Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 juillet 1943, Juillet - Août
[" -¦ - ihfc.m Montréal, Juillet-Aout 1943 No 4 VoL.XII.24® annee Œuvres des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conceplion AU CANADA MAISON MÈRE, 2900, chemin Ste-Catherine, Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d'église, de brod^erie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.Ecole de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire; Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), comté de Laval OUTREMONT, P.Q., 514, chemin Sainte-Catherine Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.hôpital et dispensaire chinois, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu'on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Œuvre de la Sainte-Enfance.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais et de musique.VILLE DE JOLIETTE, 750, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 35, rue Dufferin (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronage pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de «l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.École Maternelle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.(.4 suivre à la page 3 de la couverture) Montréal LE PRÉCURSEUR JuiU«t-AoÛt 194'i Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmacuIée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÊE-CONCEPTION ont uii atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Sainte-Catherine, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Encourager notre atelier.» En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la Sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première c''mmunion et confirmation, ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant' ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. PRÎX TONNÉS SUR DEMANDE Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943 Encourager notre atelier c\u2019est venir en aide à nos missions Nous confectionnons tous les ornements sacerdotaux: chasubles, dalmatiques, chapes, voiles huméraux, étoles et bourses de salut.Forme: romaine, française et ample.Rochets, aubes et surplis en toile fine avec dentelle guipure ou dentelles faites à la main, filet brodé et dentelle aux fuseaux.Tapis d\u2019autel en feutre vert ou rouge.Voiles de ciboires et de tabernacles.Signets pour bréviaires et missels.Bouquets spirituels de fête et mortuaires.Soutanes pour enfants de chœur.Barrettes et plastrons.Colliers et bandes en velours rouge pour « Ligue du Sacré-Cœur ».Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord en cuivre verni or.Frange or mi-fin au bout flottant.Grande variété de bannières et dais confectionnés à notre atelier.Description et prix donnés sur demande.ENFANTS-JÉSUS EN CIRE Longueur 5 pouces.$ 2.50 7\t»\t 4.00 9\t»\t 7.00 12\t»\t 14.00 Longueur 14 pouces.$16.00 17\t»\t 25.00 22\t»\t 35.00 Lingerie d'autel Amicts.$15.00 la douz.Corporaux.10.00\t»\t» Purificatoires.7.00\t»\t» Manuterges.6.00\t»\t» Pales.5.50\t»\t» Les prix mentionnés ci-dessus sont sujets à la taxe de vente de 2% dans la province de Québec, et de 4% dans la ville de Montréal, livres de prières et ventes faites aux fabriques exceptés.Nous fournissons les hosties aux prix suivants : Petites.$1.20 le mille Grandes.0.40 » cent m Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943 MOYENS PRATIQUES d\u2019aider IcS Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception En contribuant par des aumônes à : Chapelle de la Maison Mère.Construction de chapelles en pays de missions.Entretien annuel de la lampe du sanctuaire dans nos maisons du Canada et en pays de missions.$\t25.00 Fondation d\u2019une bourse pour le soutien d\u2019une Sœur missionnaire.1,000.00 Entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste.50.00 Entretien et instruction annuels d\u2019une orpheline.\t40.00 Fondation d\u2019un berceau à perpétuité.200.00 Soins annuels d\u2019un lépreux ou d\u2019une lépreuse.60.00 Entretien mensuel d\u2019un berceau.5.00 Rachat d\u2019un bébé viable.5.00 Rachat d\u2019un bébé moribond.0.25 Entretien mensuel d\u2019une Sœur missionnaire.10.00 Entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions.10.00 S\u2019abonner au Précurseur.1.00 ABONNEMENT AU « PRÉCURSEUR » La revue Le Précurseur paraît tous les deux mois.Prix d\u2019un abonnement de bienfaiteur : $1.00 par année.Prix d\u2019un abonnement ordinaire : 60 sous par année, 10 sous Vexemplaire.Adresse : 2900, chemin Sainte-Catherine, Côte-des-Neiges, Montréal, Canada.Abonnement à vie: $20.00 AVIS.\u2014 Nos abonnés qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du Précurseur leur nouvelle adresse avec l\u2019ancienne, ou mieux encore renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée. Notice de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception (Premier Instilu', missionnaire canadien) Origine.\u2014 Cet Institut, destiné aux missions étrangères, fondé par la très révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit (Marie-Délia Tétreault, de Marieville, comté de Rouville), débuta le 3 juin 1902, à Notre-Dame-des-Neiges, Montréal, sous le bienveillant patronage de Son Excellence Mgr Paul Bruchési et sous la direction de l\u2019abbé Gustave Bourassa.Le 1®\" mai 1903, la Communauté naissante se transporta au numéro 27, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Le 7 décembre 1904, Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, se trouvant à Rome pour prendre part aux fêtes du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, soumettait à Sa Sainteté Pie X l\u2019œuvre projetée.« Fondez, Monseigneur, lui dit alors l\u2019auguste Pontife, et toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut, auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.» Le 8 août 1905, anniversaire de sa consécration épiscopale, Son Excellence Mgr Bruchési recevait les vœux des deux premières religieuses et donnait le saint Habit à trois postulantes.En 1909, sur l\u2019appel de Son Excellence Mgr Mérel, vicaire apostolique du Kouang-Tong, la Société ouvrait à Canton, Chine, sa première maison.En 1913, la Mission catholique lui confiait l\u2019importante Léproserie de Shek Lung, et en 1916 le gouvernement chinois lui donnait la direction d\u2019une nouvelle Crèche à Tong-Shan, près Canton h But de la Société.\u2014 Le but de la Société des Sceurs Missionnmres de l\u2019Immaculée-Conception est la propagation de la foi chez les nations infidèles, en esprit d\u2019action de grâces.En conséquence, chaque sujet, par l\u2019émission des vœux dans la Société, voue à Dieu ses forces et sa vie à 1 extension du règne de Jésus-Christ et de son Immaculée Mère,^ comme un holocauste de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes.Esprit de la Société.\u2014 Les vertus qui doivent caractériser les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, sont; la reconnaissance, l\u2019humilité, l\u2019obéissance, la charité, la joie spirituelle, l\u2019amour du travail et de la vie cachée, l\u2019esprit de foi et de prière, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.Œuvres en pays infidèles.\u2014 L\u2019exercice de toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle: instruction des enfants indigènes, des catéchumènes et des néophytes; formation de religieuses iiidigènes et de vierges catéchistes, assistance des mourants païens et chrétiens; crèches, orphelinats, écoles de gardes-malades, écoles industrielles, ouvroirs, dispensaires, léproseries, etc.Œuvres en pays chrétiens.\u2014 Diffusion des Œuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, ainsi que des revues faisant connaître les missions.l Voir adresses des autres Missions sur la couverture Montréal LE PRECURSEUR .luillet-Août 1943 Création d\u2019écoles apostoliques ou maisons de recrutement.Procures où l\u2019on reçoit les dons en argent et en nature pour les missions.Ecoles pour les enfants des nations idolâtres résidant au pays; direction de cours spéciaux pour les adultes païens; instruction religieuse des catéchumènes et assistance des mourants chinois, nègres, etc.Ligues de prières et de sacrifices pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses.Retraites fermées pour les dames et les jeunes filles.Exercices spirituels.- Persuadées que la piété est l\u2019aliment de la charité et du zèle, et qu\u2019elle est indispensable aux œuvres qui leur sont propres, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception joignent la vie contemplative à la vie active.Elles vaquent aux exercices suivants: Audition de la sainte messe.Oraison matin et soir.Lectures spirituelles.Récitation du rosaire en commun.Chemin de la croix en commun.Retraites mensuelles et annuelles.Heures d\u2019adoration devant le Saint Sacrement exposé; chaque dimanche et vendredi de l\u2019année et à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, le Saint Sacrement est exposé toute la journée.Il est aussi exposé tous les jours de l\u2019année dans les lieux où l\u2019Ordinaire du diocèse le désire.Fêles principales.\u2014 La Pentecôte et l\u2019immaculée Conception.Conditions d\u2019admission au Noviciat.\u2014 La première des qualités exigées des aspirantes au Noviciat est un ardent désir de se dévouer à l\u2019Œuvre des Missions.Elles doivent y ajouter certaines qualités naturelles: jugement sain, droiture, simplicité, générosité et force de caractère.L\u2019Institut ne comptant qu\u2019une seule catégorie de religieuses, toutes, par des aptitudes spéciales, doivent être en condition de se rendre utiles.Les jeunes^ persorines qui n\u2019ont pas fait des études complètes sont admises pourvu qu\u2019elles aient une instruction au moins élémentaire et qu\u2019elles possèdent d\u2019autres aptitudes, telles que: science du ménage, de la cuisine, de la couture, etc., ou encore qu\u2019elles aient des connaissances de la musique ou de la peinture.Les aspirantes sont aussi tenues de produire les certificats suivants: extraits de baptême et de confirmation, billet de recommandation de leur curé ou de leur confesseur, certificat de santé du médécin et consentement écrit des parents si le sujet est mineur.La durée du postulat est de six mois, celle du noviciat de deux ans.Pendant le Noviciat, les novices étudient la vie religieuse, s\u2019exercent à la pratique des vertus, s\u2019imprègnent de l\u2019esprit de l\u2019Institut, en apprennent les règles et usages et se préparent de loin à la vie apostolique à laquelle elles se destinent.La durée des vœux annuels est de trois ans.Pendant les vœux annuels, les jeunes professes se préparent plus directement à la vie de mission.A l\u2019expiration des trois années des vœux annuels, la professe se consacre ir\"évoc2blement à Dieu par l\u2019émission des vœux perpétuels.* * * Le l\"*' mars 1925, l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception recevait de Sa Sainteté Pie XI un Bref de louange et l\u2019approbation de ses Constitutions, et le 7 mars 1933, l\u2019Institut recevait du Saint-Siège son approbation définitive ainsi que celle de ses Constitutions.Le 14 mai 1933, l\u2019éminentissime cardinal Pierre Fumasoni-Biondi, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, fut nommé protecteur de l\u2019Institut, en remplacement de S.Em.le cardinal G.Van Rossum, décédé le 30 août 1932, M.a.O NOTRE MERE, RROTEGEZ TOUS NOS BIENFAITEURS d Bulletin des â»oeurs; iîlissiionnaires! be rîmmaculée-Conception Publié avec l\u2019autorisation de Monseigneur VArchevêque de Montréal Vol.XII 24° année Montréal, Juillet-Août 1943 No 4 SOMMAIRE\t\t TEXTE\t\t Suscitez des apôtres\tLe Précurseur\t195 L'apostolat des infidèles\tA/ Hamon, P S S\t\t197 L'apôtre\tM***\t199 Mission à Haïti\t\t201 Discours du Souverain Pontife Pie XII\t\t204 Elle s\u2019en va\tLa Rédaction\t207 Mère Marie du-Saint Esprit, apôtre de 1 Œuvre chinoise au Canada\tLa Redaction\t209 Ouvrons les yeux\tLa Redaction\t216 Sur une harpe\tLe Précurseur\t218 Enfants de Dieu\tLa Redaction\t220 Roses effeuillées\t\t222 Répondez\tLa Redaction\t223 Le Bienheureux Theophane Vénard\tCh F Trochu\t227 Échos de nos Missions\t\t230 De-ci de-là\t\t241 Extraits des chroniques du Noviciat\t\t245 La Page des Enfants\tLe Précurseur\t250 Reconnaissance \u2014 Recommandations \u2014 Nécrologie\t\t256 GRAVURES\t\t Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs\t(hors-texte)\t Le Maître de la Moisson\t\t194 Les exorcismes avant le baptême d\u2019un Chinois, au Couvent des Sœurs Missionnaires de\t\t rimmaculée-Conception, Québec, 3 juin 1924\t\t210 s Em le cardinal L -N Bégin, après la cérémonie de Confirmation d\u2019un Chinois, au\t\t Couvent des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculee-Conception, Québec, 4 juin 1924\t\t212 Siège de l\u2019Œuvre Chinoise de Québec, au numéro 4, rue Simard, en 1924\t\t213 Professeurs et élèves de la Colonie Chinoise de Québec\t\t214 L\u2019âme reconnaissante\t\t218 Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jcsus\t\t220 Cueillant des fleurs\t\t223 La divine Mère\t\t224 Jésus, époux de nos âmes\t\t225 L\u2019apostolat en action\t\t225 Orphelines de Canton, Chine, se rendant à la chapelle\t\t231 Orphelines de Canton apprêtant des nouilles chinoises\t\t232 Les nouilles avant la cuisson\t\t232 Vierges catéchistes de Canton\t\t233 Une scène de tous les jours à Canton\t\t234 Vieillards du Refuge Chinois, Vancouver\t\t239 Mgr Charles-Auguste de Forbin Janson\t\t251 Mlle Pauline Mane Jaricot\t\t252 L'arbre de la Sainte Enfance\t\t253 K Ses disciples le suivaient en tous lieux. â>usictte?beô apôtres! Il était grand et beau, parfait dans sa nature.Vêtu d\u2019une tunique exempte de parure, Ses disciples choisis le suivant en tous lieux.Il allait en prêchant le royaume des deux.La foule sur ses pas accourait étonnée, Ravie.Elle disait d\u2019une voix spontanée : « Voici qu\u2019un grand prophète a paru parmi nous.Il nous a visités le Seigneur tendre et doux.» Ses yeux étaient remplis de bonté, de lumière Et recélaient au fond un suave mystère; Ses mains se répandaient en multiples bienfaits.Semant la guérison, le bonheur et la paix.Il était humble et doux, décelant la noblesse.L\u2019ineffable science et la pure tendresse; Et sa miséricorde, à l\u2019égard des pécheurs Repentanls et soumis, lui gagnait tous les cœurs.Il s\u2019appelait Jésus.C\u2019était lui le Messie Si longtemps désiré, le doux Fils de Marie Descendu de là-haut, de son trône éternel.Pour racheter le monde et lui rendre le ciel.La pure vérité tombait de ses paroles.Qu\u2019il exprimait souvent en sages paraboles.« Jamais homme, ici-bas, n\u2019a parlé comme lui », S\u2019écriait d\u2019une voix tout le peuple séduit.Un jour, jetant au loin un regard sur le monde.Il s\u2019émut : « La moisson, dit-il aux siens, abonde.Mais les ouvriers, eux, sont peu nombreux.Priez Le Maître d\u2019envoyer au champ des ouvriers.» Et ses yeux attendris, s\u2019élevant vers la nue.De la céleste grâce imploraient la venue Sur les hommes d\u2019alors qui gisaient dans l\u2019erreur.Avides, cependant, de pur et vrai bonheur. « La moisson abonde !.)) Ah ! c\u2019est encore la plainte Que répète aujourd\u2019hui l\u2019apôtre à l\u2019âme sainte.Et les bons ouvriers sont mille fois trop peu Qui cueillent les épis en les donnant à Dieu.Immense est la moisson sur la plage lointaine.Où l\u2019on ignore Dieu, sa bonté souveraine.Sa loi toute de paix, de justice et d\u2019amour.Et l\u2019éternel bonheur qu\u2019il nous promet un jour.Très grande elle est aussi, même en terres chrétiennes.Où l\u2019on voit se passer tant de choses païennes.Où la foi qui s\u2019en va, sous les coups des forfaits.Emporte avec ses dons le bonheur et la paix.Ah ! qui se lèvera, plein d\u2019ardeur et de zèle.Pour conquérir à Dieu tout le monde infidèle.Pour raviver la foi dans nos pays chrétiens.Et les ramener tous aux soucis des vrais biens ! 0 Seigneur tout-puissant, notre Roi, notre Maître, Nous tombons à genoux, et du fond de notre être.Suivant votre conseil, nous vous en supplions.Envoyez du secours à vos grandes moissons.Suscitez en tous lieux de multiples apôtres.Regardez parmi nous et choisissez des nôtres.Pour relever bien haut le flambeau de la foi Et jeter dans les cœurs l\u2019amour de votre loi.N\u2019est-il plus dans nos rangs d\u2019âmes pures et bonnes.Qui vous aiment vraiment, oubliant leurs personnes.Pour accomplir en tout votre divin vouloir; Qui vivent de la foi, de l'immortel espoir?.Divin Père, écoutez notre instante prière.Ne laissez pas périr votre si belle terre.Faites tomber sur elle un immense pardon.Rappelez ses enfants à votre Cœur si bon.Le Précurseur. t ï.\u2019apofiitolat bes infibèleô VONS-NOUS jamais réfléchi sérieusement sur la situation lamentable des infldèles, c\u2019est-à-dire des hommes qui n\u2019ont jamais connu la foi chrétienne?Quelle misère affreuse! Non seulement ces frères malheureux ne connaissent pas Jésus-Christ, mais très généralement, ils ne connaissent pas le vrai Dieu, le Dieu unique Créateur du ciel et de la terre.Juge souverain des vivants et des morts.Quelques-uns adorent un dieu inconscient qui ne s\u2019occupe pas des hommes, qui ne se distingue guère de la matière.La plupart adorent les astres, ou les forces de la nature, ou des hommes divinisés ou des êtres imaginaires, ou de grossières idoles de bois et de pierre.Le culte est grossier, ridicule ou cruel.Les moeurs sont souvent pires que le culte: débauches sous toutes les formes, à tous les âges; déchéance du mariage; violences, rapines, massacres, voilà ce que nous trouvons, à l\u2019état normal, dans ces nations.Or, dans ces nations malheureuses, nous comptons plus d\u2019un milliard d\u2019infidèles \u2018.Qui n\u2019aurait pitié d\u2019une détresse si profonde, si étendue, si inquiétante pour le salut étemel de tant de millions d\u2019hommes! Sans doute, le siècle dernier a fait un grand effort pour l\u2019évangélisation des païens 2.Mais combien est insuffisant le nombre des missionnaires! Combien leur apostolat est gêné et entravé! Ils manquent de ressources financières; ils sont persécutés par les autorités civiles du pays; ils ont à lutter contre les agissements des ministres de l\u2019erreur, largement pourvus d\u2019argent; ils ne sont pas fortement soutenus par les nations catholiques qui souvent demeurent indifférentes sinon hostiles! Dans les nations catholiques, que de savants, de riches, de lettrés, de magistrats se soucient fort peu de cet apostolat, le dédaignent, s\u2019en moquent ?Serons-nous du nombre de ceux qui ne s\u2019émeuvent pas de cette situation douloureuse ?Serons-nous du nombre de ceux qui n\u2019ont pas pitié des missionnaires et ne veulent pas les aider dans leurs rudes travaux ?COMMENT TRAVAILLER AU SALUT DES INFIDÈLES Nous pouvons les aider par nos prières.Saint Paul recommandait souvent à ses disciples de prier, afin que la parole de l\u2019Évangile retentît dans toutes les nations; l\u2019Église a toujours exhorté les fidèles à persévérer dans cette prière.Toutes les âmes vraiment saintes ont toujours éprouvé 1.\tSur un peu plus de deux milliards d\u2019hommes qui peuplent le monde, on compte 373 millions de catholiques, 329 millions de dissidents (protestants et schismatiques).260 millions de musulmans.16 millions de Jmfs, 1,200 millions d\u2019infidèles.2.\tD\u2019après une statistique publiée en 1932 par le R.P.Bernard Arens.S J , il y avait alors en pays de missions 453 vicaires apostoliques, 15,086 prêtres.5,364 frères, 30,929 sœurs, 61,941 catéchistes (hommes et femmes), 43,018 instituteurs (hommes et femmes), 9,454 vierges hors des cloîtres et 20,196 autres collaborateurs, soit en tout un personnel de 186,621 Voilà donc tout près de 200,000 personnes appartenant à 51 nationalités et à 500 instituts qui trava'illent à l\u2019œuvre des missions. 198 Montréal LE PRÉCURSEUR ruHIft-AoÛt 1943 un attrait spécial pour cette supplication; que de fois elles ont répété avec ardeur: « Mon Dieu, que votre nom soit béni et glorifié par toute la terre! » Aimons-nous à prier souvent, longuement pour les païens ?Les œuvres de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance nous recommandent souvent cet apostolat facile ; le pratiquons-nous ?Nous devons aider les missionnaires par nos aumônes.Tout d\u2019abord, rien de plus simple que de soutenir et de soutenir largement les deux œuvres apostoliques que nous venons de nommer et qui sont si vivement recommandées par les Souverains Pontifes.D\u2019autres personnes travaillent de leurs mains pour confectionner des ornements d\u2019église ou des vêtements pour les missionnaires.D\u2019autres adoptent d\u2019autres pratiques: rachat d\u2019enfants ou rachat d\u2019esclaves; entretien annuel d\u2019un catéchiste ou d\u2019un missionnaire.Pour des sommes peu considérables, on peut opérer un très grand bien.Y pensons-nous ?Donnons-nous et largement pour les missions étrangères ?Ne gaspillons-nous pas des sommes notables qui pourraient être très utiles aux missionnaires ' ?Ignorons-nous que les protestants donnent beaucoup plus d\u2019argent que nous pour leurs missions ?Nous devons aider les missions par nos sympathies et nos paroles.Nous avons auprès de nous des personnes qui ne s\u2019intéressent en rien au salut des païens; ou qui ont des préjugés ridicules contre les missionnaires; ou qui combattent cet apostolat, sous prétexte que dans notre pays nous avons déjà beaucoup de mécréants à convertir.Ce sera faire une œuvre excellente que d\u2019instruire doucement ces personnes et que de combattre leurs préjugés.Que de chrétiens riches et influents coopéreraient largement à l\u2019apostolat des infidèles, si cet apostolat leur était bien exposé! Usons-nous de tous ces moyens pour aider les malheureux païens?M.Hamon, P.S.S.Croisalie missionnaire Une croisade en faveur des missions a été lancée aux États-Unis.Le directeur de la revue Catholic Missions va de séminaire en séminaire exposer le grand besoin de missionnaires qui se fera sentir après la guerre.Jusqu\u2019ici, en effet, l\u2019Europe fournissait environ quatre-vingt-quinze pour cent du personnel des missions, et l\u2019Amérique cinq pour cent seulement.La France qui, à elle seule, a fourni jusqu\u2019à quinze pour cent des missionnaires, souffre actuellement d\u2019une grande pénurie de prêtres.Au début de la guerre, deux mille paroisses n\u2019avaient pas de curés.En Allemagne, pays fertile aussi en missionnaires, tous les séminaires ont été fermés.En Espagne, cinq mille prêtres furent tués durant la récente guerre civile.L\u2019Amérique devra donc augmenter sensiblement ses effectifs.Nul doute que le Canada tiendra à faire sa large part.Mais il doit y songer dès maintenant et s\u2019y préparer activement.Remarquons en passant que d\u2019après les dernières statistiques de l\u2019Annuaire pontifical, les missionnaires dans les territoires qui relèvent de la Congrégation de la Propagande se répartissent ainsi: hommes, 20,578; femmes, 44,894.{Semaine religieuse de Montréal.) 1.On comptait également en 1932.56,519 églises et chapelles, 98 grands séminaires et 2,834 séminaristes.213 petits séminaires et 8,420 séminanstes, 677 hôpitaux peuplés de 242,000 malades, 2,222 dispensaires, 81 léproseries soignant 14,066 lépreux, 1,605 orphelinats et 76,528 orphelms, 299 hospices et 11,341 hospitalisés, 12,000 ouvroirs, 17 universités, 827 écoles professionnelles, 172 écoles normales.1,172 écoles supérieures, 26,997 écoles élémentaires, 24,777 écoles de prières, 589 écoles de catéchistes et 468 collèges. H\u2019apôtre E qui caractérise l\u2019apôtre, c\u2019est le zèle.Le zèle est une flamme qui tend à se communiquer de proche en proche.On n\u2019est apôtre qu\u2019à la condition de porter au cœur une foi ardente et un grand idéal.Le simple honnête homme, avec sa sagesse un peu terre à terre et sa vertu moyenne, ne connaîtra jamais le zèle: il n\u2019y a pas d\u2019apôtre de la médiocrité.Le zèle, de sa nature, est désintéressé.On cesse de faire œuvre d\u2019apôtre dès que l\u2019on entend se faire payer de sa peine en éloges ou en estime, en affection ou en reconnaissance.Se rechercher soi-même, c\u2019est, de la part de l\u2019apôtre, compromettre l\u2019œuvre surnaturelle à laquelle il collabore, car c\u2019est interposer son misérable personnage entre les âmes et Dieu.Mais le désintéressement ne suffit pas à assurer le succès du zèle.Pour réussir, l\u2019apôtre ne doit pas hésiter à se mettre au service de ceux auxquels il prétend faire du bien.Servir doit être sa devise.Sous peine d\u2019échouer, il doit éviter tout ce qui sent l\u2019esprit de domination.On n\u2019impose pas la vérité aux âmes, on la leur propose; et, seul, le dévouement absolu de celui qui la représente dispose à l\u2019accepter.Le véritable zèle est large et accueillant.Son but n\u2019est pas d\u2019accroître la force d\u2019un parti, quel qu\u2019il soit, mais d\u2019étendre le règne de Dieu.Il s\u2019adresse non à une catégorie déterminée de personnes, mais à toutes les âmes qui cherchent sincèrement la Vérité.Il se fait tout à tous, et évite avec soin l\u2019étroitesse d\u2019esprit et le parti pris, pour ne pas rebuter les bonnes volontés qui viennent à lui.Enfin le zèle, tout ardent qu\u2019il puisse être, doit, dans ses manifestations, se tempérer de discrétion et de patience.L\u2019âme a ses pudeurs qu\u2019il faut savoir deviner et respecter; et la moindre maladresse de la part de celui qui la manie risque de la fermer à tout jamais.De plus, ce ne sont pas les hommes, c\u2019est Dieu qui fixe l\u2019heure de la grâce et de la conversion.Cette heure, l\u2019apôtre doit savoir l\u2019attendre sans hâte et sans impatience.L\u2019apôtre agit sur les âmes par la parole: fides ex auditu h Mais ce n\u2019est pas le talent qui opère les conversions.Réduit à ses seules ressources, il ne fait que provoquer une admiration stérile.Ce n\u2019est pas davantage la discussion, si serrée qu\u2019elle soit, qui fait accepter la vérité religieuse.Le seul résultat auquel elle puisse prétendre, c\u2019est, chez un esprit prévenu, de faire tomber les préjugés qui barrent le chemin de la foi.Ses résultats sont plutôt négatifs.Le secret de l\u2019efficacité d\u2019une parole apostolique est ailleurs.La seule éloquence qui convertisse, c\u2019est « l\u2019éloquence sans phrases » d\u2019une profonde et ardente conviction.Et, de même, la preuve la plus impressionnante qui soit en faveur de la religion, c\u2019est celle qui se dégage d\u2019une vie qu\u2019anime une ardente foi.Rien n\u2019est de nature à provoquer chez les âmes distraites ou assoupies le trouble salutaire qui les met sur le chemin de la vérité, comme la rencontre d\u2019un véritable apôtre.Mais pour que s\u2019opère cette mystérieuse transmission de vie d\u2019une âme à l\u2019autre, la parole n\u2019est pas nécessaire.L\u2019âme de l\u2019apôtre se traduit au dehors moins par des mots que par des actes.1.C'est par le sens de l\u2019ouïe que nous vient la foi 200 Montréal LE PRECURSEUR Ju llet-Août 1943 L\u2019exemple est la meilleure des prédications; et le rayonnement discret et paisible d\u2019une vie intérieure intense, le plus efficace des moyens d\u2019apostolat.Virtus de illo exibat est-il dit du divin Maître.Ce mot de l\u2019Évangile peut s\u2019appliquer à tout disciple digne de ce nom.Quoi qu\u2019il fasse, sa foi transparaît à travers ses œuvres et édifie ceux qui sont les témoins de sa vie.Au reste, l\u2019apôtre n\u2019a pas à se préoccuper de mesurer l\u2019étendue de son action salutaire.Ce soin revient à Celui dont il est l\u2019envoyé.Que Dieu veuille faire de lui le flambeau qui éclaire le monde ou l\u2019humble petite lampe qui projette un peu de clarté sur le chemin de quelques-uns, peu lui importe, pourvu qu\u2019il remplisse la mission dont il est chargé.M*** Sntien reconnatââant Il est à chasser.Soudain, l\u2019Indien voit, à quelques pas devant lui, quelque chose de noir.Est-ce un ours?.Comme un éclair, il sort une flèche, puis attend que la victime remue.Elle n\u2019en fait rien.Oh! mortel.grogne-t-il avec dépit.Il se penche, grogne encore, mais cette fois.de surprise.C\u2019est une Robe Noire.un missionnaire étendu sur la neige, inconscient.Aussi tendrement que possible, il relève le malade et le porte à sa cabane.Un feu crépitant et un frottage vigoureux finissent par ramener le missionnaire.Alors, l\u2019Indien de lui dire: « Robe Noire, un grand honneur pour Okha, vous reposez dans sa cabane.Voyez, de la soupe d\u2019orignal; elle est bien chaude, bientôt, vous serez fort.» Réconforté par les bons soins de ce charitable enfant des bois, l\u2019apôtre se fait raconter par l\u2019Indien comment il a été amené dans sa cabane; puis ce dernier de continuer: « L\u2019an dernier, la Robe Noire vint à notre village.Okha était à la chasse.Mes frères me parlèrent de la visite de la Robe Noire et de la Grande Prière (chez les Indiens, la Grande Prière veut dire le Saint Sacrifice de la Messe).Okha vous voit maintenant et remercie le Grand Esprit.Bientôt, la flèche volera, mais le Grand Esprit guidera ma main.» Quelques semaines s\u2019écoulèrent, pendant lesquelles le Père missionnaire se rétablit et Okha fut préparé au baptême et à la première communion.Un an s\u2019est envolé depuis que l\u2019Indien a assisté à la Grande Prière et fait sa première communion, quand un jour il voit le missionnaire revenu chez lui.Comme il en est heureux et reconnaissant! Il espère communier encore, mais le Père le lui permettra-t-il ?Certainement, prépare-toi, je vais te confesser.Tâche de te rappeler les péchés que tu as commis pendant cette année.\u2014 Père, quels péchés?.Okha est consterné.\u2014 Mais les péchés contre les commandements de Dieu et de l\u2019Église! Le Père, à son tour, est inquiet.Okha a donc oublié tout ce qu\u2019il lui a enseigné.Mais alors, le converti de s\u2019écrier : \u2014 Des péchés ! Okha pouvait-il en commettre après la Grande Prière, le baptême et la sainte communion?Jamais! Okha n\u2019est pas si ingrat! Et le pieux Indien se prend à pleurer.Le missionnaire, lui aussi, pleure.en bénissant Dieu de ce qu\u2019il a rencontré une âme assez reconnaissante pour avoir évité tout péché après une seule messe et une première communion.Frère Jogues, S.V.D.1.Une vertu s'échappait de lui iHtoton à Haïti la demande de S.Exc.Mgr L.Collignon, O.M.I., évêque des Cayes, en Haïti, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception ont accepté avec bonheur un poste de dévouement dans le vaste champ d\u2019apostolat missionnaire confié à la sollicitude de ce digne prélat.En conséquence, au cours du mois de septembre ou d\u2019octobre, quatre religieuses iront porter un rameau de l\u2019Institut dans cette terre haïtienne qui s\u2019honore d\u2019avoir été le théâtre de la première messe dite en Amérique, lors de sa découverte par Christophe Colomb, le 6 décembre 1492.Elles s\u2019y emploieront en premier lieu à des œuvres de charité auprès des enfants, des malades et des vieillards nécessiteux, s\u2019appliquant avant tout à faire briller au milieu d\u2019eux la sainte lumière de l\u2019Évangile.La tâche qui est offerte à ces pionnières est vaste, car là encore la moisson est abondante et les ouvriers sont en petit nombre, aussi faut-il prévoir que des compagnes devront, peu après, aller partager leurs labeurs et leurs mérites.Les amis de la Communauté, les bienveillants lecteurs et abonnés du Précurseur sont priés de recommander à Dieu le succès de cette nouvelle Mission.Un mot d\u2019Haiti Histoire Haïti, dont le nom signifie en langage indien « terre de hautes montagnes », est une île qui, découverte le 6 décembre 1492, par Christophe Colomb, se trouve dans l\u2019Amérique centrale, à l\u2019entrée du golfe du Mexique, non loin de Cuba et de la Jamaïque, entre les 17° et 12° de latitude nord et les 71° et 77° de longitude ouest.La superficie totale d\u2019Haïti est de 77,000 kilomètres, mais, depuis 1844, deux républiques indépendantes se partagent l\u2019île; ce sont, d\u2019une part, à l\u2019est, la République Dominicaine, ayant 48,350 kilomètres carrés, 1,400,000 habitants et dont la langue officielle et usuelle est l\u2019espagnol, et d\u2019autre part, à l\u2019ouest, la République d\u2019Haïti, ayant 28,900 kilomètres carrés, trois millions d\u2019habitants et dont la langue française est la langue officielle et usuelle.L\u2019île d\u2019Haïti, la plus importante des grandes Antilles après Cuba, vit passer sur son sol deux civilisations distinctes: la civilisation espagnole et la civilisation française.Les premiers habitants d\u2019Haïti furent des Indiens.Ceux-ci se firent exterminer, pour la plupart, par les Espagnols, avides de mines d\u2019or.La civilisation espagnole fit sentir son influence pendant cent trente-huit ans, et la civilisation française durant deux siècles.L\u2019île s\u2019appela, sous la domination espagnole, Hispagnola, et sous la domination française, Saint-Domingue.Les Espagnols introduisirent à Hispagnola, en 1508, des noirs d\u2019Afrique.En 1625 les Français occupèrent la partie orientale de l\u2019île et y restèrent jusqu\u2019en 1804.Napoléon voulant rétablir l\u2019esclavage à Saint-Domingue, les indigènes se soulevèrent et eurent à leur tête un noir 202 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943 de génie, Toussaint Louverture.Celui-ci fut fait prisonnier et mourut en France, au fort de Joux, dans le Jura, de froid et de privations.Lamartine a dit de lui « qu\u2019il était une nation » et lui a consacré un magnifique poème.Dessalines continua son œuvre et parvint, glorieusement, à la victoire.L\u2019indépendance d\u2019Haïti fut proclamée le 1\" janvier 1804 et Dessalines se fit couronner empereur, sous le nom de Jacques 1\".La France ne reconnut cette indépendance qu\u2019en 1825, moyennant une indemnité de cent vingt millions de francs or, indemnité qui fut réduite plus tard à soixante millions.Plusieurs Haïtiens s\u2019illustrèrent en faveur de leur indépendance nationale.L\u2019histoire cite avec fierté Pétion, qui fonda la république en 1806, et Christophe, qui fonda, dans le nord de l\u2019île, une royauté.On peut encore, aujourd\u2019hui, admirer la citadelle Laferrière, œuvre gigantesque qui témoigne du génie de ce roi et qui a été construite pour faire face au retour des Français en Haïti.Le colonel Lindbergh classe ce monument qu\u2019il a visité comme « la huitième merveille du monde ».Religion Le catholicisme est la religion d\u2019État en Haïti en vertu d\u2019un concordat signé, en 1860, entre Rome et le gouvernement haïtien.C\u2019est ainsi qu\u2019il y a à Port-au-Prince, capitale d\u2019Haïti, un nonce apostolique, honneur enviable lorsqu\u2019on songe que d\u2019autres pays d\u2019Amérique du Nord ou du Sud n\u2019ont, pour la plupart, qu\u2019un délégué apostolique ou un chargé d\u2019affaires du Saint-Siège.L\u2019actuel ambassadeur du Saint-Siège en Haïti est S.Exc.Mgr Silvani.Haïti possède cinq diocèses à la tête desquels se trouve un évêque et, à la capitale, un archidiocèse dont l\u2019actuel titulaire est S.Exc.Mgr Le Gouaze.Plusieurs congrégations religieuses venant en grande partie de France, de Belgique, et, depuis quelques années, du Canada s\u2019y sont établies.Ces saints missionnaires font là-bas de la bonne et féconde besogne et honorent leur patrie, mais malheureusement Haïti ne compte que six cents prêtres pour trois millions d\u2019habitants.C\u2019est bien peu! Climat Le climat n\u2019est pas aussi chaud qu\u2019on se le figure.Il est vrai que, étant donné la position géographique de l\u2019île non loin de l\u2019Équateur, la chaleur devrait y être excessive.Mais, bien que le soleil chauffe plus qu\u2019il ne luit, la température y est assez agréable à cause, d\u2019une part, de ses montagnes très élevées: 5,000 pieds et, d\u2019autre part, à cause de sa situation dans le canal des vents alizés; donc une brise perpétuelle de terre et de mer souffle sur Haïti.Souvent, « la brise a des accords si doux dans les palmiers, si purs dans les rameaux luisants des lataniers qu\u2019on croit entendre dans l\u2019air léger qui s\u2019accorde une lyre divine aux verdoyantes cordes ».Et puis, la chaleur y est sèche, pas d\u2019humidité! La plus basse température est de 40° Farenheit et la plus haute 110°.Il tombe parfois de la grêle à Kenscoff (les Laurentides haïtiennes) qui se trouvent à trois quarts d\u2019heure de Port-au-Prince en auto, mais jamais de neige.Les cas d\u2019insolation, de l\u2019avis même des médecins, sont très rares.Et les prêtres français qui demeurent en Haïti portent, comme dans leur pays. Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 03 la soutane noire sans en être incommodés, tandis qu\u2019en Afrique ils sont obligés de s\u2019habiller en blanc.L\u2019île n\u2019a pas de carnassiers ni d\u2019insectes dangereux, non plus que de serpents.On ne rencontre que quelques petites couleuvres dont la morsure n\u2019est guère venimeuse.Haïti est par excellence le pays des fleurs et des fruits.Les roses y fleurissent, même en hiver, et c\u2019est un délice des yeux que de contempler cette nature exubérante! Les fruits sont succulents; on y trouve des oranges, des bananes, des pamplemousses, des ananas, des mangues, des goyaves, des pêches, des co-rossols, etc.On y rencontre des bois de construction tels que l\u2019acajou, le chêne, le campêche, le bambou, etc.On y exporte les produits suivants, surtout en Europe: le café - qui est un des plus réputés au monde, \u2014 le coton, le cacao, l\u2019indigo, le rhum, le miel, la mélasse.(Extrait du Vrai Visage d\u2019Haiti, par Philippe Cantave, lauréat de l\u2019Académie fran- çaise.) Haïti consacrée à Marie Une proclamation présidentielle, publiée le 17 décembre 1942, a déclaré la fête de l\u2019immaculée Conception, 8 décembre, fête nationale, consacrée à honorer Notre-Dame du Perpétuel Secours.Ce grand acte de foi a été accompli grâce à l\u2019initiative pleine de zèle du président Élie Lescot.A cette même occasion, un timbre-poste fut mis en circulation, portant l\u2019effigie de Notre-Dame du Perpétuel Secours et cette inscription: « Notre-Dame du Perpétuel Secours, patronne d\u2019Haïti.» Bel exemple de foi catholique et nationale! Cri Sutilime b\u2019une mère Un jour, un missionnaire de passage à Lyon venait de raconter à une pieuse assemblée du Rosaire vivant le martyre d\u2019un confesseur de la Foi, auquel on avait fait souffrir des tortures inouïes.Le jeune Pierre Perrin, neveu de Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant, qui se trouvait là, dit à sa mère: « Maman I si Notre-Seigneur daignait me demander un pareil sacrifice, refuseriez-vous d\u2019y consentir ?» Un élan spontané de foi et d\u2019amour fit sortir un cri sublime du fond des entrailles maternelles.« O mon bien-aimél si Jésus-Christ te faisait cet honneur, non seulement je te donnerais, mais je te porterais même au lieu de ton martyre, si j\u2019en avais la force.» L\u2019angélique Pierre recueillit cette parole et la garda comme une bénédiction et une espérance b 1.Pierre Perrin entra dans la Compagnie de Jésus, fut un grand missionnaire et mourut victime de son dévouement aux Indes, le 15 août 1&55 Btâcourâ bu ^ouberain pontife $ie XII (Suite) A raison, éclairée par la foi, assigne aux individus et aux sociétés particulières une place précise et élevée dans l\u2019organisation sociale.Elle reconnaît, pour ne mentionner que le point le plus important, que l\u2019activité politique et économique de l\u2019État est dirigée vers la réalisation permanente du bien commun.C\u2019est pour créer ces conditions extérieures qui sont nécessaires à la masse des citoyens pour rendre à maturité leurs vertus naturelles, pour accomplir leur devoir et pour développer pleinement leur vie physique, intellectuelle et religieuse \u2014 en tant que la famille, d\u2019une part, et les autres associations à qui la nature a donné préséance sur l\u2019État, d\u2019autre part, peuvent être physiquement et moralement insuffisantes à leurs besoins \u2014 que la volonté rédemptrice de Dieu n\u2019a pas établi une autre société universelle à l\u2019intérieur de l\u2019Église pour diriger l\u2019homme et le conduire à la réalisation de sa destinée surnaturelle.Dans une conception de la société pénétrée de la pensée religieuse et sanctionnée par elle, l\u2019influence de l\u2019économique et de toute autre sphère de l\u2019activité culturelle représente un centre d\u2019activité, universel et fort élevé, très riche dans sa variété et cohérent dans son ensemble, dans lequel l\u2019égalité intellectuelle des hommes et la diversité d\u2019occupation deviennent leur bien propre et en assurent une expression adéquate.Lorsqu\u2019il n\u2019en est pas ainsi, le travail est déprécié et l\u2019ouvrier, rapetissé.LE STATUT JURIDIQUE DE LA SOCIÉTÉ ET SES FINS Pour que la vie sociale, telle qu\u2019elle est voulue de Dieu, atteigne son but, il est essentiel qu\u2019un statut juridique lui serve d\u2019appui extérieur, de refuge et de protection; statut dont le rôle n\u2019est pas de dominer mais de servir, de tendre à développer et à fortifier la vitalité de la société dans la riche multiplicité de ses objectifs, dirigeant vers leur perfection toutes les énergies particulières en un pacifique concours, et les défendant par tous les moyens honnêtes appropriés, contre tout préjudice de leur plein épanouissement.Un tel statut, pour être en mesure de garantir l\u2019équilibre, la sécurité, l\u2019harmonie de la société, comporte aussi un pouvoir de coercition contre ceux qui ne peuvent être maintenus que par cette voie dans la noble discipline de la vie sociale.Mais, précisément dans l\u2019exercice équitable de ce droit, une autorité digne d\u2019un tel nom ne pourra pas ne pas sentir une anxieuse responsabilité en face de l\u2019éternel Juge au tribunal duquel toute sentence inique et, spécialement, tout renversement des règles voulues par Dieu recevra infailliblement sa sanction et sa condamnation.Les lois fondamentales de la société, ultimes, profondes, lapidaires, ne peuvent être entamées par une intervention de l\u2019esprit humain.On pourra les nier, les ignorer, les dédaigner, les violer, mais jamais les abroger avec effet juridique.Sans doute, avec le temps qui passe, changent aussi les conditions de vie.Mais jamais de lacune absolue, jamais de solution de continuité entre le droit d\u2019hier et celui d\u2019aujourd\u2019hui, entre l\u2019expiration des anciens pouvoirs et la constitution de nouvelles organisations.En tout cas, Montréal LE PRECURSEUR JuiUet-AoÛt 1943\t205 à travers tous les changenietits et toutes les transformations, la fin de toute vie sociale reste identique, sacrée, obligatoire; le développement des valeurs personnelles de l\u2019homme en tant qu\u2019il est l\u2019image de Dieu.Et l\u2019obligation demeure pour chaque membre de la famille humaine de réaliser ses fins immuables quel que soit le législateur et l\u2019autorité à qui il est soumis.Par conséquent demeure aussi, sans qu\u2019aucune opposition puisse l\u2019abolir, son droit inaliénable, qu\u2019amis et ennemis doivent reconnaître, à une organisation et à une pratique juridiques, dont le rôle essentiel est de servir au bien commun.L\u2019organisation juridique a de plus la haute et difficile tâche d\u2019assurer la concorde soit entre les individus, soit entre les sociétés, soit également à l\u2019intérieur de celles-ci.On y arrivera, pourvu que les législateurs se dégagent de ces théories et de ces pratiques néfastes à la communauté et à sa cohésion, qui doivent leur diffusion à toute une série de postulats erronés.Au nombre de ces derniers il faut compter le positivisme juridique qui attribue une trompeuse majesté à l\u2019émission de lois purement humaines et fraye la voie à un fatal détachement des lois de la moralité; de plus, la conception qui revendique pour certaines nations, branches ethniques, ^ ou classes, leur instinct juridique comme impératif souverain et comme règle sans appel; enfin toutes ces théories qui, différentes entre elles et dérivant d\u2019idéologies contradictoires, s\u2019accordent pourtant à considérer l\u2019État ou une assemblée qui le représente comme une entité absolue et suprême, au-dessus de tout contrôle et de toute critique, alors même que ses postulats théoriques et pratiques aboutissent violemment à la négation formelle des données essentielles de la conscience humaine et chrétienne.Pour peu que l\u2019on considère d'un regard clair et pénétrant la connexion vitale entre l\u2019ordre social normal et la normale organisation juridique, pour peu que l\u2019on ne perde pas de vue que l'unité interne avec sa variété dépend de la prédominance de forces spirituelles, du respect de la dignité humaine en soi-même et dans les autres, de l\u2019amour pour la société et pour les fins que Dieu lui a marquées, on ne s\u2019étonnera pas des tristes conséquences de ces conceptions juridiques qui, abandonnant la voie royale de la vérité, s\u2019aventurent sur le terrain mouvant des postulats matérialistes, mais on se rendra compte du même coup de l\u2019urgente nécessité d\u2019un retour à une conception spirituelle et morale, sérieuse et profonde, réchauffée à la chaleur d\u2019une vraie humanité, illuminée à la splendeur de la foi chrétienne qui fait voir, dans l\u2019organisation juridique, un reflet de l\u2019ordre social voulu de Dieu, un fruit lumineux de l\u2019esprit humain, lui aussi image de 1 esprit de Dieu.Sur cette conception organique, la seule vitale, dans laquelle fleurissent en harmonie la plus noble humanité et le plus pur esprit chrétien, est gravée la maxime de l\u2019Écriture mise en lumière par le Docteur angélique: Opus justiliae pax, La pane est le fruit de la justice (5.Thom., II IL', q.29, a.3), qui s\u2019applique aussi bien à l\u2019aspect interne qu à 1 aspect externe de la vie sociale.Elle n\u2019admet ni opposition, ni l\u2019alternative; l\u2019amour ou le droit, mais la synthèse féconde: l\u2019amour et le droit.Dans l\u2019un et dans l\u2019autre, double irradiation d un meme esprit de Dieu, réside le programme et le cachet de la dignité de 1 esprit humain, 1 un et 206 Montreal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943 l\u2019autre s\u2019intégrent mutuellement, coopèrent, s\u2019animent, se soutiennent, se donnent la main dans la voie de la concorde et de la pacification: le droit fraye la route à l\u2019amour, l\u2019amour tempère le droit et le rehausse.Ensemble, ils font monter la vie humaine dans cette atmosphère sociale où, nonobstant les déficiences, les embarras, les aspérités de cette terre, une communauté fraternelle de vie devient possible.Supposez au contraire que domine l\u2019esprit mauvais des idées matérialistes, que la tendance au pouvoir et à la domination saisisse dans ses mains brutales les rênes des événements, alors vous verrez apparaître chaque jour davantage les éléments dissolvants, disparaître l\u2019amour et la justice: triste présage d\u2019une catastrophe prête à fondre sur une société apostate de Dieu.II.\u2014 Communauté dans la tranquillité Le second élément fondamental de la paix, où tend comme instinctivement toute société humaine, c\u2019est la tranquillité.O bienheureuse tranquillité! tu n\u2019as rien de commun avec l\u2019enlisement dur et obstiné, tenace et puérilement entêté, dans ce qui est; ni avec la réaction qui, fille de l\u2019inertie et de l\u2019égoïsme, rechigne à appliquer l\u2019esprit aux problèmes et aux questions que l\u2019évolution des temps et le cours des générations avec leurs besoins et leur progrès font mûrir, et tirent avec soi comme les inéluctables nécessités du présent.Mais pour un chrétien conscient de sa responsabilité même envers le plus petit de ses frères, il n\u2019y a pas de tranquillité pares-reuse, il ne s agit pas de fuite mais de lutte, mais d\u2019action contre toute inaction, contre toute désertion dans la grande bataille spirituelle dont l\u2019enjeu est l\u2019édification, ou mieux: l\u2019âme même de la société future.Harmonie entre tranquillité et activité Tranquillité, au sens ou 1 entend saint Thomas, et activité ardente, loin de s\u2019opposer, se joignent plutôt harmonieusement aux yeux de quiconque est convaincu de la beauté et de la nécessité de l\u2019armature spirituelle de la société et de la noblesse de son idéal.Or c\u2019est à vous, jeunes gens, à vous qui volontiers tournez le dos au passe et fixez vers l\u2019avenir vos yeux brillant d\u2019aspirations et d\u2019espérances, c\u2019est à vous, jeunes gens, que poussé par Notre grand amour et Notre sollicitude paternelle.Nous disons: l\u2019exubérance et 1 audace, à elles seules, ne suffisent pas si elles ne sont mises, comme il faut, au service du bien et d\u2019un drapeau sans tache.Vaine est 1 agitation, empressée, haletante, qui ne se repose pas en Dieu et dans sa loi éternelle.Il faut que vous soyez animés par la conviction de combattre pour la vérité et de lui consacrer vos propres sympathies et vos énergies, vos aspirations et vos sacrifices; de combattre pour les droits éternels de Dieu, pour la dignité de la personne humaine et pour la réalisation de ses fins.Là où les hommes mûrs et les jeunes gens, toujours ancrés dans l\u2019océan de la tranquillité éternellement vivante de Dieu, coordonnent les diversités de tempérament et d activité dans un véritable esprit chrétien, là où concourent le moteur et le frein, la différence naturelle entre les générations ne deviendra jamais un danger mais elle conduira au contraire vigoureusement à la réalisation des lois étemelles de Dieu dans le cours changeant des temps et des conditions de vie.(A suivre) 1 \u20acUc £(\u2019en ba!.La Foi.Chez nos chrétiens, dans nos families, dans notre société, dans notre pays, elle s\u2019en va!.Che\u2019 nos chrétiens.\u2014 Voyons celui-ci.Dès son réveil, à quoi pense-t-il ?A ses nécessités, à ses affaires, à ses plaisirs.Il ne prie point, aucune élévation de son cœur, aucun regard de son esprit ne monte vers le céleste Père, son Créateur et Rédempteur, son Pourvoyeur journalier.Toutes ses facultés sont rivées aux choses d\u2019ici-bas et sa journée s\u2019écoule en soucis matériels.La nuit venue, il s\u2019endort, l\u2019esprit tout préoccupé de pensées terrestres, le cœur souvent tiraillé par de coupables attaches, la conscience lourde de fautes et de remords.Les dimanches et fêtes, il ne se fait point scrupule de manquer la messe et on ne le voit point s\u2019approcher des sacrements.Où est sa foi ?.Sa foi de baptisé, de confirmé, de communiant, sa foi d\u2019enfant de Dieu, de l\u2019Église et d\u2019héritier du ciel ?.Voyons cet autre.Le matin à son lever et le soir au coucher, il ébauche un signe de croix, murmure machinalement quelques paroles de piété, sans respect, sans attention, ni dévotion, sans se mettre à genoux pour s\u2019humilier et se recueillir en la sainte présence de Dieu.Au cours de la jomnée, même légèreté dans les occasions de manifester sa foi.On le voit à l\u2019église aux jours d\u2019obligation, mais comme il y est distrait! Son esprit n\u2019est point là où est son corps et son cœur reste froid en face des sacrés mystères.Son âme ne recueille aucune des grâces qui découlent en abondance du saint autel.Celui qui agit ainsi a-t-il une foi sincère?.Rien d\u2019étonnant si on le voit ployer au moindre souffle du mal.Dans nos familles.\u2014 Combien de foyers, hélas ! ont enlevé au crucifix la place d\u2019honneur, combien ont remplacé les statues et cadres pieux par des images profanes et immorales! Et les petits enfants, dans nombre de familles, n\u2019apprennent plus sur les genoux de leur mère et sous l\u2019œil de leur père à balbutier les saints noms de Jésus et de Marie, à connaître les principales vérités du salut.La prière en commun le matin et le soir, la récitation de l\u2019Angélus sont de moins en moins en usage.Qu\u2019est-ce que cela signifie, sinon que la foi s\u2019en va ?.Dans noire société.\u2014 De quels sujets s\u2019y entretient-on ?Quels epmples s\u2019y donne-t-on ?A quelles œuvres, à quelles propagandes de bien s\u2019y livre-t-on?Ne dirait-on pas parfois que certaines réunions de chrétiens sont toutes à l\u2019effigie des réunions païennes ?.« La foi est morte sans les œuvres », dit l\u2019apôtre saint Jacques.Dans notre pays.\u2014 Sans doute, il est beau de voir tant de belles églises émailler nos cités et nos campagnes, tant de couvents et d\u2019institutions charitables, foyers des plus belles vertus, rayonner au sein de nos populations; mais dans l\u2019ombre, là où Satan travaille avec acharnement à saper les bases 208 Montreal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943 de la religion de Jésus, que de faux préjugés, que de propos mensongers circulent contre ces monuments, ces forteresses de la foi!.Et ce courant infâme va grossissant et s\u2019infiltrant ici et là dans les idées., faisant œuvre de destruction.Et dans les hauts lieux du pays, de ses provinces, de ses municipalités.Dieu règne-t-il en souverain?.Sa loi de justice, de paix et d\u2019amour est-elle observée, sa doctrine comprise et pratiquée?.Dans l\u2019ensemble de sa conduite, notre peuple chrétien se révèle-t-il tel ?.Hélas! devons-nous répéter, chez nous la foi s\u2019en va.Mais devant cette malheureuse évidence, demeurerons-nous insensibles, inactifs?Debout! chrétiens.En avant, sous le saint étendard de notre foi! Ne disons plus: elle s\u2019en va! écrions-nous désormais: elle reviendra !.Et par la grâce de Dieu, par nos efforts persévérants, elle refleurira dans nos familles, dans notre société, dans notre pays! En avant! vous tous, membres de nos sociétés catholiques.Allez sans peur et sans reproche.A côté des chefs de la sainte Église, témoignez de votre foi, faites-la partout s\u2019épanouir.Levez-vous! vous toutes bonnes âmes qui gémissez dans l\u2019obscurité sur la déchéance morale des nôtres.Multipliez vos prières, vos sacrifices, vos bonnes œuvres pour que Dieu nous fasse miséricorde, qu\u2019il nous redonne l\u2019intelligence des vérités éternelles et la force de rester purs de la dépravation qui nous entoure.Tous à l\u2019effort et la victoire est à nous, la victoire est à Dieu! ED \u2022 DE Win bebotr impérieux Il est un devoir impérieux auquel tous les hommes sont liés.Pas de voie droite sans son observation.Pas de bonheur non plus.Pas de paix.Le monde ne paie-t-il pas assez cher l\u2019oubli de ce précepte ?Diminuons au moins sa souffrance, abrégeons-en la durée en redonnant à Dieu le dimanche qui lui appartient.Tout le dimanche.Non seulement l\u2019heure de la messe, mais aussi le repos des autres heures, les joies et les récréations de ce jour exceptionnel.Rien de défendu, rien de malhonnête, rien d\u2019inconvenant, mais une journée pure, joyeuse, familiale, chrétienne.Ainsi nous serons agréables au bon Dieu, ainsi nous apaiserons son courroux, ainsi nous retrouverons la paix et le bonheur.(La Semaine Religieuse de Montréal.) * * Il y a deux cités, celle du bien et celle du mal; deux grands corps d\u2019armée: l\u2019Église catholique et la secte de l\u2019enfer.On reste trop indifférent à ce grand combat, d\u2019où chaque jour des milliers d\u2019âmes sortent sauvées ou damnées.Jésus-Christ est venu sauver, il ne désire que sauver et on lui arrache par milliers des enfants, des âmes faibles, des ignorants qu\u2019on excite contre lui ! L\u2019Église est attaquée de tous côtés; si nous ne prenons aucune part à sa défense, où est notre foi ?Quel droit aurons-nous aux honneurs éternels de son triomphe?P.F.Bouchage, rédemptoriste. iHère iîlarie=î)u=ê>aint=\u20acsprtt APÔTRE DE l\u2019œuvre CHINOISE AU CANADA {Suite) OMME on l\u2019a dit plus haut, l\u2019œuvre chinoise de Montréal eut ses jours d\u2019enthousiasme et ses jours de déclin.C\u2019est malheureusement sous l\u2019effet de ces derniers que les cours du dimanche furent interrompus en 1930.Les causes?.L\u2019une d\u2019elles serait sans doute, comme pour la chute de la petite école, le retour à la patrie d\u2019un grand nombre d\u2019émigrés, et les autres., il serait difficile de les analyser sûrement.Toutefois, l\u2019espérance vit dans le cœur des apôtres de l\u2019œuvre que ces cours, qui ont produit tant de beaux résultats, ressusciteront un jour et qu\u2019un grand nombre de nos « Célestes » exilés trouveront par ce moyen la voie qui conduit à la vraie patrie: le ciel! Quant à l\u2019humble Hôpital et à son dispensaire, ils poursuivent et atteignent leur but; les visites à domicile et dans les différents hôpitaux, où les religieuses sont appelées pour les mourants, produisent leurs fruits consolants: la préparation et l\u2019instruction des catéchumènes et des néophytes ne sont certes pas sans intérêt.Notons qu\u2019actuellement huit de ces braves élèves demeurant à Shawinigan sont l\u2019objet du zèle des Sœurs Missionnaires et d\u2019une Vierge catéchiste.Peu importe que ces dernières aient à se rendre si loin pour y paître les quelques brebis qui aspirent à entrer au bercail divin! Si le salut d\u2019une âme vaut plus qu\u2019un empire, vaut plus que l\u2019univers, ce petit groupe n\u2019est-il pas digne des sollicitudes dont il est l\u2019objet ?Et disons à la louange de l\u2019un d\u2019eux, un chrétien celui-là, converti par les religieuses depuis bien des années, le zèle qu\u2019il déploie pour ses frères païens.C\u2019est lui qui les a décidés à recevoir l\u2019enseignement doctrinal, qui les réunit de temps à autre et qui défraie les dépenses occasionnées par les voyages des Sœurs missionnaires.Ne mériterait-il pas l\u2019éloge de Notre-Seigneur: « Je n\u2019ai point rencontré une si grande foi en Israël ! » La gerbe formée des épis glanés par l\u2019œuvre chinoise de Montréal, depuis son début jusqu\u2019à décembre 1942, se compose de 608 baptêmes.C\u2019est trop peu pour assouvir des âmes d\u2019apôtres, mais c\u2019est amplement suffisant pour faire jaillir le cantique de l\u2019action de grâces en présentant au Très-Haut, par les mains de la divine Glaneuse à qui on en fut redevable, cette précieuse et immortelle cueillette.Mais l\u2019Œuvre ne devait pas concentrer ses bienfaisants rayons sur Montréal; à leur tour, Québec, les Trois-Rivières, Vancouver, devaient bénéficier de sa chaleur et de sa lumière.L\u2019un des premiers soins de la révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit en implantant une branche de son Institut dans la Cité de Champlain en novembre 1919, fut d\u2019y établir l\u2019Œuvre Chinoise telle qu\u2019elle existait dans la Métropole.Elle en reçut la bienveillante autorisation de S.Em.le cardinal Bégin, en même temps que lui étaient confiées l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance et celle des Retraites fermées. mâ A LA PORTE DU COUVENT DES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION, 4, RUE SIMARD, QUÉBEC, M.LE CHANOINE J.-N.GIGNAC PROCÉDANT AUX EXORCISMES, AVANT LE BAPTÊME D\u2019UN CHINOIS, A QUI M.OSCAR HAMEL, NOTAIRE, ET MADAME HAMEL, SON ÉPOUSE, SERVIRENT DE PARRAIN ET MARRAINE, LE 3 JUIN 1924. Montréal LE PRECURSEUR Juillet-AoOt 1943\t211 Bientôt une de ses filles, missionnaire revenue de Chine, commença à visiter les familles chinoises et à les catéchiser en leur langue, mais l\u2019exiguïté du local habité par la petite communauté ne permettait pas encore de réunir les bons Chinois pour les cours réguliers du dimanche, tel que projeté.En avril 1921, les Sœurs Missionnaires firent l\u2019acquisition d\u2019une plus vaste maison, au numéro 4 de la rue Simard, pour l\u2019Œuvre des Retraites; ces dernières avaient lieu généralement du mardi soir au samedi matin; le dimanche, l\u2019on transformait en classe la salle des conférences, et une vingtaine d\u2019adultes chinois suivirent régulièrement ces cours donnés bénévolement par les élèves de philosophie du Séminaire et par ceux de l\u2019École normale Laval, auxquels s\u2019adjoignirent de dévoués laïques qu\u2019attirait cet apostolat.Pendant une couple d\u2019heures, on enseignait le français, l\u2019anglais, la comptabilité et, sur la fin de la classe, la religieuse donnait une leçon de catéchisme à ceux qui désiraient étudier la doctrine catholique; puis M.le chanoine Gignac, qui portait un si vif intérêt à l\u2019Œuvre, terminait l\u2019après-midi par la bénédiction du Saint Sacrement.Outre ces cours du dimanche, les visites à domicile se continuaient et l\u2019on trouve dans les Chroniques de la petite communauté de la rue Simard, des passages comme ceux-ci: « 5 août 1921.Nous visitons les Chinois de Saint-Sauveur, de Saint-Malo et de Jacques-Cartier.Plusieurs paraissent disposés à étudier notre sainte Religion; six d\u2019entre eux ont été baptisés et en sont restés là.» Quatre jours plus tard, on lit: « Visite aux Chinois de la paroisse de la Basilique, de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Roch.Tous ceux que nous voyons à la Y.M.C.A.suivent les cours donnés par les protestants.» La Colonie Chinoise était moins nombreuse à Québec qu\u2019à Montréal, mais on voit qu\u2019il y avait du bien à faire, aussi l\u2019Œuvre produisit de beaux fruits.Le jour de Pâques 1922 fut témoin d\u2019une touchante cérémonie.Deux élèves des cours du dimanche, qui avaient été baptisés naguère à l\u2019église du Saint-Sauveur, l\u2019un depuis huit ans, l\u2019autre depuis 1919, après avoir été de nouveau instruits de leurs devoirs de chrétiens par une Religieuse missionnaire et une Vierge catéchiste, furent admis à la première communion et à la confirmation par S.Exc.Mgr P.-E.Roy, dans l\u2019humble petite chapelle du couvent.Étaient présents à la cérémonie plusieurs membres distingués du clergé et des laïques très honorables: Mgr Rouleau, principal de l\u2019École normale, M.le chanoine Gignac, les RR.PP.L.Hudon et H.Lefebvre, S.J., M.l\u2019abbé E.Côté, le R.P.Évain, O.M.L, M.l\u2019abbé Pagé; parmi les laïques: l\u2019honorable Cyrille Delâge, surintendant du Conseil de l\u2019Instruction publique, l\u2019honorable juge Dorion, M.C.-J.Magnan et M.le notaire Hamel, avec leurs dames.Les parrains des deux élus étaient M.l\u2019avocat Drummond et M.P.Otis, élève de l\u2019École normale, professeur auxiliaire des cours du dimanche.Le 3 juin 1924, en la fête de la Pentecôte, nouvelle cérémonie de baptême, de première communion et de confirmation d\u2019un Chinois à la rue Simard.Les deux premiers sacrements furent administrés par M.le chanoine Gignac; M.le notaire Hamel et son épouse voulurent bien accepter d\u2019être parrain et marraine du nouveau chrétien.Le lendemain, S.Ém.le cardinal wàà ÊM.LE CARDINAL L.-N BÉGIN.AU COUVENT DES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÊE-CONCEPTION 4.RUE SIMARD.QUÉBEC, APRÈS LA CÉRÉMONIE DE CONFIRMATION D'UN CHINOIS.LE 4 JUIN 1924.SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION: SŒUR MARIE-DE-LOYOLA (ORPHISE BOULA Y.DE COATICOOK).SŒUR MARIE-DE-SAINT-GEORGES (CORINNE CREVIER.DE MONTRÉAL).ET SŒUR SAINT-IGNACE (IMELDA ROBITAILLE.DE MONTRÉAL). Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t213 Bégin daignait se rendre au couvent des Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception pour conférer le sacrement de confirmation au nouvel enfant de la sainte Église.Ce furent les deux plus imposantes cérémonies que vit se dérouler dans ses murs la modeste petite chapelle de la rue Simard.Comme nous l\u2019avons dit plus haut, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception se livraient aussi à l\u2019Œuvre des Retraites fermées, à laquelle s\u2019était ajoutée celle des récollections mensuelles pour les anciennes retraitantes.L\u2019exiguïté du local ne permettait plus de réunir sous le même toit l\u2019Œuvre Chinoise et celle des Retraites.Quelques amis dévoués offrirent, à l\u2019automne de 1923, de construire à leurs frais une annexe au petit couvent, laquelle serait spécialement réservée à la Colonie chinoise.La requête en fut présentée à S.Êm.le cardinal Bégin qui répondit en ces termes à M.le chanoine Gignac, directeur de l\u2019Œuvre chinoise: Archevêché de Québec, 17 octobre 1923.Monsieur le Chanoine Jos.-N.Gignac, Séminaire de Québec.Monsieur le Chanoine, J\u2019approuve et je bénis l\u2019œuvre que l\u2019on veut établir à Québec en faveur des quelques Chinois qui y résident.Ils sont ici en très petit nombre; ils vivent au milieu d\u2019une population catholique; ils sont tous les jours les témoins des œuvres admirables d\u2019une religion dont ils doivent reconnaître la supériorité sur les rites qu\u2019ils ont empruntés à leur pays d\u2019origine.Que faudrait-il pour les amener à devenir nos frères dans la foi?Sans doute la prière reste toujours le grand moyen de conversion: la conversion est l\u2019effet de la grâce, or la grâce ne s\u2019obtient que par la prière.Pie X, de pieuse mémoire, écrivait naguère: « Toute l\u2019activité déployée par le missionnaire resterait stérile et vaine «ma fî COUVENT DES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION, NUMÉRO 4, RUE SIMARD, QUÉBEC, QUI DEVINT, EN 1921, LE SIÈGE DE L\u2019ŒUVRE CHINOISE DE QUÉBEC. 1^.r PROFESSEURS ET ÉLÈVES DE LA COLONIE CHINOISE DE QUÉBEC ET SON DÉVOUÉ DIRECTEUR, M.LE CHANOINE GIGNAC SOEURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÊE-CONCEPTION: SŒUR MARIE-DE-LOYOLA (ORPHISE BOULAY, DE COATICOOK) ET SŒUR MARIE-DE-SAINT-GEORGES (CORINNE CREVIER, DE MONTRÉAL); MALE-ANAP, VIERGE CHINOISE. Montréal LE PRÉCURSEUR Juület-AoÛt 1943\t2 15 SI la grâce de Dieu ne venait la féconder; c\u2019est saint Paul qui l\u2019affirme.C\u2019est moi qui ai semé, Apollon a arrosé, mais c\u2019est Dieu qui a fait croître » Mais il est des moyens d\u2019un ordre inférieur qu\u2019il ne faut pas négliger- deux citoyens de Québec, Messieurs J -A.Gaulin et Alex.Bilodeau, vous ont communiqué le projet qu\u2019ils ont de venir au secours des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception pour qu\u2019elles puissent donner chez elles une salle qui sera le foyer de la Colonie Chinoise, là les Chinois de Québec trouveront des amusements honnêtes, de bonnes lectures et l\u2019enseignement du catéchisme; là surtout ils seront l\u2019objet d\u2019une chanté qui leur fera voir l\u2019excellence d\u2019une religion qui l\u2019inspire.Tout cela, avec la grâce de Dieu, pourra déterminer quelques conversions parmi les enfants de la Chine.J\u2019approuve et je bénis de grand cœur une telle œuvre et je lui souhaite plein succès Veuillez me croire.Bien à vous en N S.Ls-Na2;aire Bégin, Card Arch de Quebec Peu après, en janvier 1924, l\u2019on fit paraître dans la Semaine religieuse de Québec le « Pressant appel » qui suit: SIÈGE DE L\u2019ŒUVRE CHINOISE DE QUÉBEC Bureau diocésain de la Sainte-Enfance chez les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 4, rue Simard, Québec Québec, janvier 1924 Nous prions instamment MM les Curés et toutes les personnes qui en auraient l\u2019occasion, de faire connaître aux Chinois résidant dans leur paroisse ou leur entourage l\u2019ouverture des classes chinoises Des leçons de français, d\u2019anglais et d\u2019instruction religieuse sont données chaque dimanche après-midi, de deux heures à quatre heures, chez les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, à Québec, par des professeurs compétents et très zélés, tous les dimanches matin, une messe spéciale a lieu, précédée d\u2019une leçon de catéchisme en langue chinoise.C\u2019est faire acte d\u2019apostolat bien méritoire que d\u2019encourager les Chinois à suivre ces cours, car plus grande que jamais est l\u2019ardeur prosélytique de nos frères séparés parmi les Orientaux.Pour de plus amples renseignements, concernant cette œuvre vraiment apostolique, on est prié de s\u2019adresser aux Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Bureau diocésain de la Sainte-Enfance, 4, rue Simard, Québec.Cependant, après de nouvelles délibérations concernant la petite construction dont on a parlé plus haut, on en vint à la conclusion qu\u2019il serait peut-être plus pratique de transférer le siège de l\u2019Œuvre au centre de la ville, où elle serait plus à la portée de nos bons Chinois.{A suivre) rü ?L\u2019amour vit de ce qu\u2019il donne.Mgr Gay.* * ?Les afflictions terrestres sont les racines des joies célestes.Père Faber. \\iur (Pubronsi les! peux \u2014 Peut-être que tu vois les choses sous un mauvais jour ?\u2014 Non, mon cher, malheureusement non! Je suis en parfaite condition pour constater ce qui se passe dans certains milieux.Et en pareil cas, quand on a les yeux ouverts, quand on n\u2019a pas soi-même l\u2019esprit et le cœur corrompus, on ne peut nier l\u2019évidence.Oui, je te le répète, il se fait au pays une propagande néfaste contre notre religion et l\u2019avenir de notre peuple.Si nos catholiques ne sont pas prévenus, s\u2019ils ne veulent point ouvrir les yeux, s\u2019ils ne veillent pas sur eux et sur leurs enfants \u2014 ces chers petits dont le diable et ses suppôts ne peuvent souffrir l\u2019innocence et la droiture \u2014 s\u2019ils ne s\u2019attachent plus fortement que jamais à la sainte Église et à l\u2019observance de sa loi, je te le répète.Ami, on verra chez nous, avant longtemps, les désordres et les malheurs dont ont été abreuvées d\u2019autres nations.\u2014 Diverses sociétés catholiques font pourtant de la bonne besogne ?\u2014 Sans doute, mais il faudrait que leurs buts soient encore mieux compris, leur action plus étendue et plus efficace; il faudrait en outre que chaque catholique sache avec conviction que l\u2019heure est au danger, et par conséquent à la vigilance, à la prière, au sacrifice.\u2014 Et c\u2019est qu\u2019en général on est imprudent de plus en plus, qu\u2019on prie de moins en moins, qu\u2019on n\u2019a de zèle que pour son confort, ses intérêts.\u2014 Tout juste, mon cher.On n\u2019a point peur d\u2019entretenir d\u2019amicales relations avec les gens pervers, les partisans de l\u2019erreur; on ne craint point la lecture des livres obscènes ou de fausses doctrines qu\u2019on nous met à dessein sous les yeux ou dans les mains, poisons de première force qui, inévitablement, causent leurs pernicieux effets; on absorbe de même ces autres poisons que sont certaines feuilles volantes distribuées gratuitement aux portes par des facteurs infâmes.Et puis, mon Dieu, alors qu\u2019on aurait tant besoin d\u2019unir la prière à la vigilance, pour éviter les nombreux pièges tendus à notre imprévoyance et à notre faiblesse, voilà qu\u2019on prie moins que jamais.C\u2019est un fait.Quant à la mortification si nécessaire pour se conserver dans la vertu, on la fuit.Comme tu le dis, beaucoup semblent n\u2019avoir de zèle que pour leur confort, leurs intérêts.\u2014 Une chose étrange, c\u2019est qu\u2019avec la ration actuelle, laquelle sans doute va devenir de plus en plus serrée, si la guerre se prolonge, chacun est bien obligé d\u2019endurer un peu la privation.\u2014 Ah ! le bon Dieu n\u2019est pas à court de moyens pour châtier le monde et par là le ramener à de meilleurs sentiments.Si vous ne faites pénitence, a-t-il déclaré, vous périrez tous.Notre siècle a fait fi de cette parole, il n\u2019a pas voulu de la pénitence volontaire et voici que, par un labyrinthe de circonstances, par une nécessité vraiment ironique, il s\u2019est plongé lui-même dans la pénitence. Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943\t217 \u2014 En effet, ce ne sont pas les richesses naturelles qui font défaut, la terre n\u2019est pas moins productive.Ce n\u2019est pas Dieu qui manque aux hommes.\u2014 Non, assurément, mais les hommes manquent à Dieu, et s\u2019ils continuent à s\u2019obstiner dans leur mauvaise conduite, je me demande à quoi vont aboutir les troubles actuels, car évidemment cette guerre est un châtiment du ciel sur le monde coupable.\u2014 C\u2019est inquiétant pour nos enfants et petits-enfants.Nous, nous sommes sur le déclin de notre vie et, sans doute, nous n\u2019aurons pas pour bien des années à subir les assujettissements causés par ce conflit mondial.\u2014 Mais ces dernières années, je voudrais que nous les employions à la propagande du bien et de la vérité, en opposition à celle du mal et de l\u2019erreur, je voudrais que nous travaillions à ouvrir les yeux de ceux de nos compatriotes qui ne réalisent point de quelle façon ils sont menacés dans leur foi et leurs droits.\u2014 Que pouvons-nous ?\u2014 Faire notre part, engager les autres à faire la leur.\u2014 Quelle part ?\u2014 J\u2019ai une idée que je te communiquerai prochainement.Je suis à la mûrir un peu tous les jours aux pieds de la bonne Vierge, à qui je dois de multiples faveurs.Elle a été la gardienne de ma jeunesse et l\u2019étoile de ma vie.Voici mon tramway! A bientôt! \u2014 Au revoir! UN MOT DE SAINT PAUL La volonté de Dieu est que vous soyez saints; que vous vous absteniez de la fornication; que chacun de vous sache posséder le vase de son corps dans la sainteté et l\u2019honnêteté, et non en suivant les convoitises de la passion, comme les païens, qui ne connaissent pas Dieu; et que personne à cet égard ne trompe son frère, et ne lui fasse tort, parce que le Seigneur tire vengeance de toutes ces choses, comme nous l\u2019avons déjà dit et attesté.Car Dieu ne nous a pas appelés à l\u2019impureté, mais à la sanctification en Jésus-Christ Notre-Seigneur.Dieu peut toujours tirer de nous quelque chose de nouveau, et la carrière du sacrifice n\u2019a point de bornes.Mgr Gay.PRIONS POUR NOS SOLDATS Sainte Marie, Mère de mon Dieu et ma mère, souvenez-vous de vos enfants dans les services militaires.Par votre tutélaire protection mettez-les à l\u2019abri de tous les périls qui pourraient les atteindre dans leur âme et dans leur corps, dans leur esprit et dans leur cœur.Que votre Cœur Immaculé leur inspire un profond amour et une fidélité inviolable pour votre divin Fils, le Christ Jésus, Notre-Seigneur.Ainsi soit-il.Permis d\u2019impnmer: t Thomas M O'Leary.Év de Sprtngftetd. Avec les anges, les élus Et tous les justes de la terre, Je veux vous rendre, ô divin Père, Les hommages qui vous sont dus.Je veux chanter votre puissance.Votre beauté, votre grandeur.Le tendre amour de votre cœur Et votre douce providence.Sur une harpe aux mille sons.Je veux jouer toutes les cordes.Pour louer vos miséricordes Et l\u2019excellence de vos dons.A vous bénir, ô Dieu, j\u2019appelle Toutes les voix de l\u2019univers: L\u2019azur et ses astres divers, La terre, si riche et si belle.Prêtez l\u2019oreille à ma requête.Accourez tous à cette fête.Qu\u2019en ce moment mon cœur apprête.Jouets du Créateur; Vous êtes tous son bel ouvrage.Venez, prêtez votre langage.Pour l\u2019adorer, lui rendre hommage En un immense chœur.une m â Soleil et lune, astres splendides, Etoiles d\u2019or, joyaux candides.Qui remplissez nos yeux avides.Adorez le Seigneur; Ombres et jeux, douce lumière.Épaisse nuit, aube légère.Charmants nuages, nue entière.Publiez sa grandeur.Superbes monts, riches vallées.Fleuves et mers, sources perlées.Forêts aux splendeurs recélées.Adorez le Seigneur, Vents embaumés, vertes parures.Multiples fleurs, joyeux murmures.Fraîche rosée aux gouttes pures.Publiez sa grandeur.Pluie et chaleur, sève féconde.Graines et fruits, récolte blonde.Neige et frimas, glace sur Fonde, Adorez le Seigneur; Êtres vivants, bêtes sans nombre.Qui vous jouez surtout dans l\u2019ombre.Dans l\u2019eau profonde ou le bois sombre.Publiez sa grandeur.Mais vous surtout, troupes chantantes, Gentils oiseaux, bêtes charmantes, Harmonisez vos voix touchantes.Bénissez le Seigneur; Formons ensemble un choeur immense.Louons, chantons la bienfaisance Et l\u2019ineffable providence Du divin Créateur.Toi, ma harpe, vibre joyeuse.Mêle ta voix harmonieuse A nos concerts; douce et pieuse Élève-toi vers le Seigneur.Et vous, grand Dieu, sur ma bassesse.Mon impuissance, ma faiblesse.Jetez vos yeux pleins de tendresse.De votre amour, comblez mon cœur.Le Précurseur./ l'S- infants be Bieu II est beaucoup d\u2019âmes qui considèrent Dieu comme un Roi puissant et bon, mais distant de nous, ou comme un Juge sévère dont la présence est à redouter; trop peu, hélas! le regardent tel qu\u2019il est essentiellement, c\u2019est-à-dire comme un Père infiniment aimant et miséricordieux, qui veille sans cesse sur nous et demeure toujours attentif à nos besoins.Peu d\u2019âmes, par conséquent, éprouvent envers leur Créateur les véritables sentiments de l\u2019enfant et lui témoignent l\u2019amour confiant et reconnaissant, l\u2019humilité, la simplicité, l\u2019obéissance, l\u2019abandon qui plaisent tant au cœur paternel.Jésus, en venant ici-bas, nous a donné le parfait exemple de la piété filiale envers le céleste Père.Son esprit s\u2019élevait sans cesse vers lui; sa nourriture était, disait-il, de faire sa volonté.Il avait son nom si fréquemment sur les lèvres et il en parlait en termes si admirables, qu\u2019un jour l\u2019apôtre Philippe s\u2019écria, au ndm des douze, n\u2019avoir plus qu\u2019un désir: voir le Père! Et quand ces derniers, entourant leur bon Maître, le pressèrent de leur apprendre à prier, il leur enseigna la filiale oraison du Notre Père.Oui, dans les deux, nous avons un Père.tout puissant, tout aimant, tout bon et miséricordieux.C\u2019est lui qui nous a créés, il nous connaît de toute éternité, nous regarde sans cesse, nous aime infiniment, veut notre bonheur près de lui dans son royaume et le promet à notre fidélité.Amis chrétiens, que ces vérités sont consolantes! et qu\u2019elles sont propres à nous soutenir dans les nombreuses luttes de la vie! Méditons-les donc souvent dans le silence et le recueillement, afin que les dissipations du monde ne nous les fassent point perdre de vue et que nous y conformions notre conduite.Notre attitude filiale envers Dieu nous conduira infailliblement à l\u2019humilité du cœur, sans laquelle nous ne pouvons plaire à sa Majesté et en obtenir des faveurs; car Dieu résiste aux superbes, mais il donne sa grâce aux humbles.Tous les saints ont pratiqué Venfance spirituelle et se sont reposés dans le sein de Dieu avec abandon et confiance, comme l\u2019enfant dans les bras de son père; mais aucun, semble-t-il, ne l\u2019a illustrée comme sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Uenfance spirituelle, préconisée dans l\u2019Évangile et les Saints Livres, fut l\u2019idéal de sa perfection et le secret de sa course rapide dans le chemin de la sainteté.Comme le bon petit enfant, elle at- Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943\t221 tendit tout du Père céleste, s\u2019appliqua constamment à lui faire plaisir, par la constante fidélité à ses devoirs d\u2019état et aux inspirations de la grâce, ne reculant à cet effet devant aucun sacrifice, aucune immolation d\u2019elle-même.Si nous voulons nous aussi devenir saints et parvenir au royaume des cieux par une voie courte, assurée et bordée de mérites, n\u2019en cherchons point d\u2019autres que celle de {\u2019enfance spirituelle, qui est aussi la voie royale de la Croix, la voie de Jésus par Marie.Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n\u2019entrerez pas dans le royaume des cieux, a dit Notre-Seigneur.La parole est formelle.A nous de l\u2019écouter, de la comprendre, de l\u2019exécuter.A nous aussi de la rayonner, non seulement autour de nous, mais jusque dans les contrées infidèles, où tant de multitudes vivent dans l\u2019ignorance de leur Créateur et Père, car tout chrétien ne doit pas l\u2019être pour lui seul, mais pour beaucoup d\u2019autres.Comment exercerons-nous ce rayonnement ?Par la prière et spécialement par celle du Notre Père, demandant à Dieu, avec ferveur, que son nom soit sanctifié, que son règne arrive, que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel.Par le sacrifice, lequel est très agréable au Seigneur et donne une grande efficacité à la prière.Par l\u2019aumône, en contribuant selon notre pouvoir, par des secours pécuniaires, aux œuvres d\u2019apostolat, au soutien des pauvres missionnaires qui, ayant sacrifié parents, amis, patrie, étendent au loin le règne de Dieu au prix de mille difficultés et privations.Enfants de Dieu, soyons-le donc dans toute l\u2019acception du mot.pours^e bu ê)amt=\u20acnfant-JéôusJ pour l\u2019entretien d\u2019une missionnaire Une bourse est une somme d\u2019argent dont l\u2019intérêt crée une rente perpétuelle pour le soutien d\u2019une missionnaire.La religieuse, dont le soutien est assuré par la fondation d\u2019une bourse, devient pour la vie la missionnaire du donateur ou de la donatrice et tient sa place auprès des pauvres infidèles.Les fondateurs des bourses paiticipent à tous les avantages spirituels de la communauté.La somme de $1,000.00, donnée en un ou plusieurs versements par une ou plusieurs personnes, forme une bourse complète.Offrandes reçues pour la « Bourse du Saint-Enfant-Jésus )) Novembre-décembre 1941\t$ 1 00 Janvier-février 1943\t$105.43 Année 1942\t460.65 Mars-avril\t39.04 Mai-juin\t$247.90 Adresse: Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Samte-Cathenne, Côte-des-Neiges, Montréal.Toute offrande pour cette Bourse sera reçue avec la plus vive reconnaissance.\u2022 ?= Pour plaire au monde, il faut se montrer.Pour plaire à Dieu, il faut se taire et se cacher.Marie du Saint-Sacrement. (Quelques roses! effeuillées par la patronne besî iîlisisiîûnnaircô ! Je viens m\u2019acquitter d\u2019une dette de reconnaissance envers la petite sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui m\u2019a guérie d\u2019un commencement de cancer.Depuis dix-huit mois, les symptômes qui m\u2019inquiétaient ont disparu et je suis en parfaite santé.Mme J.-H.Chouinard, Salem, Mass.\u2014 Ma vive reconnaissance à sainte Thérèse de Lisieux pour des faveurs que j\u2019ai reçues par son entremise.G.Gascon, Montréal.\u2014Je désire témoigner ma reconnaissance envers la chère Patronne des Missionnaires pour une grâce attribuée à son intercession.Mme P.-A.Provencher, Central-Falls, R.-I.\u2014 Honoraires d\u2019une messe basse en l\u2019honneur de sainte Thérèse, en action de grâces pour bienfait reçu par l\u2019intermédiaire de la chère Sainte.Une amie de sainte Thérèse.\u2014 Vive gratitude pour faveur obtenue.Je demande à la chère « Semeuse de Roses » la guérison d\u2019une personne chère.Anonyme, Montréal.\u2014 Je remercie de tout cœur la petite « Fleur du Carmel » pour une faveur qu\u2019elle m\u2019a obtenue.Mme P.B., Varennes.\u2014 Reconnaissance à notre chère protectrice, sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Mme L.Mouillard, Montréal.\u2014 Remerciements à sainte Thérèse de Lisieux pour faveur obtenue par son entremise.Mme O.Lalonde, Calumet, comté d\u2019Argenteuil.\u2014 Je m\u2019acquitte d\u2019une promesse, en reconnaissance à la chère « Semeuse de Roses ».Mme O.Turenne, St-Sulpîce.\u2014La grâce que je sollicitais m\u2019a été en partie accordée; j\u2019en remercie sainte Thérèse et espère que tout continuera pour le mieux.Mme M., Montréal.\u2014 Grand merci à la bonne petite sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour une faveur reçue par son intercession.Mme A.M., Chambly-Canton.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour protection dans une circonstance spéciale.Mme O.T., Richelieu.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse pour les grâces qu\u2019elle m\u2019a déjà obtenues.Je sollicite sa continuelle protection.Mme Ed.Charest, Victoriaville.\u2014 Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus m\u2019a obtenu une faveur dernièrement: je l\u2019en remercie de tout mon cœur.Mme G.D., Montréal.CE QUI IMPORTE ^ Qu\u2019importe le succès, l\u2019honneur, la gloire, qu\u2019importe la douleur, la souffrance?Qu\u2019importent toutes ces joies et toutes ces misères qui passent, devant les divines compensations d\u2019en haut! Qu\u2019importe cette petite chétive vie d\u2019un jour devant l\u2019autre! « L\u2019autre vie, l\u2019autre vie, s\u2019écriait un vieux soldat, qu\u2019est-ce que c\u2019est que l\u2019autre vie ?en vérité, il n\u2019y a que celle-là!.» Bienheureux les pauvres, bienheureux les doux et les faibles., bienheureux, vous qui souffrez, vous qui avez bu jusqu\u2019à la lie le calice des amertumes., vous tous les accusés, les calomniés, les méprisés, les abandonnés d\u2019ici-bas.Réjouissez-vous, cette vie passe et l\u2019autre arrive!.O vous tous, fils de la grande et douloureuse famille humaine, ré jouissez-vous: l\u2019heure arrive, l\u2019heure de la vérité, l\u2019heure de la justice, l\u2019heure de l\u2019amour et du bonheur.P.Van Tricht, S.J.A QUOI BON PARAITRE Que signifie le murmure d\u2019admiration qui s\u2019élève, à un titre quelconque, sur notre passage?.Celui qui règne dans les deux juge-t-il la fourmi humaine comme le monde la juge?.Bienheureux ceux dont la vie fut simple et les responsabilités limitées! Certains soirs, les nuages sont de l\u2019or, de la pourpre, de la gloire.Pourquoi sont-ils ainsi de l\u2019or, de la pourpre et de la gloire ?Parce que le soleil est derrière.Eux, tout seuls, ils ne sont que de la vapeur d\u2019^eau.Pour toute créature, c\u2019est pareil.Comme l\u2019homme fait chanter un air au bois creux des guitares.Dieu fait chanter un peu de son rêve., au vide de nos cœurs.Avoir conscience de ce vide., remercier Dieu de nous faire vibrer à l\u2019unisson de son rêve., le remercier de nous permettre de faire vibrer les autres, voilà le début de toute humilité.Pierre l\u2019Ermite. ./'I y.\\ ,^i /Sj ./it'' ^J'l\t^ i-y 'N.IK 'X 'iK.lix i!iiv Eeponbe?.Elle était apparue sur la terre par un beau jour du mois de mai, alors que les fleurs commençaient à émailler la prairie, et on l\u2019avait appelée Marie-Marguerite.Elle était bien jeune encore, mais déjà son petit cœur recélait, entre autres, deux grands amours: la Reine du ciel et les fleurs.Chaque jour, durant la belle saison, ses pieds menus allaient fouler le bosquet, où, gracieuse et mignonne comme un angelot, elle cueillait, avec une joie toujours nouvelle, diverses fleurettes pour réjouir ses yeux, charmer son cœur et en former un bouquet pour la Vierge du salon bleu, devant laquelle sa maman lui avait appris à réciter le Je vous salue, Marie.Choyée de tous, elle était heureuse et ne savait point qu\u2019ici-bas il y a des malheureux: mais un jour on lui apprit que dans les pays lointains il y avait beaucoup de petits enfants maltraités, qui ne connaissaient pas le bon Dieu et la sainte Vierge, qui n\u2019étaient pas baptisés et mouraient en grand nombre de misère et de faim.A ce navrant récit, le tendre petit cœur de Marie-Marguerite s\u2019émut profondément et, dès lors, il recéla, entre autres, trois grands amours: la Reine du ciel, les fleurs et les enfants malheureux.Marie-Marguerite grandit et ses trois amours crûrent avec elle.Fréquemment, on la voyait immobile devant la Vierge du salon bleu, la figure tour à tour épanouie ou légèrement ombrée, s\u2019entretenant avec la Souveraine des anges, comme une enfant avec sa mère.Que lui disait-elle?.Sans doute, elle lui répétait son amour et sa confiance, lui racontait ses espérances et ses inquiétudes, ses bonheurs et ses peines, sollicitait ses grâces et peut-être aussi lui parlait de son avenir.Que lui répondait l\u2019auguste Reine?.Sûrement de confidentielles choses, car tout au fond de sa prunelle d\u2019azur, l\u2019aimable adolescente déjà semblait posséder un mystérieux secret.Ainsi qu\u2019au temps de sa petite enfance, elle chérissait les fleurs, elle aimait à les cultiver et avait appris à les imiter.Bientôt ses doigts agiles avaient confectionné plusieurs jolis bouquets de roses, de lis, de muguets, de marguerites, dont elle se plaisait à orner la statue de sa chère Madone du salon bleu, quand la terre dénuée de ses productions estivales n\u2019offrait que feuilles mortes ou tapis de neige.Comme un superbe bouton de fleur, son cœur naturellement sensible et généreux s\u2019ouvrait chaque jour davantage à la compassion, à la tendresse envers les malheureux, particulièrement envers les pauvres petites victimes du paganisme, à qui déjà elle venait en aide par de ferventes prières, de Gracieuse, elle cueillait. 224 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1948 généreux sacrifices et de légères aumônes, prélevées sur ses friandises ou ses amusements.Souvent, les yeux perdus dans le firmament qu\u2019elle aimait à contempler, son imagination la transportait en leurs lointains pays, où elle les voyait gisant sur les bords des fossés, dans les champs, exposés aux injures de l\u2019air, aux brûlures du soleil, ou mourant sous les dents des bêtes.Leurs cris, leurs pleurs et leurs petits bras tendus semblaient lui dire: « Petite sœur, venez nous secourir, venez nous sauver, nous ouvrir le ciel!.» Et Marie-Marguerite, les yeux perdus dans le firmament qu\u2019elle aimait à contempler, songeait.* * * On la voyait immobile devant la Vierge du salon bleu.Par un beau jour du mois de mai, alors que les fleurs commençaient à émail-1er la prairie, Marie-Marguerite accomplit sa dix-septième année.Ce matin-là, pour fêter dignement l\u2019heureux anniversaire, qui marquait d\u2019une nouvelle étape l\u2019épanouissement de sa jeunesse, elle assista au saint Sacrifice et communia avec une ferveur plus grande qu\u2019à l\u2019ordinaire.Au terme de son action de grâces, on la vit s\u2019agenouiller au pied de l\u2019autel de la Vierge Marie, son immaculée Patronne.Elle y demeura longtemps, dans l\u2019attitude d\u2019un profond recueillement intérieur.Quand elle se releva, des larmes douces comme des gouttes de rosée perlaient à ses yeux limpides, et une céleste émotion irradiait son frais visage: c\u2019est qu\u2019elle venait de consommer un pur et grand sacrifice, le sacrifice de sa vie entière à Jésus, à sa gloire, à ses œuvres, par les mains de Marie.Elle venait de renoncer au monde qui s\u2019ouvrait devant elle plein de charmes et d\u2019attraits, pour se dévouer au salut des âmes païennes dans un Institut missionnaire.Elle venait de choisir pour son unique époux, Jésus, avec son amour, mais aussi avec sa croix et sa couronne d\u2019épines, avec sa grande famille de malheureux.Et des larmes se pressaient à ses paupières, parce que pour réaliser son sublime dessein, il lui fallait bientôt dire adieu à ses parents aimés, aux lieux chéris de son enfance et cette douloureuse perspective lui brisait le cœur.* * ?Dix années se sont écoulées depuis le jour mémorable où Marie-Marguerite se consacra irrévocablement à Dieu.Généreuse, aimante et fidèle, elle a réalisé ses projets apostoliques.Elle a revêtu l\u2019habit de la religieuse et porte sur la poitrine l\u2019image du divin Crucifié; à sa^main brille l\u2019anneau de n Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 2 5 n la fidélité à son Époux incomparable, et elle a échangé son nom en celui de Sœur Marguerite-Marie.Elle a traversé les mers et travaille avec ardeur à la grande moisson païenne.La besogne parfois est rude, les sacrifices sont multiples, mais la joie est grande et les mérites abondants.Elle est heureuse!.Sa dévotion envers la très Sainte Vierge va toujours grandissant.Ses sœurs en religion en sont édifiées, et les chères orphelines dont elle s\u2019occupe regardent comme une récompense de l\u2019entendre parler de la Reine des cieux.Elle en dit tant de merveilles que, chaque fois, leurs petits cœurs s\u2019enflamment d\u2019amour pour cette divine Mère.Comme aux jours de son enfance, elle cultive les fleurs et elle en orne les autels et les oratoires.Elle en façonne aussi de très jolies et enseigne cet art à ses protégées.Nombreuses sont les âmes d\u2019enfants qu\u2019elle a régénérées depuis son arrivée sur la terre étrangère; enfants dont jadis les voix lamentables semblaient lui crier par delà l\u2019océan: « Petite sœur, venez nous secourir, venez nous sauver, nous ouvrir le ciel!.» Ah! qu\u2019elle les aime ces chers petits! Avec quel bonheur elle leur ouvre le paradis, avec quelle tendresse elle se penche sur leurs nécessités, avec quelle sollicitude, quel dévouement elle leur apprend, avec les sciences hu- JÉSUS, AVEC SON AMOUR, MAIS AUSSI AVEC SA CROIX ET SA COURONNE d\u2019épines.Les chères orphelines dont elle s'occupe.maines, l\u2019ineffable science de Dieu! Chacune de leurs âmes lui semble un parterre où elle se plaît et s\u2019étudie à cultiver de son mieux les fleurs célestes des vertus.Sœur Marguerite-Marie est heureuse, oui, très heureuse!.Cependant, une ombre voile parfois son front serein; et quand, aux pieds de la Vierge Marie, elle égrène des avé, une prière jaillit fréquemment de ses lèvres.« O ma chère Mère, répète-t-elle, je vous en prie, envoyez-nous de l\u2019aide 226 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943 pour conquérir à votre divin Fils toute cette terre idolâtre! Suscitez de saints missionnaires en nos pays chrétiens! Là-bas, chez nous, que de jeunes garçons, que de jeunes filles pourraient.s\u2019ils voulaient.se sacrifier., accomplir ici tant de besogne, recueillir tant de mérites, alors que leurs belles années s\u2019écoulent en futilités!.O mon aimable Patronne, je vous en supplie, allez frapper à la porte de leur cœur, montrez-leur la beauté du sacrifice et la douceur qu\u2019il renferme, apprenez-leur à être généreux; enfin, décidez-les à répondre sincèrement à l\u2019appel du Maître de la moisson païenne: « Mon Dieu, me voici! » Et Sœur Marguerite-Marie sent qu\u2019un nouvel amour s\u2019est levé dans son cœur: l\u2019amour des vocations missionnaires.Comme des fleurs de choix, dans son intime jardin, elle veut les multiplier par la prière et le sacrifice, et pour les voir s\u2019épanouir nombreuses dans l\u2019immense champ du paganisme qui l\u2019entoure, elle ne refuse à Dieu aucune immolation.Aura-t-elle cette consolation avant que se lève pour elle l\u2019aurore de l\u2019étemel printemps qui, pour la divine Reine, émaillé sans fin les célestes parvis de fleurs immortelles?.Jeunes gens qu\u2019une grâce secrète sollicite à l\u2019apostolat lointain, répondez.JD ?DJ L\u2019amour des âmes est une part de la mission des apôtres.P.Faber.* * * L'œuvre de sauver des âmes est une œuvre de travail et de sacrifices.Sainte Euphrasie Pelletier.* * * Si l\u2019on savait le besoin de prédicateurs qu\u2019on éprouve dans les pays lointains, les misères de ces pauvres abandonnés, le bien qu\u2019on peut leur frire, les consolations qui s\u2019y mêlent au sacrifice, le plaisir immense que Dieu en ressent, les mérites sans nombre qu\u2019on entasse, la belle mort qu\u2019on y gagne, enfin toutes les raisons qu\u2019on a de passer les mers pour étendre la foi, il nous semblerait plus pénible d\u2019avoir à rester que d\u2019avoir à partir.P.F.Bouchage, rédemptoriste.Rien ne donne la force de supporter les souffrances comme la pensée du profit qu\u2019on en retirera un jour.L\u2019espérance des joies éternelles doit donc nous encourager à endurer patiemment toutes les amertumes de la vie présente.Car elles sont justement la semence qui ne manque jamais de produire pour la vie éternelle les fruits les plus magnifiques.R.P.Burger, S.J. Ht bienjjeureux ®f)éopl)ane ^^énarb par M.le chanoine F.Trochu (Suite) E fallait-il donc pas chanter la louange du Sauveur sur la mer comme sur la terre ?Si toute la terre est à lui, comme dit un des chants de Noël, la mer ne l\u2019est-elle pas aussi ?Nous descendons après cela et nous récitons en commun tout l\u2019office de la nuit.Enfin, nous retournons continuer notre repos interrompu.L\u2019équipage ne travailla point le grand jour de Noël, et j\u2019ai remarqué un des officiers et plusieurs matelots lisant dévotement dans des livres de prières.Le navire, maintenant relancé, filait à toutes voiles vers.l\u2019Océanie.Théophane et ses compagnons s\u2019offriront leurs vœux de nouvel an à mi-chemin entre les pointes méridionales de l\u2019Afrique et de l\u2019Australie, dans le détroit qui sépare les deux îles perdues de Saint-Paul et de la Nouvelle-Amsterdam, amas inhabités de roches volcaniques, devenus depuis possessions françaises.Théophane se laisse conter par les matelots que Saint-Paul contient des sources d\u2019eau chaude et que ses baies sont poissonneuses; si bien que sur cet îlot on pourrait faire commodément sa cuisine: il n\u2019y a qu\u2019à prendre des poissons et à les mettre à bouillir.Pendant les huit à neuf premiers jours de janvier, le Philotaxe vogua à ravir: 800 lieues d\u2019une traite! Huit jours encore, se disaient nos voyageurs, et ce sera Singapour! « Nous nous trompions, écrit Théophane déçu; le désir d\u2019arriver nous donnait confiance dans les vents, comme si déjà nous étions sans expérience.Oui, l\u2019homme propose, et Dieu dispose.» On avait compté sur la mousson du nord-ouest; elle fit défaut: rien que des vents variables, et la plupart du temps, des calmes où, « le navire allant son petit chemin de tortue », les jeunes missionnaires s\u2019exercèrent à la patience.Rafraîchis jusque-là par les brises, ils apprirent encore, sous l\u2019implacable soleil, ce qu\u2019est la chaleur des tropiques.Une expérience nouvelle leur venait.« J\u2019ai éprouvé, marque Théophane, qu\u2019il est facile d\u2019être paresseux et lâche en ces climats; j\u2019ai compris qu\u2019en de tels parages les gens ne peuvent pas avoir le caractère et les mœurs des Européens, eussent-ils d\u2019ailleurs comme ceux-ci tous les bienfaits de la civilisation chrétienne.» * ?^ Cependant, à force d\u2019aller, on aperçut un beau matin, venant du nord-est, des oiseaux à longue queue et à long bec, d\u2019une espèce inconnue.Enfin, le jeudi 20 janvier, sur le soir, un matelot, étant monté carguer une voile, fit signe qu\u2019il apercevait la terre.Ce n\u2019était pas l\u2019Asie encore, mais l\u2019île d\u2019Engano, à l\u2019extrémité du détroit de la Sonde.Une brise se leva, qui poussa doucement le navire.Deux jours plus tard, la grande île de Sumatra allongeait ses rivages à perte de vue, puis Java apparaissait à son tour.Les voyageurs admirèrent 228 Montrfal LE PRÉCURSEUR JuUlet-AoÛt 1943 la houle immense des forêts sur les pentes des montagnes.Quel bonheur pour leurs yeux de se reposer sur la verdure des arbres! Mais surtout pour leurs cœurs de missionnaires quelle émotion! Nous savons par Théophane où allait leur pensée; « Tout ce qui nous entoure, écrivait-il, est pays infidèle.royaume de Satan.» Le soir du 23 janvier, le Philotaxe pénétrait dans la mer de Java.La nuit venue, il s\u2019arrêta à la pointe nord de l\u2019île, pour y attendre, selon la coutume, la visite de quelques habitants en quête d\u2019échanges.Ils vinrent en effet, sur des barques, à la faveur d\u2019un splendide clair de lune.Ces hommes au teint cuivré, au nez aplati, aux longs cheveux roulés sous un turban, montèrent sur le voilier en s\u2019accrochant à des cordages.Ils offraient des ignames, des noix de coco, des tortues, des perroquets, des singes.Jugez quelle joie, note Théophane pour sa famille, de voir ces hommes d\u2019une race et d\u2019une physionomie différentes, qui sont mes frères en Jésus-Christ!.Leur taille est très petite, et moi-même que vous connaissez bien, je suis un bel homme auprès d\u2019eux.Je montrai un crucifix sur pied à l\u2019un de ces pauvres Malais; il le considéra avec de grands yeux, peut-être parce qu\u2019il était de cuivre.Je baisai le Christ et je le lui fis baiser, ce qui lui fit faire un geste d\u2019étonnement.Je le lui donnai, et il parut content.La cupidité des Malais est très grande.Dieu daigne les éclairer et les attirer à lui! Ils sont bien malheureux, bien à plaindre.Enfin, après huit jours de tâtonnements à travers le détroit de Banca, le navire cinglait vers les côtes d\u2019Asie.Il entrait dans la mer de Chine.Les missionnaires s\u2019en aperçurent aux précautions insolites prises par l\u2019équipage.Les matelots avaient nettoyé leurs fusils, et les quatre canons étaient prêts à l\u2019attaque.C\u2019est assez dire quelle réputation on faisait trop justement au pays d\u2019adoption de notre Théophane! Cependant, il n\u2019avait de désirs et de regards que pour ces cieux et ces rivages où l\u2019avait précédé son cœur.Une jonque chinoise ayant croisé le Philotaxe, la coque bariolée, les voiles rougeâtres en paille tressée, montées sur des perches de bambou, amusèrent un instant les jeunes missionnaires.Théophane fit cependant observer à ses confrères qu\u2019après tout le petit navire n\u2019était point si mal construit, puisqu\u2019il avançait et que sa voile prenait bien le vent, toute drôle qu\u2019elle parût.« Bientôt, conclut-il sentencieusement, nous verrons de près ces messieurs les Chinois, et nous les observerons à loisir.» Et voici comment ce cœur magnanime achève son journal de bord: Dans la mer de Chine, encore les vents contraires.Les jours semblent bien longs, car le port est tout proche: nous faisons donc métier de patience.Ce n\u2019est que le 12 février au matin que nous pûmes entrer dans le détroit de Singapour.Nous avons en ce moment la mousson favorable.Encore quelques heures et nous toucherons la terre.Comme le cœur palpite! Nous regardons avec les longues-vues pour apercevoir Singapour du plus loin possible.Peu à peu il se découvre, les mâts des navires en rade apparaissent: puis le clocher d\u2019une église catholique, au milieu des maisons et des arbres, se montre dominant cette terre païenne.Salut au Seigneur dont nous voyons l\u2019étendard béni! Salut à l\u2019Église, la reine du monde! Salut au port où la Providence nous a heureusement amenés! Le capitaine du Philotaxe, en disant adieu à Théophane, pleura. Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 29 La petite troupe apostolique avait quitté la France depuis cent quarante-quatre jours.Pour s\u2019engager dans une traversée aussi longue et aussi périlleuse, il fallait déjà un rare courage.Il faudrait de l\u2019héroïsme pour aborder, joyeux, en pleine persécution, une terre païenne où l\u2019on pénétrerait \u2014 comment ?Dieu seul le savait \u2014 déjà condamné à mort.Théophane Vénard a fait cela.A LA Procure de Hongkong (février 1853 \u2014 mai 1854) Théophane Vénard ne devait rester que deux semaines à Singapour.Reçu à la résidence des Missionnaires, grande maison blanche au bord de la mer bleue, il consacra ces quinze jours au repos dont il avait tant besoin après quatre mois et demi passés sur mer sans aucune escale.Là, pour la dernière fois, dit-il, il mange du pain et il boit du vin d\u2019Europe.Pour la dernière fois aussi peut-être il dort en sécurité.A Singapour, il apprit sans trop s\u2019étonner l\u2019établissement du second Empire.« Dieu donne la paix à la France et au monde! » telle est son unique réflexion à ce sujet.Mais ce qui lui fut une déception cruelle, ce fut de ne pas trouver, en arrivant à la maison des Pères, des lettres de sa famille.« J\u2019ai dû faire un sacrifice », avoue-t-il.Et c\u2019est tout.« L\u2019apostolat, comme on l\u2019a écrit, n\u2019est qu\u2019un long renoncement.» Aussi Théophane, refoulant son chagrin, veut-il que là-bas, au foyer de famille, on fasse de même.« Ne soyez pas tristes, mes bien-aimés, écrira-t-il de Singapour même.Réjouissons-nous en l\u2019espérance d\u2019être réunis plus tard au ciel.» Cependant le court repos du jeune missionnaire chez ses frères d\u2019apostolat était loin d\u2019être de l\u2019inaction: rarement tempérament fut plus éloigné que le sien de la nonchalance et du farniente.Et d\u2019abord, comme il l\u2019assure lui-même, il n\u2019avait pas les yeux dans sa poche.Il suivait ainsi au pied de la lettre le conseil que M.Charrier laissait d\u2019ordinaire aux partants de la rue du Bac: « Peu parler, et beaucoup examiner.» Tout ce qu\u2019il découvre appartient à une civilisation nouvelle; ou plutôt là toutes les civilisations se heurtent ou se mêlent; mais, dans ce mélange des races les plus diverses, Théophane observe particulièrement la fourmilière des Chinois.Les Chinois l\u2019intéressent plus que tous les autres; il avoue avoir un faible pour eux et les aimer déjà comme des frères: n\u2019est-ce pas vers eux \u2014 puisque le Tonkin ne semble plus être, de par l\u2019obéissance, sa terre d\u2019élection \u2014 n\u2019est-ce pas vers ces brebis perdues qu\u2019il est envoyé ?Il ne leur trouve pas vilaine tournure avec leur tresse de cheveux tantôt pendante, tantôt roulée autour de la tête.Il devine que ces Jaunes du Céleste Empire sont le plus rusé et le plus cupide de tous les peuples: à Singapour, le commerce se trouve presque tout entier entre leurs mains.Aux regards pénétrants de Théophane, là-bas les gens venus d\u2019Europe pour exploiter le pays font piètre figure.« Ils gâtent l\u2019œuvre de Dieu, dit-il.Ils sont d\u2019assez pauvres chrétiens dans les colonies.Ils se sont placés au-dessus des Asiatiques, comme des hommes d\u2019une nature supérieure; mais au lieu d\u2019élever ces pauvres peuples païens à la hauteur de la civilisation chrétienne, ils les ont méprisés; ce qui a mis antipathie entre eux et l\u2019Europe, ce qui a empêché et empêche encore leur conversion.» (A suivît) clé* DE MOS CHINE Extraits d'une lettre des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de Canton à leur Supérieure Générale Canton, février 1943.Bien-aimée Mère, Nous désirions vivement vous raconter les bontés de la divine Providence envers votre grande famille de Canton, durant l\u2019année de guerre qui vient de se terminer; mais comment vous faire parvenir nos lignes ?.Nous nous le demandions, quand l\u2019occasion nous en fut heureusement offerte.Aussi est-ce avec un grand bonheur que nous venons vous énumérer les miracles de protection opérés en notre faveur en ces temps périlleux.Cette année ne s\u2019est pas passée sans inquiétude.Plus d\u2019un nuage sombre est venu obscurcir notre horizon et tourner le glaive qui est toujours là dans notre coeur, à la pensée que, d\u2019un jour à l\u2019autre, nous pouvons nous trouver dans l\u2019impossibilité de pourvoir à la subsistance de nos deux cent trente orphelines; cependant, jusqu\u2019à présent, le bon Dieu n\u2019a pas été sourd un instant aux cris de ses enfants; répondant à leurs prières, il a multiplié pour elles les sacs de riz.Les événements du 8 décembre 1941 nous ont foudroyées.Alors, nous avions peu de ressources et étions dans une ignorance complète sur les mesures qu\u2019on prendrait à notre égard.Les enfants étaient bien tristes et nos Avé assiégeaient le ciel; car on nous avait annoncé que certains missionnaires étaient amenés prisonniers à Shameen, etc.Cependant, grâce à Dieu, une visite de la part des gendarmes fut tout ce que nous avons eu.Nos Sœurs de Notre-Dame-de-la-Providence furent autrement effrayées.Les soldats de leur voisinage voulurent les conduire à Shameen.Le Père chinois enleva le Saint Sacrement de leur chapelle et pressa les Sœurs de partir pour Canton; mais les larmes et les lamentations de tout le petit monde de la Crèche firent sans doute impression sur les soldats, car le lendemain, un capitaine vint dire à Sœur Saint-Viateur ^ que les Sœurs pouvaient demeurer à leur poste.Que de fois depuis, des visites nocturnes et bien d\u2019autres désagréments sont venus jeter nos Sœurs dans des transes faciles à concevoir.Elles demandent alors à ces messieurs de se rendre à notre maison centrale de Canton, où une Religieuse peut leur expliquer dans leur langue notre but et nos idées pacifiques.1 Aurore Lapointe, de Montréal Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t231 Après une attente de deux mois, des laissez-passer furent donnés par les Japonais aux Sœurs qui, pour les œuvres, sont obligées de voyager dans la ville.Bien chère Mère, vous vous posez sans doute cette question: comment vivez-vous ?Voilà ce que nous voudrions pouvoir vous dire en termes qui expriment tout à la fois notre profonde reconnaissance et notre confiance inébranlable.La bonne Providence est venue à notre secours, dès le début de la guerre, par cette œuvre splendide qu\u2019est la Croix-Rouge.Le bien que cette organisation a fait dans notre ville est immense.Les États-Unis avaient envoyé des tonnes de blé et de riz; une large part a été faite à nos orphelines et nous avons pu ainsi traverser les premiers mois.Le coton SŒUR SAINT-EXPÉDIT (MARIE-ANNE ROMPRÉ, DE SAINTE-THÈCLEj.MISSIONNAIRE DE LTMMACULÉE-CONCEPTION DE CANTON, CONDUI SANT LES ORPHELINES À LA CHAPELLE des sacs, teint en rouge, s\u2019est transformé en jolies robes pour nos protégées; les yeux de nos petites pétillent encore plus brillants dans cette couleur si aimée des Chinois.Lorsqu\u2019elles arrivent à la chapelle, on croirait voir les feux de la Pentecôte.Après la prise de Hong Kong, les Chinois réfugiés dans cette ville sont revenus par milliers à Canton, ce qui a fait augmenter le nombre de nos élèves de l\u2019École du Saint-Esprit; nous en comptons actuellement quatre cent trente et de nouvelles recrues nous arrivent tous les jours.Nous pouvons enseigner la religion, et le catéchisme est en honneur dans toutes les classes.Nos élèves se croient invincibles avec une médaille miraculeuse suspendue à leur cou.Les leçons privées d\u2019anglais, de musique battent leur train et c\u2019est un des moyens qui nous aident à compléter les quatre mille yen mensuels nécessaires pour simplement nourrir notre famille.Dès le commencement de la guerre, nos grandes et moyennes orphelines ont quitté généreusement leurs études pour le travail rémunérateur.Des Japonaises en grand nombre sont accourues vers notre petit atelier, dirigé par Sœur Saint-Barthélemy *, pour s\u2019y pourvoir d\u2019articles confectionnés 1.Maria Lambert, de Saint-Barthélemy, P.Q. Juillet-Août 1943 Lfs plus grandes orphelines de Canton, sous la direction DE Sœur Saint-Barthélemt (Maria Lambert, de Saint-Barthélemy), pétrissent la farine de blé de la Croix-Rouge pour en faire des nouilles chinoises 232 Montréal\tLE PRÉCURSEUR par nos laborieuses ouvrières.Les tricots de laine sous toutes les formes et couleurs sont particulièrement en vogue.Nos chères orphelines se montrent très généreuses; elles ne profèrent jamais de plaintes et cependant elles ne mangent que deux fois par jour.Leur repas du soir consiste dans une soupe épaisse ou des patates sucrées.Nos Vierges catéchistes nous aident beaucoup; elles comprennent notre dévouement et nous secondent en tout.Une fortune aussi a été tirée des réserves venues du Canada.Nous avons vendu beaucoup de robes, couvertures, gilets de laine envoyés par les Dames des Cercles de couture, sachant bien qu\u2019elles ne nous en voudraient pas d\u2019avoir changé ce linge en riz, en face de la faim.Un autre secours pécuniaire nous vient de l\u2019École de Shameen.Elle a pu être réouverte au mois de janvier sous la protection très sympathique du Consul de France, qui a mis à notre disposition la belle maison des Marins; mais nos élèves ont diminué de moitié avec le départ des Anglais.Au mois de juin, nous n\u2019avions plus de ressources pour acheter le riz pour juillet et août, époque des vacances.Une jolie poupée fut raflée à l\u2019école; une quête fut organisée par les élèves du cours anglais; et la belle somme de mille cinq cents yen fut versée dans la caisse.Depuis le mois de septembre, le Gouvernement chinois nous donne cinq cents yen par mois, mais qu\u2019il nous en a fallu des démarches pour obtenir cette aide! Maintenant, glanons un peu dans notre journal d\u2019autres faits que nous considérons quasi miraculeux.Notre bon Père saint Joseph, durant son beau mois de mars, nous avait favorisées de plusieurs aumônes remarquables.La mi-mai était passée et rien d\u2019extraordinaire n\u2019avait encore signalé ce mois si cher aux enfants de Marie.LES NOUILLES SONT PRÊTES POUR LA CUISSON ET\trhanilP 9nir à la OTnttP CONSTITUERONT LE REPAS DES DEUX CENT\tV-HaqUC SOIE 3 13 grOttO TRENTE ORPHELINES DE CANTON.\tdu jardin, cantiques et Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 33 prières s\u2019élevaient fervents vers la Reine du ciel.Une Sœur fit remarquer à la douce Vierge que son digne Époux avait été bien généreux durant son mois; qu\u2019elle ne devait pas se laisser surpasser.Cette tendre Mère ne se le fit pas dire deux fois: enchérissant de générosité, elle a doublé, en peu de temps, les aumônes de mars.Le 12 août, des voleurs ont pénétré dans notre maison par le troisième étage qui est la chapelle.Le morceau volé le plus précieux était la nappe de communion.N\u2019ayant pas d\u2019autre toile pour la remplacer, nous étions SŒUR MARIE-IMMACULÊE (ALICE VANCHESTEIN, DE SAINT-MICIIEL-DE-NAPIERVILLE), SŒUR MARIE-CÉLINA (GRACIA BLANCHET.DE DRUMMOND-VILLE).SŒUR SAINT-BARTHÉLEMY (MARIA LAMBERT, DE SAINT-BARTHÉLEMY), MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION DE CANTON, ET LES VIERGES CATÉCHISTES, LEURS AUXILIAIRES DÉVOUÉES.fort en peine, aussi Sœur Assistante promit-elle une messe aux âmes du purgatoire si nous retrouvions la nappe.Trouver une aiguille dans un voyage de foin eût été chose plus facile que de retrouver une nappe dans la ville de Canton! Trois jours après le vol.Sœur Saint-Pierre-Apôtre ^ et Sœur Joseph-de-la-Sainte-Famille ^ revenaient d\u2019une quête chez une dame japonaise, quand elles aperçurent tout à coup, ô surprise! notre nappe de communion sous le bras d\u2019un Chinois.Il n\u2019y avait pas à s\u2019y méprendre, la dentelle aux fuseaux retombant sur l\u2019habit noir du porteur se faisait parfaitement reconnaître.Quel prix vendez-vous cette étoffe ?lui dirent-elles.Tout content de cette question, l\u2019individu marchande pour la vendre quinze yen.Il conduit les Sœurs à sa boutique, où son épouse avait l\u2019autre 1.\tLéocadie Landry, de Saint-Jean-l\u2019Êvangéliste, P.Q.2.\tJeannette Délisle, de Worcester, Mass. 234 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943 moitié de la nappe.Alors la police fut appelée et notre bien dut nous être remis.La messe fut dite le lendemain et nous aimons à compter au nombre des miracles de l\u2019année la recouvrance de notre nappe de communion.Au cours du mois de septembre, une riche dame chinoise, mère de trois de nos élèves, était atteinte d\u2019une maladie devant laquelle les médecins demeuraient impuissants.Les enfants avaient parlé à leur maman de la Vierge de Lourdes de l\u2019École et avaient invité leur maîtresse de catéchisme à visiter la malade.L\u2019eau de la Grotte fut donnée à cette dernière et, après quelques jours, elle se trouva parfaitement guérie.En reconnaissance, elle fit une généreuse aumône à l\u2019orphelinat et fit écrire l\u2019insigne faveur en or sur une plaque de marbre placée dans la grotte.Tous les jours, les enfants.UNE SCÈNE DE TOUS LES JOURS À CANTON Sœur Joseph-de-la-Sainte-Famille (Jeannette Délisle, de Worcester, Mass.) verse l\u2019eau du baptême sur le front d\u2019un enfant abandonné sur le chemin.en arrivant à l\u2019école, vont réciter un Ave Maria aux pieds de la blanche Madone.Nous avons espoir que toute la famille se convertira un jour.Quoique le soin de nous procurer le riz quotidien occupe toutes nos minutes, nous n\u2019avons pas cessé d\u2019éclairer les âmes des pauvres païens qui nous entourent.Les baptêmes de bébés ont atteint le beau chiffre de 5,583.Nous avons obtenu la permission d\u2019aller ondoyer les enfants mourants à la Crèche du Gouvernement.Sœur Saint-Jean-Baptiste S en allant et en revenant de l\u2019École de Shameen, et d\u2019autres Sœurs dans les courses à travers la ville, ont eu le bonheur d\u2019ondoyer un grand nombre d\u2019adultes, tous de pauvres misérables se mourant de faim dans la rue.Actuellement, parler de la situation de Canton, c\u2019est parler de misère, de famine, de mort; effets bien lamentables de la guerre.Nous avons eu dix-neuf baptêmes solennels dans notre chapelle.En la fête de l\u2019Assomption, la plus remarquable convertie fut une élève de musique de Sœur Marie-de-la-Recouvrance ^ Une grande ferveur précéda et suivit cette conversion.A Noël, le baptême de Mlle Som, professeur, et nièce d\u2019Héléna, directrice chinoise de notre école, clôtura la liste des conquêtes de l\u2019année.Cette 1.\tIrène Pelland, de West-Glover, Vt.2.\tFiorina Gaudet, de Saint-Gabriel-de-Brandon, P.Q. Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943\t2 35 IW jeune fille craignait beaucoup de voir ses parents s\u2019opposer à son entrée dans l\u2019Église catholique, mais ils lui accordèrent volontiers leur permission et, de plus, la félicitèrent de sa décision.Plus de cent élèves voulurent assister à la cérémonie.Maintenant, cette néophyte rayonne parmi les autres maîtresses, et nous voyons poindre le jour où l\u2019une d\u2019entre elles suivra ses traces et se rendra à la grâce qui la sollicite très visiblement.A Notre-Dame-de-la-Consolation, Asile des Aliénés de Fong Tsun, Sœur Marie-Célina ^ a préparé vingt adultes au Baptême.Noël fut pour eux le jour tant désiré.Une conversion remarquable fut celle d\u2019un infirmier avec ses deux femmes; sa première fut baptisée avec lui, et la seconde a bien voulu elle aussi être baptisée.Cette dernière a généreusement fait la part de la première épouse.Le personnel de l\u2019Asile est maintenant tout catholique, ainsi que plusieurs patients.Une grande maison, transformée en chapelle surmontée d\u2019une jolie petite cloche qui sonne les cérémonies, rend cette enceinte tout à fait pieuse.Des séances récréatives et religieuses à la fois viennent, à chaque fête, briser la monotonie de l\u2019existence pour les infirmiers de cette nombreuse famille d\u2019enfants aux esprits faibles.En décembre 1941, l\u2019Asile comptait 180 patients et avec les changements de 75 nouveaux entrés, 18 morts et 88 sortis, presque tous beaucoup mieux, pour ne pas dire complètement guéris, le nombre est actuellement de 149.Nos Sœurs de ce poste ont eu particulièrement à souffrir des ennuis des voleurs, au point d\u2019être obligées d\u2019avoir cinq gardiens de nuit sur leur terrain pour conserver leur récolte de légumes et de fruits.A leur tour, les indésirables fourmis noires, les fourmis blanches, dévastatrices de renom, et les rats plus que jamais affamés, se sont acharnés à dévorer leurs petites réserves.Il fallut leur faire une chasse perpétuelle.Le 8 décembre, malgré l\u2019anniversaire de la guerre et notre surcroît de travail.Sœur Marie-Célina ^ et les professeurs voulurent que les élèves fêtassent notre chère Sœur Marie-Immaculée l La saynète; Une miraculée de Lourdes, fut rendue, avec grâce et simplicité, par nos élèves païennes.Le succès de cette fête inspira l\u2019idée de renouveler les scènes principales dans une séance payante au profit de l\u2019orphelinat.La vente des billets dépassa notre attente, et les 25, 26 et 27 décembre il y eut répétition.Chaque sujet laissa une leçon profonde de morale et de religion dans le cœur des assistants.A Noël, nous avons dû faire le sacrifice de la messe de minuit à cause des circonstances.La fête fut intime et toute au cachet de la pauvreté et du dénuement de la crèche.Plusieurs fois depuis la guerre, nous avions essayé d\u2019avoir des nouvelles ,de nos chères Sœurs de Hong Kong que nous savions internées à Stanley.En septembre, une réponse nous apprenait qu\u2019elles étaient bien et qu\u2019elles nous demandaient si nous pouvions les recevoir ici.Le 18 décembre, cinq d\u2019entre elles nous arrivaient: Sœur Marie-du-Saint-Sacrement Sœur Saint- 1.Gracia Bi.anlhet, de Druminondville, B Q 2 Alice Vanchestein, de Saint-Michel de Napierville, B Q 3.Anna Bourbeau.de Saint-Hyacinthe, P Q 236 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943 Stanislas-Kotska S Sœur Marie-des-Victoires ^ Sœur Saint-Jean-de-l\u2019Eu-charistie \u2019 et Sœur Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus ¦*.Les quatre autres (Sœur Marie-de-Saint-Georges ^ Sœur Saint-Antoine-de-Padoue \\ Sœur Saint-Étienne \u2019 et Sœur Saint-Philippe *) sont restées dans le camp, où elles ont beaucoup à se dévouer.Nos chères Sœurs ont souffert de la faim durant les six premiers mois mais, depuis, la Croix-Rouge de Genève a envoyé des secours.Elles ont fait de la bonne besogne au milieu de la population internée, s\u2019employant à faire connaître et aimer notre sainte doctrine, enseignant le catéchisme aux enfants catholiques, bien ignorants de leur religion.Elles ont eu le bonheur d\u2019en préparer vingt à leur première communion.Plusieurs adultes leur doivent aussi d\u2019être redevenus enfants de l\u2019Église qu\u2019ils avaient abandonnée depuis plusieurs années.Néanmoins, un contact si immédiat et journalier avec tant de monde fut très pénible à nos pauvres Sœurs.Pouvoir maintenant vivre leur vie de communauté les rend heureuses.Le grand esprit de famille qui règne dans notre maison et entre le personnel chinois, leur fait oublier les incidents fâcheux de leur captivité, et compense un peu pour la peine qu\u2019elles ont éprouvée de voir leur couvent et leur école de Hong Kong entièrement pillés par les voleurs.Mgr C.-M.O\u2019Gara, Canadien, Vicaire Apostolique de Yuanling en Chine, se trouvait à Hong Kong à la déclaration de la guerre.Interné au camp Stanley, il fut l\u2019âme de cette famille de six cents catholiques.Au mois de juillet, il fut libre de retourner dans sa Mission.Les Pères de Maryknoll reçurent aussi leur liberté, mais deux d\u2019entre eux demandèrent à demeurer dans le camp pour se dévouer dans ce vaste champ d\u2019âmes à qui le malheur a ouvert les yeux.Ce qui nous fait, chère Mère; chanter sans cesse Magnificat, c\u2019est le contraste qui existe entre nos protégées et les pauvres de la ville.Les Asiles ont tous été fermés et leurs habitants, que la Mission Catholique a longtemps nourris, ont été envoyés par le Gouvernement dans les campagnes, où ils meurent de faim.Beaucoup de pauvres, à notre porte et dans les rues, nous tendent la main; mais comment soulager tant de miséreux dont, avec vingt sous, on ne ferait que prolonger l\u2019agonie de quelques heures ?.Notre cœur se serre bien des fois et nous demandons au bon Dieu d\u2019avoir pitié de ces malheureux.Le riz est maintenant rationné à huit onces seulement par jour pour chaque personne.Et le prix! Cinquante yen les cent livres! Est-il étonnant qu\u2019il y en ait tant qui meurent de faim ?Nous savons que dans plusieurs campagnes la moitié de la population est disparue par la misère.Huile, sel et sucre sont aussi rationnés.Et vous comprenez que, pour notre part, beurre, pommes de terre, lait, café, etc., sont loin de notre table.Sœur Saint-Joseph-du-Sacré-Cœur ® nous fait du pain avec de la farine de la Croix-Rouge, mais nous mangeons surtout du riz.1.Germaine Gonthier, de Montréal 2\tJoséphine Bolduc, de Samt-Victor-de-Tnng, P Q 3\tJeanne Moquin, d\u2019Eatsman, P Q 4.Yvonne Gérin, de Coaticook, P.Q 5 Corinne Crevier, de Montréal 6.Yvonne Forest, de l\u2019Êpiphame, P Q 7\tAurore Plouffe, de Montréal.8\tAnnette Beaudoin, de Champlain, P Q 9.Marie-Louise Chevrette, de Samt-Majorique-de-Grantham, P Q Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 37 M Nos Sœurs de Shek Lung ont eu une protection spéciale, parce que travaillant sous le drapeau français.Grâce à la Croix-Rouge et à un mince subside du gouvernement, le personnel de la léproserie, réduit à quatre cents malades, a pu subsister jusqu\u2019à date, quoique bien misérablement, avec une ration de six onces de riz par jour et un septième d\u2019once de sel; mais à un tel régime, sans doute plusieurs de ces pauvres déshérités ne tarderont pas à aller voir le bon Dieu.Nos chères Sœurs sont admirables de courage et d\u2019attachement à leurs pauvres enfants si malheureux.Au milieu de tant de souffrances, pour nous, chère Mère, notre joie est dans notre reconnaissance; nous croyons fermement que le passé nous est garant de l\u2019avenir.A la tête de notre grande famille, notre chère Sœur Marie-Immaculée ^ est d\u2019un calme et d\u2019une confiance admirables et avec elle nous nous sentons fortes des biens de la bonne Providence.Vous ne savez pas, bien-aimée Mère, combien nous avons hâte d avoir de vos nouvelles! Il y a si longtemps que nous n\u2019en avons eu! Nous demandons à toutes nos chères Mères et Sœurs de la Maison Mère de nous aider à remercier le bon Dieu et à le supplier de nous continuer son assistance, afin de pouvoir nourrir notre grande famille jusqu\u2019aux beaux jours tant désirés de la paix.Vos AIMANTES ENFANTS DE CANTON.* * * VANCOUVER Journal des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de rHôpital Oriental Saint-Joseph Samedi 6 février 1943 Non loin de notre Hôpital, demeure une famille chinoise vraiment digne de pitié.La mère est morte il y a deux ans, laissant sept orphelins dont un bébé de quelques jours qui a été confié à une tante.Le père, quoique païen, est bon et semble aimer beaucoup ses enfants, mais il n\u2019a guère de santé et la misère se fait parfois rudement sentir à son foyer.Il y a quelque temps, le pauvre homme, se trouvant malade, envoyait un de ses petits nous demander du secours.Aussitôt, deux Sœurs se rendent chez lui et constatent avec tristesse que le feu manque dans la maison, bien qu\u2019on soit aux plus froides journées, et que les bambins sont pâles et frissonnants autour d\u2019une table dégarnie.Le père, les larmes aux yeux, raconte sa détresse.Sœur Supérieure, avertie, fait vite préparer une boîte de victuailles, un sac de charbon et une certaine quantité de bois qu\u2019elle envoie porter par un employé de l\u2019Hôpital.Les enfants, qui guettent à la fenêtre le secours promis, battent des mains et s\u2019exclament de joie en apercevant le messager.En petits affamés, ils se jettent sur les vivres.« Faites-vous d\u2019abord un bon feu », dit notre 1.Alice Vanchestein, de Saint-Michel de Napierville, P.Q. 238 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943 employé, très ému.Mais une fillette de répondre; « Ohl j\u2019aime mieux manger, moi, j\u2019ai trop faim! » Inutile de dire que nous continuons de nous intéresser à ces malheureux.Lina, l\u2019aînée de la famille, vient nous rendre de légers services et se montre tout heureuse de nous prouver ainsi sa reconnaissance.L\u2019autre jour, elle disait à l\u2019une de nous: « Oh! combien je trouve de bonheur dans votre maison; les Sœurs sont si bonnes pour moi.J\u2019ai appris à connaître la sainte Vierge, la petite Thérèse et je désire tant aussi connaître et aimer le bon Dieu.» Cette jeune fille de quinze ans travaille maintenant chez un marchand.Nous en sommes un peu peinées, mais nous avons confiance que notre Mère du ciel la protégera.Elle viendra prendre des leçons de catéchisme ici, chaque dimanche.Les autres enfants fréquenteront désormais l\u2019école ou le Jardin de l\u2019Enfance de la Mission Catholique.Lundi 8 février Pour propager la divine semence dans les âmes de nos chers malades, nous venons d\u2019essayer un petit stratagème.Comme les nouveaux venus sont plutôt défiants et pleins de respect humain, nous avons installé dans chaque salle un appui-livres contenant une quinzaine de volumes très attrayants, dans lesquels ils puiseront, sans s\u2019en douter, des maximes de foi et de vérité.Puisse ce nouveau filet prendre beaucoup de poissons et les amenet à Notre-Seigneur.Jeudi 11 février Nous rendons aujourd\u2019hui visite aux Japonais internés au camp de Hastings Park.Plusieurs de ces malades touchent à leur fin et pourtant leurs âmes sont encore plongées dans les ténèbres du paganisme; leurs lèvres défaillantes ne savent pas dire à leur Père du ciel : « Mon Dieu, je vous aime pardonnez-moi mes offenses ! » Des images de Notre-Dame des Malades sont distribuées à chacun, avec quelques mots d\u2019encouragement.Une pauvre mourante attire particulièrement notre attention.Elle boit avec avidité les paroles de consolation qui ui sont adressées et ses yeux expressifs semblent vouloir nous retenir près d\u2019elle.Comme il nous est impossible de parler de baptême dans ce milieu, nous revenons l\u2019âme triste.Quelle souffrance pour un cœur de missionnaire de voir la moisson mûre et de ne pouvoir la recueillir ! Samedi 20 février Il y a quelque temps, l\u2019Hôpital protestant de Duncan nous avait annoncé l\u2019envoi de deux malades chinois.Malheureusement, l\u2019un est décédé avant son départ; l\u2019autre à son arrivée était mourant; cependant, il était encore temps de lui faire connaître le bon Dieu, ce que la Vierge catéchiste s\u2019est empressée de faire.« Que c\u2019est beau ce que tu me dis là, s\u2019exclamait Chung Sun Yow; répète-le encore, tes paroles font du bien à mon cœur.» Le moribond ayant eu une faiblesse au cours de la nuit.Sœur Marie-Florida 1 eut l\u2019inestimable bonheur de verser sur son front l\u2019eau sainte du 1.Clara Leblanc, de Glen-Robertson, Ont Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 39 baptême.Moins d\u2019une heure après, l\u2019heureux prédestiné s\u2019en allait jouir de la claire vision de ce Dieu que de simples leçons de catéchisme lui avaient fait entrevoir si beau et si grand ! Lundi 22 février Lee Yee Sing nous arrive mourant; aussi, après une sommaire instruction religieuse, reçoit-il son passeport pour le ciel.Mais si la mort est là, toute proche, le malade ne le soupçonne guère: il n\u2019a qu\u2019une pensée, qu\u2019un désir, retourner à son foyer pour gagner de l\u2019argent, beaucoup d\u2019argent.Craignant de le peiner, son cousin décide enfin de le ramener chez lui.Avant le départ, nous glissons une médaille miraculeuse sur la poitrine du malade et lui recommandons de la porter toujours avec confiance, l\u2019assurant que la Sainte Vierge le protégerait.« Oui, ajoute un de nos vieillards, et surtout prends bien garde de la perdre, car cette médaille est un objet extraordinaire qui éloigne le mal et chasse le diable.» En entendant ces paroles, le cousin demande aussitôt avec anxiété: « Cette médaille est merveilleuse, puis-je en avoir une aussi ?\u2014 Certainement », reprend la Vierge catéchiste, heureuse de dire un mot du bon Dieu et de notre tendre Mère du ciel.Une fois en possession de son précieux talisman, notre Chinois rayonne de contentement et le place à sa chaîne de montre; puis, nous glissant une aumône, il ajoute: « Je sais que les catholiques sont bons et charitables et qu\u2019ils enseignent à le devenir.J\u2019espère qu\u2019un jour, moi'aussi, je deviendrai un membre de cette religion.» GROUPE DE VIEILLARDS INCURABLES DE L\u2019HOPITAL ORIENTAL DE VANCOUVER PRENANT LEUR REPAS, UN JOUR PE FÊTE. 240 Montréal Vendredi 5 mars LE PRÉCURSEUR Juillet-AoQt 1943 M.Yip, qui a déjà fait deux stages à notre Refuge, nous revenait mercredi, dans un pitoyable état.Le Dr Yip, son parent, nous dit confidem-ment: « Cette fois, je vous le ramène pour mourir, car voyez sa tête qui se tient constamment baissée, c\u2019est un mauvais signe pour un Oriental.» Mauvais signe?peut-être, mais pour nous, ce qui était plus inquiétant, c\u2019était que le malade refusait d\u2019entendre parler de religion.Sans se décourager, la Vierge catéchiste revint à la rescousse, causant du ciel si beau et de la nécessité d\u2019une purification pour pouvoir y entrer.« Écoute, disait le mourant, fouillant dans sa vieille mémoire, j\u2019ai déjà été baptisé dans une église protestante; j\u2019avais dix-huit ans alors, mais je n\u2019ai jamais pratiqué.Maintenant, je suis vieux et si je me fais catholique, je ne pourrai plus jouer à l\u2019argent., c\u2019est impossible, impossible! » A notre grande joie, notre vieux Yip est, ce matin, tout changé.Il appelle la Vierge chinoise et lui avoue qu\u2019ayant bien réfléchi et pesé toutes choses, il consent au baptême.Ne croyant pas tout d\u2019abord à ce merveilleux changement.Sœur Thérèse apporte un crucifix et invite le malade à le baiser.Aussitôt, avec empressement, celui-ci colle amoureusement ses lèvres à la croix rédemptrice, puis la presse sur sa poitrine.Plus de doute, la grâce toute-puissante du bon Dieu est descendue sur cette âme et l\u2019a transformée.« Quand serai-je baptisé ?demande le mourant.Sera-ce demain ?\u2014 Pas demain, interrompt son voisin, un païen très bien disposé en faveur de notre sainte religion; pas demain, mais ce soir.» Et il ajoute tout bas à l\u2019oreille de l\u2019Infirmière: Demain, il sera peut-être trop tard.» Notre cher grand-père se prépare donc tout heureux au grand événement.Au cours de l\u2019après-midi, une Sœur, s\u2019apercevant qu\u2019il tient encore sur lui le lourd crucifix, lui dit qu\u2019il peut bien le déposer sur la table, pour ne pas se fatiguer.« Me fatiguer, reprend-il vivement, mais ce n\u2019est rien, il faut bien que je fasse quelque chose pour aller au ciel.» Notre malade suit ce soir avec recueillement et attention toutes les cérémonies qui se déroulent sous ses yeux; pour lui, tout est mystérieux: la petite table blanche, les cierges allumés, les prières, etc.Enfin, le moment solennel est arrivé.« Veux-tu être baptisé ?demande le prêtre.\u2014 Oui, je le veux! - Joseph-François, je te baptise.», dit le ministre du sacrement, en faisant couler l\u2019eau purificatrice sur le front du nouvel enfant de la sainte Église.Celui-ci pousse alors un long soupir de soulagement et devient tout transfiguré: l\u2019énorme fardeau de ses fautes et de ses inquiétudes, qui pesait sur son âme, vient de lui être enlevé.Après la cérémonie, le baptisé presse la main du prêtre et des gardes-malades présentes et les remercie avec effusion.« Que je suis content! dans quelques minutes, je vais m\u2019en aller au ciel », dit-il; puis, se tournant vers ses compagnons, il donne à l\u2019un son tabac, à l\u2019autre ses cigarettes.Sur quoi, l\u2019Infirmière lui fait observer que peut-être devra-t-il attendre un peu plus de quelques minutes pour passer au ciel et goûter l\u2019étemel bonheur.« C\u2019est bon, c\u2019est bon, mais je ne fume plus, je suis catholique! » La conversion de ce vieux païtn récalcitrant nous est une nouvelle preuve que les trésors de la miséricorde divine sont toujours prêts à se déverser sur les âmes. !.^e-\u2019ci de^là OUTREMONT Montréal, 12 mars 1943.Bien chère Marguerite, Je sors de retraite et je suis littéralement enthousiasmée, j\u2019ose même dire: emballée.C\u2019est pour cela que je t\u2019écris.Je te veux la première à partager ce trop-plein de bonheur qui déborde! Écoute que je te conte cela.J\u2019étais partie à contre-cœur, jeudi dernier, pour une retraite fermée.En premier lieu, je comptais n\u2019en avoir nullement besoin; secondement, je renonçais à un congé que je devais passer dans le Nord avec des amies; de plus, j\u2019avais cette perspective de trois longues journées de solitude faisant contraste à ma vie mouvementée, ce qui m\u2019angoissait beaucoup.Que veux-tu, j\u2019avais donné ma parole à une amie qui désirait une compagne, et tu me connais, quand je donne ma parole, c\u2019est pour de bon! Enfin, une chose, que je ne crains plus de te dévoiler maintenant, me rendait ce séjour absolument désagréable; c\u2019est que je passais, depuis quelques mois, par certaines tentations des plus prenantes; plus que cela, j\u2019y cédais fréquemment., en un mot, je dégringolais et je dégringolais vite.Tu demeures à la campagne, toi, par conséquent, tu ne connais peut-être pas autant que nous, dans quel engrenage se trouvent parfois les pauvres jeimes filles de la grande Babylone montréalaise.J\u2019allais donc à cette retraite comme à une corvée.Le tramway qui m\u2019y conduisait, à huit heures du soir, était bondé de gens qui se rendaient aux théâtres ou à des clubs de nuit, et j\u2019eus ime envie folle de rebrousser chemin et d\u2019aller, moi aussi, à mes plaisirs habituels; mais regardant par la fenêtre, j\u2019aperçus, tout à coup, au haut d\u2019une colline toute blanche de neige, les scintillements d\u2019une couronne auréolant une Madone plus blanche encore que la neige.J\u2019étais arrivée, allais-je retourner en arrière?.Non, d\u2019ailleurs cette vision de blancheur et de pureté chassa toute autre pensée et, lestement, je gravis la montée qui me conduisait au couvent.De blancs flocons, sous la poussée d\u2019un vent tempétueux, tourbillonnaient autour de la Vierge illuminée; je la saluai au passage et sous ses traits de pierre, je distinguai un doux sourire qui me fit du bien au cœur.J\u2019eus en partage une chambre toute blanche, un lit tout blanc et, ap-pendu au mur, un Christ tout blanc.De clairs et grands corridors étaient aussi tout blancs, quelques photos missionnaires, représentant de douces figures penchées sur quelques misères de la Chine, les ornaient sobrement; une Vierge au regard céleste, entourée de verdure et de fleurs, placée tout au bout du corridor, nous tendait ses deux bras de Mère; tout était calme, reposant, pur. 242 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943 Oh! cette paix, cette tranquillité, cette blancheur, comme elles faisaient contraste avec les agitations et les laideurs que je venais de quitter.Quelle impression!.J\u2019avais beau n\u2019être pas en air de faire une retraite, je subis cette ambiance de douceur, de pureté, de piété et., bon gré mal gré, dès le deuxième jour, j\u2019y étais et pour de bon! Les différentes instructions du Père prédicateur, d\u2019ailleurs très intéressant, me remirent en mémoire les grandes vérités de la religion auxquelles je n\u2019avais pas songé sérieusement depuis longtemps: je suis toujours si pressée! Puis, sans que je m\u2019en aperçusse, il me fit repasser ma vie entière, si bien que, lorsque j\u2019allai causer avec lui au parloir de direction, après la conférence du deuxième soir, tous les gros points noirs de ma vie de jeune fille submergeaient à ma mémoire; en un clin d\u2019œil, il les distingua, et, contrairement à toutes mes appréhensions, sans trouble, sans même que je m\u2019en rendisse bien compte, tout était au clair.Je passai au confessionnal, où une bienfaisante absolution me fut donnée.Il était bien neuf heures, quand je remontai à ma chambre, tellement heureuse que j\u2019en suffoquais de joie.Là, sous le regard de Marie, je pris mon crucifix et le couvris de mes larmes.C\u2019est alors que je réalisai jusqu\u2019à quel point j\u2019avais côtoyé le précipice, dans quel abîme j\u2019allais me précipiter si Dieu, dans sa bonté, ne m\u2019avait retenue.Cette pensée de l\u2019amour miséricordieux du bon Dieu pour son indigne enfant m\u2019était tellement suave, qu\u2019aucune douceur, goûtée jusqu\u2019à présent ne lui était comparable.Jamais, non, jamais je n\u2019avais ressenti pareille ivresse, j\u2019aurais voulu mourir à l\u2019heure même pour monter au ciel! J\u2019aurais désiré, du moins, ne pas dormir afin de savourer la nuit entière mon immense bonheur!.Une religieuse, remarquant la lumière dans ma chambre, vint discrètement frapper à la porte., mes larmes ne la surprirent pas, elle comprit.« Oh! cette maison si blanche, si calme, si reposante, si pieuse, lui dis-je, au milieu de mes pleurs, comme elle nous est bonne, comme nous en avons besoin! Et ces prédications, jamais je n\u2019avais cru en être si affamée.Voyez-vous, je n\u2019ai à moi que le dimanche.J\u2019entends une messe basse à la hâte, très souvent le sermon ne répond pas à mes besoins; alors, quand ai-je de cette bonne nourriture que l\u2019on dispense si largement ici! Oui, à quelque prix que ce soit, gardez votre Maison pour les retraites, gardez-la calme, apaisante et pieuse comme elle est aujourd\u2019hui; elle contribuera, et dans une très large part, à sauver du naufrage nombre de jeunes filles comme moi.» Le lendemain, à la récréation du midi, nous étions toutes si enchantées de notre retraite que nous ne parlâmes que de cela.La Directrice nous raconta alors comment, en 1911, le 26 juin, la première retraite féminine avait été inaugurée en cette même Maison par la digne foridatrice de la Communauté, la très révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit; qu\u2019elle avait ensuite commencé cette œuvre à Juliette, à Québec et dans les principaux centres de la province.A Outremont, après un arrêt de quelque vingt ans, dû à l\u2019exiguïté du local, la tâche fut reprise en 1940, on y ajouta les récollections.Iv .V Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 43 Ainsi, chaque dimanche, quelques groupes de jeunes, faisant de l\u2019Action catholique, viennent retremper leurs énergies en cette pieuse Maison.Nous ne les voyons guère, car il faut avant tout sauvegarder le recueillement des retraitantes: des salles, dans une aile tout à fait à part, leur sont réservées.Dimanche dernier, il y avait deux groupes: l\u2019un, de soixante-douze jeunes filles qui y passèrent l\u2019avant-midi, et l\u2019autre, de quarante; ces dernières y demeurèrent toute la journée.En 1942, près de mille six cents retraitantes sont venues recevoir la rosée céleste.Nous trouvions ce dernier résultat des plus consolants, lorsque la Directrice nous fit remarquer que ce chiffre ne représentait pas la population féminine d\u2019une seule paroisse ordinaire de Montréal, et qu\u2019il y a plus de deux cent quarante paroisses dans le diocèse.« Et pourquoi n\u2019y vient-on pas en plus grand nombre ?c\u2019est si bon faire une retraite », demandai-je à la religieuse, sans songer à mes répugnances passées.« Il faudrait plus de bons anges pour les recruter, répondit-elle en souriant.Il n\u2019y a pas assez d\u2019organisatrices; pourtant, il ne manque pas d\u2019âmes apôtres qui désirent faire de l\u2019Action catholique et, cependant, répéta-t-elle avec regret, il faut le constater, ce sont les organisatrices qui manquent! » Te l\u2019avouerai-je, cette conversation me fit réfléchir.J\u2019ai reçu tant de grâces durant ma retraite, me dis-je, est-ce que le bon Dieu ne me demande pas un retour ?.N\u2019est-ce pas pour moi un devoir de reconnaissance de faire bénéficier d\u2019autres âmes de semblables faveurs?.Si personne n\u2019était venu m\u2019inviter, me forcer, pour ainsi dire, à faire une retraite, y serais-je jamais venue?.J\u2019ai bien suivi chaque année la mission à la paroisse, mais qu\u2019il y a de différence avec la retraite fermée! Nous étions trente à le constater, hier.Tandis qu\u2019après le sermon d\u2019une mission paroissiale, on retombe tout de suite, dès la porte de l\u2019église, dans la foule, le bruit, les mille distractions de la vie courante, en retraite fermée, on demeure dans l\u2019esprit de l\u2019instruction entendue, on se l\u2019assimile dans le recueillement, on prie cœur à cœur avec le bon Dieu, on écoute dans le silence l\u2019Esprit-Saint qui parle à l\u2019âme, on consulte aussi.Puis, l\u2019on prend des résolutions pour marcher droit dans le milieu où l\u2019on doit travailler.Il faut aussi ajouter que l\u2019on subit l\u2019influence de cette atmosphère de piété inhérente à toute maison religieuse.En définitive, songeant aux missions paroissiales que j\u2019ai déjà suivies, je t\u2019avoue franchement que tout en les appréciant beaucoup, et quoique bien décidée à les suivre mieux que jamais, je n\u2019y ai jamais retiré la dixième partie de ce que j\u2019ai trouvé en cette retraite-ci; bien plus, si j\u2019avais à souhaiter un grand, un très grand bien à l\u2019une de mes amies, je ne lui souhaiterais rien autre chose.Pour toi, qui rêves de mission, tu aurais été dans ton élément, à la Maison Notre-Dame-du-Saint-Esprit.Tout d\u2019abord, c\u2019est le couvent où la fondatrice des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception a passé la majeure partie de sa vie, puis, c\u2019est que la Supérieure est une missionnaire revenue du Japon l\u2019an dernier.Tu t\u2019imagines bien qu\u2019à la récréation nous l\u2019avons accablée de questions! Depuis près d\u2019un an, les pauvres Sœurs étaient au nombre de six internées dans leur petit couvent à Koriyama, dans le nord du Japon, manquant de tout, et sous la garde de policiers qui 244 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943 se succédaient jour et nuit, par petits groupes, quand un beau jour on força la Supérieure, justement celle dont je te parle, et une compagne, à quitter leurs Sœurs pour revenir en Canada sur un bateau portant des prisonniers et des internés de guerre.Tu devines les déchirements de part et d\u2019autre et le gros chagrin de ces deux missionnaires en quittant une Mission où elles laissaient une large part de leur cœur.Elles ont eu un voyage de deux mois et demi sur mer, en passant par l\u2019Afrique, où a eu lieu l\u2019échange officiel des prisonniers.Pardonne-moi cette digression; je reviens à ma retraite.Je suis décidée d\u2019organiser quelques groupes pour l\u2019automne prochain.La Directrice des Retraites Fermées n\u2019est pas exigeante, elle ne nous demande que de l\u2019assurer de quinze à vingt recrues, elle-même complétera le groupe.Nous choisirons nous-mêmes la date et même le prédicateur si nous le désirons.Puis-je compter sur ton aide ?Amène, je te prie, quatre ou cinq de tes amies et le succès est assuré.Bonjour et union de prières, n\u2019est-ce pas, afin que je tienne mes résolutions et que ma vie ne soit plus la vie inutile et douteuse d\u2019autrefois.Souviens-toi que si tu veux goûter trois jours de paradis, la retraite fermée te les fournira et à bon compte.Ton heureuse amie.Marie-Blanche.P.-S.\u2014 Ne sois pas surprise, si, un jour ou l\u2019autre, tu retrouves cette lettre publiée quelque part.La Directrice, devant mon enthousiasme, m\u2019avait demandé de lui envoyer un petit mot en faveur des retraites.Ne sachant trop comment rédiger convenablement un article, j\u2019ai pensé lui envoyer un duplicata de cette épître.RIMOUSKI La Maison de Retraites Fermées Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus, que les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception ont fait construire à Rimouski, en 1932, avec l\u2019approbation de l\u2019Autorité épiscopale, aura désormais une autre destination.S.Exc.Mgr G.Courchesne, évêque de Rimouski, a demandé d\u2019acheter cette Maison pour y loger les Séminaristes qui, présentement, manquent d\u2019espace dans le Séminaire de la ville.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception, s\u2019inclinant devant la volonté du vénéré Prélat, ont fait le sacrifice de l\u2019Œuvre des Retraites, qui leur avait été confiée dans le diocèse en 1918, et à laquelle elles ont toujours été heureuses de se dévouer.A l\u2019avenir, les Retraites Fermées pour Dames et Demoiselles ne se donneront qu\u2019en la saison d\u2019été en divers lieux du diocèse.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception continueront à Rimouski leur École Apostolique et l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance, dans leur petit local de la rue Saint-Germain, acheté en 1926, après l\u2019incendie de leur Couvent. Dimanche 28 février 1943 Quelques Sœurs professes se rendent cet après-midi au Séminaire des Missions Étrangères pour assister à une cérémonie de départ de deux missionnaires devant se diriger demain vers Cuba, où la Société a maintenant un champ d\u2019action.La cérémonie ne manque certes pas d\u2019éloquence, comme on le devine par cette déclaration de l\u2019une d\u2019elles au retour: « Tout l\u2019idéal missionnaire de mes vingt ans est venu reluire à mes yeux, et plus attirant que jamais.» En attendant qu\u2019il nous soit donné, à nous aussi, de déployer notre zèle et nos ailes, nous nous réjouissons avec Notre-Seigneur de voir de nouveaux apôtres partir pour sa vigne, et nous demandons pour eux à la Reine des Missions une longue et fructueuse carrière.Mardi 2 mars Le mois de mars entre en lion, sortira-t-il en mouton, comme le dit un vieux proverbe ?Il fait un froid à pierre fendre et, avec cela, de vraies tempêtes de « mardi gras » que le soleil, par intervalles, semble vouloir mettre à la raison.On dirait que l\u2019hiver se bat avec le printemps, tel Goliath avec le jeune David.A l\u2019intérieur de nos murs où l\u2019on redit volontiers: « Feux et chaleurs, bénissez le Seigneur », l\u2019activité offre aussi ses variantes.C\u2019est la reprise des classes et des pratiques de musique, interrompues depuis plus d\u2019un mois à cause de la retraite et de la besogne un peu pressante qu\u2019amenèrent la prise d\u2019habit et la profession, ainsi que les changements dans le personnel qui en résultent.Même sous les notes indécises des nouvelles novices, encore à leurs essais dans l\u2019art du chant grégorien, nous reconnaissons que toutes s\u2019y mettent avec ardeur, désireuses d\u2019en profiter le plus possible, en vue de l\u2019apostolat qu\u2019elles pourraient avoir à exercer plus tard.Samedi 6 mars Nous avons le regret d\u2019apprendre la mort de Mme J.-A.Champagne, bienfaitrice insigne de la Communauté et mère de l\u2019une de nos Sœurs pro- 246 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1043 fesses.Préparée au grand voyage par une longue maladie chrétiennement supportée, elle s\u2019en est allée confiante vers le paradis du bon Dieu.Elle avait, nous dit-on, une tendre dévotion envers la Sainte Vierge.Cette divine Mère semble bien y répondre en venant la chercher un premier samedi du mois, jour qui lui est consacré et que la pieuse disparue fut toujours fidèle à sanctifier comme le premier vendredi.Et par une coïncidence que nous inclinons à prendre pour une délicatesse de la Reine du ciel qui veut confirmer notre espoir, voilà que notre calendrier nous cite précisément aujourd\u2019hui cette consolante pensée de Mgr Sylvain: « Oh! se jeter dans des bras qui s\u2019entr\u2019ouvrent larges et maternels! C\u2019est l\u2019élan de l\u2019affection longtemps contenue.C\u2019est la joie que vous nous réservez, ô Marie, quand au seuil du paradis vous direz: « Je vous attendais! » Toute la Communauté unit ses regrets à ceux de la famille éprouvée et plus particulièrement du docteur, époux de la défunte, qui, depuis nombre d\u2019années, prodigue gratuitement au personnel du Noviciat ses soins professionnels avec un dévouement inlassable.Il va sans dire que nous nous faisons un devoir de reconnaissance d\u2019offrir d\u2019ardentes prières pour le repos de l\u2019âme de la chère disparue.Dimanche 7 mars Voici un jour cher à nos cœurs.Il y a dix ans aujourd\u2019hui.Sa Sainteté Pie XI approuvait définitivement nos Constitutions.Cette faveur dut être reçue avec une bien douce émotion par notre vénérée Mère Fondatrice, puisqu\u2019elle lui donnait en même temps l\u2019assurance d\u2019avoir accompli l\u2019œuvre de Dieu.Aussi, cette date est-elle devenue une fête de reconnaissance et nous en profitons pour renouveler nos bons propos d\u2019être toujours plus fidèles à nos saintes Règles.Comme cet anniversaire coïncide avec un jour de carnaval, époque où le bon Dieu est malheureusement plus offensé, nous mêlons des amendes honorables à nos hymnes d\u2019action de grâces pour faire oublier au moins quelque peu à Notre-Seigneur les ingratitudes de ses pauvres créatures.Mercredi 10 mars La bellefparure des trois jours précédents a fait place aux ornements de pénitence.Il n\u2019y a plus de fleurs dans la chapelle et à nos oreilles retentissent ces graves paroles: « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière.» C\u2019est l\u2019ouverture de la sainte Quarantaine.Afin qu\u2019elle nous soit salutaire, nous nous efforçons de bien entrer dans l\u2019esprit de l\u2019Église qui ne nous rappelle cette sentence inexorable que pour nous exhorter à la mortification et à l\u2019humilité.Dieu méprise les orgueilleux, et sans la pénitence, nul ne sera sauvé.C\u2019est le Sauveur lui-même qui l\u2019a dit.Vendredi 19 mars Nous acclamons notre bon Père saint Joseph, glorieux Patron qui, depuis toujours, après Jésus et l\u2019immaculée, mérite tous les honneurs chez nous.La chapelle s\u2019est départie pour la circonstance de sa physionomie quadragésimale et nous apparaît toute fleurie et lumineuse.De pieux cantiques résonnent à la louange de cet aimable saint; le signal du congé tra- Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943\t247 ditionnel est donné, tout, enfin, annonce que la journée s\u2019écoulera dans une atmosphère de gaieté et de ferveur.Car s\u2019il fait bon se retrouver ensemble, faisant cercle dans notre grande salle, discourant joyeusement en laissant courir l\u2019aiguille, il ne nous est pas moins doux de nous entretenir avec Celui que nous invoquons tour à tour comme patron de l\u2019Église universelle ou du Canada, comme pourvoyeur des communautés, gardien des vierges et aussi des foyers chrétiens.Ces seuls titres suffiraient à nous faire embrasser dans nos demandes tous ceux pour qui nous devons prier: nos pasteurs, nos bienfaiteurs, notre Institut, nos chers parents.Nous avons garde d\u2019oublier notre bonne Mère Assistante Générale dont c\u2019est aujourd\u2019hui la fête patronale.Nous sommes heureuses de lui transmettre nos souhaits et nos affectueux hommages par quelques-unes de nos Sœurs aînées qui se rendent pour l\u2019occasion à la Maison-Mère.Nous bénéficions aussi de notre conférence hebdomadaire, conférence pleine d\u2019intérêt et d\u2019utiles instructions: le tout à notre plus grand avantage spirituel.Au soir de ce jour, nous sentons dans nos cœurs un amour plus ardent pour notre Communauté missionnaire, une reconnaissance plus grande envers nos Supérieures, et une dévotion toute neuve envers notre bon Père saint Joseph.Et il nous semble que notre vénérée Mère Fondatrice se réjouit du haut du ciel de ces sentiments qui étaient siens et qu\u2019elle désirait voir s\u2019accroître chaque jour dans l\u2019âme de ses filles.Dimanche 21 mars Le calendrier nous indique aujourd\u2019hui que le printemps s\u2019en vient.Et vraiment, ces jours-ci, nous en constatons les signes manifestes.La rivière des Prairies se dépouille peu à peu de son manteau d\u2019hiver.Le soleil \u2014 quand il se montre \u2014 se fait plus ardent.De-ci de-là, dans les chemins et le parterre, se forment des ruisseléts, la neige s\u2019en va en larmes.pour faire place, sans doute, aux sourires d\u2019avril qu\u2019on attend bientôt.Autre preuve de l\u2019arrivée de Messire Printemps: depuis quelques jours, après les exercices du midi, nous voyons certaines petites Sœurs circuler à travers les arbres du bosquet en jetant un regard scrutateur sur les érables, dans l\u2019espérance, on le devine, d\u2019y apercevoir quelques gouttes du délicieux nectar canadien.Il est vrai que chaque saison de l\u2019année a ses précieux avantages et glorifie le bon Dieu à sa manière, mais le printemps revêt à lui seul un cachet particulier qui en fait la saison préférée de la plupart des humains.Pour nous, nous en prenons occasion de bénir et d\u2019exalter le Dieu si bon, si grand, si puissant qui a créé ces merveilles pour nous réjouir, nous, ses petites créatures qui sommes si indignes de tels bienfaits.Œuvres du Seigneur, bénissez toutes le Seigneur, louez-le, exaltez-le dans les siècles des siècles! Jeudi 25 mars L\u2019univers catholique répète ce matin la parole de l\u2019humble Vierge de Nazareth: « Voici la servante du Seigneur.» C\u2019est la fête de l\u2019Annonciation, la fête de l\u2019humilité.Oh! comme nous supplions notre auguste Mère de nous accorder en ce jour cette vertu si chère à son cœur, vertu qu\u2019elle 248 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943 pratiqua à un si haut degré qu\u2019elle lui mérita de devenir la Mère du Verbe incarné.Nous aussi, c\u2019est par l\u2019humilité que nous plairons à Dieu, que nous apprendrons à dire toujours mieux fiat à tous ses divins vouloirs et que, toutes proportions gardées, nous pourrons dire à notre tour: « Nous sommes les petites servantes du Seigneur.» Et n\u2019est-ce pas pour faire de cette parole un acte perpétuel, que nous sommes venues ici ?Comme bouquet de fête, nous nous consacrons une fois de plus à cette Vierge Immaculée, lui promettant, pour être plus agréables à son Jésus, de lui être toujours plus unies, d\u2019agir en tout par elle et avec elle, selon la pratique de son dévot serviteur le bienheureux de Montfort.Un débat, organisé par notre maîtresse d\u2019anglais, était au programme pour l\u2019après-midi.Le sujet: « Avantages et utilité de l\u2019aiguille et de la plume », fut chaudement discuté de part et d\u2019autre.Ainsi, grâce au zèle de notre bonne institutrice, nous nous familiarisons peu à peu avec cette langue qui ne peut manquer d\u2019être utile à une missionnaire.Dimanche 4 avril Voici un dimanche Laetare qui se teinte de rose pour de bon.La Volière le célèbre avec une joie pleine et sans ombre.Notre bonne Mère Supérieure Générale, que nous n\u2019avons pas eu la chance de voir souvent depuis le début de l\u2019année, vient passer trois jours parmi nous, jours qui nous semblent trois petites minutes.Aux heures de récréation, lesquelles se multiplient avec sa présence, nous nous groupons à ses côtés, ne voulant rien perdre de ses paroles et de ses anecdotes où se glissent toujours un bon conseil, une réflexion pratique.Puis, à bord de ses souvenirs, nous faisons aussi un voyage au long cours, une expédition missionnaire en Chine, au Japon, à Manille.Notre Mère raconte avec bienveillance, et nous, nous voyageons avec délices.L\u2019imagination n\u2019est pas une rivière tarie chez les novices et leur vie missionnaire ne sera jamais trop intense ni trop vivante.Les visites de notre Mère ont ce don d\u2019enflammer notre zèle et d\u2019intensifier notre désir de travailler un jour en pays lointain au salut des âmes.Peut-être notre Mère ignore-t-elle cela.car nous aurions sans doute le plaisir de visites plus fréquentes, et.peut-être aussi deviendrions-nous des.François-Xavier! Samedi 10 avril Malgré la note sérieuse que joue le carême à cette époque et que nous respectons, une brise de liesse passe sur le Colombier: c\u2019est la Sainte-Mechtilde, fête patronale de notre bonne Mère Maîtresse.Ce matin, à la sainte messe, nous avons prié de toute notre âme pour celle qui nous entoure de sollicitude et nous avons demandé à Jésus de la rendre heureuse, d\u2019écarter les soucis, d\u2019alléger son fardeau.Nous avons prié la Sainte Vierge de la combler de ses faveurs et de la garder longtemps à notre affection.Ainsi s\u2019est exprimée pour le moment notre reconnaissance, et de notre côté nous avons renouvelé la résolution de toujours mieux répondre à ses soins, en étant de plus en plus ferventes et fidèles. Montréal LE PRECURSEUR Julet-AoÛt 1943\t2 49 Dimanche 11 avril Hier après-midi, nous allions par groupes au Séminaire des Missions Étrangères, rendre nos hommages à Jésus-Hostie, exposé à l\u2019occasion des quarante-heures.Ce matin, quelques professes ainsi que les postulantes répondent à l\u2019invitation d\u2019assister à la messe de clôture, messe pontificale très solennelle.Toutes reviennent heureuses et remercient le bon Dieu pour ce bel et pieux avant-midi.A la récréation du soir, nous assistons à une pièce exécutée par nos Sœurs de la classe anglaise.Elle se termine par un chant et l\u2019offrande d\u2019un bouquet spirituel à notre dévouée Mère Maîtresse.Dimanche 25 avril « Voici le jour que le Seigneur a fait, passons-le dans la joie et l\u2019allégresse.» Si cette invitation réjouit tous les cœurs chrétiens, dès le matin de Pâques, elle a une répercussion ineffable dans nos jeunes cœurs de novices.La méditation des souffrances de Jésus, favorisée par le silence des jours saints, nous faisait désirer ardemment ce triomphe du divin Incompris.Elle s\u2019est levée enfin, l\u2019aurore bénie de la résurrection et, unies à la Vierge Immaculée, nous la saluons par le chant du Regina Coeli dont les premiers échos convient toute la Volière à la chapelle.Une fois les devoirs religieux remplis, nous nous réunissons pour le congé dans un cercle familial où la verve et l\u2019entrain ont la place d\u2019honneur.Le Rosaire vient à trois reprises nous enlever à nos jeux et conversations pour remettre nos âmes en accord avec les chœurs angéliques qui ne cessent de répéter: « Réjouis-toi, Reine des cieux! Alleluia! » C\u2019est aussi la distribution des bonnes missives que le carême a accumulées.Il y en a qui datent de quelques semaines, d\u2019autres d\u2019hier ou à peu près.Mais vieilles ou fraîches, elles sont toutes également bienvenues, les premières ayant gardé leur parfum primitif sous le sceau discret du sacrifice.Et ce soir, il y a manifestation de notre reconnaissance envers notre dévouée Sœur Supérieure et notre bonne Mère Maîtresse que nous n\u2019avons pu fêter comme nous l\u2019aurions voulu pendant le carême.Nous exécutons en leur honneur une séance dont le programme se résume ainsi: duo, cantate et belle pièce religieuse.Nous terminons par le Magnificat, puis l\u2019offrande d\u2019une gerbe spirituelle et de quelques ouvrages manuels que nous nous sommes empressées de finir pour aujourd\u2019hui.Ce beau jour a, lui aussi, un déclin, mais c\u2019est ce déclin même qui nous fait porter nos pensées et nos désirs vers le Pâques étemel qui nous réunira tous auprès du Sauveur glorifié, qui n\u2019est ressuscité que pour nous procurer la vraie, l\u2019unique Vie.J\u2019estime plus une once d\u2019exemple que cent livres de paroles.Saint François de Sales. Mes bons petits Amis, Je pense à une chose.que j\u2019ai omise.Heureusement que maintenant j\u2019y pense., car mieux vaut tard que jamais.C\u2019est une chose à laquelle pourtant je tenais., comment se fait-il qu\u2019elle se soit reléguée tout au fond de mon esprit ?Sans doute parce que, depuis lors, j\u2019ai eu à vous entretenir de beaucoup d\u2019autres sujets et que, à travers de multiples choses, un oubli parfois peut se glisser., mais, encore une fois, mieux vaut tard que jamais.Je me souviens que, l\u2019automne dernier, en vous racontant ma belle visite à la splendide Exposition missionnaire de Montréal, je vous ai parlé brièvement du Centenaire de la Sainte-Enfance.J\u2019aurais voulu causer longuement avec vous de cette œuvre que j\u2019estime et que j\u2019aime, mais le temps faisant défaut, j\u2019avais résolu de revenir sous peu vous en narrer l\u2019admirable et touchante histoire.Ce que je n\u2019ai point fait et ce dont je suis confus, vu que l\u2019année centenaire 1942-1943 touche à son terme.La plupart d\u2019entre vous connaissent cette bienfaisante Association et en font partie, mais beaucoup aussi l\u2019ignorent ou la connaissent vaguement.Quant à votre Grand Ami, il y a longtemps qu\u2019il en est zélateur et qu\u2019il lui porte un profond intérêt.Aussi désire-t-il que tous vous l\u2019aimiez et lui soyez dévoués, car cette œuvre est particulièrement vôtre.A cette fin, écoutez sa belle histoire: Il y a cent ans, vivait en France un prélat malheureux, mais à l\u2019âme tout apostolique, et si bon, si saint, qu\u2019un jour le Pape Grégoire XVI avait dit: « Je ne connais pas de plus saint évêque que lui.» Il s\u2019appelait Charles-Auguste-Marie-Joseph de Forbin-Janson.Il était évêque de Nancy et de Toul, primat de Lorraine, comte romain et assistant au trône pontifical.Depuis peu, on le nommait aussi: Fondateur de la Sainte-Enfance.Il était né à Paris, le 3 novembre 1785, d\u2019une famille illustre qui comptait parmi ses aïeux des ecclésiastiques et militaires de marque; mais il était plus noble encore par ses mérites.Après avoir été ordonné prêtre en 1811, il aurait voulu se dévouer aux missions lointaines et, à cette fin, il était allé consulter le Pape Pie VII qui lui avait recommandé de venir d\u2019abord au secours des peuples de l\u2019Europe.Aussitôt, il s\u2019était mis à parcourir la France et à prêcher partout les vérités de la foi avec beaucoup de zèle et de succès.Dans un voyage en Terre Sainte et dans l\u2019Asie Mineure, en 1817, il avait aussi fait partout œuvre de missionnaire. Montréal LE PRÉCURSEUR Juület-Aofll 1943\t251 Le 6 juin 1824, Tardent apôtre avait été sacré évêque et il s\u2019était appliqué aux obligations de sa charge avec grande sollicitude et complet dévouement.Les titres de comte romain et assistant au trône pontifical lui avaient été décernés en 1842, par le Pape Grégoire XVI, en reconnaissance de ses signalés services envers la sainte Église; cependant il était un évêque malheureux, parce que, forcé en 1830 par des troubles politiques et les intrigues des méchants d\u2019abandonner son diocèse, il vivait loin de ses ouailles, comme le pasteur séparé de son cher troupeau, comme le père privé de ses enfants qu\u2019il aime et à qui il voudrait faire beaucoup de bien.Durant son exil et les pénibles épreuves qui l\u2019accompagnèrent, il n\u2019avait pas cessé d\u2019agir pour la gloire de Dieu.En 1839, il était venu en Amérique où il avait manifesté l\u2019étendue de son zèle et l\u2019éloquence de sa parole dans de célèbres missions prêchées aux États-Unis et au Canada.Sa grande consolation, lors de son passage au Canada, avait été de pouvoir planter une croix colossale sur le mont Belœil, dans le comté de Rouville, et après une de ces allocutions émouvantes dont il avait le secret, de faire acclamer Jésus et sa croix par une foule de trente mille spectateurs.A son retour en France, en 1842, il s\u2019était rendu à Lyon, au mois de juillet, visiter Mlle Pauline-Marie Jaricot, la fondatrice de la Propagation de la Foi, qu\u2019il connaissait depuis vingt ans et avec qui il avait eu maintes relations.Cette sainte fille, qui par ses larges aumônes était la providence de beaucoup de missionnaires et de nécessiteux, lui était plus d\u2019une fois venue en aide dans ses œuvres.A l\u2019occasion de cette visite, il lui avait parlé d\u2019un projet qu\u2019il méditait depuis longtemps: l\u2019établissement d\u2019une association qui viendrait au secours des enfants délaissés de la Chine et des autres pays infidèles, projet qu\u2019il ne savait comment exécuter sans nuire à l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi, déjà si méritante et si recommandée.C\u2019est l\u2019humble Pauline-Marie Jaricot, l\u2019inspiratrice et la coopératrice de beaucoup d\u2019autres œuvres, qui avait trouvé la solution.Pourquoi les enfants ne deviendraient-ils pas les banquiers de la charité?Ne pourraient-ils pas trouver un petit sou par mois pour sauver les pauvres enfants infidèles?Le salut des enfants païens par les enfants chrétiens : la propagation enfantine MONSEIGNEUR CHARLES-AUGUSTE DE FORBIN-JANSON. 252 Montréal LE PRÉCURSEUR Juillet-Août 1943 de la foi.La Sainte-Enfance était fondée.Elle était sortie du cœur d\u2019une vierge-apôtre, très vaste par les saints désirs, les œuvres charitables et les souffrances: du cœur aussi d\u2019un grand évêque exilé, persécuté, assoiffé de la divine gloire; oui, elle était sortie de deux cœurs victimes de leur zèle pour le salut de leurs frères, en un mot de deux crucifiements: voilà pourquoi, sans doute, elle fut si admirablement féconde.Car, depuis que le Fils de Dieu est mort sur la croix pour le salut du monde, il entre dans le plan de sa rédemption que tous les convertisseurs d\u2019âmes soient voués au sacrifice et à la souffrance, que toutes les œuvres d\u2019apostolat soient établies sur la croix.La célèbre fondatrice de la Propagation de la Foi, voulant être la première des enfants associés, versa libéralement son aumône à l\u2019œuvre nouvellement née.Mgr de Janson avait trouvé dès lors l\u2019occupation apostolique des dernières années de sa vie.Sa santé ne lui permettant plus les grandes missions du nouveau monde, il allait désormais se faire en sa patrie et à l\u2019étranger le missionnaire, l\u2019apôtre de la Sainte-Enfance.En France, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, il la prêchait partout, lui organisait des comités et dressait les souscriptions.Comme vous le voyez, chers Enfants, l\u2019origine de votre belle Association remonte à 1842, et son fondateur commença à la répandre cette année-là même, toutefois ce ne fut que le 20 juin 1843 qu\u2019elle tint son premier conseil et qu\u2019elle fut déclarée officiellement fondée.L\u2019année suivante, le 11 juillet 1844, Mgr de Forbin-Janson rendait son âme à Dieu, mais il laissait au monde, avec le souvenir de ses grandes vertus, cette œuvre immortelle déjà merveilleuse d\u2019épanouissement, puisque quarante-huit évêques de France, de Belgique, d\u2019Italie, de Bavière, de Suisse, de Hollande, de Savoie s\u2019en étaient déclarés les protecteurs.Quelques années plus tard, on la voyait établie en Amérique, tout d\u2019abord au Canada, dans le diocèse de Montréal et autres, puis aux États-Unis.Et maintenant, semblable au grain de sénevé, elle est devenue un grand arbre, couvrant les deux hémisphères, sur les branches duquel les oiseaux du ciel vien- nent s abriter en multitude.\tal *ge DE 17 ANS Montréal LE PRECURSEUR JuiUet-AoÛt 1943\t253 Qui pensez-vous que sont ces oiseaux du ciel ?\u2014 Les enfants païens ?\u2014 Oui, les enfants païens.Et savez-vous combien sont venus s\u2019abriter et gazouiller sur l\u2019arbre de la Sainte-Enfance, depuis cent ans ?\u2014 ?.\u2014 Trente-cinq millions! Belle phalange, n\u2019est-ce pas ?Trente-cinq millions d\u2019enfants nés dans le paganisme et abandonnés par leurs parents, recueillis avec tendresse, arrachés aux griffes de Satan, faits enfants de Dieu et de l\u2019Église et héritiers du paradis!.Ah! que c\u2019est beau, que c\u2019est grand, que c\u2019est divin!.Actuellement, près de huit cent mille de ces petits malheureux sont, chaque année, sauvés ainsi, et plus d\u2019un million sont élevés dans les multiples crèches, orphelinats, écoles, ouvroirs, etc., soutenus par la Sainte-Enfance.N\u2019est-ce pas admirable ?Les oiseaux du ciel qui viennent s\u2019abriter sur l\u2019arbre de la Sainte-Enfance sont aussi les enfants chrétiens, en nombre incalculable, qui font partie de l\u2019Association et travaillent au salut de leurs petits frères infidèles.Et cet arbre gigantesque porte des fruits superbes, incomparables, que les beaux anges vierment eux-mêmes cueillir et porter aux cieux pour la gloire immortelle de ceux qui les font produire; ce sont les prières, les sacrifices et les aumônes des associés, et les prières, les sacrifices et les remerciements des enfants rachetés.N\u2019est-ce pas qu\u2019elle est belle l\u2019histoire de la Sainte-Enfance ?N\u2019est-ce pas que vous allez tous faire partie de cette grande Association et que vous allez vous y dévouer avec ardeur ?Pour cela, il vous faut remplir de votre mieux les obligations des associés qui sont : la prière, le sacrifice et l\u2019aumône.La prière consiste dans la récitation quotidienne d\u2019un Ave Maria suivi de l\u2019invocation: Sainte Vierge Marie, priez pour nous et pour les pauvres petits enfants infidèles (100 jours d\u2019indulgence).Oh! récitez-la, chaque jour, L\u2019ŒUVRE DE LA SAINTE-ENFANCE EST DEVENUE UN GRAND ARBRE. 254 Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943 de tout votre cœur, cette petite prière, et non seulement elle sauvera vos jeunes frères infidèles, mais elle vous attirera de précieuses grâces.Le sacrifice consiste dans l\u2019offrande à Jésus de légères privations, de menus actes de renoncement, répétés le plus souvent possible; car, je le redis, pour sauver les âmes, il faut le sacrifice.L'aumône requise, pour être associé à l\u2019Œuvre, est de douze sous par année, mais qui d\u2019entre vous ne peut offrir davantage?Faites donc, mes chers Enfants, faites donc large et généreuse la part des enfants païens quand vous avez des sous à votre disposition.De même que les gouttes d\u2019eau font les océans, que les grains de sable constituent les montagnes, vos sous joints à ceux de tous les autres enfants associés formeront un trésor considérable qui procurera aux pauvres petits infidèles le baptême, l\u2019éducation chrétienne et le bien-être temporel dont vous jouissez.Oh! mes chers Enfants, que vous êtes privilégiés d\u2019être nés dans un pays catholique et d\u2019avoir de bons parents qui prennent bien soin de vous, qui vous ont appris, dès votre bas âge, à connaître et à aimer le bon Dieu.Mais, dites-moi, est-ce que, chaque jour, de tout votre cœur, vous remerciez Notre-Seigneur pour cette faveur insigne?.Je vois, dans vos yeux, que jusqu\u2019ici vous n\u2019y avez pas pensé, mais à l\u2019avenir, il ne faudra jamais oublier cet important devoir.Le bon Dieu chérit particulièrement l\u2019enfant qui lui témoigne de la reconnaissance pour les bienfaits dont il le comble, et chaque nouvelle marque de sa gratitude l\u2019incline à lui accorder de nouveaux dons.Oh! mes bons petits Amis, non, qu\u2019il ne soit pas dit que dans le jardin de votre cœur, la fleur de la reconnaissance ne s\u2019y trouve point, car on y cherchera aussi en vain la fleur de la charité, vertu qui doit caractériser surtout un apôtre de la Sainte-Enfance.Reconnaissance, ô belle fleur, Dans le parterre de mon cœur.Viens y fleurir pour le Seigneur, Viens, je t\u2019en prie.Que ton parfum délicieux.Comme un encens doux et pieux.Monte sans cesse vers les deux.Notre patrie.Redis à Dieu ma gratitude.Pour sa tendre sollicitude Et l\u2019innombrable multitude De ses bienfaits.Viens réjouir son cœur de Père, Qui, trop souvent, sur notre terre.Te cherche en vain.En mon parterre.Croîs désormais. Montréal LE PRECURSEUR Juillet-Août 1943\t2 55 Je VOUS quitte, mes chers Enfants, en vous laissant ce petit bouquet de pensées.Puisse-t-il trouver accès dans chacun de vos bons cœurs et y laisser tomber une graine féconde de reconnaissance.Voire Grand Ami, Le Précurseur.ED \u2022 DE trait ht la bie be ügr be Jforl3in=3lan£ion Par un beau soir, l\u2019évêque, rentrant au presbytère de Luneville, bénissait à droite et à gauche la foule agenouillée sur son passage.Il avisa sur les degrés du perron un enfant de cinq à six ans, qui l\u2019attendait, fixant sur lui son regard candide, sans crainte de montrer son visage dévoré par une croûte dartreuse.Il s\u2019arrête et demande avec bonté qui est cet enfant.Ou lui répond que c\u2019est le petit Xavier Barbelin, le dernier-né d\u2019une famille toute religieuse et patriarcale, digne de l\u2019ancien temps, le frère d\u2019un de ses séminaristes de Nancy.L\u2019évêque s\u2019abaisse en souriant et trace un signe de croix sur le front de l\u2019enfant, qui se retire tout heureux d\u2019aller conter sa bonne fortune à sa famille.Le lendemain, au réveil, plus ombre d\u2019ulcération, plus d\u2019écaille repoussante.Xavier présenta une joue fraîche et rose au baiser de ses parents.L\u2019enfant est devenu plus tard le P.Barbelin, de la Société de Jésus, fondateur de l\u2019École apostolique d\u2019Amiens, transférée en Angleterre en 1880.{Vie de Mgr de Forbin-Janson, par le R.P.Philpin de Rivière.) ETTRE D\u2019UNE PETITE APOTRE Amos, 8 avril 1943.Révérendes Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Montréal.Révérendes Sœurs, Par mes économies, j\u2019ai réussi à devenir marraine d\u2019un petit païen viable.Je désire lui donner le nom de Joseph-Simon-Denis.J\u2019aimerais que mon petit filleul devienne un prêtre pour qu\u2019il fasse aimer le bon Dieu à beaucoup d\u2019autres petits enfants païens.Armande Guyon.ED \u2022 DE LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception Lampes du sanctuaire.$25.00 10 sous.Un lampion ou un cierge 75 sous pour une neuvaine.$ 2.00 pour un mois.20.00_pour une année. 1 HEC0NNAIS;^MCE L SAINTE VlEliGE Pour Pavcuts Obtcnuejs.3 11 W C?Hi'ÏO ÀW\tC») » \u201cO GH> e»\tG5E> C5SS> ŒO GSD C5^ «asu\tI Veuillez publier ma vive gratitude envers Notre-Dame du Perpétuel Secours pour faveur obtenue par son intercession.Un abonné.\u2014 Je chante mon Magnificat à la Bonté divine pour les grâces qu\u2019elle m\u2019a accordées, par l\u2019entremise de la très Sainte Vierge, et tout spécialement pour la guérison de mon père.R.G.\u2014 Accomplissement d\u2019une promesse, en action de grâces pour faveurs reçues.Je sollicite de nouvelles grâces.Mme A.Vachon, Lévis.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue et demande de prières pour l\u2019obtention d\u2019une position et d\u2019une guérison.Mme A.Laperle, Montréal.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge pour grâce reçue.Une abonnée de St-Barthélemy.\u2014 Je remercie la Sainte Vierge d\u2019une grâce obtenue par son entremise et lui demande pour mon fils l\u2019exemption du service militaire.Mme G.Jodoin, Marieville.\u2014 Remerciements pour bienfait reçu.Je sollicite une autre faveur.Mme W.Daunais, Waterbury, Conn.\u2014 Je m\u2019acquitte d\u2019une promesse, en reconnaissance à la Sainte Vierge pour le succès des examens de mon fils.Mme F.D.\u2014 Je suis heureuse de remplir ma promesse, en action de grâces pour une faveur que je désirais vivement et qui m\u2019a été octroyée.Mme C.G., Ste-Justine.\u2014 Vive reconnaissance à la Sainte Vierge pour grâce reçue par son intercession.Une abonnée, St-Jérôme.\u2014Hommage de gratitude pour faveur obtenue.Anonyme.\u2014 Accomplissement d\u2019une promesse, en reconnaissance pour grâce reçue.H.P.\u2014 Merci à l\u2019immaculée Vierge Marie pour sa protection.Je lui recommande une âme en danger.Mme M.T.\u2014 Je remercie la Sainte Vierge pour l\u2019exemption du service militaire pour un de mes fils.Mme J.-E.D.\u2014 Hommage de reconnaissance à notre Mère du ciel pour le retour de mon fils dans la famille.Mme Henri Gauthier, Montréal.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Je demande des prières pour le succès d\u2019un examen très difficile.Mme H.E., Vaudreuil.\u2014\tReconnaissance à la Sainte Vierge pour grâce obtenue.Mme G.G., Montréal.\u2014 Je remercie de tout cœur notre céleste Mère des faveurs dont elle m\u2019a gratifiée et espère en sa continuelle protection.Mme P.D.\u2014 Vifs remerciements à la très Sainte Vierge pour faveur reçue par son intercession, avec promesse de publication.Une abonnée.\u2014\tRemerciements à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mme O.G., Montréal.\u2014 Avec joie, j\u2019accomplis une promesse à notre bonne Mère du ciel que je remercie du fond du cœur.Je demande d\u2019autres faveurs.Une abonnée, G.N.\u2014 Reconnaissance pour faveur reçue.Je sollicite ma guérison et la conversion d\u2019une famille.Anonyme, Montréal.\u2014 Remerciements à Marie Immaculée pour grande faveur obtenue.Mme E.Leroux, St-Jérôme.\u2014 Grand merci à la Sainte Vierge pour position obtenue pour mon mari et pour une vente.Mme S.M., Ste-Béatrix.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour préservation de mon mari de la guerre.Mme A.A.\u2014 Merci du cœur à notre Mère du ciel pour faveur obtenue pour ma fille.Mme A.C., Baltic, Conn.\u2014 J\u2019ai obtenu la grâce que je sollicitais.Merci à notre céleste Mère! Mme L., Verdun.\u2014Je suis heureuse de prouver ma reconnaissance à la Sainte Vierge pour les faveurs dont elle m\u2019a gratifiée pendant l\u2019année dernière.Je demande des prières pour ma guérison et la conversion d\u2019un jeune homme.Mme J.-A.L.\u2014 Vifs remerciements pour faveur reçue et demande de nouvelles grâces.Mme A.G.\u2014 Toute ma reconnaissance à Marie! Mme E.L., Malartic.\u2014 J\u2019ai obtenu une grâce par l\u2019entremise de la très Sainte Vierge.Je m\u2019acquitte avec joie de ma promesse, comme témoignage de gratitude.S.G., Montréal.\u2014 Reconnaissance à Marie, Reine des Cœurs, pour faveur obtenue durant la neu-vaine demandée.Mme S.-J.R., Outremont.RECONNAISSANCES DIVERSES Il me fait plaisir de m\u2019acquitter d\u2019une promesse, en reconnaissance pour guérison obtenue par l\u2019intercession du bon Père Damien.Mme C.-D.T., Montréal.\u2014 Remerciements envers la très Sainte Vierge et sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveur reçue.Mme H.-R.M., St-Basile-le-Grand.\u2014Je désire remercier le Sacré Cœur et la Sainte Vierge pour des grâces qu\u2019ils m\u2019ont accordées.Mlle C.B.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge et à saint Joseph pour guérison obtenue après promesse de publication.Mme Lucien.Nadon, Ville-St-Laurent.UNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au Précurseur et de tous leurs bienfaiteurs vivants. \u2018^5^0 tie ncorde, Que Lc 89, RUE VICTORIA Lachine, P.Q.Uchine 485 - WAlnul 4911 J.-P.DUPUIS LIMITÉE Bois de construction - Charbon, huile et bois de chauffage Manufacturier de planchers en bois dur Bureau-chef; 1084, AVENUE DE L\u2019ÉGLISE, VERDUN, P.Q.Tel.: YOrk 0928* 3 (/) U h y I t s g « g Q &\\ H t O .a c4 n VJ, H CORSET SPENCER Un dessin est créé spécialement pour vous TOUS GENRES DE CORSETS, CEINTURES CHIRURGICALES, etc.n Si a I so U 3 M \u2022V n U 2 3 O X 1-^ ü 4) VO 00 00 to Bureau-chef: FRontenac 8181 Bureau des tentes : LAncaster 3144 MARTINEAU FILS, Limitée Pierre de taille, pierre concassée 517 EST, RUE MARIE-ANNE -\t- MONTRÉAL QUINCAILLERIE PLOMBERIE LANGEVIN * FOREST, Limiiée MARCHANDS DE BOIS DE CONSTRUCTION Distributeurs de Homasole et Masonite.1435, rue St-Dominique, Montréal - - Tel.: LAncaster 6139 THOMAS ROBERTSON & COMPAGNIE LIMITÉE Bouilloires, radiateurs.\tTuyaux, raccords et appareils de plomberie\trobinetterie MONTRÉAL 481 ouest, rue Vitré MAISON FONDEE EN 1861 MONTRÉAL LAncaster 7111 MUNDERLOH & COMPAGNIE, Limitée Verreries Fixtures et accessoires électriques Vaisselle d\u2019hôtel -\tAmpoules Laco Mazda Horloges de gardien Tel.: LAncaster 2261\tÉtablie en 1889 GENIN, TRUDEAU & CIE, Limitée OBJETS DE PIÉTÉ \u2014 VOYAGES MODERNES 38 ouest, rue Notre-Dame\tMontréal JOS.MATHIEU f PROP.VICTORY TOOL & MACHINE CO.250 ROSE DE LIMA \u2022 MONTREAL Mécanique générale Manufacturier de machinerie pour mise en conserve, sertisseuses à main, à pouvoir, égreneurs à blé d\u2019Inde vert, extracteurs à jus de fruits et légumes, et stérilisateurs.Demandez noire catalogue Réparations générales de machinerie Tel.WI.1138 SALON DE COIFFURE Mlle Berthe Therrien, propr.Travail exécuté par graduée du cours spécial de l\u2019école d\u2019hygiène de l\u2019Université.BElair 3623 4635, BOUL.ST-UURENT - MONTRÉAL FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR I a possession d\u2019un compte d\u2019épargne donne à celui qui l\u2019a ouvert et qui l\u2019augmente régulièrement, l\u2019assurance et la confiance en soi qui conduisent au succès.L\u2019économie est une force nécessaire à qui veut réussir.Ouvrez un compte d'épargne à La Banque Provinciale du Canada 221 cuest, rue Saint-Jacques -\t- Montréal (( Où l\u2019épargnant dépose ses économies.)) 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