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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Janvier - février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1954-01, Collections de BAnQ.

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[" ER 1954 35e année i N° 1 lÉIttf \u2018 , 'AecuAAWAs' ¦ 3ül (pAéajUi&mA.\u2022an- $1 00\tBulletin bimestriel publié par les Soeurs Mission- ie- $20 00\tnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l'autori- sation de S.Em.le Cardinal Archevêque de Montréal.2900, CHEMIN SAINTE-CATHERINE CÔTE-DES-NEIGES, MONTRÉAL(26) Vol.XVIII, 35e année Montréal, Janvier-Février 1954\tN° 1 SOMMAIRE Prière de Noël.La Rédaction Encyclique « Fulgens Corona ».Sa Sainteté Pie XII Une victoire de notre Mère du ciel.Sœur Marguerite-de-l\u2019Enfant-Jésus Maria Sama l'emporte sur Ten Rikyo.Sœur Sainte-Anne L'Eglise catholique philippine d'aujourd'hui-;.Sœur Thérèse-de-la-Sainte-Face Auprès des réfugiés.Sœur Lazare-de-Béthanie Une quinzaine à Pitara.; ; \u2022 ;.Sœur Cécile-de-la-Trinité Chez le Sumiya San.Sœur Saint-Charles-Garnier Vua Sœur Saint-Yves Joie missionnaire._.Sœur Sainte-Yvette Reconnaissance au Misuku.Sœur Saint-Jean-de-la-Lande Première expérience en mission.Sœur Saint-Némèse La mort du python.Sœur Sainte-Bernadette Le tour du monde avec les tout petits.La Rédaction Le bienheureux Théophane Vénard.Chanoine F.Trochu 3 5 8 11 13 16 19 22 29 32 33 37 41 42 44 Page-couverture : Quoique païenne, cette gentille petite Nippone prie l\u2019Enfant Jésus avec ferveur devant la Crèche du Couvent de Tokyo. Prière de Noël Petit Jésus/ viens loger dans mon coeur; Il n\u2019est pas si propre que la mangeoire, Mais il y a dedans de la chaleur.Petit Jésus, si les auberges \u2014 voire Du monde entier! \u2014 n\u2019ont de place pour toi Oublie en mon coeur leur échappatoire. Petit Jésus, quand tu restes chez moi.Même l\u2019exil m\u2019est oasis fleurie,- Le val des pleurs s\u2019emplit de toi, beau Roi! Petit Jésus, comme en Sainte Marie, Daigne en mon sein habiter et grandir.Que je me perde et te donne la vie! Petit Jésus, bénis tes saints martyrs : Prêtres, chrétiens, qui souffrent pour ta Face.Fais de Noël leur fête de mourir.Et pardonne à tous ceux-là de ma race, Leurs bourreaux : ils ne savent ce qu ils font.Pauvre rien, je veux payer à leur place.Petit Jésus, ta dure Passion S\u2019ouvre aujourd\u2019hui.Noël comme une aurore Baigne le Mont Calvaire à l\u2019horizon.Petit Jésus, ta Passion colore L\u2019aube pascale.Ainsi, que dans son sang, L'Eglise de mon pays se restaure.Immortel Phénix toujours renaissant! (Adaptation de Christmas Prayer, du Dr Wu.) de Sa Sainteté Pie XII à l\u2019occasion de l\u2019année mariale 1954 La lumineuse couronne de gloire dont Dieu a ceint le front très saint de la Vierge Mère de Dieu resplendit davantage, Nous semble-t-il, lorsque Nous Nous reportons par la pensée au jour où, voici cent ans, Notre Prédécesseur d\u2019heureuse mémoire, Pie IX, entouré d\u2019un nombre imposant de Cardinaux et d\u2019Évêques, déclara, prononça et définit solennellement, dans son autorité apostolique infaillible, que « la doctrine selon laquelle la Bienheureuse Vierge Marie a été, dès le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège singuliers du Dieu tout-puissant et en prévision des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est une doctrine révélée par Dieu et qu\u2019elle doit en conséquence être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles » (Bulle dogmatique Ineffabilis Deus, du 8 décembre 1854).L\u2019oracle du Pontife fut accueilli avec joie par l\u2019univers catholique, qui depuis longtemps 1 attendait avec impatience.Sous cette impulsion, on vit croître la dévotion des fidèles pour la Sainte Vierge, source féconde entre toutes des renouveaux de la vie chrétienne, tandis que connaissaient un nouvel essor les travaux qui devaient mettre dans une vive lumière la dignité et la sainteté de la Mère de Dieu.Il semble que la Bienheureuse Vierge Marie elle-même ait voulu en quelque sorte confirmer par un prodige la sentence que le Vicaire sur terre de son Divin Fils avait prononcée, aux applaudissements de l\u2019Église entière.Quatre ans en effet ne s\u2019étaient pas encore écoulés que dans une ville de France, au pied des Pyrénées, une enfant simple et innocente voyait, à la grotte de Massabielle.la Sainte Vierge lui apparaître.Celle-ci avait un aspect juvénile et affable; elle était vêtue d\u2019une robe et d\u2019un manteau blancs et portait une ceinture bleue; à l\u2019enfant qui demandait instamment à connaître le nom de celle qui avait daigné se montrer à elle, celle-ci répondit, levant les yeux au ciel et souriant doucement: « Je suis l\u2019immaculée Conception.» Les fidèles saisirent parfaitement la portée de l\u2019événement et, accourant innombrables de toutes les parties du monde en pèlerinage à la grotte de Lourdes, ils ravivèrent leur foi, enflammèrent leur piété et s\u2019efforcèrent de conformer leur vie aux préceptes du christianisme.Et en ce même lieu ils obtinrent aussi à maintes reprises par leurs prières des faits miraculeux propres à susciter l\u2019étonnement général et à confirmer que la religion catholique est bien la seule que Dieu ait donnée aux hommes et qu\u2019il approuve.C\u2019est ce que comprirent éminemment, comme il était naturel, les Pontifes romains, qui enrichirent de faveurs spirituelles et comblèrent de leur bienveillance le temple magnifique élevé en l\u2019espace de quelques années par la piété du clergé et du peuple chrétien. 6 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1954 \u2014 ï \u2014 En définissant, par la Lettre Apostolique citée plus haut, ce point de la doctrine chrétienne comme devant être cru formellement et fidèlement par tous les chrétiens, Notre Prédécesseur ne fit que recueillir diligemment et consacrer par son autorité la voix des Pères et de toute l\u2019Éilise, telle que depuis les premiers âges les siècles la lui avaient transmise.Le fondement de cette doctrine se, trouve d\u2019abord dans les Saintes Écritures elles-mêmes, où, après la malheureuse chute d\u2019Adam, Dieu, Créateur de toutes choses, s\u2019adresse au serpent tentateur et corrupteur par ces mots, que plusieurs Pères et docteurs de l\u2019Église ainsi que de nombreux interprètes autorisés appliquent à la Vierge Mère de Dieu: « Je placerai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne.» Car si, à un moment donné, la Bienheureuse Vierge Marie était restée privée de la grâce divine, en tant que souillée dans sa conception par la tache héréditaire du péché, il se serait vérifié entre elle et le serpent \u2014 du moins pendant cet espace de temps, si court qu\u2019il eût été \u2014 un certain asservissement et non pas l\u2019éternelle inimitié dont il est fait mention depuis la tradition primitive jusqu\u2019à la définition solennelle de l\u2019immaculée Conception de la Vierge.En outre, les termes « pleine de grâce » et « bénie entre les femmes », par lesquels est saluée la Très Sainte Vierge, insinuent clairement \u2014 et la tradition catholique l\u2019a toujours compris ainsi \u2014 que par « cette solennelle salutation, salutation singulière et inouïe jusque-là, la Mère de Dieu nous était montrée comme le siège de toutes les grâces divides, comme ornée de toutes les faveurs, comme un abîme insondable de grâces, de sorte que jamais elle n\u2019avait été soumise à la malédiction » (Bu\\\\e Ineffabilis Deus), Cette doctrine, dès l\u2019âge de l\u2019Église primitive et sans que personne y contredît, fut clairement enseignée par les Pères, qui affirmèrent que la Bienheureuse Vierge avait été un lis entre les épines, une terre entièrement intacte, immaculée, toujours bénie, libre de toute contagion du péché, un bois incorruptible, une source toujours limpide, la seule et unique fille, non de la mort, mais de la vie, un germe non de colère mais de grâce; immaculée, absolument immaculée, sainte et éloignée de toute souillure de péché, plus belle que la beauté, plus sainte que la sainteté, seule sainte, celle qui \u2014 Dieu seul excepté \u2014 est supérieure à tous et qui par nature est plus belle, plus gracieuse et plus sainte que les Chérubins et les Séraphins eux-mêmes et toute l\u2019armée des anges.Si l\u2019on considère avec soin, comme il convient, ces louanges de la Bienheureuse Vierge Marie, qui oserait douter que Celle qui est plus pure que les anges et a été pure en tous temps n\u2019ait été à tous les instants de la vie, même le plus bref, exempte de toute espèce de souillure de péché ?C\u2019est donc à juste titre que saint Éphrem s\u2019adresse en ces termes à son divin Fils: « En vérité Vous-même et votre mère etes les seuls qui soyez à tous égards d\u2019une parfaite beauté.Car ni en vous, Seigneur, ni en votre mère, il n\u2019y a la moindre souillure.» Il ressort clairement de ces paroles que parmi tous les saints et toutes les saintes il n\u2019en est qu\u2019une seule dont on puisse affirmer que, quel que soit le péché dont il s\u2019agisse, il n\u2019en saurait être aucunement Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1954 7 question à son sujet; au surplus, ce privilège unique accordé à nul autre, elle l\u2019obtint de Dieu au titre de son élévation à la dignité de Mère de Dieu.En effet, cette mission sublime, solennellement affirmée et définie au Concile d\u2019Êphèse contre l\u2019hérésie nestorienne, et dont il ne semble pas qu\u2019on puisse en concevoir de plus haute, postule la plénitude de la grâce divine et une âme exempte de toute tache, étant donné qu\u2019elle requiert la dignité et la sainteté les plus élevées après celles du Christ.Bien plutôt, de cette mission sublime de Mère de Dieu semblent découler, comme d\u2019une source cachée et très pure, tous les privilèges et toutes les grâces qui ornent son âme et sa vie à un titre suréminent.Comme le déclare, en effet, justement saint Thomas d\u2019Aquin: « La Bienheureuse Vierge, du fait qu\u2019elle est Mère de Dieu, possède une dignité en quelque sorte infinie à cause du bien infini qu\u2019est Dieu.» Et un auteur célèbre développe et explique la même pensée en ces termes: « La Bienheureuse Vierge.est Mère de Dieu; donc elle est tellement pure et tellement sainte qu\u2019après celle de Dieu on ne peut concevoir une pureté plus grande.» Du reste, si l\u2019on y pense attentivement et que l\u2019on considère en particulier l\u2019amour très brûlant et très suave que Dieu porta et porte sans nul doute à la Mère de son Fils Unique, comment même imaginer qu\u2019elle ait été, ne fût-ce qu\u2019un instant, sujette au péché et privée de la grâce divine ?Dieu certes pouvait, en prévision des mérites du Rédempteur, l\u2019enrichir de ce très unique privilège: qu\u2019il ne l\u2019ait donc pas fait, nous ne saurions même le penser.Il convenait que la Mère du Rédempteur fût telle qu\u2019autant que possible elle fût digne de lui; mais elle ne l\u2019aurait pas été si la souillure de la faute héréditaire l\u2019avait, encore qu\u2019au seul instant de sa conception, rendue sujette à la sinitre domination de Satan.On ne peut pas dire pour autant que la Rédemption du Christ s\u2019en trouve diminuée, comme si elle ne s\u2019étendait plus à toute la descendance d\u2019Adam et que de ce fait on retenait quelque chose à la mission et à la dignité du Divin Rédempteur lui-même.Car en scrutant la question à fond et attentivement, on voit aisément que le Christ Notre-Seigneur a en réalité opéré de façon très parfaite la Rédemption de sa divine Mère, puisque c\u2019est en prévision de ses mérites qu\u2019elle fut préservée par Dieu de toute souillure héréditaire du péché.C\u2019est pourquoi la dignité infinie de Jésus-Christ et son œuvre d\u2019universelle Rédemption ne sont pas amoindries ni atténuées par ce point de doctrine; elles sont bien plutôt portées à leur plus haut degré.C\u2019est donc sans fondement que bon nombre de non-catholiques et de novateurs accusent et critiquent notre dévotion envers la Vierge Mère de Dieu, comme si nous retranchions quelque chose au culte qui n\u2019est dû qu\u2019à Dieu et à Jésus-Christ; alors qu\u2019au contraire tout honneur et toute vénération accordée à notre Mère céleste viennent sans nul doute rehausser la gloire de son divin Fils: c\u2019est en effet de lui que dérivent, comme de leur première source, toutes les grâces et tous les dons, même les plus hauts, et au surplus « ce sont les parents qui sont la gloire de leurs enfants » (A suivre) TT par Sœur MARGUERITE-DE-L\u2019ENFANT-JÉSUS S M.I.C.oite de n u cie Au mois d\u2019août dernier, nous ouvrions une école à Maximo Gomez.Avec l\u2019intention de recruter des élèves pour le nouvel établissement, Sœur Supérieure, accompagnée d\u2019une dame de la contrée, visita les familles du pauvre pueblo.Travail délicat, car cette paroisse, laissée sans prêtre ni religieuse depuis bon nombre d\u2019années, était devenue la proie de la franc-maçonnerie.Néanmoins, dans la plupart des logis, on la reçut aimablement.Un après-midi, la visiteuse entre chez un monsieur, propriétaire d\u2019un café et père de trois enfants: deux fillettes, l\u2019une de neuf et l\u2019autre de six ans, et un garçonnet de huit ans.« Mère, ici, prenez votre temps! » lui avait glissé à l\u2019oreille la dame qui l\u2019accompagnait.Il s\u2019agissait sans doute d\u2019un cas particulier! En effet, l\u2019accueil est un peu froid.Tout de même, le chef de famille offre à passer s\u2019asseoir du côté de la résidence.La maman devine le motif de cette visite et en paraît tout heureuse.On cause d\u2019abord de choses et d\u2019autres, puis l\u2019on en vient au point important: l\u2019inscription des enfants comme élèves du nouveau colegio.A la suite de longs pourparlers, le père déclare : « Je vais y penser.Si je me décide, ce sera en faveur du bambin, bien exposé ici, au café; je serais plus tranquille de le savoir en classe toute la journée.» (Dans les écoles publiques, l\u2019on ne donne qu\u2019une demi-journée de classe.) « En tout cas, ma Sœur, ajoute-t-il au départ, vous n\u2019avez pas perdu votre temps en venant ici.» La semaine suivante, nouvelle visite; mais, cette fois, un accueil un peu plus froid était réservé à la visiteuse.Rien n\u2019avait été décidé.A quelque temps de là, passant devant la porte de notre homme, Sœur Supérieure risque une troisième tentative.« Calma, calma, Madré », de lui dire le chef de famille en l\u2019apercevant, ce qui veut dire: « Prenez votre temps, rien ne presse encore! » « Je ne veux pas vous presser, reprend la religieuse.Comme je passais devant votre demeure, je me suis permis d\u2019entrer.Quand vous serez décidé, veuillez me donner vous-même votre réponse.» Quelques paroles aimables, et elle se retire, se demandant quelle sera l\u2019issue de cette dernière démarche.On lui apprend alors que le monsieur en I A 1.Fleur-Ange L\u2019Heureux, de Montréal. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1954 9 question est l\u2019un des plus ardents francs-maçons de l\u2019endroit.Il ne restait donc plus qu\u2019à attendre ou plutôt à continuer de prier avec foi et persévérance.Peu de jours avant l\u2019ouverture des classes, quelle n\u2019est pas notre joie de voir arriver le bambin, accompagné d\u2019un ami de la famille.Il venait faire son entrée, mais à la condition qu\u2019il ne serait jamais question de baptême: c\u2019était là une ruse du Malin que notre douce Mère sut bien déjouer.Le 1er octobre, date de l\u2019ouverture de l\u2019école, Andrés est classé en deuxième année.Très intelligent et studieux, il obtient les premières places.Cependant, à l\u2019heure du catéchisme, notre bout d\u2019homme paraît fort soucieux lorsque la leçon porte sur l\u2019importance du sacrement de baptême.Un incident révéla son chagrin.En janvier, la Sainte-Enfance était inaugurée dans notre collège.Je profitai de l\u2019occasion pour expliquer à mes élèves la fin de l\u2019Œuvre et faire ressortir le triste état de tous ces pauvres petits enfants qui jamais n\u2019iront au ciel voir le bon Dieu, faute d\u2019avoir été baptisés avant de mourir.Notre Andrés, n\u2019y tenant plus, se lève: « Mère, je ne suis pas baptisé, moi! » s\u2019exclame-t-il.Ses compagnons de s\u2019écrier: « Si tu meurs, tu n\u2019iras pas au ciel.» Baissant la tête, le pauvre petit murmure: « C\u2019est mon papa qui ne veut pas! » J\u2019invitai donc les enfants à prier pour leur jeune camarade.Le temps vint où il fallut préparer la première communion.Plus le 19 avril approchait (jour fixé pour cette cérémonie), plus j\u2019insistais sur l\u2019explication du sacrement de baptême.Je leur demandai: « Ceux qui ne sont pas baptisés peuvent-ils communier ?\u2014\tNo, Madré.\u2014\tS\u2019ils meurent, pourront-ils aller au ciel ?\u2014\tNo, Madré, ils ne le pourront pas.Comme cela Andrés ne communiera pas avec nous ?» de déplorer les petits.Les jours passaient et la date importante approchait toujours plus.Le 23 mars, Sœur Supérieure appelle les futurs premiers communiants pour un examen préparatoire.A tour de rôle tous les élèves de ma classe se présentent.Quand arrive Andrés: « Tu es content, n\u2019est-ce pas, de faire ta première communion ?» lui demande-t-elle, feignant d\u2019ignorer sa situation.« Moi, je ne pourrai pas faire ma première communion, je ne suis pas baptisé.\u2014\tEt pourquoi ?\u2014\tParce que mon papa ne veut pas.\u2014\tSi tu le demandais à ton papa, peut-être voudrait-il ?Prie bien la Sainte Vierge, je suis sûre que tu seras exaucé.» Ses petits yeux se reprirent à briller : « Oui, Madré, je vais le lui demander aujourd\u2019hui même! » Tout heureux, il partit ce soir-là en disant à son petit ami: « Je te promets que je vais être baptisé! » 10 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1954 Que se passa-t-il à la maison ce même soir ?Il y eut des larmes.et le papa vaincu donna son consentement.Le lendemain, notre petit homme arrive à l\u2019école radieux de bonheur, disant à tous ceux qui voulaient l\u2019entendre: « Papa dice que si, dice que si ! » (Papa dit que oui, dit que oui.) Quelle joie pour tous de savoir qu\u2019enfin la permission est accordée.Les arrangements sont faits avec le Père Curé pour après la classe.Mais à l\u2019heure fixée, on vient nous avertir que le parrain ne peut venir.Le baptême est remis au lundi suivant.Pendant ce laps de temps, le démon furieux travaille ferme.Au jour convenu, nouvelle difficulté pour rejoindre parrain et marraine.Après bien des démarches, notre futur petit chrétien parvient à les amener au collège à 5 h.30 de l\u2019après-midi.Pendant que dans la plus grande simplicité se déroule la cérémonie qui fait de notre Andrés un enfant du bon Dieu, nos cœurs sont inondés de bonheur.Nous remercions notre Immaculée Mère de cette victoire sur le Malin.Une fois de plus, les prières et les sacrifices de quelques âmes ferventes, peut-être d\u2019une pauvre malade ou d\u2019un généreux apôtre de la Sainte-Enfance, ont su toucher son cœur maternel.Un grand pas est fait pour notre nouveau baptisé, mais il faudra continuer de prier pour sa persévérance, car il aura à lutter bien fort dans son milieu antichrétien.Qui sait si cet enfant ne sera pas un jour apôtre parmi les siens?Son pauvre pueblo en aurait tant besoin! -\t-\u2022 \u2022 \u2022\t_z:- La foi de Félisi, la catéchumène Kaseye.\u2014 Je traversais le village de ma vieille Félisi à la tombée du jour.Le village, une poignée de huttes, était désert.Par delà s\u2019étendait la brousse pleine de mystères et de menaces.Félisi, assise sur le pas de sa paillote, m\u2019aperçut et me salua.Je lui rendis son salut et allai m\u2019asseoir sur la natte à ses côtés.« Tu n\u2019as pas peur de coucher seule ici ?» lui demandai-je.Alors, se tapant les mains, elle m\u2019indiqua le ciel, se leva et me dit de la suivre à l\u2019intérieur de sa cabane.Là, elle me montra avec beaucoup de respect une belle image de la Très Sainte Vierge que le Père Supérieur lui a donnée; puis elle prononça ces paroles magnifiques: « Vois, je mange ma sima, je m\u2019agenouille, je prie, puis je me couche.Penses-tu que je puisse avoir peur des hommes et des bêtes quand je suis avec le Dieu de toute-puissance ?» En môi-même je rougis: la foi, la confiance, l\u2019abandon de cette humble catéchumène me confondait.Alors nous sortîmes, et, sous le beau ciel d\u2019Afrique, je fis avec Félisi la prière du soir, récitai trois Ave, après quoi j\u2019entonnai le Causiku Marna Maria (Bonsoir, douce Marie!).Le soleil avait disparu; la lune éclairait la nuit.Je quittai ma catéchumène, emportant au fond du cœur une leçon de foi et d\u2019abandon dont n\u2019auraient pas souri les Pères du désert.Sœur Sainte-Bernadette, M.I.C. par Sœur SAINTE-ANNE 1, M.I.C.M.Kobayashi, père d\u2019un élève du Jardin de l\u2019Enfance, allait mourir d\u2019un mal atroce: un cancer au cerveau.Dans son désespoir, il s\u2019était donné à la religion de Ten Rikyo, qui exige de ses adeptes le don de toute leur fortune.En retour, ce dieu est supposé guérir sans remèdes ni soins médicaux.Nous confiant en la Vierge Immaculée, Sœur Agnès-d\u2019Assise 2 et moi formions le dessein de retirer cette âme de l\u2019erreur.A notre première visite, le pauvre homme, qui souffrait horriblement, accepta la médaille miraculeuse.Ma compagne le catéchisa un peu et lui dit en dernier lieu: « Tandis qu\u2019il en est encore temps, réfléchissez.Il n\u2019y a qu\u2019un seul Kami Sama.C\u2019est lui qui donne les médecins et les remèdes pour s\u2019en servir.\u2014\tQue faut-il faire ?demanda le malade.\u2014\tCroire et être baptisé.\u2014\tJe crois en votre Dieu.Baptisez-moi.» Le danger ne paraissant pas imminent, nous jugeâmes prudent de laisser M.Kobayashi mûrir sa décision.Mais quelles ne furent pas notre surprise et notre émotion de l\u2019entendre prononcer avec l\u2019accent de la sincérité cette belle prière qui lui montait spontanément du cœur : « 0 Kami Sama, mon Père que j\u2019ai, hélas! ignoré jusqu\u2019ici, salut! Je m\u2019abandonne à vous pour toujours.Mes yeux sont fermés (son cancer l\u2019avait rendu aveugle), mais depuis que ces personnes vous ont fait connaître à moi, je suis heureux de croire en vous.Pardonnez-moi le mal que j\u2019ai fait durant ma vie.Pour l\u2019avenir je m\u2019abandonne sans crainte.Je promets d\u2019endurer toutes mes souffrances avec patience.Je sens pourtant ma faiblesse, surtout quand je souffre beaucoup.J\u2019espère que vous m\u2019excuserez si je retombe encore.» Ici, le malade interpella sa femme, qui, stupéfaite, assistait à cette scène sans toutefois marquer sa désapprobation; et il lui demanda pardon des peines qu\u2019il avait pu lui causer.De plus en plus éton- 1.\tMarie-Louise Gosselin, de Sainte-Sophie de Mégantic.2.\tLucienne Renaud, de Montréal. 12 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1954 née, elle l\u2019assura de son pardon.Alors le converti poursuivit à haute voix sa prière au Kami Sama: « Mon mal est de cette sorte que je puisse perdre la raison.Mais dès maintenant et pour jusqu\u2019à la fin je proteste que je ne veux plus servir et aimer que vous.Je ne veux plus vous offenser et j\u2019implore pour mon âme une place dans votre paradis.» L\u2019opposition survint non de l\u2019épouse, mais des deux sœurs du malade qui accoururent à son chevet.Elles ne réussirent pourtant pas à l\u2019ébranler.Et quand les bonzes de la secte de Ten Rikyo le visitèrent, il leur communiqua sa renonciation.Ensuite il nous fit rappeler par l\u2019intermédiaire d\u2019un cousin, nouveau chrétien qui s\u2019intéressait à son âme.Nous le trouvâmes en proie à d\u2019horribles souffrances et jouissant d\u2019une lucidité intermittente.Dans un moment de répit, M.Kobayashi renouvela son adhésion aux vérités de la religion catholique.Mais afin qu\u2019il ne se convertît pas dans l\u2019espoir d\u2019être guéri par le baptême comme par un remède, Sœur Agnès-d\u2019Assise eut soin de l\u2019avertir que le sacrement ne ferait qu\u2019assurer le bonheur à son âme.Le moribond avait pleinement saisi l\u2019effet surnaturel du baptême: il ne voulait pas autre chose que devenir l\u2019enfant du bon Dieu.Ondoyé sur-le-champ, il s\u2019abîma dans une action de grâces où il redit l\u2019émouvante prière qui avait jailli de son cœur sous le don de la foi l\u2019envahissant et l\u2019éclairant.Intérieurement nous demandâmes à la Sainte Vierge de mettre un terme aux pénibles souffrances de ce pauvre cancéreux.Le lendemain, notre néophyte partait pour le ciel.Puisse la Vierge Immaculée, plus forte que Ten Rikyo, prendre en pitié la jeune veuve et ses quatre enfants qui dans leur désarroi ne peuvent s\u2019accrocher encore aux consolantes promesses du revoir éternel.Quand on veut entrer dans le Cœur de Jésus, il suffit de s\u2019adresser à Marie; on reçoit audience à l\u2019instant même.Saint Alphonse de Liguori * * * Le zèle d\u2019une âme de feu ne se refroidit pas; il est une flamme qui veut envahir l\u2019univers; il rêve de s\u2019étendre, de proche en proche, à tous ceux en qui il veut insuffler son ardeur.Avec David, il pourrait dire: « Mon cœur s\u2019est embrasé au spectacle du monde, en pensant aux hommes qui ont oublié la loi de Dieu.» R.Frère Hébert, E.C L\u2019Eglise catholique philippine d\u2019aujourd\u2019hui Sœur THÉRÈSE-DE-LA-SAINTE-FACE1, M.I.C.Paulino Albano entrait au petit Séminaire en juin dernier.Il est l\u2019un des mille six cent soixante-dix séminaristes des Philippines.A son collège, cent quatre-vingt-dix jeunes gens de tous âges, de toutes catégories, se préparent à recevoir les Ordres.Naturellement, plusieurs des compagnons de Paulino vont se retirer avant d\u2019achever leurs études.Le nombre res treint des candidats demeure-t-il suffisant pour répondre aux besoins de 15,800,000 Philippins qui se déclarent eux-mêmes catholiques?On estime que deux cents nouveaux prêtres par année seraient nécessaires pour maintenir ici le rythme d\u2019expansion de l\u2019Église.De plus, la population du pays augmente toujours.Pour laisser Paulino au Séminaire, M.Albano doit verser annuellement près de mille pesos au bureau du Régisseur.Il en coûtera donc de onze à douze mille pesos pour que le jeune homme atteigne à son idéal.Comme un tel placement n\u2019assure aucun revenu matériel, certains parents refusent de payer.D\u2019autres sont simplement incapables d\u2019aborder cette dépense.Plusieurs des confrères de Paulino bénéficient de dotations offertes par les Chevaliers de Colomb, l\u2019association Ylac, ou des bienfaiteurs particuliers.Les évêques de la plupart des diocèses supportent les frais d\u2019étude de vocations sérieuses.Par exemple, le chef d\u2019un diocèse me disait qu\u2019il aidait quatorze candidats de son district, les parents de ceux-ci ne consentant qu\u2019à assumer les dépenses personnelles.Aujourd\u2019hui, aux Philippines, il n\u2019y a que deux mille quatre cent quatre-vingt-douze prêtres.Or on estime qu\u2019un prêtre peut s\u2019occuper de deux mille âmes.Ici la moyenne nationale est d\u2019un seul prêtre par huit mille; en certaines localités, cette proportion s\u2019élève encore et rejoint le pire au monde.A Manille même, il y a cinq cent trente-neuf prêtres; bon nombre de ceux-ci, en plus d\u2019exer- 1.Thérèse Leblanc, de Moncton, N.-B. 14 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1954 cer le ministère paroissial, sont engagés dans l\u2019administration et dans l\u2019enseignement.A Gagalangin, paroisse de Paulino, un seul prêtre a charge de vingt mille catholiques.Comment s\u2019attendre à ce qu\u2019il puisse suivre tous ses paroissiens ?Dans ces Conditions, il lui est physiquement impossible d\u2019assister les mourants.Alors rien d\u2019étonnant que soixante pour cent des Philippins catholiques meurent sans sacrements.Maintenant, Paulino compte parmi les trois cent mille enfants philippins qui ont eu l\u2019avantage d\u2019une bonne éducation catholique.D\u2019entre les autres, trois cent cinquante mille reçoivent un minimum d\u2019instruction religieuse; mais plus dè deux millions de ses compatriotes, étudiants aussi, n\u2019ont jamais eu l\u2019opportunité de connaître les Commandements de Dieu et de l\u2019Église parce qu\u2019il n\u2019y ayait personne pour les leur montrer.A part cela, Paulino a eu la bonne fortune d\u2019appartenir à une famille catholique idéale: ses parents étaient des fidèles pratiquants bien avant leur mariage.Ils l\u2019ont donc élevé dans les mêmes traditions, les mêmes pratiques chrétiennes.Paulino a appris à se corriger de ses défauts en même temps qu\u2019à prier.Malheureusement ses confrères du Séminaire n\u2019ont pas tous subi cet entraînement de base.A l\u2019occasion ils se découragent et s\u2019en vont.Peut-être leur mère fut-elle trop accaparée par les affaires et les a-t-elle laissés aux mains des servantes.Les statistiques révèlent que huit Philippins sur dix sont catholiques; elles oublient cependant que dix pour cent seulement assistent à la messe le dimanche.De ces dix pour cent, on ne saurait dire combien pratiquent réellement leur religion.Des milliers de Philippins ne pratiquent que.les Fiestas ! Combien de ceux qui vénèrent le Nazaréen de Quiapo remplissent leur devoir pascal ?Et maintenant, en supposant que tous les catholiques pratiquants décident d\u2019aller à la messe le même dimanche, y aurait-il assez d\u2019églises ?Écoutons ce que dit le R.P.Horatio de la Costa, S.J., célèbre historien philippin: « Si aucun chiffre exact n\u2019est établi, on peut hasarder une conjecture d\u2019approximation: Tune des paroisses de Manille, des mieux organisées, a une population de trente mille âmes.Quatre messes sont célébrées à l\u2019église chaque dimanche.La capacité du temple est de mille places.Ces mille places ne sont jamais toutes occupées; mais nous allons supposer qu\u2019elles le sont.Cela signifie que quatre mille des trente mille catholiques de la paroisse entendent la messe dominicale.Même si nous ajoutons à ce chiffre le nombre de ceux qui vont à la messe ailleurs ou sont exemptés de l\u2019obligation, la moyenne des pratiquants ne serait pas de plus de vingt pour cent.» La pénurie jlë prêtres est peut-être le plus gros problème que doit envisager cette^ année l\u2019Église des Philippines.Personne n\u2019ignore la profonde influence de l\u2019Église sur le peuple de l\u2019Archipel : même les paysans peu instruits s\u2019accrochent à leur foi; c\u2019est une part de la tradition et de la civilisation que leur a laissées l\u2019Espagne.Mais le catholicisme est une religion vivante et grandissante; il a poussé des racines neuves: la hiérarchie a pris des positions fermes touchant la question Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1954\t15 sociale; des organisations laïques secondent avec efficacité le clergé aux rangs trop clairs; des unions libres de travailleurs et des coopératives ont rencontré de l\u2019appui; des centres de recherches et des séminaires préparent d,es programmes de réforme agraire; une grande partie des leaders politiques, hommes de profession libérale et industriels déjà nation sortent des Collèges et des Universités catholiques.Cependant, l\u2019Église catholique des Philippines n\u2019en connaît pas moins une crise à cause de la faiblesse numérique de son clergé.Tant qu\u2019un effort ne sera pas tenté pour remédier à cette situation, tant que les parents philippins ne favoriseront pas, comme les Albano, le recrutement des vocations et ne contribueront pas financièrement à les mener à terme, l\u2019Église du pays vivra d\u2019une vie précaire.De même en sera-t-il des organismes sociaux qu\u2019elle a créés pour le plus grand bien de la nation.Intéressante famille de M.le Docteur et de Mme Albano, de Gagalangin (Manille).L\u2019aIné des fils, Paulino, a commencé ses études en vue pu sacerdoce. KOWLOON, HONG KONG Auprès des réfugiés par Sœur LAZARE-DE-BÉTHANIE S M.I.C.Mes essais d\u2019apostolat aux portes de la zone rouge ont fait écho dans les montagnes, car les réfugiés accourent de partout à Tak Sun.Ils sont attirés ou par l\u2019éloquence de mes sermons ou par le bon pain que je distribue.Je vous laisse deviner.Pour moi, j\u2019aime beaucoup la tactique de Notre-Seigneur dans ses relations avec ses apôtres, ses disciples, les foules : « Avez-vous de quoi manger ?» s\u2019inquiétait-t-il, ou bien: « Ils n\u2019ont rien à manger.» Et l\u2019Évangile rapporte qu\u2019il mangeait avec eux.Lui qui n\u2019avait pas besoin de s\u2019abaisser ainsi pour se faire 1.Joséphine Couturier, de Piopolis, P.Q.- \u2022 , \u2022-1/ mm i miMÆÊà&ÊMMËâ Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1954 17 comprendre et pénétrer les cœurs, il voulut sans doute nous enseigner la méthode la plus simple pour atteindre un but de conversion: soulager d\u2019abord les misères physiques, la terrible faim des affamés surtout.Ensuite, avec la grâce de Dieu, s\u2019opèrent de ces revirements d\u2019âme qui réjouissent le ciel.Après avoir perdu tous leurs biens matériels, les réfugiés trouvent dans l\u2019épreuve du dénuement la perle du Royaume de Dieu.Aussi est-ce toujours d\u2019un cœur navré que nous nous voyons dans l\u2019impossibilité de secourir tout le monde.Souvent je me dis: « La pauvreté h\u2019est pas un vice, mais ce n\u2019est tout de même pas commode! » Ici, à Tak Sun, il y a distribution de portions de pain à une cinquantaine de personnes, tous les matins; distribution aussi de vêtements, couvertures, remèdes, etc.Il faut payer un abri à celui-ci, chercher du travail à celui-là, accorder des petites douceurs de temps en temps: il n\u2019est pas bon de manger sempiternellement son pain sec.Pauvres réfugiés! pauvres gens! mon désir serait de donner à chacun une fiche de consolation qui lui serait comme la pomme de Newton.Dans la plupart des cas, l\u2019attraction vers notre sainte religion se produit à la suite d\u2019une bonne parole, d\u2019un acte de charité, d\u2019un présent minime: médaille miraculeuse, image, chapelet, crucifix, catéchisme, livre.Si l\u2019on doute de ceci, on n\u2019a qu\u2019à remplir cette liste et à m\u2019expédier le tout.Sœur Saint-Philippe (Annette Beaudoin, de Champlain) et quelques-unes de ses ÉLÈVES DE MUSIQUE À L\u2019ÉCOLE T AK SUN, DE HONG-KONG. 18 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1954 Outre ces œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles exercées à Tak Sun, nous visitons trois fois la semaine un hôpital du gouvernement logeant huit cents malades.Là nous enseignons la doctrine, distribuons des douceurs et ondoyons les mourants.Les leçons de catéchisme se ressentent de l\u2019anathème de Babel.Devant les cinq ou six dialectes chinois rencontrés, je dois m\u2019incliner et reconnaître très humblement que si le bon Dieu daigne se servir de moi, c\u2019est pour mieux démontrer que lui seul convertit les âmes.La Chine populaire, douloureuse et malheureuse, semble comme un grand livre où tout le monde peut lire pour tirer des leçons salutaires.Ceux-ci en arrivent à la connaissance du vrai Dieu avec ses dons de foi, d\u2019espérance et de charité; ceux-là sont frappés par la grâce du repentir et du pardon: c\u2019est le retour au bercail après huit, quinze, vingt ans d\u2019errance dans les broussailles du péché.Leur joie de tomber dans les bras de miséricorde du bon Pasteur est si grande qu\u2019il vaut bien la peine que je multiplie les efforts et les grimaces pour me faire comprendre dans les quatre ou cinq dialectes chinois que je ne possède pas! Pour terminer, je vous raconterai un petit fait survenu ces jours derniers.Il me porte à croire que je suis peut-être la « sainte » de Kowloon, car il me taxe du don d\u2019ubiquité.Un matin, un vieux Chinois du Nord que je n\u2019avais jamais vu de ma vie me tend la main en s\u2019écriant transporté: « Comme je suis content de te revoir, Kou Sieou Niu! Depuis que tu m\u2019as donné du pain et du linge à Nankin, je ne t\u2019ai pas revue.Je t\u2019ai aperçue en passant à Changhaï il y a deux mois, mais je n\u2019ai pas osé te parler: il y avait trop d\u2019amis.Et voici que je te retrouve à Tak Sun.Vraiment le Maître du ciel me protège! Je vais me faire catholique! » Inutile d\u2019ajouter que tout ce beau préambule amenait une supplique: le vieux Chinois du Nord désirait du linge, au moins un morceau de pain.Il arrive parfois de ces incidents drolatiques qui pimentent l\u2019apostolat auprès des réfugiés.Cet emploi très absorbant, joint à mes exercices spirituels, remplit ma vie jusqu\u2019au bord.Vivent les Missions! Il n\u2019y a pas de place pour l\u2019ennui, mais tout ce qu\u2019il faut pour surabonder de joie selon saint Paul.\u2022 \u2022 \u2022 Depuis que l\u2019Église existe, existe le problème missionnaire qui est sa raison d\u2019être.Ce problème, c\u2019est à chacun des chrétiens de le résoudre, et cela aussi longtemps qu\u2019il restera dans le monde, que ce soit aux pôles ou à l\u2019Équateur, une parcelle de terre où la bonne Nouvelle du Dieu fait homme pour notre salut et notre sanctification n\u2019aura pas été portée.Malheureusement, cette bonne Nouvelle, qui devrait nous faire exploser de joie et nous remplir d\u2019espérance, ne dit plus rien à trop d\u2019hommes.Ce mystère d\u2019amour infini demeure ignoré.R.Berlin. KATETE, NYASSALAND (Pi par Sœur CÉCILE-DE-LA-TRINITÉ \\ M.I.C.Pitara est un village des montagnes qui n\u2019a pas de missionnaire résidant.Les Pères Blancs y ont bâti une chapelle-école de brousse où ils vont de temps en temps exercer leur ministère.En vue de la préparation des catéchumènes au baptême, Sœur Marie-Délia 1 2 et moi avons passé deux semaines, vivant presque à l\u2019indigène, parmi les habitants de Pitara.Population sympathique qui désire connaître le vrai Dieu.Nous logions dans une chaumière séparée en deux par une demi-cloison en terre.Le plancher avait été fraîchement enduit de bouse de vache, cirage qui possède, d\u2019après les Noirs, la propriété d\u2019éloigner les moustiques et d\u2019empêcher la terre battue de craqueler.Notre ameublement se composait d\u2019une table, deux choses et deux de ces lits africains dont le matelas est une mphasa (natte de bambou).Le catéchiste nous brassait une popote pas compliquée dehors sur un petit feu.De 8 h.30 du matin à 1 h.30 nous faisions le catéchisme à un groupe d\u2019enfants de sept à dix-sept ans.Sœur Marie-Délia, plus versée que moi dans le citwnbuka, expliquait la leçon et contrôlait par des questions l\u2019évolution orthodoxe de la science.Pour moi, je voyais au « par cœur ».Vous pouvez imaginer qu\u2019il n\u2019est pas facile de garder attentifs à des cours ou très sages à l\u2019étude des petits broussards qui ignorent l\u2019école et sa discipline, toujours prêts à bondir en quête de viande derrière un insecte.Heureusement, j\u2019avais apporté un appareil view master, invention dont Pitara n\u2019avait pas encore eu la révélation.Donc, pour maintenir l\u2019application et obtenir un rendement maximum, j\u2019usai d\u2019un stratagème dont mes compagnes de Katete ont bien ri dans la suite, prétendant qu\u2019il n\u2019est pas selon la méthodologie moderne.Le mystérieux instrument posé près de moi, je promis que chaque réponse récitée par cœur, sans accroc, serait récompensée par le droit de regarder dans la lentille.L\u2019ambition fut portée au comble, l\u2019attention aussi, les progrès de même! A celles qui se rirent de mon procédé, je répondis avec philosophie qu\u2019il faut avoir recours à des moyens bizarres dans des cas bizarres.L\u2019après-midi, les catéchumènes repartis pour leurs villages, nous filions à bicyclette visiter les hameaux environnants.Là nous goûtions le plaisir de semer le bien par des paroles, des remèdes, voire notre simple présence.Les vieilles grands-mères s\u2019agenouillaient devant nous, nous suppliant de rester 1.\tCécile Blais, de Sherbrooke.2.\tMarie-Marthe Terrien, d\u2019Ottawa.J 11111 fi .?' #.:.« i 'S : «
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