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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Janvier - Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1949-01, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XV, 30' année MONTRÉAL, JANVIER-FÉVRIER 1949 \u2014No 1 RELURSEUR OEuvres des Soeurs Missionnaires de IMmmaculée-Conception AU CANADA MAISON-MÈRE, 2900, chemin Sainte-Catherine, Montréal 26 (Fondée en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison-Mère, et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 9 OUTREMONT, Montréal 8, P.Q., 314, chemin Sainte-Catherine Retraites fermées pour dames et demoiselles.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal 1\t(Fondée en 1918) Enseignement du catéchisme aux Chinois.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-lée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et demoiselles.Œuvre de la Sainte-Enfance.VILLE DE RIMOUSKI, rue Saint-Germain\t(Fondée\ten 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis\t(Fondée\ten 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et demoiselles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 651, rue Saint-Cyrille\t(Fondée\ten 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et demoiselles.Récollections.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.Visite des Chinois malades dans les hôpitaux et à domicile.Enseignement du catéchisme aux enfants et aux adultes chinois.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell\t(Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langue et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure\t(Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.VILLE DE GRANBY, 35, rue DufFeriu (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et demoiselles.Patronage pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et demoiselles.Ouvroir pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale\t(Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Concep-tion » p>our jeunes filles.École Maternelle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932)' Retraites fermées pour dames et demoiselles.VILLE DE SAINT-JEAN, P.Q., 430, rue Champlain\t(Fondée en l'935) Retraites fermées pour dames et demoiselles.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir.VILLE PE VANCOUVER, 3080, rue du Prince-Édouard\t(Fondée en 1946) Hôpital Oriental.{A suivre à /a page 3 de la caucerture)' Le Précurseur Par an : $ 1.00 A vie 1 $20.00 Les abonnements commencent avec le numéro de janvier.Bulletin bimestriel publié par les Soeurs Missionnaires de rImmaculée-Conception avec l'autorisation de Monseigneur r Archevêque de Montréal.2900, CHEMIN SAINTE-CATHERINE CÔTE-DES-NEIGES, MONTRÉAL (26) Vol.XV, 30\" année Montréal, Janvier-Février 1949 No 1 SOMMAIRE En ce premier de l'An.\t.2 La Rédaction La Bénédiction du Jour de l'An.3 La Rédaction Autour d'un arhre de Noël.4 La Rédaction Intention missionnaire pour janvier 1949 .7 S.Exc.Mgr T.-J.McDonnell Tch'ang Hai Tch'en.8 La Rédaction Nos Missionnaires de Mandchourie Dans le sillage de l'Etoile .\t.L'art de Vieillir.La Rédaction 11 12 14 Charles Chalmette Le plus grand témoignage d'amour\t 16 Nos Missionnaires nous écrivent .20 Vers l'Afrique.22 Le bienheureux Théophane Vénard.23 Chanoine F.Trochu Sur les plages lointaines.25 Echos divers.50 Au Noviciat.53 Pour les tout petits.55 Reconnaissance \u2014 Recommandations \u2014 Nécrologie.57 Page-couverture : Une maman chrétienne au Japon. n ce ce ptemiet de n Un dernier jour a clos le cycle d'une année; Le temps qui la formait pour toujours s\u2019est enfui Et d\u2019un terme nouveau déjà l\u2019aurore a lui.0 Maître souverain de toute destinée, 0 mon Dieu, devant vous, j\u2019accours avec élan Implorer mon pardon, dire ma gratitude.Demander le conseil, l\u2019amour, la quiétude.Recevez-moi, Seigneur, en ce premier de l\u2019an ! Vous m\u2019avez prêté vie en ce passé tout proche; De ce temps précieux, hélas ! qu\u2019ai-je donc fait?.Je l\u2019ai perdu souvent, oubliant son bienfait.Et j\u2019entends de mon cœur s\u2019élever le reproche.De l\u2019époque écoulée, oh ! voyez le bilan.Et sur tous mes écarts, mes fautes, ma faiblesse.Daignez jeter l\u2019oubli.D\u2019un geste de tendresse.Pardonnez-moi, Seigneur, en ce premier de l\u2019an ! Afin que je reprenne, avec joie et courage.Ma course vers le ciel, de moment en moment.Fortifiez mon cœur, contre l\u2019épuisement.Donnez-lui votre appui dans le pèlerinage.Sur les flots déchaînés du terrestre océan, Que craindrai-je, mon Dieu, défendu par vous-même ?N\u2019êtes-vous pas, partout, le Souverain suprême ^.Bénissez-moi, Seigneur, en ce premier de l\u2019an ! Et bénissez encor ma famille si chère, A tous mes bienfaiteurs, mes frères, mes amis.Donnez d\u2019être toujours parfaitement soumis A vos divins vouloirs, ô mon céleste Père.Pour mon digne papa, pour ma tendre maman Réservez de longs jours d\u2019une heureuse vieillesse.Et, plus tard, dans le ciel, l\u2019éternelle allégresse.Exaucez-moi, Seigneur, en ce premier de l\u2019an ! Que votre nom sacré soit béni sur la terre; Que votre règne arrive en tous temps, en tous lieux.Et qu\u2019ici-bas soit faite, ainsi que dans les deux.Votre volonté sainte et toujours salutaire.Que les jours à venir, pour l\u2019éternel écran.Marquent plus d\u2019une scène où vos conquérants d\u2019âmes Sèment de notre foi les bienfaisantes flammes.Voilà mes vœux.Seigneur, en ce premier de l\u2019an ! S.M.I.C. J(^ bénédiction du }oux de l^cAn C\u2019est le premier de l\u2019An et la famille entière.Dans un acte de foi s\u2019est jetée à genoux.Emu, le fils aîné, s\u2019adressant à son père, A réclamé pour tous : « Papa, bénissez-nous ! » 0 geste grand, sublime ! en cette aube naissante.Celui qui, du Seigneur, reçut sa mission.Sur les siens prosternés, d\u2019une main frémissante.Fait descendre des deux la bénédiction.« Oui, que Dieu vous bénisse, ô vous, enfants que j\u2019aime ! Qu\u2019 Il te bénisse aussi, compagne de mes jours ! Soyez heureux sur terre, et jusqu\u2019au soir suprême.Marchez dans le devoir, restez chrétiens toujours ! » ¦fX R, c4utoux d^un atbte de JSoel Elle y tenait à son arbre de Noël, la charmante Luce.Depuis un mois déjà, qu\u2019elle répétait à Paul, son frère cadet: « N\u2019oublie pas mon arbre de Noël! Il me faut un beau sapin, bien vert et bien touffu, un beau, tu m\u2019entends.\u2014 Mais oui, mais oui, c\u2019est convenu, tu l\u2019auras ton sapin, pas si pressé, voyons, il reste du temps! » répondait le jeune homme, quelque peu intrigué .^\tpar cette insistance de sa sœur.Paul, grand et robuste garçon de vingt-deux ans, était '\trevenu de l\u2019armée depuis un peu moins d\u2019un an.Il aimait sa sœur aînée d\u2019une affection sincère et cent fois méritée.Durant son absence, c\u2019est elle qui était restée auprès de ses parents et qui, par son infinie délicatesse et ses soins affectueux, leur avait adouci le dur sacrifice de la séparation.Le retour du jeune homme avait été salué avec ___ une allégresse inexprimable, mais hélas! ici-bas, « le passage est bien court de la joie aux douleurs ».Paul avait perdu à l\u2019étranger le bel enthousiasme et la ferveur qui le caractérisaient autrefois.Il semblait ne plus voir clair dans les affaires de son âme et le langage surnaturel le laissait indifférent.Ce pénible changement avait jeté des entraves sous les roues du char de magnifiques espérances qu\u2019on avait construit à son sujet, et, depuis, la voiture des beaux rêves marchait au ralenti.Le père et la mère avaient tour à tour essayé de ramener la lumière dans l\u2019esprit enténébré de leur fils; leurs avances s\u2019étaient butées à un barbelé spirituel in franchissable.Alors, sou f-frant en silence, ils attendaient, priaient, pleuraient.* * * C\u2019est le matin du 24 décembre.Au cours de la nuit, la terre a endossé son épais manteau d\u2019hiver: il Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 était temps, car le froid glacial, la pénétrant presque jusqu\u2019au cœur, menaçait de détruire en elle maints germes de vie.Drapée maintenant dans sa mante ouatée et toute blanche, à laquelle le soleil coud des milliers de diamants, elle se montre radieuse et fière dans ses nouveaux atours.Avec les humains, elle s\u2019apprête à fêter, dans quelques heures, le glorieux anniversaire de la naissance du Fils de Dieu, du Roi tout-puissant qui, un jour, la fit sortir du chaos.Par la fenêtre givrée de sa chambrette.Luce contemple le ravissant tableau de la nature immaculée.Une ombre pourtant passe sur son front gracieux: le sapin tant convoité n\u2019a point encore paru et son frère n\u2019en a pas soufflé mot hier.Secouant son chagrin, elle se hâte de descendre pour aider sa mère à préparer le déjeuner.O surprise! Paul est déjà à la cuisine, se chauffant les mains près du feu qui pétille.\u2014 Déjà levé, frérot, dit Luce avec un fin sourire.\u2014 Mais oui, sœur, depuis longtemps; et l\u2019on a travaillé fort, tu sais.Vois plutôt./ Et le visage radieux de satisfaction et de joie, Paul entr\u2019ouvre la porte, laissant apercevoir sur la véranda un superbe sapin encore tout enneigé.\u2014 Oh! que je suis contente! s\u2019exclame Luce en battant des mains comme une enfant.Merci, frère, merci! Déjeunons 'ÿ.-;.\tvite, afin de pouvoir l\u2019installer au salon au plus tôt.En effet, il n\u2019est pas tard dans la matinée que frère et sœur ont monté l\u2019arbre vert dans l\u2019angle le plus clair de la pièce, l\u2019ont orné de clochettes, de jouets, de clinquants, de têtes d\u2019anges, etc.Paul rivalise d\u2019ingéniosité avec sa sœur, afin de rendre le plus attrayant possible \u2019arbuste aux branches duquel pendront les bas de surprises des neveux et nièces.\u2014 Comme ils vont être heureux ! répète la sœur à tout instant, et grâce à toi, Paul! \u2014 Ne dis pas cela.Luce, c\u2019est toi qui fais tout! Au pied de l\u2019arbre.Luce dispose en dernier lieu une mignonne crèche remplie de paille dorée.\u2014 J\u2019y coucherai l\u2019Enfant Jésus avant la messe de minuit, dit-elle simplement.Tandis que, pour faire plaisir à sa sœur, le jeune homme s\u2019affaire ainsi m .\u2022pKiiîs.YN ¦ -Lî Dans le silence du Saint Lieu.autour de l\u2019arbre de Noël, il a senti tout à coup se réveiller en lui, un à un, tous les souvenirs de sa joyeuse enfance.Il se revoit petit bonhomme de sept ans, alors que, pour la première fois, on lui avait permis d\u2019aller à la messe de minuit.Il avait 6 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 fait sa première communion et pouvait, en conséquence, accompagner les siens à l\u2019église pour s\u2019approcher avec eux de la Table Sainte.Chaque année, dans la suite, les ineffables joies de Noël se sont renouvelées pour lui, jusqu\u2019au jour néfaste où, durant la triste guerre, il a passé son premier Noël loin de son Dieu.A-t-il goûté le bonheur depuis?Ah! non, il ne saurait l\u2019affirmer; au contraire, le doute et l\u2019amertume dévorent son cœur.\u2014 Tu m\u2019accompagnes, cette nuit, Paul, dit soudain Luce, tout en mettant une dernière main à la décoration de la pièce.Paul tressaille, il hésite un moment, mais peut-il refuser ?\u2014 Oui, Lucette, répond-il timidement, tu m\u2019éveilleras.Changeant de propos pour ne pas laisser paraître la joie de cette première victoire.Luce parle du plaisir qu\u2019éprouveront les petits, du réveillon auquel toute la famille viendra s\u2019asseoir, etc., etc.Elle babille presque sans arrêt, non sans remarquer que son frère ne l\u2019écoute que d\u2019une oreille.Oui, Paul est distrait, c\u2019est visible: tout à l\u2019heure, il a déposé sa cigarette dans le plat à fruits au lieu du cendrier et n\u2019a pas même constaté sa méprise, quand Lucette, à qui rien n\u2019échappe, a discrètement réparé sa gaucherie.Mais c\u2019est bon signe! Dans la veillée.Luce voit aux derniers apprêts de la fête, pendant que son père et sa mère se retirent de bonne heure dans leur chambre.Paul, lui, s\u2019est éclipsé aussitôt après le repas, et la jeune fille a cru voir qu\u2019il n\u2019avait pas grand appétit.S\u2019élançant à pas pressés sur la route de l\u2019église, le jeune homme s\u2019est prosterné dans le saint Lieu et, au bout d\u2019une longue oraison, s\u2019est avancé vers le Saint Tribunal de la Pénitence.De retour à la maison, vers onze heures, le frère surprend sa sœur en prière au pied de la minuscule crè-che de l\u2019arbre de Noël.« Es-tu prête à partir.Luce ?lui lance-t-il avec entrain, sur le seuil de la porte.\u2014 A l\u2019instant, Paul, je n\u2019ai que mon manteau à prendre.Et dans la nuit claire, sous un ciel semé de milliers de points d\u2019or, frère et sœur cheminent, tandis que résonnent joyeuse-ment les premiers carillons de Noël.\u2014 Sœur, dit bientôt Paul, j\u2019ai un secret à te confier.Tout à l\u2019heure, je me suis confessé, et je veux, comme jadis, être avec toi, papa et maman, pour communier cette nuit.,4'.¦\u2018¦\u2019Vv Tu m\u2019entends, Paul, c\u2019est un secret !. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 \u2014 Oh! Paul, comme tu me rends heureuse! Quel beau cadeau de Noël tu me fais! Et quelle joie tu causeras à nos bons parents! Écoute maintenant, moi aussi j\u2019ai mon secret.Sais-tu pourquoi je tenais tant, cette année, à avoir un si bel arbre de Noël ?Non, sans doute.Eh bien! c\u2019est que ce sera le dernier que je préparerai au cher chez nous.Dans quelques semaines, j\u2019échangerai la vie familiale pour celle du Couvent; je veux être missionnaire pour aller faire connaître aux pauvres païens les douceurs et les joies de l\u2019ineffable mystère de Noël.Mais, tu m\u2019entends bien, Paul, c\u2019est un secret!.intention miààionnalte pout Janviet 1949 « Les Ecoles catholiques en Chine » Les Écoles catholiques de la Chine sont actuellement en danger.a)\tLes communistes, selon leur tactique habituelle, emploient tous les moyens à leur disposition pour enlever des mains de l\u2019Église la formation de la jeunesse.Ils suscitent tous les obstacles, multiplient le_s désagréments et vont même jusqu\u2019à user de violence afin de rendre l\u2019existence des Écoles catholiques difficile, pour ne pas dire impossible.b)\tLe Congrès des Écoles catholiques de la Chine (15-22 février 1948) a démontré que le maintien des écoles rencontre des difficultés même dans la Chine libre.Approximativement 300,000 élèves fréquentent les écoles primaires catholiques, 32,000 les écoles supérieures, et 7,484 les autres institutions de hautes études.Ces chiffres indiquent qu\u2019à l\u2019heure actuelle les écoles supérieures doivent refuser beaucoup de candidats.De plus, toutes les écoles manquent de ressources pécuniaires et de personnel enseignant.L\u2019État ne leur apporte aucune contribution et elles ne jouissent pas non plus de la liberté ordinairement requise dans les écoles catholiques; car, bien que l\u2019article 13 de la Constitution chinoise garantisse toute liberté religieuse, les lois actuelles défendent absolument l\u2019enseignement de la religion et l\u2019exercice des fonctions sacrées dans les établissements scolaires.S.Exc.Mgr Yu Pin, de Nankin, a vigoureusement condamné ces mesures législatives, déclarant en substance que « la liberté religieuse présuppose la liberté de connaître et d\u2019étudier la religion, et suppose donc le droit d\u2019enseigner cette même religion dans les écoles.» Le Gouvernement national n\u2019est cependant pas hostile à l\u2019Église.En effet, il demande son concours pour le travail de reconstruction et encourage toutes les écoles chrétiennes, y compris les universités.Il nous faut espérer en une prompte abrogation de ces lois injustes: mais n\u2019oublions pas de prier afin que les écoles catholiques de la Chine soient aussi secourues et soutenues au point de vue matériel.S.Exc.Mgr T.-J.McDonnell, Directeur National de la Propagation de la Foi aux États-Unis.E4 ¦ ?E S\u2019il est vrai que, pour un prêtre, la suprême beauté de la vie c\u2019est une longue suite d\u2019années consacrées au travail et au sacrifice pour le rachat des âmes, ne sentez-vous pas que le suprême bonheur d\u2019une femme et d\u2019une mère serait de donner à l\u2019humanité un rédempteur, un collaborateur au Sauveur Jésus ?Mgr La VEILLE. mm mw C\u2019était le printemps en Mandchourie et c\u2019était le printemps dans le cœur de Tch\u2019ang Hai Tch\u2019en.De même que les grandes plaines de son pays reverdissaient délicieusement, de même son âme se teintait d\u2019espérance: enfin approchait pour elle, pauvre païenne, ce jour tant désiré où après avoir été marquée du sceau des chrétiens elle pourrait recevoir leur Dieu, l\u2019unique vrai Dieu.Hai Tch\u2019en venait tout juste de gagner le consentement de sa rr.ère, bouddhiste farouche.Pour cela, il lui avait fallu un an d\u2019instance! Mais à présent peu lui importaient les tracas passés puisque plus rien ne l\u2019empêcherait de triompher avec Jésus ressuscité! Et malgré la tristesse dont la semaine douloureuse enveloppait, la Mission cathdique, la jeune catéchumène avait peine à contenir sa joie: toutes les cloches de Pâques chantaient déjà en elle! Tch\u2019ang Hai Tch\u2019en était âgée de seize ans et fréquentait le pensionnat de S.depuis près de quatre ans.Elle y était entrée sous prétexte d\u2019apprendre l\u2019anglais et la musique, mais avec la secrète intention d\u2019étudier la religion catholique que son frère aîné avait connue et embrassée au collège.La jeune fille n\u2019avait jamais aimé Bouddha qu\u2019elle trouvait affreusement laid.Jamais, non plus, elle ne lui avait offert l\u2019encens; chaque fois qu\u2019une cérémonie de ce genre s\u2019apprêtait à la maison, elle imaginait trente-six raisons pour disparaître.En somme, c\u2019étaient sa mère et son autre frère qui adoraient avec fanatisme le dieu chinois; son père, lui, ne servait que son commerce et l\u2019argent! Quand Hai Tch\u2019en avait parlé d\u2019aller au pensionnat de la Mission, sa mère avait cédé de mauvaise grâce à cette fantaisie qu\u2019elle ne jugeait pas sans danger; toutefois, elle n\u2019avait pas osé refuser.La pauvre Mme Tch\u2019ang était convaincue que l\u2019âme d\u2019un ancêtre fameux revivait dans son enfant si intelligente, voire même brillante! Pour ne pas mécontenter l\u2019ancêtre, il ne fallait pas contrarier la jeune fille: mieux valait donc la laisser agir à sa guise.Hai Tch\u2019en, qui ne croyait pas trop à la transmigration des esprits, trouva fort commode la latitude que cela lui donnait; elle en profita.et si bien qu\u2019elle parvint à la veille de son baptême.Hélas! il était trop beau ce rêve pascal en pleine semaine sainte! Le vendredi, alors qu\u2019elle ne comptait plus que les heures la séparant du moment suprême, son père se présenta au couvent: « Ma femme a réfléchi, dit-il, l\u2019air indéchiffrable comme lorsqu\u2019il voulait rouler un client, Hai Tch\u2019en est trop jeune pour être baptisée.Je la ramène à la maison et elle ne reviendra pas ici.» On devina facilement que ces paroles signifiaient à peu près ceci: « Hai Tch\u2019en est jolie et instruite; elle est à l\u2019âge d\u2019être fiancée.On lui a découvert un riche prétendant.» Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1949 La pauvre enfant gémit, mais elle n\u2019avait qu\u2019à obéir.Pendant six mois, elle ne reparut pas à la Mission.Cependant, la sévérité de sa mère se relâcha peu à peu et on la revit parfois à l\u2019église priant devant le Saint Sacrement ou faisant le Chemin de la Croix.Un jour, elle se risqua même à visiter son ancienne maîtresse.Sœur Marthe.« L\u2019on a voulu me fiancer à un païen qui a beaucoup d\u2019argent, raconta-t-elle tristement à sa confidente.Je n\u2019ai pas accepté.On m\u2019a tourmentée longtemps, mais à présent on me laisse tranquille, car j\u2019ai dit que je me sauverais de la maison.Ah! si tu savais, ma Sœur, comme c\u2019est dur de vivre toujours avec un Bouddha sous les yeux! Quand je suis seule au logis, j\u2019enferme Bouddha dans un placard et je mets à sa place la petite statue de la Sainte Vierge que tu m\u2019as donnée! La Sainte Vierge, c\u2019est elle qui me console et m\u2019encourage.Tous les jours, je dis mon Rosaire pour que maman change d\u2019idée.Ma Sœur, si tu essayais de fléchir ma mère.» Comm.e l\u2019on était aux approches de Noël, il fut décidé que Mme Tch\u2019ang serait invitée au couvent la veille de la fête et que Sœur Marthe tenterait d\u2019obtenir son consentement.Mm.e Tch\u2019ang vint effectivement au rendez-vous.Pendant une heure il fut question de la saison et de la neige.La dame était polie, froide comme le climat.On lui servit le thé; dès lors un sourire gracieux plana sur l\u2019entretien.Profitant de cette détente.Sœur Marthe sauta droit au but.\u2014 Pourquoi ne veux-tu pas que ta fille soit baptisée ?Ton refus la rend malheureuse.\u2014 Parce que je ne veux pas qu\u2019elle se fasse religieuse! J Sœur Marthe lui servit le thé. 10 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 Et les petits yeux noirs de Mme Tch\u2019ang jetèrent obliquement des éclairs de réprobation sur le voile de son interlocutrice.\u2014 Mais de recevoir le baptême ne l\u2019oblige pas à entrer au couvent, reprit la Sœur.Elle reste absolument libre de se marier s\u2019il lui plaît.Voyons, Young Tsen, la femme de ton fils; n\u2019est-elle pas chrétienne ?\u2014 Le riche marchand Li Goe In veut épouser Hai Tch\u2019en.Elle sera comblée et heureuse! \u2014 Écoute, dit alors Sœur Marthe avec fermeté; c\u2019est toi qui enlèves toute chance à ta fille de se marier! Telle que je la connais, elle n\u2019acceptera jamais d\u2019épouser Li Goe In ni aucun autre païen, si riche soit-il.Avant tout elle veut être baptisée!.Par ailleurs, aucun chrétien ne la demandera en mariage parce qu\u2019elle n\u2019est pas chrétienne.Mme Tch\u2019ang réfléchit longuement, semblant peser les avantages et les désavantages du baptême en vue de l\u2019avenir de sa fille.L\u2019image d\u2019un fils de famille chrétienne et suffisamment riche dut passer dans son esprit, car elle finit par se rendre.\u2014 Puisqu\u2019il en est ainsi, dis à Hai Tch\u2019en que je lui permets de se faire chrétienne; mais dis-lui bien aussi que jamais je ne lui permettrai de se faire religieuse! \u2014 Alors, ton consentement est sans retour ?crut prudent de s\u2019enquérir Sœur Marthe.\u2014 Oui, et donne-lui ceci de ma part.Et, se levant solennellement, Mme Tch\u2019ang enleva une de ses bagues qu\u2019elle tendit à la Religieuse.Pendant ces pourparlers, Hai Tch\u2019en, à la chapelle, récitait les Mille Avé avec ses compagnes de naguère.Contemplant la crèche, où, sauf le petit Jésus de cire, les personnages étaient déjà tous rendus, la pauvre enfant sentait son espérance se raffermir: Celui qui avait appelé à son berceau tous les hommes de bonne volonté ne pouvait pas la repousser! Depuis si longtemps qu\u2019elle lui offrait toute sa bonne volonté! Perdue dans ses réflexions, elle en fut tirée par Sœur Marthe qui lui touchait le bras: « Venez », lui dit simplement celle-ci.Aussitôt hors du lieu saint, Sœur Marthe annonça à sa protégée l\u2019heureuse nouvelle et lui remit le gage du consentement maternel.Transportée de joie, Hai Tch\u2019en ne parla rien moins que de courir chercher le Père Curé pour qu\u2019il lui administrât sans plus tarder le Sacrement qui fait les enfants du bon Dieu.« Tout de suite, tout de suite, suppliait-elle, de peur que ne survienne quelque fâcheux événement! » A la messe de minuit, les chrétiens de S.eurent la surprise de voir la fille des Tch\u2019ang s\u2019avancer la première vers la Table Sainte.Tout absorbée par Celui qui daignait descendre en elle, toute vêtue de blanc, elle semblait Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949\t11 un ange venu du ciel en cette nuit merveilleuse.Marie-Thérèse, la pauvre païenne d\u2019hier, était comblée d\u2019un bonheur inexprimable! Penchée sur son âme, elle y adorait enfin son Seigneur Jésus après lequel elle avait tant soupiré! Tendrement, elle lui murmura: «Jésus de Noël, merci pour cette faveur dont je n\u2019étais pas digne! Bel Enfant, vous êtes tout petit mais tout puissant! ».Et avec une audacieuse candeur elle osa ajouter: « Et laissez la pauvre Hai Tch\u2019en vous dire qu\u2019elle vous trouve bien plus puissant en cette nuit d\u2019abaissements qu\u2019au jour glorieux de votre résurrection!.» miâàionnaiteà de ^Àiandckouxle Une lettre du R.P.L.Guilbault, P.M.E., à son Supérieur Général, Mgr E.Larochelle, donnait à la date du 7 octobre dernier les détails qui suivent concernant nos Missionnaires de Mandchourie.A Paitchengtze, le dispensaire est ouvert depuis quelque temps et nos Sœurs sont bien, de même que les RR.PP.Cossette, Lachapelle et Lafond qui sont à ce poste.Nos Missionnaires de Leaoyuansien logent au deuxième étage de la résidence des Pères, tandis que les Rouges occupent le bas de la maison.Elles sont sans prêtre depuis longtemps, car les RR.PP.Bonin et Wang sont partis de la Mission et l\u2019on ignore où ils se trouvent actuellement.On ne les maltraite pas, mais elles doivent travailler pour les communistes afin de pouvoir vivre.Leur situation est donc pour le moins très précaire.A Szepingkaï, les communistes ont obhgé S.Exc.Mgr Lapierre à fermer l\u2019école qu\u2019ils ont ouverte dans la cour de la Mission.Les Missionnaires espèrent toujours et la vie ne leur est pas trop pénible; ils peuvent dire la messe et les chrétiens ont la permission d\u2019y assister et d\u2019entendre le sermon.Plusieurs Religieuses indigènes sont rentrées dans leur famille. /,./, Jr^>s.'' \u2022\u2022; i j,////\"-\t, -'\"f / 3)anà le âillag^e de rétoile Brillant d'étranges feux, une étoile nouvelle A l\u2019Orient paraît et, frémissante, appelle: C\u2019est l\u2019astre du Sauveur à la terre promis.Son message de paix aux peuples des Gentils.« Sur vos chemins poudreux, dit l\u2019étoile pressante, « Suivez ma course d\u2019or, là-haut, éblouissante; « Vers un très doux mystère, un miracle d\u2019amour, « Je saurai vous guider et la nuit et le jour.» Cet ordre rayonnant, c\u2019est du ciel qu\u2019il émane.Et trois sages devins s\u2019en vont en caravane; Un roi puissant est né, car qui peut donc ainsi Susciter un soleil dans l\u2019espace infini?Montés sur leurs chameaux, ils traversent les villes.Parcourent les déserts et couvrent tant de milles.Qu\u2019au bourg de Bethléem ils arrivent enfin.Cherchant ce roi des Juifs qu\u2019attend le Sanhédrin.Soudain, au firmament, l\u2019étoile charitable En s\u2019inclinant s\u2019arrête au-dessus d\u2019une étable; Et sa lumière blonde, entrant dans ce réduit.Nimbe royalement le front d\u2019un tout petit. Quel bizarre palais que cette froide grotte ! Et les princes persans, d\u2019un regard qui clignote, Contemplent stupéfaits ce spectacle nouveau : Un Roi dont une crèche est l\u2019unique berceau ! Et quelle étrange cour ! des gens de pauvre mine.Un groupe de bergers, un bœuf qui dodeline.Un âne ensommeillé, des agneaux folâtrant.Caressant du museau les pieds nus de l\u2019enfant! Mais l\u2019humble et jeune Mère a des grâces de Reine : Une couronne d'or, mieux qu\u2019un fichu de laine.Conviendrait, semble-t-il, à ce front radieux Que pare chastement un pur reflet des deux ! Sans hésiter alors, les trois somptueux Mages Se prosternent soumis, présentent leurs hommages A cette Majesté dont un astre divin Révèle la grandeur et l\u2019auguste destin.Agréant leurs cadeaux : l\u2019or, l\u2019encens et la myrrhe.Le bel enfant sourit d\u2019un céleste sourire Qui, dans ces cœurs païens, déjà tout pleins d\u2019émoi.Mystérieusement, met le don 4c la Foi.Éclairés, enflammés de sublimes lumières.Du petit Roi d\u2019amour, premiers missionnaires.Les lointains pèlerins, au pays d\u2019Orient, Iront manifester le doux avènement.Le Précurseur. J^axt de vieillit Vieillir! C\u2019est se voir mourir, c\u2019est aussi voir mourir.La vieillesse est la lente dégustation de la mort.C\u2019est sentir par les craquements mystérieux de notre être, par les impondérables qui échappent à l\u2019investigation des plus grands médecins que, secoués par le vent de la mort, nous tomberons de l\u2019arbre comme une feuille morte.L\u2019art de vieillir, c\u2019est d\u2019accueillir l\u2019hiver de la vie comme nous avons accueilli son été.Il existe des traités sur la vieillesse.On ne les lit pas à vingt ans, parce que la vieillesse est une échéance trop lointaine.Ni à trente ans, parce qu\u2019on n\u2019a pas le temps; ni à soixante-dix ans, parce qu\u2019on croit ne pas y être encore.Un octogénaire plantait: « Passe encore de bâtir, mais planter, à cet âge! », a dit le fabuliste.C\u2019est très bien observé, car si la jeunesse veut tout avoir, la vieillesse ne veut rien perdre.L\u2019enfant, quand il est tout petit, a presque toujours le poing fermé.Il semble dire: « A moi le monde! » Le vieillard a les mains agrippées à ses draps, comme s\u2019il voulait tout retenir.Contre la loi fatale de la déchéance physique, il n\u2019y a rien à faire.Mais la sentence de l\u2019Église: « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière », ne saurait atteindre l\u2019âme.Les ans qui usent le corps doivent être pour elle une source de tous les enrichissements.Il semble même qu\u2019en avançant dans la vie, les forces du corps se déplacent pour se retirer dans notre âme.On l\u2019a d\u2019ailleurs très bien dit: « L\u2019expérience est le fruit de la vie, mais nous n\u2019avons ce fruit que lorsque la fleur est tombée », ou encore: « La vie est une panoplie composée de toutes les armes qui nous ont blessés.» L\u2019homme ne doit donc pas redouter la vieillesse, mais la voir venir avec des yeux clairs.Savoir vieillir, quel art! Et combien difficile! Il faut accepter d\u2019être vieux quand on est vieux.Des personnes âgées veulent toujours paraître jeunes et parfois avec une telle insistance qu\u2019elles en deviennent ridicules.Elles ne veulent ni se soumettre ni se démettre.Mais ce qui est beau chez le vieillard, c\u2019est de savoir adapter sa mentalité à la mentalité de la génération qui monte, beaucoup de personnes âgées pourraient répéter le mot de Joseph de Maistre: « Je meurs avec l\u2019Europe.» Le grand homme est mort et l\u2019Europe vit encore.On trouve aussi souvent sur les lèvres des vieillards ces mots: « De mon temps!.,.» Ce sont les « louangeurs du temps passé » qui deviennent souvent les contempteurs des temps nouveaux.Savoir vieillir, c\u2019est s\u2019adapter! Reconnaissons loyalement (mais peut-être est-ce moi qui commence à être vieux) que, de nos jours, la vie, les événements vont vite.Le vieillard a peine à les suivre.On comprend que certains restent en arrière.La vie est un fleuve.Pour l\u2019enfant, ses eaux semblent dormir.Le jeune homme marche avec elles, mais le vieillard ne suit pas.Il laisse couler; tout le dépasse.En réalité, le fleuve n\u2019a pas changé son cours, c\u2019est nous qui allons trop lentement, Or, l\u2019art de vieillir, c\u2019est d\u2019être toujours le contemporain de sa vie.Savoir vieillir, c\u2019est savoir aimer les jeunes.La tendance instinctive des jeunes, c\u2019est d\u2019aller à ceux qui attaquent.Claudel a dit: « La vraie tendance Montreal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949\t15 de la jeunesse, ce n\u2019est pas le plaisir, c\u2019est l\u2019héroisme.» Or, le vieillard aime le calme, le silence, la paix, ccanme tout être qui « a son avenir derrière lui ».C\u2019est surtout sur le terrain social et religieux que le vieillard doit marcher avec son siècle.S\u2019il ne peut pas suivre les jeunes, qu\u2019il admire, qu\u2019il encourage et éclaire de ses conseils ces magnifiques conquistadores qui partent à la recherche de l\u2019âme du peuple.Je n\u2019en conclus point que le vieillard ne doive pas travailler.Qu\u2019il ne cesse, au contraire, de se nourrir d\u2019espérance, ce lait de l\u2019action et des infortunés, car l\u2019espérance sera toujours une vertu chrétienne! Si le soir apporte avec soi sa lampe, il faut que le vieillard la tienne toujours allumée pour se livrer à un travail approprié, car, quel que soit l\u2019âge atteint, la vie est trop courte pour être petite, et on ne doit point oublier « qu\u2019on ne fait jamais un pas sans peser sur l\u2019univers ».Charles Chalmette.{La Semaine Religieuse de Montréal.) J.GCtiNfli ft a Badera Baptista, arriverons-nous bientôt ?» Le vieux Missionnaire, ainsi interpellé, leva la tête et ses yeux rencontrèrent le regard radieux d\u2019Antonio, un jeune garçon de treize ans.Ah! cette lumière merveilleuse dans les yeux de son petit ami! Quand le Père la voyait briller, il se disait: « Comme elle est fervente la foi des Japonais! » \u2014 Ils nous ont promis que ce serait à Nagasaki, n\u2019est-ce pas, Badera Baptista ?Voilà Nagasaki, là devant nous! Le grand jour est arrivé! \u2014 Je crois que tu as raison, Tonio.Je pense aussi que notre dernière heure a sonné: Dieu merci.Et le vieillard, redressant son dos courbé par la fatigue, contemple un instant le groupe des prisonniers qui le précèdent.Solidement encadrés par les soldats, ses compagnons prient ou bavardent doucement entre eux.\u2014 C\u2019est donc pour aujourd\u2019hui! dit Antonio, ne se sentant plus de joie.Eh Louis! Thomas! Nous sommes arrivés! Badera Baptista le pense aussi.Des gardiens se sont retournés et froncent les sourcils.Qu\u2019est-ce qui lui prend à ce stupide gamin ?On dirait qu\u2019il ne sait pas encore ce qui l\u2019attend, lui et toute sa bande! \u2014 Eh bien, n\u2019êtes-vous pas heureux, Thomas, Louis ?\u2014 Il te faudra encore un peu de patience, mon petit Tonio, dit Louis.Nous voici à Nagasaki, mais nous devons aller jusqu\u2019à la colline qui se trouve un peu en dehors de la ville.\u2014 Je me demande comment ce sera, dit Thomas.Lui toujours si pondéré, le voici qui fait preuve d\u2019une animation extraordinaire.Quel spectacle : vingt-six croix sur la colline, et, tout autour, des milliers de chrétiens manifestant fièrement leur foi au milieu des païens! \u2014 Il doit y avoir beaucoup de chrétiens par ici, reprend Louis; cela se voit à l\u2019attitude de certaines gens; on les reconnaîtrait entre mille.Les trois garçons, à travers les rangs des soldats, observent ceux qui les regardent passer.Sur beaucoup de visages, ils remarquent comme une silencieuse sympathie; sur d\u2019autres, un religieux respect.\u2014 Il y a quelques jours, quand nous étions en plein pays païen, les gens ne nous regardaient pas ainsi.Vous rappelez-vous les injures et les coups que nous avons dû subir ?Ce n\u2019est pas sans raison qu\u2019on a triplé le nombre de nos gardiens! Les ordres du commandant claquent, secs comme des menaces, au milieu d\u2019un silence impressionnant.La foule est étonnamment calme, presque recueillie; on n\u2019entend que le pas irrégulier des soldats qui s\u2019efforcent d\u2019écarter les gens trop curieux.Chrétiens et païens, les uns avec pitié, les autres avec étonnement, regardent passer ces extraordinaires condamnés à mort.Quelle paix sur leurs visages transfigurés, quelle joie dans leurs yeux! Brusquement, sur un ordre de l\u2019officier, la petite colonne tourne à gauche.Devant eux, la plaine s\u2019élargit et plus loin se dessine la courbe molle d\u2019une verte coliine. Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1949 17 \u2014 Voilà la colline! s\u2019écrie Louis.Sa voix jaillit comme un cri de triomphe, couvrant le bruit que fait le pas cadencé des soldats.Les prisonniers ont relevé la tête.Leurs traits s\u2019éclairent d\u2019une joie céleste: la colline de Napsaki, leur Golgotha! Au pied du monticule, la foule attend depuis des heures.Maintenus avec peine par un cordon de policiers, dix mille curieux se pressent.\u2014 Badera Baptista! Nous y sommes! Le petit Antonio pleure de joie.Le vieux Missionnaire trace une petite croix sur le front de son jeune servant de messe et Badera Paul Miki lui sourit paternellement.\u2014 Dieu soit loué! répond calmement le vénérable Franciscain.Est-ce que toi aussi.Antonio, tu désires si ardemment la Croix du Christ ?\u2014 Ah! la Croix du Christ! répète l\u2019enfant de sa voix vibrante; et dans ses yeux passe cette même lueur ardente.« Ah! la foi de ces Japonais! » songe à nouveau Badera Baptista.\u2014 N\u2019oubliez pas, Badera, notre cantique; Laudate pueri Dominum.\u2014 Sois tranquille, Tonio.Nous ne l\u2019avons appris avec tant de soin que pour le faire retentir aujourd\u2019hui comme un chant de triomphe.Nous n\u2019aurons garde de l\u2019oublier! Mais les commandements brefs et cassants de l\u2019officier troublent le silence; il craint sans doute des manifestations de la part de la foule.Mais il saura se montrer brutal, s\u2019il le faut, pour que tout se passe en ordre parfait.Il entend faire respecter la volonté de Sa Seigneurie Taïcosama.Pourtant, les prisonniers semblent assez peu impressionnés par ses éclats de voix; ils s\u2019y sont habitués pendant les jours et les semaines qu\u2019a duré leur interminable chemin de croix à travers le pays.Nos trois petits amis se sont faufilés tout en tête de la colonne, juste derrière les soldats qui ouvrent la marche.Ils attirent irrésistiblement les regards de tous les curieux qui se pressent de chaque côté de la route.On entend les réflexions à mi-voix que suscite leur passage.Quelle est donc cette religion qui, malgré la haine, le mépris et les persécutions, donne un tel courage .à ces vieillards et à ces enfants?Voyez ces six étrangers avec leurs barbes grises et leurs yeux si doux; et ces trois Japonais en robe noire qui semblent fixer quelque vision bienheureuse, loin devant eux.Sont-ce là de dangereux apostats, les serviteurs de cet abominable Christ ?Comment croire que cette paisible troupe de femmes et d\u2019enfants sont des révolutionnaires ?Après un terrible voyage et quelques instants avant de subir un châtiment déshonorant, où puisent-ils donc le courage de marcher à la mort comme à une fête de printemps sous les cerisiers en fleurs ?On raconte qu\u2019autre part ils chantaient tous ensemble, malgré les coups des soldats et des spectateurs furieux.Pourquoi sont-ils si recueillis ?Vont-ils chanter ici aussi ?Tout à coup, un cri: « Halte! Arrêtez-les.! » Un instant de désarroi trouble les rangs des soldats.Vingt mètres les séparent à peine du cordon de policiers qui, rendant vaine toute tentative d\u2019évasion, ceint toute la colline et a simplement ménagé un large couloir pour permettre le passage des prisonniers.Les trois garçons, en tête du petit groupe, avaient formé un plan, sans songer à l\u2019émotion qu\u2019allait provoquer leur initiative.« C\u2019est le moment! » avait dit Louis, et comme à un signal donné, les trois amis s\u2019étaient précipités en avant, dépassant la garde qui ouvrait la marche.Ils bondissaient maintenant sur les pentes de la colline, comme des enfants qui s\u2019amusent à atteindre au plus vite le sommet.« Arrê-tez-les, arrêtez-les! » crie-t-on de toute part.La fuite des trois gamins a été si imprévue, que ni les soldats ni les policiers n\u2019ont compris ce qui se passe.Mais bientôt cinq ou six hommes se précipitent sur leurs traces vers le sommet de la colline.Sots gamins! Est-ce qu\u2019ils croient vraiment pouvoir échapper?Ils peuvent bien grimper la pente, évidemment, mais ensuite.Un triple cordon de policiers leur ferme toute issue.Sots gamins! 18 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 Brusquement, les poursuivants s\u2019immobilisent: « Mais ils ne fuient pas! » Au sommet du monticule, on avait creusé, à quelques mètres de distance l\u2019un de l\u2019autre, vingt-six puits et, à côté des puits, se trouvaient vingt-six croix de bois grossièrement façonnées.Près des croix, les fugitifs se sont arrêtés, et une surprenante conversation s\u2019engage: \u2014 Voici, Tonio, la plus petite c\u2019est la tienne.\u2014 Ah! elle est tout juste à ma mesure, voyez! Et joignant le geste à la parole, le petit Antonio s\u2019étend sur sa croix.Abasourdis, les soldats se regardent tout honteux de leurs cris et de leur poursuite ridicule.Quand le groupe des condamnés les a rejoints.Antonio glisse encore à l\u2019oreille de ses deux amis: « Attention tantôt au Laudate pueri ! Badera Baptista m\u2019a promis qu\u2019il l\u2019entonnerait lui-même.» Qui croirait qu\u2019il y a ici des milliers de personnes rassemblées?Le silence est impressionnant: non pas un silence menaçant, mais fait d\u2019étonnement et de respect.Le Père Paul Miki, un jeune Jésuite japonais, qui n\u2019est pas encore prêtre, parle à la foule qui écoute avec attention.Il en a le droit avant de mourir.Il parle au nom de tous ses compagnons, au nom de tous les chrétiens de sa race.Ils vont mourir pour confesser leur foi: ils veulent rendre à Jésus-Christ le plus grand témoignage d\u2019amour, qui est de donner sa vie pour Lui.Tout son discours n\u2019a pas duré cinq minutes, mais il a su trouver des mots si simples et si éloquents à la fois, que plus d\u2019un parmi les auditeurs a peine à retenir ses larmes.« Badera Baptista, bénissez-nous une dernière fois.» Tels sont ses derniers mots et, tandis que les martyrs s\u2019agenouillent et que de nombreux spectateurs les imitent, le vieux Missionnaire trace avec émotion un large signe de croix sur leurs têtes inclinées respectueusement.Puis, après avoir prolongé leur prière pendant quelques instants, les vingt-six élus s\u2019étendent sur les rudes traverses de leurs croix.Les yeux d\u2019Antonio brillent de bonheur; sa joie est vraiment parfaite en cet instant pathétique.Son regard cherche encore une fois le bon Badera Baptista couché sur une grande croix à côté de lui.L\u2019enfant l\u2019appelle, mais le vieillard semble ne plus rien entendre.« Il prie », songe Antonio, et, silencieusement, il fait comme lui, les mains jointes jusqu\u2019au moment où le bourreau s\u2019approche pour les lier à la traverse de la croix.« Merci, merci beaucoup! » dit l\u2019enfant doucement.Le vieux soldat, troublé, s\u2019arrête un instant sans comprendre.« Tu n\u2019as donc pas peur, petit?N\u2019as-tu pas vu les pointes de lances qui vous transperceront tout à l\u2019heure ?» Dans sa voix, il y a plus de pitié que de rudesse.« Le Christ aussi a été percé d\u2019une lance.N\u2019as-tu pas entendu Badera Paul Miki le rappeler tantôt ?» L\u2019homme hausse les épaules: il renonce à comprendre.Réprimant un juron, il noue solidement les cordes qui attachent l\u2019enfant au poteau, puis il recule d\u2019un pas et attend l\u2019ordre de dresser les croix qui doivent être érigées toutes ensemble.Vingt-six croix se dressent maintenant sommet de la colline de Nagasaki.01% Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 19 Dans le silence s\u2019élève alors la voix profonde et chaude du P.Baptiste qui entonne le Te Deum laudamus.Et tous les martyrs reprennent en chœur l\u2019hymne d\u2019action de grâces.Comme elles sont belles et pleines d\u2019ardeur contenue, ces voix de martyrs prêts à mourir pour leur Dieu! Tu Rex gloriae, Christe.Dans la foule, il en est maintenant qui sanglotent éperdument sans souci de cacher leurs larmes.Les soldats eux-mêmes sentent l\u2019émotion les prendre à la gorge.L\u2019officier ricane en marmottant des jurons.Il espère bien qu\u2019il se passera quelque chose: une apostasie, une protestation, un incident quelconque, qui viendrait rompre cette tension insupportable qui crispe ses nerfs.Il pourrait alors gesticuler, donner de la voix, brandir son sabre et mettre fin à cette stupide comédie.Mais le chant continue imperturbablement paisible et solennel.« Allons, dépêchez-vous! » crie le commandant aux soldats qui s\u2019affairent autour des croix.Est-ce que ces hommes se laisseraient impressionner par cette mièvrerie ?« Badera Baptista, Badera Baptista! » C\u2019est Antonio qui appelle: « maintenant le Laudate pueri ! » Mais le vieux Missionnaire ne paraît pas entendre.Les yeux au ciel, il semble perdu en Dieu.Son pâle visage rayonne d\u2019une lumière céleste et ses longs cheveux blancs encadrent comme d\u2019une auréole sa tête immobile.Antonio fixe avec admiration les traits spiritualisés du vieillard.Peut-être voit-il déjà le bon Dieu et les anges ?Et alors, sans plus attendre, de sa claire voix enfantine, il entonne lui-même le psaume appris avec tant de soin: izie 33: « Enfants, louez tous le Seigneur, louez le Nom du Seigneur.» Surpris, les soldats ont interrompu leur macabre besogne.L\u2019officier s\u2019est brusquement tourné avec colère vers le petit chanteur.Mais d\u2019autres voix se joignent maintenant à celle d\u2019Antonio et le chant résonne dans l\u2019air calme, doux et mélodieux.Les trois soprani papillonnent gaiement au-dessus des voix graves des hommes.C\u2019est leur chant de triomphe à eux ! Les lèvres du vieux Père Baptiste chantent elles aussi tout doucement, mais ses yeux restent fixés comme en extase sur une vision céleste.Il ne sent plus son corps.Le Christ est tout près maintenant.Antonio le regarde et la vue du vieillard lui donne une ardeur nouvelle.Cjloria Patri et Filio.Les voix des trois enfants se font plus triomphales encore.Mais le commandant, â bout de patience, lance un ordre: « Levez les lances! Frappez! » La voix du petit Antonio se brise soudain.Deux profondes blessures trouent sa poitrine: les lances ont percé son jeune cœur.Dans un soupir, sa tête s\u2019est inclinée sur la poitrine.Tous les soldats cependant n\u2019ont pas exécuté l\u2019ordre imprévu et Louis achève tout seul le psaume.« Badera Baptista, que devons-nous chanter maintenant ?» Au même moment, les soldats ont brandi leurs armes et le cœur du vieux Missionnaire cesse de battre en même temps que celui de son fidèle petit servant de messe.Sur les croix sanglantes, les corps de vingt-six martyrs pendent immobiles; mais leurs visages transfigurés gardent une expression de paix profonde et d\u2019infinie satisfaction.Saint Antonio, saint Thomas, saint Louis, saints Martyrs de la colline de Nagasaki, priez pour nous.Donnez-nous quelque chose de votre courage, de votre amour et de votre fidélité.Procurez-nous le bonheur éternel.Ainsi soit-il.(Pro Aposlolis.) Sœur Véronique-du-Sauveur (Véronique DEtœuRT, DE Westbrook, Maine), BAPTISANT UN ENFANT MOURANT.ntià^ionnaixeà nouà écrivent Canton, 4 septembre 1948.Me voici rendue dans la belle Mission de Canton.Il n\u2019y a pas à en douter, tout me le dit: l\u2019eau qui me coule au bout cies doigts et du menton, les cris des Chinois qui essaient de vendre leurs produits, etc.Notre voyage a été très paisible jusqu\u2019à deux jours avant d\u2019arriver à Yokohama.Il paraît qu\u2019alors nous avons été frappés par la queue d\u2019un typhon.Depuis le début de la traversée, je trouvais la mer par trop calme et souhaitais la voir plus fougueuse ;mon désir fut réalisé.Le soir de la tempête, j\u2019étais obligée de me tenir de chaque côté de mon lit pour ne pas tomber.J\u2019ai récité mon acte de contrition plusieurs fois et multiplié les actes d amour.Mes compagnes se préparaient elles aussi à paraître devant l\u2019Étemel.Le matin, très peu de prêtres ont pu dire leur messe, et ceux qui ont commencé à le faire ont dû demander un autre prêtre pour tenir le calice et la patène afin de pouvoir achever.A l\u2019heure du déjeuner, le calme s\u2019étant un peu rétabli, nous croyions prendre notre repas en paix, mais nous étions à peine à table qu\u2019un bruit formidable se fit entendre et passagers, chaises et vaisselle roulèrent jusqu\u2019au mur, puis revinrent ensuite à la table dans un vacarme effrayant.Le roulis dura deux jours et je me demande ce que doit être un véritable typhon, si d\u2019essuyer quelques coups de sa queue est déjà si redoutable! Le spectacle qu\u2019offre la ville de Yokohama est plutôt pénible.La pauvreté y règne en maîtresse; tout le monde y semble triste et abattu.Quelques morceaux de gâteaux qui restaient dans mon sac m\u2019ont obtenu un sourire de la part d\u2019un bébé de trois ans et d\u2019un bon vieillard tout en guenilles et marchant péniblement à l\u2019aide d\u2019un bâton.Ayant montré le gâteau à ce dernier, d\u2019un bond il fut près de moi et me l\u2019arracha pour ainsi dire des mains.Ensuite, il me fit un beau sourire que je n\u2019oublierai jamais; c\u2019était le sourire de la reconnaissance! En voyant avec quelle avidité il dévorait ce gâteau, on devinait la faim atroce qui le tourmentait.A Shanghaï, où nous avons passé une journée, la pauvreté ne paraît pas moins grande.Nous n\u2019avons rencontré que très peu de camions et de chevaux; ce sont les hommes qui sont attelés aux charrettes et aux voitures.De voir ces pauvres gens tirer leurs lourdes charges, par une chaleur écrasante, fait mal au cœur.Nous ne connaissons pas, nous, ce que c\u2019est que la misère et la pauvreté.Je me trouve vraiment chanceuse d\u2019être rendue en Mission et surtout en Mission en Chine.Il y a de quoi exercer notre zèle, je vous l\u2019assure: le travail est immense! Priez pour moi afin que je réponde généreusement et joyeusement à tout ce que le bon Dieu me demandera.Sœur Véronique-du-Sauveur, M.I.C.(Véronique Delcourt, de Westbrook, Maine.) « « Roche-à-Bateau, Haïti, 26 août 1948.Le récit de ma première visite aux malades vous intéresserait-il ?C\u2019est jeudi, il est 4 heures de l\u2019après-midi.Nos deux chevaux sont prêts; je monte Carlo, jeune coursier couleur acajou, plein de vie et d\u2019agilité.Solidement installée sur ma selle. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949\t21 je suis ma compagne, plus familière que moi dans l\u2019équitation.Au début, mon cheval se montre maussade et fait mine de ne pas comprendre le français: mais le passage d\u2019une petite rivière, où il peut se désaltérer à son goût, l\u2019aiguillonne et me voilà presque dans les airs; je vole, ce me semble, tant l\u2019allure du fier animal est douce et rapide.Parfois, la route étroite et accidentée oblige la bonne bête à ralentir sa course; j\u2019en profite alors pour méditer un peu.L\u2019image de ma sainte patronne, la Pucelle d\u2019Orléans, surgit dans mon esprit et je songe aux sentiments qui devaient remplir son cœur quand elle allait, cavalière intrépide, à la tête de son armée.Nous arrivons à Chevalier, lieu de notre visite.Dans une modeste caye composée de deux pièces, nous trouvons notre malade, jeune dame qui a fait une chute de cheval et souffre de la jambe droite.Le mari, un premier communiant de cette année, nous accueille avec grande bienveillance.Pendant que l\u2019Infirmière prodigue ses soins à la patiente, je cause avec les deux fillettes que j\u2019aperçois dans un coin de la pièce et leur fais réciter leurs prières et un peu de catéchisme.La visite terminée, nous reprenons nos montures et nous nous dirigeons du côté de Labiche.Voyageant pour la première fois en cette contrée, je voudrais emprunter les grands yeux de Carlo pour tout voir et tout admirer.D\u2019un côté du chemin, les nombreuses cayes, très rapprochées les unes des autres, semblent se tenir par la main et faire la ronde en face de la jolie rivière qui, sous un riant bocage, serpente de l\u2019autre côté de la route.Cet intéressant cours d\u2019eau répand une douce fraîcheur sur tout le parcours.Devant le tableau de la belle nature, toujours en fête, une pensée de reconnaissance monte vers l\u2019Artiste divin qui, à chaque instant, prend sur sa riche palette ces coloris variés que l\u2019on admire sans jamais se lasser.Ici, Carlo contemple avec moi, car maintenant nous allons à peine au train de trois milles à l\u2019heure.Plusieurs de mes élèves demeurent en cet endroit.C\u2019est d\u2019abord la gentille Ênide, qui vient à ma rencontre et d\u2019un geste de fierté me montre sa jolie robe, cadeau venant du Canada.Plus loin.Jeannette, petit bout de femme de la hauteur de son pupitre, me regarde avec ses grands yeux noirs.Voici Abdon, écolier très studieux, puis Fita qui rit à plein cœur quand je fais mine d\u2019entrer dans sa maison avec mon cheval.Pour ne pas prolonger ma lettre, je passe sous silence le reste de ma course.Et je termine par le mot « Merci! » Oui, merci à tous ceux qui m\u2019ont procuré le bonheur de venir en Haïti, car mon grand rêve est enfin réalisé! Sœur Jeanne-d\u2019Orléans, M.I.C.(Jeanne-d\u2019Arc Nolin, de Québec.) Mali, Iles Philippines, 22 octobre 1948.Vous demandez des nouvelles de Mati ?C\u2019est avec joie que je me rends à votre désir, moi qui suis si heureuse de vivre sur ce petit coin de terre où la bonne Providence m\u2019a transplantée depuis bientôt deux ans! Impossible de s\u2019ennuyer ici: notre petite ruche bourdonne joyeusement tout le long du jour.Je dis bien, tout le long du jour, puisque, pour ne parler que de la partie musicale, les répétitions commencent dès 6 h.30 du matin, et il est près de 6 heures le soir, quand viennent mourir les dernières notes de Flower Song.A cause de la grande chaleur du pays, les classes^commencent de très bonne heure.La High School ouvre ses portes à 7 heures, l\u2019École publique à 7 h.30 et l\u2019Académie à 8 heures.Encore deux inscriotions, et notre Académie du Cœur-Imma-culé-de-Marie comptera cent petits Philippins et Philippines, tous plus gentils les uns que les autres au dire de leur Directrice, Sœur Marie-de-Liesse S et de sa compagne, Sœur Thérèse-de-la-Sainte-Face 1.\tGeorgine Bénéteau, de Amherstburg, Ont.2.\tThérèse Le Blanc, de Moncton, N.-B. 22 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 Les institutrices laïques sont au nombre de quatre et les pensionnaires sont quinze, ce qui est beaucoup trop pour l\u2019étroitesse de notre local.Un Missionnaire américain, de passage à Mati, nous disait: « Mes Sœurs, il n\u2019y a pas un pouce carré de perdu dans votre maison! » Sœur Bernadette-Soubirous '¦ s\u2019occupe un peu des pensionnaires, manie parfois le pinceau, tout en remplissant l\u2019office du Bon Samaritain auprès des patients du dispensaire.Sœur Joseph-Armand ^ a la direction de la couture, de la cuisine, et sait au besoin se faire menuisier, cordonnier, ferblantier, etc.Quant à notre bonne Sœur Supérieure à l\u2019instar du grand saint Paul, elle se fait toute à tous pour gagner tout le monde à Jésus-Christ.C\u2019est ainsi qu\u2019en plus des nombreux travaux de sa charge, on la trouve parfois aux classes, souvent au milieu des pensionnaires, et toujours aux récréations de Communauté où elle sème la joie et la douce gaieté.J\u2019ai présentement comme élèves cinq dames, six petits garçons et vingt-deux hiles et hllettes.Malheureusement, nous sommes dans l\u2019obligation d\u2019en refuser d\u2019autres, vu que nous n\u2019avons que deux pianos à notre disposition et que la majorité des élèves ne peuvent pratiquer qu\u2019en dehors des heures de classe.Mati et son site pittoresque sont bien charmants, mais ce qui est plus intéressant encore, c\u2019est de travailler à la plus sublime des œuvres qui soit au monde: l\u2019extension du règne du Christ! Sœur Saint-Léon, M.I.C.(Irène Nadeau, de Bedford, P.Q.) m ?I Vetâ l^cAlticf^ue Sœur Marie-des-An-ges (Alice Pépin, de Warwick, P.Q.) et Sœur\tV ' Marie-Délia (Marie- Marthe Terrien, d\u2019Ot-\t_____ tawa), des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, qui ont quitté leur Maison-Mère le 2 novembre dernier, pour se diriger vers la Mission de Katete, au Nyassa Septentrional, en Afrique.De New-York, où elles ont pris le bateau, ces deux Missionnaires se rendent en Hollande.De là, un avion, spécialement réservé à des Missionnaires, doit les conduire en Afrique, en passant par Rome, où une escale leur permettra d\u2019aller implorer la bénédiction du Saint-Père.Une autre escale se fera au Soudan, puis en Ouganda et enfin au Nyassa.Daigne Notre-Dame des Missions accompagner ses Missionnaires et les conduire heureusement sur la terre qui réclame leur travail et leur dévouement ! 1.\tJeanne Thiboutot, de Notre-Dame-du-Portage, P.Q.2.\tOrtrude Gagnon, de Petit-Saguenay.3.\tSteur BkrnadetiK-f)K-LoiJRDES (Rachel De Mars, de Newport, Vermoni). J^e (Bienk Z)keopk ane Venatd tenheuteux Ulteophane Par M.le Chanoine Trochu (Suite) Le gouvernement annamite, voyant que l\u2019escadre française n\u2019entreprenait nen de décisif contre lui, a résolu de détruire radicalement la religion chrétienne dans le royaume Pour cela, les mandarins favorables aux chrétiens ont été chassés et remplacés par d\u2019autres dont la haine était bien connue.Ordre a été donné de placer des croix non seulement sur les grands chemins, mais à l\u2019entrée de tous les villages, avec des corps de garde pour torcer les passants à les fouler aux pieds.Mais les persécuteurs ont surtout pris à tâche d\u2019effacer le signe du Sauveur de l\u2019âme de tous les chrétiens, et un certain nombre de mandarins se sont fait un vrai renom dans cette œuvre de destruction infernale.Hélas' bon nombre de chrétiens non seulement apostasient, mais se laissent aller au désespoir et se livrent au démon, et alors ils deviennent des persécuteurs plus à craindre que ceux dont je viens de parler Les malheureux' Ils tournent leur rage contre les autres chrétiens et se vengent sur eux des maux que d\u2019autres leur font endurer Ils se mettent avidement à la recherche des prêtres et des catéchistes, et rendent l\u2019abord des chrétientés très difficile aux missionnaires et aux prêtres indigènes.Autre plaie, à la destruction de nos collèges et Maisons de Dieu, plus de douze cents jeunes gens se sont trouvés sur le pavé, un certain nombre ont pu revenir au heu de leur patrie, mais la plupart n\u2019ont pas eu cette facilité, ou bien parce qu\u2019ils auraient été pris, ou bien parce qu\u2019ils n\u2019ont plus de famille.Les voilà donc sans feu ni heu, errant de chrétienté en chrétienté pendant de longs mois.Beaucoup ont été pris et ont rendu témoignage au nom de Jésus; presque aucun d\u2019eux n\u2019a cédé ni aux tortures, ni aux caresses des mandarins, et l\u2019Église annamite peut s\u2019enorgueillir de les avoir enfantés.Mais aussi ceux qui apostasièrent se sont dévoyés, ont commencé à donner des scandales contre les mœurs, et une fois entrés dans la voie de la corruption, ils sont allés plus loin que tous les autres Ils se sont mis à la suite des mandarins et leur ont dévoilé tout ce qui concerne la religion, puis, munis de pouvoirs secrets pour prendre les chefs de religion, les voilà, sous toute espèce de déguisements, lancés par le pays comme une bande de Judas.Après cela, cher ami, vous voyez qu\u2019il est presque' impossible à nous, pasteurs des fidèles, de nous montrer à eux et de leur distribuer le pain de l\u2019exhortation et de la consolation.Les pasteurs sont obligés de se cacher, et voilà le troupeau à la merci des loups dévorants, loups qui ne veulent pas tuer le corps, mais l\u2019âme des brebis.Pour moi, j\u2019ai confiance en Dieu que je consommerai ma course, que je conserverai intact le dépôt de la foi, de l\u2019espérance et de l\u2019amour, et qu\u2019il me sera donné de partager avec les amis la couronne de justice.Mais, très cher ami, en vous traçant ces lignes, la pensée de nos malheurs s\u2019est présentée SI vivement à mon esprit que j\u2019ai eu bien de la peine à refouler mes larmes et à finir ma lettre.Nous sommes comme Jérémie gémissant au milieu de Jérusalem dévastée, autour de nous sont des ruines immenses, seront-elles jamais relevées?C\u2019est la plaine couverte d\u2019ossements de la vision d\u2019Ézéchiel.Y aura-t-il pour eux dans le temps un jour de résurrection?Quand du présent la pensée se porte vers l\u2019avenir, un frisson glacial parcourt vos membres, le courage mâle semble près de défaillir.De telles angoisses et de telles craintes avaient dû tourmenter Mgr Retord agonisant sur son lit de feuilles mortes.Lui disparu, elles hantaient plus que jamais le cœur des survivants.Le nouveau vicaire apostolique du 24 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 Tonkin occidental, Mgr Jeantet, serait-il à la hauteur de la tâche ?Agé de soixante-sept ans, il en portait quatre-vingts, tellement l\u2019avaient usé trente-neuf années d\u2019apostolat.Il s\u2019était d\u2019ailleurs jusque-là fort peu occupé du vicariat, la direction du séminaire de Ké-Non l\u2019occupant déjà tout entier.Aussi songea-t-il presque aussitôt à se donner un coadjuteur.Et, son choix se porta sans hésitation sur le Père Joseph Theurel que Mgr Retord lui-même avait désigné d\u2019avance pour ce redoutable honneur en le nommant, l\u2019année précédente, son provicaire.Tout jeune, \u2014 il avait vingt-neuf ans, étant né le 27 octobre 1829, trois semaines avant Théophane Vénard \u2014 d\u2019une santé qui bravait toute fatigue et avec cela intelligent, sage, plein de zèle et d\u2019entrain, Mgr Theurel était bien le chef qu\u2019il fallait en des circonstances si difficiles.Peu de semaines auparavant, des lettres lui étaient arrivées de Paris qui le rappelaient pour être directeur au séminaire des Missions-Étrangères.Mgr Retord, pour la raison que l\u2019on sait, avait cru devoir le maintenir au Tonkin, et il y était resté.En vertu de pouvoirs spéciaux, Mgr Jeantet put procéder au sacre de son coadjuteur sans attendre l\u2019agrément du Souverain Pontife.Mgr Theurel hériterait simplement du titre épiscopal du regretté Mgr Retord: on le ferait à son tour évêque d\u2019Acanthe in pariibus infidelium.Mais ce n\u2019est pas sans peine que l\u2019on découvrit le nouvel élu.Les missionnaires vivaient assez loin .les uns des autres, ignorant souvent l\u2019endroit où se cachaient les confrères.Enfin un messager put atteindre le futur évêque d\u2019Acanthe.Un jour que j\u2019étais dans une étable à buffles, a-t-il conté lui-même, je reçus ordre de faire une retraite immédiatement, puis de me rendre auprès de Monseigneur.Après avoir fait la retraite commandée, je vins en deux nuits au lieu de rendez-vous \u2014 le hameau de Ké-Tru.Le lendemain, on fit l\u2019élection, et le surlendemain la consécration.C\u2019était le 6 mars 1859.On ne déploya pas grand luxe dans la cérémonie.Deux prêtres annamites, à défaut de confrères européens, dont aucun n\u2019avait pu sortir de sa cachette, remplissaient les fonctions d\u2019évêques assistants.J\u2019eus pour crosse un bâton de bambou coupé dans le buisson voisin, habillé de papier doré et surmonté d\u2019une corde de paille repliée sur elle-même.Je n\u2019avais point de bas; impossible de trouver des gants.La cérémonie était terminée plus de deux heures avant le lever du soleil.Et voilà comment se font au Tonkin les évêques d\u2019Acanthe.Que les temps étaient changés! Au cours de la très humble cérémonie, l\u2019évêque consécrateur dut se souvenir, non sans mélancolie, de son propre sacre, célébré à Ké-Non, il y avait douze ans, avec tant de solennité et de pompe, et que Mgr Retord décrivait avec une telle allégresse; Nous étions là deux évêques sans compter le nouvel élu, deux missionnaires européens, plus de vingt prêtres indigènes, plus de cent élèves latinistes, tous en chape ou en surplis, tous chantres ou officiants.Tambours et musique au grand complet, au moins dix mille chrétiens réunis, sans compter une foule de païens.Après le sacre, nous avons donné un banquet à tout ce monde; et il a fallu pour cela dresser 1,900 tables de six convives chacune.Enfin, à la nuit, tout s\u2019est terminé par un feu d\u2019artifice.{A suivre) It JAPON KORIYAMA Les fruits d\u2019une petite représentation Dans notre milieu non chrétien où la charité du Christ est encore presque complètement ignorée, les préjugés de classes exercent souvent leur funeste influence.Ainsi, les élèves de familles pauvres et celles de fam.illes riches se groupent difficilement.Celles-ci refusent parfois de se /ivrer à une étude à laquelle s\u2019applique déjà une compagne de condition inférieure.Pour détruire ces préjugés, les Missionnaires doivent useï de différentes industries.C\u2019est dans ce but que, dernièrement, nous organisions une petite séance parmi nos jeunes filles des cours anglais.La représentation, intitulée La charité bien récompensée, m.et en scène une jeune étudiante, fille unique et de fam.ille aisée, qui a découvert, au contact des Missionnaires, le vrai sens de la charité chrétienne.Voyant qu\u2019une élève très pauvre est absente de l\u2019École, cette jeune personne prend des renseignements à son sujet, et, apprenant qu\u2019elle est malade, se détermine à aller lui porter secours.La charitable enfant trouve sa compagne dans un pitoyable état.De bon cœur, elle lui rend maints services, ainsi qu\u2019à sa mère infirme.Les visites se succèdent: sans souci des railleries que lui suscite sa nouvelle manière d\u2019agir, l\u2019Infirmière bénévole continue de s\u2019intéresser à ses protégées et partage avec elles ses gâteaux, sucreries, etc.La malade et sa mère, étonnées elles-m.êmœs de tant de bonté et de prévenances de la part d\u2019une étrangère, se décident enfin à s\u2019enquérir auprès de leur bienfaitrice du motif de sa conduite.La chère enfant leur explique alors les principales vérités de notre sainte religion; elle parle d\u2019un bonheur étemel et d\u2019une récompense sans fin pour tous ceux qui aiment et servent le seul vrai Dieu.Quand vient l\u2019heure suprem.e, la miourante demande le baptême qui lui est aussitôt administré et son âme fraîchement régénérée s\u2019envole peu après en paradis pour chanter les louanges de l\u2019Étemel.La scène se termine par un tableau vivant dans lequel l\u2019heureuse élue apparaît à sa charitable compagne pour lui dire son bonheur et sa reconnaissance.Le rideau se ferme aux applaudissements de toute l\u2019assistance. MÈRE DU SAINT-CŒUR-DE-MARIE (AGNÈS LAVALLÉE, DE WINNIPEG).ALORS VISITATRICE, SŒUR SAINT-GRÊGOIRE-DE-NAZIANZE (RITA MARTEL, DE VANKLEEK-HILL, ONT.), SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION, ET QUELQUES ÉLÈVES DU COURS ANGLAIS AU COUVENT DE KORIYAMA, AU lAPON. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 27 Nos jeunes actrices, qui s\u2019exécutent pour la première fois en public, dans la langue anglaise, sont fières de leur succès et nous le sommes aussi; mais notre but ne serait pas atteint si le résultat de cette représentation se bornait à des félicitations.C\u2019est autre chose que nous ambitionnons et nous ne serons pas déçues.Le mardi qui suit ce beau jour, nos élèves nous reviennent pour leur cours ordinaire.Après la leçon, six sur huit demandent à commencer l\u2019étude de notre sainte religion.Un peu surprises, nous nous informons du pourquoi de ce brusque changement: quelques-unes fréquentaient notre Couvent depuis dix mois, d\u2019autres depuis six mois, et jamais il n\u2019avait été question d\u2019étudier le catholicisme.« Êtes-vous bien sérieuses ?leur demandons-nous.\u2014 Oui, ma Sœur, nous le sommes, répondent-elles.Nous ne voulons pas que notre bonheur ait la durée d\u2019une séance seulement, mais que notre vie entière soit remplie de charité et de dévouement.Demandez au R.Père de faire de nous de bonnes chrétiennes.» Il va sans dire que la proposition a été acceptée et, depuis, ces jeunes filles suivent régulièrement le cours de catéchisme.Voilà comment un acte de charité dramatisé peut jeter dans le cœur d\u2019une jeunesse ardente tout un idéal de vie chrétienne.Chez les tout petits du Jardin de l\u2019Enfance Mme X.est malade et doit demeurer au lit quand sa fillette part pour le Jardin de l\u2019Enfance.L\u2019enfant en est inquiétée.A son retour, le soir, son premier bonjour est de s\u2019informer anxieusement de la santé de sa mère.\u2014I SŒUR AGNÈS-D\u2019ASSISE (LUCIENNE RENAUD, DE MONTRÉAL), SŒUR MISSIONNAIRE DE LTMMACULÉET:0NCEPTI0N, ET TROIS PATIENTS DU DISPENSAIRE DE KORIYAMA, AU JAPON 28 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Févner 1949 « Aujourd\u2019hui, dit-elle, je suis allée voir le petit Jésus à la chapelle et je lui ai demandé de guérir maman; il ne peut pas ne pas m\u2019écouter.» Cette réflexion rend le père songeur.« Je ne croyais pas qu\u2019il y avait un Dieu, se prend-il à dire; ma fillette me le prouve.» Et il ajoute: « Mes autres enfants sont allés à différentes Écoles maternelles et ils n\u2019ont pas même appris la différence qui existe entre le bien et le mal; et voici que cette petite nous dit en l\u2019occurrence, et avec une justesse où il n\u2019y a rien à reprendre: « Papa, il ne faut pas faire telle action, ce n\u2019est pas bien; mentir, se mettre en colère, cela fait de la peine au petit Jésus; ou bien encore: Il faudrait agir ainsi », etc.Le petit garçon d\u2019une femme-médecin a une extrême aversion pour les piqûres.Un jour qu\u2019il est malade, la mère est tout étonnée en voyant qu\u2019il accepte le remède ordinairement si redouté avec une parfaite soumission.« Tu en gagnes, mon fils, ne peut s\u2019empêcher de lui dire son père.\u2014 Papa, répond le bambin, c\u2019est qu\u2019au Jardin de l\u2019Enfance, j\u2019ai appris à connaître le bon Dieu et ce que les méchants lui ont fait souffrir.Ce n\u2019est rien d\u2019endurer une piqûre, quand on pense à tout ce que Jésus a souffert, lui qui n\u2019avait pas péché.» Ce petit a été baptisé à l\u2019immaculée Conception et est très fervent.Un jour qu\u2019il avait été fort contrarié, la lutte intérieure qu\u2019il soutint pour se vaincre fut si violente, que son père lui dit tout surpris: « Quelle puissance te soutient ?Autrefois, tu aurais bien répondu en frappant ton contradicteur sans pitié.» Cette fois encore, l\u2019enfant évoqua l\u2019image du divin Crucifié.Le papa païen, longtemps fanatique, ne put retenir ses larmes et resta rêveur.Quelle influence n\u2019aura pas sur sa vie la conduite admirable de son garçonnet ?* * WAKAMATSU Joies apostoliques Qu\u2019elles sont douces et consolantes, à l\u2019heure actuelle, les joies de l\u2019apostolat au pays du Soleil Levant! Pour qui a connu les difficultés d\u2019autrefois, l\u2019hostilité que Missionnaires et néophytes devaient essuyer, au risque de réelles persécutions, c\u2019est à faire pleurer de bonheur maintenant de voir les églises remplies à déborder et la famille des chrétiens compter, à chaque grande fête, plusieurs membres de plus.Le jour de la Pentecôte, cinq nouveaux noms s\u2019ajoutaient au registre de la petite Mission de Wakamatsu, dont un jeune homme, professeur au lycée des garçons, et deux de nos aides du Jardin de l\u2019Enfance.La veille de l\u2019Assomption, huit autres catéchumènes étaient faits enfants de Dieu.Parmi ces derniers figurait notre bonne Sato Noriko San, aide-cuisinière.L\u2019heureuse privilégiée, qui se nomme maintenant Rita Sato, est toute à son bonheur.C\u2019est avec le plus grand soin qu\u2019elle s\u2019est préparée à son baptême et à sa première communion.Son application, son ardeur au travail et surtout sa délicate charité envers ses compagnes firent l\u2019objet de notre édification et parlèrent éloquemment en faveur de sa foi.La chère enfant est très fervente ¥ ÉCOLIÈRE JAPONAISE MÈRE DU SAINT-CŒUR-DE-MARIE (AGNÈS LAVALLÉE, DE WINNIPEG) ET SŒUR MARIE-LÊONISE (RACHEL GÊRIN, DE COATICOOK), SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION.ET TROIS JEUNES FILLES DE WAKAMATSU JOUANT DU KOTO, INSTRUMENT DE MUSIQUE DU JAPON Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 31 et son exemple ne peut manquer d\u2019impressionner celles qui, encore païennes, travaillent à ses côtés.Le cours de catéchisme que donne ici, chaque semaine, le R.P, Fuka-sawa, est régulièrement suivi par une trentaine de personnes au nombre desquelles nous comptons plusieurs jeunes gens de nos élèves d\u2019anglais.Ces derniers, qui, peut-être, n\u2019oseraient mettre les pieds à la Mission, par gêne, parti pris ou respect humain, sont heureux de venir dans une salle qui leur est familière et nullement compromettante.Notre chapelle est trop petite pour contenir tous ceux qui désirent assister au Salut du Saint Sacrement, après le cours.Ce que la guerre nous a laissé de notre bibliothèque japonaise nous permet de mettre à la disposition de nos grands élèves des ouvrages catholiques aussi instructifs qu\u2019édifiants.Pour un grand nombre, c\u2019est un premier jet de lumière sur la vérité qu\u2019ils cherchaient en vain dans les volumes classiques ou scientifiques.De l\u2019intérêt goûté dans ces pages naît bientôt le désir de mieux connaître la religion, inspiratrice de la vraie grandeur d\u2019âme des héros chrétiens.On demande alors un livre de doctrine, puis de là à la détermination de participer aux cours réguliers, il n\u2019y a pas loin.Une de nos élèves d\u2019anglais, fille de ministre protestant, a ainsi découvert, en fouillant notre bibliothèque, le vrai chemin de la vérité où elle aspire à entrer le plus tôt possible.Pour la première fois depuis douze ans, il a été permis à la chrétienté de Wakamatsu d\u2019organiser la procession du Très Saint Sacrement à l\u2019extérieur, à la dernière Fête-Dieu.Sans doute, il ne fut pas question d\u2019un long défilé parcourant les plus beaux quartiers de la ville et s\u2019arrêtant à plusieurs reposoirs, mais ce triomphe, si modeste fut-il, a.u Jésus de l\u2019Hostie, fut vraiment consolant.Les jeunes filles catholiques et quelques-uns de nos dévoués amis non chrétiens s\u2019étaient fait un honneur de nous prêter main-forte pour les décorations et la préparation des gerbes de fleurs destinées à orner le trône du divin Roi.Vers 6 heures, au chant du P ange Lingua, la procession partait de l\u2019église de la Mission pour se diriger vers l\u2019entrée principale de notre Couvent.Dans le portique, un autel avait été dressé et décoré de toutes les fleurs apportées par nos élèves des cours privés.On chanta un motet au Saint Sacrement, puis un cantique en japonais, et Jésus, bénissant toujours, passa à travers la foule de curieux attirés par la nouveauté d\u2019un tel spectacle.De retour à l\u2019église, quasi trop petite pour la nombreuse assistance, il y eut Salut solennel et exercice du mois de Marie.Il est à souhaiter que ce beau jour soit le prélude de plus grandes manifestations eucharistiques dans un avenir rapproché.Le libre accès que nous avons dans les hôpitaux nous permet d\u2019y jeter à pleines mains la divine semence et d\u2019y cueillir parfois de beaux épis pour le ciel.C\u2019est ainsi qu\u2019à chacune de nous a été accordée la joie de verser l\u2019eau sainte de la régénération.A Sendaï, où nous avons eu l\u2019occasion de nous rendre, au cours de l\u2019été, le travail d\u2019apostolat est aussi des plus encourageants.L\u2019église, assez vaste pourtant, ne suffit plus à contenir la multitude des fidèles; les derniers arrivés doivent se contenter de suivre l\u2019Office divin par les fenêtres ouvertes, et le prêtre célèbre trois messes le dimanche. LE BRAVE JARDINIER DU COUVENT DE WAKAMATSU, AU JAPON Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Févner 1949 33 L\u2019École Supérieure des jeunes filles, dirigée par les Religieuses de Saint-Paul de Chartres, compte plus de neuf cents élèves, qui toutes fréquentent les leçons régulières de catéchisme.Sur trente professeurs, la moitié sont chrétiennes, les autres étudient la religion.Une petite association, créée pour stimuler la ferveur, demande à ses membres l\u2019assistance à la messe dominicale et certaines pratiques de piété.Six cents jeunes filles y sont déjà enrôlées.Le cours de catéchismie pour les enfants de l\u2019École élémentaire réunit plus de deux cents marm.ots païens qui rivalisent d\u2019ardeur pour apprendre la science qui conduit au vrai Dieu.UNE RETRAITE FERMÉE Le 17 août dernier, vingt jeunes filles suivaient en notre Couvent les exercices d\u2019une retraite fermée.Les fruits retirés de ces saints jours furent des plus consolants, si l\u2019on en juge par les réflexions suivantes qu\u2019une des retraitantes, encore non chrétienne, laissait par écrit en nous quittant.Pendant la retraite, j\u2019ai appris bien des choses qui m\u2019avaient été étrangères jusqu\u2019ici Aimer Dieu m\u2019est devenu facile et je vis maintenant dans une profonde gratitude.Il me semble qu\u2019à présent je puis moi aussi adresser au ciel une pure prière.Le plaisir de prier pénètre mon coeur et je n\u2019ai jamais senti la présence de Dieu si près de moi.Comment se fait-il que je ne me sois pas rendu compte de cela plus tôt?J\u2019ai compris, durant ma retraite, que par le fait que je ne suis pas chrétienne, quelque chose me manque.Ma sœur aînée, qui est morte il y a dix ans, était une adoratrice du vrai Dieu.Sa situation était bien plus difficile que la mienne.En ce temps-là, mon grand-père était très sévère, mais elle, d\u2019une nature gaie, aimait son Dieu et étudiait autant qu\u2019on le lui permettait, .¦\\vant de mourir, elle me dit: « Ne sois pas faible.Aie une foi ferme et va de l\u2019avant vers ton idéal.» Et elle est partie pour l\u2019autre monde, laissant derrière elle ce dernier et si lumineux sourire.Ces suprêmes recommandations me sont revenues à l\u2019esprit pendant ma retraite et m\u2019incitent à demeurer ferme dans ma détermination.Ma mère ne me permettrait pas d\u2019être chrétienne maintenant: elle consent à ce que j\u2019aille à l\u2019église, mais n\u2019est pas contente de me voir venir à la messe: c\u2019est un sacrifice que j\u2019offre pour obtenir qu\u2019elle m\u2019accorde sa permission.Et les réflexions continuaient en ce sens, montrant la joie d\u2019une âme qui a découvert le chemin de la vérité et les obstacles qu\u2019elle doit surmonter pour y entrer.Ces lignes révèlent en outre le grand bienfait qu\u2019est la retraite fermée, même en pavs païen.QUELQUES FLEURS NIPPONES Ce n\u2019est pas en vain que, durant le mois de mai 1948, des voix se sont élevées suppliantes, de tous les points de l\u2019univers, implorant la Vierge Mère d\u2019attirer à son Jésus les enfants japonais.L\u2019instante et pieuse supplique a eu son écho dans le cœur de nos chers petits Nippons, et plus d\u2019une fois déjà il nous a été donné d\u2019en constater les heureux fruits.Yoichi n\u2019est pas un philosophe; rien ne le distingue de ses petits camarades du même âge, mais son âme droite garde fidèlement l\u2019empreinte de christianism.e que nous nous efforçons de lui donner; et le bambin n\u2019a pas peur d\u2019affiimer ses convictions.En voici un exemple.Le jour de la grande promenade traditionnelle du printemps était arrivé.La veille au soir, chaque maman avait préparé le goûter spécial qui devait se déguster sous les Sakura (cerisiers en fleurs).Rien de plus agréable pour nos jeunes Nippons, et ce jour heureux entre tous est toujours attendu avec 34 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1949 impatience; mais, déception cruelle, il pleuvait ce matin-là! Supposant la peine de son petit homme de six ans, M.Sato, professeur au lycée des garçons, lui dit d\u2019un ton de chagrin: « Que c\u2019est regrettable, pas de promenade aujourd\u2019hui!\u2014 Oh! non, papa, reprend l\u2019enfant, si le bon Dieu donne de la pluie, c\u2019est parce que c\u2019est mieux comme cela; lui sait ce qui est bien, ce n\u2019est pas regrettable.» Ne s\u2019attendant pas le moins du monde à une telle réponse, le savant professeur reste interdit.Sans y rien comprendre, il ne peut s\u2019empêcher d\u2019admirer la fine sagesse de son Yoichi et, conséquence, au cours de catéchisme que donne le R.P.Fukasawa à son École, M.Sato s\u2019inscrit et, depuis, prend part aux leçons avec grand intérêt.Et la gentille Hiroko San, que le bon Dieu vient de ravir à sa famille païenne, à l\u2019âge de six ans seulement, n\u2019était-elle pas prévenue de la grâce pour vivre comme elle le faisait de la pensée de devenir chrétienne un jour ?Ce sentiment était si vif chez elle que sa mère nous en faisait la remarque: « Pendant que la religion nous préoccupait si peu, disait-elle, Hiroko en était tout absorbée.Jamais elle n\u2019omettait sa prière et c\u2019est ma consolation de penser que Maria Sama est venue l\u2019assister à ses derniers moments, car dans ses enfantines oraisons, elle terminait toujours en disant: Priez pour nous, maintenant et à l\u2019heure de notre mort.» Cette chère petite aimait s\u2019amuser à regarder des images.Lui demandait-on ce qu\u2019elle faisait en restant ainsi immobile devant les sujets de son choix: « Je parle au petit Jésus », répondait-elle naïvement.Elle est, nous en avons la douce confiance, une de ces tendres fleurs nippones que la Sainte Vierge a pu présenter à son Jésus, en réponse à toutes les prières qui sont montées vers le ciel au cours du mois de mai.L\u2019eau sainte de la régénération n\u2019a pas coulé sur son front, mais si l\u2019ardeur du désir peut suppléer au baptême d\u2019eau, il n\u2019y a pas de doute que cette jeune âme, qui soupira si vivement après la faveur de devenir chrétienne, n\u2019ait vu s\u2019ouvrir toutes grandes devant elle les portes du Paradis.Ses parents, la trouvant trop petite pour s\u2019occuper d\u2019une question aussi sérieuse, lui avaient refusé de venir à l\u2019église, tolérant de la voir se récréer ici le dimanche, avec les professeurs.Hiroko employait ce temps à questionner sur le ^and sujet de ses préoccupations.Le bon Dieu réclamait cette âme candide et il est venu la ravir inopinément à ses parents.Elle restera pour nos tout petits le modèle que nous aimons à proposer à leur imitation: à la prière, ange de recueillement qui savait parler à son Père du ciel avec autant de candeur qu\u2019elle le faisait avec son papa et sa maman; en classe, bambine attentive aux moindres recommandations de ses maîtresses; au jeu, enfant toujours complaisante et vrai petit rossignol quand il s\u2019agissait de chanter aux rondes.Elle était fine à croquer, quand elle entonnait, dans son meilleur français: « Petit Zézu, bonzour! ».Comment douter alors qu\u2019à son arrivée là-haut, ce divin petit Roi ne soit venu lui dire à son tour: « Hiroko, bonjour! » Nous dévouer pour les Missions, c\u2019est prouver l\u2019énergie de notre foi catholique.L\u2019estime que nous avons pour la foi, nous la manifestons en remplissant notre devoir missionnaire.rinT.i .o ^\tR.P.Robert Streit, O.M.1. Montréal LE PRECURSEUR ILES PHILIPPINES Janvier-Février 1949 35 MISSION CHINOISE DE MANILLE PERTE d\u2019une vaillante MISSIONNAIRE Le 1®'' juillet dernier, l\u2019Ange de la Mort venait ravir à notre Communauté l\u2019une de ses plus anciennes Missionnaires dans la personne de notre chère Sœur Marie-Immaculée (Alice Van Chesteing, de Saint-Michel de Napier-ville).Après vingt-deux ans d\u2019apostolat à Canton, notre bien-aimée Sœur était désignée pour Manille.Elle arrivait à la rue Narra le l®\" septembre 1947.Notre Œuvre Chinoise, qui venait alors de se réorganiser, devait grandement bénéficier de sa sage expérience, comme de ses précieux exemples de ferveur, de fidélité et de dévouement au salut des âmes.Le 26 juin, le médecin nous avertissait que notre chère compagne touchait au terme de sa carrière.Cette nouvelle jeta la consternation dans tous les cœurs.La chère malade fut elle-même quelque peu surprise d\u2019apprendre que sa fin était si prochaine; elle avait tant souffert déjà qu\u2019il lui semblait pouvoir encore cette fois triompher de son mal, mais avec un calme et une confiance admirables, elle se prépara à recevoir l\u2019Extrême-Onction.Toute notre petite Communauté était agenouillée au pied de son lit.Durant la journée, la paix et le contentement illuminèrent la figure de la'généreuse malade.Si, de temps à autre, on voyait des larmes couler doucement sur ses joues, elle nous assurait que c\u2019étaient des larmes de bonheur.Son bon sourire et l\u2019expression de surnaturelle jubilation qui rayonnait sur ses traits nous laissaient soupçonner la beauté de son âme; nous la sentions prête à répondre au suprême Veni.Le lendemain, 27, comme notre malade se maintenait dans le même état, nous commençâmes une neuvaine à notre vénérée Mère Fondatrice, au pied d\u2019une statue dont cette sainte Mère avait fait cadeau à Sœur Marie-Immaculée, à son départ pour Rome où elle exerça la charge de Supérieure de notre Couvent de Monte Mario, en 1926.Après les prières, comme nous disions à notre chère Sœur notre confiance d\u2019être exaucées, elle répondit: « La volonté du bon Dieu, la volonté du bon Dieu! Notre vénérée Mère répétait cela souvent: la volonté du bon Dieu! » Elle demeura joyeuse, priait presque continuellement et montrait une attention soutenue à pratiquer les petits actes de vertus qui se présentaient.La journée du 30 fut assez bonne, mais, vers le soir, notre malade fut prise d\u2019un violent mal de tête et eut aussi quelques vomissements.Un peu après six heures, nous fîmes venir le prêtre et le médecin.Pendant la prière du soir, que nous récitâmes près de sa chambre, elle semblait reposer.En entendant chanter l\u2019invocation: « Cœur Sacré de Jésus, j\u2019ai confiance en vous! » elle se recueillit, puis aux premières paroles du Salve Regina, elle rapprocha ses mains, les joignit pieusement et parut s\u2019unir à notre chant, mais avant que notre hymne du soir fut achevée, elle tombait dans le coma.EUe ne devait rouvrir les yeux que sur les beautés de la Patrie.Notre Immaculée Mère voulut que le dernier acte conscient de celle qui avait porté son .beau nom avec une piété si filiale fût cette prière qui nous est si chère et kV LE R.H A GARCIA, CURE UE LA MlbbKJN cHINUIbE DE MANILLE, SŒUR CLAIRE-DE-L'EUCHARISTIE (CLAIRE FONTAINE, DE QUÉBEC) ET SIEUR bAINT-LOUIS-DE-GONZAGUE (ANNA GIRARD, DE CLAREMONT, N.H.), SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCERTION, ET LES NOUVEAUX BAPTISÉS DE L'ÉCOLE ANGLO-CHINOISE, 23 AVRIL 1^48. iMoiureal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 37 qu\u2019au soir de notre vie nous aimerions toutes adresser à notre céleste Mère, comme nous le faisons chaque soir de notre pèlerinage terrestre.Après une nuit pénible, la chère mourante devint peu à peu plus tranquille; il était facile de constater que ses forces baissaient rapidement.Vers la fin de l\u2019après-midi, elle entra en agonie.Nous ne quittions pas son chevet, ne cessant de répéter les Ave de notre Rosaire; c\u2019était pour nous, à cet instant suprême, le seul moyen d\u2019aider efficacement notre bien-aimée Soeur et de lui prouver l\u2019affection profonde que nous lui portions.Un peu après neuf heures, elle se calma, puis, doucement, le fruit mûr fut détaché de sa tige: les bras de notre Père du ciel, et ceux de notre Mère Immaculée s\u2019ouvraient pour recevoir leur fidèle enfant.- Il était neuf heures et vingt minutes, la veille de la Visitation de la Sainte Vierge et d\u2019un premier vendredi.Vers minuit, nous exposâmes la dépouille mortelle de notre chère compagne à la chapelle, où, tout près du Tabernacle, témoin muet de ses ardentes prières et de ses amoureuses acceptations des divins Vouloirs, elle passa les dernières heures de son séjour à notre Mission.Le lendemain matin, elle fut transportée dans la chapelle de nos Sœurs de la rue del Rosario où notre aumônier chanta le service.Elle passa ensuite la journée dans l\u2019un des parloirs du nouveau Couvent de nos Sœurs, au pied d\u2019une statue de la Sainte Vierge que, peu de temps auparavant, elle avait elle-même décorée avec beaucoup d\u2019amour.Après avoir été toute la journée entourée d\u2019une belle couronne d\u2019enfants récitant le chapelet, la dépouille de notre regrettée Sœur fut portée au cime- $ LE CERCUEIL DE SŒUR MARIE-IMMACULÊE (ALICE VAN CHESTEING, DE ST-MICHEL DE NAPIERVILLE) EST PORTÉ AU CIMETIÈRE.ON REMARQUE LES NICHES À DROITE. 38 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 tière où nous avons la consolation de la voir reposer dans une niche voisine de celle de notre chère Sœur Saint-Maurice K Aux deux dernières visites que nous avions faites précédemment au cimetière, nous avions remarqué cette niche vide, sans nous douter aucunement que l\u2019une de nous la remplirait si vite.Celle qui y dort aujourd\u2019hui avait peut-être quelque pressentiment qu\u2019elle en serait l\u2019occupante, car elle faisait souvent allusion à sa fin prochaine et mettait une si grande attention à vivre saintement que, tout en nous édifiant beaucoup, elle pouvait laisser entendre que le bon Dieu la trouverait bientôt prête pour la céleste récompense.La froide pierre apposée à la niche, en dérobant pour toujours à nos regards terrestres cette compagne qui nous fut si dévouée, ne peut cependant nous empêcher d\u2019espérer qu\u2019elle nous continuera son aide et sa protection du haut du ciel.GAGALANGIN, MANILLE Le nouveau Couvent dont le bon Dieu a bien voulu gratifier ses Missionnaires de Manille leur a ouvert ses portes le 14 juin au matin.Ainsi, par un miracle de notre bon Père saint Joseph, qui s\u2019y entend bien dans le métier, la construction marcha si rapidement, que notre Académie de l\u2019Immaculée-Conception put accueillir ses sept cent vingt élèves dans la bâtisse neuve de la rue del Rosario à la fin de juin.Il n\u2019était que 7 h.15, au matin du 14, quand hommes et camions nous arrivèrent pour procéder au déménagement.Le soir même, nous nous endormions sous notre nouveau toit, en remerciant la divine Providence de sa libéralité et savourant déjà les bienfaits du silence et du calme extérieurs que nous ne connaissions guère auparavant.Le 19 juin, Mgr J.Jovellanos venait bénir notre nouvelle chapelle et y célébrer le Saint Sacrifice pour la première fois.Bon nombre de bienfaiteurs et amis y assistaient, se réjouissant de ce qu\u2019un tabernacle de plus s\u2019ouvrait pour servir de demeure au Dieu du ciel et de la terre.Notre architecte, le bon M.Suiza, brave catholique, nous a fait don de deux magnifiques bénitiers.Il avait à cœur de rendre notre petit sanctuaire le plus beau possible, malgré le cachet de simplicité que nous désirions lui garder.M.Suiza a inscrit immédiatement ses quatre enfants à notre École.Le 21, en la fête de-saint Louis de Gonzague, patron de la jeunesse, l\u2019enrôlement pour les classes s\u2019inaugurait.Plusieurs parents, voyant s\u2019élever les murs de notre Maison, avaient déjà retenu des places pour leurs bambins, de crainte de n\u2019en pas avoir plus tard.Tous sont heureux de l\u2019endroit idéal choisi pour notre Académie et des grands avantages dont elle bénéficie: proximité de la mer, éloignement du bruit et de la circulation, sécurité pour les élèves qui prennent leurs ébats dans une large cour entourée d\u2019une haute clôture en pierre.Le 28, dès 6 h.45 du matin, les portes s\u2019ouvraient toutes grandes à la gent écolière fourmillant sur le terrain.1.Juliette SiMONEAU, de Gardner, Mass., décédée à Manille le 17 juin 1943. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 39 - SŒUR SAINT-LOUIS (FLEUR-ANGE PELLETIER, DE SAINT-FRANÇOIS-XAVIER, N.-B.), SŒUR MISSIONNAIRE DE LTMMACULÊE-CONCEPTION, ET SES FILLETTES DE 3« ANNÉE À L'ACADÉMIE DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION DE MANILLE.Notre nouvelle École est une bâtisse en ciment recouverte (de fraîches couches de peinture crème.La façade s\u2019ouvre sur la rue del Rosario.Une grande inscription: Immaculate Conception Academy, figure à l\u2019entrée principale.Aux deux angles du porche, de jolies palmes et fougères forment un attrayant décor.En entrant, le visiteur porte naturellement les yeux sur une belle Vierge placée au haut de l\u2019escalier conduisant à la chapelle.Un long corridor divise la maison en deux.Toutes les pièces sont éclairées par de larges fenêtres qui permettent aussi à l\u2019air pur de la mer de pénétrer abondamment.Les classes sont d\u2019un aspect réjouissant avec leurs murs clairs et leur mobilier neuf ou soigneusement rafraîchi.Enfin, nos élèves ont toute raison de se montrer heureux et fiers de leur Académie.Ils n\u2019y trouvent pas de luxe mais de la lumière, de l\u2019espace, et, surtout, le grand avantage d\u2019une éducation chrétienne accompagnée d\u2019une instruction à base de principes religieux.Nous disons toute notre reconnaissance au bon Dieu d\u2019abord, puis à nos charitables bienfaiteurs qui nous ont aidées et voudront bien encore nous prêter leur concours pour le soutien de notre oeuvre d\u2019apostolat auprès de la jeunesse philippine.S\u2019oublier, pour ne penser qu\u2019à Dieu, au Christ et aux âmes, c\u2019est se retrouver soi-même sur les sommets, ennobli, enrichi, sanctifié.P.L.Collin, C.SS.R. I LOLO, MONA.GRACIA ET RACHEL DÉGUSTANT LIN BOL DE MILLET, A « LA CHARITÉ, STL VOUS PLAÎT r>, AUX CAVES, EN HAÏTI. Montréal\tLE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1949 41 ANTILLES LES CAVES, HAITI S.Exc.LE Président visite « La Charité, s\u2019il vous plaît » L\u2019un des événements les plus importants de l\u2019année 1948, aux Cayes, fut sans contredit la visite de S.Exc.le Président de la République d\u2019Haïti, M.Dumarsais-Estimé.Il y eut, à cette occasion, grand branle-bas dans la ville.Les écoliers eurent congé toute la semaine, afin de prendre part aux différentes manifestations.Le mardi midi 20 avril, Mme la Présidente nous fit prévenir, par M.le Préfet, qu\u2019elle serait à notre Couvent à 5 heures, avec quelques dames, pour une visite intime, et qu\u2019elle se rendrait ensuite auprès des malades de « La Charité, s\u2019il vous plaît », auxquels elle s\u2019intéresse beaucoup.Vers 5 h.30, la distinguée visiteuse nous arrivait avec huit autres dames, épouses de ministres.Un aide de camp ainsi que M.le Magistrat des Cayes les escortaient.Après nous avoir saluées, Mme la Présidente monta à la chapelle qu\u2019elle dit trouver délicieuse.Elle s\u2019informa de tout ce qui concernait « La Charité » : nourriture, vêtements, remèdes, logement, etc.Elle se rendit ensuite au Refuge avec les dames qui l\u2019accompagnaient, visita les salles ainsi que les chambres des malades, semant partout des paroles réconfortantes et de bons sourires.Après avoir fait distribuer des gourdes (argent du pays) aux mamans qui tenaient des enfants dans leurs bras (la foule était alors massée à l\u2019entrée), elle remonta dans la voiture présidentielle pour revenir à notre Couvent où nous servîmes un goûter.Il était plus de 6 h.30 quand nos hôtes se retirèrent, paraissant très satisfaits de leur visite sans protocole.Le vendredi suivant, 23 avril, était le jour choisi par S.Exc.Mgr Colli-gnon pour la bénédiction du dispensaire et de la nouvelle salle des femmes.Cette cérémonie coïncida avec la visite officielle de M.le Président.L\u2019Église et l\u2019État se rencontrèrent aux pieds du grand Christ de « La Charité ».Là, devant la Croix, les deux pasteurs furent acclamés par les plus humbles et les plus souffrants de leur troupeau.La réception fut touchante et bien des larmes perlèrent aux paupières! L\u2019une des enfants, ayant lu une adresse à M.le Président, alla déposer à ses pieds une superbe gerbe de roses.Avec bonté, l\u2019éminent personnage appela la fillette: « Viens, petite, que je t\u2019embrasse! » dit-il.Ce fut un applaudissement général.La foule était délirante.Nos cent vingt-cinq jeunes élèves firent réellement bien les choses: nous en sommes fières, à juste titre.Monseigneur aussi et le Président de même.Après la cérémonie, S.Exc.le Président, le R.P.Letarte, notre curé, et l\u2019un de ses vicaires, une trentaine de ministres, de députés et de médecins, ainsi qu\u2019une trentaine de gardes, firent honneur au goûter qui leur fut servi.Puis, tous visitèrent la maison.« Vous m\u2019avez gâté, mes Sœurs! » nous dit le Président avant de nous quitter, et il nous laissa une enveloppe contenant cinq cents gourdes pour les enfants de « La Charité », nous réitérant en même temps la promesse déjà faite à Monseigneur d\u2019une augmentation de secours pour notre Œuvre. 42 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 Lettre des enfants de « La Charité, s\u2019il vous plaît » À LEURS BIENFAITRICES École de « La Charité, s\u2019il vous plaît », Les Cayes, Haïti, 27 septembre 1948.Nos faibles voix enfantines s\u2019unissent pour venir vous remercier d\u2019avoir daigné penser à nous, en confectionnant de jolies petites robes et de bons petits habits que Mère Supérieure vient de nous distribuer de votre part.Grâce à votre dévouement et à votre générosité, les cent vingt-cinq enfants de notre École seront convenablement vêtus, cette année.Nous sommes encore jeunes, il est vrai, mais dans le jardin de nos petits cœurs croît la belle fleur de la reconnaissance; aussi, avec ardeur, en notre langage créole, nous adressons cette prière pour vous à Maman la Vierge: Pas gain plus bel\u2019pnère Passé « Je vous salue ».L\u2019a fait nous joindr\u2019 Jésus Si nous fait F sous la-terre.« Je vous salue Marie! » Faut nous dit li souvent, La Vierg\u2019 c\u2019est un maman Qu\u2019avec nous n\u2019en la-vie.% UNE LEÇON DE LECTURE A « LA CHARITÉ, S\u2019IL VOUS PLAÎT », AUX CAYES, EN HAÏTI MpatréaJ\tLE PRÉCURSEUR\tJaavier-Févner 1949 43 Prièr\u2019 ça c\u2019est lumière, Li fait nous ouè plus bien Qu\u2019il est-ce qui bon chemin.Toujours faut n\u2019 la-pnère.L\u2019heur\u2019 nous n\u2019en la-soullrance, L\u2019heur\u2019 nous n\u2019en maladie, Si nous prier Marie, Nous capabl\u2019 gain confiance.N\u2019en chagrin, n\u2019en misère, La-Vierg\u2019 va aider nous.Toujours l\u2019a baill secours, S\u2019ou prier 1\u2019 sous la-terre Si pour prier Marie, Nous toujours bien fidèl\u2019 L\u2019a fait nous jomdr\u2019 le-ciel Certain, après la-vie.Nous savons que vous ne nous oublierez pas encore cette année, car nos vêtements seront usés l\u2019an prochain, et si vous ne nous en envoyez pas de nouveaux pour les remplacer, nous ne pourrons continuer à aller à l\u2019École, où nous apprenons si bien à connaître, à aimer Papa bon Dié; où nous apprenons aussi à lire, à compter, à chanter.En vous redisant, chères Bienfaitrices, tout notre amour, toute notre reconnaissance, nous demandons à Adaman la Vierge de vous bénir et de vous conserver longtemps encore à notre tendresse, vous qui remplacez si bien la maman que nous n\u2019avons plus.Vos 125 PETITS PROTÉGÉS DE (( La CHARITÉ, S\u2019IL VOUS PLAÎT ».* * * CUBA Extrait du Journal de nos Missionnaires parties pour Cuba le 15 août 1948 Lundi 16 août 1948 Notre train entre en gare à Washington à midi vingt.Nous déposons nos valises et colis au guichet, puis nous nous rendons chez les Petites Soeurs des Pauvres, à quelques minutes de là.Ces bonnes Religieuses nous reçoivent comme de vraies sœurs.Elles ont ici un hospice pour vieillards des deux sexes.Les chers vieux ont l\u2019air heureux comme des enfants dans leur maison spacieuse et confortable.Mardi 17 août Nous avons quitté la capitale hier soir, à 7 h.30, et notre train file maintenant à grande allure, dévorant les espaces pour arriver plus tôt à Miami où se rendent la plupart des voyageurs.La ligne de chemin de fer traverse, presque sur tout le parcours, une région boisée et d\u2019immenses 44 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 étendues de terre rouge.Après la Géorgie, apparaissent les premiers palmiers.A 5 heures, nous sommes à Miami.La chaleur est torride et d\u2019une façon exceptionnelle, nous dit-on, ce qui présage une période de cyclones peu rassurante.Vendredi 20 août Les Religieuses de l\u2019Assomption de Bay Haven, qui nous ont hospitalisées ces jours-ci, nous font aujourd\u2019hui la plus touchante des surprises.Tendant que nous somm.es à écrire, l\u2019une d\u2019elles nous invite à passer dans la pièce voisine où nous attend la Révérende Mère Supérieure.A notre grand ébahissement, cette bonne Mère met devant nos yeux un service d\u2019autel complet, ansi que tous les ornements liturgiques et vases sacrés nécessaires rour le Saint Sacrifice, et elle nous en fait cadeau pour notre première Mission à Cuba.« Mes Sœurs, nous sommes si contentes que vous alliez commencer une œuvre à Cuba, nous dit-elle, que nous voulons que votre fondation soit aussi la nôtre.Par la pensée, la prière, le sacrifice, nous serons avec vous et nous travaillerons pour le peuple cubain.» Tant de délicatesse nous touche extrêmement et nous ne savons comment remercier nos dévouées bienfaitrices.Nous em.ballons aussitôt notre petite sacristie, car dans quelques instants il faudra nous diriger vers le bateau.Il est 6 heures quand nous franchissons la passerelle.Il y a foule dans les salons, les escaliers, sur les ponts, etc.Le Florida est un bateau d\u2019excursion et, en cette fin de semaine, il porte à son bord près de huit cents passagers.La musique, les parfums, les chants, une jeunesse remiuante qui dansera probablement toute la nuit, ne peuvent nous distraire de la pensée qui nous rbsorbe en ce moment: dans quelques instants, nous quitterons le sol américain, notre terre à nous, car bien que Miami soit assez éloigné de Montréal, nous nous sentons encore sur le m.êmœ continent.Un Noir détache les câbles des piliers: la sirène lance des cris stridents; sur les ponts et plus encore sur le rivage, les gens s\u2019agitent et se bousculent.Nous restons comme rivées à notre poste d\u2019observation, au deuxième pont, cherchant à retrouver par l\u2019esprit, au cher pays de chez nous, ceux que nous ne pouvons apercevoir ici; la fanfare entonne l\u2019hym.ne cubain.Ton rit.Ton cause avec animation, pendant que le navire démiarre lentement.Samedi 21 août A 9 h.30 ce matin, nous sommes au port de La Havane.Le bon Père Morin, frère de notre chère Sœur Saint-Joseph-Calasanz b est là avec quelques personnes amies pour nous accueillir.Quelle joie pour le frère et la sœur de se retrouver sur le même champ d\u2019apostolat pour travailler à la m.ême cause! Le R.Père s\u2019occupe de faire transporter nos bagages à la Procure des RR.PP.des Missions-Étrangères, à La Havane, jusqu\u2019à ce que la maison qui nous est destinée à Mercédès soit prête à les recevoir.Une averse torrentielle nous inonde quand nous prenons la route de San Antonio, paroisse du P.Morin, où nous attendent, avec une hâte facile à comprendre, le vénérable père de Sœur Saint-Joseph-Calasanz et son frère André qui 1.Jeanne-Berthe MoRiN, de Mont-Laurier. If Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 45 vivent avec leur Missionnaire.Le revoir est plein d\u2019émotions, cela se conçoit.M.Morin, dont l\u2019état de santé est très précaire, garde la chambre; malgré sa joie de retrouver une de ses filles, le cher papa ne peut s\u2019empêcher de songer avec quelque tristesse à la seule enfant qui lui reste maintenant au Canada, Sœur Marie-Victoire, des Sœurs de l\u2019Espérance; mais avec sa générosité habituelle, il accepte le sacrifice de cet éloignement.A 3 heures, nous prenons notre premier dîner cubain.Le menu se compose d\u2019une substantielle soupe au vermicelle et à la purée de pois, dans laquelle nagent de petits cubes de jambon; d\u2019un poulet à l\u2019étuvée avec du lard et des patates; de riz jaune (celui des fêtes) qui remplace le pain; d\u2019une salade aux légumes arrosée de vinaigre.Pour dessert, des bananes et des oranges ainsi qu\u2019une gelée de guayaba.Aux repas, l\u2019on boit ordinairement de l\u2019eau pure ou quelques liqueurs gazeuses, souvent aussi une tasse de café noir très fort, rarement du thé.Le café au lait se sert le matin.Les Cubains sont démonstratifs.Plusieurs sont déjà rendus pour saluer les nouvelles Religieuses et, particulièrement, la sœur de leur Padre qu\u2019ils affectionnent beaucoup et non sans raison, car le P.Morin se dépense sans compter pour ses deux petits troupeaux de San Antonio et de Caraballo.Lundi 23 août Nous nous rendons à La Havane pour nos passeports.Du Bureau de l\u2019immigration, la voiture nous conduit au Palais Cardinalice.S.Êm.le Cardinal Artéaga y Bétancourt nous y accueille avec grande bienveillance.Il nous adresse la parole en français et nous dit en nous bénissant: « A l\u2019autel, je prierai pour que le bon Dieu bénisse votre Œuvre à Cuba, et j\u2019espère bien que plus tard vous pourrez vous établir dans le diocèse de La Havane.» Il nous parle aussi des bons souvenirs qu\u2019il a rapportés du Congrès marial d\u2019Ottawa.Jeudi 26 août Nous quittons San Antonio pour Matanzas, ville épiscopale de notre nouveau diocèse.Avec les RR.PP.Morin et de Charette, nous allons à l\u2019Évêché où nous reçoit Mgr Trabadélo, Vicaire Général, en l\u2019absence de S.Exc.Mgr Martin, actuellement en voyage aux États-Unis.Mgr Trabadélo nous bénit paternellement et nous souhaite la plus cordiale bienvenue.Il nous fait conduire au sanctuaire de Notre-Dame du Mont Cerrat, l\u2019un des plus vénérés par les fidèles.Monseigneur organise aussi une visite aux grottes souterraines de Matanzas.Ces grottes sont à cent pieds sous terre.On y accède par des escaliers entrecoupés par de longs corridors.Au dire de certains, ce seraient là les vestiges d\u2019un ancien lit de mer.En effet, des carcasses de poissons momifiés, appendues aux murs, le laissent assez deviner.Les jeux de lumière sont seuls, paraît-il, l\u2019œuvre des hommes, tout le reste sortirait du travail séculaire de la nature qui, ici et là, a tracé et formé les figures les plus symboliques qui soient.Le corridor que nous longeons conduit à un chemin sans issue: on y aurait marché dix-neuf heures consécutives, sans en voir la fin.Nous allons ensuite chez les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul qui auront la grande bonté de nous hospitaliser tant que notre Maison de Mercédès ne sera pas prête. 46 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 Vendredi 27 août Voyage à Mercédès.M.Matacéna, administrateur de la Centrale, qui a travaillé activement à faire venir les Sœurs, nous accueille avec grande bonté.Nous visitons la petite maison à deux étages que, par son entremise, la Compagnie qu\u2019il administre a cédée à la paroisse, et qui nous servira de résidence en même temps que d\u2019École.M.l\u2019Administrateur nous dit avec quelle hâte les gens attendent notre arrivée; des parents n\u2019ont même pas fait l\u2019entrée de leurs bambins à l\u2019École publique, croyant que nous pourrions ouvrir nos classes au plus tard en novembre.Mardi 31 août Nous sommes à Marti à 9 h.15.Le R.P.Guilbault est à la gare et nous conduit à son presbytère, lequel, comme ceux de tous les autres Pères, respire la plus grande pauvreté.Les aventuriers qui verraient les habitations des Missionnaires de Cuba ne pourraient certes pas croire qu\u2019ils sont venus ici pour tenter fortune.La résidence du P.Guilbault se compose tout simplement d\u2019une chambre à coucher au-dessus de la chapelle, d\u2019un bureau pour recevoir les paroissiens et d\u2019une petite sacristie servant d\u2019antichambre, de bibliothèque, etc.La maison qu\u2019on nous destine est à un seul étage.Le terrain attenant est grand et ombragé et s\u2019étend jusqu\u2019à la montagne.L\u2019église s\u2019élève tout à côté.Lundi 6 septembre Nouveau voyage à Mercédès.Les travaux de réparation de notre future maison se poursuivent.A l\u2019étage inférieur, on a remplacé les tuiles défectueuses.Les planchers en bois sont très rares à Cuba, parce que les tuiles, qui sont de fabrication locale, sont beaucoup plus économiques.Sur le chemin de retour, nous croisons le laitier en selle sur un petit cheval type mulet.De chaque côté de l\u2019attelage sont suspendues les bouteilles de lait enserrées dans des fourreaux de grosse toile.Plus loin vient le vendeur d\u2019eau; la plupart des villages n\u2019ont pas l\u2019eau courante.Elle est distribuée dans une énorme barrique fixée à une charrette et munie d\u2019une chantepleure.L\u2019eau pour la cuisine est livrée dans des bidons en verre d\u2019une capacité de cinq gallons.On consomme ici une quantité fantastique de liqueurs gazeuses et d\u2019eau minérale.Mercredi 8 septembre Fête de Notre-Dame de la Charité, patronne de Cuba.Cette fête, presque civile en même temps que religieuse, est célébrée avec grande pompe dans toute l\u2019île.Des gens qui oublient d\u2019aller à la messe le dimanche se font une grave obligation de prendre part aux déploiements et aux processions qui ont lieu à cette occasion.S.Exc.Mgr Martin, arrivé depuis deux jours des États-Unis, vient dire sa messe au Couvent.Après son déjeuner, il nous reçoit paternellement et nous assure que le bon Dieu bénira notre travail à Cuba.Le diocèse de Matanzas, dont il est le pasteur vigilant et dévoué, souffre particulièrement du manque de.prêtres.La circonscription en est très étendue et les prêtres Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1949 47 qui y sont disséminés doivent desservir plusieurs paroisses.Ainsi, les cinq Pères des Missions-Étrangères qui se dévouent dans ce diocèse se partagent le soin de plus de deux cent mille âmes.Avec quelle ardeur nous demandons au Maître des vocations de les susciter très nombreuses pour venir au secours de cette population.Tous ou presque tous sont baptisés, mais comme les églises sont pour la plupart fermées, faute de Missionnaires, la lumière de la foi s\u2019affaiblit peu à peu dans les âmes.De plus, les écoles maçonniques achèvent d\u2019éteindre la mèche qui fume encore.LE LAITIER, A LOS ARABOS, CUBA.Dimanche 12 septembre La température se maintient à une ardeur qui oscille entre 90 et 102.Les nuits sont un peu moins torrides, peut-être, mais les maringouins, très friands de sang canadien, nous dérobent une bonne partie de notre sommeil.Dans un an, nous les sentirons moins, paraît-il.Et les coqs ?.Ici, les oiseaux de basse-cour vivent en plein air et pleine liberté sous la coupole des deux.A minuit, ordinairement, leurs sérénades commencent pour se continuer jusqu\u2019à quatre ou cinq heures du matin.En vue de la consommation, on élève tous les coqs aussi bien que les poules; c\u2019est pourquoi le chœur de chant est si nombreux! Tous les animaux domestiques sont de petite taille ici.Les chèvres, suivies de leurs chevreaux, font le tour des poubelles, de bonne heure chaque matin, pour y prendre leur pitance.Les chauves-souris, elles, se dissimulent durant le jour pour envahir les maisons le soir.A San Antonio, le P.Morin en héberge plus d\u2019une centaine dans le toit de son église. i8 .Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1949 Lundi 20 septembre Toute la journée, les gens ont multiplié les préparatifs en prévision d\u2019un cyclone dont le danger devient de plus en plus menaçant.Les portes et fenêtres sont munies de tiges de bois ou de fer; on a consolidé les clôtures et les couvertures qui inspiraient des craintes.La radio est peu rassurante et l\u2019expérience des cyclones précédents justifie la population de se tenir aux aguets.Depuis le matin, il pleut beaucoup et le vent augmente continuellement.L\u2019électricité fait défaut, le service téléphonique est interrompu depuis 4 heures de l\u2019après-midi, de même que celui du télégraphe.Des messagers circulent dans les rues annonçant que le typhon sera à La Havane vers 6 heures et que nous l\u2019essuierons ici dans la nuit.Les fenêtres et doubles-volets sont fortement assujettis et fermés partout.L\u2019obscurité arrive plus tôt que de coutume, en sorte qu\u2019à 6 heures c\u2019est déjà la nuit complète.La rafale fait rage et, contrairement aux prévisions de l\u2019Observatoire, la tornade s\u2019avance directement vers Matanzas, allant sans cesse s\u2019intensifiant.Pour éviter les paniques, les Religieuses font coucher les jeunes pensionnaires, mais la plupart ne dorment pas.A 9 heures, un choc vicient fait voler en pièces la grande fenêtre de la sacristie, juste en arrière de l\u2019autel et face au vestiaire.La pluie entre à torrent; les vitres d\u2019une fenêtre du côté de l\u2019autel éclatent à leur tour pour laisser libre accès à l\u2019ouragan qui souffle à une allure vertigineuse et avec des gémissements qui font mal.De nombreux voisins habitant de petites bicoques sont venus se réfugier au Couvent.Les hommes ne se sentant pas le courage d\u2019entrer dans la chapelle pour y chercher les Saintes Espèces, deux Sœurs s\u2019engagent résolument dans l\u2019eau, luttant contre la violence du vent qui est extrême.L\u2019une d\u2019elles saisit le Tabernacle qu\u2019elle enlace fortement et, soutenue par sa compagne, vient rejoindre le groupe des autres Religieuses qui attendent à la sortie de la chapelle.On monte le précieux trésor dans une pièce du deuxième étage, pendant que réfugiés et Religieuses récitent le Miserere.Les Ave se succèdent, entrecoupés par des invocations: « Seigneur, ayez pitié de nous! Mon Jésus, miséricorde », etc.Soudain, la porte de la chambre craque avec fracas; trois hommes se précipitent pour la retenir; si elle cède, c\u2019en sera fait du toit qui sera emporté.On cloue des planches de travers pour opposer plus de résistance au vent.Des craquements d\u2019arbres, un vacarme de tôle et de bois qui se disloquent, font supposer que demain nous verrons les tristes dégâts causés par le cyclone.A l\u2019étage inférieur, trois larges fenêtres capitulent à leur tour: la Communauté, le dortoir et le Portique des Sœurs deviennent la proie des éléments.Implacable, le typhon, faisant fi des barrages en fer, enlève fenêtres et cadres de fenêtres et renverse les meubles.Inutile de songer à aller de ce côté sans risquer sa vie, et personne ne le tente.Et ainsi se passe toute la nuit.Ce n\u2019est qu\u2019à 5 heures du matin que le calme se fait assez prolongé pour nous permettre d\u2019aller prendre un peu de repos.Lever à 7 h.30.Les planchers sont transformés en véritables lacs; l\u2019eau coule dans les escaliers comme en une source.La partie de la maison affectée offre le plus triste spectacle.Chez le voisin, le toit a été complètement emporté.Ici, la clôture est brisée, cinq ou six gros arbres sont déracinés et couchés sur le sol; les toits du garage, de la remise et de la menuiserie gisent épars dans la cour.A la sacristie, les Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 49 ornements liturgiques, de même que toute la lingerie d\u2019autel, sont littéralement trempés.Par une Providence toute particulière, les statues ne sont pas renversées; seuls les deux anges adorateurs de l\u2019autel sont bien salis et l\u2019un d\u2019eux a une aile tombante.On évalue à près de $3,000 les pertes du Couvent et les pauvres Religieuses avaient déjà peine à vivre.Que ne pouvons-nous les aider, elles qui sont si bonnes pour nous et envers qui nous ne pourrons jamais nous acquitter ! Mercredi 22 septembre On ne parle partout que du cyclone et de ses ravages.La province de Matanzas a été la plus durement frappée.Près de cinq cents maisons ont été ou emportées ou presque entièrement démolies; les familles sans toit sont logées dans des édifices publics où le gouvernement leur fait porter des secours.Les pertes de vie n\u2019ont pas été officiellement rapportées.Dans le grand corridor du Couvent, continuent de sécher, sur des cordes, la lingerie d\u2019autel et les ornements liturgiques.Tous sont dans un état lamentable et comme les pauvres Religieuses n\u2019ont pas le moyen de les renouveler, ils devront servir de nouveau au culte dans cette condition, jusqu\u2019à ce que des âmes généreuses viennent les remplacer par de plus convenables.Samedi 25 septembre L\u2019homme propose et Dieu dispose.Il était entendu que nous devions être à Mercédès pour la fête de Notre-Dame de la Merci, patronale de la paroisse; le P.Curé et les paroissiens nous y attendaient et M.l\u2019Administrateur Matacéna avait fait préparer une chambre pour nous recevoir.Mais voici qu\u2019un événement imprévu a renversé ce plan.A 8 h.15, ce matin, nous quittions le Couvent de Matanzas.Comme les tramways ne circulent pas, nous prenons l\u2019autobus pour nous rendre à la gare.A peine sommes-nous montées, que le chauffeur, en s\u2019engageant dans une côte assez abrupte, perd la maîtrise de sa voiture.Il essaie de longer le trottoir; l\u2019auto, avec un grincement désespéré, grimpe sur la chaussée, capote, tombe à la renverse dans la rue, puis, faisant un demi-tour, s\u2019appuie sur le côté.Les vitres éclatent, le sang coule parmi les voyageurs.Pendant ce temps, le moteur continue de tourner.On brise les fenêtres qui forment maintenant le toit de l\u2019autobus pour en retirer les prisonniers; ceux qui en ont la force se hissent sur les banquettes d\u2019où on les passe par les carreaux, au risque de les déchirer sur les éclats de vitres accolés aux parois.Sœur Madeleine-du-Sauveur\u2018, dont une jambe est écrasée par on ne sait quoi, croyant que le moteur va exploser, fait un effort surhumain et se dégage en laissant son soulier.Comme elle n\u2019a pas la force de se lever pour tendre les bras aux sauveteurs, elle se glisse par la fenêtre d\u2019en avant qui a aussi été enfoncée.Sœur Saint-Joseph-Calasanz - a déjà pris ce chemin, y perdant son voile qui reste dans l\u2019autobus et trempe dans la gazoline.Un policier va le repêcher.1.\tAlice Labelle, de Montréal.2.\tJoanne-Berthe Morin, de Mont-Laurier 50 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 On nous conduit tout d\u2019abord chez une bonne dame qui nous prodigue ses soins en attendant l\u2019arrivée de l\u2019ambulance; celle-ci nous transporte ensuite au poste de secours où plusieurs médecins sont réunis pour recevoir les blessés; plusieurs le sont gravement.Grâce à Dieu, nous en sommes quittes pour des contusions et nous remercions notre Mère Immaculée de sa visible protection; comment se fait-il que le moteur qui répandait toute son essence n\u2019ait pas explosé pendant que nous étions prisonnières ?Le médecin juge prudent de radiographier la jambe de Sœur Madeleine-du-Sauveur, mais comme l\u2019électricité manque, il fait appliquer des compresses en attendant.On nous ramène ensuite au Couvent des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul.Les Religieuses sont pour nous d\u2019un dévouement que nous ne pourrons jamais payer.Dimanche 26 septembre Les compresses incessamment appliquées ont fait disparaître l\u2019œdème et une grande partie de la douleur que ressentait Sœur Madeleine-du-Sauveur à sa jambe.Quand reviendra l\u2019électricité, il ne sera plus question de radiographie, car, évidemment, il n\u2019y a pas de fracture.Sœur Saint-Joseph-Cala-sanz souffre encore de douleurs assez vives à la mâchoire inférieure, mais nous avons confiance que les frictions auront raison de ces malaises.Lundi 27 septembre Sœur Madeleine-du-Sauveur doit se rendre ce matin au Palais de Justice pour y faire sa déclaration au sujet de l\u2019accident de vendredi dernier.On lui a heureusement obtenu une entrevue privée et tout se fait le plus brièvement possible.Il va sans dire qu\u2019elle ne peut affirmer que ceci: « Nous n\u2019avons rien vu et nous ne savons pas si le chauffeur a manqué de prudence.» Pour une semaine d\u2019expériences, c\u2019en est une exceptionnelle: un cyclone, et des plus forts, nous disent les gens, puis cet accident, de toute notre vie le premier du genre et dont nous nous souviendrons probablement longtemps! Cckoà divetà Préparatifs pour l\u2019Année Sainte 1950 D\u2019après les nouvelles qui arrivent à Rome de toutes les parties du monde, le nombre de pèlerins, déjà si élevé pour la dernière Année Jubilaire, sera de beaucoup dépassé pendant la prochaine Année Sainte.Les organismes compétents ont déjà commencé à s\u2019enquérir des logements qui pourront être disponibles en 1950.Le président d\u2019une compagnie d\u2019aviation est venu à Rome pour étudier rorganisation de lignes aériennes directes entre l\u2019Amérique et Rome.« On calcule, a-t-il dit à un journal romain, que plus de 250,000 pèlerins viendront à Rome des Etats-Unis pendant les années 1949 et 1950.Il faut prendre au plus tôt les mesures nécessaires pour le transport de cette affluence.Comme la plupart des pèlerins ne disposeront que d\u2019un temps limité et qu\u2019ils voudront néanmoins voir beaucoup de choses, le trajet direct par voie aérienne est le plus indiqué.» On parle déjà d\u2019une « Flotte aérienne pour l\u2019Année Sainte », dont les avions porteront l\u2019emblème de l\u2019Année Jubilaire et qui ne transporteront que des pèlerins. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1949 51 Parmi les nombreuses manifestations qui auront lieu durant l\u2019Année Sainte, il y aura aussi une grande exposition missionnaire.Cette exposition ne se fera pas au Vatican, mais en plein centre de la ville, au Palais des expositions, non loin de la gare.Dans les salons du rez-de-chaussée, il y aura une exposition universelle d\u2019Art Chrétien due à l\u2019initiative de Y Académie des Virtuosi del Pantheon qui remonte à Raphaël.Les salons du premier étage seront réservés à l\u2019Art Chrétien indigène.Le Comité exécutif, présidé par S.Exc.Mgr Costantini, a déjà conclu des accords avec les procureurs des Missions, présents à Rome; il a été décidé que les objets d\u2019art seront exposés par régions.\u2014 {Clergé Informations.) Sœur Lucia Maria Das Dores, seule survivante des trois petits pastoureaux auxquels la Reine du ciel apparut plusieurs fois à Fatima, en 1917, est entrée au Couvent des Carmélites de Santa Teresa, à Coïmbre.La célèbre visionnaire était auparavant membre de la Communauté des Sœurs de Sainte-Dorothée.Son nom nouveau dans l\u2019Ordre contemplatif des Carmélites est Sœur Lucia de Jésus.Elle a assuré que la Sainte Vierge lui est apparue à Fatima portant la livrée de Notre-Dame du Mont-Carmel.Le Carmel de Coïmbre ne compte que quelques années d\u2019existence.Les dix dernières années ont vu une augmentation considérable de vocations à la vie contemplative parmi les jeunes filles du Portugal, et à l\u2019heure actuelle, ce pays n\u2019a pas moins de six couvents de Carmélites dont un à Fatima même.Coïmbre est à cinquante milles de Fatima et possède l\u2019une des plus anciennes universités de l\u2019Europe; elle fut inaugurée dès l\u2019an 1290.\u2014 {The Miraculous Medal.) Vingt-quatre millions de catholiques Changhaï (C.1.P.).\u2014 Selon de récentes statistiques, on compte actuellement en Extrême-Orient 35 millions de chrétiens, dont 24 millions de catholiques et 11 millions de protestants.* * * La messe au Cénacle En octobre dernier, une grand\u2019messe était célébrée dans le Cénacle où la Sainte Eucharistie fut instituée le soir du Jeudi-Saint.Les Juifs ayant capturé le Mont Sion, dans la grande Jérusalem, et le secteur où se trouve le Cénacle de la dernière Cène, les vainqueurs offrirent à quelques Religieux prisonniers dans un Couvent adjacent de faire des Offices religieux dans ce qu\u2019ils appelaient le Tombeau de David et qui est en réalité l\u2019endroit de l\u2019institution de la Messe et du Sacerdoce.Les Religieux, trois Bénédictins et un Franciscain, se hâtèrent de se prévaloir de cet avantage et transportèrent aussitôt les objets liturgiques indispensables.Pendant qu\u2019un Bénédictin célébrait avec une ferveur dont on se doute facilement, les autres exécutaient des chants appropriés.On avait déjà réussi à célébrer des messes basses, furtivement, dans le Cénacle, par des arrangements avec les gardiens, mais c\u2019est apparemment la première grand\u2019messe depuis l\u2019expulsion des Franciscains, en 1552.Une église érigée à Hiroshima (Japon) Tokyo (A.1.F.).\u2014 Une église catholique sera érigée à Hiroshima comme monument national en souvenir des victimes de la première bombe atomique.Parmi les 177 projets reçus et exposés à l\u2019Université catholique de Tokyo, le jury en a choisi 52 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1949 trente-quatre, admis à participer au concours national.A chacun des architectes qui en furent les auteurs un prix a été assigné.L\u2019idée de cette église comme monument national est du R.P.Hugo Lassalle, supérieur des Jésuites au Japon.C\u2019est VAsahi, un des trois plus grands quotidiens du pays, qui, en mettant ses colonnes au service de cette belle idée, a su enthousiasmer les meilleurs artistes du Japon.Quatre conditions avaient été imposées aux participants: on leur demandait le projet d\u2019une église qui devait avoir un caractère moderne, religieux, apte à rappeler le souvenir des victimes et répondant aux exigences du goût artistique japonais.Afin de permettre à un public plus vaste d\u2019admirer les projets choisis, la Maison Mitsukoshi a consenti à répéter l\u2019exposition dans ses succursales des huit principales villes du Japon.En mobilisant ainsi les meilleurs talents du pays, ce concours ne manquera pas de donner à l\u2019architecture ecclésiastique du Japon une orientation nouvelle.\u2014 {Fides.) Étudiants catholiques à l\u2019Université catholique de Tokyo Tokyo (A.I.F.).\u2014 Sur les 800 étudiants de l\u2019Université catholique de Tokyo, 160 sont catholiques, c\u2019est-à-dire environ un cinquième du nombre total.Depuis avril 1947, donc en quatorze mois, 41 étudiants ont reçu le baptême à l\u2019Université.Trente fréquentent l\u2019Université elle-même, les autres appartiennent à cinq ou six autres universités de la capitale.\u2014 (Fides.) Un major de l\u2019armée américaine se fait missionnaire au Japon Tokyo (A.I.F.).\u2014 Un major de l\u2019armée des États-Unis, ayant fait partie des troupes d\u2019occupation à Tokyo, se trouve en ce moment au Collège Saint-Jean, à Collegeville, dans le Minnesota (E.U.A.), où il se prépare au sacerdoce pour rentrer ensuite au Japon comme missionnaire.Au^même collège, quatre autres ex-militaires, deux américains et deux japonais nés aux États-Unis (Niseis), se préparent eux aussi au sacerdoce pour se rendre au Japon comme missionnaires bénédictins.\u2014 {Fides.) Un vrai chef Un chef païen du Congo vient de permettre à deux de ses enfants de prononcer leurs vœux religieux dans deux Communautés indigènes.« Comme Chef, explique le père, je suis tenu de donner le bon exemple.Si j\u2019hésite à donner mon approbation quand mes enfants veulent se consacrer au vrai Diem pourrais-je en attendre plus des autres?» \u2014 {The Catholic Mission Digest.) Martyrs pour le Christ La persécution communiste, d\u2019après l\u2019évidence pleinement documentée qui atteignit la Sacrée Congrégation de la Propagande à Rome, le printemps dernier, a donné à la Chine 82 nouveaux martyrs.De plus, environ 150 prêtres, religieuses et fidèles sont en prison, et des centaines d\u2019autres Missionnaires ont été expulsés de districts où ils avaient de florissantes œuvres apostoliques.La documentation révèle que les persécutions sévirent en Mongolie, en Mandchourie, au Jehol, à Shesi, Shansi, Ilopeh, ainsi que dans les provinces de Shantung et de Kiangsu.\u2014 {The Catholic Mission Digest.) 'K c4u J^oviciat Samedi 25 sentembre 1948 Le Chapitre Général de notre Communauté, qui se tenait à notre Maison-Mère de la Côte-des-Neiges depuis le 8 de ce mois, étant aujourd\u2019hui tenr.iné, nous saluons le retour de notre chère Sœur Supérieure et de notre bien-aim.ée Maîtresse, toutes deux déléguées à ces importantes assises.Au coup du timbre annonçant leur arrivée, nous coupons court aux dissertations sérieuses dans lesquelles nous étions engagées et nous volons à leur rencontre.Après trois semaines de séparation, n\u2019est-il pas permis de manifester quelque peu bruyamment à nos chères Mères la joie que nous éprouvons à les accueillir?Les langues s\u2019agitent, toutes veulent dire à la fois ce que les cœurs ont mis en réserve durant une si longue absence.Aussi comptons-nous sur la journée de demain pour satisfaire notre immense désir d\u2019exprimer les sentiments qui nous animent.Lundi 27 septembre Est-il plaisir plus délicieux, pour des novices missionnaires, que celui de recevoir sous leur toit de vaillantes apôtres des plages lointaines ?Certes, non.Aussi, ce matin, le Colombier a ouvert bien larges ses portes pour accueillir quinze Sœurs aînées dont plusieurs de passage au Canada à l\u2019occasion du Chapitre Général, et les autres, futures partantes.Au début de l\u2019après-midi, nous nous réunissons toutes à la salle de réception pour saluer plus intimement nos hôtes et jouir de leur conversation tout apostolique.Le Japon, par la bouche de l\u2019une de ses Missionnaires, chante son essor vers la foi catholique.Si les privations sont multiples au pays du Soleil Levant, à l\u2019heure actuelle, le grand nom.bre des conversions les fait oublier.La Chine mœurtrie, ravagée par les ennemis du bien, laisse au cœur de ses Missionnaires l\u2019espoir que de tant de souffrances germera une plus belle moisson d\u2019âmes.Les Philippines, les Antilles passent aussi devant nos yeux, avec le tableau de leur détresse spirituelle qui avive en nos cœurs le désir de volet le plus promptement possible au secours de populations qui attendent les Envoyés du bon Dieu.Chères Sœurs, soyez remerciées de l\u2019agréable journée dont vous nous avez fait bénéficier! Puissions-nous graver en nos âmes vos précieux conseils et vos bons exemples et aller un jour partager vos saints labeurs en terre païenne! Mercredi 20 octobre ¦ « Je vous salue, Marie, pleine de grâces.» Les Ave.de la deuxième partie de notre Rosaire se déroulent, tandis que, lentement, nous circulons dans les allées du bocage.A l\u2019énoncé du cinquième mystère douloureux.ta 54 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février liM9 Le cimetière des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception à Pont-Viau.demandant comme fruit: « le soulagement et la délivrance des âmes du purgatoire », le souvenir de nos chères Soeurs disparues et de nos bien-aimés parents défunts se fait plus vivant en nous, et la barrière gris argent de notre petit cimetière cède, pour livrer passage aux novices qui n\u2019oublient pas.Les arbres nus, les plantes desséchées, la terre refroidie, tout murmure un chant d\u2019adieu, mais, dominant le champ du repos, le blanc Christ nous apparaît plus aimant, plus compatissant.« Quand tout nous abandonne, lui seul demeure.» Chers disparus, si nos yeux vous ont perdus, nous gardons bien douces en nos cœurs l\u2019image de vos traits aimés et la mémoire de tous vos dévouements.Le mois qui commencera bientôt vous est spécialement consacré; nous ne l\u2019oublierons pas et le Saint Sacrifice de la Messe sera offert chaque jour à vos intentions.Dimanche 24 octobre Comme le personnel du Colombier change périodiquement, les oisillons nouveaux ont besoin d\u2019être initiés aux coutumes de l\u2019Institut.Ainsi, ce matin, notre bonne Mère Maîtresse réunit toute la Volière et nous rappelle nos devoirs à l\u2019occasion du Dimanche des Missions.Si l\u2019Église se revêt aujourd\u2019hui d\u2019habits de tristesse, c\u2019est qu\u2019elle pleure l\u2019éloignement de ses enfants encore infidèles, et la question se pose: « Qu\u2019ai-je fait jusqu\u2019à présent pour les Missions ?Que ferai-je à l\u2019avenir ?» Vient ensuite la petite cérémonie d\u2019adoption missionnaire.Après la récitation d\u2019un Ave et de trois invocations à Notre-Dame des Missions, nous tirons au hasard un billet portant le nom d\u2019un poste où se dépensent nos Missiormaires.Ce sera le champ d\u2019apostolat où, durant l\u2019année qui va suivre, se dirigeront nos prières et nos sacrifices.Le tirage terminé, chacune s\u2019efforce de prononcer le plus exactement possible le nom de la Mission qui lui est assignée; et l\u2019on se croirait presque à la tour de Babel: Chinois, Japonais, Africains, Philippins, Haïtiens, viennent tour à tour faire valoir leur langue avec laquelle notre oreille canadienne n\u2019est guère familiarisée.Mais peu importe, ce sont des âmes que nous voulons et il est à espérer que la moisson sera abondante.Je n\u2019ai point mission d\u2019apôtre, disent certains chrétiens.Est-ce que les ennemis du Christ ont mission ?Ils se la donnent par passion, par haine: ne nous la donnerons-nous point par amour ?P.A.-D.Sertillanges, O.P. 1.II y avait une fois une petite fille qui vivait heureuse et choyée dans une jolie maisonnette, au haut d\u2019une colline.2.La bambine avait pour ami un oiselet aux plumes soyeuses, nommé Trémolo, qu\u2019elle entourait d\u2019affection et de soins.3.Celui-ci, cependant, n\u2019était pas heureux, car il était prisonnier.Dans sa cage il pensait sans cesse avec regret à la forêt de sapins verts.4.et aux joyeuses envolées qu\u2019il prenait jadis, alors qu\u2019il était libre, comme les autres oiseaux, sous le beau ciel du bon Dieu. HiMiÉllaiàMiiM 5.Malgré les visites fréquentes de ses amis de la gent ailée; malgré leurs chants joyeux exercés sous sa fenêtre, pour le distraire.Trémolo dépérit peu à peu.6.Et un jour de décembre, Monique le trouva mort au fond de sa cage.Elle en eut beaucoup de chagrin; elle l\u2019aimait tant, son petit oiseau!.7.Or, le soir de la messe de minuit, alors que la neige tombait à gros flocons, et que les grandes personnes se préparaient à se rendre à l\u2019église.8.Monique eut une inspiration.Se penchant vers le petit Jésus de cire exposé dans le salon, elle s\u2019écria: « O Jésus, donnez-moi un autre petit oiseau! » 9.A peine avait-elle terminé sa candide prière, que déjà elle était exaucée.A la fenêtre apparut un oiselet couvert de neige et transi de froid.10.C\u2019était le cadeau de Noël de 1\u2019! fant Jésus; il devint le nouvel ami de I nique qui le combla de douceurs et de t dresse. bienfaits be iHarle Je remercie notre bonne Mère du ciel pour la grande faveur qu\u2019elle m\u2019a accordée.Mme A.Guénette.Je viens m\u2019acquitter d\u2019une dette de reconnaissance envers l\u2019I-Timaculée Conception pour la vente d\u2019une maison.Je demande une prière pour ma guérison, Mme V.F., Montréal.\u2014 Remerciements à Marie.Reine des Cœurs, pour réussite d\u2019un.e affaire.Mme R.B.Montréal.\u2014Gratitude sincère à Marie Immaculée pour grâce de choix! Mme E.D., Montréal.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour le succès d\u2019une opération.Mme S.Jannelle, Sherrington.\u2014 Reconnaissance à Marie pour faveurs obtenues.H.R., Jonquière.Reconnaissance pour guérison obtenue.Mme Achille Couture, Breakeyville.\u2014 Grand merci pour le succès d\u2019une opération.Mme J.Brault.\u2014 Merci à Marie, Reine des Cœurs, pour faveur reçue.Mme A.D., Montréal.\u2014 Je viens remercier Marie, Reine des Cœurs, pour une grâce obtenue et lui demande la santé pour mon mari.Mme X.B.Ste-Lucie de Doncaster.\u2014 Hommage de gratitude envers la Sainte Vierge pour la guérison de mon mari.Mme A.T., St-Remi d\u2019Amherst.\u2014Je m\u2019acquitte d\u2019une dette de reconnaissance envers la Sainte Vierge pour une grâce obtenue.M.M.Montplaisir.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue.Mme I.M., Montréal.\u2014 Vive reconnaissance pour faveur reçue.Une pensée pour mon mari qui ne va pas à la messe le dimanche et prend de la boisson.Anonyme.\u2014 Merci du cœur pour grâce obtenue par l\u2019intercession de l\u2019immaculée Conception.Anonyme.Montréal.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue.Mme J.D.Montréal.\u2014 Merci à la Sainte Vierge qui nous a fait trouver un logis.M.A.G.RECONNAISSANCES DIVERSES Reconnaissance à saint Jude pour faveur obtenue par son entremise.Mme J.P., Putnam, Conn.\u2014 Remerciements à sainte Thérèse et à saint Jude pour plusieurs faveurs obtenues.Je recommande mon fils.Mme Paquette.\u2014 Grand m^rci à sainte Thérèse de 1 Enfant-Jésus pour sa protection.O.T., St-Sulpice.\u2014 lin grand remerciement à la Sainte Vierge et aux âmes du Purgatoire pour guérisons obtenues.F.R.St-Ubald.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveur obtenue aorcs promesse de publication.G.G., Montréal.\u2014 Remerciements à la Vénérable Marguerite Bourgeois et à la Bienheureuse Maria Goretti pour faveur obtenue par leur intercession.Mme O.D., Montréal.\u2014 Luminaire à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus en remerciement pour toutes les faveurs qu\u2019elle m\u2019a obtenues.Mlle C.Lagrandeur.Montréal.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse pour sa protection.Mme M.¥ TNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de PImmacitlée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs vivants. E ê)OUt)enej=boug Le règlement d\u2019une affaire.Une abonnée.\u2014 Vente d\u2019une propriété et santé d\u2019une personne chère.Mme E.B., Lachenaie.\u2014 La guérison d\u2019un œil pour mon mari, sa santé et la mienne.Mme A.G.\u2014 Je viens solliciter des prières spéciales pour le succès des études de mon petit garçon et de ma fillette.Mme U.B.\u2014 Je recommande mon mari souffrant du cœur.Mme D.-J.Normandin.\u2014 La vente d\u2019une propriété.Anonyme.Saint-Ignace-du-Lac.\u2014 Je demande à la Sainte Vierge la conversion de mes garçons, la vocation de ma &le, la vente de notre terrain et une affaire importante.Une abonnée.\u2014 Je suis cardiaque depuis dix ans, veuillez prier pour ma guérison, aussi pour une position pour mon mari et la vente d\u2019une maison.Mme L.T.\u2014 Le règlement d\u2019une affaire très importante, tant au point de vue spirituel que temporel L.L., Montréal.\u2014 Une mère recommande son fils adonné à la boisson.Une abonnée, Montréal.\u2014 Le règlement d\u2019une succession par l\u2019intercession de Notre-Dame du Bon Secours.Anonyme.\u2014 Une neuvaine pour l\u2019obtention de grâces que je demande depuis longtemps.A.G.\u2014 Prières instantes pour deux intentions particulières.C., Montréal.\u2014 La conversion de mon mari.Une abonnée.\u2014 Je sollicite ma guérison par l\u2019intercession de la Sainte Vierge.Une abonnée, La Tuque.\u2014 La vente d\u2019un commerce.Une abonnée, Montréal.\u2014 Un logement à Montréal; augmentation de salaire pour mon mari; santé; position pour mon frère; autres faveurs.Mme L.L., Maisonneuve.\u2014Je recommande un malade et huit autres personnes malades.C.B., Montréal.\u2014 Une guérison est sollicitée.Mme G.S.\u2014 Une neuvaine, s\u2019il vous plaît, pour obtenir un changement de conduite pour mes filles.Mme G.L.\u2014 Veuillez prier la Sainte Vierge avec instances.La partie est dure et incertaine.Anonyme.\u2014 Protection pour mon fils dans son travail.Anonyme.\u2014 Prières pour mon fils et pour la paix dans le monde.Anonyme.\u2014 Je demande à la Sainte Vierge du travail pour mon mari et la santé pour lui et pour moi.Mme B.A.\u2014 La protection divine sur toute ma famille; la guérison complète du goitre pour deux de mes filles; la santé pour moi-même et tous les miens; vocation de mes enfants et succès dans les etudes de deux de mes fils.Mme M.P.\u2014 La conversion de mon mari et de ma fille; ma guérison.Mme JC.\u2014 Mon fils adonné à la boisson.Une abonnée.\u2014 Ma guérison et des lumières pour une décision.Mlle X.\u2014 Voudriez-vous faire une neuvaine pour obtenir les grâces que je désire depuis si longtemps.E.B.\u2014 Mon fils qui prend de la boisson.Anonyme.\u2014 Deux conversions pressantes; santé pour mon mari; soulagement de mon mal d yeux.Anonyme \u2014 Je suis malade depuis trois ans; voudriez-vous prier pour ma guérison.M.J.H.\u2014 La conversion d\u2019un être cher; vocations; persévérance pour un aspirant au sacerdoce.Anonyme.\u2014Guérison de mes rhumatismes*, conversion de mon gendre.Anonyme.\u2014 La réussite du travail de mon mari.Mme R.B.\u2014 La conversion de mes garçons qui ne pratiquent plus leur religion; ma guérison.Anonyme.On demande des prières aux intentions suivantes; vocations, 2; conversions, 6; guérisons, 16; positions, 6; intentions spéciales, 68.¦ 0a LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception Lampes du sanctuaire.$25.00 Un lampion ou un cierge.10 sous.75 sous pour une neuvaine.$ 2.00 pour un mois.20.00 pour une année. îBonnej'leur, êietgncur, le repos éternel (D'après avis reçus jusqu'au 15 novembre) M.le curé P.Valois, Montréal; M.l\u2019abbé Joseph Lemay, St-Hyacinthe; Rév.Sœur Mane-Albertme, des Sœurs Blanches d\u2019Afrique, Ottawa; Rév.^ur Saint-Marcel, des Sœurs Grises, St-Hyacinthe; M.Sigefroid Raynault, L\u2019Assomption, père de notre Sœur Samte-Marthe; M.Adélard Frappier, Sorel, père de notre Sœur Saint-Adélard; M.Vincent Clarke, Fort-William, Ont., frère de notre Sœur du Saint-Nom-de-Jésus; M.Donat Couvrette, Ste-Doro-thée, frère de notre S(Eur Saint-Alphonse-du-Rédempteur; M.Aurius Cormier.New-Bedford, Mass., grand-père de nos Sœurs Sainl-Sylvère et Sainte-Féli-cité, novice; Mme Edouard Labossière, St-Pie de Bagot, grand-mère de nos Sœurs Sainte-Joséphine et Saint-Hyacinthe; Mlle Cathenne Ouellet, Oxitre-mont; M.Roméo Dorion, Mme Aubert Laganière, Lieutenant-Colonel P.-E Bélanger.Mme Louis Laberge, Mlle Marie-Louise Goyer, M.Alex Groulx, Mme Flavien Bourgon, Mme Thomas Farrell, M.D.Campeau, Mme Louis-1 Malien, Mme Frank Vezeau, M.Joseph Daviau, M.Albert Ménard, Mme Go-defroi Pilon, M.X.Champagne, Mme Joseph Dufour, Mme Gustave Simays, Mme Hector Allard, Mme Vve Alfred Bnssette, M.Joseph Trudeau.Mme Ernest Gregory, Montréal; M.Eugène Beaudoin, Verdun; M.Aubry Denault, Poînte-aux-Trembles; M.Louis-A.Beaudry, Longueuil; M Louis-Dons Manseau, Tétreaultville; M.Joseph Martin, M Jean Daoust, Mme Joseph Carnère, Pointe-Claire; Mme Anthime Saint-Denis, Mme W.Robitaille, Ste-Geneviève; M.Arthur Alary, Mme Paul-Emile Lapointe, St-Janvier; M.Philippe Beaudry, Chambly-Canton; Mme Sylva Dupuis, St-Bruno; M.Dollard Thouin, L\u2019Assomption; Mme Petrus Cyr, M Joseph Robert.M.Albert Laurin, M.Sylvio Laurin, Ste-Scholastique; Mme Euclide Char-bonneau, Napierville; M.Eugène Monette, St-Matthieu; M.G-A.Poulin, St-Sulpice; Mme Cléophas Perreault, St-Basile-Ie-Grand; M.Joseph Mailloux, St-Maxime; M Joseph Dagenais, St-Sauveur-des-Monts; M.Alphonse Blain, St-Léonard-de-Port-Mau-rice; M.Ferdinand Picotte, St-Paul-l\u2019Ermite; M.Orner Marcil, St-Luc; Mlle Gertrude Samoisette, St-Jean; M.Arthur Cloutier, Oka; M.Henri Gaudet, St-Jacques de Montcalm; Mme Azellus Savoie, Mme Joseph Asselin, Ste-Elisabeth; M.Joseph Manègre, M.Barthélemy Farley, Mlle Thérèse Coulombe, Berthierville; M.Anthime Bonin, Lanoraie; M.Orner Cour-temanche, St-Calixte; M.Joseph Rio^l, Mme Ludger Riopel, St-Emile; M.Arcade Brault, Ste-Mélanie; Mme Hildège Rondeau, St-Gabriel-de-Brandon; M.Hormisdas Guérard, M.Nazaire Guérard, M.Alphonse Guérard, St-Félix-de-Valois; Mme Ovila Généreux, M.Gasf>ard Ducharme, Mme W Simard, St-Ambroise-de-Kildare; Mme Désiré Champagne, Mme Arthur Dubeau, St-Norbert; Mme Da-mase Grégoire, M.Antoine Chênevert, St-Cuthbert; M.Wilfrid Champagne, St-Barthélemy; M.P -C.Guévremont, St-Ignace-de-Loyola; M.Joseph Ritché, St-Donat; Mme Joseph Lupien, Kl Alb Brunet, M.Raoul Chalifoux, Ste-Agathe-des-Monts; Mme Thomas Léonard, La Conception; M.W.Dussault, La Minerve; Mme Adrien Desjardins, Lac-Carré; M.D.Saint-Pierre, Mme S.Miljours, Labelle; Mme Joseph Lajeunesse, M.H.Groulx, Mont-Laurier; M.Charles Robitaille, M.S.Morin, M.AJph.Villeneuve, M, Palma Joanis, Maniwaki; Mme Joseph Payette, Mme Vve Joseph Payette, Bois-Franc; M.J.-D.Ménard, Mme G Lachapelle, Gracefiel^ Mme Ernest Alie, Ste-Famille d\u2019Aumond; Mme Louis Piché, Mme Anthime Piché, Mme Orner Brunet, Ferme-Neuve; M.H.Quevillon, Lac-Saint-Paul; Mme Odilon Roby, Mont-Saint-Michel; Mme Olivier Valiquette, Kiamika; M.Osias Légaré, Ste-Anne-du-Lac; M.Esdras Clément, L\u2019Annonciation; M.Orner Saint-Louis, Lac-des-Ecorces; Mlle Rita Piché, St-Antoine-des-Laurentides; M.Achille Desmarteaux, Mme Zotique Cadieux, St-Iérôme; Mme Joseph Ayotte, Ste-Eulalie; MM.Aimé, Gérard et Roland Chap-deleine, Mme Charles Lanteigne, St-Ours-sur-Richelieu; M.Antome-F.Ducharme, Granby; Mme J.-E.Hamel, Mlles Zéphinne et Cordélia Martin, St-Hilaire; Mme Trefflé Perron, Mme Adélard Marceau, Thetford-Mines; M.Joseph Paré, Mme Edmour Gaucher, St-Valérien; M.Angelbert Lussier, M.Nap.Legrand, M.Rosario Saint-Pierre, Acton-Vale: M.M.Picard, St-Théodore; Mme Adélard Niquette, St-Nazaire; Mme Louis Bois, M.C.-S.Millette, M.Urgel Lavigne, M.Ed.Gaumond, St-Simon; M.Nap.Dion, M Joseph Saint-Jacques, Ste-Cécile; M.H.Lafontaine, St-Hugues; M.Félix Desjardins, St-Joachim; Mme Ed.Bathalon, Mlle Rose Plouiïe, M.Elias Boisvert.Mlle Patricia Lareau, M.Pierre Bédard, Cowansville; Mlle Diane Bonneville, St-Sébastien; M.Cléo QUIEM Tremblay, St-Timothée; Mme Clara Fortin, La Tuque; Mme Ed Baril, Mme Lucien Béland, Mme V -N Leblanc, Ste-Ursule; Mme Côme Lefebvre, Shawinigan; M.Achille Biron, St-Maurice; Mme Robert Drouin, Mme Hilaire Drouin, Saints-Anges de Beauce; M.Cléophas Fihon, Broughton-Station; Mme ^phirin Saint-Pieire, St-Cyrille; Mme Eph.Mann, St-Simon; Mme Saul Dion, Lévis; M.Arthur Bérul^, Québec; Mme Iré-née Lemay, Bureau Francœur; M.J.-J.Tessier, Ste-Thècle; Mme I.Coté, Lac-des-Âigles; Mme Alb.Dubé.Mme Vve Etienne Perron, M.Alex.Pelletier, St-Louis du Haî Haï; M.Narcisse Proulx, Ste-Blandinc; M.Art.Boucher.M.W Plourde, M.et Mme Nap.Labrecque, M.Ernest Carner, Rivière-du-Loup; M.O.Bergeron, M.Orner Thériault, Mlle Jocelyne Beaulieu, St-Benoît de Packington; Mme Ad.Tremblay, St-Jean-de-la-Land^ M.H.Simard, St-Anaclet; Mme J.-B.Dionne, Mme L.Blanchet, Mme J.-E.Pelletier, Mme Alp.Ga^on, Ste-Rose-du-Dégelé; M.David Morin, St-Eusèbe; Mme G.Bélanger, Les Etroits; Mme Ed.Samson, Rivière-Bleue; M.J.-B.Plourde, Sully; M.Ed.Lang, Estcourt; Mme Ant.Gallant, Mme Joseph Chassé, Ri-mouski; M.André Bernard, St-Victor de Bonaventure; Mme Vve Joseph Gallant, St-Alexis; M.Samuel AJthot, St-Noël; Mme Joseph Sirois, Ste-Jeanne-d\u2019Arc; Mme Charles Desrochers, M.P.-P.Gagné, Ste-Angèle; M.Joseph Brillant, Esprit-Saint; M.Aug.Tremblay, Mme Alp.Roussel, Les Hauteurs; Mme Nap Loof, St-Moïse: Mme Joseph Castonguay, Ste-Hélène de Kamouraska; M.Alf Ouellet, St-André de Kamouraska; M.Alias Flammond.M.Johnny Lagacé, M.Joseph Lebel, M.Ignace Lebel, St-Honoré; M.Conrad Oakes, St-Elzéar; M.et Mme Etienne Lévesque, Mont-Joli; Mme Elzéar Belzile, St-Fabien; Mme Eug.Tremblay, M.Alb.Mailhot, Ste-Marguerite-Marie; Mme X.Bouchard, Bagotville; Mme T Simard, Larouche; Mme Vve T Couture, Mme Eug.Côté, St-Gédéon; M.Julien Dessuieault, Mme D.Poirier, L\u2019Ascension; M.Louis Côté, St-Nazaire; M Médor Hudon, Ste-Anne de Chicoutimi; M.J Harvey, Sacré-Cœur; M.T Plourde, Albanel, M.Léon Girard, St-Gabriel de Ferland; Mme Louis Gagné, Mme F.Bélanger, Chicoutimi; Mme E.Saint-Gelais, Mme E.Laix>inte, Laterrière; M.Joseph Rossignol, St-Majorique; M.R.Marcil, St-dtanislas de Ro-berval; M.R.Maltais, St-Augustin; M.Louis Gilbert, Mme T.Bergeron, Jonquière; Mme Nap.Côté, St-Bruno; M.Damase Deplessis, Marlboro, Mass.; Mme S.Robert, New-Bedford, Mass.I TNE messe de « Requiem » est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs défunts. 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