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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mars - Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1940-03, Collections de BAnQ.

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[" rsy£^ Montreal, Mars-Avril 1940 No 8 Vol.X.21® annee a____ Œuvres des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 2900, chemin Ste-Catherine, Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), comté de Laval OUTREMONT, P.Q., 314, chemin Sainte-Catherine Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 100, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroirs pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 35, rue Dufferin (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames ej jeunes filles.Patronage pour jeunes filles.Cercles de couture pour les missions.Ecole.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Cercle de couture pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.{A suivre à la page 3 de la couverture) Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÉE-CONCEPTION Ont un atelier d\u2019orne-ments d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Sainte-Catherine, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Encourager notre atelier.» En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la Sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation, ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. Prix dohnés sdr demande B 1^ Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 Encourager notre atelier c\u2019est venir en aide à nos missions Chasuble, damassée, galon de soie .\t$ » moire antique avec beau sujet .» moire antique, riche broderie d\u2019or » en velours, galon et sujets dorés .» drap d\u2019or fin, sans ou avec une très riche broderie d\u2019or à la main Voile huméral Chape, damas, galon de soie et doré » moire antique, avec riche broderie d\u2019or.» drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie d\u2019or en relief à la main Aube, avec dentelle guipure Surplis en toile avec dentelle Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge Voile de tabernacle.Voile de ciboire .Signet pour bréviaires, peint Collier pour « Ligue du Sacré-Cœur » Grande variété de bannières et de dais confectionnés à notre atelier.Drapeaux en soie, brodés et peints à la main Hampe en chêne.Lance et raccord cuivre verni or.Frange or mi-fin au bout flottant.Description et prix donnés sur demande.17.00\tet\t$ 25.00 25.00\t»\t35.00 75.00\t»\t100.00 35.00\t»\t40.00 50.00\t»\t90.00 7.00\t»\tplus 30.00\t»\t50.00 70.00\t»\t90.00 100.00\t»\t150.00 8.00\t»\tplus 5.00\t»\t» 5.00\t»\t» 5.00\t»\t» 4.00\t»\t» 1.00\t»\t» 8.00\t»\t» ENFANTS-JÉSUS EN CIRE Longueur 5 pouces 7\t» 9\t» 12 » Lingerie d\u2019autel $ 2.50 4.00 7.00 14.00 Longueur 14 pouces 17\t» 22 » Amicts Amicts, toile 2\" qualité Corporaux Manuterges Purificatoires Pales .Nappes d\u2019autel.$16.00 25.00 35.00 $12.00 la douz.10.80 » » 8.50\t» » 4.50\t»\t» 5.00\t» » 4.00\t» » 6.00\tchacune Nous fournissons les hosties aux prix suivants; Petites .\t.\t.\t$1.20 le mille Grandes .\t.\t0.40 » cent w Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 MOYENS PRATIQUES d\u2019aider les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conceplion En contribuant par des aumônes à : Chapelle de la Maison Mère.Construction de chapelles en pays de missions.Entretien annuel de la lampe du sanctuaire dans nos maisons du Canada et en pays de missions.$\t25.00 Fondation d\u2019une bourse pour le soutien d\u2019une Sœur missionnaire.1,000.00 Entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste .50.00 Entretien et instruction annuels d\u2019une orpheline.\t40.00 Fondation d\u2019un berceau à perpétuité.200.00 Soins annuels d\u2019un lépreux ou d\u2019une lépreuse.60.00 Entretien mensuel d\u2019un berceau.5.00 Rachat d\u2019un bébé viable.5.00 Rachat d\u2019un bébé moribond.0.25 Entretien mensuel d\u2019une Sœur missionnaire.10.00 Entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions.10.00 S\u2019abonner au Précurseur.1.00 ABONNEMENT AU « PRECURSEUR » La revue Le Précurseur paraît tous les deux mois L\u2019abonnement, payable d\u2019avance, est de $1.00 par année Adresse: 2900, Chemin Sainte-Catherine, Côte-des-Neiges, Montréal, Canada Abonnement à vie: $20.00 AVIS.\u2014 Nos abonnés qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du Précurseur leur nouvelle adresse avec l\u2019ancienne, ou mieux encore renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée. Notice de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de rimmacuIée-Conception {Premier Institut missionnaire canadien) Origine.\u2014 Cet Institut, destiné aux missions étrangères, fondé par la très révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit (Marie-Délia Tétreault, de Marieville, comté de Rouville), débuta le 3 juin 1902, à Notre-Dame-des-Neiges, Montréal, sous le bienveillant patronage de Son Excellence Mgr Paul Bruchési et sous la direction de l\u2019abbé Gustave Bourassa.Le 1\" mai 1903, la Communauté naissante se transporta au numéro 27, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Le 7 décembre 1904, Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, se trouvant à Rome pour prendre part aux fêtes du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, soumettait à Sa Sainteté Pie X l\u2019œuvre projetée.« Fondez, Monseigneur, lui dit alors l\u2019auguste Pontife, et toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut, auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception.» Le 8 août 1905, anniversaire de sa consécration épiscopale.Son Excellence Mgr Bruchési recevait les vœux des deux premières religieuses et donnait le saint Habit à trois postulantes.En 1909, sur l\u2019appel de Son Excellence Mgr Mérel, vicaire apostolique du Kouang-Tong, la Société ouvrait à Canton, Chine, sa première maison.En 1913, la Mission catholique lui confiait l\u2019importante Léproserie de Shek Lung, et en 1916 le gouvernement chinois lui donnait la direction d\u2019une nouvelle Crèche à Tong-Shan, près Canton \\ But de la Société.\u2014 Le but de la Société des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception est la propagation de la foi chez les nations infidèles, en esprit d\u2019action de grâces.En conséquence, chaque sujet, par l\u2019émission des vœux dans la Société, voue à Dieu ses forces et sa vie à 1 extension du règne de Jésus-Christ et de son Immaculée Mère,^ comme un holocauste de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes.Esprit de la Société.\u2014 Les vertus qui doivent caractériser les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, sont: la reconnaissance, 1 humilité, l\u2019obéissance, la charité, la joie spirituelle, l\u2019amour du travail et de la vie cachée, l\u2019esprit de foi et de prière, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.Œuvres en pays infidèles.\u2014 L\u2019exercice de toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle: instruction des enfants indigenes, des catéchumènes et des néophytes; formation de religieuses indigènes et de vierges catéchistes, assistance des mourants païens et chrétiens; crèches, orphelinats, écoles de gardes-malades, écoles industrielles, ouvroirs, dispensaires, léproseries, etc.Œuvres en pays chrétiens.\u2014 Diffusion des Œuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, ainsi que des revues faisant connaître les missions.\\.Voir adresses des atilres Missions sur la couverture Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 Création d\u2019écoles apostoliques ou maisons de recrutement.Procures où l\u2019on reçoit les dons en argent et en nature pour les missions.Ecoles pour les enfants des nations idolâtres résidant au pays; direction de cours spéciaux pour les adultes païens; instruction religieuse des catéchumènes et assistance des mourants chinois, nègres, etc.Ligues de prières et de sacrifices pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses.Retraites fermées pour les dames et les jeunes filles.Exercices spirituels.\u2014 Persuadées que la piété est l\u2019aliment de la charité et du zèle, et qu\u2019elle est indispensable aux œuvres qui leur sont propres, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception joignent la vie contemplative à la vie active.Elles vaquent aux exercices suivants: Audition de la sainte messe.Oraison matin et soir.Lectures spirituelles.Récitation du rosaire en commun.Chemin de la croix en commun.Retraites mensuelles et annuelles.Heures d\u2019adoration devant le Saint Sacrement exposé; chaque dimanche et vendredi de l\u2019année et à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, le Saint Sacrement est exposé toute la j(^rnée.Il est aussi exposé tous les jours de l\u2019année dans les lieux où 1 Ordinaire du diocèse le désire.Fêtes principales.\u2014 La Pentecôte et l\u2019immaculée Conception.Conditions d'admission au Noviciat.\u2014 La première des qualités exigées des aspirantes au Noviciat est un ardent désir de se dévouer à l\u2019Œuvre des Missions.Elles doivent y ajouter certaines qualités naturelles: jugement sain, droiture, simplicité, générosité et force de caractère.L\u2019Institut ne comptant qu\u2019une seule catégorie de religieuses, toutes, par des aptitudes spéciales, doivent être en condition de se rendre utiles.Les jeunes personnes qui n\u2019ont pas fait des études complètes sont admises pourvu qu\u2019elles aient une instruction au moins élémentaire et qu\u2019elles possèdent d\u2019autres aptitudes, telles que: science du ménage, de la cuisine, de la couture, etc., ou encore qu\u2019elles aient des connaissances de la musique ou de la peinture.Les aspirantes sont aussi tenues de produire les certificats suivants: extraits de baptême et de confirmation, billet de recommandation de leur curé ou de leur confesseur, certificat de santé du médecin et consentement écrit des parents si le sujet est mineur.La durée du postulat est de six mois, celle du noviciat de deux ans.Pendant le Noviciat, les novices étudient la vie religieuse, s\u2019exercent à la pratique des vertus, s\u2019imprègnent de l\u2019esprit de l\u2019Institut, en apprennent les règles et usages et se préparent de loin à la vie apostolique à laquelle elles se destinent.La durée des vœux annuels est de trois ans.Pendant les vœux annuels, les jeunes professes se préparent plus directement à la vie de missions.A l\u2019expiration des trois années des vœux annuels, la professe se consacre irrévocablement à Dieu par l\u2019émission des vœux perpétuels.* * * Le 1\" mars 1925, l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception recevait de Sa Sainteté Pie XI un Bref de louange et l\u2019approbation de ses Constitutions, et le 7 mars 1933, l\u2019Institut recevait du Saint-Siège son approbation définitive ainsi que celle de ses Constitutions.Le 14 mai 1933, l\u2019éminentissime cardinal Pierre Fumasoni-Biondi, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, fut nommé protecteur de Institut, en remplacement de S.Em.le cardinal G.Van Rossum, décédé le 30 qoùt 1932, i ô NOTRE MÈRE.PROTÉGEZ TOUS NOS BIENFAITEURS » Bulletin des â>oeur£( iHisiëionnaireg ïie r31mmacuIce=Conception Publié avec l\u2019autorisation de Monseigneur l'Archevêque de Montréal Vol.X.21\u201c année Montréal, Mars-Avril 1940 No 8 SOMMAIRE TEXTE Révélez-vous.Grandeurs de saint Joseph Hommages et vœux .Sauvé du naufrage Encyclique « Summi Pontificatus » Bénédiction d\u2019une Maison de Retraites La paisible nacelle.Le bienheureux Théophane Vénard .Une amitié spirituelle .\t.Le prix de la Croix.Pour la basilique de Sainte-Thérèse-de-1 Échos de nos Missions .\t.Extraits des Chroniques du Noviciat .La Page des Enfants .Jésus au milieu des docteurs.Reconnaissance \u2014 Recommandations - .Le Précurseur Abbé Perdrau Le Précurseur Fermées La Rédaction Le Précurseur Chanoine F.Trochu Paul Deslombes, Miss.ap.La Rédaction \u2019Enfant-Jésus Abbé Perdrau Nécrologie.GRAVURES Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs.(hors-texte) Le Père nourricier de Jésus.¦ 450 Son Excellence Monseigneur C.Lamarche.Petits enfants chinois de Süchow, Chine.A la porte du dispensaire de Süchow.Marchand ambulant de patates sucrées.Leçon de chant aux élèves de l\u2019école de Paitchengtze, Manchoukouo Une promenade champêtre à Paitchengtze.Elèves de l\u2019école du dimanche chez les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, Koriyama.Japon.Jardin fleuri du Japon.Sur la rue à Koriyama.Nouvelle baptisée au refuge des vieillards orientaux, Vancouver Salle d\u2019attente du dispensaire de l\u2019Hôpital oriental de Vancouver .Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception de Vancouver.Quand tombe la nuit.\t.\t\u2022\t\u2022 Le divin Ami\t.\t\u2022 \u2022 \u2022\t.Modèle de la jeunesse.\t.\t.456 473 475 476 479 480 483 485 487 488 490 496 506 507 509 Quand il vous parlait.3^él3éle?=üouS Saint Joseph, digne Époux de la Vierge très pure, Vous en qui le mérite a grandi sans mesure.Père adoptif du Verbe incarné parmi nous.Vous avez autrefois, loin des yeux de ce monde.Recueilli la vertu, la science profonde.Maintenant, de là-haut, grand Saint, révélez-vous.Parlez-nous des clartés que le ciel, en votre âme.Répandait nuit et four; dites-nous quelle flamme.En votre cœur pieux, le Seigneur allumait Quand longtemps à l\u2019avance, ô faveur enviable.Son regard vous suivait et sa main adorable.Au plus grand des desseins, sans bruit, vous préparait Chaste Saint, dites-nous : en votre âme bénie, Qu'avez-vous ressenti quand la Vierge Marie, Ce merveilleux joyau de beauté, de candeur.Cette pleine de grâce au Seigneur consacrée.Fut offerte à vos soins et vous fut fiancée.Pour voiler aux regards sa virginale fleur ?Dites-nous vos douleurs, toutes vos allégresses, Kos travaux, vos revers, vos amours, vos tendresses, Révélez-nous, bon Saint, votre cœur paternel.Mais surtout parlez-nous de la joie ineffable Qui ravit tout votre être en la nuit mémorable Qui vous vit accueillir le doux Emmanuel.Heureux Saint, dites-nous vos extases joyeuses.Vos transports amoureux, vos clartés radieuses.Quand le céleste Enfant en vos bras reposait; Quand ses yeux, purs foyers d'éternelle lumière.Captivaient vos regards; quand bientôt vers sa mère Il faisait quelques pas et quand.il vous parlait.Dites-nous, noble Saint, quelles suaves choses Cet Enfant, qui créa les parfums et les roses.Vous dévoilait parfois en ses doux entretiens.Dites-nous le bonheur de la vie en famille.Où fleurit l'amour pur, où la paix règne et brille.Où l'on tend chaque jour au gain des seuls vrais biens.Parlez-nous des vertus de l'auguste Madone, Si modeste et si douce, et si tendre et si bonne.Dont les exemples saints soutenaient votre ardeur.O Joseph, parlez-nous de votre humble demeure.Paradis de la terre, où le Père à toute heure Contemplait son cher Fils, fait homme et rédempteur.Parlez-nous de l'instant où votre âme ravie S'endormit au Seigneur, dans les bras de Marie Et sur le Cœur divin de Jésus, humble et doux; Montrez-nous votre gloire en la cour immortelle.Votre haute puissance et bonté paternelle.Digne Saint, à nos cœurs, des deux révélez-vous ! Le Précurseur. (êranbeurô be ôaint 3oôtpi) ES^anges chantent et adorent au ciel le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.C\u2019est le nom de la sainte Trinité, le mystère du Paradis.Les enfants de l\u2019Église chantent sur la terre les noms de Jésus, de Marie, de Joseph; ils leur rappellent le mystère de l\u2019Incarnation, la joie et l\u2019espérance du monde.Ce bienheureux mystère a été confié pendant trente ans à Jésus, Marie, Joseph; et quand il a été divulgué à la terre, ces trois noms sont demeurés, au firmament de l\u2019Église, comme trois étoiles brillantes, qui le désignent aux fidèles.Quel est ce Joseph, à qui est échu cet honneur suprême de former avec Jésus et Marie une trinité terrestre ?Quels titres l\u2019ont rendu digne d\u2019une telle grâce?Deux mots suffisent pour le dire: il a été l\u2019époux de Marie et le père nourricier de Jésus.C\u2019est toute sa vocation; et parce qu\u2019il l\u2019a remplie en perfection, les siècles chrétiens ne cesseront jamais d\u2019associer son nom au nom du Sauveur et à celui de sa mère.Joseph était de la famille de David: il en descendait en droite ligne.Ses ancêtres, depuis longtemps, étaient tombés dans la pauvreté: il travaillait pour vivre; il était charpentier de son état.Mais, ce qui l\u2019éloignait des grandeurs de la terre, le désignait aux préférences de Dieu.Fils de David, il recueillait les promesses d\u2019Israël; pauvre, il avait avec le Messie une ressemblance particulière: cet ouvrier royal était tout préparé à entrer dans le mystère de celui qui venait s\u2019anéantir, en prenant la forme de l\u2019esclave; comme Jésus, il était tout à la fois d\u2019une origine illustre et d\u2019une condition très humble.Dieu l\u2019avait prévenu par des bénédictions multipliées.Dès sa première enfance, il avait été préparé au ministère auguste qu\u2019il devait remplir.La Très Sainte Vierge, au sortir du Temple, était digne par sa vertu de devenir la mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ.La grâce qu\u2019avait reçue Joseph, bien que fort inférieure à celle de Marie, lui était semblable et, on peut le dire, de la même famille.Joseph, lui aussi, avait été entièrement fidèle: il était devenu très saint.Le jour où Jésus et Marie lui furent confiés, il était digne de devenir l\u2019époux de la Vierge, le père adoptif de Jésus.Sans cela.Dieu ft\u2019eût pas mis en ses mains la personne de la Très Sainte Vierge, qui était la créature la plus parfaite de la terre.Joseph n\u2019aurait pu comprendre les pensées de cette Sainte Vierge; entrer dans ses vues, les approuver, en faire tout aussitôt la lumière et la forme de sa vie.Du moment où il fut présenté à Marie, à titre de fiancé, il se trouva capable de recevoir le secret qu\u2019elle avait à lui confier.Dès lors il reconnut, dans le vœu de virginité perpétuelle que Marie avait fait, une volonté de Dieu, qui devait l\u2019atteindre lui-même et qui lui demandait d\u2019imiter la vertu de celle qui se remettait en ses mains.Pour s\u2019élever à une résolution si haute, pour s\u2019y maintenir, il fallait que sa foi fût très forte, son amour de Dieu entier. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 4 53 sa pureté intègre, ses habitudes chastes et mortifiées.La délicatesse de ses sentiments, sa discrétion, son abnégation, son humilité, tout en lui devait être au niveau du sacrifice que Dieu lui imposait.Et cependant Dieu lui demandait plus encore.Avec Marie, la Vierge Immaculée, c\u2019était la personne de Jésus, le Verbe incarné, qui allait lui être confiée.Dès que le Fils de Dieu se faisait homme, il se soumettait à toutes les dépendances de notre nature; il avait besoin, au jour de sa naissance, de trouver près de son berceau sa mère, pour le vêtir et le nourrir; un père, pour le recueillir, le défendre, l\u2019élever.Sans doute le Père céleste était et demeurait son Père unique et véritable ; mais quant à ces soins subséquents et indispensables que demande tout enfant venant en ce monde, le Père céleste devait s\u2019en remettre à un autre, puisqu\u2019il ne serait plus là, au moins d\u2019une manière visible, pour protéger son Fils.Dieu avait à choisir, parmi les hommes, celui qui pouvait mieux le remplacer.Figurez-vous un roi qui n\u2019a qu\u2019un héritier, l\u2019espérance de l\u2019État.Voilà qu\u2019il est obligé de s\u2019éloigner pour une expédition lointaine: à qui va-t-il confier son fils ?Il cherche parmi tous les grands seigneurs de sa cour un homme qui s\u2019impose par son mérite, sa sagesse, sa valeur, son amour du roi et du pays.Enfin il l\u2019a trouvé: il le nomme gouverneur du jeune prince; il le remet en ses mains et il part.Ainsi fait Dieu avec Joseph.Il a regardé la terre; il a pesé le mérite de chacun des hommes; aucun n\u2019est plus capable de veiller sur son Fils que le saint patriarche.Il le lui confie et, avec lui, le secret de sa naissance.Ce secret ne doit être révélé à la terre que plus tard.Joseph gardera le mot du mystère.Pour y mieux réussir, il adoptera Jésus à la façon des hommes qui n\u2019ont pas d\u2019enfants.De la sorte, la curiosité publique sera satisfaite: Jésus sera pris pour un homme ordinaire, ayant sur terre son père et sa mère.Les voiles du mariage sauveront le secret de Dieu, jusqu\u2019à ce qu\u2019il éclate.Quelle mission pour Joseph! quel honneur! quelle charge! quelle responsabilité! Il recevra le Verbe de Dieu incarné dans sa maison! Il lui servira de père, de protecteur; il sera sa providence terrestre, son ange visible, le représentant du Père céleste! Il appellera Jésus son fils; il passera aux yeux des hommes pour être son père véritable.Ceux de Nazareth diront en parlant de Jésus: « Celui-ci n\u2019est-il pas un ouvrier, vivant avec nous ?n\u2019est-il pas le fils de Joseph ?» Aux yeux de la foi, la dignité de Joseph n\u2019a pas d\u2019égale; jamais homme n\u2019a vécu si près de Dieu.Comment ne pas grandement honorer celui que Dieu a estimé le plus vertueux des hommes?Comment ne pas donner notre confiance à celui qui a obtenu toute celle de Dieu ?Nous pouvons appliquer à saint Joseph les paroles que Jésus adresse à Simon-Pierre: «Qui penses-tu que soit le serviteur fidèle, que son maître a établi sur toute sa famille, pour leur distribuer la mesure de froment en temps opportun ?Bienheureux le serviteur que son maître trouvera, à son arrivée, remplissant son office.Je vous le dis en vérité, il l\u2019établira sur tous les biens qu\u2019il possède.» (S.Luc, xil, 42.) Jésus a vu Joseph administrer ses biens, pendant trente ans, avec une fidélité, une prudence sans exemple; il ne lui reste plus, pour accomplir 454 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 sa promesse, qu\u2019à l\u2019établir dans la possession éternelle des trésors qu\u2019il lui avait confiés.Mais comment le pourra-t-il faire, puisque ces trésors ne sont autres que Jésus lui-même et sa mère ?Jésus donnera à Joseph une puissance d\u2019intercession sans bornes.Il se rendra, et Marie sa mère, comme tributaire de Joseph; le fils et la mère lui accorderont tout ce qu\u2019il leur demandera.Au ciel, où Joseph habite, il a trouvé Jésus et Marie au comble de la gloire: Jésus à la droite du Père; Marie constituée Reine des anges et des hommes.Ce n\u2019est que bien au-dessous d\u2019eux qu\u2019il est placé.Mais s\u2019il leur est inférieur quant au rang qu\u2019il occupe, il possède le cœur de l\u2019un et de l\u2019autre, et il a le droit de demander.Jésus et Marie, non moins humbles au ciel que sur la terre, s\u2019empressent d\u2019accueillir toutes ses prières, heureux de lui témoigner leur gratitude et leur amour.Sur qui saint Joseph exercera-t-il sa puissance tutélaire ?D\u2019abord, certainement, sur ceux qui ont pour lui une dévotion particulière et qui le prient avec plus de ferveur.La prière établit entre les saints du ciel et les fidèles de la terre des relations qui font leur joie mutuelle.Mais la puissance de Joseph est trop grande pour s\u2019arrêter sur quelques âmes privilégiées; c\u2019est à l\u2019Église entière qu\u2019elle se fera sentir.Joseph est le protecteur de toute l\u2019Église: il est le patron universel de la famille du Christ: il partage ce titre auguste avec la Très Sainte Vierge son épouse.En le constituant gardien de Jésus et de Marie, Dieu lui a donné en même temps le patronage de tous les chrétiens, les frères de Jésus, les enfants de Marie.C\u2019est la croyance de l\u2019Église, comme nous l\u2019a si doctement enseigné le Pape Léon XIII dans son encyclique Quam pluries, le plus beau monument ecclésiastique qui ait peut-être été élevé à la gloire de notre saint patriarche (15 août 1889).« La divine maison que Joseph gouverna avec une autorité vraiment paternelle, dit Sa Sainteté Léon XIII, contenait les prémices de l\u2019Église naissante.De même que la Très Sainte Vierge, la mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, devint la mère de tous les chrétiens, en les enfantant sur le calvaire, au milieu des suprêmes douleurs du Rédempteur, de même Jésus est le premier-né des chrétiens, qui sont ses frères, par droit d\u2019adoption et de rédemption.Par les mêmes raisons le bienheureux saint Joseph regarde comme lui étant particulièrement confiée,* la multitude des chrétiens qui composent l\u2019Église, l\u2019immense famille de Dieu répandue sur toute la terre.A titre d\u2019époux de Marie et de père adoptif de Jésus, il a sur l\u2019Église une autorité qu\u2019on peut appeler paternelle.Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph, que, de même qu\u2019il subvenait autrefois à tous les besoins de la sainte famille de Nazareth et l\u2019entourait de sa protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l\u2019Église de Jésus-Christ.Ce sont toujours les mêmes fonctions qu\u2019il exerce: il demeure le chef de la famille de Jésus.Mais comme cette famille s\u2019est accrue et qu\u2019elle est devenue aussi nombreuse que les étoiles du ciel, le ministère de Joseph s\u2019est étendu sur toute la terre.L\u2019Égypte entière était confiée au ministre de Pharaon; l\u2019univers catholique est donné au père de Notre-Seigneur Jésus-Christ.» Abbé Per DR AU, ^ommastô et boeux Le Précurseur est heureux d\u2019offrir ses respectueux hommages et ses meilleurs vœux à: Son Exc.Mgr Gabriel Breynat, O.M.I., vicaire apostolique du Mackenzie, promu archevêque titulaire de Carella; Son Exc.Mgr Alexandre Vachon, nouvellement sacré archevêque titulaire d\u2019Achrida et coadjuteur d\u2019Ottawa; Son Exc.Mgr Arthur Douville, dignement élu évêque titulaire de Vita et auxiliaire de Saint-Hyacinthe; Son Exc.Mgr Henri Belleau, O.M.I., nommé vicaire apostolique de la Baie James.EO * 0= ê>aubé bu naufrage Un jeune homme, engagé dans la marine marchande, quittait sa ville natale pour se rendre du Havre à Marseille.Sa pieuse sœur, en lui disant adieu, avait placé dans la poche de son habit, une statuette de saint Joseph, et avait prié ce grand saint de bénir le voyage et de ramener sain et sauf son frère bien-aimé.Lorsque le vaisseau fut à peu près en face de Cadix, le capitaine commanda au jeune homme d\u2019aller resserrer la corde d\u2019un mât.Pendant que celui-ci exécute l\u2019ordre qui lui était donné, la corde se rompt; il est précipité au fond de l\u2019abîme.Il y demeure une heure entière, essayant toujours, en nageant et en combattant contre les flots, de rejoindre le navire, qui semblait fuir à mesure qu\u2019il s\u2019en approchait.Déjà ses mains se paralysaient et ses forces épuisées se perdaient sans retour, lorsqu\u2019il se ressouvint de la petite statue de saint Joseph et de la prière de sa sœur.A l\u2019instant, son courage se ranime; il invoque avec foi et confiance son bienheureux Protecteur, et promet de faire dire une messe en son honneur s\u2019il le sauve de cet imminent danger.Aussitôt sa prière est exaucée, il se sent soutenu sur les flots par une main invisible; et il parvient à atteindre le navire au moyen d\u2019une corde que lui jette le capitaine.Sauvé par une protection visible de saint Joseph, notre reconnaissant jeune homme s\u2019empressa d\u2019accomplir son vœu.[Année Miséricordieuse de Saint Joseph.) ED æ DE Consiécration à s^aint Josiepf) (Pour le premier mercredi de chaque mois) O saint Joseph, en ce premier mercredi du mois, daignez, je vous en conjure, m\u2019accorder votre protection spéciale et m\u2019admettre au nombre de vos dévoués serviteurs.Assistez-moi dans toutes mes actions, soyez-moi favorable auprès de Jésus et de Marie, et ne m\u2019oubliez pas à l\u2019heure de ma mort.Ainsi soit-il.Nota.\u2014 Une indulgence plénière est accordée aux conditions ordinaires le premier mercredi de chaque mois, à tous les fidèles qui ce jour-là font quelque exercice spirituel en l\u2019honneur de saint Joseph, {Décret S, Cong., 1\" avril 1921.) Le bon évêque de Chicoutimi s>on excellence iîlongeisneur C.llamarche que le Seigneur vient de rappeler à lui.Sur la tombe du regretté disparu, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception déposent, avec l'hommage de leur profonde vénération, leur filiale gratitude et leurs ardentes prières.Elles conserveront à jamais le souvenir de ses bontés à l'égard de leur humble Institut et de la faveur dont il les a gratifiées en les appelant dans son diocèse \u20acntî>cUque \u201c â>ummi ^ontificatuâ DE SA SAINTETÉ PIE XII Aux patriarches, primats, archevêques, évêques et autres Ordinaires, en paix et communion avec le Siège apostolique a {Suite) OUS ne voulons pas non plus passer sous silence quel écho de reconnaissance émue ont suscité dans Notre cœur les vœux de ceux qui, bien que n\u2019appartenant pas au corps visible de l\u2019Église catholique, n\u2019ont pas oublié, dans la noblesse et la sincérité de leurs sentiments, tout ce qui, ou dans l\u2019amour envers la personne du Christ, ou dans la croyance en Dieu, les unit à nous.Qu\u2019à tous aille l\u2019expression de Notre gratitude.Nous les confions tous et chacun à la protection et à la conduite du Seigneur, en donnant l\u2019assurance solennelle qu\u2019une seule pensée domine Notre esprit: imiter l\u2019exemple du Bon Pasteur pour conduire tous les hommes au vrai bonheur: aün qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance (lo., x, 10).Mais en particulier Nous ressentons un vif désir d\u2019exprimer Notre intime gratitude pour les témoignages de déférent respect que Nous ont adressés les souverains, les chefs d\u2019État ou les autorités constituées des nations avec lesquelles le Saint-Siège entretient des relations amiables.Des souhaits à l\u2019Italie réconciliée avec l\u2019Eglise C\u2019est une joie singulière pour Notre cœur de pouvoir, en cette première Encyclique adressée au peuple chrétien épars dans le monde, compter parmi elles la chère Italie, jardin fertile de la foi plantée par les princes des apôtres, et qui, grâce à l\u2019œuvre providentielle des accords du Latran, occupe désormais une place d\u2019honneur parmi les États représentés officiellement auprès du Siège apostolique.De ces accords a pris naissance, comme l\u2019aurore d\u2019une tranquille et fraternelle union des âmes devant les saints autels et dans les relations de la vie civile, la pax Christi Italiae reddita, la paix du Christ rendue à l\u2019Italie.Nous supplions le Seigneur de permettre que l\u2019atmosphère sereine de cette paix imprègne, avive, dilate et affermisse, puissamment et profondément, l\u2019âme du peuple italien, qui Nous est si proche, au milieu duquel Nous respirons le même souffle de vie.A Nos prières se joignent Nos souhaits pour que ce peuple, si cher à Nos prédécesseurs et à Nous-même, fidèle à ses glorieuses traditions catholiques, sente chaque jour davantage, grâce à la haute protection du ciel, la vérité des paroles du psalmiste: « Beatus populus, cujus Dominus Deus ejus.{Ps.CXLIII, 15.) Bienheureux le peuple qui a le Seigneur pour son Dieu ! » Cette nouvelle situation juridique et spirituelle, que tant de vœux appelaient, et que les accords du Latran, destinés à laisser une empreinte indélébile dans l\u2019histoire, ont créée et sanctionnée pour l\u2019Italie et pour tout l\u2019univers catholique.Nous n\u2019en avons jamais mieux senti toute la grandeur 458 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 et la puissance d\u2019union, qu\u2019à l\u2019instant où, de la loge élevée de la Basilique Vaticane, pour la première fois.Nous avons ouvert Nos bras et étendu Notre main bénissante sur cette Rome, siège de la Papauté et Notre bien-aimée ville natale, sur l\u2019Italie réconciliée avec l\u2019Église, et sur les peuples du monde entier.II.\u2014 Les ravages de « l\u2019agnosticisme religieux et moral » Avec charité, mais sans crainte de contradictions, le Pape accomplira son devoir en proclamant la vérité Comme Vicaire de Celui qui, en une heure décisive, devant le représentant de la plus haute autorité terrestre d\u2019alors, prononça la grande parole: Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité; quiconque est de la vérité écoute ma voix {lo., xvill, 37), il n\u2019est rien dont Nous Nous sentions davantage débiteur envers Notre charge et envers Notre temps, que de rendre, avec une apostolique fermeté, témoignage à la vérité: testimonium perhibere veritati.Ce devoir comprend nécessairement l\u2019exposé et la réfutation d\u2019erreurs et de fautes humaines, qu\u2019il est nécessaire de connaître, pour qu\u2019il soit possible de les éloigner et de les guérir: vous connaîtrez la vérité et la vérité vous délivrera [lo., viii, 32).Dans l\u2019accomplissement de ce devoir qui Nous incombe.Nous ne Nous laisserons pas influencer par des considérations terrestres ni arrêter par des défiances et des oppositions, par des refus et des incompréhensions, ou par la crainte de méconnaissances et de fausses interprétations.Mais Nous le remplirons toujours, animé de cette charité paternelle, qui, tandis qu\u2019elle souffre des maux qui tourmentent ses fils, leur en indique le remède; c\u2019est dire que Nous Nous efforcerons d\u2019imiter le divin modèle des pasteurs, le Bon Pasteur Jésus, qui est à la fois lumière et amour: pratiquant la vérité dans la charité {Eph., IV, 15).Il n\u2019y a de salut pour les individus et pour les sociétés que dans le retour à la reconnaissance des droits royaux du Christ A l\u2019entrée du chemin qui conduit à l\u2019indigence spirituelle et morale des temps présents se trouvent les efforts néfastes d\u2019un grand nombre d\u2019hommes pour détrôner le Christ, l\u2019abandon de la loi de la vérité, qu\u2019il annonça, de la loi de l\u2019amour, qui est le souffle vital de son règne.La reconnaissance des droits royaux du Christ et le retour des individus et de la société à la loi de sa vérité et de son amour sont la seule voie de salut.Au moment.Vénérables Frères, où Nous traçons ces lignes.Nous arrive l\u2019affreuse nouvelle que le terrible ouragan de la guerre, malgré toutes les tentatives faites par Nous pour le conjurer, s\u2019est déjà déchaîné.Notre plume voudrait s\u2019arrêter quand Nous pensons à l\u2019abîme de souffrances d\u2019innombrables êtres, auxquels hier encore, dans le milieu familial, souriait un rayon de modeste bien-être.Notre cœur paternel est saisi d\u2019angoisse quand Nous prévoyons tout ce qui pourra germer de la ténébreuse semence de la violence et de la haine, à laquelle l\u2019épée ouvre aujourd\u2019hui des sillons sanglants.Mais précisément devant ces prévisions apocalyptiques de malheurs imminents ou futurs.Nous considérons comme Notre devoir d\u2019élever avec une insistance croissante les yeux et les cœurs de quiconque garde Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t4 59 encore un sentiment de bonne volonté, vers Celui de qui seul dérive le salut du monde, le Seul dont la main toute-puissante et miséricordieuse puisse mettre fin à cette tempête, le Seul dont la vérité et l\u2019amour puissent illuminer les intelligences et enflammer les âmes d\u2019une si grande partie de l\u2019humanité plongée dans l\u2019erreur, dans l\u2019égoïsme, dans les oppositions et dans la lutte, pour la replacer dans l\u2019ordre, dans l\u2019esprit de la Royauté du Christ.Les angoisses du présent doivent ouvrir les yeux sur les conséquences des erreurs modernes Peut-être \u2014 Dieu le veuille!\u2014est-il permis d\u2019espérer que cette heure de suprême indigence sera aussi une heure de changement d\u2019idées et de sentiments pour beaucoup, qui marchaient jusqu\u2019ici avec une confiance aveugle dans le chemin d\u2019erreurs modernes si répandues, sans soupçonner à quel point était semé d\u2019embûches et d\u2019incertitudes le terrain sur lequel ils se trouvaient.Beaucoup peut-être, qui ne saisissaient pas l\u2019importance de la mission éducatrice et pastorale de l\u2019Église, comprendront-ils mieux maintenant les avertissements de l\u2019Église, par eux négligés dans la fausse sécurité des temps passés.\u2014 Les angoisses du présent sont une apologie du Christianisme, qui ne saurait être plus impressionnante.Du gigantesque tourbillon d\u2019erreurs et de mouvements antichrétiens ont mûri des fruits si amers, qu\u2019ils en constituent une condamnation dont l\u2019efficacité surpasse toute réfutation théorique.Des heures de si pénible désillusion sont souvent des heures de grâces, un passage du Seigneur {Exod., xii, 11) auquel, sur la parole du Sauveur: Me voici à Ventrée et je frappe {Apoc., iii, 20), s\u2019ouvrent des portes qui sans cela seraient restées fermées.Dieu sait avec quel amour compatissant, avec quelle sainte joie Notre coeur se tourne vers ceux qui, à la suite de douloureuses expériences comme celles-ci, sentiraient naître en eux le pressant et salutaire désir de la vérité, de la justice et de la paix du Christ.Mais même envers ceux pour qui n\u2019a pas encore sormé l\u2019heure de l\u2019illumination suprême.Notre cœur ne connaît qu\u2019amour et Nos lèvres n\u2019ont que des prières au Père des lumières, afin qu\u2019il fasse resplendir dans leurs cœurs indifférents ou ennemis du Christ un rayon de cette lumière qui un jour transforma Saul en Paul, de cette lumière qui a montré sa force mystérieuse précisément dans les temps les plus difficiles pour l\u2019Église.\u2014 [A suivre) L\u2019Église catholique n\u2019est pas ébranlée par les flots du temps, elle n\u2019est pas vaincue par les difficultés, les vicissitudes ne la changent pas, mais elle avance d\u2019un pas ferme et sûr, et aujourd\u2019hui encore, en raison de sa vocation et de sa mission divine, elle accomplit pour le bien du genre humain ce que déjà elle accomplissait il y a vingt siècles.Et tandis que le désir des choses terrestres, les haines intestines et les jalousies opposent et divisent trop souvent les hommes, l\u2019Église de Dieu, mère très aimée de tous les peuples, embrasse dans une immense charité la famille humaine, sans distinction de race ou de sang, et pourvoit, aussi bien par la prière que par l\u2019action exté- rieure, &u salut et à la vraie félicité de tous.Pie XIL ii.'Jl'JilJi'D pénébiction b'une maîsion be retraites; fermées; sous le vocable de « Notre-Dame-du-Saint-Esprit » LE VIEUX TOIT 'L était au flanc du Mont Royal, dans le quartier d\u2019Outremont, sur le Chemin Sainte-Catherine, numéro 314, il était un vieux toit bien connu des oiseaux de la montagne.Il avait été élevé à une époque reculée dans l\u2019histoire de la Cité d\u2019Outremont.Cette dernière, qui paraît aujourd\u2019hui si coquette et si riante, avec ses rues spacieuses, ses parcs jolis et ses nombreux cottages, comptait alors quelques rares habitations et beaucoup de terrains vagues, riches d\u2019avenir.Il avait bonne apparence le vieux toit: gracieux de forme, il s\u2019appuyait sur de solides murs en brique rouge, reposant eux-mêmes sur une large base en pierre, laquelle était totalement assise sur le roc.Le tout formait une demeure confortable, à la fois modeste et distinguée.Tout auprès, ô souvenir inoubliable, tout auprès un charmant ruisseau, aux gouttes de cristal, prenant sa source dans les mystérieuses profondeurs de la montagne, descendait en cascades sur un lit de roche.Le gai ruisseau, par ses chansons, ses babils et parfois ses furies, était l\u2019âme de la solitude entourant la maison.Durant les mois d\u2019été, alors que le soleil desséchait la terre, son murmure très doux semblait un chant ou un gazouillis d\u2019oiseau; mais un orage écla-tait-il soudain, tout aussitôt il s\u2019écoulait en flots pressés et tumultueux.A la saison printanière, quand les neiges et les glaces se fondaient dans son lit, sa voix s\u2019amplifiait à l\u2019instar de celle des grandes eaux, sa course devenait précipitée et ses chutes écumantes.Plus tard, il advint que l\u2019on bâtit, sur un petit monticule, près de son bord, une pieuse grotte de Lourdes, par affinité sans doute avec l\u2019humble cours d\u2019eau des Pyrénées, le Gave, qu\u2019une jeune bergère, Bernadette Soubirous, a rendu à jamais célèbre; mais n\u2019anticipons pas.Le vieux toit, au temps de ses premiers âges, abrita des personnes de condition apparemment fortunée et qui devaient, ce semble, passer à son ombre des années nombreuses et heureuses; mais un jour, par un de ces revers comme il en arrive dans la vie des hommes, il fut annoncé qu\u2019il serait vendu par le Shérif.Fait ordinaire aux yeux des passants, mais qui parut extraordinaire à une humble Allé, Marie-Délia Tétreault h qui reconnut, dans cet événement, les desseins de Dieu sur cette propriété.Déjà, elle avait considéré son terrain élevé, vaste, solitaire, son agréable ruisseau et son petit pont ombragé de vignes, sa maison plutôt spacieuse et elle l\u2019avait désirée.L\u2019occasion de l\u2019acquérir n\u2019était-elle pas une prévenance du ciel ?.Le vieux toit fut vendu à bas prix et, par intermédiaire, devint la possession de l\u2019humble fille qui agissait alors comme Supérieure d\u2019un Institut l En religion Mère Mane-du-Saint-Espnt Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t461 naissant.C\u2019était le 10 décembre 1906.Elle y transporta son œuvre que, de concert avec deux compagnes; Mlles Joséphine Montmarquet ^ et Ida L\u2019Africain ^ elle avait fondée, le 3 juin 1902, à la Côte-des-Neiges, dans un tout petit logis, puis déménagée un an plus tard au numéro 27 du Chemin Sainte-Catherine, dans un local un peu plus vaste, mais devenu déjà insuffisant par l\u2019accroissement du personnel.Ce fut un beau jour que celui où la fondatrice et ses compagnes qui, depuis le 7 décembre 1904, de par la volonté du Saint Pape Pie X, s\u2019appelaient les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, firent leur entrée dans la nouvelle demeure!.Grâce à Dieu, le berceau de l\u2019Institut avait maintenant un gîte assuré et la famille pouvait se multiplier.Elle se multiplia en effet, et si rapidement que bientôt le vieux toit se vit ajouter une aile, puis une autre et, un peu plus tard, une autre encore.A son ombre, les années s\u2019écoulaient pour la nouvelle famille pleines d\u2019activité, d\u2019espérance, de joie et de fraîcheur, mais aussi parsemées d\u2019épreuves.comnie il convenait à une œuvre portant le cachet divin.Le vieux toit fut témoin de toutes ces choses, il en vit de grandes et de merveilleuses, de petites et de très humbles, il en vit tant qu\u2019il faudrait un volume pour les raconter!.LE NOUVEAU TOIT Trente années se passèrent.trente années de bénédictions au numéro 314, depuis le jour heureux du 10 décembre 1906.Le terrain avait subi des transformations qui le rendaient tout à fait attrayant avec ses beaux arbres, sa grotte de Lourdes, ses pieux oratoires, son verger, son potager et son ruisseau toujours jaseur.Le vieux toit était de plus en plus chéri et vénéré; toit maternel, il avait donné naissance à trente-trois autres, dont dix-huit en pays étrangers et quinze en terre canadienne; mais un gros problème se posait à son sujet depuis plusieurs années: en dépit de ses annexes, il était de nouveau trop restreint pour le personnel sans cesse augmentant et, cette fois, le terrain à pente rapide et roc à fleur de terre ne se prêtait plus à aucun agrandissement.Que faire ?.Ajouter une aile au Noviciat de Pont-Viau et s\u2019y transporter?.Des obstacles insurmontables s\u2019opposaient à ce dessein.Construire une nouvelle Maison Mère sur un terrain neuf?.Mais où prendre les ressources nécessaires à cette fin?.L\u2019on pria et l\u2019on attendit.La réponse d\u2019En Haut se fit d\u2019un côté où on ne l\u2019attendait guère.En 1932, la Cité de Montréal avait homologué une rue sur un terrain que la Communauté possédait à la Côte-des-Neiges depuis 1910.A l\u2019insu de cette dernière, des travaux furent exécutés en vue de l\u2019ouverture de cette rue, rendant ainsi le terrain impropre à l\u2019établissement d\u2019aucune œuvre pour les Propriétaires.Elles protestèrent, mais les difficultés surgirent si multiples et si complexes qu\u2019elles ne surent plus quel parti prendre.Il y eut une heure désespérée.Les idées des personnes intéressées dans l\u2019affaire se choquèrent 1\tEn religion Mère Marie-de-Saint-Gustave, décédée le 23 janvier 1917 2\tMlle Ida L\u2019Afncam, sur la demande de Mgr A Langevin, archevêque de Samt-Boniface, quitta l\u2019Institut naissant des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, pour prendre la direction de la Communauté en formation des Missionnaires Oblates du Sacré-Cœur et de Marie-Immaculée 462 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 et de ce choc jaillit la lumière, la belle lumière divine! C\u2019était l\u2019heure de la Providence.L\u2019on comprit clairement que la Volonté de Dieu était que l\u2019on bâtît sans retard à cet endroit la Maison Mère désirée, et que l\u2019on obtînt l\u2019effacement de la ligne homologuée.Obéissant aveuglément à cette manifestation du Ciel, l\u2019on confia la chose au bon Saint Joseph qui, à travers mille autres entraves, suscitées sans doute par l\u2019Esprit Malin, mena le tout à bonne et heureuse fin.Au début de l\u2019année 1938, la construction étant terminée, on commença à procéder au déménagement qui se fit presque tout entier sur les ailes de la charité.Et le vieux toit que l\u2019on avait quitté avec émotion et semi-regret, qu\u2019allait-il devenir?Allait-on l\u2019abandonner?Non pas! on le ferait survivre en lui confiant une œuvre qu\u2019il avait vue naître en 1911, la première du genre au Canada, qu\u2019il avait abritée pendant plusieurs années et qu\u2019il avait vue se discontinuer à cause de l\u2019exiguïté du local: l\u2019œuvre des Retraites Fermées féminines.Déjà l\u2019on se réjouissait de pouvoir mettre promptement ce dessein à exécution, mais, ô déception! un obstacle infranchissable vint aussitôt le contrecarrer.Les Autorités de la Cité d\u2019Outremont refusèrent d\u2019accorder le permis requis, à moins de faire à l\u2019établissement des transformations considérables et très onéreuses ou de construire une aile à l\u2019épreuve du feu.Le vieux toit si cher aux Filles de l\u2019immaculée n\u2019avait plus ses charmes d\u2019autrefois aux yeux des passants, principalement des Inspecteurs.« Il est d\u2019un autre âge, il faut le moderniser », disaient les uns.« C\u2019est une trappe à feu », renchérissaient les autres.« Pourquoi ne pas le démolir et, sur ses ruines, construire à neuf », avançaient certains.Pauvre vieux toit, on lui fit tant de misères que, le voyant devenu l\u2019empêchement invincible à l\u2019organisation de l\u2019Œuvre projetée, la Communauté, quoique bien à regret, décida de le sacrifier, en conservant toutefois ses annexes, et d\u2019élever en sa place une aile destinée aux chambres des Retraitantes.Voilà pourquoi, au printemps de 1939, après un an d\u2019hésitations, on vit des ouvriers, le fer à la main, monter à l\u2019assaut du vieux toit qui n\u2019opposa pas de résistance, mais dont les craquements prolongés, semblables à des gémissements, allèrent au cœur de celles qui l\u2019avaient tant aimé.SIX MOIS APRÈS ES passants, relevant la tête au numéro 314 du Chemin Sainte-Catherine, pouvaient voir, six mois après, la nouvelle aile dans sa fraîcheur, n\u2019ayant conservé de l\u2019ancienne que la simplicité et la noblesse du style et quelques matériaux.Le parterre avec sa haie de lilas avait aussi été transformé, mais l\u2019accueillante statue de l\u2019immaculée et sa niche toute blanche, replacées face au portique, demeuraient toujours.Restait à bénir le nouveau toit et à le dédier.Cette pieuse cérémonie eut lieu dans l\u2019après-midi du 8 décembre, fête patronale de l\u2019Institut. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t463 La terre nouvellement couverte d\u2019une éblouissante neige semblait s\u2019être parée pour la circonstance.Une dernière main avait été donnée à la toilette des pièces devant être bénites.Et la blanche chapelle, principale « relique » des anciens jours, pieusement décorée de verdure, de fleurs et de lumières, offrait un coup d\u2019œil ravissant.Vers trois heures, elle fut envahie par une sympathique réunion de bienfaiteurs et d\u2019amis, venus prendre part à la modeste cérémonie, laquelle fut présidée par le très révérend Père L.-P.Fafard, provincial des Clercs de Saint-Viateur.Le révérend Père J.Bélanger, S.J., prononça l\u2019allocution, souhaitant voir les retraitantes, dames et demoiselles, venir nombreuses dans cette maison.« Qu\u2019est-ce qu\u2019une retraite fermée ?» dit-il.« C\u2019est l\u2019oubli du monde pour penser à Dieu et à son âme.Là, dans le silence et le recueillement, vous apprenez à penser, à réfléchir, à prier!.Vous apprenez que vous venez de Dieu et que vous devez retourner à lui.Vous apprenez l\u2019importance du salut de votre âme.Vous voyez l\u2019obstacle à ce salut: le péché mortel, et, convertis, vous dites: « Désormais, plutôt mourir que d\u2019ofïenser Dieu gravement.» « Vous venez vous jeter aux pieds du prêtre qui, par une bonne absolution, vous réconforte et vous rend joyeux.« Et après, que reste-t-il à faire?Construire.Notre-Seigneur se présente à vous, disant: «Viens, suis-moi.Je suis le chemin, la vérité.» « Touchés par la grâce, voyant la bonté de son Cœur, la grandeur de sa miséricorde, vous répondez: « Oui, je veux vous suivre, j\u2019ai confiance en vous!.» La Bénédiction du Très Saint Sacrement clôtura la pieuse cérémonie; puis l\u2019on visita les pièces de l\u2019aile neuve, où le soir même commencèrent les exercices d\u2019une Retraite, prêchée par le révérend Père Olivier Gélinas, S.S.S., et suivie par vingt-deux retraitantes.Quand le silence se fut fait à l\u2019intérieur et autour de l\u2019hospitalière Maison Notre-Dame-du-Saint-Esprit, les Filles de l\u2019immaculée destinées à perpétuer l\u2019œuvre de Dieu dans cette demeure, comme aussi celles de la Maison Mère venues prendre part à la fête, s\u2019agenouillèrent au pied du Tabernacle pour rendre grâces au Seigneur de ce beau jour et le prier instamment de continuer à répandre ses abondantes bénédictions sur cette maison, sur toutes celles qui l\u2019habiteront et sur celles aussi qui viendront y recueillir les grâces précieuses d\u2019une Retraite Fermée.Pour tous renseignements au sujet des Retraites Fermées à la Maison Notre-Dame-du-Saint-Esprit, s\u2019adresser à: Révérende Sœur Supérieure Maison Notre-Dame-du-Saint-Esprit 314, Chemin Sainte-Catherine Outremont, P.Q.=rffl Hz Pour gagner des âmes à Dieu, deux choses sont nécessaires: d\u2019abord la prière qui fait descendre la grâce, puis le travail qui se dévoue avec patience et compassion au bien du prochain.Saint Ignace de Loyola. Xf ïa paisible nacelle Il nous est une aimable et paisible nacelle.Qui jamais ne s\u2019égare et jamais ne chancelle Sur la mer orageuse et rapide en son cours, Qu\u2019on appelle la vie et que forment nos jours.Elle vogue joyeuse et toujours confiante.Le regard vers le ciel et la voix suppliante.Modulant en son cœur un cantique très doux, En dépit des écueils, de la vague en courroux.Quand le vent la tourmente et se rage en sa voile.L\u2019âme en paix, elle court, adorant son Etoile.Que le ciel s\u2019obscurcisse et l\u2019éclair fasse effort.Sans frayeur elle avance à grands pas vers le port.Si le flot la caresse et la brise lui chante.Si le doux Roi soleil la féconde et l\u2019enchante.En son cœur tout ému, s\u2019élevant au ciel bleu.Grand merci ! redit-elle humblement à son Dieu.Elle fut autrefois la nacelle chérie De l\u2019auguste, admirable et très sainte Marie.Pour la faire ici-bas mieux connaître et aimer.Dieu le l ils parmi nous descendit l\u2019enseigner.Et son nom, nom de douce et simple obéissance.Nom de paix et d\u2019amour, d\u2019abandon, d\u2019espérance.Sur sa proue en longs traits de lumière et de feu.On le lit en ces mots : « La volonté de Dieu ».0 « Volonté de Dieu », sois aussi ma nacelle.Pour toujours à ton bord je me place en tutelle; Ton pilote, mais c\u2019est le Très Doux, le Très Fort Qui commande à la vague et possède le port.(5 Le PRECURSEUR He bienfieureux ®f)éop|)ane ^énarb par M.le chanoine F.Trochu (Suite) N cette veillée du 26 février, tous auraient voulu prolonger la ^\t.\tconversation avec Théophane.Hélas! il fallut bien en finir.1\tJusqu\u2019à ce jour, Mélanie avait trouvé le moyen de demeurer dernière avec ce frère bien-aimé.Chaque soir, sous un prétexte ou un autre, elle reconduisait Théophane à sa chambre, située sur le devant, au premier étage.Il en fut de même pour cette suprême veillée.Après, ce serait fini, non pas sans doute de se chérir, mais de se voir, d\u2019échanger par de simples mots les plus douces pensées du cœur.Là-bas, Théophane serait seul, sans un ami parmi des peuplades païennes, sous la menace continuelle de l\u2019emprisonnement et de la mort.A peine, de loin en loin, une lettre de la patrie, et qui sait encore si elles lui parviendraient toutes, les chères missives de France! Lui-même, le proscrit, entouré de mille embûches, aurait-il bien la possibilité d\u2019expédier sa correspondance?.Désormais, frère et sœur ne devaient plus compter l\u2019un sur l\u2019autre, excepté dans la prière! C\u2019est pourquoi Mélanie demeura longuement près de son frère « en cette nuit délicieuse du 26 février 1851 qui était leur dernière entrevue sur la terre » \u2014 ainsi devait s\u2019exprimer Théophane, dix ans plus tard, à la veille de son immolation.Ils la passèrent presque tout entière, oublieux du sommeil, « en des entretiens si sympathiques, si doux, si saints, comme ceux de saint Benoît avec sa sœur » pendant une autre nuit demeurée célèbre.Tandis que la jeune fille, fidèle jusqu\u2019au bout à son rôle de seconde mère, mettait la dernière main aux apprêts du départ, les deux âmes tâchaient de se communiquer tout ce qu\u2019elles recélaient de plus suave, de plus aimant et de meilleur.Le matin qui suivit rassembla la famille Vénard à l\u2019église toute proche, devant l\u2019autel de la Sainte Vierge, où la messe fut célébrée aux intentions du partant.Ce fut lui-même qui la servit.Des voisins, des amis en assez grand nombre entouraient M.Vénard et ses enfants.Tous communièrent, même Henri que la parole et l\u2019exemple de son héroïque frère avaient profondément remué.L\u2019un de ceux qui virent Théophane à ce moment a dit qu\u2019« il ressemblait plus à un ange qu\u2019à un homme ».Une habitante de Saint-Loup, morte septuagénaire, se rappelait encore, en ses derniers jours, le petit abbé Vénard s\u2019en revenant de cette messe, heureux, rayonnant, et traversant la place en saluant tout le monde, son surplis plié sur son bras.Les convenances obligèrent Théophane à passer presque entièrement en visites cette journée où il eût tant souhaité d\u2019être tout à sa famille.Il n\u2019en fut pas moins gracieux pour chacune des personnes auxquelles l\u2019attachaient la parenté, la sympathie ou de simples relations de voisinage. 466 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 Tout le monde à Saint-Loup estimait Théophane.En plus d\u2019une maison, il y eut des larmes; malheureusement, en quelques autres, il y eut autre chose; des gens à la foi moins vive, trop attachés aux jouissances de la terre, osèrent reprocher au saint jeune homme un départ que motivait le seul amour de Dieu et des âmes.Théophane en fut attristé; sa résolution n\u2019en fut point ébranlée : n\u2019avait-il pas prévu ces oppositions dernières ?« Le monde dira tout ce qu\u2019il voudra, avait-il écrit à Mélanie dès le 13 février, avant son départ du séminaire; que nous importe à nous, enfants de la grâce, qui avons reçu les célestes promesses?Le monde, avec ses maximes, a reçu depuis longtemps, de la bouche de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa condamnation.» En ce jour sans lendemain, il restait à Théophane une dernière visite à faire.Il prit avec Henri le chemin du cimetière.Sur la tombe de cette mère chérie, toujours si vivante dans son cœur, il s\u2019agenouilla pour une dernière prière, pour un dernier adieu.La nuit tomba vite.Une courte veillée commença.Mais écoutons encore Eusèbe.« Le départ de Saint-Loup, raconte-t-il, avait été fixé à neuf heures du soir, Théophane ayant préféré cette heure avancée pour éviter le trop grand concours de témoins, qui n\u2019auraient pas manqué de se trouver là, à une heure quelconque de la journée; son frère (Henri) et un excellent ami (Charles Guillon) devaient le conduire à Parthenay, pour prendre, à minuit, la voiture publique.On se mit donc à table d\u2019assez bonne heure pour le dernier souper de famille, auquel assistait M.le Curé, dont l\u2019amitié réclamait la présence, et qui, d\u2019ailleurs, avait un ministère à remplir au moment suprême.{A suivre) be la mortification L\u2019heure où nous vivons est angoissante.L\u2019oubli des réalités éternelles et la méconnaissance de la vraie valeur de la vie poussent la génération contemporaine à la recherche du plaisir sous toutes ses formes, comme si tout devait finir avec les quelques années fugitives que nous passons ici-bas.De là vient l\u2019égoïsme de ceux qui veulent posséder.Les difficultés sociales naissent de la lutte irréductible que ces deux égoïsmes se livrent entre eux.Malgré toutes les initiatives heureuses, malgré toutes les réformes, la solution ne sera pas trouvée en dehors de la morale évangélique dont la mortification chrétienne traditionnelle fait nécessairement partie.Mgr Besson. ®ne amitié spirituelle Sainte Thérèse de Lisieux et le Bienheureux Théophane Vénard (Suite) 2- HÉOPHANE, comme Thérèse, fut toujours dévoué à la « Maman du Ciel ».Agé de douze ans, il écrivait à sa sœur: « Ce jour de ^ ITmmaculée Conception, j\u2019ai pris la résolution de dire ¦' toutes les semaines mon chapelet; en outre, j\u2019ai donné mon nom aux pieuses associations du Rosaire vivant et de la Propagation de la Foi.» Deux ans plus tard, il ne se consolait de la mort de sa ''\tmère qu\u2019en « se jetant dans les bras de Marie », et dès lors, presque toutes ses lettres parlent d\u2019Elle.En février 1847, il se reprochait « de ne pas en avoir assez parlé cette année », quand une crise d\u2019âme vint renforcer sa filiale dévotion à la Vierge: « Il lui fit la promesse sincère de dire jusqu\u2019à la fin de sa vie son chapelet tous les jours », et aussitôt, il recouvra la paix et son calme habituel.Thérèse enfant avait elle aussi connu une crise, et combien plus terrible ! mais la Reine du Ciel avait fait cesser la tempête, au moment où la tige délicate et fragile de la petite fleur devait se briser sans retour.En 1849, annonçant sa première Ordination, Théophane, l\u2019âme pleine de Marie, écrivait: « Je serai tonsuré, c\u2019est-à-dire, je dirai à la Sainte Vierge: Reine du Clergé, priez pour nous.» Thérèse prononçant ses vœux, le 8 septembre 1890, songeait aussi à Marie: « Quelle belle fête pour devenir l\u2019épouse de Jésus! C\u2019était la petite Sainte Vierge d\u2019un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus.» « Je suis un enfant gâté de la Sainte Vierge, déclarait Théophane.Sur le sein d\u2019une mère, il fait bon reposer sa tête, sur son cœur qu\u2019il fait bon reposer.» Et Thérèse.Je veux maintenant Chanter sur tes genoux, Vierge, pourquoi je t\u2019aime Et redire à jamais que je suis ton enfant.Théophane, exprimant son bonheur de vivre au Séminaire des Missions Étrangères, disait : « La Sainte Vierge y est beaucoup aimée et honorée ; n\u2019est-elle pas la seconde Providence des Missionnaires ?» Et Thérèse s\u2019épanouissait « sur la montagne du Carmel, dans le jardin choisi de la Vierge Marie ».Théophane goûtait les pèlerinages au Sanctuaire de Notre-Dame des Victoires.Il ne manquait pas d\u2019y aller « chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présentait ».Il y offrit son cœur à Marie; il lui consacra son sacerdoce.Thérèse à Paris ne trouva qu\u2019« une seule merveille ».« Ce sanctuaire » où elle fut « remplie de paix et de bonheur ».Thérèse s\u2019exclamait: « Que j\u2019aime la Sainte Vierge! Si j\u2019avais été prêtre, comme j\u2019aurais bien parlé 468 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940 d Elle! » Théophane, encore Aspirant Missionnaire, recommandait à son frère: « Tu couronneras le tout \u2014 (l\u2019organisation de ta vie) \u2014 par un amour de petit Enfant envers la Sainte Vierge.» Prêtre, au dire des témoins du Procès Apostolique, « jamais il n\u2019était plus éloquent que lorsqu\u2019il parlait de la Bienheureuse Vierge Marie: il paraissait l\u2019aimer du plus ardent et du plus filial amour ».Le 9 juiri 1895, Thérèse s offrait à l\u2019Amour Miséricordieux, « par Marie, ma Mère chérie, à qui j\u2019abandonne mon offrande ».Le 15 janvier 1860* Théophane « se consacrait à Jésus-Christ par les mains de Marie »; avec son sang, il écrivait la partie essentielle de l\u2019acte et sa signature.Quelques instants avant de mourir, Thérèse « fixa un inexprimable regard sur la Vierge Immaculée ».Théophane, condamné à mort, appela une dernière fois sa Mère: « Quand ma tête tombera sous la hache du bourreau, ô Mère Immaculée, recevez votre petit Serviteur, comme la rose épanouie cueillie en votre honneur Ave Maria.» Avec quel sourire la Vierge Immaculée dut recevoir au Ciel ses deux Enfants, ses deux fleurs épanouies! La rencontre définitive.\u2014 Sous le regard de Marie, Thérèse et Théophane se rencontrèrent Ce qu\u2019il avait écrit à l\u2019un de ses frères, Théophane pouvait le redire à Thérèse: « Je mets mon cœur dans le tien, tu mets ton cœur dans le mien; nous nous mettons tous deux dans les cœurs de Jésus et de Marie et nous sommes frères inséparables.dans l\u2019éternité.» (A suivre) Paul Destombes, Miss.ap.(Quelques roses! effeuillées par la patronne bes! iîllôsKonnaires; !.« Quand je serai au ciel, ô Jésus, vous remplirez mes mains de roses et j\u2019effeuillerai ces roses sur la terre.» Sainte XHÉRèsE de l\u2019Enfant-Jêsus J\u2019accomplis une promesse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveur reçue par son entremise.Mme A.-G.Ranger, Moirtréal.- incèrel remer-ciements pour faveur obtenue par l\u2019intercession de la Patronne des Missionnaires.Mme j.-c.Leoeau, Montreal.\u2014 Vive reconnaissance à sainte Thérèse pour trois grandes ThlrTse de^^\u2019F^nfanAé^ircf\t\u2014 Hommage de gratitude envers sainte ma guérfson^ MmVp\tR-\"\"\"®\tintermédiaire.Je lui demande r^rr^Bi\t^\t,®Vncourt.\u2014 Je remercie vivement la petite « Fleur du Carmel » pour me grace quelle ma obtenue.Mme D.L., Dalkeith, Ont.\u2014 Mille certaines grâces reçues par son intercession.Elle a généreusement jete une pluie de roses sur mon foyer.Anonyme.\u2014 Je désire exprimer ma J® demande de nourau son a^istance Anonyme.Sainte-Marthe.\u2014 Reconnaissants mercis à sainte Thérèse de ahonn^^rifs®\tobtmues.Puisse-t-elle nous continuer sa protection.Une meT» Mme n\" v^'-Tr\tgratitude envers la petite « Fleur du Car- dl Poses if^noî?;\t~ Veuillez remercier avec moi la chère « Semeuse de Kçses » pour la grace que j ai reçue par son entremise.Mme H.D., Joliette \u2014 ^tvTlle\tTherese de 1 Enfant-Jésus pour faveur obtenue.Mme E.Ellefsen, Ba- ït prix be la Croix a'ottdrais planter snr le sol inîüèlf y.\\lütre Croix glorieuse, ô mon Sien-Jlùnt.» St» TK M fCnlant «S»*»»: La Croix sous forme de souffrances, de contrariétés, de renoncements, de difficultés de tous genres, est un bien si grand dans l\u2019ordre spirituel que si l\u2019on en comprenait parfaitement le prix, l\u2019on donnerait tout pour le posséder, fallût-il l\u2019aller chercher au bout du monde.Dans la Croix est la force de l\u2019âme, le mérite, la gloire éternelle.Mais tels sont 1 i-gnorance et l\u2019aveuglement spirituels de la plupart des hom-rj-\u2014O.^les Qu\u2019üs fuient la Croix.La -r3o l'ondrais\tvoient-ils, par la permission de - .t.\t/\tDieu, venir à leur rencontre, ils lui font mauvais accueil, et si elle s\u2019implante en leur cœur, si elle se pose sur leurs épaules, que de murmures, que de révoltes parfois et que d efforts pour s\u2019en décharger! Les Saints, qui n\u2019étaient pas d\u2019une autre nature que nous, sont devenus saints parce qu\u2019ils ont approfondi le prix de la Croix et qu\u2019ils se sont livrés à elle sans réserve.« O bonne Croix si longtemps désirée!.», s\u2019écriait l\u2019apôtre saint André, à la vue du martyre qu\u2019il allait souffrir.« La Croix est notre pierre philosophale qui change, par la patience, les métaux les plus grossiers en précieux, les douleurs les plus aigues en de-lices, les pauvretés en richesses, les humiliations les plus profondes en gloire! » écrivait le Bienheureux Louis-Marie Gripion de Montfort.« La souffrance devient la plus grande des joies quand on la recherche comme un précieux trésor! » assurait l\u2019admirable Carmélite, dont la précoce sagesse attirait sur les lèvres du glorieux Pape Pie XI ces paroles autorisées.« Le bon Dieu nous dit bien des choses par sainte Thérèse de l Enfant-Jesus.» Amis chrétiens.Dieu nous appelle tous à la sainteté, voilà pourquoi il nous envoie une ou plusieurs Croix qu\u2019il proportionne à nos besoins et qu\u2019il accompagne de sa grâce.Soyons-lui donc reconnaissants de penser ainsi à nous et de vouloir notre plus grand bien.Et si nous ne pouvons encore souffrir avec joie, souffrons au moins avec patience et.en silence. 470 Mootrédl LE PRÉCURSEUR PUIS ENCORE.Mars-AvnI 1940 Puis encore, jetons nos regards sur tous ceux qui n\u2019ont jamais vu briller à leurs yeux la Croix et sa lumière, qui ne connaissent point leur Père des deux et sont esclaves de la superstition et de l\u2019erreur, qui gémissent sous les misères de la vie sans espérance d\u2019une récompense éternelle.Prions pour cette multitude de païens, laquelle compte plus d\u2019un milliard d\u2019hommes que tous les chrétiens ont le devoir de gagner à Dieu.Offrons chaque jour au Seigneur une supplication fervente pour leur conversion.Aidons aussi de nos prières et de nos aumônes les missionnaires qui se sacrifient totalement pour leur porter la lumière de l\u2019Évangile et la connaissance du prix de la Croix.a GE \u201c JioursiC bc la Croix \u201d pour l\u2019entretien d\u2019une missionnaire Une bourse est une somme d argent dont l\u2019intérêt crée une rente perpétuelle pour le soutien d une missionnaire.La religieuse dont le soutien est assuré par la fondation d\u2019une bourse devient pour la vie la missionnaire du donateur ou de la donatrice et tient sa place auprès des pauvres infidèles.Les fondateurs des bourses participent à tous les avantages spirituels de la communauté.La somme de $1,000.00, donnée en un ou plusieurs versements par une ou plusieurs personnes, forme une bourse complète.Offrandes reçues pour la « Bourse de la Croix » Juillet-août 1939 Septembre-octobre 1939 $81.25\tNovembre-décembre 1939 67.85\tJanvier-février 1940 .$ 27.50 268.75 Toute offrande pour cette Bourse sera reçue avec la plus vive reconnaissance.Adresse: Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Sainte-Catherine, Côte-des-Neiges, Montréal.=o Toutes les peines qui peuvent nous arriver disparaissent comme les étoiles en la présence du soleil, quand elles sont regardées au travers de la croix de Jésus-Christ.{Maximes chrétiennes.) ^ * * ?La croix n\u2019est pas un arbre stérile, tout ce qu\u2019elle touche elle le féconde, et le Ciel n\u2019accepte que les fruits qu\u2019elle a consacrés.P.DE Ravignan. ^our la basiiUque be ^alnte=tKl)crès!E=be=r\u20acnfant=3lésiusi La merveilleuse Basilique de Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus, solennellement bénite en 1937 par le saint cardinal Pacelli devenu notre bien-aimé Pape Pie XII, a été érigée à Lisieux, par la reconnaissance et l\u2019affection de ses dévots serviteurs du monde entier.Les modestes sous des nouveaux convertis des pays de Missions se sont additionnés aux riches offrandes des Catholiques fortunés d\u2019Europe et des deux Amériques.Chaque pierre de ce temple magnifique est une prière d\u2019amour.Les amis de l\u2019aimable Semeuse de roses ont voulu faire davantage.Ils ont émis l\u2019idée que chacun des nombreux autels de la Nouvelle Basilique soit l\u2019offrande d\u2019une nation.C\u2019est ainsi que l\u2019Angleterre, l\u2019Irlande et l\u2019Écosse, \u2014 pour ne citer que les peuples qui nous tiennent de plus près, \u2014 ont versé, chacune, les quinze mille dollars nécessaires à l\u2019érection d\u2019un autel.Or, nos amis de Lisieux ont eu l\u2019amabilité de se rappeler que le Canada envoyait naguère plus de deux cent mille signatures à S.S.Benoit XV pour implorer la prompte béatification de la douce Petite Thérèse, et que c\u2019est au Canada que s\u2019est préparée la supplique des Évêques Missionnaires demandant au Pape Pie XI la proclamation de Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, comme Patronne des Missionnaires et des Missions.En conséquence, ils ont cru que le Canada possède des droits particuliers à l\u2019honneur d\u2019offrir un autel à la Basilique, et, par une exquise délicatesse, ils nous proposent de donner l\u2019autel dédié à saint Joseph, notre premier patron national.Nous avons accueilli l\u2019idée avec beaucoup de joie, et, après nous être assurés de la bienveillance de l\u2019Autorité religieuse, nous venons avec confiance vous tendre la main pour que notre cher pays ait l\u2019honneur et la grâce d\u2019écrire son nom en marbre rare dans la Basilique de Lisieux, parmi les nations qui se glorifient d\u2019aimer le plus la Sainte incomparable appelée par S.S.Pie XI « l\u2019Enfant chérie du monde entier ».Nous osons croire que notre appel sera entendu et que nous pourrons prochainement envoyer au Carmel de Lisieux les quinze mille dollars attendus.Une fois de plus se réalisera la parole du saint Évêque de Montréal, Monseigneur Bourget; « C\u2019est dans les temps mauvais que nous avons fait les plus belles œuvres.Dans les temps mauvais, on sait s\u2019imposer des sacrifices, et alors, on est riche pour la charité.» D\u2019ailleurs, ainsi que nous le disait récemment un vénérable Évêque: « Sainte Thérèse nous a trop enrichis des biens du ciel pour ne pas lui faire une part de nos biens de la terre.» Nul doute qu\u2019elle ne nous rende en bénédictions de toutes sortes ce que nous lui donnerons en aumônes.Les remises devront être faites à l\u2019ordre de Monsieur Rosario Lesieur, P.S.S., supérieur du Grand Séminaire de Montréal.Nous nous engageons avec bonheur à faire connaître au Carmel de Lisieux les noms des donateurs.Ces listes seront déposées près de la Châsse, dans la chapelle du Carmel.Nous vous prions d\u2019agréer nos respectueux hommages et nous croire.Vos tout dévoués serviteurs, UN GROUPE D\u2019AMIS DU CARMEL DE LISIEUX, Par; Paul-A.-Lionel Bernard, Secrétaire, Ville de Belœil, P.Q.Celui qui souffre avec patience les tribulations de cette vie jouit d\u2019avance de la paix céleste.\tS.Philippe de NÉRl.Chaque peine, chaque douleur bien acceptée, donne à Dieu une très grande augmentation de gloire accidentelle.(Notre-Seigneur à Sœur Benigna-Consolata.) h- % EcHas pe MDS HissnjMs.ÆS: ésy fsS r,-.CHINE Lettre des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de Süchow à leur Supérieure Générale Süchow, 6 novembre 1939 Révérende et bien chère Mère, Nous avons appris avec un profond chagrin que de graves raisons vous avaient obligée à retarder la visite projetée dans toutes nos Missions.Vraiment, c\u2019est un grand sacrifice que le bon Dieu nous demande, mais si ferme est notre confiance en la divine Providence, que nous espérons voir dans quelques mois, toute difficulté étant aplanie, nos vœux ardents se réaliser.Ces derniers temps ont été pour nous pleins d\u2019anxiété.Chaque jour, nous nous demandions si on ne nous obligerait pas à reprendre le chemin du Canada, vu que nous sommes sujets britanniques.Bien ferventes ont été et sont encore nos prières, suppliant le divin Maître de nous garder et d\u2019accepter encore nos bras pour travailler à sa moisson.Présentement, l\u2019horizon s\u2019éclaircit et les gros nuages amoncelés au-dessus de nos têtes semblent se dissiper.La misère est de plus en plus grande à Süchow, on peut dire qu\u2019elle assaille actuellement toutes les chaumières.Le coût des vivres, des vêtements, des remèdes, etc., est plus que quintuplé; le bois, le charbon sont à des prix inabordables.On se demande ce que réserve l\u2019avenir.A la fin de juin, nous avons inauguré un Patronage pour les petites filles, afin de venir en aide, par ce moyen, aux familles les plus nécessiteuses.Ces fillettes recevront, avec la nourriture, quelques notions de catholicisme et apprendront les premiers éléments des sciences.L\u2019œuvre semble remplie de promesses.Déjà la ruche est pleine d\u2019activité et les abeilles, au nombre de cinquante-six, butinent et babillent à qui mieux mieux.Afin de donner à ces pauvres enfants quelques notions d\u2019ordre et de propreté et certaines connaissances pratiques, chacune parmi les plus grandes a son emploi dans la maison, lequel consiste soit à nettoyer les pièces, laver les bols et bâtonnets, faire la couture, etc.Au travail succèdent la récitation des prières, l\u2019explication de la doctrine et les amusements divers.Pour ceux-ci, l\u2019entrain ne Montréal LÈ PRÉCURSEUR Mars-Àvril 1940\t4 7§ Deux enfants chinois au jeu, EN VÊTEMENTS D'HIVER Le petit garçon porte habit OUATÉ ET LA FILLETTE CAPE ET BONNET DE LAINE ralentit pas, surtout depuis la réception des balles, balançoires, jeux d\u2019âne et jeux de patience que nous ont envoyés nos généreux bienfaiteurs du pays natal.Une autre oeuvre, à ses débuts, nous donne de belles espérances: celle d\u2019une petite école que nous pourrions qualifier d\u2019apostolique.Les élèves, au nombre de six, appartiennent à de bonnes familles chrétiennes.On dit que les œuvres divines se forment dans la souffrance et la contradiction, nous en avons fait l\u2019expérience une fois de plus, à propos de cette petite école.Il y avait à peine deux jours qu\u2019elle était ouverte, que nos élèves, se rendant à l\u2019église pour la messe, furent arrêtées par la police civile qui les contraignit de la suivre.Averti, le R.P.Supérieur rejoignit les pauvres enfants en route et se rendit avec elles au poste, afin de les rassurer et de plaider leur cause, mais on le pria de se retirer.Toute la journée s\u2019écoula en pourparlers auprès des autorités et, le soir venu, les malheureuses prisonnières n\u2019étaient pas libérées.Le lendemain, vers quatre heures de l\u2019après-midi, les trois aînées recevaient leur congé.Quant aux trois plus jeunes, elles durent rester encore un jour dans leur lieu de détention, qui leur parut, nous disent-elles, une image de l\u2019enfer.Enfin, la petite famille SC' trouva réunie et de fervents Magnificat montèrent vers le ciel pour cette délivrance.Au dispensaire, bien chère Mère, vos filles infirmières s\u2019efforcent d\u2019opérer le plus de bien possible.Dernièrement, elles étaient gratifiées d\u2019un magnifique Pien che (ex-voto de gratitude).C\u2019est une plaque en bois bleu garnie de soie rouge et mesurant sept pieds de long sur deux et demi de large.Des caractères dorés y sont sculptés en relief, exprimant la reconnaissance pour parfaite guérison.Ce genre de cadre est, en Chine, le plus excellent témoignage de reconnaissance, aussi nous l\u2019a-t-on présenté avec grande pompe.Installé dans une chaise à porteurs, il nous fut apporté en procession, au son de la musique.Et quand le cortège arriva à notre demeure, une foule pressée de spectateurs se trouvaient réùnis au seuil de notre porte.Une détonation de pétards mit le clou à la démonstration.Le donateur de cet ex-voto est M.Han, à qui nous avons prodigué des soins pendant quatre mois.Il souffrait d\u2019une plaie au bras occasionnée par une infection.Tout d\u2019abord, il eut recours à de nombreux médecins chinois, mais ceux-ci, loin de le soulager, aggravèrent son mal.La gangrène se mit dans la plaie, laissant à découvert l\u2019os du bras, les nerfs et les tendons.Alors seulement, malgré une certaine appréhension des remèdes étrangers, le malade requit nos soins.Il était bien tard et l\u2019amputation semblait urgente.Devant notre impuissance, nous confiâmes notre patient à Catherine Tekakwitha, qui ne tarda pas à montrer le crédit dont elle jouit auprès de Dieu.Non seulement elle obtint la guérison de cet homme, mais, ce 474 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 19-K) qui mieux est, sa conversion au christianisme.Pendant sa convalescence, M.Han se mit à l\u2019étude des principes de notre sainte religion et, dans un avenir très prochain, il aura le bonheur de compter parmi les fervents néophytes.Depuis quelques mois, le nombre de nos patients s\u2019est accru considérablement.Chaque jour, nous prodiguons nos soins à plus de cent malades.Tout en soulageant les souffrances corporelles, nous nous ingénions à verser dans les âmes le baume précieux de la foi.Puisse le divin Maître bénir nos humbles efforts et les féconder de sa grâce toute-puissante! Comme le Bon Pasteur, nous essayons aussi de courir après les brebis égarées qui ne songent pas à venir à nous ou ne le peuvent pas.C\u2019est au cours de ces courses aux malades, à travers la ville et la campagne, que nous recueillons souvent le plus de consolations.Que de petits enfants et même d\u2019adultes semblent n\u2019attendre que notre passage pour pouvoir s\u2019envoler au ciel l\u2019âme fraîchement régénérée dans les eaux du Baptême! Un jour, vers cinq heures et demie du soir, on venait nous prier de nous rendre au chevet d\u2019une moribonde.Comme celle-ci habitait à une distance éloignée de la Mission et qu\u2019il était déjà tard, nous proposâmes de remettre la visite au lendemain matin; mais voici que nous arriva une nouvelle délégation nous disant de ne pas nous déranger, que la malade était sur le point d\u2019expirer.On ajoutait: « Nous nous empressons d\u2019aller acheter ses habits, si du moins nous avions le temps de l\u2019en revêtir! » A cette annonce, il ne fut plus question pour nous de remettre au lendemain; nous suggérons qu\u2019une piqûre prolongerait peut-être la vie de la malade.A ce mot magique de « piqûre », l\u2019espoir renaît au cœur de ces braves Chinois et ils consentent à nous conduire auprès de la mourante.Nous trouvons une femme d\u2019une cinquantaine d\u2019années, inconsciente, et dont le pouls est à peine perceptible.Nous lui donnons une injection, puis versons l\u2019eau sainte sur son front en disant aux parents: « C\u2019est là notre meilleur remède; s\u2019il ne la soulage pas, nous n\u2019en avons pas de plus efficace.» Après avoir passé une médaille miraculeuse au cou de l\u2019agonisante, nous revenons à notre Couvent, ne doutant pas que la mort ne vienne bientôt consommer son œuvre.A notre grande surprise, retournant deux jours plus tard auprès de cette femme, nous la trouvons presque rétablie.Toute la famille est unanime à affirmer que c\u2019est le résultat du grand remède, et elle-même nous dit toute joyeuse: « Vous m\u2019avez baptisée, je suis bien contente! » Étonnées, nous lui demandons qui lui a dit qu\u2019elle a été ondoyée.« C\u2019est uns voisine qui était ici l\u2019autre soir.Comme elle étudie votre religion, elle m\u2019a expliqué ce qu\u2019est le Baptême; je suis bien heureuse de l\u2019avoir reçu et maintenant, quand je serai un peu plus forte, je vous promets d\u2019aller au caté-chuménat.» Notre reconnaissance monte fervente vers la Vierge Immaculée pour cette nouvelle conquête ! Les RR.Pères Jésuites ont eu de grandes épreuves à traverser au cours de l\u2019année.A la fin d\u2019avril, le R.P.Le Bayon, missionnaire au Haèchow, fut pris par les brigands chinois, qui, après avoir tué son compagnon, le Père Hermand, le gardèrent prisonnier pendant quarante-deux jours.Le bon Père ne parle pas de ses souffrances, mais il est facile de s\u2019imaginer ce Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 194C\t475 qu\u2019il dut endurer dans la caverne, espèce de souterrain creusé sous une grange, où il fut enfermé.On lui avait bandé les yeux et même pour les repas on lui laissait au début ce fatal bandeau; peu à peu, le gardien, ému de compassion, consentit à le lui enlever au moins pour prendre sa pauvre nourriture.S\u2019il fallait voyager, c\u2019était toujours la nuit qu\u2019on le faisait, en sorte que le pauvre Père ne peut dire en quel endroit il séjourna.On ne lui cacha pas qu\u2019un fort montant d\u2019argent était exigé pour sa rançon et qu\u2019il ne recouvrerait sa liberté que lorsqu\u2019il aurait été versé.Le Père laissait SŒUR MARIE-XAVIER (BERTHE PARADIS, DE TINGWICK.ARTHABASKA).MISSIONNAIRE DE LTMMACULÉE-CONCEPTION, ACCUEILLANT UN PATIENT GRAVEMENT MALADE AU DISPENSAIRE DE SÜCHOW.dire, sachant bien que jamais la Mission ne pourrait arriver à payer semblable somme; d\u2019ailleurs, l\u2019eût-elle pu, elle ne l\u2019aurait pas fait.Si l\u2019on consentait à donner quelque chose pour la rançon d\u2019un missionnaire prisonnier, les brigands s\u2019encourageraient à faire des otages.Grâce à ce procédé, les enlèvements de ce genre sont heureusement rares.Le R.P.Le Rayon nous disait qu\u2019il avait toujours espéré en la Providence, même aux heures les plus critiques de sa captivité, et que cet espoir avait été pour lui un continuel rayon de soleil et un apaisement à ses souffrances.Quand arriva le moment de sa délivrance, au commencement de la nuit, ses sauveteurs durent le tirer par les bras hors de sa cachette, les parois du souterrain étant trop à pic pour que le Père pût parvenir à les escalader.D\u2019ailleurs, ses jambes, ankylosées par une si longue réclusion, refusaient de le porter; on le mit sur une brouette et c\u2019est ainsi qu\u2019il arriva chez le mandarin à qui il devait son salut.Celui-ci, le voyant vêtu d\u2019un simple pantalon et d\u2019une ceinture, en eut pitié et s\u2019occupa de lui procurer des habits.Après quelques heures de repos, le missionnaire prit la route de Süchow, accompagné d\u2019un confrère envoyé à sa rencontre.En juin, le R.Frère Ricard, scolastique, mourait de la typhoïde à Shanghaï, où il était à faire ses études de théologie. 476 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 A la fin d\u2019octobre, un pénible accident survenait aux RR.Frères L.Fontaine et E.Gauvin, alors qu\u2019accompagnés du R.P.Bourassa, ils revenaient en bicyclette de Masting, poste situé à environ cinquante lis de Süchow.A une vingtaine de lis de la ville, deux coups de feu, tirés par la sentinelle japonaise qui se tenait à mille cinq cents pieds de la route, atteignirent, le premier, le Frère Gauvin, lui perforant le sommet de l\u2019intestin, le second, le Frère Fontaine qui eut l\u2019omoplate traversée.Constatant que ses coups avaient porté, le soldat accourut aussitôt et bien grande fut sa UN MARCHAND AMBULANT UE RATATES SUCRÉES, SÜCHOW.CHINE DANS UN DES PANIERS, IL TRANSPORTE SON POÊLE SUR LEQUEL IL FAI 1' BOUILLIR LES PATATES QUTL OFFRE AUX PASSANTS DANS DE PETITS BOLS Stupéfaction en reconnaissant que ses victimes étaient des étrangers.Il déclara avoir signalé, mais comme le vent était très fort et soufflait en sens contraire, les missionnaires n\u2019avaient pu entendre le signalement.On procura les premiers soins aux malheureux blessés et bientôt l\u2019ambulance les transporta à l\u2019hôpital japonais de Süchow.Comme il faut voir la volonté divine en tout événement, nous ne pouvons douter que le bon Dieu permette ces épreuves pour sa plus grande gloire, mais ces coups successifs sont durs pour les missionnaires si peu nombreux devant une tâche immense.Avant de clore cette lettre, nous nous recommandons à vos prières, bien chère Mère, ainsi qu\u2019à celles de toutes nos Sœurs, afin que le divin Maître daigne bénir notre apostolat sur la terre infidèle.Nous jetons la semence, mais c\u2019est la grâce de Dieu seule qui peut la faire germer et mûrir, nous attendons donc le secours de tous ceux qui nous sont chers pour obtenir une récolte de fruits abondants pour les greniers célestes.Voici le compte rendu du dispensaire, de juin à octobre 1939 inclusivement: Baptêmes.\t188\tPatients.12,623\tTraitements.\t.\t.23,572 Visites à domicile.\t85\tDents extraites.\t71\tPansements.4,504 Injections.1,720\tConsultations.\t3,507\tVaccins.130 Montréal LE PRECURSEUR Mare-Avril 1940\t4 77 Extraits du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Paitchengtze LE REFUGE DES VIEILLARDS Depuis le 12 janvier 1939, une nouvelle œuvre est venue s\u2019ajouter à celles qui nous étaient confiées dans notre chère Mission; celle d\u2019un Refuge pour les vieillards abandonnés.Avec quel amour nous avons accueilli les sept premières recrues que le bon Dieu nous a envoyées.C\u2019étaient de pauvres déshérités tous plus misérables les uns que les autres et, chose plus triste encore, des âmes ignorant qu\u2019elles ont un Père au ciel.Quelques mois plus tard, de nouveaux hôtes nous arrivaient, parmi lesquels un mendiant qui avait déjà demeuré à la Mission, il y a trois ans, mais qui en était parti sous prétexte que le diable ne le laissait pas tranquille.Maintenant, notre homme se montre des plus heureux et nous espérons en faire un enfant de la Sainte Église.Parmi nos hospitalisés se trouvent trois aveugles.Nous encourageons ces bons vieux à être compatissants les uns envers les autres, à l\u2019exemple du grand Modèle, Notre-Seigneur Jésus-Christ.INVENTIONS CHINOISES En visite chez un malade, nous apprenons combien il est facile de se fabriquer un poêle à bon marché.C\u2019est une simple chaudière placée dans le milieu de la maison.Elle est mise sur le côté, et par l\u2019ouverture du bout on la chauffe, tandis que sur le dessus est disposée une broche qui retient soit le coquemar, soit la marmite.A l\u2019intérieur de la chaudière, une sorte de grille permet au charbon d\u2019aller se reposer au fond quand il est devenu cendre.L\u2019hiver fini, le petit poêle redeviendra chaudière et servira à aller puiser de l\u2019eau.Dans une autre visite, nous faisons la connaissance d\u2019un nouveau moyen de repassage.L\u2019installation est la suivante: sur un coussin blanc déposé sur le plancher est étendu le morceau de linge à repasser.En guise de fer, la repasseuse se sert d\u2019un poêlon rempli de charbon de bois allumé.Après l\u2019opération, nous voyons le linge aussi bien repassé que s\u2019il l\u2019eût été avec un fer électrique.PAS POUR LA GLOIRE NI POUR L\u2019ARGENT Une femme prie le « Docteur de la Mission », Sœur Saint-Alexandre ', de lui faire des magies sur le corps afin de la guérir instantanément.« Je paierai en conséquence », dit-elle, et elle montre une liasse de billets de dix dollars.L\u2019Infirmière s\u2019opposant à ce qu\u2019elle réclame, l\u2019inconnue, avec audace, met l\u2019honneur du « Docteur » en jeu.« Toi qui as une si bonne réputation, tu ne sais donc pas faire de la magie qui puisse me guérir ?J\u2019ai ouï dire que ta puissance est grande, je le crois et je ne m\u2019en vais pas avant d\u2019avoir été guérie.» Avec sang-froid, notre Sœur indique à sa patiente deux moyens à prendre: ou de sortir par où elle était entrée ou de se montrer plus respectueuse.Cette réponse ferme coupe court à la discussion.1.Alexandrine Surprenant, de Saint-Alexandre d\u2019Iberville. 478 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 « Je vois, dit la dame, que vous ne travaillez pas pour la gloire ni pour l\u2019argent, c\u2019est ce que je voulais constater par moi-même.Je regrette de vous avoir dérangée, recevez ces quelques sous comme dédommagement.» VISITE PASTORALE DE S.EXC.MGR LAPIERRE Le dimanche 2 avril, la Mission de Paitchengtze avait le grand bonheur de recevoir la visite de S.Exc.Mgr Lapierre.Dès la veille, de tous les points de la Mission et des dessertes environnantes, les chrétiens vinrent en foule saluer leur Pasteur.Il vous intéresserait d\u2019assister à l\u2019arrivée d\u2019une des nombreuses familles qui entrent à la Mission en pareille circonstance.Vous verriez d\u2019abord apparaître deux ânes et deux petits chevaux traînant un grand chariot dans lequel se trouvent le père, la mère, les enfants et le bagage.La voiture s\u2019arrête premièrement à la maison des hommes, où un bon cinq minutes est employé à démêler son contenu.Tous les occupants ont l\u2019air heureux du voyage et cependant il n\u2019a pas dû être reposant dans le fond de ce chariot sans ressorts et sans coussin, sur un chemin plus ou moins raboteux.Adais ces désavantages ne comptent pas quand il y a peut-être un an qu\u2019on n\u2019a pu venir à l\u2019église.La preuve, c\u2019est que parmi les enfants, le plus jeune n\u2019est pas encore baptisé et on l\u2019apporte exprès pour le faire régénérer.Le père ou le plus âgé des fils prend soin de l\u2019attelage pendant que la mère, la belle-fille, les bambins et bambines, tous parés de leurs guenilles fleuries, se rendent au catéchuménat des femmes.Quel bonheur pour ces braves gens de se retrouver parmi tant de frères chrétiens, quand depuis si longtemps ils n\u2019ont été entourés que d\u2019une multitude de païens! Au son de VAngélus du soir.Son Excellence faisait son entrée dans la Mission.Tout le personnel était rangé de chaque côté de la grande allée qui traverse notre cour, et la main bénissante du Pasteur traça sur cette foule de multiples signes de croix.La joie se peignait sur le visage de ce bon Père qui revoyait, après deux ans d\u2019absence, ses missionnaires et leurs ouailles.On se rendit à l\u2019église où eurent lieu les prières d\u2019usage, puis une allocution dans laquelle notre bon évêque rappela à tous leurs devoirs de fervents chrétiens.Le lendemain, après la messe pontificale, le sacrement de Confirmation fut administré à quatre-vingt-cinq personnes.A onze heures et demie Son Excellence prenait le chemin de Loung Ts\u2019uan où l\u2019attendaient trente-cinq autres confirmands, que le R.P.Pelletier était allé préparer.Ces jours privilégiés de la visite de notre vénéré Pasteur passèrent rapidement, mais les bons conseils, les paternels encouragements que nous en avons reçus demeureront et nous soutiendront dans nos labeurs apostoliques.BEL EXEMPLE A la tombée de la nuit, faisant la garde au Pensionnat qui se trouve tout près de l\u2019église.Sœur Supérieure entend un bruit de pas qui se dirigent vers le Lieu saint.Craignant l\u2019approche de quelque malfaiteur, elle se rend à la Montreal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t479 fenêtre et qu\u2019aperçoit-elle ?Dans l\u2019ombre, deux personnages qui s\u2019avancent vers le Temple du Seigneur; c\u2019est le catéchiste de la Mission et son petit garçon.Tous deux s\u2019agenouillent sur les marches de l\u2019église, la porte en étant fermée, et là, dans une muette prière, adorent leur Créateur et leur Dieu.Qui ne serait édifié d\u2019une si ardente foi ?.COMMENT SE CUEILLENT LES AMES Onze heures et vingt-cinq minutes.Soeur Blandine-de-Jésus ^ ferme les portes de l\u2019Ouvroir et retourne au Couvent pour le dîner.Comme il lui faut passer par le dispensaire, elle y arrive juste à l\u2019instant où Sœur Marie-Emmanuel ^ prend la bouteille d\u2019eau baptismale pour en verser sur m SŒUR M-DE L\u2019ASSOMPTION (ALICE LAROUCHE.DE SWEETSBURG, P Q).MISSIONNAIRE DE LTMMACULÉECONCEPTION, DONNANT UNE LEÇON DE CHANT AUX ÉLÈVES DE L'ÉCOLE DE PAITCHENGTZE.un petit front moribond; mais voyant sa compagne qui passe, aimablement, elle lui offre d\u2019ouvrir la porte céleste à la petite âme.Comme c\u2019est l\u2019affaire d\u2019une seconde, notre Sœur profite de l\u2019aubaine, qui nullement ne la mettra en retard, et répand l\u2019eau sainte en disant: « Marie-Berthe, si tu peux être baptisée, je te baptise au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.» Appelée auprès d\u2019une mourante, notre Sœur Infirmière s\u2019y rend en hâte.La chaleur est intense et la course pénible; mais l\u2019espérance de gagner une âme à Dieu et les pieux Ave qu\u2019elle récite, chemin faisant, lui donnent force et courage.Elle prodigue à la malade les plus tendres soins, puis engage la conversation sur la grâce du Baptême, la contrition des péchés, le bonheur du ciel.Profondément touchée, la moribonde accepte la proposition qui lui est 1 Blandine Simard, de Uoberval 2.Berlhe Crevier, de Sainte-Anne-de-Bellcvue. 480 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 faite de voir le prêtre.Mandé aussitôt, le R.P.G.Pelletier lui confère le sacrement qui la fait enfant de Dieu et héritière du ciel.Une païenne a vu expirer l\u2019une de ses deux jumelles et l\u2019a aussitôt jetée à la voirie.L\u2019autre petite s\u2019apprête à la suivre dans l\u2019au-delà.« Ses heures sont comptées », vient nous révéler la grand\u2019-mère, patiente de notre dispensaire où elle a entendu quelques leçons de doctrine.Elle voudrait que nous nous rendions auprès de l\u2019enfant, mais elle sait la famille très hostile aux « Docteurs étrangers ».Que faire ?.Nous proposons d\u2019envoyer, en notre place, l\u2019une de nos aides chinoises.Cette dernière reçoit bon accueil auprès de la famille, donne quelques remèdes et fait de la frêle créature une élue du paradis.Les ombres du soir n\u2019ont pas encore enveloppé la terre que déjà la petite Marie s\u2019est envolée près du trône de sa céleste Mère et Patronne.Compte rendu du dispensaire de Paitchengtze pour l\u2019année 1938: Baptêmes.47 Patients.15,372 Traitements.26,279\tPansements.8,265\tDents extraites.50 Injections.\t469\tVisites à domicile.425\tVaccins.70 Missionnaires de l\u2019Immaciilée-Concep-TION conduisant LES ÉLÈVES DE L'Ou-VROiR DE Paitchengtze à une promenade CHAMPÊTRE.SG \u2022 DE Puissent les efforts des ennemis secrètement ligués pour abattre le sceptre du Christ nous engager à travailler davantage à l\u2019établissement et à l\u2019avancement de son règne.Rien ne saurait contribuer autant au bonheur des individus, des familles et des nations que d\u2019obéir à l\u2019Auteur de l\u2019humanité, que d\u2019exécuter ses commandements, que de se soumettre à son règne qui nous fait libres et riches en bonnes oeuvres: « règne de vérité et de vie, règne de sanctification et de grâce, règne de justice, d\u2019amour et de paix ».* * * Pie XII.De tous les services que nous pouvons rendre à Dieu, il n\u2019y en a pas qu\u2019il estime tant que de lui acquérir les âmes par l\u2019ardeur des prières qu\u2019il nous inspire de lui adresser pour obtenir leur conversion.*\tSainte Thérèse.Que de bien nous ferions dans l\u2019apostolat, si nous y pensions, si nous saisissions l\u2019occasion; si, sans acception de personnes, nous nous regardions comme redevables de la vérité à toute créature! P.Pierre Olivaint, S.J. Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940\t481 JAPON Extraits du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Koriyama Mercredi 10 mai 1939 .Sœur Agnès-d\u2019Assise * et Sœur Marie-Alida ^ se rendent à Shirakawa, poste du R.P.Laporte.Le seul chef de famille chrétien de l\u2019endroit vient de mourir et le Père Curé voudrait lui faire de belles funérailles qui fassent impression sur les païens.Nos Sœurs s\u2019occupent de préparer ce qu\u2019il faut pour les offices et aident aux frais du chant.Au retour du cimetière, sur la demande du révérend Père, Sœur Marie-Alida initie sommairement l\u2019épouse du défunt, qui est la ménagère du presbytère, à quelques-uns des secrets de la cuisine étrangère.Samedi 20 mai Nous apprenons la mort de M.Matsuyama, directeur d\u2019un Jardin d\u2019Enfance, le seul de la ville à part le nôtre.D\u2019abord simple professeur d\u2019école primaire, M.Matsuyama se lança, dans la suite, dans diverses entreprises philanthropiques et établit la première école maternelle à Koriyama, il y a une trentaine d\u2019années.Plus de trois mille enfants sont passés par ses classes.Plusieurs personnages célèbres du Nippon lui ont décerné des gratifications pour ses longues années de service social.Pour nous conformer aux coutumes du pays, deux d\u2019entre nous doivent aller offrir des sympathies à la famille en deuil.Après les trois profondes prostrations d\u2019usage aux parents et aux amis et les formules usitées en pareilles circonstances: O kinodoku sama, « C\u2019est du poison pour votre noble cœur », nous nous rendons, toujours pour nous conformer aux coutumes japonaises, devant la boîte contenant les cendres du défunt pour lui payer nos respects.Devant cette boîte est la tablette bouddhique portant le nom céleste du mort.Un cabaret laqué, contenant un repas japonais, du riz, du poisson cru, des légumes verts, des gâteaux de pâte de haricots sucrés, est placé devant lui.Nous devons donc, avant de nous retirer, rester là quelques instants en silence, tête inclinée.Cet après-midi, ont lieu les obsèques à un temple bouddhiste; nos deux aides japonaises s\u2019y rendent pour représenter notre école.Aux funérailles nippones, il est d\u2019usage, avant de mettre le cercueil dans la fosse, que tous les amis et connaissances lisent quelques phrases élogieuses à l\u2019adresse du défunt.On donne aussi lecture des télégrammes de sympathies reçus en cette occasion.Dimanche 21 mai Son Exc.Mgr Lemieux vient nous rendre visite.Sachant le Père Curé du petit poste de Shirakawa bien fatigué, il l\u2019a envoyé se reposer à Sendai et fit six heures de chemin de fer pour aller dire lui-même la messe du di- 1\tLucienne Renaud, de Montréal 2\tRose-Aimée Demers, de Québec. 482 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 manche et porter un peu de réconfort à la pauvre veuve dont nous avons parlé plus haut.Arrivée à Shirakawa hier soir, à l\u2019improviste, Son Excellence a dû chercher ce qu\u2019il fallait pour faire un lit.« Le Père m\u2019avait dit, nous raconte Monseigneur avec sa simplicité habituelle, qu\u2019il y avait des draps dans sa valise du coin.A force de chercher, j\u2019ai fini par trouver draps et couvertures; ce n\u2019était pas chose facile, car il n\u2019y avait pas de lumière et il était déjà tard.» Son Excellence nous engagea à aller visiter ce poste où il y a, ajoute-t-elle, un bien immense à faire.Dimanche 28 mai La petite église de la Mission est en liesse ; le saint baptême est conféré à une jeune catéchumène, Mlle Abe.La chère enfant est toute rayonnante, la joie de son âme se reflète sur son visage.La marraine, une poitrinaire baptisée durant un stage qu\u2019elle flt, il y a quelques années, au sanatorium Béthanie, chez le bon Père Flaujac, est la sœur de la nouvelle chrétienne.Revenue dans sa famille après sa cure, et se voyant dédaignée des siens, cette pauvre malade se fit aussi patiente et résignée que possible, vivant seule au deuxième étage de la maison et n\u2019ayant jamais de visiteurs.Sa jeune sœur lui ayant dit un jour qu\u2019elle fréquentait l\u2019église protestante et qu\u2019elle allait en devenir membre: «Non, non, s\u2019écria son aînée, il n\u2019y a qu\u2019une seule religion du Christ et c\u2019est à l\u2019église catholique que tu dois t\u2019adresser.» Elle semble bien heureuse, ce matin, de voir l\u2019eau sainte du baptême couler sur le front de sa cadette et sa tenue digne et recueillie nous édifie grandement.Malgré sa grande faiblesse, elle demeure à l\u2019église jusqu\u2019à la fin des offices.Le bon Dieu ne tardera guère, sans doute, à venir cueillir cette petite fleur de son parterre nippon.Mardi 30 mai Nous avons le privilège d\u2019avoir deux messes célébrées dans notre chapelle.Le R.P.Dauphinais, retournant au pays, désirait nous saluer avant son départ.Le bon Missionnaire nous intéresse beaucoup en nous racontant les débuts de sa petite paroisse d\u2019Ichmoseki, qui ne compte que vingt-trois chrétiens, mais qui est pleine de promesse pour l\u2019avenir.A son arrivée dans ce poste, les chrétiens étaient sans prêtre résidant depuis deux ans; un Missionnaire d\u2019un poste voisin venait leur dire la messe deux fois par mois, le lundi.Ces braves gens, habitués ainsi à voir leur dimanche remis, finirent par penser que leur dimanche à eux, c\u2019était vraiment le lundi.Par conséquent, ils travaillaient le dimanche sans scrupule, mais, par contre, se reposaient le lundi.A force de patience et de bons procédés, le Père finit par mettre les choses au point.Petit à petit, les catéchumènes augmentèrent; six jeunes gens appartenant à la classe intellectuelle, formant un bon noyau, sont maintenant devenus chrétiens et se promettent d\u2019en attirer d\u2019autres.Une particularité du poste d\u2019Ichinoseki, c\u2019est que le chœur de chant y est entièrement composé de jeunes filles païennes qui se font une joie et un Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t483 L\u2019école du dimanche aux païens de la ville de Koriyama, Japon, réunit chaque semaine bon nombre d\u2019entre eux chez les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, pour l\u2019étude de la religion chrétienne.De gauche à droite: Sœur Marie-de-la-Rédemption (Ba-silisse Maillet, de West-Bathurst, N.-B.), Sœur Sainte-Hedwidge (Blanche Ross, de Fall-River, Mass.) et Sœur Marie-Alida (Rose-Aimée Demers, de Québec).devoir de chanter messes et saints du Saint Sacrement.Toute la population est maintenant très sympathique au missionnaire catholique.Au départ du R.P.Dauphinais, nombre de païens vinrent lui faire omi okuri (noble reconduite) jusqu\u2019à la gare.Dimanche 4 juin L\u2019église de la Mission est presque remplie ce matin.M.Kakuda, fervent chrétien, qui emploie comme tailleur une quarantaine d\u2019ouvrières, presque toutes païennes, a conçu la bonne idée de les convier à l\u2019assistance de la messe du dimanche, divisées en deux groupes, alternant chaque semaine.Thérèse, une de leurs compagnes, baptisée il y a quelques années et véritable apôtre, se montre pleine de sollicitude pour elles, leur indiquant les pages des prières à réciter et des cantiques à chanter.Quelques-unes d\u2019entre elles s\u2019assemblent chez nous cet après-midi pour causer, chanter, s\u2019amuser.Nous voudrions pouvoir réunir un plus grand nombre de ces jeunes filles, mais, malheureusement, les filatures ne donnent congé à leurs ouvrières qu\u2019un dimanche par mois.Takahashi San, une des plus fidèles à venir, nous disait que toutes ses compagnes avaient voulu apprendre le cantique à la Sainte Vierge que nous lui avons montré, et depuis lors, chaque jour, s\u2019élève de ces jeunes cœurs païens, à travers le bruit des métiers, un chant de louanges à la Reine du Ciel.Notre divine Mère doit sourire, ce semble, à ces enfants de bonne volonté et son amour maternel, nous en avons la douce confiance, ne tardera guère à les conduire à son divin Fils.Dimanche 18 juin Une grande animation règne sur le terrain vacant, voisin du nôtre.Les dames du Bo Koku Fujin Kai (association des dames défenseurs du pays) y font une vente au profit des soldats.Depuis trois jours, elles passaient de porte en porte, avec de petites brouettes, pour recueillir tout ce dont les familles n\u2019auraient plus besoin, afin de le vendre.Le dévouement de ces dames, appartenant pour la plupart à la meilleure société de la ville, est vraiment admirable.Revêtues d\u2019un tablier de travail et portant une large banderole indiquant en caractères noirs le nom de leur association, elles travaillent ainsi tout l\u2019avant-midi en plein soleil.Vers une heure, elles viennent nous demander la permission de visiter notre maison, Elles se répandent d\u2019abord, au nombre d\u2019environ soixante^ 484 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 dix, dans les salles du Jardin de l\u2019Enfance.Ce qui les intéresse le plus à l\u2019étage du bas, c\u2019est la chambre de repos pour les enfants fatigués ou malades.Se montrant les unes aux autres les deux lits blancs, elles se disent: « Voyez comme on prend bien soin de nos enfants ici; il n\u2019y a pas de shimpai (anxiété) à avoir.» Cette chambre, en réalité, nous sert aussi de parloir.A leur grande joie.Sœur Supérieure '¦ les invite à monter au nikai (deuxième).Introduites à la chapelle, elles y entrent respectueusement, faisant le grand salut japonais; leurs regards émerveillés se portent sur tout, mais les images des stations du chemin de la Croix semblent attirer davantage leur attention.« Ma Sœur, demande l\u2019une d\u2019elles, en désignant les dernières stations, explique-nous donc le commencement de cette belle histoire.» Pendant cinq minutes environ, toutes écoutent avec le plus vif intérêt un court récit de chaque station de la voie douloureuse.Les exclamations de pitié se font entendre principalement à la quatrième et à la treizième station, où elles paraissent vouloir compatir avec la Mère des Douleurs.Avant de partir, elles font de nouveau un salut japonais devant le tabernacle.Avec quel cœur nous supplions Notre-Seigneur de les bénir et de se les attirer toutes.Puis, la visite se continue: la cuisine, le lavoir, la chambre des aides japonaises, tout les intéresse grandement.Elles s\u2019informent de l\u2019emploi de notre temps, demandent combien de fois nous faisons ogamu (adoration), etc., et sont bien étonnées de voir que nous n\u2019avons pas de servantes.Elles nous quittent après maints saluts et des arigato (mercis) cent fois répétés.Nous espérons que cette visite contribuera à rapprocher ces dames de la maison et à les amener ainsi à connaître notre sainte religion.Mercredi 21 juin Nos bambins sont en liesse, c\u2019est la fête des garçons.Selon la coutume, les carpes multicolores sont à l\u2019ordre du jour; on en hisse un peu partout en guise de drapeaux.Au Japon, la carpe, poisson qui remonte le courant, est synonyme de force, de bravoure.Sous les toits des maisons, sont attachés des bouquets de feuilles d\u2019iris, auxquelles on attribue la propriété de chasser le diable.Nos petits réunis dans la salle dégustent le benlo, mets traditionnel de cette fête composé de boulettes de riz assaisonnées d\u2019une certaine poudre jaune et soigneusement enveloppées dans des écorces de bambous.L\u2019origine de cette coutume remonte, dit-on, à près de deux mille ans, alors que les sages de la Chine apportèrent au grand Japon les bienfaits de leur civilisation.Un de ces sages s\u2019étant noyé en se rendant à une île, les Japonais, voulant lui rendre hommage, lui présentèrent des offrandes comme à un dieu: ils enveloppèrent des boulettes de riz dans de l\u2019écorce de bambou et les jetèrent dans la rivière à l\u2019endroit où le prétendu dieu avait trouvé la mort.Avec les années, on a, sans doute, trouvé plus pratique de déguster le riz que de le jeter à l\u2019eau.1.Sœur Madeleine-du-Sauveur (Alice Libelle, de Montréal), Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t485 11 s » PUOMENAUE UES BAMBINS DU JARDIN DE U'ENFANCE DE KDRIYAMA A TRAVERS LA CAMPAGNE FLEURIE DU JAPON Vendredi 7 juillet Nos élèves nous arrivent joyeux; c\u2019est la fête de Tanabata.Aujourd\u2019hui, on rappelle aux petits l\u2019histoire de deux étoiles, une étoile déesse: Shikyu, et une étoile dieu: Kengyu Sama, qui une fois l\u2019an se rencontrent au soir du sept juillet.Si, par malheur, une seule goutte de pluie tombait à ce moment, la voie lactée qui sépare les deux étoiles et que les Japonais nomment ame no kawa (rivière du ciel) serait inondée et la rencontre ne pourrait avoir lieu.En ce jour, il est de tradition que les enfants décorent un bambou de papiers multicolores et le plantent au seuil de la maison.Mardi 18 juillet Dimanche dernier, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, deux jeunes catéchumènes entraient dans le giron de l\u2019Église.Longtemps éprouvées avant d\u2019être admises au saint Baptême, elles s\u2019étaient préparées à recevoir cet auguste Sacrement avec grande ferveur.A midi, elles venaient prendre le dîner à notre Couvent avec leurs marraines: une de nos aides et Mlle Abe, baptisée à la Pentecôte.Vers une heure, avait lieu, à la chapelle, leur consécration à la Sainte Vierge suivie d\u2019un cantique et de la récitation du chapelet avec chant des mystères en japonais.Une dizaine de jeunes filles de la filature, toutes païennes, venues pour leur réunion mensuelle, assistaient à cette touchante cérémonie.L\u2019une d\u2019elles demanda aux nouvelles baptisées si elles étaient heureuses.« Oh! oui, répondirent-elles, si heureuses que nous n\u2019avons pas de paroles pour exprimer notre bonheur.» « Comme j\u2019étais heureuse moi-même au jour de 486 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940 mon baptême », ajouta Mlle Abe.Cette dernière ne manque aucune occasion de faire connaître notre sainte religion et s\u2019efforce le plus possible de faire de l\u2019apostolat.Aujourd\u2019hui, nos deux nouvelles catholiques viennent communier dans notre chapelle.Devant retourner à leur travail ce jour même, aussitôt après la messe elles demandent à voir Sœur Supérieure, pour la remercier de ses bontés à leur égard.« Priez bien pour nous, disent-elles, car nous voulons courir tout droit dans le chemin de la vertu.» Désirant se faire religieuses, elles ont commencé l\u2019étude du français.« Nous allons étudier de tout notre cœur, et puis, nous avons confiance que le bon Dieu arrangera les choses pour que nos parents, encore païens, donnent leur consentement », ajoutent-elles en nous quittant.Vendredi 21 juillet Depuis le commencement de la semaine, les exercices en cas de guerre battent leur plein.Dès que les sirènes de la ville se font entendre, le personnel de chaque maison doit se hâter de sortir et se tenir prêt à courir avec eau et sable là où les chefs du quartier l\u2019indiquent.Aujourd\u2019hui, les exercices se renouvellent de trois heures en trois heures et commencent dès cinq heures ce matin.Demain étant la fête patronale de notre chère Sœur Supérieure h nous nous préparons, ce soir, à lui offrir nos vœux, mais la cantate est à peine terminée que le cri strident des sirènes nous appelle au poste.Vite, nous saisissons les masques et, à peine sorties, des supposées bombes éclatent à l\u2019entrée de notre Jardin d\u2019Enfance.Un incendie est supposé s\u2019être déclaré à une bicoque voisine; les pompiers étant censés ne pouvoir arriver à temps, il nous faut éteindre le feu.Une chaîne d\u2019au moins une cinquantaine de personnes se forme et les seaux d\u2019eau, pendant près d\u2019un quart d\u2019heure, passent de main en main pour être jetés sur la mansarde, qui, après un tel bain, ne séchera pas de sitôt.« Ça brûle, jetez encore de l\u2019eau.c\u2019est ça!.», crie le gendarme en gesticulant, et pas une seule personne ne se permet le moindre sourire, tous obéissent aveuglément.Enfin le signal de la fin des exercices est donné et l\u2019officier nous adresse, à nous, héroïques sauveteurs, des éloges saupoudrés de quelques remarques sur ce qui a manqué d\u2019ordre ou de prudence.Puis, le brave homme exhorte ses compatriotes à montrer toujours autant d\u2019énergie et de courage pour l\u2019amour de la patrie, et, nous désignant, il ajoute: « Ces nobles personnes nous ont donné, à nous Japonais, un très bel exemple de dévouement et de bravoure.Tâchons de n\u2019être point au-dessous de cet exemple.» Un salut général, et tout le monde se disperse.Dimanche 20 août Le bon Dieu vient nous visiter ce soir en la personne d\u2019un lépreux qui nous demande l\u2019aumône.Il a le visage tout déformé par d\u2019énormes boursouflures, les mains et les oreilles sont enflées démesurément; la jambe droite est couverte de pustules et le talon, à la chair vive.Les ongles des pieds tombent et la douleur est si grande, parfois, que le pauvre homme se sert 1.Sœur Madeleine-du-Sauveur (Alice Labelle, de Montréal) Montrétil LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940\t487 de piqûres de morphine pour se soulager un peu.« Je sais que ce n\u2019est pas bien, nous dit-il, mais parfois je ne puis endurer tellement je souffre.» Il est catholique, ayant été baptisé à la léproserie de Koyama, où il fit un stage il y a quelques années.Son mal était alors assez bénin, n\u2019ayant attaqué que les mains, aussi fut-il renvoyé comme étant guéri.Il y a quelques mois, la terrible maladie vint de nouveau le terrasser.« Ce n\u2019est que dans l\u2019Église catholique, ajouta-t-il, que je trouve de la sympathie.Au dehors, tout le monde- me fuit, me méprise.On crache sur moi et les paroles dures pleuvent.Pour moi, je me considère maintenant comme un homme mort et j\u2019ai résolu d\u2019oublier toutes choses pour ne plus penser qu\u2019à Dieu seul.» Après l\u2019avoir consolé de notre mieux, nous lui servons un bon souper chaud qu\u2019il accepte avec reconnaissance et lui donnons un peu d\u2019alcool, des bandages préparés il y a quelques années par notre vénérée Mère F'on-datrice.Son repas fini, il ramasse tout ce qui lui a servi et en fait un petit paquet, sans doute pour le jeter.Muni du chapelet, de la médaille miraculeuse et d\u2019un substantiel bento (goûter), il nous quitte, promettant de prier pour nous.Il marche depuis plusieurs semaines, voulant atteindre à pied, à cause de sa pauvreté, le lazaret catholique de Koyama, qui est à huit heures de chemin de fer de Koriyama.Lundi 28 août En promenade avec nos petits élèves, nous traversons un cimetière païen, très bien entretenu, car c\u2019est la Bon Matsuri (fête des morts ou des lanternes).Les tombes sont garnies de fleurs, d\u2019encens et même de mochi (galettes).En cette grande solennité du culte des ancêtres, des milliers de lanternes bleues, roses, argentées, etc., décorent les maisons de la ville.Dans celles où la mort est venue ravir au cours de l\u2019année un être cher, une lanterne électrique est fixée au haut d\u2019un bambou et décorée d\u2019une branche de cèdre: c\u2019est la lumière qui doit guider l\u2019âme errante vers sa demeure.Hier avait lieu l\u2019ouverture de la fête.Les rues étaient encombrées de gens qui allaient, lanternes allumées en mains, chercher au cimetière les âmes des morts pour les ramener au foyer familial où on leur avait préparé force gochiso (friandises).SUR LA RUE A KORIYAMA, JAPON\tNous nous agenouülons sur la tombe Sœur Marie-de-la-Rédemption (Basi-\t.\ti ^ \u2022\t.-i i.issE Maillet, de west-bathurst, n.-b.) d Amatsu San, jeune chrétien mort il y DEVANT L\u2019ÉTALAGE D'UN PETIT MARCHAND DE\t,\t^\t.VAISSELLE.\ta quelques années;\tsa\tfamille\tpaïenne Les ENSEIGNES NOUS DISENT QUE POUR DEUX\tHpTTnsp Hps hoiinupts dp flpiirs et OU CINQ sous LES CLIENTS PEUVENT SE CHOI-\t} \u201c UepOSe UCS UUUqUCLS UU IICUIS CL gauche ou\tquatre bonbons sur\tles\tbras de\tla croix.DL DKOlXCf.\t^ 488 Montréal LÉ PRècURSÈÜË Mars-Àvril 1940 A l\u2019orée du cimetière, nous faisons une noble rencontre: Chizo Sama, dieu des enfants, qui, paré de son bonnet de coton et de sa bavette, nous sourit placidement.Nos petits élèves païens se hâtent de ramasser des cailloux et de les placer sur la divinité en question; si le caillou tient en place, la faveur sollicitée sera accordée, sinon, il faudra payer l\u2019amende d\u2019un sen en expiation des péchés qui mettent osbtacle aux complaisances du dieu Chizo.VANCOUVER Glanés dans le Journal de nos Sœurs Missionnaires de l'Hôpital Oriental Saint-Joseph grand\u2019mère maléa Samedi 28 janvier 1939 Grand\u2019Mère Maléa, notre baptisée du 11 septembre 1938, fut favorisée, pour la fête de Noël, d\u2019un bel arbre.Avoir en sa possession, pour la première fois, à l\u2019âge de quatre-vingts ans, un objet si brillant et si bien paré, est une joie assez grande pour ne pas, semble-t-il, la laisser s\u2019évanouir en quelques jours.C\u2019est ce que pensait, sans doute, notre chère vieille, lorsque l\u2019Infirmière, voyant l\u2019arbre défraîchi, parla de le défaire, lui en promettant d\u2019ailleurs un aussi beau pour l\u2019an prochain.« Non, non, répondit Marie-Délia, je veux le garder tout le temps.» Puisqu\u2019il lui avait été donné, cela lui semblait faire partie maintenant de son mobilier, tout comme sa chaise et son lit.Un jour, voulant manger des patates sucrées, Marie-Délia alla trouver la Vierge catéchiste et lui dit ingénument: « Je suis certaine que Sœur Supérieure aimerait manger des patates sucrées, c\u2019est si bon; demande-lui donc dix sous et achète-lui-en.Toi aussi, tu aimes cela, et je crois que l\u2019autre Sœur aimerait cela également.» Plus Grand\u2019Mère faisait mine de se mettre de côté, plus son interlocutrice comprenait de quoi il s\u2019agissait.Enfin, un bon régal lui fut promis pour le soir même, ce qui la mit au comble de la joie.Sœur Marie-de-la-Foi (Jeanne Lamy, de Saint-Barthélemy), Missionnaire de l\u2019Imma-CULÉE-CONCEPTION, DE VANCOUVER, EN COMPAGNIE DE Sœur Thérèse, vierge catéchiste, et DE Mme Mah Chow, nouvellement baptisée sous les noms de Marie-Délia-Anna. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t489 La vieille tête de Grand\u2019Mère a souvent de la difficulté à retenir les prières qui lui sont enseignées; aussi, bien souvent, s\u2019en compose-t-elle à son gré.« Tous les saints Joseph, priez pour moi », voilà la nouvelle invocation qu\u2019elle redit sans cesse depuis quelque temps.MISÉRICORDES DU BON DIEU Gin Gan, tuberculeux chinois, reçut dernièrement la robe blanche des baptisés.Comme il comprenait très peu l\u2019anglais.Sœur Thérèse, notre Vierge catéchiste, lui répéta, en sa langue maternelle, les consolantes paroles du prêtre : « La miséricorde du bon Dieu est grande.Si vous avez fait quelques fautes pendant votre vie, demandez-en pardon et votre âme deviendra toute blanche.» Un bon sourire apparut aussitôt sur les lèvres du moribond; c\u2019était à n\u2019en pas douter une des âmes de bonne volonté à qui le divin Maître a promis la paix.Peu après.Gin Gan allait contempler là-haut Celui qu\u2019il avait connu si tard.Choo Chong Fai, à l\u2019intelligence plus que médiocre, était certainement du nombre de ceux dont il est dit dans l\u2019Écriture que Dieu révèle ses secrets aux humbles et aux petits, car dès que la Vierge catéchiste lui eut parlé de Dieu et du ciel, il sembla tout comprendre: ses yeux s\u2019ouvrirent très grands et, joignant les mains, il dit à haute voix: « Oh! je suis très content de croire en Jésus, oui, Jésus si bon! » Ce nouveau larron de paradis s\u2019endormit paisiblement du sommeil des justes quelques heures après son baptême.Un patient, gravement atteint d\u2019un cancer à la gorge, se présenta à notre dispensaire.Les lits étant tous occupés, nous fûmes obligées de le renvoyer à l\u2019Hôpital Général, le confiant à la garde de notre céleste Mère, car le baptême, pensions-nous, qui le lui donnera, dans un hôpital protestant?.Le lendemain, nous allâmes le visiter et l\u2019instruisîmes sommairement.Notre malade, ayant demandé avec instances l\u2019eau qui purifie, nous l\u2019ondoyâmes sur-le-champ; il n\u2019y avait pas de temps à perdre.Le soir de ce beau jour, notre Immaculée Mère venait chercher son nouvel enfant.Quelquefois le bon Dieu conduit aux portes de la mort pour ouvrir celles de la véritable vie.Gong Lin, Chinois tuberculeux, fut pris subitement de faiblesse, tant et si bien qu\u2019on crut qu\u2019il allait expirer.Il fut ondoyé sur l\u2019heure à son grand contentement.A l\u2019Infirmière qui lui demandait s\u2019il savait prier, il répondit naïvement : « Moi, je ne sais qu\u2019une prière, c\u2019est celle-ci: Mon Dieu, je vous aime!» Prière qui devait certainement réjouir le cœur de Jésus.Les minutes, les heures, les jours passèrent et Gong Lin ne mourut pas.Tour de la main paternelle de Dieu! NOTRE BON FRANÇOIS-XAVIER Dimanche 26 mars Depuis quelque temps, François-Xavier était fort intrigué: l\u2019Infirmier n\u2019étant pas en devoir à l\u2019heure habituelle, personne n\u2019avait l\u2019air de s\u2019en soucier et, de plus, n\u2019avait-il pas été renvoyé une fois de la chapelle avec ces mots qu\u2019il essayait en vain de comprendre: « Vous reviendrez plus tard, c\u2019est durant le sermon.» Enfin, il se décida à demander des explications 490 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940 à la Vierge catéchiste qui lui dit que les employés étaient en retraite.Retraite! quel mot mystérieux, que peut-il bien signifier?Quoique chrétien depuis un an, François n\u2019y comprenait rien.« Faire une retraite, expliqua la Vierge, cela veut dire prier beaucoup, penser au bon Dieu et faire des sacrifices.\u2014 Et ne pas travailler?» s\u2019empressa d\u2019ajouter François, ayant toujours sur le cœur l\u2019arrivée tardive de l\u2019infirmier.« Moi aussi, dit-il alors, je veux faire une retraite; c\u2019est facile: prier, faire des sacrifices et ne pas travailler.» Quelques jours plus tard François entrait en retraite; il s\u2019y était préparé par une neuvaine au Saint-Esprit.Un tout petit programme lui avait été donné et il s\u2019y conformait à la lettre.Il fallait voir avec quelle ferveur il récitait son chapelet et s\u2019exerçait à faire des sacrifices.Ainsi s\u2019était- il obligé à ne lire aucun journal chinois et à aider tout spécialement un de ses compagnons qui lui est antipathique.Une fois, ayant été chargé de réveiller pour la messe du dimanche un des hôtes du Refuge, un Japonais, François éveilla non seulement notre Nippon, mais encore l\u2019habilla; puis, bras dessus, bras dessous, alla le conduire à l\u2019ascenseur.Voilà certainement un acte de charité qui a compté, surtout en ces temps malheureux où la guerre divise si fortement Chinois et Japonais.Pendant cette retraite de nos employés, nous eûmes la joie de voir une de nos gardes-malades protestantes suivre, avec grande ferveur, tous les exercices.Cette jeune fille porte la médaille miraculeuse; dernièrement, elle confiait à une Infirmière qu\u2019elle aimait beaucoup les sermons des prêtres catholiques.« Vos pasteurs ne sont pas comme les nôtres, disait-elle.Après que nos ministres ont beaucoup parlé, nous n\u2019avons rien compris.Vos mit SŒUR M -DE-LA-VISITATION (ÉLISE CROTEAU, DE SAINT-ANTOINE-DE-TILLY, P Q.), MISSIONNAIRE DE LTMMACULÉE-CONCEPTION, ET SŒUR THÉRÈSE, VIERGE CATÉCHISTE CHINOISE, ACCUEILLANT LES PATIENTS A LA SALLE D\u2019ATTENTE DU DISPENSAIRE DE L\u2019HOPITAL ORIENTAL DE VANCOUVER Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t491 prêtres nous donnent quelques pensées que nous pouvons méditer et aussi de sages avis.» Nous confions à la Mère des Miséricordes cette âme droite qui cherche la vérité.Une nuit, un de nos patients dut recevoir le saint baptême in articula mortis.Comme le temps pressait, on alla éveiller François pour qu\u2019il servît de parrain à l\u2019heureux néophyte.Avant la cérémonie, l\u2019Infirmière lui avait dit: « Vous répéterez après le prêtre: Je renonce à Satan, etc., etc.\u2014-Très bien, j\u2019ai compris », avait répondu notre homme.En effet, tout alla bien pour commencer.Mais lorsque le prêtre lui demanda de réciter le Credo, François répéta simplement: « Credo.» Notre Sœur le poussa du coude: « Dites Je crois en Dieu en chinois » et François de répéter: « Je crois en Dieu en chinois.» Pour cette fois, ce ne fut pas le parrain qui fit la profession de foi, mais tout finit par s\u2019arranger.La salle Saint-Joseph reçut un jour un nouveau patient, jeune Chinois d\u2019une douzaine d\u2019années.Le petit avait d\u2019abord bien peur de la religieuse, n\u2019ayant jamais vu de telles personnes.Enfin il se hasarda à l\u2019appeler: « Nurse, nurse.» Mais François ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase: « C\u2019est ma Sœur, qu\u2019il faut dire, clama-t-il; vois-tu, des Sœurs, ça travaille pour le bon Dieu et des Nurses, pour de l\u2019argent.» BELLE AME DE CHINOIS Samedi 8 avril Le bon Dieu, voulant sans doute embellir le ciel d\u2019un lis de plus, est venu cueillir l\u2019âme si belle et si simple de Mah Fee, « Charlie », patient du Refuge depuis un an et baptisé un peu avant Noël.Depuis ce grand jour qui l\u2019avait fait enfant du Père des cieux, il était si heureux qu\u2019il ne parlait sans cesse que de son départ pour l\u2019au-delà.Un jour, la Sœur Infirmière le trouva les mains jointes et paraissant prier avec ferveur.« Voyons, que fais-tu là ?lui demanda-t-elle.\u2014 Je fais mes arrangements avec Tin Tu », répondit-il aussitôt.Dimanche dernier, il assistait encore à la messe avec ses compagnons de salle, et ce matin, il expirait après avoir reçu tous les sacrements que la Sainte Église applique aux mourants.Son départ subit laisse un grand vide parmi les hôtes du Refuge qui l\u2019affectionnaient beaucoup.Joseph Kawai, surtout, petit Japonais qui appelait Mah Fee son ami de cœur, est depuis bien triste.Puisse notre bon Charlie, du haut du ciel, obtenir une mort aussi heureuse que la sienne à ses bons amis du Refuge et la conversion de ses frères encore païens! HEUREUSE CONSÉQUENCE DE BONS EXEMPLES Mardi 17 mai Ce matin avait lieu, à la mission japonaise, le service funèbre de notre petite Oyama.Depuis son baptême, qui eut lieu le 23 avril dernier, cette jeune fille était changée du tout au tout.Autrefois, maussade et difficile, elle ne voulait pas accepter sa maladie mortelle.Mais après que l\u2019eau régénératrice eut coulé sur son front, un bon sourire illuminait sa figure; sans 492 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940 cesse, elle racontait son bonheur d\u2019être devenue l\u2019enfant de Dieu et, de plus, désirait vivement la mort, afin de pouvoir aller le contempler bientôt.Se rappelant les souvenirs du passé, elle disait dernièrement à l\u2019Infirmière : « Ce doivent être les prières, les sacrifices et surtout les beaux exemples de cette famille catholique chez laquelle je travaillais avant ma maladie, qui ont été la base de ma conversion.Ces gens-là étaient bien bons; partout dans leur maison, il y avait de pieuses images comme les vôtres ici.Je me rappelle aussi que tous les dimanches, sans jamais y manquer, ils partaient pour l\u2019église et souvent les enfants cherchaient quelque chose., cela ressemblait au chapelet que vous m\u2019avez donné; il me fallait le chercher avec eux, jamais ils ne partaient sans cela.» Les membres de la famille de Oyama, tous païens, ont consenti à ce qu\u2019elle fût inhumée selon le rite catholique.Quand la longue file de parents et d\u2019amis fut sortie de l\u2019église, un ministre bouddhiste s\u2019approcha du père et demanda à faire incinérer le corps, selon la coutume du Japon.« Non, répliqua aussitôt ce dernier, cela ne se pratique pas dans l\u2019Église à laquelle appartient ma fille.» Puisse cette privilégiée, du haut du ciel, obtenir à tous les siens la grâce inestimable de la foi qu\u2019elle-même a reçue! EFFET DE BONNES LECTURES Lundi 27 juin Une de nos Sœurs revient toute joyeuse de sa visite chez les malades.C\u2019est que plusieurs de ces derniers, assez fanatiques, lui ont demandé des livres traitant de religion.Depuis quelque temps déjà, notre Sœur leur avait apporté des opuscules indifférents, puis un peu plus tard d\u2019autres où se glissaient quelques mots du bon Dieu.Le grain de sénevé a germé et voilà qu\u2019il promet de devenir un grand arbre!.Tatemichi est fort enthousiasmé de sa lecture; par trois fois il a parcouru la traduction japonaise de l\u2019intéressant volume Notre-Dame de Lourdes, par Henri Lasserre.En le remettant à notre Sœur, il lui a raconté une des guérisons qui l\u2019avait particulièrement frappé.A son récit, son voisin sembla intéressé et dit : « Si nous avions un peu de cette eau, cela nous ferait peut-être du bien.\u2014 Je vais voir si nous en avons », reprit notre Sœur, ce qui parut lui faire grand plaisir.Puis, s\u2019adressant de nouveau au jeune homme : « Aimeriez-vous apprendre la prière que la Sainte Vierge récitait avec Bernadette?\u2014 Oh! oui, ma Sœur.» Sur ce, notre Sœur lui remit un catéchisme dans lequel se trouvait la salutation angélique et les principales prières du chrétien.Maintenant, il ne reste qu\u2019à supplier la Mère des Miséricordes de conduire ces âmes à son Jésus.BIENFAITS DE LA MÉDAILLE MIRACULEUSE Mercredi 5 juillet Marjorie Chow va mourir, elle le sent; elle a beau résister de toutes ses forces, la mort s\u2019en vient implacable.Soudain, une peur terrible l\u2019envahit, le malin Esprit, sans doute, fait des siennes; elle a si souvent refusé le Baptême.Mais la Vierge toute bonne est là; Marjorie ne porte-t-elle pas sa médaille miraculeuse?. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t493 « Marjorie, lui dit l\u2019Infirmière, vous êtes bien malade, n\u2019aimeriez-vous pas devenir l\u2019enfant du bon Dieu par le saint Baptême ?» Notre Chinoise sourit: « Oh! oui, ma Sœur, dit-elle, baptisez-moi.» La Sœur Infirmière l\u2019ondoie à l\u2019instant sous les noms de Marie-Louise-Délia et lui suggère des actes de foi, d\u2019espérance et de charité, lui faisant répéter après elle: « Mon Dieu, je vous donne mon cœur, mon âme, mon esprit.et ma vie.» Depuis si longtemps elle résistait à la grâce et ne voulait pas mourir; pourtant, dans son cœur la foi était entrée et confidentiellement elle disait un jour à une garde-malade: « Je sais bien que ma Sœur ne me laissera pas mourir sans baptême.» C\u2019est donc un fait accompli maintenant, et elle en est toute radieuse.Vers la fin du jour, elle expire doucement.« Martin se meurt! » voilà ce que l\u2019Infirmière envoyait dire à Sœur Supérieure un matin.Or, Martin était un Japonais protestant que tous nos efforts n\u2019avaient pu convertir et il se mourait.Sa mère, également protestante et fanatique, se tenait à ses côtés.Pourtant, il ne pouvait mourir ainsi, car nous avions réussi à lui faire porter une médaille miraculeuse.Soudain, la mère fut demandée au téléphone.A peine était-elle sortie que le mourant, saisissant la main de l\u2019Infirmière, murmura en japonais: « Baptême.» Celle-ci n\u2019eut que le temps de l\u2019ondoyer avant le retour de sa mère.Quelques instants plus tard, l\u2019heureux jeune homme remettait son âme à Dieu.Nous donnâmes un jour la chère médaille à un Chinois venu à la clinique.Peu après, il entrait à l\u2019Hôpital Général.Sœur Marie-de-Béthanie *, accompagnée de la Vierge chinoise, l\u2019allant visiter, le trouva prêt à subir une grave opération.Après lui avoir exposé sommairement les vérités de notre sainte religion, notre Sœur, sur sa demande, se hâta de le faire devenir enfant du bon Dieu.A peine la formule était-elle terminée, que les Infirmiers protestants entraient avec la civière.Dans une visite aux malades, ayant rencontré un petit garçon à la frimousse éveillée, nous reçûmes de lui cette confidence: « Moi, à la classe, je ne retiens rien.» Sur ce, nous lui remîmes une médaille miraculeuse, lui expliquant que c\u2019était l\u2019image de sa Mère du ciel et que certainement elle ne manquerait pas de l\u2019aider s\u2019il le lui demandait avec confiance.Bien que protestant, notre petit homme l\u2019accepta.Aussi, grande fut sa joie en nous revoyant peu après: « Ma Sœur, nous dit-il, tout joyeux, je n\u2019ai pas de faute dans ma dictée, et je comprends mieux mes leçons.» Visitant les malades orientaux dans un hôpital protestant, nous sommes soudainement abordées par un Hindou qui, poliment, nous salue: « Mes Sœurs, êtes-vous Canadiennes?Il y a ici un blanc comme vous qui est toujours seul; personne ne vient le voir.» Il s\u2019agit, en effet, d\u2019un brave Canadien sur le point de subir une dangereuse opération.En vain il a demandé un prêtre catholique, aussi est-il bien content de nous voir.Nous l\u2019encourageons et lui promettons de lui envoyer un prêtre.Quant à l\u2019Hindou charitable, après quelques paroles, nous apprenons qu\u2019il adore le soleil et ne connaît rien du bon Dieu.Nous lui offrons une médaille miraculeuse 1.Berthe Fiché, de Saint-Basile de Portneuf. 494 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 qu\u2019il accepte.Grâce à ce précieux talisman, le divin Soleil, nous en avons la douce espérance, ne tardera guère à découvrir à son âme les célestes horizons.BONHEUR DE FAIRE DES HEUREUX Jeudi 17 août En recevant son cabaret au déjeuner, chaque malade regarde son voisin de droite, puis celui de gauche, et, tout à coup, dans les salles éclatent de francs éclats de rire; c\u2019est que chacun vient de recevoir une gentille invitation à un dîner-banquet qui sera donné sur le tapis vert du jardin.La joie déborde, quelques-uns même se mettent à battre des mains, disant: « Today, Christmas ! » Aussi faut-il voir leur empressement à regarder par les fenêtres les religieuses, gardes-malades et infirmiers qui, en bas, préparent les couverts.Dîner au jardin, à une table, c\u2019est un plaisir que plusieurs n\u2019ont pas goûté depuis longtemps.Enfin voici l\u2019heure: les tables ont été bénites par notre Chapelain, les malades descendent par l\u2019ascenseur: la joie illumine leurs pâles figures.Chacun prend place sur les bancs et a vite fait de poser sur sa tête un chapeau de papier multicolore; l\u2019effet est des plus pittoresques; à côté d\u2019un énorme casque rouge, un minuscule panama blanc; ici, un chapeau de mandarin, là un haut de forme.On n\u2019a qu\u2019à les regarder vider leurs bols pour juger de leur satisfaction.A la fin du repas, les Infirmiers, pour la plupart musiciens d\u2019occasion, organisent une petite fanfare et des airs joyeux retentissent.Enfin, il faut songer à faire reposer nos chers malades.Chacun revient joyeux à son lit, où le sommeil a tôt fait de clore les paupières.Après la bénédiction de notre nouvelle salle nommée « Pavillon de la Providence », pour nos tuberculeux.Sœur Supérieure en avait marqué l\u2019ouverture par une semblable fête.Dans la salle rectangulaire, étincelante sous les lumières et les peintures toutes fraîches, deux longues tables avaient été dressées autour desquelles avaient pris place une cinquantaine de patients et patientes aux kimonos bigarrés et coiffés de chapeaux de toutes formes et de toutes couleurs.Ces petites réjouissances donnent du bonheur à nos bons Orientaux, et à voir leur joie et leur contentement, nous en éprouvons peut-être plus qu\u2019eux, tant il est vrai que « donner est souvent plus doux que recevoir ».TÉMOIGNAGE DE GRATITUDE Mardi 19 septembre Notre modeste hôpital est témoin ce matin d\u2019un événement peu ordinaire.Avec la permission de Monseigneur notre Archevêque, upe grand\u2019-messe de Requiem, pour le repos de l\u2019âme de Sœur Marie, Religieuse Franciscaine de la Réparation, décédée subitement le 5 dernier, est célébrée dans le corridor du troisième étage converti en chapelle.Devant la grande fenêtre du fond, décorée de tentures violettes, au centre de laquelle est suspendu un grand crucifix, a été placée une longue table dissimulée sous une grande nappe blanche et un devant d\u2019autel noir; un tabernacle portatif et tout le nécessaire pour la messe reposent sur cet autel improvisé. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t495 A huit heures et demie, le Clergé arrive processionnellement.Nos malades, Chinois et Japonais, quelques-uns en chaise roulante, voire même dans leurs lits, assistent très attentifs à ce spectacle tout nouveau pour eux d\u2019une messe.Après l\u2019absoute, le R.P.Benedict, Curé de la Mission japonaise, fait une allocution en japonais, rappelant en quelques mots l\u2019histoire édifiante de la vie de la défunte.Née en Angleterre et appartenant à la religion anglicane.Sœur Marie vint à Vancouver, il y a quelque cinquante ans, pour se dévouer à la conversion des Japonais.Son œuvre débuta dans la pauvreté et le sacrifice.Le bon Dieu, qui ne pouvait laisser sans bénédiction une si grande générosité, l\u2019éclaira de la lumière de la vraie foi.Devenue catholique, elle se dévoua avec un zèle et une ardeur incroyables à ramener au vrai bercail ceux qu\u2019elle avait d\u2019abord gagnés à la religion anglicane et convertit un grand nombre de païens; puis.Religieuse, elle continua jusqu\u2019à ses derniers instants son œuvre apostolique, car c\u2019est en catéchisant un Japonais adulte qu\u2019elle fut frappée par l\u2019impitoyable faucheuse.Le Père termine en proposant l\u2019imitation de la vie exemplaire de la défunte regrettée de tous.Cette messe avait été recommandée par nos malades japonais en témoignage d\u2019estime et de vénération pour celle qui fut inlassable de dévouement envers ceux de leur nationalité.Lorsqu\u2019ils apprirent sa mort, ils se cotisèrent et réunirent une somme d\u2019argent qu\u2019ils remirent à Sœur Supérieure pour l\u2019achat de fleurs à déposer près des restes de Sœur Marie.Sœur Supérieure leur proposa d\u2019employer le montant, partie pour une messe et partie pour des fleurs, leur expliquant le mérite de la prière, du Saint Sacrifice surtout.Quoique païens pour la plupart, tous acceptèrent volontiers la proposition.GAGNÉS À DIEU Récemment, dans la salle Notre-Dame-de-Lourdes, le bon Dieu venait visiter pour la première fois le cœur de Lee Gim Thoo, Chinois tuberculeux.Ses compagnons, presque tous païens, regardaient, attentifs, la cérémonie qui se déroulait à leurs yeux.Un silence solennel régnait dans la salle, on eût dit que chacun sentait que Dieu était là sous la petite Hostie.Lee Gim Thoo, tout recueilli, rayonnait de bonheur.Quelle belle âme possède ce nouvel enfant de l\u2019Église, âme toute simple et facile à orienter vers tout ce qui est du Ciel! Heureux est Lee Gim Thoo, mais combien de ses semblables, ayant les mêmes bonnes dispositions, meurent néanmoins sans consolation et sans espoir dans des hôpitaux protestants ou autres! Oh! peut-être ne manquent-ils guère de soins et de remèdes, mais leur âme, quelqu\u2019un pense-t-il à la préparer pour l\u2019éternité ?Que n\u2019avons-nous un local plus vaste, des ressources plus grandes, afin d\u2019héberger sous le toit de l\u2019immaculée tous les moribonds orientaux! Au matin de la fête de Notre-Dame de la Merci, un de nos malades prenait son envolée vers l\u2019au-delà, après avoir été ondoyé.Au cours de l\u2019après-midi, quatre mourants chinois étaient provisoirement installés dans la salle d\u2019opération toute blanche, attendant rayonnants de bonheur l\u2019heure où ils allaient être faits enfants du bon Dieu.Au pied des lits, sur une petite 496 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940 table, une statue de la Vierge Immaculée semblait leur sourire.Le R.P.Robert leur conféra le saint Baptême et échangea leurs noms pour ceux de puissants intercesseurs: Jean, Patrice, Joseph et Pierre.A ce moment, ils semblaient bien heureux, mais quelques jours plus tard, félicité plus grande était leur partage: le Ciel avec ses étemelles délices.Dimanche 22 octobre PRÉCIEUSE VISITE Le 12 dernier, toutes réunies à la porte d\u2019entrée, nous attendions, avec grande hâte, notre révérende Mère Supérieure générale et nos chères Sœurs à y LA PETITE COMMUNAUTÉ DES MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION DE VANCOUVER, LORS DU PASSAGE DE LEUR TRÈS RÉVÉRENDE MÈRE SUPÉRIEURE GÉNÉRALE, MÈRE MARIE-DE-LA-PROVIDENCE, EN OCTOBRE DERNIER en route pour l\u2019Orient.Enfin, à huit heures et demie, la porte s\u2019ouvrait: « Notre Mère! » Quel bonheur! Quelle joie! Après avoir baisé chacune, notre bien-aimée Mère et nos Sœurs voyageuses se rendirent à la chapelle où elles reçurent la sainte Communion.La cloche nous réunissant toutes à la Communauté, notre bonne Mère nous donna des nouvelles de notre vénérée Mère Fondatrice et de toutes nos Sœurs.Dans l\u2019après-midi, ce fut la visite de l\u2019Hôpital.Le lendemain, le bon Dieu avait réservé à notre Mère une sensible joie : celle de verser sur le front d\u2019un agonisant l\u2019eau qui régénère.Wong Pong, en effet, se mourait et, paraissant tout à coup très conscient, il accepta le saint Baptême, sourit même et fit un geste de remerciement à celle qui, sous les noms de Joseph-Jean, venait de lui ouvrir les portes du Ciel.Après cet.acte sublime, notre bien-aimée Mère assista à une petite fête que nous avions préparée en son honneur.Et le 14, ce fut le jour du départ de nos chères Missionnaires, et le temps passa vite, vite.Oh! que nous aurions voulu pouvoir éterniser ces courts moments où nous avions le bonheur de vivre en compagnie de cette Mère tant aimée! Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t497 Mais aujourd\u2019hui, notre Mère passe sous notre toit sa dernière journée; aussi le grand congé sonne-t-il vers neuf heures et demie et, toutes réunies, nous formons autour d\u2019elle une petite couronne.L\u2019horloge, dédaigneuse de nos soupirs, file, file, sans nous écouter; en vain nous murmurons: « Oh! que le temps passe vite! » Le bon Dieu avait gardé pour ce dernier jour, à notre chère Visiteuse, une autre joie d\u2019apôtre.Elle nomme son deuxième filleul François-Xavier, en souvenir de son père.Peu après son baptême, le nouvel élu s\u2019envole vers le séjour des bienheureux.Puis, c\u2019est le moment du départ, un dernier « au revoir », « merci », et la voiture rapide nous ravit notre révérende et bien-aimée Mère.Plusieurs de nos Sœurs sont heureuses de l\u2019accompagner jusqu\u2019à la gare.Là, pour passer la barrière, notre Mère montre son billet et toutes les Sœurs qui l\u2019accompagnent la suivent.« C\u2019est ainsi qu\u2019il en sera pour l\u2019entrée au ciel », dit alors notre Mère, et Sœur Supérieure d\u2019ajouter: « Oui, pourvu que nous suivions toujours notre Mère.» Les benjamines, qui gardent la maison, peuvent voir passer le train; c\u2019est toujours une consolation d\u2019agiter une dernière fois la main, et de jeter un dernier regard sur les personnes chères qui nous quittent! Et, tout est fini.Oh! que les joies de la terre sont courtes, le ciel seul nous réserve une béatitude sans fin, l\u2019éternel jour sans couchant.Compte rendu de VHôpital oriental Saint-Joseph de Vancouver Année 1939 Baptêmes d\u2019adultes\t\t.42\tFluoroscopies\t\t,.\t916 Baptêmes in articula mortis.\t.13\tExamens du Laboratoire.,\t, .1,716 Premières Communions\t\t.\t5\tPansements\t\t.3,389 Saintes Communions\t\t.144\tInjections\t\t.1,626 Extrêmes-Onctions\t\t.17\tTraitements divers\t\t.10,612 Visites à domicile\t\t.58\tMédicaments\t\t.40,638 Radiographies\t\t.211\tMalades admis\t\t.162 Compte rendu du Dispensaire chinois, année 1939 Nombre des malades traités.894 Examens physiques.227 Médicaments distribués.914 Pansements.22 MONTRÉAL Compte rendu de VHôpital chinois de Montréal, année 1939 Baptêmes.31 Premières Communions.\t4 Confirmations.1 Extrêmes-Onctions.7 Malades hospitalisés.105 Malades reçus au dispensaire.1,361 Jours d\u2019hospitalisation.2,100 Prescriptions remplies.1,488 Pansements.2,054 Traitements électriques.144 Examens aux rayons\tX.10 Injections.1,598 Opérations.9 Décès.11 Visites à domicile et dans les hôpitaux .122 DEBiEES ^ I^OS CIDERS PRREI^TS.Lundi 20 novembre 1939 La Saint-Octave est marquée par un joyeux congé, mais surtout par le sincère et cordial tribut de prières et de vœux que nous offrons aux intentions de notre chère Sœur Supérieure dont c\u2019est la fête patronale.Après le souper, nous sommes conviées à une soirée récréative.En guise de prologue, une Professe met en lumière le triple objet que veulent atteindre, cette année, ces traditionnelles réjouissances du 20 novembre.C est que, par une singulière coïncidence, trois fêtes patronales qui ne peuvent ici passer inaperçues se succèdent immédiatement au calendrier liturgique, la Saint-Octave, la Présentation de Marie et la Sainte-Cécile.Chaque numéro de l\u2019intéressant programme exécuté par les postulantes et les professes s\u2019adresse donc comme un respectueux hommage à notre bonne Sœur Supérieure et à la dévouée Maîtresse du Postulat, en même temps qu il nous redit, à nous novices, les vœux qu\u2019on nous exprimait au début, vœux de ferveur, de persévérance et de fidèle imitation de la petite Vierge du Temple, notre patronne.La séance se termine à la voix de la cloche annonçant la prière du soir.Nous n\u2019avons pas le temps de laisser éclater notre joie et notre reconnaissance par les accents du Magnificat habituel, mais individuellement nous le récitons de tout cœur en nous rendant à la chapelle.Mardi 21 novembre C est mardi, et pourtant notre salle a un air de dimanche.Sur les tables de travail, aucune trace des différents ouvrages qui sollicitent d\u2019ordinaire toutes les aptitudes et toutes les bonnes volontés.Nos dévouées Supérieures et Officières ont voulu faire de cette journée une fête de première classe et rien ne manque à notre joie.En revenant de la chapelle à deux heures, après avoir chanté les louanges de notre divine Reine et Patronne, nous trouvons notre domaine transformé en champ de bataille.Les auteurs de cette transformation ?Nos petites .^œurs postulantes, bien sur; mais nous n\u2019avons pas le temps de faire enquête à ce sujet.La seule lecture d\u2019un tableau indicateur placé bien en évidence nous anime d une ardeur belliqueuse que nous ne nous connaissions pas et nous presse de prendre les armes.Voici ce qu\u2019on y lit: « Croisade missionnaire entreprise sous la conduite de l\u2019invincible petite Vierge du Temple pour arracher les âmes à l\u2019empire de Satan et les gagner à Jésus. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t499 Conditions d\u2019enrôlement: les Croisées doivent être entraînées à la Perfection et savoir manier les armes de toutes les vertus missionnaires.Le départ aura lieu le 21 novembre, à deux heures de l\u2019après-midi.» Toutes, naturellement, nous voulons être de l\u2019expédition, et la lutte s\u2019engage sans retard à coups redoublés de foi, d\u2019espérance, de charité, d\u2019humilité et des vertus cardinales.Les drapeaux des nations belligérantes forment l\u2019enjeu de chaque nouvel assaut, et les gagnantes s\u2019en font un glorieux trophée.Dix parties se succèdent au milieu d\u2019un incroyable entrain.Quand sonne l\u2019heure des exercices spirituels, les hostilités n\u2019ont pas encore pris fin; à ce soir l\u2019armistice et la proclamation des victorieuses.En attendant, au pied du Très Saint Sacrement exposé, nous songeons à la grande armée missionnaire dont nous formons l\u2019arrière-garde, et qui livre sans cesse aux peuples païens les pacifiques combats de l\u2019évangélisation.O Jésus, puissions-nous, dans un avenir rapproché, guerroyer avec ardeur dans les rangs de vos apôtres et implanter en d\u2019innombrables âmes votre étendard sacré! A peine cette prière s\u2019est-elle échappée de nos cœurs que, guidés sans doute par Notre-Seigneur, nos regards se dirigent vers la statue de la petite Vierge du Temple, notre modèle.Recueillie dans une prière fervente, elle semble nous dire que, comme elle jadis à Jérusalem, nous pouvons dès maintenant, dans l\u2019enceinte même du Noviciat, opérer les plus merveilleuses conquêtes spirituelles par l\u2019accomplissement fidèle de nos petits devoirs quotidiens.Oh! oui, sous la bannière de notre aimable Patronne, nous voulons être des conquérantes dans les champs immenses de l\u2019apostolat missionnaire ! Dimanche 26 novembre Quand il nous arrive de dire « les vieilles novices » ou, plus révérencieusement, « les aînées du Noviciat », nous entendons parler de celles qui arrivent au terme de leurs années de probation; car il n\u2019est pas question d\u2019âge parmi nous.Seules les diverses dates d\u2019entrée nous divisent en différents groupes.Ce soir, pourtant, au cours d\u2019une petite séance improvisée par les postulantes, notre doyenne d\u2019âge, à sa grande surprise, se voit l\u2019objet d\u2019un honneur particulier: gentiment on lui présente un bouquet en l\u2019honneur de sainte Catherine.Nos petites Sœurs, en effet, s\u2019inspirèrent, pour la composition de leur programme, de la fête d\u2019hier et de celle de demain, la Sainte-Catherine et la Médaille miraculeuse, et la soirée se clôt sur un tableau vivant montrant la Très Sainte Vierge telle que représentée sur cette bénie médaille dont on vient de nous raconter la céleste origine et quelques-unes des œuvres merveilleuses.Jeudi 30 novembre Cette journée instituée pour perpétuer le souvenir des faveurs divines accordées à notre jeune Institut et pour nous permettre d\u2019amplifier nos hymnes d\u2019action de grâces nous a apporté une déception et une peine, et enfin une joie.On nous avait annoncé la visite de notre révérende Mère Supérieure générale, mais toute la journée notre attente fut vaine et l\u2019on nous dit que 500 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 l\u2019état critique de notre vénérée Mère Fondatrice en était la cause.Le bon Dieu semble de plus en plus vouloir attirer à lui cette chère et vénérée Mère que nous n\u2019avons jamais eu le bonheur de voir et d\u2019entendre, mais à qui nous avons voué un culte respectueux d\u2019amour filial et de gratitude.Ces jours derniers, elle a de nouveau reçu l\u2019Extrême-Onction, et nos cœurs se serrent à la pensée de ce qu\u2019elle souffre et du danger où nous sommes de la perdre.Ce soir, cependant, notre ciel s\u2019illumine quand, à l\u2019heure du souper, nous voyons entrer au réfectoire notre bonne Mère générale.C\u2019est donc que l\u2019état de notre vénérée Mère Fondatrice s\u2019est quelque peu amélioré, et de plus cela nous promet une de ces douces soirées de famille que nous goûtons tant! Dimanche 3 décembre La fête de saint François Xavier est laissée quelque peu dans l\u2019ombre, car l\u2019Église s\u2019occupe avant tout aujourd\u2019hui de l\u2019ouverture du saint Temps de l\u2019Avent.Nous nous faisons cependant un devoir et un bonheur d\u2019offrir à notre céleste Patron nos pieux hommages.Ce soir, grâce à la bienveillance du R.P.G.Sauvé, O.M.L, frère de deux de nos Sœurs professes, nous bénéficions d\u2019une intéressante séance cinématographique à laquelle assistent Mgr E.Larochelle, Supérieur de la Société des Missions-Étrangères, et le R.P.Michaud, P.M.E., récemment arrivé du Manchoukouo.« Le premier numéro est pour les enfants, qui pourront ensuite aller se coucher », nous dit plaisamment Mgr Larochelle, tandis que le R.P.Sauvé met son appareil en action.Mais, la comédie finie, nous n\u2019avons garde de laisser nos places, car si nous nous sentons le cœur jeune et si nous avons ri de bon cœur, nous n\u2019en sommes pas moins pleines d\u2019intérêt pour le programme qui doit suivre.C\u2019est d\u2019abord la Cité Vaticane qui nous apparaît au moment du dernier conclave et du couronnement de Sa Sainteté Pie XIL Nos applaudissements saluent ce bien-aimé Pontife, ainsi que l\u2019Éminentissime Cardinal de Québec alors dans la ville éternelle.Nous sommes ensuite conviées à visiter l\u2019Espagne, d\u2019abord paisible et prospère, puis soulevée par les propagateurs des idées communistes et en proie à la guerre civile.Nous assistons à plusieurs combats: la fusillade crépite à nos oreilles, les balles sifflent, les mitrailleuses font leur œuvre de mort, canons et avions lancent leurs bombes meurtrières et nous entendons le cri perçant des sirènes annonçant l\u2019attaque aérienne.Quelle triste chose que la guerre! Nos esprits se reportent vers nos chères Sœurs de Chine qui vivent ces angoissantes horreurs, et vers les pays d\u2019Europe actuellement désolés par ce sinistre fléau.O Marie, Reine de la paix, plus forte qu\u2019une armée rangée en bataille, ayez pitié de vos enfants! N\u2019est-ce pas à elle, la Vierge puissante, que l\u2019Espagne chrétienne doit sa victoire sur le communisme athée?Aussi l\u2019immaculée Conception, qui en est la patrorme, y est-elle honorée d\u2019un culte général.Dans les écoles, nous dit le Père Sauvé, une touchante coutume est établie.A l\u2019arrivée en classe, les enfants, levant la main vers l\u2019image de leur divine Mère, la i Montréal LE PRECURSEUR Mara-Avril 1940\t501 saluent en chœur par cette invocation: « Salut, Vierge très pure », à laquelle le maître répond par ces mots: « Et conçue sans péché.» Le Révérend Père nous raconte aussi un incident marial de cette guerre qui a réduit en ruines vingt-quatre mille églises et causé la mort de dix-sept mille prêtres et de tant de religieux et de religieuses! A Saragosse, on avait décidé la destruction d\u2019un temple consacré à la Sainte Vierge.Trois avions devaient y jeter trois bombes colossales.Celles-ci furent en effet lancées, mais, traversant toits et planchers, demeurèrent fichées au sol sans causer d\u2019autre dommage.On cria au miracle, mais on s\u2019aperçut dans la suite que le miracle n\u2019était pas celui que l\u2019on croyait.La Reine des cœurs avait touché ceux des ingénieurs communistes qui avaient préparé ces engins destructeurs et qui, pour épargner ce sanctuaire de la Madone, n\u2019y avaient pas mis de détonateur.Nous aurions volontiers passé la nuit à écouter le Révérend Père nous parler ainsi et nous relater avec verve des incidents de son récent voyage en Espagne, mais l\u2019heure avance et notre obligeant visiteur nous quitte, emportant l\u2019expression de notre vive reconnaissance.Vendredi 8 décembre Quelle journée mémorable et sainte, toute saturée de profonde allégresse et de pures émotions, nous venons de vivre! Jamais, sûrement, la fête de l\u2019immaculée Conception n\u2019a revêtu au Noviciat pareil cachet de solennité et de grandeur.Ce matin, plongées dans la contemplation de l\u2019incomparable beauté de notre Immaculée Mère, les instants de la méditation nous ont paru bien courts, quand tout à coup des flots de lumière envahissent la chapelle pendant qu\u2019à l\u2019orgue on entonne le Tu es Petrus.Oui, nous avons l\u2019inestimable hormeur de recevoir le Délégué Apostolique, S.Exc.Mgr Ildebrando Antoniutti, qui a eu la délicate pensée de rehausser l\u2019éclat de notre fête patronale en venant célébrer pontificalement le Saint Sacrifice dans notre modeste sanctuaire.Le Représentant du Vicaire du Christ s\u2019avance donc en nous bénissant, précédé d\u2019un bon nombre de prêtres et de séminaristes de la Société des Missions-Étrangères, auxquels se sont joints S.Exc.Mgr Prud\u2019homme et Mgr E.Larochelle, P.A.Les rites augustes de la messe se déroulent au milieu des imposantes cérémonies liturgiques dont jamais encore notre chapelle n\u2019avait été le théâtre.Au moment de la communion, notre révérende Mère Supérieure générale s\u2019avance vers la Table sainte à la tête de nos Sœurs professes qui renouvellent ensemble leurs vœux de religion.Quel privilège pour nos Mères et nos grandes Sœurs d\u2019inaugurer, en présence du Délégué du Saint-Père, cette rénovation générale qui a lieu pour la première fois ce matin dans toutes les maisons de l\u2019Institut et qui se répétera désormais chaque année en cette date bénie! Pour nous, du fond de nos cœurs, nous promettons à notre divin Fiancé de marcher généreusement dans les sentiers de l\u2019obéissance, de la chasteté et de la pauvreté, et nous supplions notre Immaculée Mère de nous inculquer l\u2019esprit de notre vocation et de nous admettre enfin au nombre des épouses de son Jésus. 502 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 Après un bref déjeuner, notre Révérendissime Visiteur descend au parloir où la Communauté s\u2019est réunie pour recevoir ses paternels enseignements et sa bénédiction.Nous consignons en substance ses précieuses paroles: « Je suis heureux de me trouver en cette belle fête au milieu de vous.Vous portez dans votre costume des indications qui rappellent les apparitions de la Sainte Vierge, mais vous devez surtout retracer dans vos cœurs l\u2019amour et la pureté qui ont paru dans toute la vie de la divine Mère.« Ce matin, il m\u2019a semblé avoir une vision.En lisant le récit de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, on voit que, quand le cortège papal pénétra dans la basilique de Saint-Pierre, les Supérieurs généraux de l\u2019Ordre franciscain qui soutint pendant des siècles la vérité de ce dogme et sollicita sa définition, présentèrent au Saint-Père des cadeaux très symboliques: deux lis d\u2019argent et deux roses d\u2019or, les uns images de sainteté, de pureté et d\u2019innocence; les autres, d\u2019amour, de sacrifice et de générosité.C\u2019étaient les gages de la reconnaissance de toute l\u2019Église au grand Pontife.« Au moment de la communion, vous avez présenté à la Sainte Vierge l\u2019hommage de votre consécration parfaite comme un tribut de reconnaissance pour les grâces de choix dont elle vous a gratifiées.Le Représentant du Pape parmi vous a reçu cette offrande de votre vie, et ce sont les lis de votre pureté, les roses de votre amour que j\u2019ai offerts en votre nom à Notre-Seigneur.Conservez en vos cœurs ces vertus; continuez à marcher dans l\u2019obéissance et la perfection.Empruntant les paroles du Magnificat, vous pouvez dire: Quia fecit mihi magna qui potens est.Oui, le Seigneur, dans sa bonté, a beaucoup fait pour vous.Mais vous pouvez aussi faire, et vous avez à faire des choses bien grandes pour le salut des âmes et votre propre sanctification.Dans l\u2019union à Notre-Seigneur, dans l\u2019humilité, en vous oubliant vous-mêmes, vous trouverez la force d\u2019accomplir ces gestes généreux et héroïques qui sont le but de votre vocation.Toujours vous vous rappellerez cette fête inoubliable.C\u2019est à l\u2019ombre du Représentant du Pape que vous avez renouvelé vos engagements.C\u2019est au nom du Pape que j\u2019ai demandé à Notre-Seigneur de recevoir votre offrande, de vous conserver dans la ferveur, et quand le Chef de l\u2019Église demande des grâces, elles descendent du ciel avec abondance.» En terminant.Son Excellence nous dit que, plus que personne, nous pouvons, dans le silence et le calme de notre Couvent, prier pour le Souverain Pontife, et nous exhorte à recommander au Ciel les pressants désirs du cœur de notre Père en ces temps difficiles que nous traversons.Bientôt, après une dernière bénédiction, notre illustre Visiteur a disparu à nos yeux, mais jamais ne s\u2019effaceront de nos mémoires son admirable condescendance et sa grande bonté, non plus que ses pieux conseils.Notre révérende et chère Mère ouvre ensuite le congé par ces vibrantes acclamations que nous répétons avec enthousiasme: « Vive notre Immaculée Mère! Vive notre Saint Père le Pape! Vive le Délégué Apostolique! » Mais vers dix heures, avec Mère Saint-Jean-François-Régis, elle doit nous quitter pour se rendre à Outremont où aura lieu cette après-midi la bénédiction de l\u2019annexe ajoutée à notre ancienne Maison Mère pour être affectée à l\u2019œuvre des Retraites Fermées. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t503 Ce soir, Mgr Larochelle a la bonté de venir nous donner un Salut solennel du Très Saint Sacrement, avec diacre et sous-diacre.Ainsi, jusqu\u2019à son déclin, ce jour incomparable a rayonné de splendeur et de beauté.Vivre sous le toit de l\u2019immaculée, c\u2019est être sans cesse l\u2019objet de ses maternelles tendresses, mais aujourd\u2019hui notre divine Mère a dépassé la mesure et mis le comble à ses gâteries.Que ne pouvons-nous l\u2019en remercier dignement et publier partout ses bienfaits! Samedi 9 décembre Hier, au moment de son départ, S.Exc.le Délégué Apostolique nous recommanda de conserver avec soin dans notre Communauté la ferveur et l\u2019esprit des débuts.Cette exhortation est d\u2019une pratique constante, et même aujourd\u2019hui, en prenant sans tarder et avec le plus joyeux entrain le congé papal dont nous sommes bénéficiaires, nous en faisons l\u2019application.Car notre vénérée Mère Fondatrice enseigna toujours à ses enfants le respect le plus profond et la soumission la plus empressée à l\u2019égard des Princes de l\u2019Église, ainsi qu\u2019un véritable amour filial envers le Souverain Pontife.Dimanche 24 décembre Les mystères de la divine Nativité font l\u2019objet de toutes nos pensées et de tous nos désirs.Affranchies de la plupart de nos emplois, puisque c\u2019est dimanche, nous pouvons à loisir unir nos prières à la grande voix de l\u2019Église que les solennités toutes proches font déjà tressaillir d\u2019allégresse.Après les Vêpres, qui ont lieu à deux heures, nous commençons la récitation des mille Ave.De tous les coins du Couvent s\u2019élèvent vers la Vierge bénie qui nous apporte un Sauveur, des salutations pleines d\u2019amour et de supplications.Lundi 25 décembre Noël! petit mot évocateur de si grandes choses et de joies si suaves! Noël au Noviciat, fête délicieuse où se mêlent les inoubliables impressions de nos Noëls d\u2019enfance et les purs bonheurs d\u2019une union plus étroite avec le divin Jésus de la Crèche! Cette nuit, éveillées par des flots d\u2019harmonie, échos des célestes invitations transmises jadis aux bergers de Bethléem par les messagers angéliques, nous accourons au pauvre berceau du Roi des rois pour l\u2019adorer et lui offrir nos cœurs.Pour répondre au désir exprimé par S.Exc.le Délégué Apostolique, lors de sa visite du 8 décembre, ce n\u2019est plus seulement un chœur de chanteuses relégué au jubé, mais toute l\u2019assistance, toute la nef qui chante à la grand\u2019-messe de minuit, ce qui nous unit plus intimement au saint Sacrifice.Aux clartés du jour, voix pieuses, clochettes et violons redisent, de dortoir en dortoir, l\u2019ineffable nouvelle: « Il est né le divin Enfant », et nous convient à célébrer son avènement.Tout dans la maison nous parle de réjouissance et de gaieté.Nous nous réunissons, après le déjeuner, dans notre salle joliment enguirlandée et ornée d\u2019un bel arbre de Noël.Une boîte mystérieuse est arrivée hier de la Maison Mère.Évidemment, ce sont des étrennes et des étrennes-surprises, car nous n\u2019en attendions pas après avoir reçu pour la fête de l\u2019immaculée Conception de beaux 504 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940 ornements sacrés: chasuble, dalmatique, étoles, manipules, bourse et voile de ciboire.Aurons-nous la patience d\u2019attendre jusqu\u2019au jour de l\u2019an pour développer les attrayants paquets portant ces mots; « De vos deux bien-aimées Mères » ?Décidément, non; nous réservons seulement pour le 1®\" janvier la lettre de vœux de notre révérende et chère Mère Supérieure générale, et nous ouvrons nos yeux bien grands pour admirer les autres gâteries maternelles, et bien grandes nos mains pour recevoir notre part des images et feuillets qui nous apportent une précieuse manne spirituelle.On nous distribue aussi les lettres de nos chers parents et les bonbonnières que chaque armée les mêmes bienveillants donateurs remplissent aux intentions du nombreux personnel du Noviciat.Que 1 anniversaire de votre naissance, ô Jésus, nous procure de bonheur! Faites qu\u2019il en apporte aussi à tous les hommes nos frères.Rendez droits tous les cœurs et toutes les volontés, afin que cessent les guerres cruelles et que règne sur le monde cette paix que vous avez promise aux âmes « de bonne volonté ».Mardi 26 décembre 1939 nous a fort éprouvées du côté de nos Chefs spirituels.Au début de l\u2019année nous était ravi Notre Très Saint Père le Pape Pie XI, à l\u2019automne notre vénéré archevêque Mgr Bruchési, et voici qu\u2019hier soir le bon Dieu rappelait à lui M.l\u2019abbé Derome, Curé de Saint-Christophe.Ce prêtre zélé qui se montra toujours des plus sympathiques à notre Communauté exerçait auprès de nous depuis plusieurs années la charge de confesseur extraordinaire.Ce nous est un devoir de prier pour le repos de l\u2019âme de ce dévoué pasteur dont la disparition subite laisse un grand vide à Pont-Viau, mais nous croyons que, décédé au soir de Noël, ce fidèle serviteur dut recevoir une sentence d\u2019éternel bonheur car, en ce beau jour, n est-ce pas le Dieu Knfant tout aimable et tout clément qui siège au souverain tribunal ?Vendredi 29 décembre Pendant ces trois derniers jours nous nous sommes succédé par groupes de douze pour prier auprès de la dépouille mortelle de M.le Curé Derome.Ce matin, à 1 église paroissiale, ont lieu, à sept heures et demie et à neuf heures et demie, deux services funèbres auxquels assistent nos Supérieures et bon nombre de Sœurs.C\u2019est le dernier témoignage extérieur d\u2019estime, de vénération et de reconnaissance que nous pouvons rendre à ce pasteur aimé, mais dans nos cœurs vivra longtemps son souvenir.EG \u2022 DE « Allez à Joseph! » son cœur s\u2019est reposé sur le Cœur de Jésus, non pas une fois, mais des années entières; et là, il a appris à estimer les âmes, à en peser la valeur, à les aimer d\u2019un amour spécial, à compatir à toutes leurs peines.Allez à lui; c\u2019est le chemin le plus court, après Marie, pour aller à Jésus: tout en lui tend à cet aimable Sauveur.P.Faure, S.M. Mes chers Enfants, Vous êtes-vous déjà trouvés dans la campagne, loin de tout abri, au moment où s\u2019annonçait un violent orage ?Si oui, qu\u2019avez-vous ressenti quand vous avez vu le soleil s\u2019obscurcir, le firmament se voiler de teintes sinistres, le vent s\u2019élever courroucé et menaçant, les éclairs sillonner la nue et, dans le lointain, le tonnerre gronder et s\u2019avancer avec fracas ?Vous avez éprouvé un serrement de cœur, de l\u2019effroi peut-être, et l\u2019impérieux besoin de vous réfugier quelque part., mais sitôt parvenus sous un toit protecteur, vous avez senti s\u2019évanouir vos craintes et le calme reposer votre cœur.Quand l\u2019orage s\u2019élève, Ainsi font les oiseaux: A leurs chants faisant trêve, Ils fuient les vents, les eaux.Ils s\u2019en vont en retraite.Dans les creux des grands bois, Ou la loge secrète Que leur offrent les toits.A leurs yeux la tourmente Est un jeu du Dieu Fort, Dont la main très clémente Sait protéger leur sort.Présentement, mes Enfants, il est aussi un orage, un gros orage qui menace.le monde entier.Le firmament de l\u2019avenir est chargé de sombres nuages qui semblent, ici et là, prêts à éclater; des éclairs paraissent à l\u2019horizon et, dans le lointain, une voix grondante se fait entendre, la voix terrible de la guerre.Les grandes personnes font de ces événements le sujet de leurs conversations et les enfants qui recueillent leurs paroles, sans en comprendre toute la portée, sentent leur petit cœur se glacer de frayeur tandis que leur imagination se hante de spectacles affreux.Aussi, quand arrive le soir et que tombe la nuit, le sommeil tarde à clore leurs paupières, et lorsqu\u2019il est venu, quels rêves il leur apporte!.rêves de batailles, de sang répandu, de navires coulés, d\u2019avions détruits, de maisons en feu, etc., etc., au lieu de les bercer de chansons et de sourires et de les mener jouer avec les papillons et les fleurs comme il con'vient à leur âge.iàa 506 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1940 fCJir-'-x.Rêves de batailles, de sang répandu, d\u2019avions détruils, de maisons en jeu, etc.Quand l\u2019aurore a dissipé les ténèbres, que le jour a fait place à la nuit, qu\u2019advient-il ?Les anxiétés de la veille se renou- g\u2014îi^'i^'vellent au cœur de mes chers petits Amis et dans l\u2019appréhen-sion des malheurs qui pourraient : ' C survenir, ils cherchent dans leur esprit un lieu de sûreté.Où ?.\u2014 Dans les bras de papa ou de maman ?\u2014 Mais ils sont bien trop grands maintenant.\u2014 Dans un coin ignoré de la maison ?\u2014 Mais un avion pourrait la survoler et la détruire de fond en comble.\u2014 A l\u2019écart dans le jardin, cachés dans les buissons ?\u2014 Si une bombe éclatait à cet endroit même ?.\u2014 Au fond d\u2019un bois ?\u2014 Que faire si le feu y était mis ?.Trêve, mes chers Enfants, trêve à tant d\u2019inquiétudes! Votre Grand Ami sait un lieu sûr où tous vous pouvez vous réfugier, un lieu où vous pouvez conserver la joie de l\u2019âme et le calme du cœur en dépit de la tourmente, un lieu de repos et d\u2019amour; c\u2019est dans les bras.les bras tout-puissants, plus grands que le monde.les bras aimants de Jésus.LES BRAS DE JÉSUS Vous êtes-vous déjà demandé, mes Enfants, pourquoi Jésus est presque toujours représenté les bras ouverts?GDntemplez-le dans la Crèche.Ses petits bras étendus expriment déjà ce que plus tard, dans un geste déployé, il dira aux foules avides de l\u2019entendre: « Venez à moi.et je vous soulagerai.Si quelqu\u2019un a soif, qu\u2019il vienne à moi!.Laissez venir à moi les petits enfants.» Et ses bras définitivement ouverts sur la croix, que signifient-ils ?\u2014 Ils nous attirent.et ils attireront ainsi jusqu\u2019à la consommation des siècles, selon la parole même de Jésus: « Quand j\u2019aurai été élevé de terre, j\u2019attirerai tout à moi.» \u2014 Ah! si nos pauvres yeux pouvaient voir, ne fût-ce qu\u2019un instant, Jésus au Saint Sacrement, assurément ils le verraient les bras accueillants, car cette invitation à aller le visiter ressentie au fond du cœur en passant devant une église, une chapelle, qu\u2019est-ce sinon un « Venez à moi » parti du Tabernacle ?Et ce désir, si ardent parfois, que nous éprouvons de la Com.munion, qu\u2019est-ce sinon un nouvel appel de Jésus, un autre « Venez à moi » ? Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1940\t5 07 Mais le malheur, le grand malheur, c\u2019est que la multitude des hommes se fait sourde aux tendres invitations de Jésus.Pourquoi ?\u2014 Parce que Jésus, c\u2019est la pureté, l\u2019humilité, la mortification, la justice, toute la loi sainte et.la gloire immortelle; tandis que les maximes du monde, présentées par Satan, sont tout opposées; elles flattent les passions, ne demandent pas d\u2019efforts, procurent des plaisirs momentanés, sont suivies par le plus grand nombre, et, ce qui pis est, aveuglent sur Dieu et l\u2019éternité.Mais que les hommes le croient ou ne le croient pas.Dieu existe avec son éternité.Il est Père plein d\u2019amour, de bonté et de miséricorde, c\u2019est là son essence.Il est notre Père, c\u2019est lui qui nous a faits.Il a créé notre âme immortelle et notre corps mortel destiné à la résurrection future.Sans cesse, il veille sur nous et nous prodigue ses tendresses.Mais réunissant souverainement en lui toutes qualités et perfections, il est aussi infiniment juste, il doit donc récompenser les bons et punir les méchants, c\u2019est ce qu\u2019il fait pour chacun à la mort: aux uns, le ciel et ses délices sans fin, aux autres l\u2019abîme profond et ses peines éternelles.Et pendant la vie ?.\u2014 Père plein d\u2019amour et de sagesse, il éprouve ses fidèles enfants pour les faire croître en mérites, il châtie les ingrats et les rebelles, et quand l\u2019abomination du mal se généralise sur la terre, il envoie les fléaux, dont celui de la guerre est un des plus grands.Alors même et surtout, ses bras demeurent grands ouverts au repentir et au bon vouloir.Pour vous, mes Enfants, dans les bras de Jésus, y a-t-il place ?Assurément, et place de choix, place.sur son Cœur.C\u2019est là que l\u2019Ami de la pureté attire les âmes pures, les âmes d\u2019enfants, là qu\u2019il les invite à la confiance, là qu\u2019il les comble de caresses ineffables.Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus comprit bien vite l\u2019excellence de cette place, elle s\u2019y reposa constamment, s\u2019y étant fixée pour toujours.« L\u2019ascenseur qui doit m\u2019élever jusqu\u2019au ciel, disait-elle, ce sont vos bras, ô Jésus! » Comment, en effet, n\u2019être pas sans crainte sur le Foyer d\u2019amour du Tout-Puissant ?Roi des rois.Maître souverain de toutes choses, il tient dans sa main le cours des événements, la vie des hommes, les replis des consciences, et tandis qu\u2019il règle le souffle des tem- - - pètes, il fait couler dans les âmes qui lui VENEZ A MOL,,\tspnt abandonnées un fleuve de paix.ï i 508 Montréal LE PRECURSEUR LA PAIX Mars-AvnI 1940 Notre Saint Père le Pape Pie XII et après lui nos Pasteurs demandent des prières pour le rétablissement de la paix dans le monde.Soyez, mes Enfants, attentifs aux pressantes sollicitations de nos Chefs spirituels.Prier pour la paix, c\u2019est demander que les nations reprennent le sentier de la justice et du devoir, c\u2019est demander le retour à Dieu d\u2019une multitude d\u2019égarés, c\u2019est demander un renouveau de vie chrétienne chez beaucoup d\u2019âmes languissantes, car la multitude des offenses faites à Dieu est, à n\u2019en pas douter, la cause première de la guerre.Oui, mes Enfants, soyez de ceux qui prient, qui communient, qui se sacrifient pour la paix, et de ceux aussi qui reposent sans crainte dans les bras divins.Votre Grand Ami, Le Précurseur.=?H DE UNE HAUTE PUISSANCE Au ciel saint Joseph parle en père; or un père ne demande pas à son fils, il commande.Les autres saints abaissent leurs couronnes aux pieds de l\u2019Agneau et demandent en suppliant; saint Joseph supplie en commandant; non, la modestie de ce saint homme est si grande qu\u2019il se garde bien de commander au Seigneur Jésus; mais la bonté du Seigneur Jésus est si pleine de condescendance qu\u2019il prend les prières de saint Joseph comme des commandements et fait tout ce qu\u2019il désire.Mgr Mathieu.* * * O adorable Jésus! il ne me suffit pas de vous aimer; j\u2019ai soif de vous faire aimer et d\u2019être votre apôtre.Donnez-moi cette grâce! J\u2019en suis altérée.Sainte Marguerite-Marie.* * ?Toutes les âmes sont très grandes et très précieuses, elles valent un prix infini.Pensez donc que chacune d\u2019elles a sur soi le sang d\u2019un Dieu offert en victime pour leur salut éternel.Mme Lucie Faure-Goyau.EU ¦ UE LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception Lampes du Sanctuaire .$25.00 10 sous Un lampiop ou un cierge 75 sous pour une neuvaine.$ 2.00 pour un mois.20.00 pour une année. Séôusi au milieu bes bocteurs MODELE DE L ECOLIER Jésus écoute les maîtres de la loi, et par là il reconnaît la légitimité de leur magistère.Il les interroge, comme s\u2019il eût eu à s\u2019instruire.Il leur répond humblement, comme fait un disciple, sans prendre l\u2019initiative; il dit ce qu\u2019il sait avec simplicité.N\u2019y a-t-il pas là un grand enseignement pour toute la jeunesse chrétienne ?C\u2019est à peu près à l\u2019âge de douze ans que le chrétien vient au temple se faire instruire, par les maîtres de la loi nouvelle, de la religion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.Ses parents lui ont servi de premiers instituteurs, ils lui ont raconté les premiers chapitres de l\u2019Évangile; ils lui ont appris à prier Dieu.Cela ne suffit plus.Un jeune homme a besoin d\u2019une instruction plus forte; il lui faut l\u2019enseignement traditionnel, autorisé, chargé de grâce, dont le prêtre a le dépôt, et qu\u2019il peut seul transmettre.C\u2019est alors que l\u2019Enfant Jésus lui servira de modèle.Assis sur les bancs du catéchisme, il s\u2019y tiendra comme se tenait Jésus au milieu des docteurs.Il apprendra de lui avec quel zèle il doit s\u2019occuper des affaires du Père qu\u2019il a dans les deux; comme Jésus, il écoutera le prêtre qui enseigne; il interrogera respectueusement; il répondra modestement, il sera un disciple, un écolier soumis.Laissez, parents chrétiens, les prêtres de Jésus instruire vos enfants.Laissez-les apprendre la vérité à vos fils, et les former à la vertu.Il y a là toute une éducation que vous pouvez aider, mais qu\u2019il vous est impossible de donner à vous seuls.Lorsque votre fils reviendra chez vous, ces catéchismes achevés, il y rentrera meilleur et plus sage, ayant en son âme la grâce de Celui qui, déjà plusieurs fois, l\u2019aura visité.Votre maison deviendra Nazareth; votre enfant vous sera Jésus: il vous obéira religieusement; il grandira devant vous en sagesse, en âge, en grâce; et vous vous plairez, comme faisait Marie, à recueillir ses paroles: personne ne parle de Dieu comme les jeunes; la grâce de leur baptême est une lumière que le monde n\u2019a pas diminuée.Abbé Perdrau.Comme Jésus au milieu des docteurs.L \"_____?Semons le devoir, nous récolterons le bonheur.P.H.Levasseur, C.SS.R. 0 Marie, l\u2019univers entier périrait avant que vous refusiez votre assistance à qui vous implore du fond de son cœur.Reconnaissance à la Sainte Vierge POUR FAVEURS OBTENUES Reconnaissance à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mme Raoul Perron, Saint-Ours.\u2014 Reconnaissance à la Sairite Vierge pour grande faveur obtenue.Mme Ludger Ethier, Saint-Robert, comté de Richelieu.\u2014 Je viens m\u2019acquitter d\u2019une promesse faite en reconnaissance à Marie Immaculée.Mme O.Bellemare, Shawinigan-Falls.\u2014 Hommage de reconnaissance pour grâces obtenues.Une abonnée, Belœil.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue.Mme J.-B.C., Normandin.\u2014 Sincères mercis à notre bonne Mère du Ciel pour faveur obtenue: guérison d\u2019un mal de genou.Mme O.Brière, Ferme-Neuve.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue.Mme E.X., Saint-Remi, comté de Napierville.\u2014 Je remercie la Sainte Vierge de m\u2019avoir exaucée.Une dame de Granby.\u2014 Reconnaissance pour faveur reçue.Mme Orner Choinière, Granby.\u2014 J\u2019ai obtenu une grande guérison par le port de la médaille miraculeuse.Mme L.Giroux, Burlington.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue.Mme Arthur Boileau, Acton-Vale.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue et demande spéciale.Une favorisée de la Sainte Vierge, G.B., Jonquière.Mille mercis à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mme Arthur Eoily, Saint-Félicien.\u2014Remerciements pour grâce reçue.Mme Philias Lebrun, Albanel.\u2014Je dois beaucoup de reconnaissance à la Sainte Vierge pour une grande faveur obtenue et pour la guérison d\u2019un jeune homme.Mme F.L., Sainte-Thècle.\u2014Je remercie de tout cœur la Sainte Vierge pour l\u2019obtention d\u2019une position pour ma jeune fille.Je sollicite des prières pour deux autres de mes jeunes filles et plusieurs grâces importantes.Mme E.Roy, Maisonneuve.\u2014Vive reconnaissance à ma bonne Mère du Ciel pour faveur obtenue.Je sollicite de nouveau sa protection.Une abonnée.\u2014Mes plus reconnaissants mercis à la Sainte Vierge pour une conversion obtenue.Une Enfant de Marie.\u2014Remerciements à Notre-Dame du Perpétuel Secours pour position obtenue à mes deux garçons.Mme O.Grenon, Montréal.\u2014Reconnaissance pour position obtenue.Je demande la même faveur pour un de mes garçons.Mme A.P.\u2014Mille mercis à la Sainte Vierge pour la guérison de mon petit Jacques.Mme M.Boudjack, Black-Lake.\u2014Remerciements à ma bonne Mère du Ciel pour faveur obtenue.Mme H.Soucy, Huntingdon.\u2014Reconnaissance à Marie pour amélioration dans ma santé et pour protection toute spéciale envers mon bébé, lors d\u2019une chute qu\u2019il fit d\u2019un deuxième étage.Mme Vve L.Raymond, Verdun.\u2014Je remercie la Très Sainte Vierge pour une faveur obtenue.Mme G.F.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Je recommande mon garçon pour qu\u2019il fasse une bonne année de classe.Mme A.-D.S.\u2014 Reconnaissance pour amélioration dans mon ouvrage.S.L.\u2014 Grande faveur obtenue par l\u2019intercession de la Très Sainte Vierge.Mlle A.D.\u2014 Reconnaissance à notre bonne Mère du Ciel pour sa protection.Mme L.D.^\u2014 Remerciements pour faveurs obtenues et demande de nouvelles grâces.Une abonnée.\u2014 Hommage de reconnaissance envers l\u2019immaculée Conception pour faveurs obtenues.Je sollicite sa continuelle protection pour toute notre famille.Mme J.F., Sainte-Marie.\u2014 Vive reconnaissance pour faveurs obtenues.Mme W.G.\u2014 Reconnaissance à la Très Sainte Vierge pour faveur obtenue et demande de nouvelles grâces.Mme H.G., Saint-Hyacinthe.\u2014 Grand merci à la Sainte Vierge pour réussite dans nos entreprises.Mme D.F.\u2014 Mille mercis à la bonne Sainte Vierge pour faveur obtenue.D.L., Newton-Falls.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue.Mlle F.-A.F.\u2014 Reconnaissance pour guérison obtenue.Mme E.D., Sudbury.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour grâce reçue.Y.M.\u2014 Merci à ma bonne Mère pour faveur obtenue.Une abonnée.\u2014 Vive reconnaissance pour faveur obtenue.Mme J.F., Montréal.\u2014 Reconnaissance pour position obtenue.Une abonnée.Cobalt.\u2014 Je remercie la Sainte Vierge pour un bienfait dont j\u2019ai été gratifiée.Mme B., Central-Falls.\u2014 Mille mercis pour grande protection.B.R., Winooski.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue; j\u2019implore la protection de la Sainte Vierge pour amélioration de la position de mon mari.Mme A.G., Asbestos-Mines.\u2014 Remerciements pour position obtenue.^ Une abonnée.\u2014 Vive reconnaissance pour amélioration dans mon emploi.Une abonnée, A.M., Worcester.\u2014 Mercis à la Sainte Vierge pour nous avoir fait trouver un bon locataire._ Mme E.D.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Une abonnée, Saint-Samuel.\u2014 Grand merci à notre Mère du ciel pour grâce obtenue.Mme H.G.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue par l\u2019intercession de la Sainte Vierge.Un_abonné._\u2014Reconnaissance à la Sainte Vierge pour position obtenue.M.T.H.Chicoutimi.- Reconnaissance pour guérison obtenue.Mme E.-S.A., Roberval.\u2014 Je viens remercier la bonne Sainte Vierge pour une faveur qu\u2019Elle m\u2019a obtenue.Mme L.C., Sherbrooke.\u2014 Merci à la Sainte Vierge pour grâce reçue.Anonyme.\u2014 Reconnaissant merci à la Sainte Vierge pour l\u2019obtention d\u2019une position.Mlle S.L.\u2014 Merci pour Montréal LE PRECURSEUR Mars Avril 1940\t51 1 une faveur reçue.Je sollicite de nouvelles grâces.Mme E.C.\u2014 Remerciements à la Très Sainte Vierge pour faveur obtenue et demande de nouvelles grâces spéciales.Mme Vve E.A.\u2014 Grâce à la maternelle protection de Marie, j\u2019ai obtenu une grande amélioration dans la conduite de mon mari.Mme R.S.\u2014 Je remercie de tout cœur la Sainte Vierge pour la faveur qu\u2019elle m\u2019a obtenue et sollicite une nouvelle grâce.A.A., L\u2019Ange-Gardien.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge pour guérison obtenue.Mme A.Thuot, Saint-Alexis.\u2014 Reconnaissance pour faveurs obtenues.Mme A.Dumas, La Dorée.\u2014\tVive gratitude pour guérison d\u2019une de mes enfants.Mme O.Daoust, Fugèreville.\u2014 Tous mes remerciements à la Vierge Immaculée qui m\u2019a obtenu ma guérison Mme L.Marchand, Shawinigan.\u2014 Vive reconnaissance à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mme A.Beauparlant, Montréal.\u2014 Merci à notre Mère du Ciel pour grâces nombreuses reçues durant l\u2019année.Mme O.Potvin, Côte-des-Neiges.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mlle R.Clément.\u2014 J\u2019ai obtenu une meilleure position après une neuvaine en l\u2019honneur de la Sainte Vierge.Grand merci à ma bonne Mère' A.P \u2014\tRemerciements à Marie Immaculée pour une grâce particulière.E.H \u2014 Hommage de profonde gratitude pour une guérison que je considère comme miraculeuse J B , Saint-Aimé.\u2014 Sincères remerciements à notre Mère du Ciel pour succès dans mes examens et obtention de mon diplôme universitaire de garde-malade.Annette Dumont, Sainte-Agathe, comté de Lotbinière.\u2014 Reconnaissance à Notre-Dame des Missions pour sa protection à l\u2019égard de mon fils et demande de nouvelles faveurs.Anonyme.\u2014 Vive gratitude pour bienfait reçu.Mme A.Gravel, Belœil.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue.Mme G.B., L\u2019Ange-Gardien.\u2014 Je m\u2019acquitte d\u2019une promesse en action de grâces pour la guérison de mon fils et sollicite de notre bonne Mère du ciel sa continuelle protection pour toute la famille.Mme O.Gauthier, Saint-Timothée d\u2019Hérouxville.\u2014\tVive reconnaissance pour faveurs spirituelles et temporelles obtenues par l\u2019intercession de la Sainte Vierge avec promesse de faire publier.A M.\u2014 Je viens m\u2019acquitter d\u2019une promesse envers la Très Sainte Vierge pour une guérison obtenue.L.M.\u2014 Reconnaissants mercis pour bienfait reçu.Mme J.Leclerc, Roxton-Falls.\u2014 Remerciements à Marie Immaculée pour amélioration de la position de mon fils.Mme J B , Québec.\u2014 De tout cœur, je remercie la Sainte Vierge des faveurs qu\u2019Elle m\u2019a accordées.Mlle L.Gravel, Bagotville.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour faveur reçue par son entremise.Mme P.F , Saint-Jean, P.Q.\u2014 Sincère merci pour une position permanente obtenue.Je demande la grâce de pouvoir la conserver.Une abonnée.\u2014 Hommage de gratitude pour soulagement dans une longue maladie.Mme C.G.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue.Mme J.-D.Chassé.\u2014 Je m\u2019acquitte d\u2019une promesse faite depuis longtemps en reconnaissance envers la Sainte Vierge.Mme E.B., Bristol, Conn.\u2014 Remerciements pour une guérison attribuée à la Sainte Vierge.Mme A.N.\u2014 Je remercie bien sincèrement la Sainte Vierge pour la faveur qu\u2019Elle m\u2019a obtenue.Mme L.L., Roberval.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge pour augmentation dans mon salaire.M.V., Newport, Vt.\u2014 Avec joie, j\u2019accomplis la promesse que j\u2019ai faite en l\u2019honneur de notre Mère du ciel pour une grâce reçue par son intercession.Mme E.L.\u2014 Vive gratitude pour faveur obtenue, je demande de nouveau l\u2019assistance de la Vierge Immaculée pour ma sœur et mon beau-frère.Anonyme.\u2014 J\u2019étais menacée de subir l\u2019amputation d\u2019un pied et voici qu\u2019après l\u2019application de la médaille miraculeuse, mon état s\u2019améliore de jour en jour.Je remercie du fond du cœur notre Mère du ciel et la prie de m\u2019obtenir une complète guérison.Mme E.L , Southbridge, Mass.\u2014 Mon mari a obtenu une position.Remerciez avec nous la Sainte Vierge.Mme J.-R.B., Thetford-les-Mines.\u2014 Vive reconnaissance pour faveur obtenue.Mme W.Lamothe, Montréal.\u2014\tRemerciements à Marie pour les grâces dont Elle nous a comblés pendant l\u2019année écoulée.L.L.\u2014 Je suis heureuse de vous dire que la Sainte Vierge a guéri la chère personne que j\u2019avais recommandée à vos prières.Rendez avec moi des actions de grâces.Mme C.F.\u2014 Je remercie de tout cœur la Sainte Vierge qui a préservé mon petit garçon de l\u2019opération.Mme R.B., Montréal.RECONNAISSANCE A DIVERS SAINTS Reconnaissance envers la Sainte Vierge, saint Joseph et saint Jude.M Azarie Bibeau, Sainte-Dorothée.\u2014 Mes meilleurs remerciements à saint Gérard Majella pour bienfait reçu par son entremise.M.E.Vinet, Saint-Basile-le-Grand.\u2014 Vive gratitude envers la Sainte Face pour deux grâces obtenues.Anonyme, Sainte-Rose.\u2014 Merci à la Sainte Vierge et à saint Joseph pour grâce reçue.Une dame de Joliette, \u2014\tRemerciements pour faveur obtenue par l\u2019intercession de la Sainte Vierge et de saint Antoine.Mme E.Ethier, Montréal.\u2014 Avec reconnaissance, je m\u2019acquitte d\u2019une promesse faite en l\u2019honneur des Cinq Plaies de Notre-Seigneur, pour travail obtenu à mes deux fils.Mme Z.A., Montréal.UNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au Précurseur et de tous leurs bienfaiteurs vivants. RECOMMANDATIONS Aimer Marie, quelle consolation ici-bas, la jaire aimer, quelle assurance pour l'heure de la mort.\u2014 S.Bernard.O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous! La guérison de mon frère, père de treize enfants, gravement malade.Une abonnée.\u2014 Je demande à notre bonne Mère du ciel ma guérison, afin d\u2019être utile à mes enfants.Mme Ch.Labonté, Saint-Michel-des-Forges.\u2014 Je souffre d\u2019ulcères à la jambe; je demande ma guérison par l\u2019intercession de la Sainte Vierge.M.N.Gélinas, Saint-Michel-des-Forges.\u2014 Je demande une guérison et une autre grâce spéciale.Mme E.Pelletier, Sayabec.\u2014 La guérison d\u2019une de mes jeunes filles.Une abonnée.\u2014 Un abonné sollicite des prières pour la guérison de sa fillette.\u2014 Prières demandées pour faveur très importante.Mme F.Allard, Montréal.\u2014 Faveur demandée à la Sainte Vierge: une position.Mme G.R.Montréal.\u2014 La guérison de mes yeux.Mme Paul Thibault.\u2014 Je sollicite des prières pour obtenir une position permanente pour mon mari.Mme Alf.L., Shawinigan-Falls.\u2014 Je demande instamment la guérison de ma nièce, Thérèse.Mme Félix Roy, Timmins.\u2014 La vente avantageuse de notre propriété.Mme M.F., Sainte-Brigide.\u2014 Je recommande le règlement d\u2019une affaire très importante.Mme G.G., Montréal.\u2014 Grâce spéciale demandée par l\u2019intercession de la Sainte Vierge.Mme J.-B.M., Saint-Luc.\u2014Je demande à la Sainte Vierge et à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus la guérison de mon rhumatisme et la paix dans ma famille.Une abonnée.\u2014La vente d\u2019une propriété.Mme A.F., Sainte-Tlîéodosie, comté de Verchères.\u2014A notre Imrnaculée Mère, je demande ma guérison et le succès dans nos affaires.Mme J.-B.-A.Brouillette, Saint-Narcisse.\u2014Je viens implorer de ferventes prières pour demander ma guérison; je suis mère de plusieurs enfants.Mme G.Déry, Saint-Adolphe.\u2014 La guérison de mon garçon souffrant de maladie de cœur.Mme Dulude, Saint-Constant, comté de Laprairie.\u2014 Je sollicite ma guérison et le succès d\u2019une opération pour ma fille.Mme C.J., Notre-Dame-de-Lourdes.\u2014\tLa complète guérison d\u2019une personne aimée.Mme O.A., Notre-Dame-de-Lourdes.\u2014\tJe recommande à la Sainte Vierge une vocation religieuse et deux guérisons.Mme J.Lépine, L\u2019Epiphanie.\u2014 La guérison de ma petite fille qui souffre de maladie de cœur.Un père de famille.\u2014 Je demande ma guérison à Marie Immaculée.M.Robert Côté, Biddeford, Maine.\u2014 Je demande à la Sainte Vierge de m\u2019ôter le goût de la boisson et de m\u2019accorder du succès dans mes affaires.Un abonné, Biddeford, Maine.\u2014 Je sollicite une guérison.Mme Z.Guilbault, Saint-Barnabé-Sud.\u2014 Je me recommande à la Sainte Vierge afin qu\u2019elle m\u2019accorde une grande faveur.Mme A.Joyal, Saint-Aimé, comté de Richelieu.\u2014 Conversion à obtenir.Anonyme.\u2014 Succès dans nos entreprises et la santé.M.J.-Marc Lefebvre.\u2014 Je sollicite avec instances la protection de la Sainte Vierge.Hélène Lefebvre.\u2014 Je demande une amélioration dans ma santé.Ga-brielle Lefebvre, Montebello.\u2014 Puisse notre bonne Mère du ciel m\u2019obtenir la conversion de mon mari.Mme J.-L.A.\u2014 Veuillez prier pour le recouvrement de ma santé.Mme A.Bourdon, Montréal.\u2014 Je me recommande aux prières pour obtenir ma guérison, la réussite dans nos entreprises et la santé de mon mari.Mme O.Racine, Saint-Hermas, comté des Deux-Montagnes.\u2014 Une abonnée sollicite des prières pour la conversion de deux personnes adonnées à la boisson.\u2014 Le recouvrement d\u2019une somme qui m\u2019est due.M.D., Montréal.\u2014 La conversion de mes enfants qui sont dans le mauvais chemin.Une abonnée.\u2014 La conversion de mon fils qui est très paresseux.Mme E.D.\u2014\tUne jeune fille demande sa guérison.Anonyme.\u2014 Ma guérison et une position.Une abonnée, Lewiston.\u2014 La guérison d\u2019une malade, la vente d\u2019une propriété et le changement de conduite d\u2019une personne chère.Mme J.L.\u2014 Je demande instamment la faveur de recevoir ma pension comme autrefois.Mme J.-T.Poulin, Beauceville-Est.\u2014\tAmélioration dans ma santé et position pour deux de mes garçons.Une dame de Estcourt.\u2014 La conversion de ma fille qui fréquente un homme de mauvaise conduite.Une mère éplorée.\u2014 Une mère se recommande aux prières afin d\u2019obtenir une bonne position pour sa jeune fille.Une abonnée, Salnte-Anne-des-Plaines.\u2014 Je recommande à la bonne Sainte Vierge une intention toute spéciale.Une abonnée de Jonquière.RECOMMANDATIONS A DIVERS SAINTS Je demande à la Sainte Vierge, à sainte Anne et à sainte Thérèse la guérison de mon bras qui a été fracturé.Mme R.Rouleau, Fitchburg, Mass.\u2014 Une grande faveur est sollicitée par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Mme A.T., Richelieu.On demande des prières aux intentions suivantes; vocations, 5; conversions, 15; guérisons.60; positions, 26; intentions spéciales, 51. t NECROLOGIE Mgr William-A Plamondon, P D , Burlington, Vt.; M le Curé Avila Derome, Pont-Viau; Mlle M-Claire Carrier, Stoke-Centre, sœur de notre Sœur Saint-Guillaume, Mme Onésime Henn, Vîctoriaville, grand\u2019mère de notre Sœur Jeanne-de-Jésus, Mme W Lecompte, Montréal; Mlle Marie Lasalle, M Israel Robitaille, M Alphonse Trudeau, Outremont; M H Plourde, Ste-Anne-de-Beaupré; Mme Rondeau, St-Félix-de-Valois; M J-A Magnan, M D,M Joseph Asselin, Ste-EHsabeth; Mlle Elmina Pelletier, Fall-Rîver, Mass.; Mme Marie Guyette, Marlboro, Mass.; Mme Philomène Thernen, M Alfred Charpentier, Mme Adnenne Nezol, M Désiré Monn, M Maurice Bilodeau, M Roger Filion, M Philias Cham-piagne, Mme Damase Girard, Mme Emest Leblanc, M J-B Lamontagne, M Wilham-P Lambert, M Narcisse Caron, M Georges-A Grégoire, M Sylvestre Brault, Mme Déménse Vachon, M Georges Cham berland, M Henn Francœur, Lewiston, Me.; Mme Marvin Delcourt, M Alexandre Le Borgne, Westbrook, Me.; M Claude Melanson, St.Francis, Me.; M Joseph Samson, M Joseph Turcotte, M et Mme Zolophon Lemieux, M Louis Shevenell, M Saul Roberge, Biddeford, Me.; M Donat Lachance, Frenchville, Me.; M Peter Politis, M Stephen Bruneault, Mme Emma Bruneault, M Joseph Bruneault, Haverhill, Mass.; Mme Françoise Bourque, Everett, Mass.; Mme Mane Thibodeau.Rumford, Me.?Mile CCermme Gravel, Montreal; Mme Joseph Vallières et Mlle Annie Vallières, Thetford-les-Mines; M Cyr, New-Bedford, Mass.; Mme Eugène Boudreau, Highgate-Centre, Vt.; Mme Joseph Lajeu-nesse, Burlington, Vt.; M Odilon Gagnon, St-Ferréol; M Adrien Lampron, Mme Armand Dumaine, M.Alexandre Bronsard, M Viatime Dupuis, M Jean Piché, M Xavier Plante, Shawinigan; M Michel Pépin, Racine; Mme Charles Corriveau, St-Jean; M Simon Brassard, Chicoutimi; Mlle Rosianne Ouellet, Rivière-au-Doré; Mme Noé Chiquette, Mistassini; M Armand Reny, Arvida; M Ulysse Dionne, M Télesphore Plante, Péribonka; M Evariste Phaneuf, M Henri-Paul Ricard, M Isaïe Grenier, M et Mme Frank Caron, M Edouard Vallières, M Fernand Carbonneau, Louiseville: M Joseph Momssette, St-Gabriel-de-Brandon; M et Mme Lucien Gagnon, M J -A Massicotte, St-Prosper; Mlle Ursule Fay, M Jean-Baptiste Matte, St-Tite; M Henri Trudel, M et Mme Pierre Duval, Ste-Geneviève de Batiscan; Mlle Lumina Veillette, Batiscan; Mme Albert Guilbault, Timmins, Ont.; M et Mme Moïse Doucette, Church-Point, N.-E.; M Achille Pépin, Montebello; Mme Charles Girard, La Malbaie; Mme Théodule Lapointe, Lac-Bouchette; M Honoré Demers, Lévis; M Médor Poissant, St-Chrysostome; Mme Eugène Locas, Mme J-N Desjardins, Mlle Marg Angers, St-Jérôme; M Moïse Tnngue, Ste-Brigide; M Ernest Poirier, Thetford-Ouest; M Léger Roy, St-Jean-de-La-Lande; Mme Arthur Lévesque, Mme Adrien Lévesque, Mme Joseph Lanvée, Kénogami; M Alphée Trépanier, Héroux-ville; Mme Louis Beaudoin, St-Henri de Lévis; M Honoré Larivière père, St-Zacharie; M Paul Jetté, St-Jacques de Montcalm; Mme Siméon Barrette, St-Didace; Mme Louis de-Gonzague Pelletier, St-Aubert; Mme Adélard Labelle, Ste-Agathe-des-Monts; Mme Philias Barbe, M et Mme Joseph Lemay, St-Eustache; Mme Charles Couillard, St-Marcel; Mme François Larochelle, St-Philémon de Belle-chasse; Mme Joseph Baril, Lorrainville; M Joseph Goupil, St-Nazaire de Dorchester; Mme Ovide Ross, Ste-Flavie; Mme Ambroise Tétreault, Mme Siméon Meunier, Marieville; M Alfred Mercier, St-Ferdinand; M Esdras Lamy, M Ongène Bellemare, M Donat-L Desaulniers, Yamachiche; Mme Pascal Voyer, M Sixte Boulanger, St-Fabien; Mme Alphonse Rioux, Le Bic; Mme Cypjien Pelletier, Mme Frédéric Dufour, St-Octave; Mme Edouard Lévesque, St-Gabriel de Rimouski; M Jos Duchesne, Mme Lionel Collard, St-Joseph-d'Alma; M Th -L Bergeron, St-Bruno; M Narcisse Bou lianne, Mme Ludger Lavoie, M Albert Fortin, Bagotville; Mme Ch -Eugène Thibault, Grande-Baie; M Philibert Desgagnés, Mme Lazare VaiIIancourt, N.-D.-d\u2019Hébertville; Mlle Phébée Turcotte, Baie-des-Sables; Mme EIzéar Bouchard, St-René-Goupil; Mme Jérémie Laporte, Waterloo; Mme Joseph Domingue, West-Shefford; Mlle Arabelle Tessier, Farnham; M J -A Langis, M S , Tracadie, N -B.; M et Mme Napoléon Fournier, St-Mathieu de Rimouski; M Alexandre Voisine, St-Simon; M X -François Beaulieu, Ste-Flavie; M Cantin, St-Augustin; M Léopold Nadeau, St-Joseph de Beauce; M Armand Morel, M S Gingras, M Joseph Saint-Hilaire, M Arthur Demers, M Sylvio Demers, M Vie tor Lincourt, M D , Québec; M Jos^h Paquette, Granby; M Philippe Dubé, M Michel Michaud, Rimouski; Mme C Caron, M Paul Robert, M A Leblanc, M Joseph Ménard, Juliette, M H -A Brouillette, Mme Adélard Thernen, Mme Maurice Cadoret, Mme Joseph Trempe, M Godfroy Durand, Mlle Thérèse Poirier, Mme Aimé Massicotte, Mme L -Ph Dupont, Mme Vve Alex Dupont, Mme Albert Massicotte, Mme J -B Champagne, Mlle Gisèle Bouchard, M et Mme Léon Leclerc, Les Trois-Rivières; Mme Alph Lajoie, St-Maurice; Mme Elliot Gélinas, St-Bo»iiface de Shawinigan; M Alfred Martel, Mme Adélard Vézeau, M Wilbrod Ethier, M Edmond Bernard, Mme Georges Laberge, M S-A Provost, Mme J -Alfred Brunet, Mme Pierre Lavoie, M T Sanscartier, M J -I Belanger, M D , Mme Ulric Viau, M R Rompré, Mlle Aurore Robert, Mme E -R Bouchard, M Orner Dansereau, Mme Napoléon Fré chette, Montréal; M Magloire Jolicœur, Ville-St-Pierre; M Euclide Laporte, Pointe-aux-Trembles; Mme François Marleau, Yoviville; M Wilfrid Lalonde, M S-D Vallières, Notre-Dame-de-Grâce; M Joseph Letourneau, M René Séguin, M D , Côte-des-Neiges; M Wilfnd Brière, Villeray; Mlle Do mina Messier, Maisonneuve; Mme J -P Ouellette, M Willias Dupont, M Joseph Scalzo, Mme Maurice Gaudreault, Montréal; M Alÿonse Hardy, Mlle Pauline Lafond, M E Dion, Québec; Mme Amable Bélanger, Monument; Mme Bertrand Giraud, St-Gilbert; Mme Joseph Daigle, Maillardville; Mlle Blanche Boulé, Ottawa; Mme P -H Gélinas, Ste-Hélène de Bagot; Mme Art Vadnais, Juliette; Mme J -B Champagne, M J -Emile Gagnon, Les Trois-Rivières; Mme Alphonse Daigneault, St-Hyacinthe.UNE messe de (( Requîem » est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs défunts. FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE*PRÉCURSEUR » 0) Z Ml J g Jmi Z O U bJ Q OT O 03 U û G û > pM Z > I 0) U bo ^ CO 0) U O Un o3 O) CO In 4) 4-» OO (d U C < x4) H g ' ^ .s 4) 9 3 * s 0 û 1 C/3 4) 3 b in CO N* AYERS LIMITED ÉTABLI EN 1870 COUVERTURES COUVRE-LITS IDe qualité supérieure Tl Garantis de laine pure Jj LACHUTE MILLS, P.Q.Bureau-chef : FRontenac 8181 Bureau des ventes: LAncaster 3144 MARTINEAU FILS LIMITÉE Pierre de taille, pierre concassée 517 EST, RUE MARIE-ANNE MONTRÉAL Pour votre PAIN QUOTIDIEN et aussi BISCUITS et PATISSERIES de haute qualité, allez chez T.HETHRINGTON, LTÉE -\tBOULANGERIE MODÈLE =\u2014= 358-364, rue St-Jean\tQuébec TÉLÉPHONE 2-2081 .S 4N X-1 C tî 2 4) ^ £ M 3 4) V3 O O c '-0 « -f i c e-J >.2 8 Oj *5: \u2014 S » U es « P es y ^ ï*\u2014 k.-, w s CH ^ W eu DH û 3 Û bJ CïS \u201e \u2014 « O '2 O DH O OQ < oc D B a Ci bl « ^ t ï Z « 4> .SJ 3 *\" In -û ^ \u20223 % V 3 {/) O 00 M O HEURES DE CONSULTATIONS: DE 10 H.A MIDI DE 2 H.A 4 H.DE L\u2019APRÈS-MIDI LES LUNDI.MERCREDI ET VENDREDI SOIR.DE 7 H A 8 H CLINIQUE TOUSIGNANT Spidalilts: des YEUX, du NEZ, des OREILLES et de la GORGE 525, RUE SAINT-JEAN QUEBEC SALONS FUNERAIRES: 6520, RUE SAINT-DENIS \u2014 CAlumet 9233 M.PCIRIER DIRECTEURS DE FUNERAILLES Bureau-chef: 6603, boulevard Saint-Laurent \u2014 CRescent 5700 Succursales: 1874, boul.Rosemont \u2022 2184, rue Fullum - 2045, rue Champlain NOUS SERVONS TOUT MONTRÉAL ET LA BANLIEUE Lisez et faites lire \u201cL\u2019ACTION CATHOLIQUE Le grand quotidien de Québec TIRAGE QUOTIDIEN: 63,000 EXEMPLAIRES Imprimerie - Reliure - Photogravure - Héliogravure LIBRAIRIE DE PROPAGANDE RELIGIEUSE ET SOCIALE ff LA COMPAGNIE DE LAVAL, Limitée Manufacturiers de machineries de crémerie, laiterie, fromagerie et ferme 135, RUE ST-PIERRE, MONTRÉAL ::\t::\t:: TÉL.MARQUETTE 7324 FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » CARRÉ PHILIPPE MONTRÉAL\tWjjjM\tACHÈTE BIEN QUI ACHÈTE CHEZ Articles ecclésiastiques\t865, Sainte-Catherine Est MONTRÉAL Bureau: Tel.Amherst 9480\tLEFEBVRE FRÈRES, Limitée Réparations mécaniques et soudure A.DURIVAGE\tVente, échange et réparation de machines pour l\u2019imprimerie BOULANGER\tet la reliure ?\tTtl.PLATEAU 9011» Pain de haute qualité\t968-988, RUE DE BULLION Montréal Nous avons une cuisson unique\tLefebvre-Sornin, Limitée 5276, RUE FABRE MONTRÉAL\tMachineries et accessoires d'imprimerie Lü CD a: Lü m < -J X J 'Lü U] Qi O a: UJ CQ *> Z «i ^ V «i O \" uj û -5 Q > M « 4) a> \u2018S ü> 0 .s H 'S Z VJ) X H SS s \u2022 \u20221 ^ .A
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