Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mai 1947, Mai - Juin
[" MONTREAL.MAI-JUIN 1947 annee OEnvres des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON-MÈRE, 2900, chemin Sainte-Catherine, Montréal 26 (Fondée en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison-Mère et du Noviciat École de formation de catéchistes chinoises Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire.Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 9 OUTREMÇNT, Montréal 8, P.Q., 314, chemin Sainte-Catherine Retraites fermées pour dames et jeunes filles Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montreal 1\t(Fondée en 1918) Enseignement du catéchisme aux Chinois.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Œuvre de la Sainte-Enfance.VILLE DE RIMOUSKI, rue Saint-Germain\t(Fondée\ten 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019e-glise Ouvroir pour les missions Jardin de l\u2019Enfance Cours prives de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis\t(Fondée\ten 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Recollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture Visite des Chinois ma- lades dans les hôpitaux et à domicile.Enseignement du catéchisme aux enfants et aux adultes chinois.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell\t(Fondée en 1:21) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure\t(Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance Ouvroir pour les missions Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue Saint-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles Ouvroir pour les missions VILLE DE GRANBY, 35, rue Duffe-rin\t(Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles Patronage pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Ecole Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, Cartier 61, rue Jacques-(Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale\t(Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculee-Concep-tion » pour jeunes filles.Ecole Maternelle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) Retraites fermées pour dames et demoiselles.VILLE DE SAINT-JEAN, P.Q., 430, rue Champlain (Fondée en 193S) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir.VILLE DE VANCOUVER, 3080, rue du Prince-Edouard (Fondée en 1946) Hôpital Oriental.(A suivre a la page 3 de la couverture) Bienfaiteurs de la Société des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 1.\t\u2014 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, pourvoient à l\u2019entretien d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t\u2014 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses œuvres.-?¦ ?- Avantages accordés aux bienfaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants: 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses; 2\u201d Une messe chaque mois à leurs intentions; 3° Tous les vendredis et dimanches de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du Saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison-mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs (les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition); 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consiste dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la Sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupes de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire; 5° Un service est célébré, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts; 6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses; 7° Chaque semaine, dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, deux messes sont célébrées spécialement pour les abonnés au Précurseur et les bienfaiteurs vivants et défunts. MERCI Â NOS CHARITABLES BIENFAITEURS! Bulletin des \u2022ocurs ÜligsiionnaireS ïie r3mmaculée=Conception Publié avec l\u2019aiitorisalion de Monseigneur VArchevêque de Montreal Vol.XIV.28-\u201c année Montréal, Mai-Juin 1947 No 3 14^ 'M :4! SOMMAIRE Sous le regard de Marie.Ave Maria.Le Bracelet de l\u2019Enfant de Marie .La Légende de V Aubépine.Tous les jours.Ite Missa est Congrès marial d\u2019Ottawa .Lucie\t.Joueurs d\u2019échecs au ciel A nos Mères .Devant le portrait d\u2019une mère .Le bienheureux Théophane Vénard Echos de nos Missions\t.Au Noviciat .La Page des Enfants\t.Reconnaissance.\u2014 Recommandations.\u2014 Nécrologie La Rédaction A.Bommenel Marie Aymond E.-P.G.La Rédaction R.P.J.Byrne La Rédaction La Rédaction La Rédaction Chanoine F.Trochu 118 120 122 123 125 127 128 129 134 136 138 140 143 164 167 172 f (à % ¥ I ¥ de Quand Jésus, à Nazareth, Grandissait près de Marie, Jean, le fils d\u2019Élisabeth Et du Prêtre Zacharie, Pour le voir, venait d\u2019Hébron, Très souvent, dit-on. Et la Vierge, avec tendresse.Tout le jour, veillait sur eux.Acclamait leurs coups d\u2019adresse.Présidait à tous leurs jeux; Les heures coulaient limpides Et fuyaient rapides.Puis, quand les ombres du soir Descendaient sur la vallée.Les enfants venaient s\u2019asseoir Auprès de V Immaculée, Pour entendre les récits Des divins Ecrits.Tous les deux, faisant silence.Ecoutaient avec bonheur.De la céleste Science, Chaque mot révélateur.Prisant toute prophétie Sur rEnfant-Messie.Qui sera le Précurseur?.Demandait en un sourire L\u2019Enfant-Dieu, plein de douceur; Et l\u2019autre, en secret, de dire: Ton Précurseur, petit Roi, Oh ! ce sera moi ! Voici l\u2019heure où tout repose.Disait la Vierge bientôt; Voyez: du lis, de la rose.Chaque pétale se clôt.Dormez, enfants, tout sommeille.Sur vous, l\u2019ange veille.Jésus et Jean s\u2019endormaient Sous le regard de Marie, Et les angelots venaient.De la céleste Patrie, Voir Dieu lui-même dormant, Spectacle charmant ! Le Précurseur. C\u2019est le soir, au déclin d\u2019avril, sur le bord de la mer.Au ciel, des étoiles sans nombre; un grand calme sur les flots; sur la grève, une brise légère; dans les dunes, quelques fleurs fraîches écloses.J\u2019écoute les voix qui tombent du firmament, celles qui montent du sein des eaux, celles qui errent de colline en colline, celles qui s\u2019échappent du calice des fleurs.Elle dit, l\u2019étoile: Bénie soit la Providence qui, en me fixant au front des cieux, m\u2019a donné des scintillements qui charment les mortels et jettent des clartés sur les ombres épaisses! L\u2019aurore sommeille encore et déjà j\u2019éclaire le chemin que le pâtre matineux suit en poussant son troupeau.C\u2019est moi qui, pour les rendre très beaux, me mire, la nuit, alors que le firmament est d\u2019azur, dans les lacs paisibles.Mais il est une étoile qui fait pâlir ma splendeur.Et, devant Elle, inclinant ma couronne de feu, avec respect je murmure: Ave Maria ! Il dit, le flot: Béni soit le Seigneur qui m\u2019a donné l\u2019immensité pour domaine! Dans mon éternel va-et-vient, je soupire, je chante, je pleure, je gronde.^ Quand j\u2019expire sur le sable du rivage, je puis, à mon gré, faire entendre des chants mélodieux ou des rumeurs sinistres.Si je suis calme, je pousse doucement vers le port la nef qui mollement se berce sur mon sein; si je suis irrité, je secoue, je brise et j\u2019engloutis le navire que je portais.Mais il est une Reine qui a la puissance de réprimer mes élans, d\u2019apaiser mes colères, de me dompter.Et, devant Elle, laissant toujours tomber mon courroux, d\u2019une voix redevenue caressante, je murmure: Ave Maria ! Elle dit, la brise: Béni soit le Créateur, car il m\u2019a pourvue d\u2019ailes qui me permettent de me transporter, en un instant, d\u2019un bout du monde à l\u2019autre! Sous mon souffle, le nuage s\u2019envole, la fleur s\u2019entr\u2019ouvre, l\u2019épi d\u2019or incline la tête.A mon passage, je berce les nids suspendus aux rameaux, j\u2019enfle les voiles de l\u2019esquif, je jette des frissons dans la soie des drapeaux.On dit que c\u2019est moi qui fais chanter les roseaux au bord des rivières, qui fais bruire le gazon où l\u2019insecte se blottit, qui fais pleurer les saules sur les tombeaux.C\u2019est moi qui donne à la harpe éolienne ses notes mélodieuses, qui soulève avec grâce les blonds cheveux de l\u2019enfant, qui dilate la poitrine du malade.Partout je prends des parfums et j\u2019en répands partout.Mais il est une Souveraine à qui l\u2019univers chrétien a consacré le mois de mai.Et, pour que ce mois soit de tous le plus gracieux, je mets, quand il paraît, des feuilles à toutes les branches, des chansons sur tous les arbustes, des fleurs dans toutes les prairies.Et pour Elle, doucement je murmure: Ave Maria ! Elle dit, la fleur; Béni soit le Maître de toutes choses qui a fait de moi le plus bel ornement de la terre! Je me contente d\u2019une goutte de rosée, d\u2019un rayon de soleil, de l\u2019ombre d\u2019une feuille, d\u2019une caresse de zéphire.Avec la même grâce je pare et le front de la reine et celui de la bergère; avec la même prodigalité je parfume et l\u2019autel du saint temple et le salon du riche et la mansarde du pauvre; avec le même désintéressement, je me fane et dans les dentelles des berceaux, et dans la corbeille de noce, et sur la pierre des tombes.Si je pénètre dans les foyers en deuil, j\u2019y diminue la Montreal LE PRECURSEUR Mai-Jum 1947 121 tristesse; si je parais dans les maisons en fête, j\u2019y rends la joie plus vive; si l\u2019on me jette sous les pas du vainqueur, je donne plus d\u2019éclat à son triomphe.Mais il est une Femme idéale, sur le front de qui je voudrais briller un instant avant de pouvoir me flétrir à ses pieds.Venez me cueillir, anges du ciel, placez-moi sur son front, déposez-moi à ses pieds! En m\u2019épanouissant et en me flétrissant en son honneur, je laisserai s\u2019exhaler tendrement ce murmure: Ave Maria ! Les voix se turent.Et, plus captivant que celui qui venait de prendre fln, un concert commença dans lequel des voix humaines mêlaient leurs notes vibrantes.Je prêtai l\u2019oreille.Le savant déclamait des thèmes sublimes, le poète ravissait à sa lyre des harmonies suaves, l\u2019orateur laissait tomber de ses lèvres des paroles enflammées, la vierge modulait des chants que seule, ici-bas et là-haut, elle sait faire entendre.Et dans le mode qui lui convenait et le rythme qui lui était propre, celui qui porte au front l\u2019auréole de la science, celui que le génie de la poésie a frôlé de son aile, celui dont le verbe électrise les foules, celle dont la pureté liliale embaume la terre, à qui mieux mieux répétaient: Ave Maria ! Je n\u2019ai, ô Marie, ni les pensers profonds du savant, ni les envolées du poète, ni les accents enthousiastes de l\u2019orateur, ni la pureté exquise de la vierge.Et j\u2019ai peur de vous approcher, et je n\u2019ose pas vous chanter.\u2014\tPour me plaire, mon enfant, il suffit de posséder un cœur que fait battre l\u2019amour divin et des lèvres qui respectueusement murmurent: Ave Maria ! \u2014\tCela, je l\u2019ai, ô ma Mère! \u2014\tAlors, viens avec confiance et chante avec allégresse! \u2014\tMe voici!.Ave Maria ! A.Bommenel.sa 0 Voulez-vous être le serviteur du Fils, aimez le service de la Mère; tout ce que l\u2019on fait en l\u2019honneur de la Mère rejaillit sur le Fils: glorifier la Reine, c\u2019est glorifier le Roi.Saint Ildefonse.f Décès d\u2019un insigne Bienfaiteur Le 21 mars dernier, le Seigneur rappelait à lui un de ses fidèles serviteurs, chrétien modèle, M.le Notaire Edouard Biron, ancien président de la Chambre des Notaires et de la Commission Scolaire de Westmount.» En la personne du regretté disparu, les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception ont perdu un insigne bienfaiteur qui, depuis de nombreuses années, leur prodiguait gratuitement ses services professionnels et le précieux concours de sa sage expérience en maintes circonstances.La Communauté conservera pour jamais le souvenir de ses libéralités et de son dévouement, et se fera un devoir de présenter à Dieu de pieux suffrages pour le repos de son âme.A la famille du respectable défunt, elle offre ses religieuses et profondes condoléances. Une jeune femme se mourait, minée par la consomption.Médecins renommés, remèdes de toutes sortes, on avait vainement essayé de tout pour ranimer cette frêle créature qui ne pouvait se résoudre à quitter la vie à l\u2019heure où chacun l\u2019aimait, l\u2019accueillait, lui souriait ici-bas.Une amie qui était venue la voir portait un bracelet d\u2019une grande richesse; aussitôt après le départ de la visiteuse, la malade appela son mari, présent à l\u2019entrevue, et le pria, le supplia de lui acheter un bijou semblable.Le jeune homme, qui ne savait rien lui refuser, promit d\u2019acquiescer à son désir, et la pauvrette, goûtant par anticipation le bonheur de posséder une nouvelle parure, s\u2019endormit peu après d\u2019un calme sommeil.Le lendemain, le beau mois de Mai faisait son apparition.La nature était en fête, l\u2019air embaumait et le soleil réchauffait de ses rayons et empourprait légèrement les joues de la poitrinaire, assise dans son fauteuil, dans l\u2019embrasure d\u2019une fenêtre donnant sur le jardin; elle se sentait revivre et livrait son front aux tièdes caresses de la brise printanière.Sur ces entrefaites, arriva un vénérable ecclésiastique qui venait chaque jour la visiter et lui apporter des consolations.Elle l\u2019accueillit avec une joie indicible; on causa de choses et d\u2019autres.La phtisique, semblable à ces enfants gâtés qui reviennent toujours à leur idée fixe, raconta au vieux prêtre que son cher Henri, toujours bon et complaisant, lui avait promis un bracelet.Le ministre de Dieu, affligé de voir une âme prête à sortir de son enveloppe soupirer après des plaisirs terrestres, alors qu\u2019elle ne devait songer qu\u2019à se préparer au redoutable passage, était fort perplexe sur le moyen à prendre pour éloigner doucement ce cœur des joies périssables, et l\u2019attirer peu à peu vers le seul vrai Bien, son Créateur, son Sauveur, et bientôt son Juge.Mais jetant alors les yeux sur la main décharnée de la consumptive, il aperçut un rosaire enroulé autour de son poignet délicat.A cette vue, une inspiration soudaine l\u2019envahit et il s\u2019écria avec une douce autorité; « Ma chère fille, voici le plus beau bracelet que vous puissiez jamais porter et dont vous devez être fière à plus d\u2019un titre; les cinquante Ave Maria qui le composent sont autant de perles de la plus belle eau, lesquelles, égrenées entre vos doigts et enrichies des cinq diamants de vos souffrances, endurées en union avec les mystères douloureux, formeront à la fin un bracelet d\u2019une incomparable richesse, lequel, loin de vous attacher à la terre comme le ferait le bijou que vous convoitez, vous liera pour toujours à Marie, la Providence de ceux qui souffrent.» Ces belles paroles furent écoutées avec une religieuse attention par la malade et lorsque le bon pasteur se leva pour prendre congé, elle le pria instamment de revenir au plus tôt.Le coup de grâce était porté.La jeune femme, encouragée par son vieil ami, fortifiée par la récitation du chapelet, se montra de jour en jour plus résignée.Deux mois plus tard, l\u2019enfant de Marie, munie des sacrements des vivants et des morts, tenant d\u2019une main le crucifix, de l\u2019autre son inséparable chapelet, rendait à Dieu une âme sauvée, régénérée et purifiée par l\u2019intercession de Notre-Dame du Saint Rosaire.Marie Aymond. ïa légenbe bc l\u2019aubépine Connaissez-vous la légende de l\u2019aubépine, cet arbuste aux fleurs parfumées, dont la corolle est immaculée comme la neige de nos hivers ?Aux derniers jours du printemps, nos chemins et nos guérets sont embaumés des effluves odorants qui s\u2019échappent de ses milliers de calices agités par la brise.Savez-vous que les anges eux-mêmes, par delà les océans, la transportèrent dans tous les pays, quelques jours après la naissance de l\u2019Enfant Jésus ?Voici cette légende telle que recueillie dans un vieux manuscrit.Chassée par le cruel Hérode, lentement s\u2019en va la Sainte Famille sur le chemin de l\u2019Egypte; le soleil de midi darde ses rayons brûlants sur l\u2019immense plaine de sable; aussi loin que le regard peut s\u2019étendre, pas un buisson, pas un brin d\u2019herbe.Le petit âne gris qui porte la Vierge et l\u2019Enfant Jésus penche tristement la tête, et manifeste à sa manière, en secouant ses longues oreilles, combien la chaleur l\u2019incommode.Nos saints voyageurs, malgré la faim et la soif qui les tourmentent, malgré la sueur qui perle sur leurs membres, ne font entendre aucun murmure; ils avancent lentement dans le désert, disant à Dieu des paroles d\u2019acquiescement à sa volonté sainte.Le petit âne, moulu de fatigue, s\u2019arrête; saint Joseph a beau le tirer par la bride, lui dire des paroles encourageantes, le menacer enfin, rien n\u2019y fait.Joseph et Marie se regardent anxieux; autour d\u2019eux, à perte de vue, s\u2019étend l\u2019immense plaine aride; et l\u2019Enfant Jésus, qui seul pourrait leur venir en aide, semble inconscient du danger et dort sur le sein de sa mère, souriant à des visions d\u2019anges qui lui font la cour.Mais le voilà qui s\u2019éveille; il lit sur le front de ses parents, et de sa petite main habituée à semer des étoiles, il fait un signe.A quelques pas, les voyageurs aperçoivent un arbuste épineux, qui a surgi comme par enchantement.La Vierge descend de sa monture, dégrafe son manteau, l\u2019étend tout près du buisson et y dépose son cher petit Enfant Jésus.A peine le Dieu fait homme a-t-il profité de cette ombre bienfaisante, que l\u2019arbuste s\u2019allonge; à la cime de ses rameaux verts des milliers de fleurs se sont épanouies plus blanches que la neige, plus fraîches que la rosée matinale, plus odorantes que les roses de Galaad.La Providence qui ne fait rien à moitié a étendu en même temps au pied de l\u2019arbuste miraculeux un superbe tapis de gazon, où poussent discrètement çà et là quelques chardons.Un petit susurrement apprend aux voyageurs altérés qu\u2019une source vient de jaillir dans leur oasis improvisée.Pendant qu\u2019ils bénissent Dieu, voilà que des volées d\u2019angelots s\u2019approchent d\u2019eux.Les uns déposent à leurs pieds de petites corbeilles finement tressées où s\u2019entassent à profusion les fruits les plus rafraîchissants; les autres, avec des violes, des harpes, des lyres, font entendre une musique céleste dont les suaves harmonies enivrent Marie et Joseph d\u2019une paix et d\u2019une douceur infinies.m 124 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1947 Le repas terminé, peu à peu l\u2019essaim angélique s\u2019en va; l\u2019Enfant Jésus se penche vers sa Mère et lui dit de sa voix la plus douce: « Ma Mère, c\u2019est pour toi que j\u2019ai fait fleurir cet arbuste; ainsi fleuriront à l\u2019avenir les âmes qui viendront chercher dans ton cœur le repos et la fraîcheur.En souvenir de cette promesse, ce buisson qui nous abrite fleurira toujours dans le beau mois que les chrétiens te consacreront, et je veux que les anges portent ses rameaux par toute la terre, afin que tous connaissent ses blanches fleurs, que tous respirent son parfum, et que dans tous les sanctuaires il serve d\u2019ornement à ton image bénie.» La Vierge relève le manteau sur lequel l\u2019Enfant s\u2019était reposé; la pieuse caravane reprend le chemin du désert, et sur un signe de leur Roi, les anges se sont mis au travail; ils divisent les rameaux de l\u2019aubépine, et s\u2019en vont en diligence les.transplanter dans toutes les contrées du monde.Voilà pourquoi dans les derniers jours de mai nos guérets et nos chemins sont bordés d\u2019un long ruban de fleurs blanches: c\u2019est l\u2019aubépine des anges qui balance à la brise ses corolles parfumées.E.-P.G.iQ \u2022 ?= Confiance en üarie O toi, qui te sens ballotté par les tempêtes au milieu des écueils de ce monde, si tu veux éviter le naufrage, ne détourne pas les yeux de l\u2019Étoile de la mer; si les vents de la tentation se déchaînent, si les tribulations se dressent devant toi comme des rochers, un regard vers l\u2019Étoile, un soupir vers Marie! Si l\u2019horreur de tes péchés, le trouble de ta conscience, l\u2019appréhension des jugements de Dieu commencent à t\u2019entraîner dans l\u2019abîme du désespoir, attache ton cœur à Marie! Dans tes dangers, dans tes doutes, dans tes angoisses, pense à Marie, appelle Marie! Que son nom soit dans ton cœur et sur tes lèvres, et pour obtenir le suffrage de sa prière, ne perds pas de vue l\u2019exemple de ses vertus.A sa suite tu ne peux t\u2019égarer; tant que tu l\u2019implores, tu ne peux être sans espoir; tant que tu penses à elle, tu es dans la voie sûre; tu ne peux faire de chute tant qu\u2019elle te soutient; tu n\u2019as rien à redouter tant qu\u2019elle te protège.Nous recevons tout de Celle qui nous a donné Jésus-Christ.Tout nous vient de Jésus par Marie.S.Bernard.AVIS A l\u2019avenir, tous les abonnements au PRÉCURSEUR commenceront avec le numéro de janvier-février.Les personnes qui s\u2019abonnent dans le courant de l\u2019année et qui désirent recevoir les exemplaires qui doivent paraître avant janvier suivant, voudront bien ajouter au prix de l\u2019abonnement ordinaire: $0.60 par année, $0.10 de surplus pour chaque numéro.Ex.: Une personne s\u2019abonne en août 1947; si elle veut recevoir les numéros de septembre-octobre et novembre-décembre de cette année, elle devra donner $0.80, soit $0.20 de plus que l\u2019abonnement ordinaire d\u2019un an.Celui-ci se trouvera payé, dans le cas mentionné, pour jusqu\u2019à novembre-décembre 1948 inclusivement. ^ i'C / TCL5 LE5 JCUR5 \u2014\u2022 J\u2019aimerais avoir ton avis, Germaine, sur un point qui m\u2019intrigue.Je suis allée chez Thérèse, la semaine dernière, et elle m\u2019a confié qu\u2019elle allait communier tous les jours.Comme je me montrais étonnée, presque scandalisée, car, soit dit entre nous, je ne la trouve pas assez sainte pour recevoir la sainte communion si souvent sans se confesser, elle m\u2019a dit simplement: « Je mange tous les jours, pour soutenir mon corps, il me faut aussi une nourriture quotidienne pour mon âme! » Par discrétion, je n\u2019ai pas insisté, mais je t\u2019avoue que cette réflexion m\u2019a bouleversée.Que penses-tu de cela ?\u2014\tMais, chère amie, je pense comme Thérèse.Le pain, c\u2019est l\u2019aliment de chaque jour; Jésus s\u2019est fait pain pour être mangé.\u2014\tL\u2019Eucharistie, ce n\u2019est pas un pain ordinaire.Notre-Seigneur est la sainteté infinie et il faut être si pur pour le recevoir dans notre cœur! Jamais je n\u2019ose m\u2019approcher de la sainte Table sans m\u2019être auparavant confessée.\u2014\tTu te confesses souvent alors ?\u2014\tJ\u2019ai l\u2019habitude de le faire tous les mois.\u2014\tEt tu restes un mois sans communier ?Je croyais que tu assistais à la messe chaque matin.\u2014\tJ\u2019assiste à la messe, mais je ne communie pas; l\u2019Eucharistie est une trop grande chose pour en abuser! \u2014\tMa foi, Fernande, tu es certainement dans l\u2019erreur.Depuis quand nourris-tu ces idées-là ?\u2014\tMais depuis toujours! \u2014\tAlors, ma chère, je t\u2019avouerai avec regret que ton éducation sur ce point a été faussée.\u2014\tMon instruction religieuse, je la tiens de ma mère, et c\u2019était une sainte.C\u2019est elle qui m\u2019a appris mes prières, mon catéchisme; elle qui m\u2019a donné la notion du devoir, de la vertu, surtout du sacrifice.Quand j\u2019eus fait ma première communion, elle m\u2019accordait comme une récompense de m\u2019approcher de la sainte Table; quand j\u2019avais été maussade, désobéissante, ma punition consistait à me voir privée de la communion.\u2014\tTu me confirmes dans l\u2019opinion que j\u2019émettais tout à l\u2019heure, Fernande.Ta mère était certainement une sainte personne, mais elle avait hérité, de ses ancêtres sans doute, de certains vestiges d\u2019une doctrine condamnée par l\u2019Église.Notre-Seigneur est un Dieu trois fois saint, il est vrai, mais s\u2019il n\u2019avait pas voulu être reçu dans son sacrement, il ne l\u2019aurait pas institué.Si son désir n\u2019avait pas été de 126 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1947 se donner à nous souvent, il n\u2019aurait pas insisté en disant: « Si vous ne mangez la chair du Fils de l\u2019homme et si vous ne buvez son sang, vous n\u2019aurez pas la vie en vous Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.» Il n\u2019y a pas à prendre ou à laisser, c\u2019est une question de vie ou de mort.Pour moi, la sainte Eucharistie, c\u2019est la manne des Hébreux dans le désert.Elle tombait chaque matin et les Israélites ne pouvaient en faire provision pour deux ou plusieurs jours, mais pour une journée seulement.Pour nourrir notre âme dans le désert de la vie, Jésus-Christ nous a donné la manne eucharistique.C\u2019est l\u2019aliment miraculeux qui prend tous les goûts, qui s\u2019adapte à tous les besoins.Si nous négligeons de le recueillir chaque matin, quand la chose nous est possible, nous nous condamnons au jeûne spirituel et, par suite, au dépérissement moral.\u2014 Je me suis donc trompée ?\u2014 Je regrette de te dire que oui.Sans doute, il faut, pour recevoir la sainte communion, être exempt de péché grave et avoir le désir d\u2019éviter les fautes vénielles, mais quand celles-ci arrivent par faiblesse, elles ne sont pas un empêchement à la communion.Au contraire, la sainte Eucharistie, c\u2019est l\u2019antidote du péché véniel.Pour les maladies du corps, il y a des remèdes préventifs et des curatifs.Or, les premiers ne sont-ils pas plus appréciables que les seconds ?La communion quotidienne est un préventif du péché, en ce qu\u2019elle fortifie l\u2019âme et l\u2019aguerrit contre les tentations.Comme nous le disait le prédicateur de notre dernière retraite, la communion fréquente est aussi le grand moyen de persévérance dans le bien.\u2014 J\u2019ai entendu maintes fois, dans les sermons, l\u2019exposé de tous les motifs que tu viens d\u2019énumérer, mais jamais ils ne m\u2019ont persuadée de la nécessité de modifier ma conduite.C\u2019est seulement depuis ma visite chez Thérèse que des doutes ont surgi dans mon esprit.Tu viens de m\u2019éclairer, merci! Prie pour moi afin que cette funeste crainte que j\u2019éprouve de n\u2019être pas assez pure pour communier fasse place en moi à un amoureux désir du Pain des Anges.Ma Paulette sera bientôt en âge de faire sa première communion, je ne voudrais pas que, comme moi, elle vive dans la peur au sujet de cet ineffable sacrement, car je te confie que cette idée m\u2019a rendue souvent bien malheureuse et m\u2019a portée aussi à juger témérairement ceux que je voyais communier souvent.\u2014 Je ne manquerai pas d\u2019avoir une intention pour toi dans mes prières, puisque tu les réclames, et aussi pour ta chère petite.Cette enfant a l\u2019âme si candide, que Jésus fera ses délices de venir s\u2019y reposer souvent! Et il sera très heureux, j\u2019en suis sûre, de voir sa maman l\u2019accompagner à son céleste Banquet! Si la communion était, comme l\u2019ont rêvée les jansénistes, la récompense réservée aux plus hautes vertus, il suffirait que l\u2019accès vous en fût ouvert.Chacun s\u2019éprouverait, et le petit nombre seul oserait de loin en loin en affronter l\u2019approche.Mais non, la communion n\u2019est pas un privilège, elle est un devoir.L\u2019Église ne vous dit pas: Si vous êtes des saints, prenez et mangez; elle vous dit: Vous qui êtes pécheurs, lavez vos âmes; et ensuite, qui que vous soyez, venez chercher l\u2019aliment nécessaire des vertus qui vous sont demandées.Oui, même et surtout si vous êtes faibles.Mgr d\u2019Hulst.Nous ne communions ni pour sentir ni pour goûter, ni pour jouir.L\u2019Hostie n\u2019est ni une friandise, ni un dessert, ni une gâterie, mais le pain des forts.Nous communions afin de trouver en Celui qui nous fortifie le supplément nécessaire à notre faiblesse, pour être vraiment chrétiens, c\u2019est-à-dire disciples du Christ, de Jésus crucifié.R.P.Alphonse David, S.M.M, ite jUissa est Un envoyé céleste avait peut-être révélé au R.P.Aloysius Nagata, de Kyoto, au Japon, le moment et les circonstances de son départ pour rÉternelle Patrie.Nous nous surprenons à le croire, en considérant la sublime beauté des derniers instants de ce saint prêtre.Soixante-quinze années consacrées au service de son divin Maître, sans aucune réserve pour lui-même, l\u2019avaient sans doute préparé on ne peut mieux à répondre au suprême appel.Les quarante-trois années de son sacerdoce avaient été une perpétuelle bénédiction pour ses paroissiens, lesquels avaient acquis plein pouvoir sur son cœur, son temps et ses énergies.Une photographie prise peu de temps avant sa mort le montre très fatigué, mais aussi calme et serein.Oui, épuisé, parce que le zèle de la maison du Seigneur le dévorait; calme et serein, parce qu\u2019il avait compris la leçon du divin Précepteur: « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur.» Paisiblement, il attendait le signe de son Maître.La mort ne pouvait surprendre celui qui se tenait toujours prêt.Enfin se leva le dimanche qui devait pour lui être le dernier.Comme tous les autres, il fut précédé des confessions du samedi et des diverses occupations de fin de semaine dans une paroisse florissante.Au moment de la communion, un grand nombre de ses ouailles s\u2019approchèrent de la table sainte, et le zélé ministre de l\u2019autel s\u2019avança avec le ciboire pour leur distribuer le Pain de Vie.Il avait à peine donné quelques communions, qu\u2019on le vit trébucher, comme s\u2019il fût pris d\u2019un étourdissement subit.Craignant de laisser tomber une hostie, il fit signe à l\u2019enfant de chœur d\u2019apporter une chaise.Pendant quelques instants, le bon Père se reposa; tous les yeux étaient fixés sur lui avec l\u2019anxiété qu\u2019on devine.Bientôt, cependant, il se remit sur pied et recommença à distribuer le Pain des âmes, mais, de nouveau, il s\u2019affaissa et dut s\u2019arrêter, tandis que, d\u2019une main ferme, il tenait le vase sacré, de crainte que son Seigneur ne fût profané.Cette fois, ses enfants spirituels le supplièrent de demeurer assis.Quelqu\u2019un était allé chercher le médecin; d\u2019autres désiraient le transporter où ils pourraient en prendre soin.Mais quoi! il n\u2019avait pas fini de nourrir les âmes! Il allait continuer; rien ne pourrait l\u2019en empêcher! Il éleva une autre hostie et tous se turent.Mais il était épuisé.Sur son désir, l\u2019on ouvrit les portes de la balustrade et chacun vint s\u2019agenouiller, les larmes aux yeux, devant le prêtre mourant, pour recevoir de sa main une dernière communion, une communion donnée, pour ainsi parler, sur le seuil même du ciel.Un communiant de plus eût été de trop.Le vaillant apôtre avait terminé son ministère sacré; sa main retomba presque inerte, et le servant de messe, un séminariste, dut enlever le ciboire et le reporter au tabernacle.Tous avaient communié; pas une hostie n\u2019était tombée.Quoique apparemment inconscient, le bon Père Nagata tenait encore son pouce et son index pressés l\u2019un contre l\u2019autre, comme doit faire le célébrant avant d\u2019avoir purifié ses doigts par les ablutions.Le médecin arriva enfin et administra un stimulant hypodermique.Le mourant recouvra momentanément sa connaissance.Il demanda de l\u2019eau; on présenta le verre à ses lèvres.« Non, non! protesta-t-il.Pour purifier mes doigts! » L\u2019eau fut versée; sa tête retomba.VIte Missa est fut dit.au ciel! R.P.J.Byrne. Congrès marial b\u2019(!^ttaü)a du 18 au 22 juin OICI qu\u2019approchent les grands jours de ralliement du Congrès marial d\u2019Ottawa.Chrétiens fidèles, pieux enfants de Marie, redoublons de prières afin que cette splendide manifestation religieuse soit vraiment un triomphe pour notre Mère du ciel et pour la Sainte Église; que soit aussi pleinement réalisé le double but de cette grandiose démonstration: la commémoration du centenaire de fondation du diocèse d\u2019Ottawa et l\u2019offrande de prières ferventes au Seigneur pour l\u2019obtention de la paix dans tout l\u2019univers.Les principales cérémonies de ce Congrès: messes de minuit, processions, jeux scéniques, pontificales, heures saintes et heures mariales, qui se dérouleront autour d\u2019un reposoir colossal, seront bien propres à raviver la foi et la piété des participants.Durant toute cette semaine, se tiendra une magnifique exposition religieuse destinée à faire connaître les œuvres de nos diverses Communautés d\u2019hommes et de femmes, et à susciter des vocations, spécialement pour le travail missionnaire.Lors de ces mémorables assises, les autorités ecclésiastiques et civiles s\u2019uniront pour l\u2019acte officiel de consécration du Canada au Cœur Immaculé de Marie, en présence de l\u2019immense foule des Congressistes.Après un long voyage, pendant lequel elle aura été transportée processionnelle-ment du Cap-de-la-Madeleine à Ottawa, la Vierge miraculeuse de Notre-Dame du Cap figurera majestueusement à ces fêtes solennelles, et sera là pour recevoir les hommages de ses enfants et répandre sur eux ses maternelles et particulières bénédictions.Nous réjouissant d\u2019avance de ce grand triomphe marial, nous formons des vœux pour son plus entier succès! PRIÈRE TRÈS AGRÉABLE À LA SAINTE VIERGE Sainte Gertrude priait lorsque Marie lui fut montrée, en présence de la Trinité sainte, sous l\u2019image d\u2019un lis éclatant de blancheur.Ce lis avait trois feuilles: l\u2019une représentait la puissance du Père; l\u2019autre, la sagesse du Fils; la troisième, la bénignité du Saint-Esprit, lesquels se communiquent pleinement à la Vierge très pure, au point de reproduire en elle leur vive ressemblance.Alors la Très Sainte Vierge dit à Gertrude: « Si quelqu\u2019un me salue avec dévotion et m\u2019appelle blanc lis de la Trinité, rose éclatante du paradis, je ferai voir en lui ce que je puis par la toute-puissance du Père, quelles industries me fournit pour le-salut des hommes la sagesse du Fils, et de quelle miséricorde débordante la bénignité du Saint-Esprit remplit mon cœur.» Notre-Dame ajouta: « A l\u2019heure où l\u2019âme qui m\u2019aura ainsi saluée quittera son corps, je lui apparaîtrai dans la splendeur d\u2019une telle beauté, qu\u2019elle goûtera, à sa grande consolation, quelque chose des joies du paradis! » En ce jour, sainte Gertrude prit la résolution d\u2019adresser souvent à Notre-Dame, ou de réciter devant son image, la salutation suivante: « Je vous salue, blanc lis de la glorieuse et toujours paisible Trinité; je vous salue, rose éclatante du paradis; ô vous, de qui a voulu naître et du lait de laquelle a voulu se nourrir le Roi des cieux, abreuvez nos âmes des effusions de la divine grâce! » Abbé Millot. Dans le parterre émaillé de fleurs printanières, une mignonne enfant de trois ans prenait ses ébats sous l\u2019œil vigilant de sa mère.Des cheveux d\u2019un blond d\u2019épi encadraient la figure ravissante de la bambine et retombaient en boucles dorées sur ses épaules délicates.Avec ses grands yeux limpides comme un cristal et ses lèvres roses constamment épanouies,dans un'sourire d\u2019ineffable candeur, Lucie ressemblait plus à un ange des deux qu\u2019à une fille des hommes.Nul passant qui ne s\u2019arrêtât, stupéfait et ravi, devant cette poupée vivante, légère comme un papillon, vive comme le gentil écureuil qui, sur la pelouse fraîche, bondissait gracieusement en sa présence.Mme B.était une jeune maman de vingt-cinq ans à peine, de naissance illustre et d\u2019une piété exemplaire.Son mari, officier sous les drapeaux britanniques, après avoir combattu bravement pour la Patrie, avait péri au champ d\u2019honneur, deux ans auparavant, en 1918.Ce deuil avait d\u2019abord atterré la jeune épouse, mais en vraie chrétienne, elle s\u2019était ensuite relevée avec courage de sa lourde prostration et avait repris son rôle de femme de devoir et de vaillance.Elle était restée avec des biens considérables qui assuraient son avenir et celui de son unique enfant, mais elle ne demeurait pas pour cela oisive; se contentant d\u2019une seule servante, elle voyait elle-même à l\u2019entretien de sa maison, veillait surtout à l\u2019éducation de sa fillette, et consacrait encore de longues heures à la confection de vêtements pour les victimes de la malheureuse guerre.Après l\u2019amour de Dieu, qui possédait pleinement le cœur de cette femme modèle, toutes les affections de Mme B.se concentraient sur la charmante Lucie.Sa tendresse maternelle ne la quittait pas un seul instant et l\u2019entourait des soins les plus affectueux.Attentive à la formation de sa jeune âme, autant qu\u2019à la croissance de son corps si frêle, elle surveillait avec une vigilance infinie les premières éclosions de sa petite intelligence en éveil.Lucie n\u2019avait que trois ans et, cependant, son développement moral émerveillait tous ceux qui l\u2019approchaient.Sa bouche mutine avait des reparties qui jetaient dans l\u2019étonnement et faisaient demander; Mais que sera donc cette enfant ?Ce que deviendrait le petit personnage merveilleux qu\u2019était Lucie, personne n\u2019aurait pu le deviner ni même le soupçonner.En cette après-midi ensoleillée où nous l\u2019avons vue tout à l\u2019heure folâtrer parmi les fleurs nouvelles, un immense malheur planait sur la tendre maman et son cher trésor.Contre son habitude, Mme B.était rentrée pour quelques instants dans sa demeure, laissant la fillette seule au jardin.Quand elle revint, Lucie avait disparu.Elle multiplia les recherches, alerta la police, mais tout fut inutile, l\u2019enfant demeura introuvable.La malheureuse mère en fut si affligée, qu\u2019elle en tomba malade et mourut peu de temps après.Lucie avait été enlevée par une comédienne et son mari qui désirait la dresser à leur métier et profiter de ses attraits pour en faire un objet de lucre, une artiste de renom qui contribuerait à grossir leur fortune.La Providence le permettant dans un dessein insondable, ils réussirent à se soustraire à toute poursuite et la sémillante enfant fut jetée dans cette atmosphère étrange du théâtre, si peu compatible à sa 130 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1947 jeune âme, dont le terrain, préparé avec tant de délicatesse, était destiné à recevoir une tout autre semence.Il ne fut plus question pour elle de prière ou de catéchisme et elle grandit dans une ignorance complète de la religion.Mais sur cette innocente créature, jetée ainsi malgré elle au sein des plus grands périls, le Père infiniment bon qui règne aux cieux veillait avec tendresse, et Marie, à qui elle avait été consacrée dès son entrée en ce monde, ne permettrait pas qu\u2019elle fît naufrage sur une mer orageuse: elle garderait son cœur pur, en dépit de toutes les séductions et des pires dangers.Lucie dépassait maintenant quinze ans.Un jour qu\u2019elle avait joué avec encore plus de grâce et de succès que d\u2019habitude, une des spectatrices vint lui présenter ses félicitations.Cette dame était une veuve riche et distinguée que la perte d\u2019une enfant unique, deux ans auparavant, avait plongée dans une profonde affliction.Pour se distraire, elle assistait quelquefois aux représentations du théâtre X., tout voisin de sa demeure.Dès le premier spectacle auquel elle prit part, Mme T.avait été frappée de l\u2019air de candeur et de noblesse que reflétait le visage de la jeune actrice.Depuis, une idée la poursuivait, qui devenait même une obsession: cette enfant n\u2019est pas à sa place en ces lieux: sa figure respire la pureté et l\u2019innocence, fleurs qui ne s\u2019acclimatent guère dans la serre surchauffée du théâtre.Comme elle s\u2019entretenait avec Lucie, elle eut la pensée de s\u2019informer si elle avait encore ses parents.\u2014\tNon, je n\u2019ai pas de parents, répondit la jeune fille.Ceux qui m\u2019ont gardée depuis mon enfance ont toujours désiré que je les considère comme tels, mais je ne le puis: je suis persuadée qu\u2019ils n\u2019ont aucun lien de parenté avec moi, je ne sens aucune affection pour eux, et, d\u2019ailleurs, de vagues souvenirs ont laissé en moi l\u2019image d\u2019une femme jeune et belle que je nommais maman.On ne m\u2019en parle jamais, mais je ne puis l\u2019oublier.\u2014\tChère enfant, c\u2019est triste de n\u2019avoir plus de famille et de vivre avec des gens qu\u2019on n\u2019aime pas.Je suis seule, moi, car mon enfant, qui serait à peu près de votre âge, m\u2019a été ravie par la mort il y a deux ans.Je la regrette encore immensément.Si vous veniez me voir de temps à autre, vous me rappelleriez son souvenir et je serais heureuse.\u2014\tAh ! Madame, je n\u2019ai guère de loisirs.Je suis asservie à cette tâche affreuse de jouer sans cesse, de danser, de chanter et d\u2019apprendre des rôles sans aucun répit.Plaignez-moi et, quand vous le pouvez, venez me dire un mot comme ce soir, je suis souvent si lasse ! \u2014\tJe vous laisse quand même mon adresse: si jamais vous passez chez moi, ici tout près, entrez, chère enfant! L\u2019entretien de Lucie avec cette personne avait attiré les soupçons de ses maîtres et ils lui en firent de durs reproches.Pourtant, quelques semaines plus tard, par une heureuse coïncidence, elle passait, dans une sortie, en face même de la demeure de la charitable dame et y entra.Mme T.avait une vieille demoiselle à son service.Ce fut cette Montréal LE PRECURSEUR Mai-Jum 1947 131 dernière qui accueillit Lucie.En apercevant la jeune fille, la servante demeura un instant interdite.Ses yeux restaient fixés sur la visiteuse, comme sur une vision d\u2019au-delà.\u2014\tAh ! Mademoiselle, dit-elle enfin, comme vous ressemblez à une femme que j\u2019ai connue, il y a quelques années, et que j\u2019aimais beaucoup! \u2014\tVraiment, dit Lucie intriguée.Comment se nommait cette personne ?\u2014\tElle s\u2019appelait Mme B.C\u2019était ma maîtresse et combien je la chérissais! Elle était si bonne! \u2014\tMais qu\u2019est-elle devenue ?\u2014\tHélas! Mademoiselle, vous êtes bien jeune encore et vous ne pouvez soupçonner quels malheurs la vie réserve parfois à ceux qu\u2019on aime.Mme B.avait une fillette de trois ans, oh! si charmante! oui, trop charmante, car un jour elle disparut, volée sans doute par des gens que sa beauté avait captivés, car jamais on ne put la retracer, en dépit de multiples recherches.Sa mère en fut inconsolable et sa douleur la conduisit au tombeau quelques jours après.Avant d\u2019expirer, elle me suppliait, dans son délire, de lui ramener son enfant.Depuis douze ans que j\u2019erre de ville en ville, dans l\u2019espoir de rencontrer enfin cette petite Lucie que j\u2019aimais comme ma fille.\u2014 Lucie ?mais je m\u2019appelle Lucie, moi aussi! \u2014 Et quel âge avez-vous.Mademoiselle ?\u2014 J\u2019ai quinze ans.\u2014 Lucie!.Quinze ans!.Ah! non, je ne me trompais pas, tout à l\u2019heure, vous êtes certainement Lucie B., vous êtes le portrait vivant de ma maîtresse! En disant ces mots, la fidèle servante avait saisi la jeune fille dans ses bras et la pressait à l\u2019étouffer.Le cœur gonflé par la surprise et l\u2019émotion, Lucie demeurait sans voix; il lui semblait rêver, quand Mme T.se présenta soudain, et, reconnaissant sa gentille actrice, s\u2019empressa de la saluer; mais devant la pâleur de ses traits et les larmes de la servante, elle comprit qu\u2019il y avait là un mystère.\u2014 Qu\u2019y a-t-il ?s\u2019écria-t-elle.La fidèle Marie raconta alors son histoire et celle de la petite Lucie.Des larmes d\u2019attendrissement et de joie glissaient sur ses joues ridées par les chagrins passés.Ah! Lucie! Lucie! ne cessait-elle de répéter.Pauvre Mme B., si elle était ici! Dix ans se sont écoulés.Grâce à sa sagesse et à son habileté, Mme T.a réussi à soustraire Lucie à la vie de dangers et d\u2019ignorance à laquelle elle semblait enchaînée pour le reste de ses jours, en fuyant avec elle et sa servante dans une ville éloignée.Devenue son enfant adoptive, Lucie a été par elle instruite de ses devoirs de chrétienne; elle a fait sa première communion, puis a poursuivi ses études dans un pensionnat dirigé par des Religieuses.Quel contraste entre cette vie paisible des pensionnaires et l\u2019existence énervante et mouvementée d\u2019une actrice! Il en a coûté de courageux efforts à l\u2019aimable enfant pour vaincre certaines habitudes contractées au théâtre, mais, les salutaires effets de sa toute première éducation aidant, elle a surmonté les nombreuses difficultés et est devenue un modèle de jeune fille chrétienne.Les charmes de son attrayante jeunesse ont encore gagné en beauté depuis qu\u2019en son âme s\u2019est développée la vie surnaturelle de la grâce.Mais, renonçant à tous les avantages que pourraient lui procurer ces riches qualités, Lucie a dit adieu au monde pour prendre le voile des épouses du Christ.Depuis deux ans, elle a prononcé les trois vœux de religion dans une Communauté de Missionnaires et, répondant à son immense désir de se dépenser au salut des infidèles, ses Supérieures l\u2019ont désignée pour les Missions d\u2019Orient.L\u2019heure du départ a sonné pour l\u2019ardente Sœur Lucie, et, avec cinq compagnes, elle monte dans le train qui la conduira au bateau en partance pour la Chine.Mme T., sa mère adoptive, avec la fidèle et dévouée Marie, l\u2019ont accompagnée jusqu\u2019à la gare, des larmes dans les yeux.Braves femmes au cœur d\u2019or, elles pleurent, oui, mais, au fond de l\u2019âme, toutes deux éprouvent un sentiment de noble fierté et de sainte joie, en songeant que le bon Dieu a daigné se servir d\u2019elles pour préparer cette nouvelle apôtre qui ira faire connaître son nom à des peuples malheureux.Lucie n\u2019est 132 Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1947 pas non plus sans ressentir en son cœur une profonde douleur, en quittant ses deux bienfaitrices, envers qui elle se sent si redevable; mais son visage respire la joie et la sérénité.Le bon Dieu l\u2019a sauvée, en l\u2019arrachant de la gueule de loups prêts à la dévorer; pour lui témoigner sa reconnaissance, elle se dévouera en retour, sa vie entière, à retirer de la griffe de Satan les pauvres âmes des païens.D\u2019avance, elle offre aussi ses fatigues et les souffrances de son apostolat pour le salut de ceux qui, fatalement, devaient l\u2019entraîner avec eux, du théâtre corrupteur dans les abîmes de l\u2019enfer éternel.Lentement, le bateau a levé l\u2019ancre; les lourdes chaînes se sont enroulées autour du cabestan, la passerelle a été retirée et, glissant légèrement, le navire majestueux s\u2019est éloigné du rivage, tandis que se brisaient les serpentins multicolores, dernier lien entre ceux qui partent et ceux qui demeurent.Sur le pont, pendant que les passagers agitent leurs mouchoirs en lançant dans l\u2019espace leurs ultimes adieux, un groupe de Religieuses entonne d\u2019une voix douce et pieuse les strophes suaves de VAve maris Stella.Puis, peu à peu, la terre natale s\u2019efface, les dernières pointes des monts géants disparaissent à l\u2019horizon; il ne reste bientôt plus que la mer, toujours la mer avec ses eaux tantôt calmes et pacifiques, tantôt houleuses et courroucées.Au fond de leur cabine, les cinq petites Missionnaires se livrent à la prière, à l\u2019étude, hâtant de leurs vœux le moment béni où elles mettront pied au pays de leurs rêves apostoliques.De ce groupe choisi.Sœur Lucie semble la plus heureuse et la plus enthousiaste.Déjà, elle a commencé son apostolat en enseignant le catéchisme à quelques jeunes enfants du bord que son bon sourire a attirés.Enfin, voici qu\u2019apparaît, dans le lointain, la terre si désirée de la Chine.Les cœurs des passagers battent plus fort, soulevés par l\u2019espoir et la joie de toucher au but de leur long voyage.Sur le pont, que caressent les vagues écumantes.Sœur Lucie harangue une dernière fois son jeune auditoire.Les minois attentifs boivent ses paroles avec avidité, et, la leçon terminée, la troupe enfantine s\u2019éloigne en gambadant, après avoir exprimé ses naïfs adieux à l\u2019ardente catéchiste.Puis, c\u2019est l\u2019entrée dans le port et la descente du bateau.Les tireurs de rickshaws se précipitent sur les voyageurs, se disputant et leurs personnes et leurs bagages.Sœur Lucie prend en pitié ces pauvres gens aux membres décharnés et tout ruisselants de sueur qui, pour gagner quelques sous, peinent si durement.Son bon cœur adresse au ciel une fervente prière en leur faveur.Un nouveau contingent de Missionnaires débarquant aux contrées infidèles, c\u2019est l\u2019espérance et la joie tendant des bras secourables aux nobles ouvriers ou ouvrières rompus par l\u2019âge, les fatigues ou les privations; c\u2019est l\u2019armée de relève qui ranime l\u2019espoir et le courage au milieu des combattants affaiblis.Sœur Lucie et ses compagnes sont accueillies comme des libératrices et leurs jeunes ardeurs ramènent sur le front de leurs devancières, vieilles Missionnaires courbées sous le poids de labeurs incessants, des rayons de juvénile enthousiasme.Avec ce renfort de bras vaillants, la guerre à Satan pourra être poursuivie avec vigueur et les riches conquêtes se multiplieront pour le Roi Jésus. Montréal LE PRECURSEUR Mai-Juin 1947 133 Sœur Lucie se dépense depuis déjà quelques mois dans ces luttes apostoliques, quand, un soir, après une journée particulièrement harassante, un courrier d\u2019Amérique lui apporte une lettre de sa dévouée mère adoptive.« Ma chère enfant, écrit la noble dame, j\u2019ai à t\u2019apprendre une nouvelle qui te comblera de joie et provoquera tes cantiques d\u2019actions de grâces: le fameux comédien X.vient de se convertir, au grand étonnement et au désespoir inconcevable de sa troupe.Il a fait son entrée dans le vrai Bercail dimanche dernier, dans l\u2019église de Saint-M.» On devine sans peine la surprise et l\u2019émotion de Sœur Lucie à cette annonce.Elle court au pied du Tabernacle, pour laisser déborder dans le Cœur de son divin Maître les sentiments de bonheur et de reconnaissance qui l\u2019oppressent.Comme il est bon le Dieu Sauveur, qui daigne accepter les humbles sacrifices de ses apôtres et les récompenser si magnifiquement! Pour le comédien converti, la vocation de Sœur Lucie restera ignorée ici-bas; mais quand pour tous deux les ombres du temps auront fait place aux clartés éternelles, devant les anges étonnés et ravis, ils répéteront, à la louange du Seigneur, le drame émouvant qu\u2019ils ont joué l\u2019un et l\u2019autre sur la scène de ce monde terrestre.Canonis^ationsi Le 20 juillet prochain, Notre Saint-Père le Pape placera sur les autels le bienheureux Louis-Marie Grignion de Montfort, fondateur des Pères de la Compagnie de Marie et des Filles de la Sagesse.Tous les dévots serviteurs de la Sainte Vierge se réjouiront de la canonisation de ce grand apôtre marial qui, particulièrement par son Traité de la Vraie Dévotion, contribua si efficacement à faire connaître et aimer leur Mère Immaculée.Autre sujet de grande joie: quelques jours plus tard, le 27 juillet, une autre privilégiée de Marie, la bienheureuse Catherine Labouré, sera à son tour élevée aux honneurs de la sainteté.C\u2019est à cette humble fille de Saint-Vincent-de-Paul que la divine Mère est venue confier le précieux dépôt de sa Médaille Miraculeuse en 1830.On annonce aussi la canonisation de Nicola de Flue, grand chef suisse, pour le 15 mai; de Giuseppe Cafasso, prêtre italien, pour le 20 juin; de deux Jésuites, les PP.Bernardin Realino et Jean de Britto, pour le 22 juin; et de Michel Garicoits, français, pour le 6 juillet.Considérez l\u2019excellente grâce que Dieu vous a faite de vous rendre enfants de son Église; c\u2019était toute la gloire des saints.« Je ne me prise de rien, disait sainte Catherine, sinon d\u2019être chrétienne.» Et un autre martyr chantait en mourant: « Je suis fils d\u2019une mère, la très sainte Église, dont les enfants ne meurent jamais.» Sainte Thérèse ne pouvait assez remercier Dieu d\u2019être fille de son Église.Bref, tous les saints n\u2019avaient point d\u2019autre bonheur et se consumaient de reconnaissance pour cette insigne faveur; et peut-être n\u2019avez-vous jamais pensé à rendre grâces à Dieu d\u2019un si grand bienfait J* O sainte Église de mon divin Époux, je veux embrasser toutes vos maximes, honorer toutes vos saintes cérémonies, et boire votre doctrine comme un breuvage de salut.\t,\t^ Sainte Chantal. joueurs îi\u2019écïjccâ au ciel Kalilamiguu était très malade.Impossible de diagnostiquer quelque maladie particulière; la vitalité du vieux corps était tout simplement épuisée.Personne au village ne savait exactement l\u2019âge du vieillard; Kalilamiguu lui-même l\u2019ignorait.Il devait être bien vieux pourtant, puisqu\u2019il était né longtemps avant l\u2019arrivée des premiers Européens.Certes, il avait dû passer les bornes de quatre-vingt-dix ans.Kalilamiguu avait deux amis intimes, deux amis du même âge que lui ou environ.Ils se nommaient Kiboko et Taya.Dès qu\u2019ils le surent gravement malade, ils accoururent à la case de leur ami et leur longue expérience leur fit tout de suite réaliser que la mort était proche.Kiboko et Taya étaient païens.Cependant, ils étaient souvent allés, le dimanche, prier et écouter le Missionnaire, à l\u2019église de la Mission catholique.Leurs vieilles intelligences ne saisissaient certes pas toutes les belles choses qu\u2019ils entendaient alors, mais ils avaient fini par comprendre la nécessité du baptême.A maintes reprises, le Missionnaire avait enseigné comment il fallait l\u2019administrer aux mourants après les avoir instruits des vérités essentielles à la religion.Kalilamiguu, hélas, n\u2019avait jamais prié, lui, ni entendu les instructions saintes.Plusieurs fois, le Missionnaire avait essayé de l\u2019attirer, mais le vieillard répondait invariablement à ses avances par ces mots; « Vous êtes bien bon.Père, de vous souvenir du vieux Kalilamiguu, mais je ne puis prier, j\u2019ai une trop grande famille.» Par famille, il fallait entendre sept épouses.Kiboko et Taya se dirent qu\u2019il ne serait pas facile de faire entrer leur ami au ciel, mais ils résolurent quand même de tenter l\u2019essai.N\u2019avaient-ils pas, pendant plus de quatre-vingts ans, joué ensemble tant de parties de mbao (échecs) ?Il faudrait bien continuer à jouer là-haut.Mais il fallait se presser, car la mort avançait à grands pas et le Missionnaire n\u2019arriverait peut-être pas à temps pour sauver cette âme.« Kalilamiguu, lui cria Kiboko, en le secouant plus rudement que la Faculté n\u2019eût pu tolérer, tu vas mourir! Ne ferait-il pas bon de nous retrouver tous trois au ciel ?\u2014 Non, répliqua Kalilamiguu.\u2014 Et pourquoi pas ?ajouta Taya.\u2014 Parce que., parce que.» Taya se fit encourageant; « Voyons, Kalilamiguu, dis-nous pourquoi tu ne veux pas aller au ciel.\u2014 Famille trop nombreuse., murmura le vieux païen.Puis dans un soupir, il ajouta; Mais ce serait beau tout de même d\u2019aller au ciel.» Les deux amis, profitant de ce premier signe de bonne volonté, commencèrent à instruire le mourant, non sans peine.Enfin, Taya, essuyant son visage inondé de sueur, s\u2019écria; « Quelle dure besogne! » « Ce n\u2019est que le commencement ça », répliqua Kiboko, songeant à la manière d\u2019administrer le baptême.Taya se dirigea vers une autre hutte et revint bientôt avec une calebasse remplie d\u2019eau.« As-tu fait bouillir cette eau ?demanda Kiboko.\u2014 Faut-il la faire bouillir ?\u2014 Ce serait peut-être plus sûr.» Sur ce, Taya regagna la hutte voisine pour faire bouillir l\u2019eau.Puis, quand elle se fut quelque peu refroidie, il revint vers ses amis et tendit la calebasse à Kiboko.Mais celui-ci se récria, déclinant l\u2019honneur d\u2019administrer lui-même le sacrement. Montréal LE PRÉCURSEUR Mai-Juin 1947 135 « Comment, répliqua Taya, faut-il donc que tu me laisses tout faire?Je suis allé chercher l\u2019eau, je l\u2019ai fait bouillir et maintenant tu veux que je baptise Kalila-miguu ?\u2014 Tu es l\u2019aîné, reprit Kiboko.\u2014 Vieux menteur, va! \u2014 Du moins, tu t\u2019es toujours dit l\u2019aîné », insista Kiboko.La discussion menaçait de tourner en querelle, lorsque le malade lui-même y mit fin en déclarant: « Baptisez-moi tous les deux ensemble.» Et ensemble, ils le baptisèrent, Kiboko versant l\u2019eau et Taya prononçant les paroles.Un retentissant Amina {amen) vint clore la cérémonie.« Tu t\u2019es trompé, s\u2019écria Kiboko.Il ne faut pas dire Amina à la fin.» On recommença donc et, cette fois, il n\u2019y eut point à\u2019Amina.« Maintenant, tu peux mourir en paix, dit Taya.\u2014 Pas encore, répliqua le moribond.\u2014 Et pourquoi pas ?s\u2019écrièrent les deux amis d\u2019une voix indignée.\u2014 Parce qu\u2019il faut que je voie le Missionnaire à propos de toutes ces choses.Vous m\u2019avez trop souvent triché au jeu d\u2019échecs.Comment puis-je être sûr qu\u2019il n\u2019en a pas été ainsi encore aujourd\u2019hui ?Vite, faites venir le Père.» Le Missionnaire, appelé en toute hâte, put arriver à temps.« Père, lui déclara Kalilamiguu, il n\u2019est plus d\u2019anxiété à avoir à propos de ma grande famille.J\u2019ai arrangé tout cela.» Le Missionnaire l\u2019instruisit de nouveau, puis le baptisa.Le mourant exprima ensuite le désir de faire venir toute sa famille auprès de son lit, ce qui fut fait.« Entendez tous mes dernières paroles: l\u2019esclave n\u2019est pas plus grand que son maître ni l\u2019épouse que son époux.Je viens d\u2019être baptisé, vous autres aussi, il faut que vous soyez tous baptisés.Laissez-moi seul avec le Père maintenant, allez! » Quand tous eurent quitté la case, Kalilamiguu dit au Missionnaire: « Instruisez et baptisez toute ma famille.Je m\u2019en vais.Merci, Père, de tout ce que vous avez fait pour ce pauvre vieillard.Je ne vous oublierai pas au ciel.Adieu! » Puis ce fut le silence, le silence auguste de la mort.Kalilamiguu avait précédé là-haut ses vieux amis, joueurs d\u2019échecs.(Mission Digest.) H\u2019ami htè paubreô Un pauvre Noir tout déguenillé se présentait un soir d\u2019orage au palais cardinalice, à Baltimore.Les yeux pleins de larmes, il suppliait qu\u2019un prêtre se rendît tout de suite dans sa pauvre cabane, administrer les derniers sacrements à sa femme mourante.« Impossible, répondit le serviteur qui vint ouvrir.Dans le moment, il n\u2019y a que le Cardinal Gibbons à la résidence.Adressez-vous ailleurs.» Le visiteur nocturne refusa cependant de se laisser éconduire.Il plaida sa cause avec tant d\u2019animation, que le Cardinal, attiré par le bruit inusité, se présenta lui-même à la porte pour s\u2019informer de ce qui se passait.A peine le vénérable Prélat eut-il compris de quoi il s\u2019agissait, qu\u2019il dit avec bonté: « Certainement, mon brave, je vais vous suivre à l\u2019instant.Vous me servirez de guide, n\u2019est-ce pas?» Ce fut au tour du fidèle portier de commencer un plaidoyer, afin que le Cardinal ne sortît point par un aussi mauvais temps.« Éminence, vous n\u2019y pensez pas.Il fait un temps affreux.Impossible de vous mettre en route à cette heure tardive.» Mais déjà Son Éminence était partie se munir des saintes Huiles.Quelques minutes plus tard, le digne Prince de l\u2019Église, alors âgé de soixante-dix-huit ans, s\u2019en allait, appuyé au bras d\u2019un pauvre nègre, porter les consolations de notre sainte Religion à une femme qui, hier encore, était une esclave. u> gvq) O Z M H « ^:S ^ .2S
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.