demandons à la sainte Vierge d\u2019en faire de fervents chrétiens, tels que cette femme qui, pour gagner des compatriotes à la foi, se dévoue auprès des malades; à cette condition, elle a son entrée dans les familles, ce qui lui permet de baptiser bon nombre d\u2019enfants.Elle catéchise aussi les adultes mourants.Il y a deux semaines, elle pénétrait dans une maison où l\u2019on vend de la morphine; elle instruisit et exhorta un morphinomane, puis le baptisa.Le lendemain, ce dernier était dans son éternité.Ces jours passés, elle retourna au même endroit, catéchisa le frère de la victime et l\u2019ondoya aussi.Un petit fait qui se passa au dispensaire obligea notre Sœur infirmière de se départir de sa gravité professionnelle.Au cours de l\u2019avant-midi, deux femmes et un petit garçon arrivaient à la Mission, ce dernier avait au bras un panier rempli de bouteilles vides.Ces gens, par trop naïfs, croyaient que le docteur pourrait remplir de remèdes toutes leurs bouteilles, gratuitement bien entendu, afin qu\u2019ils n\u2019aient pas à revenir d\u2019ici à deux mois.Deux autres faits qui se passèrent un dimanche du mois dernier, et cette fois à l\u2019église, nous donnèrent quelques distractions.Une chrétienne, voulant consoler son jeune enfant qui pleurait pendant le sermon, lui fit faire le tour de l\u2019église en lui montrant les stations du chemin de la croix.Une autre lança un coussin à un des siens éloigné d\u2019elle, en le faisant passer par-dessus la tête de plusieurs assistants.Mais il faut dire que ce sont des oublis non habituels, pardonnables à des chrétiens de quelques jours.Mardi 25 septembre Cet avant-midi, un jeune enfant vient chercher au dispensaire la grâce du baptême.Sœur Marie-de-la-Sainte-Famille ' donne au bébé les noms de Marie-Ida en souvenir d\u2019une bienfaitrice canadienne.Compte rendu du dispensaire de Koungtchouling de juin 1934 à septembre inclusivement: Baptêmes.56\tPatients.3,218\tTraitements.6,987 Pansements.910\tInjections.116\tConsultations,.190 Visites à domicile.73\tVaccins.8\tDents extraites.\t6 L\u2019aumône aux missions nous fait, même de loin, coopérer aux travaux des ouvriers évangéliques et participer à leurs mérites.(Léon XIII.) 1 Marie-Rose Saint-Pierre, de Boucherville. 48 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 TSUNGMING, VICARIAT DE HAIMEN, CHINE Lettre d\u2019une Sœur Missionnaire de V Immaculée-Conception de Tsungming à sa Supérieure générale Bien-AIMÉE Mère, Tsungming, septembre 1934 Laissez-moi vous dire un mot de ma vie apostolique et des joies qu\u2019elle me procure.Je suis employée au dispensaire de la porterie.Avec ce que j\u2019ai appris à l\u2019Hôpital de Manille et les conseils de Sœur Supérieure, je puis m\u2019en tirer pas trop mal auprès des malades.Mon rêve de dix-huit ans est réalisé: soigner les pauvres, les souffrants, verser l\u2019eau sainte.Quelquefois je remplace la Sœur infirmière au dispensaire de Paochen.C\u2019est ce qui arriva le 22 août.On vint me chercher pour aller visiter une malade âgée de soixante-douze ans, à qui déjà Sœur Marie-de-Sion * avait donné des leçons de catéchisme.La Vierge qui m\u2019accompagnait résuma les leçons de doctrine déjà apprises, et je crus prudent, vu l\u2019état inquiétant de la patiente, de ne pas différer le baptême.Avec une ferveur édifiante, cette dernière répéta les actes de contrition, d\u2019amour, de foi, de confiance; de grosses larmes coulaient de ses yeux et inondaient le crucifix qu\u2019elle couvrait de ses baisers.Les idoles de la maison avaient été brûlées et le mari avait commencé à apprendre les prières avec sa femme.Après le baptême, la nouvelle chrétienne, au comble du bonheur, ne cessait de me remercier.Une journée plus belle encore fut celle du 27 août.Dans une course à dix lis de la Mission, j\u2019eus le bonheur de verser l\u2019eau sainte sur le front de trois bébés mourants et d\u2019une personne adulte.Partie à 7 heures du matin, après une pluie nocturne qui avait lavé les champs et les prés et donné une fraîcheur et un charme inaccoutumés à toute la nature, je jouis beaucoup de mon voyage.Notre brouettier, habile dans le métier, nous ménagea les soubresauts, ce qui me permit de faire quasi paisiblement ma méditation du matin et de réciter mon rosaire.Arrivée à destination, on me SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION DE TSUNGMING, CHINE, S\u2019APPRÊTANT A PARTIR POUR UNE VISITE AUX MALADES 1 Florida Ravary, de Saint-CIet, comté de Soulanges Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t49 présenta une enfant de deux ans très souffrante d\u2019entérite.Ses petites joues colorées lui donnaient la mine d\u2019un ange auquel il ne manquait que des ailes pour aller au paradis.L\u2019eau sainte les lui donna, persuadées, comme nous l\u2019étions, que bientôt la chère petite irait chanter avec les hôtes des deux le Sancius éternel.On avait vite su dans les alentours que le docteur était arrivé, aussi les malades se pressèrent-ils autour de moi, un peu comme jadis auprès de Jésus; mais lui, le Dieu tout-puissant, guérissait les infirmes, rendait la vue aux aveugles, l\u2019ouïe aux sourds, tandis que sa petite missionnaire ne faisait que soulager.Cependant, le but n\u2019était-il pas identique: sauver les âmes, procurer la gloire du Père céleste?.Parmi la foule, une petite de sept ans portée par sa mère me fut présentée.Pleine d\u2019effroi, elle n\u2019osait me regarder, mais je vis bien vite que ce petit être pâle, souffreteux, n\u2019avait pas pour longtemps de vie.Comment l\u2019approcher?.Je commençai par lui montrer mon chapelet, mon crucifix, mon anneau de profession; l\u2019enfant, émerveillée par ces objets, oublia sa peur.Je m\u2019assis avec elle sur le seuil de la porte et l\u2019on commença à jouer, ensuite on accepta de caresser Jésus en croix.on lui dit qu\u2019on l\u2019aime, qu\u2019on croit en lui.qu\u2019on veut l\u2019aller voir.enfin, sans que personne ne pût le soupçonner, l\u2019enfant fut baptisée.Je repris ensuite ma besogne, mon heureuse petite pneumonique me fixait sans cesse du regard et ce m\u2019était une consolation d\u2019y voir un reflet de la divinité.L\u2019avant-dernier malade qui demanda à se faire soigner fut un vieillard de soixante-douze ans, tuberculeux que l\u2019ange de la mort avait marqué de son sceau.Il avait peine à respirer, ses pieds étaient enflés, etc.Pas très habituée encore aux coutumes de ce pays, je lui demandai où il demeurait.Sur la réponse que c\u2019était à quelques pas, je lui dis de se rendre à son logis, que j\u2019irais lui porter le meilleur des remèdes.Mon travail dans cette maison terminé, je me rendis chez lui.J\u2019avais compté y aller seule, hélas! toute ma suite de gens s\u2019y rendit aussi.Je cherchai à parler au malade en particulier, peine perdue.tout le monde voulait savoir ce que je dirais, ce que je ferais.Mon savoir en langue chinoise ne me permettant pas encore de faire de grands détours, j\u2019annonçai au vieillard qu\u2019il était gravement atteint, que dans quelques jours sans doute il aurait quitté ce monde.Où irait-il?Voulait-il être heureux, etc., etc.La lutte s\u2019engagea dans le cœur de cet homme, mais enfin la grâce triompha.Il écouta attentivement la leçon de doctrine et consentit à baiser le crucifix, à demander pardon de ses péchés et à faire tout ce que je lui demandais.Avec lui, je me rendis près de l\u2019autel des idoles, là je ne me gênai pas de lui dire que ces bouddhas étaient de fausses divinités, qu\u2019un seul Être suprême.Dieu en trois personnes, doit être adoré, etc.Seule avec une jeune orpheline, au milieu d\u2019une quinzaine d\u2019hommes tous adorateurs des faux dieux, j\u2019aurais pu craindre quelque malveillance de leur part, mais il n\u2019en fut rien; personne ne dit mot et mon vieux protégé, après une dernière lutte, tournant victorieusement le dos aux vilains bouddhas, s\u2019inclina devant le crucifix et répéta les actes de foi, d\u2019amour, d\u2019adoration, de contrition que je lui suggérai.Après une nouvelle profession de foi en nos saints mystères, je crus que je pouvais l\u2019ondoyer, n\u2019ayant pas l\u2019espoir de le revoir aveint que la mort ait frappé son coup. 50 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935 Je m\u2019apprêtais à partir et à remonter en brouette, quand un homme arriva en courant, portant dans ses bras une toute petite fille de trois ans qu\u2019il me présenta.Rachitique de naissance, atteinte elle aussi d\u2019entérite, elle ne pouvait recevoir de remède plus efficace que le saint baptême.Ma joie fut grande en versant ainsi, pour la quatrième fois, l\u2019eau baptismale et grande fut aussi ma reconnaissance envers notre bon Dieu qui, dans sa grande miséricorde, s\u2019était servi de son infime créature pour procurer le ciel à ces âmes.Toutes mes tournées apostoliques ne sont pas aussi consolantes.ce serait trop beau pour la terre! Avant-hier, j\u2019allai, toujours en brouette, à 24 lis, 48 aller et retour, ce qui représente 16 milles, au gros soleil avec un brouettier qui me faisait sauter presque comme une balle, et je revins le soir sans aucun fruit spirituel.Hier, j\u2019allai au poste de mon saint patron, saint Jean l\u2019Évangéliste.Je m\u2019attendais à quelque borme pêche, hélas! je fus traitée comme le Père céleste en use parfois avec ses amis.Je fus prise par un gros orage, le brouettier voulut me faire passer par un chemin de raccourci et ne réussit qu\u2019à me faire mouiller davantage.En maints endroits, je dus marcher dans la vase par-dessus mon soulier, faute de ponts pour passer les canaux; et les lou deu (longues herbes) qui se rejoignaient des deux côtés du sentier semblaient m\u2019asperger à plaisir de toute la pluie dont elles étaient chargées.J\u2019avais petite mine à mon arrivée à la Mission.et avec cela, pas un baptême! L\u2019on s\u2019amusa de mon aventure, ce qui nous valut un bon petit bout de récréation.Votre bien reconnaissante et joyeuse enfant.Sœur Saint-Jean-de-l\u2019Eucharistie, M.I.C.^ TSUNGMING, CHINE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Tsungming Samedi 26 mai 1934 Les aînées de l\u2019orphelinat sont à la joie: elles préparent des décorations pour enjoliver le corridor où demain devra passer la procession de la sainte Vierge.Elles se servent de petits échantillons que leur a donnés Sœur Supérieure et c\u2019est à qui choisirait les plus voyants.« Quand Seng Mo (la sainte Vierge) était petite, sainte Anne l\u2019habillait en rouge, dit une bambine.\u2014 Non, en jaune, réplique une autre.\u2014Momo (ma Sœur), tu sais ça toi, interpelle une troisième, de quelle couleur était la robe de la sainte Vierge ?\u2014 Je crois qu\u2019elle devait être blanche, car elle était bien pure et bien soigneuse la très sainte Vierge.\u2014 Elle n\u2019était pas comme moi, ajoute Ya Tsen, je suis toujours barbouillée; seulement, je sais que mon âme ressemble un peu à celle de la sainte Vierge, elle n\u2019a pas péché.» 1 Jeanne Moquin, de Eastman. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935\t51 ORPHELINES ÉLEVÉES A LA CRÈCHE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION DE TSUNGMING, CHINE, LE JOUR DE LEUR PREMIÈRE COMMUNION Lundi 28 mai Ce matin, commencent à venir à la messe nos benjamines de l\u2019orphelinat qui se préparent à faire leur première communion, laquelle aura lieu le 24 juin.Quelques-unes, malgré leur quatre ans accomplis, se tiennent à peine sur leurs faibles jambes, cependant, pas une ne paraît endormie.Leurs yeux sont grands ouverts et rien ne leur échappe devant elles, et il en serait de même derrière elles, si une main douce et ferme ne retournait de temps à autre les petites têtes vers l\u2019autel.Elles sont intéressantes nos benjamines: Vou Yin a beaucoup d\u2019ordre et est très sage; tout est parfait autour d\u2019elle.« Va-t\u2019en, dit-elle à une de ses compagnes, ne te souviens-tu pas que Momo disait hier soir que si le petit Jésus entrait dans notre classe, il aurait bien du chagrin de voir comme nous sommes traîneuses.J\u2019ai mis de l\u2019ordre autour de moi pour que Jésus soit content, ne viens pas mettre le désordre.» Une enfant de trois ans donne une leçon de catéchisme à sa voisine: « T sou Boo teh lai?Fais au nom du Père.» La petite ne voulant pas, le jeune professeur se tourne vers la statue de la sainte Vierge et, la lui montrant avec son poing: « Pas contente, Seng Mo.» La leçon n\u2019étant pas suffisante, elle se tourne vers la Sœur gardienne et lui crie: « Regarde, Momo, regarde, bébé ne veut pas obéir.» Samedi 2 juin Notre maison s\u2019enrichit d\u2019une aveugle de seize ans, orpheline de mère.« J\u2019ai appris, nous dit-elle, qu\u2019il y avait ici des Momos bien bonnes qui aiment beaucoup les malheureux.Je puis travailler un peu pour gagner mon riz, je travaille mal parce que je ne vois pas, mais j\u2019ai du cœur.» La pauvre enfant montre, en effet, beaucoup de bonne volonté et cherche à aider autant que possible malgré son infirmité: un trésor de plus pour l\u2019orphelinat! 52 Montréal Mardi 5 juin LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1935 Sœur Marie-de-Sion ^ revient du dispensaire de Paochen avec un bébé de trois mois qui, tout le long de la route, a crié à fendre l\u2019âme.Appelée ce matin auprès de la mère qu\u2019elle a trouvée mourante de la tuberculose, notre Sœur lui a prodigué tous les soins qu\u2019elle a pu, mais elle lui a donné surtout le remède par excellence.Poiu conquérir cette jeune femme, dont la vie comptait plus d\u2019heures sombres que d\u2019heures joyeuses, ce fut relativement facile, comme il l\u2019est presque toujours pour les pauvres.Elle consentit au baptême et, comme preuve de sa bdhne volonté, elle donna son enfant de trois mois à la Mission afin que lui aussi fût baptisé.Tout à côté de cette pauvresse, devenue bienheureuse par la réception du saint baptême, se trouvait une autre femme atteinte elle aussi de tuberculose, mais celle-ci est riche et le chemin de son cœur est difficile à trouver.Elle n\u2019a pas consenti au baptême et n\u2019y consentira, a-t-elle dit, que lorsqu\u2019elle sera certaine de mourir.Malheureuse femme, crains Jésus qui passe et ne revient pas!.Mercredi 6 juin Veille de la fête du Sacré-Cœur de Jésus.Cet après-midi ont lieu les confessions pour tout notre personnel.Nos dix futures communiantes vont aussi à la chapelle pour voir comment cela se fait.Quand le Père a fini de confesser les grandes, il appelle les petites, à qui il a fait passer un examen de catéchisme hier.Elles se haussent sur la pointe des pieds pour atteindre la grille et jettent leur accusation avec la rondeur et la simplicité de l\u2019enfance, accusations qu\u2019elles ont préparées avec leur Sœur Directrice: \u2014 J\u2019ai volé im fruit.J\u2019ai désobéi.J\u2019ai battu Fifi.L\u2019une, bon général en herbe, dit très haut: Je les ai toutes battues bien des fois.Revenue à la maison, la Sœur trouve une petite tout en larmes: « Qu\u2019as-tu à pleurer?\u2014 Je voudrais aller à confesse, je ne t\u2019ai pas obéi, hier; tu m\u2019as dit: Fais cela, et moi dans mon cœur j\u2019ai dit; Je ne le ferai pas, et je ne l\u2019ai pas fait.» Samedi 9 juin Sœur Marie-de-Sion revient de Paochen heureuse et triste à la fois.Les deux femmes tuberculeuses qu\u2019elle visitait depuis quelques jours sont décédées, l\u2019une en pressant sa médaille miraculeuse et l\u2019autre en faisant des superstitions.Oh! mystère insondable, l\u2019une accepte la grâce, l\u2019autre la refuse.N\u2019est-ce pas l\u2019histoire des deux larrons qui se renouvelle tous les jours ?Appelée en hâte auprès d\u2019une autre mourante, notre Sœur repart à l\u2019instant et a la joie de verser de nouveau l\u2019eau régénératrice.La pauvre moribonde est venue plus d\u2019une fois au dispensaire où elle a entendu parler de notre sainte religion, aussi soupire-t-elle après le baptême qui doit la rendre heureuse en l\u2019autre vie et la faire enfant du Dieu si bon et si miséricordieux que, à son regret, elle a connu si tard.A quelque distance de là, on prie le docteur, au retour, d\u2019arrêter voir une malade, mais à la condition expresse que pas un mot de religion ne soit proféré devant elle.C\u2019est dur à accepter mais qui sait sous combien de voiles se cache parfois l\u2019infinie et 1.Florida Ravary» de Saint-Clet, comté de Soulanges. Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier*Février 1935\t53 miséricordieuse Providence! L\u2019invitation acceptée, on entre.Un bouddha installé au milieu de la chambre semble dire: C\u2019est moi qui suis roi ici.Quatre chandelles rouges brûlent à ses côtés.Notre Soeur ne peut s\u2019empêcher de lui en vouloir et cherche à lui rendre le change.Par d\u2019habiles manœuvres, elle place sa valise de remèdes sur la même table que le bouddha et petit à petit pousse les chandelles de plus en plus près du vilain, si bien que la barbe et les cheveux finissent par être en danger.Dans un dernier effort, elle va près du lit de la malade mais non sans avoir donné une dernière poussée aux chandelles.Tout le monde, occupé de ce qu\u2019elle dit, ne s\u2019aperçoit pas que le feu a saisi le bouddha.Ce n\u2019est que lorsqu\u2019il est tout en feu que la panique s\u2019empare des occupants de la pièce.Et notre Sœur, sous cape, se félicite d\u2019avoir joué ce tour au diable.En cette même course, passant près de la rivière, un barquier invite notre heureuse infirmière à soigner un de ses enfants.Pour se rendre à sa demeure: une barque qui porte le fumier à Shanghaï, il faut passer sur des planches qui se balancent sur la rivière, traverser trois autres barques; enfin, on trouve le pauvre petit moribond couché sur un paquet de guenilles.Sa mère à quelques pas de là fait cuire le riz sur un poêle chinois.Le parfum de la charge prête à partir rend encore le séjour de la barque plus pitoyable.L\u2019enfant, âgé de huit ans, est inconscient.L\u2019eau sainte est versée sur son front, car bientôt il échangera son misérable gîte pour les splendeurs éternelles.Lundi 11 juin Nous sommes appelées à visiter la deuxième femme d\u2019un Chinois païen qui se meurt.Elle raconte avec un peu de honte qu\u2019elle vient de Nankin, qu\u2019elle a été vendue à un batelier de l\u2019endroit qui l\u2019a revendue à un homme de Shanghaï, et ce dernier, une troisième fois, l\u2019a vendue à un Tsungmingnien pour lui servir de deuxième femme.Elle habite une maison de paille tandis que la première femme habite une maison de pierre.L\u2019ange de la mort l\u2019a aussi marquée de son sceau.Elle a beaucoup souffert, aussi son cœur s\u2019ouvre facilement aux consolations de la foi.Tous les deux jours, une Sœur ira continuer l\u2019œuvre commencée jusqu\u2019au jour où l\u2019eau baptismale sera versée sur le front de l\u2019infortunée esclave pour en faire, par la miséricorde infinie de Dieu, une élue du paradis.Vendredi 22 juin Hier soir, le R.P.Côté nous demanda d\u2019héberger une de ses paroissiennes devant contracter mariage avec un de ses professeurs chinois.Ce matin, notre Sœur portière trouve, en ouvrant la porte, la mère de la mariée qui lui apporte ses bijoux.On va chercher la jeune fille.A son arrivée, elle enlève une grande tunique qui la couvre toute et paraît avec son costume de mariée: jupe chinoise en soie noire, corsage de soie moirée bleue, portant comme garniture une rosace de soie rose.En vraie Chinoise qui sait faire les choses, le jour de son mariage, elle se montre maussade, fait toutes sortes de scènes à sa mère et finalement va se cacher dans un coin.Après la cérémonie du mariage, on revient à la Mission.La mariée déjeune seule, le mari attend à la porte, ayant sous le bras un panier contenant sans (90 «O', \u2019/VV\\A^ IC/ ^/OyQMA^ Q\\aa'/>)am6 [ x) W/- \u2018rtO u\u201cl lA I N >>S ü .C w Pj 9 b (A V -§ O Q O, O oc flT 3 C i> > < f ACINE \u201c CCGAL** AUolumentJa meilleure THE ST.LAWRENCE FLOUR MILLS CO.LTD. FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » T H Sü s 5 I bO g I « S2 R -S O V v> S 0+3 ü 5 ® ^ s .ÿ\u2014 iS ® C O K ^ H-S 2 § 5 y \".a J \u201d O.\" 3^2 II h'ysf ¦§S' 3 ^ (A î5 ïî Z O çk ajs-s i I s *Ç} ^ » O P » \u2022a S3 \u20182 .R » O 0 S'5; A O 3^ V t,ta fi 0®5 M û3^ ^ : *^-Si\t! \u2019^:: «O.: ûnî; 00 ¦S\t® 5 Ï-S\tw ï \u2022c 2\tO' a =>\tS\t*¦ « -2\t>\tI\t^ ^r2 'V O » O ü H Z O Oh O E 5\tU :2 § 6\tCO « S » ü +1 (U X U 0 0 PQ O O ON H Z O h O Q hp « H Afin d\u2019assurer la sècirritè de vos envois d\u2019argent Quand vous envoyez de l\u2019argent n\u2019importe où au Canada, rappelez-vous qu\u2019un moyen sûr, commode et peu coûteux c\u2019est le mandat de la Banque Provinciale du Canada.Ces mandats offrent les avantages suivants: 1° Encaissables sans frais à n\u2019importe quel bureau de banque à charte au Canda; 2° Emis à un coût minime; 3° Facilement remboursables si vous les égarez.Utilisez le mandat de la Banque Provinciale du Canada pour vos envois d'argent émis jusqu'à $100 inclusivement.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA S.-J.-B.ROLLAND Président CH.-A.ROY Cirant général CIERGES Toutes les grandeurs CHANDELLES Toutes les qualités LAMPIONS Tous les formats Notre existence progressive de plus de trente-cinq années, constitue un témoignage irréfutable de la qualité de nos produits et de l\u2019excellence de notre service.Maison fondée en 1896 f.BAÎLLÔRGEDNlîMÎTÊÉ SAINT-CONSTANT Co.Laprairie, - Que.Lancaster 7336 \u2014 MONTREAL \u2014 17, rue Notre-Dame Est 271 Lancaster 7070 m MONTREAL CARRIÈRE & SÉNÉGAL Lancaster 7070 LIMITÉE OptométristeS'Opticiens à l*Hôtel-Dieu 271, RUE STE-CATHERINE EST MONTREAL LIBRAIRES PAPETIERS IMPORTATEURS GRANGER FRÈRSS 54, Notre-Dame Ouest MONTRÉAL TÉu.Lancaster 2171 r EN CHINE CANTON, Asile de la Sainte-Enfance, Boîte postale 93 (Fondée en 1909) Ecole de catéchistes.Catéchuménat.École pour élèves chrétiennes et païennes.Orphelinat.Crèche.Ouvroirs.SHEEl LUNCj, près Canton (Fondée en 1913)\tLéproserie.HONG KONG, 6, Amai Villa, Kowloon (Fondée en 1927) Procure et École.TSUNGMING, Mission Catholique, Pao Chen, Kiangsu Orphelinat, Crèche et École.\t(Fondée en 1928) Noviciat indigène « Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus ».SÜCHOW, Mission Catholique (Fondée en 1934) Formation de vierges indigènes.EN MANDCHOURIE, VIA JAPON LEAOYUANSIEN, Mission Catholique (Fondée en 1927) Dispensaire.PAMIENTCHENG, Mission Catholique (Fondée en 1929) Dispensaire.Orphelinat.École.FAKOU, Mission Catholique (Fondée en 1930)\tDispensaire.École.TAONAN, Mission Catholique (Fondée en 1931)\tDispensaire.École.SZEPINGKAI, Mission Catholique (Fondée en 1931) Dispensaire.Noviciat indigène « Notre-Dame-du-Saint-Rosaire ».TUNGLEAO, Mission Catholique (Fondée en 1932) Dispensaire.École.PAITCHENGTZE, Mission Catholique (Fondée en 1933) Dispensaire.KOUNGTCHOULING, Mission Catholique (Fondée en 1933) Dispensaire.AU JAPON KORIYAMA, 96, Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken Jardin de l\u2019Enfance.\t(Fondée en 1930) WAKAMATSU (Fondée en 1933)\tJardin de l\u2019Enfance.AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, 286, Blumentritt (Fondée en 1921) Hôpital général chinois.École de gardes-malades.Patronage « Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus ».EN ITALIE ROME, 20, via Acquedotto Paolo, Monte Mario Procure pour les missions.(Fondée en 1926) Bienfaiteurs de la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 1.\t\u2014 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, pourvoient à l\u2019entretien d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t\u2014 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses œuvres.Avantages accordés aux bienfaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants: 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses; 2° Une messe chaque mois à leurs intentions; 3° Tous les vendredis et dimanches de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs (les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition); 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consiste dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupes de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire; '5° Un service est célébré, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts; 6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses; 7° Chaque semaine, dans la chapelle du Noviciat des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, deux messes sont célébrées spécialement pour les abonnés au Précurseur et les bienfaiteurs vivants et défunts.MERIE OU MESSAGER, MONTR^AI.^11 "]
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